AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 La Taverne de l'Abraxan Bourré [Joséphine, Robin]

Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
Messages : 226

Voir le profil de l'utilisateur
29 février 2010

La Promenade des Marins n'avait jamais été le lieu le plus respectable de la ville, mais ces derniers temps, les choses semblaient se dégrader. Chaque fois que Sofya y mettait les pieds, la population y était plus douteuse et l'atmosphère plus oppressante. Autrefois, la Promenade était une allée bondée qui raisonnait des rires et des chants des étudiants de la ville. Aujourd'hui, les étudiants et jeunes adultes respectables fuyaient ce lieu, fuyaient même Bristol et l'on ne trouvait plus que les marginaux, la racaille et les laissés-pour-compte pour venir s'encanailler dans les bars. A vrai dire, la seule chose qui évitait la Promenade de ressembler à une artère de la Voie des Miracles étaient les descentes fréquentes de la milice, venue arrêter les trafiquants qui escomptaient faire affaire auprès des fêtards.

Pourtant, un bar résistait encore et toujours à l'apathie qui régnait sur les commerces de la Promenade : la Taverne de l'Abraxan Bourré. Une immense statue d'Abraxan gardait l'entrée de ce lieu de légendes, ouvert depuis le XVIe siècle et qui avait fait beaucoup pour la réputation de la rue. Les ailes étendues vers le ciel, le cheval palomino observait les passants de son regard fier, comme pour les défier de pénétrer en ce haut lieu de beuverie et de débauche. L'établissement avait su conserver sa clientèle, malgré les événements qui avaient frappé Bristol, grâce au travail acharné de ses propriétaires. La sécurité y était toujours bien assurée, et s'il n'était pas rare d'y voir éclater des bagarres, les belligérants étaient bien vite jetés à la porte. La taverne était essentiellement connue pour sa collection légendaire de Whisky Pur Feu et de Whisky moldus, que les connaisseurs venaient déguster autour d'une partie de cartes ou d'un petit concert.

Sofya fréquentait la taverne depuis qu'elle habitait Bristol, mais s'y faisait plus rare depuis quelques temps. Il fallait dire que sa vie était mouvementée... Elle avait bien plus vite tendance à choisir la voie de la facilité, en sortant aux Folies. Mais ce soir, elle avait besoin de se changer les idées, et elle n'était pas la seule. C'était en effet avec Joséphine que la jeune femme se trouvait, en pleine conversation au sujet de la dernière recrue de Roy, une espèce d'ado dégingandé et empoté. Lorsqu'elles passèrent devant les décombres de ce qui avait été autrefois le Triton Ardent, Sofya y jeta un vague coup d'oeil, en se demandant si quelqu'un allait prendre la peine de racheter l'emplacement. Probablement pas, l'endroit était trop marqué désormais... Alors qu'elles approchaient de la Taverne, elle reporta son attention sur la Promenade et marqua un temps d'arrêt en reconnaissant une silhouette familière.

"Oh ! Mais c'est Robin !", s'exclama-t-elle avec enthousiasme, en tapotant le bras de Joséphine pour attirer son attention. Entraînant la danseuse dans son sillage, sans lui demander son opinion, elle se planta devant Robin avec un grand sourire :

"Bonsoir Robin, ça fait plaisir de te croiser ici, que fais-tu dans les parages ? Tu tombes à pic, on allait faire une petite soirée entre filles à l'Abraxan. Il faut absolument que tu viennes avec nous, on va s'éclater !"

Sofya et Robin se connaissaient sans se connaître. Elles avaient déjà eu quelques conversations au détour des couloirs des Folies, un petit peu comme Joséphine et elle, et Sofya estimait que c'était l'occasion pour elle d'agrandir son cercle de relations. Toutes les deux avaient l'air sympathiques, et elle avait besoin de se sentir entourée, ces derniers temps...

"Allez, tu ne peux pas refuser", continua-t-elle en glissant son bras libre sous celui de la jeune femme. Avec Robin d'un côté, et Joséphine de l'autre, elle les attira vers l'entrée de la taverne et adressa son plus beau sourire au vigile.



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 54

Voir le profil de l'utilisateur
"Je l'ai croisé l'autre soir, et je crois bien qu'il a essayé d'engager la conversation mais il s'est un peu emmêlé les pinceaux... Il a fini par parler de licornes, j'ai pas tout suivi...ça me faisait presque de la peine en fait ! Il avait l'air un peu intimidé ! Faut dire qu'il ne me regardait pas vraiment des le yeux..." ajouta-t-elle en riant.

Joséphine avait un décolleté plutôt avantageux et n'hésitait jamais à le mettre en valeur. Même si cela embarrassait les adolescents pas encore bien finis que Roy s'étaient mis à recruter récemment. La danseuse trouvait dommage que des gamins viennent gâcher leur potentiel en travaillant aux Folies, mais elle était mal placée pour juger, elle-même avait commencé à même pas dix-neuf ans.

Dévoiler un peu plus de peau que nécessaire lui avait souvent été plus qu'utile et cela la tirait de nombreuses situations délicates -le fait qu'elle dépense plus d'argent qu'elle n'en avait sur elle quand elle sortait, entre autres- mais ce soir elle risquait surtout d'attraper une pneumonie. La jeune femme referma tant bien que mal sa veste en cuir sur sa poitrine. Cela lui apprendrait à acheter ses vestes une taille trop petite ! Celle-ci lui marquait joliment la taille et allait à merveille avec ses escarpins en cuir bleu pétrole, mais elle la protégeait pas vraiment du vent froid de février. Elle aurait du choisir un pays d'Europe du sud, pourquoi avait-il fallu qu'elle échoue en Angleterre après dix ans à mourir de froid en Allemagne ? A croire qu'elle tenait à finir congelée !

Joséphine s'était prudemment accrochée au bras de Sofya pour parcourir à pied la distance qui les séparait du fameux bar que cette dernière voulait lui faire essayer. Ceux qui avaient pris la décision d'interdire le transplanage à l'intérieur de Bristol ne devaient pas porter de talons aiguilles, c'était un enfer de marcher ici ! Il y avait intérêt à ce que cette taverne de l'Abraxan machin-chose vaille la peine ! La danseuse ne sortait jamais à Bristol -elle préférait Léopoldgrad- mais connaissait l'établissement de nom et de réputation et n'avait pas hésité longtemps avant d'accepter une soirée en compagnie de Sofya. Elles s'étaient croisées à quelque reprise, depuis cette fameuse nuit où Joséphine lui avait fait une prédiction, mais elles n'avaient jamais eu le temps de vraiment faire connaissance et il était temps de rectifier cela !

Joséphine n'avait pas beaucoup d'amis, en Angleterre. L'ambiance aux Folies ne poussaient pas à la camaraderie entre les filles qui étaient plutôt mises en compétition. Il y avait toujours celles qui avaient plus de succès que les autres, celles qu'on payait plus chère et qu'on traitait même parfois avec un minimum de respect. Joséphine avait eu la chance de se faire assez rapidement une place dans cette seconde catégorie et ne s'était pas fait que des amies parmi ses collègues. L'arriviste qui piquait les clients de filles qui bossaient là depuis longtemps était forcément mal vue. Heureusement, sa priorité n'était pas de se faire des copines mais plutôt de renflouer son compte en banque, et elle n'avait jamais fait plus d'efforts que ça pour sympathiser avec les autres danseuses. Elle entretenait des relations vaguement cordiales avec la majorité des danseuses, et une certaine rivalité avec certaines.

Justement, Sofya s'écria soudainement qu'elle venait d'apercevoir Robin. Ô joie.

"Hum, oui, peut-être..." répondit-elle distraitement alors qu'elle avait parfaitement bien reconnu la danseuse. Personne d'autre n'avait de jambes aussi longues.

La belle actrice semblait toutefois bien déterminée à aller saluer Robin et Joséphine fut forcée de la suivre, aussi rapidement que le lui permettait ses talons de douze centimètres. Elle ne détestait pas Robin, elle n'avait jamais eu de problèmes avec elle, mais disons qu'elle ne l'appréciait pas non plus. Premièrement parce qu'elles n'avaient jamais échangé plus de quelques mots, et deuxièmement parce qu'il aurait dû être interdit d'être aussi grande et aussi mince ! C'était de la concurrence déloyale. Joséphine s'accrocha difficilement à son sourire de façade quand elle entendit Sofya proposer à Robin de se joindre à elles pour la soirée.

Cette dernière n'eut même pas l'opportunité de refuser puisque Sofya passa son bras sous le sien et repris gaiement leur route. Bon, cette soirée à deux venait visiblement de virer au plan à trois, Joséphine n'était généralement pas contre mais elle aurait préféré avoir son mot à dire dans le choix de leur partenaire !

"Salut Robin, lança-t-elle en s'efforçant d'avoir l'air aimable. Je pensais que tu bossais ce soir..." Elle n'avait pas réussi à complètement masquer la déception dans sa voix.

Il était rare qu'elles soient toutes les deux de repos en même temps, elles faisaient une bonne partie du chiffre du cabaret à elles deux.



Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 102

Voir le profil de l'utilisateur
Le visage emmitouflé dans une épaisse écharpe en laine, Robin maintenait son perfecto en cuir de dragon fermé en croisant les bras sur sa poitrine. Elle venait de déposer Matthew chez Dustin pour la soirée et il lui restait plusieurs heures devant elle avant de commencer son service. Elle avait rendez-vous avec Evan vers 3h du matin. Ce dernier n'avait pas cru bon de lui préciser pourquoi l'horaire de leur réunion de travail était si tardif mais elle était habituée maintenant: Elle ne cherchait plus à comprendre Evan Travis !  Elle comptait donc passer le début de soirée aux Folies avant de rejoindre son binôme. Paradoxalement, elle se sentait plus en sécurité au cabaret que n'importe où ailleurs. Le silence de son appartement était loin de l'apaiser et elle préférait nettement l'agitation des Folies Sorcières. Certes elle n'était pas non plus complètement  rassurée dans la foule -chaque regard insistant posé sur elle lui faisait serrer sa baguette dans sa poche -mais elle tachait de prendre sur elle et de maitriser sa paranoïa. Se confronter aux autres était un exercice difficile mais elle progressait doucement, mais surement.

Elle avait tout bonnement décidé de se prendre en main et refusé catégoriquement de se victimiser davantage. Elle avait repris le travail rapidement après l'agression, refusant de se morfondre et elle s'investissait cœurs et âmes dans la traque de "Son Pire Cauchemar." Elle convoquait même parfois ses paroles sadiques et son air malfaisant pour se donner du courage et ne pas tomber dans l'auto-apitoiement. Savoir que cette ordure était encore de ce monde suffisait à déclencher chez Robin un élan de colère qui la sortait de l'inaction.

Depuis l'agression, elle avait développée un nouveau mode de vie et tachait d'éviter la routine. C'était justement parce qu'elle était prévisible qu'elle s'était fait séquestrée  et Robin entendait bien ne pas répéter deux fois les mêmes erreurs. Fini le train-train quotidien bercé par les habitudes et les horaires fixes. Robin n'empruntait plus le même chemin pour se rendre chez elle ou au travail. Elle brouillait les pistes et elle était devenue nettement plus observatrice si bien qu'elle repéra Sofya et Joséphine bien avant qu'elles ne la voient en retour.

La danseuse poussa un léger soupir en entendant babiller la petite frenchie à l'autre bout du quai. Merlin, elle ne se taisait donc jamais ! Robin avait beaucoup de mal avec tous ces bavardages typiquement féminins auxquels se livrait régulièrement Joséphine. Elle la trouvait bruyante, épuisante et... fort agaçante.

Il faut dire que la plastique généreuse de la rouquine, son minois expressif et juvénile n'aidaient pas à ce qu'elle deviennent les meilleures amies du monde. La petite aux formes pulpeuses et la grande aux jambes élancées... Sur le papier, elles n'entraient pas en concurrence aux Folies mais Robin ne pouvait pas s'empêcher de se sentir menacée par cette arriviste. Les soirs où elles travaillaient toutes les deux, elle n'hésitait pas à prendre le contrepieds total du personnage sucré et aguicheur de Joséphine. Elle jouait à merveille la carte de la femme mystérieuse, énigmatique et d'apparence inabordable. Si elle avait été tout à fait honnête avec elle-même, elle aurait avoué que ce personnage   ne marchait jamais aussi bien auprès des hommes que lorsque Joséphine était dans les parages pour contraster avec elle mais elle n'était pas vraiment prête à se l'avouer...

La jeune femme hésita même à changer d'itinéraire pour éviter d'avoir à saluer sa collègue mais elle décida finalement de rester pour Sofya. D'après Roy, elle était l'une des plus fidèle recrue des Folies. Une personne de confiance en somme qu'il était bon d'avoir dans son réseau. Elle avait été missionné pour retrouver la taupe des Folies -celui ou celle qui l'avait vendu à Son Pire Cauchemar- si bien que Robin ne se voyait clairement pas esquiver cette alliée précieuse. Le fait que Sofya Belinski ait été amie, par le passé, avec Matthew et Kristal jouait également en sa faveur aussi Robin lui accorda un léger sourire lorsqu'elle se planta devant elle.

"Salut Sofya, répondit-elle en glissant ses mains dans les poches de son jeans slim, je me balade, tranquille. Expliqua-t-elle, sans rentrer dans les détails. Elle baissa les yeux sur Joséphine et sur son décolleté avantageux -avait-elle seulement remarqué que les températures frôlaient le zéro degré ?- et se contenta de répondre aux salutations de la frenchie par un bref hochement de tête.

"Et bien non." répliqua-t-elle lorsque Joséphine avoua, d'un air déçu, qu'elle pensait la voir travailler ce soir. Elles allaient surement devoir se supporter touuut le reste de la semaine si elles avaient la même soirée de relâche. Quelle horreur ! Robin était surement aussi agacée à cette idée que Joséphine mais elle n'en laissa rien paraitre.

Sofya lui révéla alors qu'elles se rendaient à l'Abraxan pour une petite soirée entre filles et elle ne tarda pas à l'inviter.

"C'est gentil mais je dois rentrer..." mentit Robin en désignant d'un geste du menton le checkpoint du port, peut-être une autre fois *où Joséphine ne sera pas avec toi*" songea-t-elle en faisant un pas sur le côté pour contourner les deux femmes.

Mais c'était sans compter sur la détermination sans faille de Sofya qui lui attrapa le bras pour l'entrainer en direction du bar. Robin ne savait pas si l'espionne faisait ça pour lui remonter le moral suite à l'agression mais elle devait avouer que c'était plutôt sympathique de sa part. Si Joséphine n'avait pas été là, Robin aurait sans doute accepter l'invitation d'ailleurs, alors... Pourquoi pas ? Elle n'allait quand même pas s'empêcher de vivre pour la petite frenchie !

"Ok, je viens mais je ne reste pas tard." Dit-elle en dégageant son bras lentement afin de ne pas froisser Sofya. Elle voulait garder les mains libres, prête à attraper une baguette en cas de soucis, constata-t-elle en se présentant devant le vigile qui se tenait juste à côté de l'immense statue d'Abraxan
"Bonsoir mesdames."
"Bonsoir."

Robin n'était pas vraiment apprêtée pour sortir avec son jeans, son gros pull à maille et ses rangers coquées mais elle faisait confiance au jugement du  physionomiste. Objectivement, il avait face à lui trois bombes, une blonde, une brune et une rousse et il aurait vraiment tord de priver son établissement de ces  créatures. Il en arriva visiblement à cette conclusion puisqu'il s'effaça pour laisser entrer les trois jeunes femmes.

Bien, songea Robin en pénétrant dans le mythique bar de la promenade qui ne désemplissait pas malgré le blocus.

"On va s'installer au bar ?" demanda Robin en slalomant entre les tables et les clients debout autour d'un tonneau.

Prendre place au  comptoir était, de loin, le meilleur moyen pour consommer à l'œil toute la soirée.  La  danseuse ne comptait pas débourser une seule mornille ce soir, se dit-elle en choisissant stratégiquement son tabouret, tout au bout dans l'angle du bar, dos au mur, pour pouvoir surveiller la foule. Depuis l'agression elle avait développé de nouveaux automatismes pour garder un contrôle visuel sur son environnement. Tout en enlevant ses épaisses couches de vêtements,  elle s'assura d'un regard circulaire qu'elle pouvait voir chaque recoin de la pièce et que Son Pire Cauchemar ne se cachait pas parmi les habitués du bar.

"Bonsoir mesdemoiselles."
souffla alors le barman qui était, cela dit en passant, nettement moins sexy que Nahuel, "Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?"
Robin balaya du regard les bouteilles disposées derrière le comptoir tout en réfléchissant. Elle ne comptait pas beaucoup boire ce soir -Son rendez-vous avec Evan la stressait trop pour qu'elle ne se montre pas professionnelle- alors si elle ne devait consommer qu'un verre d'alcool elle voulait se faire plaisir.

"Mettez moi un GlennFinann magiquement distillé. Le 20 ans d'âge, là. précisa-t-elle en désignant surement l'un des whisky les plus prestigieux (et onéreux !) de la carte, Et toi Sofya, tu prends quoi ?" demanda-t-elle en se tournant vers sa voisine.


Love as if you had never suffered. Dance as if nobody looked at you
Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
Messages : 226

Voir le profil de l'utilisateur
Si Sofya remarqua la température plutôt glaciale entre les deux danseuses, elle n'en laissa rien paraître. Elle n'était pas forcément au fait de tous les potins, amitiés et inimitiés entre les employés des Folies, surtout ces derniers temps : son attention se portait plutôt sur les Veilleurs, il y avait des espions à débusquer... Elle ne réalisa donc pas que Robin semblait accepter son invitation un peu à contre-cœur, plutôt heureuse d'avoir trouvé une troisième personne pour égayer leur soirée entre filles. Ces derniers temps, la comédienne avait besoin d'être entourée, et il n'y avait pas meilleur endroit que l'Abraxan pour cela.

Après avoir passé le vigile sans difficulté, les trois jeunes femmes se dirigèrent vers le comptoir à l'initiative de Robin. Ainsi elles seraient plus prêt de l'alcool, dans lequel elle avait la terrible volonté de se noyer. Sofya ôta son manteau de fourrure, révélant une petite jupe en cuir et un haut nettement moins décolleté que celui de Joséphine, et se jucha sur le tabouret qui jouxtait celui de Robin. D'un regard expert, elle balaya le bar de l'oeil pour aviser la clientèle et repérer les plus beaux mâles disponibles - puis se réprimanda pour se réflexe inopportun. C'était comme cela qu'on se retrouvait en larmes, sur le pas de la porte d'Isobel... A cette pensée, elle sentit un creux d'angoisse se former dans son estomac et elle plongea le nez dans la carte des boissons pour se forcer à se concentrer sur autre chose.

Sofya esquissa un sourire en entendant la commande de Robin. Excellent choix, d'après la comédienne qui avait dû goûter la quasi totalité des boissons proposées, depuis le temps qu'elle habitait dans la ville. Peut-être que la danseuse était une amatrice de bon Whisky elle aussi. A vrai dire, Sofya avait quasiment tout à découvrir au sujet de Robin.

"Eh bien, on se fait plaisir", la taquina-t-elle avant de glisser au serveur : "Un jus d'abricot. Et pour toi, Joséphine, qu'est-ce que ce sera ?"

Bien décidée à ne pas laisser sa commande non alcoolisée attirer l'attention des deux jeunes femmes, elle se hâta de trouver un sujet de conversation et les lança sur le premier qui lui passa par la tête :

"Alors, comment se passe le travail en ce moment ? Vous avez beaucoup de clients ? J'ai l'impression que les Folies tournent bien ces dernières semaines. Les places pour la pièce partent plutôt vite."

Tel l'Abraxan, les Folies Sorcières trouvaient encore leur public, et nombreux étaient les fidèles du régime, les employés du ministère ou encore les joueurs de Quidditch qui venaient s'y prélasser. Ce n'était sans doute pas étranger à la communication que faisait Mildred autour de son établissement, et aux personnalités que l'on pouvait y croiser. Au final, il restait toujours des gens en Angleterre pour avoir trop de gallions à dépenser autour d'une table de poker, d'une roulette magique ou dans le décolleté d'une jolie danseuse...

Le serveur déposa trois verres sur le comptoir, et elle s'adonna à la dégustation de son jus d'abricot à la paille.




Margarita Levieva, kit par Vingounet
Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 54

Voir le profil de l'utilisateur
Joséphine s'efforça de ne rien laisser paraitre de sa déception alors qu'elle se présentait devant le vigile de la taverne de l'Abraxan en compagnie de Sofya et de Robin. Elle s'était fait une joie de pouvoir passer une soirée avec la belle comédienne, dont elle espérait se faire une véritable amie, et voilà que sa collègue venait s'incruster, elle et ses grandes jambe ! Elle espérait que, comme Robin l'avait annoncé, elle ne leur imposerait pas sa compagnie trop longtemps.  

Joséphine ne détestait pas Robin -elle ne la connaissait même pas assez bien pour cela- mais elle n'était pas particulièrement à l'aise en sa présence. Elle se sentait jugée et avait l'impression que, quoiqu'elle dise ou fasse, sa charmante collègue la trouverait toujours méprisable. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle avait fait ou ne pas fait pour déplaire ainsi à la jeune femme et elle s'en fichait un peu, mais elle ne supportait pas de se sentir ainsi jaugée en permanence.

Elle soupira imperceptiblement mais ne protesta pas quand Robin les entraina d'office vers le bar. Joséphine aurait préféré être confortablement installée autours d'une table plutôt que perchée sur un tabouret bien trop haut pour elle, mais ce n'était pas comme si on lui avait demandé son avis. Elle se jucha tant bien que mal sur un tabouret de bar à côté de Sofya, et se plongea dans la lecture de la carte. La commande de Robin ne la surprit pas, elle se l'était effectivement imaginé comme une amatrice d'alcool fort, mais celle de la comédienne eut le mérite de l'arracher à sa lecture de la carte des vins.

"Un jus d'abricot ? s'étonna-t-elle avec un sourire amusé. On rattrape ses excès de la veille ?"

Il y avait bien d'autres raisons qui pouvaient pousser une jeune femme à commander un jus d'abricot dans un bar -on pouvait même aimer le jus d'abricot, pourquoi pas-  mais les conséquences d'une soirée trop arrosée était celle qui paraissait le plus plausible aux yeux de la danseuse.

"Un verre de Chardonnay pour moi", répondit-elle en se tournant vers le barman qui s'éloigna pour préparer leurs boisson.

Joséphine fut reconnaissante à Sofya de leur proposer rapidement un sujet de conversation -le silence aurait pu rapidement devenir tendu- mais elle aurait préféré qu'elle choisisse autre chose que les Folies. Certes, il s'agissait probablement du seul point commun entre Joséphine et Robin, mais elle n'avait pas vraiment envie de parler du boulot avec cette dernière.

"Plutôt bien ! Le cabaret ne désemplit pas, il y a du monde tous les soirs !" répondit-elle en guettant le barman du coin de l'oeil, espérant qu'il leur apporterait rapidement leurs boissons.

C'était quelque chose dont les danseuses des Folies ne pouvaient pas se plaindre. Il y avait largement assez de clients pour chacune d'entre elles, ce qui ne suffisait pas à empêcher les rivalités.

"Ca c'est parce que tout le monde veut te voir jouer, assura-t-elle avec un sourire quand Sofya expliqua que les places pour sa pièce se vendaient à toute vitesse. La jeune femme était pleine de talent et le fait que sa pièce rencontre un tel succès n'avait rien de surprenant. Tu as déjà des projets pour la suite ?"

Elle préférait de loin discuter de l'évolution de la carrière de comédienne de Sofya que de s'étendre sur le travail et l'ambiance aux Folies. Le serveur revint finalement et déposa leurs trois verres sur le bar. Joséphine s'empara du sien avec soulagement et le leva devant elle.

"A la vôtre mesdemoiselles !" Elle trinquait toujours en français, surtout avec du vin. Question de principe.



Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 102

Voir le profil de l'utilisateur
Un jus d'abricot ? La danseuse arqua un sourcil et jeta un regard en biais à la comédienne. Depuis quand Sofya consommait-elle ce genre de produit ? L'espionne était plutôt une habituée du  Ragnarov . Robin l'avait vu boire de nombreux shots aux Folies en compagnie de son amie qui travaillait au service com' du Ministère et de quelques Veilleurs ( Dimitri et, surtout, Evan pour ne pas le citer). Aussi loin qu'elle se souvenait, Robin n'avait jamais vu Sofya avec autre chose qu'une boisson alcoolisée entre les mains... Cela cachait quelque chose, assurément. La danseuse se redressa imperceptiblement sur son siège pour jeter un coup d'œil furtif au ventre de  sa voisine mais elle releva vivement les yeux sur Joséphine lorsque cette dernière avança  une toute autre théorie: Celle, tout à fait plausible, de la gueule de bois.  Peut-être que les deux jeunes femmes avaient déjà festoyé ensemble hier, ce qui expliquait pourquoi la petite frenchie semblait si bien informée... Robin relégua donc son intuition au placard, un peu mal à l'aise à l'idée d'être de trop ce soir. Sofya et Joséphine se connaissaient visiblement très bien l'une et l'autre !

Comme pour se donner un peu de contenance, le regard de la danseuse balaya une nouvelle fois la clientèle du bar autant pour chercher un pigeon à plumer que pour s'assurer que son Pire Cauchemar n'était pas installé sur l'une des banquettes en cuir du pub. Depuis l'agression, elle restait sur le qui-vive en toutes circonstances même lors de ces moments de détente. C'était plus fort qu'elle, elle avait besoin de vérifier et de revérifier ! Pas de trace de cet immonde cognard, par contre, il y avait, à quelques tables d'elles, un quadra qui ne quittait pas leur petit groupe du regard. Parfait, elle venait de trouver le porte monnaie de la soirée.

Robin lui jeta son regard insistant et énigmatique de croqueuse d'homme qui fit rapidement son petit effet. Du coin de l'œil, elle  le vit se lever de sa place, se diriger vers le comptoir pour s'entretenir avec le barman et échanger quelques billets. De mieux en mieux !

Elle pouvait maintenant se concentrer sur les propos de Sofya qui vantait le taux de remplissage des Folies Sorcières. C'est vrai que le cabaret trouvait son public et qu'ils étaient nombreux et nombreuses à se presser, chaque soir , dans les différentes salles des Folies que ce soit dans la partie spectacle ou dans la zone Casino . Toutefois, Robin ne partageait pas l'enthousiasme de la comédienne. Après l'intrusion qu'avait subi le cabaret et la mort de trois de ses employés, l'endroit était plus que jamais sur la corde raide, selon elle. Sans doute que Sofya s'efforçait de faire bonne figure devant Joséphine qui n'était peut-être pas au courant de toutes les activités de Roy Calder (ni de celles de Sofya d'ailleurs) . Toutefois, elle ne  chercha pas à faire valoir son point de vue et se contenta d'acquiescer mollement aux propos insouciants de la petite frenchie qui semblait vivre dans le monde merveilleux et coloré des bousouflets. Robin lui fut cependant reconnaissante de ne pas s'étendre sur l'ambiance aux Folies et d'enchainer assez habillement sur les projets de Sofya:

"D'ailleurs, c'est vrai ce qu'on dit ? lança-t-elle en s'accoudant sur le comptoir le menton posé dans sa paume, Apparemment Castelli travaillerait sur une nouvelle adaptation et tu serai pressentie pour le rôle titre ? s'enquit-elle en faisant référence au célèbre metteur en scène d'Isadora, J'ai entendu dire que Cardamone s'occuperait des costumes, ajouta-t-elle au moment où le serveur posait son whisky devant elle.

Robin attendit que ces deux collègues aient leurs verres pour trinquer tout en se retenant de lever les yeux au ciel quand Josephine porta un toast en français. Pourquoi se sentait-elle obligée d'en faire des tonnes, même ici. Au moins, elle, elle était discrète pour leurs obtenir une consommation gratuite...N'est-ce pas monsieur le barman ?

Robin leva les yeux vers lui, comme pour l'inviter à parler.

"Vos verres sont offerts par le monsieur, assis là-bas." ajouta-ce dernier en désignant le quadragénaire de nouveau assis à sa table au milieu de la pièce. L'homme esquissa un petit geste de la main pour saluer les trois jeunes femmes.
Robin articula un merci de rigueur avant de faire basculer sa longue chevelure du même côté pour créer un rideau visuel entre elle et le monsieur porte-monnaie. Son verre était payé, elle entendait bien le déguster tranquillement maintenant. Déjà qu'elle devait composer avec la petite frenchie, un seul boulet à la fois, merci bien !


Love as if you had never suffered. Dance as if nobody looked at you
Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
Messages : 226

Voir le profil de l'utilisateur
Sofya ponctua la confirmation de Joséphine d'un hochement de tête. Oui, les Folies trouvaient encore leur public, même si ce n'était pas toujours le mieux famé. Voilà qui la confirmait dans ses choix pour l'avenir. C'était la première fois que Sofya passait autant de temps rattachée à un même endroit, elle qui avait tant la bougeotte auparavant, mais pourquoi s'en priver ? Les Folies lui permettaient de combiner ses deux métiers dans un seul et unique endroit. Il lui fallait bien cela pour réussir à les conjuguer, tant la mafia empiétait de plus en plus sur son temps passé sur les planches. Avec les dernières affaires, Roy ne cessait de solliciter ses espions, et qui aurait pu l'en blâmer ? Pour autant, ce n'était pas forcément un bon calcul pour la comédienne, dont la carrière semblait parallèlement trouver un essor nouveau.

Tout en trinquant avec les deux jeunes femmes, elle esquissa un sourire énigmatique lorsque Robin l'interrogea au sujet de la pièce. Les nouvelles allaient vite, trop vite, même.

Elle s'apprêtait à répondre lorsque le barman leur apprit qu'un homme leur avait offert les verres. Sofya se retourna pour lui lancer une brève œillade de remerciement, sans s'attarder outre mesure. Plutôt mignon, selon elle, mais elle avait envie de tout sauf d'un homme ces derniers temps. Robin non plus ne semblait pas particulièrement intéressée, quant à Joséphine... la comédienne lui glissa un regard discret, curieuse de savoir si elle se montrerait flattée ou intéressée. Bien décidée à ne pas l'encourager - elles étaient là pour une soirée entre filles, après tout ! - elle enchaîna comme si de rien n'était :

"C'est exact, Castelli est en train de travailler sur une nouvelle pièce", affirma-t-elle avec un sourire sibyllin, sans en dévoiler le titre. Ce dernier n'avait pas encore fuité, de cela, elle était certaine : le Crime du Poudlard Express ne laisserait personne indifférent. "Nous avons eu quelques échanges..."

Elle s'interrompit à dessein pour siroter sa boisson, et ménager ainsi son suspens. La relation contrastée qu'elle entretenait avec le metteur en scène d'Isadora n'était un secret pour personne : il n'était pas rare à l'époque de voir Sofya quitter les répétitions dans un tourbillon de colère, laissant Castelli éructant derrière elle et jurant aux grands dieux qu'il ne travaillerait plus jamais avec une diva pareille. Lorsque la pièce avait fini ses représentations, Sofya s'était lancé dans son propre projet, actuellement sur les planches, et s'était promis de ne plus jamais se laisser avoir par Castelli. Mais l'un comme l'autre savaient au fond que ce n'était que partie remise : ils avaient contribué à forger le plus grand succès de l'autre, et étaient ainsi unis par un lien particulier. Aux yeux du publics, ils formaient un duo artistique efficace, bien que dysfonctionnel, et il aurait été dommage de s'arrêter là. Oui, Sofya avait envie d'accepter, mais pouvait-elle trouver la place pour un projet supplémentaire, dans sa vie bien remplie ?

"Mais je réfléchis encore. Le rôle qu'il me propose est génial, je dois bien l'avouer. Et qui ne rêve pas de revêtir une robe de Cardamone... Mais cela dépendra de projets plus... personnels. Honnêtement, j'ai très envie d'accepter, mais j'ai l'impression que tout va trop vite en ce moment, je ne sais plus sur quel pied danser. Affaire à suivre, donc..."

Oui, une impression de vitesse, voilà qui correspondait bien à la sensation de vertige qu'elle éprouvait régulièrement depuis quelques semaines. Tout s'était enchaîné, sa rupture avec Nasreen, la découverte de l'espion de Leopold, l'attaque de Robin, l'annonce de sa grossesse, les discussions avec Castelli. Tout bougeait de toutes parts, la mafia, la scène et sa vie personnelle, sans qu'elle ne sache plus où se trouvait son centre de gravité. La gloire sur scène, enfin, semblait la trouver, après toutes ces années de labeur et de sacrifice. Il était venu le moment de récolter les fruits de son travail et pourtant, maintenant que c'était à portée de main, était-ce vraiment ce qu'elle désirait le plus ardemment ? Ne sentait-elle pas, tout au fond de son être, la mafia qui l'attirait, insidieusement, mais puissamment ? Comment ne pas répondre à cet appel ?

Toutes à ses pensées, et peu désireuse de s'attarder sur son propre cas, elle finit par s'enquérir sans grande conviction :

"Et vous, de nouveaux projets en vue ?"



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 54

Voir le profil de l'utilisateur
Joséphine observa avec un froncement de sourcils le long échange de regard entre Robin et le serveur qui venait de leur apporter leurs boissons, et qui finit par ouvrir la bouche pour leur annoncer que leurs consommations étaient offertes par un quelconque "monsieur" assis plus loin. La danseuse retint un soupir, reconnaissant bien là l'oeuvre de sa collègue. Evidement elle n'avait pas pu attendre plus de trois minutes avant de se faire remarquer !

Joséphine n'avait pas le moindre scrupule à plumer les riches pigeons pour payer ses sorties -elle n'avait même pas assez d'argent sur elle pour régler son Chardonnay- mais elle préférait attendre d'avoir bien entamé son verre avant de se trouver un généreux donateur, ce qui lui évitait d'être importunée toute la soirée par des hommes qui semblaient penser qu'il suffisait de lui payer un verre de vin blanc pour s'attirer ses faveurs. Robin n'avait visiblement pas les mêmes méthodes, soit. La rouquine ne se retourna même pas pour jeter un regard à leur généreux pigeon, assis dans son dos, et sirota silencieusement son verre en écoutant la réponse pleine de mystère de Sofya sur la prochaine pièce de Castelli.

La belle actrice semblait visiblement hésiter à saisir cette nouvelle opportunité, pour des raisons qui échappaient complètement à Joséphine. L'argument des costumes faits par Cardamone aurait suffi à lui faire accepter n'importe quel rôle !

"La pièce serait pour quand ? interrogea-t-elle quand Sofya leur confia que tout allait un peu trop vite pour elle. Connaissant Castelli il va surement mettre encore des mois à la perfectionner, non ? Cela te laisse un peu de temps pour réfléchir," conseilla-t-elle avec un sourire encourageant.

La danseuse enviait un peu la carrière de Sofya, qui avait la chance de pouvoir briller sur les planches, admirée de tous, sans avoir à partager la scène avec une douzaine d'autres filles qui priaient pour qu'elle fasse la moindre erreur. Cela devait être agréable, d'être la vedette, de pouvoir charmer son public sans avoir à ôter tous ses vêtements. C'était une vie qui lui aurait plu, actrice, songeait-elle en sirotant son verre. Elle n'avait malheureusement aucun talent particulier pour le théâtre et était bien trop vieille pour débuter une quelconque carrière artistique.

C'était terrible, de songer que son avenir professionnel était déjà joué alors qu'elle avait à peine plus de trente ans, mais c'était la réalité du milieu. Peu de danseuse aux Folies continuaient de travailler passés quarante ans. Leur métier n'était peut-être pas le plus valorisant mais c'était toujours mieux que ce qui les attendait après. Que pouvait bien faire une ancienne danseuse de cabaret dont on ne voulait plus ? Que devenait les prostituées pour lesquelles plus aucun homme n'était prêt à dépenser quelques galions ?

Joséphine chassa ces pensées dans un recoin de son esprit. Elle n'aimait pas penser à ça. De manière générale, elle s'interdisait de réfléchir à sa vie, à sa situation, à ce qu'elle était devenue. Elle se disait danseuse alors qu'elle offrait un peu plus qu'un spectacle burlesque aux clients des Folies, elle refusait de voir le climat de danger qui enveloppait le cabaret ces derniers temps, elle ne pensait pas à l'avenir. Elle était consciente de se mettre des oeillères mais c'était le seul moyen qu'elle avait trouver pour continuer à avancer, toujours souriante, toujours enthousiaste.

La jolie rousse avait retrouvé son large sourire et son humeur légère quand Sofya les interrogea, elle et Robin, sur leurs éventuels projets.

"Rien d'aussi excitant que des costumes de Cardamone, répondit-elle avec un sourire. Pour le peu de tissus que nécessitaient leurs costumes de scène cela aurait été du gâchis de solliciter le grand créateur, de toute façon. Olga prépare quelques nouveaux tableaux qui ont l'air prometteurs, dont un numéro de Tango avec un sacré potentiel !"

Elle espérait que l'exigeante chorégraphe des Folies ferait appel à elle pour ce tableau mais craignait qu'elle ne préfère les longues jambes de filles du style de Robin, bien plus appropriées pour un tango. Avec ses jolies courbes et ses grands yeux de biche on avait plutôt tendance à donner à Joséphine le rôle de la pin-up espiègle, et à lui confier les tableaux burlesques plein d'oeillades mutines et de sourire faussement candide.

La danseuse allait poursuivre sur le succès des derniers spectacles de Broom Dance quand un quadragénaire -probablement leur pigeon- s'approcha de leur table.

"Mesdemoiselles, je n'ai pas pu résister à l'envie de venir vous saluer..."commença-t-il avec un sourire charmeur.

Dans d'autres circonstances Joséphine aurait essayé de s'en faire un client, puisqu'il semblait avoir des gallions plein les poches, mais il était si rare qu'elle sorte entre filles qu'elle tenait à profiter de sa soirée. Mais c'était sans compter sans la petite manoeuvre de Robin, qui leur avait choisi un pigeon un peu trop entreprenant.



Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 102

Voir le profil de l'utilisateur
Des projets plus … personnels ? L’hésitation de Sofya fit tiquer Robin qui arqua légèrement un sourcil. Ce qui était intéressant, la plupart du temps, c’était ce que les gens ne disaient pas : Tout ce qui se cachait dans ces trois petits points de suspension. Leurs hésitations, leurs peurs, leurs véritables projets futurs… Sur l’oreiller, Robin était passée maitresse dans l’art de découvrir ce que camouflaient généralement  ces micros-secondes de silence mais elle ne pouvait pas jouer les mêmes cartes ici, lors d’une soirée entre filles.
Abandonnant toute tentative de subtilité, elle s’accouda d’un geste lent et gracieux sur le comptoir et demanda :

« Et on peut savoir en quoi consiste ces projets plus personnels ? »

Non pas que cela l’intéressait énormément mais les soirées filles étaient faites pour ça, non ? Se raconter quelques confidences en sirotant un cocktail, du bon vin, ou dans son cas, un excellent whisky. A vrai dire, Robin n’était pas vraiment une adepte de ce type de sortie. Elle avait peu d’amies filles, ce depuis toute petite, et les  rares fois où elle s’était pliée à cet exercice elle avait trouvé cela particulièrement ennuyeux. Une soirée sans hommes ? Mais quelle idée ?
Pourtant, ce soir, elle devait avouer qu’elle n’aspirait à rien d’autre qu’ un peu de tranquillité. Depuis son agression, elle ne ramenait plus de sorciers chez elle et elle préférait sortir draguer quelques moldus innocents plutôt que de prendre le risque de croiser ses agresseurs sous ploynectar. Les moldus, au moins, ne tentaient pas de lui entailler le visage avec leur baguette magique !

Robin caressa doucement sa joue et suivit de la pointe de ses doigts la longue entaille laissée par le sortilège de découpe. Même si le médicomage des Folies avait fait de l’excellent travail, la cicatrice était toujours visible pour peu que son visage soit éclairé d’une certaine manière. La jeune femme retint un soupir avant de boire une gorgée de GlennFinnann. Peut-être que ce soir Evan serait en mesure de lui dire où se cachait son Pire Cauchemar ? Elle aimerait tellement être celle qui aurait une longueur d’avance cette fois : Le cueillir au pied du lit, avec sa femme et ses gosses, et lui faire comprendre qu’il s’était attaqué à la mauvaise personne…

Toute à ses pensées vengeresses, Robin mit un temps à comprendre que c’était à elle de prendre la parole. Les soirées filles étaient régit par certaines lois tacites où chaque participante ce devait d’intervenir à tour de rôle.
La danseuse se redressa légèrement et tenta de refaire le fil de l’échange qu’elle avait distraitement écouté. Repenser à ce qui lui était arrivée en novembre lui coutait de nombreuses absences et il n’était pas rare qu’elle soit obligée de faire répéter ses interlocuteurs pour reprendre la conversation. Elle avait bien conscience que ce n’était pas très poli d’être si peu attentive mais c’était plus fort qu’elle : Son esprit vagabondait sans cesse vers cette foutue agression. « Laisse le temps faire son œuvre », lui assurait le médicomage des Folies mais Robin savait qu’elle ne serait parfaitement tranquille que lorsqu’elle aurait rendu la pareille à ce cognard qui l’avait défiguré.

« Oui… Olga prépare de nouveaux tableaux, répéta-t-elle, du tango. Ça Joséphine venait de le dire, mais personnellement je préfèrerai proposer un nouveau show de Broom Dance. Le spectacle a plutôt bien marché pendant les vacances de Noël –même si elle avait dû annuler les premières représentations de décembre suite à l’agression, le broom-dance avait su trouver son public, Il faut que je vois avec Olga, dit-elle en haussant vaguement les épaules, sinon je me rabattrai sur le tango, ajouta-t-elle en tendant ses longues jambes derrière les tabourets de ces deux voisines.

Sur ce point, Robin était mieux lotie que Josephine. Faire sensiblement la même taille que son partenaire était un plus, surtout pour le tango argentin qui nécessitait un contact au niveau de la poitrine et une imbrication subtile des jambes. Même si les grands danseurs étaient parfois difficiles à trouver, Robin savait pertinemment qu’elle répondait mieux aux critères physiques que la petite frenchie, pourtant, elle ne comptait pas se battre pour obtenir une place dans ce tableau. Non, le broom dance restait sa priorité tant elle préférait ne pas avoir à partager le succès de ses représentations avec son partenaire masculin ou avec d’autres filles…

Elle s’apprêtait à poursuivre la conversation lorsque le quadragénaire qui leur avait offert un verre se sentit pousser des ailes. En effet, il les accosta et affirma qu’il  n’avait pas pu résister à l’envie de venir  saluer ces demoiselles.  Robin avait pourtant l’impression d’avoir été on ne peut plus clair (et elle ne parlait même pas de Joséphine qui ne s’était pas retournée pour le remercier) mais visiblement monsieur ne savait pas interpréter les signaux.

« Mesdames, corrigea-t-elle bien qu’elles soient toutes célibataires –du moins aux dernières nouvelles, Vous nous avez salué, c’est chose faite, assura-t-elle avec un sourire qui ne parvint pas à réchauffer son regard froid et distant, maintenant si vous voulez bien nous laisser… » Puis sans plus de cérémonie, elle reporta son attention sur Sofya et ajouta pleine de mauvaise foi : « Il n'y a plus moyen d’être tranquille de nos jours… »


Sous entendu : Dégage ! Fous nous la paix ! Laisse nous vivre ! Du vent ! De l’air !


Si cet homme avait été trop bête pour penser pouvoir une seconde intéresser réellement des filles comme elles, Robin ne pouvait rien pour lui. Il se fichait sa baguette dans l’œil ! Elle avait obtenu ce qu’elle voulait –son whisky gratuit- mais elle ne se sentait absolument pas redevable pour un sou. Honnêtement, il avait été stupide de penser qu’il pouvait acheter leur compagnie, songea-t-elle en regardant tour à tour ses deux camarades de soirée.

« On est bien d’accord ? dit-elle alors en se penchant légèrement vers les deux jeunes femmes pour n’être entendu que d’elles, Aucune de vous ne voulait se le faire ? » demanda-t-elle tout naturellement.


Love as if you had never suffered. Dance as if nobody looked at you
Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
Messages : 226

Voir le profil de l'utilisateur
"Rien de très intéressant", répliqua Sofya d'un ton évasif, quand Joséphine l'interrogea au sujet de ses futurs projets personnels. Elle ne tenait pas à parler de la pièce qu'elle écrivait tant que cette dernière ne serait pas suffisamment sur les rails. A vrai dire, elle ne tenait pas à parler d'elle-même, du tout, pas avec cette chose qui grandissait dans son ventre et occupait la plupart de ses pensées. Tout son avenir lui semblait teinté, sa vie était comme suspendue à un fil, tant qu'elle n'avait pas pris cette décision et surtout, ne l'avait pas menée à son terme...

Heureusement, ses deux interlocutrices ne remarquèrent pas son trouble. Joséphine était aussi bavarde que Robin était renfermée, mais Sofya ne lui en tenait pas rigueur - il suffisait de voir la cicatrice sur son visage pour comprendre qu'elle se perde dans ses pensées. Accoudée au comptoir, Sofya laissa Joséphine porter la conversation, évoquant les futurs numéros de danse qu'Olga envisageait de mettre en place. Parfois, elle enviait la vie des danseuses, elle qui aimait tant la scène et les paillettes, mais elle se souvenait ensuite de la partie la plus privée de leurs activités et préférait mille fois trouver ses ressources complémentaires dans l'espionnage... Elle aussi, pourtant, aurait pu être une de ces filles, si la vie avait tourné autrement.

"Le Broom danse, c'est une idée brillante ! Il y a du potentiel.", dit-elle avec intérêt, à l'attention de Joséphine. Plusieurs sports à base de fitness et de balai magique se développaient sous l'influence du nouveau centre sportif K&K, et elle était persuadée qu'il y avait plein de choses artistiques à faire avec un balai. C'était même un sport qu'elle serait intéressée à pratiquer, même s'il lui faudrait certainement travailler ses abdominaux...

Elle s'apprêtait à interroger d'avantage la jeune femme au sujet de son projet, lorsque l'imbécile heureux qui leur avait offert un verre vint s'adresser à elles. Levant les yeux au ciel, agacée par l'interruption, elle laissa ses deux camarades l'envoyer balader dans les règles de l'art, avant de laisser échapper un éclat de rire à la question de Robin.

"Alors là, certainement pas", répliqua-t-elle à mi-voix, dans le cercle constitué par leurs trois têtes. "Vous savez, en ce moment, j'ai envie de tout sauf d'un homme..."

Glissant un regard appuyé sur Joséphine, elle l'observa brièvement avec un sourire appréciateur, avant de se rappeler de la présence d'une troisième personne. Sofya revint alors à leur discussion antérieure :

"Je ne sais pas danser le tango, figurez-vous... Vous ne me feriez pas une démonstration, les filles ?", s'enquit-elle en les défiant d'un regard rieur. Voilà qui ferait le spectacle... et qui réchaufferait l'ambiance entre Robin et Joséphine. S'accoudant au comptoir, elle sirota tranquillement son verre en attendant la réponse des deux collègues.
Spoiler:
 



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 54

Voir le profil de l'utilisateur
Joséphine observa Robin congédier sèchement le pigeon qui avait payé leurs consommations en se retenant de lever les yeux au ciel. Que croyait-il donc, qu'il suffisait de leur offrir un verre de vin blanc pour se payer le plaisir de leur compagnie ? Il n'avait clairement aucune idée de ce qu'il fallait réellement débourser pour profiter de leurs faveurs… La jolie rousse joignit son rire à celui de Sofya en réponse à la question de sa collègue.

"Absolument pas !" assura-t-elle avant d'attraper son verre pour siroter une gorgée de Chardonnay.

La danseuse leva un sourcil, intriguée, et répondit au regard insistant de Sofya par une œillade enjôleuse alors que la comédienne affirmait ne pas avoir envie d'un homme en ce moment.

"Heureusement qu'il n'y a pas que les hommes dans la vie alors..." lança-t-elle innocemment en laissant glisser son regard sur le corps de la jeune femme.

Elle se permit un clin d'œil mutin avant que Sofya ne mette fin à leur échange de regards pour reporter son attention sur Robin. Joséphine n'avait jamais eu d'histoire avec une femme, mais elle savait de source sûre que la dernière relation de la comédienne était une jolie brune, et cette information ne la laissait pas indifférente. Elle avait un peu d'expérience avec les femmes, grâce à des nuits débridées dans les cabarets de Berlin où les danseuses et leurs clients se mélangeaient un peu trop. Les plaisirs charnels n'avaient plus beaucoup de secrets pour elle, mais elle n'avait jamais été avec une femme dans un contexte autre que celui-ci, sans le regard avide d'un homme pour observer leurs ébats et les priver de toute intimité.

Joséphine fut tirée de ses pensées et forcée de s'arracher à sa contemplation des lèvres charnues de la belle actrice quand cette dernière demanda une démonstration de tango. Bah voyons ! Joséphine ne brûlait pas d'envie de partager une danse avec Robin, et elle était certaine que ce sentiment était partagé, mais elle s'efforça de trouver une meilleure excuse pour refuser la demande de la comédienne.

"C'est un spectacle qui se paye très cher ça... répondit-elle avec un sourire amusé, tout en sachant que cet argument ne suffirait pas à faire renoncer Sofya. Plus honnêtement, il faut deux partenaires de la même talle pour danser un tango. Et même perchée sur ses bottines à talons, il lui manquait encore une bonne douzaine de centimètres pour atteindre la taille de Robin. Et puis il n'y a pas de musique..."

Le barman, qui n'avait apparemment pas perdu une miette de leur échange, passa à leur hauteur avec un sourire mystérieux.

"Il suffisait de demander..."

Il les dépassa et s'approcha d'un vieux sonagraphe, posé dans un coin de la pièce, qu'il tapota avec l'extrémité de sa baguette. L'appareil se mit alors à diffuser un air de tango et le barman reporta son attention sur les trois jeunes femmes, visiblement très fier de lui. A court d'arguments, Joséphine jeta un regard à sa collègue, espérant qu'elle trouverait une élégante pirouette pour le tirer de là !



Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

La Taverne de l'Abraxan Bourré [Joséphine, Robin]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Joséphine R. Sedgwick (Gryffondor)
» Joséphine Lacroix [terminé]
» La taverne de l'ours bourré.
» joséphine ▬ « La solitude effraie une âme de vingt ans »
» 1, 2, 3 ... jouez avec moi [Joséphine]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Bristol, :: La Promenade des Marins,-