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 Chick habit [Ignacio]

Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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17 Avril 2010

Isobel jeta un nouveau coup d’œil impatient à sa monte et poussa un soupir, comme si cela allait résoudre son problème. Roy et elle avaient convenu d'aller dîner et elle devait passer aux Folies vers vingt-heures. Il était vingt-heures trente et elle ne l'avait toujours pas aperçu. Elle voulait bien croire qu'il avait des choses importantes à faire - tuer des gens, être un mafieux, fumer des joints - mais quand même : elle n'aimait pas tellement le retard (et il le savait) ou qu'on lui pose un lapin (elle le tuerait). En plus, elle avait choisi des chaussures qui n'étaient pas tellement faites pour marcher (mais qui étaient quand même bien trop belles pour qu'elle y résiste et qui allaient quand même bien trop avec son élégante robe noire). Pour se donner une contenance, Isobel sortit son PearOne de sa pochette et fit défiler InstaMagic, où son amie Jessica avait posté cinq photos consécutives de ses préparatifs de mariage. Elle passa dans les messages pour souhaiter une bonne soirée à Abel et claqua le petit instrument d'une main avant de le ranger. Vingt-heures trente-deux. Impatiente, elle se leva d'un bond de son siège et se dirigea vers le bar. Il y avait du monde à cette heure-là mais elle se dégota tout de même un tabouret.

Ignacio tenait le bar et elle l'observa quelques minutes servir les clients, attendant qu'il la remarque. Elle avait été surprise de le voir la première fois aux Folies, parce que ce n'était pas ici qu'elle l'avait connu. Avant, il travaillait à Oxford, dans ce petit bar branché qui n'était pas très loin de chez elle. Elle avait très vite remarqué deux choses : un, ses yeux, Seigneur, et deux, son accent américain. Et trois, ses épaules, elle devait l'avouer. Alors forcément, un bel américain aux jolies épaules, elle s'était sentie obligée de s'approcher, c'était anti-elle sinon. Et même s'ils n'avaient pas des personnalités très compatibles et bien... Il était très agréable à regarder. Et ils n'avaient pas besoin de parler pour certaines choses. Cela avait été une nuit plutôt agréable mais comme Isobel préférait les expériences uniques... Ils s'étaient revus plus tard, quand il avait été engagé aux Folies Sorcières. Depuis, ils papotaient un peu, elle devait l'avouer : c'était agréable de parler avec des américains. Ils n'avaient pas cet étrange accent anglais, eux. Elle lui adressa un sourire lorsqu'il s'approcha d'elle.

- Hey. Un bourbon, s'il te plaît. Sur la note de Roy.

Et son meilleur ami n'avait pas intérêt à râler.



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Ignacio WalkerAlexandre Benallaavatar
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Ignacio avait commencé son service une heure auparavant, mais ne quitterait pas les Folies Sorcières avant le lendemain matin. Maintenant qu'il en avait l'habitude, les longues nuits comme celles-ci ne le dérangeaient plus, et il était souvent tellement occupé qu'il ne voyait même pas le temps passer. Il appréciait son travail de barman, persuadé qu'il s'agissait, en plus, de la couverture parfaite pour sa double-vie. Derrière son comptoir, il pouvait prêter attention aux conversations de ses clients, les écouter à leur insu. C'était impressionnant comme la majorité d'entre-eux avaient la langue pendue, oubliant complètement l'homme de l'autre côté du bar, un chiffon à la main, et l'oreille bien tendue.

Le barman versa le contenu de son shaker dans deux beaux verres à cocktails et les fit glisser vers deux jeunes femmes qui attendaient patiemment leur commande. L'une d'entre elle lui renvoya un sourire éclatant, auquel il répondit par un clin d’œil.
"Vous êtes là toute la soirée ?" demanda-t-elle avec un air provocateur.
"Je ne quitte pas ce bar avant demain matin." confirma-t-il.
"A toute à l'heure, alors." lança-t-elle en s'éloignant, son Mojitroll à la main, suivie de son amie.
Ignacio était bien conscient que son physique plaisait aux femmes, et il mentirait s'il disait qu'il n'aimait pas cela. Les jeux de séduction étaient vieux comme le monde, et il s'y prêtait volontiers. Et puis, si cela pouvait inciter à la consommation lorsqu'il était aux Folies, c'était encore mieux.

Ignacio déposait déjà un verre de vin des Elfes devant une femme âgé d'une cinquantaine d'années, lorsqu'il repéra Isobel, perchée sur un tabouret. Il lui renvoya son sourire, et se pencha pour attraper un verre, avant de saisir la bouteille de bourbon pour le remplir. Isobel et lui s'étaient rencontrés lorsqu'il travaillait encore dans le bar à Oxford. Il n'avait pas pu s'empêcher de remarquer la beauté foudroyante de l'américaine, et, une chose en entraînant une autre, ils avaient fini par passer la nuit ensemble. Ils s'étaient revus quelques mois plus tard, lorsque Ignacio avait pris son poste aux Folies Sorcières. Cependant, le barman avait bien vite remarqué sa proximité avec Roy Calder, et le message était très vite passé : il n'était plus question de partager un autre moment intime avec Isobel. Ignacio était bien conscient des règles qui régnaient dans les milieux masculins, et encore plus dans les gangs - il avait, à vrai dire, appliqué les mêmes dans le sien, à New York - on n'empiétait pas sur les territoires des autres. Toutefois, il était toujours content de pouvoir discuter avec l'américaine, heureux d'entendre enfin un accent de "chez-lui".

"Noté !" fit-il en agitant sa baguette, ce qui lui permis d'inscrire le montant de la boisson sur un papier déjà bien rempli.

Il fut interpellé pour préparer un Spell on the beach, qu'il commença en reportant son attention sur Isobel.

"Comment ça va ?" interrogea-t-il. "Si tu attends Roy, il ne devrait plus trop tarder, je crois qu'il est monté dans son bureau il y a une petite heure." l'informa-t-il en agitant son shaker.


Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Isobel constata avec satisfaction que Ignacio n'avait pas contesté le fait qu'elle boive sur la note de Roy - il aurait largement pu - et lui adressa un sourire en coin. Boire gratuitement était l'un de ses loisirs préféré, tiens. Un peu comme sa mère, bizarrement.

- Merci, lança-t-elle en refermant ses doigts fins sur son verre. Le liquide ambré était âcre et brillait sous les lumières du bar. Elle en prit une première gorgée qui lui brûla un peu la gorge avant de le reposer, faisant glisser la boisson le long des parois du verre pour occuper sa main. Parfaitement, répondit-elle quand il s'enquit de sa forme. Et toi ?

Elle le voyait régulièrement parce qu'elle venait beaucoup mais ne prenait pas toujours le temps de discuter, occupée par ses amis plus proches comme Roy ou Sofya ou bien les plaisanteries de Toni. Pourtant, c'était agréable de parler avec un compatriote, même si c'était un yankee. Elle cala son menton dans sa main quand il lança que Roy ne devrait pas tarder et eut un sourire amusé.

- Ça se voit tant que ça que je me fais poser un lapin ? Tant pis, je commanderai un verre sur sa note toutes les dix minutes de retard, ça sera ma tournée !



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Ignacio WalkerAlexandre Benallaavatar
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« Très bien. » affirma Ignacio lorsqu’Isobel s’enquit de son état. Ignacio allait rarement mal, et ne le montrait jamais. Déjà, car on l’avait élevé en lui inculquant qu’un homme ne devait jamais montrer ses états d’âme, sous peine d’être qualifié de faible, et que ce principe restait ancré en lui. Ignacio, lui, voulait être fort, il voulait être brave. Ensuite, car le barman était le type de personne à compartimenter ses sentiments et les pans de son existence, et qu’il n’en révélait que très peu à ceux qu’ils croisaient. C’était une manière de se protéger et de protéger les siens, mais également car se confier le rendait vulnérable, à la merci de l’autre – une sensation qu’il haïssait par-dessus tout.

Rajoutant une paille et un agitateur dans son Spell on the Beach, le barman le posa devant sa cliente, qui le remercia d’un sourire avant de retourner à sa table. L’affluence étant passée, Ignacio enchanta une éponge pour nettoyer le bar, et reporta son attention sur Isobel. Il la voyait souvent aux Folies Sorcières, en compagnie de Sofya ou de Roy, et se plaisait à échanger quelques mots avec elle lorsqu’il en avait l’occasion. Il appréciait son franc-parler et sa verve. Son accent américain (même s’il ne valait pas un bel accent new-yorkais) compensait un peu son mal du pays.

« Tu ne te fais pas poser un lapin. » corrigea Ignacio. « Tu es seulement arrivée en avance pour pouvoir profiter de boire gratuitement aux frais du patron. » Il jeta un coup d’œil amusé à l’ardoise de Roy, bien remplie. D’autres clients réguliers, ceux qui étaient dignes de confance, avaient leur propre ardoise, sur lesquels ils notaient leurs consommations et surtout celles de leurs invités. « Ton prochain verre arrive dans… 7 minutes, alors. » l’informa-t-il après avoir consulté sa montre, un petit sourire amusé aux lèvres.

Le barman releva les yeux vers la salle. La table 10 – la plus bruyante – riait à gorge déployée. Un verre de mojitroll était renversé sur la table, et les yeux vitreux des clients expliquaient parfaitement l’état de leur table. Le reste de la salle était encore plutôt calme – la soirée venait à peine de commencer pour la plupart des clients, qui sirotaient leurs verres tranquillement. Le barman se saisit d’un torchon pour sécher un verre de Gobière, savourant sa brève tranquillité.

« Les Etats-Unis ne te manquent pas trop ? » questionna alors Ignacio, en posant un regard interrogateur sur la femme, curieux de connaître son ressenti en tant qu’expatriée. Son propre départ de New-York avait été si rapide qu’il avait encore parfois du mal à se sentir parfaitement détaché de son ancienne patrie. Bien sûr, il s’épanouissait en Angleterre – qui avait, certes, quelques qualités. Mais, de son point de vue objectif, rien ne valait les Etats-Unis, et il ne se voyait pas faire toute sa vie en Europe.


Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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- Exactement ! s'exclama Isobel en soulevant légèrement son verre lorsque Ignacio rétorqua qu'elle ne se faisait pas poser un lapin.

Tout était une question de point de vue, après tout. Boire gratuitement n'était jamais désagréable même si elle voyait déjà son ami râler parce qu'elle s'était confortablement installée sur sa note. Tant pis. Elle n'était pas le genre de femme qu'on oubliait !

- Rappelle-le moi alors, souffla-t-elle avec malice et un léger sourire en coin.

Elle comptait bien avoir son deuxième verre dans sept minutes, même si elle ne comptait pas finir cette soirée dans un mauvais état. Elle offrirait le troisième à un illustre inconnu. Le bourbon lui brûla légèrement la gorge, comme à son habitude, et elle fit de nouveau tourner le liquide ambré dans son verre. Elle promena paresseusement ses yeux noirs sur la salle remplie et animée. Elle avait entendu Roy râler plusieurs fois sur la fréquentation des Folies mais c'était plutôt bien, à ses yeux. Même si c'était surtout des habitués, elle reconnaissait plusieurs visages. Sa pochette en cuir, posée sur le comptoir, vibra et Isobel ouvrit son PearOne pour lire le message de Jack, qui lui demandait si elle était partante pour un week-end dans les Hamptons dans la maison de son grand-père, avec tout le petit gang. Elle était en train de répondre qu'elle ne savait pas trop (elle n'avait toujours pas envie de voir Madison) quand la voix d'Ignacio lui fit relever la tête.

- Hum ? Prise un peu au dépourvu par la question, elle posa le petit appareil brillant sur le bar. Et bien... J'y retourne régulièrement, donc ça va. Ma vie est beaucoup ici, j'y ai beaucoup d'amis, mon travail... Disons que des fois, je me sens un peu expatriée, oui, mais ça va.

Elle avait construit sa vie au Royaume-Uni, depuis longtemps. Elle n'avait même pas l'intention de repartir aux États-Unis pour l'instant, tous ses repères étaient ici, même Abel, qui faisait sans cesse des allers et retours mais vivait ici. Curieuse, elle se pencha légèrement vers Ignacio, glissant une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Tu te sens nostalgique ce soir ?



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Ignacio WalkerAlexandre Benallaavatar
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Ignacio médita un instant la réponse d’Isobel. Toute sa vie était ici, ses repères également. Quand était-il de lui ? Evidemment, une part de sa vie était en Angleterre ; il avait trouvé sa place au sein des Veilleurs et plaisait aux Folies Sorcières. L’Europe avait quelques avantages, il ne le niait pas. De plus, la situation politique actuelle était tout à fait appréciable pour les activités qu’il menait. Pour autant, il se sentait toujours aussi américain et toujours aussi attaché son pays d’enfance. Sa famille vivait là-bas – sa famille de sang, mais surtout sa famille de cœur. Souvent, il se sentait nostalgique des moments qu’il avait passé à New York, lorsque son gang prospérait. Il avait alors l’impression d’être le maître du monde, et d’avoir la vie devant lui. Qu’importe les obstacles qui se dressaient sur son passage ; il saurait toujours y faire face – tout semblait toujours lui sourire.

Et puis, il y avait eu la mort d’Erin, assassiné par l’un de leur rival. Ignacio revoyait encore son visage, figé dans une expression de douleur pour l’éternité. Il revoyait son père la secouer en hurlant et sa mère, figée et encore plus livide que la mort elle-même. Ce jour-là, tout avait changé, et une part de lui-même s’était brisée. Parfois, quand il prenait la vie d’un homme, il revoyait encore le visage de sa filleule – mais les morts de mille hommes ne pourraient même pas compenser un centième du deuil de la petite fille.

Il n’avait pas remis les pieds aux Etats-Unis depuis qu’il avait fui son pays, alors que sa tête était mise à prix. A plusieurs reprises, il y avait songé – un jour, il avait même failli le faire. A chaque fois, cependant, les paroles de Nick lui revenaient en mémoire « Mort, tu ne serviras plus à rien. » A New-York, le sang réclamait le sang, et il était trop tôt pour espérer que cette dette soit oubliée.

« Un peu. » répondit Ignacio lorsqu’Isobel lui demanda s’il se sentait nostalgique. « J’ai toujours vécu aux Etats-Unis, et New-York est ma maison depuis des années. » il haussa les épaules. « J’ai dû quitter le pays du jour au lendemain et j’ai atterri ici parce que ma double nationalité m’ouvrait cette porte, mais sinon, je ne pense pas que je serai parti. » Il balaya rapidement la salle du regard, comme pour s’assurer que tout se passait bien, et poursuivit. « Enfin, l’Angleterre n’a pas que de mauvais côté, loin de là. » Il avait appris, au fur et à mesure que le temps passait, à apprécier ce pays d’adoption. Sauf la nourriture. Merlin, la nourriture anglaise était aussi étrange que leur accent.

Le barman laissa passer quelques secondes de silence, plongé dans ses propres pensées.

« Tu viens de Louisiane, c’est ça ? Mon père a passé des années à la Nouvelle-Orléans, quand j’étais plus jeune. » commenta-t-il distraitement, en essuyant un verre à Gobière.



Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Isobel regarda Ignacio avec intérêt lorsque ce dernier concéda qu'il se sentait un peu nostalgique de leur pays natal. En soi, il y avait de quoi : la vie ici et la vie en Amérique était très différente, surtout à New-York. Les sorciers étaient complètement mêlés aux moldus, la ville était trépidante, unique en son genre. Elle aimait Londres mais les deux étaient incomparables. Son compatriote ne semblait pas avoir fait le deuil de ce qu'il nommait sa maison et elle lui adressa un sourire un peu compatissant. Elle avait connu ça. Pas avec New-York parce qu'elle avait eu envie de voyager mais quand elle était jeune et qu'elle avait quitté la Nouvelle-Orléans, elle s'était sentie souvent nostalgique. Elle avait fini par s'y faire, en se concentrant sur les mauvais côtés de sa vie d'avant. Mais c'était différent, elle avait choisi de partir... Ce n'était pas le cas d'Ignacio, apparemment. Curieuse, Isy ne résista pas à l'envie de sonder rapidement son aura mais elle n'y trouva rien de probant : il surveillait juste la salle, était un peu fatigué.

- Tu as dû fuir ? interrogea-t-elle. J'ai le droit d'en savoir plus ou bien cela fait partie du grand mystère d'Ignacio Walker ? lança-t-elle avec un petit sourire mutin.

Ils n'avaient jamais vraiment discuté de sujets profonds, même quand ils s'étaient rencontrés la première fois. Surtout quand ils s'étaient rencontrés la première fois, d'ailleurs. Ils étaient attirés par d'autres choses que converser. Mais maintenant, elle se montrait curieuse. Qu'est-ce qui pouvait pousser un homme comme lui à fuir son pays ? Des histoires de mafia, peut-être. C'était même probable. Elle venait de reprendre une gorgée de bourbon lorsque la question de son compatriote la fit reposer doucement son verre sur le rond de carton qui protégeait le bar.

- Ça s'entend tant que ça ?

Elle avait un accent de la Nouvelle-Orléans, atténué mais encore un peu présent. Elle pouvait parfois faire un peu tâche parmi ses collègues si british. La mention du père d'Ignacio lui fit hausser un sourcil. Tiens donc. C'était assez rare en soi, sa ville natale était une communauté assez fermée, trop fermée peut-être. Les covens régnaient sur le Carré Français, les loups-garous sur le bayou, les vampires sur la ville moderne. Ils s'entendaient harmonieusement mais ce bel équilibre était assez rarement perturbé par des gens de passage : à la Nouvelle-Orléans, on y restait. Si Walker senior y avait vécu, c'est qu'il avait quelques accointances avec les sorcières, pour qu'elle le tolère au Carré. Les vampires étaient moins sympas en règle générale.

- Vraiment ? Surprenant. Qu'est-ce qu'il y faisait ?



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Ignacio WalkerAlexandre Benallaavatar
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Le barman eut un sourire amusé lorsqu’Isobel mentionna le « grand mystère d’Ignacio Walker. » Il était arrivé aux Folies Sorcières du jour au lendemain, avec un accent américain prononcé et un passé mystérieux. Il n’avait pas trouvé utile de partager son histoire avec quiconque – d’abord, parce qu’aux yeux de la plupart des membres des Veilleurs, son rôle était insignifiant. Ensuite, car il faisait preuve d’une prudence extrême lorsqu’il mentionnait son ancienne vie et les raisons qui l’avaient poussé à fuir New-York. Evidemment, il était peu probable qu’un membre du gang rival à celui d’Ignacio l’ait retrouvé en Angleterre – mais, en cas de doute, il valait mieux parfois se taire.

« Oui. Disons que je ne donnais pas cher de ma peau, là-bas. » expliqua-t-il toutefois, sans s’étendre sur les détails sanglants de son départ.

Un bar n’était pas le meilleur endroit pour les confidences, et de cela Ignacio n’en était que trop conscient. Il avait surpris tant de conversations, bien à l’abri derrière son comptoir en bois massif ! Les oreilles indiscrètes pouvaient trainer partout. Pour  ces raisons, il préféra guider le sujet sur un terrain plus neutre, à savoir les origines d’Isobel.

« J’ai connu quelqu’un qui venait de là-bas. Je reconnaîtrai l’accent entre milles. » justifia-t-il en haussant les épaules.

L’accent d’Isobel n’était certes pas prononcé, mais il détonnait particulièrement aux oreilles d’Ignacio au milieu de tous ces accents britishs. Et puis, cela pouvait se deviner aussi à la couleur de sa peau, à ses yeux sombres et à ses cheveux d’un noir jais.

« Il y étudiait la magie. Mon père est historien, spécialisé dans les magies ancestrales, la magie élémentaire… » précisa-t-il sans pouvoir s’empêcher de ressentir une pointe de fierté.

Son père avait voyagé pendant de nombreuses années de sa vie – majoritairement avant la naissance de son fils. Son travail sur la magie l’obsédait ; il avait envie de comprendre pourquoi, et comment, certains sorciers avaient besoin d’utiliser une baguette, quand chez d’autres la magie était presque instinctive. Il aimait étudier l’histoire d’une magie, ses applications, sa complexité. Quand Ignacio était petit, son père passait des heures et des heures à lui conter des histoires tirées de ses aventures aux quatre coins de la planètes. Le jeune garçon adorait ça et les écoutait avec un respect quasi-religieux, des étoiles pleins les yeux.

« Il a vécu parmi les sorcières pendant quelques années. Je pense qu’il y est resté par plaisir, même à la fin de son travail de recherche. Il m’a toujours vanté la Nouvelle-Orléans et son hospitalité. » commenta Ignacio en reposant le verre à Gobière, maintenant sec. « Ses travaux m’ont toujours intéressé. » avoua Ignacio. Même s’il n’avait jamais eu l’âme d’un étudiant modèle, il avait lu avec un intérêt non-feint les nombreux livres de son père. « La magie pratiquée en Louisiane est fascinante. » lança-t-il ensuite, songeur, en saisissant un autre verre à sécher.

Ignacio avait quelques notions en magie élémentaire, qu’il avait acquis auprès de son père dans ses plus jeunes années. S’il ne parvenait pas toujours à trouver le temps d’approfondir ses connaissances, il essayait toutefois de pratiquer le plus possible pour ne pas perdre ses bases. Il était loin d’avoir les connaissances et la puissance nécessaire pour en faire quoique ce soit, mais il se plaisait à penser qu’un jour, avec beaucoup de patience, d’effort, et de pratique, il serait peut-être capable de se passer de baguette.


Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Définitivement des histoires de gang, songea Isobel lorsque Ignacio confirma qu'il avait dû fuir pour sauver sa peau. Elle ne comptait pas insister, néanmoins. Tous les gens qui fréquentaient la Voie des Miracles - et elle s'incluait dedans - avaient des secrets et aucun d'entre eux n'avait envie qu'ils se sachent. C'était rarement glorieux et toujours illégal. D'ailleurs c'était pour cela qu'elle était moyennement ravie qu'il sache qu'elle venait de Lousiane. Enfin, à la rigueur, l'État, cela allait. C'était grand, il y avait plusieurs villes, notamment Bâton-Rouge ou Lafayette qui étaient tout à fait normales malgré la présence de covens vaudou : des nombreux sorciers occidentaux y vivaient. Mais la Nouvelle-Orléans, c'était autre chose et elle n'avait jamais vraiment réussi chasser cette petite inflexion sur ses mots qui trahissait sa ville natale aux oreillers aiguisées. Ignacio connaissait visiblement d'autres habitants... Curieuse - c'était peut-être une cousine - elle se pencha un peu vers lui.

- Ah oui ? Une femme ?

Ou bien un trafiquant, tiens. Elle avait quelques cousins qui travaillaient dans les docks, pas toujours légalement, profitant de l'ouverture de choix du port vers le Golfe du Mexique. Même son cousin germain Antoine, qui avait une ferme dans le bayou, élevait illégalement des Cerbères qu'il revendait sur le marché noir.

Elle écouta avec curiosité la mention de son père, un historien qui étudiait la magie, notamment ancestrale. Il avait dû être servi à la Nouvelle-Orléans : toutes leurs pratiques étaient anciennes, descendaient de très vieilles coutumes transmises de générations en générations. C'était très différent de ce qu'ils nommaient la magie occidentale, plus particulièrement européenne : la baguette magique était la principale différence, ils s'en servaient très peu chez eux. C'était une aide pour certains sorts, un canaliseur, une béquille presque. Mais la plupart de leurs sorts s'en passaient. Elle avait dû apprendre à s'en servir et elle l'oubliait régulièrement chez elle, d'ailleurs. Ce n'était pas naturel.

C'était presque surprenant que le père d'Ignacio ait vécu plusieurs années au Carré Français, la plupart des gens avaient du mal à vraiment trouver leur place, s'ils n'avaient pas de liens au sein du quartier. Ils vivaient en famille, étaient tous au moins cousins par alliance, les loups-garous arrivaient souvent d'ailleurs mais trouvaient dans les autres lycanthropes une famille, tout comme les vampires. Tout le monde se connaissait au Carré, se fréquentait, passait ses soirées au Chaudron. En même temps, c'était petit, une quinzaine de rues seulement... C'était un vase clos. Mais ils étaient des gens du sud, réputés pour leur hospitalité : ils accueillaient tous les sorciers qui venaient avec respect, fiers de montrer qu'ils étaient un peuple ancien et puissant, loin des clichés de "consanguinité, pauvreté et poulet décapité" qu'on pouvait leur prêter.

- Je ne l'ai pas connu mais il a dû connaître des membres de famille... Pitié, pas sa mère. C'est un petit endroit. Elle se demandait si Ignacio savait qu'elle était une sorcière vaudou. Sûrement, du coup, mais à quel point ? Se doutait-il qu'elle pratiquait encore ? Ou pensait-il qu'elle était une simple descendante ? Oui, fascinante... répondit-elle en le fixant de ses yeux noirs. Elle scindait son aura, comme pour s'assurer qu'elle n'avait rien à craindre. C'est une magie très puissante, ajouta-t-elle, comme pour le dissuader de faire n'importe quoi avec elle. Souvent sous-estimée. À tort...



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Ignacio WalkerAlexandre Benallaavatar
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« Non, un homme. » expliqua Ignacio. « Il faisait souvent les allers-retours entre la Louisiane et la côte est. » ajouta-t-il.

Paul était un trafiquant avec qui il avait fait affaire plus d’une fois. C’était un homme fort, imposant, qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Avec lui, les négociations se passaient toujours selon un protocole qu’il fallait respecter scrupuleusement, sous peine de se voir refuser la demande avant même de l’avoir formulé. Son accent était encore plus prononcé que celui d’Isobel et s’accentuait encore plus lorsqu’il se mettait en colère – Ignacio en avait été témoin deux fois dans sa vie, et il se sentait chanceux d’être encore en vie pour en parler. Le barman avait appris à l’apprécier, car, malgré tout, Paul était un homme de parole, qui mettait un point d’honneur à tenir ses promesses.

« Sûrement. » lança Ignacio lorsque l’américaine mentionna que son père devait connaître certains membres de sa famille.

L’historien n’avait jamais donné le nom des personnes qu’il avait rencontré à son fils – et, à vrai dire, ce dernier n’en avait cure. Il était bien plus intéressé par les expériences, les magies qu’il avait découvert, les récits des rituels. « C’est vrai papa, tu as déjà rencontré un vampire ? » s’exclamait Ignacio à sept ans, le visage illuminé l’excitation. Alors son père lui racontait, lui mimait le grand vampire en levant très haut les bras et en montrant les dents. En grandissant, ces récits devenaient moins édulcorés et Ignacio avait compris que lire les ouvrages de son père lui apporterait bien plus de détails. Aujourd’hui, son père avait cessé de voyager et occupait un poste important à New-York. Il était également conférencier et se déplaçait souvent à Salem et dans les autres universités du pays. Il semblait satisfait par sa nouvelle vie, mais le barman était persuadé que les aventures qu’il avait vécu dans sa jeunesse lui manquaient ; il suffisait de voir le ton nostalgique qu’il employait pour en parler.

« En effet. » répondit prudemment Ignacio en reposant le verre qu’il avait entre les mains. Il baissa les yeux vers Isobel, qui parlait de la magie pratiquée en Louisiane avec un ton solennel, presque menaçant à son encontre. Il la détailla du regard, cherchant à sonder si elle pratiquait elle-même la magie vaudoue. Il savait que les femmes étaient formées pour cela, que les secrets se passaient de mère et fille depuis des générations. Les sorcières étaient puissantes ; son père ne lui avait que trop répété. « Ignacio. » lui disait-il en lui faisant les gros yeux et en fronçant ses gros sourcils broussailleux lorsqu’il avait fait une bêtise. « Si tu continues, je vais appeler les sorcières et leur demander de te maudire sur une décennie. » grommelait-il. Le barman avait peut-être grandi, mais son père était resté formel : le meilleur moyen de rester en vie dans ce monde était de rester en bons termes avec les sorcières de Louisiane. « Et il ne me viendrait pas à l’esprit de sous-estimer cette magie… Ou n’importe quelle autre, d’ailleurs. » poursuivit-il comme si de rien n’était. Son regard qui s’attardait un peu trop sur les grands yeux sombres d’Isobel en disait pourtant long sur sa réflexion. Il décida cependant de ne pas la questionner directement. « La magie africaine est également très intéressante. Finalement, l’utilisation de la baguette est quelque chose de très occidental. » commenta-t-il en tâtant de sa main sa poche où il rangeait la sienne. « Mon père a appris la magie élémentaire là-bas. En Louisiane aussi, un peu. Il m’a enseigné les bases, mais je ne peux pas dire que j’y excelle, je manque cruellement de pratique. » avoua-t-il en rangeant distraitement ses ustensiles à cocktails dans la boîte dédiée pour ça.


Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Un homme qui faisait des allers-retours entre la Louisiane et la côte Est pour rencontrer un homme comme Ignacio, qui travaillait maintenant pour les Veilleurs et avait fui New-York pour sauver sa vie : pas besoin de lire les auras pour comprendre ce qu'il en était. Ce n'était pas surprenant en soi : la Nouvelle-Orléans était l'une des seules villes aux USA qui n'étaient pas surveillées directement par le MACUSA, en raison de vieux accords qui étaient renforcés régulièrement par les lobbys. Il y avait pas mal de petits trafics sous le manteau, même si les sorcières s'efforçaient de rendre cela le plus discret possible. Il ne faudrait pas donner de raisons au gouvernement d'intervenir, après tout...

En tout cas, le fait que Ignacio soit tant renseigné sur la Nouvelle-Orléans n'était pas pour la rassurer. Il y avait pas mal de choses que Isobel aimait cacher, notamment le fait qu'elle soit une sorcière vaudou (puisque c'était injustement considéré ici comme de la magie noire). Elle avait très bien réussi jusque là, parce qu'elle était loin de chez elle, parce que les sorciers occidentaux connaissaient rarement les véritables détails de ce qui se passait en Louisiane, mais ce n'était pas le cas d'Ignacio, qui semblait plutôt à l'aise sur le sujet. Sur le principe, il n'y avait pas de raison qu'il coure à la Milice pour la dénoncer mais elle préférait faire attention. S'il lui causait des problèmes, elle pourrait le faire aussi... Beaucoup l'ignoraient mais l’ascension de Roy au pouvoir n'avait pas été réalisée qu'avec du cran et des machinations. Il avait reçu un petit coup de pouce magique... Isy se promit de parler à son meilleur ami de son barman, un tantinet trop savant à son goût.

Ignacio soutenait son regard, sans pour autant être provoquant. Il lui semblait qu'il avait bien perçu le léger avertissement dans ses mots, comme pour le prévenir de ne pas aller trop loin. Il avait bien raison de ne pas sous-estimer cette magie et celles qui pratiquaient : cela serait une grave erreur, que beaucoup d'hommes avaient fait avant. Isy plongea ses yeux noirs dans les siens, sa main légèrement crispée sur son verre.

- Tu fais bien, murmura-t-elle simplement.

Et comme pour échapper à une pente glissante, il embraya sur la magie africaine et la magie élémentaire, s'éloignant un peu du vaudou. Isobel prit une gorgée d'alcool pour calmer un peu ses nerfs.

- Effectivement, confirma-t-elle lorsqu'il glissa que la baguette était typiquement occidentale. Il lui semblait que les asiatiques s'en servaient aussi, peut-être, elle avait l'impression d'avoir lu ça quelque part. Pour elle en tout cas, c'était vrai : les sorcières vaudou utilisaient la baguette pour de rares enchantements complexes, au quotidien, elle ne faisait pas grand-chose avec. Mais cela serait louche qu'elle ne la porte pas alors elle était quasiment toujours dans son sac à main. Sa magie glissait par ses doigts naturellement, on lui avait appris ainsi. Quant à la magie élémentaire, c'était l'un des sept domaines du vaudou et celui là, elle le tenait très bien. L'idée de voir Ignacio pratiquer lui tira un petit rire. Ah oui, tu y as un peu touché ? Moi qui croyait que les hommes ne juraient que par leurs baguettes et en étaient incapables...



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Ignacio fit mine de ne pas remarquer l’anxiété d’Isobel, qui sembla avaler une gorgée d’alcool pour se donner contenance. Il se fichait bien de la magie qu’elle pratiquait – à vrai dire, il n’avait pas vraiment envie de fouiner dans ses affaires ; question de survie, et de discrétion. Ignacio était adepte de la magie noire, mais ne mourrait pas non plus d’envie que tous les clients des Folies Sorcières soient au courant – encore moins la milice anglaise. Roy, bien sûr, était au courant de ses capacités magiques, ainsi que Solal – elles étaient bien pratiques lorsqu’on lui confiait une mission.

Respectant le silence de sa compatriote, Ignacio posa un regard tranquille sur la salle qui se remplissait au fur et à mesure que la soirée avançait. D’un mouvement de baguette, il débarrassa une table inoccupée et fit voler la vaisselle jusqu’à un grand bac dans l’arrière salle, où des éponges enchantées s’attaquèrent à faire disparaître toute trace des verres.

Son changement de sujet parvint visiblement à dérider Isobel, qui n’hésita pas à le chambrer. Devant une telle pique, Ignacio haussa les sourcils, un sourire en coin.

« C’est cliché, miss Lavespère. » contra-t-il en employant le mot français. Il secoua la tête, avant d’ajouter avec malice : « On peut parfaitement exceller dans les deux cas de figure. »

Il eut un rire et rangea son comptoir en quelques mouvements de baguette magique. Puis, il reposa son regard sur la sorcière américaine.

« Oui, un peu. » finit-il par répondre. « Mon père aimait bien m’apprendre ce qu’il avait découvert dans d’autres pays. Il disait qu’il fallait toujours garder l’esprit ouvert et que ce qui n’était pas commun chez nous l’était souvent chez les autres. » Ignacio haussa les épaules. « Petit, j’adorais ça. Même si je dois t’avouer que je préférais largement apprendre la magie élémentaire que la magie draconique… » La méditation et les prières envers les dragons n’étant alors pas sa tasse de thé.

« Mais c’est vrai que je ne suis pas brillant dans le domaine. » approuva-t-il toutefois. « Je manque de pratique, j’ai seulement appris les bases de la magie élémentaire, et je n’ai jamais eu l’occasion de m’entraîner réellement. » avoua-t-il. « Mon père m’expliquait que c’était une magie qui avait besoin d’être pratiquée régulièrement pour être entretenue. Selon lui, on nait tous avec une capacité à la pratiquer, mais comme on ne s’y exerce jamais… »

Ignacio voyait en la magie élémentaire un avantage non négligeable sur ses adversaires – l’obligation de devoir utiliser une baguette magique étant plutôt contraignante.

« Et puis la magie est tellement vaste… Ce serait idiot de se contenter de ce qu’on nous apprend à l’école. » conclut-il avec innocence, tout en songeant qu’il serait aussi idiot de se contenter de ce qui était défini comme étant « légal » par le gouvernement.

« Ah ! » fit-il après avoir jeté un coup d’œil à sa montre. « Les sept minutes se sont écoulées. Qu’est-ce que Roy t’offre comme second verre ? » questionna-t-il en posant sur Isobel un regard amusé.


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Isobel eut un sourire tout à fait innocent lorsque Ignacio l'accusa d'utiliser un odieux cliché. Elle le savait bien, en plus, puisque certains sorciers vaudous pratiquaient la magie élémentaire - mais ils étaient moins doués que les femmes - et beaucoup d'autres cultures qui s'en servaient ne discriminaient pas les hommes. C'était juste parce qu'elle savait que le barman était plutôt sexiste, elle avait déjà entendu quelques petites remarques, et elle se faisait un malin plaisir de prouver que... elle aussi. Dans l'autre sens. Mais quand bien même, Isy ne pensait pas qu'on pouvait exceller dans les deux magies, avec baguette et sans baguette. Elle excellait sans baguette et si elle se débrouillait avec, elle manquait d'expérience, c'était moins naturel. À ses yeux, les deux étaient presque opposés, difficilement conciliables. Soit on apprenait à canaliser sa magie avec ses mains, soit avec une baguette magique : difficile de combiner les deux avec la même perfection. Elle était une grande sorcière vaudou mais une sorcière occidentale banale, quand bien même elle avait pris ses cours du soir à la renommée Université Salem. Quoiqu'il en soit, c'était plutôt drôle que le père d'Ignacio ait pris le temps de lui apprendre une autre magie. C'était plutôt rare.

- La magie draconique ? s'étonna-t-elle.

Elle ne savait pas du tout ce que c'était. Dresser des dragons peut-être ? C'était un art étrange et elle n'en n'avait pas entendu parler chez elle mais en même temps, les dragons se faisaient plutôt rares en Amérique du Nord, seulement des espèces exportées et encore. Il y en avait en Amérique du Sud, peut-être.

- C'est ce que j'ai entendu dire aussi, répondit Isobel avec prudence - comme si elle ne pratiquait pas - il faut exercer sa magie à circuler par les mains, sans être canalisée. C'est une magie plus explosive, plus brute que les jolis sortilèges d'une baguette magique.

Si elle n'avait pas été si méfiante, elle aurait même pu lui faire une démonstration, elle sentait sa paume qui la picotait comme si une flamme allait y naître. De tous les éléments, le feu était son préféré, depuis toujours. Elle avait déjà mis le feu aux cheveux de sa cousine Denise à l'adolescence parce qu'elle était contrariée. Elle eut un sourire pour Ignacio qui affirmait que cela serait dommage de se contenter de ce qu'on apprenait à l'école - bien pour cela qu'elle avait appris deux magies - et termina son verre.

- Tu en connais d'autres, des magies ?

À part celle de faire apparaître des verres, évidemment. Il lui signala que les sept minutes étaient écoulées et elle soupira, se tournant légèrement sur son tabouret comme si son meilleur ami allait sortir de derrière un rideau. Il l'agaçait, avec ce retard. Elle détestait le retard, il le savait.

- Un cocktail sans alcool, pour l'instant. Je reprendrais un truc plus chargé s'il ne vient pas... Ou j'irais le chercher dans son bureau. Insupportable, non ?



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« Oui. » acquiesça Ignacio avec une grimace lorsqu’Isobel afficha sa surprise quand il mentionna la magie draconique. « C’est un culte très répandu en Asie – surtout en Mongolie, je crois, où le culte des dragons est très fort. La magie draconique consiste en des méditations, la plupart du temps, dans l’espoir de pouvoir entrer en communication avec un dragon. Les populations asiatiques croient en l’existence de plusieurs dragons ; ceux des éléments, ceux de l’Ordre et ceux du Chaos, les dragons protecteurs… Le Daraco– c’est le nom de la personne qui parvient à les contacter – passe par la méditation pour visualiser le dragon qu’il appelle. » Ignacio hésita sur le choix des mots à employer, n’étant pas spécialiste sur le sujet. « Les dragons se présentent comme des guides, délivrant sagesse et conseils pour la plupart d’entre eux. Les meilleurs Daracos peuvent utiliser le pouvoir des dragons et s’imprégner de leur magie pour lancer des sortilèges, qui sont visiblement très puissants. » Le barman haussa les épaules. « C’est une magie très complexe et très peu connue. Mon père a essayé de m’enseigner la méditation draconique mais… » il eut un petit sourire « Je n’ai jamais entendu le moindre dragon s’adresser à moi. »

Il était sûrement bien trop terre-à-terre pour que la méditation fonctionne avec lui. Il n’y avait jamais vraiment cru, en réalité. Ecoutant avec intérêt Isobel parler de la magie élémentaire, Ignacio resta songeur un instant. La magie élémentaire lui demandait une concentration extrême, et l’épuisait bien plus vite que s’il utilisait sa baguette magique.

« Oui… » souffla-t-il en regardant brièvement ses mains. « Je n’ai réussi à avoir un résultat qu’avec l’eau. » lui confia-t-il ensuite. « Et encore ! J’arrive seulement à en soulever une petite quantité dans les airs et à la faire bouger. » Cela l’amusait, parfois, de se prêter à l’exercice. « Vaguement. » répondit-il ensuite lorsqu’Isobel l’interrogea sur les autres magies qu’il connaissait. « Le chamanisme, un peu. La magie cérémonielle aussi, mais je n’ai jamais essayé de la pratiquer, j’en ai juste découvert les différentes théories dans des ouvrages. » Elle était aussi appelée la « Haute Magie », mais peu s’y risquaient à la pratiquer – on racontait que la plupart des sorciers à l’exercer étaient devenus fous. « Et toi ? » questionna-t-il simplement en l’interrogeant du regard.

Sur sa demande, il commença à préparer un cocktail sans alcool. D’un mouvement de baguette, il fit venir un grand verre à pied et plusieurs bouteilles. Avec habitude, il versa les quantités requises dans le verre, remua le liquide coloré, rajouta de la glace pilée ainsi que quelques fruits.

« Une Folie Douce ! » annonça-t-il en poussant le verre vers Isobel et en inscrivant d’un coup de baguette la consommation sur l’ardoise de Roy. Il préféra ne pas se prononcer sur le caractère « insupportable » du meilleur ami d’Isobel – qui était surtout son patron. « Je le préviendrai que tu es là avant que tu ne dilapides sa fortune en cocktail, promis. » lança-t-il avec un sourire.


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Isobel écouta avec un intérêt non-feint le petit cours improvisé d'Ignacio sur la magie draconique. C'était quelque chose dont elle n'avait jamais entendu parler mais ce n'était pas tellement étonnant. Les pratiquants de la magie vaudou étaient rarement tournés vers d'autres magies, c'était déjà complexe et prenant de manier la leur. Isobel faisait figure d'exception parmi ses cousines, avec son apprentissage de la magie occidentale. Elle trouvait les autres magies passionnantes, cela permettait de remettre en cause ses propres pratiques et enrichir ses sorts. Depuis qu'elle avait repris les expérimentations vaudou - suite à la mort de Bill Griggs - elle essayait de mêler magie occidentale, enseignée lors de ses cours du soir alors qu'elle préparait les examens d'entrée à Salem, et vaudou. Pour l'instant, cela ne donnait rien de bien concluant mais elle essayait.

- C'est fascinant, commenta-t-elle avec sincérité. Ça m'étonnerait que je puisse pratiquer parce que je crains en yoga - oui, c'était une forme de méditation, non ? -mais c'est fascinant. Et un peu terrifiant. Tu as déjà vu un dragon ?

Ce n'était pas son cas mais elle était curieuse. Si un jour l'occasion se présentait, elle ne se priverait pas : Isobel aimait les grosses bestioles. Cela datait de son enfance, sûrement, avec son oncle qui avait un élevage illégal de cerbères. C'était tellement mignon les cerbères, elle adorait cela, avec leurs petites oreilles mignonnes et leurs trois petites langues et leurs grosses pattes maladroites ! C'était un peu encombrant, sinon, elle en aurait presque eu un dans son appartement. En plus, les cerbères et les nécromanciennes s'entendaient trop bien.

Elle haussa un sourcil surpris lorsque Ignacio avoua qu'il avait eu un résultat de magie élémentaire avec l'eau. C'était déjà bien. Bon, c'est ce qu'on apprenait aux enfants de dix ans au coven mais... C'était bien. Pour un homme. Occidental. Mais au final, cela n'était pas tant surprenant que cela dans le CV de l'homme en face d'elle. Plutôt impressionnant, toutes ces magies.

- Et bah, souffla-t-elle. Je dois l'avouer, c'est impressionnant, ajouta Isy avec un sourire en coin.

Et elle ? Oh rien, elle était juste une prêtresse vaudou de talent et une pas trop mauvaise sorcière avec une baguette magique dans les mains. Mais elle n'allait pas trop s'en vanter auprès d'Ignacio, elle restait un peu méfiante et surtout, on ne savait jamais qui pouvait écouter en douce. Pour autant, elle avait envie de mettre ses talents en avant - c'est comme ça, elle était un peu bêcheuse, Isobel - et de montrer un peu de magie élémentaire. Après tout, ce n'était pas un crime. Ce n'était pas encore interdit par les Aurors... Elle fixa Ignacio de ses yeux noirs quelques secondes avant de se décider. Elle se pencha pour saisir son sac et le posa sur le comptoir, pour cacher ses mains à la vue du reste de la salle. Elle était dans un coin, à côté du mur. Personne ne la verrait et surtout, personne ne faisait attention.

- Je ne m'en sors pas trop mal, en magie élémentaire.

Elle ouvrit sa paume pour y faire naître une bulle d'eau, avec aisance et comme si de rien n'était. Elle ne tarda néanmoins pas à la faire disparaître en refermant ses paumes entre elles, peu désireuse que quelqu'un l'aperçoive si elle paradait trop. Elle adressa un sourire malicieux à Ignacio qui commençait à lui préparer son nouveau cocktail, se retenant de lui dire qu'elle maîtrisait tout aussi bien les trois autres.

- Merci, souffla-t-elle en récupérant son verre. Il faudrait que j'y aille pour dilapider sa fortune, je m'évanouirai avant... Mais on a une réservation au restaurant, c'est pénible.



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"Une fois." acquiesça-t-il lorsque Isobel lui demanda s'il avait déjà vu un dragon. "Il y a une réserve dans le Texas." précisa-t-il.

Il ne mentionna toutefois pas qu'il avait six ans lorsqu'il s'y était rendu, accompagne de son père, et qu'il avait cru mourir de peur lorsqu'un dragon un peu plus féroce que les autres avait rué avant de cracher une longue gerbe de feu. Il y avait toujours deux versions aux histoires et Ignacio préférait raconter celle qui le mettait en valeur, plutôt que de présenter un visage de petit garçon terrifié à Isobel - question d'égo, hé.

Isobel, qui, selon ses dires, ne s'en sortait pas "trop mal" en magie élémentaire. La petite bulle d'eau qu'elle fit apparaître dans ses mains sans que cela ne lui prenne plus d'énergie que de cligner des yeux le laissa ébahi, mais surtout curieux des capacités de l'américaine. Quand il voulait pratiquer la magie élémentaire, Ignacio devait faire preuve d'une concentration à toute épreuve et d'une force mentale impressionnante, alors qu'il n'avait même plus besoin de réfléchir aux sorts qu'il utilisait quotidiennement. Parfois, la magie élémentaire le laissait épuisé, le coeur battant la chamade, lorsqu'il poussait l'exercice un peu trop loin. Isobel semblait, elle, bien loin de toutes ces considérations.

"Impressionnant." commenta-t-il simplement, l'ombre d'un sourire sur les lèvres.

Il se garda bien de se prêter à la même démonstration de magie - Ignacio était un homme prudent et même s'il avait relativement confiance en ses collègues Veilleurs, il préférait ne pas attirer les regards sur lui.

"Vous devriez y arriver à temps." indiqua-t-il en désignant du menton Roy, qui se dirigeait à grands pas vers eux.

Il salua sa compatriote d'un sourire, lui souhaita de passer une belle soirée, et se remit au travail sans attendre ; visiblement, on fêtait un enterrement de vie de garçon ce soir, et l'alcool devait y couler à flot.

[RP TERMINE]


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