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 Someone in the crowd [Jonah & Thelma]

Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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2 avril 2010

"Hé professeur, vous supportez Serpentard maintenant ?"

Thelma secoua la tête avec amusement en enroulant son écharpe verte autour de son cou. Le beau vert prairie irlandais, qui s'alliait à merveille avec la couleur fauve de ses cheveux, n'avait strictement rien à voir avec le triste vert olivâtre de Serpentard.

"Jamais ! Retournez donc dans vos cachots, c'est l'heure du couvre-feu !", intima-t-elle aux trois élèves qui l'avaient alpaguée, des grands dadais issus de la maison de Jonah. C'était justement lui qu'elle allait retrouver, et c'est avec une certaine impatience qu'elle dévala les marches de l'escalier principal pour le rejoindre. Ils s'étaient donné rendez-vous aux grilles du château, où il leur serait possible de transplaner en vue de leur destination finale : le match Angleterre / Irlande !

Thelma n'avait pas hésité longtemps quand son collègue, qui avait eu des places pour Noël, lui avait proposé de l'accompagner. Au-delà de l’événement sportif lui-même, elle était ravie à l'idée de passer un moment hors des murs du château, qui devenait parfois anxiogène ces derniers temps. Il lui semblait que l'atmosphère avait changé depuis le triste jour de la mort de la fille Hamilton, mais peut-être était-ce simplement elle qui voyait le monde autrement. Les interactions qu'elle avait avec ses collègues lui semblaient plus précautionneuses, elle avait parfois l'impression de marcher sur des œufs avec quelqu'un comme Peter ou comme Daisy pour ne pas laisser transparaître l'état de ses réflexions par rapport au régime, qui évoluaient de jour en jour. A l'inverse, il lui semblait que ses conversations avec Jonah, Rachelle ou encore Neville ne tournaient plus qu'autour d'un seul et même sujet, la résistance...

Ces réflexions sous-jacentes, bien que nécessaires, lui pesaient. La perspective de passer quelques heures plus légères, à se préoccuper de sujets plus triviaux, l'emplissait donc d'impatience. Le fait de passer ce moment en compagnie de Jonah n'était d'ailleurs pas étranger à sa hâte...

Thelma traversa le hall d'entrée, non sans jeter son coup d’œil habituel aux quatre sabliers géants qui décomptaient les points pour la Coupe des Quatre Maisons. A vu de nez, Poufsouffle s'en sortait admirablement, mais restait à la traîne derrière Serdaigle, dont le sablier était empli de saphirs brillants. Quant aux deux autres maisons, elles accusaient une nette différence de points à cause d'une bagarre générale entre ressortissants des deux maisons, qui avait éclaté quinze jours plus tôt. Seul Poufsouffle, dont la montagne de diamants avait une jolie hauteur, semblait en mesure de rivaliser avec Serdaigle... Elle plissa le nez, l'air désapprobateur, puis passa les lourdes portes d'entrée.

L'air était très frais, l'hiver avait été rude cette année. Le lac venait à peine de dégeler, et les dernières neiges de mars de fondre. Frileuse, l'enseignante resserra les pans de sa cape de fourrure et en rabattit la capuche sur ses cheveux. Ainsi, sa vision était largement diminuée, mais elle était de toute façon trop préoccupée pour prêter attention aux beautés du parc de l'école : il lui fallait réfléchir à un moyen de battre les Serdaigle de Peter à la Coupe ! C'était une question d'honneur.

Toute à ses fantasmes de punitions de petits Serdaigle innocents, elle finit par arriver au point de rendez-vous. Jonah était déjà là.  

"Coucou",  le salua-t-elle avec un sourire enjoué. "Comment vas-tu ? Merci encore pour la proposition, ça va être super. Tu ne peux pas savoir comme je suis contente de m'échapper un peu du château."

Ces derniers jours, elle avait pris plusieurs gardes supplémentaires pour remplacer des collègues malades suite à une épidémie de gastro satanique. Les élèves avaient d'ailleurs décidé d'en profiter pour être deux fois plus agités que d'ordinaire, sans parler des frasques de Peeves, qui avait réussi à s'introduire dans le local de vol et avait libéré tous les cognards, souaffles et vifs d'or dans les couloirs de l'école en début de semaine... Résultats : quatre bras cassés, et une partie de Quidditch géante de deux jours pour tout récupérer. Bref, elle était dans de parfaites dispositions pour s'échapper loin de tout être adolescent ou esprit frappeur pour quelques heures.

Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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« Je vais beaucoup mieux Pa’ ! J’t’assure. Regarde !»
Gabriel, assis en maillot de corps sur l’un des lits de l’infirmerie secoua son bras frénétiquement.
Effectivement, la fracture semblait totalement ressoudée mais Jonah attendait l’avis de l’experte, Rachelle, qui venait tout juste d’ausculter son fils.
« Mme Silvester, bien vrai que je suis guéri ? surenchérit Gaby, Votre Brackium Emendo a super bien marché ! poursuivit-il en mimant des ondulations avec son bras… Visiblement satisfait de l’effet visuel produit, il tenta de faire passer l’onde d’un bras à l’autre, comme une vague.

« Hééé ! T’as vu ça P’pa ? » s’émerveilla-t-il en réitérant l’exercice une seconde fois.

Il agitait les bras de manière totalement désordonnée et ressemblait davantage à un petit chimpanzé énervé qu’à un danseur de hip-hop.

« Je crois qu’il faut que tu t’exerces encore un peu, répondit Jonah avec un sourire avant de demander à l’infirmière, c’est bon ? Il peut se rhabiller ? »

Rachelle répondit par l’affirmative et Gabriel sauta littéralement du lit pour enfiler sa chemise et son pull.
Le dernier né des Forbes faisait partie des victimes indirectes de Peeves : Celles qui avaient été attaquées par une horde de cognards libérés par l’esprit frappeur dans les couloirs du château quelques jours plus tôt. Gaby avait passé une nuit à l’infirmerie et il s’était engagé à revenir les autres soirs de la semaine pour une visite de contrôle, visite qui venait tout juste de se terminer. De toute évidence, il était en pleiiine forme.

« Merci, Madame Silvester ! s’exclama-t-il en rejoignant l’entrée de l’infirmerie, Passez une bonne soirée ! »

Jonah remercia à son tour l’infirmière (qui devait surement être soulagée à l’idée de retrouver enfin un peu de calme) et emboita le pas de son fils dans le couloir. L’enseignant avait pensé, en septembre, qu’avec son entrée dans la grande école, Gaby allait forcément refréner quelque peu son enthousiasme juvénile mais le père de famille était forcé de constater qu’il s’était trompé : Gaby était toujours aussi bouillonnant d’énergie ! Il  n’avait pas évolué d’un pouce sur cet aspect là de sa personnalité. Partant pour tout, d’humeur égale et joyeuse… il s’était rapidement acclimaté à la vie de Poudlard sans avoir  renier sa nature profonde. Son enthousiasme et son innocence faisaient plaisir à voir -surtout par les temps qui courraient- et Jonah chérissait chaque moment passé avec son petit dernier. Même cette traversée du château en tête à tête avait quelque chose d’agréable.

« C’est ce soir que tu vas au match ? » s’enquit Gaby en ralentissant le pas pour venir se placer à la hauteur de son père.
-Oui, il commence dans un peu plus d’une heure, souffla Jonah en observant sa montre.
-J’espère que l’Angleterre va pulvériser l’Irlande.
-Je l’espère aussi, ajouta-t-il  en adressant un sourire complice à son fils.

Sinon Thelma allait le chambrer jusqu’à la fin du trimestre ! Déjà que Poufsouffle était bien placé pour la course à  la coupe des Quatre Maisons alors si les Verts remportaient la partie ce soir, Jonah n’aurait pas fini d’en entendre parler.

A cette pensée il esquissa un léger sourire.  Pour être tout à fait honnête, il aimait écouter Thelma évoquer le talent des Irlandais ou de ses Poufsouffle. Il préférait ces conversations  à celles, plus lourdes, qu’ils avaient régulièrement tous les deux depuis quelques mois. Celles où il était question de conflits, de meurtres déguisés, d’organisation clandestines ou d’actes résistants. Bien que ces échanges soient nécessaires depuis que Thelma et lui avaient décidé de s’investir davantage dans la résistance,  ces conversations laissaient Jonah éreinté et inquiet…
Il avait beau être d’une nature positive, il sentait que le climat actuel du pays pesait lourdement sur ses épaules. Il avait dû gérer le cas Hamilton ces dernières semaines et cela n’avait pas été simple aussi bien professionnellement que nerveusement.  Il avait besoin d’une petite bouffée d’oxygène, pour repartir du bon pied, et il s’était surpris à faire le décompte des journées en vue de cette soirée de divertissement, loin de l’école.

« Tu vas voir le match avec Doug ? » demanda Gaby.

Douglas Kane était généralement son complice privilégié quant il s’agissait d’aller encourager Appleby ou l’équipe d’Angleterre. Les deux hommes partageaient la même passion du quidditch et lorsque leurs emplois du temps respectifs le leurs permettaient ils n’hésitaient pas à se retrouver dans les tribunes du WizzardStadium. Pourtant ce soir Jonah ne comptait pas retrouver Doug. Son ami traversait une passe compliqué dans son couple et il était de plus en plus souvent en mission humanitaire de l’autre côté du globe…en compagnie de sa jeune maitresse. Jonah avait reçu un message* de Douglas, fin février, qui lui expliquait sa situation. L’enseignant avait beau être un ami fidèle, il ne cautionnait pas l’attitude couarde du mari de Meredith. S’il n’était plus amoureux de sa femme, il devait prendre ses responsabilités –Jonah le lui avait dit d’ailleurs- en essayant de préserver au mieux sa petite famille. Au lieu de ça, Douglas était parti convoler en laissant femme et enfants derrière lui…Emmy et Walter, ses deux enfants scolarisés à Poudlard, subissaient de plein fouet cette situation. Si Emmy semblait garder le cap tant bien que mal, Walter se refermait sur lui-même de jours en jours…  

-Non, Doug est en Malaisie en ce moment…

-Ah oui c’est vrai ! Emmy me l’a dit. Les deux enfants étaient du même âge, Tu y vas avec qui alors ?
-Avec le professeur Corrigan, répondit simplement Jonah en guettant toutefois la réaction de Gaby du coin de l’œil.
- Elle aime le quidditch ? s’étonna-t-il en relevant les yeux vers son père. Il faut dire qu’avec ses tenues distinguées et son air propret, il était difficile d’imaginer Thelma dans un kop rempli de supporters ! Pourtant la jeune femme était une fervente  fan de la discipline.
-Bien sûr… répondit Jonah avant de souffler avec un sourire contrit…par contre elle supporte l’Irlande…
-Bwaaaark, grimaça Gabriel.

Gaby semblait davantage gêné à l’idée que sa professeur encourage  les « Boys in Green » plutôt que Jonah sorte en tête à tête avec sa collègue.
Bien.

Le père et le fils débouchèrent finalement dans le hall quasiment vide. Ils s’arrêtèrent devant les sabliers –décidément Serpentard accusait un sérieux retard- et Gabriel se hissa sur la pointe des pieds pour faire une dernière bise à son paternel. Il se fichait bien qu’on puisse le voir en pleine démonstration d’affection visiblement et Jonah se pencha légèrement pour accueillir un baiser sonore sur sa joue.

« Tu me raconteras ? »
-Bien sûr.
« Et tu m’enverras une photo du stade sur mon Pear ? »
Jonah hésita un instant - Gaby n’était pas censé utiliser son téléphone magique après le couvre feu mais en même temps il avait participé à lui offrir ce cadeau de Noël avec ses frères.
-Oui…mais dès que tu reçois mon hologramme tu…
-…je coupe mon PearOne parce que ça empêche de dormir et ça envoie constamment des ondes magiques, récita-t-il avec un large sourire. Je sais. »

Si ça n’avait été que Jonah, il aurait confisqué le Pear One de ses enfants à la nuit tombée mais Agathe (qui leurs avait offert ce joujou maléfique)  n’était pas de cet avis.

-C'est ça. Allez, files te coucher.
-Amuses-toi bien !

Après un dernier signe de la main, Gabriel partit en courant en direction des cachots. Jonah, quant à lui, sortit à l’extérieur du château  pour rejoindre  les grilles de sa démarche claudicante.  La canne de l’enseignant s’enfonçait quelque peu dans l’herbe spongieuse- la neige avait fondue quelque jours plus tôt- mais il arriva rapidement au point de rendez-vous.  Il libéra son écharpe blanche et rouge qu’il avait cachée sous le col de sa cape et la noua fièrement autour de son cou en attendant Thelma qui ne tarda pas à arriver littéralement emmitouflée dans une épaisse cape en fourrure.

« Tu ne risques pas de prendre froid ! dit-il en guise de salutation. C’était tout juste s’il voyait les traits de son visage dans l’obscurité. Il sortit les places de la poche intérieure de sa cape grise et tendit la sienne à sa collègue.
«  De rien. Ça me fait plaisir, assura-t-il lorsqu’elle le remercia pour l’invitation, je t’avoue que je ne suis pas mécontent non plus de faire un petit break. » ajouta-t-il.

Ils savaient bien, tous les deux, pourquoi l’atmosphère leur  était si pesante en ce moment mais ils semblaient avoir passé un accord tacite ce soir : Place au divertissement et à la distraction ! Ils en avaient furieusement besoin aussi, plutôt que de s’appesantir sur son sort, Jonah enchaina  rapidement.

« Nous sommes dans la tribune « Dai Llewellyn »,  le plus court c’est de rallier l’Aire de transplanage Ouest, assura-t-il. Il avait l’habitude de se rendre au Stade National où des espaces réservés aux arrivées par transplanage avaient été mis en place pour éviter les accidents, Tu as déjà vu des matchs au Wizzard’ ? »
demanda-t-il alors. Thelma fréquentait surement davantage les gradins des stades irlandais que les tribunes anglaises !

Jonah tendit son bras pour effectuer un transplanage d’escorte –c’était plus simple, ils n’auraient pas ensuite à se chercher au milieu de la foule- et les deux enseignant disparurent dans un « plop ».

L’obscurité et la quiétude du parc laissèrent vite la place à une luminosité aveuglante et un vacarme de tous les diables ! Une douce odeur de saucisses grillées et de friture emplit les narines de Jonah : Pas de doute, ils étaient au bon endroit ! Les deux collègues libérèrent rapidement la place dans l’aire d’arrivée et s’avancèrent en direction du monumental complexe sportif qui irradiait les environs de larges faisceaux lumineux aux couleurs des deux équipes. Autour d’eux, les supporters des deux clubs tachaient de rejoindre l’entrée associée à leur place dans le stade. Quelques uns mangeaient des sandwichs en marchant, d’autres chantaient, dansaient et certains paraissaient même déjà bien imbibés –surtout les irlandais- remarqua Jonah en toute objectivité bien sûr.

L’enseignant adorait cette ambiance d’avant-match. Il reporta son attention sur Thelma, un sourire tranquille imprimé sur ses lèvres.

« Tu sais que le vert te va plutôt bien, dit-il alors. Les projecteurs mettaient parfaitement en lumière l’harmonieux contraste coloré entre son écharpe et ses cheveux roux, Le Choixpeau aurait dû en tenir compte ! ajouta-t-il avant de balayer l’esplanade du regard. L’accès de leur tribune était pile en face d’eux.

« Tu veux prendre un truc à grignoter dedans ou dehors ? s’enquit-il alors, à moins que tu ais déjà manger à l’école bien sûr… »

Jonah avait sciemment sauté le repas servi à Poudlard pour préserver la tradition : Il achetait systématiquement un saut rempli d’ailerons de poulet marinés qu’il mangeait, avec les doigts, devant le match : Un pur moment de bonheur !



* Message de Doug Kane:
 


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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A la façon dont Jonah avait prévu son trajet pour arriver au plus près de leurs places dans le stade, on devinait l'habitué des tribunes. Bien incapable d'estimer si son plan était le meilleur, Thelma se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête. Elle s'en remettait complètement à lui pour cette fois. Amusée, elle imagina intérieurement son collègue en hooligan qui criait après les joueurs et chantait tous les hymnes avec passion : "Qui ne saute pas n'est pas anglais, ouais !", impatiente de le découvrir dans ce nouvel environnement.

"C'est la première fois !", révéla-t-elle quand il l'interrogea au sujet du stade national. "Enfin, pas tout-à-fait, je m'y suis rendue une fois quand j'étais adolescente, mais c'était avant les rénovations... Le stade était à moitié en ruine, en plus le match avait duré dix minutes, c'était à l'époque de Zlatan Magicovitch donc avec un attrapeur pareil, il n'y avait pas tellement de supens. En tout cas j'ai hâte de voir ça, je pense que c'est bien plus impressionnant depuis."

Tout en parlant, elle posa la main sur le bras que lui tendait Jonah, et ses dernières paroles s'envolèrent dans le tourbillon du transplanage. Thelma cligna des paupières pour s'habituer à la luminosité vive des lieux. Son sourire s'agrandit au fil qu'ils s'enfonçaient dans la foule bigarrée, et majoritairement rouge et blanche. Heureusement qu'elle était là pour représenter le digne peuple irlandais à l'extérieur ! Elle repéra tout de même des hordes de ses compatriotes, gobières en main, qui parlaient et débattaient bruyamment de la composition de l'équipe. Les spéculations allaient bon train. Nabel Fakir, leur capitaine tragiquement blessé lors du dernier derby contre l'Irlande du Nord, serait-il titulaire ce soir ? Le suspens était à son comble ! Thelma grappilla ces bribes de conversation avec un plaisir grandissant, laissant l'excitation d'avant-match l'envahir.

Une forte odeur de viande grillée se répandait dans l'air, provoquant un grognement de son estomac. Elle tourna la tête vers Jonah pour l'interroger quant à l'état de son estomac, mais s'interrompit en voyant qu'il l'observait.

"Merci", sourit-elle au compliment. "Figure-toi que le vert est ma couleur préférée... Mais je ne troquerai ma jolie salle commune près des cuisines contre vos cachots humides pour rien au monde !"

Elle lui tira la langue avec impertinence, mais son compagnon de match était déjà occupé à loucher du côté des stands de nourriture. Ce qui n'était pas pour lui déplaire. La nourriture de Poudlard était très bonne mais elle n'était pas contre un peu de variété, et avait donc sauté le banquet ce soir.

"Je veux bien manger quelque chose, et surtout boire une gobière, tradition d'avant-match ! Pour la nourriture, je te laisse choisir et m'initier aux délices gastronomiques du Wizzard..."

Guidés par l'estomac de Jonah, qui avait visiblement une idée assez précise en tête, ils partirent en quête de nourriture. C'est les bras chargés de gobières et d'un gros bucket d'ailerons de poulet enrobés de sauce barbecue qu'ils se présentèrent à l'entrée de leur tribune. Après avoir glissé leur ticket à un stadier à la mine patibulaire, et s'être soumis au contrôle Vigikraken, ils entreprirent la traditionnelle montée des gradins jusqu'aux hauteurs de la tribune.

"Quels numéros ? 26F, c'est ici...", dit Thelma en repérant leurs places. Elle s'installa sur le banc en bois, tout près de Jonah. Les tribunes de Quidditch avaient tendance à favoriser la proximité entre les spectateurs, ce qui n'était pas forcément appréciable quand votre voisin de gauche était Marcel, homme de 64 ans émanant une forte odeur de fumée de mandragore, mais ce qu'elle ne regrettait pas dans le cas présent...

"Pas mal les sortilèges de coussinage sur les sièges ! En tout cas, on est vraiment bien placés", s'extasia Thelma en piochant dans le sceau en quête de poulet. Elle mordit à pleines dents dans la chair tendre de l'animal, tout en observant le ballet des joueurs à l'entraînement. Idéalement situés à hauteur de Souaffle, au milieu du terrain, ils allaient pouvoir observer toutes les actions de leurs propres yeux. De plus, Thelma avait pris soin d'emporter son Pear One tout neuf, qui permettait désormais de revoir les meilleurs actions en direct pendant le match, sous forme d'hologramme : de quoi remiser les Multiplettes au placard...

Du bout d'une serviette, elle essuya délicatement une miette de poulet qui s'était logée au coin de sa bouche, puis reporta son attention sur Jonah :

"Alors, quel est ton pronostic pour le match ? Pas trop inquiet vu la performance fa-bu-leuse de l'Angleterre contre l'Ecosse ?", s'enquit-elle, taquine. Les deux équipes avaient un niveau plutôt équilibré, ce qui annonçait un match intéressant - et potentiellement très long... Mais ils avaient toute la nuit.

Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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26 D…26 E… 26 F ! Enfin.
Avant même de s’asseoir, Jonah contempla la vue imprenable sur le stade. Ses fils avaient cassés leurs tirelires: Les places choisies offraient une visibilité parfaite sur les deux camps, à bonne hauteur de jeu, signe que Thelma et lui allaient pouvoir suivre toutes les actions. Habituellement Jonah optait pour un emplacement légèrement excentré, plus proche des kops situés juste derrière les anneaux, là où l’ambiance battait son plein –pour le plus grand plaisir des garçons- et où les tarifs étaient légèrement moins onéreux –pour la plus grand soulagement de son porte monnaie .
L’enseignant esquissa un sourire à cette idée et finit par prendre place sur le siège voisin de celui de sa collègue, appréciant, lui aussi, le confort de l’assise et surtout du dossier dont les gratins les plus populaires étaient dépourvus.

« Bien placés et bien installés. » commenta-t-il en testant la flexibilité des sièges. « Que demander de plus !» ajouta-t-il joyeusement en se tournant vers Thelma. Il quittait, le temps d’une soirée, l’ambiance lourde du château pour aller voir la plus belle affiche de la saison en fort galante compagnie :  Jonah mesurait sa chance et il ne comptait pas bouder son plaisir ce soir. Il remisait ses inquiétudes de côté pour profiter pleinement de ce moment rempli de petits riens qui vous rendent la vie plus belle. L’enseignant tendit d’ailleurs le seau rempli d’ailerons de poulet en direction de sa voisine, comme pour l’inviter à se servir pendant qu’ils étaient encore chauds avant de  caler le récipient entre ses genoux pour en attraper un à son tour. Il fit glisser le poulet frit dans son estomac avec une longue gorgée de gobière et reporta finalement son regard particulièrement aiguisé  sur les joueurs à l’entrainement.

« Vous alignez Fakir ce soir ? » demanda-t-il, les sourcils froncés, en cherchant le capitaine des hommes en vert sur son balai.

Nabel Fakir était loin d’être le joueur préféré de Jonah –Il le trouvait prétentieux et bien trop orgueilleux alors qu’en toute objectivité, son jeu n’avait rien de transcendant. Son seul fait d’arme était d’avoir provoqué les supporters de l’Irlande du Nord en paradant crânement devant eux, debout sur son balai , lors du Derby de l’année précédente. Virgil avait trouvé ce geste particulièrement inspiré contrairement à Jonah… En juste retour des choses, le capitaine s’était blessé devant ces mêmes supporters cette année… Le Karma, sans doute.

L’enseignant fut toutefois tiré de ses pensées par Thelma qui lui demandait son pronostic pour le match, non sans tacler la contre-performance de l’Angleterre face à l’Écosse au passage.

« Non, je ne peux pas te laisser dire ça ! s’exclama-t-il très sérieusement, Certes nous avons subi une sévère défaite, je te l’accorde, consentit-il dans un premier temps, mais, Il pointa son index entre elle et lui, L’Angleterre avait incontestablement le plus beau fond de jeu. Nous avons les meilleurs poursuiveurs du moment, commenta-t-il, sûr de lui, dès que Ron Haldow a le souaffle, c’est magique ! Tu as vu tout comme moi son Plongeon de Dionysos. Le geste technique parfait ! Les amoureux du beau quidditch étaient obligés de saluer cette performance sportive estimait Jonah, d’ailleurs le public écossais ne s’y était pas trompé en applaudissant cette superbe action d’Haldow, et puis il forme le parfait trinôme avec Antonia Greaseman  et Deborah -Deb’- Hutchy, Nos batteurs et notre gardien se défendent, par contre, notre problème, c’est notre attrapeur, personne n’arrive à la cheville de Zindénie Zadine. Le sélectionneur anglais n’avait pas trouvé de remplaçant à la hauteur du talent de la brillante attrapeuse maintenant retraitée. Depuis, bon nombre de joueurs s’étaient cassés les dents à ce poste d’élite. Non seulement il fallait être un excellent attrapeur  mais aussi avoir la tête sur les épaules et ne pas laisser la célébrité vous monter au cerveau !  Le dernier en date s’était retrouvé au cœur d’un scandale holographique : Il avait filmé, avec son PearOne, ses prouesses « sportives » avec une call girl et l’enregistrement s’était soi-disant retrouvé accidentellement sur Snapechat. Depuis  il était surnommé Ben-The-Mad par la presse anglaise et les commentateurs . Face à ce bad buzz, l’entraineur de l’Angleterre avait décidé de l’évincer de la sélection nationale…,  Je crois que nous titularisons un nouveau joueur à ce poste ce soir d’ailleurs, lança Jonah,  un petit jeune, l’attrapeur de Caerphilly. » Il désigna du doigt un jeune homme fluet qui s’entrainait à faire quelques piqués, Je l’ai vu jouer contre les Flèches d'Appleby, il est bon. »

Ce sacré garnement tout juste sorti de Poudlard avait attrapé le Vif en à peine quinze minutes lors de cette rencontre. Son seul problème était qu’il manquait quelque peu de régularité dans ses résultats… Il ne restait plus qu’à espérer qu’il soit dans un bon jour aujourd’hui !  

« En tout cas,  pour répondre à ta question je pronostique bien évidemment une victoire anglaise après un match engagé et particulièrement serré, et toi ? Tu penses que vous avez les capacités pour nous battre ? » demanda-t-il en se tournant légèrement vers Thelma.

Il se doutait que sa collègue allait misé sur la victoire des Irlandais mais il était curieux d’entendre son analyse concernant les points forts et les points faibles de son équipe. Alors qu’il écoutait la réponse de la jeune femme son Pear vibra brièvement dans la poche de sa cape. Il attendit toutefois que Thelma ait terminé de parler pour le sortir et consulter son message.

« Excuses moi, j’en ai pas pour longtemps. » souffla-t-il en ouvrant le clapet.  L’hologramme de Dean, assis à son piano dans sa chambre étudiante, apparut sur l’écran.

« Tu dois déjà être en train de manger du poulet frit sur les gradins du Wizzard mais je voulais juste te souhaiter un bon match.  Passe une bonne soirée et surtout…Allez les anglais ! »

L’hologramme disparut sur ces derniers encouragements.

« C’était Dean,
 souffla Jonah avec un sourire tendre. Il reporta son attention sur Thelma et poursuivit, je déteste quand mes gosses sont toujours collés à leurs Pear  mais j’ai promis à Gaby que je lui enverrai un hologramme du stade. Après, promis, je le range ! »

Même s’il n’avait pas cautionner (et qu’il ne cautionnait toujours pas d’ailleurs) la décision d’Agathe d’équiper leurs fils en Pear One, il était content, ce soir, d’avoir l’opportunité de partager ce moment avec eux. En effet, Jonah pressa la touche enregistrement de son Pear pour saisir un panoramique du stadium, de ses supporters et de ses joueurs à l’entrainement. Au lieu de finir l’enregistrement sur Thelma qui était assise à sa droite –il n’était pas sûr qu’elle soit d’accord d’être filmée ni que ce soit une bonne idée de l’envoyer à ses enfants-, il redescendit en direction du bucket d’ailerons de poulet pos sur ses genoux.

« La soirée s’annonce mémorable ! Merci les garçons ! » commenta-t-il avant de terminer l’enregistrement. Il sélectionna Gaby, Casey et Dean dans son répertoire et cliqua sur « Envoyer ». Il montrerait la vidéo à Virgil demain puisque son cadet n’avait plus de Pear depuis que Jonah l’avait réduit en miette.
Hum, bref.

« Je suis le premier à dire que les Pear One sont nuisibles pour les rapports humains mais je dois avouer que j’en suis devenu complètement dépendant, commenta-t-il, un peu dépité, en le glissant dans sa poche, tu es satisfaite du tien ? s’enquit-il alors. Il savait que Thelma venait d’investir.
Au même instant, leurs voisins de gauche (de fiers anglais, ouf !) arrivèrent pour s’installer. Jonah libéra le siège à côté de lui, où il avait posé sa gobière, attrapa son sceau de poulet  et se décala légèrement tout contre Thelma. Cette proximité soudaine raviva un souvenir qu’il avait remisé dans un coin de son cerveau depuis son entrée en résistance : Thelma et lui, debout à côté de l’aquarium dans l’appartement de la jeune femme et ces quelques secondes électriques où leurs regards s’étaient croisés et où  tout aurait pu basculer…
Un léger sourire aux lèvres, l’enseignant observa sa bière un bref moment  avant de reporter son attention sur sa jolie collègue.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Tout en grignotant délicatement ses ailerons de poulet - repas délicieusement régressif - Thelma écoutait Jonah qui lui parlait de son équipe avec l'enthousiasme du passionné. Elle savait pertinemment qu'il suivait les résultats de son équipe et de l'équipe nationale, chaque semaine dans la Gazette, et elle l'avait déjà surpris en pleine conversation quidditchstique avec l'apprenti professeur Jeremy Baker. Elle-même, bien que fervente supportrice qui connaissait les noms et postes de tous les joueurs, suivait la ligue avec plus de distance cette année, trop préoccupée par ses différents projets et centres d'intérêt. Aussi, cette petite escapade lui faisait le plus grand bien, la replongeant dans des souvenirs de sa vingtaine, quand les virées au stade entre amis se faisaient bien plus fréquentes.

Elle approuva d'un hochement de tête admiratif lorsqu'il évoqua la prouesse de Ron Haldow, qui avait été abondamment reproduit et commenté dans la presse. Quelles que soient les couleurs, son amour du jeu la poussait à reconnaître le talent d'un joueur de classe mondiale comme celui-ci. Suivant du regard le doigt de Jonah, elle avisa leur nouvel attrapeur, dont la silhouette fluette lui était familière.

"Ah oui, je me souviens très bien de lui ! Effectivement, il surclassait ses camarades de Poudlard lors du tournoi l'année dernière, Serdaigle lui doit beaucoup", approuva l'enseignante, qui avait vu sa trombine pendant de longues heures de cours. "Infichu de lancer un sort de défense correct, en revanche, mais quand on a un talent pareil... Espérons pour vous qu'il trouve rapidement ses marques alors, car j'ai entendu que l'Irlande allait peut-être aligner 45 millions de gallions sur Nonmay, l'attrapeur du QC Barcelone. Face à lui nos attrapeurs n'auront qu'à bien se tenir..."

Jonah lui livra alors son pronostic, provoquant un rire chez Thelma qui répondit avec malice, non sans lui donner un petit coup d'épaule : "Je pense que nous avons les capacités pour vous écraser, oui ! Plus sérieusement, je ne pense pas que Fakir sera de la partie, ça nous pénalise d'entrée. Mais notre poursuiveuse Mélys Derail est en forme en ce moment, alors si elle parvient à creuser l'écart jusqu'à 150, qui sait... C'est jouable."

Comme son interlocuteur consultait son Pear, où un message de son fils l'attendait, Thelma laissa son regard se balader sur la foule. Les tribunes se remplissaient peu à peu, d'une foule bruyante et bigarrée, et les supporters commençaient leurs chants acclamant les joueurs. Ces derniers, ayant fini leur échauffement, volaient en direction des vestiaires sous les applaudissement. Pendant ce temps, la Kiss Cam se baladait sur les gradins et ciblait des amoureux tantôt rougissant, tantôt rieurs, pour l'amusement de la foule. Un petit sourire aux lèvres, elle reporta son attention sur Jonah qui venait de finir son message.

"Ne t'inquiète pas, ton Pear ne me dérange pas !", commenta Thelma, tout en jouant machinalement avec le sien. Pas de nouveau message. C'était fou ce que l'on prenait vite l'habitude de ce petit bijou de technomagie, songea-t-elle tandis que Jonah envoyait son message à ses enfants, image attendrissante qui lui tira un autre sourire. Une petite part d'elle ne put s'empêcher de se sentir envieuse, de cette vie de famille qui, certes, lui tirait parfois des cheveux blancs mais qui le rendait heureux, dans des moments comme celui-ci.

Cette pensée fut vite chassée de son esprit quand Jonah se rapprocha tout près d'elle pour faire de la place à ses voisins. Toute entière concentrée sur leurs épaules qui se touchaient et le sourire de Jonah, elle mit quelques secondes à percuter le fait qu'il s'était adressé à elle.

"Hmm", marmonna-t-elle, le regard un peu dans le vague, avant que ses neurones ne reconnectent : "ah, très satisfaite, oui !"

Agitant le petit objet dans sa main, elle approfondit sa réponse : "C'est incroyablement pratique, c'est fou toutes ces fonctionnalités. Et je suis d'accord avec toi, c'est une plaie pour les rapports humains par certains aspects, et ça commence déjà à envahir nos classes. Les élèves vont devenir intenables avec ça. Ils ont développé ce nouveau jeu, Creatures Go, et on les voit déambuler partout le nez dans leur Pear en quête de créatures virtuelles, avec lesquelles ils peuvent faire des combats... Mais d'un autre côté, Pear est aussi un nouveau moyen, différent, de créer et entretenir des liens entre les gens. Regarde ce que tu viens de faire, par exemple."

Elle-même gardait plus facilement le contact avec ses amis dublinois, grâce à la possibilité de faire des conversations hologrammes de groupe. Plus difficile à faire à l'ancienne avec une cheminette...

"En fait, pour être tout-à-fait honnête avec toi, je... je suis super tentée par le Pear Two. Je sais, mon Pear One est neuf, et j'ai mieux à faire de ma paie, mais ahh, le Pear Two ! Il me tente autant qu'une paire de Ginny Choo."

Et pourtant, Merlin savait qu'elle aimait les chaussures. Faisant tourner l'objet brillant entre ses mains, elle l'observa d'un air pensif. Prudente de nature, Thelma s'était beaucoup intéressé à ce nouvel objet du monde magique.

"C'est du très beau travail, j'ai étudié par curiosité les enchantements et c'est de la magie remarquable, de très haut niveau", commenta-t-elle doucement, avant de se pencher vers Jonah pour lui glisser à l'oreille : "Des enchantements qui permettent beaucoup de choses, à utiliser avec précaution, si tu veux mon avis..."

Quelles données étaient collectées par Vargas Corp à travers ses Pear, et que devenaient ces données ? Thelma était bien en peine de le dire. Mais quand on savait que le siège de Vargas Corp se situait avenue Dalhiatus, il y avait de quoi être méfiant. Mais la soirée n'était pas placée sous le signe de la paranoïa, ni sous celui de la résistance. Retrouvant sa légèreté, Thelma dégaina son Pear et activa l'application photo.

"Et toi, qu'est-ce que tu en penses ? Tiens, et si on prenait une photo tous les deux ? En souvenir", proposa-t-elle à Jonah, un sourire un peu timide aux lèvres. Jonah et elle n'avaient jamais pris de photo ensemble, sauf si l'on comptait la traditionnelle photo de rentrée des profs où figuraient aussi tous leurs collègues, et elle avait envie d'immortaliser cette soirée. Certes, ce n'était pas la première fois qu'ils passaient du temps en tête-à-tête, mais d'ordinaire, c'était entre les murs sombres du château, entre deux paquets de copies ou une pile de tracts colorés. Ce soir, c'était différent, c'était la première fois depuis l'épisode de l'aquarium qu'elle ressentait cette proximité avec Jonah, et elle savait pertinemment qu'elle ne serait pas complètement concentrée sur le match avec lui à ses côtés...

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Jonah ne pouvait qu’approuver les propos de sa collègue. Sur bien des aspects, le Pear One était un petit bijou mais il allait très certainement rendre fou tous les enseignants de Poudlard !

« Créatures Go, lâcha Jonah en roulant des yeux. Il voyait parfaitement l’interface en réalité augmentée du célèbre jeu holographique. Gaby  passait le plus clair de son temps dessus ! Son fils était d’ailleurs en train de « capturer un magbyzar » - selon ses propres dires- lorsqu’il s’était fait percuter par le cognard qui lui avait cassé le bras, si seulement il n’y avait que celui là mais il y a aussi Instamagic, Magebook et cette abomination de Snapechat. Le réseau social sur lequel Virgil avait balancé la vidéo holographique de Mildred Magpie et du Ministre à tout son répertoire. Jonah fronça les sourcils en secouant la tête légèrement à l’évocation mentale de ce souvenir.

Thelma perçut visiblement sa contrariété puisqu’elle s’empressa de vanter les aspects les plus positifs du Pear One, comme le fait de pouvoir développer de nouveaux liens ou même d’entretenir plus facilement son réseau de contact. Elle avait parfaitement raison et Jonah était un fidèle adepte du Pear  depuis son lancement. Il avait même assisté à la soirée de lancement du produit sur le rootfop de Vargas.  Il l’utilisait régulièrement que ce soit pour des raisons professionnelles ou personnelles. Dorénavant il laissait plus facilement le numéro de son Pear plutôt que celui de sa cheminette et il s’en servait également pour tout un tas de petites choses du quotidien : Consulter les résultats sportifs en direct, répertorier ses activités physiques, enregistrer des musiques afin de retrouver un auteur ou un interprète, prendre des notes… Il commençait même à délaisser ces petits carnets où il notait ses idées au profit de son Pear. Un seul outil, plusieurs fonctionnalités : C’était tout de même très confortable.
Il savait bien que Vargas avait tout piqué aux Moldus mais Jonah était content de trouver, enfin, un objet utile équivalent au smartphone dans la culture magique.

Il fallait toutefois rester particulièrement averti afin de cerner les dérives potentielles d'un objet aussi intrusif dans la vie de ses utilisateurs. Les réticences de Jonah a équiper ses enfants d’un tel objet étaient parfaitement fondées, selon lui. L’incident entre Mildred et Virgil en était le plus bel exemple et Jonah craignait également que les situations s’enveniment entre les élèves : Harcèlements, voyeurisme,… Le Pear pouvait être une arme redoutable pour qui l’utilisait à mauvais escient.

Il y avait également une autre facette du Pear One dont il fallait se méfier. Jonah hocha d’ailleurs la tête lorsque Thelma évoqua à  demi-mots les données collectées par Vargas Corps. Il suffisait de voir les publicités suggérées qu’il recevait sur son Pear One pour comprendre que l’entreprise avait parfaitement ciblée sa personnalité et ses attentes. N’avait-il pas acheté ses pilules chez son apothicaire la semaine dernière ? Vargas Corp le connaissait très (trop) bien et il était clair pour Jonah qu’il devait se méfier.

« Je vais me contenter de t’envoyer des hologrammes de mon petit déjeuner…Même si tu es assise à deux mètres de moi à la table des professeurs. » dit-il en réponse à son sous-entendu.

Cela serait effectivement une mauvaise idée de planifier une discussion groupée entre Neville, Hannah  et eux sur le réseau social numagique. A moins, bien sûr, que ce soit pour organiser un barbecue.

Toutefois Jonah estimait qu’il aurait beaucoup de mal, aujourd’hui, à se passer de son Pear et lorsque Thelma avoua qu’elle était tentée par le Two, il lui jeta un regard en biais et confessa :

« Je l’ai réservé en prévente. Vargas Corp me le livre directement le jour de sa sortie, le 14. » Soit dans douze jours. (Non il ne faisait pas le décompte comme un enfant attendant Noël !)

Il esquissa un léger sourire un peu coupable. Quant il s’agissait de se faire plaisir Jonah n’hésitait pas à dépenser de belles sommes : Il aimait les beaux balais, les produits technomagiques, les bons vins…et il ne rechignait pas à y mettre le prix.

« Il y a un commerce de vente d’occasion juste à côté du local de Werewolfs Rights, je leur laisserai mon One dès que j’aurais reçu le Two. » dit-il. Il aurait pu  le donner à Virgil, en remplacement de celui qu’il avait cassé mais il estimait que son fils ne fournissait pas encore assez d’efforts pour être récompensé. Certes, il avait amélioré ses résultats mais il y avait encore quelques problèmes de comportements à régler. Jonah était persuadé que la lettre d’excuse qu’il avait rédigé à Magpie comportait son lot de provocations et que son fils continuait ses dérapages même s’il ne s’était pas fait confondre dernièrement…  Et puis, Virgil fêtait sa majorité dans quinze jours et Jonah était sûr qu’Agathe lui réservait un cadeau de ce type, à son plus grand désespoir ! Comment saper son autorité…

L’enseignant chassa son ex-femme de ses pensées et reporta son attention sur Thelma, assise à ses côtés, et cette simple vision suffit à lui redonner le sourire. La relation qu’il entretenait avec elle depuis quelques mois s’était renforcée de jours en jours. La discrétion imposée par leurs activités illicites les avait particulièrement  rapprochés et Jonah n’oubliait pas ce moment suspendu,  près de l’aquarium, où tout lui avait semblé possible. Depuis, ils avaient été accaparés par divers problèmes -lui avec ses fils, Agathe et l’affaire Hamilton- empêchant toute nouvelle opportunité mais Jonah devait bien avouer qu’il gardait un souvenir assez vivace de cet instant et qu’il ressentait une pointe de regret à l’idée de ne pas s’être montré plus entreprenant. Il savait qu’il avait agit de manière raisonnée, compte tenu du contexte, mais il ne pouvait pas s’empêcher de ressasser cet acte manqué.

Il était tout à ses pensées lorsque Thelma proposa une photo tous les deux, en souvenir de cette soirée.

« Excellente idée ! Immortalisons donc le jour où l’Angleterre va battre  à plat de couture l’Irlande, dit-il en réarrangeant son écharpe blanche et rouge autour de son cou pour qu’elle soit bien visible sur le cliché, Il se pressa un peu plus près de Thelma et passa son bras autour de ses épaules tout en regardant l’objectif du Pear qui leur renvoyait leurs sourires.

« On forme un joli couple de supporters, tu ne trouves pas ? souffla-t-il alors une fois la photo prise. Il n’avait pas envie d’enlever son bras des épaules de Thelma et il resserra même légèrement son étreinte, bien décidé à ne plus écouter les pensées raisonnables que lui dictait son cerveau : Oui elle était sa collègue, oui elle avait des projets futurs qui divergeaient avec les siens, oui ils avaient dix ans d’écart…Et alors ? La vie était trop courte et semée d’embuches. Leur engagement dans la résistance était nettement plus risqués et dangereux que le fait d’envisager une relation intime avec une collègue de travail.

Jonah s’apprêtait donc à briser la distance entre eux lorsqu’il reçut plusieurs coups de coude insistants de la part de son voisin de gauche. A contre cœur, l’enseignant tourna la tête pour découvrir le visage jovial du supporter anglais- qui ne le regardait même pas- et qui chantait à l’unissons avec tout le stade en tapant en rythme dans les mains:

« Kiss ! Kiss ! Kiss ! »

Jonah suivit la direction du regard de son voisin et découvrit avec horreur sa propre image et celle de Thelma retransmises  sur les hologrammes géants du stadium.  Ils étaient entourés d’un grand cœur rose : La KissCam. Jonah ne tarda pas à trouver la caméra, voletant pile en face d’eux sur les abords du terrain. Il ôta son bras des épaules de Thelma et  secoua légèrement la tête négativement, comme pour faire comprendre à tout le stade que « Non, ils n’étaient pas ensembles » mais les encouragements  retentirent de plus belle :

« KISS ! KISS ! KiSS ! »

Oh Merlin, songea Jonah particulièrement mal à l’aise à l’idée de se retrouver dans cette situation  inconfortable. Ils n’étaient pas des stars du monde magique -loin de là- mais tous les sorciers présents ce soir avaient forcément un enfant, un neveu ou une petite sœur scolarisé à Poudlard. Peut-être les avait-on déjà reconnus… Jonah joignit ses mains en prière tout contre sa bouche et se tourna légèrement vers Thelma pour l’observer. Elle devait être au moins aussi mortifiée que lui.

« C’est vraiment très gênant… » souffla-t-il avec un sourire contrit.

« KISS ! KISS ! KISS ! »

Jonah eut un léger rire nerveux et reporta de nouveau son attention sur la KissCam en secouant la tête. Il haussa les épaules d’un air navré, les paumes des mains tournées vers le ciel, sans toutefois se départir de son sourire.
« Non désolé. » articula-t-il silencieusement à destination du public.

« BOOOOUUUHHHH ! » répondit celui-ci.

L’enseignant grimaça quelque peu mais finit par s’adosser tranquillement sur son siège, l’air serein, visiblement peu enclin à l’idée de céder à la pression de la foule. Les protestations redoublèrent, en vain.  Jonah se pencha légèrement vers Thelma pour lui souffler à l’oreille :
« On peut se faire huer par le public toute la partie, sache que ça ne me pose aucun problème !assura-t-il à sa voisine en souriant. On sait résister à nos élèves quant ils veulent faire annuler un contrôle alors ce ne sont pas 80 000 supporters qui vont nous faire plier."

Autant en rire… Après tout, ils n’avaient pas vraiment le choix.


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Dernière édition par Thelma Corrigan le Sam 28 Avr 2018 - 13:42, édité 1 fois
"Ah ah, tu peux toujours rêver !", répliqua Thelma en riant, tandis que Jonah annonçait la victoire de son équipe. Elle s'apprêtait à renchérir pour promouvoir les mérites de l'Irlande quand le bras de Jonah se glissa autour de ses épaules, la plongeant dans le mutisme. Il n'y avait pas cinquante façons d'interpréter le bien-être qu'elle ressentait à cet instant, et sa volonté de rester là, contre lui. Ce n'était pas vraiment une surprise, songea-t-elle avec un soupir intérieur, elle savait depuis plusieurs semaines désormais ce qu'elle espérait de cette relation. Pourtant, depuis ce moment suspendu entre eux dans son appartement, elle n'avait pas fait le moindre geste en ce sens. Il lui semblait que Jonah avait fait un choix implicite ce jour-là, et elle restait depuis suspendue à sa décision. Quelque part, il lui semblait que le Souaffle était dans son camp, parce qu'il était celui avait été marié, parce qu'il était celui qui avait des enfants, et que sa situation était donc infiniment plus compliquée que la sienne

Immobile, elle esquissa son plus beau sourire en direction du Pear - quoi qu'il advienne - et surtout, n'advienne pas - il lui resterait au moins ce souvenir... Mais Jonah ne retira pas son bras après la photo, et lui glissa même quelques mots qui l'emplirent d'un nouvel espoir. Le choix des mots n'était pas anodin, n'est-ce pas ? Il aurait pu utiliser "duo", "paire" ou "team" mais non, il avait utilisé le mot "couple"... Thelma tourna la tête pour fouiller son regard chaleureux, tout en réfléchissant à toute allure pour tenter de trouver une réponse profonde et spirituelle. Malheureusement, avant qu'elle n'ait eu le temps de trouver la répartie parfaite, Jonah fut perturbé par son voisin surexcité...

Alertée par l'agitation qui l'entourait, Thelma sortit elle aussi de sa bulle pour reporter son attention sur le stade. A la vision de l'hologramme, elle sursauta et son coeur paniqué bondit dans sa poitrine.

"Oh, Merlin", souffla-t-elle en avisant l'énorme coeur rose qui palpitait autour de leurs deux visages mortifiés. Autant pour la discrétion. Sentant ses joues s'empourprer, elle glissa un regard en coin à Jonah, guettant sa réaction. Malgré sa gêne, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce que cette situation évoquait en lui... la perspective d'être vu en sa compagnie, qu'on puisse les imaginer comme un couple potentiel, lui était-elle si étrange et désagréable que cela ?

Visiblement oui, à en croire les paroles qu'il venait de lui glisser, la mine embarrassée.

"Cela pourrait être pire, tu pourrais être avec Neville", répondit-elle avec un sourire mi-figue, mi-raisin. Mieux valait se cacher derrière l'humour pour dissimuler la pointe de déception qu'elle ressentait depuis qu'il lui avait lâché les épaules. Maudissant la Kiss Cam - c'était pourtant drôle quand cela arrivait aux autres ! - Thelma résista stoïquement à la demande du stade, tout en laissant le soin à Jonah de faire comprendre à la foule qu'elle n'obtiendrait pas ce qu'elle demandait. Bientôt, l'attention de tous finit par se dissiper, laissant Jonah et Thelma retrouver la tranquillité de l'anonymat.

L'enseignante était en train d'espérer que cet épisode ne lancerait pas de rumeurs à l'école - ou l'art de remuer le couteau dans la plaie -  quand Jonah lui glissa quelques mots à l'oreille. En effet, rien de tel que leur profession pour développer une volonté à toute épreuve ! Quand on savait résister à des adolescents, alors on savait résister à tout.

"J'imagine qu'ils ont pensé qu'on formait un joli couple de supporters, eux aussi", répliqua-t-elle avec l'ombre d'un sourire, ses sourcils roux haussés sur son front, en une légère attitude de défi. Le laissant méditer, elle reporta son attention sur le terrain en entendant la clameur qui envahissait le stade. Parfait timing pour lui faire oublier cet épisode, songea-t-elle tandis que de nombreuses silhouettes colorées envahissaient les airs. Juché sur son balai, la mine concentrée et la barbe frémissante, le capitaine de l'Irlande fit un tour du terrain et vint voleter devant leur tribune pour saluer le public. Thelma en bondit presque sur son siège, ravie de voir le joueur qu'elle pensait forfait. Belle surprise de dernière minute de la part de l'entraîneur.

"ALLEZ FAKIR !", cria-t-elle en applaudissant en rythme avec les supporters irlandais. "ECRABOUILLE-LES !"

Curieusement, elle constata qu'elle avait encore plus envie de voir l'Irlande l'emporter sur l'équipe de Jonah. L'enseignante sentit l'embarras provoqué par la Kiss Cam la quitter au profit de l'excitation à mesure que les joueurs se plaçaient à leur poste et que le commentateur annonçait la composition des équipes. Enfin, l'arbitre tout de jaune vêtu se plaça au centre du terrain et siffla le début de la rencontre, relâchant le vif d'or qui s'enfuit aussitôt. Comme à chaque match, Thelma tenta de le suivre des yeux, mais comme à chaque match, elle n'y parvint pas plus de dix secondes... Alors il n'y avait plus qu'à suivre la danse des poursuiveurs et la lutte des batteurs.

"Le premier dont l'équipe marque doit offrir le prochain petit dej' en salle des profs", proposa-t-elle pour ajouter de l'enjeu au match, avant d'attraper l'un des derniers pilons de poulet pour le grignoter. Le Quidditch avait tendance à la rendre nerveuse.

Il ne leur fallut pas longtemps pour voir le premier Souaffle traverser un cercle doré, au nez et à la barbe du gardien adverse. Cette fois, la partie était engagée.
Et l'équipe qui marque est.:
 
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Devinant que Jonah et Thelma ne céderaient pas, la foule finit par se calmer. L’enseignant ressentit une pointe de soulagement en voyant la Kiss Cam se détourner pour les abandonner à leur anonymat et partir en quête de meilleurs clients. Ce n’était pas l’idée d’embrasser sa collègue qui avait embarrassé Jonah, loin de là même,  mais plutôt la contrainte d’avoir à le faire devant 80000 personnes… Il aurait d’ailleurs pensé que Thelma partagerait son ressenti mais visiblement la jeune femme ne semblait pas de cet avis. Du moins, c’est ainsi que Jonah interpréta son attitude et sa remarque défiante.

Avait-elle été déçue qu’il ne joue pas le jeu ?

Il la connaissait plutôt bien mais pas au point de savoir ce qu’elle pensait vraiment ni d’interpréter de manière quasi certaine ses faits et gestes. Jonah resta donc silencieux, méditant à ce qui venait de se passer, rejouant mentalement le fil de la conversation. Il n’avait pas l’impression d’avoir été vexant mais peut-être avait-il été maladroit ?

Quoiqu’il en soit, il estimait tout de même avoir fait le bon choix. Les rumeurs se propageaient vite dans le monde magique et il n’avait aucune envie que les ragots évoquent une prétendue liaison entre lui et Thelma. Rien de tel pour tuer dans l’œuf d’éventuels projets communs…

Il était tout à ses pensées lorsque les hourras du stadium retentirent de plus belle. Les supporters se mirent à agiter leurs écharpes et leurs drapeaux dans les airs pour saluer l’entrée des joueurs sur le terrain.  Jonah suivit le mouvement et se leva pour acclamer son équipe. Il cherchait des yeux le nouvel attrapeur de l’Angleterre, fine silhouette jugée sur son bolide, mais se fut Fakir, tout de vert vêtu, qui capta son attention. Le capitaine de l’Irlande était visiblement remis de sa blessure, constata-t-il avec une petite moue dubitative qui contrastait avec les exclamations de joie de sa collègue.

Après le traditionnel protocole l’arbitre sonna le coup d’envoi et relâcha le vif d’or. Les deux attrapeurs filèrent à sa poursuite mais Jonah préféra se concentrer sur le jeu des poursuiveurs et des batteurs. L’équipe d’Angleterre était en quête d’une identité et l’enseignant espérait que ce match permettrait aux joueurs de poser les bases de ce nouveau collectif.  Les sourcils légèrement froncés et la mine concernée, Jonah délaissa bien vite ses questionnements existentiels au profit du jeu. Le quidditch n’était pas un sport qui se prenait à la légère. La plupart du temps, lorsqu’il était question de quidditch au détour d’une conversation, l’enseignant conservait un certain recul afin d’éviter de tomber dans le cliché, souvent négatif, du supporter de base, mais c’était un peu plus compliqué de conserver cette distance lors des matchs à enjeu. Il appréciait plus que tout le beau jeu, bien sûr, mais il restait toutefois un fervent partisan de son équipe qu’il voulait voir gagner, coute que coute. Si l’Angleterre, après avoir été dominée toute la partie, réalisait un hold-up grâce à son attrapeur ce soir, Jonah ne serait pas mécontent de ce résultat, loin de là même.

« Vendu ! » répondit-il à la proposition de Thelma. Il lui jeta un bref regard en biais, afin de voir si une trace de contrariété subsistait toujours sur son visage mais elle semblait complètement happée par la rencontre. Tant mieux.

Ils ne tardèrent pas d’ailleurs à connaitre l’identité de celui qui allait payer le prochain petit déjeuner en salle des professeurs. En effet, après un très bel enchainement des deux poursuiveuses anglaises, Ron Haldow se saisit du souaffle, feinta le gardien de l’équipe adverse et marqua le premier but en faveur des blanc et rouge. Jonah se joignit à la liesse générale, accueillant comme il se doit l’ouverture du score par le joueur phare de l’Angleterre.

[/color]Le sonorus du commentateur crépita tandis qu’il lançait le public :
« BUT DE RON ? »
« HALDOW ! » répondit la foule en délire.
« RON ? »
« HALDOW ! »
« RON ? »
« HALDOW ! »

« A ce compte là, je veux bien payer les dix prochains apéros en salle des profs ! » commenta Jonah en applaudissant. Il adorait ce genre d’entame de match qui vous plongeait tout de suite dans le bain et qui réveillait instantanément tout le stade.



Les acclamations anglaises retentirent de plus belles et les supporters se lancèrent dans un chant à la gloire de leurs poursuiveur toutefois vite interrompu par une puissant  « OOOOOH » général.


Dés:
 


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Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Maudit Ron Haldow ! Ce diable anglais, tant redouté par les équipes adverses, et en passe de remporter son sixième Souaffle d'Or, venait déjà d'ouvrir le score au nez et à la barbe de la poursuiveuse adverse Mélys Derail. Le match s'annonçait difficile pour l'Irlande, qui devrait compter sur les talents de son attrapeur tout juste remis de blessure pour arrêter le match avant que l'écart ne se creuse trop... A moins que leur gardien, Greg Coupay, ne parvienne à accomplir quelques exploits. Les ongles serrés dans la paume de sa main, elle resta les fesses vissées sur le banc en maugréant entre ses dents, tandis que les supporters anglais - Jonah le premier - se levaient et scandaient le nom du poursuiveur vedette.

Le commentaire de son collègue ne tomba d'ailleurs pas dans l'oreille d'une sourde.

"C'est bien noté, dix apéros !", répliqua-t-elle malicieusement. Elle saurait le lui rappeler en temps utile.

Prenant son mal en patience, Thelma écouta les chants victorieux des anglais tandis que le match reprenait son cours. Elle était en train d'admirer discrètement Ron Haldow - était-ce sa faute s'il avait une plastique parfaite ? certainement pas, ce n'était pas trahir son équipe que le reconnaître - quand, soudain, son regard fut attiré par le jeune Fakir, qui venait d'amorcer un piqué. Complètement allongé sur son Cosmos 2010, il ne faisait qu'un avec son balai, qui donnait toute sa puissance à la poursuite d'une petite lueur dorée... Le vif d'or !

"OUAIIIS ALLEZ FAKIR ALLEZ !", s'écria Thelma en bondissant sur ses petites jambes. Trop petites, car le supporter de devant faisait facilement deux têtes de plus qu'elle, et elle se mit sur la pointe des pieds pour mieux voir la suite de l'action. Fakir descendait à toute allure, désormais imité par l'attrapeur anglais. Ce dernier avait néanmoins un retard appréciable sur son adversaire, ce qui laissait tous les espoirs permis. Bien sûr, un match ne s'arrêtait quasiment jamais aussi vite, et quand cela arrivait, c'était relativement frustrant pour les spectateurs. Mais, pour l'exploit, pour l'adrénaline et pour narguer Jonah, Thelma était parfaitement disposée à accepter cette issue.

Les attrapeurs se rapprochaient inexorablement du vif d'or. Tout le stade scandait dans une bruyante cacophonie, chaque supporter suspendu à l'action, quand tout-à-coup...


Quand tout-à-coup...:
 
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Jonah était satisfait et heureux : L’entame de match ne pouvait pas être plus réussie. Ron Haldow avait ouvert la marque, le public du Wizzard Stadium était chaud bouillant après seulement quelques minutes de jeu et Fakir venait de repérer le Vif d’Or. Fakir ?! Le Vif d’or ?! Bordel de troll ! L’enseignant bondit littéralement de son siège pour suivre l’action tandis que l’attrapeur vert descendait en piqué. Son homologue anglais bifurqua et percuta légèrement Dérail avant de prendre la poursuite de Fakir, complètement allongé sur son bolide pour gagner un maximum de vitesse.

« Croc-en-manche ! » hurla Jonah, persuadé d’avoir vu une faute de la poursuiveuse irlandaise. Il faut dire qu’un arrêt de jeu tomberait à point nommé tant Fakir se rapprochait dangereusement du Vif. Trop dangereusement. Beaucoup trop.

Une exclamation de joie provenant des supporters vert fit littéralement trembler tout le stadium. Les joueurs de l’équipe irlandaise exultèrent, lâchèrent leurs battes, abandonnèrent leurs buts et se jetèrent sur l’attrapeur vedette de leur équipe tandis que l’arbitre sifflait l’issue de la rencontre. Le match était terminé. L’Irlande venait d’attraper le vif d’Or. Jonah, les deux mains sur la tête,  était immobile, sonné, groggy. Il avait les yeux braqués sur le chronomètre de l’écran géant magique figé à 00 :02 :58. -Moins de trois minutes de jeu- et sur la mention « Rencontre terminée. » C’était une blague ? Une très mauvaise blague. Une caméra cachée. Un cauchemar. Il allait se réveiller.

« Non mais c’est pas possible !,
lâcha-t-il alors, la stupeur laissant peu à peu place à la frustration, mais c’est quoi cet arbitre ! grogna-t-il en écartant les bras, il y avait faute ! Faute au début de l’action, Dérail accroche Barrow ! Remettez-nous les images là ! beugla-t-il en désignant l’écran géant qui indiquant le score humiliant du match 10-150. Comme si le réalisateur en charge de la retransmission l’avait entendu, le panneau d’affichage remontra l’action sous forme d’un ralenti holographique. On vit le jeune Barrow changer brusquement de direction au moment où Derail faisait de même. Les deux manches à balais tapèrent effectivement l’un contre l’autre sans que, toutefois, la manœuvre paraisse intentionnelle de la part de l’un ou l’autre des joueurs.

« Croc-en-manche. » répéta Jonah en appuyant ses propos, comme si l’enregistrement était une preuve irréfutable. « C’est d’une évidence. » Insista-t-il. Il suffisait d’écouter Jonah après une défaite pour voir d’où Virgil tenait sa mauvaise foi. De nombreux supporters anglais semblaient toutefois partager son avis contrairement aux irlandais qui estimaient que le contact n’était pas prémédité et qu’il s’agissait donc d’un simple fait de jeu. « Je n’y crois pas, s’agaça Jonah, ce n’est pas possible qu’à un tel niveau de compétition on trouve des arbitres aussi peu qualifiés ! C’est net, c’est précis, il est à côté de l’action, Croc-en-manche de Dérail et il ne siffle pas ! Jonah secoua la tête, exaspéré, C’est quoi son nom déjà ? dit-il en reportant son attention sur l’écran géant, O’Neil ? Ah ben faut pas chercher plus loin, commenta-t-il amère, un irlandais pour arbitrer Angleterre-Irlande, bravo la fédé, ironisa-t-il en applaudissant , Ça c’est encore un coup de John-Mitchel O’Lace ! »* Le directeur de la fédération des Arbitres ouvertement pro-irlandais.

Jonah était énervé et surtout terriblement déçu. Il avait placé beaucoup d’espoir dans cette soirée, non seulement pour son équipe -qui n’avait même pas pu démontrer son potentiel plus de trois minutes- mais aussi pour lui-même. Il avait attendu ce moment toute la semaine, cette petite bulle hors de son quotidien, et il allait rentrer à Poudlard avant même le couvre-feu ! Merlin ce que c’était frustrant !

Et comme si cela ne suffisait pas, il allait faire ce trajet retour avec Thelma, la parfaite supporter irlandaise qui allait très certainement le chambrer jusqu’à la fin de ses jours, probablement même jusqu’à l’épitaphe sur sa tombe. Il connaissait assez sa collègue pour savoir qu’en terme de taquinerie, elle ne donnait pas sa part au niffleur. Si la plupart du temps, Jonah appréciait ces joutes verbales et la petite compétition quidditchesque à laquelle ils se livraient- que ce soit pour leurs équipes nationales ou pour celles de leurs maisons respectives - il devait avouer que, ce soir, la défaite avait du mal à passer. Beaucoup de mal à passer, même. Il ne voulait pas être désagréable mais il pressentait que le reste de la soirée allait être, très, très, difficile pour lui.  La situation était tellement humiliante. Trois minutes de jeu putain ! Et Fakir ! Ce maudit Fakir qui était venu fanfaronner un peu plus tôt devant les tribunes, sa cape de quidditch entre les mains ! Non, c’était au delà de ses forces.  L’enseignant releva d’ailleurs les yeux sur sa voisine et poussa un profond soupir.
« Oh non, j’t’en prie épargne moi ça ! » grommela-t-il visiblement de méchante humeur.

*:
 


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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"Croc-en-manche !", s'écria Jonah à côté de Thelma, qui secoua la tête en signe de dénégation. Difficile à dire aussi loin de l'action et sans les ralentis, mais toute son attention se portait de toute façon sur son propre attrapeur, qui filait libre vers le vif d'or.

"Il est trop loin de toute façon", souffla-t-elle sans lâcher la scène du regard, "Fakir va l'avoir, allez allez allez..."

Le public irlandais explosa de joie lorsque l'attrapeur vert remonta en piquet vers le ciel, la petite boule dorée fermement serrée entre ses doigts. Bondissant sur ses pieds, Thelma exulta avec la foule et tourna sur elle-même pour trouver d'autres supporters avec qui partager sa joie. Un grand gaillard roux, avisant son écharpe verte, l'attrapa par la taille et la souleva dans les airs comme un vulgaire sac de patates, sans cesser de scander : "FAKIR ! FAKIR ! FAKIR !". Il la reposa tout aussi vite, échevelée et riant aux éclats, tandis que les scènes de liesse se poursuivaient sur le terrain, tous les joueurs verts s'étant rassemblés en une unique masse volante et victorieuse. C'était un record, même pas trois minutes de jeu ! Thelma jeta un coup d'oeil à Jonah, qui maugréait dans son coin, sans lâcher les écrans holographiques du regard.

A son tour, Thelma les observa pour revoir l'action finale et la fantastique poursuite de Fakir. Comme tous les supporters, elle avait hâte de savoir s'il y avait faute ou non au début de l'action, incertaine de ce qu'elle avait vu. Mais, face à l'hologramme, son sourire éclatant s'élargit encore : il n'y avait clairement pas de faute intentionnelle, mais deux joueurs qui s'étaient gênés l'un l'autre, toute personne de bonne foi s'en rendrait compte ! Oui, mais voilà, les supporters anglais en général, et Jonah en particulier, n'étaient pas spécifiquement connus pour leur bonne foi...

"Mais pas du tout, il n'y a pas faute", rit-elle sans pour autant chercher à le convaincre, consciente qu'il ne devait même pas l'écouter spécialement, tant la déception devait être vive - une telle défaite, une telle humiliation ! Il n'avait pas fini d'en entendre parler... Pour autant, si l'arbitrage holographique avait été utilisé, la victoire serait tout de même revenue à l'Irlande, c'était une certitude. Cette nouvelle technique d'arbitrage était expérimentée par la Fédération lors de certains tournois mais n'avait pas encore été généralisée, au grand damne des supporters, chaque fois qu'un litige éclatait suite à une erreur supposée d'arbitrage. Les débats étaient sensiblement les mêmes, chaque supporter étant alternativement favorable à l'arbitrage holographique lorsque cela pouvait avantager son équipe, et défavorable lorsque l'arbitrage humain était jugé plus juste et spontané.

L'argument de Jonah sur l'arbitre, en revanche, provoqua l'indignation amusée de Thelma qui s'écria : "Mais pas du tout ! O'Neil est américain, vérifie tes sources !"

Thelma le savait parfaitement, pour avoir lu un article sur cet arbitre dans un magasine féminin, dont elle ne tenait pas à dévoiler le contenu à Jonah, aussi elle n'insista pas. Mais enfin, tout le monde savait que l'arbitre n'était jamais choisi de même nationalité que l'une des équipes en lice ! Thelma savait que son collègue était sérieux à propos du Quidditch mais c'était la première fois qu'elle le voyait réagir ainsi, dans le feu de l'action, avec autant de passion et de mauvaise foi. En son for intérieur, et malgré sa fierté d'irlandaise, elle trouva cela attendrissant. Jonah avait plus de points communs avec son fils Virgil qu'il n'y paraissait au premier abord... Elle l'observa discrètement, avec un sourire affectueux, très amusée par son air boudeur et profondément frustré. De toute évidence, la défaite allait être dure à avaler, et c'est vrai qu'on était loin du long match au score serré qu'elle avait espéré... Mais l'adrénaline, ah, Merlin, cette exultation collective qui s'emparait d'un public entier quand la victoire était acquise ! C'était pour des moments comme celui-ci qu'elle aimait le Quidditch, le sport le plus imprévisible et le plus fort en émotions qui soit.

Captant finalement son regard, Jonah finit par lui grommeler de lui "épargner ça", provoquant le rire de la jeune femme. C'était plus fort qu'elle, Jonah était tellement drôle quand son équipe perdait, elle sentait qu'elle allait pouvoir en rire pendant des semaines et des semaines : un vrai bonheur !

"Très bien, je ne dirais rien sur cette fabuleuse victoire amplement méritée. Pour le moment", répondit-elle d'un air innocent, détournant son regard espiègle vers le terrain pour un dernier aperçu du héros du jour. Fakir et ses coéquipiers faisaient le tour du stade pour saluer les supporters et célébrer leur victoire. Consciente qu'il ne valait peut-être mieux pas imposer à Jonah de s'éterniser pour voir ce spectacle, elle emboîta le pas de ses voisins qui commençaient à évacuer les tribunes, suivie par Jonah. Ils amorcèrent la lente descente avec la foule de supporters anglais déçus, tandis que Thelma exultait encore, revivant le - court - match dans sa tête.

Une fois parvenus en bas, elle glissa un nouveau regard à Jonah pour tenter d'évaluer son état de frustration et d'énervement. Pleine d'énergie après cette victoire, et ayant beaucoup attendu cette soirée, elle n'avait pas encore envie de rentrer, mais en serait-il autant pour Jonah ? Elle l'espérait. Le soleil ne s'était même pas encore complètement couché.

"Eh bien, du coup, il est tôt... Un petit verre pour se remettre de ces émotions ?", proposa-t-elle gentiment, sans pouvoir s'empêcher de rajouter, avec malice : "A moins que tu ne préfères rentrer te coucher... comme Ron Haldow..."

Peut-être était-il trop tôt pour l'humour et les taquineries, mais c'était beaucoup trop tentant pour qu'elle résiste.  
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Américain ? Peut-être mais avec des origines irlandaises, indéniablement ! O’Neil ! Jonah n’était pas stupide quant même, il savait reconnaitre un nom à consonance gaëlique quant il en entendait un. L’enseignant secoua la tête et fronça les sourcils, creusant par la même occasion sa ride du lion. Il était parti pour garder cet air buté jusqu’à la fin de la soirée à ce rythme là. D’autant plus que Thelma s’évertuait à soutenir qu’il n’y avait pas faute… Non mais quelle mauvaise foi ! Cette décision arbitrale litigieuse arrangeait son équipe, voilà pourquoi elle ne voulait pas admettre le Croc-En-Manche…

Comme si cela ne suffisait pas, Jonah reçut sur son Pear One la notification annonçant la fin du match avec pour titre dithyrambique : « L’exploit de Fakir. L’attrapeur irlandais assomme les anglais en moins de trois minutes. » L’illustration animée de l’article montrait le joueur se saisissant duVif d’Or. L’hologramme se répétait, en boucle, inexorablement. Merlin avait visiblement décidé de jouer avec ses nerfs ce soir.
L’enseignant fit défiler rapidement le contenu de l’édito et  referma rageusement le clapet de son One en constatant qu’il n’y avait aucune mention de la faute de Dérail.

Il  s’enferma alors dans un silence boudeur tandis que sa collègue affirmait que cette victoire était amplement méritée. Amplement volée oui ! songea-t-il. Il laissa alors échapper un bref grognement animal qui l’étonna lui-même. Ce genre de comportement lui arrivait parfois, quant il était seul, et contrarié. Lorsqu’il corrigeait des copies et que ses élèves confondaient une pompe à essence avec une douche,  par exemple. Réminiscence de sa lycanthropie sans doute, dont il n’était pas particulièrement fier. Il espérait que la liesse populaire avait couvert son petit moment d’égarement et que Thelma n’avait pas entendu. Ce n’était définitivement pas très civilisé de grogner sur ses semblables, se morigéna-t-il.

L’enseignant suivit donc sa collègue en silence en tentant vainement de prendre un peu de recul sur la situation. « Ce n’est qu’un jeu ! » disaient les spectateurs lambdas, mais ces gens là ne comprenaient pas. Ils n’étaient pas des passionnés, comme lui. D’une manière générale Jonah ne faisait pas les choses à moitié. C’était un homme investi qui déployait beaucoup d’énergie dans ces projets.  Il en était de même quant il supportait son équipe, passionnément, de tout son cœur et avec toute son âme. Cela pouvait sembler stupide, mais il se sentait probablement  aussi énervé et humilié que les joueurs anglais, ce soir. Il fallait ajouter à cela la frustration d’avoir payé plusieurs galions pour trois minuscules minutes de match. Les garçons allaient être si déçus d’apprendre cela ! Dire qu’ils avaient cassé leur tirelire pour lui offrir une bonne place avec une superbe visibilité sur le terrain… Ah ça ! Il avait eut une vue imprenable sur le piqué de Fakir ! songea-t-il amèrement.

Décidément, la pilule ne passait pas. La déception était grande et, fort heureusement, l’évacuation du stade fut lente et laborieuse, ce qui lui laissa le temps de se reprendre quelque peu avant de faire de nouveau face à Thelma. Il n’avait pas envie d’apparaitre désagréable aux yeux de sa collègue mais il ne pouvait pas non plus faire comme si cette cuisante humiliation ne l’atteignait pas. Il s’efforça toutefois d’apparaitre le moins renfrogné possible lorsqu’elle se tourna vers lui sur le parvis du stade pour lui proposer un petit verre afin de se remettre de leurs émotions.

« Ah. Ah. répondit-il  d’un air blasé quant elle lui demanda s’il préférait aller se coucher comme Ron Haldow, Très drôle, ajouta-t-il. Merlin, c’était du Virgil tout craché. A cet instant la ressemblance entre les deux Forbes était saisissante, Ce n’est pas d’un petit verre dont j’ai besoin mais d’un très grand verre, grommela-t-il en cherchant au loin une brasserie sympathique. Il y avait bien le Souafle Ecarlate, un petit pub aux abords du stade, où Jonah et Douglas prenaient leur quartier les soirs de victoire pour refaire le match avec ferveur mais honnêtement, aujourd’hui,  il n’était pas sûr d’avoir envie de voir son QG préféré envahi de supporters irlandais.

« Je te fais confiance, trouve nous  un pub où je pourrai oublié l’erreur de ce maudit O’Neil ! souffla-t-il. Il s’en remettait totalement à Thelma pour le coup. Qu’elle leurs dégotte un petit bouiboui sordide, si possible, sans trop d’habits verts. Quoiqu’il en soit, il était hors de question qu’ils rentrent tout de suite à Poudlard. La soirée était déjà bien assez gâchée comme ça. Les deux professeurs se mirent donc en marche, fendant la foule bigarrée.

« Je n’en reviens pas, finit-il par dire en secouant la tête, on n’a même pas eu le temps de montrer notre potentiel. Tu ne peux pas savoir à quel point c’est frustrant ! ajouta-t-il , les mains crispées sous son menton, sa contrariété ne s’estompait pas spécialement mais il était déjà un peu plus prompt au dialogue que dans les tribunes, Trois minutes de match. C’est rien ! En plus je sais pertinemment que tu ne vas pas me lâcher avec ça, avoua-t-il en roulant des yeux, je te vois venir avec ton petit air malicieux ! »

Jonah fut toutefois interrompu par un vendeur ambulant irlandais qui s’interposa entre lui et Thelma.
« Bonsoir ma p’tite dame ! Un p’tit souv’nir d’cette belle victoire ? »
D’un coup de baguette, le marchand déploya un stand garni de produits dérivés aux couleurs de l’Irlande.
Jonah se pinça l’arrête du nez et poussa un long soupir. « Vous faites les poupées vaudous de Fakir ? » demanda-t-il alors après avoir relevé la tête en direction du vendeur.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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"Va pour quelques pintes alors", répondit Thelma avec amusement, tout en balayant l'endroit du regard. Elle était parfaitement disposée à aider Jonah à oublier ce match dans l'alcool. Cela dit, il leur faudrait s'éloigner quelque peu du stade pour cela, car le Souaffle Ecarlate n'était pas l'endroit où un supporter anglais aurait envie de se trouver ce soir. Jonah se fit visiblement la même réflexion, puisqu'il s'en remit à elle pour trouver un lieu - non sans une dernière remarque pleine de mauvaise foi au passage.

"C'est d'accord. Je ne connais pas très bien les environs mais je crois que je suis déjà venue dans un pub dans les parages", répondit-elle en se creusant la mémoire. De toute façon, dans ce pays, il n'y avait pas besoin de chercher bien longtemps pour tomber sur un endroit où picoler. Déambuler au hasard devrait donc leur permettre de trouver leur bonheur, et c'est ce qu'ils s'employèrent à faire. Thelma savourait intérieurement la victoire, son regard se promenant sur les groupes de supporters ravis, tout en prêtant une oreille à Jonah qui ressassait la défaite. Elle comprenait sa frustration, mais elle nota tout de même de ne jamais jouer avec lui au Leopoly : Jonah avait décidément un esprit de compétition bien affirmé.

"Je compatis", répondit-elle sans se départir de son sourire, amusée par la mention de son "petit air malicieux". Même si elle ne partageait pas son analyse du match ni sa passion pour l'équipe anglaise, n'importe quel supporter pouvait s'identifier à la frustration d'un anglais ce soir. "C'est clair que le match était particulièrement court, ils devraient au moins prévoir un remboursement des places quand le match dure moins de cinq minutes ! Et ça doit être horrible pour les joueurs..."

Ils n'eurent pas l'occasion de poursuivre le débat, puisqu'un vendeur ambulant les intercepta pour leur montrer ses articles irlandais. La remarque de Jonah la fit éclater de rire et elle se pencha pour observer les objets exposés. Echarpes, maillots, mugs affichant le score du match, portes-clefs, ornements pour baguettes, posters du holo de Fakir - ça c'était de la réactivité ! - tout était là pour honorer l'équipe d'Irlande. Peu disposée à dépenser la moitié de son salaire dans de la camelote, Thelma se redressa néanmoins et adressa un sourire d'excuse au vendeur :

"Non, merci, je ne vais pas avoir besoin de souvenirs ne pas oublier cette belle soirée."

D'un geste de tête, elle fit signe à Jonah de contourner le vendeur et son stand et de la suivre. Tout en continuant de s'éloigner du stade, pour s'enfoncer dans les rues, elle reprit le cours de leur conversation.

"C'est évident que tu peux compter sur moi pour ne pas te faire oublier cette victoire, mais c'est de bonne guerre : tu en ferais laaargement autant à ma place, avec une victoire aussi large, j'en suis persuadée !"

Après tout, cela faisait partie du jeu lorsqu'on emmenait un supporter de l'équipe adverse voir un match, sinon autant choisir quelqu'un qui pouvait partager sa joie - ou, dans le cas présent, son désespoir...

"Mais je vais me retenir un minimum pour le moment pour respecter les quarante-huit heures réglementaires de deuil du supporter", promit-elle tout en promenant son regard dans la rue dans laquelle ils s'apprêtaient à s'engager. "Je crois que l'Alibi n'est pas loin."

Effectivement, après quelques mètres, ils parvinrent face à la devanture d'un petit pub de quartier, suffisamment tranquille et anonyme pour ne pas attirer les hordes de supporter.

"Ils ont de bonnes gobières, ça te va ?"

Après avoir obtenu l'assentiment de Jonah, elle poussa la porte de l'Alibi et balaya la pièce du regard. Quelques sorciers occupaient ponctuellement les fauteuils confortables et autres sièges un peu miteux, leurs tables de bois encombrées de pintes de gobière fraiche. En toile de fond, Thelma reconnu le célèbre tube Sympathie for Voldemort des Philosophing Stones. Se dirigeant vers le comptoir, elle jeta un coup d'oeil à la carte des gobières, inscrite à la craie sur un mur, puis commanda une pinte de Karmélide.

"Irlandaise, hmf, je devrais vous faire payer un galion de plus ce soir", grommela le barman, avant de s'employer à servir leurs boissons.

La rumeur du match devait déjà avoir atteint toutes les oreilles, songea Thelma qui prit le parti d'en rire, non sans ôter son écharpe. Leurs pintes à la main, ils se dirigèrent vers une table dans un coin et Thelma se laissa tomber sur son siège avec un soupir.

"Sacré soirée", commenta-t-elle en observant Jonah, les yeux plissés, tentant de jauger son humeur. Se remettait-il doucement ? Ou devait-elle s'inquiéter d'une nouvelle tentative de DBD du haut de la tour d'Astronomie ? Seul l'avenir le lui dirait !


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah resta muet devant l’étalage de produit dérivés aux couleurs de l’Irlande. Dire que l’action de Fakir était déjà disponible sur hologramme géant, sur porte-clefs et sur maillots animés… Merlin. L’enseignant détourna le regard et préféra observer le flot de supporters quittant le stade, sa canne coincée entre ses bras croisés. Thelma déclina la proposition du vendeur ambulant et ils purent enfin se remettre en quête d’un pub. Où qu’il regarde, Jonah voyait des supporters vert et roux de partout. Ils semblaient être les seuls à s’éterniser dans les environs du stadium tandis que leurs homologues anglais transplanaient rapidement, loin du théâtre de cette cuisante défaite.

Comme si cela ne suffisait pas, Thelma affirma  qu’elle comptait bien lui rappeler Ad vitam æternam cette humiliation, arguant qu’il aurait fait de même dans le cas contraire.

« Moi ? s’offusqua Jonah, Jamais. Je suis un gentleman. J’ai la victoire modeste. »

Il savait très bien qu’il ne trompait pas sa collègue. Elle l’avait déjà vu fanfaronné en salle des professeurs lors de la victoire de Serpentard sur Gryffondor, une corne de brume entre les  mains.  Le triomphe discret ? Mais bien sûr. Dans ce domaine, Thelma était  clairement plus douée que lui. Certes elle arborait son petit sourire malicieux mais, globalement, elle compatissait à son désarroi. C’était tout à fait charitable de sa part même si elle lui révéla, non sans malice, qu’elle respectait simplement le deuil du supporter fixé à quarante-huit heures. Jonah laissa échapper un éclat de rire –le concept lui plaisait bien- et surenchérit.

« Je demanderai bien quelques heures supplémentaires de deuil. Je sens que je vais avoir beaucoup de mal à m’en remettre… »

Rien que le fait de penser à la Une de la Gazette du lendemain, Jonah en frissonnait d’avance. Il avait presque envie de se faire porter pâle pour les quinze prochains jours suivants : couper la radio, vivre en hermite pour éviter toutes ses connaissances irlandaises, écossaises et galloises qui se réjouissaient très certainement de cette piètre performance de son équipe.
Comme pour confirmer ses propos, son Pear vibra dans sa poche pour l’informer de la réception d’un message de Liam MacMurdock, un lycanthrope de l’association :

« Je m’occupe du buffet pour la prochaine AG :

Quidditchement,
Liam. »


Jonah retint un énième grognement et préféra acquiescer à la proposition de sa collègue. Ce pub avait l’air très bien ! Il pénétra à la suite de Thelma dans le fameux Alibi, bar qu’il n’avait jamais fréquenté par le passé. Dans le quartier du stadium, le Souaffle Écarlate restait son QG favori et l’enseignant lui faisait rarement des infidélités. Toutefois le pub choisi par Thelma était tout aussi chaleureux …et se révélait nettement moins garni en supporter irlandais que les autres établissements à proximité du Wizzard’. Jonah apprécia fortement cette attention particulière à son encontre : Cette histoire de deuil du supporter tendait à se vérifier !

L’enseignant s’approcha du comptoir,  jeta un regard à la carte des boissons -particulièrement bien garnie- avant de commenter distraitement.

« Des bonnes gobières… et de la bonne musique. »
Il adorait les Philosophing Stones qui jouait en sourdine. Un vieux classique du rock sorcier. Indémodable. « Vous brassez vous-même vos bières ? » reprit-il à l’attention du serveur cette fois.
« Oui M’sieur. A l’arrière.» répondit le barman en désignant d’un mouvement de la tête une porte dans le fond du pub.
« Alors une Alibi Pale Ale »

Les deux enseignants se saisirent de leur commande et rejoignirent une petite table dans un coin, un peu à l’écart. Jonah ôta sa cape et son écharpe et se glissa sur la banquette quelque peu défraichie mais toutefois très confortable. Il posa sa pinte sur un sous bock aux couleurs de la brasserie et releva les yeux sur sa collègue.

« Tu l’as dit. Je ne m’attendais pas à ce que cette soirée soit si courte, dit-il en essuyant la condensation sur son verre, enfin, elle est loin d’être terminée… » se reprit-il toutefois. Il ne voulait pas que Thelma interprète mal ses propos.

« Disons plutôt que ce n’est pas tout à fait le scénario que j’avais imaginé. » souffla-t-il enfin avec un léger sourire. « Ce scénario impliquait une victoire de l’Angleterre. » murmura-t-il alors en se penchant vers sa collègue comme s’il s’agissait d’une confidence.

Pour cette soirée, il avait espéré tout un tas d’autres choses à vrai dire....Si seulement il n’y avait pas eu cette maudite Kiss Cam juste à l’instant où il allait enfin se lancer ! Le moment parfait, le timing rêvé et…patatra. Jonah pinça légèrement les lèvres au souvenir de cet acte manqué  et leva finalement son verre devant lui :

« En respect des quarante-huit heures réglementaires de deuil du supporter, je propose que nous ne trinquions pas à l’Irlande mais plutôt à cette soirée … qui ne fait que commencer. »

Il ponctua sa remarque d’un léger regard appuyé et but une longue gorgée de gobière ambrée.

« Délicieuse… commenta-t-il en la reposant. Il s’accouda alors sur le tonneau qui leur servait de table et enchaina : Remontres-moi donc cette photographie que nous avons fait tous les deux avant le match…Quant j’avais encore des doux rêves plein la tête… »


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma opina du chef quand Jonah complimenta la musique qui passait en fond sonore. Elle aimait beaucoup ce groupe aussi, même si elle tendait à préférer des chansons aux accents plus folk. Le meilleur concert de sa vie avait été celui des Royals Nogtails dans le Dublin Stadium. L'ambiance avait été indescriptible, c'était il y a déjà plus de six ans mais elle se rappelait parfaitement avoir repris chaque parole de Little Dragon Man en chœur avec la foule.

Elle jeta un coup d'oeil envieux à la gobière qu'avait choisi Jonah, dont la jolie couleur ambrée lui faisait presque regretter son propre choix. Bah ! Ce serait pour le second verre, songea-t-elle tandis qu'il lui disait justement que la soirée était loin d'être terminée. Un sourire ravi s'étira sur ses lèvres à ses propos. Elle était heureuse de le savoir, car elle avait craint que cette défaite expresse ne vienne gâcher le reste de la soirée.

"Je ne suis pas mécontente que ton scénario ne se soit pas réalisé, alors", répliqua-t-elle avec un éclat de rire quand il évoqua la victoire de l'Angleterre. "Je crois que je n'aurais même pas osé rêver ce scénario..."

Comme Jonah prenait une expression pincée à ses propos, elle se promit intérieurement de garder la victoire modeste. Elle ne voulait vraiment pas que leurs oppositions sportives ne viennent gâcher cette soirée, qu'elle avait attendu longtemps. Un long moment en tête-à-tête avec Jonah, hors de Poudlard et loin de toute considération de travail ou de résistance... C'était peut-être une opportunité unique, n'est-ce pas ? Alors autant ne pas la gâcher par esprit de compétition...

Levant son verre pour trinquer, Thelma médita intérieurement sur le regard et les paroles de Jonah. Elle resta silencieuse un instant, savourant l'instant, le bon goût rafraîchissant de sa boisson, l'atmosphère détendue, la musique. Elle sortit ensuite son Pear de la poche de sa robe, à la demande de Jonah, et commença par fermer les nombreux messages de ses amis irlandais - leur conversation de groupe WizzApp s'était enflammée - avant de partir en quête de la fameuse photo. L'image s'afficha alors et elle s'accouda à la table pour mieux la montrer à son collègue. Souriants, insouciants, Jonah et Thelma ignoraient alors qu'ils allaient vivre le match de trois minutes le plus épique de ces dernières années !

"Splendide ! Je pense que je vais la faire développer, c'est un beau souvenir de cette soirée", commenta-t-elle en redressant le regard vers Jonah. Des doux rêves plein la tête, hmm ? Peut-être qu'il n'était pas trop tard pour cela, songea-t-elle en reportant son attention sur son Pear. Elle pianota un instant sur l'objet, appuya sur "envoyer", et entendit un instant plus tard le Pear de Jonah vibrer. Lui aussi devait garder un souvenir de ce moment...

"Non, vraiment, je nous trouve particulièrement photogéniques. Si je n'avais pas peur de lancer de nouvelles rumeurs, je la posterais sur Instamag'", plaisanta-t-elle en évoquant le réseau social, qui montait furieusement parmi leurs élèves, et mêmes leurs collègues. Thelma était notamment abonnée à l'Instamag de Neville, dont elle aimait les photos de plantes exotiques, tandis qu'elle-même postait régulièrement des photos de ses repas, lorsqu'ils étaient suffisamment photogéniques bien sûr. Ah, c'est sûr que poster ce genre de choses ferait l'objet d'une bombe - Thelma savait très bien que les propres enfants de Jonah étaient accros des réseaux sociaux. Un petit peu comme se faire flasher par la Kiss Cam devant un stade plein à craquer. Heureusement que son ex et parent d'élève, Olivier Dubois, ne se trouvait pas sur le terrain à ce moment là... Elle esquissa une légère grimace à ce souvenir embarrassant, et reporta son attention sur Jonah.
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Jonah se pencha au dessus du tonneau et tendit la tête pour observer la photographie prise par sa collègue quelques minutes avant le début du match. S’il avait connu, à cet instant, le résultat de la rencontre Jonah n’aurait surement pas arboré un air si heureux… C’était vraiment dommage que ce magnifique cliché les montrant tous les deux,  soit dorénavant associé dans son esprit à la pire défaite de l’histoire récente de son équipe de quidditch favorite.

Il releva les yeux vers sa collègue qui suggérait de faire développer la photographie et esquissa un sourire à cette idée.

« Je veux bien en récupérer un exemplaire. » souffla-t-il, beau joueur. « Je ferai abstraction du contexte dans laquelle elle a été prise, c’est tout. »

Son esprit voulait oublier cette défaite mais certainement pas ce moment qu’il avait partagé avec Thelma dans les tribunes. A défaut de lui faire parvenir un exemplaire papier du cliché, sa collègue lui transféra l’image sur son Pear qui vibra dans sa poche. Jonah ne se donna pas la peine d’ouvrir le message –il savait que c’était Thelma- et préféra rester concentré sur le Pear de sa collègue, posture qui impliquait une certaine proximité. Dire qu’il tentait de retrouver un peu d’intimité avec Thelma était un euphémisme. En effet, il lui avait semblé qu’elle n’était pas contre l’idée qu’il se montre un peu plus entreprenant tout à l’heure et Jonah  entendait bien retrouver l’alchimie de cet instant suspendu.

La jeune femme commenta d’ailleurs la photographie d’une bien drôle de manière. Etait-ce des paroles en l’air ou un réel appel du pied ?

Jonah aurait pu poursuivre la conversation en rebondissant sur les avantages et inconvénients d’ Instamag. Thelma connaissait sa passion pour les inventions magiques dérivées des trouvailles moldues et elle savait qu’il avait un avis bien tranché sur les nuisances occasionnées par les réseaux sociaux magiques.
Il aurait pu surenchérir en évoquant son propre compte insta –où il postait régulièrement des photographies de ses lectures, des tracts de WereWolfes Rights ou encore de beaux balais de factures artisanales. Il était abonné à celui de Thelma d’ailleurs, montrant ses bons petits plats- et aurait très bien pu commenter l’un de ses derniers posts. « Il faut vraiment que tu me donnes la recette de ta tourte au potimarron ! ».
Jonah aurait pu faire tout cela et retarder, encore, ce moment qu’ils espéraient depuis de nombreuses semaines. En tout cas pour sa part. L’heure n’était plus aux tergiversations. Il avait assez réfléchi aux incidences de cette liaison et  il préférait prendre le risque de se lancer plutôt que de passer à côté d’une belle histoire. L’enseignant décida donc de répondre au sous-entendu, lourd de sens, de sa collègue.

« Je ne serai pas gêné à l’idée de faire l’objet de cette rumeur, dit-il alors en soutenant le regard sur Thelma,… surtout si elle s’avérait fondée. » ajouta-t-il dans un souffle.

Comme pour allier le geste à la parole, il se pencha un peu plus vers sa collègue, lentement, pour lui laisser le temps de se dérober à son baiser, si elle le souhaitait.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Bien sûr, les paroles de Thelma n'avaient pas été laissées au hasard, et ce n'était pas la première fois ce soir que des perches étaient tendues. Jonah déciderait-il de l'attraper, cette fois ? Rien n'était moins sûr, mais Thelma n'avait plus envie de dissimuler ses espoirs pour ce soir. Elle aussi avait de doux rêves plein la tête et, au fond, elle savait pertinemment que l'idée avait dû traverser l'esprit de Jonah au moins une fois. Elle n'avait plus adolescente et savait reconnaître une envie partagée, un désir mutuel. Mais une simple envie, une attirance, était-ce suffisant pour franchir le pas, surmonter divers blocages qu'elle ne pouvait qu'imaginer ? L'espace d'une seconde, elle put presque deviner les rouages qui tournaient dans la cervelle de son collègue, instant suspendu qui lui en rappela un autre, quelques semaines auparavant.

Pourtant, cette fois, l'instant ne s'éternisa pas. Thelma éteint son Pear et le posa doucement sur le tonneau, sans cesser de soutenir le regard de Jonah. A sa réponse, elle sentit ses propres lèvres s'étirer en un sourire, malgré ses efforts pour rester neutre, car elle aurait préféré dissimuler, par pudeur, l'effet que lui faisait ces paroles, combien elle les avaient espérées, et combien elle avait pu douter. Enfin, songea-t-elle en voyant son collègue se pencher doucement vers elle. Thelma ne chercha pas à se dérober, ni à précipiter les choses, laissant Jonah venir à elle comme pour mieux savourer l'instant. Elle accueillit cette étreinte avec soulagement, et glissa sa main sur sa joue, effleurant sa barbe de quelques jours, glissant vers sa nuque comme pour l'attirer un peu plus près d'elle. Le coeur battant, les sens en éveil, elle grava tous les détails de cet instant dans sa mémoire - la sensation de ce baiser, la chanson des Foo Sorcerers en fond sonore, ce léger goût de gobière, son envie de se glisser dans les bras puissants et protecteurs de Jonah*... Le baiser prit fin et elle lâcha la nuque de Jonah, mais ne s'écarta pas complètement.

"Voilà qui aura certainement duré plus longtemps que le match de ce soir", souffla-t-elle à son oreille avant de s'écarter, le regard pétillant de malice et de joie. Tant pis pour le deuil du supporter, tenir 48h relevait d'un exploit encore plus incroyable que celui de Fakir ! Elle observa un instant le regard bleu de Jonah, tentant de deviner ses pensées, tandis qu'une douce euphorie s'emparait d'elle. Cette soirée avait déjà bien commencé - de son point de vue parfaitement objectif - et ne faisait que s'améliorer.

"Je me demandais si tu finirais par faire ça", avoua-t-elle finalement, avant de boire une nouvelle gorgée de sa boisson fraîche. Elle pouvait sentir la chaleur émaner de ses joues parsemées de tâches de rousseurs. Probablement l'effet de la gobière...



*La référence pour quand on relira ce topic en 2020
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Le gout de ses lèvres, l’odeur de sa peau, sa main posée sur sa nuque. Pendant un bref  instant, plus rien d’autre ne compta. Le brouhaha du pub s’évanouit au profit des douces sensations provoquées par cette étreinte. Jonah posa une main sur la taille de sa collègue pour l’attirer un peu plus près de lui et approfondir encore ce baiser. Il avait tergiversé bien trop longtemps pour ne pas profiter pleinement, et durablement, de ce moment. Lorsqu’il s’éloigna enfin, après de longues secondes, Thelma retrouva rapidement son ton espiègle :


« Merci pour cette remarque,
souffla Jonah, Ce baiser sera à tout jamais rattaché dans mon esprit à la défaite de l’Angleterre. »

Cette phrase, qui pouvait sonner comme un reproche, était toutefois contredite par son ton amusé et ses yeux rieurs. Finalement, il digérait assez facilement la cuisante déconvenue de son équipe ! Le sentiment de frustration mêlée de colère qu’il avait ressenti moins d’une heure plus tôt s’était totalement envolé au profit d’une impression de bien-être et de plénitude.
Ces derniers mois avaient été placé sous le signe de l’inquiétude. Il avait passé des semaines à se tracasser pour Dean qui semblait de plus en plus proche des réseaux résistants de Bristol, pour Virgil qui avait une propension aigue à s’attirer des ennuis, pour ses élèves touchés de plein fouet par la cruauté du régime en place et, enfin, il avait l’impression de s’octroyer du temps pour lui et pour son épanouissement personnel.

Lorsque Thelma lui avoua qu’elle se demandait s’il finirait pas l’embrasser, Jonah se garda bien de répondre « Moi aussi. ». Ce n’était pas vraiment judicieux, aux prémisses d’une relation, de verbaliser les doutes qui l’avaient tourmentés ces derniers temps.
Pour tout un tas de raisons il avait sérieusement hésité à saisir cette opportunité. Bien qu’il nourrisse des sentiments sincères à l’égard de sa collègue, il savait aussi que sa vie, le contexte actuel et leurs projets respectifs risquaient, tôt ou tard, d’être des motifs de discorde. Pourtant, après ce premier baiser, ses doutes semblaient comme envolés. Il se sentait capable de surmonter n’importe quelle déconvenue. Peut-être était-il encore un peu grisé par l’euphorie mais il avait l’impression que ces longs mois de réflexion n’avaient fait que renforcer le fait qu’il avait pris la bonne décision en donnant sa chance à cette idylle. Il avait décidé d’entamer une relation avec Thelma en toute connaissance de cause et entendait bien tout faire pour que cette histoire fonctionne.

« J’aime bien prendre mon temps pour ce genre de chose. » déclara-t-il sans se départir de son sourire. Il but une gorgée de Gobière et reposa sa pinte sur le tonneau qui leur servait de table.


«  Mais je dois avouer que l’idée me trotte dans la tête depuis pas mal de semaines…peut-être même de mois. » dit-il en esquissant un sourire, Tu te rappelles de ce moment près de ton aquarium en janvier dernier ? » demanda-t-il alors.

Il avait su ce jour là. Su qu’il lui plaisait. Su qu’ils pouvaient être plus que des amis s’il se décidait à faire le premier pas.
Jonah tendit la main pour attraper celle de Thelma. Un geste naturel, simple, qu’il s’était pourtant interdit de faire depuis qu’il la connaissait. De son pouce, il caressa le revers de sa paume et posa un regard pensif sur leurs mains jointes.

« Si j’ai hésité si longtemps, C’est aussi parce que j’arrive avec des bagages plutôt volumineux. » ajouta-t-il en relevant les yeux vers elle.
Un statut de loup-garou. Quatre fils. Une ex-femme.
Sa lycanthropie était venue à bout de sa précédente idylle et ses échanges avec Agathe se révélaient encore plus tendus que lors de leur séparation. En plus de ça, Thelma enseignait à trois de ses garçons qui -Jonah en mettait sa main au feu- ne seraient pas ravis à l’idée que leur professeur de Défenses Contre Les Forces du Mal endosse, plus ou moins, le statut de belle-mère.
Sa propre situation n’était pas simple à supporter pour une tierce personne, il en avait conscience.


Pourtant il se doutait bien que Thelma avait elle aussi son passif : Ses histoires d’amour, ses coups de cœur, ses peines, ses secrets. Elle ne s’était jamais trop étendue sur ces questions auprès de lui et il était curieux de découvrir de nouvelles facettes d’elle maintenant qu’ils avaient franchi un pas supplémentaire dans leur relation…
« Enfin, je me doute que tu as, toi aussi, tes propres bagages, ton vécu… Tu es restée assez discrète sur toutes ces questions d’ailleurs… » souffla-t-il comme pour l’inviter à se confier.
Après tout, elle connaissait quasiment tout de sa vie sentimentale alors que l’inverse était loin d’être vrai…


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Un sourire espiègle apparut sur le visage de la sorcière quand son interlocuteur mentionna le fameux moment de l'aquarium.

"Comment l'oublier ! Je dois t'avouer que j'en ai gardé une certaine frustration."

La réponse de Jonah provoqua un sourire chez Thelma, qui hocha doucement la tête. Sans prétendre savoir ce qui se passait dans sa tête, elle pouvait comprendre ses hésitations, étant donné la situation. Jonah avait été marié, et elle ne savait pas dans quelle mesure il avait eu d'autres aventures depuis sa séparation avec son épouse. Thelma et lui étaient collègues, elle enseignait à ses enfants... Bref, comme il le disait, il avait des bagages, et c'était une situation qui pouvait se révéler potentiellement complexe. Souvent, elle s'était demandée si c'était ce qui le retenait, ou bien si l'alchimie qu'elle percevait entre eux était un pur fruit de son imagination. Quoi qu'il en soit, les choses s'éclaircissaient à présent, songea-t-elle en observant leurs mains jointes.

Quand il mentionna sa propre vie sentimentale, dont, il est vrai, elle ne parlait jamais, Thelma observa pensivement sa gobière un moment. Comme tout le monde, elle avait eu des petits-amis, des peines de cœur et des moments plus heureux, mais depuis son retour en Angleterre, il n'y avait pas eu grand chose à raconter.

"J'imagine que je suis assez discrète à ce sujet car je n'ai été avec personne depuis un moment", révéla-t-elle en considérant Jonah du regard, "depuis ma dernière histoire, en fait, avant mon retour en Angleterre, il y a... deux ans environ maintenant. A l'époque où j'étais à Durmstrang, je suis sortie avec quelqu'un pendant quelques semaines, mais rien de très solide, ça n'a pas résisté à mon déménagement à l'autre bout du continent."

Elle ne rentra pas dans les détails, car elle savait, au fond, que ses propres bagages ne se trouvaient pas là. Une histoire avait compté plus que toutes les autres.

"A part ça... il y a effectivement quelque chose que je ne t'ai jamais dit", ajouta-t-elle avec un léger sourire, tout en guettant la réaction de son interlocuteur, "c'est que j'ai été fiancée. Il s'appelait Julian, nous nous étions rencontré par des amis communs, en Angleterre, j'avais une vingtaine d'années."

Cela lui faisait bizarre de parler de Julian à Jonah. Elle n'y avait plus pensé depuis bien longtemps, et pourtant, il avait tant compté pour elle à une époque... parfois, elle se demandait ce qu'il devenait, comment sa vie avait évolué, s'il écrivait encore. Est-ce que l'alchimie serait toujours là s'ils se revoyaient. Mais elle ne faisait jamais l'effort de le chercher, trop consciente que leur relation s'était achevée pour une raison.

Après un instant d'hésitation, elle décida d'entrer dans les détails, car c'était effectivement un passage important de sa vie qu'elle avait jusque-là gardé sous silence.

"Il était né-moldu, et moi, sang-mêlée, je travaillais au ministère à l'époque. Quand la guerre des ténèbres a éclaté, je voulais rester, me battre s'il le fallait. Mais Julian avait peur pour nous deux, et j'avais toujours rêvé d'aller explorer l'Europe de l'est, alors nous avons fini par prendre la décision de quitter le pays. D'abord Bucarest, puis nous avons bougé un peu partout. Lui était écrivain, auteur de polars, moi j'étudiais les créatures magiques et la défense contre les forces du mal. Je me souviens très bien, on était à Saint Pétersbourg lorsque la bonne nouvelle est arrivée. La guerre était finie..."

Un sourire étira ses lèvres, à la pensée de ce qui restait comme l'un des plus beaux jours de sa vie.

"Je ne sais pas, ça devait être le bonheur de savoir que la paix était de retour, l'euphorie ambiante, mais il m'a demandée en mariage et j'ai dit oui. Je l'aimais, nous avions une relation très forte mais pas très équilibrée. Julian était...quelqu'un de compliqué, brillant, tourmenté, très passionné, trop peut-être. Nous devions tout faire ensemble, tout le temps, il était très jaloux et en même temps, égocentrique, je finissais toujours par céder à ce qu'il voulait. Pour être honnête, je crois que j'ai toujours su que je ne passerai pas ma vie avec lui... alors j'ai mis un peu de temps, mais j'ai fini par rompre nos fiançailles et c'est là que j'ai pris mon poste à Durmstrang."

Meilleure décision de sa vie, car elle avait adoré ses débuts dans cette école, même si passer de l'école primaire à des adolescents n'avait pas été facile. Marquée par sa rupture, elle s'était consacrée à sa carrière, à se construire une nouvelle vie, avec de nouveaux amis et centres d'intérêt, sans chercher spécialement à faire de nouvelles rencontres.

"Je pense qu'après cette histoire je suis devenue plus indépendante... Toujours est-il que depuis, j'ai eu quelques relations mais jamais rien de sérieux."

Mais c'était peut-être sur le point de changer... du moins, elle l'espérait. Du pouce, elle caressait le dos de sa main, savourant cette proximité nouvelle entre eux.

"Voilà, tu sais tout", conclut-avec un petit rire un peu nerveux. Jonah n'avait jamais caché qu'il avait été marié, tandis qu'elle n'avait jamais révélé qu'elle avait failli l'être. Elle n'aimait guère parler de cette époque de sa vie, car cette rupture avait été difficile à encaisser, et à assumer auprès de son entourage. Mais elle n'aimait pas la personne qu'elle était à cette époque, et préférait largement celle qu'elle était devenue depuis.
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Les mains toujours jointes sur le tonneau qui leurs servait de table, Jonah savourait ce moment partagé avec Thelma. Ils franchissaient une nouvelle étape dans leur relation, celle des premières confidences, signe qu’une certaine confiance s’était déjà établie entre eux et il était curieux d’en savoir davantage  sur le passé amoureux de sa toute nouvelle compagne. Elle était restée si discrète sur la question depuis septembre qu’il accueillit sa réponse avec une attention toute particulière.
Quand elle avoua ne pas avoir eu de relation sérieuse depuis deux ans, Jonah hocha lentement la tête. Il était claire à ses yeux que les enseignants de l’école de Sorcellerie ne pouvaient entretenir une relation exclusive qu’avec une chose : Poudlard. Tout était fait pour qu’ils passent la majorité de leur temps là-bas : Ils étaient nourris et logés en échange de bons et loyaux services : Assurer des cours, certes, mais aussi des rondes la nuit et des surveillances le week-end. Honnêtement, si ses enfants avaient été plus jeunes, Jonah n’aurait pas envisagé une seule seconde une carrière dans l’enseignement. Il aimait transmettre ses connaissances aux élèves, et il avait l’impression d’avoir trouvé une véritable vocation en venant travailler à Poudlard, mais il ne l’aurait jamais fait avant que son dernier né n’ait onze ans, de peur de ne pas avoir assez de temps à consacrer à ses enfants.

En effet, cette organisation laissait peu de place à une vie amoureuse et encore moins à une vie de famille équilibrée, à moins bien sûr, de trouver sa partenaire dans l’équipe pédagogique comme l’avaient fait Peter et William en leurs temps –avec plus ou moins de réussite pour son collègue directeur de maison, Jonah devait l’avouer.
Il avait lui aussi cédé à cette pratique mais il n’avait pas l’impression que Thelma était un second choix pour autant. Certes, ils s’étaient rencontrés dans un contexte particulier -l’environnement fermé sur lui-même de Poudlard et une période politique lourde- mais il était sûr qu’elle lui aurait plu dans un autre cadre…

Il suffisait de l’observer et de l’écouter pour en être convaincu. D’ailleurs, la jeune femme aiguisa sa curiosité en lui avouant qu’elle avait un secret à lui révéler.

« Vraiment ? » dit-Jonah en se penchant vers elle pour écouter cette confidence qui ne tarda pas à arriver « Fiancée ? »  s’étonna-t-il en haussant les sourcils, « Qu’est-ce qui a fait que vous n’êtes pas allés jusqu’au bout ? » s’enquit-il alors. Les fiançailles précédaient généralement le mariage mais visiblement Thelma et le fameux Julian n’avaient pas franchi ce cap.  

Afin de fuir l’avènement au pouvoir de Voldemort, la jeune femme commença par expliquer à Jonah son exile à l’étranger avec son petit ami de l’époque : Le statut de leur sang les empêchait de vivre sereinement au sein du Royaume-Uni magique. Ils étaient à Saint-Pétersbourg lorsqu’ils apprirent la fin de la guerre et, dans l’euphorie du moment, des vœux de mariage furent échangés.

Jonah avait lu une étude très sérieuse concernant le 02 mai 1998 :  Neuf mois plus tard, les maternités du monde magique avaient enregistrés une hausse significative des naissances et il devait avouer qu’avec Agathe, ils seraient très certainement venus gonfler les statistiques si Gabriel, âgé seulement de quelques mois à l’époque, avait fait ses nuits ! Quoiqu’il en soit, il comprenait que l’on puisse prendre de telle décision en ce jour de félicité….décision que Thelma regretta visiblement bien vite.
Le portrait qu’elle fit du fameux Julian laissa Jonah silencieux. Peut-être parce qu’il se reconnaissait, un peu, dans cette description de l’écrivain passionné un tantinet autoritaire. Agathe ne lui avait-elle pas reproché, lors du rendez-vous chez Magpie, d’imposer systématiquement sa vision des choses sans tenir compte de son point de vue ? Il n’avait pas l’impression que cela soit vrai –Son ex-femme avait souvent tendance à exagérer- mais il garda à l’esprit les parallèles entre les dires de Thelma et d’Agathe comme s’il s’agissait d’une mise en garde sur son propre comportement…

Fort heureusement, il ne partageait pas tous les traits de caractère de Julian qui avait tout de l’artiste maudit : Tourmenté, jaloux, égocentrique… Effectivement, cela devait être compliqué d’envisager une relation saine avec cet homme. Jonah n’avait pas la prétention de penser que les choses seraient plus faciles avec lui –il avait son lot de défauts bien prononcés lui-aussi- mais il espérait que la personnalité de Thelma s’accorderait bien avec la sienne. Cela fonctionnait en tant que collègue et amis, c’était indéniable, mais il restait à savoir s’ils allaient aussi bien se compléter en tant que couple et amants…

Quoiqu’il en soit, il était clair que Thelma ne s’encombrerait pas d’une relation insatisfaisante. Elle avait déjà rompu des fiançailles et comme elle le disait elle-même, elle était dorénavant plus indépendante que jamais. Jonah était lui aussi dans la même optique : Il souhaitait donner toutes ses chances à cet idylle naissant et il se sentait prêt à assumer et défendre ce choix auprès de ses enfants et de son ex-femme, à condition que cela en vaille la peine. Il n’avait aucune envie de s’enfermer dans un simulacre de relation amoureuse, comme deux adultes qui se tiennent mutuellement compagnie pour éviter la solitude. L’exemple de Meredith et Douglas Kane planait dans son esprit et il ne voulait pas leur ressembler.

« Je suis content que tu m’aies raconté tout ça, souffla-t-il avec un sourire, en dépit des apparences tu restes une femme plutôt mystérieuse tu sais, son air avenant et son sourire parvenaient à faire oublier à quel point, en définitive, elle se confiait peu à ses interlocuteurs, mais j’y vois plus clair maintenant …et ce que je découvre me plait. » Il ponctua sa phrase d’un baiser sur le revers de sa main.

Après avoir échangé un bref sourire avec la jeune femme, il reprit :

« Tes parents et tes amis ont dit quoi quand tu as rompu tes fiançailles ? Ils ont bien accepté la nouvelle, ou au contraire, estimé que tu faisais la pire erreur de ta vie ? » s’enquit-il alors, soucieux d’en savoir davantage maintenant sur son environnement familial et amical.


Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Son menton appuyé sur sa main libre, Thelma esquissa un sourire énigmatique quand Jonah affirma qu'elle était mystérieuse. Ce n'était pas une volonté de sa part, mais elle mettait du temps à se livrer, simplement. Il ne lui était pas naturel pour elle de le faire dans le contexte actuel, où l'atmosphère était baignée de méfiance. Elle appréciait ses collègues de Poudlard, mais en-dehors de Daisy qu'elle connaissait depuis plus longtemps, Thelma peinait à s'ouvrir complètement à eux : Neville, bien que très gentil et très intéressant, l'impressionnait un peu de par son passé de héros de guerre et elle se limitait souvent à leurs longues conversations sur la faune et de la flore magiques, leurs sujets de prédilection. Rachelle, très accessible et lumineuse, était néanmoins occupée par sa vie conjugale et c'était bien là ce qui la différenciait de Thelma. Quant à Peter, elle se serait sentie plus à l'aise pour se confier à un gardien de prison... Jonah, qui la trouvait pourtant mystérieuse, était donc celui auprès de qui elle s'était le plus confié, pas sur tous les sujets, il est vrai. Sans doute parce qu'il avait lui aussi cette vie de famille, avec ses enfants, et Agathe, et qu'elle conservait une distance naturelle avec cela.

"Ce n'est pas l'aspect de ma vie dont je suis la plus fière", avoua-t-elle simplement. Son passé avec cet homme lui semblait désormais lointain et immature, comme si c'était une autre femme qui avait vécu cette histoire. Elle avait le sentiment d'avoir beaucoup évolué depuis, et préférait enfouir les souvenirs de leur rupture dans un coin de sa mémoire sans trop y penser. Quant à sa vie sentimentale, elle lui avait toujours semblé un peu triste depuis et elle n'aimait guère évoquer ce sujet avec ceux qui avaient, d'une certaine manière, mieux "réussi" : en fondant une famille, en construisant une relation longue et épanouie. Après tout, si elle ne parvenait pas à bâtir cela, peut-être qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond chez elle...

Pourtant, son récit n'avait pas rebuté Jonah, qui lui tira un rire en déposant un baiser sur sa main. Elle prenait plaisir à savourer ce moment avec lui, et elle balaya la pièce du regard comme pour mieux le graver dans un coin de sa mémoire. Détendue et mise en confiance, elle n'hésita pas à répondre lorsqu'il l'interrogea plus avant :

"Ah ! Ça a été toute une histoire", révéla-t-elle en roulant les yeux au ciel à ce souvenir. "Enfin, ça dépend. Mon père était bien content, car il n'aimait pas tellement Julian - cela dit, c'est un vrai ours, mon père, alors je n'y prêtais pas attention. Ma mère, en revanche, a pensé, et pense toujours, que c'était la plus grosse erreur de ma vie. Et elle ne s'est pas privée de me le faire savoir."

Elle interrompit son récit pour savourer une gorgée de sa boisson, et se donner du courage : comme chaque fois qu'elle pensait à sa mère, l'exaspération montait lentement en elle.

"Selon elle, je foutais mon avenir en l'air, alors que j'avais l'âge de m'installer et de fonder une famille, et ça a été pire quand j'ai été admise à Durmstrang : que je préfère mener une carrière dans un endroit reculé où il n'y avait que des enfants, et donc a priori peu de chances de rencontrer un mari, ça, ça la dépassait complètement. Que Julian ne soit pas un homme bien pour moi, c'était secondaire à ses yeux, et depuis, je ne peux pas aller boire le thé chez elle sans me faire questionner à ce sujet."

Adoptant la voix pincée de sa mère, elle se mit à l'imiter : "Encore célibataire, Thelma, mais enfin, qu'est-ce que tu attends, ce n'est pas convenable pour une femme de plus de trente ans, je vais te présenter le fils du boucher, tu vas voir, c'est un garçon très bien, comment ça non, mais tu es trop exigeante ma fille, il faut arrêter de croire au grand amour, ça n'existe pas le prince charmant !"

Roulant de nouveau les yeux, elle soupira avec exaspération et finit par poser sur Jonah un regard amusé.

"Mes rapports avec ma mère sont un peu compliqués, comme tu peux le voir. Déjà, elle a épousé un sombre crétin que j'ai du mal à supporter, donc je ne vais pas la voir très souvent. En plus, elle a une vision un peu traditionnelle du rôle de la femme, et plus les années passent, plus elle me voit comme une vieille fille en train de passer à côté de sa destinée. J'ai pourtant l'impression d'avoir une vie bien remplie, mais il faut croire que nous n'avons pas les mêmes critères..."

Des critères dignes d'une autre époque, selon elle, mais la société irlandaise magique n'était pas des plus modernes. A Dublin, cela allait encore, mais il lui arrivait de se sentir en décalage lorsqu'elle se rendait dans les petits villages où habitait sa famille.

"Heureusement, mes amis s'étaient montré plus compréhensifs, à l'époque, même si j'ai parfois l'impression que mon mode de vie m'éloigne d'eux. Ce n'est pas seulement le fait de ne pas être mère, mais aussi le fait d'enseigner. C'est vrai qu'à Poudlard, comme à Durmstrang, on est moins disponible, on a vite tendance à vivre en huis-clos... C'est vrai que j'ai un peu peur parfois de devenir comme ces vieux profs qui passent toute leur carrière à l'école et deviennent un peu fous. Mais je crois qu'il y a encore de la marge !"

Des Trelawney, des Dérébusor, Poudlard en avait connu un paquet. Même Dumbledore, unanimement reconnu comme l'un des plus grands mages de tous les temps, était parfois considéré comme étant un peu... "excentrique". Elle se demanda un moment à quoi ressemblerait Jonah en vieux prof fou, et pouffa intérieurement en l'imaginant en vieil ours acariâtre en train de ronchonner sur ses élèves.

Elle se pencha vers lui pour déposer un baiser furtif sur ses lèvres, et reprit place contre son siège en réprimant tant bien que mal un sourire niais. L'observant un moment de son regard curieux, et elle hésita à lui retourner sa question, puis décida finalement de laisser parler sa curiosité :

"Et toi, comment a réagi ton entourage lorsque vous vous êtes séparés, avec Agathe ?"

Cela devait faire deux ou trois ans, cette séparation : déjà un petit bout de temps, mais c'était encore récent à l'échelle d'une telle relation. Agathe, c'était la femme avec qui Jonah avec voulu faire sa vie, et avec qui il avait eu ses enfants. Ils avaient vécus ensemble pendant si longtemps qu'ils devaient partager de sacrés souvenirs, qui soudaient pour la vie. Alors, au fond d'elle, Thelma ne pouvait s'empêcher d'éprouver une curiosité teintée d'une once de jalousie à son égard, quand bien même elle tentait de dissiper ce sentiment mal placé.
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Someone in the crowd [Jonah & Thelma]

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