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 "En famille, tout se sait mais rien ne se dit.”[PV Dave]

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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12 janvier 2010 – Manoir Warlock

On entendait plus que le bruit des couverts contre les assiettes, et le feu qui crépitait dans la cheminée. On aurait pu découper la tension au couteau, à défaut d’en avoir besoin pour déguster la tarte au citron servie en dessert. Des déjeuners de famille embarrassant et interminables, Eliott en avait enduré quelques-uns, mais même pour un spécialiste comme lui celui-ci atteignait un degré de gêne rarement égalé.

C’était l’anniversaire de Meredith, la sœur de son père et l’ex-femme de Léopold Marchebank. John avait insisté pour que toute la famille soit présente, arguant que c’était une période difficile pour Meredith et que voir ses proches lui ferait du bien. Si Eliott doutait de l’impact positif de ce déjeuner silencieux, il était certain que les temps devaient effectivement être particulièrement difficiles pour sa tante. Elle sortait de son divorce avec le Ministre de la magie et son fils unique venait de se retrouver à moitié paralysé après l’attentat de Léopolgrad. Personne n’avait osé évoquer le sujet et tout le monde s’efforçait de faire comme si tout allait bien, comme si rien n’avait changé. Le fait qu’ils soient tous assis autour de la table rendait la situation de Dave plus facile à ignorer mais il était évident qu’elle était dans tous les esprits. Mais on ne parlait pas de ce genre de choses, on préférait discuter de la dernière victoire des Harpies à la coupe d’Europe de Quidditch, du marché financier slovaque qui continuait de s’effondrer et d’autres sujets tous aussi neutres et inintéressants les uns que les autres. On évitait soigneusement tout ce qui se rapprochait de Léopold ou de l’attentat.

On avait questionné Andrew sur son mariage, qui n’était toujours pas annoncé, et on avait regretté l’absence de Daphnée qui se faisait de plus en plus rare aux déjeuners familiaux. L’ainé des Warlock avait excusé sa fiancée en expliquant qu’elle avait énormément de travail et vidé son verre de whisky avec une rapidité inhabituelle. Les noces d’Andrew avaient donc basculé dans les sujets à éviter et on s’était empressé de questionner Paige sur ses études à Lycaon. La benjamine s’était chargée avec plaisir de divertir les invités avec quelques anecdotes bien choisies sur ses cours de métamorphose et aurait pu faire un sans-faute si, emportée par son enthousiasme, elle ne s’était pas mise à vanter les talents de Rosaleen Marchebank, récemment diplômée de Lycaon. Son intervention avait jeté un froid et l’adolescente s’était depuis enfermée dans un silence gêné.

Sentant qu’on arrivait à cours de sujets de conversation et que son tour finirait par venir, Eliott n’avait pas levé les yeux de son assiette depuis de longues minutes. Des années d’échecs n’avaient pas réussi à le faire renoncer à la technique de l’autruche et il continuait de penser qu’il pourrait se faire oublier en étant suffisamment discret.

« Qu’est-ce que vous avez prévu avec Charlotte pour l’anniversaire de Bianca ? »

Y avait-il la moindre chance pour que sa mère ne s’adresse pas à lui ?

« On pourrait organiser quelque chose ici, suggéra Doris avec une lueur d’espoir dans le regard. Il y a de la place, et vous n’auriez rien à préparer, on s’occuperait de tout. » Winky, l’elfe de maison, s’occuperait de tout, en réalité.

Un déjeuner comme celui-ci n’était pas exactement ce dont il avait envie pour le premier anniversaire sa fille. Et Charlotte et lui avaient déjà prévu de lui faire une petite fête d’anniversaire, chez eux, un dimanche midi.

« On pensait plutôt faire quelque chose chez-nous en fait, expliqua-t-il en relevant finalement la tête. Dimanche dans deux semaines, vous êtes les bienvenus évidement… Il ne voulait pas empêcher ses parents de voir leur petite-fille, il savait comme ils adoraient Bianca. Malgré tout, il n’était pas certain que les inviter soit la meilleure des idées. Les Meyers seront là aussi… » ajouta-t-il sur le ton de la conversation, comme si c’était un détail, ce qui aurait dû être le cas.

« Et ils ont visiblement eu l’invitation avant nous… » souligna son père avec amertume sans lever le regard dans sa direction.

Nouveau silence gêné. On devait en être au douzième depuis le début du repas. Eliott fut à nouveau pris d’un grand intérêt pour les petites fleurs violettes peintes sur le bord de son assiette et plus personne ne parla pendant de longues minutes.

« Est-ce que quelqu’un veut reprendre du dessert ? lança Doris avec autant d’entrain que possible. Meredith ? »

Tout le monde déclina poliment. Le silence retomba. L’atmosphère devenait étouffante et l’hypocrisie de la situation était ridicule. Incapable de rester ainsi silencieux plus longtemps, Eliott se leva sous le regard réprobateur de son père et prétexta devoir appeler Charlotte pour sortir sur le perron quelques minutes. Une fois la porte refermée derrière lui il laissa échapper un profond soupir et songea sérieusement à transplaner pour rejoindre Charlotte et Bianca chez eux. Il finit par abandonner cette idée, on lui reprocherait cette impolitesse pendant des années et il avait suffisamment de faux-pas à son actif pour le moment. Il regarda la neige tomber, le regard dans le vague, profitant de l’air frais qui lui faisait le plus grand bien après l’atmosphère étouffante de la salle à manger.

Le claquement de la porte d’entrée dans son dos le fit se retourner et il se retrouva face à Dave. Comme chaque fois qu’il avait vu son cousin depuis l’attentat, cela lui fit un choc de le voir en fauteuil. Il ne s’y habituerait jamais. Ils n’avaient jamais été très proches tous les deux, ils avaient trop d’années d’écart et Dave avait toujours été beaucoup plus proche de Paige, qui n’avait qu’un an de plus que lui et avec qui il avait plus en commun, mais ils avaient assisté aux mêmes réunions de famille pendant toute leurs enfances et Eliott l’avait vu grandir. Il avait peine à croire que la personne en face de lui aujourd’hui était ce petit cousin chiant toujours accroché à ses bouquins à côté duquel il avait passé tous ses noëls.

Il avait l’air tellement plus vieux qu’il ne l’était réellement, et plus marqué qu’il n’aurait dû l’être. Ça n’avait pas marqué Eliott les fois où il était allé lui rendre visite à Sainte-Mangouste, en sortant du boulot. Tout le monde avait mauvaise mine à Sainte-Mangouste. C’était la première fois qu’il revoyait Dave depuis sa sortie de l’hôpital et cela lui faisait mal au cœur de le découvrir encore dans cet état.

« Salut, l’accueillit-il simplement, comme s’ils ne venaient pas de passer trois heures dans la même pièce. Chouette après-midi hein ? lança-t-il avec ironie. Désolé pour tout ça, je voudrais te dire que l’ambiance est meilleure d’habitude mais j’te mentirai… »

Les déjeuners étaient souvent un peu tendus dans la famille Warlock, surtout quand Eliott était présent. Et il n’y était jamais pour rien, évidement ! Mais la gêne aujourd’hui n’était pas uniquement due aux tensions qui subsistaient entre lui et son père, et Dave était bien assez intelligent pour s’en être rendu compte.

« Comment ça va ? demanda-t-il finalement en observant attentivement son cousin. Ils s’étaient déjà posé la question en se saluant tout à l’heure mais évidemment tout le monde avait poliment répondu que tout allait bien. Même si tout allait mal. Vraiment », ajouta-il dans l’espoir d’une réponse sincère.


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Dave fixait son assiette d’un regard morne qu’il peinait à faire disparaître, malgré les oeillades régulières de sa mère. C’était son anniversaire, un jour où elle aurait du sourire et s’occuper d’elle, et pourtant, elle gardait cette mine préoccupée et ce regard inquiet qui commençait à peser sur son fils. Il avait l’impression que quoiqu’il fasse, elle le regarderait dorénavant toujours ainsi, avec un mélange de tristesse, d’anxiété. Il détestait tourmenter sa mère à ce point, il avait l’impression qu’elle dormait encore moins que lui, comme si elle se sentait investie par la mission de porter le poids de son handicap à sa place. Quand son père cherchait plutôt à lui donner le courage d’avancer et l’endurcir face à cette épreuve, sa mère, elle, essayait de tout faire à sa place, tout supporter pour lui. Dave avait besoin de sa tendresse, de son écoute, de sa compassion, mais elle en faisait trop pour lui, et il voyait combien cela la minait.

Il ne savait pas comment lui en parler, mais cela commençait à beaucoup le contrarier et le culpabiliser. En attendant, pour ne pas lui faire trop de peine, il s’efforça de participer un peu à la conversation, mais cela ne dura pas longtemps. Chaque sujet retombait de toute manière vite à plat. Autre chose qui l’agaçait, tiens, toutes ces précautions que prenait sa famille à éviter les sujets délicats. Qu’on évite d’évoquer son père à la table des Warlock depuis son divorce et son remariage, ça encore, il était habitué. Mais il n’était pas stupide, l’origine de la gêne était autre, dorénavant. Il aurait apprécié que personne n’évoque l’attentat et ses répercussions -notamment sur lui puisqu’il était le plus touché autour de cette table- seulement s’il avait senti que ce n’était pas un sujet tabou. Il ne demandait rien de mieux qu’on lui parle de tout et de rien, qu’on ne ramène pas à tout va le sujet de son handicap sur le tapis avec une pitié dont il ne voulait pas, mais pas si c’était motivé par la crainte de le heurter, ou par il ne savait quelle autre retenue. C’était une autre forme de pitié, sous entendue, peut-être même de dégoût pour ce qu’il en savait. La faiblesse, physique ou mentale, n’était jamais bien tolérée au sein de leur société de sang-pur, après tout…

Si tel était le cas, si c’était ce que pensait son oncle, sa tante, ses cousins de lui, qu’il n’était plus qu’un jeune homme diminué qui leur procurait un sentiment de malaise ou de honte, eh bien, Dave préférait encore le savoir. Il n’avait jamais aimé le manque de franchise. Par pur esprit de provocation, il commençait à sentir l’envie le titiller de lancer un commentaire sur le sujet pour faire cesser toute cette hypocrisie étouffante… C’était signe qu’il devait prendre l’air, avant de provoquer un esclandre. Eliott était parti depuis plusieurs minutes maintenant, ce qui lui fournit une excuse parfaite pour s’éclipser.

« Ca fait un moment qu’Eliott est parti dis donc
, lança t-il soudain, le ton un peu trop fort pour que la plaisanterie soit vraiment naturelle, je vais vérifier s’il est toujours là. »

Personne ne chercha à le retenir, à son grand soulagement, même si sa mère lui lança un "Ne traînez pas trop !". Paige fit mine de vouloir l’accompagner, mais Dave lui adressa un bref signe de tête. Plus tard, si elle le souhaitait. Ils allaient être à l’étroit à trois sur le perron, et il n’avait pas forcément envie que les adultes surveillent leur retour. Il s’achemina avec son fauteuil sans trop de difficulté jusqu’à la porte d’entée, tomba directement sur Eliott en la claquant derrière lui. Il capta son regard et sut instantanément quel genre de pensées lui venaient en tête. Il avait l’impression que tous ses proches en le voyant se souvenaient de ce qui lui était arrivé, et c’était pour lui-même une pénible piqûre de rappel, à chaque fois. Lui qui avait toujours dépassé tout le monde d’une tête, voire plus, se retrouvait à lever la tête pour croiser le regard de ses interlocuteurs. Il ne s’y était pas encore totalement fait, pour être honnête.

« Oh, c’est pas ta faute » répondit t-il à Eliott, tandis qu’il s’excusait.

Parfois les déjeuners chez les Warlock se trouvaient plombés par l’ambiance tendue qui existait entre lui et son père, mais cette fois, Dave avait plutôt l’impression que c’était lui, le mouton noir. S’il ne s’était pas trouvé présent, l’ambiance aurait été beaucoup plus légère. Y penser le rembrunit de nouveau, ce qui lui valut sans doute le ton concerné de son cousin. Dave leva à nouveau les yeux vers lui, comme pour jauger de ses intentions. Il n’avait pas envie d’être pris en pitié, mais il n’avait pas forcément envie non plus de continuer dans l’hypocrisie. Sans dire qu’il allait bien, il allait mieux, globalement, mais ce genre de déjeuner plombant avait le don de lui rappeler assez cruellement tout ce qu’il essayait de surmonter.

« Pas si mal, dit t-il, sans feindre. J’ai pas encore retrouvé mon boulot à la banque, mais je m'y prépare, et j'ai de quoi m'occuper. Je commence à bien manier ce truc » ajouta t-il, en tapotant l’accoudoir de son fauteuil.

Il l’évoqua sans ton particulier, comme pour signifier à son cousin qu’ils pouvaient en parler sans que cela ne vire au drame. Sans être très proche de lui, Dave le connaissait assez bien pour savoir que c’était un homme simple, pas le genre à s’embarrasser de toutes les tournures qu’il aurait fallu, et il appréciait cette personnalité. A l’inverse, l’excès de tact de sa tante Doris l’ennuyait, par exemple, il savait que ce n’était pas avec elle qu’il allait discuter de comment il vivait sa nouvelle situation au quotidien. Elle en serait gênée pour lui, il le ressentirait et s’en trouverait gêné à son tour. Puis, Eliott travaillait à l’hôpital, il avait sûrement vu des cas d’accidents plus tragiques que le sien, il était présent lors de l’attentat, il avait sûrement plus de recul que les autres, du moins Dave le présumait. Face à lui, il se laissa donc aller à une certaine sincérité.

« J’essaye de pas trop m’apitoyer, avoua t-il. Même si d’autres le font pour moi… Tu as vu la tête que tirait ma mère ? On aurait dit son enterrement, franchement, pas son anniversaire… » lança t-il de son cynisme si familier, bien qu’il ne parvint pas à paraître aussi détaché qu’il l’aurait voulu. Un peu gêné, il embraya. « Enfin bref… Et toi, comment ça va ? »
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Dave lui parut honnête quand il lui affirma que ça n'allait pas trop mal. Tant mieux. Evidement Eliott aurait préféré l'entendre dire que tout allait bien et qu'il était heureux, mais même lui n'était pas assez optimiste pour espérer une telle réponse étant donné les circonstances. "Pas trop mal" c'était déjà bien. Le Gryffindor hocha la tête quand son cousin lui expliqua qu'il préparait son retour au travail. S'il fallait voir le côté positif de la situation, c'était une bonne chose que Dave ait choisi un métier où le fait d'être en fauteuil ne l'empêcherait pas de travailler. Cela lui ferait probablement du bien de reprendre un rythme de travail et de retrouver ses collègues, même si cela impliquait de retourner à la Marchbank. Eliott n'était pas certain qu'il aurait eu le courage de retourner sur les lieux après ce qui c'était passé, même si c'était certainement la meilleure chose à faire pour pouvoir aller de l'avant.

"Tu sais s'ils ont fini la reconstruction ? On disait que la banque serait reconstruite quasiment à l'identique, au même endroit. J'y suis pas retourné depuis..."

Et à vrai dire il espérait ne jamais avoir à y remettre les pieds. Il n'aimait pas la ville, se battait contre tout ce qu'elle représentait, et cet endroit était désormais associé à ses pires souvenirs. Il avait vu beaucoup trop d'horreurs ce jour-là, et perdu un collègue qu'il appréciait beaucoup. Un jeune ambulancier syndiqué qui se battait depuis toujours pour l'amélioration de leurs conditions de travail, et qui s'était sacrifié pour les autres. Il était mort dans les derniers éboulements, quand ce qui restait du bâtiment s'était finalement effondré. Jim avait fait partie des quelques sorciers restés jusqu'au bout à l'intérieur de la banque pour la maintenir debout à l'aide de sortilèges le temps que les victimes soit évacuées. Ils avaient vite réalisés qu'au moment où ils rompraient le fragile équilibre qu'ils avaient magiquement maintenu, ils seraient engloutis par le bâtiment en moins d'une seconde, mais ils étaient restés jusqu'au bout.

"Tant mieux, commenta-il quand Dave reprit en assurant qu'il commençait à bien manier son fauteuil. Tu vas finir par te muscler les bras finalement !"

Il n'était probablement pas censé rire de ce sujet, et encore moins se moquer de son cousin en fauteuil, mais il avait le sentiment que Dave ne demandait qu'à être traité comme avant, et en bon sportif arrogant et m'as-tu-vu Eliott s'était souvent moqué un peu de son intellectuel de cousin. Dave n'avait jamais fait partie de ces enfants qui courent partout et ne tiennent pas en place, et il avait finalement toujours été bien plus sage qu'Eliott, malgré leur différence d'âge qui aurait voulu le contraire. Mais si ne pas être très actif était une chose, ne plus pouvoir courir ou même marcher en était une autre. Eliott se demandait comment il aurait réagi à la place de son cousin, s'il aurait su s'adapter, à vrai dire il en doutait. C'était renoncer à tellement de choses... Il avait passé quelques jours en fauteuil après son accident de voiture, le temps que tout son système nerveux se rétablisse après de longs jours de comas, et il avait trouvé ça insupportable. Il était impressionné par Dave qui semblait gérer la situation mieux que la plupart des gens ne l'auraient fait.

Comme pour faire écho à ses pensées, le jeune homme reprit justement en expliquant qu'il essayait de ne pas trop s'apitoyer sur son sort. Plutôt que de se concentrer sur son propre malheur, l'adolescent semblait plus préoccupé par celui qu'il pensait causer aux autres. Eliott avait le sentiment qu'il s'en voulait visiblement de voir sa mère si affectée.

"Elle va s'habituer, il lui faut juste un peu de temps, conseilla Eliott, sans grande conviction. S'habituait-on jamais à ce genre de choses ? C'est une bonne chose d'être entouré dans ces moments-là, même s'il comprenait que cela puisse être étouffant parfois. En plus tu as hérité de la famille la plus fun du monde magique ! Sans ironie aucune, bien sûr. Tu vois un peu tes amis aussi ? Un peu de soutient et de compagnie n'était pas un luxe dans ce genre de situation. Il croyait se souvenir de l'existence d'une petite-amie mais ne savait plus vraiment où en était cette histoire et n'ose pas poser de question sur la fameuse Eva -ou Emma ?- pour le moment.  Moi ça va, répondit-il à la question de son cousin. Bianca est en pleine forme, elle grandit à vue d'oeil, et Charlotte va bien aussi."

Il était du genre à s'étaler un peu plus, particulièrement quand il parlait de sa fille et de tous les exploits qu'elle accomplissait chaque jour - elle avait récemment appris le mot "canard", ce n'était pas rien !- mais était un peu mal à l'aise face à Dave. C'était tellement injuste, que tout aille si bien pour lui alors que son cousin était cloué à un fauteuil. Cet attentat avait frappé les victimes de façon complètement aléatoire, frappant ceux qui n'avaient rien demandé et épargnant parfois ceux qui auraient mérité de ne pas en ressortir vivants. C'était lui qui était du côté de ceux qui avaient fait explosé le bâtiment, lui qui se battait contre le même ennemi que ces terroristes, et pourtant c'était lui qui allait bien et Dave qui n'allait "pas trop mal".

Sentant une vague de culpabilité l'envahir, Eliott se gratta nerveusement la nuque. Comme beaucoup d'entre eux, Eliott avait beaucoup réfléchi à son engagement auprès des résistants depuis l'attentat, se demandant s'il avait vraiment fait le bon choix. C'était une question qui ne quittait jamais vraiment son esprit, qui le tenait éveillé la nuit. Parfois il était convaincu qu'il se battait pour la plus juste des causes, pour leur liberté à tous, mais cette conviction était souvent mise à rude épreuve, comme elle l'était en ce moment même.


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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« Non, pas encore, répondit t-il, en hochant la tête. Ca va prendre encore un mois au moins, c’est un gros chantier. Rien que de tout déblayer puis de faire un état des dégâts pour savoir ce qui pouvait être récupéré, ça leur a pris des semaines. Ils veulent aussi changer quelques parties du bâtiment pour qu’il soit plus sécurisé, qu’on puisse avoir plus de postes de contrôle et évacuer plus facilement en cas de de danger, ce genre de choses, donc il fallait faire valider les nouveaux plans. »

Dave suivait d’assez près le dossier Leopoldgrad, il avait gardé contact avec ses collègues plus haut placés et en posait régulièrement des questions à son père quand il en avait l’occasion. Il voulait préparer au mieux son retour, en espérant qu’on le reprenne. L’ironie du sort avait voulu qu’il ne soit pas encore véritablement employé quand l’attentat s’était produit, il n’était encore que stagiaire. Autrement dit, rien n’obligeait la banque à le prendre une fois sa période de stage terminée. Avant l’attentat, Dave ne se faisait guère de souci sur le fait qu’on lui donnerait un poste, il excellait dans son travail, et tous le jugeaient prometteur. Maintenant, une part de lui craignait qu’on le regarde autrement à cause de son handicap. Evidemment, ce serait discriminatoire, et probablement que personne n’oserait faire preuve de discrimination à l’embauche face au fils du ministre… mais tout de même, il n’était pas totalement serein. La société sorcière n’était pas la plus tolérante sur le sujet, les Cracmols pouvaient en dire en quelque chose.

Alors un mois de chantier n’était pas de trop avant qu’il n’affronte le monde du travail. Il commençait juste à appréhender sa nouvelle condition au sein de son cercle proche, c’était suffisamment dur. Il savait qu’apprendre à s’y faire dans un environnement professionnel serait une nouvelle épreuve, peut-être que cela le referait chuter, et c’était aussi à cela qu’il se préparait. Le docteur Winston avait d’ailleurs senti que le sujet le taraudait et l’abordait de plus en plus lors de leurs séances.

La petite plaisanterie d’Eliott lui tira un sourire, car il reconnut bien là son cousin fier de ses biceps, et cela lui fit du bien. C’était une blague qui tombait au bon moment. Un mois plus tôt, il n’aurait pas réagi, deux mois plus tôt, il l’aurait mal prise. Mais cette fois, il se sentit capable d’enchérir :

« T’as même pas idée, je vais te surpasser, fais gaffe. Surtout que maintenant que t’es marié et papa, tu vas te ramollir, c’est le cycle de la vie. »

Il avait besoin de trouver le bon côté des choses. Se muscler les bras, c’était une idée stupide, quelque chose qu’il n’avait jamais spécialement recherché, mais cela restait positif, un réconfort comme un autre. Merlin savait qu’il y avait très peu de bonnes conséquences à son accident, alors il fallait les accepter lorsqu’elles se montraient à lui. Parce qu’à côté, il fallait affronter tout ce qui était beaucoup moins drôle, comme les tourments de sa mère. Il hocha la tête à la réponse de son cousin, sans être très convaincu que le temps guérirait tout. Elle s’habituerait peut-être, mais il savait qu’il n’aurait plus tout à fait la même relation avec elle, ni avec tous ses autres proches d’ailleurs. Tout le monde était en train de s’ajuster à son nouvel état, avec plus ou moins d’adresse. On agirait forcément avec plus de précautions qu’avant avec lui, c’était ancré dans les moeurs.

C’était effectivement une bonne chose d’être entouré, il commençait à le voir et accepter le soutien de ses proches. Ce n’était pas le cas les premiers jours après la sortie de l’hôpital, il avait eu une période où il s’isolait volontairement, refusant de montrer ses faiblesses à son entourage. Il craquait, souvent, et détestait avoir des témoins dans ces cas-là. Il allait un peu mieux maintenant, alors il allait mieux aussi avec les autres, même si certaines de ses relations étaient encore délicates… Il pensa forcément à Lauren et Samantha quand Eliott lui demanda s’il voyait des amis, et préféra botter en touche, en restant évasif dans sa réponse :

« Oui, quelques uns… Mais je reste pas mal chez moi, avec Rosaleen, Nicholas, tante Coralie, et mon père quand il est là. L’image du regard parfaitement innocent de son petit frère lui vint en tête et presque malgré lui, un sourire se dessina doucement sur ses lèvres. C’est quand même magique, les bébés. Nicholas est le seul à n’avoir rien remarqué de différent chez moi. »

Pour cette raison, la compagnie du bébé était probablement celle que Dave préférait en ce moment, même s’il ne l’avouerait pas. Il pouvait le tenir sur ses genoux et s’occuper de lui, exactement comme avant, ce petit être était le seul avec qui il sentait leur relation intacte. Plus belle, même, quelque part. Il y en aurait au moins un dans son entourage familial qui grandirait en étant tellement habitué à voir son grand frère sur un fauteuil roulant, que cela lui semblerait tout à fait normal. Il n’y aurait aucun jugement, aucun ajustement à faire entre eux. Nicholas le connaîtrait tout simplement comme ça, il l’accepterait sans y réfléchir, sans faire d’effort, parce que cela aurait toujours été ainsi, tout simplement.

Dave avait réalisé cette prise de conscience quelques semaines plus tôt. Il n’en avouerait rien à personne, mais tous devaient avoir remarqué son changement d’attitude envers cet enfant qui provoquait jusque là chez lui une affection mêlée de méfiance, de gêne, de rejet. C’était un changement subtil, inconscient, presque de l’ordre de l’instinct. Une communication primaire et silencieuse, entre eux. Inconsciemment, Dave avait cessé de rejeter son frère, car il avait senti que ce dernier ne le rejetait pas. Il était évident qu’un bébé si jeune ne pouvait rejeter personne, mais maintenant, Dave le sentait, il comprenait au plus profond de lui ce que cela signifiait car il y était beaucoup plus attentif qu’avant, et cela lui faisait un bien fou d’avoir cette petite étincelle.

Il garda tout cela pour lui, face à Eliott, préférant rebondir sur les nouvelles qu’il donnait de sa petite famille :

« Tant mieux, alors. Ca fait longtemps que je n’ai pas vu ta petite, elle doit avoir bien grandi ! » Il sentait son cousin peu bavard, contrairement à son habitude, alors il le relança : « Elle doit parler un peu, même, non ? Ou babiller, au moins. »

Il préférait largement parler de ce sujet auquel il ne connaissait pas grand-chose, mais qui avait le mérite d’être innocent et amusant, plutôt que d’évoquer à demi-mot des sujets sérieux avec sa famille, comme tout à l’heure à table, sans oser en franchir les limites invisibles.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott fut soulagé de voir que Dave n'avait pas mal réagi à sa tentative de plaisanterie sur les muscles de ses bras, qui allaient nécessairement se développer. C'était certainement un bon signe, qu'il parvienne à rire de ça. Il prenait du recul et il essayait de positiver. Le jeune homme s'imaginait bien que le chemin pour parvenir jusqu'à cet état d'esprit avait dû être long, et difficile. Il éclata d'un rire franc quand son cousin surenchérit en affirmant qu'il allait le surpasser, maintenant qu'il était papa et qu'il se "ramollissait", et puis quoi encore !

"Je ne joue plus au Quidditch, mais je soulève encore des brancards, ne crie pas victoire trop vite !" lui répondit-il avec un sourire amusé.

Maintenant qu'ils avaient crevé l'abcès et qu'ils s'étaient débarrassés de l'ambiance tendue du déjeuner, Eliott se sentait plus à l'aise, et laissa la conversation prendre un ton un peu plus sérieux. Il s'inquiéta de savoir si Dave était bien entouré et s'il voyait du monde. Ce n'était pas bon de rester seul après une telle épreuve.

Il se raidit imperceptiblement quand l'adolescent évoqua brièvement son père. Avant, Eliott se serait empressé de demandé des nouvelles de Léopold. Il avait été assez proche de son oncle, dans sa jeunesse, plus que de Dave d'ailleurs. Aujourd'hui il garda le silence. Il aurait dû faire semblant, agir comme d'habitude, mais il n'y arrivait pas. Il n'avait jamais été doué pour ça, pour mentir, pour prétendre. Il avait toujours considéré qu'il n'était pas ce genre de personne. Il se disait fier de ne pas être un de ces menteurs hypocrites qui peuplaient tant de grandes familles sorcières. Il soupira intérieurement. Mais de qui se foutait-il, à faire tranquillement la conversation à Dave alors qu'il était engagé dans la résistance contre son père ? Il ne valait pas mieux que les autres, en fin de compte.

Son cousin le tira de ces pensées désagréable en évoquant les bienfaits de la présence de son jeune frère. Eliott se surprit à sourire en songeant à cette innocence qu'avaient effectivement les jeunes enfants. Ils se fichaient bien de qui était en fauteuil ou de qui pouvait marcher, de qui était résistant et de qui soutenait le régime, ils ne demandaient qu'un peu d'amour et d'attention, peu importe de qui elles venaient. Les choses seraient bien plus simples si tout le monde fonctionnait ainsi.

"C'est vrai que les bébés sont plutôt cool pour ça, répondit-il avec un sourire en songeant à Bianca, dont Dave demandait justement des nouvelles. Elle grandit à vue d'oeil oui ! Parfois j'aimerais bien qu'elle ralentisse un peu, tout passe trop vite."

On leur avait dit, à Charlotte et à lui, avant la naissance de Bianca. On les avait prévenus de la vitesse à laquelle les enfants grandissaient mais jamais ils n'auraient pu comprendre cette envie d'arrêter le temps pour pouvoir profiter un peu plus de chaque étape. Du premier sourire, des premiers mots, de la première nuit complète. Surtout de la première nuit complète.

"Elle commence à parler un peu ! Enfin, quelques mots seulement, mais j'ai peur qu'elle devienne une grande bavarde. Il savait bien qu'il regretterait un jour l'époque où elle ne savait pas encore parler. Elle a dit "papa" en premier d'ailleurs ! ajouta-t-il avec fierté. Mais n'en parle pas à Charlotte, c'est un sujet sensible." ajouta-t-il en riant.

Il refusait d'entendre dire -encore une fois- que Bianca avait dit "râteau". Aucun bébé ne disait "râteau" comme premier mot.

"J'essaierai de l'emmener la prochaine fois. Il savait que le reste de sa famille serait également heureux de voir Bianca, qu'il avait tendance à vouloir jalousement garder pour Charlotte et lui. Et puis si tu aimes tant les bébés maintenant, on te la laissera avec plaisir le vendredi soir ! ajouta-t-il en riant. C'est cool que ça se passe bien avec Nicolas, j'imagine que ça n'a pas dû être facile à gérer tout ça..."

Il ne savait même pas trop ce qu'il voulait dire par "tout ça". Le fait que son père ait un nouvel enfant, qu'il en découvre deux ou trois de l'âge de Dave, qu'il épouse une femme à peine plus vieille que son fils, qu'il devienne Ministre de la Magie, ou qu'il soit considéré comme un dictateur par une partie de la société magique ? Sans doute un petit mélange. C'était assez terrible, à résumer ainsi. Il aurait sans doute bien ri si on lui avait prédit un tel avenir, des années plus tôt, quand il pensait que l'élément le plus dangereux de la famille était son père à lui. Il avait toujours eu des relations familiales compliquées, mais jamais il n'aurait pensé être en guerre civile contre son oncle. A quel moment exactement cela avait commencé à devenir grave ? Depuis quand est-ce que c'était un tel bordel ? Et y avait-il un moyen pour que tout le monde s'en sorte indemne, pour que leur famille survive à ça ? Il n'y croyait pas. Il avait la nausée rien que d'y penser.

"Tu ne fumes pas, j'imagine ?" lança-t-il à tout hasard.

Il n'avait jamais été un vrai fumeur, et n'avait pas touché une cigarette depuis un bon moment, mais il avait pris l'habitude de s'en griller une quand il était tendu, à l'époque où il vivait en collocation du côte de Brixton. Et il en aurait bien fumé une maintenant. Mais il imaginait mal Dave avoir un paquet de cigarette dans sa poche, ce qui était plutôt une bonne chose, finalement ! Ils n'auraient plus qu'à se rabattre sur le whisky pur feu pour espérer rendre l'après-midi un peu plus agréable.



Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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« Je te l’accorde. » ricana t-il, au sujet de son métier.

Dave appréciait Eliott. En fait, il appréciait chacun de ses cousins Warlock, mais pour des raisons différentes. Il avait plusieurs centres d’intérêts communs et des conversations assez pointues, intellectuellement parlant, avec Andrew. Avec Paige aussi, il avait quelques atomes crochus, tous les deux Serpentard pleins d’ambition, d’un âge assez proche, ils se comprenaient. Quant à Eliott, Dave appréciait sa personnalité, assez franche, son rapport simple avec les autres, dénué d’hypocrisie. Il n’était pas fait pour les faux-semblants de la société Sang-Pur et c’était tant mieux. Dave avait toujours salué ceux qui bravaient les on-dit, Eliott en était le parfait exemple, malgré ses airs d’homme tranquille. Il avait défié l’autorité de ses parents en choisissant un style de vie moldu, en épousant une née-moldue, un genre d’exploit qui indignait les plus conservateurs mais qui avait plutôt tendance à amuser le garçon provocateur qu’était le fils du ministre.

Il ne regrettait sans doute pas ses choix de vie, puisque cela lui avait permis d’être un mari et un père heureux, en tout cas, il le semblait. L’évocation de Bianca apporta un peu de douceur et de bonne humeur à la conversation.

« C’est vrai, oui. La dernière fois que je l’ai vue, elle avait à peine trois ou quatre mois, je crois. Son regard s’égara, devant lui. Le temps est passé très vite. » confirma t-il.

Tellement de choses s’étaient enchaînées, Dave avait l’impression qu’il s’était écoulé dix ans depuis ses derniers jours passés à Poudlard, avachi sur le canapé de leur Salle Commune avec ses deux meilleures amies. Ce temps d’insouciance lui semblait affreusement lointain. En seulement un an, Dave avait vécu le remariage de son père, l’arrivée d’un petit frère, une rupture amoureuse, la découverte de secrets de famille avec l’apparition de deux demi-soeurs cachées, une véritable déception sur le plan amical et maintenant… Ça. Cet handicap. Et on s’étonnait qu’il soit devenu particulièrement ronchon et susceptible.

S’amuser d’une bête nouvelle comme les premiers mots de sa petite cousine était le genre de soupape dont il avait besoin. Des plaisirs et des petites surprises simples, d’un quotidien tristement banal, voilà ce qui manquait cruellement dans sa vie, en ce moment.

« Vraiment, elle a dit « papa » en premier ? Ou c’est toi qui a entendu ce que tu voulais entendre ? dit-il avec un sourire innocent, juste pour chambrer son cousin. Je ne veux pas faire l’avocat de ta femme, mais je demande une preuve, moi. »

Une façon comme une autre de l’inciter à ramener sa fille, à leur prochaine rencontre. Les bébés avaient cette qualité ô combien appréciable de réconcilier tout le monde et d’apporter une espèce de bonne humeur qui n’était pas de refus, histoire d’éviter les malaises en plein déjeuner familial. De toute façon, Dave aurait été bien en peine de faire l’avocat de Charlotte Meyer, qu’il connaissait à peine, elle ne faisait en général pas partie de leurs retrouvailles familiales. Son oncle John -qu’il appréciait beaucoup malgré des principes étriqués que Dave s’acharnait à démonter dès qu’il en avait l’occasion- se révélait très tatillon sur le sujet. Après toutes ces années, il n’avait toujours pas avalé le fait que son fils ait pu épouser une Née-moldue.

« Alors, reprit t-il en grimaçant légèrement au commentaire suivant d’Eliott, je ne dirais pas que j’aime tant les bébés. Mais disons que je les tolère de mieux en mieux. Après, de là à me confier ta fille pour un baby-sitting… J’apprécie ta confiance en moi, mais tu devrais plutôt engager un professionnel ou un elfe de maison » dit t-il, avec un sourire moqueur.

Il lui arrivait de garder Nicholas de temps à autre, mais Mercy n’était jamais très loin. Et puis, maintenant qu’il était en fauteuil, il lui semblait plus difficile de s’occuper de quelqu’un d’autre : il apprenait encore à s’occuper de lui-même, répondre à tous ses besoins seuls, alors s’ajouter ceux d’un bébé qui serait complètement dépendant de lui ? L’idée lui donnait plutôt envie de reculer prudemment. Le commentaire que fit Eliott à propos de Nicholas lui fit agiter la main, tandis qu’il répondait en essayant de se donner un air désinvolte :

« Bah… J’ai plus compliqué à gérer, maintenant. »

Ce qui était vrai, mais c’était surtout une parade pour ne pas avoir à se confier plus que cela. Dave avait passé des mois à se lamenter, il n’avait plus envie de le faire. Il s’était mis en tête depuis Noël environ de se reprendre en main coûte que coûte. Cette résolution ne tiendrait peut-être pas longtemps, il n’en savait rien, mais pour l’instant il y arrivait à peu près. Il s’occupait l’esprit, préparait son retour à la banque, passait du temps avec sa famille. Et quand cela ne suffisait plus, que c’était trop dur, eh bien… Il y avait des moyens de se soulager d’une façon ou d’une autre. Une main un peu lourde sur les médicaments qu’il prenait pour son traitement, car il ne suivait pas exactement les instructions du docteur Winston, pour être honnête. Ou alors, un petit verre d’alcool, suivi d’un autre… Comme s’il avait suivi le cheminement de ses pensées, Eliott lui demanda soudainement s’il ne fumait pas, préalable à lui demander une cigarette, supposait t-il. Dave posa son regard sur son cousin.

« Non. »

Il n’avait jamais fumé -à part cette expérience assez catastrophique de mandragore lors de cette soirée de fin d’année dans la Forêt Interdite- et d’ailleurs il ne savait pas qu’Eliott le faisait. Ses faiblesses se situaient dans un autre type de substance. Dave avisa quelques secondes la mine de son cousin, avant de se décider. Le repas avait été tendu, n’avaient-ils pas droit à un petit remontant ? Il se pencha sur le côté, sa baguette en main, pour tapoter une cavité dans l’armature de son siège, juste sous l’assise. Lors de sa dernière visite médicale, il avait cru que le docteur Winston allait remarquer cette discrète cachette magique qu’il s’était fabriqué, mais heureusement, elle n’avait rien vu… Une petite flasque à moitié remplie de Whisky Pur Feu sauta dans la main de Dave qui la tendit à Eliott, après un regard en arrière pour vérifier que personne à table ne s’était mis en tête de venir les voir. Il lança, avec un ton complice de conspirationniste :

« Mais ça, c’est bien meilleur, non ? »
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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"Pourquoi est-ce que personne ne me croit ? fit-il mine de s'indigner quand Dave remit en question le fait que Bianca ait pu dire "papa" avant "maman". Sa fille était folle de lui, était-ce si difficile à croire ? Bianca vous le racontera elle-même un jour, et vous verrez que j'avais raison !"

Il doutait en réalité que sa fille se souvienne de ses premiers mots mais il avait bien l'intention de lui raconter cette scène assez souvent pour qu'elle soit persuadée d'avoir dit "papa" en premier, ce qui n'était que la vérité ! Parfois il avait hâte de pouvoir discuter avec Bianca, de pouvoir lui raconter ses premières bêtises, ses premières vacances, ses premiers pas, et de pouvoir lui montrer les photos. Il lui parlait déjà beaucoup -certainement un peu trop- mais ses réponses étaient pour le moment assez limitées.

D'un côté, il attendait avec impatience de la voir grandir et devenir une petite-fille au caractère bien trempé -il devinait déjà qu'elle ne serait pas une enfant toujours calme- mais d'un autre côté il voulait profiter pleinement de cet âge où elle ne demandait que de l'amour et de l'attention de ses parents. La vie de sa fille se résumait à sa famille, sa chambre d'enfant et ses jouets et il savait qu'il regretterait cette époque un jour, quand elle aurait fait son propre chemin et n'aurait plus autant besoin d'eux. Pour le moment, elle avait encore besoin d'être constamment surveillé, et ses parents n'auraient d'ailleurs pas dit non à un baby-sitter supplémentaire, puisque Dave aimait tant les bébés !

Eliott rit doucement en entendant son cousin lui répondre qu'il ferait mieux d'embaucher un professionnel ou un elfe de maison. Heureusement, il n'y avait pas nécessairement besoin d'être l'un ou l'autre pour s'occuper d'un bébé. Lui-même était à peine apte à s'occuper convenablement de lui-même avant la naissance de Bianca, et pourtant il s'en sortait. C'était assez surprenant, quand on y pensait. Mais il avait tellement peur de mal faire ou de ne pas être toujours à la hauteur pour sa fille qu'il faisait tous les efforts possible pour être un bon père et lui donner tout ce dont elle avait besoin. Il y avait eu des loupés, évidement, mais il faisait de son mieux et il commençait à croire que c'était ce qui faisait un bon parent.

"Je suis sur que tu t'en sortirais très bien ! Je n'étais pas vraiment un professionnel non plus avant la naissance de Bianca, avoua-t-il en souriant. Je ne le suis toujours pas en fait..."

Et il était persuadé que même s'il avait quatre ou cinq enfants -ce qui ne lui déplairait pas- il continuerait de faire des erreurs et d'apprendre. Elever un enfant était si complexe et si enrichissant à la fois, il était certain qu'on ne s'en lassait jamais. Dave avait surement droit à un aperçu de cette aventure avec la naissance de Nicholas, bien que celle-ci soit intervenue dans des conditions un peu compliquées pour lui. Eliott grimaça quand son cousin lui expliqua avoir plus difficile à gérer en ce moment que la naissance de son petit-frère. Il laissa échapper un soupir. C'était tellement injuste comme situation. Injuste que Dave se retrouve en fauteuil alors qu'il n'avait rien demandé. Ils n'avaient jamais été particulièrement proches étant enfants, du fait de leur différence d'âge, mais Eliott avait toujours vu en Dave un garçon bien, un gamin intelligent, et qui ne ferait pas de mal à un doxy.

Ecoeuré par la situation, et encore tendu par leur après-midi éprouvante, Eliott fut soudain pris par l'envie d'allumer une cigarette. C'était une mauvaise habitude qu'il avait pratiquement abandonné mais qui revenait le trouver dans ce genre de moments. Il ne fut pas surprise d'entendre Dave lui répondre qu'il ne fumait pas. Il était décidément irréprochable.

"Tant mieux. Tu fais bien, répondit-il avec un hochement de tête approbateur. Moi non plus en fait, pas régulièrement."

Il fronça les sourcils en voyant son cousin se pencher sur le côté pour tapoter son fauteuil d'un coup de baguette magique et resta un moment perplexe quand le jeune homme lui tendit une flasque de whisky à moitié vide. Le fait que Dave se promène apparement avec une bouteille d'alcool sur lui en permanence était inquiétant, et c'était clairement un signe qu'il ne vivait pas sa convalescence aussi bien qu'il le laissait croire. Eliott avait envie de lui en parler, sans jugement et sans leçon de morale. Evoquer le sujet et mettre des mots sur le problème était le premier pas à faire pour se débarrasser de cette habitude, mais aussi le plus difficile, et il ne voulait pas le brusquer. Il retint donc les questions qui lui brûlaient les lèvres, pour le moment. Il serait toujours temps d'en parler plus tard, quand le whisky aurait fait son travail et qu'il faciliterait la conversation. Il se contenta donc d'éclater de rire et d'attraper la flasque que Dave lui tendait.

"Moi qui croyais que toi et Paige étiez les enfants modèles de la famille, je suis terriblement déçu ! Bah, ça doit être une histoire de gênes, reprit-il en souriant. Léopold Marchebank avait toujours eu un penchant pour la boisson, ce n'était un secret pour personne. Je dois ma première cuite à ton père, raconta-t-il. Un whisky comme celui-ci d'ailleurs, je devais avoir à peine quatorze ans. C'était pas beau à voir... J'ai promis de ne plus jamais boire d'alcool après ça, évidement je n'ai pas tenu cette promesse..."

Comme pour illustrer ses paroles, il but une longue gorgée du liquide ambrée avant de tendre la flasque à son cousin. S'il avait la même descente que lui, il allait rapidement leur falloir une autre bouteille. Heureusement pour eux, la cave était juste à côté.

"Merci, il est pas mal du tout ! Dave avait décidément hérité des goûts de son père e matière d'alcool. Et toi alors, à quand remonte ta première gueule de bois ?"

Eliott aurait plutôt voulu lui demander à quand remontait cette habitude de se promener avec une flasque de whisky sur lui, mais il préférait préparer un peu le terrain avant d'aborder des sujets difficiles.


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