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 Drôles d'oiseaux [Nelly & Virgil]

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Virgil Forbes
6ème année Gryffondor


2 février 2010

"Dégage"

Virgil chassa d'un geste de la main le hibou qui tentait vainement de retrouver sa niche dans la volière de Poudlard. C'était sans compter sur le Gryffondor qui avait élu domicile dans l'alcôve fraichement nettoyée par ses soins. Hors de question de s'asseoir dans les fientes d'oiseaux ni de laisser un quelconque volatile revenir ici. C'était son espace dorénavant.

Depuis plusieurs semaines, c'était ici que Virgil retrouvait Nelly et qu'ils échangeaient sur leurs lectures de la semaine. Tous les jeudis de 15h à 16h. Systématiquement. Virgil avait une heure de trou entre DCFM et Études des Runes tandis que la plupart de ses amis rejoignaient sur ce créneau horaire le cours de Métamorphoses qu'il ne suivait plus depuis son entrée en sixième année.  Nelly aussi avait une heure de temps libre-à moins qu'elle ait déjà fini sa journée- honnêtement, Virgil ne s'était jamais posé la question. Quoiqu'il en soit, elle était disponible et ils profitaient généralement de ce moment pour s'échanger leurs fiches de lecture sur l'occlumancie et la légillimencie. A eux deux, ils avaient lu une bonne partie du rayon de la bibliothèque réservé à ces thématiques et ils commençaient à être calés sur le sujet. En toute modestie, bien sûr.

Ses longues jambes pendant dans le vide, Virgil tourna une page de "L'Occlumancie pour les cracmols" avant de griffonner de son écriture en patte de mouche quelques mots sur un morceau de parchemin. Il déchira un bout de papier et le coinça entre les feuillets avant de refermer le livre prestement. Ce chapitre portant sur les différentes techniques pour fermer son esprit intéresserait surement Horrocks aussi comptait-il lui suggérer de le lire. Le reste du bouquin n'était franchement pas intéressant. L'ouvrage était beaucoup trop vulgarisé aux yeux du Gryffondor et il estimait qu'il était nettement moins complet que  "Manipulations mentales magiques", sa nouvelle bible, livre moins facile d'accès mais particulièrement enrichissant. Nelly l'avait emprunté à son nom à la bibliothèque et Virgil avait "oublié" de le lui rendre depuis plusieurs jeudis...

Il faut dire que le reste du temps, les deux sixièmes années faisaient comme s'ils ne se connaissaient pas. Trainé avec des préfètes ne collaient pas avec l'image rebelle que Virgil entretenait depuis tant d'année et il imaginait que la réciproque était vraie pour Nelly. Leurs entrevues du jeudi après-midi leurs suffisaient largement !
D'ailleurs, n'était-ce pas le son des pas de la préfète qui raisonnait dans les escaliers ? Maintenant Virgil arrivait à reconnaitre le bruit de sa démarche aussi il ne fut pas étonné en la découvrant.

"'Lut." souffla-t-il alors qu'ils auraient pu se saluer à peu près dix fois dans la journée avant ce moment, Je t'ai ramené "Ouvrir et bloquer son esprit", Pas mal, dit-il en sortant les livres et les fiches de lecture du sac en bandoulière posé à côté de lui dans la niche, "Occlumens, Legillimens : L'édition augmentée " franchement, t'apprends rien de plus que dans l'édition normale, et "L'Occlumencie pour les cracmols", C'est de la merde, lâcha-t-il alors avec une once d'arrogance intellectuelle, mais peut-être que le chapitre six t'intéressera, ajouta-t-il en lui tendant les livres et ses fiches quasiment illisibles.
Nelly HorrocksPréfèteavatar
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Nelly quitta la salle du cours de Divination en détachant rageusement ses cheveux qu’elle avait regroupés en un chignon grossier juste avant le cours. La Divination, que cela devenait barbant ! Elle qui adorait ça avant, elle commençait à regretter d’avoir pris cette matière pour les ASPICs. La pratique de la Divination demandait d’être aware alors qu’elle tentait d’apprendre tout le contraire en ce moment avec l’Occlumancie et ses performances autrefois satisfaisantes en pâtissaient. Elle ne voyait plus grand-chose dans les feuilles de thé et seul son reflet la regardait dans les boules en cristal.
Complètement assommée par l’ambiance de la salle de cours et cette heure de non-productivité, la Serpentard rassembla ses boucles brunes en une queue de cheval lâche plus confortable avant de s’engager dans les escaliers mouvants. Il n’avait pas intérêt à bouger celui-là, il ne manquerait plus que ça ! Ce matin, elle s’était brûlé un doigt avec son chaudron en cours de potions, ensuite, pendant la pause déjeuner, un quatrième année malodorant à la puberté florissante s’était installé avec sa bande de copains à ses côtés et elle venait de se taper un cours de Divination des plus ennuyants. A côté de tout ça, retrouver Virgil Forbes dans la Volière pour le debriefing hebdomadaire de leurs lectures lui semblait presque être une partie de plaisir. Jusqu’ici, ce rendez-vous apparaissait même comme la meilleure nouvelle de la journée.

En effet, depuis quelques semaines, le Gryffondor et la préfète se retrouvaient tous les jeudis pour parler en secret de leurs lectures sur la Legilimancie et l’Occlumancie parmi les chouettes et les hiboux. Nelly devait avouer qu’elle aimait bien retrouver le jeune homme une heure par semaine pour partager leurs découvertes personnelles. Faire des recherches sur les processus mentaux magiques était très excitant et intéressant pour la Serpentard qui prenait ses investigations très à cœur, elle réalisait même de temps en temps des petits exercices pour fermer son esprit qu’elle trouvait dans un livre, sans savoir s’ils étaient vraiment efficaces. C’était d’ailleurs Virgil qui les avait débusqués parmi ses lectures et il faut dire que le Gryffondor l’épatait par le sérieux qu’il déployait dans ses recherches. Elle avait l’impression qu’il prenait ça très à cœur et, comme promis, il rédigeait des fiches de lecture, certes illisibles, qu’il coinçait systématiquement à la page du chapitre qu’il lui conseillait de lire. Nelly avait parfois du mal à déchiffrer ses pattes de mouche mais les passages qu’il lui proposait étaient toujours effectivement intéressants. Sa cadence de lecture était aussi étonnante, il lisait parfois plus de livres qu’elle ne le pouvait en l’espace d’une semaine, trop prise par ses cours et ses devoirs de préfète.
Elle le trouvait plutôt sympathique maintenant et trouvait presque dommage qu’ils ne s’adressent pas la parole en dehors de leur rendez-vous des jeudis. Mais ils avaient convenu tous les deux que ne pas se fréquenter le reste du temps était mieux pour « préserver leurs images respectives ». Il ne voulait apparemment pas tâcher son image de bad boy en s’affichant avec une préfète et la réciproque était vraie : Nelly connaissait assez bien leurs camarades de promo pour savoir qu’ils étaient toujours aptes à parler des autres et à critiquer dans le dos, surtout si une préfète traînait avec l’un des rebelles de l’école, alors elle préférait faire semblant de ne pas connaître Virgil plutôt que d’attirer le regard des autres dont la vie était dictée par des stéréotypes bien ancrés dans leur tête : les préfets et les rebelles sont faits pour se faire la guerre.

Atteindre enfin la Volière où l’attendait le Gryffondor lui prit quelques minutes et elle s’assura que personne ne la suivait avant d’entreprendre la montée de la volée de marches qui s’élevait devant elle. Les dernières marches, les plus éprouvantes, lui arrachèrent un soupir et elle s’avança d’un pas lourd vers Virgil, perché dans une alcôve de la tour, qui la gratifia d’une salutation des moins expressives, comme à son habitude. Ils avaient dû se croiser plusieurs fois dans la journée mais à part un regard rapide de Nelly à l’égard de son camarade de recherche, ils n’avaient pas échangé le moindre mot.

« Oh je suis soooûlée aujourd’hui, j’en ai ras le bol ! Limite je suis contente de me retrouver ici dans les courants d’air au milieu des merdes et des plumes ! pesta-t-elle. La Divination, d’un ennui intersidéral : "Ouvrez votre esprit...", singea la Serpentard en fermant les yeux. Moi qui essaie de faire tout l’inverse, je suis servie. Dis moi que tu as trouvé des choses intéressantes pour me remonter le moral !… Et salut sinon. »

Au moins elle ne fut pas déçue par le Gryffondor qui lui tendit trois livres et ses fiches de lecture, qui ressemblaient à de vulgaires brouillons, qu’elle attrapa en se dressant légèrement sur la pointe des pieds.

« De la merde ? A ce point ? questionna la jeune femme en ouvrant l’Occlumancie pour les cracmols au chapitre 6 pour lire quelques phrases. Tu ne t’améliores pas niveau écriture à ce que je vois, - quand elle avait passé une mauvaise journée, elle pouvait être piquante – voyons Virgil, vous pouvez faire un petit effort, lança-t-elle avec une voix de prof en tenant entre ses doigts le bout de parchemin qui avait glissé du livre. T’as écrit quoi là ? avec une grimace, elle tentait de décrypter les hiéroglyphes du jeune homme. Moi je lis rien. Mais bon, pas grave, je me débrouillerai avec le reste. Merci pour tout ça, ajouta-t-elle en jetant un coup d’œil aux autres fiches. Tu deviens un véritable intello ! », elle espérait bien le charrier un peu là-dessus.

La préfète passa alors en revue les livres qu’il venait de lui passer avant de lâcher un soupir blasé en levant les yeux au ciel.

« J’imagine que tu as encore "oublié" de me ramener Manipulations mentales magiques ? Ça y est, je me suis pris une pénalité de retard moi ! SI tu veux le garder encore plus longtemps tu me le ramènes pour que je puisse le rendre et ensuite tu vas l’emprunter à ton nom. Pour ce que t’en fais ensuite, ce sera ton problème. »

Elle n’arrivait pas vraiment à s’énerver parce qu’elle comprenait, en tant que grande lectrice, qu’on puisse avoir envie de ne pas rendre un livre. A elle aussi, ça lui était arrivé mais sa discipline avait toujours repris le dessus.

« Si je suis interdite de bibliothèque à cause de toi, je te jure de faire en sorte que ma chouette t’arrache les yeux, glissa-t-elle comme menace en avisant la chouette hulotte qui dormait profondément sur son poste habituel. Bref, à moi maintenant, je t’ai apporté 10 inconvénients à la Legilimancie, ça fait un peu peur, et Moi, Legilimens, dit-elle en sortant les livres et ses fiches de lecture moins brouillonnes de son sac qu’elle fit léviter devant elle – hors de question de le poser par terre ! - Alors ça a l’air un peu con-con, reprit la jeune sorcière en désignant le deuxième livre. Mais au final c’est intéressant parce que le gars a réussi sa première intrusion mentale par "accident", comme toi, et il a aussi eu mal à la tête donc c’était marrant de faire le rapprochement entre vous deux, mais bon, il raconte un peu sa vie », conclut-elle en tendant le livre, dont la quatrième de couverture affichait le portrait de l’auteur qui passait de son profil droit à son profil gauche, avec le deuxième et ses parchemins.

Elle rangea ensuite les livres et les fiches de Virgil avant de reprendre :

« Je suis en train de lire Connaître la Legilimancie avant d’apprendre l’Occlumancie parce que, apparemment, il faut connaître ce à quoi on veut s’opposer… C’est pas mal, un peu rébarbatif. Par contre, les filles de mon dortoir me demandent sans cesse pourquoi ce soudain intérêt pour l’Occlumancie, elles sont vraiment lourdes. Mais bon, c’est pour la bonne cause, on commence à être calés je pense ! »

Encore heureux, avec toute l’énergie qu’ils y accordaient.



Kit par Irving Choupi
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A en juger par ses propos et son attitude, Nelly avait passé une mauvaise journée. En même temps quelle idée de choisir l'option divination pour les ASPICs ? Le Gryffondor méprisait cet enseignement que son amie Kasya adorait tant. C'était d'ailleurs un sujet de chambrage régulier entre eux. En effet, Virgil n'hésitait pas à se moquer de cette matière en lisant régulièrement des fausses prédictions dans tout et n'importe quoi: "Quatre céréales flottent dans mon lait ce matin, je sens... commençait-il en posant ses index sur ses tempes tel un télépathe,...je sens... poursuivait-il en faisant mine d'être concentré... que c'est exactement la note que tu vas avoir à ton prochain devoir d'histoire de la magie." Tout était prétexte à des prédictions: Si Roderick Wembley avait un bout de son repas de midi coincé dans les dents c'était qu'il allait faire un contrôle surprise durant la séance. "Faut savoir interpréter les signes..." disait Virgil en singeant volontairement l'attitude quasi démente de l'enseignant en divination.

Pourtant, il était convaincu que les voyants existaient bel et bien, mais selon lui on ne pouvait pas apprendre à devenir devin. C'était un don que les sorciers possédait ou pas. Ni plus ni moins. L'enseignement de cette matière à l'école n'était qu'une vaste fumisterie et il ne comprenait pas qu'une fille comme Nelly, plutôt rationnelle au demeurant, se soit laissée berner.

Quoiqu'il en soit, ils étaient là aujourd'hui pour parler de leurs lectures respectives et non pas pour s'épancher sur leur quotidien difficile d'élève !  Il ne releva donc pas les propos de la préfète et se contenta d'entrer directement dans le vif du sujet en lui tendant ses notes et ses livres. Il accompagna son geste de quelques commentaires succincts et l'observa tandis qu'elle feuilletait rapidement ses fiches.
En dépit de ce qu'on pouvait penser de lui, il avait tenu ses engagements et rédigé des résumés pour chaque livre qu'il avait lu sur le sujet. Nelly faisait de même et leur petite organisation était plutôt bien rodée maintenant. Les premières semaines, le Gryffondor avait pris le temps de relire les ouvrages commentés par Nelly juste pour s'assurer qu'elle ne laissait rien passer d'important, consciemment ou inconsciemment . Il s'était vite rendu compte que les fiches de la préfète était très complètes- surement plus que les siennes- parfaitement ordonnées -un peu trop d'ailleurs- et écrites dans une typographie impeccable ! Une écriture ronde, régulière et lisible. Une écriture de fille, quoi, songeait-il chaque fois qu'il parcourait des yeux les manuscrits de la jeune femme.

Il ne savait pas si Nelly estimait qu'il avait une écriture de garçon (surement que non. Elle semblait peu encline à définir des caractéristiques par genre) mais en tout cas, elle devait toujours lutter pour comprendre ce qu'il avait noté sur ses parchemins. D'ailleurs elle n'hésitait pas à le lui faire remarquer, comme aujourd'hui.

"C'est déjà bien que je rédige  une fiche de lecture, objecta-t-il  alors qu'elle lui demandait de faire un effort d'écriture. Il se pencha légèrement en avant pour lire le mot qu'elle n'arrivait pas à déchiffrer-Mentalisme- et ajouta, Bizarre que tu n'arrives pas à le lire, c'est parfaitement lisible pourtant, répondit-il avant de se redresser, l'air satisfait du parfait petit cognard qu'il était.

Il en fallait peu pour le mettre en joie et ce genre de petite phrase  l'amusait beaucoup. Puéril ? Assurément mais il préférait de loin son statut de tête à claque que d'intello.

Oui, il aimait lire. Oui, il s'était trouvé une passion récente pour l'occlumancie et la légilimancie. Oui, il voulait se documenter sur ces sujets et il avait soif d'apprendre et surtout, de comprendre, mais cet état de fait ne faisait pas de lui un "intello" au sens scolaire du terme. Pour être tout à fait honnête, il s'estimait plus intelligent que la moyenne, pourtant, il avait toujours trois DM en attente sur son bureau, à rendre pour hier, et ces récentes recherches ne l'aidaient pas à obtenir de meilleurs résultats en DCFM, loin de là. Pendant qu'il lisait  "Manipulations mentales magiques" il délaissait volontairement "Les Sortilèges de défense. Vol 6" ouvrage étudié ce trimestre dans les cours de Thelma Corrigan.

S'il avait le temps d'ingurgiter tant de bouquin en une semaine c'était qu'il n'avait pas pu conserver certaines options à cause de ses mauvais résultats et qu'il avait plus de temps libre que les autres. Tout simplement. Et puis, il se connaissait. Il savait bien qu'il allait finir par se lasser. Il était assez exclusif pendant un temps mais il passait vite à autre chose.  Ses passions occupaient généralement tout un pan de sa vie durant plusieurs mois mais une fois qu'il estimait en avoir fait le tour il refermait le chapitre.

Toutefois, le chapitre Légilimancie était loin d'avoir livré tous ses secrets et Virgil devait avouer que son intérêt pour cette forme de magie n'avait fait que croitre au fil des mois. Le déclic avait eut lieu lorsqu'il avait pénétré l'esprit d'Horrocks  et, peu de temps après, il avait eu cette conversation avec Blackbonnes sur Skye et le programme Mémorise qui avait fini d'aiguiser sa curiosité. Plus il lisait des ouvrages sur la question, plus il avait envie d'en savoir plus ! Ses échanges avec les deux préfètes de Serpentard avaient attisé son engouement pour cette technique et il ne rêvait plus que d'une chose: Recommencer.

Pourtant, il savait que c'était impossible. Du moins pas sans le consentement d'un éventuel partenaire. Pour être tout à fait sincère, il n'osait pas demander à Nelly. Elle avait beau se documenter sur l'occlumancie, il n'était pas certain qu'elle veuille de nouveau tenter l'expérience avec lui. Si l'idée de s'entrainer ensemble lui avait traversé l'esprit, il savait qu'il ne pouvait pas être celui qui la propose: Pas après être entré par effraction dans l'esprit de la préfète.

"Mmm mmm." répondit-il simplement lorsqu'elle le menaça d'envoyer sa chouette pour lui crever les yeux s'il ne lui ramenait pas "Manipulations mentales magiques" dans les plus brefs délais. Elle bluffait et il voyait bien, à son ton conciliant, qu'elle n'était pas encore complètement énervée contre lui. Il pouvait profiter de la situation et garder ce bouquin encore plusieurs semaines, il en était sûr ! songea-t-il en attrapant, en silence, les deux livres qu'elle lui conseillait.

Virgil arqua un sourcil lorsqu'elle affirma que "Moi Légilimens" pouvait paraitre un peu "con-con."  C'est vrai que la quatrième de couverture ne laissait rien présager de bon avec un portrait en pleine page mais les similitudes soulignées par Nelly entre l'expérience que Virgil avait vécue et celle de l'auteur le poussèrent à ouvrir l'ouvrage au hasard pour le feuilleter.

Le Gryffondor se contenta d' hausser les épaules lorsqu'il fut question des camarades de dortoir de la préfète, jugées un peu trop curieuses, et il ajouta, comme une évidence un "T'as qu'à les envoyer chier" le nez toujours  planté dans son bouquin. Ce n'était quand même pas compliqué de dire à quelqu'un "Mêle-toi de ce qui te regarde !" En tout cas ça ne l'était pas pour Virgil mais peut-être davantage pour une fille comme Horrocks, qui, en tant que préfète, devait se montrer toujours disponible et irréprochable.

Virgil poussa un soupir et  remisa le premier livre sur le côté -c'est vrai qu'il avait l'air un peu gnangnan- et feuilleta "10 inconvénients à la Légilimancie" qui semblait nettement plus intéressant. Il avisa une page marquée par Nelly et entreprit de lire un extrait à voix haute qu'elle avait mis en exergue dans le texte.

"Il est possible que le sorcier développe une forme de dépendance. En effet, le légilimens peut devenir accro aux souvenirs des autres et préférer vivre dans les mémoires ou les pensées de ses semblables plutôt que dans sa propre vie." Réellement fasciné par ce concept, Virgil haussa les sourcils avant de relever la tête vers Nelly,... C'est dément ce truc, commenta-t-il, Tu es sûr que tu veux vraiment te mettre à étudier la légilimancie ? demanda-t-il  alors en faisant référence aux lectures actuelles de Nelly, tu pourrais devenir une véritable addict, fais gaffe. En même temps ça doit être fou de pouvoir lire les pensées des autres quant on veut, ou on veut." admit-il en replongeant le nez dans le livre.

Même s'il n'avait vécu qu'une intrusion accidentelle, il pouvait comprendre ce que voulait dire l'auteur dans ce court extrait. Bien que la scène dont il avait été le témoin fusse particulièrement choquante, à aucun moment il n'avait eut envie de sortir de son plein gré du cerveau de Nelly.
Nelly HorrocksPréfèteavatar
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Virgil semblait complètement ignorant à son état. Ce n’était pas surprenant de sa part mais, pendant un instant, Nelly avait espéré recevoir un peu de compassion du jeune homme. Elle commençait à le connaître pourtant, il n’était pas du genre à réconforter les autres mais la préfète avait l’habitude que ses camarades rebondissent un minimum sur ses paroles : « Oh ouais, j’en peux plus ! » ou « Tu m’étonnes ! », ces quelques phrases suffisaient à lui remonter le moral même si, habituellement, cela tournait ensuite en débat général. Peut-être que Virgil voulait éviter ce genre de dialogue sans fin qui part dans tous les sens.
Quoi qu’il en soit, la Serpentard tâcha de focaliser son attention sur ce qu’ils faisaient ici, ce n’était pas le moment de se plaindre de sa mauvaise journée. Et puis discuter des fruits de leurs recherches était pour l’instant le meilleur moment de sa journée, alors autant ne pas le gâcher.

Rien qu’en se documentant à la bibliothèque, la jeune femme avait l’impression de découvrir des choses incroyables tout en travaillant énormément sur elle-même et ce sentiment était plus qu’agréable. Elle avait le sentiment d’apprendre des choses importantes et cette soudaine passion pour l’Occlumancie et la Legilimancie ne lui apportait que des bénéfices : pour une fois, passer des heures à réaliser des fiches de lecture ne lui posait pas de problèmes, apprendre une autre forme de magie était très excitant et, mine de rien, la préfète aimait bien ces rendez-vous où elle retrouvait le Gryffondor. Même si, de prime abord, ils n’avaient pas beaucoup de points communs, être en sa compagnie c’était comme sortir de son cadre de vie habituel où elle avait un rôle à jouer, où elle fréquentait les mêmes personnes à longueur de journée, où elle devait travailler pour réussir et où elle devait prendre garde à ce qu’elle faisait et disait pour ne pas tâcher son statut de préfète auprès des élèves et des professeurs, mais aussi et surtout pour que l’on oublie son ancienne implication dans les Jeunesses. Pendant une heure, la jeune femme redevenait une simple élève en quête de savoirs qui ne se préoccupait essentiellement que de ses premiers pas dans l’Occlumancie, et rien d’autre. Nelly ne savait pas comment expliquer ce ressenti, peut-être parce qu’elle se doutait que Virgil n’était pas du genre à la juger où à s’intéresser à ce qu’elle faisait, – encore heureux, il en connaissait déjà assez sur elle – en tout cas, c’était sympa de travailler avec lui, même si ses fiches étaient illisibles.

D’ailleurs le Gryffondor était en train d’affirmer que le gribouillis qu’il avait écrit était parfaitement lisible. Alors soit il se moquait d’elle – non mais regardez-le avec son petit air satisfait – soit ils n’avaient pas la même définition du mot « lisible ».

« Martelé ? tenta de déchiffrer la jeune femme. Non, men…, corrigea-t-elle en s’aidant de ce qui était lisible du reste de la phrase. Mentalisme ! Et bah, c’est laborieux. T’as une écriture de médecin, » ajouta la Serpentard en lisant quelques passages des fiches du jeune homme.

Ou d’un gars qui s’en fiche, ou de quelqu’un qui manque de temps comme son père qui avait à peu près le même style d’écriture.

« Visualiser un mur de briques, lut-elle dans l’Occlumancie pour les Cracmols. Classique, trop classique. »

Elle claqua le livre et reporta son attention sur Virgil qui lui conseillait d’envoyer tout simplement bouler ses camarades de dortoir. C’était plus simple à dire qu’à faire. Peut-être que lui n’avait pas peur de le faire mais Nelly n’était plus aussi franche et directe qu’avant et s’imposer face aux filles de son dortoir, qui recommençaient péniblement à être sympathiques avec elle depuis la fin des Jeunesses, était plus que délicat, si bien qu’elle devait prendre des pincettes à chaque fois qu’elle voulait se faire entendre.

« Disons que…, commença la préfète, gênée. Elles sont un peu plus cool avec moi en ce moment, alors j’ai pas envie de tout foutre en l’air et puis, elles sont pas gênantes à ce point. »

Cet aspect de sa vie était certainement sa plus grande fragilité en ce moment alors hors de question de se démonter face à Virgil, pas une deuxième fois. Le jeune homme passe heureusement à autre chose en feuilletant les livres qu’elle venait de lui donner, avant de s’arrêter sur un passage qu’elle avait mis en évidence dans 10 inconvénients à la Legilimancie, qu’il lut.

« Je savais que ça allait te plaire, dit-elle en secouant la tête avec un petit sourire. Il n’y a que toi pour trouver ça génial. »

Il a un pète au casque, songea la Serpentard en examinant Vrigil qui replongeait dans sa lecture. Pouvait-il devenir accro aux souvenirs des autres s’il devenait un Legilimens assez doué ? Jusqu’à ne plus vivre sa propre existence ? De son côté, Nelly trouvait ça affreux et, en toute franchise, si Virgil venait à se retrouver dans ce cas, elle se sentirait un peu responsable de l’avoir entraîné là-dedans.

« T’inquiète pas, je vais faire attention, je me renseigne sur la Legilimancie juste pour mieux la contrer. Aucun risque de devenir accro. Mais j’avoue, ça doit être pas mal de pouvoir lire dans les pensées de qui tu veux quand tu veux. J’aimerai bien savoir le faire juste pour connaître plein de choses compromettantes sur les gens, avoua-t-elle en plissant les yeux, plongée dans ses réflexions. Ça peut te paraître bizarre mais juste pour avoir la sensation de pouvoir décider, de pouvoir contrôler leurs vies. Comme si, après avoir percé tous leurs secrets, je les tenais juste là, comme ça, souffla la sorcière en levant sa main entrouverte devant elle, comme si elle tenait une pomme. Et puis à tout instant… Elle serra le poing. CRAC ! Plus rien, je ruine leurs vies. »

Trop absorbée dans son récit sadique, elle s’était approchée du perchoir de Virgil et prit conscience que son expression un peu malsaine ne devait pas être très rassurante, elle s’empressa alors d’ajouter le plus naturellement du monde :

« Mais heureusement, je ne compte pas devenir Legilimens, même si ça doit quand même être démentiel. »

C’était malsain, certes, mais pendant une heure, elle ne s’imposait plus de limites et puis Nelly aspirait à devenir une femme de pouvoir alors imaginer avoir le contrôle sur d’autres personnes était très amusant.

« D’ailleurs, en parlant de lire dans les pensées n’importe quand, page 11, conseilla la préfète en montrant du doigt le livre que tenait Virgil. Il est écrit qu’un apprenti Legilimens, qui ne maîtrise pas encore complètement ses pouvoirs, peut tout entendre tout le temps, certain en deviennent même fous. Joie, santé, bonheur. Toujours envie d’apprendre la Legilimancie ? » glissa la jeune femme avec malice.

Elle le charriait mais c’était tout de même un sujet délicat et important alors elle retrouva un peu de contenance et de sérieux avant d’ajouter après un court silence.

« Tu as ressenti… des choses ? Quoi que ce soit, depuis… ton baptême de Legilimancie ? »

C’était une question qu’elle se posait toujours devant ses lectures. L’intrusion de Virgil dans son esprit avait ravivé des souvenirs de son côté mais peut-être que cela avait aussi fait son effet du côté du Gryffondor… Ou bien fallait-il être Legilimens né ?



Kit par Irving Choupi
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Dernière édition par Métamorphomage le Sam 6 Jan 2018 - 14:12, édité 1 fois

Virgil Forbes



« Je savais que ça allait te plaire."

Virgil  arqua un sourcil en levant à peine le nez de son bouquin pour observer la préfète de son regard bleu électrique. Elle parlait comme s'ils se comprenaient, comme si elle l'avait cerné, alors que c'était complètement faux. Elle ne connaissait quasiment rien de lui et il n'avait pas envie qu'elle fasse comme si c'était le cas. Cette fausse proximité, très peu pour lui ! Ce n'était parce qu'ils passaient une heure par semaine ensemble qu'ils allaient devenir les meilleurs amis du monde !

Virgil n'était pas aussi prévisible que Nelly l'affirmait - du moins il l'espérait. Même si les extraits qu'elle mettait en exergue dans ses lectures étaient toujours plus pertinents et intéressants, il ne l'aurait avoué pour rien au monde. Il préféra donc secouer la tête de dédain et replongea bien vite dans sa lecture, du moins, jusqu'à ce que Nelly se livre à un drôle de monologue sur le pouvoir d'attraction de la légilimancie. Pour une fois, elle n'adoptait pas le discours policé et bien-pensant de l'élève modèle qu'elle était habituellement. Elle semblait réfléchir tout haut sans crainte des conséquences. Il faut dire que Virgil n'était pas du genre à cafter, Nelly s'en était surement aperçu avec le temps et elle laissait libre court à sa parole si bien que le Gryffondor se redressa légèrement pour l'observer d'un œil curieux. Elle laissait parler la Bad-Nelly, celle qui voulait contrôler les autres et ruiner leurs vies, rien que ça. Virgil esquissa un sourire en coin tout en détaillant l'expression malsaine de la jeune fille qui s'était approchée lentement de la niche où il était installé.

"Et après c'est moi le gars bizarre..."
 dit-il en refermant son livre dans un claquement sonore. Il  sauta de son perchoir devant Nelly et afficha un sourire narquois avant d'attraper son sac et de se tourner de nouveau vers elle.

"Bien sûr que ça doit être démentiel, surenchérit-il, et je suis sûr que tous les légilimens pense la même chose que toi -Même Corrigan sous ses allures de gentille Poufsouffle- , il glissa la bandoulière de son sac sur son épaules et poursuivit, forcément, en pratiquant cette discipline  tu prends conscience du pouvoir de nuisance que tu peux exercer sur les autres."

Mais contrairement à Nelly, Virgil n'envisageait pas la légilimancie comme un outil pour prendre l'ascendant sur ses semblables... Il avait conscience que c'était un formidable instrument de manipulation mentale -évidemment-  mais ce qui l'intéressait réellement c'était le concept en lui-même. Fabuleusement effrayant et addictif.  Il avait bien sûr envisager les dérives qui fascinaient  Nelly mais il avait vite compris que ce n'était pas ce qui le séduisait, personnellement, dans la légilimancie. S'il avait voulu ruiner la vie de la préfète, il l'aurait déjà fait. Il aurait su tirer les bons leviers pour la déstabiliser, utiliser ce qu'il avait lu dans sa mémoire pour lui rappeler la violence insoutenable de ses pires souvenirs.

Pourtant ce n'était pas ce qu'il recherchait. Les secrets  qu'il avait appris ce jour là étaient secondaires par rapport à ce qui fascinait réellement Virgil. Ce n'était pas ce qu'il avait réussi à apprendre sur Nelly qui était passionnant mais le voyage qu'il avait fait, l'incursion dans l'esprit de la jeune femme. Il avait été captivé par le réalisme du souvenir, l'intensité émotionnelle de Nelly qu'il avait perçu jusque dans son être. Tout lui avait paru si réel, si tangible. C'était mieux que la mandragore et que la Volubilis, assurément.

Dire qu'une multitude de monde parallèle existaient actuellement dans les esprits de chaque personne qu'il croisait chaque jour. Des mondes à explorer, des  nouvelles sensations à éprouver, à approfondir.

Un truc de dingue.

Il était tout à ses pensées, lorsque Nelly reprit la parole, le forçant à se concentrer sur l'instant présent, la volière et la jeune femme. D'après les dires de la préfète, certains légilimens étaient dans l'incapacité de maitriser leur don puisqu'ils entendaient constamment les pensées des autres.

Virgil afficha une moue sceptique, saisit le manuel qui était toujours posé dans la niche et l'ouvrit à la page 11 comme lui préconisait Nelly.

"Dans ce chapitre ? demanda-t-il en venant se positionner à côté d'elle pour lui montrer le paragraphe intitulé "parasitage sensoriel", J'ai jamais entendu parlé de ça, ajouta-t-il en commençant à lire. Il parcourut des yeux toute la page et même la suivante avant de daigner répondre à la question de la jeune femme qui souhaitait savoir s'il avait ressenti -ou perçu- des choses similaires depuis qu'il avait pénétré son esprit.

"Non, j'ai jamais rien enten..."

Il s'arrêta net, comme frappé par un stupefix et reporta vivement son attention sur sa voisine.

"Bordel de troll !"
lâcha-t-il en écarquillant les yeux, visiblement abasourdi,... putain d'bordel... il porta une main à son front et s'éloigna de quelque pas visiblement frappé par l'évidence de la situation. Il était bien incapable d'en dire plus pour le moment et il se sentait trop chamboulé par ce qu'il pensait avoir compris. Le jeune homme poussa un profond soupir et secoua la tête plusieurs secondes avant de reporter son attention sur Nelly. Il devait le lui dire, peut-être qu'elle avait lu des choses sur des corrélations éventuelles entre prise de drogue et légilimancie.

"J'ai jamais rien entendu, du moins, pas en étant sobre."


Il se tut et riva ses yeux cernés sur la préfète. Il réfléchit un instant sur le meilleur moyen pour amener ce qu'il avait à dire et se lança:

"Tu te doutes que je ne suis pas vraiment un modèle à suivre en ce qui concerne les "conduites addictives", commença -t-il en mimant les guillemets avec ses mains et en reprenant volontairement les termes désuets de Rachelle Silvester, disons qu'il m'arrive parfois *souvent* de consommer un peu de mandragore. La plupart du temps, ça va, je gère, mais il m'est arrivé une ou deux fois de ...mal réagir.[/color] Depuis quand prenait-il autant de pincette ? De faire un bad trip quoi, reprit-il avant de se racler la gorge, ça se manifeste toujours de la même manière, sensation d'oppression, sueurs, paranoïa, hallucinations visuelles ...et auditives."

Virgil avala sa salive et passa une main fébrile à l'arrière de sa nuque sans quitter des yeux la préfète.

"Jusqu'à aujourd'hui j'ai toujours cru que ce que j'entendais était le fruit de mon imagination mais plus j'y réfléchis plus je me demande si..."

Il ne put finir sa phrase tant son dernier bad trip lui revenait en mémoire. C'était quelque mois plus tôt, pendant les vacances de Noël,  devant ses frères justement. Quelques semaines seulement après avoir pénétré la mémoire de Nelly.  Virgil se souvenait parfaitement  de cette crise de psychose. Il avait vu des doxy par centaines accrochés au rideau de sa chambre et, juste après,  il avait entendu Casey prier Merlin pour ne pas qu'il meurt, Gabriel, lui répéter inlassablement de s'accrocher et Dean, tergiverser d'inquiétude  tout en le maudissant d'être aussi égoïste.  Les voix avaient hurlés dans son esprit jusqu'au petit matin, le laissant mentalement éreinté...
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Nelly sursauta légèrement quand Virgil referma son livre dans un claquement sonore et recula d’un pas lorsqu’il sauta de son perchoir pour se planter devant elle. Trop absorbée par ses pensées, elle n’avait pas vraiment réfléchi aux conséquences de ses paroles et à la réaction que pouvait avoir le Gryffondor. A en juger par son sourire narquois, il se moquait plus d’elle qu’autre chose, tant mieux, elle ne voulait pas non plus passer pour une folle.

« Et après c’est moi le gars bizarre... »

C’est lui qui l’avait dit. L’avait-elle pensé trop fort ? La Serpentard préférait le terme « marginal » à « bizarre » mais s’il se dérivait explicitement comme « bizarre », soit.
Le jeune homme poursuivit en reprenant ses termes et Nelly esquissa un sourire en coin lorsqu’il évoqua le professeur Corrigan. La préfète avait du mal à imaginer l’enseignante aussi mesquine mais pourquoi pas… Peut-être que Thelma Corrigan avait usé de ses pouvoirs de Legilimens pour avancer dans la vie et en arriver là où elle était maintenant. Une image s’imposa à son esprit : celle de sa professeur s’avançant dans les couloirs de Poudlard au ralenti, lunettes de soleil et cheveux au vent, le tout accompagné d’un bon morceau de rap à la moldu. C’était quand même assez stylé, pas très éthique, mais stylé.

« Ouais, tu m’étonnes, » se contenta-t-elle de répondre quand Virgil évoqua le pouvoir de nuisance qu’un Legilimens pouvait exercer sur les autres.

Ses pensées se dissipèrent tandis qu’un horrible doute l’envahit. Elle venait peut-être de faire prendre conscience au Gryffondor du pouvoir de manipulation qu’il avait sur elle. En connaissant ce qu’elle cachait le plus, il avait la possibilité de tirer les ficelles de sa vie et voilà qu’elle faisait allusion à la possibilité qu’avait un Legilimens de ruiner la vie de ses victimes. Mais quelle idiote ! La jeune femme espérait sincèrement qu’il n’en avait pas l’intention ou que son discours ne lui en avait pas donné l’idée… Elle n’osait pas imaginer ce qu’elle vivrait si d’autres personnes étaient au courant… Serait-elle vue comme une héroïne ? Une rescapée ? Ou comme un cas social ? Elle ne voulait pas faire face aux interrogations, au chuchotements ni même aux encouragements, aux félicitations ou à de la compassion. Les quelques questions de ses camarades de dortoir concernant ses cicatrices les plus visibles lui suffisaient. Nelly voulait oublier cette partie de sa vie et ce travail impliquait un nombre réduit de personnes qui soient au courant et qui soient ainsi capables de lui rappeler ce qu’elle s’efforçait d’effacer. Deux élèves à Poudlard étaient au courant : son frère et Virgil, ce gars « bizarre », qui, à tout moment, CRAC ! pouvait tout détruire.

Fort heureusement, pour l’instant, le Gryffondor montrait aucune motivation à révéler son plus lourd secret. Pour le moment, le jeune homme suivit ses recommandations et s’intéressa de plus près au chapitre Parasitages sensoriels de 10 inconvénients à la Legilimancie qu’il lut rapidement. La Serpentard mit ses lunettes qu’elle avait accrochées plus tôt à son uniforme et relut le passage en même temps que lui, par dessus son épaule, pour s’assurer de l’exactitude de ses dires.  Tel un bébé distinguant toutes les langues du monde, un apprenti Legilimens peut percevoir les pensées et les émotions des personnes autour de lui sans être capable de les filtrer ou de les différencier. Cette capacité, preuve de l’étendue de son pouvoir, peut apporter de nombreux désagréments au sorcier qui risque d’être submergé par un flux d’images, de voix et d’émotions trop intense pour être supportable. Il était ensuite écrit plus loin qu’une utilisation couplée de l’Occlumancie pouvait aider à faire disparaître plus rapidement cet effet indésirable qui s’estompait généralement quand le sorcier apprenait à maîtriser son don. Ce n’était pas très rassurant à lire, Nelly l’admettait. Est-ce que Virgil avait déjà vécu ça ? Il avait l’air d’aller bien... Du moins, elle l’espérait, se dit-elle en attendant la réponse de Virgil à la question qu’elle lui avait posé. Intérieurement, Nelly était partagée entre l’impatience, dans l’attente de sa réponse, et l’appréhension du contenu de celle-ci et ne savait pas vraiment ce qu’elle espérait entendre… Peut-être que Virgil était en train de lire dans ses pensées en ce moment ! Quand celui-ci daigna enfin répondre, la préfète se concentrait déjà pour appliquer les quelques exercices d’Occlumancie qu’elle avait appris mais l’expression stupéfaite qu’afficha alors le Gryffondor lui fit froncer les sourcils.

« Quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? » questionna-t-elle en observant Virgil s’éloigner de quelques pas, visiblement abasourdi.

Se retournant vers elle après un court instant, le jeune homme lui révéla qu’il n’avait rien entendu… mais uniquement en étant sobre. Ah. Deux choses : il pensait donc avoir déjà entendu les pensées de quelqu’un et deuxièmement, il avait précisé « pas en étant sobre ». Cela devenait intéressant. Et puis c’était un peu une bonne nouvelle puisqu’il avait l’air clean et donc il ne devait pas être infiltré dans sa tête en ce moment même. La Serpentard remonta ses lunettes dans ses cheveux et incita Virgil à poursuivre. Un petit sourire amusé se dessina sur ses lèvres lorsqu’il avoua clairement qu’il consommait parfois de la Mandragore et de la Volubilis. Cela ne l’étonnait guère, bizarrement. Ce fait collait parfaitement à son image, songea-t-elle en retrouvant une expression plus sérieuse avant de hocher lentement la tête au fur et à mesure que le Gryffondor évoquait les effets d’un bad trip. Elle savait de quoi il parlait, on l’avait informée à propos de sa mère qui avait fait quelques hallucinoses alcooliques, trouble qui se manifestait sous forme d’hallucinations visuelles principalement. En apprendre plus sur les effets néfastes de la prise d’alcool ou de substances avait marqué Nelly qui était devenue réticente au moindre verre de trop et au moindre petit joint. Mais ce n’était apparemment pas le cas de Virgil. D’ailleurs, ce dernier ne termina pas ses explications, comme choqué par ce qu’il lui revenait visiblement en mémoire. Les deux élèves restèrent un instant silencieux, Nelly tentant de mettre de l’ordre dans ses pensées.

Virgil avait donc consommé de la drogue qui lui avait permis d’entendre des choses qu’il prenait jusqu’ici pour des hallucinations auditives… Intéressant. Mais loin d’être heureux ou fier de lui, le Gryffondor semblait plutôt abasourdi et mal à l’aise. Quelque peu gênée et également stupéfaite, Nelly s’approcha un peu pour chercher son regard.

« Ça va ? s’enquit-elle. Tu es sûr que… que ce n’était pas de hallucinations ? Ça date de quand ? Croisant ses bras, elle fronça légèrement les sourcils. Si c’est vraiment de la Legilimancie, c’est bizarre que… Elle chercha ses mots pendant quelques secondes. Que ce que tu as pris ait eu cet effet… J’ai jamais vu un truc là-dessus. »

La préfète prit à nouveau sa paire de lunettes dans la main et entreprit de mâchonner nerveusement un des manches tout en faisant quelques pas. Il était tout à fait possible que la prise de drogue ait débloqué quelque chose dans le cerveau du jeune homme qui, complètement stone, a pu voir ses capacités de Legilimancie se décupler sans pouvoir les contrôler… Mais comment l’expliquer ? Virgil était-il un Legilimens né chez qui la drogue révélait ses capacités ? Ou alors est-ce que l’intrusion dans sa mémoire lors de leur duel était responsable de l’éveil des habilités du Gryffondor, accentuées par sa prise de drogue ? Non non non, elle se posait beaucoup trop de questions. Nelly cessa de mordiller ses lunettes et recentra son attention sur Virgil pour lui exposer ses hypothèses.

« C’est peut-être possible que la drogue active, en quelque sorte, tes éventuelles capacités de Legilimancie. Je sais que les drogues sédatives « endorment » le cerveau, avança-t-elle en mimant les guillemets avec les doigts. Alors peut-être qu’à ce moment là, ton cerveau n’a pas pu réguler tes pouvoirs qui ont pu s’exprimer. Par exemple, pour l’Occlumancie, il faut être concentré, à l’inverse, peut-être que pour la Legilimancie, il faut plus être dans la relaxation, le lâcher prise, pour que ça se déclenche, du moins au début. Tu vois ce que je veux dire ? Il y avait un peu trop de « peut-être » à son goût mais elle ne pouvait pas faire mieux. Là je suis un peu perdue... »

Cette histoire devenait un peu trop complexe pour eux, songea la jeune femme en passant une main dans ses cheveux.

« Tu as entendu quoi exactement ? demanda-t-elle. Et quand tu dors ou rêves, il ne se passe rien ? Après tout, pendant le sommeil paradoxal, le cerveau fonctionnait mais était suffisamment détendu pour qu’une quelconque magie puisse opérer. Après une courte pause, la préfète ajouta : C’est dingue tout ça… Tu devrais lire quelques livres sur l’Occlumancie du coup, si jamais cela se reproduit, ou je te filerai des conseils. Et puis si c’est ce que tu veux, pratiquer la Legilimancie, c’est un bon début. »



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Virgil Forbes


Virgil était tout à ses pensées, ressassant inlassablement les paroles qu'il avait entendues durant son bad-trip. Il ne se souvenait pas de tout mais les quelques bribes qu'il avait encore en mémoire le laissaient quelque peu mal à l'aise... et honteux. Il n'avait pas forcément conscience des conséquences de ses actes sur ses proches. Pour Virgil, sa consommation de drogue ne regardait que lui. C'était son petit plaisir personnel. Jonah avait beau affirmer qu' il ruinait sa santé en consommant de tels produits illicites, cela restait à prouver ! Un petit joint de temps en temps n'était guère plus  néfaste qu'une cuite au whisky pur feu ou au vin des elfes. La seule différence notoire était que l'Etat ne touchait pas d'argent dans le premier cas (du moins, en théorie). Cela expliquait en grande partie la diabolisation excessive des drogues auprès des jeunes, selon Virgil. Ce dernier estimait donc qu'il pouvait s'octroyer un petit écart de temps en temps mais il n'aurait jamais penser que ses incartades puissent autant inquiéter ses proches. Même Nelly s'y mettait en lui demandant s'il allait bien.

"Oui. bien sûr." lâcha-t-il d'un air passablement agacé en secouant la tête. Il n'avait pas besoin qu'elle s'y mette elle aussi. Merci bien.  Il fit quelques pas dans la volière et ajouta, Ça s'est passé pendant les vacances de Noël, quelques semaines après que..., il la désigna d'un geste du menton pour lui rappeler l'incursion qu'il avait fait dans son esprit. C'était peut-être des hallucinations, je n'en sais rien, mais ça semblait réel, ce n'était pas tout à fait le mot qui convenait. Il chercha quelques seconde le bon terme et ajouta finalement, ça paraissait cohérent."

Cette caractéristique était plutôt rare lorsqu'il était question d'hallucinations généralement. Les doxys multicolores grimpant aux rideaux que Virgil avait vus durant son dernier bad-trip pouvaient en témoigner !

Le jeune homme se tut, croisa les bras sur son torse et reporta son attention sur Nelly qui semblait en pleine réflexion. Pour le coup, elle paraissait vraiment concernée par tout ce qui lui arrivait et il la détailla quelques secondes tandis qu'elle mordillait les branches de ses lunettes. Elle rompit finalement le silence pour se lancer dans des tentatives d'explications qui méritaient qu'on s'y attarde.

Le cerveau humain régulait-il les capacités du légilimens à son insu pour lui éviter la surchauffe? Probable, surtout si l'on se referait au chapitre sur les Parasitages sensoriels de Dix inconvénients à la Legilimancie. "Etre submergé par un flux d’images, de voix et d’émotions trop intense pour être supportable" Cela ressemblait fort à ce que Virgil avait éprouvé un mois plus tôt. Heureusement qu'il ne vivait pas cette expérience à chaque instant: Il y a avait effectivement de quoi devenir fou !

Il leur restait à savoir, maintenant, si la prise de drogue agissait, d'une manière ou d'une autre sur les facultés du légilimens ou de l'occulmens. Virgil n'avait rien lu là-dessus -il en était certain- et visiblement, Nelly non plus. Ce n'était pas vraiment une surprise. Les livres présents dans la bibliothèque de Poudlard faisaient l'objet d'une sélection scrupuleuse et il y avait peu de chance qu'ils trouvent ce dont ils cherchaient dans la partie tout public.

"Tu as peut-être raison sur cette histoire de lâcher-prise, souffla-t-il en se pinçant la lèvre inférieure entre son index et son pouce, je ne sais pas si tu as déjà fumé ou pris de la drogue, avant d'avoir pénétré dans son esprit, Virgil n'aurait jamais envisagé que Nelly puisse avoir tenté ce genre d'expérience mais il devait avouer qu'il allait de surprise en surprise avec elle alors il préférait demander, mais tu as vraiment l'impression que ça t'ouvre l'esprit. Que quelque chose se libère. Tu ne vois plus le monde de la même manière. Je ne saurais pas te dire ce qui se passe véritablement au niveau neurologique, avoua-t-il. Il était moins callé que Nelly sur l'aspect théorique des drogues sédatives mais il pouvait évoquer l'aspect pratique, mais il y a quelque chose à creuser."

Il s'approcha de la jeune femme pour venir se placer en face d'elle.

"Je suis sûr qu'il y a des bouquins dans la réserve qui doivent parler de ça. C'est obligatoire. Il faut que tu demandes un accès à Corrigan, elle te le donnera à toi, tu es préfète, ajouta-t-il comme s'il s'agissait d'un passe-droit irréfutable, de mon côté je peux essayer de me renseigner auprès de Meredith Kane, la directrice de département qui gère le programme MémoRise. C'est une amie à mon père, dit-il en guise d'explications,  Elle doit venir à Poudlard pour la soirée de commémoration le jour de la St-Valentin. Je peux essayer de lui en toucher deux mots l'air de rien ou lui demander des conseils de lecture, proposa-t-il en lissant ses cernes violacées, C'est une spécialiste dans ce domaine."

Elle était justement la psychomage qui traitait le cas Emma Blackbonnes et qui allait, selon toute vraisemblance lui ôter une partie de sa mémoire. Allait-elle droguer Emma avant l'intervention pour que son esprit soit plus détendu ? Et Meredith ? Comptait-elle prendre des produits pour augmenter ses capacités cérébrales d'intrusion ?

Virgil voulait savoir. Il était sûr qu'ils touchaient du doigt quelque chose d'important et le jeune homme aurait voulu qu'ils se mettent immédiatement au travail. Mais c'était sans compter sur Nelly qui semblait avide d'en savoir plus sur ce qu'il avait réellement ressenti et entendu ce jour-là. Aux yeux du Gryffondor ce n'était pas important -du moins, il n'avait pas envie de s'y confronter ici et maintenant- il toisa donc Nelly du regard et la gratifia de son air le plus méprisant.

"Quand je dors, je dors."
rétorqua-t-il d'un ton sec et sans appel lorsqu'elle lui demanda s'il n'avait rien remarqué d'anormal dans ses rêves. Il ne pouvait pas s'empêcher d'être désagréable tant il se sentait plus sûr de lui en endossant le rôle du parfait petit cognard. C'était comme ça, il avait l'impression de s'être un peu trop dévoilé et il ne voulait pas donner l'impression à Nelly qu'elle pouvait le questionner sur des sujets trop personnels. Il ne répondit pas, d'ailleurs,  lorsqu'elle lui demanda ce qu'il avait entendu exactement le soir de son bad-trip et il se contenta d'acquiescer légèrement quant elle affirma qu'il fallait voir le bon côté des choses: Son esprit était dorénavant assez ouvert pour qu'il puisse pratiquer le légilimancie, même à son insu.

Il devait maintenant s'exercer-au moins un peu- à l'occlumancie pour éviter que ses facultés récemment découvertes ne deviennent ingérables. Encore une fois Nelly avait raison, constata-t-il à contre cœur. Un bon légilimens se devait d'être un bon occlumens. La préfète lui proposa même de lui donner quelques conseils pour fermer son esprit . En guise de réponse Virgil se contenta de ricaner doucement.

"Ne le prends pas mal mais comment sais-tu que tes exercices pour fermer ton esprit fonctionnent ? lâcha-t-il d'un air narquois, tu ne pourras jamais savoir si tu progresses si tu ne subis pas une nouvelle tentative d'intrusion, ajouta-t-il, l'air de rien, en la scrutant de ses yeux clairs.

Elle savait exactement où il voulait en venir, Virgil en était persuadé tandis qu'il l'observait en silence. Cela l'embêtait de l'admettre mais ils commençaient à bien se connaitre tous les deux...
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Quand Nelly s’approcha de Virgil pour lui demander si ça allait, celui-ci ne s’attarda pas sur sa réponse qu’il lâcha avec agacement. C’était drôle, la préfète avait crut apercevoir une certaine fragilité dans son regard… Virgil Forbes cachait-il un petit cœur fragile sous cette façade de cognard ? Ce n’était pas impossible. Le Gryffondor était l’archétype parfait de l’adolescent incompris aux allures de bad boy qui consommait de la drogue pour échapper à son quotidien lassant. Elle partait un peu dans les clichés mais après tout, sa mère était tombée dans la folie de l’alcool pour échapper à une vie qu’elle jugeait morose et le jeune homme pouvait très bien être dans la même situation. Mais ce n’était pas le sujet. Pour le moment, Virgil confirma que ce qu’il avait entendu durant son bad-trip ressemblait à de la Legilimancie, s’appuyant sur la cohérence du contenu des voix. Il n’avait pas tort, Nelly savait à quel point les hallucinations pouvaient faire voir, entendre ou ressentir n’importe quoi aux concernés. Celles de sa mère lui faisaient voir des silhouettes démoniaques qui poussaient des râles et des grognements. Jamais, à sa connaissance, elle n’avait vu quelque chose de réaliste. Et dire que Virgil avait déjà connu cela, à son âge…

Nelly n’arrivait pas à comprendre comment on pouvait prendre du plaisir à se droguer… Pourtant, grâce à ses recherches sur le sujet suite à l’hospitalisation de sa mère, - la psychologue qui l’avait suivie l’avait incitée à se documenter sur l’alcoolisme et les conduites addictives afin de mieux comprendre le comportement qu’avait eu Miss Horrocks – la Serpentard savait que de nombreux mécanismes neurologiques étaient impliqués dont ceux du plaisir et de la récompense principalement. La prise de drogue entraîne chez les consommateurs des réactions physiologiques et du plaisir qui leur donne la motivation de recommencer renforçant ainsi le comportement responsable de ce plaisir : la prise de drogue. Et ainsi de suite, en cercle vicieux, jusqu’à l’addiction qui se manifeste par une envie répétée et irrépressible de réaliser le comportement addictif, si elle se souvenait bien…

A eux deux, ils en savaient quand même pas mal : la théorie pour elle et Virgil, la pratique que le Gryffondor semblait maîtriser puisqu’il était en train d’évoquer le ressenti subjectif que l’on vivait sous les effets de drogues.

« J’ai juste fumé une cigarette, une fois, à une soirée, révéla-t-elle. Et j’ai pas aimé… Le goût surtout. Et c’était bizarre, j’ai senti la première bouffée de fumée descendre dans mes poumons, c’était hyper désagréable. Et puis j’étais mal après. On dit que la première cigarette fait le même effet qu’un joint et moi, sur le coup, j’avais les jambes qui tremblaient, la tête qui tournait et tout… Après par contre, j’étais suractivée, ajouta la jeune femme en laissant son regard se perdre dans la vague avant de le river à nouveau sur Virgil. Tout allait plus vite dans ma tête, je crois que c’est l’effet de la nicotine. »

Elle prit une pause. En fumant cette cigarette, elle avait eu l’impression de transgresser une règle mais par soucis d’être acceptée par les autres, elle avait cédé après une courte réflexion pour ne pas paraître rabat-joie et s’était appliquée pour fumer comme le faisaient ses amis moldus.

« Mais drogues, sédatives ou stimulantes, jamais, avoua-t-elle. Et je n’ai pas envie d’essayer. Même si c’est peut-être une sensation à vivre au moins une fois, je n’ai pas envie de perdre le contrôle de mon esprit. »

Les sensations décrites par Virgil étaient attrayantes mais maintenant qu’elle tentait d’apprendre l’Occlumancie, elle ne voulait pas que son cerveau s’emballe, au contraire. Ceci dit, si les drogues avaient un effet sur la Legilimancie, elles pouvaient également influencer les capacités d'Occlumancie. Elle n’en savait rien, ils n’avaient pas d’ouvrages sur ce sujet précis. En même temps, rien d’étonnant, les livres présentés à la bibliothèque devaient être scrupuleusement analysés et triés alors il était sûrement normal de ne pas trouver tout ce qu’ils voulaient. Virgil verbalisa ses pensées en venant se placer face à elle. Le jeune femme l’écouta attentivement et afficha une mine soucieuse au nom du professeur Corrigan. Voilà qu’il remettait ça sur le tapis. Elle n’osait pas aller voir sa professeur et surtout ne savait pas comment aborder le sujet, il n’avait qu’à y aller lui ! Si ça ne le dérangeait pas d’aborder Meredith Kane au beau milieu de la soirée de commémoration, il ne devait pas être intimidé par une prof !

« C’est pas parce que je suis préfète que Corrigan va obligatoirement me donner un accès à la réserve, comme ça, sans avoir un travail précis à faire, rétorqua-t-elle en vrillant ses yeux dans ceux du Gryffondor. D’une, je ne sais pas vraiment comment aborder le sujet avec elle et de deux, elle me posera certainement des questions et c’est quand même assez difficile de trouver une excuse potable. Je ne peux pas me pointer, l’air de rien : « Bonjour, je pourrais avoir un accès à la réserve s’il vous plaît ? Je m’intéresse à la Legilimancie et l’Occlumancie. », singea la préfète. Et puis t’imagines si elle lit dans mes pensées, dans mes souvenirs… Elle s’arrêta quelques secondes et appuya son regard dans celui de son camarade pour lui faire comprendre qu’il courrait lui aussi un risque si leur professeur le trouvait dans ses souvenirs. Mais bon, j’essaierai d’obtenir une autorisation. Et toi, de ton côté, essaie d’extirper des infos auprès de Kane, bonne idée. »

Ils se lançaient dans une véritable investigation mais là, contrairement aux simples recherches dans la bibliothèque, l’intervention d’adultes qualifiés était nécessaire. Nelly en était à la foix excitée et angoissée de devoir aller demander à Thelma Corrigan un accès à la réserve. Demande somme toute simple mais elle redoutait l’interrogatoire qui en découlerait.

Virgil la toisa ensuite avec mépris lorsqu’il répondit à ses interrogations concernant son sommeil. Qu’il était exaspérant quand il s’y mettait, mais la Serpentard devait avouer que son ton désagréable et son air dédaigneux faisaient leur effet. Bien qu’elle soit désormais habituée à ses allures de petit cognard, se faire toiser de la sorte n’était jamais agréable.

« Bon bon, très bien, excuse moi », se défendit-elle en levant les mains avec une expression faussement contrariée.

Elle sentait qu’il ne fallait pas le brusquer, il n’était pas du genre à se confier, elle le savait. Et puis ce n’était finalement pas si important, la priorité était qu’il apprenne quelques bases d’Occlumancie et c’est là qu’elle pouvait intervenir.
Mais le Gryffondor n’était visiblement pas prêt à recevoir ses conseils puisqu’il ricana et lui demanda comment elle pouvait être sûre que ses exercices fonctionnaient, sachant que personne n’avait tenté de pénétrer son esprit depuis. La préfète, d’abord piquée dans sa fierté, releva les yeux vers le jeune homme puis comprit où il voulait en venir.

Elle écarquilla les yeux et ouvrit la bouche. Il était sérieux ? Elle avait mal compris ce n’était pas possible ? Non non, c’était bien ça : il lui proposait de retenter l’expérience.

« Non, parvint-elle à articuler sèchement en levant un index autoritaire entre eux. Tu ne peux pas me demander ça. »

Elle le contourna, le bousculant au passage avec son épaule, et s’éloigna de quelques pas en croisant les bras. Mais il était fou ou quoi ? Il pensait qu’elle accepterait d’être son cobaye d’entraînement comme ça ? Après ce qu’il avait ravivé en elle ? Non mais il se prenait pour qui ?

De dos au Gryffondor, elle détacha et refit sa queue de cheval plusieurs fois alors qu’une petite voix intérieure lui soufflait que, d’un autre côté, il fallait aussi qu’elle s’entraîne et que c’était l’occasion de tester ce qu’elle avait appris. C’était bien beau la théorie, mais elle ne servait à rien si on ne l’appliquait pas. Et puis, si le professeur Corrigan tentait de lire dans son esprit comme elle le craignait, il fallait bien qu’elle soit préparée et sache un peu comment se défendre.

Et si Virgil parvenait à pénétrer à nouveau son esprit ? Parviendra-t-il à garder le contrôle ? Et bien elle n’avait qu’à l’empêcher d’entrer et s’il y arrivait, elle pourrait toujours tenter de l’orienter vers un souvenir particulier. Et qui lui disait que voir un souvenir était obligatoire ? Il pouvait seulement ressentir quelque chose… Merlin, tout tournait trop vite dans sa tête. Ressaisis-toi Nelly !

La préfète se rendit compte qu’elle avait à nouveau entreprit de mâchonner les branches de ses lunettes. Elle les accrocha à son uniforme et prit une profonde inspiration avant de se retourner vers Virgil dont elle sentait le regard dans son dos. Tu es complètement folle.

« Très bien, lança-t-elle en écartant les bras, la voix un peu tremblante. Je vais te montrer que mes exercices sont bénéfiques – fierté quand tu nous tiens – mais si tu arrives à rentrer, menaça-t-elle en posant un doigt sur sa temps. Tu as intérêt à savoir ce que tu fais. »

HJ:
 



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Virgil Forbes


Virgil croisa les bras en écoutant Nelly disserter sur les sensations ressenties après sa première cigarette. Elle était drôle à se renseigner sur les effets de la nicotine et des autres drogues. C'était visiblement plus fort qu'elle, à chaque fois qu'elle constatait -ou vivait- une perte de contrôle,  il fallait toujours qu'elle se raccroche à des explications scientifiques et concrètes. Elle avait fait la même chose pour expliquer le comportement violent  de sa mère à son égard  "psychose due à son alcoolisme chronique", "hallucinations comme séquelles de son sevrage", "idées délirantes de persécution. "  ... Un vrai jargon de médicomage qui semblait, surtout,  la rassurer. Chercher une explication médicale à un comportement qu'elle n'était pas en mesure de maîtriser et qui lui échappait totalement lui avait , semble-t-il,  permis de se construire et de prendre le contrepieds de la folie délirante de sa mère. Ce n'était pas étonnant -compte tenu de son enfance- qu'elle exècre les situations où elle perdait le contrôle de son esprit. Il suffisait de voir le regard aliéné de sa génitrice pour comprendre la peur viscérale qui devait animer Nelly.

Craignait-elle, inconsciemment,  de finir comme sa mère si elle se laissait aller juste une fois ? Etait-elle condamnée à ne jamais vivre un moment d'ivresse et de lâcher prise à cause de cette appréhension ?

Quelle tristesse ! Virgil ne connaissait pas de plus douces sensations que l'euphorie et la légèreté ressenties après avoir consommé de la drogue. Envolés les problèmes et les questions existentielles ! Les impressions de plénitude et de relaxation qui suivaient un joint de mandragore étaient telles que le Gryffondor aurait voulu être stone 24h/24. Il lui arrivait parfois de faire quelques bad-trips, bien sûr, mais c'était le prix à payer pour tous ces moments planants que les drogues lui offraient. Dire que Nelly ne vivrait probablement jamais ça...

Honnêtement, si Virgil n'avait pas fait une incursion dans sa mémoire, il l'aurait surement rallier à ce sujet. Après tout, c'était facile de se moquer de ce côté Control-Freak:  La préfète refusant d'entacher son image de  première de la classe, pourtant, il n'en fit rien et se contenta de rester silencieux -ce qui était, déjà, un réel effort de sa part.

Toutefois cet égard fut de courte durée. En effet, lorsqu'ils évoquèrent des sujets moins intimes ( notamment le fait de demander  un passe droit à Corrigan pour avoir accès à la réserve de la bibliothèque ) Virgil retrouva bien vite son air moqueur de parfait tête à sorts. Il leva les yeux au ciel quant Nelly lui jeta un regard courroucé et poussa un profond soupir tandis qu'elle expliquait à quel point sa requête était périlleuse:

"Je ne te demande pas de lui mentir, dis-lui juste la vérité:  L'occlumancie t'intéresse et tu as fait le tour des bouquins qui traitent de la question à la bibliothèque... Ce n'est pas si compliqué, souffla-t-il en la prenant de haut, à moins que tu préfères t'occuper de Meredith Kane  et de me laisser Corrigan. Tu es déjà terrorisée à l'idée d'aller parler à une prof alors j'ose à peine imaginer à quel point tu vas te liquéfier devant une directrice de département du Ministère de la Magie."

Il était désobligeant, il en avait conscience, mais il avait remarqué que cette technique marchait plutôt bien avec Nelly. Elle lui semblait plutôt prévisible. A chaque fois qu'il la sollicitait, elle réagissait toujours de la même manière: Elle donnait l'impression qu'elle allait dire "non" avant d'accéder finalement à sa requête.
Virgil ne savait pas ce qui motivait la jeune femme à agir de la sorte  mais il comptait bien épuiser le filon jusqu'au bout, même s'il lui arrivait, parfois, d'avoir quelques remords à cette idée...

Toutefois ses regrets s'envolèrent bien vite lorsqu'elle affirma qu'elle allait essayer d'obtenir une autorisation. Bingo ! Il suffisait de demander ! Virgil retint le sourire victorieux que cette révélation lui inspirait et décida de tenter le tout pour le tout: S'il suffisait de demander pour obtenir ce qu'il voulait, il n'avait qu'à se lancer.
Depuis qu'il avait pénétré l'esprit de Nelly, il rêvait d'avoir l'opportunité de réitérer l'expérience alors pourquoi ne pas solliciter la jeune femme directement ? Elle s'exerçait depuis plus d'un mois à fermer son esprit, n'avait-elle pas envie de voir si ces exercices fonctionnaient ? songea-t-il en se disant que cela ferait un bon argument pour la faire hésiter.  Après tout, que risquait-il à lui demander ?  Au pire, elle l'enverrait sur les roses, au mieux, elle relèverait le challenge par fierté...Alors autant se lancer, se dit-il en formulant un sous-entendu qui ne laissait pas de place au doute quant à ses intentions véritables.

La réaction de la jeune femme ne se fit pas attendre, elle écarquilla les yeux quelques secondes - comme si elle n'en croyait pas ses oreilles- et finit par opposer un "Non" ferme et catégorique.

Virgil savait pertinemment que sa demande était déplacée et que la bienséance aurait voulu qu'il s'abstienne de faire une telle proposition à Nelly.  Il était peut-être allé trop loin, constata-t-il subitement lorsqu'elle le bouscula sans ménagement pour s'éloigner de lui.  Cette fois,  il ne chercha pas à piquer sa fierté pour la faire changer d'avis et il se contenta de la suivre des yeux pour guetter sa réaction. Bien qu'elle lui tourna le dos, elle semblait fébrile et hésitante. Elle avait raison, il ne pouvait pas lui demander cela, et pourtant, il l'avait fait. Pour être tout à fait honnête, en la voyant aussi choquée,  des mots d'excuses s'étaient imposés dans l' esprit de Virgil mais il savait pertinemment qu'ils ne franchiraient pas sa bouche. Il avait conscience d'avoir dépassé les bornes mais il ne se plierait pas en quatre pour apaiser le courroux de Nelly et garantir leur collaboration. Non, il ne s'excuserait pas pour ces mauvaises raisons et il ne le ferait pas, non plus, pour les bonnes. Même s'il savait parfaitement qu'il était l'odieux cognard de cette histoire.

Il s'apprêtait donc à quitter la volière en lui balançant un "Soit, comme tu veux..."  teinté d' une indifférente condescendance lorsque Nelly se retourna pour lui faire face. De sa voix rendue tremblante par l'émotion, elle affirma contre toute attente vouloir relever le défi.

Ce fut au tour de Virgil d'écarquiller les yeux d'étonnement. Vraiment ? Elle acceptait ? Merlin, il n'en croyait pas ses oreilles ! Le gryffondor laissa même échapper un léger rire devant l'incongruité de la situation.

"Tu me plais de plus en plus Horrocks !" lâcha-t-il mi-surpris mi-impressionné. Sa théorie se vérifiait: Encore une fois Nelly accédait à sa demande, non sans quelques objections, certes, mais le résultat était le même. Toutefois, la jeune femme ne tarda pas à le rappeler à l'ordre en lui affirmant qu'il avait intérêt à savoir ce qu'il faisait. Elle avait raison, ce n'était pas le moment de faire preuve de triomphalisme. Ils avaient là une réelle importunité, l'un comme l'autre, de s'exercer à Virgil ne comptait pas laisser passer sa chance en prenant les choses trop à la légère. Il se débarrassa donc de son sac en bandoulière qu'il abandonna dans une niche et s'approcha de Nelly pour l'observer de son regard étonnamment vif. Il avait bien conscience que si cette tentative d'incursion se déroulait sans encombre, il aurait plus de chance de réitérer l'expérience dans le futur.

" J'ai tout intérêt à ce que ça se passe bien, lui assura-t-il avec le plus grand sérieux, je ne compte pas faire n'importe quoi, ajouta-t-il en secouant la tête.

Il avait lu un nombre incalculable de ressources concernant la légilimancie et l'heure était venue de mobiliser toutes ces connaissances. Le jeune homme planta ses deux pieds bien au sol et sortit sa baguette qu'il fit rouler entre ses mains. Il ferma les yeux pour se concentrer et maitriser l'état d'euphorie et d'impatience dans lequel il se trouvait. Il devait se sentir sûr de lui,  serein et calme. Concentré sur sa respiration, il s'octroya donc plusieurs secondes de silence avant de rouvrir les paupières.

"Tu y vas mollo si jamais tu es amenée à me virer de là." souffla-t-il à l'attention de Nelly en designant du menton le crâne de la préfète. Il n'était pas le seul à devoir se montrer prudent. "Es-tu prête ?" s'enquit-il ensuite, soucieux d'obtenir une dernière fois l'aval de sa partenaire. Il prit alors une profonde inspiration et murmura:
"Legillimens"

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Elle était complètement inconsciente… Nelly ne savait pas vraiment ce qui l’avait poussé à accepter la requête de Virgil… La fierté ? L’envie de s’entraîner ? Certainement un peu des deux. Et puis même si elle trouvait sa demande très déplacée, la préfète comprenait le Gryffondor : il avait sans doute envie de retenter l’expérience pour s’exercer. Ne pouvant pas solliciter n’importe qui et ayant déjà pénétré son esprit, elle devait apparaître comme la meilleure partenaire… Vu sous cet angle, c’en était presque flattant.
De son côté, à bien y réfléchir, le début de confiance qu’elle avait à l’égard du jeune homme l’incitait peut-être un peu à relever le défi. Elle non plus ne pouvait et ne voulait définitivement pas proposer à n’importe qui une incursion dans son esprit : Virgil était le seul à qui elle pouvait faire confiance, il fallait l’admettre. Il l’avait fait une première fois et avait réussi sans dégâts alors si elle voulait s’entraîner, elle devait faire des efforts et mettre de côté sa réticence.

La jeune femme avait l’impression de déroger à ses principes, elle se surprenait elle-même. En réaction à sa décision, Virgil partit dans un léger rire, affirmant qu’elle lui plaisait de plus en plus.

« Oui bah t’emballes pas, » rétorqua froidement Nelly en le toisant du regard.

Il lui déclarait son admiration maintenant ? Elle le détailla quelques secondes avec curiosité tandis qu’il se débarrassait de son sac. Avait-il dit ça sincèrement ou uniquement pour l’amadouer et ainsi assurer la réussite de sa requête ? Ce n’était pas le genre de choses à dire à la Serpentard qui avait tendance à réfléchir un peu trop... Néanmoins, Nelly se plaisait à penser qu’elle l’avait dérouté. Elle aimait surprendre par ses multiples facettes, être imprévisible – l’était-elle vraiment ? - et un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres que la préfète s’empressa d’effacer quand son camarade s’approcha pour la rassurer sur le sérieux avec lequel il prenait la situation.

Oh que oui, il avait intérêt à ce que cela se passe bien. Sinon, il n’était pas prêt de voir la couleur des livres qu’elle allait essayer d’obtenir dans la réserve et de s’entraîner à nouveau avec elle si besoin. Nelly l’observa prendre le temps de se préparer et en fit autant pour rassembler ses connaissances sur l’Occlumancie et calmer l’excitation qui lui montait aux tripes. Elle leva les yeux vers Virgil lorsqu’il lui préconisa d’être soft si elle était amenée à l’expulser de son esprit.

« Je n’aurai aucune pitié, murmura-t-elle, comme pour ne pas troubler leur concentration, en dardant un regard provocateur sur le jeune homme.
La préfète prit ensuite une profonde inspiration et fit le vide dans son esprit. Je suis prête. »

Le mur de briques qu’elle visualisa ne fut apparemment pas assez solide et elle quitta contre son gré la réalité pour être emportée dans les tréfonds de sa mémoire. Et merde, ragea la Serpentard. Elle retrouvait la désagréable sensation qu’elle avait éprouvée lors de son duel avec Virgil et, alors que des images défilaient sous ses yeux, elle se demanda vers quel type de souvenir s’orientait le Gryffondor… Mais rien n’était perdu… Elle avait la possibilité de l’aiguiller vers des souvenirs particuliers. Il fallait faire vite, tant qu’elle gardait un minimum de contrôle. Il lui suffisait de se concentrer sur quelque chose de marquant qui masquerait tout le reste et empêcherait Virgil de voir autre chose. Vite, vite... La première chose qui lui vient à l’esprit fut la reviviscence d’une chaude journée qui s’était déroulée l’été dernier, chez son père, pendant un après-midi piscine avec ses amis moldus. Elle s’était beaucoup amusée et Liam, son meilleur ami moldu, s’était montré très proche d’elle. Malgré les doutes que cela avait créés chez elle, Nelly gardait un très bon souvenir de cette journée entre amis et, même si elle n’avait pas spécialement envie de repenser à sa relation ambiguë avec Liam, c’était la meilleure idée qui lui venait à l’esprit qui soit efficace. Et puis c’était parfait pour s’entraîner.

Se concentrant, la préfète tâcha de faire remonter ce souvenir en reconstruisant mentalement l’environnement de la scène et en s’attardant aux sensations alors ressenties. Viens par là, Virgil… D’abord flou, le flux d’images se stabilisa et, rapidement, les cris et les plongeons dans la grande piscine de la propriété Horrocks se firent entendre. Le souvenir était assez clair mais certains détails étaient absents, Nelly n’arrivant pas à tout se remémorer. Le temps sautait parfois : elle se trouvait au bord de la piscine et la seconde d’après, était dans l’eau. Sans que la Serpentard ne fournisse d’efforts particuliers, la scène se centra naturellement sur Liam qui vint se placer dans son dos pour l’enlacer tendrement alors qu’elle observait avec amusement ses amis bataillant dans l’eau, debout au bord du bassin. Le jeune homme posa son menton sur son épaule et Nelly, d’abord surprise, se laissa aller à cette sensation de bien-être et de sécurité, toute contre lui. La jeune femme ressentit à nouveau cette douce émotion qui lui fit inconsciemment relâcher sa concentration…
Le souvenir vacilla, s’emmêla puis finit par disparaître avec toutes ses émotions.

Elle perdait le contrôle, elle le sentait. Refusant de s’avouer vaincue, Nelly profita du moment de flottement qui suivit pour trouver un autre souvenir auquel s’accrocher. Mais quoi ?… Dans la Volière, elle devait être en train de serrer les poings et de plisser les yeux quand une intuition lui vint. Une odeur ! Il fallait qu’elle se souvienne d’une odeur ! La préfète avait lu que les souvenirs associés à une odeur étaient les plus puissants et les plus persistants, alors il n’y avait pas de raisons que cela ne fonctionne pas. Bien qu’elle n’était pas réellement exposée à une odeur particulière, elle parvint à forcer son cerveau à imaginer et se concentrer sur l’odeur des gâteaux aux pommes de sa grand-mère, comme si elle la sentait vraiment. Il faut dire que tout semblait plus accessible, ainsi dans sa mémoire, il était plus facile de retrouver des sensations bien précises.

Le parfum des pâtisseries de sa grand-mère et l’un des souvenirs associés s’imposèrent brutalement à son esprit, lui faisant basculer la tête en arrière. L’émanation à la fois sucrée et acidulée envahissait la totalité du souvenir qui se déroulait dans la cuisine de ses grands-parents, il y avait assez longtemps de cela. Nelly était assise face à son petit frère, encore tout jeune, et aux côtés de sa grande sœur Éline à la table en bois et leurs grands-parents s’affairaient en arrière plan autour des fourneaux. Nelly eut un pincement au cœur en voyant son grand-père, encore en vie à cette époque là… Mais la qualité visuelle médiocre du souvenir ne lui permettait pas de profiter pleinement de cette belle image de son grand-père qui faisaient léviter des couverts et des assiettes avec sa baguette… Comme si le souvenir était trop ancien et que seule l’information olfactive persistait, les couleurs étaient délavées, les contours des formes étaient flous et aucun son ne lui parvenait. Mike et Éline ouvraient la bouche sans qu’elle puisse se rappeler ce qu’ils lui disaient et les voix de ses grands-parents étaient inaudibles. Elle ne se voyait même pas elle-même, contrairement à d’autres souvenirs où elle pouvait être spectatrice en plus d’être actrice…

Tel un enregistrement cassette arrivant au bout de bande, la scène grésilla, se stoppa net et s’évanouit, emportant avec elle le souvenir du sorcier qui avait été pendant longtemps son modèle.

L’effluve terriblement entêtante des gâteaux aux pommes persista un instant et Nelly, à court d’idées, sut qu’elle devait tenter de fermer son esprit avant que Virgil ne reprenne le dessus.
La jeune femme se concentra et mobilisa toutes les connaissances qu’elle avait ingurgitées via ses lectures. Faire le vide dans son esprit, comme si elle enfermait ses pensées et ses souvenirs dans une boîte dont elle seule avait la clé pour que Viril ne puisse plus rien voir… Tenter d’expulser le Gryffondor de sa tête avec plus ou moins de vigueur…
Mais c’était sans compter sur les éventuels progrès de son camarade qui devait ne pas vouloir se laisser faire, songea la préfète alors que l’affreuse mais incroyable sensation due à la présence du jeune homme prenait de l’ampleur…



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Virgil Forbes

Virgil esquissa un sourire narquois en entendant Nelly lui dire de ne pas s'emballer. Pour une fois qu'il ne lui envoyait pas une énième vacherie dans la figure - comme il savait si bien le faire pourtant- la Serpentard paraissait désarçonnée. Où était-elle passée la petite allumeuse pleine d'aplomb qui lui avait brûlé la joue pendant le club de duel  ? Envolée ! Virgil se remémora ce souvenir avec un certain amusement mais il se garda toutefois de faire le moindre commentaire, préférant se concentrer pour ne pas rater son sortilège. Il ne l'avait pratiqué qu'une seule fois et il n'était pas à l'abri d'un éventuel échec ou d'une bavure. Mieux valait prendre son mal en patience, il aurait tout le loisir de fanfaronner et d'embêter Horrocks une fois leur duel fini.

Le Gryffondor prit donc une profonde inspiration, comme avant de plonger dans l'eau, et tenta une percée dans l'esprit de la préfète.  Il fut assailli par une sensation inconfortable, oppressante qu'il n'avait pas ressentie la première fois  et  se trouva projeté dans une sorte de tunnel blanc avec en ligne de mire, un mur en brique. Plus il approchait du mur, plus il sentait une force invisible le tirer en arrière. Nelly résistait cette fois mais il ne comptait pas s'avouer vaincu. Les chapitres traitant des premières secondes d'intrusions conseillaient à l'apprenti legillimens de rester mobilisé et de ne surtout pas  craindre de se confronter à un obstacle.
*Ce n'est pas réel* pensa-t-il en se concentrant sur le mur qui barrait l'entrée et contre lequel il se jeta ,tête la première . La construction en brique s'évanouit dans un tourbillon fulgurant de couleurs, d'odeurs et d'images sans que  Virgil n'ait ressenti le moindre contact. Le Gryffondor se trouva happé dans cette spirale d'émotions et de sensations qu'il pouvait ressentir lui même jusque dans son être. Mais quel pied ! Il pouvait profiter pleinement de cette immersion cette fois: Être projeté dans ce monde parallèle, c'était dingue !

Il vit passer une image de Nelly enfant, une de son petit frère et d'autres encore mais il ne parvint pas à les accrocher. Il était entré certes mais les souvenirs semblaient plus flous, plus disloqués que lors de sa dernière intrusion, du moins, jusqu'à ce qu'il se retrouve projeté  dans une scène d'une intensité lumineuse si forte qu'elle lui fit fermer les yeux. L'été, le soleil, au plus fort de l'après midi. Virgil pouvait sentir les rayons de l'astre transpercer son uniforme. Quelques secondes plus tôt il se trouvait quasiment congelé dans la volière de Poudlard ouvertes aux mille courants d'air froids de février, et là, il se prélassait sur les abord d'une piscine, constata-t-il en papillonnant des paupières, le temps de s'habituer à la lumière estivale. Enfin, c'était plutôt Nelly qui semblait profiter de la météo clémente installée sur sa chaise longue avec ses amis.

Virgil fut instantanément frappé par la qualité incroyable du rendu, l'odeur de chlore et de crème solaire, les marques de bronzage successives laissées par différentes brides de débardeurs sur les épaules de Nelly... Toutefois, sans signe avant coureur, le souvenir sauta et Virgil retrouva toute la petite bande de copains en train de chahuter dans l'eau. Le souvenir paraissait plus instable et quelques détails se modifiaient ou  s'effaçaient même sous ses yeux. L'herbe du jardin à ses pieds était tantôt haute, tantôt tondue, comme si Nelly hésitait encore. En somme, Virgil avait l'impression d'avoir des hallucinations sans prise de drogue ! La légilimancie était tout simplement un exercice gé-nial ! se dit-il sans pouvoir quitter des yeux le gazon qui changeait d'allure et de coloris.  Il reporta finalement son attention sur le groupe d'adolescents qui s'ébrouait dans l'eau puis il fit quelques pas sur le bord de la piscine. Bien qu'il soit chaussé il avait l'impression de connaitre l'exacte température des dalles de pierres qui bordaient le bassin et le prénom de chaque invité. Une gerbe d'eau chlorée le transperça sans qu'il ne soit mouillé et il esquissa un sourire devant les jeux des amis de Nelly qui cherchaient tous à se couler. Ce n'était pas si éloigné des soirées qu'il faisait chez Damon les étés, l'alcool et la drogue en moins visiblement, se dit-il en dardant un regard en direction de la table ou quelques jus de fruits et soda était posés.

Le souvenir sauta de nouveau et Virgil ressentit alors une force l'invitant à tourner la tête dans la direction de Nelly, comme si elle tentait d'orienter son attention sur elle.  Il ne chercha pas à résister et se laissa guider jusqu'à la vision que la préfète voulait visiblement mettre en exergue: Elle en train de se prélasser dans les bras d'un blondinet que Virgil ne connaissait pas. Liam d'après le nom qui s'imposait dans son propre esprit. Surement un moldu, se dit-il en faisant de nouveau quelques enjambées pour s'approcher des deux tourtereaux enlacés sur le bord la piscine. Virgil s'arrêta à quelques mètres d'eux et les observa un instant: Leurs cils collés par l'eau, les gouttes mouchetant leur corps, leurs respirations tranquilles... Quel souci du détail incroyable. Il s'attarda quelques secondes sur l'agréable silhouette de la préfète -après tout il n'avait pas si souvent l'occasion de voir ses camardes de classes en maillot de bain au fin fond de l’Écosse -  puis il se focalisa sur les émotions qu'elle semblait ressentir. Nelly se sentait bien. Il le percevait dans ce souvenir où le climat rassurant qui régnait ici n'avait rien à voir avec le souvenir d'enfance que Virgil avait entrevu précédemment. Il tourna autour d'eux sans les quitter des yeux en se demandant s'il arriverait, un jour, à ressentir ces mêmes sensations de plénitude et de confiance qui semblaient émaner de Nelly à cet instant. Virgil était rarement apaisé de la sorte, à part quant il fumait un petit joint de Mandragore, bien sûr.

Alors qu'il faisait ce constat, le souvenir sauta comme un disque rayé et le sol se déroba sous ses pieds. Il retomba de nouveau dans le flot de souvenirs imperceptibles. Des voix, des images et même des gouts s'imposaient à lui sans qu'il ne puisse s'attarder plus longuement.  Toutefois, au bout de quelques secondes, une odeur se fit plus insistante que les autres allant même jusqu'à occulter tout le reste. Une odeur de cuisine. De pâtisserie, à  la fois sucrée et acidulée. Virgil en eut presque l'eau à la bouche. C'était comme si le gâteau était posé juste sous son nez et que son parfum chaud emplissait ses narines. Hallucinant ! Et ce n'était pas un vain mot ! Aucun son n'était rattaché à ce souvenir, juste quelques images floues et délavées d'une beauté incroyable .  Comme dans les vieux films muets moldus en tons sépias. La scène tout droit sortie d'un autre temps montrait des personnes attablées et Nelly ne semblait même pas être présente. A la grande déception de Virgil, le souvenir crépita et s'effaça pour laisser place au Mur. Du moins à ses fondations. Les briques lévitaient pour venir s'organiser les unes sur les autres et fermer, ainsi, l'accès à la mémoire de Nelly. Même si Virgil aurait put regarder le spectacle des pierres dansant autour de lui durant des heures il savait qu'il ne devait pas laisser le temps à Nelly d'édifier une muraille infranchissable. Il mobilisa donc toute son énergie pour poursuivre l'immersion. Il ne pouvait pas s'arrêter là. Il voulait voir et sentir d'autres souvenirs, explorer ce territoire inconnu jusqu'à épuisement de ses forces mentales...


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Orienter Virgil vers des souvenirs particuliers avait été un effort très important et Nelly sentait ses forces mentales faiblir. Elle avait l’impression que son cerveau était en surchauffe comme lorsqu’elle focalisait toute son attention sur quelque chose et que sa concentration s’épuisait en quelques minutes. Il ne lui restait que très peu de temps avant de perdre le contrôle et ça, elle n’en avait pas envie. Son esprit et ses souvenirs lui appartenaient et elle ne comptait pas laisser son camarade s’y promener tranquillement. Les scènes qu’il avait vues étaient amplement suffisantes, de plus elle avait accepté uniquement pour s’entraîner et non pour finir éreinter mentalement…
Alors si Virgil ne sortait pas de lui-même, elle allait devoir le forcer. Encore fallait-il y arriver…

Prenant une grande inspiration, la préfète mobilisa toute sa concentration pour occulter son esprit. Comme elle l’avait appris dans ses lectures, faire le vide dans son esprit afin de le fermer aux intrusions était une étape importante car, d’après Connaître la Legilimancie avant d’apprendre l’Occlumancie : « un esprit fermé et sombre n’est guère intéressant pour le Legilimens qui ne s’y attardera pas » et puisqu’il était ensuite plus facile d’expulser l’intrus hors de son esprit. Concentrée sur sa respiration, Nelly visualisa dans un premier temps un fond noir avant d’imaginer un mur en briques, qu’elle espérait plus solide cette fois-ci, qui venait enfermer la présence parasite de Virgil sur laquelle elle se focalisait. D’après ses lectures, canaliser toute son attention sur la désagréable force qu’exerçait le Legilimens était l’un des meilleurs moyens pour le contrer et qu’il ne fallait pas avoir peur de s’y opposer. En effet, ainsi concentrée sur la résistance qu’exerçait Virgil, la Serpentard n’avait plus que ça en tête et sa peur de perdre le contrôle s’évanouit comme neige au soleil.

Il n’y avait plus que ça… Plus que la présence du Gryffondor qu’elle maintenait enfermée. Le mur de briques était à présent parfaitement clair dans son esprit et elle le visualisa s’élever tel un rempart infranchissable.
*Sors maintenant, sors.* Virgil l’entendait-elle ? Maintenant que tout était occulté ? Elle l’espérait… Malgré ses recherches, le faire sortir de sa tête ne s’annonçait pas être une chose facile. Tant pis, il fallait essayer… La jeune femme attendit quelques secondes, toujours focalisée sur le Mur barrant le passage à Virgil, puis, unissant ses dernières ressources, elle fit s’avancer, se resserrer la construction sur le jeune homme pour le forcer à reculer, à renoncer…

Alors qu’elle n’en pouvait plus, la présence parasite de Virgil disparut soudainement et elle eut l’impression de tomber avant de rouvrir les yeux sur la réalité dans un sursaut. Aussitôt prise de vertiges, Nelly prit sa tête entre ses mains et chancela jusqu’au mur contre lequel elle s’appuya. Elle avait l’impression que son cerveau était à l’étroit dans sa boîte crânienne et une tension courrait sur son front d’une tempe à l’autre. Le retour à la réalité avait été, lui semblait-il, moins violent que lors de son duel avec Virgil mais contrairement à cette fois-là, elle se sentait beaucoup plus affaiblie. Jamais elle n’avait ressenti une telle fatigue mentale, c’était comme si elle venait d’apprendre dix chapitres de Métamorphose d’un coup ! Si l’Occlumancie demandait toujours autant d’efforts, elle regrettait presque de vouloir l’apprendre, songea-t-elle, les yeux clos.

Papillonnant des paupières, la préfète leva les yeux vers son partenaire pour l’examiner. Il manquait plus qu’il soit tombé dans les pommes…

« Ca va ? s’enquit-elle dans un souffle. C’était… spécial. »

Il n’y avait pas vraiment de mots pour décrire son ressenti, Virgil devait la comprendre. Elle était trop épuisée pour chercher les bons termes, elle arrivait même pas à être fière de ce qu’elle avait réalisé... Un fond de tristesse s’installait même dans son esprit. Resserrant sa cape autour de ses épaules, elle soupira :

« Fatiguant, surtout… »



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Virgil Forbes

Les défenses de Nelly se révélèrent plus impressionnantes que prévu. En effet, le préfète parvint à ériger dans un temps record une sorte de grande muraille mentale qui encercla Virgil de manière fulgurante. Il avait beau essayer de lutter et de se frayer un chemin entre les briques, il n'y parvenait pas. Nelly contrôlait et isolait sa présence dans un coin de son cerveau pour l'empêcher de se promener ailleurs. La force de persuasion qu'elle exerçait sur lui était trop puissante pour qu'il puisse lutter efficacement. Virgil avait déjà mobilisé beaucoup d'énergie pour passer les premières défenses et il devait avouer qu'il se sentait mentalement exténué. Il essaya de tenir encore quelques secondes mais il finit par lâcher prise et se retrouva instantanément exposé aux courants d'air de la volière. C'était comme s'il prenait subitement conscience de la présence et du poids de son corps. Pendant un instant, les sensations de froid et de fatigue semblèrent décuplées. Il avait certes moins mal à la tête que la première fois mais il se sentait dans un état à peu près similaire: Vasouillard, transpireux, comme s'il couvait une mauvaise grippe.

L'adolescent frissonna et resserra sa cape autour de ses épaules avant de jeter un regard en direction de Nelly qui l'observait. Elle semblait un peu marquée..
"Ça va." répondit-il sans s'étendre sur ses petits bobos cette fois. Il savait que le mal de tête passerait de lui même et qu'il retrouverait un peu de chaleur corporelle après une bonne douche chaude.

Nelly qui n'avait vraiment pas l'air dans son assiette ajouta qu'elle avait trouvé cette expérience spéciale mais surtout fatigante. Sur ce dernier point, il était d'accord avec elle, mais pas sur le premier.

"C'était génial tu veux dire."
corrigea-t-il en massant ses tempes endolories. Spécial, ce n'était pas assez fort pour qualifier ce qu'il venait de vivre. En dépit de la fatigue soudaine, de la sensation de froid qu'il ressentait et du mal de tête lancinant dont il était l'objet, il avait adoré cette nouvelle incursion dans l'esprit de la préfète. D'autant plus que cette vision était nettement moins traumatisante que la précédente. Il avait réellement pu contempler les souvenirs de la jeune femme, s'attarder sur des détails alors que la fois précédente, il n'avait d'yeux que pour la terrifiante -et au combien fascinante- mère de Nelly.

Cette nouvelle expérience le confortait dans son envie de continuer à se documenter et de pratiquer la légilimancie. Quelle discipline merveilleuse ! Il aurait pu rester plusieurs heures à passer de souvenirs en souvenirs, regarder le ciel changer de couleurs, observer les images mentales vieillies et altérées par le temps, sentir l'odeur des bon petits plats... Aucune drogue ne procurait de telles hallucinations et pour une fois il se souvenait exactement de tout ce qu'il avait vu, sans mettre une seule seconde sa santé en jeu. Quoique. Il n'était pas vraiment sûr que ce mal de tête et cette sensation nébuleuse qu'il ressentait soit "normale" mais il était déjà passé par des bad-trips tellement pires qu'il se sentait presque bien. Mais visiblement c'était loin d'être le cas de Nelly qui semblait un peu mélancolique.

"Qu'est ce que t'as ? T'as réussi à me chasser de ton esprit et t'es pas contente ?" s'enquit le Gryffondor avec son tact légendaire. Décidément il ne comprendrait jamais les premiers de la classe et leurs drôles de préoccupations. "Allez, viens on va aller se mettre au chaud." ajouta-t-il en levant les yeux au ciel. Il déposa son sac de classe sur son épaule et s'approcha de la jeune femme pour la guider en direction de la sortie. Elle avait ^peut-être juste besoin d'être dans un environnement plus chaleureux.

Mais où aller ? La bibliothèque ?c'était hors de question. Quasiment tous les élèves sérieux de leur année devaient déjà y être, quant aux autres, ils étaient surement dans la salle des quatre maisons. Virgil avait été banni de la salle des arts pour avoir fumé un joint au milieu des costumes de la pièce de théâtre, quant aux autres salles de classe elle devaient être occupées par des cours, à cette heure-ci.
Le jeune homme prit donc tout naturellement la direction des serres. Il fit signe à Nelly de longer le mur afin de ne pas être vus depuis la serre numéro Une où Neville Londubat dispensait un cours, puis ils pénétrèrent tous les deux dans la quatrième serre réservée aux plantes magiques tropicales. Certes il faisait un peu humide ici mais, au moins, il faisait chaud!

Virgil passa sous les brumisateurs, slaloma entre plusieurs plants de lianes et d'autres plantes grimpantes avant de déboucher sur un petit espace aux étagères et au plan de travail garnies de boutures. Le jeune homme attrapa un pot à sa hauteur pour l'observer de plus près avant de le reposer dans un tintement entre ses voisins, puis il se laissa tomber dans un siège en rotin, les jambes par dessus l'accoudoir.

"Vas-y assieds toi, dit-il en désignant un autre siège un peu plus loin, on sera tranquille ici. Londubat attaque les plantes tropicales seulement en quatrième année et le jeudi il a les troisièmes toute l'aprem."

Connaitre l'emploi du temps des professeurs pouvait se révéler particulièrement utile et Virgil était déjà venu ici par le passé avec ses amis pour fumer tranquillement.

"On fait rien de mal, expliqua-t-il pour faire taire les éventuelles réticences de la préfète tout en tapotant les poches de sa cape à la recherche de ses cigarettes,  On touche à rien, on laisse tel quel et ,en repartant, on referme bien la porte pour éviter que les plantes prennent un coup de froid." Il afficha un sourire benêt comme si tout ce qu'il venait de dire était élémentaire puis il glissa une cigarette entre ses lèvres qu'il alluma de sa pointe de sa baguette.

Quelle douce sensation, songea-t-il en basculant le crâne en arrière. Il en rêvait depuis qu'il était sortie de la mémoire de Nelly ! Il tira une seconde bouffée qu'il savoura tout particulièrement avant de se tourner vers la préfète:

"Bon. Tu veux qu'on débriefe ce qui s'est passé ou pas? demanda-t-il la clope toujours coincée entre ses lèvres.  Il massa ses tempes quelques instants puis sans attendre la réponse de la préfète il enchaina, Je pense que ça peut être plus constructif pour l'un et pour l'autre si on fait un rapport assez détaillé de ce qu'on a vu et ressenti. Un peu comme avec les fiches de lecture, expliqua-t-il, pragmatique.

Se rendant compte seulement à cet instant de son impolitesse, il sortit de nouveau son paquet de cigarettes de sa poche et en tendit une à Nelly. Peut-être avait-elle besoin d'un petit remontant elle aussi ?
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« … Génial ... »

Nelly croisa ses bras sur son ventre en haussant les épaules. Au moins, Virgil avait l’air d’avoir apprécié l’expérience. De son côté, « génial » n’était pas le terme qu’elle aurait choisi… Elle était épuisée et avait l’impression que son cerveau pesait lourd dans sa boîte crânienne tant contrer le Gryffondor avait été ardu. Visiblement, le Legilimens et l’Occlumens n’avaient pas les mêmes ressentis… Pour l’un, vivre un souvenir comme s’il y était devait être incroyable mais pour l’autre, contrer l’intrus était épuisant et il suffisait que le souvenir soit traumatisant pour rendre l’expérience insupportable. Même si la préfète avait réussi à imposer à Virgil des souvenirs bien plus agréables que celui du soir où sa mère avait pété les plombs, elle n’avait pas non plus adoré l’expérience et les effets secondaires qui en découlaient étaient loin d’être appréciables. Le froid de la Volière n’arrangeant rien.

Son état devait se lire dans son attitude puisque Virgil sembla s’en inquiéter avec son tact bien à lui. Passant une main sur sa nuque, la jeune femme laissa son regard se perdre dans le vide avant de répondre.

« Je suis lessivée… J’ai même plus l’énergie d’être fière de moi, » souffla-t-elle en frissonnant.

Nelly reporta son attention sur le Gryffondor qui proposa de gagner un endroit plus abrité, au chaud. C’était avenant de sa part de prendre l’initiative et elle lui en fut reconnaissante en s’engageant à sa suite dans l’escalier de pierre de la Volière, après s’être difficilement décollée du mur contre lequel elle s’était appuyée. Il était bien ce mur.

Ses jambes déroulaient les marches mécaniquement et elle suivait Virgil docilement, sans être pleinement consciente. La jeune femme manqua de tomber dans les dernières marches tant son cerveau était embrumé et les quelques rayons de soleil qui filtraient à travers les nuages l’éblouirent lorsqu’ils furent à l’extérieur. Rattrapant Virgil en quelques enjambées, elle se plaça à sa hauteur pour lui partager son ressenti.

« En fait, je suis tellement fatiguée mentalement que je me sens déprimée… Tu vois ? Quand t’es vraiment fatigué et que tu te sens triste ?… Enfin, c’est peut-être un truc de filles. »

Les aléas de l’adolescence avaient parfois les mêmes effets chez la Serpentard. Il lui arrivait de se réveiller complètement déprimée ou sur les nerfs, sans raisons. Elle avait appris à gérer avec le temps mais au début, elle pouvait déverser sa colère sur quelqu’un avant de fondre en larmes juste après… Éline lui disait qu’elle était beaucoup trop émotive, les hormones n’arrangeant rien, et que de toute manière, c’était très compliqué d’être une femme. La préfète se doutait que Virgil ne comprendrait rien si elle tentait de lui faire comprendre son état psychologique à l’aide d’une comparaison avec ses humeurs d’adolescente, alors elle resta silencieuse jusqu’à leur destination, longeant le mur de la serre une pour ne pas se faire repérée par le professeur Londubat.

Nelly suivit Virgil jusqu’à la serre réservée aux plantes tropicales, hésita un instant devant la porte puis finit par le suivre à l’intérieur. L’atmosphère était humide mais la chaleur qui régnait était la bienvenue : c’était une bonne idée de venir ici, il y faisait bien meilleur que dans la Volière et, de plus, la Serpentard affectionnait particulièrement ce type de climat. Elle rêvait parfois que Poudlard se téléporte sur une île paradisiaque, sous les tropiques… La jeune femme slaloma prudemment entre les plantations en prenant garde à ne pas toucher ni même passer trop près des espèces les plus atypiques. Cette fleur aux tons violets et aux grosses racines ne lui disait rien qui vaille… Les deux adolescents débouchèrent sur un espace qui semblait presque aménagé pour l’occasion : les sièges en rotin lui rappelaient ceux qui trônaient dans la véranda de sa grand-mère, les pots en terre cuite et les plantes un peu partout apportaient une touche cosy au cadre. Occupée à sa contemplation, Nelly n’écouta que d’une oreille les commentaires de son camarade qui s’affalait dans un siège. Elle tira une autre chaise pour se placer face au jeune homme tout en s’éloignant des lianes qui tombaient à proximité du fauteuil.

« Comment tu sais tout ça ? l’interrogea-t-elle en se laissant tomber dans la chaise qui craqua, les yeux levés vers le toit de la serre pour s’assurer qu’aucunes plantes bizarres pendaient au dessus de sa tête. Tu viens souvent ici ? »

Sa connaissance de l’emploi du temps du professeur de botanique ainsi que sa désinvolture prouvaient que Virgil ne fréquentait pas pour la première fois la serre. Sans doute s’y réfugiait-il pour se cacher des enseignants et des préfets, songea la jeune femme en croisant les jambes.

« C’est bon, te fatigue pas, souffla-t-elle en chassant d’un geste de la main les argumentations de Virgil destinées à la convaincre qu’ils ne faisaient rien de mal. La chaleur suffit à me convaincre. »

Un petit sourire d’aise s’afficha sur ses lèvres alors qu’elle s’étalait dans la chaise en enfonçant sa tête entre ses épaules. Elle se doutait bien qu’ils n’avaient pas trop le droit d’être ici mais elle était tellement amorphe qu’elle s’en fichait royalement : au diable le règlement ! Un éclair de lucidité traversa tout de même son esprit lorsque Virgil sortit une cigarette qu’il alluma avec sa baguette. La fumée vint instantanément lui piquer les narines et jetant un regard blasé sur le jeune homme, elle lui lança :

« Tu te souviens que c’est interdit ?… Scrutant un instant le regard bleuté du Gryffondor, la préfète finit par détourner le regard en soupirant. T’as de la chance, Nelly la préfète est endormie… Tant que ça risque rien avec les plantes... »

Elle n’avait pas la foi de lui faire un rappel au règlement et après l’exercice qu’ils venaient de réaliser, elle ne pouvait pas lui retirer son petit remontant. L’adolescente le détailla du regard quand il tira une grosse bouffée. C’était dingue : ce comportement collait parfaitement à son image. C’était presque agréable à regarder, comme un film.

« C’est fou, ça te va bien de fumer, dit-elle avec une once d’admiration dans la voix quand il reporta son attention sur elle, la clope au bec. C’est pas donné à tout le monde. »

La cigarette, aussi dangereuse soit-elle, donnait un style à certaines personnes alors que d’autres en étaient ridicules. Les femmes par exemple, Nelly trouvait que c’était laid pour une femme de fumer. Alors bien que sa tête et sa dégaine actuelle se mariaient bien à une petite cigarette au bout des doigts, elle n’en avait absolument pas envie. Aussi refusa-t-elle avec une mine dégoûtée la clope que lui tendit Virgil.

« Non merci. La seule chose que me donne envie tout de suite, c’est une énorme part de fondant au chocolat, avoua la Serpentard en levant ses mains dans lesquelles elle imagina son pêché mignon.
Donc, commença-t-elle en se redressant quelque peu. Perso c’était encore assez désagréable de t’avoir dans ma tête. C’est dur à expliquer… tu ressens vraiment la présence de l’autre en fait.
Quand j’ai su que t’avais réussi à entrer, j’ai essayé de t’orienter vers des souvenirs particuliers, je ne voulais pas que tu voies n’importe quoi…
Elle ne l’avouera pas mais elle avait surtout eu peur que Virgil tente de revoir la totalité du souvenir de la folie de sa mère. Donc j’ai fait en sorte de faire remonter un souvenir qui était assez fort et frais dans ma mémoire pour occulter tout le reste. C’est ce qui est conseillé. Je me souvenais assez bien de l’été dernier mais c’était épuisant de me focaliser sur ce souvenir pour le reconstituer. Elle prit une pause en se remémorant les détails du souvenir qui changeaient sous leurs yeux, le temps qui sautaient… Liam. Et il a suffit que je perde un peu ma concentration pour que tout disparaisse. La préfète finit par se débarrasser de sa cape tout en poursuivant. Pour le deuxième souvenir, je savais que les odeurs sont très bien mémorisées, alors je me suis focalisée sur les gâteaux aux pommes de ma grand-mère et ça a fait remonter ce que tu as vu. J’étais petite et, visiblement, je ne me souvenais que de l’odeur. » Un sourire éclaira son visage alors qu’elle sentait à nouveau le parfum de la pâtisserie, certes moins puissant et mêlé à la fumée acre de la cigarette mais toujours autant agréable.

« Ensuite, quand j’ai perdu le contrôle, j’ai concentré toute mon attention sur toi pour te bloquer, comme le disent les livres. Ça m’a vraiment aidé, je pensais à rien d’autre du coup. Mais c’était super dur et le pire c’est quand il a fallu que je te… - Elle hésita un instant sur le terme - …fasse sortir. »

Entre orienter le Gryffondor vers des souvenirs bien précis, le bloquer et le virer de son esprit, elle en sortait éreintée.

« Donc voilà, j’en suis crevée, soupira la Serpentard en s’affalant à nouveau dans le siège comme si parler l’avait vidée de ses dernières forces. Heureusement, les souvenirs étaient plus sympas que la première fois, » ajouta-t-elle en croisant le regard de Virgil.

C’était bien mieux de se retrouver à nouveau dans l’ambiance estivale et ensoleillée de l’après-midi avec ses amis ou encore voyager dans sa mémoire olfactive que de revivre son pire souvenir. Reportant son attention sur son camarade, elle l’interrogea du regard.

« Et toi alors, c’était comment ? T’as bien résisté… Tu m’as entendue quand j’ai essayé de te parler ? »



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Virgil Forbes


Virgil mourrait d'envie de s'en griller une et il avait l'impression qu'il pouvait se permettre ce petit écart devant Nelly. Ils n'étaient plus à ça près. Et puis, avec son culot, Virgil avait déjà réussi à faire fumer Emma Blackbonnes, la préfète-en-chef, alors ce n'était pas Nelly qui l'inquiétait. Il avait souvent l'impression qu'elle était presque trop indulgente avec lui et qu'elle lui laissait passer beaucoup de choses, comme sa mère. Lorsqu'elle lui fit remarquer que fumer dans l'enceinte de l'école était interdit, Virgil tourna légèrement la tête pour l'observer de ses yeux cernés, tout en se murant dans un silence prudent. Pas de justifications inutiles ni d'excuses. Il soutint son regard quelques instants, curieux de savoir ce qui allait suivre après cet avertissement. Avec un peu de chance, sa théorie sur Nelly allait se vérifier une nouvelle fois: D'abord un "non" pour la forme avant de dire "oui". Il n'afficha aucun triomphalisme lorsqu'elle rangea définitivement "Horrocks la préfète" au placard, trop content de pouvoir enfumer à sa guise la serre de Londubat. Il avait peut-être profité d'un petit moment de faiblesse de Nelly -elle l'avouait elle-même leur séance d'entrainement l'avait quelque peu déprimée et elle se sentait particulièrement fatiguée-  mais Virgil préférait se dire qu'il avait su saisir sa chance, au bon moment.

Satisfait, le jeune homme tira longuement sur sa cigarette, savourant cet instant que Nelly rompit par une sorte de compliment. Apparemment fumer lui allait bien.
Contrairement à beaucoup d'élèves, Virgil n'avait pas commencer en fumer pour faire comme les autres ou pour se donner une contenance. Il était encore à l'école moldue lorsqu'il avait tiré sur sa première cigarette qu'un de ses amis avait volé à son père. Il se l'était partagé avec quatre copains inspirant chacun à leur tour de longues bouffées. Virgil se souvenait encore du gout fort et puissant, de la sensation de chaleur dans sa trachée et de la toux qui avait suivi cette nouvelle expérience. C'était surtout le plaisir de braver un interdit, de transgresser les règles qui l'avait poussé à consommer  et depuis, il n'avait pas pu se résoudre à arrêter. Il s'était rendu compte plus tard que le fait d'être fumeur participait à illustrer sa réputation sulfureuse et il avait accrut sa consommation suite à ce constat. Pour être tout à fait honnête, la remarque de Nelly le troubla quelque peu et il ne sut pas vraiment quoi répondre à cette gentillesse -si l'on pouvait la qualifier ainsi- mais la Serpentard affirma bien vite que cette "qualité" n'était pas donné à tout le monde. Virgil refusait de se laisser amadouer et même si cela ne semblait pas être l'objectif réel de Nelly, il objecta."Bien sûr que si. tout le monde peut paraitre cool avec une cigarette. Tu prends le type le moins charismatique de la terre -son frère Casey par exemple- tu lui donnes une clope et tu lui dis "Ne parle pas, ne sourit pas." et voila. Le tour est joué..." Il illustra ses propos en appliquant les conseils qu'il venait de lister et ajouta au bout de quelques secondes" Je t'assure que c'est à la portée de n'importe qui...Tu devrai essayer." Il tendit son paquet de cigarette que la préfète refusa en grimaçant. Les moelleux au chocolat lui faisaient nettement plus envie qu'une taffe, avoua-t-elle.

"Bizarre, j'aurais pensé que la tarte aux pommes était ton gâteau préféré."
commenta Virgil en rangeant son paquet dans la poche intérieure de sa cape avant de se ressaisir mentalement.

Il ne voulait pas donner l'impression à Nelly qu'il utilisait la légilimancie pour glaner des informations sur elle. Bien sûr, il le faisait, par la force des choses. Il trouvait même cela intéressant de découvrir tout un pan de la personnalité et de la vie de Nelly qu'il n'aurait jamais soupçonné en temps normal  mais ce n'était pas ce qui le captivait réellement durant leurs séances d'entrainement.  
Il recentra donc leur conversation sur l'exercice auquel ils venaient s'adonner, soucieux de s'en tenir à leur arrangement initial.

Nelly fut la première à exprimer son ressenti qui était particulièrement différent de celui de Virgil. Pour elle, l'exercice s'apparentait à une lutte de tous les instants pour garder le contrôle:  L'empêcher d'entrer, choisir avec soin les souvenirs à divulguer ou le chasser de son esprit. La démarche semblait particulièrement ardue et énergivore ce qui expliquait le petit coup de déprime de la préfète après l'entrainement. Mais au final, elle avait réussi, elle l'avait mis dehors et elle ne devait pas perdre cela de vue. Si elle avait l'impression de trop subir ces exercices, elle ne voudrait plus jamais s'entrainer avec lui, constata Virgil, aussi il ne tarda pas à lui donner ses impressions et à la rassurer sur sa technique.

"Personnellement, j'ai trouvé ton mur assez impressionnant, expliqua-t-il en basculant dans son fauteuil pour poser les deux pieds au sol, face à la préfète, surtout le deuxième qui se rapprochait de moi. J'avais beau savoir qu'il était faux, il était plutôt convainquant." Très convainquant même, mais Virgil ne l'admettrait pas pour autant, C'est plus angoissant quant tu essayes d'encercler l'intrus plutôt que d'ériger une simple muraille ou de lui demander de sortir. " expliqua-t-il, soucieux de se montrer le plus précis possible.

Oui il avait entendu lorsque Nelly avait essayé de lui parler mais c'était davantage ce  qu'il avait vu et ressenti dans le cerveau de la jeune femme qui avait participé à le faire fuir. La sensation oppressante d'être emprisonné, isolé, privé de tout mouvement et de toute information.

Le jeune homme se tut un bref instant et lissa ses cernes sous les yeux avant de faire disparaitre son mégot de cigarette d'un evanesco.

"Concernant tes souvenirs, c'était vraiment différent de la première fois, poursuivit-t-il après avoir attrapé entre ses doigts un petit fil de tabac au bout de sa langue, Le souvenir de ta mère était très précis, détaillé, ultra  réaliste. J'avais presque l'impression d'être dans la réalité alors qu'aujourd'hui il y avait quelque chose de plus immatériel. Les souvenirs ne semblaient pas complètement fiables, du moins, j'avais l'impression qu'ils étaient plus vagues, moins palpables. Il y avait des sautes et mêmes des éléments qui se modifiaient directement sous mes yeux, il esquissa un sourire,- ça c'était vraiment hallucinant- mais c'est normal puisque tu t'efforçais cette fois de reconstituer tes souvenirs." pensa-t-il tout haut. Il étendit les jambes jusqu'à toucher le pied du fauteuil de la préfète et reprit sur le même ton pensif:

"Dans ton souvenir d'enfance avec ta mère je pouvais ressentir le danger imminent, la peur que tu ressentais à l'époque -ou que Nelly ressentait toujours, Virgil ne savait pas trop, alors que là tu semblais calme, apaisée, que ce soit dans le souvenir de la piscine ou dans celui du gâteau à aucun moment je n'ai perçu le moindre danger. Ces situations avaient l'air plutôt réconfortantes pour toi. Il se tut un instant, Je comprends que tu les ais choisi à dessein, ajouta-t-il en s'accoudant de part et d'autre de son fauteuil en rotin,  M'orienter sur des souvenirs positifs pour occulter les souvenirs négatifs... c'est pas mal comme technique. C'est ce que Arthur Crowley conseille dans "Manipulations mentales magiques ", non ?" A défaut de pouvoir fermer complètement son esprit, autant essayer d'aiguiller et de manipuler l'intrus.

"Après, j'avoue que je me suis laissé promener, admit-il, Mon but c'était de rester dans ton cerveau peu importe le souvenir... J'ai regardé ce que tu me donnais à voir sans chercher autre chose. Et il aurait eu tord de quitter hâtivement le souvenir de la piscine se dit-il en songeant à la jolie silhouette de la préfète. Il esquissa un bref sourire à cette idée, ne sachant pas trop quel message se cachait derrière le choix de ce souvenir  en particulier. Pour être honnête, Virgil hésitait entre *T'as vu comme je suis bonne ?*, *J'ai une vie sociale et affective parfaite !* *Mon mec est un putain d'apollon*... Surement un peu des trois se dit-il en gratifiant la jeune femme d'un regard énigmatique, mais si on envisage une prochaine séance -et si j'arrive à rentrer dans ton esprit- reprit-il, la main toujours posée sur l'accoudoir mais son index pointé dans la direction de Nelly, je pourrai ne pas me contenter de ce que tu veux me montrer... "
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Nelly observa Virgil avec amusement alors qu’il lui expliquait comment paraître « cool » avec une cigarette. Visiblement, il connaissait son sujet, songea la préfète, un sourire se dessinant au coin de ses lèvres. Pendant quelques secondes, elle avait cru l’avoir déstabilisé avec sa remarque. L’avait-il bien pris ? Ou mal pris ? En réalité, la Serpentard avait parlé sans réfléchir, sa franchise profitant de la torpeur de son cerveau pour ressurgir, mais, d’après sa réaction, Virgil semblait plutôt le prendre comme un compliment. En se mettant un peu à sa place, Nelly comprenait que le jeune homme tentait de masquer ses sentiments en affirmant que tout le monde pouvait bien fumer. Se refuser une qualité et la généraliser à autrui : classique. - Mike réagissait de la même manière parfois, en bon Serdaigle. - Modestie ou pudeur ? En ce qui concernait Virgil, qui n’était pas du genre à montrer ses émotions, la préfète optait pour de la pudeur. Pourquoi donc être pudique pour une simple cigarette ?

« Wouahou ! Impressionnant ! se moqua-t-elle quand le jeune homme illustra ses propos avec une démonstration des impératifs qu’il venait de lister. Mais tu ne vas pas me dire que des gamines de 13 ans qui crapotent pour faire les belles ont l’air cool ? »

Nelly ne supportait pas ce genre de filles, elles lui donnaient envie de vomir son dernier repas, ce qui ne serait pas beau à voir même après avoir mangé les délicieuses crèmes aux œufs qu’ils avaient eu au déjeuner et que la préfète engloutirait volontiers si elle en avait actuellement sous la main.

Nelly était une gourmande adepte de sucreries et de pâtisseries qui ne comptait pas le nombre de gâteaux qu’elle adorait. De ce fait, elle était la plus grande fan des chefs d’œuvre de sa grand-mère et lorsque Virgil commenta qu’il pensait que les tartes aux pommes étaient ses gâteaux préférés, elle leva son index pour le corriger.

« Gâteau aux pommes, pas tarte, nuance ! Ne dénature pas la recette de ma grand-mère. »

Sans le relever, - elle devait s’économiser, parler lui redonner le tournis – la jeune femme comprit que Virgil avait bien senti l’odeur du gâteau de sa grand-mère dans le deuxième souvenir. C’était incroyable, il avait même pu ressentir les informations gustatives et olfactives associées… Cela aurait pu la déranger qu’il en déduise ses goûts, mais à côté de ce qu’il savait sur sa mère, ses préférences culinaires semblaient dérisoires…

A nouveau prise de vertiges après avoir détaillé son ressenti, Nelly s’enfonça une nouvelle fois dans son fauteuil en écoutant attentivement les impressions de Virgil qu’il partageait à son tour. Apparemment, le mur qu’elle avait mentalement construit s’était révélé convaincant et efficace : tant mieux, pensa la préfète, c’était signe que les méthodes qu’elle avait tenté d’appliquer fonctionnaient. De plus, pour un premier exercice, elle s’en était plutôt bien sorti et ne pouvait que progresser. Rassérénée par ce constat encourageant, la jeune femme se félicita mentalement et un petit sourire apparut sur ses lèvres.

Son expression se figea et ses mains se crispèrent quelque peu lorsque Virgil compara les souvenirs qu’il venait de voir avec celui de sa mère. Pour elle aussi l’expérience n’avait pas été identique (et encore heureux!). Lors de leur duel, elle avait revécu son agression, ressentant de tout son être sa peur, les odeurs, la douleur des gifles… Par miracle, elle avait réussi à arrêter le souvenir avant le pire.
Alors que, comme le disait le Gryffondor, les souvenirs qu’elle venait de revivre étaient moins riches, plus instables du fait qu’elle les avait elle-même reconstitués… La Serpentard sursauta légèrement quand son fauteuil vibra au moment où Virgil le touchait de son pied. Repenser au souvenir de sa mère la rendait hypervigilante et les propos de Virgil qui insistait sur ses émotions qu’il avait également ressenties, ne l’aidaient pas. Calmant sa respiration pour se détendre, la jeune femme se força à décroiser ses bras et reporta son attention sur son camarade qui venait d’évoquer Arthur Crowley, un des nombreux sorciers et sorcières cités dans Manipulations mentales magiques.

« Oui, je crois que c’est lui, souffla la préfète en se pinçant l’arête du nez. Faut que tu me rendes ce livre... » Elle en profitait pour lui rappeler une deuxième fois qu’elle n’oubliait pas qu’il devait lui ramener l’ouvrage en question.

Arthur Crowley suggérait en effet, si le Legilimens parvenait à pénétrer l’esprit, de se focaliser sur une émotion ou un souvenir bien précis et suffisamment puissant à même d’occulter tout le reste. Bien trop effrayée à l’idée que son pire souvenir ressurgisse une nouvelle fois de par son importance et sa force émotionnelle, Nelly avait alors concentré toute son attention sur la première chose qui lui était venu à l’esprit. Depuis que Liam s’était montré explicitement proche avec elle, elle y avait beaucoup pensé et cela la taraudait de temps en temps aujourd’hui encore. C’était sûrement pour cette raison que, dans la précipitation, elle avait pensé à ce souvenir là…

Liam et elle s’étaient rencontrés la dernière année de leur maternelle et avaient ensuite fait toute leur primaire ensemble. Habitant le même quartier, ils se voyaient souvent et avaient vite fini par devenir de très bons amis. Depuis l’entrée de Nelly à Poudlard, ils ne se voyaient plus que pendant les vacances scolaires, à condition que le jeune homme ne soit pas parti aux États-Unis pour rendre visite à une partie de sa famille qui s’y trouvait. La préfète ne s’était jamais vraiment douté que son meilleur ami puisse avoir des sentiments pour elle… Cela pouvait être évident pour certains mais, de son côté, Nelly ne le considérait pas comme autre chose et elle avait toujours pensé qu’il avait une petite amie moldue. Alors quand, l’été passé, il l’avait enlacée au bord de la piscine, malgré l’agréable sensation qu’elle avait ressentie, la jeune femme s’était sentie comme coincée dans une impasse.
Liam s’était toujours montré affectueux et protecteur à son égard, mais ce jour là, il y avait eu quelque chose de différent et lors de la longue discussion qu’ils avaient eu par la suite, l’adolescent avait clairement révélé ses sentiments. Nelly avait dû choisir les bons mots pour ne pas le blesser tout en lui faisant comprendre que, pour elle, ce n’était que de l’amitié… « Juste de l’amitié » : des mots très durs à entendre, elle en avait conscience mais, elle ne se voyait pas aller plus loin avec lui, du moins pour le moment. Ne serait-ce que par son statut de sorcière et sa scolarité à Poudlard, cela serait compliqué pour eux d’entretenir la flamme. Et puis, une relation moldu-sorcière était-elle réellement possible ?

Au final, cet évènement avait perturbé la préfète et l’avait amenée à beaucoup réfléchir. Il n’y avait donc rien d’étonnant dans le fait que ce souvenir ait été le premier à lui venir en tête et, sans surprise, le moment où Liam venait se blottir dans son dos avait été le mieux mémorisé et bénéficiait d’une qualité et d’une richesse émotionnelle plus importantes.

Maintenant qu’elle y réfléchissait, d’un point de vue extérieur tel que celui de Virgil, ce souvenir pouvait être mal interprété s’il n’était pas remis dans son contexte. Lorsque Virgil ponctua ses dernières paroles d’un regard énigmatique, la préfète haussa un sourcil, mi-intriguée, mi-amusée.

« Qu’est que ça veut dire ça ? Déjà, si on envisage une prochaine fois, si tu arrives à rentrer, insista-t-elle en décroissant ses jambes pour les croiser dans l’autre sens. Et oh que si tu te contenteras de ce que je veux te montrer ou de ce que je t’ai autorisé à voir... » répliqua-t-elle avec une lueur de défi dans les yeux.

La Serpentard se tut un instant pour se gratter le cuir chevelu derrière l’oreille tout en réfléchissant avant de reprendre.

« Et pour ce que tu as vu… Je ne voulais pas spécialement te montrer ça. Garde à l’esprit que je ne voulais pas perdre le contrôle et que tu voies n’importe quoi… Je débute, je n’ai pas vraiment complètement le contrôle et ce sont les souvenirs qui, dans l’urgence, me sont venus en premier à l’esprit. Parce que… Elle se tut un instant et soupira. Maintenant qu’elle y était, autant aller au bout, c’était peut-être utile pour leur apprentissage et pour que Virgil comprenne qu’elle n’avait pas non plus délibérément choisi ces souvenirs, et en particulier le premier, parmi une myriade d’autres, comme si elle avait pu les sélectionner sur l’écran géant de sa mémoire.
… Ce qu’il s’est passé avec Liam – le gars avec moi dans le premier souvenir -, c’est peut-être anodin mais, ça m’a perturbé et j’y réfléchis encore un peu. C’est mon meilleur ami, glissa-t-elle en guise d’explication. Et… c’est pas vraiment réciproque de mon côté, avoua la jeune femme un peu gênée à cette confession. - Elle avait l’impression de faire indirectement de la peine à Liam. - Donc forcément, c’est la seule idée que j’ai eu dans la précipitation parce que c’était quand même un super moment que j’ai beaucoup apprécié : l’été, la piscine, mes amis… J’avais trop peur que le négatif refasse une nouvelle fois surface et ce souvenir était assez positif et agréable pour le bloquer.
Je n’ai pas accès à tous mes souvenirs comme ça tu sais,
souligna-t-elle après une courte pause en adressant un mince sourire au jeune homme. C’était un choix pas vraiment réfléchi pour ce souvenir contrairement au gâteau. »

En choisissant ce souvenir sous la pression de l’exercice, Nelly n’avait pas vraiment songé au message que pouvait en tirer Virgil ou aux impressions qu’il pouvait avoir.

« C’est bien ce debriefing, ça nous permet de comprendre comment fonctionne l’autre, remarqua-t-elle. L’Occlumancie n’est pas si intuitive et je n’ai pas pu sélectionner comme bon me semble les souvenirs à t’imposer. Je pense qu’il y a une énorme part d’émotionnel là-dedans qu’il ne faut pas perdre de vue, aussi bien pour toi, le Legilimens, que pour moi car ça m’a montré que les souvenirs associés à des émotions sont plus faciles à retrouver et que je peux m’en servir pour occulter le négatif. Et puis c’est important que je t’explique un peu : quitte à savoir des choses sur ma vie, autant ne pas imaginer n’importe quoi. »



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Virgil Forbes

Virgil laissa fleurir un sourire diabolique sur son visage émacié. Nelly paraissait particulièrement sûre d'elle à l'idée de pouvoir bloquer son esprit lors de leur prochain entrainement et il n'aspirait qu'à relever le défi. Il n’avait pas cherché à gratter sous les beaux souvenirs de la préfète mais il restait persuadé qu’il pouvait atteindre un palier d’intrusion supplémentaire en forçant quelque peu la mémoire de la jeune femme.

Toutefois  il y avait des étapes à respecter avant cela et l’entrainement auquel ils venaient de se livrer aujourd’hui en était une. Corser les exercices sans en avertir Nelly aurait été particulièrement stupide de sa part, surtout après avoir forcé la mémoire de sa camarade sans son consentement la première fois. En effet, il avait parfaitement conscience d’être chanceux. Rares étaient les personnes qui acceptaient d’ouvrir leur esprit au premier venu –lui-même, il ne l’aurait surement pas fait- et s’il voulait avoir l’opportunité de poursuivre ces séances de travail avec la Serpentard, il devait être réglo. Ni plus ni moins. Virgil était soucieux d’instaurer un rapport de confiance entre lui et la préfète dans le cadre strict de leurs sessions.

Maintenant, elle était prévenue. S’ils décidaient de réitérer l’expérience, il ne serait pas aussi docile et il ferait tout pour essayer gratter le vernis et entrevoir, à nouveau, les zones d’ombre de sa mémoire.

Alors que Virgil restait persuadé que Nelly avait choisi ces souvenirs à dessein pour lui montrer à quel point sa vie était remarquable et épanouissante  – un peu  comme lorsque les moldus postent les photos d’eux les plus avantageuses sur les réseaux sociaux - la préfète s’empressa de rectifier cette supposition en détaillant d’avantage le processus mental qui avait conduit Virgil dans le souvenir de la piscine.

L’adolescent écouta sans mot dire les explications de la préfète, prenant appui sur le fauteuil de Nelly avec son pieds pour se balancer légèrement en arrière. Si l’on se référait à sa théorie, le souvenir estival s’était imposé dans son esprit parce qu’elle avait souvent repensé à cet après midi avec ses amis depuis cet été. Dans la précipitation, elle avait convoqué le premier moment agréable qui lui était passé par la tête et c’était les bras réconfortants de Liam qui étaient apparus. Classique ! Virgil pinça légèrement les lèvres pour retenir la remarque moqueuse que lui inspirait les révélations de la préfète. Si elle pensait à ce beau moldu pour chasser les souvenirs négatifs de sa vie, c’est que Liam avait surement plus d’importance pour elle qu’elle ne voulait l’admettre, mais il se garda toutefois de tout commentaire caustique en ce sens. Le fait de vouloir rester dans les bonnes grâces de la préfète lui imposait un peu de retenue à laquelle il n’était pas habitué. Une part de lui-même aimait déstabiliser les autres et il n’hésitait pas à se montrer vexant envers ses camardes, ami ou non. C’était un automatisme chez lui, cela faisait partie de sa personnalité : Il était corrosif, parfois méchant, souvent sans filtre dans ses propos… C’était donc compliqué pour lui de faire des efforts pour ne pas tenter d’énerver la préfète alors qu’elle venait de lui tendre une si belle perche ! Les histoires de cœur ou d’amitié étaient toujours un sujet sensible avec lequel il était aisé de déstabiliser son interlocuteur… Virgil mourrait d’envie de se servir de cette révélation pour assouvir son petit plaisir sadique et voir le visage de Nelly changer d’expression sous le coup de la gène, de la colère ou de la vexation. Mais au lieu de ça, il s’agita sur son siège, se redressa quelque peu et rabattit ses longues jambes vers lui pour poser ses pieds sur l’assise de son fauteuil en rotin… Il n’allait pas tenir à ce rythme ! Trop de compassion, trop de gentillesse ! Cela ne lui ressemblait pas ! Pour calmer ses démons qui menaçaient de se réveiller, il alluma une autre cigarette et écouta la fin de l’exposé de Nelly qui expliquait qu’ils ne devaient pas sous-estimer la part émotionnelle liée à la pratique de la légilimancie. En effet, ce  facteur était à prendre en compte. L’état émotionnel des protagonistes et le contexte d’intrusion devaient forcément  influer sur les performances de l’Occlumens et du Legilimens.

« C’est sûr, admit-il en s’accoudant sur ses genoux, mais je pense que plus tu t’exerces plus tu arrives à remplacer  l’émotion par la raison. Je suis convaincu que c’est la clef d’ailleurs, en tout cas pour le légilimens, rectifia-t-il après avoir tiré sur sa cigarette, Je t’explique, il expira un peu de fumée et se lança, Concrètement, je m’en fous de ta vie. je veux dire le contenu de ce que je vois, ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse, c’était peut-être un peu dur dit comme ça mais c’était assez proche de la réalité, tu peux bien aimer la gâteau aux pommes, te sentir heureuse dans les bras de ton meilleur pote, ça m’est égal. Il haussa les épaules et leva les paumes vers le ciel en signe de fatalité, Je suis pas dans le registre de l’émotion, ni dans celui de l’empathie par rapport à ce que je vois dans ta tête  et heureusement d’ailleurs parce que la seule fois où j’ai pris les choses trop à cœur ça m’a fait complètement vriller, la fois où il avait tenté vainement de s’interposer entre Nelly et sa mère pour ne pas la citer. Plus il y réfléchissait plus il avait l’impression que l’horrible mal de tête qui avait suivi cette incursion était dû au fait qu’il avait cherché à interagir avec le souvenir, pour moi il est clair que plus je maintiens de la distance par rapport à ce que je vois, plus j’arrive à garder le contrôle sur mon esprit et… sur le tien par la même occasion. »

Il se tut quelques instants pour poser un diagnostic et reprit finalement :

« En fait, j’ai l’impression qu’il faut être plutôt  insensible pour faire ce genre de chose, de ce côté-là Virgil était persuadé d’avoir des prédispositions indéniables, mais peut-être que ce n’est pas le cas de tous les légilimens…, ajouta-t-il d’un air pensif, laissant sa cigarette se consumer entre ses doigts. Il poussa un profond soupir  et reporta son regard cerné sur la préfète : " Alors tu sais, tu n’as vraiment pas à te soucier de savoir de ce que je pense ou pas de ta vie, souffla-t-il en faisant référence à la dernière phrase de Nelly, J’en pense rien du tout. »

Pour être tout à fait honnête, ce n’était pas tout à fait vrai mais Virgil ne se sentait clairement pas prêt à l’admettre…
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Nelly réprima un soupire lorsque Virgil alluma une seconde cigarette. Il voulait les enfumer ou quoi ? Elle n’avait rien dit pour la première mais n’était pas non plus la bonne poire qui laissait tout passer ! La préfète s’apprêtait à le lui faire remarquer avant de se raviser quand le Gryffondor prit la parole. Il avait l’air d’être enclin à la discussion alors autant ne pas l’interrompre, pour une fois qu’il adoptait un discours assez intellectuel…
D’abord surprise par la dureté de ses mots, la Serpentard hocha ensuite silencieusement la tête en signe de compréhension. Il n’avait pas tort, cela devait être important pour le Legilimens de garder une certaine distance avec les souvenirs des autres pour, en premier lieu, garder le contrôle et éviter tout risque d’altération de la mémoire. De plus, imposer une frontière bien définie entre le souvenir et la réalité semblait important pour éviter les risques d’addiction évoqués dans les 10 inconvénients à la Legilimancie… Le Legilimens devait veiller à ne pas trop vivre et ressentir le souvenir sous peine de devenir accroc à cette sensation.

« Ouais, je vois ce que tu veux dire. Et puis ça doit être important de prendre du recul pour aussi éviter les risques d’addiction… D’ailleurs, en parlant de prise de distance, dans les 10 inconvénients, il est écrit que si un souvenir a une charge émotionnelle trop importante, le Legilimens peut en être affecté. Du genre, être triste, traumatisé, etc. Comme si c’était lui qui a vécu ce que représente le souvenir. »

Encore un risque qui se rajoutait à la liste… Nelly songea un instant aux risques qu’avait pris Virgil en parvenant à pénétrer son esprit lors de leur duel : perte de contrôle, impact émotionnel trop important… La Legilimancie n’était pas une forme de magie anodine…

La jeune femme se tut quand le Gryffondor reprit la parole et un sourire amusé passa sur son visage quand il évoqua l’insensibilité dont devait faire preuve les Legilimens, ou qu’il faisait preuve.
Il était clair que Virgil n’était pas le gars le plus sentimental et le plus extraverti qu’elle ait connu… Cela lui donnait au moins un avantage sur la maîtrise de ses pouvoirs. La préfète se demandait si, au fond, le sixième année était si insensible qu’il le prétendait. Elle en savait trop peu sur lui pour le dire… Alors que lui, il connaissait son plus lourd secret et continuerait à en apprendre davantage sur elle, à condition qu’ils envisagent d’autres entraînements.
L’adolescente frissonna à cette idée. En soit, elle se dévoilait à un parfait inconnu qu’elle avait seulement l’impression de connaître parce qu’ils étaient dans la même promotion et que le hasard – ou plutôt le Choixpeau – les avait réunis pour un duel qui avait mal tourné… Peut-être était-ce dangereux ? Peut-être pas ? Depuis qu’ils se voyaient tous les jeudis, la Serpentard avait appris à connaître sa façon de s’exprimer, sa façon d’écrire – surtout – et vraisemblablement sa façon de penser, mais au final, elle n’avait pas vraiment de certitudes assez solides sur lesquelles baser sa confiance hormis le fait, comme il le disait si bien, qu’il ne pensait « rien du tout » de sa vie.

« Rien du tout ? Vraiment ? répéta la préfète, à la fois étonnée et impressionnée – à sa place, elle considérerait la mémoire des autres comme un véritable magasine people où scoops et ragots s’entassent –. C’est parfait alors. »

S’il disait vrai, cela la confortait dans le sentiment qu’il ne la jugeait pas, ni pour ses actes présents, ni pour ceux passés, qu’il ne s’intéressait pas à elle et qu’elle pouvait donc ne pas se prendre la tête et donner rapidement sa confiance sans en craindre les conséquences.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Nelly était du genre à vouer une attention toute particulière à son image : elle choisissait avec soin ses tenues, veillait à ce que son uniforme soit impeccable, réfléchissait à chacun de ses gestes, faisait en sorte d’être bien vue du corps enseignant sans non plus tomber dans le fayotage et prêtait attention à ses fréquentations. Seule sa langue de vipère échappait à son côté control freak mais elle y travaillait depuis quelques temps… Voir son père, PDG d’une société de transport, toujours dans le paraître et le contrôle, avait sans doute contribué à cet aspect de sa personnalité mais c’était surtout la déchéance de sa mère, aussi bien physique que morale, qui l’avait marquée et elle s’était promis que, jamais, elle ne finirait comme ça.

Néanmoins, quand elle rencontrait quelqu’un d’indifférent comme Virgil avec qui elle ne se sentait pas jugée, la préfète se sentait plus légère, comme si elle sortait de son cadre de vie habituel et qu’elle pouvait se permettre de lâcher prise pendant quelques instants.

Un court silence s’était installé et Nelly, jusqu’alors plongée dans ses réflexions, reporta son attention sur le Gryffondor.

« Pour en revenir à ce qu’on disait sur… Ses yeux se posèrent sur la cigarette de Virgil dont la fumée recommençait à lui piquer les narines : elle l’avait presque oubliée celle-là ! Ah oui, non par contre, commença la Serpentard en se levant. Une je veux bien ne rien dire, mais pas deux… »

Elle s’empara de la clope du jeune homme avec autorité sans lui laisser le temps de réagir et la détailla du regard. Et dire que ce petit truc capable de tenir entre deux doigts était si dangereux… Après avoir réfléchi quelques secondes, elle se décida à tirer une latte : c’était bien trop tentant et elle pouvait se permettre un écart devant Virgil. Appliquant les conseils du jeune homme, elle darda sur lui un regard intense tout en tirant une grosse bouffée sans aucune expression : faire la gueule, elle maîtrisait. Ce n’était pas si compliqué finalement, probablement ridicule, mais amusant, songea la préfète en recrachant la fumée. Par contre, c’était affreusement mauvais et désagréable.

« Bah ! C’est dégueulasse, je comprends pas ce qu’on peut y trouver, dit-elle en tirant la langue avant de tousser. Elle se baissa ensuite pour frotter le bout incandescent de la cigarette sur le sol. Tiens, souffla-t-elle en tendant à Virgil la moitié de cigarette qui restait. Je sais que c’est cher alors je vais pas gaspiller en la faisant disparaître. Ne la rallume pas ! »

« Donc je disais, reprit la jeune femme en retournant s’asseoir dans son fauteuil. Par rapport à ce qu’on disait sur la focalisation de l’attention sur un souvenir particulier, ça pourrait peut-être t’aider si tu refais une autre… crise, en inversant les rôles. Tu dis que tu entendais des voix alors, je sais pas, peut-être te concentrer sur une voix précise, une personne précise et éventuellement une émotion si tu en ressens... Ça pourrait peut-être canaliser ta magie et éviter la surcharge, » proposa-t-elle.

La préfète recoinça une mèche de cheveux derrière son oreille et, au passage, renifla ses doigts avec une moue dégoûtée. Quel fléau ces cigarettes, ça s’imprégnait partout !



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Virgil Forbes

Nelly ne sembla pas s’émouvoir plus que de raison des propos  du Gryffondor. Au contraire, elle poursuivit la conversation qu’ils avaient entamé sans se laisser atteindre par  la dureté de ces mots. Peut-être qu’elle appréciait l’idée que Virgil n’accorde que peu d’importance au contenu de ses souvenirs, après tout. C’était plutôt logique. Le jeune homme essaya de se mettre un instant à sa place: Qu’est ce qui le rassurerait davantage si un légilimens pénétrait ses pensées ? Qu’il ne s’intéresse qu’à la technique ou au contraire, au contenu même de sa boite crânienne ? Virgil n’avait pas besoin d’y réfléchir très longtemps pour savoir ce qu’il préférerait !

Pourtant, il devait admettre que c’était parfois difficile de dissocier les deux. Depuis son incursion dans la tête de Nelly, il avait souvent repensé à la mère de la préfète. Cette femme, dépendante à l’alcool, dont il s’était bizarrement senti proche. Il avait surement plus de point commun avec elle qu’avec sa camarade de classe. L’addiction, ça le connaissait ! Ce n’était pas pour rien qu’il avait rendez-vous avec Rachelle Silvester depuis plusieurs mois pour « soigner » sa soi-disant dépendance à la mandragore. L’infirmière lui avait donné tout un tas de brochures éditées par le Ministère de la magie sur les différents troubles addictifs :  La cigarette, les drogues, l’alcool et même le sexe ! Virgil les avait lues –en même temps il n’avait pas vraiment eu le choix-  bien qu’il ne se considéra pas vraiment comme dépendant, du moins, pas à la mandragore. Il avait l’impression qu’il gardait le contrôle, qu’il choisissait, encore, quant et comment consommer. Certes ce n’était pas le cas pour la cigarette qui était devenue un véritable besoin dans son quotidien, mais pas pour la drogue. Il n’était pas toxico. Enfin, il l’espérait. La mère de Nelly avait-elle eu conscience de sombrer dangereusement dans l’alcoolisme ou avait-elle eu le sentiment de contrôler sa consommation ? Pensait-elle être sobre et en pleine possession de ses moyens lorsqu’elle avait jeté la lampe du salon sur sa propre fille ? Lorsqu’elle s’était ruée sur elle avec un ciseau ?

Comme si Nelly avait lu dans ses pensées, elle évoqua les risques d’addiction liés à la pratique de la Légilimancie. Le Gryffondor, releva le regard vers elle, mais se garda de tout commentaire, trop conscient de la véracité des propos de la préfète. Sa dernière incursion remontait à moins d’une heure et pourtant il avait déjà envie de recommencer. Comment ne pas être fasciné par l’étendue et la richesse du cerveau humain ? Comment résister à cet appel ?  S’il n’avait pas été aussi fatigué mentalement, il aurait proposé un second entrainement mais au lieu de ça, il tira sur sa cigarette, en silence et se concentra sur les dires de Nelly.
A l’en croire, la charge émotionnelle élevée d’un souvenir pouvait affecter durablement un légilimens comme s’il avait vécu, lui-même, le traumatisme observé.


« Mouais, ça risque pas de m’arriver, fanfaronna-t-il avec une moue dubitative, l’empathie c’est pas mon truc. »

Et ce depuis tout petit !

Non, il n’avait pas pleuré à la mort de Mufasa, désolé de l’admettre, par contre il avait été subjugué par l’esprit calculateur de Scar. Virgil éprouvait même un certain plaisir malsain à affirmer que le balafré était son personnage préféré du Roi Lion, pour le plus grand désarroi de ses petits frères.

-Tu peux pas aimer Scar.
-Si.
-Mais il a tué Mufasa !  s’offusquait Gaby les yeux plein de larmes.
-Théoriquement c’est pas lui, c’est le troupeau de Gnous, objectait Virgil avec un index levé et l’air supérieur de celui qui a raison.
-MAIS IL L’A POUSSÉ DANS LE VIDE ! TU COMPRENDS PAS ? ALORS QUE C’EST SON FRÈRE ! SON FRÈRE !
- Qu’est ce qui se passe les garçons ? Demandait Agathe depuis la cuisine. Elle n’aimait pas entendre le ton monter entre ses enfants.
-Virgil m’embête ! Il dit que c’est pas Scar qui a tué Mufasa !
-Virgil, laisse ton frère tranquille !
S’il avait reçu un galion à chaque fois qu’il avait entendu cette phrase, Virgil serait millionnaire.
-Mais j’ai rien fait M’man! C’est Gaby qui s’énerve tout seul ! puis se penchant vers son petit frère il chuchotait d’un air sadique, Mufasa s’est fait écrasé comme une mouche.
-Maaaaiiiiss, t’es méééchaaant ! chouinait le petit Gaby.
-VIRGIL !


Bref, se montrer compatissant et compréhensif, ce n’était clairement pas son truc mais Nelly semblait l’avoir compris.  Elle s’accommodait visiblement bien de ce pan de sa personnalité d’ailleurs. Quant la plupart des filles l’accusait d’être froid et insensible, Nelly, elle, ne lui faisait aucun reproche. C’était plutôt appréciable, il devait l’avouer.

Les pieds toujours rabattus sur l’assise de son siège, il l’observait d’un œil curieux lorsqu’elle se redressa brusquement.  Virgil leva les yeux pour la suivre du regard tandis qu’elle s’approchait de lui et il ne bougea pas d’un millimètre lorsqu’elle lui ôta la cigarette des lèvres d’autorité. Elle était de retour, la Nelly qui lui avait brûlé la joue pendant le club de duel ! Les pupilles bleues du Gryffondor accompagnèrent les mouvements gracieux de la préfète tandis qu’elle portait la clope à sa bouche et qu’elle appliquait  les conseils qu’il lui avait donnés un peu plus tôt. Cet air mystérieux et rebelle lui conférait un charme indéniable, Virgil était séduit. Soucieux de ne pas rompre la magie de l’instant, il se garda de tout commentaire mais  la grimace de dégout de la jeune femme mit fin prématurément à cet instant suspendu.


« Qu’est ce que je disais, souffla-t-il avec un sourire en coin, Prenez la personne la moins charismatique sur terre, donnez lui une cigarette… et voilà ! » Dit-il en la désignant des deux mains. C’était un compliment…et une vacherie aussi, certes, mais tout de même. «  Par contre le tirage de langue, t’oublie. » lui conseilla-t-il en se redressant sur son siège pour poser ses deux pieds au sol tandis que Nelly éteignait soigneusement sa cigarette pour lui rendre la partie entamée.

« Je ne m’attendais pas à tant de mansuétude de ta part, lâcha-t-il en reprenant la cigarette de ses mains. Il examina le mégot d’un regard envieux provoquant une ultime mise en garde de la préfète, Ça va... t’excite pas, répondit-il . Il sortit son paquet et rangea la cigarette entamée avant de relever les yeux vers elle, C’est bon ? t’es contente ? » Il ponctua sa phrase d’un sourire exagérément forcé, affreusement benêt, avant de retrouver tout aussi  brusquement son air sérieux.

En effet, Nelly semblait prompte à poursuivre leur discussion sur les manipulations mentales magiques et plus précisément sur l’expérience étrange qu’il avait vécu durant son bad-trip. Tout en l’écoutant, Virgil se pencha légèrement au dessus de son accoudoir pour attraper «  10 inconvénients à la Légilimancie » dans son sac. Il croisa les jambes et le posa l’ouvrage à plat sur sa cuisse prêt à le feuilleter dès que Nelly aurait terminé de lui donner des conseils si jamais il réentendait des voix.

« C’est  vrai, je pourrai essayer, admit-il tandis qu’elle lui suggérait de se concentrer sur une seule voix, mais je ne sais pas si l’occasion va se représenter de si tôt. Je suis suivi par Silvester pour m’être fait chopper en train de fumer de la Mandragore avec Kasya dans la salle des arts en septembre dernier, expliqua-t-il ,alors c’est un peu compliqué pour moi de réitérer l’expérience dans l’enceinte de Poudlard. »

Il marqua un petit temps d’arrêt devant la moue dégoutée de Nelly et désigna d’un mouvement du menton la main de la préfète « Un récurvite et l’odeur disparait » C’était le sortilège qu’il utilisait pour éviter de se faire confondre par ses parents, «  et donc, je disais, pas sûr que je puisse tester ça avant les vacances de printemps. »

Le jeune homme haussa les épaules et feuilleta distraitement le bouquin sur ses genoux.

« Plus j’y réfléchis, plus je me dis que je n’ai peut-être pas besoin d’aller jusqu’au bad-trip pour entendre des choses. Si ça se trouve, il suffit  juste de tirer quelques lattes et d’être attentif, d’avoir l’esprit ouvert, suggéra-t-il en relevant les yeux sur Nelly, L’idéal, ce serait que je puisse m’entrainer avec toi. Enfin que tu sois là, le jour où j’essaye. Il ne pouvait pas prendre le risque de faire cette expérience seul ni de solliciter l’aide de ses frères et encore moins celle de Damon ou Kasya. Je fume un pétard et on va dans un parc moldu tenter d’écouter les pensées des gens, proposa-t-il bien qu’il soit placé sous la vigilance accrue d’Agathe pendant ses congés, ma mère me laissera sortir si c’est avec toi. Tu es préfète, elle va t’adorer, souffla-t-il en levant les yeux au ciel, Si jamais ça tourne mal et que je ne me sens pas très bien, tu me raccompagnes gentiment chez moi et tu dis à ma mère qu’on a mangé un truc qui est mal passé. Et voilà !»

Fier de son plan, il demanda en retour :

« Qu’est ce que t’en penses ? Ça te dit qu’on passe un moment ensemble dans le Londres moldu aux prochaines vacances ? »
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Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Nelly quand Virgil lui adressa ce qui, venant de sa part, s’apparentait à un compliment. Certes accompagné d’une vacherie, mais un compliment… C’était un compliment-vacherie, tout un concept ! Lorsque la préfète se redressa pour rendre au Gryffondor la cigarette éteinte par ses soins, ses yeux pétillaient de malice et, avec un sourire victorieux, elle lui souffla en retour :

« On est deux dans le même cas alors : toi aussi tu es beaucoup moins fade une cigarette au bec… Dommage que fumer soit si dangereux... »

La Serpentard accompagna ses paroles d’un haussement d’épaules fataliste puis retourna s’asseoir dans son fauteuil en rotin en suivant du regard les gestes du jeune homme qui rangeait sa cigarette. Pour être honnête, si Virgil semblait avoir été charmé pendant quelques secondes par son petit numéro, elle n’était également pas insensible à son allure de bad boy qu’il s’efforçait d’entretenir. Cette image lui allait plutôt bien d’ailleurs – elle le lui avait dit – et elle avait du mal à l’imaginer autrement. Que se passait-il si on lui retirait son attitude nonchalante, ses cheveux mal coiffés, ses cigarettes et leur incandescence qui contrastait parfaitement avec ses yeux bleus ? Il ne serait pas le même Virgil Forbes, assurément. Et puis, rien qu’au niveau de sa personnalité, s’il n’avait pas cette fâcheuse tendance à vouloir braver les interdits il n’aurait peut-être jamais utilisé la Legilimancie sur elle lors de leur duel et ils n’en seraient pas là aujourd’hui…
Alors malgré l’exaspération que pouvait inspirer Virgil, la préfète ne perdait pas de vue que sa personnalité et ses agissements les avaient conduits à découvrir des disciplines incroyables et elle devait avouer que, en y mettant un peu de bonne volonté, le Gryffondor avait un certain charme.

Nelly s’accouda sur l’accoudoir du siège, le poing contre sa joue et reporta son attention sur son camarade qui lui expliquait qu’il était suivi par l’infirmière pour s’être fait prendre en train de fumer de la Mandragore dans la salle des arts en compagnie de Kasya. Alors la sixième année consommait également de la Mandragore ? De mieux en mieux, songea la Serpentard. Il y avait bien plus d’élèves ayant déjà goûté à la drogue qu’elle ne le croyait…
La jeune femme fronça ensuite les sourcils quand le Gryffondor lui conseilla d’appliquer un récurvite sur ses doigts pour faire disparaître l’odeur de tabac, doutant de l’efficacité du sort avant de l’utiliser, la pointe de sa baguette sur sa main. Le sortilège se révéla efficace et l’adolescente songea que les moldus adoreraient pouvoir se débarrasser si facilement de cette odeur désagréable pour s’éviter tout problème. Comme Liam qui, une fois, s’était fait démasquer par ses parents après avoir essayé une cigarette d’une fille de leur quartier. Le jeune homme en avait pris pour son grade ce jour-là…

Nelly reposa ses yeux noisettes sur Virgil qui était en train de lui exposer un plan assez fou mais, ma foi, tentant pour tester l’effet de la Mandragore sur ses capacités de Legilimancie. Son camarade lui proposait une virée dans le Londres moldu où il essaierait d’écouter les pensées des moldus. La préfète était un peu surprise qu’il prenne l’initiative et encore plus qu’il lui demande à elle. A Poudlard, elle pouvait bien comprendre, mais à l’extérieur, il n’avait pas d’amis à qui demander ? Comme Drop ou Kasya ? Pourquoi s’embêterait-il de sa présence hors de l’école ? Ils faisaient comme s’ils ne se connaissaient pas devant les autres et ne s’adressaient la parole que pendant leur rendez-vous hebdomadaires alors elle ne s’attendait vraiment pas à ce qu’ils prévoient un moment ensemble à Londres. D’un autre côté, elle comprenait qu’il se tourne vers elle. A sa place, elle ne projetterait pas non plus une telle chose avec quelqu’un d’autre : pour ce qui touchait à la Legilimancie et l’Occlumancie ils n’avaient pas vraiment le choix sur les personnes vers qui se tourner. Indécise, les seuls mots qui lui vinrent à l’esprit furent :

« Tu crois qu’on a la droit ? Je veux dire, écouter les pensées des moldus ? C’est pas considéré comme un usage de la magie sur moldus, même si tu ne lances pas directement le sort ?
Elle ne tenait pas spécialement à ce qu’ils se fassent repérer par le Ministère, ils étaient encore mineurs tous les deux, même si l’expérience en soit était très attrayante.
Mais sinon… oui pourquoi pas ? Je suis partante, ajouta-t-elle avec un petit sourire. Si mon statut de « préfète » peut convaincre ta mère de te laisser sortir… ça me tente bien de voir ce que tu peux lire dans la tête des passants. »

Peut-être que les esprits des moldus étaient plus faciles à percer et que, malgré eux, ils étaient de parfaits cobayes. La question l’intéressait réellement… et si cela lui permettait d’en apprendre un peu plus sur Virgil et ainsi assurer sa confiance, elle ne disait pas non.
La Serpentard jeta un coup d’œil à sa montre, l’heure tournait, puis reporta son attention sur le jeune homme.

« Tu vis dans le Londres moldu toi aussi ? »

Elle avait toujours vu la famille Forbes comme des sorciers très attachés aux traditions et assez puristes, bien que le père soit professeur d’Étude des Moldus, sans vraiment savoir pourquoi…



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Virgil Forbes


« Tu crois qu’on a la droit ? »

L’éternelle question !

Virgil roula des yeux devant tant de naïveté. Fumer de la mandragore était déjà considéré comme un délit alors ce qu’il s’apprêtait à faire n’était vraisemblablement pas recommandable ! Nelly devait bien s’en douter, songea-t-il en la gratifiant d’un regard appuyé qui voulait clairement dire « Tu es sérieuse ? ». Le Gryffondor secoua légèrement  la tête. La question n’était pas de savoir s’ils avaient le droit puisqu’ ils connaissaient déjà la réponse : La chose n’était pas clairement interdite dans la loi –du moins Virgil ne se souvenait pas avoir lu quoique ce soit en ce sens- mais ce genre de comportement soulevait des problèmes éthiques et moraux qui auraient normalement du les freiner dans leur entreprise…

Mais, après tout, qui le saurait ? S’ils parvenaient tous les deux à tenir leur langue personne n’aurait connaissance de leur petite expérience. Et puis Virgil ne comptait pas découvrir les secrets les plus intimes de chaque londonien en les contraignant par la force de son esprit. Loin de là ! Il tacherait juste de garder l’esprit ouvert pour capter ou saisir des bribes de pensées…  Il laisserait venir les souvenirs à lui sans brusquer les choses. Rien de plus.

D’après ce qu’ils avaient lu dans les différents ouvrages, certains legilimens percevaient les pensées de leurs semblables sans le moindre effort, se rendaient-ils pour autant coupables d’usage abusif de la magie? Virgil en doutait et il comptait bien se réfugier derrière cet état de fait en cas de litige. Quoiqu’il en soit, s’il parvenait à pénétrer ne serait-ce qu’un esprit, il y avait fort à parier que la personne en question ne s’en rende même pas compte. Ses frères, en tout cas, ne s’étaient aperçus de rien la dernière fois et ils étaient des sorciers habitués à déceler les actes magiques…
Alors les moldus, ces être terriblement terre à terre, ne percevraient probablement rien du tout.

Pourtant Nelly n’était pas tranquille à cette idée… Pourquoi s’inquiétait-elle ? Elle n’avait absolument rien à faire si ce n’est lui servir d’alibi ! Mais honnêtement, si elle ne le sentait pas, Virgil préférait qu’elle ne l’accompagne pas : Il n’avait pas besoin d’être chaperonné par une Nelly stressée à l’idée de se faire coffrer pour usage abusif de la magie ! Merci bien ! Il s’apprêtait donc à lui dire qu’il allait se débrouiller seul lorsque sa camarade affirma finalement qu’elle était partante.

« T’es sûre ? » s’enquit-il en plissant légèrement les yeux comme pour la jauger. Si elle s’engageait, ce n’était pas pour se dégonfler au dernier moment ! estimait-il, mais visiblement, Nelly semblait prête à relever le défi, Ok. Cool. » répondit-il sans grand enthousiasme, certes, bien qu’il soit plutôt satisfait de la tournure des événements. Il ne se voyait pas partager cette expérience avec une autre personne qu’elle.

Et puis, il avait tellement hâte de se livrer à cette expérience ! Peut-être allait-il se trouver de nouvelles aptitudes magiques insoupçonnées !

Il était justement occupé à passer en revue le champs des possibles lorsqu’il surprit le regard de Nelly sur sa montre. Il l’imita et constata qu’ils allaient bientôt devoir retourner en cours. Déjà, songea-t-il en refermant dans un claquement le livre posé sur ces genoux. Virgil attrapa son sac par-dessus l’accoudoir et rangea «  10 inconvénients à la Légilimancie » entre ses parchemins. Ils avaient échangé leurs fiches de lecture, débriefé leur séance d’entrainement, programmé une expérience prochaine… Visiblement Nelly et lui avaient fait le tour de la question pour aujourd’hui, il était temps de se séparer.

Virgil était sur le point d’esquisser  un mouvement pour se lever lorsque la préfète rompit le silence en lui demandant s’il vivait lui aussi chez les moldus. L’adolescent observa sa camarade durant quelques secondes, hésitant à répondre. Il n’avait pas envie d’avoir cette conversation. Faire bêtement connaissance avec ce genre de questions banales - « Et tu vis où ? Et tu fais quoi ? » - Très peu pour lui ! Pourtant, si Nelly acceptait de lui servir d’alibi lors des vacances prochaines, il devait bien faire un léger effort pour lui répondre.

Il s’affaissa dans son fauteuil et laissa tomber ses deux bras ballants de part et d’autre de chaque accoudoir, puis, les yeux mi-clos, il gratifia la préfète d’un regard blasé :

«Plus ou moins, répondit-il sans chercher à masquer l’ennui que lui inspirait cette conversation, enfin plutôt moins que plus, rectifia-t-il en poussant un profond soupir, la moitié des vacances scolaires si tu préfères. »

Il bascula la tête en arrière, observa les lianes et le feuillage des plantes tropicales au dessus de lui et reprit :

« Ma mère habite dans l‘est londonnien dans le quartier de Canary Wharf, là où elle bosse. Tu auras peut-être l’occasion de voir son appart’ aux prochaines vacances, ajouta-t-il en reportant son attention sur la préfète.

L’appartement d’Agathe et non pas le sien. Il ne se sentait pas chez lui là-bas, ni à Appleby chez son père d’ailleurs. Il avait beau avoir décoré les murs de ses chambres, choisi lui-même le linge de lit aux couleurs sombres et aux motifs discrets, il avait toujours l’impression de débarquer chez quelqu’un d’autre lorsqu’il se rendait chez ses parents. Bizarrement, sa chambre la plus personnelle était son dortoir à Poudlard… Contrarié à cette idée, Virgil se redressa légèrement dans son siège et posa un regard sinistre sur Nelly :

« Et toi, tu vis dans le Londres moldu ? L’énorme baraque avec piscine que j’ai vu dans ton souvenir, c’est celle de ton père ? s’enquit-il avant de pousser un sifflement, on ne se refuse rien chez les Horrocks. Enfin, chez ton père du moins, parce que, franchement l’appartement de ta mère… »

Il afficha une moue écœurée empreinte de condescendance. Il était prêt à tout pour faire dériver la conversation loin du divorce de ses parents, même à se montrer particulièrement méchant.

Et puis, c’était facile de s’en prendre à Nelly, il en avait bien conscience. Quant elle ne préférait pas les ignorer, elle répondait à ses vacheries par un trait d’esprit mais elle ne s’était jamais énervée contre lui –du moins pas encore. Une partie de Virgil était tentée de la pousser dans ses retranchements, voir ce qu’elle pouvait endurer, la tester jusqu’à son point de rupture  mais une autre part de sa personnalité avait parfois envie de tisser une relation plus apaisée avec elle. Nelly aspirait visiblement à la même chose, vu comment elle prenait sur elle la plupart du temps. Il se demandait d’ailleurs où elle puisait toute cette patience à son égard. Il n’était pas sûr de mériter tant de bienveillance, songea-t-il en relevant les yeux sur la préfète pour guetter sa réaction.
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« Ah… d’accord. »

Aux explications imprécises de Virgil, Nelly comprit que les parents du Gryffondor devaient être divorcés et que le sixième année jonglait entre ses deux domiciles familiaux pour les vacances scolaires. Un manège qu’elle avait également connu en séjournant alternativement chez son père et sa mère pendant une grande partie de son enfance jusqu’au jour où… sa mère avait perdu sa garde. Petite, Nelly s’était vite habituée à ce rythme de vie, elle trouvait même cela plutôt amusant d’avoir deux maisons, deux lits et deux lieux différents où ils pouvaient jouer et chahuter Éline, Mike et elle. La grande propriété de leur père était un espace idéal pour jouer à cache-cache ou au loup et l’appartement de leur mère s’était parfaitement prêté aux histoires terrifiantes qu’ils se racontaient pour se faire peur… Ils étaient alors loin d’imaginer que cet appartement deviendrait le théâtre d’une scène tragique.

Repenser aux doux souvenirs de son enfance rendait la préfète quelque peu nostalgique ce qui n’était visiblement pas le cas de Virgil chez qui cette conversation semblait inspirer un profond ennui. D’ailleurs, le jeune homme ne tarda pas à lui retourner la question en se permettant d’émettre des commentaires sur les demeures respectives de ses parents. Qu’avait-il dit déjà ? Qu’il ne pensait « rien du tout » de sa vie ? Le regard de la Serpentard se durcit et elle n’eut cette fois-ci aucun mal à soutenir le regard du Gryffondor pendant quelques secondes, les mâchoires serrées.

« Je pensais que tu en avais rien à faire de ma vie ? remarqua froidement la préfète. J’ai été bien bête de te croire. »

Elle n’avait pas particulièrement apprécié la remarque de son camarade mais se sentait surtout bête d’avoir put croire une seule seconde qu’il ne la jugeait pas. Exaspérée par sa naïveté, la jeune femme était plus énervée contre elle-même que contre le Gryffondor mais la remarque condescendante de ce-dernier lui donnait une excuse pour déverser sa colère sur lui.

« Je suis trop naïve… Comment peut-on ne s’intéresser qu’à la technique quand on pénètre la mémoire de quelqu’un ? On est tous pareils… Toujours à juger, à critiquer et à s’intéresser à la vie des autres… Elle la première. Comment j’ai pu croire que ce n’était pas ton cas, pesta-t-elle en se levant pour enfiler sa cape, jusque là posée sur le dossier du fauteuil. Oui, mon père a des ressources. Et alors ? »

La préfète porta un regard noir sur Virgil. Oui, son père était plein aux as et ne se refusait rien, en témoignait sa propriété, mais Nelly estimait qu’il le méritait et qu’elle n’avait pas trop été corrompue par la folie des grandeurs de son paternel. C’était l’essentiel non ? Elle n’était pas comme ces enfants rois pourris gâtés qui considèrent que tout leur est dû mais elle en avait tiré qu’il fallait travailler et se donner les meilleures chances possibles pour réussir dans la vie. Certes son train de vie était loin d’être difficile mais la préfète détestait être rattachée aux biens qu’elle ou son père possédaient, elle avait bien quelques qualités qui méritaient qu’on s’y attarde quand même !

« Je vis au sud du Grand Londres, dans le Surrey, reprit-elle pour répondre à la question initiale de Virgil en se débattant avec sa cape avec nervosité. Et je n’ai pas une mère qui travaille à Canary Wharf alors elle vivait, et vit toujours je suppose, dans le quartier de Leytonstone, au nord-est de Londres. Quartier pourri et appartement minable je te l’accorde mais c’est pas en se reposant sur son mari pendant vingt ans puis en buvant comme un trou que tu te fais du blé, crois moi. »

La Serpentard se retourna pour prendre son sac posé aux pieds du siège en rotin et le balança sur son épaule droite.

« A l’avenir, ajouta-t-elle froidement. Garde tes commentaires pour toi. Ce sera mieux. »

Irritée, Nelly avait pourtant parlé avec calme mais son regard et le ton de sa voix traduisaient son agacement envers le Gryffondor qui aurait dû s’abstenir car pour le moment, elle n’avait plus vraiment envie de s’entraîner à nouveau avec lui et n’était même plus sûre de vouloir le voir aux prochaines vacances, bien que cela ne la concernait pas directement.

Prête à partir, la préfète toisa Virgil du regard.

« J’imagine qu’on a terminé. Jeudi prochain, même heure, lâcha-t-elle comme si elle lui proposait un banal rendez-vous. Si tu es pas puni d’ici là, on ne sait jamais avec toi, soupira la jeune femme en levant les yeux au ciel. Tu me ramènes Manipulations mentales magiques. »

Sur cet ordre, elle entreprit de se diriger vers la sortie de la serre sans s’assurer que Virgil n’avait rien à redire.



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Virgil Forbes

Il avait été nul. Dire que Nelly lui mangeait dans la main quelques secondes plus tôt et voila qu’il avait fallu qu’il balance cette phrase. Pourtant, il l’avait dite en toute connaissance de cause : Il savait pertinemment qu’en évoquant sa mère, il allait blesser la préfète. En vérité, il se fichait bien du niveau social des parents de la jeune femme. Il se demandait simplement comment son père avait pu rencontrer sa mère, tant ils semblaient issus de deux mondes diamétralement opposés mais il ne portait aucun jugement sur la maison de l’un ou sur l’appartement de l’autre. Il avait sorti ça, comme ça, pressentant que sa phrase ferait mouche auprès de Nelly. Et il ne s’y était pas trompé : La réaction de colère de la préfète ne s’était pas faite attendre et elle était déjà debout en train de batailler pour fermer sa cape avec des gestes fébriles.

Objectivement, Virgil était parvenu à ses fins. Il avait voulu éviter d’évoquer des questions trop personnelles et il avait parfaitement réussi à stopper la curiosité de Nelly en renversant la situation.  Il aurait dû être satisfait d’ailleurs de la voir si affectée par ses propos. Ce genre de réaction était typiquement ce qu’il aimait provoquer chez les autres : Les énerver, les piquer, sans cesse, jusqu’à les faire craquer ! Trouver la faille et appuyer avant que les autres ne parviennent à le toucher lui. C’était peut-être parce que Nelly avait inconsciemment abordé un sujet sensible aux yeux de Virgil qu’il avait démarré au quart de tour en contrattaquant de la pire des manières.

Il avait agit par reflexe défensif, sans vraiment réfléchir. Comme un Gryffondor quoi.

La plupart du temps, ce n’était pas gênant. Il n’avait pas peur de se mettre à dos une partie de l’école, bien au contraire, il éprouvait même un certain plaisir à ne pas faire l’unanimité et provoquer des réactions mitigées auprès de ces camarades.  

Pourtant, aujourd’hui, dans cette serre, il se sentait particulièrement honteux. Bien caché sous une apparente indifférence vis-à-vis de la scène qui se jouait sous ses yeux, il cherchait en vérité comment se rattraper auprès de Nelly tout simplement parce qu’ il n’était pas vraiment fier de ce qu’il venait de dire.

Au fil des semaines, il avait appris à apprécier la préfète et bien qu’il ne soit pas toujours particulièrement tendre à son égard, il avait à cœur de garder son estime. Il lui trouvait même de nombreuses qualités. La première d’entre elle –et non des moindres- elle était intéressante. Leurs discussions sur la légilimancie et l’occlumancie se révélaient souvent passionnantes. La seconde, elle était partante pour beaucoup de choses, même pour ce qui était considéré comme dangereux ou interdit. Certes, elle commençait généralement par s’offusquer  mais elle finissait quasiment toujours par accepter l’idée de prendre quelques risques mesurés… Au final, Nelly était assez éloignée de l’image de la préfète respectueuse du règlement. Virgil n’hésitait pas à la cantonner à ce statut réducteur pour la faire réagir ou tenter de la manipuler –un peu- mais il était forcé de constater qu’il appréciait réellement sa compagnie…

Compagnie qui risquait fortement de se raréfier s’il ne faisait pas quelques efforts pour tenter d’être un peu plus…sympathique. Virgil retint un soupir – il se doutait que ce n’était pas le meilleur moyen pour briser la glace- et se garda de minimiser ce qu’il venait de dire en lâchant un « Putain tu prends la mouche pour rien ! » qui lui brûlait pourtant la langue tant il était habitué à laisser parler sa mauvaise foi.

Mauvaise idée. Très mauvaise idée ! Il utilisait même fréquemment cette technique pour énerver encore davantage son interlocuteur alors il savait pertinemment que ce genre de phrase n’apaiserait probablement pas le courroux de Nelly.

Au fond, il savait très bien ce qu’il devait faire : S’excuser, admettre d’être aller trop loin. Ce n’était pas si compliqué,  pourtant il en était bien incapable. Lui ? Présenter oralement des excuses ? Jamais de la vie ! Il préférait prendre le risque de se brouiller avec Nelly- tant pis- plutôt que de plier. « Excuses-moi » Merlin, il en frissonnait d’horreur  rien qu’à l’idée que ces mots franchissent ses lèvres.  Les choses étaient ainsi faites : Il était têtu, orgueilleux et même en sachant pertinemment qu’il était celui qui avait tord, il ne s’abaisserait pas à le verbaliser tout haut. Plutôt mourir.

Il  suivit donc Nelly des yeux en silence tandis qu’elle attrapait son sac et qu’elle lui demandait à l’avenir de garder ses commentaires pour lui.

Il devait bien y avoir un moyen pour éviter qu’ils se quittent si fâchés sans pour autant que Virgil n’ait à implorer son pardon, non ? songea-t-il en soutenant son regard tandis qu’elle le toisait une dernière fois avant de tourner les talons.
Et bien visiblement non, constata-t-il en sentant un poids tomber dans sa poitrine alors que Nelly s’éclipsait déjà en direction de la sortie.

Mais fort heureusement l’opportunité tant attendue arriva dans les ultimes secondes de leur échange.

« Je l’ai là ton bouquin. »
lâcha-t-il sans esquisser le moindre geste mais en gardant l’oreille tendue. Il n’avait pas entendu la porte de la serre claquer signe que Nelly était encore là. Il patienta deux longues secondes avant de faire craquer son siège en rotin pour se lever. Il n’allait certainement pas accourir pour lui donner son livre, merci bien. Il estimait déjà faire un effort immense en consentant à lui restituer son emprunt.
Virgil farfouilla dans son sac et sortit l’exemplaire de l’ouvrage qu’il avait soigneusement remisé dans une poche intérieure. Il observa quelques instants la belle couverture en cuir reliée et les lettres d’or du titre avant d’enjamber son sac de classe pour rejoindre la préfète devant la porte de la serre.

« Manipulations . Mentales. Magiques, articula-t-il d’un air blasé en lui tendant le livre. Il resta agrippé à la couverture une microseconde –parce que, quand même, c’était rigolo- avant de relâcher sa prise brusquement sans parvenir à contenir un léger sourire moqueur .

Il était incorrigible. Même plein de bonnes intentions, il ne pouvait pas s’empêcher de jouer les poils à gratter !
Nelly allait peut-être s’offusquer à l’idée qu’il avait l’ouvrage sur lui depuis tout ce temps mais Virgil n’en avait cure. Il avait l’impression d’avoir fait un premier pas vers elle, et ce malgré ces facéties. Sans doute n’était-ce pas encore suffisant pour faire oublier ces propos mais c’était un début.

Il fallait enchainer maintenant toutefois Virgil n’en eut pas l’occasion. Son regard bleu se figea subitement sur un point juste au dessus du crâne de Nelly et son léger sourire s’effaça brusquement. Là, à quelques dizaines de mètres d’eux, le professeur de botanique approchait dans leur direction flanqué de deux élèves. Les trois individus semblaient en pleine conversation si bien que Virgil eut tout de même le temps d’attraper Nelly par un pan de sa cape et de l’entrainer de nouveau vers l’intérieur de la serre.

«Il y a Londubat ! » chuchota-t-il en guise d’explication en relâchant son étreinte. Il attrapa précipitamment son sac et sa cape qu’il avait laissé non loin de son siège avant d’indiquer celui de Nelly encore positionné en face du sien, ton fauteuil ! »

Elle l’avait tiré depuis un coin de la pièce et devait le remettre en place sous peine d’être confondu, Dépêche ! dit-il en se faufilant entre les lianes et les énormes feuilles de la partie la plus dense de la serre. Virgil fit signe à Nelly de le rejoindre au moment où la porte de la serre grinça, signe que Neville Londubat venait d’entrer.

« …racines de la Monstera Herculanum ont besoin d’énormément d’eau. C’est pour ça qu’elle pousse toujours aux abords des lacs, des rivières ou dans les terrains marécageux. »

Virgil s’enfonça difficilement au milieu des plants, manqua de se prendre les baskets dans des lianes –à moins que ce ne soit dans les pieds de Nelly- et déboucha finalement dans un petit espace libre entre les troncs humides, les longues palmes lui chatouillant la nuque et les plantes grimpantes. Il se poussa légèrement pour faire une place à Nelly et posa son index devant sa propre bouche, guettant les paroles de leur enseignant. Si Londubat remarquait quelque chose d’étrange en arrivant dans l’espace bouture, ils étaient faits comme des rats !

« Par contre elle déteste les averses ! Ses feuilles moisissent dès qu’elles sont en contact avec l’eau de pluie ! C’est à ne rien y comprendre ! J’en ai vu une fois lors d’un voyage au Pérou et… »

Neville se tut brusquement et Virgil retint son souffle.

« Ah. La voilà. Un bruit de bocal tintant contre ses voisins se fit entendre, ma petite bouture ! Tenez Pénélope, faites y bien attention. Oscar nous allons prendre quelques sacs de terreaux… »

En entendant Neville s’affairer avec ses sacs, Virgil sut qu’ils avaient réussi. Il dessina un O en rejoignant son index et son pouce. Tout allait bien, ils n’avaient visiblement pas été aperçu. Particulièrement satisfait à cette idée et plutôt heureux que cette diversion  les contraigne à faire une trêve dans leur dispute, Virgil laissa fleurir un sourire sincère à l’intention de la préfète. C’était surement le premier vrai sourire qu’il lui adressait depuis qu’ils se connaissaient. Il n’était ni narquois, ni moqueur, ni ironique, ni forcé, ni volontairement benêt… Il s’agissait juste d’un sourire qui se voulait complice. C’était peut-être un peu tard mais, pour une fois, il n’y avait aucun calcul de la part du Gryffondor…
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Drôles d'oiseaux [Nelly & Virgil]

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