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 On their mind (Virgil & Nelly)

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Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Nelly mit un moment avant de consentir à participer à sa parodie de légilimancie. Elle commença par observer Virgil d’un œil sceptique souhaitant manifestement le laisser se débrouiller tout seul : Il voulait faire le malin, très bien, mais elle ne comptait pas coopérer ! semblait dire son air énigmatique et son silence. La mention du gâteau au chocolat de sa grand mère lui tira toutefois un vague sourire et elle décida finalement de corroborer son histoire pseudo-abracadabrantesque.
Satisfait de la voir adhérer à son petit manège, Virgil l’observa un instant tandis qu’elle jouait les conteuses pour enfants. Non seulement elle était jolie mais en plus elle était drôle, ce qui ne gâchait rien.

Contrairement à Adrian –très premier degré à cause de l’alcool- Liam décida de se prêter au jeu des deux pensionnaires de Poudlard en demandant à Nelly de lire les pensées de Virgil. Le principal intéressé reporta son attention sur la préfète, une lueur d’amusement dans le regard. Il arqua un sourcil circonspect, comme pour la mettre au défi de lire quoi que ce soit dans son esprit, mais en entendant ses observations, il ne put que confirmer ses dires :

«Quelle clairvoyance ! commença-t-il en la scrutant. Il tira une dernière bouffée sur sa cigarette et ajouta sur le ton de l’homme qui a cessé de lutter «  Elle lit en moi comme dans un livre ouvert… »

Sur ses mots, Virgil se pencha vers Hannah pour écraser son mégot de cigarette dans le cendrier. Il gratifia la meilleure-amie de Nelly d’une moue résignée et se redressa, les mains dans les poches, particulièrement fier de leur petit numéro. Liam jugea la prestation de  Chloé et Damon plus impressionnante - L’accro-yoga meilleur que la légilimancie ? Il ne savait vraiment pas de quoi il parlait celui là ! – mais Virgil se contenant d’hausser les épaules d’un air faussement fataliste.

Pouvoir évoquer leur condition de sorciers face à des moldus, sans avoir rompu le secret magique, était beaucoup trop grisant. Virgil s’était délecté de chaque instant de leur petit sketch : Non seulement, Nelly et lui s’étaient gentiment moqués de tout le monde, mais en plus, il savourait cette nouvelle complicité avec la préfète.

Lors de leurs entrainements, ils avaient constamment été opposés l’un à l’autre et ils avaient construit une relation basée sur cette confrontation systématique. Ils avaient évolué en vase clos durant de nombreux mois et la soudaine présence d’autres personnes autour d’eux changeait complètement la donne : Ils passaient du statut d’adversaire à celui de complice et Virgil devait avouer que cette évolution lui plaisait… contrairement à Chloé qui voyait manifestement cela d’un mauvais œil.

Lorsqu’elle se planta devant eux, Virgil sut immédiatement qu’elle n’avait pas particulièrement apprécié leur démonstration de magie. L’adolescent se dégagea bien vite quand elle voulut l’attraper par le bras pour l’entrainer à l’écart.

« Pas la peine de me promener comme un bichon, Chloé. Je peux me déplacer tout seul, tu sais. » souffla-t-il très sérieusement, le visage fermé.

Déjà Virgil n’avait pas aimé que Nelly le traine dans la maison comme un petit animal de foire (il avait même détesté) . S’il ne le lui avait pas encore fait remarquer, c’était uniquement parce qu’il ne voulait pas lui faire de remontrance devant ses amis. C’était sa résolution du jour : Être un peu plus gentil, agréable, …mais il  avait des limites !

S’il était prêt à faire des efforts pour Nelly, ce n’était clairement pas le cas pour Chloé qui finissait de le braquer avec sa démonstration de princesse autoritaire.

A vrai dire, Virgil ne savait pas trop ce qui irritait le plus l’amie de la préfète : Qu’ils aient failli rompre le secret magique ou que sa soi-disant meilleure amie à Poudlard  ne lui ait pas parlé de ses entrevues répétées avec un gars de leur promotion ?
Car il était clair que Virgil et Nelly n’en étaient pas à leur premier coup d’essai, Chloé avait perçu cette fameuse connivence entre eux et elle paraissait vexée d’avoir été tenu à l’écart de cette  relation. Elle était …jalouse, tout simplement.

Avait-elle pour autant le droit de les sermonner comme des enfants ? Assurément non. Elle était peut-être blessée dans son ego de fille populaire mais elle n’avait pas à leur parler sur ce ton. Ils n’avaient de compte à rendre à personne et Virgil n’entendait  pas se laisser faire. Chloé avait beau être la meilleure amie de Nelly, il s’en fichait complètement de se fâcher avec elle. Aussi, lorsqu’elle termina sa petite séance de reproches particulièrement déplacés, il se tourna lentement vers Nelly:
« Elle est toujours aussi pète-couilles Chloé ? » C’était encore plus humiliant de s’adresser à une tierce personne plutôt qu’à la principale intéressée « Sérieux, je sais pas comment tu fais pour la supporter. »
Chloé était juste devant lui mais il faisait comme s’il ne la voyait pas, comme si elle n’existait pas.

Vexée, la jeune femme lança un regard noir à Nelly, les yeux plissés de colère. Elle exigea une conversation en tête à tête avec elle  puis elle partit, drapée dans ce qui lui restait de dignité, c'est-à-dire, pas grand-chose.

« Elle est qui pour nous parler comme ça ? » souffla Virgil en la regardant s’éloigner et retourner auprès des autres. Il secoua la tête de  gauche à droite tandis que Nelly se montrait quelque peu narquoise en projetant de garder leurs entrainements secrets  et de maintenir son amie dans le doute « Tu peux lui dire ce que tu veux, je m’en fous. » Il comptait lui-même parler de ses entrevues avec Nelly à Damon « Mais faut qu’elle se calme. Je suis pas son pote, moi. »

Il reporta finalement son attention sur Nelly et s’étonna presque de se retrouver en tête à tête avec elle. Dire qu’il avait attendu ce moment toute la soirée était un euphémisme : Il y avait pensé en mangeant à table avec ses frères, en cherchant la villa des Horrocks sur Google Maps, en attendant que sa mère trouve le sommeil… Et voilà qu’ils y étaient.
Il y eut un petit moment de flottement, de quelques secondes à peine, que Nelly s’empressa de combler en le questionnant sur ses aptitudes de legilimens. Virgil lissa quelque peu ses cernes d’un air pensif avant de répondre :

« Tu avais presque tout juste, confessa-t-il, à un détail près : C’est pas moi, mais toi qui ne regrette absolument pas que je sois présent à ta soirée… »

Il afficha un sourire goguenard pour lui faire comprendre qu’il voyait très clair dans son jeu, lui aussi : Elle était contente de le voir malgré leur après-midi chaotique. Elle n’aurait pas fait tant d’efforts pour qu’il soit intégré dans cette fête sinon !

Fête qui s’avérait bien sage, selon la propre confession de l’organisatrice. Effectivement, Virgil était adepte d’un tout autre style de soirée avec Damon, Kasya, Philip et les autres. Pour eux, une fête réussie rimait forcément avec alcool fort, musique forte et drogue douce… Ils ne pouvaient pas envisager s’amuser sans plusieurs bouteilles de Ragnarov bon marché et quelques feuilles de Mandragore mêlées à du tabac. La nuit devait forcément se terminer en orgie et l’anniversaire de Philip, qui avait eut lieu une semaine plus tôt, n’avait pas échappé à cette règle. Quand Virgil –privé de sortie- avait reçu les photos de la soirée sur son Pear One il avait ressenti un puissant sentiment de frustration. Pendant qu’il était coincé avec son père qui remettait en doute ses choix professionnels, ses potes s’éclataient. C’était rageant.

« Chacun son truc. » répondit-il toutefois à la remarque de Nelly.

Ils étaient différents sur bien des points, Virgil y était habitué maintenant. Nelly faisait la fête comme elle vivait : De manière maitrisée, réfléchie, raisonnable. Il suffisait de voir comme tout avait été préparé minutieusement pour accueillir les convives ce soir : Les espaces délimités dans la maison -les enfants dans une chambre, les adolescents au salon et les adultes partagés entre la cuisine et la terrasse- la quantité astronomique de nourriture pour que chacun puisse manger à sa faim,   opposé à la quantité ridicule d’alcool fort afin que tout le monde reste sobre, sage,… comme elle.

Mais n’avait-elle pas envie d’un peu de fantaisie ? Un peu de folie dans son monde ?

Surement que si, sinon elle ne trainerait pas avec lui, se dit Virgil. Il ne correspondait en rien au profil de personne qu’elle avait l’habitude de fréquenter. Il était aussi renfrogné que ses amis avaient l’air accueillants. Aussi corrosif qu’ils étaient bienveillants.

Mais curieusement, le célèbre adage disant que « Les opposés s’attirent » semblait se vérifier pour eux.

C’était vrai pour lui, en tout cas, et il avait l’impression que Nelly partageait ce même désir intime. D’ailleurs, à la lueur des derniers événements de ce soir, il ne s’agissait plus d’une simple impression mais d’une quasi certitude. Virgil était intimement convaincu que Nelly ne se déroberait pas s’il essayait de l’embrasser. Quelque chose dans son regard –tantôt malicieux tantôt caressant- et  dans son attitude vis-à-vis de lui laissait entendre qu’elle n’était pas contre l’idée qu’il tente sa chance.

Tous les signaux semblaient au vert : Le silence venait de s’installer entre eux. Le bruit des conversations des convives, étouffé  par la maison massive, leur parvenait de loin. Ils étaient isolés, à l’écart du reste du groupe, tranquilles dans ce petit coin d’obscurité faiblement éclairé par les fenêtres du salon au dessus d’eux. La température un peu fraiche semblait même  inviter leurs corps à se rapprocher l’un de l’autre. Virgil fit d’ailleurs un pas vers la jeune femme..

« Nelly, il faut que je te dise un truc… souffla-t-il alors en posant ses yeux clairs sur elle, … ça fait depuis le début de la soirée que j’attends ce moment à vrai dire, murmura-t-il sans la quitter du regard. Il laissa passer quelques secondes qui parurent interminables et demanda, Quand est-ce qu’on commence la partie de Monopoly au juste ? »

Merlin, il était abominable, vraiment. C’était plus fort que lui ! Ce moment était si romantique… trop, à son goût. Merde quoi, il était Virgil Forbes, pas Féodor ! Même s’il crevait d’envie d’embrasser Nelly –c’était un fait indéniable tant elle était attirante ce soir – il ne comptait pas l’enlacer tendrement au clair de lune comme dans un roman de Mildred Magpie. Liam aurait sans doute fait ça. Pas lui.
Virgil voulait rester fidèle à ce qu’il était : Crispant, agaçant, une vraie tête à claques, parfois. Souvent même. Mais c’était sa nature, son caractère. S’il avait plu à Nelly en était lui-même, pourquoi changer ? Et puis, il devait avouer que c’était nettement plus drôle de la faire mariner un peu.
Juste un peu.
Pas longtemps, se promit-il intérieurement.

L’adolescent peina à contenir l’éclat de rire que la situation lui inspirait mais il parvint toutefois à conserver un semblant de sérieux.

« Allez, viens, on rentre. » reprit-il en désignant l’entrée de la villa à quelques pas . Il traversa l’allée, ses pas crissèrent sur les graviers et il ouvrit la porte de la vaste demeure des Horrocks. Le bruit de la musique raisonna un peu plus fort et ce fut au tour de Virgil de s’effacer pour laisser passer Nelly.

Retour à la case départ.

Ils traversèrent le hall et commencèrent à gravir l’escalier de bois et de verre, côte à côte. Ils pouvaient entendre les autres regagner le salon juste au dessus d’eux, visiblement quelque peu refroidis par la température extérieure. Adrian braillait –pour changer- et les autres semblaient parler sport. Virgil et Nelly allaient les rejoindre d’un moment à l’autre, signant le terme de cette petite parenthèse en tête à tête mais subitement le Gryffondor stoppa sa progression. Comme Nelly continuait, il l’attrapa par le poignet pour l’inviter à s’arrêter sur la marche au dessus de la sienne puis, sans relâcher sa main, il chercha son regard et se pencha vers elle pour capturer ses lèvres doucement.

Quelque chose de souverain envahit tout son être tant  ce premier contact sonnait comme une évidence. Porté par ce constat et par les sensations troublantes que lui procuraient la douceur et la chaleur des lèvres sucrées de Nelly, Virgil intensifia son étreinte.  Sa main libre se posa sur la mâchoire de la jeune femme, glissa vers sa nuque et se perdit dans ses cheveux ondulés, faisant monter le désir en lui. Il approfondit son baiser qui se fit progressivement plus volontaire, plus brulant, de secondes en secondes.
Nelly c’était trompé : C’était ça, le remède contre tous les trucs merdiques de la vie, et rien d’autre.  Virgil n’avait aucune envie d’interrompre ce délicieux moment mais il finit toutefois par s’écarter un peu  non sans avoir mordillé effrontément la lèvre inférieure de la préfète en guise de dernière caresse.

Il resta un instant immobile, le cœur palpitant, le souffle court, ses lèvres frôlant toujours celles de Nelly, incapable de lutter contre le sensation de fragilité qu’il ressentait maintenant que leur premier baiser était terminé. Il se sentait mit à nu. Vulnérable. Comme si Nelly avait pu lire au plus profond de son être bien plus clairement que lors de leurs séances de  légilimancie.

L’adolescent se dégagea légèrement pour prendre un peu de recul aussi bien physiquement que mentalement. Il observa Nelly quelques instants, la trouva très belle, et se mit instantanément une petite claque mentale pour retrouver son aplomb habituel.  

Voilà, songea-t-il en laissant fleurir un sourire effronté sur ses lèvres, digne d’un garnement satisfait de lui après avoir fait une bêtise. Peut-être en était-ce une , d’ailleurs, mais Virgil ne regrettait pas le moins du monde ce qui venait de se passer. Au contraire. Incapable de résister à une ultime bravade, l’adolescent haussa ostensiblement les sourcils avant de gravir les quelques marches qui le séparaient du salon où il s’engouffra prestement, plantant Nelly dans l’escalier, sans un mot.

Elle allait le tuer, se dit-il en se délectant par avance de leur prochain tête à tête, Peut être allait-elle le saucissonner avec un sortilège et lui brûler la joue. Il n’était pas contre l’idée.

« Aaah te voilà ! s’exclama Damon en le voyant déboucher des escaliers, Il faut que tu m’aides à convaincre Liam :Ce pauvre ignorant n’aime pas le foot ! » ajouta-t-il en posant sa grosse paluche sur l’épaule de l’ami de la préfète qui paraissait regretter d’avoir révélé cette information à Damon..
-Hum ? fit distraitement Virgil en passant son pouce sur ses lèvres encore humides. Il était à mille lieux de penser au football ou à quoique ce soit d’autre qu’à ce baiser échangé avec Nelly.
-Liam. Il n’aime pas le foot. »
-Ah. » Virgil reporta son attention sur le fameux Liam en face de lui.
-Ah ? C’est tout ce que tu trouves à dire ? Sérieusement ? Ah ? Enfin Virgil ! Dis lui qu’il passe à côté des plus belles émotions qui existent sur terre ! La tension du match ! La joie lors des buts ! L’inquiétude constante que l’équipe adverse revienne au score ! L’ivresse de la victoire ! La communion avec le peuple tout entier !
Raccrochant peu à peu  le fil de la soirée, Virgil attrapa une bière sur le comptoir et se tourna vers Liam.
-Il a raison tu sais, ajouta-t-il en la décapsulant, Tu es déjà allé voir un match ? s’enquit-il alors en guettant du coin de l'oeil l’arrivée de Nelly dans le salon…


Virgil Forbes

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« Hmmm ok j'avoue, ta présence ici ne m'est pas insupportable, » ricana Nelly alors que Virgil venait de retourner la situation à son avantage en remarquant que c'était surtout elle qui ne regrettait pas sa présence.

Ce qui était vrai. Le voir débarquer par surprise avait rajouté un gros plus à sa soirée. Elle passait déjà un très bon moment avec ses amis mais pourquoi pas le rendre inoubliable ? La jeune femme se sentait un peu bête mais elle ne pouvait pas s'empêcher de penser que son ami ne s'était pas donné tant de peine pour rien, juste pour saluer tout le monde et visiter la maison. Elle se faisait peut être des idées mais il était évident qu'il avait fait tout ça pour elle.

En se confiant à Virgil, en lui révélant toute la vérité à propos de sa mère, Nelly avait délaissé ses principes et lui avait rapidement accordé sa confiance. Elle avait finalement découvert un jeune homme moins stupide qu'il en avait l'air et moins mauvais qu'elle le croyait. Il pouvait être mesquin, presque méchant, ça oui, mais elle avait constaté qu'il pouvait s'imposer certaines limites, une ligne rouge à ne pas franchir. Du moins avec elle. Il n'était pas le plus doux des agneaux, le plus adorable des garçons, mais, à ses yeux, cela ne faisait que renforcer sa personnalité et lui donner un côté plus intéressant. Certes, il pouvait être horripilant, irrévérencieux, mais il était intelligent, indéniablement, - faculté qu'il n'utilisait clairement pas à son maximum - sûr de lui, désinvolte, confiant dans ses choix et parfois culotté... C'était toutes ces qualités - ou défauts, selon les points de vue - qui plaisaient le plus à la préfète. D'apparence nonchalante, Virgil entretenait un certain mystère quant à ses sentiments que Nelly aimerait percer, comme attirée par ce qui lui était inconnu, tel un insecte vers une source de lumière. Il lui plaisait, et elle avait apparemment eu du mal à cacher ses sentiments et à faire preuve de subtilité à son égard puisqu'il avait presque vu clair dans son jeu - il le lui avait dit. Mais qu'en était-il de son côté ? Soit elle était aveugle - soit elle prenait pour des taquineries des signes en réalité révélateurs qui ne laissaient aucun doute sur la question - mais elle avait l'impression que le jeune homme ne s'était jamais révélé, se contentant de flirter quelque peu et de la laisser dans le flou le plus total. Bon il y avait bien eu cette histoire de fleur, dans les serres, mais peut être avait-il chercher à s'excuser en jouant avec ses émotions et sa sensibilité ?
Quoiqu'il en soit, il restait trop de doutes pour qu'elle prenne le risque de faire un pas vers lui, un saut vers l'inconnu, et trop de certitudes pour penser qu'il n'y avait aucune chance. La jeune femme était certaine qu'il l'attirait et certaine qu'il l'appréciait sans savoir si une évolution de leur relation était envisageable, alors elle gardait un semblant d'espoir, au fond d'elle, que sa raison tentait de faire taire : elle se sentait bête et vulnérable à être ainsi tombée sous le charme du Gryffondor...
Mais peut être était-ce réciproque ? Ils étaient peut être inexplicablement attirés l'un vers l'autre, alors que tout les opposait...

En proie à ses pensées et à ses espérances, Nelly sentit donc son cœur s'accélérer soudainement lorsque Virgil fit un pas vers elle, réduisant la distance entre eux, et sa respiration se fit plus courte quand il débuta ce qui ressemblait à une révélation importante. Peut-être était-ce La déclaration ? Pourquoi parlait-il si lentement ? Et pourquoi s'arrêtait-il de parler, d'un coup ? Qu'avait il envie de lui dire depuis le début de la soirée ? Suspendue à l'instant, le regard de la préfète glissa des yeux du jeune homme jusqu'à ses lèvres. Il était là, à quelques centimètres. Tout semblait possible. Elle n'avait qu'à se hisser un peu sur ses pieds...
Et s'il se dérobait ? Il n'avait qu'à relever le menton et se faire plus grand pour garder ses lèvres hors de portée et ainsi lui mettre un vent monumental... Mais Nelly, tu t'en fiches ! se sermonna-t-elle mentalement.
A sa place, Chloe aurait foncé. La préfète aurait aimé avoir son audace, maintenant, juste pendant quelques secondes. Son amie lui dirait certainement : « Mais t'attends quoi ? Embrasse le, merde ! Mais tu aurais quand même pu me dire que tu étais en kiffe sur lui... ».
Non. Penser à Chloe n'était pas la bonne option. Pourquoi pensait-elle à elle au juste ?
Eline, elle, lui dirait : « Mais vas-y, t'en crèves d'envie... Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. » Alors que sa grand-mère sortirait ses belles phrases dont elle était si coutumière : « Consomme l'amour avec passion, ma chérie. Profite de l'instant. Tu ne regretteras pas, on ne regrette jamais ces choses-là... »

Ses neurones tournaient à plein régime, étrangement, si bien que ses divagations l'empêchèrent de prendre une décision rapidement avant que Virgil ne brise soudainement l'instant.

« Quoi ? »

La jeune femme ne parvint pas à masquer sa déception qui remplaça subitement tous les espoirs qui l'avaient envahi. Il se moquait d'elle ou quoi ? Il la faisait mariner, ce n'était pas possible autrement. Il jouait encore avec ses sentiments... C'était la seule explication.
Elle s'était attendu à quelque chose d'important, à une déclaration, à ce qu'il lui dise qu'il l'aimait, à un baiser... Et il lui parlait de Monopoly ? Il n'avait qu'à lui demander où se trouvaient les toilettes tant qu'il y était !
Complètement coupée dans son élan, Nelly resta bouche bée un instant et les mots eurent du mal à sortir de sa gorge.

« T'es sérieux ? Elle l'évalua un instant du regard comme pour s'assurer qu'il la faisait bien marcher avant de soupirer. T'es vraiment insupportable quand tu t'y mets. »

Il arborait encore une fois un air relativement sérieux, teinté d'indifférence, qu'elle ne parvenait pas à décrypter. La préfète se doutait bien que la situation l'amusait, au fond, mais que se cachait-il derrière ses airs confiants et son regard malicieux ? Il se moquait d'elle ? Il la menait en bateau ? Ou se faisait-il simplement désirer ?
Pour le coup, le Gryffondor avait clairement joué avec ses sentiments. Tous ses sens et son esprit s'étaient emballés en quelques secondes et elle était sûre que cela s'était vu de l'extérieur. Il n'avait pas pu le rater. Et maintenant quoi ? Il allait se moquer d'elle ? Ou pire, la manipuler ?
Merlin, qu'elle se sentait bête ! Elle ne pouvait pas contrôler ses émotions un peu ?!

Virgil finit par l'inviter à regagner l'intérieur et Nelly hésita quelques secondes à le suivre tant la situation l'avait mise mal à l'aise. Puisque cela ne servirait à rien de rester dehors avec pour unique compagnie celle des bambous, la préfète se décida à le suivre en silence. Les deux adolescents retournèrent en quelques pas à la porte d'entrée par laquelle s'échappèrent la musique et les bruits de conversation. La Serpentard passa devant son ami et entama la montée des escaliers envahie par un puissant sentiment d'inachevé. Alors qu'elle avait cru que tout allait basculer, en quelques secondes, elle avait désormais l'impression de rester sur sa faim. Désappointée, elle ne montait pas l'escalier avec autant d'entrain que d'habitude et ne se sentait plus trop capable d'apprécier la fin de sa soirée, ni même de parler sérieusement à Virgil.

Alors qu'ils étaient presque arrivés sur les dernières marches de l'escalier, Virgil s'arrêta et lui attrapa subitement le poignet pour l'inciter à s'arrêter juste une marche au dessus de lui. Nelly lui fit face, capta son regard et s'apprêtait à ronchonner quand le jeune homme se pencha pour délicatement capturer ses lèvres.
Oh bordel.
D'abord surprise et quelque peu crispée, tout son corps se détendit et, répondant au baiser du Gryffondor, elle se laissa aller, le cœur gonflé. Cela ne pouvait pas être un hasard. Tout était clair maintenant...
Emportée par l'ivresse du désir et les sensations agréables qui enflammaient tous ses sens, Nelly donna plus de fougue dans son baiser et, imitant le Gryffondor, elle porta sa main libre à la joue du jeune homme, effleura doucement sa peau, suivit des doigts la ligne de sa mâchoire jusqu'à sa nuque où sa main se glissa dans ses cheveux sombres.
En fait, ce qu'elle aimait le plus chez lui était sa capacité à l'emporter dans des montagnes russes émotionnelles. Au milieu de calmes plats, il pouvait la frustrer, l'agacer et la seconde d'après... son cœur s'emballait.

Comme sur un nuage, la préfète avait l'impression que Virgil était tout à elle et souhaitait que ce moment s'éternise à tout jamais... Pour sentir encore et encore son odeur, goûter ses lèvres où elle pouvait deviner le goût sucré de son fondant au chocolat et la fraîcheur de la bière. Il y avait bien un arrière goût quelque peu désagréable de cigarette mais qui était dérisoire à côté du tabac qu'il faisait dans son cœur.

Dans une dernière tendresse, le jeune homme lui mordilla la lèvre avant de s'écarter, le souffle court. Le cœur battant la chamade, Nelly resta un instant immobile pour elle aussi reprendre ses esprits. Elle n'arrivait pas à croire qu'il venait de l'embrasser. Ce qu'elle avait espéré quelques instants plus tôt venait de se réaliser. Il y avait plus romantique comme lieu qu'un escalier pour ça mais tout était secondaire à présent.

Un vague sourire aux lèvres et le rouge aux joues, Nelly releva le regard sur les yeux du Gryffondor. Elle se sentait bien, plus que satisfaite par la tournure des événements et fut presque déçue lorsque Virgil reprit une distance raisonnable entre eux. Les deux adolescents s'observèrent un instant en silence, se sourirent puis le Gryffondor haussa les sourcils comme pour la provoquer ou la défier de venir en chercher plus - ce qu'elle aurait fait volontiers -, elle ne saurait dire. Mais alors qu'elle aurait voulu qu'il lui parle, le jeune homme reprit l'ascension des escaliers, la contourna et disparut dans le salon où il rejoignit les autres.

Il était sérieux ? Il venait de l'embrasser, de faire grimper son désir d'un cran et il la laissait en plant au milieu des escaliers là où elle aurait pu s'écrouler tant ses jambes lui semblaient faites de coton ? Sans rien lui dire ! L'esprit assiégé de questions, la préfète daigna grimper une marche avant de songer qu'il n'était peut être pas préférable de rejoindre les autres juste après Virgil, sous peine de semer le doute, surtout en étant si remuée par ce qu'il venait de se passer.
Discrètement, la jeune femme finit donc de gravir les marches avant de se diriger vers le petit salon où s'amusaient Mike et ses amis dans lequel elle entra en silence.
Le clan des plus jeunes avait mis un film et tous étaient installés dans le canapé. A son approche, ils sursautèrent presque tant ils étaient absorbés par ce qui se déroulait sur l'écran.

« - Qu'est qu'il y a ? s'enquit Mickaël en songeant à tort que sa sœur venait encore les déranger.
Nelly se contenta de prendre des bouteilles vides dans les mains et ne sembla pas l'entendre, si bien que Mike lui fit un signe de la main. Oh ! Ça va ?
- Hein ? La préfète émergea de sa torpeur et leva les yeux sur son petit frère. Oui oui très bien. Vous regardez quoi ? »

En vérité, elle s'en fichait. Son esprit était ailleurs, occupé à ressasser ce qu'elle venait de vivre, encore concentré sur les baisers brûlants de Virgil qui avaient laissé leur douce chaleur sur ses lèvres. Le jeune homme avait-il été sincère dans son geste ? Ou bien était-ce un jeu pour lui ? Ce baiser signifiait-il une évolution dans leur relation ? Un quelconque changement ? Devaient-ils en parler à leurs amis, ou garder ce secret entre eux ?
Merlin, elle se prenait beaucoup trop la tête. Elle ne pouvait pas tout simplement profiter ?

« - Tes toute rouge, remarqua Mia, une amie de Mike, le ton quelque peu amusé.
- ... J'ai un peu chaud, » mentit Nelly en passant une main dans ses cheveux pour tenter de les lisser un peu, là où Virgil avait glissé ses doigts.

La préfète entreprit d'empiler les bols à chips vides dans le moule à quiche toujours posé à même le sol en prenant tout son temps. En retournant dans le salon, elle se serait un peu remise de ses émotions et ferait comme si de rien n'était...




Liam Osterfield ~ Meilleur ami de Nelly



Il n'aurait jamais dû dire à Damon que le foot n'était pas son truc... Adepte de ce sport et fervent supporter, le camarade de classe de Nelly vantait les mérites du football et essayait de le rallier à sa cause. En vain. Liam n'appréciait pas spécialement les sports collectifs et ne comprenait pas pourquoi Damon ne le laissait pas tranquille. Il n'aimait pas le foot, point. Il n'allait pas chercher à lui faire aimer le karaté si ce n'était pas sa tasse de thé, alors pourquoi ne voulait-il pas le lâcher avec son foot ?
Échanger quelques passes et faire des tirs au but avec des amis pouvait être sympathique parfois, il ne le niait pas, mais pratiquer le football en club... Non merci. Et encore moins soutenir avec férocité une éventuelle équipe. Le jeune homme ne suivait que la coupe du monde et encore uniquement si l'Angleterre passait les huitièmes de final...
Bref, Liam n'était pas un amateur de football et préférait largement les sports individuels où il pouvait maîtriser la situation. Toute la situation. Il était seul avec son corps face à un adversaire et savait qu'il ne pouvait compter sur personne d'autre que lui-même pour gagner. C'était ce qu'il appréciait le plus dans le karaté et ce qui le galvanisait avant chaque combat.

Alors qu'une chanson de Rihanna se lançait en fond sonore, Virgil débarqua et fut aussitôt interpelé par son ami qui lui exposa rapidement la situation. Et voilà que Damon recommençait avec ses histoires de tension grandissante et des plus belles émotions sur terre...
Ce n'était pas de sa faute s'il ne partageait pas le même avis que tout le monde ! Les plus belles émotions qu'il pouvait ressentir, lui, c'était lors d'un combat de karaté. Et encore plus lors d'une compétition où, pour lui, il y avait tout ce que Damon et les autres supporters vivaient lors d'un match de football. La tension que l'adversaire remonte au score, qu'il le mette au tapis, l'appréhension de l'humiliation qu'il ressentirait s'il était battu ou contraint d'abandonner... Les joies de la victoire, cette fierté que Damon aussi ressentait certainement lorsque son équipe remportait un match. Et tout ça dans le respect et un objectif de dépassement de soi.
En soit, Liam comprenait son interlocuteur. Ils ne se passionnaient pas pour le même sport, voilà tout.

Le jeune homme porta son regard clair sur Virgil qui lui demanda alors s'il était déjà allé voir un match. Il but une gorgée de bière avant de répondre :

« Mon père m'a emmené voir un match Liverpool / Manchester City une fois, quand j'étais gamin. Honnêtement, j'ai trouvé ça chiant. J'étais certainement trop petit pour apprécier...
Mais cet énergumène compte me traîner dans les fan zones cet été pour la coupe du monde...
révéla-t-il dans un soupir en désignant Adrian occupé à manger dans la cuisine. S'il y en a d'installées. »

Liam appréhendait un peu l'été « footeux » qui se profilait où tout le monde ne parlerait que de ça pendant tout un mois. Il espérait bien sûr que l'Angleterre remporte la coupe ou atteigne un certain classement mais il n'avait pas vraiment envie qu'Adrian le traîne dans une fan zone bondée de Londres. Rien que l'idée de se retrouver au milieu de supporters ivres et euphoriques lui donnait déjà des frissons alors merci mais... non merci. En plus, les boissons étaient hors de prix et les employés des buvettes rendaient mal la monnaie, apparemment...

« Tout ce que vous dîtes ressentir devant un match, je le ressens aussi pendant un combat ! Bon, peut être que le peuple n'est pas aussi uni au karaté qu'au foot mais, pour le reste, c'est pareil. Peut être même en mieux ! fit-il remarquer après un courte pause. Parce que c'est pas quelque chose à laquelle j'assiste qui me donne la pression, c'est quelque chose que je vis. Je suis en plein cœur du truc pendant un combat, argumenta le jeune homme en levant ses poings serrés dans une posture de garde. Tu dois bien me comprendre, reprit-il en coulant un regard à Damon. Quand tu joues un match, il y a bien des moments où la tension monte d'un cran. On n'est juste pas intéressés par la même chose. Je suis sûr que tu t'ennuierais à mourir devant du karaté, » ricana Liam en reprenant sa bouteille.

Il se surprenait à parler ainsi à Damon et Virgil. Habituellement il n'aurait pas cherché à vanter les mérites du karaté et encore moins à faire un rapprochement entre son sport de prédilection et le football... Mais il fallait croire que l'ambiance de la soirée et la douce ivresse qui l'enveloppait le rendaient plus enclin à la conversation.

Nelly réapparut alors les bras chargés de vaisselles et de bouteilles en plastique vides coincées sous ses bras. Elle marchait prestement et ne leur accorda aucun regard, sûrement pour se débarrasser rapidement de ce qu'elle portait.

« Ah Nelly ! Pas vrai que c'est cool le karaté ? » la héla Liam pour prendre sa meilleure amie à témoin.



******


Voilà. Revenir avec des bouteilles, des assiettes et des bols vides du petit salon était le meilleur alibi pour dissiper les éventuels doutes. La préfète regagna le salon d'un pas vif sans regarder Virgil en pleine discussion avec Damon et Liam. Sans savoir pourquoi, elle avait un peu peur de le regarder, un peu peur de sa réaction ou de la sienne. Elle ne savait pas ce qu'il pensait, s'il avait été sincère, ce qu'il comptait faire...
Donc voilà, se concentrer sur un peu de rangement ne lui faisait pas de mal.
Enfin, ce serait mieux si la chaîne hi-fi n'était pas en train de jouer Kisses don't lie de Rihanna... Le destin s'acharnait ou quelqu'un avait volontairement lancé cette chanson ? Elle s'en serait bien passé en tout cas tant cela provoquait des sensations différentes en elle. Les paroles la touchaient, sonnaient en elle comme une évidence et la jeune femme se reconnaissait dans cette chanson qui l'envahissait néanmoins de doutes...
Oui, les baisers de Virgil étaient probablement ce qu'il lui manquait dans sa vie. Oui, elle n'avait pas pu calmer son cœur et son esprit qui s'étaient emballés. Mais devait-elle accorder sa confiance à quelque chose en quoi elle n'avait pas vraiment confiance ? Devait-elle croire en l'amour ? Ce sentiment si merveilleux et enivrant qui pouvait tout aussi bien la faire souffrir...
Alors, au fond, maintenant, face à toutes ces questions et ces émotions contradictoires, la préfète avait envie de courir, de fuir, mais elle n'avait pas d'endroit où se cacher.

Après avoir déposé ce qui l'encombrait sur un plan de travail à côté de l'évier et jeté les bouteilles de soda, Nelly s'appuya un instant sur le comptoir, dos au reste de la pièce, le visage caché derrière ses cheveux et ferma un instant les yeux. Elle prit quelques profondes inspirations avant de les rouvrir lorsque Liam s'adressa à elle depuis le canapé. Elle se tourna avec un sourire feint et rejoignit les trois jeunes hommes non sans avoir pris une part de fondant au chocolat au passage - par Merlin qu'elle en avait besoin.

La préfète s'assit à côté de son meilleur ami avec prudence sur le canapé pour ne pas faire tomber sa part de gâteau et porta son attention sur Liam.

« De quoi ? Le karaté ? Ouais c'est cool, approuva-t-elle en croquant un morceau de fondant. Je comprends rien mais c'est sympa à regarder. »

Elle était surtout impressionnée par la technique et la force dont pouvaient faire preuve certains karatekas. Liam était très doué depuis le temps qu'il en faisait, elle était souvent allée le voir pour des tournois importants et à chaque fois elle s'était intéressée à chaque combat sans trop se forcer.

« Pourquoi ? Vous parliez de sport ? s'enquit-elle la bouche à moitié pleine en regardant tour à tour les trois garçons. Pour le coup, la préfète faisait un effort considérable pour retrouver le court de la soirée et s'intéresser à leur discussion et elle était prête à parier que c'était aussi le cas pour Virgil qu'elle regarda un instant. Elle l'espérait en tout cas, que, comme elle, ses pensées étaient toutes orientées vers autre chose et que, comme elle, il avait envie de l'embrasser à nouveau - Et Dieu seul savait à quel point elle en avait envie.
Si vous voulez mon avis, reprit la jeune femme en ramenant un pied sous sa cuisse tout en baissant les yeux sur son gâteau. Je préfère la danse, perso. Vous êtes déjà allés voir des spectacles ? Ou vous avez déjà dansé ? Au sens large... N'importe quelle danse ! » demanda Nelly à Damon et Virgil avec amusement.

À ses yeux, il était impossible que les deux adolescents s'intéressent à la danse. Damon semblait beaucoup plus axé sur le foot et le Quidditch. Ah oui et l'accro-yoga maintenant. Quant à Virgil... Et bien elle était persuadée que la danse ne faisait pas partie de ses intérêts. Elle ne le voyait pas du tout danser. On parlait de Virgil Forbes quand même !



Kit par Irving

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Pour être tout à fait honnête, Virgil en avait rien à faire des explications de Liam. Absolument rien.  Il hochait la tête, faisant mine de s’intéresser à ce que le meilleur ami de Nelly disait mais toutes ses pensées étaient tournées vers le baiser qu’il venait d’échanger avec la préfète. Il se sentait bien, pleinement vivant et il devait  lutter contre le léger sourire qui s’imposait naturellement sur ses lèvres après cette étreinte euphorisante.  Il était clair maintenant, qu’il avait eu raison de se lancer même s’il admettait avoir été sacrément impertinent en plantant Nelly dans les escaliers sitôt leur baiser terminé. Lui, il trouvait ça drôle. Cela rajoutait un peu de piment à leur étrange relation, estimait-il,  mais en était-il de même pour Nelly ?  Il la vit passer furtivement dans le dos de Liam et Damon pour s’éclipser vers une autre partie de la maison. Il espérait quand même ne pas l’avoir vexée en agissant de la sorte. Nelly le connaissait assez pour savoir qu’il n’était pas le roi des déclarations et encore moins un adepte du romantisme à la Magpie. Il avait véritablement apprécié ce moment entre eux et il n’aurait absolument rien changé à la manière dont les choses s’étaient déroulées. Peut-être se trompait-il mais  il avait l’impression que le plaisir avait été partagé. En tout cas,  Nelly avait clairement donné le change et répondu plus que favorablement à son étreinte...

Les pensées du jeune homme dérivèrent de nouveau vers elle, le goût de ses lèvres, sa main caressant sa mâchoire et il se donna une nouvelle claque mentale.
*Focus sur Liam* s’intima-t-il tandis que la chaine hifi jouait les premières notes de « Kisses don’t lie. » Virgil se pressa l’arrête du nez pour camoufler son sourire -Le karma, surement- puis il releva la tête vers Liam qui évoquait la coupe du monde en Afrique du Sud et les fan zone ou Adrian comptait bien le trainer de force.

« Pour une fois qu’Adrian dit quelque chose de sensé, profites-en. »  souffla Virgil en se laissant tomber sur le canapé avant que Damon ne surenchérisse :
« Carrément, il  faut que tu ailles voir jouer les Trois Lions ! dit-il en s’asseyant, les jambes écartées et les bras posés sur le dossier du sofa,  Nous on sera encore à l’internat pour les phases de poules donc on aura pas la chance de pouvoir assister aux matchs sur écran géant mais j’espère bien que l’Angleterre va se qualifier pour la phase finale  et qu’on va aller jusqu’au bout cette fois » ajouta-t-il en serrant le poing.

Bien que la qualité du championnat anglais fût plébiscité par tous, l’équipe nationale ne s’était imposée qu’une seule fois en coupe du monde, en 1966. Autant dire que les supporters attendaient impatiemment un nouveau sacre, Damon et Virgil n’échappant pas à cette règle. Toutefois, Liam ne semblait pas partager cette attente puisqu’il enchaina rapidement sur sa propre passion, le karaté. Virgil se désintéressa totalement de la conversation en quelques secondes. Son regard balaya paresseusement la pièce, s’arrêta sur quelques amies d’Eline qui discutaient dans un coin puis sur Hannah et Adrian assis sur la terrasse en compagnie de  Chloé qui semblait bouder. Merlin mais quel boulet cette fille, songea le Gryffondor en reporta son attention sur l’étiquette de sa bouteille qu’il détailla longuement en se demandant où était Nelly. Il porta finalement  le goulot à ses lèvres pour boire une gorgée de bière au moment même où la préfète revenait dans le salon –enfin-, les bras chargés de paquets de chips et de bouteilles de soda vides. Elle passa d’un pas vif à proximité du canapé, sans leur accorder un regard, et Virgil suivit sa gracieuse silhouette des yeux tandis qu’elle rejoignait la cuisine pour déposer les bols sales dans l’évier. Elle avait l’air…normal : Ni fâchée, ni embarrassée.   Cette impression se confirma lorsqu’elle les rejoignit à l’invitation de Liam. Elle s’installa tout naturellement à côté de son ami, une part de gâteau au chocolat posé dans une assiette sur ses genoux et les observa, tour à tour, en tachant de reprendre innocemment le cours de la conversation. Lorsque leurs regards se croisèrent, il ne discerna dans ses yeux noisettes qu’un  intérêt poli pour leurs discussions sportives. Sans doute ne voyait-elle, dans son propre regard à lui, qu’une forme d’indolence qui le caractérisait si souvent, et pourtant ! Si elle avait pu lire ses pensées précisément , elle aurait sans doute été surprise –et surement même un peu gênée- d’y découvrir l’étendue du désir qu’elle lui inspirait à cet instant.

En parfaite hôtesse, Nelly s’empressa d’alimenter la conversation en les questionnant –lui et Damon- sur leur intérêt pour la danse, son sport favori. Les deux amis échangèrent un regard et lâchèrent un bref rire simultané signe qu’ils partageaient tous deux une private joke sur le sujet. Damon sembla intimer le silence à Virgil d’un coup d’œil et ce dernier se contenta d’esquisser un vague sourire en coin en buvant une nouvelle gorgée de bière, laissant le soin à son camarade de dortoir de répondre aux différentes questions posées par Nelly.

« Tous les étés, on va voir Kasya à Brighton, elle fait du hip hop et elle participe régulièrement à des Battle de dance dans un squat réhabilité de son quartier . Elle gère grave.» Virgil hocha la tête en signe d’assentiment. Elle fait des pirouettes, des figures, franchement c’est impressionnant.  Philip s’y est mi aussi, l‘été dernier, mais c’est pas encore ça » ricana Damon.
« T’es mal placé pour te moquer… » souffla Virgil d’un air amusé.
« Hé. Virgil. Non. T’as pas le droit. » gronda Damon en braquant son index en direction de son pote avachi dans le canapé sa bière posée sur son torse.
« J’ai rien dit ! » s’offusqua le cadet des Forbes en jouant faussement l’innocence. Il se redressa pour se pencher en avant, fit signe à Nelly de s’approcher de lui d’un geste de l’index comme pour lui révéler un secret et chuchota « Redemande lui s’il a déjà fait de la danse. » Il avait parlé assez fort toutefois pour être parfaitement entendu de Liam et Damon.
« Putain, t’abuses. »
Virgil bascula la tête en arrière et laissa échapper un franc éclat de rire.

« Oh allez, Dam’s. C’est Nelly, dit-il en la désignant du culot de sa bouteille, la fille la plus sérieuse de l’école. Jamais elle ne se moquera de toi. Quant à Liam, il y a peu de chance que tu le revois de si tôt… sans vouloir t’offenser. précisa Virgil en se tournant vers le meilleur ami de la préfète.

Damon sembla hésiter quelques instants. Il tourna la tête en direction de la terrasse où Chloé discutait avec Hannah et Adrian et s’accouda finalement sur ses genoux pour s’approcher de Nelly à son tour.
« Elle ne doit jamais le savoir, ok ? murmura-t-il sur le ton de la confidence en désignant d’un vague signe de tête la position de Chloé «  Si quelqu’un doit apprendre cette révélation sur moi un jour je veux que ce soit de ma bouche, expliqua-t-il, Promets. »
Virgil chercha à capter le regard de Nelly « On a tous promis. » lui révéla-t-il.
« Promets, ordonna le batteur de l’équipe. Il attendit que la préfète daigne bien s’engager avant de s’appuyer de nouveau sur le sofa, les deux mains calées derrière la tête.

« Tu as devant toi le champion régional junior de danse country , 2000,  2001, 2002, 2003 et le vice-champion national junior 2003. C’est mon putain de palmarès de la honte. » ajouta-t-il en levant les yeux au ciel.

Virgil adorait cette histoire. Les moments où Damon pouvaient se montrer attachants étaient rares mais dès qu’il évoquait ses années de danse la magie opérait systématiquement

«  Mes parents sont fans de culture country, ils participaient à des rassemblements bien avant ma naissance et ils ont continué après, me trainant avec eux dans les conventions et les festivals . J’étais le petit cow-boy au milieu de tous ces vieux en santiag et j’avoue, j’adorais ça. J’apprenais tous les pas et j’étais bon, très bon même. Mes vieux ont fini par m’inscrire à des concours régionaux et j’ai tout raflé jusqu’au jour où je me suis rendu compte que la country…et bien…c’était de la merde, il écarta les bras en l’air et les laissa retomber mollement sur le canapé dans un geste purement théâtral,  Tu fais pas plus ringard sur terre que ce truc. Quand  j’ai pris conscience de ça j’ai arrêté. Direct. Et je me suis concentré sur le quidd… le foot. Sur le foot. »

Merlin, ils venaient de frôler l’incident diplomatique devant Liam constata Virgil en reportant son attention sur le meilleur ami de Nelly. Soucieux de ne pas laisser un moment de gêne s’installer, l’adolescent enchaina rapidement.

« Et du coup, quand tu entres chez les Drop, il y a un immense portrait de Damon au dessus de la cheminée qui pose fièrement avec sa coupe en tenue country.  Rien que pour ça, ça vaut le coup d’être invité à une fête chez lui. »
Et aussi pour la photo de famille aux sourires figées et aux pulls kitchs, accrochée dans l’entrée, et pour celle prise à Noël, avec Damon arborant  un serre-tête avec des bois de cerf,  posée sur la table de nuit de Miranda Drop. Merlin, cette maison était à nid à mauvais goût à elle toute seule !

« Si t’es sage Horrocks, je t’inviterai un jour. Tu pourras même venir Liam, maintenant que tu connais mon secret le plus honteux. »

C’était des paroles en l’air, Virgil le savait, mais cela faisait partie du personnage. L’adolescent secoua la tête et  poussa un léger soupir d’aise –il était particulièrement bien ce soir- puis il tendit le bras pour poser sa bière sur le rebord de la table.

« Et toi alors ? s’enquit-il en rivant ses yeux bleus sur Nelly, Est-ce qu’il y a des portraits ridicules de toi accrochés au détour d’un couloir ici? Il jeta un coup d’œil circulaire sur la grande pièce à vivre et ajouta, Je suis sûr que je vais trouver une photo d’une petite Nelly en tutu rose quelque part… Tu me fais visiter ? »  suggéra-t-il en arquant un sourcil.

Sur ses mots Damon se leva prestement:

« J’aurai bien fait la visite guidée moi aussi mais avant faut que je m’en grille une, tu me dépannes ?  Il tendit sa main en direction de Virgil qui attrapa son paquet de cigarette dans la poche avant de son jeans pour le coller dans la paume du batteur, et je compte bien apprendre aussi quelques mouvements de karaté… Tu crois que tu peux me montrer ça Liam ? »

Damon était un pote. Un vrai pote. Pas du genre à vous faire une crise parce que vous ne lui aviez pas parlé de votre crush (coucou Chloé ). Non, il avait parfaitement compris où Virgil voulait en venir. Depuis combien de temps ? Aucune idée mais quoiqu’il en fût, il l’aidait dans son entreprise sans lui faire de reproches et sans commentaires graveleux. Et après ça,  on osait lui demander comment il faisait pour être ami avec un type pareil ? La réponse coulait de source aujourd’hui.

Virgil suivit des yeux les deux sportifs  qui rejoignaient la terrasse. Il les regarda s’éloigner tandis que Damon faisait des gestes saccadés qui devaient s’apparenter , dans son esprit, à des mouvements de karatéka. Le Gryffondor esquissa un sourire face à cette scène incongrue puis il posa lentement son regard clair et tranquille sur Nelly. Les deux adolescents s’observèrent un instant en silence. Merlin,  Virgil crevait d’envie de se retrouver à nouveau seul en sa compagnie mais le souhaitait-elle ? Allait-elle impulser  le mouvement en direction des autres pièces de la maison  ou préférait-elle le faire mariner ici après l’effronterie qu’il avait osé lui faire ?

Il le saurait bien assez vite car c’était justement au tour de Nelly de mener la danse …


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Suite à la question de Nelly, Virgil et Damon échangèrent un regard avant de rire en même temps. Soit ils trouvaient sa question particulièrement bête - ce qui était possible puisqu'elle ne les imaginait absolument pas faire de la danse - soit ils partageaient un secret et cette private joke les amusaient beaucoup. La préfète et Liam les observèrent un instant, les sourcils légèrement arqués et un rictus amusé sur les lèvres.

« Quoi ? » interrogea Nelly dans un petit rire.

Son regard glissa de Damon à Virgil qui buvait une gorgée de bière, un sourire énigmatique au coin des lèvres, puis son regard croisa celui de Liam qui semblait tout aussi perdu qu'elle. Le jeune homme haussa les épaules avant que Damon se décide finalement à parler pour leur révéler que Kasya pratiquait le hip-hop et qu'ils allaient assister à ses battles tous les étés. Nelly échangea une nouvelle fois un regard avec son meilleur ami alors que le joueur de Quidditch ricanait. Elle se trompait peut-être mais quelque chose lui disait que ce n'était pas la raison de l'amusement des deux Gryffondors... Son impression se vérifia quand Virgil lança une pique à son ami qui s'empressa de le remettre à sa place. Comme pour lui révéler un secret, Virgil se pencha pour lui suggérer de réitérer sa question, et ce, assez fort pour que les autres l'entendent. La réaction de Damon lui arracha un éclat de rire et il insista pour convaincre le batteur de se confier, arguant qu'elle ne se moquerait pas de lui et qu'il ne reverrait pas Liam.

« - Pas de soucis, tempéra Liam avec un sourire. Il était vrai que, s'il revoyait les amis de Nelly, ce ne serait pas avant les grandes vacances. Virgil a raison. Dis nous ce que tu caches, ajouta le jeune homme avec malice.
- Mais oui arrêtez les messes basses ! »

Damon sembla hésiter, peser le pour et le contre, jeta un regard vers Chloe qui était sur la terrasse avec Hannah et Adrian, puis se pencha à son tour pour lui demander de promettre de ne rien dire à Chloe. Nelly fronça légèrement les sourcils et releva les yeux sur Virgil. Mais que cachait-il pour avoir fait jurer tous ses amis de ne rien dire ?
Bien trop impatiente d'en savoir plus, la préfète ne réfléchit pas plus longtemps pour donner sa promesse.

« Je le jure... Mais parle à la fin ! »

La jeune femme se tortilla sur le canapé pour se mettre en tailleur et posa ses coudes sur ses genoux, signe de son intérêt...
Ce fut à leur tour, avec Liam, de manquer de partir dans un grand rire difficilement retenu suite à la révélation de Damon. Les deux amis échangèrent un regard éberlué, cherchant visiblement à savoir, l'un chez l'autre, s'il était impoli de rire.

« T'es sérieux ? » pouffa Nelly. Damon, champion de country ? Elle avait du mal à y croire tant cela lui paraissait improbable ! Visualiser le jeune homme en tenue traditionnelle de country lui arracha un nouveau rire étouffé. On en apprenait tous les jours !

Le moment de surprise passé, Damon enchaîna sur les raisons qui expliquaient ces sacres et ces longues années de country. Au fil de son récit, un petit sourire s'était dessiné sur les lèvres de la préfète. Son histoire était presque touchante. Amusante et inattendue, clairement, mais touchante. Et dire qu'elle pensait Damon incapable de faire autre chose que du Quidditch et encore moins de la danse... Les apparences étaient parfois trompeuses.
Un silence s'était installé, aussi bien Liam que Nelly étaient réellement intéressés par les paroles du Gryffondor, mais le batteur ramena brutalement la préfète à la réalité en manquant de parler de Quidditch. Elle lui jeta un regard courroucé avant de s'assurer du coin de l'oeil que Liam n'avait rien relevé. Son meilleur ami ne semblait pas avoir capté quoique ce soit d'anormal et il porta son attention sur Virgil qui leur apprenait qu'un immense portrait de Damon en tenue country était suspendu chez lui, au dessus de la cheminée. Poussant un imperceptible soupire, Nelly se reconcentra sur la discussion. Pour le coup, rien que pour avoir le privilège de voir Damon en tenue de cow-boy, la préfète aimerait bien être invitée chez le Gryffondor ! Cela devait valoir son pesant d'or !

« - Rien que pour voir ce fameux tableau, je viendrai volontiers ! s'esclaffa-t-elle. Pour le reste, Damon restait un crétin à ses yeux. Un crétin qui venait de se montrer plus attachant mais un crétin. Donc elle ne comptait pas courir après l'opportunité d'être conviée chez lui.
Tu devrais lui en parler... reprit-elle en désignant Chloe d'un geste de la tête, une lueur de malice dans les yeux. Je suis sûre qu'elle trouverait ça mignon. ... Bon, au début, elle risque de se moquer de toi, mais une petite démo la fera fondre... ou partir en courant, ricana la jeune femme.
- Tu pourrais lui apprendre quelques pas, proposa Liam, moqueur. C'est tellement chaleureux comme danse... Je dirai même : sensuel ! »

Nelly éclata de rire en donnant une bourrade complice dans l'épaule du jeune homme. Par Merlin, qu'ils pouvaient être moqueurs parfois tous les deux. Ils allaient finir par subir le retour du karma.
C'était facile de se moquer de Damon sur ce sujet, elle avouait, mais elle n'abuserait pas, promis... Juste un peu, quand elle en aurait l'occasion, songea-t-elle en coinçant une mèche folle derrière son oreille, toujours prise d'un fou rire.
Virgil la força à reprendre quelque peu son sérieux lorsqu'il la questionna en retour. Oui, elle devait certainement avoir des photos de ses années de danse classique quelque part mais, Dieu merci, il n'y avait pas de photos d'elle en tutu exposées sur les murs.
Vrillant son regard dans celui du Gryffondor, elle resta silencieuse quand il lui demanda une visite guidée. Oui bien sûr, il s'intéressait à ses photos d'enfance maintenant ? Et puis quoi encore ? Elle n'était pas bête... Son intuition se vérifia lorsque Damon les abandonna pour aller fumer, entraînant Liam avec lui sous prétexte qu'il était partant pour apprendre quelques mouvements de karaté.
Et voilà qu'ils étaient à nouveau seuls.
Oubliant instantanément la parenthèse confidence amicale qui s'était créée quelques instants plus tôt, Nelly retrouva les sensations étranges qui l'avaient envahie plus tôt, juste après son baiser échangé avec Virgil. Une certaine agitation interne qu'elle n'arrivait pas à démêler, partagée entre l'envie de se retrouver à nouveau seule avec lui et ses hésitations. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait vraiment, en fait.
La jeune femme pouvait clairement l'entraîner ailleurs, et puis quoi ? Maudissant son esprit beaucoup trop calculateur, Nelly laissa un silence s'installer pendant lequel elle observa Virgil. Il avait clairement envie d'être seul avec elle, elle le voulait aussi... Le calcul était vite fait. Bon sang ! Elle en crevait d'envie !
Oh et puis merde, il était temps de laisser la Nelly brûleuse de joue mener la danse et de mettre tout le reste de côté. Visiblement, Virgil attendait qu'elle prenne les devants, cette fois-ci, et ils n'allaient pas rester là, à se regarder dans le blanc des yeux ad vitam aeternam.
La préfète délia ses jambes et glissa sur le canapé pour aller se coller contre l'épaule du Gryffondor.

« Ai-je vraiment envie de te faire visiter ? questionna-t-elle en croisant ses jambes, le regard dans le vague, plus pour le faire attendre qu'autre chose. Grande question... Elle agita son pied dans le vide quelques secondes avant de reprendre : En plus, il n'y a pas de photos. À part deux trois cadavres dans les placards et quelques sachets de drogue, tu trouveras rien d'intéressant... Elle tourna légèrement la tête pour lever des yeux soupçonneux vers le jeune homme. Quoique ça pourrait te plaire... La jeune femme scruta un instant les yeux bleus de Virgil, amusée, avant de se lever. Allons voir ces cadavres que nous cachons depuis des années. »

Nelly glissa un regard tout sauf innocent au Gryffondor avant de se diriger lentement vers les escaliers. Arrivée devant les marches en bois, elle s'assura d'un regard que Virgil la suivait bien avant de commencer à monter à l'étage. À ce niveau, il n'y avait rien d'autre que la salon où étaient Mike et ses amis et une salle à manger. Quant à l'étage inférieur, entre le garage, sa salle d'art improvisée et un grand bureau, il n'y avait rien d'intéressant. Au fur et à mesure des marches, elle prit pleinement conscience à quel point Virgil l'attirait. Si elle s'était écoutée, elle se serait arrêtée dans l'escalier pour l'embrasser à nouveau mais elle avait une petite idée de vengeance en tête qu'elle s'apprêtait à exécuter...
Les deux adolescents arrivèrent finalement à l'étage. À droite, un couloir qui donnait sur une salle de bain et sur la chambre de son petit frère se terminait sur une fenêtre qui laisser entrer la lumière en journée. À gauche, un couloir plus long donnait sur le reste des chambres vers lesquelles la préfète entraîna Virgil. Des mini toiles créés par ses soins lorsqu'elle était petite étaient accrochées sur les portes blanches avec le prénom de l'occupant des lieux, ce qui était déjà bien plus ridicules à ses yeux qu'une photo la représentant en tutu de danse...
Arrivée à la hauteur d'une porte qui ouvrait sur un placard qui leur servait de débarras, Nelly s'arrêta, se tourna vers Virgil pour attraper sa main et, de l'autre main posée sur son torse, elle le fit se reculer contre le mur. Remontant sa main dans son cou, la jeune femme s'approcha de lui.

« Je crois pas avoir envie de te montrer quoique ce soit et je pense, qu'au fond, t'en as rien faire... Perso, je pense qu'à une seule chose, là, maintenant... » sussura-t-elle en s'approchant doucement du visage de Virgil comme pour capturer ses lèvres.

Alors qu'elle était tout près, leur nez se frôlant, sa main glissa subitement de son cou et elle se dégagea un peu sur le côté pour ouvrir la porte du placard juste à côté du jeune homme.

« Enfin commencer cette partie de Monopoly ! s'exclama-t-elle en calant ses mains sur ses hanches pour chercher du regard la boîte du jeu. Alors où est-il ? J'étais pourtant sûre qu'il était était là... »

La préfète porta une attention fausse sur le contenu du placard encore un instant avant de poser de nouveaux ses yeux noisettes sur le Gryffondor, une expression satisfaite sur le visage.

« Frustrant hein ? »

Un sourire malicieux aux lèvres, la jeune femme repoussa la porte du placard et s'approcha de nouveau de Virgil, mais pas pour lui faire un mauvais coup ce coup ci. Prenant à son tour l'initiative, elle se hissa sur la pointe des pieds pour capturer délicatement ses lèvres, sincèrement, sans jouer un rôle. Elle n'était plus la Nelly brûleuse de joue, mais juste elle-même. Son cœur se gonfla un peu plus et ses sens s'embrasèrent à nouveau, savourant pleinement l'instant et enregistrant chaque détail. Sa main se glissa dans les cheveux du jeune homme et elle amplifia ses baisers brûlants, le souffle court.
Il était le remède contre les trucs merdiques de sa vie. Ainsi avec lui, ainsi serrée contre lui, elle en prenait pleinement conscience. Peu importe si cela était réciproque, peu importe s'ils se mettaient en couple, peu importe combien de temps ce sentiment perdurerait... Pour l'instant, elle ne s'était jamais sentie aussi vivante, aussi heureuse et autant focalisée sur l'instant présent.

Pour calmer quelque peu le désir brûlant qui montait en elle, la préfète se recula légèrement, à regret, et retomba sur le plat de ses pieds. Son cœur battait la chamade et un petit sourire bienheureux éclairait son visage. Doucement, le temps de reprendre un peu son souffle, elle passa ses mains dans le dos du Gryffondor et posa sa tête sur son torse pour savourer sa proximité, sentir son odeur, écouter son cœur battre...

« Tu m'as plantée dans les escaliers comme une conne, souffla-t-elle finalement. Il n'y avait aucun reproche dans sa voix, bien qu'elle ait eu envie de lui en faire, et son sourire amusé ne l'aidait pas. Elle décolla la tête de son torse pour le regarder. T'es vraiment un cognard des fois... Mais je crois que c'est comme ça que tu me plais, » souffla la jeune femme en repartant à l'assaut des lèvres de Virgil.

Du coin de l’œil, elle avisa la porte de sa chambre. Ils étaient tout prêts et ils y seraient certainement mieux qu'au beau milieu du couloir... En même temps, avait-elle envie de prolonger ce moment intime avec le Gryffondor ? D'aller plus loin dans leurs étreintes ? Ils n'étaient qu'au début de leur relation - elle ne savait même pas comment qualifier cette évolution entre eux d'ailleurs - et ne se sentait pas vraiment prête à sauter le pas, tout de suite maintenant, bien que Virgil lui plût énormément. Posant une main sur le torse du jeune homme pour stopper ses ardeurs, Nelly se recula un peu.

« Attends... On ne devrait pas aller trop vite, » dit-elle doucement.



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La préfète sembla hésiter un instant puis elle délia les jambes pour venir s’installer sur le canapé juste à côté de lui, épaule contre épaule. Cette nouvelle proximité envoyait un message clair, selon Virgil, qui se garda toutefois de tout commentaire. Il n’était visiblement pas le seul à avoir envie de revivre ce moment échangé dans les escaliers.  Nelly croisa les jambes et il observa son pied danser dans les airs tandis qu’elle faisait mine de réfléchir aux différentes options qui s’offraient à elle. Elle le faisait mariner, un peu, c’était de bonne guerre après tout. L’adolescent arqua d’ailleurs un sourcil intéressé lorsqu’il fut question de sachet de drogue et il tourna légèrement la tête pour croiser le  regard soupçonneux puis amusé de la préfète, qui lui tira un semblant de sourire en coin. Il aimait bien quand elle était comme ça : Espiègle, mutine. Le regard piquant qu’elle lui jeta en se levant eut clairement l’effet escompté. Virgil se sentit adorablement bousculé dans son aplomb légendaire et il dut se faire violence pour conserver son air passablement détaché. Pourtant, il était clair que Nelly était loin de le laisser indifférent.  Il attendit toutefois quelques secondes pour se lever à son tour et lui emboiter le pas en direction des escaliers qui menaient à l’étage supérieur.

Il s’attendait à ce qu’elle s’arrête au milieu des marches pour l’embrasser mais elle n’en fit rien. Au fond, l’attente n’en était que plus délicieuse, se dit-il, il savait que le moment où il allait pouvoir la serrer contre lui allait enfin arriver, mais quand ? Suspens. Il la suivit donc en silence jusqu’à un long couloir qui semblait desservir la partie nuit de la villa. Son intuition se vérifia lorsqu’il découvrit des petites toiles artisanales  sur les portes closes. Chacune d’elles indiquait le prénom de l’occupant de la chambres à coucher. Virgil s’arrêta un instant devant le tableau où il était écrit « Nelly » en lettres enfantines, puis il reporta son attention sur la préfète qui l’attendait un peu plus loin devant une autre porte. Où l’amenait-elle au juste ?
Il la rejoignit lentement sans se départir du léger sourire amusé qui ne le quittait plus depuis qu’ils avaient regagné le couloir du haut. La jeune femme l’attrapa alors par la main et le fit reculer contre le mur d’autorité. Il ne chercha pas à résister : il n’attendait que ça depuis dix minutes après tout et l’audace de Nelly était carrément excitante. Aussi, lorsqu’elle se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser, il ne résista pas à l’envie de se pencher afin de réduire la distance entre eux plus rapidement, et puis…

Epic fail.

Nelly lui mit littéralement le vent de sa vie en esquivant leur baiser à la dernière seconde alors que leurs lèvres se touchaient presque. Elle ouvrit la porte à côté d’eux qui donnait  sur un débarras –Sérieux, un débarras !?- et elle fit mine de chercher ce putain de Monopoly comme s’il s’agissait de la seule et unique chose qu’elle était venue trouver en se rendant à l’étage avec lui ! Aoutch ! Virgil esquissa une grimace –ça faisait un peu mal à l’égo, quand même, fallait l’avouer- et il bascula la tête en arrière contre le mur mi-humilié mi-amusé. Il n’avait que ce qu’il méritait, après tout, constata-t-il alors en laissant échapper un petit rire.

« Frustrant hein ? »
« J’avoue. » confessa-t-il en faisant rouler son crâne contre la paroi pour découvrir le contenu du  placard. « On peut toujours faire une partie de Mille bornes, ajouta-t-il alors en avisant la boite du jeu posé sur une étagère. Il ne lui restait guère plus que l’humour pour ne pas perdre complètement de sa superbe. Merlin, ce qu’il se sentait bête ! Il s’était fait avoir comme un bleu alors qu’il aurait dû se douter que Nelly répliquerait après le plan foireux qu’il lui avait fait au clair de lune. C’était parfaitement logique ! Le jeune homme lissa ses cernes machinalement tandis que la préfète refermait la porte du débarras, visiblement très fière d’elle-même. Il s’apprêtait à enchainer sur une boutade mais elle le prit à nouveau de court en capturant délicatement ses lèvres, cette fois.

Pour être tout à fait honnête, il songea brièvement à se dérober après ce chaste baiser. Par pur esprit de contradiction. Parce qu’il était encore un peu vexé de s’être fait berner. Parce qu’envoyer balader Nelly en disant une phrase vexante  du genre «  Non mais tu penses vraiment que tu m’intéresses ?! ».était nettement plus « Virgil Forbes » que ce qu’il avait réellement envie de  faire, à savoir, l’enlacer et donner suite à cette étreinte.

Cela lui traversa l’esprit, une fraction de seconde à peine, mais il abandonna bien vite cette éventualité en attirant Nelly contre lui. Il n’avait aucune envie de passer à côté de cet instant. Pourquoi donc se priver de ce moment d’ivresse alors qu’il pouvait juste lâcher prise et profiter.  Il laissa courir ses mains sur le dos de la jeune femme, pressa doucement sa nuque tout en répondant à ses baisers brulants.  Leurs flirts répétés de ces dernières semaines se concrétisaient enfin. L’attente avait été longue mais cette étreinte n’en était que plus intense, comme s’ils savaient, l’un et l’autre, que  cette parenthèse d’un soir n’allait vraisemblablement pas continuer une fois le jour venu. Quoiqu’il en soit, Virgil refusait de penser au lendemain, à ce qu’ils allaient faire, après, et il aurait bien embrassé Nelly, encore et encore, si cette dernière n’avait pas cherché à prendre un peu de distance,  comme pour calmer un peu leurs ardeurs.
Le souffle court, Virgil chercha à capter son regard et fut soulagé de voir qu’elle arborait un léger sourire comblé auquel il répondit en adoptant quasiment  la même expression. Nelly l’enlaça alors pour venir se blottir tout contre son cœur battant et Virgil se tendit imperceptiblement. Il s’agissait d’un geste très affectueux, d’une tendresse infinie même, auquel il n’était pas habitué. Certes, ils venaient tout juste de s’embrasser mais ces deux postures étaient très différentes aux yeux de Virgil. Depuis tout petit, il grognait quand sa mère ou ses grands-mères tentaient de lui faire des câlins. Il gesticulait comme une anguille pour fuir les étreintes de ces femmes si bien qu’elles avaient vite appris à le laisser tranquille.

Il n’aimait pas les câlins. Enfin, il croyait ne pas aimer ça.

L’étreinte de Nelly était différente et il se surpris à refermer ses bras autour de ses épaules et à pencher la tête pour humer imperceptiblement l’odeur de ses cheveux. Lorsqu’elle ajouta, dans un souffle, qu’il l’avait planté comme un conne dans les escaliers, le cœur de Virgil se serra légèrement. Il n’y avait aucun reproche dans le ton de sa voix, bien sûr, mais tout de même, elle semblait un peu blessée. Et puis il n’aimait pas quand elle se dénigrait et qu’elle soit si dure envers elle-même. Elle avait parfaitement su rebondir après ce petit affront, qui était plus un jeu qu’une réelle offense, d’ailleurs, estimait le Gryffondor. L’adolescent secoua la tête et reporta son attention sur la préfète :

« Dois je te rappeler que tu t’es admirablement bien vengée, souffla-t-il alors, pour le coup,  je pense qu’on est quitte, Ne l’avait-elle pas ridiculisé quelques minutes plus tôt ? L’adolescent chercha le regard de Nelly pour la prendre à témoin puis il coinça une mèche de cheveux derrière son oreille pour dégager sa tempe où il déposa un baiser.

« Et puis… Il descendit de quelques centimètres pour embrasser  la peau tendre un peu plus bas, juste à la naissance de sa chevelure ,… l’important,… Nouveau baiser sous son lobe… C’est ce qui s’est passé juste avant que je te plante comme une conne, non ? chuchota-t-il tout contre son oreille sans parvenir à se départir d’un immense sourire moqueur.  Il partit d’un léger rire tandis  qu’il enfouissait son visage dans ses cheveux pour consteller son cou de baisers humides.

« T'es vraiment un cognard des fois... »

Oui, c’était un fait indéniable.
« …Mais je crois que c'est comme ça que tu me plais, »
Virgil se recula quelque peu et attrapa le visage de la préfète entre ses mains.
« Tu ne devrais pas me dire ça… » murmura-t-il avant de repartir vivement à l’assaut des lèvres de la jeune femme.

Les minutes qui suivirent furent particulièrement exquises aux yeux de Virgil mais sans doute furent elles un peu trop intenses pour Nelly, qui, d’une main posée sur son torse, invita le Gryffondor à ne pas aller trop vite. Il s’était quelque peu laissé emporter dans cette étreinte, il devait l’avouer, constata-t-il. Il était essoufflé et son cœur battait la chamade dans sa poitrine . L’adolescent se redressa quelque peu et passa une main dans ses cheveux. Effectivement, il devait se calmer. Ce genre de comportement ne collait pas vraiment à l’ambiance posée de la soirée, et surtout, surtout,  il ne tenait pas à brusquer Nelly.  Virgil se racla donc la gorge et fit un pas en arrière pour reprendre un peu contenance.

« Tu as raison, j’ai une réputation à tenir tu sais, je ne tiens pas à passer pour un garçon facile. » souffla-t-il en s’appuyant sur le mur derrière lui. Il lui était plus aisé retrouver sa désinvolture légendaire quand Nelly n’avait pas sa main appuyée à l’emplacement tout pile où battait son cœur. Il savait qu’ils devaient redescendre, qu’ils s’étaient absentés depuis trop longtemps aussi se décolla-t-il du mur pour faire quelques pas en direction des escaliers mais son regard fut attiré par la petite toile accrochée sur une porte close du couloir qu’il avait vue en arrivant.

Il pointa sa index en direction de l’écriteau « Nelly » et se tourna vers la jeune femme, l’œil pétillant :

« Laisse moi deviner… C’est toi qui a fait cette magnifique œuvre d’art ? »
le ton était résolument ironique, C’est ta chambre ? » ajouta-t-il en haussa les sourcils d’un air entendu. Il fit mine de s’appuyer nonchalamment sur le loquet et le battant s’entrouvrit : « Oups. »

Virgil laissa échapper un bref rire en levant les mains comme si Nelly l’avait mit en joue :

« Je te jure que c’est pas un plan pourri pour me retrouver seul avec toi dans une pièce avec un lit, s’exclama-t-il alors, Promis. Je suis juste curieux de voir à quoi elle ressemble, c’est tout, il poussa un peu plus la porte pour l’ouvrir complètement, jeta un coup d’œil à l'intérieur,  reporta son attention sur Nelly avant de pénétrer dans la vaste chambre cosy, aux murs gris et blanc cassé. Virgil avisa le lit, pratiquement caché sous des dizaines de coussins colorés, le bureau d’architecte recouvert de crayons, de pinceaux, de livres et de quelques vinyles, les étagères garnies de babioles en tout genre, l’énorme peluche Winnie posée dans un coin, et surtout, le grand poster de Nirvana non loin d’une tenture d’inspiration indienne.

« Tu écoutes ça, toi ? Il désigna d’un geste du menton le grand smiley jaune sur l’affiche mythique du célèbre groupe grunge moldu. En toute honnêteté, cela l'étonnait vue la playlist qui avait tournée toute la soirée.  Il afficha une moue appréciatrice et  alla regarder la vue depuis la large fenêtre qui donnait sur le petit carrée d'herbe où Liam et Damon s’exerçaient au karaté. Chloé, Hannah et Adrian étaient assis par terre devant eux. Virgil se demanda ce que pouvait bien penser Liam de leur absence prolongée. Sans doute n’était-il pas dupe… Il l'observa encore un instant en inclinant la tête sur le côté et se détourna pour rejoindre le siège du bureau sur lequel il se laissa tomber quasiment avachi. Il avait envie de chiper plein d’objets pour sa collection personnelle mais il refréna ses envies cleptomanes, au moins pour un temps. Ce joli marque page que Nelly avait dû faire elle-même lui faisait pourtant de l’œil, mais au lieu de ça, il pivota sur son siège afin d’embrasser la pièce d’un regard circulaire.

« C’est donc ici que tu rêves de moi toutes les nuits. Intéressant. » plaisanta-t-il en faisant légèrement bouger son siège de gauche à droite.

Il reporta son regard sur Nelly, immobilisa sa chaise,  et se fit soudainement plus sérieux. Il savait qu’ils n’allaient pas tarder à rejoindre le reste du groupe au bord de la piscine. Pourtant, il avait quelque chose sur le cœur depuis plusieurs heures et c’était le moment idéal pour aborder ce sujet.

« J’aurai voulu que ça se passe autrement. Cet après-midi, je veux dire. » précisa-t-il sans quitter des yeux la préfète.

Il ne s’excusait pas –et puis quoi encore !- mais il tenait à lui faire comprendre qu’il était attristé de la tournure des événements. Il ne savait pas vraiment ce qui avait déraillé dans leur plan -un peu tout, surement- et cela le chagrinait. Il ne comptait pas en parler pendant trois heures, ce n’était pas son genre et Nelly n’avait peut-être pas envie d’aborder ce sujet ce soir, mais il tenait juste à le lui dire avant qu’ils ne redescendent en bas et retrouvent leurs vieux automatismes de partenaires de duel, ni plus ni moins.

« Ça fait partie des trucs merdiques de la vie. » souffla-t-il alors en haussant les épaules d'un air fataliste.


Virgil Forbes

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La douceur et les intentions de Virgil la surprirent tout autant qu'elles la firent fondre. Son sourire bienheureux s'agrandit à chaque baiser du Gryffondor qui passa de sa tempe à son cou avec une délicatesse dont elle ne le pensait pas coutumier. Il avait raison : le plus important était ce qu'il s'était passé avant qu'il ne la plante dans les escaliers... et ce qui se produisait en ce moment. Aux yeux de la préfète, rien au monde ne valait ce qu'elle était en train de vivre. C'était peut-être outrageusement niais et romantique comme constat mais elle s'en fichait : Virgil la rendait dingue et seul le moment présent importait.
Les murmures du jeune homme contre son oreille, son souffle chaud et ses lèvres humides sur la peau de son cou déclenchèrent de délicieux frissons qui, en courant dans tout son corps, lui tirèrent un léger rire. Sa main vint doucement caresser les cheveux du Gryffondor alors qu'elle se confiait à lui. Tout deux ivres de désir, leurs lèvres se retrouvèrent très vite à nouveau en contact.

Alors que leur étreinte s'intensifiait et qu'ils se laissaient emporter par la magie de l'instant, Nelly fut rapidement rattrapée par sa raison et prit une certaine distance aussi bien physique que psychique entre eux. Virgil lui plaisait énormément, c'était un fait indéniable, mais elle ne voulait pas aller trop vite avec lui et des baisers de plus en plus brûlants, des mains de plus en plus baladeuses, conduisaient généralement à une suite qu'elle n'avait pas spécialement envie de vivre, là maintenant, sans être sûre de ses sentiments et, surtout, de ceux du Gryffondor. Certes, ils venaient de s'embrasser comme jamais mais s'aimaient-ils véritablement ?

Virgil consentit à se calmer un peu - ce que la préfète apprécia, vraiment - et s'éloigna d'un pas en prétendant qu'il avait une réputation à tenir.

« Ah vraiment ? souffla-t-elle avec malice en le détaillant de haut en bas. Tu t'es bien un peu emballé, si tu veux mon avis... »

Elle le charrier, bien sûr. Garçon facile ou pas, le plus important était qu'il l'avait écoutée et avait respecté ses envies. Ce qui était une grande qualité aux yeux de la préfète.

Nelly n'avait aucune envie de redescendre mais ils ne pouvaient pas s'éterniser à l'étage et laisser les autres entre eux. D'un côté, elle se moquait de ce qu'ils pouvaient bien penser - oui ils « visitaient » la maison et ne revenaient pas bien vite... Et alors ? - mais de l'autre, la jeune femme avait également envie de profiter de ses amis avant la reprise des cours. Elle ne les voyait déjà pas souvent dans l'année alors autant passer du temps avec eux quant elle en avait l'occasion.
Remotivée par ce constat, Nelly emboîtait le pas de Virgil avant que celui ne s'arrête devant la porte de sa chambre en pointant du doigt le petit écriteau qu'elle avait réalisé de ses mains.

« Oui, c'est moi... Je sais même plus quel âge j'avais, confessa la Serpentard en faisant face à la porte. À l'époque j'étais super fière mais aujourd'hui, beaucoup moins, dit-elle avec un petit rire en portant son regard sur les autres portes qui avaient aussi eu droit à leur petite toile. Le bruit de la poignée qui s'actionna lui fit brusquement reporter son attention sur Virgil qui venait de « malencontreusement » ouvrir sa porte. Eh ! On demande avant d'entrer dans la chambre de quelqu'un ! » s'offusqua faussement la préfète.

Le jeune homme leva les mains en l'air et assura que ce n'était pas un traquenard pour se retrouver avec elle dans une pièce avec un lit. Nelly l'observa quelques secondes avec amusement alors qu'il hésitait à entrer et finit par l'y inviter d'un mouvement de tête. Elle lui faisait confiance et il devait savoir qu'elle n'apprécierait pas qu'il tente quelque chose.
C'est donc l'esprit serein que la préfète le suivit dans sa chambre colorée. Un petit sourire aux lèvres, elle observa le Gryffondor détailler la pièce du regard et tiquer sur le grand poster de Nirvana fixé au mur au dessus de son bureau.

« Ça t'étonne ? ricana la jeune femme alors qu'il semblait passablement étonné à l'idée qu'elle puisse apprécier ce groupe. Et oui, j'adoooore Nirvana ! dit-elle avec une once d'admiration dans la voix en avançant au milieu de la pièce. J'étais même amoureuse de Kurt Cobain quand j'étais petite... Son expression se fit plus amusée lorsqu'elle croisa le regard de Virgil. Oui je sais. Alors que les autres filles étaient dingues des East 17, moi j'étais en kiffe sur un mort... Mais je me disais tout le temps qu'il finirait par ressusciter. Je crois que j'étais bizarre, ajouta-t-elle en partant dans un léger rire. J'étais persuadée qu'il chantait en direct live quand j'écoutais leurs chansons et je me souviens que quand j'ai pris conscience que « mort » voulait dire « ne plus jamais exister » j'ai dû dire adieu à mes rêves de mariage avec lui et j'ai dû être triste pendant des jours... Mon premier amour mais aussi mon premier deuil ! On est bêtes quand on est gamins. »

Nelly contempla quelques secondes le poster au Smiley jaune ; elle aurait tant aimé pouvoir le faire dédicacer. Sa mère, elle, devait bien avoir une petite dédicace quelque part dans ses affaires. Cette passion pour le groupe moldu était bien la seule chose qu'elle tenait et gardait de sa mère et dont elle n'avait pas honte...

Alors que Virgil s'approchait de la fenêtre, la préfète jeta un rapide coup d'oeil circulaire pour vérifier s'il n'y avait rien de compromettant à portée de vue. Bon il y avait bien cette énorme peluche de Winnie tout droit venue de Disney World posée dans un coin mais c'était trop tard : on ne voyait qu'elle et elle était trop encombrante à ranger. Différentes photos étaient encadrées et posées sur les rayons de sa grande bibliothèque mais elles restaient suffisamment soft pour ne pas en avoir honte... Sauf celle où on la voyait avec Éline : elles étaient beaucoup plus jeunes et il manquait quelques dents à Nelly qui arborait un sourire très - trop - enfantin. Pas de quoi la mettre en valeur, donc. Il faut dire que, depuis son entrée à Poudlard, elle n'avait pas refait la décoration de cette partie là de sa chambre qui restait assez enfantine et dorénavant quelque peu poussiéreuse. Hormis les rayons où elle prenait parfois des livres, le reste de la bibliothèque ne bougeait jamais et certains bibelots devaient être en train de se fossiliser...

La jeune femme s'assit aux pieds de son lit et approuva d'un hochement de tête la remarque un tant soit peu orgueilleuse de Virgil.

« Tout à fait, je m'endors chaque soir en pensant à toi..., fit-elle en haussant les épaules, fataliste, comme s'il venait de percer son plus grand secret. Mais je ne rêve pas de toi. Je fais d'horribles cauchemars avec le terrible Gilvir Sebrof ! » ajouta l'adolescente avec espièglerie.

Il y avait une toute petite part de vérité dans ses propos, constata-t-elle un peu tard. Après leur duel où le jeune homme était entré dans sa mémoire, les cauchemars de son pire souvenir avaient ressurgis durant quelques nuits et Virgil en avait bien été le responsable...
Mais bon, l'essentiel, c'était qu'elle ne cauchemarde pas du Gryffondor lui-même. Ceci dit, elle allait peut-être rêver de lui, désormais...

La préfète reporta son attention sur son ami lorsqu'il lui révéla avec sérieux qu'il aurait préféré que leur après-midi se déroule autrement. Au souvenir de leur sortie chaotique, elle baissa les yeux sur ses mains qui se mirent à gratter nerveusement le tissu de ses draps, comme à chaque fois qu'elle pensait à quelque chose en rapport avec sa mère. Il était clair que cet après-midi aurait pu être mieux, beaucoup mieux. En tout cas, on faisait difficilement pire.

« Moi aussi..., » souffla la jeune femme avec un mince sourire.

Mais il y avait eu du bon, il fallait voir le bon côté des choses. Ils s'étaient vus, il lui avait offert des bonbons trop bons et ils avaient pu profiter un peu du beau temps. Et pour finir, il était là, chez elle, et ils venaient de s'embrasser.

Les choses se terminaient donc bien après une journée en dents de scie digne d'un véritable ascenseur émotionnel.

« Ça fait partie des trucs merdiques de la vie. »

Si cela avait été physiquement possible, elle aurait littéralement fondue sur place tant elle était touchée. Il était trop mignon. Elle craquait. Où était donc Virgil Forbes ? S'il n'avait pas été nonchalamment avachi dans sa chaise de bureau, elle aurait eu des doutes quant à la véritable identité de la personne qu'elle avait face à elle.

« J'ai lu dans un livre que "la vie est une espèce de gigantesque merdier, et c'est ce qui en fait la beauté ". Je pense que ça se vérifie bien pour beaucoup de gens et j'en ai fait un peu ma devise... Après, heureusement que j'ai quelques petits remèdes comme les gâteaux... Elle l'observa un instant avant de poursuivre. ... ou toi, confia-t-elle presque timidement. Merci d'être allé... d'être allé la voir. »

Et elle était désolée de lui avoir affligé cela. Elle était désolée de l'avoir contraint à se cantonner au rôle du preux chevalier servant qu'il devait détester faire alors qu'elle n'aimait pas non plus être réduite au statue de demoiselle en détresse. Elle aurait voulu être plus forte, au parc. Elle aurait voulu ne pas laisser l'opportunité à ses angoisses de s'emparer à nouvelle d'elle mais tout était si parfait que l'idée qu'un drame tel que revoir sa mère puisse se produire ne lui avait pas effleuré l'esprit, même pas une seconde.
Soucieuse de ne pas se morigéner davantage, Nelly se donna une claque mentale et arbora un air plus taquin.

« Tu te rends compte que, dans mon estime, tu es au même niveau que les gâteaux au chocolat ? Et ce n'est pas rien ! »

La jeune femme, un peu gênée, eut un petit rire et se leva pour aller se poster devant Virgil. En se penchant, elle posa ses mains sur les accoudoirs pour immobiliser la chaise et vrilla ses yeux dans les prunelles bleues du Gryffondor.

« J'attendrai que tu sois un peu plus gras avant de te manger, mon petit gâteau au chocolat, » murmura la préfète avant de déposer un baiser sur les lèvres du jeune homme.

Elle se redressa et s'avança vers la fenêtre d'où elle observa discrètement ses amis. Liam était en train de montrer une prise de karaté à Damon et les autres les regardaient faire. Le joueur de Quidditch était étalé dans l'herbe, immobilisé par Liam qui le maintenait fermement avec ses jambes et ses bras. En conditions réelles, Nelly savait que, ainsi immobilisé, l'adversaire n'avait pas d'autres choix que de taper sur le tapis en signe d'abandon. Sinon, Liam n'avait qu'à se cambrer en arrière avec force pour casser le bras de son rival coincé entre ses jambes. C'était interdit, bien sûr, mais physiquement, c'était possible.
Il était très amusant d'observer Damon en si mauvaise posture mais Nelly espérait quand même qu'il appréciait la leçon de son meilleur ami. Et puis, qui sait, peut-être que ce cours improvisé de karaté lui servirait un jour.
La préfète se détourna finalement de la fenêtre pour faire face à Virgil.

« On redescend ? »



Kit par Irving

Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Avachi sur le fauteuil pivotant du bureau, les deux bras posés sur les accoudoirs, Virgil observa Nelly s’asseoir gracieusement au pied de son lit et confirmer sa théorie comme quoi elle s’endormait, tous les soirs, en pensant à lui. L’adolescent arqua un sourcil soupçonneux peu convaincu par les dires de sa camarade. Il la connaissait assez maintenant pour savoir qu’elle allait enchainer sur une vacherie, c’était d’ailleurs ce qu’il appréciait le plus dans leur relation.  La bravade ne tarda pas à arriver d’ailleurs puisqu’elle avoua passer ses nuits à cauchemarder à cause de Gilvir Sebrof, son double maléfique inventé par Mildred Magpie.
Le Gryffondor secoua lentement la tête tout en pivotant légèrement sur son siège, de gauche à droite.

« Ça, c’est ce que tu dis pour ne pas perdre la face. » souffla-t-il, sûr de lui, en la scrutant de ses yeux bleus clairs. Allez ! Il n’était pas dupe ! Nelly l’avait à la bonne, au moins un peu. Même si elle avait mis un terme à leur étreinte un peu plus tôt, il était quasiment certain, qu’au fond, elle avait envie de retrouver un peu de cette proximité entre eux… Le Gryffondor afficha donc un vague sourire vaniteux avant d’enchainer sur des propos plus sérieux.

Revenir sur leur après-midi chaotique n’était peut-être pas judicieux en de telles circonstances : Ils s’amusaient bien tous les deux et Virgil passait même un excellent moment mais il ressentait toutefois le besoin de dire quelques mots au sujet du fiasco du parc. Il savait que s’il ne le faisait pas maintenant, il ne le ferait jamais. Il ne se voyait pas aborder cette conversation, dans une semaine, à leur retour à Poudlard alors qu’ils allaient probablement être un peu empruntés après ce qu’ils venaient de vivre ce soir. Autant profiter de ce bref instant hors du temps, où les échanges semblaient facilités par leur intimité soudaine, pour poser les choses, ce qu’il fit d’ailleurs.

Nelly baissa les yeux sur ses mains et gratta machinalement une aspérité invisible sur son couvre lit, visiblement un peu gênée d’évoquer les malheureux incidents de l’après-midi. Le jeune homme s’immobilisa sur son siège, quelque peu hésitant sur la marche à suivre. Il sentait qu’il devait ajouter un mot gentil ou esquisser un geste tendre mais il s’en sentait bien incapable. Il avait beau avoir serrée Nelly dans ses bras à peine quelques minutes plus tôt, les choses devenaient trop solennelles pour lui. Cette impression se confirma lorsque la préfète se laissa aller à quelques confidences, avouant timidement qu’il faisait partie des remèdes contre le gigantesque merdier de la vie.

Lui ? Un remède ? Pauvre Nelly, elle faisait complètement fausse route, songea-Virgil sans rien laisser paraitre de son trouble toutefois. Elle commençait à lui faire de drôles de déclaration qu’il espérait mal interpréter.  

Certes, il avait eu à peu près la même pensée en l’embrassant, il devait l’avouer, mais dans sa vision des choses, le remède contre les trucs merdiques de la vie était un ensemble d’éléments indissociables : Cette soirée improvisée, leur petit jeu de séduction, ces baisers échangés au détour d’un couloir, leur insouciance, …
Même si elle faisait partie intégrante de ce tableau, tout ne reposait pas sur Nelly.
Virgil avait la désagréable impression que la jeune femme plaçait en lui des espoirs qu’il n’était pas prêt à assumer.  Il avait passé une excellente soirée à flirter mais il n’envisageait pas une seule seconde avoir une relation suivie avec elle. Il avait beau apprécier sa compagnie –vraiment- il se sentait incapable d’entretenir une vie de couple. Badiner, séduire, oui, mais certainement pas construire quelque chose de sérieux, ensemble.

Il suffisait de regarder autour de soi pour être dégouté par ce concept d’ailleurs : Soit vous passiez votre temps à vous disputer, comme Damon et Kasya, soit vous ressembliez déjà à un vieux couple plan-plan à tout juste dix sept ans, comme Noah et Maeva.

Très peu pour lui.

Virgil avait envie de vivre sa vie, de profiter, de butiner,  sans s’enfermer dans ce schéma. Il n’était pas sûr d’être un jour prêt pour la vie de couple d’ailleurs. Quand on voyait comme le mariage de ses parents s’était terminé -alors qu’ils étaient plutôt faciles à vivre l’un et l’autre-  il s’imaginait mal partager le quotidien de quelqu’un.  
Virgil savait parfaitement qu’il n’était pas un cadeau. Il s’apparentait davantage au poison qu’au remède d’ailleurs ! Il avait un sale caractère, il tenait régulièrement des propos blessants et son attitude s’avérait souvent odieuse. Le problème, c’est qu’il n’avait pas envie de changer, pour qui que ce soit.  Avant d’avoir besoin  d’un soutien,  d’un proche ou d’un remède, pour affronter « le merdier de la vie » il aspirait surtout à conserver sa liberté : Liberté de ton, liberté d’être seul –surtout- et liberté d’agir comme bon lui semble, sans rien devoir à personne.

Il ne pouvait pas faire une croix sur tout ça, du moins pas tout de suite, même pour Nelly qui était assurément la seule fille, actuellement, qui aurait pu lui faire renoncer à ce mode de vie. Il l’appréciait vraiment. Elle avait su tantôt se montrer patiente avec lui et tantôt lui tenir tête. Même si elle était beaucoup trop gentille pour son propre bien il ne pouvait pas s’empêcher d’essayer de lui être agréable –selon Virgil, j’entends. Il voyait bien qu’il perdait de son mordant à son contact. Qu’il n’était plus aussi acerbe, aussi borderline. Il passait son temps à faire des efforts, à mesurer ses mots à refréner sa méchanceté –avec plus ou moins de succès, c’est vrai- mais il n’avait pas envie de devenir un insipide canard.

Lorsque la jeune femme le remercia d’être allé à la rencontre de sa mère dans le parc, Virgil balaya cette remarque d’un haussement d’épaule. Il n’avait rien fait d’extraordinaire. Il avait juste temporisé. Tôt ou tard, Nelly devrait se confronter à sa génitrice, il en était intimement convaincu. Elle ne pourrait pas avancer sereinement dans la vie sans avoir régler cette histoire mais il se garda de tout commentaire. Il n’aimait pas quand on lui donnait des conseils pour gérer au mieux sa relation avec Jonah alors il n’allait pas se placer en stupide donneur de leçons…
Au lieu de ça, il pinça légèrement les lèvres quand Nelly lui avoua qu’elle l’estimait autant qu’un gâteau au chocolat (Quand on connaissait un tant soit peu la préfète, cela voulait dire « beaucoup »). Cette remarque était terriblement niaise. Horriblement niaise, même. Le genre de phrase dont Virgil était allergique. En d’autres circonstances, il se serait payé la tête Nelly, bien comme il faut même, mais elle semblait si gênée de lui faire un tel aveu, qu’il pressentait, malheureusement, qu’il y avait un fond de vérité dans ses propos. Pourquoi fallait-il qu’elle s’accroche si vite, et surtout, qu’elle se dévoile !? Lui, au moins, il faisait l’effort de ne pas polluer ce moment d’ insouciance avec ses encombrants sentiments.

« Tu es beaucoup trop sentimentale, Nelly, souffla-t-il en arquant un sourcil , n’oublie pas que je suis un cognard… » ajouta-t-il en guise d’avertissement. Il esquissa un sourire mauvais à mille lieux de ce qu’il ressentait véritablement à son égard.

Une lueur espiègle passa dans le regard de la jeune femme. Il la préférait comme ça : Joueuse, taquine plutôt que sincère. Il se sentait moins démuni quand elle incarnait « Nelly la bruleuse de joue ». Sa camarade se leva d’ailleurs pour venir immobiliser son siège. Elle se pencha au dessus de lui et posa ses deux mains sur les accoudoirs pour le forcer à lui faire face.  Virgil soutint son regard et releva légèrement le menton d’un air bravache.

« J'attendrai que tu sois un peu plus gras avant de te manger, mon petit gâteau au chocolat, » souffla-t-elle.

Alors qu’elle se penchait pour venir capturer ses lèvres, Virgil colla sa paume sur le visage de la jeune femme  pour la stopper dans son geste et la repousser gentiment en arrière.

« Non. Ces sobriquets, t’oublie. »

Il voulait bien être un peu plus sympa mais supporter des  surnoms débiles, même pas en rêve. Et puis, il ne devait pas être trop gentil avec Nelly, s’il continuait comme ça, elle allait finir par lui faire une déclaration embarrassante, songea-t-il en se levant. Il s’étira quelque peu et profita que la jeune femme venait de rejoindre la fenêtre pour subtiliser le marque-page sur son bureau. Il le glissa dans la poche arrière de son jeans, tandis qu’elle lui tournait le dos, puis il fit quelques pas dans la pièce pour rejoindre la grosse peluche Winnie qu’il poussa légèrement du bout du pied d’un air mi-intrigué mi-dégouté.

Il reporta ensuite son attention sur les étagères poussiéreuses où trônaient diverses babioles et photographies de ses amis et de sa famille. Virgil s’arrêta quelques instants devant la collection de boules à neige de Nelly et s’amusa à les retourner une à une, laissant une empreinte clair dans la poussière ornant chaque dôme. Son regard fut alors attiré par un cliché en particulier montrant Eline et Nelly, enfants.

« Je savais bien que je finirais par tomber sur quelque chose de compromettant, lâcha-t-il en brandissant le cadre. Il fit mine d’apprécier l’image d’un regard expert avant d’ajouter, T’es vachement mieux sans dents en fait... »
Un sourire goguenard éclaira son visage tandis qu’il revenait vers la préfète, près de la fenêtre, pour jeter un coup d’œil à l’extérieur. Damon semblait en fâcheuse posture, ainsi coincé entre les jambes de Liam, et ce constat lui tira un vague rire moqueur.  Le jeune femme suggéra alors de redescendre ce à quoi le Gryffondor répondit en consultant sa montre :

« Ok.  Surtout qu’il reste approximativement, une heure et treize minutes avant mon départ. » Il tenait à rentrer chez lui avant le petit matin : Sa mère était une véritable insomniaque tout à fait capable d’être déjà debout aux aurores.  Virgil baissa donc les yeux  sur la préfète et l’observa un instant :

«Et ouai… Je suis un remède à durée limitée. Il hésita et ajouta finalement sans la quitter du regard: Et sans engagement. C’est écrit sur la notice. »

Il ne tenait pas à lui laisser de faux espoirs. Il lui devait bien ça. Virgil esquissa un léger sourire emprunt d’une douceur qui lui était peu coutumière, comme pour atténuer la dureté de ses propos, puis il reporta son attention sur la porte de la chambre, incapable de prendre les devants pour quitter la pièce. Quoique Nelly choisisse de faire, elle le ferait en toute connaissance de cause.


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Cette soirée était une parenthèse enchantée. Comme un rêve ; instant coupé de la réalité, avec un avant et un après. Mais Nelly ne voulait pas penser à cet après. Elle était bien là, tout de suite, focalisée sur une seule chose et savourant l'instant présent. Elle était bien avec Virgil, ce soir, envahie par un sentiment de bien être et de sérénité. Rien ne semblait capable de rompre cet instant suspendu dans le temps, ni même de doucher sa profonde plénitude. La préfète se surprit à sourire bêtement en repensant au stop que venait de lui mettre le Gryffondor alors qu'elle observait ses amis par la fenêtre. Ainsi donc, il n'aimait pas les surnoms ridicules... Ok, c'était une chose à savoir. Pour l'embêter, par exemple, et riposter à ses éventuelles piques comme celle qu'il s'apprêtait à lui lancer. La jeune femme se retourna avec un sourire amusé pour découvrir le jeune homme avec une de ses photos d'enfance dans la main. Le cadre en bois blanc les représentaient, elle et Eline, enfants et son sourire était, par conséquent, quelque peu édenté.

« Je parie que tu devais aussi être une véritable tête de rat sans tes dents de lait, rétorqua-t-elle avec un petit sourire moqueur. Ils étaient tous passés par là. Peut-être que c'est pour ça que tu ne souries pas souvent... Parce que tu as gardé un vieux complexe, » le taquina ensuite la préfète alors qu'il la rejoignait devant la fenêtre.

Damon gigotait comme une anguille pour se dégager de la prise de Liam qui finit par le relâcher avec un éclat de rire. Plongée dans le silence, Nelly eut un frisson de bien-être qui lui fit reprendre conscience de la réalité. Elle se tourna alors vers Virgil pour lui proposer de redescendre, ce à quoi il répondit par l'affirmative en ajoutant qu'il ne lui restait plus qu'une heure avant de devoir rentrer.

« Oh... Déjà fatigué ? » ricana la préfète en esquissant une petite moue déçue.

Son expression se figea quelque peu ensuite lorsque le jeune homme enchaîna qu'il était un remède à durée limitée mais surtout... sans engagement. Nelly n'était pas bête, elle comprenait clairement ce que voulait dire le Gryffondor. Envisager une relation avec elle ? Même pas en rêve ! Enfin, il ne semblait pas partant pour le moment. Alors qu'elle s'était confiée et lui avait révélé qu'elle se sentait bien en sa compagnie, Virgil semblait se fermer à toutes éventuelles évolutions plus sérieuses entre eux. Sincèrement, au vu de la soirée qu'ils venaient de passer, l'idée d'un plus avec le Gryffondor avait traversé l'esprit de la jeune femme. Ils venaient de franchir un pas dans leur relation et leurs flirts s'étaient enfin concrétisés alors comment ne pas songer à l'après, à ce qu'ils feraient ensuite ? La préfète était certainement un peu trop amoureuse pour son propre bien et Virgil la remettait gentiment à sa place alors qu'elle se perdait dans des espoirs chimériques...
Mais, après tout, les choses étaient probablement mieux ainsi. Ils s'entendaient bien et ce petit manège fonctionnait bien entre eux désormais ; et Nelly n'avait pas envie de perdre cela. Si tout se passait bien, pourquoi prendre le risque de briser leur complicité ? Ils avaient tout leur temps après tout... Ils venaient de passer un très bon moment et rien ne lui disait que ce moment partagé ne se reproduirait plus. Ils n'étaient pas obligés d'être en couple pour cela.
Si Virgil ne voulait pas, elle acceptait son choix, avec amertume, certes, mais elle l'acceptait.

« Tu ne m'as pas habituée à tourner autour du pot, souffla-t-elle avec un sourire malicieux pour reprendre contenance. Ni à se montrer si doux, songea la Serpentard en l'observant quelques secondes. Je renouvellerai mon ordonnance en cas de besoin, dans ce cas, » ajouta doucement la Serpentard pour rebondir sur l'image du remède.

Finalement, croire que ce genre de soirée pouvait se reproduire l'aidait à relativiser la situation. C'était mieux comme ça, se dit la préfète en rendant son sourire à Virgil. Pour l'instant, elle était heureuse ainsi et elle espérait que ce sentiment était réciproque ; pourquoi ne le serait-il pas de toute manière ? Il fallait bien que le jeune homme éprouve une certaine attirance pour elle pour s'être montré si entreprenant. Et puis, Nelly le connaissait assez pour savoir que ses quelques preuves d'affection étaient aussi rares que ses sourires...

Chassant ses doutes de son esprit, la préfète releva le menton et entreprit de quitter sa chambre pour rejoindre les autres.

« Allez, on redescend. Liam va finir par souler Damon avec son karaté... Si ce n'est pas déjà le cas. »

Alors qu'elle s'apprêtait à franchir la porte, le Pear One de la préfète vivra dans sa poche. En découvrant les messages envoyés par Phil et Maeva sur le groupe des Préfets Pas Parfaits, Nelly eut un rire à la fois amusé et consterné. Phil était amateur de blagues pourries dans ce genre mais il fallait admettre que celle-là tombait à pic pour lui faire penser à autre chose. Toujours le sourire aux lèvres, elle se retourna et tendit son Pear à Virgil pour lui faire lire la blague de son camarade préfet.

« Et c'est avec ce genre de cas que je me retrouve à faire des rondes parfois... »

La préfète, amusée, secoua la tête et glissa soigneusement son Pear dans sa poche. En relevant les yeux sur le Gryffondor, elle croisa son regard et son expression se mua en une autre, plus taquine, lorsqu'elle jeta un œil au réveil posé sur sa table de chevet.

« Si j'ai bien compris, le remède est encore efficace pendant une heure ? souffla-t-elle en vrillant ses yeux noisettes dans les prunelles bleues du jeune homme. Ce serait de la publicité mensongère sinon... » poursuivit la Serpentard en se rapprochant de Virgil.

Elle glissa ses mains dans le dos du Gryffondor et scruta un instant son regard comme pour silencieusement lui demander la permission. Puis, lentement, presque timidement ce coup-ci, ses lèvres vinrent rencontrer celles de Virgil.
Ce contact fut plus délicieux encore alors qu'elle prenait conscience qu'ils n'étaient vraisemblablement pas prêts de revivre un tel moment. Les yeux clos, Nelly respirait et s'imprégnait de l'odeur du Gryffondor, savourait le goût et la douceur de ses lèvres, sa proximité et sa chaleur...
Oui, Virgil avait raison, elle était beaucoup trop sentimentale. Mais, à ses yeux, cela ne rendait que la vie et ses montages russes encore plus belles.

Doucement, la préfète se détacha et resta encore quelques secondes au plus près du visage du Gryffondor, leurs lèvres se frôlant et leurs souffles se mêlant. Le cœur léger et palpitant, elle finit par reculer d'un pas après avoir laissé ses mains glisser du dos du jeune homme en guise de dernières caresses.

« Elle commence à durer cette visite, » fit-elle remarquer avec un sourire en coin en invitant Virgil à la suivre d'un signe de tête.

Les deux adolescents regagnèrent l'étage inférieur et traversèrent le salon pour sortir sur la terrasse et rejoindre les autres. Au passage, ils furent apostrophés par Eline qui avaient désormais presque la même couleur que son vin.

« - Oh vous voilà vous deux ! Tout va bien ? les interrogea la jeune femme en les regardant tour à tour.
- Euh... Ouais, ça va. ll y a un problème ? répondit Nelly, une expression passablement méfiante sur le visage.
- Non, aucun... Le menton posé dans sa main, sa sœur les observa quelques secondes de ses yeux brillants avant d'ajouter avec un sourire malicieux : Vous êtes mignons... »

Nelly poussa un profond soupire exaspéré en levant les yeux au ciel et poussa légèrement Virgil pour rejoindre les autres et s'éloigner d'Éline. Ce qu'elle pouvait être gênante parfois !... Nelly jeta un regard à sa grande sœur qui les regardaient toujours en parlant à une de ses amies. Lorsque leurs regards se croisèrent, Eline articula un « Trop chouuu » à son attention ce qui finit de l'excéder.

« - Je crois qu'elle est un peu saoule, glissa la préfète à Virgil dans un soupire alors qu'ils s'avançaient dans l'herbe.  Pas autant que la dernière soirée qu'elle avait passée avec elle mais quand même. Pour sa dernière cuite, Eline était restée quelque peu... ivre jusqu'au petit matin et s'était tapé un délire pendant cinq minutes en ouvrant son courrier alors Nelly espérait bien ne pas avoir à revivre ce moment.
- Ah vous voilà ! s'exclama Hannah en les voyant approcher. Vous avez raté le cours de karaté du siècle, ironisa la jeune femme en levant les bras.
- On visitait, lui apprit Nelly sans arriver à se départir d'un léger sourire. Si elle croisait le regard de Virgil, elle éclatait de rire.
- Vous avez regardé tes photos de danse aussi ? intervint insidieusement Liam.
Là, il sous-entendait clairement qu'il avait trouvé la « visite » un peu longue. Nelly le voyait bien à sa mâchoire contractée et décelait dans ses yeux bleus une lueur qu'elle espérait mal interpréter. Il n'allait pas s'y mettre lui aussi ? Entre Chloe qui jouait la vexée et lui qui avait tout l'air d'être jaloux...
- On ne voulait pas assister à l'humiliation de Damon, voilà tout, rétorqua la préfète sans prêter trop d'attention à son meilleur ami. Il t'a pas trop soulé avec son karaté ? demanda-t-elle d'ailleurs à l'intéressé.
- Sympa...
- Avoue que des fois t'es un peu... chiant avec ça.
- Je confirme, lança Hannah en hochant la tête.
- Non franchement c'était cool ! tempéra Damon.
- Ah ! Vous voyez ! Merci !
- T'es pas obligé de mentir pour lui faire plaisir, glissa Nelly à Damon suffisamment fort pour être entendue de tous qui ricanèrent.
- Moi j'ai trouvé ça chouette ! intervint Chloe qui ne pouvait qu'avoir aimé regarder deux beaux mecs enchaîner différentes prises. C'était très drôle de voir Damon en si mauvaise posture, se moqua la Serpentard.
- J'aimerai bien t'y voir toi !
- On peut toujours, proposa Liam avec un sourire amusé.
- Non ! Chloe et Damon se regardèrent, surpris, et la jeune femme rougit légèrement. Elle n'avait visiblement pas envie de se retrouver au corps à corps avec Liam - à la grande surprise de Nelly - tandis que Damon n'avait pas l'air d'être enchanté à l'idée qu'un autre garçon puisse empiéter sur son « territoire ».
- Désolé mec, t'es tout seul dans ton délire, soupira Adryan en se levant pour aller poser son bras sur les épaules de Liam. On rentre, ça caille.
- Attendez je veux fumer ! les interrompit Hannah en sortant son paquet de cigarettes. Je t'en paye une ? proposa la jeune femme en tendant son paquet à Virgil.
- Bon on vous laisse alors, décida Adryan en impulsant lentement le mouvement au groupe.
Nelly adressa un petit sourire à Virgil et emboîta le pas à ses amis.
- On sort des bouteilles ? proposa Adryan avec malice. Je me sens mieux !
- Donc tu comptes reboire ?
- Bien sûr ! Quelle question... On fait un petit jeu d'alcool ?
- Partant !
- J'ai pas trop envie de finir bourrée...
- Oh allez Chloe ! Sois pas rabat-joie !
- Tinquiete je te surveille et puis tu dors ici, lui glissa Nelly avec un sourire.
- Et si tu finis ivre morte toi aussi ?
- Aucun risque !
- Je ne bois pas, apprit la préfète au joueur de Quidditch. Et je ne suis pas fan de l'idée Adryan. Vous regarder boire... Génial.
- Oh allez ! Tu joues aussi mais avec de l'Ice Tea, lança Liam en venant poser son bras sur ses épaules.
- Je te préviens, si t'es malade, tu te débrouilles, menaça la Serpentard en observant son meilleur ami du coin de l'oeil.
- On sait tous les deux qu'Adryan va tomber avant moi.
- Non mais c'est pas un combat de gladiateurs hein !
- Un combat ? Vous faites quoi ? les interpella Eline alors qu'ils passaient près du salon de jardin. La reloue.
- Ils veulent faire un jeu d'alcool...
- Un jeu ? Quoi ? demanda subitement Logan avec intérêt.
- Non mais oh ! T'as plus 18 ans !
- Ça va j'ai rien fait...
- Oh c'est quoi ? Ça a l'air trop bon ! Un plat de petits-fours posé sur la table basse du mobilier de jardin faisait de l’œil à la préfète qui se pencha pour en attraper un et le glisser dans sa bouche.
- Vas y sers toi, ricana Logan en approchant le plateau.
- Ooooh non, l'empêcha Liam en l'attrapant par la taille pour l'éloigner du plat. Je connais tes combines ! Tu vas goûter, aimer, t'asseoir, manger, parler... Et ne pas jouer avec nous.
- Mais je compte pas boire de toute manière ! Et puis elle avait peur que Damon ou Chloe insistent pour la faire boire ; ce qui allait l'énerver.
- Non non, pas d'excuses, tu viens... Liam lui fit face et l'attrapa pour la basculer sur son épaule. Nelly poussa un cri en se sentant décoller du sol. ... tu te sers un Ice Tea...
- Arrêtes ! Liam, pose moi !
- ... et tu joues.
- Tu me fais tomber, je te tue, menaça la préfète dans un éclat de rire en mangeant à moitié ses cheveux qui lui tombaient devant le visage. Attention ! s'exclama-t-elle en riant quand sa tête frôla la baie vitrée lorsqu'ils entrèrent dans la cuisine. C'était lui qui allait la tuer surtout !
- Livraison express ! clama Liam en rejoignant les autres sur le grand canapé.
- Ah ! Nelly ! Où sont les bouteilles ?... »

******


La soirée touchait à sa fin et Virgil et Damon devaient, déjà, repartir. La soirée se terminait très bien - du moins, personne n'était ivre mort, sauf Adryan, assez imbibé, qui somnolait sur le canapé. Des amis d'Eline étaient déjà partis et restait ceux qui traînaient un peu et ceux qui dormaient chez eux. Mike et tous ses amis couchaient dans le salon télé sur des matelas qu'ils s'affairaient à gonfler en entendant la soirée s'essouffler.
Nelly accompagnait les deux Gryffondors à l'entrée une fois que tous les autres les eurent salués - ou embrassés. La préfète n'était pas sûre mais il lui semblait avoir surpris un « dérapage de bise » entre Chloe et Damon au coin du couloir... Ils allaient sûrement mettre ça sur le compte de l'alcool. Nelly aurait bien fait de même avec Virgil mais ils n'étaient pas seuls et elle ne savait pas comment réagirait le jeune homme, alors elle se contentait de le raccompagner à la porte. D'ailleurs, ses deux invités d'un soir venaient désormais de sortir sur l'allée d'entrée et Nelly ouvrit le grand portail avec une télécommande.

« Sortez dans la rue avant de transplaner cette fois, chuchota-t-elle alors que le portail s'ouvrait avec quelques grincements. Merci d'être venu, reprit la jeune femme avec un sourire. C'était sympa. »

Son regard s'attarda un peu plus sur Virgil et son sourire se fit plus affectueux, plus tendre. Elle ne savait pas à quoi s'attendre pour leur retour à Poudlard ni ce qu'il se passerait. Mais une chose était sûre, cette soirée était une parenthèse et leur relation retrouverait sa normalité et ses enjeux d'avant : à savoir, partager des cours et s'entraîner aux manipulations mentales magiques. Ils avaient posé les choses - enfin, Virgil l'avait fait - et au moins, elle n'avait pas de questions à se poser ni de doutes et de faux espoirs à avoir : ils avaient passé une très bonne soirée mais n'étaient pas en couple. Ce qui n'était probablement pas plus mal... Après tout, Virgil pouvait parfois être un véritable cognard et la préfète ne tenait pas à ce que ce « parfois » se transforme en « toujours » à ses yeux.

« Rentrez bien. Faîtes attention, t'as bu Damon. Ou prenez le bus. Elle se doutait bien que transplaner en état d'ébriété comportait des risques et elle ne voulait pas avoir la nouvelle qu'un bras des Gryffondors s'était fait la malle. On se voit lundi ! »

La préfète leur adressa un vague signe de la main et les observa s'éloigner dans l'obscurité, appuyée contre l'embrasure de la porte.

Entre le fait que Damon Drop avait franchi le seuil de sa porte et les étreintes échangées avec Virgil... cette soirée méritait de ne pas être oubliée.

HRP:
 



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