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 Quelqu'un comme moi [PNJ mystérieux]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
Messages : 678

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2 mars 2010


"Ce n'est pas possible..."

Les sourcils poivre et sel du ministre se froncèrent, tandis qu'il penchait sa maigre carcasse sur son bureau. Il relut une troisième fois, puis une quatrième, le contenu du long parchemin qu'il tenait entre ses doigts tremblants. C'était écrit là, en noir sur blanc, d'une belle écriture régulière. L'emblème situé au sommet du document était parfaitement officiel, quant à l'écriture griffonnée tout en bas, il l'aurait reconnu entre mille. Ce papier était parfaitement juste, légal et authentique - un sort très puissant avait d'ailleurs rempli certains de ces termes magiquement. Dont le nom qui le préoccupait, sur lequel il usait son regard noir depuis maintenant vingt bonnes minutes.

Poussant un lourd soupir de lassitude, Leopold se laissa aller dans son fauteuil, dont le cuir crissa. Il replia soigneusement le parchemin et le glissa dans la poche de son costume moldu, puis émit un grognement lorsqu'une vague de douleur parcourut le côté gauche de son visage. Attrapant le pot de crème qui se trouvait rangé sur son bureau, Leopold enduisit sa cicatrice de cette lotion qu'il s'était procuré il y a peu. Aussitôt, une sensation de soulagement l'envahit et il réalisa à regret que le pot était quasiment vide. Pourtant, la crème était très peu efficace contre la douleur provoquée par une cicatrice magique, mais l'effet placebo était appréciable. Il se la procurait aux prix fort sur l'Allée des Embrumes, qu'il lui faudrait donc visiter très prochainement...

Puisqu'il devait le faire, autant en profiter pour faire un détour par le Chemin de Traverse, songea-t-il tandis que le parchemin continuait de lui trotter en tête. Pourquoi ce nom lui était-il familier ? Il ne parvenait pas à le replacer, il ne croyait pas avoir déjà visité cette boutique ni rencontré sa propriétaire, alors pourquoi ? Sans doute devrait-il envoyer Alan faire une petite enquête avant de faire quoi que ce soit, pour savoir où il allait mettre les pieds. Pourtant, cette perspective l'agaçait, et il savait qu'il ne parviendrait pas à se concentrer sur quoi ce que soit d'autres tant que cette histoire n'était pas élucidée. De plus, Alan avait pris un jour de congé - ce que Leopold lui accordait, une fois tous les cinq ou six mois - et il ne voyait personne d'autre que lui pour se charger d'une telle mission : tant qu'il ne savait pas de quoi il retournait, Leopold devait faire preuve de la plus grande discrétion...

*On n'est jamais mieux servi que par soi-même*, songea le ministre en se levant brusquement de son fauteuil, achevant de se convaincre lui-même. Dès l'instant où il avait lu le document, il avait su que quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose au fond de son esprit s'était éveillé, une sensation qu'il ne parvenait pas totalement à saisir, mais qui le tiraillait, le narguait : cette impression, il ne pourrait pas l'ignorer. Leopold avait appris depuis longtemps à faire confiance à son instinct.

Leopold enfila une longue veste sombre par-dessus son costume et un chapeau à bords larges pour dissimuler son visage torturé. Il quitta son bureau, quitta le Manoir Marchebank et traversa les jardins jusqu'aux larges grilles, où l'attendait son escorte. D'un hochement de tête, il salua les deux hommes qui faisaient le pied de grue, sous un ciel d'orage.

"Au Chemin de Traverse", ordonna-t-il en tendant son bras vers l'un d'entre eux. L'homme le saisit et le transplanage d'escorte débuta. Quelques instants plus tard, Leopold descendait la célèbre ruelle tortueuse, en balayant les différents commerces du regard. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas rendu sur le Chemin, qui lui évoquait désormais des souvenirs bien particuliers. Il baissait les yeux sur ce pavé et pouvait presque imaginer le sang qui ruisselait dans les rainures. Cette petite place lui rappelait l'estrade où il s'était tenu, et tant d'autres hommes politiques avec lui. Cet enfant qui pleurait parce que sa boule de glace était tombée lui rappelait un autre enfant, qu'il avait héroïquement sauvé de la bousculade...

Un petit sourire satisfait étira ses lèvres. Voilà qu'il marchait en son royaume.

Soudain, la boutique qu'il recherchait se dressa devant lui. Un instant, il observa la devanture chaleureuse et accueillante, et sa perplexité augmenta d'un cran. Il y avait là un lien qui lui échappait, et qu'il avait hâte de découvrir.

"Attendez ici."

Cette conversation ne pouvait pas avoir de témoins. Laissant derrière lui son escorte, il fit quelques pas vers la vitrine et jeta un coup d'oeil à l'intérieur. Personne, si ce n'est une femme d'un certain âge, certainement la propriétaire. C'était parfait, songea-t-il en s'avançant vers l'entrée. D'une main ferme, il poussa la porte des "Belles plantes de Clara Lorgan"...



Christoph Waltz, merci à Roy
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Clara Lorgan - 48 ans - Fleuriste

"Je peux vous aider ?"

Clara s'approcha du jeune trentenaire qui se tenait bêtement devant les orchidées vénéneuses depuis plusieurs minutes. Il avait fait trois fois le tour de la boutique, attrapé un bouquet de roses pour le reposer dix secondes plus tard, et semblait désormais attendre un miracle. Miracle qui se présenta sous les traits d'une charmante fleuriste perchée sur une paire de talons hauts.

« Je cherche des fleurs… lui répondit bêtement ce dernier, arrachant un sourire d’habituée à son interlocutrice.
- Et vous êtes au bon endroit pour ça ! »

C’était en général pour cette raison que les clients poussaient la porte de sa boutique. A première vue on ne trouvait que des fleurs aux Belles Plantes de Clara Lorgan. Des seaux colorés débordaient des variétés les plus exotiques, du lierre dégringolait de pots suspendus au plafond et des plantes plus ou moins carnivores grimpaient le long des murs. La croqueuse d’homme la plus dangereuse du magasin n’était toutefois pas la tentacula vénéneuse qui dormait dans un coin mais bien la maitresse des lieux. Ils venaient tous chercher des fleurs mais ils avaient été nombreux à repartir avec un peu plus que cela. Ce ne serait toutefois pas le cas du jeune homme indécis qui se tenait devant les orchidées par cette sombre journée de mars. Le pauvre était trop petit et trop et trop maigrelet pour intéresser la fleuriste. Et puis, c’était fini tout ça, ça ne l’amusait plus vraiment. Son client ne repartit qu’avec un bouquet de tulipes, et fit tinter la clochette suspendue au-dessus de la porte alors qu’il rejoignait l’artère animée du Chemin de Traverse.

L’échoppe resta silencieuse pendant quelques minutes, que la commerçante mit à profit pour s’occuper de ses géraniums dentus qui n’étaient pas au mieux de leur forme. Clara avait la main verte, depuis toute petite. Elle avait toujours aimé s’occuper des plantes. Elles les trouvaient belles, élégantes, mais les savait aussi fortes et résistantes, parfois dangereuses pour certaines. Elle n’avait aucune difficulté à s’identifier à une tentacula vénéneuse, avec qui elle partageait un amour des espaces lumineux, et des hommes.

La clochette de la porte retentit à nouveau et Clara s’avança au centre de la boutique pour y trouver un homme dont la vue la ramena aussitôt des années en arrière. C’était un autre temps, alors qu’elle n’avait pas encore vingt-cinq ans, une époque à laquelle elle n’avait plus songé depuis longtemps. C’était des souvenirs agréables pourtant. Un été particulièrement chaud, quelques années avant l’ouverture de sa boutique. Elle travaillait comme vendeuse chez Florian Fortarôme. Il avait été un client particulièrement régulier cet été là. Elle en avait fait des erreurs, cet été là…

« Léopold Marchebank…» souffla-t-elle avec un sourire mi-nostalgique, mi-amusé. Elle aurait probablement dû lui donner du « Monsieur le Ministre », songea-t-elle trop tard. Ils avaient été bien trop proches pour qu’elle ne puisse se plier à la bienséance.

A la façon dont il était entré, elle avait su qu’il ne venait pas pour la voir. Il avait presque l’air perdu. Elle avait beau ne pas être surprise, elle en aurait presque été vexée.

«Je ne devrais même pas m’étonner que tu ne me reconnaisses pas, soupira-t-elle. Mais ce silence, c’est tout de même un peu insultant… »

Pour sa défense, elle devait avoir bien changé, depuis ce fameux été. Lui-même ne ressemblait plus en rien au jeune homme fougueux qu’elle avait connu. Le choc était simplement moins violent pour elle. Léopold était vite devenu quelqu’un d’important, elle avait vu des photos de lui dans la presse, suivi son ascension politique. Lui ne devait se souvenir que de la jeune vendeuse de glace qu’il avait connue il y a vingt ans. Il ignorait tout d’elle, et de ce qu’était devenu sa vie. Et il y avait bien d’autres secrets qu’il ignorait également…

Le cœur de Clara se pinça douloureusement à la pensée de sa fille. De sa petite-fille, qu’elle avait perdue pour toujours. Elle ne s’habituait pas à la douleur. Elle ne se faisait pas à son absence. Elle pensait à elle chaque jour, chaque heure, en permanence. Elle ne pensait qu’à ça. On ne cessait jamais d’être une mère, même quand on n’avait plus d’enfant. Même quand on avait été une mauvaise mère.
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Quelqu'un comme moi [PNJ mystérieux]

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