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 The Show Must Go On [Isobel]

Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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20 février 2010, Oxford


Le son d'une course effrénée retentissait dans le calme de la nuit. Les talons de Sofya claquaient sur les pavés, en un bruit sourd et répétitif. Son souffle haletant s'échappait de ses lèvres blêmes. Sa cape voletait derrière elle, la capuche rabattue par le vent, laissant ses boucles généreuses en proie à la pluie glacée. Alors qu'elle longeait les bâtiments majestueux de l'université, sans ralentir, sa fuite désordonnée attira l'attention curieuse d'un chat de gouttière perché sur un muret. Son miaulement manqua de la faire sursauter, et elle glissa sa main à la ceinture de sa robe, pour sentir la présence rassurante de sa baguette. Réflexe inutile - la baguette ne lui serait d'aucune aide cette fois.

Enfin, les bâtiments moldus laissèrent place à l'architecture familière du quartier magique. Il n'était pas grand et elle le connaissait par coeur, aussi il ne lui fallut guère de temps pour atteindre sa destination : un immeuble blanc dans lequel elle s'engouffra précipitamment. En d'autres circonstances, elle aurait été soulagée de sentir la chaleur du bâtiment lui réchauffer les membres, et la pluie cesser de la harceler. Ce soir, pourtant, il en faudrait beaucoup plus pour lui procurer la moindre once de réconfort...

Sans prêter attention aux gouttes et aux flaques qu'elle répandait derrière elle, Sofya grimpa l'escalier quatre-à-quatre. Parvenue au deuxième étage, elle s'échoua contre la porte de l'appartement de son amie et se mit à frapper, de plusieurs coups pressants et désordonnés.

"Isobel ! Isobel, ouvre !", cria-t-elle à travers la porte, sans cesser de frapper. Quelques secondes s'écoulèrent, sans le moindre signe de vie de l'autre côté.

"Isobel c'est moi, Sofya ! Isobel, ouvre, enfin !", insista-t-elle d'une voix aux lourds accents russes, qui la firent grimacer. Sans réponse de la part de son amie, elle devait se rendre à l'évidence : malgré l'heure tardive, Isobel n'était certainement pas chez elle. Un juron s'échappa de sa bouche, et elle maudit intérieurement la personne qui retenait Isobel loin de chez elle ce soir. Qu'il s'agisse de Leopold, de Roy ou de qui que ce soit d'autre, personne n'avait plus besoin de son amie qu'elle, ce soir. Alors elle exigeait qu'elle soit présente, là, tout de suite et maintenant. Sofya n'était pas en état d'accepter une autre option.

Poussant un long soupir de frustration, la jeune femme se retourna pour s'adosser contre la porte. Elle resta immobile quelques instants, tentant de retrouver son souffle et d'apaiser les battements affolés de son coeur. Il lui fallait faire le point sur la situation. Elle ne pouvait pas rester seule, ici, à attendre un retour hypothétique d'Isobel. Elle était pathétique, avec ses cheveux détrempés et collés contre sa peau, ses vêtements de scène qu'elle n'avait même pas pris la peine de changer avant de venir, enfilant juste une cape par-dessus. Oui, elle était pathétique, et incapable de prendre la moindre décision sensée seule.

Le calme de l'immeuble et son immobilité l'apaisèrent suffisamment pour faire naître une pensée lucide dans son esprit affolé. Cette pensée en fit naître mille autres, et elle sentit un vertige la saisir. Merlin, elle avait besoin d'un verre, ou même de deux. Elle glissa ses doigts frigorifiés dans la poche de sa cape et en tira un paquet de cigarette. Elle en saisit une, l'alluma avec la pointe de sa baguette avant de la porter à ses lèvres. Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres en même temps que la première volute de fumée, et elle ferma les yeux en basculant la tête en arrière. Merlin, que c'était bon, une addiction... Une certaine joie malsaine l'envahit à l'idée qu'elle était en train de se pourrir la santé.

Absorbée par ses pensées et émotions, elle ne réalisa pas tout de suite que quelqu'un d'autre était en train de monter les escaliers. Un bruit de talons tout près d'elle finit par attirer son attention, et elle rouvrir les paupières pour tomber nez-à-nez avec la silhouette familière d'Isobel. Un soulagement indicible l'envahit, qui se lut instantanément sur son visage maquillé. Elle avait quitté le théâtre en pleine répétition générale, et son maquillage de scène avait dégouliné pendant sa fuite. Son visage avait des allures de masque de tragédie.

Se décollant de la porte, elle fit un pas hésitant vers Isobel.

"Isy", souffla-t-elle en tournant un regard éperdu vers son amie. "Isy, j'ai besoin de toi."



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Isobel s'était arrachée aux bras d'Abel à contrecoeur. Ils avaient passé la soirée ensemble, chez lui, et elle y aurait bien passé la nuit également si elle n'avait pas eu une réunion à sept heures quarante-cinq le lendemain. Il fallait qu'elle se lève tôt et elle préférait être chez elle pour se préparer, afin d'être certaine de ne pas être en retard (or elle se mettait souvent en retard à rester avec lui le matin, elle devait toujours courir après pour rattraper le temps perdu). Alors sur les coups de vingt-deux heures trente, elle l'avait embrassé pour lui dire au revoir et leurs étreintes n'avaient trainé qu'une demi-heure : elle avait réussi à transplaner devant son immeuble à onze heures. Elle avait monté les marches, le bruit de ses talons résonnant dans la cage d'escalier silencieuse. Elle était en train de fouiller dans son sac et dans les poches de son manteau pour retrouver son trousseau de clés, ne relevant la tête qu'en arrivant à son pallier, au moment où ses doigts se refermaient sur ce qu'elle cherchait. Elle écarquilla de grands yeux en reconnaissant la silhouette devant sa porte, surprise de trouver Sofya si tard chez elle et surtout, avec un air si misérable. Son amie fit un pas vers elle, le regard perdu, affirmant qu'elle avait besoin d'elle. Le premier réflexe d'Isobel fut de tendre les mains vers elle pour les poser sur ses épaules, son porte-clé autour d'un doigt, comme une bague.

- Mais qu'est-ce qui se passe, tu vas bien ?

Question vide de sens, lancée pourtant avec une sincère inquiétude : il était évident qu'elle n'était pas en forme. Elle était trempée, ses cheveux humides encadraient son visage et des trainées colorées coulaient sur ses joues, comme si son maquillage avait dégorgé. Ce n'était pas habituel pour Sofya de se mettre dans de tels états. Elle était volcanique, elle s'emportait de colère, c'était connu : de chagrin, cela semblait nouveau à Isy.

- Tu dois être glacée, viens, lança-t-elle en passant une main dans son dos. Elle glissa sa clé dans la porte et donna un tour pour ouvrir son appartement. Sa main chercha l'interrupteur à tâtons et les lampes à huile s'enflammèrent. Elle s'effaça pour laisser entrer Sofya. Elle pénétra chez elle à la suite de son amie, alors que Sorbier trottinait vers elles en miaulant. Chut, lui fit Isy sans lui accorder sa caresse habituelle, toute concentrée sur son amie.

Elle retira son manteau et son écharpe et les abandonna sur une chaise près de sa table.

- Qu'est-ce qui se passe, Sofya ? interrogea-t-elle avec inquiétude, en se rapprochant d'elle. D'une main, elle sembla la guider vers son canapé gris, pour qu'elle puisse s'y asseoir. Il est arrivé quelque chose ?

Elle n'ignorait pas que Robin Macfarlane avait été attaquée au sein des Folies il y a quelques temps, Roy le lui avait dit. Devant la détresse de son amie, une agression lui semblait probable ou un décès... Elle savait qu'elle avait perdu Nasreen Johar récemment, mais il lui avait semblé qu'elle allait mieux... Inquiète, sa main vint se poser sur l'épaule de Sofya.


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Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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La sensation des mains d'Isobel sur ses épaules lui procura un bien instantané, et elle ressentit l'envie de se laisser aller contre son amie. Elle d'ordinaire si indépendante avait besoin de l'étreinte réconfortante d'une proche, d'une mère. Mais elle n'avait plus de mère, et elle était trop fière pour demander cela à son amie. Alors elle resta raide et coite, à se laisser guider par une Isobel perplexe à l'intérieur de son appartement.

Sofya fit quelques pas à l'intérieur des lieux, et se débarrassa maladroitement de sa grande cape détrempée, avant de se diriger vers le canapé. Ses doigts fins vinrent écraser la cigarette encore fumante dans le cendrier qui reposait sur la table basse. Elle s'assit lentement, tandis que son regard effrayé errait autour de la pièce. Les interrogations d'Isobel lui parvenaient comme à travers un brouillard épais, et lui répondre semblait au-dessus de ses forces. La peur féroce qui l'avait animée le long des rues d'Oxford semblait s'être envolée, pour la laisser vide de toute énergie, incapable de faire face à la réalité. Comment pourrait-elle lui répondre ? Ce serait donner vie à une vérité qu'elle refusait tout net d'affronter...

A cette pensée, une vague de panique la submergea et elle leva une main tremblante pour effleurer le tissu chatoyant de son costume de scène. A travers, elle pouvait sentir sa peau glacée qui se distendait au rythme de sa respiration. Redressant la tête, elle croisa le regard inquiet d'Isobel fixé sur elle. Elle l'observa un moment en silence, cherchant la force de prononcer les mots qui en auraient rendu tant d'autres extatiques. Ces mots qui, elle, l'envoyaient au bord du gouffre. Finalement, elle hocha la tête en guise de réponse, et attrapa doucement la main d'Isobel, qu'elle posa lentement sur son propre ventre. Comme pour lui faire comprendre ce qu'elle était incapable de dire.

Ce fut le moment que choisit Sorbier pour bondir d'un geste souple sur les genoux de Sofya et s'y installer en ronronnant. Sa main libre se glissa sur le pelage de l'animal ronronnant, et elle sentit un sanglot la secouer. Sans chercher à se retenir, pour une fois, elle laissa ses émotions s'exprimer et se pencha légèrement en avant, prostrée.

"Comment est-ce que j'ai pu être aussi stupide", souffla-t-elle entre deux hoquets, tandis que des larmes amères glissaient sur ses joues, emportant les derniers restes de maquillage. "Ce n'est pas possible !"

Et pourtant si, ça l'était, elle le savait bien. Les images floues de ces nuits et de ces inconnus apparaissaient dans son esprit comme des flashs éblouissants, et elle fut prise de vertige. Ce qui devait arriver avait fini par arriver ; à trop jouer avec le feu, elle s'était brûlée.

"J'ai tout gâché."



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Si Isobel avait dû faire une liste des personnes susceptibles de finir en larmes devant sa porte d'entrée, Sofya n'aurait pas été dessus. Voir son amie dans cet état l'inquiétait sincèrement et elle se préparait à faire face à toutes les éventualités sur un panel de "drame" à "fin du monde". Ce ne pouvait pas être anodin, Sofya n'était pas quelqu'un d'émotif, elle était une femme solide, fière, peu encline à se laisser aller. Assise à ses côtés sur son canapé, la main sur son épaule, Isy attendait qu'elle lui parle. Ses doigts faisaient un léger mouvement de cercle sur le tissu mouillé qui recouvrait son amie, une légère caresse pour l'apaiser. Elle scrutait tous les détails de son visage comme pour y lire quelque chose, pour anticiper la déclaration qui allait suivre pour mieux s'y préparer, pour mieux l'aider, mais seule la détresse transperçait des traits de Sofya. Alors Isobel intensifia son analyse, jusqu'à toucher son aura, mais elle n'y trouva rien, que ce sentiment de panique intense, de désespoir presque. Elle fut sortie de son observation par les doigts qui se refermèrent autour de son poignet afin de guider sa main. Au début, elle ne comprit pas.

Sofya confirmait d'un hochement de tête qu'il s'était passé quelque chose, avait l'air perdu et malheureux, puis lui posait la main sur son ventre, dans un geste étrange. Et puis elle se mit à pleurer. Et Isobel comprit. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise et elle lâcha un "oh" dans un souffle. Elle était enceinte. Le choc la laissa quelques instants muette avant qu'elle ne reprenne ses esprits et ne passe un bras réconfortant autour des épaules de son amie éplorée, qui n'avait de cesse de se fustiger. Sofya ne voulait pas d'enfant, c'était un fait connu. Elle était bien trop indépendante, trop libre, elle ne menait pas une vie standard, pas une vie pour accueillir des enfants. Elles en étaient déjà parlé, elles en avaient ri même, parce qu'elles étaient sur la même longueur d'ondes. Mais cette fois-ci, ce n'était plus un jeu : Sofya était enceinte.

- Non, ne dis pas ça, chuchota Isobel lorsqu'elle sanglota qu'elle avait tout gâché.

Isy était bien trop féministe pour céder à la pression moralisatrice de la société sorcière, trop féministe même pour céder à ses propres convictions religieuses. Si Sofya ne voulait pas de ce bébé et bien rien n'était gâché, il y avait des solutions. Peu importe le choix qu'elle ferait, Isobel serait là pour l'accompagner. Elle l'attira un peu plus contre elle, lui frottant le dos, pour qu'elle se calme. D'une main, elle attrapa un épais plaid moelleux qui trônait sur le bout de son canapé et elle enveloppa son amie gelée et trempée dedans.

- Tu es certaine ? demanda-t-elle doucement. Tu as fais un test ?


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Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Sofya se laissa aller contre Isobel, sans retenue, profitant de son étreinte. Entre la présence réconfortante de son amie, la chaleur du plaid dans lequel elle l'avait enveloppé, et le chat ronronnant sur ses genoux, elle se sentit un peu mieux et parvint à reprendre le contrôle de ses émotions. D'un geste de la main, elle essuya ses joues couvertes de larmes et redressa la tête vers Isobel. Si elle était certaine ? Se serait-elle mise dans cet état sans un minimum de certitudes ? Bien sûr que non. Tous les signes étaient là, il lui avait simplement fallut un peu de temps pour les voir, et elle avait préféré s'enfoncer dans le déni...

"Oui, je suis sure", répondit-elle piteusement. "J'ai pas mal de retard, je n'y avais pas prêté spécialement attention, mais j'ai aussi d'autres symptômes, des nausées, des douleurs dans la poitrine... J'ai eu du mal à enfiler mon corset pendant la répétition et, je ne sais pas, c'est comme si tout s'était mis en place soudainement. Tous les signes que j'avais ignoré ces derniers jours."

Le souvenir horrible de ce moment où la lumière s'était fait dans son esprit lui revint en mémoire. Elle s'était rarement sentie aussi angoissée qu'à cet instant, et il avait fallut qu'elle éclaircisse la situation sans attendre, sans même assister à la fin de sa répétition.

"J'ai fait un test de grossesse, ce n'est pas difficile à trouver aux Folies, tu sais. Il fallait que j'en ai le coeur net tout de suite."

Et son coeur avait failli s'arrêter dans sa poitrine quand elle avait vu la potion tourner au rouge. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait un test, mais d'ordinaire, la couleur verte venait la soulager de ses inquiétudes. Le rouge vermeil lui avait semblé comme une condamnation. Tant d'autres femmes auraient été aux anges, mais pas elle : ce n'était même pas la perspective de l'élever seule. Sofya ne s'était jamais projetée dans l'existence d'une mère, avec un petit humain dont le bien-être dépendrait d'elle. Elle en serait responsable, elle qui envisageait la vie avec tellement de désinvolture.

"J'aime tellement ma vie comme elle est, Isy. Avec un enfant, tout va changer. Et puis tu sais que je ne me suis jamais vue que comme une mère", souffla-t-elle d'un ton désespéré. "On pourrait penser que les choses seraient différentes maintenant qu'il est là, mais pas du tout."

Sa main se glissa de nouveau sur son ventre plat. La pensée qu'un être était en train de se développer et de grandir en elle, un fils ou une fille, était très déroutante. Cette chose en elle était comme un corps étranger non désiré, qui n'avait pas sa place ici, qu'elle rejetait presque malgré elle. Sofya aurait voulu être une de ces femmes avec l'instinct maternel inné, car dans sa situation, elle n'avait plus vraiment le choix : le bébé allait venir, qu'elle le veuille ou pas. Malheureusement, ce n'était pas le cas.

"En soit, je pourrais, j'ai suffisamment d'argent maintenant et je pourrais m'en sortir, matériellement parlant. Et je suis assez forte pour le faire seule. Je n'ai pas besoin d'un homme. Oui, je pourrais..."

Mais elle ne le voulait pas. Merlin ! Sofya s'était toujours arrangée pour courber la vie selon ses propres envies, mais cette fois, elle avait trouvé une situation qu'elle ne pouvait arranger. La situation lui semblait surréelle, comme un cauchemar dont elle allait se réveiller. Et pourtant, elle allait bien devoir faire face à la situation.

Ses beaux jours d'espionne-comédienne étaient finis. Jamais elle ne pourrait poursuivre une carrière chez les Veilleurs avec un ventre en train de grossir, et pourtant, jamais elle ne s'était sentie aussi investie par les affaires du gang. Entre la résistance qui enflait contre le gouvernement, leurs relations avec Marchebank qui avaient pâti de la découverte d'un espion, ou encore l'attaque de Robin, la situation était plus tendue que jamais. Sans parler de sa pièce de théâtre, qu'elle mettait en scène pour la première fois. Non, ce n'était vraiment pas le moment de disparaître pour changer des couches...

L'espace d'un instant, elle eut une pensée pour Joséphine la danseuse. Elle lui avait prédit la fin de son idylle avec Nasreen, n'aurait-elle pas pu l'alerter à ce sujet là ?



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel resserra son étreinte autour des épaules de son amie alors que cette dernière lui racontait comment elle avait fait cette malheureuse découverte. Elle n'était pas une grande spécialiste de la grossesse mais entre les signes physiques et le test, cela ne faisait que peu de doutes : Sofya était bien enceinte. Comme c'était injuste, cette responsabilité qui pesait sur les femmes, menacées de maternité à chaque faux pas. Les hommes étaient bien libres de ce côté-là, Isy l'avait toujours pensé, et avait donc toujours été farouchement paranoïaque. Il fallait être deux pour le faire mais à la fin, les femmes étaient toujours toutes seules pour l'élever... Elle était issue d'une communauté matriarcale qui mettait la natalité au dessus de tout et elle avait eu l'occasion de voir ce que ça donnait : Sophie, sa mère, obligée de l'avoir, obligée de lui donner naissance pour s'enfuir derrière. C'était ça, l'avenir que beaucoup de sociétés réservaient aux femmes, notamment les communautés magiques.

- Je sais, ma chérie, je sais, souffla-t-elle avec compassion à Sofya qui lui disait qu'elle n'avait jamais voulu être mère.

Elles en avaient parlé de nombreuses fois, parce qu'elles partageaient le même avis sur la question. Elles étaient heureuses indépendantes, à pouvoir mener leurs vies comme elles l'entendaient, sans rendre de compte à personne, sans devoir se soucier de qui que ce soit. Elles étaient un peu à contre-courant de cette question, tant la société - surtout sorcière, surtout traditionnelle - estimait qu'elles devaient devenir mères. Il n'y avait pas d'autres choix. Et lorsque tu tombais enceinte sans le vouloir et bien, tant pis pour toi. Tu aurais dû faire plus attention. Tu aurais dû être plus prudente. Assume les conséquences, maintenant... Et Sofya semblait bien avoir assimilé tout cela, elle qui se lançait déjà dans la possibilité. Je pourrais, disait-elle. Ce n'était pas la question, aux yeux d'Isy.

- Tu le peux, oui, souffla-t-elle avec douceur. Mais est-ce que tu le veux ?

Ses deux vinrent saisirent les doigts de Sofya, comme pour la pousser à se confier à elle.

- Est-ce que tu as envie d'être mère ? Dans huit mois, d'avoir un enfant, pour la vie ? Est-ce que tu en as envie, même un petit peu ?


Isobel Lavespère
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Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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La tête de Sofya se secoua en signe de dénégation, sa grimace s'exagérant un peu plus à chaque parole qu'Isobel prononçait. Ce n'était même pas une question de bonne volonté, elle savait avec une certitude inébranlable qu'elle ne voulait pas être mère. C'était instinctif. Avoir un bébé, son bébé dans ses bras ne lui procurerait pas la même sensation qu'à certaines femmes, non, il lui semblerait étranger. Il ne serait pas une source de joie et d'émerveillement, quand bien même elle trouverait en elle le moyen de s'accommoder et les ressources pour l'aimer ; il serait une source de contraintes et la raison pour laquelle elle avait dû arrêter de vivre comme elle l'entendait.

Pourtant, quel choix avait-elle ? Aucun, c'était ce qu'Isobel ne semblait pas comprendre. Il était trop tard pour tergiverser, la graine avait été plantée et le fœtus grandissait en elle, chaque jour un peu plus. Elle ne pouvait plus l'ignorer.

"Mais quel autre choix est-ce que j'ai ?", répliqua-t-elle, sa voix partant dans les aigus. "Cet enfant, je ne peux pas l'abandonner. Je suis une orpheline, Isy, j'ai perdu mes parents quand j'étais ado et je sais ce que c'est que de n'avoir personne au monde. Je n'imposerai pas ça à un enfant qui n'a pas demandé à naître."

Ses parents, voilà un sujet qu'elle n'évoquait pas souvent, pour ne pas dire jamais, avec son entourage. Mais le fait de s'imaginer mère la renvoyait à sa propre enfance et à sa propre famille, du moins, celle qu'elle avait eu un jour...




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C'était bien ce qu'elle pensait, songea Isobel alors que Sofya secouait la tête frénétiquement à sa description de la maternité. Elles en avaient déjà parlé, toutes les deux. La grossesse ne semblait rien changer à ce point de vue dans son esprit et elle voulait bien la comprendre. Pour autant, elle voyait un point de différence se dessiner entre elles alors que son amie répliquait qu'elle n'avait pas d'autre choix que de devenir mère, contre son gré. Avant même qu'elle ne puisse répondre quoi que ce soit à cela, Sofya avait enchaîné et ses propos pincèrent le cœur d'Isy qui s'empressa de serrer sa main dans la sienne. Sofya parlait peu de ses parents ou de sa famille, voire jamais. Elle ne se rappelait pas la dernière fois que c'était arrivé. On entendait la panique et le chagrin dans sa voix et elle aurait tellement voulu pouvoir la consoler ou arranger les choses d'un claquement de doigts... Malheureusement, c'était plus compliqué que cela.

Elle pouvait comprendre que son amie n'ait pas envie de mettre au monde un enfant abandonné, quand on voyait son histoire. Isobel était bien placée pour le comprendre, elle qui s'était également retrouvée seule au monde durant des années et des années, par choix, néanmoins. Elle avait quitté sa famille et surtout, elle venait d'avoir la chance de la retrouver. Ce n'était pas le cas de Sofya qui était orpheline... Mais Isobel comprenait et connaissait ce sentiment de n'avoir personne au monde. Elle ne le souhaitait à personne non plus. Mais elle restait persuadée que mettre un enfant abandonné au monde n'était pas la seule solution... Mais cela paraissait tellement loin de l'esprit de son amie qu'elle ne savait pas comment l'amener.

Les sorciers européens vivaient dans une société plus fermée et plus traditionnelle que les américains, qui se superposaient beaucoup plus aux moldus et partageaient souvent leurs questions de société et leurs avancées. Ici, en Angleterre, ce n'était pas le cas même si cela commençait à changer depuis Marchebank. En Russie, cela devait encore moins l'être. Dans des sociétés comme celles-ci, on ne parlait pas d'avortement. Cela n'était même pas possible, jusque récemment. De nombreux bébés-chaudrillon étaient venus au monde à cause de cela. L'interruption de grossesse mettrait du temps à arriver dans les mentalités... La preuve en était que Sofya semblait ne même pas y penser. Doucement, Isy serra la main de son amie dans la sienne.

- Sofya, chérie... Tu n'es pas obligée de poursuivre cette grossesse si tu ne le veux pas. Il y a d'autres solutions, désormais.


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Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Entendre Isobel prononcer ces mots lui fit le même effet que si on l'avait plongée toute entière dans l'eau glacée du lac de Poudlard. Un frisson la parcourut quand elle réalisa ce que son amie lui suggérait, et elle ôta, inconsciemment, la main de la sienne. Il n'y avait pas cinquante façons de comprendre ce qu'elle lui suggérait, et un seul moyen seulement de ne pas poursuivre une grossesse : il fallait l'interrompre.

Sofya dévisagea son amie d'un regard incrédule, tandis qu'elle essayait d'assimiler sa suggestion. Il est vrai que cet acte avait été rendu légal en Angleterre par Marchebank à la suite du scandale Chaudrillon. Avec toutes les réformes, elle l'aurait presque oublié - d'autant plus qu'elle ne suivait que d'un œil certains aspects de la politique du pays. Il était vrai aussi qu'Isobel avait grandi aux Etats-Unis, pays où les mœurs n'étaient pas toujours similaires à celles de sa Russie natale. Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle pouvait envisager cette solution, que Sofya n'aurait même pas osé envisager...

Et pourtant, elle les voyait, ces filles des Folies, qui rendaient leur petit déjeuner un matin et retournaient sur les planches le lendemain, libérées de tout passager clandestin. Elles n'avaient pas attendu Leopold pour se débarrasser des problèmes encombrants. Sofya ne découvrait pas l'existence de ce procédé, non, mais elle n'avait jamais considéré qu'il était adapté pour quelqu'un comme elle. Ce n'était même pas une option. Qu'Isobel l'envisage, cependant, l'interrogeait suffisamment pour qu'elle n'écarte pas complètement l'idée d'entrée de jeu. Car Isobel n'était pas une "filles des Folies", non, c'était son amie proche, une femme libre et indépendante, une femme qu'elle respectait.

"Tu pourrais, toi, faire ça ?", s'enquit-elle finalement d'une voix brisée. "Que ce soit légal ou pas, ce n'est pas la question, certaines femmes font ça depuis toujours mais... Tu pourrais ?"

Les préceptes et les contes de son enfance lui revinrent en mémoire, et elle baissa la tête en se mordant l'intérieur de la joue. Avec les années, Sofya s'était éloignée de Serliokva et c'était écarté de la culture de la ville ambulante. Mais il y avait certaines choses qu'elle n'avait jamais oublié.




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Isobel baissa les yeux lorsque Sofya retira sa main de la sienne. Elle avait essayé d'être le plus douce possible en amenant cette option mais cela n'avait pas été suffisant. Elle était consciente que cela pouvait paraître brutal voire même impossible à envisager pour certaines personnes. Elle n'avait jamais abordé ce sujet avec son amie parce que ce n'était pas forcément quelque chose dont l'on parlait spontanément et pourtant... Elles s'étaient toujours dit qu'elles ne voulaient pas d'enfants. Sans jamais parler de ce qu'elles feraient si l'impensable arrivait. Et pour Sofya, c'était le cas. Isy n'essaya pas de reprendre sa main et se tut, le temps qu'elle assimile l'option qu'elle venait d'évoquer. Quand son amie lui retourna la question, elle ouvrit la bouche pour répondre puis se tut. Ce n'était pas si simple que cela.

Elle aimait à penser que oui, elle le ferait sans hésiter parce qu'elle n'avait pas envie d'un enfant, parce que c'était une idée terrifiante. Elle serait une très mauvaise mère, elle en était certaine, elle serait incapable de bien l'aimer et de bien s'en occuper. Elle avait une carrière à mener et un studio qu'elle aimait beaucoup, elle ne voulait pas déménager. Pendant longtemps, elle avait rajouté à ces arguments le fait qu'elle ne voulait pas élever un enfant seule. Pendant longtemps, l'idée qu'elle se faisait d'une grossesse, c'était tomber enceinte d'un parfait inconnu après une nuit sans lendemain. Un accident. Maintenant, elle n'était plus toute seule. Maintenant, c'était Abel. Alors la question se posait différemment, se posait à deux. La question était d'avoir un enfant avec Abel. Alors c'était tout aussi terrifiant mais elle savait que sa décision finale serait moins évidente qu'un "oui" assuré, comme elle aurait aimé le prétendre face à Sofya. Et même sans Abel... Isy était catholique. Elle avait été éduquée de la sorte. Et les catholiques n'avortaient pas. Ils accueillaient ce cadeau, ce cadeau de Dieu et dans son cas, ce cadeau des ancêtres. Dans un coven, tous les enfants étaient le bienvenue. Dans un coven, personne ne naissait par hasard. L'avortement était un crime. L'avortement était un meurtre. Tout cela se mélangeait à ses convictions scientifiques, qui disaient qu'au début, il n'y avait qu'une petite cellule fécondée, par encore un bébé. Juste une petite noix sans âme.

Alors Isobel ne savait pas quoi répondre à Sofya. Parce que même pour elle, qui se revendiquait si indépendante, qui portait sa modernité en étendant, les choses n'étaient pas si simples. Elle n'avait pas de solution toute faite. Si elle était à la place de son amie, la décision serait difficile à prendre. Elle aurait besoin d'y réfléchir, beaucoup. De voir ce qui l'emportait chez elle : sa volonté d'indépendance ou son éducation traditionnelle. Si elle surmontait sa peur de voir sa vie chamboulée et d'être une mauvaise mère ou si elle choisissait de continuer sa route, sans ce poids là. Elle ne pouvait pas lui mentir, aussi releva-t-elle la tête vers Sofya, plongeant ses yeux noirs dans les siens.

- Je ne sais pas.

Elle eut un temps de silence puis reprit la main de son amie dans la sienne, la serrant.

- Mais ce que je sais en revanche, c'est que je n'étais pas une enfant désirée. Ma mère voulait avorter. Ma grand-mère a refusé. Parce que c'est comme ça qu'on fait, chez moi, dans ma famille. On a pas le choix. Ma mère ne voulait pas l'être, elle a dû m'élever de force, au bout de quelques années, quand ma grand-mère est morte... Je suis née et le lendemain, elle avait disparu. Elle ne voulait pas de moi. Et ça, je l'ai su et senti toute ma vie. Toute mon enfance, on m'a fait comprendre que j'étais encombrante et que j'avais gâché sa vie. Et ça... Elle eut un soupir. Je ne le souhaite à personne.

- Alors je ne sais pas ce que je ferai, c'est vrai. Mais je sais que je ne veux pas être une mère qui en veut à son enfant d'être né.


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Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Sofya comprit que la réponse à sa question n'était pas si simple pour Isobel. Elle lui fut reconnaissante de marquer ce temps de réflexion, car elle y trouva un écho à sa propre hésitation : personne ne pouvait prétendre pouvoir prendre une telle décision sans y réfléchir vraiment. La réponse n'avait rien de simple, car il n'y avait tout simplement aucune solution à cette énigme, à cette erreur : une femme qui ne souhaitait pas devenir mère.

Curieusement plus calme, Sofya se redressa et se débarrassa de ses chaussures détrempées pour ramener ses jambes sur le canapé de son amie. Elle les entoura de ses bras et posa la tête sur ses genoux, en rendant son regard à Isobel. Sentant la compassion l'envahir, elle écouta le récit qu'elle lui faisait de son enfance. Isobel non plus ne l'abordait pas aisément. Cette soirée marquait assurément un temps fort de leur relation, leur amitié trouvant un éclat nouveau à la faveur de ces confidences. Sofya ne se sentait plus seule avec le poids de sa découverte, et même si le choix ultime lui revenait entièrement, elle ne serait pas seule pour en subir les conséquences.

Un sentiment de gratitude à l'égard de son amie l'envahit, et elle lui rendit la pression sur ses doigts, comme pour la soutenir à son tour. A quel point les choix et la personnalité d'Isobel avaient été influencés par cette mère absente et aigrie ? Pour autant, aurait-elle préféré ne pas naître ? Autant de questions existentielles qui ne faisaient qu'ajouter à la confusion de Sofya. Silencieuse, elle pesa et soupesa l'option que lui avait présenté son amie, sans même savoir si elle-même serait capable de l'adopter. L'idée, si on l'ôtait de tout contexte, ne semblait pas si absurde. Sofya n'avait pas encore le sentiment d'être enceinte, de sentir un être se développer en elle, un être avec des pensées, des sensations, des émotions. Elle pouvait encore prendre cette décision là, avant qu'il ne soit trop tard, mais...

"Chez moi, à Serliovka, on raconte que les femmes qui avortent sont maudites", souffla-t-elle enfin, en observant son amie à la dérobée. Dans son ton et dans son regard, c'étaient toutes ses peurs d'enfance qui s'exprimaient, toutes les histoires qu'on lui avait raconté et qu'elle avait été trop superstitieuse pour abandonner.

"En accomplissant cet acte inhumain, elles se condamnent à une vie misérable, une vie maudite, où toute sensation humaine est absente, où l'on ne peut plus ressentir le bonheur, la joie, ni même la peur ou la tristesse.", raconta-t-elle en retenant un frisson. C'était plus fort qu'elle, cette légende était inscrite trop profondément dans ses croyances pour qu'elle puisse s'en défaire. Elle avait connu une femme comme ça, maudite, tout le monde la connaissait au village. Tout le monde la honnissait et la pointait du doigt, tandis qu'elle errait, pauvre ère sans âme, le cheveux terne et le visage grisâtre.

"C'est un petit peu comme se condamner soit-même au baiser du détraqueur", ajouta-t-elle pour ramener la légende à quelque chose qu'Isobel connaissait. "Alors... Si je ne parviens pas à me protéger de ça, je ne vois pas comment je pourrais..."

Elle secoua la tête, tandis que la peur se renforçait en elle, devenant si puissante qu'elle détruisait l'idée qu'elle avait eu la faiblesse d'envisager, ne serait-ce qu'une fraction de secondes.




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Isobel écouta Sofya avec attention lorsqu'elle lui souffla qu'à Serliovka, là d'où elle venait, les femmes qui avortaient étaient maudites. Condamnées à être sans âme, sans joie, sans peine, sans vie. Un baiser du détraqueur, comme le résuma son amie. Effectivement, cela n'avait rien d'enviable... Isy ne pouvait pas s'empêcher de remarquer cyniquement que dans toutes les cultures du monde, on avait trouvé une bonne manière de culpabiliser les femmes de disposer de leurs corps. Chez les catholiques, c'était la damnation éternelle en enfer, à Serliokva, c'était une malédiction qui vous enlevait le goût de vivre. Difficile de consoler son amie après cela, surtout que l'aura de Sofya semblait se remplir de peur. Elle saisit sa main dans la sienne, sans savoir vraiment trop ce qu'elle allait lui dire.

- Je sais que lorsque l'on a été élevée avec une croyance, c'est dur de s'en défaire... Moi-même je me sens partagée des fois, entre deux cultures différentes. Mais...

Sans savoir si cet exemple allait être pertinent, elle le tenta quand même.

- J'ai une amie, à l'université, qui est tombée enceinte sans le vouloir. Ce n'était pas le bon moment, et pourtant, elle voulait des enfants, elle en veut encore. Mais elle ne les voulait pas de cet homme-là, pas à cet âge-là. Elle a avorté. Et aujourd'hui, elle est tout le contraire de quelqu'un de détruit, elle va très bien : elle a été diplômée, elle vient de se fiancer et elle et son compagnon comptent sur trois ou quatre enfants, je crois, ajouta Isy en secouant légèrement la tête.

Et pourtant, Jessica venait d'une famille évangéliste et cela n'avait pas été une décision facile. Mais elle n'avait pas voulu gâcher sa vie de cette manière : elle le savait parce qu'elles étaient colocataires alors et en avaient longuement parlé. C'est vrai qu'elles n'en n'avaient pas reparlé vraiment depuis mais elle était certaine que son amie allait bien.

- Je sais que ça peut paraître bête les exemples de "je connais quelqu'un"... Mais tout ce que je veux te dire, c'est que je pense que la seule qui pourrait te condamner à une existence malheureuse, Sofya, c'est toi... Ses yeux noirs plantés dans ceux de son amie, elle essaya de lui transmettre un peu de sa conviction. En choisissant une solution qui ne te convient pas, pas parce que tu le veux, mais parce que tu as peur. Que ce soit poursuivre cette grossesse ou pas, ce qui te rendra malheureuse, c'est de choisir à contrecœur. C'est t'imposer quelque chose.

Aux yeux d'Isobel, c'était cela la malédiction : perdre le contrôle de sa vie et de son bonheur. C'était ça qui pouvait rendre une femme malheureuse.

- Il faut que tu fasses le choix qui te rendra heureuse, au long terme. Et si vraiment, s'il y a une malédiction, si on disait vrai dans ton village alors moi je serai là. Les malédictions, c'est mon domaine. Je te jure sur tous mes ancêtres qu'aucune ne me résisterait.

Elle serra fort la main de son amie dans la sienne. Elle était une sorcière vaudou, une descendante de Marie Laveau. Une petite malédiction russe n'allait pas lui faire peur, foi de Lavespère.

- Je serai là. Pour toi. Je te promets.


Isobel Lavespère
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The Show Must Go On [Isobel]

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