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 L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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La main de Jeremy suivit le mouvement lorsque l'inconnue secoua la sienne, pour désigner le lien qui les unissait. De toute évidence, elle était encore moins ravie de la situation que lui, ce qui pouvait se comprendre si elle avait des obligations professionnelles à assurer. Cependant, Jeremy ne trouva pas son ton particulièrement agréable - après tout, il n'y était pour rien - et ne manqua pas de le lui faire savoir :

"Bien sûr, mais vous pouvez tout de même vous présenter, non ?", dit-il en hochant les épaules. Lui-même lui avait dit son nom, c'était la moindre des politesses, surtout s'ils devaient rester attachés un moment. Reportant son attention sur le ruban, il réfléchit au sens de la petite phrase qui y était inscrite. Les organisateurs souhaitaient certainement les inciter à discuter et à nouer des liens, ce qui permettrait ensuite leur libération - à moins qu'une libération collective ne soit prévue à un moment donné, de préférence avant le concert. Il avait envie de partager ce moment avec Irving, Nora et Juliet, lui ! Pas avec un membre du FREE aussi aimable qu'une porte d'Azkaban.

Malheureusement, il songea que la conversation était mal entamée. Mieux valait trouver un autre moyen de se débarrasser de ce lien. Il se pencha pour examiner leurs poignets liés, observant le ruban blanc qui les liait, et qu'il toucha du bout du doigt. Le maléfice semblait puissant, mais peut-être qu'à deux ils parviendraient à trouver quelque chose.

"Il doit bien y avoir un moyen de se débarrasser de ce truc", commenta-t-il en tirant sa baguette de la poche de son jean. Il pointa l'extrémité de sa baguette vers leurs poignets et commença par quelques sortilèges informulés d'un niveau basique. Sans surprise, son Finite et son Enervatum n'eurent aucun effet.

"Je m'en doutais. J'ai l'impression que cela ne va pas être si simple. C'est un maléfice psychosocial de catégorie III", diagnostiqua-t-il avec une pensée pour ses cours de première année à Lycaon, avant d'ajouter, admiratif : "De très belle facture. La magie puise dans nos pensées et nos sentiments pour bâtir un lien partagé qui ne peut être rompu que si nous sommes dans un certain état d'esprit... En théorie. Peut-être qu'en s'y mettant à deux, on peut trouver une parade."

L'air concentré, il tenta de mobiliser ses connaissances de métamorphose, particulièrement motivé par l'idée de s'éloigner de l'inconnue.



Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Samantha esquissa une grimace compatissante quand James évoqua leur collègue Larry. Il ne lui avait pas fallut très longtemps après le début de sa formation pour cerner qui était Larry : un fainéant et un enquiquineur de première. Sous certains aspects, il restait attachant, et il faisait partie de la famille. Les ambulanciers formaient une toute petite équipe, qui n'était agrandie que de quelques apprentis chaque année. Ils exerçaient un métier difficile et confidentiel et se serraient les coudes quoi qu'il arrive. Mais plus l'heure de la retraite approchait, plus Larry devenait insupportable, et tout le monde comptait les heures...

"Ah mon pauvre, je compatis ! Mais ne t'inquiète pas, dans deux mois il est parti et avec Eliott, on est déjà sur le coup : dès qu'il est parti, on va faire une super soirée pour fêter ça."

C'était surtout un prétexte pour se détendre, il fallait bien le reconnaître. Les derniers mois n'avaient pas été simples pour les ambulanciers. Tous avaient été traumatisés par ce qu'ils avaient vu à Leopoldgrad, et tous devaient régulièrement intervenir sur les lieux d'affrontement entre milice et détracteurs du régime. Parfois, la milice les accompagnait dans l'ambulance, et le lieu de destination n'était pas Sainte Mangouste... Que devenaient-ils alors, ces patients mystérieux ? C'était une question qui la hantait souvent, la nuit.

Son regard tomba sur la chef de la milice, un peu plus loin, et elle retint un frisson d'angoisse. Décidément, elle avait eu de la chance en tombant sur James.

"Félicitations pour ton premier bébé", reprit-elle avec un sourire malicieux. Elle-même se souviendrait toujours de son premier accouchement. Cela lui était arrivé une seconde fois par la suite, et elle avait été un peu moins paniquée, mais toujours aussi impressionnée.

"Ça se passe très bien, oui, j'adore ce métier, et surtout je ne sais pas ce que tu en penses mais je trouve qu'on a une super équipe. En fait, l'ambiance de travail me correspond parfaitement, je me suis très vite sentie à mon aise. On se sent soutenu même quand c'est dur, et puis j'ai un super tuteur."

Eliott était toujours là pour lui donner des bons conseils et la faire rire. Le courant passait bien entre eux, et c'était sans doute l'une des raisons qui l'avaient aidé à se sentir bien dans l'équipe. Tout n'était pas rose, cependant, et elle aurait aimé parler avec James de ses doutes et de ses craintes vis-à-vis du régime, mais ce n'était pas le moment, ni l'endroit pour le faire...

Tout en parlant, elle accompagna James jusqu'au bar où ils s'arrêtèrent pour observer le choix proposé.

"Eh bien, ça fait un paquet de cocktails !", commenta-t-elle en se penchant pour examiner une boisson rose, dans laquelle flottaient des petits coeurs en sucre et des marshmallow. Elle retint une grimace : "Quel bon goût, il faudra que j'en amène un à Lauren, je suis sure qu'elle va a-do-rer !"

A la pensée de sa petite-amie, elle jeta un coup d'oeil autour d'elle pour tenter de la repérer, en vain. La Grande Salle était désormais emplie d'une foule de convives, attachés deux par deux.

"Je suis un peu inquiète. Elle a été reliée à Irving et... enfin j'espère que tout va bien se passer", souffla-t-elle à l'intention de James. Par politesse, et par curiosité, elle s'enquit : "Et.. tu es venu avec Marlene, j'imagine ?"



   
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Aller saluer le Ministre de la Magie au bras de de la chef de la milice. Voila qui était un excellent programme pour cette soirée ! Eliott avait presque du mal à se retenir de rire face à l'absurdité de la situation. C'était ridicule, ces politesses vides de sens, ces échanges creux, ces bonnes manières. Il y avait dans cette salle des gens qui se haïssaient, des forces opposées qui luttaient chaque jour l'une contre l'autre, et tout le monde en était parfaitement conscient. Une partie de l'assemblée aurait volontiers assassiner l'autre si elle en avait eu l'occasion - et réciproquement- mais l'on se plaisait à faire comme si tout le monde s'entendait bien. C'était ridicule.

"Avec plaisir, répondit-il. Même si j'imagine qu'il sera assez occupé ce soir."

Trop occupé pour avoir du temps à leur accorder, espérait-il. Mais si monsieur le Ministre n'était pas disponible, ils pourraient toujours aller discuter avec les collègues de Danielle Coleman, comme cette dernière le souhaitait ! Voila qui était une situation beaucoup plus confortable ! Etre présenté à l'intégralité de la milice du FREE, il en rêvait !

"Bien sûr, aucun problème, assura-t-il sans grandes convictions. J'aurais quelques collègues à saluer aussi, si cela ne vous dérange pas bien sûr."

Il savait que Samantha se rendait à la soirée et il aurait largement préféré passer un moment avec son apprentie, qu'il appréciait beaucoup et qui avait été profondément bouleversée par l'attentat -comme tout le service- plutôt qu'avec des miliciens.

Il avait beau essayer de tourner la situation en dérision dans sa tête et à se moquer de cette soirée, il commençait à être réellement mal à l'aise face à la jeune femme. Il n'avait aucune envie de se rapprocher d'elle ou de "surmonter la distance" qui les séparait. Il en avait besoin, de cette distance. Elle était nécessaire, et protectrice. Moins de choses elle savait sur lui et mieux il se porterait. Il ne voulait rien lui donner qu'elle puisse utiliser un jour contre lui. Eliott n'était pourtant pas quelqu'un d'une nature méfiante. Il accordait facilement sa confiance et s'ouvrait rapidement aux autres. Il aimait rencontrer de nouvelles personnes et n'était pas du genre timide, mais le contexte actuel le forçait à être plus prudent. Et il ne pouvait pas se comporter avec le chef de la milice comme il le ferait avec n'importe qui.

Il faillit répondre par la négative quand elle lui demanda s'il était venu accompagné. Lui d'habitude si prompt à parler de Charlotte et de Bianca n'avait aucune envie de mettre sa famille en avant ce soir. Mais il devait se résoudre à l'évidence, Danielle connaissait son nom et son identité, elle n'aurait aucun mal à découvrir toutes ces informations par elle-même si l'envie l'en prenait un jour. Il devait simplement faire attention à ne rien dévoiler qui ne soit pas déjà d'ordre public.

"Oui, avec ma femme, Charlotte Meyer, du Bureau des Aurors, que vous connaissez peut-être ?"

Il n'était pas certain que ce sujet de conversation soit moins risqué, et espérait simplement que Danielle et Charlotte n'étaient pas en mauvais termes. Il savait que les rapports entre la milice et le BDA étaient parfois tendus en ce moment, mais il faisait confiance à sa femme et ne doutait pas qu'elle parvenait très bien à jouer son rôle d'employé modèle, même si cela lui pesait de plus en plus.


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Sasha ne fut pas vraiment surprise pas la mauvaise humeur de son partenaire -on l'aurait été pour moins- mais décida de faire comme si elle n'avait remarqué ni son ton sarcastique ni son soupir excédé. Cette animation venait peut-être contrarier ses plans à lui pour la soirée mais cela convenait parfaitement à la jeune Serpentard qui comptait profiter de la soirée pour voir et être vue. Quelle meilleure manière d'attirer l'attention des personnalités et journalistes présents qu'en se tenant aux côtés du fils du Ministre ? C'était une chance inespérée ! Et si elle devait faire la conversation pour deux, elle le ferait !

"J'ai toujours trouvé leur système d'énigmes un peu prétentieux, avoua-t-elle quand il compara l'énigme qui figurait sur le bracelet à celles qui permettaient d'accéder à la salle commune de Serdaigle. On m'a raconté qu'ils restaient souvent coincés à l'extérieur en attendant que l'un d'entre eux trouve la réponse..."

Elle n'avait rien contre les Serdaigles de manière générale, mais disons qu'il y en avait une en particulier qui lui tapait sur les nerfs, alors si elle pouvait se moquer gentiment de la maison des bleus et bronze, elle ne s'en privait pas. Les Serpentards avaient la réputation d'être assez méprisants à l'égard des autres maison, et ce n'était pas complètement faux. Mais il fallait dire que les autres maisons tendaient la baguette pour se faire battre !

"C'est noté, pardon !" répondit-elle avec un sourire d'excuse quand Dave lui demanda d'arrêter de le vouvoyer, arguant qu'il n'était pas si vieux que ça.

Ce n'était pas tant leur différence d'âge que le fait qu'il soit le fils du Ministre de la magie qui l'avait instinctivement poussé à la vouvoyer, mais elle garda bien évidement cette pensée pour elle. Elle aurait aimé qu'il lui retourne sa question -elle avait la gorge sèche et n'aurait pas dit non à un jus de citrouille- mais son ancien camarade n'avait visiblement aucune envie de se rapprocher du bar. Bien, elle ferait sans boisson !

"C'est ça, confirma-t-elle quand Dave interpréta l'énigme du bracelet à la lumière de la maxime de la soirée. Et la fraternité aussi, il était peut-être même question de partage, ajouta-t-elle avec un sourire amusé. Au moins ils ont du vocabulaire !"

La question était maintenant de savoir comment surmonter la distance qui les séparait. Sasha n'était pas particulièrement pressée d'être séparée de Dave -ils n'avaient même pas encore été pris en photo !- mais elle ne pouvait résister à la tentation de résoudre l'énigme, uniquement par fierté. En baissant de nouveau le regard vers son partenaire, elle réalisa qu'abolir la distance physique qui les séparait serait certainement un bon début. Elle sortit sa baguette magique de son sac et l'agita pour faire venir jusqu'à elle un des poufs violets disposés le long des murs. Elle s'y assit gracieusement et croisa les jambes. Elle devait maintenant lever un peu la tête pour pouvoir regarder Dave dans les yeux, et les choses lui semblaient bien mieux ainsi.

"Et tu as une idée de la meilleure façon de surmonter cette distance ? s'enquit-elle en haussant les sourcils. On pourrait croire que se retrouver attachés par le poignet suffirait, mais ce serait un peu simple...réfléchit-elle à voix haute. Peut-être que les paires ont été pré-sélectionnées en fonction des centres d'intérêts ? De ce qu'elle en savait, elle et Dave devraient facilement trouver des sujets qui les intéressaient tous les deux. Peut-être pas finalement... se reprit-elle en apercevant Léopold Marchebank en compagnie du Gryffondor. Votre...Ton père est avec Virgil Forbes, expliqua-t-elle avec une grimace. C'est un sixième année, à Gryffondor..." ajouta-t-elle au cas où.

Et l'expression sur le visage de la jeune fille suffisait à montrer qu'elle n'avait pas une très haute estime de ce dernier. Virgil Forbes avec le Ministre ? C'était du gâchis !

"Ils pourront toujours parler de la légalisation de la Mandragore...ajouta-t-elle avec un sourire moqueur. De plus en plus d'états américains l'autorisent, ça encourage les sorciers à vouloir autoriser la consommation récréative, même en Europe. Elle était toutefois certaine que Virgil Forbes n'avait pas attendu la décision de la Californie pour se mettre à la Mandragore. Je ne sais pas vraiment si c'est une bonne chose..."

Puisqu'ils étaient condamnés à passer un moment ensembles et qu'elle n'avait aucune envie de parler de la météo, il ne leur restait plus qu'à commenter l'actualité !



Nasreen JoharMilicienneavatar
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« Des regrets ? »

La question arracha Nasreen à sa contemplation de la belle silhouette du château, qui se découpait dans le ciel nocturne. Une bouffée de nostalgie l’avait laissée silencieuse, tandis qu’elle s’approchait de son ancienne école avec un de ses collègues miliciens, qui la fixait en souriant. Nasreen lui retourna poliment son sourire, mais elle devait reconnaître qu’elle n’avait pas saisi le sens de sa question. Des regrets sur son départ -bien lointain maintenant- de son école où elle avait des bons souvenirs ? Ou sur le fait qu’elle se retrouve ici ce soir ?

« Comment ça ?
-Eh bien. Y a quand même plus trépidant comme façon de passer son samedi soir que de retourner sur les bancs de l’école, tu ne crois pas ? Surtout si on ne peut même pas s’amuser complètement… »

La milicienne comprit la référence au fait que, bien qu’habillés en tenue de soirée, ils ne venaient pas totalement en civils. En début de semaine, le chef Coleman avait désigné quelques personnes du bureau pour l’accompagner à cette soirée de bienfaisance : Nasreen et son binôme Dario Sanchez, ainsi que quatre autres collègues à eux. Les objectifs avaient clairement été énoncés par leur commandante : premièrement, faire bonne figure auprès des journalistes, offrir une bonne image de marque à la Milice. Deuxièmement, garder les yeux et les oreilles grands ouverts : c’était un évènement politique qui les réuniraient tous à ce gala, il y avait donc fort à parier que les discussions finissent par tourner autour de la politique du Ministère, du terrorisme, et autres sujets associés. Coleman les avait chargés de repérer toute conversation suspecte, garder en mémoire l’identité des personnes qui témoigneraient le moindre signe, même minime, de sympathie envers les responsables de l’attentat ou d’autres mouvements extrémistes. Sans doute que chacun tiendrait sa langue dans un contexte aussi officiel, mais ne savait t-on jamais. Nasreen s’était donc préparée à faire de l’espionnage, principalement. Ils étaient autorisés à mener des arrestations si la situation l’exigeait absolument, mais le mot d’ordre était plutôt de rester discrets. Elle avait donc choisi une jolie robe simple, pour être habillée correctement pour une soirée, mais qui ne serait pas trop encombrante si jamais elle avait une intervention à faire.

« Oh non, je ne regrette pas, répondit t-elle à Dario. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de venir passer une soirée à Poudlard, une fois qu’on a dépassé les ASPICS, non ? Essaye de le prendre comme ça ! »

En vérité, Nasreen serait sûrement venue, même sans son travail, pour témoigner son soutien aux victimes de l’attentat. Sa famille en avait été directement touchée. Pas gravement, heureusement ! Mais ses parents, elle et tous ses frères et soeurs avaient eu la peur de leur vie en apprenant que Ravina, l’avant-dernière de la fratrie, se trouvait à l’hôpital ce jour funeste. Elle faisait son rituel de shopping dans le centre commercial juste à côté de la banque et elle s’était retrouvée projetée contre une vitrine. Rien de grave, au final, elle s’en était sortie avec quelques hématomes et points de suture à l’arcade sourcilière. Le choc traumatique avait été plus important que les blessures physiques.

Pourtant, aujourd’hui, rien ne laissait croire qu’elle se laissait abattre, bien au contraire. Heureusement, Ravina avait un fort caractère et se trouvait beaucoup plus solide que ce que sa maigre silhouette laissait imaginer. Toute jeune elle était déjà co-chef d’une start-up d’évènementiel, JoBa, qu’elles avaient nommée sur leurs deux patronymes. Depuis l’attentat, Ravina se changeait les idées en redoublant d’efforts dans son travail et tout récemment, avait sauté sur l’occasion de ce gala à Poudlard pour répondre à l’appel d’offre. JoBa avait été choisi pour s’occuper de décorer le château et approvisionner le buffet.

Nasreen était soulagée de voir sa soeur se remettre à sa manière de cet évènement douloureux, elle avait l’air de bien s’en sortir. Ce fut la première personne qu’elle chercha des yeux en pénétrant dans la Grande Salle avec Dario. Elle la trouva sur le côté près des tables, en pleine discussion avec une équipe de serveurs, avec ses lunettes qu’elle portait toujours sur le nez quand elle travaillait. Nasreen lui adressa un salut de loin dès qu’elle parvint à attraper son regard, puis un bref signe de tête entendu. Elles s’étaient comprises : elles se rejoindraient dès qu’elle aurait un petit moment de libre. Nasreen ne voulait pas l’embêter dans son travail. Elle-même avait à faire. La voix de Dario la tira justement de ses pensées.

« Coleman est là-bas, on y va ? »

La milicienne attrapa du regard la silhouette élégante de leur commandante que lui désignait son collègue, en compagnie de représentants du Ministère de ce qu’elle pouvait voir. Nasreen acquiesça d’un mouvement de la tête et suivit Dario qui ouvrait la marche dans la foule. Ils allaient commencer par aller saluer leur commandante, prendre ses instructions si elle en avait, puis se disperser dans la salle.

C’était sans compter sur la poigne qui la retint dans son avancée. Instinctivement, Nasreen saisit sa baguette contre sa hanche, glissée dans une poche discrète. Un jeune homme venait de lui attraper le poignet.

«  Miss, vous permettez ? »

Un rapide coup d’oeil fit comprendre à la milicienne qu’il s’agissait d’un membre du staff. Elle fit glisser sa baguette dans sa poche, sans la lâcher complètement toutefois.

« Je vous écoute ? »

Mais ce garçon n’avait rien à lui dire, il se contenta de nouer un ruban autour de son poignet et celui de la petite blonde qui l’accompagnait. Elle avait aperçu en passant dans la foule quelques personnes attachées de la même façon, voilà donc l’explication de cette étrange situation.

« Oh. »

Nasreen regardait le ruban, avec une expression quelque part entre la perplexité et la surprise. Un bref regard en arrière lui confirma que son collègue se trouvait exactement dans la même situation qu’elle, lié à un élève qui ne devait pas avoir plus de quatorze ans, lui. Il avait eu moins de chance. Nasreen lui adressa un sourire à la fois amusé et compatissant. Bien, voilà qui allait pimenter leur soirée, lui qui craignait de s’ennuyer en venant ici ! Elle se retourna vers la jeune fille qui était sa partenaire, maintenant, et prit le temps de l’observer davantage. Elle devait avoir la vingtaine, peut-être un peu moins, c’était difficile à dire. Son visage lui rappelait quelque chose et elle ne put mettre le doigt sur l’origine de son sentiment qu’une fois qu’elle eut son nom. Une Weaver ! Un sourire à la fois surpris et aimable étira les lèvres de la milicienne.

« Nasreen Johar, enchantée. Eh bien, c’est plutôt étrange comme animation de soirée… Tu sais ce qu’on est sensées faire ? »

Elle avait eu l’impression qu’elle connaissait l’organisateur qui les avait attachées, elle lui semblait qu’ils discutaient ensemble avant qu’elle ne soit retenue. Elle savait donc peut-être quelque chose. Nasreen observa encore une fois les traits juvéniles de Nora. Oui, il y avait quelque chose, décidément, dans cette forme de nez et ces cheveux de blés. Curieuse de confirmer son hypothèse, Nasreen posa la question qui la préoccupait :

« Dis-moi, tu ne serais pas de la famille d’Amely Weaver, par hasard ? »


MétamorphomageMolduavatar
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Virgil Forbes

A en juger par ses propos sur les exigences du métier de Ministre, Leopold Marchebank percevait Virgil comme un jeune homme dilettant. Ce dernier était forcé d'avouer que le politicien n'avait pas complètement tord (pour ne pas dire, en grande partie raison). Le Gryffondor faisait rarement preuve d'engagement dans les différentes tâches qui lui étaient confiées. Il finissait par les faire, certes, mais avec beaucoup de retard et peu de motivation, la plupart du temps.

Pourtant, lorsqu'un projet lui tenait à cœur, Virgil se sentait prêt à remuer ciel et terre pour arriver à ses fins. Parmi les objectifs qu'il s'était fixé à plus ou moins long terme il y avait le souhait de  pratiquer la légilimancie une nouvelle fois, d'essayer la mythique TNB ou encore de prendre une photo ultra compromettante de Gaby.
En effet, ce petit freluquet venait de lui envoyer, sur son Pear One, un cliché de lui qu'il avait prit quelques minutes plus tôt:  Sur la photo on pouvait voir Virgil -l'air horrifié- en train de découvrir l'identité de son partenaire pour la soirée. Une petite seconde d'inattention et voila ! Son Pear n'arrêtait pas de vibrer dans sa poche depuis maintenant plusieurs minutes et Virgil était certain qu'il s'agissait de Gabriel qui le chambrait éhontément.

Génial. La soirée de rêve.

Aussi, lorsque Leopold commença à louer les vertus du monde associatif, le Gryffondor décida de se mettre en pilote automatique. Le concept était très simple:  il avait juste à hocher la tête à intervalles réguliers, balancer quelques exclamations du type "Ah oui ?" souffler deux trois "Hum hum" et le tour était joué.
Cette commémoration allait être horriblement barbante. Pourquoi avait-il fallu qu'il s'inscrive ! Dire qu'il avait déboursé douze mornilles pour...

Virgil fut interrompu dans ses divagations mentales par le Ministre lui-même qui venait tout juste d'évoquer une" société bien plus libre et débridée". Débridée ? Il avait bien dit" débridée" dans le sens "sexe, drogue, alcool et rock n' roll" ? Non, il devait se tromper... Le jeune homme tenta de refaire le fil de la conversation qu'il n'avait écoutée que d'une oreille distraite. Il était question de jeunesse à l'étranger, en Autriche plus précisément.  Se pouvait-il que les autrichiens soient si libérés ? Rien n'était moins sûr. Marchebank et lui ne devaient pas avoir la même définition du mot "débridé", tout simplement.  Virgil  s'apprêtait tout de même à tenter d'en savoir plus lorsqu' il fut de nouveau happé par les propos du politicien. Des soirées mémorables ? Des autrichiennes dévergondées ? Plus de place au doute ! Virgil avait bien compris où le Ministre voulait en venir.

Il laissa échappé un léger rire incrédule face au caractère assez cru du sous-entendu. Finalement Marchebank était peut-être plus intéressant que tante Geneviève même s'il se montrait tout aussi intrusif qu'elle en lui demandant s'il avait une petite amie. Pourtant Virgil ne rechigna pas à lui donner une réponse.
"Négatif, répondit-il en balayant la pièce du regard comme si personne ne trouvait grâce à ses yeux, je comptais bien tenter ma chance ce soir avec mon éventuelle partenaire, mentit-il toutefois  pour ne pas passer pour un type bizarrement asocial, mais sans vouloir vous vexer, vous êtes pas vraiment mon type, lâcha-t-il en s'arrêtant sur Marchebank.

Il scruta le Ministre quelques secondes de ses yeux bleus clairs en se demandant à quel jeu il jouait. Sa femme, la jeune et jolie Rosaleen, était présente ce soir, ils venaient d'avoir un bébé ensemble et la Première Dame faisait la couverture des magazines people pour vanter son bonheur auprès du Ministre et lui ? Que faisait-il ? Dès qu'elle avait le dos tourné, il parlait d' autrichiennes et de soirées de débauche au premier adolescent venu. C'était inconvenant... et, honnêtement, Virgil adorait ça.

"Je suis sûr qu'en Autriche personne n'aurait eut l'idée de vous attacher à un simple ado -*mais plutôt à une petite autrichienne en tenue tyrolienne* songea-t-il assez fort pour que Marchebank l'entende, Je veux dire, on va pas se voiler la face." Ils savaient aussi bien l'un que l'autre qu'ils auraient préféré être ailleurs à cet instant.

"En tout cas, c'est clair qu'en Angleterre, nous ne sommes vraiment pas doué pour les soirées mémorables, ajouta-t-il en se tournant vers le bar comme s'il évaluait la qualité de celle-ci, ils servent de la Heinegic ! s'insurgea Virgil comme pour confirmer ses dires, enfin, ça change rien, j'ai pas le droit de boire de l'alcool *du moins pas devant mon père, les professeurs et accessoirement le ministre* Et vous,  visiblement, vous préférez le jus de citrouille." ajouta-t-il en baissant les yeux sur le verre vide de Marchebank.

Ça ne collait pas vraiment au personnage mais pourquoi pas... Virgil haussa les épaules et finit par dire:

"Alors quel est le truc le plus dément que vous ayez fait en Autriche ?"

Il était curieux de savoir ce qui se cachait derrière ces fameuses soirées mémorables.
Nelly HorrocksPréfèteavatar
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Face au miroir de la salle de bain, Nelly ferma ses boucles d’oreilles et inspecta une dernière fois son reflet dans la glace encore légèrement embuée par la chaude humidité ambiante. Droite dans sa petite robe noire, les cheveux ramenés en un chignon travaillé, la préfète fit étinceler sa parure en jouant avec la lumière de la pièce. Elle avait mis du temps pour trouver la tenue idéale mais était finalement satisfaite du résultat : sa coiffure était réussite, cette chaîne et ces longues boucles d’oreilles pendantes dont elle avait récemment fait l’acquisition se mariaient très bien avec sa bague habituelle et cette robe lui allait plutôt bien, constata-t-elle en se mettant de profil. Enfin… elle bomba le torse pour détailler sa poitrine.

« - Oui t’as pas de seins, la surprit Chloe, une camarade de dortoir, en entrant dans la salle de bain, son poudrier dans les mains. Et puis le noir ça maigrit, ajouta la jeune femme en s’approchant du miroir, dans lequel elle regardait Nelly, pour se poudrer le nez afin de masquer ses imperfections.
- Toujours le petit mot gentil, ça fait plaisir, rétorqua Nelly en vérifiant la propreté de ses dents avant de se diriger vers la porte en contournant sa camarade. Mais moi au moins, je peux mettre des décolletés sans que ça fasse vulgaire, » répliqua-t-elle en coulant un regard furtif sur la poitrine avantageuse de Chloe.

Elle manqua d’ajouter une autre vacherie mais se retint au dernier moment. Pas la peine de partir dans les offenses, après tout, la belle blonde était un peu comme elle : sans filtre, parfois piquante, était-ce pour cela que cela faisait des étincelles ? Les deux filles aimaient critiquer et se balancer des punchlines à tour de bras pour s’amuser mais, bien sûr, n’aimaient pas en recevoir. Chloe était comme son alter égo à ce niveau là et quand elles s’y mettaient, les échanges tournaient vite en une battle remportée par celle qui balançait le plus de vacheries à l’autre. Pendant quelques instants, les deux vipères se détestaient au point de se dire leurs quatre vérités.

Outre cet aspect là, les vertes et argents étaient plus proches qu’elles ne le montraient. Surtout depuis qu’elles avaient fait parti, toutes les deux, des Jeunesses Ministérielles avant de traverser, ensemble, la colère de leurs camarades par la suite. Chacune s’était transformée en confidente de l’autre ou en âme charitable et compatissante et elles s’étaient découvertes des affinités qui s’étaient révélées efficaces pour garder le moral. Alors Nelly ne voulait pas spécialement s’embrouiller ce soir avec sa camarade, une autre fois peut-être, songea la préfète en retournant dans le dortoir enfiler ses chaussures. Les talons qui flirtaient dangereusement avec les dix centimètres lui détruiront certainement les pieds au cours de la soirée mais tant pis, elle aimait le fait de gagner quelques centimètres et le joli galbe que prenaient ses mollets, alors au diable les ampoules ! Elle parcourut des yeux le dortoir déserté et retourna dans la salle de bain retrouver Chloe.

« - Elle est montée Lætitia ?
- Ouais, rejoindre son bro’.
- Celui du ministère ?
- Lui-même, spécialement venu pour l’occasion, répondit la Serpentard d’un ton las avant de se détourner du miroir pour juger Nelly du regard. T’es belle comme un cœur, j’aime trop ta robe. »

Prise de court, Nelly resta stoïque quelques secondes face à ce compliment inhabituel.

« - Oh… merci, c’est gentil, souffla la jeune femme avec un petit sourire. Puis, désignant des mains l’ensemble de la tenue de sa camarade, elle ajouta : Toi aussi, t’es pas mal… je veux dire, t’es toute belle. »

Pas très à l’aise avec les compliments, Nelly préféra repérer et retirer un cheveu blond accroché à la robe de sa camarade pour se donner une contenance.

Les deux jeunes femmes remontèrent ensemble dans le Hall et s’engagèrent dans la file d’attente qui s’était formée devant les portes de la Grande Salle. Après avoir patientée non sans quelques frissons de froid et un début de douleur aux pieds, Nelly put enfin payer les frais d’entrée et pénétra dans la Grande Salle métamorphosée pour l’évènement. La salle semblait plus grande et l’ambiance était presque trop chaleureuse pour le sujet de la soirée. Chloe, qui venait de la rejoindre, verbalisa ses impressions.

«  - Moi qui m’attendais à une ambiance déprimée... »

Les deux jeunes femmes s’avancèrent parmi la foule et quelque chose d’intrigant attira leur attention : des invités étaient reliés par un ruban accroché à leur poignet et deux personnes faisaient des va et vient dans toute la salle, tirant des convives derrière eux. Hypnotisée par l’étrange manège qui se jouait sous ses yeux, Nelly ne fut tirée de sa torpeur que lorsque Chloe lui tira le bras avec vigueur.

« - Oh mon dieu, regarde, il y a le Ministre ! » s’enthousiasma-t-elle d’une voix plus aiguë.

La préfète tourna la tête dans la direction indiquée par sa camarade – et par beaucoup d’autres personnes – et reconnut l’homme politique, très classe, malgré son verre de jus de citrouille, et le visage marqué par une longue balafre.

« - C’est pas Forbes qui est avec lui ? poursuivit Chloe. On dirait qu’il est accroché à lui, non ? » souffla la Serpentard en se hissant sur la pointe des pieds pour mieux observer le duo insolite avant de pouffer de rire.

Effectivement, c’était bien Virgil Forbes. Gênance, niveau 10 000, songea Nelly en partant dans un rire qui se voulait discret en réponse à celui de son amie. En réalité, elle avait reconnu Virgil avant Chloe mais, comme promis, elle faisait comme si elle ne le connaissait pas. En tout cas, elle ne se retiendra pas pour le charrier la prochaine fois qu’ils se verront pour leur debriefing hebdomadaire : être accroché à Môsieur le Ministre en personne, le malaise ultime !

Nelly n’eut pas le temps de faire ou dire quoi que ce soit, qu’un homme se planta devant elle, lui présenta ses excuses et l’attrapa par le poignet pour l’entraîner derrière lui. Le bougre ! Il allait bien la faire tomber à marcher si vite ! Il n’avait pas de talons, lui ! Et puis où est-ce qu’il l’emmenait comme ça ? Elle aussi on l’attachait à quelqu’un ? La course à travers la Grande Salle se termina, bien trop lentement à son goût, et elle put enfin faire face à son agresseur.

« Non mais vous êtes qui vous ? Ça va pas de traîner les gens comme ça ! »

L’inconnu l’ignora complètement et, d’un coup de baguette, fit s’enrouler autour de son poignet un ruban blanc qui s’enroula également autour de celui… d’un parfait inconnu.

« Voilà ! Passez une bonne soirée ! » lança l’organisateur avant de s’éloigner.

Nelly leva les yeux vers l’homme avec qui elle était reliée – qui était, soit disant passant, plus que canon – et esquissa un sourire gêné. Devait-elle lui serrer la main ? Son poignet droit étant celui qui portait le ruban, cela risquait de virer au ridicule si elle faisait le moindre mouvement. En tant que droitière, la soirée s’annonçait sympathique.

« Bonsoir… euh… Nelly, enchantée ! se risqua-t-elle avec un sourire. Apparemment, on va être obligés de passer la soirée comme ça, ajouta la préfète en levant légèrement le bras pour agiter le ruban. Désolée, je ne savais pas que tout ça était prévu, vous étiez avec quelqu’un en particulier ? »

Il n’avait certainement pas prévu, ni envie, de passer la soirée avec une adolescente et la réciproque était vraie, jamais elle ne s’était imaginée par la soirée avec quelqu’un étranger à Poudlard.

La préfète s’intéressa alors au ruban qui les reliait. Il était sûrement magique et s’en débarrasser n’allait pas être facile.

« La proximité ne s’obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant, lut-elle à haute voix avant de hausser les sourcils en relevant les yeux vers son partenaire. C’est presque beau, il faut donc « surmonter la distance » et on devrait être libérés je suppose ? »

Déjà que passer la soirée accrochée à un adulte inconnu était très gênant, il fallait en plus qu’ils résolvent une énigme qui, a priori, les rapprocherait ? Mais qui avait organisé cette soirée ?







Steven Harrisson - Poufsouffle - 7ème année




L’après-midi avait été agitée pour Steven qui n’avait eu qu’une heure de répit pour se préparer avant la soirée en hommage aux victimes de l’attentat. En tant que préfet-en-chef, les élèves présents dans la salle commune des Poufsouffles – surtout les plus jeunes, tout excités par la soirée en perspective – étaient venus en nombre pour le questionner, pensant que, lui, en saurait plus. Alors que non, ce n’était pas parce qu’il occupait ce poste qu’il était au courant de tout dans les moindres détails. Un garçon de première année particulièrement collant, puisque persuadé que parler avec le préfet-en-chef le rendait plus « grand » et important aux yeux des autres, lui avait tenu la jambe une bonne partie de l’après-midi, revenant sans cesse à la charge malgré les quelques protestations de Steven. D’abord diplomate et doux, le jeune homme avait fini par menacer le petit garnement de retirer des points à leur maison s’il continuait de l’importuner sans arrêt. Il ne l’aurait bien sûr jamais fait mais son ultimatum avait été efficace.

Le Poufsouffle avait ensuite pu travailler un peu avant de se préparer pour la soirée et il avait regagné la Grande Salle en compagnie de ses camarades de dortoir, tous habillés avec élégance. Être présent à cet évènement était très important pour le préfet qui avait bien failli perdre sa mère et sa grand-mère dans l’attentat. Cette dernière s’était bien remise de sa mauvaise chute avec beaucoup de repos mais il savait que sa mère avait été débordée à Ste Mangouste et qu’elle suivait, aujourd’hui encore, de nombreux patients ex-victimes de l’attaque terroriste. Emma Winston avait un mental d’acier, elle l’avait prouvé de nombreuses fois dans sa carrière, mais Steven craignait tout de même qu’elle s’épuise à la tâche. Ce soir, fatiguée, elle avait d’ailleurs préféré rester chez elle, à Londres.

Les garçons de Poufsouffle pénétrèrent enfin dans la Grande Salle et des sifflements admiratifs s’élevèrent du groupe face aux efforts de l’organisation. La salle était méconnaissable et magnifique. Gregory et Nemo tournèrent sur eux-mêmes, le nez en l’air et David se tourna vers Steven.

« Ils ont envoyé du lourd, commenta-t-il. Le bar est là-bas, parfait. Il se frotta les mains et un sourire éclaira son visage. Gage de bonne soirée ! »

Steven secoua la tête, amusé. Son camarade était incorrigible. Mais ce dernier n’eut pas le temps de se diriger vers les boissons qu’une femme, qui devait être l’organisatrice, s’interposa sur son chemin et lui planta une jeune femme devant lui qui, d’un coup de baguette, se retrouva liée à son poignet par l’intermédiaire d’un ruban. Steven eut tout juste le temps d’analyser rapidement la situation pour comprendre que les convives étaient, étrangement, attachés les uns aux autres. L’organisatrice avait dû les voir rentrer et s’était précipitée pour disloquer leur groupe. Sans plus attendre, elle laissa sur place David et sa partenaire pour la soirée et s’empara fermement du bras de Steven qui avait inconsciemment mis les mains dans les poches de son costume pour tenter de lui échapper. La petite femme sembla hésiter un instant puis, avec une énergie surprenante, l’entraîna dans son sillage tout droit sur un quatrième année que Steven pensait reconnaître. En deux en trois mouvements, un ruban magique s’enroula autour de leurs poignets respectifs et l’organisatrice s’éclipsa en leur souhaitant une bonne soirée.

En portant son attention sur son partenaire, Steven reconnut avec certitude Casey Forbes, un garçon très discret de sa maison… qui n’avait pas l’air d’aller très bien. Le quatrième année, visiblement gêné, s’enfonça dans une salutation maladroite qu’il acheva les yeux rivés sur ses chaussures. Steven, troublé, s’apprêtait à lui répondre quand Thelma Corrigan passa à côté d’eux en les saluant chaleureusement.

« Merci Madame ! Vous aussi ! » lança Steven qui attendit que la professeure se soit éloignée pour se reconcentrer sur Casey.

« - Trop sympa cette prof ! Bref, tu… tu te dirigeais vers la buvette ? s’enquit le préfet en désignant la table où s’étalaient diverses boissons On va se servir quelque chose ? Avant qu’il n’y ait plus rien. »

Steven savait que Casey était une personne timide et réservée mais là, il le sentait plus que mal à l’aise, alors c’était normal de sa part de faire en sorte qu’il se sente mieux. Il invita le quatrième année à le suivre jusqu’au bar installé plus loin et lui proposa un verre de jus de citrouille : ce jus faisait toujours du bien, non ?

« - Je t’ai vu aussi cet après-midi, dit-il pour reprendre la discussion. Tu étais l’un des rares studieux qui ont bossé ! Je sais pas si t’as vu mais les premières années étaient ingérables…, » soupira-t-il en se servant à son tour un verre de jus de citrouille.

Tout ceci n’était que mensonge, il en avait honte, ce n’était pas vrai : il n’avait pas vu Casey. Mais il sentait qu’il fallait lui faire croire qu’il avait fait attention à lui tout comme aux autres élèves, en bon préfet qu’il était.

« Alors, reprit-il en inspectant le ruban qui les reliait et qui portait une inscription qu’il lut. C’est quoi cette histoire ? Il va falloir se débarrasser de ça j’imagine… Ça ne va pas te déranger de passer la soirée avec moi du coup ? Tu voulais être avec quelqu’un en particulier ? »

Si Casey voulait rejoindre ses amis ou ses frères, cela ne le dérangerait pas de le suivre. Si cela pouvait le mettre plus à l’aise… Parce que là, Steven en était mal pour lui.



Kit par Irving Choupi
Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora rendit son sourire aimable à la jeune femme à laquelle elle se trouvait désormais attachée, qui se présenta comme Nasreen Johar. Elle avait l'impression d'avoir déjà entendu ce prénom quelque part. Ce n'était pourtant pas un prénom très courant, et elle était certaine de ne jamais avoir rencontré cette personne auparavant, mais elle avait déjà entendu ce nom dans la bouche de quelqu'un d'autre. L'adolescente relégua cette question dans un coin de son esprit et secoua négativement la tête quand Nasreen lui demanda si elle savait en quoi consistait cette étrange animation.

"Non, aucune idée. Horace ne m'a donné aucune explication -c'est le garçon qui nous a attaché, précisa-t-elle. Mais j'ai l'impression que tout le monde subit le même sort, ajouta-t-elle en balayant la salle du regard. Peut-être que c'est une sorte de jeu ?"

Un drôle de jeu, si on lui demandait son opinion. Cela lui rappelait un peu les animations des soirées de fin d'années. Elle songea avec un brin de nostalgie à la soirée des quatre couleurs, où tout le monde avait échangé vêtements et accessoires pour se retrouver vêtus des quatre couleurs de Poudlard, où de la soirée dieux et déesses où ils avaient tous dû retrouver leur binôme de broche. Mais ce qui pouvait être amusant à l'occasion d'une soirée plus ou moins clandestine d'adolescents l'était un peu moins dans ce genre d'évènement ou toutes les générations se côtoyaient sans vraiment se mélanger.

C'était certainement dans l'optique de rapprocher des personnes d'âge et d'horizon différents que les organisateurs avaient pensé à ce jeu, d'ailleurs. L'initiative était bonne mais Nora, pourtant optimiste, doutait des résultats. En observant les différents couples elle vit davantage de mines embarassés et d'échanges gênés que d'amitiés naissantes. Et il en serait surement de même pour son binôme. A priori, il semblait que Nora et sa partenaire n'aient pas grand chose en commun, notamment du fait de leur différence d'âge, mais Nasreen et elle avaient au moins une connaissance mutuelle puisque cette dernière lui demanda si elle était de la famille d'Amely Weaver.

"Si, c'est ma grande soeur, répondit-elle avec un sourire. Vous travaillez au Ministère ? Vous êtes du BDA aussi ?" s'enquit-elle.

Nasreen semblait avoir une petite trentaine d'année, elle était trop âgée pour avoir été à Poudlard avec Amely et il était plus vraisemblable qu'il s'agisse d'une collègue du Ministère. Elle connaissait visiblement sa soeur, mais pas ses parents qui travaillaient au département des transports tous les deux, elle travaillait donc surement au département de la justice magique. Cela faisait plusieurs semaines que Nora n'avait pas eu de nouvelles de sa soeur, mais peut-être Amely lui avait-elle déjà parlé d'une dénommée Nasreen, ce qui expliquerait que ce prénom lui ait paru familier.

Elle s'était un peu éloignée de sa famille depuis la fin de sa scolarité. Ses parents n'étaient pas ravis de son choix de ne pas repasser ses ASPIC et de s'investir dans l'auberge avec Irving. Ils avaient arrêté de vouloir la faire changer d'avis et avaient même promis de réserver un séjour à Mallowsweet, mais Nora les tenait involontairement à distance. Elle n'était pas douée pour cacher des choses à ceux qu'elle aimait et elle ne voulait pas donner à ses parents des raisons de s'inquiéter pour elle. Cela lui faisait beaucoup de peine, mais moins elle les voyait et mieux les choses se passeraient.

Nora était donc ravie de pouvoir avoir des nouvelles de sa soeur via une collègue du bureau des Aurors. Elle songeait à ce que sa soeur ainée avait pu lui dire sur son boulot et ses collègues quand elle se rappela d'un détail. Un détail qui avait son importance. Sa soeur ne travaillait plus au bureau des Aurors depuis quelques temps. Elle avait rejoint la Milice. Se pouvait-il que Nasreen la connaisse en tant que milicienne ? Cette possibilité n'avait fait que lui effleurer l'esprit et pourtant l'adolescente sentit son coeur battre plus vite dans sa poitrine. Elle attendit patiemment la réponse de Nasreen, espérant qu'elle viendrait mettre un terme à ses inquiétudes. Elle pouvait parfaitement travailler au département de la justice, ou dans n'importe quel autre service du Ministère, ou être une amie de Paul ou habiter près de chez eux. Elle pouvait connaitre sa soeur pour des tas de raisons différentes, et toutes conviendraient très bien à Nora dès lors qu'elle n'impliquaient pas la Milice.


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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"Oui,  bien sûr. Monsieur Laveau, l'archimage." souffla Jonah en remettant enfin un nom sur ce visage familier. Il secoua légèrement la tête, un peu agacé  contre lui-même. Dans d'autres circonstances, il aurait surement reconnu Abel -Jonah était plutôt physionomiste habituellement- mais il devait avouer que l'animation en cours l'avait quelque peu déstabilisé (Et le déstabilisait toujours !). Il avait croisé Abel Laveau au tout début du chantier de l'école lors du briefing organisé par le cabinet d'architecture et il avait également eu l'occasion de lire plusieurs articles sur l'Agence Laveau & Wells. En bon amateur d'architecture contemporaine,  Jonah avait suivi avec beaucoup d'intérêt la réhabilitation de certains quartiers de Cosmos et les projets pharaoniques  de Leopoldgrad. S'il ne se trompait pas, Abel dirigeait d'ailleurs le cabinet qui avait édifié... La March'bank.
Pour être tout à fait honnête, ce constat le mettait quelque peu mal à l'aise. Jonah savait bien que l'effondrement de l'immense gratte-ciel n'était pas dû à un défaut structurel et que l'enquête avait mi hors de cause le cabinet d'architecture mais il ne pouvait pas se sortir cela de l'esprit: L'effondrement de la  March'bank avait couté la vie de centaines de personnes et il était attaché, ce soir, à l'homme qui avait conçu - sans le vouloir- leurs tombeaux.

Abel Laveau devait avoir du mal à trouver le sommeil, songea Jonah en lui accordant un sourire. C'était déjà difficile pour lui lorsqu'il pensait aux jeunes Kabbache et Carrow alors il imaginait non sans mal les tourments de l'architecte. C'était surement la pire chose envisageable lorsque l'on choisissait d'embrasser cette carrière.
Pourtant Jonah savait qu' Abel Laveau était une victime comme les autres:  Sa prouesse architecturale -surement le fruit d'un travail acharné- serait à jamais associée, dans l'esprit des gens, à l'événement le plus meurtrier que le pays ait connu depuis la guerre. Les retombées économiques d'une telle catastrophe devaient être réelles pour l'agence mais il était de mauvais ton d'aborder ce sujet ce soir - du moins pas immédiatement. Mieux valait évoquer cette pitoyable animation qui les clouait ensemble et dont le Ministre lui-même faisait les frais.

"J'en ai bien peur." répondit Jonah lorsqu'Abel souleva ce point, " Nous sommes tous logés à la même enseigne."

Même Marchebank . Jonah risqua de nouveau un regard en direction de son cadet, visiblement en grande discussion avec le Ministre. Comment ne pas être stressé à l'idée que son propre fils soit attaché à cet homme si dangereux ? Jonah préférait de loin voir Virgil en compagnie de cette petite frappe de Damon Dropp ou de l'aguicheuse Kasya plutôt qu'avec le chef de l'état. Et pourtant, Merlin seul savait à quel point il avait peu d'estime pour les deux premiers.

Quoiqu'il en soit, il ne pouvait pas rester comme ça, à épier les moindres faits et gestes de cet incongru binôme. Plus il se montrerait anxieux, plus il éveillerait des soupçons sur sa personne. La soirée grouillait de miliciens et Jonah n'entendait pas se faire remarquer plus que de raison. En temps normal, il aurait dû se sentir fier et flatté, il mobilisa donc toute son énergie pour apparaitre le plus  détaché et confiant possible.

"Si cette animation doit durer jusqu'au bout de la nuit, profitons-en pour faire plus ample connaissance, proposa-t-il en se tournant légèrement vers son binôme, les travaux de rénovation avancent comme vous le voulez au sein du château ? Nous avons tous hâte de voir ce que ça va donner." ajouta-t-il avec entrain.



Emma avait beau avoir quelques bases en piano, Dean espérait pouvoir rompre le lien qui les unissait avant de monter sur scène. En d'autres circonstances, il aurait été curieux de partager sa soirée avec la jeune Serpentard pour apprendre à la connaitre davantage mais, ce soir, le temps jouait contre lui. Ils devaient donc se creuser les méninges pour trouver un moyen de se libérer du sortilège.

"Je ne sais pas, souffla-t-il lorsqu'Emma lui demanda à quel type de confidence ils devaient se livrer, j'imagine que l'on doit révéler des choses que l'on  ne dirait pas au premier venu."ajouta-t-il en observant les convives, cherchant de l'œil des personnes qui auraient déjà réussi a se séparer. Peut être suffisait-il de se faire une accolade ou de se donner un chaste baiser pour rompre le sortilège, mais quoi qu'il en fusse, aucun invité n'avait encore réussi à rompre le charme.

S'il suffisait, pour cela, de se livrer quelque peu, le jeune prodige était plutôt prêt à le faire. Dean était d'une nature sociable. Il aimait découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles personnes. L'idée d'aborder certains sujets intimes ne l'effrayait pas. Il parlait volontiers de sa passion pour le piano, de ses projets, de sa famille ou encore de ce qu'il avait pu ressentir le jour de l'attentat mais il y avait d'autres thèmes qu'il préférait éviter....

Il s'apprêtait d'ailleurs à évoquer les événements de Lépoldgrad - un sujet assez personnel qui les concernait autant l'un que l'autre- lorsque Emma  le prit de court en lui demandant sans détour s'il avait quelqu'un dans sa vie actuellement. Dean haussa légèrement les sourcils de surprise mais il se garda de formuler une réponse immédiate.   La question un brin intrusive de la jeune préfète se défendait: Elle estimait que si le cœur de l'un des deux enchainés était déjà pris, il suffisait d'en faire part à son partenaire pour que le sortilège s'évanouisse.

Que Dean réponde oui ou non, sa réponse entrainerait forcément  son lot de question sur le seul sujet qu'il ne se sentait pas prêt à aborder avec qui que ce soit. Il se retint d'ailleurs de balayer la grande salle du regard pour chercher la silhouette de Nahuel et se concentra sur le visage d'Emma sans se départir de son sourire poli.

" Je ne pense pas que ça marche puisque tu n'as pas de confidence à partager en échange sur le même thème, dit il en lissant entre ses doigts le fin ruban blanc. En effet, Emma venait de lui avouer qu'elle était célibataire et qu'elle le vivait- soit disant- très bien, je pense qu'il faut que nous trouvions un sujet qui nous concerne tous les deux pour qu'il y ait une forme de réciprocité..." Expliqua-t-il plutôt satisfait de sa pirouette pour esquiver le sujet "petite-amie".

Emma Blackbonnes avait l'air d'être une gentille fille, c'était indéniable, pourtant il ne s'imaginait pas une seconde lui révéler quoique ce soit concernant sa vie sentimentale. Sa famille n'était pas au courant de son homosexualité et Dean n'avait jamais pris le risque d'avoir un partenaire à Poudlard. Pourtant d'autres élèves avaient tracé la voie avant lui: Sean Fichter, Samaël Smith et même Theodore Nott, mais Dean n'avait pu se résoudre à assumer pleinement ses préférences au sein de l'école. Les amants qu'il avait eus durant son adolescence étaient quasiment tous moldus et le jeune homme avait toujours prit garde à ne pas être confondu avec ses  rares amants sorciers.  Il sortaient régulièrement avec eux, dans les bars ou les restaurants mais Dean était clair d'emblée: Aucune démonstration d'affection en public. C'était à prendre ou à laisser et il ne transigeait pas sur ce point. Il avait même mis fin à une liaison de plusieurs mois après que son partenaire de l'époque lui eut déposé un baiser dans le cou en pleine rue.

Dean avait bien conscience qu'il s'enfermait dans son mensonge et que, plus il attendait, plus les choses devenaient compliquées, mais il n'envisageait pas la situation autrement: Tant qu'il ne serait pas en couple avec un partenaire fiable et régulier il ne ferait pas son coming-out. C'était donc tout bonnement inenvisageable qu'il évoque sa situation avec Emma aujourd'hui.

Il avait beau avoir un sérieux coup de cœur pour Nahuel -très sérieux même - il savait que leur relation ne serait jamais simple. Son amant était un immigré clandestin, recherché par la police de son pays...Dean avait beau être éperdument amoureux de son bel argentin il n'en perdait pas moins le sens des réalités: Avec Nahuel, rien ne serait jamais facile. C'était peut être ce qu'il recherchait d'ailleurs, une situation compliquée avec un homme compliqué, pour, peut-être, retarder cette fameuse échéance...

Mal à l'aise à cette idée, Dean chassa cette pensée de son cerveau tout en s'obligeant à réfléchir à l'énigme qui le liait à Emma. Il avait passé sept ans chez Serdaigle, autant dire qu'il était coutumier du fait. La salle commune de sa maison ne s'ouvrait qu'aux esprits vifs et il ne comptait plus le nombre de fois où il avait résolu les devinettes de l'aigle qui gardait l'entrée de la tour des bleu et argent.

"Nous pouvons surmonter la distance en évoquant un sujet qui nous touche tous les deux reprit-il en entrainant la jeune femme vers un coin de la pièce où des sièges confortables avaient été installés, Tu sais, moi aussi j'étais présent à Leopoldgrad le jour où l'attentat a eu lieu. J'ai eu beaucoup de chance. La chance d'avoir eu Nahuel près de lui ce jour là. Son amant avait remué ciel et terre pour qu'il soit pris en charge rapidement par les secours. Grace à lui, Dean n'avait eut aucune séquelle physique durable tout comme Emma qui avait pu compter sur la célérité des équipes d'interventions, nous avons eu beaucoup de chance, rectifia-t-il à l'attention de la jeune femme. Après tout, ils étaient tous les deux présents ce soir pour commémorer les malchanceux, ceux qui avaient perdu la vie dans cette terrible attaque.




Vite. Trouver un sujet de conversation rapidement. Ne pas laisser un blanc s'installer. Vite, vite, vite ! Casey avait beau se creuser la tête, il ne savait pas vraiment comment enchainer. Il balbutiait des débilités depuis deux minutes et il était certain que sa voix allait bientôt se mettre à trembler. Plus il se sentait stressé plus son corps le trahissait. Se taire et se faire oublier étaient généralement ses solutions de repli préférées mais il ne pouvait clairement pas opter pour ce comportement ce soir.

Il cherchait justement un nouveau sujet de conversation lorsque sa  directrice de Maison s'arrêta pour les saluer et leur souhaiter une bonne soirée à tous les deux. Enfin, surtout à Steven. Il était préfet en chef après tout, nul doute que Thelma Corrigan n'aurait pas remarqué la présence de Casey s'il n'avait pas été attaché à Harrisson, le jeune Forbes en était persuadé. Il laissa donc Steven répondre en premier avant d'ajouter timidement:

"Merci professeur."


Devait-il ajouter "Vous aussi ?" Souhaitait-on une bonne St-Valentin à son enseignante ? C'était un peu déplacé non ? Quoiqu'il en soit, le temps qu'il réfléchisse à toutes ces règles de convenance, Thelma Corrigan s'était déjà éclipsée, le laissant seul avec un  Steven particulièrement enthousiaste. Le préfet lui proposa d'ailleurs de se diriger vers le bar pour se servir un verre à boire.

"Comme tu veux." répondit Casey en le suivant docilement . Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour lui rendre la soirée agréable et si Harrisson voulait profiter du buffet avant qu'une nuée d'élèves affamés ne s'y abatte dessus, Casey était prêt à le suivre sans objecter.

Les deux garçons se dirigèrent donc vers le zinc improvisé tandis que Steven assurait à Casey qu'il l'avait bien vu l'après-midi même en train de travailler dans la salle commune. Vraiment ? Le jeune Poufsouffle afficha un léger sourire avant de se demander si c'était bon signe d'être ainsi remarqué par le préfet-en-chef. Peut-être que Steven l'avait trouvé bizarre? Ou peut-être qu'il s'était inquiété de le voir si isolé? Finalement, il aurait préféré que son ainé ne le remarque pas, assis seul à une table durant une grande partie de la journée.

Merlin,j' aurais du travailler dans mon dortoir ! se morigéna Casey en se frayant un chemin entre les convives à la suite de Steven. Il débouchèrent enfin devant les tables garnies de mignardises, d’amuse-bouches et de boissons. Casey balaya les plateaux du regard en sachant pertinemment qu'il n'allait rien choisir -Son stress lui coupait l'appétit- et  il se contenta de donner un peu de mou sur le lien en soie blanche pour que Steven puisse avoir accès à tous les gâteaux, même les plus éloignés, sans être entravé par sa personne.

A défaut d'avoir une discussion intéressante avec lui, le préfet allait tout de même pouvoir manger à sa faim. Toutefois cela ne semblait pas lui suffire. En effet, il aborda rapidement le sujet des amis, demandant au jeune Poufsouffle s'il envisageait de passer la soirée avec d'autres personnes.

"Non, assura Casey en secouant la tête. Il n'allait certainement pas imposer à son binôme la compagnie de Gaby -l'incorrigible bavard- ou pire, celle de Virgil et du Ministre. Il y avait bien Dean mais ce dernier était déjà en grande conversation avec Emma Blackbonnes et Casey ne voulait pas déranger son grand-frère pour des broutilles, mais si toi tu as prévu de passer la soirée avec tes amis, on peut les rejoindre, s'empressa-t-il d'ajouter. Casey avait vu Steven arriver avec sa bande habituelle composée de Nemo, Gregory et David. Le Préfet avait sans doute envie de les retrouver rapidement, On fait comme tu veux." assura Casey, soucieux d'être arrangeant.

"Comme tu veux, comme tu veux... Tu n'as que ce mot à la bouche !" lui rétorquait souvent Virgil et Casey était forcé de constater qu'il utilisait cette expression pour la  deuxième fois de la soirée et ce, en moins de cinq minutes. C'était toujours très difficile pour lui de trancher, de prendre position ou de donner clairement son avis... Il n'était pas vraiment sûr d'avoir un avis d'ailleurs. Si Steven préférait passer la soirée avec ses copains, Casey ne s'y opposerait pas. L'idée ne l'emballait pas autant qu'elle ne le dérangeait pas, alors autant faire en sorte que Steven s'amuse. Déjà qu'il était collé avec lui alors Casey pouvait bien faire en sorte que le Préfet passe une bonne soirée.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Cette soirée était un test. Ni plus ni moins:

Irving avait-il les épaules ou allait-il s'effondrer comme un château de cartes ?

L'ancien Gryffondor suivait une thérapie depuis plus d'un mois et il avait la désagréable impression que cette soirée était un condensé de toutes les expériences négatives qu'il avait vécues ces dernières années.  S'en était presque risible.
Pour être tout à fait honnête, il avait été tenté de refuser la proposition de Nora et d'esquiver cette commémoration et ce pour plusieurs raisons.
La première d'entre elle, le lieu: Poudlard, bien sûr. Contrairement à tous les invités qui faisaient la queue avec Nora et lui devant les grilles, Irving n'était pas particulièrement enchanté à l'idée de retrouver le château. "J'ai passé les meilleures années de ma vie ici" clamait d'ailleurs son voisin de devant  mais ce n'était pas le cas de l'ancien Gryffondor. Bien sûr il y avait vécu d'excellents moments de franches rigolades, d'amitiés partagées avec Nora l'Intrépide et les Dark Boursouf mais il gardait tout de même des souvenirs mitigés de son passage entre ces murs. Ses mauvais résultats, son mal être adolescent, l'impression d'avoir été emprisonné, enfermé, à l'école quand son père était au plus mal et cette scolarité finalement avortée... Poudlard remuait trop de souvenirs pour que la vision des tours illuminées du château lui soit totalement agréable ce soir.

Il y avait autre chose dans cette soirée qui avait le même goût que Poudlard, à la fois doux et amer. Une présence qui plongeait Irving dans un spleen et  une nostalgie mélancolique. Quatre ans plus tôt, quasiment jour pour jour, il avait pris le chemin inverse en direction de Pré-Au-Lard. Il avait fait le mur avec son ami, Danny,  pour se rendre au concert mythique des Bizarr'Sisters qui allaient justement jouer ce soir pour la commémoration. Irving ne pouvait plus entendre un morceau du célèbre groupe de rock sans penser à Danny. Son Danny. Comment oublier ce 28 février 2006 ? Les "Mamamama" de Do The Hyppogriff chanté à tue-tête, le punk, la tête de Virtanen et Adamson. Lorsqu'il était seul, ses souvenirs lui arrachaient aussi bien un sourire qu'une larme et il devait avouer que ce soir, il se sentait particulièrement à fleur de peau en se remémorant ces instants.

Nora sembla percevoir son trouble puisqu'elle lui demanda s'il allait bien.

"Oui,ça va." répondit-il en serrant sa main dans la sienne.

Il se doutait que la soirée n'était pas simple pour elle non plus. Il faut dire qu'ils se trouvaient à un kilomètre, maxi, de l'emplacement du meurtre de Dalhiatus. Là, juste un peu plus loin dans la forêt interdite, sur la gauche. C'était bien évidemment une des raisons qui avait rendu Irving réticent à l'idée de se rendre à cette soirée. Il avait enfoui au plus profond de son être ce qui s'était passé ce soir là, refusant d'y penser trop souvent. Il se mettait des barrières mentales qu'il avait justement activées ce soir pour éviter de flancher. Ne pas laisser son esprit vagabonder du côté de la forêt interdite.

Jamais.

Irving s'avança donc  pour présenter sa baguette au contrôle d'identité en s'efforçant d'arborer le même air détaché que la plupart des convives. Avec le temps, il arrivait à gérer un peu mieux son stress lors des contrôles même si ,ce soir, il se sentait particulièrement fébrile. L'accromentule de la Milice était brodée sur beaucoup trop de capes de sorcier à son goût et il ne comptait même pas les membres présents dans la château en tenue de soirée. Tous les membres du département de la  Justice Magique devaient être de sortie et on parlait même de la présence du Ministre en personne. Leopold Marchebank,le meilleur ami de Jacob Dalhiatus, le dictateur contre lequel Irving avait pris les armes au sein de la Salamandre puis du LEXIT.

Comment pouvait-il se sentir détendu ? Pourquoi s'infligeait-il cette épreuve ?

Tout simplement parce qu'il estimait être à sa place ici, aux côtés de Nora. Il voulait être présent pour celle qu'il aimait. En apprenant qu'ils avaient leur soirée de libre, elle s'était empressée de faire un aller-retour Londres/Mallowsweet pour acheter les derniers billets d'entrée. Irving ne comprenait pas très bien pourquoi assister à cette commémoration lui tenait tant à cœur mais il avait décidé de ne pas se montrer égocentrique et de mettre ses désirs de côté. Il n'avait pas envie d'être là mais il avait promis à Nora qu'il mettrait tout en œuvre pour sauver leur couple, et cela commençait par accorder plus d'importance aux souhaits de sa petite amie. Il sentait qu'elle avait besoin d'être présente ce soir, surement plus que lui d'une certaine manière. Il faut dire qu'il avait entamé un travail avec sa thérapeute, Emma Winston, qui l'aidait chaque jour à mieux vivre avec les répercussions de l'attentat. Cette soirée de commémoration, si lourde en symboles négatifs pour lui ne le soulagerait probablement pas personnellement mais peut-être qu'elle apaiserait Nora et qu'elle lui apporterait une forme de tranquillité intérieure.

C'était tout ce qu'Irving souhaitait.

Les deux jeunes gens pénétrèrent donc dans le château, puis, après quelques minutes d'attente, ils passèrent enfin les portes de la Grande Salle. La pièce avait été magiquement agrandie pour l'occasion et  Irving observa la décoration et les convives avec intérêt tout en répondant à la question de Nora.

"Oui, Jeremy m'a dit qu'ils venaient. Ils ont fait garder Gabrielle." D'ailleurs le couple avait fait de même avec Sybille et Finn. Tara jouait la nounou  à l'Auberge ce soir, pour son plus grand plaisir... " Tiens regarde, ce n'est pas Juliet là-bas ? ajouta-t-il en désignant d'un geste de la main la silhouette d'une grande femme en train de discuter avec un adolescent.

Irving s'apprêtait à rejoindre son amie lorsque l'organisatrice de la soirée - une certaine Nathalie Keat d'après son badge- bondit littéralement sur lui pour l'attraper par le poignet.

"...Euh..." balbutia-t-il en la suivant bon gré mal gré au milieu de la foule, "Excusez moi mais vous avez dû vous tromper..." ajouta-t-il en se tournant vers Nora pour lui faire part de son désarroi. Malheureusement le flot d'invités s'était refermé derrière lui happant littéralement la frêle silhouette de sa petite amie.

- Et voilà ! s’exclama l'organisatrice en agitant sa baguette pour nouer le poignet d'Irving à celui de...Lauren McGowan.

"Mais qu'est-ce que... ? bredouilla-t-il en levant son bras emprisonné devant ses yeux, hé, attendez ! Rev'nez !" ajouta-t-il un ton plus haut en tentant de retenir Nathalie Keat, en vain.

Si c'était une blague, elle était de très mauvais goût. Si Irving avait accepté de se rendre à cette soirée de commémoration c'était uniquement pour Nora et il ne comptait pas rester accrocher à l'ex-batteuse de Serpentard toute la soirée, ça non. Pourtant la jeune femme affirma d'emblée que le lien était incassable. En effet tout autour d'eux, les convives étaient liés par deux et composaient plus ou moins facilement avec cet état de fait.

"Je rêve où ils nous rejouent l'animation de la Saint Valentin de notre cinquième année ? s'offusqua-t-il sans même prendre le temps de répondre aux salutations de Lauren. Au fond il était sûr qu'elle était au moins aussi en colère que lui( McGowan était toujours en colère après tout), non mais j'y crois pas ! Ils pensent qu'on a encore quinze ans ? C'était déjà une idée merdique il y a quatre ans,réveillez-vous bordel,  ajouta-t-il comme si les organisateurs de cette soirée pouvaient l'entendre.  En 2006, Irving avait été collé à Harmonie Fernoys qui avait passé sa journée à lui hurler dessus. L'un de ses pires souvenirs à Poudlard. On est pas v'nus à un gouter d'anniversaire, on est là pour commémorer des victimes J'crois qu'le concept leur échappe." grommela-t-il en secouant la tête.

Irving était surtout présent ce soir pour passer sa soirée avec Nora. Il n'avait aucune raison de rester si ce n'était pas le cas. L'ancien Gryffondor poussa un soupir et reporta son attention sur Lauren qu'il avait quelque peu délaissée sous le coup du mécontentement.

Il savait qu'elle s'était installée à Nimbus à sa sortie de l'école avec Samantha, et d'après les ragots de la petite cité ouvrière, elles filaient le parfait amour. Tant mieux. Irving avait toujours beaucoup estimé Samantha - un peu moins Lauren- mais il était content de les savoir heureuses en ménage.

En tout cas, la vert et argent n'y était pour rien si la soirée tournait au fiasco. Irving devait voir le bon côté des choses: Au moins, il était emprisonné avec une sympathisante de la résistance. Irving l'avait vu lors de la réunion de formation du LEXIT.


"T'as pas ta batte avec toi ?
lâcha-t-il alors les yeux dans le vague, On pourrait aller casser les dents de cette Nathalie Keat." ajouta-t-il en se tournant vers Lauren.
Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren bouillonnait intérieurement. Elle n'aimait pas du tout l'idée de devoir passer la soirée avec quelqu'un d'autre que Samantha, et elle détestait encore plus le fait d'être coincée dans cette situation contre son gré. Elle était plutôt du genre à aimer avoir le contrôle sur tout. Et voila que sa volonté se trouvait contrariée par un foutu ruban argenté ! Si elle croisait cette Nathalie Keat elle allait lui expliquer sa façon de penser...

La batteuse était fébrile et il n'aurait pas fallu grand-chose pour lui faire perdre son sang-froid, elle était à deux doigts de laisser exploser sa mauvaise humeur mais voir Whitaker enrager à côté d'elle la surprit tellement que cela eut l'effet inverse. Sa colère retomba brutalement et elle se contenta d'observer la Gryffindor avec curiosité en haussant un sourcil, l'air maussade. Depuis quand est-ce que le frisé s'énervait comme ça ? Elle n'avait jamais fait l'effort d'essayer de connaitre le jeune homme -ce n'était rien de le dire- mais elle ne l'aurait pas imaginé avoir un tempérament si explosif. A ses yeux il était toujours plus ou moins cet adolescent paumé dont Sam lui avait rabâché les oreilles pendant de trop longs mois. Elle s'était toujours demandé ce que Samantha avait bien pu lui trouver, mais la jeune femme avait visiblement un penchant pour les caractères colériques.

D'autres auraient pu être agacé par le comportement de l'ancien Gryffondor mais Lauren s'en accommodait plutôt bien. Au moins ils étaient dans le même état d'esprit. Elle n'aurait pas supporté de rester enchainer à un Poufsouffle enthousiaste du genre à penser que cette animation était une idée de génie. Whitaker remonta encore un peu dans son estime quand il lui demanda sans préambule si elle avait sa batte avec elle, histoire de casser les dents de cette maudite Nathalie Keat.

"Nan, répondit-elle, renfrognée, avec un regard en direction de l'entrée de la Grande Salle où les invités patientaient encore pour présenter leurs baguettes aux vigiles.  Passerait pas la sécurité, expliqua-t-elle avec un haussement d'épaules défaitiste. Ce n'était pourtant pas l'envie de refaire le portrait de Nathalie Keat qui manquait. Après on peut toujours lui casser les dents à coups de poings, reprit-elle en reportant son attention sur Whitaker. Mais tu me gênerais un peu là..."

Elle leva son poignet droit et posa un regard lourd de reproche sur le bout de tissus blanc qui y était noué. Parce qu'évidement cette idiote de Nathalie lui avait attaché le poignet droit. Elle ne serait même pas en capacité de se défendre convenablement si jamais elle en avait besoin. Il y avait peu de risque qu'une telle situation se présente -la Grande Salle était certainement le lieu le plus sûr de Grande-Bretagne ce soir- mais quand même, elle ne supportait pas de se trouver ainsi privée de sa capacité de mouvement. Elle glissa d'ailleurs tant bien que mal sa main libre dans la poche droite de sa veste pour y récupérer sa baguette qu'elle rangea soigneusement dans sa poche gauche.

"Mais si tu veux y aller vas-y, j'te ralentirai pas. Elle avait du mal à imaginer Whitaker massacrer quelqu'un à coups de poings, mais elle demandait à voir. Tu es toujours aussi violent ? lança-t-elle finalement d'un ton égal. C'est un peu inquiétant, faut se calmer hein..."

Venait-elle de faire une tentative d'humour ? Pire, de se tourner elle-même en dérision ? Face à Irving Whitaker ? Par Merlin cette soirée allait causer sa perte, elle était parfaitement ridicule. Elle soupira, amorça un geste pour remonter ses épais cheveux bruns en queue de cheval -ce qui l'aidait toujours à retrouver une contenance- mais dut bien vite se résoudre à abandonner. Elle serra les dents, agacée. Le moindre petit geste devenait impossible à exécuter, c'était insupportable. Elle était incapable de tenir toute une soirée dans une situation où elle n'était même plus en capacité de s'attacher les cheveux. Ils avaient intérêt à trouver rapidement un moyen de se défaire de ce ruban de malheur !

Ils étaient néanmoins condamner à tuer le temps en attendant leur délivrance et Lauren se surprit à chercher vainement un sujet de conversation. Irving et elle avaient quelques points communs évidents - Samantha, la résistance- mais c'était des sujets qu'elle jugeait beaucoup trop inconfortables, pour des raisons complètement différentes. Elle n'avait jamais été douée pour ça, pour faire la conversation, elle ne savait pas papoter de tout et de rien comme le faisaient certaines personnes avec une facilité déconcertantes, aussi garda-t-elle le silence. La soirée promettait d'être longue.  


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Nathalie Keat - 29 ans
1ère assistante d'Angela Parson, manager des Bizarr's Sisters

Nathalie avait la situation sous contrôle. Les invités continuaient d'arriver au compte-goutte après le passage de la sécurité et la jeune femme était de plus en plus efficace dans la formation des duos. Personne ne lui filait entre les doigts ! Il n'y aurait bientôt plus un seul individu esseulé dans cette salle, foi de Keat !

Du coin de l'oeil, elle surveillait Horace qui avait tendance à former des binômes atypiques. Il venait d'attacher une jeune fille qui devait encore être élève à un beau brun ténébreux qui avait tout d'un briseur de coeurs. C'était beaucoup trop dangereux ! Ils étaient censés éviter au maximum les couples mixtes avec une différence d'âge trop importante, cela mettrait les gens trop mal à l'aise. Décidément, Horace n'avait pas le flair pour ces choses-là. Nathalie trouvait ses couples bien plus convainquant que ceux de son assistant, mais elle était bien obligée de déléguer un peu de son travail.

Elle fronça les sourcils en voyant Cédric, un des agents de sécurité posté à l'entrée de la Grande Salle, lui faire signe de venir. Elle pesta intérieurement. Elle était occupée là, ne pouvait-il pas gérer les problèmes tout seul comme le grand garçon qu'il était ? Littéralement. Il mesurait plus de deux mètres. Nathalie dut se tordre le coup pour lever les yeux vers lui.

"Qu'est-ce qu'il y a ? s'agaça-t-elle en s'efforçant de ne pas élever la voix pour ne pas alerter les invités autours d'eux.
- On a quelqu'un à l'entrée qui dit être VIP et qui refuse de faire la queue...?
- Nan, tous les VIP sont déjà arrivés, répondit-elle en balayant la salle du regard comme pour vérifier la présence du Ministre, de sa femme, et des quelques célébrités invités. On fait pas d'exception.
- Mais... Nathalie le coupa en faisant claquer sa langue d'agacement.
- Débrouillez-vous pour gérer ça, j'ai du boulot !"

Elle s'éloigna en ignorant la mine déconfite de Cédric et repéra un jeune homme qui n'avait pas encore de partenaire. Elle était à peine arrivée à la hauteur de sa prochaine victime que le talkie walkie magique attaché à sa ceinture se mit à grésiller. Elle l'ignora mais la voix de Cédric ne tarda pas à s'élever de l'appareil, forçant Nathalie à décrocher.

" Quoi encore ? s'impatienta-t-elle.
- C'est que la Magpie veut rien entendre...
- Attends, tu parles de Mildred Magpie ? C'est elle la VIP qui attend dehors ?
- Oui...
- Et vous ne l'avez pas laissée entrer parce que... ? s'agaça-t-elle.
- Elle est pas sur la liste et...
- Bien sur qu'elle est sur la liste ! Elle est sur toutes les listes ! Est-ce que tu as vécu dans une grotte ces deux dernières années ? "

Elle ne laissa même pas le temps au pauvre Cédric de se justifier, ferma brusquement son talkie et se dirigea à grandes enjambées vers l'entrée de la Grande Salle. Elle traversa le parc de Poudlard à petites foulées jusqu'à se retrouver à la porte d'entrée de l'école où Mildred Magpie s'en prenait au vigile qui lui avait refusé l'entrée. Nathalie travaillait dans l'industrie de la musique depuis plusieurs années et elle avait eu l'occasion de côtoyer quelques gros égos. Les caprices de star étaient son quotidien et elle savait à quel point il était important de traiter les célébrités comme si elles étaient des personnes spéciales. Surtout les spécialités qui, comme Mildred Magpie, avait un égo encore plus gonflé que leur compte en banque.

"Miss Magpie ! s'écria-t-elle avec un large sourire. Nous vous attendions ! Venez avec moi je vous prie.
- Mais...protesta le vigile, que Nathalie fit taire d'un geste autoritaire.
- Excusez-nous du retard, il y a eu quelques petits soucis d'organisation. Vous savez ce que c'est, ces grands évènements, toujours des imprévus ! Venez, suivez-moi ! Nous sommes honorés de votre présence ! "

Pressée par le temps, Nathalie entreprit de remonter vers le château aussi rapidement que les chaussures à talons de Mildred Magpie le permettait, et ne prêtait qu'une oreille distraite à la romancière. Elle avait quitté la Grande Salle pendant cinq bonnes minutes et redoutait déjà les nouvelles paires formées par Horace. Le service de sécurité laissa passer les deux femmes sans broncher et Nathalie put enfin reprendre sa mission principale : former de nouveaux couples et de belles amitiés !

"Encore toutes nos excuses pour ce désagrément Miss Magpie, lança-t-elle en se retournant vers cette dernière. Miss Magpie ?"

La journaliste venait tout simplement de lui filer entre les doigts ! Nathalie n'avait même pas eu le temps de lui trouver un binôme ! Cette commère avait du flairer un scoop quelque part ! Nathalie n'avait certainement pas le temps de lui courir après, elle avait des rencontres à provoquer ! Elle se pencherait sur le cas Magpie plus tard, si Horace ne s'en chargeait pas avant elle.
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La colère d'Irving retomba comme un soufflé lorsque Lauren suggéra de casser les dents de Nathalie Kean à coup de poing. L'ancien gryffondor reporta vivement son attention sur la batteuse et déglutit difficilement. Pourquoi fallait-il qu'elle dise cela, ce soir ? Il ne voulait frapper personne ! Il avait dit cela par agacement mais jamais, au grand jamais, il ne ferait de mal à l'organisatrice de la soirée. Ce n'était que des mots en l'air qu'il avait lancé sous le coup de la contrariété. Malgré lui, les images de la fameuse nuit s'imposèrent subitement dans son esprit: Le visage tuméfié de Dalhiatus, la peur dans le regard de Nora, sa propre colère sourde, vengeresse, destructrice.

Non. Il ne devait pas laisser son esprit vagabonder du côté de la forêt interdite...
Irving s'y refusait même si Lauren McGowan se montrait plus qu'insistante en lui demandant s'il avait toujours été aussi violent. En d'autres circonstances, Irving aurait rallié l'ancienne batteuse des vert et argent -"C'est Sainte Mangouste qui se moque de la charité"- mais il ne se sentait pas vraiment d'humeur à répliquer quoi que ce soit. La tentative d'humour de Lauren resta donc lettre morte tandis qu'Irving s'enfermait dans un silence prudent, les yeux rivé sur le lien en soie blanche qui le maintenait prisonnier. De sa main de libre, il desserra le col de sa chemise d'un bouton et balaya finalement la Grande Salle du regard.  Cette soirée n'avait de sens que s'il la passait avec Nora. Il n'envisageait pas d'écouter l'hommage aux victimes et le concert des Bizzar Sisters sans elle et encore moins attaché à cette harpie de McGowan. Même si elle semblait s'être assagie depuis leurs années d'école, il y avait peu de chance pour qu'ils trouvent un terrain d'entente ce soir, ni même un sujet de conversation...

Irving était d'un naturel social et d'humeur plutôt loquasse habituellement mais les quelques commentaires de sa partenaire venait de doucher irrémédiablement ses bonnes intentions. Il voulait juste retrouver sa liberté, constata-t-il en regardant dans toutes les directions sauf dans celle de Lauren.

« La proximité ne s’obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant." Lut alors une adolescente à la tenue assez peu appropriée pour un moment de recueillement . Elle était attachée à une fillette, plus jeune qu'elle  de quelques années, et leur duo se tenait juste devant celui qu'Irving formait avec Lauren. "Je pense qu'on doit se dire des secrets, tu vois, c'est pour nous inciter à discuter à se confier. " La plus jeune des deux filles hocha la tête et la plus âgée reprit: " Par exemple c'est quoi ton livre préféré ? Moi c'est les Hauts de Hurlelune, de Mildred Magpie. Cette trilogie est un chef d'œuvre, tu sais, je travaillais sur la pièce avant qu'Anwar et Priam... avant que... sans le moindre signe annonciateur la voix de l'adolescente se brisa et elle se mit à sangloter de manière plutôt sonore . Elle entreprit de cacher ses pleurs dans ses mains mais c'était sans compter avec le fait qu'elle était encore attachée à sa partenaire, qui, se retrouva bien vite le bras en l'air pour ne pas entraver les mouvements de l'adolescente émotive. Irving  écarquilla les yeux et tourna légèrement la tête vers Lauren comme pour s'assurer qu'il n'était pas le seul témoin de cette scène pour le moins gênante "... C'est tellement nul... Anwar était un super Guacamole. Il ne me faisait pas toujours rire, C'est vrai... articula-t-elle en grimaçant, même des fois il m'agaçait sérieusement, avoua-t-elle en essuyant les deux sillons creusés par ses larmes dans le fond de teint mal étalé de ses joues, ...mais quand même,... Il méritait pas ça,... c'est pas juste !"

S'en était trop pour Irving:  Non seulement il ne pouvait pas supporter ce déferlement de pathos plus longtemps mais il n'envisageait pas une seule seconde se confier -sur quoique ce soit- à Lauren. Il lui restait donc une seule solution qu'il ne tarda pas à proposer à sa partenaire:

"L' sort doit avoir une portée géographique limitée. C'est obligé. Si ça s' trouve il nous suffit d'quitter le périmètre de  l'école pour qu' le sortilège s'évanouisse. Tu veux qu'on essaye ?" demanda-t-il alors.
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Faisait-elle vraiment si peur que ça ? Elle avait fait un effort pourtant et elle avait essayé de détendre un peu l'atmosphère, et voilà ce qu'elle récoltait en retour ! Une tentative d'humour et Whitaker s'enfermait dans un silence fuyant. Ça lui apprendrait à essayer d'être sociable, tiens ! Au moins elle n'avait pas à lui faire la conversation, ce n'était pas plus mal après tout. Un silence même tendu valait mieux que des bavardages inintéressants, de son avis.

Leur zone de silence fut toutefois rapidement envahie par la voix suraiguë d'une adolescente qui se trouvait à côté d'eux, attachée à une Serdaigle un peu plus jeune qu'elle. Lauren darda sur elle un regard sombre alors que la jeune fille déchiffrait le message inscrit sur les bracelets et expliquait que la solution était certainement de s'échanger des secrets. La batteuse soupira, excédée. Il était hors de question qu'elle échange des confidences avec Whitaker. Il y avait forcément un autre moyen. Un frisson lui parcourut le dos quand l'adolescente éclata en sanglots bruyants. Elle détestait les pleurs, chez elle comme chez les autres. Elle ne savait jamais comment réagir et cela la mettait incroyablement mal à l'aise. Elle allait suggérer -ordonner plutôt- qu'ils s'éloignent un peu quand Whitaker prit finalement la parole pour proposer une idée qui, à la grande surprise de sa partenaire, n'était pas complètement stupide.

Lauren hésita. L'espoir de réussir à se libérer de ce maudit ruban lui donnait envie de quitter cet endroit au plus vite, mais elle aurait préféré ne pas s'éloigner trop loin de Samantha. La jeune femme avait été particulièrement touchée par ce qui s'était passé à Léopoldgrad et elle aurait aimé être avec elle au moment du discours d'hommage aux victimes. Elle garda toutefois ses réticences pour elle. Elle ne voulait pas passer pour une petite-amie surprotectrice -ce qu'elle était- ou complètement dépendante -ce qu'elle était peut-être aussi. Elle tenta de se convaincre qu'ils réussiraient à se libérer et à revenir avant le début du concert, et finit par acquiescer.

-Euh...ouai. Ok.

Ils se dirigèrent vers la sortie de la Grande Salle d'une démarche peu naturelle. Ils n'avaient pas la même cadence de marche et leurs bras ne balançaient pas au même rythme. Presque par réflexe, la batteuse balaya une dernière fois la salle du regard à la recherche de la chevelure de Samantha. Ses yeux n'accrochèrent que l'éclat métallisé du fauteuil de Dave -comme s'ils étaient désespérément attirés dans cette direction- et elle détourna brusquement le regard.

Ils traversèrent le hall puis le parc en silence, ce qui convenait très bien à l'ancienne Serpentard, et ne tardèrent pas à se retrouver au niveau de l'enceinte de l'école. Elle avait beau ne pas avoir placé trop d'espoirs sur l'idée de Whitaker, elle fut un peu déçue de constater que le ruban était toujours fermement noué à leurs poignets après qu'ils aient franchi la grille, et étouffa un juron.

Dans leur précipitation, elle n'avait même pas remarqué le petit écriteau qui annonçait "Toute sortie est définitive", accroché juste sous l'affiche de la soirée.

"On essaie de marcher jusqu'à Pré-au-Lard ? lança-t-elle finalement avec un haussement d'épaules fataliste. Ou on transplant carrément, faut peut-être s'éloigner un peu plus. Tu veux allez où ? Plus vite ils réglaient cette histoire et plus vite elle pourrait aller passer le reste de la soirée avec Samantha. Nimbus ? suggéra-t-elle finalement.

C'était au moins un endroit qu'ils connaissaient tous les deux, ce qui serait plus pratique pour transplaner.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Marcher côte à côte avec Lauren McGowan était une épreuve en soit - ce qu'elle marchait vite !- mais Irving préférait nettement quitter la Grande Salle plutôt que de faire dans les faux semblants.  Il n'avait pas envie de faire la conversation, de parler de la pluie et du beau temps avant de tenter d'obtenir des confidences de sa partenaire pour se libérer de ce supplice... Cette animation n'était pas humaine et il ne comptait pas s'y plier bêtement alors qu'il ne le désirait pas. Au moins, Lauren et lui étaient sur la même longueur d'onde:  Ils préféraient quitter la soirée plutôt que de s'infliger mutuellement cela !

Alors qu'ils marchaient tous les deux en silence dans le parc de l'école, Irving observa la grosse masse noire face à eux. La forêt interdite se détachait à peine sur le ciel chargé de février mais elle était bien là, à une centaine de mètres d'eux. Comment Nora avait-elle pu finir l'année scolaire ici après le meurtre de Dalhiatus ? Passer ses journées à quelques pas du lieu où ils avaient commis l'irréparable. A sa place, Irving n'aurait pas tenu, se dit-il sans parvenir à quitter des yeux l'obscurité dévorante de la forêt.

Il fut toutefois tiré de ses pensées par Lauren étouffant un juron. Il s'arrêta pour l'observer et suivit la direction de son regard pour découvrir,  seulement à cet instant, que toute sortie était définitive. L'ancien Gryffondor jeta un bref coup d'œil au milicien qui gardait l'entrée et il comprit immédiatement que ce n'était même pas la peine d'essayer de retourner dans le parc. On ne lésinait pas avec la sécurité et avec les règles en cette période troublée. Irving  poussa donc un profond soupir et bascula la tête en arrière de dépit. Décidément tout allait de travers ce soir. Et comme si cela ne suffisait pas, il était encore attaché à Lauren, constata-t-il en se trouvant entravé au moment de passer sa main dans ses boucles brunes.
Cette fois, se fut McGowan qui prit les devants en proposant deux destinations envisageables. Effectivement, ils n'allaient pas rester planter ici toute la nuit dans le froid.

"Nimbus." répondit Irving sans même avoir prit le temps de réfléchir. Non seulement il ne se voyait pas longer la Forêt Interdite pendant des kilomètres mais plus vite ils mettraient de la distance entre eux et l'épicentre du sortilège plus ils auraient l'opportunité de se libérer rapidement. Du moins, l'espérait-il ! "La Grand'Place ? suggéra-t-il alors avant d'ajouter, J'pense qu'il vaut mieux opter pour un transplanage d'escorte si on veut pas avoir d'soucis."
Cela serait dommage de risquer un désartibulement pour avoir chacun visualisé une extrémité de la place pour atterrir.

Irving s'assura donc d'un regard de l'accord de Lauren -il ne voulait pas risquer de se faire malmener en se montrant trop entreprenant- puis il attrapa la main de la batteuse avant de disparaitre dans un "plop" significatif.
Les deux jeunes gens apparurent simultanément à quelques pas de la boutique de balais volant McFly. Irving prit une profonde inspiration soulagé à l'idée de respirer l'air de sa ville et d'avoir enfin quitter l'ambiance pesante de Poudlard. Il se sentait déjà mieux, moins oppressé, plus en accord avec lui-même.

Maintenant, il lui restait juste à savoir si son plan avait marché. Il desserra lentement ses doigts de la main de Lauren et entreprit de s'éloigner de quelques centimètres, priant intérieurement pour ne pas être subitement retenu par le ruban en soie...

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Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren hocha la tête quand Whitaker suggéra la Grand'Place de la Cité Nimbus comme destination. Elle espérait sincèrement que son plan fonctionnerait, elle avait hâte de retrouver sa liberté de mouvement. Elle avait surtout hâte de retrouver Samantha mais même s'ils parvenaient à se défaire de l'emprise du ruban ensorcelé, ils ne pourraient surement pas retourner dans la Grande Salle -à en croire ce maudit panneau beaucoup trop minuscule pour être vu ! Elle soupira. Ils auraient bien le temps de chercher une solution à ce second problème une fois qu'ils seraient libérés. Une difficulté à la fois.

La batteuse hocha à nouveau la tête quand son partenaire suggéra un transplanage d'escorte, ce qui était effectivement plus prudent. Ils étaient condamnés à se tenir à moins d'un mètre l'un de l'autre, il suffirait qu'ils veuillent chacun transplaner d'un côté de la Grand'Place pour que ce voyage prenne une tournure...sanglante. Elle préférait éviter de perdre un bras, ou d'arracher celui de Whitaker.

"Ca va j'vais pas t'bouffer..." lâcha-t-elle en voyant que le Gryffindor hésitait.

Whitaker lui attrapa finalement la main et elle ferma les yeux. Elle aurait préféré être celle qui transplanait plutôt que de se laisser guider, mais elle n'eut même pas le temps de râler qu'ils disparaissaient dans un plop. Un instant plus tard, ils se matérialisaient devant la boutique de balais et d'équipement de Quidditch de la cité. Si la solution d'Irving n'avait pas fonctionné, ils pourraient toujours acheter une batte et retourner casser les genoux de Nathalie Keat.

Le Gryffindor lui lâcha la main et Lauren le vit commencer à s'éloigner. Il avait à peine fait un pas qu'elle sentit le ruban se tendre et tirer sur son poignet.

"P'taiiin ! s'agaça-t-elle en tirant violemment sur son bras dans la direction opposée, comme si cela pouvait briser ce maudit bout de tissus. Pardon..." se reprit-elle à l'intention de Whitaker à qui elle avait presque dû arracher le poignet.

Elle s'adossa à la devanture de chez McFly et soupira bruyamment.

"Bon, on est toujours attachés et on peut même plus retourner là-bas..." résuma-t-elle, bien que la situation soit assez évidente.  

A la réflexion, elle préférait se retrouver coincée ici plutôt qu'à Poudlard. Elle qui avait espéré pouvoir retrouver un peu de l'insouciance de ses années d'adolescence en retournant sur le lieux de sa scolarité avait bien dû se rendre à l'évidence : cela ne fonctionnait pas comme ça. Elle n'avait pas réussi à laisser ses doutes et ses angoisses à la porte de l'école, et elle se sentait finalement mieux ici qu'au milieu de la Grande Salle. Toutefois, elle aurait préféré se retrouver ici toute seule, ou en tout cas pas avec Irving Whitaker.

Lauren était consciente qu'elle aurait pu plus mal tomber. Elle avait reconnu des membres de la milice à la soirée et elle aurait dû s'estimer heureuse de se retrouver attachée à un résistant, mais elle n'avait jamais porté le Gryffindor dans son coeur et sentait bien que ce sentiment était partagé. Alors elle était prête à tout essayer pour mettre rapidement fin à ce calvaire.

"Tu penses que l'autre gamine avait raison ? lança-t-elle en se redressant. Qu'il suffit d'échanger des trucs débiles, genre ton bouquin préféré ? Après tout il ne perdait rien à essayer. Elle n'avait aucune envie de se confier -sur quoi que ce soit- à Whitaker, mais elle supporterait de devoir lui révéler sa couleur préférée ou son équipe de Quidditch favorite. Tant que c'est pas les Hauts de Hurlelune..." ajouta-t-elle en repensant à l'adolescente hystérique avec une grimace.


Steven HarrissonPréfet en Chefavatar
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Steven porta à sa bouche le verre de jus de citrouille qu’il venait de se servir et parcourut des yeux la Grande Salle où régnaient à présent des clameurs enthousiastes. Le jeune homme repéra David, en pleine discussion avec la Serdaigle à laquelle il était relié, Nemo, toujours seul et Gregory qui venait tout juste d’être attaché à un homme élégant. Rien qu’à voir l’air blasé de son camarade en parfaite contradiction avec l’expression condescendante de son partenaire, Steven savait que la soirée n’allait pas être une partie de plaisir pour ces deux là. Plus loin, il avisa le Ministre flanqué de Virgil Forbes.

Ah. Cela éliminait déjà un des frères de Casey à éventuellement rejoindre pour rendre le quatrième année plus à l’aise. Ce dernier n’avait certainement pas envie de rencontrer le Ministre de la Magie… C’était vrai pour Steven en tout cas. Il se voyait mal faire face à Leopold Marchebank… Quelle idée de le relier à un gars comme Virgil. Enfin, au moins, il n’y avait que très peu de risques que le Ministre tente de faire du Gryffondor son énième maîtresse, songea-t-il en croquant dans un amuse-bouche après avoir reposé son verre.

Pendant qu’il savourait le petit-four, - il avait une de ces faims ! - Casey lui apprit qu’il ne voulait passer la soirée avec personne en particulier et lui retourna la question en lui proposant de rejoindre ses amis à lui.

« Oh non c’est bon ne t’inquiète pas, je me passerai bien d’eux pour la soirée. Et puis je ne vais pas t’imposer l’humour de David : il est lourd parfois. Le Poufsouffle désigna ensuite Gregory du menton. Greg est un type qui a l’air très ennuyant et Nemo est toujours tout seul mais… Ah bah non, plus maintenant, corrigea-t-il alors que Nemo était entraîné entre les convives par l’organisatrice. J’espère qu’il sera avec quelqu’un de sympa. Le préfet marqua une pause en suivant Nathalie Keat et Nemo du regard puis reporta son attention sur Casey.
Personnellement, je suis content d’être avec toi, lui avoua-t-il avec un sourire amical. Franchement, je ne me voyais pas passer la soirée avec un inconnu et je n’aurais pas supporter être avec quelqu’un que je n’apprécie pas. »

Il était sincère. Malgré sa timidité, Casey semblait fort sympathique et il n’y avait pas plus calme que lui. Steven préférait largement sa compagnie qu’à celle de, voyons voir, Cassandre Harper, par exemple. Depuis leur duel, il n’avait aucune envie de cottoyer à nouveau la Gryffondor. Pas forcément par peur, il craignait surtout de perdre le contrôle de la folie vengeresse qui brûlait en lui. S’il le pouvait, il se vengerai de Harper puissance 1000, lui faisant payer l’affront qu’elle avait commis. Mais sa bonne éducation basée sur l’adage populaire « Ne fait pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse » permettait à Cassandre d’échapper à sa rancune.

Steven entreprit d’engloutir un autre petit-four – ils étaient tellement bons -, afin de calmer ses ardeurs, mais il ne fit pas attention à ses mouvements et tira sur le ruban blanc qui le reliait à Casey.

« Pardon, j’avais oublié ce machin, souffla-t-il en redonnant du mou au lien magique. Ce que je veux, ajouta le jeune homme pour reprendre les paroles de son partenaire. C’est nous débarrasser de ça. Il faut surmonter la distance entre nous… Donc se trouver des points communs ou je ne sais quoi… Tu as des idées ? demanda-t-il à son camarade.
Et puis, je ne fais que manger depuis tout à l’heure mais je ne t’ai rien proposé… Ceux-là sont très bons, » termina le Poufsouffle en désignant un plat de mignardises délicieusement dorées.



Kit Par Irving Ship
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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En voyant l'organisatrice de la soirée enfin daigner lui venir en aide, Mildred Magpie poussa un long soupir dans lequel pouvait se ressentir autant de soulagement que d'exaspération. Car pour l'heure, ce n'était pas un concert des Bizarr'Sisters auquel elle assistait, mais plutôt celui du Blizzarr'Winter qui de son souffle glacé lui donnait la chair de poule. Fustigeant l'organisation, elle braqua un index accusateur en direction du gorille qui avait osé lui barrer l'entrée.

"C'est lamentable! Que dis-je ? C'est une honte que de laisser une star en décolleté errer dans ce froid polaire ! Mais pour qui me prenez-vous ? Une vulgaire roturière ? Je ne suis pas n'importe qui, vous savez ! Croyez-moi, vous aurez de mes nouvelles ! Au moindre rhume ou infime toussotement, je vous colle un procès pour maltraitance ! "

Écartant sans ménagement le portier de la main, Mildred le dévisagea une dernière fois avant de lui signifier toute l'étendue de son mépris, au travers d'une terrifiante et dernière menace.

"Et toi, je vais m'assurer que tu sois muter rapidement en Antarctique. On verra bien si tu joueras encore les gros malins quand tu feras le planton sur la banquise ! "

Mildred Magpie pouvait comprendre que les règles de sécurité puissent s'appliquer à la populace. Mais écarter une vedette aussi prestigieuse que la plus grande romancière de tous les temps ; N'était-ce pas le gage d'une soirée ratée ? Tout en suivant l'organisatrice, Mildred Magpie continua de ruminer son profond mécontentement.

"J'espère au moins que vous n'allez pas me contraindre à m'enchainer à un vieux porc qui sent l'alcool et la transpiration! Laissez-moi librement choisir le prince de ma soirée, car une aussi prestigieuse cavalière que moi mérite la plus belle des montures! "  

Soucieuse de son look, l'horripilante Diva extirpa une petite palette de maquillage magique de sa pochette de luxe, de manière à gommer le moindre défaut qui trahirait son âge et la fatigue accumulée par ses multiples activités. Étrangement cet évènement revêtait une importance cruciale qui dépassait le cadre journalistique. En effet, si la reine du scandale avait bien l'intention d'être à l'affut du moindre ragot fumant ; La motivation principale qui l'avait poussée à se joindre à ce bal de charité était beaucoup plus intime. Cela faisait trois nuits que la sorcière en mal d'amour n'arrivait plus à fermer l’œil, et que ses nuits étaient aussi blanches que le voile d'une future mariée. La raison de ses insomnies avait pour origine un courrier déposé par hibou anonyme dans la boite aux lettres magiques de son splendide palace de Leopolgrad. Dès la toute première lecture, le cœur de Mildred n'avait cessé de rebondir dans sa poitrine au rythme des mots qui composaient cette merveilleuse lettre d'amour...

Lettre d'Amour Anonyme pour Mildred:
 

Par Merlin ! Un admirateur secret aussi poétique dans ses métaphores que romantique dans l'expression de son admiration ! Relisant sans cesse chacune des lignes qui la composait, Mildred Magpie ne pouvait plus se départir de cette fabuleuse déclaration manuscrite qui embrasait ses sens. Combien de fois l'avait-elle lue ? Mille fois ? Un million ? Cela n'avait guère d'importance, tant chaque relecture provoquait invariablement le même émoi chez la romancière : Bouffées de chaleur, tremblements, soupirs d'extases envahissaient sa routine de quadragénaire célibataire pour la laisser toute chose sur ses draps roses. De simples mots venant d'un illustre inconnu, et voilà que la célibataire la plus riche du Monde Magique retrouvait espoir et foi en l'Amour, mais également en la Saint-Valentin. Allait-elle enfin pouvoir briser la funeste malédiction que lui avait lancé le méchant Adonis? Même si elle ignorait tout de l'auteur de cette déclaration enflammée, Mildred ne boudait pas le plaisir de laisser libre cours à son imagination débridée. Dans son cœur de romancière à l'eau de rose, il ne pouvait que s'agir d'un merveilleux prince venant la secourir sur son blanc destrier. Sourire empreint de béatitude, elle se laissait alors aller aux fantasmes les plus insensés, que ce soit en première dame auprès du grand Leopold Marchebank, ou entre les mains expertes de l'Archimage le plus sexy du Monde Magique. Bref, Mildred nageait dans le bonheur, et dans un rêve qui allait forcement se concrétiser en cette merveilleuse soirée de la Saint-Valentin...

Au diable le protocole et autres mondanités, la milliardaire se devait de trouver rapidement l'élu de son cœur ! Du fait de l'incompétence de certains, elle accusait déjà un net retard, inutile de se faire désirer plus longuement ! C'est pourquoi, elle faussa compagnie à l’hôtesse de la soirée pour rejoindre une position stratégique depuis laquelle elle pourrait retrouver son Roméo mystérieux. Pour cela, elle ne disposait que de peu d'indices : Son poétique admirateur avait de larges épaules musclés, un costume à la mode des moldus et arborait une cravate bleu. Juchée sur l'estrade sur laquelle les Bizarr'Sisters allaient faire leur show d'une minute à l'autre, le cœur battant la chamade, Mildred Magpie dégaina ses Multiplettes pour scruter la foule à la recherche de son amoureux anonyme. Merdouille! Tous les convives étaient d'ores et déjà enrubanné entre eux! Cela risquait de compliquer la chose, même si Mildred n'était pas prête à laisser tomber cette merveilleuse opportunité. Non cela ne pouvait pas être son ami Jonah Forbes, ni ce jeune bouclé qui détalait comme un lapin pour se farcir son athlétique cavalière. Mais où donc se cachait Abel Laveau? Alors qu'elle le cherchait ardemment avec ses petites jumelles, la journaliste à scandale tomba net sur un couple au combien mal assorti composé d'un homme en costume parfait et d'un adolescent à la mine désabusée. La bouche de Mildred s'arrondit de stupeur, et il manqua de peu qu'elle laisse s'échapper un cri hystérique de sa gorge nouée par l'émotion. Costume moldu, check! Cravate sans doute bleu, malgré l'éclairage tamisé, check! Épaules musclées, check! Les mains moites de Mildred se crispèrent sur ses Multiplettes, alors qu'elle découvrait le visage balafré de son admirateur secret, et ce que cela impliquait : Elle allait devenir la première Dame du Monde Magique !

Depuis le temps qu'elle en pinçait pour Leopold Marchebank, la romancière ne pouvait croire en ce rêve éveillé ! Mais pourtant, elle était bien là à admirer le meilleur parti du Monde magique et sa belle cravate ! Mais pourquoi un tel revirement ? N'avait-il pas déjà maintes fois balayé ses avances ? En tentatrice de Ministre, Mildred avait multiplié les décolletés affriolants, les compliments osés, sans que le grand Leopold Marchebank ne décroche les yeux de son épouse ! Alors pourquoi lui avait-il écrit cette lettre ? Sans doute trouvait-il sa romance avec Rosaleen trop fade à son goût, et il aspirait à vivre enfin une passion plus torride et épicée ! Mildred se voyait déjà en haut de l'affiche, quitte à devoir consentir certain sacrifice comme celui d'offrir un sale mioche en guise d'héritier au Ministre. La milliardaire en mal d'amour était prête à s'offrir corps et âme à son futur époux ! Elle dépenserait sans compter pour s'offrir le mariage le plus insensé jamais vu jusqu'alors. Il était temps de briser sa solitude et de répondre aux espoirs de son admirateur. Mildred prit une longue inspiration et fit le premier pas...

C'était comme marcher sur du coton, tant l'émotion lui cisaillait les jambes. Au diable les convenances et le scandale, la vérité allait éclatée en cette merveilleuse journée de la Saint-Valentin. Pour signaler sa gracieuse présence, Mildred tenta bien un geste de salutation enjoué de la main à l'attention du beau Leopold, mais ce dernier paraissait absorber par sa conversation entretenue avec son boulet du soir. En plissant les yeux, Mildred découvrit que celui-ci n'était autre que le jeune Virgil, le plus indiscipliné chiot de la portée Forbes. Combien de fois ne l'avait-elle pas exclue de son atelier théâtre pour remarques insolentes ou diverses polissonneries. Mildred le soupçonnait même d'avoir farfouillé dans son sac à main de luxe, et de lui avoir dérobé certains objets très intimes et personnels. Mais faute de preuve, ou par honte de divulguer le contenu de son sac à main, elle n'avait point porté plainte. Virgil pensait peut-être pouvoir payer les galions de sa Mandragore qu'il fumait en cachette. Quel garnement, et pauvre Jonah! Lui qui était un si bon père, un modèle d'éducation, cela devait être compliqué de voir l'une de ses brebis s'écarter autant du troupeau...

Mais pour l'heure, Mildred Magpie avait autre chose à faire que de perdre son temps avec un adolescent en mal d'émotion forte. La romancière était sur le point d'écrire une grande page de l'histoire du Monde Magique! Une romance dont ne cesserait de parler les générations futures! Pour s'offrir un maximum de chance, la sorcière rousse tira délicatement sur son bustier pour offrir une vue imprenable et plongeante au poétique ministre. Puis elle posa sa main sur l'épaule de Virgil pour le contraindre à reculer quelque peu, avant plaquer son index sur les lèvres de l'adolescent pour l'empêcher de gâcher ce moment historique de sa vie amoureuse.

"Virgil! Bien que tu ne sois pas l'élève le plus méritant, tu vas avoir le privilège d'être témoin du plus grand moment de l'histoire de notre Monde Magique. Alors cesse d'importuner le Ministre, et laisse nous parler entre grandes personnes! "

Mildred plongea alors son regard de braise dans celui de son admirateur secret avant d'ajouter d'une voix suave.

"Je crains de vous avoir démasqué, monsieur le ministre... Alors comme cela, vous n'aspirez qu'à n'être qu'un collier de diamants reposant sur ma gorge généreuse? Une bulle torride de mon jacuzzi qui viendrait frôler mon intimité? Ou encore cette modeste pierre que je viendrai caresser de la pointe de mes escarpins de luxe? Franchement... "

Mildred avança d'un pas pour coller sa poitrine généreuse contre le torse du balafré le célèbre du Monde Magique, avant d'ajouter :

"Pourquoi ne vous restreindre qu'à cela, alors que vous pouvez m'avoir toute entière! "

La bouche de Mildred forma alors l'empreinte du baiser torride qu'elle s’apprêtait à déposer sur les lèvres du Ministre. La reine du scandale ferma les yeux pour savourer pleinement l'instant le plus délicieux de sa vie...


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"Vous m'en voyez très déçu", répliqua Leopold avec amusement quand Virgil affirma qu'il n'était pas son type. "Avec un peu de chance, nous serons séparés assez vite et vous pourrez profiter de la soirée en plus galante compagnie... Tout comme moi."

Son regard balaya la foule et s'arrêta sur Kessy et Rosaleen un peu plus loin. Charmant tableau que celui-là, qui plairait aux journalistes, assurément. La question - plutôt osée - de Virgil le tira de sa contemplation, et il reporta son attention sur son compagnon d'infortune, un rictus au coin des lèvres. Ce qu'il avait fait de plus dément en Autriche... Faire empoisonner son propre père, est-ce que cela comptait ?

"Oh, rien que je ne puisse raconter à de jeunes oreilles innocentes, j'en ai peur", répondit-il d'un air sibyllin. Toutes les anecdotes qui lui revenaient en mémoire n'étaient pas appropriées pour une conversation avec un adolescent et dans ce contexte, où il était censé se présenter comme le bon père de famille.

Le ministre s'apprêtait à relancer la conversation quand une perturbation extérieure intervient pour les tirer de cette discussion, sous la forme d'une rousse plantureuse. Le regard de Leopold plongea instantanément dans l'immense décolleté de la journaliste, tandis que cette dernière s'adressait à Virgil en prononçant des paroles qui le mirent instantanément en alerte. Plus grand moment de l'histoire de notre monde magique ? Mais qu'est-ce qu'elle allait encore inventer ? Avant même d'avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, Leopold se retrouva hameçonné par le regard de braise de Mildred, tandis que sa poitrine venait se coller contre son torse. Par réflexe, Leopold esquissa un mouvement de recul, et ses yeux s'arrondirent d'incrédulité à l'entente de ses paroles. Un frisson de dégoût le parcouru à l'évocation des bulles du jaccuzzi qui effleuraient son intimité. Pourquoi implanter de telles images dans sa tête ?!

Il laissa échapper une exclamation quand elle avança ses lèvres vers lui et fit un bond brusque en arrière, entraînant le pauvre Virgil avec lui.

"Mais enfin Miss Magpie ! Je peux savoir ce qui vous prend !", s'exclama-t-il d'une voix grondante. "Vous avez perdu la tête ?"

Des bruissements autour de lui lui apprirent que la scène n'était pas passée inaperçu, et il étouffa un juron entre ses dents. Merlin, cette bonne femme était incroyable. Non contente de lui faire du rentre-dedans à la moindre occasion, elle s'attaquait désormais à lui en public, au beau milieu d'une soirée de commémoration, en présence de sa femme et de ses enfants ! Comment anéantir en un instant les efforts déployés pour tenter de redorer l'image du ministre et de son régime. Déjà qu'il était étiqueté comme un coureur de jupon, il ne pouvait pas laisser passer ça ! Il fallait qu'il étouffe dans l'oeuf la moindre rumeur au sujet d'une idylle entre Magpie et lui.

Le ministre ne chercha pas à dissimuler l'aversion que lui inspirait Mildred. Non pas qu'elle ne soit pas séduisante - d'ailleurs, elle aurait eu ses chances avec lui si elle n'avait pas été aussi désespérée - mais elle était complètement timbrée.

"Suivez-moi", dit-il d'un ton péremptoire, avant d'attraper sans douceur le poignet de la journaliste. D'une main de fer, il la traîna derrière lui et traversa la salle à grandes enjambées, Mildred d'un côté et Virgil de l'autre. Les gens s'écartaient pour les laisser passer, à la vue du visage fermé du ministre, qui ne s'arrêta qu'une fois parvenu à la hauteur de Rosaleen.

"Voilà !", s'exclama-t-il d'une voix forte en dardant des yeux noirs sur Mildred. "Vous souhaitez expliquer à mon épouse comment vous avez tenté de me séduire et de m'embrasser ? Alors ?"

Ses doigts étaient toujours fermement serrés sur le poignet de la journaliste, qu'il secouait sans ménagement.

"Je suis vraiment désolé pour vous que votre vie soit tellement triste et pathétique que vous vous sentiez obligée de sauter sur le premier mâle à disposition, mais ce n'est absolument pas mon problème. Si vous trouvez cela approprié de courir après le ministre de la magie, au beau milieu d'une cérémonie commémorative pour les victimes de Leopoldgrad, sous le nez de mon épouse et de mes enfants, je ne peux rien pour vous", lâcha-t-il avec colère et mépris. Mildred Magpie était la rédactrice-en-chef de Multiplettes ; il fallait mettre une distance nette entre cette femme et lui avant que le journal perdre toute crédibilité en imaginant des liens un peu trop étroits entre Magpie et lui... En l’occurrence, des liens étroits existaient bien, mais pas de cette nature là. Leopold préférait encore humilier publiquement Mildred que de laisser le doute planer sur une relation de cette nature entre eux. La Reine du scandale n'aurait jamais aussi bien porté son nom.

Une fois de plus - une fois de trop - Mildred Magpie prenait ses libertés avec lui et il était temps qu'il la remette à sa place une bonne fois pour toutes. Cette fois, il lâcha la journaliste et parcourut les invités du regard, dont certains avaient interrompu leurs conversations pour les écouter.

"J'aime mon épouse et j'aime ma famille. Je ne tolérerai pas qu'on leur porte préjudice avec ce genre d'attitude déplorable. Et je ne veux pas entendre la moindre rumeur dégradante courir, c'est bien compris ?"

Tournant la tête vers Rosaleen, Leopold encadra doucement son visage de ses mains - et la main de Virgil suivit le mouvement. Il plongea son regard dans le sien en l'observant avec tendresse. Cela faisait longtemps qu'il ne lui avait pas adressé de marque d'affection en public, ni réellement dans l'intimité, d'ailleurs. Mais l'idée qu'on puisse humilier Rosaleen en le traitant comme un homme volage et infidèle le dérangeait au plus haut point, et le rappelait à ses voeux. Oh, volage il l'était, infidèle parfois aussi, mais jamais d'une façon aussi vulgaire, ni aussi publique.

"Je t'aime", lui souffla-t-il avant de se pencher pour l'embrasser doucement. Du coin de l'oreille, il entendit quelqu'un émettre un "oh" attendri, probablement Kessy, et sourit contre les lèvres de Rosaleen. Décidément, il n'aurait pas tenu plus d'une demi-heure dans cette soirée sans que sa vie personnelle ne soit au coeur de l'attention. Isobel allait être ra-vie.

Se rappelant soudain qu'il avait un ado accroché au bras, Leopold s'écarta de Rosaleen mais glissa son bras libre autour de ses épaules. Il voulut s'excuser pour ce passage mouvementé auprès de son compagnon du soir, mais celui-ci venait de se faire accaparer par Kessy, qui le saluait.

"Désolé pour ça", souffla-t-il alors à l'attention de son épouse. "Je ne sais pas ce qui est passé par la tête de moineau de cette journaliste de malheur."

Journaliste qui avait pourtant multiplié les articles dégoulinants de bons sentiments sur la famille ministérielle et la naissance de Nicholas... Mais il fallait croire que la décence ne l'étouffait pas.



Christoph Waltz, merci à Roy
Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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Peter était d’humeur sombre, comme souvent ces temps-ci. Il avait plus d’une raison de s’inquiéter et aurait été bien incapable d’identifier exactement la source de ce mal-être. Le sujet de la soirée y était peut-être pour quelque chose. Poudlard avait perdu deux élèves dans l’attentat de Léopoldgrad. Des élèves qui auraient dû être en sécurité à Poudlard. Ce genre d’accidents arrivaient beaucoup trop souvent et chaque nouveau drame entamait un peu plus la réputation de l’école de magie. Combien de morts faudrait-il encore avant que les parents sorciers ne commencent à douter sérieusement de la sécurité de Poudlard ? Peter appréciait sincèrement Daisy, en tant qu’amie et en tant que collègue, mais il commençait à songer qu’elle manquait de fermeté pour le poste de directrice. Il était primordial que l’école reste un endroit sûr, où les jeunes sorciers pouvaient suivre leur scolarité en étant protégés des évènements extérieurs.

Peter n’était pas dupe, il savait très bien qu’il y avait, au sein de l’équipe enseignante, des membres qui désapprouvaient le régime de Marchebank. Et grand bien leur fasse ! Ils étaient parfaitement libres de penser ce qu’ils voulaient, mais il était hors de question que Poudlard devienne un lieu de résistance. Peter ne tolérerait pas la moindre activité risquée entre les murs de l’école, et s’il n’avait pour le moment aucune preuve de ce qu’il pressentait, il n’hésiterait pas à en avertir Daisy dès que ce serait le cas. A moins que la directrice ne soit parfaitement au courant… Se rendait-elle seulement compte du danger que la moindre activité résistante au sein de l’école ferait peser sur chacun de ses élèves ? Peter secoua la tête et lissa les manche de son costume noir.

En tant que professeur, il était tenu de se rendre à la soirée de saint-valentin qui se tenait dans la Grande Salle, bien qu’il n’en ait aucune envie. Il aurait déjà dû y être depuis une bonne vingtaine de minutes, d’ailleurs, mais il attendait Rachelle qui avait gentiment proposer de garder Lou pendant la soirée, comme elle le faisait souvent. Chloé était de plus en plus absente, pour ne pas dire qu’elle les avait complètement abandonnés, et Lou passait plus de temps avec la jeune infirmière qu’avec sa propre mère. C’était peut-être mieux ainsi, de toute façon. Peter préférait vivre seul plutôt que de partager un appartement avec une étrangère, comme cela avait été le cas pendant un an. Combien de fois s’étaient-ils disputés, avant qu’un silence glacial ne vienne remplacer leurs échanges enflammés ? La situation semblait sans issue. Chloé n’en faisait qu’à sa tête et n’avait plus à cœur que la résistance, et Peter refusait de la laisser mettre leur fille en danger en agissant comme la Gryffondor impulsive qu’elle était.

Ils ne s’étaient jamais vraiment séparés. Peut-être parce qu’ils n’en avaient pas eu le courage, ou peut-être parce que ce n’était plus nécessaire. Il n’y avait plus aucune relation à laquelle mettre un terme. Leur histoire s’était simplement essoufflée petit à petit et avait fini par s’éteindre définitivement. Le sous-directeur ne se faisait pas d’illusions, son couple était fini depuis longtemps.

« Papaaaaaa ! »

Peter baissa les yeux et sa mine lugubre s’éclaira d’un sourire alors qu’il posait le regard sur sa fille qui tirait sur le bas de sa veste de costume avec insistance.

« Je peux avoir une histoire ?
- Tu as pris ton livre ? demanda-t-il en espérant gagner quelques minutes, le temps que sa fille ne retrouve ledit livre.
- Oui ! »

La petite fille leva sa main gauche dans laquelle elle tenait fermement le livre de contes animé que lui avait offert Daisy pour son anniversaire l’année dernière. Lou fêtait ses trois ans dans moins d’un mois et grandissait à vue d’œil.

« Encore celui-ci ? s’étonna-t-il. La fillette hocha vivement la tête. Tu connais déjà toutes les histoires ! Et lui aussi, sur le bout des doigts, il aurait pu réciter chaque conte par cœur.
- Je veux Lapina Babille !
- Tu veux que Papa t’offre un nouveau livre pour ton anniversaire ? Avec d’autres histoires ?
- Non ! Je un Boussouflet !
- Boursoufflet, corrigea-t-il. Et non ma chérie, Papa est allergique, mentit-il.
- Maaaaaiiiis…. »

Les jérémiades de Lou furent interrompues par trois coups frappés à la porte et la fillette s’élança vers la perte d’entrée aussi rapidement que ses petites jambes le lui permettaient. Peter la rattrapa en deux enjambées et la hissa dans ses bras avant d’ouvrir la porte à une Rachelle essouflée.

« Peter je suis désolée ! Le petit Johnson s’est brûlé en cours de potions cet après-midi et un de ses camarades a essayé de préparer lui-même une potion apaisante, un désastre ! Sa peau vient juste de retrouver une couleur normale.
- Aucun problème, je n’ai aucune envie d’y aller de toute façon… Il n’allait à cette soirée que pour entendre les Bizzar’ sisters. Et parce qu’il était obligé.
- Pas y aller ! intervint Lou avec sagessse.
- Il faut que j'y aille, expliqua-t-il. Mais je reviens vite. Merci encore Rachelle, tu me sauves !
- Avec plaisir !
- Tu lis Lapina Babille ? s’enquit Lou en passant des bras de son père à ceux de l’infirmière.
- Si tu veux ! Mais on va aller lire ça à l’infirmerie d’accord ? Juste au cas où quelqu’un se blesse au cours de la soirée, ajouta-t-elle à l’intention de Peter. On ne sait jamais. »

Peter approuva les paroles de la jeune femme d’un hochement de tête, déposa un baiser sur les cheveux blonds de sa fille et referma la porte derrières elles tandis qu’elles prenaient le chemin de l’infirmerie. Il appréciait beaucoup Rachelle, qui était toujours disposée à s’occuper de Lou –qui l’adorait- mais la soupçonnait de transmettre des médicaments et autres produits de soins à la résistance, les stocks de l’école se vidaient beaucoup trop rapidement.

Il chassa ses pensées de son esprit et attrapa sa baguette posée sur la table basse avant de quitter la pièce à son tour. Il aurait l’occasion de nourrir ses soupçons à l’encontre de ses collègues plus tard. Ce soir il devait faire bonne figure, il espérait pouvoir discuter avec quelques parents d’élèves pour mesurer l’impact des derniers évènements sur la réputation de l’école.

Il se retrouva rapidement à l’entrée de la Grande Salle, où l’attendait un spectacle des plus incongrus. Partout autour de lui les gens étaient attachés par deux, visiblement contre leur gré à voir les mines résignées. Qu’est-ce que c’était que ce bazar ? Cet évènement était une soirée de recueillement, pas un vulgaire goûter d’anniversaire. Peter soupira et se pinça l’arête du nez. Voilà qui n’allait pas aider à redorer l’image de Poudlard !

Il suivit avec un regard curieux la scène entre Mildred Magpie et le ministre de la magie. Cette soirée sombrait de plus en plus dans le ridicule, songea-t-il avec un soupir. Un sourire amusé passa néanmoins sur son visage face au comique de la situation : Mildred Magpie, incendiée par le Ministre lui-même, sous les yeux de sa femme et de ce pauvre Virgil Forbes, attaché malgré lui au poignet du Ministre. Voilà qui allait alimenter les conversations pour le reste de cette soirée, bien qu’elle soit censée être réservée à la mémoire des victimes de l’attentat. Entre pleurer les morts ou jaser sur la vie personnelle du Ministre, le choix serait surement vite fait. Plusieurs personnes pointaient déjà le petit groupe du doigts en chuchotant avec leurs voisins. Peter leva les yeux au ciel face à tant de voyeurisme et entreprit de se diriger vers le bar, saluant Thelma sur son passage. Il commanda une vodka sans glace et s’éloigna rapidement du buffet. Ce coin de la salle était noir de monde et l’atmosphère y devenait étouffante. Il s’éloigna un peu de la foule et desserra légèrement sa cravate bleue pour pouvoir respirer plus à son aise.



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Virgil Forbes


Virgil était un peu deçu que le Ministre ne lui en dise pas plus. Il était loin d'avoir "des jeunes oreilles innocentes" et il se sentait  vraiment prêt à entendre les récits débauchés de Marchebank. Mais lui, était-il prêt à les confier ? Assurément non... Il avait beau affirmer que Virgil était trop jeune pour entendre ça, c'était sa réputation que le Ministre protégeait et non pas les pseudos chastes oreilles de l'adolescent. Virgil n'était pas dupe ! Il s'apprêtait à le lui faire remarquer  lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule, l'invitant à se reculer légèrement. Le jeune homme se tourna quelque peu pour voir qui venait l'importuner alors qu'il tentait tant bien que mal de faire un peu plus ample connaissance avec Leopold Marchebank et son regard se posa bien vite sur deux obus fripés. Une si lourde poitrine  offerte avec tant d'impudeur ne pouvait appartenir qu'à une femme, se dit-il en remontant le regard du décolleté plongeant de l'intruse à son visage fardé: Mildred Magpie.  En la découvrant, Virgil arbora instantanément son air d'adolescent obtus et blasé. Elle était la responsable de tous ses soucis depuis le début d'année, que ce soit ses privations de sorties à Pré-Au-Lard le week-end ou son obligation de suivi à l'infirmerie pour "dépendance à la drogue". Si seulement cette foutue romancière ne l'avait pas trouvé en train de fumer de la mandragore dans la salle des arts, son premier semestre aurait été tout autre... Virgil le savait et il en voulait encore énormément à la romancière à succès d'être aller trouver Jonah pour tout cafter. Il s'était vengé d'elle en lui volant quelques effets personnels dans son sac à main pendant qu'elle animait l'atelier théâtre, mais cela n'avait pas suffit à faire taire sa frustration. Pourtant, il y avait récupéré les plus belles pièces de sa collection d'objets volés:  Une gaine ventre plat fesses bombées, taille 44, soigneusement pliée dans une poche intérieure du sac, un bâton de rouge à lèvres et enfin, ce petit canard vibrant à l'allure de jouet que Virgil avait prit soin de faire léviter jusqu'à sa cachette refusant une seule seconde d'être en contact avec lui. Il devinait fort bien la fonction réelle de ce petit animal et il devait avouer qu'il éprouvait un malin plaisir à imaginer Mildred Magpie mortifiée à l'idée d'avoir perdu un tel objet dans l'enceinte de Poudlard...

Mais pour l'heure, la romancière à succès ne semblait pas du tout mal à l'aise, au contraire. Les joues rosies par l'émotion, il émanait d'elle une sorte d'euphorie et d'inconscience qui laissa l'adolescent perplexe. Il  ne put retenir un léger mouvement de recul lorsqu'elle posa son index parfumé sur ses lèvres. Ce n'était pas le genre de geste qu'une vieille femme pouvait se permettre sur un jeune homme, se dit-il en dégageant le doigt de la romancière de sa main libre. Cela ne sembla pas froisser Magpie pour autant puisqu'elle enchaina, comme si de rien n'était, en affirmant qu'il allait être le témoin du plus grand moment de l'histoire. La rédactrice en chef de Multiplettes darda alors un regard de braise sur le Ministre et Virgil sut, à cet instant, qu'il tenait enfin sa revanche.

La situation allait dérapée. C'était indéniable. Le parfum du scandale était dans l'air depuis que Magpie avait débarqué avec son air possédé. Le malaise ultime de la soirée songea Virgil en plongeant la main dans sa poche pour attraper son Pear One et le sortir discrètement. Il ne comptait pas rater ça et il espérait bien pouvoir voir et revoir ce merveilleux moment à l'infini. Il ouvrit donc le clapet du son téléphone magique et pressa, en douce, la touche enregistrer. Les hologrammes de Magpie et Marchebank se matérialisèrent au moment où il était question de bulles de jaccuzzi et d'intimité. Virgil afficha une grimace de dégout quasiment simultanément avec le Ministre et il ne put retenir un "Oh, Bordel de troll"  lorsque Magpie colla son opulente poitrine contre le torse du Ministre. Virgil ne savait pas ce qu'elle avait pris comme drogue ce soir mais elle aurait mieux fait de s'abstenir, se dit-il en ne perdant pas une miette de l'échange dans son enregistrement, du moins jusqu'à ce que Leopold Marchebank ne fasse un bond en arrière et ne l'entraine brusquement avec lui. Les hologrammes vacillèrent mais l'appareil capta distinctement les propos outrés du Ministre.

Virgil ne cherchait plus à cadrer quoi que ce soit, la voix de Marchebank avait tonnée dans l'air, faisant se retourner plusieurs personnes autour d'eux. L'adolescent capta le regard inquiet de son père -sûr qu'il devait penser que son fils était à l'origine du mécontentement de Marchebank- et croisa les yeux de plusieurs camarades de classe avant d'être entrainé sans ménagement à la suite du Ministre une nouvelle fois. Leopold les guidait d'un pas martial, Magpie et lui, en direction de l'entrée et Virgil se retrouva à son insu au centre d'une haie d'honneur qui déboucha sur Rosaleen Marchebank.

Conscient que l'attention de tous les convives était posée sur eux, Virgil referma son Pear One et le glissa dans sa poche tandis que Marchebank mettait Magpie face à ses responsabilités en la confrontant directement à son épouse.
Virgil n'aurait jamais pensé que son pressentiment du début de soirée puisse être aussi vrai. Il était réellement au cœur du malaise cette fois-ci même si sa position était nettement plus confortable que celle de Magpie. L'adolescent se pencha légèrement en arrière pour observer le visage de la romancière derrière la nuque de Leopold. Elle avait perdu de sa superbe depuis leur dernière entrevue dans la salle des professeurs ! Où était-il passé ce petit air supérieur et méprisant qu'elle avait arboré en le trainant par le lobe de l'oreille- devant Kasya- de la salle des arts jusqu'à la salle des profs  ? Hein ? Virgil ne pouvait pas s'empêcher de songer à l'ironie de la situation. C'était elle, maintenant qui était traité comme une petite fille fautive ...

L'adolescent retint difficilement le sourire mauvais que lui inspirait cette situation mais il y parvint, non sans effort. Pour cela, il se concentra sur les mouvements de Léopold cherchant à entraver le moins possible le Ministre dans ses gestes. Il retint sa respiration lorsque Marchebank esquissa un geste pour attraper le visage de sa femme entre ses mains. Sans le vouloir, Virgil accrocha légèrement une boucle d'oreille de la première dame à qui il jeta un regard d'excuse. La situation devenait beaucoup trop intime pour lui là, il pouvait sentir les cheveux de la première dame lui caresser le poignet et, pour le coup, il n'était plus du tout amusé...

"Je t'aime."

La voix douce de Leopold Marchebank raisonna dans l'oreille gauche de Virgil et soucieux de ne pas gâcher le moment du Ministre, le Gryffordor tenta de se faire le plus transparent possible. Ce ne devait pas être simple pour la première dame de se concentrer sur le baiser de son mari avec un adolescent scrutant leur étreinte de ses yeux cernés, se dit-il en baissant pudiquement les yeux sur ses souliers pour leur laisser un peu d'intimité.

Il sentit alors une douce chaleur englober son poignet et lorsqu'il releva le regard, le lien de soie qui l'unissait initialement à Leopold Marchebank avait disparu. Merlin ! Ils avaient réussi à se libérer ! constata- Virgil en massant son poignet de sa main libre. Trop accaparé par son épouse, le Ministre ne semblait même pas avoir remarqué leur libération et ce fut le jeune homme qui  lui tapota l'épaule pour  le lui montrer.

"Euh... C'est bon... Nous sommes détachés, lâcha-t-il en brandissant son poignet partiellement marqué de rouge (Marchebank n'y était pas allé de main morte à le trainant d'un bout à l'autre de la Grande Salle) , Et bien, ...ravi de vous avoir rencontrer. Ravi ce n'était pas forcément le mot mais Virgil se pliait volontiers aux formules d'usage pour abréger cette situation, Au revoir, dit-il en faisant un pas en arrière. Il ne voulait pas prendre le risque de serrer la main du Ministre et de se retrouver de nouveau lié par un bout de tissu, Madame, souffla-t-il à l'attention de Rosaleen, Kessy."

Il fit alors volteface et fendit la foule pour s'éloigner le plus loin possible du Ministre. Il était libre putain ! Et à juger par les personnes autour de lui, il était dans les premiers à avoir réussi à contrer le sortilège. Parfait ! Maintenant, il ne lui restait plus qu'à mettre la main sur Damon et Kasya et de prier pour que ses potes aient pu faire rentrer un peu de Volubilis dans le château. Mais avant ça, il avait une dernière chose à faire.

Virgil s'arrêta au milieu de la foule et sortit son Pear One de sa poche pour l'ouvrir. Il pianota sur quelques touches et les hologrammes de Magpie et de Marchebank se matérialisèrent sous ses yeux....

"...qu'un collier de diamants reposant sur ma gorge généreuse? Une bulle torride de mon jacuzzi qui viendrait frôler mon intimité? Ou encore cette modeste pierre que je viendrai caresser de la pointe de mes escarpins de luxe? Franchement... Pourquoi ne vous restreindre qu'à cela, alors que vous pouvez m'avoir toute entière! "
"Oh bordel de troll."
"Mais enfin Miss Magpie ! Je peux savoir ce qui vous prend ! "Vous avez perdu la tête ?"



Le visage de Virgil illuminé par la lueur des deux hologrammes s'anima  d'un sourire mauvais. Il hésita une fraction de seconde et appuya finalement sur le bouton partage. Il sélectionna la totalité de son répertoire et enfonça d'un geste vengeur la touche "Envoyer."
Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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À la légère rebuffade de Jeremy Baker, Isobel réalisa qu’elle n’avait pas été très aimable, sans raison. Il ne devait pas être ravi non plus d’être collée à elle pour la soirée, il avait sûrement d’autres choses à faire, tout comme elle. Peut-être même qu’il était une victime, comme elle, et qu’il n’avait pas envie de gérer cette soirée en présence de quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Elle était tendue parce qu’elle n’avait pas envie d’être là, d’être au milieu de tous ces gens et parce qu’elle n’aimait pas se rappeler de l’attentat. Elle préférait oublier cela très vite. Cette répulsion dictait ses réactions or, ce n’était pas bon de se laisser faire ainsi, surtout dans une soirée où elle allait devoir travailler. Alors elle s’adoucit un peu.

- Oui, excusez-moi. Je suis… Elle soupira, nerveuse. Un peu tendue à cause de cette soirée, c’est tout. Isobel Lavespère, je travaille pour le Ministère. On m’a forcée à être ici, pour le travail, donc… Elle haussa légèrement les épaules. Je n’ai pas été très aimable, je suis désolée.

S’ils devaient rester collés le temps de la commémoration, autant qu’ils ne partent pas du mauvais pied, surtout pas sa faute. Ils n’avaient pas eu vent de cette « animation » au niveau un et clairement, elle allait en faire savoir quelque chose aux organisateurs. Aucune victime d’attentat n’avait envie d’être collée à de parfaits inconnus, aucun membre important du Ministère, que ce soit le Ministre lui-même ou les Directeurs, n’aurait dû être forcé à parler à qui que ce soit. Et si des terroristes se cachaient parmi les présents ? C’était probable et ce n’était pas bien qu’ils puissent approcher les grands pontes de si près. C’était si facile de glisser du poison dans un verre…

Son camarade-forcé sembla en tout cas assez déterminé à les séparer, au vu de la manière attentive dont il se pencha sur leur lien armé de sa baguette magique. Il tenta quelques sortilèges qui ne fonctionnèrent pas, malheureusement. Pourtant, il avait l’air de si connaître au vu de la manière assurée dont il identifia le charme.

- Vous êtes un spécialiste du domaine ? s’enquit-elle. Avec un peu de chance, il allait avoir les connaissances pour dénouer tout ça afin qu’ils puissent retourner à leurs soirées respectives. J’aimerais pouvoir vous aider mais les enchantements, ce n’est pas mon fort…

Les enchantements occidentaux, entendons-nous bien. Si c’avait été un sortilège vaudou, elle serait déjà loin… L’inscription, néanmoins, la taraudait.

- Il faudrait donc qu’on obtienne une… proximité émotionnelle ?

Si c’était ça, ils allaient en avoir pour quelques heures : déjà avec ses amis, elle avait du mal alors avec un inconnu… Mais elle n’eut pas le temps d’approfondir cette hypothèse qu’un énorme problème passa dans son champ de vision. Cet énorme problème, c’était Mildred Magpie, extravagante comme à son habitude et qui se dirigeait droit vers le Ministre de la Magie, toujours attaché à son adolescent.

- Oh non… souffla-t-elle. Non, non, non.


Mais avant qu’elle n’ait pu faire un mouvement, Magpie avait collé son opulente poitrine contre le torse du Ministre effaré. Pas très loin d’elle, Beryl poussa un cri d’horreur. C’était un cauchemar de communication : une femme qui faisait une déclaration enflammée au Ministre de la Magie devant des centaines de personnes, devant sa femme, devant ses enfants… Et pas n’importe quelle femme, une pierre angulaire de la communication du pouvoir. Une catastrophe. C’était une catastrophe. Isy ne savait pas quelle mouche avait piqué Mildred Magpie mais seigneur… Et le pire était à venir, pourtant. Le Ministre réagit immédiatement avec virulence - en même temps, qui ne l’aurait pas fait à sa place - avant de traîner la rédactrice et l’adolescent boutonneux - vers Rosaleen Marchebank. D’une voix forte, il la remit véritablement en place, poussant même l’exercice jusqu’à la douche froide. Mais c’était ce qu’il y avait à faire : il venait d’étouffer dans l’oeuf les rumeurs qui auraient pu naître de cet événement. Mieux, il se rapprochait de son épouse et marquait ainsi un couple ministériel solide et droit, image nécessaire pour Leopold Marchebank, surtout après la divulgation de l’existence de ses enfants hors-mariage. Il avait géré cela parfaitement. Pour autant, on allait en parler, dès demain dans la presse, voire même dès ce soir. Automatiquement, elle essaya de se diriger vers le Ministre mais une pression sur son bras la retint. Ah oui, Jeremy Baker. Elle avait été tellement absorbée par la scène qu’elle l’avait oublié. Elle se tourna vers lui, le ton rapide.

- Je suis désolée, je dois absolument faire quelque chose pour le travail. Ça vous dérangerait de me suivre ?

Elle se dirigea vers le Ministre de la Magie, qui avait échangé un baiser avec son épouse et qui semblait délivré de son adolescent. S’il fallait crier sur Mildred Magpie pour perdre le bracelet, alors elle était volontaire… Beryl l’avait suivie et se tenait à côté de Jeremy, l’air inquiet.

- Monsieur le Ministre, souffla-t-elle, Mrs Marchebank, je m’excuse de vous importuner ainsi… Mais je ne pense pas que cette affaire va en rester là, même si vous avez très bien réagi.
- Il faudrait peut-être faire un communiqué de presse, chuchota Beryl, gênée par la présence de la famille du Ministre et de Jeremy, sûrement.
- Ça officialiserait la chose, protesta Isobel. Non, pas de communiqué, mais la presse va sûrement poser des questions et même si vous avez bien réagi, vous avez été un peu… Elle chercha le mot adéquat face à l’agression dont il avait tout de même été victime… Virulent. Elle était gênée de parler de ces choses devant un citoyen lambda mais elle n’avait pas vraiment le choix. Je pense qu’il serait bien que Mrs Magpie ne soit pas ostracisée suite à cet incident. Son regard était équivoque : avec le poids qu’elle avait dans la presse magique et dans le coeur des lecteurs, il n’était pas bon que ses relations avec le Ministère se dégradent. Je suis sûre que je peux gérer la chose, si vous m’en donnez l’autorisation…


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Abel souffla un coup. Il se félicita intérieurement d’avoir retiré sa veste un peu plus tôt, pour rester en veston, car la foule lui avait vite donné chaud. Attaché comme il l’était à Jonah, il n’aurait pas pu s’en débarrasser. Comme tous les autres, il était pris au dépourvu. Les organisateurs de la soirée avaient bien préparé leur petite surprise, personne ne semblait au courant de rien. En regardant autour de lui, Abel vit la surprise puis l’amusement se peindre sur certains visages, la consternation sur d’autres. Il chercha Isobel du regard mais la foule s’était épaissie à l’endroit où il l’avait vue tout à l’heure. Il ne put savoir avec qui elle s’était faite attachée. Devoir passer la soirée avec un inconnu, ce n’était pas le genre d’animation qui allait lui plaire, devina t-il avec un bref amusement. Il irait satisfaire sa curiosité dès qu’il le pourrait. En attendant, il était sensé socialiser avec son propre binôme.

Comme le disait Jonah, ils étaient tous logés à la même enseigne. Abel hocha la tête sans répondre, préférant comme toujours commencer par observer son interlocuteur. Il était encore tourné vers le ministre, lié à son fils, s’il avait bien suivi. Le jeune Forbes avait tiré le gros lot ce soir. Certains y auraient vu une opportunité en or, mais les coups d’oeil répétés de Jonah dans leur direction semblaient préoccupés plutôt que fiers. Cette situation avait l’air de le tendre, ce qui n’était pas étonnant, au fond. Il devait craindre que son garçon fasse mauvaise impression auprès d’un homme de l’importance de Leopold Marchebank. Les adolescents avaient tendance à flirter avec les limites ou tout simplement faire des bourdes…

Gardant ses réflexions pour lui, il fut un peu soulagé que Jonah engage lui-même la conversation, sur un sujet qu’il maîtrisait. Parler de son travail, voilà qui n’était pas trop difficile, même avec un inconnu.

« On a hâte aussi
, assura t-il. Mais le chantier a pris du retard, pour être honnête. Comme il n’existe aucun plan complet de l’école, on a passé un temps fou à faire des relevés, pour commencer. Puis forcément il y a des choses qu’on ne peut pas voir, alors on fait des sondages dans les murs, pour pouvoir faire des suppositions, en plus des relevés. Mais ça ne suffit pas toujours, surtout que… Comment dire… C’est une architecture assez capricieuse, on a régulièrement des surprises, disons, avoua t-il avec un mince sourire. Il n’y a pas que les escaliers qui bougent dans cette école. Je suppose que ça vous est déjà arrivé de vous promener dans une aile, y revenir quelques temps plus tard en ayant l’impression que ce n’est plus le même couloir ? Ou même de constater que votre salle s’est déplacée ? Eh bien voilà, c’est difficile d’être certain de quel mur on peut casser, dans ce genre d’architecture. »

Poudlard était une architecture brillante, aux yeux d’Abel, il le découvrait tous les jours. Elle se mouvait, elle se transformait quotidiennement, sans jamais mettre en péril son équilibre structurel, car elle savait exactement où se trouvaient ses points porteurs. L’équipe d’Abel travaillait d’arrache-pied à tenter de saisir cette dynamique, pour installer un projet qui puisse s’y insérer sans la casser. C’était un véritable défi d’archimagie, qu’Abel adorait, fasciné qu’il était par les architectures mystérieuses. C’était sûrement son projet préféré du moment, même s’il s’arrachait régulièrement les cheveux dessus.

Soucieux de ne pas monopoliser la parole -parce qu’il pouvait parler pendant des heures sur ce projet si on ne le retenait pas- il posa à son tour une question à Jonah :

« Vous prenez en charge le cours sur les Moldus, c’est bien cela ? »

Il ne se souvenait plus de l’intitulé exact du cours mais il se rappelait avoir évoqué le sujet avec Isobel, le mois dernier au restaurant. Elle lui avait même dit qu’ils menaient un projet commun, si ses souvenirs étaient bons. Il n’eut toutefois pas l’occasion de chercher à en savoir davantage. Quelqu’un à côté de lui le bouscula en passant, ce qui le fit tourner la tête. Il fronça les sourcils. Apparemment, il y avait une espèce de mouvement de foule vers un côté de la salle. Il entendit une voix assez forte, connue de son oreille lui semblait t-il, s’élever. Grâce à son mètre quatre-vingt dix, Abel n’eut pas besoin de gigoter beaucoup pour voir ce qui se passait.

« Oh… On dirait que votre fils est au milieu d’une scène là-bas. »

Il lança un regard inquisiteur à Jonah. Peut-être voulait t-il s’y rendre ?


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Casey Forbes

Steven était prêt à passer la soirée sans ses amis. Dommage. En effet, Casey s'imaginait parfaitement, silencieux, au milieu du petit groupe de copains occupés à discuter entre eux. Il savait se faire discret et, avec un peu de chance, ils ne l'auraient même pas remarqué ! Le préfet aurait eu l'occasion de passer un agréable moment malgré le sortilège et, en toute honnêteté, Casey aurait surement apprécié ces instants  lui aussi.  Même si il était un grand timide maladif le Poufsouffle n'était pas bête pour autant. Nemo, Greg, David, comme Steven, étaient des garçons gentils avec lesquels il était sûr d'avoir des points communs. Il aurait pu tomber en binôme avec ce lourdaud de Damon Drop ou l'ingérable Cassandre Harper et subir complètement cette animation mais il avait eu beaucoup de chance en tombant sur le préfet en chef. Certes il avait quelque peu forcé le destin et, pour le coup, il était heureux de s'être montré si entreprenant ! Casey était persuadé que Steven ne le brusquerait pas et qu'il chercherait à le mettre à l'aise. Il le faisait déjà, d'ailleurs, en affirmant être content de l'avoir comme partenaire.

Casey esquissa un sourire gêné en baissant le regard sur ses chaussures. Il ne savait pas si le préfet disait cela pour lui faire plaisir mais il devait avouer que c'était plutôt sympa de sa part.

"Merci, répondit-il en se forçant à croiser les yeux de Steven. (Son père ne cessait de lui dire que rien n'était pire qu'un homme au regard fuyant), je suis content d'être avec toi aussi, avoua-t-il un peu mal à l'aise à l'idée de verbaliser cette confidence.

Cela pouvait sembler inconcevable pour beaucoup de monde mais Casey avait énormément de mal à vaincre sa timidité. S'en était risible quant on voyait à quel point Jonah, son propre père, se liait si facilement avec ses semblables ! Sur ce point Casey était bien conscient d'être le fils qui ressemblait le moins à son paternel. Dean était son digne héritier, Gabriel ne se défendait pas mal non plus, quant à Virgil, s'il ne se liait pas d'amitié facilement c'était uniquement parce qu'il l'avait choisi et non pas parce qu'il en était incapable. Mais Casey avait toujours été comme ça. Enfant, il était systématiquement celui qui racontait sa journée en dernier au repas du soir non seulement parce qu'il préférait écouter les histoires de ses frères -souvent brillantes (dans le cas de Dean), provocantes (dans celui de Virgil) ou hilarantes (pour ce qui était de Gaby)- mais aussi parce qu'il estimait que sa journée n'avait rien de remarquable. Il n'avait rien de remarquable alors pourquoi chercher à se mettre en avant ?

Il avait toujours préféré la compagnie des livres à celle des humains et l'écriture était son passe-temps favori. Il passait des heures à inventer des histoires rocambolesques sur un petit moldu orphelin "Terence", histoires qu'il illustrait lui-même d'un graphisme maladroit. Il n'était pas assez sûr de lui pour prétendre rejoindre le club d'écriture de Poudlard ou même Miniplettes  et il n'avait fait lire les aventures de "Terence" qu'à Gabriel qui se délectait des péripéties du petit moldu à chaque nouvel épisode... Mais maintenant qu'il était en quatrième année, il avait de moins en moins de temps pour écrire. Il mobilisait toute son énergie pour tenter de rester au niveau.  En effet, Casey passait des heures sur ses devoirs de Sortilèges et de Métamorphoses (Les matières les plus importantes d'après Jonah) et il ne comptait plus les heures passées à relire ses cours d'histoires de la Magie et de DCFM. Tout ça pour n'obtenir que des modestes "Acceptable"... Triste réalité !

Un léger tiraillement dans le bras le sortit de ses pensées. C'était Steven essayant vainement d'atteindre les  petits fours qui, d'après ses dires, étaient délicieux. Il en proposa d'ailleurs à Casey qui refusa poliment. Il ne se sentait toujours pas prêt à engloutir tout le buffet d'autant plus que Steven venait de lui poser une colle: Avait-il une idée pour réduire la distance entre eux ? A part parler de chose et d'autres jusqu'au moment où la conversation deviendrait assez intime pour que le ruban les libère, il n'existait visiblement pas d'autre scénario.

"Et bien..." souffla-t-il en haussant les épaules au moment où un murmure traversait la foule. Les convives les pressaient lui et Steven contre le buffet pour laisser passer quelqu'un. Casey se hissa sur la pointe des pieds pour voir qui était à l'origine du léger mouvement de foule et il découvrit le Ministre face à sa femme, flanqué de Virgil et de Mildred Magpie. Le Poufsouffle échangea un regard interrogateur avec le préfet tandis que Marchebank vilipendait et malmenait  la romancière à succès; Mais pourquoi la secouait-il de la sorte ? Casey avait manqué le début de l'action et il se demandait ce qui avait bien pu provoquer la fureur du Ministre. Fureur qui s'apaisa toutefois  lorsque Marchebank enlaça sa femme pour l'embrasser. C'était tellement....étrange.

"Quel doxy l'a piqué ?
" demanda Casey en reposant ses pieds à plat au moment où toute la Grande salle se mettait à murmurer pour commenter la scène, Tu as vu comment il l'a secoué ?"

On allait peut-être le prendre pour un garçon trop sensible mais en toute sincérité il avait trouvé cette scène plutôt choquante. Il savait bien que Leopold Marchebank était un homme comme les autres et qu'il devait bien avoir, de temps en temps, quelques accès de colère mais tout de même. Il était le Ministre. Il représentait tous le peuple magique de Grande Bretagne. Pouvait-il rudoyer une femme de la sorte sans que cela ne gène personne ?

"Je me demande ce qui a bien pu le mettre dans cet état..."


La réponse ne tarda pas à arriver sous la forme d'un Snape. En effet, le Pear One de Casey venait de vibrer dans la poche de son veston signe qu'il avait reçu un message. Le jeune homme ouvrit donc son Pear et consulta l'enregistrement que venait de lui envoyer Virgil ...

"Merlin." souffla-t-il en découvrant la scène jouée par les hologrammes miniatures. Il leva les yeux vers Steven pour voir s'il avait observé le message par dessus son épaule et reporta son attention sur Damon Drop, situé à quelques mètres d'eux, qui venait de lâcher un long rire gras.

"Mate un peu ses gros nibards écrasés! Elle a failli étouffer l'Ministre avec ! ricana ce dernier en rejouant, encore et encore, un enregistrement sur son Pear. Plusieurs élèves de l'école et même quelques adultes  étaient massés autour de lui pour regarder la vidéo, 'ttendez, faut qu'j'envoie ça à mes potes, j'veux trop qu'ils voient ça..."
Il n'y avait pas besoin d'être légilimens pour savoir ce qu'ils regardaient tous...

Casey secoua la tête d'un air horrifié avant d'ajouter dans un souffle.

"Papa va tuer Virgil."
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L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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