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 Million reasons [Sasha-Isy]

Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Vendredi 09 avril 2010

« Mamaaaan, on va être en retard ! »

La voix de Sasha résonna dans la minuscule cage d’escalier de la maison de ville où habitait sa mère et la tête de cette dernière apparut dans l’entrebâillement de la porte de la salle de bain, affirmant qu’elle serait prête dans cinq minutes. L’adolescente était prête depuis une heure et avait pressé sa mère de s’habiller mais celle-ci avait évidemment attendu la dernière minute, préférant trainer au lit sous prétexte qu’elle était fatiguée. Elle était toujours fatiguée !

Impatiente, la jeune fille s’assit sur un accoudoir du canapé et parcourut une dernière fois les documents qu’elle avait soigneusement préparés pour leur rendez-vous à la banque. Elle avait enfin reçu une réponse -positive !- de Salem et elle devait maintenant finaliser les démarches pour débloquer les fonds nécessaires pour payer son inscription. Elle s’était occupée de toutes les formalités et avait complété le dossier toute seule, les seules choses qu’elle avait demandées à sa mère était d’être à l’heure le jour J, et de lui faire une copie d’un justificatif de domicile. Prise d’un doute, Sasha fouilla frénétiquement le dossier à la recherche du document en question et soupira en constatant qu’il manquait à l’appel.

« Mamaaaan, tu devais me faire une copie d’un justificatif de domicile ! se plaignit-elle d’une voix forte.
- Dans le meuble de l’entrée, tiroir de droite, lui répondit cette dernière depuis la salle de bain, où l’on entendait encore l’eau couler.
- On a rendez-vous dans dix minutes ! » lui rappela Sasha en se dirigeant vers le meuble indiqué par sa mère.

Agacée, elle ouvrit brusquement le premier tiroir et en examina rapidement le contenu. Aucune trace du document recherché. Elle s’apprêtait à le refermer quand un courrier retint son attention. Le logo d’un hôpital moldu accrocha son regard. Elle l’avait reconnu tout de suite, l’établissement était juste à côté de son ancienne école primaire. Pourquoi sa mère recevait-elle des factures d’un hôpital moldu ?  Prise d’un mauvais pressentiment, l’adolescente attrapa une des factures et la parcourut rapidement des yeux. Elle venait d’un service de psychiatrie. Elle connaissait la réponse avant de la lire mais sentit son cœur se serrer quand ses yeux se posèrent sur le nom du patient de la chambre 287, pour laquelle sa mère payait. Mark Benson. Elle resta interdite, incapable de faire le tri entre les émotions contradictoires qui l’assaillaient, et ne revint à elle qu’en entendant les pas pressés de sa mère, qui descendait l’escalier.

« Je suis prête, on peut y aller ! Tu as vu mon sac… ? Sasha ? »

La fillette fit brusquement volte-face, la facture de l’hôpital toujours dans la main, et posa sur sa mère un regard glacial.

« J’ai trouvé ça, annonça-t-elle d’une voix étrangement calme qui ne laissait rien paraitre de la colère qui montait en elle. J’imagine que tu comptais m’en parler… »

La facture datait de septembre, si sa mère avait voulu lui en parler elle l’aurait fait des mois plus tôt. Non, elle avait voulu lui cacher la vérité, c’était évident.

« Oh… Visiblement prise au dépourvue, Judith descendit les dernières marches de l’escalier d’une démarche hésitante. Chérie, ce n’est pas ce que tu crois…
-  Ah oui ? s’étonna-t-elle, acerbe. Parce que cela ressemble beaucoup à une facture d’hôpital, avec le nom de mon père dessus. Mon père dont tu ne connaissais pas l’adresse et dont tu avais perdu la trace, si ma mémoire est bonne…
- Je suis désolée, capitula sa mère. Je n’aurais pas dû te mentir, mais c’était uniquement pour te protéger... Judith fit un pas vers sa fille et tenta de lui prendre le papier des mains.
- Non ! protesta l’adolescente en s’éloignant de sa mère. Je veux y aller, exigea-t-elle en agitant la facture de l’hôpital.
- Sasha, ça ne servirait à rien…
- C’est mon père ! la coupa Sasha d’une voix forte. Tu ne peux pas m’empêcher le voir !
- Il ne se souvient même pas de toi ! »

La remarque de sa mère, qui avait finalement perdu patience, lui fit l’effet d’une gifle et Sasha sentit ses yeux se remplir de larmes. Elle bouscula sa mère pour accéder aux escaliers et commença à monter les marches quatre à quatre.

« Sasha, reviens…
- Je te déteste ! cria l’adolescente en guise de réponse.
- On va être en retard… »

La porte de la chambre de Sasha claqua violemment et le silence retomba sur la petite maison. L’adolescente se laissa tomber sur son lit, allongée sur le dos, et posa ses mains sur ses yeux. Elle pressa ses paumes contres ses paupières pour empêcher ses larmes de couler et respira profondément. Sa mère avait raison, elles allaient être en retard. Elle aurait le temps de pleurer et de se venger plus tard, elle devait aller à ce rendez-vous, c’était important. La jeune fille se releva et se posta devant le miroir de sa chambre. Ses yeux étaient rouges mais elle devrait réussir à faire illusion. Elle posa un peu de blush sur ses pommettes et colora ses lèvres avec un baume à la framboise. Quand elle sortit de sa chambre, à peine trois minutes après s’y être enfermée, elle était prête. Elle trouva sa mère assise dans le canapé, la tête entre les mains.

« On y va. »


Le rendez-vous s’était déroulé sans encombre mais Sasha avait eu du mal à se concentrer sur les informations de son banquier. Son esprit était occupé par une seule idée, à laquelle elle avait songé toute la journée. Elle avait largement eu le temps de changer d’avis mais ni les heures de réflexion ni les excuses répétées de sa mère n’avaient réussi à affaiblir sa volonté. Elle voulait partir d’ici. Elle ne pardonnait pas son mensonge à sa mère, elle voulait lui faire payer, et elle voulait retrouver son père.

Le soleil s’était couché et la chambre de l’adolescente était plongée dans la pénombre. Elle ouvrit doucement sa porte et jeta un œil dans la pièce à vivre, en bas des escaliers. Sa mère s’était endormie sur le canapé, comme tous les soirs. La fillette descendit les marches sur la pointe des pieds et fouilla la pièce du regard. Elle trouva finalement le sac à main de sa mère, accroché dans l’entrée, et en sortit le porte-monnaie de cette dernière, qu’elle vida de la totalité de son contenu. Elle remonta aussitôt dans sa chambre, où les affaires qu’elle avait préparées dans l’après-midi l’attendaient, sagement posées sur son lit. Sans réfléchir, presque mécaniquement, elle fourra l’argent dans son propre porte-monnaie, le rangea dans son sac à dos qu’elle hissa sur ses épaules, attrapa sa veste, et quitta sa chambre. Elle descendit silencieusement les escaliers, traversa la pièce à vivre et, sans hésitation, poussa la porte d’entrée et sortit de la maison.

Le Chemin de Traverse l’accueillit avec une brise fraiche et elle frissonna. Elle avait d’abord pensé à prendre une chambre au Chaudron Baveur mais l’établissement se trouvait à deux-cents mètre de chez elle, ce qui n’en faisait pas la planque idéale. Elle s’était donc rabattue sur les Trois Balais et espérait qu’elle aurait assez d’argent pour payer sa chambre. Elle n’aurait besoin que d’une nuit. Demain elle irait voir son père à l’hôpital, puis elle rentrerait directement à Poudlard. Elle était censée passer la totalité des vacances scolaires chez sa mère mais elle était persuadée qu’il était possible de rentrer plus tôt que prévu, beaucoup de ses camarades étaient restés au château pendant les vacances de printemps.

L’adolescente sortit sa baguette de sa poche et appela le Magicobus, qui ne tarda pas à surgir sous ses yeux, manquant de l’écraser au passage. Un voyage mouvementé plus tard, elle se retrouvait dans la rue principale de Pré-au-Lard, et se dirigea vers les Trois Balais, qui semblait encore bien animé malgré l’heure avancé. Sasha poussa timidement la porte de l’établissement et se dirigea jusqu’au comptoir où elle mit plusieurs minutes à attirer l’attention de la serveuse.

« Une chambre pour ce soir s’il-vous-plait, demanda-t-elle finalement en parlant assez fort pour couvrir le bruit ambiant.
- Tu es toute seule ? s’enquit la jeune femme blonde derrière le comptoir en scrutant Sasha d’un regard inquisiteur. La jeune fille hocha la tête. Tu as quel âge ?
- Dix-huit ans, mentit-elle. Je profite des vacances pour rendre visite à mon petit-frère qui est encore à Poudlard, ils ont une sortie demain. La maitresse des lieux parut convaincue et sa mine suspicieuse laissa place à un sourire plus chaleureux.
- Ça fera 5 galions et 12 mornilles, annonça-t-elle en tendant à Sasha une petite clé à laquelle était accrochée une étiquette portant le numéro 18. Deuxième étage, juste à gauche en haut de l’escalier. »

La Serpentard remercia l’aubergiste et suivit le chemin indiqué jusqu’à une petite chambre équipée du strict nécessaire. Elle déposa sa veste et son sac à dos sur le lit qui grinça sous le poids de ses affaires, et se sentit soudainement très seule. Elle hésita à écrire à Andrew pour lui raconter sa découverte matinale et son départ de chez elle, mais se décida à attendre le lendemain soir pour lui parler de vive voix. Une conversation avec son ami lui ferait certainement le plus grand bien. Elle se demanda si sa mère s’était réveillée, et si elle avait constaté qu’elle était partie. Si c’était le cas elle devait être malade d’inquiétude. Tant mieux.

Comme pour ne pas laisser sa rancœur à l’encontre de sa mère faiblir, l’adolescente sortit le courrier de l’hôpital de son sac et le parcourut à nouveau des yeux. Elle avait mémorisé l’adresse, le numéro de la chambre, et même le montant de la facture. Cela la rassurait de se sentir préparée, bien qu’elle sache que rien ne pouvait sans doute la préparer à affronter ce qui l’attendait demain. Elle se laissa tomber sur le lit sans même se déshabiller et laissa son esprit imaginer comment se dérouleraient ses retrouvailles avec son père. Sa mère disait-elle vrai, n’avait-il absolument aucun souvenir d’elle ? Était-il seulement encore lui-même ?

L’esprit agité par toutes ces questions, la jeune fille ne trouva pas le sommeil avant une heure avancée de la nuit et dormait encore quand plusieurs coups furent frappés à sa porte, tôt le matin. Elle mit quelques secondes à se rappeler l’endroit où elle se trouvait et, alors que ses souvenirs de la veille lui revenaient, elle s’avança prudemment vers la porte, peu encline à ouvrir à des inconnus.

« Sasha Benson ? appela une voix de l’autre côté. Police magique, ouvrez la porte. »

La Serpentard se figea sur place, et resta un instant immobile avant de laisser échapper un soupir de découragement. Tout son plan, qu’elle pensait pourtant solide, s’effondrait alors qu’elle tendait le bras pour saisir la poignée de la porte.  Elle n’avait même pas tenue douze heures avant d’être retrouvée. Elle avait terriblement honte, et ne trouvait plus son idée si brillante que ça. Son embarras fut encore plus grand lorsqu’elle reconnut le professeur Londubat à côté de la jeune femme blonde de la veille et de ce qui devait être un agent de la police magique. Il avait l’air déçu.

« Qu’est-ce qui se passe, Sasha ? Que fais-tu ici toute seule ?
- Professeur, je suis désolée ! J’allais rentrer à Poudlard, je vous le jure !
- Ta mère a signalé ta disparition hier soir, elle était très inquiète, lui répondit-il d'une voix dure. Elle a tout de suite alerté le Professeur Forbes, toute l’équipe s’est inquiété.
- Je suis désolée… »

Elle n’avait pas imaginé que sa mère préviendrait directement ses professeurs, sans même attendre une nuit ! Et elle n’avait pas pensé au fait que le Professeur Londubat était marié à la gérante des Trois Balais. Elle se sentait idiote, et immature. Une partie d’elle aurait voulu leur expliquer, pour son père et le courrier de l’hôpital, mais elle redoutait qu’ils n’infantilisent ses réactions et la sermonne en lui expliquant que sa mère avait eu raison, qu’elle faisait de son mieux pour la protéger. Elle n’avait pas envie d’entendre ça. Elle se contenta de baisser les yeux, honteuse.

« Ta mère nous a tout expliqué, reprit l’enseignant d’une voix plus douce en se baissant pour être à la hauteur de Sasha, la forçant à le regarder dans les yeux. Je sais que c’est difficile pour toi, crois-moi. Si tu veux que quelqu’un t’accompagne voir ton père, et que ta mère est d’accord je viendrai avec toi. Il y avait dans la voix de son professeur une intensité que la jeune fille ne comprenait pas. Mais ça ne justifie absolument pas de partir comme tu l’as fait. C’est très irresponsable comme comportement, il aurait pu t’arriver n’importe quoi.
- Je suis désolée, répéta simplement Sasha, comme une enfant prise en faute. Ce qu'elle était.
- L’agent McGowan, il désigna l’officier de police du regard, doit te ramener au Ministère pour clôturer l’enquête.  Ta mère viendra te chercher là-bas, tu pourras rentrer à Poudlard demain si c’est ce que te souhaite et que ta mère est d’accord, ou rester chez toi jusqu’à la fin des vacances.
- D’accord, répondit-elle d’une petite voix, espérant que sa mère accepte de la laisser retourner à l’école. Elle ne voulait pas la voir.
- Passe dans mon bureau à ton retour, d’accord ? Si tu veux discuter. »

L’adolescente se contenta de hocher la tête, sans comprendre pourquoi son enseignant se montrait si compréhensif avec elle.

« Tu as déjà fait du transplanage d’escorte ? Elle se tourna vers l’agent de la Police Magique, un grand brun qui tenait à peine dans l’ouverture de la porte, et hocha de nouveau la tête. Donne-moi ton bras. »

Elle n’eut même pas le temps de dire au revoir à son professeur qu’elle se sentit aspirer dans le vide. Quelques secondes désagréable plus tard, elle se retrouvait, un peu nauséeuse, dans le hall d’entrée du Ministère de la Magie, avec le désagréable sentiment que les ennuis ne faisaient que commencer. [/color][/color]



Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel avait ses petites habitudes de travail. Elle arrivait tous les matins à huit heures, parce qu'elle se sentait plus efficace comme cela. Cela lui permettait de faire le point sur les dossiers de la journée, de se préparer un peu avant la cohue des employés qui arrivaient plutôt vers neuf heures. Comme elle n'avait pas de trajet, ou à peine, elle partait à sept heures cinquante-cinq de son appartement - ou de celui d'Abel. Ce matin, c'était de chez Abel, qui était encore enfoncé sous les oreillers parce que, pour lui, se lever était une vraie souffrance. Elle l'avait tout de même embrassé avant de s'en aller d'un bon pas. La première chose qu'elle faisait en traversant l'Atrium, c'était de s'arrêter prendre un café au caramel à la cafétéria, parce que cela la mettait de bonne humeur. La queue devant elle était raisonnable et elle y prit place, sortant son PearOne de la poche de son trench pour faire défiler Instamagic. Avec le décalage horaire, il y avait souvent des posts de ses amis américains. Elle avança d'un pas quand un employé de la comptabilité magique ait fini de vérifier (trois fois) la monnaie qui venait de lui être rendue et passa sur son application qui recensait la presse. Dramatique accident de transplanage dans le New Hampshire... Grève des employé du réseau de Cheminette pour défendre leur statut... Le président-sorcier King John Um qui menaçait de lâcher une nuée dragon sur son voisin Ronald Plump... Un Niffleur sauvant sa famille d'un incendie en Allemagne... Elle fit de nouveau un pas lorsque la file avança et envoya un SMS à Abel pour confirmer qu'ils dînaient bien tous les deux ce soir à 20 heures, ou plutôt 20 heures 30 finalement, elle ne savait pas trop encore, elle lui dirait dans la journée, smiley bisou. Un nouveau pas et elle rangea son PearOne dans sa poche, regardant autour d'elle. La première chose qu'elle devait faire, c'était absolument envoyer les modèles de brochures à la reprographie afin que la Coopération Magique Internationale puisse valider les maquettes, parce que sinon, il y allait avoir du retard pour la réunion d'après-demain et c'était pénible parce que Gillian Holmes partait ensuite en congés et...

- Bah si, tu sais, Sasha Benson, la fille qui avait témoigné contre Sorden.

La phrase que l'un des hommes devant elle prononça fut un bon moyen de sortir Isobel de ses pensées. Surprise, elle tendit l'oreille. Au vu de leurs uniformes, ils appartenaient à la PM mais elle ne voyait pas pourquoi ils parleraient de la jeune Sasha. La dernière fois qu'elle avait eu de ses nouvelles, c'était quand elle lui avait appris qu'elle était admise au programme d'été de l'université de Salem et qu'elle devait maintenant gérer des histoires de fonds pour financer tout cela. Isy lui avait répondu avec enthousiasme, ravie pour elle. C'était une excellente chose d'assister à ces cours, c'était un très bon plus pour un CV et puis cela devait être passionnant. Elle aurait adoré le faire au même âge, même si elle ne partageait pas le même attrait que Sasha pour les textes de loi. Mais la jeune adolescente semblait un peu différente des autres enfants de son âge et cela lui ferait sûrement du bien de rencontrer des gens un peu comme elle, des gens prêts à sacrifier leur été pour pouvoir aller à Salem.

- Et vous l'avez récupérée où ?
- Aux Trois Balais, elle avait fugué.

Une fugue ? À huit heures du matin ? Ça, c'était plus étonnant et cela ne correspondait pas tellement à l'image de Sasha que Isobel pouvait se faire. Mais elle n'obtint pas plus d'informations de la part des agents de la PM, puisque ces derniers se présentèrent au comptoir pour obtenir leurs cafés. Songeuse et désireuse de mettre cela au clair, Isobel prit sa boisson au caramel et se dirigea vers les ascenseurs, comme d'habitude. Sauf qu'au lieu de s'arrêter au niveau 1, comme tous les matins, elle descendit encore d'un cran pour descendre au Département de la Justice Magique. C'était sûrement l'un des plus grands du Ministère en terme de superficie - et de population - mais il était bien indiqué. Elle trouva sans difficulté la Brigade de Police et se dirigea vers le comptoir où un agent avait l'air d'avoir passé une assez mauvaise nuit. Un peu cernée et visiblement de mauvaise humeur, elle releva ses yeux vers Isobel.

- C'est pour quoi ?

Sortant son badge du niveau 1 comme une carte magique pour le poser sur le comptoir, elle assortit sa demande de son sourire commercial.

- Bonjour, Isobel Lavespère, je travaille au niveau 1 avec le Ministre, à la communication (formulé comme cela, on aurait pu croire qu'elle passait tout son temps avec Leopold Marchebank, ce qui n'était pas le cas. Mais c'était toujours utile de le placer, quand on voulait quelque chose dans ce monde) et on m'a transmis l'information (c'était plus élégant que de dire "j'ai entendu une conversation") que Sasha Benson était ici. Nous avons travaillé avec elle sur plusieurs dossiers primordiaux pour l'image du Ministère alors nous aimerions (ses collègues s'en fichaient sûrement, mais bon) lui parler afin de savoir ce qui se passe et éventuellement proposer un plan d'action en cas de problème.

La policière dardait sur elle un regard torve. Un silence s'installa.

- Vous êtes de la famille ?

Isobel haussa un sourcil, circonspecte.

- Non. Je suis du niveau 1, comme je l'ai expliqué.
- Parce que c'est une mineure.
- Mais ce n'est pas la question ?
- Je ne peux pas vous autoriser à venir récupérer des mineurs comme ça si vous n'êtes pas de la famille, Madame.
- Mais je ne veux pas la récupérer, je dois juste échanger avec elle pour être certaine que mon service n'a pas besoin d'intervenir dans cette histoire.
- Ce n'est pas possible, Madame, alors.
- Comme je vous l'ai expliqué...
- Ce n'est pas possible.
- Je pense que...
- Pas possible.
- Mais...
- Non.

Contrariée, Isobel fronça ses sourcils noirs. Non mais ! Quelle cerbère, celle-là. Pour autant, elle n'était pas déterminée à se laisser faire. Elle n'aimait pas qu'on lui dise non, surtout pas quand on était juste un agent d'accueil de la PM visiblement de mauvaise humeur. Qu'à cela ne tienne, elle reprit son plus joli sourire et recommença :

- Très bien. J'expliquerai donc la situation au Ministre de la Magie. Je peux vous demander votre nom ?

L'agent sembla soudain s'agiter et ce fut à son tour de froncer les sourcils.

- Pourquoi donc ?
- Et bien pour expliquer au Ministre pourquoi ses demandes n'ont pas pu être menées à bien.
- Mon nom n'a rien à faire dans cette histoire...
- Si, si, affirma Isobel en souriant toujours. Le Ministre est un homme de détails.

L'agent la fixa quelques secondes et Isobel sentit son aura se charger de colère. La carte "Leopold Marchebank" était sûrement la plus efficace dans tout le pays. Peu importait qu'il ne soit au courant de rien et qu'il se fiche sûrement de cette histoire. Quand bien même Sasha poserait un problème de réputation au Ministère de la Magie, en raison de leur petit accord, ils s'en occuperaient à la communication sans passer par lui. Il n'avait pas le temps d'être dérangé pour des bêtises. Mais ça, les gens ne le savaient pas toujours. Finalement, tout en la fusillant du regard, la policière lui désigna un couloir d'un signe de tête.

- Elle attend que sa mère arrive par là, au bout, vous tournez à droite.
- Je vous remercie, répondit Isobel avec un sourire vainqueur.

L'agent d'accueil ne répondit rien, sûrement agacée d'avoir dû affronter une petite opportuniste adepte du name-droping dès le matin. Isy, quant à elle, poursuivit son chemin dans la direction indiquée. Il y avait déjà du monde au sein de la PM, des agents à l'air pressés qui parcouraient les couloirs et, au loin, des cris de soûlards. Les cellules de dégrisement devaient être pleines... Elle tourna à droite, passa devant des bureaux fermés, et aperçu dans une sorte d'alcôve un ensemble de chaises. Sasha était sagement assise sur l'une d'elle, sous une affiche "Le philtre d'amour n'est pas un consentement" et "Elfe de maison maltraité ? Appelez la CHEM1789". Elle adressa un sourire à l'adolescente, déposant son sac à main en cuir beige sur le sol en s'asseyant à côté d'elle. Elle se demanda quand même, l'espace d'un instant, si des personnes arrêtées ivres et dégoûtantes dans la rue s'étaient assises sur ces chaises - parce que son élégante robe noire coûtait assez cher - mais prit sur elle.

- Avant Salem, un peu de délinquance ? plaisanta-t-elle doucement.



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Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Sasha se tortilla sur la chaise en plastique inconfortable sur laquelle elle était installée et s'efforça de se concentrer sur son devoir de runes, en vain. Elle avait décidé de mettre à profit ces longues minutes d'attente pour relire ses devoirs de vacances, qu'elle avait évidement terminé en un week-end. Elle n'était pas très satisfaite de sa dernière interprétation runique et savait que le Professeur Virtanen ne tolérait pas la moindre approximation, mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Cela était très certainement due au fait qu'elle soit actuellement sous la surveillance de la Police Magique après avoir une fugue ratée.

Elle avait supplié qu'on la ramène directement à Poudlard mais on lui avait expliqué -avec plus ou moins de patience- que seuls ses parents pouvaient venir la récupérer. C'était la procédure. Ils avaient l'air d'avoir l'habitude, ici. Elle avait entendu les agents de la PM, quand ils parlaient d'elle sous ses yeux, comme s'ils n'étaient pas là. Ils lui avaient bien fait comprendre qu'elle n'était qu'une adolescente parmi tant d'autres. Nombreux étaient ceux qui avaient fait les mêmes bêtises avant elle. Elle s'était attendue à être traitée comme une criminelle, mais c'est à peine si on avait pris le temps de la sermonner. A leurs yeux elle n'était qu'une gamine écervelée qui avait fait sa crise d'adolescence et qui avait voulu faire peur à ses parents. Et Sasha commençait à penser qu'ils avaient raison.

Les raisons qui lui avaient paru légitimes la veille au soir ne lui semblaient plus si évidentes maintenant. Elle avait été persuadée d'être dans son bon droit, d'agir dans son intérêt. Elle s'était convaincue qu'elle ne faisait que reprendre ce dont elle avait été privée, et que sa mère n'avait que ce qu'elle méritait. Avec le recul, sa décision ne lui paraissait plus si courageuse que ça. Elle avait toujours la facture de l'hôpital, coincé dans la couverture de son manuel de runes. Elle la gardait précieusement avec elle, mais elle commençait à se demander si cela en valait vraiment la peine. Avait-elle eut raison de prendre tant de risques pour un homme qui ne la reconnaitrait peut-être même pas ?

Elle n'avait pas encore pris la mesure de ce que sa stupide fugue allait lui coûter mais elle commençait à craindre d'avoir fait une grosse erreur. Et si c'était marqué dans son dossier scolaire ? Si cela l'empêchait d'intégrer le programme de Salem ? Elle ne se pardonnerait jamais d'avoir compromis son avenir sur un coup de tête. Elle n'aurait jamais du se laisser emporter par ses sentiments. Elle avait été dévastée, elle s'était sentie trahie, mais elle aurait du réfléchir d'avantage avant d'agir. Ils avaient raison, elle n'était qu'une adolescente sans cervelle.

Des claquements de talons, dans le couloir, lui firent relever la tête. Un instant, elle craint que ce ne soit sa mère, avant de se rappeler que cela faisait bien longtemps que sa mère ne portait plus de talons. Sasha ne se souvenait plus de la dernière fois où elle l'avait vue sans ces horribles chaussures en plastique qu'elle portait à Sainte-Mangouste. Elle fit donc mine de se plonger dans la relecture de son devoir, elle préférait éviter de croiser le regard des agents, elle était suffisamment embarrassée comme ça. Elle s'attendait à ce que la personne qui arrivait lui passe devant sans lui accorder un regard -elle présentait beaucoup moins d'intérêt que les ivrognes qui beuglaient un peu plus loin- mais les pas s'arrêtèrent à sa hauteur. Sasha releva alors les yeux et blêmit en reconnaissant Isobel Lavespère.

Finalement, elle aurait préféré que ce soit sa mère. Elle se fichait de la mettre en colère ou de la décevoir, son opinion n'avait plus la moindre valeur à ses yeux. Mais elle tenait Isobel en haute estime et était mortifiée à l'idée de l'avoir déçue. Elle était peut-être prétentieuse mais elle avait l'impression que la chargée de communication l'aimait bien, et cette relation était très importante pour elle. L'adolescente ne lui rendit pas son sourire quand la jeune femme s'installa sur la chaise à côté d'elle avec une plaisanterie. Ce n'était pas drôle. Elle avait été complètement stupide et fait une erreur qui allait certainement lui coûter cher. Ça ne lui donnait pas du tout envie de rire. Elle aurait fait n'importe quoi pour se rattraper, pour prouver qu'elle n'avait rien d'une délinquante.

"J'allais rentrer à Poudlard, je le jure !" expliqua-t-elle avec un regard implorant.

Ce n'était même pas un mensonge, c'était son plan depuis le départ. Passer une nuit aux Trois Balais, aller voir son père à l'hôpital, et passer le reste des vacances scolaires à Poudlard, loin de sa mère. Mais personne ne semblait vouloir la croire, visiblement les jeunes qui fuguaient le faisaient rarement pour aller à l'école. Les délinquants étaient rarement des premiers de la classe, et pas vraiment le genre d'adolescents que l'on acceptait en stage au Ministère de la Magie.

L'adolescente n'était pas dupe : Isobel ne travaillait pas à cet étage, elle s'était certainement rendue au service de la PM parce qu'on lui avait dit que Sasha s'y trouvait. Elle était surement venue retirer son offre de stage. La jeune fille ne résista pas bien longtemps avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

"J'imagine que le Ministère n'a pas pour habitude de recruter ses stagiaires dans les cellules de la Police Magique ?" soupira-t-elle en fixant le bout de ses chaussures.



Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Sasha avait l'air paniquée par sa présence, sans que Isobel ne comprenne vraiment pourquoi. Effectivement, elle n'était pas dans une position très glorieuse, repêchée par la PM, mais elle n'était pas venue ici pour lui nuire, au contraire. Elle était assez curieuse de comprendre ce qui était arrivé. Devant le regard implorant de la jeune fille, Isy secoua doucement la tête. Elle n'était pas au courant de toute l'histoire, elle savait juste qu'il s'agissait d'une fugue mais cela ne l'étonnerait pas qu'elle ait vraiment fugué pour rejoindre Poudlard. On parlait quand même de Sasha Benson : elle allait sacrifier son été entre un camp de vacances au sein de Salem et un stage au Ministère de la Magie. Elle ne l'imaginait pas fuguer pour aller à un concert de rock.

- Je veux bien te croire.

Une aura de honte scintillait autour de la jeune élève et Isy pouvait la comprendre : elle venait d'être cueillie par la police. Si cela lui était arrivé lors de sa propre fugue, à seize ans, elle n'aurait pas fait la fière. Elle aurait surtout craint la réaction de sa famille qui n'aurait pas été tendre et se serait arrangée pour lui faire passer toute velléité de se sauver de nouveau. Sasha devait sûrement avoir peur de faire face à sa mère, qui ne devait pas être ravie de venir récupérer sa fille de quinze ans au commissariat. Elle ne la voyait pas autour mais elle ne devrait pas tarder. Sasha avait baissé les yeux sur ses chaussures et sa question lui tira un léger sourire en coin. C'était donc cela qu'elle craignait ? Cela pouvait se comprendre mais Isobel n'était pas descendue pour cela. Elle avait promis en plus : en échange de sa pleine et entière collaboration avec le Ministère de la Magie au sujet de l'affaire Sorden, elle décrochait un joli petit stage d'été. Elle n'était pas vraiment du genre à revenir sur sa parole. Elle l'aurait fait si vraiment les actions de Sasha avaient pu nuire à l'image du service mais ce n'était pas le cas. Personne n'entendrait parler de cette fugue et même si c'était le cas, cela passerait pour une bêtise adolescente, rien de bien grave. En plus, elle était partie de chez elle - ce qui ne remettait pas en cause Poudlard - et avait été retrouvée en moins de vingt-quatre heures, ce qui démontrait l'efficacité de leurs services de police. Rien de bien catastrophique aux yeux de la communicante qu'était Isy.

- Je ne vois pas de barreaux, répondit-elle tranquillement en faisant mine de regarder autour d'elles.

Juste quelques affiches moches et chaises en plastique.

- La proposition tient toujours, Sasha, ce n'est pas bien grave... Mais pourquoi es-tu partie de chez toi ? Tu étais si pressée de retrouver tes cours de... Petit coup d'oeil au manuel sur les genoux de la jeune fille. Runes ?








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Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Le noeud au creux de son ventre se détendit un peu quand Isobel lui assura que sa proposition de stage tenait toujours. Sasha prit conscience que c'était ce qu'elle craignait le plus, bien plus que la colère ou que la déception de sa mère. Elle se fichait d'être privée de sortie pour le restant de ses jours, ou de se faire sermonner pendant des heures. Isobel semblait penser qu'elle n'avait rien fait de grave, et son opinion était bien plus importante aux yeux de l'adolescente que celle de sa mère. La chargée de communication avait su gagner son respect et son admiration là où sa mère ne faisait que la décevoir en permanence.

Sasha parvint même à esquisser un faible sourire quand la jeune femme lui demanda si elle avait fugué pour aller retrouver ses cours de runes. Elle fut presque tentée de lui répondre par l'affirmative. Elle songea un instant comme il serait plus facile de lui avouer qu'elle avait voulu rentrer à Poudlard pour retrouver ses amies, ou ses professeurs. Mais, sans qu'elle ne s'explique pourquoi, elle avait le sentiment qu'Isobel ne la croirait pas. Elle avait parfois l'impression que la jeune femme pouvait voir à travers elle, au plus profond de son âme. C'était un peu effrayant, parfois. Elle se demandait d'ailleurs ce qu'il pouvait bien y avoir, au fond de son âme. Elle même n'en était pas certaine, et aurait bien voulu pouvoir y jeter un oeil aussi.

Hésitante, Sasha promena rapidement son regard autours d'elle. Ses yeux glissèrent sur les affiches accrochées au mur "La Mandragore c'est la mort" ou "L'alcool c'est pas LOL", et elle baissa finalement la tête pour se concentrer à nouveau sur le bout de ses chaussures.

"Je me suis disputé avec ma mère..." souffla-t-elle finalement du bout des lèvres.

Elle aurait voulu avoir quelque chose d'un peu plus intelligent à dire, une raison légitime à défendre, mais c'était la triste vérité. Isobel le trouverait certainement ridicule d'avoir fugué après une simple dispute. Toutes les adolescentes se disputaient avec leurs parents, apparement c'était normal. Ce n'était pas simple pour autant. C'était dur pour elle, en tout cas. Peut-être qu'elle était moins forte que les autres, ou peut-être que ses disputes à elle faisaient plus mal, mais le simple fait d'y repenser lui donnait envie de pleurer. Elle ferma brièvement les yeux et s'efforça de trouver un autre sujet de conversation. Elle opta finalement pour une question qui lui trottait dans la tête depuis le début de leur brève entrevue.

"Excusez-moi mais... Elle avait conscience que sa question était un peu impolie, et elle ne voulait surtout pas vexer son interlocutrice, mais elle était curieuse. Pourquoi vous êtes venue me voir ?"

Si Isobel n'était pas venu retirer son offre de stage, alors que pouvait-elle bien avoir à lui dire ? Sasha aurait aimé croire qu'elle ne recherchait que le plaisir de sa compagnie, mais elle n'était pas prétentieuse au point de penser qu'une adolescente comme elle puisse avoir le moindre intérêt pour une femme comme Isobel. Ça cachait forcément quelque chose.



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Million reasons [Sasha-Isy]

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