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 L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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Irving WhitakerAubergisteavatar
Messages : 3973

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Lauren n'était pas contente mais Irving n'était guère plus heureux ! Non seulement il était bloqué dans le froid avec McGowan mais en plus cette dernière venait de lui déboiter l'épaule en tirant comme une assommée sur le lien ! Comme si cela pouvait marcher ! Irving massa son omoplate endolorie tandis que l'ancienne batteuse des vert et argent s'excusait... Merci bien !  Il aurait juste préféré qu'elle y réfléchisse à deux fois avant de passer ses nerfs sur le ruban qui les unissait.

La jeune femme s'appuya en soupirant contre la devanture de McFly et Irving l'imita en balayant la Grand Place déserte du regard. Certes ils étaient toujours attachés et ils ne pouvaient pas retourner à Poudlard mais rien ne les empêchait d'aller ailleurs. Irving ne comptait pas passer cette fraiche soirée d'hiver à tenir le mur du marchand de balais de la Cité. En cette soirée de St-Valentin les restaurants donnant sur la place étaient tous ouverts et proposaient des menus spéciaux pour la fête des amoureux. Irving pouvait voir les ardoises présentant les mets disposées à l'extérieur, toutes décorées de cœurs et de cupidons. Il devinait aussi les silhouettes des tourtereaux installés bien au chaud en tête à tête dans les différents établissements nimbusiens. Autant il se serait laissé tenté s'il avait été en compagnie de Nora mais là, franchement, il n'avait aucune envie de franchir la porte du renommé "Vivet doré" en compagnie de Lauren McGowan !
Mieux valait tabler sur des valeurs sûrs.

"Viens on va se mettre au chaud, dit-il en tirant légèrement-lui- sur le lien, L'entrepot'es est ouvert." La cantine de Jill semblait en tout point semblable à d'habitude: Pas d'angelot, pas de confetti rose et rouge, juste quelques ouvriers assis en terrasse le temps de fumer leurs pipes.

"J'sais pas si la gamine avait raison, reprit Irving en répondant aux propos de Lauren, mais ça coute rien d'essayer."

Après tout, ils étaient liés l'un à l'autre pour une durée indéterminée, autant essayer de surmonter la distance entre eux le plus rapidement possible. Irving prit donc une longue inspiration et se lança:

"Alors mon bouquin favori, désolé d'te décevoir c'est pas les "Hauts de Hurlelune" mais   "Le Mage et la paire de bottes ensorcelée."d'Arthur Fromer J'ai lu ça y a hyper longtemps mais j'me souviens avoir adoré. C'est l'histoire d'un sorcier qui voyage dans le monde entier grâce à ses chaussures portoloin, dit comme ça, l'histoire n'avait pas l'air passionnante mais elle l'était ! Ma couleur préférée est le bleu, mon parfum de glace préféré: la tarte à la mélasse, ma pâtisserie: de nouveau la tarte à la mélasse, mon activité favorite..., il se tut et réfléchit un instant en levant les yeux au ciel, ...c'est jouer d'la guitare. Même si j'ai plus vraiment l'temps pour ça en c'moment avec l'Auberge. Ah oui, j'oubliais, peut-être le plus important, reprit-t-il en roulant des yeux, Je gère une auberge avec ma copine à Mallowsweet, un petit village dans le parc national du Dartmoor. Si tu veux passer avec Sam, vous êtes les bienvenues." conclut-il avant de baisser les yeux sur le ruban, toujours bien en place. Il releva le regard sur sa partenaire et haussa les épaules.

"Je crois qu'il faut que tu t'y colles toi aussi si on veut que ça marche." ajouta-t-il en esquissant quelques pas en direction de l'Entrepot'es.
Les confidences risquaient de prendre plus de temps que prévu...
Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
Messages : 157

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Dave se tourna vers Sasha quand celle-ci rebondit sur ce qu’il avait dit à propos de Serdaigle. Prétentieux ? On pouvait voir les choses de cette manière. Puisqu’ils étaient sensés être la maison la plus intelligente de l’école si l’on suivait les clichés -ce qui faisait sourire Dave, car il estimait que dans sa promotion, aucun Serdaigle ne lui arrivait à la cheville- alors ils avaient décidé de bien l’afficher en complexifiant l’entrée dans leur maison. Franchement, quand on voyait que la moitié des premières année, toutes maisons confondues étaient incapables de se souvenir d’un simple mot de passe… Pas étonnant qu’avec une énigme à résoudre, les Serdaigle se payent la réputation d’être souvent coincés dehors. Comme quoi ils n’étaient pas plus intelligents que les autres. Et il pouvait s’en moquer un peu avec Sasha qui faisait partie de la même maison que lui.

« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » dit-il, haussant les épaules.

Les rivalités entre maisons traversaient les générations, c’était toujours la même chose. Dave pouvait livrer la version des Serpentard : à leurs yeux, les Gryffondor étaient aussi courageux que leur cervelle n’était vide et les Poufsouffle niais et naïfs à souhait. Les Serdaigle étaient probablement la maison qu’ils respectaient le plus, du moins, tant qu’ils ne se prenaient pas trop au sérieux non plus. Car il ne fallait pas se leurrer, c’était les Serpentards les meilleurs, destinés à la réussite.

Repenser à tout cela fit un effet étrange à Dave. Les bancs de l’école lui paraissaient tellement loin, alors qu’il les avaient quittés depuis même pas un an. Se rappeler de ce temps où ce genre de querelle puérile et la réussite de ses examens étaient son souci principal le plongeait dans un état difficile à décrire. A la fois, il se trouvait pathétique : avait t-il vraiment été si insouciant et bête un jour ? D’un autre côté, il regrettait un peu. Sa vie était alors tellement plus simple…

Dave n’aimait pas être nostalgique. Cela rendait niais, stupidement triste, accroché à son passé, il n’aimait pas les regrets. Il aimait se dire qu’il était un jeune homme résolument tourné vers l’avenir. Il s’était bâti un futur, un idéal, et ce depuis tout jeune. Il avait toujours su ce qu’il voulait faire, avait travaillé d’arrache-pied pour y arriver. Mais depuis son accident, son avenir lui paraissait tellement compromis et trouble, alors cela lui arrivait de plus en plus de se tourner vers son passé qu’il regrettait, celui où il était encore plein de volonté, de rêves et de rage de vaincre… Et il se détestait d’être aussi pitoyablement mélancolique.

Il s’efforça de se raccrocher à sa conversation avec Sasha. Il n’aimait pas beaucoup l’idée d’être attaché à quelqu’un, principalement parce que cela lui entravait ses mouvements déjà pénibles. Mais il devait reconnaître qu’il y avait un point positif à cela : il avait de la compagnie à disposition, qui ne soit pas celle de son père ou de Kessy. Oh, il aimait leur compagnie, mais dans ce contexte, dans cette soirée de bienfaisance, où ils devaient tenir leur rôle de Marchebank unis, cela lui aurait rappelé toute la soirée les circonstances de l’attentat, ce qui avait tendance à le mettre de mauvaise humeur. Cette rencontre forcée avec Sasha avait l’avantage de la nouveauté, ce qui pouvait bien plus lui changer les idées que de rester avec sa famille.

Alors il en venait maintenant à espérer que la compagnie de Sasha soit assez distrayante, quitte à devoir rester ensemble. La seule chose qui lui déplaisait, c’était de ne pas pouvoir se détacher lorsqu’il le souhaiterait. Sasha, elle, avait l’air de le tolérer, et même de s’en amuser. Dave prit le temps de réfléchir un peu plus à la situation. Entre l’énigme et le thème de la soirée, il était prêt à parier qu’ils étaient soumis à un sortilège qui examinaient leurs sentiments. Parce qu’il avait dévoré des tas de bouquins sur toutes les matières de leur cursus et parce qu’il avait une excellente mémoire lorsqu’il s’agissait de mobiliser ce qu’il avait étudié ou entendu, Dave parvint à ressortir une connaissance qu’il avait acquise en septième année, lui semblait t-il, en cherchant à approfondir ses cours de sortilèges :

« Ca doit être un sortilège de type psychosocial. C’est une catégorie qui regroupent tous les enchantements en lien avec les émotions. Les filtres d’amour sont compris dedans, par exemple, expliqua t-il brièvement. Mais les filtres influent directement sur les sentiments, je ne pense pas que ça soit le cas de ce ruban. »

Il ne s’était pas senti changer d’état d’esprit en se liant à Sasha. En tout cas, il n’espérait pas que les organisateurs de la soirée avaient eu la grotesque idée de les forcer par la magie à éprouver des choses pour leur binôme, car c’était un motif valable pour porter plainte.

« La proximité ne s'obtient pas en abolissant la distance, mais en la surmontant, répéta t-il, songeur, en soulevant leurs poignets attachés pour mettre le ruban sous ses yeux. Voilà, c’est bien ça. Ce ruban abolit la distance entre nous, littéralement. Mais ce n’est pas le fait d’être physiquement liés qui va nous rendre proches. C’est en « surmontant » ce qui nous sépare. Autrement dit, ça ne sert à rien d’essayer de rompre le ruban, ce n’est pas lui la clé de l’énigme, conclut t-il, avec une pensée pour les quelques binômes qu’il avait vus essayer de trancher le lien avec tous les sortilèges de leur répertoire, et se faire plus mal au poignet qu’autre chose. J’imagine qu’on doit plutôt… trouver des points communs, toi et moi. Partager quelque chose. »

Cela restait assez flou, mais c’était raccord avec son hypothèse sur la nature de ce sortilège. « Obtenir la proximité » c’était l'objectif annoncé de cette soirée, donc c’était certainement celui à atteindre pour pouvoir être libérés du sort. A partir de là, la suite de l’énigme leur donnait la façon de faire, il ne fallait simplement ne pas se tromper de moyen. Dave était plutôt satisfait d’avoir trouvé une résolution qui lui semblait cohérente. Il était en revanche plus perplexe sur leurs capacités à pouvoir se rapprocher. Il connaissait trop peu Sasha.

« Du coup, je ne pense pas que rester attachés toute la soirée suffise, lui répondit t-il, en conclusion de sa précédente réflexion. Il suivit du regard le binôme qu’elle lui désignait, son père avec un adolescent qu’il reconnut assez vite, avant même que Sasha ne lui rappelle son nom. Oh, je vois qui c’est. J’étais préfet et ce Forbes aimait collectionner les heures de colle. »

Il ne manqua pas l’expression assez méprisante sur le visage de sa partenaire et il devait dire qu’il partageait à peu près le même genre de sentiment. Virgil Forbes était typiquement le genre d’adolescent que Dave trouvait pathétique. En contestation constante par simple principe de refuser l’autorité adulte, mais sans se prendre en main derrière, aucune espèce d’ambition dans ce regard torve, aucune volonté de réussir… Bref, le cas d’école de l’adolescent en crise, qui devait rendre son père fou, père que Dave respectait, en revanche.

Il l’avouait, le petit trait d’humour de Sasha sur la mandragore était plutôt fin et bien placé. Il imaginait effectivement assez bien ce genre de sujet intéresser Virgil, mais il doutait -dans toute sa condescendance- que ce dernier ait les capacités intellectuelles d’en débattre avec son père. Sasha avait l’air d’avoir un avis sur la question, comme elle le laissa entendre. Pour la première fois de la conversation, l’attention de Dave fut titillée.

« Ah oui ? Qu’est-ce qui te fait penser ça ? demanda t-il, curieux. J’avoue que j’ai un avis assez pragmatique là-dessus, moi. L’autoriser permettrait à l’Etat de récupérer le marché, plutôt que de le laisser entre les mains de trafiquants. Et donc de faire rentrer de l’argent dans nos caisses. »

Dave avait tendance à réfléchir en pur économiste, plutôt qu’en gardien des bonnes moeurs. Alors il voulait bien autoriser la libre circulation des drogues, si cela permettait au pays d’en tirer un avantage économique.
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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[Dédicace Musicale à l'Encravaté Bleu, dans l'espoir que celui-ci existe vraiment.^^]

I hope this letter finds you well
Been in the desert for so long

L'espoir suscité par la lettre avait donné des ailes à la sorcière en mal d'amour, mais malheureusement à trop vouloir voler vers le soleil, on finit immanquablement par se bruler. Mildred était sur le point de l'apprendre à ses dépens, quand le Ministre de la Magie, esquiva d'un mouvement de recul le baiser de l'indécente romancière. Outragé, voilà qu'il la dévisageait désormais comme si elle n'était qu'une vulgaire gourgandine ! Comme pétrifiée sur place, la bouche encore entrouverte par la stupeur, Mildred peinait encore à réaliser toute l'étendue et la violence du vent qu'elle venait de se prendre dans les dents. Les pensées se bousculèrent dans son crâne, alors qu'elle cherchait vainement à trouver dans ce repli défensif de Leopold, une autre raison plus acceptable que celle d'un magistral râteau. Avait-elle mauvaise haleine du fait des cupcakes aux tapioca qu'elle avait engloutis sur le chemin de Poudlard ?  Ou était-ce que le Ministre éprouvait des réticences à devoir avouer ses sentiments pour une autre femme devant son épouse, et accessoirement sous les yeux d'un adolescent en pleine puberté ? Pourquoi ??? Le cœur de Mildred se fendit d'un affreux doute, alors que le Ministre lui demandait si elle avait perdu la raison.

"Mais... Mais... La cravate bleue... Le tailleur moldu... Les épaules musclées... Je ne fais que répondre à votre appel, monsieur le Ministre... "

Le regard écarquillé, Mildred plaqua une main tremblante sur sa bouche alors qu'elle entrevoyait déjà la possibilité d'un quiproquo destructeur. A y regarder de plus près, les épaules du Ministre n'étaient pas aussi carrées, et du fait de l'éclairage, sa cravate n'était pas d'un bleu aussi frappant qu'au préalable. Un long frisson parcouru l'échine de la romancière qui prenait alors conscience de son immense bévue. Encore une fois, elle s'était laissée tromper par ses sentiments exacerbés, et sa pulsion maladive de vouloir conjurer le sort de cette maudite malédiction de la Saint-Valentin. Grande amatrice de scandales, surtout quand il s'agissait de démanteler la vie des autres, voilà que l'un d'eux se retournait contre elle ! Mais était-ce un crime, que de se laisser aveugler par la beauté d'une déclaration d'amour anonyme ? D'oser croire qu'elle trouverait le bonheur dans cette lettre ? La pauvre sorcière ignorait malheureusement qu'à forced'errer dans le désert depuis si longtemps , on finit parfois par voir des visages, surgir des ténèbres , et qui ne sont en réalité que d'odieux mirages. Esclave de ses sentiments, l'amour ne la quittait jamais, et sans une once de pitié, lui infligeait ses pires humiliations...

Sometimes i see faces
Comin' out of the dark
But love won't be leaving

Les genoux de Mildred s'entrechoquèrent de peur, tandis que le regard noir du Ministre s'abattit sévèrement sur elle. Bien plus que de la colère, on pouvait y lire une profonde aversion, voire de la haine. Dès lors, tous les rêves de devenir la première Dame s'envolèrent, aussi subitement qu'une âme aspirée par un détraqueur. Sans crier garde, Leopold la saisit sans ménagement par le poignet, pour la trainer au travers de la foule. Un geste quelque peu déplacé de la part d'un Ministre de la Magie, surtout quand il s'agissait d'une femme aussi douillette que Mildred Magpie. Cette dernière ne tarda pas à se tortiller de douleur, et à lâcher des petits gémissements plaintifs.

"Mais lâchez-moi, vous me faites mal monsieur le Ministre! " finit-elle par s'exclamer suffisamment fort pour être entendue des nombreux convives de la soirée qui se dispersaient sur le passage de cet étrange traineau, composé d'un Ministre excédé, d'une journaliste à scandale et d'un adolescent boutonneux. Au milieu des bruissements de la foule, des exclamations indignées commencèrent peu à peu à surgir, signe que cette soirée prenait une tournure absolument déroutante. Leopold Marchebank l'ignorait peut-être : Mais le vrai problème avec Mildred Magpie résidait dans le fait que même éclaboussée par le sceau du scandale, elle finissait immanquablement par vous entrainer également dans la boue. En grande tragédienne, Mildred poussa un énième petit glapissement de douleur, alors que le Ministre la jetait en pâture aux lions, ou plutôt au-devant de sa lionne d'épouse. Une stratégie aussi machiavélique que salvatrice puisqu'elle allait mettre Mildred en face de ses responsabilités, la contraignant à devoir se justifier sur sa conduite ô combien inappropriée.

En faisant faisant face à la véritable première Dame, Mildred sentit un profond malaise l'envahir, au point d'en avoir le souffle littéralement coupé. Quelle honte ! Elle avait écrit tant d'article élogieux sur le compte de Rosaleen Marchebank, que sa tentative aguicheuse de séduction passait pour une ignoble trahison. Mildred était prise au piège d'une incroyable humiliation publique ! Tout comme dans ses romans à l'eau de rose, elle se retrouvait dans la peau de la méchante mégère jalouse et acariâtre qui cherchait à tout prix à détruire le noble et beau couple princier. Un sentiment de honte abyssale envahit la journaliste alors qu'elle cherchait pathétiquement à se justifier.

"Rosaleen... Je vous en conjure... Ce n'est pas ce que vous pensez... C'est une énorme méprise... un gigantesque malentendu... "

Telle une petite fille venant de se faire prendre la main dans le bocal à Chocogrenouille, Mildred sombrait peu à peu dans le ridicule et le grotesque. Plutôt que de subir plus longtemps l'outrage et le regard acéré du couple Marchebank, la romancière aurait voulu fondre sur place pour se réfugier dans sa gaine léopard ; Mais toute échappatoire était pour l'heure rendu impossible par l'impitoyable Leopold Marchebank! Ce dernier menait la danse et ne tarda pas à expédier une banderille cruelle dans le cœur d’artichaut de la romancière à l'eau de rose. En effet, devant la foule réunie, le Ministre de la Magie n'hésita pas un instant à se lancer dans un monologue destructeur qui résumait à lui seul la vacuité et l'infinie tristesse de la vie dépravée de Mildred Magpie. Le message était des plus clair : Aussi utile soit-elle pour diffuser la propagande du FREE, la rédactrice en chef de Multiplettes n'était rien d'autre qu'un vulgaire pion, que Leopold Marchebank pouvait éjecter de l'échiquier politique d'une simple pichenette.

My desire is so strong
When i'm so alone

Remise à sa place et au cœur d'un scandale destructeur, la poitrine opulente de Mildred se souleva au rythme des vagues de désespoir qui l'ensevelissait. Ses mains tremblantes s'accrochèrent lamentablement à l'étoffe de sa robe, comme s'il pouvait s'agir d'une prise convenable qui puisse la sauver du gouffre béant dans laquelle sa réputation allait sombrer.    

Le pire dans tout cela était la multitude de regards désapprobateurs, moqueurs, voir méprisants qui s'abattaient sur elle. Les élèves se gaussaient de la situation, les femmes s'indignaient et certains hommes lorgnaient sur son décolleté affriolant comme si elle n'était qu'un vulgaire bout de viande. De son propre chef, Leopold Marchebank l'avait condamnée à bruler sur le bucher de la vindicte populaire, et surtout à se remettre en question. Car plus qu'une crise existentielle, Mildred ressentit un dégout immense la submerger : Celui que sa vie n'avait pas bouger d'un pouce depuis qu'elle était une simple poufsouffle en mal de reconnaissance. De toute sa vie, elle s'était sentimentalement fourvoyée, sans jamais rencontrer le véritable amour. Même lorsqu'elle n'était qu'une jeune fille en fleur à Poudlard, aucun garçon ne l'avait invitée au bal de fin d'année. Elle se retrouvait toujours assise sur la même chaise à contempler les autres s'enlacer, dans l'espoir secret qu'un beau garçon viennent la délivrer de la solitude de sa soirée. Mais elle finissait seule à pleurnicher dans les dédales de Poudlard. Adolescente pathétique, et pour n'attirer ne serait-ce qu'un regard masculin sur son insignifiante personne ; Mildred s'était forcée à fumer de la mandragore pour faire cool, et à montrer sa poitrine déjà généreuse au premier garçon en manque. Sans une once d'amour propre, elle avait été la première fois de pas mal de petits mecs, un vulgaire mouchoir jetable qui hérita du triste surnom de "Mildy-couche-toi-là".

I draw my name in the sand
In the hope it'll find you

La romancière prenait conscience des vérités assénées par Leopold Marchebank, et que sa vie sentimentale n'était rien d'autre qu'un immense gâchis. Quel homme voudrait d'elle après cela ? Malgré son obstination, toutes ses tentatives demeuraient infructueuses. Où était son prince ? Après chaque marée, elle dessinait son nom dans le sable, dans l'espoir de le trouver, parce que l'amour ne la quittait jamais; Mais une vague de désillusion finissait toujours par tout balayer. La frustration et l'aigreur rongeaient alors son âme pour la transformer en une sorcière perfide ; Mildred devenant cette horrible bonne femme délurée aux obus fripés, qui ne cherchait qu'à détruire jalousement le bonheur des autres. Sans ses galions, elle ne valait rien ! Elle pouvait crever, que tout le monde s'en ficherait éperdument...

Une salve d'applaudissements accompagnés de cris admiratifs finit par extirper la romancière à succès de son terrifiant voyage introspectif. Elle se retourna à temps pour voir le Ministre embrasser tendrement son épouse, prouvant ainsi la sincérité de son amour pour son épouse et la cruelle indifférence qu'il éprouvait à l'égard de la journaliste dévergondée. Totalement humiliée, le cœur de Mildred dégoulina littéralement dans la pointe de ses louboutins léopard. Elle ne devait pas pleurer, demeurer digne jusqu'au bout ! Sauver ce qui pouvait encore l’être ! Il lui suffirait simplement de se confesser dans Multiplettes pour réparer ses torts et s'offrir le pardon du public. Comme si souvent, rien n'était jamais totalement perdu. Malgré l'immense déculottée que venait de lui infliger le Ministre, Mildred crût bon de devoir reconnaitre sa défaite et applaudir comme tout le monde le baiser des Marchebank. Peu importe l'humiliation, il fallait sauver les apparences ! Malheureusement pour elle, ses applaudissements s'accompagnèrent très rapidement de l’horrible grimace déconfite qui annonçait toujours chez elle une éruption de larmes à venir. Mildred tenta de contenir le poids de son immense chagrin, mais rien ne l'empêcha d'éclater subitement en sanglot devant l'assemblée réunie. Battant des ailes pathétiquement, comme un papillon dans la tourmente ; Mildred réalisa qu'il n'y avait plus qu'une chose à faire : Fuir !

Traverser la foule scandalisée n'avait rien d'un parcours de santé. Le regard englué de larmes de détresse, Mildred chercha en vain à se frayer un chemin, mais cela se révéla vite être une épreuve des plus éprouvantes pour son égo meurtri. Elle se heurtait de toute part à un mur de honte. Entre les messes basses et chuchotis outrés, les regards qui disaient "Shame! Shame! Shame!" et la déception de ses fans de la première heure ; Le constat pour sa réputation était cinglant ! Dans son bain de foule humiliant, Mildred surprit une tripotée de sales mioches hilares en train de s'extasier sur leurs satanés Pear One. "Nibards écrasés - Ministre"; Mildred comprit très vite que l'on y parlait de son arme de séduction de séduction massive, et de sa magistrale déconvenue avec Leopold. Mais comment était-ce possible que cela se retrouve d'ores et déjà sur les réseaux magiques ? Manifestement quelqu'un avait hologrammé un extrait de la scène à ses dépends. Mais qui!? Quel ignoble crapule s'était octroyé le rôle de paparazzi pour diffuser et immortaliser son humiliation? Les lèvres de Mildred se pincèrent de colère, tandis qu'elle retenait un effroyable juron à l'encontre des élèves insolents. La rumeur de ses exploits allait se propager aussi vite que la peste bubonique ! Elle était finie ! A jamais, on se moquerait d’elle ! Elle devait couper la rumeur à sa racine, faire tomber la tête du conspirateur et la brandir bien haut pour refroidir tous ceux qui oseraient encore colporter la rumeur ! Mais pour l'heure, elle n'avait qu'une obsession : Détaler au plus loin de l'épicentre du scandale !

My desire is so strong

Était-ce son imagination qui lui jouait des tours, mais Mildred se sentit tout à coup encerclée par une multitude de cravates bleues et de potentiels admirateurs ! En effet, n'était-ce pas Peter Virtanen qui dans un recoin obscur desserrait le col de sa cravate bleuté ? Le costume de son Archimage aux fesses musclées n'était-il pas également d'origine moldue? Non, tout cela était faux! Un odieux mensonge! On se payait sa tête! Comme cette pseudo déclaration d'amour manuscrite! Il ne s'agissait que d'un piège dans lequel elle s'était bêtement jetée seins en avant ! Mais ce qui l'acheva encore davantage que cette odieuse mascarade, fut de découvrir la mine déconfite de l'une de ses fans de la première heure. En guise d'hommage à la célébrissime romancière, et pour prouver qu'elle connaissait sa biographie par cœur, Kristen White avait opté pour une tenue qui n'était autre que la réplique identique de la robe raffinée que Mildred Magpie avait jadis revêtu pour son bal de fin d'année. Quelle affreuse désillusion pour sa Krikri d'amour. Après l'humiliation infligée par le ministre, nul doute, que la fan déçue jetterait au feu toute sa collection fétichiste à la gloire de sa romancière préférée. Sans l'amour de ses fans, Mildred allait se consumer comme une vieille chandelle. D'ailleurs, comme du plâtre trop frais cachant une vieille façade, le fond de teint et le mascara de Mildred Magpie finirent par dégouliner au gré des torrents de larmes qui dévalaient de ses joues. Plutôt que de s'infliger une seconde de plus ce fiasco, Mildred choisit d'arborer sa forme Animagi, et de s’envoler à tire-d'ailes vers des cieux plus cléments.

No, love won't be leaving


Loin des brouhahas de la foule choquée, Mildred finit par atterrir à l'extérieur même de l'enceinte de l'école magique. En comparaison de l'humiliation public qu'elle venait de subir, le froid glacial ne lui semblait plus aussi redoutable. Ignorant la chair de poule et les frissons que généraient la bise hivernale, Mildred éprouvait un grand soulagement à se retrouver seule au milieu de la nature immobile. Pour finir en beauté cette soirée cataclysmique, la romancière avait choisi de se rendre sur la jetée du lac où accostait les frêles embarcations des élèves de premières années. Un lieu qu'elle affectionnait tout particulièrement. Car c'était là quelque part, où tout avait débuté pour elle. La romancière ressentit même une certaine mélancolie, en souvenir de ce lieu chargé d'histoire personnelle. C'est là qu'elle venait noyer son chagrin en faisant des ricochets après qu'aucun garçon n'eut l'élégance de l'inviter au bal de fin d'année. C'est là également qu'elle attendait comme une statue de sel un soit-disant amoureux qui lui avait posé un lapin. Mais c'est aussi sur l'un des frêles esquifs qui bordait la jetée, qu'elle avait vu le loup pour la première fois ; Certes un loup un peu grassouillet et immature, qui avait bâclé sa besogne comme un lapin, mais quand même...  

Mildred avait choisi de se rendre dans ce paradis bucolique pour une finalité bien précise : Elle souhaitait écrire le dernier acte d'une tragédie qui devait s'achever plutôt que de s'évertuer à la tourmenter. Mildred poussa un long soupir face à l'immensité obscure du lac endormi. Tout était si calme et obscur, si rassurant, même la lune s'était protégée derrière un voile de nuage salvateur. N'était-ce pas le plus bel endroit pour un Adieu ? Mildred avança lentement et calmement le long de la jetée, avant de s’arrêter là où les planches de bois laissaient place aux ténèbres froide du lac. Les larmes de Mildred avaient cédé le terrain à un regard vide et sans émotion. La sorcière se contenta d'extirper un tube de rouge à lèvres de son sac à main de luxe, afin de griffonner ses dernières volontés sur un vieux papier glacé. Car elle le savait, jamais elle ne pourrait se relever d'une pareille humiliation, et il était donc préférable de partir plutôt que d'affronter les quolibets. Peut-être Leopold regretterait la manière dont il l'avait publiquement réprimandé, et lui ferait un vibrant dernier hommage ! Mildred poussa un soupir de dépit à l'idée de ne pas pouvoir écrire un article aussi tragique que pathos sur ses propres funérailles. Elle se contenta alors de griffonner ses dernières volontés avec son tube de rouge à lèvres.

* Moi, Mildred Magpie, je lègue l'intégralité de ma fortune à Puffy, la seule créature terrestre à m'avoir sincèrement aimée ; Et je cède les Folies Sorcières et ses activités à mon associé de toujours Roy Calder pour le remercier de m'avoir épaulée durant cette existence si courte que fut la mienne. Telle une rose se fanant faute d'avoir trop attendue d'être cueillie, j'ai décidé de mettre un terme à cette vie sans espoir et amour. Je sais que mes fans seront anéantis par cette décision fatidique et le fait de ne jamais connaitre la fin de la saga des Hauts de Hurlelune, mais il m'est impossible de poursuivre ce manège tragique. Pour moi, c'est le dernier tour... Adieu! *

Triste ironie : Cette soirée avait été initié par une lettre d'amour, pour s'achever avec une lettre de suicide. Mildred essuya la morve qui lui dégoulinait des narines, avant de poser son sac à main et le testament de fortune sur le bord de la jetée. Elle jeta un ultime regard langoureux au-dessus de son épaule dénudée, dans l'espoir de voir un beau prince en cravate bleu lui venir en aide. Mais dans la vie réelle, il n'y avait pas de beau Feodor, ni de romance ; Juste l'étreinte glacée de la solitude venant assiéger votre pauvre petit cœur brisé. A défaut de trouver le véritable amour, Mildred aurait celui d'aller à la rencontre de sa mort. Et quelle plus belle mort que de se jeter dans les eaux cristallines d'un lac gelé ? Certes dans les voyages de sa jeunesse, elle avait rencontré lors d'une croisière de la saint-Valentin un inconnu du nom de Jack, qui lui avait conté les dangers de la pêche sous la glace, mais cet individu était mythomane absolu et n'avait aucun gout en matière de femme. Très rapidement dans son esprit, Mildred avait fait le tour de la question, et de la mort la plus appropriée pour faire les gros titres et la une de Multiplettes! Mourir empoisonnée, c'était tellement commun, presque trop féminin comme mort, bref pas assez choquant. La pendaison ? Certes c'était plutôt spectaculaire comme dernier saut vers l'au-delà mais en revanche cela manquait cruellement de glamour. Hors de question pour une femme aussi soucieuse des apparences que Mildred Magpie, de terminer sa vie en se pissant dessus et en affichant une horrible dernière tête avec la langue gisante sur le rebord des lèvres ! Pas photogénique pour un galion, en plus ne pas être certaine de trouver une branche d'arbre susceptible de supporter le poids de son fessier engraissé à base de choux à la crème de la Maison d'Eden. Au moins, avec la noyade en eaux gelées, sa beauté serait cryogénisée naturellement et peut-être qu'un hurluberlu aurait la bonne idée en guise de dernier hommage de baptiser le lac à son nom. Dès lors, celui-ci deviendrait une terre de pèlerinage pour les fans de la romancière. Dans ce cas, pourquoi ne pas édifier une pyramide sur les rives du lac pour recueillir ses cendres ? Mais toutes ses questions n'étaient plus de son ressort...

L'heure du dernier saut était venue. Sans l'ombre d'un remord pour ce monde vide d'amour, Mildred se pinça le nez et se jeta dans les ténèbres abyssales du lac...

* Brooooom *

Un énorme craquement se fit entendre alors que le noble fessier de Mildred venait de percuter et rebondir lamentablement sur la surface gelée du lac. Avec la noirceur de la nuit, Mildred n'avait pas vue la couche de glace qui avait recouvert l'élément liquide, l'empêchant ainsi de mourir en toute dignité. Mildred poussa un gémissement de douleur, en massant des mains son postérieur endolori. Après une telle réception, nul doute qu'elle allait hériter d'une contusion aussi bleu que la cravate de son admirateur ! Un parfum de défaite enveloppait cette funeste journée de la Saint-Valentin. Une malédiction qui se plaisait à lui jouer d'humiliant tour. Même sa mort, elle n'arrivait pas à la réussir ! Folle de rage et dans un élan hystérique, elle se releva afin de marteler la glace, de la pointe de ses talons. Mais ses Louboutins Leopard n'arrivèrent point à cette finalité, et sa frénésie destructrice s'acheva en une sublime glissade qui propulsa de nouveau Mildred, les quatre fers en l'air sur la glace. Réfugiant son visage entre ses mains tremblantes de froid, elle étouffa ses sanglots désespérés, avant de jeter de dépit l'un de ses louboutins en direction de la berge du lac.

"Pourquoi, pourquooOI, pOOOOUrquOOOI??? Pourquoi un monde aussi perfide et cruel??? Pourquoi mon Dieu?! En quoi mon désir de mourir en paix vous dérange-t-il??? Donnez-moi au moins une réponse!!! "  

Comme par magie, la lune jaillit hors des nuages et ses rayons d'argent vinrent illuminer la surface gelée du lac ; C'est alors que Mildred comprit le sens mystérieux de cette imposture. Devant ses yeux ébahis, elle découvrit un signe salvateur auquel elle pouvait se raccrocher, et qui lui prouvait qu'elle avait encore un espoir de trouver l'amour. En effet, l'impact laissé sur la glace par le fessier de Mildred lors de sa chute dessinait les contours et la forme d'un coeur ! Était-ce le présage d'un avenir sentimental plus radieux ? D'une prochaine rencontre ? Et si cela était la preuve que l'encravaté bleu existait bel et bien ? Dans tous les cas de figure, cette marque du destin suffit à raccrocher Mildred à une vie qui redevenait précieuse. Habitée par un réflexe de survie, et plutôt que de se relever, elle commença alors à ramper lamentablement comme un vulgaire lombric en direction de la rive. Tels des poignards de givre, le froid la saisissait de toutes parts alors qu'elle étendait ses bras devant elle, et collait son opulente poitrine sur la couche de glace. Un chouette spectacle pour les poissons, mais un calvaire pour la romancière ! Désormais habitée par une soif de survie, elle ne quittait plus des yeux son louboutin qui lui servait de repère sur la rive du lac. Pétrifiée, elle ne sentait presque plus ses cuisses, quand tout à coup, un sinistre craquement retentit dans la pénombre ! La glace se fissurait dangereusement sous elle...

"Juste ciel! Noooon! "

Plutôt que de bouger Mildred choisit le stratégie de l'immobilité absolue! Figée sur la glace, et pour étaler le poids de sa masse corporelle, la romancière demeura bras et jambes écartés. Énième scénario pathétique d'une soirée cauchemardesque, voila que Mildred se retrouvait à devoir faire l'étoile de mer sur la surface d'un lac gelé. Sa baguette se trouvait dans son sac sur la jetée, et elle se sentait trop faible et refroidit pour prendre sa forme Animagi. Si personne ne lui en venait en aide, elle allait finir comme ses morue surgelées que l'on conservait dans la glace sur le port de Bristol. Quelle mort grotesque et indigne pour une femme de sa prestance! Certes, elle pouvait crier et quémander de l'aide, peut-être que quelqu'un l'entendrait ; Mais elle craignait encore davantage le fait d'être retrouvée dans une posture aussi ridicule ! Tel une Cendrillon surgelée, elle voyait son escarpin de verre à elle qui la narguait depuis la rive salutaire du lac. Comment l'atteindre, alors qu'elle ne devait pas bouger et espérer une intervention salutaire. La roue de la malchance allait peut-être bien s’arrêter de tourner ! Si l'homme à la cravate bleu existait bel et bien, le moment serait avisé pour lui d'intervenir s’il veut sauver sa dulcinée d’une mort ô combien affreuse. Comme toujours Mildred se raccrochait à l'espoir insensé de vivre un jour le grand amour...

No, love won't be leaving
It won't be gone until i find a way

[HJ : Nous allons voir si la légende de l'encravaté bleu est véridique ou non.  Twisted Evil Je vais le démasquer! Du coup, je remets la vie pathétique de Mildy entre vos mains. Même si elle devrait s'en sortir d'une manière ou d'une autre. ]



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Steven HarrissonPréfet en Chefavatar
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Steven adressa un sourire à son binôme quand celui-ci lui confia qu’il était également content d’être avec lui. En voilà une bonne chose, Casey semblait déjà plus à l’aise et le préfet-en-chef vivait également bien mieux la situation. Il n’aimait pas être confronté à une personne timide ou gênée – et encore plus quand il était la raison du malaise – , le jeune homme se sentait mal pour son interlocuteur et culpabilisait presque. Alors faire en sorte que Casey se sente bien était le premier objectif de la soirée. De plus, il serait ensuite plus facile de créer un lien pour se séparer du ruban qui les reliait… Le but de cette soirée était tout de même remarquable : créer un lien émotionnel pour se défaire d’un autre physique.

Le Poufsouffle songeait à ce constat tout en écoutant son partenaire qui allait avancer ses idées pour résoudre l’énigme du ruban quand un mouvement de foule les forcèrent à se serrer encore plus qu’ils ne l’étaient déjà contre le bar. Se crispant, Steven vérifia si sa baguette était toujours dans la poche intérieure de son costume et jeta un rapide coup d’œil aux alentours. Depuis le jour où les Mardoliens avait rendu le London Eye invisible devant des milliers de personnes qui avaient alors paniquées, le jeune homme réagissait au moindre mouvement de foule anormal. Bien que celui-ci était beaucoup moins important que lors de l’attaque mardolienne où il avait été séparé de ses proches et où il avait vu des corps piétinés, le septième année gardait certains réflexes malgré le temps qui s’était écoulé.

Suivant le regard des convives, Steven découvrit le Ministre qui se dirigeait vers sa femme, traînant derrière lui Virgil Forbes et Mildred Magpie. Mais qu’est ce qu’il lui prenait ? Comme tous les autres, le préfet ne manqua pas une miette de l’altercation et, bien qu’il n’entendait pas ce qu’ils se disaient, les gestes du ministre suffisaient pour comprendre que l’échange entre les deux célébrités était tendu. Le silence se fit au fur et à mesure dans la Grande Salle, si bien que les dernières paroles de Leopold Marchebank furent entendues de toute l’assemblée. Humiliée, Mildred Magpie semblait vouloir fuir la situation mais Steven la vit quand même applaudir le couple ministériel qui s’embrassa avec passion. Le Poufsouffle reporta son attention sur Casey qui commentait la scène en s’intérrogeant sur les raisons de la fureur du Ministre.

« Oui, il a été… sec avec elle, souffla-t-il. Mais elle a peut-être fait quelque chose qui n’a pas plu au ministre, proposa le jeune sorcier comme explication. C’est Mildred Magpie, on peut s’attendre à tout avec elle… »

Il suffisait de lire un peu son journal pour prendre conscience de l’aplomb que pouvait parfois avoir la journaliste… Steven n’arrivait pas vraiment à être choqué tel que l’était visiblement son camarade. Étonné, surpris, dérouté, ça il l’était mais… était-ce si mal que cela de brusquer un peu Mildred Magpie quant une bonne partie de l’Angleterre le désirait secrètement ? Steven était du genre à croire que chaque comportement, moralement acceptable, était justifié donc le Ministre de la Magie devait avoir ses raisons pour s’en prendre de la sorte à la reine du scandale… N’est-ce pas ?

Les dites raisons se matérialisèrent bientôt sur le Pear One de Casey. Steven s’approcha de son partenaire pour suivre la scène qui se jouait en hologrammes. Une expression de dégoût s’afficha sur son visage au passage de bulles de jacuzzi et il essayait d’effacer de son imagination les images que cela avait suscitées quand l’enregistrement se termina.

« C’est affreux... »

Le Poufsouffle releva les yeux vers Damon Drop qui s’esclaffait non loin d’eux et darda sur le Gryffondor un regard où on pouvait lire tout le jugement qu’il portait à son égard. Lui aussi sur son Pear, il visionnait clairement les mêmes images que Casey avait reçues. Les Pear One… En plus d’être le nouveau jouet d’un grand nombre d’élèves de l’école contre lequel il fallait faire la guerre pour interdire son utilisation pendant les cours et les contrôles, ces bijoux de technologie étaient en train, sous leurs yeux, de devenir les médiateurs d’un scandale qui se répandait plus vite qu’une traînée de poudre… Steven leva les yeux au ciel quand Drop partagea l’enregistrement. Il pouvait comprendre la fébrilité du Gryffondor, on n’obtenait pas de telles images tous les jours, mais c’était à cause d’individus comme Damon que les scandales se répandaient sans jamais être étouffés. Le préfet-en-chef parcourut des yeux l’ensemble de la Grande Salle d’où des sonneries s’élevaient de part et d’autre. Visiblement, Damon Drop n’était pas le seul à repartager la vidéo… Observant avec impuissance les quelques personnes qui s’emparaient de leur Pear One pour consulter ce qu’on leur envoyait, les yeux de Steven s’arrêtèrent sur David qui sortait tout juste son propre portable de sa poche. Il se retourna vers Casey qui s’alarmait pour son frère.

« Mais non, un père ne tuerait par son propre fils et puis, avec un peu de chance, jamais on ne saura qui a envoyé ces images en premier… Enfin, vu que Virgil est avec le Ministre...Viens, suis moi. »

Sans plus tarder, Steven fendit la foule droit sur David en prenant garde à ne pas trop tirer sur le bras de Casey. Ils eurent tout juste le temps d’arriver à la hauteur de son ami pour entendre les propos outrés du Ministre émaner des hologrammes. Au moment où l’enregistrement se terminait, le préfet s’empara du Pear One de David après avoir adressé un sourire de salutation à la Serdaigle qui était avec lui.

« - Hé!
- Tu permets ? Steven pianota rapidement sur le portable magique et supprima la vidéo. Oups, pardon.
- Mais t’es fou ! Pourquoi t’as fait ça ? s’offusqua David en reprenant son Pear.
- Pour t’empêcher de transmettre ça à tout ton répertoire. Ne t’abaisse pas au rôle de relais à scandale, tu vaux mieux ça. Je fais attention à ton image, tu devrais me remercier.
Steven savait que ses phrases bien pensantes agaçaient grandement son camarade mais elles avaient, mine de rien, le mérite de le faire réfléchir.
- Mais… commença David les yeux écarquillés. Il agita les mains en haussant les épaules avant de soupirer. Je demanderai pour qu’on me l’envoie à nouveau de toute manière, bougonna-t-il.
En relevant les yeux de son Pear, David remarqua Casey à qui il adressa un sourire. Salut ! Alors t’es accroché au préfet-en-chef ? ricana-t-il.
- Tu dis ça comme si c’était un calvaire, souffla Steven avec amusement.
- Pour moi ça le serait, renchérit David avec un sourire narquois. Toi aussi t’as reçu la vidéo ? Demanda ensuite le Poufsouffle à Casey. Puis, comme s’il réfléchissait que maintenant, le jeune homme écarquilla les yeux. Ah mais… c’est pas ton frère qui a filmé ?… Perso, c’est Drop qui me l’a envoyé mais…
- Tu fréquentes Damon Drop ?!

Sans réagir à la remarque de Steven, David passa sa main libre dans ses cheveux, pensif, comme s’il prenait conscience des futures conséquences de l’acte de Virgil.

- C’est chaud…, dit-il avec un sourire moqueur difficilement contenu. Il va se faire défoncer… ou pas ! s’empressa-t-il d’ajouter.

Steven lui jeta un regard exaspéré. Merci David, vraiment. Lui qui avait tenté de rassurer Casey peu avant…

- C’est sûrement pas le premier écart de ton frère, dit-il à Casey d’une voix calme. Ton père comprendra peut-être… Et puis, imagine que Mildred Magpie se plaigne de ce que le ministre lui a fait… Avec ces images, Marchebank pourra peut-être justifier ses actes… Tu verras bien, » termina-t-il avec un sourire encourageant.

Steven ne savait pas vraiment ce qu’en pensait Casey : s’inquiétait-il pour son frère ou pensait-il comme lui que Virgil méritait bien une bonne remontée de bretelles ? Le préfet optait plus pour la première solution, son camarade semblait être proche de sa fratrie. Parcourant la salle des yeux, il reprit.

« Tu veux aller le voir ? » s’enquit-il.



Kit Par Irving Ship
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Discuter avec Abel Laveau était chose aisée. Comme la plupart des personnes passionnées, il semblait intarissable quant il s'agissait d'évoquer son champ de prédilection, à savoir l'architecture. Au fil de la discussion, Jonah parvenait à reléguer ses inquiétudes concernant son fils et le Ministre au second plan et à se concentrer sur les propos de l'archimage qui évoquait Poudlard et ses couloirs farceurs.
Etudiant, Jonah n'avait pas compté le nombre de fois où il avait perdu son chemin dans les dédales de la célèbre école de Magie, surtout en première année. Avec le temps, il avait appris à repérer les passages les plus fiables, susceptibles de ne pas bouger mais, même trente ans plus tard, il lui arrivait encore de se faire surprendre.  Il avait bien failli arriver en retard pour son cours avec ses cinquièmes années pas plus tard que le mois dernier !
Cela ne devait pas être simple pour l'archimage américain de se familiariser avec une architecture aussi complexe et mouvante que Poudlard. Surtout sans y avoir mis les pieds en temps qu'élève.

"Vos collèges sont plus prévisibles aux Etats Unis ?" s'enquit Jonah en glissant sa main libre dans la poche de son pantalon dans une attitude décontractée.

Après tout, cela ne servait à rien de passer le soirée à stresser à l'idée que Virgil puisse faire un impair auprès de Marchebank. Autant essayer de profiter un peu de cette commémoration pour faire plus ample connaissance avec l'archimage, se dit-il en s'efforçant de ne pas se retourner pour chercher son fils du regard parmi les invités.

Abel Laveau était une personnalité montante au Royaume Unis actuellement. Le cabinet  qu'il cogérait avec  Wells planchait sur quelques-uns des projets architecturaux les plus ambitieux du monde magique. Jonah avait lu quelques articles sur les deux virtuoses américains dans le Gringotts Times au moment de l'édification de la Marchebank. Certes, l'effondrement de la banque avait peut-être eu une incidence négative sur leur carnet de commande mais la simple présence de Laveau  lors de cette soirée de commémoration montrait que les archimages étaient considérés comme des victimes du terrorisme, à part entière, plutôt que comme des responsables de la mort de centaines de personnes.

Quoiqu'il en soit, le cabinet américain serait assurément une belle structure d'accueil pour des jeunes élèves cherchant à se familiariser avec le métier d'archimage. Nul doute qu'Abel Laveau aurait aucun mal à transmettre sa passion -il suffisait de l'entendre parler pour en être convaincu- mais en avait-il l'envie ?
Jonah s'apprêtait à le lui demander lorsque ce dernier le devança quelque peu en le questionnant sur ses fonctions à Poudlard.

"C'est bien ça, j'enseigne l’Étude des Moldus répondit-il en indiquant la dénomination exacte de son poste, et je dispense également les cours de vol sur balai aux première années, précisa-t-il, j'aborde un peu l'architecture moldue avec les mes septième années mais cela reste très sommaire, ajouta-t-il soucieux, en bon Serpentard, de ne pas clôturer le sujet "architecture" trop vite.

Il aurait d'ailleurs bien poursuivit sur sa lancée mais Abel attira son attention sur un événement qui se jouait dans son dos: D'après l'archimage, Virgil était au cœur d'un conflit avec le Ministre en personne. Inquiet, Jonah se tourna vivement pour observer la scène qui se jouait à quelques mètres de lui. Effectivement Marchebank semblait particulièrement en colère mais l'objet de son courroux n'était pas Virgil mais la célèbre auteure des Hauts de Hurlelune,  Mildred Magpie.

Cette dernière semblait en fort fâcheuse posture d'ailleurs face à un Ministre furibard. Toutefois, l'enseignant ne s'attarda pas sur les deux adultes et chercha plutôt le regard de son cadet pour s'assurer qu'il n'était pas la cause de cette échauffourée. Mais visiblement,  Virgil n'était rien d'autre qu'un témoin privilégié du vif échange qui se jouait entre le Ministre et la romancière. Marchebank semblait presque avoir oublié l'adolescent accroché à son poignet tant il paraissait en colère contre Mildred. Mais qu'avait-elle encore fait pour fâcher de la sorte le Ministre ?

Jonah avait appris à la connaitre en début d'année lorsque l'atelier théâtre était encore d'actualité, avant le décès tragique d'Anwar Kabache. Ils avaient fait plus ample connaissance lors du cocktail organisé pour la rentrée littéraire à Leopoldgrad. A cette occasion la romancière s'était montrée sous un jour nouveau, plus vulnérable, bien loin de l'attitude horripilante qu'elle avait la plupart du temps .Ce jour là, Jonah avait découvert ses failles et ses faiblesses et il devait avouer qu'il était devenu plus indulgent avec elle depuis cet événement. A défaut d'éprouver pour elle une réelle sympathie, il ressentait à son égard une forme de respect pour celle qui avait toujours cru en ses projets les plus fantaisistes et qui s'était incontestablement donné les moyens de les mener à bien, contre vents et marrées. Il était loin-très loin- d'être d'accord avec tout ce qu'elle publiait dans son torchon de Multiplettes mais il devait lui reconnaitre la qualité immense d'être une véritable battante.

Mais pour l'heure, elle venait manifestement de se rendre coupable d'un terrible affront auprès du Ministre à tel point que ce dernier estimait devoir la recadrer en public. Comme la plupart des convives, Jonah resta silencieux jusqu'à ce que la romancière quitte la Grande Salle sous les murmures de quelques invités.
Très rapidement la garde rapprochée de Marchebank se fraya un chemin jusqu'au Ministre et Jonah reconnue Isobel Lavespère qui s'affairait pour gérer les retombées de ce petit scandale.

"Le service com' est déjà sur le coup."
commenta-t-il sans quitter des yeux la chargée de communication et son assistante qui s'entretenait avec Marchebank et sa femme.

Jonah n'eut toutefois pas le temps d'ajouter quoique ce soit puisque son Pear vibra dans sa poche, signe qu'il venait de recevoir un hologramme de... Virgil ? Que pouvait bien lui envoyer son fils fraichement libéré du sortilège ?
Jonah ouvrit le message et son visage se décomposa littéralement en découvrant le contenu holographique.

Ce n'était pas possible. Son fils n'avait pas pu faire ça ! Filmer cette dispute et la diffuser éhontément ! Pourtant, une petite voix dans l'esprit de Jonah lui disait que Virgil était tout à fait capable de ce genre d'ignominie. Il connaissait son fils et il devinait -malheureusement- de quoi il était capable. D'autant plus que l'inimité entre Mildred et Virgil était réelle depuis que la romancière à succès avait surpris son cadet dans la salle des arts en train de fumer de la Mandragore et qu'elle en avait informé Jonah.

Virgil nourrissait une forme de rancune à l'égard de la propriétaire des Folies sorcières et nul doute qu'il avait trouvé là une façon -surement fort distrayante à ses yeux- de se venger d'elle. Jonah devait le retrouver avant qu'il ne montre cette vidéo à tous ses amis ! L'enseignant leva le nez de son écran et balaya l'assistance du regard à la recherche de la silhouette dégingandée de Virgil. Mais où était-il passé ?  Il composa le numéro de son fils et attendit plusieurs secondes avant que l'hologramme répondeur de Virgil, avachi sur le canapé du salon d'Agathe, ne se matérialise sous ses yeux.

"J'suis pas dispo. Si tu veux me parler, rappelle parce que c'est pas moi qui le ferais." récita-t-il non sans ponctuer sa petite tirade d'un sourire narquois. Jonah sentit un vent de colère monter en lui. Non seulement il avait demandé à Virgil de changer cette annonce au moins dix fois mais en plus il savait parfaitement que son fils n'était pas occupé en ce moment même. Il évitait juste de lui répondre ! La mâchoire de Jonah se contracta légèrement sur le coup de l'énervement et il releva les yeux sur Abel Laveau.


"Excusez-moi mais il faut absolument que je retrouve mon fils, expliqua-t-il. Il masquait, non sans peine la sourde colère qui l'animait mais ne parvenait pas à cacher son air préoccupé, cela vous embêterait-il de m'aider à le chercher ?" ajouta-t-il alors.
Il s'agissait clairement d'une question rhétorique tant Jonah semblait impatient de retrouver Virgil mais les bonnes convenances l'empêchaient d'arracher le bras de son partenaire pour partir tordre le cou à son cadet... Pourtant ce n'était pas l'envie qui lui manquait !


One needs that an infinite patience to wait always what never arrives
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Virgil Forbes


*Oh putain d'bordel de troll !*
Virgil cliqua sur le bouton "annuler l'envoi" une fraction de seconde trop tard.
La mention "Hologramme envoyé" s'afficha en 3D sur son Pear One.

L'adolescent poussa un profond soupir. Dans sa précipitation vengeresse il avait sélectionné tout son répertoire sans songer, une seule seconde, que ses parents figureraient parmi les destinataires. Ce détail lui était revenu un instant trop tard. Mais quel cognard il faisait parfois !  songea-t-il en basculant la tête en arrière de dépit. Ses vieux allaient lui tomber dessus et ce n'était qu'une question de minutes avant qu'ils ne le retrouvent et qu'il se fasse copieusement sermonner, encore et encore. De toute façon, il était habitué maintenant, il tenait parfaitement son rôle de "déception de la fratrie Forbes", et puis, à quoi bon se tourmenter à cette idée ? Tôt ou tard, Jonah et Agathe auraient finalement su qu'il était l'auteur de la vidéo. Le point de vue et la proximité de la scène était tels qu'il ne pouvait qu'être celui qui avait tourné ces images. Images qui circulaient déjà de Pear One en Pear One , rendant folle de rage cette garce de Magpie, songea  Virgil pour se raccrocher à cette idée positive. Il allait peut-être être privé de sortie à Pré-Au-Lard jusqu'à la fin de l'année mais il tenait sa vengeance sur cette vieille pie ! Cela n'avait pas de prix. Alors au diable l'engueulade qui l'attendait, autant profiter de ces quelques derniers instants de liberté pour aller fanfaronner auprès de ses amis.

Virgil slaloma entre les convives pour s'éloigner de la dernière position où il avait vu son père et sortit son Pear One pour appeler Damon. Au lieu de ça l'hologramme souriant de Jonah s'afficha pour notifier un appel entrant. Il était sûr que son paternel n'avait pas du tout cette mine réjouie à cet instant précis ! Virgil ne put contenir une légère grimace avant de ranger son Pear dans la poche de son veston sans décrocher. Il poursuivit sa progression dans la Grande Salle, jouant quelque peu des coudes pour rejoindre le buffet ou Damon devait incontestablement se trouver. Dans la foule, il tomba même sur Nelly emprisonnée à un grand brun ténébreux que Virgil ne connaissait pas. L'adolescent s'arrêta, observa quelques instants sa camarade élégamment vêtue avant de jeter un regard au lien qui emprisonnait le binôme. Quelle angoisse ce truc ! Lui, au moins, il était libre ! D'ailleurs, il leva crânement son poignet devant lui comme pour narguer la jeune femme à qui il décrocha un bref clin d'œil avant de s'éclipser. Il passa entre plusieurs couples et déboucha finalement sur une personne qu'il s'était promis d'aborder ce soir si jamais il la voyait. Pourtant, le timing ne pouvait pas tomber plus mal !
Virgil hésita un instant, son regard passa du buffet dans le coin où Damon ricanait la tête dans son Pear One à l'élégante femme qui venait de faire son entrée dans la Grande Salle. C'était l'occasion ou jamais, songea-t-il avant de se décider. Le jeune homme fit donc quelques pas en direction du couple d'amis de ses parents et se racla la gorge avant de saluer Douglas et Meredith Kane.

"Virgil ! Ça alors ! Tu as encore grandi depuis cet été non ?" lâcha Douglas en gratifiant le Gryffondor d'une tape amicale sur l'épaule.
"Possible." répondit-il  bien qu'il en soit sûr. Il dépassait Douglas Kane maintenant, ce qui n'était pas pour lui déplaire.
"Comment ça va à l'école ? ça se passe bien ?" poursuivit Doug avec son air faussement concerné.

Toujours les mêmes questions des adultes, tout le temps, tous les jours. Comme s'ils avaient un répertoire commun de formules toutes faites à dire  à des adolescents.

Virgil haussa vaguement les épaules "Ça peut aller... " lâcha-t-il avant de reporter son attention sur Meredith, D'ailleurs j'ai une question, commença-il de but en blanc. Il n'avait pas vraiment le temps pour des bavardages inutiles ce soir, ses parents allaient lui tomber dessus d'un moment à l'autre alors il n'avait pas un instant à perdre, est-ce que vous prenez des stagiaires à Skye ? s'enquit-il avant de développer, tu sais que papa développe un programme de formation en milieu professionnel avec le Ministère et ...ça m'intéresserait bien de découvrir ce que vous faites là-bas."
"Ça m'intéresse." Voila des termes que Jonah Forbes aurait rêvé d'entendre sortir de la bouche de son fils ! Pourtant, Virgil était heureux qu'il ne soit pas témoin de cette déclaration. Une petite part de lui ressentait même un plaisir sadique à ce que Jonah apprenne son intérêt pour la légilimancie par une autre personne que par lui-même.

"Tu penses que ça pourrait se faire ? insista-t-il en scrutant la directrice de département de son regard cerné mais étonnamment vif.
Il se remémora alors ses engagements -hésita quelques instants à garder cette opportunité pour lui seul avant de se raviser, J'ai une... amie à moi -le terme n'était pas tout à fait exact mais la nature de sa relation avec Nelly était difficile à qualifier et trop longue à expliquer - qui pourrait-être intéressée, elle aussi..."
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Casey Forbes

Casey leva un regard plein d'inquiétude sur Steven lorsque ce dernier souffla un "C'est affreux." annonciateur de problèmes. Oui, c'était terrible ! Mais qu'est ce qui était passé dans la tête de Virgil pour faire ça ? Ne réfléchissait-il donc  jamais aux conséquences de ses actes ? Casey avait beau être plus jeune, il se demandait souvent comment son frère faisait pour agir avec tant d'insouciance, sans soucis des répercussions engendrées par ses actes.

Propager des enregistrements du Ministre et de Mildred Magpie sans leurs consentements était surement passible d'une attaque en justice, non ? Casey ne s'y connaissait pas vraiment en droit mais il était intimement persuadé que ce qu'avait fait Virgil était... mal. On ne se moquait pas de la sorte d'une personne se faisant éconduire ! Sans pouvoir définir pourquoi, Casey se sentait incroyablement mal à l'aise vis à vis de tous les acteurs de cette histoire. Pour Magpie qui était purement ridiculisée dans cette vidéo holographique, pour Marchebank dont la brève réaction épidermique allait être disséquée par des heures et des heures de visionnage, pour ses parents et ses frères qui allaient forcément subir et devoir assumer les conséquences des actes de Virgil... Steven avait beau affirmer qu'un père ne tuerait jamais son propre fils, Casey était inquiet des retombées d'une telle histoire sur les relations dans la famille Forbes. Déjà que le climat était tendu entre ses parents depuis qu'Agathe avait offert un Pear One à chacun de ses enfants sans en parler à Jonah, alors cette fois, c'était le pompon. Jamais ses parents n'allaient pouvoir se réconcilier si Virgil mettait tant d'ardeur à les opposer sur leurs points de divergences !

Tout à ses pensées, Casey suivit Steven sans objecter et les deux adolescents s'arrêtèrent devant David, un ami du préfet qui avait lui aussi reçu la vidéo. Mais comment était-ce possible ? Casey était sûr que le Poufsouffle ne figurait pas parmi les amis de son frère -David était beaucoup trop brillant et sérieux pour Virgil- alors comment pouvait-il être déjà en possession de l'enregistrement ! La rumeur se répandait-elle si vite ?
Casey commença à se ronger l'ongle du pouce en regardant autour de lui. Il voulait voir Dean. Dean savait toujours quoi faire quand Virgil faisait des bêtises ! Remarquant visiblement son malaise, Steven supprima la vidéo du Pear de David sans se soucier du mécontentement de ce dernier. C'était gentil, vraiment, mais Casey avait l'impression que ce geste n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan de ses problèmes.

David sembla enfin le remarquer et le salua, non sans égratigner le statut de Préfet en Chef de son ami au passage. Casey esquissa un sourire en guise de réponse ne sachant pas vraiment quoi dire. Il était sincèrement soulagé d'être accroché à Steven mais il ne pouvait pas non plus le dire à David sans passer pour quelqu'un qui ne comprenait pas le second degré. Il avait bien vu que les deux amis se chambraient mutuellement et que cette complicité était la marque de leur amitié. Casey préférait rester spectateur plutôt que de feindre une fausse connivence en poursuivant la discussion sur le même ton ironique.  Toutefois, les remarques suivantes de David plongèrent Casey dans un silence encore plus prudent. Il semblait clair -du moins aux yeux de l'ami de Steven- que Virgil était bel et bien l'auteur de la vidéo que Drop faisait circuler à tout Poudlard. De plus chacun semblait d'accord sur un point: Virgil allait au devant de sérieux problèmes. Et si son frère avait des problèmes, toute la famille Forbes en avait également ! songea Casey en enfonçant légèrement sa tête entre ses épaules.  Seul Steven tentait de lui remonter le moral en affirmant que Marchebank pourrait utiliser la vidéo pour excuser son comportement quelque peu violent. Si seulement il pouvait dire vrai !

Casey esquissa un maigre sourire à destination du préfet qui se pliait en quatre pour tenter de le rassurer. Il proposait même d'aller trouver Virigil alors que ces deux là ne s'appréciaient pas particulièrement, du moins, si Casey avait vu juste.

"Non je préfère pas, assura-t-il en secouant la tête. Il n'avait aucune envie de voir ce frère là à cet instant précis, mais merci d'avoir proposé.  Je suis vraiment désolé de te faire subir ça, ajouta-t-il comme si les actes de son ainé était sous sa propre responsabilité, tu ne devrais pas avoir à remplir ta mission de préfet en chef pendant cette soirée, dit-il en faisant référence au sermon qu'il avait du faire à son ami David par la faute de son frère, toi aussi tu as le droit de profiter de tes amis et de vivre cette commémoration comme bon te semble. Après tout, Anwar Kabache était dans la même année et la même maison que Steven. peut-être étaient-ils proches ? On peut rester avec David, tu sais, ça ne me dérange pas. Il a l'air cool." ajouta Casey en désignant le Poufsouffle occupé à discuter avec sa Serdaigle de partenaire, Vous avez l'air de bien vous entendre vous tous... Je veux dire, Némo, Greg, David et  toi."

Chacun semblait avoir sa place et, quelque part, Casey était un peu envieux d'une telle amitié qui laissait la place à chaque individu de s'exprimer.
Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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Lauren acquiesça sans enthousiasme quand Irving suggéra d'aller se mettre au chaud dans l'un des établissements qui bordaient la place. Elle s'était débarrassée de sa veste en arrivant dans la Grande Salle et elle était transie de froid, mais aller trouver refuge à l'intérieur c'était admettre qu'ils n'étaient pas prêts de se libérer. C'était tristement vrai, mais cela restait désagréable à reconnaitre.

La batteuse se laissa toutefois entrainer en direction de l'entrepot'es, elle n'allait pas se laisser mourir de froid par simple fierté. Le Gryffondor avait au moins eu la bonne idée de choisir le seul restaurant de tout Nimbus à ne pas être décoré de façon absolument grotesque pour la Saint-Valentin. Etre entourée de petits cupidon potelés et de confettis roses et blancs n’aurait probablement pas améliorer son humeur.

- Okay, lacha-t-elle simplement en lui emboitant le pas et en s'efforçant de ne pas grelotter.

Elle avait suggéré d'essayer la technique de l'adolescente ridicule qu'ils avaient laissé derrière eux dans la Grande Salle sans vraiment savoir ce qu'ils pourraient bien se dire. Elle n'avait aucune affinité particulière avec Whitaker et pas la moindre envie de lui livrer la moindre confidence, aussi lui fut-elle reconnaissante de se lancer en premier.

Elle esquissa un bref sourire quand il mentionna Arthur Fromer et ses chaussures Portoloin. Beaucoup d'enfants sorciers avaient dévoré les voyages du mage aux chaussures ensorcelées, elle y compris. Cela devait bien faire une dizaine d'année qu'elle avait lu ce bouquin mais elle se souvenait elle aussi l'avoir beaucoup apprécié. Lauren fut surprise d'entendre Whitaker poursuivre sur sa lancée et lui révéler une poignée d'informations aussi insolites que complètement inutiles. Elle hocha vaguement la tête quand il les invita, Sam et elle, à passer à l'auberge qu'il tenait avec Weaver. Un week-end romantique chez l'ancien petit-ami de sa copine, c'était ses vacances rêvées !

- Hum, merci, c'est gentil, marmonna-t-elle pour la forme. On dirait oui... répondit-elle quand le jeune homme affirma qu'elle devait passer aux aveux aussi pour que cela fonctionne.

En effet, le ruban était toujours fermement noué à leurs deux poignets. Puisqu'Irving s'était plié à l'exercice, elle n'avait plus d'autres choix que de l'imiter. Elle lutta contre l'envie d'enfoncer ses mains dans ses poches -Merlin que c'était frustrant d'être ainsi privée du moindre mouvement- et débita sa réponse d'une voix monocorde tout en prenant la direction de l'Entrepot'es.

- J'ai beaucoup aimé Le Mage et la paire de bottes ensorcelée aussi, mais je préferais le Gang des Six. C'était un groupe d'adolescents qui passaient toutes leurs vacances ensembles et qui résolvaient tous les crimes de la région plus vite que le bureau des Aurors. Elle avait toujours admiré l'amitié entre les six membres du groupe, qui subsistait et se renforçait à chaque épreuve et à chaque dispute. Il n'y avait bien que des livres pour enfants pour raconter de telles conneries... J'aime le vert, la glace à la vanille, la tarte aux amandes, jouer au Quidditch, ou plutôt courir, ou les deux. Je me suis installée à Nimbus cet été, j'étais aspirante Auror, et maintenant je passe des sélections pour intégrer une équipe nationale de Quidditch.

Elle avait tout récité à une telle vitesse qu'elle avait parlé trop vite et en avait beaucoup trop dit à son goût. Son bref séjour au BDA lui avait laissé un arrière-goût amer et elle avait beau savoir qu'il était certainement mieux pour elle de ne plus travailler au Ministère -où elle aurait été surveillé en permanence- elle s'en voulait encore d'avoir si lamentablement échoué.

Intégrer une équipe de Quidditch comme son père et son frère ainé avait été son rêve pendant une partie de sa scolarité et maintenant qu'il était à portée de main elle n'arrivait plus à s'en réjouir. Les recruteurs qu'elle avait rencontré pensaient qu'elle avait ses chances chez Flaquemare, où un poste de batteur se libérait, mais cela signifiait jouer en binôme avec son frère Ethan. Ils avaient souvent joué ensembles, se connaissaient bien, et étaient tous les deux excellents -ce qui jouait clairement en sa faveur- mais ils avaient aussi beaucoup de mal à passer plus de vingt minutes ensembles sans se hurler dessus. Elle était néanmoins consciente qu'elle n'étaient pas en position de refuser une place sous prétexte qu'elle n'avait pas envie de supporter son frère.

Sa vie professionnelle n'avait pas du tout pris la tournure qu'elle attendait à sa sortie de l'école et elle n'avait absolument aucune envie de s'étendre sur la sujet, surtout pas auprès de Whitaker. Elle fut donc soulagée de voir qu'ils arrivaient à l'Entrepot'es, mais soupira en voyant que le ruban n'avait pas bougé d'un poil.

- Bon, je crois qu'on peut s'installer... Ils en avaient probablement pour un moment.

Elle poussa la porte de l'établissement et se dirigea vers une table libre dans un coin. S'installer ne fut pas une mince affaire avec le ruban qui entravait tous leurs mouvements mais ils finirent pas se retrouver assis l'un en face de l'autre sans la moindre idée de la façon de mettre fin à ce calvaire.

- Bonsoir, c'est pour diner ? Un serveur venait de s'approcher de leur table et leur tendait les menus avec un sourire avenant.

Elle s'apprêtait à répondre qu'elle prendrait juste un café mais hésita. S'ils étaient coincés ici pour le reste de la soirée, autant ne pas avoir l'estomac vide. Maintenant qu'ils connaissaient leurs desserts favoris respectifs ils pouvaient bien partager un repas.

- Tu veux manger un morceau ? suggéra-t-elle finalement avec un haussement d'épaules fataliste en reportant son regard sombre sur Whitaker.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving n'avait que peu de contact avec les anciens élèves de son année. S'il savait que Sam et Lauren s'étaient installées à Nimbus c'était uniquement parce que ses sœurs le lui avaient dit mais il ignorait bien des détails de la vie de ces deux anciennes camarades de promotion.  Le jeune homme arqua donc un sourcil lorsqu'il appris que McGowan s'était destinée, pendant un temps seulement, à une carrière dans la justice magique. Auror ? Elle ? Honnêtement, il l'aurait plutôt vu de l'autre coté de la balance du côté des agresseurs et autres casseurs de dents ! Pourtant, il était forcé de constater que les choses étaient bien différentes: Il était celui qui avait commis un crime contrairement à Lauren qui s'était investie pour intégrer le corps des Aurors et défendre les opprimés... Qui l'aurait cru.

Quoiqu'il en soit, elle semblait maintenant en pleine reconversion professionnelle et passait actuellement des sélections pour intégrer une équipe nationale de quidditch -poste qui, aux yeux d'Irving- lui correspondait nettement mieux. Il  n'avait jamais été un passionné de ce sport mais il s'y était intéressé par la force des choses, lorsque Nora était devenue capitaine de Poufsouffle. Il se souvenait de quelques matchs auxquels il avait assistés en tant que spectateur et où il avait particulièrement craint les puissants cognards de la Serpentard. Vu comment Lauren lui avait déboité l'épaule quelques instants plus tôt, elle n'avait rien perdu de sa force...

Malheureusement, ces confidences ne suffirent pas à rompre le charme et les deux jeunes gens soupirèrent en même temps en constatant qu'ils étaient toujours liés l'un à l'autre. Il pénétrèrent donc dans le restaurant et s'installèrent -non sans mal- face à face. Irving posa son avant bras entravé à plat sur la table afin que Lauren puisse faire de même  et il accueilli le serveur avec un sourire un peu gêné. Irving avait beau avoir été plongeur dans l'établissement quelques mois plus tôt il ne connaissait pas ce nouvel employé. Ce dernier allait surement les prendre pour deux fous souhaitant se lier d'amour au sens figuré comme au sens propre... Risible !

"On a été ensorcelé à notre insu." se justifia-t-il en levant légèrement le poignet pour entrainer celui de Lauren.
Le serveur les observa avec un sourire poli - le sourire de celui qui fait semblant de vous croire alors qu'en vérité, il vous prend pour des adeptes de bondage- puis il leurs proposa la carte des menus .

"Humm... Oui pourquoi pas..." répondit Irving lorsque Lauren lui demanda s'il voulait manger un bout. Il avait eu le ventre  noué à Poudlard mais maintenant il ressentait un petit creux dans l'estomac qui ne demandait qu'à être comblé. Il se sentait bien ici, dans cet environnement familier et ce n'était pas étonnant qu'il retrouve l'appétit. Lauren n'était certes pas la fille avec qui il pensait passer la soirée mais il savait qu'ils avaient plus de points communs qu'il n'y paraissait. Déjà, ils avaient le même avis sur le régime et cela suffisait à mettre Irving en confiance (bien plus que n'importe quelle confidence sur le club des 6 !). Il se souvenait parfaitement de cette réunion de la résistance juste après l'effondrement de la March'Bank où Lauren avait pris son parti face à Nahuel Munoz. Elle avait assuré, devant tout le monde, qu'Irving avait raison et que l'attaque de Leopoldgrad n'était pas un vulgaire dommage collatéral dans la lutte contre le régime mais bel et bien un attentat. Elle aussi elle exigeait des garanties, refusant de se battre aux côtés d'hommes et de femmes prêts à tout pour arriver à leurs fins... Plus Irving y pensait plus il se disait qu'il aurait vraiment pu plus mal tomber ce soir!

De sa main libre, le jeune homme attrapa la carte et la posa devant lui pour la feuilleter tout en jetant de brefs regards en direction de Lauren. Etait-elle toujours investie dans le LEXIT ? Irving ne participait pas aux réunions pour des actions fortes sur le terrain si bien qu'il ne côtoyait pas énormément de résistants. Il se contentait d'assurer son statut de base arrière avec Mallowsweet et d'accueillir les personnes en détresse comme Finn et Sybille. C'était bien assez suffisant, se dit-il en se re-concentrant sur le contenu de la carte.

Le menu "Anti St-Valentin" à base d'ail et de fromage français lui tira un sourire mais ce fut la troisième ligne dans les desserts qui lui arracha une remarque enjouée:

"Hé ! Y a de la tarte aux amendes !" s'exclama-t-il en pointant le mets du doigt," C'est un signe Lauren, tu vas pas passer une si mauvaise soirée qu'ça..." ajouta-t-il d'un ton amusé sans quitter la carte des yeux. C'était étrange d’appeler McGowan pour son prénom comme s'il étaient amis mais Irving retrouvait un semblant de bonne humeur ici, loin de l'ambiance lourde de Poudlard. Les ouvriers étaient attablés au comptoir et discutaient joyeusement, certains jouaient aux cartes, un peu plus loin et une vieille balade  rock grésillait de temps à autre en guise de musique de fond. Il était chez lui ici et il pouvait rester là jusqu'au bout de la nuit...

"Une Nimbusienne pour moi, s'il vous plait, dit il en tendant la carte au serveur qui était revenu. L'omelette -spécialité de l'EntrePotes- était incontestablement la meilleure de toute la Grande Place (et puis, Jill ne s'était pas amusé à la rebaptiser " la Cosmopolitaine", cela avait son importance), et une pinte de gobière."

Irving attendit que Lauren passe commande, profita de ce moment pour saluer d'un geste de la main quelques connaissances assises au bar et reporta finalement son attention sur la jeune femme lorsqu'ils se retrouvèrent de nouveau seuls.

"Et bien figure toi que j' suis pas mécontent d'passer la soirée ici, avoua-t-il avec un sourire sincère,  pourtant j'adore les Bizarr Sisters -vraiment- mais l'ambiance là-bas était beaucoup trop glauque pour moi, il secoua la tête de gauche à droite et reprit, En tout cas , j'uis désolé si tu avais prévu d'voir ton ami Dave."

Le fils du Ministre était la victime la plus connue de l'attentat. Irving ne savait pas si Lauren était encore en contact avec lui depuis ses prises de positions anti-régime mais il se souvenait que Samantha et elle étaient vraiment très proches du Serpentard à l'époque de Poudlard. C'est moche, c'qui lui est arrivé."

Il avait beau être le fils du dictateur, il n'était en rien responsable des actes de son père si bien qu'Irving compatissait aux malheurs de Dave Marchebank et de toutes les victimes de l'attentat...


Every day of your life is a leaf of your story which you write
Nasreen JoharMilicienneavatar
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La déduction de Nora sur l’origine de ce ruban fit hocher la tête à Nasreen. Un simple jeu pour animer la soirée, probablement, pour qu’ils fassent connaissance. Cela donnait des airs de soirée étudiante à ce gala plutôt sérieux, dont la milicienne ne savait pas trop quoi penser. Elle gageait que certains pontes du ministère trouveraient la situation ridicule, mais feraient bonne figure pour la presse. Ils étaient tous photographiés ce soir, après tout.

« Le staff va sûrement intervenir une fois que tout le monde sera attaché, pour expliquer le but de tout ceci » suggéra t-elle, en cherchant du regard cet Horace qui les avait liées.

Elle lut rapidement l’inscription sur le ruban, seule information qu’elle avait à disposition pour démêler ce mystère. Une énigme, évidemment. Nasreen la garda dans un coin de sa tête, tandis qu’elle reportait son attention sur Nora. Sa ressemblance flagrante avec Amely Weaver l’intriguait et elle ne fut pas surprise d’entendre sa réponse.

« Je l’aurais parié, vous vous ressemblez beaucoup ! »

Elle sourit légèrement, avant de se dire que ce n’était peut-être pas la remarque à faire. Parfois les soeurs n’aimaient pas qu’on leur rappelle qu’elles se ressemblaient, pour un peu qu’elles aient du mal à s’entendre. Elle avait un bel exemple dans sa fratrie, de Shanti qui plissait toujours le nez quand une tante lui répétait que c’était fou de voir combien elle ressemblait à Cali. Elles étaient comme chien et chat, ces deux-là, mais bon, la solitaire Shanti ne s’entendait pas avec grand-monde… Mais Nora n’avait pas l’air de mal le prendre, elle voulut même savoir comment elle connaissait sa soeur.

« Je l’étais, comme Amely d’ailleurs, répondit t-elle. Et comme elle, je travaille à la Milice, maintenant. J’ai déjà eu l’occasion de mener quelques missions avec elle, c’est un bon élément. »

Mais elle devait déjà le savoir et sa famille était sûrement fière d’elle, tout comme Nasreen suscitait le respect au sein de sa fratrie. Elle avait toujours été la bonne élève, l’aînée qui avait réussi, qui menait une belle carrière. Plus discrète que Cali la magistrate, toutefois, dont on ne tarissait plus d’éloges pour avoir réussi à rejoindre les rangs du Magenmagot en étant si jeune. Mais Nasreen lui laissait volontiers cette place dans la lumière. Elle n’était pas faite pour ça, elle était toujours gênée d’être complimentée à outrance et beaucoup plus à l’aise en agissant dans l’ombre, pour des personnes dignes de diriger. Le poste de milicienne lui convenait sans doute davantage que celui d’Auror pour cette raison, d’ailleurs. Elle faisait un travail qu’elle savait crucial pour le pays dans leur époque troublée et elle vouait une loyauté sans limite à la commandante Coleman pour ses qualités incontestables de leader. Elle se sentait comme sa main armée, à elle et au Ministre, et c’était une place qui lui correspondait parfaitement.

C’était un travail qui suscitait le respect et parfois un peu la crainte, Nasreen en était consciente. Elle essayait toutefois d’établir un rapport de confiance avec les citoyens quand elle en avait l’occasion, car ils étaient là pour les protéger. Soucieuse de ne pas laisser un malaise s’installer avec cette jeune fille qui lui semblait fort sympathique, elle lui retourna aimablement la question :

« Et toi ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? »



Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Depuis les hauteurs de son spacieux loft de luxe de Leopoldgrad, Meredith Kane contemplait l'effervescence silencieuse qui régnait dans l'avenue en contrebas. En cette veillée de la Saint-Valentin, la capitale mouvante du Monde Magique bouillonnait de vie et de couples à la recherche de la meilleure adresse pour s'offrir le plus inoubliable tête-à-tête amoureux. A la vue de cette foule anonyme et tumultueuse s'ébattant dans toutes les directions, la psychomage ne pouvait s'empêcher de faire le parallèle avec le chaos généré par les explosions de la Marchebank. Les cris de douleurs, les corps mutilés peuplaient encore son esprit, malgré le fait que la vie retrouvait lentement mais surement sa normalité. Quelle ironie que de voir la frénésie consumériste de la Saint-Valentin succéder à l'élan de panique des attentats : Comme si un simple repas aux chandelles suffisait à gommer aussi facilement les traumatismes que son programme de réhabilitation mémorielle de Skye. Aussi funeste soit cette tragédie, la popularité de la responsable du département de la Santé Magique n'avait cessé de croître depuis sa gestion salutaire des attentats. L'organisation des secours et la logistique médicomagique avaient été unanimement salué dans la Presse, et lui avait même valu les éloges du Ministre en personne. Mais plus que les hommages, Meredith Kane avait enfin les mains libres et les justifications nécessaires pour entreprendre de nombreuses rafles dans les franges suspectes de la population. Avec l'appui indispensable de la Milice, cette puissante contre-attaque contre les réseaux de résistance avait pacifié le pays et redorer quelque peu le prestige ensanglanté du FREE.

Mais si Meredith Kane s'épanouissait pleinement d'un point de vue professionnel, son couple traversait une bien mauvaise passe depuis quelques mois. Un conflit larvé qui ne demandait qu'à exploser, mais que la psychomage cherchait méthodiquement à étouffer dans l’œuf pour préserver la stabilité et l'équilibre du noyau familial. Pourtant, il est clair que son époux et elle n'étaient plus du tout sur la même longueur d'onde. Égoïstement, Douglas ne semblait pas pouvoir se faire à l'idée que son épouse puisse s'épanouir autrement que par son couple et son rôle de mère. Perpétuellement, il lui reprochait de négliger sa famille eu détriment de ses illustres fonctions sur la lointaine île de Skye, alors que lui-même multipliait les déplacements à l'étranger avec son association Médicomages sans frontières. Une mauvaise foi teintée de jalousie que la psychomage aurait laissé passer, si elle n'avait point découvert l'ombre d'une cruelle trahison. Personnalité de l'élite politique, Meredith Kane avait demandé la mise en place d'un programme discret de surveillance de sa famille, de manière à contrer toutes représailles à l'encontre de ses proches. Mais ce qui n'était au départ qu'une démarche protectrice, se transforma bien vite en opération d'espionnage conjugal, lorsqu'un milicien lui apporta la preuve concrète d'un flagrant délit d'adultère de la part de son époux. En effet, dans le plus grand secret de ses déplacements professionnels, Douglas entretenait une liaison intime avec une jeune médicomage bénévole du nom de Clara Delgado...

Un psychodrame conjugal qui avait peut-être fissuré les certitudes et la confiance que la psychomage nourrissait jusqu'alors dans son mariage, mais qui n'avait nullement anéanti sa volonté de sauver son couple. Simple flirt ou histoire d'amour en devenir, elle se devait de ramener à elle son époux égaré sur les sentiers tortueux de la crise de la quarantaine. Malgré le poids qui pesait sur son cœur, Meredith comprit très vite qu'il serait profondément néfaste pour elle de libérer sa rancœur et sa déception à la face d'un époux errant dans l'indécision la plus totale. Dans le duel qu'elle venait d'engager avec la maitresse de son mari, elle savait pertinemment qu'elle n'aurait pas le droit à la moindre erreur ; Surtout quand le poids de la routine et des années reposait sur les épaules bancales de votre couple. En bonne psychomage, elle opta pour l'empathie, de manière à comprendre ce qui avait poussé son époux dans les bras de cette jeune pimbêche en âge d'être sa fille. Jeune stagiaire de Saint-Mangouste, Clara Delgado était d'origine vénézuélienne, et elle avait la fraicheur exotique et la joie de vivre pour elle. Sourire perpétuel aux lèvres, regard pétillant, elle était l'extrême opposée de la froide et frigide Meredith Kane. Nul doute que son mari devait trouver dans cette relation toute la tendresse torride qu'elle ne daignait plus lui accorder ; Mais que valait cette amourette sans lendemain en comparaison de leur famille ? De leurs enfants ? Pourquoi prendre le risque de sacrifier toute l'histoire d'une vie pour une vulgaire liaison ? Douglas perdait-il la raison ? Autant de mystère que la psychmage allait vite devoir s’atteler à résoudre...

Encore aujourd'hui, Meredith Kane avait déniché dans la poche du costume de son époux, une énième preuve outrancière de son infidélité. Cette fois-ci, c'était le papier glacé d'une photographie qui renvoyait à la Directrice de Skye l'odieux mensonge de Douglas. Au dos de celle-ci, il était inscrit : "En souvenir des bonnes choses. Il me tarde de te revoir mon amour." Si une envie irrésistible de déchirer leurs sourires s'empara d'elle, Meredith préféra conserver son calme olympien et opter pour une stratégie plus subtile. Elle remit la photo à sa place, et fit mine de se préparer innocemment pour la soirée de commémoration aux victimes de l'odieux épisode de la Marchebank. Face au miroir de son dressing, Meredith se contenta de réajuster délicatement les mèches courtes et dorée de sa chevelure, avant de s'adresser à son mari.

"Chéri? Pourrais-tu m'aider à fermer ma robe, s'il te plait? "

Douglas qui venait juste d'en finir avec son nœud de cravate, s'approcha machinalement de son épouse afin de l'aider à remonter la fermeture de sa robe de soirée. Meredith dévisagea le reflet de son époux dans le miroir, avant d'engager de nouveau la conversation :

"Merci. Comment me trouves-tu ? Cette robe ne fait pas trop dénudée, ni trop vulgaire ? "

D'un noir de jais, la robe de Meredith était plutôt sobre et élégante, et toute en retenue, à l'image de cette soirée de commémoration.

"Elle te sied à merveille. Tu es parfaite, comme toujours... "

Bien qu'élogieuse, la réponse de Douglas parut quelque peu évasive et teintée d'un certain reproche. Le mince sourire de Meredith se figea, avant qu'elle ne se décide à s'engager dans une faille conflictuelle.

"Vraiment ? C'est ce que tu penses ? "

Confronter Douglas dans son hypocrisie n'était qu'une manière de le pousser dans ses retranchements, et lui faire endosser la responsabilité de son mensonge. Pour crever un abcès, il était inutile de se précipiter ; Voilà pourquoi, Meredith préférait opérer par petites touches chirurgicales. Signe de sa lâcheté et de son incapacité à reconnaitre ses fautes, Douglas se raidit légèrement avant d'arquer un sourcil perplexe sur son épouse. Il choisit alors l'humour comme échappatoire.  

"Pourquoi diantre en doutez-vous madame la chef de Département de la santé ? Ce n'est pas moi qui le dit, mais Multiplettes qui vous a reconnu comme mère modèle préférée de la Nation. Alors pourquoi oserai-je le nier ? Tu es divinement parfaite... "

Ce trait d'humour tomba à plat, et Meredith choisit de dérober habilement de son menteur d'époux, alors que celui-ci était sur le point de lui déposer un baiser tendre dans le cou. Plus les années défilaient, et plus elle détestait n'être résumée qu'à sa fonction de mère de famille. N'avait-elle pas accompli suffisamment de grandes choses dans sa carrière de chercheuse en neuroscience magique ? Le projet MémoRise n'allait-il pas révolutionner les manières de vivre ? Quel prodige devait-elle encore accomplir pour n'être pas résumé qu'à sa simple fonction de mère de famille ? Malgré la colère sourde qui battait ses tempes, Meredith conserva toute son intelligente froideur, pour faire face à son époux infidèle. Prêcher le faux pour avoir le vrai, voilà une technique en mesure de démasquer le plus doué des menteurs.

"Le travail et mes nouvelles responsabilités m'épuise, et je culpabilise de n'avoir pas plus de temps à vous consacrer. J'aimerai beaucoup retrouver le calme et la volupté de nos années passées. Peut-être pourrions-nous passer un week-end en amoureux comme nous le faisions naguère ? Je suis tombée par hasard sur la brochure d'un petit paradis bucolique perdue au fin fond de la Cornouailles, qui répond au doux nom d'auberge de Mallosweet. Pourquoi ne pas y faire un saut le mois prochain ? Juste le temps d'une pause salvatrice dans notre agenda si chargé? "

Cette escapade campagnarde n'avait rien d'innocent. Meredith savait pertinemment qu'en calant une date au beau milieu d'un voyage humanitaire en Inde, elle allait écarter son époux des griffes de sa maitresse. Clara Delgado se rongerait seule les ongles au milieu des bidonvilles magiques de Calcutta, pendant qu'elle recollerait les morceaux avec Douglas. Ce dernier finit par trahir le désarroi qui s'emparait de lui, alors qu'il réalisait à quel point il était complexe de mener une double vie.

"Non, le mois prochain c'est tout bonnement impossible. Je suis du voyage en Inde, pour venir en aide aux petits lépreux du Rajasthan magique... "

Que d’hypocrisie ! Douglas osait jouer la corde sensible des enfants malades, juste pour protéger son histoire de fesses ! Bien malgré elle, le regard de Meredith ainsi que les traits de son visage se durcir sous le poids des mensonges de son époux. Taillée dans la glace, sa voix d’ordinaire si douce se révéla également plus tranchante :

"Tu ne peux pas me faire cela, Douglas. Tu sais combien de rendez-vous ministériels j'ai dû décaler pour obtenir ce congé ? J'ai sacrifié une conférence sur MémoRise à la Cité Cosmos, et un rendez-vous avec le Ministre de la Magie en personne, juste pour toi... Et tu oses prétendre que tu ne peux pas faire la même chose de ton coté? "

Le sourire de la jeune Clara était-il si envouteur ? Est que plus de vingt de mariage valait moins que de bander les moignons de petits enfants lépreux ? Blessée en plein cœur, la psychomage en perdait même de son empathie légendaire. A la recherche d'une solution, Douglas fit mine de se soucier de la garde de sa fille.

"Et qui va garder Eva? On ne peut pas la laisser seule... "

Meredith balaya l'espace d'un geste gracieux de la main.

"J'ai tout prévu, Eva viendra avec nous. Elle adore les animaux, et cela lui fera découvrir la beauté et la vie de la campagne. Eva était excitée comme une puce à l'idée de voir un poney nain pour de vrai et de partir en famille... "

Baissant les bras face à la reine de l'agenda et du chantage affectif, Douglas poussa un soupir abattu.

"Je vois que tu as tout prévu. Mais c'est bon, je serai de la partie. Laisse-moi le temps de prévenir l'association pour annuler mon déplacement... "

Meredith esquissa un sourire victorieux, avant de déposer un baiser aussi bref que fugitif sur les lèvres de son époux.

"Tu vois? Toi aussi tu peux être parfait! "

Comment pouvait-on autant aimer et détester une même personne? Même pour une psychomage aguerrie, cela tenait du mystère humain...

*****

En entrant dans le hall d'accueil de Poudlard, la principale priorité de Meredith était de rendre un digne hommage au tragique évènement de la Marchebank. Nombreuses étaient d'ailleurs les victimes qui avaient recouru à ses services pour effacer toutes traces du traumatisme. Jadis réservés aux pires ordures du Monde Magique, ses travaux sur l'effacement de la mémoire s'appliquaient désormais au commun des sorciers. Une dédiabolisation salutaire qui allait profondément changer les normes sociétales mais également la gestion des troubles post-traumatiques. Même si son programme suscitait encore le débat, MémoRise commençait à s'institutionnaliser, plaçant le nom de Kane sur le devant de la scène médicomagique. Meredith rêvait d'ailleurs de remporter le prestigieux prix Nobel magique de la meilleure scientifique, de manière à pouvoir rendre un vibrant hommage aux travaux de son père, jadis incompris.  

La responsable en chef du Département de la Santé Magique tenait également à sauver les apparences, et l'image de stabilité véhiculée par son couple. Même si elle s'en défendait, elle appréciait d'être un exemple pour de nombreuses femmes qui cherchaient vaillamment à combiner vie familiale et professionnelle. Au sein de Skye, elle cherchait d'ailleurs à commercialiser un remède qui puisse alléger quelque peu la charge mentale des sorcières ménagères ; Une manière gratifiante pour la psychomage d'améliorer le confort d'autrui, tout en récoltant les louanges du Ministère. L'âme politique de Meredith n'avait cessé de s'aiguiser depuis sa collaboration étroite avec Leopold Marchebank et surtout grâce aux conseils avisés de sa conseillère en communication. Mieux sourire, chasser sa froideur naturelle, paraitre plus accessible aux yeux du grand public ; Nul doute, qu'elle devait beaucoup de son image de mère modèle à la très douée Isobel Lavespère. Peut-être devrait-elle la remercier en lui offrant un verre ou en lui rendant hommage au travers d'un discours ?

Mais dès son entrée dans la grande salle, Meredith Kane perçut que l’atmosphère n'était pas à la fête, mais plutôt au scandale. De toute part, la foule ne faisait que chuchotée tandis que les mains venaient masquer des bouches horrifiées. Cette soirée ne devait-elle pas être une occasion de rebondir et de tourner la page de l'épisode sanglant de la Marchebank? Le visage du Ministre et de sa tendre épouse étaient des plus sombres comme si un drame venait de bouleverser l'équilibre de cette soirée de commémoration. Meredith exerça une légère pression sur la main de son époux pour lui intimer l'ordre de la suivre en direction de l'estrade ministérielle. Le couple s’apprêtait à s'y rendre quand une silhouette familière vint leur barrer le chemin. Douglas fut le premier à s'exclamer en reconnaissant le fils de son ami Jonah. Meredith se contenta dans un premier temps de sourire poliment en guise de salutation, avant d’acquiescer à la remarque de son mari volage : En effet, Virgil Forbes avait considérablement poussé depuis l'été dernier et le pique-nique improvisé sur la terrasse des Kane.

"Bonsoir Virgil. "

L'éducation inculquée à ses enfants se basant sur le respect et la politesse, Meredith fut frappée de voir à quel point Virgil dérogeait aux règles les plus élémentaires de la bienséance. Pas de bonjour, ni de merci, le petit serpentard se contentait du minimum, ce qui se révélait assez déroutant pour une femme aussi bien élevée que Meredith Kane. Pourtant même en l’absence d'Agathe, Jonah n'était pas du genre trop permissif, bien au contraire, il se révélait bien souvent très à cheval sur la discipline. Parfois même un peu trop, comme lors d'un pique-nique où Virgil n'était encore qu'un enfant et au cours duquel il avait reçu une magistrale fessée pour avoir fait léviter une boulette de viande dans les cheveux d'Eva. Meredith qui militait contre toutes formes de châtiment corporel en guise de punition, s'était gardée de faire ressentir son malaise. Mais signe d'une autorité souveraine, l'intervention de Jonah s'était révélée la plus efficace pour tempérer la fougue de ce diablotin de Virgil. Au final, Meredith était assez admirative de l'investissement du Directeur des Serpentards dans l'éducation de ses garçons. Quelque part, elle aurait aimé que Douglas fasse preuve plus souvent de la même fermeté avec ses enfants, plutôt que de se comporter comme un camarade de jeu. Nul doute que le père idéal se trouvait à mi-chemin entre l'autorité de Jonah et le laxisme affectueux de Douglas. Voilà pourquoi, en fervente partisane de l'autorité bienveillante, Meredith voyait d'un bon œil l'amitié et les influences complémentaires qui pouvaient s'exercer avec les Forbes.

Signe de cette complicité entre les deux familles, il ne déplaisait pas à Meredith de voir sa fille fréquentée le jeune Dean ; Espérant simplement que ces derniers finiraient tôt ou tard par briser ce secret de polichinelle au travers d'un somptueux mariage. En plus d'être un fabuleux artiste en devenir, Dean était un garçon aussi aimable que courtois, qui semblait respecter certaines règles de bienséance ; Comme l'abstinence avant le mariage. Bien qu'elle s'en défende en prônant la liberté individuelle, Meredith restait très vieille Angleterre quand il s'agissait de ses propres enfants. Après tout, Claire était à l'aube d'une brillante carrière, et n'avait nul besoin d'une grossesse malvenue. Était-ce une volonté de préserver sa fille des contraintes familiales ? Une manière détournée de l'aider à trouver son épanouissement personnel ? Claire n'avait encore point achevé son travail d'introspection, et sans cela il était impensable de pouvoir donner un sens à sa vie...

A contrario, un qui ne semblait douter de rien concernant son avenir était bel et bien le jeune Virgil. Aux regards de ses autres frères, il faisait office de véritable petit OVNI dans la sphère Forbes, tant il aimait bousculer les règles de bienséances et les protocoles. Avec un culot aussi démesuré que désinvolte, voilà qu'il osait s'adresser à la Directrice de l'île de Skye, pour lui demander, rien de moins qu'un poste de stagiaire au sein de son établissement de réhabilitation mémorielle. Au-delà de son élan de motivation pour Skye, Meredith fut davantage frappée par la familiarité excessive de Virgil. Certes, ils se connaissaient, mais elle appréciait l'usage du vouvoiement quand un enfant s'adressait à une adulte. La spontanéité déroutante du jeune serpentard laissa quelque peu pantoise la psychomage, avant qu'elle ne daigne le renseigner.

"Décidément Virgil, tu es un garçon plein de surprise. Saches que je suis enchantée de découvrir ta soudaine motivation pour mon travail de réhabilitation mémorielle ; Mais tu dois savoir que pour devenir stagiaire au sein de notre établissement, il y a certaines étapes à respecter... "

D'un côté, Meredith ne voulait pas faucher cet élan de motivation soudain de la part de l'adolescent, tant elle connaissait les problématiques et les difficultés rencontrées par Jonah dans son éducation ; Mais en toute franchise, Skye visait l'excellence et Virgil n'entrait dans aucune case qui puisse correspondre à un poste à si haute responsabilité. Mais plutôt que de le décourager, Meredith se décida à lui laisser l'opportunité de saisir au moins sa chance. La Directrice de Skye éprouva la motivation de Virgil, en lui décrivant le long sacerdoce qu'il fallait se résoudre à accomplir pour obtenir un poste de stagiaire.

"Toi et ton amie, vous allez, tout d'abord devoir réunir deux lettres de recommandation : L'une venant de votre Directeur de Maison respectif, et l'autre de l'un de vos professeurs répondant à nos spécialités ; Comme le cours de défense contre les forces du Mal, les Sortilèges, ou même celui de divination. Puis à cela, il faudra ajouter une lettre de motivation, en sachant que nous allons être très attentif à vos dossiers scolaires... "

Comme pour les tremblements de terre, à la première onde de choc suivait une autre encore plus plus meurtrière. Meredith Kane n'avait aucun doute sur le fait que malheureusement celle-ci allait finir d'achever le sursaut de motivation de l'adolescent.

"Après cela, si toi ou ton amie, vous répondez à nos critères de sélection, il vous faudra encore passer un entretien, qui aura pour but d'évaluer vos compétences et vos prédispositions, ainsi que votre équilibre psychologique. J'espère ne pas t'avoir découragé ? Dans la vie, le plus important est de ne jamais rien regretter... "

Meredith fut perturbée dans ses explications par un groupe d'adolescents attardés qui s'esclaffaient bruyamment sur les hologrammes endiablés émanant d'un Pear One. De loin, à en juger par les regards lubriques et les adjectifs employés, il ne pouvait s'agir que d'un contenu éminemment érotique. Quelle marque d'irrespect pour les victimes ! Ce n'était ni l'endroit, ni le moment pour pareilles idioties. Mais en jetant un rapide coup d’œil hémisphérique, la psychomage se rendit compte que les adolescents n'étaient pas les seuls à dévorer des yeux l'écran magique de leur Pear One. Que diable s'était-il donc passé ? Son instinct de mère la poussa à confier ses doutes à Douglas.

"Tu ne voudrais pas chercher Emmy et Walter, je n'arrive pas à les trouver dans cette foule... "

Après un dernier signe amical à l'intention de Virgil, Douglas quitta son épouse pour chercher les deux derniers de la portée Kane vers la buvette. Meredith Kane scrutait la foule à la recherche d'information avant de baisser son regard froid sur Virgil.

"Virgil, à tout hasard, tu ne saurai pas les raisons du trouble qui anime cette soirée? "

A cet instant précis, le Pear One de Meredith Kane se mit à vibrer au fond de son sac à main...



             
“Meilleur ne veut pas dire meilleur pour tout le monde”
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Virgil Forbes

La directrice de Skye ne le portait pas particulièrement dans son cœur. Virgil avait toujours su, ou en tout cas ressenti, qu'il était loin d'être le préféré de la fratrie Forbes. Les manières de Meredith étaient froides avec tout le monde, bien sûr, même avec sa propre progéniture, mais encore plus particulièrement avec lui et ce depuis sa plus tendre enfance. Il faut dire qu'il le lui rendait bien. Il avait toujours été le plus turbulent des fils de Jonah et, enfant, il ne se gênait pas pour taquiner Claire ou même Walter à chaque rencontre entre les deux familles. Là où Douglas avait porté un regard bienveillant à son égard, le voyant comme un gamin taquin et effronté, Virgil avait l'impression que Meredith l'avait toujours vu comme un objet d'étude à analyser. Un enfant à ramener dans le droit chemin. Une mauvaise fréquentation pour les petits Kane !
Comme beaucoup de monde, la directrice de Skye lui préférait Dean qui formait un si beau couple avec sa tendre Claire. Si seulement elle savait ! Dean était surement plus intéressé par les jambes musclées et poilues de Doug que par les fines canes de Claire Kane. C'était puéril, mais Virgil nourrissait un léger sentiment de satisfaction à l'idée que le vœu pieu de Meredith Kane ne se réaliserait jamais... Elle avait beau se montrer cordiale en lui disant qu'il était un garçon plein de surprise, Virgil savait lire entre les lignes: elle pensait assurément plein de mauvaises surprises, il en était certain.

Malgré ce ressentiment, il comptait bien profiter de son statut de "fils de meilleur ami de Doug" pour tenter de décrocher un stage. De plus Meredith avait raison sur un point: Il était réellement motivé et captivé par le travail qu'elle avait entreprit sur la réhabilitation mémorielle. Il pouvait bien mettre son inimité de côté si c'était pour pouvoir bénéficier des connaissances et des conseils avisés de la directrice de Skye. Il estimait qu'elle était une piètre mère, certes, mais s'il se référait à ses lectures des derniers mois où elle était citée à plusieurs reprises dans de prestigieux ouvrages, elle s'avérait être une excellente professionnelle dans son domaine.

Après avoir enchainé quelques remarques hypocrites comme la plupart des adultes savaient si bien le faire - non elle n'était pas enchantée à l'idée qu'il la contacte, ils le savaient aussi bien l'un que l'autre- elle se décida finalement à lui donner la marche à suivre pour tenter d'obtenir un stage au Département des Mystères. Virgil nota mentalement les différents points que la directrice énumérait tout en constatant la difficulté de son entreprise ! Il était claire que la situation allait être nettement plus ardue pour lui que pour Nelly. Il regretta un instant d'avoir évoqué la préfète -il aurait du garder ces informations pour lui- avant d'établir un plan d'action dans sa tête.

La principale difficulté à ses yeux était de passer la sélection de la première étape. Il était intiment persuadé que si on lui laissait l'occasion d'expliquer ses motivations lors d'un entretien il saurait transmettre son intérêt et démontrer ses prédispositions auprès d'un Jury. Quant à l'entretien psychologique, il en faisait son affaire... Il n'était pas le garçon le plus équilibré mentalement -il en avait bien conscience- mais il n'était pas plus torturé que les autres adolescents de son âge. Il suffisait de se promener dans la mémoire de Nelly ou d'écouter les propos de Blackbonnes, Damon ou Kasya pour en être convaincu. Il pouvait faire illusion mais encore fallait-il que son dossier soit sélectionné...

Et pour cela, il avait besoin d' une lettre de recommandation d'un enseignant de spécialité. Sésame le plus difficile à obtenir pour lui. Il n'avait pas suivi l'option Divination et le professeur de Sortilèges n'avait pas daigné le prendre en sixième année, à son grand étonnement et surtout, à sa grande déception tant il pensait avoir le niveau pour poursuivre dans cette matière. La vérité était qu'il avait quelque peu négligé les devoirs théoriques si bien que l'enseignant lui avait préféré des élèves moins doués en pratique mais plus studieux. L'égo de Virgil avait prit un sacré coup ce jour là mais il s'était efforcé de masquer son désappointement derrière une attitude désabusée.

Il n'avait donc pas d'autre choix que de contacter son professeur de Défenses contre les Forces du Mal.  L'angoisse !
Il devait reconnaitre qu'il n'avait aucune envie de quémander quoique ce soit à la grande amie de son père et la simple idée de lui être redevable était insupportable...
Même s'il était sûr que son directeur de Maison, le Professeur Londubat,  saurait lui trouver quelques qualités dans sa lettre de recommandation - ne serait-ce que pour faire plaisir à Jonah- Virgil ne pouvait pas compter uniquement sur cette lettre, il n'avait pas le choix: Il allait devoir solliciter l'aide de Thelma Corrigan.

Surtout si le comité de sélection se penchait sur son dossier scolaire:

"Niveau médiocre, des capacités non exploitées, attitude nonchalante,  peu de travail personnel,  travaux rendus en retard, consommation de stupéfiant dans l'enceinte de l'école..."

Longue liste peu flatteuse à laquelle allait surement se rajouter " atteinte à la vie privée" ou un truc du genre. Virgil essayait tant bien que mal d'ignorer les convives braqués sur leurs Pear One mais la rumeur semblait se répandre à la vitesse d'un sortilège ! Il était clair maintenant qu'il allait au devant de sérieuses répercutions quant à son comportement de ce soir mais le Gryffondor ne s'avouait pas vaincu. Maintenant qu'il avait fait le premier pas en abordant Meredith il comptait bien décrocher ce stage ne serait-ce que pour l'embêter.

" J'espère ne pas t'avoir découragé ?" assura-t-elle en pensant surement le contraire. Si elle comptait le faire changer d'avis, elle se collait sa baguette dans l'œil.

"Pas le moins du monde." répondit-il du tac au tac avec une once de défi au fond des yeux, "A qui doit-on faire parvenir les candidatures ?" demanda-t-il alors en arquant un sourcil interrogateur, tic que l'on retrouvait chez tous les Forbes.

Toutefois Meredith ne daigna pas lui répondre immédiatement. En effet, l'agitation qui régnait dans la Grande Salle semblait la préoccuper au plus haut point allant jusqu'à demander à Virgil s'il connaissait les raisons du trouble qui agitait cette soirée.

Aïe. Il ne les connaissait que trop bien puisqu'il avait grandement participé à leur diffusion.


"Oui, répondit-il sans se démonter. Le Pear One de Meredith vibra, signe que Virgil ne devait pas perdre une minute. Mieux valait y aller au culot et donner sa propre version des faits -légèrement édulcorée- avant que la directrice de département ne découvre la scène sur son Pear, Mildred Magpie a agressé sexuellement le Ministre de la Magie." Il avait volontairement insisté sur le mot tant il savait que Meredith n'abordait pas vraiment ces questions avec ses enfants, alors avec lui, ne parlons pas, elle a collé sa poitrine contre Marchebank et elle a voulu le forcer à l'embrasser, insista-t-il en masquant parfaitement  le petit sourire que lui inspirait cette révélation sous un masque de sérieux, C'était horrible. Heureusement, j'ai filmé la scène et tout le monde peut voir que le Ministre est une victime dans cette histoire..." Il leva un regard plein d'assurance en direction de son interlocutrice, le harcèlement sexuel, quel fléau."
Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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Lauren tira sur son bras pour forcer Whitaker à reposer le sien sur la table. Ce dernier s’était mis en tête d’expliquer au serveur qu’ils avaient été ensorcelés à leur insu. La Serpentard leva les yeux au ciel. Il était clair que le serveur les prenait pour un couple de tordus et que son jugement était déjà arrêté. Rien de ce qu’ils pourraient dire n’arrangerait la situation, alors autant se taire. Les gens étaient comme ça, une fois qu’ils vous avaient catalogué comme bizarre, vous étiez bizarre. Ils n’avaient aucun compte à rendre à cet étranger et elle ne voyait pas pourquoi ils auraient à se justifier.

Elle ne répondit pas au sourire hypocrite du serveur et attrapa la carte qu’il lui tendait en s’efforçant d’être aussi adroite qu’elle le pouvait avec sa main gauche. Elle posa le menu sur la table et parcourra rapidement les plats du regard en cherchant quelque chose qu’elle pourrait manger en étant priver de sa main droite, ce qui excluait une bonne partie des mets proposé.

Whitaker réussit l’exploit de lui arracher un sourire en lui faisant remarquer la tarte aux amandes proposée en dessert. Elle ne tiqua même pas quand le Gryffondor l’appela par son prénom.

« La même chose, demanda-elle finalement quand Irving commanda une omelette, la spécialité de l’établissement. Et un verre d’eau. »

Elle ne buvait pas d’alcool, ou très peu. Ce qui n’avait pas contribué à lui faire une réputation de fille amusante. Il lui arrivait de boire une bieraubeurre ou une Gobière de temps en temps mais elle préférait se limiter à ça. La consommation d’alcool était mauvaise pour les performances sportives et pour la récupération, et de toute façon l’idée de perdre la maitrise d’elle-même ne l’enchantait pas outre mesure.

La batteuse haussa les sourcils, surprise, quand le Gryffondor affirma qu’il n’était pas mécontent de passer la soirée ici. Elle n’aurait pas été jusqu’à dire qu’elle était ravie de se retrouver là en sa compagnie, mais elle devait reconnaitre qu’ils ne s’en sortaient pas trop mal. Elle aurait très mal vécu la situation si elle s’était retrouvée attachée à un partisan du FREE ou à une adolescente hystérique. Elle devait admettre qu’au fond elle avait plutôt de la chance d’être tombé sur Irving, avec qui elle avait plusieurs points communs.

« Ça aurait pu être pire, concéda-t-elle. C'est vrai qu'on n’est pas mal ici », ajouta-t-elle avec un sourire.

Son sourire disparut et tous les muscles de son corps se raidirent à la seconde où Irving mentionna Dave. Elle voulut retirer son bras de la table, par réflexe, comme pour remettre de la distance entre eux, mais le ruban l’en empêcha. Elle tourna la tête vers le bar, fuyant le regard de son camarade et dissimulant son visage derrière ses épais cheveux bruns. Non, elle n’avait pas prévu de passer la soirée avec son ami Dave. Elle n’avait plus d’ami Dave. Et oui, c’était moche ce qui lui était arrivé. Carrément moche même. Carrément injuste. Il ne méritait pas ça, il n’aurait jamais fait de mal à un Doxy. Ce qu’il aurait mérité, en revanche, c’était des amies qui soient là pour le soutenir dans cette épreuve, des amies qui n’auraient pas trahi sa confiance.

« Ouai, c’est dégueulasse… répondit-elle finalement d’une voix enrouée. Et on n’est plus amis. »

Elle avait prononcé ces derniers mots entre ses dents, comme si chacun d’entre eux lui écorchait les lèvres. C’était douloureux de l’admettre à voix haute, mais nécessaire également. Elle se demandait comment Whitaker avait pu imaginer que son amitié avec Dave avait survécu à ses prises de position dans la résistance. Les Poufsouffles optimistes du genre de Weaver devaient être contagieux. Elle n’aurait pas pu rester amie avec Dave et s’engager au sein du LEXIT. C’était impossible. Elle aurait été une mauvaise résistante et une amie pire que ça encore. Ça aurait été se mentir que de vouloir concilier deux choses si contradictoires. Il serait forcément venu un jour où elle aurait dû faire un choix difficile. Elle avait préféré limiter les dégâts en s’imposant ce choix dès le début. Et elle avait rarement regretté une décision autant qu’elle avait regretté celle-ci. Elle avait perdu son meilleur-ami, un ami qui lui manquait tous les jours, et tout ça pour quoi ? Une bande de fous furieux qui faisaient exploser des banques. Mais il était trop tard maintenant, elle en savait trop pour pouvoir revenir en arrière.

Il faisait soudainement trop chaud dans le restaurant et elle avait le sentiment d’étouffer. Elle lutta contre l’envie de quitter la table et de s’éloigner le plus possible d’ici, sachant qu’elle emmènerait forcément Whitaker –son bras gauche du moins- avec elle.

« Toi tu… Tu voulais passer la soirée avec Weaver, j’imagine ? »

La réponse lui paraissait plutôt évidente, mais elle aurait dit absolument n’importe quoi pour éloigner le sujet de conversation de Dave. Elle préférait parler de n’importe quoi d’autre, tout sauf ça. Elle était à deux doigts d’enchainer avec un commentaire sur la météo mais fut sauvée par le serveur qui revenait vers eux avec la Gobière d’Irving et son verre d’eau, qu’elle vida d’une traite. Elle retrouva un semblant de convenance, sans parvenir à éloigner la pensée de Dave et de Léopoldgrad de son esprit.

« Tu y étais ? lâcha-t-elle finalement. A Léopoldgrad. »

Elle savait que c’était le cas de nombreuses personnes présentes à la soirée de commémoration et elle se demandait si Irving en faisait partie. Faisait-il partie de ces résistants qui s’étaient trouvé là par hasard et que les terroristes avaient considéré comme des dommages collatéraux, comme toutes les autres victimes ? Elle se souvenait que le jeune homme s’était montré assez virulent lors de la réunion de réunification de la résistance. Si ses souvenirs étaient exacts, on lui avait même reproché d’avoir failli tuer Meredith Kane devant témoins le jours de l’attentat.


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Sasha hocha la tête en écoutant avec intérêt l'analyse de Dave au sujet du sortilège contenu dans le ruban, impressionnée par l'étendue de ses connaissances. Elle nota toutes ces informations dans un coin de son esprit et se promit d'entamer des recherches sur le sujet, qu'elle trouvait particulièrement intéressant. Des sortilèges qui influaient ou analysaient les émotions humaines ? Voilà qui pouvait se révéler plus qu'utile. Elle connaissait l'existence des filtres d'amour évidement mais elle ignorait qu'il y avait d'autres formes d'enchantement dans cette catégorie.

Le fils du Ministre relut à voix haute l'énigme qui figurait sur le ruban et en livra une interprétation assez correspondante. Le morceau de soie abolissait physiquement la distance entre eux mais il fallait combler cette distance sur le plan émotionnelle pour que le charme soit rompu. Il pouvait effectivement s'agir de se trouver des points communs. Cela ne devrait pas être trop difficile pour eux, qui partageaient surement quelques centres d'intérêts, mais Sasha n'était pas certaine que cela suffirait à mettre fin au sortilège. S'il suffisait de trouver des points communs avec son binôme Kristen White et Alexa Person seraient déjà détachées - elles étaient toutes les deux des fans hystériques des Hauts de Hurlelune.

"Peut-être qu'il ne s'agit pas seulement de se trouver des points communs mais de partager son ressenti, ses émotions, de s'ouvrir à l'autre."

Ce qui serait certainement un peu plus difficile à obtenir. Elle s'imaginait assez proche de Dave sur le plan intellectuel. Il avait été un excellent élève lui aussi, s'intéressait probablement à la politique, et elle le trouvait intéressant. Sur le plan émotionnel en revanche elle avait du mal à voir comment elle pourrait se rapprocher de son camarade. C'était un homme, il était plus âgé qu'elle, et ils n'avaient pas vraiment le même parcours. Elle ne put empêcher ses yeux de se poser un instant sur les roues de son fauteuil et son coeur se serra. Comment se sentirait-elle à sa place si elle se retrouvait soudainement cloué dans un fauteuil pour le restant de ses jours ? Comment pouvait-on rester ambitieux et tourné vers l'avenir dans ces conditions ? Elle ne pouvait pas l'imaginer.

Ils ne seraient surement pas le seul couple à avoir des difficultés à se lier, songea-t-elle en désignant à Dave le binôme formé par son père et Virgil Forbes. Sasha ne fut pas surprise quand l'ancien préfet lui expliqua que le Gryffondor avait l’habitude de collectionner les retenus. Elle n’avait pas une très haute estime de Virgil, une opinion que semblait partager son partenaire, et ne put retenir une petite allusion à la consommation excessive de Mandragore par ce dernier. Le fait que le Gryffondor fume autre chose que de simples cigarettes – qui étaient déjà interdites à Poudlard – n’était un secret pour personne et elle imaginait très bien Virgil être un fervent partisan de la légalisation de la Mandragore.

Sasha, elle, y était plutôt opposée mais fut ravie d’entendre l’avis de Dave sur la question. Leurs opinions divergeaient un peu, mais la Serpentard aimait beaucoup discuter de ces sujets-là avec des personnes aux arguments intéressant. Elle devait bien admettre que les avantages financiers mis en avant par le jeune homme méritaient davantage réflexion que les « ce serait trop bieeeeen » avancés par la plupart des gens de son âge comme défense en faveur de la légalisation.

« Bien sûr, d’un point de vue économique ce serait bénéfique, concéda-t-elle. Mais il faut prendre en compte les conséquences sur la santé publique. Partout où la consommation de Mandragore a été légalisée, la consommation quotidienne a considérablement augmenté et cela a créé de nombreux cas d’addiction. »

Le fait que la consommation de Mandragore soit encore illégale en Grande-Bretagne empêchait les consommateurs occasionnels d’en faire une vraie habitude. Il y avait fort à parier que la légalisation de la Mandragore transformerait cette substance festive en habitude quotidienne et, même si ce n’était pas une drogue excessivement dangereuse, ses effets néfastes sur la santé –sur le cerveau notamment- avaient été prouvés. Pour les sceptiques qui mettaient les études en doute, il suffisait de regarder Virgil Forbes pour constater les ravages causés par la Mandragore sur un cerveau encore en cour de développement.

« Sans parler du marché noir sur lequel la Mandragore sera forcément remplacée par une autre drogue, surement plus nocive. »

Si les consommateurs occasionnels augmentaient certainement leur consommation avec la légalisation, d’autres se tourneraient probablement vers d’autres substances. C’était dans la nature des gens que de vouloir violer les interdits. Si la Mandragore venait à être autorisée, ils trouveraient autre chose d’illégal pour la remplacer.

« Ce que l’Etat va récupérer du commerce de Mandragore il devra le réinvestir en centres de désintoxication et en campagnes de sensibilisation », conclut-elle en espérant que ce dernier argument saurait parler à l’économiste qui lui faisait face.

Elle songeait justement à la carrière de Dave dans les finances quand elle se rappela qu’elle avait, justement, besoin de conseils en la matière. Elle aurait préféré avoir cette conversation dans l’intimité d’un bureau de la March Bank, mais ce ne serait pas possible avant plusieurs mois, et personne ne semblait prêter attention à leur conversation de toute façon. Un peu hésitante, elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille avant de se jeter à l’eau.

« Est-ce que je peux te demander un conseil ? s’enquit-elle avec un sourire timide. D’ordre financier, précisa-t-elle. Je comprendrais si tu préfères ne pas jouer les banquiers ce soir mais j’ai un problème un peu embêtant… »

Sa candidature avait passé la première phase de sélection de l’université de Salem et elle devait maintenant constituer un dossier plus complet, avec un plan de financement.



Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora avait toujours pris sa ressemblance avec Amely comme un compliment. Elle avait beau ne pas être le portrait craché de sa soeur, il y avait indéniablement un air de famille et elle en avait toujours été plutôt fière. Comme beaucoup de petite soeur, elle avait passé son enfance à copier son ainée et à vouloir à tout prix lui ressembler. Elle s'était appliquée à adopter les mêmes coupes de cheveux et le même style que sa soeur. Il y avait eu un temps où on aurait pu croire à des jumelles si elles n'avaient pas eu tant d'années d'écart. Aujourd'hui, volontairement ou non, elle avait tendance à plutôt se distinguer de sa soeur. Là où Amely avait adopté la coupe courte, Nora conservait ses longs cheveux blonds, et elle n'avait décidément pas le même style vestimentaire que son ainée - qui serait venue à ce genre d'évènement en tailleur ou en robe de gala contrairement à Nora qui s'était contentée d'une jupe en velours noir et d'un pull bien chaud.

"Merci, on nous le disait souvent."

Elle s'était exprimé au passé sans trop savoir pourquoi. Mais elle devait reconnaitre que cela faisait des années qu'on ne leur avait pas fait la remarque. Il fallait dire que les deux soeurs passaient de moins en moins de temps ensembles. Nora en avait été terriblement attristée quand sa soeur avait quitté Poudlard, la laissant derrière elle et ne répondant que rarement à ses lettres. Aujourd'hui c'était elle qui entretenait volontairement cette distance entre elles, la même qu'elle instaurait entre elle et ses parents. Elle se disait qu'elle faisait ça pour les protéger, que moins ils s'inquiétaient pour elle et moins ils en savaient et mieux c'était, mais au fond c'était surtout parce qu'elle se savait incapable de leur résister. Ses parents se doutaient qu'elle leur cachait quelque chose, et elle ne pourrait pas leur mentir. Elle aurait trop envie de confier tous ses problèmes à son père et de le laisser tout arranger comme il le faisait toujours, elle ne résisterait pas à l'envie de se blottir entre les bras de sa mère et de tout lui raconter. Elle préférait les fuir plutôt que d'échouer à leur mentir.

Le fait qu'Amely ait rejoint la Milice et enquête sur la disparition de Jacob Dalhiatus n'encourageait pas Nora à vouloir retrouver une relation complice avec sa soeur. Elle s'inquiétait d'ailleurs de savoir comment Nasreen connaissait Amely, espérant qu'il ne s'agissait pas d'une collègue de la Milice. Malheureusement, la jeune femme lui donna exactement la réponse qu'elle redoutait. Elle avait fait la connaissance de sa soeur au Bureau des Aurors mais elle avait aujourd'hui rejoint la Milice elle aussi. Nora s'efforça de conserver un visage aussi neutre que possible mais sentit son ventre se tordre d'angoisse.

Objectivement elle n'avait aucune raison de s'inquiéter. Le fait qu'elle soit mêlée au meurtre de Dalhiatus n'était pas écrit en lettres rouges en sur son visage, et Nasreen n'avait aucune raison de la suspecter de quoi que ce soit. Son esprit logique avait beau savoir qu'elle ne courrait aucun risque, son instinct lui hurlait qu'elle devait avoir peur. Elle était attachée à une Milicienne, avec qui elle allait devoir "surmonter la distance qui les séparait". Tout son corps lui faisait sentir que les choses ne pouvaient que mal tourner. Son coeur s'était affolé dans sa poitrine et elle avait soudainement les mains moites, et la gorge sèche. Son angoisse augmenta d'un cran quand elle réalisa qu'elle était silencieuse depuis de trop nombreuses secondes et elle se força à adresser un sourire enthousiaste à son interlocutrice.

"Oh ce...c'est bien. Ca vous plait ?"

Autrement dit : vous aimez arrêter des gens désignés arbitrairement par le gouvernement dont le simple crime est d'avoir exprimer des opinions défavorables au FREE ?

La conversation prenait une tournure délicate. Nora n'avait aucune envie de s'étendre sur le rôle de la Milice tant elle savait qu'elle aurait du mal à en vanter les mérites. Heureusement, Nasreen lui retourna sa question et le visage de Nora retrouva quelques couleurs. Elle préférait de loin discuter de l'auberge -en excluant la partie accueil de résistants- que de parler de la Milice.

"Je tiens une auberge avec mon petit-ami, près d'une réserve naturelle dans le parc du Dartmoor, expliqua-t-elle. C'est une très jolie région, très préservée. Vous devriez venir y passer un week-end, c'est parfait pour se ressourcer."

Elle regretta ses dernières paroles à l'instant où elles franchirent ses lèvres. A la réflexion, elle n'avait pas très envie d'accueillir une Milicienne à Mallowsweet. Elle avait tellement l'habitude de vendre l'auberge qu'elle n'avait pas réfléchi. De toute façon, son interlocutrice aurait surement trouvé étrange qu'elle ne cherche pas à faire la promotion de son auberge, et il y avait très peu de chances qu'elle accepte l'invitation. Nora se força à respirer à un rythme régulier et tenta vainement de se rassurer en se persuadant que tout aillait bien se passer. Elle ne s'en sortait pas trop mal pour le moment mais elle n'était pas très optimiste quant à la suite de la soirée.


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Aborder le handicap de Dave était visiblement une mauvaise idée. En effet, Irving manqua de se faire arracher le bras -une seconde fois- à l’évocation de l’infirmité de l’ami de Lauren. Il se souvenait très bien que McGowan, Marchebank et Sam formaient un trio inséparable du temps de Poudlard. Une drôle de bande, dont les membres ne paraissaient pas particulièrement bien assortis de prime abord,  mais qui avait réussi à préserver leur amitié au fil des années. Nul doute que la batteuse était particulièrement choquée par ce qui était arrivé à son ami puisqu’elle tourna vivement la tête pour se soustraire au  regard d’Irving et se cacher pudiquement derrière son épaisse chevelure de jais. L’aubergiste s’en voulu immédiatement d’avoir troublée la jeune femme, juste au moment où ils commençaient tout juste à briser la glace entre eux.

« Excuse-moi, j’ voulais pas t’faire d’peine. » Souffla-t-il avec sincérité.

Il fit mine d’étudier les ardoises accrochées aux murs pour lui laisser le temps de se ressaisir et reporta finalement ses yeux sur elle lorsqu’elle affirma, d’une voix enrouée, que ce qui était arrivé à Dave était purement et simplement dégueulasse.

Irving fut soudainement assailli par une puissante vague de compassion à l’égard de Lauren. Il ne l’avait jamais vu comme une fille sensible mais aujourd’hui il percevait son trouble si clairement que s’en était déroutant. Pourtant, il comprenait. Il comprenait tellement. Tout ce qui était arrivé ce jour là était dégueulasse. Les bombes posées par les résistants et les centaines de morts qu’elles avaient causé. Le Gryffondor esquissa un mouvement, prêt à poser sa main  sur celle de Lauren en signe de réconfort, mais il arrêta son geste quant elle lui avoua, d’un ton crispé,  qu’elle n’était plus du tout proche de Dave.

Cette révélation déstabilisa quelque peu Irving qui reposa sa main à plat sur la table. Plus que les mots, c’était le ton étrange qu’elle avait employé qui avait stoppé l’élan de  l’ancien Gryffondor. Comme si chaque syllabe lui avait écorchée la bouche.

« Ah. » lâcha-t-il au bout de quelques instants, faute de mieux.

Dave était le fils du Ministre après tout. Certes il n’envisageait peut-être pas la politique de la même manière que son géniteur mais il n’en restait pas moins un fidèle du régime. Compte tenu des implications de Lauren dans la résistance, son amitié avec Dave semblait encore plus improbable aujourd’hui qu’avant. Irving ne savait pas si les réformes liberticides de Marchebank père étaient à l’origine du froid entre les deux amis mais il était clair que Lauren n’avait pas envie d’en parler. Elle se sentit même obligée de relancer la conversation afin d’éluder ce sujet épineux. Irving lui fut reconnaissant de voir qu’elle essayait de relancer leur échange et il fit volontairement durer la réponse, le temps de trouver un autre sujet de conversation :

« Oui, j’aurais bien aimé passé le moment avec Nora mais on avait pas prévu d’ participer à la commémoration initialement alors…tu sais… C’est pas très grave si, pour une fois, on passe pas la St-Valentin ensemble. Vu qu’on travaille tous les deux, on s’voit déjà beaucoup, tous les jours, 24h/24. Nora est surement très contente de passer un peu d’ temps avec d’autres gens, avoua-t-il comme s’il s’agissait d’une confidence, Notre auberge est plutôt isolée tu sais, alors parfo…AH ! Ma Nimbusienne ! Merci ! s’exclama-t-il en accueillant chaleureusement le serveur qui venait de poser les assiettes devant eux, Dites moi, vous mettez toujours un peu de lard fumé dans la recette ? »
-Oui monsieur.
-Et des herbes ?
-Hum hum. Souffla le serveur avec le sourire poli de celui qui a autre chose à faire.
- J’adore vraiment votre omelette. C’est la meilleure de toute la place, assura Irving d’un ton appréciateur.
-Ravi qu’elle vous plaise, bon appétit.

Le serveur s’enfuit bien trop vite au gout de l’ancien Gryffondor qui se retrouva de nouveau seul avec Lauren. Il aurait bien demandé des nouvelles de Samantha mais ce sujet lui semblait tout aussi épineux que les autres alors il planta mollement sa fourchette dans son met,  joua quelques instants avec le baveux de l’omelette avant d’enfourner sa première bouchée.
« Hum délicieux… »
Heureusement, il n’avait pas besoin de ses deux mains pour déguster son plat ! Il s’apprêtait d’ailleurs à demander à Lauren si elle appréciait la fameuse Nimbusienne lorsqu’elle lui demanda de but en blanc s’il y était.
-Ou ça ? s’enquit-il en fronçant les sourcils.
Il avait définitivement remisé le sujet Leopoldgrad au placard après la réaction de Lauren, il fut donc plutôt étonné de la voir insister dans cette direction.

« Et bien… Il posa sa fourchette sur la table avala sa bouchée et se racla la gorge, Oui. Avec Nora. On avait un rendez-vous avec notre banquier ce jour là. On venait tout juste de sortir de la March’Bank lorsque les bombes ont explosé…»

Irving marqua un temps d’arrêt et observa son assiette qui lui semblait subitement moins appétissante.

« On a eu beaucoup de chance, reprit-il en relevant les yeux sur Lauren après un bref silence, On s’en est tiré avec des blessures légères compte tenu du chaos qui régnait autour de nous après l’effondrement… C’était… Il secoua la tête, bien incapable de trouver un adjectif pour qualifier ce qu’il avait vu et vécu ce jour là.
Horrible ? Terrible ? Affreux ? Ces termes n’étaient pas assez forts pour décrire l’impensable. L’horreur absolue.
Un peu mal à l’aise, Irving  se dandina légèrement sur sa banquette avant de demander à son tour :

« Et toi ? Tu y étais aussi ? »


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Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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Lauren écouta à peine la réponse d’Irving au sujet de Weaver. Elle n’arrivait plus à se sortir Dave de la tête et à se débarrasser du sentiment de culpabilité qui lui nouait la gorge. Admettre qu’elle n’était plus amie avec Dave c’était reconnaitre à quel point elle n’avait pas été à la hauteur. Elle avait utilisé son amitié avec le fils du Ministre au profit de la résistance, et elle en avait affreusement honte. Jamais elle ne se serait cru capable de trahir son meilleur-ami. Et pourtant elle l’avait fait.

Quelles autres de ses valeurs serait-elle prête à sacrifier au LEXIT ? Valait-elle vraiment mieux que les déséquilibrés responsables de l’attentat de Léopoldgrad ? Elle s'était demandé, des dizaines de fois, comment ils avaient pu faire ça. Comment ils avaient pu sacrifier des centaines d'innocents -des sympathisants à leur cause- pour la résistance, pour le symbole. Comment est-ce qu'on en arrivait là ?  Ces terroristes avaient-ils, comme elle, adhéré à la cause de la résistance en pensant bien faire ? Avaient-ils eu des doutes au début ? Des regrets ? Ils avaient surement des principes, une morale. Puis, petit à petit, ils avaient commencé à s'éloigner de leurs proches, à tourner le dos à leurs amis, à renier leurs valeurs. Pour la cause, parce qu'ils défendaient la justice, parce qu'ils pensaient que c'étaient eux les gentils. Et quand, enfin, ils n'avaient plus rien eu à perdre, ils avaient abandonné le peu d'humanité qui leur restait encore.

Quand, exactement, avaient-ils sombré dans la folie ? A quel moment est-ce qu'on basculait ? Et elle, était-elle encore du bon côté de la balance ? C'était terrifiant de songer que des personnes soient capables de commettre une telle atrocité. Ça l'était encore davantage de se demander si on en serait capable un jour.

L'arrivée du serveur avec leurs plats ne suffit pas à l'arracher à ses sombres pensées. Elle lâcha un simple "merci" au serveur qui semblait particulièrement pressé de leur fausser compagnie, et entama sa Nimbusienne sans grand appétit. L'omelette était effectivement délicieuse et se révéla même être plutôt réconfortante mais Lauren la délaissa assez vite pour poser une question qu'elle avait en tête depuis qu'ils avaient évoqué le sujet de l'attentat.

Elle adressa une grimace d'excuse à l'ancien Gryffondor quand il lui répondit qu'il se trouvait effectivement à Léopoldgrad ce jour-là, avec Nora. C'était un miracle qu'ils s'en soient tous les deux tirés presque indemnes. Ils n'avaient peut-être aucune séquelle physique mais elle devinait dans le regard du jeune homme le traumatisme que cela avait dû être.

"Je suis désolée..." souffla-t-elle, consciente qu'elle avait du réveiller des souvenirs douloureux.

Irving ne trouvait même pas de mot pour qualifier l'horreur qu'il avait vécu. L'horreur qu'ils avaient tous vécu. Tous mais pas elle, parce qu'elle n'y était pas. Elle avait eut la chance de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment mais elle ne parvenait pas à s'en sentir reconnaissante. Elle se sentait étrangement...coupable.

"Nan, j'y étais pas, répondit-elle en baissant les yeux vers son assiette comme si elle avait confessé une faute. Samantha y étais, avec Sainte-Mangouste. Elle bosse chez les ambulanciers," précisa-t-elle, ne sachant pas si Irving le savait.

Elle aurait mérité de s'y trouver, plus que Dave, plus que la plupart des victimes. Elle s'était engagée dans la lutte contre le FREE, elle avait fait des choix qu'elle savait accompagnés de dangers et de risques, elle aurait mérité d'en payer le prix. Mais non, elle n'y était pas, et c'était des personnes innocentes qui avaient été touchées. S'il devait y avoir des "dommages collatéraux" comme ils disaient, cela aurait dû être des personnes qui avaient choisi de prendre part au conflit, pas des gens qui n'avaient rien demandé.

Elle laissa le silence retomber et se concentra sur son omelette. Elle avait peut-être eu tort de poursuivre sur un sujet qui les mettait visiblement tous les deux mal à l'aise. Désireuse de mettre fin à la tension qui s'installait, elle se racla la gorge en redressant la tête.

"Désolée, s'excusa-t-elle avec une grimace. On peut parler d'autre chose, suggéra-t-elle. Mais pour ma défense c'est toi qui a commencé," ajouta-t-elle dans une vaine tentative de détendre un peu l'atmosphère.


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Irving esquissa un vague sourire lorsque Lauren affirma qu’elle était désolée, visiblement consciente d’avoir réveillé des souvenirs douloureux en lui. Il appréciait sa sollicitude qui semblait réelle et sincère. Ce genre de comportement n’était pas systématique chez leurs congénères. Irving avait croisé plusieurs sorciers à l’Auberge qui, sous couvert de fausse compassion, cherchaient juste à glaner quelques détails sordides sur ce qu’ils avaient vécu ce jour là avec Nora.

*Ce devait être terrible, tous ces corps déchiquetés…non ? *

Un comportement abject.

Lauren avait la pudeur de ne pas trop insister. C’était assez étrange d’ailleurs. Il l’avait toujours vu comme une grosse brute et il entrevoyait, seulement aujourd’hui,  sa sensibilité toute en retenue. Il comprenait mieux maintenant pourquoi Sam avait jeté son dévolu sur la jeune femme.

Samantha était d’ailleurs présente à Leopoldgrad pour évacuer les blessés le jour de l’attentat. Irving grimaça légèrement à cette idée, incapable de comprendre comment la vocation de travailler dans le milieu médical pouvait naitre dans l’esprit des gens. L’impuissance que l’on ressentait face à des personnes condamnées était insoutenable. Irving en savait quelque chose après avoir vu son père dépérir de la consumeuse ou après avoir été témoin de l’agonie du gamin de Leopoldgrad. A cette idée, les yeux d’Irving s’embuèrent légèrement et une boule de chagrin se forma dans sa gorge.
C’était un sujet encore très sensible plus lui et il avait encore un peu de mal à canaliser les émotions vives que le souvenir de l’attentat  lui inspirait. Il y travaillait, avec Emma Winston, mais le chemin vers l’acceptation était long et douloureux.

Le jeune homme attrapa sa fourchette pour se donner un peu de contenance et se força à prendre une bouchée de Nimbusienne malgré sa gorge serrée. Remarquant visiblement son trouble, Lauren s’excusa une seconde fois en moins de cinq minutes avant de chercher à détendre l’atmosphère avec une petite boutade qui tira un sourire à Irving.

« C’est vrai, admit-il en relevant les yeux vers elle, mais apparemment, c’est important de poser des mots sur ce qui est arrivé. Même si c’est difficile, ajouta-t-il parfaitement conscient qu’il n’y était pas parvenu complètement ce soir, cette soirée de commémoration était justement censée aider les victimes à tourner la page mais je n’en reviens toujours pas qu’ils aient mis en place cette stupide animation,  continua-t-il d’un ton mi amusé mi atterré. Il secoua légèrement la tête et confessa finalement, D’ailleurs, j’m’en veux d’m’être énervé tout à l’heure quant on s’est retrouvé attaché. C’était nul. N’en fais pas une affaire personnelle, je suis un peu à fleur de peau en ce moment, il afficha un bref sourire d’excuses avant d’ajouter, mais ça, je crois que tu l’avais remarqué. »

Soucieux de clôturer définitivement les sujets fâcheux, il attrapa sa gobière, but une gorgée et enchaina, « Mais voyons le bon côté des choses, on aurait jamais pu manger cette succulente omelette si l’on avait pas été attaché par ce ruban ! »

Il souleva sa main pour tendre le dit lien mais le ruban glissa sur son poignet et tomba délicatement sur la table.

« Oh Bordel, jura Irving sans quitter de yeux le morceau de tissu. Il releva un regard incrédule en direction de Lauren et murmura, J’crois qu’on a réussi. »


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Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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Lauren se crispa en voyant les yeux d'Irving se voiler de larmes alors qu'ils évoquaient l'attentat de Léopoldgrad. Elle était affreusement mal à l'aise face à toute démonstrations d'émotions, en particulier avec des gens qu'elle ne connaissait pas. Elle ne pouvait pas gérer ces choses là. Elle ne trouvait pas les mots, et ne savait jamais comment se comporter. Elle était tout simplement incapable de réconforter les gens. C'était le genre de situation qui la plongeait dans un état proche de la panique, elle détestait ça. Elle était réellement peinée pour son camarade, pourtant, mais elle ne trouvait rien à dire qui puisse exprimer ce qu'elle ressentait. Elle se contenta donc de le fixer en silence avec un regard presque implorant qui criait *Ne pleurs pas. Pitié ne pleurs pas*.

Elle même ne pleurait jamais, ou rarement. Elle se laissait plus facilement aller à un accès de colère qu'à une crise de larmes. Elle devait très certainement cela à la mauvaise influence de ses frères mais elle avait toujours vécu les pleurs comme un aveu de faiblesse. C'était une marque de fragilité qu'elle s'interdisait depuis l'enfance, et qu'elle vivait très mal même en tant que simple spectatrice.

La jeune femme ne parvint qu'à s'excuser une nouvelle fois d'avoir amener le sujet de l'attentat sur la table et se concentra justement sur son assiette. Elle s'en voulait un peu, de ne pas réussir à se montrer davantage compatissante, mais elle n'était vraiment pas douée pour ces choses là.

"Peut-être oui..." répondit-elle sans conviction quand Whitaker, qui avait repris une contenance, affirma qu'il était important de mettre des mots sur ce qui était arrivé.

Elle n'adhérait pas du tout à cette théorie. Il y avait des choses qui n'étaient pas faites pour être dites. Il y avait des maux qu'aucun mot ne pouvait apaiser, c'était comme ça. Il fallait simplement apprendre à vivre avec, et éventuellement frapper très fort dans quelque chose pour se défouler en cas de trop plein d'émotions. C'était une technique bien plus efficace que de parler pendant des heures. Mais chacun sa méthode.

La batteuse secoua la tête, désabusée, quand le Gryffindor poursuivit en assurant que l'animation de ce soir était ridicule et absolument pas ce dont les victimes avaient besoin. Sur cette question elle était complètement d'accord avec lui. Elle dut retenir un éclat de rire quand il s'excusa de s'être emporté quand ils s'étaient retrouvé attachés. Elle aurait plutôt dit "légèrement agacé" mais ils n'avaient visiblement pas la même échelle de l'énervement.

"C'est rien, assura-t-elle en balayant les excuses du jeune homme d'un geste de la main. Je ne me suis pas sentie trop agressée, poursuivit-elle sans parvenir à retenir un sourire moqueur. Crois-moi, j'ai vu pire, affirma-t-elle quand il expliqua être un peu à fleur de peau en ce moment. J'comprends, ça m'arrive de m'emporter aussi, un peu, parfois. C'était tellement éloigné de la réalité que ce n'était même plus un euphémisme. Mais ça tu as dû le remarquer aussi. Que ce soit au cours de la dernière demi-heure ou des six années où ils s'étaient côtoyé -de très loin- à Poudlard. Désolée si je t'ai tiré un peu fort sur le bras."

Elle approuva les paroles d'Irving d'un hochement de tête quand il affirma que ce ruban aurait au moins eu le mérite de leur faire déguster cette savoureuse omelette. Elle le vit lever le bras pour tirer sur le lien qui les unissait et son regard glissa de son poignet nu jusqu'à l'extrémité du ruban, qui avait glissé sur la table.

"C'est pas trop tôt ! souffla-t-elle avec un sourire soulagé en levant à son tour son bras droit comme pour s'assurer qu'ils étaient bien débarrassés du sortilège. On devrait conseiller aux autres de partager une omelette, ça aide."

Elle était à peu près certaine que cela n'avait pas grand chose à voir avec l'omelette mais plutôt avec les sujets difficiles qu'ils avaient évoqués, mais ils savaient très bien ça tous les deux, inutile de revenir dessus.

"Tu veux essayer d'y retourner ?" s'enquit-elle en songeant au panneau "toute sortie est définitive" accroché à l'entrée de la salle.

Elle-même était partagée entre son envie de retrouver Samantha et celle rester le plus loin possible de cette soirée, qui ne s'avérait pas aussi salutaire qu'elle l'aurait souhaité. Whitaker semblait partager son avis sur l'évènement mais il avait certainement hâte de retrouver sa petite-amie et d'assister au spectacle.

"Le concert n'a peut-être pas encore commencé, tu as encore une chance de voir les Bizzar's Sisters en live une fois dans ta vie."


Irving WhitakerAubergisteavatar
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« Pas grave, …je t’enverrai la facture de mon osthéomage… » répondit Irving lorsque Lauren s’excusa à son tour de lui avoir démonté le bras. Il lui accorda un regard amusé avant de prendre une nouvelle bouchée d’omelette. Visiblement, ils avaient décidé d’expier leurs fautes ce soir ! Cela faisait au moins cinq minutes qu’ils confessaient leurs travers en s’excusant. Ces échanges avaient au moins le mérite d’avoir brisé la glace entre eux et d’avoir éloigné les sujets sensibles qu’ils ne se sentaient pas prêt à aborder. Cette pudeur commune et la compassion qu’ils avaient ressenti l’un envers l’autre quelques instants plus tôt mirent fin au sortilège qui les enchainait, pour leur plus grand soulagement.

Irving passa une main dans ses boucles brunes, savourant sa liberté de  mouvement et s’empressa de corriger les propos de Lauren :


« Pas une omelette, une Nimbusienne, nuance! »
dit-il avec un large sourire, surfant sur la blague de la jeune femme.  Il attrapa sa choppe et fit mine de trinquer avec elle «  A notre liberté retrouvée ! » puis il but une longue rasade de gobière qu’il ponctua d’un grand Aaahh de satisfaction.

La soirée lui semblait nettement plus agréable dans ces conditions : Il était dans le restaurant le plus Nimbusien de Cosmos, tranquillement attablé à l’Entrepot’es et il ne se voyait pas finir la soirée dans un autre endroit. Lauren lui demanda d’ailleurs s’il préférait retourner à la cérémonie de commémoration, ce à quoi il répondit en secouant la tête :

« Non, toute sortie est définitive et, quand bien même,  y a pas moyen que j’retourne là-bas ! J’aurais trop peur que cette folle d’organisatrice me relie de nouveau à quelqu’un ! Imagine, tu t’ retrouves lié à un cadre du régime, ou pire un Milicien, songea-t-il, non, je suis mieux ici.  assura-t-il d’un air résolu, Et puis j’ai déjà vu les Bizarr Sisters, en 2006, quand ils étaient passés à Pré-Au-Lard. »

Un sourire nostalgique éclaira le visage d’Irving à l’évocation de ce souvenir et il expliqua :

« On avait fait le mur avec Danny Sneals –je sais pas si tu t’souviens d’lui, c’était l’gardien de Poufsouffle passé un temps- crut-il bon de préciser même si tout le monde connaissait Danny de prêt ou de loin –enfin, surtout de loin pour la plupart des gens, C’était plus facile de sortir de l’école à l’époque et on avait rejoint Pré-Au-Lard pour assister au concert. Manque de pot, on était tombé sur Adamson et Virtanen ! Irving laissa échapper un éclat de rire, Mais on avait quand même eu le temps de voir quelques chansons… C’était magique ! Mamamamamama, fredonna-t-il. Do the Hypogriff, tu connais ?Sam’ sait la jouer à la guitare. »

Il ne le savait que trop bien puisque c’était justement Samantha qui lui avait appris ce morceau  peu de temps avant qu’ils ne sortent ensemble. Il n’était pas sûr qu’il soit de bon ton de demander des nouvelles de Sam’ à Lauren même s’il n’était pas en mauvais termes avec son ex, loin de là. Ils avaient eu plusieurs discussions depuis leur séparation, dont une qui avait justement eu lieu ici, à Nimbus, sur la Grand Place, par une chaude journée d’été peu de temps après le retour de France d’Irving et l’élection de Marchebank. … Samantha lui avait avoué avoir voté pour le père de son meilleur ami et l’ancien Grffondor avait fait de même. Et voilà où ils en étaient un an et demi plus tard : le pays était au bord du chaos et ils étaient, plus que jamais, opposés à la politique mise en place par le Ministre qu’ils avaient élu.

Irving se pinça brièvement l'arrête du nez et leva les yeux vers Lauren.

« D’ailleurs si tu veux tenter d’ la retrouver te gêne pas, souffla-t-il en balayant le restaurant du regard, je goutterai la tarte aux amendes pour toi. » ajouta-t-il avec un sourire en coin.
Non, ce n’était pas du tout un argument pour tenter de la faire rester. Pas du tout !


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Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Tout en écoutant d'une oreille distraite le jeune Gryffondor lui faire le récit dantesque de la soirée, Meredith Kane partit en chasse de son Pear One qui vibrait avec insistance depuis les profondeurs de son sac. Si la Directrice de Skye était reconnue pour son obsession permanente pour l'ordre et le rangement, l'intérieur de son sac à main dérogeait complètement à cette règle ; En effet, elle tâtonna un long moment dans son désordre avant d'enfin pouvoir poser la main sur le précieux instrument de communication. Elle s’apprêtait à l'extirper et lire le contenu du message qu'il contenait quand subitement elle s'arrêta dans son geste ; Virgil n'y allait vraiment pas de mains mortes avec les détails. Selon les dires du jeune garçon, Mildred Magpie aurait agressé sexuellement le Ministre ? Même si l'outrancière romancière était profondément tactile et capable des pires excentricités lubriques, elle tenait suffisamment à sa carrière et à sa réputation pour ne pas commettre un impair aussi désastreux. La psychomage toisa le jeune Virgil, à la recherche du moindre indice pouvant trahir sa fâcheuse tendance à l'extrapolation.  

"Une... agression sexuelle au beau milieu d'une soirée de commémoration ? Sérieusement, Virgil ? Je trouve cette plaisanterie de très mauvais gout... "

Meredith n'avait certainement pas envie d'aborder la sexualité débridée de Mildred Magpie, et encore moins avec un jeune adolescent en pleine puberté. Mais plutôt que de se rétracter, Virgil renforça son accusation de détails encore plus scabreux, signe qu'un évènement fâcheux s'était peut-être bel et bien produit. Dans une pulsion nymphomane, la romancière aurait-elle collé son opulente poitrine sur le Ministre ? Était-ce possible d'être aussi stupide ? Même si la chose paraissait inimaginable pour le commun des mortels, aucun outrage ne semblait démesuré pour une femme aussi délurée que Mildred Magpie. Pour l'avoir comme cliente attitrée, Meredith savait que la journaliste à scandale n'était rien d'autre qu'une personnalité narcissique blessée dans son égo, qui épongeait sa solitude et son manque d'amour dans un appétit sexuel trop souvent démesuré. Écouter Mildred Magpie se plaindre et narrer ses ragoutantes galipettes dans de longs monologues interminables, étaient l'une des pires expériences professionnelles qui soit pour la sage psychomage ! Mildred Magpie n'avait aucune retenue, et ne souffrait également d'aucune pudeur. Mais quant à faire du gringue au Ministre de la Magie en personne et devant son épouse ! C'était le paroxisme de l'indécence ! Quelle mouche avait donc piquée la vieille pie ?        

Afin de s'assurer de la véracité des propos de Virgil, la Directrice de Skye leva un regard inquisiteur en direction de l'estrade où se tenait le couple Marchebank. Que ce soit le visage grave et consterné du Ministre, ou la présence de la chargée en communication du ministère à ses côtés, l'odeur sulfureuse du scandale flottait bel et bien dans la Grande Salle de Poudlard. Meredith Kane secoua la tête de dépit. Décidément, Mildred Magpie n'avait aucune once de jugeote quand il s'agissait de réprimer son désir. Se rendait-elle au moins compte des conséquences d'un tel scandale? Était-ce si compliqué de calmer ses bas instincts en public? Mildred se comportait vraiment comme la reine des idiotes, insouciante de la gravité de ses actes, comme si ses neurones avaient lamentablement chuté dans la profondeur de son décolleté.

Quelques mois auparavant, la Directrice de Skye avait d'ailleurs conforté les propos de Leopold Marchebank sur les risques d'intégrer l'excentrique romancière dans les hautes sphères décisionnelles du FREE. Elle était certes très douée en matière de propagande, mais sa présence dans le cercle restreint représentait une éventuelle menace. En effet, lors d'une consultation, Meredith Kane s'était rendue compte en farfouillant dans l'esprit débridé de la sorcière milliardaire, que cette dernière en plus d'être parfaitement corruptible, avait également une fâcheuse tendance à s'épancher un peu trop ouvertement sur l'oreiller. En effet, aux miaulements affreux succédaient trop souvent les confidences dangereuses. Comme si son réel besoin d'amour gommait en elle toute forme de rationalité et de précaution. Trop instable psychologiquement, voilà pourquoi elle ne demeurerait à jamais qu'un pion du système, corrompue et servile à la cause du plus offrant. Bref, une vieille mule qu'il fallait mener à la carotte et éventuellement au bâton...

"Mon dieu, quelle honte... Un jeune garçon de ton âge ne devrait jamais être exposé à un spectacle aussi lamentable. Si tu te sens trop choqué, et que tu veux m'en parler, saches que les portes de mon cabinet de consultation te seront toujours ouvertes. Avec l'accord signé de tes parents, notre programme de réhabilitation mémorielle peut également t'aider à retrouver ton innocence, et effacer les images de débauche infligé à ton esprit.   "

Puritaine dans l'âme, Meredith choisit de retrouver un fil de conversation plus convenable à cette discussion, voila pourquoi elle revint au sujet de l'inscription au stage.

"Tu dois savoir aussi que devenir un stagiaire à Skye n'est en rien une formalité. C'est une formation à un métier élitiste, qui en plus des très nombreuses compétences requises, nécessite une force mentale taillée à toutes épreuves. Que se soit les "Tisseurs de Mémoire" ou les "Traqueurs de conscience", la responsabilité est énorme et l'erreur interdite. Si après cela, tu te sens toujours aussi motivé, alors tu n'auras qu'à me faire parvenir ton dossier d'inscription, ainsi que celui de ton amie. Cela vous évitera un temps d'attente trop conséquent, et... Une seconde, je te prie. "

Interrompue une fois de plus dans ses explications : Le Pear One de la Directrice de Skye se mit de nouveau à vibrer dans sa main blanche, mais cette fois-ci l'alerte sonore s'accompagna d'un halo lumineux rouge signe d'un message de la plus haute importance. Meredith Kane se détourna de Virgil, afin de s'offrir plus de confidentialité, et ouvrir la missive magique qui lui était destinée. Le visage grave et insensible de Tobias Stern, l'un des ses plus brillants traqueurs de conscience, finit par apparaitre sur l'écran magique de son Pear One. Le message qu'il délivra à sa supérieure hiérarchique n'avait rien d'anodin, au contraire il s'agissait d'une véritable bombe à retardement qu'il fallait désamorcer dans les plus brefs délais. Malgré l'urgence de la situation, le visage de marbre de Meredith Kane ne se fissura d'aucun doute qui puisse trahir son émotion actuelle. Elle se retourna calmement vers Virgil pour lui signifier qu'elle n'avait guère plus de temps à lui consacrer.

"Je suis désolée, mais je dois m'entretenir avec le Ministre. Si tu venais à croiser Emmy ou Walter, est-ce tu pourrais leur dire de rejoindre leur père, car je crains de devoir écourter ma soirée. Merci d'avance, et n'oublie pas de passer mes amitiés à ta famille. "

Meredith Kane ne perdit pas une seconde de plus et s'avança dans la foule encore secouée par l'affaire Magpie, pour rejoindre le cercle privé du Ministre. Isobel Lavespère, encore entravée à un beau blondin, s’affairait déjà à promulguer ses savants conseils de communicante au Ministre Marchebank. Très certainement chamboulée par le comportement inapproprié de la vieille pie, Rosaleen se tenait quelque peu en retrait de son époux. La responsable en chef du département de la santé opina respectueusement de la tête en guise de salutation, avant de se tourner vers Leopold et sa chargée en communication.

"Veuillez m'excuser de vous interrompre ainsi dans votre discussion. Mais je crains devoir vous annoncer que nous n'ayons une affaire encore plus urgente à régler que le spectacle pathétique et sulfureux offert par Mildred Magpie. Serait-il possible de nous entretenir en privé ? "

Face aux impératifs et à l'urgence de la situation, Meredith Kane savait qu'il n'y avait plus une seconde à perdre pour effacer toute trace du Manuscrit Interdit de Mark Stevenson. Même si elle en ignorait complétement la teneur, Leopold Marchebank avait fait de la suppression du dit pamphlet une priorité absolue. Nul doute qu'il n'allait guère apprécier de savoir qu'une copie de celui-ci se retrouvait entre les mains rebelles de l'opposante Maria Stevenson. Combien de temps allait-elle encore attendre avant d'en divulguer les pages interdites dans la Presse? Plutôt que de perdre davantage de temps, et dans un souci de confidentialité, Meredith se
pencha à l'oreille du Ministre Marchebank pour lui chuchoter l'inquiétante information délivrée dans le message de son fidèle traqueur de conscience. Bien droite dans ses bottes de fidèle collaboratrice du FREE, Meredith Kane n'avait plus qu'à attendre les consignes du grand Leopold Marchebank. Nul doute que la Milice allait se mettre rapidement à l’œuvre, et ruiner la Saint-Valentin solitaire de la dangereuse réfractaire Maria Stevenson...



             
“Meilleur ne veut pas dire meilleur pour tout le monde”
Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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Lauren fut forcée d'admettre que les raisons qu'avait Irving de ne pas vouloir retourner à la soirée de commémoration étaient plutôt légitimes. Elle n'avait pas tellement envie de se retrouver attachée à un sympathisant du régime ou à un milicien, effectivement. Elle était déjà surement dans le viseur de la Milice après le fiasco chez les Marchebank, elle préférait ne pas aggraver davantage sa situation.

Elle haussa un sourcil, étonnée, quand le Gryffondor poursuivit en lui racontant qu'il avait déjà vu les Bizzar's Sisters en concert quelques années plus tôt, quand ils étaient passés à Pré-au-Lard. Maintenant qu'elle y repensait, il lui semblait effectivement que cet exploit avait alimenté les conversations à Poudlard pendant quelques jours. Tout ça lui paraissait si loin maintenant, comme si ces souvenirs appartenait à une vie différente. Une vie ou Léopold Marchebank n'avait pas été élu Ministre de la magie, où il n'y avait pas de résistance et où ils n'étaient que des adolescents sans histoires.

"Je me souviens, répondit-elle quand il évoqua Danny Sneals. Il était difficile d'oublier ce genre de personnage, même avec beaucoup de volonté. Il était dans mon année, on a eu un devoir de potions ensembles un jour..."

Le devoir de potion le plus pénible de tous ceux qu'elle ait jamais connus. Elle avait passé deux heures à lui hurler dessus et à se retenir de lui arracher les yeux. Elle s'était vengé au cours d'un match contre Poufsouffle en lui envoyant un cognard dans le genoux et s'était promis de tout faire pour ne plus jamais devoir lui adresser la parole. Cela aurait été mentir de dire que la nouvelle de sa mort l'avait profondément attristée, mais elle en avait été réellement choquée, à l'époque, et elle imaginait à quel point cela avait du être difficile pour ses amis.

Irving semblait toutefois être d'humeur plus nostalgique que mélancolique, ce qui convenait très bien à la jeune femme. Son visage s'assombrit toutefois quand le Gryffondor mentionna qu'il était facile de sortir du château la nuit, à l'époque. Un peu trop facile même. Irving et Danny n'avaient pas été les seuls à faire le mur pour se rendre à un concert. C'était en essayant de reproduire leur exploit que Samantha avait été mordue, et que Roxanne avait été tuée. Etre attrapés par Virtanen et Adamson ne semblait pas une punition trop sévère en comparaison.

L'interprétation plus ou moins réussie du refrain de Do the Hypogriff lui arracha malgré tout un sourire et elle hocha la tête, nostalgique à son tour.

"Je connais, Sam la répétait tout le temps quand on était en quatrième année. Genre vraiment tout le temps"

Fut un temps où il était très rare d'arriver dans leur dortoir sans entendre le célèbre refrain joué à la guitare. Lauren pouvait affirmer avec une certaine fierté qu'elle avait subi tous les coups de coeur musicaux de Samantha pendant sept ans sans - presque - jamais se plaindre. Et Samantha avait quand même été fan des Seven Thestrals. Des Seven Thestrals par Merlin ! C'était probablement à cette époque que Lauren s'était sérieusement mise à la course à pieds, ce qui lui donnait une excellente excuse pour passer de longues heures à l'extérieur, en silence. Elle devrait certainement son premier marathon aux Seven Thestrals.

"C'est dommage que tu joues plus, poursuivit-elle en se souvenant qu'il avait avoué ne plus avoir le temps de se consacrer à la guitare. Sam disait que t'étais plutôt doué... C'était très étrange, de parler de l'époque où Samantha avait le béguin pour Irving, et pas très agréable. Soudainement mal à l'aise, la batteuse attrapa son verre d'eau et en but une longue gorgée... 'fin bref. Elle a pas mal recommencé à jouer, depuis l'attentat, reprit-elle avec une grimace, consciente qu'elle continuait de ramener ce sujet désagréable sur la table. Je pense que ça l'aide."

Lauren s'était toujours servi du sport comme d'un exutoire. Elle en avait besoin pour se défouler et pour laisser exploser toute sa colère. Il y avait des soirs où s'entrainer jusqu'à épuisement était la seule chose qui pouvait l'apaiser. Elle se sentait rarement aussi bien qu'une fois qu'elle avait dépensé tout ce qu'elle avait d'énergie et qu'elle était fatiguée au point de ne plus pouvoir avoir une pensée cohérente. Samantha semblait avoir trouvé le même remède dans la musique, et si cela l'avait aidé cela pouvait surement aidé Irving aussi.

Ce dernier lui assura d'ailleurs qu'elle pouvait aller retrouver sa petite-amie si elle voulait, et promit de gouter la tarte aux amandes pour elle.

"Bah, Sam est surement encore attachée avec son binôme, répondit-elle avec un haussement d'épaules. Je peux manger une part de tarte aux amandes avant de tenter de la retrouver, de toute façon on est pas sûrs de pouvoir re-rentrer dans la salle alors..."

Elle en était le première surprise mais elle préférait passer le reste de la soirée ici plutôt qu'à essayer de négocier avec un vigile.  


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« Ça m’étonne pas ! » répondit Irving avec un sourire « Do the Hippogriff c’est le standard à la guitare ! »

Il avait passé d’interminables soirées à jouer ce morceau  lui aussi et le tube de Bizarr’ Sisters figurait même au répertoire des reprises des Dark Boursoufs. Discuter ainsi avec Lauren  lui faisait prendre conscience à quel point la musique avait toujours eu une place spéciale dans sa vie. Il avait lié de nombreuses amitiés grâce à ça, que ce soit avec Danny, Juliet, Donald ou même Juliana. Ces derniers temps, Irving avait considérablement réduit ce passe-temps, faute de temps, mais il ressentait de nouveau l’envie de poser quelques accords. Sa guitare prenait la poussière dans un coin de leur chambre à coucher et il était temps de la ressortir ! Comme le soulignait Lauren, la musique pouvait avoir des vertus curatives sur certaines personnes et, à défaut de soigner véritablement les maux, elle pouvait incontestablement adoucir les mœurs.

« Je vais ressortir la mienne dans ce cas, dit-il lorsque Lauren assura que Sam trouvait un certain réconfort dans la pratique musicale. Et il allait même faire mieux. Pourquoi ne pas proposer à Sybille et à Finn de faire un peu de musique avec lui ? Il essayait chaque jour d’égayer le quotidien de ces deux pensionnaires mais ce n’était pas toujours simple. Finn passait une grande partie de la journée à s’occuper des animaux de la ménagerie avec Nora. Curieux de tout, il s’était globalement bien acclimaté à ces nouvelles conditions de vie même s’il lui arrivait encore fréquemment, d’avoir de puissantes crises d’angoisse, difficiles à calmer.  Le soir, le petit garçon s’installait à même le sol, devant la cheminée du salon pour lire quelques bandes dessinés, la tête posée sur Looping, trop ravi de lui servir d’oreiller. Mais plus l’heure du coucher approchait, plus il devenait anxieux à l’idée de rejoindre son lit. Pourtant, il partageait sa chambre avec Sybille mais, rien n’y faisait…
Le petite fille, quant à elle, semblait égale à elle-même. Elle passait le plus clair de ces journées à les observer, Nora et lui, comme si elle les évaluait encore et encore.
Le musique serait peut-être un moyen de briser la glace ! Irving ne savait pas s’ils avaient de quelconque dispositions musicales tous les deux mais il comptait bien le leurs demander dès son retour…

Mais pour l’heure, il formait toujours un intrigant binôme avec Lauren McGowan. Le jeune homme posa d’ailleurs sa fourchette après avoir avalé une dernière bouchée de sa Nimbusienne et guetta la réponse de la jeune femme à sa question. Maintenant qu’ils étaient libres de vaquer à leurs occupations, allait-elle prendre ses jambes à son cou pour fuir l’ex-petit-ami de sa chérie ? Honnêtement, depuis qu’il était ici, Irving passait une relativement bonne soirée et il n’était pas contre l’idée de bavarder encore un peu avec l’ancienne batteuse de Serpentard mais la réciproque n’était peut-être pas vraie. Quoique Lauren choisisse de faire, Irving trouverait toujours une occupation : Il irait discuter avec quelques connaissances à ses parents au comptoir où il se faufilerait dans les parties privées de l’Entrepotes pour saluer le cuisiner et les plongeurs mais il devait avouer qu’il était plutôt bien, ici, installé sur cette vieille banquette en cuir.

Il laissa donc fleurir un sourire sur ses lèvres lorsque Lauren consentit à rester avec lui.

« Garçon ! deux parts de tartes aux amendes ! » ajouta-t-il en levant l’index pour attirer l’attention du serveur.

A quoi bon se geler dans le froid, négocier avec un vigile, prendre le risque de se retrouver de nouveau attaché à un inconnu alors qu’ils pouvaient rester tranquillement au chaud à manger une pâtisserie. N’importe quelle personne sensée aurait fait le même choix qu’eux !

« Tu as eu le temps de voir avec qui Sam est accrochée ? Avec un peu de chance elle est tombée sur un de vos amis, suggéra-t-il, moi je sais même pas pour Nora. J’espère qu’elle est avec quelqu’un d'sympa, sa petite amie avait autant besoin que lui de souffler en ce moment.

Irving haussa les épaules d’un air fataliste avant de boire une gorgée de gobière. Il reposa son verre sur la table et enchaina en passant du boursouf à l’ hippogriffe :

« Alors comme ça tu passes des sélections pour intégrer une équipe nationale de quidditch… C’est cool… dit-il sans grande conviction. Il n’avait jamais été passionné par ce sport, Auror ça t’plaisait plus ? enchaina-t-il alors avec un regain d’intérêt.


Every day of your life is a leaf of your story which you write
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Lauren secoua négativement la tête quand Irving lui demanda si elle avait pu voir avec qui Samantha s'était retrouvée attachée, et retint un commentaire acerbe quand il affirma qu'elle était peut-être en compagnie d'un de leurs amis. La batteuse n'avait pas d'autres amis. Ses seuls amis avaient toujours été Samantha et Dave. Elle disait qu'elle n'en avait jamais voulu d'autres, qu'elle préférait la qualité à la quantité, mais savait très bien que ce n'était pas la seule raison. Elle n'était pas très douée pour se faire des amis, de manière générale. Et visiblement pas très douée pour les garder non plus, songea-t-elle avec amertume. Mais elle savait sa petite-amie était plus sociable qu'elle, et espérait qu'elle était tombée sur quelqu'un d'agréable.

"Nan, l'autre Nathalie l'a emmené avec elle, j'ai pas eu le temps de voir avec qui elle l'avait attachée, répondit-elle avec un haussement d'épaules. J'espère qu'elle est avec quelqu'un de sympa oui, et Weaver aussi, mais j'me fais pas trop de soucis pour elles, n'importe qui serait gentil avec elles, non ? "

Il était assez difficile de détester Weaver et son éternel sourire bienveillant - ce n'était pas faute d'avoir essayé - et Samantha était une compagnie très agréable -en toute objectivité. Les deux jeunes femmes sauraient sans doute se faire apprécier de leurs binômes respectifs, qui qu'ils soient. C'est en tout cas ce que choisit de croire Lauren, autant pour se rassurer que pour se déculpabiliser de ne pas retourner tout de suite dans la Grande Salle.

Un peu surprise par le changement de sujet inattendu, Lauren hocha simplement la tête quand Irving évoqua les sélections des équipes de Quidditch.

"Ouai, c'est cool, reprit-elle avec le même manque d'enthousiasme que le Gryffondor. J'ai passé les sélections pour Flaquemare, me reste encore des essais à faire, mais ça devrait le faire..."

Et elle aurait dû s'en réjouir, elle aurait dû en être fière, mais elle n'arrivait pas à célébrer cette victoire. Elle avait pourtant rêvé d'une telle opportunité pendant des années. Elle avait longtemps voulu être batteuse professionnelle, avant de décider, en dernière année, qu'elle voulait devenir Auror. Lauren avait été la première surprise de cette vocation découverte sur le tard - elle avait toujours eu un peu de mal avec le respect de l'autorité. Elle s'était lancée dans sa formation sans vraiment savoir si elle était faite pour ça, et elle avait adoré. C'était difficile, autant physiquement que moralement, mais elle était douée, et elle aimait ça. Mais ça ne comptait plus maintenant, c'était terminé. Elle avait eu sa chance et elle l'avait gâché.

Comme s'il avait suivi le cheminement de ses pensées, le Gryffondor lui demanda si elle avait quitté les Aurors parce que ça ne lui plaisait plus. La jeune femme se raidit et hésita à clore le débat d'un simple "oui". Ça aurait été plus simple de prétendre que c'était ça, que ça ne lui plaisait simplement plus. Mais l'honnêteté leur avait plutôt bien réussi ce soir, aussi se décida-t-elle à continuer dans cette voie, non sans hésitation.

"Si, ça me plaisait pas mal, répondit-elle, soudainement absorbée par la contemplation de son assiette vide. Je... J'ai été renvoyée. Elle avait beau s'être faite à l'idée, c'était toujours aussi désagréable à admettre. Un problème d'incompatibilité avec certaines de mes activités extra-professionnelles..." ajouta-t-elle avec un éclat de rire amer.

Elle en aurait sacrifier des choses à la résistance... Et elle continuait de se demander si elle avait pris les bonnes décisions. Son exclusion du BDA avait été plus difficile qu'elle ne voulait l'admettre et lui laissait encore un goût amer dans la bouche. Le pire était qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, elle n'avait personne d'autre à qui en vouloir. Elle s'était lamentablement planté chez les Marchebank et tout s'était enchainé, le conseil de discipline, l'humiliation, et l'expulsion.

"Ça aurait mal finit de toute façon", conclut-elle avec fatalisme. Elle redressa finalement la tête, le regard dur.

C'était ce qu'elle préférait se dire. Elle n'aurait probablement jamais tenu trois ans. Elle aurait finit par partir, de son plein grés ou non, que ce soit à cause de la politique du FREE ou de l'ambiance au BDA, un peu trop machiste à son goût. Elle savait qu'il y avait eu beaucoup de progrès -d'après ses collègues plus âgés- mais cela restait un métier essentiellement masculin et certains tenaient visiblement à ce que cela reste ainsi. Ce n'était pas grand chose, presque rien, un commentaire déplacé, une remarque graveleuse, une blague sexiste. C'était facile de ne rien voir, de faire comme si on avait pas entendu, de laisser dire. Mais Lauren n'avait jamais su faire ça, c'était plus fort qu'elle. Pourtant elle savait très bien qu'en répondant elle rentrait dans leur jeu, qu'elle les encourageait, qu'elle leur donnait exactement ce qu'ils voulaient, mais elle devait le faire. Elle devait leur répondre, réagir, se défendre, parce que sinon quoi ? Sinon personne ne leur dirait jamais rien et ça ne s'arrêterait jamais. Alors elle répondait à chaque provocation, elle ne laissait rien passer, et elle ne s'était pas fait que des amis parmi ses camarades de formation. Elle n'était décidément pas douée pour ça.

"Et donc cette auberge, enchaina-t-elle, désireuse de ne pas s'attarder sur son échec professionnelle. C'était une vocation ?"

Drôle de vocation, de son humble avis, mais après tou pourquoi pas ?


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Ce soir était le premier soir du reste de sa vie. Ce soir était le jour où tout commençait. Il ajusta sa cravate bleu de soie dans le miroir de son entrée et poussa un soupir, les paumes de ses mains appuyées contre le mur. Il avait envoyé à son aimée la lettre qui allait changer son avenir, leur avenir et lancer leur sulfureux amour. Ce soir, il allait enfin nouer ce lien béni avec la femme de sa vie. Il avait longuement réfléchi au contenu de ce parchemin, il l’avait écrit et réécrit pendant des heures jusqu’à trouver le bon ton qui convaincrait la femme qu’il aimait : Mildred Magpie. Déesse parmi les hommes. Une beauté incommensurable, une intelligence redoutable, aussi belle que déterminée. Une femme exceptionnelle, parfaite, idéale, une femme qu’il pensait hors d’atteinte. Il avait essayé, pendant des mois et des mois, d’attirer son attention mais rien n’y avait fait. Il était resté désespérément seul… Alors il avait tenté de faire le deuil de cet amour brûlant, de cet amour qui le consumait chaque jour. En vain.

L’attentat de Leopoldgrad avait tout changé. Il n’y était pas, pourtant. Il travaillait, ce jour-là. Mais lorsqu’il avait appris que Mildred s’y trouvait… Qu’elle avait failli y perdre la vie… Tout s’était écroulé. Cela ne pouvait pas arriver ! Il ne pouvait pas quitter ce monde en sachant qu’il était passé à côté de sa chance, à côté de l’unique chance de sa vie. À côté de l’amour de sa vie. Son cœur s’était languit de Mildred lors de l’absence médiatique de cette dernière car il se nourrissait de sa plume drôle et acide dans les journaux, dans les portraits splendides qui étaient publiés dans Multiplettes. Du bout des doigts, il caressait sa chevelure de cuivre en rêvant d’y passer un jour les mains. Alors lorsqu’il avait appris qu’une soirée de saint-Valentin, en hommage aux victimes de l’attentat, allait se tenir à Poudlard, il avait su que c’était l’opportunité idéale dont il rêvait depuis longtemps. Son aimée était une romantique, il le savait de ses livres, alors la date semblait idéale. Il avait rédigé sa lettre d’amour pour lui donner rendez-vous ici. Ils se retrouveraient, au milieu de la Grande Salle. Leurs yeux se croiseraient. Elle allait lui sourire, de ce beau sourire qui embrasait son cœur. Il lui sourirait aussi. Ils se rapprocheraient alors. Il allait lui tendre la main pour lui offrir une danse romantique. Et là, sous les bougies du plafond enchanté, qui afficherait alors de splendides comètes, rares comme la beauté de Mildred, ils allaient s’embrasser.

Enfin, il était prêt. Prêt à vivre, prêt à aimer. Prêt à l’aimer elle. Il espérait qu’elle le serait aussi.

Il était encore tôt lorsqu’il arriva à la soirée, parce qu’il ne voulait pas rater sa belle, sa princesse, sa reine. Entouré de ses collègues impatients, il n’avait de cesse de prospecter autour de lui pour voir si Mildred arrivait, même s’il était certain qu’elle allait faire une entrée grandiose, à son image, comme à son habitude. Il était horriblement nerveux et sortait régulièrement un mouchoir de la poche de son costume pour essuyer son front moite d’anxiété. Est-ce que sa cravate bleue se voyait assez ? Mais est-ce qu’elle allait venir ? Et si elle recevait mal son courrier ? Et si elle le détestait ? Et si elle ne l’aimait pas ? Mais les dés étaient jetés désormais. Il ne pouvait plus revenir en arrière. Alors il commença à faire le pied de grue près du buffet, à manger nerveusement, comme il en avait l’habitude. Cette position privilégiée lui permit d’être le spectateur d’un étrange ballet : des gens commençaient à se retrouver attachés les uns aux autres par les organisateurs de la soirée. Il eut aussitôt un mauvais pressentiment. Il était hors de question qu’il soit accroché à un illustre inconnu alors que ce soir, il devait rencontrer l’amour !

Il abandonna lâchement son hors-d’œuvre pour se diriger d’un pas rapide vers une petite porte derrière l’estrade des professeurs, dissimulée un peu par la scène. La salle des trophées, s’il se rappelait bien… Bingo, oui ! Il referma prestement le lourd battant en bois derrière lui, assourdissant le bruit de la soirée. Ici, personne ne le trouverait. Les organisateurs avaient stocké des chaises, des cartons et il s’assit lourdement sur un, les jambes parcourues de fourmis. Il était tellement anxieux que son cœur battait une violente chamade ! Pour se détendre, il entreprit d’observer avec curiosité les vitrines aux alentours. Lorsqu’il était élève, il avait reçu une médaille pour services rendus à l’école, pour sa participation à un projet de nettoyage du parc. Pas qu’il soit particulièrement attaché à l’écologie mais à l’époque, il était follement amoureux de la présidente du club des amoureux de la nature… Rien qui puisse arriver à la cheville de son amour pour Mildred, évidemment, s’empressa-t-il de corriger dans sa tête, comme pour éviter toute infidélité mentale à sa toute-belle.

Sa médaille devait être dans le coin, d’ailleurs, songea-t-il en se levant, rougeaud et essoufflé. Derrière la porte, il y avait du brouhaha mais il devait rester caché le temps que les organisateurs cessent d’attacher les gens entre eux : ses mains devaient rester disponibles pour saisir le beau visage de Mildred… Fouiner autour des vitrines était une bonne occupation. Les capitaines de Quidditch, les préfets-en-chefs, les services rendus à l’école… Pourquoi les capitaines de Quidditch avaient des médailles d’ailleurs ? Ils ne faisaient pas grand-chose à part lancer une balle… Grommelant, il s’enfonça dans la salle pour tomber sur des noms qui lui étaient plus familiers, qui avaient été à Poudlard avec lui. Quand ses yeux bruns tombèrent sur son nom, il ne put retenir un sourire. Services rendus à l’école, pour A….

Un vacarme dans la Grande Salle lui fit brusquement tourner la tête et attira toute son attention. Le volume sonore était soudain plus élevé, comme si quelque chose de grave venait d’arriver. Abandonnant sa médaille chérie, il se dirigea vers la porte de bois qu’il entrouvrit pour voir ce qui se passait. Les gens parlaient fort, entre eux et une agitation particulière secouait la foule. Discrètement, il se glissa dans la salle et fit quelques pas pour repérer ce qui se passait. Soudain, des applaudissements retentirent et il distingua le Ministre qui donnait un baiser à la Première Dame mais surtout… Une splendide chevelure rousse qui s’enfuyait. Mildred ! C’était sa Mildred, il en était certain ! Il aurait reconnu cette fibre capillaire les yeux fermés. Il essaya de se précipiter vers sa Demoiselle en détresse mais il ne parvint pas à se faufiler assez vite entre les malotrus qui fixaient sa belle avec désapprobation. Il ignorait ce qui s’était passé mais il lui semblait que sa Mildred ne se sentait pas bien, qu’elle avait un problème : il était là pour l’aider, pour la sauver.

- Pardon, poussez-vous, pardon !

Il écartait les gens de ses bras mais ne récoltait que des regards sombres et des exclamations indignées. Il se battit de toutes ses forces, comme une méduse contre la marée mais peine perdue : Mildred avait disparu. Son cœur se fissura sous la pression tandis qu'un sentiment d’urgence le saisissait : il devait la retrouver. Tel un preux chevalier ou Neville Londubat avec Nagini, il fendit la foule pour atteindre les portes de la Grande Salle, son visage rougi par l’effort et sa chemise trempée par la nervosité. Le hall était rempli d’invités qui arrivaient encore à la soirée mais aucune trace de sa belle. Il se dirigea précipitamment vers le parc gelé en hiver. Il n’avait pas de manteau, seulement sa baguette magique dans la poche de son costume de bonne facture. Ses pas précipités faisaient craquer la pelouse alors qu’il avançait à l’aveugle dans le parc illuminé par une lune pleine. C’était follement romantique. Il allait retrouver Mildred, éponger son chagrin et l’épouser. Il se présenterait à elle tel le prince charmant dans son dernier ouvrage et leur amour s’accomplirait enfin sous les astres magnifiques qui domptaient leur monde. Il le savait, il en avait l’intime conviction.

- Lumos.

Il éclairait son chemin pour ne pas poser ses chaussures en cuir de tatou n’importe où. Vers le lac, peut-être ? Il espérait qu’elle ne s’était pas aventurée dans la forêt interdite. Son amour lui donnait des ailes mais il comptait bien terminer la soirée en vie, tout de même…

- Mildred ! lançait-il à plein poumons. Miss Magie ! Mildred, c’est moi ! Répondez !

Il espérait qu’elle reconnaîtrait sa voix familière, douce et chaude, lui qui essayait si souvent de lui adresser la parole lorsqu’ils se croisaient… Il prospecta d’abord derrière la cabane d’Hagrid, colla même son nez aux carreaux sales - avant de frotter ce dernier pendant deux longues minutes après ce contact dégoûtant - puis se dirigea vers le lac, glissant régulièrement sur les pelouses givrées du parc. Il ne fallait pas qu’il tombe, se répétait-il comme un mantra, il devait rester élégant et distingué face à sa bien-aimée. Ne. Pas. Tomber. Il parvint finalement à la rive du lac, près d’un ponton, et son regard fut attiré par une étrange forme dans la pénombre…

La chaussure de Mildred ! La chaussure de sa bien-aimée ! Il se précipita sur le petit objet qu’il porta aux nues dans un rayon de lune. Le motif léopard tremblait entre ses mains glacées et il regardait l’escarpin avec fascination… Cet objet avait frôlé la voute plantaire de Mildred ! Il possédait son délicieux parfum ! Le poids de son splendide corps laiteux avait reposé sur cette semelle d’une folle élégance ! Sa douce Cendrillon ne devait pas se trouver loin ! Il se redressa pour scruter les alentours et aperçut, soudain, au milieu du lac, l’objet de ses pensées et de ses désirs. Mildred était alanguie sur la surface glacée du lac, ses bras et ses mains délicates reposant sur l’eau figée. Son cœur manqua un battement. Était-elle… ? Non, cela ne pouvait arriver ! Il irait la réveiller d’un baiser !

Il oublia brusquement sa peur et arracha sa veste d’un geste langoureux, brisant les boutons cousus à la main de chez Twilfit&Twilfit. Il allait sauver son amour !

- Mildred, j’arrive, ne bougez surtout pas !

Il posa un pied aventureux sur la glace, puis un deuxième. Pressé, poussé par les ailes du vrai amour, il s’empressait de rejoindre sa douce lorsque le drame arriva : son pied gauche glissa brusquement, manqua de toucher le ciel comme une ballerine des temps modernes et il se retrouva les fesses par terre.

- J’arrive, Mildred, assura-t-il. J’arrive !

Bon. Avancer sur cette étendue ne serait pas une partie de plaisir mais… Il commença à se redresser, tout doucement, en s’aidant de ses mains. Il finit par retrouver un équilibre, les fesses en arrière, les bras comme des ailes et les genoux arqués. Un pas. Un autre pas.

- Je viens vous sauver !

Mais l’appel de la gravité était trop fort. Il ne fit même pas un mètre avant de glisser, en avant cette fois, et de se retrouver sur le ventre, sa bedaine servant de point d’appui. Entrainé par son élan, il commença à glisser comme un chien fou sur la glace, un glapissement s’échappant de sa gorge.

- J’arrive, Miiiiiiildreeeeeeeeeeeeeeeeeeeed !

Telle une tortue lancée à pleine vitesse, il traversa le lac en tournoyant plusieurs fois sur lui-même. La soie délicate de sa chemise offrait une aérodynamique impressionnante et, dans un concours de patinage artistique, il aurait eu toutes ses chances… Mais le destin était avec lui et il finit par se rapprocher de sa bien aimée, s’échouant à quelques mètres d’elle, sur le dos. Rouge, essoufflé, détrempé, il releva le visage vers elle, souriant, le cœur battant d’amour.

- Mildred, c’est moi ! Votre admirateur secret ! Je suis venu ce soir pour vous déclarer mon amour ! Mildred, c’est moi ! Anderson ! Anderson Bannerman, du Ministère !
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L'idée du siècle (scénario commun Saint-Valentin)

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