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 Bang the Bank [Dave]

Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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2 mars 2010

Au cours de sa vie professionnelle, Joséphine avait reçu des tas de demandes étranges. Des requêtes originales, des envies peu orthodoxes, des pratiques à la limite de la légalité, elle avait dû composer avec beaucoup de choses, vraiment. Mais jamais on ne lui avait demandé de faire ça ! Jamais. C'était contraire à tous ses principes. Elle voulait bien mentir, elle voulait bien se déguiser, elle voulait bien beaucoup de choses, mais pas ça. Un rendez-vous avec un banquier. Pour parler de l'état de ses finances. Hors de questions. Si elle avait accepté, c'était bien parce que le salaire qui accompagnait cette requête particulière devrait résoudre une petite partie desdits problèmes financiers. Elle devait bien admettre que la rémunération généreuse n'était pas la seule raison qui l'avait convaincu d'accepter cette demande de prestation un peu particulière. Le fait que la requête vienne de Léopold Marchebank lui-même avait grandement aidé sa décision

Joséphine s'était donc levée avant onze heures malgré une nuit courte -ce qui lui arrivait rarement- et s'activait à faire le ménage de son appartement - ce qui lui arrivait tout aussi rarement. La March Bank était encore en travaux, elle avait donc rendez-vous ici-même avec Dave Marchebank, dans l’après-midi. Officiellement pour discuter de sa situation bancaire à elle, officieusement pour évaluer sa situation physique à lui.

Après quelques sortilèges ménagers et quelques kilos de vêtements difficilement tassés dans son placard, son petit appartement était tout à fait présentable. La danseuse se dirigea vers la salle de bain et passa de longues minutes sous une douche brûlante. En sortant elle enfila la robe noire la plus sérieuse de sa garde-robe. Elle avait reçu des instructions assez claires et elle ne devait surtout pas trahir la vraie raison de leur entrevue, ni sa véritable profession. Pour aujourd'hui elle était serveuse dans un bar de Bristol -la taverne de l'Abraxan ferait l'affaire.

Joséphine avait l'habitude de faire ça. C'était bon pour l'estime des hommes, de penser qu'ils avaient réussi à séduire une jolie fille de par leur seul charme, alors que celle-ci était en réalité grassement payée par un pote sympa. Il était néanmoins plus rare que ce soit un père qui offre ce genre d'expérience à son fils, mais il fallait dire que la situation était particulière. Il ne s'agissait pas seulement de réparer un ego fragilisé, les dégâts étaient bien plus importants. Son client du jour avait perdu l’usage de ses membres inférieurs suite à l’attentat de Léopoldgrad. La question –à laquelle elle était censée répondre– était de savoir si tous ses membres inférieurs étaient concernés.

Elle avait connu des filles, en Allemagne, qui faisaient ça à côté du boulot. Elles étaient bénévoles à l'hôpital et offraient des séances de rééducation un peu particulières aux patients qui en avaient besoin. Elles avaient droit en échange à des tests de dépistage gratuits et à une bonne conscience, ce que Joséphine n'avait jamais jugé comme une rémunération suffisante. Peut-être aurait-elle du essayer elle aussi, cela lui aurait permis d’être plus à l’aise aujourd’hui.

En effet, la perspective de devoir affronter ses dettes n’était pas la seule chose qui la rendait nerveuse. Elle avait peur de ne pas savoir s’y prendre. Cela faisait des années qu’elle n’était plus intimidée par les clients, quels qu’ils soient. Elle se souvenait de ses débuts, où chaque rendez-vous la plongeait dans un tel état de stress qu’elle préférait s’assommer à la mona lisa avant. Aujourd’hui elle ne se laissait plus impressionner, les tordus, les violents, ils ne lui faisaient pas peur. Mais être confrontée à la maladie et à la faiblesse l’effrayait. Elle ne savait pas gérer ces choses-là.

Joséphine sursauta en entendant frapper à sa porte. Elle lissa mécaniquement le devant de sa robe, balaya une dernière fois son appartement des yeux et accrocha un sourire tranquille à ses lèvres avant d’ouvrir la porte.

« Bonjour Monsieur Marchebank, le salua-t-elle poliment avant de s’effacer pour le laisser entrer. Je ne vous fais pas visiter, vous avez déjà fait le tour ! » plaisanta-t-elle en faisant référence à la superficie ridicule de son appartement.

Ils se trouvaient déjà dans le coin cuisine, où une table couverte de papiers et factures plus ou moins trafiqués les attendait. L’espace chambre se trouvait au fond de la pièce, à peine dissimulé derrière un paravent coloré, et une porte peinte en rose donnait sur une minuscule salle de bain.

« Je vous sers quelque chose, du thé, un café ? » proposa-t-elle avec un sourire avenant.

Elle aurait plutôt opté pour un verre de vin blanc mais quelque chose lui disait que ce n’était pas approprié pour un rendez-vous avec son banquier. Cela l'était beaucoup plus si l'on considérait que c'était lui qui était réellement son client et non l'inverse, mais il n'était pas censé le savoir. Ils devraient donc se contenter de café !



Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Dave avait du batailler auprès de son patron pour qu’on accepte de lui confier de nouvelles tâches, celles qui lui demandaient de sortir de son bureau au manoir. Il avait repris son travail au cours de mois de février, après les trois mois d’arrêt accordés -et même imposés- par le docteur Winston. La banque n’était pas encore rouverte au public, donc, on avait demandé aux employés de travailler depuis chez eux. Mais on s’était montré très précautionneux avec lui, ce qui avait très vite agacé Dave. Cela lui faisait du bien de reprendre son travail, il pouvait enfin s’occuper l’esprit avec quelque chose de vraiment prenant et cesser de passer son temps à se rappeler qu’il était en fauteuil roulant. Qu’on lui fasse bénéficier d’une sorte de traitement de faveur l’agaçait donc. Il pouvait se déplacer comme les autres, il pouvait aller à la rencontre de leurs clients et de leurs associés pour défendre leurs contrats. C’était un travail qu’il aimait beaucoup faire, mais ses responsables avaient émis des réserves. On lui avait accolé un nouveau binôme, un certain Gareth Beltram -Octave était décédé dans l’attentat- qui était sensé prendre en charge ses rendez-vous à lui. Dave n’aimait pas cet arrangement, il n’aimait pas confier ses tâches à quelqu’un d’autre. Et surtout, il n’aimait pas qu’on le considère moins capable, à cause de son accident.

Alors il avait prié le docteur Winston de lui écrire un avis favorable à la reprise de ses rendez-vous clients, arguant qu’il était habitué à se déplacer en fauteuil maintenant et qu’il pouvait bénéficier d’un chauffeur privé. La direction avait fini par accepter de le laisser reprendre. Joséphine Chevalier était la première cliente qu’il rencontrait, depuis l’accident. Dave s’était donc bien préparé, en revêtant une tenue sorcière élégante, qui lui donnerait un peu de prestance pour remplacer celle qu’il avait perdue. Il voulait être pris au sérieux, comme avant. Il avait bien planché sur le dossier -plutôt catastrophique- de cette jeune femme pour bien préparer leur rendez-vous. Le chauffeur privé de leur famille l’avait attendu, au pied du manoir, avec le véhicule que son père avait récemment acheté pour lui : une voiture adaptée au déplacement des personnes en fauteuil roulant. Elle disposait d’une rampe d’accès dépliable et de sièges arrières amovibles, pour qu’il puisse s’y installer facilement. La partie qui comportait ses sièges arrières était magiquement agrandie pour son confort, si bien qu’il avait l’impression de pénétrer dans un petit salon cosy, alors que la taille de la voiture semblait tout à fait standard depuis l’extérieur.

Le voyage se déroula donc sans encombre, tandis que Dave regardait le paysage défiler sous ses yeux avec une certaine satisfaction. Il avait l’impression de reprendre un peu sa vie en main. Il allait cartonner à son rendez-vous et prouver qu’il était le même banquier compétent qu’auparavant. Le dossier en main, il sortit du véhicule avec l’aide d’Ernest, leur chauffeur. Il était prévu qu’il l’attende au pied de l’immeuble. Normalement le rendez-vous ne devait pas durer plus d’une trentaine de minutes.

Comme il s’agissait d’un immeuble tout neuf de Leopoldgrad, il respectait les normes handicapées sorcières, ce qui permit à Dave d’accéder à l’appartement de sa cliente sans difficulté, via l’ascenseur et traverser sa porte d’entrée, suffisamment large pour son passage.

« Bonjour mademoiselle Chevalier » répondit t-il, en ajoutant même un compliment après sa plaisanterie. « Votre appartement est charmant. »

Son véritable avis était que c’était un appartement très… fille, mais autant qu’ils soient à l’aise tous les deux. Dave était malgré tout un peu nerveux, mais il se ressaisit. Le cas de Joséphine n’avait rien de très compliqué ou d’insurmontable, elle était simplement un peu trop dépensière. Elle n’avait ni patrimoine ni entreprise qui compliquait la lecture de ses comptes. Dave faillit répondre « café » à sa proposition, par automatisme, mais il changea d’avis :

« Du thé, s’il vous plaît. »

Cela le détendrait davantage. Il la laissa s’affairer, pendant qu’il roulait vers la table de la cuisine, où il déposa ses pochettes. C’était leur première rencontre, car n’était pas lui, mais un certain Rice, qui s’occupait de Joséphine à l’origine, mais avec la réorganisation de la banque, plusieurs dossiers avaient été redistribués. Il avisa une seconde la silhouette de sa cliente qui lui tournait le dos pendant la préparation du thé. Dave savait qu’elle avait trente-deux ans grâce aux informations sur son identité dont il disposait, mais clairement, elle ne faisait pas son âge. Elle avait des airs de vingtenaire, avec son visage arrondi et son maquillage coquet. Dave avait des papiers qui le renseignait exactement sur chacune de ses dépenses, mais il aurait deviné tout seul où allait son argent : elle avait l’air d’aimer prendre soin d’elle.

« Bien, je ne sais pas si vous avez reçu des explications, mais la banque fait quelques remaniements de dossier, avec sa refonte, annonça t-il, en ouvrant sa pochette. C’est donc moi qui m’occuperai de vous, à partir de maintenant. A quand remonte votre dernier rendez-vous avec monsieur Rice ? » demanda t-il poliment.

Il disposait de cette information-là dans son dossier aussi, mais il voulait vérifier que les informations concordaient et qu’il n’y avait pas eu de pertes, avec l’explosion de la Marche Bank. Les archivistes avaient passé tout le mois de novembre à reconstituer les dossiers pour préparer le relancement, mais il était fort possible que certains papiers se soient perdus.
Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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"Merci beaucoup", répondit-elle avec un sourire chaleureux quand le jeune homme complimenta son intérieur.

Elle ne doutait pas qu'il disait cela uniquement pour être poli. Il était le fils du Ministre, sa salle de bain devait être plus grande que cet appartement, ce qui tombait bien si l'on songeait au fait qu'il devait désormais y circuler en fauteuil. Mais elle appréciait l'effort. Elle se demandait à quoi aurait ressemblé son appartement si son père n'avait pas perdu toute sa fortune. Cela n'aurait surement pas été un appartement d'ailleurs. Plutôt une villa dans le sud de la France, et un hôtel particulier parisien pour ses virées shopping dans la capitale. Elle soupira à cette idée et s'affaira à préparer deux tasses de thé.

Elle jeta un regard plein de regrets à la bouteille de vin rouge sagement posée sur le comptoir de la cuisine. Un bon verre de bordeaux lui aurait grandement faciliter la tâche, mais il serait certainement suspect d'en proposer à son invité maintenant. Elle espérait néanmoins réussir à convaincre Mr. Marchebank de rester boire un verre en sa compagnie à l'issue de leur rendez-vous. C'était sa meilleure chance de réussir à faire tomber les barrières entre eux. Elle avait beau être assez sûre de ses atouts -mis en valeur par le décolleté de sa robe- elle n'espérait pas parvenir à séduire son interlocuteur en discutant de ses finances désastreuses. On avait fait plus sexy comme sujet de conversation ! Mais si elle réussissait à se montrer suffisamment agréable, peut-être accepterait-il de s'attarder un peu. Elle avait demandé un rendez-vous en fin d'après-midi et avait été assurée qu'elle était sa seule cliente de la journée. Et il était également son seul client de la journée, elle ne travaillait pas ce soir.

Elle s'approcha de la table et y déposa un petit plateau coloré sur lequel trônait une théière en verre et deux jolies tasses assorties. Elle s'appliqua à verser le thé fumant dans un silence un peu tendu et regretta de ne pas avoir mis de musique. Un peu de jazz en fond sonore aurait détendu l'atmosphère, mais ce serait certainement bizarre de lancer un disque maintenant. Tant pis, ils feraient avec les silence gênants !

Elle n'était jamais si mal à l'aise en présence d'un homme, surtout d'un client. Elle n'avait généralement pas besoin de beaucoup d'efforts pour les séduire -la plupart avaient payé pour ça- mais la situation d'aujourd'hui était complètement nouvelle pour elle. C'était délicat et cela lui demandait davantage de finesse et d'empathie. Elle ne pouvait pas se contenter de deux ou trois remarques enjôleuses, et elle ne pouvait pas traiter Dave comme ses autres clients, avec qui tout n'était jamais que physique. Si elle voulait arriver à ses fins elle devait au moins se rapprocher un peu de lui, et cela l'effrayait un peu.

Joséphine remit ses préoccupations à plus tard et se concentra sur le jeune homme, qui lui expliquait qu'il se retrouvait en charge de son dossier suite aux "remaniements" dûs à la refonte de la banque. C'était donc l'excuse qu'on lui avait donnée ? Très bien, au moins elle avait un peu de contexte désormais. Elle hocha la tête avec un sourire quand il affirma qu'il était désormais en charge de son dossier, et grimaça quand il lui demanda à quand remontait son dernier rendez-vous avec son ancien conseiller.

"Un peu plus de six mois je crois... avoua-t-elle. Presque un an pour être exacte, cela remontait à peu de temps après son arrivée en Angleterre. C'était presque pareil ! C'est beaucoup je sais...soupira-t-elle. Pour ma défense il n'était pas aussi charmant que vous, ajouta-t-elle avec un sourire. Mais n'allez surtout pas lui répéter !" se corrigea-t-elle aussitôt comme si elle venait de réaliser qu'elle avait dit une bêtise.

Elle baissa les yeux sur la pochette que le jeune homme tenait entre ses mains et se demanda quelle part de sa vie il pouvait deviner grâce aux informations qui s'y trouvaient. On lui avait assuré qu'une partie de ses dépenses et de ses revenus -tout ce qui était lié aux Folies- en avait été effacé, mais il devait malgré tout avoir beaucoup d'indices sur sa vie quotidienne. C'était assez désagréable de se trouver face à quelqu'un qui avait tant d'informations sur elle alors qu'elle ignorait beaucoup de choses sur lui.

Quoique, en y repensant, elle n'était pas certaine d'être celle qui soit le plus maintenue dans l'ignorance. Après tout, il était persuadé qu'il s'agissait réellement d'un rendez-vous pour parler de ses comptes, et non pas d'une entrevue avec une prostituée payée par son père. Disons qu'ils étaient ex-aequo. Elle se remit d'ailleurs dans son rôle et se força à parler de sa situation financière -chose qu'elle avait en horreur.

"Il y a beaucoup de prélèvements magiques automatiques sur mon compte, soupira-t-elle, les yeux toujours rivés sur la pochette. Je ne sais même plus à quoi certains correspondent, avoua-t-elle avec un grimace. Je n'y comprends rien..."



Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Joséphine revint vers lui avec le thé qu’elle versa lentement dans leurs deux tasses. Dave eut l’impression de sentir une espèce de tension dans l’air, mais c’était peut-être simplement sa propre anxiété qui transparaissait. Il voulait bien faire, pour ce premier rendez vous client. Joséphine n’avait aucune raison de stresser elle, à part si la découverte de ses comptes bancaires était de nature à l’angoisser… C’était peut-être le cas, elle n’avait pas l’air de faire beaucoup attention à ses dépenses. Elle eut du mal à se souvenir de son dernier rendez-vous avec son précédent conseiller et Dave répondit à sa place :

« Huit mois selon le dossier. »

Il allait considérer que cela correspondait avec les informations que lui donnait Joséphine, puisqu’elle n’avait pas l’air de pouvoir bien préciser ses souvenirs, et que les archivistes n’avaient pas égaré de pièce dans son dossier. Sa main en chemin vers la tasse de thé que lui avait versé sa cliente s’arrêta momentanément, déstabilisée par le commentaire suivant que fit Joséphine. On avait qualifié Dave de beaucoup de choses dans sa vie, parfois des quolibets pas très gentils même, mais jamais on ne lui avait dit qu’il était… « charmant ». Si on cherchait à lui faire des compliment, c’était plutôt pour vanter son intelligence, son esprit, sa persévérance, sa loyauté, ce genre de choses. Même son unique ex-petite amie, Emma, ne lui avait jamais dit qu’il était « charmant », même s’il ne doutait pas qu’il était à son goût. Alors qu’une inconnue, une belle inconnue qui plus est, le genre de femme qu’on voyait bien au bras de sportifs arrogants ou entrepreneurs charismatiques, lui fasse une telle remarque lui apparut comme une espèce d’étrange flatterie qui n’avait pas lieu d’être. Ce n’était pas comme si elle avait quelque chose à soutirer de lui, il n’était rien d’autre que son banquier venu faire état de ses comptes…

Gêné et pris au dépourvu, Dave fit donc le choix stratégique de botter en touche et ignorer ce compliment pour le bien de leur conversation professionnelle :

« Oh vous savez, on a des clients qui viennent nous voir tous les deux ans à peine, vous n’êtes pas la moins assidue… »

Qu’il évite le terrain des plaisanteries un peu enjôleuses ne signifiait pas qu’il ne pouvait pas mettre un peu de plaisanteries tout court dans cette discussion, histoire qu’elle reste agréable et les mette à l’aise tous les deux, puisqu’ils semblaient tendus. Dave prit une gorgée de son thé pour retrouver contenance puis garda les yeux rivés sur le dossier tandis que Joséphine lui donnait quelques informations. Elle avoua qu’elle avait du mal à comprendre tous les mouvements de son compte qu’elle avait fait le choix d’automatiser avec son prédécesseur. Dave y vit un point de départ pour démarrer leur entretien, qu’il saisit avec un sourire professionnel :

« Eh bien, on peut commencer par reprendre ces prélèvements un par un si vous voulez, et voir si vous voulez tous les conserver. »

C’était plutôt un bon angle d’attaque, car il fallait l’avouer, Joséphine Chevalier disposait d’un nombre de prélèvements automatiques assez conséquents. Le travail de Dave n’était pas de juger où allait son argent, évidemment, alors il ne dit rien du fait qu’il pensait que tout de même, quatre abonnements mensuels à des magazines féminins c’était beaucoup, pour des magazines qui disaient tous la même chose. Elle avait d’autres abonnements à des salles de sports, des programmes de fidélité de boutiques de vêtements ou de produits de beauté, une carte de transports par Portoloin, son abonnement aux services du Pear One et il en passait. Dave eut l’impression en énumérant toute la liste que Joséphine la redécouvrait, ce qui l’amena à déclarer avec le tact dont il était capable :

« Est-ce que vous avez toujours l’usage de tous ces abonnements ou vous souhaitez en arrêter certains ? Il y a peut-être des économies à faire dans ce domaine, car comme le montrent ces derniers relevés de compte, vous avez terminé les trois derniers mois dans le rouge... »



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Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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"Je ne suis peut-être pas un cas désespéré alors !" répondit Joséphine en riant comme le jeune homme lui confiait que certains de ses clients étaient encore moins assidus qu’elle ne l’était.

A vrai dire, elle trouvait qu’elle voyait son banquier bien trop souvent. On avait rarement besoin de voir son banquier quand on avait aucun souci financier. Elle-même n’avait jamais mis les pieds dans une banque avant d’avoir des problèmes d’argent. Elle ne s’était même jamais préoccupée de l’état de ses finances avant l’arrestation de son père. Jusqu’à l’âge de dix-neuf ans, son compte bancaire était à ses yeux une ressource inépuisable, dans laquelle elle pouvait puiser sans mesure. Elle dépensait sans compter, littéralement. Elle ne regardait même pas les prix, qui ne revêtaient pour elle aucune sorte d’importance, et n’avait jamais eu conscience du budget que pouvait bien représenter son train de vie.

Cette découverte tardive de la notion d’économie et de la nécessité de contrôler ses dépenses expliquait très certainement la gestion catastrophique de son argent. Elle n’avait toujours pas appris à vivre avec un budget. Elle faisait des efforts pourtant elle limitait ses virées shopping, faisait attention au prix de ce qu’elle achetait, mais le peu d’argent qu’elle réussissait ainsi à économiser disparaissait dans des prélèvements magiques automatiques dont elle ne comprenait plus rien. Elle ne s’était jamais réellement penché sur la question, parce que cela lui paraissait atrocement long et compliqué, mais elle était persuadée qu’elle payait pour des choses qu’elle n’avait jamais souhaité acheter !

Lorsqu’elle évoqua justement ce problème, le jeune homme suggéra aussitôt de commencer leur rendez-vous par là. Joséphine se mordilla la lèvre inférieur en le voyant étaler ses relevés de compte sur la table, près à lister toutes ses dépenses inutiles. Elle attrapa sa tasse de thé pour libérer de l’espace sur la table et en profita pour boire une longue gorgée du liquide brûlant, qui la réconforta un peu. La danseuse grimaça à chaque fois que Dave identifiait un nouveau prélèvement magique mensuel. Elle voyait bien qu’il faisait des efforts pour rester neutre, et elle lui en était reconnaissante, mais elle se demandait ce qu’il pouvait bien penser de tout ça, intérieurement. Que pouvait-il bien penser d’elle ?

Ce n'était pas une expérience très agréable que de se voir ainsi exposer ses moindres faiblesses. Elle se doutait bien que beaucoup de ses dépenses devaient paraitre bien superficielles et s'imaginait comme il devait la trouver superficielle. Elle aurait voulu avoir la force d'affirmer, comme elle l'avait si souvent fait, que le shopping était une forme de thérapie, que c'était aussi nécessaire à son équilibre personnel que le sport l'était pour d'autre. Tout le monde avait besoin d'un échappatoire, et elle trouvait le sien dans les magasins de chaussures. Il n'y avait aucun mal à ça. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir un peu honteuse, face à cet adolescent qui semblait tellement plus raisonnable et mature qu'elle ne l'était.

"Vous devez trouver tout ça parfaitement ridicule... soupira-t-elle en cachant son visage dans ses mains. Ne me jugez pas trop sévèrement !" implora-t-elle en relevant la tête pour afficher une moue embarrassée.

C'était probablement trop tard, il s'était déjà certainement déjà fait une opinion sur elle, et elle craignait que celle-ci ne soit pas très flatteuse. Comment était-elle censée lui plaire dans ces conditions ? Joséphine n'était pas dupe, elle se doutait bien qu'elle charmait davantage les hommes avec son décolleté avantageux et ses lèvres bien dessinées qu'avec ses traits d'esprit. Mais la danseuse restait persuadée qu'elle était tout aussi capable de séduire avec autre chose que sa silhouette. Elle savait se montrer curieuse, drôle, elle était ouverte d'esprit et plus cultivée qu'elle ne le montrait. Pourtant, maintenant qu'elle se retrouvait face à Dave et qu'il lui démontrait l'étendue de sa bêtise, elle sentait sa confiance en elle vaciller. Avait-elle seulement une chance de parvenir à ses fins après ce premier aperçu désastreux ?

Condamnée à se rabattre sur des atouts qui avaient largement fait leurs preuves, Joséphine se pencha en avant pour examiner les lignes de son relevé correspondant aux abonnements identifiés par Dave.

"Non, je ne me sers même pas de la moitié, répondit-elle en fronçant les sourcils. Je ne me souviens pas avoir souscrit tout ça... soupira-t-elle en parcourant le relever des yeux. Je suis allée dans cette salle, poursuivit-elle en pointant un abonnement à une salle de sport. Ils ont ouvert après K&K mais c'est beaucoup moins bien. Je m'étais inscrite pour un cours d'essai, je n'ai jamais voulu m'abonner ! Ils n'ont pas le droit de souscrire un abonnement sans mon accord ! protesta-t-elle. C'est déloyal !"

Elle était peut-être mal placée pour faire ce genre de commentaire, elle qui se faisait passer pour ce qu'elle n'était pas -ou plutôt qui mentait sur qui elle était vraiment. Mais il n'en savait rien, alors elle pouvait bien jouer les consommatrices indignées si elle voulait.



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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Joséphine se prêta sans rechigner à l’exercice qu’il lui proposait, ce qui mit Dave dans une certaine confiance. Les clients dépensiers étaient généralement pénibles à gérer, parce que d’une part, ils avaient toujours toutes les excuses du monde et d’autre part, ils préféraient trouver des moyens de permettre des découverts plus grands ou d’obtenir des prêts, plutôt que de réduire leurs dépenses. La politique de la Marchebank était assez stricte sur les plafonds à ne pas dépasser. Joséphine avait l’air de comprendre la situation. Elle eut même une réaction plutôt pleine de pudeur quand elle vit ses dépenses étalées devant elle, en le priant de ne pas la juger.

« Je ne vous juge pas du tout, soyez tranquille, je suis là pour trouver une solution avec vous » assura Dave.

En vérité, c’était un peu faux, il avait bien une opinion sur la quantité de dépenses farfelues et superficielles qui remplissaient les relevés de la jeune femme et qui provenaient pour la plupart de boutiques de vêtements et de chaussures luxueuses. Mais Dave tâchait de faire son métier de conseiller bancaire correctement, ce qui exigeait un contact client respectueux. Puisque Joséphine se montrait coopérative, il n’avait aucune raison de rentrer dans un conflit avec elle.

Elle commença à examiner les prélèvements qu’il avait soulignés dans ces papiers et Dave n’étant pas aveugle -disons que c’était cela son excuse- il vit assez bien le décolleté plongeant qu’elle posa juste sur le papier, juste sous ses yeux. Il eut une espèce de détournement du regard pas très franc. Est-ce que c’était malpoli de le signaler ? C’était embarrassant de le faire en tout cas. Il allait plutôt faire comme s’il n’avait rien vu. A peu près. Même quand il la regardait dans les yeux, ça restait dans son champ de vision, est-ce que c’était sa faute à lui ? Dave s’efforça de revenir à leur discussion professionnelle et de prêter attention à ce que Joséphine était en train de dire plutôt qu’au reste. Elle se plaignit d’un prélèvement en particulier d’une certaine salle de sport qu’elle assurait n’avoir fréquentée que pour un cours d’essai. Si Dave voulait bien la croire sur ce point, il avait en revanche du mal à concevoir qu’on ait pu prendre de l’argent à Joséphine sans son accord. Elle l’avait forcément donné, d’une façon ou d’une autre, même sans en avoir conscience.

« Eh bien… » Il se racla la gorge, cherchant la bonne façon de dire les choses. « Normalement ils ne peuvent rien vous faire payer sans vous faire signer un papier où vous avez donné vos coordonnées bancaires donc… Vous avez dû signer quelque chose sans être au courant de toutes les conditions. »

Par inattention de sa part -les fameuses petites lignes de contrat- ou par réelle malhonnêteté de ses interlocuteurs, Dave n’allait pas dire pour quelle option il penchait le plus pour ne pas la vexer, alors il enchaîna :

« La bonne nouvelle, c’est que c’est facile à arrêter, il suffit de leur envoyer un hibou. »

Il sortit sa baguette magique, pour pointer le nom de la salle de sport en question sur le parchemin. Toutes les lignes qui concernait s’illuminèrent sur chacun des relevés étalés sur la table. Dave déplia un bout de parchemin vierge à côté de lui, qu’il tapota de nouveau avec sa baguette. Un chiffre apparut en lettres brillantes.

« C’est le prix que vous a coûté cet abonnement sur la période qui concerne tous ces relevés, donc huit mois. Cela va nous permettre d’estimer les économies qu’on peut faire, expliqua t-il à sa cliente. Donc, cet abonnement, on va y mettre fin. Voyons s’il y en a d’autres dont on peut se débarrasser… »

Leur entrevue se déroula dans la même dynamique, pendant presque une heure. Dave vit sa tasse de thé se remplir deux ou trois fois, au fur et à mesure qu’il marquait et calculait toutes les dépenses que Joséphine acceptait d’écarter de son budget. Certains choix furent plus douloureux que d’autres, voire impossibles ce qui poussa Dave à faire preuve d’imagination pour chercher des économies ailleurs mais ils parvinrent à trouver un terrain d’entente plutôt satisfaisant. Quand le montant total des économies parut acceptable aux yeux du banquier en herbe, il fit un vrai sourire à sa cliente. Ce rendez-vous était une réussite, sa première depuis qu’il avait repris le travail après son accident et c’était important pour lui.

« Bien. Je crois que nous avons établi un plan qui tient la route pour les mois à venir. Merci pour votre coopération, mademoiselle Chevalier » dit t-il avec sincérité, tout en commençant à rassembler toutes leurs notes.



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Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Le regard que Dave s'efforçait de poser à peu près partout sauf sur son décolleté n'échappa pas à Joséphine, qui fut un peu rassurée par le trouble évident qu'elle provoquait chez son interlocuteur. Elle n'avait peut-être pas fait la meilleure des premières impressions, mais il lui restait encore quelques atouts convaincants pour se rattraper ! Elle fit toutefois celle qui n'avait rien remarqué et continua de se pencher généreusement sur la table pour examiner les différents relevés bancaires.

La danseuse retint un éclat de rire amer quand son jeune conseiller lui expliqua qu'elle avait forcément donné son accord pour que quiconque puisse prélever de l'argent directement sur son compte. Evidement qu'elle avait dû signer un papier sans lire les petites lignes en bas de la page ! Joséphine aurait pourtant dû être la dernière personne à se laisser avoir par ce genre de manoeuvres déloyales. Cela avait été une stratégie très appréciée par son père, d'après ce qu'elle en avait lu dans la presse. Apparement on n'extorquait pas des millions de galions sans avoir obtenu quelques signatures au préalable, et son père s'était merveilleusement bien débrouillé pour faire signer les papiers nécessaires à ses plus riches clients, sans jamais leur en expliquer la teneur -qu'il n'avait de toute façon pas respecter.

"C'est tout à fait possible, admit-elle, la mine contrite. Je n'ai pas pris le temps de tout lire, ils étaient si pressants !"

En vérité elle avait rempli son formulaire d'adhésion à peine quelques minutes avant le début d'un cours d'abdos-fessiers et s'était dépêché pour ne pas manquer le début de l'échauffement, mais elle n'était plus à un mensonge près ! Elle fut réellement impressionnée par la somme que représentait cet unique prélèvement quand on regardait les huit derniers mois. Comment avait-elle pu perdre autant d'argent sans même s'en rendre compte ? Ils continuèrent ainsi un long moment, identifiant les frais qui pouvaient être écartés pour arriver à un montant d'économies convenables. Joséphine fut forcée de se battre pour certaines dépenses absolument légitimes -son budget sous-vêtements était incompressible- mais ils parvinrent finalement à un accord qui semblait les satisfaire tous les deux.

Elle fut touché par la sincérité qu'elle devinait dans les paroles de Dave, qui semblait réellement heureux de cette entrevue, et lui répondit par un sourire éclatant. Elle ignora volontairement les sonneries de son Pear, consciente qu'il s'agissait certainement de nouvelles offres promotionnelles auxquelles elle ne pourrait pas résister.

"Merci à vous ! s'exclama-t-elle avec chaleur. Vous me sauver ! ajouta-t-elle en riant. Je crois même que vous m'avez guéri de ma phobie des banquiers."

La danseuse entreprit d'aider le jeune homme à rassembler ses papiers en faisant bien attention à ce que leurs mains se frôlent à plusieurs reprises. Elle venait d'effleurer son poignet du bout des doigts et s'excusa avec un sourire faussement gêné.

"Mr. Marchebank, je me demandais...commença-t-elle, hésitante. Ce n'est peut-être pas très...réglementaire, mais...Est-ce que vous resteriez boire un verre de vin ? Elle releva vers lui un regard hésitant et se mordilla nerveusement la lèvre inférieure. On m'a récemment offert une excellente bouteille de vin des elfes, se justifia-t-elle. Et il faut bien célébrer cette victoire !" ajouta-t-elle en englobant la table encore encombrée de papier d'un geste de la main.

S'il acceptait sa proposition, la danseuse était certaine de pouvoir parvenir à ses fins. Peu d'hommes lui résistaient, particulièrement après quelques verres de vins, et encore moins quand ils n'avaient pas beaucoup d'autres alternatives. Et quelque chose lui disait que Dave Marchebank ne devait pas crouler sous les propositions. Peinée par cette pensée, elle la chassa bien vite -pas de sentimentalisme au travail !- et se leva pour faire quelques pas dans la cuisine. Elle attrapan la bouteille de vin des elfes posé sur le plan de travail et se retourna vers le jeune homme, un sourire espiègle aux lèvres.

"Alors ?"



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Bang the Bank [Dave]

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