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 Quelqu'un comme moi [PNJ mystérieux]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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2 mars 2010


"Ce n'est pas possible..."

Les sourcils poivre et sel du ministre se froncèrent, tandis qu'il penchait sa maigre carcasse sur son bureau. Il relut une troisième fois, puis une quatrième, le contenu du long parchemin qu'il tenait entre ses doigts tremblants. C'était écrit là, en noir sur blanc, d'une belle écriture régulière. L'emblème situé au sommet du document était parfaitement officiel, quant à l'écriture griffonnée tout en bas, il l'aurait reconnu entre mille. Ce papier était parfaitement juste, légal et authentique - un sort très puissant avait d'ailleurs rempli certains de ces termes magiquement. Dont le nom qui le préoccupait, sur lequel il usait son regard noir depuis maintenant vingt bonnes minutes.

Poussant un lourd soupir de lassitude, Leopold se laissa aller dans son fauteuil, dont le cuir crissa. Il replia soigneusement le parchemin et le glissa dans la poche de son costume moldu, puis émit un grognement lorsqu'une vague de douleur parcourut le côté gauche de son visage. Attrapant le pot de crème qui se trouvait rangé sur son bureau, Leopold enduisit sa cicatrice de cette lotion qu'il s'était procuré il y a peu. Aussitôt, une sensation de soulagement l'envahit et il réalisa à regret que le pot était quasiment vide. Pourtant, la crème était très peu efficace contre la douleur provoquée par une cicatrice magique, mais l'effet placebo était appréciable. Il se la procurait aux prix fort sur l'Allée des Embrumes, qu'il lui faudrait donc visiter très prochainement...

Puisqu'il devait le faire, autant en profiter pour faire un détour par le Chemin de Traverse, songea-t-il tandis que le parchemin continuait de lui trotter en tête. Pourquoi ce nom lui était-il familier ? Il ne parvenait pas à le replacer, il ne croyait pas avoir déjà visité cette boutique ni rencontré sa propriétaire, alors pourquoi ? Sans doute devrait-il envoyer Alan faire une petite enquête avant de faire quoi que ce soit, pour savoir où il allait mettre les pieds. Pourtant, cette perspective l'agaçait, et il savait qu'il ne parviendrait pas à se concentrer sur quoi ce que soit d'autres tant que cette histoire n'était pas élucidée. De plus, Alan avait pris un jour de congé - ce que Leopold lui accordait, une fois tous les cinq ou six mois - et il ne voyait personne d'autre que lui pour se charger d'une telle mission : tant qu'il ne savait pas de quoi il retournait, Leopold devait faire preuve de la plus grande discrétion...

*On n'est jamais mieux servi que par soi-même*, songea le ministre en se levant brusquement de son fauteuil, achevant de se convaincre lui-même. Dès l'instant où il avait lu le document, il avait su que quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose au fond de son esprit s'était éveillé, une sensation qu'il ne parvenait pas totalement à saisir, mais qui le tiraillait, le narguait : cette impression, il ne pourrait pas l'ignorer. Leopold avait appris depuis longtemps à faire confiance à son instinct.

Leopold enfila une longue veste sombre par-dessus son costume et un chapeau à bords larges pour dissimuler son visage torturé. Il quitta son bureau, quitta le Manoir Marchebank et traversa les jardins jusqu'aux larges grilles, où l'attendait son escorte. D'un hochement de tête, il salua les deux hommes qui faisaient le pied de grue, sous un ciel d'orage.

"Au Chemin de Traverse", ordonna-t-il en tendant son bras vers l'un d'entre eux. L'homme le saisit et le transplanage d'escorte débuta. Quelques instants plus tard, Leopold descendait la célèbre ruelle tortueuse, en balayant les différents commerces du regard. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas rendu sur le Chemin, qui lui évoquait désormais des souvenirs bien particuliers. Il baissait les yeux sur ce pavé et pouvait presque imaginer le sang qui ruisselait dans les rainures. Cette petite place lui rappelait l'estrade où il s'était tenu, et tant d'autres hommes politiques avec lui. Cet enfant qui pleurait parce que sa boule de glace était tombée lui rappelait un autre enfant, qu'il avait héroïquement sauvé de la bousculade...

Un petit sourire satisfait étira ses lèvres. Voilà qu'il marchait en son royaume.

Soudain, la boutique qu'il recherchait se dressa devant lui. Un instant, il observa la devanture chaleureuse et accueillante, et sa perplexité augmenta d'un cran. Il y avait là un lien qui lui échappait, et qu'il avait hâte de découvrir.

"Attendez ici."

Cette conversation ne pouvait pas avoir de témoins. Laissant derrière lui son escorte, il fit quelques pas vers la vitrine et jeta un coup d'oeil à l'intérieur. Personne, si ce n'est une femme d'un certain âge, certainement la propriétaire. C'était parfait, songea-t-il en s'avançant vers l'entrée. D'une main ferme, il poussa la porte des "Belles plantes de Clara Lorgan"...


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Clara Lorgan - 48 ans - Fleuriste

"Je peux vous aider ?"

Clara s'approcha du jeune trentenaire qui se tenait bêtement devant les orchidées vénéneuses depuis plusieurs minutes. Il avait fait trois fois le tour de la boutique, attrapé un bouquet de roses pour le reposer dix secondes plus tard, et semblait désormais attendre un miracle. Miracle qui se présenta sous les traits d'une charmante fleuriste perchée sur une paire de talons hauts.

« Je cherche des fleurs… lui répondit bêtement ce dernier, arrachant un sourire d’habituée à son interlocutrice.
- Et vous êtes au bon endroit pour ça ! »

C’était en général pour cette raison que les clients poussaient la porte de sa boutique. A première vue on ne trouvait que des fleurs aux Belles Plantes de Clara Lorgan. Des seaux colorés débordaient des variétés les plus exotiques, du lierre dégringolait de pots suspendus au plafond et des plantes plus ou moins carnivores grimpaient le long des murs. La croqueuse d’homme la plus dangereuse du magasin n’était toutefois pas la tentacula vénéneuse qui dormait dans un coin mais bien la maitresse des lieux. Ils venaient tous chercher des fleurs mais ils avaient été nombreux à repartir avec un peu plus que cela. Ce ne serait toutefois pas le cas du jeune homme indécis qui se tenait devant les orchidées par cette sombre journée de mars. Le pauvre était trop petit et trop et trop maigrelet pour intéresser la fleuriste. Et puis, c’était fini tout ça, ça ne l’amusait plus vraiment. Son client ne repartit qu’avec un bouquet de tulipes, et fit tinter la clochette suspendue au-dessus de la porte alors qu’il rejoignait l’artère animée du Chemin de Traverse.

L’échoppe resta silencieuse pendant quelques minutes, que la commerçante mit à profit pour s’occuper de ses géraniums dentus qui n’étaient pas au mieux de leur forme. Clara avait la main verte, depuis toute petite. Elle avait toujours aimé s’occuper des plantes. Elles les trouvaient belles, élégantes, mais les savait aussi fortes et résistantes, parfois dangereuses pour certaines. Elle n’avait aucune difficulté à s’identifier à une tentacula vénéneuse, avec qui elle partageait un amour des espaces lumineux, et des hommes.

La clochette de la porte retentit à nouveau et Clara s’avança au centre de la boutique pour y trouver un homme dont la vue la ramena aussitôt des années en arrière. C’était un autre temps, alors qu’elle n’avait pas encore vingt-cinq ans, une époque à laquelle elle n’avait plus songé depuis longtemps. C’était des souvenirs agréables pourtant. Un été particulièrement chaud, quelques années avant l’ouverture de sa boutique. Elle travaillait comme vendeuse chez Florian Fortarôme. Il avait été un client particulièrement régulier cet été là. Elle en avait fait des erreurs, cet été là…

« Léopold Marchebank…» souffla-t-elle avec un sourire mi-nostalgique, mi-amusé. Elle aurait probablement dû lui donner du « Monsieur le Ministre », songea-t-elle trop tard. Ils avaient été bien trop proches pour qu’elle ne puisse se plier à la bienséance.

A la façon dont il était entré, elle avait su qu’il ne venait pas pour la voir. Il avait presque l’air perdu. Elle avait beau ne pas être surprise, elle en aurait presque été vexée.

«Je ne devrais même pas m’étonner que tu ne me reconnaisses pas, soupira-t-elle. Mais ce silence, c’est tout de même un peu insultant… »

Pour sa défense, elle devait avoir bien changé, depuis ce fameux été. Lui-même ne ressemblait plus en rien au jeune homme fougueux qu’elle avait connu. Le choc était simplement moins violent pour elle. Léopold était vite devenu quelqu’un d’important, elle avait vu des photos de lui dans la presse, suivi son ascension politique. Lui ne devait se souvenir que de la jeune vendeuse de glace qu’il avait connue il y a vingt ans. Il ignorait tout d’elle, et de ce qu’était devenu sa vie. Et il y avait bien d’autres secrets qu’il ignorait également…

Le cœur de Clara se pinça douloureusement à la pensée de sa fille. De sa petite-fille, qu’elle avait perdue pour toujours. Elle ne s’habituait pas à la douleur. Elle ne se faisait pas à son absence. Elle pensait à elle chaque jour, chaque heure, en permanence. Elle ne pensait qu’à ça. On ne cessait jamais d’être une mère, même quand on n’avait plus d’enfant. Même quand on avait été une mauvaise mère.
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Une fragrance de fleurs vint chatouiller les narines du ministre dès l'instant où il posa un orteil dans la boutique. Un éternuement aigu et un peu ridicule le secoua. Lui qui n'était habitué qu'au parfum doucereux des roses de son manoir se sentit aussitôt agressé par ces odeurs lourdes et entêtantes. Comment cette femme faisait-elle pour tenir toute la journée dans un tel environnement ?, s'enquit-il en posant son regard sur l'objet de sa visite. Avec un naturel désarmant, il caressa son corps des yeux, s'attardant par habitude sur certains coins et recoins de sa silhouette avant de daigner s'accrocher à son visage.

Un froncement de sourcils répondit aux salutations de la fleuriste. Ce n'était pas tant le fait qu'elle connaisse son nom - tout le monde connaissait son nom. C'était surtout la charge émotionnelle qu'elle avait ajouté à ces deux mots, comme s'il existait entre eux quelque relation intime. Comme s'ils se connaissaient de longue date. Impression que vinrent confirmer les paroles de Clara Lorgan, pour le plus grand déplaisir de Leopold. Salazar lui en soit témoin, il n'avait pas le moindre souvenir de cette femme ! Et pourtant, elle-même semblait parfaitement se rappeler de lui... Il était un homme mémorable, certes, mais enfin !

Les rides de son front se creusèrent d'avantage tandis qu'il l'observait fixement, tentant en vain de convoquer quelques souvenirs. Hélas, sa cervelle était trop pleine, et sa mémoire complètement saturée, de gens, d'époques et de périodes entremêlées. Si le nom lui était familier, le visage ne lui évoquait rien, combien de femmes telles que celle-ci avait-il connu dans sa vie ? Clara Lorgan était parfaitement commune. Pourtant, elle avait dû représenter quelque chose de particulier, pour lui ou pour sa famille, sinon il ne serait pas présent aujourd'hui.

Confus, et légèrement inquiet, Leopold se rapprocha du comptoir sur lequel il posa ses deux mains.

"Pouvez-vous fermer boutique quelques instants ?", s'enquit-il sans daigner lui répondre. Inutile de prétendre qu'il avait la moindre idée de ce que Clara Lorgan avait à faire avec lui. "Nous avons à parler, en privé."

Hors de question qu'il soit dérangé par un client, ni que quiconque surprenne un mot de cette conversation. Pendant que la fleuriste s'affairait, Leopold fit quelques pas dans la boutique, et s'arrêta devant une grosse plante carnivore pourpre. La plante, enroulée sur elle-même, se mouvait lentement comme un large serpent somnolent, ouvrant et fermant ses pétales à la recherche d'une proie invisible. Prudemment, le ministre tendit un doigt replié vers la plante, qu'il caressa doucement. Elle tressaillit, puis finit par émettre une sorte de gargouillement satisfait. La plante carnivore lui en rappela une autre, en d'autres circonstances, et par association d'idées, une autre sorcière blonde et meurtrière se rappela à lui. L'impression confuse de danger qu'il ressentait s'intensifia d'un cran, et il se détourna pour suivre Clara Lorgan qui avait fermé boutique, pressé d'achever cette rencontre.

Planté face à elle, Leopold s'emmura un moment dans le silence avant de se résoudre à sortir le parchemin de sa poche. Il le garda plié entre ses doigts crispés. Les questions se bousculaient en lui, et il finit par lâcher, d'un ton presque brutal :

"Comment est-ce que vous avez connu mon arrière grand-mère, Griselda Marchebank ? Quelle relation entreteniez-vous avec elle ?"

Car c'était bien tout ce qui importait de savoir. Il se fichait bien de savoir si Clara et lui s'étaient fréquentés dans leur jeunesse, à un quelconque événement organisé par leurs familles peut-être, voire même à Poudlard. Elle lui semblait plus jeune, mais qui sait, la cosmégique faisait des progrès chaque jour. Leopold n'était pas venu reprendre contact avec une femme de son passé, il était venu résoudre un mystère, un mystère particulièrement irritant. Qu'est-ce qui reliait Griselda à une fleuriste minable du Chemin de Traverse ? Pourquoi elle ?


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Clara Lorgan - 48 ans - Fleuriste

Clara ne s'était pas attendue à de chaleureuses retrouvailles -ils n'avaient même pas fait semblant de rester en contact après leur brève relation estivale- mais elle était un peu étonnée de l'attitude froide et presque agressive de Léopold. Elle aurait même pu être vexée de constater qu'il ne gardait pas le moindre souvenir d'elle, si seulement elle n'avait pas exactement le même comportement avec ses propres conquêtes. Elle aussi, elle oubliait les visages de ses amants sitôt qu'ils quittaient son lit, en général. Il en avait été tout autrement pour Léopold, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir de ne pas avoir attaché à leur relation autant d'importance qu'elle l'avait fait. Il ne savait pas. Leur flirt d'été n'avait pas changé sa vie, à lui.

La fleuriste hocha silencieusement la tête et agita sa baguette pour faire pivoter le petit écriteau accroché dans la vitrine de la boutique, qui indiquait désormais " fermé ". Elle avait d'abord cru que c'était le hasard qui avait amené Léopold dans sa boutique. Il était évident qu'il ignorait qu'elle en était la propriétaire, et qu'il ne se souvenait même pas d'elle, aussi fut-elle surprise quand il affirma qu'ils devaient parler en privé.

"Il n'y a personne d'autre, je travaille seule."

Elle fronça les sourcils en le voyant sortir un parchemin de sa poche et le garder fermement emprisonné dans son poing serré. Elle n'avait pas la moindre idée de ce dont il s'agissait mais sentit une pointe d'inquiétude naitre en elle. Se pourrait-il qu'il ait découvert la vérité ? Elle avait caché le secret si longtemps qu'il lui semblait impossible qu'il resurgisse aujourd'hui. Et puis, à quoi bon ? C'était un secret qui ne protégeait plus personne. Clara ferma les yeux une seconde en entendant le nom de Griselda Marchebank. Elle était là, la faille. Le maillon faible d'une supercherie qui avait duré plus de vingt ans. Elle avait appris sa mort dans la Gazette et bien qu'elle en ait été attristée, cela avait aussi été une forme de soulagement. La veille dame avait emporté son secret dans la tombe. Du moins c'était ce que Clara espérait.

"Je n'entretenais aucune relation avec votre arrière-grand-mère, répondit-elle honnêtement, d'un ton plus sec. Nous nous sommes parlé une fois, il y a plus de vingt ans."

Elle n'avait rencontré Griselda Marchebank qu'une seule fois. Leur entrevue avait duré à peine plus d'une heure et pourtant leur conversation était restée gravée dans la mémoire de Clara pendant toutes ses années. Encore aujourd'hui elle se souvenait bien des paroles de la vieille dame. C'était un soir de septembre, il faisait encore chaud. Clara était arrivée devant sa porte, pensant y trouver Léopold. Il ne lui avait jamais communiqué son adresse personnelle mais le Manoir Marchebank n'était pas difficile à trouver. Elle n'avait même pas eu à expliquer le motif de sa venue, Griselda avait su. Peut-être l'avait-elle deviné à son regard plein de détresse, ou à sa main posée sur son ventre encore plat. Elle avait compris tout de suite et elle avait réglée ça à sa façon, avec juste assez de compassion et ce qu'il fallait d'autorité. Elle ne voulait pas de ça dans sa famille. Léopold était jeune, il avait encore beaucoup de choses à accomplir, il ne devait pas savoir. Ce serait du gâchis. Elle comprenait que ce soit dur pour Clara, mais lui avait assuré que c'était mieux ainsi, et qu'elle lui revaudrait son silence un jour.

Clara avait gardé le secret. Elle ne l'avait jamais dit à personne. Elle était repartie sans avoir revu Léopold. Elle fréquentait déjà son mari actuel depuis quelques jours, ils s'étaient rencontrés à la fin de l'été, et elle s'était accrochée à lui. Pas parce qu'elle l'aimait particulièrement mais parce qu'il avait le mérite d'être entré dans sa vie au bon moment et d'avoir une situation plus stable que la sienne. Kelsey était née huit mois après ce fameux soir de septembre et personne n'avait imaginé qu'elle puisse être la fille d'un autre. Clara elle-même en arrivait à oublier son mensonge, quelque fois. Comme chaque fois qu'elle repensait à sa fille, elle sentit son cœur se serrer douloureusement. On disait que la souffrance s'atténuait avec le temps, c'était un mensonge. Cela faisait toujours aussi mal. C'était de ses douleurs qui ne se partagent pas, qu'on ne peut pas imaginer sans les avoir ressenties, et auxquelles on ne s'habitue jamais.

Son regard s'était troublé quand elle releva la tête pour poser les yeux sur celui qui avait, sans le savoir, perdu une fille aussi, mais également une arrière-grand-mère.

"Je vous présente toutes mes condoléances, assura-t-elle. Elle attendit quelques secondes, par correction, avant d'ajouter : En quoi puis-je vous aider ?"

Clara n'arrivait pas à se débarrasser du sentiment d'inquiétude qui s'était emparée d'elle. Il n'y avait pas trente-six raisons qui avaient pu amener le Ministre de la Magie jusque dans sa boutique, il avait forcément découvert quelque chose. Mais en savait-il déjà trop où y avait-il encore des secrets que Clara pouvait préserver ?

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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La réaction de Clara Lorgan quand il prononça le nom de son arrière-grand-mère ne fut pas perdue pour Leopold, dont l'inquiétude augmenta d'un cran. Ainsi, il y avait bien là un lien, une connexion, suffisamment importante pour que son interlocutrice se retranche derrière des réponses minimalistes. Une conversation, une fois, mais dans quel contexte, à quel sujet ? Une conversation qui avait eu son importance, à n'en pas douter, sinon il ne se trouverait pas ici en train de se faire intoxiquer par des plantes odorantes...

Malgré son irritation, Leopold se fendit d'un "Je vous remercie." quand la fleuriste lui présenta ses condoléances. La nouvelle de la mort de Griselda Marchebank avait été largement relayée par les journaux, car tout était extraordinaire : la personnalité de la défunte, d'abord, arrière-grand-mère du ministre qui n'était nulle autre que la doyenne des sorciers anglais. Les circonstances du décès, ensuite : écrasée par l'énorme système solaire pendant l'attaque de la March Bank... Pourtant, dans le cas de Clara Lorgan, ce décès revêtait visiblement une importance particulière, qu'elle faisait mine d'ignorer. Ma foi, il allait rapidement lui remettre les idées en place.

Dépliant la feuille de parchemin froissée, il l'étala à plat sur le comptoir et la tourna en direction de Carla pour qu'elle puisse le lire. Le sceaux du Département de la justice magique était apposé en haut à droite, en attestant son authenticité.

"Voici un extrait du testament de Griselda, dont j'ai pu prendre connaissance aujourd'hui-même", révéla-t-il en pointant du doigt les premières lignes, tracées de la belle écriture ronde du notaire. Son doigt parcourut lentement la feuille, jusqu'à atteindre une liste de noms - la liste des héritiers. On y retrouvait Madame Coraline Ernesta Marchebank, Monsieur Leopold Julius Marchebank, Madame Kessy Brooks-Marchebank, Monsieur Dave Brutus Marchebank, Madame Cassandre Eleanor Mary Harper et Monsieur Nicholas Marchebank.

Mais, quasiment en haut de cette liste...

"Madame Clara Lorgan, née le 14 janvier 1962", lut-il de sa voix grave, dans laquelle planait une menace.

"C'est un testament réalisé grâce à un sort extrêmement puissant, et qui ne peut être modifié sans la volonté de son auteur. Un sort qui fait évoluer automatiquement la liste selon l'évolution des descendants du bénéficiaire..."

Ce qui pouvait s'avérer fort pratique lorsqu'on avait vécu tellement longtemps que la liste des descendants pouvait s'avérer difficile à tracer. Heureusement, Leopold avait fait suffisamment de ménage dans sa famille au cours des décennies passées pour s'assurer de ne pas avoir de mauvaise surprise à la lecture de ce précieux document, du moins... c'était ce qu'il croyait, avant de tomber sur le nom d'une illustre inconnue, qui n'avait a priori pas le moindre lien avec la famille Marchebank.

A bien la regarder, cette Clara lui évoquait un souvenir. Ce visage lui semblait familier, mais il peinait toujours à la replacer... Ce n'était pourtant pas faute de la dévisager, et de fouiller ses souvenirs. Hélas, ses pensées se faisaient confuses depuis quelques temps. Le poids des responsabilités, et les désirs violents de vengeance qu'il entretenait venaient effacer toute autre considération. De plus en plus souvent, il noyait ses douleurs diverses dans un produit ou dans un autre, ses nuits se faisaient plus courtes, son humeur plus irritable. Même ses plus proches conseillers et ses directeurs de département avaient appris à le fuir dans les couloirs du Ministère, et il n'y avait que dans les jardins du Manoir qu'il parvenait à trouver un peu de paix - lorsque le temps le lui permettait.

Les mains posées à la plat sur le comptoir, il approcha sa tête de celle de Clara Lorgan pour pouvoir vriller sur elle ses pupilles noires. Un avertissement luisait dans son regard.

"Donc peut-être pouvez-vous m'expliquer, ce que votre nom vient faire dans cette liste ?"



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Clara Lorgan - 48 ans - Fleuriste

Clara observa avec un froncement de sourcils Léopold déplier un parchemin officiel sur le comptoir de sa boutique. Elle sentit un poids tomber lourdement sur son estomac quand il lui annonça qu'il s'agissait du testament de Griselda. Ce serait donc ça, la preuve de son secret, de son mensonge. Elle avait protégé la vérité pendant vingt ans, et voilà qu'un vulgaire morceau de papier allait tout mettre à jour. Elle en aurait ri si elle n’avait pas tant eu envie de pleurer.

C'était la fin. Elle savait déjà ce qu'elle verrait sur ce testament. La vieille dame le lui avait promis, elle lui avait assuré que si elle gardait le secret, elle le lui revaudrait. Elle lui avait promis que son enfant ne serait pas abandonné. Clara avait oublié, avec le temps, et elle n'avait jamais rien attendu de la famille Marchebank. Mais cette promesse lui revenait clairement en mémoire désormais. Griselda était véritablement une femme de parole. La vieille dame avait finalement rempli sa part du marché. Elle avait nommé Kelsey parmi ses héritiers. Elle ne l'avait pas oubliée. Avait-elle seulement su qu’elle ne toucherait jamais cet héritage ? Avait-elle appris sa mort ?

Clara ne prit même pas la peine de lire le document, elle savait déjà. Elle détourna les yeux, refusant de poser le regard sur le prénom de sa fille.

Mais ce ne fut pas l'identité de Kelsey que le Ministre déclina d'une voix menaçante. C'était la sienne, son nom et sa date de naissance. Elle ne comprenait pas. Léopold expliqua que c'était un document magique très complexe, qui évoluait à mesure que la ligne d'héritage changeait. C'était donc bien le nom de Kelsey qui y avait été inscrit, mais le sien était venu le remplacer quand elle était décédée. Clara porta la main à son cœur, soudainement douloureux et lourd dans sa poitrine. Les choses n'étaient pas censées se passer ainsi. C'était les enfants qui héritaient de leurs parents, pas l'inverse. Les parents ne devraient pas voir leurs enfants mourir, les êtres humains n'étaient pas faits pour supporter ça.

Elle ferma les yeux un instant pour retenir les larmes qui lui montaient aux yeux. Elle avait tant pleuré qu'elle se demandait comment elle trouvait encore des larmes à verser. Elle avait le sentiment qu'elle ne s'arrêterait jamais. Les pleurs ne cessaient que le temps de faire semblant, de continuer à gérer les petits choses du quotidien. Dès qu'elle s'arrêtait, dès qu'elle se relâchait, les sanglots revenaient. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle se retrouva face au regard noir et menaçant de Léopold et elle eut un mouvement de recul.

Elle avait la gorge nouée à l'idée de devoir lui avouer la vérité. Elle aurait voulu ne pas lui dire, trouver une autre explication et se débarrasser de lui le plus rapidement possible. Cela n'avait plus aucun sens, de lui dire maintenant. A quoi bon ? Pourquoi lui apprendre aujourd'hui l'existence d'une fille qu'il avait déjà perdue. Elle lui aurait rendu service en continuant à lui cacher la vérité, mais elle savait qu'il était trop tard. Il devait avoir une armée de notaires et d'avocat prêts à creuser aussi profondément qu'ils le pourraient pour découvrir la vérité, et elle ne pouvait pas affronter ça. Elle n'avait plus la force. La partie était finie.

"Ce n'était pas mon nom qui devait être sur cette liste, commença-t-elle d'une voix étranglée en détournant le regard. Ça aurait dû être le nom de ma fille...souffla-t-elle. De notre fille".

Il lui était pénible de parler de Kelsey. C'était physiquement douloureux, elle sentait son cœur fatigué se nouer au creux de sa poitrine. Et c'était dérangeant de l'associer à Léopold pour la première fois. Elle n'avait jamais été sa fille à lui. Ce n'était pas leur fille, cela ne l'avait jamais été. Il ne la connaissait même pas. Et il ne la connaitrait jamais.

"Griselda m'avait fait promettre de ne rien te dire..." souffla-t-elle en fermant de nouveau les yeux, assaillie par les souvenirs.

Elle n'avait pas à se justifier. C'était son droit de ne lui avoir rien dit. Il ne se souvenait même pas d'elle, il n'aurait certainement pas été ravie de la voir débarquer chez lui avec un bébé, un an après leur aventure d'été. Elle avait fait le bon choix, elle le savait. C'était peut-être ce qu'elle avait fait de mieux pour Kelsey, la seule décision dans son éducation qu'elle ne remettait pas en question. Elle avait fait ce qu'il fallait.

Clara était consciente de ne pas encore lui avoir tout dit, mais elle ne pouvait pas aller plus loin. C'était trop dur. Elle n'avait jamais trouvé le courage de le dire à voix haute, c'était au-dessus de ses forces. Il comprendrait seul. Il n'y avait qu'une raison pour que le nom de sa fille ait été remplacé par le sien.
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Ce silence était trop long. Les conflits qui agitaient Clara, trop visibles, commençaient à gagner Leopold qui sentit une angoisse indéfinissable lui étreindre la poitrine. Qu'est-ce que cette femme peinait donc tant à lui avouer ? Leopold devait le découvrir, et pourtant, tout son corps semblait rejeter cette confrontation. Ses pensées, obscurcie par des nuages menaçants, semblaient incapable de se former pour lui permettre ses déductions habituelles. Ses membres s'étaient crispés et il sentait sa cicatrice pulser douloureusement sur le côté gauche de son visage. Les mains serrées sur le comptoir, si fort que les jointures étaient blanches, il fixait la fleuriste comme si sa vie dépendait de ce secret qu'elle avait gardé. Et c'est alors qu'elle se mit à parler...

"...notre fille."

De choc, son regard s'agrandit, mais il ne réagit pas tout de suite. Il devait avoir mal entendu. Il n'avait pas fait d'enfant avec cette femme, il l'aurait su ! Mais Clara prononça alors le nom de son arrière-grand-mère, avec des accents de sincérité tels que son coeur s'emballa. S'il avait une certitude en ce monde, c'était que Griselda avait toujours raison. Il n'y avait qu'une seule personne au monde qui soit capable de le tromper, de lui dissimuler des choses, de se montrer plus malin que lui, et cette personne s'appelait Griselda Marchebank...

Soudain, comme dans un flash, le visage plus jeune de Clara Lorgan se superposa à celui qu'elle affichait aujourd'hui. Ses traits étaient plus doux, son visage plus lisse et détendu. Son regard naïf, joyeux et séducteur, se posait sur lui comme s'il était une friandise, qu'elle réservait pour son goûter. Tout d'un coup, c'était comme si un barrage avait cédé en lui : les souvenirs affluaient. Clara, resplendissante de jeunesse dans sa robe d'été, son plateau à la main, Clara qui lui servait sa glace préférée, Clara qui l'accompagnait sur le Chemin de Traverse après son service, et...

Notre fille. Clara, qui avait dû tomber enceinte, sans jamais le avouer. Evidemment, ce n'était qu'un flirt d'été, alors elle n'avait rien dit, s'était ouverte à Griselda pour obtenir, quoi, des conseils, de l'argent ? Et sa grand-mère avait fait le nécessaire pour garder cet enfant hors de sa vie. Mais alors, pourquoi n'était-ce donc pas le nom de cette fille, sa descendante, et probablement l'aînée, qui apparaissait sur le testament ?

La réponse à cette question lui traversa l'esprit comme un éclair foudroie le ciel. Sur le visage éprouvé de Clara Lorgan, d'autres traits se superposaient désormais, plus jeunes encore. Une moue toute aussi séductrice et volontaire, un regard tout aussi désespéré, une chevelure encore plus blonde... Les dragons ne font pas des hippogriffes, insinua une petite voix dans la tête du ministre. Tu sais que c'est la vérité.

"Comment elle s'appelait ?"

La question avait fusé, pressante et impérieuse. Il avait besoin de l'entendre. Il avait besoin qu'elle le dise, qu'elle plante cette flèche dans son coeur, et qu'elle appuie bien.

"Qu'est-ce qui lui est arrivé ?", enchaîna-t-il en criant presque, d'une voix qui trahissait son désespoir. Son regard était comme fou, accroché à celui de Clara, la défiant et lui intimant en même temps de lui confirmer ce qu'il avait déjà deviné - mais ne pouvait accepter...



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Clara Lorgan - 48 ans - Fleuriste

Clara s'était bien sûr attendue à ce que sa réponse provoque une certaine surprise, mais en voyant l'expression de Léopold changer si radicalement et son regard s'arrondir sous le choc, trahissant presque une certaine terreur, elle réalisa qu'elle avait minimisé l'impact de sa révélation. Elle ne parvenait pas à s'imaginer les émotions qui pouvaient habiter le ministre de la magie en cet instant. Elle était trop accaparée par sa propre peine et par la douleur que cette discussion ravivait en elle pour pouvoir se préoccuper des états d'esprit de son interlocuteur. Qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire de se découvrir un autre enfant, vingt ans après ? Et puis, n'avait-il pas l'habitude maintenant ?

Elle n'arrivait pas à se mettre à sa place, elle refusait d'admettre à quel point cette nouvelle pouvait être bouleversante pour lui. Elle avait perdu sa fille, rien ne pouvait surpasser ce traumatisme. Lui n'avait rien perdu du tout, il n'avait été privé de rien. Il ne l'avait pas connue, il ne l'avait pas élevée, il n'avait pas souffert de sa disparition. Quand il repartirait d'ici, rien n'aurait changé. Certes, il aurait découvert l'existence d'une fille, mais cette existence avait déjà pris fin., il sortirait de cette boutique sans que sa situation familiale n’ait changée. C'était une information qui n'aurait aucune conséquence sur sa vie ou sur son quotidien. C'était même absurde d'avoir cette conversation maintenant, alors qu'elle ne rimait plus à rien. Pourquoi devaient-ils s'imposer ça ? Pourquoi se faire souffrir ainsi alors que tout était déjà fini.

Léopold semblait d'ailleurs l'avoir parfaitement compris puisqu'il parlait déjà de cette fille inconnue au passé. Elle n’avait pas envie de répondre à ses questions, elle ne voulait pas parler de ça, c’était trop dur, cela ne valait plus la peine. Mais c’était plus fort qu’elle, elle sentait déjà le besoin de tout lui raconter et de partager sa peine, tout en sachant qu’il ne pourrait pas le comprendre. Personne ne pouvait savoir ce qu’elle ressentait. C’était une douleur qu’on ne pouvait pas imaginer. Il n’y avait même pas de mot pour parler d’elle et de ce qu’elle avait vécu. Les enfants privés de leurs parents étaient des orphelins, les malheureux qui perdaient leur moitié étaient veufs ou veuves, mais il n’existait pas de mot pour désigner les parents qui perdaient leur seul enfant. Les parents qui n’en étaient plus. Certainement parce qu’il était trop difficile de s’imaginer une perte si dévastatrice, si anormale. Ce n’était pas naturel. Les choses n’étaient pas censées se passer comme ça.

- Kelsey, souffla-t-elle finalement dans un murmure à peine audible. Kelsey Lorgan.

Elle ne comprenait pas l'urgence dans sa voix. Il avait presque l’air fou, il lui faisait peur. Il la pressait de lui raconter ce qui c’était passé, de lui expliquer pourquoi ce n’était pas le nom de Kelsey sur ce testament, comme s’il pouvait encore y faire quelque chose. Comme si cela avait la moindre importance. Mais c’était trop tard.

- Elle a été tuée… avoua-t-elle, la gorge nouée.

Aurait-elle moins souffert, si sa fille était morte autrement ? Était-ce moins pénible, de savoir que son enfant n’avait pas souffert ? Qu’il était mort heureux ? Elle passait ses nuits et ses jours à songer à ce qui s’était passé, à imaginer la façon dont s’était déroulé ce tragique évènement. C’était malsain, ça la rongeait de l’intérieur, mais c’était plus fort qu'elle, elle avait besoin de savoir. Elle se demandait sans cesse si sa fille avait eu peur, si elle avait eu mal. Quels avaient été ses derniers mots, ses dernières pensées ? Elle se consumait un peu plus chaque jour de ne pas savoir pourquoi sa fille était morte. L’enquête avait été abandonnée. On lui disait que le dossier était toujours ouvert mais les choses n’avançaient pas, et elles n’avanceraient jamais, elle le savait bien. Parce qu’à part elle personne ne se souciait de ce qui était arrivé à Kelsey. Une blessure par balle et les enquêteurs avaient conclu à une agression moldue. C’était la réponse simple, celle qui arrangeait tout le monde. Tout le monde sauf elle. Et peut-être Léopold.

Pour la première fois depuis le début de leur entrevue, Clara envisagea les retombées positives de cette conversation. Maintenant qu’il n’y avait plus de secret, ce n’était pas seulement sa fille que l’on avait assassinée, mais celle du Ministre de la magie, et elle était certaine que cela changeait la donne. Elle avait besoin que Léopold l’aide à répondre à toutes ses questions sans réponses. Il devait arrêter celui ou celle qui avait fait ça. Il le lui devait. Il le devait à Kelsey.

- On n’a pas arrêté son meurtrier, se reprit-elle d’une voix plus forte. Je t’en prie Léopold, il faut que tu m’aide, j’ai besoin de savoir…
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Kelsey. Le nom résonna en lui comme un coup de canon, ou plutôt comme un coup de feu - trois coups de feu, exactement. Comme frappé par la foudre, les yeux écarquillés de terreur, Leopold ne parvenait pas à réagir, il ne pouvait que s'agripper à ce comptoir de toute la force de ses doigts, sous peine de sentir ses jambes plier sous son corps. Kelsey. Il n'avait jamais su son nom de famille. Il avait laissé Alan et ses hommes s'occuper de nettoyer la scène, la police moldue se charger de trouver le corps et d'enquêter. Ici, le cas avait été vite oublié, malgré les supplications de Mrs Lorgan, dont Leopold n'avait jamais rien su. Après tout, ce n'était qu'une pauvre fille assassinée par un moldu au fin fond d'une ruelle sale, une mort sordide mais rien d'exceptionnel, rien qui ne vaille la peine de déranger le ministre.

Pourtant, le ministre n'avait jamais oublié, et aujourd'hui, chaque détail lui revenait nettement et cruellement en mémoire. Il n'avait pas oublié la sensation de la détente du pistolet sous son doigt, le recul puissant au moment où partait chaque balle, le mouvement qu'avait fait Kelsey en tombant sur le pavé gris et humide, le liquide pourpre et fascinant qui s'écoulait de sa jambe, et son visage qui pâlissait un peu plus à chaque seconde. Les mots qu'elle avait prononcés... Quelqu'un comme moi vaut dix fois plus que vous.... Sa supplique... Cette mèche de cheveux douce sous ses doigts, qu'il avait écarté de son visage, pour mieux l'observer, cette jeune femme dont il prenait la vie. Il ne l'avait pas oubliée. Il n'avait pas oublié l'odeur de pisse et de pollution, ni ce silence assourdissant, tout juste troublé par le bruit de la circulation au loin. C'était ainsi qu'elle était morte, seule, pitoyable, sans amour, sur l'autel de sa gloire, pour préserver sa puissance, son plan sans défauts, sauf ce petit accroc, dérisoire, qu'il avait réglé sans y penser. D'un doigt pressé sur la détente.

Kelsey Lorgan, voilà comment elle s'appelait, il le savait enfin. Et elle était sa fille. Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte ? Il la voyait désormais, il la voyait à travers le visage de Clara, mais aussi dans la jeunesse et l'insouciance de Kessy, dans la fierté et la force de Cassandre, il la reconnaissait dans l'âme blessée de Dave et, enfin, dans sa propre noirceur à lui. Quel homme ne reconnaissait pas sa propre fille ? Quel homme assassinait-il son propre enfant ? Brusquement, après quelques secondes de stupéfaction, une douleur vive et intense étreignit le coeur du ministre, qui porta la main à sa poitrine. Sa respiration se fit plus difficile, et une peur panique s'insinua en lui. Et s'il avait une crise cardiaque, ici, dans cette boutique sans témoins ? Mais n'était-ce pas tout ce qu'il méritait ? Clara Lorgan ne ferait-elle pas mieux de le laisser mourir ? Son regard affolé croisa celui, désespéré, de son ancienne amante, et soudain les souvenirs affluèrent encore, ceux de Clara désormais. Elle avait toujours été une belle femme, mais son visage gardait aujourd'hui les stigmates de la douleur sans nom qu'il lui avait infligé, en la privant de son enfant.

Le ton qu'elle prit pour le supplier lui rappela avec une telle force celui employé par Kelsey, près de deux ans auparavant, qu'il ferma brièvement les paupières comme pour lui échapper. Vain réflexe, car Leopold savait pertinemment qu'il n'échapperait jamais à cette culpabilité écrasante, jamais. Il devrait vivre avec, comme il vivait avec le meurtre de son père, avec l'attentat de Leopoldgrad. C'était son fardeau, qui venait de s'alourdir considérablement. Rouvrant les yeux, il tendit des mains tremblantes vers celles de Clara, qu'il referma entre les siennes. Pendant un instant, la tristesse ineffable qui ne quittait jamais les paupières de la vendeuse pouvait se lire, en miroir, dans le regard du ministre. C'était une douleur qu'on ne pouvait décrire, mais qu'ils vivaient ensemble, pour la première fois, et c'était tellement insupportable qu'il fut tenté de lui répondre.

Tout lui avouer, là, maintenant. Les mots lui brûlaient la langue, la vérité menaçait de sortir, serpent venimeux qui libérerait Leopold pour mieux emprisonner Clara. Ah, quel soulagement ce serait, il le sentait ! Lui avouer ce qu'elle désespérait d'entendre, l'identité du meurtrier de Kelsey ! Mais, et pour la première fois de sa vie, Leopold en avait conscience, ce serait un acte profondément égoïste. Clara Lorgan ne devait jamais savoir. Sinon, comment vivrait-elle avec ça ? Le fait d'avoir choisi un tel amant, qui avait tué sa propre enfant ? Et lui, devrait-il se débarrasser des preuves, comme il l'avait déjà fait une première fois, devrait-il se débarrasser de Clara ? Non, il devait la protéger, quoi qu'il lui en coûte, car elle était tout ce qu'il lui restait de Kelsey.

"Qui l'a tué ? Je vais le trouver, Clara, je te le promets. Je vais trouver qui a tué notre petite fille, qui te l'a pris et qui m'a empêché de la connaître."

Même s'il lui fallait trouver un bouc-émissaire pour cela, il le ferait, pour Clara. Elle en avait terriblement besoin. Un voile de tristesse était tombé sur le visage du ministre, qui sentait la faiblesse envahir son corps, la fatigue l'envahir. Il pensait avoir toujours raison, être plus fort que tout le monde, tout le temps, et pourtant cette fois, il avait commis une terrible erreur, la plus grosse erreur de toute sa vie.

"J'aurais tellement voulu la connaître", souffla-t-il en relâchant les mains de la fleuriste. Chacun de ses enfants était unique, et exceptionnel, chacun à sa façon. Il l'avait toujours su à propos de Dave, mais il le découvrait chaque jour en élevant Nicholas, en découvrant Kessy, en observant, de plus loin, Cassandre. Kelsey devait être exceptionnelle à sa façon, c'était une fille troublée, perdue, il le devinait, car sinon comment se serait-elle retrouvée dans cette situation ? Mais c'était peut-être justement pour cela que leur rencontre aurait pu être grande, dans d'autres circonstances.

*Tu comprends pourquoi tu dois mourir, n'est-ce pas ?*

C'était peut-être difficile à comprendre. Il ne l'avait jamais connu, n'avait jamais su son existence jusqu'à présent, l'avait même méprisée ce fameux jour, et pourtant, il l'aimait. Par fierté, par pudeur vis-à-vis de cette femme chez qui il avait causé tant de souffrances, il tenta de réprimer tant bien que mal ses émotions, cette douleur qui lui étreignait la poitrine, cette tristesse qui lui serrait la gorge, ce désespoir qui menaçait de le rendre fou, mais il n'y parvint pas totalement. Il se contenta de rester là, comme sonné, à vivre et revivre cet instant, les derniers instants de Kelsey Lorgan.

*Je ne peux pas laisser quelqu'un comme toi ruiner l'avenir du pays, ruiner mon avenir...*


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Clara Lorgan - 48 ans - Fleuriste

Clara tendit mécaniquement le bras vers Léopold quand elle le vit porter la main à sa poitrine, comme s’il avait été frappé en plein coeur. Quel soutient pouvait-elle bien lui offrir, elle qui était si fragile ? Elle s’en voulait de lui porter ce coup, de l’encombrer d’un fardeau dont il n’avait pas besoin. Elle aurait voulu pouvoir l’aider, le soulager, prendre un peu de sa douleur à lui. Mais elle souffrait déjà trop, elle n’avait plus de place pour la tristesse des autres. Elle n’avait aucun soutient à lui apporter, elle ne pouvait que l’entrainer vers le bas, l’attirer dans sa chute. Et c’était exactement ce qu’elle était en train de faire.

Il aurait été plus courageux de ne rien dire, de garder le secret et d’inventer un mensonge. Au fond elle s’en savait capable. Elle aurait pu. Mais quand les mains de Léopold se refermèrent sur les siennes et qu’elle leva les yeux vers lui, elle vit dans son regard un écho si vibrant de sa propre peine qu’elle en fut momentanément soulagée. Comme si pendant un instant, ils portaient ce fardeau à deux.

Bien sûr, son mari partageait sa douleur. Il n’avait toujours eu d’yeux que pour sa fille chérie et il suffisait de le regarder pour réaliser à quel point il souffrait. Il était lugubre. Il souffrait, mais il le faisait seul. Il avait toujours été solitaire, accaparé par son travail, dévoué à son restaurant, et il s’était encore davantage isolé après la mort de Kelsey. Il n’en parlait pas, et Clara avait parfois l’impression qu’il fuyait même son regard. Comme s’il avait peur que ses yeux expriment ce que ses lèvres se refusaient à formuler. Clara se sentait désespérément seule et, pendant ce bref instant, en sentant les mains froides de Léopold presser les siennes, elle avait l’impression que quelqu’un la comprenait vraiment.

Des larmes de soulagement, de fatigue, et de désespoir s’échappèrent des yeux de la fleuriste à l’entente des promesses de son ancien amant. Il trouverait l’assassin de leur fille. Elle n’en doutait pas. Il le trouverait et il la vengerait. Si lui ne le pouvait pas alors personne ne pourrait. Il était sa dernière chance. Kelsey n’était plus seulement sa fille, qu’elle gardait jalousement de cet homme qui ne l’avait pas connue. Elle était leur fille. Et Léopold la vengerait.

Elle qui quelques instants plus tôt regrettait sa confession et s’efforçait de maintenir une distance entre Kelsey et son géniteur, voyait à présent en son ancien amant un véritable père, qui arrivait seulement trop tard. Elle sentait toutes ses réticences céder et avait soudainement l’envie, le besoin même, de créer ce lien dont la vie les avait privés. Elle tendit le bras pour attraper un cadre photo, posé sur un coin de l’établi. C’était une photo moldu, prise par son mari, il y avait plus de trois ans. Du bout de l’index elle caressa les cheveux blonds figés sur le papier glacé, avant de tendre le cliché à Léopold.

« C’est elle, avant sa rentrée en septième année… »

La photo était un peu abimée à force d’avoir été manipulée mais c’était la photo la plus récente que Clara ait de sa fille, prise un an et demi avant sa mort. Elle avait eu une relation difficile avec sa fille, surtout les dernières années. Elles avaient pourtant été proches par le passé, complice mêmes. La fleuriste chérissait plus que tout ces petits moments du quotidien où elles se préparaient ensembles, s’échangeaient leurs vêtements et se racontaient tous les petits tracas de leurs vies. Ces instants de complicité s’étaient fait de plus en plus rares. Kelsey était devenue plus distante, toujours dans l’opposition. Les disputes étaient fréquentes, violentes, mais Clara avait mis ça sur le compte de l’adolescence et avait patiemment attendu que leur relation revienne à la normale. Que pouvait-elle attendre maintenant ?

« Elle était indépendante, déterminée, un peu rebelle. Clara avait cette vision un peu déformée et idéalisée que tous les parents ont de leurs enfants. Elle avait pris un peu de toi, souffla-t-elle sans oser relever le regard vers son ancien amant. Et un peu trop de moi… »

Kelsey avait hérité de tous ses défauts. Une sensibilité à fleur de peau, le besoin de plaire, le goût de l’interdit ; et celui des hommes. Léopold aurait-il eu une influence positive sur l’adolescente difficile qu’avait été sa fille ?  

Lentement, Clara sentait son esprit s’aventurer sur un terrain dangereux. Elle savait la pente glissante et la chute fatale, mais elle n’arrivait plus à retenir ses pensées, qui déferlaient à pleine vitesse. Léopold aurait-il été un bon père pour Kelsey, s’il l’avait connue ? Aurait-il su rattraper le temps perdu ? Quel genre de relation auraient-ils pu nouer, tous les deux, si un jour elle leur avait avoué la vérité ? La prochaine question était tapie dans un coin de son esprit, prête à bondir, mais Clara s’interdisait de la poser. Elle luttait contre cette pensée depuis le début, pourtant elle la sentait déjà prendre forme. Avant qu’elle ne s’en rende compte, elle était sous ses yeux : Kelsey serait-elle encore vivant si Léopold avait fait partie de sa vie ?

Elle ne saurait jamais si son secret avait condamné sa fille, et elle préférait ne pas connaitre la réponse à cette question qu’elle cherchait vainement à oublier. Elle ne pouvait plus revenir en arrière, à quoi bon se torturer ? Elle n’avait fait que ça, pendant des semaines, des mois. Ressasser, lister tout ce qu’elle aurait pu faire autrement, toutes les erreurs qu’elle avait commises. C’était inutile. Elle ne pouvait plus sauver sa fille. Mais elle pouvait la venger.

« Promet-moi que tu le trouveras, répondit-elle. Et que tu le feras payer. Son regard encore baigné de larmes se durcit alors qu’elle relevait les yeux pour capter celui de son interlocuteur. Je veux que cette personne meurt, et qu’elle sache pourquoi. »
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Leopold s'efforça de ne pas détourner les yeux quand les larmes de Clara dégringolèrent sur ses joues. Pleinement conscient d'être entièrement à l'origine de cette souffrance immense qu'il ressentait chez elle, Leopold sentait le poids de la culpabilité l'écraser comme jamais auparavant, et il manquait de se noyer dans cet océan de sentiments. L'empathie n'avait jamais été son point fort, ni même la compassion, et pourtant, parce que Kelsey était sa fille, qu'elle partageait ses gènes et son sang, alors il ressentait tout cela. Blessure narcissique, peut-être, mais une part de lui était morte en même temps que Kelsey, même s'il en prenait seulement maintenant conscience...

Ses doigts tremblants saisirent le cliché que lui tendait Clara, et effleurèrent les contours de la silhouette de la jeune fille, s'attardant sur sa joue, en une caresse qu'il ne pourrait plus jamais lui faire. Oui, nulle doute, il reconnaissait parfaitement bien cette jeune femme, même si c'était la première fois qu'il la voyait sourire. Et elle était belle, quand elle souriait, prête à croquer la vie à pleines dents, pétillante et affirmée.

"Elle est belle comme toi", souffla-t-il en redressant la tête pour observer Clara. La ressemblance était frappante, d'ailleurs, entre la jeune femme qu'il avait autrefois connu et cette jolie jeune femme. Qu'il avait du être dur pour Clara de perdre son unique enfant. Si on lui enlevait Dave, alors... alors il obtiendrait vengeance, comme Clara le lui demandait, et il ferait payer cette perte à un résistant quelconque, et puis il se le ferait payer à lui-même. Il trouverait bien un moyen pour cela.

"Oh, il saura", murmura-t-il d'un ton rauque, baissant le regard sur l'établi. Le jour où Leopold se ferait assassiner, trahi par un quelconque opposant jaloux de sa gloire ou en quête de vengeance - car quelle autre fin pourrait-il y avoir pour lui ? - alors il saurait. Quelle que soit l'heure de sa mort, quel que soit l'instrument de son trépas, ce serait surtout le karma qui le rattraperait, pour Charles Marchebank, pour les vieux Lestrange, pour Kelsey Lorgan, pour tous ces gens sur le Chemin de Traverse. Toutes ses victimes, symbolisées à travers les yeux de sa fille, obtiendraient vengeance.

Mais cette heure n'était pas encore venue.

"Je te le promets", souffla-t-il finalement en posant deux mains sur ses épaules, pour mieux planter son regard sombre dans celui de la vendeuse. Il voulait la décharger de cette haine, de cette souffrance, au moins un peu. "Je le ferai pour toi."

Puis, lentement, il l'attira contre lui et la serra entre ses bras hésitants, se laissant envahir par la chaleur de son corps qui lui était désormais inconnu, respirant l'odeur fruitée de ses cheveux blonds. Fermant les yeux un instant, il inspira et évoqua en lui le souvenir de Kelsey, cette fille qu'il n'aurait jamais aimé.


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Clara Lorgan - 48 ans - Fleuriste

Clara plaça toute la confiance qui lui restait dans la promesse de Léopold. Elle s'en remettait complètement à lui, sans hésitation, sans retenue. Elle avait trop longtemps porter ce besoin de vengeance seule. Elle avait besoin de se décharger sur lui d'une partie de sa rage, et de son désespoir. Là où elle était impuissante, le Ministre de la magie ne pouvait que réussir. Il trouverait le meurtrier de Kelsey, et il le ferait payer. Sa fille, leur fille, serait vengée. Elle s'accrocha à cette promesse comme à une nouvelle raison de lutter, de continuer à vivre. Il était parfois si tentant d'abandonner, de baisser les bras et de se laisser mourir. La vie était si dure, et vide de sens, pourquoi continuer ? Mais elle voulait connaitre le jour où l'identité de ce monstre serait révélée, et elle voulait le savoir mort.

Cette promesse de vengeance ne suffisait pas à apaiser sa souffrance, à combler le gouffre au creux de ventre, mais cela lui donnait une raison de s'accrocher, et c'était ce dont elle avait le plus besoin. La lutte n'était pas finie, elle pouvait encore obtenir justice pour sa fille. Elle pouvait encore se rattraper, c'était sa dernière chance d'être une bonne mère. Elle n'abandonnerait pas.

Une tiédeur réconfortante se diffusa dans tout son corps alors que Léopold posait ses deux mais sur ses épaules. Clara plongea son regard dans celui, dur, résolu et profondément triste du Ministre. Il souffrait sincèrement, elle pouvait le voir. C'était difficile à comprendre pour elle, qu'il puisse ainsi pleurer la mort d'une fille qu'il n'avait pas connu, et elle avait du mal à imaginer ce qu'il pouvait ressentir, tant sa propre peine était écrasante, mais elle était profondément touchée par ces émotions qu'elle voyait dans ses yeux.

"Merci, souffla-t-elle. Merci Léopold."

Elle se laissa aller contre lui alors qu'il l'attirait dans ses bras, savourant la sensation de pouvoir se reposer contre son torse. Le souvenir de leur idylle passée était loin derrière eux, et Clara pensait avoir tout oublié de cette aventure estivale, pourtant cette étreinte avait quelque chose de presque familier. Elle n'avait plus rien de la jeune serveuse espiègle qui croquait la vie à pleine dents, et Léopold n'était plus ce jeune homme ambitieux plein de fougue, pourtant il leur restait encore quelque chose de ce qu'ils avaient été. Elle retrouvait entre ses bras des sentiments qu'elle ne se souvenait même pas avoir éprouvé pour lui, et s'y abandonna sans résistance.

Clara enfouit son visage contre son épaule, fermant les yeux et laissant sa respiration s'apaiser doucement. Cela faisait des mois qu'elle se sentait constamment sur le point de fondre en larmes, ou d'étouffer, des mois qu'elle ne pouvait plus fermer les yeux sans penser au visage de sa fille, et pour la première fois, elle était un peu apaisée. Léopold était là pour elle, après tant d'années de séparation, et il allait trouver l'assassin de leur fille. Il venait de lui ôter un énorme fardeau et elle se sentait enfin un peu plus légère.

Alors, lentement, sa main glissa dans le dos de Léopold pour remonter jusqu'à sa nuque, suivit la ligne de sa mâchoire, et s'arrêta finalement sur sa joue. Elle effleura du bout des doigts la cicatrice qui lui barrait le visage, relevant la tête pour accrocher son regard. Elle se perdit un instant de le miroir de ses propres émotions troublées, qu'elle voyait se refléter dans les yeux du Ministre, puis elle se hissa doucement sur la pointe des pieds, et vint presser ses lèvres contre les siennes. C'était un baiser qui avait la douceur d'un souvenir lointain et la force de cette promesse qu'il lui avait faite.
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