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 Demons | Grady & Hayden

Hayden McNeilAncien personnageavatar
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02 février 2010

Hayden agita machinalement sa baguette et observa les assiettes s’entrechoquer dans l’évier avant qu’une éponge ne vienne les frotter énergiquement. Il s’appuya contre la table, l’esprit dans le vague, absorbé par ce spectacle familier qui sonnait la fin de la journée. D’une main, il se frotta la nuque, alors qu’un soupir lui échappait.

Cela faisait bientôt trois mois qu’il avait l’impression de vivre dans l’ombre de lui-même. Trois mois qu’il se levait chaque matin seulement parce qu’il fallait bien sauver les apparences. Trois mois qu’il se sentait aussi vide et creux qu’un fantôme. Car cela faisait bientôt trois mois que Juliana était morte. A cette pensée, son cœur se serra douloureusement et il porta sa main à sa poitrine alors qu’il tentait de faire disparaitre cette sensation de suffoquer. Juliana était morte. Sa petite sœur était morte, disparue à jamais, assassinée.

Lorsque deux miliciens avaient frappé à sa porte, le soir du 17 novembre, Hayden avait eu un mauvais pressentiment. Lorsque son frère commettait ses habituelles frasques, c’était plus souvent la police magique, ou alors un de ses collègues Aurors qui faisait le déplacement, mais sûrement pas la milice. L’annonce, énoncée sur un ton plus froid que le vent du nord de l’Ecosse, avait glacé Hayden sur le pas de la porte. « Vous devez venir avec nous » avait ajouté le deuxième milicien, « votre femme aussi ». Figé par la nouvelle, Hayden avait cette terrible sensation d’observer la scène depuis l’extérieur et ne plus être maître de son corps. Dans un état second, lui et Eileen avaient accompagné les deux miliciens au ministère, alors qu’une voisine avait volé à leur secours pour garder Louise à la dernière minute.

Et les interrogatoires s’étaient enchaînés. Pour une fois, ce n’était pas Hayden qui les menait, mais il les subissait. Il avait repris contenance en croisant le regard suppliant d’Eileen, alors que les visages de ses quatre enfants lui revenaient à l’esprit. Il s’était redressé et avait posé calmement ses avant-bras sur la table. C’était Danielle Coleman elle-même qui avait mené la majeure partie de son interrogatoire. Elle avait été impitoyable, disposant devant les yeux du grand frère des photos du corps calciné de Juliana. Hayden avait rassemblé ses dernières forces et son courage pour répondre aux questions de la chef de la Milice. Non, il n’avait pas eu de contact avec sa sœur depuis plusieurs mois. Il avait appris son combat dans la résistance dans les journaux, et ne lui avait pas reparlé depuis. Il n’en n’avait pas vraiment eu la chance, à vrai dire. Le nom de Juliana avait une résonance toute particulière au ministère, puisque son frère Auror portait le même – ainsi, Hayden aurait pu jurer qu’il avait été suivi pendant plusieurs semaines lorsque la tête de sa sœur avait été mise à prix.

Et maintenant, elle était morte. Il ne pourrait plus jamais la voir, la serrer dans ses bras, entendre son rire communicatif qu’elle avait hérité de leur mère. Si trois mois s’étaient écoulés depuis ce jour, la douleur était restée. Et avec elle, les remords. Il n’avait pas été à la hauteur. L’avait-il été un jour ? N’aurait-il pas dû chercher à entrer en contact avec elle ? S’assurer qu’elle allait bien ? Il aurait pu la protéger, lui donner un endroit sûr où rester. C’était son rôle de faire tout cela. Et il avait échoué. A présent, il ne lui restait que ses regrets et ses incertitudes. A vrai dire, c’était peut-être le pire, de ne pas savoir. Ne pas savoir ce que sa sœur avait vécu pendant les derniers mois de sa vie. Etait-elle entourée ? Avait-elle été heureuse, malgré tout ? Avait-elle essayé de rentrer en contact avec lui, sans qu’il ne s’en rende compte ?

Toutes ces questions empêchaient Hayden d’avancer, de se « reconstruire » lui avait expliqué Eileen, un soir, alors qu’il ne parvenait pas à trouver le sommeil. A l’entente de ces mots, il avait fermé les yeux. Pouvait-on se reconstruire, après que votre sœur ait été brûlée vive ? Pouvait-on se reconstruire alors que, chaque semaine, il entendait les miliciens se réjouir du meurtre de Juliana ? Alors qu’il les entendait encenser son meurtrier ? Non.

« Papou ? » appela une petite voix.

Hayden tourna la tête et croisa le regard de sa petite fille, vêtue de sa chemise de nuit à l’effigie d’une princesse moldue. Elle sautillait car le carrelage de la cuisine était si froid qu’elle ne voulait pas y poser un pied plus longtemps que nécessaire.

« Oui princesse ? »

« Je peux avoir de l’eau s’il te plait ? J’arrive pas à dormir. »

Hayden hocha la tête et la rejoignit en quelques enjambées pour la soulever et la déposer sur la table de la cuisine. Il agita sa baguette pour faire sortir un verre du placard, et le fit léviter jusqu’à l’évier pour le remplir d’eau fraiche. Il le tendit ensuite à sa fille qui le remercia d’un sourire et commença à le boire à petite gorgées.

« Il est pas arrivé encore Gradou ? »

« Non ma puce, Grady arrive tard. Et je pense que tu devrais éviter de l’appeler Gradou maintenant. »

« Mais maman l’appelle comme ça ! Je l’ai entendu te demander au dîner à quelle heure Gradou arrivait à la maison ! »

« C’est vrai. » accorda Hayden avec un petit sourire. « Mais c’est le surnom de maman. Comment tu appelles ton frère toi ? »

« Hum… Grand nigaud ? » fit mine de proposer Louise avec un grand sourire, avant de soupirer sous le regard amusé de son père. « Bon d’accord ! Le nigaud, c’est Gareth, de toute façon. »

Ce fut au tour d’Hayden de soupirer en souriant. Louise adorait ses grands frères – surtout Grady et Tony, puisqu’ils n’habitaient plus dans la maison familiale. Quant à Gareth, il passait la majorité de l’année à Poudlard, donc Louise était toujours heureuse de le retrouver. Cependant, elle passait son temps à prétendre qu’il était un « nigaud » - avant d’aller secrètement le supplier de jouer avec elle quand ses copines n’étaient pas à la maison.

« Je peux attendre que Grady arrive avec toi Papou ? » demanda la petite fille, avec de grands yeux suppliants. « S’il te plaaaaaaait. » ajouta-t-elle pour faire bonne mesure en se jetant dans les bras de son père, qui l’accueillit avec un sourire attendri.

Hayden savoura l’étreinte de sa fille qui enfouit sa tête dans son cou alors qu’il la soulevait.

« Non ma puce, il est trop tard. Mais, » ajouta-t-il pour couper court aux négociations qu’elle s’apprêtait à lancer « je vais te remonter dans ta chambre, et Grady ira te faire un bisou en rentrant, ok ? »

« Bon ok… » souffla à contrecœur Louise en reposant sa tête sur l’épaule de son père.

Hayden se dirigea vers la chambre de sa fille, alors que celle-ci se laissait bercer par le pas lent et régulier de son père. Il la posa délicatement dans son lit, et l’embrassa sur la joue, se retenant de rire lorsqu’elle protesta par un « tu piques ! » ensommeillé.

Il quitta la chambre de la fillette sur la pointe des pieds, et alla s’installer dans le salon. Louise lui rappelait au quotidien pourquoi il ne se permettait pas de s’effondrer. De faire un scandale au ministère. D’étriper à mains nues cette Danielle Coleman. Elle lui rappelait pourquoi il fallait qu’il agisse avec intelligence, et pas avec cette impulsion qui lui tordait le cœur. Et pourtant, Merlin savait à quel point il en avait envie ! Il avait passé des nuits entières à pleurer la mort de Juliana avec Aidan, et à élaborer des plans pour punir ceux qui avaient fait ça, ceux qui étaient responsables de son exil, ceux qui l’avaient traqué, jour après jour, l’obligeant à se cacher. Mais il avait une famille. Une femme, des enfants qu’il aimait plus que tout. Des enfants qui avaient besoin de leur père. Des enfants qui, eux aussi, avaient besoin d’être protégés. Alors non, il ne pouvait pas, pas maintenant. Mais il agirait, il en était certain.

Le bruit de la porte d’entrée le tira de ses pensées, et il redressa la tête pour adresser un sourire à son fils.

« Salut fiston. » lança Hayden avec une voix un peu éraillée. « Comment tu vas ? »


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Grady McNeilEleveur de licornesavatar
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Grady avait toujours été proche de sa famille. Avant. Il aimait ses parents, il aimait sa petite sœur, il aimait ses frères. Sa tante, ses cousins, ses grands-parents, ses oncles. C'était un bon Poufsouffle, il était proche de tout ce petit monde. Mais les choses étaient différentes, depuis Juliana. Il y avait tout d'abord eu son implication dans la résistance, quand Grady était devenu le Gardien du Secret du Kraken. Il avait accepté quand elle lui avait demandé parce qu'il avait confiance en sa tante, elle avait confiance en ce qu'elle lui disait, lui rapportait sur le gouvernement. C'était dur de voir les choses de l'intérieur de Poudlard mais Grady était quelqu'un qui aimait sa famille : il avait foi en elle. Ce secret l'avait un peu éloigné de ses parents, parce qu'il ne voulait pas qu'ils s'inquiètent, il ne voulait pas que son père, si perspicace, se doute de quelque chose. Son papa était un Auror, il l'avait souvent dit avec fierté lorsqu'il était enfant. D'abord, mon papa, il est Auror, il va venir et il va te mettre en prisooon. Ses camarades avaient souvent entendu cette petite phrase (surtout parce qu'à l'époque, il n'était pas très viril et peu capable de se défendre lui-même. Ce n'était plus le cas maintenant, il était super musclé, il poussait à la salle. Enfin. Il y était allé une fois, quoi, quand Kessy et lui étaient encore ensemble... Bref bref bref).

Le secret avait commencé à l'éloigner. Puis il avait quitté la maison pour emménager à Bristol avec James, dans leur super colocation de bro'. Nouvel éloignement, logique celui-là, avec ses parents. Mais il passait encore régulièrement, pour faire sa lessive - parce que sinon, ça ne se sentait pas pareil que d'habitude - et pour voir Louise et sa mère. Mais cet équilibre avait été perturbé par la mort de Julia. Enfin, la mort... La pseudo mort. Honnêtement, il était plutôt heureux d'être au courant de la vérité car penser qu'elle avait été tuée à cause de ses engagements politique l'aurait détruit. Mais il lui fallait désormais mentir : mentir à son père, sa mère, mentir à tout le monde. Simuler le chagrin et surtout, supporter le chagrin des autres. Comment tenir quand il voyait sa mère sangloter ? Quand Louise avait éclaté de chagrin au dessus du pseudo cercueil de sa tante ? Cela lui était impossible. Il était un mauvais menteur et il ne supportait pas d'assister à ce spectacle. Alors il avait pris ses distances. C'était commode, de vivre loin : le travail, une soirée, les copains... Il avait toujours une bonne excuse. Sa mère avait presque dû le tirer par les oreilles pour qu'il daigne accepter de passer ce soir. Il manquait à Louise. C'était l'argument utilisé qui l'avait fait cédé. Il n'était que faiblesse face à des choses comme les petites sœurs, les chips et les licornes.

Il avait donc transplané un peu tard pour la Cité Nimbus, ratant volontairement le dîner familial pour éviter les mentions trop gênantes de Julia. Son sac à dos sur les épaules, sa capuche sur le crâne, il remonta l'allée jusqu'à chez lui en saluant les voisins qu'il croisait. Il poussa la porte sans frapper - l'habitude - et retira ses baskets sans les mains (des années d'entrainement) avant de balancer son sac par terre.

- C'est moi ! balança-t-il en se rappelant un peu tard que Loulou dormait peut-être.

Il passa dans la cuisine, vide à part son père et adressa un sourire à ce dernier, s'approchant de lui pour lui faire un câlin (câlin d'homme viril).

- Salut 'pa. Ça va et toi ?

Question bête, son père ne paraissait pas super en forme. Pitié, pas Julia. Pitié pas Julia. Comme pour détourner la conversation, Grady ouvrit le réfrigérateur pour y prendre une canette de soda qu'il décapsula.

- Maman est pas là ? Loulou est couchée ?


   
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Hayden McNeilAncien personnageavatar
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L'air de Grady tira un sourire à Hayden - son fils était un éternel désinvolte. Cela inquiétait Eileen plus que de raison : et comment allait-il faire, s'il oubliait de payer ses factures ? Ou s'il devait prendre rendez-vous chez le médecin seul ? Ou pour remplir des papiers administratifs ? Hayden l'avait vite rassuré : sa femme était aussi efficace qu'un rapeltout. Elle avait d'ailleurs investi dans un Pear One quelques semaines auparavant et pouvait désormais envoyer des hologrammes à Grady et Tony pour leur rappeler de payer leurs factures, manger des légumes, et leur demander tous les vendredi soirs s'ils comptaient revenir pour le weekend.

Hayden, lui, était beaucoup plus tranquille sur ces sujets-là. Il avait confiance en ses deux garçons ; même s'il les savait un peu tête en l'air. De toute façon, il fallait bien qu'ils apprennent par eux-mêmes et il n'y avait rien de tel que faire des erreurs pour mieux assimiler la leçon.

"Maman est partie à une réunion de quartier, elle devrait rentrer dans une demi-heure, je pense." répondit Hayden à la première question de son fils. "Et Loulou est couchée, mais je lui ai dit que tu monterai lui faire un bisou. J'espère que tu es rasé de près, parce qu'elle n'arrête pas de se plaindre que je pique." plaisanta-t-il en passant une main dans sa barbe de trois jours.

Se redressant dans son fauteuil, l'Auror posa un regard soucieux sur Grady. Hayden n'était pas très doué pour parler de ses sentiments, mais depuis la mort de Juliana, c'était comme si un nuage noir le suivait en permanence, marquant son visage, ses humeurs, ses réactions. Juliana et Grady avait toujours été proches, c'était même sa marraine.

"On fait aller." répondit prudemment Hayden, se refusant à sombrer davantage devant ses enfants. Pour la première depuis des années, lorsqu'ils avaient appris la mort de Juliana, Hayden s'était écroulé, effondré devant toute sa famille ; devant ses enfants qui le trouvaient si fort, si brave. La peine qu'il vivait lui semblait tout simplement insupportable pour pouvoir agir avec autant de force qu'il le faisait habituellement.

"Grady, il fallait que je te parle de quelque chose..." commença Hayden. "Mamie aimerait qu'on fasse un dîner, le mois prochain, en mémoire de Juliana." La médiatisation du meurtre de sa sœur, les horreurs imaginées à son sujet par les journaux, tout cela avait contribué à leur voler leur deuil, leur paix d'esprit. L'enterrement avait dû être organisé en deux temps trois mouvements, et, dû fait de la situation, ils n'avaient pas pu organiser une cérémonie après. "Je sais que tu es très occupé en ce moment, mais tu penses que tu pourrais te libérer une soirée ? On aimerait beaucoup que tu sois présent... Et je pense qu'elle aurait apprécié aussi, elle t'aimait beaucoup." ajouta doucement Hayden.


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Grady McNeilEleveur de licornesavatar
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Un pschiiit sonore retentit dans la cuisine quand Grady décapsula sa canette fraiche, hochant la tête à la mention de sa mère. Elle avait toujours été investie au sein du quartier, telle une Poufsouffle généreuse. Il ignorait comment elle arrivait à gérer tout ça lui, ça lui prenait une heure déjà de faire sa vaisselle après son repas... (c'était parce qu'il essayait de fabriquer des bulles en appuyant sur la bouteille de produit). Quand son père osa lui demander s'il était rasé de près pour aller embrasser sa petite sœur, Grady utilisa son air le plus indigné.

- Quoi ! Tu n'as pas remarqué ce splendide début de barbe que je fais pousser depuis deux mois ? s'exclama-t-il en désignant du doigt le léger duvet sur ses joues.

Ce n'est pas qu'il était imberbe. C'est que... il avait une barbe précautionneuse, c'est tout. Il n'était pas comme James qui devait se raser quasiment tous les matins, lui, il admirait chaque poil qui venait orner son menton pour lui donner l'air d'avoir plus de douze ans. Alors même pour sa petite sœur, hors de question d'attenter à sa merveilleuse pilosité faciale. Il resterait piquant comme un Botruc ! Et il aurait largement préféré continuer à parler de sujets aussi légers que son rasage plutôt que d'évoquer tout ce qui fâchait. Il se tendit imperceptiblement à la réponse de son père, qui était plutôt sobre. Tant mieux... Il ne savait jamais quoi dire quand le sujet Juliana venait sur le tapis. Grady avait l'impression d'être horrible avec sa famille et cela le culpabilisait mais il ne pouvait pas faire autrement. Il ne voulait pas prendre le risque de faire une gaffe et comme il était extrêmement mal à l'aise devant le deuil de ses parents et de ses frères... Courage, fuyons comme diraient les Serpentard, hein. Il pensa bêtement que le sujet était passé et s'apprêtait à aller saluer Loulou quand son père lâcha un "il fallait que je te parle de quelque chose". AH. Ce n'était jamais bon signe. Tendu comme le visage de Mildred Magpie après du botox, Grady haussa les sourcils. Entraînement de la tête surprise.

- Ah oui... ?

Pas Julia, pas Julia, pas Julia... Et évidemment, ce fut Julia. Il envisagea quelques secondes de s'étouffer sur son soda avant de renoncer à cette atteinte à sa vie. C'était vraiment une situation compliquée, surtout qu'il n'avait personne avec qui en parler, même pas James. Le coup de "au fait, ma tante qu'on pense être la terroriste responsable de l'attentat de la Marchbank n'a rien fait et elle est même pas morte, haha" ne se faisait pas au petit-déjeuner. Il ne pouvait pas non plus en parler à la concernée puisqu'il ne voulait pas la culpabiliser plus que de raison. Alors il se taisait et gérait ça - très mal - tout seul. À la proposition de son père, il passa une main dans sa nuque, embarrassé. Un dîner de deuil familial autour de Julia-pas-morte-mais-morte pour qu'ils puissent tous pleurer en famille et évoquer des choses bien tristes...? Mauvais plan. Très mauvais plan.

- Bah euuuh. En fait je sais pas si je pourrais, parce qu'on a des licornes qui sont malades en ce moment donc je fais pas mal de gardes et tout... Et puis, chais pas, j'aime pas ce genre de choses, tu le sais p'pa...


   
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Hayden McNeilAncien personnageavatar
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« Si, bien sûr, parfaitement ! » lança Hayden en plissant les yeux dans une tentative d’apercevoir les poils qui ornaient le menton de son fils. Il eut une moue peu convaincue. « Je pense que ça ne dérangera pas Loulou. » assura-t-il en cachant un sourire amusé.

Les hommes McNeil étaient généralement poilus. Hayden et Aidan avaient dû apprendre à se raser très tôt – leur mère les empêchait de conserver quelques poils sur les joues, même s’il s’agissait d’une petite fierté pour eux. Aujourd’hui, l’Auror entretenait une barbe de trois-quatre jours, sous l’œil averti d’Eileen qui ne se gênait pas pour l’envoyer dans la salle de bain, un rasoir à la main. Grady, pour ce marqueur génétique en particulier, tenait de sa famille maternelle. En réalité, il ressemblait beaucoup à Eileen, notamment dans la forme du visage. Mais il avait les mêmes yeux que son père, qui ressentait une fierté inexplicable lorsqu’il croisait le regard de son fils.

Hayden ne remarqua pas la confusion et l’agitation qui régnait dans l’esprit de son fils. Comment aurait-il pu ? Comment aurait-il pu deviner que Grady feignait la surprise, mais qu’il feignait également la tristesse ? Il prenait cette confusion pour de la détresse, l’agitation pour de la colère. Le père de famille resta silencieux face à la réponse de son fils, et l’observa attentivement.

Chacun avait sa manière de réagir au deuil. La mère d’Hayden passait ses journées à ranger la maison, à la nettoyer de fond en comble. Aidan buvait, Aidan s’autodétruisait, comme il l’avait toujours fait dans ces moments difficiles. Eileen s’était enfermée dans son travail. Tony ne passait plus une seule journée sans appeler ses parents. Garreth était devenu violent. Et Grady… Grady était devenu distant. Jamais Hayden et Eileen ne l’avaient si peu vu. Bien évidemment, maintenant qu’il était indépendant, il passait de moins en moins à la maison, les appelait moins régulièrement. Mais avant – avant tout ça – il était au moins présent pour le déjeuner dominical organisé toutes les deux semaines chez sa grand-mère.

« Je sais. » répondit doucement Hayden en fronçant légèrement les sourcils, l’air inquiet. « Mais ta présence compte beaucoup pour nous, Grady, et pour ta grand-mère aussi. On n’a jamais pu organiser une belle cérémonie pour rendre hommage à ta marraine, et je pense que ça nous aiderait tous à tourner la page. » assura-t-il.

Les funérailles de Juliana avaient dû être organisées rapidement, dans l’urgence. Pendant plusieurs semaines, les McNeil avaient été sous les feux des projecteurs, et la sidération liée à la perte de la jeune femme les avait empêché de se réunir pour lui rendre un dernier hommage.
Il hésita quelques secondes avant de reprendre la parole.

« Ecoute, Grady… Je ne veux pas te forcer la main. Mais avec maman, on sent bien que quelque chose ne va pas, et on sait à quel point tu étais proche de Julia. Alors on se dit que peut-être ça te ferait du bien de venir avec nous à cette cérémonie. » expliqua-t-il prudemment. « Je sais que c’est difficile, mais ça te permettra peut-être de faire ton deuil ? »
Hayden guetta la réponse de son fils, son regard plongé dans le sien.


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Grady McNeilEleveur de licornesavatar
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Qu'on lui donne un mur, qu'il éclate son crâne dessus. Grady ne voulait vraiment mais vraiment pas avoir cette conversation avec son père. Il avait envie de se sauver très loin, comme en Laponie, c'était bien la Laponie, il n'y avait pas ses parents, ses frères, sa grand-mère et sa fausse-tante-marraine morte qu'il devait maintenant pleurer avec sa famille. Son père n'était pas satisfait de sa réponse et surtout, de son excuse. Ils étaient pénibles, ces Aurors, à détecter les mensonges ou du moins, les fausses excuses. Il aurait préféré que son père tombe dans le panneau. "Ah, des licornes malades ? Mais je comprends mon fils, je comprends, va leur fabriquer des petits bouillons de carottes pour qu'elles se sentent mieux, fonce." Lui, il ne pouvait pas "tourner la page" de Julia tout simplement parce qu'elle n'était pas morte, au nom de Merlin. S'il avait pu, il s'en serait fait des t-shirts, il en aurait fait une tasse à son père pour remplacer celle "Meilleur papa du monde", il l'aurait crié sur tous les toits pour ne plus être l'unique dépositaire de tout ce lourd secret. Mais il ne pouvait pas. Alors il devait mentir à son père et il était très nul au jeu de mentir, encore plus nul que sur un balai et son premier cour de vol s'était terminé par lui, coincé dans un anneau de Quidditch, sa robe par dessus sa tête. C'était dire. Crispé autour de sa canette - le métal s'enfonçait un peu sous ses doigts - il se racla la gorge pour se donner une contenance.

- Ouais mais... J'aime pas ce genre de trucs, tu l'sais... marmonna-t-il en regardant le sol.

Ça au moins, ce n'était pas un mensonge. Il était vraiment mal à l'aise dans le registre tragique, il ressentait un incompressible besoin de détendre l'atmosphère. Faire une blague sur "Un croque-mort, un macchabée et un nécrophile rentrent dans un bar" n'était pas le meilleur moyen de faire rire les gens à un enterrement, qu'on se le dise (désolé grand-oncle Fergus.) Grady gérait mal la tristesse des autres, pas quand il ne pouvait rien faire pour la consoler. Et cette fois-ci, c'était pire, parce qu'il pouvait faire quelque chose. C'est juste qu'il n'en n'avait pas le droit. C'était la pire torture du monde. Et il ne voulait pas s'y forcer, pas encore. Face à son père qui insistait alors qu'il avait déjà dit non, Grady se crispa et baissa les yeux sur le sol.

- Écoute papa, je t'ai déjà dit que je ne voulais pas... N'insiste pas, s'il te plaît. J'ai pas envie qu'on se réunisse tous pour pleurer ensemble, j'ai pas besoin de ça, d'accord ?


   
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Hayden McNeilAncien personnageavatar
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La réaction de Grady prit Hayden de court, qui, pour une fois sans-voix, se contenta d’observer son fils en silence.

« D’accord. » finit-il par lâcher d’une voix douce en se levant pour poser une main sur l’épaule de son enfant qu’il serra brièvement. Il allait rajouter quelque chose, mais se ravisa à la dernière minute. Si Grady avait besoin de s’éloigner pour faire son deuil, alors son père devait l’accepter. « Essaie peut-être juste de passer voir mamie, un jour ? Ca lui fera plaisir. » se risqua-t-il à dire néanmoins. Sa mère avait été fragilisée par les évènements : la mort de son mari, et plus récemment celle de sa fille. La vieillesse aidant, Hayden la trouvait mal-en-point, et redoutait que son état ne se détériore davantage.

L’Auror se mit à arpenter le salon distraitement, pour venir se planter face à la bibliothèque. Son regard caressa les cadres qui y étaient exposés, chacun contenant une photographie témoignant des moments heureux qu’ils avaient vécu. Une photo de Aidan et lui, côté à côté, juste avant leur rentrée à Poudlard, qui riaient et se bousculaient. Juliana, petite fille, qui faisait coucou à la caméra, des grosses couettes de chaque côté de la tête. Le baiser qu’Eileen et lui avaient échangé au moment de leur mariage. Ses trois fils qui jouaient aux Bavboules – et Grady qui levait les bras au ciel, heureux de sa victoire. Les quatre enfants qui agitaient la main vers l’objectif – Louise avait tiré la langue en même temps. Une photo de sa propre fratrie, Aiden, Juliana et lui, prise trois ans plus tôt, dans la maison de ses parents.

Hayden détourna le regard et pivota pour faire face à son fils. Leur situation familiale avait radicalement changé depuis la mort de Juliana et il était heureux de pouvoir avoir une discussion en tête à tête avec Grady.

« Ecoute, Grady… » commença-t-il en pesant ses mots. Il s’interrompit rapidement, saisit sa baguette, et lança un sortilège. Avec satisfaction, il ne se passa rien – si le ministère avait mis sa maison sur écoute, ce sort l’aurait sans aucun doute révélé. Un deuxième mouvement de baguette lui permis de jeter un sortilège d’insonorisation. « Ce que disait les médias étaient partiellement vrais. Juliana faisait bien partie d’une organisation de résistance contre le gouvernement. »

Avec Eileen, ils s’étaient longtemps disputés pour savoir s’ils devaient oui ou non révéler cette information à leurs enfants. Eileen avait tout d’abord catégoriquement refusé, avançant que cela les mettrait en danger inutilement. Hayden, quant à lui, avait argué que le danger se trouvait dans l’ignorance. Il avait finalement eu gain de cause lorsque Tony était devenu fou de rage, promettant à quiconque qui voulait bien l’entendre qu’il aurait la peau de cette « saleté de pigeonne » (comprenez-bien Miss Magpie). Les révélations de son père sur Juliana avait légèrement apaisé sa colère – du moins l’avait-il canalisé autrement.

« Ces personnes se battent contre le régime de Marchebank. Tout laisse à penser que c’est le gouvernement qui a assassiné ta tante. » il se racla la gorge. « Je te dis ça parce que je pense que tu es en droit de savoir les combats que menaient ta marraine. » souffla-t-il en vrillant un regard sérieux dans celui de son fils. « Et aussi pour te dire de faire attention. Je ne sais pas ce que tu fais, ni les personnes que tu fréquentes… Mais il faut bien que tu comprennes que certaines personnes, au gouvernement, rêveraient d’avoir la tête d’un autre McNeil sur une pique – la mienne, très probablement. Je vois déjà les journaux parler de « gangrène familiale ». » il eut un sourire ironique. « Quoique tu fasses, fais-le avec prudence et discrétion. Confie toi à tes amis, mais seulement les plus proches, ceux qui ont toujours été proches de toi. » Sa main vint frotter sa barbe de trois jours, et il fronça les sourcils, la mine soucieuse. « Et aussi… Je veux que tu saches que tu pourras toujours venir me parler, que ce soit de ton travail, de tes activités annexes, de ta vie… » Il hocha la tête avec sérieux.

Il ne pouvait s’empêcher de penser que, si Juliana avait pu lui parler de son engagement pour la résistance, alors elle ne serait pas décédée aujourd’hui. Il aurait pu la protéger, lui faire quitter le pays à temps, l’aider dans sa lutte… Il ne voulait surtout pas répéter les mêmes erreurs avec ses enfants.


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Grady McNeilEleveur de licornesavatar
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Grady avait un peu honte de s'être emporté ainsi face à son père mais il ne supportait pas cette insistance, il était bien trop mal à l'aise pour cela. Il n'assumait pas de mentir à sa famille comme cela, encore moins à son père qu'il estimait tant. Quand il était gosse, il voulait absolument être Auror pour lui ressembler. Évidemment, ce n'était pas un métier pour lui, le temps l'avait prouvé mais il avait voulu. Pour être un héros comme son papa. Et maintenant, il était obligé de lui mentir en le regardant dans les yeux et pas qu'à lui d'ailleurs. À sa mère, ses frères, sa petite soeur... Dans quelle situation tu me mets, Juliana, persiffla-il en pensée. Heureusement, Hayden n'insista plus, semblant renoncer. Les yeux toujours baissés sur le plan de travail, les doigts serrés sur sa cannette, Grady ne bougea pas lorsque son père vint lui poser une main réconfortante sur l'épaule. Il espérait que le sujet était évacué maintenant. Il allait monter embrasser Louise et puis il rentrerait chez lui, prétextant qu'il était fatigué. Ce n'était vraiment pas une bonne idée de rester avec sa famille, c'était trop risqué. Il ne pouvait pas faire de gaffe avec le secret de Julia, il n'en n'avait pas le droit mais c'était trop dur de les regarder souffrir en sachant qu'il avait la solution miracle. Il ne pouvait pas, c'était insupportable pour lui.

- J'irai, promit-il au sujet de sa grand-mère.

Même si, encore une fois, il sentait venir le sujet Julia. Il aurait presque fallu qu'elle soit effacée de leurs mémoires... Immédiatement coupable à cette horrible pensée, Grady se redressa et finit sa cannette cul-sec. Il allait rentrer et s'enfermer dans sa chambre et s'abrutir dans des parties d'Angry Buck. Tant pis pour le dîner avec sa mère, elle comprendrait, la première année dans le monde du travail était dure et éprouvante, tout le monde le savait. Il avait le droit d'être fatigué et occupé. Mais son père semblait déterminé à ne pas le laisser filer et il se crispa immédiatement à son "Écoute Grady..." Aïe. Aucune bonne phrase ne commençait jamais par "Écoute Grady". Personne ne dirait jamais "Écoute Grady... Je suis devenu millionnaire, partons aux Seychelles." "Écoute Grady... J'ai acheté des nouvelles chips ce soir, on les teste à l'apéro ?" "Écoute Grady... J'ai un autographe de Lucilius Thrown, le champion du monde de Bavboules." Non, personne ne disait jamais ça ! C'était toujours "Écoute Grady... J'ai une mauvaise nouvelle / un sujet délicat dont je voudrais te parler / une mycose plantaire."

- Oui... ? répondit-il, presque de mauvaise grâce. Ses parents allaient penser qu'il faisait une crise d'ado en retard. Mais visiblement, ils le trouvaient assez mature pour aborder les sujets qui fâchaient : le fait que Julia soit membre de la résistance. Sans blague, papa... avait-il envie de dire. T'es juste le dernier sur terre à le savoir, mais bon. Mais il ne pouvait pas dire cela. Alors il essaya de se composer une tête surprise, écarquilla les yeux, haussa les sourcils, ouvrit la bouche. Ah.

Grady savait que Juliana faisait partie du Kraken. Même mieux, qu'elle l'avait fondé. Même mieux, qu'elle n'était même plus au Kraken et avait fondé un autre groupe parce qu'il y avait eu des embrouilles avec le Kraken sauf que aha, problème, il était toujours le Gardien du Secret de ce groupe dont sa tante ne faisait même plus partie, génial, vraiment. D'ailleurs non, le gouvernement n'avait pas assassiné sa tante, surprise numéro deux, et ce n'était pourtant pas faute de le vouloir hein. Non, papa, le gouvernement n'a rien fait, Julia et Joel ont orchestré cette fausse-mort et vont très bien à Manchester, ils ont un petit restaurant bien sympathique avec de super Gobières, tu devrais essayer, hein. Non, Julia n'est pas morte, haha, drôle, non ? Non. Pas du tout drôle. Il n'avait pas besoin des conseils de son père pour être prudent, il était déjà très prudent. Il avait parfaitement joué les idiots face à la Milice. Le gouvernement aimerait avoir la tête de son père parce qu'il était un McNeil Auror ? Et bien, que dirait le gouvernement d'un McNeil qui était tout simplement le Gardien du Secret d'un putain de mouvement de résistance ? Il était un peu tard pour les conseils de prudence. Il était déjà pleinement embarqué dans cette question et ce, avant même qu'il ait quitté Poudlard. Sauf que cette petite "activité annexe", il ne pouvait pas en parler à son père. Il ne pouvait en parler à personne, même pas à ses amis les plus proches, même pas à James. Parce que ce serait trahir le secret et mettre en danger trop de monde. Alors il était condamné à gérer cela tout seul, sans personne avec qui en parler.

- J'ai aucune activité annexe, p'pa, je t'assure, jura-t-il en se forçant à regarder son père dans les yeux. Je suis... normal, c'est tout. Je vis ma vie. Et je... je sais ce que faisait Julia. Je m'en doutais, mentit-il. Tu la connais... connaissais. Elle ne supportait pas l'injustice. Mais c'est pas mon style. J'aime pas l'injustice non plus mais je prendrais pas de risques. Tu me connais... J'aime juste m'occuper des licornes, moi.


   
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Hayden ne put s’empêcher d’endosser son rôle d’Auror lorsqu’il guetta la réaction de son fils à ses paroles. Eileen lui reprochait souvent de mener des interrogatoires auprès de sa propre famille, et s’il avait essayé de réprimer ces déformations professionnelles, il devait bien avouer qu’il n’avait non plus honte des les utiliser lorsque le besoin se faisait sentir. Hayden avait toujours eu besoin de se concentrer sur les faits, sur les preuves – c’était ce qui lui permettait de garder la tête froide et les pieds sur terre, même en période crise. Aidan, lui, avait toujours été plus sanguin, plus téméraire – un Gryffondor pur jus, avec tous les défauts et toutes les qualités qui allaient avec.

Face à Grady, Hayden se sentait toutefois désemparé. Il avait bien senti, au cours des derniers mois, que son fils s’éloignait d’eux. C’était normal, avait-il dit pour rassurer sa femme, il prenait son indépendance, travaillait, voyait ses amis… Après la mort de Juliana, il avait fallu gérer beaucoup de choses : les enquêtes ouvertes par la milice, les journaux qui déversaient leur haine, leur famille qui éclatait en morceaux. Tony, surtout, avait requis toute leur attention. Il était venu s’installer quelques semaines dans la maison familiale, détruit par le chagrin, rongé par la colère. Il n’était reparti que quelques jours plus tôt, suffisamment apaisé pour que ses parents ne craignent pas qu’il commette une bêtise irréparable. Au milieu de tout ça, Grady semblait se porter plutôt bien, et ni Hayden ni Eileen n’avait eu le temps de s’inquiéter outre mesure. Ils auraient dû, regretta Hayden en scrutant son fils. Grady avait été tellement proche de Juliana qu’il avait dû être dévasté par sa mort. Le cœur du père de famille se serra, alors qu’il se jurait de se rapprocher de son enfant – que celui-ci en ait besoin ou non.

« Je vois. » répondit Hayden avec bienveillance, une fois qu’il eut terminé sa tirade.

Il se sentait soulagé que Grady n’envisage pas de rejoindre un réseau de résistance – il n’aurait probablement pas supporté la vision de de son fils partant en mission, alors que la milice patrouillait partout, plus dangereuse et remontée que jamais. Eileen ne souhaitant pas s’engager non plus, Hayden et Aidan étaient les seuls McNeil qui avaient décidé d’entrer au LEXIT. Cette décision l’avait rapproché de son jumeau, et ils s’épaulaient dans cette épreuve avec la compréhension que seuls les membres d’une fratrie peuvent comprendre. Les deux frères avaient toujours eu une relation assez conflictuelle, qui s’effaçait dès que l’un d’eux avait besoin de l’autre.

« Tu n’est pas juste Grady. » contra Hayden avec un sourire en posant sa main sur l’épaule de son fils, l’entraînant dans la cuisine à sa suite. « Comment ça se passe, au refuge, d’ailleurs ? » questionna-t-il en sortant deux Gobières du réfrigérateur. Il en proposa une à son fils. « Tu penses que je pourrais y passer, un de ces jours ? J’aimerai bien voir où tu travailles. » affirma l’homme, avant d’ajouter en riant : « Bon. Pas sûr que je puisse approcher les licornes, mais… »


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Grady guetta son père avec un peu d'anxiété, attendant de savoir s'il allait marcher dans sa petite tirade ou pas. Après tout, c'était un Auror, c'était son travail de traquer les criminels et de trouver qui mentait. Et Grady n'était pas vraiment connu pour être un bon menteur. Pourtant, Hayden ne sembla rien voir. Enfin, il pensait voir quelque chose au vu de son "Je vois" mais il n'avait rien vu. Il retint un soupir de soulagement lorsque son père posa sa main sur son épaule, presque en signe de paix. Il espérait vraiment que cette conversation était terminée et qu'ils pourraient passer à autre chose. Ou plutôt, qu'il pourrait fuir très loin pour éviter de nouveau les sujets sensibles. Il n'avait plus du tout envie d'être là. Son père embrayait pourtant sur des discussions normales, avec des Gobières et des licornes. Grady refusa la bouteille qu'il lui tendait d'un signe de la main. Il ne comptait pas s'attarder... Il n'arrivait même pas à se détendre aux petites blagues de son père alors que c'était très drôle de l'imaginer face à une licorne.

- Ça se passe bien, tu passeras, un jour... Un jour c'était bien, c'était loin. Je te montrerai Betsy la licorne... Il fit mine de regarder vers l'horloge pour regarder l'heure. Oh bah il est bien tard, je devrais p'tet rentrer, je bosse demain...


   
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Hayden adressa un regard surpris à son fils, qui refusa la Gobière d'un geste et qui commença à pinailler sur l'heure.

"Tu ne restes pas dormir ?" s'étonna-t-il en referma le réfrigérateur d'une main. "Ta mère avait préparé ton lit, et elle voulait organiser un grand petit-déjeuner avant que tu partes au travail, demain. Elle a même acheté des beignet au chocolat." insista Hayden en désignant les pâtisseries du doigt.

Grady avait toujours marchandé avec son estomac - comme Tony, qui passait tous les deux jours à la boulangerie juste en face de chez eux pour acheter les "croissants de son enfance" ; il refusait encore de les acheter ailleurs.

"Louise était ravie que tu sois là pour la nuit..." rajouta-t-il, dans l'espoir de le convaincre.

En même temps, il était difficile de résister à la petite fille, qui tenait ses grands-frères en adoration, et plus particulièrement Grady, surtout depuis qu'il travaillait dans une réserve de licornes.

"Elle raconte à toutes ses copines que son grand-frère travaille avec les licornes. Je crois qu'elle a même dit que tu en avais une dans ton appartement et que tu faisais des promenades avec." déclara Hayden en souriant, avec ce sourire de père, si tendre, si réel, qu'on ne pouvait pas douter une seule fois de l'amour qu'il portait à ses enfants. "Tu es une vraie célébrité dans son école." affirma-t-il en étouffant un petit rire, avant de prendre une gorgée de sa boisson.


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Grady avait envie de se taper la tête contre le mur. Alors il ne doutait pas que c'était fortement douloureux mais au moins, il aurait une excuse pour aller à Sainte-Mangouste et donc partir d'ici. À moins que son père l'accompagne. Quelle tuile. Il avait vraiment très envie de partir d'ici, autant que la poitrine de Mildred Magpie face au Ministre (il avait reçu la vidéo sur son Snape, il avait encore quelques petits contacts à Poudlard.) Mais son père ne semblait pas l'entendre de cette oreille alors que la super excuse "j'ai du travail" aurait dû marcher parce qu'elle faisait vachement adulte responsable, ce qu'il était assurément désormais. Le pire étant qu'on tentait de l'amadouer par une vile technique : son estomac ! D'habitude, ça marchait toujours. Mais cette fois-ci, son envie de fuir était trop grande proportionnellement-Pythagore-Thalès-ces-trucs-là à son envie de manger des beignets.

- Oui maiiiis je suis fatigué et c'est jamais bon d'être fatigué au travail, imagine je me fais embrocher par une licorne, mon enterrement serait ridicule, tout ça tout ça.

Mauvaise idée de parler d'enterrement de McNeil, tiens, il n'avait pas envie de relancer son père sur la prétendue mort de Juliana. Surtout que ce dernier s'enfonçait dans la vilénie avec des arguments de plus en plus percutants. Sa petite soeur. Évidemment, il n'avait pas envie de décevoir sa petite Louise chérie, son adorable bébé soeur mais il était très clairement mal à l'aise. Son père le mettait mal à l'aise. La petite anecdote sur les licornes fut de trop et Grady envisagea très clairement de se jeter du haut de son tabouret pour simuler un malaise. Il le faisait exprès, ce n'était pas possible. Que quelqu'un vienne l'achever. Son père avait vraiment des problèmes à respecter son consentement et son non, il allait vraiment devoir être briefé sur ça (#mentoo.)

- Cool cool.

Grady tapa de ses mains le plan de travail du comptoir en se relevant. Il ne valait pas décevoir sa petite soeur chérie, qui serait triste de ne pas le voir demain matin, ni sa mère mais il comptait bien s'extraire de cette situation avec tout le courage que l'on prêtait aux Serpentard.

- J'vais me coucher ! J'suis crevé. T'embrasse maman de ma part ? Bonne nuit !


   
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"Bonne nuit, Grady." répondit Hayden, un peu interloqué par la situation, en laissant son fils s'échapper de la cuisine sans demander son reste.

Il resta seul, fixant la porte que Grady venait de refermer derrière lui, retournant sans cesse la conversation dans sa tête pour comprendre ce qu'il avait bien pu dire pour faire fuir son fils de la sorte.

Il secoua tristement la tête en rangeant sa Gobière - à peine entamée - dans le réfrigérateur, puis se leva à son tour et grimpa les escaliers qui montaient à l'étage. Un coup d'oeil dans la chambre de Louise lui appris que cette dernière dormait à poings fermés, serrant contre sa joue sa peluche en forme de licorne, offerte par son grand-frère quelques mois plus tôt. Il eut un sourire attendri en observant sa petite fille endormie, si paisible, et cela l'aida à chasser de son esprit le comportement étrange de Grady, qui lui restait encore au travers de la gorge.

Après avoir refermé la porte sans bruit - tout en laissant un interstice pour que la lumière puisse y passer - Hayden se dirigea vers sa propre chambre et se laissa tomber sur son lit après avoir revêtit un bas de pyjama. Il saisit le premier livre qui lui passait sous la main et le parcourut distraitement dans un silence uniquement troublé par le bruit des pages qu'il tournait régulièrement. Il fut tiré de sa lecture environ une heure plus tard par Eileen, qui rentrait de sa réunion de quartier.

"Bonsoir" chuchota-t-elle en s'approchant de lui pour lui déposer un baiser sur les lèvres. "Tu ne dors pas ?"
"Je t'attendais." répondit Hayden sur le même ton, alors que sa femme se débarrassait de ses affaires et faisait un bref passage dans la salle de bain avant de se glisser dans le lit.
"Grady est arrivé ?"
"Oui, juste après que Louise soit allée se coucher." répondit le père de famille. L'inquiétude qui transperçait sa voix ne passa par inaperçu chez sa femme, qui se redressa sur un coude pour l'observer.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?"
"Je ne sais pas, je le trouve bizarre, en ce moment, pas toi ?" Eileen hocha lentement la tête, comme pour l'encourager à poursuivre. "Il est renfermé sur lui-même, il ne nous dit plus rien, il est agité, mal-à-l'aise, hésitant..."
Eileen fronça les sourcils. "Il t'a dit quelque chose ?"
"Non, justement, absolument rien." L'Auror soupira et sa femme posa une main compatissante sur sa joue avant de venir poser sa tête contre son torse.
"Laisse-lui le temps. Il vit des choses difficiles, en ce moment. Et," ajouta-t-elle avant que son mari ne l'interrompe, "je sais que tu vas me dire que c'est justement en ces temps là que la famille doit rester unie. Mais chacun gère le deuil à sa façon. Tu ne peux pas faire ce travail à la place de Grady." souffla Eileen.
Hayden, silencieux, finit par hocher la tête. La conversation dériva ensuite sur d'autres sujets, jusqu'à ce que, quelques minutes plus tard, Eileen finisse par s'endormir en lui racontant le déroulement de sa réunion du soir.

Hayden, lui, resta longtemps éveillé, fixant le plafond dans l'obscurité, seul avec ses craintes.

[RP TERMINE]


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Demons | Grady & Hayden

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