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 "The belly and guts of the Nation" [Roy & Leopold]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"Manchester is the belly and guts of the Nation", George Orwell


12 décembre 2009

Précédé par un mafieux à l'air patibulaire, Leopold déambulait dans les couloirs des Folies Sorcières. Comme souvent, il n'avait pas pris la peine de s'annoncer, car il savait que Roy prendrait la peine de le recevoir s'il était présent. Alan l'accompagnait discrètement, comme à son habitude, car on ne savait jamais ce qui pouvait se passer dans le fief d'un gang, même allié. Alors qu'ils approchaient du bureau des deux chefs, Leopold reconnut la silhouette chamarrée de Sofya Belinski. L'actrice avançait vers eux de sa démarche souple, ses bouclettes bondissant sur ses épaules, et Leopold prit le temps de lui adresser un sourire charmeur.

"Bonjour, miss Belinski."

"Bonjour, monsieur le ministre", le salua-t-elle avant de poursuivre sa route, non sans glisser un regard à Alan au passage.

Leopold s'immobilisa devant la belle porte de bois sombre du bureau de Roy et attendit patiemment que son guide l'annonce. Bientôt, il pénétra dans la pièce familière, et avisa Roy qui semblait affairé à son bureau. Une longue plume d'oie à la main, il griffonnait sur un parchemin d'un air appliqué.

"Roy ! Comment vas-tu, mon cher ami ?", lança le ministre en se dirigeant vers lui, tandis que Roy redressait le nez de son parchemin pour le saluer. Ils échangèrent une poignée de main virile et le ministre s'enquit : "Tu aurais un petit verre de Ragnarov pour moi ? J'aurais bien besoin d'un remontant."

La journée avait été particulièrement longue et pénible au Ministère. Depuis l'attaque de Leopoldgrad, chacun de ses conseillers, et chaque membre de son administration depuis le guichetier jusqu'au directeur de département semblait avoir une idée de la façon dont il fallait s'y prendre pour contrer la menace terroriste. Ce qui se faisait rare, en revanche, c'était de bonnes idées, des moyens efficaces, rapides et constructifs d'empêcher de nouvelle horreur comme celle de novembre et surtout de démanteler les réseaux. Il voulait attraper les responsables et en faire des exemples. McNeil et Hudson n'avaient pas suffi à étancher la soif immense de justice et de vengeance qu'il ressentait, que toute une partie du pays ressentait d'ailleurs. Ils s'en étaient trop bien sortis, avec une mort rapide, anonyme, sans souffrance. Les prochains résistants n'auraient pas cette chance.

Alors passé ses longues journées de travail et lorsque son temps le lui permettait, Leopold se plongeait dans de longues réflexions et plans d'attaque, faisant le tour de chacun de ses alliés et conseillers de confiance pour échafauder des stratégies. La guerre contre la résistance se ferait aussi dans l'ombre, surtout dans l'ombre. C'était là qu'il avait toujours été le meilleur, dans ce monde souterrain dont il maîtrisait les codes et les ficelles comme un marionnettiste maître, et là qu'il comptait agir aujourd'hui, en parallèle de l'action de son administration.  

Et pour cela, il avait besoin de Roy. Comme souvent, Leopold savait qu'il ne serait jamais mieux servi que par lui-même... Et par les Veilleurs.



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Il suffisait d’observer le ton que prenaient ses hommes avec lui pour deviner quand Roy était d’une humeur massacrante. Le Veilleur qui pénétra dans son bureau pour lui annoncer la venue de Leopold parla avec l’air de marcher sur des oeufs. Il fallait dire que la veille encore, Roy avait piqué une énième mémorable crise de colère face à la négligence d’un de ses vigiles, qu’il avait licencié au passage. C’était à cause de ce genre d’incapables que des gens indésirables pénétraient dans son cabaret et pouvaient torturer en paix une de ses danseuses. Sous son propre toit. Sans qu’aucun de ses hommes ne repère les intrus. C’était un euphémisme de dire que Roy avait ce malencontreux évènement en travers de la gorge, et la pilule était difficile à faire passer.

La chasse aux sorcières était évidemment lancée, car il ne voyait diable pas comment une telle opération aurait pu arriver, sans qu'il n’y ait une taupe parmi ses employés. Sur les aguets, Roy comme Jayce, surveillaient du coin de l’oeil chacun de leurs hommes, à l’affût du moindre comportement suspect, comptant sur leurs espions de confiance comme Evan et Sofya pour leur rapporter ce qu’ils manquaient. En parallèle, ils veillaient à riposter, et rattraper les pertes que cette attaque avait porté sur leur gang. Roy était justement en train de d’éplucher les derniers comptes qui concernaient leurs trafics de baguettes quand Leopold décida de le gratifier d’une visite surprise.

Ami ou pas, on ne mettait pas à la porte le ministre de la magie, alors Roy s’efforça de mettre momentanément de côté sa paperasse. Il en profiterait pour faire une pause. Il se leva de son fauteuil pour saisir la main que Leopold lui tendait par dessus son bureau, répondant avec un sourire cynique :

« Ah, ne m’en parle pas. C’est pas que d’un remontant dont j’ai besoin, moi. »

Il contourna son bureau pour ouvrir la porte de son armoire pleine de substances plus ou moins louches que Leopold connaissait bien. Tout en débouchant une bouteille, il le laissa s’installer à sa guise sur ses fauteuils en cuir. Roy n’avait jamais compris comment Leopold faisait pour boire un alcool au goût aussi particulier et fort que celui du Ragnarov, mais depuis qu’ils se côtoyaient, il en gardait toujours une bouteille pour ses visites. Une fois n’était pas coutume, cette fois, il se servit un verre pour lui aussi plutôt que choisir un autre alcool, puis s’assit face au ministre. La sensation fut assez désagréable, mais elle eut le mérite de replacer un peu les idées des Roy.

« Mmh. Je t’avoue que ça me dépasse que t’aimes ce truc, on dirait un acide qui te décrasse l’estomac. »

Il termina toutefois son verre, avant de sortir ses fidèles joints de la poche de sa chemise. Chacun son addiction, pour sa part, il commençait à fumer un peu trop souvent. Son regard glissa sur Leopold qui lui avait offert des salutations vigoureuses, malgré sa journée débordante à en croire ses dires. Il prit alors sur lui pour ne pas trop montrer sa mauvaise humeur et retrouver ses bonnes habitudes :

« T’as plutôt bonne mine pour un ministre en pleine chasse à l’homme, dis donc, lança t-il avant d’ajouter avec un sourire à la fois charmeur et narquois. Je t’ai dit que ça t’allait comme un gant, la cicatrice ? Ca te donne le petit côté mafieux qui te manquait. Bon, alors, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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S'il avait été honnête, Leopold aurait dû reconnaître qu'il avait bien vu les signes de la mauvaise humeur de Roy. Même s'il faisait certainement un effort pour son prestigieux invité, Roy était assez transparent et il était visible dans sa posture qu'il était tendu et fatigué. En temps normal, Leopold aurait prêté attention à ces signes, mais il n'avait pas le luxe de ménager ses collaborateurs en ce moment. Lui aussi était dans un mauvais jour, ou peut-être devrait-il mauvais mois, et n'avait d'ailleurs pas connu un seul bon jour depuis sa sortie du coma. C'était sa détermination à toute épreuve, couplée à une hygiène de vie déplorable, qui le survoltait et le poussait à aller au-delà de ses forces. Ce qui passait pour de l'énergie et de la bonne humeur témoignait en réalité de l'état second dans lequel se trouvait régulièrement le ministre ces derniers temps. Entre le manque de sommeil, les médicaments qu'on lui imposait depuis sa sortie de l'hôpital, le stress et l'alcool qui aidait à rendre le tout plus supportable, il ne tenait debout que grâce à sa constitution physique extraordinaire, héritée de sa regrettée mamie Griselda.

Alors il ne prit pas la peine de se demander s'il dérangeait Roy ni de s'enquérir de ses soucis, préférant plutôt le laisser noyer cela dans le Ragnarov. Un petit sourire suffisant étira ses lèvres en voyant Roy grimacer en buvant son verre.

"Les autres alcools me font à peu près autant d'effet qu'un verre d'eau", répondit-il en haussant les épaules. Lui avait développé une véritable addiction à la liqueur des gobelins, qui lui procurait le même effet que les joints de Roy, pour lesquels il n'éprouvait guère d'affection. Leopold porta la main à son visage quand Roy mentionna sa bonne mine et dessina le tracé de sa cicatrice du bout du doigt. Peu à peu elle perdait sa boursouflure et sa couleur vermeil, pour laisser place à une fine ligne blanche, qu'il pouvait porter comme une blessure de guerre. Leopold avait failli y laisser son oeil, ce qui n'aurait été qu'un moindre mal considérant le fait qu'il était passé à deux doigts de la mort. Malheureusement pour la résistance, l'attaque n'avait fait que le rendre plus énervé que jamais. Attaquer la March Bank avait produit le même effet que de donner un coup de pied dans une ruche bourdonnante.

"C'était ce qui manquait à ma panoplie de ministre. Je maîtrise bien le regard noir maintenant", répondit-il avec un sourire froid. "Et c'est bon pour la côte de popularité aussi, ce petit côté blessure de guerre. Potter n'a qu'à bien se tenir..."

Trêves de plaisanteries, il n'était pas venu là pour échanger des amabilités avec Roy. Leopold en vint donc rapidement aux faits :

"Je pense que le ministère va avoir besoin de l'aide des Veilleurs. J'aurais besoin que tu actives tes réseaux et que tu envoies tes espions en quête d'information sur le marché noir mancunien. Les derniers rapports du Renseignement semblent indiquer des activités suspectes sur le secteur de Manchester, et il ne serait pas étonnant que la résistance soit en train de se repositionner sur le territoire, après l'attaque de novembre... On soupçonne qu'une cellule active est en train de se former là-bas, peut-être de la Salamandre, et que la cible de la prochaine attaque d'ampleur pourrait s'y trouver. La milice enquête sur place bien sûr mais je pense que les Veilleurs pourraient accéder à des sources d'information plus... souterraines. Et utiliser des méthodes d'enquêtes plus directes, rapides et efficaces. Cela nous permettrait de voir s'il y a vraiment matière à s'inquiéter ou pas."

Il considéra Roy en attendant sa réponse, tout en réfléchissant aux moyens dont cette collaboration pourrait s'arranger entre la mafia et la milice. Le mélange des genres pouvait faire des miracles, il en était persuadé, et avait déjà pu le constater à plusieurs reprises.



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« Oh, tu le maîtrisais déjà avant, mais ça te rend plus effrayant, je parie que plus personne n’ose te contrarier au Ministère » ricana Roy, en tirant une nouvelle bouffée de sa cigarette.

Et il imaginait sans mal combien l’attitude et les idées du ministre s’étaient durcies, après un tel attentat qui l’avait atteint personnellement. Cette cicatrice à l’oeil n’était pas grand-chose, à côté du décès d’un membre de sa famille et l’accident irréversible qui était arrivé à son fils. Roy avait ressenti une peine plutôt sincère pour lui, en apprenant ces nouvelles, difficiles à vivre pour n’importe quel homme, même pour quelqu’un d’aussi déterminé et solide que Leopold. Il voyait combien son regard s’était assombri, Roy y reconnaissait la lueur dévorante de vengeance et de justice, pour l’avoir lui-même expérimentée. Personne ne pouvait s’en prendre à sa famille puis en ressortir indemnes. Leopold semblait partager le même point de vue, car depuis sa sortie de l’hôpital, il mettait tout en oeuvre pour traquer les coupables.

En tant qu’ami, Roy était prêt à l’aider à mettre sa vengeance en place, il s’était même attendu à ce qu’il vienne un jour lui demander ce service. Mais à l’instant où Leopold prononça le nom de Manchester, le sang de Roy se figea, bien que rien de particulier ne se lût sur sa figure. Il se contenta d’écouter attentivement les informations que lui donnait le ministre, pour en tirer toutes les déductions à la question qui l’intéressait : non pas comment il allait coincer cette cellule résistante, mais bien à quel point Juliana et son groupe devaient s’inquiéter ?

Il avait appréhendé ce moment, qu’il savait devoir venir, un jour ou l’autre. Dès le moment où il s’était lié à Juliana sans quitter sa position de mafieux collaborateur avec le régime, il avait compris qu’il se mettait dans une posture très délicate de double jeu, et qu’il ne pouvait pas le faire qu’à moitié. Quelques situations complexes s’étaient chargées de bien le lui faire comprendre, notamment ce fameux soir où Juliana avait tué un des Veilleurs, attirant tous les feux des projecteurs sur elle. Roy n’avait eu d’autre choix que de donner satisfaction au désir de vengeance de ses hommes en faisant brûler son restaurant, puis de divulguer son identité à Leopold et sa Milice, afin de se constituer une solide couverture. Si l’affiche de Juliana McNeil, la terroriste du Kraken, avait occupé les murs de Bristol un long moment, avant d’être remplacée par celle de sa -fausse- mort, c’était de son fait.

Mais c’était le seul moyen pour lui de conserver et pérenniser sa position, et donc pouvoir garder ses contacts et ses renseignements dans les hautes sphères du pouvoir, chose indispensable s’il voulait pouvoir protéger Juliana. Il l’avait aidée à s’installer à Manchester, monter sa nouvelle cellule de résistance, prit des risques à chacune des actions qu’il avait entreprises pour elle, et il aurait plus difficilement pu le faire s’il ne s’était pas assuré cette solide couverture d’abord.

Maintenant, il se trouvait de nouveau dans une posture délicate, face à Leopold. Il pouvait accepter, pour n’éveiller aucun soupçon, et faire en sorte que les recherches qu’il ferait pour lui n’aboutisse à rien et détourne les suspicions de la Milice de cet endroit. Oui, mais… Un élément le retenait. Un risque qu’il n’était pas sûr d’être prêt à prendre. Envoyer ses hommes mener des recherches à Manchester, c’était prendre le risque qu’ils y découvrent la présence de Juliana. Chose qui pouvait avoir de graves conséquences, pour la simple et bonne raison que les Veilleurs n’hésiteraient pas à l’attraper sans même attendre ses ordres, si cela arrivait. Elle était dans leur liste noire, et Roy savait que ses espions étaient très bons, même, excellents. Alors, il n’était pas impossible qu’ils viennent à bout de toutes les précautions qu’il avait prises pour fabriquer une fausse identité à sa compagne…

Gardant ses réflexions secrètes, il prit la décision d’avancer prudemment et faire appel à ses talents d’acteur, pour le moment. Il prit une expression étonnée, après que Leopold eut terminé son explication :

« Manchester ? C’est étonnant, ce n’est pas vraiment une ville de frondeurs, ils sont même plutôt acquis à ta cause… Tes renseignements ont repéré des têtes connues là-bas ? » S’il pouvait au passage avoir plus d’éléments sur les vagues soupçons que Leopold lui décrivait… « Ce que j’ai entendu, c’est que c’est surtout à Cosmos que ça s’agite pas mal, en souterrain, en ce moment. »

Et ce n’était pas une fausse information que Roy donnait, il avait effectivement quelques contacts dans le pays qui lui avaient confirmé une discrète reprise des réseaux de résistance dans cette ville surveillée, connue pour son indiscipline, mais pas aussi étouffée que Bristol. Si cela pouvait un peu détourner les efforts de la Milice sur Manchester…




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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Les sourcils du ministre se froncèrent face à la réserve de Roy. Il ne lui demandait pas de remettre son diagnostic en cause, mais de s'exécuter. Pensait-il réellement être mieux informé que lui sur les activités de la résistance au sein du pays ? Leopold avait accès à un réseau d'espions sans nul autre pareil, entre ses informateurs de la mafia et les espions du régime, dont la réputation était connue dans le monde entier.

"Il n'existe plus une seule ville réellement acquise à ma cause, y compris Londres", contra Leopold en ponctuant ses propos d'un geste définitif. "La population est fragmentée, la résistance étend ses réseaux partout. A Cosmos, certainement, mais cette ville là est sous notre supervision - contrairement à Manchester. Et la situation socio-économique de la ville s'y dégrade. De nombreux réfugiés bristoliens sont d'ailleurs allés s'y terrer..."

Car ils avaient été chassés de Londres, ville qui se devait de garder son standing de capitale. Le charme folkolique du Chemin de Traverse ne supportait guère les mendiants et les miséreux.

"C'est justement parce que ce n'est pas cette ville qu'on regarde que c'est un lieu d'installation logique pour la résistance. Réfléchis, si tu devais lancer un groupe de résistance, est-ce que tu le ferais à Bristol, à Cosmos ? Je ne crois pas. Tu le ferais ailleurs, où les regards du gouvernement ne se portent pas, où ton action passerait plus facilement inaperçue."

C'était en tout cas ce que Leopold ferait, s'il était du genre à entrer en résistance. En réalité, sa méthode d'action à lui aurait plutôt consisté à assassiner par le poison l'homme d'Etat indésirable - pour mieux prendre sa place. Ce n'était tout-de-même pas sa faute si la résistance était incapable d'orchestrer son assassinat convenablement.

Bien décidé à obtenir ce qu'il souhaitait, Leopold chercha le regard de son interlocuteur et poursuivit :

"Et puis même si nous nous trompons, ça ne coûte rien d'envoyer quelqu'uns de tes hommes fouiner un peu, non ? Crois-moi, les Veilleurs sauraient y trouver leur avantage. Si c'est une question d'argent..."

Il haussa les épaules d'un air entendu. Cela ne serait pas la première fois que des gallions changeraient de main entre Roy et lui.



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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Dès sa première phrase, Roy put mesurer l’impact qu’avait eu l’attentat sur Leopold. Son ton n’admettait aucune contradiction, tandis qu’il affirmait qu’il ne pouvait compter se considérer en territoire conquis nulle part. Il voyait désormais des ennemis partout, et il avait probablement raison. La Milice avait concentré ses efforts sur les gros réseaux, les groupes les plus visibles, sous-estimant l’ampleur de l’ennemi à combattre. C’était sûrement ce qui avait coûté cet attentat, que ni la Salamandre, ni le Kraken, ni même le MDL ne revendiquait. D’autres groupuscules étaient capables de porter de violents coups, l’attentat l’avait démontré. Il fallait avoir des yeux et des oreilles partout, désormais, ils ne pouvaient plus se contenter de surveiller les villes clairement frondeuses.

Roy suivait totalement le raisonnement de Leopold, c’était celui qu’il fallait avoir. Pourtant, il ne pouvait pas aller dans son sens, il ne pouvait plus. Quelque chose en lui frémit lorsqu’il toucha du doigt la vérité. « De nombreux réfugiés bristoliens sont d’ailleurs allés s’y terrer… ». Leopold avait mis la main sur les bonnes informations. Ce n’était pas étonnant, Roy savait qu’il disposait d’un excellent réseau d’informateurs, en étant à la fois chef d’Etat et chef de gang. La Milice se déployait sur tout le territoire en usant d’interrogatoires musclés dès qu’il le fallait, et sa mafia lui chuchotait en souterrain les informations les mieux cachées. Encore une fois, le raisonnement de Leopold était le bon quand il venait demander l’appui des Veilleurs. Si Roy ajoutait les forces de son réseau aux siennes, nul doute qu’en quelques mois, tout le territoire de Manchester serait quadrillé, et les résistants les moins prudents faits comme des rats…

Que faire ? Roy réfléchissait à toute vitesse, tout en écoutant le ministre d’une oreille. Quel était le risque le plus important ? C’était la seule question qu’il devait résoudre. Soit il acceptait la demande de Leopold, et prenait le risque de mettre sa compagne en danger, en comptant sur le fait qu’elle était une résistante aguerrie et qu’il pouvait toujours redoubler d’efforts pour la protéger. Soit il refusait, ce que Leopold recevrait mal s’il ne trouvait pas une excellente justification, et prenait le risque de refroidir leurs relations. Roy se sentait très incertain sur la première option. Les ressources de Juliana et Joel étaient encore maigres, leur réseau commençait juste à se construire, car feindre leur mort et adopter une nouvelle identité avaient concentré tous leurs efforts. Ce n’était clairement pas le bon timing pour les mettre à l’épreuve. Surtout qu’il n’avait aucun doute sur la détermination actuelle du régime à coincer les rebelles, sans faire le moindre cadeau. Pour autant, la deuxième option ne lui plaisait pas non plus. Le ton et l’attitude de Leopold ne ressemblaient pas à celle d’un homme venant demander un service à son ami, qu’il avait donc tout loisir de refuser. Il avait plutôt l’air de considérer comme acquis qu’il allait le faire.

« Non, ce n’est pas une question d’argent. »

Roy s’efforçait de le masquer mais sa demande le contrariait profondément. Bon sang, après tous les efforts qu’ils avaient faits avec Juliana pour l’éloigner de Bristol, de la menace de la Milice et des Veilleurs, Leopold venait exiger qu’il dispose ses hommes à l’endroit exact où elle s’était planquée ? C’était se lancer un sort dans le pied. Il n’avait aucune envie de retourner en arrière, à cette époque où il craignait chaque jour que sa partenaire se fasse attraper par ses propres hommes. S’il acceptait, il prenait le risque de détruire tous leurs efforts. Des réseaux de résistance à Manchester, il n’y en avait pas suffisamment pour parier que celui de Juliana ne serait pas inquiété, surtout s’il ajoutait ses propres espions dans l’histoire.

Inévitablement, son jugement, fortement influencé par l’inquiétude et par ses sentiments personnels, se laissait glisser vers l’option la plus délicate à mettre en oeuvre. Roy s’y risqua malgré tout, sans éviter le regard de Leopold. Il haussa les épaules, comme un geste de regret.

« C’est plutôt une question de ressources. Je surveille déjà cette ville pour toi, rappela t-il avec un geste de la main, pour désigner le lieu où ils étaient. Et il le faisait même plutôt assidument, puisque le Kraken était en guerre ouverte contre son gang, c’était une raison supplémentaire de guetter leurs faits et gestes. Et on a subi une attaque, il y a quelques jours. »

Leopold avait forcément entendu parler de la torture des MacFarlane, car les nouvelles couraient vite dans le monde mafieux. Roy n’avait ni besoin, ni envie de s’étendre sur les détails de cette affaire qui l’occupait nuit et jour en ce moment.

« J’ai un viseur dans le dos, et tant que je ne sais pas qui c’est, ça ne sera sûrement pas la dernière attaque, enchaîna t-il, assombri. Tous mes espions sont mobilisés sur cette mission, je veux régler ça au plus vite. Il évalua du regard la réaction du ministre, cherchant une façon de formuler sa décision. Je comprends bien ton raisonnement pour les cellules de résistance, mais je regrette, je ne peux pas t’aider pour le moment. »



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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L'agacement de Leopold se transforma en véritable contrariété quand Roy déroula son raisonnement, pour mieux amener un refus. Le ministre ne s'était pas absolument pas attendu à une telle réponse de la part de son allié, et cela lui semblait inimaginable : jamais jusque là il ne lui avait refusé le soutien des Veilleurs. Et voilà qu'il le faisait au plus terrible des moments, alors que son régime, et surtout sa famille, avaient été frappés en plein coeur ! Qu'est-ce que cela signifiait, par Salazar ? Roy serait-il en train d'imaginer qu'il pouvait lui tourner le dos quand cela lui chantait ? Qu'ils étaient égaux, tous les deux ? Peut-être était-il temps de rappeler qui était le patron des deux !

"Tu regrettes ?", gronda-t-il d'un ton ulcéré, l'oeil noir. "Tu regrettes ? Mais tu fais bien de regretter, en me refusant ton aide dans une situation pareille. Tu crois peut-être que je te demandais ton avis ? J'ai besoin de ton gang, pour coincer des résistants et après ce qui est arrivé à Leopoldgrad, je ne pensais pas que tu aurais le culot de refuser."

Leopold ponctua sa réplique d'un claquement de son verre sur la table basse, et bondit nerveusement sur ses pieds. Tout en faisant le tour de la pièce, il examina le bureau luxueux des chefs des Veilleurs, son regard s'attardant sur chaque détail témoignant de la richesse de ses occupants : un tableau, une boîte de cigares, une babiole ouvragée.

"Une question de moyens. Tu comptes vraiment me faire avaler ça ? Tu ne peux pas te passer de deux ou trois hommes sous prétexte que tu as subi une attaque la semaine dernière ?"

Les attaques faisaient partie du quotidien d'un gang, c'était malheureux mais cela faisait partie du jeu, et Roy devait l'accepter. Certes, il n'était encore qu'un jeune chef - jeune chef qui devait apprendre à faire preuve d'esprit tactique et respecter sa place s'il comptait conserver sa position avantageuse sur le marché. Qu'il se soit attiré un ennemi qui en voulait à sa peau n'était pas le problème de Leopold. Ils avaient passé une alliance en vertu de laquelle les Veilleurs devaient leur soutien au régime de temps à autre, or le moment était plus que crucial. Ce n'était pas tant les informations, somme toute lacunaires, en provenance de Manchester qui l'inquiétaient, que la rage de vaincre qui l'animait. Leopold voulait déployer toutes les forces et explorer toutes les pistes nécessaires pour étancher sa soif de réponses, et son désir de vengeance. Que Roy lui résiste dans un tel moment était insupportable.

Cessant ses allez-et-venue, il se figea pour tourner vers Roy un visage plus ouvert, qui trahissait sa fatigue, et son inquiétude.

"Effectivement, tu surveilles Bristol et je t'en remercie. Mais tu en retires largement autant de bénéfices que moi, si ce n'est plus. Politiquement, l'image de Bristol reste très largement dégradée. Maintenant, j'ai besoin de toi à Manchester."

Par ses paroles, le ministre laissait entendre qu'il n'accepterait pas un second refus. Si Roy s'obstinait, cela entacherait la parfaite entente qui régnait jusque-là entre eux. Mais peut-être était-ce un risque que le jeune mafieux était prêt à prendre...



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La colère du ministre fournit à Roy une preuve supplémentaire de l’état de nerfs dans lequel il se trouvait. Dans cette situation, il supposait que Leopold aurait en temps normal usé d’habileté pour l’amener là où il le souhaitait. Mais cette fois, il perdit toute patience et monta aussitôt dans les tours. Il n’avait ni le temps ni l’envie d’être contrarié dans ses plans pour venger les coups portés à son régime et à sa propre famille, lors de l’attentat. Avec un peu plus de lucidité, Roy aurait du prendre cette donnée en compte, mais lui-même était enfermé dans sa bulle de problèmes depuis quelques jours, occultant le reste. Il comprit l’erreur de jugement qu’il avait commise en voyant son allié prendre la mouche.

Enfin, son allié… Roy ne s’y trompait pas, avec ce ton, c’était une démonstration de force que le ministre lui faisait, et il n’aimait pas beaucoup ça. « Tu croyais peut-être que je te demandais ton avis ? ». Derrière son ton et cette phrase que Roy ne put avaler, Leopold asseyait clairement son autorité sur lui, il lui rappelait qu’ils n’étaient pas sur un pied d’égalité. C’était vrai mais Roy n’estimait pas pour autant qu’il était forcé d’accepter toutes ses demandes sans broncher. Il n’avait pas signé un contrat de larbin de service, contrairement à ce que les paroles de Leopold laissaient entendre. Il n’était pas dit qu’il allait se laisser marcher sur les pieds, car le temps où il lui léchait les bottes pour monter en grade était révolu. Il n’était peut-être pas son égal, mais il ne se considérait pas assujetti à toutes les volontés du ministre non plus. Le parrain de la mafia qu’il était estimait avoir droit à un peu plus de respect. Fronçant les sourcils, il répondit précisément avec ce culot qu’il lui reprochait :

« Pourquoi tu me proposes de l’argent alors, si tu n’as qu’à ordonner pour que j’exécute ? J’entends que la situation est urgente, mais mon gang n’est pas non plus à ta botte. Notre accord à l’origine concerne Bristol, pas l’Angleterre toute entière… Si tu veux davantage, oui, mon avis est requis. »

Après tout, ils avaient un accord assez clair sur ce que devaient accomplir les Veilleurs pour lui depuis le départ, et Roy s’en était toujours acquitté. Il voyait leur relation comme celle de partenaires du crime, alors il pouvait le suivre quand il venait lui demander un service comme un collaborateur, moyennant avantages supplémentaires. Ou même comme un ami, sans rien attendre en échange, puisqu’ils avaient noué une certaine complicité. Mais Leopold ne se présentait ni comme l’un ni comme l’autre. Il venait dans son cabaret comme en territoire conquis, pour exiger ce qui lui passait par la tête, en attendant obtenir satisfaction sans discuter. Que s’imaginait-il, que le gang des Veilleurs était un sous-gang du sien ? Roy ne comptait pas le laisser croire ça, quand bien même il avait conscience que ce n’était pas judicieux de le contrarier. Mais ça ne l’était pas non plus de la part de Leopold de se montrer si pédant, car il venait clairement de braquer un de ses alliés à un moment où il avait besoin de leurs apports.

L’agacement du ministre monta d’un cran, quand il rejeta son excuse. Cette remarque cinglante remit en tête à Roy les enjeux qui se jouaient dans cette discussion. Cette fois, il ne répliqua pas impulsivement, et s’efforça de faire revenir sa raison avant de finir par se compromettre. La vérité était qu’il ne pouvait pas vraiment se permettre de perdre le soutien de Leopold, en jouant trop avec le feu. Si Roy était aussi tranquille à Bristol et pouvait manigancer tout ce qui lui chantait sans crainte d’être inquiété, c’était bien parce que Leopold l’avait permis au départ, en donnant les ordres qu’il fallait à la Milice. Grâce à ça, le trafiquant avait pu construire son gang, agrandir son trafic et siéger à la table des gros bonnets en un temps record. Il avait pris en puissance, s’était constitué son propre réseau, ce qui lui assurait une relative indépendance maintenant. Il avait envie que Leopold le comprenne et cesse de le considérer comme un simple pion éjectable à tout moment. Mais le chef des Veilleurs pouvait t-il prendre pour autant le risque de se lancer dans un conflit ouvert avec celui qui lui avait donné son premier élan ? Rien n’était moins sûr, et ce n’était pas dans son intérêt. Il avait suffisamment d’ennemis dans son dos en ce moment, s’il commençait à y ajouter Leopold… Non, il devait trouver un moyen de protéger tout à la fois son gang, ses alliances avec le FREE et ses collusions avec la résistance, exercice auquel il était encore novice. Malheureusement, la situation explosive depuis l’attentat lui rajoutait une pression dont il se serait bien passé…

Son double jeu devenait plus dangereux que jamais. Le régime était à cran, comme le montraient les réactions vives de Leopold, prêt à tout pour débusquer ses assaillants. Quant à la résistance, elle se retrouvait à devoir faire face à une grande menace, que Roy craignait. Plus calme en apparence, il regarda son interlocuteur se lever pour faire les cent pas. Il aurait aimé que Leopold ne joue pas la carte de l’autorité sur lui, pas seulement parce que cela froissait son orgueil, mais aussi parce qu’il lui compliquait beaucoup sa tâche. En refusant aujourd’hui, Roy risquait de perdre ses bonnes grâces, et par la même occasion, mettre en danger sa place ô combien pratique pour obtenir des informations essentielles. Mais ce n’était pas un service que Leopold lui demandait, il s’était montré bien clair.

Qu’il était hypocrite et contradictoire d’attendre une attitude amicale de sa part alors qu’il était celui qui s’apprêtait à planter un couteau dans le dos de l’autre… Car Roy commençait déjà à évaluer mentalement de quelle façon il pouvait s’y prendre pour faire mine d’accepter la demande, sans la réaliser. S’il mit de l’eau dans son vin, ce n’était pas pour faire plaisir à Leopold, comme un homme acceptant finalement d’aider un ami pris à la gorge. C’était purement stratégique. Roy en eut pleinement conscience, alors qu’il posait son regard sur son allié, qui s’était adouci. Pour la première fois, il allait réellement agir contre les intérêts de Leopold. Dans son double jeu, il venait de choisir un camp. Et il le regrettait un peu, au fond de lui-même.

« Ecoute, Leopold, commença t-il, en se levant à son tour pour le rejoindre, dans l’intention de calmer le jeu. J’ai compris, tu veux ta revanche dans les plus brefs délais. On peut en… »

Ce qu’il allait dire pour changer sa position fut interrompu par plusieurs coups donnés à la porte, qui s’ouvrit brusquement sans autre forme de procès. Roy tourna la tête vivement, pressentant un problème à venir. Car aucun de ses employés ne se permettait d’entrer de cette façon, à moins d’une sacrée urgence.



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Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Le verre tinta doucement lorsque Sofya le reposa sur le comptoir. Il ne comportait plus que quelques glaçons à moitié fondus, des feuilles de menthe et un fond de liquide vert, vestiges du Mojitroll qu'elle venait de boire en un temps record. Elle s'en félicita - il lui faudrait bien ça pour affronter la scène qu'elle s'apprêtait à déclencher. Portant la main à son oreille, elle ôta la perle noire qui l'ornait, et la glissa dans sa pochette. L'objet avait parfaitement accompli son office, il faudrait qu'elle pense à remercier son confectionneur. Elle glissa la bretelle de la pochette autour de son épaule et descendit de son haut tabouret, pour se jucher sur ses talons fins. D'une démarche lente - sa robe de cocktail n'incitant guère aux exploits physiques - elle traversa la salle du casino. Rien dans son attitude ne trahissait son rythme cardiaque qui s'emballait, ni ses pensées qui s'affolaient. Elle peinait à le croire, et pourtant, il n'y avait plus aucun doute.

Sans un bruit, elle se glissa dans le dos d'un homme brun et s'appuya sensuellement contre lui. D'une main, elle enfonça discrètement la pointe de sa baguette magique dans son dos. De l'autre, elle entoura son cou et se pencha pour glisser quelques mots à peine audibles à son oreille :

"Si tu tiens à la vie, tu vas me suivre sans faire d'histoire."

S'écartant légèrement de son oreille, elle observa les deux autres hommes qui l'accompagnaient et leur dit d'un ton enjoué :

"Alors messieurs, on passe une bonne soirée ? Vous permettez que j'emprunte votre ami un instant ? Nous avons quelques petites choses à nous dire..."


Sans attendre de réponse, elle glissa son bras sous celui du sorcier et l'attira à sa suite, tout en coinçant sa baguette magique dans sa ceinture. Elle n'en aurait plus besoin pour le moment, des Veilleurs guettaient de toutes parts et même s'il tentait de s'échapper, il ne s'en sortirait pas vivant. Chose qu'il n'ignorait pas, puisqu'il la suivit sans broncher, le teint pâle. Ses pupilles bleu regardaient fixement devant lui et il semblait concentré sur un moyen de s'en sortir. Mais tout effort était vain, il était fait comme un rat. Sofya avait gagné la partie, pour le plus grand plaisir de la comédienne qui, passé la surprise, esquissa un sourire ravi. Elle aimait quand elle parvenait à boucler une enquête.

"Sofya...", commença-t-il en adoptant le ton conciliant de celui qui allait tenter de l'attendrir. Son sourire s'accentua, et elle le coupa en resserrant son emprise sur son bras :

"Chhh, épargne ta salive, garde tes mots doux pour le patron, d'accord ? C'est dommage, tu sais, je commençais à t'apprécier. Mais c'est le risque du métier, n'est-ce pas ?"

"Comment est-ce que tu m'as trouvé ?"

"Un magicien ne révèle jamais ses secrets."

Lorsqu'ils parvinrent dans les couloirs plus reculés du cabaret, elle saisit de nouveau sa baguette, et s'empara également de celle de son prisonnier. Cette fois, ils étaient seuls et il était hors de question qu'elle le laisse s'échapper. Curieusement, il s'avéra plutôt calme et docile, et la suivit sans plus dire un mot. Peut-être était-il en train de réfléchir à ce qu'il allait négocier... Sofya s'en fichait bien. Elle avait fait sa part du travail, le reste ne regarderait que Jayce et Roy.

Ils parvinrent bientôt devant le bureau des chefs du gang. Sofya frappa énergiquement sur le battant en bois et poussa la porte sans plus de cérémonie. Quoi qu'ils soient en train de faire, cela ne pouvait pas être plus important. Sa baguette pointée contre la jugulaire du prisonnier, elle le tira dans la pièce et referma la porte derrière eux. Son regard tomba alors sur Marchebank, planté au milieu de la pièce, qui les observait d'un air indéfinissable. Sa cicatrice luisait dans la pièce sombre et Sofya retint un frisson de dégoût, puis reporta son attention sur Roy. En toute honnêteté, elle avait oublié la présence du ministre, mais il était désormais trop tard pour reculer. Ils allaient devoir laver leur linge sale en public. Bah ! Marchebank en avait certainement vu d'autres.

"Désolée de vous interrompre", dit-elle d'un ton pas désolé du tout. D'un mouvement brusque, elle poussa son prisonnier en avant dans la pièce, tout en le gardant en joug. "J'ai trouvé l'espion, chef."




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"The belly and guts of the Nation" [Roy & Leopold]

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