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 "The belly and guts of the Nation" [Roy & Leopold]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"Manchester is the belly and guts of the Nation", George Orwell


12 décembre 2009

Précédé par un mafieux à l'air patibulaire, Leopold déambulait dans les couloirs des Folies Sorcières. Comme souvent, il n'avait pas pris la peine de s'annoncer, car il savait que Roy prendrait la peine de le recevoir s'il était présent. Alan l'accompagnait discrètement, comme à son habitude, car on ne savait jamais ce qui pouvait se passer dans le fief d'un gang, même allié. Alors qu'ils approchaient du bureau des deux chefs, Leopold reconnut la silhouette chamarrée de Sofya Belinski. L'actrice avançait vers eux de sa démarche souple, ses bouclettes bondissant sur ses épaules, et Leopold prit le temps de lui adresser un sourire charmeur.

"Bonjour, miss Belinski."

"Bonjour, monsieur le ministre", le salua-t-elle avant de poursuivre sa route, non sans glisser un regard à Alan au passage.

Leopold s'immobilisa devant la belle porte de bois sombre du bureau de Roy et attendit patiemment que son guide l'annonce. Bientôt, il pénétra dans la pièce familière, et avisa Roy qui semblait affairé à son bureau. Une longue plume d'oie à la main, il griffonnait sur un parchemin d'un air appliqué.

"Roy ! Comment vas-tu, mon cher ami ?", lança le ministre en se dirigeant vers lui, tandis que Roy redressait le nez de son parchemin pour le saluer. Ils échangèrent une poignée de main virile et le ministre s'enquit : "Tu aurais un petit verre de Ragnarov pour moi ? J'aurais bien besoin d'un remontant."

La journée avait été particulièrement longue et pénible au Ministère. Depuis l'attaque de Leopoldgrad, chacun de ses conseillers, et chaque membre de son administration depuis le guichetier jusqu'au directeur de département semblait avoir une idée de la façon dont il fallait s'y prendre pour contrer la menace terroriste. Ce qui se faisait rare, en revanche, c'était de bonnes idées, des moyens efficaces, rapides et constructifs d'empêcher de nouvelle horreur comme celle de novembre et surtout de démanteler les réseaux. Il voulait attraper les responsables et en faire des exemples. McNeil et Hudson n'avaient pas suffi à étancher la soif immense de justice et de vengeance qu'il ressentait, que toute une partie du pays ressentait d'ailleurs. Ils s'en étaient trop bien sortis, avec une mort rapide, anonyme, sans souffrance. Les prochains résistants n'auraient pas cette chance.

Alors passé ses longues journées de travail et lorsque son temps le lui permettait, Leopold se plongeait dans de longues réflexions et plans d'attaque, faisant le tour de chacun de ses alliés et conseillers de confiance pour échafauder des stratégies. La guerre contre la résistance se ferait aussi dans l'ombre, surtout dans l'ombre. C'était là qu'il avait toujours été le meilleur, dans ce monde souterrain dont il maîtrisait les codes et les ficelles comme un marionnettiste maître, et là qu'il comptait agir aujourd'hui, en parallèle de l'action de son administration.  

Et pour cela, il avait besoin de Roy. Comme souvent, Leopold savait qu'il ne serait jamais mieux servi que par lui-même... Et par les Veilleurs.



Christoph Waltz, merci à Roy
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Il suffisait d’observer le ton que prenaient ses hommes avec lui pour deviner quand Roy était d’une humeur massacrante. Le Veilleur qui pénétra dans son bureau pour lui annoncer la venue de Leopold parla avec l’air de marcher sur des oeufs. Il fallait dire que la veille encore, Roy avait piqué une énième mémorable crise de colère face à la négligence d’un de ses vigiles, qu’il avait licencié au passage. C’était à cause de ce genre d’incapables que des gens indésirables pénétraient dans son cabaret et pouvaient torturer en paix une de ses danseuses. Sous son propre toit. Sans qu’aucun de ses hommes ne repère les intrus. C’était un euphémisme de dire que Roy avait ce malencontreux évènement en travers de la gorge, et la pilule était difficile à faire passer.

La chasse aux sorcières était évidemment lancée, car il ne voyait diable pas comment une telle opération aurait pu arriver, sans qu'il n’y ait une taupe parmi ses employés. Sur les aguets, Roy comme Jayce, surveillaient du coin de l’oeil chacun de leurs hommes, à l’affût du moindre comportement suspect, comptant sur leurs espions de confiance comme Evan et Sofya pour leur rapporter ce qu’ils manquaient. En parallèle, ils veillaient à riposter, et rattraper les pertes que cette attaque avait porté sur leur gang. Roy était justement en train de d’éplucher les derniers comptes qui concernaient leurs trafics de baguettes quand Leopold décida de le gratifier d’une visite surprise.

Ami ou pas, on ne mettait pas à la porte le ministre de la magie, alors Roy s’efforça de mettre momentanément de côté sa paperasse. Il en profiterait pour faire une pause. Il se leva de son fauteuil pour saisir la main que Leopold lui tendait par dessus son bureau, répondant avec un sourire cynique :

« Ah, ne m’en parle pas. C’est pas que d’un remontant dont j’ai besoin, moi. »

Il contourna son bureau pour ouvrir la porte de son armoire pleine de substances plus ou moins louches que Leopold connaissait bien. Tout en débouchant une bouteille, il le laissa s’installer à sa guise sur ses fauteuils en cuir. Roy n’avait jamais compris comment Leopold faisait pour boire un alcool au goût aussi particulier et fort que celui du Ragnarov, mais depuis qu’ils se côtoyaient, il en gardait toujours une bouteille pour ses visites. Une fois n’était pas coutume, cette fois, il se servit un verre pour lui aussi plutôt que choisir un autre alcool, puis s’assit face au ministre. La sensation fut assez désagréable, mais elle eut le mérite de replacer un peu les idées des Roy.

« Mmh. Je t’avoue que ça me dépasse que t’aimes ce truc, on dirait un acide qui te décrasse l’estomac. »

Il termina toutefois son verre, avant de sortir ses fidèles joints de la poche de sa chemise. Chacun son addiction, pour sa part, il commençait à fumer un peu trop souvent. Son regard glissa sur Leopold qui lui avait offert des salutations vigoureuses, malgré sa journée débordante à en croire ses dires. Il prit alors sur lui pour ne pas trop montrer sa mauvaise humeur et retrouver ses bonnes habitudes :

« T’as plutôt bonne mine pour un ministre en pleine chasse à l’homme, dis donc, lança t-il avant d’ajouter avec un sourire à la fois charmeur et narquois. Je t’ai dit que ça t’allait comme un gant, la cicatrice ? Ca te donne le petit côté mafieux qui te manquait. Bon, alors, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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S'il avait été honnête, Leopold aurait dû reconnaître qu'il avait bien vu les signes de la mauvaise humeur de Roy. Même s'il faisait certainement un effort pour son prestigieux invité, Roy était assez transparent et il était visible dans sa posture qu'il était tendu et fatigué. En temps normal, Leopold aurait prêté attention à ces signes, mais il n'avait pas le luxe de ménager ses collaborateurs en ce moment. Lui aussi était dans un mauvais jour, ou peut-être devrait-il mauvais mois, et n'avait d'ailleurs pas connu un seul bon jour depuis sa sortie du coma. C'était sa détermination à toute épreuve, couplée à une hygiène de vie déplorable, qui le survoltait et le poussait à aller au-delà de ses forces. Ce qui passait pour de l'énergie et de la bonne humeur témoignait en réalité de l'état second dans lequel se trouvait régulièrement le ministre ces derniers temps. Entre le manque de sommeil, les médicaments qu'on lui imposait depuis sa sortie de l'hôpital, le stress et l'alcool qui aidait à rendre le tout plus supportable, il ne tenait debout que grâce à sa constitution physique extraordinaire, héritée de sa regrettée mamie Griselda.

Alors il ne prit pas la peine de se demander s'il dérangeait Roy ni de s'enquérir de ses soucis, préférant plutôt le laisser noyer cela dans le Ragnarov. Un petit sourire suffisant étira ses lèvres en voyant Roy grimacer en buvant son verre.

"Les autres alcools me font à peu près autant d'effet qu'un verre d'eau", répondit-il en haussant les épaules. Lui avait développé une véritable addiction à la liqueur des gobelins, qui lui procurait le même effet que les joints de Roy, pour lesquels il n'éprouvait guère d'affection. Leopold porta la main à son visage quand Roy mentionna sa bonne mine et dessina le tracé de sa cicatrice du bout du doigt. Peu à peu elle perdait sa boursouflure et sa couleur vermeil, pour laisser place à une fine ligne blanche, qu'il pouvait porter comme une blessure de guerre. Leopold avait failli y laisser son oeil, ce qui n'aurait été qu'un moindre mal considérant le fait qu'il était passé à deux doigts de la mort. Malheureusement pour la résistance, l'attaque n'avait fait que le rendre plus énervé que jamais. Attaquer la March Bank avait produit le même effet que de donner un coup de pied dans une ruche bourdonnante.

"C'était ce qui manquait à ma panoplie de ministre. Je maîtrise bien le regard noir maintenant", répondit-il avec un sourire froid. "Et c'est bon pour la côte de popularité aussi, ce petit côté blessure de guerre. Potter n'a qu'à bien se tenir..."

Trêves de plaisanteries, il n'était pas venu là pour échanger des amabilités avec Roy. Leopold en vint donc rapidement aux faits :

"Je pense que le ministère va avoir besoin de l'aide des Veilleurs. J'aurais besoin que tu actives tes réseaux et que tu envoies tes espions en quête d'information sur le marché noir mancunien. Les derniers rapports du Renseignement semblent indiquer des activités suspectes sur le secteur de Manchester, et il ne serait pas étonnant que la résistance soit en train de se repositionner sur le territoire, après l'attaque de novembre... On soupçonne qu'une cellule active est en train de se former là-bas, peut-être de la Salamandre, et que la cible de la prochaine attaque d'ampleur pourrait s'y trouver. La milice enquête sur place bien sûr mais je pense que les Veilleurs pourraient accéder à des sources d'information plus... souterraines. Et utiliser des méthodes d'enquêtes plus directes, rapides et efficaces. Cela nous permettrait de voir s'il y a vraiment matière à s'inquiéter ou pas."

Il considéra Roy en attendant sa réponse, tout en réfléchissant aux moyens dont cette collaboration pourrait s'arranger entre la mafia et la milice. Le mélange des genres pouvait faire des miracles, il en était persuadé, et avait déjà pu le constater à plusieurs reprises.



Christoph Waltz, merci à Roy
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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« Oh, tu le maîtrisais déjà avant, mais ça te rend plus effrayant, je parie que plus personne n’ose te contrarier au Ministère » ricana Roy, en tirant une nouvelle bouffée de sa cigarette.

Et il imaginait sans mal combien l’attitude et les idées du ministre s’étaient durcies, après un tel attentat qui l’avait atteint personnellement. Cette cicatrice à l’oeil n’était pas grand-chose, à côté du décès d’un membre de sa famille et l’accident irréversible qui était arrivé à son fils. Roy avait ressenti une peine plutôt sincère pour lui, en apprenant ces nouvelles, difficiles à vivre pour n’importe quel homme, même pour quelqu’un d’aussi déterminé et solide que Leopold. Il voyait combien son regard s’était assombri, Roy y reconnaissait la lueur dévorante de vengeance et de justice, pour l’avoir lui-même expérimentée. Personne ne pouvait s’en prendre à sa famille puis en ressortir indemnes. Leopold semblait partager le même point de vue, car depuis sa sortie de l’hôpital, il mettait tout en oeuvre pour traquer les coupables.

En tant qu’ami, Roy était prêt à l’aider à mettre sa vengeance en place, il s’était même attendu à ce qu’il vienne un jour lui demander ce service. Mais à l’instant où Leopold prononça le nom de Manchester, le sang de Roy se figea, bien que rien de particulier ne se lût sur sa figure. Il se contenta d’écouter attentivement les informations que lui donnait le ministre, pour en tirer toutes les déductions à la question qui l’intéressait : non pas comment il allait coincer cette cellule résistante, mais bien à quel point Juliana et son groupe devaient s’inquiéter ?

Il avait appréhendé ce moment, qu’il savait devoir venir, un jour ou l’autre. Dès le moment où il s’était lié à Juliana sans quitter sa position de mafieux collaborateur avec le régime, il avait compris qu’il se mettait dans une posture très délicate de double jeu, et qu’il ne pouvait pas le faire qu’à moitié. Quelques situations complexes s’étaient chargées de bien le lui faire comprendre, notamment ce fameux soir où Juliana avait tué un des Veilleurs, attirant tous les feux des projecteurs sur elle. Roy n’avait eu d’autre choix que de donner satisfaction au désir de vengeance de ses hommes en faisant brûler son restaurant, puis de divulguer son identité à Leopold et sa Milice, afin de se constituer une solide couverture. Si l’affiche de Juliana McNeil, la terroriste du Kraken, avait occupé les murs de Bristol un long moment, avant d’être remplacée par celle de sa -fausse- mort, c’était de son fait.

Mais c’était le seul moyen pour lui de conserver et pérenniser sa position, et donc pouvoir garder ses contacts et ses renseignements dans les hautes sphères du pouvoir, chose indispensable s’il voulait pouvoir protéger Juliana. Il l’avait aidée à s’installer à Manchester, monter sa nouvelle cellule de résistance, prit des risques à chacune des actions qu’il avait entreprises pour elle, et il aurait plus difficilement pu le faire s’il ne s’était pas assuré cette solide couverture d’abord.

Maintenant, il se trouvait de nouveau dans une posture délicate, face à Leopold. Il pouvait accepter, pour n’éveiller aucun soupçon, et faire en sorte que les recherches qu’il ferait pour lui n’aboutisse à rien et détourne les suspicions de la Milice de cet endroit. Oui, mais… Un élément le retenait. Un risque qu’il n’était pas sûr d’être prêt à prendre. Envoyer ses hommes mener des recherches à Manchester, c’était prendre le risque qu’ils y découvrent la présence de Juliana. Chose qui pouvait avoir de graves conséquences, pour la simple et bonne raison que les Veilleurs n’hésiteraient pas à l’attraper sans même attendre ses ordres, si cela arrivait. Elle était dans leur liste noire, et Roy savait que ses espions étaient très bons, même, excellents. Alors, il n’était pas impossible qu’ils viennent à bout de toutes les précautions qu’il avait prises pour fabriquer une fausse identité à sa compagne…

Gardant ses réflexions secrètes, il prit la décision d’avancer prudemment et faire appel à ses talents d’acteur, pour le moment. Il prit une expression étonnée, après que Leopold eut terminé son explication :

« Manchester ? C’est étonnant, ce n’est pas vraiment une ville de frondeurs, ils sont même plutôt acquis à ta cause… Tes renseignements ont repéré des têtes connues là-bas ? » S’il pouvait au passage avoir plus d’éléments sur les vagues soupçons que Leopold lui décrivait… « Ce que j’ai entendu, c’est que c’est surtout à Cosmos que ça s’agite pas mal, en souterrain, en ce moment. »

Et ce n’était pas une fausse information que Roy donnait, il avait effectivement quelques contacts dans le pays qui lui avaient confirmé une discrète reprise des réseaux de résistance dans cette ville surveillée, connue pour son indiscipline, mais pas aussi étouffée que Bristol. Si cela pouvait un peu détourner les efforts de la Milice sur Manchester…



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