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 Elastic heart [Noah/Maeva/Peter]

Maeva HellsoftPréfèteavatar
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18 avril 2010

Le visage noir, Maeva buta dans un caillou qui roula et se cogna contre un mur. Plongée dans ses pensées, la jeune fille marchait dans les couloirs du château, alors que la nuit tombait doucement sur Poudlard. Son statut de préfète lui donnait heureusement le droit de déambuler dans le château - après tout, elle était simplement en train de faire sa ronde quotidienne. De toute façon, elle n'aurait pu rester dans la salle commune, saturée en bruits et en rires, et le fait de marcher avait au moins le mérite de calmer ses nerfs.

Cela faisait maintenant deux mois que sa mère était partie, du jour au lendemain, sans explication. Sans même lui dire au-revoir, à elle.. Deux mois qu'elle guettait les hiboux, tous les matins, deux mois qu'elle était déçue, quand les volatiles distribuaient lettres et journaux à tous les élèves, sauf à elle. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas ce qui avait pu pousser sa mère à quitter brusquement sa famille, sans même prendre le temps de leur dire qu'elle partait. Elle l'avait laissé elle, elle avait laissé Lou, elle avait même laissé Peter. Les premières semaines, quand elle avait compris que sa mère ne lui écrirait pas, Maeva avait été inquiète, et inconsolable. Puis, la tristesse avait laissé place à une colère sourde, dense, qui ravageait tout sur son passage.

Un bruit de pas la tira de ses pensées et elle releva la tête alors qu'elle s'apprêtait à tourner à l'angle d'un couloir.

"Hé, le couvre-feu est passé, c'est..." commença-t-elle d'une voix ferme, avant de découvrir le visage de la personne à qui elle s'adressait. "Oh, c'est toi." reprit-elle d'une voix plus douce en s'approchant de son petit-ami à qui elle déposa un baiser sur les lèvres. "Tu faisais une ronde, ou tu me cherchais ?" interrogea la jeune fille en tripotant machinalement une mèches de ses longs cheveux bruns.


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Noah ForesterPréfetavatar
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« Oh, tu fais une ronde toi aussi ? »

L’interpellation de la préfète des Serdaigle interrompit Noah dans sa longue -et ennuyeuse- marche dans l’école. C’était son jour de ronde ce soir et Merlin savait qu’il aurait préféré être ailleurs : dans son dortoir, au calme, à terminer ce fichu dossier en Etude des runes qu’il était sensé rendre dans deux jours et qu’il n’avait pas le temps de boucler. Ce n’était pas de la mauvaise volonté, pourtant, Noah était travailleur, mais objectivement, Virtanen les assommait de boulot, en ce moment. Il était d’une humeur massacrante, tout le monde avait senti une différence d’ambiance dans ses cours, ces derniers temps. Autre personne de son entourage qu’il ne fallait pas embêter, à peu près pour les mêmes raisons ? Maeva. Noah n’avait donc pas osé lui demander de le remplacer ce soir, il savait qu’elle avait des soucis bien plus grands que les siens en ce moment et il n’avait pas envie de l’embêter.

Tant pis, il s’était dit qu’il se coucherait tard ce soir après sa ronde, pour avoir le temps d’avancer ce devoir et éventuellement espérer pouvoir commencer sa dissertation de métamorphose le lendemain, enfin, ça c’était seulement si Corrigan acceptait de reporter de quelques jours leur compte-rendu de cas pratique, sinon, eh bien… Eh bien, il n’allait pas dormir demain non plus.  

Il était donc en train de se faire son emploi du temps mental de l’impossible, tout en suivant machinalement son trajet habituel de ronde, quand sa collègue croisa sa route. Noah s’arrêta à sa hauteur, perplexe.

« Moi aussi ? releva t-il.
-Ouais, j’ai aperçu Maeva dans un couloir tout à l’heure. Je pensais que c’était elle qui tournait, ce soir, du coup.
-Ah… C’était où ? demanda t-il, surpris.
-Euh, du côté de l’infirmerie, je crois. »

Sans s’étendre davantage, Noah la salua d’un signe de tête et fit demi-tour. C’était vague comme indication, mais il n’avait pas besoin de plus. Maeva avait été sa meilleure amie avant de devenir sa petite amie, alors Noah avait eu le temps en six ans d’apprendre à bien la connaître et il était capable maintenant de localiser tous ses coins préférés de l’école. « Près de l’infirmerie » signifiait probablement un de ces couloirs plutôt calmes pas très empruntés du dernier étage qui longeaient la façade, avec une belle vue sur le parc.

Noah se dépêcha de remonter les escaliers pour avoir une chance de la croiser. Dans sa précipitation, ses bruits de pas résonnaient et ce fut ce qui signala sa présence à Maeva. Content de l’avoir trouvée, il répondit à son baiser, puis à sa question :

« Les deux. Je te cherchais pour qu’on fasse notre ronde ensemble. Enfin… Que tu m’accompagnes faire la mienne, corrigea t-il avec un sourire moqueur, en glissant sa main dans la sienne. Tu serais pas en train de profiter de ton statut de préfète pour te balader un soir où tu n’es pas chargée de ronde, par hasard ? »


Maeva HellsoftPréfèteavatar
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"Moi ? Je ne ferais jamais ça !" protesta Maeva en éclatant de rire lorsque Noah l'accusa d'utiliser son statut de préfète pour pouvoir se balader le soir dans les couloirs. "Bon, j'avoue, peut-être un peu. En même temps, ce n'est qu'un juste retour des choses. On passe des heures à faire des rondes, alors il faut bien qu'on s'accorde quelques privilèges."

Si être préfète l'avait amusé au début - surtout parce que cela lui permettait de passer plus de temps avec Noah - Maeva s'était vite rendue compte que la tâche était souvent ardue et ennuyeuse. Ils devaient se débrouiller pour être disponibles pour les élèves les plus jeunes, répondre à leurs questions, les guider. Et puis ces rondes ! Ces rondes interminables, obligatoires, où leur seule mission consistait à réprimander les élèves qui n'étaient pas encore couchés.

"Mais je t'accompagne avec plaisir." répondit finalement Maeva en pressant la main de son petit-ami dans la sienne. "J'ai fait toute cette partie du château," expliqua-t-elle en désignant du pouce l'endroit d'où elle venait, "et il n'y avait personne. Je pense qu'on va être plutôt tranquilles, ce soir." glissa-t-elle avec un sourire faussement innocent en lui déposant un baiser sur la joue.

De bien meilleure humeur que lorsqu'elle était seule, Maeva s'aventura dans les couloirs. Noah avait - elle le reconnaissait seulement lorsqu'elle était bien disposée - une excellente influence sur elle. A vrai dire, il n'avait pas besoin de faire grand chose : ils se connaissaient maintenant si bien que leurs habitudes et leurs humeurs respectives étaient comprises et respectées par l'autre. Même si Maeva ne pouvait toujours pas s'empêcher de taquiner son petit-ami lorsqu'il râlait - ce qui devait arriver environ dix fois par jour.

"Excuse-moi, j'aurais dû te prévenir que je pouvais faire une ronde ce soir. T'as pas mal de boulot en plus non ? Peter a l'air horrible avec ses élèves en ce moment." grimaça Maeva, alors que son visage se voilait un instant. Bien sûr, que Peter était horrible avec ses élèves - tout comme Maeva était exécrable avec une majorité de ses camarades - : sa femme était partie, et sa fille passait son temps à réclamer sa "maman" à grand renfort de cris et de pleurs. Elle cligna des yeux pour chasser ces pensées de son esprit et reporta son attention sur Noah : "J'avais besoin de prendre un peu l'air et d'être un peu seule." expliqua-t-elle en haussant les épaules. "Mais je suis contente que tu m'aies trouvé." corrigea-t-elle toutefois avec un petit sourire. "Ca a été ta journée ?"


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Noah ForesterPréfetavatar
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« Humm, je connais des gens qui crieraient à l’abus de pouvoir, mais je veux bien fermer les yeux pour toi. »

Noah ne faisait que la taquiner, il était content de pouvoir terminer sa ronde avec elle. Il ne passait pas autant de temps qu’il l’aurait voulu avec sa petite amie, en ce moment. Ils étaient surchargés de travail tous les deux -les joies de la sixième année-, leur poste de préfet les empêchait parfois d’avoir des créneaux libres pour se voir et puis, il sentait que Maeva avait de temps en temps besoin d’un peu de solitude, chose qu’il respectait. Noah étant lui-même quelqu’un de plutôt solitaire à la base, il comprenait totalement la nécessité de se retrouver avec soi-même pour faire le point. Et puisque Maeva avait plusieurs sujets d’inquiétude, en ce moment, il veillait à lui laisser de l’espace, tout en se montrant présent si elle voulait se confier.

Dans ce contexte un peu compliqué, c’était agréable de pouvoir passer un moment imprévu avec elle. Elle avait bien raison, autant profiter de leurs heures perdues dans des rondes à faire ce qu’ils n’avaient pas le temps de faire.

« Parfait, tu me fais gagner du temps, apprécia t-il, on a juste à terminer l’autre partie de l’aile et ça sera bon. »

Et ils seraient tranquilles, effectivement. Il répondit à son sourire équivoque qu’il connaissait assez bien, maintenant, parce qu’ils avaient déjà passé quelques fins de ronde à explorer leur « tranquillité » tous les deux. ll y avait ce côté assez pratique aussi dans le fait d’être préfets, en fin de soirée, on pouvait presque dire qu’ils avaient le château pour eux tous seuls… Avec leurs mains entrelacées, ils reprirent lentement leur marche et Maeva fut la première à reprendre la parole. Noah hocha la tête quand elle évoqua Peter. Il s’en était plaint en long en large et en travers auprès de ses amis plus tôt dans la journée, avec toute l’application qu’il pouvait mettre dans l’activité de râler, mais face à Maeva, il se montra plutôt sobre :

« Oui, il nous surcharge beaucoup… Dommage, c’est pas comme ça qu’il va attirer de nouveaux étudiants dans son cours » ajouta t-il, comme pour alléger l’atmosphère.

C’était plutôt indélicat de se plaindre auprès d’elle de son beau-père qui était simplement affecté par le départ brusque de sa femme. Il savait pourquoi Peter était de si mauvaise humeur et Maeva savait aussi, bien sûr, mais il ne voulait pas la forcer à en parler si elle n’en avait pas envie. Pourtant, elle évoqua le sujet à demi-mot, en expliquant qu’elle avait eu envie d’un moment de calme.

« Je comprends, t’en fais pas, assura Noah en pressant sa main. Je voulais pas t’embêter avec ma ronde, je sais que t’as besoin d’air en ce moment. »

Maeva parut préférer détourner le sujet de conversation vers leurs journées, et il se laissa entraîner, haussant les épaules à sa question.

« Comme d’hab. McWilde est toujours incapable de domestiquer son crapaud après six ans, quand on s’est réveillés ce matin avec Nils, il avait déféqué dans nos affaires. Il a aussi fait perdre vingt points à Gryffondor tout à l’heure en cours de potions parce qu’il a réussi -je ne sais pas comment, ne me demande pas- à faire exploser l’armoire d’ingrédients alors qu’on était en train de préparer un bête Elixir d’Euphorie. » Bon, finalement, il ne pouvait pas s’empêcher de râler quand même auprès de sa petite amie, mais sur d’autres sujets. « Moi je soupçonne que c’était fait exprès, dans l’espoir de faire annuler les prochains cours de potions de la semaine parce qu’il est hyper à la bourre sur notre prochain devoir à rendre. Mais dommage pour lui, ça n’a pas marché. »

Et Noah ressentait face à cette mésaventure un mélange bizarre de déception, de compassion -parce qu’il était débordé lui aussi- et de profonde exaspération parce que quand même, c’était Donald McWilde et que ce garçon était exaspérant. En secouant la tête d’exaspération, donc, il soupira puis tourna la tête vers Maeva, pour la contempler.

« Et toi, ça a été, ta journée ? s’enquit t-il. Ca t’a fait du bien, ton petit tour ? »


Maeva HellsoftPréfèteavatar
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Maeva avait en effet besoin d'air en ce moment : pour se calmer, pour éviter de massacrer le pauvre première année qui faisait un peu trop de bruit dans leur salle commune, et surtout pour faire le point sur sa situation. Mais surtout, elle avait besoin de réponses. Elle avait besoin de savoir pourquoi sa mère était partie. Où était-elle partie ? Était-elle en sécurité ? Pourquoi, par Morgane, ne lui avait-elle pas écrit une lettre, rien que quelques mots pour la mettre au courant ? Était-elle seulement encore en vie ? Devait-elle prévenir les Aurors de sa disparition ? Lorsqu'elle avait abordé ce sujet avec son père dans une de ses lettres, ce dernier lui avait rit au nez en lui expliquant seulement que sa mère avait toujours eu tendance à disparaître de la circulation sans aucune explication et que, de toute façon, elle n'était "pas très stable." Maeva avait froissé la missive, murmuré un "Cognard" qui s'était perdu dans la nature, et n'avait pas repris contact avec son père depuis.

Elle voulait savoir. Elle voulait juste que cette sensation d'incertitude disparaisse. Que cette envie d'hurler sa rage cesse. Elle voulait retrouver sa vie d'avant, celle où elle n'avait pas à s'inquiéter pour sa mère, mais seulement pour ses ASPIC (qui, comme ils n'arrivaient que dans un an, n'étaient pas une véritable source d'inquiétude).

Le récit de Noah sur ses mésaventures journalières eut le don de la faire rire. Elle avait beau se moquer de lui, ses petites râleries quotidiennes lui manqueraient si jamais il se décidait du jour au lendemain - elle n'y croyait pas le moins du monde - à faire preuve d'un optimisme sans faille. A la mention de l'énième tentative de Donald McWild pour éviter de se rendre en cours, Maeva soupira. Elle aimait bien Donald, vraiment - bon, elle était heureuse de ne pas devoir partager sa chambre avec lui - mais ce qu'il pouvait être épuisant, au fil des années. Tous s'étaient dit - professeurs comme camarades - que cette facette de sa personnalité finirait par passer, lorsqu'il mûrirait. De toute évidence, ils s'étaient trompés. Donald resterait toujours Donald.

"Puis pour le crapaud, t'es pas tiré d'affaire, ça doit vivre pendant une dizaine ou une quinzaine d'années ces trucs-là." commenta Maeva avec une grimace. "A moins que quelqu'un décide de le lancer de la tour d'Astronomie avant ça." lança-t-elle, malicieuse. Le crapaud de Donald était un sujet de plaisanterie dans leur promotion : il n'était pas rare de retrouver l'animal à vagabonder dans la salle commune ou dans les autres dortoirs, se nourrissant des restes de nourriture qu'il trouvait sur les tables ou dans les malles, et déféquant sur les lits, les canapés, ou dans les armoires. Un véritable bonheur.

"Rien de particulièrement nouveau non plus." répondit Maeva en haussant les épaules. "Lisa a passé la matinée à m'expliquer que Nils et elle ne pouvaient décemment pas être en couple." lança-t-elle en riant. Lisa et Nils était le nouveau couple phare de Poudlard. Après avoir passé plusieurs mois à se moquer de Maeva et Noah qui s'étaient tournés autour plusieurs mois avant de finalement se mettre ensemble, les deux amis avaient eux aussi succombé à la tentation et s'étaient mis en couple. Couple qui avait plus ou moins bien tenu. Leur relation était aujourd'hui plutôt floue - ils n'étaient pas ensemble, lui maintenait Lisa avec véhémence, mais se comportaient tout comme. Il n'était pas rare que Maeva et Noah les croisent en faisant leur ronde, et les deux amoureux prenaient un malin plaisir à les renvoyer dans la salle commune. Cela faisait plusieurs mois que Maeva avait arrêté de chercher à comprendre les tenants et aboutissants de la relation de ses deux amis. Elle se contentait des récits de Lisa et la laissait suivre son propre raisonnant, bien heureuse que les choses avec Noah soient bien établies.

"Le discours habituel quoi. Ils m'épuisent." commenta-t-elle avec un petit rire. "Ca se voit comme le nez au milieu de figure qu'ils se plaisent mutuellement, et ils passent leur temps à se voiler la face. Je pense qu'ils aiment juste se tourner autour indéfiniment." déclara-t-elle en fronçant les sourcils. Elle haussa les épaules. "Sinon, ça a été. Oh, non, j'ai cru que j'allais étrangler Bethany. Elle a été insupportable pendant le cours de métamorphose. Vraiment. Je ne sais pas ce qu'elle a contre moi, mais elle passe son temps à me chercher des noises. "Maeva, franchement, tu ne sais pas exécuter ce sort alors que tes parents sont profs ? Sérieux, ça craint..."" imita-t-elle en prenant la voix nasillarde de Bethany. "J'ai vraiment cru que j'allais lui lancer un sortilège de Chauve-Furie. Je me suis retenue, évidemment, parce que je suis une personne responsable et mature, moi." Et parce qu'elles étaient en cours, aussi. "Du coup oui, ma petite balade m'a fait du bien, c'était agréable, ce silence... On ne peut pas dire qu'avec la batterie que McWild a ramené dans la tour de Gryffondor, on y est vraiment au calme. Au moins, ça m'a permis d'évacuer tout... ça." expliqua-t-elle en faisant un geste de la main. Ca, cette imbécile de Bethany qui passait son temps à la rabaisser, et ça, sa mère qui était portée disparue. "La lettre que je lui avais écris, il y a deux semaines... Elle m'est revenue, aujourd'hui. Non-ouverte. Ice ne l'a pas trouvé." déclara-t-elle en gardant les yeux fixés devant elle.


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Noah ForesterPréfetavatar
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« Quinze ans ! Donc vivre sept ans avec cette chose, cela ne représente que la moitié du calvaire total ? Heureusement qu’on arrête Poudlard à dix-sept ans, décréta Noah, avec son fidèle air renfrogné. Son regard s’illumina à la petite suggestion quelque peu morbide de Maeva. Oh, quel plan machiavélique. Je suis sûr qu’on aurait à peu près quatre-vingt signataires si on lançait une pétition secrète. »

Soit la quasi-totalité du dortoir des Gryffondor. Evidemment, personne n’allait sérieusement planifier la mort d’un pauvre petit animal. Mais faire semblant de le faire avait quelque chose de cathartique, pour évacuer toute cette frustration liées aux déconvenues que chaque Gryffondor avait connues au moins une fois dans sa vie, grâce à ce charmant crapaud. De toute manière, Donald aimait bien trop son animal de compagnie pour laisser qui que ce soit lui faire du mal et Noah avait beau trouver ce garçon pénible et irritant, il ne prendrait pas le risque de s’attirer une vengeance de sa part. Il avait beaucoup trop d’imagination et d’expérience dans ce domaine.

Ses exploits quotidiens le prouvaient en tout cas, et cela fit rire Maeva de l’entendre raconter les derniers. Noah fut content de la voir d’assez bonne humeur pour rire à ses histoires banales et lui raconter sa journée. Il se faisait du souci pour elle, ces derniers temps. Mais sa petite amie avait cette fantastique qualité, qu’il admirait sincèrement, de parvenir à faire preuve d’une énergie positive, même dans la tempête. Même si cela s’accompagnait, il en était conscient, de quelques crises de nerfs et lynchage de deux ou trois première année qui passaient par là. Sa façon à elle d’évacuer un peu la pression.

En tout cas, il était content de voir qu’elle était toujours prête à évoquer l’un de leurs sujets de spéculation préférés. Leurs deux amis et colocataires de dortoir respectifs qui se tournaient autour depuis la troisième année -littéralement- ne semblaient pas vouloir se décider à former le couple qu’ils étaient de tout évidence destinés à être. Avec le temps, Noah et Maeva étaient devenus leurs entremetteurs de choix, ils recueillaient les confidences de leur colocataire, ils essayaient de les aider à se réconcilier quand ça n’allait pas, ils les conseillaient, les encourageaient ou les grondaient. Aussi, ils faisaient régulièrement des paris -secrets, bien sûr- entre eux pour savoir qui de Lisa ou de Nils allait faire le premier pas vers l’autre après leur énième prise de bec.

Maeva lui révéla qu’elle était épuisée par cette situation de flou dans laquelle ils étaient retombée après une période de couple officiel et Noah hocha la tête, très compréhensif. Il avait beaucoup moins de patience et de tact qu’elle quand il s’agissait d’écouter les jérémiades de son ami indécis.

« Mais tellement ! Tu sais quoi, j’ai dit exactement la même chose à Nils avant-hier, que c’était évident qu’ils se plaisaient toujours et qu’il n’y avait qu’eux pour ne pas le voir. Il m’a rétorqué que je pouvais compatir puisque je devais en savoir quelque chose » répéta t-il en levant les yeux au ciel. « Il est vraiment à court d’arguments pour me sortir ça, je veux bien concéder qu’on a mis du temps à se mettre ensemble toi et moi mais pas trois ans non plus, quoi. »

Et maintenant, ils étaient un couple qui tenait bien dans la durée, un vieux couple, à l’échelle d’une vie d’adolescents à Poudlard, même. Alors, même s’ils s’étaient tournés autour un certain temps aussi, qu’ils avaient beaucoup hésité, qu’on les avait longtemps taquinés à l’époque, au moins, ils s’étaient mis en couple et ils n’embêtaient plus personne !

Et ils passaient de très agréables moments de ronchonnage à deux. Maeva raconta son incident du jour avec Bethany, une fille que Noah trouvait largement insupportable, et donc, il était de tout coeur avec sa copine.

« C’est elle qui craint totalement, répliqua t-il en levant les yeux au ciel. Elle est nulle en cours, alors elle cherche des excuses au fait que les autres réussissent mieux qu’elle, c’est tout. »

Maeva, la fille de profs, était donc l’une de ces cibles favorites et elle guettait ses faux pas pour la pointer du doigt. De l’avis de Noah, il ne fallait même pas prêter attention à ce genre d’idiotes. Il s’apprêtait d’ailleurs à le lui dire -ou plutôt le lui répéter, car il lui avait déjà souvent donné ce conseil- mais Maeva le devança en affirmant qu’elle s’était retenue de répliquer. Cette déclaration tira un sourire en coin au Gryffondor.

« Responsable et mature ? Oh, je déteins sur toi chaque jour un peu plus, on dirait… »

Il lui donna un petit coup d’épaule tout en marchant, amusé. Il aimait bien taquiner Maeva sur le sujet, mais à sa décharge, elle le tannait encore plus souvent. Et puis, c’était agréable de plaisanter avec elle, il essayait de lui changer les idées, car il se doutait qu’elle avait l’esprit très occupé par tout… « ça », comme elle le dit justement. La disparition soudaine de sa mère, très déroutante, à laquelle Noah n’avait malheureusement aucune réponse à lui apporter. Elle avait simplement laissé un mot pour signaler son départ, mais personne ne savait où, pourquoi, comment, pour combien de temps. Ils avaient passé de longs moments à en parler tous les deux, à tenter de décortiquer leur seul indice, ce mot. Cette situation était un véritable mystère, que Noah ne parvenait pas à percer. Mais il tentait de soutenir Maeva, de la conseiller, d’essayer de comprendre avec elle. Il savait qu’elle lui avait écrit une lettre quelques semaines plus tôt, elle lui en avait parlé et il avait approuvé l’idée : les hiboux sorciers trouvaient toujours leur destinataire. Cela pouvait prendre des mois, mais ils finissaient par trouver. En tout cas, c’était ce qu’on avait toujours dit à Noah.

Finalement, était-ce une légende urbaine ? songea t-il quand Maeva lui révéla que son hibou était revenu bredouille. Ou… était-ce une raison supplémentaire de s’inquiéter sérieusement ? Les sourcils froncés, il ralentit instinctivement leurs pas, les yeux rivés sur Maeva.

« Eh bien… Ta mère n’a vraiment pas envie qu’on la trouve, on dirait. Elle a du faire en sorte qu’aucun moyen de communication ne puisse lui parvenir… »

Ou alors, elle était coincée quelque part, sans possibilité d’accès à l’extérieur. Ou pire, encore… Noah ne formula aucune de ces hypothèses à haute voix. Maeva devait suffisamment s’inquiéter comme cela. Le souci, c’était que cela faisait deux mois, maintenant, et personne ne semblait savoir où Chloé Hellsoft était partie, pas même son mari. Une femme qui abandonnait époux et enfants pendant des semaines, sans donner de nouvelles, sans expliquer les raisons de son départ, c’était très inquiétant.

« Je suis désolé que ça n’ait pas marché… Vous devriez peut-être en parler aux Aurors. » Il l’avait déjà suggéré, quelques semaines plus tôt. « Ou au moins engager un détective privé pour la retrouver, si vous voulez pas mêler la police à ça. »


Maeva HellsoftPréfèteavatar
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"Nous ?" s'offusqua Maeva, lorsque Noah lui rapporta les propos de Nils. "Déjà, on n'a pas mis trois ans, et ensuite, je n'allais pas raconter à Lisa tous les moments où tu m'effleurais la main en cours pour essayer de déterminer si c'était un geste volontaire et ce qu'il pouvait bien vouloir dire !" déclara-t-elle en soupirant théâtralement, avant de rajouter avec un air malicieux : "Surtout parce que, à l'époque, c'était moi qui prenait les initiatives..."

Lorsqu'ils s'étaient mis ensemble, Noah était beaucoup plus réservé qu'aujourd'hui, et Maeva bien plus - bien trop ? - extravertie. Leur couple avait beaucoup joué sur leur caractère respectif, songea la jeune fille. Elle était plus posée qu'avant, plus calme et, au plus grand bonheur de ses professeurs, plus assidue aussi. Quant à Noah, Maeva croyait fermement qu'elle lui apportait une bonne dose d'insouciance dont il avait - selon elle - complètement besoin. S'ils étaient différents sur beaucoup de points, la Gryffondor avait cependant l'intuition qu'elle avait trouvé la personne qui la complétait parfaitement. C'était sûrement pour ça que leur couple était aussi solide, malgré les années - bientôt deux ans, tout de même !

"Même le crapaud de Donald serait plus brillant qu'elle en cours." commenta Maeva en toute bonne foi.

Il était déjà assez délicat d'être une "fille de prof", mais si en plus on devait lui faire remarquer à chaque cours qu'elle ne correspondait pas suffisamment aux attentes, il était certain qu'elle ne tiendrait pas très longtemps avant de coller la tête de Bethany à sa table.

"J'ai toujours été responsable et mature..." reprit-elle en haussant les sourcils, faussement vexée par la remarque de son petit-ami. "Je le cachais seulement très bien."

Pour sa défense, Maeva n'avait pas vraiment eu l'occasion de prendre conscience qu'il fallait qu'elle devienne responsable et mature avant de se mettre en couple avec Noah. Elle avait une vague idée des notions abordées, mais sans plus. Elle était fille unique, gâtée par sa mère qui voulait compenser l'absence de son père, puis par son père, qui voulait se faire pardonner son absence. Cette immaturité s'était vite manifestée par des caprices. Par la suite, elle avait toujours agi comme bon lui semblait : Poudlard était son terrain de jeux - sa mère était souvent trop occupée par son travail pour la réprimander. Et, comme elle vivait pratiquement avec ses professeurs, ces derniers avaient tendance à être un peu plus indulgents avec elle. Finalement, c'était la stabilité que lui avait apporté Noah qui lui avait permis de grandir, de mûrir et de se construire. Stabilité qui était majoritairement appuyée par la certitude qu'elle avait que Noah ne l'abandonnerait pas comme un vieux chaudron - ce que, songea-t-elle avec amertume - la majeure partie des personnes présentes dans sa vie avait l'habitude de faire.

"En effet, elle n'a pas envie d'être trouvée..." lâcha Maeva, en écho avec ses précédentes pensées. Qu'elle n'ait pas envie d'être trouvée par Peter, par le gouvernement, c'était une chose ! Mais par elle, sa fille ? Qu'avait pu-t-elle faire pour que sa mère n'ait plus envie de lui parler ? "Je me doutais que ma chouette ne la trouverait pas mais... Je n'ai pas pu m'empêcher d'espérer qu'elle reviendrait avec une réponse." avoua Maeva à voix basse.

Elle avait passé des heures à écrire la lettre qu'elle avait envoyé à sa mère. Elle l'avait reformulé dix fois, avait rayé des paragraphes entiers, oscillait entre les supplications et la colère. Finalement, elle avait trouvé les mots pour exprimer à sa mère son désarroi face à cette situation, sa tristesse de ne pas avoir pu la voir avant qu'elle se décide de partir, son inquiétude face à ce silence si étrange pour Chloé Hellsoft, sa colère quant à sa décision de déchirer leur famille, de les abandonner.

"Je n'arrive toujours pas à comprendre." soupira Maeva. "J'ai retourné cette situation dans ma tête, au moins mille fois. Je ne comprends pas pourquoi elle est partie. Tu as peut-être raison, il faut peut-être qu'on aille voir les Aurors... Je sais qu'elle nous a demandé de ne pas la chercher, et de ne pas prévenir le ministère mais là..."

Mais là, ce n'était plus possible. Et ce n'était pas une demande raisonnable à faire à sa famille, d'accepter sa disparition sans poser de question et sans chercher à la contacter par la suite. A quoi s'attendait-elle ? A ce qu'ils tournent la page ? Maeva poussa un soupir amer.

"Pour ce que l'on sait, elle pourrait être à Londres, au Zimbabwe, chez mes grands-parents, ou bien six pieds sous terre." lâcha-t-elle d'une voix grave en se mordant la joue, les yeux rivés sur un point fixe, en face d'elle. Sa lèvre inférieure trembla, et elle releva le menton, bien décidée à ne pas se laisser aller aux larmes. "Elle a passé toute mon enfance à accuser mon père de m'avoir abandonné quand j'étais petite. Elle a dû se dire que finalement, ce n'était pas une si mauvaise idée." La jeune fille serra les poings et laissa passer quelques secondes, alors que son cœur battait la chamade. "Pardon." se reprit-elle. "Tu dois en avoir marre de parler de ça tout le temps." lança-t-elle d'une petite voix en portant le regard sur Noah, s'arrêtant complètement au milieu d'un couloir qui lui paraissait calme, sombre, et peu fréquenté.


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Noah ForesterPréfetavatar
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« Sérieux, elle te raconte des trucs comme ça ? rigola t-il. Mais bon sang, ils ont seize ans, pas treize. »

Et pour qu’un garçon pudique et maladroit comme Noah puisse se moquer sur le sujet, il fallait être un cas. Il était bien content que son couple ait traversé les années et lui ait donné un peu plus de confiance à ce niveau-là. Ce qui n’empêcha pas Maeva de le charrier sur leurs débuts, car elle se fit un plaisir de lui rappeler qu’elle était plus entreprenante que lui à l’époque. Il leva les yeux au ciel, tenta de s’en sortir avec une pirouette plutôt pleine de mauvaise foi :

« Eh bien oui, madame, je ne vois pas pourquoi ce serait toujours au garçon de prendre les initiatives. J’avais le droit de me faire désirer aussi. Tu es un exemple de féminisme à suivre, voilà tout. »

Clairement, ce n’était pas du tout des sujets qui effleuraient leurs esprits de pré-adolescents de quatorze ans, mais Noah n’avait pas envie de reconnaître qu’il était un petit garçon effrayé par les sentiments qu’il éprouvait soudainement pour sa meilleure amie. Il n’avait pas besoin de le dire, de toute manière, elle le savait déjà. Il avait évolué depuis, heureusement. Il se sentait bien avec Maeva, ils avaient une bonne complicité, ils s’apportaient mutuellement des bonnes choses. Tous ses proches le disaient, elle avait une bonne influence sur lui. Elle le sortait de sa coquille, il était plus ouvert aux autres, depuis qu’il était avec elle, moins méfiant, moins anxieux. Mieux dans sa peau, tout simplement. Et s’il pouvait exercer son influence de garçon posé et raisonnable sur elle de temps en temps, c’était tant mieux, même si elle refusait de reconnaître. Noah lui jeta un regard en coin, pas dupé par son ton de contrariété feinte.

« Très très bien, même, un véritable talent insoupçonné. »

Autre terrain sur lequel elle avait exercé son influence sur lui, c’était la bataille verbale. Elle avait la langue bien pendue et bien acérée quand il le fallait, alors il fallait bien qu’il sache lui renvoyer la balle de temps en temps. C’était aussi ce qui les rendait complices. Ça, et les longs moments passés ensemble à se raconter leurs secrets, leurs attentes, leurs doutes. Il y avait un sujet en particulier qui les avait réunis très tôt, avant même qu’ils ne se mettent en couple, c’était celui de leurs familles respectives. Tous les deux enfants de parents divorcés, ils s’étaient toujours mutuellement compris et avaient rapidement pris l’habitude de se confier l’un à l’autre. Maeva l’avait soutenu quand sa mère s’était mise en couple pour la première fois avec un autre homme, deux ans plus tôt, un homme que Noah ne voulait pas accueillir dans son quotidien. A présent, c’était elle qui rencontrait des problèmes avec ses parents, entre son père démissionnaire et maintenant sa mère qui disparaissait sans prévenir, on ne savait où…

Peiné par la déception qui perçait dans sa voix, Noah serra un peu plus fort la main de sa petite amie dans la sienne. Il savait qu’elle avait fondé beaucoup d’espoirs dans cette lettre. Et il avait espéré avec elle, que sa mère serait suffisamment touchée par ce mot pour revenir, ou au moins, donner des nouvelles. C’était cela, le plus dur, ne pas savoir où elle était, ce qu’elle faisait, pourquoi elle était partie. Il imaginait combien cela devait être une lente torture pour Maeva. Il sentait, même quand elle ne lui en parlait pas, qu’elle était constamment en train d’y penser. Il le voyait, dans ses regards dans le vide pendant les cours, dans ses éclats de colère plus fréquents, dans ses sourires parfois forcés. Il avait envie de faire quelque chose pour elle mais à part l’écouter et chercher des réponses avec elle, il était bien impuissant.

« Je pense aussi que vous devriez prévenir les autorités… souffla t-il. Ca fait trop longtemps qu’elle a disparu. Et puis, si elle voit un avis de recherche sur elle dans les journaux, peut-être que ça la poussera à se manifester à vous ? »

Noah ne comprenait pas non plus pourquoi le professeur Hellsoft tenait à ce point à ne pas être tracée, mais elle les laissait sans aucun indice et avec des instructions très difficiles à suivre pour ses proches. Elle n’aurait qu’à leur reprocher d’avoir prévenu les autorités mais au moins, ce serait un signe qu’elle était toujours en vie quelque part et ce serait l’occasion pour Maeva de rétablir un contact avec sa mère… C’était ce qu’il pensait, en tout cas. Il avait envie qu’elle puisse avoir des réponses de sa mère, parce que sans explication de sa part, elle les inventait seule de son côté et malheureusement, c’était toujours des conclusions très sombres et tristes. Très peiné de l’entendre insinuer qu’elle méritait d’être abandonnée par ses deux parents, Noah s’arrêta au milieu du couloir avec elle et un murmure lui échappa :

« Oh, Maeva… »

En quelques pas, il fut assez proche d’elle pour l’attirer contre lui et la serrer dans ses bras. Il la sentait toute émue, il était désolé pour elle. Voilà le résultat, c’était l’affreuse conclusion qu’elle tirait de toute cette situation : si sa mère était partie, alors cela devait être de sa faute. Mais c’était faux, Noah en était persuadé.

« Ne dis pas des choses comme ça, ce n’est pas toi le problème… »

Maeva était une fille adorable, personne ne pouvait objectivement dire le contraire. Puis, s’il y avait une leçon que Noah avait fini par tirer, maintenant qu’il avait mûri, qu’il assimilait mieux le divorce de ses parents avec les années, c’était que ce n’était pas la faute des enfants si leurs parents se séparaient. Si le père de Maeva était parti, ce n’était pas pour abandonner sa petite fille, c’était parce que cela ne collait plus avec sa compagne. Et si sa mère était partie… Eh bien, Noah était incapable de dire pourquoi exactement, mais il pouvait affirmer que ce n’était pas à cause de Maeva. Les circonstances ne collaient pas.

« Si elle partait pour fuir sa famille, elle ne vous aurait pas laissé un mot, en vous disant de ne pas prévenir les autorités, expliqua t-il doucement, à son oreille. Elle serait juste partie, sans rien laisser derrière elle. Cette instruction qu’elle vous a donnée, c’est important, c’est un indice… C’est plus probable qu’elle soit partie parce qu’elle avait des ennuis, par exemple. Et si elle ne vous en a pas parlé, c’est pour que vous ne soyez pas embarqués dedans. Si c’est ça, je suis sûr qu’elle va revenir, quand elle aura réglé ses soucis. » 

C’était la seule hypothèse à peu près rationnelle que l’esprit logique de Noah parvenait à construire avec le peu d’éléments dont ils disposaient. En deux mois, lui aussi il avait eu le temps d’y réfléchir et il ne voyait pas d’autre réponse plus convaincante. Après, il était incapable d’en dire davantage, sur la nature de ces hypothétiques problèmes qui forçaient le professeur Hellsoft à une prise de distance aussi radicale.

Doucement, Noah recula, les mains autour du visage de sa petite amie. Lui, il avait tendance à se rabattre sur des arguments rationnels quand il avait besoin d’éloigner ses peurs, c’est pourquoi il en donnait à Maeva. Mais il pouvait aussi lui offrir de la tendresse pour la réconforter, comme un petit ami pouvait le faire. Lui, il ne l’abandonnait pas.

« Ça va aller, ok ? » souffla t-il.

Dans la pénombre du couloir, il se pencha pour l’embrasser longuement, certain qu’ils seraient tranquilles ici.


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Elastic heart [Noah/Maeva/Peter]

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