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 Skull and crossbones [Robin & Roy]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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8 décembre 2009

Ramener un ancien détenu en liberté conditionnelle à Sainte Mangouste où on ne manquerait pas de poser des questions et alerter les Aurors n’était rendre service ni à Matthew, ni à Roy, qui n’avait guère envie de s’expliquer sur pourquoi l’un de ses machinistes se retrouvait à moitié mort à l’issue d’une nuit de travail au cabaret. Heureusement le gang comptait parmi ses contacts quelques personnes qui savaient tout aussi bien prodiguer des soins que dissimuler des cadavres lorsqu’il le fallait. Jon Pikes était l’homme qu’il leur fallait dans ce genre de situation, où la confidentialité était de mise. Secret et longiligne comme une ombre, il avait suivi Fergus dans l’une des chambres privées de l’aile ouest, pour faire son travail, sans poser de questions. Il était payé pour, mais surtout, les Veilleurs disposaient de moyens de pression assez efficaces sur cet homme dont ils connaissaient quelques intéressants secrets. Donnant-donnant, en échange de leur silence, Pikes s’engageait à ne jamais laisser échapper quoi que ce soit sur ce qu’il voyait à chaque fois qu’il était appelé…

Cette fois, le gang avait plutôt intérêt à ne pas laisser fuiter la sévère correction qu’ils s’étaient prise cette nuit. Trois morts, un blessé grave dont Pikes s’occupait en priorité, et une blessée plus légèrement, qui était restée à ses côtés. Roy, lui, n’assistait pas à cette scène. Debout dans son bureau, immobile face à la fenêtre, il regardait ses hommes s’activer vainement dans la cour arrière du cabaret, à la recherche de malfaiteurs qui avaient déjà disparu dans l’aube naissante. On venait de les attaquer sur leur propre terrain, à leur nez et à leur barbe, et les responsables avaient réussi à s’enfuir.

Cela le rendait dingue.

A la façon brusque dont la porte s’ouvrit, Roy sut que celui qu’il attendait venait d’entrer. En catastrophe, Jayce s’était précipité hors de chez lui et tout sur sa figure laissait voir qu’il n’appréciait pas de se trouver là. Il fit néanmoins honneur à sa réputation en dominant toutes ses émotions, quand il s’adressa à son associé :

« Des nouvelles ? J’ai vu les gars s’agiter en bas.
-Ouais, pour pas grand-chose, ces rats se sont déjà volatilisés. »

Qui que fussent les responsables, ils avaient remarquablement bien fait leur coup. De grands professionnels. Ils n’avaient laissé aucune trace de leur passage derrière eux, si ce n’était les MacFarlane, encore vivants. Leur seule erreur, peut-être. A moins que cela ne cachait une stratégie de leur part ? Dans tous les cas, Roy comptait bien les interroger tous les deux, dès qu’ils seraient en état de le faire, pour retrouver ces criminels. Jayce semblait avoir suivi le même chemin de pensée, car il enchaîna :

« Et les MacFarlane ?
-Le frère a pris bien cher, mais il devrait s’en sortir, apparemment. Robin est en état de parler, elle. J’attendais de te voir avant de la faire venir. »

Avec un soupir, Jayce ôta son fidèle chapeau, et partit s’asseoir sur le canapé. Il ne masqua pas son incrédulité face à cette situation qu’ils n’avaient pas du tout vu venir :

« Mais comment est-ce qu’ils ont pu rentrer comme ça, ces fils de troll ? On a une putain de taupe, c’est pas possible.
-Oh ça… On en a même plusieurs, pour qu’ils aient pu se faufiler aussi facilement. C’est à croire qu’on leur a déroulé le tapis rouge jusqu’au local où ils ont fait leur petite affaire, ironisa Roy, en venant s’asseoir face à lui. C’est ça qui m’hallucine. Non seulement ils sont rentrés, mais ils ont aussi enlevé deux de nos employés, et ils ont eu tout le temps de les torturer, personne n’est venu les déranger. Comme s’ils savaient exactement quelles étaient les ouvertures dans notre système de sécurité. A moins qu’un de nos hommes ait fait en sorte de leur ouvrir le passage. Je… »

Si Roy avait réussi à dominer la rage qui bouillait au fond de lui, cette fois il la sentait remonter comme un poison jusque ses tempes. Ses poings se serrèrent et il dut se retenir de les laisser frapper quelque chose. Il avait explosé en arrivant tout à l’heure, proféré des menaces à l’encontre de ses hommes chargés de la sécurité du cabaret et c’était la raison pour laquelle ils se répandaient tous dehors à la recherche d’un indice qui pourraient les racheter : s’épargner l’une des saintes colères de leur patron.

« Je sais pas combien d’ennemis on a, dans cette histoire. D’abord, cette attaque en mai… Roy ne pouvait oublier ce jour où il avait manqué de se faire assassiner, en quittant une réunion entre chefs de gang. ll chassa ces images de son esprit, pour ne pas perdre sa concentration. Et maintenant, ça. A chaque fois, aucun indice, aucun message, aucune revendication.
-Tu penses que différentes personnes sont dans le coup ou que les deux évènements sont liés ? questionna Jayce, sourcils froncés.
-J’en sais rien. J’ai juste l’impression que ceux qui nous attaquent dans le noir préfèrent y rester. 
-C’est une tactique d’intimidation. Tôt ou tard, ils finiront par se révéler. »

Roy hocha la tête, songeant qu’il préférait tôt plutôt que tard. Il ne comptait de toute façon pas rester les bras ballants à attendre que le visage de ses ennemis se dévoile. S’agissait t-il de leur voler discrètement des parts de marché ? Ou s’agissait t-il d’une vengeance bien orchestrée ? Les prochains jours allaient le leur dire, il leur faudrait mener l’enquête pour découvrir à qui profitait le crime, s'ils voulaient avancer.

« Bon, je te laisse gérer ici, déclara Jayce, l’interrompant dans ses réflexions. Il se leva du canapé et plaça son chapeau sur sa tête. Si on commence à tous se rassembler en gueulant dans tous les sens, même nos hommes vont penser qu’on perd le contrôle de la situation. Je vais prendre quelques gars avec moi et aller dans la Voie, Toni doit y être aussi. J’imagine qu’on a du souci à se faire sur notre trafic de baguettes, à partir de maintenant. Son regard se chargea en intensité, en se posant sur son acolyte. Fais comprendre à nos hommes qu’un coup pareil ne doit jamais se reproduire. Je me charge d’envoyer le message qu’on ne se laisse pas impressionner, surtout pas sur notre propre territoire. »

Il avait raison, songea Roy. Le gang venait de subir une attaque en plein coeur, alors ils se devaient d’envoyer un message fort en tant que chefs, aussi bien aux criminels séjournant dans la Voie qu’à leurs propres hommes. Il faisait confiance à Jayce pour s’affirmer dans la Voie. Il le fallait. Il y avait un sens à tout ça. Si on les avait attaqués directement sur leur territoire, c’était forcément pour porter un coup à leur image et à leur suprématie.

« Au passage, demande à quelqu’un de faire venir Fergus, avec Robin, lança Roy au moment où son associé poussait la porte. Ils sont dans la première chambre de l’aile ouest. »


*****


La première situation qu’il devait gérer se présentait. Le regard sombre de Roy sondait son employée, qui venait de s’asseoir face à lui, derrière le bureau. Ils ne l’avaient pas ratée. Son regard s’obscurcit davantage, en glissant sur cette balafre qui lui barrait le visage. Chacune de ses blessures lui apparaissait comme coup porté personnellement, car le corps de Robin appartenait à son commerce. Roy était en colère d’avoir perdu trois hommes, et d’avoir un machiniste en incapacité totale de seulement parler. Maintenant il était en colère que l’une de ses danseuses se retrouve défigurée.

Fergus, debout à sa droite, lui avait certainement déjà posé des questions. Second du gang, il gérait le trafic de baguettes, sa présence était plus que requise pour démêler la situation. Mais c’était aussi lui qui s’occupait de la sécurité du cabaret et Roy comptait bien lui demander comment une telle intrusion avait pu se produire… Mais pour l’heure, c’était Robin qui se trouvait dans la position de l’interrogée. Elle était la seule à avoir tout vu et être en état de parler, son témoignage était précieux. Si elle avait vu le visage de ses agresseurs, elle pouvait grandement les aider, et Roy ne doutait pas qu’elle donnerait tout pour retrouver ceux qui avaient manqué de tuer son frère. Parmi eux tous, elle devait être qui brûlait le plus de l’envie de se venger. Celle de Roy, bien présente également, transparaissait dans son visage dur. La jeune femme avait subi un traumatisme, mais il ne comptait pas la ménager pour autant. Il ne voulait pas seulement savoir qui étaient ses agresseurs. Roy avait peut-être perdu ce soir bien plus que quelques hommes. Cela dépendait de ce qu’étaient venu chercher leurs assaillants et de s’ils l’avaient trouvé ou non… Seule Robin en connaissait la réponse. Il n’eut qu’un ordre pour elle, sans préambule :

« Dis-moi tout ce qui s’est passé, Robin, tout ce que tu as vu, tout ce qu’ils t’ont dit. »



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Robin caressait lentement le dos de la main de Matthew sans le quitter des yeux, complètement déconnectée du va et vient de la chambre de l'aile ouest. Elle guettait le moindre signe de douleur sur son visage, prête à demander à Pikes d'augmenter les doses de calmant. Elle avait tressailli à plusieurs reprises, un peu plus tôt dans le matin,  lorsque la respiration de son frère s'était faite plus lente et moins régulière. Il y avait même eu un moment où il avait expiré et... plus rien. Une, deux, peut-être trois secondes de silence, en suspens. Interminable.  Robin s'était redressée sur son siège et  ses pupilles dilatées étaient passées des lèvres sèches de son frère à son torse, immobile. Et puis, alors qu'elle n'y croyait plus, la poitrine de Matt s'était de nouveau soulevée laissant entendre une brève inspiration sifflante et plaintive. Robin ne se souvenait pas avoir vécue, un jour, une épreuve si difficile.
Pikes avait fini par murmurer que Matt était, d'une certaine manière, tiré d'affaire. Il allait survivre en somme mais la danseuse savait lire entre les lignes. Matthew allait garder des séquelles de cette agression. Il n'en sortirait pas indemne, elle le percevait dans le regard du médicomage.

Les internes de Saint Mangouste auraient-ils posés le même diagnostic ? Son frère aurait-il bénéficié de meilleures chances de rémission à l'hôpital ? Incontestablement, oui, mais c'était sans compter avec l'interdiction formelle de Fergus qui s'était fermement opposé à ce que Robin accompagne Matt à Sainet Mangouste. Elle s'était énervée, elle l'avait supplié, elle avait même essayé de mettre sur plan un faux hold-up qui aurait mal tourné, invitant les Veilleurs à saccager son appartement afin de faire croire à un cambriolage. Rien. Les chefs n'avaient pas voulu. Matthew et elle devraient se contenter de Pikes. Ce foutu Pikes qu'on appelait pour toutes les basses besognes: Recoudre des Veilleurs ou encore faire sauter les grossesses des  filles peu précautionneuses de l'Aile Ouest.
Le business avant la vie d'un homme. Classique.

Robin connaissait la rengaine pourtant, mais elle était directement concernée, cette fois, et elle devait avouer que ce constat amer était particulièrement douloureux à admettre.

"Roy t'attend dans son bureau."

La voix de Fergus dans son dos la tira de ses pensées et elle ferma les yeux quelques instants mobilisant toute son énergie pour affronter l'entrevue qui s'annonçait. Elle venait de survivre à une agression mais il n'était pas dit qu'elle allait pouvoir ressortir indemne de cet entretien. Elle avait trahi les Veilleurs, trahi la confiance de Calder et de Bowers. Cela se payait cher. Très cher. Elle en avait conscience.

Lorsqu'elle rouvrit les paupières elle observa son Gryffondor de frère pour se convaincre qu'elle avait agit au mieux. Au moins, il était en vie, lui, contrairement à Fiz', Bowlstein et Arelson qu'on avait entreposés dans la chambre d'à côté. Robin accorda un sourire triste à Matthew avant de lui embrasser la main. Puisse-t-il lui transmettre un peu de son courage et de sa détermination, songea-t-elle en se levant. Elle chercha Jon Pikes du regard et le trouva assis un peu plus loin, dans l'ombre du coin de la pièce.

"Il reste là." souffla Fergus en réponse à sa question muette.

La danseuse hocha la tête et resserra autour d'elle la longue blouse de machiniste que Fergus lui avait donné en la trouvant dans le local. Il la lui avait tendue, sans même la regarder. Jusqu'alors la quasi nudité des filles ne l'avait jamais gêné mais tout semblait avoir changé, constata-t-elle en le rejoignant en silence. Il s'était montré plutôt hostile lorsqu'elle lui avait raconté ce qui s'était passé et instinctivement, elle posa une main sur sa joue balafrée comme pour la camoufler lorsqu'elle passa devant lui dans l'embrasure de la porte. Pikes avait utilisé un peu d'essence de dictame pour refermer la plaie. Un long sillon rosé zébrait maintenant son visage et seul le sang séché sur son menton et son cou indiquait que l'attaque datait seulement de quelques heures.

Robin rejoignit le bureau de Roy, pieds nus, Fergus sur ses talons. Elle pouvait entendre les murmures des Veilleurs et du personnel sur son passage alors elle tira davantage sur les pans de sa blouse et enfonça son visage dans le col comme pour se protéger de leurs remarques et de leurs regards.  Arrivée devant la porte, elle se tourna vers Avner qui -visiblement un peu irrité- lui indiqua d'entrer d'un geste du menton.

Elle obtempéra et prit place, en silence, sur le siège qui faisait face à Roy. Il avait la mine fermée de ses mauvais jours. Généralement lorsqu'il arborait cet air tendu -signe qu'il était contrarié-  tout le staff des Folies s'arrangeait pour ne pas le croiser. L'information circulait comme un sortilège entre les serveurs, les machinistes, les Veilleurs et les danseuses: "Calder est de méchante humeur aujourd'hui." Pourtant, cette fois, Robin ne pouvait pas y couper. Elle avait même sa part de responsabilité dans cette histoire. Incapable de soutenir plus longtemps la mine contrarié du chef des Veilleurs  elle observa ses mains jointes posées sur ses cuisses et gratta minutieusement le sang coagulé sous ses ongles.

Ce n'est pas en agissant comme une petite fille prit en faute que tu vas t'en sortir ! Persifla une petite voix dans son crâne alors Robin s'efforça de relever la tête pour observer Roy tandis que Fergus se positionnait à sa droite. Elle vit le regard de Calder descendre sur sa joue et elle résista difficilement à l'envie de cacher un nouvelle fois sa cicatrice. Sa main gauche se souleva presqu'imperceptiblement mais elle la reposa sur sa cuisse en papillonnant des paupières. Autant s'habituer tout de suite, songea-t-elle en déglutissant.

Elle se sentait fébrile, elle avait chaud et froid en même temps -si tant est que cela soit possible- et elle avait peur. Peur de ce qu'ils allaient faire, de ce qu'ils allaient dire et peur d'elle-même, aussi. Peur de ses réactions, de son ressenti, de son amertume, de sa colère et de sa tristesse qui menaçaient de se rependre dans la pièce sans crier gare. Les événements étaient trop frais, brûlants encore son corps et son cœur, et elle craignait de ne pas pouvoir agir de manière raisonnable et raisonnée. Elle en était capable habituellement, elle savait tenir sa langue, et garder pour elle les émotions brutes qui n'avaient pas leurs places dans les relations sociales ordinaires.

Pourtant, la simple phrase de Roy, et son comportement en général, entama directement ses bonnes intentions.

Elle n'attendait pas qu'il ait un mot compatissant pour son frère ou pour elle malgré le traumatisme qu'ils avaient subi. Elle n'était pas aussi naïve. Elle avait grandi dans le milieu, élevée par un mafieux et elle savait qu'ils utilisaient rarement le langage de la parole pour témoigner leur soutien. Non, ils préférait généralement faire passer ce genre de message par un regard appuyé, mais lourd de sens, ou un simple pressement d'épaules. Des petits gestes en somme qui avaient leur importance aux yeux de Robin.

Elle ne voulait pas que Fergus ou Roy en fassent des tonnes mais juste...qu'ils ne la regardent pas comme ça, comme cette étrangère dont les malheurs, les épreuves, la vie ou la mort importaient peu. Car c'était bien le message qu'ils lui envoyaient en se tenant ainsi, face à elle, avec leurs mines patibulaires et leurs ordres à l'emporte pièce. Elle n'était rien qu'un rouage -défaillant- dans leur petite mécanique interne qu'ils examinaient en se demandant s'il ne vaudrait pas mieux l'échanger...

Elle venait de voir mourir trois de ses collègues de travail sous ses yeux. Son frère avait réchapper de peu à la mort. Quant à elle, elle s'était fait enlever, défigurer, agresser et torturer.

Robin n'avait pas l'impression d'être sentimentale, ou exigeante, en espérant un simple regard compatissant  de la part de ses supérieurs après ce qu'elle venait de traverser.

Mais c'était visiblement trop leur en demander. Soit. C'était une amère leçon de vie mais Robin en ressortirait grandie, décida-t-elle le cœur battant.

Tu ne peux compter que sur toi-même, ma belle, se dit-elle en ravalant les larmes qui menaçaient d'inonder son visage. Tu es la seule à pouvoir prendre soin de toi -Non elle ne pleurerait pas- et tu as eu mille fois raisons de balancer le putain de nom de Wlaskoff. Entre loyauté et stupidité, il n'y avait qu'un pas. Robin avait su s'arrêter à temps, préférant protéger ses propres intérêts et ceux de sa famille plutôt que ceux de Roy et Fergus... Vu comment ils se conduisaient l'un et l'autre, elle ne regrettait pas une seconde son geste, elle ne regrettait plus. La culpabilité qu'elle aurait pu ressentir s'était envolée au moment où elle s'était rendu compte qu'elle n'était rien pour eux. Elle n'avait plus peur de les décevoir et elle n'attendait plus rien d'eux en retour, si ce n'est qu'ils assument leur part de responsabilité dans ce fiasco... Car elle n'était pas la seule responsable, loin de là.

"Ils me sont tombés dessus dans le couloir qui mène aux loges,
commença-t-elle d'une voix enrouée mais sur un ton étonnamment calme, Cela faisait plusieurs heures qu'elle s'était murée dans le silence, constata-t-elle alors. Depuis qu'Avner l'avait empêché de se rendre à Sainte Mangouste à vrai dire, après ma nuit dans l'aile Ouest, ajouta-t-elle en coulant un regard vers Fergus qui avait été l'avant dernière personne à la voir avant sa disparition. Elle se tut un instant et s'efforça de calmer le tremblement de ses mains en reportant son attention sur Roy, ils connaissaient manifestement mes horaires et mon parcours."


C'était un scud avec pour seule et unique cible, Fergus, le vénérable responsable de la sécurité des Folies qui se tenait justement à la droite de son chef. Robin crut le voir gigoter imperceptiblement à la limite de son champs de vision mais elle resta focalisée sur Calder. Si elle devait tomber, elle emmènerait Fergus Avner dans sa chute. Parole de MacFarlane.

"Je me suis réveillée ligotée et bâillonnée dans ce local, au sous-sol des Folies où les machinistes entreposent tous les décors -Oui, juste sous ton nez Roy Calder, mets toi bien ça dans le crâne -... Ils s'étaient déjà...occupés de Matthew. "

Elle marqua une petite pause en sentant sa force et sa détermination faiblir à la mention de son frère. Elle ne devait pas penser à lui, ni à ses blessures ni à sa respiration saccadée, sinon, elle n'allait pas y arriver.

"Ils étaient trois. Des grands types, costaud, noirs de peau, mais ça pourrait être n'importe qui ayant pris du polynectar, précisa-t-elle en balayant le reste de la description physique d'un vague mouvement de la main. Ce que je peux dire c'est qu'il y avait un chef que les deux autres appelaient "Boss". Ils lui étaient corvéables à merci, et même lorsqu'il a menacé de les tuer - à deux reprises il me semble- ils n'ont pas bronché et ont exécuté ses ordres."

Pour Robin ces comportements étaient  des indicateurs plus fiables que n'importe quelle description corporelle.

"Le chef était calme, au début en tout cas, plutôt rodé à l'exercice visiblement."
Mal à l'aise à l'idée d'évoquer son Pire Cauchemar, elle se tordit les mains et hésita un peu avant de poursuivre:
" Il semblait même éprouver une sorte de plaisir malsain à ...me torturer aussi bien physiquement que mentalement."

Malgré toute sa bonne volonté pour ne pas paraitre faible, Robin baissa les yeux  en secouant la tête, comme pour chasser le regard sombre et malfaisant de son ravisseur encore posé sur elle. Elle n'avait pas envie de rentrer dans les détails et de parler du doloris. Si elle le faisait, elle savait que Roy et Fergus n'auraient pas la réaction qu'elle espérait au plus profond d'elle, même si elle s'en voulait d'attendre encore un peu d'attention de leur part. Non, elle ne percevrait pas un voile de compassion dans leurs yeux. Elle devait se mettre ça dans la tête, bordel de troll !

"A vrai dire, il n'avait qu'un seul but: Obtenir des informations sur le trafic de baguette. Même s'il savait déjà beaucoup de choses de lui-même, précisa-t-elle sur un ton désabusé en relevant son visage vers son patron, il savait que nous étions sur un gros coup et il voulait savoir qui et comment le contacter."

Pouvait-elle encore se permettre de dire "nous" ?  Calder et Bowers avaient peut-être déjà décidé de l'évincer purement et simplement des Veilleurs pourtant elle se sentait plus que jamais concernée par toute cette histoire. Même si elle était éjectée du gang, Robin s'était fait une promesse quelques heures plus tôt et elle comptait bien la tenir. Elle retrouverait Son Pire Cauchemar, ce cognard qui l'avait torturée, et elle allait le tuer, de sa baguette. Elle refusait d'être la victime plus longtemps et l'esprit de vengeance l'animait déjà, la forçant à se redresser et  à assumer ses choix. Du statut de proie, elle allait devenir prédateur, avec ou sans l'aide des Veilleurs.

D'ailleurs, il était temps d'arrêter de tourner autour du chaudron . Robin devait prendre ses responsabilités. Plus elle retardait l'échéance, plus cette révélation allait être difficile à faire. Penser à sa vengeance prochaine lui donnait un peu de force et elle profita de ce moment pour se lancer:

"Sur ces entrefaites, Fiz', Bowlstein et Arelson sont arrivés. Ils ont été tué sur le champs par des Avada, sans sommation. "
expliqua-t-elle en parvenant à maitriser les tremblements dans sa voix, "Ensuite, le chef du groupe à attraper Matthew et il m'a dit texto: Je repars soit avec ta réponse, soit avec la vie de ton frère."

Matt était allongé dans une des chambres de l'aile ouest des Folies, bel et bien vivant.
Robin n'avait pas besoin d'en dire plus, Roy savait déjà.


Robin MacFarlane
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