AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 And nothing else matters [Laurentha]

Lauren McGowanAspirante Auroravatar
Messages : 136

Voir le profil de l'utilisateur
06 mars 2010

Lauren poussa la porte de l'appartement avec un soupir de soulagement. Elle avait finalement été recrutée par Flaquemare, ce qui ne l'avait pas autant réjoui qu'elle l'aurait cru, mais qui avait le mérite de remplir ces journées. Elle était remplaçante pour le moment et ne deviendrait titulaire qu'à la saison prochaine, quand Brown prendrait sa retraite, mais cela ne la dispensait pas d'assister à chaque entrainement. La jeune femme avait toujours été sportive, et elle était un coach très sévère avec elle-même, mais elle avait trouvé encore plus tyrannique qu'elle en la personne d'Olivier Dubois, le gardien et capitaine de l'équipe, qui semblait toujours décider à les faire travailler jusqu'à épuisement. Elle aurait juré qu'il était la personne la plus exigeante avec qui elle ne se soit jamais entrainée, jusqu'à ce qu'elle rencontre Grayson, l'entraineur de l'équipe. Il était à peu près aussi motivé et aussi dingue que Dubois et, puisqu'il ne jouait pas, il ne semblait même pas avoir une vague appréhension des notions de fatigue ou de froid.

La batteuse terminait chaque entrainement transie de froid et à bout de force, mais c'était exactement ce dont elle avait besoin en ce moment. Elle était à cran en permanence, ce que la présence de son imbécile de frère dans son équipe n'arrangeait pas, et s'entrainer jusqu'à épuisement lui faisait un bien fou. Elle estimait qu'elle gérait relativement bien sa collaboration avec Ethan pour le moment -ils ne s'étaient pas encore battus, ce qui était un exploit en soi. Elle adorait son frère, qui avait tout de même certaines qualités, mais elle avait sérieusement du mal à supporter certains aspects de sa personnalité. Son ego démesuré et son machisme à deux noises, par exemple.

Elle s'était encore disputée avec son ainé à la fin de l'entrainement d'aujourd'hui -elle ne savait même plus pourquoi- et attendait donc avec impatience de passer une soirée agréable avec Samantha et d'oublier tout ça.

"Combien d'année à Azkaban je risque pour fratricide ? " marmonna-t-elle en se débarrassant de ses baskets et de son blouson dans l'entrée. Elle frissonna et passa une main dans ses cheveux mouillés -elle avait pris une douche au club avant de rentrer et n'avait pas pris le temps de les sécher- peu désireuse de s'attarder auprès de ses coéquipiers.

"Salut, lança-t-elle en arrivant dans le salon, en s'efforçant d'abandonner sa mauvaise humeur. Ça a été ta journée ?"

Elle déposa un baiser sur les lèvres de sa petite amie avant de se laisser tomber à côté d'elle sur le canapé.

"Je suis morte, souffla-t-elle. Je ne veux plus bouger d'ici pendant deux jours."

Elle disait ça maintenant mais savait parfaitement que dès demain elle serait incapable de rester tranquille.

"Notre prochain entrainement est samedi, reprit-elle en se redressant. J'pourrai pas aller à la réunion du Lexit, tu y vas toi ?"

Les deux jeunes femmes n'étaient pas présentes à chaque réunion du Lexit -elles se savaient dans le viseur du gouvernement après leur échec chez les Marchebank et s'efforçaient de rester discrètes- mais elles tentaient de rester informées et de se rendre utile quand elles pouvaient. Avec ce qui était récemment arrivé aux Stevenson Lauren aurait aimé pouvoir entendre les explications de la résistance et connaitre la vérité sur cette affaire, mais elle ne pouvait pas se permettre de manquer un entrainement alors qu'elle venait à peine d'être recrutée. Heureusement, elle ne doutait pas que sa petite-amie lui ferait un rapport complet de ce qui se dirait à cette réunion.

"Tu veux boire quelque chose ?" lança-t-elle finalement en se relevant péniblement, abandonnant le canapé pour se diriger vers le coin cuisine.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
Messages : 243

Voir le profil de l'utilisateur
Samantha sursauta en entendant la porte de l'appartement grincer. Roulée en boule sur le canapé, une tasse de tisane entre les doigts, elle était perdue dans ses pensées depuis une quinzaine de minutes. Un soupir silencieux lui échappa à l'entente des premières paroles de sa petite-amie, et s'étira lentement pour revenir à la réalité. Sur son épaule, Ratatouille protesta contre le mouvement et vint se cacher dans ses mèches dorées, ses fines moustaches lui chatouillant le cou.

"Je ne te conseille pas d'essayer", répondit Samantha en s'efforçant d'alléger son humeur. A vrai dire, ce moment de solitude lui avait fait du bien. La jeune femme sentait que c'était l'une de ces - rares - fois où il lui faudrait un effort pour laisser sa petite-amie pénétrer dans sa bulle. Elle accrocha donc un sourire à son visage et l'embrassa en retour, avant de l'observer avec compassion : Lauren avait l'air lessivée. Il en fallait pourtant beaucoup pour épuiser la jeune femme, mais une chose était sûre, Olivier Dubois s'y prenait à merveille !

"Dur entrainement ?", s'enquit-elle doucement, trop doucement peut-être, car Lauren avait déjà enchaîné. Sam se raidit en entendant sa question. Elle savait que cette conversation finirait par arriver, mais n'avait pas été particulièrement active pour la lancer : ce qu'elle s'apprêtait à dire n'allait pas plaire à Lauren, elle en était à peu près certaine.

"Je veux bien un jus de citrouille, merci", répondit-elle en profitant de cette diversion pour remettre ses idées en place. Sam se redressa dans le canapé et croisa ses jambes en tailleur, observant au loin Lauren qui s'activait dans la cuisine. Elle attendit qu'elle soit revenue auprès d'elle avec leurs rafraîchissements, ayant ainsi toute son attention, pour lui révéler :

"Non, je ne compte pas aller au Lexit. En fait... Je pense que la dernière fois était ma dernière réunion."

Malgré son appréhension, elle parla sans hésitation. Que cela plaise ou non à Lauren, sa décision était prise. Elle avait mûri lentement depuis plusieurs mois, et rien ne pourrait la faire changer d'avis, pas même sa petite-amie têtue et obstinée.

"Je vais quitter la résistance, Lauren. Je comprends toutes les raisons pour lesquelles tu t'investis, et pour lesquelles tu continueras certainement de le faire sans moi, mais c'est trop dur pour moi. J'ai l'impression que ce n'est... plus tout-à-fait en accord avec mes valeurs."

Son regard clair fouilla celui de sa petite-amie, guettant sa réaction. Elle ne lui laissa néanmoins pas le temps de répondre, se sentant obligée de se justifier :

"Pas depuis ce qui est arrivé à Leopoldgrad. J'ai l'impression que tout ça me dépasse largement, j'ai l'impression d'être un pion sur un jeu d'échec... et j'ai besoin de prendre un peu de recul par rapport à tout ça. J'espère que tu comprends."

Doucement, elle tendit la main pour saisir celle de Lauren.


   
Lauren McGowanAspirante Auroravatar
Messages : 136

Voir le profil de l'utilisateur
Alors qu'elle revenait s'installer dans le salon, un verre de jus de citrouille dans chaque main, Lauren fut prise d'un mauvais pressentiment. Samantha était étrangement silencieuse et elle la regardait avec un drôle d'air. Elle s'apprêtait à lui demander si quelque chose n'allait pas quand sa petite-amie répondit finalement à la question qu'elle avait déjà oublié avoir posée, à propos du prochain rassemblement du Lexit. La batteuse fronça les sourcils en entendant Sam lui expliquer que la réunion précédente, à laquelle elles avaient assisté ensembles, serait sa dernière réunion du Lexit. Elle n'eut même pas le temps de s'interroger ou d'essayer de comprendre que Samantha lui annonçait qu'elle quittait la résistance, que ce n'était plus en accord avec ses valeurs.

Cette réponse, tellement inattendue, lui fit l'effet d'une gifle. De deux gifles, assénées coup sur coup. Samantha quittait la résistance. Bam ! Elle ne partageait plus ces valeurs. Bam ! Elle aurait préféré recevoir un cognard au creux de l'estomac. Elle sentit à peine la main de Samantha se poser sur la sienne et se contenta de fixer le vide un instant, stoïque. Son cerveau refusait d'assimiler l'information. Elle ne voulait pas y penser, réfléchir à ce que cela voulait dire, à tout ce que cela impliquait. Elle avait noté l'information, et elle aurait voulu pouvoir simplement passer à autre chose, mais elle se sentait assaillie par une vague de doutes et d'inquiétudes qu'elle n'arrivait pas à repousser.

Parce qu'elle n'était pas déçue, elle n'était pas énervée, elle était morte de peur. Samantha quittait la résistance parce que cela ne correspondait plus à ses valeurs. Elles n'avaient plus les mêmes valeurs. Il y avait plein d'autres sujets sur lesquelles elles n'étaient pas d'accord, elles en découvraient de nouveau tout les jours, mais il s'agissait de quelque chose de tellement important qu'il lui paraissait inconcevable qu'elles ne soient pas en accord sur ce point. Lauren aurait voulu croire qu'elles pouvaient gérer cette différence de point de vue, que cela ne changerait rien, mais comment pourrait-elle seulement caresser cet espoir après ce qui c'était passé avec Dave ? Ce n'était pas le genre de divergence d'opinions que l'on pouvait facilement surmonter. Les amitiés les plus solides n'y survivaient pas. Et qu'adviendrait-il le jour où Samantha s'en rendrait compte, elle aussi ? Elle quittait la résistance aujourd'hui, combien de temps lui faudrait-il pour la quitter elle aussi, pour les mêmes raisons ?

Elle savait qu'elle exagérait, et qu'elle n'avait aucune raison de penser à tout ça, pas maintenant. Mais c'était plus fort qu'elle. Elle se retrouvait tellement dans le Lexit, dans ses combats et dans ses valeurs, qu'elle avait le terrible sentiment que c'était elle que Samantha abandonnait, à qui elle tournait le dos. Elle ne voulait pas voir sa petite-amie quitter la résistance parce qu'elle ne voulait pas la voir s'éloigner d'elle, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas lui demander de rester. Ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait imposer, ou négocier. Et ce n'était pas quelque chose dont elle voulait parler.

Elle refusait d'avoir cette conversation. Elle refusait de s'avancer sur ce terrain, de poser ces questions. Elle avait trop peur des réponses. Elle ne voulait pas savoir pourquoi, elle ne voulait pas essayer de comprendre, elle voulait juste oublier. Poser cette information dans un coin et ne jamais y penser. Elles pouvaient continuer comme avant. Elles pouvaient surmonter ça, il suffisait de ne pas lui accorder d'importance. Samantha quittait la résistance. Pas elle. Et ce n'était pas grave, ce n'était pas important.

"Ok...lâcha-t-elle finalement d'une voix sans émotion. J'comprends, se força-t-elle à ajouter en pressant la main de Samantha dans la sienne. Je comprends..." répéta-t-elle comme pour se convaincre elle-même.

Elle se leva brusquement du canapé, incapable de rester ainsi immobile plus longtemps. Elle aurait voulu pouvoir aller se noyer sous une douche chaude mais ses cheveux humides goutaient encore dans son dos. Elle serait sortie courir si tous les muscles de son corps n'étaient pas déjà à l'agonie. Elle avait besoin de sortir, de prendre la fuite, pour ne plus penser à ça. Elle se sentait prise au piège entre ces quatre murs, face aux yeux de Samantha dans lesquels elle ne trouvait que de l'incompréhension. Elle étouffait.

"Je... Elle cherchait littéralement un échappatoire des yeux. N'importe lequel. Je crois que j'vais sortir prendre l'air..." souffla-t-elle finalement en se tournant déjà vers la porte.

Elle était encore frigorifiée après son long entrainement dehors, mais elle avait besoin de sortir d'ici. Elle ne voulait pas gérer ça, pas maintenant. Elle voulait oublier cette conversation, revenir dans une heure et ne plus en reparler. Elle savait, elle avait enregistré, elle l'avait accepté, et elle voulait passer à autre chose. Ne surtout pas y penser.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
Messages : 243

Voir le profil de l'utilisateur
Quand Samantha réfléchissait à la façon dont elle annoncerait cette nouvelle à Lauren, elle s'attendait à ce qu'elle le prenne mal, à ce qu'elle s'énerve, tempête, la taxe d'égoïste, et enfin tente de la convaincre de continuer. D'autres fois, elle pouvait deviner ce ton tendre et protecteur que la jeune femme n'utilisait qu'avec elle, avec lequel Lauren lui aurait donné sa bénédiction pour prendre du recul, et rester en sécurité. La seule chose qu'elle n'avait pas imaginé, c'était bien ce silence, cette expression ahurie, comme si Sam venait d'annoncer quelque chose d'impensable. Comme une innommable trahison...

Le silence qui suivit ses paroles lui sembla interminable. Pendant ces quelques secondes, elle cessa presque de respirer, tandis que son coeur se serrait : rien qu'à voir l'expression sur le visage de sa petite-amie, elle regrettait déjà son annonce. Et pourtant, il était trop tard pour revenir en arrière, et ce n'était même pas souhaitable : nul ne s'engage à moitié dans la résistance... Enfin, Lauren finit par lâcher quelques mots insatisfaisants de sa voix grave. Des "j'comprends" qui sonnaient comme des "j'comprends rien, putain, comment tu peux faire ça" aux oreilles de Samantha, un OK choqué.

Elle manqua de sursauter lorsque Lauren se leva brusquement, et esquissa un geste tardif pour la retenir, mais elle était déjà dans l'entrée, prête à s'enfuir. Alarmée, Sam posa bruyamment son mug de tisane sur la table-basse, éjecta Ratatouille de son épaule, et se leva pour la rejoindre.

"Non, attend, Lauren", implora-t-elle en arrivant à sa hauteur. Elle attrapa son avant-bras en douceur. "Reste ici, ou alors je viens avec toi, mais ne me laisse pas comme ça, il faut qu'on en parle."

Des deux, Sam était la plus communicante, celle qui savait la plupart du temps comment désamorcer les conflits, poser des mots sur les non-dits et déclencher les confidences, là où Lauren était plus secrète. Sam savait que sa petite amie avait parfois besoin de ce silence, de son intimité et de ses moments à elle, avant de pouvoir - éventuellement - s'ouvrir et se confier - mais pas trop quand même. D'ordinaire, elle respectait ce besoin, mais ce soir, sa réaction vive l'inquiétait beaucoup trop pour qu'elle la laisse s'échapper avec ses émotions en pagaille. Que se passait-il dans la tête de Lauren ? Qu'avait-elle déclenché, avec quels mots malheureux ? Il fallait tout-de-suite qu'elle le sache, pour pouvoir corriger le tir.

"Ce n'est pas si grave", tenta-t-elle de nuancer, le ton pressant. "Je ne suis pas passée pro-FREE, je te rassure, je crois toujours au LEXIT et j'approuve la plupart des activités de la résistance, et je trouve que les résistants ont beaucoup de courage, ce n'est pas la question, c'est juste que je ne peux plus, voilà, je ne peux plus, tout le bien que je peux faire, je le fais à mon travail, et c'est déjà immense par moments alors la résistance en plus, je... je ne peux plus."

Dépitée, et inquiète de ne pas se faire comprendre, Sam lâcha Lauren et baissa le regard. Comment lui faire comprendre ce qu'elle ressentait ? L'angoisse, la lassitude et l’écœurement qui l'envahissaient de plus en plus souvent ? Au travail, elle vivait parfois des situations horrifiantes. Oh, bien sûr, il y avait les petites mamies qui avaient fait un malaise ou une mauvaise chute à la maison, il y avait les femmes enceintes sur le point d'accoucher et les accidents de potion, bref, le B-A-BA de l'ambulancier magique. Mais il y avait aussi, au moins une fois tous les deux ou trois services, des situations plus complexes : un policier magique, blessé dans les rues de Bristol, un grand brûlé dans des conditions mystérieuses, une mère choquée après la disparition de son enfant, un homme blessé en duel bien accompagné par deux miliciens qui montent dans l'ambulance... Autant de situations parfois difficiles à gérer pour un novice, car il fallait avoir les nerfs solides, et garder le contrôle de ses émotions. D'autant plus qu'ils n'avaient plus toujours la possibilité de travailler en binôme, les effectifs se faisaient faibles par rapport aux nombres d'interventions à assurer, et la durée des gardes s'allongeait, accentuant la fatigue et les erreurs d'inattention.

A l'hôpital, tout le monde était submergé de travail, les médicomages et les infirmières n'en pouvaient plus. On parlait d'une grève, mais illégale, le gouvernement ayant supprimé leur droit de grève. Et qui alors allait la suivre ? Probablement pas Samantha... Dans ces conditions, avec ce climat dégradé au travail, elle ne parvenait plus suffisamment à s'intéresser à l'état du pays dans son ensemble, à prendre suffisamment de recul pour voir au-delà de son cas personnel. Et, chaque fois qu'elle s'imposait une nouvelle réunion du Lexit, une nouvelle action aussi infime soit-elle, alors elle sentait son cœur se pincer, son esprit ployer sous la culpabilité et sous les doutes. La situation n'était pas si noire et blanche, chaque camp avait sa propagande, chacun avait commis des crimes, chaque pion était instrumentalisé au profit de plus hauts desseins...

Quelle était sa place, dans tout cela ? Peut-être bien au coeur des combats, mais au volant de son ambulance. Là, elle ne faisait aucune différence : chaque être humain était soignée, chaque âme blessée trouvait le chemin de l'hôpital, et c'était bien tout ce qui comptait.



   
Lauren McGowanAspirante Auroravatar
Messages : 136

Voir le profil de l'utilisateur
Lauren soupira quand la main de Sam se posa sur son avant-bras, mais n'eut pas le courage de se dégager de son étreinte. Elle n'avait pas envie de la repousser, seulement elle n'avait pas la force de l'affronter maintenant. Elle ne pouvait pas lui expliquer. Elle ne voulait pas lui montrer à quel point elle était bouleversée. Elle fit volte-face en s'efforçant d'avoir l'air aussi calme que possible.

"Pourquoi ? s'agaça-t-elle quand sa petite-amie affirmait qu'elles devaient en parler. Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ?" ajouta-t-elle, impuissante.

Sa décision était déjà prise, elle n'allait pas la supplier de rester. Pourtant elle aussi aurait voulu lui dire "reste ici, reste avec moi", mais elle ne pouvait pas. On ne retenait pas quelqu'un dans la résistance comme on empêchait quelqu'un de quitter une pièce.

"Je sais !" trancha-t-elle quand la jeune femme assura que ce n'était pas grave.

Elle en était consciente, elle savait que ça ne changeait rien, que cela ne remettait pas leur couple en question. Théoriquement elle savait tout ça. Alors pourquoi avait-elle le ventre noué d'angoisse et les mains moites de peur ? Pourquoi se sentait-elle comme si c'était elle que Samantha venait de quitter ? Elle s'en voulait de réagir comme ça, de façon absurde et complètement disproportionnée. Cela ne lui ressemblait pas. Elle avait tendance à s'énerver rapidement, mais elle n'était pas de ceux qui s'inquiètent d'un rien et qui paniquent à la moindre contrariété.

Quelque chose dans la voix de Sam, dans cette lassitude qu'elle devinait, lui fit un instant oublier ses propres craintes et la culpabilité ne tarda pas à remplacer l'angoisse. Elle ne voulait pas que Samantha se sente obligée de se justifier. Sa petite-amie avait parfaitement le droit de vouloir se mettre un peu en retrait, surtout après ce qu'elle avait vécu à Léopoldgrad. Lauren n'avait pas le droit de lui en vouloir de quitter la résistance, et elle n'avait pas envie de lui en vouloir, mais cela faisait naitre en elle toutes ces craintes complètement irrationnelles et elle ne savait pas comment les gérer.

Elle fut à peine rassurée par les paroles de la jeune femme quand elle expliqua qu'elle n'était pas favorable au FREE pour autant et qu'elle continuait d'approuver la plupart des actions de la résistance. Elle disait ça aujourd'hui, mais demain ? Et le jour encore après ? Elle pouvait très bien s'éloigner, tout doucement, sans même s'en rendre compte, jusqu'au jour où la distance entre elles serait trop grande pour être comblée.

C'était quelque chose qu'elles avaient commencé ensembles. C'était quelque chose qu'elle partageait, qu'elles assumaient chacune à tour de rôle. Elles en avaient d'abord parlé, avaient commencé à se renseigner chacune de leur côté, et s'étaient finalement engagées, ensembles. Elles avaient toutes les deux connu des doutes, ne serait-ce que vis-à-vis de Dave, cela n'avait pas toujours été facile mais elles avaient tenu le coup, parce qu'elles étaient toutes les deux. Comment est-ce qu'elle allait s'en sortir maintenant qu'elle était toute seule ?

"Je ne veux pas que tu restes si ce n'est pas ce que tu veux, commença-t-elle d'une voix mal assurée. Et je ne t'en veux pas, affirma-elle. C'est ton choix et je comprends, vraiment c'est juste que..."

Elle ne savait pas quoi dire, elle ne trouvait pas ses mots, elle n'arrivait pas à lui faire comprendre cette peur irrationnelle de la voir s'éloigner.

"C'est juste que si la résistance ne te correspond plus, si ça ne correspond plus à tes valeurs, alors moi non plus, sa voix s'étrangla et elle regretta aussitôt de s'être lancée dans cette explication. Elle aurait du partir. Et je veux pas te perdre toi aussi... Tu peux pas partir, supplia-t-elle, alors qu'elle s'était promis de ne pas essayer de la faire rester. Tu peux pas me laisser."


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
Messages : 243

Voir le profil de l'utilisateur
Le ton mal assuré de Lauren alarma immédiatement Samantha, qui releva le regard pour la sonder avec inquiétude. S'il y avait bien quelque chose dont sa petite-amie ne manquait pas, c'était de l'assurance. Dans son regard, dans sa posture et dans son ton, Lauren laissait paraître des émotions inhabituelle, comme une angoisse dont Samantha ne comprit pas la cause. Elle s'était attendue à provoquer une réaction avec son annonce, bien entendu, mais pas de cette nature, sans quoi elle se serait exprimé avec d'avantage de précautions...

Sentant ses entrailles se nouer d'inquiétude et de culpabilité, elle encouragea Lauren du regard pour qu'elle exprime le fond de sa pensée. Ce qu'elle ne manqua pas de faire, prononçant des mots qui firent hausser les sourcils de Sam haut sur son front. Partir, la laisser ? Mais d'où est-ce que cela sortait ?

"Mais", commença-t-elle d'un ton interloqué, "mais enfin Lauren, je ne vais nulle part !"

La peur pouvait se lire sur les traits de Lauren, et cette expression inhabituelle secoua Samantha plus encore que ses propos. Que sa petite-amie puisse penser qu'elle soit sur le point de la quitter, pour des raisons qu'elle ne comprenait pas, l'ébranlait au plus haut point. Les angoisses de Lauren, communicatives, s'insinuèrent en elle, car si Lauren était capable de penser à une séparation, c'était que cette éventualité n'était pas aussi saugrenue que Samantha ne l'aurait pensé.

"Je ne vais nulle part, Lauren. Je me mets en retrait par rapport à la résistance, c'est vrai, mais tu n'es pas la résistance, que je sache, et notre couple ne se résume pas à la résistance non plus", insista-t-elle en posant ses deux mains sur les épaules de Lauren, comme pour mieux lui enfoncer le message dans le crâne. "C'est quelque chose que j'ai besoin de faire mais ça ne veut pas dire que je ne te soutiens pas, ni que je ne suis pas de tout mon coeur avec toi."

Lauren s'était-elle investie à ce point dans la résistance, qu'elle ne pouvait plus faire la différence entre leurs destins et celui du Lexit ? Cette pensée traversa l'esprit de Samantha et accentua son inquiétude. Ses mains glissèrent des épaules au visage de Lauren, qu'elle encadra doucement, plongeant son regard dans le sien.

"Nos vies ne sont pas complètement liées à celle de la résistance, quand même, si ? Je... je t'aime, Lauren, je veux avoir un avenir avec toi, faire des projets... s'il-te-plait, ne laissons pas cette guerre nous séparer. Même si on n'est pas tout le temps d'accord, même si on ne fait pas tout ensemble, c'est quand même avec toi que je veux vivre, je... Tu ne l'avais peut-être pas encore compris, mais tu comptes plus que tout au monde pour moi, Lauren. Plus que le FREE, et le Lexit, plus que tout."

Son expression se fit à son tour implorante, exprimant sa peur de perdre la jeune femme sur l'autel de la résistance. Les moments partagés avec Lauren au fil des dernières années affluaient dans sa mémoire et accentuaient l'angoisse qui lui enserrait la poitrine. Comment vivrait-elle dans un monde où Lauren et elle étaient séparées, fâchées ? Elle n'en avait aucune idée, car même dans ses plus vieux souvenirs, Lauren était là.

"Alors toi non plus, tu n'as pas le droit de me laisser", affirma-t-elle fortement, lâchant finalement sa petite-amie. Tant qu'elle avait son mot à dire, ce n'était même pas sujet à débat...


   
Lauren McGowanAspirante Auroravatar
Messages : 136

Voir le profil de l'utilisateur
Lauren détourna les yeux quand Samantha posa les mains sur ses épaules en lui assurant que leur couple ne se résumait pas à leur résistance. Elle savait cela, bien sûr. Leur relation n'était pas uniquement construite autour du Lexit, elles partageaient beaucoup d’autres choses, et heureusement. Mais elles avaient partagé beaucoup d’autres choses avec Dave aussi et le FREE avait pourtant suffi à les séparer. Jamais elle n'aurait cru ça possible. Ils avaient surmonté tellement de différences, tous les trois, tellement de difficultés, qu'elle pensait leur amitié indestructible. Elle aurait juré à qui voulait l’entendre qu’ils resteraient amis toute leur vie, quoiqu’il se passe. Les liens d’amitié qu’elle pensait éternels s’étaient pourtant brisés à la première épreuve et cette déception lui restait en travers de la gorge. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu laisser ça arriver, comment elle avait pu abandonner si vite. Elle avait laissé partir si rapidement celui qu’elle considérait comme un troisième frère, qu’elle ne pouvait s’empêcher de redouter que la même chose arrive avec Samantha.

Elle l’avait vu venir pourtant, elle s’y était préparée, et pourtant elle avait du mal à se remettre de sa séparation avec Dave. Son meilleur-ami lui manquait tous les jours, elle pensait à lui en permanence, rongée par le remord, et n’arrivait plus à se regarder en face depuis qu’elle l’avait si lâchement trahi. Mais elle tenait le coup, parce que Samantha était là. Si elle devait perdre Samantha aussi, elle n’y survivrait pas. C’était peut-être ce qui l’effrayait le plus, de réaliser qu’elle serait incapable de continuer à vivre sans Sam à ses côtés. Ce n’était pas normal de dépendre autant d’une seule personne, et pourtant c’était le cas. Samantha était essentielle à son existence et elle était habitée par une crainte irrationnelle de la voir partir elle aussi.

Sa petite-amie encercla son visage de ses mains et la batteuse fut forcée d’affronter son regard. Comme souvent Samantha avait trouvé ce qu'elle avait besoin d'entendre avant qu'elle-même n'en prenne conscience.  Les paroles rassurantes de Samantha l'enveloppèrent doucement et elle sentit tous ses muscles se détendre et les battements de son cœur s'apaiser. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus pensé à leur avenir, trop occupée à ressasser leurs épreuves passées et leurs difficultés actuelles. C’était agréable, de s’imaginer un futur, de penser à plus tard, de se permettre d’espérer des jours meilleurs. C’était une idée à laquelle elle voulait s’accrocher, à partir de maintenant.

La voix de Samantha se fit soudain implorante, chargée d’angoisse, et Lauren regretta aussitôt d’en avoir trop dit. Elle n’aurait peut-être pas dû formuler ses peurs à voix haute. Elle avait tendance à enfouir ses sentiments le plus loin possible plutôt que de les exprimer, et elle aurait certainement mieux fait de s’en tenir à ce mode de fonctionnement. Elle avait communiqué ses craintes ridicules à Sam, et elle entendait maintenant ses propres angoisses résonner dans la voix de la jeune femme.

« Je ne te laisserai jamais, Sam, assura-t-elle fermement en faisant un pas pour se rapprocher de sa petite-amie qui s’était éloignée, un air de défi sur le visage. Jamais. Je ne peux même pas l’imaginer. Elle attrapa les mains de la jeune femme qu’elle serra entre ses doigts glacés. J’ai beaucoup trop besoin de toi… ajouta-t-elle plus bas en plongeant son regard dans le sien. Je t’aime. »

Elle glissa une main dans la nuque de la jeune femme, passant ses doigts dans ses cheveux blonds, et l’attira à elle pour l’embrasser avec une intensité qui avait quelque chose du désespoir. Leur étreinte portait encore en elle les tensions des derniers instants, mais ce baiser avait un goût de promesse et d’espoir auquel elle s’abandonna complètement. Trop vite à son goût elle dût se séparer de la jeune femme, mais elle n’était pas encore prête à retourner à la réalité. Elle ne voulait pas revenir tout de suite à la résistance, aux conflits, et à cette guerre civile dont l’ombre continuait de planer sur leur couple.

"A quels projets d'avenir est-ce que tu pensais ?" demanda-t-elle finalement avec un sourire, curieuse,  en se remémorant les paroles de sa petite-amie.

La dictature ne prendrait peut-être pas fin avant des années, cette guerre pouvait durer encore longtemps, peut-être même que les choses allaient empirer, mais elle voulait s'autoriser à imaginer un avenir heureux. Elle en avait désespérément besoin.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
Messages : 243

Voir le profil de l'utilisateur
L'intensité de l'étreinte de Lauren et la force dans ses propos suffirent à rassurer momentanément Samantha. Elle avait visiblement réussi à la convaincre de la sincérité de ses sentiments et de leur pérennité, résistance ou pas résistance, et Lauren la rassurait en retour. Tout en serrant sa petite-amie contre elle, Sam songea qu'elle avait eu la chance de sa vie en rencontrant Lauren. Il lui était parfois arrivé de se demander pourquoi le Choixpeau magique les avait envoyées à Serpentard, toutes les deux, toutes ces années auparavant. Certes, Samantha pouvait se montrer ambitieuse, certes, Lauren était suffisamment forte et opiniâtre pour parvenir à ses fins, mais parfois il semblait que d'autres traits de caractère prenaient le pas. Il était déjà arrivé à Sam de se sentir en décalage, de penser qu'elle aurait eu sa place dans une autre maison, comme Gryffondor. Pourtant, si c'était à refaire, elle le referait. Malgré tous les malheurs et tous les regrets qu'elle pouvait avoir - la pleine lune sanglante en premier lieu - tous ces choix les avaient conduites l'une dans les bras de l'autre. Et c'était une telle force, une telle richesse que d'avoir cette autre personne dans sa vie, sur qui elles pouvaient compter de manière inconditionnelle, qu'elle s'estimait finalement plus chanceuse que la plupart des gens.

Un sourire éclaira son visage lorsque Lauren l'interrogea au sujet de ces fameux "projets d'avenir". A vrai dire, Sam n'avait pas d'idée très précise derrière la tête, mais le simple fait de les évoquer suffisait à la rendre heureuse. Glissant sa main dans celle de Lauren, elle l'attira doucement vers leur salon pour se réinstaller sur le canapé. Lauren ne risquait plus de fuir, désormais. Une fois confortablement assises, Sam blottie dans les bras de Lauren, elle lui répondit doucement :

"Je ne sais pas exactement, en fait. Le seul projet d'avenir que j'ai pu avoir dans ma vie, c'était de fabriquer mes propres balais, mais ce rêve est tombé à l'eau désormais."

L'affaire Chaudrillon et la mise en place de Cosmos, qui avait désormais un quasi monopole sur le marché du balai, s'en étaient assurés. Et quand bien même, Sam avait été suffisamment dégoûtée par ce milieu pour vouloir s'en approcher de nouveau. Peut-être changerait-elle d'avis, peut-être reviendrait-elle un jour à ses premiers amours et fabriquerait-elle des balais bio, non traités et construits avec des matériaux locaux de bonne qualité. Dans un autre contexte, sans dictature, dans une économie apaisée... Qui sait. Pour l'heure, elle se satisfaisait de sa vie professionnelle naissante et ses projets potentiels se portaient sur un autre plan.

"Je sais juste que je n'ai pas envie de vivre à Nimbus toute ma vie. J'ai grandi ici mais... je ne sais pas, cet endroit est trop marqué, par son passé. J'aimerais bien vivre à la campagne en fait, peut-être dans une maison, avec un jardin ? Un peu comme Nora et Irving, ils ont l'air heureux je trouve."

Un sourire rêveur s'étira sur son visage tandis qu'elle imaginait leur future demeure, une maison de campagne, pas forcément très grande mais pleine de charme, avec de l'espace en extérieur, et peut-être une forêt. Elle était à moitié louve, après tout, et cela expliquait peut-être un attrait accru pour la nature par rapport à l'adolescente qu'elle avait été. Il était compliqué de vivre sa lycanthrophie en appartement, et elle ne désirait rien de mieux qu'un peu plus d'intimité.

"Peu importe les projets, en fait, je sais juste que je veux des projets avec toi", avoua-t-elle en redressant un regard timide vers Lauren. Elles n'étaient pas de ces couples qui parlent et qui analysent beaucoup. L'avenir n'avait jamais été un grand sujet de conversation, le présent était déjà bien assez compliqué en soit... Mais au fond, Sam avait toujours su qu'elle voulait Lauren dans sa vie. Pour toute sa vie. Serrant la jeune femme dans ses bras, elle poursuivit sa rêverie, imaginant un chien qui gambadait dans le jardin, quelques poules et peut-être même des enfants...

"Et toi, tu as des idées en tête ?", s'enquit-elle, curieuse.



   
Lauren McGowanAspirante Auroravatar
Messages : 136

Voir le profil de l'utilisateur
Apaisée, Lauren se laissa entrainer par Samantha jusque sur leur canapé et s’y installa confortablement, serrant sa petite-amie dans ses bras. Ses préoccupations et ses angoisses avaient momentanément battu en retraite et elle comptait profiter de ce moment pour penser enfin à cet avenir que la jeune femme avait évoqué un peu plus tôt. C’était quelque chose qu’elles n’avaient jamais fait, parler de leur avenir commun. Elles avaient bien assez de leur présent compliqué et de leur passé parfois douloureux pour occuper leur conversation, mais il n’était jamais trop tard pour faire des projets. S’il y avait bien une chose dont Lauren était certaine c’était pourtant qu’elle voulait Sam à ses côtés, aussi longtemps qu’elle vivrait. C’était simple, elle n’arrivait même pas à envisager sa vie sans la jeune femme, tant elle lui était devenue indispensable.

La batteuse n’était pas vraiment quelqu’un d’optimiste. Elle avait tendance à focaliser sur ce qui n’allait pas, à ressasser ses erreurs et à nourrir ses regrets. Elle était aussi dure avec elle-même qu’elle l’était avec les autres et avait du mal à oublier la réalité pour voir les choses sous un jour meilleur. Même alors qu’elle essayait de songer à son avenir avec Samantha, elle n’arrivait pas à se projeter dans un futur où la dictature du FREE ne sévirait plus et où la société magique ne serait plus déchirée. Elle ne pouvait pas se convaincre que les choses allaient s’arranger alors qu’elles semblaient au contraire empirer de jour en jour. Elle aurait voulu pouvoir passer outre et rêver à des projets dans un monde magique en paix, mais elle n’y arrivait pas.

Samantha semblait avoir davantage de ressources, et évoqua son ambition de fabriquer des balais, mais le pessimisme de Lauren était visiblement contagieux puisque la jeune femme s’empressa d’ajouter que ce projet était tombé à l’eau. Lauren fut obligée de hocher la tête en signe d’approbation, l’industrie des balais était effectivement plutôt fermée à l’heure actuelle, et c’était vraiment dommage parce qu’elle était persuadée que Sam aurait pu apporter un peu de renouveau sur le marché.

« Peut-être plus tard ? suggéra-t-elle tout de même. Dans quelques années, Cosmos ne gardera pas toujours le monopole sur le marché… » Elle n’y croyait qu’à moitié, mais il était toujours permis d’espérer.

Un sourire s’étira sur les lèvres de Lauren en réponse à la mine rêveuse de Samantha qui évoquait l’idée d’aller vivre à la campagne. C’était elle qui avait souhaité vivre à Nimbus, et Lauren avait suivi faute d’avoir une meilleure proposition. Elle savait combien Sam était attachée à la cité et elle-même s’y était rapidement sentie chez elle, mais elle avait grandi en pleine campagne écossaise et les grands espaces lui manquaient. Ses parents avaient au moins l’équivalent d’un terrain de Quidditch de terrain et elle avait passé son enfance et son adolescence dehors, à jouer ou à s’entrainer avec ses frères et son père. Et elle devait avouer que l’idée de ne pas avoir de voisins à moins de plusieurs kilomètres était assez séduisante, elle n’était pas vraiment faite pour la vie en communauté. La magie avait ça de bien qu’elle permettait de vivre loin de tout et de n’avoir qu’à transplaner pour se retrouver en plein Londres sorcier.

Sam lui retourna sa question et la batteuse se contenta d’abord de hausser les épaules. Elle n’avait jamais réfléchi à ce qu’elle voulait, pour leur avenir, mais celui imaginé par sa petite-amie lui plaisait bien.

« Non, pas vraiment d’idées, avoua-t-elle, songeuse. Mais je te suis à la campagne sans hésiter ! assura-t-elle avec enthousiasme. J’adore Nimbus, se reprit-elle, mais je ne dirais pas non à un peu plus d’espace, et à moins de gens. »

Plus elle y pensait, plus ce projet hypothétique et utopique lui semblait réalisable. Si elles attendaient de pouvoir aller s’installer tranquillement à la campagne, sans plus se soucier de la résistance ou de la dictature, cela n’arriverait jamais. Mais elles n’avaient pas besoin d’attendre que la guerre civile se calme pour prendre ce genre de décisions.

« On trouve des maisons pour trois fois rien, affirma-t-elle en se redressant un peu. Dans des coins paumés, et en sale état, mais on pourrait en trouver une et la rénover, ça nous couterait pas grand-chose. »

Lauren n’avait pas la patience nécessaire pour les travaux de précision, et la partie « casser des murs à grands coups de masses » était de loin sa préférée, pourtant elle avait aimé faire les travaux dans l’appartement quand elles avaient emménagé. Ce n’était pas aussi efficace qu’un entrainement intensif ou un semi-marathon, mais ça vous vidait la tête. Et puis elles n’étaient pas pressées, elles pouvaient trouver une vieille baraque pour quelques milliers de galions et la rénover au fur et à mesure. Flaquemare payait bien mieux que le BDA et c’était un projet qui pouvait se concrétiser assez rapidement, peu importait l’état de la société magique et l’avancée de la dictature.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
Messages : 243

Voir le profil de l'utilisateur
Samantha ne fut pas vraiment étonnée par la réponse de Lauren, elle non plus n'avait pas d'idée bien arrêtée pour le futur. Comment pourrait-il en être autrement, quand le présent les occupait déjà bien assez. Il fallait une certaine stabilité pour oser penser à l'après, un certain optimisme et de l'espoir quant à l'avenir et il fallait être honnête, elles en manquaient toutes les deux. En revanche, elles ne manquaient pas d'énergie pour tenter d'améliorer leur présent, pour rendre leur réalité acceptable et elles avaient déjà accompli beaucoup, en trouvant chacune une voie professionnelle, même si cela avait été plus compliqué pour Lauren, en parvenant à s'installer ensemble, en formant un couple uni, heureux, fort de ses convictions, malgré les - nombreux - obstacles et les blessures du passé. Alors cela suffisait à rendre Sam optimiste quant au fait qu'elles pouvaient accomplir certaines choses ensemble.

L'enthousiasme de Lauren à son idée de vivre à la campagne lui fit plaisir. Sa petite-amie n'avait rien d'une citadine branchée et elle parvenait bien mieux à l'imaginer dans ce contexte que dans n'importe quelle grande ville. Quant à Nimbus, la nécessité et l'habitude les avaient conduites ici, plus que l'attrait pour cette ville ouvrière en transformation, envahie, dénaturée par le régime.

"Oui, une vie calme, avec moins de gens...", commenta Samantha en se laissant doucement conquérir par l'idée. Plus jeune, elle avait été l'adolescente sociable, désireuse de se faire plein d'amis, curieuse des autres, pressée de croquer la vie. Elle était sans aucun doute la plus ouverte de leur petit groupe de trois, la plus à même d'abandonner ponctuellement le trio pour une nouvelle copine, pour un petit-ami. Mais ses deux dernières années avaient été tellement difficiles, elle avait tant souffert, parfois à cause de ces mêmes personnes dont elle avait espéré l'affection, qu'elle se sentait blessée, non pas seulement physiquement mais au plus profond de son âme. Comme une accidentée, elle trouvait parfois que la vie allait trop vite pour elle, qu'elle n'était plus armée pour affronter la violence du monde extérieur. Une violence trop grande pour elle. C'était sans doute ce qui se cachait au fond derrière ce retrait de la résistance, elle n'était plus de taille, trop vulnérable, elle n'était pas forte comme Lauren. Alors vivre en retrait, doucement, prendre soin d'elle, profiter de plaisirs simples d'une vie avec son amoureuse... C'était beaucoup, c'était tout ce qu'elle pouvait espérer. Non, Sam n'avait plus les ambitions, la rage de vivre d'autrefois. Elle avait juste envie de repos, de simplicité, d'authenticité.

Imitant Lauren inconsciemment, elle se redressa pour lui répondre.

"Oui, j'imagine qu'on pourrait ! Bon, c'est sûr que je ne suis pas une grande bricoleuse... mais je pourrais apprendre", dit-elle avec un haussement d'épaules. Sam était plutôt manuelle quand elle voulait, et si elle mettait son coeur à la tâche, elle était sûre de pouvoir apprendre plein de choses. "L'avantage c'est qu'on pourrait tout arranger comme ça nous plait. Se faire notre propre maison, notre propre déco, peut-être même retaper des vieux meubles..."

Soudain, elle s'y voyait. Le simple fait de se lancer dans ce chantier pourrait s'avérer aussi enthousiasmant que l'idée d'y vivre après.

"Il faut un grand terrain, pour le Quidditch, et une terrasse, pour les barbecue, et aussi une piste de bavboules, pour inviter Grady. Bon, on pourrait même planter des trucs, après, est-ce qu'on peut les faire pousser c'est une autre histoire..."

Sam jeta un regard en biais vers le pauvre ficus qui dépérissait dans un coin de leur salon, malgré les soins qu'elle avait tenté de lui prodiguer.

"Ce serait génial", souffla-t-elle en serrant les mains de Lauren dans les siennes, ses prunelles dorées brillant d'enthousiasme. "Une maison pour nous deux, c'est un super projet. Faisons ça."


   
Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

And nothing else matters [Laurentha]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]
» hederian ▲ only one thing matters, we’re still here.
» Holder: US a nation of cowards on racial matters
» Carry on, as nothing really matters. [Jaden]
» cornélya y.-o. de maupou ღ family matters

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Cité Cosmos de Sheffield, :: Les Pentes,-