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 Wolfgang Thelonious Knight

Wolfgang KnightPotionniste à Skyeavatar
Messages : 31

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Dernière édition par Wolfgang Knight le Mer 19 Sep 2018 - 19:48, édité 4 fois
Wolfgang Thelonious Knight

Sometimes... you make a mistake. You've got two choices: you live with it, or you fix it.


Age30 ans
Date de naissance29 février 1980
Lieu de résidenceBristol

BaguetteBois de Frêne, plume de phénix, 29,5 cm et souple.

Animal de compagnieUn chat errant qu'il a nommé Mozart.

AvatarMax Riemelt

AutreDc de Zephyr Von Schwartzberg et Adonis Greengrass

Curriculum Vitae

Métier / Année d'étudeTechnicien de laboratoire sur Skye
Maison / Ancienne MaisonSerpentard

Matières suiviesJe ne suis plus un élève!


Vie associative / hobbiesIl aime pratiquer le Quidditch au poste de batteur à ses heures perdues.

Bord politiqueWolfgang n'a pas de bord politique bien défini, peut-être que l'APPEL en son temps était le plus en harmonie avec ses idées. Mais il n'a jamais franchement cherché à approfondir plus que cela. La politique est un jeu qui le dépasse et qui ne l'intéresse pas vraiment. Tout ce qu'il demande c'est qu'on le laisse vivre sa vie comme il l'entend, sans barrière et sans force de l'ordre. Mais ce jour n'est pas vraiment prêt d'arriver.

Relation au régime MarchebankAu début... il s'en cognait vraiment. Il était même plutôt pour au fond. Une meilleure reconnaissance des loups-garous, une certaine forme d'amélioration chelou à Bristol. Outre la prise de pouvoir de Calder, il y avait comme une sorte de vent du changement. Il avait la sensation que s'il passait par les bonnes personnes, on ne viendrait pas l'embêter dans ses fabrications et ses ventes illégales. Mais c'était avant que Amadeus ne s'enrôle chez les Veilleurs. Bon ça encore, ça aurait pu passer, c'était juste un changement de gang, un changement d'allégeance. Il a même pu monter assez rapidement sous les ordres d'Avner. Il y avait comme une sorte d'amélioration pour les frères Knight. Mais ça c'était avant de commencer à travailler pour Skye. Les potions, les élixirs, ça a toujours été son truc. Alors tenter de dégoter un poste de technicien de labo pour analyser les dernières fabrications, en fabriquer lui même, ça tombait sous le sens. Sauf que quand il s'est rendu-compte de ce qu'il faisait vraiment, il a déchanté. Mais il était trop tard pour faire machine arrière, alors il a cherché de trouver un moyen de se racheter. Entrer dans la résistance passive et dire ce qu'il faisait et ce qu'il savait, ça semblait être une bonne idée aussi. C'est comme ça qu'il est entré dans la Salamandre, depuis le tout début. Mais maintenant tout est flou avec la réorganisation de la résistance, il ne sait plus vraiment à qui se fier ou non et c'est problématique...


Description physique
Une stature imposante, des yeux bleus tirant sur le gris et une chevelure châtain clair ou blond foncé, selon la façon dont vous voudrez définir cette couleur, donneront une première image de Wolfgang. Pas assez pour réussir à déceler si le jeune homme veut faire bonne ou mauvaise impression, cela ne se verra pas à sa tenue, s'habillant de façon relativement classique. Un jean plus ou moins troué, un t-shirt plus ou moins délavé, un polo ou une chemise à l'occasion s'il cherche à prendre soin de sa mise et pour finir, son éternel veste en cuir noir, lui donnant une allure de mauvais garçon. Un petit sourire canaille pour venir illuminer son visage d'ange et il finit d'accentuer cette image de voyou qu'il pourrait renvoyer.

Au travail, il porte sa tenue obligatoire, cela lui donne une toute autre allure, il paraîtrait presque sage. Avec son air concentré et ses traits durs, il pourrait en impressionner plus d'un. Même s'il ne cherche pas particulièrement à faire fuir ses collègues, il ne cherche pas non plus leur compagnie. C'est sans doute pour cette raison qu'il ne sourit que très peu ou alors il faut une bonne raison. Il a cette expression d'indifférence en quasi permanence. Comme si rien ne l'intéressait ou comme s'il ne s'impressionnait plus de rien.

Une cigarette aux lèvres dès qu'il le peut, il aime ce petit plaisir quotidien. On pourrait croire que ça lui occupe l'esprit et les mains, le temps d'un court instant. Il ne se tient pas particulièrement droit mais pas totalement voûté non plus. Le cou généralement rentré dans les épaules, il redresse pourtant couramment la tête. Comme pour toiser le monde et montrer qu'il n'a peur de rien et qu'il contrôle son destin. Il dégage une confiance en lui et un dédain quasi permanent qui lui donnerait presque un air arrogant.


Caractère
Wolfgang est un homme réservé, il ne parlera que lorsque la situation l'exigera. Avare de paroles, il préfère observer, écouter et finir par se faire sa propre opinion des choses et des gens. Il n'aime pas coller des étiquettes sur les gens avant de les connaître mais il peut se révéler cynique et moqueur presque malgré lui. Il a cette arrogance presque blasée qu'il affiche sans réellement sans rendre compte, on pourrait le qualifier d'hautain alors qu'en réalité, il n'est qu'indifférence pour le monde qui l'entoure.

Les gens ne l'intéressent pas, peu de choses l'intéressent en réalité si ça ne le touche pas personnellement. Il ne se mêle pas des histoires des autres et estime avoir le droit au même traitement. Il n'est pas de nature curieuse, il se contente de peu même s'il aspire à beaucoup. Il a une confiance en lui et en ses capacités qui ne le poussent que très rarement à se remettre en question. On pourrait presque croire qu'il n'est qu'un petit con imbu de lui-même. Heureusement pour lui, il n'est pas que ça. Il est parfois altruiste, il n'enfoncera jamais quelqu'un plus qu'il ne l'est déjà. Il ne l'aidera pas forcément pour le sortir de son mauvais pas cela dit.

Wolfgang n'est loyal et fidèle envers personne, tout ce qui lui importe, c'est son propre profit et sa liberté. Il n'y a qu'envers son frère jumeau qu'il estime devoir quelque chose. La seule personne qu'il protégera envers et contre tout. Il ferait n'importe quoi pour lui et inversement. Ce serait presque vrai également pour les personnes qu'il apprécie et estime mais il n'irait pas jusqu'à donner sa vie pour eux. Il n'est pas le genre de personne à agir sans réfléchir. Il préfère prendre son temps, peser le pour et le contre, être sûr d'avoir bien pris en considération toutes ses options.

Il est intelligent, d'une intelligence froide et calculée. Il ne fait rien sans raison, il servira toujours ses intérêts et fera en sorte de toujours avoir une porte de sortie dans chacun de ses choix. Il a depuis longtemps appris à ne pas être touché par ce que pouvait penser les autres de lui. Il se moque de ce que l'on peut bien dire de lui, il ne cherchera pas à se faire bien voir. Tout ce qu'il veut c'est qu'on le laisse vivre sa vie comme il l'entend. Qu'il puisse faire son petit business sans que personne ne vienne l'embêter. Et il profitera toujours de la moindre opportunité pour améliorer son quotidien et sa qualité de vie. Bien n'est jamais suffisant pour lui, il faudra toujours plus.

Toutefois, il arrive qu'il puisse éprouver des regrets ou une sorte de culpabilité envers certaines situations. Il n'aime pas la violence gratuite, il ne tolère que moyenne qu'on le prenne de haut et encore moins qu'on le rabaisse. Il est ce qu'il et il sort peut-être d'un milieu social défavorisé mais il ne supportera pas qu'on le lui rappelle. Il sait ce qu'il vaut et il n'a pas besoin qu'on vienne le plaindre ou au contraire le casser. Les injustices lui laissent un goût amer dans la gorge et même s'il ne prend pas partie, il arrivera tout de même que dans certains cas, sa conscience finira par se faire entendre. Il n'accepte pas de voir ses libertés fondamentales piétinées. Il a une fierté et un ego qui ne lui rende sans doute pas service mais il sait exactement où sont ses limites et ce qu'il est prêt à accepter ou non.

Travailler pour un gouvernement qui ne dit pas tout est une chose. Travailler pour un gouvernement qui transforme les gens en zombie en est une autre. Il n'a rien dit, il a continué à travailler. Il a pris ce qu'on lui a donné parce qu'il n'est pas du genre à se plaindre. Parce qu'il sait qu'il risque sa peau à dire quoique ce soit. Et puis, il a de la chance n'est-ce pas ? Une belle réinsertion pour une pauvre victime. Il devrait se montrer reconnaissant. Alors, il l'est. En apparence. Mais il ne se considère pas comme une victime, loin de là. Sa vie ne s'est pas arrêtée le soir où il a été mordu. Il aurait pu considérer cette malchance comme un coup du sort mais il a relativisé, il en a tiré un certain profit.

Se faire transformer en loup-garou, le soir où les potions se sont montrées défectueuses lui a permis d'intégrer Skye. Il en a profité, il s'est offert un nouveau statut. Une nouvelle vie en quelque sorte. Chaque malheur est utile à quelque chose. Il reste positif sur tout de façon général. Il n'a pas de raisons de se montrer négatif de toute manière, chaque chose arrive pour une raison bien précise. Il devait devenir un loup ? Et bien soit ! Il aime manger sa viande bien saignante désormais. Et cela lui permet de continuer à fabriquer ses propres potions Tue-Loup. Même si elles sont gratuites, il reste relativement suspicieux quant à leur qualité.

On ne se refait pas totalement après tout, il est sur ses gardes, à l’affût de la moindre chose suspecte. Il a une forme de paranoïa qu'il possède depuis sa plus tendre enfance. Il ne fait confiance à personne ou presque, c'est sans doute pour cette raison qu'il n'est proche de personne. Il a grandi dans un monde ou même votre père, votre mère ou votre frère pouvait être votre pire ennemi. Pourtant, il sait que son jumeau ne le trahirait jamais, ce n'est pas dans son caractère. Quant à lui... serait-il capable de trahir père et mère ? Oui sans l'ombre d'une hésitation. Mais pour son jumeau, cela reste encore à prouver. Tout dépend de ce qu'il y gagne au bout...    




Famille et entourage
Amadeus Knight - Frère jumeau

La seule personne en qui Wolfgang ait réellement confiance, il sait qu'il peut compter sur lui en toute situation et se sert allègrement de ses contacts et de sa position au sein des Veilleurs pour lui faire vendre ses potions et tout récemment la drogue qu'il vient de créer.


Robin MacFarlane - Amie

En réalité, c'est plus l'amie de son jumeau mais bon à défaut... il supporte sa présence. Allant même jusqu'à presque la considérer comme fréquentable et comme une amie plus ou moins proche. Il ne lui confierait pas sa vie pour autant cela dit. Mais Wolfgang ne fait confiance à personne par principe donc cela n'a rien de choquant.




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nom: "Wolfgang Knight",
statut_perso: "PJ",
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qualif_pres: "Technicien de laboratoire à Skye",
age_pres: "30 ans (29 février 1980)",
ville_pres: "Bristol",
rapport_pres: "résistant engagé",
description: "Wolfgang fait parti de ce genre de personne ambiguë que l'on a du mal à cerner. Tantôt votre meilleur ami tantôt votre pire ennemi. Il aime garder ce flou artistique autour de lui. Ne pas laisser les gens approcher de trop près de sa vie et de ses soucis. Il a plusieurs visages et les utilise à plusieurs reprises sans efforts. Agent double pour le compte de la résistance, il livre quelques secrets bien gardés de Skye comme une forme de bonne conscience qu'il essaye de se donner. Mais cela ne l'empêche pas de créer sa  drogue et de la vendre. ",
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Wolfgang KnightPotionniste à Skyeavatar
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Dernière édition par Wolfgang Knight le Mer 19 Sep 2018 - 22:13, édité 1 fois
Histoire



29 février 1988

Le bruit sourd d'un corps qui tombe au sol me tira de ma torpeur, à moins que ce ne soit le cri de surprise. Je relevais la tête pour assister à cette scène mille fois vécue, mon géniteur hurlant, comme un gnome à qui on aurait arraché un bras, au dessus de maman étalée au sol sous la violence du coup qu'il venait de lui asséner. Elle se releva difficilement comme pour lui faire face mais se retrouva presque aussitôt au sol sous un nouveau coup. Je poussais un soupir las, cela semblait sans fin. Pour quelle raison aujourd'hui ? Quoique parfois, il n'avait même pas besoin de raison, un simple regard de travers ou une réponse trop lente à venir. Il n'avait encore jamais levé la main sur nous mais j'avais la sensation qu'un jour cela viendrait et j'étais prêt à répliquer. Je posais un regard sur maman qui était recroquevillée au sol, attendant le coup suivant avec une certaine fatalité.

Agacé par cette vision, je me levais de table, lâchant le mini balai que je faisais voler depuis un certain temps dans la paume de ma main. J'attrapais la main d'Amadeus et l'entraînais à l'extérieur en claquant la porte. Enfin ce qui servait de porte au taudis qui nous servait de maison. Des murs en bois, un toit en taule branlant, la pluie aurait passé à travers s'il n'y avait eu la magie pour la retenir. Sans lâcher mon jumeau, je me mis à courir en retenant ma rage, j'avais besoin d'une bonne bagarre, là tout de suite et maintenant. Je savais exactement où chercher, Amadeus suivrait de toute manière. J'arrivais dans un terrain vague où des gamins jouaient un peu plus loin, je m'approchais en courant avant de m'arrêter à leur hauteur. Ils semblaient captivés par une fourmilière. Je haussais un sourcil narquois avant de m'arrêter à leur niveau.

"Hey Amadeus ! Hey Wolfy ! Comment va ?"

Je fixais mon regard sur lui avant de hausser les épaules comme si la réponse n'avait pas vraiment d'importance. Il laissa son regard passer de mon jumeau à moi avant de soupirer.

"Encore votre paternel hein ?"

Mon frère hocha lentement la tête, il était beaucoup plus fragile émotionnellement mais aussi beaucoup plus loquace que moi.

"Comme toujours..."

Il esquissa néanmoins un petit sourire avant de s'accroupir au niveau de James.

"Vous faites quoi ?"

"On fait une course de fourmis."

Je m'accroupis à mon tour avec une moue circonspecte, cela me paraissait difficilement réalisable, mais pourquoi pas après tout.

"Qui gagne pour le moment ?"

James tourna un regard fripon vers moi avec un sourire malicieux.

"Moi évidemment. Qui d'autre ? Tu souhaites m'affronter Wolfy ?"

Mon sourire se fit mutin alors que je hochais la tête doucement.

"Si je gagne, tu me donnes ta collection complète de Playwitch"

"Et si tu perds ?"

Il ne perdait pas le nord celui là, mon sourire s'agrandit légèrement alors que je réfléchissais une seconde.

"Je ne perds jamais..."

Il éclata de rire avant de m'envoyer une bourrade amicale dans le bras.

"Tu me donnes ton mini balais."

Je hochais doucement la tête tout en sachant pertinemment que je ne perdrais pas. Je choisis méticuleusement ma fourmi avant de la mettre sur la ligne de départ. Au bout l'attendait une miette de pain. Le chemin était tout tracé pour elle, il suffisait juste qu'elle avance dans sa tranchée. Je la regardais évoluer avec satisfaction et comme prévue, elle gagna. Celle de James ayant quitté le chemin depuis un moment déjà. Je me tournais vers lui avec une expression de vainqueur sur le visage.

"On va chercher tes Playwitch ?"

Il se redressa en bougonnant, vexé d'avoir perdu alors que je le suivais rayonnant de fierté. Amadeus nous emboîta le pas jusqu'à la maison de James, une odeur de nourriture nous chatouilla aussitôt les narines alors que sa mère sortait des cookies du four. Un petit sourire en coin se dessina sur nos lèvres alors qu'elle nous invitait à nous installer à table. Nous restâmes une bonne partie de l'après-midi à manger des cookies et à pouffer devant les magazines que James avait piqués. J'aurai aimé que l'ambiance soit aussi cool à la maison mais c'était loin d'être le cas. Je poussais un léger soupir avant de finalement décréter qu'il était temps de rentrer à la maison. La nuit n'allait pas tarder à tomber et même si maman ne s'inquiéterait pas de notre absence, je préférais dormir dans mon lit.

Un hululement de hibou se fit entendre dans la ruelle. C'était le signal, une descente d'Aurors avait lieu en ce moment même. Tous les dealers et fille de joies étaient prévenus. Une agitation soudaine s'empara de la rue alors que la plupart des personnes présentes disparaissaient en transplanant. Il n'y eut bientôt plus que nous dans la ruelle mais nous approchions de la maison. La pièce commune était vide, la maison semblait déserte mais je savais que maman devait être quelque part, sans doute dans sa chambre, inconsciente sous l'effet de la drogue qu'elle consommait en trop grande quantité. Je poussais la porte de sa chambre pour observer son visage tuméfié par les coups mais qui semblait paisible malgré tout dans le sommeil. Je la fixais un moment avant que des coups à la porte ne me tire de ma torpeur.

Amadeus fut plus rapide que moi et ouvrit sur l'un des dealers de la Voie. Il le laissa entrer sans un mot alors qu'il s'avançait. Il avait comme un air gêné sur le visage, comme s'il avait une mauvaise nouvelle à nous annoncer. Je le fixais en silence, attendant qu'il ne se décide à parler. Il se racla la gorge avant de nous fixer tous les deux.

"Vot'e mère est pas là ?"

Je le toisais avec une forme de condescendance alors que je relevais la tête. Je n'avais pas peur de lui, je savais qu'il faisait parti du même gang que mon géniteur.

"Non, elle n'est pas là et lui non plus."

Il hocha lentement la tête avec un léger sourire amusé.

"T'es bien comme ton père toi... Tu diras à ta mère qu'il a été arrêté dans l'après-midi. Il va sans doute finir à Azkaban. Dis lui aussi que... si elle a besoin, j'suis là."

Je ne relevais pas la comparaison avec mon père, me contentant de hocher la tête.

"Je transmettrais."

Mon regard se fit légèrement plus dur alors que mon jumeau derrière lui ouvrait la porte d'entrée. Il dut comprendre le message puisqu'il partit sans un mot de plus. Les choses semblaient finalement tourner à notre avantage, nous étions débarrassés d'un souci. Notre géniteur allait mettre un moment avant de revenir poser un pied dans cette maison. Je me tournais alors avec un demi sourire vers Amadeus.

"Joyeux anniversaire Amad'"

Il me rendit mon sourire beaucoup plus lumineux.

"Joyeux anniversaire Wolfy."

Il serait joyeux indéniablement, je venais de recevoir le meilleur cadeau d'anniversaire qu'on aurait pu me faire.



1er Septembre 1991

Le claquement sec de ma valise qui se ferme me tira de mes pensées. Je laissais mon regard parcourir une dernière fois la petite chambre que je partageais avec Amadeus. Si on pouvait appeler ça une chambre... Deux matelas posés à même le sol qui se jonchaient presque au vu de la taille de la pièce. Mais cela avait été notre quotidien au cours des onze dernières années et nous ne nous en étions jamais plaints. Nous n'en n'avions pas les moyens de toute manière, la situation était telle qu'elle ne permettait pas de changements. Je poussais un léger soupir avant de me diriger vers la chambre de notre mère. Elle dormait à poings fermés, sans doute épuisée de la nuit qu'elle avait passé dehors ou tout simplement trop shootée pour pouvoir ouvrir les paupières. Un jour ou l'autre, elle ne se réveillerait pas et cette idée ne m'effrayait pas autant qu'elle aurait dû.

Je refermais la porte sans un bruit pour ne pas la réveiller, nous allions passer un an sans elle. Une nouvelle vie commençait pour nous et je m'en réjouissais d'avance. J'avais toutefois cette petite inquiétude qui restait en moi, comment allait-elle faire sans nous ? Je m'étais arrangé pour qu'en notre absence, elle n'ait pas à gérer trop de choses, que quelqu'un veille sur elle suffisamment pour qu'elle reste un minimum lucide. Elle avait des jours avec et des jours sans, la qualité de la drogue qu'elle prenait n'était pas toujours idéale mais elle s'en sortait quand même. Suffisamment pour ne pas oublier de payer les factures, pour se faire à manger et pour aller travailler. Même si certains n'étaient pas vraiment regardant sur l'état des filles qu'ils payaient, je savais qu'elle faisait un minimum attention. Plus elle était attirante et plus les clients viendraient, c'était une logique implacable. Malheureusement, ça n'avait pas suffi pour payer nos fournitures scolaires. Nous savions depuis longtemps que ça ne suffirait pas alors depuis que mon géniteur avait été arrêté, avec Amadeus, je faisais quelques livraisons à droite et à gauche pour un gang de la Voie.

Qui irait suspecter un enfant ? Personne. Cela nous faisait de l'argent facile et nous permettait d'économiser pour nos fournitures scolaires. Poudlard se rapprochait de plus en plus et une rentrée coûtait chère. Nous n'avions pas suffisamment de connaissances autour de nous pour nous prêter des anciens livres et puis de toute manière, il nous fallait une baguette chacun. Le calcul avait vite était fait, il nous fallait de l'argent. Et il avait disparu en quelques secondes lorsque nous avions étaient faire nos achats de rentrée. Il restait à peine de quoi acheter les livres de l'année suivante. Mais ce n'était pas très grave, nous aurions tout l'été suivant pour nous faire de l'argent.

De légers coups portés à la porte d'entrée me firent prendre conscience de l'heure qu'il était. J'ouvris la porte sur le visage souriant de mon ami James qui nous attendait avec ses parents. Ils avaient eu la gentillesse d'accepter de nous emmener en transplanage d'escort jusqu'à Londres. Nous n'avions de toute manière pas de quoi payer le Magicobus et les transports moldus n'étaient pas vraiment envisageables non plus. C'était donc un réel soulagement que James nous ait proposé de faire le voyage avec lui. En un rien de temps, nous avions rejoint la gare chargés de nos bagages. Une excitation nouvelle m'avait envahi alors que je passais le portail magique. Le train se dressait, majestueux, devant moi et un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Je remerciais rapidement les parents de mon ami avant de me précipiter vers le train à la recherche d'un wagon décent, mon jumeau sur mes talons.

Je trouvais rapidement une place où m'asseoir et m'y installais après avoir rangé ma valise dans le porte bagage. J'esquissais un sourire à l'attention de mon frère, copie conforme de ce que j'étais. Il avait toujours était difficile de nous différencier l'un de l'autre. Sauf que nous n'avions pas du tout le même caractère, là où j'étais sûr de moi, ambitieux et légèrement arrogant, Amadeus, lui, était patient, calme, presque trop selon moi, optimiste et un travailleur acharné. Il avait une vision du monde qui m'échappait parfois, je n'étais pas du genre défaitiste mais je savais que parfois la vie n'était pas belle. Mon jumeau, lui, ne voyait pas cette part d'ombre, il estimait que tout avait lieu d'être et que tout arrivait pour une bonne raison.

J'enviais parfois cette vision de la vie et parfois, j'aurais eu envie de le secouer pour lui faire prendre conscience du monde qui l'entourait. Il était bien trop crédule pour son propre bien. Mais il était suffisamment grand pour prendre ses décisions seuls, ce n'était pas à moi de lui dire ce qu'il avait à faire. Même si je serais toujours là pour lui, c'était ce qui faisait notre force, notre lien inébranlable. Je n'avais donc aucune appréhension pour la répartition, même si nous n'étions pas dans la même maison notre lien persisterait. A cette pensée, un léger sourire se dessina sur mes lèvres et le train se mit en branle, nous emmenant vers notre destin. J'inspirais à fond avant de me caler confortablement sur mon siège et de fermer les paupières pour dormir tout le long du trajet.

Je n'avais pas connu chose plus moelleuse que ces sièges et trouver le sommeil fut facile. Je ne m'arrêtais que lorsqu'une fille aux cheveux broussailleux ouvrit violemment la porte de notre compartiment pour nous demander si nous n'avions pas vu un crapaud. Je grommelais dans ma barbe comme pour la maudire sur cent générations alors qu'Amadeus lui répondait gentiment. Elle nous conseilla d'ailleurs de nous changer puisque nous n'allions pas tarder à arriver. Je la regardais partir d'un œil noir en me demandant de quoi elle se mêlait celle là.

Pourtant la fille aux dents de lapin et aux cheveux en pagailles n'avait pas menti, nous ne tardâmes pas à arriver. Finalement, j'avais bien fait de me changer quand elle me l'avait conseillé mais j'avais quand même la désagréable impression que cette fille était une incroyable je sais tout. Un homme d'une grande taille appela les premières années et par réflexe, je me dirigeais vers lui après m'être assuré que mon frère me suivait. Il nous conduisit jusqu'à des barques et je montais dans l'une d'elle sans me poser plus de question. L'arrivée au château à travers le lac fut magique, un léger sourire en coin s'esquissa sur mes lèvres lorsque je l'aperçus pour la première fois. Aussi beau que je me l'étais imaginé, aussi magique. Cela en valait la peine finalement.

Je descendis de ma barque avant de me retourner surpris par le cri d'un garçon qui venait de retrouver son crapaud. Je haussais un sourcil et échangeait un sourire narquois avec Amadeus. Celui là avait la tête du petit bébé qui sortait de chez lui pour la première fois. Le petit qui avait peur de tout, une bonne tête de Poufsouffle. Je ricanais en coin avant de remonter l'allée à la suite des autres jusqu'à la grande porte de Poudlard. Une fois devant, comme tout le monde, je ne pus retenir un regard d'admiration. Mon attention se porta sur la femme qui semblait nous attendre et je me fis la réflexion en écoutant son discours que ce n'était pas le genre de personne à qui manquer de respect. Elle nous conduisit dans une petite pièce comme pour nous isoler des autres élèves et disparue.

Les murmures commencèrent à s'élever et le nom d'Harry Potter fut prononcé, j'haussais un sourcil surpris. Evidemment ! Il se trouvait dans ma promotion. Mon regard s'attarda sur le blondinet qui semblait avoir déjà eu des mots avec Potter avant de poser mon regard sur la star. Frêle, peu sûr de lui. Un gringalet sans aucun intérêt, si ce n'était sa cicatrice en forme d'éclair, voilà bien tout ce qui le rendait extraordinaire finalement. Je me désintéressais de lui rapidement alors que MacGonagall revenait vers nous pour nous conduire dans la grande salle. Je laissais mon regard monter vers le plafond tout en levant les yeux au ciel en entendant Miss Je-Sais-Tout déblatérer tout ce qu'elle savait sur le plafond d'une voix monocorde. Pitié ! Faites qu'elle ne soit pas dans ma maison ! C'était tout ce que je demandais. L'avantage d'être dans les débuts de l'ordre alphabétique, c'était qu'on passait dans les premiers. Granger, la je-sais-tout de service fut envoyée à Gryffondor. Je poussais un petit soupir. Et merde. Quoiqu’avec un peu de chance Serdaigle me tendrait les bras.

"Knight Amadeus."

Je suivais mon jumeau du regard tout en lui adressant un petit clin d’œil d'encouragement. Il ne fallut pas longtemps au Choixpeau pour faire son choix.

"Poufsouffle"

J'écarquillais les yeux ébahis devant cette répartition. Je fronçais les sourcils en voyant que mon frère semblait autant sous le choc que moi, pourtant, il finit par se diriger vers la table qui l'accueillait en hurlant et un sourire finit par se dessiner sur ses lèvres. Bon... c'était déjà ça...

"Knight Wolfgang"

Je crus entendre un petit rire monter entre les tables. Je levais les yeux au ciel devant autant de puérilité. Oui l'un après l'autre nos noms faisait Wolfgang Amadeus et je ne doutais pas que si nous avions eu un frère, il se serait appelé Mozart. Notre mère avait des goûts musicaux très prononcés et nous n'avions pas été épargnés. Pourtant, je ne prêtais aucune attention aux rires et je me dirigeais sous le Choixpeau avec la conviction que mon jumeau et moi ne serions pas dans la même maison. Je poussais un léger soupir alors que je me retrouvais dans le noir.

"Intéressant... Rien à voir avec ton frère. Pour toi le choix va être un peu plus complexe. Je vois beaucoup d'intelligence mais aussi d'ambition. Tu es un petit rusé toi n'est-ce pas ? Bien... Je pense que ce sera donc..."

Je retins mon souffle alors que le silence se faisait dans ma tête.

"... Serpentard !"

Le jour m'éblouit à nouveau alors que des exclamations de joie se faisaient entendre à la table la plus à droite. Un léger sourire se dessina sur mes lèvres alors que j'allais rejoindre ma nouvelle maison. Finalement Serpentard, ce n'était pas si mal que ça... Je pourrais parfaitement m'en accommoder. J'esquissais un petit sourire à Amadeus alors que je passais à côté de lui pour rejoindre ma table. Des bras se tendirent pour m'empoigner et je me laissais faire sans rien dire avec un petit sourire. Ce n'était pas la maison la plus convoitée mais j'avais la sensation que j'y étais parfaitement à ma place...



21 décembre 1996

Le bouillonnement et les légères volutes de fumées qui s'élevèrent du chaudron indiquèrent que la potion était prête. D'un mouvement de baguette, j'éteignis le feu sous le chaudron et plaçait la potion dans divers flacons en ma possession. Les commandes en tout genre affluaient, je ne pensais pas que mes potions auraient autant de succès mais après tout, les friandises des frères Weasley se vendaient alors pourquoi pas quelques potions d'allégresse ou d'autres du même style ? Il s'était avéré assez tôt que j'avais un don pour les potions, du moins, j'aimais cet art subtil et inventif tout en restant rigoureux. Il n'y avait pas d'erreur possible avec les potions, pas d'à peu près.

J'avais donc mis à profit mes talents, j'avais toujours profité d'une certaine largesse du professeur Rogue, j'avais la chance d'être à Serpentard et il avait assez rapidement remarqué mes capacités. Je n'avais donc pas eu de mal à lui demander de m'accorder l'accès à un cachot pour que je puisse pratiquer l'art des potions en dehors des cours. Depuis ma première année, j'avais cherché à en apprendre plus, je ne pouvais pas me contenter des quelques potions enseignés au cours de l'année. J'avais donc passé mon temps libre à étudier les potions avancées. J'en connaissais un certain nombre, en avait amélioré certaines. Parfois mon directeur de maison s'enquérait de mes nouveaux essais et se permettait quelques conseils.

J'appréciais ces quelques moments privilégiés en sa compagnie, il n'était pas du genre loquace et ça m'allait parfaitement. Il n'était pas non plus le professeur le plus apprécié de l'école mais je ne m'étais jamais plaint de sa compagnie. Il fallait dire que je n'avais jamais eu à subir ses foudres. Comme tous les Serpentard, je jouissais d'une certaine protection et d'une certaine indulgence de sa part, ce qui était fort plaisant. Même si de façon générale, je n'attirais que très peu l'attention sur moi. Je laissais ça à Potter et sa clique ainsi qu'à Malefoy.

D'un mouvement de baguette, je nettoyais l'intérieur de mon chaudron avant de quitter la pièce. J'avais eu l'idée de vendre mes propres potions après l'essor des produits Weasley l'année passée. Leurs farces et attrapes avaient été un tel succès que j'avais commencé à m'intéresser aux potions que mes camarades consommaient le plus avant les examens. Pour la plupart, il s'agissait de potions d'allégresse ou bien de somnifères ou encore quelques décoctions pour aider à la concentration ou pour se détendre un peu. J'avais donc testé toutes mes potions sur mon frère et ses amis avant de me décider à les commercialiser. Il serait mon vendeur attitré, il savait bien mieux que moi faire ce genre de chose moi qui n'avait pas la moindre idée de comment m'adresser correctement aux autres.

Jusqu'à présent, il se chargeait à merveille de sa mission ce qui nous permettait d'avoir un peu d'argent de poche de côté en plus de l'argent que nous nous faisions l'été pour payer nos fournitures. Amadeus aimait de plus en plus le travail qu'il fournissait dans la Voie et j'avouais que cela m'effrayais un peu de voir le peu d'ambition qu'il possédait. Sa trop grande loyauté l'enchaînait visiblement à notre employeur occasionnel. Mais c'était son avenir après tout, c'était à lui de choisir ce qu'il souhaitait faire après Poudlard. Sans vraiment m'en rendre compte, je passais devant le bureau du Professeur Slughorn qui étrangement était entrouvert.

"Monsieur Knight ? Entrez mon garçon ! J'ai à vous parler."

Intrigué, je pénétrais dans le bureau de mon enseignant avant de prendre place dans le fauteuil qu'il me désignait face à lui.

"Une tasse de thé ?"

Je secouais la tête pour signifier mon refus.

"Merci, professeur."

Je le fixais curieux de découvrir ce qu'il me voulait et je ne doutais pas qu'il finirait par partager avec moi ses raisons.

"J'ai remarqué vos capacités vous savez ! Monsieur Potter et vous, êtes mes deux meilleurs élèves. Tant de talents et de potentiels en vous. C'est merveilleux ! Mais je me posais la question... Que souhaitez-vous faire après Poudlard ? Vous pourriez exceller dans plusieurs domaines avec vos capacités."

J'esquissais un léger sourire poli pour le remercier. Il n'était pas le premier à me parler d'avenir et d'après Poudlard. Pour être honnête, je ne savais pas encore ce que je comptais faire de mes capacités comme il disait. Le professeur Rogue avait évoqué la médicomagie et aussi contre toute attente, les Aurors. J'avais froncé les sourcils à cette remarque, je n'étais pas vraiment doué en Métamorphose et il me semblait bien qu'il fallait tout de même un certain niveau en cette matière. Les Sortilèges et les Défenses Contre les Forces du Mal n'étaient pas un souci particulier. Mais pour le reste... je ne savais pas. J'avais un réel problème à entrer chez les Aurors. Ce n'était pas réellement compatible avec mes conditions de vie actuelles.

"Je pense poursuivre dans les Potions, Monsieur."

Il hocha doucement la tête.

"Je vois. C'est bien ! Très bien ! Mais vous pourriez songer à intégrer le Département des Mystères."

Je le fixais surpris par cet aveu, je n'avais jamais réellement songé à ce département. Pas de façon sérieuse du moins.

"Vous croyez que j'en ai le potentiel ?"

Un grand sourire éclaira le visage de Slug alors qu'il me fixait comme si j'étais la septième merveille du monde.

"Assurément mon garçon ! Réfléchissez-y !"

Je hochais doucement la tête.

"Oui, merci Professeur."

Je me levais sur ses dernières paroles, prêt à partir, certain que la conversation touchait à sa fin.

"Je peux compter sur votre présence à ma petite soirée de vendredi soir n'est-ce pas ?"

Ses yeux comme deux grosses groseilles me fixaient avec intensité. J'esquissais un léger sourire ravi avant de hocher la tête.

"Bien sûr, Monsieur. Avec plaisir."

"Vous êtes libre de convier toute jeune demoiselle de votre choix."

Mon sourire se fit légèrement plus grand, feignant l'enthousiasme.

"Merci Professeur."

Puis sans un mot de plus, je quittais la chaleur étouffante du bureau. Je n'avais aucunement eu l'intention d'aller à cette soirée mais maintenant, j'étais coincé, je ne pouvais pas dire non. Et il allait falloir que je me trouve une cavalière, dans un premier temps, j'avais pensé à Amadeus mais cela n'aurait pas fait très bon genre. Le visage de Robin s'était imposé à moi mais j'avais vite chassé l'idée. Je ne la voyais clairement pas dans ce genre de fête et mon jumeau allait tirer une tête de six pieds de long si j'invitais notre amie. Il avait le béguin pour elle depuis la deuxième année. Je ne savais vraiment pas comment elle faisait pour ne rien voir tellement ça crevait les yeux. Je poussais un soupir tout en me creusant les méninges pour trouver une solution alors que je rejoignais ma salle commune. J'étais à peine entré que je surpris une curieuse conversation entre Malefoy, Goyle, Crabbe, Zabini et Parkinson.

"Il pourrait t'aider..., piailla Parkinson. Il est doué en potions, tu sais."

"Je n'ai pas besoin d'aide, siffla Malefoy. Je peux me débrouiller seul et c'est bien la dernière personne que j'irai voir. Je préfère encore Rogue."

"Il pourrait être utile... plus tard..."

"Ce n'est pas un Sang-Pur, Blaise. L'aurais-tu oublié ? Et je ne discuterais pas plus longtemps avec vous de tout ceci, cela ne vous regarde pas. Je sais ce que je fais et ce que j'ai à faire."

Le regard de Malefoy se fit dur alors qu'il se levait vivement pour rejoindre le dortoir. Il me jeta un regard méprisant au passage et je compris que je n'aurais pas accès à mon lit tout de suite. Je poussais un léger soupir avant de me diriger vers le fond de la salle commune. Les regards de ses amis se posèrent sur moi soudainement et je vis Parkinson battre des cils vulgairement. Je fronçais les sourcils surpris. Qu'est-ce qu'elle avait ? Une poussière dans l’œil ?

"Hé Wolfgang ! Il paraît que tu es invités à la soirée de Slug ! Tu as déjà choisi ta cavalière ?"

Je la fixais un moment éberlué alors que mon regard passait de Crabbe à Goyle en s'arrêtant sur Zabini qui m'adressa un léger sourire en coin. Je ne comprenais absolument pas ce qui se passait dans cette pièce. Je reportais mon attention sur ma camarade de classe avec un léger sourire poli. Même si j'avais déjà choisi, ce ne serait définitivement pas vers elle que je me tournerais pour être ma cavalière. Je m'empressais donc rendre tous ses espoirs vains tout en laissant mon regard parcourir la salle commune dans l'espoir de trouver une partenaire potentielle.

"Et bien... Pas encore mais j'ai déjà quelqu'un en tête et j'avais espéré qu'elle accepte de m'accompagner."

Me regard se posa alors sur Daphné Greengrass et un léger sourire étira mes lèvres à sa vu.

"Ah oui ? Et tu comptais inviter qui ?"

L'espoir de Parkinson était palpable presque autant que la jalousie de Bulstrode à l'autre bout de la pièce. J'inspirais un grand coup avec d'esquisser un sourire radieux en direction de Daphné. Merlin... Ce que je détestais faire ça. Déjà en quatrième année, j'avais ramé pour me trouver une cavalière...

"Daphné ?, lançais-je d'une voix forte. Est-ce que ça te dirais d'aller à la soirée de Slug avec moi ?"

La jeune fille esquissa un sourire radieux.

"J'en serais ravi Wolfgang."

Elle m'adressa un petit clin d'oeil avant de partir dans un gloussement incompréhensible avec ses amies. Je vis le visage de Pansy se décomposer devant moi alors que Zabini me fixait avec une lueur hilare dans le regard. Quoi encore ? Je poussais un léger soupir dépité, je ne comprendrais jamais ces gens.



1er et 2 Mai 1998

Le regard rivé sur le ciel, les bras calés derrière la tête en oreiller, je tentais de faire abstraction des rires de Robin et Amadeus à côté de moi. Je poussais un léger soupir en repassant les derniers événements dans ma tête. L'ambiance à l'école était devenue pesante, même pour moi. La moitié des élèves avaient disparus, les cours étaient devenus dangereux et clairement ténébreux. Mais il n'y avait pas que du mauvais, la magie n'était qu'un outil dont on faisait usage avec plus ou moins bonne intention. J'avais apprécié les cours sur la legilimancie et l'occlumencie.

La théorie était intéressante la plupart du temps, ce qui était plus dérangeant, c'était la pratique. J'avais appris à ne pas m'apitoyer et à faire ce qu'on me demandait, c'était eux ou moi et le choix avait vite été fait. Je ne devais rien à personne d'autre que moi et je tenais trop à ma vie et à mon intégrité physique pour ne pas obéir. Je n'étais jamais ravi de le faire mais je n'avais pas particulièrement envie de me faire humilier en public non plus. Agir dans l'ombre était bien plus simple. Les potions de soins faisaient parties de mes plus grosses commandes mais d'autres potions avaient aussi beaucoup de succès.

Amadeus n'avait jamais aussi bien vendu. C'était peut-être pour ça qu'il semblait prendre la situation avec autant de philosophie. Je n'arrivais pas à rester aussi détaché, surtout depuis que le frère Carrow était venu me trouver pour me demander de les rejoindre à ma sortie de l'école. Comme si j'avais le potentiel de devenir un Mangemort. Je n'étais pas un sang-pur mais cela ne semblait pas les arrêter et rien que l'idée de servir Voldemort me répugnait. Malheureusement, je ne voyais pas de solution miracle pour le moment, je faisais donc profil bas en attendant que la situation ne se résolve d'elle-même. J'enviais l'insouciance de mon jumeau et j'avais réellement songé à me faire passer pour lui quelques fois.

Je leur emboîtais le pas alors qu'ils se levaient pour rejoindre le château, le couvre-feu n'allait par tarder à tomber. Je rejoignis mon dortoir en laissant les deux autres à mon embranchement. Le dortoir des Serpentards étaient encore plus lugubre qu'avant, comme si c'était possible. Mon regard s'arrêta à peine sur Malefoy qui semblait être tombé en disgrâce alors que Goyle et Zabini riait à terroriser un premier année. Ils tournèrent la tête vers moi lorsque j'entrais et m'adressèrent un léger signe de tête pour me saluer. Je leur rendis avant de rejoindre le dortoir. Je m'affalais sur mon lit en priant qu'aucun d'eux ne vienne me parler.

"Alors ? T'as pris ta décision Wolfgang ?"

Perdu. Je poussais un léger soupir et me redressais pour faire face à Crabbe. Sept ans que nous partagions le même dortoir mais je n'arrivais toujours pas à comprendre ce type.

"Pas encore... Mais je ne pense pas avoir réellement le choix n'est-ce pas ?"

Il esquissa un sourire faussement amusé.

"Le maître sera ravi de t'avoir dans ses rangs. Rogue ne dit que du bien de toi."

J'haussais un sourcil surpris par cette déclaration, je n'avais pas imaginé une seconde que Rogue puisse être un Mangemort avant le printemps dernier. Et je n'avais pas songé au fait qu'il ait pu parler de moi au Lord Noir, comme quoi, j'avais été bien plus pistonné que je ne l'avais cru. Un sourire acide s'étira sur mes lèvres.

"Vraiment ? Et bien dans ce cas, je ne vois pas ce qui me retient encore..."

J'aurais peut-être mieux fait de m'abstenir ce trait de cynisme mais Crabbe ne semblait pas l'avoir compris. Il hocha frénétiquement la tête.

"J'ai hâte que tu fasses vraiment parti des nôtres. On t'a jamais vraiment inclus parmi nous mais j'ai toujours pensé que t'étais un type cool."

Bah tient ! Bien sûr ! Je te passe de la pommade en te faisant croire qu'on deviendra les meilleurs amis du monde une fois qu'on aura rejoins la même secte. Il me prenait vraiment pour un demeuré ? Ah moins qu'il ne pense réellement ce qu'il disait et là c'était carrément flippant. Je lui décochais un sourire faussement ravi en levant les pouces en l'air.

"Ouai carrément, ça a l'air cool..."

Je laissais échapper un bruyant bâillement tout en m'étirant de tout mon long, feignant une grosse fatigue.

"Bon... je crois que je vais me coucher moi... la journée m'a crevé..."

Je fermais les baldaquins de mon lit et m'isolait enfin, essayant de trouver le sommeil. Je dus réussir à un moment donné puisque je fus réveillé en sursaut par des bruits dans le dortoir. C'était le chaos dans le château, les Mangemorts étaient partout, les résistants aussi. Je rejoignis la Grande Salle à la suite des autres, évitant les sorts autant que possible à la recherche de mon frère. Je réussis à le retrouver en profitant de l'accalmie offert par la reprise de Poudlard par les "gentils". J'agrippais mon jumeau et décidais pour lui de rejoindre les rangs de ceux qui ne se battraient pas. J'avais réussi à rester neutre jusqu'à présent, il était hors de question que ça change maintenant.

Je me fichais de passer pour un lâche, je n'étais pas un Gryffondor et je ne devais rien à personne. Le courage n'était pas ma marque de fabrique, la survie par contre l'était. Je n'avais rien à gagner dans ce combat et Amadeus non plus. Je serrais donc les dents jusqu'à la sortie vers Pré-au-Lard où des Aurors nous attendaient. Je fronçais les sourcils mais me laissais néanmoins examiner. Je n'avais rien, n'avais pas souffert du moindre sort perdu et je réussis à les convaincre de nous laisser partir en transplanant. Pour la première fois de ma vie, j'étais heureux de rentrer chez moi et de trouver ma mère affalée dans son lit. Heureux de ne plus être mêlé à tout ça et de pouvoir garder ma liberté d'allégeance à ma propre personne. Le cauchemar était terminé.



22 Février 2008

La chaleur et l'odeur dans le hangar étaient étouffants mais je m'y sentais bien malgré tout, c'était l'univers dans lequel, je me plaisais. Personne ne venait m'embêter ici, peu de monde connaissait l'existence de l'endroit de toute manière et c'était très bien comme ça. J'aimais avoir un endroit à moi, j'avais toujours eu besoin de solitude et de calme et le hangar m'offrait tout ça et plus encore. Je pouvais laisser parler mon imagination, je testais de nouvelles potions, changeait certains ingrédients pour voir l'effet sur les potions classiques. C'était cette part de moi, celle qui voulait toujours aller plus loin sur le chemin de la connaissance, qui m'avait toujours laissé croire que j'aurais eu ma place à Serdaigle. Il fallait croire qu'elle était moindre en comparaison du reste. L'ambition, la ruse et l'opportunisme dont je faisais preuve l'avaient emporté. Je n'en éprouvais aucune gêne ou honte, Serpentard m'avait convenu et j'avais réussi à développer ma personnalité comme je l'entendais.

Je n'avais pas la sensation d'avoir manqué quoique ce soit dans mon développement personnel. J'avais pu, grâce à ma maison, profiter des conseils de Rogue qui était très certainement le meilleur potionniste de sa génération. J'avais été étonné et légèrement gêné d'apprendre plus tard, par Slughorn, qu'il m'avait considéré comme l'un de ses élèves les plus prometteurs. Une fierté certaine m'avait envahi d'avoir su gagner l'estime d'un homme aussi admirable que lui. J'avais toujours eu cette admiration pour lui alors que les autres le détestaient pour son caractère froid et cynique. C'était à mon sens, ce qui en faisait un homme digne d'intérêt, outre son don pour les potions et son rôle de professeur. Il avait participé de façon indirecte à mon amour des potions et avait rendu mes années d'études plus passionnantes.

Mes camarades de dortoir n'ayant pas été les meilleurs du monde, j'avais tout de fois réussi à me faire une place chez les verts et argents. J'avais d'ailleurs gardé certains liens avec Zabini et Malefoy. Ce dernier était d'ailleurs devenu mon patron enfin jusqu'à la semaine dernière. La nouvelle m'était un peu resté en travers de la gorge. Je pouvais comprendre le fait que son entreprise de potions soit en danger depuis l'apparition de la firme Chaudrillon, je pouvais comprendre qu'il réduise le budget et qu'il se voit obligé de réduire son activité. Mais qu'il se sépare de moi ? Je ne comprenais clairement pas le calcul. Sa phrase passait en boucle dans ma tête et l'incrédulité restait tout aussi forte.

Désolé Wolf, tu es mon meilleur potionniste mais je dois te libérer de tes engagements. Tu es doué, tu retrouveras facilement, je ne me fais pas de soucis pour toi. C'est pour cette raison que tu es le premier à partir. J'espère que tu comprendras mon choix et ma position et que tu ne m'en voudras pas trop. Ma porte te reste ouverte si tu as besoin, je serais heureux de continuer à avoir de tes nouvelles.

Compte là dessus ! Il croyait quoi sérieusement ? Que ça me faisait rien qu'il me vire ? J'avais même presque cru qu'on était pote, outre le fait qu'il soit mon bosse, le fait qu'on ait partagé le même dortoir pendant sept ans avait crée des liens. J'avais rencontré sa femme, vu son fils et partagé quelques soirées en sa compagnie. J'avais appris à l'apprécier avec le temps et j'avais cru la réciproque vraie. Alors, non, je ne comprenais pas. Pas du tout même. Il allait falloir m'expliquer la logique ! Si on était satisfait de ses employés, on ne se séparait pas d'eux ! Et encore moins de ses amis. J'étais en colère. Clairement ! Comme jamais.

Heureusement, je n'étais pas complètement démuni, je n'avais pas attendu qu'il n'ait plus besoin de moi pour me trouver une activité annexe. Les potions Malefoy étaient chères, c'était indéniable. J'avais donc pris mon partie de faire mes propres potions sur mon temps libre et de les vendre au marché noir. Notamment les potions tue-loup ou toute autre potion difficilement trouvable. Le Polynectar était une denrée rare et fortement contrôlée, j'avais donc pris mon partie d'en fabriquer. Je laissais à Amadeus tout le côté vente. Je fabriquais et il s'occupait de trouver des clients et de la revente. Je savais qu'il n'avait pas lâché la Voie et qu'il s'était trouvé un nouveau boss, un certain Roy Calder. Visiblement, la vie de gangster lui convenait. Tant que ça payait ses factures, c'était l'essentiel.

Je ne m'occupais pas de sa vie et je ne la jugeais pas et il faisait de même pour moi. Notre relation avait toujours été basée sur les non-dits. C'était évident que nous étions là, l'un pour l'autre. C'était évident aussi que chacun menait la vie qu'il voulait. Il ne s'imposait pas et j'en faisais de même. Nous n'avions pas besoin de nous voir tous les jours, ni de partager tous nos secrets pour être complices et impliqué dans le bonheur de l'autre. C'était mon jumeau et je souhaitais le meilleur pour lui tout en profitant de son statut dans la Voie pour écouler mes produits et prendre ses commandes particulières. C'était toujours un challenge de faire des potions auxquelles je n'aurais pas pensé.

J'aurais pu en vivre, j'aurais pu m'en contenter mais je voulais plus que ça. Je n'aimais pas l'idée de devoir dire que j'avais perdu mon emploi, c'était un coup pour mon ego. Et je n'avais plus de couverture légale pour couvrir mes rentrées d'argent. Je n'aimais vraiment pas cette situation, l'idée de rejoindre Chaudrillon m'avait traversé l'esprit mais quelque chose ne m'inspirait pas dans cette entreprise. Peut-être ses prix trop bas qui arrivaient même à me faire de la concurrence. Mes ventes de potions avaient drastiquement diminuées avec l'arrivé de leurs produits sur le marché. Je n'étais pas du genre mauvais perdant mais pour le coup, je trouvais cette arrivée déloyale et suspecte.

Un grognement m'échappa alors que je faisais tomber une goutte de potion sur mon pied. D'un mouvement de poignet, je lançais un récurvite en pestant contre ma maladresse. Ce n'était rien de corrosif, heureusement pour moi. Je finissais de mettre la potion en fioles avant de laver mon matériel d'un sort et de ne pas tenter le diable en commençant une nouvelle potion. J'avais assez fait de bêtises pour ce soir. Je jetais un dernier coup d’œil au hangar avant de vérifier que toutes mes armoires étaient closes et protégées d'un sort. Il y avait trop de vols sur les docks pour que je prenne le risque de ne pas surprotéger mes marchandises.

Je sortis dans la nuit, la pleine lune éclairant la ruelle comme en plein jour. Je levais la tête vers l'astre et poussais un soupir las. Mes potions s'étaient décidément mal vendues pour que je ne sois pas capable de deviner que la pleine lune approchait. Je fermais le hangar de plusieurs sorts avant de m'éloigner, les mains dans les poches, le cou rentré dans les épaules. Je voulais simplement rentrer chez moi et passer le reste de ma soirée à ne rien faire. Un bon verre de vin ou une bière. Peut-être que je finirais par appeler Amadeus pour lui proposer de terminer la soirée avec moi avec l'espoir qu'il amènerait quelques filles avec lui.

Je vis mes espoirs s'envoler dès que mes yeux se posèrent sur le loup qui me faisait face. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Il n'aurait pas dû pouvoir être là. Et encore moins montrer ses crocs. D'instinct, je levais ma baguette prêt à me battre avec l'espoir d'avoir une chance alors qu'il sautait sur moi, mon sort de protection fut trop lent, il avait déjà planté ses crocs et une douleur lancinante me vrillait l'avant-bras. D'un sort, je lui fis lâcher prise en l'envoyant au loin. Je tentais un nouveau sort dans l'espoir de le faire fuir au loin, peu préoccupé par le fait qu'il pourrait potentiellement aller attaquer quelqu'un d'autre, trop heureux de m'en être débarrassé.

Je grimaçais de douleur avant de lever mon bras vers mon visage, une vilaine plaie et une marque de dents étaient clairement visibles. Je sentis une sueur froide couler le long de mon dos alors que je prenais conscience de ce que cela signifiait, sans réfléchir plus, j'envoyais un Patronus à mon jumeau et transplanais à Ste Mangouste. Je fus pris en charge rapidement mais il était déjà trop tard. Le gêne lupin était en moi et la transformation avait déjà commencé. Je pouvais sentir la fièvre m'abrutir et la douleur brûler tous mes muscles, chaque centimètre carré de ma peau était à vif. Je n'avais jamais autant souffert de toute ma vie, c'était l'enfer sur terre. Lorsque tout fut enfin terminé, tout me sembla étrangement paisible, aucun bruit ne se faisait entendre, j'étais envahi d'une sorte d'apaisement étrange avant que tous mes sens ne viennent m'agresser par un trop plein de sensations. J'ouvrais les yeux sans mettre rendu compte de les avoir fermés ni même d'avoir perdu connaissance à un moment donné et je me fis la réflexion que je n'avais jamais aussi bien porté mon prénom...

Loup solitaire.



15 Janvier 2009

"Elle sert à quoi celle là ?"

Je quittais une seconde des yeux la potion que j'étais en train de faire pour identifier ce que le nouveau me montrait. Une couleur rose légèrement nacrée, un léger volute de fumée en spirale et une petite odeur de chèvrefeuille me permit de la reconnaître sans problème. Elle était d'ailleurs presque prête, j'allais pouvoir couper le feu et la mettre en fioles.

"Elle sert à réduire le temps de réaction. Tu agis plus rapidement et avec plus de précision."

Il hocha la tête en semblant assimiler ce que je venais de lui dire mais je ne m'attardais pas sur lui, j'avais autre chose à faire. Comme une potion à terminer et lui expliquer les différentes étapes de sa préparation. Même si visiblement, il n'en avait rien à foutre puisqu'il passait son temps à observer toutes les autres potions sauf celle qui nous intéressait.

"Et celle là ?"

Je fermais les paupières brièvement et inspirais profondément pour trouver la patience qui commençait à me manquer. Zen Wolfy, ça va bien se passer. Je posais le regard sur la potion qu'il me désignait et fixait mon regard dans le sien.

"Elle sert à assouplir les souvenirs. C'est plus facile pour les Tisseurs de travailler sur un souvenir souple, il se laisse plus facilement modifier. Tu as d'autres questions ou on va pouvoir continuer à travailler ?"

Je le vis pâlir légèrement avant de se rapprocher de moi et de notre chaudron.

"Oh ! Oui bien sûr. Et donc là... On fait quoi ?"

Merlin ayez pitié ! Je relevais brusquement le regard sur lui, clairement énervé. Avait-il seulement écouté un seul mot de ce que je lui avais raconté toute à l'heure.

"Tu te moques de moi ?"

Il se tassa sur lui-même et secoua la tête, visiblement penaud.

"Euh... non. Désolé."

Je secouais la tête incrédule avant d'ajouter une plume de Jobarbille à ma concoction, il allait vraiment faire preuve de patience avec celui là. Je me demandais bien ce qu'il faisait là d'ailleurs, le recrutement était tellement strict que je me demandais comment il avait fait pour passer l'interrogatoire implacable de Kane. Sans doute n'avait-elle vu en lui qu'un piètre potionniste mais pas dangereux pour nos travaux et le secret professionnel. Elle comptait sans doute sur moi pour lui apprendre les ficelles du métier. Un rictus amer se dessina sur mes lèvres alors que je m'intéressais à nouveau au petit nouveau.

"Reprenons... Ceci, je désignais le chaudron devant moi, est du Veritaserum. Ton but à toi sera d'en préparer, exactement comme je suis en train de le faire maintenant. Je dois donc d'abord te montrer comment on fait avant de te laisser me montrer tes talents."

Je lui adressais un sourire faussement enjoué alors que je mélangeais ma potion d'un mouvement souple du poignet.

"Le résultat final doit être incolore. Tu en as déjà préparé ? A Poudlard peut-être ? Ou tu as fait une école de potions ? J'imagine que tu sais suivre une recette ? Ici on expérimente, on cherche, on découvre de nouvelles potions et de nouveaux effets. Il va falloir oublier tes livres, te concentrer sur les propriétés des ingrédients que tu utilises dans tes potions. Bien sûr au début, toi, tu te contenteras de refaire les potions qu'on a déjà inventées. Ce Veritaserum n'en est pas réellement, il reprend le principe de base mais à la différence de celui de base, celui là ne peut pas être contrecarré. Il n'existe aucun esprit assez fort pour lui résister et aucun contre-poison. Tout simplement parce que, je ne l'ai pas encore trouvé. Cette potion est mon invention et jusqu'à présent aucun de nos patients ne lui a résisté, même en utilisant les solutions qui permettaient de se protéger du vrai Veritaserum. Elle est tout simplement parfaite."

Un léger sourire s'esquissa sur mes lèvres, j'étais fier de ma découverte. Il n'avait fallu de presque rien pour que tout change. Juste une goutte d'essence d'ébène et la solution se trouvait sous nos yeux. J'aimais mon métier, j'aimais le challenge qui m'était donné. Il fallait découvrir, inventer de nouvelles potions pour faciliter le travail mémoriel des Tisseurs de mémoire et des Traqueurs de conscience. C'était de la recherche pure et dure, il fallait repousser ses limites en permanence, s'interroger sur ses convictions et j'aimais cette stimulation. Mon ambition, ma fierté et mon goût du challenge étaient poussés à leur extrême. Je ne pouvais imaginer ni même cautionner l'échec. Mon ego était trop important, j'avais trop à perdre. Je participais sans réellement le savoir au façonnement d'un nouveau régime.

Certaines de mes potions servaient à pousser les aptitudes des miliciens à leurs paroxysmes. La plupart d'entre-elles étaient encore inconnues du grand public. C'était mon petit secret et ma fierté, voir mon travail exploité autrement que sur le marché noir était un bel accomplissement. Je n'avais que peu de cas conscience, je savais que chacune de mes potions était testée. Je me doutais sur qui mais je faisais peu de cas des cobayes. Je savais que moralement et éthiquement, ce n'était pas toujours correct. Les expériences menées sur la mémoire n'étaient pas toujours propres et pouvaient poser problème mais je n'étais pas là pour me poser ce genre de questions.

Mon arrivé à Skye avait été assez étrange, ma transformation en loup était assez récente et je cherchais du travail depuis que Malefoy m'avait viré. Le scandale Chaudrillon était à son apogée, le statut des loups-garous était revenu sur la table politique et le peuple grondait, réclamant du changement et des réponses sur les différents sujets sensibles du moment. Leopold Marchebank était soudain apparu avec ses promesses et ses changements. J'avais adhéré à certaines idées, j'avais aimé l'idée de favoriser l'insertion des lycanthropes dans la société en les aidants à trouver du travail. J'avais allègrement profité de cette opportunité pour me faire connaître et donner mon background de potionniste.

J'avais eu une proposition assez étrange suite à cela. Un projet top secret se montait à Skye, une petite île écossaise, et ils avaient besoin de personnels. Mon profil semblait les avoir intéressé puisque j'avais passé un entretien avec Meredith Kane et Jacob Dalhiatus qui se trouvaient en charge du projet. Un projet expérimental sur la Réhabilitation mémoriel et ils avaient besoin de potionnistes expérimentés et doués, ce que j'étais indéniablement. La petite pépite qui leur manquait. J'avais donc eu la chance d'être intégré à l'équipe dès les débuts de l'aventure, dès que les premières expérimentations avaient été faites. Du moins, j'avais eu en charge la partie potions, le reste restait parfois encore nébuleux pour moi.

On m'expliquait vaguement de quoi il retournait au début, me laissant rarement approcher les salles d'expérimentation, me demandant telle ou telle potion avant de s'éloigner et de s'enfermer dans une pièce dont j'ignorais tout. On m'avait donné une ligue de conduite et de recherche et j'avais dû composer avec, cherchant toujours et encore une façon de prouver ce que je valais. A mesure que le temps passait, la confiance s'instaurait et certaines salles qui m'étaient jusqu'alors interdites s'ouvraient petit à petit. Je ne savais pas toujours ce qui se passait, je savais juste qu'il se passait des choses. Le strict nécessaire pour que je puisse créer des potions en conséquence.



10 Novembre 2009

Enfin ! J'avais réussi. Un sourire de satisfaction et de fierté s'étira sur mes lèvres alors que je tendais la petite pilule devant moi. Je penchais sur ce projet depuis tellement longtemps que de le voir enfin achevé provoquait une joie indescriptible en moi. Je m'étais inspiré des propriétés des amphétamines moldus pour synthétiser la larme du phénix. Il y avait longtemps que j'avais compris que ma mère était une droguée et que malgré le mal que cela pouvait lui faire, elle ne diminuerait jamais sa consommation. Après notre sortie de Poudlard, Amadeus l'avait aidé à déménager, nous avions utilisés nos premières payes pour lui trouver un appartement beaucoup plus confortable que la vieille bicoque où nous logions. Dans un premier temps, nous avions habité ensemble jusqu'à ce que je gagne suffisamment ma vie pour me payer mon propre appartement dans le centre de Bristol.

Mes extras avaient clairement aidé et j'avais pu m'émanciper complètement. Amadeus aurait pu agir de la même façon mais il avait préféré rester vivre avec notre mère, comme pour veiller sur elle et la protéger d'elle-même. Il avait même commencé à écarter d'elle les produits qui étaient outrancièrement coupés, ne lui apportant plus que des produits purs. Son état s'était légèrement amélioré mais elle restait complètement dépendante et ses rapports à la réalité étaient souvent biaisés. Je m'étais donc promis de trouver quelque chose qui aurait un effet stimulant sur son mental, lui permettant de se dépasser intellectuellement, la rendre moins vaseuse tout en palliant son manque.

J'avais mis longtemps à trouver les bonnes alliances de molécules et à isoler celles que je souhaitais extraire. J'avais fait de nombres essais au cours des derniers mois, j'avais mis à profit mes dernières découvertes sur Skye pour l'appliquer à mes projets personnels et j'avais enfin réussi. Il y avait quelque chose de positif finalement qui se dégageait de cette île. J'avais appris à étouffer légèrement mon enthousiasme pour l'endroit au fil des mois. Effectivement, certaines choses me dérangeaient, je n'avais pas de contact direct avec les patients, je savais simplement que certains prisonniers avaient été réinsérer dans la société. Je savais comment et à quels moyens. J'y avais participé indirectement, mes potions servaient à ça, à plier les autres à la volonté des médicomages et des psychomages et indirectement à la volonté du gouvernement.

J'avais constaté la réalité de la vie dans la Voie et à Bristol. J'avais constaté la réalité à Skye et elle ne me convenait pas tellement. Mais je n'avais pas vraiment l'occasion d'en parler, pas vraiment l'opportunité, même Amadeus ne pouvait pas faire un confident fiable. Pour la première fois de ma vie, je ne pouvais pas parler à mon jumeau de ce qui me dérangeait. Cela l'aurait mis dans une position inconfortable et l'aurait surtout mis en danger. Je devais faire mon propre chemin tout seul. Et je savais déjà à peu près comment faire. Il me fallait une porte de sortie pour le jour où le gouvernement tomberait, je devais absolument assurer mes arrières, surtout avec le métier que je faisais. J'avais la certitude que "j'obéissais aux ordres" ne suffirait pas. Il me fallait donc un balai suffisamment confortable pour pouvoir atterrir sans me faire mal.

J'avais donc commencé à tendre l'oreille, on parlait de mouvements de résistance un peu partout et certains ne me plaisaient pas du tout. Bristol était une ville assez indépendante et souhaitait clairement le rester, si on traînait suffisamment l'oreille, on pouvait capter des bribes de discussion, tenter de trouver des personnes qui pouvaient nous orienter plus ou moins vers ce que nous désirions. Le chemin avait été long mais j'avais finalement réussi à gagner mon entré dans la Salamandre. Ou plutôt j'avais négocié mes termes du contrat. Je refusais le terrain, je donnais quelques informations en échange de la promesse d'être lavé de toutes accusations au cas où les choses tourneraient mal pour le régime.

J'appréciais assez le fait que notre anonymat soit conservé grâce aux illusions qui nous entouraient dès qu'on pénétrait dans Avalon. C'était sécurisé et discret, ça me plaisait. Je donnais quelques tuyaux, pas trop gros non plus pour ne pas me griller auprès de Skye. Des informations qu'un détenu ou la famille du détenu aurait pu donner. Des informations capables d'être fournies après l'évasion d'un prisonnier par exemple. Et tout cela allait s'effondrer. Un attentat d'extrémiste et une réunion exceptionnelle était organisée entre toutes les résistances du pays. Je n'aimais pas cet aspect de la chose. Je ne voulais pas sortir en plein jour et prendre le risque de pouvoir me faire arrêter. Même sous Polynectar, il restait un risque. Mais avais-je réellement le choix ?

J'étais donc à présent au milieu d'une foule déchaînée pour décider de la marche à suivre et des décisions à prendre. Un nouveau groupe se formait, l'union de tous en une seule entité. Le LEXIT. Et honnêtement... je n'étais pas fan. Trop dangereux, pas assez sécuritaire. Avalon allait me manquer. Il allait falloir que j'augmente mes préparations de Polynectar et que je me procure des cheveux de moldus plus souvent. Je n’étais clairement pas emballé par l'idée. Mais il fallait quand même que je soigne mon plan de secours et pour cela, il allait falloir passer par là...




Some things in our lives are inevitable
Wolfgang KnightPotionniste à Skyeavatar
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Fiche terminée


Some things in our lives are inevitable
Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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Coucou Wolfgang

Excuse-nous pour le délai de réponse sur ta fiche ! Avant de te valider, nous avons deux petits points que nous voulions aborder avec toi :


  • Concernant les Veilleurs : On n'a pas exactement compris le rôle du frère de Wolfgang dans la mafia. De ce qu'on a compris (peut-être mal ?) Wolfgang se contente de filer sa came à son frère, qui la vend à la clientèle des Veilleurs et qui lui rapporte l'argent, c'est bien cela ? Ca pose juste un petit souci de cohérence mafieuse : Les Veilleurs ne peuvent pas laisser de la "concurrence" se développer au sein même de leur gang, du coup si Wolfgang veut vendre sa came, il faut qu'il la vende aux Veilleurs directement, qui se chargeront eux de la revendre comme ils l'entendent Et, second point sur les Veilleurs : que fait exactement le frère de Wolfgang, en terme d'activités ? Parce qu'il a l'air si gentil et naïf, c'est compliqué de l'imaginer au sein de la mafia

  • Concernant Skye : On aime beaucoup l'idée que Wolfgang soit à Skye et qu'il donne des informations à la résistance, sans forcément être complètement d'accord avec le LEXIT, c'est sympa, ça nous change de nos résistants valeureux What a Face Le seul souci que ça pose, c'est que Skye doit être un lieu très surveillé, très fermé, et les employés sont régulièrement soumis à des inspections de style "intrusions mentales". Du coup, comment Wolfgang se protège contre ça ?


Eden


Emma BlackbonnesApprentie au Département des Mystèresavatar
Messages : 486

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Alors concernant les Veilleurs, Amadeus est un membre à part entière, effectivement, il paraît tout gentil et tout naïf et il l'est Mais il a grandi dans un milieu mafieux, il ne connaît que ça pour ainsi dire, depuis son enfance. Il est resté dedans avec l'évolution des gangs et la guerre des gangs, il a intégré les Veilleurs parce qu'il ne sait faire que ça. Il a la mafia dans le sang.

Pour la drogue, quand je dis que Wolfy la passe à Amad pour qu'il la revende à sa place, je pensais au fait qu'il la vendait en fait aux Veilleurs à travers Amadeus. Et après les Veilleurs pouvaient la revendre comme ils l'entendaient. Pour le coup, Wolf n'est qu'un fournisseur What a Face Il donne à son frère et après il ne s'occupe pas du reste, c'est son jumeau qui gère Du moment qu'il a le fric


Pour Skye, c'est vrai que je n'ai pas bien développé cette partie. En septième année, il a appris la légilimencie et l'occlumencie sous le règne de Voldemort. Ils avaient des cours de magie noire, il était plutôt doué d'ailleurs. Après Poudlard, il a trouvé que l'idée de protéger son esprit contre les intrusions c'était plutôt cool donc il a continué à s'entraîner et se documenter sur le sujet. Quand il est entré à Skye, il a mis à profit ses anciens cours et il ne montre de son esprit que ce qu'il veut bien montrer. Toute la partie résistance est donc protégé par occlumencie. Il fait un peu comme Voldemort quand il piège Harry.

Parce que sinon oui, effectivement, il se serait fait griller dès le début


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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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