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 The Artist [Pv Nelly]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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17 Avril 2010,

Merlin soit loué! Qu'il était bon de retrouver la douce sérénité de son Atelier Théâtre et le rythme paisible de son métier d'intervenante scolaire à Poudlard! Même si cette école était d'un ennui mortel et souffrait d'un manque cruel de confort luxueux, l'endroit était parfait pour relâcher un peu de la pression énorme accumulée durant la semaine ! En effet, entre sa carrière chronophage qui lui ravissait tout son temps libre, et ses nuits endiablée aux Folies Sorcières qui l'arrachaient à la douceur de son oreiller de soie ; Mildred Magpie avait bien besoin de cette bulle salvatrice que représentait Poudlard pour refaire le plein d'énergie. De plus, si d'un point de vue financier, ce poste d'intervenante ne lui offrait qu'un salaire ridiculement bas et indigne de sa merveilleuse personne ; La romancière y voyait quand même une opportunité de rester au contact de son noyau de fans, et un moyen de sécuriser ses arrières et justifier certains apports douteux en provenance de sources plus ou moins fréquentables. Mais là où son conseiller financier Ronald Klump lui chuchotait de bons tuyaux pour masquer ses détournements de fonds caritatifs et blanchir l'argent sale qui circulait massivement aux Folies Sorcières, personne ne lui avait inculqué le métier de professeur. La sorcière arriviste avait prit possession de la Salle d'Art, sans même ouvrir un grimoire sur l'enseignement. En son temps, Poudlard avait connu de drôles d'énergumènes, comme un certain Crispin Dérébusor ; Désormais l'école magique devrait faire face à un véritable d'ovni pédagogique nommé Mildred Magpie...  

La romancière n'était rien d'autre qu'un ouragan capricieux! En effet, sa vision du rôle d'enseignant allait sans doute à l'encontre de bon nombre de préceptes séculaires qui dirigeaient cette légendaire école de sorciers, mais en reine du scandale, elle se fichait éperdument de bouleverser les codes et les traditions. Car pour la Diva de Bristol, c'était déjà faire un immense honneur que de franchir le seuil de cette école poussiéreuse quand on était une icône internationale de son envergure! Sa simple présence devait donc suffire à imposer le respect et éclairer ce trou perdu au fin fond de la lande écossaise. Voilà pourquoi, au détriment de tout cahier des charges, c'était à elle seule de décider du rythme et de l'organisation de ses journées d'intervenante scolaire. Dans ce sens, elle faisait souvent des sauts de puces, afin de contrôler la gestion des décors et des costumes de sa salle de Théâtre, même si les loisirs créatifs et l'Option Artistique s'exerçaient essentiellement lors de la journée du Samedi. Le programme de l'enseignante Magpie se déroulait invariablement de la même manière : La romancière débutait sa journée aux premières lueur de l'aube, non pour préparer sa salle d'Art mais pour s'adonner à un petit jogging matinale, ponctué d'exercices physiques. Car du point de vue de la romancière, il était impossible de libérer pleinement son esprit sans être en phase complète avec son corps. Voila pourquoi, elle enfilait son plus saillant legging léopard pour courir quelques foulées dans le parc de Poudlard, avant de s'allonger (essoufflée) dans l'herbe rases pour s'adonner à toute une série de mouvements visant à renforcer ses muscles fessier. Pudeur oblige, je vous laisse imaginer le spectacle quelque peu déroutant s'offrant aux promeneurs matinaux qui venaient à tomber nez-à-nez avec une Mildred aussi exténuée que vociférante, alors que celle-ci travaillait avec acharnement et difficulté diverses positions comme celles du "Chien Soulagé" ou du "Sumo Trépignant"... Mais même si la sorcière presque quinquagénaire suivait à la ligne le programme du "Best Butt Ever for Summer" de Kessy Brooks, elle n'avait encore ni les courbes parfaites, ni la ligne délicate de la Miss Monde Magique. Comme une montgolfière n'arrivant pas à lâcher du leste, son postérieur imposant finissait invariablement par heurter le sol, laissant choir pathétiquement une Mildred Magpie haletante et baignée de sueur...

Voila pourquoi, elle entamait la phase 2 de sa journée d’enseignante, qui consistait à remplacer l'effort par le réconfort. Dans cette précieuse optique de récupération, elle monopolisait pour elle seule la salle de bain des Préfets afin de s'offrir le privilège d'un bain moussant, sur la surface duquel flottaient une armada de petits plateaux agrémentés des meilleures pâtisseries du Paradis d'Eden. Tel le requin des dents de la mer, elle ne tardait pas à dévorer jusqu'au dernier de ses délicieux naufragés. Bref, un carnage, autant pour les cupcakes que pour sa ligne ! Malheureusement, cette douce accalmie ne durait guère, car il était venu le temps d'offrir ses précieux services de consultante VIP à une ribambelles d'artistes miniatures. A peine le temps d'aller en salle des professeurs pour écouter les derniers potins, qu'elle devait prendre ses quartiers dans la salle d'Art. Après moult soupirs et lamentations, elle lançait la consigne de travail à ces satanés mioches, afin de retrouver un peu de sa tranquillité volée. Ainsi débutait sa journée de travail et l'entame de la phase 3...

En cette matinée du 17 Avril, l'enseignante râleuse ne dérogea pas à ses habitudes. Jetant sans ménagement son sac en peau de crocodile sur la surface de son bureau, elle dévisagea un instant la petit assemblée d'artistes en herbe qui peuplaient les travées de sa salle d'art. Comme d'habitude au premier rang, il y avait ses deux fans et K-Girls attitrées, la sublime et dénuée d'expression Kanza Sauerkraut et la pulpeuse et rayonnante Kristen White. La première, était une serpentard de sixième année au regard vide dont le rêve était de percer dans l'industrie d'Owliwood en Californie Magique : Certes, elle avait une opinion assez démesurée de ses capacités, mais son physique de top-modèle et sa bouche pulpeuse pouvait lui ouvrir pas mal de portes auprès des producteurs californiens (Comme celle du célébrissime Pigarvey Winstin). La seconde était dénuée du moindre talent artistique, et n'avait pas selon la romancière un physique suffisamment gracieux pour percer dans le milieu du Théâtre Magique... mais en signe de sa profonde reconnaissance pour le service rendu dans son plan anti-Virgil, Mildred était bien décidée à jouer de sa notoriété pour pistonner quelque peu la carrière de cette loyale et généreuse fan Gryffondor.

La seconde travée de banc de la salle d'Art, était occupée par ceux que Mildred Magpie qualifiaient ironiquement de "Poètes maudits". Le troOop mignon Marceau Fayotskyavec ses allures de dandy britannique contrastant avec un fort accent français soOo romantique était clairement devenu sont chouchou. En effet, ce jeune serpentard de sixième année avec son regard mielleux de petit chaton réclamant un câlin, faisait littéralement fondre toute l'objectivité naturelle de la professeur Magpie ; cette dernière ne pouvant s'empêcher de lui ébouriffer affectueusement sa tignasse en bataille chaque fois qu'il lui soumettait une proposition artistique aussi déconcertante que incongrue. Inversement, elle n'aimait guère le trop moralisateur et engagé Curtis Montgomerry, qui ne cessait d'étaler des opinions politiques divergentes et dangereuses à l'égard du système actuel. Au nom de la liberté d'expression, il se permettait bon nombre d'outrages, comme celui de caricaturer le père de la Nation, Leopold Marchebank, sous les traits d'un dignitaire nazi alcoolique. Mildred Magpie n'oubliait pas son devoir d'oreille attentive du FREE et en avait immédiatement informé les services de renseignements de la Milice. Sans même le savoir, le jeune Curtis ainsi que ses proches étaient d'ores et déjà dans le collimateur de la justice Leopoldienne et enregistrés dans les fichiers comme d'éventuels suspects à l'ordre et la sécurité du Monde Magique.

La troisième rangée de table était occupée par deux jeunes filles que Mildred dénommait sournoisement et secrètement comme étant la folle et l'obèse. Pour la romancière, Linnet Sneals n'avait pas sa place sur les bancs d'une école aussi prestigieuse que Poudlard. Sa place était clairement dans un asile psychiatrique! Certes, elle avait des excuses ; Surtout depuis la mort accidentelle de son frangin lunaire lors des évènement du Bloody Sunday, tragédie qui avait d'ailleurs fait les gros titres de Multiplettes... Mais il y avait en elle quelque chose de malsain, de vicieux et de dangereux. Aussi déroutée que paniquée, Mildred n'arrivait pas à croiser son regard dans lequel luisait le vice diabolique, cherchant toujours à esquiver cette fidèle assidue de la salle d'Art. Rachelle Bloomwood avait beau dire qu'il fallait la laisser se libérer artistiquement pour son épanouissement personnel, Mildred ne voyait en elle qu'une psychopathe dangereuse dont elle ne voulait pas être la première victime. La romancière préférait s'en prendre à plus fragile, comme cette baleine échouée de Bobbie Feather. Trop timide pour se plaindre ou avoir le moindre répondant, Mildred Magpie prenait un malin plaisir à la tourner en ridicule. La pauvre poufsouffle de cinquième année était certainement l'artiste la plus douée de sa classe d'âge, mais Mildred détestait voir une jeune fille se laisser aller de la sorte. Oubliant sa culotte de cheval et sa gloutonnerie boulimique, la perfide romancière noyait sa propre frustration de ne point posséder un corps de rêve digne de Kessy Brooks, en se vengeant sur l'inoffensive et fragile adolescente. Harcelée psychologiquement par cette vielle mégère et ses camarades, Bobbie souffrait le martyr... en silence... Jusqu'à quand?     

Enfin, la dernière élève du club d'Art était une certaine Nelly Horrocks. Une élève particulièrement douée et assez discrète, qui préférait s'isoler dans son coin pour libérer son imagination et sa force créatrice. Mildred Magpie n'avait pas à proprement parlé d'opinion sur cette jeune artiste en devenir, si ce n'est qu'elle était résolument trop secrète à son goût. Elle semblait ne venir dans la salle d'art que pour vivre sa passion, sans chercher à se faire remarquer. Mildred Magpie ignorant toute forme de discrétion et de pudeur avait du mal à comprendre l'attitude solitaire de la préfère de la Maison Verte et argent. Malgré ses dons en comédie ou même en chant, Nelly n'avait point postulé pour un rôle de sa pièce de théâtre. Elle n'avait pas souhaité non plus s'investir dans l’élaboration d'un hommage posthume et poétique à la gloire du défunt et regretté Anwar. Même si le recueil de poèmes "Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir sans Anwar" s'était vendu au prix fort et comme des petits pains... La finesse d'écriture de Nelly faisait cruellement défaut à l'ouvrage. Au point que Mildred commençait à s'interroger sur les raisons de sa présence dans SA salle d'art, si elle daignait ne participer à aucune de ses propositions artistiques. Bref, Nelly entretenait un certain mystère, que l'insidieuse journaliste s'était jurée de résoudre...

Après avoir dévisagé chacun d'entre eux, Mildred Magpie qui n'avait aucunement envie de travailler, chercha un stratagème pour se dérober à ses obligations professionnelles. A vrai dire, la pie bavarde était au bord de l’extinction de voix : La faute incombant à Toni qui l'avait contrainte à rugir de plaisir et de manière démesurée lors d'une nuit aussi blanche que torride. Voila pourquoi, elle finit par énoncer une terrible consigne de sa voix rauque et chancelante.

"Évaluation surprise! Aujourd'hui, que cela vous plaise ou non, vous allez devoir à partir d'un simple mot que vous aurez préalablement choisit, exécuter le dessin ou croquis qui se rapprochera le plus émotionnellement parlant de celui-ci... Est-ce clair? "

Des regards interloqués s'échangèrent entre les différentes travées de la salle d'art, si bien que Mildred Magpie choisit d'illustrer sa consigne de travail d'un exemple concret.

"Ma parole, vous êtes bêtes à manger du foin! "

Levant les yeux au ciel en signe de mépris, elle finit par pointer sa baguette en direction d'un chevalet pour en ôter le voile qui recouvrait un croquis dessiné pour l'occasion.

"Voyez-vous même : j'ai choisie le mot "Élégance", avant de joindre l'illustration qui collait parfaitement à la définition de ce mot. Est-ce clair maintenant? " Mildred Magpie aborra son regard de professeur sévère, avant d'ajouter : "Vous avez une heure! "

La délivrance! Enfin un moment de douce volupté où la romancière surbookée pouvait pleinement consacrer son temps pour elle! Tandis que ses élèves s'échinaient à répondre à la consigne imposée, Mildred extirpa une palette de maquillage de son sac en peau de crocodile, afin de se refaire une beauté. Il fallait gommer les cernes de sa nuit blanche et effacer les rides sournois qui se cachaient dans chaque recoin de son visage... Avant d'ajouter une couche discrète de rouge à lèvres sur sa bouche pulpeuse de tentatrice. Un dernier regard à son miroir de poche finit par la rassurer sur son sex-appeal, avant qu'elle ne se munisse de son Pear One pour satisfaire ses pulsions consuméristes en matière d'escarpins et de lingerie fines. Puis comme par enchantement, le temps passa plus vite et le dernier grain de sable finit par glisser dans l'orifice du sablier, signe que l'épreuve était terminée. Mildred se leva alors comme un diable surgissant de sa boite, avant de prendre la parole d'une voix s'éraillant comme une adolescent en pleine mue.

"Posez vos pinceaux et vos plumes! Il est l'heure! L'épreuve est terminée et je ramasse vos œuvres! A vous de me dire pour quel mot vous avez opté et de montrer vos dessins que vous avez choisie de faire pour l'illustrer... "

Sans qu'ils ne le sachent, une note ainsi qu'une récompense attendaient les meilleurs travaux. D'un pas déhanché à l'excès, Mildred s'avança alors vers les premières rangées pour ramasser les travaux de ses élèves. A cet instant précis, la romancière ne se doutait pas encore qu'elle allait subir un véritable orgasme artistique, et découvrir un incroyable talent niché au sein de son atelier... Mais qui sera donc l'heureux(se) élu(e) susceptible de soulever autant l'émoi de l'horripilante bonne femme?

Info pour Nelly:
 



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Nelly HorrocksPréfèteavatar
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«... dynamique, souriante et spontanée, je pense être la digne représentante de la jeunesse à laquelle les jeunes spectateurs pourront s'identifier ; me choisir donnerait donc plus de fraîcheur et de notoriété à votre émission.»

Appuyée contre l’embrasure de la porte de la salle de bain du dortoir, Chloé lisait son dossier de candidature pour Koh Mantra à Nelly et Lætitia, occupées devant le miroir au dessus des lavabos.

« - Ch'est bien, articula Nelly, brosse à dents dans la bouche.
- Tu as oublié d'indiquer «Je compte apporter un peu de douceur et de romantisme en compagnie de mon très cher Damon», se moqua Lætitia qui s'appliquait une crème sur le visage.
- Ch'afoue tu defrais l'mett'e, renchérit la préfète en adressant dans le miroir un clin d’œil complice à Lætitia.
- J'ai rien compris, soupira Chloe qui avait pourtant très bien entendu.
- Elle a dit que tu devrais le mettre, t'es sourde ? On comprend très bien.
- Arrêtez avec ça, c'est même pas sûr que Damon et moi soyons pris tous les deux... En plus, c'est un jeu de survie donc j'aurai d'autres choses à faire que conter fleurette.
- Conter fleurette, expression plus entendue depuis 1960,» railla Nelly qui s'était rincée la bouche.

Chloe émit un grognement incompréhensible et sortit de la salle de bain, visiblement agacée. Lætitia et Nelly échangèrent un sourire amusé et pouffèrent en silence. Charrier Chloe sur sa candidature à Koh Mantra et son béguin pour Damon était l'une de leurs occupations favorites du moment. Leur amie devait souvent affronter leurs railleries, pas bien méchantes en soit mais qui finissaient toujours par exaspérer la belle jeune femme.
Nelly retourna dans le dortoir flanquée de Lætitia où Chloe surfait sur son Pear One, allongée sur son lit. La préfète enfila un sweat, chaussa des sneakers et récupéra sa baguette posée sur sa table de chevet.

« - Je vous laisse. Club d'art, annonça-t-elle en caressant le chat de Chloe allongé contre les jambes de sa maîtresse dont le lit était voisin du sien.
- Passe le bonjour à Magpie de notre part,» ricana Lætitia.

Compte pas sur moi, songea Nelly en quittant le dortoir. Et puis quoi encore ? Supporter la romancière et ses activités artistiques plus ou moins recherchées tous les samedi matin était déjà un exploit alors lui adresser la parole sans que cela ne soit nécessaire, hors de question. La jeune femme préférait s'isoler dans son coin, cachée derrière sa toile et suivre les instructions de l'intervenante quand elle en donnait.
Pourquoi continuait elle à se rendre au club d'art alors ? Si elle ne participait pas aux projets mis en place par Mildred Magpie, elle pouvait très bien quitter son cours et profiter de ses samedi matin pour faire autre chose. Mais au fond, la préfète appréciait ces moments passés dans la salle des arts, au milieu des chevalets, pinceaux et autre outils de création. Elle appréciait aussi le groupe qu'ils formaient, diversifié et parfois amusant. Combien de fois elle s'était intérieurement moquée de Kristen White, combien de fois elle avait été à la fois exaspérée et amusée par Marceau, le chouchou de Magpie à l'accent français plutôt mignon. Elle se surprenait parfois à aimer écouter le charismatique Curtis - bien qu'il cherchât un peu trop la controverse à son goût - et à jalouser la sublime Kanza au visage de poupée. Quant aux dernières filles, elle trouvait Linnet Sneals un peu flippante, mais intrigante, et avait souvent de la peine pour la souffre douleur de Mildred Magpie, Bobbie. Nelly pourrait clairement prendre la défense de la pauvre fille en tant que préfète mais elle n'avait pas vraiment envie de s'opposer à Magpie au risque de devenir sa nouvelle cible privilégiée... Et il faut dire qu'au fond, voir la romancière déverser sa propre frustration sur la Poufsouffle était plutôt drôle.

En quelques minutes, la préfète gagna la salle des arts où patientait déjà la majorité des membres. Comme à son habitude, elle se dirigea vers le fond de la classe en saluant ses camarades au passage et s'installa devant un chevalet. De plusieurs mouvements de baguette, elle attira à elle ce dont elle pensait avoir besoin en tendant l'oreille vers les conversations des autres élèves. La voix de crécelle de Kristen lui parvenait du premier rang mêlée à celle, grave et basse, de Marceau. Devant elle, Linnet entortillait ses cheveux autour de son index, le regard dans le vide. La Serpentard songeait à faire la conversation à Bobbie quand Curtis Montgomerry entra dans la salle, la tête haute.

« Notre chère intervenante Mildred Magpie n'est toujours pas parmi nous ? »

Tous secouèrent la tête en signe de négation.

« - J'imagine qu'elle est en train de terminer un article de propagande pour Multiplettes... Le jeune homme hocha la tête, fataliste, en claquant sa langue contre son palais. Je plains nos pauvres citoyens seulement informés par cette vieille pie.
- Cesse un peu de cogiter Curtis et viens t'asseoir, le somma Marceau en rejetant sa tignasse brune dans un mouvement de tête gracieux.
- Ouais, épargne nos oreilles de tes discours moralisateurs s'il te plaît, ajouta sombrement Linnet.
- Vous mêmes refusez de voir la vérité en face, chers amis, déclama le Serdaigle en s'asseyant bien droit sur son siège.
- La seule vérité c'est que tu es mégalo, Curtis,» lança Nelly avec un sourire narquois.

Le politicien dans l'âme avait peut être raison mais Nelly avait sa petite idée bien à elle quant aux occupations de Mildred Magpie en ce moment même.

En effet, depuis plusieurs semaines, la préfète n'avait guère cherché à se rapprocher de la romancière en lui adressant soudainement la parole mais avait plutôt fait en sorte de découvrir ses activités du samedi matin. Depuis sa discussion avec Virgil à propos de son pseudo trafic de drogue mis en scène par la célèbre sorcière en guise de revanche, Nelly tachait d'ouvrir les yeux pour déceler le moindre comportement suspect de la romancière. Au fil des semaines, elle s'était faite une idée assez précise de la routine de Mildred Magpie...
Tout avait commencé un samedi matin où elle avait voulu se rendre dans la salle de bain des préfets qu'elle avait trouvé occupée comme la semaine précédente, et celle encore avant... Se demandant lequel des préfets ou capitaines de Quidditch monopolisait la salle de bain systématiquement à cette heure là, la Serpentard avait attendu que la personne daigne sortir, assise au bout du couloir, dans l'ombre d'un mur. Ainsi camouflée, elle avait surprise l'intervenante scolaire, le visage un peu rougi par son bain brûlant.
Dynamisée à l'idée d'espionner la romancière, Nelly s'était rendue plus tôt à la salle de bain des préfets la semaine suivante. Elle avait guetté les pas de Mildred Magpie dans le couloir et, à son approche, était entrée dans la salle de bain pour faire mine d'en sortir quelques secondes plus tard et ainsi croiser l'écrivaine. Il y avait eu quelques ratés, bien sûr, où les pas résonnants dans le couloir n’étaient pas ceux de Mildred. Au final, elle était entrée et sortie au moins dix fois de cette fichue salle de bain. Mais comme elle l'avait espéré, la jeune femme avait fini par tomber sur Magpie vêtue de vêtements à motifs léopard qui venait probablement de terminer une séance de sport dans le parc, comme en témoignaient les traces d'herbe et de rosée sur son legging.
Nelly était sortie le samedi suivant dans le parc et avait aperçu la romancière lancée dans une série d'exercices abdos-fessiers qui la rendaient plus ridicule qu'autre chose. Comme prévu, la férue de fitness avait ensuite regagné la salle de bain des préfets pour se rafraîchir et faire on-ne-savait-quoi.

Une routine millimétrée, mais pas très intéressante, qui s'achevait par le cours que leur donnait l'écrivaine, si on pouvait appeler cela un cours. Donc Curtis avait beau jouer les moralisateurs et les connaisseurs, Nelly savait mieux que quiconque ce qu'avait fait leur «professeur» ce matin même...
D'ailleurs, n'était ce pas le pas rythmé de Mildred Magpie qui résonnait dans le couloir ? Seuls les escarpins de luxe de la romancière pouvaient produire pareil vacarme. Tout le monde se tut lorsque cette dernière pénétra dans la pièce. Devant Nelly, Bobbie sursauta même quand l'écrivaine lança son sac en peau de crocodile sur le bureau en bois. La pauvre, le moindre mouvement brusque de Magpie la mettait dans un état pas possible. La célèbre sorcière scruta un à un les membres du club avant de prendre la parole d'une voix éraillée. Houla, lendemain soirée difficile ? songea la préfète, moqueuse.
Sans parler de sa voix, l'intervenante fit une annonce qui refroidit l'assemblée d'élèves réunis devant elle. Une évaluation surprise ? Elle était sérieuse ? Et puis, quel sujet ! Un mot, un dessin ? Il fallait en avoir de la suite dans les idées pour tout faire en une heure !
Sans laisser plus de temps à ses élèves, Mildred Magpie sonna le gong et se laissa choir dans sa chaise, armée de son maquillage.

Nelly roula ostensiblement des yeux. Mais elle était sérieuse à débarquer comme ça pour leur poser une évaluation surprise afin d'être tranquille pendant une heure ? Autant ne pas venir et les laisser faire ce qu'ils voulaient...
La préfète laissa son regard se perdre vers les toiles de ses camarades, blasée. Elle était sûre que Kristen allait essayer de flatter l'égo de son idole en la dessinant grossièrement pour illustrer le mot «beauté» ou «talentueuse» ; Linnet allait encore une fois leur pondre une œuvre bien sombre ou cauchemardesque, et elle voyait bien Curtis choisir le mot «oppression» ou un truc du genre... Mais l'important ce n'était pas ce qu'allaient faire les autres, il fallait qu'elle trouve quelque chose à présenter et l'inspiration ne se trouvait pas sur la toile de ses camarades. La préfète reporta son regard sur Mildred Magpie, occupée à scruter son reflet dans son miroir. Il était peut être temps d'avancer un peu plus dans ses investigations... Cet exercice était peut être l'occasion de vérifier les dires de Virgil, de vérifier si la romancière cherchait véritablement à se venger du Gryffondor. Le feu de la vengeance brûlait en elle ? Elle ne pourrait donc pas rester insensible devant une toile illustrant ce concept... C'est ce qu'on allait voir.

Les cheveux ramenés en un chignon, la visage concentré et perdue dans sa toile, Nelly s’attela à faire le dessin qui illustrait le plus la vengeance selon elle et qui était le plus susceptible de déclencher quelque chose chez Mildred Magpie. Face à cette toile, la préfète espérait bien déceler la moindre tension ou la moindre fascination chez la romancière, signe qu'elle s'y identifiait...
Le temps écoulé, Nelly posa ses pinceaux et crayons et recula un peu dans son siège pour admirer son œuvre. Elle était plutôt fière du résultat et espérait au moins décrocher une bonne note, à défaut d'obtenir une réaction de la part de la romancière.
Cette dernière s'avançait d'ailleurs dans les rangs pour ramasser les travaux et la préfète attendit sagement son tour, tachant de calmer l'excitation qui montait en elle. Quand l'intervenante fut enfin à ses cotés, son visage ne reflétait aucune émotion alors qu'elle fit pivoter un peu son chevalet pour montrer son dessin.

«J'ai choisi le mot "vengeance"», présenta-t-elle

Posée sur son chevalet, sa toile représentait deux formes humaines sombres et abstraites : au premier plan, une silhouette, rayonnante et victorieuse, auréolée de clarté et de couleur, qui donnait presque l'impression de vouloir sortir du cadre. En arrière plan, une seconde silhouette, volontairement moins nette que la première qui semblait suivre cette dernière comme son ombre. Mirage presque diabolique, elle ressemblait à un aigle fondant sur sa proie, ailes déployées. Dans ce qui s'apparentait à une main, un poignard, symbole de la vengeance, rouge sanglant se détachait du noir…



Kit par Irving

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Plutôt que de perdre son temps dans de fastidieuse correction, Mildred Magpie était bien décidée à évaluer et noter les travaux de ses élèves dès sa première impression. De son point de vue, il était inutile de trop tergiverser tant l'émotion et le coup de foudre artistique se révélait toujours sous la forme d'un réflexe purement instinctif. Il ne s'agissait de rien d'autre qu'un vulgaire jeu de séduction. Comme lorsque vous veniez à croiser un séduisant mâle alpha au détour d'une soirée endiablée, il fallait laisser parler la magie de l'instant et écouter son cœur palpitant. De plus, l'intervenante artistique n'était pas du genre à s'embarrasser d'un barème trop complexe : Pourquoi s'ennuyer? Mildred notait clairement à la tête du client, privilégiant toujours ses chouchous et ses propres fans, plutôt que ceux dont la conduite ne lui convenait point. Voila pourquoi, elle se dirigea d'un pas léger vers la première rangée d'élèves, occupée par deux de ses des plus grandes admiratrices. Le chignon-choucroute de la belle Kanza pivota légèrement dans la direction de la romancière, tandis que le sourire mielleux de Kristen White irradiait de plus bel au fur et à mesure que sa star préférée s'approchait d'elle.

"Kanza? Kristen? Montrez-moi donc vos chef-d’œuvres afin que je puisse entamer rapidement la notation. " Malgré un sourire complice, elle secoua activement sa main crochue manquant bousculer le chignon aérien de Kanza. "Vite mes chéries! Nous n'avons pas toute la journée! "

Dans l'attente d'une note à inscrire dans la marge supérieure du dessin, la plume à papote de Mildred Magpie planait dangereusement au-dessus d'elle. Avec la grâce d'une gazelle en miel, Kanza fut la première à pousser respectueusement son dessin en direction de l'odieuse reine de la salle d'Art. La serpentard entama de sa voix pétrie d'orgueil un compte-rendu des plus redondant sur sa création artistique.

"Comme vous le savez déjà, je me destine à une carrière artistique, que ce soit à Owlywood ou comme mannequin auprès du célébrissime styliste Antonio Cardamone. Bref voulant concilier à la fois l'utile et l'agréable, j'ai opté pour l'exercice de l'auto-portrait ; Après quoi, il me paraissait inconcevable de ne pas y joindre le mot : Beauté! "

Mildred contempla longuement l'autoportrait par Kanza Sauerkraut, avant d'ajuster son appréciation.

"Rien à dire. Tes ambitions sont à la hauteur de ton dessin. C'est très ressemblant cela vaut bien un 8/10! " dit-elle alors que la plume à papote apposait déjà l'évaluation.  

Linnet Sneals qui n’arrivait plus à contenir son dégout se pencha à l'oreille de Bobbie pour lui murmurer toute l'étendue de son incompréhension artistique.

"8/10!? C'est moi? Ou on dirait qu'elle a une crotte d'hippogriffe déposée sur la tête? "

Mildred tourna un regard assassin en direction des deux filles qui ne faisaient clairement pas parties de cercle fermé de privilégié.

"Silence, Mrs Sneals! Vos bourdonnements intempestifs me donnent la migraine! Pourquoi ne point partager vos impressions plutôt que de les garder pour votre seule et unique amie??? "

Linnet Sneals la défia du regard un instant, avant de se raviser alors que Bobbie lui tirait délicatement la manche.

"Veuillez-nous excuser, madame Magpie... " lança Bobbie pour protéger son amie beaucoup trop virulente. Plutôt que résister, Linnet se contenta de soupirer entre ses lèvres serrées. Profondément horripilée par la conduite des deux filles, Mildred secoua avec mépris le menton avant de se tourner vers le dessin de sa lectrice préférée. Depuis qu'elle l'avait aidée dans sa vengeance contre l'ignoble Virgil, Kristen White ne craignait en rien le verdict et la notation de sa romancière préférée. Même si le dessin de la jeune Gryffondor était digne d'une enfant de six ans, Mildred haussa les sourcils d'admiration.

"J'ai choisi le thème du bonheur en m'inspirant de l'un de vos romans... " murmura presque timidement Kristen White.  

"C'est très coloré! Très vivant! Cela transpire le bonheur effectivement! Chouette travail! Tu mérites un 8 toi aussi! Bravo ma Krissie! "
Lorsque la rédactrice en chef se faufila dans la travée où siégeait les deux seuls garçons de sa classe d'art, Mildred Magpie savait que les choses pouvaient osciller entre le pire et le meilleur. Le pire étant représenté par Curtis Montgomerry qu'elle surveillait étroitement pour ses opinions politiques douteuses, dont elle s'était empressée de divulguer la nature auprès des services de la Milice. Désormais fiché, elle se devait d'avoir constamment un œil sur lui au cas où il franchirait pour de bon la ligne interdite. Et en cette matinée, il n'était pas très loin d'outrepasser les bornes du politiquement acceptable...

"Qu'est-ce donc que cela? Que dois-je y voir? "

Le visage offusqué, comme si elle tenait du bout des doigts un vulgaire sac ramasse-crottes de Boursouf ; Mildred tendit le dessin dénonciateur à la face d'un Curtis impassible.

"La manipulation des foules! Une œuvre dénonciatrice! Ou quand la propagande s’instrumentalise et devient un organe d’État. Bref quand la liberté de la Presse et sa diversité sont bafouées! "

Le regard de Mildred Magpie sembla jeter des éclairs! Cherchait-il à condamner Multiplettes? Voulait-il dénoncer ses accointances avec le pouvoir? Le misérable! Mildred n'était pas prête à laisser passer cette énième provocation, et le soir-même elle prendrait sur son temps libre pour faire un rapport cinglant au service de renseignement de la Milice. Pour l'heure, elle se contenta d'une simple appréciation négative.

"Pour moi, c'est hors-contexte! Je ne vois en rien de la manipulation... "

"C'est normal, vous contribuez à développer cette... " voulut couper le serdaigle engagé avant d'être interrompu à son tour.

"Tais-toi Curtis! Je te mets 2, pour l'encre et pour avoir écris le mot Manipulation sans faute d'orthographe! "

Plutôt que d'entamer le débat avec cet élément divergeant, Mildred Magpie se réfugia auprès de l'adooorable et séduisant Marceau Fayotsky. Celui-ci affichait une mine grave et outragée. Mais plutôt que de s'appesantir sur le message politique de son voisin de tablé, il écourta le malaise engendré en révélant son travail : Une peinture impérieuse et orangée trônait sur son chevalet.

" N'y voyez là aucune divagation malsaine de mon esprit, mais souhaitant représenter l'Art dans sa forme la plus pure ; Je me suis délibérément inspiré de la toile du grand Leonard de Vinci et de sa merveilleuse Dame à l'Hermine. Dès lors, qui de mieux que vous pour devenir ma muse, mon inspiration artistique, l'art dans toute sa noblesse... "

La bouche mi-close alors qu'elle ne pouvait décrocher son regard du tableau, Mildred finit par se délivrer de ses émotions.

"Quel rendu merveilleux! C'est magnifique! Voilà exactement ce que je vous demandais! Les autres : Prenez exemple sur Marceau! Cela vaut bien un 9, signe que tu frôle la perfection, comme toujours... "

L'intervenante artistique lui décrocha un clin d’œil complice, avant de caresser fugacement l'épaule du jeune serpentard alors qu'elle se dirigeait vers la rangée suivante. Linnet et Bobbie s'échangèrent un regard de soutient, tandis que la romancière se figea devant eux. Les mains posées sur les hanches, le regard arrondi et vide ; Mildred Magpie fit claquer sa langue sur son palet avant d'exprimer son incertitude.

"Le duo des artistes maudites! Je suis déjà mortifiée à l'idée de découvrir vos créations. Vous connaissant, nul doute que nous allons osciller entre le glauque et le ridicule! "

Tétanisée par l'enjeu, Bobbie qui voulait s'orienter vers une carrière artistique, fut la première à retourner maladroitement son chevalet. Timide et souvent blessée par les remarques acerbes de la romancière, elle tremblait comme une feuille.

"Je.. J'ai... Voulu... représenter... le... le... "

Les lèvres de Mildred se pincèrent de mépris, tandis que l'un de ses sourcils se souleva d'impatience.

"Le quoi!??? Bon sang, parles! Au lieu de nous faire perdre notre temps! "  

Bobbie plongea son regard sur la surface de son bureau avant de trouver la force de répondre :

"J'ai voulu représenter le mot : Imposteur! L'un des rares mots qui ne se conjugue pas au féminin... " Bobbie hésita avant d'ajouter : "Il n'y a rien de pire dans le monde, que de ne pas se sentir à sa place... "

Mildred saisit avec dégout l'oeuvre crayonnée par la timide Bobbie, avant d'exprimer un jugement cinglant sur l'élève qui faisait sérieusement tâche dans son merveilleux atelier d'Art.

"A vrai dire, la seule imposture que je vois, c'est ta présence dans cet atelier. Je suis désolée mais tu n'as clairement pas le niveau des autres. Il n'y a même pas de couleurs... C'est fade... Terne... Triste... "
* Aussi triste que ta vie, sans doute! * pensa sournoisement la romancière.

"Cela me déprime, rien que de voir le regard vide de ce poisson... Cela vaut un 3, et encore je suis gentille. "
*Et pourquoi un poisson? Alors qu'une baleine échouée aurait été tellement plus judicieux!* se moqua silencieusement l'odieuse Magpie.

"Par... Pardon... je ferai mieux la prochaine fois... " avoua honteusement Bobbie d'une voix chancelante bousculée par la montée des sanglots.

"L'important n'est pas de le dire, mais de le faire, jeune fille! " répliqua sèchement l'impitoyable Mildred.

Le regard noir de Linnet Sneals manqua foudroyer la romancière perfide. Bobbie ne savait clairement pas se défendre. Il devenait vital pour la jeune serdaigle de clore ce massacre, voila pourquoi elle annonça d'une voix solennelle.

"Et bien, pour ma part, je pense avoir réalisé ma plus belle œuvre de l'année! "

Mildred tourna un regard interloqué en direction de la jeune sociopathe en devenir.

"Vraiment? Et sur quel mot repose ton chef d’œuvre? Essayons de deviner ensemble : Éviscération? Meurtre? Sang? " Mildred se tourna vers Marceau, Kristen et Kanza qui pouffaient de concert à la moquerie de leur romancière favorite.

"Non, mais vous n'êtes pas si éloignée. J'ai volontairement choisi le mot "Délivrance", c'est le nom de l'un de mes films d'horreur préférés, et en plus il colle trop bien à mon dessin... "

Linnet Sneal saisit rapidement sa peinture à deux mains, avant de la faire pivoter devant la mine déconfite de la vieille mégère.

"Quelle horreur! C'est abominable! Et qui diable est-ce donc sensée représenter? "

Le regard faussement déçu de Linnet jongla alors entre son dessin et le visage médusé de la responsable de l'Atelier Artistique.

"Mince alors!? Je vous trouvais plutôt bien réussie... "

Mildred braqua un index assassin en direction de la sortie, avant de fustiger Linnet pour son insolence.

"Je ne veux plus te voir dans MON Atelier! Disparais au plus vite, jeune fille insolente! Tu peux compter sur moi pour faire un rapport cinglant auprès de la Directrice Mason! "

"De toute manière, je comptais bien partir d'ici. Je n'ai rien à y faire... "

"Ouste! Du balais! " S'écria Mildred Magpie.

Rebelle dans l'âme, Linnet Sneals jeta ses affaires sur son épaule, et n'omit point de claquer la porte derrière elle.

"Dieu soit loué! Nous voila enfin libéré de cette insolente créature. Reprenons, je vous prie... "

La main posée sur sa poitrine pour réfréner sa colère trop soudaine, Mildred chercha un second souffle avant de poursuivre sa tournée de contrôle. Fort heureusement pour elle, il ne lui restait plus qu'une toile à examiner, et il s'agissait de celle de son élève à la fois la plus douée mais aussi la plus discrète. En plus d'être une parfaite petite préfète de la Maison Verte et argent, Nelly Horrocks était du genre silencieuse, se contentant bien souvent de griffonner de merveilleuses esquisses à l'arrière de la Salle d'Art. Mildred Magpie la savait douée, mais rien ne la préparait à la révélation et au coup de foudre artistique qui allait s'abattre sur elle. L'esprit encore embrumé par l'attitude et le dessin effroyable de la jeune Linnet, la romancière n'avait qu'une seule obsession : Clore ce maudit cours, et se jeter avec avidité sur un plateau de petits fours à la framboise. Mais la voix suave de Nelly la soutira de ses pensées gloutonne, pour mieux l'embarquer dans un voyage artistique au combien stupéfiant.

«J'ai choisi le mot "vengeance"»

Lorsque la toile pivota, Mildred Magpie détecta immédiatement le prodige, et le talent incroyable qui sommeillait en cette jeune artiste encore méconnue. Victime d'un orgasme artistique, elle poussa un léger "Oh!", avant de se figer interdite, comme pétrifiée par le regard flamboyant de la méduse mythologique. Alors que sa lourde poitrine se soulevait au rythme de sa profonde et titanesque émotion, la romancière réussit l'exploit de remuer ses lèvres fardées.

"Dieu tout puissant! "

Mildred Magpie commença alors à décortiquer le chef d’œuvre sous toutes ses coutures ; Le coup de pinceau de cette jolie brune était subtile et délicat, chaque trait oscillant entre le mystique et le sublime. Quel était le message divulgué par cette œuvre? Seuls les dieux pouvaient y répondre. Pour les humains, il ne s'agissait que d'une interprétation. La vengeance y était magnifiée, et même si Mildred s'identifiait totalement à cette proie fugace et rayonnante pourchassée par un démon ombragé, elle pouvait également se retrouver dans le rôle du prédateur. Mildred Magpie le savait. Il n'y avait rien de plus jubilatoire que remporter une vengeance face un ennemi. Le visage du jeune Virgil embrasa soudainement ses pensées alors que ne rêvait que de le voir sombrer dans l'oubli. Tôt ou tard, elle finirait par savourer sa vengeance et l'instant glorieux où votre ennemi se voit contraint de jeter les armes. Sans qu'elle n'en comprenne la teneur de ses propos, la voix inquiète de Nelly finit par l'extirper de sa méditation intérieure.

"Nelly! Ton travail est magistralement exécuté. Cela va au delà de la perfection... " Louchant sur sa montre en or, elle finit par inviter Nelly à prolonger sa séance artistique. "Tu viendras me voir à la fin du cours. Nous devons discuter entre artistes confirmées... "

Sans même demander son autorisation, Mildred Magpie s'empara délicatement l’œuvre vengeresse pour l'emmener vers son bureau. Au passage de sa professeur préférée qui n'avait désormais plus que d'yeux pour le travail de Nelly, Marceau ne cacha pas sa déception. Il fusilla du regard Nelly Horrocks, avant d'essayer de cacher son amertume derrière une remarque fair-play.

"Bravo! Tu es franchement douée. Profites-en tant que tu peux... " dit-il au passage de Nelly avant de s'éclipser à son tour avec les autres élèves de la classe d'Art. Assise confortablement à son bureau, la romancière ne cessait de s'extasier sur la peinture de la jeune Nelly. Elle finit par sortir un plateau en argent de son tiroir, sur lequel reposait un assortiment de de petits fours et de choux à la crème du Paradis d'Eden. D'un geste de la main, Mildred indiqua un siège à la jeune préfète, avant de lui désigner les friandises.

"Je t'en prie. Tu peux te servir! Tu vas voir c'est un ravissement pour les papilles! " Comme pour mieux joindre le geste à la parole, elle enfourna un petit délice à la myrtille dans sa bouche d'ogresse. Mildred finit par lever les yeux au plafond en signe d'extase, avant d'ajouter la ouche semi-pleine : "C'est mon péché mignon, j'en commande chaque jour de la semaine! "

Le regard calculateur de la femme d'affaire finit par passer de la toile à l'artiste, avant qu'elle ne précise le but de son invitation.

"Je ne vais pas tourner autours du pot, plus longtemps. Cette toile est fabuleuse et je compte bien me l'offrir. Mais pas seulement... " dit-elle sur un ton énigmatique. "Tu es une formidable artiste en devenir, et je compte t'aider à te produire et à financer les lieux dans lesquels tu pourrai éventuellement exposer ton talent. Laisses-moi devenir ton agent, et toutes les portes du monde artistique s'ouvriront devant toi. Qu'en dis-tu? "

Cette talentueuse jeune fille transpirait les galions faciles par tous les pores de la peau. Et Mildred Magpie était bien décidée à lui mettre le grappin dessus et s'attacher ses services...



               
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Sans surprise, le clan des K-girls et fans de Mildred Magpie décrochèrent d'excellentes notes malgré leur dessin quelque peu égocentré, en ce qui concernait Kanza, ou horriblement enfantin du côté de Kristen. Nelly ne put retenir une grimace devant le dessin de la Gryffondor qui était digne d'un enfant de 8 ans... Quoique même à 8 ans, elle dessinait déjà mieux. Mais que faisait Kristen White dans cette classe ? Elle ne possédait aucun talent artistique mais s'évertuait à rester membre de ce club pour fréquenter son idole... Nelly ne la comprendrait jamais. Ce qu'elle ne comprenait pas non plus était le comportement qu'adoptait la romancière avec sa jeune admiratrice. Mildred Magpie était connue pour être très proches de ses fans et pour chouchouter Kanza et Kristen mais de là à attribuer une super note à un dessin hideux... La préfète trouvait cela plutôt bizarre.

Elle était en train de détailler Kristen du regard quand l'évaluation des dessins dérapa quelque peu avec le dessin de Curtis Montgomerry. Le dessin accusateur et engagé du Serdaigle ne plaisait visiblement pas à l'intervenante qui s'empressa de lui clore le bec en apposant un 2/10 sur la toile du jeune révolutionnaire. Curtis était sûrement très intelligent, mais visiblement pas assez pour se montrer discret quant à ses opinions politiques. Il criait à la révolution dès que l'occasion se présentait et ne se retenait pas quant il était question d'étaler son indignation au vu et au su de tous, même quand la personne qu'il avait en face de lui était en relation étroite avec le gouvernement... Beaucoup trop risqué et inconscient aux yeux de la préfète.
« Mieux vaut se taire et passer pour un idiot que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute sur le sujet. »... Curtis ferait bien de méditer cet adage au lieu de se croire plus intelligent et rusé que tout le monde...
Heureusement pour lui, Mildred Magpie se désintéressa bien vite de son dessin pour se concentrer sur celui de ce fayot de Marceau qui s'était inspiré du chef d'œuvre de Léonard de Vinci. Nelly consentait que sa peinture était bien réussie mais beaucoup trop lèche-bottes à son goût...

Le Serpentard décrocha une note excellente  contrairement à la pauvre Bobbie qui se fit une nouvelle fois humilier par Mildred Magpie malgré sa magnifique création. La Poufsouffle commençait à pleurer, encore une fois, lorsque Linnet présenta son dessin afin d'éviter à sa camarade l'humiliation publique. Nelly faillit exploser de rire face à la création assez originale et... morbide de la jeune femme. L'humour de Linnet ne plaisant visiblement pas à l'écrivaine, « l'artiste maudite » se retrouva rapidement à la porte de la salle d'art qu'elle claqua, drapée dans sa dignité.

Mildred Magpie s'accorda quelques secondes de répit avant de poursuivre son évaluation et de finalement se poster aux côtés de Nelly qui présenta le plus innocemment possible sa création. Si la préfète avait espéré provoquer une réaction chez la romancière, elle ne s'attendait pas à la voir autant bouleversée. Comme pétrifiée, l'intervenante détailla longuement sa toile, seule sa poitrine se soulevait au rythme de ses respirations. La Serpentard fronça les sourcils et se pencha un peu pour scruter le regard de la célèbre écrivaine comme pour y chercher la moindre lueur qui lui révélerait ses pensées profondes. A quoi pensait-elle ? S'identifiait-elle à son dessin ou le trouvait-elle simplement particulièrement réussi ? Elle ne pouvait en être sûre...

« Euuuh... Tout va bien, madame ? »

Mildred Magpie finit par sortir de sa torpeur pour s'extasier sur la « perfection » de son œuvre et l'inviter à venir la voir à la fin du cours. Ce fut au tour de Nelly d'être surprise. Ses sourcils se arquerènt au dessus de ses yeux ronds et elle guetta du regard la réaction de ses camarades. Ceux des premiers rangs étaient visiblement déçus et la fusillaient du regard. En temps normal, la préfète se serait vantée ou aurait affiché un petit air satisfait mais elle était trop abasourdie et curieuse de savoir ce que lui voulait Mildred Magpie pour faire quoi que ce soit.

La jeune femme rangea ses affaires et se leva en même temps que les autres pour rejoindre la romancière à son bureau. Au passage, elle attrapa le bras de Bobbie qui se dirigeait vers la porte.

« Je voulais te dire, ton dessin était super, lui confia-t-elle avec un sourire amical. N'y prête pas trop attention, » ajouta la préfète en désignant Magpie, perdue dans la contemplation de son dessin, d'un mouvement de tête.

Laissant Bobbie quitter la salle de classe, Nelly reprit son chemin en direction du bureau de l'écrivaine en ignorant totalement la remarque de Marceau. Et toi, profites de tes beaux cheveux tant que tu en as encore... songea-t-elle toutefois en s'asseyant sur le siège que lui désigna Magpie, devant un plateau d'argent garni de friandises alléchantes.
La romancière l'invita à se servir et après avoir songé à refuser par politesse, la préfète céda à la tentation et choisit une mignardise au chocolat fondant alors que Mildred Magpie lui révélait en commander chaque jour de la semaine. Nelly croqua dans la pâtisserie et leva des yeux curieux vers la romancière. Intéressant. Elle en apprenait un peu plus sur le quotidien de la célèbre sorcière...

« C'est vrai qu'ils sont délicieux, » commenta la préfète avec un sourire après avoir avalé sa premier bouchée.

Malgré les apparences, la jeune femme était quelque peu gênée de se retrouver seule face à l'intervenante. Que pouvait-elle bien lui vouloir ? Elle n'admirait pas Mildred Magpie pour un sou mais elle était tout de même mal à l'aise à l'idée de discuter en privé avec une célébrité comme elle. D'ailleurs, cette dernière ne tarda pas à lui révéler la véritable raison de cette entrevue...
Prise de court, Nelly, qui était en train de mastiquer une nouvelle bouchée de la pâtisserie du paradis d'Eden, s'étrangla avec la pâte aérienne du gâteau. Qu'est ce que Magpie venait de dire ? Elle n'en croyait pas ses oreilles, elle avait dû mal entendre, se disait la jeune femme en toussant comme une perdue jusqu'à ce que le morceau de la mignardise qui voulait sa mort daigne se déloger de sa trachée. Essuyant les quelques larmes qui lui étaient montées aux yeux à force de tousser, Nelly se racla la gorge.

« Je vous prie de m'excuser..., articula-t-elle en portant sa main à sa gorge. Vous avez bien failli provoquer ma mort, » plaisanta la jeune femme en adressant un sourire confus à Mildre Magpie.

Elle s'éventa quelques secondes avec sa main avant de reprendre :

« Euh... je... J'ai du mal à y croire. Vous me proposez de m'aider à faire carrière dans l'art ? Mais euh je... je n'ai jamais songé à en faire mon métier, ce n'est qu'un loisir pour moi, une passion. Je suis touchée par votre intérêt, vraiment, mais euh... je n'ai même pas fini ma scolarité et je doute avoir le temps de plus me consacrer à la peinture... Et, se doutant qu'une femme comme la romancière ne donnait pas gratuitement de sa personne sans recevoir quelque chose en retour - comme une somme d'argent astronomique -, elle ajouta : Et puis je n'ai rien à vous donner en retour... »



Kit par Irving

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La célébrissime Mildred Magpie venait tout juste de lui annoncer ses intentions de l'accompagner dans une éventuelle et future carrière artistique, que la talentueuse jeune fille manquait déjà de s'étouffer avec une tartelette à la myrtille. Le choc était trop grand pour la pauvre enfant! L'espace d'une seconde, la bouche de la romancière s'arrondit de stupeur, comme pétrifiée à l'idée de perdre cette formidable manne financière qui lui tombait littéralement du ciel. Ne pouvait-elle pas attendre d'être au sommet de se gloire pour casser sa pipe, afin de permettre à la romancière sans scrupule d'exploiter un maximum le filon de sa mort? En femme d'affaire reniflant un commerce juteux, Mildred ne pouvait se passer d'une telle opportunité, tout comme le monde de la peinture ne pouvait se séparer de l'une de ses jeunes pousses les plus prometteuses.

"Ne va pas t'étouffer, jeune fille! Tu veux un verre d'eau? Je peux aisément comprendre l'étendue de ta surprise, à l'idée de pouvoir enfin quitter ta vie fade et désuète pour celle du monde des stars... Mais par pitié, pas maintenant! Prends au moins le temps de savourer l'ivresse des sommets, plutôt que de chuter au premier dénivelé! "

Mildred Magpie était sur le point de se lever pour aller lui taper sans délicatesse dans le dos, quand la Serpentard réussit d'elle même à libérer sa trachée de l'encombrant débris de tartelette. Les dieux soient loués, la femme d'affaire pouvait encore compter sur sa poule aux œufs d'or. Jouant les offusquées, la romancière plaqua une main blême et tremblante sur sa poitrine encore haletante. Encore enrouée de ses beuglements d'extase de la veille, la voix chancelante de la romancière s'indigna d'une telle méprise dans ses intentions.

"Moi? Vouloir te tuer!? Mais ma chérie, tu n'y es pas du tout! "

Que ce soit aux Folies Sorcières ou dans la vie de tout les jours, Mildred Magpie disposait véritablement d'un don pour dénicher les jeunes pépites dans la masse informe du bas peuple. Parmi les comédiens et artistes qui peuplaient la scène mythique de son cabaret : Combien sans son intervention salutaire seraient passés à coté du strass et des paillettes? Combien auraient manqué le train de la gloire et du succès, pour rester sur les quais crasseux de la médiocrité? Ce qui était proposé à la jeune Nelly Horrocks dépassait allègrement le simple coup de pouce, pour se transformer en véritable ticket d'entrée dans le cercle fermé des artistes qui arrivaient à vivre confortablement de leur art. Certes pactiser avec une femme aussi vénale que l'était Magpie comportait certain désagrément ; Comme celui de perdre quelque part son âme en chemin, pour devenir un simple objet consommable et une vache à lait que l'avide femme d'affaire allait traire jusqu'à la dernière goutte. Mais... Qui dans ce bas monde ne rêvait pas de luxe? De jacuzzi aux bulles phosphorescentes? De château digne d'un conte de fée? De l'adulation des foules? Nelly Horrocks voulait-elle encore se complaire dans sa petite vie triste et médiocre? Continuez de griffonnez des dessins dans le coin de son cahier, alors qu'elle pouvait devenir une artiste et LA peintre de cette décennie?

Au risque de devoir perdre de leur identité pour n'être plus que l'instrument de la milliardaire, certains n'avaient guère tergiverser trop longuement. Kanza Sauerkraut qui se rêvait en mannequin égérie de T&T ou la maison Cardamone s'était jetée sur cette formidable opportunité en moins de temps qu'il ne fut donné à Mildred Magpie de lui la proposer. La jeune fille avait l'allure et la prestance d'une future Miss Monde Magique, et la rédactrice en chef de Multiplettes anticipait déjà de lui offrir un contrat exclusif pour rejoindre la rubrique mode de son périodique. La quadragénaire ne s'était pas privée de jouer les recruteuses auprès du très doué Marceau Fayotsky ;  Avec son charme à la française et sa voix de velours, ce dernier pouvait très bien bruler les planches de son cabaret et devenir la future star du théâtre moderne! Kristen White, quant à elle, ne disposait d'aucun don particulier, si ce n'est d'être une formidable alliée dans l'art d'espionner les discussions et lui rapporter les plus croustillantes rumeurs de Poudlard. Une aubaine dans sa mission de surveillance auprès de la Milice, et un service précieux que la romancière récompensait dignement en complétant la garde-robe de Kristen de tenues qu'elle jugeait plus glamour et raffinées ; A l'image du papier peint sur un mur défraichi, c'était une manière astucieuse de cacher la misère d'un corps rondelet et disgracieux derrière de beaux atours. Bref, avec une femme d'affaire de le trempe de Mildred Magpie, aucun service dans un sens ou dans l'autre n'était gratuit.

Et Nelly Horrocks, en préfète clairvoyante et avisée semblait avoir parfaitement intégré ce schéma de pensée arriviste. Pupilles écarquillées, telle une chouette prise dans les feux d'un projecteur, Mildred s'indigna de voir la jeune fille se trouver des prétextes timorés pour fuir un don transmit par les dieux, eux-même.

"Un simple loisir!? Tu es assises sur une mine d'or, alors pourquoi voudrais-tu lorgner vers des horizons moins lucratifs? Qui dans ce bas monde ne rêve pas de devenir aussi riche que moi? "

La préfète verte et argent expliqua alors qu'elle pensait ne rien pouvoir lui offrir en retour. Gloussant comme une dinde la veille de Noël, ce fut au tour de Mildred de manquer s'étrangler, alors qu'elle venait de se farcir une énième mignardise du paradis d'Eden. La trop modeste Nelly Horrocks mesurait-elle l'énormité qu'elle venait de dire? Comment une artiste capable de dépeindre de manière aussi subtile le mot vengeance pouvait se dévaloriser de la sorte? Reprenant son sérieux, Mildred épongea une larme de joie qui manquait ruiner son si subtil et fin maquillage.

"Tu penses vraiment rien avoir à m'offrir? Tu plaisantes, j'espère? Soit tu es la reine de la modestie, soit tu es totalement inconsciente de ton talent. Je peux encore sentir l'émotion salvatrice de ton œuvre vengeresse venir me chatouiller les entrailles! Tu ne voudrai pas priver le monde entier d'une sensation aussi agréable, n'est-ce pas? Laisses-moi faire de toi une grande artiste, et crois-moi, j'ai bien ma petite idée du service que tu pourrai m'offrir en retour... "

Les ongles de la sorcière tapotèrent en rythme la surface du bureau, alors qu'une idée excentrique venait de germer dans son cerveau de vieille pie mégalomane. Sa langue claqua sur son palet, avant qu'elle ne se lance dans un proposition artistique que seule Nelly Horrocks pouvait lui permettre de concrétiser.

"Je dois t'avouer une chose jeune fille, rien ne m'effraie davantage que l'idée de disparaitre de la mémoire collective de notre belle Nation sorcière. Même après ma mort, je veux que l'on fasse mes louanges. Je veux laisser mon empreinte indélébile sur la surface du Monde. Que dans les siècles à venir, on se souvienne de moi, comme de la plus grande dramaturge à avoir foulé le sol du monde des mortels! "

Les paupières fardées de Mildred Magpie se mirent à papillonner avec une passion aussi démesurée que narcissique.

"Voila l'une des raisons pour lesquelles j’écris! En plus d'extérioriser mes démons intérieurs, je cherche à me conférer le pouvoir de l'immortalité! Je veux survivre à mon époque et devenir la référence artistique incontournable... " Le regard habité de Mildred Mapgie se teinta alors subitement d'un léger voile de frustration. "Mais si je ne doute pas que mes écrits vont me survivre au delà des millénaires, j'ai peur que le souvenir de mon image et de ma beauté ne finisse par se dissiper au fil du temps. Et de là, a germé une idée dans mon esprit : Celle de devenir LA Mona Lisa du Monde Magique! "

Comme le visage d'un enfant venant d'ouvrir ses cadeaux au pied du sapin de Noël, Mildred irradia d'une joie qui n'avait rien de factice. Devenir la muse et le modèle d'un grand artiste peintre, de manière à s'adjuger un autoportrait qui rejoindrait à jamais le patrimoine national du Monde Magique, et dont le peuple entier viendrait admirer les contours et la beauté : Voila la nouvelle lubie de la Diva des Folies Sorcières.

Mildred Magpie posa un regard lourd de sens sur la pauvre piégée.

"Nelly... Je veux que tu fasses mon portrait. Une peinture légendaire qui fasse de moi la Vénus du Monde Magique. Une œuvre qui témoigne de chaque aspérité de ma subtile beauté! Je me fiche de savoir comment, mais que ce soit sous les traits d'une divinité mythologique, ou d'une manière plus réaliste et naturelle... Je te laisse le choix. Tout ce qui compte, c'est que je laisse mon empreinte sur le Monde... " Le visage plissé d'émotion, elle adressa un sourire mielleux à la jeune serpentard. "Si tu te sens capable d’accomplir un tel prodige, je te trouverai un créneau dans mon emploi du temps surchargé... "

Un silence assourdissant vint s'abattre sur la salle d'art et les frêles épaules de Nelly Horrocks...



               
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