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 Résolution [Jonah]

Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Dernière édition par Isobel Lavespère le Dim 24 Sep 2017 - 19:48, édité 1 fois
8 Janvier 2010

Le Chemin de Traverse était étonnamment vide en ce samedi du début du mois de Janvier alors que Isobel le remontait, ses mains gantées dans les grandes poches de son manteau. La nouvelle année était arrivée tellement vite, songeait-elle en regardant précautionneusement où elle marchait. Les pavés glissaient. Pourtant elle avait eu souvent l'impression que le temps s'étirait en longueur, dans les moments difficiles. Elle avait songé plusieurs fois qu'elle ne passerait pas l'année, justement. Mais elle était là, Janvier s'ouvrait devant elle et au final, elle réalisait que tout s'était déroulé rapidement tant elle avait vécu de choses. Les vacances de Noël à La Nouvelle-Orléans n'avaient pas été de tout repos non plus, même si elle avait passé de bons moments avec son grand-père et, elle ne s'y attendait pas, avec certains membres de sa famille. Beaucoup de choses de l'année dernière restaient en suspens mais, pour la première fois depuis très longtemps, Isobel avait l'impression de se diriger vers une résolution.

C'est même aussi un peu pour cela qu'elle avait pris le temps de venir sur le Chemin ce début d’après-midi, pour terminer quelque chose. Début décembre, elle avait croisé dans la Gazette du Sorcier un article sur les actions de Werewolfs Rights et, à côté, une photographie du président. Jonah Forbes, Professeur d'Étude des Moldus et de Vol à Poudlard, militant engagé contre les discriminations. Son visage lui avait semblé familier. Elle avait cherché dans sa mémoire mais elle n'avait pas trouvé, sans pour autant arriver à se débarrasser de cette tenace impression de déjà-vu. En temps normal, elle serait passée à autre chose mais cela lui avait collé à la peau, comme si c'était important. C'était sûrement quelqu'un qu'elle avait croisé en soirée mondaine, dans le cadre du travail, songeait-elle. Elle rencontrait beaucoup de monde dans ce contexte. Elle avait essayé de se sortir cette histoire de la tête, elle avait déjà beaucoup à penser.  

Elle y était parvenue jusqu'aux vacances de Noël. À cette occasion, elle était revenue en Louisiane et avait recommencé à fréquenter le temple, pour suivre les consignes des prêtresses et recommencer le culte auprès de son coven. Lors des pratiques, des rituels, il fallait absolument se vider la tête pour ne pas communiquer de mauvaises ondes au reste du coven lorsqu’elles se liaient pour jeter un sort. Elle y parvenait plus ou moins bien, trop préoccupée. Sa grande-tante Agnès, qui n’avait pas pu passer à côté de cet état de fait en raison de son don pour lire les auras, lui avait conseillé de faire le tri dans son esprit à l’aide du sonjé qu’ils avaient au temple. C’était, en créole, plus ou moins un équivalent de la Pensine occidentale. Isobel avait déversé beaucoup de choses dans cette dernière, pour prendre du recul, pour faire le tri. Et après l’année qu’elle venait de passer, elle avait effectivement beaucoup à trier. Les souvenirs de l’attentat avaient été particulièrement douloureux à revivre. Mais soudain, au détour d’une image, elle avait compris pourquoi le visage de Jonah Forbes lui avait semblé si familier.

C’était un souvenir auquel elle n’aurait pas eu accès sans le sonjé, parce qu’elle ne se rappelait plus de ce qui s’était passé à Leopoldgrad. Elle se rappelait d’elle sortant du centre commercial puis de son réveil à l’hôpital. Tout le reste était confus. Même ce qu’elle avait mis dans le sonjé était trouble et entrecoupé. Mais Jonah Forbes était apparu nettement, il lui avait porté secours. Elle avait été sauvée grâce à lui, parce qu’il avait pris le temps de s’occuper d’elle. Les premiers temps, elle n’avait pas su quoi faire de cette information, elle n’en n’avait parlé à personne. Qu’était-elle censée faire ? Lui envoyer un bouquet de fleurs et une boîte de chocolats ? Avec une petite carte, « merci de m’avoir sauvé la vie, à charge de revanche » ? Il n’y avait pas de manuel de savoir-vivre qui vous expliquait comment remercier quelqu’un qui vous avez empêché de mourir lors d’un attentat. Elle avait essayé d’oublier cette histoire, comme tout ce qui pouvait la déranger mais elle n’avait pas réussi. Et puis, elle avait pris de bonnes résolutions cette année et « régler ses problèmes proprement » était dedans. C’est donc pour cela qu’elle était venue sur le Chemin ce matin : rencontrer Jonah Forbes.

Elle n’avait ni bouquet de fleurs ni chocolats, elle ne savait même pas ce qu’elle allait dire alors qu’elle était arrivée devant la porte du local de l’association. Elle hésita quelques secondes, faisant mine de lire les écriteaux sur la porte, sans sortir les mains de ses poches. Elle songea trois fois à faire demi-tour mais se fit violence et poussa soudain le battant. D’un pas presque timide, elle pénétra dans la pièce chauffée, longue comme un couloir, qui n’était pas vide. Jonah Forbes était là et elle ne savait pas si elle devait être contente de pouvoir faire ça au plus vite ou agacée de ne pas avoir de raison de repartir sans dire un mot. Finalement, elle se racla légèrement la gorge, prenant la parole.

- Bonjour.

Et, comme pour se donner une contenance, elle posa une question stupide.

- Vous êtes bien Jonah Forbes ?


Isobel Lavespère
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"Tu penses que c'était judicieux d'attendre le dernier jour des vacances pour faire tes devoirs ?" s'enquit Jonah en se tournant vers Gabriel.

Le benjamin des Forbes était installé au comptoir de Werewolfs Rights, son énorme livre d'histoire de la Magie ouvert devant lui. Assis sur un tabouret haut, ses jambes dansaient dans le vide depuis une bonne heure, il semblait "au bout de sa vie" (comme disaient ses camarades de chambrée).Si ses frères avaient eu l'autorisation de faire un petit tour en ville ce matin, ce n'était pas son cas. Il était bloqué dans les locaux de l'Association par son paternel qui prenait un malin plaisir à le torturer en lui faisant réviser ses leçons.

"Techniquement c'est demain le dernier jour des vacances..." tenta le gamin en s'avachissant sur le comptoir, visiblement nostalgique de ses dernières semaines de relâche.
"Non, techniquement c'était hier. Là tu es en week-end." répondit Jonah en décrochant d'un coup de baguette les affiches aux murs.

Les nouveaux visuels pour la campagne d'informations sur les droits des lycantropes étaient arrivés si bien qu'il fallait revoir toute la décoration intérieure du local. Pour l'occasion plusieurs membres avaient fait le déplacement et chacun s'afférait dans son coin pour mettre en place les nouvelles P.L.V animées.

"Alors tu as fini d'apprendre ton chapitre ? Je peux t'interroger?"
s'enquit Jonah en pliant soigneusement son affiche.
"Oui. Vas-y." répondit Gaby en se redressant subitement. Plus tôt il répondrait aux questions de son père, plus vite il pourrait récupérer son Pear One qu'il n'avait pas le droit d'utiliser pendant ses devoirs. "Les Communautés magiques internationales n'ont plus de secret pour moi !" lâcha-t-il théâtralement.
"Vraiment ?" s'enquit Jonah en croisant les bras d'un air sceptique.

Il ne doutait pas des capacités de Gabriel mais il ne l'avait pas senti très concentré sur son apprentissage ses dernières heures. Jonah l'avait surpris plusieurs fois la tête dans les nuages à gratter une tache de café sur la table avec l'extrémité de sa baguette ou à faire un petit balai en papier avec les flyers disposés sur le comptoir. Pour que Gabriel travaille efficacement, il ne devait avoir aucune distraction autour de lui ce qui n'était vraiment pas le cas ici.

Le père de famille s'approcha toutefois de son fils, tira le livre vers lui et demanda:
"Quelle communauté matriarcale s'organise en covens ?"
"Bonne question..Très bonne question même, j'ai envie de dire, répondit Gaby en levant son index.
Il n'avait pas la réponse, Jonah le savait déjà tant Gabriel n'était pas du genre à faire durer le suspense lorsqu'il savait quelque chose. Au contraire. En classe, il n'était pas rare qu'il réponde vite sans lever la main pour être sûr d'être le premier à apporter la solution, comportement qui lui valait fréquemment les remontrances de ses professeurs.

"Je vois plutôt une peuplade de l'hémisphère...euh...suuuu..." hasarda-t-il en coulant un regard en direction de Megan, la psychomage de l'Association, qui secoua la tête presque imperceptiblement de gauche à droite, ...Nord ! De l'hémisphère Nord." rectifia-t-il in extremis.
"Megan ! Tu ne l'aides pas en faisant ça !" s'offusqua Jonah sur un ton désapprobateur.
"Attends papa ! J'y suis presque ! intervint Gaby afin d'attirer l'attention de son père sur lui. Je me souviens c'est des américains, poursuivit-il en posant l'extrémité de ses doigts sur ses tempes comme pour se concentrer d'avantage, ...les Nords-américains... reprit-il en fermant les yeux, JE SAIS ! C'est la tribu Aléoutes d'Alaska !" s'exclama-t-il alors en tapant du poing sur la table, visiblement assez fier de lui.
"Non. Les Aléoutes ont bien un régime matrilinéaire mais pas de covens."
"T'es sûr ?" s'enquit Gaby qui avait toujours un certain mal à admettre ses erreurs.
La clochette signalant l'entrée d'un visiteur retentit à cet instant et tous les visages se tournèrent vers la porte pour saluer la femme élégante qui venait de pénétrer dans les locaux.

"Sûr. chuchota  Jonah en faisant glisser l'épais manuel sous le nez de son fils, Relis-moi cette leçon, ajouta-t-il en tapotant la page de son index avant de reprendre un ton plus haut. "Bonjour Madame. Bienvenue."

Il fit quelques pas vers elle en s'aidant de sa canne et ce fut seulement au moment où elle prononça son nom qu'il la reconnut: Isobel Louise Anne Lavespère. La chargée de communication du gouvernement qu'il avait aidé lors de l'attentat de Leopoldgrad. Elle ne ressemblait plus à cette fille ensanglantée coincée sous les décombres mais belle et bien à la working-girl qu'il avait découvert en photographie sur son badge du Ministère en cherchant à l'identifier ce jour là.  Il savait qu'elle avait survécue puisqu'il s'était renseigné sur elle après l'Attentat. Elle avait été hospitalisée plusieurs semaines suite à ses blessures et il avait presque été tenté de lui rendre visite mais il s'était ravisé, ne souhaitant pas passer pour un opportuniste en mal de reconnaissance. Et puis il avait déjà fort à faire avec Dean, Emma Blackbonnes et les deux élèves décédés si bien que le temps était passé sans qu'il n'entre en contact avec elle. Fin décembre, il avait appris par hasard qu'elle avait repris le travail en lisant un article de la gazette sur la réaménagement de la Place Merlin. Les urbanistes-architectes et le gouvernement travaillaient conjointement sur un projet de  reconstruction du quartier de Leopoldgrad et elle était citée dans les personnes présentes aux réunions de préparation.

Honnêtement, malgré son air un peu rigide, elle semblait en pleine forme !  Du moins, en bien meilleure forme que la dernière fois qu'il l'avait vue.

"C'est bien moi, répondit-il, souriant, Et vous êtes Mme Lavespère n'est-ce pas ? s'enquit-il à son tour en lui tendant la main, Qu'est-ce qui vous amène ici ? demanda-t-il alors afin de savoir si elle venait à sa rencontre pour des affaires professionnelles ou personnelles.

"Les sorcières vaudous de Louisiane ! Je suis trop bête !" s'exclama soudainement Gabriel en tapant sa paume contre son front. Il avait visiblement passé tout ce temps à chercher la réponse à la question de son père dans le manuel mais il s'aperçut un peu tard que tout le monde s'était tourné vers lui avec un regard interrogateur. Oups, désolé." lâcha-t-il en essayant de se faire oublier derrière son comptoir.
Jonah poussa un bref soupir "Sois gentil Gaby, vas finir tes devoirs dans un box." puis il reporta son attention sur Isobel et demanda à nouveau:
"En quoi puis-je vous aider ?"


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Isobel eut presque un temps d'arrêt lorsque son interlocuteur prononça son nom, sans même hésiter. Elle était surprise qu'il l'ait reconnue mais s'efforça de ne pas trop le montrer et hocha la tête, tendant la main pour serrer celle de Jonah.

- C'est bien ça.

Peut-être lui avait-elle donné son nom sur le coup, elle ne se souvenait plus du tout. De toute manière, sa seule présence ici arrivait à la perturber, elle était partagée entre l'envie de partir à toute vitesse et celle de rester pour faire ce qu'elle était venue faire, bien qu'elle n'ait aucune idée sur la manière de s'y prendre. Elle observa Jonah comme pour mieux le confronter au souvenir qu'elle avait de lui, qui se résumait à son visage en somme. Elle avisa la canne, se demanda brièvement s'il avait été blessé lui aussi à Leopoldgrad mais songea que sa curiosité serait bien malvenue - elle-même était agacée quand on lui demandait des nouvelles de sa santé - et les vêtements moldus, ce qui, étrangement, la rassura. Il lui souriait également, semblait sympathique - ou c'est du moins ce qui était dégagé par son aura - ce qui la conforta un tout petit peu dans l'idée qu'être ici n'était pas une erreur. Ou du moins, si elle trouvait comment le formuler... Le fait que Jonah ne soit pas seul dans la pièce la tendait un peu et pourtant, elle avait l'habitude de parler devant des foules. Mais cette fois-ci, c'était beaucoup plus personnel, intime même et elle n'avait pas vraiment envie que tout le monde entende et écoute.

- Et bien, je... commença-t-elle avant d'être coupée parce une exclamation.

Interloquée, elle posa ses yeux noirs sur le jeune homme qui venait de mentionner ses origines, penché au dessus d'un épais ouvrage. Soit il avait un excellent don pour lire les auras et dans ce cas, il avait tout intérêt à déménager de ce pas en Louisiane soit les ancêtres tentaient de lui envoyer un message qu'elle ne comprenait pas. Un peu tendue par cette brusque mention de son secret - sûrement une coïncidence mais elle était un peu parano ces derniers temps - elle fut confortée dans son envie de parler seul à seul avec Jonah. Il ne manquerait plus que le jeune garçon se mette à citer des noms de familles vaudou, elle aurait l'air fine. Elle n'était pas ravie qu'ils apprennent ça à Poudlard, les gamins anglais, songea-t-elle alors que le dénommé Gaby descendait de son perchoir pour aller travailler ailleurs.

- Serait-ce possible d'échanger quelques mots avec vous ? répondit-elle à Jonah. En privé, de préférence, si c'est possible. C'est... Un sujet un peu délicat.

Elle ne devait pas être la première à demander cela, dans une association qui s'adressait aux loups-garous, très stigmatisés dans la société anglaise, et on aurait presque pu croire qu'elle venait pour cette raison. Mais elle espérait que Jonah comprenait le message dans le regard qu'elle posait sur lui et lui éviterait d'avoir à discuter de la manière dont elle avait failli mourir devant des gens qu'elle ne connaissait pas. Devant ses amis, c'était déjà un problème mais là... Elle préférait faire demi-tour immédiatement.


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Gabriel posa sa baguette en guise de marque page au milieu de son livre, referma son manuel dans un clap sonore et rejoignit un box situé à l'arrière du local sans demander son reste, visiblement ravi de pouvoir se soustraire quelques instants à l'autorité paternelle. Dès que Gaby disparut derrière un claustra, Jonah reporta de nouveau son attention sur la chargée de communication du gouvernement qui souhaitait échanger quelques mots avec lui, en privé.

Elle n'avait pas besoin d'en dire davantage pour que l'enseignant devine l'objet de sa visite. Tout le monde venait parler de sujet "délicat" ici mais quelque chose dans le regard d'Isobel laissait entendre qu'il n'était pas question de lycanthropie. Ce détail échappa toutefois à la psychomage de l'association, Megan:

"J'ai fini d'installer les affiches de la dernière campagne dans le box 2, intervint-t-elle en coulant un regard vers Jonah, tu peux t'y installer avec madame." ajouta-t-elle en accordant un léger sourire à Isobel.

Le local était divisé par des cloisons amovibles formant des espaces réduits qui permettaient une certaine proximité entre deux interlocuteurs sans garantir une intimité totale. Les membres de l'association avaient choisi cet agencement car il leur était arrivé, plusieurs fois par le passé, de subir des agressions d'anti-loups-garous jusque dans leurs locaux. En effet, certains détracteurs n'hésitaient pas à se faire passer pour de véritables lycanthropes afin d'approcher-et de lyncher- des sympathisants ou des membres de Werewolfs Rights. Chaque personnel de l'association devait pouvoir garder une oreille attentive sur ce qui se passait dans le local, au cas où et seul le bureau donnant sur l'arrière-cours était entièrement coupé du reste de la boutique.

"On va plutôt aller s'installer au fond." répondit Jonah "Venez suivez moi." dit-il à Isobel en désignant l'étroit couloir que Gabriel venait d'emprunter.

Jonah passa devant les box vides et s'arrêta à côté de celui occupé par son fils qui jouxtait l'entrée du bureau. Le gamin s'empressa d'ouvrir son manuel à la vision de son père, faisant mine de relire son cours, puis il profita des quelques secondes où Jonah cherchait sa baguette afin de déverrouiller la porte pour risquer un regard curieux en direction d'Isobel -enfin surtout en direction de ses vertigineux talons qui résonnaient sur le sol.

"Whaou ! lâcha-t-il, visiblement impressionné par la hauteur des talons, je suis sûr que c'est plus difficile de marcher avec ça que de voler sur un balai magique."
"Gabriel." gronda Jonah.
Merlin, ce gamin ne savait pas se taire ! Il fallait toujours qu'il donne son avis sur tout, tout le temps.
"J'apprécierais que tu ne fasses pas de commentaires sur les chaussures, les vêtements ou les coiffures des personnes que tu croises."

Ce n'était pas comme s'il ne lui avait pas déjà dit ! Cent fois au moins ! Bien qu'il ait onze ans il se conduisait parfois comme un enfant de six ans. C'était désolant à force. Jonah avait pensé qu'en entrant à Poudlard Gabriel gagnerait rapidement en maturité mais il était forcé de constater que ce n'était pas encore le cas.

"C'était pas une critique...plutôt... de l'admiration. Vraiment, répondit Gaby en levant les yeux vers Isobel, vous avez tout mon respect madame."

Voila. Ça y est. Jonah avait honte. Agathe aurait surement trouvé le comportement de leur fils attendrissant ou mignon mais l'enseignant estimait que les enfants devaient savoir rester à leur place. D'ailleurs, il comptait bien avoir une sérieuse discussion avec son fiston après cet entretien.

L'enseignant ouvrit la porte du bureau et s'effaça pour laisser entrer Isobel. Il profita qu'elle lui tournait le dos pour lancer un regard sans équivoque à Gaby: Il avait intérêt à être incollable sur les sorcières vaudous de Louisiane, les aléoutes d'Alaska et autres tribus Aborigènes d'Australie, sinon il pouvait dire adieu à son dimanche entre copains !

"Excusez-le, il n'a pas encore compris qu'il ne doit pas dire tout ce qui lui passe par la tête." souffla Jonah après avoir fermé la porte du bureau derrière lui, Je vous en prie, asseyez-vous."

D'un coup de baguette, il libéra une chaise couverte de dossier.
Il faut dire que les termes placard, fourre-tout ou débarras auraient été plus appropriés pour qualifier le bureau de l'Association. Des piles de parchemins étaient posées sur des armoires de rangements déjà bien remplies. Des visuels des anciennes campagnes de prévention occupaient  un coin de la pièce et un plateau posé sur des tréteaux faisaient office de bureau. L'espace aurait vraiment semblé très exigüe s'il n'y avait pas eut une longue verrière ouvrant sur l'arrière cours étroite mais paisible.

L'endroit était un peu poussiéreux car Jonah passaient peu de temps ici. Il préférait nettement être au cœur même du local lorsqu'il était présent sur le site et il gérait l'aspect administratif de l'association depuis son bureau à Poudlard.

"Nous n'avons pas pour habitude de recevoir nos visiteurs ici, dit-il à Isobel, mais c'est le seul espace soumis à un sortilège d'insonorisation, expliqua-t-il en s'installant derrière son bureau face à Isobel. Il poussa de la main son Pear One et celui de Gaby qui trainaient sur le plateau et releva les yeux vers son interlocutrice:
"Très bien, je vous écoute."


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Isobel posa un regard méfiant sur le petit box désigné par une des intervenantes de l'association. Ce dernier garantissait une certaine intimité visuelle certes mais sonore, elle n'en n'était pas certaine... Elle n'était déjà pas très à l'aise de venir ici et de faire face à Jonah Forbes. Si quelqu'un d'autre devait l'entendre, que ce soit des membres de l'association ou le petit garçon qui révisait sa leçon, alors autant partir. Elle n'aimait pas révéler ses faiblesses à ses amis alors à des inconnus... Elle n'était pas le genre de personnes qui allaient pleurnicher en public. Elle avait déjà du mal à établir clairement les raisons de sa présence ici : elle n'avait pas envie qu'on l'écoute. Elle avait déjà reculé lorsque Jonah reprit la parole, prête à dire qu'elle repasserait plus tard, sans avoir l'intention de le faire, évidemment. Heureusement ou malheureusement, elle ne savait pas trop, il lança qu'ils allaient s'installer "au fond". Isy espérait que "le fond" signifiait "en privé", c'est ce qui la poussa à suivre son interlocuteur plutôt que de fuir très loin en courant. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle se lançait dans cette entreprise, est-ce qu'on devait vraiment remercier quelqu'un qui vous sauvait la vie dans un attentat à la bombe ? Certes, posé comme cela, la réponse semblait évidente. Mais elle aurait très bien pu ne jamais connaître son visage, sans le sonjé et s'arrêter à cette impression de déjà vu. Est-ce qu'elle aurait dû amener quelque chose ? Des fleurs ? Des chocolats ? Est-ce qu'on devait offrir des chocolats à quelqu'un qui vous sauvait la vie ?

Une exclamation d'admiration la sortit de ses considérations sur les bonnes manières et elle rencontra le regard étonné du jeune Gaby, visiblement soufflé par la hauteur de ses talons. Elle baissa machinalement les yeux comme pour en vérifier la hauteur. Elle y vit le genre d'escarpins qu'elle portait souvent, rien de bien impressionnant selon elle qui en avait pris l'habitude... Certes, cela lui donnait pas mal de hauteur mais elle n'était pas forcément très grande de base aussi, elle s'y retrouvait. Et surtout, personne n'avait jamais eu l'air choqué par ses chaussures. Ils étaient très bien, ces escarpins. Elle était persuadée qu'elle pouvait courir avec. Quelques mètres. Avec une entorse à la cheville. Jonah reprit son fils en main, ce qui lui évita d'avoir à répondre. Elle se contenta d'un vague sourire à Gaby, incertaine. Mais la réprimande ne fit pas effet et le jeune garçon en remit une couche, sous le regard visiblement atterré de son père.  Alors qu'il lui assurait tout son respect, Isobel se risqua à glisser un regard du côté de Jonah Forbes, qui n'appréciait visiblement pas l'attitude de son fils. Décidément, plus elle en voyait, plus elle était contente de ne pas avoir d'enfants.

- Hum... merci ?

Elle ne voyait pas vraiment quoi répondre d'autre à un jeune garçon qui lui assurait tout son respect en raison de ses talons de dix. Et pourtant, des remarques compliquées, elle en avait tous les jours en conférence de presse, mais là... La porte du bureau devant eux fut déverrouillée par Jonah, permettant à Isobel de ne pas s'attarder plus longtemps sur les considérations vestimentaires de Gaby Forbes. Ravie de constater que la pièce était entièrement privée, elle se détendit un peu et promena son regard sur le lieu. Il était encombré, avec des parchemins un peu partout, un peu de poussière dans les coins et un bureau qui semblait un peu précaire au milieu. Néanmoins, il était isolé et c'était tout ce dont Isy avait besoin pour se sentir un peu plus à l'aise.

- Ce n'est rien, répondit-elle sincèrement aux excuses de Jonah concernant son fils. Il n'avait pas vraiment été désagréable juste... un enfant ? Elle supposait, du moins.

Elle s'installa face à son interlocuteur, retirant son écharpe de cachemire qui glissa sur ses genoux alors qu'elle posait son sac par terre. La grande verrière laissait passer un peu de lumière grise de cette journée d'hiver et elle se sentit un peu moins oppressée, même si elle continuait de sentir les pulsations du sang à son poignet. Elle était nerveuse. Pourtant, personne ne pourrait les entendre ici, grâce au sortilège d'insonorisation mais la seule présence de Jonah la rendait nerveuse. C'était peut-être parce qu'il réveillait de mauvais souvenirs dans son inconscient ou parce qu'elle n'avait aucune d'idée de ce qu'elle allait dire. Elle n'aimait pas ne pas être préparée. Elle aimait contrôler les choses, surtout ce qui la concernait. Elle aurait préféré être ailleurs. Et pourtant, quelque part au fond d'elle, elle avait la sensation que ce pénible entretien était nécessaire. C'était comme le fait de se forcer à fréquenter Leopoldgrad pour ne plus en avoir peur : elle avait besoin de se vacciner de cet attentat. Elle inspira un bref coup et planta ses yeux noirs dans ceux de Jonah, tandis que ses doigts nerveux se refermaient sur son écharpe verte.

- Je suis venue vous parler de Leopoldgrad.

Il devait s'en douter, il l'avait reconnue, il connaissait son nom. Mais elle avait besoin de gagner du temps, pour avoir l'air de savoir ce qu'elle voulait dire. Pour avoir l'air confiante. Mais si elle avait pu prononcer cette phrase d'une voix ferme, au fur et à mesure qu'elle reprenait la parole, elle commençait à buter sur les mots, à avoir une tonalité plus hésitante.

- J'ai croisé votre visage dans le journal il y a quelque semaine et il me semblait familier, ce n'est que... Qu'à Noël, que ça m'est revenu. Vous m'avez aidée, lors de l'attentat. Je... je ne sais plus comment, honnêtement, mais j'ai ce souvenir très net de vous au dessus de moi. Et je...

Elle détourna le regard, regarda au plafond, puis vers l'arrière-cour, comme pour y retrouver un peu de courage. Elle finit par reporter son attention entière sur Jonah, elle s'y força.

- Je voulais vous remercier.

Elle saisit son écharpe avec une seconde main, pour mieux tripoter le dessus.

- Je ne sais pas trop comment on remercie quelqu'un qui vous sauve la vie, j'ai pas amené de fleurs mais... Voilà. Merci ? Je ne sais pas si j'aurai survécu sans vous et, bon, ça m'arrange bien de vivre.

Elle s'était rattrapée à un peu de cynisme pour garder la face et pour cacher son malaise.



Isobel Lavespère
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Elle venait pour Leopoldgrad.  Bien sûr, Jonah l'avait deviné. Très honnêtement, il doutait du fait qu'elle se souvienne de lui. Lorsqu'il l'avait aidé, elle était presqu'inconsciente et assez durement touchée. Du moins, sa blessure au ventre requérait l'intervention d' un véritable médicomage et non pas celle d' un simple citoyen titulaire d'un brevet de secourisme périmé. Pourtant, elle affirmait, d'une voix un peu hésitante, qu'elle s'était rappelée de lui après l'avoir vu dans le journal. Elle faisait surement référence à l'article sur Werewolf Rights qui était paru dans la Gazette du Sorcier un mois plus tôt. Jonah avait pris la pause, tout sourire, devant l'objectif du reporter avec Megan et quelques autres membres. Pour lui, c'était important de médiatiser les actions de l'association et c'était justement ce qu'il avait fait à longueur d'interview ce jour là: Les campagnes de sensibilisation, d'information, les aides apportées aux lycanthropes d'ordre juridique ou administrative, les conseils pour bien vivre les pleines-lunes...Tout y était passé !
L'article paru demeurait lacunaire - le journaliste n'avait même pas évoqué la nouvelle campagne de prévention contre la lycantrophobie  - mais il avait égrainé bon nombre de statistiques et de chiffres que Jonah lui-même avait noté sur un parchemin à son intention. Le papier, au final, n'était pas si mal.

Enfin pour l'heure, Isobel Lavespère se tenait devant lui et elle semblait avoir bien du mal à formuler des remerciements. Sous certains aspects, elle lui rappelait Emma Blackbonnes qui avait fait la même démarche pour venir le trouver et lui dire "Merci" de vive voix. La conseillère en communication paraissait nettement moins vulnérable et à fleur de peau qu'Emma, bien sûr, mais ses petites hésitations témoignaient tout de même d'un certain malaise et d'une réelle gêne. Communiquer était son métier et Isobel Lavespère n'était pas femme à chercher ses mots habituellement, Jonah en était convaincu. Il accueilli donc sa petite plaisanterie avec un certain soulagement. En trouvant la force de faire de l'humour, elle dédramatisait la situation et plaçait la conversation qui aurait pu être embarrassante dans un autre registre.

"J'avoue que ça m'arrange bien aussi, sourit-il alors en répondant à sa boutade, Je suis heureux de voir que vous semblez en bonne forme, il se tut et rectifia ses propos, du moins, d'après ce que je peux en voir."

Ce n'était pas parce qu'Isobel Lavespère avait l'air en bonne santé qu'elle l'était. Emma Blackbonnes marchait, respirait, parlait normalement mais elle gardait de l'attentat des séquelles invisibles à l'œil. Dean, son propre fils sursautait comme un kangourou dès qu'un bruit évoquant vaguement l'attentat se faisait entendre. Une fois, Gaby avait échappé une pile de vaisselle (qu'il était sensé ranger au dessus de l'évier) et le fracas produit par les assiettes et verres cassés avait filer des sueurs froides à Dean. Son fils était bien trop fier pour l'admettre mais Jonah avait parfaitement vu son trouble.

Enfin lui-même, qui n'avait pourtant été qu'un témoin dans cet attentat, était parfois en proie à des soubresauts inattendus.  Il n'était pas rare que des images persistantes de cette journée s'imposent dans son esprit sans y avoir été invitées: Le champs de ruine, des tessons de verre grands comme des maison miroitant dans la poussière, le bruit d'un gémissement, une main ensanglantée qui vous saisit brusquement le poignet.

La main d'Isobel.

Jonah releva les yeux vers son vis à vis et lui accorda un sourire avant de reprendre:

"Il faut tout de même que vous sachiez que je n'ai pas fait grand chose en vérité. Juste vous transporter d'un point A à un point B. Je n'ai même pas attendu que vous soyez véritablement prise en charge par un médicomage quand je vous ai laissé... avoua-t-il en résissantant à son envie première de baisser le regard sur son Pear One.

S'était vrai. Emma Blackbonnes était encore coincée sous les décombres, Anwar Kabbache et Priam Carrow étaient vraisemblablement morts et Dean restait injoignable. Isobel Lavespère était un poids dont il s'était délesté. Ni plus ni moins.
" Vous n'avez pas à me remercier." affirma-t-il d'un ton catégorique en secouant la tête, puis il reprit sur un ton un peu plus doux:"... même si je n'aurais pas été contre un beau bouquet de fleurs. Ce bureau a vraiment une décoration pitoyable."

C'était à lui maintenant d'utiliser le second degré pour masquer son trouble.


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Isy fut heureuse et soulagée de constater que Jonah ne semblait pas être le genre à tomber dans le sentimentalisme, comme c’était bien souvent le cas avec ce genre de sujets. Elle n’aimait pas s’appesantir sur ce qui la touchait personnellement, encore moins quand c’était aussi frais et elle fut ravie que son interlocuteur ne lui demande pas plus de détails et se contente de rester sobre face à elle. Cela l’aida à se détendre un peu et elle sentit ses muscles se relâcher légèrement. Lorsqu’il lança qu’elle semblait en bonne santé, elle se contenta de répondre avec pudeur, peu désireuse d’étaler son dossier médical.

- Tout va bien.

Ce n’était pas un mensonge en soi, elle allait effectivement beaucoup mieux. Les premières semaines de convalescence après l’opération avaient été difficiles et pénibles mais elle se remettait. Elle pouvait travailler, sortir un peu et elle allait même reprendre la danse dans quelques jours, son Médicomage l’y autorisant enfin. Cette blessure physique commençait à être derrière elle. Et pour le reste… Elle se remettait aussi. Elle ne niait pas qu’elle était encore angoissée, qu’elle cauchemardait souvent mais elle arrivait à se gérer. Les dernières semaines lui avaient fait du bien, retrouver sa famille, son grand-père, se sentir en sécurité à la Nouvelle-Orléans… Elle l’avait oublié car il était facile de se sentir oppressé dans un coven mais en faire partie vous fournissait également un sentiment de sécurité, d’appartenance à un groupe. Elle savait que, si elle était bien ancrée dans sa famille, rien ne pouvait lui arriver en Louisiane. Et puis, dans ce qui l’apaisait un peu et la faisait sourire, il y avait les balbutiements de sa relation avec Abel, qui trouverait sûrement son rythme dans les mois à venir. En somme, elle avait effectué un retour aux sources, avait trouvé du réconfort dans des choses délaissées comme sa famille ou sa foi. Elle se portait bien. Le sourire qui accompagna sa réponse était sincère.

Elle sentit l’énergie changer légèrement dans la pièce alors que son interlocuteur revenait sur le déroulement de l’attentat, affirmant qu’il n’avait pas fait grand-chose, seulement la déplacer, sans se soucier de savoir si un Médicomage la prenait en charge. Cela lui fit un peu étrange, car elle avait clairement vu son visage dans le sonjé, il avait été assez important pour qu’elle le retienne… Mais elle ne le remit pas en question. Après tout, elle ne se souvenait pas de grand-chose. Certains auraient pu être vexés de cet aveu mais Isobel n’en fit rien. Elle se contenta de hausser légèrement les épaules. Il avait fait quelque chose. Les Médcomages lui avaient dit qu’elle devait sa survie à sa prise en charge in extremis. C’était sûrement ce déplacement qui lui avait sauvé la vie et, rien que pour cela, Jonah avait agi. Tout le monde ne l’aurait pas fait. Elle était incapable de dire si elle l’aurait fait. Elle n’attendait pas non plus de lui qu’il soit un super héros juste… Son choix avait été décisif. C’était assez pour elle.

- Vous avez agi, souligna-t-elle. Il y avait des centaines de personnes là-bas, on ne se connait absolument pas mais vous avez agi. C’est ce qui a compté.

Elle ne renouvelle pas ses remerciements, il les refusait déjà avec une voix ferme. Elle ne comptait pas tomber dans la grandiloquence elle non plus, elle avait ressenti ce besoin, elle l’avait réalisé pour que cela sorte de son esprit. La démarche était presque égoïste. Sa remarque sur le bouquet de fleurs lui tira un sourire et elle secoua légèrement la tête.

- Je demanderai à un fleuriste de déplacer son bouquet de son point A à votre point B alors, lança-t-elle avec un peu d’humour, afin de mettre à distance la gravité de la situation. Plus sérieusement, ajouta-t-elle, si je peux vous aider en quoi que ce soit.. Je travaille au Ministère de la Magie, au niveau 1.

Elle ne pouvait pas faire n’importe quoi mais savait-on jamais, cela serait déjà plus efficace qu’un bouquet de fleurs décoratives. Elle soignait son karma, ces derniers temps, constata-t-elle. Face à Jonah, à affronter ses peurs de l’attentat, elle était fière d’elle.


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Jonah laissa échapper un éclat de rire lorsqu'Isobel insista pour lui faire parvenir des fleurs .

"Soit." dit-il d'un air mi-résigné mi-amusé. S'il ne voulait pas qu'elle se confonde en remerciements qui n'avaient pas lieu d'être il se sentait toutefois prêt à accepter un simple bouquet, j'adore les renoncules." ajouta-t-il avec malice.

Isobel Lavespère ne manquait ni d'humour, ni de charme. Ce n'était pas étonnant que Marchebank l'ait choisi comme chargée de communication. Loin de lui l'idée de la réduire à ces deux seules caractéristiques -elle était surement très compétente dans son travail- mais Jonah devait avouer qu'elle tenait là deux atouts indéniables.
Alors qu'elle lui proposait de lui renvoyer la pareille, Jonah s'apprêtait à décliner l'offre poliment lorsqu'une idée rejailli. Pourquoi ne pas jouer cette carte offerte par Isobel Lavespère pour faire avancer les choses du côté de Poudlard ?

"Et bien, ... Il réfléchit quelques secondes encore avant de se lancer, j'ai bel et bien un service à vous demander. Si toutefois c'est dans vos cordes."

Il posa les deux mains à plat sur son PearOne et se pencha légèrement en avant pour entamer ses explications:

"Ce n'est pas vraiment pour moi à vrai dire mais plutôt pour mes élèves, dit-il en guise d'introduction, Voyez-vous, j'ai été nommé enseignant au collège Poudlard en septembre dernier et depuis cette date j'essaye d'établir des partenariats avec des entreprises ou des institutions magiques de notre pays dans le but de créer des conventions de stage pour nos élèves."

Il se redressa légèrement et poursuivit:

"Pour faire simple: Nous demandons aux jeunes, dès la cinquième années, de choisir les options qui leurs permettront d'accéder au métier de leur rêve. Seulement, ils ne connaissent pas la réalité de ce métier qu'ils ont fantasmé depuis l'enfance: Médicomage, Briseur de Sort, Éleveur de dragon...Super, ça a l'air tellement génial ! s'anima-t-il en levant les mains, Ils se voient déjà chevauchant un Magyar à Pointe et oublient facilement que c'est le soigneur qui nettoie l'enclos du dragon tous les jours... Bien sûr vous allez me dire qu'il existe des brochures présentant les métiers mais sincèrement elles mériteraient d'être réactualisées, Déplora-t-il. Voila un autre chantier auquel il comptait s'atteler, et puis, rien ne vaut la découverte réelle d'un métier auprès de ceux qui le pratique. L'ensemble de l'équipe pédagogique et moi-même souhaiterions que les élèves puissent faire un stage en immersion de quelques semaines pour découvrir les conditions de travail réelle de l'emploi qu'ils veulent exercer  dans le but de conforter leur choix, ou pas d'ailleurs."

Jonah se tut et s'appuya sur le dossier de son siège en le faisant légèrement pivoter de gauche à droite.

"Un emploi est Ministère est envisagé par plus de la moitié de nos élèves. Le droit, les transports, la justice, les sports, les créatures... Vos départements offrent une variété de débouchés dans lesquels beaucoup de jeunes se retrouvent. "

Il observa Isobel quelques instants et poursuivit:

"Il y a deux mois de ça, nous avons cherché à contacter vos services pour expliquer notre projet  et vous proposer  d'établir une convention  mais nous sommes sans nouvelle du Ministère depuis... Il haussa les épaules et reprit:  Si vous pouviez retrouver ma requête et la mettre sur le haut de la pile du bureau de la bonne personne, je vous en saurais gré." souffla-t-il  alors avec un léger sourire.

"Je peux même vous faire un nouveau courrier maintenant si vous le souhaitez" ajouta-t-il en attrapant un parchemin et sa plume.

Bon nombre d'artisans et de commerçants avaient d'hors et déjà répondus par l'affirmative aux sollicitations de Jonah et de ses collègues. L'usine Cosmos devait validée la convention proposée par Poudlard et se disait prête à accueillir des stagiaires dès la fin d'année dans leur bureau d'étude, l'atelier de fabrication ou la partie administrative. Sainte Mangouste était encore en pourparler avec Daisy -Impossible d'accueillir des mineurs au service des Urgences mais pourquoi pas quelques septièmes années.  Les cinquièmes et sixièmes années seraient quant à eux accueillis dans des secteurs moins problématiques...

Bien sûr, à la lecture des derniers événements -et des journaux contestataires- favoriser les liens entre Ministère et Ecole n'étaient peut-être pas une bonne idée mais il ne fallait pas éveiller les soupçons de qui que ce soit. Jonah et une partie de l'équipe pédagogique, Thelma en tête, s'inquiétaient de la politique menée par Marchebank mais mieux valait sauver les apparences. Ne pas solliciter le Ministère dans cette entreprise était une erreur bien plus grande que d'y envoyer trois ou quatre élèves le temps d'une semaine de stage.


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Isobel ne savait pas ce qu'étaient des renoncules mais elle s'abstint de le signaler à Jonah, se contentant de lui répondre avec un sourire un peu malicieux :

- Je note !

Cet entretien se passait bien mieux qu'elle n'aurait pu l'imaginer, elle n'était plus vraiment mal à l'aise face à Jonah Forbes qui dégageait une certaine aura de force tranquille. Si elle avait eu envie de fuir un peu plus tôt, elle respirait un peu mieux désormais : elle était heureuse de voir qu'il ne rendait pas cela gênant ou beaucoup trop émotionnel. Elle ne savait pas gérer l'émotionnel surtout quand ça la concernait. Parce que sur le plan professionnel, elle savait bien s'en servir pour remporter l'adhésion à la suite d'un communiqué, mais c'était une autre question... Ou pas. Après ce qui est semblait être une hésitation, son interlocuteur affirma qu'il avait bien un service à lui demander. Curieuse, elle se pencha légèrement en avant. Un service pour ses élèves ? C'était la première fois qu'elle entendait cela, elle était assez peu confrontée au monde scolaire, elle n'était pas dans les bons services. Mais dès que le mot "stage" fut mentionné, Isobel comprit là où Jonah voulait en venir et elle hocha machinalement la tête. Elle voyait tout de suite là où elle pouvait être concernée. N'avait-elle pas fait les mêmes démarches auprès de Sasha Benson ?

L'analyse de l'enseignant semblait claire : les élèves de Poudlard n'étaient pas assez confrontés au monde professionnel, si ce n'est à travers des brochures explications et il désirait changer cela. Elle ne pouvait pas vraiment attester de la vérité de ses propos puisqu'elle n'avait jamais mis un pied dans ce collège mais elle voulait bien le croire. Elle ne savait même pas si c'était vraiment différent dans les lycées magiques américains, qu'elle n'avait pas fréquenté non plus. Mais ce qui l'avait toujours choquée en Angleterre, c'était cette manière de former tous les travailleurs ou presque par apprentissage. Quelques écoles existaient, Lycaon l'Académie de Métamorphose, l'Académie des Arts Magiques et sûrement quelques autres qu'elle ne connaissait pas mais c'était tout. Les élèves entraient dans le monde professionnel dès la fin de Poudlard et étaient formés par leurs supérieurs. Même les médicomages, bien qu'ils aient des cours théoriques ! C'était l'inverse aux États-Unis, l'apprentissage concernait des voies spécifiques et beaucoup de lycéens passaient par les établissements d'enseignement supérieur, les grandes écoles ou les universités. Ici, le projet d'université avait duré un an à peine - alors qu'à la com, ils avaient passé des mois sur le dossier - et n'avait pas eu beaucoup de succès puisque les élèves avaient dû cumuler apprentissage et scolarité, ce qui évidemment, n'était pas pratique. Le Royaume-Uni tenait à son vieux système. Aux États-Unis, les sorciers avaient le temps de se chercher à la fac, ici, ils entraient directement dans un métier avec des responsabilités. Elle voyait donc très bien l'intérêt du projet du professeur Forbes. Elle hocha de nouveau la tête quand il affirma qu'il avait cherché à les contacter, bien qu'elle n'ait pas entendu parler de ce projet.

- Vous l'avez envoyé spécifiquement au service de communication ?

Ils recevaient énormément de courrier et ils n'avaient que trois secrétaires, ce qui menait souvent à des confusions et des pertes, c'était un véritable problème dans leur service mais malgré leurs demandes, il n'y avait pas de nouveau poste qui s'ouvrait. Isobel faisait elle-même le suivi de ses courriers, elle faisait signer des reçus (parce que quand quelque chose se perdait, la faute leur retombait toujours dessus).

- Je veux bien que vous me fassiez un nouveau courrier, si c'était il y a deux mois, il y a des chances que le premier soit perdu sous une montagne de paperasse. Mais je vais me renseigner, je reviendrais vers vous dans les dix jours.

Elle se pencha attraper son sac et en sortit son énorme agenda, annoté de partout et rempli de différents papiers et l'ouvrit à la date du jour, déjà bien griffonnée. Elle attrapa le style bille qui était glissé à l'intérieur et nota "Stages de Poudlard / Jonah Forbes" dans la marge. Puis elle fit glisser son doigt pour avancer d'une semaine et inscrit "réponse Jonah Forbes délai max". Elle avait posé quelques heures ce matin mais elle retournait au bureau cet après-midi, elle en profiterait pour chercher un peu. Elle avait déjà pas mal de boulot mais elle devait bien ça à l'enseignant, surtout qu'elle trouvait son idée plutôt bonne personnellement. Elle referma son épais agenda alors qu'il terminait son courrier et le glissa dans son sac.

- Je trouve que votre initiative est bonne, Poudlard semble assez enfermé sur lui-même, si je peux me permettre. Souvent les gens le prennent mal lorsque je dis ça, puisque je ne suis pas d'ici. Elle fit glisser son bracelet sur son poignet pour le réajuster. Mais à titre personnel, je pense que les élèves ont tout à gagner à découvrir le monde professionnel le plus tôt possible. D'ailleurs, je ne sais pas si vous savez, je vais recevoir l'une de vos élèves en stage cet été. Sasha Benson ? Elle est en... Elle a l'âge d'une freshman chez nous, quatorze ans. Quatrième année donc ? Il faudrait vraiment qu'elle se renseigne, cela ne faisait pas très sérieux. Un stage d'un mois cet été, au service com.


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Charmante, drôle et visiblement efficace, constata Jonah lorsqu'Isobel affirma qu'elle lui donnerait une réponse dans les dix jours. Il ne s'attendait pas à ce que le service communication étudie sa requête si rapidement - il s'était habitué à l'inertie de Poudlard ou chaque décision devait attendre le prochain CA pour être entérinée- aussi s'empressa-t-il de rédiger le courrier type qu'il connaissait presque par cœur pour l'avoir recopié de nombreuses fois.

Jonah signa le parchemin, leva les mains au dessus de son bureau et chercha machinalement du regard le sceau de Poudlard.

"Zut ! Je n'ai pas le tampon de l'école ici..."

Il interrogea Isobel des yeux pour savoir si la griffe de Poudlard était indispensable.

"Je peux faire l'aller-retour en cheminette jusqu'à mon bureau si vous le souhaitez. Je n'en ai pas pour plus de cinq minutes." assura-t-il.

"Autant battre le fer quant-il est chaud !" était l'un de ses dictons moldus favoris. Il avait, en la personne d'Isobel Lavespère, dégoté une interlocutrice privilégiée, prompte à lui faciliter les démarches, alors il comptait bien profiter de cette situation et ne pas laisser passer cette occasion en or. Jonah était véritablement prêt à laisser Isobel en compagnie de Gaby quelques instants pour revenir avec un parchemin plus officiel.

Il hasarda alors un regard en direction de l'agenda de la chargée de communication et ne put s'empêcher de faire le parallèle entre ses propres carnets, noircis de notes. Isobel et lui étaient manifestement fait du même bois ! Il  nota mentalement qu'elle utilisait un stylo moldu et reporta son attention sur la jeune femme en attendant sa réponse qui ne tarda pas à arriver.

Elle salua ensuite leur initiative affirmant que Poudlard était un vase clos, peu enclin à s'ouvrir sur le monde. Jonah partageait cet avis mais il comprenait aussi ce qui avait pu motiver les différents directeurs à conserver jalousement cette autonomie. L'école, avait été, depuis tout temps, la cible de ceux qui souhaitaient instaurer le chaos ou renverser le régime au Royaume-Uni. Voldemort avant et durant la guerre, Alcid Mardol, ces dernières années et peut-être Leopold Marchebank aujourd'hui, songea Jonah en se remémorant les mots de Thelma sur Greengrass et Magpie. Toutefois il ne pouvait pas partager son point de vue avec la chargée de communication du ministre, aussi répondit-il simplement:

"Vous pouvez vous le permettre ! Je n'en fais pas une affaire personnelle ! "Isobel pouvait critiquer Poudlard autant qu'elle le voulait ! Lui même, il n'hésitait pas à se faire entendre lorsqu'il estimait que certaines règles étaient dépassées ou que certains points méritaient d'être dépoussiérés -comme ces brochures d'orientation par exemple.

"L'ouverture au monde professionnel est nécessaire, tout comme l'ouverture à d'autres cultures, d'autres modes de vie." poursuivit-il en s'adossant sur son siège "Nos élèves ont l'âge idéal pour découvrir la diversité du monde."

S'ouvrir aux autres, tel était le mantra de Jonah. Favoriser le lien social, accepter la différence. Tout ce qu'il entreprenait dans son quotidien visait cet idéal: L'équipe de quidditch, l'association, sa matière enseignée à Poudlard et même le club de duel.
Il s'apprêtait justement  à demander à Isobel d'où elle venait - elle avait sous-entendue un peu plus tôt qu'elle était étrangère, surement française vue son nom- lorsque cette dernière lui fit une  révélation qui l'enchanta autant qu'elle l'étonna.

"Vraiment ? Sasha Benson ? en stage dans votre service ? Jonah afficha un sourire sincère avant d'ajouter sans amertume aucune, Quelle petite cachotière." Il aurait pu se sentir vexé d'avoir été évincé des démarches de son élève mais au contraire, il était plutôt fier de voir que la petite Serpentard avait su rebondir d'elle-même après l'affaire Sorden.

"Je suis vraiment heureux pour elle. Vous lui offrez une belle opportunité." assura-t-il "Je suis persuadé que vous ne saurez pas déçue. Elle est très mûre pour son âge et son dossier scolaire est excellent en dépit des épreuves qu'elle a eut à traverser." Isobel était forcément au courant de l'affaire Sorden. Peut-être avait-elle été l'interlocutrice privilégiée de Sasha lors du procès. Jonah savait que son élève avait rencontré des employés du Ministère pour apprendre à gérer la pression médiatique liée à son implication dans la mort de l'arithmancienne. Il faudrait qu'il relise le dossier de Sasha pour voir si Lavespère était mentionnée, "Elle est très autonome, la preuve, elle n'est même pas venue me voir pour me parler de ce stage, dit-il en levant les paumes vers le ciel, Je suis son directeur de Maison, crut-il bon de préciser, En tout cas c'est bien que sa mère lui laisse un peu de liberté." Il avait crut comprendre que Mme Benson était assez protectrice -voir un peu étouffante.

Il secoua légèrement la tête sans se départir d'un léger sourire amusé et poursuivit d'un ton plus sérieux:

"Vous pensez que le Ministère serait prêt à accueillir plusieurs élèves si jeunes ?"

Il se doutait bien que Sasha faisait figure d'exception par sa maturité mais s'il pouvait établir une convention pour un stage d'observation de quelques jours à l'attention des quatrième années, Jonah signerait tout de suite, et des deux mains.

"Sinon on peut aussi envisager une simple visite des différents services, proposa-t-il soucieux de ne pas se montrer trop pressant ou exigeant," C'est un projet bilatéral, à construire ensemble." assura-t-il alors avant de rebondir sur une autre révélation de la chargée de communication.

"Existe-t-il des stages ou des visites de ce type aux États-Unis ?"
Il se tut et ajouta comme pour s'expliquer:
" C'est bien votre pays d'origine n'est-ce pas ? Freshman, ça ne me semble pas très français..."


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- Ce n'est pas nécessaire, assura Isobel lorsque Jonah proposa de faire l'aller-retour à son bureau pour aller chercher le tampon de l'école. Je récupère le document moi-même, personne n'ira remettre en cause son caractère officiel.

Elle comptait s'occuper de ce dossier elle-même, si possible, comme promis. Petit bonus non-négligeable, elle trouvait le projet intéressant. Elle l'aurait fait quand même, sinon (elle le devait bien à Jonah pour ce qui était arrivé à Leopoldgrad), mais cela l'aidait à être plutôt motivée. Elle cherchait justement des dossiers moins politiques et plus légers que la reconstruction de la March'Bank et de la place Merlin, qui occupait une bonne partie de son esprit et la stressait. Un projet comme celui du Professeur Forbes, c'était positif et neutre. Parfait en somme : elle sautait sur l'occasion. C'était également l'occasion de mettre un peu le nez à Poudlard, par pure curiosité : elle n'y connaissait pas grand-chose, même si elle s'était déjà occupée de la communication de certaines mesures. Le collège de sorcellerie était l'Institution la plus respectée du pays, tous les sorciers du Royaume-Uni y passaient et pourtant, elle semblait figée dans le temps. Un peu d'évolution ne pouvait pas faire de mal, surtout du point de vue américain d'Isy : leur système était forcément meilleur, non ? Elle fut contente de voir que Jonah ne semblait pas être trop susceptible au sujet de son lieu de travail : certains anglais supportaient très mal la critique dès qu'on parlait de Poudlard.

- Je suis entièrement d'accord avec vous, lança-t-elle en hochant la tête lorsqu'il affirma que l'adolescence était l'âge idéal pour découvrir de nouvelles choses et de nouvelles cultures. Surtout dans un monde parfois clos comme le collège ou plus globalement, la société anglaise.

On ne lui enlèverait pas que les anglais étaient assez fermés, même si les dix dernières années montraient un changement radical. Elle était passée ici quelques jours, en 1999, lors de son périple européen et avait été particulièrement choquée de constater que tout le monde portait la robe traditionnelle. Les choses changeaient désormais, l'élection du MIM et d'Alan Fiennes avaient été des signes dans ce sens, l'élection du FREE également mais les choses étaient encore traditionnelles, un vase relativement clos. Chaque changement entraînait de violents débats, sur les loups-garous par exemple. L'Amérique avait ses travers, il est vrai, mais elle venait de Louisiane, un État où se mélangeaient sorciers vaudous, créatures magiques, loups-garous, vampires, moldus, dans une relative harmonie. Et même avec tout cela autour d'elle, elle avait ressenti le besoin de découvrir autre chose. Elle ne pouvait pas imaginer le ressenti de certains adolescents d'ici... Enfin, celui d'une adolescente en particulier, elle pouvait. Elle fut étonnée d'apprendre que Sasha Benson n'avait pas parlé de son stage au Ministère à ses professeurs, aussi hocha-t-elle la tête.

- Trois semaines cet été, en Août, avec moi comme tutrice et sûrement d'autres collègues pour l'encadrer à certaines occasions. Je ne savais pas qu'elle avait gardé cela pour elle.

Il est vrai que sa convention n'était pas encore établie mais cela devait se faire dans les semaines à venir, elle attendait les papiers correspondants.

- C'est ce que j'ai pu constater, oui, confirma Isy lorsque Jonah mentionna sa maturité et son excellent dossier scolaire. Elle semble très intéressée par ce domaine, par le Ministère et désireuse de faire ses preuves. Leur dernier entretien, avant les vacances de Noël, avait renforcé cette excellente impression de la jeune fille. Au début, elle lui avait proposé le stage comme argument pour mieux la tenir quant à l'affaire Sorden mais elle ne regrettait pas : Sasha semblait le mériter. D'accord ! lança-t-elle lorsque Jonah lui annonça qu'il était son directeur de maison. Je ne savais pas. Je ne suis pas très au fait du système de toute manière, mais vous êtes donc son référent, c'est ça ? C'était bien de connaître son interlocuteur, surtout personnellement. Sasha semblait gérer cela toute seule, et plutôt bien, mais l'administration de Poudlard allait bien intervenir à un moment ou un autre.Je crois que sa mère n'est pas ravie, justement, répondit-elle à la mention de Mrs Benson. Elle ne m'en a pas parlé en détail mais il semble qu'elle la trouve trop jeune. La période me paraissait adéquate, à titre personnel, ajouta-t-elle pour se justifier auprès de l'enseignant qu'était Jorah. J'ai cru comprendre que vos élèves feraient des choix d'orientation dès la fin de l'année prochaine.

Comme tout ce projet s'était fait sous le manteau, elle préférait ne pas être mise en défaut : les professeurs avaient autorité sur leurs élèves, après tout. Mais Jonah ne semblait pas offusqué de l'âge de Sasha, bien au contraire, puisqu'il demanda si le Ministère pourrait accueillir d'autres élèves de cette tranche d'âge. Surprise, Isobel prit quelques secondes de réflexion. La question n'était pas si simple : Sasha était mature, posée et le stage se passerait sûrement très bien. Elle en prenait la responsabilité puisqu'elle la prenait sous son aile. Accueillir plus d'élèves, c'était institutionnaliser la chose et là, la question était tout autre. Il fallait trouver des encadrants volontaires et surtout, cela dépendait des élèves : hors de question d'avoir des adolescents dissipés dans les pattes en réunion. Jonah sembla percevoir ses hésitations puisqu'il proposa de suite une autre formule, plus convaincante aux yeux d'Isy.

- Une visite peut clairement se faire, dès la troisième ou la quatrième année, oui, cela dépendrait même de notre service, c'est un projet que je peux porter. On pourrait faire découvrir les différents services à vos élèves, afin de faire le lien, de leur faire découvrir les différentes professions, ou casser certains clichés qu'ils peuvent avoir, sur les Aurors par exemple. Cela pourrait être un projet intéressant, on pourrait organiser une réunion de concertation à ce sujet, je pourrais trouver des collègues intéressés. Pour des stages... Elle réfléchit quelques secondes. J'ai envie de dire, cela dépend des élèves. Je pense que je pourrais trouver des tuteurs à différents étages, pour quelques jours, même pour des élèves si jeunes à condition que ces derniers soient motivés et sérieux. Peut-être après un entretien éventuel ? Je pense que certains membres du Ministère seraient ravis d'être dans la transmission mais pas d'avoir des adolescents difficiles à trimballer toute la semaine.

Ils ne se risqueraient pas à être tuteurs deux fois sinon. Mais tout cela était un projet qui l'intéresserait et trouverait sûrement preneur auprès de membres du Ministère. De plus, cela rentrait bien dans leur politique de communication auprès des plus jeunes, d'image positive auprès de la population. Son supérieur allait adorer.

- C'est mon pays d'origine, oui, confirma-t-elle lorsque Jonah mentionna les États-Unis. Trahie par son freshman, peut-être aussi par son accent. Et pour répondre à votre question, oui : on essaye d'orienter les élèves au plus tôt afin qu'ils choisissent au mieux leurs études supérieures. Je sais qu'ici l'apprentissage est roi, ce n'est pas le cas chez nous, la majorité des élèves passent après leur diplôme par des études supplémentaires. Du coup, dès la middle school, avant le lycée, il y a des journées de découverte des métiers, les professionnels viennent jusque dans l'établissement dans un "forum aux métiers". Cela se reproduit au lycée, qui a en plus un stage obligatoire avant la dernière année, d'une semaine et deux journées de découverte des universités, où les élèves ont l'occasion de suivre quelques cours. Certains lycéens travaillent même, mais ça, c'est pour payer l'université, donc pas mal sont confrontés au monde professionnel assez tôt.

Elle n'était pas passée par ce système mais elle le connaissait évidemment.

- Nos écoles sont moins fermées mais c'est aussi parce qu'elles sont diverses, à divers endroits du pays, immergées parmi les moldus : les élèves sont confrontés à plusieurs mondes, rapidement. C'est un système qui a ses lacunes, évidemment mais... Il tourne quand même. Je pense qu'il est plus concurrentiel donc beaucoup d'élèves essayent de multiplier leurs chances pour entrer dans une bonne université, avec une bonne bourse de préférence afin de trouver un emploi derrière. Nous sommes nombreux, plus qu'ici.


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