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 Pourquoi en faire un drame? [PV Mildy-Jonah-Thelma]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Lundi 05 Avril 2010, au petit matin...

Poussant la porte de la salle des professeurs à la volée, Mildred Magpie manqua de peu assommer un enseignant qui s’apprêtait à s'en sortir. Sans même l'ombre d'une excuse pour celui-ci, les yeux rivés sur son Pear One d'or et de nacre, elle était en pleine conversation avec le responsable du service client de cette maudite entreprise de livraison express magique dénommée Férapidex. Accaparée par sa discussion et sans même se soucier de déranger ses autres collègues réunis dans la salle de repos, Mildred vilipenda à voix haute son interlocuteur indépendant.

"Mais je rêêêve! Quel mot vous ne comprenez pas dans l'expression la cliente est reine? J'ai payé pour un service et vous n'êtes même pas capable d'assumer votre responsabilité! "

La langue de Mildred claqua de rage sur son palet.

"Pourquoi ne devrai-je point hausser le ton? Vous osez me demander cela? C'est tout bonnement incroyaaable!!! Votre hibou est arrivé avec cinq minutes de retard sur la date théorique de livraison? Et je devrai me taire? Mais dans quel monde vivez vous, monsieur??? De plus, dois-je vous rappeler qu'une des framboises déposées sur mes délicieux cupcakes était renversée!!! "

La romancière poussa un soupir agacé, tandis qu'elle poussait les classeurs déposés sur la surface d'un bureau, afin de pouvoir y poser son noble fessier.

"Écoutez si vous êtes incapables d’acheminer 30 malheureux cupcakes de Bristol jusqu'à l'école de Poudlard, il faudrait penser à changer de métier! "

Les yeux de Mildred roulèrent dans leurs orbites.

"En quoi est-ce anormal que de commander des pâtisseries à quatre heures du matin? C'est la meilleure!!! Je vais devoir me justifier de mes achats maintenant! Vous ne manquez pas d'air! Par votre faute, je vais devoir bosser le ventre vide! Quelle honte de traiter une pauvre femme ainsi! Savez-vous au moins à qui vous vous adressez, monsieur? "

Mildred leva la main d'un geste autoritaire pour interdire deux professeurs de la perturber dans sa communication hologrammique. D'un geste empreint de mépris, elle secoua sa longue tignasse rousse.

"Mildred Magpie, elle-même! Dois-je vous l'épeler ou suis-je assez célèbre pour le faire? Et vous? Quel votre nom, sombre incapable!? Histoire que je puisse contacter l'un de vos supérieurs direct? "

Ruminant sa colère, la bouche pincée de Mildred finit par cracher un ultimatum.

"J'EXIGE d'être livrée dans les plus brefs délais! Et je me fiche de savoir comment vous devez vous y prendre, mais sachez que désormais je ne tolérerai plus l'ombre d'un retard, ni la moindre avarie! Les pâtisseries de la Maison d'Eden doivent être traitées avec respect! Et je tiens à vous dire que la moindre des politesses serait de me proposer un geste commercial, comme la gratuité de mes prochains envois sur les trois prochains mois! Comment c'est impossible!??? Vous plaisantez? Pourquoi vous me parlez de porc, maintenant? Mais vous allez bien??? Je veux être livrée par hiboux express pas par porc!!! Ah, mais vous me parlez de frais de port... Je m'en fiche débrouillez-vous, ce n'est pas mon problème! "

Sans même relever le regard, Mildred fit un petit geste courroucé de de la main pour dire aux deux personne d'évacuer son champ de vision afin de la laisser librement achever son interlocuteur.

"Vous savez que je peux vous faire une très mauvaise presse? Oui, vous pouvez comptez sur moi la-dessus! Je ne vais pas m'en priver, et... "

Interrompue, l'insupportable intervenante leva ses yeux sur le couple de Directeur de Maison qui se trouvaient en face d'elle. Mildred esquissa un sourire agacé, avant de s'adresser directement à Jonah et Thelma avec l'impatience qui la caractérisait :

"Une minute, je vous prie! Vous ne voyez pas que je suis en pleine communication? "

La salle des professeurs était-elle un lieu de détente? Ou simplement un endroit où l'on pouvait presser librement sur la détente? Dans tous les cas, les gros titres de la Presse n'avait pas rendu l'ambiance des plus apaisées...



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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"...inquiétant pour les matchs barrages de la coupe du monde qui se dérouleront à partir de septembre. En effet, John Gassey, l’entraineur de l’Angleterre, est sur un balai éjectable depuis la… »

Peu désireux de remuer le doloris dans la plaie, Jonah coupa la RITM d’un sortilège depuis la salle de bain. Tout en boutonnant sa chemise, il rejoignit la pièce à vivre et attrapa le tas de copies posé sur la table qu’il glissa dans sa serviette. Il n’ avait pas touché à ses corrections du week-end et les parchemins prenaient la poussière depuis vendredi, date à laquelle il les avait déposé ici, avant de partir pour le Wizzard Stadium.
Il faut dire qu’ après la défaite de l’Angleterre il avait préféré occuper son temps de manière nettement plus plaisante : En effet,  Jonah avait très certainement vécu les 48 heures de deuil du supporter les plus exquises de son existence !

L’enseignant esquissa un léger sourire au souvenir des moments intimes partagés avec Thelma. Il lui tardait de la retrouver aujourd’hui, ne serait ce que pour échanger un regard complice avec elle. Afin de ne pas éveiller les soupçons, chacun avait dormi chez soi et il était impatient de la rejoindre avant le petit-déjeuner.

Jonah quittait donc son appartement pour se rendre en salle des professeurs lorsque des murmures étouffés attirèrent son attention à l’extrémité de l’aile réservée aux logements privés des enseignants.

« Tu t’en fous, j’te dis ! »
« Oui… je sais mais …quand même… »


Jonah fronça les sourcils : Il connaissait ces voix. Il  traversa le corridor et déboucha rapidement à l’angle du couloirs où ses trois fils étaient postés. Gabriel était assis par terre, tête baissée sur son Pear, flanqué de Virgil, accroupit à côté de lui et Casey, debout, immobile.

« Qu’est-ce que vous faites là ? »

Gaby s’empressa de cacher son Pear One dans sa poche et sécha sa morve d’un revers de la main. Virgil se redressa prestement et s’éloigna de quelques pas de son petit frère. Il s’appuya contre le mur opposé et croisa les bras sur son torse.

« Rien. »
« Comment ça rien ? » Jonah chercha à interroger Casey du regard mais ce dernier semblait perdu dans la contemplation de ses souliers. «  Gaby,  pourquoi pleures-tu ? » demanda alors le père de famille en s’accroupissant à son tour devant le dernier né de la fratrie.

Gaby était un chouineur dans l’âme : Il pleurnichait pour tout et n’importe quoi –souvent pour n’importe quoi- mais cette fois il semblait véritablement affecté. Il n’en fallait pas plus pour éveiller l’inquiétude de Jonah.

« Rien… »

Comme pour contredire ses propres mots, les pleurs du dernier né de la fratrie redoublèrent en intensité.

« Il a perdu à CréaturesGo alors il geint. Comme d’hab’. » souffla Virgil avec sa morgue habituelle.

Jonah lui jeta un regard noir, comme pour l’inviter à se taire. Il fallait toujours qu’il fasse des commentaires déplacés au plus mauvais moments.

« Écoute Gabriel. Je vois bien que ça ne va pas, d’accord ? insista-t-il en posant une main sur l’épaule de son fils,  donc dis moi : Quelqu’un t’embête ? Tu as reçu un message désobligeant ? » demanda Jonah en se remémorant la prime réaction de Gaby qui s’était empressé de cacher son Pear One à son arrivée. Le gamin sembla hésiter un instant. Il hoqueta plusieurs fois et finit par dire.
« C’est à cause de l’article. »
« Quel article ? »
« L’article ! insista Gabriel comme si son père ne pouvait pas ignorer cette information.
Jonah secoua légèrement la tête en signe d’incompréhension. Il ne voyait pas du tout où son fils voulait en venir.
« L’article de Multiplettes, intervint Virgil. Face au regard perdu de son père, l’adolescent ajouta, Ne me dis pas que tu ne l’as pas vu ? »
« Mais de quoi parlez-vous ? »

Virgil tenta d’évaluer le degré de sincérité de son paternel et finit par esquisser un sourire désabusé en secouant la tête. Il reporta son attention au bout du corridor avant de poser un regard sombre sur Gabriel.
« Ben, montre lui maintenant que t’as tout balancé. »

Jonah commençait sérieusement à perdre patience. Il attrapa d’un mouvement rapide le Pear que Gabriel lui tendait et parcourut l’article de l’édition en ligne de Multiplettes, daté de samedi. Un immense poids tomba dans sa poitrine tandis qu’il découvrait le gros titre, les illustrations et les commentaires de Mildred Magpie. Comment avait-elle osé ? Après qu’il ait fait l’effort de venir, avec Agathe, lui présenter personnellement leurs excuses pour les dérives de Virgil, voilà qu’elle s’amusait à semer la discorde dans sa famille !

« Ça tourne depuis deux jours dans les salles communes. » commenta Virgil comme pour enfoncer le clou.

Deux jours. Jonah releva les yeux sur Gabriel qui tentait de sécher ses larmes et sur Casey dont le regard était  toujours braqué sur ses chaussures.

« Allons les garçons… Vous savez bien que Mutiplettes a tendance à déformer la réalité ! Vous saviez tous que j’allais au match avec le professeur Corrigan. Je ne vous l’ai pas caché. Elle est irlandaise.»
« Oui … On l’savait…mais pas les copains. »
« Les autres vous embêtent avec ça ? »
Jonah craignait d’ entrevoir le nœud du problème et la réaction de Gabriel confirma ses craintes : Le gamin pressa ses doigts contre ses paupières pour ne pas se remettre à pleurer, faisant visiblement  tous les efforts du monde pour contrôler ses sanglots. Après un bref instant de silence, il articula d’un air honteux :

« Ils font que dire : « Si t’as des bonnes notes en Défenses contre les Forces Du Mal c’est parce que le professeur Corrigan veut se taper ton père ! ». »

La phrase de Gaby lui fit l’effet d’un gifle. Jonah se doutait bien qu’il ferait, tôt ou tard, l’objet de rumeurs si sa relation avec Thelma se confirmait dans la durée mais il ne pensait pas que les ragots arriveraient si rapidement…ni qu’ils s’avéreraient aussi cruels. Il avait oublié à quel point les adolescents pouvaient être odieux entre eux. Aux vues de l’attitude de Casey, il était prêt à parier qu’il souffrait des mêmes remarques que son petit frère.

« Dis leurs d’aller se faire voir, intervint alors Virgil en approchant de quelques pas, papa baise qui il veut, il n’a pas besoin de leur autorisation ! Ils se tripotent tous en pensant à Corrigan, c’est juste une bande de rageux. »
« Tu vas me faire le plaisir de changer de vocabulaire Virgil. tonna Jonah . Il se redressa de toute sa hauteur pour faire face à son fils. Même s’il avait raison sur le fond, il n’appréciait pas du tout qu’il parle de Thelma en ces termes.  «  Tu n’es pas obligé de tomber dans la vulgarité. »

Comme à chaque fois, il avait suffit d’une étincelle pour qu’une dispute éclate entre le père et le fils.

« Quoi !?  Je rêve ! Je prends ta défense, tu devrais être content ! »
-Non, tu ne prends pas ma défense, tu envenimes la situation.
-C’est moi qui envenime la situation ? Jusqu’à preuve du contraire je suis pas l’auteur de ce torchon. Cette vieille garce de Magpie fout la merde et c’est moi qui trinque ! Ben voyons ! Qui m’a forcé à lui écrire une lettre d’excuse, hein ? Elle se croit tout permis maintenant !  Elle pense qu’elle peut piétiner notre famille et toi tu lui donnes du grain à moudre ! s’emporta Virgil avant d’ajouter d’un air mauvais, D’ailleurs t’as fait quoi tout le week-end pour passer à côté de ce truc ? Je suis curieux de le savoir. »

« ARRÊTEZ ! »

La voix de Casey avait claqué dans l’air, coupant court à toute discussion. Les deux mains sur ses oreilles, les paupières scellées, le visage crispé, il tremblait comme une feuille.

« Arrêtez de vous disputer tout le temps ! »

Jonah sembla enfin revenir à lui. Virgil avait la faculté pour le faire sortir de ses gonds et lui faire perdre tout discernement. Il devait surtout s’attacher à rassurer les petits plutôt qu’à répondre aux provocations de son Gryffondor de fils.

« C’est bon. J’ai compris. Je me casse. » lâcha d’ailleurs ce dernier en quittant le corridor d’un pas décidé.
Jonah ne chercha pas à le retenir. Ils auraient une petite explication tous les deux plus tard. Casey, le plus vulnérable de ses enfants,  et Gabriel, qui prenait toujours tout à cœur, devaient rester sa priorité pour le moment.

« Écoutez moi les garçons, dit-il en s’accroupissant de nouveau, une main posée sur l’épaule de chacun de ses fils, Il y aura toujours des personnes qui chercherons à vous atteindre, à vous blesser. Ne leur faites pas ce plaisir. D’une certaine manière, Virgil avait raison : Il fallait renverser les rôles pour moucher ces petits harceleurs,  Gaby, tu as des bonnes notes en Défenses contre les Forces du Mal parce que tu es un excellent sorcier pour ton âge. Tous les élèves qui participent au club de duel le savent parfaitement, crois-moi. Tu as les notes que tu mérites. Ne laisse personne te convaincre du contraire. Et c’est pareil pour toi Casey. Même si le Poufsouffle n’obtenait pas de si bons résultats que ses frères, il faisait preuve d’une volonté à toute épreuve.

Jonah en arrivait maintenant à la partie la plus délicate de son discours. Il n’avait aucune envie de mentir à ses fils au sujet de sa relation avec Thelma mais il ne pouvait pas non plus la revendiquer haut et fort.

« Pour ce qui est de l’article, j’irai voir Mildred Magpie et je lui ferai savoir que je n’ai pas apprécié. Je demanderai aussi à Madame Silvester de passer dans les classes pour évoquer les questions de harcèlements entre élèves…
-J’t’en prie papa, fais pas ça ! intervint Gabriel d’une voix plaintive.
-Vous ne serez pas cités.
-Même ! On va se débrouiller, t’as raison après tout. Et puis,… c’est que des rumeurs de toute façon… »

Jonah n’avait jamais dit que l’article n’était pas fondé  mais devant le regard plein d’espoir de Gabriel il n’eut pas le courage de le contredire. Il esquissa un léger sourire à l’attention de son fils et lui ébouriffa affectueusement les cheveux.

« Vous êtes plus forts qu’eux. Ne l’oubliez pas. » dit-il en se promettant mentalement d’en toucher tout de même deux mots à Rachelle. Il se releva et regarda ses garçons tour à tour.
« Vous avez déjeuné ? »
« Non. »
Casey secoua la tête.
« Allez, filez dans la Grande Salle. Je vous rejoins. »

***

Quelques minutes plus tard, Jonah pénétrait dans la salle des professeurs espérant y trouver Thelma. Il tenait à s’assurer qu’elle ait lu l’article avant d’entamer ses premières heures de cours de la journée. Avisant sa collègue dans le fond de la salle, il s’approcha de la table où elle était installée pour travailler.

« Salut. » souffla-t-il avec un léger sourire. Il s’assit en face d’elle, sortit ses copies de sa serviette et les posa en tas sur le bureau. Roderick Wembley contemplait le panneau d’affichage en buvant une tasse de café. Jonah l’observa un instant avant d’ajouter à voix basse à l’attention de Thelma:

« Tu as vu le Multiplettes de samedi ?»

Il tendit son propre Pear One ouvert à la page de l’article dont ils faisaient l’objet sans trop savoir si sa collègue était déjà au courant.

« Le deuxième cliché ne me flatte pas vraiment… » souffla-t-il dans une tentative d’humour. Intérieurement, il bouillonnait mais prendre les choses trop à cœur éveillerait forcément les soupçons de leurs collègues.  « Merci Mildred. » ajouta-t-il, tandis que Roderick quittait la pièce pour laisser justement entrer la bruyante et insidieuse reine du scandale.

Un puissant mélange d’exaspération et de ressentiment s’empara immédiatement de Jonah. Dire qu’il avait consolé cette femme lors de la rentrée littéraire ! Merlin, comme il s’en mordait les doigts à présent ! Il aurait mieux fait de la laisser faire un DBD du haut du Moov’Building de Leopoldgrad… Non contente d’avoir jeté de l’huile sur le feu dans sa relation avec Agathe lors de l’entrevue qu’ils avaient eu, tous les trois, aux Folies Sorcières, elle semblait maintenant prendre un malin plaisir à semer la discorde dans sa vie. Si cela n’avait été que de lui, Jonah aurait pu prendre la situation avec philosophie –après tout, Multiplettes n’était qu’un périodique rempli de mensonges - tout le monde savait cela- mais la détresse de ses fils, quelques minutes plus tôt, l’avait profondément bouleversé. Il entendait bien faire comprendre à la romancière qu’il n’avait pas du tout apprécié cet article qui dévoilait des pans entiers de sa vie privée. Non seulement, il braquait un projecteur sur sa relation tout juste naissante avec Thelma mais en plus il commentait les déboires disciplinaires de Virgil. Jonah jugeait ces propos tout bonnement  inadmissibles et il entendait bien le faire savoir à   la principale intéressée  ainsi qu’à la directrice. Il estimait que Mildred avait commis  une grave faute professionnelle en révélant des détails du dossier scolaire de Virgil. Elle pouvait s’en prendre à des adultes mais très certainement pas à des enfants -et encore moins à ses propres fils.

Comme si cela ne suffisait pas, Mildred déambulait dans la pièce avec exubérance, sans s’inquiéter de déranger qui que ce soit. Elle faisait mine de ne pas les avoir remarqué, lui et Thelma,  se payant même le luxe de renverser le tas de parchemins en s’asseyant, entre eux, sur le bureau. Jonah dut se pencher légèrement sur le côté pour élargir son champs de vision du fessier de Mildred Magpie. Il échangea un regard entendu avec Thelma et se leva pour faire face à la romancière.


"Une minute, je vous prie! Vous ne voyez pas que je suis en pleine communication? "

Jonah esquissa un sourire qui n’avait rien de chaleureux..

« Si, bien sûr, mais je pense que le livreur a compris. » souffla-t-il en guise de réponse.

Il laissa passer quelques secondes, puis sans la quitter des yeux, il referma le Pear One de la romancière de la pointe de son index.

« Il faut qu’on parle, Mildred. »


One needs that an infinite patience to wait always what never arrives
Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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D'un geste du poignet, Thelma tourna sa baguette magique de côté, afin de décaler l'immense pile de parchemins qui flottait devant elle. Sagement, les feuilles vinrent se ranger à ses côtés, en un tas bien net suspendu au-dessus du sol, lui laissant le champ libre pour ouvrir la porte de la salle des professeurs. Il était très tôt, et les premières lueurs du jour commençaient tout juste à poindre par la fenêtre, baignant la pièce dans la semi-obscurité. Se dirigeant vers sa table habituelle, celle dans le coin le plus éloigné de la porte, elle y déposa sa pile de copies à corriger et son sac en bandoulière, avant de s'affairer à allumer les torches et à faire chauffer la bouilloire. Il n'était pas encore l'heure du petit déjeuner, et elle n'avait pas voulu déranger les cuisines aussi tôt, alors elle se contenterait d'un thé pour réveiller son organisme. Il allait lui falloir de l'énergie, pour se replonger dans son travail...

Un doux sourire aux lèvres, elle s'adossa un instant à son siège, et laissa ses pensées vagabonder sur les dernières quarante-huit heures. Au petit matin, ce week-end lui semblait comme un mirage qu'elle aurait rêvé. Elle avait vécu des moments parfaits avec Jonah et elle se sentait enveloppée dans une bulle de bien-être, qu'elle n'était guère pressée d'éclater pour se replonger dans son quotidien. Hélas, son travail en retard avait littéralement pris des hauteurs insoupçonnées, et elle savait qu'elle n'avait plus le loisir de procrastiner.

D'ordinaire, Thelma était le genre d'enseignante parfaitement consciencieuse qui rendait chaque paquet de copies corrigé à ses élèves dès la séance qui avait suivi l'évaluation, qui tenait un agenda à jour et bien tenu, qui préparait ses cours sans attendre et de façon consciencieuse, à la limite du perfectionnisme d'ailleurs... Mais il fallait bien le reconnaître, entre les longues soirées passées à discuter avec certains de ses collègues sur la situation politique du pays, et ses activités du week-end, elle avait eu d'autres préoccupations et s'était relâchée. Elle le payait ce matin, car elle avait un paquet de cinquième année et un second de septième année à corriger... Or les BUSE et les ASPIC approchaient à grands pas.

Avec un soupir, elle se força donc à cesser de revivre les jours précédents, et se leva pour préparer son thé. Après avoir sorti son encre, ses plumes, ses manuels, elle n'eut plus la moindre excuse et n'eut pas d'autre choix que de saisir une première copie.

*Hum, eh bien ce sera rapide*, songea-t-elle en observant les grands espaces laissés par l'élève sur le parchemin. Il avait jeté quelques mots hésitants après chaque numéro de question, écorchant au passage l'orthographe et la grammaire, avait fait l'effort d'inscrire son nom, et c'était à peu près tout. Objectivement, cela valait à peine un Désolant, peut-être même un Troll. Pourtant, si elle appliquait la grille officielle de notation des BUSE de défense contre les forces du mal, l'élève se retrouvait avec suffisamment de points pour décrocher un Acceptable... Et puis, ce Justin avait déjà rendu bien pire, il y avait un effort notable de sa part : il s'était présenté à l'examen. D'humeur généreuse, Thelma prit sa plume et inscrivit un A rouge en haut de la copie, avant d'ajouter une appréciation littérale.

Petit à petit, Thelma parvint à se plonger dans sa correction et avança à un rythme raisonnable. L'heure avait tourné, le soleil s'était levé et le chant des oiseaux, intensifié. Quand elle constata que son thé était froid, elle plongea la main dans la poche de son sac à la recherche de son Pear, pour vérifier l'heure, mais ne le trouvant pas, elle se rappela que Peeves l'avait explosé au sol après le lui avoir volé, sous prétexte qu'elle lui avait envoyé le Baron Sanglant un peu plus tôt. Cet esprit frappeur devenait ingérable, même s'il lui avait donné une raison d'acquérir le Pear 2 - ou de faire marcher sa garantie - et elle allait devoir se plonger sérieusement dans ses manuels pour trouver un moyen de le maîtriser. Elle n'appréciait guère le désordre qu'on le laissait instaurer dans cette école.

Bientôt, son collègue Roderick vint la tirer de sa solitude. Ils échangèrent quelques politesses pendant qu'il préparait sa tasse de café, puis vaquèrent chacun à leurs occupations. Le son de la porte qui s'ouvrait une seconde fois la tira de ses pensées, et elle redressa la tête pour aviser Jonah. Aussitôt, un sourire apparut sur son visage et elle le salua doucement.

Elle s'apprêtait à engager la conversation, mais Jonah avait visiblement autre chose en tête. Fronçant les sourcils à la mention de Multiplettes, elle lui fit un signe de dénégation :

"Non, mon Pear est cassé, il faut que j'aille au Vargas Store, pourquoi ?"

Elle saisit le Pear que lui tendait Jonah et sentit quelque chose de lourd tomber dans sa poitrine. Non. Elle n'avait pas osé. Comment avait-elle pu leur faire ça ? Parcourant les lignes de l'article, elle sentit sa stupeur se muer très rapidement en colère, en reconnaissant le portrait peu flatteur que la rédactrice faisait de Virgil. Toute à sa lecture, elle ne réagit pas à la tentative d'humour de Jonah, et leva un regard noire vers la tornade rousse qui venait de pénétrer dans leur antre. Eberluée, elle écouta sa conversation - ou plutôt, son monologue infect - au Pear et sentit son exaspération monter à chaque instant, ses joues s'empourprant de frustration. Comment se permettait-elle un comportement pareil ?! Dans une école ! Avec des enfants ! Le souvenir de leur dernière rencontre, à tous les trois dans cette même pièce, avec l'arrivée de Virgil, acheva de la rendre furieuse et elle échangea un regard incrédule avec Jonah devant l'impolitesse de la sorcière.

Elle approuva d'un hochement de tête et bondit sur ses pieds, contourna la table et se planta à côté de Jonah, les bras croisés sur sa poitrine. Elle ne la laisserait pas s'en tirer avec ça.

"Vous n'avez donc de respect pour rien ni personne ?", siffla-t-elle sans pouvoir se contenir, le menton redressé pour pouvoir toiser Mildred, qui la dépassait d'une bonne tête. Elle savait que cet article touchait Jonah et sa famille plus qu'ils ne la touchaient elle, elle savait que ce n'était pas son combat à mener. Mais elle en avait plus qu'assez de l'attitude de la journaliste, qui répandait son poison et vivait sa vie sans aucune considération pour personne, en toute impunité et avec la bénédiction du régime...

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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La mâchoire de la romancière se crispa alors que le clapet de son Pear One venait de se refermer en un claquement sec entre ses doigts. Comment pouvait-on oser un geste aussi culotté de l'index et se permettre d'interrompre une discussion commerciale aussi cruciale que celle visant à acheminer ses adorables petits cupcakes à la myrtille du Paradis d'Eden jusqu'à ce trou perdu que l'on nommait communément Poudlard!? Aussi austère et inconfortable qu'un monastère, Mildred commençait sérieusement à se demander si l'on ne cherchait pas volontairement à la priver de la moindre douceur qui puisse rendre son séjour quelque peu plus agréable. Déjà que Daisy Mason se refusait à lui aménager une suite digne de nom avec une salle de bain privative, il était inenvisageable de la couper des liens qui la raccrochaient encore au monde extérieur. Voila pourquoi, la sorcière leva un regard courroucé sur le responsable de cette censure méprisable, et qui n'était autre que le Directeur de la Maison Serpentard. Plutôt que de l'importuner et clore le bec à son Pear One, il aurait  plutôt dû s’affairer à surveiller celui de son diable de fiston! Car sans l'objet du délit entre les mains crochues du vil garnement, aucune calomnie n'aurait pu être accomplie! Sourcils arqués, le regard scandalisé de la romancière ne tarda pas à lui balancer des flèches indignées.

"Auriez-vous perdu la raison, monsieur Forbes? De quel droit osez-vous m'interrompre au milieu d'une transaction commerciale!? Et de quoi voudriez vous parler qui puisse justifier un telle incivilité? "

La fautif n'eut pas le temps de se justifier de son geste indélicat, que déjà la fine silhouette de la professeur des défenses contre les forces du mal venait de s'intercaler dans le débat houleux. Mildred Magpie la toisa de haut en bas, avant qu'un petit sourire mauvais ne vienne étirer le gloss brillant de ses lèvres.

"Oh, je vois... " se contenta-t-elle de dire.

Lors du dernier week-end la sulfureuse journaliste avait assisté à une rencontre décisive de la coupe du monde de Quidditch, un derby tendu entre la noble Angleterre et la fière Irlande. N'allez point croire que la sorcière insidieuse s’intéressait tout à coup à la rubrique sportive, loin de là! D'ailleurs, Mildred Magpie ne maitrisait aucune des règles fondamentales de cet art ancestral, préférant concentrer toute son attention sur les fessiers musclés de ces messieurs les sportifs. Dans un but purement informatif, elle raffolait des interviews à chaud dans l'intimité virile des vestiaires suintant la testostérone. Bon nombre de joueurs, comme le très talentueux Fakir, fréquentaient assidument son établissement des Folies Sorcières ; Et ils avaient la réputation d'être aussi infatigables dans l’Arène que dans ses chambres closes. De quoi alimenter les fantasmes lubriques d'une vieille célibataire endurcie de presque cinquante ans...

Mais plutôt que les torses musclés et l'odeur enivrante de la sueur de ces beaux mâles alpha, Mildred Magpie avait opté pour un choix plus stratégique quand tout à coup, sous ses yeux ébahis de fouine en quête perpétuelle de scoop ; Elle découvrit les prémices d'un couple naissant. Une liaison secrète entre deux si prestigieux directeurs de maison de Poudlard, voila une aubaine à ne manquer sous aucun prétexte! Sa langue de murène se tordant d'extase contre son palet, elle avait mitraillé de photos cet instant de complicité volé. Jonah et Thelma était véritablement de vilains petits cachotiers, car rien ne laissait soupçonner une éventuelle liaison. Tant de mystère... Pourquoi? Voilà de quoi faire les choux gras et la une de Multiplettes...  

La mesquine Mildred Magpie ignora une publicité pour un lait hydratant corps anti-âge de Centaure qui venait de s'afficher sur l'écran magique de son Pear-One, pour scruter de manière espiègle les deux cachotiers.

"Alors comme ça vous pensiez sincèrement pouvoir tromper votre monde et entretenir le secret de votre idylle? Ah les mystères et l'innocence de l'Amour... Comme c'est touchant et mignon ! Mais pourquoi diable vouloir priver le monde et nous autres professeurs d'une aussi délicieuse nouvelle? " Mildred Magpie se frotta les mains avec extase, tandis que sa petite langue de vipère venait humecter sa bouche de canard. "Vous n'imaginez pas ma surprise et ma joie que de vous découvrir ensemble, si proche l'un de l'autre... Il aurait été fort regrettable de ne point immortaliser ce moment magique. N'est-ce pas? "

Nul doute que les ébats qui avaient ponctué cette encontre complice avait duré plus longtemps que le match de Quidditch en lui même ; Du moins il fallait l'espérer pour Thelma.



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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« Intervenante. » rectifia Jonah lorsque Mildred s’autoproclama professeur. C’était mesquin mais la romancière commençait sérieusement à l’agacer avec ses manières cavalières et son ton mielleux. Elle faisait mine de se réjouir de leur idylle et se félicitait  d’avoir surpris –et divulgué- des images de ce soit disant rendez-vous galant, qui, à l’écouter, avait été organisé dans la plus grande clandestinité.
« Mildred, si tu avais un tant soit peu écouté les conversations en salle des professeurs au lieu de hurler sur ce pauvre livreur du paradis d’Eden toute la semaine dernière, tu aurais su que cette sortie n’avait rien de secrète… » lâcha Jonah en roulant des yeux.
Thelma et lui s’étaient longuement chambrés lors des journées précédent la rencontre et tous leurs collègues étaient au courant qu’ils allaient voir le match ensemble, comme deux passionnés de quidditch qu’ils étaient.
« Je ne te comprends pas, finit-il par dire. En vérité, il avait peur de trop bien la comprendre, Qu’est-ce que tu cherches à faire au juste en publiant de tels articles ? Lancer des rumeurs auprès des élèves pour nous déstabiliser Thelma et moi ? Fragiliser l’équipe pédagogique -à laquelle tu appartiens, je te le rappelle- C’est ça que tu veux ? » demanda-t-il alors pour tenter de lui faire prendre conscience de ces actes.
Malheureusement, Jonah commençait à cerner le personnage et il craignait que Mildred ait agit délibérément avec l’unique intention de lui nuire. Il avait eu un avant-gout des bassesses dont elle était capable lors de sa visite aux Folies Sorcières avec Agathe. Mildred avait insidieusement diffusé son venin dans des remarques anodines, avec l’air de ne pas y toucher, cherchant vraisemblablement à fracturer davantage la relation entre les deux ex-époux. Jonah redoutait d’entrevoir le problème :  Virgil avait froissé son égo et elle cherchait par tous les moyens à se venger de lui. Si elle pouvait l’humilier, lui et ses proches, elle ne se gênerait pas.
« A moins qu’il y ait une autre raison qui  te pousse à agir ainsi… » ajouta-t-il alors en croisant ses bras sur son torse, dans ce cas je t’écoute. »
Il ne voulait pas être le premier à mettre le cas Virgil sur le tapis aussi attendit-il que Mildred livre ses explications.


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Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Le petit sourire mesquin que Mildred esquissa à Thelma provoqua chez l'enseignante des pulsions d'agressivité qu'elle ne se connaissait que rarement. Ses yeux s'étrécirent, mais elle conserva le silence pour laisser Mildred exposer les raisons de son forfait. Le ton mielleux employé et la vacuité de ses propos ne fit qu'augmenter son exaspération. Lors de l'arrivée de Mildred à Poudlard, Thelma l'avait accueillie avec la même chaleur et le même enthousiasme que n'importe qui. Elle préférait toujours attendre de mieux connaître les gens et de gratter ce qui se dissimulait sous la surface, avant de se faire une idée à leur sujet. Pourtant, juger Mildred au premier abord aurait été facile : maquillage lourd et de piètre goût, tenue vulgaire et dénuée d'élégance, attitude envahissante et journal racoleur, ce n'était a priori pas la tasse de thé de Thelma. Pourtant, elle ne s'était pas arrêté à cela et avait voulu laisser une chance à Mildred de lui prouver qu'elle n'était pas aussi mesquine et superficielle que son apparence le laissait entendre. C'était raté.

Thelma était une personne discrète, sur certains aspects de sa vie, et sur ses amours en particulier. Bien sûr, il n'était peut-être pas très malin de sa part de mélanger vies professionnelle et sentimentale dans ce cas, mais elle aurait au moins pu escompter que les débuts de cette relation ne soient pas exposés à la terre entière dans un journal. C'était à Jonah et elle de décider de ce qu'ils racontaient, quand, et à qui. Certainement pas à Mildred.

Entendant les questions de Jonah, qui cherchait tant bien que mal une raison excusable au comportement de Mildred, elle secoua la tête avec énervement. Inutile de chercher midi à quatorze heures, seuls l'égoïsme et la bêtise crasse étaient à l'origine de cet article...

"Elle essaie de faire de l'argent et de créer le scandale avec son journal immonde, c'est tout", siffla-t-elle en dardant sur la journaliste des prunelles furieuses. Redressant légèrement le menton, pour mieux défier du regard la journaliste juchée sur talons hauts, elle ajouta : "Je me trompe ?"
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"Pardon? "

Face au déluge de question, la rédactrice en chef de Multiplettes joua immédiatement la carte de l'incompréhension totale, accompagnant son petit numéro de comédienne d'un regard de biche effarouchée à l'attention de Jonah.

"Lancer des rumeurs? Vous déstabiliser? Fragiliser l'équipe pédagogique? Mon Dieu, Jonah! Mais pour qui me prenez-vous? "

Instinctivement, elle plaqua une main innocente à l'endroit où palpitait son petit cœur en émoi.

"C'est affreux! A vous entendre, je suis un monstre qu'il faudrait bruler en place publique! Je suis profondément déçue et choquée par votre vision des choses... "

Le regard du couple oscilla entre les deux tourtereaux démasquées, avant d'ajouter d'une voix suintant la mauvaise foi :

"En vérité, ma seule motivation était de divertir mes lecteurs avec une belle romance. Quelques grammes de tendresse dans un monde de brutes. Humainement, vous pensez qu'il est simple de devoir se coltiner perpétuellement les mêmes faits divers aussi glauques que sanglants. D'avoir à affronter les pires horreurs de ce monde sans jamais vaciller? " Du bout de son ongle verni, Mildred fit mine d'éradiquer une fausse larme de crocodile du coin de son œil gauche. "Lorsque je vous ai vu tous les deux, irradiant de bonheur, au milieu de cette foule en liesse : Je me suis dis que le miracle d'un monde meilleur était encore du domaine du possible. Vous pouvez me blâmer, mais j'ai ressenti un besoin presque vital et altruiste de matérialiser ce bonheur, et de le transmettre à mes lecteurs. Voyez-vous? Il ne s'agissait que d'une manière de reprendre foi en l'humanité... "

Malheureusement pour la romancière tragédienne, sa stratégie émotionnelle ne sembla point fonctionner auprès de Thelma Corrigan. Secouant la tête en signe de désaccord, cette dernière argua le fait qu'il ne s'agissait que d'une honteuse manière de créer le scandale pour se faire des Galions. Comble de la mesquinerie, elle osa qualifier Multiplettes de journal immonde, avant de la provoquer du regard. Pour qui se prenait cette petite rouquine d’ordinaire si discrète? Voulait-elle se lancer dans un combat de poules? Plutôt que d'ignorer sa provocation, Mildred décida de faire front à l’affront.  

"Comment osez-vous me qualifier de femme vénale? Qui êtes-vous pour jouer les "grandes" moralisatrices? De plus vous insultez ma création, qui je vous le rappelle se trouve être le quotidien préféré des citoyens du Monde Magique. "

Gonflant sa poitrine avec orgueil, elle avança d'un pas pour dominer de toute sa taille la petite furie rousse, avant d'ajouter :

"Oui, la femme d'affaire que je suis comptais bel et bien se faire un paquet d'argent avec votre romance. Mais voyez-vous, il s'agissait de le redistribuer dans les caisses de l’école afin de pouvoir financer un projet aussi coûteux que celui du voyage en Australie. Une étrange manière de déstabiliser l'équipe pédagogique, n'est-ce pas? " Mildred inclina légèrement sa tête en direction de Jonah, qu'elle comptait bien moucher pour de bon. "Un projet qui vous tient réellement à cœur, si je ne m'abuse? Et qui n'était point réalisable, faute de moyens nécessaires... " Victorieuse, Mildred Magpie défia de nouveau du regard Thelma. "Inutile de me remercier ou de vous excusez. Je conçois que ma grandeur d'âme puisse surprendre les petits gens. Mais si je peux vous donnez un conseil ma jolie : C'est celui d'apprendre à tourner sept fois votre langue dans votre bouche avant de propager des idioties... "

Mildred Magpie se contenta d'un sourire provocateur, avant de rejeter sa crinière rousse en arrière.



               
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Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Un tissu de mauvaise foi ! Jonah ne pouvait tout bonnement pas en entendre davantage sans être pris d’une irrépressible envie de meurtre.  Il aurait bien laissé parler ses instincts les plus primaires de lycanthrope pour clore le bec de cette maudite pie mais il pressentait que Mildred n’attendait qu’un dérapage de sa part pour profiter de la situation.
L’enseignant posa ses mains en prière devant sa bouche, comme pour s’enjoindre à ne pas parler sous le coup de la colère, et il laissa Mildred déblatérer son flot de mensonges, comme elle savait si bien le faire.


Elle se cherchait des excuses,  se cachait derrière des faux semblants, Thelma avait raison. Le financement du voyage en Australie n’était qu’un odieux prétexte pour justifier sa soif de scandales et son addiction au buzz. Un comportement à vomir…


« Quand bien même tu ais réellement voulu reverser cet argent à l’école – Jonah en doutait fortement- tu ne pourrais pas. Les fonds extérieurs doivent être validés par le C.A –dont tu as deux membres face à toi, je te rappelle- et je doute que le conseil d’administration de Poudlard voit d’un bon œil que tu t’immisces dans la vie privée de ses enseignants pour –soi-disant- financer des voyages scolaires. »

Aucun de leur collègue ne serait d’accord avec ce principe !

« L’argent n’autorise pas toutes les dérives,  Mildred. » ajouta Jonah, le regard sombre.

Elle allait l’apprendre à ses dépends. C’était la seconde fois qu’elle se jouait ouvertement de lui et c’était incontestablement  la fois de trop. Le simulacre d’entretien qu’il avait eut à Bristol avec elle avait fait naitre en lui un mauvais pressentiment quant à ses intentions véritables et l’article ne faisait que justifier ce ressenti :  Jonah avait cerné le personnage et il était clair que Mildred continuerait à semer le trouble dans sa vie et à agir en toute impunité s’il se contentait de simples remontrances verbales…


«  Je souhaite que tu publies un démenti, dans ton journal, concernant les propos que tu tiens dans cet article et plus spécifiquement ceux qui concernent mon fils. »

Les images prises  lors du match de quidditch  n’avaient pas été capturées au cours d’un événement privé, il y avait donc peu de chance pour que Jonah obtienne gain de cause si jamais il décidait d’engager des poursuites concernant la divulgation de ces clichés . Bien qu’ils ne soient pas des stars du sport, de la culture ou de la politique, Thelma et lui pouvaient être considérés comme des personnages publics. Il y avait de forte chance pour qu’ils soient déboutés s’ils engageaient conjointement une procédure. Toutefois il y avait un passage de l’article qui ne les concernait pas directement et qui traitait plus spécifiquement des difficultés rencontrées par Virgil au sein de l’école. Il n’était pas nommé explicitement mais personne n’était dupe. Mildred Magpie osait révéler des données confidentielles du dossier scolaire et disciplinaire d’un mineur. Cet acte s’avérait intolérable, et surtout, sévèrement puni par la loi.
Ces quelques mots, entre parenthèses dans le texte pouvait couter très cher à la romancière en mal de scandale et Jonah ne comptait pas lui faire de cadeau, cette fois. Il allait s’attaquer à ce qu’elle aimait le plus au monde : Son argent.


« Si ce démenti n’apparait pas dans les trois jours, si je doute de la sincérité du propos  ou si je décèle le moindre affront déguisé entre ses lignes, je te garantis Mildred, que tu le regretteras. La somme que tu comptais donner pour le voyage scolaire sera minuscule comparée aux dommages et intérêts que mon avocat exigera pour diffamation et atteinte à la vie privée."

Jonah n’hésiterait pas à s’offrir les services d’Hyppolite Herminer  l’un des meilleurs avocats d’Angleterre qui avait ardemment défendu la cause des lycanthropes, en son temps. Le sexagénaire était depuis devenu son ami et l’un des membres les plus imminents de WereWolfes Rights. Par le passé, Jonah s’était battu pour les droits des loup-garous et il comptait bien lutter, aujourd’hui,  plus ardemment encore, pour sa famille et ses proches. Un procès ne lui faisait pas peur. Au contraire.

« Ne sous-estime ni ma capacité à me défendre, ni ma ténacité…» souffla-t-il en guise d’avertissement.


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Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Le petit numéro de tragédienne grecque auquel se livra Mildred laissa Thelma complètement de marbre, tant l'argumentaire lui semblait faible et ses manières presque comiques. Levant les yeux au ciel face à ses larmes de crocodile, elle songea en une pensée peu charitable qu'il valait mieux ne pas compter sur Mildred Magpie pour reprendre foi en l'humanité. Lorsque Mildred franchit la distance qui les séparait pour mieux pouvoir la surplomber, du haut de sa haute silhouette de girafe, Thelma se contenta de redresser le menton en haussant un fin sourcil roux. Son sourire se fit narquois lorsque la journaliste révéla la véritable raison de ses actes, avant de se muer en rire incrédule à l'entente de son projet complètement irréalisable.

Mildred pensait-elle pouvoir l'intimider si facilement ? Si c'était le cas, alors elle s'était bornée, comme tant d'autres avant elle, à s'arrêter aux apparences en ce qui concernait la petite enseignante. Certes, Thelma était discrète, certes, elle dirigeait la maison Poufsouffle d'une main douce et bienveillante. Mais elle avait aussi étudié la magie noire dans les plus sombres forêts d'Europe de l'Est, et elle n'avait pas survécu à des années d'enseignement de l'art du duel à Durmstrang en se laissant marcher sur les pieds par des greluches en son genre. Oh, elle ne ferait pas l'erreur de sous-estimer Mildred, derrière ses allures simplistes, la journaliste était dangereuse, très dangereuse. Ses accointances avec les puissants de ce monde et son ambition démesurée suffisaient à s'en assurer. Néanmoins, elle était inconsciente si elle pensait pouvoir s'en prendre à Thelma sans risque de représailles. Thelma savait se défendre, et elle n'avait jamais hésité à lancer un petit maléfice ou deux pour protéger ses intérêts.

En l'occurrence, néanmoins, celui dont les intérêts étaient le plus menacés était Jonah, et il ne manqua pas de le rappeler à Mildred, de la plus admirable des manières. Lui non plus n'avait pas l'intention de laisser la journaliste les entourlouper avec ses faux airs de biche innocente, ni de la laisser s'en tirer à bon compte avec une simple réprimande. Et c'était bien normal, Mildred s'en étant pris à son enfant.

Thelma contourna la journaliste pendant que Jonah s'exprimait, pour revenir s'installer silencieusement à sa table et observer l'échange. Le ton de Jonah était sans concessions, et elle espéra que Mildred ait la sagesse de se soumettre à ses exigences plutôt que de chercher l'affront. Un combat judiciaire n'était jamais agréable à mener, et attirerait au moins autant d'attention sur Virgil que l'article en question.

"Il serait sage, en effet, de ne pas nous sous-estimer", conclut-elle en faisant tourner sa baguette dans ses mains, un petit sourire aux lèvres. Ce n'était pas parce que Mildred Magpie connaissait personnellement le ministre de la magie qu'elle devait se croire tout permis ici. Poudlard était une école, pas un chapiteau de cirque...
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Dégraisser un vieux mammouth aussi obèse que celui de Poudlard ne serai guère aisée au vue des employés rétrogrades qui peuplaient les rangs de son conseil d'administration. Sans l'aide de fonds privés extérieurs, cette vieille machine était condamnée tôt ou tard à s'enrayer. Mais cet immobilisme nocif ne semblait déranger en rien le couple de professeurs, plus soucieux à préserver leurs petits acquis qu'à révolutionner le fonctionnement du système éducatif. Au lieu de fonctionner comme une entreprise ultra-performante, Poudlard ronronnait comme un vieux matou trop gras au bord de sa cheminée. Un système immobiliste et confortable, érigée en modèle absolu par la trop laxiste Daisy Mason, et auquel Thelma et Jonah se réjouissaient d'appartenir. Vivement que Leopold Marchebank secoue le cocotier pour en faire tomber les vieilles noix. Plutôt que de palabrer inutilement, Mildred se contenta d'une petite moue renfrognée.

"Oh, je vois. Vous préférez priver les enfants d'une merveilleuse expérience australienne, plutôt que de compter sur une manne financière extérieure. Comme c'est charmant! " dit-elle en levant les yeux  en direction du plafond défraichi de la salle des professeurs. Le petit couplet sur l'argent et ses dérives finit par l'exaspérer. "Je suis désolée mais sans l'argent et certaines de ses dérives, vous êtes condamnés à ramer et à suivre le même sillage... " Les sourcils en accent circonflexe de Mildred Magpie sursautèrent d'indignation. "Et puis en quoi est-ce une dérive? En quoi cet article est-il monstrueux? Votre liaison est-elle à ce point inavouable pour que vous veniez m'agresser de bon matin? "

Mildred comprit très vite que la source de l'exaspération de Jonah résidait davantage dans le traitement infligé à son fils, que dans ses cachoteries amoureuses. La romancière éprouvait une haine si vivace envers Virgil, qu'elle en oubliait certaines précautions. Jonah se sentait des ailes lui pousser dans le dos, alors qu'il lui lançait un ultimatum dans lequel la romancière n'avait que trois jours pour publier un démenti. Que devait-elle démentir? Quels mensonges? Virgil était-il un petit ange ultra doué et sérieux? Fallait-il lui inventer un avenir radieux et souriant, uniquement parce que son papa protecteur en avait décidé autrement? Fallait-il nier la réalité, et que Virgil ne ferai jamais rien de sa vie? Pourquoi les enfants de professeurs devraient-ils forcément bénéficier de passe-droits, alors que d'autres étaient sévèrement vilipendés? Sans l'aura protectrice de son père : Virgil aurait-été exclu de Poudlard plus d'une fois...

De plus Thelma cherchait-elle à l'intimider en faisant tourner sa baguette entre ses mains? Était-ce une menace physique? Dans un duel magique, Mildred savait qu'elle n'avait pas l'ombre d'une chance contre la professeur de Défense contre les forces du mal. Cela tournerait même à l'humiliation totale, tant Mildred n'usait de sa baguette que pour des sortilèges superflus, comme celui de faire défiler sa vaste garde-robe sous ses yeux. Mais en revanche, elle n'était pas la dernière quand il s'agissait de libérer sa langue venimeuse.

"Voyons, jamais je ne sous-estimerai la fille d'un éminent dresseur de Troll. *Même s'il semble avoir raté quelque part l'éducation de sa fi-fille chérie* Maintenant, veuillez ranger votre baguette, avant que quelqu'un ne se blesse! "

Bien décidée à balayer cette criante injustice, le regard de Mildred se planta dans ceux des deux professeurs.

"Ok. Je contacterai mes avocats, et nous prendrons rendez-vous avec la justice. La liberté de la presse est garante de notre démocratie, et il de mon devoir de la défendre. J'espère que vous avez des dizaines de milliers de Galions à perdre en frais de justice, car j'irai jusqu'au bout de la procédure. Cela pourra durer des années, des décennies à multiplier les appels, mais je meurs d'envie de comprendre en quoi est-ce un mensonge que de dire que Virgil se trouve en nette situation de décrochage scolaire? A vous entendre, il est légitime de fumer de la Mandragore et de multiplier les heures de retenue au sein d'une école aussi prestigieuse que Poudlard... "

Mildred commença alors à tapoter sur le clavier de son Pear2 afin de contacter sa batterie d'avocats, et pourquoi pas ce juge éminent du Magenmagot qui fréquentait assidument les folies sorcière... Celui-là même qui couvrait les activités frauduleuses de Roy et de sa clique.



               
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Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Thelma n’était pas femme à se laisser intimider. Jonah avait déjà pu le constater par le passé mais elle confirma cette caractéristique en tenant tête à Mildred. Elle se fit même un peu menaçante, laissant sous-entendre qu’elle était tout à fait prête à régler ce différent dans un combat magique singulier…
Peut-être était-ce la démarche parfaite pour faire taire la romancière –lui filer une bonne rouste- mais Jonah ne parvenait pas à envisager de régler leur différent de la sorte. Il en avait envie pourtant ! Sa baguette le démangeait sérieusement tant Mildred le poussait dans ses retranchements mais il entendait bien rester fidèle à son passé de militant pacifiste.

Jonah n’avait jamais envisagé la violence comme une solution. Même à l’époque où les droits des lycanthropes étaient bafoués, où les loups garous étaient niés dans leurs identités, il avait toujours eut à cœur de ne jamais céder à la facilité : Réduire un opposant au silence par un sortilège ne résolvait en rien le problème. Ca soulageait, incontestablement, mais personne ne sortait grandi d’une telle situation. Utiliser la violence comme moyen de résoudre les conflits était tout bonnement contre ses principes.  Jonah entendait bien faire valoir  ses droits en usant de moyen pacifique. Transformer les mentalités plutôt que de les anéantir.

Au début, il avait cru –bêtement-que Mildred n’avait pas conscience de la radicalité de son comportement. Il avait donc essayé de lui faire entendre raison, de lui ouvrir les yeux sur ses dérives, en vain.

Force était de constater qu’elle connaissait parfaitement les limites à ne pas franchir et qu’elle s’amusait à les piétiner allégrement. Elle était hermétique à toute évolution. Mildred ne voulait pas entendre d’explications, ni envisager les choses d’un autre point de vue que le sien. Elle savait parfaitement ce qu’elle faisait en  campant ainsi sur ses positions. Jonah avait croisé des individus semblables durant sa vie, assumant pleinement leurs comportements :  Des lycanthrophobes haineux, des sangs purs racistes, fiers de leurs visions étriquées.

Face à ses intolérants –et à défaut de pouvoir leur faire entendre raison personnellement-  Jonah estimait qu’il n’y avait plus qu’un seul recours envisageable: S’en remettre à la Loi.

Il imita donc Thelma et se réinstalla en face d’elle, au bureau où il travaillaient tous les deux avant l’arrivée de Mildred. L’enseignant attrapa un parchemin  au sommet de  sa pile de copies et fit mine de ne pas prêter attention au long monologue de l’intervenante sur la situation scolaire de Virgil. Si elle continuait de la sorte, elle allait faire fondre toutes ses bonnes résolutions ! constata-t-il en l’arrêtant d’un geste de la main.

Il releva alors les yeux vers elle et sans chercher à masquer son impatience, il lâcha :

« Je te laisserai voir ça avec mon avocat. Maintenant, si tu veux bien nous excuser, nous avons des copies à corriger.»

Il jeta un bref regard entendu à Thelma puis sans attendre la moindre approbation de Mildred, il attrapa sa plume et reporta son attention sur le devoir de Nelly Horrocks.

Fin pour Jonah


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Thelma CorriganProfesseur de DCFMavatar
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Thelma secoua lentement sa tête rousse en réaction aux paroles de la journaliste. Quel toupet que de tenter de retourner la "merveilleuse expérience australienne" contre Jonah et elle alors qu'ils étaient à l'origine de ce projet et l'avaient porté devant la direction. Mais plus Mildred s'exprimait, moins l'enseignante était surprise, le culot dont elle faisait preuve n'avait pas de limite. Le moment le plus cocasse fut celui où elle évoqua la liberté de la presse, garante de leur démocratie. Quelle liberté, et quelle démocratie ?, se demanda-t-elle intérieurement, tout en gardant ces réflexions pour elle. Il ne fallait pas sous-estimer Mildred, elle en restait convaincue, même si elle ne comptait pas s'aplatir face à elle non plus. Ce n'était pas une question d'ego - par prudence, mieux valait s'asseoir sur son ego parfois - mais de limite à ne pas franchir : plus on lui laissait d'impunité, plus Mildred prendrait ses aises, à Poudlard, avec l'équipe pédagogique et surtout, avec les élèves.

Aussi, l'enseignante trouva la réaction de Jonah courageuse, l'admirant intérieurement quand il vint s'installer face à elle pour reprendre sa correction de copie, bien loin de flancher face à Mildred. Néanmoins, une part d'elle était inquiète de l'affrontement judiciaire à venir. Il y avait une raison pour laquelle Mildred Magpie ne craignait pas d'aller en justice, qui ne se résumait pas à l'armée d'avocats qu'elle était en capacité d'engager : il n'y avait plus de véritable justice indépendante dans ce pays, si tant est qu'il y en ait jamais eu. Sur ce point, les sorciers avaient fort à apprendre des moldus, mais aucun Ministre n'avait jamais pris la peine d'accroître l'équilibre des pouvoirs, et certainement pas Leopold Marchebank qui s'était au contraire érigé président du Magenmagot, et juge unique lorsque l'envie lui prenait. Dans un combat judiciaire entre Mildred Magpie, pseudo-célébrité et pion du régime qui en faisait les louanges à chaque article, et Jonah Forbes, qui l'emporterait dans un tel contexte ? Jonah, elle l'espérait, mais rien n'était moins sûr.

Cependant, Jonah était aussi conscient qu'elle de ce contexte et suffisamment grand pour prendre ses propres décisions, surtout lorsqu'elles concernaient son fils. Thelma s'abstiendrait donc de lancer une petite malédiction de derrière les fagots à Mildred, même si cela la démangeait de tester le sortilège slovaque de vieillissement qu'elle avait découvert dans le numéro d'avril du magazine Magies d'Ailleurs. Sans mot dire, elle déposa sa baguette sur le bureau et saisit sa tasse de thé à la place, qu'elle sirota tranquillement tout en suivant la journaliste des yeux en attendant son départ.

Comme celui-ci n'arrivait pas assez vite à son goût, elle lui lâcha avec son plus beau sourire hypocrite :

"Bonne journée, Mildred."

Puis elle reprit également sa plume et une copie, qu'elle parcourut des yeux sans vraiment la lire, l'esprit encore occupé par leur échange.
Fin pour Thelma Keur
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Mildred fronça les sourcils devant l'obstination du Directeur de la maison verte et argent. Décidément, il avait de l'argent et du temps à perdre, à moins que ce ne soit son orgueil blessé qui le pousse ainsi à la faute. Quel gâchis! Comme prise d'un remord pour l'homme qui l'avait soutenu contre l'avis de tous lors du gala de littérature magique, Mildred chercha à le dissuader de son erreur.  

"Réfléchis-y bien, Jonah. Le plus dur pour moi sera de choisir dans ma myriade d'avocats, lequel sera le plus susceptible de trouver la faille dans votre défense. Mais sinon je n'ai aucun doute sur l'issue de ce litige : Tu vas perdre... "

Mais c'est avec impatience qu'il lui rétorqua de voir cela avec son avocat, mettant un terme définitif à tout échange. Quelle erreur stratégique! L'homme blessé ne voulait sans doute pas perdre la face devant sa nouvelle moitié rousse. Les hommes se sentait toujours pousser des ailes de la bêtise quand il s'agissait de fanfaronner devant une femme. En souvenir du respect qu'il lui avait témoigné jadis, Mildred lui accorda une dernière chance d'éviter le naufrage. Mais comme bien souvent avec la romancière, aussi avisés soient-ils, ses conseils s'apparentaient toujours à un vil chantage. Tout en repliant ses affaires, elle pesta contre Jonah et ses choix.

"C'est affligeant de voir à quel point tu surprotèges Virgil, au détriment du plus brillant de tes fils. Peut-être que tu te fiches de l'apprendre, mais ton fils Dean était littéralement aux anges d'apprendre le contrat en or que je m’apprêtais à lui faire signer. Je peux faire de lui un homme riche, vivant de son art! Tout comme, je peux, en un claquement de doigt briser l'élan de sa carrière et l'empêcher de pianoter aux Folies... Et pourtant, je n'en ferai rien. Tu sais pourquoi? " Mildred planta un regard lourd de reproche à Jonah, avant d'ajouter : "Car contrairement à toi, je sais différentier la médiocrité du génie! "

Jonah pouvait jouer la sourde oreille, et Thelma lui expédier un "Bonne journée" hypocrite ; Elle savait clairement que les sirènes du succès chantaient en sa faveur. Le pouvoir, l'argent, la notoriété... Il n'y avait que cela de vrai en ce bas de monde. Elle adressa un dernier sourire figé à Jonah, avant de répondre hypocritement aux politesses de Thelma.

"Bonne journée, ma petite... "

Puis en partant, balançant ses hanches avec exagération, elle fit exprès de heurter sournoisement le rebord du bureau sur lequel était empilée la pile énorme de dossier à corriger. Celle-ci s'effondra, recouvrant le sol d'un tapis de parchemins mélangés. Mildred plaqua une main confuse sur sa bouche offusquée avant d'exprimer un mielleux sentiment de fausse confusion.

"Merlin! Que je suis maladroite! "

Puis sans même se donner la peine de s'abaisser et ramasser les dossiers éparpiller, elle s'éclipsa de la salle des professeurs en un claquement de talons aiguilles.

[Fin de RP  Twisted Evil ]



               
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Pourquoi en faire un drame? [PV Mildy-Jonah-Thelma]

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