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 You break me down, you build me up, believer [Juliana & Hayden]

Hayden McNeilAncien personnageavatar
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25 février 2010 - QG de la résistance.

Hayden agita sa baguette pour allumer un feu en dessous de sa casserole avant de s'adosser à la table, les yeux perdus dans le vague. Il revenait d'une planque de plus de cinq heures et il lui restait seulement deux heures avant de commencer au BDA. Il étouffa un bâillement et étira son corps endolori d'être resté trop longtemps sans bouger. Il jeta un coup d'oeil aux notes qu'il venait d'écrire et ensorcela les feuilles de papier pour qu'elles volent jusqu'au bureau de Lilly, Clarissa et Janet. La plupart des résistants leur faisait un rapport à l'oral, mais Hayden n'était pas souvent au QG en même temps qu'elles du fait de son travail prenant et de sa vie de famille. Il culpabilisa un instant en songeant qu'il ne serait pas auprès de sa fille et de sa femme ce matin et se promis de rentrer plus tôt ce soir pour aller chercher Louise à l'école.

Hayden était entré dans la résistance quelques semaines auparavant. Après la mort de Juliana, l'envie de continuer son combat était devenue comme une obsession pour lui. Depuis son poste au BDA, il voyait déjà les abus du régime, les victimes de la milice, les victimes de Skye... S'il n'avait pas agi dans un premier temps, c'était aussi parce que sa position au ministère - en tant que frère d'une résistante très recherchée - mettait en danger sa famille. L'attention s'était légèrement détournée de la famille McNeil au fil des mois, et Hayden avait pu faire part de son idée à Eileen. Cette conversation s'était terminée en une violente dispute, opposant les deux époux. Eileen était farouchement opposée à l'idée que son mari aide activement la résistance, alors que leur fille était encore sans défense. Bien sûr, elle comprenait ses raisons, bien sûr, elle aussi voyait tous les jours les abus du gouvernement, bien sûr, elle aussi voulait aider, voulait participer. Mais il y avait leurs enfants. Et ils ne pouvaient pas faire comme lors de l'Année de la Terreur et les confier à leurs grands-parents pour qu'ils les emmènent à l'étranger. Hayden avait hésité, flanché, mais l'image du corps calciné de Juliana lui était revenu en mémoire, et il s'était décidé.

Ils avaient finalement fait tous les deux des concessions. Eileen avait accepté son engagement dans la résistance, mais avait décidé, elle, de rester en dehors de ça. Hayden avait compris, lorsque sa femme avait pris la décision de rester en retrait, qu'elle faisait ça pour s'assurer que, s'il mourrait un jour, elle ne pourrait être accuser de complicité et pourrait continuer à s'occuper de leurs enfants. Cette pensée lui avait vrillé le coeur. Hayden, quant à lui, lui avait promis de ne pas se donner corps et âme au Lexit et de modérer son engagement. Surtout, il lui avait fait le serment de faire attention à lui. Il ne pouvait pas lui promettre plus, mais avait consenti à ne pas se laisser aveugler par le désir de vengeance.

Un gargouillement de son estomac le tira de ses pensées et il agita sa baguette pour faire léviter une quantité de pâtes jusque dans la casserole.

Une fois la décision de rejoindre la résistance prise, Hayden avait très simplement contacté Clarissa Nimbus de Pompadour. Lui-même avait fait partie de la Salamandre lors de la guerre, et il savait que le mouvement avait repris du service depuis quelques mois. Clarissa l'avait alors orienté vers le Lexit, le mouvement de réunification de la résistance. Là-bas, il avait reconnu plusieurs de ses collègues Aurors, dont, sans surprise, Seamus qui l'avait accueilli à bras ouverts. Hayden avait rapidement compris que sa condition d'Auror était un atout pour le Lexit et il s'efforçait de glaner discrètement des renseignements au BDA.

Hayden secoua distraitement la poêle, dans laquelle il avait mélangé des lardons, des oignons et des champignons tout en se massant la nuque de sa main libre.

Finalement, l'espionnage, le double-jeu, tout cela était devenu une seconde nature chez lui, entre son métier d'Auror qu'il exerçait depuis plusieurs années, et son engagement chez les Mardoliens.

L'homme jeta un coup d'oeil à sa montre et soupira en songeant à la journée de travail qui l'attendait. Alors qu'il mélangeait pâtes et garnitures dans un grand plat, un craquement derrière lui le fit sursauter. Il porta instinctivement une main à sa poche en se retournant.

"Oh." souffla-t-il en découvrant une jeune femme brune aux yeux bleus. "Excusez-moi, vous m'avez surpris."

Il se détendit et désigna le plat fumant.

"Vous en voulez ?" proposa-t-il, avant de se rendre compte qu'il était 7h30 du matin. "C'est davantage l'heure des tartines, mais je n'ai pas dîné hier, alors..." expliqua-t-il en haussant les épaules.


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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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La nuit avait été courte pour Juliana. Trois heures de sommeil seulement. Le service avait duré jusqu'à minuit, puis elle était restée tardivement avec Joel et Desmond, pour évoquer le Lexit et préparer leurs prochaines missions. Maintenant que leur situation commençait à se stabiliser et que la résistance retrouvait un second souffle, s'organisant peu à peu, les idées fusaient de nouveau. C'était motivant, mais également extrêmement fatiguant : la Tortue Repue les occupait déjà à plein temps, et il fallait encore trouver du temps et de l'énergie pour la résistance. Car le régime n'attendrait pas de les laisser dormir... Roy l'avait avertie : les yeux de la milice se portaient partout, y compris sur Manchester.

Pour cette raison notamment, Juliana avait pris la décision de s'impliquer d'avantage dans les activités du Lexit. Joel, sous les traits d'Alyssa, prenait la tête de leur petite cellule et faisait office de chef, mais Juliana participait peu à peu à d'avantage de missions sur le terrain. Aujourd'hui, elle allait travailler avec un membre du Kraken dans le cadre d'une mission d'infiltration à Liverpool. Elle était à la fois impatience et nerveuse à l'idée de cette expédition, se sentant un peu rouillée de la baguette. Si leur plan échouait et que des combats s'engageaient, il lui faudrait retrouver ses réflexes de duelliste. Heureusement, elle avait échangé quelques sorts avec un membre de DPP hier, plus pour se rassurer qu'autre chose.

Elle arriva au QG aux petites lueurs de l'aube, une bonne heure avant sa mission. Juliana avait besoin d'un temps de réveil et de préparation psychologique. De plus, elle n'avait pas encore eu bien le temps de fréquenter ce lieu, ce qui pouvait s'avérer instructif. Connaître et échanger avec les autres membres de la résistance pouvait être utile.

Avant toute chose, elle avait besoin d'un petit déjeuner, et surtout d'un café. Il lui faudrait de l'énergie aujourd'hui. Se dirigeant vers la cuisine, elle sentit son estomac gargouiller quand une odeur de champignons et de lardons frits lui parvint. Les narines frémissantes, elle pénétra dans la pièce avec l'espoir de pouvoir piquer de son repas à cette personne encore plus matinale qu'elle. Son regard clair tomba sur la silhouette familière d'un homme, que son cerveau ne reconnut pas instantanément. Trahie par un craquement du parquet, elle le vit se retourner, pour lui révéler un visage infiniment connu...

Hayden.

C'était comme de voir un fantôme. Le fantôme de son frère, surgi d'un passé qu'elle pensait oublié pour de bon. Son coeur fit une embardée violente dans sa poitrine, et elle s'arrêta momentanément de respirer, ses grands yeux pâles écarquillés sous l'effet du choc. C'était Hayden, c'était bel et bien son frère, elle reconnaissait ses traits, sa carrure, son odeur, sa voix, si familiers et si lointains à la fois. Une vague d'amour intense la submergea, si forte qu'elle manqua de se précipiter dans ses bras, mais son instinct de survie la retint.

Elle se laissa tomber sur la chaise la plus proche, appuya ses bras tremblants contre la table en bois, et parvint à esquisser un maigre sourire.

"Bonjour", et la voix d'Anya brisa le silence. "Je veux bien, merci."

Elle n'était plus Juliana, se répéta-t-elle mentalement, elle était Anya. Anya, Anya, Anya. Aux yeux d'Hayden, il n'y avait plus de Juliana - il n'y aurait plus jamais de Juliana. Tentant d'ignorer les assauts de son coeur, qui se tordait de douleur, elle s'efforça d'agir normalement pour ne pas éveiller les soupçons. Croisant ses mains pour les empêcher de trembler, elle l'observa à la dérobée, pendant qu'il s'affairait.

Contrairement à elle, Hayden était resté exactement le même. Il avait toujours aimé cuisiné, songea-t-elle en se rappelant leurs moments de complicité dans la cuisine des McNeil. Que faisait-il là, au QG de la résistance ? Il était toujours auror, non ? Il y avait quelque chose qui n'allait pas dans cette image, l'un des frères McNeil en plein QG du Lexit, comme s'il y était chez lui. En dépit du choc, les questions commençaient à fuser dans son esprit. Et s'il était là pour espionner le FREE ? A qui allait son allégeance aujourd'hui ? Grady lui aurait-il parlé ? Aurait-il trahi ses secrets auprès de son père ? Non, il n'aurait jamais pu faire cela !

"Je suis affamée, et ça a l'air délicieux. Vous avez l'air d'être bon cuisinier, et je m'y connais", ajouta-t-elle pour faire la conversation, et se laisser le temps de réfléchir. "Au fait, je m'appelle Anya."

Elle ne pouvait s'en empêcher : elle avait besoin de se rapprocher de lui, de le voir de plus près. Juliana se leva de sa chaise et se dirigea vers Hayden pour préparer du café. Du coin de l'oeil, elle l'observa. N'était-ce pas une nouvelle ride au coin de son oeil ? N'y avait-il pas quelque chose de différent, dans l'expression de son visage ? Et ces nouveaux cheveux blancs ?

Peut-être qu'il avait changé aussi, finalement.



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Hayden McNeilAncien personnageavatar
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Hayden ne nota pas le malaise de l'inconnue et mélangea distraitement son plat pour bien répartir la garniture. Comment pouvait-il se douter du trouble de la jeune femme qu'il avait en face de lui ? Comment pouvait-il se douter que cette inconnue était en réalité sa petite-soeur ? Pour l'Auror, Juliana était morte quelques mois plus tôt, assassinée. Il l'avait enterré, il l'avait pleuré, pleuré et encore pleuré, jusqu'à ce que ses yeux deviennent aussi secs que du papier. Il avait voulu transformer sa douleur pour en faire une force - pour continuer ce combat qu'elle avait commencé. La force lui était venue, mais la douleur restait, lancinante, lui tordant le coeur.
Et rien, rien ne pouvait lui faire penser que sa soeur se trouvait là, en face de lui, bien vivante, sous une apparence qu'il ne lui connaissait pas. Pas une mimique, pas un geste, pas un regard, pas un sourire - parce que Juliana était morte, et que l'accepter avait déjà été suffisamment douloureux.

"Je vous sers une assiette, alors !" lança Hayden en agitant sa baguette en direction d'un placard pour faire léviter une assiette jusqu'à lui. Il sépara le plat en deux parts à peu près égales, tout en écoutant la jeune femme qui s'était présentée à lui sous le nom de Anya.

"J'ai toujours pensé que, quand on devenait parents, on devenait un peu cuisiner en même temps." sourit Hayden. "Et j'ai quatre enfants." précisa-t-il, alors qu'un doux sourire s'affichait sur ses lèvres. Il sortit le nécessaire pour dresser la table, tout en continuant la conversation : "Je reconnais que ce n'est pas un repas très équilibré... Mais c'est le plat préféré de ma fille. Elle est dans la période où elle refuse de manger la moindre chose verte. Et, devinez quoi ? Une majorité des légumes sont verts. La semaine dernière, ma femme est revenue du marché avec un poireau, et elle nous a piqué une crise pour ça." expliqua Hayden avec un petit rire.

L'homme posa les deux assiettes fumantes sur la table, et prit place sur une chaise. Après une nuit à surveiller des miliciens dans le froid et un silence absolu, Hayden était ravi de cette rencontre fortuite. La journée qui l'attendait au BDA n'allait pas être de tout repos, et cet instant insouciant était plus qu'apprécié. Puis, à vrai dire, Hayden avait toujours été un papa complètement gaga de ses enfants et se faisait un plaisir de partager des anecdotes amusantes sur la fratrie.

"Je m'appelle Hayden, enchanté." lança-t-il, avant d'ajouter : "Donc, vous vous y connaissez en cuisine ? C'est votre passion, un métier...?" tenta-t-il de deviner en portant sa fourchette à sa bouche.

Hayden avait toujours apprécié cuisiner, depuis son plus jeune âge. Aidan n'était pas un prodige des fourneaux, loin de là, et leur mère avait toujours apprécié avoir quelqu'un pour la seconder en cuisine. Lorsqu'il avait rencontré Eileen, cette dernière lui avait raconté être une vraie calamité avec des poêles dans les mains - et à présent, il confirmait parfaitement cette information. C'était donc majoritairement lui qui faisait la cuisine pour leur famille. Cela lui avait toujours plu. Pendant longtemps, il avait partagé cette passion avec Juliana et passait souvent de longs moments avec elle, dans la cuisine, à élaborer des plats ou des desserts tout en plaisantant. Ce souvenir lui laissa un goût amer en bouche, qu'il s'empressa de chasser avec une gorgée de café.


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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Les mains de Juliana se mirent à trembler, manquant de faire tomber les deux tasses de café. L'évocation de sa jeune nièce, Louise, la prit par surprise et ce fut comme si on lui avait mis un coup dans la poitrine. Son coeur se serra violemment tandis que les souvenirs de l'enfant s'imposaient à elle. Louise... Juliana avait toujours eu un rapport particulier avec les enfants d'Hayden, de par leur faible écart d'âge, elle se considérait comme une grande soeur d'avantage que comme une tante. Sa proximité avec Grady, en particulier, était telle qu'elle n'aurait pu imaginer le rayer de sa vie. Mais elle avait dû se résoudre à oublier les autres, comme ses frères, ses parents et chaque membre éloigné de leur famille. Pour survivre à cette séparation, Juliana avait adopté une technique très simple et terriblement efficace : ne plus jamais penser à eux, jamais.

Et elle y parvenait. Sa vie avait changé si radicalement, et elle avait dû faire tant de sacrifices, qu'elle parvenait à ranger tout ce qui avait trait à avant dans un recoin de sa mémoire. Au quotidien, Juliana ne pensait qu'à son restaurant, ses projets, DPP, éviter la milice. Son entourage, ses proches, c'étaient Roy, Joel, Irina, Desmond. Hayden et les McNeil n'avaient plus de place dans cette vie là, plus depuis que son corps carbonisé avait été retrouvé dans une vieille maison isolée.

Mais il avait suffit d'une simple anecdote, dans la bouche d'Hayden, pour faire revenir les McNeil à la vie. Soudain, ils étaient là, si proches et accessibles, comme avant. Et Louise, par Merlin ! Louise avait dû tant changer et évoluer depuis la dernière fois qu'elle l'avait vue. C'était une enfant, et les enfants grandissaient si vite et changeaient tant... Juliana retrouverait-elle Louise un jour, sous sa propre identité et non sous couvert de l'image d'Anya ? Et si elle avait ce bonheur, la petite se souviendrait-elle seulement d'elle ? Rien n'était moins sûr.

Ces pensées l'avaient tellement remuée qu'elle ne put empêcher les larmes d'embuer ses yeux bleus. Pendant qu'Hayden lui parlait joyeusement, elle vint poser les tasses de café et s'installer face à lui, devant son assiette fumante, en tentant de faire bonne figure.

"Oui, j'adore la cuisine", commença-t-elle en baissant la tête, ses longs cheveux venant dissimuler son visage dépité. C'était un geste familier, un geste de Juliana, comme il l'avait vue faire mille fois. Elle laissa échapper un sanglot, et cacha momentanément son visage dans ses mains. Merlin, il fallait qu'elle se ressaisisse, elle ne pouvait pas se permettre d'exposer sa couverture, même pour Hayden, aussi tentant que cela soit. Il en allait de leur survie à tous les deux, de la survie de toute sa famille - y compris celle de Louise. Séchant son visage, elle s'efforça de regarder son frère, et esquissa un maigre sourire.

"Excusez-moi. Excusez-moi, c'est stupide, c'est juste qu'en vous entendant, je... je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ma famille. Elle me manque beaucoup", révéla-t-elle en un souffle.

Pour se donner une contenance, elle fit tourner sa fourchette dans son assiette de pâtes et goûta le plat d'Hayden. Son estomac en grogna de contentement, et elle se sentit instantanément mieux - la nourriture avait toujours été son meilleur moyen de réconfort.

"C'est très bon", commenta-t-elle avec sincérité, en parlant la bouche pleine. "Pour vous répondre, oui, je suis cuisinière, j'ai ouvert récemment un restaurant de cuisine méditerranéenne à Manchester."



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Hayden McNeilAncien personnageavatar
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La brusque détresse de la jeune femme dérouta Hayden, qui baissa le regard vers son assiette, un peu mal à l'aise. Les évènements - depuis le Bloody Sunday jusqu'à aujourd'hui - avaient été violents et avaient séparés brutalement des familles. Lui-même n'avait pas été épargné par ces conflits : son père était mort dans le mouvement de foule du Bloody Sunday, sa sœur avait été tuée quelques mois auparavant avant d'être dépeinte dans les journaux comme la plus grande criminelle de tous les temps... Il avait encore des difficultés à penser à John ou à Juliana sans sentir sa gorge se serrer et son estomac se tordre. La douleur ne s'effaçait pas ; on s'accoutumait simplement à elle. Peut-être avait-il effleuré un point sensible lorsqu'il avait évoqué sa propre famille, songea-t-il en dévisageant discrètement la jeune femme. Les paroles de cette dernière confirmèrent ses soupçons, et il lui adressa un sourire compatissant.

Depuis la mort de Juliana, plus rien n'était pareil dans la famille McNeil. Ils avaient tous déjà eu du mal à se remettre de la mort de John - sa mère était restée inconsolable pendant des semaines. Mais c'était l'ordre des choses, que le père s'éteigne avant les enfants. Et même si la peine leur avait semblé insurmontable, ils avaient fini par faire le deuil, doucement, pas-à-pas, sainement. Mais la mort de Juliana avait juste élevé en lui et en Aiden un sentiment d'injustice extrême, une colère noire et un désir de vengeance mortel. Ces sentiments s'étaient atténués avec les semaines, mais ils étaient toujours présents, tapis sous son cœur. Ils attendraient patiemment que le moment soit opportun pour punir ceux qui avaient infligés de telles souffrances à leur sœur.

"Je sais ce que ça fait." intervint Hayden d'une voix douce en pressant brièvement le bras de la jeune femme. "J'ai perdu mon père et ma sœur dans ces conflits. Ils me manquent aussi. acheva-t-il simplement d'une voix tremblante. Il se racla la gorge pour reprendre contenance, peu habitué à partager ses émotions avec des inconnus.

Il prit une bouchée de son plat, et mastiqua longuement, concentré sur les saveurs pour chasser ses idées noires. Le changement de conversation lui fit du bien et contribua à évacuer en partie la tension qui régnait dans la cuisine.

"Merci." répondit-il avec un sourire lorsqu'elle complimenta son plat. "Mais du coup, la prochaine fois, c'est moi qui vous laisse cuisiner ! Je sais mélanger quelques saveurs, mais je suis bien loin de me prétendre cuisinier. Disons que je parviens à contenter mes enfants et ma femme. Ce qui est, rajouta-t-il après un moment de réflexion, déjà une tâche plutôt compliquée.". Il lui sourit avant de prendre une nouvelle bouchée. "Vous vous en occupez toute seule ? Vous avez toujours vécu à Manchester ?" questionna-t-il, désireux de changer définitivement de sujet, afin de laisser derrière eux les pensées noires et les larmes.


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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana esquissa un sourire quand Hayden mentionna "la prochaine fois". Bien sûr, ce n'étaient que des paroles en l'air pour lui, mais pour elle cela signifiait tant : oui, peut-être qu'il y aurait une prochaine fois. La résistance était un tout petit monde - hélas - et ils seraient certainement amenés à se recroiser. Pour autant, développer une relation avec son frère dans de telles circonstances était-il réellement une bonne idée ? Elle n'avait pas le temps de se pencher sur la question, et c'était peut-être mieux ainsi pour l'instant.

Les interrogations sur son restaurant et son passé l'aidèrent à se remettre dans son rôle. Juliana redressa les épaules d'Anya, posa à regret sa fourchette sur le rebord de son assiette et répondit :

"Non, du tout, je suis australienne ! Je viens juste d'arriver dans le pays avec ma cousine Alyssa, enfin, ça fait quelques mois. Elle et moi, on s'occupe du restaurant. Officiellement, nous venons nous installer ici après avoir terminé notre formation de cuisine, par volonté de voir un peu du pays..."

Son visage s'assombrit quand elle souffla : "En réalité, nous avions nos raisons de vouloir nous rapprocher de la résistance ici..."

Inutile d'en dire d'avantage. Joel et Juliana avaient établi toute une histoire pour expliquer les raisons de l'immigration de leurs personnages, au cas où quelqu'un s'intéresserait d'un peu trop près aux soeurs Walker. Pour l'instant, elle n'avait pas besoin d'entrer dans les détails, préférant distiller les informations au fil du temps pour plus de vraisemblance.

"Mais nous mettons tout notre coeur dans notre restaurant", ajouta-t-elle, et son visage s'éclaira à mesure qu'elle racontait : "Nous avons pris grand plaisir à développer la carte, en piochant notre inspiration dans la cuisine de nombreux pays du pourtour méditerranéen, côté sorcier mais aussi côté moldu. C'est surtout Alyssa qui est aux fourneaux, c'est une excellente cuisinière, très créative. Quant à moi, je suis généralement au service, j'aime le contact avec les clients, manager notre petite équipe, m'occuper de la logistique..."

Tentée par le fumet qui caressait ses narines, elle reprit sa dégustation de pâtes tout en continuant de parler : "Nous avons choisi Manchester un peu au hasard, mais je me plais beaucoup dans la ville. Il y a beaucoup de problèmes, bien sûr, la précarité y est forte et le quartier magique a cette atmosphère si particulière, c'est tellement... anglais."

Elle esquissa un petit rire puis se résolut à interroger à son tour Hayden, par politesse plus que par réel intérêt : "Et vous, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? A part..."

Son regard balaya la pièce, puis revint se poser sur Hayden avec une certaine appréhension. Voilà une question dont elle redoutait la réponse autant qu'elle l'attendait. Comment Hayden l'Auror avait-il été impacté par l'opprobre et la suspicion qu'elle avait imposé à sa famille ? Elle était sur le point de le savoir.



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Hayden McNeilAncien personnageavatar
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Hayden écouta attentivement les explications d’Anya, hochant la tête par moment. Il tiqua sur les « raisons » qu’elle évoquait pour justifier son rapprochement avec la résistance anglaise, mais n’en laissa rien paraître. Sa profession déteignait souvent un peu trop sur lui, et il avait souvent ce besoin d’en savoir plus – d’en savoir trop. Il porta sa fourchette à sa bouche tout en se sermonnant : cette conversation n’était pas un interrogatoire. Chaque personne présente au sein de la résistance avait ses motivations propres, lui y compris. Il eut un sourire lorsque la jeune femme fit dériver le sujet sur le restaurant qu’elle tenait avec sa sœur, Alyssa.

Le douloureux parallèle qu’il fit entre sa situation et celle de sa propre sœur lui fit un pincement au cœur. Une telle douleur devenait familière, depuis la mort de Juliana. Il ne pouvait rien y faire, il la voyait partout : dans le rire de Louise, dans le sourire de Grady, dans les yeux de leur mère, et même dans les plats qu’il cuisinait. La douleur se fit plus lancinante mais une profonde inspiration parvient à la calmer suffisamment pour qu’il récupère le fil de la conversation.

« Oh, en effet, » lança-t-il avec un sourire un peu forcé, « Manchester doit être assez dépaysant pour deux australiennes. » admit-il.

Il but une gorgée d’eau et profita des quelques instants de silence pour réfléchir à sa propre réponse.

« Je suis Auror. » indiqua-t-il. « Je le suis depuis que je suis sorti de Poudlard. Ça n’a pas toujours été facile. Depuis mon poste, j’ai assisté à tous les changements majeurs de notre société : l’Année de la Terreur, la reconstruction, les élections… Mais j’ai toujours aimé mon métier. »

Petit, Hayden avait voulu devenir Auror pour « arrêter les méchants ». En grandissant, il avait appris, souvent à ses dépens, que les méchants n’étaient parfois que des hommes qui avaient été mal guidés, et que les gentils, au contraire, pouvaient se révéler être redoutables. La situation politique actuelle le lui prouvait une nouvelle fois.

« Les Aurors travaillent pour le gouvernement, donc pour le ministre. Et, ce qui est assez ironique, c’est qu’il est assez difficile de travailler au Ministère et d’avoir suffisamment de recul sur ce qu’il s'y passe. Pourtant, nous avons eu des indices : les pleins pouvoirs, le bouclage de Bristol, la création de la milice… J’ai sûrement fermé les yeux sur des évènements alors que je n’aurais pas dû le faire. » admit-il. « Mais je suis père, vous savez ? Quand Voldemort a pris le pouvoir, nous avons dû envoyer nos enfants aux Etats-Unis pour les protéger, parce que nous faisions partie tous les deux de la résistance, avec ma femme. Je pense que si j’ai détourné le regard sur certaines choses, c’est parce que j’avais peur de ce qu’il pourrait se passer. »

Hayden se racla la gorge, gêné de se confier à une inconnue, bien plus jeune que lui de surcroît. C’était pourtant assez bénéfique, de raconter toute cette histoire à une personne extérieure. Il garda cependant le silence plus longtemps, bien conscient que la suite de son histoire n’était pas la partie qu’il préférait raconter.

« Ma sœur, par contre, a toujours été très investie dans la résistance. C’était une des premières chefs du Kraken. » raconta-t-il sans pouvoir contenir une pointe de fierté. « Elle ne nous l’a jamais dit. A vrai dire, nous avions un peu perdu contact. Elle est morte il y a quelques mois. Je suis persuadé qu’elle a été assassinée par la milice, ou par un de ses gangs associés. » déclara-t-il d’un ton dur. Il se reprit immédiatement. « Après sa mort, on a été interrogés par la milice pendant plusieurs jours. Les journaux ont sorti des horreurs sur elle, sur sa mort… Et moi, j’ai découvert tout ça. » déclara-t-il en désignant la pièce d’un mouvement ample de bras. « Et j’ai décidé de continuer son combat, d’arrêter de fermer les yeux sur ce qui me paraît inacceptable. »

Il poussa un profond soupir, le cœur étonnement plus léger.

« Voilà pour moi. Et vous ? Qu’est-ce qui amène deux australiennes à rejoindre l’Angleterre par ces temps troublés ? » interrogea-t-il, curieux malgré-lui.


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Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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A la réponse d'Hayden, Juliana sentit une peur nouvelle s'insinuer en elle, la peur pour sa famille. Jusqu'à présent, elle avait tout fait pour les épargner et pour s'assurer que son engagement les touche le moins possible - hormis un deuil à gérer, il va sans dire. Mais que pouvait-elle faire pour protéger un auror engagé dans la résistance ? Hayden se retrouvait dans une situation d'agent double, au service du régime de jour, résistant de nuit, comment parvenait-il à maintenir cet équilibre ? Et depuis quand ? Les questions tempêtaient dans son esprit, l'empêchant de se concentrer sur son repas, toute entière plongée dans la conversation.

Elle sentit son coeur se serrer à mesure de son récit. Tout ce que sa famille avait dû endurer... Tant d'autres familles dans ce pays auraient pu présenter le même récit, avec des variations bien sûr, mais tous avaient tant souffert. Voldemort, Fiennes, Marchebank... Les noms se succédaient mais leur quotidien, lui, ne faisait que d'évoluer au gré des scandales et des tragédies qui secouaient le pays, tous de nature différente, mais avec un même et unique dénominateur commun : un dirigeant mégalomane, ou couard et aveugle. Leur système politique et leur société étaient pourris jusqu'à la moelle et il fallait une révolution, une réelle révolution, pour que cela change. Et pour cela, il fallait une population de plus en plus consciente des enjeux. L'engagement d'Hayden, s'il l'effrayait, était un signe positif que les choses évoluaient en ce sens.

Tout son corps se figea lorsqu'Hayden mentionna "sa soeur". Le ton qu'il employa, empreint de fierté, l'ébranlèrent au plus profond d'elle-même, tant il la surprenait. Ainsi, sa famille ne la détestait pas, du moins, une partie de sa famille. Hayden n'avait pas avalé toutes les horreurs qu'on avait dit sur elles. Il avait survécu à l'interrogatoire et son opinion d'elle n'avait pas changé, elle semblait même s'être améliorée. C'était un tel soulagement pour Juliana qu'elle manqua de  sauter sur ses pieds pour le serrer dans ses bras. Un sursaut de conscience la retint, employa toute la force de sa volonté pour dissimuler ce qu'elle ressentait : une gratitude et un amour tellement forts que ces émotions semblaient trop fortes pour elle. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas ressenti cela, que c'était comme une blessure que l'on pansait. La rupture avec sa famille avait été brutale et inexpliquée par Juliana. Elle avait fermé son coeur et sa mémoire pour se concentrer toute entière sur sa nouvelle vie et ce qu'elle impliquait. Elle avait pensé ce lien familial perdu à jamais. Aujourd'hui, par ses paroles, Hayden venait, sans même le savoir, de rétablir le contact.

Ebranlée, elle eut du mal à reprendre le rôle d'Anya pour répondre à sa question, et dut se faire violence.

"Oh, c'est... Une histoire un peu semblable, en fait. Mon cousin était engagé dans la résistance ici, il est mort dans un affrontement avec la milice", souffla-t-elle doucement. "C'était comme un frère pour moi, nous avons été élevés ensemble. J'ai voulu poursuivre son combat."

Réponse lapidaire, mais elle ne tenait pas à s'éterniser sur la fausse vie d'Anya et d'Alissa, pas alors qu'Hayden lui apportait des réponses à des questions qu'elle se posait depuis si longtemps.

"Votre soeur... Vous êtes entré dans la résistance, pour elle ?", s'enquit-elle en posant un regard hésitant sur lui. "Est-ce que vous êtes le seul, dans votre famille ? Comment ont réagi les autres membres de votre famille quand les journaux ont sorti toutes ces horreurs, et puis, quand vous vous êtes engagé ? Excusez-moi, si c'est trop personnel, vous n'êtes pas obligé de répondre..."

Mais elle priait pour qu'il le fasse, avide de réponses.



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Hayden McNeilAncien personnageavatar
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Hayden eut un air désolé lorsqu’Anya lui conta sa propre histoire. Des morts comme son cousin, comme Juliana, il y en avait tant en ce moment. Des sorciers qui étaient retrouvés sans vie dans des ruelles sombres, des combattants mal en point qui étaient amenés à St Mangouste et qui décédaient des suites de leurs blessures… Des familles s’en retrouvaient détruites, dévastées, et personne ne disait rien. Parfois, ce silence consenti qui régnait dans le ministère le rendait fou. Il voulait hurler, il voulait secouer ses collègues, leur demander d’ouvrir les yeux sur ce qu’il se passait. Mais on ne pouvait rien dire, on ne pouvait rien faire. Parler, c’était se mettre en danger, c’était risquer de terminer à Skye entre les mains de Meredith Kane.

”Je suis désolé pour vous. lança l’Auror d’une voix douce.

Il savait combien la perte d’un proche était douloureuse, comment le monde semblait s’écrouler après ça. Lui-même oscillait entre une colère sourde et une tristesse dévastatrice. Il voulait se venger, leur faire payer, à tous, à ceux qui lui avaient arraché sa petite soeur.

Il prit le temps de finir sa bouchée avant de répondre aux questions d’Anya.

”Oui et non. Bien sûr, son combat au sein de la résistance m’a poussé à m’engager. Je voulais terminer son combat. C’est ma façon de lui rendre hommage.” il se racla la gorge, nouée par l’émotion. ”Mais ce n’est pas seulement ça. Je pense que sa mort m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses, et j’ai arrêté de consentir en silence.” Il laissa passer quelques instants de silence avant de reprendre. ”Je pense que je ne voulais pas reconnaître qu’un tel régime se mettait en place, une nouvelle fois. J’étais dans la résistance pendant l’année Ténèbres.” expliqua-t-il ”Mon frère jumeau s’est plus ou moins engagé également. Il sert surtout d’informateur : il a des oreilles un peu partout.”

Aidan était trafiquant sur la voie des miracles depuis plusieurs années maintenant. Il savait tout, très vite, et souvent avant tout le monde. C’était un atout inconsidérable pour Hayden, qui avait déjà fait appel à lui pour des affaires du Ministère. Aujourd’hui, les deux frères travaillaient ensemble dans un seul but : faire tomber le régime Marchebank.

”Ma femme n’était pas ravie que je m’engage, mais elle comprend mes raisons. Elle a surtout peur pour les enfants.” Eileen avait refusé de s’engager pour le Lexit. Elle l’aidait comme elle pouvait, laissait souvent traîner ses oreilles à Cosmos, mais ne souhaitait pas être impliquée. Dans un sens, c’était tant mieux, car Hayden n’aurait pas supporté la voir se mettre en danger, et était soulagé de savoir que, si quelque chose lui arrivait, Tony, Grady, Garreth et Louise pourraient compter sur leur mère. ”C’est surtout mon frère qui me soutient. Le jour où on appris sa mort… Heureusement que ma femme était là, nous serions sûrement à Azkaban sinon.” lança-t-il d’un ton penseur.

Il but une longue gorgée d’eau et s’essuya la bouche avec sa serviette.

”Ca a été très difficile, de voir toutes ces horreurs dans la presse. Multiplettes l’a présenté comme une meurtrière, une psychopathe, une froide manipulatrice et calculatrice… En réalité, Juliana était une femme courageuse, attentionnée, avec des valeurs très fortes et un tempérament enflammé ; croyez-moi, quand on débattait à table, il valait mieux se trouver dans son camp.” Hayden esquissa un sourire amusé. ”Je pense que le plus difficile, c’est pour les enfants. Ils adoraient leur tante, et entendre tout ça sur elle… Mon fils aîné, Tony, bouillonne encore de rage. Ma femme a dû le raisonner pour qu’il n’aille pas faire un scandal dans les locaux de Multiplettes… Et puis les jeunes peuvent être mauvais entre eux.” affirma Hayden, qui s’était retrouvé convoqué à Poudlard parce que Garreth avait cogné un de ses camarades qui avait insulté Juliana. ”Elle nous manque beaucoup.” conclut-il d’une voix douce en s’adossant contre le dossier de sa chaise, repu.

Parler de Juliana ainsi l’avait un peu apaisé, comme si évoquer son souvenir soulageait un peu son coeur.


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Juliana hocha doucement la tête quand son frère lui expliqua les raisons de son engagement, et pourquoi cela lui avait prit autant de temps. L'Année des Ténèbres les avait marqués tous deux, mais bien différemment, et elle pouvait comprendre pourquoi il n'avait pas voulu croire que leur paix, si fragile, soit de nouveau menacée. Après avoir connu l'horreur une première fois, on espérait ne plus jamais avoir à la retrouver...

La jeune femme se tendit imperceptiblement quand Hayden mentionna son frère jumeau, révélant le rôle qu'il jouait lui aussi au sein de la résistance. Son coeur s'accéléra sous l'effet de la surprise et elle considéra Hayden de ses grands yeux bleus, imaginant silencieusement qu'il s'agissait d'Aidan. Juliana avait toujours été moins proche de ce frère là, de caractère et parce qu'elle s'était toujours senti plus en accord avec la vie que menait Hayden. Elle connaissait la place qu'occupait Aidan sur la Voie des Miracles depuis plusieurs mois maintenant, grâce à Roy, et cette découverte n'avait pas été pour lui plaire. Longtemps, elle avait pensé que son frère et elle se trouvaient chacun dans des camps opposés, et voilà qu'elle découvrait qu'il s'était tourné, lui aussi, vers le Lexit après sa fausse mort... A cette pensée, elle sentit sa gorge se serrer de nouveau sous l'effet de l'émotion et elle dut prendre sur elle pour ne pas dévoiler son émoi.

Qu'il était aisé de prendre des décisions difficiles et de se montrer insensible lorsqu'elle se trouvait loin de sa famille ! Voir son frère, retrouver ses intonations, sa façon de se mouvoir, de s'exprimer, entendre tous ces prénoms qu'elle avait soigneusement enfoui dans un coin de sa mémoire, tout cela la mettait brusquement en prise avec la réalité. Les émotions manquaient de la submerger et de l'engloutir, alors elle porta instinctivement la main au collier qui ornait son cou et prit une profonde inspiration. Juliana devait s'en aller, elle devait s'effacer car elle n'avait pas la force d'être Juliana face à Hayden. C'était trop dur, de l'entendre dire toutes ces belles choses à son sujet, alors que cette eulogie était une fraude : aurait-il encore pensé à elle avec une telle tendresse, s'il avait su qu'elle avait maquillé sa mort et qu'elle se trouvait face à lui, à l'instant même où ils se parlaient, sans lui révéler son identité ? Qu'elle avait le pouvoir d'alléger ses souffrances et celles de sa famille ?

Mais les émotions n'avaient pas leur place ici. Anya devait prendre le pas, pour la sécurité de tous : la sienne, avant tout, celle de Roy, mais aussi celle de l'ensemble des McNeil. Maintenant qu'ils étaient trois à participer aux activités de la résistance, plus grands étaient les risques d'arrestation et d'interrogation par la milice. Moins ils en savaient, mieux cela valait. Oui, Anya devait suivre le plan, même si cela lui arrachait le coeur... et ne jamais dévoiler la vérité, jamais.

"Je pense que votre soeur serait fière de vous", souffla-t-elle néanmoins en offrant à son interlocuteur un sourire de compassion. "Vous comprenez et vous poursuivez son combat, sans vous laisser berner par les mensonges du régime, vous faites honneur à sa mémoire... C'est beau. Si nous parvenons à gagner cette guerre, alors son sacrifice ne sera pas vain."

Du bout de la fourchette, elle picora les derniers lardons que contenait son assiette, pensive.

"Vous pensez que c'est possible, qu'on pourrait y arriver ? Que la paix pourrait revenir ?", s'enquit-elle enfin, sondant le regard d'Hayden. Lorsque Juliana pensait à son propre futur, elle n'y voyait que des combats en Angleterre, toute possibilité de bonheur étant reléguée à l'étranger, dans une hypothèse de fuite avec Roy loin de ce monde en feu. Cette conversation avec Hayden nourrissait ses espoirs, mais l'espoir, bien que nécessaire, était dangereux...




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Le cœur d’Hayden se serra lorsque la jeune femme en face de lança que sa sœur serait fière de lui. C’était peut-être le cas, mais il ne le saurait malheureusement jamais. Juliana était partie trop tôt, trop vite, leur laissant à tous une nostalgique profonde et une tristesse infinie. Depuis ce jour, l’Auror avait l’impression que quelque chose s’était brisé en lui, et qu’un voile teintait à présent ses pensées heureuses.

« Merci. » répondit-il simplement lorsqu’Anya le félicita sur le combat qu’il menait.

Car l’heure n’était plus au deuil. L’heure était au combat, à la lutte acharnée contre ce gouvernement injuste qui lui avait déjà tant coûté. Et Hayden comptait se donner corps et à âme à cette cause – pour honorer la mémoire de sa sœur, mais pas seulement. Depuis qu’il était entré au LEXIT, il avait découvert certains évènements sous un autre jour, il avait été mis face aux injustices, aux incohérences, aux violences faites à la population. Il avait ouvert les yeux sur Skye, son but et fonctionnement. Ce combat, il le menait aussi pour son voisin qui pouvait à tout moment se faire arrêter, pour Tony qui était plein de rage, pour Grady et son idéalisme, pour Louise et son innocence, pour son père, révolutionnaire dès les premières heures, qui était mort avant d’avoir pu constater les horreurs du régime. Mais, plus important encore, ce combat, il le menait pour lui. Pour être en accord avec ses convictions les plus profondes et ses valeurs.

« Oui, j’y crois. » lança-t-il avec force.

Bien sûr qu’il y croyait – heureusement qu’il y croyait ! Hayden ne se considérait pas vraiment comme un homme idéaliste mais il persistait à croire que pour mener une telle lutte, il fallait avoir la foi. Le LEXIT lui donnait la foi de se battre et de risquer sa vie, jour après jour, pour la cause. Janet, Lilly, Clarissa, elles aussi devaient avoir la foi, pour mener à bout de bras une pareille institution. Si le Kraken et la Salamandre n’auraient pas trouvé grâce aux yeux d’Hayden le LEXIT, lui, était à son sens un bon compromis. Il avait ses défauts, ses failles, mais il voyait dans ce mouvement un avenir prometteur.

« Comment pensez-vous qu’on aurait pu gagner la guerre, si on n’avait pas un peu d’espoir ? » interrogea-t-il avec un sourire. Il se souvint qu’Anya n’était pas originaire de l’Angleterre, et pris le temps de lui expliquer. « Lorsque Voldemort est arrivé au pouvoir, lorsque le ministère est tombé, nous nous sommes crus perdus. Notre avenir reposait dans les mains d’un sorcier à peine majeur. Nous aurions pu perdre espoir mille fois : nos adversaires étaient puissants et usaient d’une magie si noire… » il eut un frisson lorsqu’il songea aux horreurs qu’il avait vu pendant cette période. « Mais nous nous sommes organisés et nous avons résisté. Et nous avons triomphé. » Il saisit son verre d’eau, le porta à ses lèvres et avala une gorgée. « La situation est différente, bien évidemment. Mais… Après avoir affronté Lord Voldemort, je pense qu’on peut tout vaincre. » plaisanta-t-il.

Il fallait y croire – quand on perdait espoir, on perdait toute raison de se battre et la lutte perdait tout son sens.

« Vous n’y croyez pas, vous ? » interrogea Hayden avec curiosité.


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La force avec laquelle Hayden lui répondit la rasséréna, et elle esquissa un sourire. Si lui y croyait, alors qu'il avait vécu la guerre des ténèbres, qu'il vivait la dictature de l'intérieur et qu'il pensait avoir perdu un être cher, alors elle aussi, elle pouvait bien y croire. La différence tenait peut-être du fait que Juliana n'était plus insérée dans le monde depuis longtemps, même si l'ouverture du restaurant tendait à améliorer les choses. Il était parfois difficile de conserver de l'espoir lorsque l'on était seul ou entouré de résistants désespérés... Du bout des doigts, elle joua machinalement avec le pendentif qui lui ornait le cou.

"Oui, j'y crois", répondit-elle à son tour, avec un peu moins d'assurance, mais sans perdre son sourire. "Vous avez raison, je n'ai pas connu ça, cette victoire."

Un frisson la parcourut tandis que le souvenir du sortilège Doloris s'emparait de son esprit, mais elle tenta de s'en débarrasser. Inutile de s'attarder sur ses peurs d'enfance, le présent était déjà suffisamment cauchemardesque comme cela.

"C'est parfois difficile de garder de l'espoir", souffla-t-elle en observant son interlocuteur. "Parce que cette fois, le régime agit de façon tellement insidieuse... comme Voldemort à ses débuts, peut-être, c'est vrai. Mais alors cela veut dire que le pire est à venir."

C'était très certainement le cas, Juliana en avait conscience. Tout le monde n'avait pas plongé tête baissée dès cette guerre comme elle, à peine le sang du Bloody Sunday nettoyé sur les pavés du Chemin de Traverse. La plupart des sorciers continuaient de vivre leur petite vie en s'habituant du mieux possible aux restrictions imposées par l'état d'urgence. Et puis il y avait tous les autres, ceux qui grossissaient lentement - bien trop lentement - les rangs du Lexit, et ceux qui se retrouvaient en marge de la société, rejetés ou pourchassés. Ceux-là qu'elle tentait d'aider, du mieux possible, avec DPP. Bientôt, les choses s'accéléreraient, les tensions s'exacerberaient jusqu'au point de bascule inévitable dans la guerre ouverte. Soit cela, soit Marchebank passerait l'arme à gauche en tentant de jeter un Lumos, cette solution lui plaisait mieux d'ailleurs...

"Mais il faut garder en tête l'après, la liberté retrouvée, j'imagine", sourit-elle en songeant avec nostalgie qu'elle-même n'aurait probablement jamais droit à cela. Roy et elle trouveraient un moyen, sans doute, de vivre heureux mais elle doutait pouvoir un jour revivre à visage découvert, graciée, dans ce pays qui la honnissait. Alors elle pouvait dire adieu à cette famille McNeil qui, pourtant, lui prouvait encore aujourd'hui à quel point elle y avait toute sa place. Même si elle ne pouvait le lui dire, Juliana était fière de son frère. Cette rencontre chargée en émotions l'avait inspirée, et sa présence au sein du mouvement l'encourageait à poursuivre son combat, pour eux, pour les McNeil. Désormais, le QG ressemblait un peu plus à un foyer.

"Bien, je crois que je vais devoir vous laisser", ajouta-t-elle en jetant un coup d'oeil à l'horloge de la cuisine. "Merci encore pour le repas."

Elle se leva et ramassa les deux assiettes pour les déposer dans l'évier, avant d'ensorceler l'éponge.
Spoiler:
 



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"Peut-être que le pire est à venir." admit Hayden en hochant gravement la tête. "Sûrement, même." Il ne voulait pas montrer défaitiste, mais il n'y avait qu'à observer l'évolution du gouvernement sur une année pour se faire une idée plus ou moins précise de la direction que ce dernier était en train de prendre. "Mais l'espoir nous a déjà sorti des plus sombres époques alors... Pourquoi pas ?" interrogea simplement Hayden.

Hayden avait toujours été un optimiste, un idéaliste, même - et c'était pour ça qu'il avait été si séduit par les discours de Mardol, quelques années auparavant. Cela datait de l'ordre du Phoenix, probablement, et de la philosophie portée par Dumbledore lorsqu'il était encore vivant.

Alors oui, Marchebank avait peut-être sa milice armée jusqu'aux dents, il avait la presse qu'il tenait au creux de la main et plus ou moins toutes les institutions magiques d'Angleterre à sa botte. Mais ils avaient la fougue de l'espoir, l'idéal de la justice, la force des convictions - à son sens, cela soulevait mille gouvernements comme celui de Marchebank.

"Exactement." approuva Hayden lorsqu'Anya mentionna la "liberté retrouvée" qu'il ne fallait pas perdre de vue.

Ce serait une douce époque, à ne pas en douter, songea le père de famille en terminant la dernière  bouchée de son plat. Toutefois, s'il était parfaitement honnête, il craignait un peu "l'après" de ce combat qu'il menait aujourd'hui quotidiennement contre le ministère. Il s'était investi dans le LEXIT avec toute la force du désespoir après la mort de Juliana, et redoutait le jour où il devrait faire le deuil de cette dernière cause - de cette dernière chose qui le reliait encore à elle. Car c'était à travers de la résistance, c'était à travers de ce combat à en perdre haleine, qu'Hayden gardait le souvenir de Juliana intact. Et c'était comme ça qu'il voulait se rappeler d'elle : indépendante, affirmée, rebelle et révoltée. Comme il l'avait toujours connu, en somme, songea-t-il avec un sourire.

"De rien, c'était un plaisir." affirma Hayden alors qu'Anya débarrassait leurs assiettes et ensorcelait une éponge pour qu'elle les récure. De son côté, il remit de l'ordre dans la cuisine d'un mouvement de baguette magique. "Nous nous recroiserons sûrement un jour et d'ici-là... Prenez soin de vous." lança-t-il avec un sourire, avant de quitter la cuisine du QG, l'estomac désormais plein, alors que ses muscles, endoloris par la journée qu'il venait de passer, protestaient contre tout mouvement qu'il faisait.

Il sortit du manoir et marcha quelques minutes pour gagner un endroit paisible où transplaner en toute sécurité. Alors qu'il arrivait à Nimbus, il s'efforça de laisser de côté son travail et ses activités pour le LEXIT, pour revêtir son costume de père et de mari. Lorsque Louise - encore en pyjama - se jeta dans ses bras et se pendit à son cou, sous le regard tendre d'Eileen, alors il sut.

Il sut que jamais il ne pourrait laisser sa fille grandir dans un monde où le gouvernement avait fait assassiner sa tante. Et que, quoiqu'il se passe, il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter ça.
[RP TERMINE]


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You break me down, you build me up, believer [Juliana & Hayden]

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