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 On choisit la médecine parce qu'on veut faire le bien. [Irving]

MétamorphomageMolduavatar
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22 Janvier 2010






Emma Winston ~ Médicomage



« - Tout est prêt, du moins dans l’ensemble, il ne reste que deux trois bricoles à régler et encore un peu d’aménagement à faire mais… ce sera vite terminé.
- J’espère, la première fois que je m’y suis rendue, c’était pas très clair. En tout cas, merci d’être venu, je m’y rendrai bientôt.
- J’espère t’y voir, répondit l’homme avec un sourire. En attendant, fait attention à toi. »

Emma rendit son sourire à son, officiellement, collègue infirmier et, officieusement, camarade résistant qui lui avait donné rendez-vous chez un marchand de journaux moldu pour lui donner des nouvelles sur les travaux à St-Agnès auxquels il prêtait main forte pour régler les derniers détails. Au milieu des journaux, magasines peoples et autres absurdités, les deux sorciers avaient pu échanger librement l’espace de quelques instants. Ce qui n’avait pas déplu à Emma. Elle appréciait bien son collègue, sa présence la rassurait. Sa façon toujours calme de parler, sa philosophie de vie qui le poussait à aborder les choses sereinement, avec espoir, sans jamais se prendre la tête… et son regard peut-être auquel la médicomage s’accrocha une dernière fois lorsqu’il quitta la petite boutique en enfilant son bonnet.
Ils avaient le même âge et avaient débuté ensemble à l’hôpital, lui tout juste diplômé de la formation d’infirmier, elle au commencement de son externat à Ste Mangouste. Ils s’étaient alors côtoyés quelques temps avant de continuer leur vie chacun de leur côté, un voyage humanitaire en terres africaines pour lui et la fin de ses études pour Emma.

Alors qu’elle s’apprêtait à regagner elle aussi les rues froides de Londres, le gérant du tabac-presse l’interpella.

« Hé ! C’est pas un moulin ici ! Si vous voulez que je tolère vos petites réunions avec votre copain, il va falloir m’acheter quelques chose !
Ce que les moldus pouvaient être grossiers parfois.
- Je vais vous prendre un paquet de chewing-gums, soupira-t-elle en s’approchant de la caisse. A la fraise, ajouta-t-elle.
Le bougre lui darda un regard qui signifiait clairement qu’il n’allait pas se satisfaire aussi facilement.
- Deux paquets de chewing-gums »

Il leur fallait trouver un autre point de rendez-vous.

*****

« Emma ? Tu es avec nous ? »

La médicomage émergea de sa torpeur, sa tasse de café à la main. Ses collègues avec qui elle s’octroyait une pause l’inspectaient avec intérêt.

« -Désolée, j’étais dans la lune, s’excusa-t-elle, confuse. De quoi vous parliez ?
- De ce qu’il s’est passé ce matin en pathos par sortilèges, expliqua une jeune médicomage. Un pauvre gars a reçu un sortilège de confusion de la part de son gentil voisin avec qui il ne s’entend pas très bien. Mais la dose a été un peu trop forte parce que le type perdait complètement pied. Il prenait même sa femme pour un chapeau.
- C’est affreux, sa femme en question devait être complètement désemparée.
- Oh que oui ! Elle ne savait plus quoi faire. Elle ne savait même pas si son mari l’écoutait. Elle jeta un œil à l’heure et termina précipitamment son café. Oh, faut que j’y aille, j’ai un rendez-vous. A plus tard ! »

Chacun termina sa boisson avant de laver et de ranger dans les placards de la salle de pause leurs propres tasses qu’ils personnalisaient parfois entre eux. Celle d’Emma représentait une silhouette imagée d’un chat et, sur le verre, ses collègues avaient inscrit des petits mots gentils, des blagues ou des sobriquets qu’ils lui donnaient. La sorcière tenait beaucoup à cette tasse, elle était là avec elle depuis presque le début et abritait de nombreux souvenirs. Ce n’était pas grand-chose comme objet, mais il avait acquis au cours des années une grande valeur sentimentale.

La médicomage retourna dans les couloirs blancs de l’hôpital flanquée de Meredith*, l’une de ses collègues avec qui elle s’entendait le mieux. Cette dernière vint coller son épaule contre la sienne et l’interrogea :

« - Tu pensais à quoi tout à l’heure ? Ou plutôt à qui ? A Felix ?
- Arrête avec ça, j’ai d’autre choses en tête tu sais.
- Moui, c’est ce qu’on dit…, renchérit sa collègue, un sourire en coin. Vous vous êtes vus récemment ?
- Oui, on est allés boire un verre avant-hier. Elle aurait aimé que ce soit vrai, c’était plus sympa que de se retrouver chez un marchand de journaux fortement désagréable.
- Aaaah ! Et vous avez parlé de quoi ?
- De tout et de rien. Mais surtout pas du nouveau QG de la résistance.
- Mais qu’est ce que t’attends pour passer à la vitesse supérieure ?
- J’estime que ce n’est pas à moi de le faire et puis… est-ce que ce n’est pas trop tard pour se lancer dans une relation, à mon âge ? J’ai plus trente ans et je suis bien toute seule tu sais, je trouve toujours quelque chose à faire.
Meredith lui attrapa la main pour l’arrêter et lui fit face.
- Écoute, ça peut faire fleur bleue mais, l’amour n’a pas d’âge. Et puis, même si son prénom m’évoque celui d’un chat, je suis sûre que c’est quelqu’un de bien. »

Elle souriait et Emma savait qu’elle était sincère mais c’était facile à dire pour elle qui avait bientôt 20 ans de mariage derrière elle. Son mari l’aimait et ils avaient eu deux beaux garçons qui n’en finissaient pas de grandir. Malgré tout, Emma appréciait son geste d’amitié et elle lui serra amicalement les deux mains en retour.

« Tu sais que t’es mignonne quand tu veux ? Je te laisse, je vais être en retard. »

*****

Emma terminait sa journée et était sur le point de sortir de l’hôpital quand quelqu’un l’interpella.

« Hé ! Minute papillon ! »
Meredith la rattrapait à grandes enjambées en enfilant difficilement sa cape d’hiver.
« - Ça te dit un café ? Ou un verre ? C’est ma tournée !
- Non c’est bon merci, je dois voir un ami, lui apprit Emma en enfilant ses gants sans s’arrêter.
- Encore ? Un adversaire de Felix ? s’enquit la médicomage avec malice.
- Laisse ce pauvre Felix tranquille ! Et puis non, ce n’est pas un de ses adversaires, mon ami n’est guère plus vieux que mon fils, c’est encore un gamin pour moi !
- Ne le fait pas trop boire alors ! On reporte notre sortie à une autre fois ! Bisooouuus ! »

Les deux femmes se séparèrent et Emma quitta l’hôpital en remontant le col de sa cape.

Une fois dehors, la sorcière s’interrogea sur la raison de la venue d’Irving. En effet, quelques jours plus tôt, il lui avait envoyé une lettre courte et formelle dans laquelle il lui demandait s’ils pouvaient se voir. Emma avait d’abord été surprise de recevoir ce parchemin, que pouvait-il bien lui vouloir ? Puis elle lui avait répondu en lui donnant rendez-vous dans un café moldu où ils pourraient échanger quelques mots en toute tranquillité.
La médicomage s’engouffra dans une ruelle où elle transplana pour réapparaître dans une impasse non loin du lieu de rendez-vous. Le froid était mordant et l’air pollué de Londres qui piquait la gorge n’arrangeait rien, aussi Emma fut soulagée de pénétrer dans l’ambiance chaude et chaleureuse du café qui redonnait un peu de couleur à son visage. Elle s’installa à une table un peu à l’écart en se débarrassant de sa cape qu’elle posa sur le dossier de la chaise.
En scrutant l’extérieur à travers les vitrines pour surveiller l’arrivée d’Irving, elle prit conscience qu’elle était plutôt contente à l’idée de revoir le jeune homme. Elle s’était assez attachée à lui quand il venait à l’hôpital voir son père souffrant et elle ne l’avait pas revu depuis l’attentat où elle l’avait trouvé blessé. Elle n’avait pas pu le prendre en charge complètement, le patient Dean Forbes avait été prioritaire, et elle s’en voulait un peu de ne pas avoir pris de ses nouvelles, de lui et de la fille avec qui il était.

Elle ne dut pas attendre trop longtemps puisque le visage familier d’Irving finit par apparaître à la porte du bar. Emma lui adressa un sourire accueillant et ne put s’empêcher de constater la mine fatiguée du jeune homme lorsqu’il s’assit face à elle, déformation professionnelle peut-être. Elle le laissa se mettre à son aise avant d’engager la conversation.

« Vous voulez boire quelque chose ? Demanda-t-elle.
Il manquait plus que le patron du café soit aussi embêtant que celui du bureau de tabac où Felix et elle se retrouvaient. Encore ici, elle comprendrait.
Elle n’attendit pas pour poursuivre.
« - Je dois dire que je suis curieuse de votre venue mais, avant ça, j’aurais dû le faire bien avant mais, comment allez-vous ? Depuis… le 30 Octobre ? »

Elle avait posé cette question trop souvent depuis Leopoldgrad, elle espérait ne plus avoir à la poser un jour.

HRP:
 
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving n'avait plus d'ongle à ronger portant il s'acharnait sur son pouce depuis dix bonnes minutes. Il était stressé et tendu à l'idée de cet entretien. S'il n'avait pas reçu une éducation basée sur le respect des règles de politesse, il aurait très certainement posé un lapin à Emma Winston. Ni sa raison ni son cœur n'avaient envie d'être là.

Pourtant, il avait choisi cette médicomage avec le plus grand soin. Après avoir promis à Nora qu'il allait entamer une thérapie, il s'était mi en quête d'un psychomage à qui parler mais il avait rapidement écarté tous les médecins étrangers à la Résistance.

Comment parler de son mal-être sans évoquer cette double vie qu'il vivait ? Sans parler du sentiment du culpabilité et d'insécurité qu'il ressentait depuis plusieurs mois ?

Il s'était donc tourné vers sa sœur, Tara, médicomage à Sainte Mangouste et résistante active au sein de l'hôpital de campagne. Elle avait bien évidemment offert ses services à son petit frère mais Irving avait refusé, préférant avoir à faire à une personne qu'il ne connaissait pas. Il ne s'imaginait pas évoquer ses problèmes personnels avec sa sœur. Elle avait beau compter énormément pour lui, il ne voulait pas l'inquiéter plus que de raison et il ne se sentait pas de lui dévoiler ses plus sombres secrets. Il lui fallait une personne de confiance, intégrée à la résistance. Une personne qui puisse comprendre son quotidien.

"Et pourquoi pas Emma ?" avait soufflé Tara en écrasant sa cigarette. Tu la connais un peu, mais bon." avait-elle ajouté en laissant échapper une volute de fumée du coin de sa bouche.
Le frère et la sœur étaient tous deux installés à la table de la cuisine de la maison familiale, un cendrier fumant posé entre eux.
_Emma qui ?
_Winston. La médicomage de papa. Tu m'as dit que tu l'avais vu à Leopoldgrad.
Le docteur Winston. Bien sûr. Elle avait soigné Bradley à Sainte Mangouste et ils s'étaient croisés le jour de l'attentat. Elle lui avait prodigué les premiers soins avant de prendre en charge l'ami de ce cognard de Nahuel.
-C'est une psychomage ?
- Non, j'crois pas, mais elle fait partie de la Salamandre, enfin du Lexit, avait-elle corrigé, j'ai bossé plusieurs fois avec elle à l'hôpital de campagne. On a fait rentré des médocs. J'la connais pas plus que ça à vrai dire, avait-elle ajouté en sortant une nouvelle cigarette de son paquet. Tara avait doublé sa consommation depuis quelques mois, ce qui inquiétait Irving, mais fumer semblait la calmer alors il ne disait rien. Il était mal placé pour juger, elle pourra peut-être te conseiller un bon psy. Tara avait allumé la cigarette de la pointe de sa baguette. "Et puis elle connait ton passif, enfin une partie. "avait-elle précisé en tirant une nouvelle bouffée.
Irving avait évalué la situation quelques instants avant de prendre sa décision.
-Tu penses que je peux lui envoyer un patronus directement à Sainte Magouste ?
-Fais lui un courrier plutôt. Perso j'déteste recevoir des patronus quand je suis en intervention, avait-elle dit en s'appuyant sur le dossier de sa chaise. Elle avait évalué la mine fatiguée de son frère avant d'ajouter: Tu sais que tu peux tout me dire Ving', j'te jugerais pas."
-Je sais.
-Ça sert à ça la famille.
-Je sais.
Un silence avait plané quelques instants, comme si Tara attendait que son frère se confie enfin à elle mais Irving avait finit par dire en se levant:
-J'vais lui envoyer un parchemin dans ce cas. Merci Tara."

Et il était là, aujourd'hui, à deux pas de ce café moldu où Emma lui avait donné rendez-vous, hésitant encore entre fuir et entrer.
Un homme sur le trottoir le bouscula légèrement l'obligeant à faire un pas devant lui, puis un autre et, en quelques enjambées, il se retrouva à la porte du café. Impossible de faire machine arrière maintenant. Une petite clochette retentit lorsqu'il entra dans le commerce. Il fit glisser son bonnet sur le coté, révélant ainsi sa tignasse bouclée, puis il balaya la pièce des yeux à la recherche d'Emma Winston dont il ne tarda pas à accrocher le regard.
Il lui adressa un léger sourire en guise de bonjour et se glissa sur la banquette en face d'elle.

"Juste un café merci." répondit-il tout en ôtant sa grosse veste à carreaux de bûcheron qu'il posa à côté de lui.
Il se racla la gorge un peu gêné, ne sachant pas trop comment aborder la conversation et se fut finalement Emma qui engagea l'échange en lui demandant de but en blanc comme il allait depuis le 30 octobre.
Direct.
Dans un mécanisme de défense qu'il avait développé depuis l'attentat Irving répondit presque aussitôt.

"Ça va bien merci, et vous ? Comment se porte Steven ? C'est sa dernière année à Poudlard, non ?" Faire parler les autres plutôt que de parler de lui. Une valeur sûre pour éviter les questions embarrassantes. Mais enfin, à quoi jouait-il ? Il avait sollicité un rendez-vous auprès du docteur Winston pour essayer d'aller de l'avant et il n'était pas foutu de lui dire qu'il n'allait pas bien ! Il était justement là pour ça ! Pour évoquer tout ce qui n'allait pas dans sa vie et qui l'empêchait d'avancer, se morigéna-t-il intérieurement.

"En fait c'est pas vraiment c'que j'voulais dire... reprit-il en attrapant la carte des consommations posée sur la table, ...disons que ça pourrait aller mieux." ajouta-t-il avec un sourire contrit.

Il devait être plus clair pour qu'Emma comprenne le but de ce rendez-vous. Il s'était entrainé plusieurs fois avant de se trouver en face d'elle mais maintenant qu'il était là, il ne savait plus trop comment commencer.

"Voilà, disons qu'j'aurais besoin d'votre aide pour qu'vous m'mettiez en relation avec quelqu'un, Commença-t-il en triturant toujours la carte, Avec un psychomage. Précisa-t-il en relevant son regard bleu sur elle, J'crois qu'depuis l'attentat j'ai un peu besoin d'aide, un peu, mais j'peux pas vraiment parler à n'importe qui..."dit-il en espérant qu'Emma saurait lire entre les lignes: "C'est Tara ma sœur qui m'a dit de m'adresser à vous. Apparemment vous avez fait quelques... missions ensemble."

Le serveur déposa le café devant Irving qui chercha dans les poches de son blouson son porte monnaie. Il le trouva enfin l'ouvrit et le referma vivement dans la foulée. Bordel de Troll ! Comment avait-il pu oublié de prendre de l'argent moldu ! Il en gardait toujours un peu à Mallowsweet, au cas où, et il avait complètement oublié d'amener la moindre livre sterling pour son rendez-vous londonien.

"J'ai oublié de retirer, lâcha-t-il en coulant un regard en direction du serveur puis d'Emma. Il était sûr que le serveur avait vu les tranches de ses gallions et de ses mornilles dans son porte feuille car il lui avait jeté un regard particulièrement dédaigneux. Il devait penser qu'Irving voulait se faire inviter, Vous pouvez m'avancer, demanda-t-il alors à Emma d'un air gêné, j'vous rembourserai, promis."

Bravo Irving. Bien joué. Belle entrée en matière. songea-t-il en secouant la tête de gauche à droite. Il les ferait toutes !


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Emma Winston ~ Médicomage



Emma regretta presque aussitôt sa question. Peut-être était-elle trop indiscrète et plus de subtilité aurait été préférable. Mais mine de rien, cela fit son petit effet puisque Irving répondit du tac au tac en tentant de détourner le sujet. Réaction qu’Emma voyait chez ceux qui ne voulait pas parler de leurs problèmes alors qu’au fond, ce n’était pas la grande forme. Cette réaction d’auto-défense se rencontrait plus chez les hommes qui protégeaient leur égo par tous les moyens dans le but de ne pas perdre l’image qu’ils montraient en société. Les hommes, les super-héros du quotidien, qui se devaient d’enfiler leur cape au moindre problème… La société d’aujourd’hui tentait bien des choses pour instaurer l’égalité hommes-femmes mais l’image de l’homme fort et digne de confiance, dont le seul but était de protéger et de soutenir les siens, persistait toujours. Et les hommes se l’attribuaient eux-mêmes et quand ils n’allaient pas bien, ils refusaient d’accepter et d’admettre leurs faiblesses. Situation dans laquelle Irving devait être à cet instant précis.
Emma haussa un sourcil interrogateur et un léger sourire se dessina sur ses lèvres quand le jeune homme évoqua son fils Steven. La médicomage ne dit rien et regarda son interlocuteur dans les yeux avec un sourire amical pour l’encourager à se confier. Si Irving venait la voir, elle se doutait que ce n’était pas pour parler de la scolarité de Steven. Ah, voilà qu’il en disait un peu plus. Emma s’appuya sur ses avant-bras et croisa ses mains sur la table.

« Je vous écoute. », dit-elle d’une voix posée.

Alors comme ça, il souhaitait rencontrer un psychomage. Le jeune homme avouait finalement qu’il avait besoin d’aide. Emma admira cette démonstration de courage, Irving restait tout de même sur la défensive en insistant sur le « un peu » mais cet aveu montrait qu’il avait pris le temps de réfléchir à son état dont il prenait peu à peu conscience. Fait rarissime.
La suite de la tirade de son interlocuteur la prit quelque peu au dépourvu. Si bien, qu’elle adopta à son tour une attitude plus fermée et se redressa, sur la défensive, quand Irving évoqua sa sœur, Tara,  et les missions qu’elles avaient réalisées ensemble. Tara Whitaker était impliquée avec elle dans le Lexit, notamment pour l’hôpital de campagne où elles transféraient des médicaments. Irving savait donc qu’elle faisait partie de la résistance et, apparemment, il était dans le même cas. Sinon, sa sœur ne lui aurait peut-être pas révélé son rôle dans le Lexit et, à ses dires, il ne pouvait pas voir n’importe qui, ce qui révélait clairement son allégeance à la résistance.

Emma entrouvrit la bouche pour répondre mais le serveur l’interrompit en déposant leur commande, un café pour Irving et un thé pour elle, sur la table. La médicomage suivit du regard les gestes d’Irving quand il sortit son porte-monnaie, l’ouvrit avant de le refermer aussitôt. Tout comme Emma, le serveur avait certainement remarqué les gallions et mornilles au fond du porte-feuille, elle s’empressa alors de sortir le sien pour tendre de l’argent moldu au serveur qui jaugeait Irving avec un œil dur.

« Des dollars. Mon ami revient des Etats-Unis. C’est toujours sympa de garder des pièces de pays étrangers que l’on visite. Elle sourit au garçon de salle qui coula un regard au billet qu’elle lui tendait. Gardez la monnaie, ça me fait plaisir. »
Le serveur prit le billet et changea complètement d’attitude.
« Passez un agréable moment chez nous, » récita-t-il avec un sourire pour les deux sorciers avant de s’éloigner.

Ils allaient pouvoir être tranquilles maintenant.

« Ce ne sera pas nécessaire c’est bon, répondit-elle en chassant les paroles d’Irving d’un geste de la main quand il promit qu’il la rembourserait. Je comptais vous inviter de toute manière. Elle rangea son porte-monnaie dans une poche de sa cape. Bien, reprenons. La sorcière jeta un regard autour d’eux avant de reposer ses mains sur la table pour continuer. Vous souhaitez être mis en relation avec un psychomage pour recevoir de l’aide. Mais puis-je vous demander pourquoi ? Je veux dire, comment êtes-vous arrivé à ce besoin de rencontrer un professionnel ? »

Elle cherchait à savoir les raisons qui l’avaient conduit à cette conclusion. Se pensait-il malade ? L’était-il réellement ? Elle se devait d’étudier un peu son cas avant de l’envoyer voir qui que ce soit. D’autant plus que les psychomages de confiance ne courraient pas les rues ces temps-ci.
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Irving fut reconnaissant à la médicomage de lui sauver la mise. Non seulement elle régla les consommations mais elle parvint même à endormir la méfiance du serveur à son égard en assurant qu'il revenait d'un voyage aux États-Unis.
"Merci, souffla l'ancien Gryffondor en déposant un sucre dans son café, j'vous revaudrai ça." ajouta-t-il en remuant son breuvage.

Le silence retomba assez vite tandis qu'Irving se sentait de plus en plus mal à l'aise. Il n'était pas sûr d'être à sa place ici. Il avait bien vu qu'Emma Winston avait tiqué lorsqu'il avait évoqué Tara et il craignait qu'elle ne le juge  complètement irresponsable d'avoir cherché à entrer directement avec elle uniquement parce qu'il savait qu'elle appartenait au LEXIT. La dernière fois qu'il avait confronté une résistante de la sorte il s'agissait de Chloé Hellsoft. L'histoire s'était plutôt mal terminée. Pourtant, il était forcé d' en dire un peu plus à Emma Winston. S'il voulait être aiguillé vers la bonne personne, il allait devoir se dévoiler et répondre aux questions de la médicomage.

"Disons que j'me sens surmené en c'moment...."

Ce n'était pas un vain mot, il était fatigué, exténué même,  à tel point qu'il se demandait s'il arriverait un jour à remonter la pente.

" ...et ça influe sur mon travail, mon humeur générale. Mon couple." ajouta-t-il après un bref silence en se remémorant la conversation avec Nora qui avait été l'élément déclencheur de sa présence ici.

Sur le coup, il n'avait pas été enchanté par l'idée de faire appel à un thérapeute et aujourd'hui il était encore plus sceptique. Merlin ce qu'il se sentait bête à parler de ses problèmes personnels à une illustre inconnue qui n'en avait surement rien à faire de lui ! Elle avait déjà sa vie, son fils et surement son mari, son boulot à Sainte Mangouste, son appartenance au LEXIT à camoufler, et lui, il venait pleurnicher dans ses jupes. Il se sentait tellement pitoyable  à l'idée d'être là, à quémander un peu d'attention et quelques conseils.

"J'veux pas vous faire perdre votre temps, assura-il alors en passant une main dans ses boucles brunes, En fait, ma p'tite amie m'a conseillé d'aller voir un professionnel et je lui ai promis qu'je le ferais donc... Il haussa les épaules comme pour dire "...Me voilà." "Seulement, j'peux pas aller voir n'importe qui."

Il espérait qu'Emma Winston saurait lire entre les lignes. Même si le monde moldu était plus sécuritaire pour les résistants que le monde magique, ils n'étaient pas à l'abris que quelques oreilles indiscrètes trainent dans les parages. Irving ne pouvait pas parler de la Salamandre ou du LEXIT sans prendre davantage de précaution.

" J'vous demande juste de m'mettre en relation avec le bon interlocuteur. C'est tout."

Il s'approcha un peu plus prêt d'elle et chuchota au dessus de la table:

"Et si après ça vous voulez m'oublietter, vous pourrez l'faire."

Il pouvait comprendre qu'Emma ait des craintes et il entendait bien la rassurer sur ce point tant il voulait éviter que cela dégénère comme avec Chloé. Il avait été contraint, une fois, de faire un serment inviolable pour garantir la sécurité et l'anonymat de la mère de sa filleule et il ne souhaitait pas réitérer l'expérience. Emma pourrait donc s'effacer de la mémoire d'Irving si elle en ressentait le besoin. Il n'était plus à ça prêt aujourd'hui...


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Emma Winston ~ Médicomage



Encourager Irving à se confier était la première chose à faire avant d’envisager une quelconque mise en relation. Sans qu’il ne lui demande, à elle uniquement, de l’aider, Emma considérait le jeune homme comme un nouveau patient et ce même en dehors de Ste Mangouste et du cadre où elle avait l’habitude d’exercer. Il n’allait pas bien et inconsciemment la médicomage adoptait une attitude de thérapeute. Elle avait envie de prendre en charge son interlocuteur de la meilleure des façons et quitta à le prendre sous son aile, elle ne voulait pas l’orienter vers n’importe quelle personne et souhaitait qu’on lui prodigue des soins adaptés.
Irving se lança dans l’énumération des raisons qui l’avaient poussé au besoin de rencontrer un psychomage et Emma l’écouta attentivement évoquer tour à tour son travail, son humeur, son couple, tout en buvant une gorgée de thé à intervalles réguliers.
Ce genre de symptômes ressemblait à un burnout mais Emma ne voulait pas tirer de conclusion trop hâtive. Pourtant, l’état d’Irving était l’exemple typique que l’on donnait aux apprentis médicomages pour illustrer le cas d’un burnout : humeur dégradée, sensation de surmenage, moral au plus bas qui parasite le quotidien et ce sans signes annonciateurs. Un épuisement général et soudain qui ne se manifeste que lorsque l’organisme craque. Littéralement, brûler de l’intérieur.
Mais ce mal était à nuancer et dans les cours de médecine on trouvait « dépression » dans la partie « diagnostique différentiel » du cours. Les cas de burnout se rencontraient surtout dans le milieu professionnel alors que la dépression, qui partageait certains symptômes avec l’épuisement lié au stress au travail, pouvait toucher n’importe qui.
Emma optait donc plus pour une dépression due à de nombreux facteurs. Enfin, pour l’instant, elle n’en était pas à poser un diagnostique et la médicomage laissa le jeune homme terminer.

La médicomage voyait parfaitement de quoi voulait parler Irving quand il insistait sur le fait qu’il ne pouvait pas voir le premier venu et Emma voulait lui dire qu’elle avait compris sa situation, qu’ils étaient tous dans la même impasse, toujours à devoir prendre des pincettes en public pour ne pas trop en révéler. Mais elle se contenta de hocher la tête en guise de réponse.

La médicomage porta sa tasse de thé à ses lèvres quand Irving se pencha au dessus de la table pour lui chuchoter quelques mots et elle manqua de s’étrangler avec le liquide chaud.

« Mais voyons, je ne ferai jamais une chose pareille, » rétorqua-t-elle en reposant la tasse dans sa soucoupe.

Emma se racla la gorge en essuyant ses lèvres et glissa un regard en direction d’un client qui s’était retourné en l’entendant hausser le ton. Elle adressa un petit sourire d’excuse à l’homme appuyé au bar, qui reportait son attention sur le journal posé devant lui, et reprit en baissant la voix à son tour.

« Monsieur Whitaker, je n’ai aucune raison de faire ça. Nous sommes dans le même sac, nous nous battons il me semble pour la même cause alors je vous fais confiance tout comme vous le pouvez à mon égard. Et puis, en tant que médecin, je ne suis pas du genre à effacer la mémoire n’importe quand pour n’importe quoi. »

Même si son appartenance à la résistance n’était pas qu’une simple anecdote, elle était respectueuse de ce qu’elle avait appris et dans le milieu médical, on efface la mémoire qu’en cas d’épisodes courts et particulièrement traumatisants qui restent isolés. Emma défendait avec ferveur sa prise de position et s’opposait de ce fait au projet MémoRise qui vantait leurs travaux sur la mémoire humaine. Pour Emma, c’était clair : on ne touche pas à la mémoire.

La médicomage adopta à nouveau une attitude plus décontractée et sa voix reprit son ton habituel.

« Vous ne me faites pas perdre mon temps et pour l’instant, je suis votre meilleure interlocutrice. Je ne veux pas vous envoyer voir n’importe qui comme vous dîtes et maintenant que vous êtes là, je me sens un peu responsable de votre cas alors… continuons, dit-elle avec un sourire encourageant. Parlez-moi de votre métier. C’est rare que quelqu’un d’aussi jeune puisse se vanter d’être déjà sur le marché du travail ! »

En s’orientant vers ce sujet, Emma comptait vérifier ses hypothèses. Comment voyait-il son travail et son avenir dans le monde professionnel ? La capacité ou non de se projeter dans le futur était un indicatif important dans le diagnostique d’un état dépressif et la médicomage espérait bien que le jeune homme se confie plus sur ce point. S’il se sentait trop exposé pour être en confiance, elle connaissait éventuellement un lieu plus en sécurité.

« Votre petite amie vous a bien conseillé et vous avez bien fait de l’écouter, beaucoup ne le font pas. Emma se souvint alors de la petite blonde qui était avec Irving à Leopoldgrad. C’est la jeune femme que j’ai rencontrée ? s’enquit-elle. Comment va-t-elle ? »
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Emma Winston sembla horrifiée à l'idée de lui oublietter la mémoire. Irving baissa les yeux sur son café, bien décidé à ne pas répondre à l'objection de la médicomage. Elle disait cela aujourd'hui mais si les choses tournaient mal, elle regretterait peut-être, un jour, de ne pas avoir eut recours à ce sortilège.

En effet, Irving refusait d'entrainer plus de personnes dans sa chute: Nora, Chloé,  Klemens,...  A chaque fois ses amis l'avaient suivis ou soutenus dans son combat contre le régime en place et il était forcé de constater que rien ne s'était passé comme prévu: Il ne voyait plus Chloé, Klem était mort, Nora avait perdu sa joie de vivre et  son couple était au bord de la rupture. Combien de vie allait-il gâcher, encore, pour avoir fait les mauvais choix ? Il ne voulait pas transformer Emma Winston en une énième victime collatérale !

Elle avait beau afficher un sourire bienveillant pour l'encourager à parler, Irving était retissant à l'idée de se confier. Il aurait préféré traiter avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas personnellement. Certes la médicomage ne faisait pas, à proprement parler,  partie de ses intimes mais il en connaissait assez sur elle pour se sentir responsable de sa sécurité. Le visage de Steven se matérialisa devant ses yeux et il se massa lentement le front du bout des doigts.

C'était une mauvaise idée. Il devait partir et essayer de gérer tout ça, seul. Comme un homme.

Il jeta un coup d'œil en direction la porte d'entrée du café. Se lever, faire dix pas et sortir. C'était la meilleure chose à faire plutôt que de pleurnicher sur son sort ! Allez un peu de courage! N'avait-il pas été réparti à Gryffondor, bordel de troll ?songea-t-il en se donnant une claque mentale. Il reporta son attention sur Emma qui tentait tant bien que mal de le faire parler sur son activité d'aubergiste mais il secoua la tête de gauche à droite en signe de négation.

"...J'peux pas vous parler, finit-il par dire,... c'est trop... Il poussa un soupir et attrapa sa tête entre ses mains quelques instants pour essayer d'ordonner ses idées. Il releva les yeux vers Emma et poursuivit, ... je connais Steven... J'me connais... J'sais qu'en ce moment j'suis pas complètement... fiable."

C'était la première fois qu'il le formulait à haute voix mais c'était une réalité qu'il ne pouvait plus ignorer. Il sentait qu'il pouvait potentiellement craquer si la Milice mettait la main sur lui. Avouer le meurtre de Dalhiatus, balancer ses amis et ceux qui l'ont aidé, comme Emma... Irving serra les paupières et secoua la tête encore plus vigoureusement comme pour chasser cette éventualité de son cerveau. Il ne pouvait pas dire ça, pourtant, cela faisait un moment que cet insidieux constat s'était faufiler dans les méandres de ses pensées. Munoz avait raison. Il n'était pas fait du bois des résistants. Trop fragile, trop sensible.

Le masque qu'il portait depuis des mois se fissurait à vue d'œil devant la médicomage. Il avait juste fallu qu'elle soit là, gentille et prompte à l'écouter, pour qu'Irving s'effondre complètement. Le coup de grâce arriva lorsqu'elle mentionna Nora en affirmant qu'il avait eut raison de l'écouter.

Vraiment ?

Il était à deux doigts de se mettre à chialer en plein milieu d'un café bondé. Pour le coup il n'était clairement pas convaincu d'avoir fait le bon choix. Encore une fois.
Irving laissa échapper un rire désabusé en secouant la tête.

" J'crois pas qu'c'était la bonne solution d'chercher à rencontrer un spécialiste, finit-il par dire en passant une main sur ses yeux humides, Il suffisait de le voir ainsi, rongé par les tensions et l'inquiétude pour en être convaincu. ... j'ai accepté uniquement  parce que Nora m'l'a d'mandé et .... parce que j'avais peur d' la perdre. Il se tut quelques instants et ajouta, Mais en même temps j'sais au fond d'moi qu'elle serait mieux si j'étais plus dans sa vie parce que j'suis celui qui est à l'origine de tous ses problèmes. " Conscient que ses propos étaient contradictoires il ajouta: "Bref... C'est pas simple."

Emma lui demanda alors si Nora était la jeune femme qu'elle avait rencontré à Leopoldgrad et si elle allait bien.

"C'est elle, confirma Irving en hochant la tête, et elle ne va pas bien parce que, moi, je ne vais pas bien. Elle me l'a dit. insista-t-il afin de prouver à Emma qu'il ne se faisait pas des idées, Elle se sent démunie, elle veut m'aider mais elle ne sait pas quoi faire. Elle arrive pas à voir à quel point tout ça est compliqué pour moi... "

La crainte de voir leur projet professionnel échouer, la peur de l'avoir entrainé dans une situation inextricable, le poids de la culpabilité vis à vis de Dalhiatus, la honte de ne pas arriver à gérer ses émotions et ses sentiments, comme un adulte, l'inquiétude à l'idée d'être diagnostiqué dépressif, l'angoisse d'être confondu par la milice et de devenir une balance.... Trop de choses.

"Ou peut-être que c'est moi qui rend tout ça compliqué alors qu'en vérité c'est simple..." Après tout, ils avaient l'immense chance d'être fou amoureux l'un de l'autre. Ils devaient  tout faire pour entretenir et chérir cette flamme, tout simplement. Honnêtement j'sais pas... j'suis perdu." avoua-t-il.


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On choisit la médecine parce qu'on veut faire le bien. [Irving]

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