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 We don't need no education [PV Daisy]

Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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04 mars 2010

On aurait pu croire à un imprévu de dernière minute en voyant le directeur de Serdaigle traverser le château à grandes enjambées, en direction du bureau du Professeur Mason. Il n’en était rien, Peter avait soigneusement prévu cette entrevue avec sa collègue. Il était suffisamment tard pour qu’ils ne soient pas dérangés, mais il avait entendu Daisy confier à Jonah qu’elle avait des papiers administratifs à traiter ce soir, il était donc certain de la trouver dans son bureau malgré l’heure avancée.

Cela faisait longtemps qu’il songeait à avoir une discussion avec Daisy, mais il l’avait sans cesse repoussée, attendant d’avoir des preuves de ce qu’il avançait. Il n’avait toujours aucune preuve, mais des soupçons grandissants, et il avait décidé que ces derniers suffiraient. Les preuves, il pouvait les fabriquer. Il n’allait pas attendre qu’il soit trop tard pour avertir la directrice du danger qui planait peut-être sur son école, et sur ses étudiants.

L’enseignant n’eut pas la moindre hésitation quand il prononça le mot de passe et s’engouffra dans l’escalier menait jusqu’au bureau de la directrice. Il agissait pour le bien des tous leurs étudiants, il en était intimement persuadé. Peter frappa trois coups contre la porte et attendit que Daisy l’invite à entrer, se composant une mine grave.

« Bonsoir, lança-t-il en s’avança dans la pièce après avoir refermé la porte derrière lui. Je suis désolée de te déranger si tard, il fallait que je te parle… »

Il avait prononcé ces mots avec un sérieux et un ton grave qui ne lui étaient pas familiers. Peter avait beau ne pas être le plus grand bavard de l’équipe enseignante, il savait se montrer plus chaleureux que ça. Il l’avait d’ailleurs particulièrement été à l’égard de Daisy ces derniers temps. Il avait toujours sincèrement apprécié sa collègue, qui était une des personnes les plus gentilles qu’il ait jamais rencontré, mais il l’avait témoigné un peu plus régulièrement ces dernières semaines. Discrètement bien sûr. Il l’avait complimenté quand elle avait changé de coiffure, l’avait longtemps écouté parler des études et de la vie professionnelle de ses triplés qui avaient quitté Poudlard, et avait été particulièrement prévenant. Il avait préparé le terrain.

« Crois-moi je déteste t’apporter un nouveau problème, je sais que tu as déjà beaucoup à gérer, soupira-t-il en s’asseyant sur le siège qu’elle lui désignait. Ce…c’est un peu délicat… »

Il se passa une main sur le visage, comme s’il était soudainement pris de doutes. Il n’aurait aucune chance de rallier Daisy à sa cause s’il adoptait dès le début une position radicale. Il avait beaucoup plus de chance de la convaincre en partageant ses prétendues hésitations avec elle, en l’invitant gentiment à adopter son raisonnement, en usant de sentiments plutôt que d’arguments logique.

« J’ai trouvé ça en salle des professeurs, cet après-midi. Il plongea la main dans sa poche et en sortie une page de journal froissée, qu’il déplia tant bien que mal avant de la poser sur le bureau et de la faire glisser en direction de Daisy. C’est un article du LiberAvon, un journal clandestin. »

Avec un nouveau soupir, il se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, las. Il avait en réalité trouvé un exemplaire du LiberAvon dans les affaires de Chloé. L’article devait dater de plusieurs mois, sa compagne n’ayant pas mis un pied à Poudlard depuis l’été, mais cela ferait l’affaire. Il n’avait plus besoin de se forcer pour avoir l’air contrarié, maintenant que ses pensées s’étaient tournées vers Chloé. Il n’avait pas la moindre nouvelle. Il ne savait pas où elle était, ce qu’elle faisait. Il ne savait même pas si elle était encore en vie. Mais il avait cessé de s’inquiéter. Elle était partie de son plein grés, personne ne l’avait chassé. Il s’était trop inquiété déjà, maintenant il n’y avait plus de place que pour la rancœur.

« Je n’ai rien contre ce genre de…littérature, mentit-il. Chacun est libre de penser ce qu’il veut et moi-même je ne suis pas complètement conquis par le gouvernement Marchebank, pour être vraiment honnête avec toi, avoua-t-il à voix basse. Mais ça ne devrait pas trainer ici, reprit-il d’une voix plus forte. Je m’en veux de devoir jouer ce rôle-là Daisy mais je… J’ai peur que certains enseignants ne cherchent à partager leurs convictions avec les élèves… Ils ne devraient pas être confrontés à tout ça. Poudlard devrait les protéger de tout ce qui se passe en ce moment, ils y seront confrontés bien assez tôt…»

Il plongea ses yeux clairs dans le regard de sa collègue, cherchant son approbation.
Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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Depuis qu'elle était devenue Directrice, Daisy avait élaboré une théorie selon laquelle les papiers administratifs se multipliaient pendant la nuit. C'était en tout cas la seule explication pour justifier le temps qu'elle passait à gérer diverses autorisations, les budgets, les courriers, les emplois du temps, les prévisions d'élèves pour l'année prochaine afin de calculer le nombre d'heures des professeurs : bref, elle en faisait des cauchemars. Aujourd'hui était l'une de ses nombreuses soirées de paperasse aussi s'était-elle confortablement installée dans son bureau avec une bonne tasse de thé pour traiter tout cela. C'était plus facile de le faire sans culpabiliser maintenant que plus personne ne l'attendait à la maison... Désormais, elle vivait dans son appartement de fonction et Wendell dans la maisons, qu'ils essayaient de vendre. Les papiers du divorce étaient signés et leurs filles avaient pris leur indépendance : Jane travaillait à la CAFE, Beth faisait des études de potions et Wendy avait raté son concours d'entrée à Lycaon, alors elle essayait de le repasser, elle vivait encore avec son père pour le moment. Alors Daisy n'avait plus d'excuses pour sécher ses soirées de travail...

Les choses étaient un peu difficiles ces derniers temps, elle n'avait pas le moral. C'était évidemment le divorce puis tout le travail et les derniers événements qui avaient secoué Poudlard. L'assassinat de la grande sœur de la petite Cindy Hamilton avait fait grand-bruit : elle se rappelait encore de la violente angoisse qui l'avait saisie lorsqu'elle avait reçu le Patronus pudique de son père. Elle n'avait pas enseigné à l'aînée mais Cindy était cette petite fille gentille et douce, toujours volontaire en classe, un peu timide. Daisy avait dû lutter pour retenir son émotion lorsque sa tante lui avait annoncé la mort de Stephie... Elle était encore marquée par cette scène qui avait eu lieu trois jours plus tôt ici-même et elle pensait beaucoup à la petite Cindy. Avec Rachelle, elles avaient mis en place une cellule de soutien pour les élèves qui voudraient parler de cela avec l'infirmière : c'était un événement grave qui pouvait être traumatique et elle voulait que les camarades de classe - ou tous les étudiants qui le souhaitaient - puissent parler de cela. Si Cindy voulait la présence de certaines de ses amies auprès d'elle pour l'enterrement, et que les parents le voulaient bien, ils pourraient peut-être organiser cela également...

Des coups frappés à la porte la firent sursauter et elle manqua de renverser sa tasse de thé d'un geste brusque. Elle était dans ses pensées... Reposant précautionneusement la tasse loin de ses papiers importantes, Daisy redressa la tête.

- Entrez !

C'était Peter avec une mine préoccupée. Pour venir la voir si tard en prétextant qu'il devait lui parler, cela devait être grave. Quelle catastrophe était en train de se passer à Poudlard, encore ? Son collègue avait l'air grave ce qui n'annonçait rien de bon : Peter n'était pas le genre d'hommes à exagérer.

- Assieds-toi, souffla-t-elle en désignant l'un des sièges devant son bureau de chêne foncé. Tu veux du thé ?

Mais les termes qu'il employait ne poussait pas vraiment Daisy à se détendre aussi oublia-t-elle de faire un geste pour attraper une tasse. "Problème" "délicat"... Elle voyait les complications arriver à dos de licorne. Il avait l'air profondément perturbé ce qui ne faisait que l'agiter encore plus : qu'est-ce qui pouvait bien mettre le si stoïque Peter Virtanen dans de tels états ? Sourcils froncés, elle tendit la main pour attraper ce qu'il lui tendait. Une page froissée de journal, issue visiblement d'un journal clandestin... Le cœur battant, elle la parcourut : il s'agissait d'une violente diatribe contre le gouvernement Marchebank accusé de commettre des exactions contre des opposants de l'État. Il n'y avait évidemment pas de nom à la fin, juste des initiales. Et ceci avait été trouvé dans la salle des professeurs ? Qui dans son équipe avait pu ramener cela jusque là et surtout, l'oublier ? Quand on avait ce genre de journaux aussi... polémiques, on prenait garde à le garder pour soi. C'est ce qu'elle aurait fait, elle. Troublée, Daisy releva les yeux vers Peter, qui lui avouait qu'il n'avait rien contre cela car il n'était pas conquis par le mandat de Marchebank. Au moins, ils étaient deux même si elle était plus méfiante que son collègue. Pour autant, elle gardait ses opinions politiques pour elle, justement car elle ne voulait pas que le collège soit impacté par tout cela, que ce soit pour ou contre le régime. Les élèves devaient être protégés. Peter semblait d'accord avec elle et elle hocha la tête.

- Je suis d'accord avec toi, commença-t-elle, l'école doit rester un lieu neutre, peu importe ce que l'on pense du gouvernement. Mais je pense que nous sommes tous d'accord avec cela dans l'équipe, je ne vois pas qui essayerait de faire du prosélytisme... Cela serait remonté jusqu'à nous, les élèves auraient parlé.

Elle avait confiance dans les enseignants qui constituaient son équipe, ils étaient choisis pour. Certains étaient même ses amis et elle ne voyait pas qui serait assez déraisonnable pour monter les élèves contre le gouvernement au sein de sa salle de classe.

- Un enseignant qui aurait vraiment comme volonté de monter la tête des élèves aurait été plus discret, protesta-t-elle, il n'aurait pas oublié une telle preuve dans la salle des professeurs, il ne l'aurait même pas amenée je pense... Il aurait même tout intérêt à ce qu'on le pense conquis par Marchebank.



Valtersen.

   
« You might belong in Hufflepuff, where they are just and loyal. Those patient Hufflepuffs are true and unafraid of toil.»
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Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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Peter refusa poliment le thé que Daisy lui proposait. Il en était à sa dixième tasse de café de la journée, il était suffisamment éveillé comme ça. la directrice sembla de toute façon oublier rapidement a proposition quand il lui mit la page du LiberAvon dans les mains. Il observa attentivement sa collègue alors qu'elle parcourait le document des yeux, et crut déceler une pointe d'inquiétude dans son regard. Cela lui suffisait pour le moment. Le Professeur hocha gravement la tête quand la Directrice commença par affirmer que l'école devait absolument rester un terrain neutre. Ils étaient au moins d'accord sur ce point. Si des gens souhaitaient mettre leurs vies et leurs familles en danger en s'opposant frontalement à Marchebank, grand bien leur fasse ! Mais il était hors de question que Poudlard subisse davantage de dommages collatéraux.

"J'aimerais être aussi confiant que toi... soupira-t-il quand elle affirma qu'ils auraient été informés par les élèves si leurs collègues faisaient du prosélytisme. Je ne me souviens pas de la dernière fois où nous avons été avertis par les élèves d'un problème au sein de l'école, qui ne soit pas une réclamation en rapport avec le menu du petit-déjeuner."

Il s'était permis une pointe d'humour en espérant que la conversation ne prendrait pas un tour trop dramatique, mais ils devaient bien admettre que les élèves avaient plutôt tendance à garder leurs secrets pour eux. Ils n'avaient rien su quand la jeune Emma Blackbonnes était sous l'emprise d'Ana Sorden, ils n'avaient jamais soupçonné les agissements d'Ulrich Keller au sein de l'école, et il préférait arrêter ici cette énumération plutôt inquiétante au risque de constater l'ampleur des évènements qui leur avaient échappé ces dernières années. Peter fut toutefois plus réceptif au second argument de Daisy, auquel il s'était évidement préparé.

"Tu as raison, avoua-t-il comme s'il n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle. J'ai trouvé ça dans la corbeille à papier mais ce n'était pas très bien caché... réfléchit-il à voix haute. Pourtant c'est forcément un enseignant, ça ne peut pas être un élève... Il posa ses coudes sur le bureau de Daisy et posa son menton sur ses mains. Peut-être que la personne voulait que quelqu'un le trouve ? Tu penses que ça pourrait être un test ? Histoire de tâter le terrain ?"

Il était prêt à exploiter n'importe quelle théorie que sa collègue trouverait crédible. Il n'avait pas comme objectif d'accuser qui que ce soit ce soir, il n'avait pas assez de soupçons sur quiconque pour le moment. Mais il tenait à avoir cette conversation avec Daisy, juste pour s'assurer qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes. Abandonnant sa posture de réflexion, il soupira et se laissa retomber contre le dossier de son fauteuil.

"C'est parfaitement absurde, soupira-t-il. C'est peut-être juste moi qui devient parano mais je... J'ai l'impression qu'il se passe des choses dans notre dos. Ce n'est qu'un pressentiment et je ne veux pas être trop alarmiste, et encore moins accuser qui que ce soit, mais je pense qu'on devrait se montrer vigilants..."

Il secoua la tête et se pinça l'arrête du nez avec un nouveau soupir, comme s'il avait du mal à ses propres paroles.

"J'ai l'impression d'être à moitié dingue, reprit-il avec un éclat de rire désabusé. Il faut croire que la solitude et les insomnies finissent par vous monter à la tête !" ajouta-t-il avec un sourire.

Et elle devait connaitre ça, la solitude et les longues nuits sans sommeil, elle qui venait de se séparer de son mari et qui se retrouvait soudainement privée de la présence de ses trois filles à Poudlard. Là-dessus il n'avait pas à mentir pour jouer les bonnes âmes compatissantes. Il n'avait aucun mal à imaginer à quel point on pouvait se sentir seul, même quand on vivait en colocation avec trois cents élèves et toute une équipe enseignante.

"Je suis désolé de t'embêter avec ça, ajouta-t-il en se redressant. J'imagine que tu as déjà bien assez de soucis comme ça. Il balaya les hauts tas de papier sur le bureau avec une moue désolée. Mais il fallait que je t'en parle, je ne pouvais pas garder ça pour moi..." conclut-il en désignant la page froissée du LiberAvon d'un geste de la main.


Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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Daisy voyait bien que Peter était préoccupé et cela la rendait un peu nerveuse également. Son collègue n'était pas quelqu'un d'alarmiste ou qui se laissait facilement dominer par les émotions, au contraire. Il lui avait toujours semblé qu'il prenait aisément du recul sur les situations compliquées. Pour autant, cette fois-ci, cela semblait vraiment être grave. Elle avait envie de le rassurer, elle se sentait moins inquiète que lui même si elle était concernée par la découverte de cet étrange journal dans la salle des professeurs. Elle restait tout de même persuadée que si un enseignait enfreignait les limites, ils auraient des retours, surtout concernant la politique du Ministère. Certains de leurs élèves étaient des enfants de cadres importants... La remarque de Peter lui tira un sourire mais elle secoua la tête.

- On en a tout de même entendu des belles sur Adonis l'année dernière... Et puis j'ai du mal à imaginer un de nos collègues prendre les élèves à part pour leur parler politique, enfin... Je les connais, tout de même.

Peut-être qu'elle était naïve mais elle avait confiance en ses collègues, surtout ceux qu'elle avait recruté. Elle les estimait tous. Même lorsqu'il y avait eu des enseignants plus particuliers, comme Ana Sorden, ils n'avaient jamais vraiment été des membres de l'équipe. Elle avait l'impression que tous les personnels de Poudlard avaient vraiment à cœur le bien-être des élèves et elle ne pouvait pas imaginer certains, même les plus militants, comme Jonah, monter un petit club pour convaincre des étudiants d'entrer dans la résistance. Elle se refusait à l'imaginer. Pour autant, Peter était plus tendu - au fait de faire les poubelles de la salle des profs visiblement - et avait de multiples théories à l'esprit. Daisy ne put s'empêcher de hausser les sourcils, tant elle peinait à envisager que quelqu'un dans leur équipe puisse se montrer si machiavélique.

- Mais un test pour quoi ? Dans quel but ?

Peter semblait beaucoup avoir réfléchi à la question, il était vraiment préoccupé et cela jouait beaucoup sur son esprit, visiblement. Il finit par pousser un soupir avant de s'abandonner dans son fauteuil, reconnaissant que c'était un peu paranoïaque d'imaginer tout cela. Daisy lui renvoya un sourire un peu contrit. Ainsi il avait l'impression qu'il se passait des choses derrière leur dos... Au Ministère, ça, elle en était persuadée. Mais au sein de l'école ? Elle avait l'impression d'avoir une vue d'ensemble tout de même, même si elle ne se berçait pas de l'illusion de tout connaître. C'était comme s'il avait des informations dont elle ne disposait pas, ce qui l'inquiétait un peu.

- Est-ce qu'il y a des choses que je devrais savoir, Peter ?

Après tout, les professeurs parlaient parfois plus entre eux qu'avec elle, maintenant qu'elle était directrice. Ou peut-être que quelque chose lui avait échappé, elle était faillible, mais c'était important pour elle de le savoir, tout comme c'était important de faire confiance à son équipe et à ses enseignants.

- Ne dis pas ça... souffla-t-elle quand il ajouta qu'il avait l'impression d'être à moitié dingue. Les choses sont compliquées, en ce moment...

Dans la société, sur le plan politique et puis aussi sur le plan personnel... La mystérieuse disparition de Chloé tracassait beaucoup Daisy et elle essayait de ne pas trop y penser. Les choses devaient être encore plus difficiles pour Peter, Lou et Maeva. Qu'il mentionne ses insomnies et sa solitude lui pincèrent un peu le cœur. Elle n'osait imaginer à quel point il devait être inquiet et surtout, elle savait un peu ce que c'était. Wendell n'avait pas disparu mais maintenant, ils étaient séparés et elle devait réapprendre à vivre toute seule, ce qu'elle n'avait pas fait depuis vingt ans. Les filles vivaient leurs vies dans le même temps, ce qui n'aidait pas. Elle passait des soirées un peu solitaires même si Jane et Wendy pensaient à l'appeler souvent, ce qui n'était pas le cas de Beth.

- Comment se porte Lou, avec... tout ça ? demanda-t-elle avec un sourire et un geste de la main pour englober tous les problèmes. Tu ne m'embêtes pas, tu peux me parler de tout... et puis c'est important qu'on sache qu'il y a ça dans l'école, ajouta-t-elle en tapotant le Liber'Avon. Je n'aimerais pas que le Ministère tombe dessus non plus, pour tout te dire.

Elle essayait de garder une position neutre. Ni partisane, ni dans le rejet, elle veillait sur ce difficile équilibre pour que l'école soit au maximum protégée des remous de la politique. Si le Ministère commençait à penser que c'était un foyer de résistance, elle ne garderait pas sa place bien longtemps...


Valtersen.

   
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Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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Peter ouvrit de grands yeux, comme s’il était choqué par l’idée, alors que Daisy affirmait qu’elle avait du mal à imaginer un des enseignants de son équipe attirer des élèves dans la résistance.

« Merlin non ! répondit-il vivement, comme s’il n’avait jamais pensé à cela et comme si ce n’était pas exactement le genre de craintes qu’il essayait de faire naitre dans l’esprit de la directrice. Je ne pense pas que qui que ce soit dans l’équipe serait capable de ça ! Mais il comptait bien la persuader que c’était un véritable risque. Je ne pense pas que l’un de nous essaye d’embrigader les élèves -en tout cas pas encore- mais j’ai peur que certains se soient un peu trop engagés sur le plan…politique, si on peut dire ça.»  

Techniquement les professeurs étaient bien sûr libres de leurs opinions politiques. Et il connaissait suffisamment bien Daisy pour savoir que c’était quelque chose qu’elle défendrait. Ils avaient beau vivre à Poudlard la plus grande partie de l’année, ils avaient encore droit à une vie privée. Mais la distinction entre leur vie personnelle et leur statut d’enseignant était parfois difficile à maintenir. Tous ce qu’ils faisaient de leur temps libre pouvait avoir des répercussions sur l’école. Avoir des enseignements suspectés d’être des opposants au régime ne pourrait qu’être mauvais pour Poudlard.

« J’ai peur que cela finisse par se savoir, confia-t-il. Je n’ai pas vraiment envie que l’on se retrouve avec le Ministère sur le dos, ni avec les parents du Conseil d’Administration. Il ponctua sa phrase d'un sourire sans joie. Honnêtement je ne sais pas lequel serait le pire… »

Peter échangea un regard lourd de sens avec Daisy. Il avait souffert plusieurs Conseils d’Administration ensembles et ce n’était jamais une partie de plaisir. Quoiqu’ils fassent ou décident il y avait toujours des parents pour se plaindre et pour expliquer pendant vingt minutes pourquoi telle ou telle mesure était un scandale qui mènerait à la ruine du pays. Ils auraient certainement beaucoup de choses à dire sur la présence d’un journal clandestin dans les murs de l’école…

« Ce n’est pas à moi de décider de ça, mais je pense qu’en tant qu’enseignant on devrait avoir une sorte de devoir de réserve, que Poudlard devrait rester « neutre », en quelque sorte. Je ne voudrais pas qu’un autre enseignant disparaisse du jour au lendemain… » ajouta-t-il avec un soupir.

C’était comme avouer à moitié que Chloé faisait partie de la résistance, mais il s’en fichait. Il ne savait pas si c’était vrai ou non, si c’était pour ça qu’elle était partie, et il s’en fichait aussi. Il en avait marre de mentir pour elle, il en avait marre de la protéger. Elle ne le méritait pas.  Et puis, il est persuadé que Daisy se doutait de la vérité, elle avait connu Chloé certainement mieux que lui, elle connaissait son passé, et elle avait certainement ses théories sur les raisons de sa disparition. Celle-ci ne confirma toutefois pas ses doutes et s’inquiéta plutôt de savoir comment les choses se passaient avec Lou et « tout ça ».  

« Ce n’est pas facile, avoua-t-il en baissant les yeux. Je m’en veux, je voudrais pouvoir lui donner tout ce dont elle a besoin, expliqua-t-il d’une voix rauque, le regard rivé sur ses mains. J’ai peur de ne pas être assez, tu comprends ? Elle réclama beaucoup Chloé… »

Cela l’emplissait autant de tristesse pour sa fille, qui n’avait rien fait pour être abandonnée de la sorte, que cela attisait sa colère à l’encontre de Chloé. Conscient qu’il risquait d’avoir des paroles peu bienveillantes au sujet de la mère de sa fille s’il continuait sur ce sujet, il préféra s’intéresser à la vie de Daisy, qui ne devait pas non plus être facile tous les jours maintenant qu’elle vivait seule.

« Et toi, comment vont tes filles ? Elles ne te manquent pas trop ? »  


Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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- Est-ce que tu penses à des gens en particulier ? s'enquit Daisy.

Visiblement oui, en tout cas, puisqu'il parlait de "certains" qui seraient un peu trop engagés politiquement. Évidemment, elle avait elle-même plusieurs noms en tête mais elle avait l'impression que Peter tentait de lui dire quelque chose. On pouvait parler de Neville, qui avait été très engagé après la fin de la guerre même s'il l'était moins maintenant, ayant un pris une "retraite" loin de ses mérites de héros national. Il y avait Jonah, grand militant des droits sociaux et plus particulièrement des droits des lycanthropes et il y avait elle-même. Ses positions politiques n'étaient un secret pour personne, elle avait soutenu Fiennes pendant sa campagne - ce qui pouvait déjà être considéré comme problématique puisqu'elle enseignait déjà à l'époque - et avait pris une année sabbatique en dehors du collège pour diriger le Département d'Ouverture aux Moldus pendant un an. On pouvait même dire qu'elle avait fait du prosélytisme en tant que Professeur d'Étude des Moldus puisqu'elle avait toujours eu à cœur d'expliquer que les moldus n'étaient pas si différents des sorciers et qu'ils étaient tous égaux, chacun avec leurs capacités et possibilités. Pour autant, elle n'avait jamais eu l'impression de politiser ses élèves. La situation était évidemment différente, le contexte politique était plus complexe mais... Elle ne comprenait pas tellement où voulait en venir son collègue.

- Moi non plus je n'ai pas envie de me retrouver avec le Ministère sur le dos, du moins, pas plus que maintenant mais est-ce une raison pour se cacher de tout ? Elle eut un soupir et se laissa aller en arrière dans son siège. Évidemment, je ne vais pas crier sur tous les toits qu'on a trouvé un LiberAvon dans la salle des professeurs mais quand bien même ? Ce n'est pas un crime de s'informer... Et si mes professeurs ne sont pas d'accord avec la politique actuelle du gouvernement, quand bien même ? Je veux dire, officiellement, nous sommes encore libres de penser dans ce pays et Poudlard a toujours eu à cœur de clamer ses propres valeurs. J'ai bien répété en long, en large et en travers que je ne voulais pas d'Adonis Greengrass dans mon équipe...

Elle n'avait pas été écoutée, bien évidemment et elle n'était pas entrée trop frontalement avec le Ministère justement parce qu'ils étaient tenus à une certaine réserve. Elle avait fait de son mieux pour que la présence de son sous-directeur ne pèse pas trop sur l'école. Mais après tout, si elle n'était pas d'accord avec certaines décisions de Marchebank, lorsqu'elles concernaient l'école, si ses professeurs n'étaient pas d'accord, n'avaient-ils pas le droit d'en débattre entre eux, en salle des professeurs ? Elle ne tolèrerait pas que ses élèves soient entrainés dans la résistance, qu'on refasse une sorte d'Armée de Dumbledore au sein de l'établissement mais elle n'avait pas forcément envie non plus qu'ils pensent que tous les professeurs bénissaient Leopold Marchebank et son gouvernement... Le rôle de l'école était d'éduquer les consciences. Éduquer, sans les dicter. Ils pouvaient très bien permettre aux élèves de réfléchir par eux-même sur les implications d'un tel régime ou de certaines décisions... Peter semblait rejoindre son avis, en partie, puisqu'il ajouta que Poudlard devait rester neutre.

- Je suis d'accord, Peter. Les enseignants ont un devoir de réserve devant leurs élèves et j'ai pleinement confiance en mon équipe pour savoir qu'ils respectent ce devoir de réserve. Ce qu'ils font de leur temps libre, et bien... C'est leur choix. Ils ont leurs raisons et leurs engagements.

Ses yeux bruns croisèrent ceux de son collègue et elle eut un nouveau soupir. Chloé, évidemment. Peut-être que cette affaire était personnelle, après tout, peut-être qu'il était juste traumatisé de la résistance avec la disparition de Chloé. Daisy elle-même ne savait pas tellement quoi penser de cette histoire, ce n'est pas comme si son ancienne collègue lui avait raconté ses activités par le menu mais elle avait l'intuition - et elle n'était pas la seule - que l'ancienne directrice des Mystères avait pris la clé des champs pour rejoindre la résistance. Elle n'en n'avait aucune preuve mais c'était à ses yeux la seule explication pour qu'elle ait pris la décision de laisser une enfant aussi jeune derrière elle, ainsi que sa fille ainée. Sûrement dans le but de les protéger en se désolidarisant de sa famille. Cette technique était célèbre au moment de la seconde guerre et Chloé avait résisté, par deux fois. Jamais deux sans trois... Elle s'adoucit à la mention de la vie de famille de Peter et s'accouda sur son bureau, pour se rapprocher de lui. Elle eut un sourire triste lorsqu'il mentionna sa petite fille.

- Tu lui donnes déjà énormément... Tu es un très bon père. Lou est une petite fille très épanouie, malgré les circonstances... particulières. C'est normal qu'elle réclame sa mère mais son père est là, tu fais tout ce que tu peux. Et puis tu es aussi là pour Maeva, c'est important, tu fais tout pour maintenir la cellule familiale. Ne te culpabilise pas trop.

Il ne pourrait jamais remplacer Chloé de toute manière, elle était la mère de Lou et celle de Maeva mais il s'occupait de sa fille et de sa belle-fille sans faillir et c'était admirable. Lou savait qu'elle était aimée par son papa et c'était le plus important. De toute manière, personne n'était jamais parfait en matière de parentalité. La mention de ses propres filles lui tira un soupir mi-las, mi-amusé.

- Ah j'ai des enfants, moi ? Secouant la tête, elle cala ensuite son menton dans sa main. Elles sont très occupées dans leur nouvelle vie d'adultes et oublient un peu d'appeler, des fois... Ce n'est pas très grave, je les comprends. À dix-neuf ans, j'ai tout quitté pour partir vivre dans le monde moldu alors que je pensais encore qu'un stylo bic servait à aller sur internet, alors tu vois... Mais elles vont bien, elles grandissent.

Jane travaillait à la CAFE et même si ce n'était pas le travail de ses rêves, pour l'instant, elle avait pour ambition de monter dans les échelons. Beth avait commencé un BTS en potions à Bristol et Wendy cherchait encore sa voie, alors en attendant, elle prenait des cours de mandarin par correspondance, en colocation avec Jane.


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Peter VirtanenProfesseur d'Etudes des Runesavatar
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« Non, non, je ne vise personne en particulier. Peter secoua négativement la tête comme pour éloigner cette idée. Je ne suis pas venu pour ça. C'est juste…une inquiétude globale.»

Il ne tenait pas à accuser qui que ce soit, il n’avait même pas de noms en tête, et encore moins de preuves. Il tenait simplement à s’assurer que Daisy ne cautionnerait pas ce genre de comportements s’ils venaient à se répéter. Poudlard était une école et ce n’était pas l’endroit pour mettre des idées anti-FREE dans la tête d'adolescents influençables. Ils auraient tout le temps d’être confrontés à ce genre d’opinions plus tard, quand leur cerveau aurait fini de pousser, et de se faire leur propre avis. Mais à Poudlard il estimait que le discours devait être respectueux du gouvernement. Il n’allait certainement pas demander à Daisy de faire de la propagande pour Marchebank ou de chanter les louanges du Ministère, mais il estimait que tout comportement pro-terroriste devait être banni de l’école.

La directrice semblait malheureusement avoir un avis plus mitigé, et se chargea de lui expliquer que si les professeurs se devaient effectivement de rester neutres, elle ne pouvait pas contrôler ce qu’ils faisaient de leur temps libre. Peter soupira, obligé d'admettre qu'elle n'avait pas tort sur ce point.

« Bien sur, tu as raison, admit-il. Mais à Poudlard il est tellement difficile de séparer vie professionnelle et vie privée... »

Ce qui était majoritairement dû au fait que les enseignants vivent au sein de l’école et qu’ils assurent des heures de surveillance en plus de leurs cours. Ils étaient plus que de simples professeurs, ils encadraient les élèves dans leur temps libre, les surveillaient pendant leurs repas. En quelque sorte, ils prenaient le relai des parents pendant les dix mois que durait l’année scolaire. Poudlard était une seconde maison pour les étudiants, mais également pour les professeurs et c’était ce qui rendait parfois leur vie privée difficile à isoler de leur travail. Et Peter estimait qu'avoir un enseignant qui cautionnait les actions ou les écrits de groupes terroristes -même pendant son temps libre- était dangereux pour l'école.

Il renonça toutefois à défendre son point de vue ce soir. Il ne voulait pas se mettre Daisy à dos et il était venu uniquement pour tâter le terrain. Terrain qui s'avérait un peu plus hostile qu'il ne l'aurait espéré. Laissant de côté la politique et la question de sa place au sein de l'école, l'enseignant se laissa entrainer sur un terrain beaucoup plus personnel alors qu'il évoquait avec une certaine tristesse la façon dont Lou réclamait Chloé. Il adressa un maigre sourire reconnaissant à sa collègue quand elle tenta de le rassurer en lui affirmant qu'il était un bon père.

"J'espère...J'ai tellement peur que ça la marque, tu sais ? Que ça ressorte dans des années et l'empêche de s'épanouir complètement..."

Il suffisait qu'il commence à y penser, le soir, et cela le gardait éveillé pendant des heures. Les cinq litres de café qu'il buvait chaque jour n'aidait pas non plus. Daisy lui tira un sourire quand elle évoqua ses propres filles, qui avaient pris leur indépendance et appréciaient peut-être un peu trop leur nouvelle liberté.

"Elles reviendront, assura-t-il. Donne leur quelques mois et elles se rendront vite compte que le temps passé en famille leur manque. Ils étaient tous passés par là. Après la joie d'avoir quitté le nid venait souvent l'envie de retrouver un peu la protection du cocon familial. Sur ce, je te laisse retourner à... tes activités passionnantes, commenta-t-il avec un sourire en avisant la paperasse étalé sur le bureau de sa collègue. Merci de m'avoir écouté, ça m'a fait du bien, et désolé de t'embêter avec tout ça... Je m'inquiète surement pour rien !"

Il savait que ce n'était pas le cas, qu'il avait de bonnes raisons d'être méfiant, mais il ne voulait pas braquer la directrice, pas tant qu'il n'avait pas davantage de preuves. Alors il allait attendre sagement, tel le Serdaigle qu'il était censé être.



RP Terminé




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We don't need no education [PV Daisy]

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