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 runtime-error.r00 [Virgil & Guests]

MétamorphomageMolduavatar
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Dernière édition par Métamorphomage le Jeu 10 Mai 2018 - 15:44, édité 1 fois

Virgil Forbes


2 mars 2010

Littéralement avachi sur une table de la bibliothèque, dans un petit espace un peu éloigné de l’entrée et du bureau de la documentaliste, Virgil observait distraitement  l’intitulé de son devoir de DCFM :
"Pourquoi les impardonnables sont-ils impardonnables ?"
Bonne question… Cela aurait été tellement plus simple de jeter un petit impérium sur Gaby pour qu’il range sa chambre à sa place ! songea-t-il en tapotant la pointe de sa plume sur son manuel scolaire.
Son livre de classe était justement ouvert au chapitre du célèbre sortilège de contrôle mais Virgil devait attendre sa binôme pour commencer la rédaction de son devoir. Corrigan l’avait collé avec Kristen White –surement la fille la plus nunuche de son année et de sa maison- et les deux Gryffondor devaient justement profiter de cette pause dans leur emploi du temps pour se distribuer (plus ou moins) équitablement le travail. Virgil soupçonnait sa professeure d’avoir fait exprès de le répartir avec Kristen, juste pour tester –et surtout mettre en péril- ses nouvelles bonnes résolutions …

Pourtant, à la vue des résultats en classe de sa camarade, White devait être plutôt intelligente mais Virgil la trouvait  incroyablement niaise. Elle était presque un sujet d’étude à elle toute seule : Comment pouvait-on obtenir des Optimal dans tant de matières et avoir l’air aussi bête en même temps ?

La complexité de la nature humaine !

Si Virgil n’était pas tendre avec la jeune femme, c’était peut-être, aussi, parce que Kristen vouait un culte à cette vieille peau de Mildred Magpie. Depuis la Saint Valentin, les relations entre les deux Gryffondor étaient passées de l’indifférence à la défiance tant Kristen avait pris le partie de Magpie. C’était tout juste si elle n’avait pas monté un comité de soutien de la romancière ! Pathétique. Depuis, elle ne perdait pas une occasion pour témoigner de son dédain envers ceux qui avaient contribué à faire fuiter la vidéo : Les  regards courroucés qu’elle jetait à Virgil et ses amis dans la salle commune quant ils étaient trop bruyants ne trompaient personne…

« T’as tiré l’jackpot mon pote ! White ! Fais gaffe elle va vouloir parfumer votre devoir et coller des cœurs sur la copie. »

Damon cherchait quelques manuels sur les étagères de l’espace où Virgil végétait. L’armoire à glace était en binôme avec Chloe et ne boudait pas son plaisir de se retrouver avec elle.  La Serpentard était justement occupée à plancher sur leur devoir commun dans le box adjacent.

« T’es au courant que tu es dans la section des Sortilèges liés à la Mémoire ? » souffla Virgil les yeux mi-clos et le regard éteint.
« Ah. C’est pour ça que je trouve rien depuis tout à l’heure. » répondit Damon en se retournant, l’air pas vraiment concerné. «  D’ailleurs, c’est pas toi qui à emprunter sur mon compte Manipulations magiques mentales- ou un truc du genre ? O’Brien m’a dit que j’avais oublié de le rendre ? »
-Nope.
-T’es sûr ? La dernière fois j’ai pris plein de livres pour toi, tu m’as tout rendu ?
- Jamais entendu parler de ce bouquin.
-…Mouais. » répondit Damon avec un regard suspicieux après un bref silence -Il connaissait assez Virgil pour savoir qu’il ne fallait pas se fier à ses dires, ni à son aplomb apparent- mais il décida de laisser couler et parcourut de nouveau les étagères du regard. Il était clair qu’il comptait sur Chloe pour obtenir une bonne note.  Il jeta d’ailleurs un coup d’œil dans sa direction et la pointa discrètement de la pointe de son pouce.

« Elle est bonne hein ? » articula-t-il silencieusement à l’intention de Virgil.

Ce dernier s’étira légèrement au dessus de son bureau pour observer la jeune fille derrière les rayonnages.

« Mouai… admit-il. Tout le monde savait que Chloe était la plus jolie sorcière de la promo, pas mal. »
« Pas mal ? » répéta Damon en secouant la tête comme si son ami n’y connaissait rien en matière de fille. Il pointa du doigt Virgil avant de désigner de son index et de son majeur ses propres pupilles comme pour lui dire « Regarde et prends en de la graine ! » puis il retourna auprès de sa binôme pour s’asseoir tout près d’elle, un bras posé sur le dossier du siège de Chloe. L’air faussement concerné de Damon tira un sourire moqueur à Virgil –son pote n’avait jamais l’air aussi nigaud que lorsqu’il cherchait à jouer les premiers de la classe-, sourire qui se fana bien vite toutefois, lorsque Kristen pénétra dans la bibliothèque.

Il l’avait presque oubliée celle-là.

Virgil posa son front sur la table et ferma les yeux quelques secondes pour se donner du courage. Quant il releva la tête, Kristen était déjà à son niveau.

« Je propose qu’on bosse chacun de notre côté,
dit-il en lissant d’une main les profondes cernes qui marquaient son visage. Il ne s’encombrait pas des politesses d’usage tant ils savaient parfaitement, l’un et l’autre, qu’ils avaient dépassé le stade de  l’hypocrisie, je prends l’impérium et la conclusion et tu te charges du reste ? » Le sortilège de contrôle était de loin le plus intéressant à traiter contrairement à l’Avada et au Doloris. Torturer et tuer, c’est mal. Merci bien ! Tout le monde savait ça alors qu’il était possible de contrôler quelqu’un avec de "bonnes" intentions ou pour le propre bien de la personne concernée- du moins aux yeux de Virgil- et il comptait bien aborder ce point dans sa rédaction et ne pas laisser le choix à Kristen…
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Kristen White

Serrant bien fort son livre "Bocahontas" contre sa poitrine pour réfréner les pulsations galopantes de son petit cœur effarouché, Kristen prit une longue inspiration avant de pousser les portes massives de la bibliothèque. Si d’ordinaire, la jeune Gryffondor adorait se perdre dans les travées de ce temple de la lecture, la situation était malheureusement bien différente aujourd'hui ; En effet, par un horrible coup du sort, Kristen était contrainte de devoir partager de son temps précieux avec l'ignoble crapule de Virgil, en vue de l'élaboration d'un fastidieux devoir de DCFM sur les sortilèges impardonnables. Outrée à l'idée de se retrouver en compagnie de celui qui incarnait tout ce qu'elle détestait le plus dans le Monde Magique et quitte à devoir se retrouver seule sur ce travail imposé, la jeune fille avait tenté de négocier directement la destruction de ce binôme de l'impossible avec la professeure Thelma Corrigan. Mais cette dernière n'avait rien voulu savoir, arguant l'odieux prétexte que les élèves les plus doués devaient aider ceux supposés plus faibles. C'était le comble de l'injustice pour la sérieuse et travailleuse Gryffondor! Virgil était sans doute le pire cancre à avoir franchi les portes de Poudlard, et voilà que c'était à elle de devoir sortir ce boulet du marécages boueux d'ignorance dans lequel il se complaisait délibérément à s'enliser!? Pourquoi lui infliger un tel fardeau? Pourquoi devait-elle risquer sa scolarité au détriment d'une telle ordure qui ne ferait jamais rien de bien de sa vie? Une perte de temps abominable!

Surtout quand l'on savait secrètement que l'insolent Gryffondor vivait probablement ses dernières heures sur les bancs de l'école. En effet, pas plus tard que la veille au soir, Kristen White avait répondu à l'appel lancé par sa divine inspiratrice Mildred Magpie, et glisser en toute discrétion une terrible lettre anonyme sous l’interstice de la porte de la Directrice de Poudlard. Nul doute que la consciencieuse Daisy Mason ne laisserait jamais se développer un aussi abject trafic entre les murs de son école, et qu'elle ne tarderait pas à vérifier au plus vite la véracité d'une telle accusation. Certes, Kristen White avait éprouvé une certaine réticence à l'idée de devoir se retrouver entremêlée dans cette sombre affaire de dénonciation, mais comme le disait si bien sa romancière préférée : Elle devait le faire dans le but salvateur de préserver la santé de ses camarades! L'avenir de tous au détriment de celui de l'incorrigible Virgil! Vue sous cet angle, cette délation qui ne reposait que sur les dires de sa star préférée, lui apparaissait comme un acte de bienveillance.

Après tout, Mildred Magpie n'avait point tergiversé au moment fatidique de sauver une multitude d'innocentes victimes piégées sous les décombres encore fumants de la Marchebank! Au mépris de sa vie, elle avait fait le choix d'affronter le danger plutôt que de le fuir. Alors pourquoi devrait-elle reculer et trembler devant une aussi misérable action que celle de glisser une lettre anonyme et salvatrice sous la porte du bureau de sa Directrice. Cela n'avait pas de sens! Dans un désir de mimétisme avec son idole, Kristen se devait de se faire violence si elle voulait ne serait-ce qu'un instant effleurer ses rêves de grandeur et côtoyer sa star préférée... Était-ce vraiment un mal que de s'accomplir au travers d'une noble mission de secours? Après tout, Virgil ne pouvait que s'en prendre à lui même ; Qui pouvait honnêtement penser pouvoir s'assurer un avenir clément en osant refourguer de la dangereuse et mortelle Volubilis dans les artères d'une école aussi respectable que Poudlard!? La place de Virgil était en prison, et non dans sa maison de Gryffondor...

Après avoir poliment salué Abigail O'Brien, Kristen slaloma entre les tables alignées de la Bibliothèque pour se diriger vers son affligeant binôme de travail forcé. Tel un caramel mou, Virgil était d'ores et déjà avachi sur sa table dans une posture qui ne présageait en rien une volonté de se mettre au travail. Kristen soupira entre ses dents serrées par le dégout de devoir fréquenter l'infréquentable. Paresseux dans l'âme, Virgil comptait sans doute lui refiler tout le travail pendant qu'il irait fumer sa drogue avec sa bande de crétins écervelés ; Et Kristen, plutôt que de mettre en péril ses résultats en DCFM, allait docilement s’exécuter et endosser pour elle seule la charge de travail. Mais rira bien qui rira le dernier ! Dans son for intérieur, Kristen savourait déjà l'instant où elle verrait s'éteindre le petit air de défi qui scintillait dans les prunelles acérées du dealer Virgil, pour ne laisser place qu'à la violente panique de se faire enfin démasquer ! Rassurée par le caractère éphémère de son affreux binôme de travail, Kristen s'avança d'un pas plus léger en direction de la chaise libre qui faisait face à l'ignoble crapule. Mais alors qu'elle n'était qu'à une coudée de rejoindre sa table, une voix surgissant de nulle part, la fit bêtement sursauter sur place et s'agripper furieusement à la couverture de son livre dédicacé de Mildred Magpie.

"Attention ma cocotte, ils vont tomber!!! " Un rire gras et reconnaissable entre tous ponctua la soudaine et virulente alerte. Damon! Si un crétin devait se poser sur le trône de la goujaterie bête et méchante s'était bien lui ! L'insupportable macho arrogant et vulgaire ne mit d'ailleurs guère de temps pour faire étalage de sa plus cinglante bêtise, alors que Kristen restait agrippée à ses livres. "Non, mais je parlais de tes gros nibards, pas de tes livres de merde! Quelle est conne celle-là! " Nouveau rire gras de l'infâme énergumène, qui s’accompagna cette fois-ci des petits gloussements de pétasse de Chloé qui devait sans doute se laisser gentiment peloter par son porc préféré. "T'es trop con, laisse-la tranquille, c'est pas sa faute si elle croit encore aux contes de fée à son âge... " Le ragoutant Damon ne tarda pas à la faire taire en tentant d' enfourner sa langue baveuse dans la bouche de celle qui n'était rien d'autre qu'un vulgaire bouche-trou. Face à cette méchanceté gratuite et stupide, Kristen leva les yeux au plafond en signe de dédain. La bave de l'affreux crapaud n'atteint pas le vol gracieux de la blanche colombe ! Rejetant sa chevelure en arrière, elle ne fit pas cas de l'insulte, et avança d'un pas altier en direction de Virgil. Pourquoi perdre son temps avec de tels idiots ? Il valait mieux feindre l'ignorance que d'entrer leur jeu, et Kristen n'avait nullement envie de les instruire en leur adressant la parole !

Enfin installée à sa table de travail, Kristen extirpa un petit miroir portatif de sa trousse magique pour voir si sa récente stupeur n'avait pas craquelé l'éclat de son fond teint. Signe de sa défiance à l'égard de Virgil, elle n'adressa aucun regard à son binôme, et n'écouta celui-ci que d'une oreille distraite alors qu'il pensait être en mesure de pouvoir répartir équitablement le travail. Sans surprise, Monsieur voulait n'en faire qu'à sa tête et surtout le minimum... Kristen releva alors sur lui un regard vide de toute émotion.

"Sérieusement? Tu penses vraiment que je suis assez stupide pour te confier quoi que ce soit de sérieux ? On sait tous les deux comment ce travail va finir... " Elle rejeta une dernière fois sa chevelure en cascade sur ses épaules, avant de plonger dans la lecture délicieuse de son livre Bocahontas. Dans une dernière tirade, elle voulut conclure une discussion qui n'avait désormais plus lieu d'être. "Rassures-toi, je ferai tous le travail, pendant que tu pourras faire mu-muse avec ta bande de ramollis du bulbe. Maintenant laisses-moi lire en paix. "      

Non, elle ne prendrait plus de pincettes avec ces goujats du style de Virgil, c'était décidé ! Elle se devait de s'affirmer face à la bêtise. Comme une barrière de précaution, Kristen mit tout de même son livre entre elle et l'insolence du Gryffondor...
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Damon ne manqua pas de commenter l’arrivée de Kristen, avec son style bien à lui, mais la jeune femme ne se donna pas la peine de lui répondre. Bien au contraire, elle l’ignora littéralement pour venir se placer face à Virgil qui proposait déjà une répartition plus ou moins équitable du travail… Plus vite ils seraient d’accord sur le découpage des tâches à effectuer, plus vite ils pourraient se séparer ! Kristen contemplait  son reflet dans son petit miroir portatif  -elle devait surement vérifier si son épaisse couche de fond de teint n’avait pas craquelé par endroit, songea Virgil- lorsqu’elle daigna enfin lui répondre, non sans se montrer plutôt énigmatique.
« On sait tous les deux comment ce travail va finir... "
Euh…Non.
Honnêtement, Virgil ne voyait pas où sa camarade voulait en venir.

« Ah bon ? Et comment ? » demanda-t-il en haussant vaguement les sourcils.

Kristen ne tarda pas à clarifier sa pensée, s’opposant littéralement à l’éventualité d’un travail en commun. Virgil l’observa sans mot dire, se donna quelques secondes de réflexion et finit par lâcher un bref « Ok. » pour approuver la  proposition de la jeune femme.

Il referma son livre de DCFM qu’il avait déjà ouvert au chapitre de l’Impérium et le fourra au fond de son sac de classe. Certes, il s’était engagé à augmenter ses résultats et à se montrer plus sérieux mais il savait aussi que Kristen était bien trop studieuse pour rendre une composition médiocre : Non seulement il allait obtenir un Optimal mais, en plus, il allait l’avoir sans rien faire ! Virgil n’était pas masochiste au point d’insister pour rédiger sa partie, au contraire. Cela lui laissait effectivement plus de temps pour zoner avec sa bande de ramollis du bulbe, comme le soulignait très justement sa camarade de classe. La remarque de la jeune femme lui tira d’ailleurs un léger sourire en coin teinté de moquerie -qui employait encore cette expression datée aujourd’hui ?- puis il secoua la tête avant de bailler à s’en décrocher la mâchoire. Il s’étira longuement, en prenant grand soin de positionner son bras gauche entre le nez de Kristen et son livre dont elle venait de reprendre la lecture puis il s’accouda sur le bureau et posa sa tête dans le creux de sa main, à moitié avachi sur ses manuels scolaires et son sac posé sur la table.

« Par contre, notes bien dans un coin de ton esprit que c’est toi qui refuse de bosser avec moi et non pas l’inverse. » ajouta-t-il toutefois, les yeux mi-clos. Il  n’avait pas envie que Kristen aille pleurnicher auprès de Corrigan. Il était sûr qu’elle était le type de fille à dire « Maaadame, il m’a laissé faire le devoir toute seule ! » et c’était typiquement le genre de situation que Virgil voulait éviter.  Leur professeur de DCFM était son sésame pour son stage à Skye et il ne perdait pas de vue cet ultime but. Il devait être irréprochable dans son cours. De sa main libre, il attrapa donc un parchemin vierge, trempa sa plume dans son encrier et nota de son écriture en pate de mouche l’intitulé du devoir en en-tête ainsi que son nom et prénom dans un coin de la copie.

« Tiens. Je suis sympa j’ai écrit le titre, Il posa volontairement la feuille sous les yeux de Kristen par-dessus son livre pour l’empêcher de lire, Il te reste plus qu’à marquer ton nom sous le mien, dit-il en montrant de la pointe de sa plume l’espace libre sous le « Virgil Forbes » à peine lisible, comme si Kristen était particulièrement stupide, et à rédiger l’ensemble, bien sûr. Ajouta-t-il en la gratifiant d’un sourire volontairement benêt, On dira que c’est toi qui a tout recopier parce que tu écris mieux. »

Voila qui était parfait ! Il pouvait dorénavant vaquer à ses occupations ! Finalement il s’en tirait même mieux que Damon qui était obligé de faire semblant de s’intéresser à la copie de Chloé… Quoique ce n’était visiblement pas le devoir de DCFM qui semblait subjuguer son ami actuellement, constata Virgil en reportant lentement son attention en direction du box voisin. Il ne voyait pas très bien derrière les livres mais il entendait très nettement les gloussements de Chloé et les « chuchotements » graves de Damon. Virgil esquissa un bref sourire –il comptait bien demander à Damon si il avait réussi à conclure avec la Serpentard-  avant de reporter son attention sur Kristen.

« Hé. White. Tu comptes rester ici encore longtemps ? s’enquit-il en arquant un sourcil presque étonné de la voir encore là. Ils s’étaient mis d’accord  pourtant : elle faisait le devoir et il - Comment disait-elle déjà ?- il laissait son bulbe ramollir. Ils n’avaient pas besoin de rester à la même table, tous les deux, et Virgil ne comprenait pas pourquoi Kristen était toujours assise en face de lui. Ils ne s’appréciaient pas, ne s’adressaient la parole que s’ils y étaient contraints…cela ne rimait à rien. il y a plein d’autres espaces de travail de libre dans la bibliothèque, poursuivit-il en se redressant, c’est pas que tu me déranges mais… Il fit mine de réfléchir un instant, en levant les yeux au ciel et en se mordillant la lèvre inférieure, avant de braquer son regard bleu sur Kristen,… en fait, si, tu me déranges. »

Elle avait peut-être envie d’entendre d’autres commentaires scabreux de Damon concernant sa plastique. Peut-être qu’elle aimait se faire enquiquiner par ses camardes de classes, après tout ? songea Virgil. En tout cas, si elle comptait rester assise à sa table, elle ne lirait pas une ligne supplémentaire de son roman à l’eau de rose. Débarrassé de son devoir de DCFM, Virgil n’avait pas grand-chose à faire, si ce n’est embêter sa camarade. Il  se pencha donc légèrement au dessus de la table pour tenter de lire le titre du livre de Kristen, imprimé en haut de page.

« Bocahontas ? C’est quoi cette daube ?  Pocahontas qui a choppé un rhume ? » dit-il d’un ton moqueur.


Virgil Forbes

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Kristen White

Kristen avait sans doute imaginé pouvoir blesser son binôme dans sa fierté masculine, mais forcée de constater qu'il en était rien. Car Virgil n'avait décidément aucune forme d'amour propre et acceptait sans l'ombre d'un scrupule l'idée de n'être qu'un vulgaire assisté. Lamentable ! Avec une désinvolture désarmante, il se contenta d'un bref "Ok" pour clore le débat, avant de replier ses affaires sans même prendre le temps de se soucier des efforts que devrait forcément consentir sa camarade pour rattraper son manque d'investissement. La bouche mi close, Kristen demeura un instant interdite face à l'incroyable culot flegmatique du Gryffondor qui baillait à s'en décrocher la mâchoire. Plutôt que de subir encore davantage le sourire narquois de ce roi de la provoque, Kristen se réfugia dans la douce lecture de Bocahontas. Même si elle en connaissait déjà chaque ligne par cœur, elle arrivait à son passage préféré : Celui des préliminaires sensuel et romantique, ou Jesse Butterfly caressait le corps brulant de désir de son indienne préférée à l'aide d'une pointe d'une plume d'Aigle Royal...  

"Mais arrêtes!!! Laisses-moi lire en paix, ou je dis à madame O'Brien que tu m'embêtes! " couina la pauvre Kristen alors que Virgil faisait exprès de passer sa main devant son visage pour l'empêcher de dévorer sa passionnante lecture.

L'infâme Gryffondor venait de gâcher l'instant féérique où les lèvres de Bocahontas venaient se déposer sur celles du beau et sexy Unicornboy. Quel gâchis ! Kristen venait de sortir malgré elle de sa lecture, et elle accompagna sa frustration d'un soupir appuyé.

"T'es vraiment trop chiant... " dit-elle en secouant la tête de désespoir.

Mais plutôt que de s'excuser, Virgil œuvrait dans la surenchère, comme s'il cherchait à faire sortir de ses gonds l'innocente jeune fille. Avec une méprise à la limite de la paranoïa, il griffonna son nom et le titre de l'exposé comme pour se prémunir d'une éventuelle dénonciation de la Gryffondor. L’idiot ! Il ignorait encore qu'il s'agissait de sa dernière signature, et qu'il n'était déjà plus qu'un fantôme errant dans les couloirs de Poudlard. Kristen se félicita intérieurement d'avoir délivré sa maison d'un élément aussi subversif et malfaisant. Loin de se démonter face aux provocations du Gryffondor, la jeune fille lui adressa un sourire moqueur.

"Oh le gros froussard! Tu as peur que je dénonce ton ignorance et ta paresse à madame Corrigan? Ne t'inquiètes pas, je n'en ferai rien... " La bouche de Kristen afficha une petite moue condescendante avant qu'elle n'ajoute une dernière formule cinglante : "Tout le monde sait déjà que tu n'es qu'un bon à rien. Un rebelle en mousse et le chouchou à son papa ! Sans l'aile protectrice de ton tendre papounet, il y a bien longtemps que tu ne ferais déjà plus parti du décor de cette école... "

Peut-être avait-elle réussi à le vexer ? Le heurter dans sa fierté de mauvais garçon ? Dans tous les cas, sans l'ombre d'un respect pour sa personne, l'insondable garnement lui intima l'ordre de dégager de la bibliothèque. Il osait même inverser les rôles en prétextant être dérangé par la présence de la studieuse jeune fan de Mildred Magpie.

"Tu plaisantes? C'est toi qui n'a absolument rien à faire ici ! Si tu penses m'impressionner, tu te trompes ! Je ne bougerai pas d'un pouce... "

Kristen n'eut pas le temps de terminer sa phrase que l'infâme garnement l'attaquait déjà sur sa merveilleuse lecture adorée. Dans un geste protecteur, elle serra son précieux roman dédicacé contre sa poitrine, avant de rouler des yeux.

"Tsssssss! Idiot! N'essaie pas de comprendre ce que tu es incapable de lire ! Bocahontas, c'est le genre de jeune femme élégante et distinguée que toi et ta bande de ramollis du bulbe vous ne pourriez même pas fréquenter en rêve! " Elle toisa avec dédain le corps en asperge de Virgil avant de gonfler sa poitrine avec dédain. "D'ailleurs je me demande bien quel genre de fille pourrait s’intéresser à un garçon comme toi...? "

Blessée dans sa passion, Kristen était bien décidée à ne pas se laisser faire, même face au roi de la provocation.
Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Virgil ne voyait que peu  d’intérêt à taquiner les gens peu sûrs d’eux. Ils perdaient rapidement leurs moyens, avaient peu de répondant et finissaient invariablement par fuir –ou pleurer- si on avait le malheur de les pousser dans leurs retranchements… Bref, il n’y avait rien d’agréable, ni d’amusant, à les embêter. Son frère Casey en était la plus belle illustration. Virgil se contentait de le laisser tranquille, attendant sagement le jour où son frère aurait assez confiance en lui pour répliquer à ses vacheries… Virgil avait longtemps pensé que Kristen appartenait à cette catégorie de personne. Durant leurs premières années à Poudlard, elle rougissait comme une tomate dès qu’il s’agissait de prendre la parole et elle passait le plus clair de son temps le nez dans ses livres, isolée des autres.  Cette dernière caractéristique n’avait pas beaucoup évoluée depuis mais Kristen semblait plus prompte à se défendre maintenant. Il suffisait de la voir souffler comme un dragon dans la salle commune quant les sixième année étaient trop bruyants ou de l’écouter défendre avec ardeur Mildred Magpie pour en être persuadé : Elle était une bonne cliente !
Virgil ne tarda pas à l’hameçonner d’ailleurs. Orgueilleuse, elle semblait mettre un point d’honneur à ne pas changer de place, ce qui faisait les affaires du Gryffondor. Vu qu’il n’avait pas son devoir de DCFM à rédiger, il n’était pas contre l’idée d’avoir un peu de distraction jusqu’au couvre feu. Kristen de son côté s’évertuait à tenter de le vexer en le qualifiant de  « froussard » ou encore de « chouchou à son papa ».

Si seulement elle savait ! Virgil était loin d’être le préféré de la fratrie Forbes et il était sûr que si son paternel avait eu l’opportunité de l’exclure de Poudlard, il l’aurait fait depuis longtemps. Virgil ternissait l’image de père parfait, d’homme bienveillant et protecteur de Jonah. Il était la tache sur les photos de famille. Celui qui gâchait le cliché avec son air morne, celui qui remettait sans cesse en cause l’autorité parentale.

Il était clair pour Virgil qu’il ne bénéficiait d’aucun traitement de faveur mais  Kristen pensait le contraire. Elle avait, sans le savoir, abordé  un point sensible du jeune homme  tant sa relation était compliquée en ce moment  avec Jonah mais le Gryffondor ne comptait pas se dévoiler. Il n’offrirait pas de prise à son adversaire et la remarque désobligeante de Kristen coula sur lui :

« Si tu dis vrai, ça veut dire que je peux faire des tas de conneries en toute impunité… » Il chatouilla le bout du nez de Kristen avec l’extrémité de sa plume et ajouta un bref : « Cool... »

Merlin, que c’était agréable de la taquiner ! Kristen démarrait au quart de tour ! Elle lui faisait penser à Gaby, son petit frère, quant il essayait de répliquer avec des remarques cinglantes mais qu’il avait juste l’air complètement ridicule à s’emporter de la sorte… Il était temps de passer à la vitesse supérieure, songea le Gryffondor en tentant d’en savoir plus sur le livre de lecture de la jeune femme. En signe de protection, Kristen colla l’ouvrage contre sa poitrine, signe que Virgil venait de s’attaquer à quelque chose qui lui tenait particulièrement à cœur. Bien. Cette piste était donc à creuser.

« J’aime quant tu me parles mal. »
souffla-t-il lorsqu’elle le qualifia d’idiot. Il l’observa quelques instants d’un regard troublant – juste pour la mettre mal à l’aise- avant d’esquisser un sourire moqueur en entendant la description de Bocahontas : une femme élégante et distinguée que Virgil ne pourrait même pas fréquenter en rêve !
Encore faudrait-il qu’il en ait l’envie, se dit-il en ricanant.  Il préférait, et de loin, les filles avec un petit grain de folie, l’élégance et la distinction n’arrivant qu’en dernières positions dans la liste des qualités requises pour plaire à Virgil. Il suffisait de regarder Kasya pour en être persuadé…Mais quel genre de fille pouvait s’intéresser à lui en retour ? demanda Kristen, visiblement convaincue  que personne ne puisse  être tenté par l’idée de le fréquenter un peu plus intimement.

« Le genre de fille qui ne lit pas des romans à l’eau de rose… » répliqua-t-il du tac au tac.

Il est vrai que Virgil n’avait rien du prince charmant : Il n’était ni gentil, ni serviable, ni protecteur,… Bref, si les filles attendaient ça de lui, elles pouvaient passer leur chemin. Il ne comptait pas se travestir pour plaire à quiconque. Il fallait le prendre comme il était : Avec ses défauts…et ses défauts ! se plaisait-il à penser, bien que cela ne soit pas tout à fait vrai. Le jeune homme décida d’ailleurs de franchir un nouveau pallier dans la provocation. D’un geste rapide, il attrapa sa baguette, posée au milieu de ses plumes et parchemins et la pointa en direction du livre de Kristen toujours collé contre sa poitrine.

« Accio ! » murmura-t-il.

Le bouquin sauta littéralement des bras de la jeune femme pour atterrir dans la main libre de Virgil. Le regard bleu du Gryffondor passa du livre au visage de Kristen qu’il gratifia d’un sourire mauvais puis il se leva prestement de son siège et se tourna pour lire la quatrième de couverture du livre.
« Quoi ? C’est du Magpie ? dit-il en faisant de nouveau face à Kristen. Il afficha une moue dégoutée et commença à lire à voix haute d’un air habité :

« L’innocente et virginale Bocahontas va devoir multiplier les efforts pour éviter le spectre de la potence. Virgil mettait toute l’intonation dramatique dont il était capable,  Une course effrénée contre la mort qui, par la grâce du destin, va la conduire directement dans les bras du tireur le plus rapide et sexy du Midwest –On ne se demande pas ce qu’il va tirer, bien sûr, on le sait déjà en lisant le résumé- commenta-t-il, tout en finesse. Il fit quelques pas dans le box, jeta un coup d’œil en direction d’O’ Brien qui semblait occupée à conseiller un élève à l’autre bout de la bibliothèque et reprit, « Cet engagement ne sera pas de taille à lutter contre les battements frénétiques de son cœur amoureux… »
« Qu’est-ce que vous faites ? » Damon, appuyé sur un coin d’étagère, les bras croisés, observait la scène d’un air amusé et semblait avoir abandonné Chloé à son devoir.

« Je lis de la grande littérature !
répondit Virgil en lui jetant le livre qui vola au dessus de Kristen. En bon joueur de quidditch, Damon attrapa le bouquin au vol d’une main, l’ouvrit au milieu et commença, lui aussi, sa lecture à voix haute. Voila pourquoi Virgil appréciait tant son ami : Ils pouvaient être aussi malfaisant l’un que l’autre.

« Oh ma chère Bocahontas ! déclama Damon d’un air théâtral, Bocahontas ? tiqua-t-il. Damon était né moldu et il afficha une drôle d’expression en découvrant le nom de l’héroïne. Virgil laissa échapper un léger rire en répondant à son regard interrogateur par un bref haussement d’épaule.

« Oh ma chère Bocahontas ! Reprit Damon, J’en fais le sermon : jamais au grand jamais je ne vous livrerai à cet infâme shérif. Que l’on me torture, que l’on m’écartèle, que l’on me mutile, je ne lâcherai point ! Gilvir Sebrof ne vous aura pas, vous, ma belle et splendide dulcinée ! »
-Gilvir Sebrof ? l’interrompit Virgil comme frappé par la foudre, le méchant de l’histoire s’appelle Gilvir Sebrof ?demanda-t-il en se tournant vers Kristen, elle a pas osé faire ça quand même ! pensa-t-il à voix haute.

Pourtant, il tenait déjà sa réponse, Mildred Magpie était tout à fait capable de ce genre de mesquinerie.

« Ce bouquin est sorti récemment je parie, reprit-il en rejoignant Damon de l’autre côté du box.
-Pourquoi tu dis ça ? s’enquit son ami. Damon était véloce sur un balai  mais pas très rapide du cerveau…
- Gilvir Sebrof, Virgil Forbes, t’as pas l’impression que ça se ressemble ? » souffla-t-il en oubliant presque la présence de Kristen à leur côté.


Virgil Forbes

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Kristen White

Kristen jeta avec dédain son menton en arrière quand le facétieux Gryffondor osa lui expliquer quel était son genre de filles, ou plutôt celles qui n'avaient pas l'ombre d'une chance avec lui. Quelle arrogance! Comme si c'était un privilège que de sortir avec un diable pareil! Quelle fille douée d'un minimum de raison voudrait s'offrir un tel fardeau en guise d'amoureux? Ne supportant plus son regard moqueur, ni son sourire espiègle, Kristen détourna fugacement ses yeux de biche de cette vision lamentable du garnement

"Pffff! Et aucune fille un temps soit peu intelligente ne se saborderait avec un boulet comme toi! Maintenant, laisses-moi tranquille, sinon je... " Kristen fut stoppée nette dans ses injonctions, quand elle sentit son précieux livre glisser et se dérober subitement de son étreinte passionnée. Par Merlin! Regrettant déjà d'avoir détourné le regard du vil chenapan, la moue dédaigneuse qui habitait une seconde auparavant le visage de la jeune fille en fleur se mua en pure panique. "Nooooon Virgil! Espèce de voleur! Tu n'as pas le droooooit, rends-le moooooi! "

La simple idée que l'odieux Virgil puisse effleurer la couverture de son merveilleux chef d’œuvre dédicacé suffisait à l'horrifier ; Alors quand le Gryffondor se mit à le feuilleter, Kristen se sentit comme violée dans son intimité! La jeune fille paniquée tenta de lui arracher le précieux sésame des mains, mais Virgil se montra plus vif, quittant son siège pour la dominer de toute sa taille. Comme un oisillon vociférant pour sa becquée, Kristen le supplia de lui rendre sa bible, mais comme dans un bal maudit l'infâme chenapan pivota sur lui-même pour la faire tourner en bourrique et éviter ses petites mains fébrilement tendues. Aux portes de la désolation, elle répondit d'une petite voix fluette au constat dégouté du méchant Gryffondor.

"Pitié, c'est mon livre dédicacé de Magpie! C'est un cadeau, et j'y tiens plus que tout au monde! Mais attentioOOon crétin, tu vas l'abimer!!! Il vaut une petite fortune! Mais enlèves tes sales pattes, tu vas finir par salir la couverture ou pire froisser ses pages! Pourquoi me voler un livre dont tu es incapable de lire ne serait-ce qu'une ligne!?"

Trop tardivement, Kristen comprit que sa malheureuse dernière phrase n'allait que faire le jeu du vil Gryffondor et offrir une nouvelle flèche belliqueuse à son carquois de vilénies! Sur un ton empreint d'ironie théâtrale, Virgil ne se fit pas prier pour entamer la lecture de la quatrième de couverture. Kristen se lança aux trousses du garnement alors qu'il se dirigeait derrière une étagère chargée de livres, dans le but sournois de se soustraire à la vigilance de la bibliothécaire. Dans sa peur panique de voir son livre préféré se faire écorner, Kristen en avait totalement oublié Abigail O'Brien. Toute son attention était rivée sur le cadeau de sa romancière préférée, prit en otage entre les mains de l'affreux diablotin. Ce dernier ne tarda pas à faire un commentaire hideux sur l'intrigue, signe de son profond degré d’immaturité. Kristen ne put cacher son mépris face aux propos médisant et irrespectueux du Gryffondor.

"N'importe quoi, espèce de crétin, rends-moi mon livre! Tu es bien trop vicelard pour comprendre l'amour avec un grand A! Tu ne cherches qu'à pourrir la vie des autres, pour mieux te complaire dans ta propre médiocrité! "

Plutôt que d'alerter la bibliothécaire sur sa mésaventure, les petits glapissements plaintifs de Kristen ne firent que rameuter un nouveau charognard au cœur du conflit. Et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agissait du pire d'entre tous : L'affreux Damon Drop! En le voyant, Kristen sentit la peur lui nouer la gorge. Non qu'elle soit inquiète pour sa propre personne, la gryffondor téméraire tremblait plutôt pour le devenir de son nouveau roman fétiche. Avec son air goguenard, et sa posture faussement désinvolte, nul doute que Damon cherchait une nouvelle forfaiture à accomplir. Une énième méchanceté bien lourde qui puisse le distraire de l'ennui mortel de la studieuse bibliothèque. Décidément, avec Virgil, il faisait bien la paire, et ce n'est pas les yeux triste de chaton de Kristen qui allait l'émouvoir. Aucune supplique ne semblait d'ailleurs fonctionnée...

"Je t'en prie Virgil, rends moi mon livre... "

N'écoutant guère les propos échangés entre les deux compères, la principale préoccupation de Kristen était de récupérer au plus vite son livre. Malheureusement dans sa précipitation et sa poursuite de l'infâme Virgil, elle en avait oublié sa baguette magique qui reposait au creux de son sac. Sans celle-ci, elle ne faisait clairement pas le poids contre les deux adolescents malfaisants qui se gaussaient déjà bêtement de ses lectures. Dans un effort vain et grotesque, elle leva ses petites mains fébriles pour intercepter la passe décisive que Virgil destinait à son autre diable de camarade, mais malheureusement, elle était bien trop petite pour arriver à ses fins. Bocahontas vola au dessus de son regard médusé, avant d’atterrir dans les mains de l'effroyable Damon. Kristen poussa un petit glapissement d'effroi avant de grimacer d'horreur face au sort réservé à son précieux cadeau collector.

"Nooooon! Noooooooooon! NooooooOOOOOoooon! " s'écria Kristen, alors que des larmes de détresse commençait à innondait son regard.

Mais cela n'attrista nullement la brute Damon, qui de sa voix grave et puissante, entama la lecture d'un passage phare du merveilleux roman : Celui ou le bel Unicornboy faisait la promesse éternelle de toujours protéger son indienne préférée des griffes de l'immonde shérif Gilvir Sebrof. Kristen regrettait de n'avoir point de Jesse Butterfly à ses cotés, qui puisse venir lui prêter mains fortes alors qu'elle cherchait vainement à récupérer son livre des mains de l'odieux lascar. Ce dernier n'avait besoin que d'une main pour la plaquer au sol, et l'empêcher de sautiller. L'air mauvais, il continua son récit faussement enflammé, quand Virgil finit par s'interroger sur le nom de l'antagoniste principal. Même une fan aussi assidue que Kristen White ne s'était pas rendue compte de l'étrange parallélisme existant entre les deux noms. Contrairement à Virgil, elle n'y trouva rien de choquant, surtout après l'humiliation publique qu'il avait osé infliger à sa romancière préférée. Au contraire, c'était la moindre des justices que de voir Mildred Magpie chercher à se venger dans ses fictions. Après une dernière tentative pour arracher son livre des mains de Damon, la jeune fan s'effondra sur ses genoux en sanglot. Son mascara dégoulinait sur ses joues rosies par l'émotion, tandis qu'elle tentait maladroitement de cacher son visage larmoyant. Entres ses paumes resserrées, elle finit par répondre d'une voix nouée par la colère et le chagrin aux interrogations de Virgil sur le-dit livre.

"Oui! Toi et Gilvir, vous avez un point commun en plus de votre méchanceté, vous allez tous les deux finir emprisonnés! "
 
Damon resta un instant sans voix, et scruta bêtement Virgil dans l'attente d'une réponse. Bien moins futé que son confrère de Poudlard, Damon ne comprenait pas trop où voulait en venir Virgil, et les menaces déguisées de l'idiote au sol. Voilà pourquoi, il préféra dissimuler son incompréhension en s'en prenant directement à la pauvre Gyffrondor en pleurs.

"Bouhou-Bouhou... C'est qu'elle est mauvaise notre princesse! Mates-moi un peu ça, Virgil! Voila qu'elle chiale cette pisseuse! Alors Kris-thon les gros nichons : Il est où ton prince charmant? Il a perdu sa licorne rose? Ou il a peut-être peur de se confronter à un vrai mâle viril comme moi? En tout cas, bienvenue dans le monde réel, pauvre conne! "  

La brute ponctua ses moqueries d'un rire gras, avant de tendre le livre à quelques centimètres du visage de sa malheureuse propriétaire.

"Ok, tu veux ton livre. Vas-y, tu peux le reprendre. Tu me fais trop pitié... "

De nouveau habitée par l'espoir, Kristen releva un regard embué en direction du garçon malveillant, avant de tendre timidement sa main en direction de la belle couverture... Mais elle ne fit que l'effleurer, tandis que Damon arborant un air victorieux subtilisa subitement le livre de son étreinte.

"Tu pensais vraiment que j'allais te le rendre? Mais tu vis dans un rêve ma pauvre conne! "

Sans même le prévenir, le cruel Gryffondor jeta alors le bouquin en direction de son pote Virgil. Fier de lui, et roulant des mécaniques, Damon appuya un long regard sur son fidèle et loyal compère.  

"Vas-y Virgil, montres-lui ce que les vrais hommes font de sa foutue grande littérature! Déchires-moi les pages de cette merde! "  

Relevant un regard terrifié en direction de son livre, Kristen sentit le sol se dérober sous elle...
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« Gil-vir, Vir-gil » répéta le Gryffondor en insistant bien sur chaque syllabe pour que Damon comprenne la similitude entre les deux noms. Virgil ponctua sa tirade d’un regard appuyé, attendant de voir Damon percuter enfin et percevoir le lien si évident,… en vain. « Putain, tu crains… » souffla Virgil en secouant légèrement la tête. Il lissa ses cernes entre son index et son pouce et reporta son attention sur Kristen qui…

Mais Bordel de troll ! Qu’est-ce qu’elle foutait par terre, celle-là ?

Virgil eut un léger mouvement de recul et une grimace de dégout en découvrant sa camarde de classe  en train de sangloter au sol. Elle n’avait donc aucune fierté ? Damon et lui n’avaient fait que la taquiner  un peu avec son livre, rien de plus,  il n’y avait vraiment pas de quoi se rouler par terre et se mettre en P.L.S !  Virgil croisa le regard de Damon et roula des yeux ostensiblement devant ce spectacle affligeant. Même les première année étaient plus combatifs ! Comment cette fille avait-elle pu être répartie chez Gryffondor ? songea-t-il en rejoignant sa table pour ranger ses affaires.

Il ne voyait aucun intérêt à poursuivre cette petite séance  récréative. Non seulement il s’était trompé sur Kristen- elle n’avait vraiment aucun répondant- mais, en plus, il risquait de recevoir un blâme pour harcèlement envers un camarade. Et il n’avait clairement pas besoin de ça en ce moment !

En tout cas, c’était dommage que Kristen  n’ait pas fait ce numéro pour l’audition des Hauts de Hurlelune, se dit-il en rassemblant ses livres et ses parchemins étalés sur son bureau. Elle aurait pu obtenir le rôle de Peggy Black haut la main avec une telle prestation ! Mais au lieu de ça, elle avait complètement perdu ses moyens et s’était ridiculisée devant toute l’école. Dommage, songea-t-il plein de sarcasmes.

Particulièrement insensible au triste sort de la jeune femme, Virgil posa son sac en bandoulière sur son épaule tandis que Damon ne semblait pas prompt à lâcher l’affaire. C’était là, la principale différence entre eux deux : Virgil se désintéressait assez rapidement d’une proie facile comme Kristen. Il estimait qu’il avait remporté leur petit duel –et que dorénavant, elle y réfléchirait à deux fois avant de venir s’installer à sa table à la bibliothèque- et cela lui suffisait. Il n’avait pas besoin de la rabaisser davantage, contrairement à Damon qui éprouvait toujours un malin plaisir à pousser le bouchon toujours plus loin. Virgil s’assit à moitié sur la table et croisa les bras sur son torse pour observer et écouter les propos scabreux de son ami. Il fallait toujours qu’il en fasse des tonnes avec ses histoires de mâles virils, de vrais bonhommes et  de gros bras. Il avait surement quelque chose à compenser, pensa Virgil, se promettant de demander à Kasya, un soir où ils auraient un peu bu…

Malgré le fait que la situation tournait à l’humiliation publique, Virgil n’esquissa pas le moindre geste pour prendre la défense de Kristen. Qu’elle se démerde ! Elle était une sorcière, bordel, pourquoi ne répliquait-elle pas avec un sortilège bien senti ? Elle surpassait Damon en magie, et de loin, tant elle faisait partie des meilleurs élèves de leur promotion.  Pourquoi se laissait-elle victimiser de la sorte ? Virgil ne comprenait pas. Il aurait juste fallu qu’elle lance un simple « Accio » pour récupérer son foutu bouquin, mais non, elle préférait jouer la dramaqueen, comme son idole Mildred Magpie à la soirée de commémoration. Pas étonnant.

Virgil ne s’y attendait pas mais il parvint à attraper le livre préféré de Kristen au vol quant son camarade le lui jeta subitement.

« Qu’est-ce que tu veux que je fasse de cette daube ? » demanda-t-il à son ami, qui suggéra rapidement d’arracher chaque page de ce maudit torchon. Ni plus ni moins. Hum…  Virgil se donna quelques  instants de réflexion pour en arriver à la conclusion suivante : ça allait trop loin pour lui. S’il se livrait à un saccage en bonne et due forme de Bocahontas, ce comportement irait à l’encontre des « bonnes résolutions » qu’il s’était fixées depuis les événements de la St-Valentin. Il n’oubliait pas qu’il s’était engagé à être irréprochable et nul doute que ce type d’action risquait d’anéantir son statut de repenti.

Et puis, cela ne lui ressemblait pas. Il n’avait pas envie d’humilier Kristen davantage. Elle lui faisait penser à Casey, son petit-frère, avec son air abattu et minable, incapable d’aligner trois mots pour se défendre. Honnêtement, il était mal à l’aise à l’idée d’aller plus loin et de réduire en miette son bouquin, aussi médiocre soit-il. Toutefois, il ne pouvait pas, non plus, perdre la face devant Damon en se montrant trop tendre à l’égard de Kristen. Il s’agissait juste de trouver le juste milieu.

« Y a pas moyen, répondit-il donc en jetant de nouveau le bouquin à son ami, Personnellement j’en peux plus de ses jérémiades. Si ça te fait plaisir qu’elle te casse les oreilles encore pendant des heures, vas-y, fais-le, mais moi, je me barre. » Virgil se leva, s’étira longuement et esquissa un pas en direction de la sortie.

Il avait espéré s’en tirer sans avoir à se justifier mais c’était sans compter sur Damon.
« Tu te défiles ? » souffla-t-il pour le piquer dans son orgueil.
Virgil bascula sa tête en arrière et poussa un long et profond soupir blasé avant de redresser la tête. Il reporta ses yeux mi-clos sur sa camarade de promo et la désigna d’un geste de la main avant d’observer Damon.

« Regarde la, sérieux. Regarde ce spectacle affligeant, insista-t-il, Elle fait pitié. »

Virgil secoua la tête, dépité, et s’avança entre son ami  et Kristen.

« Je suis au dessus de ça.
Souffla-t-il en secouant la tête, et toi aussi. Je t’assure. » Virgil appuya ses derniers mots d’un regard insistant comme pour convaincre son camarade d’en rester là, Je descends dans les serres, rejoins moi quant tu as fini avec… » Il laissa la fin de sa phrase en suspens et désigna d’un geste du menton l’emplacement où se tenait Chloé derrière l’étagère.
Le meilleur moyen pour faire diversion auprès de Damon était de lui rappeler qu’une conquête potentielle trainait dans les parages.  Virgil adressa au joueur de quidditch un léger sourire de connivence puis il poursuivit son chemin d’une démarche nonchalante jusqu’au box d’à côté où Chloé patientait. Il gratifia la jeune femme d’un coup d’œil inexpressif –il espérait bien qu’elle saurait tenir sa langue et qu’elle ne comptait pas aller cafter auprès d’O’Brien- et quitta la bibliothèque quelque peu contrarié.

Non pas qu’il regretta ce qui venait de se passer –loin de là même, Kristen White ne méritait pas son respect- mais il avait la désagréable impression de passer à côté de quelque chose d’essentiel. Un élément lui échappait.

Avec sa pseudo lettre d’excuses auprès de Mildred Magpie, Virgil avait l’impression d’avoir eu  le dernier mot dans le conflit qui l’opposait à la romancière mais la découverte de Gilvir Sebrof rebattait les cartes. Magpie n’était visiblement pas du genre à lâcher prise. Et puis, il y avait cette phrase qu’avait prononcée Kristen et qui tournait dans sa tête :

« Toi et Gilvir, vous avez un point commun en plus de votre méchanceté, vous allez tous les deux finir emprisonnés! »

Finir emprisonnés ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Cela n’avait pas de sens…

Virgil descendit une flopée de marches et tourna à gauche pour s’engager dans le couloir qui rejoignait le grand escalier de marbre….


Virgil Forbes

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Neville Londubat & Hector Sniffer
Directeur de Maison Gryffondor & Intervenant Scolaire

Neville Londubat était très nerveux alors qu'il dévalait une à une les marches du grand escalier le conduisant dans le hall d'entrée de la prestigieuse école de Poudlard. Bien qu'il cherchait à conserver un calme apparent et sa dignité de Directeur de Maison, son teint blême trahissait malgré tout le profond désarroi intérieur dans lequel il se retrouvait plongé depuis l'apparition d'une intrigante lettre de dénonciation anonyme.  Mauvaise blague, calomnie ou vérité dangereuse... Le plus important était de couper le mal à la racine, et de vérifier immédiatement la véracité des dires de ce corbeau mystérieux. Comment se pouvait-il qu'une drogue aussi dangereuse que la Volubilis puisse se retrouver dans le dortoir de ses élèves? Et si cela se confirmait, comment avait-il pu se montrer aussi négligent pour ne voir aucun signaux avant coureur du danger! C'était impossible! Tout ceci ne pouvait qu'être une vaste rumeur lancé par un élève oisif en mal de distraction.    

Après avoir fauché la tête du terrifiant Nagini, Neville ne pensait plus avoir à éprouver le moindre sentiment de peur envers un quotidien devenu aussi familier que routinier. Et pourtant... Quand Daisy Mason l'avait convoqué la veille au soir pour le mettre au parfum sur le contenu de la dite lettre, Neville avait tremblé à l'idée qu'un ou une élève puisse être la victime du violent opiacé. Certes il ne fallait point tomber dans le catastrophisme ou dans un élan de panique destructeur pour la crédibilité de l’École, mais comme le soulignait la Directrice, il fallait régler cette affaire en interne et dans la discrétion la plus totale. Même si elle prenait la chose très au sérieux, Daisy n'était pas du genre à se laisser emporter ou dicter sa conduite par ses émotions. Voila pourquoi, avant d'interpeller le prétendu coupable et avertir la police magique ; Elle comptait au préalable diligenter une enquête et avoir la preuve matérielle qu'un tel fléau puisse bel et bien se retrouver dans son école. Et cette responsabilité revenait au Directeur de la Maison incriminée...

Bien que déterminé à résoudre cette sombre affaire, Neville n'en restait pas moins fort préoccupé pour une raison toute personnelle. Non qu'il craignait de voir sa légitimité de Directeur de Maison remise en question, car il était le premier à accepter d'endosser le prix de ses erreurs. Mais la source de son anxiété résidait surtout dans le fait que le principal suspect de cette affaire soit un certain Virgil Forbes. Si ce dernier n'était pas un modèle de sagesse, et brillait par son insolence ; Neville entretenait une amitié des plus sincères avec le père du garnement, et cela lui fendait le cœur d'être celui qui allait peut-être détruire à jamais l'équilibre précaire d'une famille déjà dans la tourmente. Mais sa première faute n'était-elle pas d'avoir relativisé et sous-estimé l’addiction de Virgil pour les drogues?

D'ailleurs, l'histoire de la Mandragore n'était-elle pas un premier signal d'alarme? Quelle naïveté! En choisissant la voie de la sensibilisation et notamment l'intervention magistrale de Rachelle Sylvester, il pensait vraiment que Virgil réussirait à régler ses problèmes d'addiction tout en l'éloignant définitivement des drogues. Mais porté par l'optimisme triomphant de son ami Jonah, il s'était peut-être laissé aveuglé dans son objectivité. Et c'était peut-être bien cette furibarde hystérique de Mildred Magpie et son index accusateur brandit qui avait raison sur le devenir de cet adolescent belliqueux...

Mais pour l'heure, il était encore trop tôt pour accuser ou trouver des responsabilités à qui que ce soit, la lettre anonyme ne faisant qu'ouvrir le champ des suppositions. Si la Volubilis s'était réellement invitée dans le dortoir des Gryffondor, Neville ne tarderait pas à la débusquer! Surtout qu'il s'était entouré dans cette mission du meilleur spécialiste en la matière : Un certain Hector Snifer. Cet ancien douanier magique n'était rien d'autre qu'un intervenant scolaire qui militait auprès des jeunes sur la dangerosité et l'addiction aux drogues. Nul doute que son avis d'expert allait lever la moindre incertitude au sujet de cette maudite Volubilis et innocenter ou non Virgil. Arrivé dans le hall d'entrée, Neville découvrit le petit homme rondouillard en train d'épousseter du bout du doigt la poussière déposée sur le dessus d'un tableau. Face à l'homme qui lui tournait le dos et qui l'ignorait dans sa tache ménagère, Neville fut contraint de se racler la gorge pour signifier sa présence.

"Monsieur Sniffer? Je suis le Directeur de Maison Londubat, je vous ai missionné par hiboux pour des soupçons d'usage et de consommation de stupéfiants au sein de notre établissement... "

L'homme court sur pattes secoua sa main libre pour stopper les propos du Directeur de Maison, s'en même prendre le soin de se retourner.  

"Voui-voui je sais qui vous êtes et pourquoi je suis là! Vous recherchez celle que l'on surnomme la déformeuse d'âme, la sussureuse de rêves éveillés, la grande voleuse de conscience! Bref de la Volubilis! "

Neville Londubat jeta un regard inquiet autours de lui, de peur que les propos de l'intervenant n'arrivent jusqu'aux oreilles d'un élève innocent. Le plus important à l'heure actuelle étant de ne point propager la panique au reste de l’école magique.

"Exactement! Mais pour l'heure, nous aimerions conserver la plus grande discrétion sur ce qui n'est encore qu'une sombre hypothèse... "

L'ancien douanier se gaussa tout en regardant le tableau qui représentait l'envol flamboyant d'un phénix.

"C'est clair que si la présence de l'une des drogues les plus dangereuses du Monde Magique venait à se vérifier, vous auriez besoin de bien plus qu'un phénix pour faire ressusciter votre réputation d'école modèle! Mais bon, pour commençer... " Le petit homme rondouillard finit par se retourner, et tendre un index poussiéreux à la face médusé du pauvre Neville. "Est que vous savez de quoi il s'agit? "

"De la poussière? " répondit avec perplexité le Directeur des Gryffondors.

"Oh que non! Il s'agit de ce que l'on appelle communément du sel de pierre, du nitrate de potassium, autrement dit du salpêtre! L'un des premiers composants de ce que le chinois appellent "Huoyao" ou la Drogue de Feu! Croyez-moi si votre prétendu dealer tombe sur sa recette, il va en carboniser des cervelles innocentes! J'imagine encore une fois que vous n'étiez pas au fait d'un tel danger? Je me trompe? "

Sans même daigner attendre sa réponse, Hector Sniffer broya la main du malheureux Neville.

" Hector Sniffer, pour vous servir! Votre meilleur allié contre la Volubilis, et le meilleur nez du monde Magique pour débusquez toutes sortes de drogues! "

Neville épousseta sa main pleine de salpêtre, avant d'indiquer la dirction des escaliers au meilleur nez du Monde Magique.

"Croyez-moi, je réalise la chance que nous avons de pouvoir compter sur vos services, et je vous remercie de la rapidité à laquelle vous avez répondu à notre missive. Maintenant, si vous voulez bien vous donnez la peine de me suivre... "

Les deux hommes gravirent les première marches de l'escalier conduisant vers les hauteurs du château et le quartier des Gryffondor. Le silence n'étant pas son point fort, Hector Sniffer ne tarda pas à interpeller de nouveau son hôte sur l'affaire en question.

"Voui-voui! Alors pour résumer cette sordide histoire, un témoin souhaitant conserver l'anonymat aurait surprit l'un des ses camarades de chambrée en train de refourguer de la Volubilis. Surprenant! Et vous n'avez pour autant vu aucun de vos élèves en train de se balancer aux lustres, ou que je ne sais quelle autre diablerie, comme tenter d'entrer en contact avec leurs paumes de main? "

"Non rien de tout cela... " répondit Neville en secouant la tête.

Un brin dubitatif, l'ancien douanier magique se frotta le menton.

"Hum hum... C'est louche... Et vous n'avez pas tentez de fouiller par vous même la valise du dealer incriminé pour voir de quoi il pouvait s'agir? Il ne s'agit peut-être que d'un jeu ou notre suspect joue les grands mafiosos en broyant des pastilles à la gerbe. Et d'ailleurs c'est quoi déjà le nom de cet olibrius? "

"N'étant certain de pouvoir authentifier de la Volubilis, nous voulions la confirmation d'un expert. Et pour l'heure, je tiens à vous rappeler que le jeune Virgil Forbes demeure présumé innocent, et ce même si la lettre le dénonçant demeure extrêmement précise et accablante dans sa description des faits... "

Les sens aux aguets, Hector Sniffer s’arrêta un instant pour renifler les airs et plus particulièrement une colonne en pierre. Les yeux plissés par cet effort olfactif, il se retourna vers le directeur de Maison.  

"Même d'ici, je peux sentir l'odeur du vice et de la drogue qui se dégage de ses pierres. Croyez-moi! Si Volubilis, il y a... Volubilis, on trouvera! Nous sommes encore loin de ces fichus dortoirs Gryffondor? "

Le petit intervenant rondouillard avait beau joué les enquêteurs experts, il n'en demeurait pas moins essoufflé à force de gravir les étages conduisant aux quartiers des Gryffondors. Il sentait plus la sueur qui dégoulinait de ses aisselles que toutes autres senteurs suspectes. Neville Londubat ne tarda point à le rassurer :

"Non, je vous rassure. Nous ne sommes plus très loin... "

Pour l'heure le plan diabolique de Mildred Magpie et de sa précieuse alliée Kristen fonctionnait à merveille. Et si rien n'enrayait sa terrifiante mécanique, Virgil Forbes ne serait bientôt plus qu'un fantôme dans les couloirs de Poudlard...
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Gilvir Sebrof ! Mildred Magpie ne reculait devant rien ! songea Virgil en se remémorant le patronyme du vilain de Bocahontas. Il aurait peut-être dû garder le livre finalement, se dit-il avait un léger sourire aux lèvres. Ce n’était pas donné à tout le monde d’être la source d’inspiration d’un personnage de fiction ! Lui qui avait toujours aimé les méchants dans les histoires pour enfant voila qu’il avait donné son nom  -enfin presque- à un antihéros de papier… Virgil était curieux de savoir s’il partageait d’autres caractéristiques avec  son alter-ego et il se promit d’en savoir plus sur cet « infâme shérif ». La Salle sur Demande serait surement en mesure de lui fournir l’ouvrage en question pour qu’il le parcourt un peu plus en détail mais pour l’heure, il comptait bien descendre s’en griller une dans les serres. Et, peut-être, s’entrainer aux exercices de méditation que lui avait conseillé Nelly la veille pour fermer son esprit plus facilement.

Ce n’était pas la partie qu’il préférait dans sa préparation pour obtenir un stage à Skye mais il devait assumer la responsabilité de ses ambitions et avoir la force de consentir à des efforts et, surtout, des sacrifices. Il s’était acheté une conduite depuis qu’il avait découvert ses aptitudes en légilimancie –bon si l’on omettait son petit écart de la St-Valentin- mais globalement, il était plus sérieux en cours : Même si on pouvait avoir l’impression qu’il dormait sur son bureau, il écoutait et rendait ses devoirs rédigés avec application dans les temps. C’était la clef : Les professeurs ne devaient rien avoir à redire sur la qualité de ses rendus. Il pouvait se permettre d’aborder son air nonchalant et blasé, si en retour, il fournissait un travail irréprochable. Pas besoin de lancer des « Bonjour Madaaame ! » « Au revoiiir Monsieur ! Passez une bonne journée !» en arrivant ou en quittant la classe.  Ni de s’asseoir au premier rang avec l’expression avide de l’élève qui veut apprendre, ni de participer comme un bon chien-chien qui donne la patte… Non, il ne fayotterait jamais:  Il comptait bien contraindre ses enseignants à lui donner un avis favorable tout simplement parce qu’il était véritablement doué.

En plus, il n’avait pas touché à un joint depuis les vacances de Noël –plus de deux mois ! Un véritable record !- et il comptait rester sobre à Poudlard, du moins,  jusqu’à ce qu’il ait obtenu ce qu’il voulait. Virgil avait la tête dure et cette idée de stage virait à l’obsessionnel. Il avait l’intime conviction qu’il pourrait pleinement s’épanouir au sein du centre de réhabilitation mémorielle et il espérait bien pouvoir vérifier cette intuition en obtenant ce sésame.

Kristen White ne devait avoir aucun moyen de le freiner dans cette entreprise, se dit-il alors en se remémorant sa binôme littéralement liquéfiée sur le sol de la bibliothèque. Un voile de mépris passa dans le regard du Gryffondor tandis qu’il se remémorait ce triste spectacle –il n’avait aucune compassion pour les pleurnichards- et il décida de rédiger son propre devoir de DCFM au cas où… White était le genre de fille à aller se plaindre à la fin du cours et dire qu’elle avait fait tout le boulot toute seule et nul doute qu’elle n’aurait aucun remord à le faire aux vues du comportement qu’il avait adopté aujourd’hui avec elle.  Virgil allait faire ce travail sur les Impardonnables et il serait même meilleur que celui de Kristen, se promit-il en songeant aux derniers mots de sa camarade qui sous-entendaient qu’il allait finir emprisonné. Que voulait-elle dire par là ? Cette phrase tournait dans sa tête, sans qu’il ne puisse l’évacuer d’un haussement d’épaules. Virgil avait le sentiment que quelque chose lui échappait et il n’aimait pas ça. Il marchait dans les couloirs déserts et s’apprêtait à bifurquer en direction du Grand escalier de marbre lorsque les bruits d’une conversation lui parvinrent :

« …avez pas tentez de fouiller par vous même la valise du dealer incriminé pour voir de quoi il pouvait s'agir? »


Dealer ? Virgil s’arrêta net au niveau d’une colonne de marbre. Il ne connaissait que deux dealers à Poudlard : Mary-Lisbeth Pilliwickle, en septième année Serdaigle,  qui revendait tout un tas de psychotropes à des tarifs parfois exorbitants, et Damon, qui, fort de ses cours de Botanique, avait réussi à installer un solarium pour ses plants de mandragore dans la grande villa de ses parents moldus. Monsieur et madame Drop étaient bien loin d’imaginer que leur fils cultivait de la drogue en toute impunité sur leur propriété et ils pensaient juste que leur fiston avait développé une passion sans faille pour la biologie et la biodiversité végétale… ce qui n’était pas totalement faux. Damon était surement promis à une belle carrière dans le domaine, du moins s’il ne se faisait pas confondre par cet étrange individu qui semblait accompagner son directeur de maison. En effet, Virgil reconnut la voix de Neville Londubat et se glissa au même moment derrière l’imposante colonne afin de ne pas être vu par les deux hommes.

"…N'étant certain de pouvoir authentifier de la Volubilis, nous voulions la confirmation d'un expert…. »

De la Volubilis ? Carrément ? Si quelqu’un à Poudlard revendait ce type de produit, Virgil voulait bien qu’on le lui présente sur le champs ! Il n’avait jamais entendu parler d’un éventuel revendeur du célèbre opiacé violet, et pourtant, il était plutôt bien informé sur la question… Sniffer de la Volubilis était sur sa liste de ses choses à faire avant de mourir entre « Vivre une expérience chamanique en Amazonie » et « Manger du boursoufflet. » (parce que l’idée de dévorer le truc le plus mignon au monde était amusante… Les moldus mangeaient bien du lapin après tout.) . Il tendit donc l’oreille pour savoir qui était le mystérieux dealer et son cœur rata un battement en entendant la réponse :

« … je tiens à vous rappeler que le jeune Virgil Forbes demeure présumé innocent,… »

Une lueur d’incompréhension et d’affolement passa dans le regard du Gryffondor. Lui ? Revendre de la Volubilis ? Impossible ! Comment aurait-il pu alors qu’il n’avait même plus d’argent de poche depuis six mois ? Il avait déjà du mal à se payer ses cigarettes alors comment ferait-il pour acheter un stock de Volubilis sans mise de départ… Il obtenait quelques  rares mornilles par Gaby qui acceptait de le dépanner de temps en temps et Damon lui payait des clopes en échange d’un coup de main en potions.
Virgil n’avait jamais revendu quoique ce soit et ne comptait pas le faire, encore moins depuis qu’il tentait d’obtenir ses entrées à Skye !

« … et ce même si la lettre le dénonçant demeure extrêmement précise et accablante dans sa description des faits... "

Les deux hommes passèrent devant la colonne de marbre sans voir Virgil et prirent la direction de la tour de Gryffondor, signe qu’ils allaient se livrer à une inspection des dortoirs. Le jeune homme les regarda partir et resta là, immobile, comme frappé par ce qu’il venait d’entendre.
Une lettre de dénonciation. Un foutu corbeau voulait réduire à néant tous ces efforts ! constata-t-il en sentant monter un puissant sentiment de colère en lui. Il serra la mâchoire, les poings crispés… Qui ? Qui cherchait à le faire tomber ? Et pourquoi ? Malgré lui, une longue liste de noms et de motifs  s’imposèrent dans son esprit mais il les chassa rapidement. Trouver l’auteur de la lettre n’était pas sa priorité, il devait d’abord s’assurer que Londubat et l’expert ne trouveraient rien de compromettant dans ses affaires. Pour cela, il devait rejoindre son dortoir le plus rapidement possible, hors, son putain de directeur de maison et l’expert grassouillet venaient tout juste d’emprunter le chemin le plus court !

« Et merde. » lâcha-t-il entre ses dents serrées.

Il n’avait pas d’autre choix que de contourner les escaliers principaux et d’emprunter le colimaçon du sixième étage…depuis l’aile ouest du château. Il lui faudrait ensuite traverser le couloir desservant les salles de classes de Runes,  d’études des Moldus, d’arithmancie avant d’espérer arriver devant le tableau de la Grosse Dame en premier. L’expert avait bien l’air d’avoir un peu d’embonpoint, mais il n’était  pas dit que cela suffise à le ralentir pour autant, songea Virgil en se mettant subitement à courir dans la direction opposée des deux hommes.

Il n’avait pas une seconde à perdre, ses pas rapides claquaient dans les corridors du château, et son souffle saccadé rythmait chacune de ses enjambées lorsqu’il déboucha sur un couloir rempli de première année Poufsouffle et Serdaigle qui sortaient tout juste de leur cours d’Histoire de la Magie. L’enfer sur terre. Il slaloma entre les gamins qui finirent par s’écarter d’eux même pour le laisser passer devant son empressement et ses jurons. Il retrouva rapidement un peu de vitesse, tourna à gauche au détour d’un couloir et… percuta de plein fouet un autre élève.

Les sacs volèrent dans les airs et tombèrent lourdement au sol dans un bruit de verre cassé. Les affaires de Virgil s’éparpillèrent dans tout le couloir et une tache d’encre noir ne tarda pas à maculer son sac et à former une flaque sombre sur les pierres grises du corridor.  Sous le coup du choc, Virgil avait fait quelques pas en arrière en se tenant le front –ça avait tapé  fort et il était même un peu sonné- mais c’était l’énervement qui primait en lui  avant la douleur ou la culpabilité d’avoir quasiment assommé un camarade de classe.

« Putain mais tu peux pas faire attention où tu… –Il releva la tête et son expression courroucée s’évanouit presque instantanément, Nelly ! s’exclama-t-il visiblement soulagé de la voir, il faut que tu m’aides, ajouta-t-il en faisait quelques pas vers elle pour l’attraper  par les épaules, J’ai pas le temps de t’expliquer mais j’ai absolument besoin de toi, commença-t-il en la secouant légèrement. Bon, ce n’était peut-être pas une bonne idée de la malmener, constata-t-il en relâchant sa prise. Il planta son regard bleu dans celui de la préfète pour qu’elle imprime bien la gravité de la situation et qu’elle voit qu’il ne plaisantait pas du tout, pour une fois,  Il faut que tu ailles voir Londubat et que tu lui tiennes la jambe le plus longtemps possible. Il est avec un petit gros dans les escaliers principaux, tu dois les ralentir. Absolument, insista-t-il en joignant ses mains en prière devant sa bouche, promis je te revaudrai ça. »

Il n’attendit pas vraiment sa réponse pour ramasser ses affaires d’un sortilège. Les livres, plumes et parchemins rejoignirent pêle-mêle l’encrier cassé au fond de son sac. Elle pouvait très bien refuser de se mouiller pour lui mais il espérait qu’elle le ferait.

« Les escaliers principaux, répéta-t-il, en direction de la tour Gryffondor, précisa-t-il avant de reprendre sa course contre le temps.


Virgil Forbes

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« C’était cool de rester un peu ensemble. »

Nelly souriait à son petit frère, Mickaël, qu’elle avait accompagné jusqu’à sa salle de classe. Le frère et la sœur avaient mangé ensemble pour la pause déjeuner et s’était ensuite accordé un moment de tranquillité où ils avaient déambulé dans les couloirs du château en parlant de tout et de rien. Ils avaient même rapidement écrit une lettre à leur sœur qu’ils avaient envoyée – la chouette de Nelly s’était fait le plaisir de taquiner Mike en lui tirant les cheveux. Ils se tenaient désormais dans le couloir où le Serdaigle avait cours d’Arithmancie, un peu à l’écart des autres élèves agglutinés devant la porte de la classe. Nelly ébouriffa affectueusement les cheveux de son petit frère, qui n’était plus si petit – ils poussaient drôlement vite ces ados – et qui râla en recoiffant sa tignasse coiffée-décoiffée. Nelly et lui avaient été quelque peu en froid depuis l’implication de la préfète dans les Jeunesses mais la jeune femme était heureuse de constater qu’ils avaient enfin retrouver leur complicité et elle ne pouvait qu’en être soulagée, se dit-elle alors que Mike s’éloignait pour se mêler à ses camarades après lui avoir souri.

Nelly lui accorda un dernier signe de la main et se retourna pour rebrousser chemin. Maintenant, il fallait qu’elle travaille, elle n’avait plus d’excuses pour délaisser ses ours de potions désormais. Mais avant, elle avait besoin de se donner du courage et un bon thé contenait tout ce dont elle avait besoin. La jeune femme fit passer son sac de son dos à sa poitrine pour en sortir un thermos qu’elle remplissait chaque matin de thé au petit-déjeuner. Le thé que faisaient les elfes des cuisines était exquis, elle en vidait presque une théière à chaque petit déjeuner entre les tasses qu’elle buvait et le plein de son thermos, pour le grand amusement de ses camarades qui la voyaient systématiquement faire son petit manège. Cette boisson chaude lui donnait la motivation et la sérénité de réviser ses cours, aussi les gorgées qu’elle avala lui firent le plus grand bien. En refermant le goulot du récipient, la préfète constata qu’elle y avait laissé une trace de rouge à lèvres. Voilà pourquoi elle n’en mettait que rarement, on ne pouvait ni manger ni boire sans prendre de grandes précautions ! Puisqu’elle comptait pour une fois passer la journée bien maquillée, la Serpentard sortit son rouge à lèvres rouge mat et un miroir de poche pour redessiner ses lèvres, en ralentissant quelque peu sa marche dans le couloir…

Mauvaise idée, constata-t-elle trop tard alors qu’elle venait de ranger ses accessoires de beauté dans une poche intérieure de son sac quand un fou furieux lancé en pleine course au beau milieu du couloir la percuta sans ménagement. Nelly en eut le souffle coupé et n’eut pas le réflexe de retenir ses affaires qui glissèrent de son sac, projetées en avant par l’inertie. Elle entendit des flacons d’encre se briser mais ne savait pas si c’était les siens ou ceux de l’élève qui commençait à lui beugler dessus. Reconnaissant la voix de Virgil, la jeune femme papillonna des paupières pour chasser le tournis du choc et faire face au Gryffondor mais celui-ci s’approchait déjà d’elle et la prit par les épaules pour la secouer. Nelly leva ses mains entre eux et marmonna :

« Ah… Mais… Oh, doucement ! »

Elle était assez sonnée comme ça, pas la peine de la secouer comme un prunier… Qu’est ce qu’il lui voulait d’ailleurs ? Quel problème était si important pour qu’il lui demande de l’aide ? Son camarade avait l’air quelque peu affolé et était essoufflé par sa course. Elle ne l’avait jamais vu si agité, lui qui donnait l’impression d’être constamment endormi… Quelque chose de grave avait dû se produire pour le mettre dans cet état. Mais il n’avait apparemment pas le temps de lui donner davantage d’information…

La préfète tiqua sur les yeux bleus du Gryffondor quand il les planta dans son regard – Merlin seul savait à quel point elle aimait les yeux bleus, elle avait l’impression de pouvoir lire dedans – et un moment de flottement suivit où elle perdit le fil des paroles de son camarade dont elle ne capta que quelques mots. A en croire l’expression grave de Virgil, il y avait urgence et elle devait ralentir Londubat, lui semblait-il, et un « petit gros ». Mais pourquoi ? Et comment allait-elle les ralentir ? Pour combien de temps ? Virgil ne semblait pas prompte à lui accorder plus de temps puisqu’il repartait déjà au pas de course après avoir rangé ses affaires pêle-mêle dans son sac. Au milieu du fouillis de leurs biens respectifs, Nelly ne remarqua pas son rouge à lèvres rejoindre le sac de son camarade, attiré par le sortilège. Si elle n’avait pas eu l’idée saugrenue de boire et de se remaquiller juste avant, le contenu de son sac ne se serait pas déversé partout… Maintenant, Virgil se retrouvait avec son rouge à lèvres, un Chanel en plus !

Nelly articula un « Mais... » quand le Gryffondor la planta au milieu du couloir, repartant avec son sac dégoulinant d’encre. Quelques secondes passèrent avant que la préfète se décide à ramasser également ses affaires d’un sort, toute à ses pensées. Qu’est ce que faisait Virgil ? Pourquoi devait-elle ralentir le professeur Londubat ? se demandait-elle en reprenant son chemin. La jeune femme traversa la masse de premières années qui peuplaient le couloir, un peu perdue et hésitante quant à la marche à suivre.

Si Virgil racontait n’importe quoi, la seule manière de s’en assurer était de vérifier par soi-même ; mais avec un comportement si affolé, il devait forcément dire la vérité et la situation nécessitait qu’elle intervienne. Quoi qu’il en soit, elle n’avait qu’à suivre les indications du Gryffondor et rejoindre les escaliers principaux : les faits parleraient d’eux-mêmes. Sans réfléchir une minute de plus, la Serpentard réajusta les brettelles de son sac et se lança à son tour dans une course contre la montre.

Elle regagna le Hall d’entrée d’où elle entama l’ascension des escaliers principaux en direction de la tour des Gryffondors, toujours au pas de course. Elle commençait à ne plus avoir de souffle quand, en bas d’un énième escalier, elle s’arrêta net en reconnaissant le professeur Londubat accompagné d’un homme effectivement bien portant. Ils montaient les marches et ne l’avaient apparemment pas remarquée, absorbés par leur conversation. La préfète se glissa discrètement derrière la colonne de pierre qui amorçait la rampe de l’escalier et tenta de calmer sa respiration. Cela aurait été plus pratique d’arriver par en haut pour envisager quoi que ce soit, songea-t-elle en risquant un regard vers les deux hommes qui arrivaient à la moitié de l’escalier. Elle ne pouvait pas faire croire à Londubat qu’il y avait une urgence, l’enseignant finirait par se rendre compte qu’elle lui avait menti. Non, il fallait trouver autre chose… Une diversion et ensuite engager la conversation pour gagner du temps et éventuellement glaner quelques informations sur la situation que Virgil ne lui avait pas révélées… Mais pourquoi elle faisait ça ?! Tant pis, il était trop tard pour faire machine arrière… Au moment où elle comptait sortir de sa cachette pour s’engager dans les escaliers et interpeller Neville Londubat – elle aurait avisé ensuite pour engager la conversation – la diversion tant attendue fit son apparition : trois filles de quatrièmes années se montrèrent en haut de l’escalier qu’elles commencèrent à dérouler.

Parfait. Nelly, toujours accroupie derrière sa colonne de pierre, sortit sa baguette et s’excusa mentalement auprès de la brunette qu’elle visa. Personne ne la verrait faire… Virgil allait avoir une sacrée dette envers elle…

« Impedimenta, » chuchota-t-elle.

Le maléfice d’entrave toucha sa cible avec la discrétion escomptée et la jeune fille, déséquilibrée dans son entreprise, chuta sur sa camarade de devant qui, en gesticulant pour la rattraper, bouscula le petit gros qui accompagnait Londubat que le trio croisait à ce moment là. Fière de son coup, Nelly se redressa et s’engagea dans l’escalier comme si de rien n’était. Elle sourit d’amusement face à cette pauvre fille qui avait maladroitement raté une marche qu’elle rejoignit en montant les marches deux à deux.

« - Ça va ? s’enquit-elle, faussement inquiète.
- Oui, j’ai… perdu l’équilibre, souffla la concernée, visiblement un peu décontenancée.
C’est cela oui.
- Tâche d’arriver en vie en bas, lui intima Nelly avec un sourire, cette fois-ci, réellement amusé. Tout va bien ? demanda-t-elle ensuite à l’homme qui accompagnait le professeur Londubat.
La préfète eut un temps d’arrêt sur les énormes auréoles qui tâchaient la chemise de l’étranger avant de reporter son attention sur son visage joufflu qu’elle fit mine de chercher à reconnaître.
Bienvenue à Poudlard, – elle était une petite préfète modèle – on ne voit pas souvent de personnes autre que nos professeurs ici, dit-elle avec un sourire courtois. Il se passe quelque chose ? » les interrogea-t-elle finalement.

Après tout, quand un adulte étranger à Poudlard se rendait à l’école pour rencontrer un directeur de maison, ce n’était jamais bon signe et, en tant que préfète, elle pouvait très bien vouloir se tenir au courant.
Son expression se mua en une autre, plus inquiète, alors que son regard passait du petit gros à Londubat pour guetter une réaction du professeur de botanique.

« Rien de grave j’espère ?... »



Kit par Irving

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Neville Londubat & Hector Sniffer

Plus il gravissait les marches le conduisant vers l'épicentre de la scabreuse affaire, et plus Neville Londubat sentait monter en lui un profond sentiment de culpabilité. Sa responsabilité était clairement engagée alors qu'il avait fermé les yeux maintes fois sur les trop nombreuses incartades du-dit suspect. Si la lettre anonyme disait vrai, le Directeur de maison avait clairement sous-estimé le potentiel de nuisance de Virgil Forbes. L'histoire de la Mandragore et la voix crispante de Mildred Magpie résonnaient encore dans sa mémoire comme l'aveu cuisant de son échec et la preuve irréfutable de son laxisme. Pourquoi ne s'était-il pas montré plus ferme? Comment la présence d'une drogue aussi dangereuse que la Volubilis avait réussit à échapper à sa vigilance? Une négligence incroyable qui mettait en péril la sécurité et la santé de tous les élèves de sa Maison! Une boule à l'estomac lui nouait les entrailles, comme si Nagini venait de s'y enrouler. Le sentiment de malaise ne fit d'ailleurs que s'amplifier alors qu'il écoutait l'expert lui débiter le processus destructeur de la Voubilis. Le regard pétillant, le petit gros n'y allait pas de mains mortes, comme s'il se un malin plaisir à semer l'effroi dans le cœur du responsable des Gryffondors.

"Ah voui-voui, avec la Volubilis, c'est certain que vous avez l'impression d'être heureux, d'être le plus beau, le plus fort. Mais cela n'est que la partie visible de l'iceberg mortel sur lequel vous allez lamentablement vous briser les os! La vérité n'est que trouble dissociatif, anxiété et dépression! Dans le meilleur des cas le sujet infecté se suicide en emportant avec lui son malheur, dans le pire des cas, il commet une tuerie de masse sous l'effet d'une hallucination. Non franchement, croyez-moi, c'est pas coton que cette... "

Plus il écoutait ce singulier personnage réciter ses horreurs, et plus Neville se confortait dans l'idée de remettre sa démission à la Directrice Mason au cas où les accusations s'avéreraient fondées. Perdu dans ses pensées, il s’apprêtait à poser une nouvelle question à l'expert, quand il réalisa que celui-ci n'était plus à ses cotés mais qu'il avait débaroulé de plusieurs marches derrière lui. Entourée de ses amies, une jeune fille brune se relevait également péniblement, signe qu'un choc frontal venait d'avoir eu lieu. Ennuyé à l'idée que quelqu'un puisse s'être blessé, Neville redescendit la flopée de marches qui le séparait du théâtre de l'incident.

"Vous allez bien? J'espère que personne ne s'est fait mal? Que s'est-il passé? "

Accourant sur les lieux de la chute, la gentille et studieuse Nelly Horrocks, venait également aux nouvelles. Neville ressentit une certaine émotion à l'idée de voir une serpentard venir en aide à un membre de sa maison ; Ironie de la vie, il y a de cela quelques années, les deux maisons se faisaient littéralement la guerre, alors que maintenant ils se prêtaient mains fortes dans un bel esprit de communion. Neville ne pouvait que saluer ce bel état d'esprit, tandis que la jeune première année Gryffondor qui venait de chuter finit par détailler les raisons de ce contretemps.  

Oui, j’ai… perdu l’équilibre, souffla-t-elle, le regard humide et quelque peu décontenancée par sa maladresse. Il s'agissait de Suzy Lindegard, une jeune fille aussi timide que sage. La préfète Serpentard réussit à dédramatiser la situation, évitant ainsi à première année de libérer un torrent de larmes.

"Oui, il n'y a rien de grave, tant qu'il n'y a plus de peur que de mal. "

Se tournant vers Hector Sniffer qui se débattait au sol comme un doryphore tombé sur le dos, Neville chercha à lui prêter mains fortes de manière à l'aider à se relever.

"Monsieur Sniffer? J'espère que vous ne vous êtes point fait mal? "

Saisissant la main généreusement tendue par le Directeur de Maison, Hector Sniffer finit par éclater de rire.

"Ce n'est pas une petite chute qui va venir à bout d'un homme comme moi, monsieur Londubat. Vous l'ignorez peut-être, mais je suis une machine de guerre savamment étudiée... L'avantage d'être rondouillard comme moi, c'est de pouvoir justement roulé sur moi-même en cas de chute, et ce sans me faire le moindre mal! "

A vrai dire, il avait un énorme bleu aux fessiers qui lui tirait déjà les larmes aux yeux, mais il ne voulait pas perdre la face devant le quatuor de jeunes filles qui l'observaient avec curiosité. La plus âgée finit par l'interroger sur les raisons de sa venue, et tous en s'époussetant le pantalon, Hector ne se fit pas prier pour lui répondre avec la discrétion dont il était malheureusement point coutumier.

"Rien de grave... ça c'est l'avenir qui nous le dira, jeune fille! Car ce n'est pas tous les jours qu'un élève est suspecté d'un aussi dangereux trafic de drogue au sein de Poudlard, et... "

Plutôt que laisser l'homme semer un vent de panique, Neville Londubat s'empressa de le tirer par le bras afin de poursuivre leur ascension vers la tour des Gryffondors.

"Non rassurez-vous, Miss Horrocks, ceci n'est rien d'autre qu'une inspection de routine. Je tenais à vous dire que je parlerai de vous à votre Directeur de Maison. Votre sollicitude est tout bonnement exemplaire et fait honneur à votre statut de Préfète. Sur ce je vous souhaite une bonne journée, et veillez à ne point courir dans les escaliers. "

Désireux de clore cette maudite affaire, Neville inclina poliment la tête, avant d'entamer l'ascension des dernières marches conduisant au sommet de la Tour de Gryffondor. D'ici deux minutes, il pourrait franchir le portrait de la Grosse Dame, et se débarrasser par la même occasion de son gros et encombrant expert en drogue magique...
       
Klimtice Wood ~ Gryffondor 6ème année

Les bras croisés, aussi droite qu'une asperge dans son bocal, Klimtice guettait le sommet des escaliers dans l'espoir de voir apparaitre la silhouette malingre de celui qui l'aimait en secret. Dans l'attente d'une confirmation plus concrète, cela faisait presque une heure entière que la délicieuse Klimtice, faisait le planton devant le portrait de la Grosse Dame. Son verre à la main, cette dernière se gaussait de la jeune Gryffondor à lunette tout en cherchant à lui faire la conversation, mais Klimtice n'écoutait que son cœur battre la chamade, n'ayant d'yeux que pour son objectif à venir : Virgil Forbes!

Longtemps, elle avait pensé que ce facétieux mais séduisant garnement la tourmentait par pure méchanceté. En effet, il s'évertuait à lui volé ses cours, ou à se moquer de son appareil dentaire, mais tous ceci n'était apparemment que l'arbre qui cachait une forêt plus enchanteresse ; Une manière bien maladroite d'exprimer des sentiments sincères qui lui brulaient la peau! Klimtice ne se serait jamais imaginée une telle chose, si cette grosse brute de Damon n'était pas venu la voir la veille pour lui révéler l'indicible secret. Faisant l'entremetteur pour son ami, il lui avait alors révélé les véritables intentions de Virgil. Ce dernier, incapable d'avouer son amour, voulait sortir et passer du bon temps avec elle. Quel incroyable retournement de situation! Le bad-boy n'était en vérité qu'un grand timide qui avait du mal à avouer ses sentiments. C'était plutôt mignon et touchant...  

Dans l'attente d'un éventuel premier baiser, Klimtice avait veillé scrupuleusement à ce qu'aucuns débris de feuille de salade ne viennent se nicher entre les griffes de son appareil dentaire. Tel Moïse séparant les eaux de la Mer Rouge, elle avait coupé en deux son mono-sourcil. Elle avait même coiffé ses cheveux fins pour qu'ils tombent gracieusement sur ses épaules. Tout était impeccable pour franchir ce grand cap de l'adolescence, qui était le premier rendez-vous galant! Pour l'heure, tout ce que Klimtice connaissait de l'amour, elle le lisait dans les livres à l'eau de rose de Mildred Magpie. De toute son âme, elle espérait pouvoir ressentir ce grand et délicieux frisson que l'on appelait Amour...

Le grand moment finit par arriver, alors que Virgil Forbes accourait au galop dans sa direction. Par Merlin, comme il était pressé de la rejoindre! Klimtice en salivait d'avance, alors qu'un immonde gargouillis vint lui chatouiller les entrailles. C'était donc cela l'Amour? Ignorant la peur qui lui tordait l'intestin grêle, Klimtice se posta devant le tableau de la grosse dame, bien décidée à mettre un terme à cette attente trop longue. Elle adressa son plus beau sourire au farouche Gryffondor, avant de lui poser la question qui lui brulait les lèvres et ses boutons de fièvre.

"Alors comme ça, monsieur cache son jeu...? Il parait que tu veux sortir avec moi, mais que tu es trop timide pour oser me le demander... " Elle voulut rejeter avec sensualité sa coiffure en arrière comme le faisait si bien les jolies filles du K Klub, mais le résultat fut proche de Samara Morgan que de Kessy Brooks. Elle souffla alors bruyamment sur les mèches qui lui barraient le visage, puis tout en dodelinant la tête, elle finit par avouer : "Même si t'es pas toujours sympa, moi je te trouve  plutôt mignon comme garçon... "

Klimtice dansait d'un pied sur l'autre dans l'attente d'un éventuel baiser.

[HJ : Il s'agit d'un contre-temps. Virgil devra esquiver le lèvres et le piège Klimtice, et effectuer un lancé de dé afin de savoir combien de minutes il aura perdu dans cette rencontre. Plus le résultat des dés sera élevé, plus cela sera mauvais. Genre 1-2 t'es super efficace et tu auras le dortoir pour toi, et la liberté d'agir en toute discrétion, bref te cacher sans te faire voir. 3-4 Tu pourras entrer dans ton dortoir. Mais mon duo te surprendra au milieu de ton entreprise, il faudra faire preuve de malice pour les gruger. 5-6 Ils arrivent devant le portrait de la grosse dame, avant que tu ne puisses entrer dans le dortoir, tout reste à faire... Et tu devras user d'un autre contre-temps pour rejoindre le dortoir. virgil peut aussi consumer librement cet amour, et oublier sa course contre la montre. Dans ce cas aucun lancé de dé n'est nécessaire. Enjoy! ]
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Virgil Forbes

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Virgil courrait en se maudissant mentalement d’être un fumeur invétéré. Il crachait littéralement ses poumons en montant, quatre à quatre,  les marches du colimaçon. Lorsqu’il déboucha en haut de l’escalier, il s’appuya quelques secondes contre les pierres froides du couloir pour déglutir et reprendre son souffle avant de repartir de plus belle. Il avait trop peu de temps devant lui pour trainasser et il n’était même pas sûr de pouvoir compter sur Nelly tant il l’avait quitté rapidement. La  jeune femme allait-elle être en mesure de ralentir Londubat et son expert ? Virgil allait bientôt avoir la réponse à sa question. En effet, il approchait maintenant des escaliers principaux qui desservaient l’unique accès vers la tour Gryffondor : Si les deux hommes étaient passés avant lui, il était cuit.

En arrivant à proximité de la balustrade supérieure, qui offrait une vue imprenable sur les escaliers mouvants en contre bas, Virgil ralentit légèrement et tendit l’oreille pour capter des bribes d’une conversation en dessous.

« …allez bien? J'espère que personne ne s'est fait mal? Que s'est-il passé? "

Londubat. Il était donc encore dans les escaliers ! Merveilleux ! songea Virgil avec soulagement. Le Gryffondor longea silencieusement le mur afin de ne pas être vu entre les balustres sans toutefois  perdre une miette de l’échange qui se jouait quelques mètres plus bas.
- Oui, j’ai… perdu l’équilibre.
- Tâche d’arriver en vie en bas !

Ça, c’était la voix de Nelly et Virgil était prêt à parier qu’elle avait eut son rôle à jouer dans la « perte d’équilibre » de la troisième personne. Quoiqu’il en soit, il n’avait pas vraiment le temps, ni l’occasion, de remercier sa camarade. Il fit un dernier pas de côté et se retrouva dans le  couloir qui desservait le tableau de la Grosse Dame. Sans perdre un instant, il traversa le corridor au pas de course priant pour que la résidente du cadre ne soit pas partie faire un tour.

Virgil poussa un profond soupir soulagé en la découvrant, sagement installée dans le cadre, son traditionnel verre de vin à la main. Tout n’était peut être pas perdu ! Il passa devant Klimtice Wood, sans  même la remarquer, et s’arrêta devant l’entrée de sa salle commune.
« Snargalouf. » dit-il à l’attention de la Grosse Dame après avoir essuyé la sueur de son front du revers de la main. C’était le nouveau mot de passe depuis la veille, précieux sésame censé ouvrir le passage.  Virgil renifla et s’appuya d’une main sur le mur le temps que le cadre bascule…En vain.
Rien ne se produisit.
Pourquoi ce foutu accès  ne s’ouvrait-il pas !?
Le Gryffondor reporta ses yeux clairs sur la Gardienne de la tour et répéta :
« Snargalouf ! »
« Elle vous parle. » répliqua la Grosse Dame en levant légèrement le menton.
_ Hein ? Mais de quoi parlait cette vieille croûte ?
_La jeune fille. Elle vous parle.

D’un coup d’œil, la Grosse Dame désigna Klimtice Wood qui attendait non loin de lui. Elle lui avait peut-être dit quelque chose, effectivement, mais Virgil n’y avait pas prêté la moindre attention. Il avait interprété les balbutiements de la jeune femme comme une vaine tentative de sociabilisation. Si elle voulait faire la conversation,  elle avait clairement misé sur le mauvais cheval mais Virgil comprit vite que la Grosse Dame ne le laisserait pas entrer s’il continuait à ignorer Klimtice de la sorte.
-Quoi ? Qu’est-ce que tu veux ? Je suis pressé là, grogna-t-il sans chercher à masquer son agacement.

La réponse ne tarda pas à arriver. Et quelle réponse !  Apparemment Virgil n’osait pas déclarer sa flamme à sa camarade qui faisait donc le premier pas … Les yeux du Gryffondor s’arrondirent de stupeur à l’écoute de cette explication. Honnêtement, il s’attendait à tout sauf à une déclaration de Klimtice Wood .S’il n’avait pas été si préoccupé par cette histoire de Volubilis il aurait surement éclaté de rire devant tant d’incongruité mais il n’était pas d’humeur à s’attarder ici, même pour se moquer de Wood, c’était dire comme il était pressé.

Merlin, pensait-elle vraiment qu’il puisse être intéressé par elle ?

Un voile de dégoût passa sur le visage émacié du jeune homme et  il fut même obligé de reculer d’un pas lorsqu’elle rejeta sa coiffure en arrière manquant de lui fouetter le visage avec ses pointes sèches. Klimtice était clairement située dans la partie basse du classement des plus jolies filles de Poudlard et dans la partie haute des plus stupides. Autant dire qu’elle avait peu de chance que quelqu’un la trouve digne d’intérêt, un jour. Bienvenue dans la réalité.

« L’espoir fait vivre… lâcha-t-il en guise de réponse, je peux passer maintenant ? ajouta-t-il à destination de la Grosse Dame, visiblement pressé d’en finir avec Klimtice.
-Mais enfin jeune homme ! Donnez une réponse claire à mademoiselle voyons. » s’offusqua la Grosse Dame en croisant ses bras potelés sous sa lourde poitrine.

Virgil serra la mâchoire et résista difficilement à l’irrépressible envie de décrocher ce foutu tableau du mur et de le jeter du haut de la Tour d’Astronomie. Mauvaise idée. La Grosse Dame détenait la clef de son salut. Il reviendrait plutôt ce soir, brûler les jolies grappes de raisins situées dans le coin du cadre, pendant que la résidante des lieux picolerait dans un autre tableau.  Mais avant cela, il devait s’assurer qu’aucun gramme de Volubilis ne trainait dans son dortoir, et pour se faire, il devait pouvoir rentrer dans sa salle commune. Une logique implacable.

Le Gryffondor bascula la tête en arrière quelques instants, le temps d’évaluer rapidement la situation. Il n’avait que quelques poignées de minutes d’avance sur Londubat et il ne pouvait pas se permettre de perdre la moindre seconde.   Il reporta donc son regard sur Klimtice et se tourna légèrement pour lui faire face :

« Je ne sais pas qui t’a dit que tu m’intéressais mais c’est faux. Il s’est trompé. »


Voilà. Parfait. Pas de vague, pas de sourire narquois, pas de moquerie. La Grosse Dame allait surement se satisfaire de ça.

« C’est Damon. »
_Damon ? Mon pote ?
-Lui-même.

Mais quel cognard ! songea Virgil. Son compère avait remis le couvert ! En quatrième année les deux garçons s’étaient déjà livrés à ce challenge. Le but du jeu était simple : Monter la tête d’ une fille un peu coincée en la persuadant qu’elle avait un admirateur qui n’osait pas se déclarer et, par conséquent, la pousser à faire le premier pas et donc à se ridiculiser.
Virgil avait gagné à de nombreuses reprises à ce petit jeu. Certes, il était plus facile de convaincre les filles de tomber amoureuse de Damon Drop que de lui mais il se plaisait à croire que c’était belle et bien  sa force de persuasion qui avait fait la différence à chaque fois ! Ils avaient fini par se faire griller par toutes les filles de leur année et avaient été contraints d’arrêter cette puérile activité. Klimtice, qui avait rejoint Poudlard seulement l’année dernière après une scolarité aux Etats-Unis, n’était, malheureusement pour elle, pas au courant de cet épisode.

-Damon s’est moqué de toi. Il voulait juste que tu viennes me trouver  et que tu te prennes une veste. C’est tout, révéla-t-il en haussant vaguement les épaules. Il n’avait pas l’habitude d’être si gentil et si sincère pour le coup mais il fallait au moins ça pour que la Grosse Dame consente à le laisser passer. Du moins, le croyait-il.

-Quoi ? Mais quel malotru ce garçon ! Comment dites vous qu’il s’appelle ? Damon ? Pense-t-il vraiment que l’on peut se comporter de la sorte ? Jouer avec les sentiments des autres. C’est grave ce qu’il a fait ! Très grave ! Ce n’est pas digne d’un ressortissant de ma maison, sachez-le, je ne tolère pas la goujaterie ! Mais quel maroufle ! Quel immonde Pignouf ! On ne se joue pas des femmes, on les respecte.

Virgil passa une main  lasse sur son visage consterné. Il n’allait jamais rentré… La Grosse Dame était lancée dans l’une de ses traditionnelle diatribe qui n’en finissait pas. Virgil était fait comme un rat ! Condamner à attendre Londubat et son expert en drogue devant l’entrée de sa Salle Commune…

...A moins que :

« Ok, ok c’est bon arrêtez, lâcha-t-il en écartant les bras pour faire taire le monologue de la peinture, J’ai menti. Il prit une profonde inspiration pour se donner du courage et reprit, Klimtice, Il chercha son regard comme pour imprimer son mensonge au fond de la rétine de la jeune fille, C’est vrai : Tu me plais et… j’osais pas te le dire. »
« Vraiment ? » Wood et la Grosse Dame avaient parlé d’une même voix.
*Mais bien sûr que non pauvres cruches !* pensa-t-il Virgil en se retenant de rouler des yeux.  
« Vraiment. » répondit-il toutefois.
Il était un bon menteur et tout était savamment dosé, millimétré: Le ton, posé et rassurant, suivi du  léger sourire et du mouvement de sa main venant presque timidement attraper celle de Klimtice. Il était clairement obligé d’en passer par là pour accélérer la procédure mais la jeune femme interpréta visiblement ce geste comme une invitation à aller plus loin:  Elle poussa un drôle de soupir et fit un pas pour réduire la distance entre eux, les lèvres tendues dans la direction des siennes.

« Attends-attends !  dit-il en se hissant sur la pointe des pieds pour esquiver son baiser. Merci Goddric, il dépassait aisément  le mètre quatre vingt ce qui empêchait ses lèvres d’être accessibles à n’importe qui ! Ne précipitons pas les choses, souffla-t-il à l’attention de Klimtice, Ce doit être un moment spécial. Intime.… N’est-ce pas ? »

Il planta son regard bleu et perçant sur la Grosse Dame qui les observait avec délectation. Elle sursauta littéralement en se rendant compte qu’il faisait allusion à elle lorsqu’il parlait d’intimité.
« Oh mais, rassurez-vous ! J’en vois tous les jours des amoureux qui se bécotent mes chéris ! » tenta-t-elle.
Mais quelle perverse !
« Ooh, s’il vous plait Madame ! » supplia Klimtice en serrant la main de Virgil et en se pressant contre son torse. Elle posa sa tête sur son épaule un sourire tendre imprimé sur ses douces lèvres.
Virgil ne pouvait pas être plus crispé, il se tenait droit comme un i, songeant au meilleur moyen pour torturer Damon . S’il sortait indemne de cette situation, sa vengeance serait terrible.

« Bon, bon d’accord » La Grosse Dame fit basculer le cadre en signe de capitulation. « Amusez-vous bien ! »

La salle commune. Enfin.

Virgil lâcha instantanément la main de sa dulcinée factice et s’engouffra dans la pièce vide prêt à gravir quatre à quatre les marches en direction de son dortoir. Toutefois,  c’était sans compter sur Klimtice, qui le rattrapa par le bras visiblement bien décidée à consommer ce fameux baiser.

« Non mais j’y crois pas ! » la voix de Kasya claqua dans l’air. Elle était installée sur le canapé devant la cheminée en compagnie de Philip et regardait Virgil se débattre avec Klimtice. Kasya échangea un regard complice avec Phil avant d’ajouter « Ça a marché ! Elle y a crut ! » puis elle partit d’un grand rire en se tenant les côtes allant même jusqu’à rouler sur elle-même sur le sofa.

« Putain vous étiez au courant ? » lâcha Virgil, vexé de voir que ses deux amis avaient l’air parfaitement informés de la petite manigance de Damon.
« OOoh Virgil, ne nous en veut pas, répondit Kasya en séchant ses larmes de joie sans toutefois se départir de son sourire, on s’est dit que tu avais besoin d’un peu de distraction avec toutes ces heures de colle que tu as passé à la bibliothèque. »
« De distraction ? Me coller Clint Eastwood dans les pattes vous trouver ça distrayant ? » s’énerva-t-il.

Honnêtement, si Virgil n’avait pas été sur le point de se faire renvoyer de l’école, il aurait trouvé ça drôle mais il n’était pas d’humeur à plaisanter aujourd’hui.

« Virgil ! » s’offusqua d’ailleurs Klimtice. Visiblement, elle n’avait pas particulièrement apprécié son surnom. Pourtant il lui allait plutôt bien -Clint Eastwood-  pour elle, la jeune américaine au patronyme si similaire à celui du célèbre acteur, C’est méchant ce que tu dis ! »

Le regard que Virgil jeta à la jeune femme n’eut  rien de doux ou de gentil. Au contraire. Il transpirait le mépris et la froideur.
« Je sais. »
Il était méchant et Klimtice semblait être la dernière personne à le découvrir. Pourtant on ne pouvait pas dire qu’il essayait de camoufler sa nature profonde aux yeux de tous. Virgil était plutôt du genre à annoncer fièrement la couleur, estimait-il.

Wood cligna quelques instants des paupières, observa tour à tour Kasya, Philip et sembla enfin comprendre qu’elle était le triste dindon de la farce. Elle tenta de garder le peu de dignité qui lui restait  et releva fièrement son menton dont les tremblements incontrôlés trahissaient toutefois sa profonde peine. Elle avait le mérite d’avoir de l’amour propre –Virgil voulait bien le lui reconnaitre. Elle essayait de soutenir son regard dur malgré les larmes qui embuaient déjà ses yeux. Rien à voir avec cette pathétique Kristen White qui s’était liquéfiée sur place un peu plus tôt. Klimtice s’avérait être plutôt courageuse en vérité mais, malheureusement pour elle, Virgil souhaitait surtout se retrouver seul avec ses deux amis. Il devait donc donner le coup de grâce pour obtenir enfin un peu de tranquillité.

« T’attends quoi là ? » grogna-t-il, apparemment  insensible au désarroi de la jeune femme, « Vas-y, dégage. »

Klimtice encaissa sans vaciller et Virgil interpréta la lueur fugace dans les yeux de sa camarde de classe une milliseconde trop tard… Il s’agissait bel et bien d’un puissant sentiment de colère et le Gryffondor en eut la confirmation lorsqu’une claque magistrale s’abattit sur sa joue.

« GROS COGNARD. »

Un peu sonné –et profondément humilié, il faut bien le dire- Virgil la suivit du regard tandis qu’elle rejoignait son dortoir d’un pas décidé. Philip avait l’air un peu embarrassé de la tournure des événements, quant à Kasya elle semblait hésiter entre préserver l’honneur de Virgil en ne faisant cas de rien ou, au contraire, se moquer outrageusement de lui. Toutefois le principal intéressé ne lui laissa pas le temps de se décider. Leur directeur de Maison était surement sur le point de franchir le passage de la Grosse Dame, il n’y avait plus un instant à perdre.

« Londubat vient inspecter mon dortoir. Il faut que vous le reteniez le plus longtemps possible ici. » dit-il en se dirigeant vers les escaliers desservant les chambres. Il savait que Philip risquait de poser tout un tas de questions du genre « Et pourquoi ? Qu’est-ce que t’as fait ? Tu caches un truc dans ton dortoir ? » mais le Gryffondor espérait pouvoir compter sur l’esprit vif de Kasya.
« Tu veux qu’on fasse une diversion ? » lança cette dernière en se hissant sur ses genoux pour observer son ami au dessus du dossier du sofa.
« C’est l’idée. » souffla-t-il du haut des marches.

Au même instant, Virgil entendit le passage s’ouvrir sur son directeur de maison et sur l’expert en drogue… Il n’avait plus qu’à espérer que Kasya soit convaincante...et surtout, subtile.



Philip et Kasya
6ème année Gryffondor

Une diversion ! Kasya adorait l’idée ! Elle observa les chevilles de Virgil disparaitre dans l’escalier et reporta son attention sur Philip, un sourire excité aux lèvres. Elle était douée en théâtre et aurait volontiers intégré le club de Poudlard  si cette vieille bique de Mildred Magpie n’en avait pas été la directrice. Elle réfléchit quelques instants en mordillant ses lèvres prunes et cacha son visage entre ses mains à l’instant même où Londubat et Sniffer pénétraient dans la pièce.

Les épaules secouées par de faux sanglots, Kasya paraissait pleurer entre ses mains. Elle savait qu’elle ne devait pas cligner des yeux pour faire monter des larmes plus rapidement aussi s’évertua-t-elle à garder ses paupières bien ouvertes derrière ses mains.

« C’est pas possible… Il ne peut pas… Non… Il était si gentil ! » Nouveau bruit de sanglot.

Philip n’avait clairement pas les talents de tragédienne de sa camarade. Pleurer sur commande ? Mais où avait-elle appris à faire ça ! Lui, il était juste bon à faire mine d’être compatissant, même si en vérité il avait davantage l’air constipé que miséricordieux.

« Ça va aller Kass… » tenta-t-il en lui tapotant le dos.
« Non ça n’ira pas ! » répliqua la jeune femme en relevant ses yeux remplis de larmes sur lui. Ce fut seulement à cet instant qu’elle fit mine de découvrir son directeur de Maison –flanqué d’un petit gros-  au milieu de la salle commune.

« OOOoh Non… Professeur Londubat, … j’veux pas qu’vous m’voyez dans cet état ! »

Elle baissa la tête et enserra littéralement son crane entre ses mains. Neville était connu pour son altruisme et son humanité. Kasya était persuadée qu’il ne la laisserait jamais dans cet état sans même tenter d’en savoir plus. En tout cas, s’il voulait la réconforter, elle ne disait pas non…


Virgil Forbes

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Signe d'un très proche renouveau printanier, la nature florissante et bourgeonnante commençait peu à peu à reprendre ses droits dans les allées verdoyantes du parc de Poudlard. La quiétude de l'endroit bercé au rythme du chant des oiseaux ne fut troublé que par les vrombissements frénétiques du Pear One d'une illustre promeneuse. Les yeux rivés sur son objet de communication, Mildred Magpie découvrait avec l'avidité d'une sorcière ménagère d'encore moins de 50 ans les multiples offres alléchantes et ciblées qui défilaient sur son écran magique. Vraiment!? Un canard vibromagique à triple vitesse qui s'adaptait de lui-même en fonction de l'excitation éprouvée par son utilisatrice! En voila une merveilleuse nouvelle qui tombait à point nommé, et qui rendait obsolète le caneton lubrique qu'elle avait honteusement retrouvé dans les affaires de Virgil. D'ailleurs depuis qu'elle savait que ce satané garnement avait posé ses sales mains dessus, jamais plus elle n'oserait l'utiliser! La sorcière ultra-connectée finit par lâcher rageusement son Pear one, quand son regard ulcéré se posa malencontreusement sur un énième et immonde Twitch qui concernait ses déboires de la Saint-Valentin. Par Merlin! Quand diable cette fâcheuse campagne de lynchage allait-elle s'achever? Combien de frais d'avocats magique allaient-elle encore devoir engager pour calmer les ardeurs des immondes calomniateurs anonymes!?

Mais sa consternation céda vite la place à une immense satisfaction vengeresse, alors que sa propre calomnie fonctionnait à merveille. Virgil Forbes allait très rapidement comprendre à ses dépends qu'il ne fallait pas s'en prendre à une sorcière aussi nuisible et soucieuse de sa réputation! Cachée derrière un pilier du grand Hall, la vile romancière avait étouffé un cri de victoire à la vue du visage grave du Directeur des Gryffondor. Accompagné d'un expert en drogue magique, Neville Londubat se dirigeait d'un pas décidé vers la source de sa machination. Son plan diabolique était purement parfait et ne pouvait souffrir d'aucun accroc! La loyale et docile Kristen avait joué à merveille sa partition, alors que Mildred sous sa forme de pie avait déposé un sachet de la dangereuse poudre violette dans la doublure de la valise du maudit Virgil. Le garnement était fait comme un rat, et sa vie ne serait désormais plus qu'un immense et long calvaire. Mildred Magpie gloussait de satisfaction à l'idée d'avoir réduit l'avenir de ce sale mioche à l'état de poussière insignifiante. En voilà, une bonne leçon de respect et de savoir-vivre!

Mildred aurait pu œuvrer dans la discrétion et se contenter d'attendre sagement dans un coin le fruit de sa conspiration anti-Virgil. Mais c'était mal connaitre cette reine du ragot et du scandale, que de penser qu'elle allait choisir la voie de la patience. Ses talons aiguilles s'enfonçant péniblement dans l'herbe et le sol tourbeux du parc, la sournoise Mildred s'avançait maladroitement en direction d'un endroit à l'abri des regards, auprès duquel elle pourrait prendre discrètement son envol vers la tour des Gryffondors. En effet, elle ne pouvait pas imaginer ne pas savourer sa vengeance, et voir le visage de ce diable de Virgil se liquéfier quand son Directeur de Maison le confronterait à son terrifiant trafic de Volubilis. Mildred voulait voir son arrogance disparaitre de son regard pour ne laisser place plus qu'à un pur sentiment de panique ; Virgil devait souffrir et éprouver la même incompréhension qu'elle avait elle-même ressentie quand le Ministre s'était détourné de son baiser! Dès lors, il comprendrait peut-être ô combien il était cruel de se railler du malheur des autres et de propager de méchantes rumeurs destructrices... Chose que Mildred se contrefichait royalement alors qu'elle prenait déjà sa forme animagi de Pie pour s'envoler en direction d'une lucarne qu'elle avait d'ores et déjà repérée, et qui donnait sur le dortoir du garnement.

Si ses calculs étaient exacts, Neville Londubat et son rondouillard d'expert ne devraient guère tarder à faire irruption sur les lieux de son pseudo crime et mettre un terme à l'existence tranquille du vil Virgil. Atterrissant avec grâce et souplesse sur le rebord étroit de la fenêtre, il ne lui manquait que des délicieux pop-corn pour savourer confortablement sa diabolique mise en scène. Trop accaparée par son désir de vengeance, la méchante pie colla directement son bec contre les carreaux de la dite lucarne afin d'y discerner les éventuels protagonistes de sa machination... sans se soucier le moins du monde de l'affreux corbeaux déplumé et à moitié aveugle qui se tenait sur un autre promontoire, et dont le regard blanchâtre lorgnait dangereusement dans sa direction...


Neville Londubat & Hector Sniffer

Soucieux d'en finir rapidement avec cette scabreuse histoire, Neville Londubat agrippa le bras de son expert éreinté qui manqua partir en arrière tant l'effort de l'ascension lui devenait insupportable.
 
" Courage monsieur Sniffer, plus qu'une dernière volée de marches, et nous voilà enfin arrivés à destination! "

En nage et haletant comme une vieille mule malade, Hector poussa un profond soupir de soulagement alors qu'il venait enfin de déposer le pied sur le niveau supérieur de la Tour des Gryffondors.

"Bordel...! C'est un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'humanité... Quand est-ce que vous allez enfin investir dans un fichu ascenseur...? "

Neville voulut lui répondre que de prestigieux architectes se penchaient déjà sur la question de moderniser Poudlard, quand tout à coup une élève en sanglot manqua percuter de nouveau l'expert en drogue magique! Secouant les mains avec une frénésie presque grotesque, Klimtice Wood ne pouvait contenir l'océan de larmes qui lui dégoulinait des yeux. Le Directeur de la Maison rouge et Or l'agrippa au vol par le revers de la manche, de manière à comprendre les raisons d'une telle détresse.

"Miss Wood, que vous arrive-t-il? Pourquoi vous mettre dans des états pareils? "

Klimtice n'était pas d'humeur à répondre, et se dégagea très rapidement de l'emprise de son Directeur. Avant de reprendre sa course frénétique et désespérée, la pauvre jeune fille réussit tout de même à murmurer entre deux sanglots :

"Vi... Vi... Virgil... n'est qu'un gros... co... cognard...!"

Ignorant la jeune fille éplorée qui dévalait de nouveau les marches de l'escalier, Neville braqua un regard ô combien sévère sur le portrait de la Grosse Dame. Virgil semblait être à l'origine de bien des tourments au sein de sa si glorieuse Maison! Et si la rumeur du dangereux trafic s'avérait fondée... Une colère indicible montait en lui alors qu'il entrevoyait déjà la une des gazettes quand il mettrait la main sur la redoutable poudre violette. Il devrait s'expliquer et apporter des réponses claires à une multitude de parents inquiets. Il serait évidemment condamné au même titre que l'ignoble dealer! Et ce n'est pas son expert aux aisselles auréolées de sueur qui allait le rassurer...

" Voui-voui... Phase post-terminale, ou quand la dépression succède à l'euphorie... Nous voici en présence, d'un grand classique de la Volubilis, monsieur Londubat! Le mal absolu vient de s'enraciner dans votre école, et je crains qu'il ne soit de votre devoir de l'en déloger... et accessoirement si vous pouviez placarder aux murs des affiches interdisant à vos élèves de courir dans les couloirs sous peine de poursuite : Nous éviterions également bien d'autres tragédies en devenir! "

Neville pesta intérieurement contre son propre laxisme, avant de passer de nouveau à l'action.

" Ne perdons plus de temps, monsieur Sniffer! Je veux confronter et surprendre notre suspect désigné avant qu'il ne tente quoi que ce soit pour faire disparaitre les preuves de son odieux trafic! "

Sans même se soucier de l'humeur de la Grosse Dame, Neville prononça rageusement la formule qui fit basculer le cadre, libérant ainsi aux deux hommes l'accès de la salle commune des Gryffondors. Mais ils n'eurent pas le temps de faire deux pas dans celle-ci que déjà un énième contretemps se matérialisa face à eux. Cette fois-ci, la complainte provenait d'un duo d'élèves bien connu : Kasya et Philip. Le visage enfouie dans ses mains, la jeune fille paraissait inconsolable et sourde aux formules de réconfort de son ami. Bien que Neville Londubat se devait de répondre aux mal-être de ses élèves, il avait pour l'heure d'autres chats à fouetter. De plus Kasya et son ami ne semblaient point les avoir remarqués. D'un geste de la main, il intima alors à Hector de le suivre, tout en cherchant à esquiver l'encombrant duo. Mais c'est à cet instant que Kasya releva son regard baigné de larmes pour l'interpeller et le mettre en face de ses responsabilités de directeur de Maison.

« OOOoh Non… Professeur Londubat, … j’veux pas qu’vous m’voyez dans cet état ! »

Malédiction! Décidément, Neville et son expert n'étaient point épargnés par les péripéties et les contretemps. Comme si le destin leur jouait un bien mauvais tour et les éloignait d'une éventuelle et horrible découverte. Bien qu'il ne soit pas décidé à trop s’appesantir sur les caprices de l'adolescente, la conscience professionnelle de Neville l'obligea à marquer un temps d'arrêt.

"Je suis désolée de voir dans cet état, Kasya. Malheureusement, je crains de n'avoir guère de temps à vous consacrer... Mais que faites-vous? Reprenez-vous mademoiselle! " Tel un koala en manque de câlin et de réconfort, Kasya étreignit sans ménagement son Directeur de Maison. "VOus nE pOuvez pas concevOir l'étendU de mOn chAgrin, monsieur LOndubat... Je l'aimAis tant... Et jamais plUs, je ne le reverrai... BOuhOuhou... "

Décontenancé par cette soudaine détresse et une promiscuité "professeur-élève" embarrassante, Neville jeta un regard de chien perdu à son acolyte du jour. Hector Sniffer se contenta de se gratter sans ménagement le nombril, avant de lever les épaules en signe d'incompréhension. Le jeune Phillip était lui aussi quelque peu mal à l'aise, dansant d'un pied sur l'autre alors que Kasya pleurait à chaudes larmes et mouchait son chagrin dans la manche du professeur Londubat. Ce dernier finit par réagir :

"Kasya? Ne pleurez plus, je vous en prie, tout va aller pour le mieux. Dites-moi juste ce que vous avez sur le cœur, et je ferai tout le nécessaire pour vous venir en aide... "

L'adolescente éplorée releva alors un regard de biche battue sur son directeur de Maison, avant de prendre la parole d'une voix plus calme mais toujours secouée par les sanglots.

"Je dois m'y faire... C'est fini... Il a disparu... Il est mort... Désormais, je ne peux plus me raccrocher qu'à son seul souvenir... "

Neville chercha à décrypter la source de ce drame et l'identité de la personne disparue, quand Philip finit par prendre la parole d'une voix anormalement détachée.

"C'est juste horrible... En plus apparemment... Le malheureux, il a pas mal souffert avant de clapser... C'est affreux! "

Le regard de Neville jongla entre les deux adolescents, alors qu'il pensait enfin avoir trouver l'origine de la douleur de Kasya. En effet, il y a quelques mois, la jeune fille avait quémander une autorisation de s'absenter de Poudlard pour aller au chevet de son vieil oncle Franklin gravement malade. Une demande qu'il avait quelque peu balayer du revers de la main, n'ayant d'une part aucune confirmation de la part des parents de la jeune fille, et d'autre part soupçonnant celle-ci de vouloir plutôt se rendre à un concert de Trash-goth-métal-magique. Mais bien mal lui en avait prit, tant ses soupçons s'effondraient aujourd'hui même avec la détresse de la jeune fille. Malgré le peu de retenu dont elle faisait preuve, Kasya dévisagea sévèrement son ami, comme si elle lui reprochait d'avoir divulguer les raisons de son violent chagrin. Neville chercha immédiatement à la rassurer :

"Kasya? C'est votre vieil oncle, n'est-ce pas? Vous savez que vous pouvez rejoindre votre famille et vos proches si cela peut vous vous venir en aide... "

Kasya renifla avant d'ajouter.

"Non, vous vous méprenez... Il ne s'agit pas de mon oncle... mais de mon co... co... co... "

"Votre copain? " se hasarda de répondre Neville.

"Non mon cochon d'Inde... Titus... Il est tombé de sa roue, et s'est brisé la nuque contre sa mangeoire... C'est affreux! "

Fallait-il perdre encore plus de temps avec un cochon d'inde accidenté, ou plutôt s'atteler à faire tomber un potentiel réseau de drogue? Il n'y avait aucun dilemme à cette question, et Neville usa de sa diplomatie légendaire pour embrayer sur son départ en direction des dortoirs rouge et or.

"Soyez forte! Je suis certain qu'avec le temps, votre tristesse finira par s'estomper. " Neville se tourna alors vers Philip pour lui poser la question qui lui tiraillait l'esprit. "Par le plus grand des hasards... Vous n'auriez point vue passer votre camarade Virgil Forbes? "

Dans une volonté de bien faire, alors que son esprit était encore embrumé par quelques bouffées de Mandragore, le fameux Philip oublia de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de prendre la parole.

"Virgil? Non, il n'est pas ici... Il s'est levé tôt pour aller cueillir des jonquilles dans le parc... Aïe!!! Mais pourquoi tu m'écrases le pied??? "

A la manière dont Kasya foudroya son comparse du regard, Neville Londubat comprit que l'on se jouait de lui. Le Directeur de Maison secoua la tête de dépit face à autant de mauvaise foi, avant d'ajouter sur un ton tranchant :

"D'accord, je vois... Et bien, j'espère qu'il aura l'intelligence de porter son beau bouquet de jonquille à Miss Wood, de manière à s'excuser de sa conduite déplorable. Et j'espère également que dans un proche avenir, vous réfléchirez à deux fois avant de couvrir les erreurs de l'un de vos camarades... "

Neville Londubat n'avait plus une seconde à perdre à démasquer d'éventuels complices dans cette sale histoire de Volubilis. Il se devait de couper la tête pensante de l'hypothétique réseau! Il se devait de mettre la main sur Virgil Forges avant que celui-ci ne soupçonne son intervention. Aucune preuve aussi accablante soit-elle ne devait disparaitre. Voila pourquoi, Neville tourna les talons, pour se diriger d'un pas solennel vers la porte qui le séparait encore de l'affreuse vérité. Hector Sniffer se devait de lui emboiter le pas, mais avant cela, il se tourna une dernière fois vers la jeune Kasya. Le regard humide, les moustaches frémissantes, il lui adressa la parole d'une voix chargé d'émotion.

"Mademoiselle... Je tenais à vous dire que votre histoire m'a littéralement bouleversé. J'ai moi-même perdu un écureuil du Japon, et je peux comprendre votre détresse. Toutes mes condoléances, en vous souhaitant des jours plus radieux... "

"Monsieur Sniffer... " souffla entre ses dents un Neville Londubat de plus en plus agacé par la situation.  

"Veuillez m'excuser, jeune gens. Le devoir m'appelle! "

Le duo d'intervention reprit finalement sa route afin de se diriger vers la Chambre où se trouvait peut-être le plus jeune dealer du Monde magique. Neville Londubat prit une longue inspiration, avant de tourner violemment la poignée et s'engouffrer dans le dortoir privé de Virgil Forbes. Baguette en main, le Directeur de Maison était bien décidé à faire respecter l'ordre et inspecter chaque recoin de cet espace circulaire. Voila pourquoi, il s'adressa au résident des lieux sans une once de délicatesse.

"Monsieur Forbes, je vous prie de bien vouloir rester immobile, afin que monsieur Sniffer et moi-même puissions procéder à l'examen de vos affaires personnelles. Je crains que de lourdes accusations reposent sur vous, et je me dois de vérifier leurs exactitudes. Vous n'y voyez aucun inconvénient? "

Qu'il soit disposé à coopérer ou non, Neville Londubat s'en contrefichait totalement. La santé de ses élèves passait avant toute autre considération éthique. Si Volubilis, il y avait, Volubilis, il trouverait!


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Virgil déboucha dans son dortoir, en nage. La quiétude des lieux contrastait avec son état d’agitation intérieur lorsqu’il contourna le lit défait de Philip pour rejoindre son propre espace décoré d’affiches de films d’horreur moldus, d’écharpes et de fanions de ses clubs préférés. Il s’arrêta devant sa couchette et balaya ses affaires du regard. Tout semblait normal. Son livre de Défense Contre les Forces du Mal, ouvert au chapitre des Impardonnables,  trônait sur son traversin. Il était exactement là où il l’avait laissé ce matin  après en avoir parcourut quelques lignes en attendant que ses amis finissent de se préparer. On pouvait même encore deviner l’emplacement où il s’était allongé pour patienter aux plis de la couverture rouge et or.

Personne n’avait touché à ses affaires et pourtant, Neville Londubat s’attendait visiblement à trouver de la drogue ici, et pas n’importe quelle drogue, de la Volubilis : Un puissant opiacé qu’aucun élève ne pouvait se payer. Même pas Damon ! C’était insensé. Pour la première fois depuis le début de sa course effrénée, Virgil doutait de ce scénario. Il essuya la sueur sur son front d’un revers de manche et secoua légèrement la tête. Mais qu’est-ce qu’il foutait là au juste ? A coup sûr, il s’était emballé pour rien mais maintenant qu’il avait traversé la moitié de l’école en courant et sollicité l’aide ses contacts,  il aurait été dommage de ne pas vérifier…

Le jeune homme laissa donc choir son sac au sol et sortit sa baguette de sa poche. Il la pointa, sans grande conviction en direction de son baldaquin et souffla:

« Accio Volubilis ! »

L’adolescent ne s’attendait à rien de particulier mais un petit sachet de poudre violette jaillit subitement de sous son lit et vint se loger au creux de  sa main gauche.

« Oh bordel ! »

Virgil lâcha instantanément le paquet comme s’il lui avait brûlé la main.  Le sachet tomba au sol dans un faible bruit, juste à côté de son sac en bandoulière et l’adolescent resta quelques instants complètement immobile à le regarder. Il y avait ses empreintes sur un paquet d’au moins 20g de Volubilis. On finissait à Azkaban pour moins que ça ! constata-t-il affolé en se penchant sur la petite pochette qu’il détailla du regard. Le jeune homme pointa de nouveau sa baguette sur le sachet de poudre pour le faire léviter précautionneusement devant ses yeux clairs.

De la Volubilis.

L’affolement commençait à laisser place à une certaine forme de fascination et d’excitation. Connaitre l’identité de celui ou celle qui l’avait piégé ne semblait plus si important à ses yeux maintenant qu’il avait cette puissante mixture en sa possession. Il crevait d’envie d’essayer mais il fut toutefois obligé de se donner un claque mentale pour sortir de sa brève contemplation. Si Londubat le prenait avec ça il était fait comme un rat ! se dit-il en passant en revue les scénarios qui s’offraient à lui…



***
M. Le Corbeau sur une fenêtre perchée

M. Le Corbeau admirait la forêt de Poudlard depuis la tour Gryffondor. C’était son rebord de fenêtre préféré : Les habitants de ce dortoir le délogeaient rarement pour aérer leur chambre si bien qu’il pouvait passer des journées entières à observer le parc. De temps à autres des hiboux d’élèves venaient lui rendre visite sur son perchoir mais les nouvelles têtes étaient bien rares. Aussi, lorsqu’il vit voleter dans sa direction cette belle pie au plumage brillant, M. Le Corbeau en fut tout émoustillé. Quelle grâce ! Quelle élégance ! Le beau volatile vint se poser à quelques mètres de lui et fit mine de ne pas le remarquer. M. Le Corbeau savait très bien ce que cela voulait dire en langage animal : Le printemps pointait son nez et avec lui, la période de reproduction. La pie avait jeté son dévolu sur un mâle aux grandes ailes et au bec puissant : Lui.
M. Le Corbeau sautilla en direction de sa dulcinée en prenant bien garde de camoufler son moignon –une blessure de jeunesse qui lui avait valut le surnom de « Pigeon Parisien »- puis il s’arrêta pile à côté d’elle.

« CRRROÂÂÂ ! » dit-il en gonflant son plumage.

Il ondula légèrement d’une patte à l’autre, bien décidé à mettre en avant ses plus beaux atouts.

« CRRROÂÂÂ ! » répéta-t-il en s’approchant encore.

La pie semblait réceptive à son charme indéniable et à son envoutante danse nuptiale, il n’en fallut pas plus pour que M. Le Corbeau décide de tenter sa chance auprès de sa belle.



***


… Virgil devait se débarrasser, momentanément, de cette Volubilis. La solution la plus sage, et la plus sûre, aurait été de détruire le paquet mais l’adolescent ne pouvait pas se résoudre à gaspiller, ne serait-ce qu’un gramme de poudre. Le sachet représentait à lui seul plusieurs dizaines de galions, c’était impensable pour lui de brûler une telle somme d’argent et d’anéantir l’unique occasion dans sa vie de consommer de la Volubilis gratuitement !

Quelqu’un avait voulu le piéger et il espérait bien ressortir victorieux de ce duel en évitant, non seulement, la case renvoi, tout en conservant la drogue pour un usage personnel. Il était gagnant sur tous les tableaux et faisait, par la même occasion, un odieux pied-de-nez à celui qui l’avait placé dans cette situation. Poussé par son orgueil et habitué à mentir et fomenter des plans pour se tirer d’affaires, Virgil retrouva rapidement ses moyens. Sans réfléchir plus longtemps, il fit disparaitre d’un sortilège le sachet de poudre et s’empressa de jeter d’autres sorts pour effacer l’historique de sa baguette. Il ne savait pas si Londubat ou son fidèle lieutenant étaient habilités à jeter des « Priori Incantatum » mais il préférait parer à cette éventualité.

Il venait tout juste de lancer un sort de nettoyage lorsque son directeur pénétra dans la pièce et le somma de s’immobiliser. Virgil s’exécuta et resta piqué, droit comme un i, au milieu du dortoir, le cœur battant. Il n’avait pas eu le temps de vérifier si d’autres drogues étaient cachées dans son placard et il se morigéna intérieurement de ne pas avoir été assez réactif. Sans quitter des yeux Londubat, il essuya sa joue et son cou trempés de sueur sur son épaule et s’efforça de se montrer coopératif.

« L’examen de mes affaires personnelles ? Allez-y, j’vous en prie. J’ai rien à cacher. » ajouta-t-il par pur défi en fourrant ses mains dans ses poches.

Rien, mise à part les dizaines d’objets dans sa malle qu’il avait dérobé par-ci par là. Si la plupart d’entre eux se révélaient être des babioles sans importance  - plumes, lunettes de soleil bon marché, bijoux fantaisies ou magazines divers, d’autres s’avéraient plus compromettants comme la gaine et le petit canard volé à Mildred Magpie….


Virgil Forbes

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Collée à la paroi vitrée de la lucarne, la Pie frétillait d'impatience à l'idée de voir son plan machiavélique se matérialiser sous son bec. Nombreux étaient ceux qui avaient osé s'en prendre à ses intérêts ou sa personne, et nombreux étaient ceux fauchés par sa vengeance implacable. Mildred Magpie n'éprouvait aucun remord à l'idée de balayer l'existence et l'avenir du jeune Virgil, écartant totalement de son esprit que le père du trublion n'était autre que son collègue Jonah... Celui-là même qui l'avait ardemment défendu, lors d'un prestigieux gala littéraire, contre la pseudo-intelligentsia artistique du Monde Magique. Mais pour laver son honneur bafouée, la perfide romancière ne reculait devant aucune ignominie, quitte à détruire la famille Forbes! En effet, signe de sa profonde ingratitude, la sorcière n'avait éprouvé aucune once de pitié quand il avait fallu souffler sur les braises conflictuelles d'un couple déjà déchiré par le poids de la séparation. Aucune compassion également quand il s'agissait d'expédier un jeune mineur dans les tréfonds de la prison de Skye! Pourquoi devrait-elle s'en émouvoir, alors qu'il ne s'agissait de rien d'autre qu'une guerre ; Tout conflit est pavé d'injustice! A l'image de son associé Roy Calder, elle ne faisait aucun compromis quand il s'agissait de protéger son Empire commercial...

« CRRROÂÂÂ ! »

Mildred Magpie retourna un bec farouche en direction d'un vilain corbeau déplumé qui osait s'accorder le privilège de partager son perchoir. Mais pour qui se prenait-il celui-là? La Corneille à trois yeux? Ce corbac n'allait tout de même pas lui gâcher son plaisir! Signe de son profond dédain pour l'immonde volatile, la pie préféra l'ignorer et se concentrer à nouveau sur sa lucarne et l'intérieur du dortoir. La porte de ce dernier ne tarda pas à s'entrouvrir, hérissant d'excitation le plumage de la pie sournoise. Mais... Très vite, le regard de la pie devint aussi rouge que la cape d'un toréador dans laquelle elle venait bêtement de plonger cornes baissées. A son plus grand désarroi, ce n'était point le duo tant espéré qui venait de franchir le seuil du dortoir, mais bien le diabolique Virgil! Son plan tournait au fiasco! Le bec mi-clos, Mildred assistait impuissante à la destruction de son piège, lorsque par une incroyable coïncidence, la garçon se rua comme un mort de faim sur son sac. Nul doute qu'il avait été avertit du danger, puisque sa baguette et ses lèvres formulèrent l'incantation qui révéla la si dangereux sachet de poudre violette. Kristen l'avait-elle trahie? Avait-elle vendue la mèche? Peut-être que saisie par le remord et la culpabilité, la stupide jeune fille s'était confiée à l'ignoble Virgil? La romancière se maudit intérieurement d'avoir placé sa confiance entre les mains d'une bécasse pareille!

« CRRROÂÂÂ ! »

Ignorant la rage qui étreignait la gorge de la Pie, le corbeau se laissait aller à une tentative d'approche plutôt téméraire : Se pavanant d'une patte à l'autre, sa petite danse de séduction cherchait à impressionner l'insensible pie grièche. Mais sa parade nuptiale brinquebalante sur une patte atrophiée n'attira pas les faveurs de sa cible printanière, qui lui retourna un regard mauvais, signe qu'elle n'était point d'humeur à se prendre le bec avec un corbeau handicapé du moignon! Voila pourquoi, elle recentra son attention sur le dortoir, et l'entrée salutaire de nouveaux protagonistes. Trop tard! Neville Londubat et son rondouillard d’acolyte venaient de pénétrer dans la pièce, une poignée de seconde après que l'odieux Virgil se soit empressé de faire disparaitre la Volubilis par un sortilège de camouflage. Aussi astucieux soit-il, ce gamin commençait sérieusement à lui taper sur le système! Oubliant toute forme de discrétion, alors qu'une violente rancœur teintée d'amertume venait lui bruler les entrailles ; La pie se mit à marteler de la pointe de son bec la vitre du dortoir, de manière à prévenir les deux enquêteurs de l’esbroufe.  

« CRRROÂÂÂ ! »

Trop accaparée par les acteurs de sa vengeance, Mildred Magpie ne vit pas l'affreux corbeau lui bondir subitement sur le dos, l'écrasant de toute sa masse. Alors qu'il commençait déjà à lui picorer la nuque avec délectation, la pie furibarde ne lui laissa guère de temps d'accomplir son immonde besogne. Bien plus leste et agile, elle tourneboula sur elle-même, de manière à déséquilibrer le gougeât emplumé qui lui labourait le dos. Le vieux corbeau chuta lamentablement sur le coté, moignon en l'air sur le rebord de la fenêtre. Trop irritée par le sort qui s'acharnait sur elle, Mildred était bien décidée à passer à l'action et inculqué les bonnes manières à ce porc volant. Son zèle allait lui briser les ailes! Elle allait le piquer dans son duvet ! La Pie lui vola alors littéralement dans les plumes, ses jacassements stridents couvrant les croassements plaintifs du malheureux Corbeau...

Neville Londubat & Hector Sniffer

« L’examen de mes affaires personnelles ? Allez-y, j’vous en prie. J’ai rien à cacher. »

Planté au centre du dortoir, les mains fourrées dans les poches, le suspect toisait les deux adultes avec cet air de défi dont il était si résolument coutumier. Un calme bien trop singulier pour paraitre crédible aux yeux du Directeur de Maison qui commençait bien à connaitre l'énergumène. En effet, Neville détestait cette attitude nonchalante et condescendante derrière laquelle l'adolescent ne cessait de se réfugier quand il s'agissait de se dérober à ses responsabilités. Virgil coutait énormément de point à sa Maison, même si bon nombre de ses professeurs avaient noté une nette amélioration ces derniers temps. Était-ce un leurre? Une manière de se faire oublier pour passer de menus larcins à un trafic beaucoup plus juteux de Volubilis? Dans tous les cas, avec ce diable de Virgil, le naturel finissait toujours par revenir au galop, fauchant tous les espoirs placés en lui...

"Vraiment? Vous n'avez rien à cacher? Alors j'espère pour vous que nous trouverons rien de compromettant dans vos affaires. Car il n'y a rien que j’exècre plus au monde que de perdre mon temps du fait d'un mensonge... "

Le regard de Neville Londubat se fit insidieux, alors qu'il scrutait la moindre réaction anodine du Gryffondor qui puisse trahir ses émotions. Le Directeur remarqua le visage de son élève maculé de transpiration, comme après un exercice physique. Étrange pour un partisan du moindre effort, qui préférait s'avachir comme une loque sur un canapé, plutôt que d'avoir à courir. Venait-il de fournir un effort? Ou était-ce la peur d'être démasqué? Ses réflexions furent perturbées par le ballet grotesque de deux oiseaux qui s'ébattaient sur le rebord de la fenêtre. Plutôt que de trop tergiverser, Neville extirpa sa baguette d'un pan de sa tunique, et se dirigea directement vers la prétendue planque de Volubilis.

"C'est votre sac, n'est-ce pas? "

La valise ou plutôt le sac du Gryffondor gisait négligemment au sol, la gueule ouverte sur un impressionnant désordre. Par respect et amitié pour son collègue Jonah, le Directeur voulut accorder une dernière chance au fils Forbes. Un passage aux aveux valaient toujours mieux qu'un mensonge effronté...  

"Virgil... Vous êtes certain que vous n'avez rien à me dire? Si nous devons trouver quelque chose, nous finirons immanquablement par y mettre la main dessus. Pour votre bien, il est préférable de me dire la vérité. "

Neville Londubat finit par soupirer tristement. Le temps du social était écoulé, alors qu'il braquait déjà sa baguette sur les affaires du garçon. Dans une seconde, tout a plus, il allait connaitre la vérité. Un dénouement aussi redouté que attendu. Neville prononça alors son sortilège en espérant qu'il demeure sans réponse...

"Accio Volubilis! "

La baguette crépita mais aucune drogue ne surgit du sac béant. Quelque peu rassuré mais consciencieux dans l'âme, Neville allait se pencher pour fouiller davantage les affaires du jeune Virgil, quand une main potelée se plaqua sur son épaule...

"Laissez-moi faire, monsieur Londubat... " L'expert en drogue magique plaça alors un doigt sur la truffe lui servant de nez, avant d'ajouter d'une voix charismatique : "S'il y a bien ici quelqu'un qui peut sentir la drogue, c'est bien moi... "

Joignant le geste à la parole, Hector Sniffer prit une longue inspiration avant de s'agenouiller devant le sac du sixième année. Ses mains moites parcoururent l'océan de chaussettes, de tee-shirt enroulés et de babioles en tout genre, tandis que ses narines frémissaient de plus bel. En bon douanier magique, et rien qu'à l’œil nu il savait déjà repérer les contrefaçons ou autres objets suspects. Voila pourquoi il extirpa une paire de lunette de soleil magique "Wokley", et plus étrange un bâton de rouge à lèvre. Saisissant ce dernier, l'expert douanier le colla contre sa narine, avant d'en renifler la senteur. Sur un ton laconique et humiliant pour son possesseur, Hector Sniffer se contenta juste de dire :

"Parfum Gingembre... Aphrodisiaque... " dit-il d'une voix solennel, avant de tourner un regard plus taquin et moqueur sur l'adolescent suspecté. "Alors monsieur Forbes? Vous vouliez vous faire belle et conclure en beauté le bal de fin d'année, n'est-ce pas? "

Neville Londubat plongea un regard inquisiteur sur Virgil, se demandant bien à quelle plaisanterie abjecte pouvait lui servir ce bâton de rouge à lèvre. Comme pour mieux accentuer la tension palpable qui découlait de cette fouille millimétrée, les ailes des deux oiseaux qui s'ébattaient à l'extérieur venaient frapper la lucarne du dortoir dans une ambiance sinistre. Hector Sniffer finit par rajouter un peu plus d'incongruité à la situation, lorsqu'il extirpa un numéro tout froissé de SexyWitch.

"Et bien... On en a de belle lecture, mon garçon! "  

La situation commençait à sérieusement exaspéré Neville Londubat, qui n'était clairement pas venu dans le but de fouiner dans l'intimité et la vie privé de l'un de ses élèves. Il ne se priva pas d'en faire part à l'expert en drogue magique.

"Vous pouvez sentir la drogue? Alors prouvez-le moi, plutôt que d’embarrasser tout le monde avec vos commentaires scabreux et vos découvertes insignifiantes... "

Neville Londubat était peut-être quelqu'un de calme, mais sa patience avait des limites. Cette affaire retenait de son temps, et il désirait être fixé au plus vite sur la véracités de la lettre d'accusation. Pour l'heure, tout pensait à croire qu'il ne s'agissait que d'un corbeau cherchant à nuire à Virgil Forbes. En parlant de corbeau, il n'y en a un à qui Neville aimerait bien tordre le cou, s'il ne cessait pas immédiatement ses jacassements stridents! Le directeur jeta un énième regard assassin en direction de la fenêtre, quand Hector Sniffer finit par pousser un cri victorieux. Il planta sa baguette magique dans le contenu du sac de Virgil, pour soulever un objet encore plus malsain que les autres : Une gaine ventre-plat trop large pour appartenir au maigrelet Virgil...

"Qu'est-ce donc que cela? En quoi cette gaine vous est d'une quelconque utilité? Répondez aux questions monsieur Forbes! "

L'incrédulité déforma le visage du Directeur. Décidément, Virgil était un garçon plein de surprise... Et bien trop glauque dans son genre. Si ce genre de choses parvenaient aux oreilles de son père, Merlin!

"Je dois avouer que c'est un bien étrange objet de collection monsieur Forbes. Il appartient à votre mère? " Mais plutôt que d'écouter la réponse de son élève, Neville exprima un réel dégout quand il vit son soi-disant expert en drogue magique renifler avec avidité la gaine mystérieuse. "Mais que faites-vous, monsieur Sniffer? Vous perdez la raison? Je pense qu'il est temps de mettre un terme à cette comédie! Qu'est-ce que vous cherchez à prouver en vous tournant en ridicule de la sorte? "

Neville Londubat n'avait qu'une idée en tête : Conclure cette affaire qui n'en était pas une! Que Virgil soit un adolescent "étrange", il s'en contrefichait totalement tant qu'il ne trouvait pas un gramme de Volubilis dans ses affaires. Pour l'heure, le vrai problème était plutôt Hector Sniffer qui se donnait en spectacle de la plus sordide des manières. Et il ne semblait avoir aucune limite... Après une dernière bouffée dans la gaine défraichie, il déclara :

"En quarante ans de carrière, mon nez ne m'a jamais trahit, monsieur Londubat. Cette gaine est une preuve irréfutable de la culpabilité de ce garçon! Car je peux vous certifier que derrière la violente odeur aigre douce qui en émane, il se dégage aussi un léger et subtil parfum de Volubilis! "

Neville Londubat ne savait plus trop quoi dire ou faire dans une situation aussi ubuesque : Devait-il croire ce vieux fou, ou l'expédier au plus vite loin des murs de cette école ? Pour l'heure le vacarme des oiseaux à l'extérieur l'empêchait de réfléchir correctement... Peut-être que Virgil pouvait l'aider à y voir plus clair.

"Monsieur Forbes, même si je pense que toute cette histoire n'est que le fruit d'une mauvaise plaisanterie ; J'aimerai bien connaitre votre ressenti et obtenir quelques explications sur le contenu quelque peu déroutant de votre sac... "

Par cette question, la gaine prenait le pas sur la question de la Volubilis. Et de statut de dangereux dealer du monde Magique, Virgil passait juste à celui de fétichiste glauque et tordu...


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Debout au milieu du dortoir, Virgil soutenait le regard insidieux de son directeur de Maison qui tentait de lui faire avouer un méfait qu’il n’avait pas commis.  Si la posture du jeune homme, mains dans les poches, pouvait paraitre décontractée, il n’en était rien en réalité. Tous ses muscles étaient tendus  et sa mâchoire légèrement crispée par l’énervement et l’inquiétude. L’expression de son visage froide, figée, ne laissait rien paraitre de ses tourments intérieurs mais on devinait toutefois une lueur fiévreuse dans son regard clair comme s’il mettait au défi Neville Londubat d’exécuter ses menaces. Virgil n’était pas du genre à plier. Au contraire. Lorsqu’il se sentait acculé, il préférait provoquer plutôt que de perdre la face. Stupide bravade adolescente !

L’enseignant rejoignit d’ailleurs sa valise ouverte et tenta une nouvelle approche auprès de Virgil, plus conciliante cette fois,  qui ne fit que renforcer le mépris du jeune homme. Sa réponse claqua dans l’air sans préavis :

« Je vous ai dit : Je n’ai rien à cacher. »

Virgil releva légèrement le menton et croisa ses bras sur son torse, attendant que Londubat et son fidèle acolyte s’exécutent. Le sang battait ses tempes et la course effrénée qu’il venait de mener dans les couloirs du château n’en était que la raison partielle. Et si Londubat trouvait finalement de la drogue dans ses affaires :Un deuxième sachet de volubilis, caché là par une personne malintentionnée,  ou des feuilles de Mandragore abandonnées par inadvertance par Damon ? L’adolescent pouvait dire adieu à ses projets de stage à Skye et il était bon pour suivre un véritable programme de désintoxication cette fois.
Il s’efforça toutefois de faire taire son inquiétude- conscient que cela ne l’aidait pas à rester maitre de lui-même- et reporta son attention sur Londubat qui venait de sortir sa baguette pour procéder à l’examen de ses affaires. L’instant de vérité.

"Accio Volubilis! "

Une seconde, puis deux…. Rien. Pas le moindre frémissement dans les bagages de Virgil. Seuls deux oiseaux s’ébattant sur le rebord de la fenêtre troublaient la quiétude du dortoir.  Visiblement, il n’y avait aucune trace de la célèbre poudre violette dans les affaires du jeune Gryffondor.  Soulagé, l’adolescent déglutit en s’interdisant toutefois tout triomphalisme prématuré. Il pressentait que le petit gros n’avait pas encore dit son dernier mot. En effet, le dénommé Sniffer s’approcha à son tour de la malle pour en examiner son contenu, à la plus grande hantise de Virgil. Cette malle renfermait un véritable trésor : sa collection d’objets volés qu’il complétait depuis quelques années.  En effet, Virgil aimait tout particulièrement conserver des « petits souvenirs » des personnes qu’il rencontraient. Il jetait son dévolu sur des objets anodins, insolites ou amusants qui ne manqueraient pas vraiment à leurs propriétaires et dont la valeur marchande était faible. Il avait choisi ceux de Magpie avec le plus grand soin. Lorsqu’il avait fouillé dans son sac à main alors qu’elle était occupée à animer l’atelier théâtre, il n’avait pas touché à sa bourse pleine de galions, ça non. Magpie aurait trop fait de déclarer le vol à Daisy Mason et tous les soupçons auraient converger vers lui. Il avait préféré choisir des objets un peu honteux que la romancière ne risquait pas de réclamer à la directrice de l’école. Le canard vibromagique et la gaine étaient ses plus belles prises. Habituellement, Virgil souriait d’un air mauvais rien qu’à l’idée d’imaginer Magpie mortifiée d’avoir perdu ces objets si compromettants dans l’enceinte même de Poudlard. Toutefois, l’adolescent devait admettre que l’éventualité que Londubat tombe sur ces éléments ,aujourd’hui, dans ses propres bagages, était loin de l’enchanter. Malheureusement pour lui, le scénario catastrophe ne tarda pas à arriver et lorsque Sniffer sortit de ses bagages le rouge à lèvres aux motifs léopard de Mildred Magpie, Virgil sut que son directeur de Maison ne le regarderait plus jamais de la même manière.

Comme si cela n’était pas assez humiliant en soit, la réaction d’Hector Sniffer ne fit qu’accroitre le malaise grandissant de Virgil. En effet, l’expert en drogue renifla l’extrémité du bâton ouvert pour apporter sa propre expertise d’une voix solennelle.

« Aphrodisiaque... "

Oh Merlin. L’adolescent résista à l’envie de claquer les bords de la malle sur les doigts potelés de l’expert pour interrompre cette fouille dont il n’allait clairement pas ressortir grandi. Il savait qu’il devait se montrer coopératif….mais quand même. Quel autre objet Sniffer allait-il sortir de sa malle ? Le canard ? La gaine ?... Aucun des deux : Ce fut finalement l’exemplaire du Sexy Witch de janvier. Bizarrement, c’était peut-être l’objet le moins honteux de sa collection. Virgil l’avait piqué à Philip le mois dernier et il était presque sûr que Neville était rassuré à l’idée de retrouver un peu de « normalité » dans les affaires du jeune Gryffondor.
Que celui qui n’a jamais acheté un magazine coquin lui jette le premier sort !
D’ailleurs, le professeur Londubat semblait s’impatienter de ces découvertes et paraissait même plutôt mal à l’aise face au comportement étrange de Sniffer. Il n’avait pourtant qu’un mot à dire pour que l’expert interrompe son examen et Virgil espérait sincèrement que son calvaire allait enfin s’arrêter avant que Sniffer ne trouve… "Qu'est-ce donc que cela? » … la gaine.
Et merde.

Les oreilles de Virgil s’empourprèrent malgré lui et il passa brièvement d’un pied à l’autre en signe de malaise. Il aurait aimé pouvoir conserver une attitude aussi détachée que possible jusqu’au bout mais la découverte de la lingerie de Magpie au fond de sa valise et, surtout, la remarque de Londubat manquèrent de l’achever.

« Non voyons ! » lâcha-t-il avec une moue outrée. Son directeur de maison avait vraiment de drôles d’idées. Quel fils emmènerait la gaine de sa mère dans ses bagages ? C’était répugnant ! L’adolescent secoua la tête en signe de négation : Cela ne l’embêtait pas de passer pour un gars tordu mais quand même pas à ce point !
Honnêtement, il ne pensait pas  pouvoir se sentir plus embarrassé mais c’était sans compter avec Hector Sniffer qui fit l’impensable : Humer la lingerie de Mildred Magpie. Virgil eut un haut le cœur et son regard écœuré passa de Sniffer à Londubat, plusieurs fois, comme pour inviter ce dernier à intervenir. Mais qu’attendait-il pour faire cesser cette situation complètement ubuesque ? Cette mascarade avait assez durée.

Son directeur de maison prit enfin les devants mais contre toute attente, il se tourna vers Virgil pour lui demander de se justifier sur la présence d’objets si inconvenants dans ses affaires. L’adolescent n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles et il n’eut pas à feindre l’énervement pour poursuivre :

« Le..Le quoi ? Le contenu déroutant de mon sac ? Un index pointé sur son torse, Virgil s’avança vers son directeur de Maison pour lui faire face. S’en était trop, il était temps de réagir. Il voulait bien coopérer mais cela allait trop loin, Vous introduisez un inconnu dans mon dortoir qui vient renifler mes affaires personnelles et c’est moi qui suis déroutant ? Il devait rejeter le poids de la culpabilité sur son directeur, coûte que coûte, et ce n’était pas vraiment difficile à faire tant ce fameux Sniffer faisait preuve d’amateurisme. Professeur, est-ce que vous avez trouvé un seul objet interdit par le règlement dans ma valise ? Un seul ? Insista-t-il, que vous organisiez une fouille des dortoirs, libre à vous, c’est votre droit  mais que vous vous permettiez de commenter le contenu de mes bagages, de m’humilier devant une tierce personne, de…–Vous, rendez moi ça !- s’interrompit –il en  arrachant littéralement la gaine des mains de l’expert en drogue qui s’apprêtait  une nouvelle fois à plonger son nez dans la dentelle. Virgil le toisa de toute sa hauteur et le gratifia d’un regard dédaigneux dont lui seul avait le secret,…et de flairer mes affaires, reprit-il en affichant une moue dégoutée,  je trouve ça écœurant. Il reporta son attention sur Londubat, Si j’ai véritablement fait la moindre incartade au règlement, je vous en prie, il tendit ses poignets entre lui et son directeur de maison comme si Neville allait l’emprisonner, conduisez-moi au bureau de la directrice, convoquez la police magique, faites ce que vous avez à faire, excluez moi si ça vous chante mais jusqu’à preuve du contraire je n’ai rien fait de mal ! Avec la plus grande mauvaise foi, il désigna d’un geste de la main sa malle en désordre, jeta la lingerie dedans et reprit, J’ai peut-être des  revues sexy, du rouge à lèvres et une putain de gaine dans ma valise mais ça ne fait pas de moi un délinquant, Bon il aurait peut-être pu faire l’impasse sur la grossièreté. Trop tard, J’ai fait ce que vous attendiez de moi, professeur, pousuivit-il un ton plus bas, je vous ai laissé avoir librement accès à mon espace personnel et maintenant vous voulez des explications sur le contenu de ma valise ? Non, désolé, je n’ai pas à me justifier. De toute manière, il était sûr que Londubat pensait avoir à faire à un Norman Bates en puissance alors à quoi bon ? Il préférait de loin axer sa défense sur un autre registre,  Vous cherchiez de la Volubilis ici ? C’est bien ça ? » Il marqua une petite pause et ajouta : Et bien sachez qu’il n’y en a pas et qu’il n’y en a jamais eu. Virgil écarta les bras, vous le voyez bien.   Il secoua la tête, sans toutefois se départir de son air outré. C’était la clef. Il devait avoir l’air encore plus en colère que Londubat lui-même, Je sais que par le passé je n’ai pas toujours été l’élève parfait.  J’ai fait des manquements au règlement qui ont couté des points à Gryffondor. J’ai fumé de la mandragore au sein de l’établissement. J’avoue et j’ai payé pour ça. J’ai été privé de sorties et j’ai suivi pendant six mois  un programme sur les dangers des drogues avec Mme Silvester. Six mois. Je peux vous citer tous les stades de la dépendance, toutes les conséquences néfastes sur l’organisme occasionnées par la prise de Volubilis et vous pensez sérieusement que je pourrai consommer ou revendre ce genre de produit ?  Virgil observa son directeur de maison et ajouta, l’air résolu, Je vous le dis, les yeux dans les yeux, c’est non. Je suis clean. Vous aurez beau essayer de me ridiculiser ou de m’humilier avec votre chercheur, ça ne prend pas.»


Virgil Forbes

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Neville Londubat & Hector Sniffer

Dans son histoire millénaire, l'école de Poudlard avait vu défilé bon nombre de fortes têtes ; Et assurément, Virgil Forbes s'inscrivait dans cette longue tradition ancestrale d'élèves aussi cabochards que insolents. Pointant un index sur son torse, le voila qui jouait l'innocente victime d'un complot organisé, tout en rejetant la culpabilité sur les deux chargés d'enquête. Peinant à garder son calme face à la tragicomédie du Gryffondor qui s'offusquait des soupçons portés sur sa personne, Neville Londubat ajusta un regard menaçant sur celui qui osait défier son autorité. Il étant temps de le remettre à sa place, et de lui inculquer les bonnes manières.

"Calmez-vous monsieur Forbes; et cessez donc de jouer les angelots effarouchés! Ce petit jeu ne prend plus avec moi! L'un et l'autre, nous savons pertinemment que malgré les efforts louables entrepris ces dernières semaines, vous n'êtes point un modèle d'exemplarité quand il s'agit de qualifier votre conduite. Dois-je vous rappeler vos rapports disciplinaires? Combien de points vous avez fait perdre à notre Maison? "

Aucun battement de cils ne venaient irriguer les yeux d'acier du Directeur alors que l'élève insolent continuait son récital. Sur certains points, ce dernier n'avait pas totalement tort : En effet, les méthodes de fouille d'Hector Sniffer suscitaient réellement un profond malaise et ne respectaient en rien la vie privée du garçon suspecté. Il n'y avait rien de répréhensible dans le fait que Virgil collectionne bâton de rouge à lèvre, gaines ventre-plats ou autres culottes de grands-mères... Chacun ses fantasmes et sa liberté de les exprimer en privé. Mais en revanche, il n'avait aucun droit d'inverser les rôles et d'afficher autant de familiarité avec ceux qui étaient garant de l'autorité. Voilà pourquoi, Neville Londubat le recadra sèchement.

"Monsieur Forbes! Ici, ce n'est pas à vous de poser les questions! Et je tiens à vous rappeler que nous sommes autorisés à inspecter vos affaire que par le biais d'une lettre anonyme, écrite à votre encontre, et qui vous incrimine de manière implacable dans un soi-disant trafic de stupéfiant. Connaissant vos antécédents et garant de l'ordre et de la sécurité de la Maison Gryffondor, il est de mon devoir et de ma responsabilité de vérifier la véracité de ces allégations. Je n'ai donc point à me justifier! Est-ce bien clair? "

Asseoir son autorité était une chose, mais il ne fallait pas occulté l'humiliation éprouvée par l'adolescent et la colère légitime de celui-ci alors qu'il était poussé dans ses retranchements personnels. Hector Sniffer avait dépassé les bornes de l'acceptable. Depuis quand flairait-on les affaires des gens? Certes quand il laissait trainer ses chemises et chaussettes sur le sol de leurs chambrée, sa douce Hannah était dans l'obligation de humer tout indice olfactif pouvant l'aiguiller sur la propreté ou non des dits-vêtements... Mais était-ce une manière respectable de procéder quand il s'agissait de mener une enquête auprès d'un élève? Certainement pas.

Neville Londubat tourna un regard inquiet en direction de l'expert qui s'apprêtait de nouveau à commettre le même impair glauque.

"Vous humilier? Voui-voui... Laissez-moi rire! Votre théâtre ne trompe personne mon garçon! Je peux vous certifier qu'il y a une odeur suspecte qui émane de cette chose dégoutante... "  

L'expert en drogue magique s'apprêtait à nouveau à plonger son immonde truffe dans la lingerie, quand - Dieu soit loué - Virgil lui ôta l'objet des mains! Neville se sentait dans l'obligation d'intervenir, même s'il se réjouissait en secret de ne plus avoir à subir l'infâme flair d'Hector Sniffer. Même si le comportement de ce dernier était viscéralement écœurant, il était primordial de ne point se diviser entre adulte. Plutôt que de laisser un droit de réponse à son acolyte, le Directeur Londubat prit les devants et la parole.  

"Virgil! Maitrisez-vous! Je vous enlève cinq points pour comportement inapproprié... " Au vue du comportement du vicelard rondouillard, cette mesure disciplinaire paraissait purement injuste... Et Virgil ne tarda point à réagir de manière virulente en accompagnant d'un juron la chute de l'objet du scandale dans sa malle béante. Neville bloqua un instant sur la gaine, se demandant bien d'où elle pouvait provenir ; Assurément, au vue de sa taille, elle n'était d'une utilité que pour un très gros fessier. Mais ses questions existentielles furent très vite balayées par l'annonce d'une nouvelle sanction. "Moins dix point pour grossièreté! Continuez ainsi, Virgil, et vous allez passer votre prochain temps libre en retenue! "       
 
Cette menace eut le mérite de laisser retomber quelque peu la tension naissante. Virgil Forbes s'exprima alors d'une voix plus calme, et ses justifications gagnèrent en crédibilité. En effet, il avait délibérément choisit de collaborer et de laisser libre-accès à ses affaires personnelles. En cela, il n'y avait rien de suspect. Et aucune preuve manifeste de Volubilis n'était présente à l'endroit indiqué par la lettre anonyme. L'auteur de celle-ci n'était qu'un corbeau, ou plutôt un mauvais plaisantin voulant jouer une farce stupide à Virgil. Neville Londubat n'allait guère perdre plus de temps avec cette affaire insignifiante, et se contenter de rédiger un rapport rassurant auprès de la Directrice Mason : Poudlard était préservée du scandale et de la Volubilis.

Neville Londubat finit par lever la main en l'air pour éteindre l'honnête complainte de l'adolescent qui cherchait désespérément à se racheter une conduite depuis le fâcheux incident de la Saint-Valentin. Nul doute qu'il puisait sa motivation dans l'éventualité d'un stage dans le pseudo centre de Réinsertion à Skye. Même s'il ne cherchait pas à l'en dissuader, Neville était profondément perturbé par ce choix. Que ce soit ce diable de Virgil, ou même la brillante préfète verte et argent Nelly Horrocks qui avait également postulé pour cette dangereuse et partiale formation... Neville ne supportait pas l'idée de savoir que la Dictature du FREE puisse planter ses griffes et ravir la conscience de ses élèves. Quelque part, il était rassurant de savoir que Virgil n'avait pas plus de chance d'intégrer Skye qu'un Boursouf de remporter un combat singulier contre une Manticore enragée...  

"Virgil... Sachez que j'ai bien pris note de vos efforts, et de votre récente motivation. Il est clair aussi que les accusations reposant sur votre personne sont totalement erronées et fabriquées de toute pièces par un plaisantin d'une incroyable stupidité. Nous avons suffisamment perdu de temps, et je tiens juste à vous avertir d'un détail primordial... " Le Directeur fit un pas en avant pour mieux plonger son regard dans celui de Virgil : "Je veux de l'ordre dans ma Maison, et la moindre incartade vous sera scolairement fatale. Est-ce bien comprit? " Il laissa le temps à l'adolescent de bien imprimer la leçon avant de se tourner vers Hector Sniffer. "Sur ce, nous n'avons plus qu'à vous souhaiter une bonne et studieuse journée. "

Neville Londubat inclina légèrement la tête, puis finit par quitter le dortoir, suivit par un Hector Sniffer bougonnant et maussade. Laissant prendre le large au Directeur rouge et or, l'expert s'arrêta quelques secondes sur le seuil avant de se retourner une dernière fois vers Virgil. Ce n'était pas à un vieux singe que l'on apprenait à faire des grimaces! Ses propos soulignèrent qu'il n'était point dupe du cinéma du garnement.  

"Alors comme ça, tu es clean? Voui-voui... A d'autres! Ta piaule empeste le vice et la Mandragore... "

Puis il claqua sans ménagement la porte derrière lui...      

Angry Magpie

Les plumes du pauvre corbeau voletaient dans les airs alors qu'il se faisait sauvagement marteler de coups de bec par la Pie enragée. Que ce soit dans le Monde Animal ou Humain, elle détestait se faire importuner et molester de la sorte! De quel droit un aussi vilain corbeau s'autorisait-il à poser son moignon sur son divin plumage? Nul doute qu'il regrettait déjà son geste, croassant de douleur sous les attaques vengeresse de la cruelle pie. Pour donner plus d'ardeur à ses coups de bec, la romancière Animagi imaginait qu'il s'agissait de l'ignoble Virgil ployant sous le feu de sa rancœur! Une envie de meurtre lui serra la gorge alors qu'elle expédia un violent coup de patte au pauvre Corbeau. Ce dernier tomba du rebord de la fenêtre dans un long et affreux Crooooooooaaaaa.... Puis il s'envola vers des cieux plus hospitalier!

Mildred Magpie ébroua son plumage de satisfaction avant de revenir à ses moutons... Ou plutôt à son mouton noir. Virgil Forbes était-il déjà menotté? Neville et son acolyte bedonnant avait-il découvert la supercherie? Rien n'était moins sûr. Sur la pointe des pattes, elle tendit son cou pour épier l'intérieur du dortoir. Quelle ne fut pas alors sa surprise désagréable de voir sa gaine ventre-plat soulevée dans les airs, aux yeux de tous! Serrant le bec de rage, elle chercha à lire sur les lèvres les odieux propos échangés entre les protagonistes de cette honteuse fashion mise à mort! Ce sale gosse n'allait tout de même pas révéler la provenance et dévoiler son secret de beauté cachée!? Quelle honte inimaginable! Personne ne devait savoir qu'elle était moulée comme un cupcake! Ni connaitre son tour de fesses! Cela allait ruiner ses efforts et ses innombrables journées passées presque en apnée pour se donner l'illusion factice d'une silhouette svelte! A cet instant précis, Mildred Magpie aurait cédé volontiers toute sa fortune pour avoir le privilège de caver les yeux de l'ignoble garnement, à grands coups de bec!  

Mais en voyant l'enquêteur rondouillard plongé sa fraise dans l'étoffe de sa gaine, sa haine céda très vite la place à un profond dégout. Elle se sentait même comme violée dans son intimité. Décidément rien ne se passait comme prévu! Sa machination tombait dans le grotesque absolu, et Virgil allait s'en sortir comme un phénix jaillissant des flammes! C'était profondément injuste! En voyant, faute de preuves, les deux pseudos enquêteurs se retirer du dortoir... Le bec de la Pie se mit à crisser rageusement sur la vitre. Elle fulminait de voir ce sale gosse s'en sortir encore sans même une égratignure. Quelle machination diabolique devrait-elle encore imaginer pour mettre un terme à cette malédiction? Quoiqu'il lui en coute, elle se jura solennellement de ne jamais abandonner sa vengeance, tant que Virgil n'aura pas récolter la monnaie de sa pièce... Elle voulait purement et viscéralement le détruire, n'acceptant ne mettre un terme à son vil projet que lorsque le trublion ramperait jusqu'à elle pour implorer un pardon qui ne viendrait sans doute jamais!  

* Tu peux ricaner, sale mioche... L'heure de ma vengeance viendra... Personne n'est d'envergure à se confronter à moi! *

Comme pour mieux joindre le geste à ses pensées intérieures, la Pie écarta ses ailes blanche et noire, avant de pousser un jacassement sardonique...

Fin de Rp pour moi  Twisted Evil


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Alors que Londubat faisait l’étalage de son dossier scolaire bien garni en sanction disciplinaire, Virgil sentit un profond sentiment d’injustice grandir en lui. Certes, il n’était pas  l’élève modèle, il en avait bien conscience, mais tout de même ! Les deux hommes n’avaient trouvés  aucune trace de Volubilis dans ses bagages. L’affaire aurait normalement due s’arrêter là pourtant les deux adultes s’évertuaient à fouiner dans ses effets personnels et à le ridiculiser. Auraient-ils été si intrusifs et si inconvenants si la fouille avait concernée un préfet ou un élève studieux ? Assurément non. Ils voulaient tellement le voir tomber qu’ils en perdaient tout discernement. Cette justice à deux vitesses excédait Virgil au plus haut point et ce fut d’ une voix emplie de mépris qu’il commenta:

« J’ai été dénoncé par une lettre anonyme. Posez vous les bonnes questions. »

Quelqu’un cherchait visiblement à lui nuire et cette personne, qui souhaitait bien évidemment rester dans l’ombre, s’appuyait sur son passif et sur le sens du devoir de Londubat pour arriver à ses fins.  Ils étaient, tous les trois,  les pions d’un plan machiavélique savamment orchestré. Que se serait-il passé si Virgil n’avait pas surpris la conversation des deux hommes dans le couloir ? L’adolescent préférait ne pas y penser.

Sa précédente remarque –aussi légitime fusse-t-elle- ne plut pas du tout à son professeur qui le sanctionna sans tarder d’un retrait de plusieurs points. A ce rythme là, le sablier des rouge et or allait passer dans le négatif. Pourtant Virgil s’en fichait bien. Il n’avait jamais eu l’esprit de coopération et de cohésion –au diable les Gryffondor et leur foutue coupe !- et seule la menace de nouvelles retenues à son encontre l’obligea à se calmer. L’adolescent ferma son clapet mais son regard dur en disait long sur ce qu’il pensait vraiment.

Londubat, garant de l'ordre et de la sécurité ? Il retint de peu le rire amère et moqueur que lui inspirait cette remarque. Vraiment ? Alors comment expliquait-il que quelqu’un se soit introduit, à son insu, dans les dortoirs de Gryffondor pour déposer, dans la valise d’un élève, de la poudre mortelle ? Si Londubat avait été si vigilant qu’il le prétendait rien de tout cela ne serait arrivé ! Excédé et bouillonnant, Virgil fit quelques pas dans la pièce pour se calmer avant de revenir vers son directeur bien décidé à défendre ses droits. Il ne pouvait pas lui dire la stricte vérité –tout simplement parce qu’ il ne le croirait pas- mais il pouvait s’appuyer sur l’issue de la fouille -qui s’était révélée infructueuse- et sur ses efforts de ces derniers mois qui prouvaient, selon lui, sa bonne foi.

Neville sembla légèrement plus réceptif à ces arguments mais il finit toutefois par le mettre en garde. Après avoir fait un pas vers lui, comme pour appuyer ses dires de toute sa stature, l’enseignant le menaça d’exclusion à la prochaine incartade.

Exclusion.

Quelqu’un avait tenté de le piéger mais c’était quand même à lui, Virgil, de faire attention à son comportement ! C’était la meilleure.

« Est-ce bien compris ? » insista son directeur comme pour imprimer son autorité dans sa maudite caboche.

L’adolescent savait parfaitement tout ce qui se jouait dans ce regard insistant : Sa scolarité à Poudlard, son stage à Skye, sa relation avec ses parents,… Trop de choses pesaient dans la balance pour qu’il se permette une énième provocation.

« Oui, professeur. » répondit-il.

Le ton était posé, impersonnel et ne retranscrivait en rien le profond sentiment de colère qui l’habitait maintenant . Seule une petite lueur dans son regard trahissait son agitation réelle et sa rage contenue mais Londubat ne releva pas. Il quitta rapidement le dortoir, visiblement excédé à l’idée d’avoir perdu de précieuses minutes pour rien. Sniffer lui emboita le pas de sa démarche claudiquant non sans gratifier Virgil d’une ultime remarque désobligeante.

A peine l’expert en drogue eut-il quitté la chambre que l’adolescent proféra à demi-mot un flot d’insultes, son majeur levé en direction de la porte. Il donna un puissant coup de pieds dans sa malle qui glissa au sol en travers de la pièce et se laissa tomber de tout son long sur son lit, le regard rivé sur le ciel de son baldaquin. Ces injures faisaient office de bien maigre compensation, tant l’adolescent aurait voulu rendre leur humiliation aux deux adultes. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et il poussa un profond soupir pour se calmer et retrouver un rythme cardiaque normal. Certes, il venait de vivre une profonde injustice mais, au regard de ce qui aurait pu arriver, il ne s’en sortait pas si mal, constata-t-il au bout de quelques minutes. Virgil lissa ses cernes, essuya la sueur sur son cou tout en réfléchissant à la situation. Londubat n’avait pas trouvé la Volubilis contrairement à lui qui avait maintenant en sa possession un sachet de plusieurs grammes  rempli de poudre violette. Quinze point en moins, un avertissement et une bonne dose d’humiliation, certes, mais au final, il ressortait presque gagnant de ce piège. Presque. Il ne restait plus qu’à savoir qui avait cherché à lui nuire. L’adolescent s’assit sur le bord de son lit et observa sa chambre en désordre. Son sac en bandoulière était posé au sol, maculé d’une vilaine tache sur le dessous. Son encrier s’était cassé lors de la collision avec Nelly et l’encre avait transpercé l’étoffe du cartable jusque sur son pantalon qui était lui aussi recouvert sur la cuisse d’une macule sombre. Un peu plus loin, sa malle gisait, béante, au milieu de la pièce. Virgil se leva et la rejoignit en quelques enjambées. Du haut de son mètre quatre vingt, il observa le contenu en désordre de son bagage passant en revue chaque objet : Les magazines, les lunettes, le rouge à lèvre, la gaine…

Virgil inclina légèrement la tête sur le côté. Quelque chose clochait. Il sortit sa baguette de sa poche intérieure et formula une ultime incantation.

« Accio Canard Vibromagique. »


Rien ne bougea. Pas même un frémissement sous la montagne d’objets en tout genre.  L’outil de plaisir de Mildred Magpie avait tout bonnement disparu de sa collection.

« Non… » murmura Virgil alors que toutes les pièces du puzzle s’emboitaient une à une dans son esprit : La dépendance de Mildred Magpie aux drogues, son absence de réaction suite à sa lettre d’excuse, la mise en garde de Kristen à la bibliothèque, …

Au même instant, un petit bruit sec et répétitif fut porté sur les carreaux de la chambre.  L’adolescent  tourna doucement la tête en direction de la fenêtre pour découvrir une pie, juchée sur le rebord extérieur.

… les facultés d’animagi de la romancière.

Elle n’avait quand même osé.

Abasourdi, Virgil se dirigea d’un pas lent vers l’ouverture et s’arrêta devant la vitre. De l’autre côté, la  pie au plumage désordonné semblait le défier du regard.  Il s’accroupit à sa hauteur et la détailla en silence. L’oiseau de malheur lui jeta un dernier regard courroucé avant de s’envoler en jacassant. C’était à peine croyable. Virgil suivit le volatile des yeux, jusqu’à ce qu’il perde sa trace, au dessus de la forêt interdite.


« Tu ne perds rien pour attendre, vieille peau. »



RP Terminé


Virgil Forbes

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