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 On their mind (Virgil & Nelly)

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Nelly HorrocksDompteuse de vilains garçonsavatar
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20 Avril 2010 ; Villa des Horrocks



Un morceau de rock en fond sonore, Nelly astiquait la table de la cuisine en se déhanchant. Les enfants Horrocks avaient la maison pour eux seuls pendant quatre jours et en prévision d’une soirée entre amis, la jeune femme venait de préparer un fondant au chocolat et un gâteau au yaourt à présent dans le four. Une douce odeur sucrée se répandait dans la maison et lui donnait déjà l’eau à la bouche. Les pâtisseries, les sucreries… quelles belles inventions ! Si seulement l’organisme humain pouvait se satisfaire d’un régime alimentaire uniquement composé de gâteaux ! songea-t-elle en se postant face au four pour regarder la pâte gonflée.

« Ça sert à rien de les regarder, ils vont pas cuire plus vite... »

Mickaël, casque sur la tête et avachi dans le grand canapé à la couleur criarde, avait levé les yeux de son téléphone pour observer sa sœur avec amusement.

« - Si seulement… J’ai envie de les manger tout de suite, souffla Nelly en sortant de sa contemplation pour s’affaler à son tour dans le sofa. Du coup, t’as invité qui toi ? demanda-t-elle en faisant rouler sa tête sur le dossier pour observer Mike. … Ronge pas tes ongles !
- Hum ? L’intéressé glissa son casque sur son cou, abandonnant par la même occasion ses ongles bien trop courts. Euh… Mia, Jonathan et Ethan, de Poudlard, précisa-t-il.
- De Poudlard ? Ça ira avec… les autres ?
Les autres amis de Mickaël étaient des moldus et Nelly ne tenait pas à ce qu’il se passe quoi que ce soit.
- T’inquiète, c’est un né-moldu aussi.
- Parfait. Chloe, de ma promo, vient aussi normalement. »

La Serpentard et amie de Nelly vivait dans un univers bien sorcier mais sa famille, peu attachée aux traditions, était très ouverte aux moldus, la préfète lui faisait donc confiance quant aux précautions à adopter.

« - C’est compliqué quand même…
- De quoi ? questionna Nelly en coulant un regard curieux sur son frère.
- Avoir une vie sociale « moldue » seulement pendant les vacances… et en même temps garder contact avec ses amis de Poudlard, analysa Mike en laissant tomber son smartphone sur son ventre.
- Oui… mais c’est comme ça. Le pire c’est de mentir sur ce qu’on fait comme études et de ne pas pouvoir parler de nos cours avec nos potes d’ici. »

Nelly adhérait totalement au constat de son petit frère. Esquiver les questions de leurs amis moldus était parfois difficile… Surtout quand il s’agissait de devoir expliquer où ils étaient la majorité de l’année et pourquoi ils ne pouvaient communiquer que par courriers. Sur ce point en particulier, la préfète songeait de plus en plus à faire l’acquisition d’un Pear One – ou Two, soyons fous – pour échanger plus facilement avec ses amis moldus depuis Poudlard. Les Pears pouvaient bien contacter des téléphones moldus, non ?
Mike avait raison, concilier vie sorcière et vie moldue n’était pas une tâche aisée : elle-même avait plusieurs fois eu peur que ses amitiés s’effritent avec le temps. Perdre des amis comme Liam ou Hannah à cause de son statut de sorcière et de sa scolarité à Poudlard lui serait insupportable. D’autant plus qu’ils se connaissaient tous depuis leur plus jeune âge en habitant la même ville, voire le même quartier, en ayant été scolarisés dans la même école élémentaire, en zonant dans les mêmes lieux depuis des années… Ils avaient tous été traînés par leurs parents aux après-midi débiles réservés aux jeunes et élaborés par l’association du quartier présidée par des vieux riches à moitié séniles. Nelly n’avait jamais vraiment apprécié ces après-midi « pédagogiques » où ils ne pouvaient même pas jouer ! L’essentiel du projet se résumait à du soutien scolaire, à des « activités découvertes » et à des sensibilisations au code de la route. Elle avait juste aimé participer aux ateliers peinture et dessin mais son père les avait toujours obligés à y aller, Éline, Mike et elle, sous prétexte qu’ils n’étaient qu’à dix minutes à pied des locaux de l’association et que, selon ses propres mots : « Cela fera causer les vieux si vous n’y allez pas. Et je n’en ai clairement pas envie... »
Il était vrai qu’entre les retraités du quartier, les nouvelles et ragots circulaient vite et le fait que Robert Horrocks n’incite pas ses trois enfants à participer à la vie collective serait vite devenu le mauvais exemple à ne pas suivre…

Quoiqu’il en soit, Nelly gardait de merveilleux souvenirs des moments passés en compagnie de ses amis, moldus ou sorciers, et espérait ne jamais avoir à choisir un jour entre les uns et les autres.

Une porte s’ouvrit dans le couloir d’entrée et les derniers pas d’Éline dans les escaliers qui remontaient du garage résonnèrent entre les murs. Quelques secondes plus tard, la grande sœur de Nelly apparaissait dans l’embrasure de la porte coulissante qui ouvrait sur le salon, les bras chargés de sacs et de boîtes en carton blanc.

« Il y avait un de ces mondes chez le traiteur ! soupira la jeune femme en se dirigeant vers la cuisine. Les gens ont la flemme de se préparer leurs repas ou quoi ? C’est bon les gens, c’est pas le réveillon…
- Oui, comme nous Éline, remarqua Nelly avec un sourire amusé, la voix déformée tant elle s’était laissée glisser dans le canapé.
- Non, moi je suis une worcking-girl qui n’a non pas la flemme mais pas le temps de préparer des repas pour ses invités. J’ai travaillé ce matin, moi ! »

Après une grosse remise en question, Éline avait abandonné sa paresse légendaire pour reprendre ses études après trois années sabbatiques, pour le plus grand plaisir de Nelly. Elle suivait une formation en communication et avait réussi à décrocher une alternance dans une boîte d’événementiel à Londres, domaine qui l’intéressait et pour lequel elle avait travaillé six mois l’année dernière afin de se payer seule sa formation, sans l’aide de leur père. Nelly avait été surprise de ce retournement de situation, tout s’était décidé très vite, elle avait même cru que sa sœur allait finalement abandonner, mais elle devait admettre qu’Éline s’en sortait plutôt bien et qu’elle se sentait assez fière de la voir enfin prendre son envol et s’épanouir dans un domaine qui lui plaisait.

« J’ai prit des petits-fours, plein, des quiches et un pain-surprise, énuméra Éline en rangeant les boîtes en carton et le contenu de ses sacs dans le réfrigérateur. Hmmmm… ça sent bon ! s’extasia-t-elle en refermant le frigo pour aller coller son nez contre la vitre du four. T’as fait un fondant ? Coooool ! Et toi Mike, t’as fait quoi ? Rien ?
- Si, j’ai sorti et nettoyé le salon de jardin pour ceux qui veulent aller dehors, se défendit le Serdaigle.
- Tu m’amènes toujours à Londres ? intervint Nelly en jetant un coup d’œil à l’heure. Sinon je prends le bus.
- Je te dépose c’est bon, je vais à la Pole. »

Éline faisait de la Pole Dance depuis quelques années maintenant et, malgré les clichés et remarques concernant ce sport – ne courrez pas le risque de lui dire autre chose –, elle adorait ça et ne manquait pour rien au monde ses entraînements où elle s’était faites de très bonnes amies. De son côté, Nelly trouvait cela très bête, les stéréotypes, c’était super beau la Pole Dance et Éline avait des jambes, des épaules et des abdos de rêve… Les filles qui critiquaient étaient jalouses et les gars, seulement dégoûtés qu’elle ne soit pas célibataire.

« Laisse moi juste me changer et préparer mon sac… T’es prête toi ? demanda Éline en s’arrêtant devant le canapé où végétaient Mike et Nelly alors qu’elle s’apprêtait à monter à l’étage.
- Oui, je suis habillée, fit Nelly en baissant les yeux sur son sweat et le jean délavé qu’elle portait.
- Tu vas où déjà ? Aux Canary Wharf ? Ah non mais ma chérie tu peux pas y aller dans cet état ! T’es blanche comme un cachet d’aspirine, ton chignon ressemble à rien, je suis sûre qu’un oiseau pourrait pondre dedans, et tu peux pas rester habillée comme ça, je te l’interdis formellement ! Bouge toi, fais moi le plaisir d’aller prendre une douche… Regarde moi ça, on dirait une artiste droguée aux cheveux gras, rajouta-t-elle avec dégoût en guise de coup de grâce.
- Non mais c’est bon, je vais pas à la Fashion Week. Et puis je vois Virgil, c’est pas…
- Virgil ? Forbes ? s’étonna Mike en faisant vriller sa voix en pleine mue. Depuis quand tu fréquentes Virgil Forbes, toi ?
- Ça a pas l’air d’être une qualité…, remarqua Éline, soucieuse d’en savoir plus.
- Bhaaa, c’pas la meilleure des fréquentations de Poudlard…
- Ah tu dormais pas toi ? siffla Nelly en jetant un regard noir à son frère qui était resté silencieux jusque là. L’intéressé arqua ses sourcils avec un petit air satisfait alors que Nelly le fusillait du regard : il adorait déclencher des heurts entre ses deux sœurs.
- Comment ça ? » questionna Éline, ses yeux inquisiteurs rivés sur sa sœur.

Un instant de silence suivit durant lequel les deux sœurs se jaugèrent du regard, Éline sachant que Nelly ne dirait rien et Nelly sachant que sa grande sœur aborderait de nouveau le sujet plus tard… Elle détestait quand elle se comportait comme une mère.

« - Bon, je vais prendre une douche, trancha Nelly en se levant.
- T’as une demie-heure. Je veux pas être en retard, » ordonna Éline en s’écartant pour la laisser passer.

                     

                                                     
******



La rutilante Mini Cooper d’Éline circulait à présent dans les rues chargées de Londres. A un feu, la jeune femme observa Nelly. Depuis sa douche, elle avait meilleure mine, était mieux habillée, mieux coiffée… elle était mieux en général, en fait. Elle s’était même un peu maquillée et parfumée. Comme quoi, la traiter d’artiste droguée la faisait réagir…

« Tu me le dirais si ce Virgil était vraiment une mauvaise fréquentation ? »

Elle détestait prendre le rôle d’une mère. Mais en tant qu’aînée, elle se sentait un peu obligée de prendre soin de sa fratrie et de donner le bon exemple. Enfin... pour ce qui était du bon exemple, elle avait le sentiment de ne pas l’avoir été pendant trois ans. Parfois, elle avait l’impression d’avoir raté trois années de sa vie… Elle s’était certes consacrée pleinement à la Pole Dance mais n’avait rien fait de vraiment admirable et n’avait pas non plus profité de Mike ou de Nelly, tout le temps à Poudlard. Alors elle avait désormais à cœur de faire plus attention à eux, de reprendre sa vie en main, de courir partout, de faire sortir la femme d’affaire en elle, de marquer les esprits, de vivre… Même si elle avait conscience d’être un peu maladroite et intrusive en s’intéressant à la vie de sa petite sœur.

« - Oui, t’inquiète. Tu me connais ? Fais moi confiance, je ne traîne pas avec n’importe qui, soupira Nelly. Mike a exagéré, il est juste connu pour ses écarts au règlement, expliqua la préfète en réajustant le col de sa veste en jean.
- Et vous vous voyez pourquoi là ?
Elle avait vraiment besoin de poser toutes ces questions ?
- Pour un travail sur la Legilimancie, révéla-t-elle sans filtre en sachant pertinemment que cela n’évoquerait rien à sa sœur mais en prenant garde à ne pas révéler la vérité quand à leur « travail ».
- C’est quoi ? l’interrogea Éline en fronçant les sourcils.
- Une magie de l’esprit qui permet de lire dans l’esprit des gens, tout ça…
- … Ça existe vraiment la télépathie ? C’est coool ! … Attends, on vous apprend ça à Poudlard ? T’es pas dans ma tête là ?
- Mais non ! ricana Nelly. C’est pas comme dans les films de supers-héros et c’est juste un exposé, on ne nous apprend pas ça en cours, c’est trop compliqué. »

Sans parler des éventuels problèmes éthiques que cela poserait mais ça, Éline n’avait pas besoin de le savoir. En bonne moldue, elle trouvait surtout le concept super cool et Nelly n’allait pas chercher à la faire changer d’avis…

Après un court silence seulement troublé par le bruit du moteur et la radio, Éline, les yeux sur la route, prit un ton innocent :

« - Et il est comment ton Virgil ? Elle était sûre que cela allait l’énerver...
- Euh déjà c’est pas mon Virgil, d’une, corrigea sèchement la Serpentard. Bingo. Et il est… bah, normal, ajouta-t-elle en haussant les épaules.

Le haussement d’épaules, très caractéristique chez Nelly, nota Éline.

- C’est tout ?
- T’es lourde, soupira Nelly. … Un peu bad boy, grand, brun aux yeux bleus… De beaux yeux bleus, » admit-elle d’une voix à peine audible en portant son regard sur le paysage qui défilait à sa gauche.

Éline n’ajouta rien d’autre mais affichait un petit sourire amusé. Elle connaissait assez bien sa sœur pour savoir que Nelly était du genre à critiquer les gens qu’elle n’aimait pas, à râler pendant des heures sur les sujets qui l’exaspéraient… Elles y allaient de bon train toutes les deux. Mais quand il était question de domaines ou de personnes qu’elle affectionnait, la jeune femme se montrait étrangement moins bavarde et éludait le sujet d’un vague haussement d’épaules. La peinture, par exemple, lorsqu’on lui demandait pourquoi elle s’épanouissait tant devant une toile, elle répondait en haussant les épaules qu’elle ne savait pas, que cela lui plaisait, point.

Éline ne connaissait pas ce Virgil, mais, d’une manière ou d’une autre, il plaisait à sa sœur.
Il lui suffisait de la voir regarder innocemment par la vitre de la voiture afin d’esquiver ses questions pour en être convaincue.



                                                 
******



Après quelques minutes qui lui semblèrent être une éternité, Nelly posa enfin un pied hors de la voiture, garée en double-file, à proximité de l’adresse que lui avait indiqué Virgil.

« Tu me tiens au courant, si je suis pas rentrée je te récupérerai, » lui lança sa sœur depuis l’intérieur de l’habitacle.

La préfète referma la portière et adressa un signe de la main à Éline qui repartit rapidement avant de provoquer l’agacement des autres automobilistes, adeptes du klaxon.
En faisant quelques pas sur le trottoir, Nelly leva les yeux vers les immeubles et les hautes tours de verre du quartier d’affaire qui fendaient le ciel londonien, un peu plus loin. Virgil était la première personne qu’elle rencontrait à habiter dans ce quartier. Elle se trompait peut-être mais, d’après les immeubles qui l’entouraient, la mère du Gryffondor devait vivre dans un bel appartement.
Encore quelques pas et elle serait au bon numéro… Ah, voilà ! La jeune femme s’arrêta devant une lourde porte sécurisée par un interphone, suivit du doigt les nombreux noms affichés et, quand elle l’eut trouvé, appuya sur le bon bouton.
Elle était un peu en retard mais c’était la faute d’Éline – une artiste droguée n’importe quoi – et Virgil devait savoir que la circulation n’était pas des plus fluides dans le coin…


Nora-mode ~ Collection printemps 2018
Virgil ForbesPetit coeur tendre au fondavatar
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*Pop* Le doux bruit d’une notification ! Trois looongs mois sans entendre cette divine mélodie qui lui avait tant manqué. Virgil lâcha d’une main la manette de sa  PS3 et attrapa son tout nouveau Pear One posé sur l’accoudoir du canapé du salon. Les pieds sur la table basse, il était avachi à côté de Gabriel et partageait avec lui une partie de Call of Duty. Un peu plus loin, Casey lisait en silence un gros bouquin d’Heroic Fantaisy, lové dans un fauteuil, tandis que Dean et Agathe s’affairaient à fleurir la terrasse ensoleillée de l’appartement, les beaux jours étant enfin arrivés.

« Mais Allezzzz ! s’énerva Gaby, fatigué de voir la  partie interrompue pour la énième fois, tu joues avec moi où tu joues pas avec moi ? »
« Je joue avec toi mais je réponds à Damon. » lâcha son ainé en ouvrant le message de son ami. Virgil esquissa un sourire en coin devant le cliché du Gryffondor  posant tel un aventurier au milieu des plants de Mandragore qu’il cultivait en toute impunité dans le sous-sol de ses parents. Virgil retourna l’objectif pour immortaliser à son tour sa journée : Ses pieds nus, au premier plan, l’écran de la TV sur pause et en arrière plan sa mère et son frère autour d’un sac de terreau, visibles à travers la baie vitrée ouverte sur le balcon.

« Activité jardinage chez moi aussi : Ça se fume les géraniums ? » pianota-t-il rapidement en guise de commentaire avant d’envoyer le cliché. Il vérifia l’heure pour la troisième fois depuis dix minutes, referma son Pear  et  essuya les traces de doigts sur la coque noire.

Virgil avait fêté sa majorité quelques jours plus tôt et il avait  reçu pas mal d’argent de poche à cette occasion. Il faut dire qu’il avait briefé tous les membres de sa famille -de ses grands-parents à ses frères- pour avoir une enveloppe de leurs parts plutôt qu’un cadeau. Tante Geneviève était la seule à ne pas avoir joué le jeu –elle lui avait acheté une plume, un encrier et du papier à lettres –du papier à lettres !- que Virgil comptait bien utiliser comme mouchoirs l’hiver prochain. Fort heureusement, il avait obtenu, au final, la somme nécessaire pour s’acheter un tout  nouveau Pear One - Le Two étant largement au dessus de ses moyens. Il avait tout de même opté pour une édition limitée aux teintes sombres et à la  finition mat qu’il était allé choisir la veille, avec Dean, dans le VargasStore de  Leopoldgrad. Depuis, Virgil ne lâchait plus son nouveau jouet retrouvant rapidement ses mauvaises habitudes.

« Pose un peu ce téléphone Virgil. Tu as toujours le nez dessus. » intervint Agathe en se redressant. Elle était habillée avec ses « habits du dimanche » , un jogging et un tee-shirt large, bien loin du traditionnel tailleur pantalon qu’elle portait habituellement, hiver comme été, pour aller travailler. Agathe avait pris une semaine de congés afin de profiter un peu mieux de ses garçons.
« Techniquement c’est pas un téléphone, c’est un Pear. » répondit Virgil avec son petit air supérieur.
« C’est pareil, souffla-t-elle en se frottant les mains pour faire tomber la terre collée sur ses doigts, sois gentil, vas me chercher un verre d’eau, dit-elle en se plaçant dans l’embrasure de la baie vitrée. Elle ne voulait pas trainer du terreau partout dans le bel appartement de standing qu’elle avait acheté à Canary Warf.  Le duplex n’était pas très grand et lorsque les enfants Forbes venaient pour les vacances,  Gaby et Casey devaient partager leur chambre à l’étage, tout comme Dean et Virgil mais il offrait un pied à terre idéal pour Agathe. Elle se rendait au travail à pieds et elle appréciait l’ambiance du quartier. De plus il offrait une magnifique vue sur les docks et sur les buildings du centre d’affaires, ce qui ne gâchait rien
« Un coca pour moi ! » ajouta Dean en posant un lourd pot de fleur juste devant la barrière du balcon. Il aurait suffit d’un simple sortilège pour installer tous les arbustes et les pots à leurs places mais Agathe s’évertuait à agir comme une moldue. Ses fils adoptaient donc à son mode de vie lorsqu’ils étaient en visite chez elle. Ils n’utilisaient pas leurs baguettes, ni aucune forme de magie, du moins, pas devant elle.

Virgil, qui était resté immobile à observer son ainé se casser le dos sur le balcon, donna finalement un léger coup de coude à Gabriel.
« Gaby, maman t'a parlé. »
« Non, c’est à toi qu’elle a demandé de l’eau, d’abord ! » répliqua le benjamin.
Agathe poussa un long soupir sonore (qui voulait dire : « vous ne perdez rien pour attendre tous les deux ») et commença à ôter sa paire de crocs  qu’elle laissait systématiquement sur la terrasse. (Si ça n’avait été que de lui, Virgil les aurait jeté par-dessus le balcon mais, bref,…)

« C’est bon, j’y vais… abdiqua-t-il en se levant. Vu le programme qu’il avait planifié pour cet après-midi, ce n’était clairement pas le moment de mettre sa mère en rogne, Maman, j’espère que tu t’en souviendras quant tu rédigeras ton testament, dit-il en ouvrant le frigo de la cuisine ouverte sur le salon, le 20 avril 2010, mon fils préféré, Virgil, m’a empêché de mourir déshydratée sur mon balcon. L’adolescent attrapa une canette de soda sur un étage et s’empara d’une bouteille d’eau minérale avant de fermer la porte du frigidaire d’un coup d’épaule,  Je lui lègue la totalité de ma fortune et déshérite, par conséquent mes trois autres fils ingrats. » Il servit un grand verre d’eau non sans jeter un léger coup d’œil en direction de l’horloge pour guetter l’heure de son rendez-vous approchant, puis il rejoignit Agathe toujours postée dans l’embrasure de la large baie donnant sur les docks de Canary Wharf.
« J'uis pas ingrats d'abord et t’es pas son fils préféré. Maman n'a pas de préféré. »
Contrairement à papa, songea Virgil sans toutefois le verbaliser à voix haute. Il tendit les boissons à sa mère et afficha un large sourire forcé qui lui donnait l’air très benêt.
« Arrête avec cette tête …» souffla Agathe avec un léger sourire toutefois, signe qu’en vérité, l’expression de Virgil l’amusait un peu, Merci, ajouta-t-elle en attrapant les deux rafraichissements.

La relation entre Virgil et sa mère était un poil plus apaisée que celle avec son père. Ils arrivaient à avoir quelques moments complices, où ils se parlaient normalement. Il faut dire que Virgil essayait d’être relativement agréable, au moins pendant une semaine. Il faisait des efforts, vraiment, pour répondre aux questions d’Agathe par autre chose que des monosyllabes ou des provocations... Il se savait sur la sellette depuis l’épisode « Lettre d’Excuse à Magpie » qui avait profondément inquiété sa mère et qui l’avait plongé dans un état de suspicion constant. Elle lui avait posé tout un tas de questions sur sa consommation de drogue –Virgil avait assuré qu’il ne touchait plus à ça, bien évidemment- et elle lui avait même demandé s’il n’avait pas des pensées suicidaires. Le Gryffondor ne savait pas ce qui s’était dit entre ses parents et cette vieille pie de Magpie dans l’intimité de son bureau mais visiblement la romancière avait réussi à faire naitre  un profond sentiment d’angoisse chez sa mère. L’adolescent s’évertuait donc à rassurer Agathe en se pliant à ses exigences. Il n’était pas allé à la soirée organisée par Philip où toute la bande était invitée –il avait bien essayé mais devant le refus de sa génitrice, il n’avait pas insisté- et il avait passé le plus clair de ses vacances en famille ici, chez ses grands-parents et même chez Tante Geneviève ! Pour Virgil, c’était vraiment des efforts de tous les instants et il était impatient de se soustraire enfin à la vigilance constante de sa mère. Pour y parvenir, il comptait très clairement sur Nelly qui avait maintenant dix bonnes minutes de retard. Habituellement l’adolescent n’était pas très à cheval sur la ponctualité mais  il n’avait pas fumé depuis ce matin ( il était gentiment allé acheter le pain et il en avait profité pour s’en griller une) . Sept heures sans clope, il commençait sérieusement s’impatienter.

A vrai dire, son manque de nicotine n’était pas l’unique raison de son impatience. Il était pressé de tester ses capacités de légilimens sous mandragore et de voir si sa théorie se vérifiait. Avait-on l’esprit plus ouvert et plus sensible après avoir consommé de la drogue ?  Damon lui avait donné quelques belles feuilles « pour tenir le coup chez sa mère » et Virgil les avait soigneusement rangé dans son portefeuille en vue de cet après-midi planifié avec Nelly. Les deux camarades avaient convenu du jour et de l’heure de leur rendez-vous avant les vacances et ils n’avaient pas échangé depuis. Virgil espérait que Nelly n’avait pas oublié. Non seulement, il en serait très vexé – l’oublier, lui ? Impossible- mais aussi un peu déçu car il devait avouer qu’il avait hâte  de retrouver sa camarade après quasiment deux semaines de congés.

En écho à ses pensées, la sonnerie de l’interphone résonna dans la pièce. Virgil, qui avait retrouvé sa posture préférée, avachi dans le canapé, n’esquissa pas le moindre geste pour aller ouvrir et s’efforça de masquer son petit air soulagé.  Il n’avait pas à se précipiter, il savait que Gaby- cette petite fouine- allait littéralement bondir pour découvrir l’intrus qui venait troubler la quiétude des Forbes.

« J’vais voir ! » s’exclama Gabriel en sautant par-dessus le dossier du sofa.
Tellement prévisible.
« Je n’attends personne pourtant… Vous avez commandez quelque chose ? » s’enquit Agathe en regardant tour à tour ses fils.
Ils n’eurent toutefois pas le temps de répondre puisque Gabriel s’empressa de révéler l’identité du visiteur qu’il venait de découvrir sur l’écran de l’interphone.

« C’est Nelly Horrocks. »
_ Nelly qui ?
_Horrocks, la préfète de ma maison.

Casey se redressa littéralement dans son fauteuil et sembla tout à coup paniqué à l’idée d’être vu dans un cadre privé. Il faut dire que son tee-shirt et son short -bien trop court mais dans lequel il se sentait très bien- n’étaient pas particulièrement à la mode et qu’il dévoilait ses longues cannes blanches.

_Mais qu’est-ce qu’elle fait là ? souffla-t-il en serrant son livre contre son torse.
_C’est la Préfète de Serpentard ? demanda Agathe en retirant ses souliers. Elle pénétra pieds nus dans le salon, passa devant Virgil qui la suivit du regard en silence et s’immobilisa devant l’écran qui renvoyait l’image de Nelly patientant au rez de chaussée, Tu as peut-être oublié quelque chose à l’école Gabriel non ? Tu avais des devoirs à faire ? Un travail en particulier, un livre, que tu aurais laissé dans la salle commune ? demanda Agathe en observant Gaby.
« Non j’ai rien oublié ! se défendit-il.
La mère de famille fit claquer sa langue contre son palais et ajouta :
«  Pourquoi votre père m’envoie-il sa préfète ! Il ne peut pas venir lui-même. Monsieur doit encore être over-booké ! »

Bien  qu’ils soient tous les deux dans la même année, personne ne semblait avoir fait le lien entre Virgil et Nelly. L’hypothèse que la  jeune préfète puisse venir le voir, lui, le cancre, était bien improbable aux yeux de tous. Le Gryffondor aurait bien laissé mariné ses frères et sa mère encore un peu de temps  mais c’était sans compter avec Dean qui prit la parole.

« Virgil, tu m’as pas dit que tu travaillais avec la préfète de ton année sur un devoir ? »

L’adolescent reporta son attention sur son frère, dont la silhouette harmonieuse se détachait à contre jour dans l’entrebâillement de la baie vitrée.

« Tu m’as envoyé un patronus avant les vacances. » ajouta son frère, la mine fermée, visiblement parfaitement conscient que Virgil était la clef de l’énigme et qu’il retardait le moment des aveux pour le plaisir d’entendre leur mère pester sur Jonah.

Virgil laissa passer un moment de silence durant lequel il jaugea son frère. C’est vrai qu’il lui avait envoyé un message pour connaitre le mot de passe de la salle sur demande, Dean avait bonne mémoire. L’adolescent fit mine d’être surpris puis il se redressa légèrement pour observa sa mère par-dessus le dossier du sofa.
« Ah oui…c’est vrai. Je dois bosser un truc avec Horrocks. Je lui avais dit de passer ici à l’occasion mais je ne pensais pas qu’elle le ferait. »
Virgil haussa les épaules.
« Tu aurais pu m’en parler quand même ! On devait aller faire des courses cet après-midi…»
« Je savais pas qu’elle viendrait aujourd’hui ! » répondit Virgil en faisant mine de s’agacer  « Et puis, si ça te saoule, tu n’as qu’à lui dire que je ne suis pas là. C'est pas si grave que ça » ajouta-t-il avant de s’allonger sur le canapé pour se soustraire au regard de sa mère. S’il faisait mine d’accorder trop d’intérêt à ce rendez-vous ses frères et Agathe n’allaient pas le lâcher. Il entendit les pas de cette dernière sur le plancher et son visage se matérialisa juste au dessus de lui par-dessus le dossier.
« C’est quoi comme devoir ? »
« Un truc pour Corrigan. »
« Ah. » les lèvres d’Agathe se pincèrent légèrement. C’est à faire pour quand ? »
- Lundi ou mardi, Je sais plus.
-Et vous n’auriez pas pu le finir avant les vacances !?
-On l’a commencé, se défendit Virgil, mais il reste deux, trois choses à finaliser. On aura le temps de le faire à la rentrée, c’est bon… »
-Non c’est pas bon ! Cette jeune fille a fait l’effort de se déplacer jusqu’ici alors tu vas me faire le plaisir de te mettre au travail, persiffla Agathe,  Gaby, ouvre-lui. »

Gabriel obtempéra à l’ordre de sa mère qui continuait à fulminer.

« En plus, je ne suis pas du tout présentable ! Qu’est-ce qu’elle va penser cette gamine… »
« Tu es très bien maman, la rassura Dean.
« On peut aller bosser au Starbucks si tu veux, souffla Virgil en se levant du canapé. Il s’étira longuement et ajouta, Je sais que je suis privé de sortie mais c'est pas comme si je retrouvais Kasya ou Damon. Je vais travailler avec la préfète. insista-t-il pour démontrer l'incongruité de la situation, En plus si on reste ici, Gaby va faire sa fouine et il va nous saouler en moins de deux. »
« Non c’est pas vrai ! »
« Au Starbucks ? C’est pas trop dangereux avec le secret magique ? » souffla Agathe d’un air préoccupé après quelques instants de réflexion.
« C’est bon, on va pas sortir nos parchemins,  nos plumes et nos baguettes au milieu du café, on est pas débiles. » dit-il en roulant des yeux.
« Sur un autre ton avec moi Virgil ! » tonna Agathe visiblement peu encline à laisser passer le moindre écart de langage. Elle réfléchit un instant, sembla peser le pour et le contre, jeta un coup d’œil à Gabriel et finit par dire « Vous êtes prudents et tu es de retour ici avant dix-huit heures, c’est bien compris ? »

Virgil s’efforça de contenir son sourire victorieux et hocha lentement la tête, l’air blasé.

Sur ses mots, trois coups retentirent à la porte. Gabriel qui était le plus proche de l’entrée ouvrit à Nelly qu’il accueillit d’un bref « Salut. » Visiblement, il n’avait pas apprécié le fait de se faire traiter de fouine et surtout qu’Agathe donne raison à Virgil.
« Entrez donc mademoiselle, s’empressa d’ajouter la mère de famille soucieuse de ne pas laisser entrevoir le climat de tension qui régnait dans la pièce avant l’arrivée de Nelly, excusez ma tenue et ma saleté, j’étais en train de jardiner ! » ajouta-t-elle en invitant la préfète à pénétrer dans l’appartement.
Casey encore pétrifié dans son fauteuil balbutia un quasi inaudible : « Bonjour » -il avait tout de même prit le temps de cacher ses cuisses sous un coussin- et Dean, avec son sens de l’hospitalité légendaire, salua joyeusement Nelly en la gratifiant d’un sourire qui aurait fait fondre n’importe quelle personne normalement constituée.

Tous les regards convergèrent alors vers Virgil qui se tenait debout au milieu de la pièce, pieds nus, les mains dans les poches en bermuda crème et polo rose clair. Il observait Nelly de son regard vide lorsqu’il poussa un profond soupir las.

« J’arrive. »

Sans un mot de plus, il prit la direction de l’escalier et monta à l’étage, abandonnant la préfète à sa famille. Une fois seul, il se félicita mentalement de la tournure des événements. Tout se déroulait comme prévu ! Il pénétra dans la chambre qu’il partageait avec Dean, ouvrit sa penderie et attrapa un pantalon sombre qu’il enfila à la hâte. Il faisait beau mais pas au point de sortir en short. Il passa des chaussettes, prit un pull, attrapa son sac qui était déjà prêt et descendit de nouveau dans la pièce principale où Agathe faisait la conversation à Nelly :

« Et donc vous êtes préfète ? Vous arrivez à gérer la charge de travail supplémentaire ? J’imagine que ça ne doit pas être simple… »

Sa camarade était plutôt mignonne habillée en moldu mais Virgil ne s’attarda pas à la contempler –après tout, il aurait tout le loisir de le faire cet après-midi. Au lieu de ça, il enfila ses chaussures, attrapa son Pear sur l’accoudoir du canapé, ses clefs et ses lunettes de soleil dans le vide-poche et se dirigea prestement vers la porte d’entrée qu’il ouvrit à la volée.

« Je rentre pas tard. »

Il jeta un regard à Nelly comme pour l’inviter à le suivre et sortit dans le couloir pour appeler l’ascenseur qui était encore à l’étage.

« Et bien, ce fut bref mais j’ai été ravie de vous rencontrer mademoiselle. » dit Agathe en raccompagnant Nelly à l’entrée. Virgil était déjà dans la cabine et maintenait le bouton de l’ouverture des portes enfoncées. « A bientôt peut-être » souffla la mère de famille à l’attention de Nelly, puis elle ajouta pour son fils « 18h. »

Virgil observa sa mère d’un air morne et renversa sa tête contre le miroir de l’ascenseur.

« 18h. » répéta-t-il au moment ou les portes coulissantes se refermaient derrière la préfète.

L’ascenseur se mit en mouvement, provoquant une brève sensation de vertige. Virgil observa quelques instants les deux parois derrière lesquelles sa mère venait de disparaitre puis il reporta son regard clair sur Nelly, sans mots dires. Après une poignée de secondes, il esquissa enfin  un  léger sourire en coin.

« Je t’avais dit que le coup de la préfète  marcherait. » souffla-t-il d'un ton victorieux.


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Nelly attendait devant l’entrée de l’immeuble, ne sachant pas trop si elle devait regarder la petite caméra de l’interphone ou pas. Elle se trouvait toujours très bête dans ce genre de situation… Pour en avoir une au portail de sa maison, elle savait que ces caméras n’avaient pas un angle de vue des plus flatteurs : les couleurs étaient assez ternes, la qualité d’image n’était pas toujours au rendez-vous et, sur l’écran, la tête des visiteurs apparaissait souvent plus grosse que la normal. La jeune femme fit donc mine d’inspecter ses ongles le temps que quelqu’un daigne lui ouvrir cette fichue porte.
Mais qu’est-ce qu’ils fabriquaient ? Ils avaient 200 m² à traverser et quatre étages à descendre ou quoi ? Elle avait bien l’air stupide, là, devant cette porte, la main posée sur la poignée à attendre comme une potiche. Peut-être qu’il n’y avait personne… Virgil avait peut-être oublié leur rendez-vous. Dans ce cas précis, elle en serait très vexée, dégoûtée même d’être venue jusqu’ici pour se cogner le nez sur la porte. Elle n’osait pas non plus sonner une deuxième fois pour être sûre.
Bon… Certains étaient morts comme ça… Encore trente secondes et elle repartait. Un homme passa derrière elle, le nez dans son téléphone et enfin, alors qu’elle songeait à repartir, il y eut un « Bip » suivi d’un déclic et la porte s’ouvrit. Et bah dis donc ! Elle avait presque attendu !

Nelly pénétra dans le couloir rempli d’air frais, dont les lumières s’allumèrent à son entrée, vérifia l’étage sur la boîte aux lettres et s’avança jusqu’à l’ascenseur au fond du couloir.
Arrivée sur le pallier, elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille avant de frapper à la porte. Ce fut Gabriel, le petit frère Serpentard de Virgil, qui l’accueillit. Malgré le « Salut. » quelque peu sec et froid du jeune garçon, un sourire illumina le visage de Nelly.

« Salut Gabriel ! »

Elle aimait beaucoup ce petit. Il était de sa maison, déjà, et rayonnait toujours d’énergie et d’innocence. S’il pouvait éviter de grandir et rester aussi jovial toute sa vie, la préfète l’adopterait volontiers. Gabriel s’écarta et elle pénétra dans l’appartement à l’invitation de la mère de Virgil : une très belle femme blonde aux yeux bleus. Nelly savait désormais de qui son camarade avait hérité ses beaux yeux.

« Oh, pas de soucis, » la rassura la Serpentard avec un sourire poli lorsqu’elle lui présenta ses excuses pour sa tenue maculée de terreau.

Son regard glissa de Casey, cloué dans un fauteuil, au balcon ouvert sur la salon où Dean et la mère de famille étaient visiblement en train de jardiner, en saluant tour à tour les enfants Forbes. Il y avait beaucoup trop de monde et d’informations d’un coup dans la même pièce et elle avait l’impression de débarquer comme un cheveu sur la soupe, brisant leur quotidien tranquille. Nelly n’était jamais vraiment à l’aise chez des inconnus, du moins pas tout de suite, mais alors là, avec ces dix yeux rivés sur elle, la jeune femme avait clairement l’impression d’arriver à l’improviste et de les déranger. Elle se trompait peut-être mais personne ne semblait prêt à sa visite… pas même Virgil, debout pieds nus au milieu du salon, vers qui les regards convergèrent. La préfète l’observa en silence, un léger sourire aux lèvres. Le jeune homme la toisait d’un regard vide, faisant visiblement mine de ne pas lui accorder d’intérêt. Enfin, elle l’espérait, qu’il fasse semblant…

Le Gryffondor s’éclipsa à l’étage, la laissant seule avec le reste de la famille. Fuyant comme la peste les silences gênants, Nelly porta son regard sur la baie vitrée et le balcon.

« Vous avez une jolie vue, remarqua-t-elle en souriant à la mère de Virgil. En réalité, elle n’en savait rien. De là où elle se tenait, elle apercevait seulement le ciel et un sommet de building, et encore. Et l’appartement est très bien exposé, on dirait, vous devez être bien en des jours comme aujourd’hui. »

Par Merlin, ce qu’elle pouvait détester les sujets bateaux comme celui-ci ! Mais elle devait reconnaître qu’ils étaient utiles dans certaines situations : la mère de famille ne se fit pas prier pour embrayer sur ses activités jardinages.

« Oui, ça c’est sûr ! Je n’ai pas à me plaindre, répondit-elle joyeusement. C’est pour cela qu’on égaye un peu la rambarde avec des fleurs… d’où mon état ! »

Nelly était persuadée que Miss Branson était une sorcière. Pourtant, d’après les différents outils et sacs de terreau sur le balcon, elle et son fils se salissaient littéralement les mains en plantant leurs géraniums tels des moldus. Elle habitait certes un quartier moldu mais c’était quand même étrange de s’évertuer à perdre du temps de la sorte. Bon, avec ses mains terreuses et son visage d’ange, Dean était sacrément canon et aurait sans problème pu auditionner pour le rôle d’un jardinier sexy d’une série romantique.

Nelly détourna les yeux des pots de géraniums – si si, des géraniums – pour faire face à Miss Branson qui l’interrogeait sur son rôle de préfète.

« Oui, je suis la préfète des sixième années de Serpentard, confirma-t-elle fièrement. Et ça demande… un minimum d’organisation mais je m’en sors, enfin… je crois, rajouta-t-elle avec un sourire amusé. On a une super équipe préfectorale donc il y a très peu de soucis. »

Elle enjolivait un peu – beaucoup – mais c’était uniquement pour clore la conversation alors que Virgil était enfin redescendu de l’étage et se préparait à sortir, s’armant d’un Pear One flambant neuf et d’une paire de lunettes de soleil.

Le jeune homme ouvrit la porte d’entrée et sortit dans le couloir en l’invitant à le suivre d’un regard. Nelly attendit tout de même que la maîtresse des lieux la raccompagne à la porte pour saluer les trois frères de Virgil d’un geste de la main et regagner à son tour le pallier.
Elle pénétra dans l’ascenseur, où patientait déjà Virgil, en écoutant les salutations de la mère du jeune homme.

« Le plaisir était partagé, répondit la préfète avec un sourire courtois. Par Salazar, sa bienséance l’étonnait. Au revoir, » termina-t-elle avant que la mère ne s’adresse à son fils.

Les portes de l’ascenseur se refermèrent enfin et la cabine amorça sa descente dans un léger tremblement. Répondant à un vieux réflexe face au miroir, la Serpentard redonna du volume à ses cheveux qu’elle avait laissés détachés pour une fois.
Virgil finit par briser le silence en soufflant, victorieux, que le coup de la préfète avait marché.

« Ouais, c’est cool ! s’enthousiasma Nelly avec un sourire en lâchant son reflet des yeux pour regarder le Gryffondor. Ce serait mentir de dire qu’il ne lui avait pas un peu manqué. J’ai cru que tu m’avais oublié et qu’il n’y avait personne mais… tu viens que de prévenir ta mère, non ? » souffla-t-elle avec un petit sourire de connivence.

Cela ne l’étonnerait pas de sa part et prévenir sa mère de sa visite au dernier moment faisait peut-être partie de son plan pour obtenir l’autorisation de sortir. Son statut de préfète y avait grandement participé, c’était certain. En tout cas, Miss Branson avait semblé être rassurée par son auréole de préfète et tous les stéréotypes associés.
L’ascenseur arriva au rez de chaussée et les deux adolescents sortirent dans la rue nettement plus bruyante.

« T’as un nouveau Pear au fait ? s’enquit alors Nelly en vérifiant qu’ils n’étaient pas suivis de trop près. J’ignorais que tu n’avais plus l’autre. »

Elle avait remarqué le petit appareil magique que le jeune homme avait récupéré sur l’accoudoir de son canapé et pensait que l’ancien Pear de Virgil lui avait seulement été confisqué après les événements de la St Valentin… Il fallait croire que non. Il avait finalement dû vivre seulement deux mois sans technologie, Nelly estimait qu’il s’en sortait plutôt bien.

« On va où du coup ? » demanda-t-elle, en haussant la voix pour couvrir les bruits de la ville, alors qu’ils marchaient.

La préfète le suivait docilement et n’avait aucune idée quant au lieu que Virgil pouvait avoir en tête.


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Virgil répondit au sourire de connivence de Nelly en lui renvoyant la pareille.
« Si j’avais prévenu ma mère plus tôt, elle aurait suggéré que tu restes à la maison, puis elle aurait préparé un délicieux gâteau et elle t’aurait assaillie de questions tout l’après-midi. Crois moi, Gaby a de qui tenir. » ajouta-t-il en faisait référence à la curiosité maladive de son petit frère. Bon, Virgil noircissait un peu le tableau mais Agathe était tout de même plutôt curieuse. Du moins, elle se souciait des fréquentations de ses fils et elle aimait connaitre les personnes de leurs entourages. Visiblement, elle avait été conquise par Nelly qui avait parfaitement joué son rôle de jeune fille bien sous tout rapport . « Courtoise, polie, élégante, jolie comme un cœur… »Virgil pressentait  déjà les propos flatteurs de sa mère à l’égard de la préfète.

L’ascenseur s’immobilisa au rez de chaussée libérant les deux adolescents qui débouchèrent dans le hall frais de l’immeuble de standing. Ils  rejoignirent en quelques enjambées  la rue bruyante du quartier d’affaires baignée d’une douce lumière printanière. A peine furent-ils à l’extérieur que Virgil enfila ses lunettes de soleil –ses yeux clairs craignaient la luminosité- et jeta un coup d’œil  aux étages supérieurs, pour s’assurer que sa mère ,ou Gaby,  ne soit pas en train de les pister depuis le balcon. Visiblement non (Ou alors, ils étaient très discrets). Le jeune homme s’empressa toutefois de se soustraire au champs de vision offert depuis la terrasse de l’appartement. Il entraina Nelly sur la gauche et bifurqua au coin de la rue, sur un boulevard ombragé  tandis que la jeune femme le questionnait sur son tout nouveau Pear One. Virgil arqua un sourcil derrière ses lunettes, étonné qu’elle ait remarqué ce détail.

« Ouai, j’avais cassé le vieux, mentit-il, donc j’en ai racheté un avec l’argent de mon anniversaire. »

Une fois n’est pas coutume, Virgil semblait plutôt prompt à la discussion aujourd’hui. Du moins dans la mesure du raisonnable. Il faut dire qu’il se sentait particulièrement satisfait à l’idée de pouvoir se soustraire, ne serait-ce qu’un après-midi, à sa famille. Il avait besoin d’air et Nelly lui offrait cette petite parenthèse sur un plateau : Il faisait beau, il avait un nouveau Pear, il allait pouvoir fumer un pétard d’ici quelques heures et s’exercer à la légilimancie avec sa camarade …que demander de plus ? L’adolescent esquissa un léger sourire à ce constat. Fait assez rare pour que cela soit souligné : Il était de bonne humeur.

Une moto vrombit sur le boulevard juste au moment où Nelly le questionnait sur le programme de l’après midi le faisant quelque peu froncer les sourcils et tendre l’oreille en direction de la préfète. Il avait bien une petite idée sur le déroulé de leur « séance de travail » mais il avait d’abord un petit détail à régler.

« Deux minutes. » dit-il alors en levant un index entre elle et lui. Il tourna subitement sur le côté et pénétra dans un bureau de tabac qui donnait sur l’avenue. Il s’arrêtait rarement chez ce buraliste. Le commerce était trop près de l’appartement de sa mère pour qu’il y ait ses habitudes et qu’il prenne le risque d’y être un jour reconnu en présence d’Agathe mais il avait  terminé son paquet le matin même aussi décida-t-il, pour une fois, de faire une entorse à ses bonnes résolutions. Tout en s’approchant des présentoirs réfrigérés, le jeune homme fit glisser ses lunettes sur le sommet de son crâne. Il attrapa une canette de soda multi fruit dans un frigo et rejoignit la caisse pour régler son achat.

« Mettez moi un paquet de Marlboro avec . »  Il se tourna alors vers Nelly pour lui demander, tu veux quelque chose ? »

Une boisson, des confiseries, un paquet de gâteau ? Virgil ne comptait pas inviter la jeune femme dans un café –cela faisait un peu trop rendez-vous galant à son goût- mais il voulait bien lui offrir une petite douceur, du moins si elle le souhaitait. Il était dans un bon jour, Nelly aurait tord de ne pas profiter de sa générosité.

L’adolescent finit par régler ses achats, non sans avoir prit le temps de trier son argent moldu et sa monnaie sorcière quasiment sous le nez du buraliste. Il rangea sa canette dans son sac pour la boire plus tard et quitta le commerce  en enlevant le film plastique de son paquet qu’il jeta nonchalamment dans une poubelle située sur le trottoir de la grande artère. Il ne se sentait pas d’attendre plus longtemps pour s’en griller une aussi alluma-t-il rapidement une cigarette qui lui tira un long soupir de contentement. Enfin ! Il fit encore quelques pas et s’immobilisa devant une entrée de métro.

« Alors, il y a un parc pas loin d’ici où on peut se poser tranquille, expliqua-t-il en remettant ses lunettes sur son nez,  On peut y aller en métro, c’est à trois arrêts,  ou à pieds, en longeant les docks, faut compter vingt à trente minutes de marche à peu près. Virgil glissa sa cigarette au coin des lèvres et montra de la pointe de son index le canal ensoleillé à un pâté de maison de l’avenue. C’est un peu plus tranquille qu’ici. » ajouta-t-il tandis qu’un camion de pompiers, toutes sirènes hurlantes passait à leur hauteur, On fait comme tu veux. » finit-il par dire en tirant une bouffée sur sa cigarette, observant le carrefour le temps que Nelly prenne une décision.

Il avait une carte de transport et marcher ne le dérangeait pas : il s’adapterait.  Il attendit donc que la jeune femme décide entre les deux moyens de locomotion  pour se remettre en mouvement et, après quelques instants, il demanda :

« Alors ? Comment se passent tes vacances ? Tu as bossé un peu ton occlumancie ? »


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« Alors dans ce cas, c’est bien que tu ne l’aies pas mise au courant, » ricana Nelly.

Passer l’après midi chez les Forbes assaillie de questions l’aurait plongée dans un certain malaise. Elle aurait supporté, bien sûr, mais il était toujours gênant d’être questionné sans cesse. Mais bon, n’était-ce pas le rôle des parents de prêter attention aux fréquentations de leurs enfants ? Même si cela l’exaspérait peut-être, Virgil pouvait s’estimer heureux d’avoir une mère poule comme Miss Branson. Sa propre mère l’avait été, au début, mais aujourd’hui elle n’avait plus qu’Éline pour veiller sur ses fréquentations, son père considérant ses enfants tels des adultes responsables.
Le plus souvent, Nelly se sentait libre, maîtresse de sa vie et elle aimait ça mais elle se sentait parfois perdue et se demandait si sa mère aurait pu l’aider. Que serait sa vie si elle avait toujours sa mère à ses côtés ? Si son passé était complètement différent ? Qui sait… Peut-être qu’elle ne serait pas en train d’apprendre l’Occlumancie. Peut-être que ses entraînements avec Virgil n’auraient jamais eu lieu.

Toute à ses pensées, Nelly se laissa guider par le Gryffondor jusqu’à un boulevard ombragé et nettement plus bruyant que la rue qu’ils quittèrent. La jeune femme interrogea alors son camarade sur son tout nouveau Pear One. Ce dernier lui apprit qu’il avait cassé l’ancien – ah bah bravo, songea la Serpentard – et qu’il avait donc fait l’acquisition d’un neuf avec l’argent obtenu à son anniversaire. Nelly eu un air surpris.

« Oh, c’était ton anniversaire ? Bon anniversaire en retard alors ! lui souhaita-t-elle avec un coup de coude complice. A toi la majorité ! » ajouta la préfète en lui adressant son plus beau sourire.

Il avait bien de la chance, elle attendait sa propre majorité avec impatience et se demandait ce que cela faisait de pouvoir utiliser la magie en dehors de Poudlard. Adieu le temps perdu à faire le ménage ou les repas ! Tout irait beaucoup plus vite – comme les déplacements grâce au transplanage – et les objets pourraient venir à elle sans avoir à sortir de son lit – vive les petits-déjeuners au lit ! – ou à s’extirper du canapé ! Au final, devenir majeur était peut-être dangereux pour la santé des adolescents les plus sédentaires…

Une moto fit un bruit de tous les diables au moment où Nelly questionnait son camarade sur le programme de l’après-midi, ce à quoi le Gryffondor ne répondit pas tout de suite et pénétra dans un bureau de tabac. La préfète le suivit à l’intérieur et s’attarda devant les présentoirs des magasines people le temps qu’il fasse ses achats. La proposition du jeune homme la tira de sa recherche de potins et elle se tourna vers lui, surprise.

« Heu… Sérieusement ? » demanda-t-elle avec un petit rire.

Il tenait vraiment à lui payer quelque chose ? C’était surprenant… Son petit doigt lui disait que cela n’arrivait pas tous les jours et qu’elle ferait mieux d’en profiter alors elle s’approcha de la caisse et attrapa un petit paquet de bonbons acidulés sur un présentoir qu’elle tendit au buraliste.

Les achats réglés, les deux adolescents regagnèrent le boulevard ensoleillé en ouvrant respectivement paquet de cigarettes et paquet de bonbons. Ils n’avaient visiblement pas les mêmes envies dans l’immédiat…

« Hmmm merci beaucoup, s’extasia Nelly en reniflant l’intérieur du sachet. T’en veux un ? Ah… après, se corrigea-t-elle en constatant que Virgil allumait déjà une clope. Tu sais, ce serait plutôt à moi de t’offrir un truc pour ton anniversaire, dit-elle avec malice. Ou plutôt pour ton non-anniversaire maintenant…
Vous n’avez qu’un anniversaire par an.
Un anniversaire seulement par an.
Ah, mais il y a 364 non-anniversaires.
Aujourd’hui nous fêtons un de ceux-là.
Un joyeux non-anniversaire
A moi ? A vous !
Un joyeux non-anniversaire
A moi. A vous.
Soufflez très fort sur la bougie.
Et le vœu s’accomplit.
Un joyeux non-anniversaire mon cher !
entonna la jeune femme en secouant la tête sur le rythme de la célèbre chanson d’Alice au Pays des Merveilles. Ok j’arrête ! » s’esclaffa la préfète.

C’était plus fort qu’elle. Lorsqu’elle se sentait bien, il fallait que ça sorte. Le beau temps, les vacances, être en ville, avoir des bonbons offerts par Virgil alors qu’elle ne s’y attendait pas du tout, tout ceci contribuait à sa bonne humeur.

L’esprit serein, Nelly écouta les propositions de Virgil en léchant le sucre collé à ses doigts. Aller s’entasser dans une rame de métro bondée ? Non merci.

« Je préfère marcher si ça ne te dérange pas. J’ai pas envie de me coller contre des gens et de poser mes mains sur des barres qui ont connu celles d’autres personnes. On ne sait jamais où les gens ont mis leurs mains juste avant, argumenta l’adolescente en frissonnant de dégoût. Et puis tu as l’air d’être dans des conditions optimales pour profiter du beau temps, » le taquina-t-elle en reprenant sa marche en direction des docks du quartier d’affaire.

Le Gryffondor était plutôt pas mal avec ses lunettes de soleil qui avait l’avantage de masquer ses profondes cernes tout en ayant l’inconvénient de cacher ses beaux yeux, malheureusement.

La préfète détourna son attention du visage de son camarade pour la reporter sur ses délicieux bonbons. Elle venait d’en fourrer un dans sa bouche quand Virgil s’enquit du déroulé de ses vacances. Il semblait enclin à la conversation aujourd’hui, il ne l’avait pas habituée à ça : cela en était presque déroutant.

« Hum. Elle avala le bonbon qui lui piqua la gorge. Ça va. J’ai passé toute la semaine dernière chez ma grand-mère avec mon frère, à la campagne. C’était super, j’ai pu tout bosser et travailler mon Occlumancie, au calme. J’ai essayé de remonter le plus loin possible dans ma mémoire et de reconstruire les scènes dans ma tête le plus fidèlement possible, ou de les modifier. Je me suis aussi amusée à imaginer des images et des scènes fictives vraisemblables, cohérentes… C’est ce que font les Tisseurs de Mémoire non ? demanda-t-elle en s’approchant de son camarade pour parler moins fort. Ils reconstruisent et implantent un passé fictif dans la mémoire d’amnésiques ? La jeune femme avait une bonne imagination, ce type d’exercice était comme un amusement pour elle, c’était donc un bon point.
Enfin voilà, j’en ai même parlé à ma grand-mère et elle trouve ça super. En tant que moldue, Susan Williams n’avait pas tout saisi mais s’était souvenu que son mari sorcier lui avait vaguement parlé de Legilimancie et d’Occlumancie. Et maintenant, j’ai retrouvé mon père et ma sœur et il fait beau donc c’est cool ! » s’enthousiasma la Serpentard en piochant un bonbon tandis qu’ils approchaient du pont qui enjambait les docks. Juste avant, un grand escalier descendait du trottoir de la grande artère aux quais.

« Et toi ? Quoi de beau ? »


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Virgil haussa vaguement les épaules quand Nelly suggéra que c’était plutôt à elle de lui offrir un présent  pour son anniversaire.  Elle ne le savait pas mais cette sortie, loin de ses frères et de sa mère,  s’apparentait à un véritable cadeau pour l’adolescent qui avait passé les deux dernières semaines en famille. Il ne l’avouerait pour rien au monde mais cette petite parenthèse dans son quotidien était surement le plus beau présent qu’elle pouvait lui faire ! Il l’observa d’ailleurs du coin de l’œil tandis qu’elle piochait avidement dans le paquet de bonbons et esquissa un léger rictus devant son enthousiasme.

Rictus qui se mua rapidement en grimace quant elle se mit à chanter le célèbre air d’Alice au Pays des Merveilles.
Trop de joie, trop de bonheur, trop d’entrain pour Virgil, l’éternel taciturne.

« Tu veux m’achever  là? Arrêtes-ça tout de suite, mes oreilles saignent. » commenta-t-il sérieusement sans toutefois usé du ton dur qui le caractérisait si souvent. Il râlait surtout pour la forme parce que personne ne devait chanter du Disney en sa présence. Il avait beau avoir eu sa période dessin-animé, comme tout bon moldu qui se respecte, il était passé à autre chose depuis et il entendait bien le faire savoir.

« Trop de sucre ça te réussit pas… »
ajouta-t-il en désignant d’un mouvement du menton les confiseries que Nelly tenait entre ses mains. En vérité, ce n’était pas tout à fait vrai : Il ne l’avais jamais vu d’humeur si enjouée à l’école (ou alors il n’y avait pas prêté attention)  et il la trouvait  plutôt mignonne ainsi.

Les deux adolescents  s’arrêtèrent au niveau du carrefour devant l’entrée de métro d’où sortaient quelques voyageurs pressés de rejoindre leurs bureaux. Quelque soit le mode de transport que choisissait Nelly, Virgil voulait juste qu’elle se décide rapidement. Cette artère était vraiment trop bruyante pour lui ! Il du se pencher un peu vers son interlocutrice pour écouter sa préférence à savoir, la ballade à pieds. Soit. La justification de ce choix lui tira toutefois un vague sourire narquois. Il prit quelques secondes pour tirer une bouffée sur sa cigarette avant de commenter  ses propos.

« Tout ce que tu touches a déjà été en contact avec d’autres personnes, dit-il en secouant la tête, Si ça se trouve tes bonbons ont été roulé sous les aisselles du confiseur… »

Il accompagna sa dernière remarque d’un large sourire mauvais - C’était tout Virgil : Il aimait beaucoup trop gâcher les petits plaisir des autres – puis il reposa sa clope au coin de ses lèvres et se mit en marche en direction des docks du quartier d’affaires en écoutant Nelly qui lui racontait ses vacances.

La jeune femme avait passé du temps chez sa grand-mère ce qui lui avait permis de s’exercer à l’occlumancie, en toute tranquillité. Elle avait même commencé à anticiper un peu le stage à Skye en travaillant sa créativité mentale.  Visiblement, elle semblait sûre et certaine d’obtenir le précieux sésame lui permettant de découvrir le Centre de Réhabilitation Magique et notamment le travail des Tisseurs de Mémoire.

« Je crois. Oui. » répondit-il lorsqu’elle lui demanda si la mission des fameux Tisseurs était bien d’inventer et d’implanter des nouveaux souvenirs. A vrai dire, il n’en savait trop rien :  la brochure était restée évasive sur le sujet mais cette supposition lui semblait logique. Nelly paraissait prédestinée à cette tache en tout cas et, aux vues de ses efforts et de son excellent dossier scolaire, il y avait de forte chance pour qu’elle obtienne son stage dans les services de Meredith Kane.

Virgil était nettement moins sûr de lui pour le coup. Il avait certes reçu une lettre de recommandation des plus inattendue, mais il savait aussi qu’il était dans le viseur de Londubat, son directeur de Maison, depuis l’affaire de la Volubilis. Toutefois, cela ne l’avait pas empêcher de s’entrainer lui aussi. Il s’était même imposé une discipline de fer en mettant son réveil tous les jours pour faire deux heures de gymnastique mentale avant de se lever. C’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour que Gaby ne l’interrompe pas toutes les cinq minutes. Il prétextait de longues grasses matinées qui n’étonnaient personne tant il était coutumier du fait habituellement.
Il avait mi ces deux heures journalières à profit pour gagner en maitrise mentale. Il était clair pour lui maintenant qu’un bon légilimens devait être en mesure de maitriser son propre psychisme avant de s’aventurer dans les esprits des autres. Il avait convoqué des souvenirs malaisants afin d’apprendre à dompter l’inconfort lié à leur réminiscence et il s’était entrainé à bloquer son esprit de diverses manières et même à le piéger en vue d’intrusion éventuelle.  Il avait passé le reste de ses journées enfermé dans sa chambre à bouquiner des ouvrages sur la Magie de l’Esprit ou affalé sur le canapé du salon à regarder la Tv, jouer à la console ou zoner sur internet depuis le Macbook familiale. Bref, rien de bien réjouissant contrairement à Nelly.

La préfète semblait particulièrement satisfaite de ses congés. Sa grand-mère encourageait ses choix professionnels et les vacances lui avait permis de retrouver son père et sa sœur.

Cette dernière n’était jamais apparue clairement dans les souvenirs de Nelly et elle n’était pas élève à Poudlard non plus, contrairement à Mickaël. Sans doute était-elle encore trop jeune pour être scolarisée, songea l’adolescent en traversant la rue en direction des escaliers qui desservaient enfin les quais nettement plus calmes que l’artère principale. Virgil dévala les marches, tira une dernière latte sur son mégot et l’éjecta d’une pichenette dans le canal. Il s’arrêta quelques instants en bas pour observer le paysage –Les gratte-ciels de verre et d’acier, les vieilles grues témoignant du passé industriel du lieu et les eaux calmes du chenal- puis il reporta son attention sur la préfète pour répondre à sa question.

« Pas grand-chose. » Il se mit en marche en regardant droit devant lui.
« J’étais chez mon père la semaine dernière et là je suis chez ma mère jusqu’à dimanche », expliqua-t-il sans entrain. Il y avait bien eu son anniversaire mais  fêter sa majorité sans ses copains lui avait laissé un gout amer. Désireux de changer de sujet, il poursuivit : « Par contre j’ai bossé mon occlumancie et je suis sûr que je vais finir par te dépasser dans ton propre domaine. Il jeta un regard en biais à sa voisine et poursuivit, et tu devineras jamais qui m’a fait une lettre de recommandation pour le stage à Skye, Virgil laissa placer quelques instants de silence et finit par lâcher l’information, Mason. Il eut un bref éclat de rire dubitatif avant de citer un extrait du courrier,  « C'est un élève qui, certes, a eu quelques ennuis mais qui a fait beaucoup d'efforts pour prouver sa motivation. Ses professeurs rapportent de nets progrès. » Il haussa les sourcils derrière ses lunettes de soleil, Je sais pas ce qu’elle fume mais je veux bien la même drogue qu’elle : Les hallucinations ont l’air puissantes. »

Il voulait bien admettre qu’il s’était mi au travail plus sérieusement ces derniers mois mais de là à recevoir des encouragements de la directrice il y avait un sacré pas !En toute sincérité, il ne pensait pas mériter de tels éloges mais si Mason se laissait berner, tant mieux pour lui, il ne comptait pas bouder son plaisir.

« Et toi ? Elle t’a mi quoi dans ta lettre ?" s’enquit-il alors en passant sous l’ombre d’ une passerelle piétonne qui rejoignait les deux rives du canal. S’il avait reçu une recommandation de la directrice de l’école, Nelly avait forcément eut droit à la sienne également.


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Virgil n’apprécia pas particulièrement sa petite chanson. Elle était bien pourtant, cette petite ballade entêtante, et Disney aussi c’était génial ! Regarder un Disney lui faisait toujours du bien en tout cas, même si elle avait passé l’âge pour les dessins animés.
Pour Nelly, c’était important de garder une âme d’enfant. Bon, bien sûr, il y avait quelques limites à avoir pour mener une vie d’adulte et instaurer des relations sociales mais dans des circonstances particulières, la jeune femme estimait qu’elle pouvait se laisser aller. Le printemps arrivait à grands pas, elle avait des bonbons et était heureuse alors pourquoi le garder pour elle-même ?
A Poudlard, ils s’étaient vus pour des sujets plus sérieux, Virgil et elle, que ce soit lors de leurs entraînements aux manipulations mentales magiques ou suite à l’histoire de la Volubilis. Alors maintenant qu’ils étaient en vacances, loin de l’école, pourquoi ne pas adopter un comportement plus détendu, plus serein, et profiter de cette virée en ville ?

Virgil, lui, restait égal à lui-même. La clope au coin du bec, il fit redescendre d’un cran l’intérêt que portait la préfète sur ses bonbons en remarquant qu’ils avaient peut-être été roulés sous les aisselles du confiseur. Nelly exagéra sa grimace de dégoût en feignant un haut le cœur tout en se tournant vers son camarade comme pour cracher son bonbon sur lui.

« Bhaaa, arrête c’est dégoûtant ! Je te préviens, je te vomis dessus si jamais je tombe sur un poil dégueu, » menaça-t-elle pour la forme.

En marchant en direction des Docks, Nelly se lança dans le récit de ses vacances. Etait-ce nécessaire de préciser que les vacances étaient ce qu’elle préférait dans l’année ? Comme toute adolescente qui se respectent, la préfète trépignait d’impatience chaque dernière semaine de cours avant les congés tant attendus et, une fois de retour à Poudlard, elle songeait déjà aux prochaines vacances. « Vivement les vacances ! » disait-elle à peine montée dans le Poudlard Express. Bien qu’elle appréciait énormément sa scolarité à Poudlard, ne pas avoir cours et pouvoir faire des grasses matinées était bien plus agréable.
Alors que la Serpentard terminait le compte rendu de ses vacances, les deux adolescents traversèrent la rue pour s’engager dans les escaliers menant aux quais.

En bas, ils s’arrêtèrent et observèrent un instant le paysage. Nelly laissa son regard se perdre dans les eaux du chenal où Virgil venait de jeter sa cigarette. Le mégot fut doucement emporté par le faible courant, rejoignant sans doute de nombreux autres déchets…
Le Gryffondor reprit sa marche et elle s’éloigna du canal à son tour en l’écoutant. A l’entendre, il n’avait pas passé des vacances des plus réjouissantes, s’étant contenté d’une semaine chez son père puis chez sa mère. Il n’avait pas fêté son anniversaire ? Avec ses amis ou au moins avec sa famille ? Le jeune homme n’aborda pas le sujet en tout cas et enchaîna rapidement avec l’Occlumancie en affirmant qu’il la dépasserait désormais dans son propre domaine.

« Ah oui ? s’étonna la préfète, une lueur de défi dans les yeux. Qu’est ce qui te fait dire ça ? J’ai peut-être aussi progressé de mon côté, » fanfaronna-t-elle en redressant la tête fièrement, un sourire malicieux aux lèvres.

Il ne lui restait plus qu’à progresser en Legilimancie si elle voulait garder son niveau face à Virgil. Après tout, ils étaient en concurrence pour un stage à Skye et il ne fallait pas prendre les choses pour acquis d’autant plus que son camarade avait reçu une lettre de recommandation de… Daisy Mason ?! La directrice de Poudlard elle-même le recommandait auprès de la directrice de Skye ? Elle avait rien reçu elle ! C’était un sacré coup de pouce, pour ne pas dire de piston. Nelly tourna un regard curieux vers son camarade qui citait la lettre. Avec de tels propos flatteurs à l’égard du Gryffondor, elle avait du soucis à se faire. C’était bête, mais sa confiance en fut un instant ébranlée, une boule d’anxiété ou de jalousie, elle ne saurait dire, lui serrant la gorge. Malgré tout, la jeune femme garda son sang-froid et s’efforça d’être un minimum heureuse pour lui.

« C’est super ! Ça prouve que tes efforts ont été remarqués et que malgré tout ce que t’as pu faire, rien n’est perdu. Pour que la directrice écrive ça, c’est bien qu’il doit y avoir un fond de vérité, fit-elle remarquer avec un petit sourire. Il y avait un soupçon d’hypocrisie dans ce sourire mais au fond, elle était vraiment contente pour lui. Certes un peu jalouse mais elle se mettait à sa place : rien n’était moins satisfaisant que de voir ses efforts porter leurs fruits. Mais bon… ça me met un peu la pression quand même, » avoua-t-elle en toute sincérité.

Pression qui s’amplifia légèrement lorsque le Gryffondor poursuivit en l’interrogeant sur le contenu  de sa propre lettre de recommandation de Daisy Mason. Lettre qu’elle n’avait pas reçu, elle. Un courrier était bien arrivé chez elle quelques jours plus tôt mais d’un tout autre expéditeur. En effet, nul autre que Jonah Forbes, son directeur de maison, avait écrit une lettre chargée de louanges la concernant. Si le professeur Forbes n’avait été que son directeur de maison, elle n’aurait eu aucun sentiment à se vanter dudit courrier devant Virgil mais ce dernier étant le fils de Jonah, elle ne savait pas s’il était préférable de ne rien dire ou pas. Comment réagirait-il en apprenant que son père avait écrit une lettre de recommandation pour la fille dont le dossier était en concurrence avec le sien ? Trouverait-il cela injuste ? Serait-il en colère contre son père ? A sa place, elle se sentirait trahie.

Toutefois, rien ne lui disait que Jonah n’avait pas aidé son fils dans son entreprise. L’enseignant lui avait adressé ce courrier en tant que professeur et directeur de maison, il pouvait très bien apporter son aide à son fils d’une autre manière en tant que père. Songeant que Virgil était assez intelligent et mature pour ne pas piquer une crise de jalousie, Nelly préféra jouer la carte de la sincérité.

« Oh, j’ai rien reçu de la part de Mason. Donc sur ce point là, t’as une avance sur moi, commença la préfète pour tâter le terrain. Par contre, j’en ai reçu une de ton père, lâcha-t-elle d’une traite. Il était au courant pour mon projet, bien sûr, je lui en avais parlé – la jeune femme avait profité de la fin d’un cours d’Étude des Moldus pour aller parler au professeur Forbes une fois les autres élèves partis – mais je ne pensais pas qu’il me ferait une lettre. Donc j’ai eu une bonne surprise. »

Certainement moins bonne que recevoir un courrier de la directrice de Poudlard mais les compliments écrits du professeur Forbes valaient la peine d’être lus.
Soucieuse de passer à autre chose et de ne pas saper leur bonne humeur, Nelly piocha un bonbon dans le sachet qu’elle tenait toujours dans sa main.

« Bon, assez parlé des cours et de tout ce qui nous rappelle Poudlard. Elle tendit le bonbon à Virgil. T’en veux un maintenant ? Je t’ai réservé le moins bon, celui au bon goût d’aisselles ! déclama la Serpentard tout en approchant le bonbon rouge et jaune des lèvres du Gryffondor. Fais aaaaaaaah ! »


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Lorsque Virgil avoua que Daisy Mason soutenait sa candidature, il guetta du coin de l’œil la réaction de Nelly. Cela ne servait à rien de se voiler la face,  il savait parfaitement que leurs dossiers étaient en concurrence et que le contenu de la lettre de la directrice risquait de faire pencher sérieusement la balance d’un côté ou de l’autre. Meredith ne lui avait pas communiqué le nombre de stagiaires qu’elle comptait prendre dans ses services mais Virgil se doutait que les cadres de Skye n’allaient pas s’encombrer d’une ribambelle de gamins à former… Nelly avait clairement une longueur d’avance sur lui, mais le Gryffondor ne comptait pas s’avouer vaincu pour autant.

Visiblement, elle semblait vraiment heureuse qu’il ait reçu cette  lettre, lui aussi, affirmant que Daisy Mason avait du percevoir ses efforts des derniers mois. Suite à cette réaction  pour le moins inattendue, Virgil lui jeta un léger regard en biais et s’immobilisa sur le quai.

« T’es sérieuse là ? Où trouvait-elle les ressources pour être si fair-play ? Il était bien incapable de s’enthousiasmer de la sorte pour un camarade qui risquait de lui piquer sa place, lui. Ou alors, Nelly mentait très bien, scénario envisageable également. Après tout, elle était scolarisée chez Serpentard, la maison des fourbes qui n’hésitaient pas à prêcher le faux pour savoir le vrai, C’est bon tu peux me dire que tu commences à penser que je suis un sérieux challenger. » railla –t-il avec un sourire moqueur.
Nelly finit par avouer que cette lettre de recommandation lui mettait quand même un peu la pression. Parfait. Il avait bien remarqué que Nelly était d’une nature un peu plus anxieuse et stressée que lui. Elle était douée, indéniablement, mais elle doutait parfois de ses compétences . Pourtant, elle n’avait très clairement pas de soucis à se faire avec son dossier scolaire : Daisy Mason avait surement dû être élogieuse dans sa lettre à son égard, songeait Virgil.

Quelle ne fut pas sa surprise donc lorsqu’il appris que la directrice de Poudlard ne s’était pas donnée la peine de rédiger un courrier de recommandation pour sa préfète.

« Tu te fous de moi ? »
demanda-t-il le plus sérieusement du monde, toujours immobile sur les abords du canal. Il laissa passer quelques instants de silence –pensant que Nelly allait démentir ses propos- mais il n’en fut rien. Le Gryffondor l’observa encore quelques secondes, comme pour évaluer son degré de sincérité puis il finit par éclater de rire. Littéralement.

« Mais comme tu dois être dééégoutéééée ! s’exclama-t-il en reprenant sa marche, la mine particulièrement réjouie, Tu te casses la tête pour être l’élève parfaite, irréprochable. Tu acceptes le job le plus ingrat de la terre –préfet- et au final, tu n’as absolument rien en retour. Même pas une petite lettre de recommandation de la directrice , nouvel éclat de rire moqueur,  alors que moi je glande rien pendant six ans, j’emmerde tout le monde, j’ai une ribambelle de punitions longue comme le bras mais comme j’ai décidé de rendre mes devoirs dans les temps depuis deux mois, Mason estime qu’il faut m’encourager et me donner un coup de pouce. So Poufsouffle. »

Virgil afficha un sourire narquois.  « Tu as misé sur la mauvaise stratégie, Nelly. Allez, souris, c’est pas si grave ! dit-il en esquissant un geste pour lui pincer la joue de manière infantilisante.

Faire preuve de retenue et de fair-play ne semblait pas être la priorité de Virgil, loin de là. Taquiner Nelly était une activité nettement plus réjouissante que de se sentir faussement concerné par ses déconvenues. Il avait l’impression qu’il pouvait la charrier gentiment à ce sujet sans qu’elle ne se braque pour autant. A force de passer du temps avec elle, il avait une idée plus nette de son seuil de tolérance et des limites à ne pas franchir. Même si Virgil flirtait souvent avec la ligne rouge, il essayait de ne pas aller trop loin.

« Tu dois être mauvaise…Moi, à ta place, je le serais… »
la tourmenta-t-il encore, comme il l’aurait fait avec son petit frère Gabriel.

Au fond, ce comportement était  plutôt flatteur pour Nelly. Il se conduisait avec elle comme avec n’importe lequel de ses proches, signe qu’elle était entrée dans le cercle restreint de ses amis. Toutefois, la préfète fit une annonce qui calma quelque peu l’enthousiasme de Virgil. En effet, elle lui révéla que son père avait rédigé une lettre de recommandation à son encontre afin qu’elle puisse intégrer le Centre de Réhabilitation de Skye en tant que stagiaire.

Quoi de plus normal ? Jonah était le directeur de Maison de Nelly qui officiait en tant que préfète au sein des Serpentard. Son père était tout habilité à couvrir de louanges la jeune femme et pourtant Virgil y voyait clairement un affront personnel. Jonah savait, depuis peu, que son fils nourrissait les mêmes projets que Nelly et il avait visiblement œuvré pour que son élève ait un meilleur dossier que sa propre progéniture…

« Laisse moi deviner,
reprit Virgil la mine légèrement assombrie et le regard fixé droit devant lui, il a du dire que tu étais sérieuse, obéissante et digne de confiance, j’imagine ? »

Tout ce qu’il n’était pas aux yeux de son père.

Les deux Forbes avaient eu une conversation houleuse, quelques jours plus tôt, au sujet du parcours  professionnel de Virgil, Jonah n’approuvant pas le choix de Skye. Au final, cet échange n’avait fait que renforcer la détermination du Gryffondor à réussir dans cette entreprise.
Virgil était tout à ses pensées, occupé à ressasser les propos que son père avait tenus lors de cette soirée de mise au point  lorsque Nelly chercha visiblement à détendre l’atmosphère en lui collant un bonbon devant la bouche.

Virgil appréciait qu’elle fasse des efforts pour changer de sujet de conversation, vraiment, mais il eut toutefois un léger mouvement de recul -pour ne pas dire une grimace de dégoût- quand la jeune femme lui demanda d’ouvrir la bouche.

« Tu crois quand même pas que tu vas me gaver comme un nourrisson ou un vieillard sénile ? » s’offusqua-t-il en attrapant le bonbon entre ses doigts. Il acceptait l’offrande mais selon ses propres conditions. Virgil examina un instant la confiserie d’un œil suspicieux et finit par la glisser dans son gosier.

« C’est pas mal le gout aisselle… » commenta-t-il après avoir fait tourner la confiserie dans sa bouche de longues secondes. Il se rapprocha alors de Nelly pour observer l’intérieur du paquet de toute sa hauteur, mais je préfère le noir, là, il désigna le bonbon au réglisse de son index,  tu le sauras pour la prochaine fois. »

Si tant est qu’il y en ait une ! songea-t-il en esquissant un imperceptible sourire.
Les arbres du  parc étaient dorénavant visibles, tout au bout du canal, derrière une série de ponts et de passerelles. Les deux camarades de classes durent d’ailleurs emprunter un escalier pour rejoindre momentanément la chaussée puis il redescendirent de l’autre côté du pont où des péniches et de vieux gréements étaient amarrés.

« Par contre, tu es consciente que si tu interdis notre principal sujet de conversation -à savoir tout ce qui se rapporte à Poudlard- on risque de ne pas avoir grand-chose à se dire et trouver le temps très long » fit-il remarquer en avançant, les mains dans les poches, « honnêtement, si tu te tais tout l’aprem’, ça m’ira très bien mais je t’avoue que j’ai un peu peur que tu te remettes à chanter du Disney. » dit-il d’un air faussement sérieux, « Tu as l’air de trop bonne humeur aujourd’hui. C’est les vacances qui te mettent dans cet état où la perspective de passer une après-midi entière avec moi ? » la taquina -t-il d’un air effronté.


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« Si, je te jure, » confirma Nelly quand Virgil douta de la véracité de ses propos.

Pourquoi mentirait-elle ? Si elle avait également reçu une lettre de la directrice, elle ne le lui cacherait pas et s’en vanterait même. Le jeune homme l’évalua encore un instant avant d’éclater de rire en reprenant sa marche. Visiblement réjoui par cette nouvelle, le Gryffondor enfonça encore plus le clou en énumérant tout ce qui les différenciait et ce pourquoi elle méritait bien plus une lettre de recommandation de Daisy Mason que lui. Il se moquait, clairement et ouvertement, mais ce n’était pas bien méchant et il semblait tellement satisfait par la tournure des événements que Nelly ne pouvait pas lui en vouloir de se montrer si narquois, ni même jouer la vexée. A vrai dire, la préfète ne prêtait pas trop attention à ce qu’il disait. Elle se sentait bête ,et se serait baffée si elle l’avait pu, mais elle était captivée par les éclats de rire de son camarade, comme suspendu à son sourire. Elle avait déjà pu l’apercevoir rire ainsi avec sa bande de potes mais il n’était jamais parti dans un fou rire avec elle ; alors elle l’observait avec curiosité, un vague sourire aux lèvres, en se disant que c’était là le signe qu’ils étaient dorénavant plutôt proches. La Serpentard se sentait bien à cette idée et ne pouvait que se réjouir de cette évolution : ils ne pouvaient pas rester indéfiniment de simples camarades ou connaissances en nourrissant le même projet et en s’entraînant ensemble, à moins qu’ils se détestent. Or, il lui semblait que ce n’était pas le cas. Autrement, Virgil le lui ferait certainement comprendre.

Nelly émergea de ses pensées lorsque le Gryffondor lui pinça la joue. Pour la forme, la préfète feignit la susceptibilité et s’écarta un peu en levant une main entre eux – attitude parfaitement contredite par le sourire amusé que lui tira ce geste infantilisant. Certes, ce n’était pas grave, comme il le disait, mais s’il continuait, sa jalousie remplacerait bientôt l’amusement qui primait en elle pour l’instant ! Le Gryffondor – qui l’avait appelé par son prénom d’ailleurs, pour une fois – finit par cesser de la tourmenter en remuant une dernière fois le couteau dans la plaie.

« Ça va, je ne suis pas jalouse, dit-elle en relevant le menton avec fierté. D’autant plus que j’ai toujours une lettre de recommandation de plus que toi, » lui apprit-elle avant de révéler que Jonah Forbes lui en avait adressée une.

L’effet sur l’enthousiasme de Virgil fut immédiat et celui escompté. Nelly ne voulait pas lui ruiner le moral mais elle préférait être honnête avec lui. Pourtant, en voyant la réaction de son camarade, elle se sentit un peu coupable de ne pas avoir gardé cette information pour elle.

« Ouais, en gros, » confirma la jeune femme, un peu gênée.

Le contenu de la lettre du professeur Forbes pouvait effectivement se résumer aux quelques qualités citées par Virgil, la missive était en réalité bien plus complète et proprement rédigée mais Nelly évita de s’attarder sur le sujet : la nouvelle n’avait pas dû enchanter Virgil. Aussi tenta-t-elle de détendre l’atmosphère en collant un bonbon devant les lèvres du jeune homme qui le dégusta après l’avoir examiné, bien qu’il lui confia préférer ceux à la réglisse.

« Je te les donnerai seulement si t’es sage, » proposa Nelly avec amusement en piochant un bonbon vert pomme.

Les deux adolescents remontèrent un instant sur la chaussée en proie à la circulation pour redescendre de l’autre côté du pont et poursuivre leur chemin en direction du parc dont les arbres étaient désormais visibles tout au bout.
Un petit groupe d’enfants en rollers les doubla à toute vitesse alors que Virgil faisait remarquer qu’ils n’auraient plus grand chose à se dire si elle interdisais tout sujet se rapportant à Poudlard. Quand même ! Ils avaient bien d’autres sujets de conversation que l’école non ? Comme euh… Les vacances ? Le temps ? Non ? Bon, d’accord, ils risquaient de vite trouver le temps long… Encore plus si elle se taisait pour de bon, trouvait-elle.

« Tu préfères que je ne parle plus ? Si je me taisais vraiment ? Et si je faisais la tête ? » dit-elle avec malice.

La préfète tenait à passer un bon moment alors, être plongée dans le silence, elle en serait la première embêtée mais Virgil, quoi qu’il en dise, en serait probablement tout autant dérangé. Elle lui permettait de s’évader quelques heures de son cocon familiale alors la jeune femme soupçonnait, qu’au fond, son camarade n’apprécierait pas forcément un silence pesant pendant tout l’après midi.

Les yeux de la Serpentard pétillèrent de malice à la remarque suivante de Virgil. Qu’est ce qui la mettait le plus de bonne humeur entre les vacances et un après-midi passé avec lui ? Sûrement les deux. Il fallait dire qu’elle était particulièrement heureuse de le voir, et que cela amplifiait sa bonne humeur déjà présente, mais il était hors de question de l’admettre explicitement. La préfète tourna un regard énigmatique vers son camarade en prenant un bonbon à la réglisse.

« Peut-être les deux, » minauda-t-elle en coinçant le bonbon noir bien en évidence entre ses incisives pendant deux secondes avant de le croquer outrageusement.

La jeune femme ne raffolait pas spécialement de la réglisse mais mordre dans le bonbon préféré de Virgil plutôt  qu’un autre était bien plus provoquant et amusant. Un sourire amusé collé aux lèvres, Nelly cherchait du bout des doigts ses bonbons préférés au fond du sachet en plastique coloré quand son portable vibra dans la poche de sa veste. Elle dégaina son smartphone – non sans s’être léchée les doigts avant – et ouvrit le message que venait de lui envoyer Chloe qui lui demandait son avis sur deux tenues qu’elle portait sur des photos jointes. La préfète compara un instant les deux clichés avant de se rapprocher de Virgil pour mettre son téléphone moldu entre eux.

« C’est Chloe. Tu préfères laquelle entre elle et elle ? » l’interrogea-t-elle en faisant défiler les photos du pouce.

Chloe avait bien besoin d’avoir deux avis, dont un masculin, pour se rassurer et se sentir à l’aise pour la soirée de Nelly à venir. La Serpentard ne faisait pas souvent, pour ne pas dire jamais, de soirées avec des moldus alors depuis qu’elle s’était réveillée, la jeune femme harcelait Nelly de questions et avait aussi, visiblement, du mal à choisir sa tenue. Pour la préfète, Chloe se prenait un peu trop la tête.

« Je fais une soirée chez moi, ce soir, expliqua Nelly. Avec mes amis. Je l’ai invitée et elle est un peu stressée, je pense, de rencontrer des gens qui ne sont pas de Poudlard, ricana-t-elle en rangeant son portable dans sa poche après avoir répondu à Chloe. Elle va finir par me stresser aussi… Je suis super contente, je vais revoir mes potes et il y aura aussi ma sœur et ses amis, mon frère et ses amis, et puis Chloe… Enfin bref, plein de monde quoi ! Ça fait un petit moment qu’on avait pas fait ça donc c’est cool !… Nelly se tourna alors vers le Gryffondor, consciente que cela ne se faisait pas trop de parler d’une soirée à quelqu’un qui n’était même pas invité. D’ailleurs, si tu veux venir, tu es le bienvenu ! Ce sera l’occasion pour parler d’autres choses que Poudlard et tu feras la connaissance de mes amis. Enfin, si tu veux et si tu peux, bien sûr, » s’empressa-t-elle d’ajouter avec moins d’entrain en songeant que Virgil avait peut-être quelque chose de prévu ou qu’il n’avait tout simplement pas envie d’être invité.

Pourtant, cela lui ferait plaisir qu’il vienne. Chloe se sentirait moins seule avec un visage familier et la préfète avait bien envie de prolonger ce moment avec Virgil hors du cadre de Poudlard.

Ses pensées orientées vers sa soirée imminente, Nelly remarqua qu’ils tenaient le bon bout et approchaient enfin du parc.

« Et donc… comment tu comptes t’y prendre pour… euh… entendre ? » s’enquit-elle en ne sachant pas vraiment ce qu’avait prévu son camarade à part fumer de la Mandragore.


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Virgil ne manqua pas le regard pétillant de Nelly lorsqu’il lui demanda si  la perspective de passer un après-midi entier en sa compagnie la mettait de bonne humeur. Si sa réponse fut énigmatique –« peut-être »-, Nelly s ‘avéra toutefois on ne peut plus clair dans son attitude digne de la préfète qui lui avait brûlé la joue d’un sortilège lors de leur premier duel.  Conscient des minauderies de la jeune femme –mais aussi un peu charmé, il devait bien l’avouer – Virgil arbora son air le plus prétentieux avant d’enchainer :

« Je savais que tu ne pourrai pas te passer de moi pendant deux semaines…
fanfaronna-t-il, Tu es si prévisible. »


« Suis moi je te fuis, fuis moi je te suis… » Ce dicton semblait illustrer parfaitement la nature des relations entre Nelly et Virgil. Ils n’en étaient plus à leur premier sous-entendu. Leurs échanges, initialement motivés par leur intérêt commun pour la Magie de l’Esprit, prenaient parfois une toute autre tournure.  Ils alternaient les phases de flirts clairement assumées, avant de retrouver des conversations sérieuses, presque distantes, tout aussi rapidement. Un véritable yoyo émotionnel qui convenait parfaitement à Virgil. Il aimait bien tenter de déstabiliser Nelly en l’aguichant ouvertement et il appréciait l’idée qu’elle fasse de même de temps en temps. Ce petit jeu de séduction semblait bien installé maintenant et le jeune homme n’était pas particulièrement pressé d’y mettre fin que ce soit par une prise de distance ou par un éventuel rapprochement : Non seulement, ce jeu du chat et de la souris lui plaisait, mais en plus,  il ne se voyait ni rompre tout contact avec elle ni envisager quelque chose de plus sérieux.  Même si Nelly lui plaisait, il ne s’imaginait pas lui susurrer des mots doux à l’oreille lovés dans un canapé de la salle des quatre maisons. Ni lui tenir la main dans les couloirs de l’école. Ni l’appeler « mon cœur » ou  « Mon bébé » à tout bout de champs.  
A vrai dire,  sa description de l’enfer sur terre n’aurait pas été différente ! Virgil se sentait incapable d’entretenir ce genre de relation : flirter oui, envisager une relation sans lendemain, très certainement, mais entretenir une relation amoureuse durable avec son lot de compromis,  de niaiseries et de guimauve, clairement pas.

Enfin, ils n’en étaient pas encore là -pour ne pas dire : pas du tout - puisque Nelly s’obstinait à l’embêter en dégustant lentement ses bonbons préférés. Pour toute réponse Virgil lui jeta un bref regard entre ses paupières plissées puis il attrapa une cigarette et l’alluma. Il inspira une profonde  bouffée et recracha la fumée en un mince filet entre ses lèvres en direction de sa camarade.
Il savait qu’elle détestait  ça !

Un message reçu sur le portable de Nelly interrompit toutefois leur duel silencieux. Virgil jeta un coup d’œil au modèle de téléphone de sa camarade tandis qu’elle le sortait de sa poche pour consulter sa notification.

« Quand est-ce que tu vas passer au Pear et abandonner ce truc ? Je t’assure que le One est mille fois mieux que n’importe quel joujou moldu…»

Sans compter qu’il pourrait lui envoyer davantage de message et de snape…

Nelly ne se donna pas la peine de répondre et préféra tendre le portable entre eux pour lui demander son avis concernant les tenues que venait de lui envoyer Chloé. Virgil s’immobilisa, coinça sa cigarette entre ses lèvres et fit glisser ses lunettes de soleil sur le bout de son nez pour mieux voir.

« Elle peut pas choisir toute seule, sérieux ? Elle a besoin de toi pour ça ? » souffla-t-il en affichant une expression blasée. Il masqua de sa main libre les reflets du soleil sur l’écran pour tenter d’apercevoir les deux photos en dépit de la luminosité ambiante et reprit, franchement, aucune des deux. Sur la première on dirait une actrice porno, mi-princesse mi-junky sado-masochiste, et sur la seconde on a l’impression qu’elle a enfilé un déguisement de cow-girl raté. Je ne vois aucune circonstance pour s’habiller comme ça hormis pour un concours de rodéo. Et encore.»

Ne jamais demander son avis à Virgil. Jamais.

L’adolescent remonta ses lunettes sur son nez et  se remit en marche, les mains au fond des poches, laissant à Nelly le soin de répondre à son amie. La jeune femme lui révéla bien vite que Chloé ne se préparait pas pour une virée dans le Midwest –comme on aurait pu le croire initialement- et encore moins pour le tournage d’un film interdit au moins de 18 ans mais pour une soirée que la préfète comptait organiser chez elle le soir même avec ses frères et sœurs et ses amis moldus. De quoi éveiller la curiosité de Virgil.
Il se demandait justement si le fameux Liam allait être de la partie lorsque Nelly lui proposa de venir.
Bien sûr qu’il avait envie de s’y rendre, tout comme il avait eu envie d’aller à la fête d’anniversaire de Philip, une semaine plus tôt, mais c’était sans compter avec le fait qu’il était purement et simplement interdit de soirée par ses parents depuis ses derniers écarts au règlement scolaire… Il avait déjà réussi à négocier difficilement cet après-midi de relâche et il savait que sa mère ne serait pas dupe une seconde fois : Elle ne le laisserait jamais filer même avec la préfète de son année.

Toutefois, plutôt que d’avouer la vérité à Nelly –« je suis privé de sortie par mon papa et ma maman »-, Virgil préféra ironiser sur la situation :

« Comment as-tu deviné mon souhait le plus précieux ? s’exclama-t-il en feignant d’être enchanté par cette perspective, Passer une soirée avec ton petit frère de douze ans et ses copains moldus à jouer au Monopoly et à boire du jus de pomme ? L’extase ! » Virgil jeta un regard appuyé à Nelly et laissa passer quelques seconde avant d’ajouter. « Même pas en rêve. Si c’est pour tenir compagnie à Chloé et qu’elle me montre les 12 542 selfies de son instamage, laisse tomber. »

Virgil frissonna à cette idée mais il ne put s’empêcher d’imaginer la soirée sous un autre angle : Nelly et lui, quelque peu désinhibés par un verre ou deux d’alcool,  installés dans un coin tranquille de la villa des Horrocks…

Non. Stop.
Cela ne servait à rien de se faire du mal. Il était bloqué chez lui jusqu’à nouvel ordre. Il n’y avait pas de place pour ce genre de pensées parasites et encore moins aujourd’hui, alors qu’il s’apprêtait à tester ses dons de légilimens sous mandragore.  Son psychisme devait être totalement tourné vers la réussite de cette expérience et vers rien d’autre.

D’ailleurs, les deux adolescents arrivèrent rapidement devant le portillon qui fermait l’entrée du parc où ils avaient décidé de se livrer à cet exercice. Virgil pénétra le premier dans l’écrin de verdure urbain et quitta rapidement les allées couvertes de gravier pour rejoindre l’herbe grasse. Ils n’étaient pas les seuls à profiter du soleil en cette belle journée d’avril .Des adolescents et des mères de familles accompagnées de leurs enfants étaient d’hors et déjà installés sur les pelouses. Quelques joggeurs faisaient le tour du parc et des petits groupes de personnes âgées discutaient tranquillement sur les bancs ombragés disséminés le long des chemins.

Virgil balaya l’espace du regard et prit rapidement la direction d’un emplacement en haut d’une butte au pied d’un bouleau. D’ici, ils auraient une vue plongeante sur une bonne partie du parc et de ses occupants. Le coin parfait.  L’adolescent se délesta donc de son sac et se laissa choir dans la partie ombragée à la limite de la zone ensoleillée afin que Nelly puisse choisir entre l’une et l’autre. Il éteignit sa cigarette dans l’herbe et ouvrit son sac pour récupérer la canette de soda qu’il avait acheté chez le buraliste. Leurs plus proches voisins se trouvaient à plusieurs mètres de distance, ils étaient donc assez isolés pour parler de magie tranquillement.

« Je sais pas trop comment ça va se passer, en fait…confessa-t-il à Nelly qui venait de le questionner sur la démarche qu’il comptait mettre en œuvre pour entendre les moldus, … J’ai lu dans Psyché & Magie que… Il s’interrompit un bref instant le temps de décapsuler proprement la canette qui avait été particulièrement  secouée dans son sac,… que les tribus aborigènes australiennes utilisaient certains psychotropes pour favoriser l’ouverture de l’Esprit à la Magie mais il n’y avait aucun descriptif du dispositif, ni aucune mention des drogues utilisées, Virgil but une gorgée de soda et tendit la canette à sa camarade, …En vérité,  j’y vais au feeling. Je me suis pas mal exercé ces dernières semaines pour travailler mon mental donc…on va voir. » Virgil haussa les épaules et farfouilla dans son sac à la recherche de ses cigarettes, de son papier à rouler et de ses feuilles de mandragore. Il posa le tout sur le rabat de son sac en bandoulière et commença à préparer sa petite mixture sur sa nappe improvisée, à l’abri des regards indiscrets. L’odeur et l’aspect de la Mandragore ne ressemblaient en rien au produits illicites moldus si bien qu’ils n’éveilleraient aucun soupçons dans le parc.

« Je ne vais pas faire un dosage hyper violent, vaut mieux éviter que je sois complètement défoncé,   expliqua-t-il en mêlant les feuilles émiettées au tabac, normalement je devrai être bien, pile comme il faut. » Détendu, calme, posé.  «  Si jamais je commence à dire n’importe quoi, tu me raccompagnes en métro et tu dis à ma mère que les muffins du Starbuck avaient un drôle de goût. »  Il leva les yeux vers Nelly et ajouta «  Ça devrait pas arriver, mais au cas où. »

Il savait que Nelly n’approuvait absolument pas sa consommation de Mandragore mais la jeune femme s’était engagée à le seconder dans cette expérience et Virgil espérait bien qu’elle tiendrait ses engagements. Il termina consciencieusement sa préparation en silence jusqu’à obtenir un fin cylindre parfaitement roulé. Après l’avoir examiné quelques instants d’un œil appréciateur, Il leva le joint entre Nelly et lui et souffla: « Si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais » Il laissa passer quelques secondes de silence, comme pour s’assurer que Nelly le suivait toujours,  et finit par allumer l’extrémité du joint  et  inspirer une bouffée qui lui tira un long soupir de contentement. Quelle douce sensation….

« Tu peux pas savoir depuis combien de temps j’attends ce moment … » souffla-t-il en s’allongeant à demi, appuyé sur un coude. Quatre longs mois « Juste pouvoir m’en griller un. Tranquillement. » Le regard dans le vague, Virgil observait sans vraiment les voir les moldus en contrebas. Il était bien là, en compagnie de Nelly, loin de Poudlard et de ses parents. Il reporta d’ailleurs son attention sur la jeune femme et finit par dire :

« Il faut un petit temps pour que le joint fasse effet mais je peux commencer à essayer de m’entrainer sur toi…
Il fit glisser ses lunettes de soleil sur son crâne et observa Nelly comme s’il tentait de percer sa psyché :
« Tu es en train de te dire « Mais qu’est-ce que je fous ici avec ce gars qui consomme des produits sorciers devant des moldus… Je pourrai être accusé de chercher à briser le secret magique mais je reste là, assise dans ce parc, alors que je serai bien mieux chez moi, occupée à préparer la meilleure soirée Monopoly de tous les temps … Virgil laissa fleurir un vague sourire sur son visage. Pour une fois, il n’était pas emprunt de moquerie.  Pourquoi est-ce que je fais tout ça en fait ? » A vrai dire, c’était surtout une question qu’il se posait, lui, au sujet de Nelly.


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Face à la réaction de Virgil, Nelly ne sut pas vraiment s'il jouait la carte de la sincérité et n'était absolument pas intéressé par sa soirée ou s'il se montrait sarcastique tel qu'il en avait souvent l'habitude. Dans le doute, la préfète préféra se montrer ironique.

« Oh très bien. Tu as certainement quelque chose de bien plus intéressant de prévu. Comme euh... je ne sais pas, jouer à Call Of Duty avec ton petit frère qui a, lui, douze ans contrairement à Mike qui en a 14. »

En arrivant chez les Forbes, la jeune femme avait remarqué le célèbre jeu moldu en pause sur la télévision du salon. Pour y avoir jouer, elle n'aimait pas spécialement ce type de jeu où elle n'avait rien compris et s'était fait tuer au bout de deux minutes par un sniper bien planqué qu'elle n'avait pas vu venir. A choisir, elle préférait vraiment le Monopoly où elle était bien plus forte malgré le temps considérable que prenait ce jeu de société... Mais Virgil pensait vraiment qu'elle était capable d'organiser des soirées Monopoly ? Elle n'avait plus 9 ans ! Il serait probablement surpris de voir qu'ils étaient capables d'organiser des soirées géniales du genre celles qui plaisent à n'importe quels adolescents... Malheureusement, cela ne risquait pas d'arriver puisqu'il avait catégoriquement refusé l'offre.

Les deux adolescents atteignirent enfin le parc verdoyant et fréquenté en ce jour ensoleillé. Nelly emboîta le pas du Gryffondor et retint le portail ouvert pour laisser passer une femme avec une poussette qui la remercia d'un sourire. La Serpentard rattrapa son camarade qui s'était engagé dans l'herbe verte sur laquelle des promeneurs profitaient du beau temps, tantôt allongés, tantôt assis en groupe. Certains étaient manifestement en couple ou en famille, d'autres, plus solitaires, lisaient dans leur coin. Virgil les mena en haut d'une butte, sous l'ombre d'un bouleau, où ils s'installèrent. Nelly choisit de garder la tête à l'ombre mais les jambes au soleil, appréciant l'exposition des lieux, et se tourna un peu pour faire face à Virgil assis à ses côtés qui lui révélait ne pas avoir spécialement prévu de plan à suivre pour espérer entendre les pensées des moldus. Rien de plus normal, il n'était pas expert en la matière et ils n'avaient presque rien trouvé dans les divers ouvrages qu'ils avaient lus, - il faut dire que très peu de livres traitaient ce sujet - qui plus est, Virgil avait entendu des pensées en étant sous Mandragore qu'une seule fois alors la préfète comprenait bien qu'il puisse ne pas savoir comment s'y prendre.

« C'est toi l'expert, » dit elle en buvant une gorgée du soda de Virgil.

La jeune femme lui faisait entièrement confiance sur ce coup là et n'avait pas vraiment de plus amples conseils à lui donner. Entre eux deux, c'était lui qui avait le plus l'habitude de consommer de la drogue ! Elle était seulement là pour l'épauler dans cette tâche et s'assurer que tout se passait bien. Si l'expérience tournait mal, elle avait la mission de le ramener chez lui et prétendre que les muffins du Starbuck étaient mauvais.

« Compte sur moi, assura d'ailleurs la Serpentard en arrachant un brin d'herbe qu'elle enroula dans ses doigts. En baissant les yeux sur le joint qu'était en train de rouler le Gryffondor, elle songea qu'elle avait peut être une idée à lui soumettre. En plus d'être là pour «veiller» sur lui, elle devait s'assurer qu'ils restent le plus discrets possible. Si tu entends des pensées mais que tu sens que tout dérape, commença-t-elle avec sérieux. Concentre toi sur moi. Si tu perds le contrôle, concentre toi sur une seule pensée. Comme moi quand je me suis focalisée sur un seul souvenir heureux pour occulter le négatif de ma mémoire. Il y a beaucoup de monde alors pour faire simple, concentre toi sur moi si jamais ça ne va pas. On ne peut pas prendre le risque que quelqu'un se rende compte que tu lis dans ses pensées. Je sais pas, à partir d'un certain niveau, peut être que même les moldus peuvent sentir que quelqu'un sonde leur esprit. »

Elle était prête à donner de sa personne pour leur éviter des problèmes... Déjà que le Gryffondor s'apprêtait à consommer des produits sorciers au beau milieu de moldus.
Une fois ses préparatifs terminés, Virgil leva le joint de Mandragore entre eux et Nelly inclina la tête pour signifier qu'elle le suivait toujours.
Son camarade alluma le bout de la pseudo cigarette roulée et en tira une longue latte qui lui tira un soupir de satisfaction. Nelly l'observait, une vague expression sur le visage mêlant l'appréhension et l'aversion. Comment pouvait on fumer une telle chose, se demanda-t-elle en portant son regard sur le parc en contrebas.
Un peu plus loin sur leur droite, deux adolescents se prélassaient au soleil. Ils devaient avoir leur âge, peut être un peu plus, et étaient apparemment en couple. En observant la jeune femme lovée contre son petit copain, la tête appuyée sur son épaule, elle ne put s'empêcher de les imaginer à leur place, Virgil et elle. A quoi ressembleraient-ils, tous les deux, s'ils faisaient la même chose ? Elle n'était pas sûre que Virgil soit du genre à caresser les cheveux d'une fille comme le faisait ce garçon mais elle se plaisait à l'imaginer.

Bon... Euh... On pourrait se concentrer un peu ?
Nelly chassa ses pensées et reporta son attention sur son camarade qui tentait de percer son esprit. Ce qu'il inventa lui arracha un sourire amusé. Ce n'était pas si loin de la vérité, au fond. Mais la jeune femme se demandait surtout comment elle pouvait remiser ce genre de pensées de côté qui, d'habitude, la faisait beaucoup réfléchir. Bizarrement, ce n'était pas le cas aujourd'hui. Ils faisaient peut être quelque chose de dangereux ou d'interdit, mais elle s'en fichait. Là, tout de suite, elle se sentait bien et comptait bien faire en sorte que rien ne vienne troubler sa quiétude.

« Et bien bravo le télépathe, railla la jeune femme en plaquant la canette de soda sur le torse de Virgil pour la lui rendre. Tu lis dans mon esprit comme dans un livre ouvert, ricana-t-elle en se couchant dans l'herbe. Mais tu as faux sur un point. Si je pense à ma soirée Monopoly c'est pour me rappeler à quel point elle va être géniale, que tout est presque prêt et que je vais passer un super moment pendant que toi tu regretteras de ne pas être venu..., » le tourmenta la jeune femme en fermant les yeux, un sourire malicieux aux lèvres.

Elle comptait bien le charrier un peu là dessus et lui faire regretter sa décision et pourquoi pas le convaincre de finalement venir...
La préfète resta un instant les yeux fermés à se concentrer sur les bruits environnants : les cris et les rires des enfants, la voix des personnes les entourant, le chant des oiseaux et le bruissement presque inaudible des feuilles des arbres. En se concentrant, elle arrivait même à entendre la respiration lente de Virgil à ses côtés quelque fois coupée quand il tirait sur son joint.
D'ailleurs ce truc sentait vraiment mauvais, constata l'adolescente en rouvrant les yeux.

« Alors ? Ça fait effet ? » s'enquit-elle en tournant la tête vers le Gryffondor.


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« Ben voyons, souffla Virgil quand Nelly essaya vainement de lui faire la promotion de sa soirée, Tu connais ma théorie sur les fêtes ? demanda-t-il en la désignant vaguement du doigt, Plus l’hôte a l’air désespéré et  insiste pour te faire croire que sa soirée va être géniale, plus il y a de chance pour qu’elle soit bien merdique… C’est élémentaire.»  assura-t-il après avoir but une gorgée du soda que la préfète venait de lui rendre.

L’adolescent afficha un air faussement désolé - qui voulait clairement dire « Hé ouais ma grande, tu vas bien te faire chier ! »- mais Nelly n’y prêta pas attention. En effet, elle était déjà allongée dans l’herbe, les yeux fermés, et profitait pleinement des premiers rayons de soleil de l’année. Virgil l’observa un instant, laissant courir son regard sur son corps baigné de lumière, puis il reporta son attention sur la nature environnante, le parc et ses occupants. Toujours appuyé sur un coude, il tirait régulièrement sur son joint de Mandragore, savourant le silence qui s’était installé entre eux. A vrai dire, Virgil était plutôt taiseux à la base et l’absence de conversation lui convenait parfaitement. Il appréciait même de constater que ce long silence, uniquement troublé par leurs respirations lentes et régulières, n’avait rien de gênant.  

La Madragore commençait à se distiller dans son organisme : Il lui avait suffit d’une bouffée pour se sentir empli d’une délicate euphorie. Virgil se sentait apaisé, tranquille et il n’avait aucune envie de rompre ce moment de quiétude en tentant d’éventuels exercices de légilimancie qui devraient obligatoirement le forcer à se concentrer sur quoi que ce soit. Sa détermination semblait quelque peu entamée maintenant et il préférait savourer cette impérieuse sensation relaxante. La vie semblait plus douce, plus facile. Les sentiments négatifs étaient relégués en arrière plan et seule primait une impression de bien-être d’une pureté incomparable.

Comment avait-il pu se passer de Mandragore durant tous ces mois ? Et comment ne pas devenir accroc à ce genre de produit qui vous rendaient la vie plus belle ?

L’adolescent termina sa cigarette et bascula en arrière, la tête posée sur ses avant-bras croisés. Le feuillage printanier du bouleau, d’une teinte vert clair, dansait au dessus de lui au gré du vent et laissait apparaitre de temps à autre quelques rayons de soleil.
Scène hypnotique.

Ce fut Nelly qui rompit le charme de ce moment en lui demandant de but en blanc si la Mandragore faisait effet. Virgil regretta de ne pas lui avoir proposé une taffe du joint : Elle aurait surement été moins pressée de tenter l’expérience si elle avait été défoncée…

« Humhum. » souffla-t-il en guise de réponse sans quitter des yeux les branches d’arbre au dessus de lui.

Il savait que Nelly s’attendait surement à une réponse plus développée -ou à un peu plus d’entrain de sa part- mais il était vraiment trop bien pour daigner bouger, ne serait-ce que d’un millimètre. Pourquoi s’embêter à tenter des Manipulations Mentales compliquées alors qu’ils pouvaient rester toute l’après midi à regarder des feuilles danser ?

*Parce que Nelly a fait le déplacement exprès pour ça.* souffla une petite voix dans sa tête. La voix de la raison. Une belle saloperie ce truc.

Virgil tenta de l’ignorer encore un moment mais il finit par pousser un long soupir avant de  tourner son visage en direction de la préfète. Il bascula sur le côté s’appuya sur un coude et calla sa joue dans sa paume tout en arrachant un long brin de sétaire qui poussait entre eux.

« Tu veux pas qu’on remette notre exercice à plus tard ? » demanda-t-il en faisant tourner la tige entre deux doigts. « On est bien là… Pourquoi se prendre la tête ? » souffla-t-il alors en approchant le brin d’herbe du visage de la jeune femme. L’épis caressa le menton de Nelly, remonta  lentement le long de sa mâchoire jusqu’à sa joue avant que Virgil, mué subitement en gamin polisson, ne tente sournoisement d’introduire la brindille dans la narine de Nelly.

Malgré ses dix-sept ans révolu, cela l’amusa beaucoup mais il consentit toutefois à retrouver un semblant de sérieux pour se mettre au travail. Le jeune homme se redressa pour s’asseoir et s’accouda  sur ses genoux.  Il glissa le brin de sétaire entre ses lèvres, étirées en un vague sourire ,tout en cherchant la première cible de son expérience. Son regard s’arrêta alors sur les amoureux lovés l’un contre l’autre dans l’herbe un peu plus loin.

« Alors eux, je sais exactement  à quoi ils pensent, souffla-t-il en les désignant du menton, mais je ne peux pas te le dire : tu es trop jeune pour entendre ça. » ajouta-t-il en  se tournant légèrement vers Nelly, un sourire goguenard aux lèvres.

Trêve de plaisanteries. Certes Virgil était de très bonne humeur –encore plus depuis que le joint faisait son œuvre- mais ils étaient là dans un but bien précis. Il devait au moins essayer de se concentrer un tant soit peu. L’adolescent reporta donc son attention sur les autres occupants du parc. Il y avait bien ce père de famille qui jouait au freesbee avec son fils mais c’était compliqué de rester focalisé sur lui alors qu’il était sans cesse en mouvement. Virgil préféra donc choisir une cible immobile et ses yeux se posèrent sur une femme occupée à lire sur un banc aux abords du chemin.

« Elle, là-bas. » indiqua-t-il à Nelly sans quitter des yeux la lectrice esseulée.

De là où il était, il la voyait seulement de profil et son visage était entièrement masqué par sa chevelure. Tête baissée, elle lisait un épais ouvrage posé sur ses jambes croisées.

« Allez. Focus. » s’encouragea-t-il en mobilisant son esprit. Ses propres pensées semblaient plus difficiles à canaliser sous Mandragore-comme si elles étaient plus fluides, presque volatiles- mais il avait aussi l’impression que le champ des possibles s’élargissait. Il devait arriver à isoler cette personne, à ne voir plus qu’elle. Il pressentait qu’il ne parviendrait à forcer son esprit qu’en respectant ces conditions.
Il l’observait donc avec une insistance dérangeante depuis plusieurs secondes lorsqu’elle leva brusquement le nez de son livre. Elle tourna alors la tête en direction de Nelly et lui, comme si elle avait sentie le poids de leur regard, et Virgil se tendit instantanément lorsqu’il fut saisit par une terrible sensation de déjà vu.

Cela ne pouvait pas être elle ! songea-t-il en cherchant Nelly des yeux pour guetter sa réaction.


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Nelly était bien. Elle souhaitait que rien ne vienne troubler cet instant paisible. Les yeux fermés, elle sentait tout son corps se détendre à chacune de ses respirations. Virgil bougea à ses côtés pour s'allonger également, en silence. Les lèvres de la préfète s'étirèrent en un petit sourire serein, apaisé. Elle ne voulait pas rouvrir les yeux, pas encore, alors que l'instant semblait suspendu, à l'écart de tout. Rien ne semblait pouvoir rompre sa sérénité.
La préfète se risqua tout de même à rouvrir les yeux, presque réticente à retrouver la réalité, et tourna la tête vers son camarade. Le regard du jeune homme s'était perdu dans le feuillage du bouleau au dessus d'eux. Une certaine quiétude émanait aussi de lui, si bien qu'elle hésita un peu avant de lui parler et de le ramener à la réalité.

La réponse du Gryffondor l'aiguilla vers le sentiment que le joint avait fait son effet. Il semblait quelque peu... stone. Nelly secoua la tête, un peu amusée, et se redressa un peu pour l'observer.

« Et ?? » insista la préfète en cherchant son regard.

Dans un soupir, Virgil consentit à se tourner vers elle, appuyé sur son coude. Il arracha un brin d'herbe en proposant de reporter leur exercice. Déjà c'était son exercice et elle était venue un peu pour ça donc il avait plutôt intérêt à s'y mettre. La Serpentard le laissa néanmoins la chatouiller avec le brin de sétaire en scrutant ses yeux clairs. Ses gestes, son discours étaient assez inhabituels... Bien que son comportement l'amusait, elle ne put s'empêcher de se montrer narquoise.

« Oooookay... Je crois que la Mandragore fait son effet, analysa la jeune femme en haussant les sourcils juste avant que le Gryffondor n'enfonce la tige dans sa narine. Ooooh t'abuses ! » râla-t-elle en se détournant un peu, la main sur le nez mais un sourire aux lèvres.

Ce comportement puérile sembla beaucoup amuser son camarade et elle arracha une touffe d'herbe qu'elle lui lança au visage.

« Concentre toi ! On n'est pas là pour ça ! tempera la Serpentard. Un peu de bonne volonté ! »

Virgil daigna finalement se redresser et observer les gens autour d'eux. Son regard s'arrêta sur le couple d'adolescents qu'elle observait plus tôt et il prétendit connaître leurs pensées secrètes qu'il lui épargna pour ne point la «choquer».

« Je te remercie de préserver mes oreilles prudes, » railla la préfète en s'asseyant à son tour.

Le jeune homme chercha du regard une cible idéale, tout comme Nelly qui regardait dans l'autre direction, et jeta finalement son dévolu sur une femme plongée dans la lecture d'un livre, sur un banc, en contrebas. La Serpentard suivit son regard et repéra la femme solitaire dont le visage était masqué par sa chevelure.

Son regard passa de Virgil à la lectrice, comme pour évaluer si le jeune homme allait parvenir à entendre ses pensées. En détaillant le profil de cette moldue esseulée, Nelly observa son ouvrage puis les mains qui le tenaient en fronçant les sourcils. Ces doigts ne lui étaient pas étrangers...


*****


Deborah Williams ~ Mère de Nelly



Captivée par la lecture de son livre, Deborah ne prêtait plus attention au monde qui l'entourait. Elle était arrivée plus tôt, avant que les familles ne viennent profiter du beau temps avec leurs enfants pour l'heure du goûter. Les bruits qui d'ordinaire l'auraient dérangée semblaient moins exacerbés. Les chahuts des enfants, l'incivilité des jeunes adolescents et l'hypocrisie de toutes ces mères de famille ne l'atteignaient presque plus désormais.
Il y a moins d'un an, son état psychologique ne lui permettait pas de se rendre dans un lieu si fréquenté et d'y tenir plus de quinze minutes. Tout l'agressait, l'irritait et chaque son, chaque détail sortant de l'ordinaire happait son attention et venait troubler son esprit.
Aujourd'hui, elle se sentait mieux. Son livre posé sur ses jambes croisées, elle essayait de s'imaginer de l'extérieur et se disait qu'elle ne ressemblait plus trop à une dépressive victime, en plus, d'un TOC. Son état oscillait entre des hauts et des bas depuis quelques temps maintenant. Plusieurs années peut être, elle ne comptait plus.
Lorsqu'elle était au plus bas, les médecins lui donnaient un traitement pour l'aider à remonter la pente. A chaque fois, ses tourments finissaient par s'apaiser... Mais jusqu'à quand ? Et à quel prix ?

Assise sur ce banc depuis près de deux heures, Deborah avait ainsi profité de la météo clémente, l'esprit seulement focalisé sur la lecture de son livre.  Elle s'était surprise à apprécier ce moment, sans éprouver le besoin de rentrer s'enfermer, et avait même observé pendant quelques instants une mère jouant avec son enfant. Un petit sourire tendre était apparu sur ses lèvres avant de s'évanouir aussitôt : ce spectacle n'était plus le sien, ne serait plus jamais le sien.

Alors qu'elle terminait une page de son livre, Deborah se sentit soudainement observée avec insistance... Un sixième sens, peut-être. Passablement dérangée à l'idée d'être épiée de la sorte, elle leva les yeux de son ouvrage et tourna la tête sur le côté. Parmi la foule, elle croisa plusieurs regards mais un mouvement brusque attira son attention.


*****


Le cœur de Nelly manqua un battement. Le temps sembla s'arrêter tout comme sa respiration. Plus aucun bruit ne lui parvenait, seul son poul tambourinait dans ses tempes et sa vision périphérique se troubla. Elle ne voyait qu'elle. Sa mère était là, assise sur ce banc, à une dizaine de mètres d'elle. La préfète eut l'impression de reculer, de devenir observatrice de cette scène qu'elle ne voulait pas vivre. Sa mère ne pouvait pas être là, c'était impossible, elle ne voulait pas y croire, pourquoi fallait-il qu'elle soit là ? Tout était parfait jusque là, il avait fallu que le destin lui envoie cette épreuve...
Au moment où elle crut croiser le regard de sa mère, la jeune femme sortit de sa léthargie et se recoucha précipitamment sur l'herbe afin de se soustraire à la vue de Deborah Williams.

« C'est ma mère cache toi ! ordonna-t-elle à Virgil dans un souffle affolé sans penser que cela ne servirait à rien puisque sa mère ne le connaissait pas. Merde c'est pas vrai... Mon dieu, faites qu'elle m'ait pas vue, faites qu'elle m'ait pas vue..., » implora la Serpentard en se recroquevillant sur l'herbe comme une enfant pour se cacher le plus possible.

Les yeux fermés, elle invoqua tous les dieux moldus et sorciers qu'elle connaissait et priait pour disparaître parmi les touffes d'herbe alors que des vagues d'angoisse montaient en elle.


*****


Cette jeune femme qui s'était allongée précipitamment sur l'herbe, elle n'avait pas vu son visage assez longtemps pour l'identifier précisément mais elle était sûre de la connaître. Et ces jeunes étaient en train de l'observer, elle en était certaine, surtout le jeune homme qui venait de jeter un coup d'oeil à sa voisine, désormais repliée sur elle même. De là où elle se trouvait, elle pouvait voir la majorité du corps de la fille ainsi que ses cheveux lui barrant le visage.
En reportant son regard cerné sur le jeune homme, Deborah chercha dans sa mémoire le visage de cet impoli qui la fixait, en vain. Elle ne le connaissait pas.

*Mais qu'est ce qu'il me veut ?*

Elle aurait voulu faire comme si elle n'avait rien vu et ignorer que ces jeunes gens l'épiaient un peu plus tôt mais leur comportement l'intriguait, surtout celui de la jeune femme.
Poussée par la curiosité et une certaine paranoïa, Deborah fouilla dans son sac posé contre elle sur le banc pour en sortir une ancienne liste de courses. Elle referma son livre qu'elle cala sous son bras et se leva de son siège pour se diriger innocemment vers la poubelle la plus proche, à mi-chemin entre le banc qu'elle venait de quitter et les deux adolescents. Arrivée devant la poubelle publique, elle y jeta son papier en levant les yeux vers les deux jeunes adultes. Oubliant toute discrétion, elle resta plantée là quelques secondes à détailler du regard le jeune homme assis dans l'herbe puis sa voisine qu'elle pouvait mieux observer ainsi positionnée.


*****


*Elle ne m'a pas vue, elle va partir, elle ne m'a pas vue, elle va partir...*

Nelly ne cessait de se répéter ces mots qui tournaient en boucle dans son esprit. Elle devait irradier la panique et l'angoisse mais s'efforçait de ne pas bouger. Si sa mère l'avait vue, elle pourrait peut être la prendre pour une promeneuse endormie sur l'herbe si elle restait bien immobile et calme.

*Pitié pitié...*

La jeune femme n'osait même pas ouvrir les yeux ou bouger la main pour mieux masquer son visage avec ses cheveux, ni même parler pour demander à Virgil ce qu'il se passait. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il était en train de faire et ne l'entendait plus tant son sang bouillonnait à ses oreilles. Ses mains jointes devant sa bouche, la préfète continuait d'implorer n'importe qui et n'importe quoi pour sortir de ce cauchemar.


*****


Ces traits lui disaient quelque chose. Elle connaissait mieux que quiconque ce visage, ces mains, ces cheveux... Deborah avait fait mine d'avancer sur le chemin pour mieux observer la jeune femme qu'elle reconnaîtrait entre mille, mais dont elle refusait de croire en la présence, ici.

*Ça ne peut pas être elle, ce n'est pas possible*

Pourtant, un indice décisif vint confirmer ce qu'elle savait déjà : la bague travaillée qu'elle portait à son annulaire droit. L'anneau d'argent serti d'un saphir  provenait de sa mère qui l'avait donné à sa petite fille, Nelly. Il n'y avait plus aucun doute possible.
Comme frappée par la foudre, Deborah s'immobilisa, sans chercher à s'approcher.

* Nelly ?*
HRP:
 


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Cette femme les poursuivait. Depuis six mois, elle revenait sans cesse, dans leurs échanges, leurs souvenirs, et aujourd’hui elle était là, à quelques dizaines de mètres d’eux. Il ne fallut pas longtemps à Virgil pour confirmer son intuition. Un simple regard  en direction de Nelly et il fut sûr qu’il s’agissait bel et bien de sa mère.

En effet, la réaction irréfléchie de la préfète ne se fit pas attendre : Elle s’allongea et se recroquevilla sur elle-même, cherchant visiblement à se confondre avec l’herbe du parc pour passer inaperçu. Réaction totalement absurde. En d’autres circonstances, le Gryffondor ne se serait pas gêné pour le lui faire remarquer mais il pressentait que Nelly n’était pas en mesure de raisonner convenablement. Elle l’enjoignait à s’allonger pour ne pas être identifier alors qu’il n’avait jamais rencontré sa mère –si ce n’est dans les souvenirs de la jeune femme.

« Calme toi voyons…Il jeta le brin d’herbe qu’il avait au coin des lèvres, Tu vas attirer son attention… » souffla- t-il en risquant un regard en direction de la femme qui les scrutait maintenant.

La mère de Nelly n’avait pas vu sa fille depuis des années, elle ne l’avait sans doute pas reconnue et pourtant, elle ne les quittaient plus du regard. Virgil percevait quelque chose d’étrange : Il ne savait pas si c’était l’effet psychotropique de la Mandragore, sa propre imagination ou ses capacités sensorielles qui s’étaient accrues mais il se sentait de plus en plus oppressé par des ondes invisibles et puissantes. Mieux valait quitter les lieux, le temps que sa camarade de classe se reprenne et qu’il puisse lui-même géré plus sereinement cet assaut sensoriel. « Allez, viens, on bouge. » ajouta-t-il en attrapant le poignet de la préfète pour l’enjoindre à le suivre, en vain. Les deux mains scellées sur sa bouche et les yeux fermés, Nelly semblait hermétique à toute sollicitations extérieures.

« Nelly, tu m’entends ? » demanda-t-il en se penchant un peu plus vers elle.

Il n’était pas spécialiste en la matière mais cela ressemblait à s’y méprendre à une crise d’angoisse. Il avait déjà vécu une expérience similaire avec Emma Blackbonnes, l’hiver dernier, et il avait réussit à faire passer la crise en gardant son sang froid. Certes, il n’était pas défoncé ce jour là -ce qui rendait son raisonnement nettement plus aisé-, mais il savait qu’il pouvait gérer la situation. Les choses étaient simples : Faire revenir Nelly et se barrer d’ici.

Un mouvement à la périphérie de son champs de vision lui fit toutefois lever la tête. La mère de la préfète venait de quitter son banc et se dirigeait maintenant vers une poubelle située à seulement quelques mètres d’eux en contrebas. Mauvaise idée. Virgil avait besoin de temps et d’espace pour pouvoir se concentrer et se montrer persuasif. Son cerveau semblait à la fois plus bouillonnant et plus lent qu’à l’accoutumée et il peinait à mobiliser toute son énergie pour que Nelly entende raison. L’adolescent pressa ses paupières closes et lissa ses cernes d’un geste las.

« Il faut que tu te lèves. » intima-t-il.

Sa voix n’avait pas sa force de conviction habituelle : Diction trainante, bouche pâteuse… Pas de doute possible, il était bien complètement stone avec un pauvre petit joint ! Ses quatre mois de sevrage avaient sans doute renforcé l’effet de la drogue sur son organisme…
C’était un comble tout de même. Nelly était venue ici pour veiller sur lui, en quelque sorte, et les rôles s’en trouvaient inversés. Il devait endosser le statut du responsable de leur binôme sans être en pleine possession de ses capacités.

Virgil risqua un nouveau coup d’œil en direction de la mère de la préfète qui s’était immobilisée au milieu du chemin pour les regarder et il fut soudainement frappé par une évidence : Elle avait reconnu Nelly. Il n’avait pas, à proprement parlé, entendu ses pensées mais il savait qu’elle venait d’identifier sa fille. Quelque chose dans son cerveau lui envoyait ce signal qui sonnait comme une puissante évidence. Virgil en resta littéralement abasourdi. C’était à la fois complètement dingue et inquiétant. Il était partagé entre l’envie de poursuivre l’expérience et celle de fermer son esprit aux ondes extérieures de peur d’être inondé d’informations comme lors de son dernier bad trip…

L’adolescent essuya quelques gouttes de sueurs qui perlaient sur son front et s’efforça de calmer cette angoisse qui montait en lui. Le joint n’était pas trop chargé, il devait être en mesure de garder le contrôle, se dit-il. Inspirer, expirer. Il avait réussi à lutter contre les intrusions mentales de Nelly, il n’allait quand même pas faillir devant les simples pensées d’une moldue folle à lier !

Si Virgil parvenait à garder un semblant de sang froid, il était clair que ce n’était pas le cas de Nelly qui paraissait au moins aussi dérangée que sa mère à cet instant. Elle, qui habituellement se montrait si réfléchie et si posée, paraissait bien incapable aujourd’hui d’exprimer un pensée rationnelle.  Son angoisse était telle qu’elle irradiait tout l’espace. Pas besoin d’être légilimens pour s’en apercevoir.

« Elle ne peut rien te faire… » assura Virgil. « Les choses ont changé… »

Ils étaient dans un espace public, sa mère n’était pas folle au point de l’agresser en plein milieu d’un parc remplis d’enfants ! Quand bien même elle soit assez tarée pour se livrer à un tel acharnement,  Nelly n’était plus la petite fille sans défense qu’elle avait été par le passé, mais une sorcière tout à fait apte à se défendre.
Toutefois la préfète semblait incapable d’envisager les choses de la sorte. Elle n’arrivait même pas à ouvrir les yeux pour affronter la réalité, alors…

« Ok. » souffla Virgil pour lui-même. Il poussa un soupir, se frotta les yeux et se mit sur pieds péniblement non sans éprouver un léger vertige. Habituellement, il adorait cette drôle de sensation embrumée et  ouatée mais dans ces circonstances, il s’en serait bien passé. L’adolescent épousseta le derrière de son jeans et se décida finalement à faire quelques pas en direction de l’ex-madame Horrocks. S’il n’était pas en mesure de faire entendre raison à Nelly, il n’avait plus qu’à se rabattre sur sa mère.
Plus il s’approchait d’elle, plus il percevait son aura tourmentée et instable. Le contact visuel et la proximité physique accroissaient cette sensation de pouvoir lire en elle comme dans un livre ouvert. Il avait même l’impression que les pensées de la mère de Nelly pouvaient s’inviter dans son propre esprit, à son insu, et s’y loger pour l’éternité sans le moindre consentement de sa part. Un parasite qu’on laisse entrer et qui contamine tout votre être….

*C’est l’effet de la Mandragore* songea-t-il pour se rassurer en passant une main sur sa nuque. * Arrête de flipper !*

Virgil s’arrêta à une distance respectable de Déborah Williams -comme pour éviter de se brûler près d’un feu de joie- puis il l’observa quelques instants, sans mots dire.  Elle était à la fois semblable et différente de la femme du souvenir. Plus vieille certes, mais bizarrement moins marquée. Son regard n’était pas aussi fou qu’avant mais elle avait tout de même quelque chose d’étrange et de dérangeant… L’adolescent se tourna à demi pour jeter un coup d’œil à Nelly puis il reporta son attention sur sa fascinante mère, alcoolique et violente.

« Elle ne veut pas vous voir. Vous devriez passer votre chemin. » lâcha-t-il en accrochant son regard.


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Deborah Williams ~ Mère de Nelly




Quelle genre de mère ne reconnaîtrait pas sa propre enfant ? Deborah en était persuadée : sa fille Nelly se trouvait à quelques mètres d'elle. Comme paralysée, la mère de la préfète n'osa pas s'approcher, ni partir, ni même lâcher des yeux sa fille prostrée sur elle-même... Il fallait être aveugle ou idiot pour ne pas en avoir conscience : Nelly l'avait vue et semblait totalement paniquée par sa présence. Quoi de plus normal ? N'était pas celle qui lui avait fait autant de mal ? Croyait-elle vraiment pouvoir l'approcher sans provoquer sa détresse ?
Deborah était partagée entre le besoin de se rendre à ses côtés pour voir, observer sa fille qu'elle n'avait pas vue depuis presque cinq ans, la consoler, lui parler, et la peur de la faire fuir. Comment réagirait Nelly si elle s'approchait ?

Perdue dans ses pensées et le regard fixé sur sa fille, Deborah Williams ne vit pas s'approcher le jeune homme qui l'observait un peu plus tôt en compagnie de Nelly. Elle sursauta presque quand il apparut dans son champ de vision et porta un regard méfiant sur ce jeune homme au teint pâle et aux yeux vitreux. Ils s'obervèrent un instant, l'ancienne mère de famille se demandant bien ce qu'il lui voulait. Ses mots ne la surprirent guère mais une part d'elle même fut heurtée tant par l'insolence du garçon que par cette révélation. Mais à quoi s'attendait-elle ? Il était évident que Nelly ne voulait pas la voir, pourtant, au fond, elle avait espéré un autre scénario.

Regardant tour à tour sa fille couchée dans l'herbe un peu plus haut et l'adolescent qui l'avait abordée, Deborah partit dans un petit rire sans joie et joua l'offensée.

« Je vous demande pardon ? Pourquoi ne voudrait-elle pas me voir ? Je suis sa mère !
Et puis d'abord, vous êtes qui ? »
rétorqua-t-elle en jaugeant Virgil de haut en bas.

A son goût, ce garçon avait mauvais genre. Si bien qu'elle se demandait qui il était pour sa fille. A première vue, le jeune homme semblait inoffensif au point d'être instable sur ses jambes maigrichonnes mais il valait mieux se méfier des apparences...
Ignorant totalement qu'il était au courant pour le passif de sa relation avec Nelly, Deborah préférait se faire passer pour une mère lambda choquée d'apprendre que sa propre fille ne voulait pas la voir.
Si elle en avait eu le courage, elle aurait planté le garçon ici pour se diriger vers Nelly la tête haute mais elle ne pouvait s'y résoudre, trop hésitante quant à la marche à suivre, presque effrayée par ce à quoi elle devrait faire face. Le regard vide fixé sur sa fille, l'air perdu, les bras ballants et les doigts agités de mouvements nerveux, Deborah ne ressemblait en rien à la femme qu'elle voulait être : confiante, sereine et inspirant la confiance telle une mère modèle qui se précipiterait auprès de son enfant en détresse.

Portée par un bref élan de courage, l'ancienne mère de famille posa un pied, puis l'autre, dans l'herbe grasse, comme finalement décidée à se rendre auprès de Nelly avant de perdre toute détermination, retenue par ce qui lui semblait être une forme de bon sens...
Une fois face à elle, que pourrait-elle lui dire ?

- Tu as grandi...
- Tu es très jolie...
- Comment vont Eline et Mike ?


Elle pressentait déjà la réaction de sa fille qui se raidirait en lui jettant un regard méfiant :
« Qu'est ce que tu fais ici ?
- Je profite du beau temps. Je vais mieux tu sais...
- Non tu ne vas pas mieux. Sans tes médocs tu redeviens comme avant. Je comprends pas qu'on puisse te laisser sans surveillance...»


Et tenter de lui expliquer que les médecins ne s'embêtaient pas avec elle, qu'ils avaient d'autres choses à faire que de s'occuper d'une alcoolique dépressive - un déchet de la société comme ils devaient le penser - ne servirait à rien. Il n'y aurait pas de place pour des explications dans leur échange. Deborah n'en aurait même pas le courage.
« Je suis désolée, je ne voulais pas te faire de mal. J'étais malade. »
Ces mots... Elle voulait tant les lui dire mais ils ne parviendraient pas à franchir ses lèvres. Cela faisait longtemps maintenant, elle avait l'impression qu'elle ne pourrait jamais être pardonnée, qu'il était trop tard.

La tête basse, Deborah fit deux pas en arrière pour revenir sur le chemin, effaçant les deux seuls pas qu'elle avait fait vers sa fille, et reporta son attention sur le camarade de Nelly.

« Dîtes lui que... Dîtes lui que je pense à eux et... Elle jeta un regard vers Nelly qui était approchée par un homme, visiblement quelque peu inquiet. ...et que je les embrasse, » souffla-t-elle avec hésitation mais sincérité.

Sur ces mots, Deborah porta un dernier regard sur sa jolie fille et s'éloigna en remontant son sac sur son épaule. Par peur d'être observée, elle avait presque envie de courir pour sortir le plus rapidement possible de ce parc où elle se sentait désormais bien trop mal.


*****


Elle devait se calmer. Se mettre dans des états pareils n'arrangeait rien.
Respirant difficilement, Nelly s'efforçait de trouver des pensées rassurantes qui ne vennaient pas. Elle espérait que fermer les yeux le plus fort possible mettrait fin à son cauchemar et que quand elle les ouvrirait à nouveau, tout serait redevenu normal et parfait. Virgil à ses côtés, tous les deux allongés sur l'herbe à regarder les feuilles danser avec les rayons du soleil.
Courage Nelly, ressaisis toi ! Tu es une Horrocks !

« Tu es une Horrocks, ma fille, sois forte et fière. »
Les paroles de son père remontèrent dans sa mémoire. Il les lui disait souvent après ce qu'elle avait vécu avec sa mère : lorsqu'elle avait dû témoigner auprès des policiers, lors du procès où son père avait obtenu sa garde complète... Tout était prétexte pour lui inculquer ces principes. Il faut croire que cela l'avait aidé un minimum.

La préfète était en train de se répéter ces paroles et de se focaliser sur l'image de son père quand une main épaisse se posa sur son épaule. La Serpentard se retourna dans un sursaut, prête à se débattre si besoin.

« Tout va bien mademoiselle ? » s'enquit un homme qui s'était approché sans qu'elle s'en aperçoive.

Son état était si alarmant pour qu'un illustre inconnu vienne s'en inquiéter ? Papillonnant des paupières alors que les bruits du parc lui parvenaient à nouveau, Nelly se redressa difficilement et observa autour d'elle.

« - Oui, ça va. Je crois...
- Vous avez besoin de quelque chose ? »

Lui répondre était le cadet de ses soucis. En effet, Virgil n'était plus à ses côtés. Se remettant prudemment sur ses pieds, elle le chercha quelques secondes des yeux avant de le repérer, debout seul près du chemin piétonnier.

« Non, c'est bon. Merci, » lâcha la préfète à l'homme sans même le regarder.

L'esprit encore embrumé, la jeune femme se dirigea vers le Gyffondor en jetant des regards craintifs autour d'elle. Aucun signe de sa mère. Que s'était-il passé ? Qu'avait fait son camarade ?
Arrivée à la hauteur du jeune homme, Nelly    empoigna doucement son avant bras.

« Hey... Ça va ? souffla-t-elle en levant ses yeux noisettes vers son camarade. Où est ma mère ? » demanda-t-elle alors en risquant un regard sur le côté pour observer le reste du parc dans le dos de Virgil.


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Pourquoi ne voudrait-elle pas la voir.  Virgil haussa les sourcils, incrédule.

« Vous osez demander ça ? Sérieux ? »

Il  n’en croyait pas ses oreilles. La mère de Nelly pensait peut-être que sa fille avait passé sous silence la maltraitance dont elle avait été victime enfant –ce qui n’était pas faux en soi- mais l’adolescent savait parfaitement de quoi cette femme était capable. Sous ses allures inoffensives, il l’avait vu insulter sa fille et la violenter durement. Il connaissait toute l’histoire, pour l’avoir vécue de l’intérieur et il avait même essayé de s’interposer entre les deux femmes dans le souvenir, un peu comme aujourd’hui en somme. Cette fois, Déborah Williams le voyait bel et bien. Il pouvait véritablement agir sur la situation, contrairement au rôle d’observateur auquel il était cantonné dans le souvenir.

Il aurait surement du adopter une expression de dégout mêlée de mépris, d’ailleurs - histoire de rabaisser cette femme plus bas que terre - mais Virgil ne le fit pas. La mère de Nelly s’était pourtant livré à la pire des atrocités, il le savait tous les deux, et c’était justement ce qui fascinait l’adolescent et aiguisait son intérêt malsain. Il la scrutait de ses pupilles bleues comme s’il tentait de percer le mystère de ce monstre enfermé dans ce corps fragile, agité de spasmes nerveux.

Quelque chose de puissant émanait d’elle, c’était indéniable, mais Virgil ne parvenait pas à mettre un mot sur ce qu’il percevait. Un rayonnement, un champs d’énergie, intense et tourmenté. Confus.  Il avait l’impression que s’il faisait un pas de plus dans cette direction, il allait être emporté par un flot de pensées troubles qui l’effleurait à peine , absorbé  par cette…chose… informe et tumultueuse. Il sentait cette menace au plus profond de lui-même. Sa conscience lui intimait de détourner le regard, de reculer, de ne pas chercher à s’immiscer davantage dans les pensées d’une démente mais il restait là, à la frontière des deux mondes, debout sur un fil entre la réalité et le mystique.  Juste à la lisière de ce champs invisible.

Alors qu’il la pensait incapable de bouger, Déborah fit soudainement un pas en avant réduisant la distance physique entre eux. Virgil fut instantanément  assailli par un flash, vif et cuisant, qui le fit reculer et le laissa haletant, l’esprit embrouillé.

*Reste calme.*
s’intima-t-il sans parvenir à tempérer son agitation ni à chasser les visions qu’il venait d’avoir, *Reste calme putain !*

Un sifflement persistant irradiait son être et son sang pulsait si fort à ses tempes qu’il entendit à peine les derniers mots de la mère de Nelly. Il l’observa d’un regard défiant, en tachant de rester à bonne distance d’elle, et  recula même un peu lorsqu’elle fit demi-tour pour partir. Elle n’était plus qu’un petit point coloré sur le chemin lorsque les battements de son cœur retrouvèrent un rythme plus sage et ce fut finalement Nelly qui le sortit de sa torpeur en lui attrapant le bras quelques minutes plus tard.
Virgil se dégagea instantanément d’un mouvement d’épaule. Sans brusquerie, certes, mais avec fermeté.

Il avait besoin d’espace. Le plus d’espace possible tant il peinait à se remettre de ce qu’il venait de ressentir.

Il leva les yeux vers la jeune femme et fut soulagé de voir qu’il ne parvenait pas à décrypter ses pensées. Son aura semblait filtrée, protégée par des ondes magiques que l’esprit de Virgil ne pouvait pas percer, même avec l’aide de la Mandragore. Tant mieux. Il n’aurait pas supporté une autre immersion aussi violente. Il ressentait déjà dans son esprit la présence des moldus autour de lui comme des parasites grouillants attendant qu’il baisse la garde pour sortir de l’obscurité et coloniser son cerveau. C’était largement suffisant.

« C’est plutôt à moi de te demander ça non ?
dit-il lorsqu’Nelly l’interpela pour savoir s’il allait bien, C’est toi qui a fait une crise chelou. Pas moi. » répliqua-t-il un peu sèchement. Il sentait confusément que sa réaction était inappropriée mais il ne parvenait pas à la modifier. L’adolescent risqua un regard en haut de la butte où l’homme qui était venu en aide à Nelly attendait toujours près de leurs affaires puis il reporta de nouveau son attention sur la préfète qui venait de lui demander où était sa mère.

« Partie. » répondit-il simplement avant de se mettre en marche pour rejoindre son sac abandonné dans l’herbe fraiche au pied du moldu au regard inquiet toujours posé sur Nelly.

« C’est bon, elle va bien, Merci môssieur le chevalier servant. » cracha Virgil d’un air mauvais en arrivant à sa hauteur.  Il agita la main comme pour chasser une mouche et s’assis par terre en l’ignorant. Il voulait qu’il dégage. Tout de suite.

L’homme parut hésiter un instant. L’envie de  remettre cet adolescent insolent à sa place lui effleura l’esprit mais il préféra s’assurer d’un regard que Nelly allait vraiment bien avant de repartir en direction de sa famille qui les observait de loin.

« Putain mais les gens ne peuvent pas se mêler de leurs affaires… »
Grogna Virgil, visiblement de méchante humeur. Il était passé de l’être le plus adorable du monde –enfin presque- à quelqu’un d’exécrable en quelques minutes à peine. Il faut dire que les effets de la Mandragore ne s’avéraient plus aussi plaisants. Virgil était à mille lieux de  ressentir la sensation d’apaisement qu’il avait gouté précédemment. Au contraire.

Le  mal-être intense qu’il avait perçu chez la mère de Nelly durant le flash s’était immiscé dans son cerveau de manière insidieuse troublant ses propres émotions. Il se sentait  vampirisé par les regrets et la peine de la mère de famille et il détestait ça.  Comme si cela ne suffisait pas, le même mal de tête qu’il avait ressenti après sa première immersion venait de revenir.

L’adolescent massa ses tempes et son front endolori durant quelques instants, les yeux fermés, et finit par s’allonger pour tenter de retrouver un tant soit peu de sérénité. Il resta immobile plusieurs minutes, se concentra sur sa respiration –comme dans les exercices de médiation de pleine conscience que lui avait indiqué Nelly- puis il finit par rouvrir les paupières sur les branches d’arbre au dessus de lui.
Il ne se sentait pas bien du tout. Il aurait préféré rentrer chez lui et s’enfermer, seul, dans une pièce sombre, pour le faire le vide. Toutefois, il savait qu’il ne pouvait pas planter Nelly ici. L’adolescent prit donc une profonde inspiration et tourna légèrement la tête dans sa direction. Il n’était pas sûr qu’elle ait envie d’en savoir plus concernant sa mère –ni qu’elle puisse encaisser ses révélations-  alors il décida d’attendre qu’elle lui pose des questions avant de révéler quoique ce soit…


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Nelly haussa les sourcils, surprise, face à la réaction de Virgil. Lui qui semblait si détendu et aimable quelques minutes auparavant, sa bonne humeur s'était visiblement évanouie rapidement pour laisser place au Virgil grincheux et corrosif. La préfète, qui avait voulu se montrer douce et attentionnée, recula d'un pas, la mine fermée.
D'accord, elle avait perdu les pédales et s'était noyée dans ses angoisses mais ce n'était pas une raison pour l'envoyer balader si sèchement. Cela avait été plus fort qu'elle et elle n'avait pas pu vraiment se calmer ou adopter un comportement raisonné. Comment aurait-il réagit à sa place, hein ? Voir sa mère était bien la dernière chose qu'elle avait imaginée donc elle ne s'était pas vraiment préparée à faire face au flot de ses angoisses qui étaient violemment remontées en elle, comme les eaux d'un lac de barrage qui se serait déversée dans une vallée suite à la rupture du barrage. Si sa réaction avait impacté sur la bonne humeur de Virgil, elle en était désolée et espérait qu'il la comprenait un minimum derrière ce masque grognon qu'il affichait.

Cependant, il lui semblait que quelque chose lui échappait. Sa crise d'angoisse ne pouvait pas être la seule explication de la méchante humeur du Gryffondor. Tout d'abord, il était sous Mandragore. Les sautes d'humeur faisaient-elles parties des effets de cette drogue ? La jeune femme pensait au contraire qu'elle calmait son consommateur...
Mais elle doutait fortement que la Mandragore soit entièrement responsable de l'état de son camarade. Peut être qu'elle se trompait mais la préfète spéculait que son camarade était allé à la rencontre de sa mère, désormais partie d'après lui.
La Serpentard le suivit du regard avec attention alors qu'il entreprenait de regagner leurs places sur la butte où patientait toujours l'homme qui était venu la voir. Elle observa autour d'elle quelques instants, épiant le moindre indice qui pourrait révéler la présence de sa mère, avant de rejoindre le jeune homme qui venait de chasser le père de famille avec grossièreté. Ce dernier resta silencieux et préféra s'assurer de son état d'un regard. Nelly lui adressa un signe de tête accompagné d'un petit sourire désolé.

« Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Merci beaucoup, assura-t-elle d'une voix la plus posée possible avant d'ajouter à l'attention de Virgil : Il s'est seulement inquiété pour moi, c'était plutôt gentil et altruiste, » souffla la préfète en regardant le moldu rejoindre sa famille.

En s'asseyant sur l'herbe, la jeune femme constata que Virgil se massait les tempes et le front, comme après sa première intrusion dans sa mémoire. Nelly fronça les sourcils : Il lui cachait quelque chose. La Mandragore avait peut être fait effet et il était actuellement en train d'entendre les pensées des moldus autour d'eux... Sa mauvaise humeur serait alors totalement justifiée. Que s'était-il passé pendant qu'elle se battait avec ses démons intérieurs, pétrifiée comme une gamine ? Elle était sûre que son camarade avait vu ou entendu des choses grâce à la Legilimancie, il ne pouvait pas nier le contraire : son état et ses réactions parlaient d'eux-mêmes. Peut être même qu'il avait parlé avec sa mère... A la fois soucieuse d'en savoir plus et un peu anxieuse à l'idée des révélations que pourrait lui faire le jeune homme, Nelly s'allongea elle aussi, à ses côtés.

« Ça va pas ? s'enquit-elle en tournant un regard quelque peu inquiet vers le jeune homme. Sa voix était basse, son ton doux, presque comme un murmure tant elle ne voulait pas brusquer le Gryffondor et respecter sa tranquillité. Ta tête veut tout dire : tu entends des choses ? On dirait que tu viens d'entrer dans la tête de quelqu'un, ajouta la jeune femme avec un petit sourire.
Puis, d'une voix plus hésitante : Tu as vu ma mère ? »

Qu'avait-il fait ? Ou peut être, que lui avait-elle fait ? Si sa mère avait émit la moindre menace ou esquisser le moindre mouvement violent vers le jeune homme, Nelly ne pourrait pas se pardonner de ne pas avoir fait face à sa mère, seule, comme une adulte responsable...


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« Mais si ça va, répondit Virgil, contredit toutefois par le ton sec qu’il employa. Il poussa un soupir agacé en se morigénant  quelque peu. Il avait conscience d’abuser.  Nelly avait vécu une expérience éprouvante aujourd’hui, et pourtant, elle était celle qui se montrait étonnement attentionné à son égard alors que l’inverse aurait été plus logique. Toutefois, Virgil était incapable d’être prévenant, du moins pas dans ces conditions. Il avait mal à la tête, l’incursion furtive dans l’esprit de la mère de Nelly l’avait ébranlé et les auras des moldus du parc  planaient dans l’air comme des spectres autour de lui. L’empathie et la douceur de la préfète l’énervaient. Il avait envie de l’envoyer balader - de lui dire d’arrêter d’être si gentille – mais il tacha de prendre sur lui.

«J’ai rien entendu à proprement parlé, juste ressenti des trucs bizarresexpliqua-t-il en s’asseyant. La présence de moldus dans son champs de vision le gêna instantanément. Il avait l’impression que son cerveau cherchait une fréquence à capter . Comme une radio folle qui balaye des dizaines de stations.
C’était surement une mauvaise idée d’avoir voulu tenter cette expérience dans un espace public, se dit-il, un peu tard. Ils auraient mieux fait d’essayer de pénétrer l’esprit d’un seul moldu, dans un espace isolé plutôt que dans un parc bondé. Quelle stupidité ! L’adolescent fronça le nez et décida de suivre les conseils de Nelly. Il pivota sur lui-même pour s’asseoir face à elle. Mieux valait rester concentré sur une seule personne –un sorcier de préférence- dont l’esprit était nettement plus difficile à lire sans l’aide de la magie.

« J’ai vu ta mère, je lui ai même parlé, révéla-t-il alors tout en se massant le front. Quand je me suis aperçu que tu étais complètement tétanisée par sa simple présence je suis allé lui dire de te foutre la paix… Et,… elle est partie... »

Cela ne s’était pas tout à fait déroulé ainsi, constata-t-il alors.

« Enfin, non ….avant de partir elle m’a dit un truc… » ajouta Virgil en tachant de se remémorer le souvenir qui datait de quelques minutes à peine. Comment se pouvait-il que son esprit soit si embrouillé ?  Il espérait sincèrement retrouver toutes ses capacités mentales dès que les effets de la Mandragore seraient dissipés. En attendant, il devait faire le tri entre ce qu’il avait perçu, ressenti et réellement entendu. Une phrase s’imposa alors dans sa tête, clairement, comme si elle avait été prononcé par Déborah Williams elle-même.

*« Je suis désolée, je ne voulais pas te faire de mal. J'étais malade. »
*

Ces mots n’avaient pas franchi les lèvres de la mère de famille lors de leur conversation,  Virgil en était persuadé. Ces regrets ne lui étaient pas destinés, d’ailleurs, ils étaient pour Nelly. L’adolescent releva brusquement ses pupilles bleus sur sa camarade. Il avait réussi. Il avait lu distinctement dans l’esprit de quelqu’un mais il n’allait pas pouvoir partager cette information avec la jeune femme, de toute évidence. Lui révéler les pensées profondes de sa génitrice s’avérait impossible puisqu’elles la concernaient étroitement. Qui était-il pour s’improviser messager entre les plus intimes réflexions d’une mère et les oreilles de sa fille ?

Il savait à quel point l’agression avait durablement marqué Nelly. On pouvait même dire qu’elle l’avait façonné tel qu’elle était aujourd’hui.  Les conséquences d’une éventuelle révélation étaient trop importantes pour que Virgil s’immisce dans cette relation familiale. S’il n’avait pas été si proche de la jeune femme, cela ne l’aurait peut-être pas dérangé outre mesure mais dans ces conditions, il ne pouvait pas.
Ce qui était dans la tête de Déborah Williams devait le rester.

« Elle pense à vous» lâcha-t-il mal à l’aise en reportant son attention sur les brins d’herbe entre eux, et elle vous embrasse. Je sais, reprit-il en levant prestement sa main entre Nelly et lui pour prévenir toute nouvelle crise, c’est horrible de te dire ça mais c’est ce qu’elle m’a dit. Alors, voilà, je fais passer le message. »

*« Coucou ! Je suis ta maman qui t’a planté une pointe de ciseau plusieurs fois dans le corps, je t’embrasse ma jolie et je pense à toi ! » *
L’angoisse.

Virgil secoua la tête et massa ses tempes, lentement, les yeux clos. Il  n’aspirait plus qu’à une chose maintenant -Être seul et rejoindre un endroit obscur- mais il ne pouvait décemment pas partir sans donner une dernière explication à sa camarade de classe.

«  Après concrètement, je n’ai pas perçu grand-chose, Il lissa un peu trop longuement ses cernes avant de continuer, c’était flou et tourmenté, c’est tout ce que je peux te dire… » souffla-t-il en s'efforçant de ne pas trop laisser entendre sa mauvaise humeur.


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Virgil n'était pas dans son assiette, elle le voyait bien, et assurer le contraire ne l'aidait pas. Probablement un peu trop emphatique, Nelly s'inquiétait plus pour lui que pour son propre état. Face au mal être du Gryffondor, ses propres sensations passaient au second plan et elle avait ainsi le sentiment que, finalement, ses angoisses n'étaient pas si terribles que cela. Au moins, elle se remettait rapidement contrairement à lui qui semblait relativement handicapé par ce qu'il venait de vivre et ce qu'il ressentait toujours apparemment, songea la préfète en le suivant des yeux alors qu'il se redressait et se tournait face à elle.

La jeune femme hésita un instant à l'imiter mais finit par s'asseoir également, non sans éprouver un léger vertige. Elle ne put s'empêcher de jeter des regards autour d'eux pour s'assurer que sa mère n'était pas de retour ou qu'un moldu ne les écoutait pas mais son attention se recentra bien vite sur Virgil lorsqu'il lui annonça avoir vu sa génitrice et lui avoir demandé de la laisser tranquille.
Oh. Il avait vraiment fait ça ? C'était... gentil. D'habitude, elle n'aimait pas spécialement être cantonnée au rôle de la demoiselle en détresse, préférant se débrouiller seule, mais aujourd'hui elle était particulièrement touchée par la réaction qu'avait eu Virgil. Il pouvait donc se montrer mignon et prévenant parfois.

Elle n'eut pas l'occasion d'exprimer d'éventuels remerciements - tant mieux ceci dit, cela lui permettait de garder ses pensées pour elle - car le jeune homme poursuivait son récit et ajouta que sa mère lui avait dit quelque chose avant de partir.
Nelly se figea et ses yeux quelque peu assombris se braquèrent sur Virgil. Son coeur s'emballa à nouveau et son poul recommença à résonner dans ses oreilles.

« Quoi ? Qu'est ce qu'elle t'a dit ? » insista la préfète d'une voix presque autoritaire alors que son camarade levait ses yeux bleus sur elle.

Elle voulait savoir. Elle devait savoir. C'était sa mère après tout. Et si elle n'avait pas pu lui faire face, elle était en droit de connaître tout ce que Deborah Williams avait dit à Virgil. Peu importe ce qu'elle lui avait dit, elle voulait savoir et serait capable d'écouter, d'encaisser et de comprendre.
Inconsciemment, la Serpentard s'était mise à triturer le bout des manches de sa veste en jean alors qu'une certaine tension la gagnait : comme de l'impatience mêlée à de l'anxiété...

« ... Et elle vous embrasse... »

Le regard de la préfète se perdit dans le vide. Alors elle pensait à eux, à ses enfants ? Pourquoi cela l'étonnait ? Elle restait leur mère et quelle genre de mère ne pensait pas à ses enfants ?
Pourtant Nelly ne voulait pas la croire. Elle ne voulait pas accorder de crédit à ses propos, refusant de croire qu'elle puisse penser à eux, les aimer, les embrasser comme n'importe quelle autre mère. A ses yeux, tout n'était qu'hyprocrisie, faux semblants et contrefaçons... Comment avait-elle pu jouer la mère parfaite et ordinaire face à Virgil ? Comment avait-elle pu s'exposer ainsi en public, comme si de rien n'était, cachée derrière un masque ? Elle pensait à eux ? Très bien, parfait pour elle. Et bien Nelly, elle, ne pensait pas à sa mère. Elle s'en fichait. Du moins, elle essayait de ne pas lui accorder trop d'attention, elle voulait ne pas lui accorder d'attention. En tâchant d'enterrer son souvenir dans sa mémoire, Nelly s'efforçait de l'oublier, pensant que c'était la meilleure solution.
Alors elle en avait rien à faire de son intérêt, ni de son amour.

« Elle doit aller mieux, souffla la préfète en portant un regard noir sur l'herbe devant elle. Enfin, elle doit croire qu'elle va mieux, droguée par ses médicaments... Car au fond, pour elle, sa mère resterait toujours la même. La Serpentard secoua alors la tête en riant. J'y crois pas... Pur rire jaune. Je suis sûre qu'elle a fait sa victime ? Qu'elle a fait sa mère malheureuse devant toi ? Elle a toujours été forte pour mentir, jouer la comédie... Une pièce de théâtre à elle toute seule ! s'exclama-t-elle en écartant les bras. Elle était toujours là, à faire sa drama queen, cracha-t-elle avec dégoût. Comment son père avait pu la supporter ? Et dire que je panique et que je m'écrase comme une merde quand elle est là... Je ne devrais pas lui donner ce plaisir... »

Elle se sentait trop bête, trop faible, ridicule... Ses angoisses prenaient l'ascendant sur elle quant il était question de sa mère alors qu'elle voulait être forte et fière, affronter ses démons, braver ses peurs... Elle en était presque pitoyable.

Réalisant qu'elle s'était perdue dans ses pensées et son discours, Nelly reporta son regard sur son camarade et l'observa quelques instants en silence. Et lui ? Que pensait-il d'elle ? Il avait dû la trouver déplorable, lui, le Gryffondor plein de panache...

Après avoir longuement lissé ses cernes, Virgil répéta une nouvelle fois qu'il n'avait pas perçu grand chose. La préfète baissa encore un instant ses yeux sur ses mains qui arrachaient nerveusement des brins d'herbe. Le jeune homme avait été visiblement fatigué par ce qu'il venait de vivre et il voulait probablement rentrer chez lui, loin de ce parc et de tous ces moldus. Réalisant que c'était certainement la meilleure chose à faire pour eux et qu'elle avait aussi soudainement envie de s'enfermer dans sa chambre pour faire redescendre ses ardeurs, la préfète coinça une mèche de cheveux derrière son oreille et se releva.

« Je crois que ça suffit pour aujourd'hui, lança la jeune femme en époussetant son pantalon. On s'en va ? proposa-t-elle en tendant une main à Virgil qu'elle était sûre qu'il allait refuser avec un « Je peux encore me lever tout seul ! ». Métro ou on marche ? » demanda-t-elle encore en songeant que le métro avait l'avantage d'être plus rapide mais que le voyage risquait d'être très éprouvant pour son camarade.


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Virgil resta silencieux face à l’agitation de la Préfète qui déversait toute sa frustration dans un flot de paroles. Il pouvait aisément comprendre la colère de la jeune femme envers sa mère. Certes, il  avait perçu d’immenses regrets dans l’esprit tourmenté de Déborah Williams -elle semblait sincère et réellement peinée d’avoir fait autant de mal à ses enfants-  mais Virgil gardait aussi en mémoire le souvenir vivace des maltraitances dont elle avait fait preuve envers  sa propre fille. Et encore ! Il avait vécu cet accident en simple spectateur contrairement à  Nelly qui en gardait les stigmates jusque  dans sa chair. Le  regard bleu de Virgil  s’arrêta sur la main de la préfète qui triturait nerveusement sa veste en jeans. On pouvait deviner la mince cicatrice, juste là, entre le pouce et l’index. Il savait qu’elle avait d’autres balafres qui marquaient aussi bien son corps que son cœur pourtant Virgil n’esquissa aucun geste pour tenter d’apaiser  la tristesse et l’amertume de sa camarade. Il fut tenter de lui attraper la main, pendant un bref instant,  mais il se ravisa quant elle s’auto flagella et s’insulta elle-même. Virgil ferma les yeux et secoua la tête en signe d’agacement. Sa langue claqua sur son palet et il reprit, la voix légèrement enrouée mais le ton ferme :

« Ça sert à rien de te dénigrer. C’est pas ça qui va te faire avancer. T’as paniquée, ok, c’est pas grave. De toute façon  tu peux rien y changer maintenant… »

Elle n'avait pas à être si dure envers elle-même.

Sur le fond, Virgil n’avait pas vraiment tord  mais sur la forme, il aurait pu se montrer un peu plus compatissant. Il en avait conscience mais il se sentait si oppressé dans ce parc qu’il préférait abréger la conversation. Nelly sembla le comprendre d’elle-même puisqu’elle proposa de partir. Peut-être préférait-elle être seule, elle aussi ? Retrouver le confort douillet de sa maison , les paroles rassurantes de sa famille et les gestes tendres de ses amis... Ce qu'il était incapable de lui offrir.

Quoi qu’il en fût, cet après-midi n’avait plus rien d’agréable - ni pour elle ni pour lui- alors autant écourter. L’adolescent rassembla ses affaires dans son sac et se retrouva rapidement debout non sans avoir gratifié Nelly d’un « C’est bon, ça va, je suis pas impotent. » lorsqu’elle lui proposa de l’aider à se lever. Il épousseta ses vêtements , jeta son sac sur son épaule et reporta son regard sur l’homme qui était venu au chevet de la préfète lors de sa crise. Ce dernier essayait d’attirer son attention en lui faisait de grand signe.

« Qu’est-ce qu'il veut encore, celui là… Grogna Virgil. Le quinquagénaire montra du doigt la canette laissée au sol pensant surement que Nelly et lui allaient l’abandonner  là, au milieu du pré. « Ça va je l’ai vu ! Merci, je suis pas aveugle ! cria l’adolescent avant de se baisser pour ramasser la boisson vide, Putain mais quel cognard. » Souffla-t-il à l’attention de Nelly. Il rejoignit en quelques enjambées rageuses la poubelle où Déborah Williams avait jeté sa liste de course un peu plus tôt et se tourna pour répondre à la question de la Préfète.

« Marche. »

Le métro londonien était, certes, plus rapide mais surtout très fréquenté. Mieux valait éviter toute nouvelle interaction avec des moldus –qui plus est dans une rame bondée-  avant que les effets de la Mandragore ne soient complètement dissipés… Le trajet fut long jusqu’au quartier de Canary Wharf, et particulièrement silencieux. Nelly eut l’amabilité de le raccompagner jusqu’à chez lui et une fois en bas de l’immeuble Virgil calla la porte ouverte avec la pointe de son pied.

« Bon. Il avait bien conscience que cet après-midi ne se terminait pas exactement comme il l’avait espéré mais il ne pouvait pas se forcer à être un peu plus sympa ou plus compréhensif, On se voit lundi, souffla-t-il en se retournant à moitié,  Huit heures en DCFM. » Il lissa ses cernes et ajouta sans conviction « Bonne fin de vacances. » puis il esquissa un léger signe de la main et s’engouffra dans le hall frais de l’immeuble, abandonnant Nelly sur le trottoir.

Il aurait sans doute dû s’excuser de la planter ainsi mais ce n’était pas dans sa nature de le faire aussi s’empressa-t-il de rejoindre l’ascenseur qui desservait les étages supérieurs. Quand il pénétra dans l’appartement de sa mère, il constata avec la plus grande satisfaction qu’il était vide. Toute la petite famille était partie faire des courses au centre commercial. Merci Goddric ! Il n’aurait pas supporté d’avoir à faire la conversation avec ce mal de tête et cette sensation de malaise tout le restant de l’après-midi. Il rêvait juste de s’allonger sur son lit, dans le noir, ce qu’il fit après avoir baissé les stores de sa chambre et ôté ses chaussures.

Voilà.
Là, il était bien.
Enfin…

***

Des bruits de conversations émanant de l’étage inférieur lui firent ouvrir les yeux. Virgil cligna des paupières et leva lentement la tête de son oreiller moelleux. La pièce était toujours plongée dans l’obscurité la plus totale si bien qu’il n’avait aucune idée de l’heure qu’il pouvait être. Un regard vers son réveil lui indiqua dix neuf heures passés et l’adolescent retint un juron en s’asseyant sur le bord de son lit. Il avait dormi plus de quatre heures d’affilé ! Les nombreuses notifications de son Pear One ne l’avaient même pas réveillé, constata-t-il en consultant rapidement ses derniers messages reçus. Il avait dormi d’un sommeil de plomb mais il devait avouer qu’il se sentait régénéré : Le mal de tête avait quasiment disparu et il avait l’impression que son esprit avait retrouvé toutes ses facultés de protection. Ce constat se vérifia lorsqu’il regagna la pièce à vivre.  Casey s’affairait à préparer le repas tandis qu’Agathe s’évertuait à faire des ourlets au bas des pantalons neufs de Gabriel, debout au milieu du salon. Dean avait du rentrer chez lui, à Bristol, et Virgil fut soulagé de constater qu’il ne percevait pas  l’aura de sa mère -sans doute existait-elle- mais il n’y était plus sensible. Il ne ressentait plus rien d’étrange. Les effets de la Mandragore s’étaient évanouis…

« Ah ! Enfin debout ! J’ai cru que tu ne te réveillerais jamais ! s’exclama Agathe en le découvrant en bas des marches, Mon dieu tu as une mine affreuse, ça va ? » s’enquit-elle, subitement inquiète.

Les yeux bouffis, les cernes marquées et les cheveux ébouriffés, Virgil ne semblait effectivement pas vraiment dans son assiette.

« T’as encore les plis de l’oreiller sur la joue ! ricana Gaby en le montrant du doigt
Virgil lui jeta un regard morne tout en lissant sa pommette. Il contourna un petit meuble d’appoint d’inspiration scandinave et s’installa sur le canapé à côté de sa mère, toujours accroupie au pied de son frère.
« Bof, je crois que j’ai mangé un truc qui est pas passé au Starbuck… »
« Tu es barbouillé ? Tu as envie de vomir ? Je dois avoir des médicaments pour les maux de ventre dans la pharmacie, vas voir dans la salle de bain… »
« Non mais c’est bon, ça va passé… »
« Tu es sûr ? Il ne faut pas prendre ces choses là à la légère. Une intoxication alimentaire est vite arrivée. »
« Maman. Ça va. » insista-t-il en la regardant piquer une à une les aiguilles pour maintenir l’ourlet en place, « Pourquoi est-ce que tu ne l’as pas fait faire au magasin ? »
« Parce que ça coute six livres. Six livres ! Tu te rends compte ? »
« C’est rien six livres. »
« Bien sûr que si. Il n’y a pas de petites économies, Virgil. Tu verras quand tu gagneras ta vie. »

Virgil songea surtout qu’il utiliserait la magie pour faire ses ourlets, quand il gagnera sa vie, mais il se garda  bien de formuler cette réponse à sa mère. Elle aimait se compliquer la tache en vivant à la moldue et n’appréciait pas vraiment que ses fils remettent son mode de vie en question. L’adolescent sortit donc son Pear One et relut les derniers messages du jour envoyés par ses amis. Kasya lui avait transféré un Snape où elle prenait le soleil à la plage –elle était retournée à Brigthon chez ses parents durant les vacances- et la story de Damon était inondée d’hologrammes montrant les dernières acquisitions de ses parents en matière de nymphes et autres lutins sculptés ornant les abords de leur piscine. Qu’on se le dise, les Drop avait vraiment des gouts de chiotte en matière de décoration !

« Comment ça c’est passé avec ton amie ? »
« Hum ? »
« Le travail. Avec la préfète. » insista Agathe.
« C’est pas mon amie. » répondit Virgil sans quitter les yeux de son écran.
« Oui, bon, tu sais de qui je parle, s’agaça sa mère, Vous avez pu finir votre devoir ? »
« Ouep. Horrocks avait bien avancé chez elle donc ça a prit moins de temps que prévu. »
Il scrollait toujours l’hologramme de son Pear lorsque Gabriel prit la parole.
« On est passé devant le Starbuck et on vous a pas vu. »
Virgil releva lentement les yeux sur son frère. La petite teigne osait soutenir son regard en plus. Il lui en voulait encore pour cet après-midi.
« Normal. On était à l’étage. Y a plus de prises et Nelly avait amené son ordinateur portable. Pour faire plus moldu. »
« Oh  Elle est née-moldue ? »s’exclama Agathe comme s’il s’agissait d’une merveilleuse qualité «  En tout cas je l’ai trouvé charmante. Vraiment, pleine de conversations.  Et jolie comme un cœur, ce qui ne gâche rien. »

Les pensées de Virgil s’envolèrent instantanément vers l’après-midi qu’il venait de passer avec Nelly…
D’un point de vue purement technique, cette sortie avait rempli toutes leurs attentes :
Ils avaient pu établir le lien entre usage de drogue et pratique de la magie de l’Esprit. La consommation de Mandragore accroissait, de toute évidence, les capacités du Légillimens.
Virgil n’avait même pas eut besoin de baguette, ni de formuler la moindre incantation, pour lire l’esprit d’un individu. C’était une incroyable  réussite, à n’en pas douter, et pourtant, il ressentait un drôle de sentiment d’échec.

Il avait carrément flippé avec un simple petit joint et il n’était clairement pas pressé de réitérer l’expérience pour trouver le dosage adéquat. Il s’était véritablement senti menacé par toutes les auras des moldus autour de lui et il gardait un souvenir particulièrement éprouvant de ce moment et du retour jusqu’à l’appartement.

De plus, il avait fallut qu’ils tombent sur la mère de Nelly, dans ce parc, et que sa camarade fasse littéralement une crise de panique. La préfète  avait été si chamboulée que Virgil avait cru bon de s’interposer. Avec le recul, force était de constater qu’il s’agissait d’une mauvaise idée. Il suffisait de voir comment l’après-midi c’était terminée :  Il se souvenait très bien d’avoir été particulièrement odieux envers un moldu du parc –le vieux l’avait bien cherché- mais il éprouvait surtout la désagréable sensation de ne pas avoir été à la hauteur avec Nelly. En écho à ce ressenti, Gabriel prit la parole :

« Virgil l’a fait pleurer une fois. »
« Qui ça ? »
« Nelly, la préfète. Pendant le club de Duel»
« Mais arrête de dire n’importe quoi putain ! » s’énerva Virgil en jetant un coussin sur son frère. Il le fusilla du regard. Une vraie balance ambulante celui là, songea-t-il avant de reprendre à l’attention de sa mère, Je l’ai pas fait pleurer * si, il l’avait fait* on combattait l’un contre l’autre et elle s’est blessée. C’est tout. Gaby parle de ce qu’il ne connait pas. Ferme-la un peu tu veux !» ajouta-t-il en étirant la jambe pour gratifier Gabriel d’un petit coup de pieds dans la hanche.
« Arrête ça, Virgil. S’agaça Agathe. Elle chassa d’un geste de la main la chaussette de son fils, Et vas mettre la table, s’il te plait. »
« Ben voyons ! gronda l’adolescent en se levant. Il contourna sa mère et, une fois dans son dos, il dressa son majeur en direction de son petit frère.
« Mamaaan, Virgil me fait un doigt d’honneuuur. »

Il allait se le faire.

L’adolescent rejoignit la cuisine américaine où Casey s’affairait déjà.  Il posa quatre assiettes sur le bar qui séparait la pièce en deux, ajouta les verres et les couverts et s’installa sur un haut tabouret, le nez rivé sur son Pear One.

Il existait bien un moyen pour rattraper cet après-midi qui avait tourné au fiasco. Virgil avait besoin d’ un peu de chance et d’ un complice, surtout, mais c’était tout à fait jouable. Le jeune homme leva les yeux pour observer sa mère un instant puis, après quelques instants de réflexion, il décida  d’envoyer un message à Damon qui ne tarda pas à lui répondre…
Pear One de Virgil:
 


***


Minuit quarante. Maudit soit sa mère insomniaque ! Virgil patientait dans sa chambre depuis plus de deux heures maintenant, attendant qu’Agathe s’endorme enfin. Il était prêt, dans l’obscurité de sa chambre, vêtu d’une tenue on ne peut plus moldue. Comme le voulait la tradition familiale, il avait laissé son Pear One sur le meuble du salon. Sa mère le leurs demandait systématiquement avant qu’ils aillent au lit. Elle avait beau travailler pour une grande firme de téléphonie moldue , elle ne supportait pas l’idée que ses fils aillent se coucher avec leurs Pear. « La nuit, c’est fait pour dormir, pas pour répondre à des messages ! » disait-elle si bien que Virgil n’était même pas en mesure de prévenir Damon de son retard…

L’adolescent poussa un soupir d’impatience. Minuit quarante deux.  Il jeta un coup œil par le trou de la serrure qui donnait sur la chambre d’Agathe située en face de la sienne. Le faisceau de lumière sous la porte de sa mère s’éteignit alors subitement. Enfin ! Le poing serré, Virgil articula un « Yes » silencieux.
Il attendit toutefois vingt bonnes minutes encore avant de sortir sur le palier, descendre d’un étage, récupérer son Pear et quitter l’appartement…


« Merlin c’est pas trop tôt ! Ça fait trois quart d’heure que je t’attends ! Je t’ai envoyé plein de messages, tu pourrais répondre quand même! »
Damon était appuyé contre le capot d’une voiture les bras croisés sur son torse moulé dans un tee-shirt blanc.
-Je sais. Il a fallu que j’attende que ma mère s’endorme. » répondit Virgil en arrivant à sa hauteur. Tu sais comment elle est. »
Visiblement peu rancunier, Damon approuva les propos de son ami d’un  signe de tête avant d’afficher un léger  sourire en coin.
-Alors comme ça on fait le mur ?
- Il semblerait, répondit Virgil en esquissant à son tour un petit rictus, t’as pensé aux bières ?
-Ouep. Damon désigna un lourd pack de 24 posé au sol entre deux voitures.
- Nickel. Virgil sortit son Pear de sa poche et enclencha VargasMap qui s’ouvrit instantanément sur une adresse londonienne présélectionnée, c’est là que nous allons.

Après le repas, il s’était installé sur l’ordinateur familial pour chercher l’adresse de M. Horrocks, à Londres. Il en existait toute une ribambelle mais Virgil avait réussi à trouver la bonne localisation en croisant les vues GoogleMaps avec le souvenir de la piscine de Nelly. Un seul Horrocks habitait dans les quartiers chics de Londres et  possédait une villa moderne avec piscine : Robert Horrocks, dirigeant d’une grosse société de transport routier.

-Donc tu m’as appelé pour faire le Magicobus. Ironisa Damon après avoir longuement étudié la carte. Il était le seul à posséder son permis de transplanage, Virgil ayant fêté sa majorité seulement quelques jours plus tôt.
-T’as tout compris, répondit le Gryffondor en attrapant le lourd pack de bières. Tu m’escortes pour le transplanage et je t’offre une soirée avec Chloé…
-Nooon. Chloé sera là-bas ? Comment tu le sais ?
-C’est Horrocks qui me l’a dit. La soirée, c’est chez elle.
Trop content de cette nouvelle, Damon ne chercha pas à savoir pourquoi  Virgil détenait cette information.
-T’en a parlé à Kasya ?  Kasya étant toujours la copine officielle du joueur de quidditch
-Bien sûr que non, je suis pas débile, souffla Virgil en s’accrochant au bras de son ami.
-Toi t’es un pote. Lâcha-t-il avant de disparaitre dans un « plop »


Les deux Gryffondor se matérialisèrent juste devant la porte d’entrée d’une grande villa moderne dont les fenêtres étaient éclairées au rez de chaussée. De la musique, des éclats de rire,… Visiblement la soirée battait son plein.

«  Comment tu me trouves? » demanda Damon en prenant la pause, exactement comme Chloé l’avait fait dans l’après midi.
« Si ton but c’est de ressembler au quater back sans cervelle de l’équipe du lycée dans les séries américaines moldues, c’est bon, t’es parfait. »
Damon parut se satisfaire de la description puisqu’il afficha un air flatté et sonna. Il prit appui sur ses deux pieds légèrement écartés, bomba le torse et leva fièrement le menton.

« Mais au fait… Comment tu connais Horrocks toi ? » demanda-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

Virgil n’eut toutefois pas le temps de répondre puisque la porte s’ouvrit, justement sur Nelly.

« Salut Beauté !!! s’exclama Damon en arborant un large sourire, alors comme ça on fait une petite soirée et on a oublié de m’inviter ? T’inquiète, je t’en veux pas, je comprends, moi aussi mes parents sont relous si je ramène trop de monde à la maison… D’ailleurs, c’est une super baraque que t’as là ! j’adore le style : Moderne, épurée, il attrapa le pack de bières des mains de Virgil, Dis moi ? Où est-ce que tu veux qu’on pose ça ?Sans même attendre de réponse, il fit quelques pas, passa à côté d’elle pour rentrer dans le hall. Son regard balaya la pièce et ses yeux parrurent s’éclairer, Ah ! Par là  !  Virgil le vit disparaitre sur le coté et il n’entendit plus que le son de sa voix qui criait pour couvrir la musique «  Salut la compagnie ! On ramène des bières !!! »

Virgil n’était pas  sûr que sa camarade ait apprécié cette entrée en matière mais il ne regrettait pas le moins du monde.  Il se trouvait exactement là où il devait être, constata-t-il. Il se sentait, enfin, en accord avec lui-même. Fort de cette pensée, l’adolescent reporta lentement son attention sur Nelly. Il  riva ses prunelles claires sur ses yeux noisettes et murmura :

« Surprise. »

Était-elle contente de le voir ? Énervée contre lui ? Touchée qu’il se soit démené pour venir à sa soirée ?
Quelque chose lui disait, qu’il n’allait pas tarder à le savoir…


Virgil Forbes

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« Qui a mis des légumes dans le bac à bière ?!? »

La nuit et la soirée étaient bien avancées. Le quartier plongé dans l'obscurité restait parfaitement calme mais la villa des Horrocks regorgeait de vie en cette fraîche nuit de printemps. Entre les trois enfants Horrocks et leurs amis respectifs, il y avait un beau monde dans la maison contemporaine aux façades carrées... Comme Hannah, la meilleure amie de Nelly, postée devant le réfrigérateur américain de la cuisine à la recherche d'une bouteille de bière, que Nelly rejoignit en ricanant.

« - Ça c'est bien le bac à légumes, dit-elle en montrant du doigt le bac concerné avant d'ouvrir la deuxième porte du frigo où un étage était réservé aux bouteilles, sagement alignées sur les demi-cercles métalliques prévus à cet effet. Les bouteilles sont là.
- Mais quelle idée, commenta Hannah en levant les yeux au ciel. Une pour moi et une pour Adrian, énuméra la jeune femme en sortant deux petites bouteilles.
- T'abuses, il est déjà à moitié mort, la raisonna Nelly en désignant leur ami affalé dans le canapé avant de prendre à son tour une grande bouteille de Coca.
- Hmmm... ça sera pour ta pote alors, souffla Hannah en faisant allusion à Chloé. Elle est quand même sacrément canon.
- Du calme, elle est de l'autre bord, lui apprit la préfète en refermant le frigo d'une main et en retenant son amie un peu trop impétueuse de l'autre.
- Oh, il en faut plus pour m'arrêter ! »

Un sourire amusé aux lèvres, Nelly suivit Hannah des yeux en quittant la cuisine et le salon bruyants pour rejoindre le deuxième salon, plus intimiste, au bout d'un large couloir. La jeune femme frappa à la porte close avant de pénétrer dans la pièce où son frère et ses amis riaient devant la console de jeu, assis à même le sol ou avachis dans les canapés et fauteuils au tissu gris.

« Tout va bien ? » s'enquit-elle en entrant presque timidement dans le salon réservé aux plus jeunes pour la soirée. Entre le plat à quiche vide posé à même le sol, les bols de chips et autres gâteaux apéritifs, les boîtes de bonbons, les gobelets vides et les nombreuses boissons étalées sur la table basse, elle avait l'impression de pénétrer dans un sanctuaire pour pré-ados. Complètement absorbée par leur partie de jeu vidéo et leurs rigolades, la joyeuse bande dévoraient des bols entiers de chips et buvaient des litres de soda et autres boissons ultra sucrées. Ils pouvaient très bien refaire leur stock eux mêmes mais Nelly tenait à venir les voir de temps à autre ; après tout, ce n'était que la troisième fois qu'elle leur apportait un remontant.

Mickaël mit le jeu sur pause et roula ostensiblement des yeux en se levant du canapé pour venir prendre la bouteille des mains de sa sœur.

« - Ouiii pour la énième fois, tout va bien, soupira le jeune garçon en posant le soda sur la table basse. Tu peux t'en aller maintenant, on gère, dit-il comme s'il rassurait une enfant en entraînant Nelly vers la porte.
Le regard de la préfète passa sur l'écran de jeu en pause et fronça les sourcils.
- Vous jouez à Resident Evil ? C'était pas mieux Mario Kart ? les interrogea-t-elle en regagnant la porte, à moitié poussée par son petit frère qui n'était pas loin de faire sa taille désormais.
- Mario Kart ? répéta Mike, une expression consternée sur le visage. Sérieux ?
- Je sais pas, ça fait moins peur..., argumenta Nelly en sortant dans le couloir. Mike l'observa un instant avec amusement, la tête dans l'entrebâillement de la porte.
- On a plus huit ans tu sais ?
- Oui, c'est vrai, pardon. Amusez vous bien ! Elle fit mine de partir mais avant que son frère n'ait complètement refermé la porte, elle la retint d'une main et lui glissa avec malice : Mais si tu fais des cauchemars cette nuit, compte par sur moi pour venir te consoler ! »

Mike soupira bruyamment avant de la mettre définitivement à la porte.

Un sourire serein aux lèvres, Nelly retourna dans le salon principal - la zone « adulte » de la soirée - où le canapé renvoyait la lumière des spots disséminés sur le plafond et semblait ainsi éclairer toute la pièce de sa couleur vive. Des bols remplis de chips et de biscuits apéritifs traînaient sur la table basse parmi quelques légumes crus plus healthy. Des cadavres de bouteilles étaient posés là où il restait de la place et Nelly était satisfaite de constater que tout le monde était plutôt raisonnable quant à leur quantité d'alcool ingérée - sauf Adrian bien entendu. Son ami leur faisait le coup à chaque fois. Persuadé qu'il tenait l'alcool, le jeune homme ne savait pas se réguler et buvait n'importe quoi et n'importe comment alors qu'il était ivre avec deux pauvres bières... Au moins, il ne s'était jamais vraiment mis la misère et le voir soul restait amusant. Complètement désinhibé, il riait encore plus que d'habitude, de tout et de rien, et se montrait très chaleureux et tactile, un peu trop peut être, songea la préfète en se remémorant la fois où il ne l'avait pas lâchée, mué en véritable koala accroché à son arbre. Bon, pour l'instant, c'était une amie d'Eline qui l'intéressait et plus particulièrement ses cheveux bouclés avec lesquels il s'amusait à faire « Doing ! Doing ! »... Nelly lui coula un regard désolé qui voulait clairement dire « Et oui ma grande, fallait pas venir lui demander s'il allait bien ! »

En parfaite maitresse de maison, la Serpentard se rendit dans la cuisine pour s'assurer que leurs invités ne manquaient de rien. Tout ce qui était proposé garnissait la grande table de l'îlot central et tout le monde piochait et buvait ce qu'il voulait quant il voulait. Le pain surprise et les petits fours qu'Eline avaient achetés chez le traiteur faisaient visiblement l'unanimité tandis que ses gâteaux n'avaient pas encore été vraiment pris d'assaut. Seuls quelques gourmands avaient apparemment fait le choix de commencer par le dessert. Ces personnes ne pouvaient avoir que bon goût, d'après la préfète.

Autour de l'îlot, appuyés contre la table ou assis sur les hauts tabourets, la majorité des invités d'Eline discutaient joyeusement en mangeant par petites bouchées. Sa sœur avait invité plus de monde qu'elle - entre ses amis de longues dates, certaines filles de la Pole Dance et quelques uns de ses collègues de travail, cela faisait pas mal de monde - et certains étaient même dehors, sur la terrasse accessible par une porte fenêtre ouverte tout au bout de la grande pièce à vivre. Un léger courant d'air frais s'infiltrait par l'ouverture mais n'était pas désagréable tant la chaleur humaine ambiante réchauffait la pièce.
En jetant un coup d'oeil à l'extérieur, Nelly aperçut sa sœur, assise sur le canapé du salon de jardin entre son petit ami et une des ses meilleures amis. Penchée vers Logan, presque appuyée sur lui, Eline riait aux éclats. Nelly la trouvait belle. Ce soir, sa sœur irradiait la joie de vivre et sa complicité avec ses amis faisait plaisir à voir. Épanouie dans son couple, elle filait aussi le parfait amour avec Logan et Nelly ne pouvait qu'être heureuse pour elle. Certes, elle la trouvait quelque peu casse pied et envahissante parfois mais, elle était forcée de constater que sans Eline, sa vie serait bien différente. En pire, très certainement.
Quelques heures plus tôt, Eline avait parfaitement joué son rôle de grande sœur quand Nelly lui avait raconté avoir vu sa mère à Londres. Elle l'avait écoutée, en silence, sans même lui demander ce qu'elle faisait dans un parc alors qu'elle était censée travailler sur un devoir avec Virgil. Sans dire un mot, elle avait ensuite pris sa petite sœur dans ses bras pour lui murmurer de ne plus y penser et de profiter de sa soirée.

Alors c'est ce qu'elle faisait. L'alcool en moins, bien sûr, elle ne touchait pas à ça. Pas une seule goutte. Mais elle n'en avait pas besoin pour s'amuser et passer un bon moment. L'ambiance lui suffisait et elle n'avait pas besoin de boire pour faire naître un grain de folie en elle. Il suffisait de se lâcher.

D'ailleurs, il était temps de venir en aide à un damoiseau en détresse et de libérer une pauvre fille qui n'était pas venue faire la gardienne d'enfant. Rejoignant le grand canapé rapidement, Nelly se posta devant Adrian qui leva des yeux brillants vers elle.

« - Nellyyyyy ! Je t'aime tu sais. C'est génial chez toi... Je pourrai venir tout le temps ! s'exclama le jeune homme d'une voix un peu pâteuse en tendant ses bras vers elle.
- Moi aussi je t'aime mais je t'aimerai encore plus si tu danses avec moi, » décréta la préfète en saisissant les mains de son ami pour le lever du canapé. Elle glissa un regard entendu à l'amie de sa sœur en articulant un « merci » silencieux et fit faire quelques pas à Adrian avant de guider ses deux mains dans son dos et d'enrouler les siennes autour du cou du jeune homme dans une configuration bien kitch du slow.

Ils étaient peut être ridicules mais ainsi collée à lui, Nelly avait l'impression d'être plus en mesure de le maintenir debout et de le retenir s'il vacillait. Lentement, elle se mit à tourner avec son ami en lui souriant.

« - Ça va ? On tourne pas trop vite ??? se moqua-t-elle.
- Non maiiiiis... tu sais que c'est pas trop un slow... la musique, » fit remarquer le jeune homme en baissant un regard suspicieux sur elle.

Une playlist confectionnée par les bons soins de Adrian tournait sur la chaîne hi-fi, posée dans un coin du salon. Le jeune homme, adepte de musique et toujours au summum de la hype, avait fait en sorte de réunir les goûts de tout le monde ainsi que tout type de musique dans une seule et même playlist ; et le résultat était plus que satisfaisant. Alors qu'ils tournaient lentement, très lentement, la chaîne jouait un morceau flirtant avec l'électro aux rythmes rapides. Pas idéal par un slow, donc.

« - Oh tu préfères peut être qu'on danse comme ça ? s'étonna Nelly en l'entraînant brusquement dans un tour complet sur eux mêmes. Elle se détacha ensuite de lui et empoigna ses avant-bras avant de gesticuler dans tous les sens, lui avec elle, faisant fouetter ses cheveux dans l'air.
- Oh oh oOhooOoh !... Non, non, du calme, ça va, je vais vomir là...
- Bien. Un slow suffira alors, souffla Nelly, ses yeux pétillants de malice. ... Ah tu tombes bien toi ! lança-t-elle à son meilleur ami Liam qui revenait de dehors. La jeune femme attrapa le poignet du jeune homme et lui colla Adrian dans les bras. Dansez ensemble mes chéris !... Mes deux amis d'enfance qui dansent un slow, c'est trop mignon ! s'émerveilla-t-elle en portant ses mains jointes sur sa joue.
- Oh ouiiiii ! J'ai toujours rêvé de danser avec toi, Liam, ajouta Adrian, beau joueur, en soufflant son haleine sur le visage de son ami.
- Et bien pas moi, l'arrêta son cavalier en grimaçant. Un autre jour peut être. Quand tu seras moins bourré. » Il se dégagea des bras de son pot de colle d'ami en dardant un regard noir sur Nelly qui était bien contente de lui avoir refilé leur envahissant camarade. La préfète, moqueuse, lui envoya d'ailleurs un baiser avec sa main alors qu'elle se laissait tomber dans le canapé entre Chloe et Hannah. Qu'il se débrouille maintenant.

Chloe fut visiblement soulagée de la voir à ses côtés car un sourire illumina son visage alors que Hannah, elle, afficha une mine contrariée.

« - Vous parliez de quoi ? s'enquit Nelly en regardant tour à tour ses deux amies. D'après leurs têtes respectives, Hannah était en train de draguer Chloe qui ne savait plus où se mettre jusqu'à ce qu'elle atterrisse entres elles.
- De mon chien, marmonna Hannah en la fusillant du regard.
- Oui et moi de mes deux chats, renchérit Chloe en hochant la tête.
Nelly analysa un instant la situation, détaillant du regard ses amies, avant de s'adresser en toute franchise à Hannah.
- Tu la mets ultra mal à l'aise, dit elle en faisant référence à Chloe assise juste contre elle. Avec Hannah, il ne fallait pas y aller par quatre chemins et oublier la délicatesse.
- Oh non non pas du tout, tenta de tempérer Chloe avec un sourire courtois, gênée par cette situation.
Hannah la jaugea quelques secondes du regard, puis reporta son attention sur Nelly qui haussa les sourcils comme pour lui faire prendre conscience de l'évidence qu'elle avait devant les yeux.
- Bon ok. Je vais prendre l'air, » ronchonna la jeune femme en s'extirpant du sofa.

Chloe et Nelly la suivirent du regard alors qu'elle traversait la cuisine pour sortir sur la terrasse. Avec un soupir de soulagement, Chloe se pencha pour attraper une carotte crue qu'elle croqua avec appétit.

« - Ouf ! Merci. Elle est gentille mais... J'ai beau rester distante et lui dire que non, elle insiste un peu..., » commenta la jeune femme en grattant nerveusement la toile de son jean.
Après de longues hésitations, elle avait finalement opté pour une tenue plus décontractée et vintage : un jean taille haute remonté sur les chevilles et un vieux sweat sportif oversized. Cet ensemble lui allait très bien et était loin de l'actrice porno ou de la rodéo girl, songea Nelly avec amusement.
La préfète, quant à elle, était partie sur un chemisier blanc rentré dans un pantalon city noir, qui appartenait de base à Eline, à la ceinture joliment nouée sur le devant. Tenue bien plus confortable qu'une robe ou un jean avec laquelle elle pouvait se vautrer sans crainte sur le canapé. Au début chaussée, elle avait même fini par enfiler des chaussettes pour être plus à l'aise... C'est bon, elle était maquillée, coiffée et habillée convenablement, elle n'allait pas non plus supporter des chaussures ou des talons toute la soirée.

« - Oui elle est mignonne mais faut pas hésiter à l'envoyer balader si elle devient agaçante. Elle se vexe pas, ou rarement, ricana Nelly en se penchant en arrière sur le dossier pour essayer d'apercevoir son amie par les grandes fenêtres.
- J'ose pas, la pauvre, souffla Chloe en buvant une gorgée de bière tout en laissant son regard divaguer vers la cuisine où Liam faisait boire un grand verre d'eau à Adrian. Une expression plus taquine apparut sur son visage. Perso je préfère mater ton pote... Il est sacrément beau gosse, commenta la Serpentard en reportant son regard pétillant sur Nelly.
- Qui ? Liam ? Elle ne pouvait que parler de Liam, entre Adrian ivre et son meilleur ami, il n'y avait pas de doutes à avoir. Oui, je sais, lui répondit la préfète en observant le jeune homme avec un sourire en coin et un soupçon de fierté dans la voix. Elle se sentait toujours fière lorsque l'on complimentait son meilleur ami, comme s'il faisait partie de sa famille.
- Ses yeux, mon dieu ! » soupira Chloe en levant les yeux au ciel et en se mordant la lèvre.
Classique ! Beaucoup de filles s'extasiaient sur le regard de Liam, tout autant que sur ses jolis sourires qui faisaient fondre n'importe quelle personne normalement constituée et sur son corps de rêve... Nelly connaissait la chanson. Elle ne niait pas qu'il était beau comme un dieu, au contraire, mais les autres qualités du jeune homme primaient dans son esprit. Il était affectueux, attentionné - du moins avec ses amis - discret et observateur. Karatéka invétéré, il restait posé en dehors du tatami et ne cherchait jamais les conflits. C'était un bon gars, au final. Avec ses défauts, comme tout le monde, que la préfète avait appris à ignorer ou contourner au fil des années. Elle le connaissait par cœur. Il faut dire qu'ils se connaissaient depuis plus de dix ans. D'ailleurs, beaucoup de personnes ne comprenaient pas pourquoi ils n'avaient jamais finis en couple. Et la jeune femme soupçonnait que Chloé ne sortirait pas du lot...

« - T'as jamais penser à sortir avec lui ?
Gagné.
- Lui si. Mais moi non. C'est comme un frère pour moi, on se connaît depuis des années, on partage énormément de choses... Voilà, c'est mon frère de cœur. Pour moi il fait partie de ma famille.
- L'un n'empêche pas l'autre, fit remarquer Chloe avec malice. Et puis s'il a des sentiments pour toi... Le pauvre quoi, tenta-t-elle pour la culpabiliser.
- On en a parlé. Je pense qu'il ne savait pas ce qu'il voulait... Les mecs ne savent jamais ce qu'ils veulent et confondent tout, souffla la préfète en agitant la tête avec un sourire de connivence pour son amie.
- C'est pas faux... Mais vous êtes super proches, ça ne peut que marcher !
- Tu crois qu'une relation peut marcher quand la fille est cloîtrée à l'autre bout du pays la majorité de l'année ? l'interrogea Nelly en haussant les sourcils. Et qu'elle ne peut rien lui dire, ajouta-t-elle plus bas. Réfléchis. Crois moi, cela nous brouillerait plus qu'autre chose. Et puis, comme je t'ai dit, je le considère comme mon frère. On vivait presque ensemble quand on était petits. On a même pris des bains ensemble ! révéla la Serpentard en écartant les bras.
- Ah ? Et alors ? s'enquit Chloe en remenant ses jambes sur le canapé, signe de son intérêt.
Nelly lui jeta un regard mi choqué mi dégouté.
- On avait 6 ans !
- Oh pardon fallait préciser ! » se défendit son amie en levant ses mains.

Chloe était incorrigible. Mais elle l'appréciait telle qu'elle était.
Après un court silence, son amie reprit, les sourcils froncés :

« - Hannah a vraiment un chien ?
- Ouais, c'est un gros molosse. Il est aussi grand que moi ! Je suis sûre qu'elle adorerait te montrer des photos et t'en parler pendant des heures... »

Un sourire malicieux apparut sur les lèvres de Nelly bientôt remplacé par une expression de surprise lorsque la sonnette retentit à la porte d'entrée.

« - Bah, c'est qui ? s'étonna-t-elle en se levant. Qui pouvait sonner à cette heure ci et surtout directement à la porte d'entrée sans passer par le portail ? On a rien commandé..., dit-elle en jetant un œil à l'heure. Je vais voir. »

La jeune femme quitta le salon pour descendre au rez de chaussé par les escaliers principaux. Dans cette partie de la maison se trouvaient seulement le garage et quelques pièces où ils ne vivaient pas comme celle qu'elle avait aménagé en atelier de peinture.
Elle jeta un œil dans le juda et ne put retenir une exclamation de surprise.

« Mais qu'est ce que..., » commença la préfète en ouvrant la porte sur Virgil flanqué de Damon.

Ce dernier ne lui laissa pas l'opportunité de terminer sa phrase et se lança dans ses traditionnelles tirades. Nelly ne l'écoutait que distraitement alors que son regard passait du joueur de Quidditch à Virgil. Il était donc venu. Et il avait trouvé son adresse, signe qu'il s'était donné de la peine pour participer à cette soirée. Cela lui faisait plaisir, vraiment. Si elle n'avait pas été si surprise et en même temps si agacée de voir Damon sur son pallier, un grand sourire aurait éclairé son visage.
L'ami de Virgil n'attendit même pas qu'elle l'invite à entrer pour pénétrer dans le couloir en la contournant. Il se croyait chez lui ou quoi ?

« Euuuuh je t'informe que tu es chez moi, là ! » lança-t-elle au jeune homme qui trouva tout seul le chemin jusqu'à l'étage où se déroulait la fête.

La préfète roule ostensiblement des yeux en soupirant et reporta son regard sur Virgil, toujours sur le pallier, et lui adressa un sourire narquois.

« Alors comme ça, tu t'es décidé à venir à ma soirée Monopoly ? commença-t-elle en s'appuyant sur la porte. Et en plus tu me ramènes Damon. Elle passa la tête à l'extérieur et désigna du doigt le grand portail électrique qui séparait la rue du domaine et l'allée privée de la maison. T'as conscience que vous êtes entrés par effraction dans une propriété privée ? »

Puis, s'effaçant sur le côté de l'entrée avec un sourire, elle l'invita à entrer d'un signe de tête.
Lorsque le Gryffondor pénétra dans le couloir, elle observa rapidement sa tenue. Il était mignon, ainsi vêtu, songea la préfète en refermant la porte pour couper le courant d'air froid qui venait se mêler à la douce chaleur de la villa.
Nelly guida son camarade jusqu'à l'étage supérieur où elle entendait Damon saluer tout le monde. Elle crut même entendre Chloe glousser mais ce fut la voix de sa sœur qui s'imposa lorsqu'ils arrivèrent en haut de l'escalier de verre et de bois.

« - Mais c'est qui lui ? Où est Nelly ? ... Ah ! Te voilà, s'exclama la jeune femme en repérant sa sœur qu'elle rejoignit en quelques enjambées. C'était pour toi la sonnette ?.... Oh, tu dois être Virgil, dit-elle en remarquant le Gryffondor sans songer qu'elle venait de griller Nelly qui était la seule susceptible de lui avoir décrit le jeune homme. Super Eline, merci. Et c'est qui... l'autre ? s'enquit-elle en pointant son pouce en direction du salon derrière elle.
- Virgil, je te présente ma sœur, Eline, annonça Nelly en guise de présentation alors que son aînée claquait une bise à son camarade. Et l'autre c'est Damon. Un ami de Virgil et...  Elle hésita quant aux termes à employer. Le presque-petit-ami de Chloe...
- Et comment vous avez fait pour sonner directement à la porte ?
- Ils ont... commença la préfète avant de tenter de mimer ce qui s'apparentait à un transplanage avec ses mains.
- ... Oh je vois. Dans ce cas, ravie de te connaitre et amusez vous bien ! » glissa Eline à l'attention de Virgil.

Nelly attendit que sa sœur se soit éloignée pour confier à son camarade :

« Comme t'as pu le comprendre, c'est une moldue. J'espère que les autres ne seront pas aussi perspicaces qu'elle et ne se demanderont pas pourquoi vous n'avez pas sonné au portail... Tu soignes tes arrivées, ça c'est clair, » souffla la jeune femme avec un petit sourire.

En cas de doutes, ils n'avaient qu'à dire qu'ils avaient escaladé le portail...

« - Qui a sonné ? Mike avait passé sa tête dans l'entrebâillement de la porte de leur salon privé pour la soirée et les observait, à leur droite. Ah. Salut, dit-il en portant ses yeux bleus sur Virgil.
- Bon, vous n'allez pas tous venir me demander ce qu'il se passe ! Ils ont sonné, ils sont entrés. Point. »

Agacée, elle planta son petit frère là qui ne se fit pas prier pour retourner jouer avec ses amis.
Nelly entraîna Virgil dans le salon où tous les regards, ceux de ses amis du moins, s'étaient tournés vers Damon qui pavanait au milieu de la pièce. Chloe, à ses côtés, se chargeait visiblement de faire les présentations tandis que Liam déchargeait le joueur de Quidditch de son pack de bières pour aller le poser sur un comptoir de la cuisine. Arrivée à la hauteur du sportif Nelly se dressa sur la pointe de ses pieds pour lui souffler à l'oreille.

« Sache que tu n'es pas spécialement le bienvenu mais je vais faire un effort, pour ce soir. Soirée moldue, tu sais ce que ça impose... - Pas de magie, pas de baguette, pas de Pear. Et, revenant sur le plat de ses pieds avec un sourire : Merci pour les bières ! »

Avec un soupir elle se tourna ensuite vers Virgil et l'attrapa par le bras pour l'attirer à ses côtés. Il y avait beaucoup trop de choses à gérer d'un coup... La jeune femme prit une inspiration et débuta les présentations en désignant ses amis tour à tour du doigt.

« Virgil, voici Hannah - sa meilleure amie hocha la tête - Adrian, pas d'alcool pour lui, prévint la préfète aussi bien pour Virgil que pour Damon. Et Liam, conclut-elle en désignant de la main le concerné qui revenait près du canapé. Et puis il y a plein d'amis de ma sœur dehors... Il manque Luke, dit-elle comme si son camarade le connaissait et que cette information revêtait une certaine importance. Mais il est malade. C'est dommage, tu te serais bien entendu avec lui. »

Le Luke en question était un garçon assez effacé mais qui, une fois apprivoisé, se révélait être un excellent compagnon à l'humour rafraîchissant. Ce qui aurait plu à Virgil ? Peut-être son penchant pour l'humour noir ou ses idées dignes d'un véritable psychopathe pour certaines...

« Saluuuuuut, lança Adrian en levant une main molle en l'air. Pour devenir mon ami, tu dois m'apporter une bière, proposa-t-il en observant Virgil de ses yeux mi-clos.
- Non non, plus de bières pour toi, le coupa Liam en décoiffant sa tignasse bouclée d'une main.
- Eeeeh ! Arrête ! Mes cheveux... En couvrant son crâne de ses deux mains, Adrian pencha la tête en arrière et leva des yeux implorants vers son ami, perché au dessus de lui derrière le sofa. Plus tard ? demanda-t-il d'une petite voix .
- Peut-être, » concéda Liam en portant son regard clair mais ferme sur Damon et Virgil comme pour leur signifier qu'ils n'étaient pas autorisés à fournir leur ami en bières.

Nelly leva les yeux au ciel en le voyant faire : il aimait jouer les chefaillons parfois. Elle s'apprêtait à se rendre dans la cuisine lorsque Chloe l'arrêta dans son mouvement pour l'entraîner à l'écart.

« - Mais qu'est ce qu'ils font ici ? l'interrogea-t-elle en baissant la voix.
- J'en sais rien moi, répondit la préfète en haussant les épaules.
Chloe adopta instantanément une expression consternée et l'observa quelques secondes, comme si elle voyait clair dans son jeu.
- Je n'ai pas parlé à Damon de cette soirée et ça m'étonnerait que tu l'aies invité. Je ne pense pas non plus que ce soit tes amis alors pourquoi t'as invité Virgil ?
- Quoi ? Moi ? Je n'ai pas invité Virgil ? s'offusqua la Serpentard en tachant de dissimuler son mensonge du mieux qu'elle put. En vain : Chloe n'était pas du genre à se laisser mener en bateau.
- Mais oui bien sûr. Depuis quand tu lui parles ? Elle s'était postée face à elle, les bras croisés sur sa poitrine, attendant visiblement des explications.
- ... Je t'en parlerai plus tard, » souffla Nelly en s'éloignant.

Elle n'avait pas envie de se lancer dans de grandes conversations tout de suite. A la place, elle se dirigea vers l'îlot central de la cuisine et invita Virgil à la rejoindre d'un mouvement de tête. A sa place, elle ne resterait pas trop longtemps dans la périphérie d'Adrian sous peine de l'avoir rapidement dans les pattes.

« T'as mangé j'imagine ? le questionna la préfète en parcourant du regard les divers plats posés sur la table. Mais je te conseille de goûter mon gâteau, dit-elle avec entrain en coupant une part de fondant au chocolat qu'elle posa dans une assiette en carton. Ça, c'est le remède contre tous les trucs merdiques de la vie, » déclama la jeune femme avec une expression d'extase sur le visage en tendant l'assiette à Virgil.


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Virgil devinait le haut portail fermant la propriété des Horrocks plus qu’il ne le voyait. Le chemin s’enfonçait dans l’obscurité jusqu’à  un grand mur noir signe que la maison se situait sur un terrain parfaitement clos, difficile à rejoindre sans y être invité…ou sans l’aide de la magie. Effectivement. Ils avaient peut-être fait une petite erreur en évitant la case « interphone ».
Virgil reporta son attention sur Nelly et se balança lentement sur ses pieds d’avant en arrière…

« Damon aime vraiment trop le Monopoly. » articula-t-il en guise d’explications pour justifier leur présence ici et leur entrée par effraction sur le terrain.

Il sentait qu’il pouvait se permettre un peu de second degré. Sa camarade  n’avait pas l’air fâché outre mesure, elle semblait même plutôt contente de le voir, à en juger par le sourire qu’elle lui adressa en s’effaçant pour le laisser entrer dans le hall. Virgil ne se fit pas prier et il la suivit jusqu’à l’étage supérieur en empruntant un luxueux escalier de bois et de verre. La musique et le bruit des conversations devenaient plus forts au fur et à mesure qu’ils montaient. Tout en gravissant les marches, Virgil eut aussi tout le loisir d’admirer à quel point le pantalon city de Nelly lui seyait à merveille et lorsqu’ils débouchèrent en haut il regretta quelque peu que l’escalier ne fusse pas plus long.

Une belle jeune femme déboucha alors du salon et alpagua Nelly pour lui demander qui était Damon. Elle était un peu plus agée qu’eux et  lorsqu’elle posa les yeux sur Virgil, elle le reconnut instantanément, se payant le luxe de l’appeler par son prénom. Le Gryffondor haussa légèrement les sourcils d’étonnement. Honnêtement, s’il avait déjà croisé cette fille auparavant,  il s’en serait souvenu. Ce fut Nelly qui apporta quelques éclaircissements en faisant des présentations en bon et dues formes. Il s’agissait donc d’Eline, la grande sœur cracmol de sa camarade, qui se demandait comment ils avaient réussi à passer le portail.
Virgil se tourna vers Nelly –il comptait bien lui laisser le soin de répondre à cette question toute la soirée- et il ne put s’empêcher d’esquisser un léger rictus en la voyant faire des tourbillons avec ses mains pour mimer un transplanage.

« Voilà. Tout simplement .» ajouta-t-il en reportant son attention sur Eline comme si l’explication de Nelly était particulièrement claire.

La grande sœur de son amie ne chercha pas à en savoir davantage et s’éclipsa pour laisser place à Mike le frère de quatorze ans –et non pas de douze, Virgil avait bien appris sa leçon- venu lui aussi s’enquérir de l’identité des mystérieux visiteurs nocturnes. Nelly le rabroua quelque peu et entraina le Gryffondor dans l’immense salon des Horrocks.
La pièce avait des proportions gigantesques. De larges baies vitrées étaient ouvertes sur l’extérieur et le canapé en cuir pouvait aisément accueillir une dizaine de personnes. Au fond, un coin cuisine abritait quelques invités plus âgés, surement ceux d’Eline, alors que le large sofa semblait être réservé aux convives de Nelly. La soirée semblait déjà bien entamée : Quelques cadavres de bouteilles trainaient sur la table basse entre des plateaux d’ amuse-bouches partiellement picorés.

« De rien, Beauté ! » répondit Damon lorsque la préfète le remercia pour les bières, tout le plaisir est pour moi ! Sincèrement. Merci de m’accueillir si chaleureusement chez toi…»

Il en faisait des caisses et Virgil était sûr que Nelly ne se laissait pas duper par ses compliments, contrairement à Chloé qui affichait un large sourire et une mine radieuse, visiblement ravie de le voir là. Virgil, qui était resté en retrait derrière ses deux camarades de classe,  lui adressa d’ailleurs un vague signe de la tête en guise de bonjour puis il observa innocemment les amis de Nelly. Il en avait déjà vu certains dans le souvenir de la piscine et il identifia sans mal le fameux Liam, dont la préfète lui avait déjà parlé. Le meilleur ami beau-gosse plus ou moins amoureux d’elle. Ok.

En parfaite hôte, Nelly l’attrapa par le bras pour le faire avancer d’un pas entre Damon et elle. Il avait un peu l’impression d’être un animal de foire présenté à un jury et il n’aimait pas vraiment ça. Il aurait préféré faire comprendre à Nelly qu’il était tout à fait capable de dire son prénom par lui-même -et de demander celui des autres en retour- mais elle semblait si heureuse de pouvoir faire les présentations de la sorte qu’il décida de ne pas l’interrompre dans cet exercice. Après tout, il n’était pas venu à cette fête pour faire du mauvais esprit. Il hocha lentement la tête en silence à chaque nouveau prénom et dès qu’elle eut fini, il récapitula :

« Ok. Chloé -facile-, Hannah, Adrian-pas-d’alcool, Liam et Luke-le-malade, dit-il en les regardant tour à tour, ça devrait pas être trop compliqué à retenir. » ajouta-t-il en reportant son attention sur la préfète.

S’en suivit un petit moment de flottement où Liam joua les grands-frères auprès d’Adrian et  où Chloé attrapa  Nelly pour l’entrainer un peu plus loin. Virgil les suivit du regard un instant  en se demandant ce qu’elles pouvaient bien se dire toutes les deux.  Damon, qui s’était penché vers lui, attira toutefois son attention en lui donnant une légère bourrade dans l'épaule.

« Je savais pas qu’Horrocks avait une sœur si bonne. » Son ami observait Eline assise sur les genoux d’un grand blond sur la terrasse.
_Moi non plus. »
« Héééé les gars ? Je peux avoir une bière ? Adrian-pas-d’alcool, avachi sur le canapé devant la baie vitrée, avait visiblement une idée fixe. S’il vous plait, j’vous revaudrai ça…Alleeeez.
-Elles sont posées juste là, sur l’îlot, répondit Damon en les désignant du menton, si tu arrives à lever tes fesses du canapé tu peux aller les chercher par toi-même.
-Lever mes fesses du canapé ? Awwhhh. Adrian afficha une moue triste. Apparemment cette hypothèse n’était pas envisageable.

Nelly revint rapidement vers eux et désigna l’espace cuisine d’un signe de tête comme pour l’enjoindre à la suivre. Virgil reporta son attention sur Damon et les deux amis s’observèrent quelques secondes. A partir de maintenant chacun vaquait à ses occupations. Ils avaient fait assez de soirées ensemble pour avoir leur petite routine : Ils se retrouvaient parfois en catimini pour échanger quelques mots mais ils ne comptaient pas resté collé l’un à l’autre comme deux sangsues. Son pote était libre d’aller flirter avec Chloé et lui…et bien…il espérait que cette fête allait lui réserver de belles surprises.

Virgil rejoignit donc Nelly d’un pas lent jusqu’à la cuisine. Ici, chez elle, elle semblait parfaitement à l’aise. Naturelle. Bien plus qu’à Poudlard en tout cas où elle était nettement plus réservée. Elle passait de convives à convives avec une assurance qui lui était peu coutumière à l’école.

Le Gryffondor contourna quelques amis d’Eline qui discutaient un verre de vin à la main et s’accouda à côté de Nelly sur l’îlot central garni de hors d’œuvres et autres mignardises. La jeune femme lui colla d’autorité une part de gâteau entre les mains lui assurant qu’il s’agissait en réalité d’un remède contre tous les trucs merdiques de la vie.

« Il faut que tu en prennes une part dans ce cas. » souffla-t-il en lui jetant un regard lourd de sous-entendus.

Après l’après-midi pourri qu’ils venaient de vivre, ils en avaient autant besoin l’un que l’autre. L’adolescent attrapa donc  le coulant entre ses doigts et croqua la pointe du gâteau. Il était délicieux. Fondant à souhait, constata-t-il avec délectation. Il avala sa bouchée, passa sa langue sur ses dents de longues secondes et reporta ses yeux clairs sur Nelly.

« Mouai. Pas mal, surtout si tu veux tuer quelqu’un par étouffement. »  plaisanta-t-il, ses propres propos trahis par ses yeux rieurs. Il balaya la pièce du regard et s'arrêta sur Chloé qui discutait avec Damon un peu plus loin « Je vois que tu as réussi à lui faire entendre raison vestimentairement parlant…C’est mieux. Y a du progrès. »

Le jeans et le sweat oversize plaisaient sans aucun doute à Damon même si Virgil pressentait que son ami se serait tout autant satisfait –si ce n’est plus-  de la tenue de rodéo girl ou celle de l’actrice porno.

« Pardoon » Eline leurs boucha momentanément le spectacle de leurs amis batifolant  pour attraper un bol de carottes. Elle leur accorda tour un tour un sourire et repartit rapidement en direction de la terrasse où son petit-ami et ses copines l’attendaient.

« Elle a l’air sympa ta sœur, Commenta Virgil en la regardant se réinstaller sur son blondinet tout en grignotant un légume, Comment ça se fait qu’elle m’ait reconnu tout à l’heure? demanda-t-il alors,  Tu lui as parlé de moi ? » Il jeta un regard en biais à la préfète comme pour évaluer son degré de sincérité.

Il était sûr, qu’à Poudlard, personne n’était au courant de leurs entrainements aux Manipulations Mentales Magiques. Pas même Chloé. Se pouvait-il que Nelly ait évoqué ces séances avec sa sœur ou l’avait-elle décris pour de  toutes autres raisons ?


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Lorsque Virgil remarqua qu'elle aussi devrait se servir une part de son « remède contre les trucs merdiques de la vie », Nelly fit mine de réfléchir avant de hocher la tête en signe de capitulation. Il avait raison, ce n'était pas sa première part de la soirée mais cela ne pouvait lui faire que du bien ! Après tout ce qu'elle avait vécu l'après midi même, quelques heures plus tôt...
La préfète porta donc sa part de fondant à la bouche tout en observant son ami déguster longuement la sienne. Elle espérait qu'il appréciait, cela lui ferait vraiment plaisir.
La remarque du Gryffondor lui tira un semblant de sourire - elle avait la bouche pleine, elle n'allait pas montrer ses dents maculées de chocolat.

« Hum... La jeune femme déglutit. Ça tombe bien c'était mon principal objectif... Tu vois, poursuivit-elle en se penchant un peu vers lui comme pour le mettre dans la confidence. J'ai réuni plein de gens pour faire le plus de victimes. Tout ce qui est ici est en réalité empoisonné ou cuisiné de sorte à ce que les gens s'étouffent avec... Elle désigna Adrian du menton, vautré sur le canapé. C'est le premier stade, ça a déjà commencé... »

Un faux sourire diabolique se dessina sur ses lèvres alors qu'elle caressait du bout du doigt sa part de fondant au chocolat telle une véritable psychopathe.
Virgil attira ensuite son attention sur Chloe qui avait effectivement choisi une tenue plus... ou moins... bref, quelque chose de mieux quoi.

« Ouais, je lui ai dit que tout le monde serait habillé assez simplement et confortable. C'est mieux pour se vautrer dans le canapé, » fit-elle remarquer avec un sourire tandis que Chloe et Damon s'étaient assis dans le sofa.

Son amie posait innocemment ses jambes sur celles du joueur de Quidditch lorsque Eline leur boucha la vue pour s'emparer d'un bol de carotte. La préfète lui rendit son sourire et son aînée repassa derrière elle en laissant dans son sillage des fragrances de son parfum. Nelly la suivit des yeux alors qu'Eline retournait auprès de ses amis et hocha lentement la tête à la remarque de Virgil.

« Oui, elle est cool, souffla-t-elle. Plus que cool, même. L'estime qu'elle avait pour sa grande sœur s'était nettement améliorée en un an et alors qu'elle ne la voyait que comme une feignasse qui ne savait pas quoi faire de sa vie il y a peu de temps, Eline était devenue une véritable fierté pour elle. Une prise de conscience, peut être, ou une grosse évolution dans sa mentalité expliquait sûrement la soudaine maturité de sa grande sœur. Pourtant très proches pendant leur enfance, Nelly s'était sentie en décalage par rapport à Eline lorsque celle-ci eut terminé le lycée, mais aujourd'hui, elle était heureuse de constater qu'elles s'étaient enfin « retrouvées ».

Perdue dans ses pensées et dans la contemplation de sa sœur qui riait aux éclats, la préfète fut quelque peu décontenancée par la question, pourtant légitime, de son ami. Les pommettes rosies, elle eut du mal à dissimuler sa gêne en reportant son regard sur le Gryffondor.

« Euuuh ouais, commença la jeune femme. Je lui ai dit tout à l'heure que je te voyais et elle m'a demandé comment tu étais... Simple curiosité, j'imagine. Et, apparemment, ma description était fidèle à la réalité, dit-elle avec un petit sourire. En même temps, il n'y avait pas trente six gars « un peu bad boy, grand et brun aux yeux bleus » dans son entourage, songea Nelly en terminant d'engloutir sa part de fondant au chocolat. Je pense surtout que, au fond, elle essaie de surveiller mes fréquentations. Elle a tendance à être un peu... maternelle, des fois, conclut-elle en baissant les yeux sur les différents plats devant elle. Bref ! Mais t'inquiète pas, on s'est vus pour un « travail », » lui confia-t-elle en mimant les guillemets avec ses doigts. La préfète se garda bien de révéler qu'en réalité, Eline savait qu'ils avaient passé l'après midi dans un parc et que leur mère avait tout gâché. Néanmoins, elle ne savait pas que Virgil avait fumé un joint de Mandragore pour tenter d'entendre les pensées des moldus, et encore heureux.

L'après midi passé en compagnie de Virgil avait frôlé le désastre - pour ne pas dire qu'elle avait été catastrophique - donc elle était vraiment heureuse qu'il ait fait l'effort de venir, histoire de réparer un peu les dégâts.
Et après ce genre de constat, elle avait encore du mal à croire qu'elle avait clairement un crush sur Virgil ?

« Oh d'ailleurs ! reprit soudainement la préfète en baissant la voix. Ça va t'es... redescendu ? » demanda-t-elle en regardant autour d'elle. Elle se doutait bien que Virgil ne serait pas venu si les effets de la Mandragore ne s'étaient pas dissipés - et il n'aurait pas fouillé tout Internet pour trouver son adresse - mais elle préférait s'en assurer. Il manquait plus que la présence de ses convives le dérange encore.

A peine eut-elle écouter la réponse du Gryffondor qu'ils furent rejoints par Hannah qui se manifesta en passant une main dans le dos de Nelly avant de s'accouder sur l'îlot en observant Chloe qui parlait joyeusement avec Damon.

« - C'est donc ce genre de filles intéressées par ce genre de mecs ? questionna-t-elle avec une pointe de dégoût dans la voix. Tu aurais pu me le dire plus tôt, je ne me serais pas donnée autant de mal...
- Euh oui... En partie, hésita Nelly en ne sachant pas vraiment ce qui rentrait dans les définitions de « ce genre de filles » et « ce genre de mecs » de sa meilleure amie. La préfète coula un regard sur Virgil. Et elle, était-elle un genre de filles intéressées par un genre de mecs en particulier ? De même pour le Gryffondor ?
Tu t'es coupés les cheveux ? s'enquit-elle en reportant son attention sur sa meilleure amie qu'elle inspecta sous toutes les coutures.
- Et tu le remarques que maintenant ? Je suis là depuis au moins 4 heures... Ton intérêt me touche, c'est fou, ironisa la jeune femme. Moi j'ai tout de suite remarqué que t'avais au moins dix centimètres de moins sur le crâne...
- Ouiii ! T'aimes bien ? fit la préfète en tourner sa tête de gauche à droite pour agiter ses cheveux.
-  Non.
- QUOI ?
- Je plaisante ! Hannah tourna un peu la tête pour masquer son visage à Nelly et jeter un regard désabusé à Virgil en soupirant silencieusement. Pourquoi lui demandait-elle son avis si elle s'offusquait à chaque retour négatif ? Et donc, tu es... Virgil c'est ça ? s'enquit la jeune femme en plissant les yeux. Vous êtes en cours ensemble ? Dans votre grande école militaire supérieure, » déclama-t-elle en prenant volontairement un ton snob.

Nelly jeta un regard entendu à Virgil avec un petit sourire de connivence. C'était la meilleure excuse qu'elle avait trouvé. Ses amis s'en moquaient souvent mais cela avait le mérite de rassasier leur curiosité.
Hannah était pétillante et pleine de vie mais pas intrusive, Virgil n'avait rien à craindre d'elle. Sa meilleure amie ne comptait d'ailleurs probablement pas l'interroger sur sa scolarité ou sur sa vie. Sociable et assez concierge, elle finirait sûrement par gentiment critiquer Damon et Chloe tout en lui demandant s'il fumait.

D'ailleurs, s'ils s'en grillaient une, Nelly comptait sur Hannah pour indiquer à Virgil où se trouvait le cendrier ; à savoir l'extrémité opposée du salon de jardin où bavardaient Eline et les autres. En laissant son regard se perdre vers l'extérieur, la préfète capta le regard de Logan qui lui décocha un clin d'oeil avant de croiser celui de sa sœur qui lui adressa un grand sourire à la fois niais et amusé lourd de sous-entendus. Nelly leva les yeux au ciel et vérifia d'un regard si Virgil avait prêté attention à leur échange silencieux.
Et voilà, ils s'y mettaient. Ils jouaient les entremetteurs. Eline avait dû parler à son petit copain et tout remanier à sa sauce comme d'habitude...

« Hooooow can you seeeee into my eeeeeyes like open dooooors... »

Adrian, transformé en chanteur, interprétait - ou plutôt braillait - la chanson qui venait de démarrer en fond sonore. Nelly attrapa le bras de Hannah, en pleine discussion avec Virgil.

« - C'est ta chanson ! Chante s'il te plaît ! Avec Adrian, ce sera drôle !
- Oh non, j'ai pas envie...
- Alleeez, supplia Nelly en la secouant légèrement. Puis, pour la faire craquer : Without a souuuuul. My spirit's sleeping somewhere cooold...
Hannah évitait son regard mais un sourire amusé apparut sur son visage et ses yeux se firent plus rieurs.
- Bon, très bien, céda-t-elle. Adrian, j'arrive ! lança-t-elle à la cantonade.
- Place au spectacle, » ricana Nelly à l'attention de Virgil en lui tendant une bière avant de l'entraîner vers le canapé.

Hannah s'assit bien droite sur le sofa à côté d'Adrian et Nelly se laissa tomber non loin de Liam - qui s'apprêtait à filmer la performance de ses deux amis, un sourire aux lèvres - après avoir désigné un décapsuleur posé sur la table basse à Virgil. Des amies d'Eline s'étaient assises à une extrémité du canapé, les jambes croisées.

« - Wake me up ! cria Adrian plus qu'il ne chanta.
- Wake me up inside ! La voix cristalline de Hannah était nettement plus agréable.
- I can't wake up !
- Wake me up inside !
- Save meeeeee
- Call my name and save me from the dark. »


Les deux amis continuèrent ainsi pour le reste de la chanson et Nelly, réellement amusée, se pencha vers Virgil.

« Bienvenue chez moi ! lui dit-elle dans un éclat de rire. Si Adrian te casse trop les oreilles, mon frère joue à Resident Evil si tu veux, » ricana la préfète en désignant le couloir du menton.


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Si Eline l’avait identifié au premier coup d’œil, c’était uniquement parce qu’elle surveillait les fréquentations de sa petite sœur. Nelly l’avouait à demi-mot, son aimée faisait office de mère de substitution en lieu et  place de la défaillante Déborah du parc. Virgil releva les yeux vers Eline qui bavardait joyeusement avec ses amis à l’extérieur. Il espérait qu’elle n’était pas trop regardante concernant les  relations de sa sœur car on ne pouvait clairement pas le qualifier de « bonne fréquentation ». Il n’était quand même pas un voyou -loin de là même- mais il était persuadé qu’Eline serait loin d’approuver certaines de ses activités… Heureusement, il pouvait compter sur la discrétion de Nelly qui avait parfaitement couvert ses arrières : Ils s’étaient vu aujourd’hui même pour un travail, rien de plus.

Nelly embrailla d’ailleurs rapidement sur leur horrible après-midi en lui demandant s’il était enfin redescendu. C’était étrange de parler de magie  au milieu de moldus, juste à côté des amis d’Eline qui devaient s’imaginer un tout autre contenu pour leurs messe-basses. Virgil hocha lentement la tête tout en avalant une bouchée du délicieux gâteau.
« Humhum. Sinon je serai pas là. » souffla-t-il en balayant la pièce d’un regard circulaire.  Il ne percevait plus aucune aura menaçante et les esprits des convives semblaient totalement hermétiques. Heureusement. Lire dans la tête des gens, le don ultime sur le papier, mais en pratique, cela n’avait vraiment rien d’agréable ! Les yeux de Virgil se posèrent alors sur Nelly, toujours accoudée juste à côté de lui.

« Toi aussi, tu as l’air…mieux. » murmura-t-il.

La jeune femme n’eut toutefois pas le temps de confirmer son impression puisqu’Hannah les rejoignit pour commenter la relation Damon/Chloé. Les propos, un brin mesquin, de la meilleure-amie de Nelly tirèrent un vague sourire à Virgil. Il n’était pas sûr de bien comprendre mais il lui semblait qu’Hannah avait des vues sur Chloé, avant bien sûr, qu’elle ne se rende compte que la Serpentard avait tout du cliché de la pompon girl écervelée. Nelly et son amie poursuivaient leur conversation, évoquant les coupes de cheveux de l’une et de l’autre et Virgil pressentit que le moment était venu pour lui de s’éclipser. Non, il ne parlerait pas coiffure et il ne se plierait pas, non plus, au rôle du super-copain «  Moi j’adore ta nouvelle coupe de cheveux Nelly, ça te va trop bien ! » Et puis quoi encore. Même si c’était vrai, il n’allait certainement pas s’abaisser à de tels commentaires. Il répondit toutefois  au regard désabusé d’Hannah par un bref mouvement d’épaules et se redressa quelque peu, le menton haut, en quête d’une nouvelle personne avec qui faire plus ample connaissance. Fumeuse si possible la personne, histoire de justifier une petite excursion clope à l’extérieur. Il s’apprêtait à abandonner sa part de fondant sur l’îlot lorsqu’ Hannah, encore elle, l’interpella en lui demandant, non sans une hésitation, s’il était bien Virgil. Ce n’était pas comme si Nelly venait de faire les présentations à l’instant ! pensa-t-il ironiquement, Hannah n’avait que deux prénoms à retenir -Damon et le sien- ce n’était quand même pas si compliqué ! En temps normal, il ne se serait pas gêné pour le lui faire remarquer mais Virgil avait pris une résolution ce soir : Canaliser –un peu- ses penchants les plus acides. Ne pas agresser les gens verbalement. Ne pas chercher à les mettre en colère ou mal à l’aise.
Ne pas. Ne pas… Merlin, il n’était pas sûr de pouvoir tenir toute la soirée mais il allait quand même essayer.

« Il semblerait. » répondit-il donc poliment avec un sourire quelque peu mécanique.

Hannah poursuivit cherchant à savoir s’il était en classe avec la préfète à Poudlard

*Non on s’est rencontré chez le boulanger ce matin et Nelly m’a invité.*


« C’est ça. »

Virgil reporta son attention sur Nelly, le regard lourd de non-dits «  Dans notre grande école militaire supérieure. »

Il ne savait pas comment Nelly était parvenue à garder ses amis moldus d’avant Poudlard. Lui, il n’avait pas réussi. Certes le divorce de ses parents n’avait pas aidé : Les Forbes avaient quitté le quartier de Greenwitch où Virgil avait essentiellement tous ses copains de l’école primaire mais c’était surtout la Magie qui avait contribué à créer une fracture entre eux : Fracture géographique tout d’abord –passer dix mois sur douze à Poudlard n’aidait pas à conserver ses amitiés- mais également une forme de fracture sociale. Certes, Virgil aimait passer des journées entières à jouer aux jeux vidéos ou surfer sur youtube –activités typiquement moldues-  mais il avait la désagréable  impression de nier toute une partie de lui-même en n’évoquant pas, auprès de ses camarades moldus, ses capacités magiques : Et quelle partie ! Surement la plus truculente : Quel moldu pouvait se venter de pouvoir faire léviter des objets, transformer des animaux, lancer des sortilèges ? La Magie faisait partie intégrante de sa vie et ne pas pouvoir évoquer son identité de sorcier avec ses soi-disant plus proches amis lui semblait inconcevable.

Virgil était tout à ses pensées si bien qu’il ne capta l’échange de regard entre Logan,  Eline et sa sœur. Au lieu de ça, il releva la tête vers Adrian qui avait visiblement réussi à se sortir les bières de la tête. En effet, le bouclé braillait au milieu du salon les premières paroles d’une chanson  - chanson qui s’avérait être celle d’Hannah, d’après Nelly. La préfète insista auprès de son amie pour qu’elle retrouve leur ami bourré sur le canapé et la moldue finit par craquer sous l’insistance de Nelly.

«  Place au spectacle »

Virgil attrapa la bière que la Serpentard  lui tendait et il la rejoignit sur le sofa, s’installant entre elle et Liam, dans un angle du U formé par les banquettes. Il attrapa le décapsuleur que lui désignait l’ami de la préfète  et ouvrit sa bière sans parvenir à contenir un léger froncement de sourcils face aux fausses notes d’Adrian : Par Goddric ! Il massacrait littéralement la chanson.  Nelly s’aperçut que la reprise du duo n’était pas tout à fait aux goûts de Virgil puisqu’elle lui proposa d’un air malicieux de retrouver son petit frère et ses copains au bout du couloir. Ils jouaient à Resident Evil. Sans quitter des yeux les deux chanteurs, Virgil se pencha vers elle pour lui souffler, à moitié sérieux:

« Lost in Nightmares ou Desperate Escape ? »


Quelque soit l’édition, les deux versions du célèbre jeu moldu étaient excellentes. Toutefois, Virgil décida de rester en place jusqu’à la fin de la reprise d’Adrian et d’Hannah , décidant par la même occasion, de  tester sa résistance à la torture auditive. Le duo improvisé termina enfin son récital sous les acclamations  de l’assistance. Quelque peu avachi dans le canapé, Virgil coinça sa bière à côté de lui pour se joindre aux autres et applaudir mollement la prestation des deux amis de Nelly.  

« Pas mal, j’avoue, souffla-il  à l’attention des chanteurs amateurs,   mais ça ne vaut pas les prestations qu’on est capable de produire dans notre super pensionnat militaire, dit-il avec un air exagérément arrogant. L’adolescent reporta ses yeux cernés sur Damon et Chloé qui étaient assis sur l’autre branche du canapé, Montrez leur votre truc où vous vous montez dessus.

« Quel truc ? » s’offusqua la Serpentard.
« Pas ce truc là Chloé, lâcha Virgil en comprenant la méprise de sa camarade, ce que vous faisiez, l’autre jour, dans le parc … »
Damon sembla enfin comprendre où son ami voulait en venir.
« Aaahh !Tu veux dire l'acro-yoga!?»
« Voilà ! » approuva Virgil en désignant son ami d’un geste de la main.

Depuis quelques semaines, Damon retrouvait Chloé les samedis matin  pour une séance de fitness intensive. Officiellement, le batteur de Gryffondor travaillait sa musculature, son élasticité, son équilibre et sa concentration, officieusement, il passait une heure trente a ploter Chloé. Virgil les avait regardé s’entrainer une fois et il devait admettre qu’il avait bien rit devant certaines postures  de leurs séances de travail.

« Mais ouais ! Carrément !
s’exclama Damon en se levant, Il tapa des mains comme pour se motiver  et roula des épaules pour s’échauffer, vas-y on leur montre ! »
Le cou enfoncé dans le col de son pul oversize,  Chloé secouait frénétiquement la tête de gauche à droite. Elle n’avait pas l’air de vouloir se laisser tenter. Ou alors elle cherchait à  se faire prier. Virgil ne la connaissait pas assez pour savoir ce qui se cachait réellement dernière cette apparente timidité.

« Allez, fais pas ta timorée ! » l’armoire à glace attrapa le bras de sa partenaire, tira pour la lever d’autorité et la cala sur son épaule en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
« Aaaaahhh !»
« C’est parti pour la démonstration ! »Dit-il en la gratifiant d’une petite tape sonore sur les fesses.
« Damon ! »
Content de lui, il tourna brusquement sur lui-même pour rejoindre  le centre du salon . Les pieds de Chloé manquèrent de peu le visage d’une amie d’Eline assise à ses côtés- dommage, ça aurait été marrant- mais ils  heurtèrent toutefois quelques bouteilles sur la table que Liam se chargea de rattraper. Quel gentleman ce Liam, songea Virgil en le regardant éponger la bière à l’aide d’un essuie-tout avant qu’elle ne tombe au sol et ne tache le beau carrelage des Horrocks… Une vraie fée du logis.  Virgil se tourna vers Nelly, un sourire franchement amusé sur les lèvres, sourire qui se figea quelque peu lorsqu’il se rendit compte qu’il valait mieux éviter de ruiner la maison de sa camarade s’il voulait être de nouveau invité ici…

« Vous pouvez peut-être faire la démo dehors, non ? » proposa-t-il en cherchant Damon du regard.
« Mouai. Dehors c’est mieux. T’as raison…» répondit son camarade. Il rejoignit en de larges enjambées l’extérieur de la propriété, Chloé toujours sur son épaule, et le petit groupe n’eut pas d’autre choix que de les suivre.

« Damon est un peu ingérable, je te l’accorde, mais c’est le roi pour animer une soirée, tu vas voir. » chuchota-t-il à l’oreille de Nelly avant de se lever, sa bière toujours entre ses mains.

Il traversa le salon à la suite d’Hannah et trouva l’extérieur en empruntant les larges baies vitrées donnant sur la terrasse et sur la piscine en contrebas. Virgil l’avait déjà vue dans le souvenir de Nelly mais il devait avouer que l’éclairage nocturne magnifiait davantage l’aménagement extérieur de la villa. Damon et Chloé avaient pris place de l’autre côté de l’étendue d’eau sur un carrée d’herbe fraiche. La Serpentard s’était débarrassée de son large pull au profit d’un top à fines bretelles dévoilant son nombril. Les invités de Nelly prirent place autour de la pelouse,  assis  à même le sol ou sur de confortables fauteuils en rotin. Virgil, quand à lui fit le choix de  rester debout. Il n’avait vu personne fumer dans la maison mais il comptait bien profiter de cette petite escapade dans le jardin pour s’en griller une, tranquille. Il posa donc sa bière sur les dalles de la piscine –exactement pile à l’endroit où Liam avait enlacé Nelly dans le souvenir- puis il alluma sa cigarette et tira quelques lattes en observant ses deux camarades de classes réaliser leur première figure. Ils avaient l’air drôlement plus concentrés qu’à l’accoutumé -fait assez rare pour Damon- et lorsqu’ils poursuivirent leurs enchainements, le silence se fit peu à peu dans l’assistance. Leurs corps musclés étaient uniquement éclairés par les spots situés au fond de la piscine si bien que des vaguelettes semblaient danser sur eux. Ils cherchaient l’équilibre parfait entre leurs deux corps et il se dégageait des différentes poses une impression de facilité déconcertante. Les postures n’avaient plus rien de ridicules dans l’obscurité de la nuit qui leurs conférerait un certain mysticisme. Le temps resta suspendu un long moment jusqu’à ce que Chloé perde l’équilibre des épaules de Damon où elle s’était mise debout. Le joueur de quidditch la rattrapa au vol et la déposa délicatement au sol avant de lui faire une légère révérence, comme l’aurait fait un chevalier servant devant sa reine. Quelques applaudissements clôturèrent leur prestation.

Si avec ça, Damon n’arrivait pas à conclure avec Chloé ce soir, Virgil ne comprendrait pas.


« Et vous alors ? Vous savez faire quoi ? » demanda subitement Adrian-Pas-D’Alcool. Il fallut quelques secondes à Virgil pour se rendre compte qu’il s’adressait à lui.
« Nous ? »
« Ouai, toi et Nelly. Vous savez faire quoi ? »

Virgil haussa les sourcil en cherchant le regard de la préfète.

« Qu’est ce qu’on sait faire, nous ? réfléchit-il à voix haute,… pas ça, déjà…, il désigna d’un geste de la main l’emplacement où se trouvait encore Damon et Chloé, par contre… Virgil cherchait une parade peu désireux d’admettre qu’il ne savait rien faire de particulier. Du moins, rien que les amis moldus de Nelly puissent entendre …

…Quoi que.

« Nous on sait faire un truc de dingue, lâcha-t-il alors d’un air énigmatique . Il tira une taffe de sa cigarette pour laisser planer un peu de suspense et reprit : « On peut lire mutuellement dans l’esprit l’un de l’autre. »
« C’est ça ! Fous toi de nous ! »
« Nelly. Dis leur que c’est vrai. » dit-il effrontément en la prenant à témoin  de l’extrémité de sa cigarette. Il peinait à contenir le sourire amusé que la situation lui inspirait mais il devait conserver son sérieux jusqu’au bout.
« Ah ouai ? Et à quoi elle pense là ? » demanda Adrian visiblement peu convaincu
« Hum…Virgil fit mine d’étudier Nelly quelques instants. Il inclina la tête sur le côté et déclara: Un énorme gâteau au chocolat. Celui de sa grand-mère, ajouta-t-il doucement à son  intention avec un imperceptible sourire. Le même que celui du souvenir de son enfance dévoilé dans la volière, Mais c’est facile avec Nelly, reprit-il toutefois en reportant son attention sur les amis de la préfète, une fois sur deux elle pense à des pâtisseries. »
Virgil haussa les épaules d’un air fataliste et coinça sa cigarette au coin des lèvres.
« C’est n’importe quoi votre truc ! »
« Sois un peu indulgent Adrian, répliqua-t-il en fronçant légèrement les sourcils, d’habitude j’ai une baguette magique avec moi pour faire ça, c’est nettement plus simple. »

Il allait passer pour un type sacrément bizarre aux yeux des potes de Nelly mais il s’en fichait complétement. La situation le distrayait beaucoup trop pour qu’il fasse machine arrière.
Toutefois, ce qu’il préférait le plus dans ce petit numéro, c’était de pouvoir partager cette private joke uniquement avec Nelly. Et avec personne d’autre.


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Nelly se joignit joyeusement aux applaudissements qui suivirent la prestation d'Adrian et de Hannah. Elle adorait écouter chanter sa meilleure amie qui avait une très belle voix, à son goût, contrairement à Adrian qui leur avait un peu cassé les oreilles. Bon, il était ivre donc cela n'avait pas arrangé sa performance...
Hannah riait en serrant Adrian contre elle lorsque Virgil prit la parole et annonça que leur chant ne valait pas ce qu'ils réalisaient, eux, dans leur école militaire. La préfète lui jeta un regard suspicieux, les yeux plissés. Mais de quoi parlait il ?
Tous les regards convergèrent alors vers Damon et Chloe que Virgil incitait à « montrer leur truc où ils se montaient dessus ».
Euh... Visiblement, Nelly ne fut pas la seule à avoir l'esprit mal placé puisque Chloe s'offusqua quelque peu avant que l'information arrive au cerveau de Damon.

« Le quoi ? L'accro-yoga ? » répéta Nelly avec une grimace.

Chloe ne lui avait pas parlé de cette histoire. La préfète savait que son amie voyait Damon les samedis matins pendant qu'elle était au club d'Art mais elle n'avait pas songé une seconde que les deux adolescents puissent s'entraîner à ce... sport ? Qu'est ce que c'était au juste ce truc ? Elle connaissait l'accro-sport, le yoga, mais pas l'accro-yoga. Damon sembla soudainement enchanté à l'idée d'exposer ses talents devant eux puisqu'il se leva prestement et tira Chloe du canapé qui se retrouva sur l'épaule du jeune homme sans avoir pu faire grand chose. La claque qu'il colla sur le fessier de la Serpentard tira une expression outrée à Nelly et Hannah. Il ne fallait pas être legilimens pour comprendre qu'à la place de Chloe, les deux amies n'auraient pas réagi de la même manière. Pour Nelly, son amie, ramollie par le désir de plaire au joueur de Quidditch, se laissait un peu trop faire.
Soit, si Chloe était heureuse, tant mieux pour elle.

Damon manqua d'assommer une amie d'Eline avec les pieds de Chloe qui renversèrent une bouteille aussitôt rattrapée par Liam. Nelly le remercia d'un sourire ; s'ils tâchaient le sol de la maison, son père les fusiellerait. La jeune femme approuva la proposition de Virgil d'un hochement de tête - dehors c'était mieux - et toute la petite bande suivit Damon et sa partenaire à l'extérieur.

« J'ai jamais entendu parler de cette histoire d'accro-yoga mais je te fais confiance, » répondit la préfète à son ami quand il lui confia que le joueur de Quidditch était le roi pour animer une soirée.

En sortant sur la terrasse, Nelly croisa le regard de sa sœur qui les observait passer avec curiosité. Autant dans l'ignorance qu'elle, la préfète haussa brièvement les épaules en secouant la tête. Les deux jeunes sorciers s'installèrent dans le carré d'herbe, non loin de la piscine, de sorte à être sur un terrain plat et espacé tout en étant éclairés par la lumière dansante qui émanait de l'eau. Liam et Hannah traînèrent deux fauteuils en rotin devant eux et s'y installèrent. Adrian se laissa presque tomber au sol, les jambes étendues devant lui, tandis que Nelly s'installait sur l'accoudoir du fauteuil de Liam, les jambes croisées. Virgil, lui, resta debout et alluma une cigarette. Hannah, alertée par le bruit caractéristique du briquet, tourna vivement la tête et se leva d'un bond.

« Dieu merci ! Un fumeur, » s'exclama-t-elle en courant chercher le cendrier et son paquet de cigarette qu'elle avait laissé sur la table un peu plus loin. Adrian, la mine réjouie, en profita pour prendre sa place dans le fauteuil en rotin, non sans s'être levé avec difficulté.

La jeune femme revint rapidement alors que Chloe et Damon se préparaient pour leur première figure et posa le cendrier au sol tout en s'asseyant en tailleur. Elle adressa un petit clin d'œil complice à Virgil avant d'allumer à son tour une cigarette. Nelly secoua la tête avec amusement et reporta son attention sur les deux gymnastes en herbe.
En toute franchise, le spectacle fut captivant. Impressionnée par les prouesses de ses camarades, la préfète resta silencieuse tout du long, observant avec attention aussi bien Damon que Chloe. Le joueur de Quidditch était une vraie bille, mais il fallait reconnaître que sa forme physique et sa force étaient tout bonnement épatantes, tout comme la souplesse de Chloe qui était précise et impliquée dans chacune de ses positions. Visiblement, le reste du public fut également conquis ; en témoignait le silence qui régnait sur cet instant suspendu.

Distraitement, Nelly s'était mise à se gratter le genou pendant que Liam, du bout des doigts, dessinait des arabesques dans son dos - chose qu'elle adorait. Elle était merveilleusement bien, là, et avait l'impression d'être dans un autre temps, coupé du reste. Ainsi plongée dans une sorte de plénitude, la Serpentard fut ramenée à la réalité et détacha son regard des deux acrobates seulement lorsque Liam applaudit à la suite d'Adrian qui plaçait inutilement ses mains en porte voix pour lancer un « Bravooooo ! ». Damon exécuta une révérence devant Chloe qui, gênée, remit rapidement son sweat tout en tâchant de cacher ses joues rougies avec ses cheveux.

Nelly lui adressa un clin d'oeil en levant son pouce dans sa direction : elle avait été impressionnante, elle ne devait pas rougir de sa performance. Son expression se figea néanmoins quand Adrian demanda subitement à Virgil ce qu'ils savaient faire, eux. La préfète tourna la tête dans la direction de son camarade pour lui jeter un regard qui avait tout l'air de dire « C'est toi qui as lancé ça. Débrouilles toi maintenant ! » et guetta la réponse du Gryffondor, un vague sourire aux lèvres. Tous les regards étaient tournés vers lui. Ses amis pensaient probablement qu'ils étaient capables de réaliser des prouesses semblables à celles de leurs camarades mais c'était loin d'être le cas. Elle aurait bien voulu l'aider en inventant n'importe quoi mais, soucis, ils étaient bien incapables de réaliser quelque chose de sensationnel, voire de magique, devant des moldus... Elle savait danser, sûrement pas lui. Ils n'allaient pas non plus se mettre à chanter devant ses amis, hors de question... La seule chose qu'elle pouvait faire de son côté était de dessiner. Quel exploit !

Au début amusée par la situation dans laquelle s'était mis le Gryffondor, elle se crispa légèrement quand le jeune homme annonça être capable de lire dans son esprit et inversement. Mais à quoi jouait-il ? Il voulait leur provoquer des ennuis ou quoi ?
Adrian, en bon moldu, n'y croyait pas, bien entendu, et mettait fortement en doute les paroles du Gryffondor. Nelly resta silencieuse et énigmatique et se contenta de hausser les épaules lorsque Virgil la prit à témoin ; il valait mieux laisser planer un certain mystère pour renforcer le côté comique de la situation. Les yeux rivés sur ceux du Gryffondor, elle laissa ce dernier « lire » dans ses pensées et un petit sourire amusé étira ses lèvres quand il prétendit savoir qu'elle pensait à un énorme gâteau au chocolat... Raté. Elle songeait surtout qu'il était bête de parler de ça - elle le pensait fort pourtant, étrange qu'il ne l'entende pas... Bon, au fond, à l'évocation de sa grand-mère, elle était touchée et amusée par cette blague qu'eux seuls pouvaient comprendre, qu'eux seuls partageaient et qui rappelait à Nelly toutes les discussions qu'ils avaient eu, ainsi que leurs entraînements. Et puis il avait raison sur un point, elle pensait souvent à manger, et des gâteaux de préférence, songea la Serpentard en adressant un petit sourire complice à son ami.

« Oui je peux confirmer, dit elle alors avec sérieux quand le Gryffondor confia à Adrian qu'il avait une baguette magique d'habitude. Une qui lance des éclairs et qui fait pousser des arbres, souffla la jeune femme comme si elle racontait une histoire merveilleuse à des enfants. Et vous savez pas la dernière ? reprit-elle en s'adressant cette fois ci à l'ensemble de ses amis. Des chercheurs ont découvert récemment que les renards nichaient au sommet des arbres pour y pondre leurs œufs à l'abri des prédateurs. »

Alors que tout le monde pouffait de rire, Nelly crut percevoir pendant un instant du doute dans le regard d'Adrian qui finit par comprendre qu'elle se moquait de lui... Son ami était parfois beaucoup plus crédule que d'ordinaire sous l'emprise de l'alcool. La seule qui ne riait pas vraiment était Chloe qui la fixait d'un drôle d'air. Nelly la connaissait assez pour savoir qu'elle lui faisait silencieusement comprendre qu'elle attendait des explications. En plus de savoir que ce que Virgil racontait était parfaitement possible, son amie avait probablement capté les sous entendus du jeune homme, ainsi que leur échange de regard, et soupçonnait qu'il n'avait pas inventé cette histoire de toute pièce seulement pour rire. L'inconvénient chez Chloe était que, parfois, elle était plus intelligente et clairvoyante qu'elle n'en avait l'air...

« Et toi ? Tu lis quoi dans son esprit ? » s'enquit soudainement Liam pour se prêter au jeu.

Il la scrutait de ses yeux clairs et désigna Virgil d'un geste de la main tout en buvant une gorgée de bière. Ah ! Elle qui avait espéré échapper à la pseudo démonstration de Legilimancie, c'était raté.
La préfète poussa un léger soupir tout en portant ses yeux noisettes sur son camarade de classe et fit mine de s'efforcer à sonder son esprit.

« - Huuuum... Il se sent bien parce qu'il vient de fumer. Bon ok elle ne prenait pas trop de risques. Et... Il est content d'être ici. Il ne regrette absolument pas d'être venu, déclara la jeune femme en prenant une voix de grande maîtresse du mysticisme.
- Vous imaginez si on pouvait vraiment lire les pensées des gens..., chuchota Adrian en se tournant vers Chloe et Damon. Il était marrant à chuchoter comme s'il ne voulait pas la déranger dans sa concentration.
Nelly coula un regard de biais vers Chloe. Elle était susceptible de trouver leur jeu un peu louche mais tant pis. Partager ce secret avec Virgil et pouvoir ainsi l'évoquer était beaucoup trop grisant.
- Mais lui aussi, il est prévisible, reprit la préfète avec un petit sourire malicieux. Il pense tout le temps à fumer.
- Pas mal, souffla Liam en hochant la tête. Mais leur numéro était plus impressionnant, dit-il en désignant Damon et Chloe avec un sourire narquois.
- Excuse nous ! On préfère les trucs intellectuels, nous !
- Eh !
- De toute façon, ça vaut pas mes tours de magie, renchérit Adrian, un doigt plaqué sur le torse.
- Tes tours de passe-passe avec les cartes ? C'est démodé, se moqua Hannah en écrasant sa cigarette dans le cendrier.
- C'est ton style qui est démodé !
- Pardon ?
- Soooo has been !!
- Cette expression est has been, rétorquèrent Liam et Nelly d'une même voix, les yeux pétillants. Pas vrai ? ajouta la préfète en se tournant vers Virgil et Hannah.
- Allez, rentre chez toi, lança Hannah avec un petit sourire victorieux.
- Très bien. Si tout le monde est contre moi, grogna Adrian en croisant ses bras sur son torse, comme pour bouder.
- Ah ça y est, voilà le Adrian chiant, remarqua Liam en se penchant pour pincer la joue de son ami qui s'écarta brusquement.
- Me touche pas ! Je te défonce quand tu veux.
- Ah on est déjà au stade de l'Adrian violent, déclara Nelly en levant son index. Elle ne comptait plus le nombre de fois où Adrian avait sorti cette menace ridicule qu'il n'avait heureusement jamais mis à exécution.
- Ah vraiment ? Je demande à voir... riposta Liam en arquant ses sourcils
- Range ta fierté toi, le rabroua Nelly avec une tape sur l'épaule pour l'inciter à ne pas rentrer dans le jeu de leur ami.
- Oh mon petit Adrian ! intervint Hannah en se levant pour aller enlacer le concerné. Faut pas faire la tête...
- Tu fais du sport ? demanda alors Damon en détaillant Liam du regard.
- Ouais. Karaté. Et toi ?
- ... Du foot, répondit le joueur de Quidditch après avoir échangé un regard avec Chloe.
- J'avais parié sur du rugby... »

Les deux jeunes hommes étaient partis sur le sujet du sport et Chloe choisit ce moment de flottement pour se retirer du groupe.

« Je peux vous parler deux minutes ? » dit-elle sans ménagement en attrapant les poignets de Virgil et de Nelly pour les entraîner à l'écart.

Les adolescents longèrent la piscine, leurs pas martelant le bois de la terrasse, descendirent quelques marches et traversèrent une nouvelle bande d'herbe jusqu'à un muret donnant sur l'allée d'entrée en contrebas. Chloe les planta tous les deux devant un des bambous qui poussaient le long du muret blanc et croisa ses bras sur sa poitrine.

« - Mais à quoi vous jouez tous les deux ? Parler de trucs pareils devant eux ! Mais ça va pas ?
- C'est bon, stresse pas, c'était pour rire et puis ils n'y croient pas... Son amie était un peu trop anxieuse. Ce n'était pas parce qu'ils étaient en présence de moldus qu'ils n'avaient pas le droit d'évoquer la magie pour plaisanter. Les moldus avaient une certaine vision de la sorcellerie et des pouvoirs magiques, il suffisait simplement de rester dans leurs croyances.
- Heureusement pour vous ! rétorqua Chloe. Et puis c'est quoi cette histoire de lire dans l'esprit de l'autre, hein ? les interrogea la jeune femme en les scrutant tour à tour du regard.
Nelly échangea un regard avec Virgil avant de répondre.
- On a inventé ça. Qu'est ce que tu voulais qu'on fasse d'autre après votre petit numéro d'Accro-yoga !
Ne sachant quoi répondre, la bouche de Chloe se crispa et son visage se ferma. Après un court silence, elle pointa un doigt accusateur sur ses deux camarades.
- Je vous trouve bizarres. D'abord tu débarques comme une fleur alors qu'on ne t'a jamais parlé, dit-elle en portant un regard perçant sur Virgil. ... et maintenant ça ! Il va falloir qu'on ait une petite discussion toutes les deux. »

Elle lança un dernier regard à Nelly, les yeux plissés, avant de se retourner en faisant claquer ses cheveux dans l'air et de retourner auprès des autres. Nelly observa un instant sa silhouette s'éloigner dans l'obscurité avant de porter son regard sur Virgil.

« Je pense que je ne vais jamais lui dire, souffla-t-elle avec un sourire narquois. C'est bien plus drôle comme ça. »

La préfète se perdit quelques secondes dans les yeux de son ami seulement vaguement éclairés par la lumière qui émanait des grandes vitres de la maison, un peu plus loin. Il faisait un peu froid mais elle essayait de passer outre.

« Alors ? Ma démonstration de voyance tenait debout ? » s'enquit-elle avec amusement en faisant référence à ce qu'elle avait « lu » dans son esprit.

La jeune femme était curieuse de connaître son avis. Elle se doutait bien qu'il était venu par choix et non par obligation mais peut être qu'il avait espéré autre chose quant au contenu même de la soirée.

« On est pas du genre à faire des soirées arrosées avec drogue et alcool à profusion mais, pour nous, c'est beaucoup mieux comme ça, » souffla la Serpentard avec un petit sourire.

Ses amis ne finissaient jamais les soirées complètement morts comme ceux de Virgil qui avaient probablement frôlé le coma éthylique lors de la soirée de fin d'année de leur cinquième année. La préfète se souvenait les avoir vus ivres et sous l'emprise de la drogue, avachis sur des poufs. A l'époque, elle et ses amis, dont Chloe, les avaient jugés déplorables et une expression de dégoût était passée sur leur visage. Nelly était alors loin d'imaginer que, moins d'un an plus tard, elle inviterait Virgil chez elle pour une soirée avec ses amis... Il fallait croire que les choses et les avis changeaient vite, tout comme les sentiments.
Qui aurait pu croire, l'année précédente, que Virgil Forbes, ce cancre drogué, finirait par lui plaire ? Qui aurait pu croire, alors, que le regard bleuté du jeune homme lui ferait perdre tous ses moyens ? Certainement pas elle.
Et lui ? Avait-il imaginé une seule seconde qu'il finirait par fréquenter la préfète des Serpentards et s'entraîner avec elle aux manipulations mentales magiques ? Sûrement pas...


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On their mind (Virgil & Nelly)

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