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 L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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MétamorphomageMolduavatar
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Nathalie Keat - 29 ans
1ère assistante d'Angela Parson, manager des Bizarr's Sisters


14 février 2010

« L’équipe n°3 on commence le montage de la scène. Je répète : l’équipe n°3 on commence l’installation de la scène. Maintenant ! Et que quelqu’un m’apporte une limonade ! »

Une petite femme brune, les cheveux ramenés sur le sommet de sa tête dans un énorme chignon un peu brouillon, venait de crier ces mots à travers la grande salle, sa baguette pointée sur sa gorge pour maintenir le sonorus qu’elle avait lancé il y a plus de deux heures. On l’entendait distribuer ses consignes depuis le parc du château. Plusieurs de ses employés étaient venus se plaindre du fait que sa voix résonnait un peu trop fort mais elle était infatigable. Nathalie Keat ne connaitrait le repos que lorsque ce concert serait terminé. Elle jouait sa carrière sur ce projet. C’était la première fois que sa boss la laissait organiser un tel évènement, elle n’avait pas intérêt à se planter. Et des risques de se planter, il y en avait beaucoup. A commencer par ces attentats terroristes de m…

« Chef, on vient d’avoir un patronus du régisseur son, il a la dragoncelle et il ne pourra pas venir ce soir.
- Quoi ? aboya-t-elle sans lâcher son sonorus, alors même que son assistant se tenait à moins d’un mètre d’elle.
- On vient d’avoir un patronus du régisseur son et il…
- J’ai entendu, le coupa-t-elle avec agacement. Trouvez-moi quelqu’un d’autre. N’importe qui. Ça doit pas être si compliquée d’ensorceler ces machins… lança-t-elle de sa voix toujours amplifiée en désignant les énormes enceintes que l’on amenait au fond de le salle.
- Oui Chef.
- Et apporte-moi une limonade.
- Oui chef. »

Cet Horace n’était pas toujours très dégourdi mais il était plein de bonne volonté. Nathalie était persuadée qu’il aurait une belle carrière dans l’industrie du spectacle ! Le gamin voulait devenir présentateur sur les grandes chaines de radio. Pour l’instant il était l’assistant de la première assistante de la manager des Bizarr’s Sisters. Certains des grands noms de l’industrie musicale avaient commencé plus bas que ça ! Elle-même espérait bien obtenir assez vite une promotion. Sa boss, Angela, était la manager des Bizarr’s Sisters depuis leur début, mais elle n’était plus toute jeune et commençait à payer le prix de vingt ans de cigarettes, d’alcool et autres drogues. Angela déléguait de plus en plus l’organisation des concerts à Nathalie – non pas qu’elle désirait cette passation de pouvoir, mais il y avait des jours où elle n’arrivait même plus à sortir du lit.

La jeune femme était épuisée. Elle était arrivée à Poudlard à 9h ce matin pour rencontrer la directrice et régler tous les derniers détails avec le service de sécurité. Ils avaient déployé une véritable armada d’agents de surveillance. La Grande Salle de Poudlard serait l’endroit le mieux gardé de Grande-Bretagne ce soir, foi de Keat !  Ils avaient ensuite dû attendre que tous les élèves aient fini de déjeuner pour pouvoir vider la grande salle et commencer l’installation du concert, malgré les protestations de Nathalie. Ils étaient jeunes, ils pouvaient louper un repas ça n’allait pas les tuer ! Ils auraient pu gagner un temps précieux en commençant l’installation à 11h !

Nathalie se baissa pour éviter les spots qu’un grand gaillard faisait léviter à travers la salle pour les positionner un peu partout. Elle avait prévu du grand spectacle. Jeux de lumière. Confettis. Projections magiques sur les murs. Courants d’air artificiel pour que le public n’ait pas trop chaud. Et bien sûr un moment de recueillement très émouvant, avec un concerto de piano joué par un jeune prodige, suivi d’une minute de silence et d’un magnifique discours de Duke Kirley à propos des évènements de Léopoldgrad. Elle espérait pouvoir faire monter le Ministre sur scène à ce moment-là. Il figurait sur la liste des invités mais n’avait pas encore confirmé sa présence et ne ferait certainement qu’une apparition. Nathalie avait écrit le discours de Duke elle-même, il allait en faire pleurer plus d’un !Par Merlin qu’elle avait hâte ! Contrairement à l’image qu’elle pouvait renvoyer, elle n’était pas complètement insensible au véritable drame humain qu’avait été l’attentat de Léopoldgrad. Elle avait été très touchée, comme tous les sorciers. Mais elle considérait qu’il fallait aller de l’avant et que cet évènement était une occasion de tous se rassembler et de célébrer la vie. En assistant à ce concert -qu’elle avait organisé d’une main de maitre- la société magique prenait sa revanche !  Elle ne profitait pas de la situation, non, elle essayait d’en retirer quelque chose de bon. Elle rendait service à l’humanité. C’était en tout cas ainsi qu’elle voyait les choses, et quiconque émettait une opinion contraire était certain de se faire hurler dessus à grand renfort de sonorus –son sort préféré.

« Bougez-vous un peu bande de Troll, le groupe arrive dans deux heures ! » hurla-t-elle dans l’espoir de voir ses troupes accélérer le mouvement.

Abandonnant ses employés à l’installation de la scène et du décor pour la soirée, Nathalie se retira dans un coin de la salle où elle avait entreposé un carton sur lequel était écrit au feutre noir. « Propriété de Nathalie Keat. Merci de ne pas toucher. Sinon t’es viré. »

La jeune femme l’ouvrit et caressa du bout des doigts les rubans de soie qu’il contenait. A première vue on aurait pu croire des rubans tout à fait ordinaires, mais c’était loin d’être le cas. On lui avait confié la noble tâche d’organiser un concert spécial pour la Saint-Valentin –et pour rendre hommage aux victimes de l’attentat, aussi- et Nathalie avait pris ça très à cœur. Il était temps qu’elle se fasse un nom, et après l’animation de ce soir, on se souviendrait d’elle longtemps !  Elle avait prévu un petit jeu qui ne manquerait pas de marquer les esprits.

A son arrivée, chaque personne serait attachée par le poignet à une autre personne, choisie de façon parfaitement arbitraire par Nathalie elle-même. Etant donné les mesures de sécurité, le public arriverait dans la salle au compte-goutte et la jeune femme aurait tout le temps de former des duos. Elle se trémoussa d’excitation en refermant soigneusement le carton et en songeant à ce qui attendait les couples qu’elle formerait ce soir. Ces rubans de soie d’apparence inoffensive étaient en réalité ensorcelés et ne libéreraient leurs prisonniers que lorsque les deux membres du duo auraient fait naitre entre eux un véritable lien affectif. Ils pouvaient partager un secret, un baiser, se confier leurs peurs ou leurs désirs, toutes les méthodes étaient bonnes, mais les gens devaient se connecter. Nathalie trouvait son idée brillante. Cela envoyait un message fort. Elle allait créer de nouvelles amitiés, et peut-être même quelques histoires d’amour ! Grâce à elle, le monde serait bientôt un monde meilleur. Cela méritait presque un ordre de Merlin !

A 18h30, la salle était prête. Nathalie avait même eu le temps de prendre une douche, et de se faire un chignon vaguement plus structuré. Elle était habillée tout en noir, et on aurait pu la prendre pour un membre du service d’ordre si elle n’avait pas fait la taille d’un enfant de douze ans. Heureusement qu’elle savait se faire entendre malgré sa petite taille ! Elle était d’ailleurs occupée à distribuer ses dernières consignes. Une fois certaine que tout était en place, que le groupe ne manquait de rien, et qu’il y avait un agent de sécurité posté tous les cinq mètres, Nathalie s’installa sur un tabouret près de l’entrée, son précieux cartons à ses pieds.

La grande salle était méconnaissable. Elle avait été magiquement agrandie pour l’occasion – ils attendaient beaucoup de monde–  elle était plongée dans une semi-obscurité et baignée d’une douce lumière orangée grâce au coucher de soleil qui se jouait dans le faux ciel. Les tables avaient disparu pour laisser place au dancefloor. Des banquettes et des poufs avaient été disposés un peu partout le long des murs pour les rabats-joie qui n’aimaient pas danser, et la scène trônait au fond de la salle. C’était par-fait.

Nathalie venait à peine de s’asseoir sur son tabouret que les premiers invités passaient les portes de la grande salle. Il était normalement prévu de faire entrer les élèves de Poudlard un peu avant les gens de l’extérieur, pour éviter que tout le monde n’arrive en même temps. Mais il y avait évidemment des exceptions et quelques invités de marque avaient pu passer devant tout le monde et s’épargner plus de vingt minutes de file d’attente.

Nathalie, en bonne professionnelle, salua poliment les quelques personnes qui arrivaient, et dû jeter un regard noir à Horace pour qu’il arrête de pointer le Ministre du doigt. Tout le monde l’avait reconnu, inutile d’en faire des tonnes ! Il allait devoir s’habituer à être entouré de vedette et à conserver son calme ! Nathalie observait le flux des arrivant en contenant tant bien que mal son impatience. Elle allait bientôt pouvoir s’amuser un peu…

Décidant qu’il y avait suffisamment de monde dans la salle pour commencer à former des paires, Nathalie quitta son tabouret et s’approcha d’une adolescente bien apprêtée, qu’elle attrapa par le bras.

« Venez par-là Miss, l’invita-t-elle en la trainant à travers la salle, un paquet de rubans ensorcelés dans sa poche. Hum…elle balaya les quelques personnes présentes du regard. Tiens, parfait ! Elle changea de trajectoire et se dirigea vers le fils du Ministre. Autant commencer fort. Et puis le pauvre était en fauteuil, elle se devait de lui trouver une charmante jeune fille pour lui remonter le moral ! Bonsoir Monsieur Marchebank. Elle inclina la tête avec respect. Miss, votre bras. Merci. Elle empoigna l’adolescente par le poignet et lui fit tendre le bras devant elle, plaçant sa main au dessus de celle du jeune Marchebank. Vous permettez ? Sans attendre de réponse de l’un ou de l’autre, Nathalie agita sa baguette et un ruban de soie blanche sortit de sa poche pour venir s’enrouler autour des poignets des heureux élus, sous les applaudissements de Nathalie. Et voilà ! Unis pour la soirée ! Amusez-vous bien ! »

Sans plus de cérémonie, elle s’éloigna en direction de ses prochaines victimes, plantant là les deux adolescents désormais attachés par le poignet. Ils n’avaient pour seule explication qu’une phrase inscrite sur le ruban : « La proximité ne s'obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant ».

Nathalie était certaine que son petit-jeu allait rencontrer un franc-succès. On la remercierait encore dans dix ans pour toutes les belles rencontres qu’elle avait créées ce soir ! Survoltée, elle naviguait entre les invités qui affluaient en nombre, formant arbitrairement des duos qui se retrouvaient liés pour la soirée. Elle s’amusait comme une folle. Un véritable Cupidon !
HRP:
 
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Dean Forbes, 18 ans, élève en première année à l'institut des arts magiques section musicologie. Ex Serdaigle.
Virgil Forbes, 6ème année Gryffondor.
Casey Forbes, 4ème année Poufsouffle
Gabriel Forbes, 1ère année Serpentard.



"Cette soirée sera placée sous le signe de la solidarité, de la proximité et de l'amitié." Lut Gabriel. C'était un extrait du carton d'invitation qu'ils avaient reçu pour cette soirée.
-De la proximité ? tiqua Virgil sans lever les yeux de son Pear One, Ça fait un peu soirée échangiste non ?"

Casey et Gabriel laissèrent échapper un éclat de rire et même Jonah qui était  occupé à enfiler son costume dans la chambre d'à côté esquissa un sourire.
La famille Forbes s'était exceptionnellement réunie dans le petit appartement de fonction de Jonah avant le début du bal-concert. Dean devait les rejoindre sous peu avant d'officier en tant que pianiste lors de la soirée. Il avait été choisi parmi les élèves de l'Académie des Arts Magiques pour interpréter un morceau lors du moment de recueillement et chaque membre du clan Forbes souhaitaient l'encourager avant cette représentation. Enfin presque chaque membre.

-Bon. Il fait quoi Dean ? s'impatienta Virgil en refermant son Pear One dans un claquement sonore. Il s'accouda nonchalamment sur le dossier de son fauteuil dans une parfaite parodie d'adolescent blasé.

- Tu es pressé de fêter la St-Valentin  ? demanda Gaby avachi sur le canapé du salon. Sa chemise jadis repassée était dorénavant froissée de plis disgracieux mais cela ne semblait pas le déranger.

-Tu parles, c'est plus une soirée pour nous extorquer 13 mornilles qu'autre chose.

L'attentat de Leopoldgrad était une tragédie, certes, mais Virgil ne voyait pas l'intérêt d'organiser une levée de fond pour les victimes, qui plus est à Poudlard. S'il avait accepté de se rendre au bal s'était en grande partie  pour Dean et parce qu'il espérait  pouvoir se procurer un peu de mandragore lors de cette petite fête. En effet, Damon lui avait assuré que des anciens élèves participeraient au bal et qu'ils avaient prévus de ramener quelques substances illicites de Bristol...du moins, s'ils arrivaient à passer le contrôle à l'entrée ! Rien n'était moins sûr tant la sécurité de Poudlard avait été renforcée pour cette St-Valentin. Pourtant Damon était formel, ses contacts allaient tout faire pour que cette fête soit mémorable ! Virgil ne comptait pas trop abuser non plus. Il était sur la sellette depuis cette histoire avec Magpie donc il comptait juste tirer quelques lattes sur un joint de mandragore, histoire de se mettre bien et d'éviter le genre de bad-trip qu'il avait eu à Noël.

-13 mornilles ça va pas te tuer, dit Gaby en gesticulant sur le sofa, en plus on va surement bien s'amuser. Bon le groupe invité est un peu vieillot mais il y aura Dean ! s'exclama-t-il en tentant de faire un poirier sur le canapé, en vain, En tout cas j'espère qu'Anastasia sera là. Elle est super sympa cette fille... Sa nouvelle tentative de poirier difforme dura quelques secondes mais Gabriel retomba finalement sur le côté. Loin de s'avouer vaincu, il enfonça sa tête dans le canapé et poursuivit,... Elle a toujours des bonnes idées pour le club de supporters... Vous savez qu'elle sait lancer des sorts de découpes hyper droits ? C'est toujours elle qui s'occupe... du ....découpage. La tête à l'envers à peine visible entre dans les coussins écrasés du sofa, Gaby tendit ses jambes droits au dessus de lui et parvint à s'immobiliser dans la bonne posture,...Hé, J'ai réussi !, s'exclama-t-il.
-Impressionnant. lâcha Virgil d'un ton morne.
-Je suis sûr que je peux tenir hyper longtemps, reprit Gaby, la mine concentrée.
-T'es tout rouge, souffla Casey avec un sourire tendre pour son petit frère. Il était assis en tailleur sur le tapis du salon, les coudes posés sur la table basse et il se demandait sincèrement comment ses frères pouvaient être aussi détendus. En effet, il allait devoir passer une soirée qui l'angoissait au plus haut point car il allait devoir danser ! Dean savait danser. Il avait la grâce et l'élégance naturelle des hommes sûrs d'eux. Virgil ne dansait pas mais d'une manière très assumée. Si quelqu'un lui proposait une danse, il lui jetait un travers qui voulait clairement dire "Non mais sérieux, tu m'as bien regardé ?", quant à Gabriel, il sautillait et se trémoussait sur la piste, sans honte, inventant des chorégraphies ridicules mais qui avaient généralement le mérite de faire rire ses partenaires...
Alors que les propres danses de Casey lui inspiraient juste un profond malaise. Il avait toujours l'impression d'avoir des gestes trop saccadés ou  trois temps de retard et honnêtement, les rares fois où il s'était plié à cet exercice, il s'était toujours senti extrêmement gêné. Pourtant, il  savait très bien que à un moment donné il allait être obligé d'en passer par là  ce soir !

-Ça fait combien de secondes que je tiens ?

Virgil  tendit légèrement la jambe et donna un petit coup de pied dans le canapé pour le faire bouger de quelques centimètres. Gaby vacilla, étouffa un juron et se vautra lamentablement sur le sofa manquant de renverser la lampe avec son pied gauche.

- Cognard . maugréa-t-il à l'intention de son frère en se redressant vivement.
-Gaby, ton vocabulaire, intervint Jonah en revenant dans la pièce à vivre, quasiment fin prêt.
Le benjamin de la famille tenta d'aplatir ses cheveux électriques, en vain, et croisa les bras sur son torse dans une attitude boudeuse. Il releva les yeux sur son père, particulièrement élégant pour cette soirée de St-Valentin.

-Maman sera là  ce soir ?
s'enquit-il plein d'espoir.
-Bien sûr, elle ne raterait un concert de ton frère pour rien au monde, répondit Jonah en accrochant ses boutons de manchette.

Un léger silence plana dans la pièce et Jonah fut convaincu que ses enfants pensaient tous à la même chose: Soirée de St-Valentin + Papa +Maman =...

-Super, vous allez pouvoir vous tenir compagnie ! s'exclama Gabriel, plein d'espoir.
Et Voilà.
-Pfff, mais non imbécile... rétorqua Virgil d'un air agacé, Réfléchis un peu...

Gaby grogna mais son mécontentement fut de courte durée puisqu'il remarqua des flammèches vertes qui  éclairaient l'âtre de la cheminée. Au bout de quelques instants Dean se matérialisa devant eux dans son costume impeccable.
-Ah ! C'est pas trop tôt, grommela Virgil en se levant, Gab' commençait à perdre la boule à force de t'attendre.
-N'importe quoi !  persifla la benjamin de la famille en les rejoignant. Il  gratifia son ainé d'un coup de coude et posa un regard conquis sur Dean, Wahou. Il est beau ton nouveau costume !
-Ouai, carrément classe, confirma Casey.
-Je l'ai acheté chez T&T mais j'ai pas intérêt à prendre un gramme de plus vu le prix des costumes là-bas, répondit Dean en passant une main dans ses cheveux pour s'assurer que sa coiffure n'avait pas souffert durant le voyage, Par contre, j'ai besoin de vous pour la cravate, noir uni ou noir à motifs discrets, demanda-t-il en les posant tour à tour sur son col.
- ...Hum...Noir.
-à motifs.
-Pas de cravate.
Tous les regards se tournèrent alors vers Casey qui finit par balbutier:
-Euh...J'aime bien les deux.
- Vous m'aidez beaucoup, lâcha Dean en glissant les cravates dans sa poche, Je demanderai à Nahuel.

En dépit du risque qu'il prenait à passer le contrôle de sécurité à l'entrée, son amant lui avait promis qu'il serait présent ce soir. La baguette contrefaite de Nahuel avait déjà fait ses preuves par le passé mais Dean ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiet pour lui. A bien y réfléchir s'était surement une folie de l'avoir convié à venir assister à ce concert et d'avoir été aussi insistant pour qu'il vienne. Il est vrai que Dean avait envie d'avoir ses proches auprès de lui pour cette première représentation, si lourde de sens pour lui et pour de nombreux survivants à l'attaque de Leopoldgrad, mais il n'était pas sûr que ses exigences aient été bien raisonnables, surtout concernant son petit-ami fugitif.

- Merci d'être là, ça me fait plaisir de vous voir, avoua-t-il tout de même à ses frères et à son père.
-C'est normal, c'est ton premier récital ! s'enthousiasma Gaby.
-Ouai...même si on sait que l'organisation était obligée de te choisir comme soliste vu que tu figures parmi la liste des victimes, on allait pas rater ça...
-Toujours un mot gentil pour tes frères, Virgil, sermonna Jonah en ouvrant la porte d'entrée pour inviter tout le monde à sortir. Allez, il est temps de rejoindre la Grande Salle.

Jonah laissa passer tout ce petit monde devant lui avant de fermer son appartement puis il suivit ses rejetons dans le couloir, observant leurs échanges d' un regard attendri. Cela faisait un sacré bout de temps qu'il ne les avaient pas vus tous les quatre, ensemble, et il était heureux de voir leur complicité retrouvée ne serait-ce que pour quelques instants. Même s'il aurait bien aimé profiter un peu plus de leur présence, cette soirée n'était pas placée sous le signe de la famille, ni de l'amour d'ailleurs, bien qu'elle soit organisée le jour de la Saint-Valentin .

Le carton d'invitation avait beau annoncer une soirée basée sur la solidarité et la convivialité, il s'agissait en réalité d'une réception professionnelle et surtout, politique. On chuchotait ça et là que le Ministre en personne pouvait être présent et Jonah comptait bien profiter de ce moment pour nouer de nouveaux contacts et lever des fonds pour le voyage en Australie. Il  espérait également pouvoir garder un œil sur les élèves les plus fragiles, ceux qui avaient été directement impactés par l'attentat. Emma Blackbonnes, bien sûr, mais aussi les camarades d'Anwar Kabache et de Priam Carrow. Autant dire que Cupidon ne décocherait probablement pas de flèches ce soir...d'autant plus qu'il avait cru comprendre que Thelma n'assisterait pas à la soirée.

Jonah ferma le bouton de son costume juste avant de descendre le grand escalier en marbre derrière ses fils.  La foule se pressait déjà dans le hall et entrait au compte goutte dans la Grande Salle magnifiquement décorée pour l'occasion. Les Forbes se mêlèrent aux convives et pénétrèrent enfin dans la salle de concert.

-Wahoou ! s'enthousiasma Gaby devant les nouvelles proportions monumentales du réfectoire, baigné, pour l'occasion, d'une douce lumière crépusculaire.
Casey et Dean observaient chaque recoin de la pièce avec une expression béate et même Virgil semblait sous le charme. Bien qu'il soit rarement prompt à s'émerveiller, il devait avouer que l'organisation avait fait un sacré boulot.  Il était justement en train de commenter les infrastructures avec ses frères et son père lorsqu'une séduisante  jeune femme s'approcha de leur petit groupe.

"Bonsoir Messieurs !"
"Bonsoir" répondirent-ils quasiment à l'unisson.
Elle les regarda tour à tour, sembla hésiter un instant et s'arrêta finalement sur Virgil.
"Vous allez faire des envieux ce soir, jeune homme."
"Moi ? s'étonna-t-il au moment ou un lien en soie blanche se matérialisait à l'extrémité de la baguette de l'organisatrice et s'enroulait autour de son poignet,..je ne vois vraiment pas en quoi..."

Virgil s'arrêta net en découvrant l'identité de l'homme qui se trouvait juste derrière Nathalie Keat et qui, d'après le lien qui les unissait maintenant, allait être son partenaire pour la soirée. Bordel de troll ! Non pas ça. Le flegme de Virgil fondit comme neige au soleil et ce fut un regard presque alarmé qu'il jeta à son père. Il ne pouvait quand même pas être attaché au Ministre toute la soirée !?

Ce qu'il vit dans les yeux de Jonah ne le rassura pas vraiment. Son paternel avait l'air tout aussi horrifié que lui. Qu'est-ce qu'il croyait ? Qu'il ne savait pas se tenir ? Qu'il allait lui faire honte ? Aurait-il préféré que ce soit le brillant Dean accroché à Leopold Marchebank? Ou le docile Casey ? Ou l'amusant Gabriel ?

Et bien non. C'était lui, Virgil, et son père allait devoir s'en contenter, songea-t-il avec défiance.

" Bonsoir." dit-il à l'attention du Ministre en arborant une expression qui se voulait neutre." Je m'appelle Virgil." ajouta-t-il en guise de présentation.

Merci. Merci mille fois Nathalie Keat ! songea amèrement le Gryffondor en la regardant s'éloigner pour trouver un partenaire à son père. Il était sûr qu'elle l'avait choisi uniquement parce que le Ministre comptait déjà trop d'enfants illégitimes. C'était bien trop risqué de l'attacher à une jeune et jolie femme ! La réputation de Marchebank n'était plus à faire de ce côté là. Virgil imaginait non sans mal ce qui s'était dit lors du briefing de la soirée: "Coller le Ministre avec un garçon moche ! Sa femme sera présente et on ne veut pas risquer l'incident diplomatique !"
Et voilà comment il se retrouvait attaché à Marchebank. La seule chose qui apaisait quelque peu son mécontentement c'était de se dire que le Ministre était surement encore plus déçu que lui à cette perspective.




Il avait fallut que ce soit Virgil, son propre fils lié au bras d'un homme, soupçonné d'être le pire dictateur connu depuis Voldemort.  Oh Merlin ! Jonah sentit son cœur se serrer en songeant à tout ce qu'il avait lu sur Marchebank dans les journaux clandestins: Mégalomane, colérique, alcoolique, violent, revanchard...

Pourtant, il ne devait pas céder à la paranoïa. Le Ministre savait se tenir et il serait surement charmant avec son fils ce soir mais Jonah craignait que Virgil fasse un impair. Qu'il froisse l'égo démesuré de Leopold et qu'il attire son courroux. Il était si imprévisible ! Que se passerait-il si Léopold enquêtait sur son fils ? sur ses frères ? Que trouverait-on chez Dean ? Ou chez lui... Jonah songea aux exemplaires du London Calling, du LiberAvon et aux tracts de la résistance cachés dans sa chambre à peine à quelques mètres de la Grande Salle... Merlin, qu'adviendrait-il de sa famille si tout cela venait à se savoir ? Il observait toujours Leopold et son fils lorsqu'il sentit son ruban se refermer sur son poignet.

"Oh... Bonsoir. Excusez-moi j'étais dans mes pensées, avoua-t-il en levant les yeux sur l'homme qui était à ses côtés, Mon fils est relié au Ministre et j'ai bien peur qu'ils aient peu de choses en commun... A moins que M. Marchebank supporte les Flèches d'Appleby, bien sûr, plaisanta-t-il en retrouvant sa mine joviale que tout le monde lui connaissait, Je suis Jonah Forbes, j'enseigne ici, dit-il en tendant la main pour serrer celle de son partenaire, et vous êtes...?"
L'homme lui disait vaguement quelque chose et il était presque sûr de l'avoir déjà rencontré avant...





"Ahahah ! Mort de rire ! Virgil et le Ministre. Trop fort !" Gaby sortit son Pear One pour immortaliser la situation- et surtout la mine absolument ravie de son frère-, c'est génial ! dit-il en prenant une série de photographies.
Dean était nettement moins enthousiaste à cette idée.  Visiblement, il ne prendrait pas le risque de présenter Virgil à Nahuel ce soir. D'ailleurs, c'était quasiment impossible de mettre la main sur son amoureux dans cette foule, songea-t-il en balayant la Grande Salle bondée du regard. Ses yeux s'arrêtèrent alors sur Casey qui se tordait les mains juste à côté de lui.
-Ça va ?
-Oui, oui bien sûr, répondit son cadet  en essuyant ses paumes moites sur son pantalon.

Non, c'était faux. Il n'allait pas bien du tout ! Il allait être accroché à une personne toute la soirée. Il allait devoir trouver des sujets de conversation, alimenter les échanges et peut-être même danser avec elle ! Oh Merlin. Il avait encore le temps de faire croire qu'il était malade...Et il l'était bel et bien au demeurant. La perspective d'être emprisonné en binôme durant tout le concert lui déclenchait déjà des nausées...

D'ailleurs, n'était-ce pas Nathalie Keat qui revenait vers eux ?


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren ne faisait pas partie des personnes qui avaient connu leur heure de gloire à Poudlard. Elle n’avait jamais été une élève populaire, n’était pas très appréciée de ses camarades –et le leur rendait bien– et n’avait certainement pas marqué les esprits. Elle n’avait probablement laissé aucun souvenir au reste de sa promotion, tout au plus avait-elle laissé une ou deux cicatrices sur son passage. Sa scolarité à Poudlard lui était souvent apparue comme un mauvais moment à passer. Elle avait attendu ses ASPIC avec impatience, ne cachant pas sa hâte d’être enfin débarrassée de tous les imbéciles qui peuplaient les couloirs de l’école.

Ces années Poudlard n’auraient pas dû être les meilleures de sa vie. Elle était de ces gens pas vraiment faits pour l’adolescence, pas assez comme les autres, trop dans leur coin. Ceux qui n’arrivaient pas à s’intégrer, ou qui n’en avaient pas envie. Elle était de ceux à qui on disait que ça irait mieux plus tard, quand ils auraient trouvé leur voie, quand les autres auraient grandi. Mais on était plus tard et ça n’allait pas mieux.

C’était donc un peu de réconfort que la batteuse était venue chercher ce soir. Elle n’aurait jamais cru ça possible un jour, mais ses années à Poudlard lui manquaient, terriblement. Elle n’avait peut-être jamais été appréciée de tous, elle avait beau ne pas avoir été la vedette de l’école, elle n’avait pas été malheureuse ici. Elle avait beaucoup de bons souvenirs à Poudlard, des soirées passées dans un coin de la salle commune avec Dave et Samantha, des victoires de l’équipe de Quidditch de Serpentard, des soirées de révisions communes à la bibliothèque. Tous ces petits instants qui avaient fait son quotidien pendant sept ans et qu’elle n’avait pas su apprécier lui manquaient aujourd’hui terriblement.

Elle ne savait pas exactement ce qu’elle pensait trouver, en revenant ici ce soir en compagnie de Samantha. Pensait-elle qu’il lui suffirait de franchir l’enceinte de l’école pour que tout redevienne comme avant ? Elle aurait voulu pouvoir retrouver l’insouciance de ses années à Poudlard le temps de cette soirée. Elle avait envie d’aller retrouver Dave dans la Grande Salle, de se plaindre de la foule, de critiquer avec lui ce genre de bals ridicules et de finir la soirée vautrée dans un canapé de la salle commune à manger des chocogrenouilles. Son ventre se noua alors qu’elle songeait à son ancien meilleur-ami et elle pressa instinctivement la main de sa petite-amie dans la sienne alors qu’elles arrivaient à l’entrée de l’école de magie.

- Ils ont mis le paquet sur la sécurité… souffla-t-elle en avisant les nombreux agents de sécurité.

Le souvenir de Léopoldgrad était dans toutes les mémoires, et ils avaient certainement redoublé de vigilance pour s’assurer qu’aucun incident ne viendrait troubler le concert. Restait à espérer qu’ils avaient effectivement fait le maximum. Les deux jeunes femmes mirent un bon quart d’heure à remonte la file d’attente et à passer les différents portiques de sécurité. Elles ne tardèrent pas à se retrouver dans la Grande Salle, métamorphosée pour l’occasion. Lauren accorda à peine un regard aux décorations et autres éclairages. Elle qui avait espéré que retourner à Poudlard lui rappellerait de bons souvenirs n’arrivait pas à se débarrasser d’une désagréable sensation de malaise qui s’accentua quand elle aperçut Dave dans un coin de la salle. Elle détourna brusquement la tête, se soustrayant à son regard, et se pencha vers Samantha.

- On va jeter un œil à notre ancienne salle commune ? proposa-t-elle. Elle sera surement désertée ce soir. Elle n’était pas certaine que ce soit autorisé mais elles connaissaient bien les lieux et n’auraient aucun mal à se faire passer pour des élèves. On a le temps avant le début du concert…

A vrai dire elle avait surtout envie de quitter l’atmosphère de la Grande Salle, qu’elle trouvait déjà étouffante. Elle n’eut toutefois pas l’opportunité de convaincre Samantha de la suivre hors de la salle de concert car les deux Serpentard furent interrompues par l’une des organisatrice –à en juger par son uniforme noir.

- Bonsoir Mesdemoiselles, lança-t-elle avec un entrain suspect.
- ‘Soir…
- Nathalie Keat, se présenta-t-elle avec un large sourire. Vous permettez que je vous sépare un instant ?

Sa phrase n’était pas terminée que la jeune femme avait déjà attrapé Lauren par le bras, ce que quiconque connaissant cette dernière aurait jugé comme étant une très mauvaise idée. La batteuse se dégagea brutalement de la poigne de la dénommée Nathalie sur laquelle elle posa un regard sombre. Cette femme ne lui inspirait pas confiance et elle n’allait certainement pas la suivre sans un peu plus d’informations.

- Hum… ça va pas être simple, marmonna cette dernière en tripotant machinalement un ruban blanc entre ses doigts. Excusez-moi, je reviens.

Lauren l’observa s’éloigner, perplexe, et jeta un regard surpris en direction de Samantha. Cette personne était très étrange. Elle avait encore plus envie de s’échapper d’ici qu’avant et se dépêcha d’emmener Samantha vers la sortie, mais à peine les deux jeunes femmes avaient-elles atteint la porte d’entrée de la Grande Salle que Nathalie Keat revenait vers elles au pas de charge. Lauren fronça les sourcils en reconnaissant Irving Whitaker derrière l’organisatrice.

- Et voilà ! s’exclama Nathalie Keat en agitant sa baguette d’un mouvement rapide.

Avant que Lauren ait eu le temps de comprendre ce qui se passait ou de formuler la moindre protestation, le ruban de l’organisatrice s’était enroulé autour de son poignet. Elle n’eut qu’à suivre la soie blanche du regard pour comprendre que l’autre extrémité du bracelet était nouée au poignet de Whitaker. Il y avait intérêt à ce que ce soit une blague. Elle releva les yeux, prête à incendier cette maudite Nathalie, mais la lâche s’était éclipsée, entrainant Samantha avec elle.

- C’est pas vrai… soupira-t-elle avec agacement. Elle balaya la salle du regard et ne réalisa que maintenant que de drôle de paires commençaient à se former un peu partout. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ? J’imagine qu’on ne peut pas casser ce machin ? s’enquit-elle en levant finalement les yeux vers Whitaker, qui devait être aussi réjoui qu’elle de la situation. Et salut, ajouta-t-elle pour la forme.

Ils étaient visiblement condamnés à passer un petit moment ensemble –jusqu’à ce qu’elle trouve un moyen de se débarrasser de ce stupide lien– alors elle pouvait au moins le saluer. Whitaker l’avait complètement indifférée pendant la majorité de sa scolarité, puis elle l’avait détesté un temps, après sa rupture avec Samantha, et maintenant elle ne savait plus trop quoi penser de l’ancien Gryffondor. Elle n’était sûre que d’une chose : ce n’était vraiment pas la personne avec qui elle aurait aimé passer la Saint-Valentin. Et elle était certaine que ce sentiment était partagé.


Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott et Charlotte évoquaient régulièrement leurs années Poudlard, dont ils étaient parfois nostalgiques. Ils avaient toujours été de bons camarades pendant leur scolarité, sans jamais être des amis très proches, et n’avaient pas beaucoup de souvenirs à eux entre les murs de l’école. Ils allaient toutefois pouvoir se rattraper aujourd’hui puisqu’un concert était organisé dans la Grande Salle de Poudlard en hommage aux victimes de Léopoldgrad. Ni Charlotte ni lui ne travaillaient ce soir-là, ce qui devenait rare, et ils avaient pris cela comme un signe qu’ils devaient se rendre à ce fameux concert. Eliott avait été ravi d’apprendre que Paige était disponible le soir de la Saint-Valentin pour garder Bianca et avait laissé sa fille en sécurité dans les bras de sa tante.

Eliott était conscient de ne pas vraiment être à sa place, lui le résistant qui œuvrait pour la même cause que ces terroristes qui avaient fait explosé la banque des mois plus tôt, mais il refusait de considérer qu’il appartenait au même groupe que ces dégénérés. Il avait été profondément choqué et attristé par les évènements de ce jour-là et voulait participer à cet hommage aux victimes. Et puis, c’était une excellente couverture que de se montrer à ce genre d’évènements, que les résistants les plus radicalisés évitaient, de peur de tomber nez à nez avec des personnes qu’ils préféraient éviter de croiser.

Il espérait avoir l’occasion de revoir quelques amis et d’anciens collègues de ses quelques mois d’enseignement à Poudlard. Il se rappelait bien comme cela lui avait fait étrange de retourner à l’école de magie des années après ses ASPIC, et observait avec amusement les gens autour d’eux qui commentaient les changements opérés depuis leur scolarité. Ce n’était pas désagréable, de se replonger dans ses souvenirs d’adolescence le temps d’une soirée. C’était même l’occasion de retrouver les mauvaises habitudes et de se permettre quelques bêtises, en souvenir du bon vieux temps.

« Tu sais que je connais tous les recoins sombres et peu fréquentés ici ? souffla-t-il à l’oreille de sa femme en glissant un bras dans son dos. Et c’est quand même dommage que nous ne n’ayons plus aucun souvenir de cette fameuse soirée de sixième année, je pense qu’il faudrait corriger ça…»

Environ deux ans plus tôt, Charlotte lui avait appris qu’ils s’étaient apparemment longuement embrassé à l’occasion de cette soirée –conformément à ce qu’il avait raconté à ses camarades de dortoir en rentrant, bien que personne ne l’ait cru. Mais aucun d’entre eux ne gardaient le moindre souvenir de cette soirée particulièrement alcoolisée et, face au scepticisme de ses amis, Eliott avait fini par croire qu’il avait effectivement rêvé. Ils se devaient de remplacer ce souvenir manquant par un nouveau souvenir ce soir, ce seraient leur revanche !

Avant de songer à s’éclipser dans des couloirs sombres, ils avaient tout de même intérêt à faire une brève apparition dans la Grande Salle et à saluer quelques personnes, histoire d’apparaitre comme les adultes matures et responsables qu’ils étaient. Eliott n’avait jamais été très à l’aise avec les obligations sociales dans ce genre, mais le fait qu’il s’agisse d’un concert des Bizarr’s Sister et non pas d’un gala de charité rendait la chose beaucoup plus agréable.

« Tu les as déjà vu en concert ? lança-t-il en désignant une affiche avec une photo du groupe. J’ai fait le mur pour les voir l’été avant la sixième année. J’ai déclenché le sort d’alarme en rentrant, j’ai cru que mon père allait me tuer… » raconta-t-il avec un sourire.

Concert ou pas, la soirée était avant tout un évènement social, le principe restait de serrer quelques mains, de parler météo avec de vieilles connaissances et de manger des petits fours froids. Ils allaient devoir échanger un bon paquet de banalités avec de parfaits étrangers avant de pouvoir profiter de la musique. Il était persuadé que le concert ne commencerait pas avant un bon moment.

Le jeune couple avait à peine franchi la porte de la grande salle qu’une petite brune surgit devant eux, un peu essoufflée.

« Bonsoir, chantonna-t-elle en les accueillant avec un large sourire. Et joyeuse Saint-Valentin ! Je suis Nathalie Keat, enchantée, n’hésitez pas à venir me voir si vous rencontrez le moindre problème ce soir. Nous avons une petite animation spéciale aujourd'hui, poursuivit-elle sans leur laisser le temps de lui retourner la moindre politesse. Monsieur, vous voulez bien me suivre un instant ? »

Eliott abandonna Charlotte à contrecœur, échangeant avec elle un regard surpris et un haussement d’épaule alors qu’il suivait la petite brune au centre de la salle. Cette dernière s’arrêta au niveau d’une jeune femme seule, qu’elle salua avec le même entrain. Elle se retourna ensuite pour attraper Eliott par le bras et agita sa baguette d’un mouvement circulaire. Il observa avec un mélange de curiosité et d’inquiétude un ruban blanc s’enrouler autour de son poignet.

« Qu’est-ce que… ? » La petite brune le fit taire d’un geste de la main autoritaire, et répéta son sortilège. L’autre extrémité du bracelet blanc vint alors s’enrouler autour du poignet de la femme dont ils s’étaient approchés.

« Vous voilà unis pour la soirée, déclara-t-elle avec un sourire, visiblement très fière d’elle. Désolée pour votre amie, ajouta-t-elle à l’intention d’Eliott. Mais ne vous en faites pas, je vais lui trouver de la compagnie aussi. Etait-ce censé le rassurer ? Passez une bonne soirée ! »

Elle s’éloigna sans plus d’explications, laissant Eliott attaché à cette femme qu’il ne connaissait pas. Mal à l’aise, il se gratta nerveusement l’arrière de la nuque avant d’esquisser un sourire à l’intention de sa partenaire d’infortune.

« Bonsoir, lança-t-il finalement. Eliott Warlock, se présenta-t-il en lui tendant sa main libre. Vous avez une idée de ce qui se passe ? s’enquit-il avec un espoir. Il remarqua alors l’inscription qui figurait sur le ruban et qu’il déchiffra tant bien que mal. « « La proximité ne s'obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant », voilà qui est beaucoup plus clair ! » ironisa-t-il.

Il espérait que cette animation ne durerait pas trop longtemps, il avait déjà hâte de retrouver Charlie. Il lui avait promis un slow digne de leurs années d’adolescence sur « Romance in the chamber of secrets » et il tenait à honorer cette promesse.


MétamorphomageMolduavatar
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Nathalie Keat - 29 ans
1ère assistante d'Angela Parson, manager des Bizarr's Sisters

Les choses se passaient plutôt bien, de l’avis de Nathalie. Elle avait fait le plus dur, le Ministre et sa famille étaient liés à des personnes qui répondaient aux critères donnés. Le fils du Minsitre était en compagnie d’une charmante demoiselle –de quoi donner un peu de matière à Sorcière Hebdo– la première dame était liée à la fille illégitime de son mari, ce qui témoignait de sa bienveillance et de son ouverture d’esprit, et le Ministre en personne était attaché à un adolescent absolument quelconque. Il ne fallait absolument pas que le partenaire du Ministre de la Magie ne lui pique la vedette !

Nathalie avait reçu comme consigne de ne surtout pas attacher le Ministre à une jolie fille, ni à quelqu’un de trop original, ou intéressant. Elle avait cherché quelqu’un de parfaitement anonyme, de préférence sans aucune conscience politique –histoire d’éviter les conflits. Merlin avait entendu ses demandes et lui avait fourni un cliché d’adolescent absolument parfait ! Il y avait autant de vivacité dans le regard et l’attitude de ce jeune homme que dans celui d’un strangulot endormi.

« Ne vous en faites pas, notre Ministre sait se montrer très agréable, assura-t-elle au père du jeune garçon, qui n’avait pas l’air rassuré. Et je garde un œil sur eux ! » promit-elle, profitant de cet instant pour attacher le père de famille à une jeune homme qui passait par là.

Elle se tourna ensuite vers le reste de ses fils, estimant rapidement l’âge de chacun. Elle s’éclipsa une minute et revint avec une jolie jeune fille pour l’ainé, un nouveau pote pour celui du milieu, et une petite camarade pour le dernier. Mission accomplie ! Le bracelet s’était déjà enroulé autour du poignet du plus âgé des garçons quand celui-ci lui fit comprendre qu’il était le jeune pianiste censé jouer un morceau dans un peu moins d’une heure. Ah !

Si Nathalie avait su comment briser les rubans ensorcelés, cela n’aurait pas été un problème. Malheureusement lesdits rubans ne libéreraient leurs prisonniers qu’une fois qu’un véritable lien serait établi entre eux. Il n’y avait aucun moyen de déroger à la règle. Enfin, il y en avait certainement un, mais le type qui les lui avait vendus à moitié prix n’avait pas cru bon de le lui communiquer.

« Hum, c’est embêtant…avoua-t-elle. Malheureusement vous êtes les seuls à pouvoir vous libérer de ce lien, expliqua-t-elle aux deux adolescents. Mais Mademoiselle m’a l’air d’être brillante, je suis certaine que vous pouvez lui apprendre à jouer la main droite de votre morceau ! Il vous reste presque une heure ! C’était, de l’avis de Nathalie, largement assez pour apprendre un morceau au piano.  Je suis sûre que vous serez très bien ! assura-t-elle avec un sourire pour la jolie rousse qui allait devoir monter sur scène en compagnie du jeune prodige. Bonne soirée ! »

Nathalie s’éclipsa sans demander son reste, pas certaine que sa suggestion soit au goût du pianiste et de sa partenaire. Ces jeunes franchement, ils ne savaient plus s’amuser ! Elle allait réapprendre aux adolescents le goût de l’aventure, de la spontanéité, et des rencontres insolites ! Elle avisa d’ailleurs deux adolescentes et s’en approcha avec entrain. Elle fut un peu refroidie par l’accueil brutal que lui réserva sa prochaine victime mais ne se laissa pas décourager. Elle allait lui trouver un garçon sympa, ça lui redonnerait le sourire ! Elle avisa un jeune homme aux cheveux frisés qui venait d’arriver. Lui et sa petite-amie avaient l’air d’être des gens très gentils, il ferait bien l’affaire ! Elle sépara le jeune homme de la petite blonde qui l’accompagnait et le traina derrière elle jusqu’au deux adolescentes qu’elle avait quitté un instant plus tôt, et qui se rapprochaient un peu trop de la sortie à son goût.

Elle opéra rapidement les deux sortilèges pour lier le jeune homme aux cheveux bouclés et l’adolescente brune de mauvaise humeur, et s’éclipsa en compagnie de l’amie de cette dernière qu’elle attacha à un jeune homme tout à fait charmant. Elle continuait de former des couples, infatigable, mais commençait à être dépassée par le nombre important d’invités qui arrivait. Elle fut forcée de partager sa tâche avec Horace, visiblement ravi. Elle lui fourra une poignée de ruban dans la main, lui rappela la formule nécessaire, et il s’éloigna en direction d’un jeune homme blond qui venait d’entrer, apparemment un ancien ami à lui.

Puisqu’Horace était occupé à discuter longuement avec son ancien ami, ce qui lui valut un regard agacé de Nathalie, cette dernière se chargea de trouver un partenaire à la compagne de l’ami en question. Une très jolie jeune femme, qu’il serait certainement risqué d’attacher à un garçon de son âge –elle ne voulait pas créer de problèmes chez les amis d’Horace. Elle avisa un jeune Gryffondor bien agité qui passait par là et jugea qu’il ferait un excellent binôme ! Elle redressa la tête et remarqua qu’Horace avait attaché son ami avec une jeune femme au décolleté avantageux et secoua la tête. C’était bien la peine qu’elle essaye de préserver le couple de ces amis s’il casait son pote avec une bombe !

Mise à part le manque d’intuition d’Horace, qui contrairement à Nathalie formaient des couples très mal assortis, les choses se déroulaient exactement comme prévues ! Certains ne semblaient pas ravis de son idée, mais elle était certaine qu’une fois qu’ils auraient tous fait connaissance avec leur partenaire, ils réaliseraient la chance qu’ils avaient eu d’être forcés à faire cette rencontre.
Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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Danielle lissa un pli de sa robe de soirée en montant les marches du château. Un rictus s'afficha sur ses lèvres alors qu'elle songeait à la soirée à laquelle elle se rendait. Pas que cette initiative envers la population magique soit une mauvaise idée, loin de là ! Mais jamais Danielle n'avait été du genre à se rendre à ce genre de soirée. Elle n'aimait pas particulièrement ces évènements, ni la foule, ni le monde. Oh, elle appréciait la compagnie de ses amis, mais pas l'idée se retrouver entourée d'illustres inconnus qui se mettraient à rire bêtement dès la première coupe de champagne finie.

Mais le ministère avait une image à entretenir. Or, Danielle étant l'une des figures du régime Marchebank, elle avait décidé de faire un effort pour se montrer plus accessible à la population et changer son image - tout à fait réaliste soit dit en passant - de chef autoritaire et intransigeante. Elle avait donc ressorti une de ses robes soirées, avait quitté exceptionnellement le ministère avant 22 heures et avait transplané à Pré-au-Lard pour assister à un concert le jour de la St Valentin.

Intérieurement, Danielle était tout de même ravie de retrouver le château, qui avait été sa maison pendant des années. Elle balaya le hall du regard et ses lèvres s'étirèrent en un sourire alors qu'elle observait les tableaux dont les occupants regardaient curieusement la petite foule. Certaines choses étaient immuables. D'un pas léger, Danielle se rendit dans la Grande Salle, et s'avança jusqu'au milieu, observant le décor mis en place pour l'occasion. Elle poussa un soupir : qu'est-ce qu'elle ne ferait pas pour son poste...

En effet, être chef de la milice était un poste avec en enjeu politique important, que la femme ne pouvait négliger. Les débuts avaient été compliqués, car durant sa carrière, l'Oubliator avait agi majoritairement sur le terrain. Mais Danielle apprenait vite, et ces derniers mois passés à fréquenter divers directeurs de département ainsi que le ministre lui-même avaient réussi à parfaire sa formation. Cependant, même si elle comprenait cette question politique, Danielle aurait parfois apprécié ne pas avoir à prendre autant de pincettes pour mener ses enquêtes et ses arrestations. La réussite, se raisonnait-elle dans ces moments, vient d'une milice efficace et d'une population conquise.

Et la population, lui avait-on fait comprendre, serait d'autant plus conquise si le visage de la milice se revêtait de sa plus belle tenue et affichait son plus beau sourire lors d'un concert donné pour les victimes de l'attentat de Léopoldgrad. Danielle avait évidemment accepté de s'y rendre sans broncher. Elle était consciente que le régime de Léopold rassemblait beaucoup de femmes talentueuses, assez jeunes, ce qui permettait de dynamiser le ministère et de rassurer la population en proposant des personnalités loin des politiciens véreux habituels.

En pensant à toutes ces personnes talentueuses qui l'entouraient, Danielle chercha du regard Nasreen, sa lieutenante qui se révélait être un membre indispensable au bon fonctionnement de la milice et qu'elle appréciait de plus en plus. Alors qu'elle tournait la tête, une jeune femme l'aborda avec un entrain qui lui fit froncer les sourcils. Elle était accompagnée d'un homme qui ne semblait pas en mener bien large non plus. Danielle porta instinctivement sa main droite à la poche qui contenait sa baguette, alors qu'un ruban venait de s'enrouler autour de la gauche. Avant qu'elle ait pu prononcer le mot "arrestation", la jeune femme avait disparu, la laissant attachée à un illustre inconnu.

"Bonsoir." répondit-elle poliment avant de lui tendra sa main libre. "Danielle Coleman." se présenta-t-elle distraitement à son tour, les yeux rivés sur le ruban qui l'unissait au dénommé Eliott. Un sort devait être contenu dans l'objet, songea-t-elle en l'effleurant de son pouce. Elle poussa un soupir discret en relevant la tête. "Probablement une idée des organisateurs pour nous obliger à passer cette St Valentin sous le signe du rassemblement, du partage, de la fraternité..." lança-t-elle sans parvenir à masquer complètement son ton cynique - ça lui faisait une belle jambe, la fraternité !

Danielle n'avait jamais été très douée dans l'art de lancer la conversation, d'autant moins avec un inconnu avec qui on la forçait à passer la soirée. Elle laissa passer quelques instants de silence avant de se racler la gorge et de se tourner vers Eliott.

"Warlock... Vous êtes de la famille de l'ex-femme de Leopold Marchebank, j'imagine ?"

Danielle, elle, était née-moldue, et avait mis longtemps à se faire aux familles sorcières, aux traditions des Sang-Purs et à toute cette culture très éloignée du monde moldu.



Kit par Roy Ship
James CarterAmbulancier magiqueavatar
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James sifflota un air joyeux en remontant la longue allée qui menait à Poudlard, les mains vissées dans ses poches. Quelle chance de pouvoir retourner au château, songea-t-il en souriant, tout en saluant un couple qu'il dépassait. Il n'avait pas ressenti une réelle peine lorsqu'il avait quitté Poudlard, mais en y retournant aujourd'hui, une vague de nostalgie lui remuait l'estomac. Tous les souvenirs de son adolescences étaient ici. Le parc, ses réunions avec Amy et Emma, ses longues discussions avec Grady et Ashley, sa première relation amoureuse avec Kessy, ses échanges houleux avec Marlene, puis leurs étreintes passionnées... Tout était là. C'était donc nostalgique mais heureux que James revenait à Poudlard en ce soir de la St Valentin pour assister au concert de Bizzar'Sisters.

Il grimpa les marches quatre à quatre et se retrouva dans le grand hall, qui accueillait les retrouvailles d'anciens camarades de promotion. Il observa ces scènes avec un sourire, cherchant du regard des visages familiers. En quittant Poudlard, et malgré les efforts qu'il avait fait, il avait perdu contact avec tant de monde... La situation actuelle du pays ne se prêtait pas non plus aux grandes soirées étudiantes - la formation du jeune homme lui avait bien fait comprendre. Il avait été parmi les premiers secouristes à la Marchebank, et en était ressorti choqué par le désordre et l'horreur qui régnaient. Il avait suivi dans les journaux les enquêtes du ministère, la découverte des "terroristes", les procès qu'on attentait à ceux qui étaient opposés à l'Etat de droit dirigé par Marchebank. Et James avait voulu y croire. Il avait voulu croire qu'il y avait les "méchants terroristes" et les "gentils politiciens". Marchebank était du côté de la population, non ? Il avait fait voter tellement de lois formidables, pour les droits des créatures magiques par exemple. Il n'était pas mauvais. James avait eu envie d'y croire, et de cette manière, il n'avait pas poussé sa réflexion plus loin. Pourquoi l'aurait-il fait, après tout ?

Mais il y avait eu ces autres incidents, auxquels il assistait de plus en plus souvent. Les ambulanciers étaient appelés et trouvaient sur les lieux des personnes inconscientes, blessées, à la mémoire fluctuante, qui ne se rappelaient pas avoir été attaquées, mais qui mentionnaient bien des bruits de combat. A St Mangouste, les rumeurs allaient de bon train, et on parlait de plus en plus de probables attaques de la milice du gouvernement, de sorts perdus, de disparitions soudaines... On chuchotait dans les couloirs de St Mangouste, et James avait tendu l'oreille.

De fil en aiguille, il avait pu se procurer un journal clandestin, que l'un de ses collègue lui avait passé discrètement, alors qu'ils se changeaient dans les vestiaires. James était rentré chez lui en le cachant au fond de son sac, et l'avait dévoré une fois arrivé à Liverpool. La lumière s'était allumée dans son esprit, et il avait serré le papier dans ses mains. Sur les conseils de son collègue, une fois la lecture terminée, il avait brûlé le journal, mais les mots restaient encore aujourd'hui gravés dans son esprit.

Il fut tiré de ses pensées par la venue d'Horace, un Gryffondor plus âgé que lui qu'il connaissait vaguement. Il le salua avec entrain, et se laissa entraîné, interloqué, vers une jeune femme qu'il ne connaissait pas mais qui semblait en charge de la soirée et une autre au visage familier, puisqu'il s'agissait de Samantha Miller. Avant même d'avoir eu le temps de saluer sa camarade, la dénommée Natalie - puisque c'était comme cela qu'Horace venait de l'appeler -lia son poignet avec celui de Samantha d'un ruban blanc, et les deux organisateurs filèrent vers un couple.

"Salut !" lança-t-il toutefois en adressant un sourire à sa camarade. Il regarda d'un air curieux le ruban qui les liait, Samantha et lui. Il distingua une inscription qu'il lu à voix haute : "« La proximité ne s'obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant »" Hum. Désolé, je n'ai jamais été très bon en énigme." Il haussa les épaules. "Tu vas bien, sinon ?"
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet marchait main dans la main avec Jeremy, observant les abords du château en souriant. Quel plaisir de revenir ici, songea-t-elle en poussant un léger soupir d'aise. La jeune femme n'avait pas remis les pieds au château depuis que Jeremy l'avait demandé en mariage, et elle se réjouissait de passer une nouvelle soirée à Poudlard. Qui plus est, c'était aussi l'occasion de revoir plusieurs visages familiers en écoutant les Bizarr'Sisters. Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas écouté leurs morceaux. Sûrement parce qu'elle associait ce groupe à toutes ces heures passées avec Danny, Irving et Donald à écouter leurs chansons et à plaisanter. Or, penser aux Dark Boursoufs, c'était penser à la mort de Danny, et sa disparition comprimait encore le coeur de la jeune femme. Elle chassa ces pensées noires en secouant doucement la tête et adressa un sourire à son mari.

"Ca me rappelle pleins de bons souvenirs..." souffla-t-elle en lui effleurant la joue. Les années à Poudlard de Juliet n'avaient pas été toutes roses, elle en était bien consciente. Mais maintenant qu'elle avait pris suffisamment de recul, elle ne gardait de sa scolarité que les bons souvenirs, les moments passés avec ses amis dans la salle commune, les entraînements de Quidditch dirigés par Jeremy qui était très heureux dans son rôle de capitaine autoritaire, son escapade dans la forêt interdite avec Aaron et Jeremy, toutes les amitiés qu'elle avait lié au sein du château - parfois improbables, toujours sincères - qui l'avaient aidé à grandir et à devenir la femme qu'elle était aujourd'hui. Avec un sourire malicieux plaqué sur les lèvres, Juliet se rapprocha de Jeremy pour lui souffler :

"Cap ou pas cap de t'éclipser pendant la soirée pour faire un petit pèlerinage de quelques lieux emblématiques ?" Elle en avait un en particulier en tête.

Le couple monta les marches qui menaient au hall et Juliet soupira d'aise. Jeremy revenait régulièrement à Poudlard grâce à son travail, et la jeune femme se plaisait toujours à écouter les anecdotes qu'il pouvait lui raconter sur le château, sur ses élèves, sur les professeurs... Mais y revenir en personne, c'était autre chose. Même si elle n'aurait échangé sa vie pour rien au monde, elle se sentait un peu nostalgique de cette époque insouciante où sa plus grande préoccupation était sa vie sentimentale et ses retenues. Maintenant, elle était adulte, elle devait faire des choix d'adulte, remplir des papiers d'adulte, élever son enfant, être un modèle, s'orienter dans le monde du travail... Heureusement que le couple de Gryffondor était accoutumé aux aventures rocambolesques car remplir leur premier dossier pour la CAF avait été un combat plus coriace que celui contre les acromentules.

Alors qu'ils entraient dans la Grande Salle, ils furent alpagués par Horace qui les salua avec entrain. Captivée par la conversation avec son ancien camarade, Juliet n'aperçut pas une jeune femme se diriger vers elle d'un pas décidé et l'entraîner à grand coup de sourires vers un jeune homme au visage bien familier. Elle se retrouva attachée à lui par le poignet et ne pu s'empêcher de jeter un regard curieux au ruban, avant d'adresser un immense sourire à son (deuxième) Gryffondor préféré.

"Andrew !" lança-t-elle en l'étreignant. "Comment ça va ? Ca fait une éternité qu'on ne s'est pas vus !" Elle remarqua alors qu'il avait dû prendre dix centimètres depuis la dernière fois qu'ils s'étaient croisés. "Ne t'avise pas de devenir plus grand que moi avant - au moins - deux ans." poursuivit-elle en lui ébouriffant gentiment les cheveux.



Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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- Rose ou bleue ? s'interrogea Cindy face aux deux robes absolument hideuses qu'elle avait étalé sur son lit.
- Rose, répondit Sasha sans lever les yeux de son livre.

Une réponse plus appropriée aurait été de conseiller à son amie de brûler les deux robes -ainsi que la moitié de sa penderie- et de porter quelque chose de plus sobre, avec moins de volants, mais la Serpentard n'avait pas le temps de se lancer dans une leçon de style. Et puis, moins Cindy serait bien habillée, plus Sasha aurait l'air élégante à côté d'elle. Elle était prête depuis déjà quelques minutes et en avait profité pour prendre un peu d'avance dans son devoir de sortilèges. Il était à rendre dans trois semaines mais plus vite elle l'aurait terminé plus vite elle pourrait commencer à lire les manuels qu'elle avait acheté en prévision de son programme d'été à Salem. Elle travaillait encore plus que d'habitude en ce moment, et ne comptait plus les soirées qu'elle passait à la bibliothèque, mais elle faisait une exception ce soir pour la soirée de Saint-Valentin.

Sasha referma d'ailleurs son manuel de Sortilèges, quitta son lit et lissa le devant de sa robe grise. La coupe était plutôt classique mais elle l'avait associée à une veste en cuir noir et des petites bottines pour le côté rock - il s'agissait d'un concert des Bizarr's Sisters après tout. Elle retoucha son rouge à lèvre, se parfuma et passa une main dans ses cheveux pour leur donner du mouvement. Du haut de ses quinze ans, Sasha paraissait facilement un ou deux ans de plus, particulièrement à côté de Cindy, de sa robe rose et de son fard à paupières pailleté.

Les deux jeunes filles descendirent dans le hall où de nombreux élèves se pressaient devant les portes de la Grande Salle. Le volume sonore augmentait à mesure que les invités arrivaient, et les conversations allaient bon train. Certains évoquaient avec gravité l'attentat de Léopoldgrad quand d'autres faisaient plutôt des prognostiques sur les invités de marques de cette soirée. On racontait que quelqu'un avait vu la famille du Ministre arriver un peu plus tôt. Sasha observait tout ce petit monde avec attention, essayant de repérer des personnes intéressantes.

Après quelques minutes d'attente Sasha et Cindy entrèrent finalement dans la Grande Salle, métamorphosée en salle de concert. Sasha écouta à peine les commentaires de son amie sur les transformations subies par le réfectoire pour l'occasion, elle promenait son regard sur les invités avec curiosité. Il était rare que Poudlard accueille d'autres personnes que ses élèves, c'était une occasion à ne pas manquer ! Elle se demandait si Isobel serait là, pour son travail peut-être. Elle ne manquerait pas de la saluer si elle l'apercevait.

Son analyse des personnes présentes fut interrompue par une jeune femme qui vint se poster face à Cindy et elle avec une mine songeuse. Le regard de la jeune femme passa d'une adolescente à l'autre à plusieurs reprises avant qu'elle n'attrape finalement Sasha par le bras en lui demandant de la suivre. Un instant plus tard elles se retrouvèrent face à Dave Marchebank, et avant que Sasha ne puisse comprendre ce qui lui arrivait, elle se retrouva attachée par le poignet avec ce dernier. Voilà qui était à la fois un peu gênant et très intéressant.

"Bonsoir, le salua-t-elle avec un sourire poli. Sasha Benson, se présenta-t-elle ensuite. Ils avaient partagé la même salle commune pendant un temps mais elle n'avait pas la prétention d'espérer qu'il se souviendrait d'elle. "La proximité ne s'obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant" lu-t-elle à voix haute en déchiffrant le ruban de soie qui reliait leurs deux poignets. C'est joliment dit, même si cela ne nous aide pas beaucoup..."commenta-t-elle en fronçant les sourcils.

Sasha était généralement plutôt à l'aise en société, elle était douée pour faire la conversation et savait se montrer agréable, mais elle était un peu embarrassée. D'une part parce qu'elle se trouvait en face de Dave Marchebank -donc pas n'importe qui- et d'autre part parce qu'elle avait évidement remarqué qu'il était en fauteuil. C'était un fait public, et elle était au courant de ça, mais c'était autre chose de se trouver face à lui en vrai et de devoir baisser la tête pour lui parler. Elle avait peur de laisser paraitre son embarras et de le mettre mal à l'aise, et ne savait même pas où poser les yeux. Elle choisit finalement de le regarder dans les yeux, ce qui était toujours mieux que d fixer ses pieds.

"Vous voulez boire quelque chose ?" suggéra-t-elle en jetant un regard du côté du bar.




Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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La main de Juliet fermement enveloppée de la sienne, Jeremy traversait le parc de Poudlard comme un châtelain marchant dans son domaine. Il avait la démarche fière alors qu'ils approchaient de l'immense silhouette de Poudlard hérissée de pics. Cette vision enchanteresse, ce retour nostalgique vers les années de leur jeunesse n'avait plus aucun secret pour lui. Depuis sa rentrée au mois de septembre, il avait eu le temps de s'habituer à se faire submerger de vagues de souvenirs à chaque détour, à chaque recoin de l'école.

Il s'était aussi - un peu trop bien - adapté à sa nouvelle stature d'apprenti professeur, et n'était pas peu fier de venir retrouver certains de ses anciens camarades maintenant qu'il était passé de l'autre côté de la barrière. A vrai dire, il était à deux doigts de prendre sa forme animale pour aller gambader en aboyant après tous les invités, mais la bienséance l'obligea à se tenir. Avec un sourire intérieur, il songea que son enthousiasme débordant en disait long sur ce qu'il pensait de son nouveau travail : il l'adorait. L'enseignement lui plaisait énormément, et il ne se sentait prêt à laisser tomber ce poste pour rien au monde.

Son sourire s'agrandit quand Juliet lui glissa quelques mots malicieux à l'oreille. Des pensées indécentes apparurent immédiatement dans son esprit, impliquant son épouse, leur pièce secrète et lui-même, et il répondit sur le même ton : "On ne pourrait pas s'éclipser avant la soirée ? Cap, bien sûr !"

Les cap ou pas cap de Jeremy et Juliet étaient devenus légendaires. Du moins, lui estimait qu'ils étaient entrés dans la légende. D'ailleurs, chaque fois que l'un prononçait "cap", l'autre relevait systématiquement le défi : c'était une question de fierté. Pire, il en allait même de la continuité de leur couple, puisque tout avait commencé ainsi ! Juliet en profitait parfois même honteusement, puisqu'il était ainsi obligé d'accomplir des actions de l'ordre de "cap ou pas cap de faire la vaisselle ?" ou "cap ou pas cap de sortir les poubelles ?", ce qui était à ses yeux de l'antijeu. Ce soir, heureusement, le défi était beaucoup plus alléchant. Jeremy se rapprocha de son épouse pour déposer un baiser sur sa joue, puis ils entamèrent l'ascension des marches du perron.

Les invités se pressaient déjà dans le hall, et pourtant ils n'étaient pas particulièrement en retard. Cette soirée serait certainement un succès, et Jeremy espérait y voir beaucoup de ses anciens camarades - du moins, ceux qui n'étaient pas décédés ou disparus dans d'étranges circonstances, ce qui ne laissait plus tant de monde. Heureusement, il restait le meilleur d'entre eux, son meilleur ami, qui surgit entre les invités comme un niffleur dans les hautes herbes.

"Jereeeeem' ! Juliet !"

"Hory ! T'es là ! Comment ça va ? "

"Super, c'est trop cool de vous voir. Mais j'ai été elfedemaisoné, ça ne va pas du tout, j'suis obligé de trouver des binômes aux gens, je n'ai même pas pu récupérer un truc à boire encore. Et alors, qu'est-ce que vous racontez ? Qu'est-ce que vous avez fait de ma filleule d'amour ce soir ?"

"Ce n'est toujours pas toi le parrain", répliqua Jeremy avec amusement, "mais elle va bien, elle est chez Théo et Sam".

"Chut, arrête de mentir, tu sais bien que c'est moi puisque je l'ai décidé", rétorqua Horace d'un air faussement offensé, avant de murmurer d'un air de comploteur : "Bon écoute, j'vais te trouver un binôme sympa..."

"Un binôme ?"

Avant qu'il ait eu le temps de comprendre ce qui se passait, Jeremy sentit la main de Juliet s'échapper de la sienne, alors que son épouse était attirée au loin par une étrangère. Il sentit quelque chose tirer sur son autre poignet et baissa le regard pour observer un étrange ruban blanc qui lui enserrait le bras. Le ruban le tenait fermement accroché avec un autre poignet, à l'allure résolument féminine, si l'on en croyait la french manucure. Fronçant les sourcils, Jeremy redressa un regard perplexe le long du bras inconnu, jusqu'à une paire de... yeux bruns fixés sur lui.

"Boooon...jour", dit-il, circonspect, en examinant la sorcière à laquelle il était mystérieusement accroché. Plus âgée que lui d'une bonne dizaine d'années, elle avait la peau sombre et le visage picoté de tâches de rousseur, ce qui lui donnait un air singulier. Élégante et juchée sur des talons hauts comme des poteaux de Quidditch, elle était vêtue de vêtements luxueux qui détonnaient par rapport à son jean et à son pull noir frappé aux armoiries dorées de Lycaon. Hum.

Jeremy sortit de sa contemplation pour chercher son ami, et obtenir une explication.

"Horace ?"

Après avoir tourné la tête en tous sens, il dût se rendre à l'évidence : son sale petit traître d'ami avait filé à l'anglaise. Comme l'anglais qu'il était. Jeremy leva son poignet - et au passage, celui de l'inconnue - pour l'examiner de plus près et avisa l'inscription. Certainement une animation pour la soirée, songea-t-il en retenant un soupir. Pourquoi sentait-il que son escapade avec Juliet était compromise ? Ma foi, qu'à cela ne tienne, Jeremy allait faire contre mauvaise fortune bon coeur. C'était l'occasion de faire la connaissance d'une nouvelle personne - en évitant soigneusement de plonger le regard dans son décolleté plongeant.

"Je vous offre un verre, miss ?", lança-t-il avant d'ajouter avec un sourire charmant : "Jeremy Baker, enchanté."

Certes, cette soirée était en open bar mais c'était l'intention qui comptait, non ? Et puis le transplanage lui avait donné soif. Il espérait que les organisateurs de cette petite soirée avaient prévu de la bonne biéraubeurre, comme de la Sombral ou de la 1446. Tout, sauf de la Heinegic !

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott était persuadé d'avoir déjà vu sa partenaire d'infortune quelque part. Son visage lui rappelait vaguement quelque chose. Elle paraissait pourtant plus âgée que lui de quelques années, ils ne s'étaient donc pas croisé à Poudlard, et il n'avait pas non plus l'impression qu'il s'agisse d'une collègue de Sainte-Mangouste. Il dû se faire violence pour arrêter de la dévisager et obtint de toute façon une réponse rapide à ses questions quand elle se présenta à son tour. Danielle Coleman. Le tête de la milice du FREE. Bien. Ne pas paniquer.

Par réflexe, il chercha Charlotte des yeux dans la salle. Il aurait aimé que sa femme vienne se joindre à eux, elle aurait su gérer la situation bien mieux que lui. Malheureusement, il ne parvint pas à la retrouver dans la foule et fut forcé de reporter son attention sur son interlocutrice. Cette dernière lui semblait être étrangement... normale. Evidement il ne s'était pas attendu à un chien à trois têtes, mais il avait malgré tout une image de la chef de la milice un peu plus agressive. Il avait d'ailleurs du mal à assimiler cette information et à réaliser que la femme qui se tenait devant lui traquait les résistants, procédait à des arrestations arbitraires, peut-être à quelques exécutions...

Il ne devait pas penser à ça, surtout pas. Danielle n'était pas venue ici pour arrêter qui que ce soit, mais pour profiter d'un concert des Bizarr's Sisters. Ils allaient échanger quelques mots, se débarrasser de ce fichu bracelet, se quitter en promettant de partager un café un de ces jours, et ne jamais tenir cette promesse. Tout allait bien se passer.

La jeune femme ne semblait pas plus emballée que lui par l'idée de passer une partie de la soirée attaché à un parfait inconnu - voilà qui leur faisait déjà un point commun ! Son ton cynique alors qu'elle évoquait la volonté des organisateurs de placer cette soirée sous le signe de la fraternité et du partage ne lui échappa pas et Eliott retint un commentaire sur la fraternité dont la milice faisait preuve chaque jour. Cela aurait pu être mal interprété.

"C'est...original, comme idée. Et un peu risqué, je ne suis pas sûr que ça plaise à tout le monde."

Il y avait des personnes qu'il pouvait être plutôt dangereux d'attacher ensemble pour une durée indéterminée. Un résistant et la chef de la milice, à titre d'exemple. Heureusement pour lui, Danielle ne semblait pas avoir le moindre soupçon à son égard, et il n'avait pas l'intention de lui donner des raisons de changer d'avis.  Elle lui fournit d'ailleurs elle-même une excellente couverture en lui demandant s'il n'était pas de la famille de l'ex-femme du Ministre. Il était le neveu de Léopold Marchebank, voilà qui devrait assurer ses arrières.

"Tout à fait, répondit-il avec un sourire. Son neveu, précisa-t-il. Nous étions assez proches, quand j'étais plus jeune." Et la famille du Ministre de la Magie n'était pas inquiétés par la milice, n'est-ce pas ?

Maintenant qu'il s'était lâchement servi de son nom de famille pour se présenter comme plus proche du Ministre de la Magie qu'il ne l'était aujourd'hui, il avait plutôt envie d'orienter la discussion sur un terrain moins dangereux.

"Vous êtes venue accompagnée ?" l'interrogea-t-il en espérant qu'elle lui réponde par l'affirmative où qu'elle lui retourne sa question.

Il était prêt à sauter sur la première occasion de se rapprocher d'autres personnes, n'ayant aucune envie de rester en tête à tête trop longtemps avec la jeune femme. Réalisant que sa question pouvait paraitre un peu indiscrète, voire déplacée, il se gratta nerveusement l'arrière de la tête en tentant de se rattraper.

"C'est juste que, hum...S'il y a des amis ou des collègues que vous voulez voir..." Pas collègues. Pourquoi avait-il dit collègues ?




Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Ce que Samantha venait faire à cette soirée ? Elle se le demandait également. En temps normal, jamais elle n'aurait eu envie de remettre les pieds à Poudlard, jamais. Elle avait vécu dans cette école certains des meilleurs moments de sa vie, mais tout cela avait été balayé dans son esprit par l'horreur de sa dernière année et demi de cours. Ce qu'elle voyait quand elle apercevait la lisière de la forêt, c'était la silhouette énorme et monstrueuse d'un loup sauvage. Ce qu'elle imaginait, c'était le corps sans vie de Roxane à ses pieds. Et quand elle pensait aux élèves, aux couloirs et aux pièces familières de cette école, elle éprouvait une énorme boule de malaise, d'angoisse et de honte qu'elle peinait à démêler - c'était presque physique. Et c'était malheureux.

Samantha avait été heureuse ici. Elle avait été une élève, une adolescente, une amie. Elle avait découvert la magie et ce monde fantastique. Elle avait rêvé, espéré, fait des projets et des plans. Elle avait été amoureuse. Elle avait été joueuse, capitaine, acclamée par une maison entière, mais conspuée dès qu'elle quittait les airs. Oui, tout avait disparu, tout avait été balayé. Elle ne retenait que le pire, les disputes avec Marlene, les insultes et les horreurs derrière son dos, la souffrance et la peur, le règne d'Ana Sorden, les personnes qu'ils avaient perdu. Alors non, en temps normal, elle n'aurait jamais remis les pieds ici, jamais, et c'était la tête baissée et les épaules affaissées qu'elle avançait vers le château.

Mais il y avait eu Leopoldgrad, et depuis, sa vie avait basculé - une fois encore. Il y avait des souvenirs que Samantha ne pourrait jamais effacer de sa mémoire. Cette nuit de Pleine Lune Sanglante en était un, l'attaque de la March Bank était le second. L'horreur de ce jour était encore très présent en elle. Les semaines avaient passé et pourtant, la poussière noire imprégnait encore sa peau, l'odeur métallique du sang n'avait jamais quitté ses narines, les cris de désespoir et les appels à l'aide retentissaient encore à ses oreilles. Alors elle devait être présente ce soir. Dave serait là, dans son fauteuil, alors elle serait là aussi. Elle ne lui parlerait certainement pas, mais elle serait là...

Elle estimait que c'était son devoir, mais c'était aussi un besoin. Comme un enterrement, ou une cérémonie, elle avait besoin de cette soirée pour réussir à faire son deuil et laisser cet événement terrible derrière elle. Elle avait désespérément besoin de retrouver sa paix intérieure, de cesser de rêver chaque nuit de cette journée qui l'avait laissée complètement confuse quant à ses engagements, confuse et désabusée. Samantha avait besoin de croire qu'il y avait encore quelque chose de bon dans cette société, quelque chose de positif et qui vaille la peine d'être sauvé. C'était ce quelque chose, ce sentiment de force et d'unité qu'elle venait chercher ce soir. C'était un quelque chose qu'elle désirait avec suffisamment d'avidité pour surmonter l'angoisse de retourner entre ces murs.

Plongée dans ses pensées, Samantha ne prêta guère attention aux propos de sa petite-amie. Ce fut seulement lorsqu'elles parvinrent dans la Grande Salle qu'elle émergea de sa bulle. Un sentiment désagréable s'empara d'elle à l'idée de retourner dans la salle commune des Serpentard - lieu emblématique qui ne lui rappellerait que trop bien ce qu'elle espérait oublier. Mais elle ne voulait pas empêcher Lauren de réaliser ce pèlerinage si elle le souhaitait. Les occasions de revenir à Poudlard ne se représenteraient certainement plus, alors Sam pouvait bien faire l'effort, même si cela lui coûtait.

"Pourquoi pas", répondit-elle avec un maigre sourire, en commençant à la suivre vers la sortie de la pièce. Une boule d'angoisse au creux de l'estomac, elle retint un soupir de soulagement quand une jeune femme pimpante vint les interrompre.

"Etrange", commenta Samantha en la suivant du regard. Reportant son attention sur Lauren, elle ajouta d'un air affectueux : "Je crois que tu lui as fait peur."

Pourtant, Lauren semblait bien déterminée à sortir d'ici tant qu'il en était encore temps, et Sam la suivit sans protester - tout en se demandant pourquoi diable elle était venue si c'était pour fuir les invités. L'organisatrice était néanmoins plus persévérante qu'il n'y paraissait, puisqu'elle revint auprès d'elle accompagnée d'une tête bouclée que Sam ne reconnut que trop bien...

Ce n'était nul autre que son ex, Irving Whitaker. Cette soirée serait bien celle des souvenirs d'adolescence, songea-t-elle en adressant un vague salut à Irving. Encore une personne qui provoquait des sentiments mitigés en elle, qu'elle préférait ignorer. Finalement, Sam ne fut pas mécontente de se laisser entraîner par cette étrange Nathalie Keat. Elle la suivit sans protester, non sans échanger un regard circonspect avec sa petite-amie. Quelque chose lui disait qu'elles allaient être obligées de sociabiliser ce soir...

Son intuition se révéla bonne, puisque Nathalie Keat s'arrêta de nouveau vers une tête connue. En un tour de passe-passe particulièrement habile, elle leur fit subir le même sort qu'à Lauren et Irving, avant de s'éclipser à la recherche de nouvelles victimes. Consternée, Sam souleva les deux poignets attachés, examina un instant le ruban et haussa les épaules. Elle aurait pu trouver pire compagnie, cet endroit était envahi de soutiens du régime. Avec un sourire, elle salua son ancien camarade d'école :

"Salut James, ça va bien et toi ? Hé bien à mon avis, ça veut dire que tu es mon cupidon pour ce soir..."

C'était Marlene qui allait être contente...

"Alors, qu'est-ce que tu deviens, depuis tout ce temps ?", s'enquit-elle pour lancer la conversation.


   
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Un verre de jus de citrouille à la main et revêtu de son plus beau costume, Leopold errait dans la Grande Salle en serrant des mains. Il arborait son plus beau sourire bonhomme, échangeait plaisanteries avec les uns et compliments avec les autres, papillonnant de groupe d'invités en groupe d'invités en parlant de tout, tout sauf de politique. Ce soir, l'opération séduction était de mise, dès les premiers instants de la soirée, qui serait ensuite occupée par l'exquise représentation des Bizar' Sisters et par l'animation spéciale de la Saint Valentin. Ce soir serait placé sous le signe de l'humour, de l'amour et de la musique, bref, que de belles ondes positives pour redorer l'image du ministre et de son gouvernement. D'ailleurs, tous ses directeurs de maison étaient là, eux aussi occupés depuis la première heure à montrer leurs souvenirs avenants, leur conversation positive et leur ouverture à l'égard des gens du peuple.

Intérieurement, Leopold bouillonnait comme un volcan prêt à entrer en éruption. Derrière son regard avenant se dissimulait une colère froide, et il ne pouvait s'empêcher de se demander qui, dans cette foule de sorciers biens sous tout rapport, avait l'audace de se présenter ici tout en soutenant la résistance - car il y en avait forcément. Ceux-là, il voulait les traquer, les démasquer et les pendre sur la place publique. Chaque fois que son regard se posait sur son fils dans son fauteuil, chaque fois que sa nouvelle cicatrice tiraillait la peau de son visage, Leopold sentait sa résolution augmenter d'un cran. Alors il étirait d'avantage son sourire et poursuivait son opération séduction, en se rappelant, comme un mantra, que la vengeance est un plat qui se mange froid.

Il était en pleine conversation avec le joueur de Quidditch Olivier Dubois, avec lequel il débriefait le dernier match des Canons de Chudley - qu'il n'avait pas vu, mais un résumé faisait l'affaire - quand une organisatrice les interrompit sans grande cérémonie. Leopold leva un sourcil circonspect et l'observa calmement, pendant qu'elle accrochait un adolescent à son bras. Épaté par son culot, ou plus exactement sa témérité, Leopold adressa un haussement d'épaule à Dubois qui en profita pour prendre congé, puis reporta l'attention sur son adolescent boutonneux.

Le teint pâle, l'air boudeur et maladif, l'oeil vif comme celui d'un bovin à l'heure de la sieste : oui, il avait récolté un ado de compétition, un vrai de vrai - un spécimen comme on n'en trouve qu'à Poudlard. Voilà ce qu'il récoltait à accepter que la soirée commémorative se déroule entre ces murs... Ma foi, ce Virgil était un futur électeur, alors il pouvait bien poursuivre l'opération séduction par ce biais là. Leopold retint un rire en voyant le regard que le jeune homme échangea avec son père, visiblement inquiet, et prit un malin plaisir à arborer son air le plus impressionnant.

"Bonsoir Virgil. Je m'appelle Leopold Marchebank, mais tu peux m'appeler monsieur le ministre."

Il n'allait tout de même pas lui permettre des familiarités.

"Alors Virgil, j'imagine que tu es élève à Poudlard ? Dans quelle maison ? Et qu'est-ce que tu veux faire, plus tard ?"

Originalité, zéro. Mais Leopold commençait à se lasser de ces palabres mondains. En plus, il tournait au jus de citrouille depuis le début, par ordre d'Isobel - qui avait même enchanté son verre pour qu'il ne puisse pas l'épicer d'une discrète rasade de rhum. Un ministre en pleine possession de ses moyens, qu'elle disait...



Christoph Waltz, merci à Roy
Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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La perspective d’accueillir quelques centaines de personnes dans un château en plein chantier n’avait pas du tout causé de souci aux organisateurs de cette soirée de bienfaisance. Mais ça, c’était bien parce que les équipes du chantier avaient passé la journée de la veille à tout nettoyer, déplacer leurs engins susceptibles de causer des accidents, parce qu’on ne savait jamais avec une bande de gamins lâchés sans surveillance, et des jeunes adultes potentiellement un peu alcoolisés qui allaient se balader plus ou moins librement dans le château… Certains couloirs, et même des ailes entières restaient barrées par des sortilèges, toutefois. Ce serait dommage qu’un invité se prenne malencontreusement les pieds dans un échafaudage, ou dans une dalle de béton en cours de séchage.

Le symbole d’une soirée de bienfaisance à Poudlard était joli, c’était sûr, puis cela permettait aux étudiants de l’école d’y participer également, sans avoir à demander d’autorisation de sortie -qui leur aurait été sûrement refusée, de toute manière. Mais si Abel avait pu empêcher la soirée de se dérouler au sein de l’école, il l’aurait fait. Il avait émis ses réserves auprès du conseil d’administration, qui avait choisi de maintenir l’évènement, en considérant que si le chantier était assez sécurisé pour que des cours puissent se dérouler en parallèle toute l’année, il n’y aurait pas de problème pour une soirée.

Abel se faisait peut-être trop de souci, mais il ne pouvait s’empêcher de songer à tous les risques. Il y avait des leçons qu’il ne pouvait pas oublier, pas après avoir vécu l’effondrement de la March Bank. Pas après avoir vu ce que des dégâts matériels mal maîtrisés pouvait causer de dégâts humains. Ni son cabinet, ni les bureaux d’études n’étaient en cause, la piste criminelle ayant été clairement établie, mais il n’empêchait qu’il avait vu la mort sous les décombres d’un bâtiment qu’il avait fait construire. Qui savait ce qui pouvait se passer dans d’autres circonstances ? Et cette fois par sa faute ?

Depuis l’attentat, à chaque fois qu’il prenait son crayon, Abel y pensait, même inconsciemment. Il faisait plus attention, se posait plus de questions, certaines saines et légitimes, d’autres moins. C’était difficile de se dire qu’il n’avait aucune responsabilité, il n’arrivait pas à y croire totalement. Il avait fait des choix, certains avaient eu un impact. Si la March Bank avait comporté moins d’étages, par exemple ? Le massacre aurait été moins important. Etait-ce bien raisonnable dans le contexte politique tendu de ce pays de construire des gratte-ciel où venaient s’entasser les gens toute la journée pour travailler, ce qui en faisait des cibles parfaites pour des tueries de masse ?

C’était le genre de réflexions qui tournaient en toile de fond dans son esprit. On pouvait bien lui dire qu’il n’était pas responsable du fait que des terroristes sévissaient dans le pays, qu’il s’agissait d’une crise politique, sociale, dont la résolution incombait au gouvernement, Abel ne se sentait pas en paix pour autant. Lui, il n’était pas politicien, il était archimage. Son seul levier d’action se situait là, dans ce qu’il décidait pour un bâtiment, une place publique, une ville. Un levier d’action, mais aussi et surtout une certaine responsabilité, que cet évènement tragique lui faisait reconsidérer.

Ils avaient tous une raison de se trouver là ce soir, vêtus de tenues mondaines. Témoigner son soutien ou le recevoir en tant que victime, retrouver d’anciens camarades, se faire une bonne presse, profiter du buffet. Abel lui, était venu pour se rassurer sur le déroulement de la soirée, et pour rendre son hommage personnel à toutes les victimes de l’attentat, et d’une certaine façon, à son bâtiment également. Il était venu aussi pour tenir compagnie à Isobel, car il savait qu’elle participerait à l’évènement. Quand il lui avait demandé ses disponibilités pour la soirée du quatorze février -sans aucune arrière-pensée évidemment- elle lui avait dit qu’elle comptait venir ici et représenter son bureau. Abel ignorait si elle venait en se considérant également en tant que victime. Elle en était une, et pas des moindres. Elle avait frôlé la mort ce jour-là, un fait qu’il n’aimait pas du tout se rappeler, elle encore moins, probablement. Ils n’en avaient jamais parlé tous les deux. Un sujet qu’ils n’allaient sans doute plus pouvoir éviter longtemps.

Le souci avec cette soirée en présence de tous leurs collègues respectifs était qu’ils n’allaient pas pouvoir être très démonstratifs, voire même pas du tout. Ils avaient plusieurs projets en commun avec son service, alors c’était un peu délicat de venir comme un couple. Rien ne le leur interdisait, mais ils étaient d’accord sur le fait que cela ne regardait qu’eux. Ils partageaient au moins un point commun sur leurs personnalités très différentes : une pudeur presque excessive, quand il s’agissait de relation amoureuse en public. Alors ils restaient discrets tous les deux. En fait, ils jouaient même une espèce de rôle quand cela leur arrivait de se croiser au Ministère ou dans son agence, se donnant du « Mademoiselle Lavespère », du « Monsieur Laveau », et Abel devait l’avouer, cela l’amusait pas mal…

Il avait repéré Isobel près des portes d’entrée de la Grande Salle depuis quelques minutes déjà, mais elle était en compagnie de ses collègues, alors il attendait patiemment qu’une ouverture se profile. Elle n’arriva pas, ou en tout cas pas avant la venue d’une jeune femme survoltée, qui lui attrapa le poignet, sans l’ombre d’une introduction :

« Vous ferez parfaitement l’affaire, vous ! Venez par ici. »

Son fond de jus de citrouille sautilla dans son verre alors qu’elle le traînait joyeusement dans la foule, ses protestations peu entendues. Elle avait de la poigne, cette madame. Elle était aussi un peu malpolie à son goût. Abel tira sur son bras pour la forcer à ralentir.

« Pardon, je peux savoir ce qui se passe ? Vous faites partie du staff ? 
-Tout à fait ! Elle s’interrompit pour regarder d’un air soucieux autour d’elle. J’étais persuadée qu’il était juste là… Ah voilà ! Je vous présente votre binôme pour la soirée. Joyeuse Saint Valentin ! »

Plutôt que de fournir des explications, l’organisatrice noua son poignet à celui d’un autre homme d’un coup de baguette magique, laissant Abel profondément perplexe. Comment ça un binôme ? L’homme en question ne semblait même pas dérangé, non, en fait il avait à peine réagi et regardait ailleurs. Abel voulut bouger son poignet pour pouvoir lire l’inscription sur leur ruban mais ce fut le moment où il tourna la tête vers lui.

« Bonsoir. Abel Laveau, se présenta t-il à son tour, un peu pris de court par ses commentaires précédents. Il n’avait pas eu le temps d’apercevoir le ministre et le fils en question dont il lui parlait. Jonah lui tendit une main pour le saluer. Le souci était que sa seule main libre n’était pas celle qu’il aurait du lui tendre en retour, puisque le poignet gauche d’Abel était lié au poignet droit de son interlocuteur. Euh… »

Il regarda sa main avec un air d’excuse, car la serrer n’allait pas être possible. En tout cas, le nom et le visage de Jonah lui étaient familiers. Ce n’était pas compliqué de savoir pourquoi, cette école avait beau être grande, il avait vite fait de faire le tour de l’équipe professorale.

« Il y a des chances qu’on se soit déjà croisés ici. Je suis archimage, je travaille sur la rénovation du château. »

Ils s’étaient sans aucun doute croisés au détour d’un couloir, ils avaient peut-être même échangé quelques paroles à l’occasion, mais comme Abel avait une mémoire des visages plutôt fluctuante… Surtout qu’il ne venait qu’une fois par semaine sur le chantier de l’école, parfois moins car cela lui arrivait d’envoyer un de ses employés à sa place.

Intrigué par la situation, il promena un regard autour d’eux, comme pour s’assurer qu’ils n’étaient pas les seuls à s’être faits surprendre. Il ne savait pas trop quoi penser de cette initiative. Ils n’allaient pas rester attachés toute la soirée, si ? Abel ne se sentait pas très à l’aise à cette idée, faire la conversation avec un inconnu était un exercice dans lequel il se montrait souvent limité, à moins qu’ils ne se découvrent rapidement des points communs de taille. Il remarqua à ce moment-là la silhouette reconnaissable de Leopold Marchebank à quelques mètres d’eux, lié à un jeune garçon pâlichon, ce qui lui rappela le premier commentaire de Jonah.

« Ils ont fait la même chose avec le Ministre, alors ? » s’étonna t-il.

Si même le ministre était inclus dans l’expérience, alors ils pouvaient être sûrs que d’ici quelques minutes, tout le monde dans cette salle serait lié à quelqu’un d’autre.



Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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Danielle hocha la tête lorsque Eliott lança que l’idée d’attacher deux étrangers ensemble était une idée risquée qui pouvait ne pas plaire à tout le monde. En effet, songea-t-elle en jetant un rapide coup d’œil à leur ruban : elle-même n’était pas réellement emballée par le principe. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas les autres - Danielle appréciait la compagnie de ceux avec qui elle avait choisi de passer du temps. Mais plus que tout, elle détestait ne pas se sentir maîtresse de la situation. C'était forcément une déformation professionnelle, mais à force de mener des interrogatoires, des enquêtes, et d'être à la tête de la milice, Danielle était habituée à mener la danse, à décider et à se faire écouter. L'idée qu'on lui impose quelque chose l'horripilait.

Elle s'efforça cependant de se décontracter et afficha un léger sourire. On lui avait gentiment dit de faire des efforts, d'être plus accessible, plus sympathique aux yeux de la population - en d'autres termes, plus charmante. L'Oubliator retint une grimace à l'idée de jouer les midinettes pendant une soirée. Certes, midinette n'était pas tout à fait le terme approprié - mais la femme n'en pensait pas moins.
La milicienne hocha la tête lorsque son compagnon de soirée lui expliqua le lien de parenté qu'il avait avec le ministre.

"Eh bien, comme il est présent ce soir, nous pourrons aller le saluer dans la soirée. Je suis sûre qu'il sera enchanté de vous voir." répondit-elle avec un sourire aimable.

Elle avait de toute façon prévu d'aller saluer le ministre. Un coup d'oeil vers sa gauche lui apprit que ce dernier était lié avec un adolescent : quelle idée avait eu les organisateurs ?

"Non, mais plusieurs de mes collègues sont présents ce soir." confirma-t-elle en identifiant plusieurs miliciens dans la foule. "La moindre des choses serait que j'aille les saluer, en effet." Elle repéra Nasreen dans la foule, ainsi que Jonathan, un autre lieutenant. "Si ça ne vous dérange pas, bien entendu." Polie et aimable ! Heureusement qu'elle était bonne comédienne - elle avait vite compris que les bons comédiens étaient les meilleurs politiciens. "Je pourrai vous présenter." ajouta-t-elle.

Elle laissa passer quelques secondes de silence avant de lui retourner la question :

"Vous êtes venu accompagné ?"

Un éclat de rire détourna brièvement son attention et elle jeta un coup d'oeil au couple formé pour la soirée à côté d'eux. Sans pouvoir s'en empêcher, Danielle analysa leur attitude et mémorisa leurs visages. Depuis le début de cette traque acharnée contre les résistants, elle restait sur ses gardes à tout instant, prête à intervenir face à tout comportement suspect. Au plus grand dam de la milice, les résistants n'étaient pas stupides - ils étaient même plutôt organisés. Mais ils commettaient des erreurs, et plus ils en faisaient, plus la milice se rapprochait de leurs identités. Bientôt, tout ce mouvement ne serait plus que fumée.



Kit par Roy Ship
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Dean savait déjà ce qui l'attendait en voyant Nathalie Keane approcher. Il venait de voir Virgil et son père se faire piéger par l'organisatrice de la soirée mais il pensait sincèrement pouvoir esquiver. Ne faisait-il pas partie de l'animation lui aussi ?
"Je ne pense pas être concerné par cette activité, dit-il en gratifiant la jeune femme de son plus beau sourire, je suis le pianiste qui intervient avant le concert des Bizarr Sisters." expliqua-t-il en se tournant légèrement vers la scène où un magnifique piano était déjà installé.

L'Académie des Arts Magiques avait prêté son plus beau clavier pour l'occasion et Dean avait même vu le directeur de l'école posté non loin de l'estrade. Il discutait avec plusieurs concertistes, des chefs d'orchestre et le directeur artistique de l'Opéra Magique de Londres. Bref tout le gratin était là, pour la grande fierté de l'ancien Poufsouffle, qui s'était entrainé d’arrache pieds en vue de la performance qu'il devait délivrer ce soir.

Il était honoré d'avoir été choisi pour cette mission même s'il n'ignorait pas qu'il y avait peut-être un fond de vérité dans les propos de Virgil: Avait-il été sélectionné parce qu'il figurait sur la liste des victimes ? Surement, mais cela n'entachait pas ses compétences pour autant. L'attentat faisait partie de sa vie, pour le pire -les cauchemars, le traumatisme vécu- mais aussi, peut-être, pour le meilleur grâce à cette cérémonie de commémoration qui lui donnait pour la première fois un peu de visibilité sur la scène artistique nationale.

Quoiqu'il en soit, il comptait bien exceller ce soir, pour lui, tout d'abord, parce qu'il était fier du chemin accompli,  pour ceux qui avait toujours cru en ses capacités, ses parents, ses frères  et pour toutes les victimes de l'attentat qu'il ne comprenait que trop bien. Il s'estimait incroyablement chanceux d'être là ce soir, en pleine possession de ses moyens, prompt à  pratiquer son art. Honorer la mémoire des disparus était la meilleure chose qu'il puisse faire et même s'il se sentait stressé à l'idée de donner cette représentation il se sentait parfaitement à sa place ici.
Toutefois l'organisatrice ne semblait pas vouloir le laisser seul. En dépit de ses explications, il se trouva très vite lié à Emma Blackbonnes qui, selon Nathalie Keane, avait l'air assez brillante pour apprendre un récital en moins d'une heure. Dean resta bouche bée en regardant l'organisatrice s'éloigner pour trouver des partenaires pour Casey et Gaby , il secoua légèrement la tête, toujours incrédule et reporta enfin son regard sur sa cavalière qu'il avait quelque peu négligé jusque là.

"Oh excuse-moi Emma, souffla-t-il en attrapant sa main pour lui donner un léger baiser, je manque à tous mes devoirs, ajouta-t-il en souriant légèrement, comment vas-tu ?"

Dean avait toujours l'air très concerné lorsqu'il demandait cela. Ce n'était pas des mots en l'air, il attendait une réponse sincère de la jeune femme d'autant plus qu'il savait qu'elle figurait, elle aussi, parmi les victimes de l'attentat. Ils ne se connaissaient pas énormément tous les deux mais Dean ne comptait pas faire comme s'il ne l'avait jamais rencontré avant.

"Je suis désolé de t'infliger cela, dit-il alors en désignant du regard le lien qui les accrochait l'un à l'autre, mais je crois qu'il va falloir que tu viennes m'accompagner sur scène. Il leva le bras pour lire l'inscription écrite sur le ruban  et poursuivit " ...à moins que l'on trouve un moyen de surmonter la distance entre nous."

Il accrocha sur ses lèvres son adorable sourire qui dessina une jolie fossette sur sa joue et se pencha légèrement vers Emma.

"Je crois que les organisateurs souhaitent que l'on se fasse des confidences !
spécula-t-il en bon Serdaigle qu'il était.



Le regard affolé de Casey passait de binôme en binôme: Virgil et le ministre, son père et l'archimage, son frère et Emma Blackbonnes... Oh Merlin ! Avec qui allait-il tomber ? Peut-être allait-il être réparti avec Gaby s'ils restaient l'un à côté de l'autre ? Non, bien sûr, constata-t-il en étudiant méticuleusement les faits et gestes de l'organisatrice. Nathalie Keane semblait choisir sciemment des personnes qui se trouvaient chacune d'un côté de la salle.  Alors qui était donc à son exact opposé ? Cette femme à l'allure élégante ? Ce latino esseulé ?

*Oh non, s'il vous plait pas un adulte.*
pria mentalement Casey en se décalant pour anticiper les choix de l'organisatrice. Il se trouva alors en face de la jolie rédactrice de Miniplettes et fit plusieurs pas sur le côté, constatant en rougissant, qu'il préférait se retrouver  avec n'importe qui plutôt qu'avec une fille de son âge.

Il ne pouvait pas esquiver la soirée -Il avait promis à Dean d'être là- mais l'angoisse lui vrillait les entrailles et il avait beau essayer de se raisonner -*ce n'est rien, tout va bien se passer*- , il n'arrivait pas à relativiser.  Aussi, lorsque l'organisatrice s'empara fermement du bras de Steven Harrisson, le préfet de sa maison, et qu'elle parcourut la foule des yeux à la recherche d'un partenaire, Casey sut qu'il ne devait pas laisser passer cette occasion. Steven avait toujours été sympa avec lui et Casey était persuadé que le Poufsouffle ferait tout pour le mettre à l'aise s'ils tombaient l'un avec l'autre. Il prit donc son courage à deux mains et fit mine de traverser la pièce pour aller chercher un verre de jus de citrouille. C'était déjà une épreuve pour lui tant il avait l'impression que tous les regards étaient braqués sur lui, alors qu'honnêtement, personne ne l'avait remarqué.

*Moi, moi, moi, choisis-moi !* songeait-il sans quitter des yeux le bar temporaire, faisant comme s'il n'avait pas vu l'organisatrice qui se tenait à quelques mètres de lui. Il avait pris le temps de l'observer et il savait que s'il témoignait le moindre signe d'intérêt pour Steven, elle ne les mettrait pas en binôme. *Moi, moi, moooi...*

Alors qu'il n'y croyait quasiment plus, Nathalie Keane l'interpella vivement, et sans plus de cérémonie, lia son poignet à celui de Steven Harrisson.
Il était sauvé ! Merci Merlin. Promis, Il irait déposer un cierge au pied de sa statue à Leopoldgrad, se promit-il en relevant un regard timide en direction de Steven.

"Euh...Salut..." dit-il "Enfin on s'est déjà vu tout à l'heure dans la salle commune... " Casey avait fait ses devoirs au coin du feu toute l'après midi et il avait vu bon nombre de Poufsouffle se préparer pour la soirée "Enfin... moi je t'ai vu, peut-être que toi tu m'as pas vu" rectifia-t-il " J'étais dans l'alcôve près de la cheminée..." *Il s'en fout Casey*se sermonna-t-il "...Hum...'fin. Voila quoi. " balbutia-t-il en regardant ses pieds.
Finalement ça n'allait peut-être pas être aussi simple que cela n'y paraissait.


Une soirée placée sous le signe de la solidarité, de la proximité et ...du malaise.

Oui, à bien y réfléchir malaise était le mot idéal pour définir la soirée qui se profilait, songea Virgil en balayant l'assistance du regard. Du malaise, partout, tout le temps. Et pourtant, Il était loin d'être un spécialiste quand il s'agissait d'être dans l'empathie mais il lui suffisait de regarder un peu autour de lui pour être convaincu. Cette animation était un fiasco.

Il ne fallait pas se fier aux sourires de façades que les nouveaux binômes échangeaient avec un air presque désolé, non, mais plutôt observer les regards embarrassés -voir même inquiets- entre des convives séparés dès leur entrée dans la Grande Salle. Virgil lui-même avait vécu quelques secondes d'affolement à l'idée d'être attaché au Ministre avant de se ressaisir. Cette animation générait en plus son lot de scène pathétique, comme celle dont il venait d'être témoin entre son père et son binôme: Jonah avait essayé de serrer la main du gars qui était déjà attaché à son autre main....Gênant.
Et encore ce n'était que le début . Virgil anticipait déjà dans son esprit les conversations entre les paires qui seraient surement du même acabit...

" Et pourquoi êtes vous venus à cette soirée ?
-Oh, et bien, je me trouvais dans la tour au moment de l'attentat. J'ai perdu ma grand-mère et aussi, accessoirement, l'usage de mes jambes. Et vous ?"


Comment plomber une soirée de commémoration en une leçon: Embaucher Nathalie Keane ! Virgil poussa un soupir et détourna les yeux du couple Sasha Benson / Dave Marchebank avant de reporter son attention sur l'organisatrice qui papillonnait de convives en convives visiblement emballée par cette idée.

Combien de Sasha Benson allait mettre les pieds dans le chaudron ce soir ? Et combien de Dave Marchebank allait devoir répondre aux questions gênantes de leur binôme alors qu'ils auraient juste pu tous  passer une soirée de commémoration  entourés de leurs proches... (Ou d'un gros joint de mandragore, pour son cas.) Virgil n'était pas psychomage mais il était certain que cette soirée n'allait pas aidée les rescapés ni les familles des victimes, loin de là ! Elle allait juste générer du trouble, de la frustration et peut-être même de la honte. Bravo Nathalie.

L'adolescent reporta lentement son regard sur le visage balafré de son partenaire. Il était temps d'être un peu sociable. Pas de doute, il avait tiré le gros lot, ce soir. Virgil faisait surement des envieux mais honnêtement il se serait bien passé de ce binôme aussi fascinant qu'encombrant.

"Môssieur le Ministre"
, rien que ça ! Il est vrai qu'il était assez impressionnant avec son air sombre et sa longue cicatrice, il fallait l'admettre, mais Virgil l'aurait imaginé plus grand que lui alors qu'il faisait sensiblement la même taille. C'était étrange d'ailleurs d'être si proche de cet homme qu'il n'avait vu qu'en photographie jusqu'à aujourd'hui. En dépit de sa mine patibulaire cette proximité le rendait presque accessible.

Peut-être que la soirée allait être intéressante au final, admit-il pour lui même. Marchebank était une personnalité qui ne laissait personne indifférent et le côtoyer serait peut être l'occasion de vivre un moment un peu à part. Toutefois l'intérêt de Virgil retomba bien vite lorsque le ministre se sentit obligé de lui faire la conversation en enchainant sur les questions banales que tous les adultes lui posaient systématiquement depuis qu'il était entré à Poudlard. Pour être tout à fait honnête, Il s'était attendu à quelque chose de plus... excentrique de la part d'une personnalité aussi hors norme que Leopold Marchebank mais Virgil devait se rendre à l'évidence: Monsieur le ministre n'était guère plus original que sa grande tante Geneviève.

" Je suis chez Gryffondor, repondit-il, en sixième année... Il prit une profonde inspiration pour se laisser le temps de réfléchir à ce qu'il allait dire par la suite et poussa un long soupir avant de reprendre, ...et pour ce qui est de mes projets pour plus tard, ...et bien...je pense que je vais prendre une année sabbatique après Poudlard. "

Il ne se voyait pas embrasser une carrière professionnelle dans la foulée. Rentrer dans la vie active ? Très peu pour lui. Il avait envie de vivre, de voyager, de découvrir d'autres horizons, d'autres formes de magie et certainement pas de se retrouver derrière un bureau quelques jours après sa sortie de l'école. Il savait que son père ne le laisserait pas zoner sans gagner sa vie aussi Virgil avait il déjà songé à une parade qu'il ne tarda pas à exposer à Marchebank en personne.

" Peut être comme bénévole pour Médicomages sans Frontières."

Douglas Kane, le fondateur de l'association était un ami de la famille et il ne pourrait certainement pas refuser ça à Jonah. Autant profiter du réseau de son Serpentard de père ! Et puis, ça faisait toujours bien de s'investir dans le tissu associatif. Tata Geneviève avait adoooré l'idée et Virgil n'avait pas cherché à la contredire lorsqu'elle avait loué sa soit disant grandeur d'âme et son sens aigu de la solidarité. En effet, Virgil était solidaire avec tous les territoires où la consommation de mandragore était jugée légale.

"Après...et bien ma foi....On verra." dit-il en haussant légèrement ses épaules voutées. " Peut-être Ministre de la Magie. Qui sait." Ajouta-t-il pour donner un peu de piquant à cette conversation plutôt que par réelle conviction.
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
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Kessy s'immobilisa dans le grand hall de Poudlard, au pied de l'escalier de marbre, et posa la main sur sa taille. Rejetant la tête en arrière, elle adressa son plus pétillant sourire aux photographes de la Gazette et de Multiplettes présents pour l'occasion, et leur envoya un baiser. Puis elle reprit le chemin de la Grande Salle, sa robe rose et vaporeuse se mouvant gracieusement à chacun de ses pas. Arrivée à l'entrée de la pièce majestueuse, dans laquelle elle avait tant de souvenirs, elle marqua un nouvel arrêt.

Miss Monde Magique était de retour à Poudlard, quelques mois à peine après sa sortie de l'école. En apparence, elle était toujours la même personne que celle qui avait quitté les bancs de Poudlard en juin. Une jeune femme souriante, affirmée, gaie et pleine d'allant et de projets, douce et parfois un peu naïve. C'était en tout cas l'image qu'elle avait voulu donner ce soir, avec cette tenue de jeune première, cette coiffure sage et ces chaussures plates, l'image d'une adolescente inoffensive. Pourtant, son changement de nom, au mois de décembre, n'avait rien eu d'anodin. Kessy Brooks était devenue Kessy Brooks-Marchebank, et la transformation avait aussi été intérieure...

Glissant parmi la foule des invités, Kessy se mit à observer les couples qui se formaient de manière impromptue, reliés au poignet par des filets d'argent. Un sourire s'épanouit sur ses lèvres devant cette belle idée, qui transformerait certainement ce concert d'hommage en soirée d'homicide. Son père avait-il validé un tel projet ? Elle en doutait, à moins qu'il n'ait pensé que ce serait un bon moyen pour les miliciens présents en masse de détecter de potentiels espions... Attrapant un Mojitroll, Kessy se dirigea vers James et Samantha qui discutaient un peu plus loin. Si James était présent, peut-être que cette soirée serait fun, finalement. Elle pourrait le dragouiller gentiment, en espérant que Marlene soit attachée très loin, à quelqu'un de moche, puant et inintéressant. Ou, mieux, qu'elle soit de garde à Sainte Mangouste.

Malheureusement, elle n'eut pas le temps d'atteindre sa cible, puiqu'une main à la poigne de fer se referma sur son bras. Une sorcière visiblement survoltée l'entraîna à l'autre bout de la pièce au pas de course, manquant de lui faire renverser son cocktail sur sa robe pâle. Kessy ne prit pas la peine de protester, consciente qu'elle allait subir le même sort que les autres invités, et attendit avec une certaine nervosité de voir avec qui elle allait être attachée. Pourvu qu'il soit jeune, beau, célibataire et masculin ! Finalement, son compagnon d'infortune - ou plutôt, sa compagnonne - ne correspondait qu'à la moitié de ses critères. Mais, quand le ruban l'attacha à Rosaleen pour la soirée, Kessy ne put s'empêcher de laisser échapper un sourire de joie.

Sa belle-mère, à elle pour une soirée entière ! C'était certainement la meilleure idée de la soirée de Nathalie. Voilà qui leur donnerait peut-être l'occasion de se rapprocher d'avantage, comme le rêvait tant Kessy, dans ce contexte plus détendu et chaleureux que les couloirs sombres du Manoir Marchebank...

"Bonsoir Rosaleen ! Oh, que tu es belle dans cette robe, elle te va très bien. Enfin, tu es toujours belle, bien sûr", dit-elle avec admiration. "Comment va mon petit frère ? Il me manque trop !"

D'accord, elle avait vu Nicholas hier matin avant de partir au travail, mais cela lui semblait être une éternité. Se penchant vers Rosaleen, comme pour lui souffler une confidence, elle ajouta avec sincérité :

"Je suis très contente d'être tombée avec toi ce soir, on va bien s'amuser toutes les deux."

Du moins, elle l'espérait... Sirotant son Mojitroll pour se donner une contenance, elle observa Rosaleen du coin de l'oeil. Rares étaient les personnes qui l'intimidaient, mais la première dame en faisait partie.


Emma BlackbonnesPréfète en Chefavatar
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Le dortoir était anormalement silencieux. A peine une heure avant le début d'une grosse soirée, il aurait dû être remplie d'éclats de rire et de bruits surexcités d'adolescentes impatientes. C'était loin d'être le cas. Clara avait disparu quelque part ailleurs, le lit de Cécilya était resté vide depuis son décès, il ne restait dans la pièce plus qu'elle et Dorothy Jones qui se préparait en silence. L'ambiance n'était pas très joyeuse et Emma ne faisait rien pour l'arranger non plus. Elle était restée de longue minutes à observer son armoire, sa mère lui avait envoyé deux robes pour cette soirée sans doute pour lui faire passer un message. Elle avait d'abord songé à ne pas s'y rendre, elle n'avait pas particulièrement envie de voir le regard compatissant des gens. Cet événement n'était rien d'autre qu'une façon de faire oublier aux gens l'horreur de l'attentat, montrer que tout était rentré dans l'ordre. Même si pour elle rien ne s'était arrangé.

Elle allait un peu mieux, elle avait un projet qui se concrétisait et l'avenir se montrait légèrement moins incertain. Une lueur d'espoir était apparue ces derniers mois, le professeur Forbes avait été présent pour elle, plus que jamais et elle lui en était reconnaissante. Emma savait que son enseignant aurait aimé la voir à la soirée, juste pour sa sociabilisation. Ce n'était pas bon de se refermer sur soi-même et de s'isoler du monde, elle avait donc pris sur elle et décidé de participer à ce concert commémoratif. Après de longues minutes d'indécision, elle avait fini par choisir une longue robe bleue, elle lui semblait plus appropriée à la soirée que la seconde robe beaucoup plus volumineuse. Elle se dirigea ensuite vers la salle de bain pour entreprendre de se coiffer et de se maquiller. D'un mouvement de baguette, elle composa une coiffure simple mais élégante. Il était hors de question qu'elle entreprenne une coiffure longue et compliquée, elle ne souhaitait en aucun cas se faire remarquer et plus son apparence serait banale moins elle attirerait le regard.

"Veux-tu que je t'aide pour tes cheveux ?"

Dorothy semblait avoir du mal à ordonner ses cheveux puisqu'elle avait recommencé plusieurs fois la même manœuvre sans aucun résultat flagrant. Emma n'avait quasiment aucun mérite, elle côtoyait les grandes fêtes depuis toujours et elle devait avoir une apparence irréprochable. Sa mère maîtrisait le sort de coiffage à le perfection et lui avait appris pour qu'elle puisse le réaliser elle-même lorsqu'elle était seule. Elle pouvait comprendre la détresse de sa camarade de chambre, ce n'était jamais facile de trouver la coiffure parfaite. Cette dernière accepta donc son aide avec un hochement de tête et un petit sourire timide. Les deux jeunes filles n'avaient jamais été très proches. Dorothy avait son propre groupe d'amies et se mélangeait peu avec les Serpentards en général. Emma n'avait jamais fait trop attention à elle vu qu'elle n'était au dortoir que pour dormir quasiment et qu'elle n'était pas très causante. C'était peut-être une erreur mais elle n'avait jamais eu l'impression que sa camarade de chambrée souhaitait s'intégrer à leur groupe alors elle n'avait jamais cherché à l'intégrer non plus.

"Et voilà... Ça te plaît comme ça ?"

Elle lui adressa un petit sourire à travers le miroir de la salle de bain alors que les cheveux bruns de Dorothy se rassemblaient en une coiffure raffinée.

"Tu es très jolie, je suis certaine que Justin n'aura d'yeux que pour toi."

Elle savait la jeune fille en couple depuis plus d'un an avec un Serdaigle de leur année et ils semblaient filer le parfait amour. Emma espérait que leur histoire aller durer encore de longues années. Le sourire que sa camarade lui offrit ne laissa aucun doute sur ses sentiments.

"Merci Emma !"

Elle se retourna vers la préfète en chef et pour son plus grand étonnement déposa une bise enthousiaste sur sa joue. La jeune femme resta immobile de stupeur un moment alors que Dorothy sortait du dortoir en vitesse. Certainement pour aller rejoindre son amoureux. Elle ne s'était pas attendue à autant de joie chez sa camarade, elle qui était si morne habituellement. Dans un sens, l'atmosphère au dortoir était tendue ces derniers temps, les drames s'accumulaient dans le dortoir des filles de Septième année. Il y avait bien longtemps qu'un rire n'avait pas franchi la porte.

Emma profita de son dernier instant de solitude pour prendre une profonde inspiration, il ne faisait aucun doute que la soirée serait éprouvante. Elle allait devoir afficher un faux sourire ravie et donner le change tout au long du concert. Elle voulait à tout prix éviter d'inquiéter qui que ce soit. Elle savait que beaucoup de monde serait présent. Marlène lui avait dit qu'elle allait certainement venir avec James. Elle se doutait que le Ministre et sa famille seraient présents également. Elle n'avait pas encore réussi à démêler ses sentiments envers Dave et espérait profiter de la soirée pour discuter un peu avec lui. Elle n'avait pas eu l'occasion de le revoir depuis le jour de l'an et passer la soirée en sa compagnie ne serait pas déplaisant.

Un regard en direction de sa montre lui indiqua qu'il était l'heure pour elle de se diriger vers le Hall d'entrée, les gens allaient commencer à arriver et elle ne voulait pas se retrouver coincée dans la foule. Il lui arrivait encore de se sentir mal et oppressée dans les espaces confinés ou lorsqu'il y avait une foule de personnes trop importante autour d'elle et ce n'était clairement pas le lieu pour faire une crise d'angoisse. Elle sortit donc tranquillement de la salle commune et traversa les couloirs jusqu'aux portes de la grande salle. Elle put apercevoir que quelques personnes étaient présentes. Elle reconnut Lindsay Mailing entourée de deux hommes plus âgés, certainement ses grands frères. Un peu plus loin, elle vit la famille Forbes arriver, elle adressa un léger sourire à Virgil avant de tourner le regard vers son père et de lui adresser un petit signe de tête.

Emma entra dans la Grande Salle qui avait été réaménagée pour l'occasion, elle laissa son regard parcourir la pièce à la recherche de personnes connues. Tout le monde n'était pas encore arrivé mais elle pouvait déjà apercevoir quelques têtes connues qu'elle salua brièvement d'un sourire. Elle irait les saluer un peu plus tard pour l'instant elle était bien là où elle était. Elle repérait les lieux, cherchait une potentielle seconde sortie en cas de soucis. Elle ne se laisserait pas piéger une seconde fois. Ses yeux venaient de se poser sur le buffet lorsqu'elle sentit une main entourer son poignet et l'attirer avec elle. Emma n'eut pas le temps de protester qu'elle se retrouvait à côté de Dean Forbes, un ruban blanc sur lequel était écrit "La proximité ne s'obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant" entourait leurs deux poignets.

Qu'est-ce que ? Un regard alentours lui permis de voir que tous les invités étaient mis aléatoirement par deux. Elle releva le regard sur son partenaire de la soirée avec une moue désolée. Comment allait-il faire pour jouer maintenant ? Elle ne savait pas vraiment jouer. Elle avait pris des cours quand elle était plus jeune et il lui arrivait de jouer quelques morceaux sur le piano familial mais elle était loin d'avoir le niveau de Dean. Et puis, il n'avait sans doute pas du tout envie de passer sa soirée avec elle, il avait certainement d'autres projets... Et discuter avec Dave lui semblait désormais fortement compromis, elle ne se voyait pas discuter avec lui devant Sasha Benson. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas la jeune fille mais il y avait des choses qu'elle préférait garder entre Dave et elle.

Dean sembla soudain prendre conscience de sa présence puisqu'il se tourna vers elle et déposa un léger baiser sur la paume de sa main. Elle lui adressa un léger sourire un peu gêné, elle ne s'attendait pas à autant de courtoisie de sa part. Elle se fit la réflexion que la différence était vraiment énorme entre Virgil et lui avant de se reprendre mentalement. Ce n'était pas très gentil de penser ainsi même si parfois le Gryffondor méritait tout son agacement. Il avait une façon de prendre les choses tellement énervante que c'était parfois difficile de retenir ses mauvaises pensées. Elle fut néanmoins ramené à la réalité par la question et le regard que l'ancien Serdaigle posa sur elle. Elle baissa légèrement le regard et haussa légèrement les épaules.

"Aussi bien que possible, un sourire forcé s'étira sur ses lèvres. Et toi ? Comment ça va ?"

Elle savait que lui aussi avait figuré sur la liste des victimes. Elle espérait sincèrement qu'il s'en remettait mieux qu'elle. Elle haussa les épaules lorsqu'il s'excusa de devoir la faire monter sur scène avec lui, elle s'en serait passé c'était certain mais ce n'était pas elle qu'il fallait plaindre. Et ce n'était clairement pas à lui de s'excuser.

"Ce n'est pas de ta faute Dean. Et ce serait plutôt à moi de m'excuser, je vais tout faire rater, je vais gâcher ton morceau. J'ai peur de ne pas avoir ton niveau. J'ai quelques bases mais ça s'arrête là, j'en ai peur."

Elle lui adressa un regard et un léger sourire désolés. Elle ne serait rien d'autre qu'un poids ce soir. Cela ne changerait pas beaucoup de d'habitude en soi. Elle poussa un léger soupir avant de se figer en voyant le jeune homme se pencher vers elle. C'était très troublant... Il était adorable, c'était indéniable. Et il avait un charme fou. Elle aurait presque rougit de leur promiscuité si elle n'avait pas déjà été toute rouge de gêne. Néanmoins, elle avait beau trouver Dean très craquant, elle n'avait aucune intention de le draguer ou de se montrer entreprenante de quelque façon que ce soit. Il avait déjà certainement une petite amie de toute manière. Il était hors de question qu'elle soit la raison d'une rupture surtout pour une soirée où il ne se passerait rien du tout. Elle avait clairement d'autres préoccupations pour penser à avoir une quelconque histoire de cœur.

"Quelles genres de confidences à ton avis ?, elle redressa le regard pour le fixer dans les yeux. Tu crois que si on dit qu'on est déjà en couple avec quelqu'un, le lien se rompra et on pourra retrouver notre âme soeur ? Quoique je sois actuellement seule mais cela ne me dérange aucunement, je ne suis pas en recherche d'une histoire d'amour. Ma solitude me convient parfaitement."

Un léger sourire amusé s'étira sur ses lèvres alors qu'elle fixait son poignet. Peut-être que effectivement le lien allait se rompre quand Dean aurait répondu à la question à son tour. L'espoir faisait vivre après tout.


Emma Blackbonnes


Sur une idée originale de Vigounet pour la signa et ava de Daisy ♥
Thelma CorriganProfesseur de DCFMEn ligneavatar
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"Allons Pou, que se passe-t-il ? Tu n'as pas faim ?", s'enquit Thelma d'une voix inquiète. Du bout du doigt, elle proposa une petite graine à son boursouf, qui ferma les yeux et émis un petit couinement de refus. Fronçant les sourcils, elle caressa doucement sa fourrure rosée et se détendit en le voyant roucouler de plaisir. Il ne semblait pas si mal en point, finalement : un petit rhume, tout au plus. D'ordinaire, Pou ne boudait pas son plaisir lorsqu'il s'agissait de se nourrir, mais le boursouf avait l'estomac fragile. Elle enveloppa le boursouf dans sa couverture douillette et l'installa à côté de son nouvel aquarium. Ainsi, il aurait la compagnie de ses poissons et surtout de son poulpe, Joel. Après une dernière caresse affectueuse pour l'animal, elle se détourna et attrapa sa pochette, qui contenait sa baguette magique. On n'était jamais trop prudent.

Initialement, Thelma n'avait pas prévu de se rendre à cet événement mêlant Saint Valentin et hommage pour les victimes de l'attentat. Plusieurs de ses collègues seraient présents, et elle avait des responsabilités associatives à assumer : ce soir, le bureau de son association d'aide aux sorciers âgés se réunissait à Dublin. D'ordinaire, les réunions se tenaient en fin d'après-midi et se poursuivaient par des soirées plus ou moins arrosées dans les rues irlandaises, jusqu'au petit matin. Cette fois, néanmoins, la réunion avait tourné à l'affrontement entre la présidente et la trésorière, et ils y avaient coupé court au moment où elles étaient sur le point de passer aux baguettes. Cela avait jeté un froid sur le petit groupe d'amis, et Thelma avait donc décidé d'en profiter pour rentrer à Poudlard.

Elle était donc rentrée dans ses appartements pour enfiler un truc vite fait et se faire une beauté. Finalement, elle n'était pas mécontente de participer à cet événement qui rassemblerait du beau monde : ce serait un bon moyen d'observer le gouvernement en son coeur. Elle savait que Jonah serait présent et attentif, mais deux paires d'yeux valaient mieux qu'une.

Une fois prête, Thelma descendit tranquillement les couloirs et escaliers jusqu'à la Grande Salle. Le château était empli d'élèves sur leur 31, en train de se rendre à l'événement. Ils étaient tous adorables, et elle sentait son coeur enfler de fierté en les voyant, comme une mère qui voit son fils se préparer pour son bal de promo. A l'intérieur de la Grande Salle, la foule commençait à se faire nombreuse. Le brouhahah des conversations emplissait la pièce jusqu'au plafond magique.

Se glissant parmi la foule, en quête de têtes connues, elle avisa bien vite que les invités étaient assemblés par paire. Elle s'arrêta devant deux de ses élèves préférés, deux adorables garçons de Poufsouffle dont les poignets étaient magiquement reliés, et les salua :

"Casey, Steven ! Comment allez-vous, les garçons ? Passez une bonne soirée, tous les deux."

Au moins, cette fois, Steven avait échappé à Cassandre Harper... Elle adressa un sourire à Casey Forbes et songea que son père ne devait pas être bien loin. La jeune femme ne put s'empêcher de jeter un regard à la ronde, dans l'espoir de le trouver, et le repéra effectivement à trois mètres d'eux. Une petite pointe de jalousie perça en elle quand elle vit qu'il avait été accroché à Abel Laveau. Peut-être que si elle était venue plus vite, elle aurait été à la place de l'archimage ? Tout ça, c'était la faute de Pou ! Thelma secoua la tête pour s'ôter cette idée de la tête, et continua son round d'observation. Elle ne put retenir un rire en avisant un autre des fils de Jonah, en pleine conversation avec le ministre de la magie. Eh bien, voilà qui s'annonçait cocasse !

Thelma était toujours en pleine observation quand elle sentit quelque chose tirer sur son bras. A son tour, elle venait d'être attachée pour une durée indéterminée...

"Bonne Saint Valentin, madame !", lui lança un jeune homme rondouillet avant de s'éloigner, sans la moindre explication.

"Merci", répondit-elle dans le vide, avant de se tourner vers son compagnon d'infortune. Son visage lui semblait familier et différent à la fois : il avait changé, depuis leur adolescence, et pourtant elle l'aurait reconnu entre mille.

"Ah.", lâcha-t-elle, surprise, avant d'esquisser un sourire : "Olivier, comment vas-tu ? C'est incroyable, ça fait combien de temps ? Quinze ans ? Tu es venu voir ton fils, j'imagine ?"

Tout en discutant, elle l'observa comme s'il était surgi de l'outre-tombe. Pour elle, Olivier Dubois était encore de Gryffondor un peu m'as-tu-vu qui l'embrassait dans les tribunes du terrain de Quidditch. Les choses avaient bien changé depuis leur idylle, pourtant : lui était devenu un joueur renommé, et il avait eu un fils, à qui elle enseignait... Toute une vie d'adulte les séparait désormais.

James CarterAmbulancier magiqueavatar
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James hocha la tête lorsque Samantha le qualifia de son "cupidon" du soir et observa les couples qui se formaient peu à peu. Certains semblaient ravis, d'autres mal à l'aise - beaucoup regardaient d'un air intrigué les rubans blancs qui les liaient. Le jeune homme adressa un grand sourire à sa compagne du soir.


"Ravi de passer cette soirée en votre compagnie, miss Miller !" lui lança-t-il avec un air maniéré.


Samantha et lui se connaissaient de loin. Ils avaient été dans la même promotion à Poudlard, puis dans la même formation d'ambulancier magique. Ils se parlaient de temps en temps, échangeaient des nouvelles, mais n'avaient jamais été plus proches de cela. C'était donc une bonne chose qu'ils passent la soirée ensemble songea James. D'autant plus que Samantha était - à ce qu'il en avait vu jusqu'ici - une chouette fille.


"Ca se passe bien !" répondit-il avec entrain à la question de la jeune femme. "J'ai accouché une femme enceinte dans la nuit de lundi dernier." lui confia-t-il avec un sourire malicieux. "Du coup j'ai dû payer ma tournée le lendemain !" La coutume voulait que chaque apprenti qui aidait à une femme à mettre au monde son enfant payait un coup à tous ses collègues une fois que leur garde était terminée. "Sinon ma semaine a été plutôt tranquille, je dirai. Quelques interventions vers Bristol, mais dans l'ensemble ça a été. Sauf mercredi ! Mon binôme était malade, du coup je me suis retrouvé avec Larry." fit-il en grimaçant.


Larry était un ambulancier proche de la retraite que les apprentis fuyaient comme la dragoncelle. Il pensait tout savoir mieux que tout le monde mais était tellement fainéant qu'il prenait tous les apprentis pour ses larbins et les envoyait toujours courir à droite à gauche pour lui ramener une grande tasse de café. James avait ainsi passé sa journée à faire des cafés, faire l'inventaire de son ambulance et lessiver le sol de la cuisine après que ce maladroit de Larry ait renversé un bocal de cornichons.


"Il a été infernal toute la journée, vraiment. Heureusement qu'il part dans deux mois..." Tous les ambulanciers attendaient son départ avec impatience, lui le premier. "Et toi, comment ça se passe ? Ca te plaît toujours ?"


Plusieurs de ses camarades avaient arrêté la formation rapidement. Beaucoup avaient été surpris par la charge de travail, d'autres avaient vécu des situations difficiles qu'ils n'avaient pas su gérer. Lui-même avait dû prendre quelques jours de repos après le décès d'une petite fille de cinq ans dans son ambulance, alors qu'il était assis auprès d'elle pour la veiller. Elle avait fait un arrêt cardiaque suite à ses blessures internes, et la magie n'avait rien pu faire pour l'aider. Parfois il pensait à elle, à son petit corps inanimé qu'il avait dû descendre de l'ambulance, à ses parents et à leur douleur. Souvent, les larmes lui montaient aux yeux. Il secoua doucement la tête pour chasser ses pensées noires et recentra son attention sur sa collègue.


"Tu veux boire quelque chose ?" demanda-t-il en désignant du menton le bar installé pour l'occasion dans la grande salle.
Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora et Irving s'étaient libérés à la dernière minute pour se rendre à la soirée organisée en hommage aux victimes de Léopoldgrad. Ils avaient pourtant deux couples qui séjournaient à l'auberge pour la saint-valentin mais ces derniers avaient prévu un diner au restaurant dans un village voisin pour l'occasion, laissant ainsi quelques heures de libres aux jeunes aubergistes. Nora avait fait un aller-retour rapide à Londres dans l'après-midi pour acheter leurs billets, espérant que tout n'avait pas déjà été vendu. Elle avait réussi à avoir deux des derniers tickets, et voilà qu'ils se tenaient à l'entrée du parc de Poudlard.

La Poufsouffle eut une pensée pour ses anciens camarades Anwar et Priam en passant la grille et elle sentit son ventre se nouer. Tous leurs amis seraient probablement là ce soir, toute l'école avait dû être choquée par leur disparition. Du haut de sa petite taille, Nora balaya du regard les gens qui se pressaient autour d'eux. Qui parmi cette foule avait perdu un proche ? Un ami ? Qui était présent ce funeste jour d'octobre ? Qui était là en tant que victimes et qui était là pour se faire voir ? Et eux, que venaient-ils faire ici exactement ?

Elle avait beau avoir été présente sur les lieux du drame, Nora n'arrivait pas à se considérer comme une victime de l'attentat. Il y avait eu tellement de gens bien plus marqués qu'elle, à commencer par Irving. Il y avait eu beaucoup de morts, et encore plus de blessés. Et puis il y avait les chanceux, les survivants, ceux qui ne s'en étaient pas trop mal sortis, dont elle faisait partie. Elle ne gardait aucune séquelle physique des évènements. Elle s'en était tirée avec deux cotes cassées qu'un médicomage avait réparées d'un coup de baguette, quelques jours après l'attentat. Et c'était tout. Pas de cicatrice ni de traumatisme physique pour lui rappeler sa présence à Léopoldgrad ce jour-là.

Elle s'en était sortie physiquement indemne et se plaisait à croire qu'il en allait de même pour son état mental. Elle avait tenu le choc, contre toutes attentes. Elle allait aussi bien que les circonstances le permettaient. Si elle était là ce soir c'était pour soutenir les véritables victimes de l'attentat, celles qui n'avaient pas eu sa chance. Et peut-être aussi pour soulager sa conscience.

Théoriquement elle n'était en rien responsable de ce qui s'était passé à Léopoldgrad, pourtant elle se sentait coupable. Coupable d'être du même "côté" que ces terroristes, d'appartenir à leur camp. Elle ne cautionnait pas leurs méthodes, mais elle partageait leurs objectifs, et parfois elle trouvait que c'était déjà trop. Pourtant il lui était maintenant impossible de penser autrement, impossible de revenir en arrière et de remettre des oeillères. Elle en savait trop sur cette dictature qui s'installait pour pouvoir fermer les yeux. Elle allait devoir apprendre à vivre avec la culpabilité et continuer de se poser la même question chaque matin. Est-ce qu'elle avait choisi le bon camp ?

Nora tenta d'ignorer ce sentiment de culpabilité et reporta son attention sur les affiches du concert. Elle n'avait jamais vu les Bizzar's Sisters en concert, n'étant pas vraiment une fan, mais se souvenait parfaitement bien du récit d'Irving et de Danny le lendemain de leur escapade à Pré-au-Lard lors du dernier passage du célèbre groupe. Devinant que son petit-ami devait surement pensé à Danny ce soir, elle vint se blottir contre lui. Cette soirée serait symbolique par bien des aspects et serait chargée d'émotions et de souvenirs douloureux.

"Ca va ?" s'enquit-elle en levant les yeux vers Irving.

Ils n'eurent pas le temps d'échanger bien longtemps puisqu'ils arrivaient au contrôle de sécurité. Comme à chaque fois qu'elle se retrouvait face à ce genre de procédure maintenant de plus en plus courantes, Nora sentit une pointe d'inquiétude au creux de sa poitrine. Elle avait beau savoir que c'était complètement ridicule et qu'il n'était pas écrit au fond de ses yeux "je suis complice de meurtre", elle ne pouvait s'empêcher de redouter le pire. L'agent de sécurité ne la trouvait visiblement pas bien menaçante puisqu'il la laissa passer sans même vérifier sa baguette magique.

La grande salle -transformée en salle de concert pour l'occasion- commençait à être bien remplie et Nora chercha des yeux d'anciens camarades.

"Tu sais si Jeremy et Juliet viennent ce soir ?" interrogea-t-elle en se tournant vers Irving.

Le Gryffondor n'eut jamais l'occasion de lui répondre puisqu'une jeune femme brune arriva à leur hauteur à cet instant et s'empressa d'attraper Irving par le bras et de l'entrainer à sa suite, malgré les faibles protestations de Nora. La jeune fille tenta tant bien que mal de suivre la progression de son petit-ami et de l'inconnue à travers la foule mais sa petite taille l'empêchait de voir au loin. Elle comprit néanmoins ce qui se passait en découvrant plusieurs personnes autours d'elles attachées ensembles par un ruban blanc. Visiblement, l'organisation se chargeait de choisir la personne avec laquelle chaque invité passerait sa soirée de saint-valentin. L'idée n'était pas mauvaise en soi mais Nora aurait préféré pouvoir rester avec Irving toute la soirée.

Esseulée, Nora soupira et se rapprocha stratégiquement du bar où elle attrapa une bieraubeurre pour s'occuper les mains. Elle en avait à peine bu une gorgée qu'Horace Gullivern, l'ancien commentateur des matchs de Quidditch de l'école, s'avança vers elle d'une démarche déterminée.

"Salut Horace ! Comment vas-tu ? lança-t-elle avec un sourire avenant, pensant qu'il venait la saluer.
- Salut Nora ! Ca va, en plein boulot. Je bosse pour le groupe, lui expliqua-t-il en désignant un badge avec son nom, accroché à sa ceinture. Et toi ça va ? Je peux t'accrocher à un beau garçon si tu veux, ajouta-t-il en sondant la foule du regard.
- Oh non, ne te sens pas obligé, répondit-elle, un peu gênée. Je n'ai pas besoin d'un Cupidon ajouta-t-elle avec un sourire. Même si son petit-ami avait malheuresement disparu de son champ de vision.
- Comme tu veux ! Oh bah tiens ! Il tendit le bras pour attraper le poignet d'une jeune femme qui s'approchait du bar. Miss, vous permettez ?"

Sans attendre la réponse de sa victime, Horace agita sa baguette et un ruban argenté vint s'enrouler autour du poignet de Nora, avant de faire la même chose avec celui de la jeune femme.

"Et voilà ! Bonne soirée mesdemoiselles !"

Horace fit mine de les saluer avec un chapeau invisible puis s'éloigna aussi rapidement qu'il était arrivé. Nora adressa un sourire poli à sa partenaire pour la soirée. Elle n'était pas ravie de passer la soirée avec une parfaite inconnue mais décida de voir le bon côté des choses et d'essayer de profiter de la situation. C'était peut-être l'occasion de lier une nouvelle amitié, après tout !

"Bonsoir, la salua-t-elle. Nora Weaver", se présenta-t-elle.


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Dave s’était laissé convaincre. Toute sa famille allait à cette soirée. Son père, Rosaleen, même Kessy. Il fallait s’afficher unis, en tant que Marchebank, au cours de cette soirée qui venait en hommage à l’évènement dont ils avaient été victimes. Aucun sorcier du Royaume-Uni ignorait que le fils du ministre avait perdu l’usage de ses jambes au cours de l’attentat. Alors s’il ne venait pas, son absence serait forcément remarquée, on penserait qu’il n’était pas assez fort pour venir. Dave ne souhaitait pas laisser les immondes terroristes qui avaient réalisé cet attentat  penser que lui, ou sa famille, se trouvait trop atteint par tout cela pour se présenter à une soirée de charité. Participer à cet évènement, c’était aussi montrer qu’ils n’avaient pas peur, qu’ils s’organisaient pour se redresser. Il avait en tout cas décidé de prendre la situation de cette façon car en dehors de ça, en toute honnêteté, rien n’aurait pu le motiver à venir à la rencontre de tous ses anciens camarades de Poudlard et ses professeurs. Pas dans son état, où il savait que les regards se poseraient sur lui. C’était fini ce temps où il marchait dans les couloirs en dépassant de deux, voire trois têtes, la totalité de ses camarades de classe.

Il était venu avec son père, il avait passé les premières minutes avec lui à saluer quelques représentants du Ministère. Puis à un moment, son regard avait accroché la silhouette de Lauren dans la foule et il avait eu une subite envie de se trouver quelque chose de fort à boire. Encore une autre raison qui rendait son retour ici plutôt pénible : il ne pouvait même pas en profiter pour se rappeler quelques bons souvenirs avec celles qui avaient partagé son adolescence entre ces murs…

Mais il n’y avait rien de bien convaincant dans ce buffet. Du jus de citrouille à foison, boisson fort plébiscitée par les sorciers de moins de douze ans, jugea Dave, contrarié. Il savait bien que c’était une soirée organisée dans l’enceinte de Poudlard, mais tout de même, la moitié des invités ici étaient majeurs et vaccinés, on ne pensait pas à eux ? Il finit par remarquer un serveur avec plusieurs coupes de vin des Elfes sur son plateau. Bon, cela ferait l’affaire. Malheureusement, le temps de faire pivoter son fauteuil, une jeune femme lui barra la route et le salua en inclinant la tête :

« Bonsoir Monsieur Marchebank. »


Et là, il se déroula une scène hallucinante sous les yeux incrédules de Dave, qui lui apparut comme une sorte de mauvaise blague. En deux temps trois mouvements, il se trouva lié au poignet de quelqu’un d’autre, sans avoir eu le temps de donner son accord ou non, il put simplement constater qu’il s’agissait d’une magie bien solide et que son interlocutrice s’en allait déjà.

« Non mais. Quoi ? Attendez un peu, revenez ici ! Hé ! Vous vous fichez de nous ? »

Outré par tant d’impolitesse, Dave regretta de ne pas pouvoir rattraper la jeune femme. Avec ses grandes enjambées, il aurait pu le faire facilement, mais plus maintenant. Maintenant, il devait reprendre les commandes de son fauteuil, tenter de se faufiler avec parmi la foule. Tout compte fait, il pouvait le faire, en commandant son fauteuil avec sa baguette plutôt que ses mains, mais il risquait de foncer sur quelqu’un et entraîner la jeune fille qu’on avait liée à son poignet dans son élan. Pfff. N’était-ce pas suffisamment pénible de se déplacer en fauteuil roulant ? Il fallait en plus qu’on vienne lui coller un être humain au poignet pour l’entraver dans ses mouvements ? 

Sasha Benson avait l’air de prendre la nouvelle avec plus de calme que lui. Dave daigna reporter son attention sur elle et se rendit compte qu’il connaissait ce nom et ce visage. Il avait une bonne mémoire et cette jeune fille, il l’avait croisé plusieurs années dans leur Salle Commune alors ce n’était pas bien difficile de se souvenir d’elle.

« Dave » répondit t-il, sans s’étendre. Sans prétention -même s’il en avait beaucoup, dans l’absolu- elle devait déjà savoir qui il était. A la lecture de l’énigme, les sourcils du jeune banquier se froncèrent. « Super, ils se la jouent salle commune des Serdaigle, en plus de ça. »

Un soupir lui échappa. Il n’avait rien contre Sasha, il savait qu’elle était le genre tête de classe -oui, Dave avait repéré les meilleurs de chaque promotion, juste pour se faire une carte mentale de tous ceux qu’il pourrait croiser sur sa route vers la réussite dans dix ans- alors cette rencontre devrait bien se passer, en soit. Mais il n’avait pas prévu de passer la soirée enchaîné à qui que ce soit, encore moins quelqu’un de plus jeune et encore moins à une fille. Ce décalage lui apparut clairement à la façon dont elle s’adressa à lui, pour lui proposer à boire.

« Tu n’es pas obligée de me vouvoyer, je suis pas si vieux. » bougonna t-il.

Ils devaient avoir trois ou quatre ans de différence, tout au plus, puis elle semblait assez mature pour son âge. Mais cela n’empêchait pas Dave d’avoir l’impression d’être attaché à une gamine. Il n’avait pas répondu à sa question. Il voulait quelque chose à boire, mais il ne voulait pas bouger d’ici. Il n’avait pas envie de tester la marche-fauteuil roulant coordonnée, surtout avec quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Il sentait venir le malaise. Des « Ah pardon, je vais trop vite » et « Tu préfères que je lève mon poignet en avançant ? ». Non merci.

« Je ne veux rien, non. » Ils allaient plutôt rester plantés là, comme ça. Bon, vite trouver un moyen de se sortir de cette situation. Il remit l’inscription du ruban sous ses yeux pour pouvoir la lire, avec plus de concentration, et des neurones en marche. « Hum. J’imagine qu’on est sensés... surmonter notre distance si on veut pouvoir se détacher. C’est quoi déjà la maxime de cette soirée, ce qui était écrit sur le carton, là ? "La solidarité, la proximité et l’amitié ?" Bah voilà, ils sont raccords. » conclut t-il avec un sourire sarcastique.
Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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- C'est pas trop décolleté ? murmura discrètement Isobel à l'oreille de sa collègue Beryl qui terminait de se maquiller dans les toilettes du Ministère.

Elle avait eu le temps de repasser chez elle pour prendre une douche et se préparer mais elle était tout de même pressée : elle avait pris la première robe de soirée qui lui tombait sous la main. Elle l'avait un peu regretté, quand elle avait suivi le regard de quelques collègues alors qu'elle revenait au bureau avant de se rendre à Poudlard. Beryl jeta un coup d’œil rapide à sa tenue avant de hausser les épaules.

- Un peu, mais c'est une soirée mondaine, ça va.

Le commentaire ne fit que renforcer la nervosité d'Isobel qui tira légèrement sur le tissu pour le remonter. Elle n'avait pas le temps de repasser chez elle pour se changer, elle était obligée d'assurer la soirée. Certains de ses collègues y allaient par plaisir ou pour soutenir un proche touché par l'attentat, elle, elle y allait parce que son supérieur l'avait forcée. Si elle avait pu, elle serait restée très très loin de ce genre de commémoration. Elle n'avait pas envie de se trouver parmi toutes les victimes survivantes de l'attentat, au milieu des pleurs et des souvenirs. Les émotions collectives, ce n'était pas vraiment pour elle. Heureusement qu'elle n'était pas officiellement présente comme une blessée de l'attentat mais comme chargée de communication, elle ne l'aurait pas supporté sinon... L'idée était bonne, en soi, le service l'avait approuvée : montrer l'unité de la population, réunir les gens dans un lieu chargé de souvenir pour eux, un lieu qu'ils avaient tous en commun, pousser les gens à se montrer de la fraternité, un parfait plan de communication. Les membres du gouvernement seraient également présents, pour qu'ils soient proches de la population. Le Ministre de la Magie en personne serait là, avec sa famille, comme un rempart dans la tempête. Tout serait parfait et parfaitement sécurisé, pour éviter les dérapages. Une soirée de rêve, qui marquerait les esprits, qui participait à la reconstruction du pays. Elle aurait juste voulu être très très loin de Poudlard à cet instant précis.

Mais elle devait travailler, aussi, Isobel prit la cheminette avec ses collègues, un peu en avance pour qu'ils puissent parler aux directeurs de département et aux organisateurs de la soirée. Beryl était sur tous les fronts, elle courait déjà partout alors qu'ils venaient juste d'arriver dans le hall d'entrée. C'était seulement la deuxième fois qu'elle venait dans le fameux collège de sorcellerie et, comme la dernière fois, elle promena un regard curieux autour d'elle. Elle savait que Abel s'occupait des travaux d'agrandissement mais on ne voyait rien dans ce coin du château, tout était beau, resplendissant, décoré pour l'occasion. Elle espérait le croiser, d'ailleurs, elle savait qu'il venait ce soir. Cela lui permettrait de se détendre un petit peu avant les épreuves qui l'attendaient ce soir, comme la lecture des noms des victimes. Elle effleura le pendentif en argent qui ornait son cou et poussa un soupir. La première étape de la soirée, en tout cas, c'était convaincre le Ministre de rester sobre : ce n'était pas gagné. Plutôt que de se risquer dans un long débat, Isobel préféra utiliser la méthode détournée et ensorcela son verre pour qu'il ne contienne pas d'alcool fort,  ce qui éviterait les scandales. Un Ministre en pleine possession de ses moyens était important alors que tous les yeux allaient être rivés sur lui et sa famille.

Elle était en train d'examiner la tête que faisait Dave Marchebank - parce que même handicapé, il n'avait pas le droit d'être trop déprimé en public pour des questions d'image - quand elle sentit quelqu'un attraper son poignet. Elle essaya de s'en dégager, par réflexe, mais avant qu'elle ait pu réagir, elle était attachée à un homme blond alors que son agresseur avait déjà disparu. Circonspecte, ses yeux tombèrent sur un lien blanc qui l'unissait à son nouveau binôme.

- Bonsoir, répondit-elle, méfiante.

Il semblait plus jeune qu'elle, un vingtenaire, portait un jean et un pull - alors que c'était une soirée de gala - mais paraissait en revanche aussi surpris qu'elle de se retrouver attaché à un inconnu. Il souleva leurs poignets pour lire l'inscription, Isobel fit de même et pesta intérieurement contre cette stupide animation. Si cela avait reçu l'agrément du service communication, alors elle démissionnait sur le champ. Obliger des gens, souvent en deuil ou traumatisés, à sociabiliser avec de parfaits inconnus ? Super idée. Super thérapie. N'importe quoi. Elle avisa le Ministre de la Magie avec un adolescent et fut reconnaissant que ce ne soit pas une jolie fille. Il y avait des drames à éviter. Contrariée à l'idée de rester collée à un inconnu toute la soirée - parce que bon, elle ne voyait pas quel genre de proximité ils allaient avoir - elle soupira lorsqu'il lui proposa un verre.

- Non, merci. Écoutez, ce n'est pas contre vous mais je suis ici pour des raisons professionnelles, je dois travailler ce soir. Est-ce que vous pensez qu'on pourrait en finir avec ça - elle secoua légèrement sa main - le plus vite possible ?



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Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Rien n'était plus magique que l’atmosphère d'un bal, et le cœur de Mildred Magpie battait déjà la chamade à la seule idée de pouvoir tournoyer dans une robe magnifique, tout en se lovant dans les bras d'un bel et jeune éphèbe. Dès que la nouvelle lui était parvenue, Mildred s'était empressée de faire les boutiques de mode pour choisir la tenue adéquate. Officiellement, elle avait rapidement opté pour une robe fleurie de chez T&T, de manière à illustrer l'espoir de retrouver un Monde Magique apaisé, tout en respectant la tendance actuelle avec ses épaules dénudées ; Mais officieusement cette robe avait l'avantage de cacher quelques kilos superflus. Car contrairement aux autres victimes de l'attentat, les principales séquelles physiques se déclenchèrent à posteriori de la tragédie ; En effet, la romancière noya son stress post-traumatique sous des flots de chantilly et de caramel au beurre salé, au point d'anéantir son régime "Pamplemousse-Zumba". Mais soucieuse de son image, et n'aimant guère se forcer à vomir, Mildred s'était rapidement entourée des meilleurs coachs sportifs et psychothérapeutes pour mettre un terme à sa boulimie excessive.

De nouveau rayonnante, il était temps pour elle de tourner la page de ce triste épisode de sa vie ! Et pour faire d’une pierre deux coups, elle aspirait également à conjurer le sort de ses jeunes années, et de ces maudits bals au cours desquels l’ancienne Poufsouffle avait passé plus de temps à se tordre les mains de jalousie sur une chaise que d’enflammer la piste de danse. Était-ce en lien avec sa réputation de « Mildy-couche-toi-là » ou de celle de commère à la langue fourchue qui lui collait à la peau ; Dans tous les cas, les cavaliers ne s’étaient jamais vraiment bousculés au portillon de son cœur. Mais les années passant, et les affres de l’adolescence révolus, elle avait désormais l'espoir d'attirer sur elle les convoitises des plus beaux princes de la soirée. Surtout depuis qu’elle avait enregistré un net regain de popularité, en lien étroit avec son exploitation des évènements tragiques de la Marchebank. Un drame miraculeux qui boostait sa carrière, et dans lequel elle incarnait à merveille le modèle de la "Victime Valeureuse". Particulièrement investie dans l'aide aux victimes, elle allait être assurément la STAR de cette soirée de commémoration !


Mais malheureusement pour la sorcière, jamais rien ne se passait comme elle l'espérait. Bloquée aux portes de Poudlard, certains goujats décérébrés feignaient encore d'ignorer sa popularité légendaire, pour la reléguer à un vulgaire statut de citoyenne lambda. Désireuse d'obtenir certains passe-droits en lien avec sa personnalité exceptionnelle, la journaliste avait esquivée la longue file d'attente où s'agglutinaient la populace, pour se diriger naturellement vers l'entrée des artistes. Mais quelle ne fut pas sa surprise de se voir refuser l'entrée pour des raisons quelques peu scabreuses, d'ordre sécuritaire... Dans un soupir empreint d'irritation, Mildred Magpie laissa glisser ses lunettes Verts-hachés ( derby) sur le bout de son nez, afin de mieux dévisager l'agent de sécurité qui osait encore lui barrer le passage.

"Et là, vous me reconnaissez? Votre job n'est-il pas d'être un temps soit peu physionomiste, et de savoir trier les VIP de la plèbe ordinaire!? Je veux bien croire que votre profession ne va pas de paire avec la grande littérature ou le journalisme, mais en toute sincérité : Qui peut encore aujourd'hui feindre de m'ignorer!? "

Même pour une journaliste aussi célébrissime que Mildred Magpie, il n'était guère aisé de contourner l’implacable cordon de sécurité qui avait été mis en place autours de l'enceinte de l'école magique de Poudlard. Plus personne ne voulait revivre l'horreur d'un attentat, et les organisateurs n'avait pas lésiné sur le personnel de sécurité. Bras croisés, regard aussi insondable que le Triangle des Bermudes, le Cerbère qui gardait la porte des artistes restait de marbre face aux gesticulations et les caprices de diva de l’horripilante romancière.

"Le souci n'est point de vous reconnaitre, madame Magpie. Mes ordres, et le protocole est clair : Pour des raisons de sécurité et d'ordre logistique, l'entrée du public s'effectue exclusivement dans le hall principal. Croyez-moi, cela ne dépend pas de moi, et n'y voyez aucun mépris. De plus, l'entrée est payante, à hauteur de 13 mornilles... "

A l'écoute du tarif, les yeux de la romancière milliardaire manquèrent jaillir de leurs orbites.

"Treize mornilles! Mais c'est du vol!!! "

Le garde qui avait fait le choix honorable de travailler bénévolement dans le froid en signe de soutien aux victimes, n'arrivait pas à comprendre en quoi débourser une somme aussi modique revêtait une quelconque importance aux yeux d'une multi-milliardaire.  En grand professionnel, il se contenta simplement de hausser les épaules, plutôt que d'exploser devant tant d'avarice.

"Madame, le conseil d'administration de Poudlard reversera tous les bénéfices de cette soirée au profit des victimes. Il s'agit d'une action de soutien et d'aide..."

Le stoppant net dans ses justifications, Mildred Magpie leva une main autoritaire à la face du gardien.

"Primo, vous allez cesser toute familiarité, en vous croyant en capacité de me faire la morale! Deuzio, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je ne suis pas mariée et encore jeune, alors pourquoi daignez-vous ne pas m’appeler "Mademoiselle"!? Tertio, sachez que j'ai déjà versé plus de cinquante-mille galions en faveur des victimes de cette catastrophe, alors pourquoi diable irai-je encore me saigner de treize mornilles!? C'est honteux! "    



Pour la prestigieuse milliardaire, c'était un cauchemar presque aussi inconcevable que de se voir refouler à l'entrée de la Fashion Week. Même si elle s'était mise en arrêt maladie prolongée depuis la tragédie de la Marchebank, Poudlard demeurait encore son jardin et l'endroit où elle avait instauré son atelier théâtre. Certes sa comédie musicale était suspendue jusqu'à nouvel ordre, depuis la disparition cruelle de l'une de ses vedettes phares; En effet,la mort du malheureux Anwar Kabache, hantait encore tous les esprits, et aujourd'hui encore, il paraissait inconcevable de poursuivre cette œuvre sans lui. Mais même si son atelier théâtre battait de l'aile, de quel droit pouvait-on lui refuser l'entrée? Mildred Magpie disposait encore de ses propres quartiers au sein de l’École Magique, et elle s'était comportée de manière exemplaire et héroïque durant la tragique catastrophe de la Marchebank. N'était-elle pas celle qui avait lancée l'alerte, et sauver d'une mort certaine une multitude d'âmes innocentes? Alors pourquoi se voyait-elle traiter comme du vulgaire bétail!? C'était un tapis rouge que l'on devait lui dérouler, et non la contraindre à devoir faire la queue avec le commun des mortels!

"Désolé mais les ordres sont les ordres, mademoiselle Magpie. Veuillez maintenant circuler, et rejoindre la queue du hall d'accueil comme tout le monde... "

Les lèvres de la romancière se pincèrent de mépris face au mutisme du gorille qui lui barrait l'entrée.  

"Comme tout le monde!? Faire la queue!? Vous plaisantez j'espère! Pour votre gouverne, sachez que personne ne mérite mieux que moi d'assister à ce concert de charité, tant j'ai éminemment contribué au soutien financier des malheureuses victimes de cet odieux attentat. Savez-vous, ce que cela fait de devoir se séparer de cinquante-mille Galions? Non, certainement pas, à en juger par votre dégaine misérable de portier sans le sou en poche... "

Certes, Mildred Magpie avait suivi à la ligne les moindres préceptes du plan avisé que lui avait chuchoté astucieusement son brillant conseiller financier. En matière de fructification de capital,Ronald Klump tenait littéralement du génie! Les cinquante-mille Galions versés dans une association d'aide aux victimes, avait permit à la vénale milliardaire de récolter des dons encore plus faramineux que ses plus folles espérances. Si Ronald Klump n'avait pas été doté par mère nature d'un physique aussi fluet et disgracieux qu'un Poulaintêtard, nul doute qu'en guise de remerciement la sulfureuse romancière lui aurait fait l'amour jusqu'à en mourir d'épuisement. Mildred était stupéfiée de voir à quel point la générosité ou la bêtise du bas peuple était déconcertante, quand il s'agissait de se saigner pour la bonne cause; En effet, une simple campagne de sensibilisation avec des formules chocs accompagnées de clichés des victimes, avait suffit à quadrupler sa mise de départ. Mildred Magpie tutoyait le paradis alors que sa fortune ne cessait de croître! En effet, par de judicieux placements dans des paradis fiscaux magiques, Ronald Klump l'avait rendue encore plus riche, et ce juste avec les intérêts générés par les sommes versées par le peuple bienveillant! La journaliste à scandale était aussi heureuse qu'un honnête berger de brebis, qui venait enfin de récolter les bénéfices de sa tonte. Sauf que contrairement à lui, elle n'avait pas eu besoin de se geler les miches toute l'année durant dans un vieux refuge miteux, le tout pour récolter une misère à l'arrivée. Que c'était bon d'être riche! Ainsi tournait le monde, et Mildred Magpie n'éprouvait aucun scrupule à faire du profit sur le dos d'innocents naïfs.

Après l'émotion générée par son interview accordé sur les lieux même de la catastrophe, et l'annonce de son engagement auprès des victimes; Mildred Magpie avait eu l'intelligence de suivre les conseils avisés de son banquier, en adoptant une stratégie de communication basée sur le silence médiatique, de manière à générer un sentiment de manque auprès de son public. Prendre du recul, pour mieux générer le désir, voilà une stratégie dont la pipelette Mildred ignorait tout jusqu'à peu. Telle une junkie sevrée de drogue, la journaliste vécue cette période de désert médiatique comme une longue et infernale torture! Qu'il avait été cruel de passer à coté des fourches des micros sans prendre la parole! Feindre la femme blessée qui n'osait s'exprimer du fait de son traumatisme! Nul doute que sans le Yoga et les Cookies du Paradis d'Eden, Mildred n'aurait pas survécu à ce supplice, pour craquer à la face du Monde Magique. Mais sa patience avait payé, et elle pouvait désormais jouer la carte salvatrice de l'émotion, et sortir de son rôle de victime traumatisée. Tel un ange combattant le mal et la perversion, Mildred Magpie faisait son retour sous les feux des projecteurs, et usait de tous les artifices pour débusquer et éradiquer l'infâme réseaux de Résistance qui sévissaient dans l'ombre. Dans un article à charge, elle s'était même engagée à tout faire pour couper une à une les tentacule de l'odieux Kraken! Pour se faire, elle avait monté une rubrique spéciale dans Multiplettes, dans laquelle les lecteurs pouvaient balancer tout comportement suspect ; Intitulée "balancetonpoulpe", cette section n'avait pour ambition que de devenir un outil de délation pour la Milice du FREE.

Mais son engagement et l'aura de popularité qui berçait son retour aux affaires ne suffisaient pas endiguer l'obstination bornée du gardien du bal. Le vigile demeurait stoïque, bras croisés, avant d'engager un duel de regard avec l'insupportable sorcière. Cette dernière finit par lui tendre sa carte de presse, en guise de passeport pour le bal.

"D'accord, vous voulez vous la jouer gros dur avec moi! Vous connaissez la liberté de la Presse Magique? Vous ne pouvez pas m'empêcher de faire mon travail d'information! Si vous ne me libérez pas le passage dans la seconde qui suit, je vous colle un procès pour entrave au droit de la Presse Magique! Informez de ma présence le Ministre, la Directrice, ou vos responsables, bref n'importe qui de plus important que vous... Mais ne me laissez-pas une seconde plus attendre dans ce froid polaire! "

Mildred Magpie fit mine d'éternuer, avant de braquer un regard accusateur sur le portier. Celui-ci poussa un long soupir avant de s'écarter de quelques pas, tout en sortant sa baguette, afin d'envoyer un message magique à ses supérieurs...

HJ:
 



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Un Gryffondor qui voulait prendre une année sabbatique, et peut-être faire du bénévolat chez Médicomages sans Frontières... Il était tombé sur un hippie, par Salazar ! Certainement un autre de ces adolescents bien-pensants qui voulaient explorer le monde, aider leur prochain et pourquoi pas fumer quelques plants de mandragore au passage... Voilà qui n'allait guère l'aider à se lier à cet asticot pour s'en débarrasser au plus vite. De toute évidence, ce Virgil avait toute l'ambition d'un véracrasse, et sa remarque suivante lui tira un petit rire sarcastique. "Qui sait ?" Oh, mais Leopold, lui, savait ! Ce Virgil ne serait pas ministre de la magie, il en était à peu près aussi certain que du fait que les Frelons ne gagneraient pas le championnat.

"Pourquoi pas, en effet", répondit-il avec amusement, en jaugeant son interlocuteur du regard. "Mais la route qui mène au Ministère n'est pas un long fleuve tranquille, tu sais. Il faut être prêt à faire des sacrifices, à s'investir totalement et à donner de sa personne..."

Des sacrifices, Leopold en avait fait pour arriver au pouvoir et surtout pour s'y maintenir. Pour accéder au titre de ministre, il lui avait fallut manoeuvrer en eaux troubles, manigancer, et même tuer sur son passage, mais ce n'était rien en comparaison de ce qu'il avait dû affronter par la suite. Il avait perdu certains de ses proches, sa famille avait été durement marquée et, surtout, il le sentait : il avait été profondément marqué par les premiers temps de son mandat. Pendant des décennies, Leopold avait été un homme sûr de lui, de ce qu'il voulait dans la vie, de ce qu'il était prêt à faire pour y arriver. Quelques mois au pouvoir avaient suffit à ébranler toutes ses certitudes. C'était une remise en question profonde, une responsabilité immense, un changement de paradigme tel que s'il avait dû recommencer, il y aurait certainement réfléchi à deux fois.

Mais maintenant qu'il était là, il était hors de question de lâcher.

Leopold descendit son jus de citrouille, désespérément fade, et reporta son attention sur Virgil.

"Mais commencer par l'associatif est un bon début", reconnut-il en hochant la tête, tout en songeant qu'il n'y avait rien de plus ennuyeux au monde. La solidarité, l'entraide, bla, bla, bla... S'il voulait vraiment explorer le monde, il y avait de meilleurs moyens qu'en allant voir la misère avec une blouse de médicomage. Par exemple, rejoindre un réseau du crime international comme le sien. Leopold avait toujours besoin de jeunes en perdition pour l'aider à importer de la marchandise. En voilà une bonne idée ! Les injonctions d'Isobel lui revinrent alors en tête : il fallait donner une bonne image, pas détourner la jeunesse du droit chemin...

"Médicomages Sans Frontières est une organisation admirable, qui te permettra surtout de voyager. C'est une excellente expérience à la sortie de Poudlard. Quand j'étais jeune, j'ai vécu une partie de ma vie en Autriche, pendant la guerre. J'en ai gardé des souvenirs mémorables, c'était à l'époque une société bien plus libre et débridée que la notre, encore engoncée dans ses règles et ses carcans imposés par la haute société..."

Son regard se fit lointain alors que ses souvenirs de jeunesse lui revenaient en mémoire.

"J'y ai découvert une conception différente de la magie, une faune et une flore magiques qu'on ne trouve pas chez nous, et surtout..."

Il rapprocha sa tête de Virgil, pour lui souffler sur le ton de la confidence :

"...des soirées comme on n'en faisait pas en Angleterre, tu peux me croire. Et les autrichiennes, par Merlin, les autrichienne ! Tu as une petite-amie, Virgil ?"



Christoph Waltz, merci à Roy
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L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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