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 London Calling [Thelma & Jonah]

Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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6 janvier 2010

Clap, clap, clap.

Le bruit de la canne de Jonah rythmait ses pas dans les couloirs du château. Il avait demandé à Thelma s'il pouvait passer la voir, ce soir, dans son appartement. Quelques minutes seulement, pour lui rendre des documents. Certes, ils s'étaient vus le matin même, au petit déjeuner dans la Grande salle où ils avaient débriefé leur réveillon ("Très bonne soirée mais j'ai été un peu barbouillé le lendemain." La faute aux fruits de mer, bien sûr, en non pas au vin des Elfes consommé avec une modération toute relative). Ils s'étaient recroisés en salle des professeurs à la pause de midi où ils avaient fait la liste de leurs cadeaux de Noël respectifs (Une place pour le match Angleterre/Irlande, une cafetière électrique moldue, un caleçon vert et argent par ses enfants -qui ne manquaient pas d'humour et de goût- et...un collier de nouilles.) et enfin ils avaient passé leur repas du soir ensemble à écouter Neville leur raconter ses vacances en Guyane au combien tumultueuse. Il en était revenu avec de nouveaux spécimens de plantes tropicales à montrer aux élèves. C'était ces même plantes qui lui avaient provoqué une drôle de réaction cutanée -bénigne selon ses dires- mais pas franchement esthétique à en juger par les furoncles qui couvraient ses mains et une partie de son visage.

Jonah et Thelma avaient eu l'occasion d'échanger sur un tas de sujet, sauf sur le plus important d'entre eux qui nécessitait une discrétion toute particulière. Ce fut donc à une heure avancée de la soirée que Jonah frappa chez sa collègue.

"Re." souffla-t-il lorsqu'elle lui ouvrit la porte "Je suis juste passé te rendre ça..." ajouta-t-il en tendant l'exemplaire du Cognard déchainé et le LibèrAvon qu'elle lui avait prêté et qu'il avait caché entre les livrets scolaires d'Andrew Cavill et de Sasha Benson "...et te donner ceci."

Il posa dans ses mains deux numéros d'un journal clandestin intitulé "London Calling".
"Tu avais raison. Pour peu qu'on les cherche, ils sont assez facile à trouver." souffla-t-il avec un sourire.

Londres aussi avait son périodique révolutionnaire et il n'avait pas fallut tant de temps à Jonah pour s'en procurer des exemplaires. Un camarade lycanthrope ayant ses entrées dans  l'Allée des Embrumes lui avait dégotté deux anciens numéros de la publication du collectif résistant londonien affilié depuis peu au LEXIT, le mouvement national.

"Si je peux me permettre je te conseille la lecture de l'article en page 3 de ce numéro,
indiqua-t-il d'un mouvement du menton.

L'article intitulé "Nos enfants sont-ils en danger ?" revenait sur les liens évidents entre l'équipe  pédagogique de Poudlard et le Ministère. Dans un papier plutôt bien documenté -Jonah devait l'admettre- les journalistes clandestins avaient pointé de la baguette tous les points de connexion entre l'école et le Gouvernement Marchebank. Il y était écrit que Daisy avait été une collègue du Ministre lorsqu'ils étaient tous deux directeurs de départements, l'un aux Créatures Magiques, l'autre au DOM. On pouvait lire également que l'actuel directeur de Serdaigle, Peter Virtanen, n'était autre que le mari de la directrice du département des Mystères. Département au combien décrié depuis l'arrivée de Marchebank au pouvoir.

Le reportage relatait le fait que Thelma Corrigan, la directrice de la maison Poufsouffle, avait fait ses armes dans un laboratoire de recherches sur les mécanismes mentaux et magiques sous-tendant la Legilimancie et l'Occlumancie. Les chercheurs de ce laboratoire travaillaient dorénavant tous sous les ordre de Meredith Kane, au centre de Skye, et le journaliste affirmait de source sûre que la jeune enseignante était encore très proche de ses anciens collègues.

Enfin il était question de la dernière recrue, Jonah Forbes, directement acquis à la cause du régime de par son statut de loup-garou.

"C'est grâce à Marchebank que Forbes a pu accéder à Poudlard, sans les lois sur les droits des lycanthropes il n'aurait jamais pu espérer obtenir un poste au sein de l'école et encore moins la direction d'une maison."

Qualifié de "Greengrass-bis", il était également écrit noir sur blanc qu'il avait participé à la soirée de lancement du Pear One, soirée qui avait réuni un grand nombre de partisans du FREE dans un rooftop de Lepoldrgrad (vrai) et qu'il était un intime de la controversée Meredith Kane (encore vrai).

Plusieurs photographies illustraient la chronique jouant sur l'ambivalence de chaque enseignant. Une photographie où Thelma paraissait exagérément irréprochable  côtoyait un autre cliché ou elle semblait conspirer à la terrasse de café avec un autre homme que Jonah ne connaissait pas ("Un chercheur de Skye" d'après la légende de la photo). L'enseignant était persuadé que si la photo avait été prise une fraction de seconde plus tard Thelma n'aurait pas eu l'air comploteur mais les auteurs de l'article avaient justement choisis cette image à dessein.

Peter était gratifié de deux portraits, un sérieux l'autre souriant, mais Jonah était bien incapable de dire lequel des deux étaient censés rassurer la population. Peut-être aucun, à bien y réfléchir.

Pour illustrer Jonah, le journaliste ne s'était pas vraiment cassé la tête. Pourtant les résistants auraient pu trouver des dizaines de photographies de lui et Meredith prises au fil des ans. Au final ils avaient choisi une image de sa prise de fonction à Poudlard où il apparaissait tout sourire avec sa cravate vert et argent et , en guise de photo peu flatteuse, une simple gravure de loup-garou légendée ainsi: " Autoriser les loups garous à exercer n'importe quel métier, la mesure phare de Marchebank pour s'assurer de la loyauté de Forbes."
Quoiqu'il fasse, Jonah était toujours ramené à son statut de Loup-garou. Le racisme ordinaire à l'œuvre jusque dans les colonnes des journaux censés défendre les droits du peuple. S'en était presque risible. Presque.

"Voyons le bon côté des choses...avec ce genre de papier, notre couverture n'est pas prête de tomber,  nous ne risquons pas d'être embêtés par la Milice." Cette simple phrase démontrait que Jonah avait pris le temps de mener sa petite enquête et d'arriver à des conclusions plutôt proches de celles de Thelma même s'il n'accordait pas toute sa confiance aux journaux clandestins. Loin de là. "Je suis un peu déçu. Ils n'ont pas choisi mon meilleur profil pour la deuxième photo."

La découverte de cette article ne l'avait pas particulièrement amusé - Il craignait des répercutions des résistants et peut-être même des Miliciens contrairement à ses propos: Apparaitre sur le devant de la scène dans ces périodes troubles n'était jamais bon - mais il préférait aborder cette conversation avec légèreté.

Prendre du recul. Dédramatiser. Ils allaient en avoir besoin...


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma secoua sa main et se pencha pour observer les confettis colorés qui tombèrent à la surface de l'eau. Aussitôt, une multitude de petits poissons affluèrent pour les dévorer, en faisant scintiller leurs écailles. Thelma resta là à les regarder jusqu'à ce qu'ils aient terminé leur repas, et qu'ils reprennent leur vie paisible, nageant de-ci, de-là, entre les algues et les coquillages. L'aquarium était un cadeau de sa cousine préférée pour Noël, pour lequel Thelma n'avait cessé de la remercier. Inspiré des aquariums moldus, il était ensorcelé pour maintenir le pH de l'eau et bénéficiait d'un sortilège d'auto-nettoyage. Surtout, l'observer avait des vertus apaisantes grâce au maléfice jeté par le fabriquant. En cela, Thelma supposait que ce cadeau n'était pas anodin, car sa famille n'avait cessé de lui dire qu'elle était tendue pendant toute la durée des vacances.

Le sourire béat qui était apparu sur son visage s'évanouit quand quelqu'un frappa à la porte. Elle détourna le regard de la valse des poissons pour aller ouvrir la porte, et reconnut Jonah avec plaisir. Décidément, ils ne cessaient de se croiser aujourd'hui, mais ce n'était pas pour lui déplaire : ils avaient des choses à se raconter après la coupure hivernale ! Et puisqu'ils avaient épuisé les sujets festifs un peu plus tôt dans la journée, elle se doutait que Jonah était venu reprendre leur conversation de décembre.

"Re", répondit-elle avec un sourire, avant de s'effacer pour le laisser entrer dans le vestibule et de fermer soigneusement la porte. La discrétion était de mise. Comme prévu, Jonah lui rendait les exemplaires de journaux clandestins que Thelma lui avait prêté quelques semaines auparavant. Mais il était aussi venu lui retourner la faveur.

"Merci !", souffla-t-elle en saisissant les journaux, surprise, en avisant les lettres majestueuses qui indiquaient "London Calling". Ainsi, même la capitale s'était dotée de son périodique révolutionnaire. C'était à attendre, et pourtant la ville était l'une des plus calmes depuis le début des conflits entre la population et les forces de l'ordre. Au fond d'elle, Thelma se sentit rassurée de voir que les londoniens s'agitaient aussi, signe que son opinion commençait peu à peu à s'affermir...

Suivant le conseil de Jonah, elle ouvrir le journal jusqu'à la page 3. Ses sourcils se froncèrent quand elle comprit quel était le sujet de l'article, mais ne put retenir un frémissement au coin des lèvres à la vue des différentes photos. Elle finit par rire franchement devant la photo de Peter :

"Par Merlin, Peter est encore plus effrayant tout sourire que renfrogné, qui l'eut cru !"

Thelma s'arrêta plus longuement sur le passage qui la concernait, perdant quelque peu sa bonne humeur. Il n'était pas bon que quiconque s'intéresse de trop près de ses liens avec les expériences menées à Skye. Jusque-là, Marchebank et sa clique l'avaient oubliée à Poudlard, et c'était très bien ainsi, Thelma ne tenait pas à ce que l'on s'intéresse à son sort, quand bien même c'était pour en tirer de mauvaises conclusions. Son coeur se serra d'inquiétude lorsqu'elle reconnut son ancien collègue du laboratoire, Eoghan. Cette photo avait été prise récemment, lors de leur dernière rencontre, dans un pub miteux de Galway. Eoghan lui avait alors parlé à coeur ouvert de ce qui se passait à Skye, de la façon dont leurs travaux avaient été malmenés, détournés et dénaturés par le régime, pour parvenir à ses fins. Il en était alors malade mais, tenu par sa vie de famille, il n'osait démissionner. Qui avait bien pu penser à photographier cet échange, qu'avait-on surpris de leur conversation ? Autant de questions dont elle redoutait la réponse.

Le paragraphe sur Jonah, en revanche, l'attrista plus qu'il ne l'inquiéta. Rien de bien nouveau dans ces quelques lignes, la nomination d'un loup-garou à un poste un tant soit peu important faisait toujours couler beaucoup d'encre, même aujourd'hui.

Thelma acheva sa lecture et redressa la tête pour observer son visiteur, sans chercher à dissimuler sa surprise en l'entendant parler de "notre couverture". Voilà qui était nouveau et inattendu... Comme Jonah lui faisait part de sa déception, elle rapprocha le journal de son visage pour mieux examiner la photo.

"Hmm... Moi, je ne la trouve pas si mal, au contraire", répliqua-t-elle d'un air innocent, avant de se détourner : "Entre donc un moment, si tu as le temps ?"

Elle le précéda en direction de son salon coloré et impeccablement rangé, et lui proposa quelque chose à boire. Si la discussion prenait le même tour que la dernière fois, alors il leur faudrait un petit remontant pour se donner du courage. Mais quelque chose dans l'attitude de Jonah lui soufflait qu'elle n'avait pas d'inquiétudes à avoir. Le temps avait peut-être fait son oeuvre...

"Thé, café ? Sinon, j'ai ramené un Whisky Pur Feu de chez moi dont tu me diras des nouvelles..."

Elle s'agita un moment pour apporter les boissons, ce qui lui laissa le loisir de laisser mijoter sa lecture. N'était-ce pas le genre d'article que Daisy devait lire ? Mais la directrice serait-elle réellement ouverte à ce type de journal ? Daisy avait beau être l'une de ses amies, elles conversaient bien plus naturellement des élèves, des enfants ou du divorce de Daisy, que de propagande... Pensive, elle rejoignit Jonah en s'installant sur son canapé vert pomme.

"C'est étrange, mais je n'avais jamais réalisé à quel point notre équipe pouvait paraître aussi... aussi... Pro-FREE", dit-elle en observant Jonah sans réellement le voir. "Le monde des sorciers est un petit monde, nous finissons tous par nous connaître et il est aisé de voir des liens où il n'y en a pas toujours."

Surtout en ce moment, où chacun semblait s'employer à ne pas se faire remarquer.

"Imagine à quoi doit ressembler notre club de duel, les gens vont s'imaginer que nous formons les futurs miliciens", plaisanta-t-elle avant de songer que ce n'était sûrement pas faux. "Je ne suis pas sûre de voir cet article d'un très bon oeil, mais tu as raison : c'est une parfaite couverture ! Merci pour ces journaux, en tout cas, c'est très instructif... J'en déduis que tes réflexions ont pu évoluer pendant les vacances ? Est-ce que tu as pu mener ta petite enquête auprès de la femme que tu connaissais, d'ailleurs ?"

L'enseignante mourrait d'envie de l'interroger au sujet de ses fréquentations à Leopoldgrad et surtout de Meredith Kane, puisqu'elle apprenait seulement l'existence de cette étonnante relation. Mais une question indiscrète à la fois...
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah secoua la tête d'un air amusé lorsque Thelma le taquina gentiment à propos de la photographie. Il ne releva pas et se contenta d'observer la jeune femme, toute à sa lecture qu'elle était. Jonah était heureux de la retrouver après cette semaine de congés. Il lui avait bien envoyé un patronus pour lui souhaiter la bonne année le soir même du réveillon mais il s'était habitué, ces derniers mois, à la voir tous les jours. Hors il devait avouer qu'elle lui avait un peu manqué. Il était forcé de constater que l'internat, et le fait de vivre 24h sur 24 les uns avec les autres, décuplait la profondeur des rapports humains, c'était valable avec Thelma mais aussi avec bon nombre de collègues - comme Neville par exemple- dont il se sentait vraiment proche aujourd'hui. Les deux directeurs de Maison s'étaient d'ailleurs vus par hasard sur le Chemin de Traverse durant les congés si bien que Jonah avait finit par inviter Neville et sa femme à manger un bout en ville. Ils avaient passé un excellent moment et Hannah était une personne tout à fait remarquable. Ils avaient parlé d'un tas de sujets évitant toutefois les questions politiques que Jonah et Thelma  s'apprêtaient à évoquer ce soir.

Le directeur accepta d'ailleurs l'invitation de sa collègue et pénétra dans son charmant intérieur coloré.

"Un thé, je te remercie." répondit-il tandis qu'elle lui proposait une boisson.

Il dormait mal en ce moment alors autant éviter un excitant avant d'aller se coucher. Quant au Whisky, il s'attendait à être dérangé par les élèves ce soir -les retours de vacances étaient parfois difficiles pour les premières années- aussi préférait-il ne pas empester l'alcool si jamais les préfets de sa maison venaient le trouver pour un problème quelconque.

"Par contre je veux bien prendre rendez-vous pour gouter plus tard le Whisky de ta contrée natale !" lui dit-il tandis que Thelma se dirigeait vers la cuisine pour remplir leur verre. Lorsqu'elle revint, il attendit qu'elle fut installée sur son canapé vert pomme pour lui demander:

"Alors ? que penses-tu de l'article ?"

Comme lui, elle était frappée par ces nombreuses coïncidences qui faisaient d'eux, aux yeux de leurs concitoyens, de potentiels collaborateurs privilégiés du FREE. Il laissa d'ailleurs échapper un léger rire sans joie quant elle évoqua le club de duels et la vision que l'on pouvait en avoir. Jonah était à mille lieu de vouloir créer une armée pour Marchebank lorsqu'il avait envisagé cet atelier et il déplorait le fait que le club soit réduit à ça dans l'imaginaire de certaines personnes.

Pourtant Thelma estimait, également, qu'il s'agissait au final d'une excellente couverture. Personne n'irait penser que deux directeurs de maison sur quatre lisaient assidument la presse révolutionnaire. Et surement pas les fondateurs de ce club !
D'ailleurs, en parlant de papier contestataire, Jonah avait justement profité de son temps libre durant les vacances pour rendre visite à Maria Stevenson, l'historienne éditée dans la même maison que lui.

"Oui j'ai eu le temps de mener ma petite enquête, comme tu dis." souffla-t-il en agitant son sachet de thé dans sa tasse "Et ce que j'ai découvert tend plutôt à vérifier la thèse de l'enlèvement à celle de l'escapade amoureuse." soupira-t-il.

Il marqua une pause en se remémorant la conversation qu'il avait eut avec l'écrivaine. Elle n'avait pas cherché une seule seconde à nier: Elle était bien l'auteure du témoignage paru dans LiberAvon et elle se fichait bien d'être reconnue. La Milice lui avait déjà pris ce qu'elle chérissait le plus au monde, pourquoi s'évertuer à vouloir rester anonyme.  Marchebank ne pouvait pas lui faire plus de mal, disait-elle.

" D'après Maria, Mark ne l'a pas quitté pour convoler avec une étudiante, il a été muselé par le gouvernement à cause de ses prises de positions fréquentes à l'encontre des lois liberticides du Ministre. Il en parlait fréquemment dans ses conférences et il avait même un livre en préparation sur le sujet..."

Jonah releva les yeux vers Thelma et ajouta:

"Un véritable pamphlet sur Marchebank."

Il se tut quelques instants avant de poursuivre:

"Je n'étais pas complètement disposé à la croire - elle était peut-être une femme blessée, prête à tout pour sauver son honneur mais... elle m'a montré une page du manuscrit. C'était l'écriture de Mark, aucun doute là dessus. Il avait fait un duplicata de ses notes au cas où "quelque chose lui arrive".

Jonah  poussa un soupir désolé. Mark avait semble-t-il vu clair dans le jeu de ses opposants.

"Il gardait l'original en sa possession et il avait remit l'autre à sa femme, lui demandant de le conserver dans un endroit secret. Le manuscrit d'origine a disparu avec Mark, quant à la copie, Maria m'a affirmée avoir contacté différents journaux clandestins pour la faire éditer, telle quelle. "

Il but une gorgée de thé et reposa la tasse dans sa soucoupe.

"Si tu veux mon avis, elle n'est pas très prudente. Je lui ai dit d'être plus discrète mais..." Il haussa les épaules. Maria l'avait envoyé sur les roses, ni plus ni moins. Elle avait un sale caractère et elle ne laissait à personne le soin de lui dicter sa conduite.

Soit.

Jonah posa sa tasse sur la table basse devant lui. C'était les seules informations qu'il avait pu obtenir durant ses congés. Entre cette révélation et le London Calling, il estimait avoir été plutôt efficace. Nul doute que ses réseaux commençaient à se mettre en place doucement...

"Et toi alors, as-tu obtenu d'autres aveux  auprès de ce chercheur de Skye ?" demanda-t-il en désignant l'homme immortalisé avec Thelma sur l'illustration du London Calling.
Non, il ne cherchait pas du tout à savoir qui était ce séduisant irlandais qui avait le privilège de boire un café avec sa jeune collègue.

Utiliser un sujet si grave à des fins personnelles ?

Bon.
Peut-être.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma esquissa une moue désolée quand Jonah répondit à sa question. Elle aurait préféré entendre que le témoignage était faux, mais son enquête tendait plutôt à l'accréditer : preuve que la vérité pouvait se glisser dans les feuilles de chou de la résistance... L'histoire que lui racontait Jonah n'était pas reluisante, car elle sous-entendait que cet homme aurait disparu du simple fait de son opposition au régime, qu'il comptait publier sous forme de livre.

"La liberté d'expression se porte bien, on dirait...", souffla-t-elle en secouant la tête, avec désolation. Comment appelait-on un régime dans lequel il était impossible de critiquer le chef de l'Etat ? Le mot "dictature" s'imposait chaque jour plus nettement dans son esprit. Ce n'était pas comme si l'on avait simplement fait pression sur cet homme, non, il avait disparu. La dernière fois que l'Angleterre avait connu des disparitions inexpliquées, c'était sous l'égide de Lord Voldemort...

Thelma sentit un frisson la parcourir, et elle but une gorgée de son thé rose-aubépine pour se réchauffer. Tout en écoutant le récit de Jonah, elle secoua sa baguette pour allumer un petit feu dans l'âtre de sa cheminée, qui se mit aussitôt à répandre une chaleur réconfortante dans la pièce. L'hiver qui s'était abattu sur le château rendait ces considérations encore plus lugubres.

"Peut-être qu'elle n'est pas très prudente en effet", approuva Thelma avec gravité. "Mais qui pourrait l'en blâmer, vu ce qui lui arrive... Peut-être qu'elle considère qu'elle n'a plus à gagner qu'à perdre. Je crois que je deviendrais folle si quelqu'un que j'aimais disparaissais comme cela, pour une telle raison, sans pouvoir rien faire, sans pouvoir le prouver... Elle doit se sentir totalement impuissante !"

Que pouvait-elle faire d'autre que remuer ciel et terre, et tenter de mobiliser les réseaux de la résistance ? La prudence, c'était pour éviter la catastrophe, pas pour s'en remettre. La question que lui posa Jonah ensuite la plongea dans ses pensées. Mal à l'aise, elle croisa son regard rapidement puis baissa les yeux sur sa tasse de thé, jouant distraitement avec le sachet.

"Je n'ai pas revu Eoghan depuis que cette photo a été prise", indiqua-t-elle finalement en désignant l'article. "C'était il y a seulement quelques semaines. Ce qu'il m'a raconté ce jour là était loin d'être reluisant."

Thelma reposa sa tasse sur la table et s'avança sur son siège, pour parler d'une voix basse, presque couverte par les crépitements du feu. Il n'y avait pourtant qu'eux dans la pièce, mais elle adoptait naturellement ce ton confidentiel, pas assez à l'aise pour s'exprimer sur ces sujets librement.

"D'après lui, Skye permet au régime d'emprisonner et de torturer à son aise les opposants politiques qu'il juge un peu trop gênants. Il m'a dit, et cela recoupe avec les informations que véhicule la résistance, les sorciers qui sortent de Skye - lorsqu'ils en sortent - ne sont plus eux-mêmes. C'est comme si leur mémoire ou leur personnalité avaient été altérées. Souvent, ils ne se rappellent même pas leur passage à Skye... Eoghan m'a également avoué se montrer très méfiant à l'égard du programme Mémo-Rise, mais quand j'ai essayé de creuser le sujet, il s'est refermé comme une huître. Il a eu l'air de penser qu'il en avait trop dit, et il a été impossible de lui décrocher un mot de plus ! Pourtant, nous nous connaissons depuis longtemps, nous sommes proches et nous nous faisons confiance, mais j'ai senti une réserve de sa part que je ne lui avais jamais connu jusqu'alors..."


Les souvenirs de son entretien avec son ancien collègues lui revenaient, et elle sentit l'angoisse lui serrer la poitrine. Elle but une nouvelle gorgée de thé, laissant le breuvage chaud et parfumé lui redonner courage, puis reprit :

"Eoghan m'a dit que son travail là-bas le dégouttait. Bien sûr, je lui ait dit de démissionner, mais il craint des représailles, sur lui ou sur sa famille. C'est un jeune papa, alors... Je ne sais pas si c'est de la paranoïa de sa part, mais son inquiétude semblait sincère. Peu de temps après cette entrevue, je lui ai envoyé un hibou, lui proposant de se revoir. Ses révélations me travaillaient, et je voulais en savoir d'avantage."

Thelma se mordilla la lèvre inférieure avec nervosité. Son regard accrocha celui de Jonah et elle révéla :

"C'était il y a un bon mois. Je n'ai jamais eu de réponse."

Avec l'école, et ses propres soucis, elle avait occulté Eoghan de son esprit, mais revoir cette photo lui faisait réaliser que le temps avait passé. De deux choses l'une : soit il l'évitait délibérément, soit il lui était arrivé quelque chose. Secouant la tête pour écarter son inquiétude, elle confessa :

"Tu sais, Marchebank et son acolyte, Dahiatus, me semblaient bien trop intéressés par les recherches de mon ancien laboratoire sur la modification de la mémoire lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir. Je me sentais mal à l'aise avec le projet qu'ils comptaient mettre en place à Skye : plus de moyens pour la recherche, certes mais un intérêt qui semblait plus politique que scientifique... Le cerveau humain est fascinant, et les sortilèges sur la mémoire recèlent un potentiel aussi fabuleux que complètement dangereux. Lorsque l'on pratique la legilimencie, cela procure un tel sentiment de puissance que l'on en oublie vite toute notion d'éthique, de vie privée, voire même de libre arbitre... Cela peut donner le vertige. Alors j'ai eu peur, peur de dérives et de la façon dont cela pourrait m'affecter. Je crois que c'est cela qui m'a décidé à accepter le poste ici, quand Daisy me l'a proposé. Je ne sais pas si c'est de l'intuition, ou de la paranoïa, mais j'ai senti que ma place n'était plus là-bas, mais ici, à Poudlard."

Protégée par les murs épais du château, à exercer un métier confortable d'enseignante, avec des collègues avec lesquels elle se sentait bien. Oui, tout roulait pour Thelma, et il semblait qu'elle avait pris la meilleure des décisions.

"J'ai été lâche", conclut-elle en soutenant le regard de Jonah, la culpabilité lisible sur son visage. Peut-être que si elle était restée, alors elle aurait pu en savoir plus, et peut-être même agir de l'intérieur. Mais elle n'était pas ce genre de personne, et ne l'avait jamais été... Comme pendant la guerre, elle avait fui, laissant d'autres personnes en première ligne.
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah s'en était douté, l'article était bien documenté. L'homme sur la photographie, Eoghan de son prénom,  était bel et bien un ancien collègue de Thelma dorénavant chercheur à Skye (et visiblement marié et père de famille).  D'après les dires de son amie, les membres de l'équipe de Meredith s'inquiétaient des dérives du Centre et notamment du programme Mémo-Rise. Jonah n'avait jamais porté ce dispositif dans son cœur et il ne s'en était jamais caché. Il était assez proche de Meredith pour pouvoir parler sans détour avec elle mais la femme de Douglas Kane s'évertuait à affirmer qu'elle aidait ses patients et que le programme était souvent bénéfique. Qui était-il pour juger les choix de personnes traumatisées à vie ? lui répétait-elle. Elle semblait si convaincue d'être dans le vraie, d'agir pour le mieux. Toutefois, elle devait bien se rendre compte que quelque chose ne tournait pas rond: Des pans de personnalités altérées, des disparitions douteuses, ...Si le chercheur disait vrai, Meredith ne pouvait pas ignorer cette réalité. Elle était la directrice de Skye, soit elle était aveugle, soit complice, soit l'instigatrice même de ces actions.

Jonah chassa cette éventualité de son cerveau. Il plaçait son entière confiance en Meredith. Elle était celle qui avait gardé ses enfants au moment de son divorce avec Agathe, celle qui s'était toujours efforcée de ne pas prendre partie dans leur séparation, de les respecter  l'un et l'autre sans chercher à les monter l'un contre l'autre. Bien que cela puisse sembler futile, Jonah avait apprécié que Meredith ne passe pas son temps à critiquer Agathe comme bon nombre de ses amis avaient fait, pensant lui faire plaisir en affirmant que son ex-femme était la seule et unique responsable dans l'échec de leur couple. Meredith et Douglas avaient su les soutenir, l'un et l'autre, et Jonah leur en était gré d'avoir su apaiser plutôt qu'attiser les tensions.

C'était une des raisons qui le poussait à penser que Meredith était manipulée par les hautes sphères du régime. Elle ne pouvait pas mal agir sciemment ! Organiser la disparition de personnes, commanditer des changements de personnalités. Elle devait subir des pressions sur sa vie, sur ses enfants, pour accepter agir ainsi. Elle était sans doute dans la même position qu'Eoghan, le jeune papa craignant pour sa vie et celle de sa famille: Contrainte au silence. Il n'y avait pas d'autres pistes envisageables.

Jonah s'appuya sur le dossier en songeant à ce qu'avait dit Thelma un peu plus tôt dans la conversation à propos de Maria. L'écrivaine n'avait plus rien à perdre, voila pourquoi elle était si peu encline à la prudence. Meredith, elle, avait tout à perdre. Absolument tout: Cinq beaux enfants, un mari aimant, un poste haut placé au Ministère qui, si elle le quittait de son plein gré, ferait peser de lourds soupçons sur sa personne.

Thelma avait su réagir vite en quittant le laboratoire de recherches au moment où le programme Mémo Rise s'esquissait à peine et entrait en contradiction avec ses valeurs. Elle avait eut le courage de suivre ses convictions, chose que n'aurait sans doute pas fait Jonah.

"Thelma ! s'exclama-t-il donc lorsqu'elle affirma avoir fait preuve de couardise. Quel drôle de raisonnement, je ne vois pas en quoi tu as été lâche, reprit-il vivement en s'accoudant sur ses genoux les sourcils froncés , Tu n'avais aucun moyen de connaitre l'ampleur de ces dérives au moment où tu es partie. Tu ne te retrouvais plus dans ce qu'on attendait de toi et tu as préféré quitter ton poste je ne vois pas où est le mal, au contraire même, c'est tout à ton honneur d'avoir agit ainsi, Il secoua la tête de gauche à droite, Ne te dévalorise pas comme ça. S'il te plait." Insista-t-il en cherchant son regard.

Elle portait un jugement bien trop dur sur sa personne et Jonah n'alimenterait pas sa vision des choses. S'ils étaient effectivement dans une période de trouble, ils devaient plus que jamais garder la tête froide et positiver. Thelma avait l'impression d'avoir fui alors que, pour Jonah, elle avait su rester loyale envers ses idées. Deux perceptions différentes d'un même événement.

"Quant à ton ami, il a surement jugé préférable d'éviter d'avoir ce type de conversation avec ses proches. Si ses propos et ce qu'on lit dans ces journaux sont vrais, c'est tout à fait normal qu'il se montre prudent:  Pour se protéger lui-même et te protéger également." insista-t-il. "Nous devons prendre soin les uns des autres."

Surtout si une guerre civile était imminente.

"Et puis, comme tu le dis, ta place est à Poudlard et tu as certainement un champs d'action bien plus large au château que là-bas. Tu n'aurais jamais pu empêcher quoique ce soit en restant au laboratoire alors qu'ici,... il y a fort à faire."

Jonah poussa un léger soupir en pensant à Emma.

"La petite Blackbonnes est toujours convaincue que Mémo-Rise résoudra tous ses problèmes, bon nombre de nos élèves sont fascinés par la Milice et rêvent de rejoindre ce "corps d'élite" dit-il en mimant les guillemets avec ses doigts "Quant aux autres, la résistance semble leur faire de l'œil- J'ai trouvé un tract du LiberAvon dans la corbeille de la salle des Quatre Maisons ce matin." révéla-t-il d'un air soucieux.

Jonah refusait d'imaginer des enfants prendre part à ce combat, que ce soit d'un côté ou de l'autre. Il  passa une main dans sa barbe d'un air pensif et reprit:

" Les jeunes ont passé les fêtes de fin d'année dans leurs familles, ils ont entendu les discussions de leurs parents, ils ont pu se promener en ville, voir à quel point l'attentat avait changé les choses... Le conflit va s'inviter encore davantage à Poudlard. On va devoir être plus vigilent que jamais, j'en ai bien peur."

Et en tant qu'enseignante en Défense Contre les Forces du Mal, Thelma allait se retrouver en première ligne.

"Tu ne peux pas avoir une si mauvaise opinion de toi. Non seulement parce qu'on se doit de garder confiance en nous-mêmes mais aussi, et surtout, parce que ta vision des choses est altérée par le contexte et la tournure des événements."

Il s'appuya sur le dossier et ajouta:

"Tu es surement la personne la moins lâche que je connaisse." souffla-t-il enfin avec un sourire tendre pour la jeune femme.

Il suffisait de se souvenir avec quelle intensité elle avait défendue son point de vue lors de leur dernière conversation pour en être convaincu. Thelma avait le courage de ses convictions et il ne lui laisserait pas croire le contraire.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma tressaillit quand Jonah prononça son nom avec force, visiblement en total désaccord avec son analyse. Elle écouta silencieusement ses propos, sans pour autant se laisser complètement convaincre. Ce que Jonah voyait comme de la force de conviction, elle le percevait comme de la lâcheté, car elle se souvenait bien ce qu'elle avait ressenti il y a de cela un an et demi, et c'était de la peur. Le pays pansait difficilement ses plaies du Bloody Sunday, un nouveau ministre était élu avec une marge plus que confortable, et un programme de réformes très ambitieux, et elle avait eu peur...

Néanmoins les paroles de Jonah la réconfortaient. Elle aimait qu'il la perçoive ainsi, et avoir son soutien lui permettait de garder confiance, en elle et en son pouvoir d'action. A mesure qu'il parlait, elle sentait ses angoisses s'affaiblir, et elle comprit à quel point cela lui faisait du bien de pouvoir parler de ces sujets-là avec quelqu'un. Enfin, l'enseignante n'était plus seule avec ses pensées, ses doutes et ses inquiétudes. A entendre Jonah prononcer des "on", elle sentait qu'ils étaient désormais dans le même bateau.

Rassurée par l'idée qu'Eoghan avait sans doute voulu la préserver, elle fronça en revanche des sourcils inquiets à l'évocation de la petite Blackbonnes. Il fallait réellement l'empêcher d'essayer le programme Mémo-Rise. Le cas contraire, Merlin seul savait dans quel état elle serait... En son for intérieur, sa curiosité de chercheuse était attisée par ce projet et elle aurait donné cher pour plonger dans l'esprit d'un sorcier passé par Skye. Mais avant tout, il fallait protéger les jeunes sous leur responsabilité. L'évocation de la jeune Serpentard lui évoqua Nora, et la tentation de soulager son fardeau auprès de Jonah en lui dévoilant cette histoire fut grande. Heureusement, elle parvint à se contenir, consciente que c'était une croix qu'elle devait porter seule.

Thelma approuva le diagnostic de Jonah d'un hochement de tête. Oui, il leur faudrait se montrer plus vigilants que jamais avec leurs élèves. Un sourire s'épanouit sur son visage lorsque Jonah insista sur le fait que sa vision des choses était déformée, et qu'elle devait garder une bonne opinion d'elle. Il avait raison, d'une certaine façon. Thelma faisait au mieux avec les moyens qu'elle avait, et elle continuerait d'agir ainsi quoi qu'il arrive.

A ses derniers mots, son sourire se figea sur ses lèvres. L'expression de son visage lui semblait affectueuse, presque tendre. C'était la première fois qu'elle le voyait lui sourire ainsi. Elle ne pouvait nier que cela lui faisait un effet particulier, comme une douce chaleur qui se répandait en elle. Troublée par l'effet que lui produisait un simple compliment de la part de son collègue, elle mit un moment à lui répondre.

"Merci", souffla-t-elle doucement, "Mais moi je crois que c'est toi, la personne la plus courageuse que je connaisse."

Ce n'était sans doute pas quelque chose qu'il avait envie d'entendre, tant il détestait qu'on le réduise à sa lycanthropie, mais il fallait bien du courage pour mener Werewolf Right. Et il fallait également de la bravoure pour accepter un poste d'enseignant à Poudlard, quand on savait que le seul loup-garou à avoir occupé cette position en avait été chassé dès lors que son état avait été révélé.

"On forme une bonne équipe", ajouta-t-elle en lui lançant un regard pétillant de malice. Si elle pouvait l'en convaincre... Oui, plus le temps passait, et plus elle trouvait qu'ils formaient un duo harmonieux, non seulement sur le plan du travail mais aussi personnel. D'ailleurs, on les voyait de plus en plus souvent fourrés ensemble au château, si bien qu'elle avait régulièrement pensé à son beau collègue pendant les vacances de Noël - sans tout-à-fait se l'avouer. Thelma secoua sa tête rousse pour se sortir ces idées de la tête, et revint à leur sujet de conversation :

"Et tu as raison, il va falloir qu'on fasse attention après cette coupure. Le retour a dû être un véritable choc pour bon nombre de nos élèves, c'est fou ce que le pays change vite en ce moment. Ici, ils sont dans leur cocon mais en-dehors, on revient vite à la réalité..."

Avec un soupir, elle ajouta : "Je comprends qu'Emma Blackbonnes soit tentée, ce programme est tellement séduisant, mais c'est une solution de facilité, par Holga ! Qui sait quels effets secondaires elle pourrait avoir, peut-être à vie ? Elle est jeune et quoi qu'elle ait vécu, elle peut aborder cela autrement. J'en suis persuadée."

Bondissant sur ses pieds avec nervosité, elle traversa le séjour jusqu'à l'aquarium dans lequel ses poissons gambadaient. Elle observa un instant leurs couleurs vives et sentit bientôt une sensation d'apaisement l'envahir, face à la vacuité de leurs existences. Comme il devait être simple et agréable d'être un poisson... Mais un poisson dans un bocal avait tout de même une vie moins trépidante. Elle s'arracha à sa contemplation et s'appuya contre le meuble blanc sur lequel reposait l'aquarium, pour observer Jonah.

"Mais comment on fait, au juste, pour se montrer vigilants ? Qu'est-e qu'on peut faire ?", s'enquit-elle en haussant les épaules pour signifier son impuissance.

Ils ne pouvaient tout de même pas fouiller les dortoirs en quête de tracts de la résistance, ni surveiller les moindres faits et gestes de leurs élèves, sinon ils n'étaient pas différents de la milice. Alors, quel était le plan ?
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Sans se départir de son sourire, Jonah secoua la légèrement la tête de gauche à droite comme pour contredire gentiment les propos de Thelma.

Il était loin d'être l'homme le plus courageux du monde et, honnêtement, il n'avait pas envie de l'être. En bon Serpentard, il estimait que ce trait de caractère pouvait vite causer votre perte... Maria était courageuse de s'opposer frontalement à la Milice et au gouvernement mais était-ce la bonne conduite à adopter pour espérer changer les choses ? Jonah estimait que non.

Certes, dans sa jeunesse, il n'avait pas hésité à monter cette association pour les droits des loup-garous. Il s'était investi, cœur et âme, pour cette cause mais lorsque la guerre avait éclatée, il n'avait pas hésité longtemps avant de fermer boutique et rejoindre le monde moldu avec sa famille. Il n'était pas prompt à faire passer les intérêts d'autrui avant les siens et ceux de ses proches. Ses enfants étaient -et resteraient- toujours sa priorité. Ses devoirs en tant qu'enseignant à Poudlard arrivaient seulement en seconde position.  En effet, il n'avait pas la grandeur d'âme des résistants engagés près à se sacrifier pour servir les intérêts d'autrui ou rétablir la justice en ce monde.

"Il me semble que ce titre revient plutôt à notre ami Neville." finit-il par dire.
Neville était incontestablement l'homme le plus courageux qu'ils connaissent tous les deux: Membre de l'armée de Dumbledore, destructeur d'horcruxe, héros de la bataille de Poudlard... Leur collègue forçait le respect.

"...Mais j'admets qu'on forme une bonne équipe tous les deux."

En tout cas, il estimait que Thelma était sa meilleure alliée à Poudlard. Il lui était reconnaissant, d'ailleurs, de lui avoir ouvert les yeux sur les dérives du régime... Il n'en revenait toujours pas d'avoir été aussi naïf, lui qui aimait se penser clairvoyant. L'article paru dans le London Calling n'était pas si éloigné de la réalité: Les mesures de Marchebank en faveur des lycanthropes avaient endormi sa méfiance à l'égard du gouvernement et sans sa discussion avec Thelma avant les vacances de Noël, il serait, surement, encore acquis à la cause du Ministre. Jonah devait beaucoup à Thelma et il accordait du crédit à ce qu'elle pouvait dire ou penser. Il fut donc satisfait de la voir corroborer ses propos sur la coupure hivernale et sur la vigilance qu'ils allaient devoir exercer lors des prochains mois.

Toutefois, une question restait entière: Comment rester vigilants et que faire en cas de troubles ?

"Je comptais sur toi pour répondre à cette question, plaisanta-Jonah avant de se lever  pour faire les cents pas dans la pièce. Il était comme Thelma, un peu perdu face à l'ampleur de la tâche comparé à leurs moyens d'action.

"Le climat de tension dans lequel est plongé le pays va surement finir par se répercuter ici. A plus ou moins long terme, on risque de voir s'opposer deux groupes: Pro et anti régime. Si tu veux mon avis la dissolution des Jeunesses Ministérielles a ralenti le phénomène mais il est inévitable..." commença-t-il en marchant toujours.

C'était sans doute ce que souhaitait Marchebank en envoyant Greengrass à Poudlard: Garder un œil sur Daisy, certes, mais aussi former de potentiels futurs alliés du gouvernement.

"Je pense que dans un premier temps nous devons encourager la cohésion au sein de l'école. Même s'il y a quelques signes avant-coureurs, cette rupture n'a pas encore eut lieu et nous devons essayer de la retarder un maximum afin de  nous laisser le temps d'envisager un plan d'action pour le moment venu."

L'esprit d'équipe et de cohésion était une notion importante aux yeux de Jonah. Si par l'intermédiaire de projets ou d'activités ils arrivaient à préserver l'esprit de corps de Poudlard encore quelques mois, ils ne devaient pas se priver.

"Ce que je veux dire par là, c'est qu'à un moment donné, lorsque ce clivage sera effectif, il va falloir repérer quels sont les leaders de chaque camp en étant plus attentif que d'ordinaire. Essayez de décrypter ce que l'on voit et ce que l'on entend: Les échanges entre élèves au début et à la fin des cours ou dans les couloirs. Observer les comportements à table."

Jonah poursuivit son raisonnement.

"Une fois que nous auront repéré qui , il nous faudra certainement agir auprès de ces jeunes: Écouter, expliquer, conseiller, condamner ou sanctionner...Honnêtement, pour le moment je ne sais pas quelle forme cela va prendre. Ce que je sais, par contre, c'est qu'il est nécessaire que nous nous organisions dès maintenant pour trouver des solutions. Pas juste nous deux, insista-t-il, toute l'équipe, ou en tout cas, tout ceux qui partagent notre vision des choses. Si, comme tu le sous-entendais la dernière fois, Daisy a cherché à composer une équipe à son image, nous allons devoir faire front commun pour adopter une même politique interne. "

Qui, Jonah l'espérait, ne serait ni associée au gouvernement, ni à la résistance. Un Poudlard neutre en somme, cherchant à préserver les jeunes des dangers de chaque camps.

Toutefois, cela sous-entendait prendre un risque. Le risque de s'ouvrir à certains collègues qui ne partageaient peut-être pas la même vision des choses que Thelma et lui. Pourtant c'était plus que jamais nécessaire:

"Nous allons nous épuiser si l'on essaye de gérer ça, tout seul, dans notre coin. C'est trop lourd à porter. Poudlard ne peut pas demeurer le dernier bastion face aux dérives du monde extérieur - et j'englobe volontairement les actions du régime celles des résistants extrémistes dans cette formulation- Jonah ne cautionnait ni l'un ni l'autre - sans un minimum d'organisation et de cohésion."

Il se tut et ajouta:

"Je vais tâter le terrain avec Neville- je pense que je ne devrais pas rencontrer trop de difficultés avec lui, concéda-t-il, et je peux aussi aller voir Rachelle. Nous avons déjà évoqué Mémo-Rise ensemble vue qu'elle suit la rémission d'Emma Blackbonnes... De ton côté, est-ce que tu te sens d'en discuter avec Daisy ? demanda-t-il. Il savait que les deux femmes étaient assez proches l'une de l'autre, elle ne peut plus nous laisser dans le flou, ajouta-t-il,  Elle doit imprimer une direction claire maintenant, c'est plus que nécessaire, assura-t-il avec force, mais si tu préfères que je m'en charge, j'irais lui parler."


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma suivit du regard les allez-retour de Jonah dans son salon. Tournant en rond comme un poisson dans un bocal, son collègue lui exposait sa vision des choses. En bon Serpentard, il ne lui avait pas fallut longtemps pour mettre son intelligence au service d'un plan d'action, certes à préciser. Thelma en fut à la fois impressionnée et soulagée. Le fait d'avoir des idées d'actions à accomplir, et d'un moyen d'aborder cette situation complexe, la rendait déjà moins effrayante. La tâche ne semblait plus si insurmontable.

Son esprit pratique se mit aussitôt à analyser les propositions de Jonah, pour en détecter les failles. Elle tiqua sur les mots de condamnation et de sanction. Etait-ce vraiment leur place de condamner quoi que ce soit ? Sa vision des choses étaient différente sur ce point : ils étaient là pour orienter, éclairer, informer, mais pas pour dicter ni imposer leur point de vue. Le danger était, à ses yeux, d'adopter une attitude trop paternaliste - voire manipulatrice - ce qui pourrait vite les conduire à faire pencher la balance en faveur d'un camp ou l'autre. Pourtant, elle ne réagit pas et conserva le silence, pour laisser Jonah finir d'exposer ses idées. D'une manière générale, ils partageaient un même objectif : maintenir la cohésion de l'école, coûte que coûte.

L'enseignante secoua la tête quand Jonah évoqua la directrice.

"Non, je vais m'en charger. Je pense qu'elle sera réceptive à mes arguments. Tu as raison, il est grand temps que nous abordions les choses de front avec Daisy, et qu'elle nous indique une direction à suivre."

Daisy aurait-elle ce courage ? Ou adopterait-elle une politique de l'autruche, plus protectrice envers sa vie de famille ? Thelma espérait pouvoir faire pencher la balance en faveur de la première option. Elle devait lui faire comprendre que protéger les élèves de ce château signifiait désormais sortir de l'inaction.

"Bonne idée pour Rachelle et Neville. Je pense que si quelqu'un peut comprendre le danger qui se profile, c'est bien lui !", ajouta-t-elle en passant mentalement en revue la liste de leurs collègues. "Je pense que je vais tester Peter sur une conversation politique. Il est bien trop discret quant à ses opinions et, quoi qu'il pense, il faut que nous le sachions. Sa femme a été directrice des mystères avant de quitter le gouvernement... Il a forcément un avis sur la question."

Thelma poursuivit sa revue mentale de l'équipe pédagogique. L'image du professeur d'histoire de la magie s'imprima alors dans son esprit, et elle interrogea :

"Et Roderick, penses-tu qu'il peut être réceptif ? Si nous devons faire front commun, alors plus on est nombreux, mieux c'est... Et pourtant, il nous faut rester prudents. La cohésion doit d'abord exister entre nous si on veut qu'elle existe entre les élèves..."

Or on ne pouvait guère dire que leur équipe soit particulièrement soudée. Profondément renouvelée, du fait de nombreux départs et disparitions dramatiques de professeurs, elle était composée d'un ensemble disparates de professeurs qui se connaissaient plus ou moins. Les rapports étaient cordiaux, mais Thelma trouvait parfois que la mayonnaise ne prenait pas suffisamment. C'était peut-être une première chose à changer...

"Et je ne sais pas ce que tu en penses, mais je trouve qu'on a des progrès à faire sur ce plan là", conclut-elle avec un sourire. Peut-être qu'un séminaire de cohésion d'équipe s'imposait.
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah hocha la tête lorsque Thelma proposa d'évoquer le sujet avec Daisy et Peter. Les deux ex-Poufsouffle étaient des amies proches, c'était plus judicieux d'envoyer Thelma en éclaireur pour traiter avec la directrice de Poudlard. Quant à leur collègue de Serdaigle, en tout honnêteté, Jonah avait du mal à le cerner. Ils n'avaient pas encore eu l'occasion d'avoir des discussions assez profondes pour prétendre mieux le connaitre. Aborder brièvement en salle des professeurs le manque d'attention des quatrièmes années Gryffondor ou la mollesse des troisièmes années Serpentard ne suffisait pas à se faire une idée d'une personne. Thelma travaillait avec Peter depuis plus longtemps, sans doute était-elle la plus disposée pour tâter le terrain auprès de lui.

"Pour Roderick, je ne sais pas, avoua-t-il. Si Peter lui donnait l'impression d'être secret, son collègue d'Histoire de la Magie paraissait encore plus renfermé, je sais juste qu'il a donné un sujet de composition aux sixièmes années sur" la presse durant la seconde guerre des sorciers". Virgil devait y travailler dessus pendant les vacances." L'avait-il fait chez Agathe ? Rien n'était moins sûr !  Jonah se promit de vérifier auprès de Roderick -Si Virgil avait squeezé le rendu, il allait l'entendre !- avant d'observer Thelma quelques instants. Le sujet donné ouvrait des pistes de réflexion plutôt pertinentes compte-tenu de la situation actuelle du pays, intéressant non ? " fit-il pour finalement ajouter "En tout cas je pense qu'on peut essayer de creuser le truc, l'air de rien."

Jonah pourrait tout à fait utiliser son statut de père pour questionner Roderick sur la thématique de cette dissertation et sur ce qu'il attendait concrètement des élèves dans sa matière. Il n'était pas obligé de mentionner la politique actuelle pour arriver à en savoir plus sur ce cher M. Wembley.

"Il y a aussi les deux  apprentis enseignants: Liam et Jeremy."

Il les sentait bien ces deux là. Non pas parce qu'ils aimaient sortir au pub (quoique, peut-être) mais parce qu'ils lui avaient fait bonne impression. Jonah se faisait peut-être des idées aussi attendit-il l'avis de Thelma sur ces collègues avant de se prononcer.

Toutefois la jeune femme préféra souligner le fait qu'ils devaient rester prudents. Même s'ils n'envisageaient aucunement de monter un groupuscule résistant au sein de l'école, leur volonté d'indépendance vis à vis du régime risquait de froisser quelques membres du gouvernement. Mieux valait avancer couvert, tout en restant uni.

Ce dernier point était d'ailleurs loin d'être un fait avéré, comme le soulignait Thelma. Jonah, lui même, n'était en poste que depuis quelques mois tout comme plusieurs de ses jeunes collègues. En l'espace de cinq ans, quasiment toute l'équipe avait été renouvelée et chacun avançait parallèlement, dans son coin. Peut-être y avait-il un certaine méfiance envers les nouveaux venus -après avoir vu passer Greengrass et, surtout, Sorden, Jonah pouvait aisément le comprendre- mais c'était important de pouvoir remédier à ces aprioris afin d'instaurer un climat de confiance entre les différents membres de l'équipe pédagogique.

"Tu as raison. Tu as tout à fait raison même, répéta-t-il en s'arrêtant devant Thelma, une lueur d'intérêt dans le regard. Il pensait savoir où elle voulait en venir en disant ça, Tu penses organiser des moments de convivialité ou une sorte de convention pour favoriser l'esprit d'équipe  ?" s'enquit-il alors que son esprit travaillait déjà dans cette optique, je peux t'aider si tu veux. Ou on peut proposer des idées à Daisy."

Organiser un tournoi sportif, un séminaire en terre moldue, un week-end avec des activités ludiques favorisant les interactions entre eux et la cohésion du groupe. Jonah ne manquait pas de piste de travail mais encore fallait-il que la directrice et le C-A soit d'accord pour autoriser et/ou financer toutes ces activités.

"Le soucis c'est qu'on ne peut même pas envisager une journée sans élèves avant les prochaines vacances, souffla-t-il. Un peu tard., Et nous ne pouvons pas tous être déchargés de nos responsabilités en même temps... Même si nous prévoyons un moment convivial et informel, en salle des profs, tout le monde ne pourra pas être là. William fera sa ronde, les directeurs de Maison seront d'astreinte, Rachelle s'occupera des malades, On peut bien sûr commencer par ça mais je pense qu'il faut qu'on table plus haut... assura-il en reportant son attention sur Thelma, Tu as des idées ?"


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Le sourire de Thelma s'accentua quand Jonah s'arrêta face à elle, visiblement emballé. Elle aimait avec quelle facilité ils parvenaient à se convaincre de leurs idées, ce soir, contrairement à leur première conversation. Il était bien plus stimulant de réfléchir à ce genre de choses à plusieurs, aussi hocha-t-elle la tête quand il lui proposa son aide. Les paroles suivantes de Jonah la firent aussitôt déchanter, puisqu'elle n'avait pas été jusqu'à réfléchir aux limites de son idée. Elle qui imaginait déjà un week-end dans une destination exotique avec ses collègues... Mais il avait raison, jamais ils ne pourraient s'exiler loin du château tous ensemble.

"On peut toujours refiler les enfants à Liam et Jeremy pour quelques jours, non ?", s'enquit-elle en adoptant un air suppliant de bébé boursouf. "Bon, bon... J'aurais bien proposé un séminaire de chasse aux Nargoles en Bulgarie, mais puisque c'est impossible, alors on va réfléchir à autre chose."

Pouffant de sa propre blague, Thelma se prit à imaginer leur collègue de métamorphose, si terre-à-terre et rationnel, forcé à vadrouiller par monts et forêts en quête de créatures qu'il jugeait imaginaires. L'idée avait beau être séduisante, elle était irréalisable tant qu'ils avaient quelques centaines d'adolescents sur les bras.

"Puisqu'on ne peut pas faire sans les élèves, alors il va falloir faire avec eux", ajouta-t-elle, une lueur d'excitation dans le regard. "Il n'y a rien de tel pour fédérer une équipe que de monter un projet tous ensemble ! Et c'est pareil pour les élèves : les projets pédagogiques qui sortent de l'ordinaire les marquent souvent bien plus que nos cours. Il suffit de regarder le succès retentissant de notre club de duel."

Elle lui octroya une oeillade amusée, avant de se remettre à réfléchir plus sérieusement. Peu à peu, les idées se mirent à affluer dans son esprit, et elle commença à les exposer comme elles lui venaient :

"Pourquoi pas un tournoi, par équipes mélangées entre les maisons, avec des épreuves sportives, magiques, des énigmes et quizz... On pourrait s'inspirer du Tournoi des Trois Sorciers, mais sans l'aspect élitiste des champions : cette fois, tout le monde participe ! Tous les élèves participent et tous les professeurs encadrent. Chaque matière pourrait être mise à contribution : les profs déguisés en personnages historiques donnent des indices ; pour l'étude des moldus, on pourrait leur faire jouer au cricket, etc. Cela pourrait même être une sorte de jeu de piste à thème, comme ça si on peut les faire réfléchir au passage..."

Les faire réfléchir au contexte actuel, et à leurs choix à venir, à tout hasard. Excitée par son idée, Thelma réalisa qu'elle avait parlé un peu vite sans même prendre le temps d'y réfléchir. N'était-ce pas quelque chose d'un peu compliqué à mettre en place dans un délai court ? Leurs collègues ne risqueraient-ils pas de protester qu'ils avaient mieux à faire ?

"Bon, je m'emballe, mais ce n'est qu'une idée", nuança-t-elle, les joues empourprées. "On peut aussi réfléchir à quelque chose de plus sérieux. Monter un cours collectif, par exemple. Je suis sûre qu'on peut trouver quelque chose de bien. Quoi qu'il en soit, je pense aussi qu'il faut inclure Jeremy et Liam dans notre projet. Je ne sais pas pour Liam mais... Jeremy est l'un de mes fournisseurs en paperasse clandestine, pour tout t'avouer. Tu peux parler librement avec lui."

Il n'y avait plus lieu de dissimuler cet état de fait à Jonah, maintenant. Certes, les apprentis n'étaient qu'à moitié présents au sein de leur équipe pédagogique mais ils pouvaient aussi contribuer à la bonne cohésion entre les enseignants. De plus, intégrer Jeremy dans leur noyau dur de convaincus faisait sens puisqu'il était visiblement bien informé.

"Et toi, tu as des idées ?", l'interrogea-t-elle finalement en l'observant avec curiosité.
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"On peut toujours refiler les enfants à Liam et Jeremy pour quelques jours, non ?"

Jonah ne savait pas si c'était l'emploi du terme "les enfants" plutôt que "les élèves" ou l'air suppliant de bébé boursouf que Thelma avait affiché après sa tirade mais quelque chose l'avait plongé des années en arrière, du temps où il était encore avec Agathe. Son ex-compagne usait des mêmes mimiques lorsqu'elle évoquait, avec lui,  l'hypothèse de faire garder les garçons par les grands parents afin qu'ils aient un peu de temps pour eux. Le fait que sa collègue lui fasse penser à son ex-femme était plus que troublant mais Jonah se garda bien de faire la moindre remarque là-dessus. Il se contenta de sourire lorsqu'elle évoqua la chasse aux Nargoles et changea de sujet mentalement. Ce n'était pas le jour  (Si tant est qu'il y en ait un !) pour comparer Thelma à Agathe.

Il reprit donc le fil de la conversation en acquiesçant aux propos de l'enseignante, touché et séduit par tant d'enthousiasme de sa part. Comme le soulignait Thelma s'ils ne pouvaient pas faire sans les élèves, ils feraient avec, et ses propositions étaient plutôt emballantes si l'on mettait de côté l'idée de se déguiser en personnage historique. Non clairement, les déguisements n'étaient pas le truc de Jonah mais il se sentait tout à fait partant pour tout le reste: Les projets de co-enseignement et surtout le tournoi toutes maisons et années confondues . Avec des épreuves sportives, culturelles, solidaires et peut-être même des activités à organiser en dehors du château. N'importe quoi qui puisse favoriser la cohésion des jeunes et des équipes. D'ailleurs, d'après les dires de la directrice de Poufsouffle, Jeremy Baker était une personne ressource sur laquelle ils pouvaient s'appuyer pour maintenir Poudlard dans la voie de l'indépendance face au régime. Quel petit cachotier ! Sous ses allures de papa poule, l'ancien Gryffondor alimentait donc  Thelma en presse clandestine ! Honnêtement, Jonah espérait paraitre tout aussi insoupçonnable que son jeune collègue, se dit-il avec un léger sourire.

" Et pourquoi pas un voyage à l'étranger ? proposa-t-il alors avant d'ajouter prestement, je sais, la dernière fois, ça ne s'est pas particulièrement bien terminé, Le voyage scolaire à Vaaltivara était encore dans toutes les mémoires, celles des enseignants, des parents et celles des élèves. En effet, certains septièmes années avaient failli rester prisonniers de la neige lapone, Cassandre Harper pour ne citer qu'elle, pourtant Jonah était convaincu qu'un voyage en dehors du Royaume-Uni fédérerait l'équipe et les élèves et leurs permettraient, à tous, de prendre un peu de recul sur la situation de leur pays, Je reste persuadé que c'est une bonne idée, affirma-t-il, On pourrait coupler ce voyage avec ton idée de tournoi." proposa-t-il en s'avançant près de l'aquarium.

Il observa quelques instants les poissons multicolores  nager paisiblement dans leur bocal tout en réfléchissant à une organisation et une destination envisageable. Jonah tapota du bout de son index la vitre pour réveiller un petit poulpe qui semblait un peu endormi dans sa grotte sous-marine et reprit en reportant son attention sur Thelma:

"Après, il faut que les collègues soient partants pour quitter leur vie ici durant une semaine. Peter et Jeremy ont des enfants en bas âge, cela risque de jouer en notre défaveur et cela serait contreproductif de leur imposer quoique ce soit ou qu'ils se sentent obligés de nous accompagner. J'ai cru comprendre que Daisy était dans une situation un peu délicate elle aussi, dit-il prudemment. Il était visiblement question de divorce, quant à Roderick ou Abigail je ne les connais pas assez pour connaitre leur vie personnelle plus en détails... Il se peut aussi qu'ils n'aient juste pas envie d'accompagner, c'est tout à fait plausible -et même carrément envisageable- mais ça ne coute rien de leur exposer notre idée et de voir s'ils sont plutôt partants sur le principe, enfin si toi aussi tu es ok ? Ce n'était pas parce que Thelma n'avait pas d'enfant et manifestement pas de compagnon en ce moment qu'elle était libre comme l'air, Si l'équipe est soudée et que le projet est murement réfléchi et bien construit, les parents le sentiront et ils nous suivront."

En tant que père de famille, il parlait en connaissance de cause.

"Je peux peut-être avoir un contact en Australie, à la JiJiFac" -Jim Jim Falls Academy- la célèbre école de Magie Australienne, dit-il alors,  leur enseignante de "Créatures magiques et non-magiques" est une connaissance." précisa-t-il en s'accoudant sur l'aquarium. Il observa Thelma et laissa échapper un sourire énigmatique avant de lâcher, Un grand tournoi Magique dont l'épreuve finale aurait lieu à la JiJiFac. Ça a de la gueule non ?"


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma sentait son exaltation augmenter à mesure que Jonah rebondissait sur son projet pour exposer son idée. Un voyage à l'étranger ! C'était une excellente idée, et elle se mit à battre des mains avec enthousiasme. Observant Jonah qui observait lui-même les poissons, elle se mit à réfléchir à mille-et-une destinations pour leur Tournoi. Elle se voyait déjà en expédition avec ses collègues et leur bande d'adolescents prêts à faire toutes les bêtises possibles et imaginables. Monter un tel projet serait du travail, c'était certain, mais elle ne pouvait nier qu'elle était séduite par l'idée - et tout-à-fait disposée à passer de longues soirées avec Jonah pour y travailler.

Une fois encore, ce fut son collègue qui mit le doigt sur les difficultés qu'ils seraient amenés à rencontrer. Un sourire un peu nostalgique étira ses lèvres quand il mentionna les enfants en bas-âge de certains de leurs collègues. Que n'aurait-elle pas donné pour avoir à se poser la question de trouver un(e) baby-sitter ! Dire que Jeremy n'avait que vingt ans, et déjà un enfant... Mais elle se consola en se disant qu'elle était ainsi libre de monter tous les projets éducatifs qu'elle le souhaitait et de se consacrer pleinement à son travail. Thelma hocha la tête pour approuver les questionnements de Jonah. En effet, convaincre l'ensemble de leurs collègues de se lancer dans un projet aussi ambitieux, et dans un délai réduit, n'était pas une mince affaire. Pourtant, elle était prête à essayer.

"La JiJiFac, mais ça serait génial !", s'exclama-t-elle quand Jonah mentionna le prestigieux établissement australien. Elle imaginait initialement un projet quelque part en Europe, mais l'Australie avait certainement plus d'attrait - et ce serait d'autant plus vendeur pour leurs élèves. L'Australie était une terre de magie, où de nombreux villages entièrement sorciers s'étaient implantés loin des terres moldues, faisant fi des conditions climatiques. Thelma avait toujours aimé entendre les légendes australiennes, qui portaient souvent sur les créatures magiques excentriques qui habitaient sur le continent - en particulier le célèbre Diable de Tasmanie.

"Oui, ça a de la gueule", approuva-t-elle en lui rendant son regard. "Clairement, je pense que nous n'aurons aucun problème pour vendre un projet pareil à nos élèves. La question, c'est arriverons-nous à convaincre les collègues ? Il s'agit tout-de-même de partir à l'autre bout du monde, en emmenant toute l'école avec nous puisque nous ne laissons aucun collègue derrière."

Passé l'enthousiasme initial, son esprit pratique se remettait en marche et elle se mit à compter sur ses doigts la liste innombrable de leurs tâches : "Non seulement il y a la question de la disponibilité des enseignants, mais il faut aussi réussir à monter le partenariat. Même avec ton contact, il faut réussir à présenter un dossier et à le faire accepter par les conseils d'administration des deux écoles. Il faudra d'ailleurs certainement demander une subvention. Cela suppose aussi d'obtenir l'accord des parents, d'obtenir des passeports, des vaccins et des portoloins pour tous les participants, il faut que JijiFac ait la capacité de nous accueillir, sans parler de l'organisation du Tournoi sur place... "

C'était au moins six mois de travail, en temps normal. Un soupir de découragement s'échappa de ses lèvres. Le poids de la tâche semblait immense : "Pourtant j'adore l'idée... Tu penses vraiment qu'on peut réussir à mettre ça sur pieds ?"

S'ils parvenaient à obtenir le soutien et l'aide de leurs collègues, et surtout celui de Daisy, c'était peut-être envisageable. Voire obtenir le soutien du Ministère pour les relations entre les deux pays et les paperasses administratives... Il leur faudrait peut-être jouer sur la corde sensible en arguant le fait que leurs élèves avaient bien besoin d'une escapade loin de l'Angleterre et de son contexte. Et avec l'aide du contact de Jonah, c'était peut-être jouable... Cette enseignante attisait d'ailleurs sa curiosité.  Après un infime temps d'hésitation, elle s'enquit d'un air faussement détaché : "En tout cas c'est super que tu aies un contact là-bas... Vous vous connaissez comment ?"
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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L'enthousiasme premier de Thelma faisait plaisir à voir et même si elle avait fini par objecter une liste de contre-arguments long comme un le parchemin d'un DM de Sasha Benson, Jonah décida de se concentrer sur le positif.

Oui, ce projet  allait être compliqué à monter dans le temps imparti mais c'était un beau challenge ! Les élèves comme les professeurs avaient besoin d'un événement fédérateur et Jonah était intimement persuadé que ce voyage scolaire à la JijiFac était une excellente idée même si cela sous-entendait un investissement conséquent de sa part ...et de celle de Thelma.

"Je pense vraiment que nous pouvons mettre ça en place. En tout cas je ne me vois pas remiser cette idée au placard sans avoir essayé," expliqua-t-il d'un ton décidé. C'était contraire à ses principes. Il se sentait prêt à faire face aux innombrables tâches que Thelma avait listées et à mettre en place un diagramme prévisionnel pour mener toutes ces missions de front. S'il était honnête avec lui-même, il devait avouer que l'idée de passer encore plus de temps avec sa collègue était un argument non négligeable qui faisait pencher la balance mais il entendait bien rester professionnel jusqu'au bout.

"Si le projet est bien ficelé, le C.A y sera favorable. En plus de l'aspect pédagogique, il faut que nous insistions sur le côté sécurité et sur la fiabilité de  l'encadrement. C'est ça qui inquiète les parents depuis Vaaltivara et plus récemment Leopoldgrad.  En tant que père, il savait parfaitement ce qui risquait de coincer, Concernant les subventions, j'en fais mon affaire. Il brandit le London Calling devant lui avant d'ajouter, Il faut bien que ces prétendues connivences avec le régime nous servent à quelque chose ! plaisanta-t-il avant de se montrer plus sérieux, J'ai un contact au Ministère, Isobel Lavespère qui défend ardemment la pédagogie de projets et les méthodes innovantes dans l'enseignement. Peut-être qu'elle peut convaincre pour nous quelques chefs de départements de mettre la main à la poche et de nous aider financièrement... Qu'en penses-tu ?" s'enquit-il auprès de Thelma.

"Après concernant l'accueil à la Jijifac et le montage du projet en lui même je suis sûr qu'il n'y aura pas de problème avec Gale. Je sais qu'elle a déjà essayé de monter un partenariat similaire par le passé mais que McGonagall n'avait pas donné suite, c'était la directrice de l'époque."

Pourtant envisager un échange pédagogique avec la prestigieuse Jim Jim Falls Academy, ce n'était pas rien !  L'école était surement l'une des plus reconnues de l'hémisphère Sud avec l'Institut magique de Prétoria  et l'école de Punta Arenas. La qualité de son enseignement et ses infrastructures édifiées dans le respect d' un site naturel remarquable étaient connus de tous et Thelma cherchait d'ailleurs à en savoir un peu plus sur le contact de Jonah là-bas.

"Il s'agit de Gale Turner, on était dans la même association de défense des droits pour les créatures magiques dans les années 90 avant que je ne crée WereWolfs Rights.  Jonah afficha un sourire nostalgique en se remémorant leur passé d'activistes et poursuivit, C'est une personne remarquable, capable de faire bouger des montagnes par la seule force de sa volonté. Elle était plutôt sur le devant de la scène associative à un moment donné -mais c'était peut-être la période où tu enseignais à Durmstrang- précisa-t-il en tentant de se remémorer cette période, elle s'est exilée en Australie pour enseigner depuis quelques années."

Jonah sortit son Pear One, tapota le nom et le prénom de son amie sur le clavier et aussitôt un petit hologramme représentant Gale Turner se matérialisa face à lui -Cette base de donnée magique inspirée de l'internet moldu était vraiment remarquable !- C'est elle, tu as peut-être déjà vu sa photo dans la Gazette ou ailleurs, ajouta-t-il en faisant défiler les hologrammes d'un geste de l'index... Non ?" demanda-t-il alors en s'arrêtant sur une photographie peut-être plus représentative que les autres.


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London Calling [Thelma & Jonah]

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