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 La mémoire, ce passé au présent [Nelly & Virgil]

Virgil ForbesSixième annéeavatar
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1 Mars 2010

Virgil posa son sac en bandoulière sur son épaule en quittant de la bibliothèque. Merci Merlin ! O’Brien avait accepté qu’il sorte plus tôt de son heure d’étude obligatoire imposée par son très cher paternel. Habituellement il était obligé d’étudier à la bibliothèque jusqu’au couvre feu mais la documentaliste avait fait une exception aujourd’hui. En effet, Virgil avait déjà passé quatre longues heures à travailler –son professeur de potions étant grippé il n’avait pas pu assurer son cours de la fin de journée- si bien que le Gryffondor avait eu l’opportunité de terminer en avance ses devoirs supplémentaires. Il était toujours sous le coup de la punition parentale suite à l’affaire de la St-Valentin, punition qui lui imposait un travail assidu à la bibliothèque dès qu’il avait une heure de libre mais, ce soir, un vent de liberté soufflait enfin !

Il avait plus d’une heure devant lui avant le couvre-feu et il comptait bien optimiser sa soirée (et non pas aller se coucher tôt comme il l’avait dit à Abigail O’Brien.). Le Gryffondor rejoignit donc l’extrémité de l’aile ouest et s’arrêta devant une fenêtre qui donnait sur le parc plongé dans l’obscurité. Il se hissa sur le rebord à l’aide de ses bras et plaqua son front contre les carreaux froids pour observer les serres directement en contrebas de l’ouverture. Il ne voyait que l’extrémité de la serre cinq mais il savait que depuis son perchoir l’espace bouture était visible. Damon, Kasya et les autres étaient-ils sortis fumer ?
Virgil resta quelques instants dans cette position, attendant de voir une faible lueur dût à l’incandescence d’une cigarette entre les vitres de la serre, mais rien ne se produisit. La petite bande avaient dû rentrer. Il fallait dire que les températures négatives de ces derniers jours n’incitaient pas à une balade dans le parc à cette heure tardive. Le lac était gelé depuis plus de deux semaines et la zone nord du  parc ne parvenait pas à se débarrasser  d’une fine couche de givre, même aux heures les plus « chaudes » de la journée. En cette saison, les élèves préféraient le confort douillet de leur salle commune mais Virgil, lui, serait bien sorti s’en griller une.

Avec un peu de chance, il allait tomber sur ses camarades dans la salle des quatre maisons et réussir à en convaincre quelques uns de descendre avec lui… S’ils étaient tous remontés dans la salle des Gryffondor, c’était mort : cette grande bande de feignant ne voudrait jamais redescendre les étages pour aller se geler dehors ! En tout cas, lui, il ne le faisait pas. Il préférait entrouvrir la fenêtre de son dortoir et tirer quelques bouffées en catimini.

Virgil prit toutefois la direction de la Salle des quatre Maisons, priant intérieurement pour y trouver Damon et les autres. Pour une fois qu’il avait du temps libre, il espérait bien pouvoir profiter un peu de sa soirée après cette journée bien trop studieuse à son goût. Il commençait à connaitre par cœur les rayonnages du petit espace où il avait pris l’habitude de s’asseoir à la bibliothèque, signe qu’il y passait beaucoup, beaucoup, trop de temps.

Pourtant aujourd’hui, sa punition lui avait permis de récupérer quelques brochures … intéressantes. En effet, une flopée de hiboux avait livrer à la documentaliste tout un tas de flyers animés sur les différents métiers du Ministère de la Magie :

Sur toutes les brochures, une même phrase d’accroche « Envisagez une carrière au Ministère ! » Les plaquettes étaient ensuite déclinées en différentes couleurs suivant les départements : Orange pour les jeux et sports magiques, violet foncé pour la justice, vert pour la coopération internationale…et bleu pour le nouveau département de la Santé Magique :

« Médicomage, ambulancier, infirmier, psychomage… » Virgil les avait toutes passées en revue avant de tomber sur les deux fiches métiers qui l’intéressaient : « Traqueur de Conscience » et « Tisseur de Mémoire » dans le centre de réhabilitation de Skye.

Meredith lui avait parlé de ces deux nouveaux métiers lors de la soirée de St Valentin et Virgil comptait bien en savoir plus…et surtout être le seul à pouvoir s’informer sur ces éventuels débouchés. Il avait attendu qu’O’Brien ait le dos tourné pour embarquer tous les fascicules concernant ces deux emplois puis il les avait fourré en vrac dans son sac avec la ferme intention de tout brûler. Hors de question de prendre le risque qu’un septième année postule pour un stage à Skye. Nelly était déjà plus ou moins en concurrence avec son dossier alors il ne comptait pas se faire devancer par un élève plus âgé.

Le Gryffondor sortit d’ailleurs les deux fiches de son sac pour en relire le contenu. « Traqueur de mémoire. » lui plaisait bien à vrai dire mais malheureusement, il ne suivait plus l’enseignement de Sortilèges depuis la rentrée. Si seulement il avait bossé un peu plus ses BUSEs songea-t-il avec une pointe d’amertume. Certes il était inscrit au club de duel mais était-ce suffisant ?
L’autre point qui avaient retenu son attention figurait parmi la liste des  compétences requises : Il y avait la légilimancie –son point fort, estimait-il- et… l’occlumancie.

Voila une compétence qu’il n’avait pas particulièrement travaillée jusqu’à aujourd’hui. Il s’était appliqué à exercer son esprit à l’intrusion mentale mais pas à la protection et il était clair maintenant qu’il devait être en mesure de maitriser cet art en vue d’un éventuel test, lors d’un hypothétique entretien à Skye… Cela faisait beaucoup d’incertitude dans l’équation mais Virgil tenait à être prêt si l’occasion se présentait. Peut-être demanderait-il quelques conseils de lecture à Nelly. Il savait qu’elle avait trouvé des listes d’exercices pour fermer son esprit dans plusieurs manuels, elle serait surement en mesure de lui communiquer les plus efficaces ...

Arrivant à proximité de l’entrée de la salle des quatre Maisons, le jeune homme fourra ses deux brochures dans son sac. Il poussa la porte et sut immédiatement que ses amis n’y étaient pas. C’était bien trop calme pour que Damon et Kasya soient dans les parages… Son intuition se vérifia lorsqu’il découvrit seulement un groupe de première année installé sur les fauteuils autour du poêle. La meilleure place de la salle, généralement occupée par les élèves les plus âgés. Virgil s’enfonça dans la pièce entre les canapés et les poufs aux différentes couleurs des maisons et s’arrêta au pied de l’escalier en colimaçon qui desservait la salle d’études à l’étage. Pas la peine de monter, il y avait peu de chance pour la petite bande soit là-haut ! Virgil poussa un léger soupir et balaya d’un œil morne la pièce du regard. Bon. Il allait devoir se résoudre à monter dans la tour des rouge et or et différer sa pause cigarette !

En  revenant sur ses pas, il remarqua alors une silhouette familière assise à l’autre bout de la pièce, loin des première année. Il reconnaissait cette nuque – il était assit derrière Nelly en cours de Métamorphoses et il avait  eu tout le loisir de la contempler pendant des heures- aussi se dirigea-t-il vers la jeune femme qu’il n’avait pas vraiment eu l’occasion de recroiser depuis la Saint-Valentin si ce n’est lors de leurs rendez-vous avec Corrigan.


« Tu es pas avec Chloé ? » s’enquit-il en guise de salutation et en s’arrêtant à sa hauteur. Il était étonné de voir Nelly seule mais peut-être que Chloe était juste partie quelques instants aux toilettes . Manifestement ce n’était pas le cas. Virgil hésita un instant : il reporta son attention sur la pièce quasiment vide à cette heure tardive, jeta un coup d’œil en direction de la porte de la salle, sembla réfléchir encore quelques secondes avant de jeter son sac sur le canapé face à Nelly et de s’y allongé de tout son long, à plat ventre. La moitié de son visage écrasé contre les coussins de l’assise, il observa la jeune femme en silence, son bras pendant mollement jusqu’au sol.

« Faut que je te file un truc. » dit-il alors sans prendre la peine d’esquisser le moindre  mouvement pour donner quoique ce soit à la préfète. Finalement, il était peut-être bien un peu fatigué de sa journée de travail, songea-t-il. Il resta immobile encore un moment avant  de consentir à un ultime effort : basculer sur le dos, arranger les coussins sous sa nuque et creuser légèrement le canapé pour s’assurer une place confortable. De la pointe de ses pieds il ôta ses chaussures, libérant des chaussettes sombres à motifs discrets de boursoufs  puis il attrapa finalement son sac qu’il posa sur son ventre.  Il sortit alors les deux brochures du département de la Santé Magique , vérifia qu’elles n’étaient pas identiques –il avait encore tout le tas de flyers dans son sac-  et les tendit à Nelly en guettant sa réaction...


Virgil Forbes

Nelly HorrocksPréfèteEn ligneavatar
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« Tu viens pas ? » s’enquit Nelly en enfilant un pull.

La Serpentard venait de rejoindre son dortoir après une bonne douche et proposait à Chloe de l’accompagner à la Salle des Quatre Maisons comme elles avaient l’habitude de le faire une fois par semaine pour s’accorder un soir de tranquillité. Mais aujourd’hui, sa camarade s’affairait avec ses parchemins de cours et ne semblait pas prompte à s’autoriser une pause.

« Non, faut vraiment que je bosse… J’ai rien fait aujourd’hui, » soupira la jeune femme en écarquillant les yeux devant ses cours qu’elle tenait entre ses mains.

Déçue, Nelly parcourut le dortoir des yeux : Chloe ne voulait pas venir, Suzie végétait dans son lit en proie à un gros rhume et quant à Lætitia, elle ne savait même pas où elle était. La préfète poussa un profond soupir et reporta son attention sur Chloe qui, elle en était sûre, allait passer une partie de ses « révisions » sur son Pear One pour, notamment, envoyer des Snapes à Damon Drop.

« Comme tu veux. »

Elle enroula autour de ses épaules une écharpe trois fois trop longue qui pouvait tout aussi bien lui servir de châle et s’empara de son sac avant de quitter le dortoir.

Le menton enfoncé dans son écharpe, Nelly remonta dans les étages du château en croisant quelques chats ravis de pouvoir déambuler dans les couloirs déserts de ce début de soirée. Dans les escaliers, elle crut même entendre au loin les rires désincarnés de Peeves. La préfète appréciait le silence de l’école seulement troublé par les grondements des escaliers mouvants et les discussions que tenaient certains portraits entre eux. Cette ambiance lui faisait penser à ses rondes qui, bien qu’elle soit rarement toute seule, s’effectuaient souvent en silence. Mais ce soir, elle n’était pas de corvée et comptait bien profiter de sa soirée pour ne rien faire. Ne pas penser aux révisions, à ses devoirs de préfète, à son avenir… Juste se détendre.

La porte de la Salle des Quatre Maisons se dressait enfin devant la Serpentard qui pénétra dans la grande pièce plongée dans le silence. Un groupe d’élèves la croisèrent alors qu’elle slalomait entre les poufs et les canapés confortables, certains bâillaient à s’en décrocher la mâchoire, endormis par l’ambiance environnante et visiblement prêt à se glisser dans leurs lits. Des premières années occupaient les meilleures places autour du poêle à bois qui diffusait une douce chaleur. Contrariée par leur présence autour de son endroit préféré et désirant être tranquille, la préfète se dirigea vers un coin isolé et se laissa tomber lourdement dans un pouf en soupirant. Après avoir fait glisser son sac de son dos pour le poser au sol, la jeune femme s’autorisa à quitter ses chaussures et ramena son pied droit sous sa cuisse gauche. Elle était merveilleusement bien, installée de la sorte, des heures pourraient s’écouler sans qu’elle ne s’en rende compte, les yeux perdus dans le vague… Elle risquait de s’endormir si elle ne faisait rien, la sixième année quitta donc son pull pour rester en T-shirt, réarrangea son écharpe autour de ses épaules et se pencha sur le côté pour sortir de son sac son carnet de dessin, une boîte de crayons et un livre.

La Serpentard chaussa ses lunettes et commença par dessiner pendant plusieurs minutes, les yeux rivés sur son carnet que son crayon de papier griffonnait.

Une tête de chat commençait à se former sur le papier quand la plupart des élèves furent partis. Seules les premières années persistaient, remarqua-t-elle avec une pointe d’amertume en relevant les yeux de son entreprise. Qu’à cela ne tienne ! Elle était bien ici, même loin du poêle.
La préfète s’étira en bâillant, laissa tomber son carnet à côté du pouf et prit le livre moldu qu’elle avait amené. Nelly examina un instant la couverture abîmée par le temps et les multiples aventures qu’avaient connues ce livre. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee était son livre préféré et elle l’emportait partout pour le relire dès que l’envie lui prenait. Et elle l’avait déjà lu plusieurs fois ! Redécouvrant l’histoire différemment à chaque nouvelle lecture… Autour de ses dix ans, ce roman avait été son premier livre de « grande » et elle n’avait pas vraiment compris toute l’histoire, s’identifiant surtout au personnage de Scout Finch par qui l’histoire était racontée. Plus tard, elle avait réussi à saisir un peu plus de choses et au fur et à mesure de ses lectures, elle découvrait et comprenait de nouvelles subtilités. Aujourd’hui encore !

La préfète ouvrit le livre à la page où elle en était et lisait depuis quelques instants lorsqu’une voix familière la fit légèrement sursauter : Virgil s’était approché sans qu’elle ne le voit arriver.

« Je suis toute seule, si c’est ta question, répondit-elle sans prendre elle non plus la peine de le saluer. Et toi, tu es pas avec Drop ? Ou puni ? » demanda ensuite la jeune femme avec malice.

Elle se demandait bien ce que faisait le Gryffondor ici alors qu’il était coincé à la bibliothèque la plupart du temps… Et que lui voulait-il ? songea la Serpentard en le voyant s’affaler dans le canapé en face d’elle après avoir manifestement hésité pendant un instant.

« On est fatigués on dirait, » lui fit-elle remarquer, un brin moqueuse.

Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres alors qu’elle replongeait dans sa lecture juste avant que son camarade lui apprenne qu’il avait quelque chose pour elle. Nelly l’observa par dessus ses lunettes avec curiosité tandis qu’il se mettait à son aise dans le canapé. Les chaussettes du jeune homme lui tirèrent un second sourire goguenard : elle n’était pas sûre, mais elles semblaient ridicules… Après, avec ses habits moldus et ses propres chaussettes turquoises aux motifs d’ananas, elle était mal placée pour se moquer.

La préfète ferma son livre qu’elle posa sur un renflement du pouf et se pencha en avant pour prendre les flyers que lui tendait Virgil. Après les avoir soigneusement étudiés, elle haussa un sourcil interrogateur à l’intention du jeune homme.

« C’est ce que tu veux faire ? Les prospectus venaient tout droit du Ministère et prônaient les métiers de Tisseur et Traqueur de mémoire qui devaient sûrement l’intéresser. Leurs descriptions sont un peu vagues mais ça l’air intéressant, concéda l’adolescente. C’est marrant, Tisseur de mémoire me correspond, ajouta-t-elle en reportant son attention sur le flyer concerné. Enfin, je crois… »

Elle collait plutôt bien aux caractéristiques et compétences attendues pour ce métier, lui semblait-il, mais elle restait dubitative quant aux missions exactes d’un Tisseur de mémoire… Il fallait espérer obtenir un stage à Skye pour se renseigner un peu plus. Elle qui pensait passer un moment sans penser à son avenir, c’était raté.
La jeune femme remonta ses lunettes dans ses cheveux et scruta du regard les yeux bleus de Virgil.

« T’as eu ça où ? J’ai jamais vu ça dans l’école. Elle se tut un instant puis ses lèvres s’étirèrent en un sourire malicieux. Et tu viens me voir rien que pour ça ? Je te manquais tant que ça pour que tu te décides à rester ? »

Pour être honnête, c’était surtout son cas : leurs discussions et découvertes passionnantes lui manquaient parfois… Mais peut-être que ces prospectus allaient leur donner l’occasion de s’engager sur une conversation similaire.



Kit par Irving

Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Virgil ne répondit pas lorsque Nelly s’étonna de le voir sans Damon et surtout, libre de toute sanction. Il observa la préfète, les yeux mi-clos, et se contenta de glisser ses mains derrière sa tête en toute décontraction. Il est vrai que le Gryffondor avait rarement l’occasion de déambuler seul dans le château ces derniers temps mais il ne comptait pas bouder son plaisir ce soir. Certes, il était fatigué –même Nelly l’avait remarqué- mais il n’irait pas mettre un pied dans son dortoir avant le couvre-feu ! Et puis, cela faisait longtemps qu’il n’avait eu l’occasion de discuter avec sa camarade, en tête et tête, et parler de leur projet commun lui manquait. Il n’avait pas encore abordé le sujet avec Damon ou Kasya -il préférait attendre d’être sûr de décrocher le stage à Skye avant d’ébruiter ses potentiels projets professionnels- si bien qu’il était plutôt satisfait d’avoir l’opportunité de le faire ce soir avec Nelly, même si rien dans son comportement ne trahissait ce contentement. Bien au contraire.

Enfoncé dans son canapé, Virgil semblait prêt à entamer une longue sieste mais  seul son regard vif brillait d’intérêt pour la préfète en train d’étudier soigneusement les brochures du Ministère. Il l’observait du coin de l‘œil tandis qu’elle parcourait longuement les flyers des yeux. Au bout d’un moment, il reporta son attention sur le livre de Nelly à la couverture usée qu’elle avait posé sur son pouf - Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, jamais lu- puis sur son carnet à dessin remisé au sol. Virgil arqua un sourcil plutôt surpris –il ne savait pas que Nelly aimait dessiner- et il se pencha légèrement pour attraper le carnet de croquis et évaluer le dessin du regard. Il n’était pas expert en la matière mais il le trouvait plutôt réaliste et bien exécuté même si le sujet laissait à désirer : Un chat. Il était sûr que s’il tournait les pages du carnet il allait tomber sur les esquisses d’un boursouf, d'une rose, d'un cœur entouré de lierre, d'un couple enlacé et les croquis d’un personnage de fiction –ressemblant trait pour trait à Nelly- mais en plus jolie, plus talentueuse, aux cheveux violets et aux yeux bicolores. C’était en tout cas ce qu’il avait trouvé dans le carnet de Kristen White qu’il avait volé en quatrième année ! Comme pour vérifier son intuition, Virgil tourna quelques pages du bloc avant de reporter son attention sur Nelly qui venait de lui demander s’il souhaitait s’orienter vers les métiers présentés dans les brochures.

« Je n’en sais rien. Avoua-t-il en haussant vaguement les épaules. Il posa le carnet à plat sur son torse et reprit, mais ça pique ma curiosité, Meredith –enfin le Dr. Kane –corrigea-t-il en levant les yeux au ciel- m’a parlé de ces deux métiers lorsque je l’ai rencontré à la soirée de commémoration. Elle m’a dit qu’il fallait avoir une force mentale à toutes épreuves et de nombreuses compétences pour réussir dans ces fonctions – Si elle avait voulu le décourager en le noyant sous l’ampleur de la tache et sous la responsabilité, c’était raté. Virgil brûlait d’envie de découvrir les activités réelles des chercheurs de Skye, mais j’avoue que Traqueur de Conscience ça pourrait me tenter, dit-il avant que Nelly ne se reconnaisse davantage dans le profil des Tisseur de Mémoire. Virgil leva le carnet et récita un extrait de la brochure, Une pratique artistique serait un plus. Effectivement.» puis il lâcha le carnet au sol, là où il l’avait pris.

Il l’aurait bien récupéré pour sa petite collection personnelle d’objets dérobés, mais l’occasion ne s’y prêtait pas trop si bien qu’il remisa cette éventualité dans un coin de son esprit et se tourna  légèrement sur le flanc pour faire face à la jeune femme et répondre, plus ou moins, à sa question.

« Peu importe où je les ai trouvées – commença-t-il, énigmatique ( Cela faisait mieux que de dire « A la bibliothèque » il fallait l’avouer)- ce qui compte c’est que tu es en possession des seuls exemplaires de l’école. Je compte sur toi pour être discrète et ne pas en parler à tout le monde, souffla-t-il en appuyant sa tête sur sa main.

Il n’avait pas envie que Cassandre Harper ou la surdouée Sasha Benson prennent soudainement l’envie de postuler à Skye. Avec de tels profils studieux, le dossier de Virgil ne serait même pas examiné.

Sa petite mise en garde fut toutefois de courte durée puisque Nelly s’empressa de lancer les hostilités entre eux, pour le plus grand plaisir du Gryffondor. En effet, avec un brin de malice dans le regard, elle sous-entendit que Virgil s’était langui d’elle tout ce temps et que les brochures n’étaient qu’un prétexte pour passer un moment en sa compagnie.

Jusqu’à maintenant, Virgil s’était efforcé de rester sympathique du moins l’estimait-il. Il n’avait fait aucun commentaire désobligeant sur la tête de chat dessinée, ni sur le livre moldu abimé, ni sur les chaussettes ananas (bon il était mal placé pour juger) ni sur le fait que Nelly s’était fait déloger de la meilleure place de la salle des Quatre Maison par des vulgaires première année ! Elle, la préfète ! A quoi servait ce titre soi-disant honorifique si ce n’était pas pour vous assurer les meilleures places près des poêles ? Il ne s’était pas montré ironique, ni moqueur, ni méchant mais visiblement, Nelly n’était pas complètement opposée à l’idée de pimenter un peu leur échange.
Parfait !


« Ooh, elle est mignonne, souffla-t-il d’un ton faussement attendri, Elle pense qu’elle me manque, ajouta-t-il sur le même ton en esquissant un geste en direction de Nelly pour lui pincer affectueusement la joue comme on l’aurait fait avec un enfant en bas âge. Tante Geneviève le faisait souvent et Virgil détestait cette infantilisation. Nulle doute que Nelly n’apprécierait pas non plus, se dit-il avant d’ajouter d’un air désolé , l’espoir fait vivre. »

Il contint son sourire et  se tut quelques instants. Admettre ouvertement que Nelly lui avait un peu manqué ? Jamais de la vie !

« Non, en vérité si je squatte ici et que je fais semblant d’être subjugué par tes horribles dessins de chat c’est uniquement par intérêt, tu t’en doutes, souffla-t-il d’un air sérieux bien qu’il jubila intérieurement.

Il y avait une part de vérité dans cette phrase. Virgil avait bien une petite idée derrière la tête en venant trouver Nelly ce soir mais il aurait très bien pu récupérer les informations qu’il souhaitait et repartir rapidement. Au lieu de ça, il s’était installé face à elle pour discuter un peu plus longuement.

« D’abord, je voulais savoir si tu pouvais réemprunter Manipulation Mentales Magiques pour moi ? » demanda-t-il tout naturellement dans le seul et unique but de la taquiner.

En effet, il était déjà en possession du fameux bouquin, emprunté mi-février sur le compte de Damon. Il ne trouva pas utile de rétablir la vérité et poursuivit en lui révélant sa véritable requête cette fois :

« Et ensuite, j’aurais besoin de quelques conseils, dirons-nous, il désigna d’un geste du menton les brochures entre les mains de Nelly, tu as vu ? Il faut maitriser la légilimancie et l’occlumancie pour postuler au poste de Traqueur de Conscience. Tu m’as dit que tu faisais des exercices pour fermer ton esprit et j’aurais voulu connaitre ceux qui fonctionnent le mieux pour m’entrainer également… Il l’observa quelques instants et ne résista pas à l’appel d’une ultime provocation,  tu me dois bien ça. Sans mon intrusion tu n’aurais jamais pu développer ce don d’occlumens et vu que tu ne peux clairement pas t’appuyer sur tes capacités en dessin –il désigna du regard le carnet de croquis au sol et grimaça- je pense que tu m’es particulièrement redevable. »


Virgil Forbes

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Nelly n’écouta que d’une oreille les révélations de Virgil. Pendant qu’elle étudiait les prospectus du Ministère, le Gryffondor s’était emparé de son carnet à dessin et le feuilletait à sa guise. Il n’y avait rien de vraiment personnel dans ses croquis qui représentaient surtout des animaux comme des loups, des chats ou sa chouette, surtout. On pouvait également y trouver les différents blasons des quatre maisons ou encore quelques représentations de la Salle commune des Serpentard… En soit, la préfète dessinait ce qu’elle aimait, pour se détendre, et d’habitude, cela ne la dérangeait pas que l’on jette un œil à ses créations qui restaient, somme toute, banales. Mais le fait était que Virgil risquait de tomber sur un dessin qu’elle n’avait pas du tout envie qu’il voit : celui de la fleur qu’il lui avait offert la dernière fois qu’il s’était vu. Romantique ? Non ! Elle l’avait juste trouvée jolie et avait donc tenté de la reproduire avant qu’elle ne fane… Mais la jeune femme en avait un peu honte et il était hors de question que son camarade voit ce dessin.

La Serpentard retint un soupir de soulagement lorsque le Gryffondor reposa son carnet là où il l’avait pris après s’être arrêté de le feuilleter à quelques pages de l’esquisse de sa fleur. Par pure précaution, Nelly rangea en silence le carnet et ses crayons dans son sac alors que Virgil lui apprenait qu’elle était en possession des seuls flyers de Poudlard et qu’elle devait donc rester discrète.

« On se croirait dans un film d’espionnage, remarqua-t-elle avec amusement. Compte sur moi. Si ça peut nous éviter qu’il y ait d’autres candidatures pour des stages à Skye... »

La préfète se doutait bien que de telles publicités donneraient probablement envie à certains élèves d’en savoir plus et donc de postuler pour un stage à Skye… C’était égoïste de sa part mais si elle voulait avoir le plus de chances possibles de décrocher un stage, il fallait qu’un minimum de dossiers soit en concurrence avec le sien. Déjà qu’il y avait celui de Virgil… Bien que son dossier scolaire soit loin d’être glorieux, le Gryffondor avait quelques compétences en Legilimancie qui lui seraient certainement utiles et qui risqueraient de faire de l’ombre à ses propres points forts. Mais Nelly maîtrisait les bases de l’Occlumancie, du moins le pensait-elle, ce qui pourrait à coup sûr être un atout…

Tout compte fait, Virgil et elle étaient les exacts opposés, songea la préfète en reportant son attention sur les flyers qui conseillaient de maîtriser aussi bien la Legilimancie que l’Occlumancie. Le jeune homme voulait peut-être lui parler de ça…

Son intuition se confirma bien vite. Après lui avoir pincé la joue comme on le faisait à une enfant – ce qui la fit se reculer, elle détestait ça –, son camarade révéla qu’il était ici, face à elle, uniquement par intérêt. La préfète arqua un sourcil surpris et évalua Virgil du regard. Il était difficile de dire s’il était sérieux ou s’il disait cela pour l’agacer. Dans le premier cas, il n’avait qu’à demander et repartir, elle n’avait pas besoin de sa compagnie pour terminer son « horrible » dessin de chat. La Serpentard allait le lui faire remarquer avant qu’il ne lui demande simplement si elle pouvait emprunter une nouvelle fois Manipulations Mentales Magiques pour lui.

« T’es sérieux ? répliqua la jeune femme en portant sur lui un regard blasé. Si tu crois que je ferai ça une deuxième fois, tu te mets le doigt dans l’œil. »

On apprenait de ses erreurs ! Elle n’empruntera plus de livres pour le Gryffondor, jamais ! Finalement, le but de Virgil était sûrement de l’agacer. Peut-être l’avait-elle déstabilisé et qu’il répondait en attaquant ? Ou peut-être pas…

Au moment où elle croisait les bras sur son ventre comme pour se fermer à toute discussion, le Gryffondor retrouva un semblant de sérieux pour lui révéler la véritable raison de sa venue. A l’entendre, il voulait obtenir des conseils sur l’Occlumancie car cette pratique était nécessaire pour être un bon Traqueur de Conscience. La préfète avait donc vu juste : ils se devaient de maîtriser tout deux la Legilimancie et l’Occlumancie…

« Redevable ? répéta-t-elle en plantant ses yeux dans ceux de Virgil lorsqu’il termina sa tirade par une provocation. Je ne suis redevable de personne ! Sauf du Choixpeau peut-être qui nous a opposés lors des duels, corrigea la Serpentard avec fierté. Tu veux des conseils ? Soit ! Mais l’Occlumancie est, par définition, l’inverse de la Legilimancie. Tu peux être doué comme Legilimens mais être une vraie merde en tant qu’Occlumens, déclara la préfète avec un ton professoral. Qui te dit que tu arriveras à maîtriser l’Occlumancie ?
Un sourire faussement mauvais assombrit son visage. Mais bon, ce sera tout bénef’ pour moi… Elle se mit à compter sur ses doigts. Un bon dossier, je crois, une lettre de recommandation du prof de Divination, l’Occlumancie, une pratique artistique… Et toi ? Legilimancie et… et c’est tout en fait.
La serpentard afficha une mine attristée. Oh… quelle tristesse… Le rêve du petit Forbes brisé en milles morceaux alors qu’un semblant d’avenir se profilait devant lui. »

Elle était peut-être un peu trop mesquine mais c’était marrant. Nelly avait l’habitude de ce genre d’échanges avec Chloe et encore plus avec sa sœur, alors puisque son amie n’avait finalement pas pu venir ce soir, autant profiter de Virgil.
La préfète fit mine de réfléchir un instant avant de reprendre d’un ton détaché.

« Oui, je ne vois pas pourquoi je te donnerais des conseils, il y a des livres pour ça… Et nos dossiers sont en concurrence je te rappelle. Il faut malheureusement être égoïste dans la vie, surtout dans le monde du travail, c’est une évidence. »

Et ne jamais baisser les bras.
Nelly n’avait pas clairement dit « non » et, honnêtement, elle espérait bien que le jeune homme insiste un peu. Elle savait bien qu’il n’irait pas jusqu’à la supplier, mais elle avait bien envie de le faire mariner un peu.



Kit par Irving

Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Il y avait des signes qui ne trompaient pas : Nelly croisa ses bras sur sa poitrine dans une posture défensive. N’avait-elle pas compris qu’il disait cela uniquement pour l’embêter ? Il ne comptait pas lui demander d’emprunter de nouveau Manipulations Mentales Magiques pour lui tant il savait que c’était peine perdue. Pourtant Nelly ne semblait pas comprendre le second degré, constata-t-il en la voyant se fermer comme une huitre. Virgil reporta son attention sur le plafond, retenant un soupir, avant de tourner la tête pour l’observer de nouveau tandis qu’elle expliquait la différence entre la légilimancie et l’occlumancie.

« Merci pour tes lumières… » souffla-t-il tandis qu’elle affirmait que ces deux disciplines était diamétralement opposées, je sais pas ce que je ferai sans toi. Vraiment. » ironisa-t-il d’un ton moqueur devant la banalité de ses propos.
Le jeune femme lui demanda alors ce qui lui permettait de penser qu’il puisse être un bon occulmens.

« Rien. Justement. » Il marqua une pause. «  C’est bien pour cela que je veux m’entrainer… » ajouta-t-il d’un ton las en lissant ses cernes. C’était logique, non ? Il reporta de nouveau son attention sur une tache au plafond et lâcha un profond soupir, dépité par cette conversation plutôt ennuyeuse.

Il fut toutefois  étonné de voir Nelly le challenger sur le terrain des sarcasmes quelques instants plus tard. Voila qui devenait intéressant, se dit-il tandis qu’elle énumérait ses nombreux points forts comparés à ceux –quasi inexistants- de Virgil. Il tourna la tête pour l’observer d’un œil nouveau.  Elle faisait mine d’être attristée à l’idée qu’il n’obtienne pas le stage mais son ton était teinté de mesquinerie, signe qu’elle prenait un malin plaisir à le tourmenter…
Virgil ne pouvait que se réjouir de ce changement de ton dans leurs échanges, signe qu’ils commençaient quelque peu à s’apprivoiser l’un l’autre. Ils n’étaient plus dans des échanges au premier degré et cela n’était pas pour lui déplaire. Ce type de conversation  lui rappelait les discussions qu’il pouvait avoir avec Damon ou Kasya ou chacun cherchait à moucher l’autre, constamment. Comme pour souligner ce regain d’intérêt pour Nelly, Virgil bascula sur son canapé pour s’asseoir face à elle, les deux pieds plantés au sol.

« Je te trouve bien sûre de toi, souffla-t-il avec un sourire en coin en la scrutant de ses petites pupilles bleues, On ne peut pas dire que tu maitrises l’occlumancie puisque j’ai réussi –deux fois- à pénétrer ton esprit, commença-t-il, et pour ce qui est de la pratique artistique, si tu fais référence à tes dessins de loups, je ne suis pas convaincu qu’ils jouent en ta faveur, dit-il d’un air désolé, quant à ton « bon » dossier…. Il est vrai que tu as un profil studieux, de petite fille bien sage qui respecte les règles, consentit-il, mais tu oublies qu’ ils ont parlé d’imagination, d’inventivité dans la brochure. Ils cherchent quelqu’un de réellement créatif et je doute que recopier parfaitement le plumage d’un volatile soit une activité créative… Ça ressemble plus à un trouble autistique, si tu veux mon avis. » souffla-t-il en contenant son sourire, particulièrement fier de sa remarque.

Il ne cherchait qu’à la faire douter, à vrai dire, comme elle avait cherché à le déstabiliser un peu plus tôt. Toutefois,  Nelly ne semblait pas prompte à se laisser malmener, ni à l’aider dans son entreprise d’ailleurs. En effet, elle refusa de lui offrir son aide arguant que leurs dossiers étaient en concurrence et qu’elle devait se montrer égoïste pour espérer réussir dans le milieu professionnel.

« T’as raison, affirma-t-il en hochant lentement la tête, j’aurai dû me dire ça quand j’ai glissé ton nom à Meredith Kane lors de la soirée de commémoration, ajouta-t-il uniquement pour la faire culpabiliser.

Pourtant Virgil était bien incapable de savoir si Nelly était sérieuse ou si elle le faisait mariner. Il ne la connaissait pas encore assez pour deviner ce qui se cachait réellement derrière ce ton détaché. Certes, ils ne s’étaient pas quittés en mauvais termes lors de leur dernière séance d’entrainement –Merci le pouvoir des fleurs !-mais Virgil n’oubliait pas qu’il s’était montré particulièrement odieux à son égard. Peut-être souhaitait-elle garder ses distances dorénavant ? A moins, bien-sûr, qu’elle ne veuille juste qu’il insiste, histoire de se faire désirer. Scénario envisageable également.

« Je me disais juste qu’on aurait pu s’entraider : Donnant-donnant, tout le monde ressort gagnant, Il l’aidait en légilimancie et elle, en occlumancie, mais si tu préfères la jouer perso, libre à toi. Je ne vais pas t’obliger, dit-il en se levant. Il s’étira -son pull trop court, remonta légèrement sur son ventre- puis il se dirigea vers ses chaussures pour les enfiler après avoir remis son pull en place, A vrai dire, je ne suis pas vraiment pressé à l’idée que quelqu’un tente de pénétrer mon esprit. » ajouta-t-il, l’air de rien.

Il avait abattu cette dernière carte après un moment de réflexion. S’il voulait être sûr que ses exercices d’Occlumancie fonctionnent, il devrait, tôt ou tard, se confronter à un légilimens. Plutôt que de vivre cette expérience auprès d’un expert de Skye qui testerait ses compétences, il préférait, de loin, se confronter à Nelly même s’il n’était pas très à l’aise avec le fait qu’elle puisse apprendre des choses sur lui qu’il préférait garder secrètes… Quoiqu’il en soit le souaffle était dans son camp.  Il avait insisté –un peu- mais il n’allait pas se plier en quatre pour qu’elle se ravise.
Le Gryffondor attrapa donc son sac alourdi  par les dizaines de prospectus qu’il posa sur son épaule. Il reporta son attention sur la préfète et glissa ses mains dans les poches de son pantalon.

« Si tu changes d’avis tu sais où me trouver. »
lâcha-t-il bien décidé à descendre dans la serre pour se griller, enfin,  une petite cigarette…


Virgil Forbes

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Nelly n’avait jamais vraiment été mesquine avec Virgil et guettait la réaction du jeune homme alors qu’elle mettait en exergue les points forts de son dossier.  Elle ne cherchait qu’à le taquiner et à le faire mariner pour tester un peu sa motivation à découvrir l’Occlumancie : la préfète ne comptait pas donner ses conseils si rudement acquis comme ça ! La réaction du Gryffondor ne se fit pas attendre, il bascula dans son canapé pour s’asseoir face à elle et l’observa de ses yeux cernés. Nelly soutint son regard, la mine fermée, pendant qu’il surenchérissait dans les sarcasmes qui, à son grand étonnement, ne la blessèrent pas plus que ça. Elle s’était désormais un peu habituée à la personnalité  de son camarade et ses remarques l’auraient un temps plus irritée que maintenant… Surtout que les provocations de Virgil étaient, pour la plupart, infondées et très peu recherchées. Il avait certes réussi à pénétrer son esprit à deux reprises mais elle était quand même parvenu à l’en faire sortir. Quant aux remarques sur ses dessins et sur sa « créativité », elles se heurtèrent à son indifférence la plus totale. Quoi qu’en dise le Gryffondor, Nelly savait qu’elle pouvait faire preuve d’imagination et de créativité, on ne pouvait lui retirer ce ressenti. Il suffisait de voir ses peintures, plus habitées et personnelles que ses dessins qui se résumaient à du simple recopiage, pour en être convaincu.

D’ailleurs, Virgil la charria sur ses croquis en suggérant qu’ils étaient signe d’un trouble autistique, remarque qui arracha un petit sourire moqueur à la préfète.

« C’est vrai que tu dois t’y connaître en autisme… Tu as été diagnostiqué à quel âge ? » l’interrogea la Serpentard avec un intérêt feint.

Cette conversation était décidément très divertissante ! Il ne manquait plus que Chloe pour former le trio infernal. Bien décidée à ne pas laisser leur échange s’épuiser, la préfète plaça un dernier pion en se montrant réticente à la demande de Virgil avant de rouvrir son livre, de remettre ses lunettes sur son nez et de plonger à nouveau dans sa lecture.

Contrairement à ce qu'elle faisait croire, elle voulait bien lui donner quelques conseils sur l’Occlumancie et le premier d’entre eux était de ne pas baisser les bras : être un bon Occlumens nécessitait d’avoir une mentalité de battant. Le sujet était abordé dans beaucoup de livres et Nelly cherchait d’abord à le faire comprendre à son camarade en s’opposant à sa proposition. Ce n’était probablement pas la bonne démarche mais l’idée d’un genre de test destiné à évaluer la volonté de Virgil lui plaisait et l’amusait beaucoup. Il ne lui restait plus qu’à insister !

La jeune femme ne releva pas les yeux mais s’arrêta néanmoins dans sa lecture lorsque le Gryffondor lui apprit qu’il avait parlé d’elle à Meredith Kane. Jusqu’ici, la préfète croyait qu’il avait seulement récupéré les modalités de candidature pour un stage à Skye auprès de la psychomage mais, apparemment, le jeune homme pouvait faire preuve de solidarité… Elle culpabilisait presque de se montrer si réticente à côté… Son camarade poursuivit en avançant l’idée de l’entraide entre eux, sous-entendant qu’il l’aiderait en échange pour la Legilimancie et glissa même qu’il n’était pas pressé de se confronter à une tentative d’intrusion mémorielle.

Cette fois-ci, la préfète leva les yeux de son bouquin et inspecta le Gryffondor avec méfiance tandis qu’il se préparait à quitter la Salle. Elle avait mal compris ou il venait de suggérer une inversion des rôles ? Il comptait lui donner l’opportunité d’essayer la Legilimancie sur lui ? Mais que lui arrivait-il ? Nelly resta parfaitement silencieuse et n’accorda, en guise de salutations, qu’un bref hochement de tête au jeune homme qui s’éloigna vers la sortie.

La Serpentard le suivit discrètement des yeux en réfléchissant. Il faut dire que Virgil avait piqué sa curiosité – s’entraîner à la Legilimancie était très tentant – de plus, cela serait dommage que leur discussion s’arrête si prématurément. Elle avait bien sa petite idée quant au lieu où il se rendait mais n’avait aucune envie de mettre le nez dehors… Et puis elle ne voulait surtout pas le rejoindre au risque de lui laisser croire qu’il l’avait convaincue, elle avait une fierté à tenir !

Soucieuse de ne pas montrer qu’il avait attisé son intérêt, elle adopta un ton énigmatique pour le rappeler alors qu’il atteignait la porte.

«  Règle numéro une : ne jamais abandonné, lança-t-elle assez fort pour qu’il puisse l’entendre. Se retournant dans son pouf pour le regarder, elle ajouta avec malice : Tu as échoué au test. »

Nelly s’extirpa du confortable pouf et rejoignit, en chaussettes, son camarade et se posta face à lui afin que les premières années, qui avaient levé leurs têtes en l’entendant hausser la voix, ne puissent plus suivre le reste de leur échange.

« Tu as peut-être réussi à pénétrer mon esprit deux fois mais à chaque fois j’ai réussi à te virer et tu sais pourquoi ? Parce qu’il était hors de question que tu en voies plus et je me serais épuisée à te contrer s’il l’avait fallu. L’Occlumancie c’est avant tout un état d’esprit : il faut partir battant et ne jamais baisser les bras même si le Legilimens est parvenu à entrer. Crois moi, plus que les livres, c’est surtout ça qui m’a aidé. »

Elle se retourna pour s’assurer que les autres élèves ne les écoutaient pas et reprit :

« Quand t’es là-dedans. Elle plaqua son index contre le front de son camarade. Les mots sont inefficaces pour convaincre. Tu te retrouves seul avec ta volonté comme unique alliée, si tu flanches, c’est foutu… C’était mon premier conseil. »

Virgil donnait l’impression d’être têtu, borné et se comportait souvent comme une vraie tête à claques… Un Gryffondor quoi ! Mais à l’intérieur, dans des souvenirs, en proie à un Legilimens, tout était différent selon la préfète. Il était temps qu’il sache comment cela se passait. D’ailleurs, le jeune homme en avait apparemment pris conscience.

« Le mieux pour t’entraîner serait que tu subisses une intrusion, souffla la jeune femme. Comme moi la dernière fois pour voir si mes exercices fonctionnaient ou pas, » rusa-t-elle.

Elle n’était pas vraiment sûre des réelles intentions de Virgil, il lui semblait que le sixième année avait suggéré qu’elle prenne le rôle du Legilimens – ce qu’elle adorerait –, mais ne voulait pas lui forcer la main et préférait rester prudente dans ses propos.

« D’ailleurs, les exercices se résument essentiellement à des genres de méditations en pleine conscience et de visualisations mentales, du fameux mur de briques notamment… Ta sortie peut pas attendre ? s’enquit-elle avec une moue contrariée en regardant le ciel nocturne par les fenêtres de la pièce. Il fait froid dehors et si tu veux commencer à t’entraîner à visualiser un mur, tu seras mieux couché dans le canapé. »

C’était comme ça qu’elle y arrivait le mieux en tout cas. Allongée et détendue, elle pouvait focaliser toute son attention à ses exercices. Nul doute que cela soit également bénéfique pour Virgil.
Alors qu’elle entreprenait de retourner s’affaler dans son pouf, Nelly s’arrêta au bout de quelques pas.

« Oui, j’ai changé d’avis, admit la préfète à contre cœur. En même temps, je n’étais pas non plus entièrement contre dès le début. »



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Virgil esquissa un sourire lorsque Nelly lui demanda à quel âge il avait été diagnostiqué. Elle pouvait se montrer corrosive et faire preuve d’une belle répartie,  songea-t-il, amusé.

« Plus la pathologie est détectée tôt, plus vite elle peut être soignée. » répliqua-t-il toutefois, beau joueur. Un peu d’autodérision ne faisait pas de mal…surtout si cela lui permettait d’avoir le dernier mot de leur petite joute verbale.

Pourtant Nelly semblait presque indifférente à ses propos et à sa proposition d’entrainement conjoint. Elle poursuivait sa lecture, visiblement peu intéressée par le deal que lui proposait Virgil. Le Gryffondor tenta bien d’aiguiser sa curiosité en sous-entendant d’échanger les rôles dans leur binôme mais elle resta silencieuse, toujours confortablement installée sur son pouf. Elle offrait un nouveau visage que Virgil ne lui connaissait pas, teinté d’indifférence et de flegme. Elle avait peut-être besoin de peser le pour et le contre avant de se prononcer, espérait-il. Tout ce qu’il souhaitait, au fond,  c’était qu’elle n’ait pas déjà pris sa décision en lui opposant un refus catégorique. Il n’avait aucune envie de mettre fin à leur collaboration mais il ne pouvait pas, non plus, la contraindre à accepter, ni consentir à la supplier : lui aussi, il avait une fierté à tenir.


Il décida donc d’adopter la technique du « Suis moi je te fuis. Fuis moi je te suis. » en prenant la direction de la sortie. Avec un peu de chance, elle allait le retenir avant qu’il ne quitte la salle des quatre maisons. Il n’était pas prêt à l’admettre mais il serait un peu déçu –et piqué dans son orgueil- qu’elle le laisse partir sans un dernier mot pour lui. Virgil contourna une table basse recouverte de magazines - Elle n’allait pas lui faire ça - puis il fit quelques pas en direction de la sortie – quand même pas…. -et posa la main sur la poignée de porte –Bordel, elle était en train de le faire ! Virgil s’apprêtait à ouvrir la porte lorsqu’une voix brisa la quiétude de la pièce.

«  Règle numéro une : ne jamais abandonner. »

Les premières années, assis à l’autre bout de la pièce, se turent et tendirent l’oreille en entendant la remarque de Nelly. Virgil, quant à lui,  baissa légèrement la tête sur ses chaussures en contenant  un sourire –mi soulagé, mi victorieux. Cela  annonçait une nouvelle étape dans leur collaboration et Virgil ne pouvait que s’en féliciter. Certes ils étaient en compétition pour l’obtention de ce stage à Skye mais, pour espérer l’obtenir, ils devaient commencer par s’entraider afin d’élever leur niveau respectif. De plus, Virgil était surement celui qui avait le plus à gagner dans cette association. Comme l’avait souligné Nelly, elle avait une longueur d’avance sur lui avec son excellent dossier et le Gryffondor espérait bien se perfectionner en Occlumancie pour tenter de la dépasser dans son propre domaine. Il se garda toutefois de montrer sa satisfaction à cette idée et il attendit que la préfète enchaine avant de se retourner pour l’observer avec un certain détachement… Lui aussi, il savait jouer la carte de l’impassible.

« Quel test ? » lâcha-t-il en arquant un sourcil.

Il croisa ses bras sur son torse tandis que la jeune femme se levait pour le rejoindre. Virgil estimait qu’il n’avait pas abandonné –il avait simplement rusé-  mais il se garda de tout commentaire. Il voulait bien laisser croire à Nelly qu’elle avait prit l’ascendant sur lui si cela la poussait à lui distiller de précieux conseils. Ce qu’elle ne tarda pas à faire d’ailleurs en lui expliquant qu’il  lui fallait un mental de battant pour réussir en Occlumancie. Virgil estimait qu’il avait cette qualité. En tout cas, il était pugnace et s’il faisait mine, parfois, de renoncer rapidement, cela s’apparentait davantage à du bluff qu’à une réelle résignation…
D’après Nelly, il suffisait d’avoir une volonté d’acier pour performer dans cette discipline. Cette théorie  semblait toutefois  quelque peu simpliste aux yeux du Gryffondor.

Qui avait envie de laisser entrer un intrus dans sa mémoire, ses souvenirs ? Personne voyons !

Tout le monde souhaitait préserver ses pensées les plus intimes mais  ils n’étaient pas tous doués pour parvenir à fermer leur esprit. La détermination était sans doute une facteur essentiel de réussite mais Virgil estimait qu’il y avait forcément d’autres éléments qui rentraient en compte et c’était justement ces techniques là que qu’il voulait apprendre. La jeune femme lui avoua que le reste de son entrainement se limitait à des exercices de méditation et de visualisations mentales.

« C’est tout ? » souffla-t-il aussi étonné que déçu.

Il s’attendait à quelque chose d’un peu plus intéressant que de faire de simples exercices de relaxation ! Surtout que ce genre d’activité n’était clairement pas son fort. Tout d’abord, il trouvait la méditation particulièrement ridicule et il avait beaucoup de mal à s’imaginer en train de la pratiquer. Lors de ses dernières vacances, ils avaient pris un malin plaisir, avec Gaby, à troubler la quiétude des vacanciers matinaux pratiquant le yoga  sur la plage de Bude,  tous assis en position du lotus face à la mer. Avec son petit frère, ils s’étaient volontairement mêlés au groupe, prenant des soi-disant postures de méditation toutes plus ridicules les unes que les autres… Bon, ils avaient fini par se faire virer par le coach en développement personnel mais il ne se souvenait pas avoir autant ri que sur le chemin du retour jusqu’à l’appartement de location de la famille Forbes…

Enfin, pour l’heure, Nelly semblait avoir changé d’avis et paraissait prompte à le conseiller davantage puisqu’elle l’invita à retourner s’installer dans un coin de la salle des quatre maisons pour poursuivre leur échange.

« Alors comme ça tu reviens sur ta décision… souffla-t-il en lui emboitant le pas. Il  lui accorda un regard en coin accompagné d’un léger sourire tandis qu’elle lui affirmait avoir été tenté depuis le début par son deal, sous-entendant donc qu’elle l’avait fait mariner quelques minutes. Virgil secoua la tête d’un air amusé suite à cette révélation puis il fit deux grandes enjambées  pour être le premier à s’affaler à la place initiale de Nelly, sur son pouf où elle avait abandonné Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Virgil attrapa l’ouvrage, fit défiler les pages rapidement sous son pouce avant de s’arrêter à l’endroit où sa camarade avait interrompu sa lecture.  Il observa attentivement le marque-page, sous toutes les coutures –cela faisait un moment que Virgil cherchait à dérober un petit objet à la jeune femme pour sa collection personnelle- mais il le reposa à sa place et leva les yeux vers la jeune femme.

« Tu pensais sérieusement que j‘allais m’allonger sur ce canapé et visualiser un mur ? » s’enquit-il sans chercher à masquer l’amusement que cette situation lui inspirait. Il secoua la tête et reprit, Y a pas moyen que j’essaye ça au milieu de la salle des Quatre Maisons –N’importe qui pouvait rentrer à n’importe quel moment et les première année les surveillaient depuis l’autre bout de la pièce- je préfère le faire tout seul. »

A vrai dire, Virgil doutait sincèrement de ses capacités à se relaxer et à faire le vide dans son esprit. S’il avait besoin de Mandragore pour se sentir calme et apaisé ce n’était pas pour rien ! Il savait que s’il essayait maintenant de méditer, il serait trop préoccupé par de nombreuses pensées parasites, du style « J’ai vraiment très, très envie de fumer. » ou « Qu’est-ce que Nelly est en train de faire ? »

Non pas qu’il ne lui fasse pas confiance mais il n’avait pas envie de se retrouver, face à elle, dans cette posture vulnérable, qui plus est sous les yeux d’autres élèves.

Virgil posa le livre de la préfète sur le sac où elle avait rangé ses crayons et son carnet de croquis (qu’il avait bien envie de récupérer pour sa petite collection d’objets volés)  puis il reporta son attention sur elle.

« A part cet exercice de visualisation, tu en as d’autres à me conseiller ? » s’enquit-il « Si ce n’est tenter  une intrusion pour tester mes réflexes… » ajouta-t-il alors en faisant référence à la suggestion précédente de la préfète. Il laissa passer quelques secondes de réflexion avant de reprendre :

« Après je suis pas contre l’idée d’essayer ça, avec toi, précisa-t-il. Il ne comptait pas mettre ses pensées intimes entre les mains de n’importe qui, si tu te sens l’âme d’une légilimens bien sûr, Peut-être que Nelly n’avait pas très envie d’inverser les rôles, je suis sûr qu’une intrusion  me permettrait de mieux cerner les leviers de réussite pour fermer mon esprit, analysa-t-il avec le plus grand sérieux, et que je pourrai même m’appuyer sur cette expérience pour progresser en légilimancie. »

Il  avait longuement réfléchi avant de faire cette proposition à la préfète. Exposer son moi intérieur n’était pas quelque chose de facile à envisager mais il estimait que cette méthode radicale serait nettement plus formatrice que des exercices de respiration. Il avait quelques concessions à faire pour espérer progresser et il acceptait cette prise de risque.

« Je pense, sincèrement, que ça pourrait te servir aussi. » ajouta-t-il, comme pour la convaincre.

Il observa la jeune femme, conscient d’être un peu trop sérieux depuis quelques minutes, et ajouta finalement, d’un air goguenard :

« En plus, je suis sûr que tu rêves de savoir ce qui se passe dans ma tête… »

Il accompagna sa remarque d’un large sourire et d’un clin d’œil aguicheur à l’attention de la préfète.


Virgil Forbes

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« Oui, en gros, » abrégea Nelly lorsque Virgil s’étonna de la simplicité des exercices qu’elle venait d’évoquer.

Le but principal des exercices que la préfète avait trouvé dans les ouvrages était de se concentrer pour ordonner et contrôler ses pensées afin de faire le vide dans son esprit. La tâche semblait simple sur le papier mais bien la réaliser se révélait être plus ardu. Cela nécessitait en effet beaucoup de concentration et d’assiduité pour réussir à avoir un minimum de contrôle sur son esprit. De plus, les effets engendrés se rapprochaient plus de la fatigue que de la relaxation…
S’entraîner à la visualisation mentale n’était pas facile non plus. Il fallait mentalement construire un mur, ce qui paraissait simple, mais en ne gardant à l’esprit que ce mur et rien d’autre : seulement se concentrer sur un mur qui bloquerait tout le reste.

Au final, les exercices que la Serpentard réalisait n’avaient rien de très divertissant et elle pouvait comprendre que Virgil ne soit pas tenté, elle même se forçait souvent à les faire.

En y réfléchissant bien, les intrusions mémorielles étaient plus formatrices que le reste. Lors de leur dernière rencontre, Nelly avait pu essayer d’appliquer ce qu’elle avait appris dans ses lectures tout en découvrant ce dont elle était capable : ses forces, ses faiblesses, ses limites, les méthodes qui marchaient le mieux… Se confronter à Virgil lui avait certainement permis de faire des progrès et cette méthode radicale était sans doute le meilleur entraînement que le Gryffondor pouvait faire. La préfète aborda donc le sujet avec prudence avant de proposer au jeune homme de retourner s’asseoir – s’affaler – sur les poufs et canapés confortables de la salle.

Alors que la Serpentard s’approchait du pouf qu’elle avait abandonné un peu plus tôt, Virgil la dépassa en deux enjambées pour lui piquer la place sous le nez.

« Mais euh…, se plaignit-elle, les bras ballants et la mine attristée, telle une enfant. J’avais chauffé la place... »

Quand Chloe ou ses camarades de dortoir faisaient de même pour l’embêter, elle avait pour habitude de s’asseoir sur elles de tout son poids pour les obliger à abandonner la place. Mais, avec Virgil, la situation serait gênante alors la préfète jeta son dévolu sur le canapé en face du pouf où son camarade s’était couché.

« Tu serais mieux couché, » lui proposa-t-elle en remontant ses pieds sur le sofa tandis qu’il feuilletait son livre.

Mais le jeune homme n’avait apparemment pas envie de se confronter tout de suite à un exercice de visualisation mentale qu’il souhaitait faire seul, ce qui était parfaitement compréhensible. Nelly préférait aussi s’isoler pour ne pas être troublée par quiconque ou quoi que ce soit. Les exercices étaient déjà assez difficiles comme ça ! Mais c’était peut-être un moyen de corser un peu la tâche afin de s’entraîner à fermer son esprit dans n’importe quelle condition… Elle retenait l’idée.

Virgil finit par poser Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur pour lui demander si elle n’avait pas d’autres exercices à lui proposer à part une intrusion mémorielle.

« Pas vraiment… Le but général est d’apprendre à contrôler et organiser ses pensées et ses sentiments pour faire le vide dans son esprit. C’est pas aussi simple que ça en a l’air et c’est loin d’être relaxant comme on pourrait le croire… Mais ça m’a aidé, la dernière fois, pour t’orienter vers des souvenirs particuliers : j’ai eu l’impression d’avoir un minimum de contrôle sur ma mémoire. »
La préfète se tut et prit un coussin qu’elle posa sur son ventre, les bras croisés par dessus.
« Après… C’est vrai qu’une intrusion dans ta mémoire est plus parlante. On comprend mieux comment contrer le Legilimens... »

La jeune femme pensait sincèrement qu’une confrontation à la Legilimancie était le meilleur moyen d’apprendre. Surtout pour Virgil qui ne semblait pas encore voir l’utilité de s’entraîner avec des exercices plus traditionnelles…
Contre toute attente, le Gryffondor proposa cette fois-ci clairement une inversion des rôles entre eux, s’appuyant sur l’argument qu’il pourrait ainsi mieux saisir le fonctionnement de l’Occlumancie.
Nelly était surprise. Elle ne s’attendait absolument pas à ce que son camarade prévoit une telle chose… Du moins, pas aussi vite, sans la moindre insistance de sa part. Lui, accepter qu’elle se promène sa mémoire ? Alors qu’il paraissait si insensible et qu’il ne parlait jamais de lui ? Une tempête de neige allait s’abattre sur Poudlard, ce n’était pas possible !

La jeune femme en resta interdite. Mais elle avait besoin de s’entraîner à la Legilimancie, alors l’idée la tentait carrément ! D’autant plus que si elle arrivait à entrer dans la tête de Virgil, ce dernier connaîtrait enfin l’effet que cela faisait, cette désagréable sensation qu’elle avait ressentie les fois où il s’était promené dans ses souvenirs… Cette opportunité lui donnait un peu l’occasion de se venger, en soit, bien que la vengeance n’était pas l’aspect le plus intéressant de ce retournement de situation dans leur collaboration.
Pour Virgil, être dans la mémoire de quelqu’un était une expérience incroyable qu’elle avait bien envie de connaître aussi… Revivre un souvenir comme si on y était, avec toutes les sensations associées que le Legilimens ressentait comme si elles étaient les siennes… Qui pouvait résister à une telle offrande ? Sans parler du fait qu’elle pourrait peut-être découvrir des choses sur Virgil…

Ce dernier verbalisa alors ses pensées en accompagnant sa remarque d’un clin d’œil aguicheur. Plus que le clin d’œil – qui était quand même mignon – le fait que le jeune homme ait vu juste troubla quelque peu Nelly qui masqua sa gêne derrière un ton teinté d’ironie

« Commence pas avec tes clins d’œil, tu vas finir par me faire de l’effet, commença la préfète, les yeux pétillant de malice. Je vais encore t’enchaîner et te brûler la joue à cette allure, » minauda-t-elle en se rappelant le petit jeu qu’elle avait joué lors de leur duel.

Chloe serait choquée de l’entendre dire ça, songea la Serpentard avec amusement. Mais son amie n’était pas une sainte dans le domaine, Damon Drop en savait quelque chose, alors elle n’aurait rien à redire.

« Bien sûr que j’adorerais savoir ce qui se passe dans ta tête, reprit Nelly en faisant mine d’inspecter ses ongles. Mais uniquement pour l’expérience en soit, pour apprendre. Le contenu ne m’intéresse guère… J’ai bien peur de ne rien y trouver d’ailleurs. »

La jeune femme s’étira en passant ses bras par dessus le dossier du canapé puis retrouva subitement son sérieux.

« J’en reviens toujours pas… Tu acceptes que je prenne le rôle du Legilimens, au risque que je réussisse ? Tu sais, quand on se confie aux gens, on commence par parler avant de leur donner accès à sa mémoire, le taquina-t-elle. Mais ça me tente grave. Je vais découvrir comment un Legilimens procède et ainsi trouver des moyens pour le contrer plus facilement. Ça m’aidera sûrement, t’as raison. Ils avaient autant à gagner l’un et l’autre dans cette histoire.
Quand à toi, reprit la préfète. C’est le meilleur moyen pour débuter en Occlumancie au final. Radical, certes, mais efficace… Après tout, je n’y connaissais rien le jour de notre duel. »

Elle se tut un instant, le regard dans le vague et ses ongles grattant le tissu du coussin. Leur duel était loin d’être un bon souvenir mais il était à l’origine de tout ce qu’ils avaient entrepris. Sans l’instant décisif où Virgil avait réussi son sort, ils n’en seraient pas là aujourd’hui. Parfois, le destin faisait bien les choses, elle l’espérait en tout cas, songea l’adolescente en reportant son attention sur Virgil.

« En plus, comme tu l’as dit, connaître l’Occlumancie te permettra de savoir comment la contourner… Peut-être… On ne doit pas tous fonctionner de la même façon. »

Revigorée par un nouveau souffle d’énergie, Nelly finit par repousser le coussin qu’elle serrait contre son ventre et se redressa dans le canapé.

« Du coup, moi, comment je fais ? Je veux dire, à part la formule, t’as des conseils de réussite à me donner ? » s’enquit-elle, les yeux brillants d’excitation.

Si elle devait se lancer dans l’apprentissage de la Legilimancie, autant partir sur de bonnes bases.



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Apprendre à contrôler et organiser ses pensées. Voila la lourde tâche qui attendait Virgil s’il voulait maitriser l’Occlumancie. Nelly lui assurait qu’il s’agissait là d’un exercice plus difficile qu’il n’y paraissait et le Gryffondor ne remit pas en doute ses propos : Il avait du  mal à se vider la tête sans utiliser des psychotropes, alors il était bien placé pour savoir que cette entreprise était loin d’être simpliste.  Quoiqu’il en soit, il testerait les conseils de Nelly dès qu’il aurait rejoint le calme de son dortoir, mais pour l’heure, il préférait tenter de convaincre la jeune femme à effectuer  une intrusion dans sa mémoire, non sans se montrer quelque peu aguicheur avec un clin d’œil lourd en sous-entendus…

« T’inquiètes, je compte résister pour deux. » contra-t-il toutefois  lorsque Nelly affirma qu’il pourrait bien lui faire de l’effet s’il continuait à jouer les séducteurs.

Pour Virgil, aguicher était une manière comme une autre de provoquer les gens. Il n’hésitait pas à utiliser cette stratégie pour déstabiliser ses semblables quant il sentait que cela pouvait fonctionner. Un petit clin d’œil, placé au bon moment, pouvait  perturber davantage n’importe quelle fille -ou n’importe quel garçon d’ailleurs- qu’une bonne remarque cinglante.  Pourtant avec Nelly, il y avait belle et bien un petit fond de vérité dans son attitude charmeuse. Il appréciait l’idée de flirter avec elle, un peu, même s’il prenait bien garde à ne pas trop se dévoiler. Il n’irait jamais admettre qu’elle pouvait, elle aussi, le troubler quelque peu…

La jeune femme finit par avouer qu’elle adorerait savoir ce qui se passait réellement dans sa tête –même si elle faisait mine de s’inquiéter de ne rien y trouver du tout, la bougresse !- puis elle affirma ensuite, d’un air sérieux, que l’expérience en elle-même l’intéressait bien plus que le contenu de sa mémoire.


«Vraiment ? s’étonna Virgil en arquant un sourcil,  C’est bizarre tu ne disais pas la même chose la dernière fois, souffla-t-il en joignant ses  mains derrière sa tête. Il observa la jeune femme d’un air impassible et poursuivit, Comment tu disais déjà ?  Connaître plein de choses compromettantes sur les gens, avoir la sensation de pouvoir les contrôler, CRAC ! Ruiner leurs vies. » lui rappela-t-il en reprenant exactement les termes qu’elle avait employés lors de leur dernière conversation.

Quoiqu’il en soit, Virgil était convaincu que le contenu était indissociable de l’expérience. Plus il était riche, marquant –voir traumatisant- plus l’expérience était intense à vivre, estimait-il. Il l’avait vu avec le souvenir d’enfance de Nelly qui paraissait plus vrai que nature,  mais ça, la préfète s’en rendrait compte d’elle-même, du moins, si elle réussissait à pénétrer ses pensées. Elle s’étonna d’ailleurs que Virgil lui propose d’inverser les rôles, lui qui était si peu enclin aux confidences habituellement.

« Se confier, tout de suite les grands mots ! » répliqua-t-il en se redressant sur son pouf. Il poussa du pied les chaussures et le sac de Nelly et s’assis face à elle, les coudes posés sur ses genoux. « Parce que tu penses sincèrement que je vais te laisser avoir un libre accès à toutes mes pensées ? Une sorte de "Pass Full Access" ? ironisa-t-il en mimant les guillemets avec ses doigts devant tant de naïveté.

Virgil était un garçon secret et il n’entendait pas partager certains souvenirs avec qui que ce soit ! Nelly semblait prête à se livrer, sans prendre de précautions particulières, mais ce n’était certainement pas son cas. Il avait listé tout un tas de souvenirs qu’il espérait bien dissimuler aux yeux de la préfète : La conversation de ses parents à Bude, leurs disputes, quelques moments intimes partagés avec Kasya et d’autres instants encore…

Il devait l’avouer, une part de lui se méfiait de Nelly :  Elle avait beau paraitre sympathique et relativement gentille, il n’oubliait pas les propos qu’elle avait tenus dans la volière et il  ne souhaitait pas qu’elle puisse utiliser ses souvenirs personnels contre lui. Et puis, Virgil était plutôt pudique et il espérait bien préserver son jardin secret.

« Tu n’as pas lu mes fiches de lecture ?s’enquit-il alors, je crois que c’était dans Intrusions mémorielles mode d’emploi, poursuivit-il en fouillant dans son sac en bandoulière. Il sortit les brochures qu’il avait récupérées à la bibliothèque et les posa en vrac au sol et sur ses pieds avant d’attraper un petit carnet noirci de notes illisibles. Il tourna plusieurs pages jusqu’à tomber sur ce qu’il cherchait, C’est ça. Chapitre 4 : Préparer son corps et son esprit aux manipulations mentales. »  Il releva les yeux vers Nelly avant de lire l’extrait du livre à voix haute, ...Que vous soyez dans la posture du légilimens ou de l’occlumens, il est conseillé d’utiliser une Pensine afin d’extraire vos souvenirs les plus intimes avant l’exercice d’intrusion mémorielle. Pour cela, nous vous conseillons d’utiliser un sortilège d’Extraction mémorielle :  Convoquer le souvenir à isoler, pointer votre baguette en direction de votre tempe. Formule : « Extracto. »»

Virgil referma son carnet et se pencha légèrement en arrière sur son pouf pour le glisser dans la poche avant  de son pantalon.

« Désolé de te décevoir. » fanfaronna-t-il  d’un air pas désolé du tout. « Je veux bien prendre le risque de te laisser entrer dans ma tête mais tu feras seulement une visite guidée. » Et surement pas une visite libre !

Il y aurait forcément quelques souvenirs compromettants qu’il ne pourrait pas filtrer –sa vie était faite de nombreux moments sujets à controverse- mais il ne pouvait pas, non plus, extraire la totalité de son existence de son cerveau ! Il n’avait pas d’autres choix que d’assumer ses pensées, quoique découvre Nelly.

En effet, la jeune femme semblait particulièrement enthousiaste à l’idée d’inverser les rôles. Son regard pétillant était un bon indicateur. De plus, elle partageait l’analyse de Virgil : Ils sortiraient forcément grandis de cette expérience formatrice. En échangeant leurs postes, ils pourraient peut-être apprendre à contourner les mécanismes de défense de l’occlumens, pour lui, et d’attaque du legilimens, pour elle. Nelly lui demanda d’ailleurs quelques conseils pour réussir une intrusion. Virgil l’observa en silence tandis qu’elle venait de se redresser sur son canapé, signe qu’elle était tout ouïe. Le Gryffondor se donna un moment de réflexion, hésitant quelque peu à dévoiler toutes ses astuces, puis il finit par répondre :

« Je dirais que c’est un peu comme l’occlumancie : Tu dois croire en ta réussite et te persuader que les éléments mi en place pour entraver ta progression ne sont que des visions. Des hallucinations. Un mur haut comme un building était tout à fait franchissable pour celui qui avait compris cela .Virgil lissa ses cernes des deux mains et reprit son exposé, Après, je pense qu’il faut prendre du recul sur ce que tu vois, ne pas te laisser atteindre  et ne pas tenter d’interagir avec le souvenir –cela ne lui avait pas réussi quant il avait voulu s’interposer entre Nelly et sa mère, mais je me base uniquement sur mon expérience personnelle pour tout te dire. Il haussa vaguement les épaules et ajouta, ce qui est valable pour moi, ne le sera peut-être pas pour toi. Il se tut en se remémorant ces deux précédentes intrusions, C’est assez mystique comme expérience, en fait. » Il ponctua sa phrase d’un maigre sourire avant de se tourner en direction des première année, assis à l’autre bout de la pièce. Les élèves avaient repris leur conversation, comme si Virgil et Nelly n’étaient pas là.

« Alors ? Tu veux qu’on essaye ? demanda-t-il en soulevant la manche de son pull pour observer sa montre, on a un peu de temps devant nous avant le couvre feu… et j’ai même ma petite idée sur l’endroit où l’on pourrait s’exercer. » dit-il en relevant ses petits yeux perçants sur Nelly.

Trouver une Pensine dans l’enceinte de Poudlard n’était pas chose aisée. Daisy Mason en avait surement une dans son bureau mais Virgil n’envisageait pas de s’y introduire. Par contre, il était sûr que le château, en lui-même, était en mesure de leurs fournir tout ce dont ils avaient besoin…

« Quant nous étions en troisième année,  la soirée de fin de cycle a eu lieu dans une drôle de pièce : La Salle sur Demande. Apparemment, la pièce prend exactement la configuration dont tu as besoin, expliqua-t-il au cas où Nelly soit passée à côté de cette information,  J’étais trop jeune pour avoir participé à la soirée mais mon frère m’a dit que la Salle se trouvait au septième étage au niveau de la tapisserie où des trolls apprennent à danser… Ça te dit quelque chose ? » s’enquit-il auprès de sa camarade.

En tant que préfète, Nelly devait surement avoir des connaissances et des accès supplémentaires dans l’enceinte de l’école. Au pire, si jamais ils ne trouvaient pas la fameuse pièce cachée, ils pourraient toujours se rabattre sur la salle de bain des préfets : Après tout, une Pensine ressemblait à s’y méprendre à un vulgaire lavabo…


Virgil Forbes

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Virgil s’étonna de l’entendre dire qu’elle ne s’intéresserait pas au contenu de ses souvenirs mais plus à l’expérience en elle-même et s’empressa de lui rappeler les propos qu’elle avait tenus lors de leur dernière discussion. La précision avec laquelle le Gryffondor se souvenait de ces mots arracha un petit rire à la préfète. Il avait une bonne mémoire le garnement !

« Tu en sais trop sur moi pour que je prenne le risque de te manipuler avec ce que je vais voir dans ta mémoire, sois tranquille ! »

Le jeune homme ne perdait pas le Nord visiblement ! Mais puisqu’il tenait sa promesse et qu’il n’avait parlé à personne – à sa connaissance – de son pire souvenir et qu’il ne s’en servait pas contre elle – si on excluait leur dernière rencontre –, Nelly comptait bien faire de même et émettre aucun commentaire sur ce qu’elle verrait dans l’esprit de son camarade. A condition qu’elle y parvienne… Tout dépendrait de la réussite de son sort, du souvenir qui s’imposerait et… de la décision de Virgil.

A l’entendre, ce dernier ne semblait pas prêt à lui laisser un accès total à sa mémoire, comme s’il comptait sélectionner les souvenirs à lui présenter. Surprise et amusée par l’assurance du Gryffondor, Nelly eut envie de lui rire au nez mais parvint à se contenir pour tenter de lui expliquer que l’Occlumancie n’était pas si intuitive.

« Parce que tu crois que tu arriveras, comme ça, dès la première intrusion, à m’orienter vers des souvenirs précis ? »

En guise de réponse, Virgil fouilla dans son sac, recouvrit le sol de flyers identiques à ceux qu’il lui avait donné – il avait dévalisé tout Poudlard ou quoi ? – et finit par sortir un carnet de notes. Nelly l’observait avec curiosité tandis qu’il feuilletait le carnet à la recherche de l’extrait d’un ouvrage qu’il finit par lui lire.

Une Pensine ? Extracto ? Le jeune homme souhaitait donc isoler les souvenirs qu’il voulait garder secrets ? C’était extrêmement bien pensé et organisé… Il la surprenait de plus en plus ! Et dire qu’il se contentait du minimum dans sa scolarité alors qu’il était certainement capable de bien plus de sérieux… Quel gâchis !

« Monsieur est prévoyant, souffla-t-elle avec un petit sourire en hochant la tête, admirative. Je n’y avais pas pensé, la dernière fois, poursuivit la préfète en passant une main dans ses cheveux. Si elle avait pu retirer le souvenir de sa mère de sa mémoire lors de leur dernier entraînement, elle se serait moins fatiguée à empêcher Virgil de le revoir…
En même temps, il faut une Pensine… Et on n’en trouve pas à tous les coins de couloirs. »

Comment comptait-il trouver une Pensine ? Saurait-il se servir du sort pour extraire ses souvenirs ? Nelly remisa ces questions dans un coin de son esprit et reporta son attention sur son camarade. Virgil s’était préparé et semblait sûr de son plan, à son tour maintenant. Son camarade devait bien avoir des conseils à lui donner pour réussir son intrusion ; aussi lui posa-t-elle la question.

D’après le jeune homme, tout comme pour l’Occlumancie, croire en sa réussite était important lorsque l’on pratiquait la Legilimancie. Se persuader qu’elle pouvait réussir et que tout ce qui était mis en place pour la contrer était faux, la préfète s’en sentait capable. Par contre, pour ce qui était de la prise de distance, un peu moins… Émotive de nature, Nelly savait qu’elle faisait souvent preuve d’un peu trop d’empathie : prendre du recul sur certaines situations lui était donc parfois difficile. Mais elle y travaillait et comptait bien profiter de cette expérience pour progresser. Et puis, revivre un souvenir devait être un peu différent de la réalité, non ? Virgil le disait lui-même : « C’est assez mystique comme expérience ». Aucun risque donc qu’elle soit trop impactée par un souvenir, se rassura la jeune femme.

Dans tous les cas, elle allait bientôt pouvoir se forger un avis sur la Legilimancie puisque Virgil semblait enthousiaste à l’idée de commencer leur entraînement dès maintenant, il avait même une idée quant au lieu où ils pourraient aller.

« Et où est-ce que tu comptes trouver une Pensine ? » l’interrogea la Serpentard en arquant un sourcil.

La directrice en avait sûrement une en sa possession mais ils savaient tous les deux qu’ils ne pouvaient décidément pas mettre les pieds dans son bureau. Qu’est ce qui pouvait remplacer une Pensine ? Nelly n’était même pas sûre qu’ils puissent en improviser une : il devait bien y avoir tout un tas de sortilèges à jeter, une forme particulière de récipient, un liquide spécial ?… Virgil et ses idées saugrenues ! Il avait tant de choses à cacher pour se montrer si compliqué ?

Le Gryffondor interrompit ses réflexions en proposant de chercher la Salle sur Demande : une pièce étrange et cachée capable de prendre la forme dont on avait besoin et où une soirée de fin d’année avait été organisée.

« Hum… des trolls qui font de la danse classique ? Oui, je vois où c’est, répondit la préfète en plissant les yeux. Elle est marrante cette tapisserie… On y va ? » s’enquit-elle ensuite avec un sourire complice à l’intention de son camarade.

Pleine d’énergie, Nelly bondit presque du canapé, enfila son pull puis ses chaussures – non sans tiquer une nouvelle fois sur le monticule de flyers au sol – et récupéra ses affaires. La Serpentard attendit que son camarade ait fait de même et les deux adolescents quittèrent en silence la Salle des Quatre Maisons.

Les couloirs étaient froids et silencieux. Un frisson remonta la colonne vertébrale de Nelly qui enfonça sa tête dans son écharpe avant de descendre rapidement la volée de marches de la tour où se situait la salle pour regagner les longs couloirs de l’école.
Pendant qu’ils progressaient dans les corridors, la préfète repensait à l’extrait que lui avait lu Virgil sur l’extraction de souvenirs et la Pensine. Pouvait-on se débarrasser complètement d’un souvenir grâce à cette méthode ? Le souvenir en question était-il entièrement effacé de la mémoire ? Pouvait-on le remettre en place ? Alors que les deux apprentis sorciers montaient un escalier, la Serpentard se tourna vers Virgil.

« Tu penses réussir à utiliser Extracto ? Et comment tu récupères tes souvenirs ensuite ? Euh… La jeune femme hésita en haut des escaliers. Par là. Et tu penses que… qu’on peut se débarrasser d’un souvenir comme ça ? ajouta-t-elle en portant innocemment son regard droit devant elle. Ou est-ce qu’il en restera toujours des traces ? »

Le Gryffondor devait comprendre où elle voulait en venir. Il n’y avait qu’un seul souvenir qu’elle était susceptible de vouloir oublier… Mais était-ce vraiment possible avec ce procédé ? Elle en doutait… Surtout qu’une grosse partie de son existence était basée sur cet événement là de sa vie : l’oublier reviendrait à effacer tout ce qui se raccrochait à ce souvenir, tout ce qu’il lui avait permis de se reconstruire et elle n’en avait clairement pas envie. Mais il était peut-être possible de seulement retirer le souvenir de la folie de sa mère, tout en préservant le reste, afin qu’il ne soit plus qu’un lointain sentiment.
Elle en savait trop rien.

Après avoir suivi un long couloir, ils finirent par arriver au niveau de la tapisserie des trolls dansants. Nelly se posta devant l’œuvre, l’admira quelques secondes, se tourna, regarda autour d’elle, puis la tapisserie et finit par relever les yeux sur Virgil.

« Voilà, nous y sommes. Et maintenant ? »

Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres.

« Quoi ? C’est pas parce que je suis préfète que je sais comment rentrer dans cette salle qui, visiblement, n’est pas là, dit-elle en montrant les murs des mains. Si elle est vraiment dans le coin, il doit y avoir un moyen pour la faire apparaître… Ton frère ne t’a rien dit d’autre ? Moi, on ne m’a rien dit et j’ai jamais vu cette pièce… Il y a peut-être un mot de passe… »

Nelly s’avança vers le mur en face d’eux et tapota du poing sur la pierre froide.

« Sésame, ouvre toi ? tenta-t-elle sans y croire une seconde. Elle se retourna, les lèvres pincées par la contrariété, et ses yeux se posèrent sur la tapisserie. Faut peut-être faire comme les trolls... »

En s’aidant de ses deux ans de cours de danse classique, la préfète parvint à reproduire la position du sorcier de la tapisserie qui montrait aux trolls comment réaliser une « attitude en effacé sur pointes », si elle se souvenait bien. Sans aller jusqu’à se hisser sur les pointes de ses baskets, pour voir qu’elle avait arrêté depuis six ans, elle était plutôt fière de sa posture. Son ancienne prof serait satisfaite, songea-t-elle, bien qu’elle lui demanderait de lever sa jambe un peu plus haut…

Consciente que ses pitreries ne les faisaient pas avancer, Nelly se remit sur ses deux pieds et retourna aux côtés de Virgil avec un sourire en coin.

« Je t’en prie, à toi, l’invita-t-elle d’un geste de la main. Ça marchera peut-être, ajouta la jeune femme avec malice. Non sérieusement, je vois pas… Elle prend la configuration dont on a besoin..., réfléchit-t-elle tout haut. Faut peut-être penser à ce qu’on veut ? »



Kit par Irving

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Nelly lança le départ en bondissant littéralement du canapé. Virgil ne pensait pas qu’elle se montrerait si enthousiaste et il la suivit des yeux tandis qu’elle enfilait prestement son pull et ses chaussures avant même qu’il ne se soit hissé hors de son pouf. Sa camarade était beaucoup trop énergique subitement, songea le Gryffondor en rassemblant lentement ses affaires. Elle l’attendait déjà mais il prit tout son temps pour réajuster  sa cape et son écharpe rouge et or autour de son cou et déposer la bandoulière de son sac sur son épaule . D’un sortilège, il fit disparaitre le tas de flyers éparpillé au sol puis il suivit la jeune femme en silence en direction de la sortie.

Le fraicheur du couloir les happa dès qu’ils quittèrent la douce chaleur de la salle des quatre maisons. Virgil glissa ses mains au fond de ses poches et imita Nelly qui venait d’enfoncer légèrement sa tête dans son col pour ne pas laisser le froid s’infiltrer sous ses vêtements. Apparemment, la jeune femme visualisait l’emplacement exact de la fameuse tapisserie sensée situer la Salle Sur Demande. Virgil la suivit et se laissa guider dans les différents corridors du château, en silence. Il ne ressentait pas particulièrement le besoin de faire la conversation tant il était déjà focalisé sur l’étape suivante .Il sélectionnait mentalement  les bribes de souvenirs à extraire de sa mémoire en vue de l’exercice auquel ils allaient se livrer. Alors qu’ils montaient une volée de marches pour rejoindre le septième étage, Nelly finit par briser le silence qui s’était installé entre eux en lui demandant s’il pensait pouvoir maitriser le sortilège d’extraction mémorielle.

«Pas le choix. » répondit-il en haussant vaguement les épaules sans même la regarder. De toute manière, il ne se laisserait pas fouiller la mémoire tant qu’il n’aurait pas extrait ses souvenirs les plus intimes de son cerveau. Bien qu’il n’ai rien vécu d’aussi traumatisant que Nelly, il préférait garder privés certains éléments de sa vie …même s’il ne savait pas encore comment les remettre en place après les avoir retiré de sa boite crânienne. Pour le coup, Nelly lui posait une sacrée colle mais il n’était pas prêt à avouer qu’il n’avait pas songé, une seule seconde, à ce détail….

« Si la pièce nous fournit vraiment tout ce dont on a besoin, la Pensine sera peut-être livrée avec une sorte de  mode d’emploi… » déclara-t-il en espérant que cela soit véridique. Il se retrouverait bien bête s’il ne parvenait pas à remettre ses souvenirs en place.

Pourtant, récupérer certains souvenirs semblait-être le cadet des soucis de Nelly. Au contraire ! Elle se demandait plutôt si l’Extracto était un sortilège adapté pour se débarrasser définitivement d’anciens stigmates… Elle avait beau avoir posé sa question en toute innocence, Virgil n’était pas dupe et il voyait parfaitement où elle voulait en venir…et quel était le souvenir qu’elle préférait oublier. Le Gryffondor coula un regard en coin en direction de sa camarade qui fixait un point droit devant elle, faisant visiblement tout pour ne pas le regarder.

« Tu sais, tu peux dire les choses telles qu’elles sont plutôt que de tourner autour du chaudron. Je pense qu’on est plus à ça près. » commença-t-il sans la quitter des yeux. Il laissa passer quelques instants de silence pour voir si Nelly abordait le sujet d’elle-même avant de secouer légèrement la tête et de reporter son attention droit devant lui. Ils avaient déjà parlé de l’expérience éprouvante que Nelly avait vécue par le passé. Elle lui avait tout raconté après leur premier duel, dans les moindres détails : La folie et l’alcoolisme de sa mère, son internement, les coups de ciseaux et les vingt deux cicatrices qui lézardaient son corps :  Pourquoi s’évertuait-elle à faire cas de rien aujourd’hui ?

Virgil retint difficilement l’amorce qui lui brûlait les lèvres et qui commençait par un « Donc, si tu veux oublier ce que ta très chère mère t’a fait »  plein de tact et préféra pousser un long soupir en levant les yeux au ciel. Il avait retenu la leçon et il ne comptait pas aborder le sujet « Mme Horrocks » de lui-même. Cette fois il n’avait pas de plante vénéneuse sous la main à offrir à Nelly.

« Je pense qu’un Extracto n’est pas suffisant, finit-il par dire en acceptant d’éluder le sujet, Le Ministère ne se serait  pas embêté à monter -et subventionner- un programme comme MémoRise si la suppression de souvenir était si facile, analysa-t-il, si tu veux mon avis, il n’y a que deux solutions pour supprimer durablement un souvenir : un charme d’amnésie ou  un bref séjour à Skye, au choix. »

Était-ce pour cette raison que Nelly s’intéressait à l’occlumancie et qu’elle cherchait, comme lui, à décrocher un stage dans le fameux centre de réhabilitation mémorielle ? Était-elle motivée par des raisons personnelles ? Voulait-elle se faire effacer la mémoire, comme Emma Blackbonnes ? Virgil reporta son attention sur la jeune femme comme pour l’évaluer du regard. Certes elle avait vécu des moments particulièrement éprouvants –surement plus difficiles que d’être le témoin d’une dispute entre ses parents- songea-t-il, mais il ne comprenait pas qu’elle puisse être intéressée par cette solution radicale. De son côté, il ne supportait pas l’idée que quelqu’un d’autre en sache plus sur lui que lui-même, alors il était clair qu’il n’aurait jamais recours à un sortilège d’effacement définitif de mémoire. L’Extracto lui permettrait simplement de garder ses souvenirs intimes à bonne distance de Nelly, rien de plus…

Pour être tout à fait honnête, il espérait se tromper au sujet de sa camarade. En toute modestie, il estimait qu’ils étaient, tous les deux, du côté de ceux qui étaient assez intelligents et assez compétents pour étudier la complexité du cerveau humain. Un jour, ils auraient les capacités pour se promener à loisir dans la tête des autres, pour traquer un souvenir ou reconstruire un passé fictif et il n’ envisageait pas Nelly de l’autre côté de la ligne,  du côté des  potentiels cobayes de ces expériences…

Il était encore tout à ses pensées lorsque sa camarade lui signifia qu’ils étaient enfin arrivés. Virgil s’arrêta net et reporta son attention sur l’immense tapisserie qui recouvrait tout un pan de mur. Il prit quelques pas de recul dans le couloir pour l’observer plus en détail et lut le cartel à voix haute « Barnabas le Follet tentant d’apprendre à des trolls l’art de la danse. ... hideuxcommenta-t-il en observant les trolls grotesque vêtus de tutus.

Le jeune homme observa le long couloir à la recherche d’une porte ou d’une ouverture, en vain. Il jeta un regard interrogateur à Nelly qui affirma qu’elle n’en savait pas plus que lui sur la procédure pour faire apparaitre l’entrée de la Salle sur Demande.

« A quoi ça sert d’être préfète si les profs ne vous briefent pas sur les endroits où peuvent se cacher les élèves…dit-il en examinant plus en détail la tapisserie à la recherche d’un indice éventuel, non mon frère ne m’a rien dit non plus. » répondit-il lorsque Nelly le questionna à ce sujet.

Il savait bien pourquoi Dean ne lui avait jamais expliqué comment avoir accès à cette pièce. Il avait bien trop peur que Virgil vienne y fumer de la mandragore avec tous ses copains…et honnêtement, il n’avait pas tord ! Virgil sortit sa baguette et tenta différents charmes,  un sortilège de Révélation puis un autre de Déverrouillage, en vain. Il reporta alors  son attention sur Nelly qui tentait  quant à elle des formules  légèrement plus … moldues :

« Tu devrais essayer « Abracadabra »  pour voir… » ironisa-t-il avant qu’elle ne suggère d’imiter la posture des trolls de la tapisserie.

D’un geste gracieux et léger, la jeune femme se hissa sur la pointe de sa basket. Elle prit la pose d’une danseuse étoile avec une facilité déconcertante  qui laissa Virgil admiratif  même s’il se garda bien de formuler son admiration à voix haute.

« Tu es vraiment le portrait craché du troll. La ressemblance est frappante, c’est saisissant, dit-il d’un air sérieux teinté de sarcasme, Il ne te manque que le tutu. »

Un sourire mauvais éclaira son visage avant que  Nelly ne le mette au défi de l’imiter : « Y a pas moyen. » souffla-t-il en se détournant. Il avait mieux à faire que de se ridiculiser devant sa camarde de classe ! Merci bien ! Ils devaient trouver un moyen d’entrer dans cette pièce secrète et Nelly avait peut-être trouvé la solution… Non pas imiter les trolls, bien sûr,  mais plutôt s’en remettre à Dean.

« J’imagine que tu n’as pas de Pear One ? » s’enquit subitement le Gryffondor en se tournant vers sa camarde. Il tapotait la tapisserie à la recherche d’un bouton ou d’une poignée cachée. Il savait que Chloé en avait un -Virgil avait vu les nombreux Snapes qu’elle envoyait à Damon où Nelly apparaissait parfois, du moins, pas sur les plus suggestifs que Damon exhibait aussi fièrement- mais il n’avait jamais vu sa camarade avec un Pear personnel. Si seulement il avait toujours le sien! songea-t-il, la mine fermée. Il aurait pu appeler son frère et le convaincre de lui donner l’accès à cette pièce ! Il lui restait toutefois un autre moyen pour contacter Dean : Le professeur Corrigan leur avait expliqué en cinquième année que les Patronus étaient de très bon messager aussi Virgil s’était entrainé pour maitriser ce sortilège. Il ressortit donc sa baguette et l’agita pour convoquer son animal totem. Un ratel argenté se matérialisa dans les airs toutes griffes dehors…
«  Salut Dean. Tu peux me dire comment on fait apparaitre la Salle sur Demande ? » s’enquit-il avant de relâcher l’animal qui tournoya dans les airs avant de se volatiliser.

Virgil jeta un coup d’œil à Nelly avant de poursuivre son étude de la tapisserie. Il était justement en train d’examiner Barnabas le Follet  lorsqu’une mésange à tête noir apparut dans le couloir.

« Pourquoi faire ? » demanda-t-elle avec la voix de Dean.

Ne pouvait-il pas lui donner la procédure sans poser de question ? Virgil ne chercha pas à cacher son agacement en répondant:

« Travailler avec la préfète de mon année dans le but de décrocher un stage au Ministère de la Santé Magique. »

La réponse ne tarda pas à arriver en retour :

« Mort de rire. »

« Mort de Rire ? Mort de rire !?  
répéta Virgil incrédule. Pour une fois qu’il disait la vérité, son propre frère ne le croyait pas ? Mais quel cognard !  songea-t-il, piqué dans son orgueil.  « Crois moi, on va réussir à rentrer là-dedans et par nos propres moyens. » insista-t-il, revanchard, à l’attention de Nelly.


Têtu comme il était, Virgil comptait bien rester là jusqu’au bout de la nuit si c’était nécessaire. Il faisait les cent pas, passant devant la tapisserie et testant à nouveau plusieurs enchantements qui lui paraissaient pertinents -Sortilèges d’apparition, d’attraction, d’engorgement au cas où la pièce ait été réduite- mais aucunes de ses tentatives ne s’avéraient fructueuses.
Nelly suggéra alors de penser à l’espace dont ils avaient besoin. Virgil ne faisait que ça depuis qu’ils étaient arrivés dans ce couloir !

« Tu penses qu’il suffit simplement de faire ça ? C’est presque  aussi stupide comme idée que ton « sésame ouvre toi. » dit-il sans remarquer la porte qui venait d’apparaitre dans son dos…


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Virgil sembla comprendre de quoi elle voulait parler, il l’invita même à formuler clairement ce qu’elle avait derrière la tête, argumentant qu’ils n’étaient plus à ça près. Il n’avait pas tort. Mais la préfète resta tout de même silencieuse. A quoi bon ? Le jeune homme savait parfaitement à quel souvenir elle pensait, pas la peine qu’elle se force à en parler… Ce n’était certes pas compliqué de simplement dire : « J’aimerai pouvoir oublier le souvenir de la folie de ma mère. » mais, sur ce sujet, Nelly préférait prendre des pincettes. Parce qu’en réalité, elle ne savait pas vraiment ce qu’elle voulait et ce qui était bien de faire ou pas… Ce qui était sûr, elle ne voulait pas entièrement effacé de sa mémoire tout ce qui avait un rapport avec sa mère, mais seulement soulager ce traumatisme qui ressurgissait parfois. Malheureusement, cette entreprise était certainement difficile voire impossible à réaliser. Son camarade pensait apparemment comme elle puisque, pour lui, il fallait recourir à un sortilège d’amnésie ou séjourner à Skye lorsqu’il était question d’effacer un souvenir. Solutions que la Serpentard voulait justement à tout prix éviter. Il était hors de question d’arriver à de telles extrémités !

La question ne se posait donc pas : ce souvenir resterait dans sa mémoire, même s’il était particulièrement négatif.

« Non, hors de question. On ne me trafiquera pas la mémoire. Oublie ce que je viens de dire, je réfléchissais tout haut, » finit-elle par dire alors que les deux adolescents arrivaient devant la tapisserie des trolls dansants.

Le principe de la Salle sur Demande était qu’elle apparaisse uniquement lorsqu’on avait vraiment besoin d’elle. Le reste du temps, elle demeurait introuvable… et elle était bien cachée ! Aucune des tentatives ridicules de la préfète ne révélèrent l’accès à la pièce secrète, celles, plus sorcières, de Virgil restèrent également sans succès. Même les efforts de la Serpentard pour reproduire la posture de Barnabas le Follet s’avérèrent infructueux mais donnèrent au moins l’occasion à Virgil de la chambrer un peu.

« C’est drôle, j’étais en train de me faire la réflexion que celui en haut à droite te ressemble…, riposta la préfète en reposant son pied au sol. La même tête toute renfrognée ! J’aimerai bien t’y voir, avec un petit tutu… Je t’en prie, éblouie moi de tes talents, » railla-t-elle avec un sourire moqueur en le rejoignant devant la tapisserie.

Ils étaient en train d’examiner l’œuvre d’art sous toutes ses coutures lorsque Virgil lui demanda subitement si elle avait un Pear One. Nelly ne prit même pas la peine de lever les yeux de la tapisserie qu’elle éclairait avec sa baguette.

« Non, j’en ai pas. Elle avait son smartphone moldu mais pas de Pear : être à Poudlard était sa digital detox à elle… T’as pas le tien ? » s’enquit-elle en se redressant cette fois ci pour regarder son camarade.

Peut-être que son Pear One lui avait été confisqué après l’événement de la Saint Valentin, songea la Serpentard en scrutant des yeux les poches du jeune homme pour essayer de distinguer le téléphone magique. C’était tout à fait probable. Et il ne serait pas le seul dans ce cas… En effet, depuis la Saint Valentin, la préfète avait l’impression que les professeurs, mais aussi les préfets, étaient devenus encore moins tolérants à la présence des Pear One dans l’enceinte de l’école et les élèves qui avaient le malheur de jeter un œil sur l’artefact magique pendant un cours étaient sévèrement réprimandés. Visiblement, Virgil n’avait bel et bien pas le sien ce soir puisqu’il invoqua son Patronus pour envoyer un message à son frère Dean. Nelly s’attarda quelques secondes sur le Patronus corporel de son camarade : il était parfait, – enfin, l’animal était horrible mais le sort avait le mérite d’être très bien exécuté – le Gryffondor cachait assurément pas mal de ressources pour maîtriser un charme aussi complexe que celui du Patronus alors que certains de leurs camarades ne parvenaient toujours pas à faire apparaître leur animal totem…

Le ratel argenté disparut dans les airs après avoir tournoyé au milieu du couloir et la jeune femme reporta silencieusement son attention sur la tapisserie. Elle se sentait bien. A vrai dire, elle était plutôt heureuse, même au beau milieu d’un couloir sombre et froid en train de chercher un moyen d’ouvrir la Salle sur Demande. Retrouver Virgil lui avait fait plaisir et ce soir, elle avait le sentiment qu’une certaine complicité s’était instaurée entre eux. Elle appréciait réellement l’idée, même s’ils faisaient probablement quelque chose de risqué ou d’interdit en s’entraînant seuls…
Sans trop savoir l’expliquer, la Serpentard avait rapidement accordé sa confiance à son camarade et aujourd’hui, elle affectionnait sa compagnie plus qu’elle ne l’aurait cru. Habituée à être sincère mais gênée de se dévoiler, Nelly hésita un instant avant de briser le silence.

« Qui l’eut cru, commença la jeune femme alors qu’elle inspectait les bords de la tapisserie à la recherche du moindre espace entre l’œuvre et le mur. Que notre duel nous amène à réaliser tout ça. C’est à croire que le Choixpeau a voulu que nous collaborions, souffla-t-elle avec un sourire au coin des lèvres. Mais c’est sympa… tout ce qu’on fait. Tu sais, je… Elle arrêta de tripoter la tapisserie pour faire face au Gryffondor. Enfin… On aurait pu faire des recherches chacun de notre côté mais, c’est cool de travailler ensemble. »

Elle accompagna ses paroles d’un petit sourire en scrutant, un peu gênée, le regard du Gryffondor. Ça, c’était ce qu’elle pensait, mais qu’en était-il de son camarade ? Retrouvant un brin de malice, Nelly leva son index au moment où une mésange à tête noire argentée se matérialisait dans le couloir.

« Fin de l’instant confidence, » déclara-t-elle avec un ton de voix-off.

La Serpentard suivit ensuite avec amusement l’échange par Patronus entre Virgil et son grand frère. Ce dernier n’était clairement pas prêt à les aider à ouvrir la Salle sur Demande et ne semblait pas croire les explications de son propre frère, ce qui agaça grandement Virgil. Le Gryffondor se tourna vers elle, vexé mais plus déterminé que jamais à découvrir l’entrée de cette fameuse pièce cachée. Nelly observa ses va-et-vient rythmés par quelques lancés de sorts en restant plantée devant la tapisserie. Pas parce qu’elle ne voulait pas l’aider, au contraire, mais parce qu’elle songeait que Poudlard ne se laisserait pas berner par des sortilèges aussi usuels que des sorts d’attraction ou d’apparition… La Salle sur Demande devait s’ouvrir d’une autre manière et la solution n’était ni dans la tapisserie des trolls dansants ni dans l’usage de sortilèges… Cette pièce prenait la configuration dont on avait besoin, elle était donc comme « intelligente » - tel Poudlard tout entier d’ailleurs – et s’adaptait en fonction des personnes et de leurs besoins… En soit, c’était comme si la Salle sur Demande elle-même lisait dans leurs pensées.
Mais oui, c’était ça !

« Peut-être qu’il faut penser à ce qu’on veut…, suggéra-t-elle à Virgil qui faisait toujours les cent pas dans le couloir. Et puis ne t’arrache pas les cheveux pour ça, on ira ailleurs sinon. »

Sa tentative d’apaisement ne fit ni chaud ni froid au Gryffondor qui répliqua que cette idée était tout bonnement stupide. Piquée dans son orgueil, Nelly s’apprêtait à lui répondre quand du mouvement sur le mur derrière le jeune homme attira son regard. Une porte venait d’apparaître, là, sous ses yeux ! Ils avaient réussi, ils avaient ouvert la Salle sur Demande ! Enfin, Virgil en était certainement plus responsable qu’elle… La préfète masqua pourtant toutes émotions et darda un regard suffisant sur son camarade.

« Une idée stupide hein ? fanfaronna-t-elle en s’approchant de lui. Elle indiqua la porte d’un mouvement du menton pour inciter Virgil à se retourner. Les idées stupides marchent bien, on dirait, souffla la jeune femme avec un sourire victorieux. Elle fit un pas sur le côté pour contourner son camarade et ajouta : T’as réussi. »

Avec un sourire amusé, elle se dirigea vers la porte fraîchement apparue. Elle se demandait bien comment le jeune homme avait fait et s’interrogeait surtout sur le contenu et l’agencement de la salle qu’elle avait plus qu’envie de découvrir. Après avoir vérifié qu’il n’y avait personne dans les parages, la préfète coula un dernier regard à l’intention de Virgil et actionna la poignée.

L’adolescente fut instantanément frappée par l’atmosphère qui régnait dans la salle. Elle avait l’impression de pénétrer dans un autre monde. Comme dans un rêve, l’ambiance était mystique et presque irréelle : une lumière lui rappelant la lueur de la Lune emplissait l’espace qui semblait recouvert d’un fin brouillard et même si la luminosité était relativement faible, on y voyait parfaitement.
Virgil et Nelly s’avancèrent dans la pièce et la porte se referma derrière eux avant de se fondre dans le mur. Au fond de la salle et centrée, une Pensine trônait, prête à recevoir des souvenirs. Le liquide chatoyant qu’elle contenait diffusait une douce lumière argentée et envoûtante.
La pièce était assez petite mais abritait tout le nécessaire et il y avait une place suffisante au milieu pour deux duellistes se faisant face.

« C’est magnifique, souffla Nelly en tournant sur elle-même. On se croirait dans un rêve… On a pensé à son petit confort à ce que je vois, » ajouta-t-elle, narquoise, en découvrant un canapé dans un coin de la salle.

La préfète reporta son regard sur Virgil. Sous cette lumière, il était encore plus pâle que d’habitude mais, au moins, ses petites pupilles bleues, qui reflétaient la leur de la Pensine, étaient soulignées... Ce qui rendait pas trop mal, elle devait l'avouer. Elle s’approcha ensuite de la Pensine et l’examina un instant en faisant glisser ses doigts sur les runes gravées dans la pierre tout autour du bassin.

« Alors ? Tu comptes toujours te séparer de certains souvenirs ? s’enquit l’adolescente en se dirigeant vers des étagères qui se dressaient non loin de la Pensine. T’as demandé un mode d’emploi ? »

Ce terme la fit sourire alors qu’elle parcourait du regard les étagères en bois où étaient rangées diverses fioles. Elle ne croyait pas vraiment en l’existence d’un quelconque « guide d’utilisation de la Pensine » mais il y avait peut-être des parchemins qui traînaient dans les parages... Après tout, pourquoi pas ?



Kit par Irving

Virgil ForbesSixième annéeavatar
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L’instant confidence –comme l’avait qualifié Nelly- laissa Virgil silencieux. Il est vrai que le choixpeau leur avait fait un sacré cadeau en les répartissant en binôme pour le duel. Ils n’auraient très certainement jamais découvert- ni partagé- leur intérêt commun pour la magie liée à la mémoire. Virgil adhérait totalement au constat de Nelly : c’était plutôt agréable de pouvoir s’entrainer et s’entraider, ensemble, et il appréciait de plus en plus la compagnie de sa camarade même s’il se garda de le formuler à voix haute.

« Hum,hum. » répondit-il d’un air absent lorsque la préfète affirma que c’était cool de travailler avec lui. Il examinait la tapisserie d’un air intéressé, faisant mine de ne pas avoir accordé trop d’importance aux propos de la jeune femme. Il n’avait aucune envie de répondre un truc du genre « C’est génial, j’adore bosser avec toi aussi ! » même si il y aurait eu un fond de vérité dans ces propos. De toute manière, Nelly devait bien se douter qu’il affectionnait réellement leurs séances d’entrainement : A chaque fois, c’était lui qui avait insisté pour qu’ils collaborent et même si Virgil s’arrangeait toujours pour ne pas se montrer trop insistant –il était bien trop fier pour quémander quoique ce soit-, Nelly ne pouvait pas ignorer ce point. De plus, il n’était pas du genre à agir sous la contrainte. S’il consentait à passer cette soirée à s’exercer avec la préfète, c’était simplement qu’il en avait envie…

Enfin, avant de pouvoir s’entrainer, ils devaient trouver le moyen pour rentrer dans la Salle sur Demande. Après plusieurs tentatives infructueuses, Nelly suggéra de penser à la pièce qu’ils souhaitaient trouver, idée que Virgil s’empressa de qualifier de particulièrement « stupide ».  Cela ne pouvait pas être aussi simple ! Toutefois,  il constata rapidement qu’il venait de perdre l’occasion de se taire. En effet, Nelly afficha rapidement un petit sourire victorieux tout en l’invitant à se retourner d’un geste du menton.

« Les idées stupides marchent bien, on dirait » ajouta-t-elle en passant à côté de lui avec un petit air supérieur.

Virgil la suivit du regard et découvrit avec un certain étonnement –et un peu de contrariété- une lourde porte en bois sculptée qui venait d’apparaitre sur le mur opposé à la tapisserie. Dire qu’il s’était concentré sur Barnabas le Follet depuis le début alors que la pièce était de l’autre côté du couloir, sur l’autre pan de mur ! Virgil fronça légèrement les sourcils et secoua la tête face à cette découverte. Ok, l’idée de Nelly n’était peut-être pas si stupide que ça mais il n’allait certainement pas lui faire le plaisir de l’admettre…

Il la gratifia d’un regard blasé tandis qu’elle fanfaronnait quelque peu et  se contenta donc de la suivre en silence alors qu’elle poussait la porte de la salle en première. Virgil était réellement impatient de découvrir enfin cette fameuse pièce va-et-vient et la curiosité laissa vite place à l’émerveillement.

Nelly avait raison : La Salle sur Demande était tout bonnement magnifique ! Exactement comme il se l’était imaginée ! La lumière bleutée et diffuse, le fin brouillard inondant la pièce de sa présence mystique et surtout la Pensine trônant tout au fond de l’espace...  Un immense sourire se dessina sur les lèvres de Virgil alors qu’il tournait sur lui-même pour embrasser la totalité de la pièce du regard. Il était conquis par cet endroit merveilleux tout droit sortit de son imaginaire. Comment sa mère pouvait-elle envisager, une seule seconde, vivre sans magie, songea-t-il en s’approchant de l’étagère pour caresser du bout des doigts les différentes fioles posées sur les rayonnages. Il se demandait si ses flacons garnissaient les étagères uniquement pour la décoration où si les liquides argentés qu’ils contenaient leurs seraient d’une quelconque utilité plus tard…

Virgil était tout à ses pensées lorsque Nelly attira son attention sur un élément de mobilier en particulier, affirmant qu’il avait tout de même pensé à son petit confort. Elle parlait bien évidemment du canapé en cuir noir installé dans le coin de la pièce. Virgil afficha un sourire amusé, s’approcha du sofa pour poser son sac sur l’assise.

« Tu ne crois pas si bien dire ! »
répondit-il en brandissant un cendrier qu’il venait de trouver sur le guéridon à côté du canapé. Cette salle était fantastique ! songea-t-il en s’approchant à son tour de la Pensine près de laquelle Nelly s’était arrêtée. Le jeune homme vint se poster en face d’elle, de l’autre coté du récipient et  se pencha légèrement au dessus du liquide argenté –presque blanc- qui tournoyait tel un nuage au fond du contenant en pierre gravé de runes indéchiffrables.

« C’est beau… »
souffla-t-il, véritablement subjugué par ce spectacle. Il releva les yeux vers Nelly dont le visage était éclairé par une douce lueur bleutée et la gratifia d’un léger sourire complice. Il n’avait aucune envie de se montrer sarcastique ou cynique pour le coup. Ils avaient réussi à pénétrer dans cette Salle qui allait leur offrir un terrain particulièrement propice à leurs séances d’entrainement, séances qui s’annonçaient plus que fructueuses ! Comment ne pas progresser dans de telles conditions qui s’avéraient optimales ?

Nelly lui demanda d’ailleurs s’il comptait toujours se séparer de certains souvenirs ce à quoi il répondit par l’affirmative en retournant vers son sac. Il était temps de se mettre à la recherche du fameux mode d’emploi de la Pensine qu’il avait tant espéré trouver dans la pièce. Nul doute qu’il était rangé quelque part sur les étagères songea Virgil en glissant une cigarette entre ses lèvres. Il l’alluma d’un sortilège et rejoignit Nelly devant la partie bibliothèque où quelques livres étaient entreposés.

« Il doit être là. Quelque part. » souffla-t-il avant de tirer une bouffée sur sa cigarette. Aaah, il en avait rêvé et il ne comptait pas attendre la fin de leur entrainement pour s’en griller une. Pour lutter contre Nelly, il avait besoin d’être en pleine possession de ses moyens et, surtout, d’avoir ingurgité sa dose de nicotine…

Après avoir inspiré une seconde taffe, Virgil s’accroupit pour observer les étages du bas, et faire défiler quelques ouvrages sous ses yeux en lisant les titres à haute voix :

« Les sortilèges de mémoire : niveau expert,  Mémoria, Techniques ancestrales de légilimancie et d’occlumancie, que des bouquins qu’on ne trouve pas à la bibliothèque, commenta-t-il, la clope coincée entre ses lèvres. Il laissa alors échapper un léger rire avant de tirer un livre pour montrer la couverture à Nelly, La Salle sur Demande ne manque pas d’humour. »
Virgil tenait entre ses mains un exemplaire de Manipulations Mentales Magiques qu’il reposa à sa place en ricanant. Il parcourut de la pointe de son index les autres ouvrages et s’arrêta finalement sur un en particulier.

« Je crois que j’ai trouvé : La Pensine et ses secrets, lut-il en se mettant debout. Il ouvrit le manuel à la table des matières et s’approcha de Nelly pour qu’elle puisse chercher le bon chapitre avec lui. Il leur fallut encore plusieurs minutes pour trouver enfin le paragraphe expliquant comment réintégrer un souvenir préalablement extrait.

« En théorie, ça n’a pas l’air trop compliqué, commenta Virgil en observant Nelly du coin de l’œil pour voir si elle partageait son avis. En théorie. Ils n’étaient pas à l’abri de se tromper et de rater ces sortilèges, Dans un premier temps,  on peut tenter d’extraire et de remettre dans nos mémoires un souvenir anodin pour voir si nous en sommes capables, suggéra-t-il, enfin, si tu veux essayer bien sûr. » Après tout, Nelly n’avait pas manifesté d’intérêt particulier à l’idée de filtrer ses pensées les plus intimes, à moins que tu préfères que je connaisse absolument tout de toi, souffla-t-il, malicieux.

Sur ces mots, il rejoignit le fond de la pièce, écrasa longuement le reste de sa cigarette dans le cendrier et posa le livre ouvert sur la tranche en pierre de la Pensine. Il relut la marche à suivre plusieurs fois tout en se concentrant sur les différentes étapes pour extraire un souvenir de sa mémoire :

Convoquer le souvenir. Pointer la baguette sur sa tempe. Dire la formule. Déposer ses pensées dans la Pensine.
Ok. Rien de plus simple. Basique, même.

Virgil prit une profonde inspiration et sortit sa baguette de la poche de sa cape. L’auto-ensorcellement n’était pas un exercice facile et requérait une certaine dose de confiance en soi, confiance que Virgil estimait avoir. Il était doué en Sortilèges et même s’il ne suivait plus cet enseignement, c’était uniquement parce qu’il n’avait pas rendu certaines rédactions dans les temps. Ses compétences n’étaient pas en cause, il était tout à fait capable de maitriser ce sort, se convainquit-il mentalement. Virgil ferma les yeux et fouilla dans sa mémoire, à la recherche d’un moment sans grande importance. Ce fut une conversation avec Damon qui s’imposa dans son esprit à cet instant. Ils étaient tous les deux allongés sur leurs lits respectifs, dans leur dortoir. Virgil lisait Quiddich-Mag tandis que Damon surfait sur son Pear.

_Tiens, Flaquemare a recruté McGowan, lâcha Virgil.
_McGowan joue déjà là-bas, commenta Damon sans quitter des yeux les hologrammes de son Pear One.
_ Pas Ethan. Lauren, il baissa son journal pour observer son ami, au poste de batteuse remplaçante.
Damon grimaça :
_ Si tu veux mon avis, les Flèches ont du souci à se faire…


Virgil se focalisa sur cet échange. Il devait se sentir prêt à s’en séparer, momentanément. … Ouvrir son esprit et le laisser partir…

« Extracto. »

Le jeune homme ressentit une douce chaleur irradiant  son front puis l’ensemble de sa boite crânienne. Le souffle court, il ouvrit lentement les yeux et aperçut avec un certain soulagement  un long filament argenté reliant son front à la  pointe de sa baguette.

« J’ai réussi ! » lâcha-t-il aussi étonné que fier lorsque le souvenir quitta définitivement sa tête.  Il observa le fil suspendu à l’extrémité de sa baguette en souriant  et le laissa tomber dans la Pensine qui le happa dans un tournoiement de matière.

« C’est vraiment dément ce truc… » souffla-t-il pour lui-même sans parvenir à décrocher les yeux de ce spectacle, Bon maintenant, il faut juste remettre tout ça en place. » finit-il par dire après quelques instants de contemplation.

Réitérer l’exercice, en sens inverse. Puisqu’il avait réussi à extraire ce souvenir, il pouvait très bien le remettre en place, non ? Virgil hocha la tête d’un air décidé, releva les yeux et… croisa le regard de Nelly. Il avait parfaitement réussi à l’occulter de son esprit jusqu’à maintenant et il n’avait pas pensé une seule seconde à sa présence en retirant son souvenir de sa mémoire. Il n’avait pas songé un instant au fait qu’elle était là, juste à côté de lui, à le regarder…  Passablement dérangé à cette idée, Virgil se racla la gorge et tenta de retrouver sa concentration initiale. Il ne devait pas se laisser distraire par la présence de la jeune femme.
* Reste focus.* s’intima-t-il mentalement en attrapant le filament dans la Pensine à l’aide de sa baguette. Il ferma les yeux, fit une première tentative pour réintégrer son souvenir, en vain.
Bon.
Il devait garder son calme, se concentrer sur la procédure et chasser cette foutue image mentale de Nelly. Ni plus ni moins.

Deuxième tentative et …nouvel échec.

Virgil fit claquer sa langue contre son palais en signe de contrariété. Il savait bien où était le problème et il pressentait qu’il n’arriverait pas à le régler tant que Nelly serait dans les parages.

« Tu peux t’éloigner un peu ?» souffla-t-il alors en se tournant vers elle, j’ai besoin d’air là. » poursuivit-il en la chassant légèrement d’un geste de la main.  Il laissa passer quelques secondes de silence avant de pousser un nouveau soupir et d’ajouter :

« S’il te plait. »

Certes, Nelly le troublait mais Virgil n’avait pas d’autre choix que de réussir. Il ne comptait absolument pas rester sur un échec ! C’était mal le connaitre.  Il se focalisa donc sur son objectif, mit un certain temps pour parvenir à chasser ses pensées parasites mais, au bout de quelques minutes, il put enfin lâcher une exclamation victorieuse alors que le souvenir de sa conversation quidditch  avec Damon s’imposait dans sa mémoire:

« Pas trop tôt ! Lâcha-t-il en s’éloignant légèrement de la Pensine. Virgil massa ses tempes chauffées par les sortilèges avant de s’approcher de Nelly,  C’est un peu galère quand même, avoua-t-il en lissant ses cernes.
Peu enclin à l’idée de s’étendre sur les raisons de son insuccès, il enchaina rapidement :

« Tu veux essayer ou tu préfères qu’on passe directement à l’étape suivante ? »


Virgil Forbes

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A en croire son regard émerveillé et le petit sourire complice qu’il lui adressa, Virgil partageait son ressenti et était tout aussi ravi qu’elle d’avoir découvert la Salle sur Demande. Nelly lui rendit son sourire en songeant aux opportunités qu’allait leur offrir cette pièce fantastique. Toutes les conditions étaient réunies pour qu’ils puissent s’entraîner en toute tranquillité sans risquer d’attirer l’attention. Parmi toutes les caractéristiques de la pièce, le fait qu’elle soit cachée et quasiment introuvable rassurait la préfète… Elle ne savait absolument pas à quoi ils s’exposaient s’ils se faisaient prendre en plein entraînement de Legilimancie et n’osait pas l’imaginer. La Legilimancie n’était pas une pratique formellement interdite en soit, mais le sujet de la magie mémorielle restait relativement tabou et délicat alors être cachée plaisait à Nelly bien plus que la présence d’une Pensine. Même si l’artefact magique allait certainement leur servir et que le liquide qu’il contenait était particulièrement envoûtant…

Pour le moment, il ne leur restait donc plus qu’à trouver le « manuel d’utilisation de la Pensine » que Virgil espérait tant trouver. Nelly s’éloigna de la Pensine pour inspecter les rayons des bibliothèques dressées sur un des murs de la Salle. Virgil ne tarda pas à la rejoindre dans son entreprise, la clope au bec. La préfète retroussa les narines avant même que l’odeur âcre de la cigarette n’envahisse les lieux. Même ici, dans une pièce toute propre à l’air pur, le Gryffondor comptait les enfumer. Ce garçon était incorrigible !

« Le tabagisme passif, tu connais ? lui fit-elle remarquer avec une pointe de reproche. Toi, c’est ta santé, mais il n’y a pas de fenêtre ici et j’aimerai bien pouvoir respirer. »

La Serpentard s’arrêta là dans les remontrances et poursuivit sa lecture du titre des livres qui leur étaient présentés. Son camarade était accro à la cigarette et ce n’était pas ses quelques réprimandes qui allaient changer quoi que ce soit. Il trouverait un « Oui, mais... » à lui opposer de toute manière, il y avait toujours un « Oui, mais... » dans les addictions, elle connaissait.
Et puis, après être entré dans sa tête sans son autorisation, fumer était bien le comportement le plus anodin de Virgil aux yeux de la jeune femme qui n’avait pas l’énergie de lui faire un rappel au règlement. Nelly constatait avec une certaine culpabilité qu’elle mettait – une deuxième fois – ses devoirs de préfète de côté… Peut-être parce qu’elle avait le sentiment de faire elle-même quelque chose de pas très autorisé.

« Là aussi, fit-elle remarquer en plissant les yeux quand Virgil constata que tous les livres présents ne se trouvaient pas à la bibliothèque. C’est dingue... »

Elle se demandait bien comment cela était possible… Il fallait bien que la Salle sur Demande sorte tous ces ouvrages de quelque part, ils ne pouvaient pas être créés de toute pièce par magie, si ? La magie était fascinante mais son esprit en grande partie moldu était parfois perturbé par tant de phénomènes inexplicables comme le fait que la pièce avait eu le toupet de leur fournir un exemplaire de Manipulations Mentales Magiques, dans son grand sens de l’humour. Nelly s’amusa de ce clin d’œil à leur dernière rencontre qui avait dérapé, à cause de Virgil, avant qu’ils manquent de se faire surprendre par Londubat. Ils avaient dû se serrer au milieu des plantes tropicales et ensuite le Gryffondor lui avait offert une fleur pour se faire pardonner… Bon, ce n’était pas le moment de penser à ça ! se maugréa-t-elle intérieurement en mettant ses lunettes pour chercher les informations utiles du livre que son camarade avait trouvé.

Il leur fallut un certain temps pour trouver ce qui les intéressait et qui, au final, se résumait à même pas une page. Nelly était presque déçue que la technique semble si intuitive, en théorie… Elle partageait complètement l’avis de Virgil : il était plus prudent de se séparer de souvenirs anodins dans un premier temps avant de s’attaquer aux plus importants. La préfète releva un regard de défi sur le Gryffondor qui la taquinait.

« Je compte bien essayer, affirma-t-elle avec entrain. Je tiens aussi à préserver mon petit jardin secret, » ajouta la jeune femme avec malice en suivant Virgil jusqu’à la Pensine.

Le jeune homme semblait prêt à essayer en premier ce qui ne la dérangeait pas, au contraire, elle allait pouvoir observer le fonctionnement du sortilège mis en pratique avant de l’utiliser sur elle-même. La préfète observa son camarade se préparer, se concentrer, pointer sa baguette sur sa tempe puis prononcer la formule. Face au fil argenté qui s’étira entre la tête de Virgil et le bout de sa baguette, elle imita l’expression de surprise du sixième année. Il avait réussi, pas qu’elle en doutait – enfin si, un peu, pour être honnête – et puis la scène était captivante. Ce fil couleur d’argent et luisant, c’était un souvenir ? La Serpentard le suivit des yeux et se pencha légèrement au dessus de la Pensine quand le Gryffondor le fit tomber pour contempler le tournoiement de matière au fond du bassin. Le spectacle était envoûtant, si  bien qu’un petit sourire éclaira son visage.

Visiblement satisfait et déterminé à refaire le processus en sens inverse, Virgil détacha son regard de la Pensine et croisa le sien. Instantanément, une certaine gêne s’installa… Le Gryffondor avait l’air d’être soudainement mal à l’aise, comme dérangé par sa présence. Pour quelles raisons, elle l’ignorait, mais son intuition se vérifia quand son camarade échoua à deux reprises dans son entreprise, il semblait avoir perdu toute concentration… à un tel point qu’il lui demanda de bien vouloir s’éloigner. D’abord surprise, Nelly resta stoïque puis finit par réagir au « S’il te plaît » du jeune homme.

« Oh… très bien, » souffla-t-elle en s’exécutant.

La préfète s’écarta de la Pensine et partit s’asseoir sur le canapé en cuir, non sans être quelque peu amusée par la situation. Elle se faisait peut-être des films mais il lui semblait que Virgil avait perdu ses moyens dès qu’il avait repris conscience de sa présence à ses côtés après s’être focalisé sur ses souvenirs pendant quelques secondes. Peut-être l’avait-elle empêché de faire le vide dans son esprit… Il avait essayé de faire état de rien mais elle avait bien compris qu’elle était la source de son moment d’égarement, songeait-elle en observant le jeune homme qui lui tournait le dos. Après, l’exercice était peut-être particulièrement laborieux, c’était possible aussi.

Après quelques instants, le Gryffondor finit par réussir et se détourna de la Pensine pour la rejoindre près du canapé en admettant que l’exercice était loin d’être facile.

« J’ai cru comprendre, répondit Nelly avec un sourire mi-amusé, mi-narquois. Surtout la deuxième étape…, poursuivit-elle en se levant. J’ai eu l’impression que t’étais plus dans le truc. Je vais essayer, dit-elle quand Virgil le lui demanda. Je vais tâcher de rester concentrée, si c’est si galère que ça. »

Elle se dirigea vers la Pensine avec un petit sourire moqueur du genre ceux qui veulent dire « Hein... N’est-ce pas ? Pourquoi tu t’es déconcentré ? ». La préfète remisa ses pensées une fois devant le bassin magique au fond duquel elle regarda quelques secondes. Ok, à son tour maintenant. Il lui suffisait de convoquer un souvenir anodin pour le moment et s’en séparer quelques instants, rien de plus.

Déterminée à ne pas perdre de temps, la Serpentard sortit sa baguette, ferma les yeux et chercha un souvenir dont elle pouvait se débarrasser. Le dernier et succinct échange qu’elle avait eu avec Chloe dans le dortoir juste avant de gagner la Salle des Quatre Maisons s’imposa clairement dans son esprit. Forte de ses exercices de contrôle mental, Nelly parvint à l’isoler sans difficultés en se concentrant dessus.

« Extracto » murmura-t-elle.

Une douce chaleur irradia l’ensemble de son crâne et quand elle ouvrit les yeux, la préfète fut satisfaite de voir un fil argenté se balancer au bout de sa baguette. Sans un mot, elle sourit et laissa tomber son souvenir dans la Pensine qui le happa dans un hypnotique tourbillonnement.

« C’est génial, commenta-t-elle en relevant les yeux sur Virgil. Elle prit une profonde inspiration et repêcha son souvenir avec sa baguette. OK. Étape suivante. »

La jeune femme ferma les yeux et se concentra pour faire le vide dans sa tête. Concentrée sur sa respiration, elle parvint à occulter tout le reste mais ne réussit pas à réintégrer le souvenir à la première tentative. Effectivement, c’était un peu compliqué. Surtout qu’elle s’efforçait de se vider l’esprit comme pour le fermer alors qu’il fallait plutôt l’ouvrir, être prête à retrouver son souvenir…
La deuxième tentative fut la bonne et la préfète soupira, soulagée de pouvoir à nouveau se souvenir de sa rapide conversation avec Chloe. Soucieuse de ne pas perdre sa concentration, elle entreprit de passer au chose sérieuse.

« J’enchaîne, dit-elle à Virgil. S’il faut que le legilimens aussi prenne ses précautions… Je vais me séparer d’un souvenir. Tu sais lequel… » ajouta-t-elle en fermant les yeux.

Elle n’eut absolument aucun mal à convoquer le souvenir de sa mère… C’était comme si son cerveau attendait l’ordre d’ouvrir les vannes du barrage de sa mémoire. Les images s’imposèrent, nettes, détaillées, et Nelly, habituée à lutter contrer, plissa plus fermement les paupières, la mâchoire serrée, pour les chasser. Ses doigts se crispèrent autour de sa baguette qu’elle plaqua contre sa temps en se forçant à respirer calmement. C’est rien, laisse les venir s’encouragea-t-elle.

Une fois prête, la jeune femme murmura la formule et la même sensation que la première fois envahit sa tête au détail près qu’elle ressentit un picotement sur sa tempe. Avec une légère grimace, elle tira le fil argenté qui quitta définitivement sa tête et qu’elle jeta presque dans la Pensine sur laquelle elle s’appuya des deux mains, le temps que ses pensées s’organisent.

La sensation était étrange. Elle n’avait plus le souvenir en tête mais cela ne l’empêchait pas de savoir ce qu’il contenait… Elle se souvenait bien entendu de tout le reste : sa convalescence, le tribunal, ses cicatrices, les séances avec la psychologue, les conversations avec sa famille, ce qu’elle avait raconté à Virgil le jour de leur duel… Au final, elle pouvait presque reconstituer le souvenir dans son intégralité avec ces éléments. C’était très spécial…

« Voilà, finit-elle par souffler. C’est bon pour moi… Elle s’écarta de la Pensine en se massant les tempes avant de se retourner subitement. Attends ! Il ne faudrait peut-être pas qu’on mélange nos souvenirs, » réalisa la Serpentard en s’approchant des bibliothèques où elle avait vu des fioles.

Parmi celles remplies de différents liquides, certaines étaient vides. Elle en prit une et retourna près de la Pensine pour attraper son souvenir avec sa baguette. Assez maladroitement, elle parvint à faire glisser le fil argenté dans la fiole au fond de laquelle il s’enroula.

« Ça, c’est à moi, annonça-t-elle en bouchant la fiole qu’elle alla poser bien en vue sur les rayonnages. A ton tour de te séparer de tes petits secrets, reprit la préfète en revenant près de la Pensine contre laquelle elle s’appuya, les bras croisés et un petit sourire malicieux au coin des lèvres. C’est bon ? T’as retrouvé tes esprits ou t’as encore besoin d’air ? » railla-t-elle en le scrutant de ses yeux noisettes.

Elle comptait bien rester plantée là un petit moment pour l’embêter juste un peu…



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Nelly semblait prête à relever le défi puisqu’elle quitta sa place pour rejoindre la Pensine à son tour. Virgil fit le chemin inverse en direction du canapé afin de lui laisser un peu d’espace et lorsqu’ils se croisèrent il roula des yeux devant le  petit air narquois qu’elle affichait. Il savait très bien ce que sous entendait ce sourire amusé: Il faisait référence à ses tentatives infructueuses pour remettre son souvenir en place et Virgil se promit mentalement de ne plus faillir de la sorte devant Nelly (ne serait-ce que pour ne plus voir sur son visage ce petit air satisfait !). Dans le domaine des manipulations mentales, tout n’était qu’ affaire de concentration, Virgil le savait pour l’avoir lu à maintes reprises dans tous les ouvrages qui traitaient de la question. Il était persuadé qu’il aurait pu éviter ce petit moment de faiblesse s’il avait réussi à focaliser son esprit sur la tache à accomplir plutôt que sur la présence de sa camarade. Il devait apprendre à gérer ces pensées parasites, à les occulter ou, au contraire, à les convoquer , par pur défi. Cet état d’esprit collait davantage à sa personnalité d’ailleurs, songea-t-il en sortant une énième cigarette de son paquet qu’il alluma de la pointe de sa baguette. Oui, il connaissait le tabagisme passif et non il ne comptait pas faire d’effort pour préserver les poumons de Nelly- aussi charmants soient-ils.

L’adolescent resta un bon moment quasiment immobile tirant à intervalles réguliers sur sa cigarette, jambes croisées, à attendre que la préfète s’exerce. Il répondit à son victorieux « C’est génial ! » par un bref sourire mécanique digne d’une poupée articulée puis il observa scrupuleusement les différentes tentatives de la jeune femme pour remettre son souvenir en place. Il nota mentalement ses gestes et mémorisa l’emplacement des toniques dans sa prononciation de la formule car elle réussit plus rapidement que lui à réintégrer l’échantillon mental –ce qui le piqua légèrement dans son orgueil- après toutefois un premier essai inefficace.

Souhaitant poursuivre sur sa lancée et garder les bénéfices de sa concentration, Nelly proposa d’enchainer directement. Virgil esquissa un vague geste de la main, comme pour dire « Peu importe. » puis il écrasa son mégot dans le cendrier tout en expirant lentement sa dernière bouffée. Il attendit que Nelly ait fermé les yeux pour relever la tête dans sa direction alors qu’elle convoquait le souvenir qu’elle souhaitait remiser en dehors de son esprit le temps de l’exercice. Effectivement, Virgil savait à quel moment de sa vie Nelly faisait référence. Il vit les paupières de la jeune femme  se plisser légèrement et sa mâchoire se crisper à la réminiscence de la scène. L’adolescent se figea pour observer plus en détail sa camarade. Il avait l’impression qu’il pouvait deviner ses pensées juste en analysant ses réactions. Pour avoir déjà  visité ce souvenir, il savait parfaitement ce que Nelly pouvait ressentir à cet instant : Un vif sentiment de répulsion et de peur mêlé devant la violence de sa mère névrosée. Toutefois, des pensées apaisantes et raisonnées semblèrent s’imposer dans son esprit puisqu’elle retrouva un peu de sérénité ce qui lui permit d’extraire ce souvenir. Elle grimaça quelque peu lors de l’extraction -qui était normalement sans douleur pourtant-  et Nelly fut même contrainte de s’appuyer quelques instants sur les bords de la Pensine...

« Tu vas quand même pas nous faire un malaise, souffla-t-il d’un ton défiant. En langage de Virgil, cela voulait dire « T’es sûre que ça va ? » mais il ne comptait pas le formuler de la sorte. La mansuétude, très peu pour lui…
« Je te préviens, si tu clamses, je fais léviter ton corps en dehors de cette pièce, ajouta-t-il en désignant de la pointe de son index la porte d’entrée, Pas moyen que tu grilles cette planque de rêve ! »

En vérité, il se souvenait trop bien de la crise d’angoisse d’Emma Blackbonnes et il n’avait aucune envie de revivre un moment aussi gênant ! Fort heureusement, Nelly recouvra bien vite ses esprits. Elle proposa même d’utiliser les fioles pour séparer leurs souvenirs, signe que le temps était venu pour  lui de s’exécuter et de trier les souvenirs qu’il voulait protéger du regard de  Nelly. En effet, la jeune femme semblait en pleine possession de ses moyens. Elle  s’était appuyée le dos  contre la Pensine et se permettait même de le railler au sujet de son petit moment de faiblesse en lui demandant s’il avait  encore besoin d’air .

« Pourquoi tu me demandes ça ? s’enquit-il posément, tu te proposes pour une séance de bouche à bouche ? » lâcha-t-il en se levant. Il s’étira longuement avant de rejoindre la jeune femme pour s’accouder sur le rebord de la Pensine juste à côté d’elle, épaule contre épaule.

Il entendait bien lui faire comprendre –enfin croire- qu’elle n’était pas la source de son moment d’égarement. Certes, il avait été un peu troublé mais plutôt que de nier en bloc, Virgil estimait qu’il n’y avait pas meilleure défense que l’attaque. Rompre la distance physique entre eux était déjà un premier pas pour obliger Nelly à ranger son petit sourire malicieux. Si elle reculait, il gagnait et si elle ne le faisait pas, et bien il pourrait bien sortir aussi victorieux. Quoiqu’il en soit, il avait l’impression d’avoir repris le contrôle de la situation. Il laissa son regard se perdre dans les eaux troubles et argentés de la Pensine avant de tourner la tête sur le côté pour observer Nelly d’un regard pétillant d’effronterie.


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Un temps d’adaptation était sans doute nécessaire après s’être séparé d’un souvenir important et complexe car Nelly en fut quelques secondes perturbée. Sans pouvoir se retenir, elle fouilla rapidement dans sa mémoire comme pour tenter de retrouver le souvenir qu’elle venait d’extraire. Elle ne pouvait plus convoquer les images elles-mêmes mais se souvenait de tout le contexte et de ce qu’il s’était passé après son agression : le ressenti était étrange et ses pensées se bousculèrent dans sa tête encore un instant alors que Virgil la questionnait avec son tact légendaire. La préfète éluda ses propos d’un geste de la main en fixant le liquide argenté de la Pensine le temps que ses esprits lui reviennent peu à peu.
En se focalisant sur les eaux dansantes du bassin, la Serpentard parvint à canaliser ses pensées qui s’affairaient malgré elle à la reconstruction du souvenir de la folie de sa mère, c’était comme si son cerveau un peu trop rationnel refusait le fait de ne plus avoir accès à ces images et qu’il faisait tout pour les reformer.

Après quelques secondes et une profonde inspiration, la préfète pu détacher ses yeux de la Pensine et consacrer son attention sur la suite des événements. Soucieuse de séparer son souvenir de ceux de Virgil, Nelly suggéra de conserver dans une fiole le filament argenté tout droit sorti de sa tête. Une fois son souvenir bien à l’abri et le bassin de la Pensine à nouveau libre, la jeune femme s’y adossa en questionnant Virgil, resté sur le canapé, non sans se moquer un peu.

La riposte de son camarade eut le mérite de lui clouer le bec… Elle se contenta de lever les yeux au ciel en se retournant pour poser les coudes sur le rebord en pierre de la Pensine. Du bouche à bouche, n’importe quoi… Le Gryffondor avait le don de rendre les situations gênantes et Nelly soupçonnait qu’il s’en servait pour reprendre l’avantage dans leur joute verbale. Elle s’était montrée moqueuse alors il contre-attaquait avec des propos lancés avec flegme - mais savamment calculés - et destinés à la déstabiliser. Il avait fait pareil lors de leur dernière rencontre, dans les serres, quand elle l’avait interrogé au sujet de ses parents. Il avait, pour le coup, réussi à la blesser en étant particulièrement mauvais. Peut-être parce que, pire que les moqueries, elle avait touché la corde sensible… Quoiqu’il en soit, elle commençait à cerner le personnage.

Sans piper mots, la Serpentard observa Virgil du coin de l’œil quand il l’imita et se posta à côté d’elle, contre son épaule. Bon, s’il brisait la distance ainsi, sans gêne, elle ne l’avait peut-être pas tant perturbé que ça tout à l’heure… Dommage.
La Nelly brûleuse-de-joue rétorquerait sans aucun doute un truc du genre : « Ça tombe bien, j’ai passé le brevet de secouriste l’été dernier. Mon bouche à bouche est très efficace... », le tout dit d’une voix suave et en s’approchant un peu plus du Gryffondor. Dans sa tête, ça rendait très bien, mais elle n’avait pas envie de se lancer là-dedans et jouer la comédie avec Virgil lui semblait étrangement plus difficile et mal placé maintenant qu’ils se connaissaient un peu mieux.

La jeune femme s’enferma donc dans un silence prudent lorsque son camarade releva les yeux sur elle. Un petit sourire amusé sur les lèvres, une lueur de défi dans les yeux, elle se mit à fixer le regard bleuté du Gryffondor. S’il croyait pouvoir s’en tirer comme ça…
Lancée dans leur duel de regard, la préfète en profita pour scruter les iris de Virgil. Il avait vraiment de beaux yeux… Les ravins qui lui servaient de cernes gâchaient un peu tout mais bon. Il dormait la nuit ? Non parce que là c’était une horreur. Avec un sourire moqueur, la préfète finit par rompre l’instant suspendu.

« Faut dormir la nuit. T’as de ces valises sous les yeux mon gars, c’est chaud !
Elle commençait à perdre patience. Elle avait bien envie de l’embêter encore un peu – si vraiment elle le troublait dans sa concentration – mais elle se doutait bien que Virgil ne ferait rien tant qu’elle restait près de la Pensine et ils n’avaient pas trois heures devant eux.
Bon… T’as de beaux yeux mais on a pas toute la soirée. Petit compliment au passage, pour rattraper  le coup des cernes. Je t’en prie. »

Sur ces mots, Nelly se redressa et s’éloigna de la Pensine avec un geste de la main l’invitant à se préparer à son tour. Elle se laissa tomber dans le canapé, grimaça devant le cendrier rempli de cendres qu’elle fit disparaître d’un sort et s’installa confortablement dans le sofa en cuir.
Une fois le Gryffondor prêt, ils pourront passer à la suite et, pour être honnête, l’impatience la gagnait alors elle était prête à faire preuve de bonne volonté en laissant Virgil tranquille.



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Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Virgil était bien incapable de savoir ce qui se passait réellement derrière les prunelles noisettes de Nelly qui restait silencieuse. Pour tout avouer, il aurait bien aimé savoir. Il avait lu que certains légilimens particulièrement brillants arrivaient à lire les pensées de leurs interlocuteurs seulement en les regardant. Peut-être ferait-il partie de ces génies, un jour, mais pour le moment il devait se contenter de ce que Nelly laissait transparaitre, à savoir, pas grand-chose. Elle ne semblait ni gênée, ni séduite, peut-être juste un peu agacée ou affligée…Virgil ne savait pas trop.

Elle finit par rompre le silence qui s’était installé entre eux en le « complimentant » sur ses magnifiques cernes. Classique ! La génétique avait pourvu Virgil des beaux yeux bleus de sa mère –un bleu azuréen nettement plus éclatant que le bleu gris de Jonah dont avait hérité ses frères mais elle l’avait aussi dotée de deux profonds chaudrons qui lui mangeaient littéralement visage, éclipsant à coup sûr ces belles prunelles. Virgil avait beau faire des nuits de dix heures, il conservait toujours ses yeux cernés de marbrures légèrement bleutées voir violacées.

« C’est mon principal atout charme. » rétorqua-t-il toutefois avec son éternel petit air narquois.

Avec le temps, il avait pris le parti de composer avec son physique atypique de botruc défoncé. Il n’aurait jamais la plastique de Dean de toute façon donc il s’était fait une raison et il avait décidé d’assumer son anatomie singulière…Avait-il vraiment le choix ?

Quoiqu’il en soit  Nelly ne semblait pas du tout prompte à flirter avec lui. Au contraire, sans chercher à masquer son irritation et son impatience, elle lui demanda de se dépêcher. D’un certain côté, elle n’avait pas tord, ils n’avaient pas toute la nuit devant eux, mais d’un autre, Virgil estimait qu’il avait enfin reprit l’ascendant sur la jeune femme. En rejoignant le canapé, elle avait perdu son petit air moqueur constata Virgil en la suivant des yeux pour finir littéralement adossé contre la Pensine, l’air plutôt fier de lui. C’était puéril d’être satisfait à l’idée d’avoir cloué le bec à Nelly, il en avait bien conscience et il n’en fallait pas plus pour lui redonner le sourire, pourtant, il ne pouvait pas s’empêcher de ressentir un léger voile de déception. Il devait avouer qu’il n’aurait pas  été contre une autre issue mais aux vues de la réaction agacée de la préfète, la question ne se posait manifestement pas... Dommage.

« T’as besoin d’un peu d’air ? » lâcha-t-il alors, en véritable tête à claque.

Il attendit encore quelques instants  avant de consentir à se retourner enfin pour faire le tri dans ses souvenirs. Les deux mains posées sur la pierre froide de la Pensine, il prit quelques profondes inspirations le temps de se concentrer et d’occulter les pensées parasites. Il devait convoquer les souvenirs à isoler, ceux qu’il voulait garder pour lui seul, et les réminiscences de disputes entre ses parents s’imposèrent naturellement dans son esprit : Les souvenirs flous de la conversation à l’origine de leur séparation, l’été de ses treize ans, et l’accrochage, nettement plus frais dans son esprit, qui avait suivi les événements de la Saint-Valentin. Virgil expira lentement tandis qu’il pointait la baguette sur sa tempe pour extraire ces deux moments de sa mémoire. A bien y réfléchir, et comparés aux souvenirs bouleversants de Nelly, ces événements pouvaient sembler bien futiles. Après tout, ses parents étaient juste divorcés. C’était le cas de nombreux élèves à Poudlard et beaucoup de jeunes se trouvaient dans la même situation que lui.  Sa mère n’avait jamais attenté à sa vie par exemple, comme c’était le cas pour Nelly, il ne s’était pas fait manipuler par une mardolienne et il n’avait jamais été victime d’un attentat, comme Emma.

Sur le papier, ses coups durs n’en étaient pas vraiment, et pourtant, il avait beaucoup de mal à prendre du recul sur ces situations… Enfin, peut-être qu’il commençait enfin à y parvenir. Le fait qu’il constate que certains de ses camarades vivaient des expériences bien plus traumatisantes que les siennes était sans doute un premier pas vers la maturité, non ? se dit-il avant de fermer les yeux pour faire taire ces questionnements.

Il se concentra un long moment et extirpa finalement les souvenirs de sa mémoire, un à un. Nelly avait fait le choix de préserver un seul moment mais Virgil posa au final six fioles sur le rebord de la Pensine.

Il pouvait parfaitement comprendre les vertiges de sa camarade dorénavant. La sensation ressentie était vraiment étrange, presque inquiétante. Il se sentait déposséder d’une partie de lui-même et il dut lutter pour ne pas réintégrer immédiatement ses pensées à leurs places. Son cerveau semblait agir presque à son insu, cherchant, par tous les moyens de nouveaux chemins pour accéder aux souvenirs disparus, en vain.
Quoiqu’il en soit, il ne tenait pas à perdre le face devant Nelly, aussi se força-t-il à reprendre rapidement le dessus en ne faisant cas de rien.

« C’est bon, je suis prêt. » dit-il au bout de quelques instants. Il s’éloigna de la Pensine, sa baguette en main, et prit place au milieu de la pièce. Il fit rouler son poignet et sa tête pour s’échauffer légèrement et s’immobilisa pour convoquer l’image mentale d’une haute muraille infranchissable qui ne tarda pas à se matérialiser dans son esprit. Virgil avait à cœur de réussir cet exercice et son air sérieux n’avait rien de factice. Il releva les yeux vers sa camarade d’entrainement, pointa sa baguette dans sa direction et souffla :

« Quant tu veux. »


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Nelly HorrocksPréfèteEn ligneavatar
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Nelly s’était installée dans le canapé, les jambes croisées en attendant que Virgil ait fini de se préparer. Mais le Gryffondor, en bonne tête à claques, ne souhaitait visiblement pas s’arrêter là dans les taquineries.

« Non, je n’ai pas besoin d’air, rétorqua la préfète, une expression désabusée collée au visage pour masquer son amusement. Et si, malheureusement, j’ai besoin de bouche à bouche, je bien peur que tu n’aies pas assez de souffle pour me réanimer… Merci la cigarette. »

Sur ces mots, elle désigna la Pensine du menton, l’incitant à se dépêcher. La jeune femme, bien que réellement amusée, préférait feindre l’agacement et l’intérêt plutôt que de se lancer dans un échange qui n’en finirait pas. Le duel de regard qu’elle avait lancé avec son camarade lui avait plu mais ils n’avaient pas toute la soirée et, là, maintenant, elle s’impatientait de pouvoir enfin expérimenter la Legilimancie, les piques et les jeux de séduction pourront attendre. De plus, si Virgil avait continué à la scruter ainsi du regard une minute de plus, le rouge lui serait certainement monté aux joues.

Après quelques instants de silence, le jeune homme entreprit finalement de se concentrer sur l’extraction de ses souvenirs. Nelly, curieuse de voir de combien de souvenir Virgil comptait se séparer, observa ses faits et gestes. Son impatience et son étonnement s’amplifièrent au fur et à mesure que son camarade posait des fioles sur le rebord de la Pensine.
Le Gryffondor se sépara au final de six souvenirs, ni plus ni moins. Elle qui avait choisi d’isoler qu’un seul souvenir, tant le reste lui paraissait insignifiant à côté de son agression, la préfète n’avait pas imaginé que Virgil ait autant de choses à cacher ou autant de souvenirs qu’il juge douloureux. Peut-être que ce n’était que pour préserver son jardin secret et garder hors de sa vue ce qu’il estimait être personnel, ou peut-être pas…
Elle n’avait jamais envisagé que le jeune homme ait pu vivre des coups durs, des événements peut-être aussi terribles que la folie de sa mère… Pourquoi pas ? Chacun avait une vie et des histoires différentes, songea-t-elle en s’extirpant du canapé pour rejoindre Virgil près de la Pensine.

« Ça va ? » s’enquit-elle sans chercher à cacher son inquiétude.

Le Gryffondor venait de se retirer six souvenirs de la boîte crânienne à la suite et, de son côté, son esprit s’était complètement emballé pour un seul souvenir… Elle n’osait pas imaginer la sensation éprouvée par son camarade en ce moment même. Pourtant, Virgil ne montrait aucun signe de fatigue ou d’étourdissement alors soit il était très bon comédien, soit il était mentalement plus fort qu’elle. En baissant les yeux sur les six fioles alignées sur la Pensine, Nelly se passa de tout commentaire mais elle se sentait piquée dans son orgueil de s’être sentie si démunie après l’extraction de son souvenir et de ne pas avoir eu le contrôle sur son cerveau qui s’était emballé alors que Virgil était frais comme un gardon.
La Serpentard constata également avec une certaine culpabilité qu’elle mourrait d’envie de connaître le contenu des fioles : elle se sentait bridée, réduite à ne voir que ce qu’on lui autorisait de voir et avoir ces souvenirs inconnus sous les yeux sans pouvoir y accéder la frustrait. Telle une enfant devant une boîte de bonbons défendus ou à qui on refusait l’accès à une pièce, elle déployait une volonté immense pour ne pas céder à la tentation et verser le contenu des fioles dans les eaux dansantes de la Pensine et d’y plonger la tête, comme elle l’avait lu dans un livre.

Détournant le regard, elle porta sur le Gryffondor ses prunelles noisettes pétillantes de malice. Plutôt que de se perdre dans ses pensées, elle préférait chambrer son acolyte.

« Moi qui voulais découvrir des choses compromettantes ou croustillantes sur toi, je suis déçue… soupira-t-elle. Je vais donc devoir me contenter de la partie la plus morne de ton existence ? » questionna la jeune femme, faussement dépitée.

Bien qu’il y ait une part de vérité dans ses propos – elle voulait bien connaître un peu mieux son camarade – la préfète comprenait qu’il cherche à protéger ce qu’il voulait garder pour lui.
Elle s’étonnait de son fair-play, tout de même. Une petite voix dans sa tête lui criait que, lors de leur duel, Virgil n’avait pas songé une seconde à ce qu’elle voulait éventuellement garder secret et qu’elle ferait mieux de lui rendre la monnaie de sa pièce… Mais une certaine forme de respect et de retenue primait en elle maintenant qu’elle avait à cœur de garder une bonne estime auprès du Gryffondor. Et à quoi bon se venger ? De toute manière, les souvenirs les plus personnels du jeune homme étaient désormais à l’abri.

Nelly suivit Virgil au centre de la pièce, leurs pas traçant des sillages dans la fine brume mystique qui recouvrait les lieux. Enfin, ils y étaient. De nouveau face à face et, cette fois-ci, Nelly occupait une toute nouvelle place. L’excitation montait en elle, vibrant de ses entrailles jusqu’aux bouts de ses doigts. Le bois de sa baguette chauffa instantanément lorsqu’elle la serra dans sa main. La jeune femme s’accorda quelques secondes pour prendre plusieurs profondes inspirations, se concentrer et se remémorer les conseils donnés par Virgil.

Elle était prête. Au signal du Gryffondor, elle pointa sa baguette sur lui, planta son regard dans le sien et murmura la formule :

« Legilimens »

Dès:
 



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Virgil ForbesSixième annéeavatar
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« La partie la plus morne de ma vie est surement plus excitante et amusante que ce que tu estimes être la partie la plus intéressante de ton existence. » souffla Virgil d’un air volontairement condescendant. Comme pour illustrer ses propos, il pressa ses poings serrés contre son visage et sautilla sur place en une parfaite imitation d’une Kristen White hystérique « Gnnniii mon meilleur ami m’a pris dans ses braaaas ! »

Oui, il faisait clairement allusion au souvenir de la piscine qu’il avait vu dans la mémoire de sa camarade. Depuis qu’il avait déclenché l’ire de Nelly en évoquant le souvenir de sa mère, Virgil s’était pourtant promis de ne plus commenter ce qu’il découvrait dans le cerveau de la préfète. Toute allusion à Liam, l’ami moldu de la jeune femme,  était donc implicitement interdite- normalement-  mais c’était sans compter avec le fait que Nelly s’amusait à le taquiner depuis un petit moment déjà et qu’il avait envie de répliquer (pour éventuellement lui clouer le bec). Virgil était incorrigible et il avait souvent beaucoup de mal à tenir ses résolutions, surtout si elles impliquaient qu’il doive brider son impertinence ou sa nature profondément moqueuse. Et puis, Nelly ne donnait pas sa part à l’hippogriffe en le qualifiant, plus ou moins, de laideron asmathique ! Ils étaient quitte.

De plus, même si elle faisait mine de s’agacer de son comportement puérile, il avait parfaitement perçu le regard malicieux qu’elle lui avait jeté, signe qu’il pouvait se permettre quelques effronteries en respectant toutefois la ligne blanche à ne pas franchir, à savoir, mentionner Maman Horrocks.

Les deux élèves décidèrent toutefois de faire une pause dans leur échange animé  afin d’entamer  leur séance d’entrainement. Après tout, ils étaient là pour ça. Ils n’avaient pas cherché cette pièce secrète pour se livrer à des joutes verbales interminables ou à de vulgaires flirts adolescents. C’était distrayant, Virgil voulait bien l’admettre, plaisant même, mais toutefois nettement moins passionnant que les exercices de manipulations  mentales magiques auxquels ils s’apprêtaient à se livrer.
Le Gryffondor recouvra donc son sérieux assez rapidement en se plaçant au centre de la pièce. Il avait cette drôle de faculté de passer presqu’ instantanément d’une expression à une autre. L’ambiance sombre et mystique se prêtait bien à la concentration et  il était impatient d’essayer l’occlumancie malgré le malaise provoqué par l’extraction de ses souvenirs et une légère appréhension justifiée : Nelly n’était guère plus expérimentée que lui et il espérait qu’elle n’endommagerait pas son cerveau de manière irréversible avec une erreur de manipulation. Ils n’étaient pas à l’abri que l’un des deux cause des dommages dans la mémoire de l’autre. Même si Virgil était prêt à prendre ce risque, il avait pleinement conscience du danger et il prit donc le temps nécessaire pour se mettre en condition.

Visualiser un mur. Fermer son esprit aux ondes extérieures. Vider sa tête.

Lorsqu’il se crut prêt, il le fit savoir à Nelly qui engagea le duel..

Virgil s’était préparé à une sensation désagréable mais il fut surpris par la violence de l’intrusion. Un éclair, blanc, fulgurant, suivi d’un bruit de pneus qui crissent et d’un long coup de klaxon.  Ou était donc passé le mur qu’il venait de visualiser ? Au lieu de ça, l’adolescent reconnut immédiatement l’endroit dans lequel il se trouvait : Il était plongé trois ans en arrière sous le soleil estival de Bude.
« Non mais ça va pas de traverser sans regarder ! » le touriste qui conduisait la voiture avait baissé sa vitre pour vociférer sur le Virgil du souvenir  qui sortait tout juste de la plage, sa serviette posée sur l’épaule, l’air particulièrement remonté.
« T’as qu’à rouler moins vite, Connard ! » répondit l’adolescent  toujours au milieu de la route en levant son majeur dans un geste rageur.

Ce souvenir ne devait théoriquement pas se trouver là. Virgil en était intimement persuadé au plus profond de lui-même.  Nelly, dont la présence invisible irradiait le souvenir, n’était pas sensé voir ce qui allait se passer dans les prochaines secondes.

L’adolescent du passé reprit sa marche d’un pas décidé et  passa le portillon de l’appartement de location de la famille Forbes. *Non*, songea Virgil. Il  traversa la pelouse pour se diriger vers la baie vitrée. Nelly allait tout entendre. Il s’arrêta subitement en percevant les premiers murmures et… le souvenir se déchira littéralement en deux comme si une puissance invisible avait attrapé les murs de la petite maison pour la déchiqueter, ouvrant une larges fissures sur d’autres souvenirs confus, défilant les uns après les autres à toute vitesse comme des images subliminales ou de brèves réminiscences olfactives.
Virgil allongé sur son lit observant le plafond , ses écouteurs rivés dans ses oreilles et son ipod crachant à plein régime un morceau de musique métal.
« Smouick », Tante Geneviève qui l’embrasse sur la joue, à six ou sept ans, et le petit Virgil qui s’essuie d’un air dégouté.
« Arrêteuh ! » la tète de Gaby emprisonné sous son bras tandis qu’il lui ébouriffe les cheveux, mort de rire.
La salle commune de Gryffondor, plongée dans l’obscurité et une silhouette assise sur le canapé qui s’adresse à lui « Tu dors pas toi non plus ? »
Un lapin qui fait des claquettes et des doxys qui entonnent des chants religieux.
Ses parents et ses frères qui l’applaudissent après avoir soufflé les dix bougies sur son gâteau. Agathe qui l’enlace « Bon anniversaire mon chéri. »
Une odeur de cendrier froid puis le fumet plaisant de la mandragore qui le calme et l’apaise tout de suite.
Lui, les deux mains posées sur sa cheville tentant vainement de retenir ses larmes au milieu d’un terrain de football. Ses trois frères penchés au dessus de sa jambe, l’air affolé et la voix rassurante de Dean « Je vais appeler papa, t’inquiète pas.»
La silhouette de Philip, semblable à de la fumée qui s’évapore dans les airs.
Le cours de Métamorphoses, Virgil avachi  sur son bureau, jouant distraitement avec sa plume, les yeux mi clos, perdus dans la contemplation de la nuque de Nelly assise devant lui.
L’odeur entêtante des plantes exotiques des serres de Londubat.
Des paupières qui se ferment, lourdes, et une irrépressible envie de fermer les yeux et de ne plus jamais les ouvrir.
Damon, qui présente fièrement le solarium rempli de plant de mandragore  installé dans le garage de sa maison parentale.
Un fou rire, interminable, avec la bande dans l’obscurité du parc.
Virgil qui tire sur son premier joint à la fête d’anniversaire de Kasya sous le regard amusé de cette dernière.

Des dizaines de visions imbriquées les unes dans les autres qu’il pouvait aisément rattacher à un contexte particuliers contrairement à Nelly qui devait être assaillie par ce flot d’images, d’odeurs et de sons, sans queue ni tête. Le cerveau de Virgil n’était pas du tout organisé comme celui de sa camarade, les souvenirs s’entrechoquaient, se mélangeaient et passaient rapidement de l’un à l’autre comme des flashs aussi brefs que puissants.

Toutefois, le fait que chaque souvenir soit déconnecté de son contexte ne rassurait pas particulièrement Virgil qui tentait vainement de reprendre le dessus sur la situation. Les images défilaient, encore et encore.

Le professeur Hellsoft le disputant en première année.
Lui en train de cracher dans le plat de tante Geneviève.
Lui, encore une fois, dans la chambre des parents Drop, occupé à voler une boucle d’oreille dans la boite à bijou de la mère de Damon.
La vision de sa main qui se liquéfie, ses doigts qui dégoulinent et sa propre voix, pâteuse, qui dit à Kasya« J’ai atteint le stade liiiquiiide. ».

Il devait faire quelque chose pour arrêter ce défilement, se dit-il en tachant de bloquer son esprit sur un souvenir en particulier. Il sentait qu’il n’arriverait pas à chasser Nelly de son cerveau, c’était au dessus de ses forces et de ses compétences. Visualiser un mur, concevoir une vision de toute pièce, lui semblait également difficile à mettre en œuvre. Il sentait ses forces s’amenuiser de secondes en secondes, hors, il devait absolument neutraliser l’avancée de la préfète. S’il n’était pas en mesure de la chasser ou de la contenir dans un coin de son cerveau, il devait donc la faire partir d’elle-même en lui imposant une vision insoutenable.

A peine était-il arrivé à cette conclusion que le regard fou de la mère de Nelly se matérialisa dans son esprit. *Non* songea Virgil, parfaitement conscient de sa bévue. Mais dans un reflexe protecteur, son cerveau  s’appliquait à reconstituer le petit appartement de Madame Horrocks le plus fidèlement possible : l’odeur rance, les livres étalés sur la table basse, la lampe, le ciseau posé dans un coin,  et la petite fille au pyjama licornes à l’air affolé.
« C’est quoi ça !? Pas de ça chez moi j’ai dit ! » beugla la mère.


*Non.* intima Virgil une nouvelle fois et, lorsqu’il ouvrit les yeux, le modeste appartement avait disparut : Il était là, haletant, face à Nelly, dans la salle sur demande, bien incapable de savoir si la jeune femme avait quitté le souvenir de son plein gré ou s’il avait réussi à interrompre le sortilège.

« Je…ce…je ne pensais pas …» balbutia-t-il, l’esprit encore embrouillé par l’expérience traumatisante qu’il venait de vivre.

Il n’avait jamais voulu convoquer ce souvenir en particulier mais son instinct de protection en avait décidé autrement. Son cerveau était  ingénieux, il devait l’avouer, mais il se sentait un peu mal à l’aise vis-à-vis de Nelly. Compte-tenu de leurs antécédents, il se doutait que cette vision ne lui avait clairement pas fait plaisir.

« Ce n’était pas ce que je voulais, ajouta-t-il en secouant la tête, J’ai essayé de lutter mais le souvenir s’est imposé de lui-même. » expliqua-t-il en se massant le crâne.

Pour une fois, il disait la vérité  et il espérait que la préfète allait le croire car il n’avait pas la force d’argumenter davantage. Elle avait bien dû percevoir qu’il tentait de bloquer cette vision, non ? se dit-il en rejoignant le canapé où il s’assit pour attraper sa tête entre ses mains. Il avait l’impression que son cerveau venait d’être passé à la moulinette. Pour être tout à fait honnête, il avait détesté la sensation d’intrusion et la perte de contrôle qui avait suivit. Quelle horrible expérience! Il avait l’impression que Nelly avait feuilleté les pages de sa vie sans pudeur et il se félicita mentalement d’avoir mis de côté certains souvenirs personnels…


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Nelly ne s’attendait pas vraiment à réussir au premier essai mais la chance du débutant et l’inexpérience de Virgil en Occlumancie la propulsèrent dans l’esprit de son camarade. Elle eut l’impression d’être aspirée vers un solide mur de briques qui éclata à son approche dans un grand flash blanc. Éblouie, Nelly plissa les yeux en levant sa main devant son visage. Dans la lumière éclatante, un coup de klaxon et des crissements de pneus sur du goudron s’imposèrent juste avant l’image d’une voiture qui pila à quelques centimètres d’elle. Par réflexe, la préfète eut un mouvement de recul : elle avait bien cru se faire renverser !
Mais où était-elle ? Le reste du décor se stabilisa enfin, provoquant une effluve de sensation que la jeune femme ressentit comme si elle y était. La chaleur, le soleil, les reflets éblouissants des rayons sur la carrosserie de la voiture dont le conducteur braillait par la vitre ouverte et… Virgil ! Une version plus jeune du Gryffondor en tout cas… Le garçon passa devant elle sans la voir en injuriant l’homme qui avait failli le percuter. Pas de doute, c’était bien Virgil… Elle avait réussi ! Elle était dans la mémoire de son camarade et était en train de revivre un de ses souvenirs ! C’était incroyable. Tout bonnement fantastique ! La scène était incroyablement bien détaillée, riches en sensations et émotions. Tous les sens de la préfète étaient sollicités, elle pouvait aller jusqu’à ressentir la texture du T-shirt de Virgil qu’elle s’empressa de suivre, alors que la voiture repartait en manquant de la traverser.

En se concentrant bien, la Serpentard perçut également une sensation d’inconfort, de brûlure même, sur les épaules du jeune homme qui avait vraisemblablement attrapé des coups de soleil. Il revenait passablement agacé de la plage, sa tenue et sa serviette en étaient les preuves. Son T-shirt sentait le sel et Nelly entendait le son des vagues au loin. Quelle expérience incroyable ! Tout semblait si réel et elle avait accès à tellement d’informations, certaines auxquelles elle et Virgil n’auraient pas prêté attention en temps normal… Elle comprenait désormais l’enthousiasme de son camarade à propos de la Legilimancie. Rien que pour l’artifice sensoriel provoqué, elle n’avait aucune envie que la souvenir s’arrête.

Pourtant, quelque chose clochait. Alors qu’elle passait, à la suite du jeune Virgil, un portillon donnant sur la pelouse d’un appartement, une certaine forme d’appréhension vibra au plus profond de son être. Nelly s’arrêta pour regarder derrière elle, cherchant à comprendre la cause de ce ressenti, lointain, mais présent. Elle était sûre que cela ne faisait pas partie du souvenir et son instinct lui disait que c’était le Virgil du présent qui craignait quelque chose en ce moment même.

La Serpentard reporta un regard inquiet sur le jeune Virgil qui approchait maintenant de la baie vitrée entrouverte de l’appartement d’où s’échappaient de faibles murmures. Sans que Nelly ne comprenne pourquoi, le souvenir se déchira comme une vulgaire photographie et elle tomba dans un flot d’images, de sons et de couleurs.
Entraînée dans un tourbillon de souvenirs, son attention ne parvenait pas à s’attarder sur des images précises qui défilaient à toute vitesse. Une musique de Metal hurla dans sa tête alors que Virgil, couché dans un lit, se matérialisa devant ses yeux avant de s’évanouir presque aussitôt.
Un bisou baveux, la voix plaintive d’en enfant, Gabriel sûrement… Les informations se succédaient, sans amorce, sans raison, sans ordre… Une silhouette inconnue, une vision complètement irréelle et insolite d’un lapin aux claquettes, un gâteau d’anniversaire et des bras aimants… Il n’y avait parfois même pas d’images, juste des sensations et des odeurs aussi puissantes que désagréables, telles le fumet du tabac froid.

Le cerveau de Nelly recevait beaucoup trop d’informations… C’était épuisant et tout juste supportable, il lui fallait à tout prix s’arrêter sur un souvenir précis ou bien sortir de la tête de son camarade. Pour leur bien respectif. Mais une douleur, intense, à la cheville et l’image fugace d’un terrain de football l’empêcha de déployer la moindre concentration.
Elle se reconnut dans une réminiscence brève d’un cours de Métamorphose suivie des senteurs entêtantes et exotiques de la serre du professeur de Botanique.
Malmenés par toutes ces images, ces sons, ces odeurs, ces émotions, les sens et l’esprit de Nelly saturaient. C’en était trop, elle s’épuisait un peu plus à chaque flash…
La préfète prit sa tête entre ses mains, consciente qu’elle perdait complètement le contrôle. Pourquoi avait-elle fait ça ? L’art de la Legilimancie lui était complètement étranger… Comment avait-elle pu croire une seule seconde qu’elle s’en sortirait avec brio une fois dans la mémoire de son camarade ? Elle était clairement dépassée par toutes les informations qui se bousculaient sous ses yeux, encore et encore… Elle n’arrivait même plus à les identifier ou à les déchiffrer alors que la culpabilité la gagnait face à son impuissance. La jeune femme avait beau vouloir arrêter son avancée dans l’esprit de Virgil et retrouver le présent et la Salle sur Demande, les images, les émotions happaient toute son attention. Si bien qu’elle ne parvenait pas à se concentrer sur autre chose…

Soudain, sans crier gare, le regard fou et effrayant de sa mère se matérialisa sous ses yeux. Non, ce n’était pas possible… Pas encore. Pas dans l’esprit de Virgil aussi ! Son souvenir était isolé dans une fiole, sur une bibliothèque de la Salle sur Demande, elle ne pouvait pas le revivre ici !…
Mais quelque chose était différent : la scène se reconstruisait autour d’elle, détails par détails. L’image se stabilisa, l’odeur rance de l’appartement de sa mère lui arriva bientôt aux narines… Elle avait l’impression d’observer la scène qui, telle une peinture, se dessinait et se détaillait devant elle : Virgile était en train de la placer une nouvelle fois au cœur de son pire souvenir.
Comment pouvait-il lui infliger ça ? Il était donc mesquin et sans cœur à ce point ?
*Non*. La voix du Gryffondor résonna très clairement dans sa tête, plus précisément et plus fortement que lors du souvenir de la plage. A quoi jouait-il ? La préfète sentait que son camarade essayait de stopper la vision, d’empêcher sa formation, pourtant tout était clair autour d’elle désormais… Elle, plus jeune, en pyjama licorne et assise sur le canapé usé, ses devoirs étalés sur la table basse, les moindres détails étaient à leur place. L’angoisse la gagnait et ses muscles se crispèrent au moment où la porte de l’appartement s’ouvrit sur sa mère.

« Pas de ça chez moi j’ai dit ! »

Dans un ultime effort et refusant d’assister à la scène, Nelly se détourna du souvenir, fermant ainsi son esprit à toutes autres images.

« Arrête ! »

Son cri lui revint en écho, renvoyé par les murs de la Salle sur Demande. Elle était revenue das son corps, haletante et tremblante, face à Virgil. Elle était assez près pour le gifler, et oh qu’elle en avait envie, mais son corps ne réagissait pas. Sa main crispée autour de sa baguette laissait voir ses jointures blanches.

« A quoi tu jouais ? » parvint-elle à dire d’une voix dure.

Il ne pensait pas ? Pourtant il l’avait bien fait ! La préfète le suivit des yeux lorsque le jeune homme alla s’asseoir dans la canapé. Il était vrai qu’elle avait perçu les tentatives du Gryffondor pour arrêter le déroulement du souvenir, mais alors pourquoi elle l’avait quand même vu ? Il avait bien voulu lui imposer cette vision à un moment ou un autre.

Mais l’heure n’était pas à la colère, elle était épuisée, – et avait surtout eu peur de rester dans la mémoire de Virgil – son cerveau était saturé tant il avait été assailli d’informations. D’un pas lent, la Serpentard s’approcha à son tour du canapé pour s’asseoir, le plus loin possible de Virgil, et posa son front sur ses mains. Son camarade avait-il ressenti un pareil déluge de sensations dans sa mémoire ? L’expérience avait été incroyable mais éreintante.

« C’est bon, trancha Nelly dans un souffle, la tête toujours entre ses mains, désireuse de clore le sujet du souvenir de sa mère. C’était… différent. C’était ton souvenir de mon souvenir… et j’ai vécu cette scène des dizaines de fois dans mes cauchemars alors… une fois de plus. »

Elle ne se sentait pas particulièrement mal ou angoissée comme elle avait pu l’être après leur duel, la fatigue primait en elle. Au fond, elle se sentait trahie mais elle n’avait pas le force de le manifester à Virgil.

« J’ai pas pu… contrôler quoi que ce soit, révéla-t-elle en cherchant ses mots pendant un instant de silence. J’ai ressenti et vu tellement de choses, poursuivit la préfète en tournant la tête vers Virgil pour le regarder. Même la douleur à ta cheville…
L’immersion dans la mémoire du Gryffondor avait été riche en contenus et elle pouvait être heureuse d’avoir enfin expérimenté la Legilimancie, pourtant, elle avait bien cru que le flot d’images et de sons ne s’arrêterait jamais.
Il se serait passé quoi si… si ça ne s’était pas arrêté ? » questionna alors la jeune femme, plus pour elle-même que pour son camarade d’entraînement.

Elle reporta son regard fatigué vers la Pensine sur laquelle étaient posés les souvenirs de Virgil. Son petit doigt lui soufflait que le premier souvenir qui s’était déchiré en deux se trouvait dans une de ces fioles.

« Tu ne voulais pas que je vois le premier souvenir, n’est ce pas ? souffla-t-elle en gardant son regard rivé sur la Pensine. La plage, la voiture... »

Et puis la baie vitrée qui cachait quelque chose, elle en était certaine, l’anxiété de Virgil était montée d’un cran lorsqu’elle s’en était approchée.



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Virgil frissonna en se remémorant la sensation oppressante de Nelly dans son cerveau. Il avait détesté. Sentir la présence d’un intrus dans son esprit était une expérience particulièrement pénible. L’adolescent tentait de refaire le fil de ses souvenirs pour savoir quelles bribes il avait laissé échapper…. A première vue,  il s’agissait de tout un tas de détails insignifiants mais, mis bout à bout, ils offraient un échantillon assez représentatif de la vie de Virgil. Pour quelqu’un de peu habitué à se confier, cet étalage s’avérait déroutant. D’autant plus que Virgil avait été bien incapable de maitriser le flux, ni de l’orienter d’ailleurs, du moins, pas consciemment. Le souvenir de la mère de Nelly avait été imposé dans son esprit instinctivement, sans qu’il ne puisse le sélectionner délibérément.  Sa conscience avait d’ailleurs tenté d’annihiler la vision, en vain. L’instinct de protection était trop fort. C’était une expérience étrange que de lutter contre son propre psychisme.

Virgil avait déjà eu des hallucinations par le passé, dues à une surconsommation de mandragore, et cet exercice le plongeait dans le même état de trouble. Le cerveau humain était surement la machine la plus imprévisible, la plus effrayante….et la plus intéressante qui soit.

Cette expérience, aussi désagréable à vivre fut-elle,  avait au moins le mérite d’intriguer  l’adolescent et de le conforter dans ses choix de projets professionnels. Il avait envie d’en savoir plus sur les mécanismes de défenses du cerveau et il comptait bien se renseigner là-dessus…mais pas aujourd’hui. Il se sentait trop éreinté pour envisager une quelconque recherche. Il frissonna d’ailleurs légèrement , resserra sa cape sur ses épaules, tout en massant lentement ses tempes entre son pouce et ses doigts. Il savait, pour l’avoir lu quelque part, que ces symptômes –sensation de froid, puissants maux de tête- étaient liés à la pratique débutante des manipulations mentales magiques. Avec l’expérience, ces effets secondaires s’amenuisaient, allant même parfois jusqu’à disparaitre… Virgil était impatient de dépasser ce stade et de maitriser davantage ce champs de compétences. Il devait se rendre à l’évidence : Sa première tentative d’occlumancie n’avait pas été particulièrement concluante. Il n’avait pas réussi à mobiliser la moindre défense consciente face à l’intrusion de Nelly.

Il  releva d’ailleurs la tête tandis que la jeune femme  s’installait à l’autre extrémité du canapé, aussi loin de lui que possible. La tête entre les mains, elle semblait visiblement très marquée elle aussi. Virgil ressentit une légère pointe de culpabilité à l’idée de l’avoir de nouveau confronté au souvenir terrifiant de sa mère. Elle devait se sentir trahie –encore une fois- et devait sans doute penser qu’il éprouvait un certain plaisir à la malmener. Pourtant c’était faux. Il  n’avait pas cherché délibérément à lui nuire. Toutefois, ses pensées étaient loin d’être très nobles, il devait l’avouer. Pour être tout à fait honnête, Virgil ressentait une certaine forme de fierté à l’idée que son cerveau ait trouvé, tout seul, le moyen de se tirer d’affaire, mêlé à une forme de frustration de ne pas avoir eu la présence d’esprit d’envisager cette idée consciemment. Il devait l’admettre, c’était plutôt malin de renverser la situation de la sorte en confrontant l’intrus à un souvenir inconfortable ; Plutôt que de visualiser un mur, Virgil estimait qu’une vision terrifiante offrait un bien meilleur barrage aux éventuels intrus et il se promit d’essayer cette technique lors d’une  prochaine séance d’entrainement. Du moins, si Nelly acceptait de nouveau d’inverser les rôles, ce qui était loin d’être acquis.

En effet, elle semblait encore sous le coup du dernier souvenir que Virgil lui avait imposé mais elle finit par clore le sujet d’une remarque tranchante. Soit. Il préférait.
Il l’observa encore un peu, à la dérobée, tandis qu’elle laissait passer un moment de silence -Que pouvait-il se passer dans sa tête à cet instant ? A quoi pensait-elle ? –Silence qu’elle finit par briser en admettant ne pas avoir pu contrôler quoi que ce soit lors de la séance d’entrainement. Bien. Au moins ils étaient deux à avoir été complètement dépassés par leur propre psychisme !
Nelly ajouta qu’elle avait vu beaucoup de choses –oui merci, Virgil s’en était aperçu !-  allant même jusqu’à ressentir physiquement la douleur aigue à sa cheville. L’adolescent grimaça quelque peu à l’évocation de ce souvenir.

« Fracture de la malléole externe. Six semaines de plâtre, l’été avant mon entrée à Poudlard. » expliqua-t-il en se remémorant ses longs mois de chaleur passés sans pouvoir se baigner ou envisager une quelconque activité un tant soit peu distrayante... Bref, la merde. Ces vacances arrivaient en deuxième position des pires étés de sa vie, après les congés passés à Bude, l’été de ses treize ans, bien sûr. Il chassa rapidement cette pensée de son esprit et préféra répondre à la remarque de sa camarade qui avait visiblement craint à l‘idée de rester prisonnière dans sa mémoire.

« Le flux s’arrête forcément, dit-il en s’adossant sur le canapé, un des deux cerveaux disjoncte pour se protéger de l’intrusion : Évanouissement, perte de connaissance.  Il ne savait plus exactement dans quel ouvrage il l’avait lu mais il était certain de ses dires. Il se promit mentalement de chercher un livre plus complet traitant de la question et reprit, mais je n’aurais pas pensé que mon cerveau puisse être poussé dans ses retranchements si rapidement. Ça m’a paru durer une éternité mais je suis sûr que la confrontation en elle-même n’a été que de quelques secondes… »

Et ils étaient déjà en bien piteux état, l’un et l’autre ! Il était clair qu’ils avaient encore de nombreux progrès à faire pour espérer maitriser davantage cette discipline. Virgil s’apprêtait d’ailleurs à verbaliser ce constat lorsque Nelly le prit de court en lui posant une question particulièrement indiscrète, relative à l’un des souvenirs visités par ses soins. Et pas n’importe lequel : Bude. Le tout premier souvenir, celui qui s’était littéralement déchiré en deux. Virgil braqua ses pupilles sur celles de Nelly et se tendit perceptiblement. Il n’avait pas envie de parler de ça et il était bien décidé à réagir exactement comme dans les serres :  Il était prêt à proférer n’importe quel uppercut verbal destiné à blesser la préfète. Là, maintenant, sans crier gare. Une phrase cinglante qui vous laisse groggy. De préférence une remarque sur sa mère, sur sa famille ou sur son incapacité à maitriser la légilimancie… N’importe quoi qui fasse dériver immédiatement la conversation et surtout, qui rappel à Nelly qu’il valait mieux éviter certains sujets .

La bouche du Gryffondor s’ouvrit, prête à cracher son venin mais ses lèvres se figèrent, entrouvertes. Une partie de lui avait très envie d’être blessant mais une autre estimait qu’il l’avait déjà bien assez été pour aujourd’hui. N’ avait-il  pas imposé à Nelly la réminiscence de son pire souvenir quelques instants plus tôt ? Virgil n’était pas stupide. Il avait bien conscience que l’expérience avait dû être aussi surprenante que désagréable pour la jeune fille, pourtant, elle ne lui avait pas fait une seule remontrance. Si les rôles avaient été inversé, il n’aurait probablement –même certainement – pas réagi avec le même recul, ni avec la même maturité.

L’adolescent observa quelques longues secondes sa camarade, hésitant visiblement entre deux scénarios, entre deux Virgil : le parfait cognard –qu’il maitrisait vraiment très bien-  ou l’autre. Le jeune homme prit une inspiration, retint son souffle… et finit par secouer légèrement la tête en reportant son attention droit devant lui, sur la Pensine et les fioles pleines de souvenirs posées sur le rebord. Il pouvait bien faire un effort, pour une fois, estima-t-il. Il ravala donc ses remarques cinglantes et se contenta de laisser le silence envahir la pièce. Pourquoi Nelly posait-elle la question, si elle le savait déjà : Oui, il n’avait pas envie qu’elle voit ce souvenir, du moins pas tout de suite, et non, il ne comptait pas, non plus, en parler. Il n’avait pas signé pour une thérapie, juste pour des entrainements aux manipulations mentales magiques. L’absence de réponse restait, de loin, la meilleure solution, au fond, il en était persuadé. C’était une mauvaise idée que de  se brouiller avec Nelly, et ce pour plusieurs raisons. La première : Il n’aurait plus personne avec qui s’entrainer. La seconde : Et bien…il n’en avait pas envie. Tout simplement.

Le jeune homme se leva donc sans un mot, glissa son sac en bandoulière sur son épaule et rejoignit la Pensine. Il attrapa ses fioles, une à une et réintégra en silence ses souvenirs à leur place. Il se sentait déjà un peu mieux même si la fatigue commençait sérieusement à le gagner. Il fit léviter les flacons vides en direction de l’étagère où elles s’alignèrent dans un cliquetis puis il s’accouda nonchalamment sur le bord de la Pensine, le menton dans la main, face à Nelly, le reflet du liquide argenté dansant sur son visage.

« Bon. j’aurais bien débriefé ce soir mais là, honnêtement, je suis crevé. Dit-il en retenant un bâillement. Il jeta un coup d’œil au souvenir de sa camarde, toujours emprisonné dans sa propre fiole et ajouta, Je vais y aller. Tu restes là ou je t’attends ? »


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« Fracture de la malléole externe. »

Nelly grimaça comme si elle ressentait encore une fois la douleur. Voilà pourquoi elle avait eu si mal. Elle n’osait pas imaginer le supplice enduré par Virgil et le plaignait pour les six longues semaines qu’il avait ensuite passées le pied dans le plâtre. D’ailleurs, pourquoi avait-il eu un plâtre ? Sa blessure n’avait pas pu être soignée par magie ? Trop fatiguée pour poser la question au jeune homme, la préfète se concentra plutôt sur les explications de son camarade.
D’après lui, il était impossible que le Legilimens reste bloqué dans la mémoire d’un autre. L’une des deux personnes finissaient par perdre toute son énergie et s’évanouissait. Cet état de fait lui faisait penser à une émission sur des affaires criminelles qu’elle adorait regarder. On en apprenait des choses via le récit de certains faits divers… Comme ce qu’il se produisait dans le cerveau des victimes de viols par exemple. A en croire le reportage, des chercheurs avait mis en évidence un mécanisme de protection de l’organisme déclenché par le cerveau lorsque ni le combat ni la fuite n’étaient possibles. Appelé « dissociation », ce phénomène était caractérisé par une suspension soudaine de l‘activité du cerveau qui produisait certaines hormones pour anesthésier le corps et surtout le cœur qui s’emballe si la victime est prise au piège. La personne est alors déconnectée de la réalité et ne semble même plus être consciente de ce qu’il se passe… En temps normal, Nelly trouvait le sujet passionnant – le cerveau était si bien fait et mystérieux à la fois – mais comparer la Legilimancie à un viol était plus que dérangeant. Pourtant, elle était sûre que la dissociation correspondait à ce que Virgil décrivait…

Le cerveau humain et les manipulations mentales magiques étaient absolument fantastiques. De plus, un voile de mystère entourait la magie de l’esprit et ses subtilités ce qui attisait la curiosité de la Serpentard et son envie de continuer son apprentissage. Bien qu’elle soit épuisée, elle se sentait un peu frustrée de ne pas avoir pu garder le contrôle et avait désormais à cœur de progresser pour ne pas réitérer cette amère expérience qui était en partie due, elle en était certaine, au fait que le premier souvenir de Virgil s’était interrompu. Si la réminiscence s’était poursuivie, elle serait peut-être restée dans ce souvenir et ne serait pas tombée dans un flot d’images et de sons. La préfète était aussi certaine que son camarade n’avait pas voulu qu’elle voit ce souvenir et qu’il l’avait de ce fait soigneusement protégé dans une fiole…
Aussi décida-t-elle de lui faire la remarque.

Elle aurait dû s’attendre à ce que cela ne lui plaise pas… Virgil n’aimait pas parler de lui, elle le savait pourtant. La préfète regretta instantanément son indiscrétion face au regard dur du Gryffondor qui se crispa, le visage sombre. Les deux adolescents s’observèrent quelques instants : Nelly appréhendant la réaction de Virgil qui semblait hésiter quant au comportement à adopter. Le jeune homme entrouvrit les lèvres, prêt à lui répondre mais se figea pour rester dans un silence pesant. Nelly le scruta du regard tandis qu’il réfléchissait visiblement au meilleur scénario. Le Gryffondor ne comptait certainement pas parlé de ce souvenir, elle serait étonnée du contraire, alors elle s’attendait à recevoir n’importe quelle remarque acerbe de sa part…
Pourtant, son camarade finit par détourner le regard après une profonde inspiration. Sans un mot, il se leva du canapé et s’approcha de la Pensine. Nelly l’observa réintégrer un à un ses souvenirs, en silence. Elle était prête à parier qu’il avait failli lui cracher une méchanceté à la figure pour préserver son intimité mais au lieu de ça, le jeune homme avait préféré rester silencieux… Si Nelly était d’un côté déçue qu’il ne se confie pas plus, elle lui était, d’un autre côté, reconnaissante pour sa retenue. Il aurait très bien pu se montrer particulièrement odieux avec elle mais, visiblement, quelque chose l’avait incité à garder le silence. En comparaison avec ses habituelles piques vexantes, son silence paraissait courtois, presque gentil.
En tout cas, Nelly avait compris que le souvenir de la plage était un sujet délicat à ne plus aborder, tout comme son propre pire souvenir. Ils avaient tous les deux leur jardin secret, Virgil respectait plus ou moins le sien, elle respecterait le sien.

Le Gryffondor brisa enfin le silence et le Serpentard émergea de ses réflexions. Il s’était nonchalamment appuyé sur le rebord de la Pensine, le visage éclairé par la douce lumière argentée du bassin.

« Attends moi, j’en ai pas pour longtemps, dit-elle en se levant à son tour du sofa. Enfin, comme tu veux, » s’empressa-t-elle d’ajouter en allant récupérer la fiole contenant son souvenir sur la bibliothèque.

Elle ne voulait pas non plus le retenir, bien qu’elle apprécierait qu’il l’attende. La préfète s’approcha de la Pensine, leva la fiole devant ses yeux pour observer le filament argenté qui luisait au fond et le versa dans le liquide tourbillonnant du bassin. Elle observa le fond quelques secondes. Avait-elle vraiment envie de remettre son pire souvenir dans sa mémoire ? Si elle ne craignait pas que ce soit déconseillé de se séparer d’un souvenir aussi fort, elle l’aurait volontairement laissé dans sa fiole. Mais à quoi bon ? Elle pouvait aisément reconstruire les images dans sa tête… Elle avait même revu une partie du souvenir dans la mémoire de Virgil… Arrivant à la conclusion qu’il valait mieux prendre son courage à deux mains et réintégrer son souvenir dans sa tête, la jeune femme récupéra le filament argenté avec la pointe de sa baguette et ferma les yeux.
Elle n’avait pas demandé à Virgil de s’éloigner, sa présence ne la dérangeait pas. Pour être honnête, elle s’attendait tant à ce que le retour de son pire souvenir dans sa tête soit violent qu’elle était même un peu rassurée de le savoir à ses côtés. Mais ça, hors de question de l’admettre.

Après une profonde inspiration, Nelly se concentra et prononça la formule. Ce ne fut pas bien compliqué : son souvenir reprit naturellement sa place dans sa mémoire. Comme elle s’y attendait, les réminiscences furent soudaines et assez violentes : le visage fou de sa mère se matérialisa derrière ses paupières closes, comme dans ses cauchemars, comme à chaque fois qu’elle y pensait. Ce regard furieux et alcoolisé qui se précipitait sur elle…

La préfète baissa la tête, les yeux fermés, appuyée des deux mains sur le rebord en pierre du bassin. Il lui fallut quelques respirations pour se reprendre et détourner son attention de ces images cauchemardesques. En relevant la tête, elle croisa les yeux bleus de Virgil et les scruta un instant. Au moins, en se focalisant sur son regard, elle ne pensait à rien. Un maigre souvenir étira ses lèvres quand elle serra la fiole dans sa main.

« J’aurais dû laisser ce putain de souvenir dans cette putain de fiole, » commenta-t-elle avec finesse.

La Serpentard fit léviter la fiole jusqu’à la bibliothèque, glissa sa baguette dans la grande poche de son sweat et retourna près du canapé en cuir pour récupérer son sac qu’elle balança sur son dos, signe qu’elle était prête. Elle était grandement fatiguée elle aussi, avait mal à la tête maintenant qu’elle n’était plus assise et rêvait de se glisser bien au chaud dans son lit.

« C’était super sinon, dit-elle alors qu’ils se tenaient devant la porte qui commençait à se matérialiser sur le mur pour les laisser sortir. Je veux dire… tester la Legilimancie, précisa la jeune femme. C’est incroyable comme expérience. Et puis, on a découvert cette salle, ajouta-t-elle avec un petit sourire. Si besoin, on saura comment la faire apparaître. »

La porte était désormais accessible et fonctionnelle devant eux mais Nelly avait le sentiment qu’elle avait jeté un froid entre eux en se montrant quelque peu intrusive un peu plus tôt, et elle n’avait pas envie de quitter cette pièce sur une mauvaise note.

« Attends, fit-elle en esquissant un geste vers Virgil, venant presque lui attraper le bras. Je suis désolée si… si j’ai été un peu trop indiscrète, souffla-t-elle en faisant référence à la question qu’elle lui avait posé sur le souvenir de la plage. Si jamais… Si jamais quoi ? Si jamais tu as besoin d’en parler ? Mais ses mots restèrent bloqués dans sa gorge. Elle aurait bien voulu lui dire qu’elle était prête à l’écouter si besoin mais la jeune femme se sentait toujours un peu vulnérable quand elle voulait manifester son soutien aux autres, leur dire qu’elle était là pour eux. Enfin, de toute façon, il y avait sans doute peu de chances pour que Virgil se confie à elle. Aussi évacua-t-elle le sujet en secouant la tête. Non rien, laisse tomber. Consciente qu’elle était un peu trop sérieuse, elle arbora un petit air malicieux en posant la main sur la poignée de la porte. Mais bon, je ne te cache pas que tes petits secrets m’intriguent… »

La Serpentard actionna la poignée et ouvrit prudemment la porte avant de jeter un œil dans le couloir désert puis sortit.

« Il n’y a personne, annonça la préfète en se retournant vers Virgil. Bon... Bonne nuit. »
HRP:
 



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Alors que Virgil était toujours appuyé sur le bord de la Pensine, Nelly lui laissa le choix de l’attendre ou non. L’extraction du souvenir de sa mère avait été éprouvant pour elle, Virgil avait pu le constater de ses yeux, et il se demandait si la réinsertion dudit souvenir la perturberait tout autant. Ils étaient des débutants dans le domaine de la magie liée à l’esprit, par mesure de précaution mieux valait qu’ils soient toujours deux lors de leurs séances d’exercices aussi décida-t-il de rester, au cas où.

En guise de réponse, il demeura nonchalamment accoudé sur le rebord, son menton dans sa paume, attendant patiemment que Nelly vienne déposer le contenu de sa fiole dans le liquide mouvant de la Pensine. La jeune femme finit par s’exécuter et ils regardèrent tous les deux le filament tournoyer dans le fond du bassin. Que se passerait-il s’il essayait d’imposer à son cerveau un souvenir de Nelly ? Sa mémoire le rejetterait-il ? Serait-il confus, désarçonné ou au contraire son psychisme parviendrait-il à assimiler la vision comme si elle était sienne ?

Plus il pratiquait cette discipline, plus Virgil avait envie d’en savoir davantage. Si cela n’avait pas été aussi dangereux, il aurait expérimenté tout un tas de choses mais il savait clairement qu’il ne pouvait pas jouer les apprentis sorciers avec son cerveau ou celui de Nelly. Rater une potion ou un sortilège n’était pas grave en soit, prendre le risque d’endommager sa matière grise avec une manipulation mentale magique mal maitrisée était nettement plus lourd en conséquence…

Alors qu’il réfléchissait à toutes ces questions, il leva les yeux sur Nelly qui semblait hésiter à remettre ce souvenir en place. A quoi bon tergiverser ? Elle avait revécu une partie de la scène dans sa propre mémoire de toute façon, se dit-il en l’observant. La jeune femme en arriva visiblement à la même conclusion puisqu’elle se décida à franchir le pas. De la pointe de sa baguette elle captura le filin et le réintégra d’autorité dans son crâne. Si les réminiscences furent violentes, Nelly n’en laissa rien paraitre. Elle s’octroya quelques secondes de répit, les yeux fermés, et releva le regard sur Virgil  qui guettait ses réactions. Il se garda de tout commentaire désobligeant cette fois et il esquissa même un imperceptible rictus qui illustrait sa satisfaction de la voir réussir cette épreuve avec brio.
Il sut qu’elle allait parfaitement bien, et qu’il pouvait partir, lorsqu’elle verbalisa sa volonté d’oublier ce souvenir quelque peu vulgairement.  Virgil leva les yeux au ciel tout en se redressant puis il tourna le dos à Nelly pour prendre la direction de la sortie, son sac en bandoulière posé sur son épaule.

« Les tisseurs de Mémoire de Skye seront surement très contents de t’inventer une enfance heureuse remplie de licornes et d’arc-en-ciel. » commenta-t-il en s’arrêtant devant le mur, comme pour faire comprendre à la Salle sur Demande qu’il souhaitait maintenant sortir.
Nelly le rejoignit rapidement avec son sac sur le dos. Alors que les deux adolescents attendaient que la porte se matérialise, la préfète brisa le silence en affirmant  qu’elle avait particulièrement aimé pratiqué la légilimancie et qu’ils possédaient maintenant un terrain d’entrainement parfaitement adapté à leurs exercices.
Le Gryffondor balaya la pièce du regard, comme pour évaluer la qualité de leur installation et hocha lentement la tête avant de reposer les yeux sur Nelly.

« Hum hum. »


L’enthousiasme selon Virgil Forbes.
Cela ne lui ressemblait pas trop de s’extasier comme Nelly le faisait mais il avait apprécié ce moment lui aussi : Que ce soit la découverte de la Salle sur demande qui leur offrait un terrain de jeu en or, ou l’exercice pratique d’occlumancie, qu’il avait trouvé moins fascinant que la légilimancie mais dont la maitrise était clairement incontournable à ses yeux dorénavant, il avait vraiment passé un bon moment. A retardement, même la question de Nelly ne lui semblait plus aussi indiscrète. Plus il y réfléchissait, plus il estimait que c’était stupide de cacher le souvenir de la dispute de ses parents à la jeune femme alors qu’elle avait vécu des événements bien pires durant sa propre enfance. Au fond, il était plutôt satisfait d’avoir réussi à contrer son réflexe défensif qui consistait à se montrer odieux avec elle. Elle ne méritait pas ça.
Visiblement, il n’était pas le seul à repenser à cet instant puisqu’au moment où il s’apprêtait à sortir par la porte qui venait d’apparaitre, Nelly l’arrêta brusquement pour s’excuser de s’être montrer si intrusive.  Virgil soupira profondément et bascula la tête en arrière avant de reporter son attention sur sa voisine.

« Arrête de t’excuser tout le temps. Prends un peu exemple sur moi, tu veux. » C’était simple, Virgil ne s’excusait jamais. Du moins, pas verbalement. Je pense qu’en matière d’indiscrétion on a fait bien pire tous les deux, non ? » ajouta-t-il.

En s’entrainant à la légilimancie et l’occlumancie, ne s’étaient-ils pas dévoilés des pans entiers de leurs vies respectives ?
Le Gryffondor observa Nelly quelques instants alors qu’elle semblait vouloir ajouter quelque chose.

« Si jamais quoi ? »
insista-t-il mais elle se ravisa et préféra finalement lui demander de laisser tomber. Il était sûr qu’elle était sur le point d’ajouter un truc du style « Si tu veux en parler je suis là. » ou une débilité du même acabit mais ce n’était clairement pas le genre de phrase à dire à Virgil qui ne se gênait pas pour vous envoyer paitre. C’était beaucoup trop sentimental pour lui. Bizarrement, il appréciait davantage le fait que Nelly se soit ravisée au dernier moment : Elle commençait manifestement à comprendre comment il fonctionnait.

Le jeune homme esquissa un sourire et secoua la tête tandis qu’elle sortait dans le couloir pour vérifier que la voie était libre. Elle était mignonne, en fait, à prendre tant de pincettes avec lui. Bon, il faudrait qu’elle s’affirme un peu plus, estimait-il, mais, sur le fond, il appréciait. Il se trompait peut-être mais il avait l’impression qu’il ne la laissait pas indifférente…

Quelques instants plus tard, ils se retrouvèrent finalement tous les deux dans le corridor du septième étage, face à la tapisserie de Bernabas le Follet et de ses trolls. L’ouverture qui les avait laissée sortir de la Salle sur Demande venait tout juste de disparaitre. La salle commune de Gryffondor était sur la droite, celle des Serpentard, à gauche.

« Bon... Bonne nuit. » souffla Nelly.

« Bonne nuit. » répondit Virgil, son regard malicieux trahissant son amusement « Fais de beaux rêves. » ajouta-t-il sur le même ton. Il resta immobile quelques instants avec un vague sourire imprimé sur ses lèvres, réajusta la bandoulière sur son épaule et partit finalement en direction de son dortoir.

RP terminé


Virgil Forbes

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La mémoire, ce passé au présent [Nelly & Virgil]

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