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 The Show Must Go On [Isobel]

Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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20 février 2010, Oxford


Le son d'une course effrénée retentissait dans le calme de la nuit. Les talons de Sofya claquaient sur les pavés, en un bruit sourd et répétitif. Son souffle haletant s'échappait de ses lèvres blêmes. Sa cape voletait derrière elle, la capuche rabattue par le vent, laissant ses boucles généreuses en proie à la pluie glacée. Alors qu'elle longeait les bâtiments majestueux de l'université, sans ralentir, sa fuite désordonnée attira l'attention curieuse d'un chat de gouttière perché sur un muret. Son miaulement manqua de la faire sursauter, et elle glissa sa main à la ceinture de sa robe, pour sentir la présence rassurante de sa baguette. Réflexe inutile - la baguette ne lui serait d'aucune aide cette fois.

Enfin, les bâtiments moldus laissèrent place à l'architecture familière du quartier magique. Il n'était pas grand et elle le connaissait par coeur, aussi il ne lui fallut guère de temps pour atteindre sa destination : un immeuble blanc dans lequel elle s'engouffra précipitamment. En d'autres circonstances, elle aurait été soulagée de sentir la chaleur du bâtiment lui réchauffer les membres, et la pluie cesser de la harceler. Ce soir, pourtant, il en faudrait beaucoup plus pour lui procurer la moindre once de réconfort...

Sans prêter attention aux gouttes et aux flaques qu'elle répandait derrière elle, Sofya grimpa l'escalier quatre-à-quatre. Parvenue au deuxième étage, elle s'échoua contre la porte de l'appartement de son amie et se mit à frapper, de plusieurs coups pressants et désordonnés.

"Isobel ! Isobel, ouvre !", cria-t-elle à travers la porte, sans cesser de frapper. Quelques secondes s'écoulèrent, sans le moindre signe de vie de l'autre côté.

"Isobel c'est moi, Sofya ! Isobel, ouvre, enfin !", insista-t-elle d'une voix aux lourds accents russes, qui la firent grimacer. Sans réponse de la part de son amie, elle devait se rendre à l'évidence : malgré l'heure tardive, Isobel n'était certainement pas chez elle. Un juron s'échappa de sa bouche, et elle maudit intérieurement la personne qui retenait Isobel loin de chez elle ce soir. Qu'il s'agisse de Leopold, de Roy ou de qui que ce soit d'autre, personne n'avait plus besoin de son amie qu'elle, ce soir. Alors elle exigeait qu'elle soit présente, là, tout de suite et maintenant. Sofya n'était pas en état d'accepter une autre option.

Poussant un long soupir de frustration, la jeune femme se retourna pour s'adosser contre la porte. Elle resta immobile quelques instants, tentant de retrouver son souffle et d'apaiser les battements affolés de son coeur. Il lui fallait faire le point sur la situation. Elle ne pouvait pas rester seule, ici, à attendre un retour hypothétique d'Isobel. Elle était pathétique, avec ses cheveux détrempés et collés contre sa peau, ses vêtements de scène qu'elle n'avait même pas pris la peine de changer avant de venir, enfilant juste une cape par-dessus. Oui, elle était pathétique, et incapable de prendre la moindre décision sensée seule.

Le calme de l'immeuble et son immobilité l'apaisèrent suffisamment pour faire naître une pensée lucide dans son esprit affolé. Cette pensée en fit naître mille autres, et elle sentit un vertige la saisir. Merlin, elle avait besoin d'un verre, ou même de deux. Elle glissa ses doigts frigorifiés dans la poche de sa cape et en tira un paquet de cigarette. Elle en saisit une, l'alluma avec la pointe de sa baguette avant de la porter à ses lèvres. Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres en même temps que la première volute de fumée, et elle ferma les yeux en basculant la tête en arrière. Merlin, que c'était bon, une addiction... Une certaine joie malsaine l'envahit à l'idée qu'elle était en train de se pourrir la santé.

Absorbée par ses pensées et émotions, elle ne réalisa pas tout de suite que quelqu'un d'autre était en train de monter les escaliers. Un bruit de talons tout près d'elle finit par attirer son attention, et elle rouvrir les paupières pour tomber nez-à-nez avec la silhouette familière d'Isobel. Un soulagement indicible l'envahit, qui se lut instantanément sur son visage maquillé. Elle avait quitté le théâtre en pleine répétition générale, et son maquillage de scène avait dégouliné pendant sa fuite. Son visage avait des allures de masque de tragédie.

Se décollant de la porte, elle fit un pas hésitant vers Isobel.

"Isy", souffla-t-elle en tournant un regard éperdu vers son amie. "Isy, j'ai besoin de toi."



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel s'était arrachée aux bras d'Abel à contrecoeur. Ils avaient passé la soirée ensemble, chez lui, et elle y aurait bien passé la nuit également si elle n'avait pas eu une réunion à sept heures quarante-cinq le lendemain. Il fallait qu'elle se lève tôt et elle préférait être chez elle pour se préparer, afin d'être certaine de ne pas être en retard (or elle se mettait souvent en retard à rester avec lui le matin, elle devait toujours courir après pour rattraper le temps perdu). Alors sur les coups de vingt-deux heures trente, elle l'avait embrassé pour lui dire au revoir et leurs étreintes n'avaient trainé qu'une demi-heure : elle avait réussi à transplaner devant son immeuble à onze heures. Elle avait monté les marches, le bruit de ses talons résonnant dans la cage d'escalier silencieuse. Elle était en train de fouiller dans son sac et dans les poches de son manteau pour retrouver son trousseau de clés, ne relevant la tête qu'en arrivant à son pallier, au moment où ses doigts se refermaient sur ce qu'elle cherchait. Elle écarquilla de grands yeux en reconnaissant la silhouette devant sa porte, surprise de trouver Sofya si tard chez elle et surtout, avec un air si misérable. Son amie fit un pas vers elle, le regard perdu, affirmant qu'elle avait besoin d'elle. Le premier réflexe d'Isobel fut de tendre les mains vers elle pour les poser sur ses épaules, son porte-clé autour d'un doigt, comme une bague.

- Mais qu'est-ce qui se passe, tu vas bien ?

Question vide de sens, lancée pourtant avec une sincère inquiétude : il était évident qu'elle n'était pas en forme. Elle était trempée, ses cheveux humides encadraient son visage et des trainées colorées coulaient sur ses joues, comme si son maquillage avait dégorgé. Ce n'était pas habituel pour Sofya de se mettre dans de tels états. Elle était volcanique, elle s'emportait de colère, c'était connu : de chagrin, cela semblait nouveau à Isy.

- Tu dois être glacée, viens, lança-t-elle en passant une main dans son dos. Elle glissa sa clé dans la porte et donna un tour pour ouvrir son appartement. Sa main chercha l'interrupteur à tâtons et les lampes à huile s'enflammèrent. Elle s'effaça pour laisser entrer Sofya. Elle pénétra chez elle à la suite de son amie, alors que Sorbier trottinait vers elles en miaulant. Chut, lui fit Isy sans lui accorder sa caresse habituelle, toute concentrée sur son amie.

Elle retira son manteau et son écharpe et les abandonna sur une chaise près de sa table.

- Qu'est-ce qui se passe, Sofya ? interrogea-t-elle avec inquiétude, en se rapprochant d'elle. D'une main, elle sembla la guider vers son canapé gris, pour qu'elle puisse s'y asseoir. Il est arrivé quelque chose ?

Elle n'ignorait pas que Robin Macfarlane avait été attaquée au sein des Folies il y a quelques temps, Roy le lui avait dit. Devant la détresse de son amie, une agression lui semblait probable ou un décès... Elle savait qu'elle avait perdu Nasreen Johar récemment, mais il lui avait semblé qu'elle allait mieux... Inquiète, sa main vint se poser sur l'épaule de Sofya.


Isobel Lavespère
I am a villain, a hero, no more and no less, an awful disaster, a beautiful mess. @ ALASKA.

Avatar par foolish blondie.
Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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La sensation des mains d'Isobel sur ses épaules lui procura un bien instantané, et elle ressentit l'envie de se laisser aller contre son amie. Elle d'ordinaire si indépendante avait besoin de l'étreinte réconfortante d'une proche, d'une mère. Mais elle n'avait plus de mère, et elle était trop fière pour demander cela à son amie. Alors elle resta raide et coite, à se laisser guider par une Isobel perplexe à l'intérieur de son appartement.

Sofya fit quelques pas à l'intérieur des lieux, et se débarrassa maladroitement de sa grande cape détrempée, avant de se diriger vers le canapé. Ses doigts fins vinrent écraser la cigarette encore fumante dans le cendrier qui reposait sur la table basse. Elle s'assit lentement, tandis que son regard effrayé errait autour de la pièce. Les interrogations d'Isobel lui parvenaient comme à travers un brouillard épais, et lui répondre semblait au-dessus de ses forces. La peur féroce qui l'avait animée le long des rues d'Oxford semblait s'être envolée, pour la laisser vide de toute énergie, incapable de faire face à la réalité. Comment pourrait-elle lui répondre ? Ce serait donner vie à une vérité qu'elle refusait tout net d'affronter...

A cette pensée, une vague de panique la submergea et elle leva une main tremblante pour effleurer le tissu chatoyant de son costume de scène. A travers, elle pouvait sentir sa peau glacée qui se distendait au rythme de sa respiration. Redressant la tête, elle croisa le regard inquiet d'Isobel fixé sur elle. Elle l'observa un moment en silence, cherchant la force de prononcer les mots qui en auraient rendu tant d'autres extatiques. Ces mots qui, elle, l'envoyaient au bord du gouffre. Finalement, elle hocha la tête en guise de réponse, et attrapa doucement la main d'Isobel, qu'elle posa lentement sur son propre ventre. Comme pour lui faire comprendre ce qu'elle était incapable de dire.

Ce fut le moment que choisit Sorbier pour bondir d'un geste souple sur les genoux de Sofya et s'y installer en ronronnant. Sa main libre se glissa sur le pelage de l'animal ronronnant, et elle sentit un sanglot la secouer. Sans chercher à se retenir, pour une fois, elle laissa ses émotions s'exprimer et se pencha légèrement en avant, prostrée.

"Comment est-ce que j'ai pu être aussi stupide", souffla-t-elle entre deux hoquets, tandis que des larmes amères glissaient sur ses joues, emportant les derniers restes de maquillage. "Ce n'est pas possible !"

Et pourtant si, ça l'était, elle le savait bien. Les images floues de ces nuits et de ces inconnus apparaissaient dans son esprit comme des flashs éblouissants, et elle fut prise de vertige. Ce qui devait arriver avait fini par arriver ; à trop jouer avec le feu, elle s'était brûlée.

"J'ai tout gâché."



Margarita Levieva, kit par Vingounet
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The Show Must Go On [Isobel]

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