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 L'ombre de la lune [Esteban/Klemens]

Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Dernière édition par Esteban Cortázar le Ven 19 Mai 2017 - 16:59, édité 1 fois
17 décembre 2009

Allongé sur son lit, Esteban regardait pas la fenêtre. Nahuel n’était pas rentré ce soir, sans doute passait-il la soirée avec Dean, du moins c’était ce qu’espérait le plus âgé. L’absence de Nahuel lui laissait un sentiment de vide plutôt désagréable. Il était rare désormais qu’il s’endorme dans la solitude de son appartement. Il avait perdu l’habitude de n’entendre que son souffle déranger le calme nocturne.

Ce soir, le sommeil semblait le fuir avec acharnement. Il avait eu beau compter les lamas jusqu’à trois cent et se tourner au moins autant de fois dans son lit, le sommeil n’était toujours pas là.

Esteban se leva dans l’espoir que cela fasse avancer son affaire. Il se dirigea vers la petite cuisine pour remplir un verre d’eau. Il n’eut pas besoin d’utiliser de Lumos, la lune éclairait l’appartement. D’un pas trainant, il s’approcha de la fenêtre et s’installa sur un fauteuil, le regard tourné vers le ciel.

La lune était pleine.

Dans tout le pays des loups-garous devaient hurler à la lune. Immanquablement, un pincement lui serra la poitrine alors qu’un nœud s’installait dans son estomac. Les nuits de pleine lune n’étaient jamais faciles, trop de souvenirs remontaient à la surface. Ces derniers temps, Esteban combattait ses pensées de toutes ses forces pour essayer d’avancer comme l’y encourageait Nahuel. Pourtant cette nuit-là, vers 3h du matin alors que l’insomnie était bien engagée, Esteban décida de lâcher prise.

**********

Août 2009

La journée avait été interminable. Ses collègues dockers lui avaient paru particulièrement insupportables ! L’air de cette journée de septembre était lourd. La sueur l’avait rendu poisseux dès la première demi-heure de travail. Son manque de sommeil se lisait sur ses traits et rapidement le mot avait couru parmi les collègues : il fallait éviter Esteban ce jour-là.

Lorsque l’heure de la débauche avait sonné, il s’était empressé de quitter le port pour s’engouffrer dans les ruelles obscures de Bristol. Le chemin qu’il prit était tortueux et détourné, comme toujours, mais il parvint finalement à une des entrées des caves du Kraken. Les lieux étaient déserts, il était encore tôt.

Esteban frappa doucement à la porte, de peur de déranger l’occupant. Puis, il entra. Affalé sur le lit, Klemens était apparemment endormi. Presque timidement, Esteban s’approcha et scruta la silhouette de son amant à la recherche de signes visibles de la nuit éprouvante qu’il venait de passer. Il finit par s’asseoir sur une chaise à côté du lit. Rassuré de voir que Klemens semblait être en bonne santé, Esteban se détendit.

Il avait beau avoir lu des livres et étudier les loups-garous à l’académie, rien n’aurait pu le préparer à vivre cette première pleine lune. On parlait souvent des difficultés que rencontraient les loups-garous durant les nuits de pleine lune mais jamais avant aujourd’hui il n’avait pensé à leurs proches qui passaient la nuit à s’inquiéter. D’un geste d’une tendresse inhabituelle, il passa la main dans les cheveux de Klemens lui tirant un petit grommellement.

« Excuse-moi, je ne voulais pas te réveiller. »
HRP:
 



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La nuit avait été éprouvante. Bien plus qu'il ne l'avait espéré. Moins que la dernière pleine lune cependant. Mais on pouvait difficilement faire pire que la dernière. Enfermée dans à peine cinq mètres carré et sans potion tue-loup, le réveil avait été plus que difficile. C'était sans aucun ce qu'avait voulu ses geôliers, le faire souffrir encore et toujours plus. Ils avaient réussi à n'en pas douter.

La nuit dernière n'avait pas été aussi difficile, ni aussi douloureuse. Mais cela n'avait pas non plus était une partie de plaisir. C'était toujours douloureux mais plus l'épuisement et la faiblesse physique étaient présents, plus c'était éprouvant. Il s'était donc écroulé sur son lit peu après le levé du jour sans réellement prendre le temps d'enfiler autre chose qu'un caleçon propre et de s'endormir comme une masse. Son sommeil troublé seulement par les cauchemars habituels. Il ne savait pas vraiment depuis combien de temps il dormait lorsqu'il sentit une main dans ses cheveux, lui tirant un grommellement mécontent. Il ouvrit les yeux en entendant la voix d'Esteban. Il s'étira légèrement et se tourna vers l'intrus dans un bâillement.

"Pas grave... Tu es là depuis longtemps ?"

Il se redressa pour faire une place à Esteban sur le lit, le laissant s'installer avant de poser sa tête sur ses genoux. Il était encore groggy de sommeil et avait du mal à ne pas se rendormir. Essayant de lutter pour garder les paupières ouvertes. Mais ce fut peine perdue puisqu'il fut entraîné dans un rêve étrange sans queue ni tête où se mêlait présent et passé.

"Mikhaïl..., le prénom lui échappa d'une voix suppliante. Je t'en prie arrête..."

La scène était bien trop nette dans sa tête, il revoyait l'homme devant lui, l'enfermant dans leur chambre conjugale, le privant de nourriture pour le punir. Toujours ce même pouvoir abusif sur lui. La pièce tourna autour de lui pour s'arrêter sur le visage souriant de Kaszia. Mais une fois encore l'image se brouilla pour s'arrêter sur le corps éventré de sa petite sœur.

"Non pitié..., gémit-il inconscient. Kaszia..."

La petite disparut dans un nuage de fumée alors qu'il sortait de sa transe en tremblant. Les larmes roulant sur ses joues. Il serra fort ses draps sous doigts. Du moins, il pensait qu'il s'agissait de ses draps. Skye était une horreur sans nom. Tous ces souvenirs qu'ils lui faisaient revivre encore et encore. N'arrêterait-il donc jamais ? Il resta prostré ainsi, laissant évacuer ses larmes dans l'espoir qu'ils le laissent tranquille. Peut-être qu'ainsi la torture prendrait fin.


Klemens Dabrosky
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Dernière édition par Esteban Cortázar le Mer 17 Mai 2017 - 22:36, édité 1 fois
Esteban eut un sourire attendri alors que les yeux de Klem papillonnaient.

« Je viens d’arriver, j’ai frappé doucement, je ne voulais pas te déranger. »

Il garda pour lui le « comment ça va ? », de peur qu’il soit malvenu. Il préféra se glisser dans la chaleur du lit de Klemens et s’installer confortablement. Sa nuit avait été courte à cause de l’inquiétude qu’il ressentait et il ne disait pas non à un peu de calme. Il s’assit, les jambes recouvertes par la chaude couette et le corps endormi de Klemens vint se blottir contre lui. Les mots semblaient superflus. Le silence s’étira dans la pièce alors qu’Esteban laissait courir le bout de ses doigts sur le dos nu de Klemens.

La respiration de son amant se fit plus profonde et Esteban comprit qu’il s’était endormi de nouveau. La pleine lune devait l’épuiser. Les yeux d’Esteban commençaient eux aussi à se fermer lorsqu’il sentit le corps contre lui se mettre à trembler. Un peu inquiet, Esteban se demanda s’il devait le réveiller mais Klemens semblait tellement épuisé qu’il préféra attendre. Son regard inquiet scrutait le visage tendu du plus jeune.

« Mikhaïl… Je t'en prie arrête… »

Klemens dormait et ses tremblements comme son ton alarmèrent l’Argentin. Bien décidé cette fois à le réveiller, Esteban se pencha vers son oreille.

« Klem. Klemens… Réveille-toi ! »

Mais son sommeil était profond. Lorsque Klemens se mit à supplier, Esteban se redressa et installa Klemens sur ses genoux, comme il aurait tenu un enfant. Il lui secoua l’épaule en lui parlant d’un ton rassurant. Enfin, Klemens montra de signes de réveil. Ses mains s’agrippèrent avec force sur le tee-shirt d’Esteban et il sentit des larmes mouiller son cou où la tête de Klemens reposait. D’un geste tendre, il l’enlaça de ses bras.

« Tout va bien Klemens, tu es en sécurité. Je suis là. Personne ne va te faire de mal. »

Et Esteban avait envie de le croire. Il avait envie de promettre à Klemens que les malheurs qui hantaient son regard étaient derrière lui et qu’enfin il aurait droit – ils auraient droit – à un peu de bonheur.



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Klemens sursauta sous le contact des bras sur sa peau. Que ? Ou était-il ? Une ruse de Skye ? Cette île allait le rendre fou. Mais la voix apaisante à son oreille était familière. Pas comme celle de Skye, un présent moins abstrait. Tout était si flou dans sa tête. Présent et passé se confondait. Il renifla bruyamment et s'essuya le visage sur ce qu'il pensait être ses draps avant de redresser la tête et d'ouvre les paupières.

Il mit un moment à se resituer et à comprendre où il était. Il n'était plus à Skye. Il était dans les caves du Kraken. Personne ne lui ferait de mal ici. Au contraire, il y avait des gens avec des voix bienveillantes. Il posa ses yeux perdus sur Esteban et lui jeta un regard mi-effrayé mi-soulagé. Il se colla un peu plus contre son amant et l'étouffa presque dans son étreinte, coulant son visage dans son cou.

"J'ai cru que j'étais de retour là-bas..."


Il embrassa tendrement la nuque de l'Argentin avant de remonter sur sa joue. Les yeux encore humide d'avoir pleuré.

"Je suis désolé de t'infliger ça..."

Il baissa légèrement le regard. Affligé par sa propre faiblesse.



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Klemens mit un moment à se redresser et lorsqu’il croisa ses yeux, Esteban put prendre l’ampleur du désarroi qui l’habitait. Il continua ses paroles rassurantes, ne sachant que faire d’autre et peu à peu Klemens sembla reprendre contact avec la réalité. Il resserra son étreinte à l’entente de sa voix brisée.

« Tu n’es pas là-bas, tu n’y retourneras jamais Klem. Tu es en sécurité. On va prendre soin de toi. »

Pour l’instant, Klemens semblait rechercher un réconfort physique s’il se fiait à ses gestes et au baiser qu’il venait de déposer dans sa nuque alors Esteban y répondit avec autant de douceur qu’il le pouvait. Sa main caressa sa nuque et il déposa un baiser sur ses cheveux ébouriffés.

« Je suis désolé de t'infliger ça... »

Esteban secoua la tête.

« C’est plutôt moi qui devrait être désolé pour toi. Tu ne devrais pas avoir à vivre ça. A avoir de tels cauchemars. »

Il redressa la tête de Klemens, déposant un baiser léger sur ses lèvres.

« Tu es quelqu’un de bien Klemens. Quelqu’un de bien qu’on a brisé mais tu vas t’en remettre. »



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Le loup laissa Esteban le serrer dans ses bras et le réconforter. C'était appréciable de sentir ses bras autour de lui, de se sentir aimé. Il avait l'impression d'être materné mais c'était agréable d'avoir quelqu'un sur qui compter. Après Skye, il était plus désarmé que jamais. Mais grâce à l'Argentin, il retrouvait peu à peu sa stabilité. Ou du moins, un semblant de stabilité et de normalité.

La douceur dont il faisait preuve était étonnante. Surtout parce qu'ils passaient leur temps à se battre pour tout et rien. Mais dans ces moments là, il pouvait se montrer doux et attentionné. Comme Mikhaïl avait pu l'être autrefois dans ces bons moments avant de devenir le pire des monstres. Il se figea légèrement en entendant les dernières paroles de son amant. Il se redressa et plongea son regard dans le sien.

"Je ne suis pas quelqu'un de bien Esteban... Trop de choses dans mon passé font que je ne pourrais jamais l'être."

Il lui adressa un petit sourire triste avant de se détourner légèrement de lui.

"Je suis désolé de casser tes illusions..."



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Ses mots firent réagir Klemens mais pas comme il l’espérait, il le sentit se raidir dans ses bras et son regard semblait un peu désespéré lorsqu’il le croisa. Il semblait dans l’attente d’une sentence, sans doute avait-il peur qu’Esteban le repousse alors qu’il lui avouait « ne pas être quelqu’un de bien ».

« Parce que tu crois que moi je suis quelqu’un de bien ? Tu penses vraiment que je suis du genre à me bercer d’illusions, à m’imaginer que tu as eu une vie facile où tu n’as fait que répandre le bonheur ? »

Esteban eut un petit rire incrédule.

« Klemens, si tu m’as plu c’est parce que tu avais cette part d’ombre ! Je serais incapable de m’approcher de « quelqu’un de bien » tel que tu sembles l’entendre. J’ai mon lot de culpabilité et de noirceur. J’ai besoin de quelqu’un qui a vécu des choses, quelqu’un qui puisse me comprendre mais qui puisse aussi me résister. »

Il lui offrit un petit sourire de connivence.

« J’aime te confronter, j’aime me disputer avec toi mais j’aime aussi nos moments plus calmes, nos confidences. »

Esteban n’était pas vraiment loquace, sans être taiseux pour autant, il ne parlait pas – plus – de ses sentiments facilement. Et pourtant ce soir, les mots coulaient facilement, offrant une sorte de déclaration imprévue à Klemens. Néanmoins, il savait que ce n’était pas la seule chose dont avait besoin le loup.

« Klemens… J’ai vu beaucoup de choses dans ma vie, j’ai également fait certaines choses qui me hantent encore la nuit. Je n’ai pas peur de ton passé, je ne m’inquiète pas de ce que tu pourrais me révéler. Je n’ai aucune illusion que tu pourrais briser. »

Son ton se fit plus prudent.

« Je pense que tu as besoin de laisser certaines choses s’échapper. Skye t’a fait revivre trop de mauvais souvenirs qui sont en train de te bouffer. Mettre des mots sur ce qui te tue pourrait t’aider à les faire sortir. Je suis suffisamment fort pour encaisser. »

Il hésitait à le mettre devant le fait accompli, à le questionner sur les noms qu’il criait. Ce n’était pas la première fois qu’Esteban entendait les noms de Mikhaïl ou de Kaszia… Néanmoins, il préféra juger la réaction de Klemens pour ne pas le pousser trop loin. Il était fragile.



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Esteban ne pouvait être que meilleur que lui. Comment faire pire que lui ? Il n'avait jamais rien fait de sa vie à par semer la mort autour de lui. Il était un véritable fléau pour son entourage. Il était nocif. Alors entendre que c'était pour cette raison que l'Argentin le côtoyait avait un côté dérangeant. Ce n'était pas pour ses actions mais pour l'image qu'il renvoyait. Et il n'avait rien de dangereux, il avait juste une tête de joli cœur un peu mauvais garçon. Rien de bien méchant. C'était souvent trompeur et encore une fois quelqu'un en faisait les frais.

Il y avait une différence entre avoir du répondant et être un danger pour autrui. Il y avait une différence entre avoir un passé difficile, se battre pour ses convictions et semer la mort et la désolation autour de soi. Son amant ne se rendait pas compte de ce qu'il disait. Il ne savait rien et il se permettait de faire des conclusions hâtives. Il croyait pouvoir encaisser sans broncher. Il disait ne pas avoir peur mais Klem savait c'était faux. Il prendrait forcément peur en sachant. Valery avait eu du mal aussi à avaler toute l'histoire. Et pourtant, il était bien plus souple qu'Esteban.  

"Je m'en sors très bien tout seul, lâcha-t-il dans un souffle. Je n'ai pas besoin d'en parler. Je gère."

Il détourna le regard et se recroquevilla légèrement sur lui même. Ses cauchemars n'étaient qu'une mauvaise passe. Tout irait mieux bientôt. Il pouvait encaisser. Il n'avait pas besoin d'en parler. Kaszia et Mickaïl finiraient bientôt par disparaître à nouveau.


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Esteban s’en était douté, Klemens refusa en bloc de se confier. Il affirma qu’il gérait la situation et pourtant sa voix était tremblante et il se recroquevillait contre le torse d’Esteban. Il gérait… A d’autres… Esteban n’était pas connu pour sa patience. Il avait laissé de l’espace au plus jeune, avait respecté son besoin de garder certaines choses pour lui, après tout lui aussi avait ses secrets. Cette nuit cependant la donne avait changé.

Klemens était un homme fort quoiqu’il en pensait. Il était brisé mais il résistait comme il pouvait. Or, ce soir, Klemens ne contrôlait plus rien. Le masque était tombé et Esteban voyait l’ampleur de sa souffrance. Contre toute attente, ce n’était pas Skye qui le torturait, c’était autre chose… Quelque chose qu’il avait sans doute enfouie profondément et qui refaisait surface avec le traumatisme qu’il venait de vivre.

Alors Esteban prit sa décision. Ca risquait de mal tourner mais il ne pouvait pas le laisser dans cet état. Il devait aider Klemens et selon lui, la meilleure chose à faire était d’exorciser ses démons, de les exprimer à voix haute.

« Klemens… Ne me prends pas pour un idiot ! Tu ne gères rien du tout… T’as vu dans quel état tu es ? »

Sa voix était calme, basse et pour contrer la dureté de ses propos, il serra un peu plus fort le corps dénudé.

« Qui sont-ils ? Qui sont Mikhaïl et Kaszia ? »

Le pavé était lancé dans la mare.




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Pour qui se prenait-il ? De quel droit se permettait-il de le juger ? Il avait encore le droit d'avoir ses propres secrets non ? S'il ne voulait pas en parler c'était encore son droit d'abord. Il secoua donc la tête de droite à gauche. Niant tout en bloc lorsque l'Argentin le mit face à son état. Il pouvait gérer, il le savait, il gérait. Mais sous l'étreinte de son amant, il se laissa emporter, il se colla un peu plus contre lui et renifla légèrement. Se raidissant en entendant le nom de Kaszia et de Mikhaïl.

"Comment... ?"

Klemens redressa la tête fixant interdit, son amant. Il secoua légèrement la tête en soupirant.

"Peu importe j'imagine..."

Il avait dû prononcer leurs noms dans son sommeil. Il ne pouvait pas ne pas répondre à la question. Et dans un sens, il avait envie de parler de sa sœur. De partager quelle petite fille magnifique elle avait été. La seule personne de sa famille qu'il n'ait jamais aimé. Et il aura fini par la détruire, elle aussi.

"Kaszia était ma petite soeur..., murmura-t-il. Et Mikhaïl... un homme que j'aurais dû éviter..."

Il baissa le regard honteux et cacha son visage dans le torse de son amant.



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La réaction ne se fit pas attendre, contre lui, le corps de Klemens se crispa. Inquiet, Esteban s’attendait à toutes sortes de réactions allant d’un poing s’écrasant contre sa mâchoire à un Klemens faisant une crise de panique. Finalement, il resta plutôt maitre de lui…

« Tu parles parfois quand tu fais des cauchemars. Tu les appelles, tu les supplies… Je n’avais rien osé demander avant aujourd’hui mais ce soir c’était la fois de trop. »

Il n’avait sans doute pas besoin de préciser que la voix de Klemens était totalement brisée lorsqu’il criait ou murmurait dans son sommeil. Esteban vit l’acceptation se faire dans le regard du Polonais et d’une voix toujours aussi douloureuse, il lâcha quelques informations.

« Sa sœur »… « Etait »… Le traumatisme semblait être brulant.

« Que s’est-il passé pour elle ? »

En posant cette question, il ne se doutait pas de l’horreur qu’elle représentait pour Klemens. C’est donc sans s’en rendre compte qu’il fit un lien qu’il n’aurait pas dû faire.

« C’est ce Mikhaïl qui lui a fait du mal ? Ils sont liés ? »

Des images sordides commençaient à se former dans l’esprit d’Esteban. Il avait désormais besoin d’une réponse pour lui et plus seulement pour faire parler Klemens.



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La connection étrange que fit Esteban entre Kaszia et Mikhaïl le laissa sans voix un moment. Il fixa son amant un moment avant d'éclater de rire. Un rire nerveux, effrayant qui se transforma bientôt en un flot de larmes incontrôlées. Il lâcha complètement l'Argentin pour se redresser et se recroqueviller sur lui même alors que la boule qui s'était formée dans sa gorge grossissait et l'étouffait peu à peu. Il n'arrivait plus à se calmer.

Tout ceci était tellement grossier. Esteban ne pouvait même pas imaginer la moitié de ce qu'il avait pu faire. En un sens, c'était logique. Mikhaïl était un pervers. Mais pas de ce type là. Klemens réussit à reprendre un semblant de calme, il prit une profonde inspiration. Il aurait été plus facile de mentir, de faire croire à son amant que ce qu'il imaginait était vrai. Mais au fond, ça ne l'était pas.

"Non... Mikhaïl a toujours préféré les jeunes hommes aux petites filles..."

Ce n'était pas totalement vrai en soit. Mikhaïl avait toujours préféré les femmes. Sauf une fois. La fois où il était tombé amoureux de lui. Le seul homme que ce tordu ait aimé. Et il avait profité de sa faiblesse et de sa jeunesse. Il était temps qu'il prenne ses responsabilités pour sa sœur. Il était temps d'assumer ses actes.

"Pour Kaszia... C'est... c'est ma faute, une larme silencieuse roula sur sa joue. C'était tellement dur à admettre. Tellement horrible. Je... Je l'ai tué. C'est moi, c'est ma faute..."

Les larmes roulaient sur ses joues alors que son front collait ses genoux repliés. Il était un être abominable. Et pour autant, il avait besoin d'expliquer, besoin de se justifier. Il renifla donc légèrement, redressant la tête pour parler entre deux reniflements.

"C'est... c'était la nuit de ma première transformation. Les potions étaient très chères et... mon père a décrété que je pouvais m'en passer. Qu'il suffisait de m'enfermer à la cave..."

Il fit une légère pause, le corps tremblant et le cœur aux bords des lèvres. Mais il devait continuer, c'était important.

"Alors, j'ai fait ma première transformation dans la cave... Kaszia aimait bien jouer à côté du manoir. On avait plusieurs champs et une bergerie pas très loin entretenue par des bergers du village. Elle aimait bien y dormir de temps en temps... Elle y est allée ce soir là. J'en avais aucune idée bien sûr. J'avais été enfermé dès la fin d'après-midi dans la cave. Les fenêtres et la porte étaient censés résister. Mais je ne sais pas... le loup en moi à réussi à sortir... Quand je me suis réveillé le lendemain matin, j'étais dans la forêt. Comment je suis sorti ? Aucune idée. Tout ce que je savais, c'était qu'il fallait absolument que je rentre et que je quitte le pays. J'avais prévu mon départ depuis plusieurs semaines déjà, je savais que je ne devais pas rester chez mes parents. Ils ne m'accepteraient jamais comme... ça. Alors, je suis rentré en douce dans ma chambre. J'étais à peine rentré que les bergers sont venus frapper à la porte avec le corps démembré de Kaszia dans les bras... J'ai tout vu du haut des escaliers. J'ai vu le visage de mon père, le désespoir de ma mère et j'ai su qu'il fallait que je parte d'ici très vite. Que je sauve ma peau. J'ai été lâche. La trouille d'assumer ce que j'avais fait. Ne pas affronter le monstre que j'étais devenu."

Les larmes et la honte le rongeaient. Les yeux baissés par la honte et la peur d'affronter le regard d'Esteban. Il ne voulait pas voir l'horreur et le dégoût sur son visage. Il voulait être seul.

"Tu peux partir si tu veux... Je t'avais prévenu que je n'étais pas quelqu'un de bien..."




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Le rire de Klemens le prit totalement au dépourvu, il le regarda quelques secondes avec des yeux écarquillés avant de comprendre que c’était ses nerfs qui lâchaient. Klemens se détacha de lui pour se mettre en position fœtale, comme si la présence d’une autre personne était trop difficile à supporter. La crise de nerfs était impressionnante et Esteban était un peu désemparé, aussi se contenta-t-il de nouveau de caresser le dos tremblant en parlant d’un ton apaisant. Finalement, Klemens parla.

Comprendre que ce n’était pas Mikhaïl qui avait fait souffrir la petite sœur de Klemens aurait dû le soulager pourtant sa phrase lui glaça le sang. Le sous-entendu était tellement lourd, la douleur palpable… Sans rien savoir de qui il était, Esteban avait des envies de meurtres sur ce Mikhaïl qui « préférait les jeunes hommes ». Pourtant, ce n’est pas le sujet qu’aborda Klemens et la révélation fut tout aussi rude.

Sa petite sœur… Klemens avait tué sa petite sœur. Esteban ne put endiguer le flot d’indignation et de rejet qui monta en lui. Malgré tout, il n’interrompit pas Klemens. Il avait besoin de comprendre et Klemens était lancé, c’était le moment de vérité. La première vague de sentiments s’apaisa à la vue du corps brisé de Klemens mais d’autres vinrent les remplacer. La colère tout d’abord, la colère contre la condition de Klemens, la colère contre son père qui n’était qu’un abruti fini incapable de protéger ses enfants. Parce qu’il ne fallait pas se méprendre, ce n’était pas normal qu’une fillette se promène seule la nuit et c’était encore moins normal qu’un sorcier ose refuser une potion tue-loup à son enfant pour sa première pleine lune ! Tout le monde savait que ce n’était pas gérable ! Surtout la première lune ! L’enfermer à la cave…

Et puis, le doute commença à s’insinuer dans l’esprit d’Esteban… Et si ce n’était pas ce qu’il croyait ? Et s’il manquait des informations à Klemens ?

Même là, il ne l’interrompit pas, attendant que Klemens vide ce qu’il avait sur le cœur. Sa voix brisée acheva de convaincre Esteban. Peu importait ce que Klemens avait fait par le passé, il était son amant et la personne qu’il était aujourd’hui était bonne. Alors, sans un mot, il se glissa le long du dos de Klemens, enserra son corps tremblant et rabattit la couverture sur eux. Ainsi emmitouflés, Esteban espérait que Klemens aurait l’impression qu’un mur le séparait de l’extérieur, le protégeait.

« Je ne pars pas Klemens, je reste avec toi. Je suis capable d’encaisser, je te l’ai dit. »

Il déposa quelques baisers sur la nuque pliée de Klemens, soufflant doucement sur la peau, espérant apporter un peu de réconfort.

« Dis-moi, est-ce que tu es certain que c’était toi ? Tu as des souvenirs de cette nuit-là sous ta forme de loup ? »



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Il se laissa aller contre Esteban lorsqu'il revint vers lui, savourant son étreinte plus qu'il n'aurait dû. Une partie de lui était soulagée que son amant reste auprès de lui, qu'il comprenne et qu'il lui pardonne son geste. Mais cela n'excusait en rien son crime. Et la question de l'Argentin lui fit froncer les sourcils. Qu'entendait-il par là ?

"Comment ça ? Bien sûr que je suis certain que c'est moi."

Sa voix avait claqué un peu trop sèchement dans la pièce et il soupira en secouant la tête.

"Qu'est-ce tu veux que je te dise ? Tu veux que je te raconte en détails ma première pleine lune ? Ce que le monstre en moi a ressenti ?"

Klem fixa un moment Esteban, essayant de lui faire comprendre la douleur et le dégoût qu'il ressentait.

"Si tu veux tout savoir... j'ai des souvenirs de faim intense... après c'est un peu flou mais il y a la sensation de joie qui accompagne la traque. Et après la jouissance d'enfoncer les crocs dans de la chair tendre. Je me suis réveillé avec le goût du sang dans la bouche... Je t'assure que ce n'est pas très agréable comme sensation..."

Il se passa une main tremblante dans les cheveux en reniflant.

"J'ai eu le même goût et les mêmes souvenirs après la pleine lune sanglante... Kaszia n'est pas mon seul crime... J'ai tué une adolescente à Pré-au-Lard et transformé une autre en loup à cause d'une potion défaillante..."

Tant de cadavres à son actif. Une chance néanmoins que Mikhaïl n'ait pas été suffisamment tordu pour l'utiliser lors des pleines lunes. Il aurait très bien pu utiliser le loup en lui pour tuer les victimes de ses contrats.

"Donc non, ce ne sont pas vraiment des souvenirs mais plutôt des sensations. Alors oui, je suis certain d'être le responsable si c'est ta question."

Son visage se ferma légèrement et il se détourna légèrement de son amant. La honte et la colère s'emmêlant.



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Esteban n’aurait sans doute pas dû poser cette question s’il en croyait l’expression de Klemens. Néanmoins, il avait besoin de savoir, d’être sûr et de comprendre ce qui c’était passé. La voix de Klemens était sèche, un peu cassante comme pour le défier de répondre alors il le laissa parler en espérant que ça le soulagerait un peu. Esteban n’était pas certain de vouloir connaître tous les détails mais il lui était nécessaire de comprendre cette nuit-là pour saisir qui était son amant.

Il avait depuis longtemps compris que le sujet de la famille était tabou pour Klemens, il ne l’avait jamais poussé et il avait bien fait, comprenait-il aujourd’hui. Il n’osait imaginer la douleur et la culpabilité que pouvait ressentir le plus jeune et pourtant il avait dû vivre avec. Même avec ça, il avait été capable de devenir quelqu’un de juste. Esteban était un peu impressionné, persuadé qu’il aurait sombré dans la folie à sa place. L’image d’une Mariana ensanglantée lui traversa l’esprit et un long frisson le traversa.

Ce récit ne lui apportait pas seulement une compréhension des événements traumatisants de la vie de Klemens, il lui faisait aussi percevoir ce qu’était la vie d’un loup-garou, les ressentis qu’il pouvait avoir. Lorsque Klemens lui avait annoncé être un loup-garou – ce qu’il avait fait sans beaucoup de tact, comme une provocation – Esteban n’avait pas osé lui poser de questions. Il avait aujourd’hui quelques réponses.

Finalement, ce qu’il avait espéré se déroulait, Klemens se laissait enfin aller. Le Polonais enchaina sur l’autre meurtre qui lui pesait sur la confiance et Esteban fut presque soulagé de l’entendre se livrer alors qu’il lui racontait des horreurs. Lorsqu’il eut terminé, Esteban mit un moment avant de savoir comment réagir. Klemens était toujours dans ses bras mais il avait arrêté ses caresses inconsciemment. Le plus jeune semblait un peu moins fragile, plus en colère et Esteban avait peur de briser la bulle de confidence qu’il avait réussi à créer. Il préféra ne pas plus toucher Klemens et lui parler d’une voix qu’il espérait réconfortante.

« Si ta potion était défaillante, ce n’était pas de ta faute. Tu ne pouvais pas le prévoir, ni l’anticiper ! Je comprends bien que tu te sentes responsable puisque c’est une part de toi qui a agit dans les deux cas mais tu as fait ce que tu as pu. N’oublie pas que tu es une victime en premier lieu ! Quelqu’un t’a mordu et c’est de sa faute si tu as cette bête en toi. Toi, tu essayes de la combattre, de faire avec et de vivre une vie normale, c’est le mieux que tu puisses faire ! »

Au fur et à mesure qu’il parlait, son étreinte s’était resserrée comme pour donner plus de poids à ses mots.



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Tout le monde ne faisait que répéter sans cesse que ce n'était pas sa faute. Qu'il n'y pouvait rien, qu'il n'était qu'une victime dans toutes ces histoires. Mais il n'était pas seulement une victime, il était aussi responsable de ses déviances. Il s'était mis tout seul dans des situations impossible. L'élément déclencheur de chacune de ces situations étaient de son fait. Il aurait pu faire d'autres choix en amont et rien ne serait jamais arrivé. Meredith Kane l'avait bien compris. Elle avait vu la personne qu'il était réellement. Et dans un sens, elle avait raison. Il n'était rien d'autre qu'un criminel.

"Je ne suis pas une victime, souffla-t-il en secouant la tête. Je suis loin d'en être une. Je suis coupable de tellement de choses..."

Un soupir lui échappa alors qu'il frissonnait sous les doigts de son amant.

"Meredith Kane a toujours eu raison à mon sujet. Je suis un criminel, une erreur de la nature. Je ferais mieux de me résigner et accepter mon sort. Je suis à l'origine de la plupart de mes problèmes. Ma transformation... Si je n'avais pas essayé de faire le malin, rien de tout ceci ne serait arrivé. Si j'avais été plus attentif, si j'avais interdit à Kaszia de sortir... Elle serait encore ici aujourd'hui. Je comprends ma famille qui ne veut plus entendre parler de moi. Et pourtant... mon père a tellement honte de moi qu'il m'a fait surveiller pour étouffer mes traces de débauche. Mon frère me l'a annoncé lorsqu'il est venu me voir le jour de la lune sanglante. C'est pour ça que j'étais à Pré-au-Lard. J'aurai mieux fait de l'ignorer et de rester chez moi... La fille que j'ai mordu, c'est une des meilleures amies d'Irving. Tu sais comment il a appris que j'étais un loup ? Parce qu'il s'est pointé chez moi un soir de pleine lune... J'aurai pu le tuer... A force de vouloir tout garder pour moi, je mets les gens en danger... Mais comment avouer quand t'es qu'une sous merde ? C'est juste trop dur à assumer. Alors je dis rien..."

Il était loin l'adolescent qui pensait avoir le monde à ses pieds. Aujourd'hui, il n'était rien d'autre qu'un homme brisé qui n'attendait plus rien de la vie. Juste que toutes ses peines prennent fin une bonne fois pour toute.


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Entendre Klemens s’auto-flageller n’avait rien d’une partie de plaisir. Esteban avait envie de lui dire de se taire, d’arrêter ses bêtises et d’oublier tout cela mais il était évident que ce n’était pas la bonne posture à adopter. Il continua donc par ses gestes à l’apaiser tout en écoutant ce qui devait sortir. La haine qu’il ressentait envers Meredith Kane augmenta encore un peu plus. Cette bonne femme était infâme ! Elle était beaucoup trop intelligente, sachant trouver les failles où s’engouffrer et avec Klemens, elle devait être fière du travail accompli. Esteban en avait la nausée rien que d’y penser.

Esteban tâchait de rester calme mais son ton devait laisser transparaître une partie de la colère qui l’agitait :

« Parce que c’était ton devoir de dire à Kaszia ce qu’elle devait faire ou non ? Tu as tort, c’était celui de tes parents ! Te surveiller pour étouffer les traces de tes « débauches » comme tu dis, ne rends pas ton père meilleur. Si encore il te surveillait pour te protéger, pour prendre de tes nouvelles… Mais ce n’est pas ça, n’est-ce pas ? Ou alors tu aurais reçu un message après ce que tu viens de vivre ! Non, il est juste égoïste ! C’est lui qu’il veut protéger, pas toi ! Et si tu as cédé en allant voir ton frère que tu n’avais pas vu depuis des années, c’était normal ! N’importe qui aurait fait la même chose ! C’était la première main tendue, le premier signe que ta famille faisait vers toi. Alors non, ce n’était pas ta faute, comme ce n’est pas de ta faute si tu es un loup-garou. »

Esteban secoua la tête.

« Tu ne penses pas qu’il est normal pour un adolescent de « faire le malin » ? Doit-il pour autant en être puni ? Puni par la pire des malédictions ? Je ne pense pas non ! « Faire le malin » n’est pas un « crime » suffisant pour mériter une telle peine ! Aucun tribunal au monde ne serait aussi sévère ! »

Son agacement était maintenant visible.

« Quant à Kane… »

La colère grondait dans ces quelques mots, l’envie de meurtre était claire.

« Ce n’est qu’une sadique psychopathe qui abuse d’un pouvoir que lui a octroyé ce régime de malheur ! C’est contre des gens comme elle que je me bats ! Et on va l’éliminer ! En te brisant, elle n’a fait que se créer des adversaires plus féroces. Elle n’avait pas le droit d’utiliser tes doutes les plus intimes, les plus profonds pour te torturer ! Ces remords que tu ressens ne sont que des blessures liées à ton passé, blessures qu’elle a rouvertes. Mais tu sais quoi Klemens ? Les blessures ça se soigne, parfois ça laisse des cicatrices mais ça arrête de faire aussi mal. »

Son discours était passionné et son accent plus fort que jamais mais il ne voulait qu’une chose : que Klemens aille un peu mieux.



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La colère d'Esteban le laissa fébrile et tremblant. Les larmes coulaient le long de ses joues alors que les mots de l'Argentin envahissaient la pièce. Il pouvait comprendre sa colère, il entendait la haine pour Meredith Kane dans sa voix. Mais elle n'avait fait que le mettre devant le fait accompli finalement.

"Bien sûr que si, c'est lui qu'il protège. C'est toujours lui que mon père protège. Et Jacek, mon frère agit de la même façon. C'est pour cette raison qu'il est venu me voir ce jour là. Et j'en avais parfaitement conscience. Mon frère aîné a toujours été un connard arrogant et imbu de lui-même. Une raclure que je déteste depuis l'enfance. Je savais parfaitement que ce n'était pas une main tendue qui m'attendait ce jour là."

Jacek n'avait jamais fait preuve de la moindre compassion à son égard. Il l'avait simplement gratifié d'un regard encore plus dégoûté que d'habitude lorsqu'il était rentré à la maison après sa morsure. Son père l'avait ignoré comme habituellement.

"Kane n'a pas eu besoin de gratter beaucoup pour me faire sentir minable..."

Il secoua la tête désemparé.

"Oublier une fois des souvenirs difficile, ça passe. Un souvenir, c'est faisable. Mais plusieurs... Surtout de cette ampleur... Voir à quel point, de mes propres yeux. Revivre de l'extérieur chaque moment... La honte, la gêne, l'embarra, tous ces sentiments... Te rendre compte que ta vie n'est qu'une succession de mauvais choix... C'est dur Esteban. Et tu ne connais qu'une partie de mon passé. Celle dont je ne suis pas entièrement responsable. Tu ne connais pas le reste..."

Il n'était pas certain d'avoir envie de parler de Mikhaïl. De son comportement oisif et irresponsable. De sa dépendance et de sa déchéance. Il n'avait été que l'ombre de lui-même aux côtés de cet homme destructeur. Et pourtant, il l'avait aimé. De tout son être.


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« Ce n’est pas parce que tu savais ce qu’il en était que tu n’avais pas le droit d’aller voir ton frère. Tu es sans doute responsable d’une partie de tes mauvais choix mais cette nuit-là n’en fait pas partie. »

Esteban laissa courir sa main dans les cheveux emmêlés de Klemens. L’entendre simplement prononcer le nom de Kane lui donnait la nausée, sa haine envers cette femme était actuellement totalement incontrôlable. L’Argentin essaya de se faire le plus doux possible pour répondre à Klemens.

« Tu n’oublieras jamais ces souvenirs, Klem, c’est impossible. Tu vas devoir les accepter et vivre avec. Ca ne se fera pas du jour au lendemain mais petit à petit. Un souvenir après l’autre. Je t’aiderai autant que je pourrai ! »

Il le serra contre lui et déposa un baiser qu’il espérait rassurant sur ses lèvres. Il laissa Klemens se blottir contre lui avant de le relancer d’un chuchotement.

« Tes souvenirs ont fait de toi l’homme que tu es aujourd’hui. Tu n’es pas parfait mais tu es un homme auquel j’ai envie de croire Klemens. Rien de ce que tu me diras ne pourra changer ça. Ton passé est révolu, lobo*. Me le confier t’aidera à l’accepter. »

*:
 



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Tout semblait si simple à écouter Esteban. Il n'était responsable de rien, il jouait simplement de malchance. Mais il l'avait provoqué sa malchance. Peut-être pas à chaque fois mais régulièrement. Il avait trop joué au cours de son adolescence, se croyant intouchable et tout puissant. Son arrogance avait eu raison de lui. Il s'était jeté à corps perdu devant un danger qu'il n'avait pas été capable de vaincre. Il avait certes sauvé la vie de Zephyr ce jour là mais avait condamné son avenir et la vie de Kaszia. Il aurait dû fuir dès sa sortie de l'hôpital. Il aurait dû partir avec son meilleur ami comme il était convenu de base. Mais il s'était montré buté et glacial. Il avait rejeté la seule personne capable de le comprendre et de l'accepter tel qu'il était devenu sans le juger. Mais il avait été incapable de s'accepter lui-même. Comment supporter l'émerveillement de son ami à chacun de ses mouvements ? Il n'aurait pas supporté. Même si c'était ce qui l'avait fait vivre tout au long de sa vie. L'admiration des autres. Mais celle de Zephyr n'aurait pas été pour lui mais pour le loup qui vivait en lui et il en aurait vite eu assez. Alors il avait fait des choix qui se révélaient être des erreurs. S'il avait pu revenir en arrière, il l'aurait fait sans aucun doute et sans aucun remord. Quitte à oublier celui qu'il était devenu.

Esteban pouvait dire ce qu'il voulait. Klemens savait ce qu'il en était réellement et qu'il avait sa part de responsabilité. Il se laissa néanmoins cajoler en silence. Fermant les yeux pour n'avoir que la sensation des doigts de son amant sur sa peau. Sa voix douce et chaude dans le creux de son oreille. Il ne se faisait pourtant aucune illusion, l'acceptabilité n'était pas pour tout de suite et il n'était pas sûr d'en avoir envie. Il ne voulait pas oublier Kaszia et il avait peur qu'en acceptant son crime et en se déculpabilisant, il oublie le visage de sa petite sœur. Et il était juste hors de question qu'il l'oublie. Il ne voulait pas la perdre une seconde fois. L'idée lui était intolérable. Il trembla légèrement avant de se coller un peu plus contre l'Argentin, lui rendant son baiser fébrilement.

"J'ai peur Esteban."

Il plongea son regard tourmenté dans le sien. Il poussa un léger soupir alors que son amant reprenait. Ses paroles semblaient si facilement applicables mais Klem ne se faisaient pas d'illusions, si la mort de Kaszia ne l'avait pas repoussé le reste le ferait. Même Valery n'avait que difficilement accepté son passé avec Mickaïl. Car le risque que cet homme revienne un jour dans sa vie n'était pas totalement exclu.

"Ne parle pas trop vite. Tu ne sais pas tout et la suite est encore moins glorieuse que le début. Je doute sincèrement que tu aies autant d'estime pour une prostituée. Parce que c'est ce que je suis. Ou de moins, ce que j'ai été pendant une partie de ma vie. C'est ce que Mikhaïl a fait de moi... Et je l'ai aimé pour ça... Je ne te dégoûte toujours pas ?"

Un léger sourire triste s'esquissa sur son visage alors qu'il se décollait légèrement d'Esteban. Si après ça, il le regardait toujours de la même façon alors peut-être qu'un avenir commun était possible mais il en doutait grandement. Personne ne pouvait être aussi compréhensif.


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L'ombre de la lune [Esteban/Klemens]

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