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 Faire la paire [Jeremy & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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2 février 2010, Mallowsweet.

D'un coup de baguette, Irving ordonna en tas les piquets qu'il avait commandés pour le nouvel enclos de la ménagerie. Il souhaitait non seulement agrandir la clôture existante mais aussi la renforcer. En effet, il avait découvert avec horreur un licheur planqué au milieu de la première portée de leur petite truie, Moony. Irving avait chassé l'intrus à grands coups de sortilèges mais Nora lui avait expliqué que le démon ne s'avouerait pas vaincu  et qu'il reviendrait très certainement se réchauffer dans leur étable.
Ils avaient donc investi -encore- pour protéger au mieux leurs animaux et Irving était sur le point d'installer le nouveau parc. Il attendait juste que Jeremy arrive pour l'aider. Ils avaient initialement prévu de faire ça ensemble, avec Nora, mais des clients avaient réservés une chambre pour tout le week-end à la dernière minute, contraignant Irving à faire appel à son ami pendant que Nora s'occupait de la clientèle.
Pourtant Irving n'aimait pas trop déranger Jeremy pour des broutilles. Comme lui, l'animagui avait un quotidien bien rempli. En effet, Il avait fort à faire entre ses études, ses cours à Poudlard et sa vie de famille si bien que l'ancien Gryffondor essayait de ne pas trop le solliciter.
Pour se faire pardonner de le déranger si tôt un samedi matin (quoique, avec Gabrielle Jeremy devait surement être particulièrement matinal  tous les jours de la semaine, week-end compris) Irving avait préparé un petit déjeuner français -croissants chaud et café-qui les attendaient dans un coin de l'étable.
Il sortit donc  sur le perron de l'abri pour guetter l'arrivée de son ancien camarade de maison sur les collines alentours recouvertes d'une couche de neige d'un blanc immaculé. Une petite silhouette se matérialisa subitement à l'extrémité du terrain. L'ancien Gryffondor esquissa un sourire avant de siffler bruyamment pour attirer l'attention de Jeremy puis il partit à sa rencontre, s'enfonçant jusqu'aux genoux dans la neige fraiche à chaque pas.

"Salut mon vieux !
dit-il en gratifiant son camarade d'une franche accolade rendue difficile à cause de sa tenue de bucheron multi-couches. Pas trop difficile de se lever ce matin ?" demanda-t-il en grattant son front juste au niveau du bonnet, là où la laine le chatouillait tout le temps.


Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Transplaner de bon matin était une activité beaucoup trop violente, songea Jeremy en vacillant sur ses pieds. Il avait atterri les deux jambes dans la neige jusqu'aux genoux, l'estomac retourné par le transplanage et le regard dans le vague. Ses yeux étaient encore envahis par le sommeil. Gabrielle n'avait pas dormi de la nuit, et il n'avait pu dormir que par de petites tranches, si bien qu'il avait balancé son réveil contre le mur quand il avait sonné. Il lui avait fallut plusieurs interventions de Juliet pour qu'il accepte de sortir la tête de sous la couette, et c'était une tête particulièrement grognon qu'il avait montré. Enfin, il se trouvait là et c'était le plus important, pas vrai ? Irving ne prêterait pas attention à ses cernes violacés, ni à ses bâillements aux corneilles...

Le froid piquant de l'hiver eut le don de le réveiller instantanément, et il s'avança en direction de l'auberge, en remontant plus haut la fermeture éclair de son manteau. Irving avait choisi sa journée pour faire des travaux manuels, songea-t-il avec amusement. Cette étendue neigeuse lui donnait envie de prendre sa forme animagus pour se rouler dedans, mais il serait alors tout mouillé, ce qui n'était pas l'idéal pour commencer la journée. Bien vite, il entendit le sifflement d'Irving et repéra son ami qui avançait vers lui en faisant de grands gestes.

"Salut Vingounet !", le salua Jeremy en parvenant à sa hauteur. Ils échangèrent une accolade rendue maladroite par leurs épaisses couches de vêtements. "Ah, tu n'as pas idée ! Je serais bien resté au lit, pendant au moins une bonne semaine ! Mais bon je suis content d'être là, ça fait un moment qu'on ne s'est pas croisés, dis donc."

Les deux couples se voyaient dès que possible mais il fallait bien reconnaître que leurs vies respectives ne laissaient guère de temps aux brunchs du dimanche matin ou aux apéros impromptus. Les quelques soirées libres de Jeremy étaient toutes dédiées à sa petite famille, quant à Irving et Nora, ils avaient pris un travail à plein temps en montant cette auberge... Ce qui expliquait pourquoi ils avaient besoin d'un coup de main de temps en temps, que Jeremy était heureux de fournir. Cela lui changeait les idées de ses propres problèmes.

"Alors, dis moi tout, pour quel projet avais-tu besoin de mes bras musclés de sportif ?", s'enquit-il en gonflant les biceps d'un air exagérément arrogant.
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving laissa échapper un léger rire lorsque Jeremy avoua qu'il serait bien resté au lit plus longtemps. Et lui donc ! Il ne se souvenait même pas à quand remontait  sa dernière grasse matinée. Depuis Dalhiatus, il dormait d'un sommeil agité et il était généralement réveillé aux aurores. Il n'avait même plus besoin de réveil. Il fallait voir le bon côté des choses, les travaux de l'Auberge avançaient et il avait plus de temps pour gérer toute la paperasse suite à l'attentat. Et Merlin seul savait à quel point cette activité était chronophage !

"J'ai croisé Juliet et Gabrielle courant décembre, par hasard, sur l'Chemin d'Traverse, dit-il en réponse au constat de Jeremy, quant à nous....et bien... je crois qu'on ne s'est pas vu depuis fin octobre."

Il en était sûr même. Irving n'avait pas revu son ami depuis les événements de Leopoldgrad. L'ancien Gryffondor avait traversé une période assez trouble durant l'hiver dont il tentait de se remettre actuellement. Voir un peu plus ses amis et avoir une vie sociale plus épanouissante faisait partie de ses résolutions pour lutter contre son mal être. Quant il était au plus mal, Irving avait tendance à s'enfermer dans ses problèmes et à oublier tout ce qu'il y avait autour de lui, hors, fréquenter ses proches était un bon remède pour essayer de repartir du bon pied.

La remarque de Jeremy lui arracha d'ailleurs un bon rire franc et il s'empressa de  compléter la phrase du blondin "...de sportif arrogant et m'as-tu-vu ! Tu oublies le principal !" ajouta-t-il en lui tapotant le dos.

Il fit quelques pas dans la neige en direction de l'étable, comme pour entrainer son ami à sa suite et poursuivit: "J'ai un licheur qui a élu domicile dans notre petite bergerie et je voudrais clôturer le terrain de cet arbre, Il désigna de sa main gantée un chêne recouvert de neige au sommet de la colline où ils se trouvaient, jusqu'au muret du chemin là-bas. C'est pour ça que j'ai besoin de tes bras, plus si musclés que ça d'ailleurs," le railla-t-il en faisant mine d'évaluer les biceps de Jeremy à travers ses vêtements.

Bien que les activités du père de famille soient davantage cérébrales, il ne semblait pas avoir perdu sa carrure d'athlète.  De son côté, Irving s'était affuté depuis quelques mois avec le chantier de Mallowsweet et la vie à la montagne. Il arborait dorénavant une épaisse barbe et des mains calleuses qui lui rappelaient, un peu plus chaque jour, celles de son père. Un vrai trappeur !

"Mais avant d'attaquer ce vaste chantier, on va se prendre un bon café chaud, dit-il en se baissant pour pénétrer dans l'étable. Posé sur un établi dans un coin, un plat rempli de douceurs attendait Jeremy: Croissants, pain d'épice, biscuits. L'ancien Gryffondor tapa ses pieds pour chasser la neige de ses bottes et attrapa son thermos pour remplir deux tasses à ras bord "Tu devrais gouter ça, ajouta-t-il en désignant des muffins posés dans le plat, j'les ai préparé hier c'est une tuerie."

Il se retourna alors pour faire face à Jeremy, porta sa tasse à ses lèvres et demanda finalement:

"Alors, comment vont les femmes de ta vie ?"
Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Chasser un licheur et monter une clôture, voilà un programme qui n'était pas pour lui déplaire : loin de ses livres et des couches à changer pour une journée, il allait pouvoir se vider la tête au grand air, avec son ami. C'était la seconde fois que Jeremy se rendait à Mallowsweet et il ne put s'empêcher de ressentir une petite pincée d'envie en voyant le vaste domaine recouvert par la neige. Une fumée prometteuse s'échappait de la cheminée de l'auberge, refuge de tranquillité loin du monde. Pourtant, Jeremy se savait trop citadin pour apprécier une vie telle que celle-là, mais à cet instant, cela lui semblait infiniment plus enviable que son appartement social Cosmos.

"Comment ça !", s'offusqua-t-il quand Irving le taquina au sujet de sa musculature. "Je continue de faire du Quidditch figure-toi, j'ai rejoins une ligue amateur ! Bon, d'accord, le niveau n'est pas le même qu'à Poudlard... et je dois louper la moitié des entraînements. Mais quand même."

La vexation de Jeremy fut vite oubliée quand Irving mentionna un bon café chaud. Il était mal réveillé, et l'idée de s'attabler avec son ami autour d'un délicieux petit-déjeuner l'emplissait de joie. Imitant son hôte, il tapa des pieds pour se débarrasser de la neige et pénétra dans la pièce. Jeremy se débarrassa de son gros manteau en s'ébrouant et poussa un soupir de contentement en sentant la chaleur de la pièce l'envelopper.

"Ah Vingounet, mon cher ami bouclé, y'a pas à dire, t'es toujours le meilleur !", s'exclama-t-il en attrapant le thermos qu'il lui tendait. De son nez rougi par le froid, il huma l'odeur familière du café, puis il attrapa l'un des fameux muffins.

"Elles vont bien", répondit-il en mordant dans la viennoiserie avec gourmandise. "Hmm t'as raison, c'est une tuerie ton truc !"

Il ne connaissait pas de tels talents de cuisiner à Irving. En deux secondes, il engloutit le gâteau et attrapa un croissant, dans lequel il mordit à pleines dents. Chez Jeremy, l'âge glouton de l'adolescence n'était jamais vraiment passé.

"Non, ça va, Gaby est déjà une vraie chipie, et puis Ju pense à reprendre le boulot... Mais bon, c'est pas évident en ce moment, on ne se voit pas beaucoup. Et ici, avec Nora, ça va ? Elle est vraiment super, votre auberge."

Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving fut étonné de voir que son ami parvenait à concilier vie de famille, études, travail et loisirs ! Un vrai surhomme ce Jeremy ! Dire qu'Irving avait l'impression d'être complètement largué dès qu'il avait l'auberge et les répercussions de l'attentat à gérer  simultanément... Pathétique.

Le jeune homme se morigéna mentalement. Il devait arrêter d'être si dur envers lui même, lui avait conseillé Emma Winston. L'effondrement de la March'Bank avait généré un choc post-traumatique qu'Irving ne devait pas prendre à la légère et il devait intégrer ce fait plutôt que de toujours culpabiliser de tout.

"Je suis content de voir que tu arrives à trouver un moment pour te faire plaisir dans ton emploi du temps chargé, dit-il en buvant une gorgée de café, de mon côté j'aimerai bien reprendre la guitare mais c'est encore un peu compliqué...."

Il avait pris un peu de retard dans l'aménagement de l'Auberge après l'attentat mais il ne perdait pas espoir de reprendre quelques cours -et peut-être, qui sait, de trouver un groupe amateur- avant le printemps prochain. Il profita d'ailleurs du moment pour demander des nouvelles de sa Dark Boursouf préférée -à savoir Juliet- et de la petite Gabrielle à Jerem' qui ne tarda pas à lui répondre..


"Quoi ? Gaby une vraie chipie ? Je ne te crois pas une seconde, répondit Irving en croquant dans une part de tarte à la mélasse. Il se pencha légèrement en avant pour éviter que les miettes ne lui tombent dessus pour la plus grande joie de Looping qui attendait à ses pieds la gueule ouverte, ...  avec sa petite bouille d'ange ! Irving secoua la tête comme si c'était tout bonnement impossible que cette enfant soit malicieuse,  C'est bien que Juliet reprenne le boulot. Au niveau finance ce sera peut-être un peu plus confortable pour vous. Ils étaient déjà trois à vivre sur une paye d'apprenti professeur, ce ne devait pas être simple tous les jours, Je vois pour nous, il faut qu'on fasse gaffe pour bien équilibrer le budget et ne pas se retrouver dans le rouge à la fin du mois, expliqua-t-il avec une mine légèrement soucieuse, mais ça va, on gère ça pas trop mal pour le moment, concéda-t-il.

C'était vrai. Irving stressait beaucoup mais au final ils n'avaient pas été une seule fois à découvert ! Ils n'arrivaient pas encore à mettre de l'argent de côté mais c'était un début.
Positivons! songea-t-il avant d'enchainer de nouveau sur Juliet.

"Et Ju' cherche dans quoi du coup ? Poursuiveuse ? Elle a des pistes pour un club ?"


Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Ouais, poursuiveuse !", répondit Jeremy avec un brin de fierté, comme toujours lorsque l'on évoquait la carrière de Juliet. Elle avait été trop courte pour l'immense talent de son épouse, alors il espérait de tout coeur la voir retrouver le chemin des terrains. Lui-même avait beaucoup aimé la suivre de match en match et d'entraînements en entraînements. Mais, même si elle reprenait, il savait qu'il n'aurait plus le loisir de le faire : il fallait s'occuper de Gaby.

"Pour les pistes, pas encore, du moins il y a eu quelques discussions avec un ou deux clubs mais c'était juste une première prise de contacts."

Même si Juliet avait eu un très bon début de carrière, c'était un milieu très concurrentiel que seuls quelques élus parvenaient à intégrer. S'interrompre si jeune pour mener une grossesse n'envoyait pas un très bon signal vis-à-vis des recruteurs, aussi devait-elle rassurer quant à sa volonté de s'investir pleinement dans sa future équipe. Mais à Juliet, rien d'impossible, et Jeremy ne se faisait pas trop d'inquiétudes pour elle : si elle le voulait, elle retrouverait une équipe.

"C'est vrai que ça nous ferait du bien, financièrement...", ajouta-t-il avec un soupir. "En soit, on parvient à s'en sortir grâce à l'aide de nos deux familles mais j'aimerais bien qu'on arrive à être complètement indépendants. Et ça, c'est pas avec ma petite paie de Poudlard qu'on va y arriver."

Promenant son regard sur la pièce dans laquelle ils se trouvaient, Jeremy interrogea Irving à son tour :

"C'est bien si vous arrivez à vous en sortir avec Nora. Ça ne doit pas être simple tous les jours de mener ça, vous avez eu du courage de vous lancer là-dedans", assura-t-il avec un ton admiratif. "Comment vous avez eu l'idée de faire ça, d'ailleurs, tous les deux ?"

Jeremy avait été un peu surpris d'apprendre ce projet de leurs deux amis. Depuis qu'il connaissait Irving, il ne l'avait jamais entendu parler de sa volonté de tenir une auberge, et encore moins en pleine campagne. Pourtant, la vie au bon air avait l'air de lui réussir.
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving acquiesça aux propos de Jérémy. Il comprenait sans mal  le désir d’indépendance et d’autonomie de son ami. L’ancien gryffondor s’était refusé à recevoir une quelconque aide financière de ses proches pour le lancement de l’Auberge : Ses sœurs avaient des enfants à charge ou encore la maison familiale à entretenir et il aurait été de mauvais ton de leur demander quelques galions pour lancer son affaire. Quant à sa mère, elle vivait modestement en France. Sans être dans le besoin,  elle devait faire attention à son budget, comme la plupart des sorciers de classe moyenne.

Nora non plus n’avait pas sollicité ses parents. Sa petite amie s’était quelque peu éloignée d’eux et d’Amely depuis près d’un an. Irving savait très bien, au fond de lui, ce qui avait provoqué cette coupure dans la famille Weaver mais il en parlait rarement avec Nora pour ne pas l’attrister davantage…

Heureusement, Jill qui leur avait confié la lourde tache de remettre l’Auberge sur pieds,  leur avait aussi octroyé un petit pécule de départ auquel s’était ajouté le prêt de la March Bank.

L’attentat avait certes retardé la procédure de financement et les séquelles physique d’Irving avaient  également ralenti les travaux dans l’Auberge engendrant un manque à gagner certain, mais le couple parvenait à se maintenir à flot avec une gestion rigoureuse de leur capital. La peur de se retrouver sur la paille et l’impuissance face à ces événements n’avaient pas aidé Irving à se sentir particulièrement serein ces derniers mois mais il faisait des efforts pour se montrer le plus positif possible. Il avait conçu une petite serre magique afin d’être plus autonome en fruits et légumes et il comptait bien intégrer dans sa ménagerie quelques lapins qu’il pourrait cuisiner en civets…

Bon, encore fallait-il arriver à convaincre Nora de manger ces adorables boules de poils… La connaissant, cela risquait d’être compliqué !

Irving reporta son attention sur Jérémy qui saluait, d’un ton presque admiratif,  leur courage de s’être lancé dans une telle entreprise. Il lui demanda d’ailleurs comment ils en étaient venus à devenir aubergiste.

« Besoin d'changement, de changer d’air. » répondit Irving en s’appuyant contre la table.

Après le meurtre de Dalhiatus, Irving avait même songé à s’exiler à l’étranger. Ouvrir une auberge en pleine nature était une solution moins radicale, certes,  mais ce n’était résolument pas une réponse qu’il pouvait apporter à son camarade.

« J’ai passé une grande partie d’ma vie à la Cité Nimbus tu sais, commença-t-il d’ un ton tendre. Le ton qu’il employait systématiquement en se remémorant ses souvenirs d’enfance à la Cité, et honnêtement, j’étais heureux d’y vivre de nouveau après mon voyage en France mais… j’sais pas… Le changement d’ nom, les travaux de réhabilitation du régime, tout ça…Ça devenait un peu différent de vivre là-bas. J’avais l’impression que quelqu’un dénaturait tout c’ que j’aimais dans cette ville, expliqua-t-il en haussant les épaules, alors quand l’occasion s’est présentée d'ouvrir l’Auberge, j’ai pas hésité une seconde. C’était l’opportunité d’prendre un nouveau départ.  Et comme j’tenais pas plus que ça à mon job au département des transports magiques on s’est lancé… »

Il se tut et avala une nouvelle gorgée de café chaud.

« Tout n’est pas toujours facile ici et on galère quand même un peu, admit-il pour nuancer le tableau, mais on s’accroche. »

Il esquissa un sourire et demanda :

« Et vous alors, vous vous plaisez à Cosmos ? » souffla-t-il en plissant légèrement le nez.


Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy esquissa un sourire attendri lorsque son ami évoqua la ville de son enfance. Il pouvait ressentir tout l'attachement d'Irving à cet endroit, dans lequel il avait grandi, mais aussi sa déception de voir ce que le gouvernement, en l'espace de quelques années seulement, en avait fait. Après le scandale Chaudrillon, la nationalisation de l'usine et la construction des nouveaux quartiers, Nimbus avait changé, et pas seulement de nom. Né et élevé en banlieue londonienne, dans un petit pavillon avec jardin, Jeremy trouvait son compte dans les nouveaux quartiers mais il pouvait comprendre qu'Irving regrette son ancienne ville qui, il est vrai, perdait de son âme...

"Ouais, je comprends", commenta-t-il en balayant la pièce du regard. "C'est clair que je te vois bien mieux ici qu'au département des transports. Et puis franchement, qui aurait envie d'être rattaché au Ministère en ce moment... Bon, c'est sûr que c'est du boulot mais c'est un investissement dans le temps, je suis sûr que vous allez être super bien avec Nora ici."

C'était clairement un endroit plus sain pour élever des enfants que Cosmos, mais il ne savait pas vraiment si c'était dans le projet de ses amis. Lui, en tout cas, ambitionnait un jour d'emmener Juliet et Gabrielle dans un endroit plus calme, avec plus d'espace, dans une maison rien qu'à eux avec de la nature. Il semblait qu'aucune ville n'était épargnée par les tragédies et les frasques de la milice, alors autant s'éloigner de tout ça... Un jour, quand ils en auraient les moyens, et si son épouse partageait ce projet.

"Ouais, Cosmos...", répondit-il en fronçant le nez. "Pour être honnête, on est venus là parce qu'on n'avait pas tellement le choix quand Gaby est née, on nous proposait des logements sociaux neufs avec des loyers tout à fait raisonnable donc voilà, et puis c'est vrai qu'ils sont bien ces apparts', fonctionnels. Il y a pas mal d'autres familles comme nous. Mais bon, clairement, on n'a pas l'intention de s'éterniser toute notre vie ici. Comme tu l'dis, ces nouveaux quartiers dénaturent la ville et puis..."

Il s'interrompit pour boire une gorgée de chocolat, tout en cherchant comment exprimer ce qu'il ressentait.

"J'ai l'impression d'être aux mains du régime, ici, j'sais pas, c'est con, mais le fait de vivre là-bas, c'est comme si je cautionnais, comme si je collaborais."

Pourtant, ils allaient aux réunions du Lexit, ils suivaient ce qui se passait, et aidaient le réseau de Nimbus lorsqu'ils le pouvaient, mais cela ne suffisait pas tout-à-fait à faire disparaître ce sentiment. Son regard grave croisa celui d'Irving.

"En plus, je ne m'y sens jamais vraiment tranquille. Tout le monde est très gentil, dans le voisinage, bien propre sur lui, mais on se demande toujours qui nous observe... J'sais pas. Je suis sûrement parano, mais avec toutes ces rondes de la police magique pour nous "protéger", parfois, on a l'impression d'être surveillé."
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving écouta les propos de son ami avec attention. Il pouvait comprendre le fait que Jeremy se sente tiraillé entre ses convictions politiques et la nécessité élémentaire d’offrir un cadre de vie confortable à sa famille. Ils partageaient sensiblement le même point de vue concernant le pouvoir en place et Irving percevait toute l’ironie de la situation : Jeremy habitait dans la vitrine du régime en matière de logements sociaux tout en distribuant des journaux clandestins dénonçant  les réformes de Marchebank dont il bénéficiait….

« Vois le bon côté des choses, c’est surement la meilleure couverture que tu puisses avoir. » souffla-t-il en posant sa tasse de café sur l’établi.

Les miliciens tendaient à oublier que les réseaux résistants se tissaient parfois juste sous leur nez. Nimbus en était la plus belle illustration tant le LEXIT y était bien implanté. La cité ouvrière avait su faire profil bas à temps et ainsi échapper aux mesures draconiennes prisent à Bristol mais la rébellion grondait toujours dans les caves parées de briques rouges. Les Nimbusiens n’avaient pas dit leur dernier mot et Irving se maintenait informé, par le biais de Tara, des actions menées par le réseau de la Cité ouvrière.

Jeremy participait également à ces différentes missions mais  il  semblait plongé dans un réel inconfort.

« Il y a toujours eu cette  «  mentalité village » à Nimbus. Tu sais, le truc où chacun épie un peu  son voisin pour voir quant il plante ses tomates, si elles poussent plus vite et si la récolte est meilleure, expliqua Irving avec un léger sourire. Pour avoir passé toute son enfance dans les rues de la Cité, il était bien placé pour savoir. Avant les aménagements apportés récemment par Marchebank, Nimbus était une petite communauté où tout le monde se connaissait. Cela comportait son lot d’avantages …et d’inconvénients. Si l’entraide était légion certains voisins s’avéraient parfois un peu trop curieux, voir intrusifs. Aujourd’hui, il n’était plus question d’observer des tomates arrivées à maturation mais de considérations nettement plus lourdes en conséquence. ...

« J’ me souviens que pendant la guerre ma mère fermait toujours toutes les fenêtres de la maison dès que mon père se mettait à parler politique. Il suffisait qu’il commence sa phrase par « Pius Thicknesse… » pour qu’elle change de couleurs et qu’elle s’active…»

Il revoyait Vivianne jeter des sorts à répétition pour insonoriser le pavillon en gratifiant Bradley de son regard le plus courroucé.


« Mais j’vois ce que tu veux dire, reprit Irving après s’être perdu quelques instants dans ses souvenirs nostalgiques,  J’avais un peu cette même sensation avant de quitter Nimbus l’été dernier. Tout le monde savait que je faisais un peu de musique avec Juliana McNeil et que j’étais ami avec Klemens Dabroski .Autant écrire « résistant » sur mon front. Les regards sur moi se faisaient un peu plus insistants. J’ai préféré prendre mes distances avec tout ça -la Milice et le voisinage- et franchement, j' regrette pas. »

Irving s’approcha de la porte pour observer la lande déserte recouverte de son manteau blanc.

« Ici, c’est dur pour tout un tas de raisons, mais je m’y sens bien. C’est peut-être illusoire de ma part mais j’ai l’impression d’être protégé et puis, l’ambiance est  nettement moins anxiogène qu’en ville. Je n’ai croisé aucun milicien sur les chemins de randonnée et les plus proches voisins sont à plusieurs kilomètres… »

Après le meurtre de Dalhiatus, Irving avait eu besoin de s’éloigner un peu de la civilisation pour mieux se retrouver.

Il laissa passer un moment de silence, ses yeux toujours braqués sur la campagne environnante, et se tourna finalement vers son ami pour lui avouer :

« Je deviens clairement ours et c’est de plus en plus difficile de me faire bouger d’ici. »

Il esquissa un sourire coupable et haussa brièvement les épaules. Les zones urbanisées et fortement fréquentées étaient rattachées dans son esprit à des souvenirs négatifs : Que ce soit le récent effondrement de la Marchebank à Leopoldgrad ou encore le mouvement de foule qui avait tué Danny sur le Chemin de Traverse, la ville était synonyme de danger et de grand malheur. A Mallowsweet, au moins,  il était tranquille.

«Franchement, je sais pas comment tu fais : Aller étudier tous les jours à Bristol, se plier aux contrôles de sécurité dans un sens puis dans l’autre, passer sa journée entière sous ce dôme ultra surveillé, être confronter quotidiennement aux miliciens et, quant tu rentres enfin le soir chez toi, tu te sens encore épié. Pris au piège dans ce système… » Irving frissonna à cette idée « Faut que vous vous trouviez une petite ferme à retaper avec Juliet :Laissez-moi finir les travaux ici d’abord et, promis, après  j’vous aide ! »


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