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 Something just like this [Isabel]

Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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15 janvier 2009

Abel était rarement content de venir au Ministère. D’abord il trouvait le bâtiment assez sordide -qui était l’archimage qui avait choisi cette faïence noire parfaitement glauque ? Les sorciers anglais ne connaissaient t-ils donc pas les bienfaits de la lumière ?- puis c’était rempli de fonctionnaires relativement peu aimables ou pressés. Sans compter que les seules raisons qui le poussaient à venir ici se résumaient au travail ou à de la paperasse personnelle, rien de fort excitant là-dedans. Alors c’était sûrement la première fois qu’il atterrissait ici avec une bonne humeur. Même de devoir passer dans une cuvette de toilette -voie d’entrée très élaborée, car les anglais avaient beaucoup de respect pour leur Ministère- n’avait pas effacé son sourire aux lèvres.

L’endroit était tout de même plus agréable passé dix neuf heures, quand la majorité des employés étaient déjà rentrés chez eux. Abel ne croisa pas grand-monde, mais il se sentit regardé comme un objet d’étonnement par les quelques travailleurs zélés encore présents. Peu de visiteurs extérieurs devaient venir ici, à cette heure-ci. Et pourtant, il était encore tôt aux yeux de l’archimage, qui finissait plutôt une heure plus tard en temps normal. Mais c’était vendredi, et le vendredi, on avait le droit de partir un peu en avance, selon le code non officiel du travail. Il s’était arrangé pour terminer plus tôt et partir sans trop culpabiliser, ni soulever des questions. Car il était ici en mission secrète, et d’ailleurs, il avait même pensé à prendre un dossier sous le bras pour jouer son rôle à la perfection.

Mais il n’eut même pas besoin de le brandir devant la personne chargée de l’accueil, tel un formidable et très recherché alibi, puisque le standard était tout bonnement fermé. Service public, à dix-neuf heures passées, c’était parfait comme créneau, ça, il s’en souviendrait. En revanche, il ne coupa pas à la traversée de l’open space qui regroupaient les plus jeunes employés du service, encore affairés. Les stagiaires étaient exploités partout pareil, songea t-il avec une petite pensée pour ceux qui étaient restés à sa propre agence. Il leur accorda un signe de tête et un sourire aimable pour ne pas avoir l’air de se faufiler -il faisait un très mauvais espion de toute façon, pas du tout discret du haut de son mètre quatre-vingt dix. Il s’arrêta même près d’un petit groupe pour demander l’air de rien avec toute la politesse requise pour l’intrus qu’il était :

« Bonsoir, vous savez si Mademoiselle Lavespère est toujours là ? J’avais un dossier à lui rapporter. 
-On ne l’a pas vue partir, répondit le jeune homme en consultant son voisin d’un bref regard, elle est sûrement encore ici. Bureau du fond, deuxième porte à droite. »

Abel connaissait déjà le chemin, fait qu’il ne précisa pas, se contentant de hocher la tête avec un remerciement. Parfait, il avait compté sur le fait qu’Isobel finirait aujourd’hui à peu près aussi tard que d’habitude. Il frappa à sa porte, puis savoura le bref suspense entre le moment où il entendit sa voix l’inviter à entrer et celui où il s’exécuta. Quelle tête allait t-elle faire ? Il s’efforça de conserver un ton sérieux en s’annonçant :

« Mademoiselle Lavespère, comment allez-vous ? Abel referma tranquillement derrière lui la porte. Un sourire perça ses lèvres, sans qu’il ne puisse s’en empêcher. Je parie que je suis la seule personne ici à le dire correctement. »

Il s’avança vers elle, empli d’une sorte de sentiment… d’excitation, oui, c’était le mot, c’était rare. C’était bête, mais il avait passé une partie de son après-midi à préparer cette petite surprise qu’il venait lui faire, alors il se sentait à la fois content et légèrement sous pression de se retrouver là, au moment qu’il avait attendu toute la journée. Il espérait qu’elle appréciait de le voir sans être prévenue. Arrivé au niveau de son bureau, il se pencha pour lui tendre le dossier plein de feuilles parfaitement vierges qu’il tenait sous son bras.

« Cadeau. Ou plutôt, alibi, mais tu peux le garder, annonça t-il. Il s’avança davantage, jeta un coup d’oeil à droite, un autre à gauche. On dirait que je n’en ai plus besoin. »

Il n’y avait personne d’autre qu’eux deux dans ce bureau, béni soit ce poste qui lui permettait d’avoir ses locaux personnels. Sans plus attendre, Abel posa ses lèvres souriantes sur les siennes pour un salut moins formel, car il avait déjà trop attendu. Vingt quatre heures dans une relation naissante, parfaitement, c’était énorme.


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Il y avait des journées comme celles-ci où Isobel pouvait respecter son programme de travail : cela la mettait toujours d’excellente humeur. La plupart du temps, elle courait de réunions en réunions et devait assurer des tâches de dernière minute, ce qui pouvait la mettre en retard sur ce qu’elle avait prévu. Elle faisait de longues journées pour mieux pouvoir gérer son temps et repartir satisfaite du bureau. Mais aujourd’hui, tout avait bien fonctionné et elle avait pu terminer des choses qui traînaient depuis quelques temps. Installée dans sa chaise, un peu trop penchée sur sa feuille, elle travaillait sur le projet qui était en train de se dessiner avec Jonah Forbes. Jusqu’à huit heures, se disait-elle, puis elle rentrerait. Elle entendait quelques voix provenir de l’open space, signe qu’elle n’était pas toute seule dans le service, pas encore. Il faisait déjà nuit derrière sa fenêtre artificielle et elle avait allumé la lampe de son bureau pour mieux voir ce qu’elle écrivait. Elle avait les épaules et la nuque tendues, elle redressait régulièrement le visage pour étirer légèrement son cou. Aspirée sa réflexion, elle n’entendit pas les pas devant sa porte avant que des coups ne retentissent. Elle jeta machinalement un coup d’oeil à sa montre, surprise qu’on vienne la chercher à cette heure précise. À tous les coups, c’était une urgence, un dérapage de secrétaire d’État sur la RITM ou un Directeur de Département surpris en pleine infidélité aux Folies Sorcières. Quoique, il était encore un peu tôt pour la deuxième option.

- Entrez ?

Mais le visage qui se glissa dans l’entrebâillement de la porte n’était pas celui de l’un de ses collègues. C’était Abel. Surprise, elle déposa son stylo sur son bloc-notes, alors qu’il la saluait de manière tout à fait sérieuse, pour les collègues restés en arrière. Ils n’avaient pas prévu de se voir ce soir, encore moins sur son lieu de travail.

- Mais qu’est-ce que tu fais là ?

Il n’y avait rien d’accusateur dans son ton, elle était juste sincèrement étonnée de le trouver ici. Il ne lui avait pas sauté au cou en public, après tout, elle n’avait donc pas de quoi s’agacer. Il semblait tout content de sa surprise, elle le sentit dans le ton qu’il employa pour souligner qu’il prononçait bien son nom de famille, comme personne ici. Elle eut un sourire et secoua légèrement la tête.

- Raté, le Ministre parle bien français, répliqua-t-elle avec un peu de malice. Elle était toujours volontaire pour titiller un peu son ego, surtout quand il lui tendait des perches comme celles-ci. Huum, merci, trop d’honneur.

Il venait de lui tendre une chemise pleine de papiers vierges, chemise qui lui avait servi d’alibi pour venir pointer son nez si tard au service de communication du Ministère. Elle tendit la main pour la saisir et la déposa sur son bureau, histoire qu’elle puisse la dégainer aussi, si on lui posait des questions. Après tout, cela pourrait sembler bizarre que l’’un des archimages de Leopoldgrad lui rende visite si tard, porte close… Et à raison. Il se pencha vers elle pour l’embrasser et elle glissa sa main sur sa joue, pour prolonger le contact. Ça, c’était bien plus agréable qu’un trop formel Mademoiselle Lavespère. Lorsqu’ils se séparèrent, elle plongea ses yeux dans les siens quelques secondes et déposa un bref et volatile baiser sur ses lèvres.

- Je t’ai manqué au point que tu tentes l’aventure jusqu’au Ministère ?

Isy avait un ton un peu goguenard, comme pour distancier cela. Elle restait surprise qu’il passe ainsi à l’improviste. Contente, mais étonnée. Cela lui faisait plaisir de le voir et pourtant, ils s’étaient vus souvent depuis samedi, jour de la « discussion ». Pas dès le lendemain, elle avait eu besoin d’un peu de temps pour procéder toutes les informations et surtout, toutes les émotions. Elle était passée par plusieurs stades en seulement quelques heures, cela avait été éprouvant. Et puis… il fallait s’habituer à ce nouveau statut avec Abel. Ils étaient allés boire un verre sur les docks de Londres : elle avait appréhendé cette soirée mais au final, tout avait été parlé. Ils avaient parlé, avaient beaucoup ri et s’étaient beaucoup embrassés, aussi. Un bon programme en somme. Elle avait l’impression qu’un poids s’était enlevé de sa poitrine. Elle n’avait plus vraiment à se réguler, se retenir, à faire attention à tous ses gestes pour ne pas paraître trop familière avec lui. Et elle était bien. Tellement bien que, mercredi soir, ils avaient dormi ensemble après leur restaurant. Encore. Et par dormir, elle voulait dire vraiment dormir, l’un à côté de l’autre. C’avait été étonnamment apaisant même si elle ne l’avouerait pas vraiment. Et hier, encore, ils avaient passé la soirée ensemble, même si elle était rentrée dormir chez elle. Sans engagement, ils avaient dit : généralement, elle ne dormait pas sans engagement et les « sans engagement » ne venaient pas la chercher au bureau…

Elle n’en dit rien à Abel. Ils cherchaient encore leur rythme, voilà tout. Et puis… elle était sincèrement heureuse de le voir. Elle lui adressa un sourire et se leva de sa chaise pour contourner son bureau. Un coup d’oeil à la porte, toujours bien fermée, et elle glissa ses bras autour de lui pour lui faire un câlin, poussant un soupir. Elle était complètement cassée dans sa dynamique de travail, par contre… Jonah Forbes attendrait le lendemain. Les yeux fermés, la tête contre son torse, elle murmura.

- Bonne journée ?


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« J’ai terminé plus tôt, et je me suis dit que je viendrais te faire un coucou surprise. La vérité partait plutôt du raisonnement inverse, il avait fait en sorte de terminer plus tôt pour lui faire cette surprise, mais elle n’était pas obligée de le savoir tout de suite. Le petit commentaire sur monsieur le ministre qui parlait bien français, évidemment, lui tira une moue de fierté. Eh bien, il ne le parle pas aussi bien que moi ! »

C’était juste pour la forme, de toute manière, ce n’était pas un atout de nature à impressionner Isobel, puisqu’elle-même maîtrisait très bien cette langue, alors il ne pouvait pas jouer de son adorable accent français pour la charmer. En revanche, il pouvait user de longs baisers et doux regards, tandis qu’elle sortait son petit ton taquin qui avait un certain effet sur lui, il devait l’avouer.

« Si tu savais. C’est quelque chose de venir braver les gens pressés et les contrôles à l’entrée, j’espère que tu apprécies. »

En vérité, il n’avait pas croisé grand-monde pour une fois mais il s’y était attendu et préparé, alors c’était tout comme, de son point de vue. Isobel avait l’air agréablement surprise de sa venue, ce qui était exactement la réaction qu’il était venu chercher, ça, et quelques gestes de tendresse. Il referma ses bras autour de ses épaules, avec cette agréable sensation de chaleur dans l’estomac, de plus en plus familière. Un câlin suffisait à reconstruire cette petite bulle de bien-être où il se sentait si bien avec elle, sans personne pour venir les déranger. Depuis le week-end dernier, Abel se sentait flotter sur un petit nuage, se délestant chaque jour un peu plus du poids de ses incertitudes. Il avait la sensation satisfaisante d’avoir pris la bonne décision, d’être enfin sur une bonne voie avec elle, sans la menace d’une tension dramatique prête à éclater à tout moment au-dessus de leurs têtes, au moindre pas de travers. Leur samedi fort en émotions, puis le temps de prise de recul qu’ils s’étaient accordé leur avait permis de profiter de plusieurs soirées dans la semaine, plus légères, plus simples. Il avait ce réconfortant sentiment d’avoir enfin résolu plusieurs choses entre eux, pour ne garder qu’une affection sincère et belle, une intimité savoureuse et toute nouvelle. Mais Abel avait encore du mal à réaliser, pour être honnête, tout s’était enchaîné tellement vite. Il essayait de ne pas trop y réfléchir et se contentait de profiter de leur rapprochement, ce qui représentait déjà un vaste programme.

La question d’Isobel suscita chez lui aussi un soupir -le soupir de fatigue de fin de semaine qui voulait tout dire. Il lui répondit en bougeant légèrement la tête, sans rompre leur étreinte :

« Hum, content que le week-end soit arrivé, on va dire, j’ai enchaîné les dossiers aujourd’hui. Il se sentait encore tout fourbu des heures penché sur ses contrats et sa table de dessin pour avancer le plus possible et quitter plus tôt. Il déposa un baiser dans le cou d’Isobel, puis recula la tête pour croiser son regard. Et toi, je ne te dérange pas ? Tu bossais sur quoi ? »
 
Il l’avait aperçue penchée et concentrée à son bureau quand il était entré. Il pensait qu’à cette heure-ci, elle serait bientôt prête à partir, pourtant. Un dossier l’avait suffisamment captivée pour qu’elle ne prête plus attention au temps qui filait, peut-être. Qui savait jusqu’à quelle heure elle serait restée s’il n’était pas venu lui faire la surprise de sa venue ? Ce fut son tour de prendre un air badin, en ajoutant, les bras enlacés autour de sa taille :

« Tu restes vachement tard au fait, tu es toujours la dernière partie ou c’est juste parce que je ne te manquais pas assez ? »


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- C’est gentil, concéda Isobel avec un sourire lorsque Abel lui précisa qu’il avait fini plus tôt, ce qui expliquait sa présence. Enfin, plus tôt… Il était plus de dix-neuf heures mais pour eux, qui travaillaient beaucoup, c’était plus tôt, effectivement. Elle plissa légèrement le nez quand il affirma parler français encore mieux que le Ministre : elle savait très bien que c'était le cas. Tu ne pourras pas m’impressionner avec ça, tu sais !

Ils étaient tous les deux bilingues et ce n’était pas nouveau. Elle avait appris le français en même temps que l’anglais, comme tous les enfants de leurs familles respectives. La Louisiane tenait à cet héritage culturel, c’était d’ailleurs le seul État bilingue des États-Unis. Cela donnait un joyeux patois, mélange d’anglais, de français, de créole, saupoudré d’expression très locale. Elle avait beau avoir quitté la région depuis des années et des années, lorsqu’elle y était revenue, les deux fois, cette manie de langage lui était revenue spontanément. En dehors de la maison, elle ne parlait qu’un anglais très sérieux et presque nordique. Un petit reste d’accent traînait ici et là. Abel semblait avoir le même fonctionnement, de ce qu’elle avait pu voir. Et après avoir essayé de l’impressionner avec le français, c’était désormais avec son héroïque récit son accès au Ministère qu’il enchaînait. Décidément, ce soir, il avait quelque chose à prouver…

- À cette heure là, fit-elle remarquer, les seuls gens pressés sont les équipes de ménage…

Elle exagérait un peu, il restait du monde : les fonctionnaires de garde cette nuit et les gens qui restaient travailler tard. Mais ici, le rythme des journées était un peu plus différent qu’aux États-Unis. Les gens étaient là plus tôt mais repartaient généralement vers dix-huit heures, environ. C’était sûrement à cause de la manie très anglaise de dîner tôt, les gens s’organisaient autrement. Quand elle avait travaillé à New-York, au contraire, il n’était pas rare que les employés arrivent vers neuf heures mais pour repartir vers vingt-heures des fois. Elle-même avait un peu un mélange des deux rythmes, elle arrivait tôt et repartait tard, parce qu’elle aimait travailler et elle aimait s’avancer. Puis personne ne l’attendait chez elle, si ce n’est son chat, alors elle pouvait bien se le permettre. Si Abel n’était pas arrivé, elle serait sûrement restée à son bureau jusque vingt heures, histoire de. Parce qu’évidemment, alors qu’elle était blottie dans ses bras chauds, elle ne retravaillerait pas, elle le savait très bien. Toute sa motivation s’était envolée dans cette étreinte apaisante.

- Tu comptes faire quoi, ce week-end ? demanda-t-elle. Elle aussi n’était pas mécontente que la semaine se termine, elle avait envie de dormir un peu. Il déposa un baiser dans son cou qui aiguisa sa peau et lui tira un sourire, qu’elle lui renvoya en croisant son regard. Non, tu ne me déranges pas, j’ai fini ma journée en soi. C’est un projet éventuel avec Poudlard et Jonah Forbes, un professeur, tu l’as peut-être croisé. Après tout, l’agence d’Abel et d’Isaac s’occupait de la rénovation de l’école de sorcellerie. Cela serait pour nouer des conventions de stage entre le Ministère et le collège, afin de plonger un peu les élèves dans le bain professionnel. J’aime bien le projet, alors je bosse un peu dessus… Peut-être qu’à long terme, cela pourrait même être un plan national pour impliquer des entreprises… Enfin, le dernier point, je ne décide pas. Cela relèverait plus du gouvernement.

Faire découvrir le Ministère et en faire la promotion, même auprès de jeunes, c’était son boulot. Pour le reste, elle n’était pas décisionnaire. Elle allait déjà faire sa part, c’était déjà assez conséquent. Elle posa sa main sur le torse d’Abel, lorsqu’il souligna qu’elle restait bien tard. S’il croyait qu’elle n’avait pas remarqué qu’il essayait de lui voler un compliment…

- Aucun commentaire sur le dernier point, répliqua-t-elle avec malice, comme parfois face à des journalistes trop insistants. Je ne suis pas la dernière, je pense que ma collègue Beryl est encore là puis j’ai croisé des gens du service graphisme. Et les stagiaires, aussi. Elle partait dans les derniers mais pas forcément la dernière, elle n’était pas si acharnée que cela. Mais bon, comme tu es là… Je ne pense pas que je vais m’y remettre.

Elle se détacha de lui et repassa du bon coté du bureau pour éteindre la petite lampe à huile. Elle ferma son bloc-notes et empila les chemises sur le côté. Elle rangeait tout au fur et à mesure de la journée aussi, cela fut vite fait et elle attrapa son sac par terre pour le poser sur le bureau, glissant ce qu’elle remportait chez elle.

- Tu voulais faire quelque chose en particulier ?

Si c’était dîner, elle était partante…


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Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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« Hum, je vois, tu as décidé de me contrarier dans mes tentatives pour t’impressionner aujourd’hui ! » répliqua t-il en faisant mine de se draper dans sa fierté.

D’abord le commentaire sur le français, maintenant sur le fait qu’il n’avait pas eu à affronter des foules en arrivant… Non, ses déplacements dans le Ministère n’avaient pas été contrariés comme il aurait pu l’imaginer. Pas de voisin d’ascenseur trop bavard et curieux, pas d’employé maladroit pour le bousculer dans les couloirs, pas de standardiste tirée à quatre épingles qui souhaitait savoir ce qu’il venait faire dans leur service si tard. Il avait évité tous les moments où sa présence aurait pu se faire remarquer et susciter des interrogations. Il était presque un peu déçu pour être honnête, car il avait l’impression de braver une espèce d’interdit en venant chercher sa… - partenaire ? son amante ?- sa Isobel sur son lieu de travail, au vu et au su de tous ses collègues, alors qu’ils n’avaient rien officialisé entre eux. Mais personne n’avait eu le bon goût de pimenter un peu l’expérience.

En vérité, c’était tant mieux, car ce n’était pas le moment d’ajouter le regard des autres dans la liste des choses à gérer dans leur relation. Cette proximité toute nouvelle entre eux, Abel voulait la préserver autant que possible. Il se sentait bien dans un petit cocon avec elle, à la redécouvrir et la découvrir autrement. C’était exactement comme ils se l’étaient promis, « juste eux deux » et c’était parfait comme cela. Des choses toutes bêtes lui faisaient du bien, se raconter leurs journées par exemple. Seulement une semaine était passée et leurs rapports n’étaient déjà plus du tout les mêmes. Il la sentait beaucoup plus ouverte à lui, chose qui relevait de l’exploit si on remontait le temps de quinze jours à peine.

« Rien de prévu en particulier, me reposer, je dirais. C’était assez tendu comme semaine, on a enchaîné les réunions, répondu à plusieurs appels d’offre pour des nouveaux projets… C’est toujours comme ça après les vacances de Noël, les gens se réveillent, il faut relancer la machine après la baisse de régime des fêtes. Et toi, quelque chose de prévu ? »

Il ne disait pas non à l’éventualité de se voir un soir ou une après-midi de son choix. Ils avaient rythmé leur semaine en sortant ensemble une fois tous les deux jours, voire plus, ce qui lui allait à la perfection. En contrepartie, il se retrouvait un peu en retard sur son travail, mais il trouverait bien un moyen de se rattraper… Le respect de son emploi du temps lui paraissait bien moins essentiel que ses objectifs du moment, à savoir partager des moments avec Isobel, l’écouter parler, s’endormir à ses côtés, l’embrasser. Toutes ces petites choses de cou… de pas couple qu’ils étaient.

« Jonah Forbes, ça me dit quelque chose, oui. J'ai sans doute dû le croiser. Il n’avait pas retenu le nom de sa matière, en revanche. C’est une bonne idée de proposer des stages aux étudiants, c’est une volonté qui émane d’eux ? demanda t-il avec curiosité, avant de glisser un commentaire l’air de rien. Si vous pensez à impliquer des entreprises plus tard, je réserve une place… Jamais assez de stagiaires. »

Il fallait bien faire jouer ses contacts au Ministère s’il voulait agrandir son agence, c’était toujours bon à prendre, disait son sourire innocent. En vérité, toutes les places étaient pourvues car ils bénéficiaient d’une bonne visibilité en étant les constructeurs de Leopoldgrad. Mais leurs stagiaires actuels finiraient par partir, et Abel espérait bien que Laveau&Wells continuerait de grossir dans les prochains mois, alors il ne fallait refuser aucune occasion de se faire un peu de publicité.

Pour l’embêter encore -il en était sûr-, Isobel refusa de répondre à sa question sous-entendue dans son dernier commentaire, ce qui le fit secouer la tête avec amusement. Cette femme avait toujours aimé faire des mystères et se faire désirer, voilà une chose qui n’avait pas changé. Elle lui annonça ce qu’il voulait entendre en revanche, quand elle déclara qu’elle n’allait pas s’attarder. Tant mieux, car il avait un programme plus sympathique en tête que celui de rester dans son bureau. Il saisit l’occasion de le lui expliciter, dès qu’elle posa la question.

« Oui ! Deux questions d’abord, à quel point as-tu faim ? Et, ajouta t-il avec malice, à quel point as-tu faim de cuisine italienne ? »  


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- Et pourquoi vouloir m’impressionner ? répliqua-t-elle avec un sourire en coin.

Ils se fréquentaient déjà, ce n’était pas vraiment nécessaire. En plus, ils se connaissaient depuis longtemps et ce, plutôt bien. Elle doutait d’avoir encore énormément de choses à découvrir sur lui, si ce n’est ce qu’elle avait pu manquer durant dix-sept ans. Il ne l’impressionnerait pas avec du français ou un acte héroïque aussi trivial que venir au Ministère en dehors des heures de pointe… Mais il avait réussi à la surprendre en se présentant ici : elle était plutôt heureuse qu’il ne l’ait pas fait en présence de tous ses collègues, d’ailleurs. Les rumeurs pouvaient aller vite des fois et elle n’avait pas envie que ce soit le cas. Ils étaient bien tous les deux, dans une bulle, elle n’avait pas envie d’entendre des commentaires insidieux sur la question. Elle n’en n’avait même pas parlé à Roy : elle savait très bien ce qu’il dirait. D’abord, que c’était une très mauvaise idée - il n’avait peut-être pas tort - et ensuite, il rirait. Beaucoup. Il y avait de quoi : Abel et elle avaient passé des mois et des mois à ne pas s’adresser la parole, à s’entendre, à ne plus s’entendre, à se détester, ils étaient devenus amis, elle avait promis que cela ne serait pas plus, elle avait accepté du plus… Un vrai soap opéra, c’était presque ridicule.

- Vous prenez encore de nouveaux projets ? s’étonna Isy. Après tout, de ce qu’elle savait, elle avait l’impression qu’ils étaient déjà surchargés. Ils avaient la reconstruction de la March’Bank et de la place Merlin, la rénovation de Poudlard, la villa de Mildred Magpie et sûrement d’autres qu’elle ne connaissait pas. Il avait toutes les raisons d’être fatigué. Je dois absolument faire des courses mais sinon, rien. Je comptais me faire une belle grasse matinée. On pourrait se voir un peu, aussi, si tu veux.

Elle avait hésité quelques secondes avant de proposer cela, histoire de ne pas avoir l’air trop accrochée. Après tout, ils s’étaient vus avant-hier, la veille et ils étaient visiblement partis pour passer la soirée ensemble. Mais Abel avait fait le pas vers elle aujourd’hui donc sûrement que cela ne paraissait pas déséquilibré… Ils avaient dit qu’ils feraient comme ils avaient envie, sans prise de tête, et elle avait envie de le voir donc il n’y avait pas de problème, se disait-elle, pour se rassurer un peu. Elle était toujours un peu méfiante au fond d’elle, elle voulait faire attention à ce qu’ils ne tombent pas dans de mauvais schémas qui pourraient tout faire échouer. Après tout, ils n’étaient pas un couple, c’était la certitude qu’elle avait. Ils se l’étaient dit. De toute manière, elle avait elle-même un équilibre à trouver : cette semaine, elle avait consacré ses soirées plus disponibles à Abel, or elle aimait sortir également et voir ses amis. Il allait falloir qu’elle arrange un peu tout cela.

- Il enseigne les moldus… précisa Isobel au sujet de Jonah Forbes. C’est bizarre comme matière. Ils n’avaient pas ça, aux États-Unis, l’apprentissage des jeunes sorciers se faisait au quotidien. Hum, non, pas vraiment. En fait, je reçois une jeune stagiaire cet été, c’est l’une de ses élèves et il a trouvé l’idée intéressante donc il a demandé si cela pouvait être imaginé à plus grande échelle. Je pense que ça peut être un bon projet donc… J’ai envie que ça marche. Puis ça me fait un dossier plus léger à côté de la reconstruction. La remarque de chef d’entreprise qu’il lui adressa la fit rire. Parfait, je note, ton agence sera notre entreprise témoin, ça ira très bien avec votre statut de structure dynamique en lien avec le Ministère ! Mais attention, on parle ici d’élèves de l’école, pas de jeunes adultes à maltraiter.  Quoique, tu peux peut-être déclencher des vocations…

Détachée des bras d’Abel, elle était en train d’attraper son manteau lorsqu’il lui demanda à quel point elle avait faim. Il prononça le mot magique « nourriture italienne » et elle eut un grand sourire.

- Sache que j’ai toujours faim de nourriture italienne !

C’était un petit point faible chez elle. Elle enfila son manteau en laine, dégageant ses cheveux coincés dans le col et passa son écharpe autour de son cou. Elle refermait ses doigts sur son sac quand elle réalisa quelque chose.

- Mais… On ne va pas sortir de ce bureau ensemble.

Elle n’avait pas très envie qu’ils soient aperçus en train de quitter le Ministère tous les deux, papotant joyeusement. Isy relâcha son sac et se dirigea vers lui, posant sa main sur son bras.

- Tu ne veux pas partir devant et je te rejoins dans l’Atrium ?

Comme pour mieux faire passer sa demande, elle se hissa légèrement vers lui pour l’embrasser, quelques longues secondes.

- On sera plus tranquilles comme ça, finit-elle par dire.


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Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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« Hum, parce que tu es difficilement impressionnable ? » tenta t-il avec un soupçon de provocation, juste pour ne pas répondre directement à la question.

La vraie réponse était assez évidente à ses yeux, quel homme ne voulait pas impressionner la femme qu’il fréquentait ? Même si en l’occurrence, il avait plutôt cherché à la surprendre en venant ici. La question suivante d’Isobel, légitime, lui fit hocher la tête, car la balance n’était effectivement pas évidente à trouver sur le nombre de projets qu’ils pouvaient se permettre de prendre. Il fallait de quoi se donner de l’élan et pouvoir payer tous les employés chaque mois, sans se montrer trop gourmands au risque de perdre bêtement de l’argent et de l’énergie. Mais contrairement à ce que la jeune femme s’imaginait, ils n’étaient pas encore au maximum de leurs capacités.

« Oui, il faut bien, on a deux bureaux à faire tourner. On cherche surtout des projets sur le sol américain en ce moment, pour que notre antenne à New York soit plus active. On a une équipe d’une dizaine de personnes qui s’occupent de répondre à des candidatures en ce moment, on verra bien ce que ça donne… Le marché américain était plus prolifique et plus sollicité à l’international, il ne doutait pas qu’ils parviendraient à trouver quelque chose d’intéressant à se mettre sous la dent. Il chassa momentanément ses réflexions professionnelles pour se tourner vers Isobel lorsqu’elle lui proposa de se revoir sur le week-end. Avec plaisir. »

Elle semblait le lui proposer avec sincérité, et non parce que c’était exactement ce qu’il souhaitait entendre. Ils semblaient sur la même longueur d’onde, et cela le soulageait. Il ne voulait pas se montrer trop étouffant avec elle, car il se souvenait bien des réserves qu’elle avait eues à l’idée qu’ils se rapprochent. Il s’en était rappelé dans la matinée, lorsque l’idée de l’inviter quelque part s’était dessinée dans sa tête. Puisqu’ils s’étaient vus la veille et l’avant-veille, pouvait t-il vraiment remettre le couvert ? Il n’était bien sûr d’avoir le bon dosage, il avait simplement l’impression qu’elle s’était amusée toutes les fois où ils s’étaient vus cette semaine, qu’elle n’avait à aucun moment cherché à le repousser. Alors pourquoi chercher à se retenir ? Il avait eu raison de faire ce pari, semblait t-il. Il l’avait sentie agréablement surprise quand il était entré, et il la voyait enthousiaste maintenant, ce qui dissipait ses derniers doutes. Rassuré sur ce point, Abel lui porta toute son attention alors qu’elle lui expliquait le projet qu’elle montait avec le professeur Forbes.

« C’est une bonne initiative, oui. Surtout que j’ai cru comprendre que les étudiants ici ne poursuivaient pas vraiment d’études après Poudlard, ils sont tout de suite plongés dans de l’apprentissage professionnel, c’est ça ? L’avantage de l’université, c’est que ça laisse encore le temps de réfléchir à quel métier on va exercer plus tard… Du coup, un stage pendant l’école, c’est une autre façon de plonger moins brutalement dans le bain, supposa t-il, tout à ses réflexions. Les anglais avaient tout de même un système scolaire assez étrange. La taquinerie d’Isobel fit revenir un sourire sur son visage, teinté de quelque chose d’inquiétant. Ah, parce qu’on ne peut pas maltraiter des élèves ici ? C’est bien dommage. »

Il exagérait, bien sûr, ses stagiaires étaient -presque- bien traités. Ils représentaient le nerf de la guerre, avec leur énergie, qui sait si l’ouverture de Leopoldgrad aurait respecté les délais sans eux ? Abel songeait à faire une proposition d’embauche à certains dans la foulée, comme la possibilité lui avait été offerte, une quinzaine d’années plus tôt, quand lui-même avait terminé ses études… Le digne passage de flambeau.

Sur un sujet moins sérieux et plus plaisant, Abel notait en tout cas que la nourriture italienne éveillait l’intérêt de sa partenaire. Tant mieux, car il avait repéré quelques très bonnes adresses à Londres et il espérait qu’elle ne les connaissait pas déjà, pour lui faire une vraie surprise. Emporté dans son enthousiasme, il s’apprêtait à rouvrir la porte pour eux deux, avant qu’une remarque très pertinente ne le coupe dans son élan.

« Euh… »

Oui, elle avait raison, il valait mieux ne pas sortir en même temps pour ne pas éveiller de soupçons et attirer les regards. Il arriva mentalement à cette conclusion assez vite, avant qu’elle n’appuie sa demande d’un baiser mignon comme tout. Argument dont elle n’avait pas besoin, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir de l’effet. Quand elle se recula, il lui lança un regard railleur qui disait exactement ce qui sortit de sa bouche :

« Forcément, si tu demandes comme ça… »


Il omettait de lui dire qu’il avait pensé un moment à l’attendre directement à la sortie du Ministère, pour les mêmes raisons qui la poussaient à vouloir sortir sans lui. Puis il avait songé que c’était prendre le risque de l’attendre longtemps, de la rater, et que c’était quand même plus amusant de tenter l’incursion dans son bureau.

« Retrouve moi à la sortie sur New Globe Walk, ça sera plus discret que l’Atrium. Il posa sa main sur la poignée de porte, souffla dans un dernier sourire. Ne traîne pas trop. »

Ponctuant sa phrase d’un baiser volatile, il sortit du bureau en refermant derrière lui, comme convenu. Ses pas firent le chemin retour jusqu’à l’open space où quelques employés, moins que tout à l’heure, traînaient encore ou commençaient à amasser leurs affaires. Abel leur adressa un poli « Bonne soirée », histoire de signaler son départ. Personne ne pourrait dire que l’archimage Laveau était rentré dans le bureau de miss Lavespère, et qu’on ne l’avait pas vu en sortir…

L’atrium était peu traversé, car l’heure de départ en masse était passée depuis une heure. Les dernières personnes présentes dans le Ministère sortaient tour à tour des étages. Le menton enfoncé dans le col de son manteau, Abel sortit son badge de visiteur pour ouvrir l’accès de la première Cheminette sur son chemin, menant comme toutes ses voisines dans un deuxième sas qui contenait d’autres Cheminettes communautaires, réparties selon une dizaine de sorties sur différents points stratégiques de Londres. Il se dirigea vers celle qui débouchait à l’arrière du théâtre de Shakespeare, sûrement l’un des plus vieux âtres magiques de la ville. Puis il attendit patiemment contre une colonne en bois qu’Isobel fasse surface. La cheminée finit par s’animer de flammes vertes et laisser apparaître sa jolie silhouette. Abel revint à sa hauteur, en enfonçant ses mains dans ses poches pour se parer du froid hivernal qu’ils allaient affronter à la sortie.

« On y va ? C’est par là, du côté des quais, il faut qu’on marche un peu. »

Oui, il avait trouvé un chic restaurant italien qui donnait sur la Tamise, monsieur s’était donné du mal.


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- Justement, ne te fatigue pas trop, répondit Isobel sur le même ton lorsque Abel argua qu’elle était difficilement impressionnable.

C’était plus ou moins vrai : disons plutôt qu’elle savait se contenir. Elle n’avait pas tellement envie de passer pour une idiote énamourée, ce qu’elle n’était pas, aussi préférait-elle garder une légère distance. Mais s’il y avait quelque chose qui l’impressionnait réellement, et cette fois-ci, elle ne le cacha pas, c’est qu’Abel prenne encore des projets alors qu’il lui semblait déjà surchargé. C’est vrai que lui et son associé avaient deux agences à faire tourner, mais tout de même… Il ne devait pas beaucoup voir la lumière du jour : ils s’étaient vus beaucoup cette semaine mais cela semblait être tout à fait exceptionnel.

- Pas trop difficile de faire tourner deux agences sur deux continents ?

Déjà que eux, au service communication, ils mettaient parfois deux semaines à avoir certains retours des autres services alors s’ils avaient dû être sur un autre continent… Évidemment, avec la magie, c’était plus facile, on pouvait voyager avec les Portoloins de manière très rapide mais c’était un coût non-négligeable et le décalage horaire jouait beaucoup. Contrairement au Royaume-Uni où il était possible de vivre au fond de l’Écosse et de travailler à Londres sans problème, le continent américain était grand. Il y avait une heure de décalage horaire entre New-York et la Louisiane par exemple, c’était encore gérable, mais il y en avait deux avec le Nouveau-Mexique et trois avec la Californie : on ne pouvait pas vraiment jongler entre les deux au quotidien. Si on ajoutait à cela les cinq heures de décalage entre Londres et New-York, gérer des projets aux États-Unis devait relever de l’exploit. Enfin, Abel et Isaac semblaient survivre pour le moment. Abel semblait même relativement disponible puisqu’il accepta sa proposition de se voir ce week-end. Ils pourraient peut-être aller boire un verre et voir un film, samedi soir… Demain, donc. Ils faisaient un bel enchaînement. Cela lui laisserait néanmoins le temps de faire ses courses et de travailler un peu : elle avait envie d’avancer sur ses dossiers, comme pour rattraper le temps perdu lors de son congé-attentat il y a quelques mois.

- Oui, enfin, il y a quelques grandes écoles tout de même, Lycaon par exemple, une Académie d’Arts Magiques, je crois aussi. Mais ce sont des exceptions, même les médicomages sont formés en apprentissage, tu réalises ? Pour deux anciens étudiants du prestigieux système universitaire américain comme eux, c’était plus qu’étonnant : les départements de médicomagie étaient parmi les plus sélectifs. C’est ça, acquiesça-t-elle lorsqu’il parla de les plonger dans le bain avant de choisir un métier. Et puis leur faire découvrir d’autres possibilités que Auror, joueur de Quidditch ou désensorceleur… Après tout, la fac avait réussi à la faire passer de « prêtresse vaudou » à « chargée de communication ». Elle rit légèrement lorsqu’il fit mine de s’étonner de la politique de bientraitance éducative du pays. Roh, je sais que tu as mal vécu Abigail Wiliams, se faire maltraiter par les membres de l’équipe de Wizball, tous les jours, ça a dû être difficile !

Ça, c’était une ancienne plaisanterie qu’elle avait tendance à lui faire alors qu’ils étaient encore adolescents tous les deux. Abel ne ressemblait pas tellement au cliché du lycéen quaterback dans l’équipe de Wizball, plutôt à celui membre du club d’échec et du club de débat (et ce malgré sa taille et sa carrure). En somme, toute la différence entre son cousin Alexandre et lui : à l’époque, Michelle et elle en riaient beaucoup, biberonnées à la télévision moldue et aux grandes histoires d’Alexandre, scolarisé au lycée d’Albuquerque. Elle retrouvait désormais ces vieux souvenirs avec plus de plaisir et d’apaisement notamment parce qu’ils étaient en train d’en bâtir de nouveau, à chaque fois qu’ils se voyaient. Pour autant, elle préférait garder cette relation toute nouvelle, cette petite bulle, pour tous les deux, d’où sa volonté de discrétion. Abel n’y semblait pas opposé - de toute manière, elle n’aurait pas vraiment négocié sur ce point - surtout lorsqu’elle appuyait sa demande en l’embrassant (technique non-officielle de persuasion.) Elle répondit à son regard railleur par un grand sourire innocent, haussant légèrement les épaules.

- Je sais, j’ai les bons arguments !

Des fois, les hommes n’étaient pas bien difficiles à corrompre… Elle aurait pu exposer la liste longue comme le bras de bonnes raisons de ne pas sortir de ce bureau tous les deux mais un simple baiser suffisait. Que demander de plus ? Elle hocha la tête lorsqu’il lui demanda de le rejoindre à une sortie de cheminette communautaire et le laissa sortir de son bureau après qu’il lui ait volé un dernier effleurement. Un léger soupir lui échappa, sans qu’elle ne sache pourquoi, et elle se trouva bien bête quelques secondes, debout dans son manteau au milieu de son bureau. Elle attrapa son sac à main, vérifia qu’il était bien fermé, fit un dernier tour pour arranger quelques papiers, glissa un stylo dans un tiroir, consulta deux fois sa montre et décida qu’elle avait assez attendu. Après tout, la version officielle était qu’il était venu la voir pour ce fameux dossier plein de feuilles, ils en avaient brièvement parlé, il était reparti et après quelques minutes supplémentaires pour travailler et ranger ses affaires, elle avait décidé de rentrer aussi. Elle appuya sur la poignée de la porte, éteignit la lumière et donna un tour de clé avant de ranger son trousseau dans sa poche. Comme prévu, il restait du monde dans l’open-space, Beryl, une attachée de presse, Harold, un stagiaire et Jimmy, du graphisme.

- Bonsoir, lança-t-elle à la cantonade, à lundi !

Les deux garçons répondirent presque en même temps, mais pas Beryl, qui releva les yeux de sa machine à écrire. C’était toujours elle, la dernière.

- Qu’est-ce qu’il voulait, monsieur Laveau ?
- Oh, demander si on pouvait insérer des documents composés par leur agence dans nos communiques de presse, au sujet de la reconstruction de la place Merlin… Elle avait toujours ce petit instant de satisfaction quand le mensonge lui venait avec tant de facilité et de naturel. J’ai dis pourquoi pas, mais que ça dépendait des documents, il faut que ça reste lisible par la presse et le grand public.
- Oui, c’est sûr, confirma Beryl en hochant la tête à deux reprises, visiblement convaincue. Bonne soirée, à lundi !

Isobel lui adressa un sourire et sortit de l’open-space pour rejoindre les ascenseurs et l’atrium. Il était quasiment vide et ses talons claquaient sur le sol en marbre sombre. Elle sortit son badge de sa poche, attaché à un cordon de cou qu’elle ne portait que rarement, et le passa pour accéder au local des Cheminettes. Elle tourna quelques minutes pour trouver la bonne - il y en avaient des réglées pour faire une liaison directe, pour les autres, il fallait prévoir sa Poudre de Cheminette afin de donner une autre adresse - et arriva en quelques secondes au rendez-vous donné par Abel. Il était appuyé contre une colonne et elle lui adressa un sourire.

- Je te suis, répondit-elle.

Il faisait froid - vivement le printemps - et elle enfonça ses mains dans ses poches pour ne pas congeler. Elle aimait Londres la nuit, les immeubles illuminés et la Tamise qui regorgeait de reflets de couleurs. Elle regarda autour d’elle de longues minutes, un silence tranquille établi entre eux, avant qu’elle ne tourne la tête vers lui, dégageant légèrement son écharpe du bas de son visage.

- À cette heure-ci, les restaurants sont bondés, j’espère qu’on trouvera une place… Mais alors qu’elle prononçait cette phrase, elle réalisa qu’Abel ne cherchait pas « un restaurant » mais qu’il allait dans un endroit précis. À moins que tu aies réservé. Un léger sourire s’épanouit sur son visage. Et si tu as réservé, c’est que tu as tout prévu, n’est-ce pas ?

Donc que sa petite visite au Ministère n’était pas si fortuite que ça… Son sourire s’agrandit, amusé.


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« Eh bien, on a la chance d’être deux avec Isaac, c’est pratique pour se répartir les déplacements entre les deux pays. Mais c’est loin d’être évident, faire tourner une seule agence, c’est déjà un sacré boulot, reconnut t-il. On a la chance d’avoir des gros projets, forcément ça aide à faire rentrer l’argent qu’il faut. Ca fait rentrer aussi beaucoup plus de pression. Après, je dirais que quand on a connu un chantier aussi délirant que Leopoldgrad en terme d’équilibre entre les délais et l’attente… le reste nous semble tout de suite plus jouable, bizarrement. » Il échangea un regard complice avec elle, car elle était bien placée pour connaître les difficultés du dossier. Maintenant, il arrivait à faire des nuits correctes, au moins, c’était un sacré progrès. « Pour être honnête avec toi, notre bureau à New York n’est pas aussi bien lancé que celui qui est ici, c’est pour ça qu’on essaye de corriger le tir, histoire de ne pas perdre l’argent qu’on y a investi. »

En parler avec elle lui rappelait d’ailleurs tous les sujets d’inquiétude qu’il s’efforçait de laisser au bureau une fois qu’il le quittait. Il n’avait pas été très raisonnable, cette semaine, à partir plus tôt, à passer des soirées entières en compagnie d’Isobel, alors que son rythme exigeait d’habitude davantage d’investissement… Il allait certainement le payer dans les prochaines semaines, mais il essayait de ne pas y penser. Son désir de profiter de l’instant présent avec elle était plus fort, malgré les perturbations d’emploi du temps que cela entraînait. Pourtant, il avait perdu l’habitude de laisser place à autre chose dans sa vie que sa carrière professionnelle car sa dernière relation sérieuse en date remontait à bien deux ou trois ans. Il s’était même installé dans un célibat confortable et tout lui laissait penser qu’il n’était pas prêt à se laisser perturber dans son rythme. En tout cas, c’était avant que la vie ne lui offre cette chance avec Isobel, qu’il avait toujours manquée. Cette fois, il ne voulait avoir aucun regret. Cette fois, il ne reproduirait pas l’erreur de penser qu’ils avaient tout leur temps, qu’elle allait l’attendre, et qu’il pouvait reporter à plus tard tout ce qu’il souhaitait partager avec elle, sous prétexte qu’il avait plus urgent à faire. Même s’il n’y avait rien d’officiel et qu’ils avançaient avec prudence, leur relation était déjà une priorité et un objet de toute son attention, dans le coeur d’Abel.

Alors il voulait en prendre soin, la cultiver, sans se restreindre inutilement tant qu’il sentait Isobel sur la même longueur d’onde. Il lui semblait que c’était le cas, ils passaient de bons moments ensemble, ils parvenaient à discuter de tout et de rien et se taquiner comme deux personnes complices. Elle lui ressortit d’ailleurs une vieille plaisanterie qu’elle avait l’habitude de faire quand elle spéculait sur son quotidien au collège, une plaisanterie qui lui faisait toujours autant lever les yeux au ciel.

« Si tu savais. Je ne maltraite que les stagiaires qui ont des têtes de quarterback blond du Massachusetts, c’est ceux que je charge de coller des arbres en plastique sur des maquettes à longueur de journée. »

Il sourit à ce commentaire pour le moins caricatural, curieux de savoir ce qu’Isobel allait lui rétorquer, car elle avait toujours quelque chose à rétorquer quoi qu’il arrive. Même quand elle se faisait prendre en flagrant délit de technique de persuasion déloyale, avec son baiser volé. Il secoua la tête en sortant, plutôt amusé. Qu’elle ne s’habitue pas trop à ce genre d’arguments non plus, il restait un homme dominé par sa raison, spécimen suffisamment rare pour être signalé.

Lorsqu’ils furent enfin sortis du Ministère, Abel savoura l’air frais et le joli éclat des lumières de la ville sur la Tamise, un décor bien plus agréable à partager avec elle. Ils marchèrent dans un silence apaisant, sans se tenir, mais avec leurs coudes qui se frôlaient juste ce qu’il fallait, jusqu’à ce que la voix d’Isobel finisse par le sortir de ses pensées relativement niaises. Un sourire discret se glissa sur son visage, masqué par son col.

« Hum… Grillé. J’ai appelé tout à l’heure, on a une table pour vingt heures. Et… Bref coup d’oeil à sa montre. Pour une fois dans ma vie, j’ai bien prévu mon timing. » Un thème dans lequel il était particulièrement mauvais, qu’il s’agisse d’organiser son emploi du temps ou de ne pas rater le coche avec la femme de ses rêves, n’est-ce-pas. Il posa un regard malicieux sur elle. « Pourquoi j’ai l’impression dans le ton de ta question que ça te fait avoir raison sur quelque chose ? »

Le temps qu’elle lui réponde, il repéra la silhouette du restaurant en question, surélevé de quelques marches par rapport aux quais. Une jolie construction de bois et de métal tout en longueur, comparable à une embarcation, avec de généreuses baies vitrées d’où émanait une délicate lumière. Abel tint la porte à Isobel -puis au jeune couple qui suivait derrière, tant qu’à faire- lui laissant le temps de découvrir le bâtiment pendant qu’il donnait son nom aux hôtes à l’accueil. La table qui leur avait été réservée se trouvait près des baies vitrées, en vue directe sur la Tamise. L’intérêt principal de ce genre de restaurant haut de gamme résidait selon Abel au calme savoureux qui y régnait et dont il put se délecter en s’asseyant. Pas d’enfant braillard, pas de clients mécontents. Que des gens seuls, en couple ou des familles bien élevées qui respectaient le pianiste sur l’estrade du fond de la salle.

« Ca te plaît ? On a fêté l’inauguration de Leopoldgrad ici, avec l’agence, ils nous avaient placés sur les grandes tables de la terrasse » déclara t-il en désignant la terrasse en question, fermée pour l’hiver. Ils avaient un peu pleuré avec Isaac en voyant la note finale qu’ils s’étaient chargés de régler entièrement, bons patrons qu’ils étaient. Mais la soirée en avait valu le coup, il en conservait un bon souvenir. « Tu sais, ajouta t-il avec un léger sourire car il s’apprêtait à se relancer dans un de ses sujets de tacles préférés, quand je cherchais un restaurant pour ce soir, je me suis rendu compte que je n’en connaissais pas un seul correct où on mange typiquement anglais. Est-ce que tu as mis plus d’un an à les trouver, toi aussi ? »


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- Il faut voir le bon côté des choses, avec tous ces déplacements, tu peux voir souvent tes copains américains ou la famille. Tu es moins expatrié, souligna Isy avec un sourire.

Elle-même aurait aimé revenir aux États-Unis plus souvent, elle faisait le voyage tous les ans, à peu près. Les Portoloins étaient très chers mais ses amis lui manquaient parfois ainsi que la vie new-yorkaise. Les deux allers-retours, à l’été et Noël, l’avaient ruinée mais elle s’était engagée auprès des prêtresses à revenir plus souvent : cela lui permettrait de voir son grand-père, c’était positif, mais elle avait intérêt à se serrer la ceinture pour mettre des sous de côté… Elle espérait quand même partir en vacances cet été. Il lui faudrait donc soi une augmentation, soit arrêter de manger, soit arrêter de s’acheter des vêtements mais la dernière option semblait la plus difficile à tenir. Elle n’était pas accro, c’est juste qu’elle aimait avoir beaucoup de choses, son dressing était plein à craquer. Elle compensait un peu des années sans achat à avoir à peine de quoi payer le loyer et se nourrir : elle avait un salaire confortable pour une personne seule et en profiter pour le dépenser en shopping et vacances. Après tout, cet argent, elle ne l’emporterait pas en enfer.

- Tu aurais fait un bon quaterback, pourtant, fit-elle remarquer avec malice. Regarde comme tu es grand !

C’était vrai, il la dépassait d’une vraie bonne tête, quand elle n’avait pas de talons. Même lorsqu’elle était en talons d’ailleurs, il restait un peu plus grand ce qui était appréciable, il fallait le dire. Et puis il était carré, des épaules, joliment carré mais elle préférait ne pas s’attarder sur ce sujet à voix haute devant lui, elle réservait cela à ses rêveries secrètes à elle. Elle avait l’impression que les images de cette soirée viendraient bientôt se rajouter à ses rêvasseries, alors qu’ils marchaient tous les deux le long de la Tamise. Isobel avait envie de glisser son bras sous le sien, alors que leurs manteaux se touchaient régulièrement, mais elle se retint. Elle trouvait que ce geste avait une intimité particulière, marcher tous les deux main dans la main, cela semblait relever d’un autre type de relation. Elle se contenta de rester près de lui alors qu’ils avançaient vers le restaurant. Lorsqu’il confirma sa petite théorie de la réservation, elle essaya de cacher son grand sourire mais n’y parvint pas. Elle était contente, bêtement contente. Il avait organisé cette soirée pour tous les deux. Elle n’aurait pas dû être si ravie de cela, ça ne rentrait pas vraiment dans les termes décontractés de leur relation mais… Tant pis.

- Parce que tu m’as laissée entendre que ta visite à mon bureau était tout à fait fortuite, ce qui n’est pas vraiment le cas ! répondit-elle, amusée. Elle sortit sa main gantée de sa poche pour glisser son bras sous le sien. Et si je n’avais pas été disponible ?

Après tout, c’était vendredi soir et la plupart du temps, elle sortait, elle voyait ses amis. Elle aurait très bien pu aller aux Folies pour voir Roy et Sofya, ou bien voir cette pièce qu’elle voulait voir depuis deux semaines avec sa copine Oprah, de la danse. Mais justement parce qu’Abel et elle s’étaient vus plusieurs soirs dans la semaine, elle avait prévu de rester chez elle à se reposer un peu, à ranger un peu son appartement, se faire les ongles, ce genre de choses toutes bêtes. Tant pis, ce serait pour dimanche ! Elle ne regrettait pas cette soirée. Le restaurant était élégant face à la baie, les baies vitrées miroitaient face à la Tamise. Isy était déjà venue se promener plusieurs fois et l’avait aperçu mais elle n’était jamais entrée. Elle lâcha le bras d’Abel lorsqu’il lui ouvrit la porte, elle le remercia d’un sourire et s’engagea dans le hall. Il faisait bon par rapport à l’extérieur et elle retira ses gants - une seule paire cette fois-ci - en promenant son regard autour d’elle. Il n’y avait pas énormément de bruit, c’était calme, il y avait de la musique, cela sentait bon - son amour des bonnes pizzas était incommensurable, malheureusement - et la vue était magnifique. Un couple passa devant elle suivi par Abel, qui donna son nom pour la réservation. À son plus grand contentement, ils avaient une table près des fenêtres et elle sourit à la serveuse quand celle-ci les mena à leurs chaises.

- Ça me plaît beaucoup, assura-t-elle, c’est très joli. Elle tourna la tête vers la terrasse désignée, sur laquelle Laveau&Wells avait fêté le succès de Leolpoldgrad. En été, ce doit être sympa, effectivement ! Cela l’était déjà : elle prit quelques secondes pour admirer la Tamise éclaboussée de lumière. On apercevait le dôme de la cathédrale saint-Paul d’ici. Elle sourit à son tacle sur l’Angleterre - décidément, ils faisaient de bons chauvins, et elle entreprit de répondre sur le même ton. Je n’en n’ai jamais cherché : je ne vois pas l’intérêt de manger typiquement anglais ! Elle ne parlait pas extrêmement fort, pour respecter la quiétude du restaurant et pour ne pas se faire alpaguer par des anglais trop patriotes. Jelly, haggis, porridge ? Il y en a déjà à la cantine du Ministère, je m’en passe bien !

Elle préférait largement manger italien, par exemple.

- Tu vois, badina-t-elle, si tu m’avais emmenée dans un restaurant anglais, j’aurai soudainement eu cours d’aqua-quidditch.

La serveuse se présenta de nouveau à leur table pour leur apporter d’élégants menus bordés de cuir.

- Désirez-vous un apéritif ? s’enquit-elle.


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« C’est vrai, oui, c’est l’avantage. Même si je ne descends pas systématiquement à la Nouvelle-Orléans et je n’ai pas toujours le temps de voir du monde ailleurs. C’est un peu l’inconvénient des voyages d’affaire, parfois on est en déplacement qu’un jour ou deux, c’est peu. Mon organisme ne tolère pas plus d’un aller-retour de Portoloin trans-atlantique sur cette durée, avoua t-il, avec une pensée pour sa mère qui aurait aimé le voir passer à chaque fois qu’il venait, soit une fois tous les mois à peu près. La remarque suivante d’Isobel lui tira une moue incrédule et amusée à la fois. C’était bien la première fois qu’elle lui disait qu’il aurait fait un bon quarterback et il ne savait pas trop comment le prendre. Faudrait déjà que je commence par comprendre toutes les règles de ce jeu, avant de prétendre à quoi que ce soit ! »

Surtout quand on savait que c’était le rôle du quarterback de maîtriser la stratégie de son équipe sur le terrain, et qu’Abel n’avait jamais compris toutes ces histoires de codes tactiques, de subtilités de temps morts et autres détails de règle. Il était même incapable d’énumérer tous les postes qui existaient dans ce jeu, tellement il y en avait. Tout ceci faisait le grand désespoir d’Isaac qui était un grand fan, par ailleurs.

En marchant avec elle, Abel sentait l’excitation et l’appréhension augmenter tous deux d’un cran. Il espérait que sa surprise plairait à Isobel. C’était tout simple comme sortie, assez classique finalement, il y avait plus original à trouver qu’un dîner à deux. Mais comme elle l’avait dit plus tôt, il n’avait pas à chercher à tout prix à l’impressionner. Passer un bon moment était déjà une jolie réussite, et il savait que l’endroit qu’il avait choisi avait toutes les cartes pour les y aider. Parfois les meilleures idées étaient plus simples, comme on disait. Le grand sourire que lui adressait Isobel et la main qu’elle passa sous son bras lui firent voir qu’elle était déjà enthousiasmée par le programme, ce qui eut le mérite de le détendre.

« Moi, je t’ai laissée entendre ça, vraiment ? Il l’embêtait à faire l’innocent, juste pour le plaisir. Si tu n’avais pas été disponible, eh bien, j’aurais tout simplement appelé le restaurant pour reporter à un autre jour, mais tu n’aurais pas eu la surprise du coup. Et je me serais senti bête à laisser un dossier rempli de feuilles blanches à un de tes collègues. Voilà, je reconnais que mon plan n’était pas parfait. »

Les choses ne se seraient sans doute pas déroulées de la sorte mais il voulait bien se prêter au jeu des hypothèses foireuses. Il avait simplement tenu à voir sa tête surprise en le découvrant au pas de la porte de son bureau, il l’avait eue et il était satisfait. La soirée pouvait continuer de suivre son cours, de la façon qu’il l’avait prévue dans sa tête, à savoir parfaitement bien. Ils allaient manger un plat succulent, un dessert indécent, se promèneraient un peu sur les quais pour faire durer plus longtemps la soirée, il finirait par la raccompagner et ils rentreraient chacun en ayant plein d’étoiles dans les yeux. Assis à la table face à elle, pendant qu’elle admirait le lieu, il lui semblait en tout cas que ce qu’il avait imaginé était possible.

« Je suis content que ça te plaise » souffla t-il. Son commentaire sur la cuisine anglaise l’amusa, et il eut une petite pensée pour sa grand-mère paternelle qui aurait désapprouvé qu’on insulte un met aussi vénérable que le haggis. « Ne nomme pas ces plats, enfin, ça va nous couper l’appétit. » Ils n’avaient même pas fini de se moquer, elle lui tira un vrai rire lorsqu’elle s’inventa un prétendu cours d’aqua-quidditch. « Bah tu sais quoi, je ne t’aurais même pas invitée. Je me serais moi-même rendu compte que j’avais une conférence sur l’élevage des licornes moldaves à la place. »

Avec leurs bêtises, ils n’offraient pas un accueil très sérieux à la serveuse très sérieuse qui se présenta à eux, avec ses menus de choix. Abel s’efforça de retrouver une mine plus neutre en attrapant la carte des apéritifs longue comme son bras, qu’il n’avait pas toute l’expertise requise pour déchiffrer.

« Tu veux boire quelque chose ? » s’enquit t-il auprès d’Isobel.

Ils finirent par commander un vin blanc toscan conseillé par la maison et élogieusement commenté par la serveuse, qui les laissa en reprenant les cartes. Elle laissa derrière elle un bref silence qu’Abel interrompit en relançant la conversation sur le premier sujet qu’il eut en tête :

« Alors, qu’est-ce que tu voudras qu’on fasse ensemble, ce week-end ? Je précise que la grasse matinée est un programme acceptable. »

Elle l’avait évoqué tout à l’heure et ils n’en étaient pas à leur première nuit ensemble cette semaine, alors il en parlait sans ressentir de pression. Nuit de sommeil, uniquement, s’entendait.


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Isobel hocha la tête lorsqu’il lui rappela que ces déplacements en Amérique étaient avant tout des voyages d’affaires : cela ne laissait pas toute liberté pour organiser son emploi du temps. De toute manière, il n’avait sûrement pas envie de passer son temps en Louisiane avec sa famille, même s’il était relativement proche d’eux, et elle pouvait le comprendre. Elle ne put s’empêcher néanmoins de faire une petite remarque :

« Et ta mère le tolère ? »

Il était bien connu qu’Adeline Laveau n’était pas commode et qu’elle avait un peu tendance à couver son fils : elle avait longuement taquiné Abel, lorsqu’ils étaient jeunes, sur son petit côté fils à maman. C’était sûrement le fait d’être enfant unique ça. Et d’avoir une mère présente, ajouta-t-elle dans son esprit. Parce qu’elle était loin d’être une fille à maman… Ou à papa, du coup. Lorsqu’il rappela - suite à son compliment déguisé - qu’il ne connaissait même pas bien les règles du Wizball, elle secoua la tête, faussement désapprobatrice, réellement moqueuse.

« Et tu te prétends américain ? J’espère que tu as honte de toi. »

C’était leur sport, après tout, un mélange de Quidditch, de balai de course et de football américain : un sport plutôt violent donc très apprécié de leur patrie. Elle aimait bien regarder les matches importants, ceux des Rougarous de Lafayette par exemple et avait des copains plutôt fans, comme Jack, qui avait joué dans l’équipe d’Abigail Williams. En plus, elle avait fréquenté plusieurs joueurs, même à la fac, donc elle avait plutôt intérêt à ne pas se tromper sur les règles, cela faisait toujours mieux. Ses cousins étaient toujours fans, d’ailleurs, elle les avait entendu parler à Noël. Mais elle n’insista pas vraiment sur le sujet auprès d’Abel, consciente qu’il était plus intellectuel que sportif : elle avait plein d’autres sujets pour le taquiner, notamment le fait qu’il leur ait organisé toute une soirée en douce, sans savoir si elle serait disponible. Elle appréciait la surprise, même si elle trouvait cela un peu étrange, dans le fond.

« Oui, oui, toi tu m’as laissé entendre ça ! » répondit Isy joyeusement. « Tu n’aurais pas fait un espion très doué, dis donc. »

Elle aurait été déçue en réalité que cette soirée n’ait pas lieu. Assise face à lui à table, dans ce jolie endroit, elle était contente qu’il ait pensé à eux. Dans une autre circonstance, elle aurait même pu trouver cela romantique. Dans une autre circonstance. Ici, il n’était pas question de cela, juste de eux deux, qui… profitaient un peu de leurs soirées pour se voir, au milieu de leurs journées chargées par le travail. Il fallait bien se détendre un peu, non ? Elle oubliait déjà les remous des journées au Ministère, amusée par leur conversation légère et leur sujet de piques préféré : leur pays d’accueil. Qui aime bien châtie bien, c’était la politique appliquée par Isobel au sujet du Royaume-Uni. C’était une manière de faire croire qu’elle n’y était pas trop attachée, malgré ses sept ans ici. La remarque d’Abel au sujet de sa conférence sur les licornes moldaves lui tira un véritable rire et elle lui renvoya un regard profondément amusé.

« Pas assez américain pour connaître les règles du Wizball, pas assez anglais pour aimer leur cuisine… Heureusement que tu es, elle baissa la voix, vaudou, sinon tu vivrais sans repère ! »

C’était leur identité principale à la Nouvelle-Orléans, c’était l’identité principale de leurs familles, devant leur nationalité américaine, devant leurs métiers, devant tout. Ils s’identifiaient parfois plus aux covens vaudou du monde entier qu’au reste du pays. L’arrivée de la serveuse l’obligea à taire ses références à leur magie et elle parcouru rapidement la carte des yeux lorsqu’ils furent interrogés sur leur choix d’apéritif.

« Du vin, peut-être ? tenta-t-elle, son regard passant d’Abel, pour avoir son avis, à la personne qui s’occupait d’eux. Cette dernière leur recommanda chaudement un vin toscan, qui se prêtait à beaucoup de plats. Cela me semble parfait » acquiesça Isobel.

Ils n’avaient pas encore choisi quoi manger, autant partir sur une valeur sûre. Abel connaissait sûrement déjà la carte, puisqu’il était déjà venu, mais elle la découvrait et il y avait plein de choses qui la tentait. Déjà, se décider entre pizza ou pâtes, c’était l’épreuve de la soirée. La voix d’Abel lui fit relever les yeux de son menu. Elle sourit lorsqu’il lui proposa une grasse matinée - elle y avait pensé, d’ailleurs.

- C’est comme se retrouver pour un brunch mais pour dormir ? Elle le taquinait. Ils s’étaient endormis ensemble samedi soir, sur son canapé, fatigués et avaient recommencé mercredi, après avoir longuement parlé devant un dernier verre. Elle avait apprécié ces moments, tendres. Je ne sais pas, je dois faire des courses et puis je cours, le samedi matin. On pourrait aller faire une balade sur la côte dimanche ? La Cornouailles, c’est magnifique, je ne sais pas si tu as déjà vu. Et j’y connais un super restaurant de poisson - pensée émue pour son budget à la fin du mois, avec tous ces restaurants - cela pourrait être sympa. On pourrait marcher sur la plage, je sais que nous sommes en janvier, mais cela a du charme quand même.

Elle reposa la carte sur la table, pour glisser ses doigts dans ceux d’Abel.

- Et une grasse matinée, aussi, ajouta-t-elle avec un sourire en coin.




Isobel Lavespère
I am a villain, a hero, no more and no less, an awful disaster, a beautiful mess. @ ALASKA.

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« Oh, ma mère râle, tu la connais » répondit t-il avec un regard complice.

Elle râlait d’autant plus qu’il s’impliquait dans sa carrière et consacrait moins de temps à leur famille, tout en étant très fière de son parcours. Le paradoxe classique. Mais au fond, Abel n’avait pas à se plaindre, il ne s’agissait que de remarques occasionnelles car comme lui, Adeline restait assez pudique dans l’expression de son affection. Pas le genre de mère à l’étouffer de câlins excessifs, donc. Ce qui ne l’empêchait pas de le couver à sa façon, comme une louve protégeant son petit dans l’ombre, en veillant à ce qu’il ne manque jamais de rien et menant la vie dure à quiconque se mettait à son chemin…

« Je n’ai pas honte du tout, je suis loin d’être le seul américain à trouver toute cette religion autour de ce sport un tout petit peu excessive. » répliqua t-il ironiquement.

Abel l’assumait pleinement, le Wizball n’était tout simplement pas une source d’intérêt assez importante pour qu’il y consacre son énergie. Oh il appréciait de voir un match de temps à autres, les matchs importants surtout, car c’était un prétexte comme un autre de s’amuser ou de se rassembler autour d’un évènement, comme pouvaient l’être un festival ou une fête nationale. Mais cela n’allait pas plus loin pour lui, il regardait les matchs avec l’oeil d’un amateur qui cherchait un divertissement, c’était tout. D’ailleurs il ne s’identifiait pas plus que ça à leur équipe locale des Rougarous de Lafayette, quand ils perdaient, eh bien c’était dommage pour eux, mais c’était la vie, non ? Personne n’allait en mourir. Abel avait tendance à trouver disproportionné et totalement arbitraire tout cet engouement national que suscitait le Wizball. D’autres sports, d’autres activités de façon générale, ne bénéficiaient pas d’un quart de cet enthousiasme, étaient t-ils moins intéressants pour autant ? Non, Abel attribuait de façon très cynique le succès de ce sport aux multiples lobbies gravitant autour et aux actionnaires qui veillaient à voir leurs investissements rentabilisés, et non à un intérêt réellement supérieur. De façon plus personnelle, lui qui fuyait les foules de façon générale, ce n’était pas étonnant qu’il se sente naturellement rebuté par ce qui tractait tant de monde…

C’était un débat qu’il se souvenait avoir eu à de multiples reprises avec elle et leurs amis, par le passé. Il n’y avait bien que son cousin Léonard pour le soutenir un peu dans son point de vue face aux autres, se rappela t-il avec nostalgie et amusement. Isobel avait choisi de l’embêter sur un autre sujet, cette fois, mais il lia les deux conversations en répondant avec un sourire et un haussement d’épaules.

« Très mauvais. Je suis trop grand, tu l’as dit toi-même, pas pratique pour se faufiler. »

La seule qualité qu’il aurait eu pour lui dans cette reconversion professionnelle était ses facultés d’observation. Mais comme il comprenait mal les êtres humains, c’était un don insuffisant pour l’espionnage. Non, il était très bien dans son petit monde, avec ses plans et ses bâtiments, finalement.

Assis avec Isobel, il se prit à détailler son sourire alors qu’ils riaient tous les deux sur un autre sujet amusant. Une douce nostalgie le saisit, ainsi qu’une autre sensation de chaleur au creux de l’estomac, d’une origine un peu différente. Ah, décidément. Elle parvenait à le faire craquer avec quelque chose d’aussi bête qu’un rire aux éclats, qu’il avait déjà vu tellement de fois quand ils étaient jeunes… Sa rêverie passagère et l’arrivée de la serveuse l’empêchèrent de répondre tout de suite, mais il garda le sujet en tête pendant qu’ils choisissaient leur vin. Abel savait qu’il pouvait faire confiance aux suggestions du personnel ici, qui apportait un soin particulier à satisfaire leurs clients, alors il accepta sans plus réfléchir la proposition qu’on leur fit. Quand la serveuse fut suffisamment éloignée, il reprit le fil de leur conversation en se penchant vers Isobel pour préserver la confidentialité de leur échange :

« Et encore, pour le vaudou, plus les années passent, plus je m’en éloigne,
avoua t-il. Une lueur moqueuse s’illumina dans son regard. Ca doit être pour ça que ma mère râle d’ailleurs, j’ai pris des manières de nord américain, à force. »

Il le disait sur le ton de la plaisanterie, mais c’était un constat réel, que partageaient la plupart des hommes de son coven partis vivre ailleurs. Ils n’étaient pas autant impliqués que les femmes dans cette culture, qui leur refusait notamment accès à la magie. Abel avait senti ce changement en lui, ce détachement progressif. Quand il était petit, comme tous les autres, il avait baigné dans les traditions louisianaises et vaudou, il était entouré de sa mère, de ses tantes, il observait certains rites avec elles, il rêvait de tout faire comme elles, il entendait parler de tout ce qui se passait au temple, il partageait beaucoup avec Isobel également. Puis, assez vite, il s’était mis à aller à l’école ailleurs, à Salem, puis à Salisbury. Il avait rencontré d’autres personnes, d’autres cultures, qui s’étaient ajoutées à son métissage de naissance. Il s’était ouvert l’esprit, il commençait déjà à s’imprégner de plein d’autres choses, sans forcément s’en rendre compte. A l’époque, Isobel l’avait sûrement vu mieux que lui, d’ailleurs…

Puis il avait commencé à travailler, à élargir son cercle de connaissances, multiplier les voyages. Maintenant, son éducation vaudou était un repère identitaire parmi d’autres. Un repère un peu plus spécial, certes, son lien à sa terre natale était toujours fort, il continuait de revenir régulièrement, de s’y sentir vraiment chez lui. C’était ce qu’il se disait, d’ailleurs, qu’il revenait « à la maison ». Mais c’était différent d’avant. Il était prêt à parier que paradoxalement, alors qu’elle était partie pendant des années, Isobel se sentait davantage enracinée dans la culture vaudou que lui. Pour la simple et bonne raison que le lien magique était le plus fort, le plus particulier, et Abel n’en avait bénéficié qu’à travers les femmes de sa famille, qu’il voyait moins maintenant.

Son esprit vaqua à des rêveries plus légères quand ils se mirent tous les deux à chercher quoi faire pour le week-end. Abel ne manqua pas la petite remarque moqueuse d’Isobel sur la première proposition qui lui venait en tête, à savoir dormir -car c’était le but principal d’un dimanche matin, notamment- et il répliqua sur un ton presque sérieux :

« Le brunch du dodo, moi je pense qu’on tient là un concept digne d’intérêt. »

Qu’il était prêt à tester quand elle le voulait, cela allait sans dire. Mais la proposition qu’elle lui fit était au moins aussi alléchante, et même un peu plus -allait t-il oser le dire ?- romantique… Une journée en bord de mer, avec elle, à découvrir un joli coin d’Angleterre et déguster des fruits de mer, que demander de plus ? Ce n’était qu’une journée, mais cela avait tout de même un air de week-end en amoureux qui les impliquait un peu plus qu’une simple soirée cinéma, ce qu’il ne pensait pas qu’elle aurait l’audace de proposer si vite. Lui-même n’aurait pas osé le faire, pas parce qu’il n’en avait pas envie, mais simplement par peur de la brusquer. Ils étaient dans une espèce de période de test, elle s’était montée assez claire en refusant une relation sérieuse, alors Abel faisait attention à ne pas aller trop vite. Mais puisqu’elle proposait d’elle-même… Ce serait pure bêtise que de se poser davantage de questions. Le contact de leurs mains et son petit sourire achevèrent de le faire fondre.

« Hum, qu’est-ce que je peux dire face à ce programme, ça m’a l’air parfait. Les doigts noués autour des siens, il marqua une pause en la caressant du regard. Je n’ai jamais eu l’occasion d’aller en Cornouailles, en plus, ça sera l’occasion de découvrir. Tu as l’habitude d’y aller, toi ? »

Peu importait que cela soit en Cornouailles ou en Laponie, Abel savait déjà qu’il serait davantage concentré par la présence d’Isobel à ses côtés. Exactement comme il était actuellement pris dans la contemplation de ses traits, au lieu de choisir un plat avant qu’un serveur ne revienne. Avec un léger sourire aux lèvres, il baissa le regard vers son menu, puis décida assez vite qu’il allait prendre exactement ce qu’il avait pris la dernière fois qu’il était venu.

« Je pense que je vais prendre leurs cannelloni à la florentine, elles sont excellentes. Assez routinier sur la nourriture, il était. Tu as choisi, toi ? »


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