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 Walking the wire [Irving et Juliet]

Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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18 avril 2010.

Juliet s'était réveillée tôt - très tôt. Elle s'était retournée encore et encore dans son lit, sans parvenir à trouver le sommeil. Lassée, elle avait fini par se lever. Silencieusement, elle avait enfilé un gros pull, un pantalon et une paire de basket, avant de descendre sur la pointe des pieds. Bien évidement, elle avait réveillé Looping, qui, trop content de voir quelqu'un, s'était précipité vers elle pour lui faire la fête. Peinant à calmer le chien, la jeune femme avait décidé de l'emmener avec elle, peu désireuse de réveiller ses hôtes.

La vision du jeune chiot, courant après les papillons dans la rosée du matin, lui tira un sourire. Elle inspira une grande bouffée d'air frais et se réjouit du silence qui l'entourait.

Après avoir quitté leur maison, le cœur lourd, Juliet avait erré quelques minutes dans les rues de Cosmos. Elle avait eu envie de partir, de quitter cet environnement étouffant et, en même temps, elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle pourrait aller. Pas chez ses parents - hors de question, elle n'avait pas envie de faire face ni aux questions de son père, ni aux reproches à peine voilés de sa mère - pour qui l'avortement n'était pas une option envisageable. Elle avait besoin d'air, elle avait besoin de réconfort, d'une oreille attentive et surtout de voir quelqu'un en qui elle avait confiance. Alors, bien sûr, elle s'était tournée vers Irving. Irving qui avait toujours été là, et qui, sous ses airs bougons, faisait toujours preuve d'une patience incroyable envers elle.

Surtout quand elle était arrivée hier soir à Mallosweet, sans même envoyer un hibou pour le prévenir. Elle avait transplané sans réfléchir, et avait frappé à la porte de l'auberge. Heureusement, Nora et Irving, qui n'étaient pas encore couchés, avaient accepté sans problème de la loger pour quelques jours. S'ils avaient paru intrigué de la voir arriver si tard et sans Gabrielle, le couple ne lui avait pas posé de question, ce que la jeune femme avait apprécié.

Se laissant tomber dans l'herbe, et grimaçant en sentant l'eau imbiber le tissu de son jean, Juliet appela Looping - qui ne lui prêta guère attention, trop occupé à bondir joyeusement sur des boutons-d'ors. Elle secoua la tête en riant. Le soleil commençait à pointer le bout de son nez, caressant doucement le visage de la jeune femme.

On disait que la nuit portait conseil. Dans le cas de Juliet, elle lui avait simplement apporté dix autres questions, qui elles-mêmes en soulevaient dix nouvelles, et ainsi de suite. Ce dilemme était épouvantable. Il était pourtant simple : ne pas avorter et risquer de perdre Jeremy, ou avorter et risquer de le regretter ensuite. *Peut-être que tu ne le regretteras pas.* Peut-être. Elle n'avait pas du tout prévu d'avoir un deuxième enfant maintenant, alors qu'elle était sur le point d'être reprise chez Flaquemare, que son contrat allait bientôt être signé. Mais... Mais avorter lui faisait peur - peur à cause des rumeurs qui couraient encore sur cette pratique, peur des regrets que cela pourrait lui causer. C'était bien simple, elle allait s'arracher les cheveux songea-t-elle en arrachant rageusement une poignée d'herbe à la place.

Puis, le peu de soleil qui réchauffait son visage disparu. Levant les yeux, Juliet découvrit Irving, à qui elle offre un grand sourire.

"Hey !" lança-t-elle " Ça va ? Je ne t'ai pas réveillé en sortant j'espère ? Ton mini-chien fait un boucan pas possible..." dénonça-t-elle avec une grimace.
HRP:
 



Irving WhitakerAubergisteavatar
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Sybille et Finn étaient couchés depuis une bonne heure lorsque Juliet avait toqué à la porte de l’Auberge la veille. En la voyant seule, sans Jeremy et Gabrielle, Irving avait immédiatement envisagé le pire mais Juliet lui avait simplement demandé de l’héberger pour quelques jours, sans donner plus d’explications.  Elle avait l’air fatiguée et triste mais elle ne semblait pas prête à avoir une discussion avec lui immédiatement aussi Irving l’avait conduite dans une belle chambre à l’étage sans poser de question. Il lui avait tendu une pile de serviettes et elle avait refermé la porte sur lui.
Le jeune homme avait rejoint sa propre chambre et il s’était glissé sous l’épais édredon au côté de Nora. Ils avaient discutés un long moment de la situation, en chuchotant dans le noir, et avaient finalement décidé que Nora amènerait Sybille et Finn au marché le lendemain matin pour laisser l’opportunité à Juliet de discuter discrètement avec Irving, du moins, si elle le souhaitait.

Sa petite amie venait tout juste de transplaner avec les enfants et Irving était occupé à débarrasser la table du petit déjeuner. Il n’avait pas pris son propre café afin de  le boire en même temps que Juliet. Il savait qu’elle était partie tôt ce matin. Il avait le sommeil très léger depuis un an et le moindre bruit le réveillait : Il l’avait entendu marcher discrètement sur les lattes du plancher, l’escalier avait grincé sous son poids et Looping s’était mis à japper, réveillant par la même occasion toute la maison. Juliet était sortie avec le chien et les aboiements de Looping s’étaient fait de plus en plus lointains… Sans doute était-elle partie courir ou faire une balade matinale pour s’aérer l’esprit, avait songé Irving en se levant à son tour.

Il avait préparé le café, une tarte à la mélasse et un ragout pour midi avant de sortir le mobilier extérieur pour profiter des premiers rayons de soleil de l’année. La terrasse n’était pas encore finie –cela faisait parti des travaux qu’il n’avait pas pu mener suite aux séquelles de l’attentat – mais il y avait un espace de quelques mètres carrées devant l’entrée principale qui lui permettait tout juste de poser, en plein soleil, une petite  table ronde  et deux chaises en fer forgé sur des lauzes plates dont les joints étaient envahis par l’herbe…

Irving avait déposé sa tarte tout juste sortie du four sur la table pour la faire refroidir puis il avait fait léviter deux bols, son thermos de café et de thé, du lait, du sucre…Bref tout le nécessaire pour bien commencer la journée. Visiblement Juliet en avait besoin. Il ne savait pas ce qui tracassait son amie mais il serait disponible pour elle si elle en éprouvait le besoin. La terrasse avait attendu tout l’hiver alors elle attendrait quelques jours de plus, songea-t-il en regardant à travers la porte ouverte la pile de lauzes et les sacs de ciment stockés à l’abris sous l’avancée de la bergerie.

D‘ailleurs, n’était-ce pas Juliet allongée dans le pré un peu plus loin ? Irving rejoignit l’entrée et constata que son amie était belle et bien couchée dans l’herbe humide un peu loin. Looping, lui aussi confortablement installé dans les herbes folles, semblait veiller à sa  tranquillité. L’aubergiste esquissa un sourire, enfila ses bottes en caoutchouc et sortit à l’extérieur pour rejoindre l’improbable duo. A son approche, Looping se leva pour venir lui léchouiller mes mains juste avant qu’Irving ne s’immobilise juste au dessus de son amie.

« Le p’tit dej est servi. » souffla-t-il lorsque Juliet ouvrit les yeux. Il tendit une main dans sa direction pour l’aider à se lever et poursuivit, Tu vas être trempée ! Le sol est très spongieux ici… »
Ils sortaient tout juste d’un hiver assez rude et la neige avait fondue depuis seulement quelques semaines, laissant la terre encore gorgée d’eau.

« Bien dormi ? » finit-il par demander pour engager la conversation.


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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Attrapant la main qu'Irving lui tendait, Juliet se remit debout, constatant en effet que son pantalon était trempé. Elle haussa les épaules - en tant que joueuse de Quidditch, elle avait déjà fait face à des conditions climatiques bien plus difficiles, et il n'était pas rare qu'elle ressorte trempée jusqu'aux os de ses entraînements.

"Oh, t'es génial, je meurs de faim !" s'exclama-t-elle en se dirigeant d'un pas énergique vers la bâtisse.

L'air frais et le silence l'avaient revigoré, et elle se sentait tout de suite plus énergétique, malgré la nuit chaotique qu'elle avait passé. Finalement, la perspective de passer une semaine en solitaire lui faisait du bien, en dépit de toutes les questions que cela soulevait. Retrouver un semblant de sérénité au cœur de cette tempête, c'était tout ce dont elle avait besoin pour l'instant.

"Pas trop." grimaça Juliet lorsque son ami lui demanda si elle avait bien dormi. Forcément, la nuit avait été chaotique, rythmée par des questions, des pensées parasites, des interrogations qui n'en finissaient plus. "Et toi ?" demanda-t-elle en retour.

Les deux anciens Gryffondor se dirigèrent vers la table qu'Irving avait dressé pour le petit-déjeuner. Looping se releva d'un bond et les suivit, sa queue fouettant l'air gaiement. La jeune femme s'installa sur une chaise et s'apprêtait à se servir un immense bol de café, avant de se raviser pour se verser une plus petite quantité - elle ne savait toujours pas ce qu'elle allait faire avec cette grossesse, mais elle se rappelait très bien les conseils de sa gynécomage en matière de nutrition lorsqu'elle était enceinte de Gabrielle.

"Désolée d'avoir débarqué à l'improviste, hier soir." débuta Juliet après avoir bu une première gorgée de sa boisson. Elle hésita quelques instants à poursuivre. "On a eu une... discussion, hier avec Jerem." expliqua-t-elle. Ce n'était même pas une dispute, elle n'était même pas furieuse contre lui. Elle était juste profondément attristée. "Et on a décidé de prendre un peu nos distances. Pendant une semaine." ajouta-t-elle rapidement, consciente que l'expression "prendre nos distances" pouvait avoir un sens tout autre. "J'espère que je ne vous dérange pas ? Avec Sybille et Finn ?" demanda-t-elle en posant sur son ami un regard soucieux.  



Irving WhitakerAubergisteavatar
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Alors qu’ils rejoignaient la maison d’un pas lent, Juliet confirma à Irving qu’elle n’avait pas passé une très bonne nuit. L’Aubergiste était persuadé que la qualité de sa literie n’était pas en cause et que son amie avait eu une nuit agitée en raison de ses problèmes. Etait-elle toutefois prête à en parler tout de suite ? Rien n’était moins sûr.

L’aubergiste tira une chaise pour s’installer face à son ancienne camarade de maison et commença à couper quelques parts de tarte tout en répondant à sa question.

« J’ai dormi comme un bébé ! » dit-il sans soupçonner la maladresse de ses propos. Il servit une part de gâteau dans une petite assiette et la tendit à son amie avant d’en prendre une pour lui. Il accompagna son met d’un grand bol de café et d’un nuage de lait. Voilà, il était fin prêt pour écouter la jeune femme qui s’excusait d’avoir débarqué à l’improviste.

« Y a pas de problème. Tu sais qu't'es toujours la bienvenue ici, Juliet. » souffla-t-il en s’adossant sur son siège. Il croisa ses bras sur son torse tout en observant son amie d’un regard inquiet. Qu’avait-il pu se passer pour qu’elle débarque chez eux à la nuit tombée sans une explication, Tu veux en parler ? » s’enquit-il sans chercher à tourner autour du pot. Depuis le temps, ils ne se craignaient pas l’un et l’autre et même s’ils se voyaient nettement moins souvent que du temps de Poudlard, leur relation restait inchangée.

Juliet finit par lui avouer qu’à la suite d’une discussion, Jeremy et elle avaient décidé de prendre leur distance durant une semaine. Irving avait eu le temps d’envisager plusieurs scénarios pour justifier la présence tardive de Juliet chez eux - il en avait même discuté avec Nora la veille dans leur lit- aussi  il ne fut pas surpris de l’entendre faire cette annonce. Même si Jeremy et Juliet formaient le couple le plus amoureux et le plus harmonieux de leurs amis, Irving était bien placé pour savoir que la vie à deux –et à trois dans leurs cas-  pouvait s’avérer assez compliquée parfois. Le jeune homme décroisa les bras et attrapa son bol pour boire une gorgée de café tandis que Juliet s’excusait à nouveau de les importuner, lui et Nora.


« Tu nous déranges pas, assura-t-il une nouvelle fois, Sybille et Finn sont partis au marché avec Nora. Tu les verras sans doute tout à l’heure et Finn sera surement très content de te voir, ils avaient parlé de  quidditch pendant des heures la dernière fois où le couple Baker était venu manger à l’Auberge, tu aurais même pu v’nir avec Gabrielle d’ailleurs. Si tu dois aller la chercher ou si tu veux la prendre quelques jours avec toi ici, tu te gênes pas hein ? Insista-t-il soucieux de placer son amie dans les meilleures conditions. Elle avait dit vouloir prendre un peu de distance avec son mari mais pas forcément avec sa fille. Les pensées d’Irving dérivèrent naturellement vers Jeremy, qui était lui aussi son ami, et il ne put s’empêcher de demander, Jerem’ sait que tu es là ? »
Irving n’avait aucune envie que son pote soit mort d’inquiétude à l’idée que sa femme ait disparu dans la nature.

« Je sais qu’les raisons de votre prise de distance regardent que vous, poursuivit-il, donc on peut déjeuner là, tranquillement tous les deux, et parler du dernier album des Bizarr Sisters, Irving esquissa un léger sourire, mais si tu veux discuter de ce qu’il s’est passé, tu sais qu’je suis là. J’pense pas être un très bon psychomage, pour tout t’avouer, plaisanta-t-il penché au dessus de la table, mais je sais écouter… Alors, c’est comme tu l’sens, en fonction d’c’que t’as besoin. »


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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Étouffant un rire lorsque Irving mentionna que Finn serait très content de la voir, la jeune femme hocha la tête. Le petit garçon était passionné de Quidditch, et, une fois lancée sur le sujet, Juliet avait elle-même du mal à s'arrêter. Une grande majorité de ses proches étaient des fans inconditionnels de Quidditch : Jeremy, Joy, Andrew, Samaël, sans parler de ses coéquipiers à Flaquemare... Tous pouvaient passer une soirée entière à discuter de la dernière feinte utilisée par l'attrapeur d'Angleterre. Tous, à l'exception d'Irving, qui ne s'était jamais gêné pour les qualifier de sportifs m'as-tu-vu, et ce depuis qu'ils étaient à Poudlard.

"Gabrielle est chez Théo et Sam pour l'instant. J'irai peut-être la chercher dans la semaine." acquiesça, pensive, la jeune femme. Depuis sa naissance, Juliet et Jeremy n'avaient jamais laissé leur fille plus de quatre jours d'affilés. Pour autant, la petite fille était habituée à se rendre chez ses proches, pour la journée, ou une nuit. Elle passait beaucoup de temps chez Théo - son parrain - et Samaël, ainsi que chez ses grands-parents. Elle adorait également venir à l'auberge, voir Nora - sa marraine - et Irving - qu'elle appelait "Ving" ; Juliet avait essayé de lui faire dire "Vingounet" en vain.

"Oui, je lui ai envoyé un message hier soir, quand je suis arrivée." indiqua-t-elle. Elle non plus n'avait pas envie que son mari s'inquiète - ils avaient suffisamment de choses auxquelles penser comme ça. "Je crois qu'il va aller faire une randonnée en montagne avec le professeur Nolan." indiqua-t-elle en se remémorant les dires de Jeremy.

"Hm, leur nouvel album est bien moins bon que les autres." releva-t-elle lorsque son ami fit référence aux Bizar'Sisters.

Elle remua machinalement son café, pensive. Elle ne savait même pas par où commencer, tant cette situation lui paraissait impensable : elle était encore tombée enceinte. Elle n'en n'avait pas honte - après tout, ce n'était pas comme si elle l'avait fait exprès - mais ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une certaine gêne vis-à-vis de ça, une certaine culpabilité. Si elle n'avait pas été malade, si elle avait eu le réflexe de prendre une autre potion de contraception, tout cela ne serait sûrement jamais arrivé... Secouant la tête, elle prit une longue inspiration avant de se lancer.

"C'est... Plutôt compliqué." prévint-elle en débutant. "Je suis enceinte." lâcha-t-elle finalement. Par Godric, le fait de le dire une nouvelle fois à haute voix, cela rendait la situation encore plus réelle. "Ce n'était pas prévu, pas du tout." ajouta-t-elle en secouant la tête. "J'ai été malade il y a quelques semaines, et je n'étais pas protégée et... Bref." s'interrompit-elle lorsqu'elle se rendit compte qu'elle essayait simplement de se justifier.

La jeune femme joua distraitement avec une mèche de ses cheveux.

"Je l'ai appris hier, et je l'ai dit à Jeremy. Et il... Disons que ce ne l'a pas réjouit. Enfin je ne m'attendais pas à ce qu'il soit heureux, bien entendu, parce qu'on n'avait pas du tout planifié d'avoir un deuxième enfant maintenant. Et Jeremy... Jeremy n'est pas prêt pour un deuxième enfant maintenant, et je peux le comprendre. Il aime Gabrielle du plus profond de son coeur mais ne se voit pas devenir père une seconde fois. Moi... Moi je ne sais pas ce que je veux." avoua-t-elle. "Je sais que pour mille raison, ce n'est pas raisonnable d'avoir un second enfant maintenant. Mais avorter... Je ne sais pas." Elle soupira.

"Et hier, donc, quand on en parlait de nos choix, de nos options... Jeremy m'a avoué qu'il ne savait pas s'il resterait avec moi si je décidais d'avoir cet enfant." Un nouveau poids sembla tomber au fond de son cœur. "On s'est donné une semaine pour réfléchir de notre côté à tout ça." Elle cligna rapidement des yeux pour éviter qu'ils ne soient mouillés. "D'où ma visite inopinée..."



Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving afficha un air encourageant lorsque Juliet affirma que la situation était compliquée. Il s’en était douté. Son amie n’était pas du genre à débarquer en plein milieu de la nuit pour une broutille. Qu’avait-il bien pu se passer entre les époux Baker pour que Juliet vienne se réfugier à Mallowsweet ? Plutôt que de supputer sur des scénarios éventuels –il l’avait déjà fait une bonne partie de la nuit dernière-, Irving attendit que son amie s’ouvre à lui, ce qu’elle ne tarda pas à faire, non sans une certaine gêne.

Enceinte. Juliet attendait un bébé !

« Oh. » lâcha Irving en laissant fugacement fleurir un sourire heureux sur son visage. Il se reprit toutefois bien vite et adopta rapidement un air neutre, conscient que pour sa camarade, la découverte de cette grossesse n’était visiblement pas une bonne nouvelle. Juliet confirma son intuition en lui expliquant que l’arrivée d’un nouvel enfant n’était « pas du tout » prévu. Elle avait visiblement été malade quelques semaines plus tôt et … voilà.

Irving se contenta d’hocher la tête, attendant que son amie développe. Il avait grandi au contact de trois sœurs, qui parlaient assez librement de leurs moyens de contraception et d’autres sujets typiquement féminins devant lui. Il n’était pas sans savoir que les potions et autres comprimés contraceptifs n’étaient pas toujours fiables à 100% -l’affaire Chaudrillon en était l’exemple le plus flagrant- et qu’il arrivait parfois qu’une grossesse non désirée se déclare. Son petit neveu Ciaràn était d’ailleurs le fruit d’un « heureux accident » comme le qualifiait ses parents…

Toutefois Juliet, et surtout Jeremy, ne semblaient pas dans la même dynamique. Loin de là même . Irving ne put pas conserver son air impassible bien longtemps en entendant le récit de son amie .

« Oh Juliet… » lâcha-t-il en tendant le bras pour lui attraper la main par-dessus la bouilloire.

Il était tellement désolé pour elle. Désolé que Jeremy se conduise comme un parfait nigaud ! Merlin, n’était-il pas amoureux d’elle ? Bien sûr Irving pouvait comprendre que son ami aspire à d’autres choses. Jeremy était jeune, brillant, il avait surement envisagé son avenir différemment maintenant que Gabrielle commençait à grandir mais, enfin, était-il obligé de poser cet ultimatum à Juliet ?
« Si tu le gardes je risque de te quitter ? » Qui oserait dire ça à la femme qu’il aimait, bordel de troll.

Irving secoua légèrement la tête pour faire taire l’incompréhension et l’énervement qui montaient en lui.

Jeremy se conduisait comme un parfait égoïste. Ils l’avaient fait à deux cet enfant, non ? Comment son ami pouvait-il rejeter le poids d’une décision si traumatisante sur les seules épaules de Juliet. Elle se trouvait face à un affreux dilemme qui, en l’état, ne pouvait pas trouver une issue heureuse.
Soit elle gardait l’enfant en prenant le risque de perdre son mari. Soit elle décidait de privilégier son couple en risquant de regretter cet avortement, tôt ou tard…  

« Il faut que tu te focalises sur ce que tu veux réellement, Juliet. Au plus profond de toi. Je sais qu’c’est terriblement bateau d’dire ça, mais c’est vrai. Tu peux pas avorter parce que Jeremy te l’demande implicitement, j’uis désolé. Jerem’ est mon pote mais il peut pas te d’mander ça. Assura Irving en secouant la tête, Si tu fais le choix d’pas garder cet enfant, il faut que ce soit ta décision. C’est pas un acte anodin. Tu te vois faire ça juste pour Jeremy ? Qu’est-ce qui te dit que tu vas pas l’regretter ou lui en vouloir qu’il t’ai placé dans la position d’avoir à choisir entre lui et le bébé ? »

Irving en voulait terriblement à Jeremy mais il savait qu’accabler son camarade n’aiderait pas Juliet. Et puis, son ami avait peut-être eu peur, il avait sans doute parlé sans réfléchir et peut-être regrettait-il déjà ces mots. Irving l’espérait. Il savait que la situation de Juliet était compliquée. Elle n’avait pas de travail et ses parents avaient déjà eu beaucoup de mal à accepter qu’elle garde Gabrielle. Pourrait-elle compter sur leur soutien si elle décidait de garder ce deuxième enfant sans Jeremy dans sa vie ? Elle devait se sentir coincée, acculée et surtout terriblement seule et Irving avait à cœur de lui faire comprendre qu’elle ne l’était pas.

«Garder c’bébé, c’est pas raisonnable pour tout un tas de raisons auxquelles tu as surement passé la nuit à réfléchir, commença-t-il en esquissant un sourire triste,  mais c’est pas, non plus, complètement insensé, ni impossible. Il existe des aides pour les familles monoparentales, j’peux d’mander à ma sœur d’se renseigner sur ça. Elle a plusieurs copines assistantes sociales et j’uis sûr qu’elle pourrait t’obtenir un rendez-vous très vite. Pour c’qui est du logement, tu peux rester ici autant qu’tu veux, assura-t-il, persuadé que Nora serait d’accord,  On peut t’aménager une chambre pour toi et Gabrielle le temps que ta situation se stabilise et qu’ tu obtiennes les allocations familiales de la CAF. Si t’as besoin d’t’absenter pour aller faire de la paperasse ou des examens, tu peux laisser Gaby, sans souci. Et si, pour X raison, j’uis pas dispo pour garder ta fille, je suis sûr que Théo et Samaël seront tout disposés à t’aider eux aussi. »

Irving observa quelques instants son amie en silence avant d’ajouter :

« Tu sais, t’es pas toute seule, alors si au fond de toi, tu sens que tu veux garder c’bébé, on s’ra là. »


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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Juliet resta muette face au discours d’Irving, les yeux baissés vers son bol de café. Le terme « famille monoparentale » lui fit l’effet d’une gifle, qui eut don de la faire tressaillir. Elle ne voulait pas être une mère célibataire, elle ne voulait pas élever ses deux enfants seuls. Mais la question ailleurs, comme le soulignait d’ailleurs son ami : elle ne pouvait pas prendre sa décision en fonction de son mari, mais en fonction de ses envies à elle. Et c’était injuste, dans un sens, parce que ce choix le concernait tout autant qu’elle, parce que cet enfant, c’était aussi le sien, et qu’elle ne voulait pas l’exclure de la décision. Mais pourquoi se voiler la face ? C’était son corps, et le choix final, ce serait forcément le sien.

Alors oui, faire le choix de garder cet enfant, ce n’était pas raisonnable, surtout pas en ce moment. Mais c’était possible, et Irving venait de le lui démontrer. Elle était entourée, elle était soutenue, et surtout, elle s’en sentait capable malgré les difficultés auxquelles elle devrait faire face. Elle en serait capable, très bien, mais en avait-elle envie ? Désirait-elle un nouvel enfant ? Cette question, essentielle, la plongea dans un profond désarroi qui lui fit pousser un long soupir.

« Merci, Irving. » souffla-t-elle en serrant brièvement l’avant-bras de son ami. Ce qu’il lui avait dit la rassurait profondément, consciente que, quoiqu’il arrive, elle ne serait jamais seule.

Elle garda ensuite le silence, assaillie par des pensées et des questions, qui ne cessaient de tourner en boucle dans sa tête. Avant d’apprendre sa grossesse au détour d’un rendez-vous médical, la question d’avoir un second enfant maintenant ne se posait même pas. Jeremy et elle n’avait même pas évoqué l’idée, conscients tous les deux qu’ils désiraient agrandir leur famille, mais pas avant plusieurs années.

« Jeremy ne m’a pas demandé d’avorter. » corrigea Juliet, peu désireuse de le faire passer pour le méchant mari auprès d’Irving. « Et je sais qu’il ne me mettra pas la pression pour. Quand je lui ai demandé s’il resterait avec moi, même si je décidais de garder l’enfant, il a seulement été honnête. » Elle avait envie de croire que, si les situations avaient été inversées, si elle avait été Jules et qu’il avait été Jenny, elle serait restée, quelle que soit sa décision. Mais elle n’en n’était même pas sûre. « Je ne lui en veux même pas… » souffla-t-elle. Son cœur était meurtri de tristesse, mais pas de colère. « Je ne peux pas lui imposer de rester avec moi, alors que je l’aurai forcé à avoir cet enfant. » Elle secoua la tête.  

Elle prit une longue gorgée de café pour dénouer sa gorgée serrée. Perdre Jeremy lui causerait une peine immense, une blessure profonde qu’elle ne pourrait jamais panser correctement.

« Mais tu as raison, je n’avorterai pas seulement par crainte de perdre Jeremy. Parce que, au final, je finirai par le perdre quand même. » commenta-t-elle, très lucide sur ce sujet. Elle savait que, s’il était son unique raison pour prendre cette décision, elle finirait éventuellement par lui en vouloir. Et une rancœur comme celle-ci, cela ne se surmontait pas. « Pour autant, je ne peux pas non plus garder cet enfant par peur d’avorter. » Sa lèvre inférieure trembla alors qu’elle réchauffait ses mains contre son bol de café fumant.

L’avortement avait été légalisé tard chez les sorciers, bien plus tard que chez les moldus. Juliet avait accueilli cette réforme avec approbation : il s’agissait, à son sens, d’un droit fondamental des femmes à disposer de leur corps comme elles le souhaitaient. Mais maintenant qu’elle se retrouvait confrontée à cette situation, elle ressentait une immense boule au creux de l’estomac.

« Quand j’ai appris que j’étais enceinte de Gaby, » expliqua-t-elle comme elle l’avait expliqué la veille à Jeremy, « j’ai pensé à avorter. J’étais tellement jeune, tu sais, je ne me sentais pas prête… Et puis il y avait Flaquemare, ma carrière qui commençait à décoller… » elle s’agita, mal-à-l’aise. « J’ai vraiment considéré la chose. Et maintenant, quand je vois Gabrielle… Je me sens tellement coupable d’avoir pensé ne serait-ce qu’une seule seconde, à ne pas lui donner naissance, à ne pas l’accueillir dans nos vies. » Sa fille était une merveille, leur dose de bonheur au quotidien, avec ses cheveux blonds toujours ébouriffés et son caractère toujours aussi trempé – la semaine dernière, elle avait tanné (comprenez brailler et faire les yeux doux à la fois) Jeremy pendant vingt minutes pour qu’il se transforme en chien et la balade sur son dos dans toute la maison.  

« Si j’avorte, et que je ressens ça au quotidien ? Que la culpabilité ne me lâche pas ? » demanda-t-elle en relevant ses yeux gris sur Irving dans un regard totalement perdu.



Irving WhitakerAubergisteavatar
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Jeremy avait simplement été honnête et  Juliet ne lui en voulait pas d’avoir verbalisé ses craintes de la sorte. Elle n’était pas en colère contre lui et semblait simplement accablé par le poids de cette situation dans laquelle ils se trouvaient. Si Jeremy ne pouvait pas lui imposer d’avorter l’inverse était également vrai : Juliet estimait qu’elle ne pouvait pas lui imposer cet enfant en retour…
Irving hocha lentement la tête, conscient du dilemme dans lequel se trouvaient ses amis. Il avait peut-être jugé hâtivement Jeremy en le taxant d’égoïste. Comment aurait-il réagi, lui, s’il avait été à sa place ? Aurait-il accueilli cet enfant en bras ouverts ? Aurait-il tenté de dissuader Nora ou lui aurait-il témoigné son soutien indéfectible quelque soit sa décision ? Il aimait à penser qu’il faisait partie de la deuxième catégorie de personne.

Depuis tout jeune, Irving avait grandi avec des femmes autour de lui et il avait été particulièrement sensibilisé à la cause féminine. Il savait par exemple que Tara, sa sœur, avait pratiqué plusieurs avortements avant que l’IVGM soit légalisé. Elle se plaignait souvent des maris, qu’ils soient absents ou au contraire trop présents, allant même jusqu’à imposer leur propre choix à leurs femmes. Irving avait été éduqué, façonné,  dans ce climat et il avait eu l’occasion de réfléchir à ces questions depuis sa plus tendre enfance contrairement à Jeremy qui n’avait qu’un petit frère. Chez les Baker, l’interruption volontaire de grossesse magique ne devait pas être abordée aux repas du soir  comme c’était le cas fréquemment chez les Whitaker, estimait-il. Pourtant Jeremy avait déjà été amené à se poser cette question par le passé, neuf mois avant la naissance de la petite Gabrielle…

Irving était conscient que les hommes n’avaient pas une posture facile dans cette situation (certes, toujours plus aisée que celle des femmes) mais il estimait que la plus belle preuve d’amour était de s’aligner sur la décision de sa compagne, quelle qu’elle soit. L’homme pouvait verbaliser ses inquiétudes, bien sûr, mais il n’y avait qu’une seule et unique manière pour assumer pleinement cette grossesse conçue à deux: Accepter qu’elle puisse être menée à terme, ou pas.

Mais encore fallait-il que la femme sache précisément ce qu’elle voulait. C’était là tout le problème de Juliet.

Son amie semblait si perdue et si triste d’avoir à faire ce choix. Irving aurait voulu trouver les mots justes pour la réconforter. Il aurait  souhaité qu’il existe une solution miracle, une issue acceptable pour tout le monde mais cela semblait impossible. Devinant son amie au bord des larmes, il lui pressa la main un peu plus fort.

«  Ça va aller. On est là. Murmura-t-il à son intention. Lui, Nora, Théo, Samaël et surement Jeremy, à sa manière. Sa retraite avec le Professeur Nolan était incontestablement un moyen de prendre un peu de recul sur cette situation pour revenir plus posément. Cela ne pouvait pas en être autrement.

« J'sais que c’est des questions difficiles à envisager mais c’est important que tu t' les poses. Les ignorer ne résoudrait rien. » dit-il lorsqu’elle expliqua qu’elle ne pouvait pas non plus garder cet enfant uniquement par peur d’avorter.

Son amie poursuivit la conversation en évoquant la grossesse de  Gabrielle et les doutes qui l’avaient assaillis au moment de faire le même choix, quelques années plus tôt. Accueillir ce bébé dans leurs vies avait été une décision compliquée mais  Juliet ne la regrettait absolument pas. Au contraire. Elle se sentait même coupable d’avoir envisagé brièvement de ne pas garder Gaby.  Aujourd’hui,  elle avait peur que ce sentiment de  culpabilité la poursuive si elle faisait le choix d’avorter.

« J' suis sûr que tu ne ressentiras pas ça, dit-il, parce que tu vas prendre la meilleure décision pour toi, pour ton couple et pour ta famille. T'es la seule à savoir de quoi tu as réellement besoin et envie. T' as l'droit de ne pas vouloir garder cet enfant et t'as pas à t’en sentir coupable pour autant. C’est pas le bon moment, tu ne te sens pas prête, tu n’en as pas envie, tu préfères attendre… Ce sont des raisons légitimes. Si t'as l’impression qu'tu peux pas accueillir cet enfant dignement, que tu risques de lui faire porter le poids d'ta frustration ou des concessions que tu as dû faire pour lui, à quoi bon vous infliger ça ? Un enfant mérite d’être bien accueilli dans d'bonnes conditions, matérielles et morales. C’est aussi ça, respecter la vie d’autrui, ajouta-t-il, Tu dois pouvoir te convaincre que tu fais le bon choix.»


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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Les paroles d’Irving étaient si sages, que Juliet fut brusquement envahie par un sentiment de soulagement intense. « C’est aussi ça, respecter la vie d’autrui », venait-il de lui expliquer, probablement inconscient qu’il s’agissait exactement des mots qu’elle avait besoin d’entendre. Depuis qu’elle avait appris cette grossesse, elle avait été obnubilée par cette urgence de « bien faire » - pour elle, pour Jeremy, pour Gabrielle, mais aussi pour cet être qui allait peut-être devenir un bébé, un enfant, un adulte. Mais qu’est-ce qui était véritablement « bien » ? Renoncer à sa carrière, à ses plans d’avenir, en menant une deuxième grossesse à terme, probablement sans mari pour la soutenir ? Peut-être que le bon choix, c’était aussi de ne pas mettre sur les épaules d’un bébé toute les frustrations de ses concessions ? La jeune femme soupira, fatiguée des pensées qui passaient en boucle dans sa tête depuis hier soir.

Les clichés sur l’avortement avaient malheureusement la vie dure, même pour une jeune femme qui se revendiquait moderne comme Juliet. Son éducation dans le milieu Sang-Pur avait laissé ses marques et même si elle défendait le droit des femmes à exercer le choix, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir en mémoire des paroles de sa grand-mère, de ses tantes et même de sa mère, lorsque le sujet était évoqué aux repas de famille. Le pire, c’était la peur de s’en vouloir, la peur de regretter. Un soir, lorsqu’elle avait quinze ans, sa tante – la mère de Marcus – lui avait raconté que dans sa jeunesse, elle avait connu une jeune femme « aux mœurs légères » qui était tombée enceinte. Peu désireuse de garder l’enfant, elle avait eu recours à l’avortement par des moyens détournés. On racontait ensuite que son enfant était venu la hanter, toutes les nuits, jusqu’à ce qu’elle se décide à se donner la mort en se jetant des plus hautes falaises d’Ecosse. Ambiance.

« Merci. » souffla-t-elle à Irving en lui adressant un sourire sincère.

Son cœur, apaisé par les paroles de son ami, avait retrouvé un rythme régulier. Son discours lui donnait matière à réfléchir, et elle se promit de réfléchir dorénavant non pas en terme d’obligation, mais en terme de bien-être et de bonheur. Qu’est-ce qui la rendrait heureuse, dans le futur ? Est-ce qu’avoir un deuxième enfant dès maintenant la comblerait autant qu’elle le souhaitait ?

« Ce qui est vraiment difficile, » reprit-elle en remuant distraitement son café, « C’est de songer à l’avortement alors qu’on a déjà eu un enfant, et qu’on a déjà expérimenté le bonheur de la naissance, des premiers mois, de la première année… » Le bonheur, certes, mais Juliet ne pouvait nier qu’elle avait aussi connu des moments de détresse intense. Elle avait souvent pleuré, les premiers mois, épuisée par l’arrivée de Gabrielle, à se demander sans cesse si elle serait un jour une bonne mère. Elle n’avait pas dormi plus de quatre heures d’affilées pendant plusieurs mois, tâchait à la fois de s’occuper de sa fille et de se maintenir en forme en vue de passer les prochaines sélections de Quidditch dès qu’elle s’en sentirait capable… Jeremy, quant à lui, était épuisé de la situation, entre son travail, ses études, et sa toute jeune fille dont il fallait s’occuper en rentrant. Juliet savait que la situation lui pesait – elle était dans le même cas que lui – et que parfois, ils auraient souhaité se laisser aller le temps d’une journée, d’une soirée, en se glissant dans la peau d’étudiants insouciants comme ils auraient pu l’être. Mais Gabrielle était un bonheur, un véritable rayon de soleil, et éclipsait en un sourire la moindre crainte, le moindre doute qu’ils pouvaient avoir. « Mais ce n’est pas toujours tout rose. » reprit-elle d’une voix douce, en se parlant plus à elle qu’autre chose. « Loin de là. Et ça aussi, c’est à prendre en compte. »

La jeune mère secoua la tête, faisant voleter ses cheveux sur ses épaules. Elle avala une longue gorgée de café brûlant, avant de mordre dans sa part de tarte à la mélasse. Looping, couché à ses pieds, se leva brusquement et décolla en aboyant contre… Le vent ? Elle eut un sourire amusé.

« Ah mon Vingounet, le temps où tu me demandais des conseils pour draguer Nora est loin. » décréta-t-elle en riant, en faisant référence à cet après-midi surréaliste. Irving et Nora avait mis le temps, mais leur couple était à présent bien établi ; du moins, à ce qu’on en voyait de l’extérieur.

« D’ailleurs, » poursuivit-elle en changeant brusquement de sujet, « Où vous en êtes, avec Sybille et Finn ? » interrogea Juliet en baissant inutilement la voix – il paraissait impossible que quelqu’un puisse les écouter ici, mais l’époque les incitait tous à la prudence.



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Irving approuva d’un signe de tête les remarques de son amie. L’arrivée impromptue de Gabrielle dans la vie de Jeremy et Juliet avait été un chamboulement considérable mais aussi, et surtout, une source de bonheur intense. Il suffisait de les voir tous les trois pour en être persuadé. Il comprenait donc pourquoi son amie culpabilisait tant à l’idée d’envisager l’avortement comme une option. Il n’était pas sûr d’avoir réussi à l’aider –elle semblait toujours aussi indécise quant à la marche à suivre- mais il avait au moins essayé de la rassurer, un peu. Quoiqu’elle choisisse de faire, il ne la jugerait pas et la soutiendrait dans sa démarche, elle pouvait en être sûre. Irving n’avait pas grand-chose à offrir mais il était toujours prompt à partager avec ses amis.

L’aubergiste se tut et gouta quelques instants au silence du Dartmoor. Seuls quelques insectes volant de fleurs en fleurs troublaient la quiétude du moment. Irving estimait que Mallowsweet était l’endroit parfait  pour l’introspection. Ils en avait même fait un argument marketing avec Nora, inscrivant sur leur plaquette publicitaire que l’Auberge était située au calme, dans un lieu idéal pour se recentrer sur soi-même. C’était sans doute cette quiétude, et l’oreille attentive d’un ami, que Juliet était venue chercher ici.

L’aubergiste laissa donc Juliet à ses pensées tandis qu’elle finissait de déjeuner. Il se coupa une fine part de tarte à la mélasse -il en avait déjà pris deux au petit-déjeuner, d’où la finesse de sa tranche- et reporta le regard sur la campagne environnante en dégustant son mets. Après un hiver enneigé, la lande environnante se teintait enfin des douces nuances vertes et violettes de la bruyère. La brise fraiche qui caressait leurs visages étaient agréable, du moins pour eux. En effet, Looping semblait particulièrement irrité qu’elle lui taquine ainsi les moustaches !

« Mais c’est le vent gros béta ! lâcha Irving en voyant son chien japper contre un ennemi invisible. Trop heureux d’avoir attiré l’attention de son maître Looping se leva prestement en remuant la queue pour venir poser ses deux pattes avants sur les jambes d’Irving.

« T’es tout sale ! grommela l’Aubergiste sans toutefois chercher à se dégager. Looping le gratifia de deux, trois léchouilles au visages avant de lorgner dangereusement vers le reste de tarte à la mélasse, ça non Looping ! » intima Irving en le retenant in extremis. Le jeune chien se retrouva bien vite aux pieds de son maître, les oreilles en arrière, l’air déçu, tu le sais pourtant que c’est interdit, Hein ? Tu le sais ! » Conscient qu’il entretenait un monologue avec son chien, Irving releva les yeux vers Juliet et ajouta un,  Il le sait , comme pour l’intégrer à la conversation.

Bizarrement, Juliet ne chercha pas à converser plus en profondeur avec Looping et elle préféra rappeler au bon souvenir d’Irving  un  moment fort mémorable de leur adolescence.

« Oh non par Merlin ne me parle pas de ce moment ! souffla l’aubergiste en se couvrant le visage des deux mains. Il avait tellement honte d’avoir sollicité ses amis pour un cours de drague ! Même s’il éprouvait une certaine tendresse pour l’adolescent un peu paumé qu’il avait été, il ne pouvait pas s’empêcher de se trouver stupide, La seule fierté que je tire de cet événement, c’est que j’ai réussi à séduire Jérémy avant toi, reprit il en préférant avoir recours à l’humour. Il se souvenait très bien du baiser que lui avait donné le capitaine de l’équipe de quidditch de Gryffondor ce jour là, J’ai été son premier  véritable amour. » railla-t-il. Avant Juliet et même avant Georgiana !

En tout cas, Irving était obligé d’admettre que ce cours pour séduire Nora avait fini par porter ces fruits. Il suffisait de le voir aujourd’hui vivre en concubinage avec celle qui avait capturé son cœur quatre ans plus tôt.
L’aubergiste esquissa un léger sourire à cette idée  tandis que Juliet laissait de côté les vieux souvenirs pour rebondir sur leur situation actuelle, à Nora et lui.


« Oh ça va bien, merci, répondit-il en passant sous silence la crise qu’avait traversé son couple l’hiver dernier après l’attentat. Par pudeur ou par honte, Irving n’avait pas envie d’en parler avec Juliet et il préférait attendre d’être sûr que tout soit régler pour évoquer cela avec elle. Son amie avait déjà beaucoup de préoccupations actuelles et elle n’avait sans doute pas besoin d’entendre qu’il se battait contre une dépression qui avait failli lui couter Nora. Bizarrement, l’arrivée de Sibylle et de Finn dans leur vie lui avait fait le plus grand bien. Il s’agissait, certes, d’une charge de travail supplémentaire et d’un engagement lourd en responsabilité, mais la présence des deux enfants l’ avait contraint à prendre du recul sur sa situation personnelle. Il était plus positif et plus enclin à se dépasser.

« Finn et Sybille sont adorables. Finn est vraiment d’une bonne nature –il me fait penser à Nora, souvent- quant à Sybille, elle est un peu plus compliquée à gérer mais… Il haussa les épaules, ça va. Je ne sais pas combien de temps leurs parents vont nous les confier…, la raison officielle de la présence des deux enfants était qu’Irving rendait service à un couple d’ami habitants à Guernesey. Il ne dérogeait pas de cette version, avec qui que ce soit, même avec les membres du LEXIT qui devaient bien se douter que la situation était quelque peu différente en réalité. Il était sûr que Juliet n’était pas dupe et il la gratifia d’un léger sourire avant de poursuivre, … mais j’aime bien les avoir chez nous. Ça fait d’ la vie ! J’ suis pas vraiment pressé qu’ils rentrent chez eux mais ça serait quand même mieux pour eux qu’ils ne s’éternisent pas ici. »

D’après Tara, la procédure d’exfiltration des enfants suivaient son cours. Le LEXIT étaient en attente de faux-papiers complémentaires pour leur faire passer la douane magique.

« On pourrait peut-être se faire une petite sortie tous ensemble, au beau jour, si ça vous dit. »

Le temps que Jeremy et Juliet prennent leur décision…

hors jeu:
 


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« Tu sais que tu n’as pas le droit, Looping ! » renchérit Juliet en faisant les gros yeux au petit chiot, qui la regardait désormais avec de grands yeux tristes.

Elle tendit la main vers lui, et il se précipita vers elle. La jeune femme lui caressa gentiment la tête et bien vite le chiot se mit sur le dos, la regardant avec des yeux suppliant. Elle étouffa un petit rire et entreprit de lui gratter le ventre, tout en écoutant les propos de son ami.

« C’est vrai… » souffla-t-elle lorsqu’Irving se targua d’être le premier amour de son mari. A cette époque, elle était loin – très loin ! – d’imaginer qu’elle se marierait avec son meilleur ami, et encore moins qu’ils seraient parents si jeunes. Cette pensée lui tira un petit sourire ; sa vie n’avait peut-être pas pris la direction qu’elle l’espérait quand elle avait dix-sept ans, mais elle ne l’échangerait pour rien au monde. Son cœur se serra à la pensée de Jeremy ; il lui manquait. « Il murmure souvent ton prénom, dans ses rêves ! » le taquina-t-elle, les yeux pétillants de malice, avant de rajouter : « Entre ça et son combat de boue avec O’Connor, j’aurais peut-être dû me poser des questions… »

Parfois, la facilité de sa vie à Poudlard lui manquait – quand ses principales préoccupations étaient de savoir comment elle allait réussir à échapper à l’heure de colle que le professeur Adamson lui avait mise. Vivre dans le huis-clos qu’était l’école avait quelque chose de rassurant… Mais de terriblement frustrant, songea-t-elle toutefois. Elle avait emmené le meilleur Poudlard avec elle – Jeremy, Irving, Théo, Samaël, Olivia… Et avait laissé derrière elle tout ce qui lui avait posé problème.

La jeune femme écouta son ami avec intérêt lui parler des deux enfants qu’il hébergeait désormais chez lui. Elle comprit à son clin d’œil que la vérité était autre, mais respecta sa décision de ne rien dire – la discrétion était l’une de leur meilleure arme. Elle avait eu l’occasion de rencontrer Finn et Sybille plusieurs fois lorsqu’elle était venue avec Jeremy et Gabrielle rendre visiter à leurs amis. Elle avait apprécié les enfants – surtout Finn, qui en effet respirait la joie de vivre à la manière de Nora.

« Avec plaisir ! » répondit-elle à sa proposition. « Est-ce qu’on parviendrait à te faire monter sur un balai auprès des sportifs m’as-tu-vu pour une petite partie de Quidditch ? » questionna-t-elle avec un sourire innocent, se souvenant de l’agréable petit surnom qu’Irving avait donné à la majorité des joueurs de Quidditch.

Les deux amis restèrent un moment sur la terrasse, profitant du soleil qui réchauffait doucement l’atmosphère. Looping, couché au milieu d’eux, se relevait parfois pour aller poursuivre un papillon ou une abeille, sous le regard désespéré de deux adultes. Savourant une seconde part de tarte à la mélasse, Juliet poussa un profond soupir, apaisée par le moment qu’elle venait de passer avec celui qu’elle considérait depuis longtemps comme son frère de cœur. Que ce soit dans un vieil hangar à balais à côté du stade de Quidditch, une salle de répétition insonorisée, un couloir sombre ou en pleine campagne, ils avaient toujours su trouver les mots justes pour se parler… Et pour se charrier.

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Walking the wire [Irving et Juliet]

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