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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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07 mai 2010

What about all the plans that ended in disaster ?

Il était arrivé trop tard. Elle l’avait attendu, elle comptait sur lui, pourtant elle n’était plus là. Eliott s’efforça de lutter contre la vague de panique qui menaçait de le submerger et essaya de se raisonner. Il pouvait y avoir une autre explication que celle à laquelle il pensait. Samantha était peut-être seulement questionnée par la Milice. Peut-être qu’elle avait finalement dû se résoudre à livrer le blessé. Peut-être qu’elle ne tarderait pas à réapparaitre. Eliott guettait le pont menant à l’île de Skye avec un regard d’une intensité qui trahissait son désespoir. Il espérait encore apercevoir la lumière de ses phares de l’autre côté du pont. Au fond il n’y croyait pas vraiment, mais il a besoin de s’accrocher à cet espoir pour tenir le coup. Alors il attendit, une heure, peut-être deux, sous la pluie glacée d’Ecosse, refusant d’accepter son échec.

Les quatre zéros sur sa montre continuaient de clignoter, comme pour lui rappeler le délai qu’il n’avait pas réussi à tenir. Il était arrivé au point de rendez-vous à peine cinq minutes après leur dernier échange, comment ces quelques secondes auraient pu tout gâcher ? C’était impossible, il ne pouvait pas être arrivé trop tard. Pourtant elle ne venait pas. Il ne pouvait pas nier les signes plus longtemps, il était évident qu’il s’était passé quelque chose. Elle n’avait pas répondu lorsqu’il avait essayé de reprendre le contact, juste avant d’arriver. Elle avait disparue. Et c’était de sa faute. Et si elle ne revenait pas ? Si elle avait été arrêtée pour rébellion ? Si elle était retenue sur Skye à cet instant précis ? Cette idée le rendait malade. Il aurait voulu faire quelque chose, n’importe quoi, pour savoir où elle était et lui venir en aide, mais que pouvait-il faire ? Il se sentait pris au piège, réduit au silence alors qu’il aurait voulu alerter tout le monde.

Il aurait voulu rentrer à l’hôpital, prévenir les autres, lancer des recherches. Samantha aurait mérité que toute la société magique se mobilise pour la retrouver. Elle méritait qu’on s’inquiété pour elle. Mais il savait bien que ce n’était pas une disparition ordinaire, c’était une arrestation. Il ne pouvait pas signaler qu’elle avait mystérieusement disparu en tentant de détourner un prisonnier de la Milice. Raconter ce qui s’était passé c’était s’attaquer au gouvernement. Et il ne pouvait rien faire face au pouvoir. L’injustice de la situation lui donnait envie de hurler, parce que Samantha avait disparu dans le plus grand des silences. Personne n’en saurait jamais rien, et ça le rendait fou de rage.

Trempé jusqu’aux os, transi de froid et de peur, il remonta dans son ambulance et enfoui son visage entre ses bras croisés sur le volant. D’une main tremblante, il finit par tendre le bras vers la radio et chercha la fréquence de l’ambulance de Samantha.

« Sam ? Samantha ? S’il-te-plait répond… sa voix se brisa alors qu’un cruel silence faisait suite à ses paroles. Sam… ? »

Il luttait pour ne pas céder à la panique ou au désespoir. Ce n’était pas le moment de craquer.  Il fallait rester pragmatique. Samantha avait disparu alors qu’elle essayait d’échapper à la milice, et il transportait illégalement un cadavre. Il ne pouvait pas se permettre de rester ici à se ronger les sangs plus longtemps. Il devait penser aussi à sa propre sécurité, et à celles de Charlotte et Bianca. Il devait donner le change, au moins le temps de rassembler plus d’informations sur ce qui c’était passé. Il pouvait encore aider son apprentie, il refusait de croire que c’était terminé. Quoiqu’il doive faire pour la sortir de la situation où elle se trouvait, il le ferait. Il ne l’abandonnerait pas.

Cela lui paraissait impossible de rentrer à l’hôpital, de prétendre que Sam était rentrée directement chez elle, et de faire comme si tout était normal. Il faudrait ramener discrètement le cadavre à la morgue, et continuer sa garde, jusqu’à pouvoir partir. Là seulement il pourrait se précipiter à Nimbus où il avait encore l’espoir complètement fou de trouver Samantha. Il n’était pas sûr d’être capable de faire semblant, de pouvoir agir comme si son monde n’était pas sur le point de s’effondrer sous le poids de la peur et de la culpabilité. Mais il allait devoir trouver la force de le faire quand même.



Lauren McGowan - 19 ans - Batteuse

Lauren tira la capuche de son sweat sur ses cheveux sombres et parcourut d’un pas rapide les quelques pas qui la séparaient de chez elle après avoir transplané. L’entrainement de Quidditch sous la pluie n’était pas une activité des plus agréables et elle n’aspirait qu’à rentrer se noyer sous une douche brûlante et se blottir contre Samantha, qui devait probablement dormir après sa garde de ce matin.

Elle fut surprise de constater que quelqu’un se tenait devant chez elles. L’imbécile attendait sous la pluie, assis sur les marches de la baraque en briques. Elle fronça les sourcils en reconnaissant Eliott, et fut saisie d’un mauvais pressentiment. Il releva la tête vers elle en l’entendant approcher et elle fut frappée par l’expression sur son visage. Il avait pris dix ans d’un seul coup. Elle lui avait toujours trouvé un côté un peu immature, comme un adolescent qui n’aurait jamais fini de grandir, et elle ne se souvenait pas l’avoir jamais vu avec une mine si grave.

Il se leva alors qu’elle arrivait à sa hauteur et elle crut un instant que ses jambes allaient le lâcher. Il semblait sur le point de s’effondrer. Le cœur de Lauren se mit à battre à une vitesse incontrôlable, et elle se mit à redouter le pire.

« Il s’est passé quelque chose… »

Ce n’était pas les mots qu’elle avait envie d’entendre. Mais elle ne répondit rien et, le ventre noué d’angoisse, laissa Eliott entamer son pénible récit. C’était comme s’il se ratatinait sur lui-même à mesure qu’il parlait. Sa voix se faisait moins forte, son ton était mal assuré, et son regard fuyant. Et elle commençait à deviner que ses explications n’allaient pas lui plaire. Elle avait compris que cette histoire ne se terminait pas bien, mais elle refusait de tirer les conclusions qui s’imposaient. Elle attendait désespérément un revirement qui n’arrivait pas, et il continuait son impitoyable récit alors qu’elle aurait voulu qu’il arrête. Elle aurait voulu lui hurler de se taire mais les mots restèrent coincés dans sa gorge et elle fut forcée de l’entendre lui annoncer ce qu’elle craignait depuis le début.

« … Elle a disparu… »

Non. Ce n’était pas possible, elle refusait de le croire. Et pourtant, malgré elle, son cerveau avait assimilé l’information et elle sentait déjà la peur palpiter au creux de son ventre. Elle refusait de penser à Samantha, retenue sur Skye, pourtant c’était la seule chose à laquelle pouvait penser. Elle n’était pas capable de le supporter. Il fallait qu’elle arrête ça, tout de suite. Il fallait qu’elle retrouve Samantha, à n’importe quel prix. Elle se fichait des risques, elle se fichait de sa propre sécurité, elle se fichait d’être raisonnable, elle allait la retrouver.

« On va la chercher. »

Elle avait parlé d’une voix grave, brisant le silence pesant qui s’était installé. Elle ne pouvait rien dire d’autre, c’était la seule chose à faire. Samantha avait disparue et cette situation était insupportable. Ils devaient la retrouver, à n’importe quel prix.



Eliott Warlock - 26 ans - Ambulancier

« On va la chercher. »

Ce n’était pas une question, c’était un ordre. Un ordre que son cœur voulait suivre les yeux fermés, mais qui ne pouvait les mener qu’à une mort certaine. Ils n’arriveraient à rien, tous les deux, et ils n’étaient même pas certains que Samantha soit sur Skye. Ils ne pouvaient pas se permettre de prendre ce genre de risques inconsidérés tant qu’ils n’en savaient pas davantage.

« On ne peut pas, répondit-il d’une voix enrouée. On se ferait tuer, et Samantha avec, on...
- Alors quoi ? On attend ici les bras croisés pendant qu’ils la torturent ? Lauren s’était brusquement emportée, d’une voix qui vrillait dans les aigus.  
- Je vais prévenir les autres, on pourra peut-être envoyer quelqu’un là-bas, récupérer des informations… On va trouver un moyen… Il avait besoin de s’en convaincre lui-même. Ils allaient y arriver. Ils ne pouvaient pas abandonner Sam.
- Mais on n’a pas le temps ! On peut pas rester sans rien faire ! »

Pensait-elle que c’était facile, pour lui ? D’être ici en sachant que Samantha était peut-être aux mains de la milice ? Lui aussi était malade d’inquiétude, et complètement dépassé par la situation. Lui aussi aurait voulu courir sur Skye pour essayer de la libérer. S’il avait eu la moindre chance de réussir, même au péril de sa vie, il aurait essayé. Mais c’était peine perdue. Ce serait du suicide, et ça ne servirait à rien.

« Alors c’est quoi le plan ? s’emporta-t-il à son tour. On défonce la porte et on affronte la moitié de la milice à nous deux ? »

Il vit son regard vaciller et il crut qu’elle allait flancher. Il s’était préparé à ça, il savait qu’il devrait faire face aux pleurs, aux cris, aux reproches. Et il avait besoin de ça, Il avait besoin de partager ses craintes, de savoir qu’il n’était pas seul avec cette boule d’angoisse qui grandissait au creux de son ventre. Il avait besoin d’aider Lauren, plus qu’elle n’avait besoin de lui. Comme si cela pouvait alléger sa conscience. Mais elle ne craqua pas. Elle serrait si fort les dents qu’ils pouvaient presque les entendre grincer. Il la voyait lutter contre elle-même et refouler ses larmes.

Conscient d’y avoir été un peu fort, il tendit un bras vers elle avec l’intention de poser une main sur son épaule, elle se dégagea en reculant d’un pas.

« Ça va. Elle avait parlé d’une voix rauque, les yeux rivés au sol. Rentre chez toi. »

« Non, je suis désolé, je… »

Cette fois-ci il alla au bout de son geste et referma ses doigts autour du poignet de l’adolescente, qui leva sur lui un regard sombre chargé d’avertissements.

« Ça va. Je ferai rien, promit-elle à contrecœur. Lâche-moi. » gronda-t-elle entre ses dents serrées.

Il sentait son bras trembler sous ses doigts et raffermit sa poigne autant pour la calmer que pour l’empêcher de se dégager à nouveau. Il était surpris par la finesse de son poignet, elle qui avait une carrure si athlétique. Comme s’il y avait des points de fragilité qu’aucun exercice ne pouvait effacer.

« Lauren… »

« Lâche moi j’te dis ! » Elle avait hurlé, en le repoussant violement de sa main libre. Surpris tant par sa violence que par l’expression douloureuse qu’il avait surpris sur son visage, le temps d’un instant, il relâcha son emprise et laissa l’adolescente s’échapper.



Lauren McGowan - 19 ans - Batteuse

Lauren se dégagea brusquement son bras de la poigne d’Eliott, et elle partit en courant, sans se retourner.

Elle entendit Eliott l’appeler, crier son prénom. Elle accéléra. Sa course n’avait rien à voir avec les foulées maitrisées et régulières dont elle avait l’habitude. Elle courrait aussi vite qu’elle pouvait. C’était une véritable fuite en avant. Elle devait partir. Courir aussi loin que possible. Ne plus jamais s’arrêter. La respiration désordonnée, la vision brouillée, le cœur qui battait trop vite et trop fort. Le vent lui fouettait le visage sans parvenir à alléger son esprit. Elle avait mal partout mais elle continuait de courir. Elle ne pouvait pas s’arrêter. S’immobiliser c’était devoir réfléchir, accepter. C’était au-dessus de ses forces. Il lui était plus facile d’ignorer ses poumons en feu et ses muscles douloureux. Plus facile que de devoir affronter la vérité.

Elle s’effondra après plusieurs minutes, quand ses muscles ne furent plus capables de la porter. Ses jambes se dérobèrent sous elle et elle tomba au sol, fauchée dans son élan. Ses genoux heurtèrent violement le goudron et elle ne se releva pas. Elle avait le sentiment qu’elle ne pourrait plus jamais se relever. Elle était à bout de forces. Elle ne se rappelait pas s’être mise à pleurer et pourtant elle était secouée de sanglots.

Elle ne se souvenait plus la dernière fois où elle avait pleuré. Elle avait grandi avec l’idée que c’était une marque de faiblesse et elle avait souvent ravalé ses larmes ou caché ses pleurs. C’était comme si tous les sanglots qu’elle avait retenus lui étaient brusquement remontés dans la gorge. Elle sentait ses larmes, rondes et lourdes, creuser des sillons sur ses joues. Sa respiration filante était entrecoupée de pleurs rauques qui lui déchiraient la gorge. Elle n’arrivait plus à s’arrêter. Toutes ses barrières cédaient une à une alors qu’elle pleurait comme une enfant, par terre au bord de la route.

Même les paupières fermées et le regard noyé de larmes, elle ne voyait que Samantha. Ou était-elle en ce moment, et dans quel état ? Était-elle en train de souffrir ? Suppliait-t-elle pour que quelqu’un vienne la sortir de là ? Cette pensée était insupportable. Elle se serait arraché les yeux si cela avait pu l’empêcher de visualiser Samantha, retenue sur Skye, malmenée, torturée, et seule. Mais c’était une vision à laquelle ne pouvait pas échapper, qui tournait en boucle dans son esprit, et qui la brisait un peu plus à chaque fois. Ses sanglots redoublèrent, face au terrible constat de son impuissance, menaçant de l’étouffer sous leur force.

Eliott mit plusieurs minutes à la rattraper. Il était un peu essoufflé en arrivant, elle l’entendait à sa respiration. Lauren ne le repoussa pas quand il s’assit à côté d’elle, à même le sol, et passa un bras autour de ses épaules pour l’attirer contre lui. Elle continua de pleurer longtemps, et ne fit aucun commentaire quand elle sentit des larmes qui n’étaient pas les siennes lui tomber sur le front.


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