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 Oups [Isobel & Abel]

Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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22 octobre 2009

« Woh, où tu vas comme ça, mon gars, il est à peine vingt heures ! »

L’appel d’Isaac fit se retourner Abel, qui avait saisi son manteau sur son siège. Tout en l’enfilant, il répondit, haussant les sourcils d’un air laconique :

« Donc, l’heure où la plupart des gens rentrent chez eux ?
- Les gens normaux, tu veux dire ? » rétorqua Isaac, un sourire moqueur aux lèvres.

Abel secoua la tête, de ce geste habituel qu’il avait quand son meilleur ami faisait une réflexion à la fois drôle et bête. Donc, très souvent.

« Désolé, mais je dois rejoindre quelqu’un. T’as qu’à demander aux stagiaires de rester plus tard si y a encore du boulot, hein, on n’en a pas engagés pour rien, ajouta t-il, avec un sourire entendu.
- Je te ferais bien la morale sur le fait que tu es devenu un patron tyrannique, mais tu viens de dire un truc qui m’intéresse beaucoup plus. Tu dois rejoindre quelqu’un ? Où ? Quand ? Comment ? Quelles mensurations ? 
- Moi je te ferais bien la morale sur le fait que tu es encore un gros ado dans ta tête, mais je dois vraiment filer. A demain ! »

L’air moqueur avec lequel Abel le salua, celui de dire « Amuse toi bien à terminer les maquettes avec les stagiaires », fit râler Isaac si fort, qu’il l’entendit encore pester en sortant dans le couloir. D’une humeur légère, Abel avait encore un sourire aux lèvres lorsqu’il transplana chez lui pour se doucher et enfiler une chemise. Une fois prêt, il transplana à l’adresse que Madison lui avait indiquée. Il prit le temps d’observer le paysage tandis qu’il remontait la rue de cette ville qu’il n’avait jamais vue. Enfin, si, il était déjà venu à Oxford pour visiter le musée magique, passage obligé, mais il n’avait pas eu le temps de se promener en ville. La rue était vraiment charmante, bordée de maisons traditionnelles en pierre ou à colombages, qui faisaient tout le charme des villes européennes.

Madison logeait apparemment chez une amie, et elle avait pris soin de lui donner quelques détails descriptifs de son immeuble pour qu’il ne se trompe pas. Abel s’arrêta donc devant la façade en pierre blanche percée de bow-windows, puis après avoir vérifié le numéro, il s’apprêtait à sonner quand un des résidents de l’immeuble sortit au même instant. En le saluant aimablement d’un signe de tête, Abel en profita pour rentrer et monter directement au deuxième étage. Il frappa à la porte, un sourire léger aux lèvres, à la perspective que Madison allait bientôt sortir joliment habillée pour leur petite soirée improvisée.

Depuis leur reprise de contact la semaine précédente, ils s’étaient revus une fois pour faire ensemble une autre exposition que Madison souhaitait voir, puis ils avaient conclu leur soirée de la même façon que la première fois. Pour ce soir, Abel lui avait proposé de faire un tour sur les bords de la Tamise, puisque le temps était assez clément pour une soirée d’automne. Mais il ne doutait pas que la soirée se terminerait probablement encore quelque part près d’un lit, vieille habitude qu’ils étaient en train de retrouver et cela lui convenait parfaitement…

La porte s’ouvrit enfin, ce qui fit s’agrandir le sourire d’Abel.

« Sa… »

Mais seulement l’espace d’une seconde.

« … lut. »

Par il ne sut quelle pirouette faciale, il réussit à ne pas trop faire paraître sa surprise et son désarroi face à la personne qui se trouvait face à lui. Car Isobel n’était vraiment pas sensée se trouver là, n’est-ce-pas ?


Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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- T'es le plus mignon de tous les chatons du monde entier, murmurait Isobel à Sorbier. De toooous les chats. Le plus beau, hein mon chaton ?

Allongée sur son canapé les jambes dans le vide, par dessus l'accoudoir, Isobel grattait avec attention la petite tête mignonne de Sorbier, qui ronronnait avec application, roulé en boule sur son ventre. Elle était rentrée du travail une heure plus tôt, avait pris une douche, enfilé un jean et, avec beaucoup de productivité, avait traîné sur son canapé avec son chat, qui était lui très indifférent à l'agitation dans l'appartement. En effet, si Isobel avait prévu une soirée « Plat maison et bon bouquin » - parce qu'on ne pouvait pas faire la bringue aux Folies Sorcières tous les soirs et surtout pas la veille d'une réunion avec le Ministre (sauf si on était Roy Calder) - ce n'était pas le cas de Madison qui sortait ce soir. Les deux amies avaient donc longuement débattu de la robe nécessaire à ce rendez-vous galant avant que Mad ne s'enferme dans la salle de bains pour se préparer. Lorsqu'elle avait proposé cette colocation, Isy avait eu peur que son amie s'ennuie en Angleterre et trouve les journées longues. Il y avait aussi Logan dans le pays mais ils travaillaient tous les deux beaucoup, faisaient de longues journées et n'était pas forcément très présents. Au final, Madison avait recroisé une connaissance américaine - Isobel lui avait jeté un regard équivoque au mot connaissance, elle devait l'avouer - et sortait donc depuis la semaine dernière. C'était tant mieux : Isy se sentait donc moins coupable de l'abandonner !

Le fameux date devait passer chercher Madison à la maison ce soir et dans un sens, elle était un peu jalouse. Elle n'avait eu personne depuis des mois, parce qu'elle était partie en Louisiane - et avait décidé que Abel ne comptait pas parce qu'elle ne comptait pas pour lui - et parce qu'elle rattrapait tout le travail qu'elle avait manqué lors de ses congés. Même avant, d'ailleurs, Leopoldgrad devait être bouclée et Isobel n'avait pas vraiment eu le temps - ou l'envie - de s'amuser. La fin du mois s'annonçait normalement plus calme et elle avait très hâte de sortir de nouveau beaucoup et de rencontrer plein de nouvelles personnes. Et il ne serait pas dit que le seul homme à l'avoir embrassée en quatre mois était Abel Laveau. Il en allait de sa réputation ! Elle déposa justement un baiser sur le crâne de Sorbier avant de le poser par terre pour se redresser. La petite horloge en bois blanc qui reposait sur sa table basse annonçait vingt-heures trente et donc la fin de cuisson de ses pâtes. Elle était en train de nouer ses cheveux en un chignon pas très travaillé quand des coups retentirent à la porte.

- Mad, lança-t-elle en direction de la salle de bains. C'est pour toi !

Sorbier dans les chevilles, elle se dirigea vers la porte pour l'ouvrir, histoire de ne pas laisser le nouveau béguin de son amie devant la porte sous prétexte que ses pâtes allaient être trop cuites. Mais ce n'était pas le rendez-vous de Madison qui avait frappé, c'était Abel. Surprise de le voir dans l’entrebâillement de la porte, elle eut le réflexe étrange de porte la main à son chignon, comme pour le défaire avant de se sentir stupide. Elle se fichait d'être joliment coiffée face à Abel, elle avait décidé, parce que lui, il s'en fichait donc elle aussi. Et puis, en vrai, c'était plutôt joli quand même. Même si elle s'en fichait.

- Salut.

Elle avait essayé d'avoir l'air neutre en prononçant ces mots, presque détachée, ou même fâchée - elle l'était les dernières semaines mais en le voyant devant sa porte comme cela, elle l'avait presque un peu oublié. Un infime sourire avait percé sur son visage, parce qu'elle était soulagée. S'il venait jusqu'ici, même un mois après, c'est qu'il ne s'en fichait pas, non ? Qu'ils allaient pouvoir parler et peut-être, arrêter de s'ignorer. Elle ouvrit un peu plus grand la porte.

- Tu... veux entrer ?


Isobel Lavespère
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Abel avait déjà vécu quelques situations embarrassantes dans sa vie, et il parvenait en général à s’en sortir à peu près bien. Un certain art de maîtrise de ses expressions faciales. Mais cette situation-là était tout de même bien placée, dans le palmarès des situations gênantes, elle le devint d’autant plus lorsqu’il comprit qu’Isobel… ne savait pas. Ou du moins, n’avait pas compris ce qu’il venait faire là. A moins qu’elle avait compris et le prenait très bien ? Avait t-il le droit de rêver ?

Quoiqu’il en soit, ce n’était jamais bon de se trouver face à la femme qu’on tentait d’oublier en batifolant avec une autre, au moment où on venait chercher cette dernière. Très mauvais coup du destin. Lequel de ses ancêtres étaient responsables de ce sympathique pied de nez ?

Lorsqu’elle lui proposa d’entrer, le cerveau d’Abel s’activa à toute vitesse. Bien, quelles options lui restait t-il, et quelle chance y avait t-il qu’il s’était trompé d’appartement ? Soit il lui répondait qu’il avait du se tromper, et affrontait la réaction d’Isobel : probablement pas très ravie, car il lui parlait à peine depuis un mois, elle avait la gentillesse de l’inviter à entrer chez elle quand même et lui allait rétorquer « En fait non merci » ? Mauvaise idée. Soit il acceptait de rentrer sans rien dire dans l’espoir de trouver une ouverture plus tard pour partir, en priant très très fort pour que Madison ne soit pas derrière la porte, sinon cela cassait tout, évidemment. Mais bizarrement, il ne sentait sa bonne étoile derrière lui, sur ce coup-là. Soit il disait la vérité et affrontait une réaction qu’il avait bien du mal à prédire.

Finalement, c’était la solution la plus délicate à réaliser qui lui semblait la moins problématique, paradoxalement. Il inspira un bref coup, comme pour gagner du temps avant de répondre, mais malheureusement, Madison n’apparut pas derrière Isobel pour lui épargner la difficile tâche d’expliquer la situation.

« Euh, oui, pourquoi pas. Oui, alors, il n’était pas sensé dire ça, si ? Je… savais pas que tu habitais là. »

Est-ce que son embarras et son envie de disparaître dans un mur, lisibles dans son regard, parvenaient à exprimer de façon plus claire ce qu’il voulait dire ?


Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel s'était toujours considérée comme perspicace, elle estimait qu'elle cernait généralement bien les gens. Elle était obligée de le faire souvent dans son métier et elle trichait également un peu en lisant les auras des gens qui l'entouraient. C'était souvent le meilleur des indices. Pour autant, le fait de voir Abel devant sa porte alors que c'était le rendez-vous de Madison qui était attendu, et bien... Elle ne réalisa pas. Peut-être était-ce une sorte de déni ou peut-être qu'elle ne pouvait pas imaginer une seule seconde que cela puisse arriver. Quelles étaient les probabilité ? Le monde magique était petit, c'est vrai, mais pas le monde magique américain. De toute manière, le destin lui avait déjà fait le coup avec Sofya. Elle n'aurait pas pu parier sur le même ressort une seconde fois. Alors, les premières secondes, lorsqu'elle remarqua l'inconfort d'Abel, elle pensa que c'était dû à la situation, un peu gênante. Il l'avait ignorée presque un mois, la dernière fois qu'ils avaient été vraiment en face à face, cela avait ce fameux soir à la Nouvelle-Orléans. Elle-même ne savait pas vraiment quoi dire. Elle avait sa main posée sur le cadre de la porte, la tête relevée vers lui parce qu'il était plus grand qu'elle. Oui, Isobel s'était toujours considérée comme perspicace. Mais cette fois-ci, cette fois où un peu d'anticipation l'aurait un peu protégée, cette fois-ci, elle alla juste s'écraser contre le mur.

Elle ouvrit un peu plus grand la porte lorsque Abel accepta d'entrer. Et puis son geste se figea brusquement. Il venait de dire qu'il ne savait pas qu'elle vivait là. C'est vrai, il ne connaissait pas son adresse. Elle venait de le réaliser, de s'en rappeler. Il ne savait pas qu'elle vivait là. Il ne venait pas la voir. Il n'avait pas frappé pour elle, il n'avait pas frappé pour qu'ils parlent, pour qu'ils arrangent les choses, pour qu'ils retrouvent un lien. Il n'était pas venu pour elle. Il était venu pour Madison. Madison, qui se préparait dans la salle de bains, Madison, de qui elle avait aidé à choisir la robe, Madison, qui était son amie depuis dix ans, qui vivait chez elle. Il était venu pour Madison. Il n'était pas venu améliorer la situation, non, au contraire. Cela dépassait le fait qu'il ignore leur baiser, qu'il ne veuille pas en parler maintenant ou quoi que ce soit, non. C'était juste qu'il s'en foutait véritablement complètement. Ce n'était rien. Ce qui l'avait mise dans tous ses états, ce qui l'avait blessée si fort, ce qui l'avait obsédée pendant tout un mois, ce n'était rien. C'était un baiser échangé un soir, comme avec une fille dans un bar et on passait à la prochaine. Elle avait aimé Abel comme une folle pendant des années et des années, il l'avait profondément marquée, elle n'était jamais retombée amoureuse et elle était un nom sur une liste pour lui.

Quelque chose se brisa dans son expression au moment où elle comprit tout cela. Quelque chose se brisa même ailleurs. Sa main se détacha du battant de la porte. Une sourde douleur explosa dans sa poitrine, répandant partout un chagrin qu'elle n'aurait jamais pu envisager. Isobel n'était pas perspicace, finalement. Elle n'aurait pas pu envisager la situation qui se présentait à elle et elle n'aurait pas pu envisager la violence des sentiments qui la bousculèrent. Elle recula d'un pas et, pour une fois, incapable de dissimuler le trouble qui avait tout renversé sur son passage, elle baissa les yeux. Elle aurait voulu pouvoir anticiper la situation, préparer quelque chose, n'importe quoi, une réplique cinglante, une réaction neutre ou quoi que ce soit qui puisse endiguer un peu la tristesse qui s'était répandue en elle, l'humiliation, la douleur, n'importe quoi, tant qu'elle pouvait s'y raccrocher. Elle aurait voulu être digne, froide, détachée, surtout pas bouleversée et blessée. La seule chose qui lui resta après cette claque, la seule chose qui lui restait toujours, ce fut sa farouche volonté. Elle ne voulait pas laisser voir plus que nécessaire son chagrin, elle ne voulait pas donner cette dernière satisfaction à Abel. Son dernier rempart. Son agressivité reprit le dessus comme un bouclier et sa voix claqua dans l'air, implacable, pour s'ériger entre elle et ce brusque chaos qui venait de s'imposer.

- Va te faire foutre. Dégage.

Elle voulait qu'il s'en aille, qu'il parte et elle ne voulait plus jamais le revoir. Plus jamais. Elle voulait oublier tout ce qui venait de se passer, elle voulait ne plus rien ressentir, surtout pas cette cuisante douleur. La vue d'Abel lui parut soudain insupportable, lui qui venait jusque chez elle lui pour la blesser de nouveau. Le pas qu'elle refit en avant fut pour le pousser, le pousser hors de chez elle, de toutes ses forces, le pousser hors de sa vie. Elle posa un regard fulminant sur lui, les poings serrés et le cœur dispersé.  

- Dégage de chez moi. Je ne veux plus jamais te voir. Dégage.

Peu importait leur passé, tout ce qu'ils avaient vécu, le soutien d'Abel l'année dernière. Que tout ça aille au Diable, tout était mort et consumé, tout cela ne voulait plus rien dire. Tout ce qu'elle avait anticipé adolescente, tout, toutes ses douleurs, tous ses chagrins, tout ce qu'elle avait fui, c'était là, c'était maintenant. Elle n'était rien pour lui, une pichenette dans sa vie, la fille qu'on mettait de côté sans s'en soucier. C'était elle, la pauvre idiote qui s'attachait, qui avait cru, pour la troisième fois, la troisième, que les choses seraient différentes. Elle était stupide. Elle était profondément stupide et naïve. Elle ne représentait rien pour lui, rien du tout, et cette fois-ci, la leçon était apprise. En quelques secondes, le chagrin avait planté des griffes puissantes dans sa poitrine et elle savait que cela laisserait une trace : tant mieux. On ne l'y reprendrait plus, plus jamais. Jamais.  


Isobel Lavespère
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Abel s’était attendu à de la gêne, voire de l’incompréhension, mais il ne s’était pas attendu à une telle colère. Il vit, avant même qu’Isobel ne prenne la parole, qu’il venait de la blesser profondément. N’importe qui aurait vu cette lueur se briser dans son regard. Alors seulement, il prit conscience de sa gigantesque méprise, à l’origine de la situation actuelle.

Car Abel s’était persuadé qu’il n’y avait que lui qui accordait de l’importance à ce baiser qu’ils avaient échangé. Pour Isobel, il ne devait rien signifier de particulier, preuve en était qu’elle n’avait pas jugé utile de lui en parler. Pourtant, il s’était dit que si elle mettait le sujet sur le tapis, il saisirait l’occasion pour tenter de s’exprimer et ne s’esquiverait pas, mais assez lâchement, il ne voulait pas lancer lui-même cette discussion. Elle n’avait rien dit, il en avait conclu qu’elle préférait ignorer ce qui s’était passé, de la même façon que lui, mais pas pour les mêmes raisons : elle devait tout simplement ne pas donner de valeur particulière à ce moment.

Comment le pouvait t-elle ? Que lui, éperdument amoureux d’elle seize ans plus tôt, retrouve de vieux élans réveillés, à un instant où ils partageaient un moment de nostalgie, pouvait presque se comprendre. Mais elle, elle l’avait fui, en même temps qu’elle avait fui l’ensemble de son coven. Oh, il n’oubliait pas le demi-aveu qu’elle lui avait fait, un soir, chez lui, quelques mois plus tôt, de sentiments qu’elle aurait ressenti pour lui à cette époque. Néanmoins, cela ne l’avait pas empêchée de partir, et de ne lui donner aucune nouvelle pendant des années. Abel avait déjà du mal à croire qu’après tout ce par quoi il était passé, tout le ressentiment qu’Isobel avait fait naître en lui, il puisse à nouveau se trouver attiré par elle. Mais il avait encore plus de mal à croire que la jeune femme connaissait un trouble similaire.

Car ce baiser avait de l’importance pour elle, il ne pouvait plus en douter, maintenant. Pas quand elle le regardait avec une telle rage et qu’elle le repoussait avec une telle agressivité. Il se sentit profondément stupide de ne pas avoir accordé plus d’importance à cette hypothèse, pourtant pas si étonnante, qu’elle puisse être dans la même situation de doutes, de sentiments contradictoires, que lui. Elle avait attendu quelque chose de sa part, un geste, un mot, n’importe quoi, c’était clair maintenant, car elle lui avait ouvert sa porte, avant qu’il ne sous-entende qu’il était venu voir une autre. Quel crétin il faisait ! Quelque chose s’alarma en lui et il ressentit une urgence à ne pas laisser un tel drame s’installer sans s’expliquer.

« Attends… »


Mais elle le repoussa une deuxième fois, plus durement, cette fois en utilisant ses mains pour le faire. Frappé par la haine lisible sur son visage, il n’eut même pas le réflexe d’opposer une résistance, et recula de plusieurs pas. L’aura ombrageuse d’Isobel débordait de douleur, ce fut ce qui le laissa figé sur le palier, alors qu’elle lui claquait la porte au nez. Il s’écoula bien plusieurs minutes, avant qu’il ne détourne son regard éperdu et descende à pas lents les escaliers. Chassé de cet immeuble, et probablement de la vie de son ancienne meilleure amie, s’il en croyait ses dires.

Il l’avait cherché, il devait le reconnaître, bien qu’à sa décharge, il ignorait tout du lien entre Madison et Isobel. Il avait mal agi envers elle, il le savait. C’était lui qui l’avait embrassée, lui qui aurait du s’expliquer. A la place, il l’avait purement et simplement ignorée, en dehors du cadre professionnel, une réaction qu’elle avait sûrement trouvée violente, et aujourd’hui, il lui avait porté le coup de grâce.

Il s’en voulait vraiment pour ça, pour ce malentendu, pour la force avec laquelle il l’avait visiblement blessée. Et en même temps… il lui en voulait à elle. Il avait bien du mal à formuler pourquoi exactement, mais c’était là, en lui, grondant au creux de son estomac, à côté de sa propre culpabilité. Quelque chose dans ses entrailles s’insurgeait de la violence avec laquelle Isobel l’avait repoussé, comme s’il était le seul responsable de cette situation, comme si elle avait oublié, ou tout simplement jamais compris, à quel point elle l’avait brisé aussi et que c’était précisément ce qui le faisait agir ainsi aujourd’hui. Pour couronner le tout, elle ne lui avait laissé aucune chance de s'expliquer. Sa position était loin d’être simple, principalement à cause de tout ce qu’elle lui avait fait par le passé. Une part de lui se sentait injustement puni et soufflait que les choses se seraient passées autrement si elle n’avait tout simplement pas piétiné sa confiance envers elle, autrefois…

Mais puisque l’histoire semblait leur faire répéter leurs erreurs, ni Abel, ni Isobel ne s’exprimaient sur ce qu’ils ressentaient au plus profond d’eux, et seuls restaient leur attitude de surface, sujette à toutes les interprétations possibles, surtout les mauvaises. Perturbé, attristé, profondément contrarié, Abel eut du mal à feindre la bonne humeur lorsque Madison finit par le rejoindre, et il écourta leur soirée, en se rangeant derrière l’excuse de la fatigue du travail. Il rentra chez lui, les pensées en vrac, le coeur meurtri, dans un étrange mélange entre remords et ressentiments. Il poussa un long soupir en constatant sur son agenda qu’une réunion était programmée dans la semaine avec le service communication du projet Leopoldgrad. Les prochains jours allaient être compliqués…
FIN DU RP.


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