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 Maison de famille [Charliott]

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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samedi 14 mars 2010

Eliott promenait son regard autour de lui avec une moue peu convaincue, n'écoutant que d'une oreille le discours de l'agent immobilier qui listait tous les travaux qu'ils pourraient faire pour rendre l'endroit un peu plus moderne. Arracher l'immonde papier peint fleuri serait un bon début, songea-t-il en s'approchant des murs pour examiner les horribles tournesols d'un peu plus près. Bianca, qu'il portait dans ses bras pour éviter qu'elle ne se traine par terre dans toute la salle à manger, se mit aussitôt à s'agiter et à protester à sa façon -en commençant à pleurer -signe que les murs aux fleurs défraichies ne lui plaisaient pas non plus.

Le jeune père répondit par une grimace d'excuse au regard courroucé de l'agent immobilier et leva les yeux au ciel dès que celui-ci eut le dos tourné. C'était un grand maigre d'une quarantaine d'années au crâne dégarni qu'il dissimulait vainement sous une ridicule mèche de cheveux coiffée en travers de son front, et il n'inspirait pas beaucoup de sympathie à Eliott. Cela y était surement pour beaucoup dans son manque d'enthousiasme pour cette maison. Entre l'agent immobilier plus guidé que son père et les tournesols aux murs, autant dire que sa première impression n'était pas excellente.

C'était la troisième maison qu'ils visitaient avec Charlotte aujourd'hui et il avait l'impression que chaque fois qu'ils poussaient une nouvelle porte, ils s'éloignaient un peu plus de leurs attentes. La première était plutôt jolie, bien décorée, et bien située, mais à peine plus grande que leur appartement. Il se retenait toutefois de faire la moindre remarque sur la taille des pièces qu'ils visitaient, préférant éviter de s'entendre répondre que "Tout le monde n'avait pas grandi dans un manoir". Certes, mais entre un manoir et un placard à balais, il y avait tout un panel de possibilités, et la première maison qu'ils avaient visitée tenait davantage du placard. La seconde était bien plus grande mais austère, sombre et humide, or ils ne tenaient pas vraiment à emménager dans une réplique de la cabane hurlante.

Ils cherchaient pourtant quelque chose de simple : une maison en bon état, avec un jardin, au moins trois chambres, quatre ou cinq dans l'idéal, lumineuse, pas loin du centre-ville d'Oxford mais dans un quartier calme, sans vis-à-vis, et avec un garage. Et une cheminée. Le tout en respectant leur budget serré, évidement. Cela ne devait pas être si compliqué à trouver ! Et puis ils avaient le droit d'être exigeants, c'était une décision importante ! Si les choses se déroulaient comme prévu, ils allaient vivre les cinquante prochaines années dans cette maison, alors ils tenaient à ce qu'elle soit parfaite. Même Eliott, qui était plutôt du genre à se précipiter et à décider sans réfléchir, se montrait difficile. Il n'avait pas de coup de cœur, il n'arrivait pas à imaginer leur future famille dans cette maison.

Future famille qui tardait à s'agrandir, songea-t-il en coulant un regard en direction de Charlotte qui écoutait attentivement l'agent immobilier -ou qui faisait bien semblant. Cela faisait presque six mois qu'ils essayaient d'avoir un deuxième enfant mais celui-ci ne semblait pas décider à pointer le bout de son nez. Il savait qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que c'était parfaitement normal, et il tenait dans ses bras la preuve qu'ils étaient capables d'avoir des enfants, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se poser des questions. Il évitait de trop communiquer ses inquiétudes à Charlotte -il savait qu'elle s'angoissait aussi même si elle prétendait le contraire en elle lui répétant sans cesse que c'était normal, et qu'il fallait seulement être un peu patient. Ça n'avait jamais été son fort, la patience.

Cette visite lui paraissait d'ailleurs interminable. Il était clair qu'ils n'achèteraient pas cette maison, pourquoi le grand chauve s'entêtait-il à leur vanter la gentillesse des voisins ? Il traversa la pièce en quelques enjambées pour se glisser dans le dos de Charlotte.

"Tu crois que c'est lui ou la maison qui sent la soupe ?" chuchota-il en se penchant à son oreille avec un sourire.

Il laissa échapper un éclat de rire qui fit se retourner la cible de ses moqueries et lui valut un nouveau regard mauvais. Il songea un instant à accuser Bianca mais elle avait l'air trop innocente, la tête posée sur son épaule, sur le point de s'endormir.

"Si celle-ci ne vous convient pas, reprit l'agent immobilier. Il y a une maison qui vient d'être mise en vente à quelques rues d'ici, qui correspond à ce que vous cherchez. Mais je préfère vous prévenir tout de suite, elle dépasse un peu votre budget. Ce qui en langage d'agent immobilier voulait dire qu'ils devraient vendre chacun un rein. Est-ce que vous souhaiteriez la visiter malgré tout ? "

Eliott interrogea Charlotte du regard. Bianca s'endormait doucement sur son épaule, ils avaient vingt minutes de tranquillité devant eux.

"On peut aller jeter un œil, suggéra-t-il avec un haussement d'épaules qui faillit réveiller sa fille. Vu ce qu'il nous a présenté jusqu'à maintenant, il y a peu de risques que ce soit un coup de cœur de toute façon, ajouta-t-il plus bas. Et tes parents ne nous attendent qu'à 16h. "

Ils avaient promis aux parents de Charlotte de passer les voir après leurs visites, puisqu'ils habitaient juste à côté, mais ils avaient encore un peu de temps devant eux.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Depuis qu'elle était petite, Charlotte avait une idée assez précise de ce qui constituait la maison idéale. Étonnamment - ou pas - cela ressemblait un peu à la maison de ses parents. Une belle demeure familiale, dans un joli quartier calme et résidentiel d'Oxford, avec plusieurs chambres, beaucoup de lumière, un grand jardin. Elle acceptait éventuellement de faire l'impasse sur le garage, mais elle aurait bien aimé pour ranger des choses, leurs balais et puis les futurs vélos de Bianca. Le souci était qu'elle n'avait pas vraiment le même budget que ses parents ou bien alors l'immobilier était bien plus cher qu'avant. Eliott et étaient arrivés plein d'espoir dans le bureau de l'agence immobilière mais ils s'étaient vite confrontés à la réalité du terrain (ou alors l'agent ne les avait pas compris du tout, ce qui n'aurait pas été étonnant vu sa sympathie). Ils avaient visité plusieurs maisons qui ne correspondaient pas tellement à leurs critères ou du moins, dans lesquelles ils ne parvenaient pas à se projeter. Pour autant, il devenait urgent de quitter leur appartement de Londres parce qu'ils projetaient d'avoir un nouveau bébé et il faudrait bien le loger... Même si cet enfant ne semblait pas décidé à venir.

Cela angoissait un peu Charlotte même si elle se raccrochait à l'idée qu'il fallait un an d'essai pour parler d'anomalie. Au début, ils avaient essayé "comme ça", sans rien calculer et devant les mois qui s'écoulaient, ils avaient commencé à cibler pour augmenter leurs chances. Rien. Sa mère, avec qui elle en avait parlé, lui disait que c'était sûrement psychologique, qu'elle était trop stressée, qu'il fallait se détendre et que tout allait sûrement bien, puisqu'ils avaient Bianca. Mais leur petite fille avait été une surprise... Et si elle ne pouvait plus avoir d'enfants ? C'était bête comme pensée mais cela la tracassait. Elle avait l'impression que s'ils trouvaient la maison de leurs rêves, ils seraient dans les meilleures conditions pour avoir un second enfant et que tout se règlerait, d'où l'importance de ces visites. Elle faisait des efforts pour se projeter, elle suivait consciencieusement l'agent immobilier dans les pièces vieillottes, regardant autour d'elle alors qu'Eliott portait Bianca.

- Et donc, la pièce de vie fait combien ?
- 27 mètres carré, répondit l'agent sans consulter ses fiches.

Charlotte hocha la tête mais cela lui semblait un peu petit. Ses parents avaient un beau double-salon et cela laissait beaucoup d'espace pour circuler... Mais ce n'était pas la maison de ses parents, se reprit-elle pour la quatrième fois. Il fallait qu'elle se détache de cette idée afin qu'ils trouvent leur propre cocon, même si cela ne serait sûrement pas cette maison-là. Elle sentit la présence de son mari dans son dos et sa remarque la fit doucement sourire, même si elle lui décrocha un coup de pochette plastifiée dans l'épaule.

- Arrête.

Mais peine perdue, l'agent semblait les avoir entendus. Elle lui adressa un sourire nerveux alors que celui-ci reprenait la parole, un peu plus froid que tout à l'heure. Son esprit rationnel lui disait qu'une maison qui dépassait "un peu" leur budget, c'était une maison qu'ils n'achèteraient de toute manière jamais. Elle était un peu stressée à l'égard de ce premier achat et avait fait de longs calculs, avec leur banquier, pour avoir leur taux d'endettement. Elle voulait qu'ils puissent vivre correctement en dehors de leur maison, partir en vacances, par exemple.

- Je, euh...

Mais Eliott était moins raisonnable et lança qu'ils pouvaient toujours la visiter, puisqu'ils ne retrouvaient pas ses parents tout de suite. Ils passaient pour le thé, comme ils étaient à moins de dix minutes à pied... Soupirant, elle capitula. Il avait raison, elle ne leur plairait sûrement pas : l'agent n'avait pas cerné ce qu'ils voulaient.

- D'accord, pourquoi pas. On vous suit.

Elle referma son manteau et ajusta l'imperméable de Bianca, qui dormait de manière adorable dans les bras de son papa. Alors qu'ils redescendaient les marches qui menaient au jardin, pendant que l'agent refermait la maison, elle glissa une main dans le dos de son mari, un peu embêtée.

- J'ai l'impression qu'on ne trouvera pas dans nos critères et notre budget, pas à Oxford du moins...


Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott sentait bien que Charlotte n'était pas très enthousiaste à l'idée de visiter cette maison qui dépassait "un peu" leur budget, mais il ne voulait pas risquer de manquer une opportunité pour si peu. Ils pourraient toujours recalculer leur budget si par miracle cette maison leur plaisait -ce qui était peu probable étant donné les gouts douteux de leur agent immobilier. Il s'imaginait bien que Charlotte avait déjà optimisé leur budget au maximum, mais il savait sa femme prudente et il était persuadé qu'ils pourraient augmenter un peu leur plafond s'ils acceptaient de s'endetter un peu plus. Ils pourraient même demander à Dave de les aider pour obtenir le prêt s'il fallait. La jeune femme se rapprocha justement de lui pour lui faire part de ses craintes, alors qu'ils sortaient sur le perron de l'horrible maison au papier peint fleuri.

"Je suis sûr qu'on va finir par trouver ! répondit-il avec son éternel optimiste. On n'a pas fait encore fait beaucoup de visites ! "

Certes, elles s'étaient révélées plutôt décevantes, mais il restait persuadé qu'ils allaient trouver. Ils finiraient bien par visiter une maison qui leur conviendrait. De son avis, leur future maison n'avait pas nécessairement besoin de répondre à tous leurs critères, du moment qu'elle leur convenait. Il avait des attentes un peu moins figées que celle de Charlotte, qui semblait avoir une idée très précise de ce qu'elle voulait. Lui cherchait surtout une maison où ils se sentiraient bien, tous les trois, et dans laquelle ils n'auraient pas de mal à se projeter. Il n'avait même pas vraiment idée de ce à quoi ils pouvaient prétendre et il s'étonnait souvent du prix des maisons qu'on leur faisait visiter, dans un sens comme dans l'autre. Il était passé directement d'un manoir de plusieurs centaines de mètres carrés à un appartement miteux dans une banlieue peu recommandable, alors son idée du marché immobilier était encore assez éloignée de la réalité.

"Et puis, on est pas obligés de rester à Oxford, suggéra-t-il avec un haussement d'épaules. On peut s'éloigner un peu de la ville, les prix seront moins élevés. Il avait tout de même retenu quelques leçons de leurs rencontres avec leur agent immobilier ! Avec le transplanage on ne serait loins de rien, de toute façon..." ajouta-t-il plus bas.

Le crâne dégarni de l'agent immobilier passa derrière Charlotte, se dirigeant vers la porte d'entrée du petit jardin mal entretenu, et le jeune couple lui emboita le pas alors qu'il leur affirmait que l'autre maison ne se trouvait qu'à quelques rues de là. En se promenant dans les allées d'Oxford, Eliott comprit finalement pourquoi Charlotte tenait tant à trouver une maison dans ce quartier. Toutes les maisons disposaient d'un jardin bien entretenus, des enfants jouaient joyeusement dans la rue -où presque aucune voiture ne circulait- et il régnait dans tout le quartier une atmosphère légère et paisible. C'était le genre d'endroit où l'on se sentait en sécurité.

"Celle-ci est magnifique !" lança-t-il à la jeune femme alors qu'ils arrivaient à la hauteur d'une grande bâtisse en pierre, qui aurait mérité quelques travaux mais dont il se dégageait un certain charme.

"Nous y sommes, annonça l'agent immobilier en s'arrêtant au face de la maison ancienne qu'Eliot venait de repérer. Comme je vous le disais, le prix de mise en vente dépasse un peu votre budget, mais c'est une très belle construction."

Eliott échangea un regard entendu avec Charlotte, persuadé que le prix dépassait leur budget de beaucoup plus "qu'un peu". Même lui pouvait se rendre compte qu'une telle propriété devait coûter une fortune ! Mais bon, maintenant qu'ils étaient là...

"Voulez-vous entrer tout de suite ou préférez-vous d'abord voir le jardin ? Le terrain est immense..."

Bianca choisit ce moment pour se réveiller et commencer à s'agiter en gémissant, visiblement peu désireuse de rester dans les bras de son père plus longtemps.

"Je pense qu'on peut rentrer directement..." suggéra-t-il en consultant Charlotte du regard.

Il était évident que même recalculer leur budget ou allonger un peu leur prêt ne leur permettrait pas de s'offrir de cette maison, alors autant abréger la visite au maximum, surtout maintenant qu'il avait un bébé remuant dans les bras.

"Tu avais raison, on aurait pu s'épargner cette visite, souffla-t-il à l'oreille de sa femme alors qu'elle le précédait pour entrer dans la maison. On n'a qu'à boucler ça en cinq minutes..."

Si leur agent restait fidèle à lui-même, ils se retrouveraient de toute façon dans une maison mal agencée, avec des murs de travers et du papier-peint hideux.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte hocha la tête pour se laisser requinquer par l'optimisme d'Eliott qui assurait qu'ils allaient trouver. C'est juste qu'elle avait une idée assez précise de tout : de ce qu'elle voulait, de la taille des pièces, du secteur (qui se limitait à deux pâtés de maison grand maximum) et sa mère et elle avaient regardé des catalogues il y a quelques mois, ce qui n'avait fait qu'accentuer ses idées définies. Ils s'endettaient sur vingt-cinq ans, ils avaient quand même le droit d'avoir la maison de leurs rêves, non ? Elle ne demandait pas la lune et puis elle était fonctionnaire, elle avait un bon salaire, elle avait le droit d'avoir une maison avec un jardin et un garage et deux salles de bains. Elle se sentait un peu déçue même si l'agent immobilier les emmenait voir une autre maison : elle n'était pas dans leurs moyens, cela ne servait à rien de se projeter voire même de la visiter. Pourtant, elle suivit son mari et ne manqua pas de lui adresser un regard outré lorsqu'il osa proférer la plus grosse bêtise de la journée. Ne pas vivre à Oxford ? C'était hors de question. Elle avait toujours voulu revenir vivre ici avec ses enfants, pour les élever dans cette ville qu'elle connaissait et adorait. Peu important l'argument du transplanage, elle voulait pouvoir pousser sa porte et être dans Oxford, marcher le long de la rivière Cherwell, se balader dans Saint-Thomas Street et prendre un café au Morell, aller au marché couvert et passer par le Quartier Magique en revenant.

- Mais si, on est obligés ! Je veux vivre près de mes parents, ça sera plus facile pour eux de garder Bianca...

Elle était très proche d'eux et cela serait plus pratique qu'ils n'aient pas toujours à déposer leur fille en transplanage. En plus, ses parents vivaient dans Summertown et c'était le quartier parfait aux yeux de Charlie. C'était juste à côté du centre, à quelques arrêts de bus ou bien on pouvait y aller à pied en remontant Banbury Road. C'était résidentiel mais il y avait quand même plein de commerces de proximité, des cafés, des restaurants et puis plein de bonnes écoles, elle était allée au primaire dans une école privée à dix minutes d'ici. Elle voulait que Bianca grandisse là, avant Poudlard. Elle n'avait que cela en tête alors qu'ils marchaient tous les trois - et avec l'agent - en regardant les rues familières autour d'elle. Là, au numéro 145, il y avait sa copine Lucy, avant que ses parents divorcent, du moins. Finalement, ils s'arrêtèrent au 185, devant une belle bâtisse de briques rouges. Voilà, ça c'était le genre de maison qu'elle imaginait ! Elle ne put retenir un sourire alors que Eliott lançait qu'elle était magnifique. Non mitoyenne, avec une allée, sûrement un jardin à l'arrière... Elle ressemblait un peu à la maison de ses parents. Et sûrement bien au delà du budget.

- Elle vaut combien... ? interrogea-t-elle, désireuse de ne pas se faire du mal en visitant un bien qui ne serait jamais accessible, même en étalant leur crédit.

Mais c'est comme si elle avait parlé dans le vide : ils étaient agaçants les agents immobiliers à ne révéler le prix qu'à la fin de la visite, comme s'ils se trouvaient dans un grand film à suspens. À croire qu'ils attendaient juste qu'une musique digne de James Bond débute. Mais malgré cela, Charlie avait très envie de voir cette maison et puis ses parents ne les attendaient pas encore... Eliott semblait penser la même chose puisqu'il proposa de sauter la visite du jardin pour directement voir l'intérieur, afin de ne pas perdre trop de temps. Surtout que Bianca gigotait dans ses bras, donc autant la poser sur du parquet plutôt que sur l'herbe humide : il avait plu ce midi.

- Peut-être qu'il y a plein de travaux à l'intérieur ! murmura-t-elle à l'adresse de son mari, en caressant la tête de leur fille.

Et ils ne voulaient pas avoir à faire trop de travaux. Suivant leur agent qui sortit un énorme trousseau de clés de sa poche, ils pénètrent dans un hall vide mais plutôt grand et surtout, avec des placards que Charlotte ouvrit pour voir la contenance.

- Sur la gauche, commença l'agent, vous avez la cuisine. Il poussa une porte pour révéler une pièce très lumineuse et Charlie ouvrit de grands yeux.
- Oooh... C'était grand et cela donnait sur le jardin et une terrasse. Ravie, sa main se promena sur le bel ilot central. On pourrait même mettre une grande table pour manger ! s'exclama-t-elle à l'adresse d'Eliott. Il y avait plein de placards et elle les ouvrit, regarda la marque des équipements, se tourna vers l'agent. Ça reste ?
- Tout reste, confirma-t-il, y compris les luminaires. Et vous pouvez mettre une table mais il y a une salle à manger.

Des paillettes plein les yeux, n'y tenant plus, Charlotte se rapprocha du grand jardin derrière les baies vitrées.

- C'est bien clos ! admira-t-elle.

Visiblement satisfait, l'agent se tourna vers Eliott.

- Vous désirez voir la suite ?


Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou pas, mais la maison dans laquelle ils venaient d'entrer était bien plus lumineuse, bien plus spacieuse, et bien plus moderne que toute celles qu'ils avaient visité avant. Il essayait de garder à l'esprit que le prix était certainement très au delà de leurs moyens, mais il était difficile de ne pas se projeter. La décoration était très sobre, les murs presque nus, il était facile d'imaginer leurs meubles dans ces grandes pièces, leurs photos accrochées dans le couloir et le tapis de jeu de Bianca dans le salon.

Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il observait Charlotte qui, tout en restant parfaitement professionnelle, avait le regard d'un enfant un matin de noël. Il la suivit dans la cuisine où elle ouvrit chaque placard et examina les différents équipements, visiblement ravie. Il n'avait pas besoin de lui poser la question pour voir que la maison lui plaisait, beaucoup. Lui-même était sous le charme, et chaque nouvelle information ne venait que confirmé ce dont il avait déjà conscience : cette maison était faite pour eux. Elle avait tout ce qu'ils recherchait, et elle était dans ce quartier d'Oxford que Charlotte aimait tant.

Il jeta un coup d'oeil en direction de l'agent immobilier, ses yeux glissant sur les papiers qu'il avait à la main dans l'espoir d'apercevoir le prix du bien qu'ils visitaient. Il avait du mal à en estimer la valeur mais espérait qu'ils pourraient étaler leur prêt pour se donner les moyens de l'acheter. Ils étaient jeunes, ils n'avaient qu'à s'endetter sur soixante ans ! Il nota dans un coin de son esprit d'aller demander des conseils à son cousin Dave, qui saurait certainement leur indiquer la meilleure façon de financer un tel achat, et rejoignit Charlotte qui observait le jardin depuis la grande baie vitrée dans la cuisine.

"Et grand, ajouta-t-il quand sa femme complimenta le jardin. On pourrait même mettre une balançoire pour Bianca, quand elle sera plus grande, réfléchit-il à voix haute. Ça te plait ?" ajouta-t-il à l'attention de l'intéressée qui était maintenant bien réveillée et ne cessait de s'agiter dans ses bras.

La petite fille lui répondit par un babillage qu'elle était la seule à comprendre et, attirée par l'extérieur, posa ses deux petites mains à plat contre la fenêtre, laissant deux belles traces sur la vitre au passage.

"Oups, souffla-t-il en reculant d'un pas pour éloigner Bianca de la baie vitrée. On ne met pas ses mains partout !" la sermonna-t-il pour la forme alors que la fillette applaudissait de façon plus ou moins coordonnée, comme à chaque fois qu'elle entendait le mot "main".

L'agent immobilier, qui n'avait visiblement rien remarqué, leur propose de poursuivre la visite. "On vous suit", lui répondit Eliott en lui emboitant le pas vers le salon.

"Nous sommes dans le salon principal, expliqua le petit homme chauve en balayant la pièce du regard. Il y a un deuxième salon à l'étage, qui peut facilement être transformé en chambre.
- Combien de chambres en tout ?
- Quatre, cinq si vous utilisez le salon à l'étage."

Eliott échangea un regard avec Charlotte. C'était plus qu'assez pour leur petite famille, même s'ils prévoyaient de l'agrandir prochainement. Il y avait suffisamment de place pour faire élever plusieurs enfants, c'était parfait. Bianca, de son côté, avait justement des envies d'espace et n'arrêtait pas de se débattre pour se libérer des bras de son père, qui capitula et finit par la déposer sur le tapis du salon.

"Vous pouvez voir la salle à manger, juste sur votre gauche, expliquait l'agent. Vous pouvez y accéder par le salon, ou directement par le couloir."

Eliott fit quelques pas dans la direction indiquée, sans s'éloigner de Bianca qu'il surveillait du coin de l'oeil alors qu'elle prenait appui sur la table basse pour se redresser sur ses jambes. Leur fille ne marchait pas encore mais elle se déplaçait vite et elle semblait être naturellement attirée par tous les objets coupants ou pointus. Il était certain que s'il y avait une aiguille perdue quelque part dans cette maison, elle allait forcément tomber dessus ! La surveiller était devenue une occupation à temps plein, vigilance constante !


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Eliott semblait content également de la maison, Charlotte le voyait dans son investissement. Elle hocha la tête lorsqu'il complimenta le jardin et eut un petit sourire à l'idée d'une balançoire pour leur petite Bianca. Sa petite chérie qui jouait dans leur jardin, voilà une vision qui lui donnait envie de sortir le chéquier ! Leur fille semblait plutôt enthousiaste à l'idée d'aller jouer puisqu'elle colla ses petites mains sur les carreaux bien faits, laissant une trace. Ni vue, ni connue, la petite famille fit comme de rien n'était. Elle aurait pu sortir les lingettes qu'elle gardait dans son sac à main / sac à langer mais... Tant pis. La visite s'enchaina et Charlie regarda tout autour d'elle pour attraper les petits détails. Ravissantes, ces moulures au plafond ! Il y avait déjà des cache-prises d'installées ! La jeune maman qu'elle était frétillait à l'idée des cache-prises alors qu'ils avançaient dans un joli salon avec un beau parquet. Il y avait des rangements - elle aimait les rangements - et même une belle cheminée. Il y avait même deux salons, selon l'agent immobilier. Deux salons ! C'était un truc de gens riches, ça, d'avoir deux salons. "On va prendre le thé dans le deuxième salon ?" : cela renforçait l'idée que, décidément pas les moyens de cette maison. Mais John Warlock serait sûrement content qu'ils aient deux salons.

- C'est bien... souffla Charlie devant le nombre de chambres.

Quatre, c'était déjà bien. Peut-être que le salon pourrait faire une salle de jeux ? Cela ne serait pas un luxe pour Bianca qui avait besoin de se dégourdir les jambes. Elle ne marchait pas encore mais elle filait comme une fusée à quatre pattes (et quand elle avait la flemme, elle rampait. Ou pleurait, pour que maman vienne la déplacer du tapis de jeu du salon à son parc. Pourquoi se remuer la couche quand papa et maman accouraient dès qu'elle ouvrait la bouche ?) Laissant sa fille s'appuyer sur la table basse pour se mettre debout, Charlie fit quelques pas vers la salle à manger.

- Je n'aime pas trop le lino, commenta-t-elle, mais ça se change ? C'est encore du parquet en dessous, vous pensez ?

Elle n'aurait sûrement pas dû, mais Charlotte se projetait bien trop. C'était la maison de ses rêves. La bonne ville, le bon quartier, les briques rouges et le beau parquet, la cheminée, le jardin... Il y avait une grande cuisine familiale, un salon et la salle à manger pour recevoir, un nombre de chambres parfait... Elle voulait cette maison. Elle voulait terriblement cette maison. Elle se rapprocha d'Eliott pour glisser son bras sous le sien, trépignant presque.

- Je veux cette maison, soupira-t-elle. Elle est parfaite ! En plus, il n'y a pas de travaux, on pourrait emménager rapidement...

Ils n'avaient pas encore vu les deux étages mais Charlie était déjà conquise.



Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott na parvint pas à retenir un sourire amusé en voyant Charlotte s'extasier devant les caches-prises. Jusqu'à très récemment il ignorait jusqu'à l'existence des caches-prises, et s'était même permis de mettre en doute leur utilisé -grave erreur.  Sa charmante épouse lui avait flanqué la peur de sa vie en lui balançant un nombre effrayant d'anecdotes et de statistiques sur les bambins électrocutés. Leur appartement était depuis complètement baby-proofé et Eliott traumatisé à vie. D'ailleurs cette jolie cheminée dans le salon lui paraissait au moins aussi dangereuse qu'une prise à nue mais il s'abstint de faire le moindre commentaire, il n'avait aucune envie d'entendre des récits de bébés brûlés vifs.

"Bien sûr, répondit l'agent immobilier que Charlotte interrogea sur le lino de la salle à manger. Le parquet d'origine est encore en dessous, une couche de cire et il sera comme neuf !"

Il pouvait clairement voir l'enthousiasme de la jeune femme sur son visage. Il aurait voulu pouvoir lire dans son esprit pour voir la maison à travers ses yeux à elle. Elle était certainement en train d'imaginer ce à quoi elle pourrait ressembler si elle devenait leur maison. A sa façon de détailler chaque meuble, d'évaluer les volumes, de tout mesurer du regard, il était certain qu'elle refaisait déjà la décoration à leur goût. Il fut conforté dans cette impression quand sa femme vint s'accrocher à son bras pour lui avouer dans un soupir qu'elle voulait cette maison. Lui aussi voulait cette maison, et plus encore il voulait le futur que cette maison semblait leur promettre. Trois ou quatre enfants, un grand jardin, une banlieue tranquille avec de gentils voisins et de bonnes écoles. Il voulait tout ça.

A cet instant il ne souhaitait rien de plus que de pouvoir répondre à Charlotte "Moi aussi je veux cette maison, on la prend". Il aurait voulu pouvoir lui offrir ce qu'elle voulait, ce qu'ils voulaient tous les deux pour leur famille. Mais plus la visite avançait plus il réalisait à quel point cet achat dépassait de beaucoup leurs moyens.

Eliott n'avait jamais été particulièrement intéressé par l'argent, certainement parce qu'il n'en avait jamais manqué en grandissant. Encore quelques années plus tôt, il était fier d'avoir liquidé son compte en banque pour payer sa licence de taxi et presque satisfait d'avoir des fins de mois difficiles. Par pur esprit d'opposition contre son père, il avait mis un point d'honneur à vivre simplement, à ne pas courir après l'argent et à se contenter de ce dont il avait besoin. Et voilà que, malgré lui, cet idéal patriarcal complètement archaïque contre lequel il avait lutté, celui qui voulait que ce soit l'homme qui subvienne aux besoins de sa famille, avait fini par le rattraper. Il aurait voulu pouvoir subvenir à tous les besoins de sa future famille, mais il n'en était pas capable. Son père aurait probablement été ravi du sentiment de culpabilité qu'il essayait d'étouffer, sans succès.  

Loin de se laisser abattre par cet amer constat, il se fit la promesse de trouver un moyen de financer l'achat de cette maison. Il ferait plus d'heures, il prendrait des gardes supplémentaires, il vendrait le peu d'objets de valeurs qu'il avait conservé de sa famille.

- Oui, elle est parfaite, répondit-il avec un sourire. On s'y sent bien.

Et bientôt ils s'y sentiraient chez eux. Il glissa un regard du côté de Bianca, qui s'était redressée en prenant appui sur la table basse, et retint une exclamation de surprise en la voyant enlever ses petites mains du meuble. La petite fille manqua de perdre l'équilibre, reprit appui sur la table basse un moment, avant de s'en détacher à nouveau, et de tenter un pas dans leur direction.

- Regarde ! souffla-t-il à Charlie dans un murmure, comme s'il avait peur de perturber sa fille en parlant trop fort.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Un beau parquet dans la salle à manger, voilà qui serait bien ! Charlotte aimait bien le vieux bois qui craquait un peu, cela donnait du charme. Et puis il y avait des étagères pour mettre la vaisselle et de la décoration et puis une grande fenêtre et puis de hauts plafonds : cette maison était absolument parfaite. Parfaitement chère, aussi. L'agent immobilier n'avait pas précisé le prix mais "au dessus de leurs moyens" semblait être une bonne approximation. Pour autant, elle n'avait pas envie de faire des concessions quand elle voyait que le bien de leurs rêves existait, c'est juste que... ils n'avaient pas les sous. C'était injuste parce qu'elle avait fait de bonnes études, avait choisi un bon métier aussi pour pouvoir s'offrir le niveau de vie dont elle avait envie. Elle ne demandait pas grand-chose, pourtant, pas de villa luxueuse ou de jet privé, juste une maison en banlieue avec un jardin pour élever ses enfants. Alors certes, Oxford, c'était un endroit cher mais elle y avait grandi, elle y tenait. Eliott dirait qu'ils étaient des sorciers, qu'ils pouvaient transplaner mais elle voulait aussi vivre dans un endroit où Bianca pourrait un jour prendre son indépendance sans qu'ils n'aient à la transporter partout : ici, elle pourrait prendre le bus pour aller en ville, il y avait une ligne directe qui l'emmenait en dix minutes, elle pourrait aller à pieds chez ses grands-parents, qui eux-même pourraient venir souvent. Charlotte soupira. Elle voulait cette maison...

- Oui, confirma-t-elle de manière un peu désespérée à Eliott qui semblait partager le même avis qu'elle.

Il devait être déçu aussi. Même si, connaissant son mari, il aurait sûrement des solutions plus ou moins fantaisistes à lui proposer pour qu'ils ne renoncent pas à ce rêve. Allonger la durée de leur crédit ou gagner à la loterie, par exemple... Allonger la durée de leur crédit, techniquement, c'était possible, ils étaient encore jeunes. Mais cela angoissait un peu Charlotte, de se dire qu'elle devrait payer jusqu'à cinquante ou cinquante-cinq ans un crédit. C'était vertigineux, elle en avait vingt-six. Mais elle fut sortie de ses calculs d'apothicaire par un murmure d'Eliott. Ses yeux s'agrandirent devant Bianca qui s'était relevée à l'aide de la table basse et tentait de retirer ses petites mains de son appui. Elle faisait beaucoup cela ces derniers temps, elle avait développé ses réflexes de marche. Elle s'appuyait sur le canapé ou sur une commode et tenait debout sur ses petits mollets potelés. Elle s'agrippait à leurs jeans pour se hisser et était toute fière, parce qu'on voyait drôlement mieux le monde de là-haut. Elle n'allait pas tarder à faire ses premiers pas, ils s'en doutaient depuis quelques temps. Toute souriante, Charlie s'accroupit sur le sol et tendit les bras à sa petite chérie, qui avait son air grognon et tout concentré.

- Viens ma puce ! Viens Bianca !

Elle était toute hésitante mais finit par lâcher la table basse. Après une petite seconde d'équilibrage - ça tangue dis donc d'être une grande fille - elle posa un petit pied vers eux, puis un deuxième, puis un troisième et parcouru une soixantaine de centimètres jusqu'à atterrir - tomber - dans les bras de sa mère. Euphorique, Charlotte la souleva du sol.

- Ouiiiiiiii bravo chérie, bravo ! Bravoooo !

Devant ce débordement de joie, Bianca pouffa de rire et eut un grand sourire avant de secouer ses mains frénétiquement en poussant des petits cris, sa manière d'être contente.

- Bravoooo !


Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott observa avec fierté sa toute petite fille chercher difficilement son équilibre après avoir lâché la table basse qui lui servait d'appui. Cela faisait des semaines qu'elle se mettait de plus en plus souvent debout, en se servant de tout ce qui se trouvait à sa portée pour s'aider à se redresser. Eliott pouvait passer de longues minutes à la balader dans leur appartement en tenant ses deux mains pour lui donner de l'équilibre. Bianca ne cachait pas sa hâte de découvrir le monde. Elle essayait même de s'échapper de son lit à barreaux, heureusement sans succès. Ils se doutaient que le jour où elle ferait ses premiers pas ne tarderait pas, et Eliott craignait de ne pas être là quand le moment viendrait.

Charlotte et lui avaient tous les deux des métiers prenants, des horaires décalés. Il travaillait souvent de nuit, Charlotte avait régulièrement des permanences les week-ends, et ils étaient tous les deux conscients qu'ils ne seraient pas toujours présents pour les premières fois de leur fille. Ils avaient choisi de continuer de travailler tous les deux à plein temps, et ils étaient satisfaits de ce choix. Mais est-ce que cela valait vraiment la peine de prendre le risque de louper des étapes importantes de l'enfance de leur fille si cela ne pouvait même pas leur offrir la maison de leurs rêves ?

Il oublia bien vite toutes ces considérations d'ordre financier quand Bianca fit un petit pas maladroit en directement de Charlotte, qui s'était accroupie en face d'elle. Il suivit avec des yeux émerveillés la progression hésitante  et mal assurée de sa fille, qui parcourut une soixantaine de centimètres avant de s'échouer dans les bras tendus de sa maman, folle de joie. Un immense sourire se dessina sur ses lèvres et il s'efforça de graver cet instant dans son esprit alors qu'il contemplait Charlotte et Bianca, heureuses et souriantes.

- Bravooo ! Tu marches ! s'exclama-t-il en faisant mine de frapper dans ses mains, rapidement imité par Bianca qui s'applaudit bruyamment. Elle marche ! répéta-t-il comme pour se faire à l'idée.

Bianca ressemblait de moins en moins à un bébé et de plus en plus à une petite fille. Son vocabulaire très limitée ne l'empêchait pas de faire preuve de caractère et elle avait de plus en plus de manières et d'expressions, qu'elle empruntait souvent à Charlotte. Et voilà qu'elle marchait ! Il avait toujours entendu les parents se plaindre du temps qui passait trop vite mais il n'avait jamais autant ressenti cet envie de ralentir un peu le cours de la vie, pour mieux profiter de chaque moment.

-'cor ! s'exclama Bianca en s'agitant dans les bras de Charlotte. Ce qui pouvait être traduit par "encore".

La fillette n'avait visiblement aucune envie de profiter davantage de son heure de gloire et réclamait déjà une chance de renouveler son exploit. Eliott s'éloigna d'un pas de Charlotte et s'accroupit à son tour tandis que sa femme reposait précautionneusement la petite fille sur le sol. Celle-ci mit de nouveau un instant à trouver son équilibre, avant de s'élancer en avant d'une démarche rapide et un peu tanguante, pour se jeter dans les bras de son père avec de grands cris de joie, visiblement très fière d'elle.

-Bravo ma puce ! Il prit sa fille dans ses bras et se redressa, tout sourire. Tu marches comme une grande !

Comment pouvaient-ils ne pas acheter cette maison maintenant que Bianca y avait fait ses premiers pas ? Ils n'avaient même pas fini de la visiter qu'ils y avaient déjà des souvenirs de famille. Ils trouveraient bien un moyen. Ils étaient jeunes, ils n'avaient qu'à prendre un prêt sur quatre-vingt ans !

- Il nous faut cette maison... soupira-t-il en se rapprochant de Charlotte. Même Bianca l'a adopté !

Si ça ce n'était pas un argument.

- Hum, dans ce cas peut-être voudriez-vous poursuivre la visite ?

Eliott sursauta et se retourna vers l'agent immobilier, dont il avait complètement oublié la présence.

- Voulez-vous voir l'étage ?

Ils voulaient acheter l'étage. Et le rez-de-chaussée aussi, tant qu'à faire. Et même le jardin. Cette maison était leur maison. Ils devaient juste trouver un moyen de la financer.




Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte rit de bon cœur devant Bianca qui applaudissait avec fierté son exploit, imitant son père, visiblement très heureux. Elle marchait ! Sa grande fille marchait ! À quinze mois, elle commençait à avoir tout d'une grande. C'était peut-être un peu tardif pour des premiers pas mais le pédiatre leur avait dit que leur petite allait à son rythme, préférant développer sa motricité fine. Elle tenait très bien les objets et manipulait bien les petites pièces, elles commençaient ensemble les puzzles pour bébé et elle aimait bien ça. Elle savait quand même monter les escaliers à quatre pattes et était une petite fusée justement, quatre-pattant très vite dans tout l'appartement, les fesses à l'air quand elle ne voulait pas prendre son bain. Et puis elle savait dire quelques mots, comme "papa", "maman" et "'ia", c'est-à-dire Bianca en bébé. Elle grandissait tellement vite... Ils se demandaient souvent où était passé leur petit bébé et cette nostalgie n'était pas étrangère à leur envie d'un petit deuxième, qui ne venait pas malheureusement. Pas encore, se corrigea-t-elle. Elle posa sa petite qui voulait visiblement recommencer : elle était heureuse de son nouvel acquis. Elle mit un instant à retrouver son équilibre puis se dirigea vers son papa, rapide et mal assurée, se jetant dans ses bras avec plaisir. Charlie applaudit de nouveau, ravie.

- Bravo princesse !

Elle s'approcha de son mari qui avait pris la petite dans ses bras pour déposer un baiser sur son front, attendrie. Elle avait tellement hâte de montrer ça à ses parents ! Heureusement qu'ils les voyaient tout à l'heure. S'ils achetaient cette maison, ils seraient tout le temps proches les uns des autres et ils pourraient se voir plus souvent, ils pourraient venir garder Bianca et elle grandirait proche de ses grands-parents... Eliott semblait partager sa pensée puisqu'il affirma qu'il leur fallait cette maison, adoptée par leur petite fille.

- Mais oui... soupira-t-elle. Mais notre budget...

N'était malheureusement pas extensible à foison et plus ils avançaient dans la visite, plus elle avait peur. Un beau quartier d'Oxford, à dix minutes du centre ville, avec trois grands espaces de vie, un jardin, une belle cuisine toute équipée ? Et ils n'avaient pas encore vu l'étage... L'agent se rappela à eux - elle l'avait oublié celui-là - et Charlotte hocha la tête.

- Bien sûr.

Puisqu'ils étaient lancés... Charlotte laissa son mari et l'agent passer, restant derrière Bianca qui voulait monter les escaliers à quatre pattes. En réalité, ce n'était pas un étage mais deux, ce qui fit encore plus peur à son porte-monnaie. Le premier pallier contenait une grande chambre parentale, avec un petit placard dans lequel on pouvait entrer (même si aux yeux de Charlie, ce n'était pas un dressing contrairement à ce que disait l'agent...) et une vaste salle de bains avec une douche et une baignoire, sans compter la double-vasque. De l'autre coté du pallier, il y avait une grande chambre, qui avait également sa propre salle de bains, avec une douche. L'agent ne cessait de mettre l'accent sur les belles moulures, le parquet ancien et la luminosité. Effectivement, tout l'étage était baigné de lumière. Cela se confirma lorsqu'ils reprirent l'escalier pour découvrir la suite : deux. grandes chambres, dont une avec sa salle de bains et le fameux bureau / salon mentionné plus tôt, qui pouvait servir de plus petite chambre, éventuellement de chambre d'amis. La plupart des fenêtres donnaient sur le petit jardin, ce qui était un luxe pour des londoniens comme eux.

- Vous avez des questions ? demanda l'agent alors qu'ils redescendaient, désireux de voir la terrasse.

Charlotte remit le manteau jaune de Bianca qui chouina un peu, afin qu'ils puissent aller dehors. Eliott fit coulisser les baies vitrées pour qu'ils puissent aller dans le jardin, sous le joli soleil de ce printemps.

- Il y a un peu de vis-à-vis... fit remarquer Charlie comme pour se décourager elle-même d'aimer cette maison.

Mais elle était parfaite. Quatre chambres, voire cinq si besoin, grandes, trois salles de bains, le tout en excellent état et lumineux. Ils n'avaient qu'à poser leurs affaires. Un beau jardin pour compléter le tout, où ils pourraient mettre une balançoire et une maison en plastique pour Bianca. Elle voulait cette maison. Elle laissa sa petite fille crapahuter vers l'herbe pour en arracher des brins, glissant son bras sous celui de son mari.

- Et donc, le prix... ? demanda-t-elle avec angoisse.


Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott s'engagea à la suite de l'agent immobilier dans l'escalier qui menait à l'étage, en jetant fréquemment des coups d'oeil derrière lui pour surveiller Bianca qui grimpait les escaliers à quatre pattes sous le regard vigilant de Charlotte.

"Vous avez des enfants ? lança-t-il, plus pour meubler le silence que par réel intérêt.
- Non."

Et à en croire la façon dont il avait plissé le nez à l'entente de la question, ce n'était pas vraiment dans ses projets. Aucun problème. Il y avait des tas de gens bien qui n'aimaient pas les enfants après tout. C'était un peu comme ne pas aimer les chatons, ou les glaces, mais pourquoi pas. Il en fallait plus que ça pour décourager Eliott, bien décidé à dérider un peu leur lugubre agent immobilier.

"Vous habitez le quartier ? s'enquit-il, sentant que ce serait un sujet sur lequel son interlocuteur serait certainement plus à l'aise.
- Non."

Cette fois il abandonnait. Il s'arrêta à mi-hauteur de l'escalier pour attendre Bianca et Charlotte et mettre un peu de distance entre lui et Monsieur-Non.

"S'il est aussi aimable avec tous ses clients, il ne risque pas de vendre cette maison avant des années, on peut prendre notre temps..." chuchota-t-il à l'attention de sa femme.

Et du temps, il leur en faudrait beaucoup, s'ils voulaient économiser suffisamment pour s'offrir cette maison. A mesure qu'ils découvraient les étages, Eliott commençait à perdre un peu de son éternel optimisme. Même lui commençait à réaliser que cette belle demeure à trois étages ne pouvait tout simplement pas être dans leurs moyens. Et pourtant il avait grandi dans un manoir, ce qui avait tendance à fausser un peu son appréciation de la valeur des choses. Il avait du mal à mettre un prix sur le bien immobilier mais "trop cher pour eux" semblait une bonne estimation.

C'était tellement frustrant, d'être là à admirer les chambres lumineuses, les grandes salles de bain, et les moulures au plafond, tout en sachant que cela ne resterait qu'un rêve inaccessible. Il fallait qu'ils trouvent une solution. Il commençait même à envisager d'emprunter de l'argent à ses parents. L'idée ne lui plaisait pas du tout, c'était quelque chose qu'il s'était promis de ne jamais faire, et il aurait le sentiment de trahir celui qu'il était à dix-sept ans, mais il était peut-être temps de laisser de côté l'adolescent rebelle. C'était certainement la seule solution à leur disposition. Ils pourraient rembourser cet emprunt à leur rythme. Restait à voir s'il arriverait à mettre sa fierté de côté, et si son père accepterait.

Ils firent rapidement le tour des deux étages -lumineux, bien agencés, parfaits- et redescendirent au rez-de-chaussé pour voir la terrasse. Eliott aimait l'idée d'avoir un jardin. Il avait passé son enfance à jouer dehors, à grimper dans les arbres sous le regard réprobateur de son frère, et à tâcher tous ses vêtements en se roulant dans l'herbe. Plus tard, il avait adoré apprendre à Paige à construire une cabane, et à faire la roue. Il voulait que Bianca ait cette chance là aussi, et à la voir arracher des brins d'herbe avec énergie, cette dernière était d'accord.

Il laissa échapper un éclat de rire amusé quand Charlotte fit remarquer qu'il y avait un peu de vis-à-vis, et la couva d'un regard attendri alors qu'elle glissait son bras sous le sien. Il la connaissait suffisamment bien pour voir qu'elle cherchait uniquement des prétextes pour rendre cette maison moins parfaite.

"Et l'arbre au fond est un peu de travers..." répondit-il, faussement sérieux, en penchant la tête sur le côté pour apprécier l'inclinaison du tronc en question.

L'agent immobilier haussa les sourcils haut sur son front dégarni, surpris par cette critique qu'il prenait apparement très au sérieux. Aucun sens de l'humour. Eliott se retint d'éclater de rire et se força à retrouver un peu de sérieux quand Charlotte demanda le prix de mise en vente, avec un peu d'appréhension dans la voix.

"Hum, laissez-moi vérifier... leur répondit l'agent en plongeant son nez pointu dans ses dossiers, alors même qu'Eliott était persuadé qu'il connaissait parfaitement la réponse. Ah ! Voilà, les propriétaires en demandent un million."

Un million. C'était beaucoup plus que leur budget. Ils allaient devoir s'endetter sur au moins cinquante ans. Ce n'était pas une perspective très réjouissante, surtout dans l'hypothèse où ils s'endetteraient auprès de ses parents.

"...à quoi il fauta jouter les frais de notaire, et les frais d'agence."

Bien sûr.

"On va y réfléchir, répondit rapidement Eliott, pour ne pas laisser à Charlotte le temps de refuser. Merci."

Ils n'étaient pas obligés de donner une réponse maintenant, ils avaient le temps d'en parler et de trouver une solution. Ils pouvaient très bien gagner au loto demain, par exemple. Sauf qu'ils ne jouaient pas, mais c'était un détail. C'était comme devoir passer d'un budget de 650 000 livres à 1 000 000, un détail.

"Vous avez eu beaucoup d'autres visites ?" s'enquit-il, inquiet de la concurrence.

Ce serait trop dommage de réussir à trouver un financement et de ne pas pouvoir avoir cette maison parce que d'autres acheteurs auraient eu la préférence des propriétaires. Ils avaient un bon dossier, en plus. Enfin pas trop mauvais. Ils avaient du fournir de faux diplômes, des fiches de paye moldue, et tout un tas d'autres papiers plus ou moins officiels, fournis par le Ministère. Eliott aurait bien profité de l'occasion pour arrondir un peu certains chiffres mais le Ministère -et Charlotte- s'étaient montré inflexibles sur la question.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Il faisait enfin beau dehors, le soleil avait percé les nuages pour illuminer le joli jardin bien tondu. C'était comme si l'univers tout entier voulait qu'ils achètent cette maison. Elle voyait déjà comment agencer leurs meubles et même quels meubles racheter pour leurs nouvelles pièces ! Elle voyait précisément où mettre la petite maison en plastique de Bianca - une belle, avec sonnette et cheminée - et où mettre un petit potager parce qu'elle avait toujours voulu avoir son potager et faire pousser des légumes. C'était difficile dans son appartement de Londres mais dans cette maison, ça serait parfait. Ses parents étaient à dix minutes, Bianca pourrait les voir souvent et puis elle pourrait aller dans la même école qu'elle avant Poudlard (s'ils avaient les moyens dans quelques années, évidemment...) Elle voulait cette maison. Cela pouvait passer pour un caprice mais elle voulait vraiment cette maison. Comme Bianca quand elle voulait un jouet en hauteur, elle aurait pu en taper le sol avec frustration : elle voulait cette maison.

Pas certain néanmoins que la maison veuille d'eux ou plutôt, les propriétaires. Elle devait être hors de prix. Oxford était une ville chère, elle l'avait toujours su mais elle aurait aimé pouvoir accomplir son rêve. Elle avait un bon salaire, elle travaillait depuis qu'elle avait dix-huit ans, elle avait des économies, même si ces dernières avaient été bien attaquées par le mariage... Ils étaient jeunes, ils pouvaient peut-être s'endetter plus longtemps mais elle aurait aimé que les choses soient si simples. Elle avait tellement fantasmé le moment où elle serait mariée, maman, avec sa jolie maison à Oxford qu'elle avait du mal à gérer la frustration de ne pas pouvoir atteindre ce rêve. C'était trop demander ? Heureusement, elle avait épousé Eliott et il savait toujours lui tirer un sourire même dans les pires situations. Elle pouffa de rire à sa remarque sur l'arbre et glissa ses doigts entre les siens, pressant sa main. Elle le regardait avec beaucoup de tendresse.

- Un arbre de travers perturberait grandement les dessins de Bianca.

Dessins qui étaient actuellement des gribouillis, comme pouvait l'attester le mur du couloir qui avait vécu une malheureuse rencontre avec un feutre orange. L'agent immobilier ne savait visiblement pas s'ils étaient sérieux et son air pincé donnait fortement envie de rire à Charlie, qui se détourna en faisant mine d'admirer la façade. Malheureusement, elle dû vite revenir à la réalité lorsque le prix fut annoncé, avec un faux suspens de "laissez-moi vérifier".

Un million.

Elle aurait pu s'en étouffer. Un million. Un million de livres. Elle se demanda fugacement combien valait la maison de ses parents - à dix minutes d'ici - et toussota. Ses joues étaient devenues toutes rouges. Un million. Ils n'auraient jamais ce budget, jamais. Ils avaient déjà un bon crédit avec un taux intéressant et surtout, de grosses mensualités. Ils ne pouvaient pas monter plus s'ils voulaient pouvoir vivre correctement à côté, partir un peu en vacances une ou deux semaines en été, payer la crèche de Bianca... L'agent immobilier lui porta le coût de grâce avec les frais d'agence et les frais de notaire. Ah bah évidemment. Parce qu'ils avaient évidemment un million et des poussières, comme ça, sur leur livret A. Dépitée, attristée et frustrée, Charlotte s'apprêtait à refuser quand son mari la devança. Elle lui jeta un regard incrédule. Réfléchir ? Réfléchir à quoi ? Qu'elle n'aimerait plus jamais une maison comme elle aimait celle-ci et que tout lui semblerait moche maintenant ?

- Pas mal, oui, confirma l'agent au sujet des autres visites. C'est un bien recherché dans le secteur, en parfait état... Si vous voulez vous positionner, il faudra se dépêcher.

Déçue, Charlotte tenta quand même :

- Et il y aurait une marge de négociation ? Avec le vis-à-vis...
- Assez minime, répondit l'agent immobilier, surtout que l'annonce vient de paraître.
- D'accord, merci...

C'est presque sans un mot qu'ils quittèrent la maison. Bianca leur fit une petite crise au moment de quitter le jardin, hurlant un peu et Charlotte n'arriva même pas à la remettre dans la poussette, laissant Eliott saluer l'agent immobilier. Ils avaient une autre visite la semaine prochaine mais elle savait déjà que cela ne serait pas aussi bien qu'ici. Elle renonça à installer sa fille et la prit dans ses bras, alors que son mari revenait vers elle.

- C'est bien trop cher... soupira-t-elle. Et même si mes parents nous prêtent un peu, on aura jamais le budget ! s'exclama-t-elle alors que Bianca tirait sur son sautoir pour le mettre à la bouche.



Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott s'efforça d'ignorer le regard incrédule que lui lança Charlotte alors qu'il répondait à l'agent immobilier qu'ils allaient y réfléchir. Il savait très bien ce qu'elle devait penser : que cette maison était beaucoup trop chère pour eux, qu'ils ne pouvaient pas augmenter les mensualités de leur prêt s'ils voulaient vivre convenablement à côté, etc. Et elle avait parfaitement raison, mais il refusait d'abandonner si vite. Ils n'avaient que peu de temps pour trouver une solution miraculeuse, d'après l'agent, mais tout était possible. Ses parents avaient largement les moyens de les aider, il le savait. Restait à savoir s'ils en auraient l'envie, et si Charlotte et lui étaient prêts à vivre plusieurs années avec des dettes envers John Warlock. Ce qui n'était pas une position très agréable.  

La jeune femme ne s'était pas non plus complètement résignée à abandonner cette maison, puisqu'elle se renseigna sur une éventuelle marge de négociation, qui s'avéra inexistante. Dépités, ils sortirent de la maison dans un silence qui fut finalement troublé par les cris de Bianca, qui n'avait visiblement aucune envie de quitter les lieux, elle non plus. Eliott échangea quelques politesses d'usage avec l'agent immobilier, de mauvaise grâce, et lui serra la main avant de rejoindre Charlotte qui avait renoncé à asseoir Bianca dans sa poussette.

"Je sais, soupira-t-il quand elle affirma que même avec l'aide de ses parents ils n'auraient jamais les moyens. On pourrait si les miens nous prêtait un peu aussi..."

Il n'était pas fan de l'idée, et savait que Charlotte partagerait ses réticences, mais c'état leur seule option, et elle méritait malgré tout d'être envisagée. Il tendit le bras pour retirer le collier de sa femme des mains de Bianca.

"Je vais la prendre, souffla-t-il alors que la fillette s'agitait, contrariée d'avoir été privée de son jouet. Viens voir Papa toi ! Il cala sa fille dans ses bras et ils se mirent en marche pour rejoindre la maison des parents de Charlotte, à quelques minutes d'ici. On peut y réfléchir, reprit-il à l'intention de la jeune femme. On n'est pas obligés de se décider aujourd'hui."

Il jeta un dernier regard en arrière à la maison de leurs rêves, essayant de ne pas trop se projeter, sans succès. Il se voyait très bien ici, dans une banlieue calme, avec une rue tranquille et un jardin. Ils seraient heureux ici, c'était évident. Ils l'étaient déjà, d'ailleurs, songea-t-il en repensant aux premiers pas hésitants de sa fille avec un sourire fier.

"En tout cas on n'a pas fini de courir après cette demoiselle, lança-t-il en déposant un baiser sur les cheveux blonds de sa fille. Les vrais ennuis commencent !" ajouta-t-il en riant.

Il avait été un enfant particulièrement...dynamique, d'après sa mère, et il craignait que Bianca n'ait hérité de son goût pour l'aventure. Il laissa volontairement de côté le sujet du financement de la maison pour le moment. Il voulait se souvenir de cet après-midi comme de celle où sa fille avait fait ses premiers pas, et pas comme celle où ils avaient visité une maison parfaite qu'ils n'habiteraient jamais, mais il n'avait pas dit son dernier mot.
RP Terminé


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Maison de famille [Charliott]

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