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 Shape of you [Jonah]

Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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24 décembre 2009

Installée devant son miroir, Thelma essayait sa dixième tenue en l'espace d'une heure. Prenant un peu de recul, elle examina sa silhouette, esquissa une moue dubitative, puis revint se poster devant sa penderie avec un soupir. Voyons, comment pouvait-elle bien s'habiller... A la recherche de la robe parfaite, elle avait déjà écarté un bon nombre de tenues : le look sage ingénue, le look noir chic, le look femme fatale , le "Paradis d'Eden" ou encore le Mildred Magpie. Aucun d'entre eux ne la satisfaisait vraiment. Heureusement, son amour du shopping était tel qu'elle avait un choix plus que plaisant. Vingt minutes et deux tenues plus tard, elle trouva enfin la robe promise : elle était rouge, couleur de Noël, et elle la mettait en valeur sans être trop habillée non plus, car il ne s'agissait jamais que d'un verre entre collègues... Pour célébrer Noël en bonne compagnie, quand bien même ils étaient retenus au château, de garde ce soir.

Poudlard était remarquablement vide pour les fêtes cette année. La plupart des familles avaient décidé de se réunir pour profiter de ces moments ensemble. En cette époque troublée, nombreux étaient ceux qui avaient envie de retrouver leurs proches pour les moments importants. Les séquelles de l'attaque de la March Bank avaient été importantes à Poudlard comme dans le reste du pays. Plusieurs élèves avaient perdu des proches, certains d'entre eux avaient même disparu dans l'attaque. Les semaines suivantes avaient été compliquées pour l'équipe pédagogique. Daisy avait dû se résoudre, la mort dans l'âme, à fermer l'école aux sorties et les enseignants s'étaient montrés présents pour entourer les élèves, parfois traumatisés par les événements.

Mais Noël était enfin venu leur accorder une parenthèse enchantée. Thelma et plusieurs de ses collègues s'étaient employés à rendre le château plus féerique que jamais, en rivalisant d'ingéniosité pour installer des décorations enchanteresses. L'école s'était vidé de ses élèves il y a quelques jours, ne laissant qu'une petite poignée d'entre eux derrière. Le début de soirée avait donc été consacré au traditionnel banquet concocté par l'équipe d'elfes de l'école, et ils s'étaient régalés. Une fois ces petites têtes blondes au lit, Thelma avait reprit le chemin de ses appartements pour se préparer "rapidement"... Du moins, c'était le plan initial.

Jetant un coup d'oeil à l'heure, elle réalisa qu'elle aurait dû se trouver chez Jonah depuis un bon quart d'heure. Comme elle, son collègue avait gentiment accepté de se dévouer pour la garde du 25 décembre. C'était souvent les célibataires qui écopaient de cette journée, même si Thelma avait négocié le premier de l'an en échange. Hors de question qu'elle loupe le premier de l'an à Dublin ! Quant à ce soir, Jonah, qui ne comptait pas se laisser abattre, lui avait proposé de passer chez lui et elle avait sauté sur l'occasion. Ce n'était pas parce qu'ils devaient rester au travail qu'ils ne pouvaient pas recréer un peu de la magie de Noël...

Thelma rajusta son rouge à lèvres, vérifia son apparence dans le miroir une dernière fois puis enfila ses escarpins. Deux minutes plus tard, elle frappait à la porte de l'appartement de Jonah, qui se trouvait dans le même couloir. L'enseignante était heureuse d'avoir quelques collègues jeunes et sympathiques, comme Jonah et Daisy. Sans eux, les mois d'hiver à Poudlard seraient particulièrement longs pour la citadine qu'elle était.

La porte s'ouvrit sur le visage familier de Jonah, à qui elle adressa un grand sourire.

"Joyeux Noël !", lança-t-elle en guise de salut, avant de tendre la bouteille de Champagne moldu qu'elle avait apporté pour l'occasion. "Je me suis dit que tu apprécierais."



Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Confortablement installé dans le canapé de son appartement de fonction, les pieds posés sur la table basse, Jonah zappait les dernières nouvelles annoncées par l'hologramme de son Pear One. Apparemment la veillée de Noël était calme dans tout le pays ce qui n'était pas pour lui déplaire. Depuis le drame de la March'bank, les citoyens vivaient dans la peur qu'un nouvel attentat frappe le Royaume-Uni et la période des fêtes était malheureusement propice à ce type d'action coup de poing . La sécurité avait d'ailleurs été renforcée aux abords de Poudlard même s'il ne restait qu'une poignée d'élèves et de professeurs durant les vacances.

Jonah faisait justement partie de ceux là. Ses fils passaient Noël chez Agathe, son ex-femme, si bien qu'il s'était porté volontaire pour encadrer le réveillon au château. La soirée avec les élèves s'étaient globalement bien passée, les jeunes avaient même eut la permission de veiller un peu plus tard dans la salle des quatre maisons avant de rejoindre leurs salles communes respectives. Jonah comptait bien faire un petit tour de ronde pour s'assurer que les jeunes étaient bien dans leurs quartiers mais avant cela, il allait accueillir quelques collègues chez lui pour la soirée. Ils étaient de garde, certes, mais ils méritaient de passer un réveillon digne de ce nom, autour d'une bonne bouteille de vin et bercé par de la musique de qualité. Jonah avait donc proposé son appartement comme point de chute pour une soirée conviviale et il attendait que ses invités arrivent. Thelma, Rachelle et William avaient répondus présents même si ce dernier ne semblait pas particulièrement dans son assiette un peu plus tôt lors du banquet.

La vibration du Pear One tira Jonah de ses pensées et il fronça légèrement les sourcils en avisant un numéro inconnu. Curieux, il décrocha et vit apparaitre l'hologramme de Gabriel -le dernier né de la fratrie Forbes.
"Gaby !" s'étonna Jonah en se redressant dans son canapé réellement heureux de découvrir la bouille enchantée de son fils.
"Joyeux Noël Papa !" s'exclama ce dernier, un sourire radieux aux lèvres.
Visiblement, il passait une bonne soirée chez Agathe et il n'était pas le seul ! Les silhouettes de ses frères ne tardèrent pas à se matérialiser aux côtés de Gabriel et les quatre garçons se pressèrent les uns contre les autres pour apparaitre à l'image et souhaiter un joyeux Noël à leur père.
"Joyeux Noël les garçons !" répondit Jonah avec le même enthousiasme.
"Pousse toi un peu Gab' je suis pas dans le cadre !" lança Virgile en dégageant son cadet d'une bourrade dans l'épaule. L'hologramme du benjamin de la fratrie disparut momentanément avant de revenir au tout devant, le visage en gros plan masquant ses frères.
"Virgile a mangé la moitié de la dinde de Noël à lui tout seul et après il s'étonne de pas rentrer dans le cadre !" railla-t-il tandis que ses frères l'attrapaient par l'épaules pour le faire reculer de l'objectif. Fidèle aux qualités de sa maison Casey fut le premier à demander des nouvelles à Jonah.
"Ça va papa ? Tu passes une bonne soirée ?" s'enquit-il d'un air soucieux.
"Vous avez déjà fini ?" surenchérit Virgile en désignant d'un geste du menton le nœud papillon défait  au cou de Jonah et les manches de sa chemise repliées sur ses avants bras.
"Non, ce n'est pas terminé, les élèves ont rejoint leurs dortoirs mais nous allons passer la soirée ensemble avec les collègues."
"Cool ! Virgile te conseille de faire ta fête dans la Salle des Arts !" plaisanta de nouveau Gabriel en faisant référence à l'accrochage entre Mildred Magpie et Virgile en début d'année qui lui avait couté de nombreuses heures de colle et plusieurs sorties à Pré Au Lard.
"Viens là p'tit cognard !" grogna le principal intéressé en essayant d'attraper Gabriel, en vain. Les deux garçons disparurent du cadre laissant les hologrammes de Dean et Casey seuls.
"Qui est de garde avec toi ce soir ?" demanda l'ainé.
"M. et Mme Silvester ainsi que le professeur Corrigan."
"Tu lui souhaiteras un joyeux Noël de ma part." souffla alors Casey avec un sourire timide.
"FAYOT !" cria la voix de Virgile hors-champs.
Jonah secoua la tête de gauche à droite d'un air mi-blasé mi-amusé avant de répondre.
"Je n'y manquerai pas. Je suis sûr que ça lui fera très plaisir."

Casey appréciait beaucoup sa directrice de maison. Thelma semblait savoir s'y prendre avec lui et Jonah devait avouer qu'il était un peu envieux de cette relation de confiance qu'elle avait réussie à tisser avec son fils qui se montrait si secret et réservé envers lui. Enfin, l'heure n'était pas aux états d'âme, si bien que Jonah relança la conversation presque aussitôt.

"Au fait, votre mère a changé de Pear One ? s'enquit-il alors, passant du troll à l'hippogriffe, un numéro inconnu s'est affiché quand vous avez appelé."
Casey et Dean échangèrent un bref regard et Jonah sut immédiatement qu'il n'allait pas apprécier leur réponse. Il avait déjà deviné ce qu'allait lui dire son fils avant même que Dean n'ouvre la bouche pour répondre.
"Comme maman m'avait offert un Pear One à la suite de l'attentat elle ne voulait pas faire de jaloux alors...elle en a acheté un à chacun."
"Quoi ?"

Jonah dût se faire violence pour ne pas dire tout haut ce qu'il pensait tout bas. Il ravala difficilement ses propos sans parvenir à faire disparaitre la contrariété qui marquait son visage. Il estimait que les garçons étaient bien trop jeunes pour disposer d'un tel gadget. Non seulement ils n'en avaient pas l'utilité mais en plus de ça, Agathe le mettait en porte-à-faux vis à vis de ses fils. Malgré les demandes insistantes des garçons, il leurs avait soutenu mordicus qu'ils n'auraient pas de Pear avant leur sortie de Poudlard et Agathe passait outre son autorité en leur offrant ce cadeau. Jonah était d'autant plus exaspéré, qu'à ses yeux, Virgile ne méritait pas un présent si conséquent. Son ex-femme avait elle oublié qu'il avait été collé tout le premier semestre pour avoir fumé de la Mandragore dans l'enceinte de l'école ? Ils n'auraient aucune prise sur lui s'ils lui passaient tous ses caprices !
Visiblement alertés par la tournure sérieuse de la conversation, les hologrammes de Virgile et Gabriel réapparurent dans le cadre.

"Faut pas en vouloir à maman, intervint Gaby, c'est moi qui lui ai demandé. J'lui ai vraiment cassé les pieds pendant toutes les vacances."

Jonah connaissait assez son ex-femme pour savoir ce qui avait motivé Agathe dans le choix d'un tel cadeau et ce n'était certainement pas l'insistance de Gabriel ! Depuis l'attentat, elle ne supportait plus l'idée d'avoir ses enfants loin d'elle et  Jonah était même persuadé qu'elle éprouvait une sorte de jalousie à l'idée que lui puisse voir Virgile, Casey et Gabriel tous les jours.
Elle savait parfaitement qu'il aurait été contre le fait que les garçons aient un Pear One alors elle l'avait purement et simplement squeezé. C'était ça le plus difficile à avaler à vrai dire !

"Maman fait ce qu'elle veut. Elle n'a pas de compte à rendre à papa, intervint alors Virgile en s'adressant à son frère avec le même air renfrogné qu'il arborait tous les jours à Poudlard, elle n'a pas à lui demandé la permission pour nous offrir quoique ce soit." grogna-t-il en jetant un regard de défi en direction de son père, N'est-ce pas ?"

En théorie, Virgile avait raison, mais dans la pratique c'était très différent. Jonah et Agathe étaient en charge de l'éducation de leurs enfants et ils devaient  s'entendre sur leurs manières de faire et sur des valeurs communes. Du moins, c'est ce que pensait Jonah.

"Je verrais ça avec votre mère." répondit l'enseignant d'un ton qui ne laissait pas de place à la discussion. Cela ne servait à rien d'aborder ce sujet avec les garçons, il en toucherait deux mots à la principale intéressée dès le lendemain, songea-t-il en s'efforçant d'afficher un air moins dur : il n'allait quand même pas gâcher le Noël de ses fils.  

"Dites moi plutôt si le Père Noël a pensé à m'apporter mon Rigby cette année ?" s'enquit-il alors en faisant référence au running gag du balai ultra haut de gamme qu'il demandait chaque année et à chaque anniversaire à ses enfants.
"C'est ce qui était prévu mais j'ai l'impression que le père Noël s'est planté dans l'adresse de livraison." lança Dean pour aider son paternel à changer de sujet.
Les trois plus jeunes restèrent silencieux quelques secondes -hésitant visiblement entre clore le débat Pear One ou le poursuivre- et se fut finalement Virgile qui apporta le mot de la fin:
"Ouai, le vieux barbu a échangé ton Rigby contre un collier de nouilles. Désolé Pa."
Sa remarque déclencha l'hilarité de ses trois frères et un sourire reconnaissant de Jonah.  Pour une fois, Virgile ne s'était pas entêté -comme il savait si bien le faire pourtant- et il avait même fait preuve d'un peu de maturité ! Surement le miracle de Noël ! songea le père de famille en observant les quatre hologrammes rirent aux éclats.
"On doit te laisser, intervint alors Casey, Maman nous attend pour manger la bûche."
"Bisou Papa !" "Bises !" "Bye"
"Profitez bien de votre soirée les garçons. " lança Jonah en leur faisant un petit signe de la main avant qu'ils ne raccrochent, plongeant  de ce fait l'appartement dans un profond silence.

Jonah se laissa tomber contre le dossier du canapé et poussa un profond soupir contrarié. Noël était tellement plus simple lorsqu'il était enfant et que tout n'était question que de féerie et de magie... Une fois adulte même les cadeaux pouvaient devenir des sources de conflits inépuisables .

Il réfléchissait justement à ce qu'il allait dire à Agathe le lendemain lorsque quelqu'un frappa à la porte de son appartement. Heureux de pouvoir mettre de côté ce ressentiment le temps d'une soirée, il se leva, lança un peu de musique moldue et alla ouvrir à son premier invité qui se révéla être Thelma. Sa jeune collègue avait pris le temps de se changer pour revêtir une robe de soirée rouge, mettant parfaitement en valeur sa plastique irréprochable.

"Joyeux Noël à toi aussi !" répondit-il en lui rendant son sourire." Du Champagne moldu ?Je vois que tu commences à bien me connaitre ! poursuivit-il avant d'ajouter: " Merci beaucoup. Je t'en prie, entre, tu es la première. William et Rachelle ne devraient pas tarder."

Il s'effaça pour laisser passer Thelma -et apprécier par la même occasion le tombé parfait de sa robe pendant qu'elle avait le dos tourné- puis il reprit:
"Enfin si William va mieux. Il était aussi pale que le dame grise tout à l'heure."

Les deux enseignants passèrent du vestibule à  la pièce à vivre dont les fenêtres donnaient directement sur le parc et le stade. L'endroit était meublé dans un esprit brocante  ou des pièces de mobiliers moldues diverses côtoyaient des objets magiques:  La collection de balais de Jonah était accrochée au mur entre plusieurs cadres aux formes et couleurs variées présentant des affiches vintages de quidditch, des vinyles moldus, des dessins, quelques peintures et des photographies magiques ou non de ses amis et sa famille. Une longue table en bois massif entourée de sièges dépareillés récupérés au fil des ans, séparait la cuisine de la pièce à vivre . Dans le salon, des caisses de vins servaient de bibliothèque improvisée à côté d'un petit bureau industriel sur lequel était posé la radio, un ordinateur et des pots de café rouillés garnis de stylos et de plumes. Aux pieds du bureau de nombreux cadres calés contre le mur attendaient encore d'être accrochés. Enfin, le canapé, des fauteuils d'inspirations variées et des coussins complétaient ce joyeux bric à brac organisé.

"Fais comme chez toi, je nous attrape des verres." dit Jonah en faisant léviter quatre coupes et un plateau d'amuses-bouches jusqu'à eux," je ne suis pas sûr de pouvoir avaler quoique ce soit après le festin que nous avons eu, mais sait-on jamais. " ajouta-t-il en souriant " D'ailleurs les Serpentard m'ont dit qu'ils étaient très contents du banquet et qu'ils avaient apprécié de pouvoir un peu parler avec toi en dehors du cadre scolaire..."

La période des fêtes étaient plutôt propice aux échanges informels entre élèves et professeurs. Jonah avait d'ailleurs proposé un petit module de sport aux volontaires durant toute la durée des vacances et cela lui avait permis de découvrir certains de ses élèves sous un nouveau jour.

" ...et je crois aussi que tu es la nouvelle idole de Cindy Hamilton. Je ne sais pas ce que tu as fait pour mériter cet honneur mais prépares-toi à recevoir un cadeau de Noël de sa part, surenchérit-il,  Elle m'a même demandé conseil, c'est pour te dire ."

Jonah laissa planer quelques secondes de silence avant d'ajouter:

"Je lui ai dit que tu adorais les tasses Serpentard et que tu ne faisais que m'emprunter la mienne pour boire ton thé en salle des professeurs. "

Connaissant Cindy, elle allait très certainement le prendre au mot.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Le regard de Thelma s'arrêta furtivement sur le noeud papillon et la chemise de Jonah, et elle esquissa un petit sourire en passant devant lui. Elle n'était pas la seule à avoir fait un effort pour ce soir de fête. L'évocation de William lui tira une grimace, et elle se tourna vers Jonah pour répondre :

"Je confirme, il avait le même teint que Steven Harrisson après le crache-limace... J'espère que ce ne sont pas les huîtres !"

Les intoxications aux fruits de mer n'étaient jamais agréables, et il serait certainement obligé de manquer la soirée. Thelma songea qu'il serait dommage de se passer de la présence de Rachelle et William, qu'elle appréciait beaucoup mais avec qui elle ne prenait jamais vraiment le temps de se voir sur leur temps personnel. Pour autant, elle réalisa que l'idée de passer la soirée seule avec Jonah ne la dérangeait pas outre mesure. Son enthousiasme intact, elle le suivit donc jusqu'à la pièce à vivre, et fit quelques pas en observant les lieux avec curiosité. Avec amusement, elle nota que l'ameublement dépareillé et la décoration correspondaient bien à l'image qu'elle se faisait de la personnalité de Jonah. Ce mélange d'objets sorciers et moldus lui ressemblait tout-à-fait, comme l'atmosphère confortable qui régnait dans la pièce.

Thelma dut se faire violence pour ne pas aller examiner de plus près le contenu de la bibliothèque de Jonah. C'était souvent par cela qu'elle commençait lorsqu'elle allait chez quelqu'un pour la première fois, car cela en disait souvent long sur son propriétaire. Mais comme il n'aurait pas été poli d'aller fouiner chez son hôte, elle prit plutôt place sur le canapé tandis qu'il faisait léviter des verres et des amuses-bouches jusqu'à eux.

"Je ne suis pas sure de pouvoir avaler grand chose non plus, mais après un verre peut-être", répondit-elle en posant une main sur son estomac, empli à craquer de la délicieuse nourriture des elfes. C'était, il fallait bien le reconnaître, l'un des avantages en nature d'un poste à Poudlard... A Durmstrang, la cantine était nettement moins bonne, et elle avait pris l'habitude de cuisiner chez elle plutôt que de manger avec ses collègues, ce qui ne facilitait pas l'intégration. Les choses étaient différentes ici, mais cela présentait un inconvénient majeur : en quatre mois de cours seulement, elle avait déjà pris du poids, si bien qu'elle était à deux doigts de s'inscrire à cette nouvelle salle de sport de Leopoldgrad...

Si la révélation de son collègue sur les élèves de sa maison lui tira un sourire, celle qui concernait la petite Hamilton provoqua une grimace d'effroi. Recevoir un cadeau d'un élève était souvent mignon et flatteur, mais pouvait également s'avérer particulièrement gênant. D'ailleurs, la conversation qui lui avait valu l'admiration de la jeune fille tournait autour de sujets typiquement féminins, qu'elle prit donc grand soin à éluder pour ne pas les aborder avec son collègue... Quand Jonah lui révéla l'acte terrible qu'il venait de commettre, Thelma laissa échapper un cri d'indignation et lui administra une petite tape revancharde.

"Tu n'as pas osé ! Moi, boire dans une tasse Serpentard, JA-MAIS !", répliqua-t-elle en levant son petit nez retroussé vers le ciel avec un faux air de dédain. "Il en va de mon honneur de Poufsouffle. Ma vengeance sera terrible..."

Fronçant les sourcils, elle réfléchit un instant à un moyen de se venger, puis son visage s'éclaira.

"Je suis sure que je peux convaincre Kathrina Keller de t'offrir un petit quelque chose... J'ai bien l'impression qu'elle a développé un joli coup de coeur pour son professeur", annonça-t-elle innocemment. "Plus sérieusement, tes élèves sont adorables, j'ai beaucoup aimé leur parler aussi. C'est ce qui est un peu frustrant avec ce travail parfois, on a tellement d'élèves qu'on a beau les voir toutes les semaines, ça reste difficile d'établir une connexion avec chacun. Et j'essaie de ne pas avoir de chouchou, mais..."

Elle haussa les épaules d'un air coupable. C'était plus fort qu'elle, certains élèves étaient réellement attachants, tandis que d'autres étaient de vrais terreurs. Souvent les Serpentard ou les Gryffondor, d'ailleurs, mais c'était peut-être un effet de son imagination... Quant à ses Poufsouffle, certains étaient particulièrement adorables, à commencer par le propre fils de Jonah, Casey. Son esprit s'égara du côté de la famille de son hôte et elle songea qu'il ne devait pas être facile de ne pas être avec eux pour célébrer Noël.

"Enfin, c'est Noël, ne parlons pas boulot ! Alors, est-ce que tu as prévu de prendre quelques jours de vacances ? Pour le Nouvel An peut-être ?", s'enquit-elle tout en tendant la main pour attraper un toast, qu'elle dégusta en prenant garde à ne pas abîmer son rouge à lèvre. Puisqu'ils étaient tous les deux, c'était l'occasion d'amener la conversation sur des terrains plus personnels et d'en apprendre plus sur lui, et la personne qu'il était en-dehors de ce château.


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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"Kathrina Keller ?" s'étonna Jonah en songeant à son élève de quatrième année, Vraiment ?"

Il n'avait rien remarqué dans son comportement qui puisse laisser supposer que l'adolescente l'apprécie plus que de raison. Thelma devait surement le taquiner sur ce point aussi il s'empressa d'ajouter " Tu pourrais lui suggérer de m'acheter une nouvelle cravate dans les tons vert et argent. Ca fait très directeur de maison monomaniaque ." blagua-t-il en remplissant les deux coupes de champagne.

Il en plaisantait mais ce n'était pas tant éloigné de la réalité ! Certes Jonah ne poussait pas le vice jusqu'à s'habiller aux couleurs de Serpentard mais il cultivait assidument l'esprit d'appartenance au sein de sa maison. Il voulait que le Vert et Argent soient fiers de leurs couleurs et qu'ils développent un réel esprit d'équipe et de cohésion, de ce fait, Jonah entendait bien montrer l'exemple.

Les Serpentard étaient réputés pour être des individualités talentueuses et ambitieuses  là ou l'entraide et la cohésion étaient davantage l'apanage des Poufsouffle. L'enseignant estimait que les notion de collectif et de coopération devaient être cultivés au sein de sa maison si bien qu'il s'employait à mettre en place diverses activités pour les favoriser afin de faire émerger un réel esprit de corps Serpentard.

Certains élèves jouaient le jeu, d'autres un peu moins, mais Jonah ne perdait pas espoir. Il pouvait compter sur un petit noyau de jeunes investis dans la vie de leur maison - par réel intérêt ou par calcul stratégique - et cela lui convenait bien.

"Je n'ai pas honte d'admettre que j'ai des chouchous, dit-il alors en réponse à la remarque Thelma. Des personnalités attachantes, des profils différents, des jeunes méritants, des gamins plus matures que les autres... Oui Jonah avait ses élèves préférés, ce qui compte c'est que cela ne se ressente pas ! Non ?"

Du moins, pas trop.

"Et puis, sincèrement, comment pourrais-je résister au génie d'Uriel Wagner ?" railla-t-il alors avec un petit sourire en coin.

Il tendit sa coupe en direction de sa collègue et trinqua avec elle, approuvant ainsi son désir de changer de conversation. Les jeunes occupaient déjà bien assez leur journée, ils n'allaient quand même pas passer leur soirée de Noël à parler d'eux ! Les congés se révélaient être un sujet nettement plus intéressant.

"Oui j'ai quelques jours de repos la semaine prochaine, répondit-il, j'ai de la chance cette année la pleine lune tombe la nuit du 2 au 3 janvier du coup je vais pouvoir réveillonner sereinement."

Il but une petite gorgée de champagne et poursuivit:

"Nous avons réservé une salle à Appleby avec des membres de l'équipe de quiddtich et quelques amis de Werewolfes Rights. On devrait pouvoir en profiter..."

Douglas et Meredith Kane lui avaient bien proposé un Réveillon à Londres mais très honnêtement Jonah ne se voyait pas passer le 31 décembre avec toutes les huiles du gouvernement. Pourtant la médicomage divorcée que son ami lui avait présenté quelques semaines plus tôt était de la partie mais ce n'était pas suffisant aux yeux de l'enseignant. Déjà que ses fils seraient avec Agathe alors, à défaut de partager ce moment avec sa famille, il serait au moins avec ses amis !

L'évocation d'Agathe lui rappela insidieusement qu'il était sensé être particulièrement contrarié - Des Pear One à des gamins de 12 ans  !- mais Jonah relégua cette pensée en arrière plan, préférant se concentrer sur l'instant présent et sur la perspective de passer une soirée sympathique avec Thelma.  Ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient en tête à tête, entre l'organisation du Club de duel et diverses autres réunions de travail ou temps informel dans la salle des professeurs mais cette soirée revêtait un caractère particulier: Ils avaient sortis leurs tenues de fête et ils se retrouvaient dans un cadre plus intime qu'à l'accoutumé... cela invitait davantage à la confidence:

"Et toi alors ? Qu'est-ce que tu as de prévu pour le 31 ? Tu rentres à Dublin ?" s'enquit-il alors en s'asseyant dans le fauteuil qui faisait face à sa collègue. Jonah savait que Neville assurait la permanence à Poudlard pour le passage à la nouvelle année, Thelma était donc libre. "J'ai entendu dire que les autorités irlandaises avaient annulées le grand bal populaire prévu dans le centre ville..." ajouta-t-il en faisant référence aux mesures sécuritaires prises par le Ministre Marchebank depuis l'attentat de Leopoldgrad.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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"Au moins, si je cherche un cadeau pour toi un jour, je n'aurai pas trop de mal à choisir les couleurs : vert et argent !", rit Thelma en se demandant quel pourcentage de la garde-robe de son collègue contenait ces couleurs exactement. Elle pouvait tout-à-fait le comprendre puisqu'elle-même faisait régulièrement honneur au jaune Poufsouffle et défendait les valeurs et l'image de sa maison avec fierté. Cette petite rivalité entre maisons lui avait manqué pendant ses années à Durmstrang et elle était plutôt heureuse de retrouver cela à Poudlard.

Elle avait d'ailleurs souvent tendance à développer une tendresse particulière pour les élèves de Poufsouffle.

"C'est vrai, tu as raison", approuva-t-elle quand Jonah affirma que l'important était de ne rien en laisser paraître.

Trinquant avec Jonah, elle l'écouta avec intérêt évoquer ses projets pour le Réveillon du nouvel an. Un léger sourire étira ses lèvres quand il évoqua sa "chance" de voir la pleine lune tomber entre la nuit du 2 au 3 cette année. Par bien des aspects, Jonah était un homme tout ce qu'il y a de plus normal, comme on en croise des centaines, mais il pouvait également se montrer surprenant et même forcer l'admiration. Combien de loups-garous vivaient-ils leur condition d'une façon aussi apaisée que Jonah ? Sans doute très peu, et ce n'était pas Thelma qui allait les en blâmer. Elle qui enseignait la défense contre les forces du mal était parfaitement bien placée pour connaître la place réservée aux lycanthropes dans l'imaginaire collectif. Et c'était sans compter tous les désagréments causés par les transformations. Mais Jonah faisait partie de ces gens qui savaient voir la vie du bon côté. Son petit côté Poufsouffle...

Thelma fronça son nez retroussé quand Jonah évoqua l'annulation du bal populaire de Dublin. Sans le savoir, son collègue venait de mettre le doigt sur un point sensible !

"Oui, c'est un scandale ! Je vais à cette fête tous les ans depuis des années et tout se passe toujours bien, l'ambiance est très bon enfant, et c'est l'une des attractions de la ville. Je conçois qu'il faille renforcer les mesures de sécurité, mais de là à annuler..."

Son ton désapprobateur en disait long sur ce qu'elle pensait de cette mesure des autorités. Elle se pencha pour piquer un amuse-bouche, puis le grignota tout en poursuivant :

"Encore un moyen de réduire l'espace de liberté et d'expression de la population pour laisser place à une atmosphère sécuritaire anxiogène. Je dois reconnaître que j'étais vraiment déçue de cette annulation. J'ai d'excellents souvenirs de cette fête, c'est le seul moment de l'année où je peux retrouver l'ensemble de mes amis dublinois. Le reste du temps, nous avons du mal à trouver le temps de nous réunir tous ensemble, mais on se réserve toujours le nouvel an. Et puis c'est l'occasion de faire la fête avec l'ensemble des habitants, on y fait toujours des rencontres surprenantes et on se sent d'avantage relié à la ville, à son histoire."

Son regard s'était fait rêveur à l'évocation de ces souvenirs. D'un haussement d'épaule, elle écarta ses regrets : "Enfin, nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre par la prétendue menace terroriste."

Comme elle sentait le regard de Jonah sur elle, elle se demanda si elle n'allait pas un peu loin dans ses propos. Dans quelle mesure son collègue était-il critique à propos du gouvernement en place ? Son intuition lui soufflait que Jonah n'avait pas l'étoffe d'un fervent adepte du FREE ni d'un délateur, mais elle savait aussi que la prudence était de mise par ces temps troubles. Thelma enchaîna rapidement :

"Mon ami dublinois Declan a un grand appartement dans lequel il peut facilement accueillir une centaine de personnes. Il organise donc une grande soirée de Réveillon, ce sera amusant aussi ! Cela changera, pour une fois, et il y aura mes amis d'enfance et mes collègues de l'Association d'aide aux sorciers âgés. Un peu comme toi à Appleby, donc !"

Elle sirota une gorgée de champagne puis ajouta, non sans malice :

"C'est bien, on aura des choses à se raconter à la rentrée."


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Sans s'en apercevoir Thelma jeta un grand froid sur l'humeur festive de Jonah. Il s'était raidit dès sa première exclamation-" C'est un scandale !" -et avait écouté le reste de la diatribe de sa collègue d'une oreille attentive mais le froncement à peine perceptible de ses sourcils était la preuve qu'il était en désaccord avec son analyse. Elle ne semblait pas avoir remarqué son trouble puisqu'elle parlait le plus naturellement du monde comme ils l'avaient fait de nombreuses fois en salle des professeurs ou dans la grande salle. La plupart du temps, ils étaient d'accord dans leur conception des choses -Sur l'éducation et la pédagogie en tout cas- mais cette fois, l'avis de Jonah ne s'inscrivait  pas dans la lignée de celui de Thelma.

Il n'estimait pas que l'annulation du bal soit si infondée... Autant il ne comprenait pas le blocus de Bristol qui s'éternisait depuis maintenant trop longtemps autant il soutenait les dernières annulations de ces grands rassemblements. L'attentat avait eu lieu à peine deux mois plus tôt... Il était certes un homme qui allait de l'avant et qui n'était pas du genre à se laisser abattre mais il estimait qu'un temps de deuil était nécessaire et que ces mesures n'étaient pas si liberticides que ça. Les terroristes - car c'était bien de cela qu'il s'agissait dans son esprit, de terrorisme-courraient toujours et la Milice avait jusque là été incapable de mettre la main sur cette Juliana McNeil et son compère. Accepter que de tels rassemblements se produisent dans les villes du pays s'était leurs offrir un nouveau terrain de jeu pour leur prochaine tuerie de masse...

Jonah but une gorgée de champagne - qu'il n'apprécia pas vraiment à sa juste valeur- tandis que Thelma enchainait sur son propre réveillon. Honnêtement, il avait du mal à se concentrer sur ses propos, hésitant entre laisser courir - C'était Noël après tout, ce genre de sujet polémique devait être évité et , en plus, Thelma était particulièrement en beauté ce soir - ou donner ouvertement  son avis ce qui risquait de contrarier (voir même de fâcher) son invitée. La politique de Marchebank ne laissait personne indifférent et avait un côté dévastateur. Elle laissait des séquelles dans les amitiés même les plus anciennes... Jonah en avait déjà fait l'amer expérience avec l'un de ses (anciens) amis.

Pourtant il n'était pas le plus fervent défenseur de Leopold: Il pointait du doigts ses travers, son côté mégalomane et ses choix parfois discutables -comme les pleins pouvoirs- mais il ne perdait pas de vue certaines améliorations qui avaient découlées de son mandat: Les lois sociales essentiellement et la relance économique notamment avec la nationalisation de Nimbus qui avait contribué à sauver bon nombre de poste à Cosmos.

L'annulation des festivités du nouvel an organisées par les villes remportait également son adhésion mais il estima que ce n'était pas le moment de dévoila son point de vue. Une soirée en charmante compagnie l'attendait....Il pouvait bien faire un peu son Serpentard, non ?

"On a bien toujours des choses à se raconter..." répondit-il à la tirade de Thelma prêt à trinquer avec elle avant de se raviser.
Oh et puis zut !
"...mais franchement je suis pas tout à fait d'accord avec toi concernant cette histoire de bal - pour ne pas dire pas du tout d'accord.- Je suis plutôt soulagé à l'idée que les gens seront chez eux, moins vulnérables que rassemblés dans les rues."
Savoir que Dean passerait le nouvel-an avec Nahuel et Claire Kane dans un appartement étudiant de Bristol le rassurait, il devait bien l'avouer, et pourtant, il n'était pas son parent le plus protecteur !
"Et  tu vas peut-être me trouver vieux jeu -certainement même- consentit-il- mais je trouverai ça un peu prématuré après Leopoldgrad."

Merlin, il se gryffondorisait avec l'âge mais c'était un sujet qui lui tenait trop à cœur pour qu'il fasse l'impasse sous prétexte qu'il comptait passer un agréable Noël. D'ailleurs, débattre n'interdisait pas de passer une bonne soirée ! Thelma et lui ressortiraient peut-être grandis de leur divergences.  Ou pas.

"Et quand tu dis" prétendue menace terroriste." que veux-tu dire par là ? Tu penses que la réaction du pays est disproportionnée ? Qu'on ne pose pas les bons mots sur ce qui s'est passé à Leopoldgrad ?" s'enquit-il alors sans animosité mais avec le souhait évident que Thelma fasse une réponse sincère à ses questions.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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*Idiote*, se réprimanda intérieurement Thelma quand Jonah lui fit part de son désaccord. Qu'est-ce qui lui avait pris de parler aussi librement de son opinion du régime auprès de l'un de ses collègues de travail ? Qu'ils aient des divergences d'opinion n'était en rien un problème, mais ce n'était pas un sujet sur lequel il était bon qu'elle se fasse remarquer.

Reposant sa coupe sur le table, elle se redressa dans son fauteuil en balayant Jonah d'un regard insondable. Il y avait quelque chose chez lui qui invitait à la confidence, et elle avait commis l'erreur de se départir de sa prudence et de sa réserve habituelles. Ce n'était pas forcément un problème en soit, et elle lui accordait sa confiance, mais une confiance qui restait relative. Thelma portait un secret tel qu'elle ne pouvait désormais accorder sa confiance qu'à elle-même, un secret qui ne lui appartenait pas et qu'elle n'avait pas le loisir de dévoiler. Presque malgré elle, elle s'était retrouvée mêlée aux activités de la résistance et cela impliquait une responsabilité, celle de rester aussi bienveillante que possible à l'égard du gouvernement, et de ne pas attirer l'attention sur elle.

Les battements de son coeur s'étaient accélérés. Ses paumes devenaient moites comme sous la surveillance d'un auror, et elle esquissa un sourire pour se forcer à se détendre. Il ne fallait pas dramatiser, il s'agissait de Jonah après tout. Il n'allait pas courir à la milice rapporter quelques propos malheureux échangés autour d'une coupe de champagne. Il ne lui restait plus qu'à argumenter du mieux possible son point de vue. Au fond, elle n'était pas si mécontente d'aller sur ce terrain-là avec lui, curieuse de connaître ses opinions sur ce sujet que l'on abordait peu en salle des professeurs...

"Je me suis mal exprimée, excuse-moi", répondit-elle d'une voix plus apaisée, en se penchant pour serrer brièvement le bras de Jonah. "Je ne cherche pas à diminuer l'importance ni la gravité de ce qui s'est passé à Leopoldgrad. C'était une attaque horrible, indescriptible et impardonnable. Quant au diagnostic..."

Elle s'interrompit un instant, cherchant les mots justes, puis reprit : "C'était un acte terroriste, c'est indéniable, et je ne nie pas qu'il y a des extrémistes à l'oeuvre dans le pays, mais... "

De nouveau le silence. Poursuivre, dévoiler le fond de sa pensée à cet homme qu'elle ne connaissait finalement pas si bien ? Ou bien s'en sortir avec une pirouette, et écarter le sujet comme impropre à une conversation de fête ? La deuxième option était évidemment la bonne, mais quelque chose d'indéfinissable la poussa finalement à livrer son analyse :

"D'après le gouvernement, largement relayé par la presse, il n'y a que ça, des terroristes, et cela implique de prendre les mesures de sécurité les plus dures et de suspendre l'état de droit pour concentrer tous les pouvoirs entre les mains des autorités. Ce qui entraîne de nouvelles actions de violence en réaction, impliquant un nouveau renforcement de la sécurité, et ainsi de suite... Comme une sorte de cercle vicieux, depuis le Bloody Sunday et peut-être même avant, un cercle de la violence qui ne fait que d'escalader. Parfois je me dis que le gouvernement gagnerait à jouer plutôt la carte de l'apaisement. Je ne nie pas qu'il y a des personnes prêtes à tout pour se faire entendre mais je pense qu'il existe aussi une frange d'opposants qui sont simplement des gens désespérés, des gens effrayés, qui n'ont plus d'espace pour s'exprimer. Des gens que personne n'aide et que personne n'entend, et qui sont peut-être plus nombreux encore que les extrémistes. J'ai l'impression qu'on cherche à traiter les effets mais pas les causes. Qu'est-ce qui fait que notre pays en est arrivé là aujourd'hui, et est-ce vraiment de cette façon qu'on peut l'aider, en divisant d'avantage, plutôt qu'en cherchant à comprendre et à mener des réformes courageuses ? Pour moi, tout événement qui favorise l'unité et la solidarité au sein de la population devrait être encouragé."

Elle haussa les épaules avec l'air de celle qui avait plus de questions que de réponses. Ce que Thelma se demandait surtout, c'était dans quelle mesure le gouvernement les manipulait. Elle avait toujours eu l'esprit critique, certes, mais n'était pas une adepte de la théorie du complot. Pourtant, les révélations que lui avait fait Nora et cet épisode sombre avec Jacob Dalhiatus lui avaient fait voir les événements sous une toute autre lumière. Le numéro de victime auquel se livrait le ministre depuis l'attaque de la banque ne sonnait pas tout-à-fait juste à ses oreilles, car elle se souvenait trop bien de la façon dont Dalhiatus avait été érigé en héros en son temps. Oui, Leopold Marchebank avait fait les frais personnellement de cette attaque, mais dans quelle mesure s'était-il attiré ce malheur ? Lui seul le savait... Une chose était certaine, le FREE maîtrisait sa communication à la perfection. Si bien que les seuls sons dissonants provenaient d'une résistance complètement discréditée et marginalisée.

Tout cela, elle n'en dit rien. Thelma s'était assez découverte pour ainsi, et préférait se contenter de l'image d'une enseignante à la tête bourrée d'idéaux qu'on lui pardonnerait avec indulgence.

"Tu dois me trouver idéaliste ou naïve, et peut-être inconsciente, mais je crois que je préfère un peu plus de liberté à un peu plus de sécurité. Après, j'entends ce que tu dis, par rapport à la période de deuil, mais je vois les choses différemment. Vivre est aussi une façon d'honorer les morts... Pour moi il est justement d'autant plus important de se retrouver, après ce qui s'est passé. C'est aussi une façon de ne pas céder face à la violence et de surmonter sa peur."

Thelma regagna le silence, non sans nervosité, et reprit sa coupe de champagne pour se donner une contenance. Il y avait une certaine timidité dans la façon dont elle regarda Jonah pour observer sa réaction. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle craignait, de s'être un peu trop exposée, ou bien plus simplement qu'il la voit différemment après cette conversation. Certainement un peu des deux, mais elle n'allait pas changer qui elle était pour autant. Plus le temps passait, et plus elle se sentait en désaccord avec les actions du gouvernement. Un divorce amorcé par l'histoire de la petite Weaver, qui l'avait profondément marquée. Nora Weaver, une terroriste ? Non. Ce n'était jamais qu'une gamine perdue, comme Whitaker, comme tant d'autres victimes du rouleau compresseur qu'était devenu le FREE. Quand elle pensait à ce qu'était devenu son ancien laboratoire, quand les rumeurs lui provenaient de Skye, alors elle en avait des sueurs froides... Mais ce n'était pas quelque chose qu'elle pouvait évoquer ce soir avec Jonah.


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"Tu n'as pas à t'excuser tu sais..." souffla-t-il en posant ses coudes sur ses genoux, impatient que Thelma développe son point de vue plus en profondeur maintenant qu'il avait jeté un pavé dans la marre. Les discussions politiques étaient bien rares en salle des professeurs et Jonah était bien incapable de deviner les sensibilités de ses collègues. Lui-même, il s'aventurait rarement sur ce terrain mais il était finalement plutôt satisfait de pouvoir aborder cette question avec Thelma. Sa contrariété première laissa vite place à une réelle curiosité face aux déclarations de sa collègue.
Avec un tact tout pouffsouflien, elle expliqua dans un premier temps qu'elle s'était mal exprimée: L'attaque de Leopoldgrad était impardonnable et il s'agissait bel et bien d'un acte terroriste. Finalement ils étaient plutôt d'accord, à moins que Thelma ne fasse une concession sur ce point pour l'apaiser avant de développer réellement le fond de sa pensée par la suite. Il ne savait pas trop.

Il écouta donc avec le plus vif intérêt les arguments qu'elle  opposa après son "mais". Le cercle vicieux dans lequel le régime s'était engagé, les gens effrayés et désespérés dépourvus d'espace de paroles qui finissaient indéniablement par se radicaliser, le besoin de solidarité, d'union et de cohésion. Il croyait entendre Dean, son fils, qui affirmait haut et fort que les opposants étaient en réalité des résistants -dans le sens noble du terme. Ceux qui étaient les plus clairvoyants, ceux qui avait su percevoir les machinations d'un régime totalitaire... Certes Thelma n'était pas à ce point séduite par cette thèse des gentils résistants mais il y avait quelques connivences. Jonah lui-même était d'accord avec certaines parties de son expertise ce qu'il ne tarda pas à lui dire.

"C'est sûr que Marchebank a sur réagit après les affrontements entre gangs à Bristol. Pour moi, les tensions qu'il y a dans le pays actuellement découlent de cet événement, bien plus que du Bloody Sunday - Après tout le dimanche sanglant n'était qu'un terrible accident, un concours de circonstance malheureux- Le blocus, les pleins-pouvoirs, ... C'était disproportionné et il aurait pu régler ça autrement, j'en suis certain. Après ça, difficile pour le Ministère de jouer la carte de l'apaisement . Encore plus depuis Leopoldgrad. "
Jonah se tut en tentant de se mettre à la place des cadres du régime.
" S'ils font un pas en arrière dans la répression, ils seront taxés de laxistes, un en avant, de despotes."

Il haussa les épaules avec fatalité.

"La personnalité de Marchebank tend plus vers la deuxième option, je te l'accorde et je comprends tout à fait que des personnes s'opposent à ses décisions ou ne se sentent pas représentés mais, par Merlin, à nous deux, nous avons trente ans d'activisme associatif derrière nous. Il existe des moyens légaux pour contredire un gouvernement.  Il y a des curseurs, des leviers que l'on peut actionner en toute légalité sans avoir recours à la violence comme c'est trop souvent le cas avec ces rebelles. Les partis d'opposition au FREE existent bel et bien même si l'APPEL est en pleine restructuration et qu'il peine à se trouver un leader. Des associations pour les droits des opprimés peuvent être créées, j'en suis la preuve vivante ! " ajouta-t-il en levant les paumes vers le ciel.

"Alors bien sûr, c'est long et fastidieux mais ce n'est pas impossible... "

Jonah marqua une pause en songeant à la rafle de la Cité Nimbus, un an plus tôt. Le gouvernement avait soutenu que les arrestations étaient justifiées car il s'agissait d'un rassemblement illégal menaçant le régime en place alors que Dean avait entendu une toute autre version dans les soirées étudiantes de Bristol: La Milice avait outrepassée ses droits et réprimée bien trop durement un simple rassemblement populaire qui cherchait à s'organiser pour s'opposer légalement à Marchebank. L'enseignant avait plutôt tendance à vouloir croire le récit officiel plutôt que les amis artistes de son fils qui ne lésinaient pas sur la mandragore mais se voilait-il la face ? Que Thelma partage l'avis de Dean, avec plus de modération certes, l'obligeait quelque peu à réévaluer les choses. Avait-il tellement envie d'être dans un état de droits qu'il fermait les yeux sur certaines mesures liberticides ?
Marchebank avait sa sympathie, c'était indéniable:  Il avait été le premier dirigeant du pays à prendre des mesures concrètes en faveur des lycanthropes, mais cet état de fait altérait-il son jugement ?

Jonah mettait un point d'honneur à garder son libre arbitre et à essayer d'être le plus clairvoyant possible. Il se sentait prêt à tout entendre si cela pouvait l'aider à construire son point de vue, et peut-être, à revoir sa position aussi décida-t-il de sonder un peu plus Thelma à propos de ce sujet.

"Tu sais que les opposants aux régimes se font appeler les résistants ? Dans le sens moldu du terme. Je ne sais pas si c'est une bande d'illuminés ou au contraire des personnes particulièrement perspicaces mais je sais que je n'apprécie pas leur manière de faire. Après ont-ils raison sur le fond, honnêtement,... je suis partagé. "

Depuis quand parler de politique était-il aussi tabou ? Pourquoi mesurait-il chaque mot avec attention avant de les prononcer ?

"Et je trouve que c'est très difficile aujourd'hui de parler de tout cela. Tout le monde est à fleur de peau - peut-être le suis-je aussi- consentit-il à en juger sur sa prise de position en faveur d'une période de deuil à respecter- mais je trouve que parler de la politique de Marchebank en société est un exercice difficile - et dangereux-", Le mot s'était imposé dans son cerveau à son insu, le laissant perplexe.

"Je ne sais vraiment pas quoi en penser, finit-il par dire. La plupart du temps je suis persuadé de suivre la bonne voie mais à certain moment, j'ai l'impression d'être un vieux cognard qui passe peut-être à côté de quelque chose d'important, d'essentiel. C'est difficile à expliquer." finit-il par dire en esquissant un sourire en direction de Thelma.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma ne partageait pas l'analyse de Jonah concernant le Bloody Sunday. Certes, les affrontements entre gangs à Bristol avaient cristallisé les hostilités et formé l'élément déclencheur des pouvoirs exceptionnels et de la création de mouvements d'opposition. Mais c'était bien ce terrible jour sanglant à Londres qui avait constitué le point culminant de mois de tensions entre la population et ses dirigeants. Dirigeants dont Marchebank faisait alors déjà partie, même si l'on tendait à l'oublier aujourd'hui. La Pleine Lune Sanglante et les différents scandales sanitaires s'étaient déroulés alors qu'il était directeur du département des créatures magiques, même s'il avait ensuite fait passer de nombreuses mesures favorables aux lycanthropes en tant que ministre. Peut-être que c'était ce qui importait au final pour Jonah...

Ayant vécu de nombreuses années à l'étranger, Thelma devait reconnaître qu'elle ne voyait pas toujours les choses de la même façon que ses compatriotes. On avait une vision plus distanciée depuis Durmstrang, ou même Dublin, que lorsque l'on vivait en plein coeur de Londres, de Bristol ou de Cosmos. Pour autant, Jonah et elles semblaient trouver certains points d'accord. Ses yeux s'agrandirent légèrement quand son collègue prononça le mot de "despote", et elle hocha lentement la tête. Voilà qu'il mettait le doigt sur ce qui la dérangeait vraiment au fond. En revanche, son argument de l'engagement associatif ne lui tira qu'un sourire amusé. Des partis d'opposition au FREE, vraiment ? Des partis neutralisés, ou aussi vivaces que des élèves de cinquième année après la pause déjeuner, oui !

Jonah semblait perdu dans ses réflexions, alors elle le laissa trouver ses mots tout en grignotant quelques amuses-bouches. L'enseignante se sentait plus détendue maintenant que la conversation s'était engagée sans que son collègue ne s'offusque de ses propos peu patriotes. Elle ne baissait pas la garde pour autant, et son interlocuteur non plus, à en croire ses paroles. Jonah parvint parfaitement à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, et elle répondit par un sourire :

"Je comprends ce que tu veux dire, c'est la même chose pour moi. J'essaie d'y voir clair, mais plus j'essaie de m'informer et moins la situation me semble limpide. Que les informations viennent des autorités, de la presse ou de l'opposition, elles me semblent souvent partisanes, biaisées, si bien que je ne sais jamais que croire. Chacun décrit l'autre comme un monstre mais la réalité n'est jamais aussi simple, manichéenne... Au départ, je pensais la même chose que toi, mais plus le temps passe et plus je commence à réviser mon opinion. Peut-être ai-je tort."

Thelma ne prétendait pas détenir la vérité, bien au contraire. C'était justement toutes les zones d'ombres, tout ce qu'elle ne savait pas, qui la conduisaient à prendre les arguments du FREE avec la plus grande des précautions.

"Franchement, les moyens légaux pour contredire le gouvernement...", reprit-elle en plantant son regard dans celui de Jonah. "Ils existent, peut-être, mais sont-ils encore effectifs et opérants aujourd'hui ? Je veux dire, honnêtement... Oui, nous sommes engagés associativement toi et moi, mais tu défends une partie du corps électoral de Marchebank, quant à moi je m'occupe de Nargoles et de personnes âgées, autant dire que je suis complètement inoffensive. Si l'on essayait de monter un parti politique d'opposition ou bien une association de défense des droits des bristoliens, je crois que la milice nous compliquerait bien vite la tâche. Si tant est qu'on autorise seulement cette création."

Les interdictions pour raisons d'ordre public pouvaient trouver leur justification - Daisy elle-même avait bien dû en adopter pour protéger les élèves de l'école. Mais de à faire disparaître tout espace de débat démocratique, il y avait un pas...

"Entendons-nous bien, que les droits et libertés soient bafoués ou non, je ne pense pas que la violence soit la solution. Ce n'est jamais le cas, peu importe qui l'emploie. Mais la question que je me pose, c'est de savoir si tous ces opposants - terroristes, résistants, peu importe la terminologie - sont réellement tous engagés dans la voie de la violence et de la propagande extrémiste. Je me demande s'il n'y a pas aussi dans le lot des gens normaux, comme toi et moi, qui n'ont pas eu d'autre choix que le silence, ou la voie de la clandestinité. Je pense que la réalité est bien plus complexe que le laisse entendre le gouvernement, en mettant des situations très diverses dans le même panier. Il y a un an et demi, la moitié de la population du pays était dans la rue de Londres pour des raisons très différentes, pour dénoncer des situations complexes et selon différents niveaux de colère. Et où sont-ils aujourd'hui, tous ces gens, toutes ces minorités et ces groupes avec leurs revendications ? Aujourd'hui il n'y a plus que des terroristes fous dangereux, ou alors des citoyens séduits par la parole portée par le FREE. Et tout-à-fait entre nous, je dois reconnaître que oui, cela suscite ma méfiance..."

Quel point commun pouvait-il bien y avait entre une terroriste illuminée comme Juliana McNeil, et une jeune fille qui avait simplement joué de malchance, comme Nora Weaver ? Pourtant, aux yeux du régime, il n'y avait aucune différence. Et si l'on arrêtait Nora, elle risquait très certainement la même peine que McNeil : la mort et la disgrâce publique. Un frisson d'angoisse la parcourut à cette pensée et elle se mit à rire comme pour évacuer la tension.

"Tu vois, j'ai les poils qui se dressent simplement parce que j'ai l'impression d'en avoir trop dit. Tu as parfaitement raison quand tu dis qu'il est devenu difficile de parler de la politique du FREE aujourd'hui, et d'ailleurs, on ne le fait quasiment jamais ici. Ce n'est pas très bon signe, quand on n'ose pas s'exprimer ni faire confiance."

Elle observa son interlocuteur un instant, avec son visage avenant et sa présence chaleureuse qui invitaient à la confiance. Peut-être devenait-elle paranoïaque avec ces histoires de Dalhiatus, de peur qu'on ne la découvre et qu'il n'arrive quelque chose à sa petite protégée.

"Moi qui ai toujours aimé débattre et parler de politique, je me sens clairement tendue et à fleur de peau, tu as parfaitement raison là-dessus", conclut-elle avec un sourire d'excuse.


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Il n'était donc pas le seul à essayer d'y voir plus clair, de peser le pour et le contre tout en tentant de rester objectif. Thelma semblait penser que les médias censés informer les citoyens étaient eux-mêmes partisans du régime. C'est vrai que la Gazette semblait plutôt pro FREE, tout comme le Gringotts-Time d'ailleurs. Faudrait-il que Jonah songe à s'informer en lisant le Chicaneur pour trouver des articles d'opposition ? L'idée n'était pas si saugrenue puisque le journal de Lovegood avait été le premier périodique à révéler le retour de Voldemort bien avant les autres médias lors de la dernière guerre.

Jonah hocha la tête lorsque Thelma affirma que la vérité n'était pas manichéenne, que tout n'était pas blanc ou noir. Il était totalement d'accord avec elle sur ce point et la phrase qu'elle prononça par la suite ne tarda pas à éveiller la curiosité de l'enseignant: Au départ, elle pensait comme lui et puis son opinion avait changé. Qu'est-ce qui avait bien pu lui mettre le botruc à l'oreille pour qu'elle se ravise de la sorte ?

En tout cas, elle ne semblait pas convaincue par les propos de Jonah concernant les moyens légaux pour contredire le gouvernement. Le petit sourire amusé de sa collègue ne lui échappa pas et il en fut -il devait l'admettre- un peu vexé. Il n'avait pas l'impression d'être naïf ou crédule ! Il avait foi en l'état de droit, profondément. Que Thelma estime que ses propos qui préconisaient l'utilisation d'un cadre légal pour s'opposer au régime prêtent à sourire le laissait coi. Ce petit rictus était un bon indicateur du degré de confiance que sa collègue accordait au régime: Quasi nul.
Qu'attendre d'un gouvernement si ce n'est qu'il garantisse et protège nos droits ? songeait-Jonah tandis qu'elle argumentait son point de vue avec des exemples implacables. Oui Marchebank était un brin despotique, Jonah était forcé de l'admettre. Il n'apprécierait surement pas qu'un parti d'opposition se forme mais l'empêcherait-il pour autant ? Manigancerait-il pour voir ses leaders évincés ? L'interdirait-il, purement et simplement ?

Jonah n'était pas né de la dernière pluie, il savait bien que les coup bas en politique étaient monnaie courante mais il se plaisait à penser qu'une fois les hommes ou les femmes au pouvoir, ils essayaient de remplir leurs taches au mieux. N'était-ce pas ce que Marchebank avait tenté de faire ?

Alors que Thelma affirmait que la moitié de la population du pays était dans la rue de Londres pour protester un an plus tôt et qu'aujourd'hui cette même moitié était réduite au silence, Jonah objecta:

"Loin de moi l'envie de me faire l'avocat de Salazar, commença-t-il en préambule, mais il faut reconnaitre que Marchebank a su proposer des réformes rapides et efficaces concernant ce qui a poussé les citoyens dans la rue le jour du Bloody Sunday. On peut lui reprocher des choses, c'est sûr, mais il a su régir vite dès son entrée au pouvoir: Les lycantropes et centaures étaient dans la rue, il a élargi les  droits apportés aux créatures magiques intelligentes- je sais tu vas dire que je ne suis pas objectif et tu as raison- mais c'est quand même une sacrée avancée. Les mamans chaudrillon étaient là-aussi, il a légalisé l'avortement pour celles qui le désiraient tout en créant des aides sociales pour celles et ceux qui préféraient garder leur enfant. Et parallèlement à ça il a créer la Commission gouvernementale de contrôle et de certification de la qualité des potions, pour que ce genre de scandale ne se reproduisent plus. Les homosexuels ont eu le droit de se marier, d'adopter. Le Ministère a littéralement sauvé Nimbus de la faillite après le scandale de la consumeuse, l'économie du pays n'a pas été aussi bonne depuis la fin de la guerre des sorciers... "

Il se tut et poursuivit:

"Ce que je veux dire, c'est que si les gens ne protestent pas, c'est peut-être qu'ils sont  satisfaits du bilan de Marchebank et qu'il lui font confiance même si  certaines mesures les chagrinent..."

Le blocus, les plein pouvoirs, Mémo-rise.

Jonah se classait-il dans cette partie de la population ? Il aurait probablement dit oui quelques heures plus tôt mais il devait avouer que sa conversation avec Thelma ébranlait ses convictions. Sa collègue était une femme réfléchie, qui avait connu la guerre comme lui. Ni une illuminée, ni une marginale pourtant il était clair qu'elle n'accordait pas du tout sa confiance à Marchebank. Ce n'était pas du mécontentement face à une politique que l'on juge absurde ou contreproductive. C'était ...différent. Thelma semblait penser qu'ils vivaient sous une forme dedictature. Jonah avait déjà entendu cette thèse défendue par les amis artistes de son fils mais il n'avait jamais vraiment pris au sérieux leur position. Jusqu'à aujourd'hui.

"Je te trouve vraiment sévère avec le régime. souffla-t-il alors avant de se rendre compte que ses propos pouvaient être mal interprétés. Thelma venait de lui dire qu'elle frissonnait à l'idée d'avoir trop parler et voila qu'il lui balançait ça en pleine figure, Je ne te juge pas, ajouta-t-il prestement en agitant la tête, je suis même content qu'on puisse avoir cette conversation toi et moi, d'avoir l'opportunité de croiser les points de vue sans que tout parte à volo."
Jonah était sincère.
"Je me demande juste ce qui t'a fait basculer, changer d'avis. Merlin, si je résume tes propos en une phrase c'est: On ne peut pas, légalement, s'opposer au gouvernement Marchebank. Il avait dit ça un ton plus bas en se rapprochant d'elle, On sait tous les deux quel nom on donne à ces régimes politiques, souligna-t-il refusant d'employer le terme dictature.
Il se recula et s'adossa sur son fauteuil les mains derrière la tête:
"Ce que je n'arrive pas à comprendre c'est, comment, en travaillant au même endroit, en vivant les mêmes choses, nous n'arrivons pas du tout au même constat. Peut-être que tu détiens plus d'informations que moi et dans ce cas j'aimerai vraiment connaitre tes sources -Thelma lisait peut-être un journal clandestin ou écoutait une radio pirate qui la tenait informée sur toutes les dérives du gouvernement."Je suis comme toi, je veux juste comprendre ce qui se passe."


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Thelma se tut pendant que Jonah lui déclinait les accomplissements du régime. Eh bien, il était prêt à entrer au service comm' du Ministère avec un tel discours ! Ses sourcils fins s'arquèrent sur son front quand il évoqua l'économie du pays, qui n'avait jamais été aussi bonne depuis la fin de la guerre. Oui, mais à quel prix, et pour combien de temps ?

La guerre, ils semblaient sur le point d'y replonger et si tel était le cas, il ne faudrait pas longtemps au FREE pour gonfler les budgets de la milice et de la Justice au détriment des aides sociales. La construction de Leopoldgrad, pharaonique, avait coûté des montants considérables qui auraient pu servir à aider à la place les franges les moins aisées de la population. Quant aux richesses produites, elles restaient encore largement entre les mains de certains aux détriments d'autres. La dernière fois qu'elle avait mis les pieds dans l'Allée des Embrumes pour y acheter un grimoire, elle avait été frappée du nombre de miséreux qui y faisaient la manche. Et ce n'était rien à côté de ce que l'on voyait à Bristol, d'après leur jeune collègue Jeremy qui y étudiait. Certainement des "terroristes", songea-t-elle avec cynisme. Oui, certains sorciers prospéraient sous le régime du FREE, c'était indéniable, et d'autres étaient jetés à bas de leurs piédestaux, comme les sangs-purs. Mais il y avait aussi tous les laissés-pour-compte, ceux qui avaient tout perdu aux mains de la mafia ou de la milice. Toutes ces histoires qu'on entendait dès lors que l'on commençait à laisser traîner ses oreilles et à ouvrir ses yeux. Ce qu'elle faisait activement depuis l'épisode Nora.  

Elle partageait le diagnostic de Jonah sur un point : une partie non négligeable de la population, comme son collègue, approuvait certainement encore le bilan de Marchebank. Mais c'était sans doute parce qu'ils ne connaissaient que la face cachée de l'iceberg, et ne cherchaient pas à voir au-delà.

*Peut-être aussi qu'ils ont trop peur pour protester...*, songea-t-elle sans en mot dire. Pourquoi, sinon, tant de précautions de langage, pourquoi cette impression de marcher sur des oeufs ? Quand Jonah affirma qu'il la trouvait trop sévère avec le régime, elle fuit son regard et se mordilla la lèvre inférieure avec nervosité. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de parler de manière irréfléchie. Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Quel besoin de se découvrir autant face à Jonah ? Percevant peut-être son embarras, il entreprit de la rassurer, en affirmant qu'il ne la jugeait pas.

"J'en suis heureuse aussi", répondit-elle avec un maigre sourire. Et elle était sincère, car elle ne parvenait pas à regretter complètement cette discussion. Au fond, elle avait envie de découvrir qui était Jonah et quelles étaient ses opinions, même les plus polémiques. Elle avait envie de gratter sous la surface, de dépasser les échanges polis qu'ils pouvaient avoir en salle des professeurs avec leurs collègues. Connaître l'homme derrière le professeur Forbes impliquait peut-être de se mettre en danger - mais de façon raisonnée.

Quand il lui demanda ses sources, elle esquissa un sourire mystérieux, et entreprit de remplir de nouveau leurs coupes pour se donner le temps de réfléchir. Il y avait des choses qu'elle ne pourrait pas lui dévoiler, à savoir des noms, mais elle ne tenait pas à clore complètement la conversation non plus. Elle ne voulait pas laisser penser qu'elle était plus impliquée dans la résistance qu'elle ne l'était réellement - à savoir, pas du tout. Thelma se contentait simplement de rester ouverte à toutes les sources d'information, ce qu'elle estimait être son devoir de citoyenne.

"Hmm", répondit-elle finalement en jaugeant son interlocuteur du regard. Elle hésita un instant puis finit par se mettre sur ses pieds : "Ne bouge pas, je reviens dans une minute."

D'un pas rapide, elle traversa la pièce, regagna le vestibule et quitta l'appartement de Jonah. Un frisson la parcourut quand elle s'enfonça dans le couloir sombre et froid pour regagner son propre appartement. Rapidement, elle ouvrit la porte et se dirigea vers sa chambre à coucher, comme toujours nette et bien rangée. Tirant sa baguette magique, Thelma tapota l'une des pierres du mur, qui se déplaça pour former une ouverture. Un coffre en bois se trouvait dissimulé là, dont elle s'empara avant de quitter la pièce.

Peut-être qu'elle était en train de faire une bêtise, mais son instinct lui soufflait de le faire. Elle avait besoin de quelqu'un dans ce château avec qui elle pouvait parler librement, quelqu'un avec qui débattre des dernières actualités, de la dernière lubie du ministre et de la façon d'aborder ces sujets avec les élèves. Et si jamais elle se trompait sur le compte de Jonah, il lui restait toujours le sortilège d'Oubliette, qu'elle maîtrisait mieux que n'importe quel Oubliator. Elle secoua la tête à cette idée et se hâta vers la porte de son appartement, le coffre entre les mains. Par pure coquetterie, elle jeta un coup d'oeil au miroir dans l'entrée pour vérifier son rouge à lèvres, puis sortit.

Elle sentit le regard de Jonah sur elle lorsqu'elle revint s'asseoir face à lui. Elle posa le coffre ouvragé sur ses genoux, et l'ouvrit pour dévoiler une liasse de parchemins et d'articles de journaux. Certains étaient parus dans le Chicaneur, et elle les écarta pour les poser sur la table basse. D'autres appartenaient au Cognard Déchaîné, à LibérAvon, un journal de Bristol qui avait été interdit plusieurs mois auparavant mais qui continuait de paraître clandestinement, ou encore à Voix d'Angleterre, véritable recueil de témoignages de citoyens ayant subi les abus du régime. Il y avait enfin des tracts, de toutes les tailles, de toutes les couleurs et issus de divers groupes de résistance et d'associations diverses. Tous avaient un point commun : ils dénonçaient les agissements du régime et contaient des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête ou à faire pleurer un coeur de pierre.

Elle tendit quelques uns de ces parchemins à Jonah, parmi les plus récents. Un article du Cognard Déchaîné dénonçait fermement l'attaque de la banque de Leopoldgrad, et condamnait les agissements de la "poignée d'illuminés" qui en étaient à l'origine et qui anéantissaient tous les efforts en faveur de la paix. Tous les noms des victimes avaient été imprimés dans le journal. Un tract sobrement intitulé "Lexit !" prétendait dénoncer la vérité sur le centre de Skye. Voix d'Angleterre apportait le témoignage anonyme d'un marin de Bristol et de ses ennuis avec la mafia, qui n'avaient fait qu'empirer malgré la présence quasi-étouffante de la milice. Un étudiant de l'école des arts magiques rapportait quant à lui dans les colonnes de LibérAvon l'atmosphère irrespirable de cette ville autrefois prospère, qui oscillait désormais entre la ville fantôme et le Far West : affrontements dans les rues, commerces fermés, heures de queue pour passer les check-points, et brutalités policières.

"Ils circulent plus facilement à Dublin qu'à Londres, naturellement, et ils sont assez faciles à trouver une fois que l'on commence à les chercher", révéla-t-elle sans complexe. Lire de la presse clandestine n'était pas encore le pire des crimes qu'elle puisse dévoiler. "Bien sûr, on peut considérer que ce n'est que de la propagande sans fondement et tout mettre au feu, et il y a certainement une part de vrai. Mais il reste édifiant de les lire en parallèle de Multiplettes, le contraste est tellement saisissant ! Et puis j'ai déjà pu constater que tout n'est pas faux dans ces pamphlets..."

Son regard s'égara un instant sur la photographie glaçante de l'île de Skye, et un pli d'inquiétude apparut sur son front. Quand elle pensait qu'elle avait participé aux travaux qui avaient conduit à Memo-rise et à toutes ses dérives, et elle ressentait un sentiment de honte.

"Mais cette fois, inutile de me demander mes sources, je crois que c'est bien assez pour un soir", affirma-t-elle avec un sourire. "Je te fais confiance pour que ce qui se dit entre ces murs n'en sorte pas... Je ne suis pas vraiment censée apporter de la presse clandestine entre les murs du château. Pourtant, ils sont beaucoup plus lus que je ne l'imaginais. J'imagine que les gens font comme moi, ils cherchent l'information contradictoire où ils peuvent la trouver. Cela ne veut même pas dire qu'ils adhèrent ou croient tout ce qui est écrit, ce n'est pas mon cas en tout cas. Mais il faut admettre que certains de ces témoignages font réfléchir. J'imagine que la vérité se trouve certainement à mi-chemin entre la propagande des uns et la propagande des autres..."


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Thelma ne tarda pas à répondre à sa requête. Après une légère hésitation -comme si elle avait cherché à évaluer le degré de confiance qu'elle pouvait placer en Jonah- elle lui demanda de patienter, se leva et quitta l'appartement, laissant l'enseignant seul avec ses pensées.

Tout en sirotant son verre, il ressassait la conversation qu'il avait eut avec elle mais aussi avec des amis ou avec son fils. Ils avaient tous tenté, selon leurs propres termes, de lui ouvrir les yeux sur le régime. Quoique Dean avait arrêté de vouloir le convaincre depuis l'attentat. Il faut dire que Jonah sortait la carte "Leopoldgrad" comme un joker, un argument implacable,  prouvant que ces  soi-disant résistants n'étaient en vérité que des terroristes. Pourtant il restait persuadé que son ainé était toujours un de leurs sympathisants. Il le devinait dans les non-dits de son garçon, dans les regards qu'il lui jetait après avoir croisé une patrouille de miliciens. Jonah estimait que c'était le propre de la jeunesse de se rebeller contre le pouvoir en place si bien qu'il n'avait pas accordé tant de crédit à la théorie de son fils... Du moins jusqu'à aujourd'hui...

L'inquiétude s'empara peu à peu de Jonah, traçant deux rides profondes sur son front. Il se leva à son tour et rejoignit la large baie qui donnait sur le parc, plongeant son regard dans l'obscurité et laissant libre cours à ses pensées, tentant d'opposer les arguments de chaque camp.

Le bruit de la porte le tira de son expertise et il se tourna vers Thelma -toujours aussi désirable dans sa robe rouge- qui portait un coffre dans les mains. Intrigué, il se rapprocha d'elle et reprit place sur son fauteuil prêt à découvrir ce que contenait cette boite au trésor que Thelma semblait conserver jalousement.

Sans un mot, elle déposa plusieurs coupures de presse, tracts, magasines et autres journaux clandestins sur la table basse. Le regard de Jonah passa de la pile de documents au visage de sa collègue. Il était passé totalement à côté de sa véritable personnalité, se dit-il en l'observant quelques secondes. Jamais il n'aurait pensé qu'elle puisse détenir toutes cette propagande chez elle !

Le cognard déchainé, Voix d'Angleterre, Le Chicaneur -bien sûr-,... LiberAvon. Jonah reconnu instantanément la typographie du titre, et le papier recyclé sur lequel le tract était imprimé. Il avait vu un flyer similaire chez son fils quelques mois avant l'attentat. Jonah l'attrapa et le parcouru des yeux lisant en diagonale le témoignage d'un commerçant de Bristol au bord de la faillite à cause du blocus. Triste, certes,  mais ce n'était pas nouveau. Tout le monde savait que les commerces de la cité portuaire étaient les premières victimes du blocus. Il reposa le tract et en attrapa un second sobrement intitulé LEXIT.

La vérité sur le centre de Skye ? Sérieusement ? La petite animation convoquait surtout les peurs les plus primaires du lecteur. Pas d'arguments, justes des images effrayantes surement pas tournées à Skye. Meredith Kane était son amie, il la connaissait en tant que femme, en tant que mère et jamais elle ne laisserait faire une chose pareille ! Ils ne partageaient pas le même points de vue sur bon nombre de chose -Mémo-Rise entre autre- mais il n'imaginait pas Meredith autoriser la torture entre les murs de son centre.Ça non. Jamais. Ces tracts étaient diffamants, ni plus ni moins.

Contrarié, Jonah secoua brièvement la tête et attrapa Voix d'Angleterre qui se présentait sous la forme d'un recueil de témoignages tous plus sordides les uns que les autres. Jonah parcourait les différentes histoires refusant d'y mettre trop d'affect. L'émotion était l'ennemie de l'objectivité:

Il y avait là le récit d'une femme qui relatait avoir été victime d'un contrôle fiscal particulièrement vicieux après avoir ouvertement pris position en faveur des anti-régimes, Mouais, un autre Bristolien se plaignant de Blocus, évidemment, et une femme dont le mari avait disparu suite à une conférence qu'il avait mené sur la thématique des libertés individuelles.

"Hé, je connais cette femme, souffla Jonah . Bien que l'article soit anonyme il identifiait non sans mal le style d'écriture de l'auteure et l'histoire relatée, C'est Gloria Stevenson la femme de Mark Stevenson. J'ai entendu parler ça, ajouta-t-il en fronçant les sourcils, Gloria est éditée chez le même éditeur que moi, révéla-t-il en levant les yeux vers Thelma,  C'est une spécialiste de l'histoire moldue -essentiellement la période du moyen-âge- elle a une plume divine et des connaissances astronomiques mais elle a aussi un sacré caractère, pour ne pas dire un sale caractère, Son mari, Mark est un agneau à côté d'elle. Il est spécialiste en droit, il a enseigné un temps à Aberystwyth et il était Maitre conférencier depuis la fermeture de la faculté. Un chic type, passionnant lui aussi. Il a disparu en juin dernier, la version que j'ai entendu est nettement différente de ce qui a écrit ici. Jonah n'était pas très fier de connaitre et de  raconter cette anecdote mais il poursuivit, D'après les ragots du milieu il s'est trouvé une petite étudiante de vingt ans de moins que lui et il est parti convoler à l'étranger avec elle. Gloria n'a jamais abordé le sujet, ni avec moi ni avec notre éditeur."

Jonah laissa passer quelques secondes et reporta son attention sur le prospectus.

"C'est elle qui a écrit ce papier. Elle est la seule à avoir ce genre de tournure de phrase. C'est son style en tout cas, rectifia-t-il, si ce n'est pas elle qui l'a fait, quelqu'un a voulu faire croire que c'était le cas."

Le mieux c'était de s'en assurer personnellement songea Jonah. Gloria était une femme qu'il estimait et il se sentait prêt à aller lui demander directement si elle pensait vraiment que Mark avait été enlevé par le gouvernement.

Il posa le tract sur son accoudoir, comme s'il était le seul à être digne d'intérêt dans le tas qu'il avait épluché puis il attrapa le Cognard Déchainé qu'il étudia d'un air expert - plus de budget d'impression, plus d'articles et visiblement des papiers mieux documentés- Il y avait des copies de documents internes au Ministère, classé pourtant secret défense- Comment avaient-ils fait pour obtenir cela ? -Une note du département des Transports Magiques invitant le personnel à tenir des registres des déplacements.

"Merlin..." souffla-t-il.

Il parcourut enfin un dernier article qui dénonçait fermement l'attaque de Leopoldgrad. Bien tourné, emprunt d'une certaine sincérité et d'une véritable colère à l'encontre de ceux qui avaient pratiqués de telles atrocités. Il parcourut ensuite la liste des victimes - il y avait tellement de page et les patronymes étaient écrits dans un corps de texte si petit- Fanning Gillian-35 ans, Ferroggii Antonio - 68 ans, Finnegan Astrid-32 ans. Dean aurait pu se trouver là, dans cette liste, entre la jeune Kiara Finnegan- 3 ans et le doyen des victimes agé de 102 ans, John-Jacob Fraiser.
Jonah referma prestement le journal, réprima l'émotion que cette lecture suscitait en lui et demanda:

"Je peux te garder celui-là ? J'aimerai le lire à tête reposée. Et ça aussi,
ajouta-t-il en attrapant le Voix d'Angleterre qu'il avait remisé sur le côté, je vais aller voir Gloria et lui demander si elle est bien l'auteure de ce papier et si elle croit vraiment à cette théorie."

Jonah avait encore besoin de preuves tangibles, il voulait croiser les informations, mener sa propre enquête en interrogeant quelques personnes de confiance autour de lui. Il comptait aussi aller voir Meredith pour tenter d'en savoir plus sur Skye.

L'enseignant posa un regard défiant sur le tract du Lexit avant de demander à sa collègue.

"Pourquoi Lexit ?" Autant les autres titres étaient facilement compréhensibles autant celui-là le laissait perplexe, En tout cas tu n'as pas d'inquiétudes à avoir concernant ma discrétion, ajouta-t-il d'un ton sérieux mais préoccupé, Je peux quand même te demander un dernier service ? poursuivit-il en levant les yeux vers elle, Crois tu que tu pourrai me mettre des exemplaires de côté de ces...journaux quand tu retourneras à Dublin ? Je pense qu'en creusant un peu je devrai arriver à trouver mon propre réseau  mais en attendant j'aimerai bien pouvoir me tenir informé."

Il avait besoin de temps pour digérer tout ça. Lire, Relire, Croiser les sources. Essayer, comme le disait si bien Thelma, de trouver le juste chemin entre journaux institutionnels et clandestins. Mais il avait surtout besoin de déterminer le degré d'implication de son fils dans ces agissements. Etait-il un simple sympathisant ou un membre actif ? Participait-il à la rédaction de LibreAvon ? Ou pire, faisait-il partie d'un de ces groupuscules violents ?

Jonah attrapa son Pear One et le fit tourner entre ses mains, résistant à l'envie d'appeler son fils sur le champs rien que pour entendre sa voix chaude et rieuse. Si comme le laissait sous entendre bon nombre d'articles, critiquer le gouvernement était un acte réellement dangereux, Jonah espérait que Dean était prudent et qu'il ne s'était pas laissé embarqué dans des actes irraisonnés. Son ainé était un adulte maintenant mais Jonah aurait voulu qu'il soit encore un enfant qu'il pourrait protéger, comme il l'avait fait lors de la dernière guerre en mettant toute sa famille à l'abris en terre moldue.

Si ces journaux clandestins s'avéraient dans le vrai et que la politique de Marchebank devenait réellement totalitaire au point d'en devenir invivable Jonah n'hésiterait pas une seule seconde: Il réitérerait l'expérience. Mais Dean les suivrait-il ? Une petite voix lui soufflait que non et cette idée le terrorisait bien plus que les images macabres de Skye sur le tract du Lexit.

La conversation était retombée depuis un petit moment  lorsqu'il se rendit compte qu'il était un bien piètre hôte. Tout à ses préoccupations, il en avait délaissé Thelma.

"Oh, excuses-moi je ne suis pas très loquace ! dit-il alors en s'efforçant d'effacer sa mine soucieuse, C'est juste que ça fait beaucoup d'informations d'un coup , il se força à sourire mais le cœur n'y était pas, ses pensées revenant toujours à Dean.

Il resservit leurs coupes de champagne, hésitant un instant avant de se lancer:

"Je crois que mon fils, Dean, celui de Bristol, partage ta théorie, il se pinça la lèvre inférieure et poursuivit, j'ai trouvé un exemplaire de LibreAvon chez lui.

Il laissa courir sa main sur sa barbe naissante d'un air pensif et ajouta:

"J'aimerai penser qu'il est comme toi et qu'il souhaite juste s'informer mais je suis sûr que c'est un sympathisant,...et peut-être même plus..."

Il poussa un soupir et reprit en désignant d'un geste de la main la table basse couverte de tracts:

"J'ai vraiment très envie que ces journaux ne soient qu'un ramassis de foutaises !" finit-il par dire avec un sourire sans joie.

Thelma avait fait naitre le doute et Jonah n'arrivait plus à s'enlever cette théorie du complot de la tête, Je suis vraiment curieux de savoir ce que Daisy en pense, dit-il alors, Je veux dire, si tout ça est vrai -je dis bien si- l’État va forcément tenter de mettre la main sur Poudlard..."

Comme frappé par un éclair de lucidité il releva vivement le visage vers Thelma.

" Tu penses que Greengrass .... Il ne termina pas sa phrase et secoua la tête, refusant de donner du crédit à cette déduction, Non, quand même pas !

Jonah se leva d'un bond pour faire les cent pas. Il se frotta le front et interrogea sa collègue du regard. Il n'avait fait que remplacer Adonis à son poste de directeur mais Thelma, elle, l'avait eu comme collègue. Jonah était vraiment curieux de connaitre son avis sur la question.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Jouant nerveusement avec ses mains, Thelma ne manqua pas une miette des réactions de Jonah à la lecture des différents articles. Sa mine fermée et son hochement de tête n'indiquaient rien qui vaille, jusqu'à ce qu'une histoire particulière n'attire son attention. Ainsi, il reconnaissait l'auteur de l'un des témoignages ! Thelma se redressa dans son fauteuil avec intérêt, en écoutant le récit. C'était l'histoire d'une disparition, comme il y en avait régulièrement, mais Jonah avait entendu un son de cloche tout-à-fait différent. S'il était encore en contact avec cette femme, peut-être pourrait-il obtenir le fin mot de l'histoire...

Mais Jonah n'avait pas achevé son examen, et elle garda le silence, pendant qu'il étudiait le Cognard Déchaîné. Visiblement, ces articles avaient réussi à capter son intérêt, et elle fut rassurée de voir qu'il n'était pas du genre à rester campé sur ses positions. Trop de leurs concitoyens avaient été marqués à vie par les guerres des Ténèbres, et refusaient d'envisager que la période de paix tant attendue puisse être menacée. Mais la politique de l'autruche n'apportait jamais rien de bon, elle en était convaincue. C'était bien pour cela qu'elle avait choisi ce métier, d'ailleurs, pour apprendre à défendre et à protéger, mieux qu'elle ne l'avait été lorsqu'elle était elle-même élève de cette école. Alors elle se réjouissait d'apprendre que Jonah avait l'intention de se renseigner auprès de cette Gloria.

"Bonne idée, et je veux bien que tu me dises ce qu'elle te raconte", répondit-elle avec un sourire encourageant. "Garde ceux que tu veux, j'en récupérerai d'autres à Noël et je te les ferai passer à la rentrée. Quant à Lexit... C'est un nouveau sigle qui a commencé à apparaître un peu partout après l'attaque de Leopoldgrad, pour "Leopold exit", mais je ne peux pas te dire exactement ce dont il s'agit. En tout cas, j'ai déjà aperçu plusieurs fois ce mot d'ordre tagué sur les murs des quartiers populaires, à Londres, à Nimbus et même à Pré-au-Lard."

Thelma en savait en réalité un peu plus qu'elle ne le laissait paraître. D'après le jeune Baker, qui la fournissait régulièrement en LibérAvon, plusieurs groupes de résistance avaient décidé de s'unir après la catastrophe de la banque, pour gagner en crédibilité auprès de la population et mener une action plus cohérente et efficace. Jeremy n'avait pas su, ou pas voulu, lui en dire beaucoup au sujet de ce nouveau mouvement, mais leurs tracts commençaient à circuler.

Soulagée que la conversation prenne cette tournure, Thelma se laissa aller contre le dossier de son fauteuil tout en sirotant sa deuxième coupe de champagne. Elle était heureuse de voir qu'il continuait de la prendre au sérieux. Jonah semblait perdu dans ses pensées, sans doute perturbé par ces révélations, mais le silence n'était pas désagréable. Elle-même avait beaucoup à penser après cette discussion qui faisait écho à ses questionnements existentiels des derniers mois. S'ouvrir lui avait finalement fait du bien, car cela la libérait d'un certain poids, et elle se sentait moins seule avec ses doutes.

Jonah la tira de ses pensées avec ses excuses, qu'elle écarta d'un geste. Ce qu'il révéla sur son fils Dean lui tira une moue de compassion, et elle comprit que leur discussion troublait réellement son interlocuteur.

"Non, c'est moi qui m'excuse de t'avoir causé du souci..."

Que le fils de Jonah soit un sympathisant de la cause de la résistance n'était malheureusement pas à exclure. Ces groupes étaient emplis de jeunes gens, et c'était bien normal : souvent idéalistes, ils étaient touchés par la force et la grâce de la jeunesse et, ayant moins à perdre, n'ayant jamais connu l'échec, ils se sentaient invincibles. Ce qu'ils n'étaient pas, et c'était le rôle de personnes comme Jonah et Thelma de les protéger au mieux.

Elle accompagna le raisonnement de Jonah au sujet de Poudlard d'un hochement de tête, en se rappelant que son collègue n'était pas encore là sous l'ère Greengrass. La discussion lui donnait des fourmis dans les jambes et elle l'imita en se levant pour faire quelques pas nerveux dans la pièce.

"Je mettrais ma main à couper que Greengrass a été envoyé ici par Marchebank lui-même pour mettre son nez dans les affaires de Poudlard. Le problème, c'est que cela n'a pas été très discret, à l'époque : c'était un petit jeune débarqué de nulle part, connu comme le protégé du ministre, à qui l'on accordait soudainement la sous-direction de l'école, comme pour garder un oeil sur Daisy... La greffe n'a pas forcément bien pris entre l'équipe et lui, et sa nomination a été assez décriée."

S'approchant de la fenêtre, elle s'appuya contre la vitre et contempla le parc enneigé, en laissant ses souvenirs affluer.

"Personnellement, j'ai trouvé nauséabond le projet des jeunesses ministérielles. Cela a détérioré l'atmosphère de l'école, en créant des scissions entre les élèves. Et je pense que si Daisy n'était pas là, avec sa force de conviction et ses valeurs éducatives, le FREE aurait déjà d'avantage marqué l'école de son empreinte. Je... je pense que c'est très important qu'elle soit là.

Se détournant du parc, elle posa son regard sur Jonah et poursuivit :

"L'équipe a été profondément remaniée, et sans Adamson, Harris, Hellsoft, elle représente pour moi le dernier rempart contre les tentations que pourrait avoir le gouvernement de prendre l'ascendant sur l'école. Avec Virtanen, peut-être, mais Peter me semble bien acquis à la cause du FREE. C'est toujours difficile de savoir avec lui."

Très discret, son collègue semblait surtout préoccupé par sa vie de famille et ne laissait pas réellement paraître ses opinions politiques. Il était finalement plus facile d'échanger avec quelqu'un comme Jonah.

"Tu sais, je pense que ce n'est pas un hasard si elle est allée chercher des personnes de confiance comme toi et moi pour constituer son équipe", souffla-t-elle en l'observant avec une certaine gravité. "Des personnes qui auront avant tout l'intérêt des élèves à coeur..."

Thelma laissa planer un silence, pour laisser ses paroles faire leur chemin dans l'esprit de son interlocuteur, puis reprit sur un ton plus léger :

"Cela dit, à titre personnel, j'ai trouvé qu'Adonis présentait certaines qualités, et du potentiel. C'est un collègue agréable, avec lequel j'ai aimé travaillé. Simplement je pense qu'il n'a pas été placé dans une position facile, et qu'au vu de son tempérament, de son ambition, il avait plus sa place au Ministère qu'au sein d'une école."

Et il n'était peut-être pas le seul, songea-t-elle tandis que l'image de Mildred Magpie s'imposait à son esprit.

"J'aimerais la même chose que toi, que tout cela ne soit qu'un ramassis d'idioties", ajouta-t-elle tristement en observant les parchemins. "Mais il ne faut pas croire quelque chose simplement parce que c'est plus facile ou moins douloureux. C'est notre devoir d'enseignants que de savoir regarder la vérité en face pour protéger et préparer au mieux les jeunes. Nous devons leur apprendre à rester éveillés, à agir avec leurs coeurs et suivant leurs valeurs, pour qu'ils prennent les meilleurs décisions, pour le pays, pour eux-même. En tout cas c'est comme ça que je le vois..."

Elle pensa au jeune Casey, adorable, sensible et doté d'un potentiel qu'il n'imaginait pas. Elle pensa à ses frères, à leur père et pria pour que les démons de la guerre les épargne.


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Comme tous les parents de l'école Jonah avait entendu parler de la nomination d'Adonis Greengrass au poste de directeur de Serpentard. A l'époque il avait plutôt bien accueilli la nouvelle. Il connaissait Greengrass de réputation au Ministère et même s'il ne faisait pas l'unanimité auprès de tous ses collègues- certains le jugeaient trop ambitieux- il remportait son adhésion. L'ambition n'était pas une tare à soigner et c'était bien souvent un excellent moteur pour faire évoluer les choses, estimait Jonah. Adonis était jeune, il avait été un acteur essentiel dans la création de la Salle des Quatre Maisons et il avait mit en place un club pour favoriser l'entraide entre les élèves: Les Jeunesses quelque chose.... Jonah se souvenait que Casey avait songé à y adhérer un moment avant de se raviser.
Voila ce qu'il retenait du passage de Greengrass à Poudlard. Il n'avait pas encore d'enfant scolarisé chez les Serpentard si bien qu'il n'avait jamais vraiment eut à faire à lui durant l'année écoulée et il avait été étonné de constater son départ en juin.

L'éclairage apporté par Thelma révélait une facette nettement plus sombre de cette histoire, songa-t-il en s'appuyant des deux mains sur le dossier d'un fauteuil.

Devait-il pour autant croire chacune des paroles de sa collègue ? Il avait confiance en Thelma mais il se demandait si elle n'essayait pas de noircir un peu le tableau pour agrémenter cette thèse de la dictature. Il l'observa tandis qu'elle se levait à son tour pour jeter un regard par la fenêtre. Etait-elle objective ? De toute évidence elle pensait l'être mais elle était peut-être manipulé par ces groupuscules qui éditaient les journaux clandestins éparpillés sur la table.

Pourtant, Jonah devait se rendre à l'évidence: C'était plus facile pour lui d'imaginer Thelma dans l'erreur, plutôt que d'admettre qu'il puisse l'être. Avait-il été à ce point aveuglé par les mesures phares de Marchebank pour manquer de clairvoyance ? Si  Greengrass avait effectivement été nommé à Poudlard dans l'espoir de rallier les jeunes esprits à la cause du Ministère c'était la pire chose qu'il puisse imaginer. Jonah tressailli à l'idée que Casey avait failli rejoindre les jeunesses ministérielles, lui, son garçon si timide et si hésitant, embrigadé dans ces machinations. Cette thèse lui donnait envie de vomir.

Y avait-t-il d'autres émissaires du Ministère tapis dans l'ombre et attendant de frapper Poudlard ?

Thelma pensait que non, affirmant que Daisy était un solide rempart qui luttait contre cette main mise.
Sa collègue affirmait même qu'ils étaient des constituantes essentielles de ce dernier mur: Elle, lui et peut-être une poignée d'autres enseignants en qui Daisy avait placé sa confiance.
Jonah afficha une moue dubitative. Une heure plus tôt il chantait les louanges du Ministre et voila qu'il était maintenant érigé en fier défenseur de l'oppression ministérielle !

"Bien sûr que j'agirais toujours dans l'intérêt des élèves mais tu sais, si j'estime que c'est justement dans leur intérêt de leur conseiller d'être patients, de savoir louvoyer... C'est ce que je ferais. Je n'ai pas honte de le dire. Si le gouvernement de ce pays est si dangereux que tu le prétends, je veux bien éveiller les consciences, préparer les jeunes au monde extérieur mais certainement pas les encourager à suivre ce genre de pistes rebelles, dit-il en désignant les journaux clandestins, Il secoua la tête, " Suivre son cœur, prendre les meilleurs décisions pour notre pays" poursuivit-il en reprenant les expressions de sa collègue. "On sait comment sont les adolescents, ils sont prêts à tout pour défendre leurs idéaux, ils n'ont pas conscience du danger...Désolé mais je n'enverrai pas une armée de gamins idéalistes à l'abattoir en leur donnant l'impression qu'ils ont mon assentiment. "

Il ne savait pas si Daisy attendait quelque chose de lui en particulier au point d'envoyer Thelma en éclaireur mais il préférait être clair d'entrée de jeu. Si la menace de l'Etat était effective, Jonah restait persuadé que les initiatives du type de Armée de Dumbledore ne devaient absolument pas être encouragée.

Pour lui, la guerre était une affaire d'hommes et de femmes adultes. Bien sûr, l'Histoire n'était pas de son côté . Le courage d'Harry Potter, d'Hermione Granger et des jeunes élèves qui avaient pris les armes lors de la Bataille de Poudlard le prouvait bien mais il lui était pénible d'imaginer tous les gamins qu'il avait en cours engagés dans un conflit d'une telle ampleur et d'une telle dangerosité. Ses élèves, ses fils.
Il en était incapable.

Jonah se frictionna les paupières et soupira conscient d'avoir peut-être jeté un froid sur la soirée mais il ne voulait pas que Thelma se trompe sur son compte. Certes,  il souhaitait comprendre le monde dans lequel il vivait, rester informer et clairvoyant, mais il n'avait pas envisager, une seule seconde, rejoindre un groupuscule résistant ni encourager quiconque à le faire.

Pourtant il regrettait déjà ses propos, non pas sur le fond,  mais sur la forme. Ils laissaient plus ou moins sous entendre que Thelma ne valait guère mieux que Greengrass alors que ce n'était pas le cas.

"Je sais que tu ne veux pas faire  ça toi aussi, j'en suis même intimement persuadé, admis-t-il, mais ...je veux dire..."
Il chercha ses mots un instant et reprit:
"Notre champs d'action est à la fois immense et très mince..." Éveiller les consciences, certes, mais sans les influencer. Informer mais ne pas encourager." Je crains de ne pas réussir à trouver le ton adéquate, le bon dosage. Trop en dire ou au contraire pas assez."


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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"Ce n'est pas du tout ce que je veux faire !"

La protestation de Thelma avait jailli hors de sa bouche avant qu'elle n'ait eu le temps de la retenir. Indignée par les propos de son collègue, et vexée par les intentions qu'il lui prêtait, elle fit quelques pas agacés en sa direction pour venir se planter face à lui. Pour qui la prenait-il, une inconsciente ? Face à Nora, Thelma avait agi exactement comme Jonah le préconisait : en louvoyant, en lui conseillant la prudence et la patience, en faisant tout pour protéger son secret. Toute Poufsouffle soit-elle, Thelma savait mentir lorsqu'il le fallait, aussi bien que n'importe qui, et elle ne comptait certainement pas envoyer quiconque à l'abattoir - c'était bien le contraire de ce qu'elle avait voulu dire. Mais de Nora, elle ne pouvait pas parler, et le temps qu'elle cherche ses mots, Jonah avait repris la parole.

Son ton plus apaisé ne fut d'aucun effet sur l'irritation de l'enseignante. Elle estimait avoir pris un risque en acceptant de se livrer à lui, en lui révélant le fond de sa pensée et en s'ouvrant sur l'état de ses réflexions, et voilà qu'il la jugeait en retour. Alors elle n'écouta que d'une oreille ses dernières paroles, ne voyant pas l'intérêt de le conseiller puisqu'il tenait son avis en si piètre estime.

"Très honnêtement Jonah, je trouve insultant que tu me penses capable d'envoyer une armée de gamins idéalistes à l'abattoir", répliqua-t-elle en le dardant d'un regard vif. "Les premières réelles responsabilités que j'ai eu dans ma vie, c'était dans cette école lorsque je suis devenue préfète. Cette année là, Harry Potter entrait à l'école et Lord Voldemort tentait de s'emparer de la pierre philosophale. Par la suite, j'ai eu à consoler mes camarades plus jeunes terrifiés par le Basilic qui pétrifiait leurs amis. J'ai du faire des rondes alors que l'assassin fou Sirius Black rôdait dans les couloirs. J'ai eu la chance de quitter l'école à ce moment là mais mon ancien camarade Cédric est mort l'année suivante, et certains de ces petits jeunes que j'avais eu sous mon aile ont connu le même sort pendant l'année des Ténèbres. Pendant que moi, je gardais les bras croisés. Alors non, cela ne me viendrait pas à l'idée d'encourager les élèves de Poudlard à partir en guerre ou à entrer en résistance, j'ai parfaitement conscience de ce qu'ils risquent."

*Et visiblement mieux que toi*, songea-t-elle, avant de regretter aussitôt cette pensée peu charitable. Ce n'était pas la faute de Jonah s'il n'était pas aussi bien informée qu'elle au sujet des dérives du régime. Grâce à ses anciens postes, elle avait gardé des relations qui s'avéraient forts utiles aujourd'hui, au laboratoire qui avait donné naissance à Skye, et même avant, au département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Même si elle se serait bien passée de certains échos. L'on ne ressortait pas de Skye indemne, mais il était inutile qu'elle s'en ouvre à Jonah : il ne l'aurait sans doute pas cru de toute façon.

"Tout ce que je voulais dire, c'est qu'il est important à mes yeux que l'école puisse garder son indépendance vis-à-vis du gouvernement, et que nous avons un rôle à jouer là-dedans en tant qu'enseignants. Nous formons les futurs citoyens de demain, et donc les futurs électeurs, et oui, quand je les vois dévorer Multiplettes chaque jour sous le regard de Mildred Magpie, je suis inquiète. Tu peux me traiter de parano si tu le souhaites. Mais il ne s'est pas passé une décennie depuis un siècle sans que les forces du mal n'essaient de se faire une place dans ce château, alors j'estime que c'est mon rôle de rester attentive. Le Mal ne prend pas toujours la forme d'un grand mage noir surpuissant comme Voldemort ou d'une des créatures effrayantes que j'ai dans mes livres."

Comme des loups-garous, à tout hasard, songea-t-elle en sondant le regard de Jonah. Oui, le mal se trouvait en chacun de nous, et pouvait se présenter de la plus subtile des manières ; il faisait tout simplement partie de la nature humaine, côtoyant la bonté, la générosité, la peur et la lâcheté. De cela, elle était intimement convaincue. Marchebank n'était jamais qu'un homme, ce qui pouvait faire de lui la plus grande des menaces.

"Je ne travaille pas ici depuis très longtemps, et pourtant, plusieurs élèves sont morts depuis mon arrivée ! L'école perd ses élèves et ses professeurs comme des mouches, et cela ne fait que refléter ce qui se passe à l'extérieur. Je ne sais pas ce qu'il faut faire, Jonah, je ne sais vraiment pas ! Je ne fais que partager avec toi mes informations et mes doutes, je n'ai pas de réponses, mais la seule chose que je sais avec certitude, c'est qu'il se passe quelque chose, et ce n'est que le début. Les signes sont trop nombreux, et c'est la deuxième fois de ma vie que je les vois arriver. Alors je ne peux pas prétendre que tout va bien, je ne peux pas !"

Sa voix fluette était montée dans les aigus, et elle passa une main fébrile dans sa chevelure rousse jusque-là si bien ordonnée. Cette conversation lui échappait complètement. C'était la première fois qu'elle exposait à ce point ses opinions politiques depuis son désastreux oral d'entrée à la formation d'auror. Voilà qu'elle se mettait à agir comme une adolescente, simplement parce qu'elle n'avait pas su tenir sa langue face à un collègue qu'elle appréciait. Piquée, elle ne put s'empêcher d'ajouter avec un soupir :

"Enfin, c'est ce que je prétends déjà au quotidien, et je vais continuer à le faire, auprès de tous les autres. Je ne suis pas complètement inconscience, contrairement à ce que tu as l'air de penser."


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Si Jonah avait pensé une seule seconde déclencher un tel déluge de reproches, il aurait probablement réfléchi  un peu avant de formuler sa phrase. Il savait bien, pourtant, que les discussions politiques pouvaient être houleuses et il avait prit garde, jusque là,  à bien choisir ses mots . Toutefois, il avait fait l'erreur de réagir avec son cœur, de parler sans y mettre les formes et il n'avait pas tardé à s'attirer les foudres de Thelma. Indignée et vexée Thelma s'était sentie si offensée  par ses propos, qu'elle avait démarré au quart de tour en ne retenant que sa parole maladroite qu'il s'était pourtant empressé de corriger sur le champs mais elle n'avait pas voulu l'entendre.

Pourtant sur le fond, ils étaient plutôt d'accord: Si menace il y avait, il fallait protéger les élèves,  éveiller leur sens critique et faire en sorte d'éviter la main mise du Ministère sur Poudlard. Pour ce qui était de la forme, Jonah ne voyait clairement pas comment s'y prendre. L'idée d' informer les jeunes esprits et de les guider- inconsciemment - vers le chemin d'une rébellion qui pourraient leur être fatale l'anéantissait. C'était une préoccupation essentielle pour lui mais surtout nouvelle. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y avait pas réfléchi. Il n'avait même pas songé une seconde devoir y réfléchir un jour, tant il vivait dans son petit cocon. Il n'avait pas posé de mot dessus, non plus, et la première formulation qui lui était venue à l'esprit avait été plus que malheureuse.

Toutefois pour  Thelma ce dilemme n'était visiblement pas une nouveauté. A en juger par ses paroles, elle avait dû tourner le problème dans sa tête pendant de longues heures. Elle avait convoqué ses souvenirs du passé -de ceux que l'on préfère oublié- pour comparer les situations. Combien de fois ces considérations l'avaient-elle empêché de dormir ? Depuis combien de temps redoutait-elle une nouvelle guerre, car c'était bien de cela qu'il s'agissait dans son esprit, une guerre:  Des signaux trop nombreux, une situation qui s'aggrave inexorablement...
Thelma s'efforçait de ne pas perdre le face, jours après jours mais elle était profondément inquiète pour les jeunes  et pour l'avenir du pays. Voila ce qui transparaissait dans son discours et elle devait réfléchir à la meilleure manière de faire depuis longtemps. Assez longtemps pour que les mots de Jonah sonnent comme une accusation à ses oreilles et la poussent dans ses retranchements.


"Je ne le pense pas et tu le sais." répondit-il en secouant la tête lorsqu'elle affirma qu'il la croyait inconsciente. "Si tu as trouvé mes propos insultants saches que ce n'était pas dans mes intentions." poursuivit-il incapable de savoir si sa collègue accorderait du crédit à ses excuses. Elle semblait tellement à cran, si fébrile.

Il doutait toujours de la véracité  des faits inscrits dans les journaux clandestins - et il en douterait tant qu'il n'aurait pas épluché les sources et mené sa petite enquête parallèle- mais si la lecture de ces brochures mettait Thelma dans un tel état d'alerte c'est qu'elle estimait qu'ils étaient davantage dans le vrai que n'importe quel journal institutionnel. Ce qui était particulièrement inquiétant.

" Je connais la valeur tes engagements, Thelma , souffla-t-il alors, tu n'as pas à te justifier auprès de moi, ajouta-t-il en faisant référence aux épreuves qu'elle avait traversées par le passé et qu'elle venait de lui relater, je sais que tu cherches à faire au mieux et c'est aussi ce que je souhaite mais laisse moi un peu de temps pour appréhender cette situation complexe."

Du temps pour se documenter, construire sa pensée et chercher des solutions aux problèmes qu'ils allaient forcément rencontrer si l'intuition de sa collègue se révélait vraie.

Il contourna le fauteuil sur lequel il était appuyé pour venir se poster non loin d'elle, de l'autre côté de la baie vitrée à une distance respectable pour ne pas l'oppresser davantage.


"Je ne suis pas ton ennemi."


Il n'ajouta rien tant il ne savait pas si sa collègue était prompte à reprendre le débat ou si elle préférait clore la soirée sur cet échange.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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A l'entente des excuses de Jonah, Thelma baissa légèrement sa garde, avant de pousser un soupir quand il lui demanda de lui laisser le temps d'assimiler leur conversation. Elle voulait bien admettre qu'il ait eu des mots maladroits, qui ne reflétaient pas sa pensée. Le problème, c'était qu'elle n'en était pas tout-à-fait convaincue, malgré le démenti de Jonah. Mais elle concevait qu'il ait besoin de temps pour s'informer et voir sa position évoluer, dans un sens ou dans l'autre. Après tout, elle ne cherchait même pas à le convaincre, au départ de cette conversation, c'était lui qui avait creusé - mais maintenant qu'elle lui avait exposé une partie de ses connaissances, Thelma se prenait à espérer qu'il ne remise pas cette discussion dans un coin de sa tête et l'oublie.

Elle l'observa qui se rapprochait d'elle, déclenchant en elle des émotions conflictuelles. Allié sur lequel s'appuyer, ou collègue dont elle devait se méfier, en gardant une certaine réserve ? Thelma ne savait plus exactement où se situer. Son instinct lui soufflait de faire confiance à Jonah, mais elle savait aussi que cette intuition était biaisée, guidée par la forte impression de solitude qu'elle ressentait au château depuis quelques temps. Liée tant à sa situation personnelle qu'aux secrets qu'elle conservait, et au contexte politique qui l'oppressait, la solitude était une compagne implacable, qui venait souvent la trouver au coeur de la nuit. Elle lui susurrait des rêves sombres d'hommes à la cage thoracique défoncée par un pieu, d'adolescents condamnés à mort ou torturés par une milice sans visage. Et elle, au milieu, restait impuissante.

Pourtant, quand elle regardait Jonah, dont le profil était éclairé par la demi-lune, elle lisait de la sincérité dans ses yeux. Et il était beaucoup trop épuisant de se méfier de tout le monde, tout le temps.

"Je sais", lâcha-t-elle finalement avec l'ombre d'un sourire. Une certaine lassitude transparaissait dans son ton. "Tant mieux. Il y a des choses qu'il est parfois difficile de porter seule."

Des choses dont elle ne pouvait pas parler, mais ce n'était sans doute pas un mal : Jonah avait besoin de temps. C'était bien compréhensible après la vision qu'elle venait de lui livrer, et qui devait remettre sa propre analyse en perspective. Alors elle se garda de relancer la conversation sur ce terrain là, préférant chercher un moyen de détendre l'atmosphère, qui s'était considérablement tendue par sa faute. Il était rare que Thelma prenne la mouche, mais il fallait croire que c'était un sujet qui la poussait dans ses retranchements. Sa réaction avait jeté un froid sur leur soirée, et elle tenait à dissiper le malaise maintenant qu'ils avaient chacun dit ce qu'ils avaient à dire.

"Eh bien, voilà ce qui se passe quand Rachelle et William nous abandonnent", plaisanta-t-elle en faisant référence aux deux convives qui n'avaient pas pointé le bout de leur nez - et ce n'était pas un mal. Il aurait été étrange de les voir arriver, en pleine conversation sur la propagande, le terrorisme et la guerre civile... Légèrement mal à l'aise après leur échange, elle laissa le silence s'installer, tout en observant son hôte du coin de l'oeil.



Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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L'ombre d'un sourire, enfin, un sourire sans joie, certes, mais un sourire tout de  même auquel Jonah répondit faiblement. Il n'avais jamais voulu mettre Thelma dans un état pareil et encore moins un soir de fêtes aussi fut-il soulagé de voir la tension baisser d'un cran. Sa collègue paraissait accablée par cette histoire et la lassitude transparaissait sur son visage. Il ne savait pas depuis combien de temps elle portait un tel fardeau mais ses sinistres déductions ne dataient visiblement pas d'hier...
La plaisanterie qu'elle ajouta sonna comme une volonté de clore définitivement ce débat houleux, du moins pour aujourd'hui. Jonah laissa échapper un léger rire à la mention de Rachelle et William et rejoignit la table basse où étaient toujours éparpillés les prospectus propagandistes en se demandant, justement, quelle était la position du couple face au régime en place. Partageaient-il les conviction de Thelma ?

Un coup de baguette et les journaux s'empilèrent dans le coffre à l'exception de ceux que Jonah avait remisé de côté pour les éplucher plus en détail. Il fit disparaitre ces derniers d'un sortilèges et les rangea dans le coffre de sa chambre à coucher. Il ne voulait pas prendre le risque que les enfants tombent sur ces documents lors de leur prochaine visite dans son appartement de fonction. Déjà que Dean n'avait pas besoin de lui pour se procurer des journaux interdits  !

"Je vais passer chez Gloria durant ma semaine de congé voir si ma théorie se vérifie, je te dirais ce qu'il en est à la rentrée."

Il comptait aussi actionner d'autres leviers: Quelques amis lycanthropes, en qui il avait une entière confiance, ne portaient guerre Marchebank dans leurs cœurs. Si Jonah n'avait jamais cherché à creuser ce terrain là jusqu'à aujourd'hui auprès d'eux, il se sentait dorénavant prêt à écouter ce qu'ils avaient à dire. Et il espérait bien aussi pouvoir parler un peu à Meredith. Il était justement invité chez les Kane la semaine prochaine pour le traditionnel repas de Noël qu'ils organisaient tous les ans entre leurs deux familles - Agathe avait accepté de lui laisser les garçons pour la journée à condition qu'ils soient rentrés chez elle pour 18h30.

Jonah trouverait surement un moment entre la buche et les mignardises pour s'entretenir avec la femme de son ami. Bien sûr, il ne révélerait rien de sa conversation avec Thelma. Il essaierait simplement de croiser les informations, d'en savoir plus sur le régime, sur son organisation interne...

Si les inquiétudes de Thelma s'avéraient justifiées, plus ils disposeraient d'informations sur les projets de Marchebank et du gouvernement, plus ils pourraient agir en conséquence... mais pas ce soir. Il s'agissait maintenant de faire retomber un peu la tension qui s'était installée un peu plus tôt.
Jonah versa donc un peu de champagne dans leurs deux coupes et apporta son verre à Thelma avec un sourire.

"Nous avons assez parlé politique pour ce soir, dit-il en lui tendant son verre, Parles moi donc de Dublin, poursuivit-il avec un intérêt non feint,  J'y suis allé quelques rares fois pour des dédicaces mais je n'ai pas vraiment eu l'occasion de visiter la ville. "
Hormis la librairie "Feuille de choux" de la Place des Veaudelunes, il ne connaissait pas grand chose de la capitale irlandaise.

L'architecture et les spécialités dublinoises furent évoquées durant la soirée tout comme les douceurs d'Appelby. Jonah et Thelma parlèrent de Nargoles, de cuisine, de littérature et de décoration. Du salaire des joueurs de quidditch qui n'en finissaient pas de monter et du match Irlande/Angleterre qui se profilaient dans quelques mois. Ils parlèrent de tout un tas de sujets différents, jusque tard dans la nuit,  de tout, sauf de ce qui les tracassaient réellement, tous les deux,  au plus profond d'eux-mêmes...

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Shape of you [Jonah]

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