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 L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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Jonah ForbesDirecteur de SerpentardEn ligneavatar
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Abel Laveau resta discret concernant le nouvel aménagement de la Place Merlin. Soucieux de respecter les exigences du Ministère, notamment en matière de communication autour du projet, l’architecte ne révéla rien que Jonah ne sache déjà. L’enseignant avait lu un article dans la Gazette évoquant la mise en place d’un espace de commémoration et de probables reconstructions sur les lieux mêmes de l’attentat. D’après le journal, le plan des nouvelles installations  n’était pas encore pleinement défini, du moins, il n’avait pas été communiqué à la presse. Abel, qui avait sans doute signé un contrat de confidentialité, resta tout aussi évasif que le papier de la Gazette et Jonah n’insista pas davantage. Le projet serait dévoilé tôt ou tard, il fallait juste laisser le temps à la population de faire son deuil pour accueillir plus sereinement cette reconstruction.

« Bien sûr, je comprends. » souffla-t-il en laissant volontairement l’opportunité à Abel de poursuivre la conversation sur un autre sujet de son choix.

Et quel sujet ! Sans le savoir son interlocuteur venait de pointer de sa baguette un sujet d’étude auquel Jonah s’intéressait tout particulièrement : L’innovation sorcière inspirée des moldus. C’était d’ailleurs le sujet de son prochain livre ( quant il trouverait le temps de l’écrire, bien sûr.) Il en avait déjà parlé à Emmet Strong, son éditeur, lors de la rentrée littéraire qui s’était justement tenue dans l’un des buildings modernes  de Leopoldgrad. Piqué dans sa curiosité et avide d’en savoir plus sur les aspirations de l’architecte qui souhaitait soulever le débat sur cette thématique, Jonah l’invita à développer :

« Je vous en prie, continuez. Je suis curieux de connaitre votre point de vue sur la question. » dit-il d’un air concerné.

Abel ne se fit pas prier pour exposer son analyse qui rejoignait, en tous points, celle de Jonah. Les aptitudes moldus avaient longtemps été minimisées par les sorciers mais il était clair aujourd’hui que les moldus « dépassaient » les sorciers  sur de nombreux points et que monde Magique se devait d’ouvrir les yeux.

« J’ai bien peur de ne pas pouvoir débattre avec vous  M. Laveau, dit il d’un air désolé, …car je partage totalement vos observations. Ajouta-t-il avec un léger sourire. Il se pencha légèrement vers son partenaire et poursuivit, Voyez-vous j’ai toujours vu les sorciers comme l’élève doué, doté d’aptitudes exceptionnelles, capable du meilleur mais qui campe sur ses acquis, qui se repose sur ses lauriers : Il pense qu’en travaillant peu, il fera toujours mieux que son camarade plus limité au départ. Celui qui doit s’échiner, tous les soirs, à réviser ses cours. Celui qui doit réfléchir, proposer, se montrer ingénieux, trouver des solutions aux problèmes qu’il rencontre, faire avec ses propres armes car il n’a pas les capacités de son ami naturellement  avantagé, il n’avait pas besoin d’expliquer à Abel qui était le moldu dans cette histoire, et puis, un jour arrive où l’élève brillant se rend compte d’une chose : Son ami besogneux, qui n’a jamais cessé d’être inventif, vient de réaliser l’impensable : Construire une machine qui permet d’aller dans l’espace, sur la lune, alors que lui il est bien incapable de réaliser un tel exploit ! Peut-on transplaner sur la lune ? L’idée ne lui a même jamais effleuré l’esprit avant que son ami ne le fasse.  Et là, pour la première fois de sa vie, il se dit qu’il n’aurait pas du sous-estimer son camarade. Il ne veut pas l’admettre mais son ami l’a surpassé ! Difficile pour l’élève talentueux de mettre son égo de côté alors, il regarde ailleurs, préfère se féliciter de ce qu’il sait parfaitement faire depuis des années…Pourtant, son ami besogneux a très certainement tout un tas de connaissances à lui apprendre : Ensemble, ils pourraient faire de grandes choses…mais encore faut-il qu’il le veuille. »

Jonah laissa fleurir un sourire :

« J’ai raconté cette petite histoire à tous mes élèves en début d’année pour amorcer mon cours d’Études des Moldus. »

Il laissa planer un nouveau silence et poursuivit :

« Savez-vous combien de brevet d’innovation sont déposés par an dans le monde moldu ?, la question était purement rhétorique, plus de 2,5 millions. Les moldus ont cette envie d’entreprendre, ce besoin d’innovation constant inscrit dans leurs gênes. Leur capacité à innover et à inventer est immense, s’enthousiasma-t-il comme toujours lorsqu’il était question des aptitudes des Moldus, Ils me fascinent. » finit-il par dire.

Finalement l’organisatrice avait plutôt bien fait les choses en le liant à Abel Laveau, estima Jonah en observant quelques instants son binôme qui venait de poser son propre Pear One sur le comptoir où ils étaient installés. L’archimage avait raison : Jonah exerçait un métier qui pouvait faire évoluer les mentalités . Les élèves qu’il avait aujourd’hui en cours étaient  les principaux acteurs de la société sorcière de demain.

« Je consacre toute mon énergie pour faire comprendre cela à mes élèves : Nous avons énormément à apprendre des moldus et le Pear One de Vargas Corp ou les projets architecturaux de Leopoldgrad en sont les plus beaux exemples, dit-il en désignant Abel d’un geste de la main, Les sorciers précurseurs tendent vers un décloisonnement, ou en tout cas, une inspiration prononcée –et assumée- des trouvailles moldues.  D’ailleurs, je suis vraiment content de vous entendre dire que derrière votre geste architectural il y avait une réelle envie d’ouvrir le débat sur la manière dont les moldus peuvent nourrir l’innovation sorcière. »

Jonah but une gorgée de son jus de citrouille et reprit :

« Voyez-vous, je suis également écrivain –Enfin je l’étais avant que ces petits monstres d’adolescents ne puisent toute mon énergie- plaisanta-t-il. J’ai écris quelques livres sur les moldus qui sont restés assez confidentiels, confessa-t-il, mais il ont su trouver leur public auprès des passionnés. Mon deuxième ouvrage traitait justement d’internet alors quant vous évoquer la révolution numérique qui transforme actuellement le monde moldu, je ne peux que vous approuver. Souffla-t-il avant de recentrer la conversation sur ce qui l’intéressait, J’ai un projet de troisième livre, avoua-t-il enfin, sur ce concept novateur qu’est la Technomagie –mot valise faisant référence à la fois à la technologie moldue et à la magie, terme qu’il avait inventé. J’aimerai être le premier à écrire à là-dessus. D’ailleurs mon éditeur, Emmet Strong, estime à juste titre que l’architecture de la March’Bank a toute sa place dans un tel ouvrage. »

« Battre le fer quant il est chaud » Tel était l’adage de Jonah qui ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Merlin avait mi Abel Laveau sur sa route aujourd’hui et, en bon Serpentard qui se respecte, il comptait bien profiter de cette opportunité.

« Pensez-vous que nous pourrions nous entretenir à ce sujet ? Pas nécessairement aujourd’hui, j’imagine que vous souhaitez prendre le temps d’y réfléchir et je dois moi-même, cerner un peu mieux mon objet d’étude afin de définir mes attentes, mais, si vous êtes d’accord, j’aimerai beaucoup pouvoir mener cet entretien…. Je pense sincèrement que vous êtes un technomage qui s’ignore ! » conclut  Jonah avec enthousiasme.

Non seulement, l’archimage était un acteur à part entière de la technomagie mais, en plus, il semblait avoir particulièrement réfléchi à la question. Il avait sans doute raison en disant que la culture américaine encourageait davantage les parallèles entre moldus et sorciers. Logan Vargas était d’ailleurs un concitoyen d’Abel et ce n’était certainement pas une coïncidence que les deux entrepreneurs aient la même nationalité. Il y avait surement quelque chose à creuser de ce côté-là, nota Jonah mentalement avant de reprendre :

« Et pour en revenir à vos difficultés de recrutement de jeunes intéressés et qualifiés, je pense que nous avons notre rôle à jouer, vous et moi. Nous pouvons susciter des vocations : Vous en transmettant votre enthousiasme à l’égard de votre métier et moi en facilitant la mise en place de tels échanges… Pensez-vous que votre entreprise pourrait accueillir des élèves stagiaires au sein de ses locaux, pour quelques jours ou quelques semaines ? » s’enquit-il alors.


Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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Poussé par l’intérêt sincère que semblait porter Jonah à leur discussion, Abel se laissa emporter dans une certaine volubilité. Il était pourtant un homme discret, pas le plus à l’aise dans les exercices de sociabilité, mais lorsqu’il s’agissait d’un sujet qui le passionnait, Abel pouvait se montrer étonnement bavard. Or, la confrontation des mondes magiques et moldus était une question qui le captivait beaucoup, en ce moment. Il avait vu et compris des choses pendant toute l’instruction du projet Leopoldgrad qui avait fait naître de nombreuses réflexions chez lui, ce qu’il s’efforça de transmettre à son interlocuteur. Et Jonah semblait attentif et réceptif. Visiblement, Abel avait touché un sujet qui lui tenait à coeur, car à son tour, le professeur se lança dans une métaphore assez amusante. A son tour, ce fut à Abel de faire ce qu’il savait le mieux faire, écouter les autres parler, ce qu’il fit avec plaisir, car les réflexions de Jonah étaient tout à fait pertinentes.

Effectivement, ils étaient d’accord en tout points. Abel était un grand rêveur -et un très grand fan de science fiction aussi- alors forcément, la conquête de l’espace, cela lui parlait, et il sourit à ce moment de l’histoire que lui racontait Jonah. Il n’avait pas tort, les sorciers n’avaient jamais envisagé la possibilité de transplaner sur la Lune, quand leurs concitoyens moldus avait réalisé cet exploit depuis quarante ans, déjà ! Y avait t-il un seul professeur d’astronomie en école de sorcellerie qui s’était intéressé à ces fantastiques machines qu’étaient les fusées ? Abel n’en était pas sûr. Non, on continuait d’enseigner passivement les constellations et la divination à partir de l’alignement des étoiles, comme on le faisait depuis des siècles…

« Belle métaphore, ça résume bien l’idée que nous partageons, déclara Abel en souriant, quand Jonah lui avoua qu’il s’en servait pour captiver l’attention de ses élèves. Ca fait quel effet à vos élèves quand vous la racontez ? » demanda t-il, curieux.

A cet âge, en pleine adolescence, la plupart des élèves préféraient malheureusement se reposer sur leurs acquis, alors il y en avait sûrement pour se montrer indifférents à l’espèce de morale de l’histoire que tentait de leur transmettre Jonah. Mais, s’ils choisissaient le cours d’Etude des Moldus, c’est que ce monde les intéressait, ou les intriguait au moins, alors peut-être que ce petit récit parvenait à les faire réfléchir… En tout cas, Jonah était assez au fait de l’innovation technologique moldue, car il lui donna quelques chiffres qui firent réagir Abel :

« Je ne connaissais pas le chiffre, mais cela ne m’étonne pas. Comme vous dites, ils ont la recherche et l’innovation inscrite dans leur culture. Nous, nous valorisons beaucoup plus la tradition, la transmission de savoirs millénaires… Ce qui est très bien aussi, nuança t-il, avec une pensée pour la culture vaudou extrêmement attachée à ses traditions et à ses ancêtres dont il provenait, mais cela ne doit pas empêcher l’invention. »

C’était en tout cas les idées auxquelles croyait Abel et Jonah semblait les partager. Il lui fit part de son grand enthousiasme pour le monde moldu, ce qui fit sourire l’archimage. Il était tombé sur quelqu’un de passionné, semblait t-il… Tant mieux. C’était une qualité tout à fait estimable aux yeux d’Abel. Cette estime paraissait partagée, car Jonah déclara qu’il était content d’apprendre qu’une de ses intentions pour le projet Leopolgrad était de rapprocher les deux mondes antagonistes. Abel apprécia cette marque de respect qu’il lui témoignait et il fut doublement attentif à la suite de son discours.

Leur petit débat avait eu le mérite d’instaurer un climat de confiance suffisant pour que Jonah lui confie les projets personnels qu’il menait en ce moment. L’intérêt d’Abel fut aussitôt captivé en apprenant qu’il écrivait à ses heures perdues et avait un projet sur le sujet dont ils étaient justement en train de parler.

« La technomagie… C’est intéressant, c’est vous qui avez créé ce mot ? Je ne l’ai jamais entendu. C’est en référence à la technologie, j’imagine ? Cela sonnait bien en tout cas, l’idée que portait le mot était assez évidente. A la fois étonné et flatté de la proposition que lui fit assez habilement Jonah, le visage d’Abel s’illumina. Eh bien, je suis tout à fait flatté que mon architecture ait pu retenir votre attention et celle de votre éditeur. Je serais ravi de participer à ce genre d’ouvrage précurseur. Je ne vous garantis pas de pouvoir vous donner un entretien rapidement, par contre, on est sur une période chargée en ce moment… Il faut voir, je vous avoue que je suis assez mauvais pour retenir mes rendez-vous, c’est pourquoi j’ai une secrétaire extraordinaire, confessa t-il, sur une note d’humour, qui saura beaucoup mieux vous informer que moi. Tenez, appelez quand vous le souhaitez. »

Il extirpa de la poche de son veston, tant bien que mal avec sa main libre, une carte de visite qu’il avait toujours sur lui, avec le numéro de Cheminette et de Pear One pour contacter son agence. Abel n’avait pas hésité car il voyait évidemment tout l’intérêt qu’il pouvait retirer à paraître dans un livre qui parlait de l’innovation sorcière, même si Jonah se présentait comme un écrivain peu visible. C’était un thème d’avenir, Abel en était intimement persuadé, la société magique commençait à s’ouvrir sur le sujet, sous l’impulsion du gouvernement Marchebank. Même si le livre de Jonah n’allait pas faire exploser les ventes tout de suite, un jour, le thème finirait par attirer l’attention des chercheurs et il aurait le privilège d’avoir été l’un des premiers auteurs sorciers à mentionner le sujet. Si l’architecture de Laveau & Wells pouvait bénéficier de la même lumière, Abel ne disait pas non.

Et puis, il était aussi intéressé à titre purement intellectuel. Il était content de pouvoir aider le professeur à monter ce projet d’écriture tout à fait digne d’intérêt, en y apportant son point de vue d’archimage américain. Ce sujet lui tenait à coeur à lui aussi, il fallait croire qu’ils s’étaient finalement bien trouvés ce soir.

Jonah ne s’arrêta pas là, persuadé qu’ils pouvaient jouer encore un autre rôle tous les deux, sur un autre terrain qu’il maîtrisait. A ce moment-là, Abel se souvint. Isobel lui avait déjà parlé de Jonah Forbes, au détour de leur premier dîner romantique. Elle s’occupait d’un projet avec lui, sur l’introduction de stages professionnels dans la formation dispensée par Poudlard. Cela lui était sorti de l’esprit ! Le monde sorcier était petit, décidément. Plutôt amusé de comprendre qu’il était en train de nouer des projets avec un homme qui travaillait déjà avec Isobel, il hocha la tête.

« Oh mais je suis au courant de ce projet, vous travaillez avec le Ministère pour réussir à introduire des stages à l’école, c’est ça ? C’est Isobel… Lavespère, ajouta t-il, trop habitué à ne dire que son prénom, qui me parlait de ça. Je trouve que c’est une bonne idée de montrer aux étudiants la diversité des métiers qui existent, surtout que vous vous lancez souvent directement dans l’apprentissage d’un métier après Poudlard, d’après ce que j’ai compris. Du coup, les élèves doivent savoir assez vite ce qu’ils veulent faire, trop vite, peut-être… Bref, je lui avais déjà dit que je serais content d’accueillir des élèves stagiaires dans l’agence, si jamais cela se faisait, alors vous avez votre réponse. »


Jonah ForbesDirecteur de SerpentardEn ligneavatar
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Jonah n’était plus du tout gêné à l’idée de passer sa soirée avec cet illustre inconnu. S’il n’avait pas été obligé de rester si proche physiquement  d’Abel Laveau, il aurait presque oublié qu’ils étaient attachés, l’un à l’autre, et contraint de se supporter mutuellement. La discussion filait naturellement, pour la plus grande joie de l’enseignant dont les idées fourmillaient dans son esprit. Jonah aimait les rencontres stimulantes, les personnalités inspirantes et Abel Laveau faisait assurément parti de ces personnes avec lesquelles il aimait échanger. Les deux hommes possédaient des centres d’intérêts communs et les remarques de son interlocuteur le poussaient à se remettre au travail. Trop accaparé par son métier de professeur, la résistance et ses soucis personnels, Jonah avait quelque peu délaissé son projet de livre ces derniers temps et cette simple discussion suffisait à lui donner envie de dépoussiérer ce projet.

« Oui c’est un mot valise composé de technologie et de magie. Les américains ont un terme pour qualifier les sortilèges inspirés de l’ingénierie moldue  les « Spell-Tech » -je pense que ça doit vous parler- Abel devaient très certainement les utiliser dans son quotidien d’architecte-  mais il n’y a pas encore de nom de domaine qui englobe à la fois le concept et les charmes utilisés, souffla-t-il. Quelque soit le nom qui était donné à cette nouvelle science magique, Abel Laveau semblait plutôt enclin à l’idée de participer au futur  ouvrage de Jonah.

« Vous m’en voyez ravi, répondit ce dernier avant d’esquisser un sourire à la remarque d’Abel.

« Je n’ai pas de secrétaire extraordinaire, poursuivit-il en fouillant difficilement la poche intérieur de son veston, mais j’ai une excellente appli agenda.» lâcha-t-il en sortant son Pear.

Jonah laissa échapper un léger rire tout en enregistrant son nouveau contact dans son répertoire de sa main de libre.

« Je ne pense pas être disponible avant cet été pour tout vous dire, assura-t-il tandis qu’Abel s’inquiétait de ne pas pouvoir lui garantir un entretien rapidement, j’aimerai clôturer l’année scolaire avant de m’atteler plus sérieusement à ce projet. » ajouta-t-il en consultant justement son calendrier. Jonah avait juillet de libre- les enfants étaient avec Agathe- et il les récupérait en Août.  Cela lui faisait un mois tranquille pour poser les bases de son étude, lister les intervenants qu’il souhaitait interviewer et commencer à les rencontrer, songea-t-il en rangeant son Pear et la carte de Laveau & Wells dans sa poche.

Jonah espérait pouvoir réunir d’autres précurseurs de la technomagie dans leurs domaines respectifs : Abel Laveau et Logan Vargas, bien sûr, mais aussi l’astrophysicienne née moldue Carmèn Carrera et le premier médicomage du monde a avoir implanté un stimulateur cardiaque ensorcelé dans un organisme vivant  –opération chirurgicale fortement inspirée de la médecine moldue- Harvey Globster.
Encore un américain.
Peut-être, Jonah devait-il envisager un voyage outre-Atlantique dès cet été afin de s’immerger davantage dans cette culture américaine visiblement plus ouverte aux techniques et technologies non sorcières. Les garçons seraient surement très  contents d’aller visiter New York, Chicago ou encore San Francisco et Jonah pourrait ainsi lier l’utile à l’agréable. Intéressant…
L’enseignant remisa toutefois cette idée dans un coin de son esprit et préféra se concentrer sur son interlocuteur pour lui proposer un partenariat école/entreprise semblable à celui qu’il avait monté avec le Ministère. Jonah s’apprêtait justement à expliquer à son binôme de soirée les modalités pour l‘établissement d’une convention lorsqu’Abel le prit de court en affirmant avoir déjà entendu parler de ce projet par la chargée de communication du Ministère.


« Vous connaissez Mme Lavespère ? S’exclama Jonah bien que ce lien ne soit pas si étonnant. A bien y réfléchir, les deux américains étaient tous deux des expatriés trentenaires au niveau de vie assez aisé. Ils devaient surement fréquenter les mêmes lieux à la mode où tous les « expat’ » de Grande Bretagne se retrouvaient pour parler de leur tendre pays, J’ai effectivement monté un projet similaire avec le Ministère et Mme Lavespère a été d’une incroyable efficacité pour fluidifier les échanges avec les différents départements. Jonah la chercha des yeux dans la foule, en vain, elle m’a beaucoup parlé de votre système scolaire américain d’ailleurs, reprit-il en reportant son attention sur Abel,  des journées découvertes, du stage obligatoire et des professionnels qui se déplacent directement au sein des établissements scolaires pour expliquer concrètement leurs métiers. J’ai vraiment trouvé ces actions très pertinentes et si nous pouvons monter un partenariat similaire entre votre agence et l’école j’en serai très heureux ! » Abel affirma alors que Jonah tenait déjà sa réponse. L’enseignant ne chercha pas à masquer la satisfaction que lui inspirait la confiance et l’engagement d’Abel. « C’est parfait ! » s’exclama-t-il puis il ajouta avec une note d’humour «  J’imagine que je planifierai les modalités de cette convention avec votre talentueuse secrétaire… »

L’enseignant esquissa un sourire mais son attention fut vite détournée par une sensation de chaleur sur son poignet. Le ruban que le liait à Abel Laveau venait de tomber au sol les libérant enfin, l’un de l’autre.

« Je crois que nous venons de surmonter la distance qui nous séparait M. Laveau, dit Jonah en se penchant pour ramasser l’étoffe blanche par terre, Cela mérite bien un petit toast . Il tendit son verre de jus de citrouille entre eux, bien décidé à sceller leur accord implicitement : « A nos projets futurs. »

Jonah était libre, il pouvait, enfin, aller tirer les oreilles de Virgil mais avant cela, il avait à cœur de poser quelques dernières questions à  Abel Laveau .L’enseignant but une gorgée de jus de fruit et laissa passer un moment de silence avant de demander :

« Voyez-vous j’étais en train de penser à ce que vous m’avez dit tout à l’heure sur les liens étroits entre cultures sorcière et moldue aux États-Unis. Vous n’êtes pas le premier à tenir ces propos : Isobel Lavespère avait approximativement le même discours en évoquant des écoles sorcières directement immergés en territoire moldu… Avez-vous fréquenté ce type d’établissement durant vos études? S’enquit Jonah,  Si je devais envisager un voyage en Amérique pour observer cette alchimie, quelle ville représentative de cette mixité me conseillerez-vous ? »


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Sasha se contenta de hocher la tête en s'efforçant de mémoriser le maximum d'informations tandis que le jeune homme lui conseillait de mener toutes les démarches en même temps, et de s'adapter selon les délais de réponse de chacun. Elle trouvait que trois à cinq semaines était un délai terriblement long pour répondre à une simple demande de déblocage de fonds, mais elle préféra ne rien dire -ce n'était surement pas ce qu'un employé de la MarchBank avait envie d'entendre. De toute les façons, elle n'espérait pas que Salem se montre plus rapide, et estimait donc que les réponses des deux institutions devraient coïncider.

"Merci, vraiment ! répondit-elle avec un sourire sincère. Ça m'aide beaucoup ! Je pense que ça peut marcher..."

En plus d'informations précieuses, Dave lui avait apporté l'élan d'optimisme dont elle avait besoin pour poursuivre ses démarches. Sasha n'était pas du genre à abandonner facilement, et elle savait se battre pour avoir ce qu'elle voulait, mais voir les obstacles, les formulaires, et les démarches compliquées qui l'attendaient avait commencé à la décourager un peu. Grace à Dave elle était désormais plus motivée que jamais à faire tout son possible pour intégrer le programme d'été de Salem.

Leur conversation fut alors interrompue par un mouvement de foule qui attira l'attention de l'adolescente. Elle réalisa rapidement que la source de cette agitation n'était autre que Léopold Marchebank en personne, qui semblait plutôt furieux contre Mildred Magpie. Curieuse de savoir ce qui avait pu provoquer la colère du Ministre, Sasha proposa au fils de ce dernier de se rapprocher de la scène, mais ce dernier déclina sa proposition. A en croire la grimace qui passa sur son visage alors qu'il regardait la journaliste s'enfuir de la Grande Salle, on pouvait facilement deviner qu'il ne comptait pas parmi les fans de la romancière.

"Vous...pardon, tu n'as pas l'air d'être un grand admirateur de Mildred Magpie, commenta-t-elle avec un sourire en coin. Elle n'était pas certaine de pouvoir se permettre ce genre d'observations, ils ne connaissaient surement pas assez pour ça, mais il fallait bien qu'ils se livrent un peu s'ils voulaient rompre le charme du bracelet. Victime d'une mauvaise presse ?"

Elle avait beau fouillé dans sa mémoire, elle n'arrivait pas à se souvenir d'un article peu élogieux au sujet de Dave. Il lui semblait au contraire que Magpie s'était toujours montrée plutôt flatteuse avec l'ensemble de la famille Marchebank, et ce n'était certainement pas Sasha qui allait lui reprocher -ne mord pas la main qui te nourrit. Elle-même gardait toujours cette rengaine à l'esprit et c'était d'ailleurs ce qui l'avait conduit à se montrer inflexible lors de son interview avec la journaliste. Elle avait conscience de ne pas avoir donné à la romancière ce qu'elle voulait ce jour-là, et peut-être avait-elle perdu une alliée qui aurait pu lui être utile, mais c'était un sacrifice nécessaire pour conserver l'appui et le soutient du Ministère.

Comme pour inviter son interlocuteur à se confier plus librement, Sasha entreprit de répondre à sa précédente question de manière la plus exhaustive possible.

"C'est un programme d'été réservé aux étudiants de deuxième cycle, il est ouvert à partir de la quatrième année. C'est un peu comme une préparation aux cours de l'université de Salem, avec un aperçu du programme et des disciplines proposées, expliqua-t-elle en s'efforçant de ne pas trop parler avec ses mains. Elle avait cette mauvaise habitude dès qu'elle parlait d'un sujet qui la passionnait mais sa mère lui répétait souvent que ce n'était pas élégant. On peut choisir jusqu'à dix matières différentes, poursuivit-elle, les yeux brillants d'excitation. J'aimerais faire Principes Fondamentaux du Droit Sorcier, Relations Magique Internationales, Introduction à la rhétorique, et un cours de duel aussi. Ils ont rouvert le club de duel à Poudlard, j'aimerais bien m'entrainer un peu..."

Elle se garda bien évidement de mentionner sa défaite face à Abigail Scavo. Le but était d'apprendre à se connaitre, pas de se livrer sous son plus mauvais jour.

"Tu n'as pas eu envie de faire des études, après Poudlard ?" s'enquit-elle finalement, le regard interrogateur.

Si elle avait eu un père aussi fortuné, elle aurait voulu fréquenter toutes les meilleures universités magiques. Elle aurait pu faire des études pendant aussi longtemps qu'elle le voulait, sans se soucier de trouver un emploi ou de subvenir à ses besoins. Malheureusement, ses finances et ses ambitions personnelles l'empêcheraient de réaliser ce rêve. Si elle voulait réussir à gravir les échelons, elle avait tout intérêt à commencer à les grimper rapidement.



MétamorphomageMolduavatar
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Anderson Bannerman, 52 ans, admirateur secret et chargé de communication (et amateur de ballet)

Les cris de détresse de Mildred déchiraient le coeur tendrement amoureux d’Anderson. Son aimée souffrait ! Sa peau délicate et laiteuse était attaquée par le froid mordant de l’Angleterre ! Il devait tout faire pour la sauver, se montrer comme l’homme viril qu’il était, prêt à prendre tous les risques pour la sauver ! Certes, il ne s’était pas mu sur la glace avec la plus grande des grâces mais sa détermination surmontait cela ! Il irait sauver Mildred, même s’il devait y perdre la vie, dans un sacrifice follement romantique. Il espérait quand même survivre, parce qu’il avait une réunion importante lundi matin et parce que c’était mieux d’être envie pour convoler avec sa douce mais s’il devait mourir pour que la lumière de sa belle continue de briller, alors il le ferait ! Le monde ne pouvait se passer de Mildred Magpie, de son intelligence, de sa beauté sculpturale, de sa plume vive, de son charme et de son élégance incontestable !

Mais malheureusement, Anderson ne parvint pas à sa belle avec la même élégance. Lancé sur la glace comme un bouchon de champagne dans les airs, il vint s’écraser sur l’opulente poitrine de sa Dame et ce contact embrasa son visage. Rouge comme une semelle de Loutoubin, Anderson écarquilla grand les yeux. Oh. My. Leopold. Il venait de toucher la poitrine de Mildred. Sa délicate et débordante gorge. Lorsqu’il s’échoua sur le dos, il secoua les bras et les jambes comme une tortue renversée. Il espérait qu’elle lui pardonnerait cet indécent contact, sinon il se laisserait mourir là, laissant le Calamar Géant se repaître de son cadavre. Essoufflé par ses exploits sportifs et par ce contact brusque avec l’objet de son désir, Anderson sentait que son visage était encore coincé au stade « rouge brique » tandis que son torse se soulevait bien trop rapidement. À tâtons, il vint prendre son pouls comme pour s’assurer que son coeur était encore là et n’allait pas s’échapper de sa cage thoracique (bien que ce soit un splendide cadeau pour illustrer l’amour dévorant qu’il portait à sa Mildred chérie). Réunissant tout son courage, Anderson prit appui sur la glace froide pour faire face à son aimée, prêt à accueillir ses fougueux remerciements pour ce sauvetage. Un doux sourire naquit sur ses lèvres pleines, il tendit les mains vers sa future épouse pour l’étreindre et…

Se décomposa complètement. Mildred semblait déconfite, déçue, désappointée, désespérée ! Complètement déprimé, Anderson laissa échapper un glapissement sonore, qui ressemblait au son que pourrait pousser un chat dont la patte serait coincée sous une porte, lorsqu’elle le saisit par sa cravate bleue pour le secouer. Sa chemise en soie de chez T&T avait été complètement détruite par sa glissade, les boutons arrachés pendouillaient et à des endroits, le tissu de sa cravate enserrait directement son cou. Secoué comme un prunier, Anderson ne comprenait pas ce qu’il se passait. Il pensait lui faire plaisir avec cette lettre, il pensait la ravir et montrer son amour ! Il ne comprenait pas de quoi elle lui parlait, comment aurait-il pu l’humilier alors qu’il ne ressentait que de la dévotion à son égard ? Bafouillant et laissant échapper des « eurlk grouik » lorsqu’elle appuyait trop sur sa trachée, il essayait péniblement de s’expliquer.

- Mais mais mais Mildred ! Je euh je non je…

Elle parlait vite, de tout, trop fort, de Monsieur Marchebank et d’humiliation publique et le manque d’oxygène malmenait un peu les connexions neuronales de ce pauvre Bannerman. Lorsqu’il fut enfin relâché, il s’empressa d’aspirer de grandes goulées d’air de manière bruyante, ses doigts épais desserrant la cravate qui avait malmené son cou. Sa pauvre Mildred était tellement perturbée par cette aventure sur la glace qu’elle en devenait violente ! Il ne lui en tenait pas rigueur, n’importe qui aurait été paniqué en étant dans leur situation. Mais ils fallait qu’ils gardent leurs nerfs, Anderson avait sa baguette magique et il était un ingénieux sorcier qui avait un jour eu la chance de fréquenter la plus noble des maisons : Serdaigle. Il était prêt à tout pour mettre la femme de sa vie en sécurité sur la berge. Pour autant, son courage amoureux fut brusquement entamé lorsque sa douce frappa de son délicat poing la surface du lac, déclenchant un craquement qui n’était pas annonciateur de bonnes choses. Un cri suraigu échappa de nouveau à Bannerman qui se recroquevilla sur lui-même, comme pour minorer son poids sur la fine couche qui les maintenait en sécurité. Peu heurté par les remarques de Mildred sur sa corpulence - il voulait bien reconnaître qu’il n’était pas le plus élancé des hommes mais c’était uniquement parce qu’il était une gigantesque boule d’amour - il mit la main à l’intérieur de sa veste pour en sortir sa baguette magique.

- Ne vous inquiétez pas, Mildred, j’ai la solu…

Mais il fut coupé par un glapissement de son aimée - oooh, ils produisaient les mêmes sons, n’était-ce pas follement romantique ? - qui avait elle-même une idée brillante. Il aurait dû s’en douter : Mildred Magpie était assurément l’une des sorcières les plus intelligentes de ce siècle, avec Albus Dumbledore et Hermione Granger. Elle n’était pas reconnue à sa juste valeur par la plupart de ses compatriotes mais peu importait à Anderson : son coeur palpitant de désir voyait la vérité et il essayait de la rétablir régulièrement en écrivant des courriers anonymes à la Gazette du Sorcier à chaque fois qu’elle adressait une petite pique à Multiplettes. Mildred allait sûrement lui expliquer une brillante idée pour les sortir de là tous les deux !

Mais avant qu’il ne puisse réagir, sa douce plaça ses deux pieds délicats sur son ventre et s’en servit comme d’un véritable trampoline afin de se propulser. Tout l’air s’échappa du corps d’Anderson - pas forcément de manière élégante - et il retomba lourdement en arrière comme un ballon de baudruche usagé. Une quinte de toux vint le secouer et il crut l’espace d’un instant qu’il allait s’étouffer. Mildred était déjà loin, en sécurité sur la berge. C’était l’essentiel… Il avait accompli sa mission sur Terre, il pouvait donc mourir ici, sur le lac qui avait accueilli ses rêveries étudiantes. Comme Harry Potter avait dû sauver un Horcruxe d’un lac glacé, Anderson avait sauvé sa Mildred et il lui avait confié quelques morceaux de son âme et surtout, tout son coeur. Allongé sur la glace comme une étoile de mer, ses yeux sombres vinrent fixer le ciel étoilé. Bel endroit pour mourir… Mais la voix de sa princesse vint produire une douce mélodie à ses oreilles alors qu’elle annonçait qu’elle allait le sauver. Évidemment qu’elle allait le sauver ! Comment avait-il pu penser autrement ? Mildred était si douce, si altruiste, si généreuse, tout le monde le savait. Elle donnait sans compter aux associations, avait aidé les victimes des attentats, avait sauvé des gens pendant les attentats ! Elle pensait aux autres avant de penser à elle : il suffisait de voir comment elle regardait son Boursouf. Avec des yeux remplis d’amour, comme devant un chou à la crème.

Anderson se sentit soulevé dans les airs et il eut quelques secondes l’impression d’être un ange, qui allait voler vers sa bien-aimée. La chute fut plutôt douloureuse. Mildred semblait essayer de lancer un Wingardium Leviosa, sans trop de succès.

- On tourne et on abaisse ! s’exclamait Anderson. On tourne et on abaisARGH

La retombée sur la glace lui coupa le souffle et manqua de lui casser le nez. Heureusement, sa douce sauveuse changea de méthode puisqu’elle entreprit de lui lancer une corde. Comme dans une véritable épreuve de Koh Mantra, Anderson se mit à ramper sur la glace, retenu par les boutons délicats de son costume qui s’accrochaient, afin d’attraper le lien qui allait lui sauver la vie et surtout, le lien qui lui permettrait de rejoindre son amour. Une fois qu’il eut saisit l’objet, il s’y accrocha comme un noyé à sa bouée - presque littéralement - et se rapprocha de la rive, soufflant comme un boeuf, transpirant comme dans un sauna. Il poussa un long soupir de satisfaction alors qu’il touchait enfin l’herbe gelé. Sauvé, enfin ! Et sa douce était également sauvée, même si cela ne s’était pas passé comme dans ses fantaisies éveillées. Elle semblait s’être tant inquiétée pour lui, il le sentait dans la douceur de sa voix qui était comme le miel des Alpes ! Oh, son aimée, sa douce ! Elle le choyait ! Elle avait craint pour lui ! Leur histoire était donc possible et même plus : à portée de main ! Anderson releva ses yeux bruns vers sa flamboyante future-fiancée quand elle s’adressa à lui avec la tendresse de la marmotte qui emballe le chocolat Milka.

- Ne vous excusez-pas ! s’exclama-t-il en secouant ses mains gelées, presque bleues. Je vous pardonne tout ! De plus, vous m’avez sauvé, je ne peux que vous remercier : vos talents magiques sont à la hauteur de votre talent d’écrivain !

Mais le compliment suivant de Mildred acheva de bouleverser Anderson, qui sentit une douce chaleur l’envahir, le réchauffant de la tête aux orteils. Elle avait aimé sa lettre ! Elle l’avait trouvée belle ! Soudainement timide, les joues rouges, Anderson baissa les yeux sur ses chaussures abimées.

- Je pensais tout ce que j’ai pu vous écrire dans cette lettre… murmura-t-il.

C’était presque comme dans son imagination ! Sa belle, profondément touchée par sa plume agile. Anderson n’était peut-être pas le plus beau des hommes, il le savait, il le voyait bien à l’époque de Poudlard, mais il estimait que son intelligence et son Verbe compensait cela. N’était-il pas l’une des plumes du Ministère ? Alors il avait certes un ton un peu lyrique, ce que lui reprochait régulièrement Isobel Lavespère, mais il avait foi en ses compétences ! Encore une fois, il avait pu séduire avec ses mots et séduire une femme de Lettres, comme lui ! Mildred était l’une des grands écrivains de ce siècle, elle égalait Jane Austen ! Elle la surpassait même ! Et elle avait aimé sa lettre. Il garderait ce souvenir en lui toute sa vie, celle du beau visage laiteux de Mildred, illuminé par la douce lumière lunaire, qui le complimentait. Anderson venait de fondre comme le glaçage d’un cupcake laissé trop longtemps au soleil. Il n’avait presque pas perdu ses capacités mentales puisqu’il tenta de proposer sa veste à sa douce lorsqu’elle frissonna, afin de couvrir ses graciles épaules. Mais il n’eut pas le temps : cette dernière se redressa, le tissu de sa robe rendu presque translucide par l’humidité de la glace, pour lui proposer d’aller se réchauffer dans la cabane du garde-chasse. Il voulut répondre quelque chose de spirituel et de follement romantique, comme « je vous suivrai jusqu’au bout du monde, ma reine » mais l’ondulation du bassin de Mildred devant son nez ne lui permit que de laisser échapper un pitoyable bafouillage.

- Je je… j’-j’arrive…

Il se redressa en deux trois bonds, tentant d’arranger ses lambeaux de chemise T&T et entreprit de suivre Mildred au travers du parc de l’école. La cabane d’Hagrid n’était pas le lieu le plus romantique du monde mais c’était intime et isolé et le fait que Mildred veuille être intime et isolée avec lui… Il en devenait tout chose. Juste devant l’épaisse porte en bois de la hutte, Anderson glissa sa main dans celle de Mildred et caressa sa délicate paume avec son pouce.

- Mildred, très chère, avant que… Je voulais juste vous dire à quel point je vous aime. Cela peut sembler vieux jeu mais je suis prêt à vous apporter tout ce que vous désirez. Je peux vous chérir, vous honorer, vous choyer. Je pourrai être un compagnon loyal et fidèle, qui ne vous fera jamais défaut et sera toujours là pour vous. Je… Je ne suis qu’un employé du Ministère mais je suis prêt à sacrifier tout ce que j’ai vous pour aimer et faire de vous ma reine. Je tenais à vous le dire…

Ses grands yeux bruns brillaient sous la lune. Lentement, doucement, avec la délicatesse d’un papillon, il se pencha pour tenter de donner un tendre baiser d’amour à sa princesse…
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Les contours de la silhouette massive de la cabane d'Hagrid commençaient lentement à se dessiner dans l'obscurité, signe que la calculatrice Mildred Magpie escortée de son admirateur transi n'était plus qu'à quelques mètres d'en franchir le seuil. Si la raison officielle qui les poussait à atteindre ce refuge n'était soit disant que pure commodité et réconfort, la sorcière semblait officieusement jouer une toute autre partition. En effet, l'opportuniste romancière laissait allègrement parler son langage corporel plutôt que de longues palabres inutiles pour attirer son sauveteur du soir dans les mailles de son piège de séduction ; En pâmoison devant le large postérieur de la romancière qui ondulait tel le balancier d'un métronome, Anderson Bannerman avançait dans la pénombre comme un jeune loup hypnotisé par l'éclat chatoyant de la lune. Au combien dégradante pour son estime personnelle, l'idée même que ce grotesque encravaté bleu du Ministère puisse s'imaginer des choses en lui reluquant le fessier suffisait à la débecter ; Mais après son incroyable erreur d'appréciation, cet abruti naïf et bedonnant pouvait se révéler d'un grand secours dans sa mission de reconquête de popularité auprès du grand Leopold Marchebank. Quoiqu'il lui en coute, elle devait s'attirer ses faveurs, de manière à ce qu'il puisse plaider sa cause au Ministère. L'idée même qu'il puisse la toucher suffisait à la répugner, mais elle n'était plus à une honte près en cette nuit maudite de la Saint-Valentin. La milliardaire se jura de lui offrir le minimum, juste de quoi entretenir de faux espoirs, de manière à laisser l'esprit de Bannerman s'enflammer de lui-même et s'imaginer un avenir commun. Chose totalement impossible, tant une femme de sa carrure n'allait pas s'abaisser à partager sa vie avec un ringard de l’acabit du rondouillard chargé en communication. Il ne s'agissait donc que d'un vulgaire os à ronger pour qu'elle puisse rester à la table du festin des grands de ce Monde, et s'offrir les grâces du grand Leopold Marchebank...

Même si la rédactrice en chef de Multiplettes se préparait déjà à l'idée d'un communiqué de presse dans lequel elle allait devoir se confondre en plates excuses auprès du Ministre de la Magie et ses proches ; Elle savait pertinemment que cela ne serait point suffisant. Il lui fallait absolument un allié dans le service de communication du Ministère, pour arrondir les angles de cette sordide affaire. Si cette garce d'Isobel Lavespère n'allait pas louper l'occasion de se réjouir des frasques honteuses de son ennemie, ce gros sac de Bannerman pouvait jouer le rôle salvateur de bouée dans la tourmente. Avec son regard de jeune puceau alanguis, il pouvait être celui qui redore son blason de loyale et fidèle collaboratrice du FREE. Mais avant de retourner dans le doux royaume des rêves, fallait-il encore ingurgiter une bien mauvaise tisane. Levant un regard dépité en direction des cieux étoilés, alors que la porte en bois massif de la cabane d'Hagrid lui faisait obstacle ; Mildred Magpie prit une longue inspiration pour se donner du courage d'affronter la bête écumante qui lui collait au train arrière. L'important était de paraitre joviale et de lui vendre du rêve : Comme dans un conte de fée où les crapauds épousent les princesses...

Mildred Magpie se retourna alors vers son admirateur pour lui offrir un visage rayonnant, même si son sourire figé qui s'apparentait davantage à une grimace de dégout trahi quelque peu son ressenti intérieur. Mais très vite les mensonges et son hypocrisie sauvèrent le tableau d'ensemble.

"Nous-y voilà, monsieur Bannerman... Il semblerait que nous n'allons point mourir de froid. J'ai hâte de pouvoir me réchauffer et faire sécher mes affaires au coin du feu... " Comme saisie d'une gêne pudique, Mildred se mordilla alors la lèvre inférieure, en jetant un regard de biche effarouchée au bedonnant communiquant. "Peut-être devriez vous attendre quelque instant sur le seuil... Juste le temps de me dévêtir et de pouvoir m'enrouler dans une fourrure. Vous comprenez : Je ne voudrai pas que la vision de mon corps de déesse dénudée puisse corrompre vos sens... "

Anderson ne la quittait plus des yeux et buvait ses paroles comme du petit lait. Était-ce lorsqu'il avait rebondi sur son opulente poitrine? Ou au moment où elle lui avait donné l'occasion de lorgner sur son déhanché nocturne? Mais une chose était certaine, les sens de l'employé du ministère s'étaient embrasés depuis belle lurette, troublant toutes pensées rationnelles! La petite moue aguicheuse de la romancière fut l'étincelle qui lui insuffla le courage nécessaire pour tenter sa chance auprès de l'élue de son cœur. Comme piquée par un insecte, Mildred se raidit quelque peu quand le pouce téméraire de l'encravaté bleu vint soudainement caresser délicatement sa paume de main. A quoi jouait-il? Que préparait-il? Comment osait-il la toucher sans sa permission? Mildred cherchait désespérément le bouton "Rewind" pour rembobiner immédiatement le fil de sa vie qui dérapait dangereusement, mais c'était trop tard : En effet, Anderson Bannerman, le poétique lover du Monde Magique, se fendit d'une déclaration amoureuse dont lui seul avait le secret. Dès lors, fauchée en plein vol par cette déferlante de sincérité, l'hypocrite Mildred demeura un instant inerte, bouche bée, comme prise à son propre jeu de séduction. Était-ce son cœur qui ébrouait son lourd poitrail ou sa respiration qui peinait à reprendre son cours normal? En tout cas, personne auparavant ne lui avait déclaré sa flamme d'une manière aussi pure et frontale. Personne ne lui avait simplement dis : un "je t'aime" aussi splendide. Tout sembla devenir silencieux autour d'elle. La neige semblait même fondre sous ses louboutins trempés, alors qu'elle tentait de balbutier de fausses excuses pour se dérober au trouble qui la consumait soudainement de l'intérieur.

"Mais... Monsieur Bannerman... Vous et moi... C'est... " La quadragénaire frustrée s’apprêtait à dire "impossible"...  quand le chargé en communication du Ministère franchit le dernier espace qui le séparait encore des lèvres de sa dulcinée, pour lui délivrer un baiser d'une délicatesse absolue. Le regard écarquillé de stupeur, Mildred plaqua sa main libre sur le torse de son admirateur pour l'inciter à reculer, mais cette tentative se révéla très vite infructueuse alors qu'elle resserrait d'elle même ses doigts autour de la maudite cravate bleu. Ce baiser avait un gout sucré, et la romancière se surprit en train d'y répondre avec gourmandise. En effet, par le plus grand des mystères, sa langue pointue et frétillante de désir vint s'entortiller autour de celle de son sauveteur du soir. Que se passait-il? Que lui arrivait-il? Elle n'allait tout de même pas tomber sous le charme d'un grotesque rondouillard atteint de calvitie!? Au vue de sa longue et interminable traversée du désert sentimentale, ne méritait-elle pas un prince plus prestigieux? Et plus riche? Mais d'un autre coté n'avait-elle pas besoin de se rassurer sur son potentiel de séduction? Après la claque magistrale qu'elle venait d'enregistrer auprès de Leopold, la romancière sentait émerger en elle un besoin quasi vital de réchauffer son égo meurtri. Cela ne pouvait pas être du désir : Anderson Bannerman était à des années lumières de l'image qu'elle se faisait de son prince charmant. Mais quel mal y avait-il à se faire plaisir entre adulte consentant? Et ce, en toute discrétion... Mildred Magpie jeta furtivement un regard aux alentours pour s'assurer qu'aucun curieux n'assistait à cet honteux dérapage, puis elle tira sauvagement sur la cravate bleu de Bannerman pour l'entrainer dans l'intimité torride et bestiale de la cabane d'Hagrid. Dès lors, la petite masure sembla imploser, comme secouée de l'intérieur par les coups de butoirs d'un couple sordide qui retenait malgré eux et depuis trop longtemps un immense trop plein de frustration...

*****
HJ : Dans le but de ne pas choquer la sensibilité et la candeur d'un jeune lecteur, nous éviterons de détailler en profondeur ce qui s'est réellement passé à l'intérieur de la cabane d'Hagrid. Car comme le dit l'adage, ce qui se passe dans la Cabane d'Hagrid, doit rester dans la cabane d'Hagrid. Toutefois, pour les esprits les plus vicelards curieux, il vous est possible de glisser un œil dans l'embrasure de la porte de la cabane et d'entrer dans ce temple du vice. Mais ne la faite qu'à vos risques et périls... Car ce que vous allez y découvrir n'est franchement pas joli-joli, et il est important de réaliser que vous ne serez plus vraiment la même personne après cette expérience. Bref, âmes sensible et romantique, passer votre chemin.  
A bon entendeur...

Spoiler Miaulement de la Mort! Interdit aux -18! Danger de mort pour votre innocence!:
 

*****
 
Quelle heure pouvait-il bien être? Que s'était-il passé? Signe de l'aube naissante, le chant des oiseaux commençaient à claironner à l'extérieur, alors que les premières lueurs du soleil filtrait à travers les carreaux sales de la cabane d'Hagrid. Les pupilles encore révulsées d'extase, Mildred s'extirpait doucement de sa torride torpeur, sans comprendre ce qui venait de lui arriver. Tête en bas et jambes en l'air posées sur le sommier du lit gigantesque d'Hagrid, la romancière peinait à retrouver ses esprits et prendre conscience de l'odieuse réalité. Tout cela n'était-il point un affreux cauchemar? L'humiliation publique orchestrée par le grand et impitoyable Leopold - Ce suicide aussi pathétique que risible sur la surface givrée du lac - Et ce prince de pacotille avec qui... Un doute traversa subitement l'esprit de Mildred Magpie : Et si tout cela s'était vraiment produit? Une odeur acre et si caractéristique de celle émanant du Bordel des Folies Sorcières venait chatouiller ses narines. Pourquoi était-elle en sueur? La sorcière souleva péniblement ses paupières fardées en direction d'un plafond en bois qu'elle ne reconnaissait point. Bordel de troll!

Jaillissant tel un boite sortant de sa boite, Mildred se redressa subitement sur le lit de ses exploits. Tout devint alors moins vaseux, alors qu'elle découvrait l'odieuse et hideuse réalité. Littéralement mortifiée, la mâchoire inférieure de la romancière faillit alors se décrocher...

"Oh mon dieu! Nooooon! "

L'égo meurtri, elle plaqua instinctivement sa main sur sa bouche béante d'horreur pour s'empêcher d'émettre le moindre hurlement et réveiller la masse informe et indistincte qui ronflait comme un ours des cavernes à ses côtés. Bannerman! Ce gros tas de graisse répugnant et sous endorphine récupérait de sa longue et improbable chevauchée nocturne! Mildred ne pouvait pas croire qu'elle soit tombée si bas, alors que le puzzle indigeste de sa Saint-Valentin se matérialisait dans son esprit. N'avait-elle plus un gramme d'amour propre pour se laisser farcir par ce vulgaire manant de Bannerman? Comme une vulgaire poupée désarticulée sur un trampoline de chair, Mildred se revoyait en train de rebondir avec un délice non dissimulé sur la bedaine proéminente de son affreux coup d'un soir. Inimaginable! Comble de l'humiliation, elle se remémorait certains détails scabreux de cette nuit torride, comme celui de Bannerman lui administrant une énergique fessée. Abominable! Comment avait-il osé profiter de la sorte de sa détresse intérieure!? Un instant de fragilité et la voila en passe de devenir la risée du monde magique ; Une vulgaire trainée qui s'offrait à n'importe qui. Mildred déglutit d'horreur alors que la nausée chatouillait sa gorge. Elle serra le poing très fort pour refréner la pulsion violente qui l'incitait à marteler frénétiquement le corps flasque et endormi de ce vil goujat de Bannerman. Mais le plus important était de fuir au plus vite l'outrageant théâtre de ses galipettes.

"Oh mon dieu! Quelle horreur! " chuchota-t-elle.

Glissant du lit de la manière la plus silencieuse qui soit, Mildred se mit en quête de ses affaires personnelles. Chose guère aisée, tant la cabane d'Hagrid était toute retournée par les exploits inavouables de l'improbable couple. Le désordre absolu! En effet, une tornade semblait avoir balayée l'espace intérieur de la maisonnée : La table sur laquelle reposait les nombreuses fourrures du garde de chasse s'était brisée en deux sous le poids du duo bondissant ; et les étagères sur lesquelles s'était honteusement agrippée Mildred, voyaient tous leur contenu déversé au sol. Plus le regard de la romancière parcourait l'espace, et plus le déshonneur était grand! Une carcasse de faisan, jadis suspendu, croupissait au sol. Vestige torride des ébats, les carreaux embués de la cabane laissait transparaitre la trace du passage d'une main crochue, alors que les rideaux étaient littéralement arrachés! La romancière finit par retrouver sa culotte gainante sous le lit, et décrocher son soutien-gorge des hauteurs du lustre. S'habillant en toute hâte, Mildred n'avait qu'une obsession, celle de fuir ce lieu de débauche sans jamais plus se retourner sur ce passé honteux.

Quand elle finit enfin par quitter ce sinistre lieu de débauche : Mildred se jura intérieurement de ne jamais plus adresser la parole à ce porc répugnant de Bannerman! Elle allait purement et simplement rayer ce déplorable incident de sa mémoire, quitte à se mentir à elle-même et oublier les circonstances de cette rencontre nocturne. D'ailleurs, il ne s'était rien produit. Après son humiliante déconvenue : N'était-elle pas rentrée directement dans sa demeure de Leopolgrad avant de rejoindre les folies sorcières au petit matin? Le menton aérien, Mildred chercha à retrouver le peu de dignité qui lui restait encore, alors qu'au loin Poudlard se teintait des douces lueurs de l'aube. Il en était terminé de ce bal de l'horreur et de cette maudite soirée de la Saint-Valentin! Bien que désirant noyer sa honte dans les vapeurs de mojitroll, Mildred ressentit un violent et mystérieux sentiment d'amertume tandis que la douce déclaration de Bannerman venait lui caresser la mémoire. Maudit encravaté bleu... Pourquoi fallait-il que ce soit lui et non un prince digne de ses romans?

Fin de RP



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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« Tout à fait, nous utilisons souvent des Spell-Tech dans le domaine du bâtiment, notamment sur tout ce qui concerne le confort intérieur, histoire d’arrêter de chauffer avec des bougies ou des cheminées de pierre, voyez-vous » répondit t-il avec une certaine dérision. Cela faisait bien longtemps que les moldus avaient développé la question du chauffage et de l’éclairage avec une sophistication et une élégance que les sorciers rechignaient à adopter. « On entend beaucoup ce mot en ce moment, avec l’essor des technologies sorcières de type Pear One… »

Car seuls les novices s’y trompaient, le Pear One était très largement inspiré -pour ne pas dire pompé, même si Abel avait beaucoup d’affection pour ces petits objets- de l’Iphone moldu et il avait fallu inventer et user de ces fameux Spell Tech pour parvenir à créer des technologies sorcières de télécommunications semblables.

En tout cas, l’accord semblait conclu avec Jonah, ils étaient bien partis pour se revoir et poursuivre cette intéressante discussion, afin de nourrir le projet de l’écrivain. Abel en était plutôt satisfait. Jusque là, il n’avait pas forcément cherché à se lier avec les gens ici, peu certain de la longueur de son séjour en Angleterre. Mais les évènements et les projets qu’il avait menés ici le menait toujours plus vers une installation durable. Son agence avait un bureau à Leopoldgrad, il avait encore plusieurs chantiers dans le pays, et puis, il y avait aussi son couple avec Isobel, une toute nouvelle donnée. Maintenant qu’il était parti pour rester un certain temps en Angleterre, pourquoi ne pas s’ouvrir à ses habitants ? Il avait rencontré Jonah ce soir et c’était un homme avec qui il se sentait des atomes crochus, qu’il allait probablement revoir souvent, à chaque fois qu’il reviendrait suivre son chantier à Poudlard. Une relation à suivre, en somme.

« C’est très bien dans ce cas, répondit t-il au professeur qui doutait pouvoir être libre avant l’été prochain. Il aurait largement le temps de voir venir cette entrevue. Notre agence continuera de tourner cet été, mais ça sera forcément une période plus calme, donc je devrai trouver sans problème du temps à vous consacrer. »

Ils avaient un peu discuté du calendrier de l’année avec Isaac et ils s’étaient mis d’accord pour ne pas prendre leurs congés en même temps : l’un prendrait juillet pendant que l’autre prendrait août. La plupart des agences d’architecture fermaient un mois sur l’été, mais comme c’était leur première année et qu’ils avaient encore leur antenne à New York à faire décoller, ils avaient jugé bon de rentabiliser au maximum leur affaire. Dans deux ou trois ans, ils pourraient réviser cet avis mais en attendant, Laveau&Wells tournerait en continu.

Bientôt la conversation dériva sur un second projet que menait le professeur décidément très engagé, et ce fut le moment où Abel se souvint d’une chose. Si le nom de Jonah Forbes lui était familier, ce n’était pas seulement parce qu’il était professeur dans cette école qu’il avait la charge de rénover. Isobel lui avait déjà parlé de lui et du projet de mise en place de stages conventionnés à Poudlard, elle travaillait dessus en janvier, quand ils venaient juste de se mettre ensemble. Sans donner tous ces détails à Jonah, Abel répondit simplement :

« Oui, nous nous connaissons bien. »

Lui comme Isobel chérissait beaucoup leur tranquillité et c’était la raison pour laquelle ils n’ébruitaient pas la nature de leur relation. D’abord, ils avaient des projets professionnels en commun et donc préféraient éviter que leurs collègues respectifs ne s’immiscent dans leur intimité. Ensuite, depuis le projet Leopoldgrad qui l’avait propulsé vers la richesse et une certaine célébrité, Abel savait que sa vie intime pouvait intéresser des journalistes. Si cela ne le dérangeait aucunement de livrer des interviews sur son parcours professionnel, sur ses méthodes et ses objectifs, comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises, il restait en revanche très secret quand on l’interrogeait sur sa vie personnelle. Isobel ne tenant pas non plus à voir son nom figurer dans des articles de presse, ils s’étaient vite mis d’accord sur leur ligne de conduite.

Heureusement, Jonah ne semblait pas connaître Isobel plus que comme une simple partenaire de travail dont il estimait les qualités. Rassuré, Abel eut un sourire pour le professeur.

« Nous serions ravis de participer à ce genre de partenariat, c’est vrai qu’aux Etats-Unis, les professionnels viennent régulièrement dans les écoles pour se présenter et susciter des vocations. C’est important, la fin de l’école arrive souvent sans qu’on ne soit vraiment prêt » ajouta t-il, avec une pensée nostalgique pour son passé de jeune lycéen en quête d’une voie à suivre.

Un mouvement au niveau de leurs poignets liés les interrompit momentanément. Le ruban s’était délié dans un gracieux mouvement, leur donnant à tous les deux une réponse à l’énigme qui y était inscrite. Abel livra à voix haute ses pensées, avec un sourire :

« C’est sûrement le fait d’avoir conclu un accord… Il leva son verre à la suite de Jonah. A nos projets futurs. »

Alors qu’ils étaient détachés et donc libres de poursuivre leur soirée avec d’autres personnes, le ruban montra ici toute l’efficacité de son sortilège. Puisqu’ils étaient parvenus à nouer un lien sincère, ni l’un ni l’autre ne bougea et Abel ne chercha pas à prendre congé ou écourter la discussion quand Jonah voulut la relancer. Cela ne le dérangeait pas de rester papoter un peu avec sa nouvelle connaissance. Un bref coup d’oeil vers le coin où il avait vu Isobel tout à l’heure lui montra qu’elle était toujours occupée de son côté. Il avait tout son temps.

La question qu’il lui posa fit renaître leur intérêt partagé pour la question des liens entre culture moldue et sorcière. Visiblement, Isobel avait décrit assez précisément la scolarité américaine à Jonah. Abel savait que c’était un sujet dont elle aimait parler elle aussi. Mais avec lui, ils avaient plutôt des débats sur quelle était la meilleure université américaine. Auprès de Jonah, elle avait certainement vanté les qualités de leur système éducatif de façon générale.

« Eh bien, les Etats-Unis sont signataires de la convention du secret magique, commença t-il par nuancer, donc l’immersion dans le monde moldu de nos écoles est relative. Leur emplacement n’est pas visible des moldus, notamment. Mais elles sont cachées au sein même de villes moldus assez dynamiques, effectivement. Un peu comme le Chemin de Traverse ici, par exemple. Il y a des passages magiques au sein de la ville moldue qui ouvre des portes sur les campus magiques. C’est le cas de l’Université Nationale de Sorcellerie de Salisbury, où j’ai étudié. C’est la même chose pour l’Université Magique de Salem, il y a des passages dans le coeur du quartier touristique. Du coup, à l’inverse de Poudlard qui se situe en territoire complètement isolé, les étudiants peuvent à loisir passer du monde moldu vers le monde magique. Nous faisions souvent cela, aller fréquenter les bars moldus à la fin des cours… En fait, là-bas, le postulat est que mieux on se mêlera aux moldus et on s’appropriera leur culture, mieux le secret magique est protégé, expliqua Abel. Personne ne se balade en robe de sorcier et chapeau pointu, ce serait beaucoup trop louche… » sourit t-il, avant de conclure en haussant les épaules : « Tout ça pour vous dire que  peu importe où vous allez, vous pourrez constater cette mixité un peu partout. A Salem plus qu’ailleurs peut-être, vu l’histoire de la région, les sorciers là-bas font particulièrement attention à passer inaperçus et se fondre totalement dans la masse... »

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L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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