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 Bacchanalia [Roy&Mildred]

Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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15 Février 2010

Sortir boire - beaucoup - dans les bars était une activité que Isobel avait longuement pratiquée dans sa jeunesse. Et sa moins-jeunesse, aussi. Souvent avec Roy, d'ailleurs. Mais ces derniers mois, ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion parce qu'ils avaient été occupés et parce que leurs vies s'étaient compliquées. Isobel était passée par beaucoup de choses en 2009 mais elle était déterminée à ce que 2010 soit une bonne année, ce qui incluait de reprendre de bonnes habitudes. Alors elle avait laissé chat et nouveau petit-copain à la maison et elle avait appelé son meilleur ami pour lui annoncer - et pas lui proposer - que ce soir, ils sortaient. Elle avait donc mis une robe un peu courte, un peu de rouge à lèvres, un épais manteau et ils s'étaient retrouvés dans un premier bar de Bristol pour commencer leur soirée. Elle lui avait relaté l'horrible soirée de la veille en détails et puis ils avaient décidé de changer de bar, retrouvant leurs vieilles routines.

C'était à Leopoldgrad qu'ils avaient choisi de se rendre, dans ce bar un peu à la mode dont on entendait beaucoup parler ces derniers temps. Mais ils arrivaient un peu tard et il semblait ne plus y avoir de place, ce qui faisait largement râler Isobel qui faisait claquer ses talons sur le sol.

- C'était bien la peine de mettre une robe comme ça si c'est pour rester debout...

Plantée à côté de son meilleur ami, elle scrutait la foule avec impatience en guettant la première place de libre. Une table presque vide et une chevelure rousse attirèrent son attention et sa main se referma sur le bras de Roy.

- Hé... C'est pas Mildred Magpie là-bas ?




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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy ne refusait jamais ce qui s’apparentait à une beuverie dans les règles de l’art. Il savait qu’avec Isobel, l’objectif était toujours très honorablement rempli, alors en recevant son Patronus, il s’autorisa une pause dans sa nuit de travail, refilant pour quelques heures ses responsabilités à Toni. L’avantage d’être patron était qu’il pouvait se balader à sa guise et superviser à distance s’il le souhaitait. Et ce soir, il n’avait pas envie de refuser la proposition d’Isobel, qu’il voyait bien trop peu à son goût depuis que mademoiselle avait un copain officiel, et que lui-même avait quelques criminels à chasser de son territoire. Décompresser un peu lui ferait du bien, décida t-il, en passant sa veste sur sa chemise.

Comme toujours avec elle, il en arriva rapidement à échanger des anecdotes amusantes et se changer les idées. Même lorsqu’elle se mit à râler pendant qu’ils restaient debout dans l’attente d’une table dans ce bar toujours plein de Leopoldgrad, il tourna la situation en dérision, en la chambrant un peu :

« Effectivement. Je suis impressionné que Laveau te laisse sortir comme ça avec moi, d’ailleurs. On dirait qu’en plus d’être un coincé, il est du genre féministe. » lança t-il, en feignant la perplexité, comme s’il s’agissait là d’une espèce étrange d’homme.

Tout en écoutant sa réponse, il regardait autour de lui à la recherche d’un responsable à soudoyer. Il y aurait bien quelqu’un pour lui donner une bonne table quelque part, car Roy Calder n’était pas n’importe qui. Mais Isobel attira son attention ailleurs en lui désignant la silhouette bien reconnaissable de son associée, plus loin.

Roy ne s’était pas rendu à la soirée de Saint-Valentin de Poudlard -un chef de la mafia là-bas, il n’aurait eu aucune crédibilité- et tant mieux pour lui, étant donné la grande mascarade qu’avaient subi les invités. C’était en revanche très drôle d’entendre leurs témoignages, il avait bien ri à celui d’Isobel tout à l’heure. Mais malgré tout, elle ne semblait pas traumatisée, ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Mildred n’était plus que l’ombre d’elle-même depuis la veille. La dernière fois que Roy l’avait vue dans cet état, c’était bien des années auparavant, quand elle était au fond du trou, désertée par l’inspiration et envahie par le désespoir, tant et si bien qu’elle était devenue sa fidèle cliente en recherche de drogue. Il était d’ailleurs surpris qu’elle ne lui ait pas encore demandé de sachets de Volubilis pour noyer son chagrin. Elle devait en avoir soutiré à quelqu’un d’autre, Toni à tout hasard.

« C’est bien elle, confirma t-il. Même si dans cette posture, on ne la reconnaît pas vraiment. » reconnut t-il en fronçant les sourcils.

Car Mildred Magpie ne se tenait pas dans un bar à la mode d’une ville branchée en étant aussi avachie sur sa table, seule et transparente dans son coin. Il fallait plutôt qu’elle signale à tout le monde sa présence et sa prestance, désireuse d’attirer toute l'attention sur elle. Bien. Son associée avait assez joué aux fantômes, décida t-il. Si elle continuait sur cette voie, leur cabaret allait devenir aussi triste qu’elle. Tirant Isobel par le poignet, il l’entraîna à sa suite en se justifiant :

« On squatte sa table cinq minutes, le temps qu’une autre se libère ! »

Et le temps qu’il requinque un peu la bonne dame. Ils eurent à jouer un peu des coudes pour arriver à la table en retrait qu’avait choisi la romancière en mal d’amour, que Roy salua en s’asseyant d’autorité face à elle.

« Mildred ! On peut se joindre à ta sympathique beuverie ? »

Avec un sourire plein d’assurance, il levait déjà un bras pour commander un verre.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Complètement avachie sur se table pour mieux cuver ses multiples plateaux de shooters magiques, Mildred Magpie n'était plus que l'ombre de la romancière d’ordinaire si soucieuse de soigner sa réputation. Depuis l'ignoble scandale de la veille et ses répercussions sur son image de marque, la sorcière touchait littéralement le fond et ne trouvait pour l'heure comme seule forme d'échappatoire : Celle de noyer ses états d'âme dans l'alcool le plus violent du monde magique. Au diable le coma éthylique! Elle devait d'une part réchauffer un cœur sévèrement refroidit par l'humiliante désillusion que lui avait infligé le grand Leopold Marchebank, mais aussi vaincre un méchant rhume causé par ses exploits de pathétique patineuse nocturne.

Mais n'allez pas croire que la rédactrice de Multiplettes n'avait point cherché à étouffer cet odieux scandale dans l’œuf! Bien au contraire! Surtout lorsque Aziz Lafwin avait braqué un regard horrifié sur les captures holographiques de son Pear One. Un élève ayant jugé bon de diffuser le râteau phénoménale de la romancière sur la toile magique, l'instant volé s'était répandu comme une pandémie au travers de tout le pays. En effet, L'hologramme de ses exploits pathétiques contaminaient le réseau magique et faisaient se gausser d'elle une masse grandissante de la population. Ignorant les conseils d'Aziz Lafwin, qui lui suggérait de prendre du recul et de céder les commandes du navire pour un temps ; Mildred avait opté pour la contre-attaque.

Au vue de l'angle de prise de vue et la promiscuité avec l'incident, il ne pouvait s'agir que de ce diablotin de Virgil Forbes! Même si Mildred appréciait tout particulièrement son père, elle ne pouvait laisser passer une telle infamie! Et ce fumeur de mandragore aussi insolent que sournois allait forcément devoir en payer le prix! D'une manière ou d'une autre, elle se devait de trouver une solution pour faire taire la calomnie ; Procès en diffamation, coups bas... Mildred ne manquait pas d'imagination quand il s'agissait de renverser le ridicule d'une situation, de façon à la renvoyer à son créateur. Virgil était prévenu : L'heure de la vengeance allait sonné! Du moins quand la sorcière aura fin de décuver...

Car pour l'heure, la reine du scandale était effondrée sur la table d'un bar branché de Leopoldgrad. Immobile et imbibée comme une huitre trop laiteuse ; Seules ses épaules et sa lourde poitrine se soulevaient au rythme du hoquet qui lui remuait les entrailles. En cette soirée post-saint-valentin Mildred n'était vraiment pas belle à voir. Aussi beurrée qu'une tartine bretonne! Et pourtant, l’ébriété n'était pas le but premier. Dans l'espoir de se faire pardonner son attitude indécente à l'égard du Ministre, Mildred était venue pour rédiger une lettre d'excuse publique, ainsi qu'une autre plus personnelle à l'intention de la première Dame, Rosaleen Marchebank. Mais avouer ses tords n'était pas le fort d'une femme aussi prétentieuse que Mildred Magpie. Ses multiples commandes auprès du barman n'avait point suffit à lui donner l'inspiration. Plume à papote immobile, l'impasse dans laquelle elle se trouvait se traduisait par une page aussi blanche que son visage laiteux. Toutefois, une voix familière finit par l'extirper de sa torpeur alcoolique. Mildred souleva alors péniblement une paupière.  

" Hein...? * Hic* Qui... Qui me parle...? *hic* Ah, c'est toi mon caldounet...? *Hic* Tu sais que je t'aime quand tu me parles comme ça... *Hic* Oui, viens donc te joindre à ma beuverie solitaire... *Hic* Si tu n'as pas peur de prendre un verre avec la femme.. la plus méprisable et méprisée du monde magique! *Hic* "

Après quelques secondes de papillonnement, Mildred finit par tourer mécaniquement la tête en direction de la femme aux jambes si belles et élancées qui accompagnait son associé. Isobel Lavespère! Sa rivale de toujours, et quelque part le modèle inavouable et inavouée qu'elle espérait un jour abattre ou ressembler. Mildred essaya de pointer à tour de rôle ses convives, avant d'ajouter de sa voix pâteuse :

"Oh, je vooooois... *Hic* Vous avez remis le couvert tous les deux *Hic* Merlin! Comme vous avez raison de vous faire plaisir... *hic* Vous êtes encore jeunes et beaux, pas comme la vielle peau aux obus fripés que je suis ! *hic* "

Les yeux mi-clos, elle s'adressa alors plus particulièrement à la chargée en communication.

"Je vous en prie Miss Perfection, prenez-place à la table de la déchéance... *Hic* Pourquoi vous priver de ce plaisir? *Hic* Venez contempler la bête blessée par la calomnie! "

Mildred émit alors un petit ricanement dans lequel s’entremêlait autant l'ironie que le désespoir.



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel ne put s'empêcher de songer que Roy avait raison. On ne reconnaissait pas vraiment Mildred Magpie dans cette femme affalée sur sa table... À croire que l'évènement d'hier n'était pas digéré. C'était compréhensible en même temps : l'humiliation avait été violente et cuisante. Tout le monde en parlait aujourd'hui car un petit malin avait eu l'idée de diffuser les images sur les réseaux magiques. L'avantage pour eux était que cela tuait dans l’œuf l'idée que le Ministre Marchebank ait une liaison avec la rédactrice de Multiplettes : cela aurait été très mauvais pour son image, surtout avec la popularité de la Première Dame... Toute à ses pensées, elle réalisa un peu tard que Roy était en train de la tirer vers la table de son associée.

- C'est bien pour pas rester debout, maugréa-t-elle.

Sa définition de la soirée idéale n'incluait pas de la passer avec une Magpie ivre et déprimée. Isy s'installa plus lentement face à la sorcière, juste à côté de son meilleur ami, et n'ajouta rien lorsqu'il proposa - ou plutôt affirma - qu'ils allaient se joindre à sa beuverie. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de hausser un sourcil comme cette dernière ouvrit la bouche, laissant échapper un ton pâteux et une haleine chargée. Ah ouI. C'était pire de près. Mildred ne remarqua pas sa présence au début, tout occupée par son Caldounet et Isy se tendit machinalement quand elle tourna la tête vers elle. Elle ne sut pas ce qui la surprit le plus. Les obus fripés ou le compliment de la tenancière des Folies sur leur prétendue remise ensemble. Elle qui avait failli la défigurer il y a un an en la trouvant dans une chambre avec Roy... Elle était bien beurrée, il n'y avait pas d'autre explication. La cerise fut le "miss Perfection" - plus agréable à entendre que "trainée du Ministère", "chargée en fornication" ou bien "arpenteuse de rempart", parmi les nombreux surnoms que lui donnait Mildred - mais cela finit de convaincre Isobel qu'elle était vraiment au fond du trou. C'est sûrement ce qui expliqua le mouvement d'Isobel, qui ne profita pas de sa faiblesse mais essaya plutôt de la requinquer : elle faisait pitié ce soir et avec un peu de chance, elle ne s'en souviendrait pas le lendemain.

- Allons Mildred, vous vous en remettrez. Votre carrière est assez solide pour survivre à une humiliation publique, croyez-moi, j'ai vu pire.

Bon, c'est vrai que c'était grave, ces images... Mais Isobel venait d'une école d'élite : on leur avait appris que rien n'était impossible. Un serveur déposa devant eux trois shots d'un alcool vert mystérieux qu'elle examina avec suspicion quelques secondes avant de reporter son attention sur la femme en face d'elle.

- Après tout, Multiplettes n'en souffrira pas plus que ça et vous avez les Folies. Hein, Roy ?

C'était lui qui avait voulu s'assoir ici après tout...



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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Mildred avait l’air vraiment bien imbibée. Roy plissa le nez, non pas face aux surnoms stupides qu’elle lui donnait -il avait l’habitude, depuis le temps- mais devant le pathétique dans lequel son associée avait l’air de se complaire. Il la connaissait revancharde, battante et sûre d’elle, pas pitoyable et abattue. Il savait qu’elle avait un goût prononcé pour le tragique, cela dit. Elle devait vivre une grande tragédie grecque dans sa tête. La femme la plus méprisable et méprisée du monde magique, rien que ça ! Il hocha la tête aux paroles que prononça Isobel pour tenter de la convaincre que rien n’était perdu.

« Tu as vu pire, Mildred, appuya t-il, et tu t’en es toujours redressée. »

Il l'avait ramassée dans des états pires que celui-ci, quand elle était au plus bas de sa carrière bancale et cherchait refuge dans la drogue, en fréquentant les bars de la Voie des Miracles. Volontairement, il n’avait pas répondu à ce qu’elle avait dit sur lui et Isobel, c’était inutile de la démentir de toute manière, elle ne se souviendrait probablement de rien dès le lendemain. Roy n’était pas venu à sa table pour discuter de lui ou de son amie, de toute manière, mais bien de l’état préoccupant de Mildred. Il avait envie d’avoir une associée opérationnelle, celle qui était capable de programmer spectacles grandioses et buffets de luxe en un claquement de doigts. La machine Folies Sorcières était vorace, il fallait sans cesse redoubler d’énergie et d’ingéniosité pour imaginer de nouvelles façons de divertir leurs clients, toujours plus audacieuses, et Roy n’avait pas de meilleure partenaire dans ce domaine que Mildred. Toni était excellent quand il s’agissait d’aboyer sur leurs hommes qui traînassaient au travail et mener des bras de fer avec leurs fournisseurs de monalisa. Pas quand il fallait discuter décors de paillettes et jupons de danseuses. Jayce n’était nulle part ailleurs mieux que dans leur bureau à élaborer des stratégies avec lui ou négocier avec le gobelin véreux qui s’occupait de leurs comptes. Non, personne au cabaret n’était mieux désigné que Mildred pour choisir la programmation qu’il fallait, les thèmes de soirées qui allaient attirer de nouveaux clients, elle avait l’oeil pour repérer dans le berceau les danseuses qui auraient un succès ravageur sur scène, elle avait un instinct indéniable pour les affaires. Si elle flanchait, c’était la moitié des affaires de Roy qui flanchait avec et il aimait autant éviter ça.

« Exactement, on a les Folies, confirma t-il lorsque Isobel fit écho à ses propres pensées. Folies qui se languissent de toi, Mildred… Là-bas, c’est toujours toi la star, tu sais. Tout à l’heure, Marvelus Cronk me demandait où tu étais passée ! »

Bon, ce n’était pas vrai mais c’était un de leurs clients les plus fidèles, un donateur assidu, un riche amateur d’art et de théâtre qui était toujours bien accueilli dans leur établissement. Roy cherchait simplement à gonfler l’ego malmenée de son associée d’affaires. Il saisit le shot que le serveur venait de déposer devant eux et plaça celui de Mildred plus près d’elle, pour l’inviter à trinquer avec lui.

« Aux Folies et à Multiplettes ! »

Il avala son verre d’une gorgée qui lui fit l’effet d’un torrent de glace brûlante dans sa gorge. Revivifié par ce verre, il donna une tape sur l’épaule de Mildred.

« Allez, tu ne vas quand même pas laisser un vulgaire scandale détruire l’empire que tu as travaillé comme une acharnée pour bâtir ! C’est toi qui détruis les autres, pas l’inverse » rappela t-il, espérant lui redonner un peu de combativité. 


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Le regard vitreux de Mildred Magpie balaya un instant l'espace à la recherche d'un éventuel indice susceptible de l'aiguiller sur l'endroit où elle se trouvait. Était-elle à Bristol, dans un rêve ou dans une ville perdue au fin fond du Mexique? Aucune idée, mais elle n'en avait cure, tant sa seule motivation était pour l'heure de se vider la tête à grand renfort de shooter et de drogues magiques. Totalement avachie, sa lourde poitrine posée lamentablement sur la table, la romancière éméchée lutta pour maintenir un regard stable sur la chargée en communication du Ministère. Cette dernière, dans un élan sans doute dicté par la pitié, chercha à la rassurer sur les suites de ce scandale. Mildred comprit qu'elle ne devait vraiment pas avoir fière allure pour être soutenue par l'une de ses pires rivales. Levant un sourcil perplexe, Mildred lutta pour ne point roter et exprimer sa surprise.

"Heeeein? Vous avez déjà vu pire!? Vraiment...? A part violer des dauphins ou dévorer des bébés licornes, il n'y a pas pire humiliation publique que la mienne! Le miniiistre me foudroyait du regard ... enfin il me foudroyait de son son seul œil haineux... tout en me broyant le bras... ! Il n'avait pas l'air content.... La belle Rosaleen non plus... Moi, je ne voulais que devenir première dame... pour accroitre mon prestige... Mais avec cette vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux magique... Je suis finiiiie... Le mooonde entier se gausse déjà de moi! "

Le jeune et beau serveur qui ne cessait de faire des aller-retour entre sa table et son bar venait de revenir à la charge avec trois nouveaux shots verdoyant.

"Heeeey joli petit cul! Remets-nous la mêêêême ! Pour moooi et mes amiiis !!! " couina la romancière qui n'était désormais plus à un scandale près.

Peut-être que contre quelques billets, ce beau jeune mâle pourrait lui offrir une dernière danse endiablée pour clôturer cette soirée placée sous le signe de la débauche? Trop accaparée par le fessier rebondi du serveur qui s'éloignait d'elle, Mildred n'écouta presque pas ses deux compagnons de tablée qui vantaient pourtant la solidité de son empire commercial. Il était clair qu'il en faudrait plus pour ébranler ses affaires, mais ce que craignait davantage Mildred était de perdre de sa superbe et voir sa popularité fondre comme neige au soleil. Elle tiqua seulement sur le nom que lui servi son associé des Folies Sorcières. Le dénommé Marvelus Cronk était peut-être dans ses petits papiers et un très bon client des Folies, Mildred ne le portait guère en estime.

"Vraiment!? Ce vieux cochon pervers de Marvelus s'inquiète pour moi!? C'est une blague...? " croassa la rédactrice en chef de Multiplettes, avant d'ajouter : "Je croyais que ce vieux porc s'intéressait plus à la plastique de nos jeunes danseuses... Pas plus tard que la semaine dernière, il me demandait encore si notre ravissante Joséphine ou notre torride Robin étaient disponibles pour une soirée privée... Bref, si je l'intéresse, il le montre très mal... "

Mildred voulut se joindre à l'invitation et lever son verre, mais elle ne fit que le plaquer maladroitement sur son front.

"Aux Folies, à Multiplettes! Et surtout à ce putain d'Amour avec un grand A qui ne se bouge pas les fesses pour venir! "

A peine eut-elle prononcé le mot magique "Amour", une image subliminale surgissant de nulle part traversa subitement son esprit englué par l'alcool. Que venait faire ce bedonnant et velu Anderson Bannerman dans ses songes enflammés? L'encravaté bleu ne quittait plus son esprit depuis cette infâme soirée, et Mildred Magpie en éprouvait une indicible honte. Cet homme n'était clairement pas à la hauteur de ses espérances, et pourtant avec cette lettre, et surtout dans la cabane... Non, non, non! Mildred tenta de visualiser le beau corps de Toni, pour balayer certain souvenir de son esprit. Vidant d'un trait son verre émeraude, Mildred grimaça avant de se tourner vers Roy qui cherchait clairement à la remettre en selle. Aussi tactile qu'une pieuvre, elle lui caressa l'avant-bras :

"C'est vrai mon lapin! Je suis la meilleure dans ce domaine! Et crois-moi, je compte bien châtier l'infâme petite crapule qui a osé publier cet affreux hologramme! Et pour le coup, je n'aurai même pas besoin de tes services, car ce n'est qu'un vulgaire gamin! Comme jadis Marlène, Gilderoy ou Rita, je vais n'en faire qu'une bouchée! "

Sous l'effet de l'alcool, Mildred avait tendance à parler un peu trop ouvertement de son passé trouble, mais elle ne s'en rendait même plus compte. Les lèvres pincées par une rage encore inassouvie, Mildred serra son petit poing libre comme si une mouche déplaisante nommée Virgil venait de s'y loger. Portant son verre à sa bouche sans se rendre compte qu'il était vide, elle finit par farfouiller dans son décolleté pour en extirper une petite capsule violette de Volubilis. En toute circonstance, elle veillait d'en avoir sur elle, signe que Mildred était littéralement accroc à cette drogue ; Et il n'y avait pas meilleure solution pour faire décoller une soirée! Les narines déjà frétillantes, la romancière délurée dessina trois lignes de poudre sur la lettre d'excuse publique restée vierge de toute écriture.

"Il n'y a pas meilleure friandise que celle-ci, n'est-ce pas? Vous n'allez pas me laissez seule les amis, hein??? "

Les us et coutume de ce bar branché n'était peut-être pas celles de Folies Sorcières, mais Mildred Magpie s'en fichait éperdument ; Car elle était bien décidée à partir vrille avec ses amis du soir!



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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De l'avis tout à fait subjectif d'Isobel, ce n'était pas la première fois que le monde magique rirait de Mildred Magpie et sûrement pas la dernière. Certes, l'humiliation était grave, certes, les images tournaient partout et tout le monde en parlerait mais les gens passeraient à autre chose. Il y avait pire que de déclarer sa flamme à un homme marié. En public. Devant son épouse. Qui venait d'avoir un enfant. À une soirée de commémoration... Bon, ce n'était pas fameux mais à coeur vaillant rien d'impossible ou plutôt, à bon communiquant, rien d'insurmontable. Isobel voyait déjà plusieurs moyens de s'en sortir ou d'atténuer les choses.

- Vous devriez faire appel à une agence de relations publiques, fit remarquer Isy en haussant les épaules.

Elle avait des noms si Roy voulait : elle savait que c'était important pour son business que Mildred reste efficace et concentrée. Pas complètement ruinée sur des tables de bar, à alpaguer les serveurs de manière imagée. Isobel jeta un coup d'oeil autour d'elle, pour vérifier qu'elle ne connaissait personne. Sa réputation à elle était entière et elle y tenait particulièrement... Son meilleur ami essayait de remonter le moral de son associée, en citant des clients des Folies, en essayant de ramener Mildred vers son champ d'action mais rien n'y faisait : elle leva son verre à "l'Amour avec un grand A" (qui était bien un concept de ses bouquins) et Isy haussa un sourcil, peu convaincue. Comme si c'était l'amour qui avait poussé Mildred à déclarer une femme brûlante au Ministre de la Magie... l'amour du pouvoir, oui ! Elle le disait elle-même, elle voulait être Première Dame. Elle avait du mal à comprendre pourquoi : quel était l'intérêt de se limiter à un rôle figuratif quand on était, malgré les apparences, une femme intelligente comme l'était Mildred ? Autant rester au pouvoir... La rédactrice en chef de Multiplettes semblait d'ailleurs retrouver un peu de poil de la bête puisqu'elle se promit de châtier la personne qui avait diffusé les images. Un sourire en coin naquit sur les lèvres d'Isobel.

- Voilà, ça c'est constructif.

Après tout, n'avait-elle pas libéré - et agité - l'esprit d'Emmy Magpie justement pour se venger de l'article immonde que Mildred avait écrit à son propos ? Ça avait causé une dispute entre Roy et elle, d'ailleurs, mais cela avait eu le mérite de la faire rire. Isobel, en digne Lavespère, était très adepte de la vengeance. Mais beaucoup moins d'autres choses... Elle fronça les sourcils en la voyant fouiller dans son décolleté, pour en ressortir une fiole violette. Elle avait trainé suffisamment aux Folies pour savoir ce que c'était... Nouveau regard, cette fois-ci inquiet, autour d'eux. C'était un bar à la mode ici, pas un bourbier de la Voie. Isobel décocha un regard éloquent à Roy. Elle ne trainerait pas plus longtemps ici si c'était pour être associée à des rails de Volubilis, avec autant de discrétion qu'un Niffleur dans une bijouterie.

- Pas pour moi, merci, répliqua-t-elle sèchement.

Autant, elle pouvait boire, autant, elle ne touchait pas à cela. Voir sa mère le faire lui avait servi de leçon... Elle posa sa main sur l'avant-bras de son meilleur ami, pour lui faire comprendre qu'ils avaient intérêt à décamper rapidement.



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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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L’idée de s’être faite repousser par le ministre, et surtout d’avoir été entièrement filmée et regardée par la moitié du monde magique, plongeait Mildred dans les affres de la honte. Elle était un personnage public, Roy pouvait comprendre combien son image comptait pour elle. Et puis, c’était elle la professionnelle du domaine, elle la briseuse de réputation en chef. C’était l’arroseur arrosé, semblait t-il…

Roy n’avait jamais douté de l’intelligence de Mildred en ce qui concernait le business. En revanche, dès que cela touchait à des histoires de coeur, c’était totalement autre chose. Elle se laissait emporter par des élans du coeur complètement déraisonnables, elle passait son temps à s’imaginer des choses qui n’avaient pas lieu d’être, elle n’était absolument pas lucide sur sa vie sentimentale et Roy le savait, il en avait fait les frais à une époque. Lui et Isobel, d’ailleurs. Son associée avait tendance à voir des signes là où il n’y en avait pas et à penser que tous les hommes étaient à sa portée de prédatrice. Elle ne voulait « que devenir première dame » disait t-elle, mais où avait t-elle la tête ? Roy se retint de montrer son incrédulité pour ne pas enfoncer Mildred davantage. Cet aveu démontrait combien elle était perdue. Leopold avait une image de ministre à faire respecter et il était suffisamment éclaboussé par les récentes révélations sur ses enfants illégitimes. Il avait réussi à faire tourner les discours de la presse en sa faveur, en annonçant sa volonté de rédemption et son amour sincère pour sa véritable première dame. Que Mildred s’imagine dans ce contexte qu’elle avait une quelconque chance de détourner Leopold de son chemin était une pure bêtise. Elle connaissait mal l’homme et elle surestimait ses propres capacités. Roy était à peu près certain que Mildred n’était pas le type de femme qui plaisait au ministre, sinon il aurait déjà tenté des approches -non publiques évidemment- pour la mettre sous sa coupe.

Evidemment, Roy ne dit rien de toutes ses pensées peu flatteuses pour Mildred, parce qu’elle n’avait pas besoin de cela. Mais il échangea un regard avec Isobel et sut qu’ils trouvaient tous les deux ce rêve de première dame totalement absurde. Evitant volontairement le sujet, Roy préféra rassurer Mildred sur ses capacités à rebondir et faire en sorte que cette affaire n’entache pas son commerce. Mais le commentaire flatteur qu’il glissa à propos d’un de leurs clients communs n’eut même pas l’effet escompté en plus d’être mensonger. Elle n’avait pas l’air de l’apprécier, puisqu’elle le qualifia de vieux cochon pervers, en râlant qu’il était beaucoup plus intéressé par le corps des femmes plus jeunes qu’elle qui dansaient aux Folies. Comme la plupart des hommes qui venaient à leur cabaret, songea Roy sans le dire. Cependant, il ne se dégonfla pas pour tenter de redorer un peu l’ego de son associée et renchérit :

« Crois-moi, Mildred, ta présence flamboyante manque au cabaret ! Tout le monde a remarqué que tu n’étais plus là et le regrette beaucoup. »

Il grossissait un peu le trait mais ce n’était pas loin de la vérité cette fois. L’ambiance des Folies n’était pas la même sans Mildred pour faire en sorte que chaque soirée soit endiablée, avec un service d’aussi bonne qualité que la précédente. On pouvait dire ce qu’on voulait de la personnalité de Mildred, mais elle était une excellente gérante de cabaret. Roy espérait qu’elle gardait cela en tête, malgré toutes les déconvenues récentes dont elle était victime. Il leva son verre aux Folies et à Multiplettes.

« A tes affaires florissantes ! » renchérit t-il.

Puis Mildred ajouta l’amour avec un grand A, trahissant son désespoir sur le sujet et ses envies d’être aimé. Maintenant que Roy connaissait ce sentiment et vivait le genre d’histoire sentimentale dont rêvait Mildred avec sa fiancée secrète, il comprenait que cela puisse lui manquer, surtout maintenant qu’elle approchait de la cinquantaine. Lui, il n’avait jamais spécialement recherché l’amour avec un grand A, au contraire, on pouvait dire que cela lui était simplement tombé dessus. Mais à une époque, tout ce à quoi il pensait était d’enchaîner les expériences sans attache, parce que c’était plus divertissant, plus simple, plus facile. Mildred le faisait aussi mais peut-être en avait t-elle assez maintenant, à son âge ? Si elle écrivait tellement de romans d’amour dégoulinant de mièvrerie, il devait bien y avoir une raison, quelque chose qu’elle cherchait à compenser…

Peu désireux de philosopher plus longtemps sur les raisons du désespoir amoureux de Mildred -il savait que s’il entamait ce sujet-là, jamais elle ne le lâcherait et elle risquait de faire de lui son confident préféré, rôle qu’il n’avait pas forcément la patience de jouer- Roy termina son shot avec une grimace, en s’appuyant sur la table. Mildred profita d’avoir son bras à portée de main pour y enrouler ses mains, telle une sangsue et Roy la laissa faire. Franchement, maintenant, il était habitué à ses débordements tactiles. Tant qu’elle ne lui mettait pas la main aux fesses, tout allait bien.

Tout comme Isobel, il approuva ses paroles de revanche, beaucoup plus constructives effectivement que ses lamentations de tout à l’heure.

« Bien, fais-lui regretter son geste. » 

Il n’avait aucune idée de qui était ce gamin qui l’aurait piégée et au fond, Roy n’aurait pas aimé être à sa place car il savait combien les vengeances de Mildred étaient redoutables. Mais Roy considérait que c’était un faible prix à payer pour la reprise normale de leurs affaires.

En tout cas, Mildred commençait à être bien atteinte par ses verres d’alcool car elle divaguait de plus en plus. Elle fit des digressions que ni lui ni Isobel ne comprirent sur une certaine Marlène, un Gilderoy et une Rita, et surtout, elle plongea la main dans son décolleté pour retirer une capsule emplie de poudre violette que Roy reconnut aussitôt. Malheureusement, avant qu’il ne puisse l’empêcher, elle avait déjà répandu trois lignes de cette précieuse poudre sur un papier vierge, en les encourageant à la joindre. Bien, elle était beaucoup trop bourrée si elle ne se rendait même pas compte que ce n’était pas du tout le lieu de consommer ce genre de substances ! Elle aurait fait ça dans leur cabaret, personne n’aurait rien dit, mais Roy n’était pas certain que les services de sécurité des bars de Leopoldgrad étaient aussi complaisants. Surtout qu’ils étaient dans un lieu plutôt branché et donc par conséquent très fréquenté. Bref, ils n’étaient pas dans un de ces bars malséants de la Voie des Miracles, remplis de criminels en tout genre pour qui rien n’était plus classique qu’un petit rail de Volubilis en début de soirée…

La main d’Isobel sur son bras fut un signal supplémentaire pour Roy. Au regard noir qu’elle arborait, il sut qu’elle était sur le point de partir s’il n’arrangeait pas tout de suite la situation. Vivement, Roy attrapa la capsule que Mildred avait laissée sur la table et récupéra d’un geste expert la poudre sur le papier pour le remettre dans la fiole. Il n’était pas non plus question de jeter la poudre hors de la table comme s’il s’agissait de miettes de pain, ça coûtait cher cette chose, il était bien placé pour le savoir et il ne serait pas un trafiquant digne de ce nom s’il pouvait balancer de la Volubilis par terre sans aucun état d’âme.

« Pas ici, Mildred, t'es folle ! Tu vas te faire virer d’ici si tu te fais attraper et je crois pas que t’aies besoin qu’on raconte dans la rubrique faits divers des journaux de demain que ta récente mésaventure t’a faite sombrer dans la drogue, alors déconne pas » la rabroua t-il en espérant la faire réagir. La capsule entre ses doigts, il fit un geste pour la glisser dans la poche de sa veste. « Je la garde pour ce soir. »

On avait probablement jamais vu Roy jouer les chaperons en ce qui concernait la drogue, mais la réputation de Mildred était assez malmenée comme cela, or il n’oubliait pas que sa réputation avait aussi des répercussion sur leur cabaret.


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Avec incrédulité et amère déception, Mildred Magpie jeta un regard perdu sur son partenaire en affaire qui venait de lui retirer sa capsule de volubilis d'entre les doigts. Telle une enfant à qui l'on venait d'ôter sa friandise, la sorcière ressentit un violent sentiment d'injustice. Après tout, elle faisait bien ce qu'elle voulait, et elle n'était plus à un scandale près, non? Que la majestueuse Isobel Lavespère ne souhaite point écorner son image de "Miss Perfection", elle pouvait parfaitement le concevoir ; Mais pourquoi lui faire une leçon de morale? Ici à Bristol, tout le Monde savait que Mildred Magpie aimait par dessus-tout les excès et les soirées endiablées où tel un bateau ivre, elle dérivait sans but précis et sans savoir où sa noble carcasse allait bien pouvoir s'échouer... Roy était-il devenu une âme pudibonde? Cherchait-il à impressionner ou se racheter une conduite auprès de Miss Communication du Ministère? Le beau voyou était devenu mou? La boudeuse romancière croisa les bras avec dédain, tout en jetant un regard sévère à Roy, quand tout à coup, un affreux doute lui traversa l'esprit...

Perdue, les yeux plissés pour atténuer le flou de sa vision, elle chercha dans le décor des repères familiers qui puissent la ramener là où elle pensait être. Sa voix grinça comme une vieille porte mal huilée.

"Mais quelle est cette diablerie??? Nous ne sommes pas aux Fo... *Hic* Folies??? J'é... J'étais juste sortie de mon bu... bureau, pour oublier ma détresse et commander un jo... joyeux Mojitroll... " Désemparée, la lèvre inférieure de la sorcière alcoolisée pendait dans le vide comme après une opération de chirurgie esthétique ratée. Ne sachant guère où elle se trouvait mais ne voulant point perdre la face auprès de Roy et Isobel ; Mildred bomba la poitrine et balaya l'espace d'une main maladroite. "Mais ne faites pas cette drôle de têtes *hic*! Je vous fais marcher les amis... Je sais exactement où je suis... D'ailleurs, je ne suis là que pour sauver ma réputation et écrire une lettre d'excuse à l'ange Léopold dans le pute... pardon... le but de laver le soit-disant outrage dont il a été la malencontreuse victime... Même si je ne comprends pas quel genre d'homme pourrait s'offusquer de recevoir la douce caresse de mon baiser... " Bouche en canard, Mildred plaça ses deux mains sous ses obus fripés pour les soulever et les remettre en position de garde à vous, comme aux temps de ses jeunes années. "Cela va sans doute vous surprendre... Mais l'année prochaine, j'aurai cinquante printemps... Et pourtant, comme vous pouvez le constater, je garde encore toute la fraicheur de mes vingts ans... Vous ne trouvez pas cela aussi unique que miraculeux??? Alors je me demande bien quel genre d'ignoble goujat pourrait se priver d'un tel cadeau des Dieux!? "

Mildred Magpie sembla retrouver quelque peu de sa lucidité, quand s'avachissant quelque peu sur la table, elle chercha à discuter plus intimement avec celle qui dans un passé pas si lointain n'était autre que sa pire rivale...

"Miss Lavespère... Je tenais d'ailleurs à vous présenter mes excuses les plus sincères... Nos relations n'ont pas toujours été des plus amicales dans le passé... C'est le moins que l'on puisse dire... Je crevais même d'envie de vous planter mes ongles dans votre joli minois, mais... la roue tourne a tourné, et de l'eau à couler sous les rivières... " Pour marquer encore davantage son désir de faire la paix, Mildred agrippa la main de la chargée en communication du Ministère. "Je tiens réellement à enterrer nos discordes passées... J'étais jalouse de votre réussite... De vos conquêtes... N'y voyez aucune haine, mais une forme de compétition... Et surtout la souffrance d'une femme en mal de reconnaissance et d'amour, qui rêvais tout comme vous d'atteindre les hautes sphères du pouvoir et ravir le cœur des plus beaux hommes. *Hic* Vous pouvez être fière de vous, Miss Lavespère... Vous méritez d'être heureuse. "

Bien qu'aucune parole ne semblait jamais parfaitement sincère, une fois sortie de la bouche de Mildred Magpie, cette dernière nourrissait une réelle admiration pour son ancienne rivale. Certes, la romancière éprouvait encore une indicible jalousie et une certaine rancœur. Mais Isobel Lavespère était l'exemple parfait d'une femme talentueuse qui avait réussi à gravir les échelons du pouvoir dans un monde résolument masculin, insufflant à d'autres un esprit de conquête féministe. Dans le terrible Monde des Affaires et de la Politique, il était bon pour Mildred de se sentir moins seule. La romancière ne tarda pas à tendre un bout de papier griffonné sur lequel reposait les mots maladroits d'une ébauche d'excuse trop avinée...  

"J'aimerai vraiment que vous me veniez en aide auprès du Ministre... Je suis terrifiée à l'idée qu'il puisse se détourner de mes services... Peut-être pourriez vous m'aider à retrouver de ma superbe... " Mildred Magpie se tordit les mains en signe de malaise. "Andy... Enfin votre confrère monsieur Bannerman s'est proposé pour me culbuter... Oooops... Pour me venir en aide, mais je doute quelque peu de son professionnalisme. Voila pourquoi, je m'adresse directement à vous... "  

Mildred Magpie se tourna vers son associé pour lui signifier que même ivre, elle n'avait pas perdu le sens des affaires, loin de là.

"Cela serait un gain de temps formidable que de ne point avoir à m'occuper du volet communication... Surtout que je compte me consacrer corps et âme à l'organisation de l'Apocalypse Night Out, une soirée inoubliable au K-Klub qui je l'espère me fera oublier mon 49ème anniversaire... N'est-ce pas mon Caldichou? " Mildred fit un clin d’œil complice à son partenaire des Folies avant d'ajouter. "Et j'espère aussi que pour cette occasion magique, j'aurai le droit de me farcir les narines de Volubilis... Et aussi que tu auras la délicatesse de me faire escorter par le beau Toni et l'autre voyou à gueule d'ange... Comment s’appelle-t-il déjà?  Ah oui! Ignaciooooooo! "

Rien que l'idée de cette soirée d'anniversaire suffit à faire miauler Mildred de plaisir, et oublier l'espace d'une seconde son humiliation publique.



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
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Isobel vit avec soulagement que Roy avait de bons réflexes : il s'empressa de ramasser la drogue que Mildred avait sorti et alla même jusqu'à la confisquer pour la soirée. Le rôle du chaperon lui allait plutôt mal en temps normal mais là, vu l'état de son associé, il semblait nécessaire. À vrai dire, elle n'était pas vraiment heureuse d'être là, surtout si cela impliquer de se faire remarquer par la PM pour consommation - même passive - de drogues très illicites. Un peu impatiente, Isy battait la mesure de ses doigts sur la table, son regard se promenant un peu nerveusement autour d'eux. Roy aurait dû s'abstenir de les faire s'installer ici, surtout quand on voyait que son associée était incapable de comprendre qu'elle n'était pas dans leur établissement, qui était tout de même une zone de non-droit, mais un endroit très à la mode à LPG... Ou bien elle le savait. Difficile à dire tant elle était incohérente. Les sourcils froncés, Isy échangea un nouveau regard avec son meilleur ami, circonspecte. D'accord, ils voulaient une table. Mais est-ce qu'ils voulaient une table au point d'avoir une vue panoramique de la bouche tendue de Mildred et de sa poitrine proéminente ? Non, elle ne pensait pas.

Le pire fut quand elle se tourna vers elle. Machinalement, elle recula dans sa chaise : elle le sentait mal. Souvent, quand Mildred s'adressait à elle, c'était soi pour la menacer, soit pour l'insulter. Tout le monde se rappelait de la "trainée du Ministère" ou de la "chargée en fornication". Certes, Isy lui avait lancé une malédiction vaudou qui avait peut-être entraîné le fait que sa sœur jumelle morte vienne la hanter. Certes. Mais à La Nouvelle-Orléans, c'était coutumier, c'était presque une manière de dire bonjour. Mais s'il y avait bien une chose à laquelle elle ne s'attendait pas, c'est que Mildred Magpie lui présente... des excuses ?

Isy fut tellement surprise qu'elle ne releva même pas l'énième menace physique. Ses yeux se firent ronds comme des billes quand la rédactrice-en-chef saisit sa main dans la sienne et s'y agrippa comme un vautour à sa charogne. Le regard qu'elle lança à Roy tenait sûrement de l'appel à l'aide mais elle essaya de prendre sur elle, se raclant la gorge. Mildred était partie dans un grand discours, affirmant qu'elle voulait enterrer la hache de guerre. Quand elle affirma qu'elle était jalouse, Isy se retint de lancer un "sans rire" sarcastique. Elle ne savait pas trop quoi penser des vœux de bonheur de sa rivale, on aurait dit un cadeau empoisonné. Est-ce que Mildred essayait de lui passer sa poisse ? Ou bien était-elle dans une cercle d'auto-destruction au point de n'avoir plus aucun filtre ? Décidant de ne pas trancher ce soir, Isobel tenta une réponse prudente.

- Et bien... merci ? Je suppose.

Nouveau coup d’œil évocateur à l'adresse de Roy. C'était comme tomber dans une réalité parallèle et ce n'était pas près d'être terminé : Mildred fit glisser une lettre vers eux, ses excuses au Ministre visiblement. Chaque mot fit hausser un peu plus les sourcils d'Isobel : elle était certaine que si cette lettre tombait entre les mains du Ministre, cela lui donnerait de sérieuses envies de raser Bristol. Si la co-gérante des Folies espérait se rattraper, ce n'était pas comme ça qu'elle y arriverait... Et elle aurait dû le savoir, si elle bossait avec Bannerman. Il n'avait été mis sur aucune mission, celui là, pourtant. À part le derrière de Mildred, visiblement...

- Anderson Bannerman s'occupe de votre dossier ?

Notant d'avoir deux mots avec son collègue particulier, Isobel relut une nouvelle fois la lettre, comme pour réaliser qu'elle était bien réelle. C'était légal d'écrire tant de bêtises au mètre carré ? Mildred était pourtant une femme intelligente avec un bon sens des affaires, même quand elle était bourrée : son discours à Roy en était la preuve. Son miaulement vint néanmoins briser le peu d'opinion positive que pouvait avoir Isy à son sujet à cet instant et la remontrance lui échappa.

- Moins fort ! s'exclama-t-elle d'une voix claquante.

Ils n'avaient pas besoin d'attirer tout le club avec les miaulements de chatte en chaleur de Mildred. Elle ne se souviendrait de rien le lendemain mais eux, si...

- Si vous voulez mon avis, cette lettre - et elle était gentille en utilisant ce mot - ne servirait qu'à agacer un peu plus le Ministre. Si vous voulez vous rattrapez, il va falloir faire bien plus et, à mon avis, vous avez tout intérêt à vous faire discrète en attendant. Elle avait lancé cela en regardant Roy, car ça concernait son business. Si vous voulez redorer votre image - c'est difficile, mais possible - il va vous falloir un plan global de communication, à plusieurs niveaux.



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Bacchanalia [Roy&Mildred]

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