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 Faire la paire [Jeremy & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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2 février 2010, Mallowsweet.

D'un coup de baguette, Irving ordonna en tas les piquets qu'il avait commandés pour le nouvel enclos de la ménagerie. Il souhaitait non seulement agrandir la clôture existante mais aussi la renforcer. En effet, il avait découvert avec horreur un licheur planqué au milieu de la première portée de leur petite truie, Moony. Irving avait chassé l'intrus à grands coups de sortilèges mais Nora lui avait expliqué que le démon ne s'avouerait pas vaincu  et qu'il reviendrait très certainement se réchauffer dans leur étable.
Ils avaient donc investi -encore- pour protéger au mieux leurs animaux et Irving était sur le point d'installer le nouveau parc. Il attendait juste que Jeremy arrive pour l'aider. Ils avaient initialement prévu de faire ça ensemble, avec Nora, mais des clients avaient réservés une chambre pour tout le week-end à la dernière minute, contraignant Irving à faire appel à son ami pendant que Nora s'occupait de la clientèle.
Pourtant Irving n'aimait pas trop déranger Jeremy pour des broutilles. Comme lui, l'animagui avait un quotidien bien rempli. En effet, Il avait fort à faire entre ses études, ses cours à Poudlard et sa vie de famille si bien que l'ancien Gryffondor essayait de ne pas trop le solliciter.
Pour se faire pardonner de le déranger si tôt un samedi matin (quoique, avec Gabrielle Jeremy devait surement être particulièrement matinal  tous les jours de la semaine, week-end compris) Irving avait préparé un petit déjeuner français -croissants chaud et café-qui les attendaient dans un coin de l'étable.
Il sortit donc  sur le perron de l'abri pour guetter l'arrivée de son ancien camarade de maison sur les collines alentours recouvertes d'une couche de neige d'un blanc immaculé. Une petite silhouette se matérialisa subitement à l'extrémité du terrain. L'ancien Gryffondor esquissa un sourire avant de siffler bruyamment pour attirer l'attention de Jeremy puis il partit à sa rencontre, s'enfonçant jusqu'aux genoux dans la neige fraiche à chaque pas.

"Salut mon vieux !
dit-il en gratifiant son camarade d'une franche accolade rendue difficile à cause de sa tenue de bucheron multi-couches. Pas trop difficile de se lever ce matin ?" demanda-t-il en grattant son front juste au niveau du bonnet, là où la laine le chatouillait tout le temps.


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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Transplaner de bon matin était une activité beaucoup trop violente, songea Jeremy en vacillant sur ses pieds. Il avait atterri les deux jambes dans la neige jusqu'aux genoux, l'estomac retourné par le transplanage et le regard dans le vague. Ses yeux étaient encore envahis par le sommeil. Gabrielle n'avait pas dormi de la nuit, et il n'avait pu dormir que par de petites tranches, si bien qu'il avait balancé son réveil contre le mur quand il avait sonné. Il lui avait fallut plusieurs interventions de Juliet pour qu'il accepte de sortir la tête de sous la couette, et c'était une tête particulièrement grognon qu'il avait montré. Enfin, il se trouvait là et c'était le plus important, pas vrai ? Irving ne prêterait pas attention à ses cernes violacés, ni à ses bâillements aux corneilles...

Le froid piquant de l'hiver eut le don de le réveiller instantanément, et il s'avança en direction de l'auberge, en remontant plus haut la fermeture éclair de son manteau. Irving avait choisi sa journée pour faire des travaux manuels, songea-t-il avec amusement. Cette étendue neigeuse lui donnait envie de prendre sa forme animagus pour se rouler dedans, mais il serait alors tout mouillé, ce qui n'était pas l'idéal pour commencer la journée. Bien vite, il entendit le sifflement d'Irving et repéra son ami qui avançait vers lui en faisant de grands gestes.

"Salut Vingounet !", le salua Jeremy en parvenant à sa hauteur. Ils échangèrent une accolade rendue maladroite par leurs épaisses couches de vêtements. "Ah, tu n'as pas idée ! Je serais bien resté au lit, pendant au moins une bonne semaine ! Mais bon je suis content d'être là, ça fait un moment qu'on ne s'est pas croisés, dis donc."

Les deux couples se voyaient dès que possible mais il fallait bien reconnaître que leurs vies respectives ne laissaient guère de temps aux brunchs du dimanche matin ou aux apéros impromptus. Les quelques soirées libres de Jeremy étaient toutes dédiées à sa petite famille, quant à Irving et Nora, ils avaient pris un travail à plein temps en montant cette auberge... Ce qui expliquait pourquoi ils avaient besoin d'un coup de main de temps en temps, que Jeremy était heureux de fournir. Cela lui changeait les idées de ses propres problèmes.

"Alors, dis moi tout, pour quel projet avais-tu besoin de mes bras musclés de sportif ?", s'enquit-il en gonflant les biceps d'un air exagérément arrogant.



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Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving laissa échapper un léger rire lorsque Jeremy avoua qu'il serait bien resté au lit plus longtemps. Et lui donc ! Il ne se souvenait même pas à quand remontait  sa dernière grasse matinée. Depuis Dalhiatus, il dormait d'un sommeil agité et il était généralement réveillé aux aurores. Il n'avait même plus besoin de réveil. Il fallait voir le bon côté des choses, les travaux de l'Auberge avançaient et il avait plus de temps pour gérer toute la paperasse suite à l'attentat. Et Merlin seul savait à quel point cette activité était chronophage !

"J'ai croisé Juliet et Gabrielle courant décembre, par hasard, sur l'Chemin d'Traverse, dit-il en réponse au constat de Jeremy, quant à nous....et bien... je crois qu'on ne s'est pas vu depuis fin octobre."

Il en était sûr même. Irving n'avait pas revu son ami depuis les événements de Leopoldgrad. L'ancien Gryffondor avait traversé une période assez trouble durant l'hiver dont il tentait de se remettre actuellement. Voir un peu plus ses amis et avoir une vie sociale plus épanouissante faisait partie de ses résolutions pour lutter contre son mal être. Quant il était au plus mal, Irving avait tendance à s'enfermer dans ses problèmes et à oublier tout ce qu'il y avait autour de lui, hors, fréquenter ses proches était un bon remède pour essayer de repartir du bon pied.

La remarque de Jeremy lui arracha d'ailleurs un bon rire franc et il s'empressa de  compléter la phrase du blondin "...de sportif arrogant et m'as-tu-vu ! Tu oublies le principal !" ajouta-t-il en lui tapotant le dos.

Il fit quelques pas dans la neige en direction de l'étable, comme pour entrainer son ami à sa suite et poursuivit: "J'ai un licheur qui a élu domicile dans notre petite bergerie et je voudrais clôturer le terrain de cet arbre, Il désigna de sa main gantée un chêne recouvert de neige au sommet de la colline où ils se trouvaient, jusqu'au muret du chemin là-bas. C'est pour ça que j'ai besoin de tes bras, plus si musclés que ça d'ailleurs," le railla-t-il en faisant mine d'évaluer les biceps de Jeremy à travers ses vêtements.

Bien que les activités du père de famille soient davantage cérébrales, il ne semblait pas avoir perdu sa carrure d'athlète.  De son côté, Irving s'était affuté depuis quelques mois avec le chantier de Mallowsweet et la vie à la montagne. Il arborait dorénavant une épaisse barbe et des mains calleuses qui lui rappelaient, un peu plus chaque jour, celles de son père. Un vrai trappeur !

"Mais avant d'attaquer ce vaste chantier, on va se prendre un bon café chaud, dit-il en se baissant pour pénétrer dans l'étable. Posé sur un établi dans un coin, un plat rempli de douceurs attendait Jeremy: Croissants, pain d'épice, biscuits. L'ancien Gryffondor tapa ses pieds pour chasser la neige de ses bottes et attrapa son thermos pour remplir deux tasses à ras bord "Tu devrais gouter ça, ajouta-t-il en désignant des muffins posés dans le plat, j'les ai préparé hier c'est une tuerie."

Il se retourna alors pour faire face à Jeremy, porta sa tasse à ses lèvres et demanda finalement:

"Alors, comment vont les femmes de ta vie ?"
Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Chasser un licheur et monter une clôture, voilà un programme qui n'était pas pour lui déplaire : loin de ses livres et des couches à changer pour une journée, il allait pouvoir se vider la tête au grand air, avec son ami. C'était la seconde fois que Jeremy se rendait à Mallowsweet et il ne put s'empêcher de ressentir une petite pincée d'envie en voyant le vaste domaine recouvert par la neige. Une fumée prometteuse s'échappait de la cheminée de l'auberge, refuge de tranquillité loin du monde. Pourtant, Jeremy se savait trop citadin pour apprécier une vie telle que celle-là, mais à cet instant, cela lui semblait infiniment plus enviable que son appartement social Cosmos.

"Comment ça !", s'offusqua-t-il quand Irving le taquina au sujet de sa musculature. "Je continue de faire du Quidditch figure-toi, j'ai rejoins une ligue amateur ! Bon, d'accord, le niveau n'est pas le même qu'à Poudlard... et je dois louper la moitié des entraînements. Mais quand même."

La vexation de Jeremy fut vite oubliée quand Irving mentionna un bon café chaud. Il était mal réveillé, et l'idée de s'attabler avec son ami autour d'un délicieux petit-déjeuner l'emplissait de joie. Imitant son hôte, il tapa des pieds pour se débarrasser de la neige et pénétra dans la pièce. Jeremy se débarrassa de son gros manteau en s'ébrouant et poussa un soupir de contentement en sentant la chaleur de la pièce l'envelopper.

"Ah Vingounet, mon cher ami bouclé, y'a pas à dire, t'es toujours le meilleur !", s'exclama-t-il en attrapant le thermos qu'il lui tendait. De son nez rougi par le froid, il huma l'odeur familière du café, puis il attrapa l'un des fameux muffins.

"Elles vont bien", répondit-il en mordant dans la viennoiserie avec gourmandise. "Hmm t'as raison, c'est une tuerie ton truc !"

Il ne connaissait pas de tels talents de cuisiner à Irving. En deux secondes, il engloutit le gâteau et attrapa un croissant, dans lequel il mordit à pleines dents. Chez Jeremy, l'âge glouton de l'adolescence n'était jamais vraiment passé.

"Non, ça va, Gaby est déjà une vraie chipie, et puis Ju pense à reprendre le boulot... Mais bon, c'est pas évident en ce moment, on ne se voit pas beaucoup. Et ici, avec Nora, ça va ? Elle est vraiment super, votre auberge."




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Irving fut étonné de voir que son ami parvenait à concilier vie de famille, études, travail et loisirs ! Un vrai surhomme ce Jeremy ! Dire qu'Irving avait l'impression d'être complètement largué dès qu'il avait l'auberge et les répercussions de l'attentat à gérer  simultanément... Pathétique.

Le jeune homme se morigéna mentalement. Il devait arrêter d'être si dur envers lui même, lui avait conseillé Emma Winston. L'effondrement de la March'Bank avait généré un choc post-traumatique qu'Irving ne devait pas prendre à la légère et il devait intégrer ce fait plutôt que de toujours culpabiliser de tout.

"Je suis content de voir que tu arrives à trouver un moment pour te faire plaisir dans ton emploi du temps chargé, dit-il en buvant une gorgée de café, de mon côté j'aimerai bien reprendre la guitare mais c'est encore un peu compliqué...."

Il avait pris un peu de retard dans l'aménagement de l'Auberge après l'attentat mais il ne perdait pas espoir de reprendre quelques cours -et peut-être, qui sait, de trouver un groupe amateur- avant le printemps prochain. Il profita d'ailleurs du moment pour demander des nouvelles de sa Dark Boursouf préférée -à savoir Juliet- et de la petite Gabrielle à Jerem' qui ne tarda pas à lui répondre..


"Quoi ? Gaby une vraie chipie ? Je ne te crois pas une seconde, répondit Irving en croquant dans une part de tarte à la mélasse. Il se pencha légèrement en avant pour éviter que les miettes ne lui tombent dessus pour la plus grande joie de Looping qui attendait à ses pieds la gueule ouverte, ...  avec sa petite bouille d'ange ! Irving secoua la tête comme si c'était tout bonnement impossible que cette enfant soit malicieuse,  C'est bien que Juliet reprenne le boulot. Au niveau finance ce sera peut-être un peu plus confortable pour vous. Ils étaient déjà trois à vivre sur une paye d'apprenti professeur, ce ne devait pas être simple tous les jours, Je vois pour nous, il faut qu'on fasse gaffe pour bien équilibrer le budget et ne pas se retrouver dans le rouge à la fin du mois, expliqua-t-il avec une mine légèrement soucieuse, mais ça va, on gère ça pas trop mal pour le moment, concéda-t-il.

C'était vrai. Irving stressait beaucoup mais au final ils n'avaient pas été une seule fois à découvert ! Ils n'arrivaient pas encore à mettre de l'argent de côté mais c'était un début.
Positivons! songea-t-il avant d'enchainer de nouveau sur Juliet.

"Et Ju' cherche dans quoi du coup ? Poursuiveuse ? Elle a des pistes pour un club ?"


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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Ouais, poursuiveuse !", répondit Jeremy avec un brin de fierté, comme toujours lorsque l'on évoquait la carrière de Juliet. Elle avait été trop courte pour l'immense talent de son épouse, alors il espérait de tout coeur la voir retrouver le chemin des terrains. Lui-même avait beaucoup aimé la suivre de match en match et d'entraînements en entraînements. Mais, même si elle reprenait, il savait qu'il n'aurait plus le loisir de le faire : il fallait s'occuper de Gaby.

"Pour les pistes, pas encore, du moins il y a eu quelques discussions avec un ou deux clubs mais c'était juste une première prise de contacts."

Même si Juliet avait eu un très bon début de carrière, c'était un milieu très concurrentiel que seuls quelques élus parvenaient à intégrer. S'interrompre si jeune pour mener une grossesse n'envoyait pas un très bon signal vis-à-vis des recruteurs, aussi devait-elle rassurer quant à sa volonté de s'investir pleinement dans sa future équipe. Mais à Juliet, rien d'impossible, et Jeremy ne se faisait pas trop d'inquiétudes pour elle : si elle le voulait, elle retrouverait une équipe.

"C'est vrai que ça nous ferait du bien, financièrement...", ajouta-t-il avec un soupir. "En soit, on parvient à s'en sortir grâce à l'aide de nos deux familles mais j'aimerais bien qu'on arrive à être complètement indépendants. Et ça, c'est pas avec ma petite paie de Poudlard qu'on va y arriver."

Promenant son regard sur la pièce dans laquelle ils se trouvaient, Jeremy interrogea Irving à son tour :

"C'est bien si vous arrivez à vous en sortir avec Nora. Ça ne doit pas être simple tous les jours de mener ça, vous avez eu du courage de vous lancer là-dedans", assura-t-il avec un ton admiratif. "Comment vous avez eu l'idée de faire ça, d'ailleurs, tous les deux ?"

Jeremy avait été un peu surpris d'apprendre ce projet de leurs deux amis. Depuis qu'il connaissait Irving, il ne l'avait jamais entendu parler de sa volonté de tenir une auberge, et encore moins en pleine campagne. Pourtant, la vie au bon air avait l'air de lui réussir.



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Irving acquiesça aux propos de Jérémy. Il comprenait sans mal  le désir d’indépendance et d’autonomie de son ami. L’ancien gryffondor s’était refusé à recevoir une quelconque aide financière de ses proches pour le lancement de l’Auberge : Ses sœurs avaient des enfants à charge ou encore la maison familiale à entretenir et il aurait été de mauvais ton de leur demander quelques galions pour lancer son affaire. Quant à sa mère, elle vivait modestement en France. Sans être dans le besoin,  elle devait faire attention à son budget, comme la plupart des sorciers de classe moyenne.

Nora non plus n’avait pas sollicité ses parents. Sa petite amie s’était quelque peu éloignée d’eux et d’Amely depuis près d’un an. Irving savait très bien, au fond de lui, ce qui avait provoqué cette coupure dans la famille Weaver mais il en parlait rarement avec Nora pour ne pas l’attrister davantage…

Heureusement, Jill qui leur avait confié la lourde tache de remettre l’Auberge sur pieds,  leur avait aussi octroyé un petit pécule de départ auquel s’était ajouté le prêt de la March Bank.

L’attentat avait certes retardé la procédure de financement et les séquelles physique d’Irving avaient  également ralenti les travaux dans l’Auberge engendrant un manque à gagner certain, mais le couple parvenait à se maintenir à flot avec une gestion rigoureuse de leur capital. La peur de se retrouver sur la paille et l’impuissance face à ces événements n’avaient pas aidé Irving à se sentir particulièrement serein ces derniers mois mais il faisait des efforts pour se montrer le plus positif possible. Il avait conçu une petite serre magique afin d’être plus autonome en fruits et légumes et il comptait bien intégrer dans sa ménagerie quelques lapins qu’il pourrait cuisiner en civets…

Bon, encore fallait-il arriver à convaincre Nora de manger ces adorables boules de poils… La connaissant, cela risquait d’être compliqué !

Irving reporta son attention sur Jérémy qui saluait, d’un ton presque admiratif,  leur courage de s’être lancé dans une telle entreprise. Il lui demanda d’ailleurs comment ils en étaient venus à devenir aubergiste.

« Besoin d'changement, de changer d’air. » répondit Irving en s’appuyant contre la table.

Après le meurtre de Dalhiatus, Irving avait même songé à s’exiler à l’étranger. Ouvrir une auberge en pleine nature était une solution moins radicale, certes,  mais ce n’était résolument pas une réponse qu’il pouvait apporter à son camarade.

« J’ai passé une grande partie d’ma vie à la Cité Nimbus tu sais, commença-t-il d’ un ton tendre. Le ton qu’il employait systématiquement en se remémorant ses souvenirs d’enfance à la Cité, et honnêtement, j’étais heureux d’y vivre de nouveau après mon voyage en France mais… j’sais pas… Le changement d’ nom, les travaux de réhabilitation du régime, tout ça…Ça devenait un peu différent de vivre là-bas. J’avais l’impression que quelqu’un dénaturait tout c’ que j’aimais dans cette ville, expliqua-t-il en haussant les épaules, alors quand l’occasion s’est présentée d'ouvrir l’Auberge, j’ai pas hésité une seconde. C’était l’opportunité d’prendre un nouveau départ.  Et comme j’tenais pas plus que ça à mon job au département des transports magiques on s’est lancé… »

Il se tut et avala une nouvelle gorgée de café chaud.

« Tout n’est pas toujours facile ici et on galère quand même un peu, admit-il pour nuancer le tableau, mais on s’accroche. »

Il esquissa un sourire et demanda :

« Et vous alors, vous vous plaisez à Cosmos ? » souffla-t-il en plissant légèrement le nez.


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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy esquissa un sourire attendri lorsque son ami évoqua la ville de son enfance. Il pouvait ressentir tout l'attachement d'Irving à cet endroit, dans lequel il avait grandi, mais aussi sa déception de voir ce que le gouvernement, en l'espace de quelques années seulement, en avait fait. Après le scandale Chaudrillon, la nationalisation de l'usine et la construction des nouveaux quartiers, Nimbus avait changé, et pas seulement de nom. Né et élevé en banlieue londonienne, dans un petit pavillon avec jardin, Jeremy trouvait son compte dans les nouveaux quartiers mais il pouvait comprendre qu'Irving regrette son ancienne ville qui, il est vrai, perdait de son âme...

"Ouais, je comprends", commenta-t-il en balayant la pièce du regard. "C'est clair que je te vois bien mieux ici qu'au département des transports. Et puis franchement, qui aurait envie d'être rattaché au Ministère en ce moment... Bon, c'est sûr que c'est du boulot mais c'est un investissement dans le temps, je suis sûr que vous allez être super bien avec Nora ici."

C'était clairement un endroit plus sain pour élever des enfants que Cosmos, mais il ne savait pas vraiment si c'était dans le projet de ses amis. Lui, en tout cas, ambitionnait un jour d'emmener Juliet et Gabrielle dans un endroit plus calme, avec plus d'espace, dans une maison rien qu'à eux avec de la nature. Il semblait qu'aucune ville n'était épargnée par les tragédies et les frasques de la milice, alors autant s'éloigner de tout ça... Un jour, quand ils en auraient les moyens, et si son épouse partageait ce projet.

"Ouais, Cosmos...", répondit-il en fronçant le nez. "Pour être honnête, on est venus là parce qu'on n'avait pas tellement le choix quand Gaby est née, on nous proposait des logements sociaux neufs avec des loyers tout à fait raisonnable donc voilà, et puis c'est vrai qu'ils sont bien ces apparts', fonctionnels. Il y a pas mal d'autres familles comme nous. Mais bon, clairement, on n'a pas l'intention de s'éterniser toute notre vie ici. Comme tu l'dis, ces nouveaux quartiers dénaturent la ville et puis..."

Il s'interrompit pour boire une gorgée de chocolat, tout en cherchant comment exprimer ce qu'il ressentait.

"J'ai l'impression d'être aux mains du régime, ici, j'sais pas, c'est con, mais le fait de vivre là-bas, c'est comme si je cautionnais, comme si je collaborais."

Pourtant, ils allaient aux réunions du Lexit, ils suivaient ce qui se passait, et aidaient le réseau de Nimbus lorsqu'ils le pouvaient, mais cela ne suffisait pas tout-à-fait à faire disparaître ce sentiment. Son regard grave croisa celui d'Irving.

"En plus, je ne m'y sens jamais vraiment tranquille. Tout le monde est très gentil, dans le voisinage, bien propre sur lui, mais on se demande toujours qui nous observe... J'sais pas. Je suis sûrement parano, mais avec toutes ces rondes de la police magique pour nous "protéger", parfois, on a l'impression d'être surveillé."
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Irving écouta les propos de son ami avec attention. Il pouvait comprendre le fait que Jeremy se sente tiraillé entre ses convictions politiques et la nécessité élémentaire d’offrir un cadre de vie confortable à sa famille. Ils partageaient sensiblement le même point de vue concernant le pouvoir en place et Irving percevait toute l’ironie de la situation : Jeremy habitait dans la vitrine du régime en matière de logements sociaux tout en distribuant des journaux clandestins dénonçant  les réformes de Marchebank dont il bénéficiait….

« Vois le bon côté des choses, c’est surement la meilleure couverture que tu puisses avoir. » souffla-t-il en posant sa tasse de café sur l’établi.

Les miliciens tendaient à oublier que les réseaux résistants se tissaient parfois juste sous leur nez. Nimbus en était la plus belle illustration tant le LEXIT y était bien implanté. La cité ouvrière avait su faire profil bas à temps et ainsi échapper aux mesures draconiennes prisent à Bristol mais la rébellion grondait toujours dans les caves parées de briques rouges. Les Nimbusiens n’avaient pas dit leur dernier mot et Irving se maintenait informé, par le biais de Tara, des actions menées par le réseau de la Cité ouvrière.

Jeremy participait également à ces différentes missions mais  il  semblait plongé dans un réel inconfort.

« Il y a toujours eu cette  «  mentalité village » à Nimbus. Tu sais, le truc où chacun épie un peu  son voisin pour voir quant il plante ses tomates, si elles poussent plus vite et si la récolte est meilleure, expliqua Irving avec un léger sourire. Pour avoir passé toute son enfance dans les rues de la Cité, il était bien placé pour savoir. Avant les aménagements apportés récemment par Marchebank, Nimbus était une petite communauté où tout le monde se connaissait. Cela comportait son lot d’avantages …et d’inconvénients. Si l’entraide était légion certains voisins s’avéraient parfois un peu trop curieux, voir intrusifs. Aujourd’hui, il n’était plus question d’observer des tomates arrivées à maturation mais de considérations nettement plus lourdes en conséquence. ...

« J’ me souviens que pendant la guerre ma mère fermait toujours toutes les fenêtres de la maison dès que mon père se mettait à parler politique. Il suffisait qu’il commence sa phrase par « Pius Thicknesse… » pour qu’elle change de couleurs et qu’elle s’active…»

Il revoyait Vivianne jeter des sorts à répétition pour insonoriser le pavillon en gratifiant Bradley de son regard le plus courroucé.


« Mais j’vois ce que tu veux dire, reprit Irving après s’être perdu quelques instants dans ses souvenirs nostalgiques,  J’avais un peu cette même sensation avant de quitter Nimbus l’été dernier. Tout le monde savait que je faisais un peu de musique avec Juliana McNeil et que j’étais ami avec Klemens Dabroski .Autant écrire « résistant » sur mon front. Les regards sur moi se faisaient un peu plus insistants. J’ai préféré prendre mes distances avec tout ça -la Milice et le voisinage- et franchement, j' regrette pas. »

Irving s’approcha de la porte pour observer la lande déserte recouverte de son manteau blanc.

« Ici, c’est dur pour tout un tas de raisons, mais je m’y sens bien. C’est peut-être illusoire de ma part mais j’ai l’impression d’être protégé et puis, l’ambiance est  nettement moins anxiogène qu’en ville. Je n’ai croisé aucun milicien sur les chemins de randonnée et les plus proches voisins sont à plusieurs kilomètres… »

Après le meurtre de Dalhiatus, Irving avait eu besoin de s’éloigner un peu de la civilisation pour mieux se retrouver.

Il laissa passer un moment de silence, ses yeux toujours braqués sur la campagne environnante, et se tourna finalement vers son ami pour lui avouer :

« Je deviens clairement ours et c’est de plus en plus difficile de me faire bouger d’ici. »

Il esquissa un sourire coupable et haussa brièvement les épaules. Les zones urbanisées et fortement fréquentées étaient rattachées dans son esprit à des souvenirs négatifs : Que ce soit le récent effondrement de la Marchebank à Leopoldgrad ou encore le mouvement de foule qui avait tué Danny sur le Chemin de Traverse, la ville était synonyme de danger et de grand malheur. A Mallowsweet, au moins,  il était tranquille.

«Franchement, je sais pas comment tu fais : Aller étudier tous les jours à Bristol, se plier aux contrôles de sécurité dans un sens puis dans l’autre, passer sa journée entière sous ce dôme ultra surveillé, être confronter quotidiennement aux miliciens et, quant tu rentres enfin le soir chez toi, tu te sens encore épié. Pris au piège dans ce système… » Irving frissonna à cette idée « Faut que vous vous trouviez une petite ferme à retaper avec Juliet :Laissez-moi finir les travaux ici d’abord et, promis, après  j’vous aide ! »


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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy laissa échapper un rire bruyant quand Irving mentionna les voisins qui s'épiaient au sujet de la pousse de leurs tomates. Merlin, ce qu'il ne donnerait pas pour revenir à une époque paisible, où c'était le plus important de leurs soucis ! Bien sûr, cela paraissait absurde, de telles mesquineries dans l'époque qu'ils connaissaient, mais cela semblait enviable en comparaison de ce qu'ils connaissaient aujourd'hui : les voisins qui s'épiaient pouvaient se dénoncer les uns les autres, et conduire à des tragédies, comme pendant la guerre... Guerre qu'évoqua d'ailleurs son ami, mentionnant le comportement de sa mère à l'époque, dont la méfiance n'était pas sans rappeler celle dont Jeremy et Juliet faisaient preuve à ce jour. Pour assurer la protection de leur fille, ils étaient prêts à prendre mille précautions s'il le fallait.

"Je la comprends, je fais pareil avec Marchebank ou le Lexit", révéla-t-il avec un haussement d'épaules mal à l'aise. Dans ce pays, on n'était jamais trop prudent, et pourtant ce n'était pas sa nature première, lui qui aimait vivre dans la spontanéité et l'insouciance.

Jeremy masqua difficilement une grimace lorsqu'Irving mentionna Juliana McNeil et Klemens Dabroski. C'était certainement le plus dur qu'ils aient eu à vivre depuis le début de la dictature : voir des personnes qu'ils avaient connu se faire étiqueter de terroristes et perdre la vie. Jeremy, qui avait joué un temps au Quidditch à Poudlard avec Juliana McNeil, n'était pas particulièrement proche de la jeune femme mais cela lui avait quand même fait tout drôle - elle était si jeune ! - alors il n'imaginait pas ce qu'Irving avait dû ressentir en apprenant sa mort. C'était d'ailleurs la première fois que son ami évoquait le sujet, et il eut envie de l'interroger plus avant, mais n'osa pas et se retint en voyant Irving qui contemplait la lande.

Plus que de le pousser aux confidences, il préféra rebondir avec humour sur sa remarque selon laquelle il commençait à devenir plus ours :

"C'est vrai, j'osais pas te l'dire mais j'ai comme l'impression que t'es devenu plus poilu, nan ? Non mais je comprends, il faut dire que c'est tellement paisible ici..."

Tellement paisible qu'il devait être aisé de se fondre dans cette existence solitaire et d'oublier toutes les absurdités qui se déroulaient à la capitale et dans les grandes villes. S'il avait été seul, peut-être que Jeremy aurait pris la même décision, adoptant sa forme animagus plus que de raison et parcourant la campagne. Mais il n'était pas seul, et c'était bien cela qui justifiait son choix.

Un sourire accueillit la proposition d'Irving de les aider, Juliet et lui, à retaper une maison de campagne.

"Pourquoi pas, un jour", répondit-il avec gratitude, "c'est vrai que ça nous ferait du bien de nous éloigner de tout ça. Mais peut-être pas dans un coin aussi éloigné que celui-là..."

Son regard se perdit un instant par la fenêtre, alors qu'il réfléchissait à sa vie future.

"Tu sais, moi, j'ai toujours vécu à la ville. Avant c'était Londres, et Cosmos c'est déjà un peu plus un village pour moi. En soit, j'aime ça, j'aime l'animation, l'esprit de quartier, rencontrer du monde dès que je mets le nez dehors, avoir plein d'activité autour de moi. J'aime me sentir connecté au monde, en faire partie et pouvoir agir sur mon environnement... Et c'est aussi pour ça que je reste, à Bristol, à Nimbus. Je veux continuer de vivre ma vie, comme elle aurait été sans cette dictature, tout en résistant le plus possible pour retrouver cette liberté. J'sais pas, Irving, j'imagine que je ne veux pas lâcher la moindre once de terrain, de liberté. Me replier, vivre isolé, c'est pas moi, c'est pas ce que je veux et j'aurais l'impression de céder. J'dis pas que c'est ce que vous faites avec Nora, hein, c'est très personnel, mais je me dis que de toute façon, ma fille, elle devra bien s'y confronter à tout ça. Elle grandira dans ce monde, elle ira à Poudlard, elle sera partie intégrante de cette société et moi, j'peux pas la garder, préservée dans une bulle alors... J'ai pas l'choix. Ou alors, pour lui offrir un avenir, faudrait carrément partir à l'étranger, mais..."

Il haussa les épaules sans achever sa phrase. S'expatrier aurait aussi le goût amer de l'abandon.

"Nan, j'vois pas d'autre solution pour Juliet et moi que de lutter de l'intérieur. Et je me dis que si on est nombreux à le faire alors... on a une petite chance."
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Jeremy ne semblait pas vraiment séduit à l’idée de venir vivre dans la campagne profonde. Aux yeux d’ Irving, sa cité natale était une grande ville, comparée au hameau de Mallowsweet, mais pour celui qui avait passé toute son enfance dans une mégapole internationale comme Londres, l’ancienne Nimbus était, tout au plus, un gros village ! Du point de vue de Jeremy, Cosmos était déjà une mise au vert !
L’ancien gardien des Gryffondor estimait que son isolement était suffisant et il ne se voyait pas épouser le même mode de vie que Nora et Irving, perdus au milieu de la lande dans leur auberge. L’apprenti enseignant voulait rester connecté au monde, comme il disait, mais Irving n’avait pas l’impression d’en être coupé pour autant. Il s’était juste recentré sur l’essentiel. Cette retraite à Mallowsweet lui avait permis de se reconstruire après l’horrible disparition de Dalhiatus et il voulait bien admettre que sa vie, et ses choix, auraient surement été différents si cet événement n’avait jamais eu lieu.

Le jeune homme chassa l’image de Jacob Dalhiatus de son esprit et se concentra sur les propos de son ami qui expliquait vouloir  confronter sa fille au monde extérieur. Irving comprenait la démarche de Jeremy, vraiment, mais  il ne pouvait pas l’appliquer à lui-même. Il avait eu besoin de sa bulle de protection pour mieux vivre les événements de ces derniers mois. Il estimait qu’il s’en était sorti, justement parce qu’il avait prit une certaine distance avec tout ce qui se passait dans le pays. Irving était peut-être moins fort, ou plus durement marqué que Jeremy, mais s’il pouvait préserver l’innocence et la quiétude d’enfants tel que   Finn et  Sybille il le ferait aussi longtemps qu’il le pourrait. Peut-être les enfermaient-ils dans un tableau mensonger –la douce illusion d’une vie simple et heureuse à la campagne- mais il estimait qu’ils avaient assez soufferts –et qu’ils allaient surement encore souffrir- pour bénéficier d’un peu de répit. Alors tant pis s’il participait à construire une version édulcorée de la réalité en vivant en ermite au fin fond de la cambrousse.

« Tu as raison : c’est très personnel. » répondit-il donc à son ami, sans le contredire mais sans pour autant approuver ses propos. Irving esquissa un léger sourire et reposa sa tasse sur la table. Ils avaient une vision différente de la situation mais ils partageaient toutefois la même foi en leur concitoyens qui luttaient de l’intérieur.
N’étaient-ils pas, tous les quatre, engagés dans le Lexit ?
Irving ne savait pas quels rôles jouaient Juliet et Jeremy dans l’organisation –et il ne voulait pas le savoir d’ailleurs- mais il constatait qu’ils n’étaient pas les seuls, de leur génération, à avoir adhéré à un mouvement de résistance : Lauren, Samantha, Juliana, ….Peut-être parviendraient-il à tenir en échec la politique de Marchebank .

A moins qu’ils ne finissent tous comme Klemens ou Aaron.

« J’espère que tu as raison…même si j'trouve ça compliqué de rester mobilisé sur la durée, il y a une an et demi, Irving était le premier à assister aux réunions syndicales publiques pour défendre ses droits, enfin, disons plutôt qu'la mobilisation est différente, tempéra-t-il en songeant à Finn et Sybille qu’il hébergeait secrètement à la demande du Lexit, le souci, c’est qu'le gouvernement est fichtrement bien organisé et implanté. Marchebank avance ses pions comme un bulldozer, quant nous, on peine encore à s'remettre des répercutions de l’attentat. On a rien fait de significatif depuis des mois. Je sais qu'la résistance doit pouvoir œuvée sans faire de coup d’éclats, dans l’ombre, mais j’ai l’impression que les personnes hésitent plus à s’engager depuis qu'le réseau a l’air mourant ou gangréné…  Il faudrait un acte fort pour redonner confiance à ceux qui hésitent encore à nous rejoindre…» souffla-t-il sans vraiment savoir quoi faire « On a abandonné l'terrain d'la communication à Marchebank, et si tu veux mon avis, c’est une erreur. »


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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy ponctua d'un hochement de tête la conclusion d'Irving. Oui, tous ces choix étaient très personnels et aucun n'allait de soi, en ce qui le concernait. L'époque, pas si lointaine, où il avançait dans la vie en jeune homme insouciant et sûr de lui était définitivement révolue.

Posant le menton dans ses mains, il écouta son ami avec attention alors qu'il évoquait les évolutions que connaissait sa mobilisation dans la résistance. C'était un sujet qu'ils évoquaient étonnamment peu lorsqu'ils se voyaient, leur implication dans le Lexit, car parler de la résistance avec quelqu'un revenait toujours à se mouvoir sur des sables mouvants. Le secret présidait au fonctionnement de cette organisation, et de lui dépendrait leur succès, ils en avaient tous hautement conscience. De plus, il était agréable de profiter des trop rares moments passés en compagnie de leurs amis pour se changer les idées. Pourtant, Jeremy était curieux de connaître le ressenti d'Irving car lui-même n'était pas certain de la conduite à adopter avec le Lexit.

"C'est vrai, c'est compliqué, ça dépend beaucoup des aléas de la vie aussi", souffla-t-il en se remémorant sa propre expérience. Investi par moments, il l'était beaucoup moins depuis qu'il avait pris son poste d'apprenti professeur à Poudlard. Jeremy n'avait pourtant jamais été aussi convaincu de la nécessité de résister.

Le tableau que dépeint son ami correspondait aussi à l'idée qu'il se faisait du réseau, malheureusement, car il aurait aimé qu'il en soit autrement. Poussant un profond soupir, il se redressa et s'agita sur son siège, mal à l'aise. Irving mettait des mots sur un ressenti qu'il avait tenté d'ignorer ces derniers temps, l'impression d'une certaine inertie de la résistance, incapable de réagir et de s'organiser suffisamment pour être efficace.

"Ouais... On dirait que l'attentat de Leopoldgrad a renforcé la dictature plus qu'elle ne l'a atteinte, et qu'elle a coupé la résistance en plein élan", affirma-t-il en faisant tomber sa main sur la table comme un couperet. "Le Lexit, c'est une bonne idée sur le papier mais... la question que je me pose, tu sais, au fond, c'est s'il y a vraiment quelqu'un, ou même un groupe de personnes, qui impulse vraiment tout ça. Quelqu'un avec une vision, une stratégie, une idée quoi ! Après, de notre position, on sait pas tout, on voit pas tout mais par moments, on dirait vraiment qu'il ne se passe rien du tout."

Il considéra un instant son ami du regard, pensif.

"Tu penses à quoi, quand tu parles d'un acte fort ?"

Il ne pouvait imaginer qu'Irving soit favorable à des actes aussi violents que ceux qui avaient été perpétrés à Leopoldgrad, d'ailleurs, il évoquait plutôt des moyens de communication... Mais le terrain de la communication était si habilement et totalement occupé par le régime qu'il peinait à imaginer un moyen pacifiste de toucher la population, autrement que par leurs tracts, journaux et émissions de radio clandestins. Mais Jeremy manquait d'imagination pour ces choses là, contrairement peut-être à Irving...
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« Complètement ! » approuva Irving lorsque Jérémy affirma que l’attentat avait renforcé la dictature et mi à mal la résistance.

Son ami mettait des mots justes sur son ressenti. Irving aussi estimait que le LEXIT peinait à s’organiser et qu’il y avait comme un flottement dans les rangs des combattants. Peut-être n’était-ce qu’une impression. Il se doutait bien que certaines branches - comme celle du  contre-espionnage par exemple-devaient rester discrètes sur leurs activités mais les résistants avaient aussi  besoin d’être fédérés et menés vers un but commun.

Jeremy partageait cette analyse, regrettant qu’aucune personnalité n’émerge vraiment à la tête du réseau résistant réunifié. Quoiqu’on en dise, ils avaient besoin d’un véritable leader. Qu’il s’agisse d’un seul membre ou d’un collectif. Il y avait bien Lilly Callaghan qui donnait de sa personne au QG, formant inlassablement les nouvelles recrues au combat, mais paradoxalement son statut d’ancienne chef du Kraken  jouait en sa défaveur. L’attentat perpétré par quelques membres de son groupe avait entaché durablement son image tant certains estimaient qu’elle avait manqué de clairvoyance . Elle avait beau se donner corps et âme dans sa tache, de nombreux résistants -dont Irving faisait parti, il devait l’avouer- ne lui accordaient pas pleinement leur confiance.


« Je ne sais pas…moi, souffla-t-il en passant une main dans ses boucles brunes lorsque son ami lui demanda s’il avait des idées d’actes forts pour lutter contre le régime. Irving n’était pas un leader et ne le serait jamais. Il n’avait pas particulièrement d’idées mais il savait qu’en tant que citoyen et résistant, il avait besoin de recevoir du soutien. De sentir qu’il ne faisait pas fausse route dans ses engagements et qu’il agissait bel et bien pour son pays. Il lui était arrivé d’en douter, parfois. Après le meurtre de Dalhiatus. Après l’attentat.… Se battait-t-il pour les bonnes raisons ? Etait-il assez lucide pour ne pas se laisser manipuler ou, au contraire, aveugler par une soi-disant cause juste ? Irving faisait partie des personnes qui avaient besoin d’un signe, d’une approbation, d’une confirmation de ses engagements. C’était sans doute un signe de faiblesse de sa part –la puissance de ses convictions aurait du lui suffire- mais il était persuadé qu’il n’était pas le seul dans ce cas là. Ils étaient peut-être des centaines, dans le pays, à se poser ces questions. A avoir peur de faire fausse route. La politique de Marchebank était loin de faire l’unanimité mais le pas vers la résistance organisée était difficile à franchir pour la plupart de leurs concitoyens. Le LEXIT avait besoin d’un coup de pouce : Neutre et fiable, estimait Irving.


«  J’sais pas…répéta-t-il en haussant légèrement les épaules,….tu vas p't-être me trouver stupide ou un peu utopiste mais… j’aimerai que la communauté internationale ouvre les yeux sur ce qui s’passe ici et que Marchebank soit désavoué publiquement par les autres leaders du monde magique, Il releva les yeux sur Jeremy, J’parle pas d’ingérence, bien sûr, cela ne ferait que renforcer la posture du Ministre, tempéra-t-il, mais j’voudrai, par exemple, qu’ les Nations Unis Magiques admettent qu’il ne respecte pas les droits de l’Homme. Qu’il y ait des rapports objectifs, avec des preuves,  sur la situation ici ! »

Du point vue de la Gazette et de Multiplettes, le Ministre de la Magie était le véritable sauveur de la nation. Non seulement il avait redressé le pays mais en plus il rayonnait à l’internationale de façon admirable :. N’était-il pas pressenti pour prendre la présidence de l'Union Sorcière des Etats Européens ?

« J'sais que ça ne chargerait rien à nos moyens d'lutte et qu’on s’rait toujours en galère mais je suis sûr que ça pourrait faire du bien à certains d’entre nous de se sentir soutenu et considéré.»

Irving s’appuya sur une table sans être réellement sûr de ce qu’il avançait. Jeremy n’était pas fait du même bois que lui et il n’avait sans doute pas besoin qu’un organisme extérieur approuve ses combats.

« Tu penses que le LEXIT se charge déjà d’alerter la communauté internationale ? » s’enquit-il alors.

Si c’était le cas, leur démarches n’avaient, pour le moment, pas encore porté leurs fruits.


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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy appuya son menton sur sa main en observant Irving qui réfléchissait à voix haute. Oui, il n'était pas si facile de ne pas se sentir impuissant et de trouver des idées pour lutter contre un régime aussi tentaculaire que celui-ci. Alors ils s'en remettaient à des personnes plus fortes, plus avisées qu'eux, au Lexit, mais que faire lorsque le Lexit piétinait ? Lorsque les sorciers plus âgés et plus sages ne trouvaient pas plus de solutions, étaient-ils censés rester inertes, passifs tandis que leur futur leur filait entre les doigts ? En l'absence de leader, alors on se tournait vers des modèles et des exemples du passé. L'ordre du Phénix lors de la première guerre des ténèbres, l'armée de Dumbledore lors de la seconde n'étaient composés que de jeunes adolescents, parfois de leur âge, parfois plus jeunes encore. Si eux avaient su s'opposer aux Ténèbres et prendre les armes, et obtenir la victoire, pourquoi est-ce que des jeunes comme Irving et lui ne pourraient pas le faire aujourd'hui ? Ils avaient autant de forces et de ressources. Il leur manquait peut-être l'espoir, une direction à suivre, ou de la reconnaissance, comme le laissait entendre Irving...

Pensivement, il suivait du bout du doigt les rainures dans le bois de la table, tout en réfléchissant aux paroles de son ami. L'isolement qu'ils ressentaient était peut-être accentué par le silence assourdissant de la communauté internationale, en effet.

"J'pense pas...", répondit-il avec une moue pessimiste. "Disons que c'est compliqué. Personne n'avait déjà envie de mettre le nez dans les affaires de l'Angleterre à l'époque où Mardol traînait dans le coin, alors maintenant qu'on a carrément des terroristes..."

Jeremy lisait parfois la presse internationale, que Théo pouvait facilement lui procurer grâce à son poste à la Bibliothèque magique de Londres. Courrier Intermagique recensait et traduisait de nombreux articles de presse internationale, sur des thèmes précis, mais la situation de l'Angleterre y était rarement dépeinte en un sens défavorable au ministre.

"Le Bloody Sunday puis l'attaque de novembre ont attiré beaucoup de sympathie du monde entier, je pense, et Marchebank a su attirer la compassion par son histoire personnelle et en donnant l'image d'un mec qui prend les choses en main pour protéger son peuple. En plus de ça, il a tissé des liens avec les Etats-Unis avec toutes les entreprises qui viennent s'installer à Leopoldgrad, et nous on leur exporte toutes nos baguettes Ollivander et on inonde le marché mondial de nos balais Cosmos."

Il esquissa une moue de dégoût, puis ajouta : "A mon avis, la Confédération internationale des mages et sorciers ne lèvera pas le petit doigt. Elle a été présidée par Dumbledore pendant des années donc l'Angleterre y a du poids, et depuis qu'il est mort, c'est cette grande mage américaine, là, j'ai oublié son nom... et à l'Europe, laisse tomber, Marchebank a déjà placé tous ses pions ! Alors ouais, OK, les dirigeants étrangers déplorent l'état de Bristol par exemple mais ça dépasse jamais le stade des déclarations floues... Nan, franchement, faut rien attendre des Etats. Ils se sont pas bougés pour Voldemort après tout, alors..."

Si le phénomène de mondialisation qui touchait le monde moldu impactait également le monde sorcier, ce dernier restait tout de même plus traditionnel et plus fermé, par tradition, par sa plus petite taille qui limitait aussi les besoins d'échanges. Les organisations magiques internationales existaient depuis longtemps mais leurs compétences étaient très restreintes, et jamais aucun Etat étranger ne s'était ingéré dans les affaires d'une nation aussi ancienne que le Royaume-Uni.

"Nan, par contre, peut-être que l'opinion à l'international pourrait faire bouger l'opinion ici...", ajouta-t-il en réfléchissant tout haut. "L'opinion des vrais gens, j'veux dire, du grand public. J'ai rencontré un mec au Lexit qui travaille avec Médicomages sans Frontières, et Amnesty Magic International. Paraît qu'ils bossent sur un état des lieux des violations des droits de l'homme en Europe, j'suis prêt à te parier tout ce que tu veux qu'on finira en tête du classement. Les associations, c'est p'tet ça qu'il faut viser, les assos et la presse étrangère. Et puis ouais, il nous faudrait un leader, quelqu'un qui en impose, qui puisse dénoncer Marchebank et être pris au sérieux, apprécié... Dumbledore, lui, il était connu dans le monde entier."

Redressant la tête, il croisa le regard pensif de son ami.

"Il nous faudrait un héros de guerre, peut-être. Harry Potter, Neville Londubat, quelqu'un comme ça."

Puis il ajouta, avec une pointe d'humour noir : "Ou un martyr. Quelqu'un qui se fasse tuer de façon très très injuste, devant le monde entier, pour bien leur montrer."
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Irving écouta avec attention les propos de Jeremy. Son ami était plus informé que lui –et plus brillant-  si bien que l’aubergiste accordait toujours beaucoup d’importance à ce que son ami pouvait dire. D’après lui, il ne fallait rien attendre des Etats :  La communauté internationale ne s’était pas particulièrement investie, ces dernières années, pour aider l’Angleterre à combattre Voldemort ou Mardol… Alors pourquoi bougerait-elle le moindre petit doigt pour faire tomber Léopold Marchebank –Le messie qui avait relevé le pays économiquement et –soit disant- socialement.

Irving poussa un soupir empreint de lassitude. Jeremy avait raison : Marchebank jouissait d’une belle cote de popularité à l’étranger, aucun pays ne comptait s’opposer à lui. D’après son ami, il valait mieux tabler du côté des associations caritatives pour réveiller l’opinion public internationale…

« Peut-être, mais t'oublies qui est le dirigeant d'Médicomages sans Frontières, Il jeta un regard fataliste en direction de Jeremy, Douglas Kane. Le mari d'notre actuelle directrice du Département de la Santé Magique. »

Tout le pays était gangréné et la résistance ne devait  rien attendre des institutions légales. Le LEXIT ne pouvait compter que sur lui-même, sur son modeste réseau clandestin, pour sortir le Royaume-Uni du régime totalitaire dans lequel il était plongé.  La situation semblait inextricable et l’immobilisme apparent de la résistance les agaçait autant l’un que l’autre. Comme le soulignait Jeremy, il leur fallait un leader charismatique qui puisse mobiliser les foules, à l’instar d’un Dumbledore ou d’un Harry Potter.

« Tu travailles avec Londubat, non ? souligna Irving lorsque Jerem’ évoqua  leur ancien enseignant en botanique, Peut-être que tu pourrai lui soumettre l’idée : « Hé, mec, tu veux pas prendre la tête du LEXIT au fait ? » »

Le genre de responsabilités difficiles à assumer. Il fallait des épaules pour pouvoir assurer à ce poste : Une vision, le courage de ses convictions et un leadership naturel, aussi. Tant de qualités pour un seul individu.

Peu adepte de l’humour noir, Irving grimaça légèrement à la blague de Jeremy. « Je passe mon tour pour le rôle du martyr, Merci bien, souffla-t-il en frissonnant presque,…et pour celui de leader aussi, ajouta-t-il en esquissant un léger sourire tout à fait conscient qu’il ne correspondait en rien au profil souhaité. Par contre, il y en avait un, dans cette pièce, qui semblait coller davantage au portrait du chef de file.

« Et toi alors ?, s’enquit Irving en détaillant son ami comme pour l’évaluer du regard, ça te dirait pas d'prendre plus de responsabilités au sein du LEXIT ? –Pas devenir martyr, hein, plaisanta-t-il, mais j'te verrai bien diriger une branche de l’organisation : Tu analyses les situations, t'es posé, réfléchi. Tu sais fédérer un groupe - j'suis sûr que tes coéquipiers de Quidditch seraient d’accord avec moi sur ce point- et en plus tu es un excellent mage. »

Irving laissa passer un bref silence.

«  Et t'es aussi père de famille, ok, je sais mais… si tu choisissais d’embrasser un rôle de meneur , moi j'te suis. Direct   Et j'dis pas ça parce que tu m’as promis d’m’aider à installer cette barrière ! » ajouta-t-il en désignant d’un geste de la main le tas de poteaux et le grillage pour la clôture encore enroulé sur lui-même dans un coin de la pièce.


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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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L'évocation de Douglas Kane fit grimacer Jeremy avec dégoût. La corruption était un terrible fléau, qui gangrénait les institutions jusqu'au plus haut niveau, et il était prêt à parier qu'elle atteignait des sommets depuis l'élection de Marchebank.

"Ah, j'avoue, trop bonne idée ! Après, c'est un mec calme, Londubat. Il est là avec ses plantes, ses élèves et il est heureux... Mais qui sait, ça vaut le coup d'essayer. Après tout c'était un sacré héros à dix-sept ans alors..."

Jeremy sourit quand Irving affirma qu'il passait son tour en tant que leader. Il ne serait de toute façon pas venu à l'esprit de Jeremy de le lui proposer : non pas que son ami n'ait pas des qualités de rassembleur, mais surtout parce qu'il était visiblement plus en recherche de solitude que d'exposition. L'on ne venait pas s'installer dans un coin tel que Mallowsweet pour mener une révolution. Pourtant, l'endroit était suffisamment isolé et innocent d'apparence pour constituer un bon QG, songea-t-il en promenant son regard sur l'auberge.

Tout à ses pensées, il sursauta légèrement quand Irving le mentionna, avant d'écarquiller ses yeux à mesure qu'il avançait ses arguments.

"Moi ?", souffla-t-il d'un air éberlué. Il s'apprêtait à parler de Gabrielle quand son interlocuteur le devança en soulignant son rôle de père de famille. Avait-on vu de jeunes parents prendre de l'importance dans des mouvements de résistance ? Les Potter, les Londubat pendant la première guerre, lui souffla sa petite voix intérieure. Se maudissant d'avoir si bien écouté en Histoire de la Magie, il se dit qu'il aspirait tout de même à plus heureuse destinée que ces deux couples légendaires du monde magique. Mieux valait être les Baker, heureux anonymes, grands-parents et morts de vieillesse à 90 ans, que les Baker, héros de guerre laissant derrière eux une orpheline...

Oui, mais comment vivre heureux jusqu'à 90 ans, dans un tel contexte ? Mal à l'aise, Jeremy s'agita sur sa chaise, fronçant les sourcils quand Irving affirma qu'il serait prêt à le suivre. Aussi flatteur que ce soit, il avait du mal à le prendre vraiment au sérieux :

"Mais, Irving, y'a tellement de sorciers plus talentueux, avec plus d'expérience et de bouteille que moi, au Lexit ! J'veux dire, j'suis qu'un gamin", dit-il en se massant la nuque, non sans jeter un coup d'oeil amusé aux barrières que lui désignait Irving. A ce rythme là, cette clôture serait achevée en 2018.

"Je ne dis pas que l'idée de m'impliquer d'avantage ne me titille pas, au contraire", reprit-il plus posément, "et c'est vrai que je me sens à l'aise dans des rôles de meneur mais... j'suis pas certain d'être très légitime. J'ai l'impression que j'ai mille ans de retard sur cette guerre, à force de passer mon temps entre ma vie de famille et mon boulot et puis, soyons honnête, qui suivrait un jeune de vingt ans, à part d'autres jeunes de vingt ans ?"

Son sourire s'effaça légèrement alors que les contre-exemples se multipliaient dans sa tête. Harry Potter. Juliana McNeil. Lilly Callaghan. Par des temps désespérés, les gens étaient prêts à suivre n'importe qui pourrait leur donner un tant soit peu d'espoir. La question, c'était de savoir à quel point leur époque était désespérée...

"Enfin, j'sais pas. J'imagine que je peux commencer par m'investir d'avantage. J'crois que je vais investir dans un Retourneur de temps", plaisanta-t-il. "Bon alors... on la monte, cette clôture ?"
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« Et Harry Potter, c’était pas un gamin ? » objecta Irving lorsque Jeremy lui opposa l’argument de la jeunesse, à notre âge, il était déjà héros de guerre. »

Certes, Jeremy n’était pas « l’élu » mais Irving était sûr que son ami  n’avait pas pleinement conscience de son leadership et de sa capacité à fédérer. Après il pouvait comprendre ses réticences. L’animagui avait suivit la Salamandre de loin, au début, tant il avait à faire avec ses projets professionnels et sa vie de famille, et il ne se sentait pas assez légitime pour obtenir un poste à responsabilité au sein de l’organisation résistante réunifiée.

« Ce que j’en pense, c’est que les leaders s’essoufflent vite. Qu’ils le veuillent ou non. Un peu de sang neuf et d’idées fraiches ne feraient pas de mal… » lâcha l’ancien Gryffondor en reposant sa tasse vide sur la table. Il ne voulait pas insister davantage de peur de braquer son ami mais cela ne l’empêchait pas de tenter une petite « inception ».

Jeremy ne serait peut-être pas le nouveau  chef du LEXIT mais Irving sentait qu’il n’était pas complètement opposé  à l’idée de s’impliquer davantage dans la résistance. Mieux valait commencer par ça, effectivement, et monter les échelons un à un. Prendre le temps de réfléchir à cette éventualité… Ce qu’il semblait déjà faire d’ailleurs ! L’aubergiste esquissa un sourire lorsque son camarade affirma qu’il allait devoir investir dans un retourneur de temps s’il continuait à charger autant ses journées.

« Parce que c’est pas déjà fait ? s’étonna-t-il, Moi qui croyait que tu arrivais à abattre tout ce boulot grâce à ça ! » plaisanta Irving en se redressant légèrement pour rejoindre la clôture qui attendait d’être montée « J’étais persuadé qu’il y avait une autre version de toi en train de changer les couches de Gabrielle à cet instant. » ricana-t-il.
Il fit léviter le tas de piquet dans les airs, signe que le temps de la conversation était définitivement terminé et gratifia Jeremy d’un large sourire qui voulait tout dire :
Allez ! C’est parti ! Au boulot !

RP Terminé


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Faire la paire [Jeremy & Irving]

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