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 La vie qui nous attend [Jeremy & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Dernière édition par Juliet E. Baker le Dim 10 Déc 2017 - 21:08, édité 1 fois
17 février 2010

« C’est l’heure de dormir ma chérie… » murmura Juliet en déposant un baiser sur le front de sa fille qui se frottait déjà les yeux.

« Pas fatiguée ! » rétorqua Gabrielle en étouffant un bâillement avec son petit poing et en adoptant une moue boudeuse.

« Ah bon ? » fit mine de s’étonner Juliet, alors qu’elle avait le droit à la même histoire à chaque coucher depuis quelques jours. « Mais je pense que Simba est très fatigué lui… Regarde, il a très envie de dormir ! » déclara-t-elle en berçant la peluche, avant de la tendre à sa fille qui la serra contre son cœur.

En caressant doucement le dos de sa fille qui fermait petit à petit les yeux, Juliet laissa un doux sourire s’afficher sur ses lèvres. Dès son plus jeune âge, la jeune femme avait toujours su que plus tard, elle voudrait des enfants. Mais jamais elle n’avait envisagé que ce lien soit si fort, si certain, si magnifique. Malgré les pleurs, malgré les doutes, malgré la fatigue, malgré les incertitudes du quotidien, dès que Juliet posait le regard sur sa fille, elle savait. Elle savait qu’elle avait fait un choix, certes difficile, mais qui la comblait.

La respiration de Gabrielle se fit de plus en plus profonde, et Juliet décida de quitter la chambre de sa fille sur la pointe des pieds – en faisant attention à ne pas trébucher sur l’un des nombreux jouets qui traînaient joyeusement par terre, prêts à vous transpercer le pied au moindre faux-pas. La jeune femme gagna la cuisine et se dirigea vers le réfrigérateur. Examinant le contenu, Juliet tendit sa main vers une bièraubeurre, avant de se raviser et de se saisir d’un jus de fruit. Elle ouvrit la bouteille pour se servir d’un grand verre, et alla s’assoir dans son gros fauteuil préféré.

Tout en sirotant son jus d’orange, Juliet savoura le calme qui régnait sur la maison. Avoir un enfant n’était pas de tout repos, en effet, notamment au niveau sonore. Depuis qu’elle savait parler à peu près, Gabrielle se faisait un grand plaisir d’exprimer son avis dès qu’elle le pouvait, souvent avec des mots qui n’étaient pas appropriés à la situation mais qu’elle appréciait particulièrement. Elever un enfant n’était en effet pas une chose aisée. Alors deux ? Juliet ferma brièvement les yeux en posant une main tremblante sur son ventre.

Enceinte, une fois de plus. Une fois de trop ? Elle secoua doucement la tête, alors que les mots qu’elle avait eus avec son médecin tournaient encore dans son esprit. Après avoir compté quelques jours de retard dans son cycle, Juliet avait décidé d’aller faire une prise de sang pour se rassurer sur la situation. Il n’y avait aucune raison qu’elle puisse être enceinte, vraiment aucune. Mais elle préférait en avoir la confirmation rapidement pour pouvoir penser à autre chose. Quand son médecin l’avait appelé pour prendre un rendez-vous avec elle, la jeune femme avait commencé à avoir quelques doutes, visiblement bien fondés. Vous êtes enceinte avait annoncé le médecin à une Juliet incrédule. Ce n’est pas possible docteur, il doit y avoir une erreur, avait-elle répondu, surprise, en fouillant sa mémoire. Le sang ne peut pas mentir, madame, vous êtes vraiment enceinte.

Sa tête avait tourné pendant de longues secondes, l’esprit vide, avant que Juliet ne reprenne les choses en main. « Depuis combien de temps ? » Environ un mois. D’accord. « Vous n’avez pas eu d’oubli ? » Non. Depuis le scandale des potions Chaudrillon, Juliet avait programmé une alarme qui sonnait tous les jours à 19h pour lui rappeler de prendre sa contraception. Elle n’avait pas pu oublier, ce n’était pas possible.

Sauf quand… « J’ai été malade, il y a un mois » avait-elle avoué d’une voix enrouée. Elle s’était réveillée en plein milieu de la nuit, et avait passé les deux heures suivantes à vomir, avant de se recoucher, tremblante et fiévreuse. Durant les trois suivants, sa fièvre était montée à 40°C, avant de redescendre doucement, la laissant confuse et abattue.

« C’est sûrement ça. En vomissant, votre corps a rejeté le contraceptif. Et si vous avez eu des rapports sexuels durant les quatre jours précédents, le risque est présent. » Et évidemment, si le risque était présent, il était avéré pour Juliet, songea-t-elle avec ironie.

Elle avait porté cette nouvelle toute la journée, tiraillée par des sentiments contradictoires. Elle ne savait que faire, ne parvenait pas à savoir si elle devait se réjouir ou non, pleurer ou non.

Alors elle avait décidé d’attendre le retour de Jeremy. Cette nouvelle ne la concernait pas seulement elle et la perspective de pouvoir en parler à son mari la rassurait. Jeremy et Juliet avaient toujours été une équipe forte, soudée, amoureuse. Un couple que rien, ni le temps ni les épreuves, n’était parvenus à séparer. Elle avait une confiance aveugle en lui et son jugement, et savait que même si une telle nouvelle n’était pas prévue, ils sauraient en parler calmement et envisager les choses de la bonne façon.

Le bruit de la porte d’entrée la tira de ces pensées. Son regard se posa sur son mari, affairé à se débarrasser de ses affaires. Elle esquissa un sourire en contemplant l’homme qu’elle aimait depuis plusieurs années.

« Hello mon amour, » lança-t-elle d’une voix douce. « Alors ta journée ? »



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Tu as bientôt fini ?"

La voix de Jeremy raisonna dans la bibliothèque silencieuse. La pièce était plongée dans l'obscurité, à l'exception de leur petit îlot de lumière. Installée face à lui, Rosaleen travaillait consciencieusement à la lueur des bougies, depuis maintenant plus de deux heures. Le regard las de Jeremy se promena un instant sur les gros manuels qui s'empilaient sur leurs deux bureaux, avant de revenir se poser sur la première dame. Cette dernière cligna des paupières, comme pour mieux revenir à la réalité, et massa sa nuque endolorie.

"Oui... Enfin, non, mais je n'avais pas vu l'heure, il serait temps de rentrer. Leopold va m'attendre."

Comme toujours lorsque Rosaleen évoquait son odieux mari, Jeremy se retint de grimacer ni de faire le moindre commentaire. Ce n'était pourtant pas l'envie qui manquait, ni les idées - par exemple, Rosaleen ne pourrait-elle pas pratiquer ses dons de métamorphose en le transformant en cloporte ? Selon lui, ce serait un véritable progrès !

"Oui, ils vont bientôt fermer les grilles et on va se retrouver enfermés", répondit Jeremy avant de bailler aux corneilles. Il se mit à reboucher son encrier et à ranger ses affaires dans sa sacoche en cuir de dragon. "J'ai enfin terminé mon devoir, mais j'ai l'impression que ce n'est pas fameux... et il faudrait encore que je prépare mon cours de demain mais j'ai l'impression que mes neurones vont se liquéfier si je réfléchis une minute de plus."

Les deux amis rangèrent leurs chaises, éteignirent les bougies puis quittèrent la pièce tout en discutant. Plus exactement, Jeremy ronchonnait et Rosaleen écoutait, en lui prodiguant un ou deux conseils. Jeremy appréciait ces soirées de travail avec elle, où ils se soutenaient psychologiquement par leur seule présence, mais elles se faisaient rares. Entre Nicholas et Gabrielle, les deux jeunes parents devaient jongler entre leurs études et les couches à changer... Au-delà, Jeremy appréciait aussi la compagnie des gardes-du-corps de Rosaleen, qui lui permettaient de traverser Bristol depuis Lycaon jusqu'au check-point sans risquer quoi que ce soit. A vrai dire, les choses avaient radicalement changé depuis son admission en première année : il ne profitait plus jamais de Bristol, de ses bars ou de ses restaurants, se contentant du strict trajet jusqu'à l'académie. Entre Cosmos, Brisol et Poudlard, il ne comptait plus ses trajets et accumulait la fatigue lié aux transplanages et aux décalages permanents.

Comme l'heure était tardive, ils n'eurent pas à attendre pour passer le check-point et purent se dire au-revoir. Jeremy se concentra et transplana directement devant son immeuble flambant neuf. La nuit y était plus fraîche qu'à Bristol, et il se hâta de rentrer à l'intérieur du bâtiment pour monter les escaliers. Avec un soupir intérieur, il songea qu'il avait certainement loupé le coucher de Gabrielle. Cela commençait à devenir une habitude. Entre ses soirées de travail et ses nuits de garde à l'école, les soirées avec sa famille devenaient quasiment une exception, sans compter les quelques parties de Quidditch qu'il s'offrait parfois avec Jonah et sa bande. Enfin, le week-end approchait et il allait pouvoir se poser un peu avec sa famille.

Jeremy ouvrit doucement la porte de chez lui, prenant garde au bruit pour ne pas réveiller la petite. A gestes las, il se débarrassa de sa sacoche lourde et de son manteau, puis regagna le salon. La vision familière de Juliet, pelotonnée dans son fauteuil préféré, lui procura aussitôt une sensation de réconfort.

"Bonsoir, ma chérie", dit-il en lui rendant son sourire, avant de se pencher pour l'embrasser.

Jeremy se laissa tomber lourdement dans son canapé moelleux, et poussa un soupir de soulagement. Il sentait la fatigue dans tous ses membres, et une migraine poindre dans son crâne, mais il n'avait pas envie d'embêter Juliet avec ses problèmes. Après tout, elle s'était occupée de la maison en son absence, tandis qu'il s'occupait de ses études... Alors, comme il en avait régulièrement pris l'habitude, il gardait ses plaintes pour lui - ou pour ses amis.

"Ça a été, rien de spécial, les cours se sont bien passés. Et la tienne ? La petite est au lit ?"


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet rendit son baiser à Jeremy avant de laisser un léger sourire flotter sur ses lèvres, alors que le poids qu’elle avait sur le cœur s’allégeait considérablement. Elle avait passé la journée à se torturer l’esprit, à se poser des centaines de questions sur l’avenir, sur la décision à prendre, sur la façon dont elle allait annoncer la nouvelle à Jeremy. Maintenant que ce dernier était là, en face d’elle, la jeune femme se sentait rassurée, soulagée, de ne plus avoir à porter cela seule.

« Ça a été. » répondit-elle d’un ton neutre. « Oui, elle doit dormir normalement. » lança-t-elle en tendant l’oreille. Rassurée par le silence qui régnait dans la maison, elle poursuivit : « Elle est toujours aussi difficile à mettre au lit… Je suis sûre qu’elle sera aussi butée que toi. » commenta Juliet avec un grand sourire innocent, bien consciente que sa fille avait deux parents typiquement Gryffondor, avec le caractère qui allait avec.

Quittant son fauteuil pour se blottir contre Jeremy dans leur canapé, Juliet sentit son cœur rater un battement. Elle resta muette, savourant l’étreinte.

Enceinte… La nouvelle lui semblait toujours aussi ahurissante. Elle n’avait pas prévu cela – pas plus qu’elle n’avait prévu sa première grossesse – et elle avait du mal à s’habituer à la nouvelle. Cela bouleversait tellement de choses, tellement de convictions, ainsi que toutes les esquisses de plans d’avenir que Jeremy et elle avaient pu bâtir jusqu’ici. A commencer par sa carrière, songea-t-elle en triturant un bracelet à son poignet. Après avoir quitté Flaquemare lorsqu’elle avait appris sa première grossesse, Juliet avait longtemps hésité sur son choix de carrière, pour finalement être tentée par une carrière d’Auror. Mais avec les circonstances politiques actuelles, la jeune femme désirait se tenir le plus loin possible du ministère. Et puis, il y avait toujours cette passion pour le Quidditch qui ne l’avait jamais quitté, qui tournait en boucle dans sa tête. Quelques mois auparavant, la jeune femme avait repris contact avec Alexia, une de ses coéquipières lorsqu’elle jouait pour l’équipe de Flaquemare. Au cours d’une de leur rencontre, Juliet lui avait fait part de son envie de rejouer au sein d’une équipe. Depuis, trois fois par semaine, la jeune femme confiait Gabrielle à sa mère ou à Théo et rejoignait l’équipe de Flaquemare pour ses entraînements amicaux. Si elle peinait à retrouver son niveau d’antan, Juliet sentait qu’elle progressait. Et la sensation de voler à nouveau lui procurait un bonheur indescriptible. La jeune femme était persuadée qu’elle pouvait retrouver un niveau suffisant pour intéresser à nouveau les équipes professionnelles. A vrai dire, c’était ce dont elle avait envie.

Du moins, c’était ce qu’elle pensait, quelques jours avant. Après sa visite médicale qui avait eu lieu dans la matinée, Juliet n’était plus sûre de rien. Que voulait-elle faire ? Que pouvait-elle faire ? Que se sentait-elle capable de faire ? Toutes ces questions tournaient en boucle dans son esprit, sans relâche. Elle les chassa en secouant légèrement la tête tout en se redressant. Elle devait avant tout en parler à la personne qui était tout aussi concerné qu’elle.

« Jerem, il faut que je te parle de quelque chose. » commença-t-elle d’une voix douce, alors qu’elle saisissait sa main. « C’est important. »

Elle ne savait pas par où commencer. Les femmes étaient tout de même moins bien loties, songea-t-elle ironiquement. Elles apprenaient cette nouvelle au détour d’une visite médicale, dans un cabinet sinistre, le plus souvent seules. Elles devaient ensuite trouver une manière moins brusque de l’annoncer à leur partenaire, et devaient surtout trouver le courage de lancer une conversation potentiellement difficile. Cependant, Juliet étant Juliet, elle se lança finalement sans prendre trop de pincettes.

« Je suis enceinte. » annonça-t-elle d’une voix enrouée, alors que ses mains se mettaient à trembler dans celles de Jeremy. « Ça fait quelques temps que je ne me sens pas bien, donc j’ai pris un rendez-vous chez le médecin et… » Elle termina sa phrase par un hochement de tête significatif. « Ça date de quand j’ai été malade il y a quelques semaines. Le médecin m’a expliqué que j’avais rejeté la potion et qu’il y avait un risque de grossesse en cas de rapports sexuels dans les quatre jours précédant cela. » expliqua-t-elle en reprenant ce que le médecin lui avait dit plus tôt dans la journée.

Toute cette pression enfin relâchée, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Respirant un grand coup, elle capta le regard de Jeremy et lui pressa doucement la main.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Moi, buté ? Absolument pas, c'est de la diffamation !", plaisanta Jeremy en ouvrant grand ses bras pour que Juliet vienne s'y glisser. Il se mit à caresser doucement son épaule, et appuya le menton contre son crâne, profitant de cet instant d'intimité. Il était réconfortant de retrouver sa famille après des journées telles que celle-là, mais il aurait préféré être moins fatigué et moins surchargé de travail pour cela. Une partie de son esprit s'égarait du côté de la chambre de sa fille, à qui il irait faire un bisou plus tard, tandis que l'autre partie réfléchissait à son cours de demain.

Complètement inconscient des questions existentielles qui agitaient la cervelle de son épouse, Jeremy était concentré sur ses propres soucis. Le silence qui régnait entre eux était confortable, et il était à deux doigts de se lever pour aller chercher une biéraubeurre quand la voix de Juliet se fit entendre. Fronçant les sourcils, Jeremy se redressa légèrement et pressa sa main en l'observant avec inquiétude. Dans la vie d'un couple, il y avait certaines phrases qui suscitaient tout de suite des signaux d'alerte, et "il faut qu'on parle" était certainement la première. La plupart du temps, cela indiquait une conversation que personne n'avait envie d'avoir : ni celui qui parlait, ni celui qui écoutait... Mais il s'efforça de ne pas devenir paranoïaque, malgré son imagination fertile qui sautait tout de suite aux pires conclusions (maladie incurable, amant torride, dettes financières, nouveau poste chez les Pies de Montrose...). En fait, il était prêt à tout imaginer, tout. Sauf ce que Juliet s'apprêtait réellement à lui dire.

"Je t'écoute", répondit-il simplement, caressant le dos de sa main avec son pouce en un geste d'encouragement. Une seconde s'écoula en silence, puis une autre. Et Juliet lâcha quelques mots qui arrêtèrent momentanément le coeur de Jeremy. Il eut un moment d'arrêt, comme si la nouvelle était trop énorme pour être encaissée, comme si son système nerveux était incapable de relayer l'information jusqu'à ses neurones. Enceinte. Enceinte ?!

Il entendit à peine les paroles suivantes de la jeune femme. Une seule chose parvint à le faire revenir à la réalité : le tremblement des doigts glacés de Juliet. Cette sensation de fébrilité entre ses paumes larges et chaudes attirèrent son attention, et il baissa le regard sur le visage de son épouse. Sa belle voix grave s'enrouait, ses grands yeux s'embuaient, ce n'était pas une plaisanterie. Ou alors elle était la meilleure actrice que le monde ait jamais connu.

Quelque chose de lourd tomba dans sa poitrine, tandis qu'une impression désagréable s'emparait de lui. Comme si l'on venait de l'assommer très fort avec un chaudron épais. Hébété, sa réaction première fut le déni. Cela devait être un mauvais rêve, d'ailleurs il n'allait pas tarder à se réveiller. Oui, c'était un cauchemar, ou alors une erreur. Juliet avait dû se tromper, ou mal comprendre. Elle ne pouvait pas être enceinte. Otant sa main de la sienne, il s'agita un peu pour pouvoir lui faire face.

"Mais...", répondit-il finalement d'une voix hésitante, "Mais enfin, Juliet... Tu ne peux pas être enceinte... Pas deux fois... Ca ne peut pas nous arriver, par accident, deux fois ? C'est une mauvaise blague ? C'est qui, ce médecin, d'abord ? Il s'est moqué de toi, ce n'est pas possible enfin, tu... tu ne peux pas ! Personne ne peut avoir autant de malchance !"

Jeremy réalisa trop tard qu'il avait été trop loin. Le mot "malchance" s’immisça entre eux instantanément, et il sentit un grand froid l'envahir. Il passa ses mains tremblantes sur son visage, et ferma brièvement les yeux. Peut-être que lorsqu'il les rouvrirait, ce serait pour se rendre compte que tout ceci n'était qu'un cauchemar ?


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Lorsque Jeremy rompu le contact avec elle en retirant sa main de la sienne, Juliet leva vers lui un regard perplexe. Elle avait juste envie de retrouver l’étreinte réconfortante de son mari, de sentir son souffle contre son cou, de se laisser bercer par sa respiration, juste quelques instants, juste le temps de s’en remettre, juste le temps qu’il lui montre qu’il était là pour elle. Désemparée, elle se redressa légèrement mais ne put s’empêcher de triturer nerveusement ses mains. Elle se souvenait du jour où elle avait annoncé à Jeremy qu’elle était enceinte de Gabrielle comme si c’était hier. Elle se souvenait de sa réaction, de son étreinte réconfortante, de la chaleur de ses bras, de cette sensation d’être soutenue inconditionnellement. Les années étaient passées, ils avaient grandi, ils étaient plus mûrs aujourd’hui. Pourtant, Juliet se sentait comme la toute jeune adulte qu’elle était à l’époque, pleines d’incertitudes, de questions, de peurs.

La jeune femme retint un rire las lorsque Jeremy qualifia sa récente grossesse de « mauvaise blague ». Que pensait-il ? Qu’elle n’avait pas envie de lui crier « surprise ! Je t’ai bien eu ! » ? Qu’elle n’avait pas demandé au médecin de réaliser un second examen ? Qu’elle n’avait pas vécu toute cette journée en se demandant sérieusement si elle allait bientôt se réveiller ? Juliet inspira un grand coup. La réaction que Jeremy – si elle n’était pas exactement très agréable à entendre pour la jeune femme – était plutôt normale considérant les circonstances de cette grossesse. En réalité, Juliet était prête à tout entendre, à encaisser toutes les réactions de son mari. Presque toutes.

Le mot « malchance » souffla un froid sur le couple tandis qu’il s’affichait en toutes lettres dans l’esprit de Juliet. Elle observa Jeremy, incrédule. Leur vie n’était peut-être pas idéale, sûrement pas conventionnelle. Ils avaient eu un enfant très tôt, avaient dû réorganiser leur vie en fonction de cela et cela avait eu pour conséquences qu’ils renoncent à certains rêves, à certains projets. La vie n’était pas évidente tous les jours, ils avaient dû grandir très – peut-être trop – vite, et renoncer à l’insouciance des jeunes adultes. Pour autant, Juliet n’aurait jamais osé appeler cet évènement qui était venu bouleverser leur vie une « malchance ». Malgré les doutes et les peurs, les incertitudes et les soucis financiers, lorsqu’elle posait les yeux sur le visage souriant de sa fille, lorsqu’elle serrait cette dernière dans ses bras, elle savait que tout cela en valait la peine.

« Je ne savais pas que tu ressentais ça. » commenta Juliet en levant un regard incertain vers Jeremy. « Gaby est une malchance, pour toi ? » demanda-t-elle en redressant le menton, le défiant de répondre par la positive.

Jeremy pouvait réagir comme il voulait, il aimait sa fille, et Juliet en était certaine. Pour autant, sa tirade lui laissait un doute amer. Jeremy aimait Gabrielle, certes, aimait-il leur vie pour autant ? Avait-il des regrets ? Aurait-il préféré être comme la plupart de ses amis de Lycaon, un étudiant insouciant, qui faisait la tournée des bars tous les samedi soirs, plutôt que de passer des dimanches à jouer avec son enfant ? Peut-être.  Juliet avait déjà été frustrée par sa condition de jeune maman, quand toutes ses amies sortaient s’amuser et qu’elle restait sagement chez elle avec sa fille. Evidemment, ils ne passaient pas toutes leurs soirées cloîtrés chez eux, et parvenaient souvent à s’arranger pour sortir – entre leurs parents respectifs, Sam et Théo, Joy, Irving et Nora, les babysitters étaient nombreux. Mais, évidemment, ils étaient loin d’avoir le même train de vie que leurs amis étudiants. Les soucis financiers étaient également un frein : élever un enfant avait un certain coût, et le jeune couple ne pouvait prétendre de rouler sur l’or. Alors, songea-t-elle alors qu’un long frisson lui parcourait le dos, peut-être que Jeremy avait des regrets. Elle chassa ses pensées négatives en secouant la tête. Cette annonce inattendue lui retournait complètement l’esprit. On ne pouvait pas regretter son enfant. Et Jeremy était un trop bon père pour déroger à cette règle.

« Ecoute, Jeremy… » débuta Juliet d’une voix adoucie. « Je sais que c’est pas une chose que tu pensais entendre avant plusieurs années. Crois-moi, ce n’est pas quelque chose que je pensais dire avant plusieurs années non plus. Mais c’est là, ça ne sert à rien de le nier, je suis enceinte. » souffla-t-elle. Le dire plusieurs fois ne permettait pas pour autant de l’habituer à cette idée. « Je ne sais pas pourquoi ça arrive, je ne sais pas comment c’est possible. C’est arrivé, c’est tout. » Elle laissa passer un long silence avant de reprendre. « Mais Jerem… Je suis aussi paumée que toi dans cette histoire. Je sais qu’il va y avoir des décisions à prendre, des choix qui ne vont pas être faciles… Mais là, j’ai juste besoin de toi, s’il te plait. » termina-t-elle d’une voix quasiment suppliante en plantant son regard dans le sien. Elle avait juste besoin de sa présence, de son étreinte, pour se tirer hors de cette réalité. Les choix viendraient plus tard, non ?



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Le silence glacial qui suivit ses paroles, couplé au regard incrédule de Juliet, achevèrent de mettre Jeremy sur la défensive. Qu'il était facile, pour Juliet, de lui annoncer une nouvelle pareille et d'espérer qu'il réagisse parfaitement, avec les mots justes, sans même accuser le coup !

"Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu sais très bien que j'aime Gabrielle", répondit-il en soutenant son regard de défi. Jeremy avait conscience de ne pas être un père ni un mari parfait, mais il faisait réellement de son mieux. Depuis l'annonce de la première grossesse de Juliet jusqu'à aujourd'hui, il avait donné tout ce qu'il avait pour la soutenir, pour construire un foyer pour cet enfant, pour qu'ils aient un toit sur la tête, de la nourriture dans l'assiette, et un avenir. Plus encore, il avait tout fait pour qu'ils soient heureux, tous les trois, en dépit des difficultés qu'ils pouvaient rencontrer. Pour autant, n'aurait-il pas préféré avoir quelques années d'insouciance et de jeunesse avant que Gabrielle ne vienne au monde ? Bien sûr que si. Il aurait été hypocrite que d'affirmer le contraire.

Jeremy se sentait régulièrement au bord de l'épuisement. Ses études pâtissaient du rythme qu'il s'imposait. Ses amis lui manquaient. Sa passion, le Quidditch, lui manquait également. Il ne pouvait pas s'investir dans la Résistance autant qu'il l'aurait souhaité. Et la liste des sacrifices et frustrations s'étirait à l'infini. Alors oui, Jeremy aimait sa fille, il aimait sa famille, et il était aussi heureux qu'il pouvait l'être - mais il n'était pas, absolument pas, prêt à accueillir un second enfant dans leur vie... Comment pourraient-ils seulement l'envisager, enceinte ou pas ? Oui, ils auraient des décisions à prendre, et aussi loin que Jeremy était concerné, il n'y aurait pas besoin de réfléchir longtemps. Le bon choix, son instinct le lui dictait d'une manière péremptoire, qui ne souffrait pas la contradiction. S'il avait su trouver la joie et le bonheur dans cette première paternité, Jeremy était persuadé qu'il vivrait la seconde comme une catastrophe, oui, comme une malchance... Ce qui n'était pas du meilleur augure pour accueillir un enfant.

Malgré les sentiments forts qui tempêtaient en lui, il s'attendrit des dernières paroles de son épouse, et de son regard suppliant. L'amour qu'il éprouvait pour Juliet dépassait toujours sa fierté, et il accepta de garder ses pensées pour lui le temps de la prendre dans ses bras. Il est vrai que sa réaction n'avait pas dû être facile à entendre, pour Juliet qui devait se sentir aussi catastrophée que lui. Jeremy la serra tendrement contre lui, en caressant ses cheveux d'un geste doux. Il la berça un moment en silence, trouvant lui aussi un certain apaisement dans cette étreinte. Pourtant, ses pensées n'étaient encore qu'affolement, et il sentait bien que cette annonce était venue s'insinuer entre eux.

"Ça va aller, ma chérie", murmura-t-il en déposant un baiser sur le sommet de sa tête. De cela, il n'était pas du tout persuadé, mais c'était ce qu'ils avaient besoin d'entendre tous les deux. Jeremy en avait, des choses à dire, mais elles n'étaient pas facile à entendre. Alors il attendit en silence, que Juliet se sente prête à aborder le sujet, sans cesser de la garder contre elle.


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Blottie dans les bras de son mari et bercée par ses caresses, Juliet ferma les yeux. Toute cette situation semblait irréelle car trop familière pour être vraie. Deux ans plus tôt, ils étaient dans un appartement différent avec une annonce similaire, enlacés l'un contre l'autre dans une posture semblable. Ils avaient finalement pris l'arrivée de Gabrielle comme un cadeau, arrivé certes un peu trop tôt, mais qu'ils étaient impatients et ravis de recevoir. Juliet s'était toujours imaginée mère, et Jeremy était indubitablement le père de ses futurs enfants. Ils avaient finalement trouvé des parades à tous ceux qui avaient tenté de les dissuader de devenir parents maintenant, et s'étaient lancés - en bon Gryffondor qu'ils étaient tous les deux - dans l'aventure de la parentalité.

Deux ans après, les leçons que Juliet en tirait étaient pleines de bonheur, de douceur, d'amour, de rires et de sourires. Parfois, l'amertume teintait ses pensées, alors qu'elle voyait Jeremy fatigué, maussade, et qu'elle se sentait privé de sa passion pour le Quidditch, parfois enfermé dans son rôle de mère. Puis elle regardait Gabrielle, et tous ses doutes s'envolaient à une hauteur qu'elle n'avait jamais pu atteindre avec son fidèle balai, encore plus haut que les cris des oiseaux. Elle voyait sa fille, ses premiers pas assurés, ses grands yeux gris malicieux et ses petites bouclettes blondes, et d'un coup, son coeur s'allégeait. Des sacrifices, ils en avaient fait, avec Jeremy, depuis la naissance de Gabrielle. Et Juliet étaient persuadés qu'ils les feraient encore. Parce que par-dessus tout, devenir parents, c'était placer le bonheur de son enfant, son bien-être, sa sécurité, avant tout. C'était le nourrir avant même de se rendre compte que nous aussi, on mourrait de faim. C'était le bercer et le coucher avant même de se rendre compte que nous aussi, on tombait de fatigue. C'était se contenter des sourires, des moments à trois le dimanche matins, des dessins approximatifs qu'on accroche au frigo, des éclats de rire et des colères.

Juliet referait tous les choix qu'elle avait fait durant ces deux années, si cela pouvait lui garantir le bonheur de sa fille. Et elle savait qu'il en allait de même pour Jeremy.

"Je suis désolée, pour tout à l'heure." souffla-t-elle en lui caressant doucement la paume de la main avec son pouce. "Je sais que tu aimes Gaby plus que tout au monde. Et je sais qu'on fait toujours de notre mieux pour que tout fonctionne, même si c'est difficile parfois." Elle laissa passer un instant, avant de terminer avec un sourire. "Et moi aussi, je t'aime plus que tout de monde." Depuis qu'ils étaient ensemble, leur amour lui semblait évident, comme s'ils avaient toujours été fait pour être ensemble.

Elle garda le silence par la suite, plongée dans ses pensées. Evidemment, qu'ils aimaient tous les deux leur fille. Mais là ? Un bébé, un deuxième, qui pointait le bout de son nez comme l'avait fait Gabrielle : d'une manière complètement inattendue, plongeant le couple dans la confusion la plus totale. Car Juliet n'avait jamais été aussi perdue. Juliet l'intrépide, Juliet l'assurée, Juliet la Gryffondor, n'avait jamais connu un moment comme celui-ci, où ses pensées incohérentes se perdaient dans le néant. Elle avait l'impression d'être incapable de penser clairement, de se construire une opinion sur la situation. La tentation de rester dans les bras de Jeremy et de repousser toute réflexion au lendemain était trop forte. Mais faire l'autruche n'avait jamais aidé personne.

"Je sais que ce ne serait pas raisonnable de garder le..." Elle allait dire "bébé" mais se retint au dernier moment en se mordant la lèvre. "De le garder. Financièrement c'est déjà compliqué, tu as tes études, ton boulot à Poudlard... Et je suis à "ça" elle montra un écart réduit entre son pouce et son index. "De retrouver un poste à Flaquemare avec les futurs changements dans l'équipe." Elle se mordilla l'intérieur de la joue et tordit ses mains. "Mais..." Sa tête se souleva pour qu'elle jette un coup d'oeil aux escaliers qui conduisaient à la chambre de Gabrielle. "Je ne sais pas."

Mais elle se sentait coupable. Coupable d'avoir songé, au moment de sa première grossesse, à avorter. Coupable lorsqu'elle regardait sa fille, et qu'elle se disait qu'elle aurait pu passer à côté de ce bonheur. Coupable de l'avoir porté pendant neuf mois, alors que sa première réaction, lorsqu'elle avait appris sa grossesse, avait été de vouloir y mettre un terme. Aujourd'hui, elle se sentait tout aussi coupable de se retrouver dans la même situation, d'avoir le même dilemme.

"Qu'est-ce que tu penses de tout ça ?" interrogea-t-elle d'une voix douce en plongeant ses yeux gris dans le regard de son mari.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Un sourire adoucit le visage sombre de Jeremy quand Juliet lui retourna sa déclaration, et il raffermit sa prise sur elle. Dans le feu de l'émotion, leurs mots avaient dépassé leur pensée, mais au fond ils savaient bien combien ils s'aimaient. Sans cet amour, jamais ils n'auraient pu affronter tout ce que la vie avait mis sur leur chemin ces dernières années. Sans Juliet, sans Gabrielle et leur petite famille, Jeremy ne savait pas comment il aurait pu survivre à certaines épreuves et disparitions autour de lui. Elles étaient les deux femmes de sa vie, les deux piliers de son existence. Et elles lui suffisaient.

"Je pense...", répéta-t-il en passant une main lasse sur sa nuque. "Je pense que tu as tout dit. Pour toutes ces raisons, ce ne serait pas raisonnable de le garder."

Il n'avait pas besoin d'énoncer le pourquoi du comment, puisque Juliet venait de le faire, parfaitement consciente des sacrifices qu'imposerait une seconde naissance.

"Mais il n'y a pas que la raison, Ju'. Il me manque aussi l'envie, d'avoir un deuxième enfant maintenant. Gabrielle et toi, vous êtes toute la famille que je peux et que j'ai envie d'avoir pour le moment. Un jour, bien sûr que je veux lui donner un frère ou une soeur, mais maintenant, dans ce contexte ? Je pense que ce serait une erreur. Je préfère attendre le bon moment, quand nous l'aurons décidé."

Et cela, Jeremy n'avait pas besoin d'y réfléchir plus longtemps. Catégorique, sûr de ce que lui dictait son instinct, il savait qu'ils n'étaient pas prêts à être parents une nouvelle fois, si jeunes et si peu de temps après la naissance de Gabrielle. Il craignait ce que cela ne brise l'équilibre de leur famille, que ce bébé non désiré ne le rende amer, et que cette amertume se glisse entre Juliet et lui. Mieux valait une famille heureuse à trois que détruite à quatre, songea-t-il en sentant son coeur se serrer.

Le plus dur était d'imaginer ce que cela signifiait pour eux. Avorter... L'avortement avait été rendu légal par le nouveau régime, suite à l'affaire Chaudrillon, ce qui leur permettait au moins d'avoir cette option. Mais l'idée continuait d'effrayer Jeremy, élevé dans l'idée qu'un jeune homme devait assumer ses responsabilités de père. Juliet était-elle prête à envisager cette option ? Etait-elle aussi effrayée que lui, plus encore peut-être, par la possibilité ?

C'était dans son corps que ce petit être se développait, et c'était son corps qui aurait à subir ce traumatisme. Pourtant, c'était aussi sa vie à lui qui serait bouleversée si elle prenait la décision de mener cette grossesse à terme... Alors cette décision, ils devaient la prendre à deux.

Lentement, il glissa sa main sur le ventre de la jeune femme et le caressa à travers le tissu de sa robe.

"Tu es peut-être enceinte, mais ce n'est pas encore notre bébé, notre enfant", souffla-t-il à son oreille. "Il est encore temps de décider, on peut encore faire ce choix."

On doit faire ce choix, compléta-t-il intérieurement. Ils n'étaient plus piégés comme ils l'avaient été au moment de l'affaire des potions frelatées. Cette fois, ils pouvaient décider de prendre un rendez-vous à l'hôpital Sainte-Mangouste et de garder le contrôle de leurs vies. Cela ne signifiait pas que le traumatisme ne serait pas présent, qu'il ne serait pas long et compliqué de s'en remettre, mais c'était mille fois préférable à ses yeux que de faire venir un enfant au monde alors qu'ils n'étaient pas réellement prêts à l'accueillir et à l'aimer, autant qu'il le méritait. Car il savait, maintenant, il savait tout ce que cela impliquait que d'être parent...


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La vie qui nous attend [Jeremy & Juliet]

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