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 Car c'est nOOOtre Projet!!! [Pv Roy]

Mildred MagpieAttention cougaravatar
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Dimanche 02 Mai 2010, Demeure de Mildred, au bord de sa piscine extérieure...

Signe d'un éventuel réchauffement climatique du Monde Magique, la canicule s'était abattue comme jamais sur le joli mois de Mai et la cité radieuse de Leopoldgrad. Allongée avec la grâce d'une déesse de l'antiquité sur son transat en bois doré, Mildred Magpie cherchait à peaufiner un bronzage encore bien terne sans pour autant prendre le risque de bruler sa peau si soyeuse et délicate. Ayant renvoyée à leurs foyers son impressionnante cohorte de domestiques, elle se retrouvait seule à devoir matérialiser au dessus d'elle un petit nuage de pluie magique, afin de se rafraichir et humecter un corps devenu aussi moite que écarlate. Blanche comme le lait, elle se devait de bouger plutôt que de continuer à se prélasser dangereusement. Mais bouche mi close et corps dénudé, la sorcière milliardaire laissait glisser le temps, sans pour autant arriver à quitter son bain de soleil et rejoindre l'eau salée et parfumée de son luxueux bassin. Était-ce un mal? Mildred Magpie pouvait bien faire sa loque humaine alors que tout invitait à se prélasser, à l'image de son gramophone magique et de l'hologramme qui s'échappait de son cylindre pour lui susurrer les plus belles mélopées romantiques, ou le Mojitroll à portée de main qui attendait sagement son heure sur sa petite table en cristal. Comment ne pas être heureuse et comblée par cette incroyable Dolce Vita? Tout n'était que confort et luxe autour d'elle, et pourtant la romancière éprouvait un indicible malaise qui lui torturait l'esprit et lui nouait le cœur... Elle détestait les dimanches et le sentiment de solitude qui l'accompagnait!

Comment apprécier la détresse qui déferlait sur elle, alors que tout son personnel l'abandonnait à l'exil solitaire de sa tour d'ivoire. Où que ce soit dans le Monde Magique, la plupart des gens normaux partageait cette ultime journée de la semaine en famille, ou auprès d'un amoureux, ou encore autours d'un barbecue magique entre amis... Sauf Mildred Magpie qui sirotait tristement un verre d'alcool, tandis que son boursouf venait lui lécher affectueusement les voutes plantaires. Bref, rien d'exceptionnel pour enflammer son compte Instamag, alors que cette journée fatidique ne dérogeait aucunement au diktat de l'ennui. En effet, comme tout Dimanche après-midi, Mildred finit par s'extirper de sa fausse torpeur qui n'était en réalité rien d'autre qu'un long et affreux coma éveillé. La femme d'affaire en mal d'action, n'attendait que de retrouver les turpitudes de sa vie professionnelle et de quoi l'empêcher de trop cogiter sur le vide de sa vie sentimentale. Ménopausée depuis plusieurs mois et sans quiconque pour l'aimer, elle voyait peu à peu le sablier de sa vie s'égrainer sans qu'elle ne puisse rien changer à ce long et terrifiant déclin. Sa richesse ne lui offrait en rien un rempart contre la solitude, tout comme ses orgies romaines n'avaient réussie à combler ce manque affectif. Que faire pour éviter la dépression? Travailler Plus, pour s'oublier plus? En effet, Mildred avait trouvé une solution salvatrice dans la surcharge de travail, n'hésitant point à cumuler plusieurs activités professionnelles... Mais comme une claque brulante, le Dimanche la ramenait invariablement à la vérité tragique de sa vie affective.

En mal d'échange et n'ayant que son écho pour compagnie, la romancière sombrait parfois dans une forme déroutante de soliloquie, dans laquelle elle conversait allègrement avec les multiples statues d'Apollon Grec qui jalonnaient les allées de son parc. Autant de chimères masculines qui n'étaient là que pour peupler le désert de sa vie sentimentale. Les géants de pierre avaient beau l'ignorer en silence, la quadragénaire en mal de câlin se surprenait parfois à les enlacer tendrement. Mais la froideur de la pierre la ramenait immédiatement à son cruel célibat et au fait qu'aucune statue aussi virile soit-elle ne remplacerait l'absence d'un homme de chair et d'os. Mais si le beau Toni et d'autres gigolos des Folies Sorcières venaient parfois tromper son ennui, l'échange restait froid et mécanique, et surtout dénué du moindre sentiment. Ne venaient-ils que pour son argent plutôt que pour soulager les turpitudes d'un cœur brisé? N'entendaient-ils pas les battements de ce dernier retentir sous ses lourds obus usés par le temps? Sa fortune immense étaient-elle devenue sa principale source de séduction? Un constat triste et amer qui tourmentait la sorcière aigrie au delà du supportable, et qui la ramenait à une seule question... Allait-elle vieille fille?    

A l'aube de son cinquième anniversaire, il lui devenait de plus en plus pénible de chasser cette obsession de son esprit. Sans pour autant se jeter sur le premier venu, il lui tardait de dénicher au plus vite la perle rare et de s'offrir le plus incroyable mariage jamais orchestré dans le Monde Magique! Encore fallait-il trouver un cœur à prendre, digne d'elle et qui soit surtout susceptible de ployer rapidement le genou. Bref beaucoup d'exigence alors que les princes ne se bousculaient pas au portillon. Depuis l'humiliante déconvenue avec Leopold Marchebank, Mildred Magpie cherchait toutes sortes de manières de redorer son image publique quelque peu écornée, afin de s'attirer les faveurs des grands de ce monde. Pour tordre le cou au scandale de son râteau légendaire avec le Ministre, Mildred Magpie avait choisit de s'exposer médiatiquement plutôt que de continuer à se terrer dans son Palace Owliwoodien. Voila pourquoi, l'astucieuse romancière avait choisit de participer à l'un des jeux magiques les plus populaires du moment : Koh Mantra...

Encore une fois, Mildred Magpie avait l'art et la manière de se positionner là où l'on ne l'attendait pas. En effet, si la romancière était plutôt taillée pour des émissions telles que celles de "L'Île de la tentation magique", "Le Manège enchanté", "Les Bristoliens à Miami" ou encore "Le Bonheur est dans la Prairie de l'Amour" : Elle avait volontairement choisie de prendre à contrepied ses fans. Sa stratégie était simple : Offrir au Monde Magique l'image d'une femme exemplaire qui était prête à souffrir le martyr, quitte à devoir sortir de sa douce condition de millionnaire pour le bien des plus démunis. Une stratégie de communication qui ne visait qu'à redorer son image et faire taire les critiques qui osaient la dépeindre comme une Diva égocentrique. Officiellement, sa candidature ne répondait qu'à une seule motivation : Celle de remporter les cent mille Galions pour venir en aide aux victimes et aux familles brisées par la tragédie de la Marchebank. La sorcière ne cessait de s'épandre dans la presse au sujet de ce noble projet, multipliant les selfies magiques auprès d'enfants sans bras ou défiguré. Cette promiscuité était certes répugnante mais la sorcière calculatrice savait par expérience qu'il n'y avait rien de plus bénéfique pour sa notoriété que l'art d'exploiter la misère humaine. Avec un tel don de sa personne, nul doute qu'elle allait émouvoir la population, sans que celle-ci ne sache ce qui se tramait véritablement en coulisse...

Mildred Magpie jouait clairement la gagne, et pour se faire elle n'avait point perdu de temps à s'entrainer à défier les lois de la gravité sur un poteau magique. La seule gravité qui l’intéressait concernait son opulent décolleté et la manière dont elle pouvait s'attirer les faveurs du légendaire Ernie Grognard. Sa stratégie victorieuse reposait en deux mots : La séduction et la corruption. Si elle pensait aisément pouvoir répondre au premier critère, avec la conception d'un maillot de bain une-pièce aussi unique que torride, mettant merveilleusement en valeur sa poitrine voluptueuse, tout en comprimant ses bourrelets latéraux et un ventre quelque peu trop rebondi ; La stratège Mildred planchait encore sur sa deuxième volonté qui était celle de mettre en scène sa victoire... Aussi honnête soit-il, Ernie Grognard ne pourrait résister bien longtemps à la douce proposition secrète qu'elle s’apprêtait à lui envoyer par hibou. Avec un tel allié à ses cotés, nul doute que sa victoire était clairement assurée, et qu'elle n'aurait qu'à se faire dorer la pilule sur les plages paradisiaques de la Malaisie Magique, avant de devenir l'héroïne de la toile magique...

Mais pour l'heure, le seul combat que menait Mildred Magpie était contre l'ennui, et des paupières qui devenaient de plus en plus lourdes alors qu'un soleil de plomb frappait le marbre de sa piscine privée. Plutôt que de se risquer à un coup de soleil, la sorcière en mal de compagnie se mit à pianoter avec dextérité sur l'écran magique de son Pear One. Comme toujours, quand la solitude commençait à écorcher son âme, Mildred se tournait vers la seule personne qui arrivait encore à la délivrer de son tourment : Qui de mieux que Roy, son précieux associé, pour venir égayer de projets fructueux ce bien terne Dimanche. Un courrier en hologramme magique ne tarda pas à partir en direction de la lointaine Bristol...


Dans l'attente d'une réponse qui tardait à venir, Mildred Magpie abandonna sa séance de topless pour revêtir plus décemment son maillot de bain léopard. Même si en secret, la sorcière nourrissait l'infime espoir de voir un jour son bel associé céder à ses charmes, elle s'était forgée une raison pour entretenir cette fabuleuse et fructueuse amitié professionnelle qui les unissaient. Depuis la mort de Jacob, Roy était devenu un membre à part entière de sa famille : Au point que si un jour la richissime romancière venait à casser malencontreusement sa pipe, elle pensait faire de lui son héritier légitime, lui léguant ainsi son immense fortune et la garde de Puffy... du moins, tant qu'elle ne trouvait pas entre temps un époux digne de ce nom. Pour témoigner de la confiance qu'elle nourrissait en lui, Roy était la seule personne à pouvoir bénéficier d'un accès direct dans sa grandiloquente et fastueuse demeure de Leopoldgrad. Un privilège dont le jeune homme serait bien inspiré de recourir rapidement alors que la Diva de Bristol trépignait d'impatience à force de trop attendre. Ses ongles nacrés ricochaient frénétiquement sur la surface en bois doré de l'accoudoir de son transat, alors qu'une silhouette familière se dessinait enfin en haut des marches de son jardin.

En voyant Roy venir à elle, une onde de bonheur traversa l'âme de la sorcière en mal de compagnie. Mais plutôt que de lui témoigner de la gratitude ou exprimer sa joie de le voir ; Mildred se cacha derrière un visage faussement offusqué.

"Tu en a mis du temps pour venir! Une heure que je t'attends! Quelle honte! Un peu de plus et Puffy et moi, nous allions mourir carbonisés sous cette chaleur de plomb! " D'un geste vindicatif, elle incita son associé à se rapprocher : "Viens par ici, et sers-moi un rafraichissement avant que nous abordions les choses sérieuses... "

Mildred aimait parler à Roy comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire domestique... Ou plutôt comme une mère furibarde à l'égard d'un fiston indiscipliné. Les lèvres pincées, Mildred toisa avec un dédain complice son associé préféré.

"Alors ce rafraichissement? Il vient!? "



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Roy CalderGros canardavatar
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Le samedi soir était l’un des moments les plus affluents de la semaine pour les Folies Sorcières, car tous les sorciers en mal de divertissement voulaient oublier leur semaine difficile dans les spectacles affriolants, les jeux d’argent et se payer leur cuite du dimanche matin. C’était une soirée extrêmement fructueuse pour Roy qui veillait toujours à ce que les garçonnières de l’aile Ouest soit bien remplies. Par conséquent, un peu comme tous les travailleurs, la journée du dimanche était pour Roy celle du repos sacré, avant de devoir revenir au casino pour la soirée. Lui aussi, il était en train de faire trempette dans sa luxueuse piscine de sa bien aimée villa -puisque le soleil avait miraculeusement décidé de faire son apparition en Angleterre- quand il reçut le charmant hologramme de Mildred. Il grimaça un peu en voyant le message. Encore du boulot…

« Qu’est-ce qu’elle veut la patronne ? »

L’accent chantant de Toni tira le mafieux de ses pensées. Il lézardait sur un des transats, comme à peu près tous leurs jours de repos. On pouvait officiellement considérer qu’il vivait dans cette villa, il y passait presque plus de temps que son propriétaire. Roy ferma le clapet de son Pear One et le reposa sur le rebord de la piscine.

« Que je vienne chez elle parler boulot… A croire qu’elle ne se repose jamais.
-Ah ça non, elle né sé répose jamais, confirma l’italien, si tou savais, elle est insatiable et vorace comme oune tigresse.
-Je crois qu’on parle pas exactement du même sujet toi et moi. »

Roy eut un sourire en coin face au clin d’oeil lubrique de son ami. Si seulement Toni pouvait effectivement être en train d’occuper son associée de la façon dont il le suggérait, il aurait pu avoir la paix pour son dimanche, au moins. Il se permit de se prélasser encore un peu dans l’eau avant d’en sortir pour retrouver ses vêtements. Il connaissait Mildred, il savait qu’elle n’était pas très patiente et plus il la faisait attendre, plus leur échange serait pénible. Mais il savait aussi qu’elle débordait de bonnes idées pour leurs affaires communes et que donc le déplacement ne serait pas inutile.

Il se mit en route pour la villa somptueusement kitch de son associée, traversa les multiples allées de statues et de cyprès qui devaient le mener jusque la piscine de pacha que possédait Mildred. A chaque fois que Roy venait ici, il se faisait la réflexion que c’était fou tout l’argent qu’elle claquait pour son confort. En même temps, Mildred ne serait pas Mildred sans son exubérance, mais si cela la rendait parfois franchement pénible. Il coula un regard blasé dans sa direction alors qu’elle lui parlait comme au dernier de ses esclaves. Pourquoi ressentait t-elle toujours le besoin de faire de chaque instant de sa vie une scène de théâtre ? Laissant de côté cette question existentielle à laquelle il n’obtiendrait jamais de réponse, Roy fit quelques pas vers la carafe de Mojitroll qui trônait sur la table basse qu’elle lui désignait et s’en servit un verre. Il vint s’allonger sur le transat voisin à Mildred avec cette unique verre, dont il sirota une gorgée.

« T’as qu’à te lever. Et baiser un coup, aussi. »

Elle était d’une humeur de chien, pour un dimanche. Il s’installa un peu plus confortablement en étendant ses jambes sur le transat et posa ses yeux noirs sur Mildred, sans attendre qu’elle lui fasse une deuxième scène :

« Alors, de quoi tu voulais me parler ? »


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