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 And nothing else matters [Laurentha]

Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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06 mars 2010

Lauren poussa la porte de l'appartement avec un soupir de soulagement. Elle avait finalement été recrutée par Flaquemare, ce qui ne l'avait pas autant réjoui qu'elle l'aurait cru, mais qui avait le mérite de remplir ces journées. Elle était remplaçante pour le moment et ne deviendrait titulaire qu'à la saison prochaine, quand Brown prendrait sa retraite, mais cela ne la dispensait pas d'assister à chaque entrainement. La jeune femme avait toujours été sportive, et elle était un coach très sévère avec elle-même, mais elle avait trouvé encore plus tyrannique qu'elle en la personne d'Olivier Dubois, le gardien et capitaine de l'équipe, qui semblait toujours décider à les faire travailler jusqu'à épuisement. Elle aurait juré qu'il était la personne la plus exigeante avec qui elle ne se soit jamais entrainée, jusqu'à ce qu'elle rencontre Grayson, l'entraineur de l'équipe. Il était à peu près aussi motivé et aussi dingue que Dubois et, puisqu'il ne jouait pas, il ne semblait même pas avoir une vague appréhension des notions de fatigue ou de froid.

La batteuse terminait chaque entrainement transie de froid et à bout de force, mais c'était exactement ce dont elle avait besoin en ce moment. Elle était à cran en permanence, ce que la présence de son imbécile de frère dans son équipe n'arrangeait pas, et s'entrainer jusqu'à épuisement lui faisait un bien fou. Elle estimait qu'elle gérait relativement bien sa collaboration avec Ethan pour le moment -ils ne s'étaient pas encore battus, ce qui était un exploit en soi. Elle adorait son frère, qui avait tout de même certaines qualités, mais elle avait sérieusement du mal à supporter certains aspects de sa personnalité. Son ego démesuré et son machisme à deux noises, par exemple.

Elle s'était encore disputée avec son ainé à la fin de l'entrainement d'aujourd'hui -elle ne savait même plus pourquoi- et attendait donc avec impatience de passer une soirée agréable avec Samantha et d'oublier tout ça.

"Combien d'année à Azkaban je risque pour fratricide ? " marmonna-t-elle en se débarrassant de ses baskets et de son blouson dans l'entrée. Elle frissonna et passa une main dans ses cheveux mouillés -elle avait pris une douche au club avant de rentrer et n'avait pas pris le temps de les sécher- peu désireuse de s'attarder auprès de ses coéquipiers.

"Salut, lança-t-elle en arrivant dans le salon, en s'efforçant d'abandonner sa mauvaise humeur. Ça a été ta journée ?"

Elle déposa un baiser sur les lèvres de sa petite amie avant de se laisser tomber à côté d'elle sur le canapé.

"Je suis morte, souffla-t-elle. Je ne veux plus bouger d'ici pendant deux jours."

Elle disait ça maintenant mais savait parfaitement que dès demain elle serait incapable de rester tranquille.

"Notre prochain entrainement est samedi, reprit-elle en se redressant. J'pourrai pas aller à la réunion du Lexit, tu y vas toi ?"

Les deux jeunes femmes n'étaient pas présentes à chaque réunion du Lexit -elles se savaient dans le viseur du gouvernement après leur échec chez les Marchebank et s'efforçaient de rester discrètes- mais elles tentaient de rester informées et de se rendre utile quand elles pouvaient. Avec ce qui était récemment arrivé aux Stevenson Lauren aurait aimé pouvoir entendre les explications de la résistance et connaitre la vérité sur cette affaire, mais elle ne pouvait pas se permettre de manquer un entrainement alors qu'elle venait à peine d'être recrutée. Heureusement, elle ne doutait pas que sa petite-amie lui ferait un rapport complet de ce qui se dirait à cette réunion.

"Tu veux boire quelque chose ?" lança-t-elle finalement en se relevant péniblement, abandonnant le canapé pour se diriger vers le coin cuisine.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Samantha sursauta en entendant la porte de l'appartement grincer. Roulée en boule sur le canapé, une tasse de tisane entre les doigts, elle était perdue dans ses pensées depuis une quinzaine de minutes. Un soupir silencieux lui échappa à l'entente des premières paroles de sa petite-amie, et s'étira lentement pour revenir à la réalité. Sur son épaule, Ratatouille protesta contre le mouvement et vint se cacher dans ses mèches dorées, ses fines moustaches lui chatouillant le cou.

"Je ne te conseille pas d'essayer", répondit Samantha en s'efforçant d'alléger son humeur. A vrai dire, ce moment de solitude lui avait fait du bien. La jeune femme sentait que c'était l'une de ces - rares - fois où il lui faudrait un effort pour laisser sa petite-amie pénétrer dans sa bulle. Elle accrocha donc un sourire à son visage et l'embrassa en retour, avant de l'observer avec compassion : Lauren avait l'air lessivée. Il en fallait pourtant beaucoup pour épuiser la jeune femme, mais une chose était sûre, Olivier Dubois s'y prenait à merveille !

"Dur entrainement ?", s'enquit-elle doucement, trop doucement peut-être, car Lauren avait déjà enchaîné. Sam se raidit en entendant sa question. Elle savait que cette conversation finirait par arriver, mais n'avait pas été particulièrement active pour la lancer : ce qu'elle s'apprêtait à dire n'allait pas plaire à Lauren, elle en était à peu près certaine.

"Je veux bien un jus de citrouille, merci", répondit-elle en profitant de cette diversion pour remettre ses idées en place. Sam se redressa dans le canapé et croisa ses jambes en tailleur, observant au loin Lauren qui s'activait dans la cuisine. Elle attendit qu'elle soit revenue auprès d'elle avec leurs rafraîchissements, ayant ainsi toute son attention, pour lui révéler :

"Non, je ne compte pas aller au Lexit. En fait... Je pense que la dernière fois était ma dernière réunion."

Malgré son appréhension, elle parla sans hésitation. Que cela plaise ou non à Lauren, sa décision était prise. Elle avait mûri lentement depuis plusieurs mois, et rien ne pourrait la faire changer d'avis, pas même sa petite-amie têtue et obstinée.

"Je vais quitter la résistance, Lauren. Je comprends toutes les raisons pour lesquelles tu t'investis, et pour lesquelles tu continueras certainement de le faire sans moi, mais c'est trop dur pour moi. J'ai l'impression que ce n'est... plus tout-à-fait en accord avec mes valeurs."

Son regard clair fouilla celui de sa petite-amie, guettant sa réaction. Elle ne lui laissa néanmoins pas le temps de répondre, se sentant obligée de se justifier :

"Pas depuis ce qui est arrivé à Leopoldgrad. J'ai l'impression que tout ça me dépasse largement, j'ai l'impression d'être un pion sur un jeu d'échec... et j'ai besoin de prendre un peu de recul par rapport à tout ça. J'espère que tu comprends."

Doucement, elle tendit la main pour saisir celle de Lauren.


   
Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Alors qu'elle revenait s'installer dans le salon, un verre de jus de citrouille dans chaque main, Lauren fut prise d'un mauvais pressentiment. Samantha était étrangement silencieuse et elle la regardait avec un drôle d'air. Elle s'apprêtait à lui demander si quelque chose n'allait pas quand sa petite-amie répondit finalement à la question qu'elle avait déjà oublié avoir posée, à propos du prochain rassemblement du Lexit. La batteuse fronça les sourcils en entendant Sam lui expliquer que la réunion précédente, à laquelle elles avaient assisté ensembles, serait sa dernière réunion du Lexit. Elle n'eut même pas le temps de s'interroger ou d'essayer de comprendre que Samantha lui annonçait qu'elle quittait la résistance, que ce n'était plus en accord avec ses valeurs.

Cette réponse, tellement inattendue, lui fit l'effet d'une gifle. De deux gifles, assénées coup sur coup. Samantha quittait la résistance. Bam ! Elle ne partageait plus ces valeurs. Bam ! Elle aurait préféré recevoir un cognard au creux de l'estomac. Elle sentit à peine la main de Samantha se poser sur la sienne et se contenta de fixer le vide un instant, stoïque. Son cerveau refusait d'assimiler l'information. Elle ne voulait pas y penser, réfléchir à ce que cela voulait dire, à tout ce que cela impliquait. Elle avait noté l'information, et elle aurait voulu pouvoir simplement passer à autre chose, mais elle se sentait assaillie par une vague de doutes et d'inquiétudes qu'elle n'arrivait pas à repousser.

Parce qu'elle n'était pas déçue, elle n'était pas énervée, elle était morte de peur. Samantha quittait la résistance parce que cela ne correspondait plus à ses valeurs. Elles n'avaient plus les mêmes valeurs. Il y avait plein d'autres sujets sur lesquelles elles n'étaient pas d'accord, elles en découvraient de nouveau tout les jours, mais il s'agissait de quelque chose de tellement important qu'il lui paraissait inconcevable qu'elles ne soient pas en accord sur ce point. Lauren aurait voulu croire qu'elles pouvaient gérer cette différence de point de vue, que cela ne changerait rien, mais comment pourrait-elle seulement caresser cet espoir après ce qui c'était passé avec Dave ? Ce n'était pas le genre de divergence d'opinions que l'on pouvait facilement surmonter. Les amitiés les plus solides n'y survivaient pas. Et qu'adviendrait-il le jour où Samantha s'en rendrait compte, elle aussi ? Elle quittait la résistance aujourd'hui, combien de temps lui faudrait-il pour la quitter elle aussi, pour les mêmes raisons ?

Elle savait qu'elle exagérait, et qu'elle n'avait aucune raison de penser à tout ça, pas maintenant. Mais c'était plus fort qu'elle. Elle se retrouvait tellement dans le Lexit, dans ses combats et dans ses valeurs, qu'elle avait le terrible sentiment que c'était elle que Samantha abandonnait, à qui elle tournait le dos. Elle ne voulait pas voir sa petite-amie quitter la résistance parce qu'elle ne voulait pas la voir s'éloigner d'elle, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas lui demander de rester. Ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait imposer, ou négocier. Et ce n'était pas quelque chose dont elle voulait parler.

Elle refusait d'avoir cette conversation. Elle refusait de s'avancer sur ce terrain, de poser ces questions. Elle avait trop peur des réponses. Elle ne voulait pas savoir pourquoi, elle ne voulait pas essayer de comprendre, elle voulait juste oublier. Poser cette information dans un coin et ne jamais y penser. Elles pouvaient continuer comme avant. Elles pouvaient surmonter ça, il suffisait de ne pas lui accorder d'importance. Samantha quittait la résistance. Pas elle. Et ce n'était pas grave, ce n'était pas important.

"Ok...lâcha-t-elle finalement d'une voix sans émotion. J'comprends, se força-t-elle à ajouter en pressant la main de Samantha dans la sienne. Je comprends..." répéta-t-elle comme pour se convaincre elle-même.

Elle se leva brusquement du canapé, incapable de rester ainsi immobile plus longtemps. Elle aurait voulu pouvoir aller se noyer sous une douche chaude mais ses cheveux humides goutaient encore dans son dos. Elle serait sortie courir si tous les muscles de son corps n'étaient pas déjà à l'agonie. Elle avait besoin de sortir, de prendre la fuite, pour ne plus penser à ça. Elle se sentait prise au piège entre ces quatre murs, face aux yeux de Samantha dans lesquels elle ne trouvait que de l'incompréhension. Elle étouffait.

"Je... Elle cherchait littéralement un échappatoire des yeux. N'importe lequel. Je crois que j'vais sortir prendre l'air..." souffla-t-elle finalement en se tournant déjà vers la porte.

Elle était encore frigorifiée après son long entrainement dehors, mais elle avait besoin de sortir d'ici. Elle ne voulait pas gérer ça, pas maintenant. Elle voulait oublier cette conversation, revenir dans une heure et ne plus en reparler. Elle savait, elle avait enregistré, elle l'avait accepté, et elle voulait passer à autre chose. Ne surtout pas y penser.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Quand Samantha réfléchissait à la façon dont elle annoncerait cette nouvelle à Lauren, elle s'attendait à ce qu'elle le prenne mal, à ce qu'elle s'énerve, tempête, la taxe d'égoïste, et enfin tente de la convaincre de continuer. D'autres fois, elle pouvait deviner ce ton tendre et protecteur que la jeune femme n'utilisait qu'avec elle, avec lequel Lauren lui aurait donné sa bénédiction pour prendre du recul, et rester en sécurité. La seule chose qu'elle n'avait pas imaginé, c'était bien ce silence, cette expression ahurie, comme si Sam venait d'annoncer quelque chose d'impensable. Comme une innommable trahison...

Le silence qui suivit ses paroles lui sembla interminable. Pendant ces quelques secondes, elle cessa presque de respirer, tandis que son coeur se serrait : rien qu'à voir l'expression sur le visage de sa petite-amie, elle regrettait déjà son annonce. Et pourtant, il était trop tard pour revenir en arrière, et ce n'était même pas souhaitable : nul ne s'engage à moitié dans la résistance... Enfin, Lauren finit par lâcher quelques mots insatisfaisants de sa voix grave. Des "j'comprends" qui sonnaient comme des "j'comprends rien, putain, comment tu peux faire ça" aux oreilles de Samantha, un OK choqué.

Elle manqua de sursauter lorsque Lauren se leva brusquement, et esquissa un geste tardif pour la retenir, mais elle était déjà dans l'entrée, prête à s'enfuir. Alarmée, Sam posa bruyamment son mug de tisane sur la table-basse, éjecta Ratatouille de son épaule, et se leva pour la rejoindre.

"Non, attend, Lauren", implora-t-elle en arrivant à sa hauteur. Elle attrapa son avant-bras en douceur. "Reste ici, ou alors je viens avec toi, mais ne me laisse pas comme ça, il faut qu'on en parle."

Des deux, Sam était la plus communicante, celle qui savait la plupart du temps comment désamorcer les conflits, poser des mots sur les non-dits et déclencher les confidences, là où Lauren était plus secrète. Sam savait que sa petite amie avait parfois besoin de ce silence, de son intimité et de ses moments à elle, avant de pouvoir - éventuellement - s'ouvrir et se confier - mais pas trop quand même. D'ordinaire, elle respectait ce besoin, mais ce soir, sa réaction vive l'inquiétait beaucoup trop pour qu'elle la laisse s'échapper avec ses émotions en pagaille. Que se passait-il dans la tête de Lauren ? Qu'avait-elle déclenché, avec quels mots malheureux ? Il fallait tout-de-suite qu'elle le sache, pour pouvoir corriger le tir.

"Ce n'est pas si grave", tenta-t-elle de nuancer, le ton pressant. "Je ne suis pas passée pro-FREE, je te rassure, je crois toujours au LEXIT et j'approuve la plupart des activités de la résistance, et je trouve que les résistants ont beaucoup de courage, ce n'est pas la question, c'est juste que je ne peux plus, voilà, je ne peux plus, tout le bien que je peux faire, je le fais à mon travail, et c'est déjà immense par moments alors la résistance en plus, je... je ne peux plus."

Dépitée, et inquiète de ne pas se faire comprendre, Sam lâcha Lauren et baissa le regard. Comment lui faire comprendre ce qu'elle ressentait ? L'angoisse, la lassitude et l’écœurement qui l'envahissaient de plus en plus souvent ? Au travail, elle vivait parfois des situations horrifiantes. Oh, bien sûr, il y avait les petites mamies qui avaient fait un malaise ou une mauvaise chute à la maison, il y avait les femmes enceintes sur le point d'accoucher et les accidents de potion, bref, le B-A-BA de l'ambulancier magique. Mais il y avait aussi, au moins une fois tous les deux ou trois services, des situations plus complexes : un policier magique, blessé dans les rues de Bristol, un grand brûlé dans des conditions mystérieuses, une mère choquée après la disparition de son enfant, un homme blessé en duel bien accompagné par deux miliciens qui montent dans l'ambulance... Autant de situations parfois difficiles à gérer pour un novice, car il fallait avoir les nerfs solides, et garder le contrôle de ses émotions. D'autant plus qu'ils n'avaient plus toujours la possibilité de travailler en binôme, les effectifs se faisaient faibles par rapport aux nombres d'interventions à assurer, et la durée des gardes s'allongeait, accentuant la fatigue et les erreurs d'inattention.

A l'hôpital, tout le monde était submergé de travail, les médicomages et les infirmières n'en pouvaient plus. On parlait d'une grève, mais illégale, le gouvernement ayant supprimé leur droit de grève. Et qui alors allait la suivre ? Probablement pas Samantha... Dans ces conditions, avec ce climat dégradé au travail, elle ne parvenait plus suffisamment à s'intéresser à l'état du pays dans son ensemble, à prendre suffisamment de recul pour voir au-delà de son cas personnel. Et, chaque fois qu'elle s'imposait une nouvelle réunion du Lexit, une nouvelle action aussi infime soit-elle, alors elle sentait son cœur se pincer, son esprit ployer sous la culpabilité et sous les doutes. La situation n'était pas si noire et blanche, chaque camp avait sa propagande, chacun avait commis des crimes, chaque pion était instrumentalisé au profit de plus hauts desseins...

Quelle était sa place, dans tout cela ? Peut-être bien au coeur des combats, mais au volant de son ambulance. Là, elle ne faisait aucune différence : chaque être humain était soignée, chaque âme blessée trouvait le chemin de l'hôpital, et c'était bien tout ce qui comptait.



   
Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren soupira quand la main de Sam se posa sur son avant-bras, mais n'eut pas le courage de se dégager de son étreinte. Elle n'avait pas envie de la repousser, seulement elle n'avait pas la force de l'affronter maintenant. Elle ne pouvait pas lui expliquer. Elle ne voulait pas lui montrer à quel point elle était bouleversée. Elle fit volte-face en s'efforçant d'avoir l'air aussi calme que possible.

"Pourquoi ? s'agaça-t-elle quand sa petite-amie affirmait qu'elles devaient en parler. Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ?" ajouta-t-elle, impuissante.

Sa décision était déjà prise, elle n'allait pas la supplier de rester. Pourtant elle aussi aurait voulu lui dire "reste ici, reste avec moi", mais elle ne pouvait pas. On ne retenait pas quelqu'un dans la résistance comme on empêchait quelqu'un de quitter une pièce.

"Je sais !" trancha-t-elle quand la jeune femme assura que ce n'était pas grave.

Elle en était consciente, elle savait que ça ne changeait rien, que cela ne remettait pas leur couple en question. Théoriquement elle savait tout ça. Alors pourquoi avait-elle le ventre noué d'angoisse et les mains moites de peur ? Pourquoi se sentait-elle comme si c'était elle que Samantha venait de quitter ? Elle s'en voulait de réagir comme ça, de façon absurde et complètement disproportionnée. Cela ne lui ressemblait pas. Elle avait tendance à s'énerver rapidement, mais elle n'était pas de ceux qui s'inquiètent d'un rien et qui paniquent à la moindre contrariété.

Quelque chose dans la voix de Sam, dans cette lassitude qu'elle devinait, lui fit un instant oublier ses propres craintes et la culpabilité ne tarda pas à remplacer l'angoisse. Elle ne voulait pas que Samantha se sente obligée de se justifier. Sa petite-amie avait parfaitement le droit de vouloir se mettre un peu en retrait, surtout après ce qu'elle avait vécu à Léopoldgrad. Lauren n'avait pas le droit de lui en vouloir de quitter la résistance, et elle n'avait pas envie de lui en vouloir, mais cela faisait naitre en elle toutes ces craintes complètement irrationnelles et elle ne savait pas comment les gérer.

Elle fut à peine rassurée par les paroles de la jeune femme quand elle expliqua qu'elle n'était pas favorable au FREE pour autant et qu'elle continuait d'approuver la plupart des actions de la résistance. Elle disait ça aujourd'hui, mais demain ? Et le jour encore après ? Elle pouvait très bien s'éloigner, tout doucement, sans même s'en rendre compte, jusqu'au jour où la distance entre elles serait trop grande pour être comblée.

C'était quelque chose qu'elles avaient commencé ensembles. C'était quelque chose qu'elle partageait, qu'elles assumaient chacune à tour de rôle. Elles en avaient d'abord parlé, avaient commencé à se renseigner chacune de leur côté, et s'étaient finalement engagées, ensembles. Elles avaient toutes les deux connu des doutes, ne serait-ce que vis-à-vis de Dave, cela n'avait pas toujours été facile mais elles avaient tenu le coup, parce qu'elles étaient toutes les deux. Comment est-ce qu'elle allait s'en sortir maintenant qu'elle était toute seule ?

"Je ne veux pas que tu restes si ce n'est pas ce que tu veux, commença-t-elle d'une voix mal assurée. Et je ne t'en veux pas, affirma-elle. C'est ton choix et je comprends, vraiment c'est juste que..."

Elle ne savait pas quoi dire, elle ne trouvait pas ses mots, elle n'arrivait pas à lui faire comprendre cette peur irrationnelle de la voir s'éloigner.

"C'est juste que si la résistance ne te correspond plus, si ça ne correspond plus à tes valeurs, alors moi non plus, sa voix s'étrangla et elle regretta aussitôt de s'être lancée dans cette explication. Elle aurait du partir. Et je veux pas te perdre toi aussi... Tu peux pas partir, supplia-t-elle, alors qu'elle s'était promis de ne pas essayer de la faire rester. Tu peux pas me laisser."


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