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 Everybody Hurts [Curtis, Walter & Virgil]

Virgil ForbesPetit coeur tendre au fondavatar
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Dernière édition par Virgil Forbes le Mer 5 Sep - 14:40, édité 1 fois
30 avril 2010

Assis sur le muret du péristyle de la cours intérieure de Poudlard, Virgil, Kasya et Philip étaient tous les trois penchés sur un parchemin griffonné. Ils s’étaient installés dans la partie ensoleillée de la cours pour profiter de la douceur printanière et semblaient particulièrement amusés par leur lecture.

« J’aime le sport, notamment le football moldu et le quidditch. Je suis d’ailleurs membre de l’équipe de ma maison au poste de poursuiveur. J’ai refusé le poste de capitaine afin de valoriser un plus jeune joueur de mon équipe. »
Virgil laissa échapper un léger rire moqueur.
« Damon a refusé le poste de capitaine ? » s’enquit Philip en se penchant vers ses camarades
« Ça m’étonnerait. Il était fou de rage quand Dubois a été élu. »

Ses propos furent corroborés par Kasya qui hocha lentement la tête en écarquillant les yeux, signe qu’elle se souvenait parfaitement de ce coup de colère mémorable. Visiblement, Virgil n’était pas le seul à s’arranger avec la réalité. Damon Drop semblait tout aussi prompt au mensonge que lui !

L’athlète de Gryffondor avait répondu à l’appel à candidature pour participer à une nouvelle émission produite par Vargas Corp et présentée par Ernie Grognard, Koh Mantra. Il avait bouclé le formulaire la veille et cacheté l’enveloppe le matin même pour la faire partir par hibou. Virgil avait gentiment proposé à son camarade de lui poster sa lettre puisqu’il avait lui-même du courrier à envoyer et qu’il allait donc passer par la volière dans la journée… Damon aurait dû se méfier mais, trop content de se débarrasser de cette corvée, il avait accepté la proposition de Virgil sans songer une seule seconde que son ami  l’avait faite à dessein.

En effet, l’adolescent tenait entre ses mains  l’occasion rêvée pour se venger de l’affaire Klimtice Wood. Les faits remontaient à presque deux mois maintenant mais Virgil était loin d’avoir oublié la farce de son camarade. L’heure des représailles avait enfin sonné. L’adolescent pointa sa baguette sur le parchemin et effaça toute une partie de la candidature de son camarade. Il attrapa sa plume, la trempa dans l’encrier ouvert que tenait Philip entre ses mains et commença à écrire, en prenant bien garde d’imiter l’écriture ronde de Damon.

« J’aime aussi les animaux, notamment les boursouflets. J’ai toute une collection d’images panino dont je suis très fier. J’en ai 325 en tout ! J’aime tellement les boursouflets que je m’en suis tatoué un sur une partie de mon anatomie…Je vous laisse deviner laquelle.»

Les trois amis ricanèrent avant que Kasya ne fasse une seconde suggestion.

« Dis qu’il pleure en lisant du Magpie… »

Virgil jeta un regard en biais à sa camarade. Visiblement, elle avait quelque chose à régler avec son petit-ami mais cela n’était pas pour déplaire à Virgil. La Kasya rancunière avait de bonnes idées ! Il lui accorda un sourire complice et poursuivit sa lettre :

« J’aime les romans à l’eau de rose, notamment ceux de Mildred Magpie et je n’ai pas honte d’avouer que j’ai pleuré en lisant Bocahontas, proposa-t-il en noircissant les lignes du parchemin, J’estime qu’un homme ne doit pas camoufler sa part de sensibilité…
_… et qu’il ne doit pas avoir honte de ses émotions.
_ et qu’il ne doit pas avoir honte de ses émotions.  Je pleure tous les jours, devant un beau coucher de soleil par exemple, …
-…en écoutant du Celestina Moldubec,… dicta Kasya.
-…ou encore en regardant ma collection d’images de bébés Boursouflets…
-… ils sont si mignons avec leur fourrure colorée.

Sous les regards amusés de Kasya et Philip, Virgil griffonna le point final et souffla sur l’encre fraiche pour la sécher. Il détenait enfin sa vengeance et comptait bien  profiter de cette candidature pour ridiculiser son ami auprès des équipes de Kho Mantra. Il imaginait déjà le moment où Damon serait confronté à cette lettre farfelue par un membre du staff  ! Virgil ne raterait cela pour rien au monde. Il avait déjà promis à son ami de l’accompagner aux entretiens si jamais sa missive était sélectionnée et il comptait bien immortaliser ce moment en le filmant avec son tout nouveau Pear…

On ne change pas les bonnes vieilles habitudes.
Bien décidé à mener son projet à bien, Virgil sauta du muret et s’étira longuement, offrant ainsi un liseret de peau de son ventre aux rayons du soleil. Après avoir fait craquer les os de sa nuque, il se tourna vers ses deux camarades.

« Bon je vais poster ça. Il agita la missive entre ses mains, soyez sages. »
-Je suis toujours sage… badina Kasya avec un regard qui disait tout le contraire.

Virgil esquissa un vague sourire en guise de réponse et traversa la cours où plusieurs élèves étaient installés au soleil. Casey était appuyé contre une colonne et bouquinait seul dans un coin, la tête résolument cachée dans son livre. Depuis la parution de  l’article de Magpie concernant leur père et Corrigan, son petit frère s’était refermé comme une huitre et semblait plus seul que jamais. Il faut dire que la rumeur d’une liaison entre les deux directeurs de maison était particulièrement bien installée dorénavant. Si seuls les élèves les plus hardis s’amusaient à taquiner Virgil sur ce point, nombreux étaient ceux qui embêtaient ses petits frères. Le Gryffondor leurs avait pourtant donné quelques conseils pour moucher tous ces petits cognards mais Casey et Gaby prenaient les choses bien trop à cœur et se laissaient facilement atteindre par les moqueries où les sous-entendus.
N’allez pas croire que Virgil était totalement insensible à ces « quant dira-t-on », loin de là ! La lecture de l’article l’avait plongé dans une profonde colère mêlée d’indignation et ceux qui osaient l’importuner avec cette histoire en gardait un souvenir cuisant. Virgil ne reculait devant rien pour les humilier en retour. Auprès de ses amis, il faisait mine de prendre les choses avec distance, arguant effrontément qu’il avait toujours sut que son paternel «  se tapait » Corrigan mais il s’était juré que sa mère ne tomberait jamais sur ce torchon qui la salissait autant que lui.
Cet article n’avait fait que renforcer sa détermination à se venger de Magpie et il comptait bien saisir sa chance dès qu’elle se présenterait… Il restait toutefois une difficulté. Jusqu’alors, il s’était bien fiché  de son dossier scolaire mais il devait faire des efforts dorénavant pour  paraitre irréprochable : La perspective de décrocher un stage à Skye n’était plus si illusoire. Ses résultats avaient considérablement augmentés ces derniers mois même si rien dans son attitude en classe ne trahissait ce nouvel élan. Il était toujours autant avachi sur son bureau et d’apparence totalement désintéressé mais cette posture désinvolte visait surtout à soigner sa réputation de cancre. Corrigan lui avait  rédigé une lettre de recommandation – son père devait être un amant sacrément persuasif- et même Mason, la directrice en chef, y était allée de sa prose pour soutenir sa candidature -Elle devait vouloir batifoler avec son père, elle aussi- estimait Virgil. En somme, ce n’était pas le moment d’annihiler tous ces efforts avec des écarts de conduite. Même s’il brulait d’envie de châtier  Magpie… Il devrait attendre le moment opportun. Comme avec Damon.

Tandis qu’il montait les escaliers de la volière, Virgil jeta un regard à la lettre entre ses mains et laissa fleurir  un rictus mauvais sur ses lèvres. Il affichait toujours cet air revanchard lorsqu’il déboucha en haut des marches où il s’arrêta brusquement. Visiblement, il venait d’interrompre quelque chose. Une ribambelle de visages étaient tournés vers lui. Parmi eux, celui de Curtis Montgomery, un Serdaigle de son année flanqué de son habituelle bande de copains gauchistes et celui de Walter Kane, le fils de Meredith, désespérément seul au milieu de ces élèves plus âgés.
Immobile, Virgil observa les protagonistes un bref moment pour tenter de comprendre ce qui se jouait. Curtis et Walter n’avaient absolument rien en commun. Montgomery était connu pour être un élève particulièrement engagé politiquement et plutôt hostile au régime, quant à Walter, tout le monde savait que sa mère était la directrice du tout nouveau département de la Santé Magique et qu’elle était une proche de Marchebank.
Virgil savait additionner 1+1 et l’air paniqué de Walter Kane venait corroborer sa théorie : Il venait de surprendre Curtis en pleine séance d’intimidation.

Bien loin de l’image du preux Gryffondor défendant les plus faibles, Virgil traversa nonchalamment le petit groupe en direction de Beckam, le hibou familial, nommé ainsi en hommage au célèbre joueur de football de Manchester United. Il ne comptait pas intervenir pour aider Walter même si ce dernier lui rappelait énormément son frère Casey. Même introversion, même côté sensible... Les parents Kane et Forbes se fréquentaient depuis longtemps si bien que Virgil était amené à le croiser régulièrement lors de repas mais Walter faisait partie du groupe « des Petits » - Walter, Casey, Gaby, Emmy et Eva-  quant à Virgil il trainait avec « les Grands » –Dean, Claire et lui-même. (Charles, l’ainé des Kane, formant à lui tout seul le groupe des Gros Cognards.)
Quoiqu’il en soit, Poudlard était un monde cruel et chaque élève devait être en mesure de se défendre seul, estimait le Gryffondor.  L’école était une jungle, tout le monde savait ça : Pas de place pour les faibles.
L’adolescent prit donc tout son temps pour accrocher la lettre à la patte du Grand duc qu’il caressa quelques instants avant de le libérer dans les airs.
Son regard suivit l’oiseau au dessus de lui tandis qu’il réfléchissait à la situation. Et si Walter répétait à sa mère qu’il ne l’avait pas aidé, qu’en dirait Meredith ? Lui en voudrait-elle ? Le punirait-elle en mettant son dossier de candidature pour la stage à Skye en bas de la pile ? Virgil savait combien Meredith était une maman poule –Elle était encore pire qu’Agathe sur ce point- et il était sûr qu’elle lui en voudrait personnellement si jamais Walter caftait…Cela serait dommage, tout de même, de rater ce stage pour ne pas s’être interposé dans cette altercation, non ?

Le regard toujours en l’air, Virgil étudia la situation quelques instants, puis, cédant à ses penchants Serpentard, il reporta son attention sur le petit groupe d’élèves qui semblaient attendre qu’il parte pour terminer leur besogne. Il les observa tour à tour de ses yeux mi-clos et finit par s’accouder paresseusement sur la niche à côté de lui.

« Allez-y. Faites comme si j’étais pas là. » dit-il, bien décidé à enquiquiner Montgomery par sa simple présence.


Virgil Forbes

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Walter Kane ~ 4ème Année Serpentard

"Mais arrêtez! Vous me faites mal! "

Projeté sur le sol de la Volière par un violent maléfice de Repoussetout, Walter Kane comprit qu'il était désormais trop tard pour penser pouvoir s'échapper de l'emprise de ses bourreaux du quotidien. Baguette brandies et menaçantes, l'infâme trio venait de l'encercler, le coupant de toutes portes de sorties. Deux Serdaigles et un Gryffondor qui ne cessaient de le tourmenter pour la seule et simple raison qu'il était le fils d'une fidèle du régime Marchebank. Était-ce de sa faute? En quoi était-il responsable des agissements de sa mère? Walter avait beau s'indigner et hurler à l'injustice, ses harceleurs s'en contrefichaient royalement. Cela faisait des mois maintenant que Curtis Montgomerry, Noor Van Salisbury et Jay Barnett ne manquaient pas une occasion de lui pourrir la vie. Un harcèlement en règle qui avait débuté durant l'hiver, et qui broyait psychologiquement le serpentard. Un traumatisme moral qui se ressentait jusque dans les résultats scolaires de Walter ; ceux-ci étaient littéralement en chute libre, alors qu'il n'osait même plus se rendre à la bibliothèque de peur de croiser ses tortionnaires...

Certes, il avait cherché à se défendre, ou à attirer l'attention sur son sort. Mais il n'avait ni le niveau magique pour contrecarrer le trio, ni le courage d'en parler à un adulte responsable. Comme pétrifié, il éprouvait un violent sentiment de culpabilité et de honte face à sa propre faiblesse. Walter avait cherché à en parler à l'infirmière scolaire, mais comme toujours les mots ne sortaient pas de sa bouche. Sa psychomage de mère était également la personne idéale en qui trouver du réconfort, et pourtant il n'arrivait pas à lui confier son désarroi intérieur. Comment révéler les insanités qui lui crevaient chaque jour les tympans? Comment dénoncer les critiques acerbes qui l'écorchaient lui et sa famille dans sa chair? Sous leurs airs de premiers de la classe profondément humaniste, Curtis, Noor et Jay étaient aussi pernicieux et insidieux que des détraqueurs.

Walter Kane subissait une torture muette et invisible qui le fragilisait chaque jour davantage sans qu'il puisse en parler à quiconque. Avait-il le choix? Curtis avait été d'une froideur limpide quand il avait daigné lui faire comprendre que s'il osait se plaindre de son juste châtiment, lui ou l'un de ses sbires s'en prendrait directement à sa petite sœur Emmy. Un chantage horrible qui l'avait définitivement muré dans le silence. Trop faible, il n'était rien d'autre qu'un lâche, bien incapable de reprendre son destin en main ou de protéger les siens. Le serpentard se laissait glisser sur une pente destructrice, où il envisageait même l'idée d'un suicide en guise d’unique échappatoire. Mortifié par la honte et la crainte des représailles, Walter ne se préoccupait plus que du très court terme : A savoir, comment esquiver l'odieux groupuscule d'opposants Anti-FREE... La solution la plus efficace étant de rester cloitré dans son dortoir.

Alors qu'il gisait lamentablement sur le sol poussiéreux de la volière, Walter était forcé de constater qu'il avait faillit dans sa mission de réchapper à la vigilance du trio de jeunes révolutionnaires. Mais voilà, rien n'allait plus entre sa mère et son père, depuis que ce dernier s'était fait la malle avec une autre femme du même âge que son grand frère Charles. Une odieuse trahison qui n'avait fait que l'enfoncer encore davantage dans le doute. Décidé à avoir des nouvelles de sa mère, il s'était sentit obligé de se rendre dans la volière pour récupérer son courrier personnel. Une erreur qu'il payait au prix fort. Désormais, la voix éraillée par une peur indicible, le regard paniqué, il implorait la pitié et la compassion de ses bourreaux.

"Je vous en prie... Arrêtez... Je n'ai rien à vous dire sur Skye... Ma mère ne parle jamais de son travail... "

Ce fut Noor, une serdaigle de sixième année, qui fut la première à cracher son mépris à la face du serpentard lamentablement recroquevillé sur lui-même.

"Voyez-vous ça! Le pauvre chaton qui joue les pauvres victimes, alors qu'en ce moment même sa mère est sans doute en train de détraquer joyeusement l'esprit d'innocents civils. C'est d'un pathétique! "

"Ouai, c'est franchement pitoyable... Aussi peu de courage en une seule et même personne. " se contenta de commenter avec dédain Jay le Gryffondor.

Guettant une réaction de leur leader charismatique, les deux élèves finirent par tourner un regard blasé en direction de Curtis Montgomerry. Secouant la tête avec dépit, celui-ci finit par se pencher et poser une main faussement amicale sur l'épaule de Walter.

"Walter, Walter, Walter... Franchement, qu'est-ce que je vais faire avec toi? Tu n'imagine pas ô combien tu me déçois. J'ai pourtant été clair et conciliant ; Non? "

L'angoisse prenait le pas sur la raison alors que le serpentard piégé se contentait de hocher la tête en guise d'assentiment.

"Bon. C'est trop compliqué pour toi que de me ramener ne serait-ce qu'un indice sur la réalité des travaux engagés à Skye? Tu vas me faire croire que ta très chère voleuse de conscience de mère n’emmène pas des dossiers chez elle pour les potasser tranquillement le week-end? Tu m'excuseras mais j'y crois pas une seconde... "

Dans le but d'échapper à son tourmenteur, Walter recula instinctivement d'un mètre, avant de donner de plus ample explication.

"Je vous jure que j'ai cherché dans son bureau... Mais il n'y a rien de compromettant... Juste de la paperasse administrative... Des ébauches de discours... Aucune preuve... En tout cas, rien qui ne corrobore avec vos accusation. Ma mère est une psychomage de formation... qui ne cherche qu'à aider les gens... Vous la voyez comme un monstre, mais vous avez tort... "

Le regard de Curtis se durcit, alors qu'il se redressait pour dominer de toute sa taille la cible de son combat politique.

"Et bien, tu en parleras à mon frangin. Du moins ce qu'il reste de lui depuis sa sortie de Skye. Le malheureux a si bien été "réhabilité" par ta garce de mère qu'il ne peut presque plus prononcer une syllabe. C'est tellement plus simple de faire taire les consciences réfractaires que d'avoir à se justifier d'un crime d'état... J'imagine que c'est certainement plus facile pour toi aussi de te voiler la face que d'avoir à affronter la terrible vérité. " Ce fut à cet instant que Curtis remarqua une lettre au sol, à quelques centimètres seulement de la main droite de Walter. "Oh mais qu'avons nous là? "

Ignorant encore son contenu, Walter n'avait pas eu le temps de lire la lettre de sa mère, et il se refusait de donner une nouvelle arme à ses harceleurs. Il souffrait déjà à l'idée que ses parents puissent se séparer, et il ne voulait pas se l'entendre rabâcher à longueur de journée. Surtout sa mère avait été catégorique, il ne fallait surtout pas en parler à Emmy tant que son année scolaire n'était pas terminée. Assurément les choses finiraient par s'arranger... Sauf si Walter, par sa propre couardise venait à se faire ravir son courrier. Le serpentard trouva une certaine forme de courage dans sa colère, alors qu'il s'empressa de saisir la lettre avant que Curtis ou l'un de ses sbires ne le fasse.

"Allez Walter, donne moi cette lettre avant que je ne m’énerve pour de bon! " recommanda Walter, alors qu'il accompagnait ses propos d'un geste impatient de la main.  

"Non! " Même s'il tremblait comme une feuille dans le vent, cette première négation sonnait comme le début de la révolte contre l'injustice.

Curtis se contenta de secouer tristement la tête.

"T'es vraiment trop stupide... " Puis sans même prendre le temps de se tourner, il fit un petit geste à ses deux comparses. "Montrez lui de quel bois se chauffe les membres de l'Ordre du Phénix Nouveau! "

En une fraction de seconde, Walter n'eut que le temps d'entendre un crépitement magique tandis que deux sortilèges s'abattaient sur lui.  

"Stupéfix! " - "Stupéfix! "

Comme une masse rigide, Walter Kane tomba sur le coté, totalement pétrifié. Curtis n'avait désormais plus qu'à se pencher pour ramasser la lettre, mais il s'arrêta net dans son geste alors qu'une silhouette étrangère à la scène venait de pénétrer dans la volière. Dans l'incapacité totale de se mouvoir, le regard de Walter se posa instinctivement sur la seule personne en mesure de mettre un terme à son calvaire. Virgil! Il s'agissait de Virgil, le trublion de la famille Forbes, et l'une des personne pour qui Walter nourrissait le plus d'admiration. Son père était un ami proche du professeur Jonah, et du coup les deux garçons étaient souvent amenés à se rencontrer au travers différentes soirées familiales. Même s'ils ne se parlaient guère, Walter admirait le culot et cette liberté effrontée qui émanait du Gryffondor. Virgil ne semblait craindre ou respecter personne. Avec une désinvolture fascinante, il semblait en mesure de pouvoir vanner n'importe qui. Autant d'atouts que Walter rêverait de disposer dans sa lutte contre Curtis et sa clique...

Pourtant toute l'admiration de Walter manqua s'envoler alors que Virgil traversa nonchalamment la volière, sans même lui jeter l'ombre d'un regard. Bien plus que de la non assistance à personne en danger, cette réaction fut un ultime coup de grâce pour la confiance de Walter. Ce dernier se mit à sangloter, alors que plus rien n'empêchait Curtis de dérober son courrier. Et pourtant... Une voix finit par éclairer ses doutes : Virgil s'était décidé à intervenir...

« Allez-y. Faites comme si j’étais pas là. »

Presque comme des automates, Noor et Jay se mirent en travers du chemin du jeune Gryffondor pour l'empêcher de rejoindre le cœur du conflit. Baguettes en main et regards vide d'émotion, ils protégeaient loyalement leur leader charismatique dans sa stratégie d'intimidation d'un rejeton du système Marchebank. En découvrant la dégaine filiforme de Virgil, les deux sixième année échangèrent un regard amusé.

"Noor? Tu vois quelqu'un toi? " demanda avec ironie Jay.

"Non! Rien d'autre qu'un petit moustique qui va se bruler les ailes sur le plumage d'un phénix s'il ne s'occupe pas gentiment de ses affaires... " rétorqua avec assurance la serdaigle.

Mais assurément le petit moustique ne semblait pas décider à jouer du violon ailleurs, restant figé comme une statue de sel. Noor fit danser dangereusement sa baguette dans les airs avant d'ajouter :

"C'est Virgil, ton nom, n'est-ce pas? Celui qui joue les rebelles, depuis qu'il a balancé un snape de l'autre vieille folle lubrique de Magpie. Tu parles d'un exploit! Caché derrière ton Pear One, tu m'as l'air d'être quelqu'un de très courageux... "

Jay s'esclaffa avant de d'ajouter lui aussi sa pique cinglante :

"Tu parles d'un courage! Quand ta papa Directeur de maison, et que celui-ci couche avec une autre directrice de Maison, tu risques pas grand chose... Tu peux être con comme un manche à balai, et avoir tes aspics avec les félicitations du jury! "

Dissimulé derrière de fausse politesse, Noor lança un sourire empreint d'impatience à Virgil.

"Avant que les choses ne se complique sérieusement pour toi, je pense que tu devrai rejoindre ta bande de potes décérébrés, pour fumer de la mandragore et siffler les filles dans les couloirs. Et n'oublie surtout pas de dire à Damon que c'est un gros cognard... "

Jay avança d'un pas pour expédier une tape dans l'épaule de Virgil, et l'inciter à décamper.

"Allez file gamin! Va te plaindre auprès de papa si cela te chante... "

Caché derrière son rideau de gardes du corps et soucieux de ne pas perdre son temps dans sa noble mission anti-Free, Curtis demeurait silencieux. Fortement impliqué, il se devait de trouver un indice qui puisse compromettre Skye et la dictature Marchebank. Peut-être le trouverait-il dans cette lettre qu'il venait tout juste de ramasser?
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La réaction du trio infernal ne se fit pas attendre :  Noor et Jay se postèrent face à Virgil afin de lui barrer le passage et éviter qu’il n’atteigne leur leader, le fameux Montgomery… Chaque bande à Poudlard avait sa propre organisation et celle de Curtis était assurément pyramidale : Lui, au sommet et les autres, à ses ordres. Virgil ne comprenait pas comment ces deux camarades pouvaient accepter d’être corvéable à ce point, réduits au simple statut de gorille.
Jay Barnett semblait s’accommoder  parfaitement de cette situation et il trouvait même une certaine fierté à être le sous-fifre de Montgomery. En même temps, pouvait-il espérer davantage ? Aux yeux de Virgil, Jay n’avait aucune qualité. Il partageait son dortoir depuis six ans maintenant et les deux garçons n’avaient absolument rien en commun. Virgil voyait Jay comme un minet qui passait le plus clair de son temps dans la salle de bain de leur dortoir à faire « je ne sais quoi » …

A contrario Noor était une fille brillante, par certains aspects. Dans les quelques cours qu’il partageait avec la Serdaigle, Virgil avait pu se rendre compte de sa vivacité d’esprit et de son intelligence. Elle était impliquée dans différentes causes –que Virgil ne partageait pas du tout-  mais il lui reconnaissait une certaine volonté et le courage de ses idées.  La voir endosser le rôle de vulgaire chien de garde pour Curtis était tout bonnement incompréhensible... Comment pouvait-on se prétendre féministe et être à ce point assujetti ?

Quoiqu’il en soit, les deux sbires de Montgomery étaient prêts à en découdre. Baguettes en mains, mines revêches, propos menaçants, il était clair qu’ils voulaient contraindre Virgil à partir.

Attendez quelque chose de ce dernier et vous pouvez être sûr qu’il fera assurément tout le contraire, par simple esprit de contradiction.  Pour toute réaction, le Gryffondor haussa un sourcil sans toutefois esquisser le moindre geste de repli ou de défense. Il était toujours accoudé nonchalamment sur son nichoir lorsqu’il répondit à l’envolée lyrique de la jeune Serdaigle.

« Se brûler les ailes ? Rien que ça ? Il hocha brièvement la tête d’un air pensif. Son regard balaya alors  les trois élèves de son année  et il fronça légèrement les sourcils mimant parfaitement une incompréhension factice, Excusez-moi mais j’ai peur de ne pas comprendre… Lequel de vous est censé incarner le Phénix ? Les pupilles claires du Gryffondor  s’arrêtèrent sur Noor, Tu aurais parlé de mollusque ou  de veracrasse vous auriez pu tous les trois endosser la comparaison à la perfection mais là, sincèrement, je vois pas. »

Merlin, que c’était jouissif de laisser parler sa méchanceté !
Virgil n’avait pas besoin de réfléchir très longtemps pour trouver des cruautés à dire, bien au contraire. Les remarques désobligeantes étaient celles qui lui venaient le plus spontanément, le plus naturellement. La plupart du temps, il devait les refréner car elles n’avaient pas leur place dans le tissu social ordinaire. En grandissant, Virgil avait appris à se taire et à canaliser un peu sa perfidie mais si on lui laissait l’opportunité de s’exprimer sans filtre, il ne comptait  pas bouder son plaisir. Le Gryffondor éprouvait un réel contentement à se livrer à ce genre de joutes verbales. Loin d’être intimidé, il se sentait plutôt galvanisé par les provocations. Son moi intérieur -qu’il devait si souvent museler- se réveillait enfin et tout son être semblait focalisé sur un seul et même objectif : Faire vaciller ces trois blaireaux. Ebranler leurs convictions et leurs certitudes. Lire le trouble, la gêne ou la colère dans leur regard, ne serait-ce que durant une fraction de seconde. Au fond, Walter Kane n’était qu’on prétexte qui lui offrait l’occasion de laisser libre court à ses plus sombres penchants.

Virgil se sentait fort. Psychologiquement supérieur. Non seulement, il n’avait jamais été du genre à se laisser ébranler mais ces six derniers mois à s’exercer avec Nelly à la légilimancie et l’occlumancie avaient décuplé sa confiance en son mental. Il fallait une bonne dose d’abnégation et de maitrise de soi pour lutter contre une intrusion mémorielle ou pour pénétrer un esprit. En comparaison, tenir tête aux politicards de l’école s’apparentait à une récréation entre ses différents exercices mentaux, aussi, quant la Serdaigle chercha à piquer son égo en affirmant qu’il n’était qu’un trouillard il répliqua instantanément.

« Noor, comme tu me déçois. Je te pensais  plus intelligente que ça. Elle l’était en vérité mais Virgil aimait sous-entendre le contraire juste pour l’embêter, Tu penses vraiment que la partition du Gryffondor trouillard va marcher sur moi ? Que tu vas me blesser dans ma virilité ou froisser mon ego de mâle en me qualifiant de froussard ? Parce que, bien sûr, un garçon se doit d’être courageux et fier de l’être.» ironisa-t-il.
Il l’observa de ses yeux mi-clos un instant et reprit :
« Bonjour les stéréotypes… Je croyais que tu luttais justement contre toute forme de sexisme. Avant de faire la moral aux autres  tu devrais être plus intransigeante envers toi-même…»

L’attaquer sur ses combats était la chose la plus judicieuse à faire selon Virgil qui n’hésita pas une seconde avant d’en rajouter une couche :

« Et puis honnêtement, en matière de courage je ne pense pas avoir de leçon à recevoir de trois sixièmes années occupés à molester un gamin de quatrième. »

Jay choisit ce moment pour voler au secours de son amie en abatant une carte maitresse dans le duel verbal qui les opposait à Virgil. En effet, il évoqua la prétendue relation entre Jonah et le professeur Corrigan, sous entendant par la même occasion que Virgil bénéficierait de passe droit au sein de l’école. L’acolyte de Curtis cherchait de toute évidence à pousser Virgil dans ses retranchements d’entrée de jeu. Jay savait parfaitement  que le sujet était sensible pour le cadet des Forbes : Même si Virgil n’avait jamais discuté de cela dans le dortoir avec Philip ou Damon, certains silences étaient parfois plus parlants que de longues conversations.  Sans le savoir Jay venait de frapper un grand coup en évoquant les rumeurs relayé par Magpie et Virgil estimait qu’il devait répliquer au mois à la hauteur de l’affront. Le Gryffondor braqua ses pupilles sur Jay tout en passant en revue ce qu’il était susceptible d’utiliser contre lui.

« Et ouai Barnett, pendant que le jury des ASPICS me félicitera pour mon travail remarquable, toi tu pleurnicheras dans un coin  en repensant avec nostalgie à ses sept années passées dans le dortoir de Damon.  Les yeux plissé, le regard figé, Virgil laissa passer quelques secondes de silence avant de poursuivre, Tu repenseras à toutes les fois où tu as pu le mater tranquille à la sortie de sa douche. Nouveau silence. Tu crois vraiment que j’ai rien remarqué ? »

A vrai dire, Virgil n’était pas vraiment sûr de ce qu’il avançait. En six ans, il n’avait surpris qu’un seul regard de Barnett. Un an plus tôt environ. Damon se changeait dans un coin du dortoir et Jay l’avait observé un instant, avec ce même regard caressant que Virgil voyait tous les jours dans les yeux de ses amis lorsque Chloé était dans les parages. Le Gryffondor n’en avait jamais parlé à personne et surement pas à Damon. Pourquoi ?
Uniquement pour Dean.
Virgil ne voulait pas être celui qui lancerait ce ragot. Si Damon l’ avait su,  il aurait fait de la vie de Jay un enfer, que la rumeur soit fondée ou non. Damon pouvait être le pire des homophobes et Virgil n’était pas loin de partager son point de vue avant la découverte, par inadvertance, de l’homosexualité de son propre frère ainé. Si Virgil était à l’origine de propos homophobes, Dean ne le lui pardonnerait surement pas. Alors, il s’était tût et il avait gardé son ressenti pour lui, non pas pour Jay –ce gars ne méritait pas sa bienveillance- mais simplement pour son frère.
Toutefois les choses étaient différentes aujourd’hui : Dean n’était plus scolarisé à Poudlard et Jay cherchait à s’opposer frontalement à lui. Il n’y avait donc aucune indulgence à avoir. Virgil devait être implacable et il comptait bien l’être malgré Noor qui l’incitait de nouveau à décamper.

« Je ne bougerai pas de là et si tu as quelque chose à dire à Damon, dis-le lui toi-même, siffla-t-il avant de reporter son regard pernicieux sur Barnett, ou alors, envoies Jay. Je suis sûr qu’il rêve secrètement de le malmener «  Méchant Damon, tu as été un gros cognard, mima Virgil comme s’il était Barnett, Viens par là que je te corrige ! »

Un sourire malveillant éclaira le visage de Virgil. Une part de lui aimait être odieux, c’était indéniable. Jay s’approcha de quelques pas et Virgil se tendit imperceptiblement. Sa baguette était à porté de main, dans sa poche, et il avait déjà réfléchi à une série de sortilèges à formuler en cas d’attaque. Il ne comptait pas l’admettre mais le club de duel, animé par son père et sa poule, s’avérait plutôt utile.

« Alors on perd patience Barnett ? Sache qu’il n’y a que la vérité qui fâche, provoqua-t-il toutefois juste avant que Jay ne lui expédie une sérieuse tape dans l’épaule qui le fit vaciller. Jay était incontestablement plus costaud que Virgil physiquement mais, à Poudlard, les muscles ne servaient à rien. Seules les capacités magiques comptaient.  Profitant de cette proximité avec le jeune homme, Virgil dégaina prestement sa baguette et plaqua l’extrémité de celle-ci juste sous l’œil de son camarade de dortoir.

« Je crois que c’est toi qui va finir par aller te plaindre à mon paternel. » menaça-t-il en prenant bien garde d’utiliser la carrure de Barnett comme protection entre Noor et lui. A priori, Virgil n’avait qu’une formule à dire pour que l’œil du beau Jay Barnett gicle de son orbite, comme dans les films d’horreur !
Avoir une réputation de décérébré pouvait être carrément utile parfois. Virgil était connu pour aller jusqu’au bout des choses et mettre ses menaces à exécution quoiqu’il l’en coûte. En apparence, il n’était pas à une bagarre près ni à un nouveau manquement au règlement. Personne ne savait à Poudlard qu’il soignait son dossier depuis des mois, si ce n’est Nelly…
En toute honnêteté, il préférait secrètement que les choses en reste là, hors, il n’y avait qu’une seule personne capable de stopper cette escalade : Curtis Montgomery.

Ce dernier semblait se désintéresser totalement de la situation. Il venait de se baisser pour ramasser une lettre au sol et s’apprêtait à l’ouvrir lorsque Virgil décida de l’apostropher :

« Montgomery, tu ne comptes quand même pas rester planqué éternellement derrière tes chiens de garde, si ? Tu devrais les rappeler si tu ne veux pas qu’il leur arrive des sales trucs… Allez Noor ! Aux pieds !»


Virgil Forbes

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Jay Barnett ~ Noor Van Salisbury

"Je vais t'arracher la langue, espèce de petite merde! Il n'y a que toi qui rampe devant Damon comme un vulgaire boursouf de compagnie! "

Malgré la promiscuité dangereuse de la baguette de son adversaire, accolée à sa joue gauche, le regard de Jay semblait jeter des éclairs. Blessé dans sa chair par les allusions cruelles et déplacées du Gryffondor, il n'avait qu'une seule obsession : Celle de laver son honneur bafouée, en écrasant la tête de cette petite mouche à merde contre le sol de la volière. Savait-il combien il était compliqué de réfréner ses sentiments, de jouer un rôle qui n'était pas le sien au détriment de sa propre personnalité? Décidément, Virgil n'était vraiment qu'un affreux petit troll malfaisant qui avait le don de tirer à boulet rouge sur la moindre faille exploitable dans l'âme d'une personne. Un harceleur né qui œuvrait en toute impunité depuis bien trop longtemps!

La situation dérapait dangereusement alors que Noor cherchait également à aligner sa baguette sur l'odieuse cible rouge et or ; Mais aucun sortilège ne jaillit de la pointe de celle-ci alors que Virgil se dissimulait habilement derrière les larges épaules de son compère révolutionnaire. Plutôt que de blesser son camarade et ami, elle préféra intelligemment calmer le jeu.  

"Tout doux, Jay. Inutile de prendre feu, tu vois bien qu'il ne cherche qu'à te faire dégoupiller! Ce crétin n'en vaut vraiment pas la peine... "

Amie de longues dates de Jay, la serdaigle connaissait celui-ci mieux que quiconque pour savoir qu'il y avait des sujets qu'il ne valait mieux pas aborder avec lui. Enfermé dans de douloureux faux semblants, le Gryffondor avait toutes les peines du monde à assumer certaines vérités. Sans baisser pour autant sa baguette, Noor exprima toute l'étendue de son dégout au vil Vigil qui conseillait à Jay d'aller lui-même se plaindre à son père. Quelle arrogance! Quel culot! C'était la fanfaronnade de trop qui vint égratigner le caractère de Feu de la serdaigle. Celle-ci dégaina à son tour les propos cruels et belliqueux.

"Se plaindre à ton père? C'est inutile... Tout le monde à Poudlard sait qu'il est plus occuper à mater les jolies miches de la Corrigan, plutôt qu'à botter les fesses de son crétin de fils... "

Se mordillant la lèvre inférieure, Noor regrettait déjà ses propos. Tomber dans des raccourcis aussi bas et faciles, cela ne lui ressemblait pas. Elle aussi n'arrivait plus à contenir sa colère, signe que Virgil avait réussit son petit prodige de faire enrager toute le monde. Tout le monde? Pas vraiment... Plus concentré sur la lettre dérobée au rejeton des Kane, Curtis ignorait totalement l'escalade dangereuse qui se produisait dans son dos. Du moins jusqu'à ce Virgil ne finisse par l'alpaguer et le provoquer à son tour. C'est alors que le politicien en herbe entra en scène...

Curtis Montgomerry

Le serdaigle scruta une dernière foi les caresses d'encre qui jalonnait la lettre dérobée à l'innocent et trop fragile Walter. Savoir qu'elle émanait de l'une des plus dangereuses sbires de Leopold Marchebank suffisait à le fasciner. A proprement parlé, cette missive n'avait rien de compromettant sur la dictature ou sur Skye, mais elle lui apportait tout de même une information de taille. Apparemment, le couple Kane battait de l'aile, signe qu'une toute autre vérité se cachait derrière les beaux clichés de la famille parfaite. La papa de Walter qui bossait pour une organisation caritative avait-il découvert lui-même la vérité sur les exactions commises à Skye? Le masque de l'affreuse Meredith Kane s'était-il enfin fissuré? Autant de mystère que Curtis ne voulait point exploiter dans l'immédiat alors que situation dérapait dangereusement derrière lui. Plutôt que de répondre frontalement aux provocations de Virgil, il tendit la lettre à son propriétaire détroussé.

"Je crains Walter que les nouvelles ne soient malheureusement pas très bonnes dans la famille Kane. Un jour, il faudra bien que tu finisses par te rendre compte que ta mère n'est pas qu'un cancer pour la société et ses libertés... "

Curtis laissa tomber négligemment la lettre sur le corps étendu de sa première cible, avant de se tourner vers Virgil et ses comparses. Se redressant sur ses jambes, les mains dans le dos, il avança calmement en direction du conflit. Se positionnant aux cotés de Noor, il secoua la tête de dépit face à l'attitude rebelle et obstinée du Gryffondor.

"Virgil, Virgil, Virgil... " Un long soupir accompagna le regard empreint de déception du preux révolutionnaire. "Quand je te vois, je ne peux m'empêcher de penser à l'incroyable gâchis qui submerge ta personne. Au formidable potentiel inexploité, du fait d'un comportement aussi immature que irréfléchi. Je me demande parfois si les volutes de Mandragore n’obscurcissent pas ton esprit, au point d'oublier qui sont réellement tes alliés et où se trouvent tes ennemis... Quel dommage! "

Curtis braqua un index accusateur en direction du jeune Walter qui demeurait encore replié sur lui-même.

"Tu vois ce gamin de quatrième année, comme tu l'appelles. C'est peut-être le seul moyen qui nous ai donné de dénoncer les horreurs qui se produisent dans les ténèbres de Skye. Que je sache tu n'es pas un fidèle partisan de la Dictature actuelle, non? Inconsciemment et de manière surprenante, tu as frappé un grand coup chez nos oppresseurs en ridiculisant l'une de ses plus fidèles collabos. Tu ne peux pas imaginer le sentiment victorieux que j'ai éprouvé en voyant la rumeur se propagée sur la toile magique et qui a frappé en pleine fouet cette vieille pie acariâtre de Magpie. Cela faisait des lustres que nous cherchions un angle d'attaque pour évincer de Poudlard cette perfide alliée de Marchebank... "

Curtis marqua un silence avant de préciser ses propos.

"Tu détestes Mildred Magpie autant que je déteste l'outil de propagande qu'elle incarne. Nous n'avons peut-être pas les mêmes objectifs, mais quelque part nous sommes dans le même camp. Alors pourquoi se chercher querelle? Pourquoi continuer à gâcher inutilement le formidable potentiel qui sommeille en toi? Pourquoi t'en prendre à nous alors qu'ensemble nous pourrions nous entraider? "

Le serdaigle croisa ses bras sur sa poitrine avant de répéter sa question.

"Vas-y, je t'écoutes Virgil. J'ai hâte de comprendre et d'entendre ta réponse. "

Signe de son leadership, d'un simple geste de la main, il ordonna à ses sbires de baisser leurs baguettes.
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Jay était à deux doigts de pèter les plombs et Noor semblait avoir toutes les peines du monde à se maitriser elle-même.  Elle abattait même la carte « Ton père se tape Corrigan » qui n’était résolument pas son niveau intellectuel. Virgil était  un peu déçu qu’elle ne trouve pas une meilleure répartie alors que Jay avait déjà joué cet atout avant elle. Il la pensait un peu plus futée et ne résista pas à la provoquer de nouveau.

« Les jolies fesses de Corrigan ? Tu as l’air bien informée. Je comprends mieux pourquoi tu traines avec Jay maintenant, vous avez l’air d’avoir des points communs tous les deux. »

Ce fut Montgomery qui mit fin à la surenchère en intervenant de sa voix calme et posée. A l’instar des deux sbires, Virgil se tût pour écouter –et surtout décrypter- le monologue du Serdaigle. Il avait une certaine aisance dans le discours, c’était indéniable et, en toute honnêteté, Virgil aimait l’écouter en classe lorsqu’il prenait la parole, surtout quant il tenait tête aux professeurs en avançant posément ses arguments. Il avait souvent des idées ou des théories politiques que le Gryffondor de partageaient pas mais si ses remarques pouvaient faire perdre la face au professeur en plus des quelques minutes de cours, Virgil ne disait pas non. Il fallait lui reconnaitre un certain charisme de futur homme politique mais, aux yeux du Gryffondor, cette posture savamment construite n’était pas encore complètement finalisée. Virgil attendit toutefois que Montgommery ait fini sa diatribe pour avancer ses pions…


« Alors comme ça,  toi aussi tu détestes Magpie et tu as envie de la faire virer de Poudlard. Intéressant. Souffla –t-il, c’est vrai qu’on pourrait avoir des intérêts communs dans cette histoire. »

Le Gryffondor observa tour à tour Curtis, Noor avant d’arrêter son regard sur Jay.

« Ça te plairait Barnett qu’on soit dans le même camp ? Qu’on… fraternise ?
demanda-t-il en haussant les sourcils de manière suggestive.

Il allait réussir à le faire pêter les plombs, tôt ou tard, Virgil ne perdait pas espoir. Il avait pris un sérieux avantage psychologique sur son camarade de dortoir surtout depuis que Curtis avait fait le choix de désavouer ses sbires en  lui proposant une sorte de trêve. D’ailleurs, Virgil comptait bien mettre ce moment à profit. Il baissa sa propre baguette en signe de cessez-le-feu, gratifia Jay Barnett de son sourire le plus innocent et lâcha un  « Tu permets  » avant de se frayer un passage en direction du fils Kane.

« J’avoue que je suis assez satisfait d’apprendre que ma petite vidéo holographie t’a plu Curtis, reprit Virgil, mais en toute honnêteté je n’ai pas fait grand-chose. Je dois le succès de mon Snape à Magpie elle-même et à son incroyable faculté à se discréditer toute seule… »

Virgil se pencha pour ramasser la lettre posée sur le corps immobile de Walter et la parcourut brièvement des yeux. Il reporta son attention sur Curtis, hocha ostensiblement  la tête comme s’il était particulièrement impressionné par  le contenu de la missive et finit par libérer  Walt’ de son Maléfice du saucisson d’un contre-sortilège.
Lorsque le troisième année fut enfin debout, Virgil lui colla la lettre sur le torse d’un geste ferme qui lui fit faire un pas en arrière en direction de la sortie. *Bouge de la Walter !* semblait dire son regard insistant. S’il en avait eu la possibilité il aurait bien rajouté dans ses yeux un signal du genre *Et n’ oublie pas de dire à ta mère que je t’ai sauvé la mise et qu’elle doit me prendre en stage.* mais il ne maitrisait pas suffisamment le langage non verbal pour atteindre de telles subtilités.

« Donc, si je suis ton raisonnement , reprit Virgil à l’attention de Montgomery, tu voudrais annihiler tout ce qui représentent le régime Marchebank que ce soit Magpie ou Méredith Kane. Et donc, tu penses, par exemple que la directrice du département de la Santé va évoquer les… Comment tu dis déjà ? Il fit mine de réfléchir, ah oui, «  les horreurs qui se produisent dans les ténèbres de Skye » dans une lettre écrite à son fils alors que tout ce qui touche au Centre de Réhabilitation est classé Secret Défense.

Virgil était bien placé pour le savoir. Hormis les fiches métiers éditées par le  Ministère il n’avait trouvé aucun document évoquant concrètement  les expériences faites à Skye.
Le jeune homme observa Montgomery et son regard se fit plus pernicieux.

« Excuses moi mais les volutes de Mandragore qui obscurcissent mon  esprit m’empêchent d’y voir clair. Tu penses qu’il y a un message codé quant Meredith Kane demande à son fils s’il se brosse bien les dents trois fois par jours? S’enquit-il en prenant un malin plaisir à jouer les simplets, A moins que ce soit quand elle explique qu’elle a planté des rosiers à la place des hortensias. J’hésite, poursuivit-il, le ton plein d’ironie.

Le Gryffondor s’approcha du petit chef de la bande  pour lui faire face. Ce qu’il aimait ces moments ! Il se sentait galvanisé,  prêt à en découdre. Il savait que Montgomery était plus fin que Jay et l’échange à suivre s’annonçait comme un véritable challenge pour lui. Challenge dont il comptait bien dicter les règles.

« Curtis, Curtis, Curtis,… commença-t-il en contenant difficilement le sourire moqueur que lui inspirait cette entrée en matière,  Tu veux savoir ce que me chuchote mon formidable potentiel inexploité ?» La question était avant tout rhétorique puisqu’il enchaina rapidement : « Il me murmure de ne pas m’allier au petit politicard de l’école dont les propos et les mimiques  semblent pompés sur les plus mauvais discours de Fiennes –Période post-lobotomie j’entends. » précisa-t-il.
« «  Garde tes amis près de toi et tes ennemis plus près encore »Tout porte à croire que tu as voulu appliquer  l’adage  mais ta démarche manque un chouilla de subtilité. » dit-il en illustrant ses propos d’ un mince espace laissé entre son pouce et son index.  

« C’était une bonne idée ton truc de me flatter après m’avoir humilié, de me rabaisser puis de ma valoriser dans la foulée, franchement, j’aurais pas fait mieux. Souffler le chaud le froid, jouer la carte de l’ambigüité. Faire preuve d’une arrogance extrême tout en donnant l’impression d’être désolé d’avoir à tenir de tels propos: Vraiment c’était bien senti, et plutôt inspiré, mais tu dois savoir adapter ton comportement à la situation et surtout,  à la personne que tu as en face de toi. Ça marche peut-être avec tes chiens de garde mais pas avec moi. Je ne veux pas être un disciple qu’on dirige à la baguette et encore moins être adoubé par le roi Curtis, tu aurais du le remarquer, souffla-t-il d’un air faussement peiné.

Virgil ne recherchait pas un mentor, un guide ou un gourou. Il était son propre chef et entendait bien le rester. Vu de l’extérieur on aurait pu penser qu’il était sous le joug de Damon, plus beau, plus fort, plus populaire mais Virgil savait une chose : Il était clairement plus intelligent que son ami et Damon le savait également . Virgil aurait pu  ridiculiser son meilleur pote en une poignée de secondse s’il l’avait voulu tout comme Damon aurait été en mesure de le réduire en bouilli sur la même durée. Les deux garçons avaient signé tacitement une sorte de pacte de non-agression et ce, depuis l’enfance. C’était d’ailleurs ce que s’apprêtait à proposer Virgil à Montgomery. Du moins, à sa manière.

«  Tu sais Curtis, l 'incroyable gâchis qui submerge ma personne t’emmerde et je te dis ça sans amertume ni animosité. Je pense ne pas trop me tromper en disant que la réciproque est vraie. Expliqua Virgil posément, J’estime juste qu’un peu de sincérité dans cette discussion ne ferait pas de mal, c’est tout. Tu devrai essayer Curtis. Débarrasse toi de tout ce superflu, de tes chiens de gardes, de tes techniques de manipulation pour me faire adhérer à ton pseudo leadership. Dis les choses simplement et si tu as quelque chose à demander, fais le, mais par pitié, n’essaye pas de m’embobiner. »

«  Non seulement tu insultes mon incroyable potentiel mais également le tien. »blagua Virgil avec un imperceptible sourire «  Parlons donc d’égal à égal, si tu t’en sens capable,  bien sûr. »

Il croisa ses bras sur son torse et attendit. Si Montgomery voulait mettre ses talents de beaux parleurs à profit pour faire virer Magpie, Virgil était carrément partant. A condition qu’ils soient deux en haut de la pyramide…


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Curtis Montgomerry ~ Noor Van Salisbury ~ Jay Barnett

Le duo d'apprentis résistant scrutaient avec une attention particulière le duel verbal échangé entre leur leader charismatique et l'inaltérable petit emmerdeur de la maison rouge et or. Si Barnett paraissait remonté comme une pendule ; Noor, quant à elle, levait les yeux au plafond en signe de dépit, tant elle trouvait ce combat de jeunes coqs contreproductif sur bien des aspects. Pourquoi fallait-il que les mecs jouent toujours à celui qui en avait une plus grosse? De plus, il avait été décidé que l'ordre du Phénix renaissant n'avait point de leader, et qu'il ne s'agissait que d'une philosophie dans laquelle la cause prenait le dessus sur les individualité. Curtis, aussi volubile soit-il, n'avait pas à se justifier ou endosser le rôle du chef. Noor ne voulant point se cantonner au rôle de potiche spectatrice, se décida enfin à prendre la parole et couper les deux rois du monologue. Elle applaudie ironiquement pour manifester son impatience.

"Waaaah! Temps mort les mecs! Et après ça, on dit que les femmes sont de vrais pipelettes! Par pitié un peu moins de testostérone, j'en ai marre de votre combat de coqs. Moi je me barre... " dit-elle en baissant sa baguette de rage.

Jay braqua un regard désapprobateur sur sa camarade, signe qu'il refusait totalement l'idée de se soumettre et de passer l'éponge sur les viles provocations du Gryffondor.

"Ce petit cafard niaiseux nous insulte et on devrait passer notre chemin? Franchement, Noor! Il mérite une leçon! On va se laisser faire et rentrer la queue entre les jambes! "

Tout à coup, comme par enchantement, la belle entente qui était sensée régner dans le groupuscule révolutionnaire de Poudlard se disloqua comme la couche de caramel sur une part de crème brulée. Sans le savoir, Virgil venait de pointer du doigt l'amateurisme des apprentis résistants, et soulever les trop nombreux non-dits sur la manière d'opérer. Ce fut Noor qui jeta la première le pavé dans la marre, alors qu'elle se tournait vers Curtis.

"Franchement, Curt, entre nous... Même si Virgil est une erreur de la nature, il faut bien se l'avouer, il n'a pas totalement tort sur un point : Est-ce que cela va faire avancer notre cause que de martyriser ce pleurnichard de Walter Kane et de lui dérober son courrier? Ne soyons pas bête : Sa garce de mère ne va pas nous servir sur un plateau en argent les coulisses de Skye et les secrets honteux du régime Marchebank! Tu ne crois pas? "

Bien que demeurant parfaitement stoïque, Curtis bouillonnait intérieurement. D'une part parce que Virgil l'avait parodier sur certain tics de langage en plus de le traiter de politicard à la Fiennes post-lobotomie, d'autre part parce qu'il savait que sans unité, le combat était perdue d'avance. Pourquoi Noor n'attendait-elle le cercle fermé des réunions secrètes pour laver tranquillement son linge sale en famille. Lui qui rêvait d'une carrière politique, détestait l'image donnée à son projet révolutionnaire. Comme pour mieux rabattre le couvercle sur l'eau bouillonnante de la marmite, il tendit en avant ses mains en signe d'apaisement.

"Voyons, du calme. Je n'ai jamais dis que j'avais dans l'idée de trouver un descriptif détaillé sur les expérimentations nébuleuses se déroulant dans les profondeurs de Skye. Je sais pertinemment que les pires secrets sont toujours les mieux protégés. " Il jeta un œil réprobateur à Virgil. "Peut-être que cela doit t'apparaitre comme un vulgaire détail, mais tu vois : Connaitre les habitudes de tes adversaires peut t'offrir un coup d'avance sur l'échiquier. Une lettre aussi banale soit-elle peut t'indiquer un déplacement, ou un lieu de rendez-vous. Bref, des informations en or pour ceux qui ont décidé de s'ériger contre la Dictature... " Sourire faussement courtois aux lèvres, il se permit d'ajouter :  " Comprends-tu mieux ma logique, Virgil? "

Jay s'esclaffa dans son coin.

"Il comprends rien ce taré! Il ne sait faire qu'une chose : Semer la graine de la zizanie dans l'esprit des gens! "

Craignant que son comparse blessé dans son orgueil de Gryffondor ne finisse par définitivement exploser, Noor posa une main amicale sur son épaule, avant d'exprimer ses regrets à Curtis.

"Ok... Curtis. Mais la mission première de notre organisation secrète n'était-elle pas de défendre les faibles et les opprimés? Et là, nous faisons quoi? On harcèle justement un faible et un opprimé... Je suis désolée mais on aurait dû suivre les lignes de mon plan... "

Secouant la tête, Curtis s'empressa de souligner son total désaccord.

"Désolé, Noor, mais il est hors de question que nous faisions ami-ami avec le rejeton du diable et celle qui a osé réduire en cendre la conscience de mon frère. En plus, ton projet d'intégrer Skye par le biais d'un stage est beaucoup trop risqué... Tu sous-estimes le potentiel de dangerosité de ces gens-là! Je sais que tu t'imagines en nouvelle Juliana McNeil du Monde Magique, mais dois-je te rappeler le sort qui a été réservé à ton héroïne? "

"Car-bo-ni-sée... Il vaut mieux que l'on continue à taguer les murs de Poudlard avec des messages politiques forts! " souffla judicieusement Jay.  

Noor se contenta de souffler une mèche frisée qui lui obscurcissait le front, avant de surenchérir un brin énervée.

"Oui enfin, en terme de discrétion, vous pouvez parler! Vous êtes en train d'exposer tous nos projets à la face d'un inconnu! On sait quoi de lui? Qui vous dis que ce petit merdeux ne va pas finir par nous dénoncer? Cette école grouille d'indics et vous balancer comme ça notre CV de preux résistant! Franchement les gars, vous craignez! Moi, je peux pas me permettre d'être virée! "

La belle alliance tournait au fiasco, si bien que Curtis se sentit dans l'obligation d'intervenir et de hausser le ton!

"On se calme! De la division nait la défaite! Et Noor, expliques-moi juste comment tu comptes recruter de nouveaux sympathisants à notre cause, si nous ne sortons pas un minimum du bois? Je t'écoutes? " Noor soupira avant de regarder ses pieds. Ajustant alors un regard oblique sur celui qui centralisait les tensions et les divisions, Curtis finit par reprendre le fil de se discussion. Il tenta alors de se la jouer moins politicien et d'adopter une attitude plus directe qui devait plus séduire le Gryffondor. "Que cela vous plaise ou non, j'ai confiance en Virgil. Essentiellement parce que nous éprouvons une haine réciproque pour cette grosse dinde de Magpie, et que chacun de nous à quelque chose à gagner à la faire dégager de Poudlard. Je me trompe? "

N'écoutant qu'à peine sa réponse, le leader charismatique poursuivit sa démonstration.

"Maintenant, je vais cesser de tourner autours du pot, et te révéler ce que j'attends concrètement de toi. Je cherche activement à prouver que Mildred Magpie est une oreille du Ministère, une espionne au service de la Milice, et dont l'Atelier d'Art n'est rien d'autre qu'un subterfuge pour dénoncer les agissements des uns et des autres. Cela fait des mois que je fréquente sa maudite salle d'art et que j'essaie de la conduire sur le terrain politique, de manière à la pousser à la faute et enregistrer ne serait-ce qu'une bribe d'information sur son implication... Tous mes efforts ont été voué à l'échec... "

Le serdaigle couva alors du regard Virgil, comme le ferait un recruteur de Quidditch ayant cerné une graine de champion.

" Dans le but unique de connaitre mon ennemie, je me suis alors forcé à lire cette pestilentielle fable de la "Belle et le Gnome". Et c'est là, que j'ai découvert peut-être ce qui est l'une de ses plus grandes faiblesses de Magpie. C'est à dire : Toi! En plus d'une certaine similitude dans les noms, le méchant Virgollum est carrément ton portrait craché. Signe que ton snape magique gangrène encore l'esprit de cette vieille sorcière... "

Curtis pointa de l'index sa cible :

"Comme je l'ai dit, dans l'art de la provocation, tu n'as pas d'égal à Poudlard... Si ce n'est peut-être cette peste de Cassie Harper, mais je crains malheureusement qu'elle ne soit pas une alliée digne de confiance... Ma question est simple : Est-ce que tu veux te joindre à nous et nous aider à faire expulser de Poudlard Mildred Magpie? Peux-tu nous aider à la pousser à la faute, pour qu'elle commette un acte répréhensible aux yeux de tous? "

Curtis venait enfin de poser sa question après une interminable entrée en matière.  

"Nous y voila! L'art de faire long quand tu peux faire court... " Ignorant Jay qui se liquéfiait sur place à ses cotés, Noor toisa du regard Virgil avant d'ajouter. "Alors t'es des nôtres ou pas? "

La question était lancée...
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Il était si concentré sur Curtis que Virgil en avait presque oublié Noor et Jay. Les deux acolytes s se rappelèrent à lui en sortant subitement du  silence. A en juger par leurs propos, il soufflait comme un vent de révolte au sein de l’équipe de Montgomery. Il avait suffit que Virgil remette en cause le leadership de Curtis pour que la belle unité se fissure :  Jay semblait incapable de passer au dessus de son ressentiment personnel quant à Noor, elle remettait directement en cause la stratégie de Montgomery. Mieux encore, elle corroborait sa vision des choses en affirmant que c’était parfaitement stupide de penser que Meredith Kane allait évoquer des données sensibles sur Skye dans un courrier destiné à son fils. Virgil ne releva donc pas quand elle le qualifia d’erreur de la nature. En l’insultant ainsi, elle cherchait surement à ne pas s’inscrire totalement en faux contre son leader. Virgil lui pardonna cette faiblesse de caractère non sans chercher à accroitre le différent entre les trois apprentis révolutionnaires :

« Écoutez donc la voix de la sagesse. » lâcha-t-il innocemment en désignant Noor du menton.  Il s’appuya ensuite sur une niche propre pour observer, avec une certaine délectation, le trio imploser…

Sur le papier, il pouvait comprendre la démarche de Curtis. Ce dernier essayait de glaner un maximum d’information sur « son ennemie » et Virgil n’aurait pas agit différemment s’il avait eu Meredith Kane dans le nez. Bon, il n’aurait certainement pas cherché à violenter son fils mais il se serait arrangé pour se procurer les fameuses lettres de Walter et d’Emmy afin d’en savoir davantage sur la famille Kane. Le Gryffondor appliquait d’ailleurs la même stratégie vis-à-vis de Mildred Magpie depuis quelques semaines. N’avait-il pas envoyé Nelly en éclaireuse pour récupérer quelques informations compromettantes au sujet de la romancière?
Virgil saisissait parfaitement la logique de Curtis mais lorsque ce dernier lui demanda s’il suivait son raisonnement, il ne résista pas à l’envie de jouer les imbéciles.

« Heureusement que tu es là pour tout m’expliquer Curt’. Qu’est-ce que je ferai sans toi… »

Il afficha un sourire exagérément niais et se tourna vers Noor qui reprenait la parole. Elle estimait qu’ils se fourvoyaient en maltraitant ainsi un élève plus jeune et que leur « organisation secrète » n’avait pas pour but d’opprimer les plus faibles.
Organisation secrète ? Sérieusement ?
Virgil haussa les sourcils sous le coup de l’étonnement. De toute évidence ces trois camarades de promo n’avaient pas vraiment saisi le principe élémentaire de ce type de groupuscule : Secret.

Virgil ne faisait pas partie de leur cercle d’amis ou même de leurs sympathisants et ils évoquaient leurs projets devant lui comme s’il était l’un des leurs. Merlin, quelle équipe de bras cassés ! songea l’adolescent en se gardant bien de le leur faire remarquer. En effet, c’était l’occasion de glaner quelques informations sur chacun d’eux – cela pouvait toujours servir-et Virgil ne comptait pas laisser passer cette chance en se montrant trop bavard. Il savait se taire quand la situation l’imposait.
Ainsi donc, le trio souhaitait mettre en place un collectif résistant au sein de Poudlard en ressuscitant l’A-D d’Harry Potter. « L’Armée de Daisy » songea ironiquement Virgil en esquissant un vague rictus. Le petit groupe entendait bien lutter contre le gouvernement en place en menant à bien différentes missions d’infiltration –pour Noor- ou de communication –pour Jay.

N’im-port-e-quoi.

Virgil n’avait jamais été engagé politiquement. Surement parce que son père l’était et qu’il avait pris l’habitude de prendre le contrepied systématique de Jonah. Comme beaucoup d’adolescent à Poudlard, il s’était passionné pour le Bloody Sunday uniquement pour le côté fait-divers de la chose. Un de leur camarade y était mort écrasé dans un mouvement de foule. Il avait accueilli l’élection de Marchebank avec une profonde indifférence contrairement à Jonah qui s’était félicité de voir arriver au pouvoir quelqu’un qui comptait faire évoluer la politique vis-à-vis des lycanthropes.

Léopold en place, Virgil avait suivi de très loin la politique intérieure du pays. Il savait vaguement que l’économie anglaise se portait bien mais que les mesures sociales mises en place étaient loin de faire l’unanimité. Les projets comme Skye étaient également décriés par bon nombre de citoyens, certains opposants allant même jusqu’à faire sauter la March’Bank pour faire entendre leur position.

Jay, Noor et Curtis faisaient donc partie de ces gens là… Merlin, ils n’avaient vraiment rien d’autre à faire que de vénérer des terroristes. En toute honnêteté Virgil aurait sans doute trouvé le parcours d’une McNeil ou d’un Hudson fascinant si Dean n’avait pas manqué de périr dans l’attentat de Leopoldgrad.

Curtis fit à son tour  mention de son propre frère, victime de soi-disant mauvais traitements à Skye, mais il ne s’étendit pas sur le sujet préférant fustiger Noor et ses projets d’intégrer le centre de Réhabilitation Mémoriel dans le cadre d’un stage. Virgil nota mentalement de se renseigner sur l’ainé des Montgomery –qu’avait-il bien pu lui arriver ?- avant de reporter son regard sur celle qui comptait intégrer le Centre de l’île de Skye. Et merde ! Une concurrente de plus ! Noor était talentueuse, indéniablement, et son dossier scolaire était surement meilleur que le sien. Toutefois, son but premier n’était pas de se perfectionner dans les Manipulations Mentales Magiques. Loin de là même. Elle souhaitait juste espionner Skye de l’intérieur. Comme si le gouvernement était assez stupide pour laisser entrer une adolescente  révolutionnaire au cœur de son projet le plus sensible… Certes Virgil était loin d’être le candidat exemplaire mais il n’avait absolument rien contre le politique de Marchebank, lui.

Contrairement aux trois autres qui ne se cachaient même pas pour verbaliser leur désaccord. En terme de discrétion, un enfant de trois ans aurait fait mieux. Noor sembla enfin se rendre compte qu’ils parlaient d’éléments sensibles en présence d’un intrus- A savoir, lui- et elle s’empressa de sermonner Curtis.

« Oh, faites comme si je n’étais pas là… » souffla une nouvelle fois Virgil avec l’air de ne pas y toucher.

Leur amateurisme était distrayant. Vraiment,  mais  Montgomery finit par avouer qu’il avait fait toutes ces révélations à dessein et non pas par inadvertance. Piqué dans sa curiosité, Virgil écouta les explications de l’apprenti politicien de l’école qui comptait manifestement sur son soutien pour arriver à ses fins…

A défaut d’adhérer pleinement aux mêmes idées politiques, les deux garçons partageaient la même aversion pour Mildred Magpie. Curtis, en fin observateur, avait repéré que Virgil était toujours dans le collimateur de la romancière depuis l’affaire du Snape et il pensait sans doute –à juste titre d’ailleurs- que le cadet des Forbes n’entendait pas se laisser ridiculiser dans les prochains romans à l’eau de rose de la rédactrice en chef de Multiplettes.
Si seulement il avait su la vérité ! La création de Virgollum n’était rien comparé au sachet de Volubilis que Mildred avait osé cacher dans ses affaires. Curtis ne croyait pas si bien dire  en évoquant le ressentiment de Magpie envers Virgil. Le politicard espérait surement pouvoir surfer sur l’esprit revanchard du Gryffondor et utiliser sa forte capacité de nuisances à des fins politiques, pendant que lui, il resterait tapi dans l’ombre, en lieu sûr.

Hors de question. Cette proposition n’avait rien d’un marché équilibré. Virgil n’avait absolument  rien à  gagner. Non seulement il était celui qui devrait, de toute évidence, se charger de faire renvoyer Magpie –ce qu’il avait déjà prévu de faire avant que Curtis ne le lui demande- mais en plus il perdait dans cet accord son anonymat et sa liberté d’action. Il n’avait aucune envie que les langues bien pendues de Noor, Jay ou Curtis n’évoquent sa responsabilité dans l’hypothétique mise à pieds de l’intervenante en art. Si Mildred Magpie venait à se faire renvoyer de Poudlard par sa faute, Virgil espérait  bien que personne ne puisse remonter la piste jusqu’à lui. Il y avait bien Nelly dans la confidence  mais il lui faisait plutôt confiance pour l’instant –peut-être à tord-  l’avenir le lui dirait.

« Désolé de te dire ça, mais tu te trompes complètement sur  mon compte Curtis, souffla-t-il donc, je suis plutôt flatté d’apparaitre dans les romans de Mildred Magpie tu sais… Je t’invite d’ailleurs à lire Bocahontas. Je suis représenté sous les traits du vil Gilvir Sebrof, le shérif. Une vraie teigne. Révéla-t-il avant d’afficher un sourire faussement contrit, Pauvre Magpie, c’est tout ce qui lui reste depuis que je l’ai ridiculisée sur Snape. Je peux bien lui laisser ce petit plaisir… »

Virgil haussa les épaules d’un air désolé.

« Du coup, concernant votre petite proposition d’intégrer votre groupuscule-terroriste-secret-mais-pas-tant-que-ça, je me vois au regret de décliner : J’apprécie que vous ayez pensé à moi pour cet attentat suicide contre Mildred Magpie mais…mon incroyable potentiel va devoir rester inexploité, j’en ai bien peur.»

Virgil gratifia les trois amis d’un vague sourire avant de prendre la direction des escaliers. Il descendit quelques marches et s’arrêta un instant pour leurs faire une ultime mise en garde :

« Assurez vous que vos  recrues partagent votre point de vue la prochaine fois. Ça pourrait vous jouer des tours de vous dévoiler autant… » souffla-t-il alors  avant de disparaitre.

Fin du RP.


Virgil Forbes

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Everybody Hurts [Curtis, Walter & Virgil]

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