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 Way Down We Go [Lauren/Léopold]

Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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11 mai 2010

La pièce était plongée dans une semi-obscurité depuis deux jours. Plus rien ne bougeait dans l’appartement, complètement laissé à l’abandon. Lauren avait perdu trace du temps, et n’avait aucune idée du jour ou de l’heure. Ça n’avait plus aucune forme d’importance. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était immobile, recroquevillée au pied du canapé. Les secondes passaient les unes après les autres, avec une terrible lenteur. Le temps s’écoulait et pourtant la douleur restait aussi vive qu’au premier instant. Chaque minute était pire que la précédente, chargée de silence et de solitude. Pas de longs sanglots, pas de crise de larmes ni d’éclats de colère. Elle était comme vidée de toute forme d’énergie, incapable de continuer à vivre.

Elle avait tellement réfréné ses émotions qu’elle avait l’impression qu’elle ne pourrait plus jamais rien ressentir. Elle luttait à chaque respiration, à chaque instant, pour ne pas craquer. C’était un combat perdu d’avance, qui épuisait toutes les forces qui lui restaient. Mais elle ne pouvait pas s’abandonner à son chagrin. Elle devait résister. Si elle lui laissait la moindre prise, il la briserait en morceaux. Elle avait la certitude que si elle commençait à pleurer elle ne s’arrêterait jamais. Rien, en elle, n’était apte à braver l’horreur de la perte de Samantha.

Elle s’endormait parfois, assise au pied du canapé ou recroquevillée dans un fauteuil. Elle ne dormait jamais longtemps, et toujours d’un sommeil agité, pourtant chaque fois qu’elle se réveillait, pendant un instant, elle oubliait. Et quand la vérité lui revenait comme une claque en plein visage, c’était comme si Sam disparaissait encore. Comme si on la lui arrachait à nouveau. Cela faisait toujours aussi mal, et elle savait que cette peine ne disparaitrait jamais.

Son Pear Two flambant neuf -cadeau de Flaquemare- gisait dans un coin du salon, broyé en morceaux. Il n’avait pas survécu au premier appel. Elle ne voulait voir personne. Ses frères, Eliott, Irving, James. Qu’ils la laissent seule. Ils ne pouvaient pas savoir. Ils ne pouvaient même pas imaginer. Personne n’avait aimé Samantha comme elle l’avait aimée. Elle ne manquerait à personne autant qu’à elle. Et ils ne pouvaient pas l’aider, quoiqu’ils en disent. Il était trop tard pour ça.

Il n’y avait qu’une seule personne dont la présence aurait pu l’apaiser. Cette même personne qui avait attendu avec elle, en silence, le lendemain de la morsure de Sam. Il était le seul qu’elle aurait voulu voir, le seul qu’elle aurait toléré. Mais elle doutait que Dave veuille la voir. Elle se demandait s’il avait lu le journal, s’il savait. Était-il aussi misérable qu’elle à cet instant ? Pensait-il à elle ? Revivait-il lui aussi tous les moments qu’ils avaient partagés, tous les trois ? Elle n’y tenait plus, elle avait besoin de le voir. Ils avaient tous les deux perdu leur meilleure amie, et elle ne pouvait pas surmonter ça sans lui.

Lauren se redressa brusquement, elle avait un peu le vertige. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois ou elle avait mangé, ou bu. Et elle n’avait aucune intention de remédier à ce problème.  Elle avisa finalement sa baguette, sur le meuble de l’entrée, l’attrapa et ferma les yeux. Elle dut s’y reprendre à trois fois pour faire apparaitre un patronus, incapable de se concentrer sur un souvenir heureux. Se replonger, même un court instant, dans cet avenir qu’elles avaient imaginé avec Samantha, lui brisa le cœur. Cette maison qu’elles n’achèteraient jamais, ce coin de campagne où elles ne vieilliraient pas ensembles. Quand elle s’arracha finalement à cette vision hypothétique, aussi délicieuse que cruelle, une louve argentée se tenait au milieu du salon, attendant qu’on lui livre un message.

Elle ouvrit la bouche, prête à appeler son meilleur ami à l’aide, à le supplier de venir, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge et elle renonça. Elle n’y arrivait pas. Et la louve argentée restait plantée là. Elle semblait la regarder, presque avec pitié.

« Dégage, grogna-t-elle finalement d’une voix rendue rauque par des jours de silence. DEGAGE ! » hurla-t-elle, incapable de supporter la vue de l’animal une seconde de plus.

Elle détourna le regard alors que le patronus disparaissait dans une volute argentée et ses yeux tombèrent sur le journal de l’avant-veille, abandonné à même le sol depuis deux jours, quand il lui avait glissé des mains alors qu’un cri de désespoir lui déchirait la gorge. Quand toute sa vie s’était arrêté d’un seul coup.

En tombant au sol, les pages de la Gazette s’étaient éparpillées sur le parquet, dévoilant divers articles insignifiants. Et c’était écrit là, en page 2, dans la rubrique International. Le Ministre de la magie rencontrerait un secrétaire d’état slovaque, le mardi 11 mai 2010, de façon tout à fait officieuse. « A l’occasion d’un diner privé », lisait-on quelques lignes plus bas. Le lieu de la rencontre n’était pas précisé. Mais elle était presque certaine de savoir où se tiendrait cette entrevue. C’était Dave qui lui avait confié ça, des années plus tôt, au cours d’une discussion affreusement banales comme ils en avaient eu des centaines. Elle ne savait même plus de quoi ils parlaient, mais il s’était retrouvé à lui vanter les mérites du restaurant préféré de son père, « celui qu’il réservait pour tous ses diners d’affaires, parce qu’il y avait un salon privé au deuxième étage, complètement isolé du reste de l’établissement ».

Elle croyait savoir où se trouverait Léopold Marchebank, le 11 mai au soir. Et elle s’y trouverait aussi. Elle n’avait pas besoin d’y réfléchir, pas besoin de préparer sa vengeance, c’était simple, évident. C’était l’homme qui était l’origine de tous ses malheurs, et de ce monde injuste dans lequel sauver un homme de la torture pouvait vous faire assassiner. Si elle devait trouver la force de ne faire encore qu’une seule chose, c’était celle-ci. Elle la haïssait, plus que tout, pourtant elle n’arrivait même plus à éprouver la moindre colère. Elle n’était plus qu’une coquille vide, un corps en pilotage automatique.

Un coup d’œil au réveil posé sur la table de chevet lui apprit qu’on était déjà le 11 mai, et qu’il était dix-huit heures passées. Ça ne pouvait pas être une coïncidence. Mécaniquement, sans éprouver la moindre excitation ou la moindre peur, elle se servit un verre d’eau, enfila une paire de basket, et passa une veste en cuir par-dessus le sweat gris qu’elle portait depuis trois jours. C’était le préféré de Samantha, un modèle pour homme qui avait toujours été trop grand pour elle, qu’elle trainait partout depuis la cinquième année. Il sentait encore son parfum.  Toujours dans un état second, Lauren attrapa sa baguette, un sachet violet qui trainait sur le meuble de l’entrée, et quitta l’appartement sans un regard en arrière. Une part d’elle sentait qu’elle ne reviendrait jamais ici, que c’était un adieu, mais plus rien ne la retenait.

Un instant plus tard elle trainait du côté de l’Hypogriffe Cendré, la capuche de son sweat rabattue sur ses cheveux pour dissimuler son visage.  Son cerveau s’activait tout seul, et construisait étape par étape un plan d’action dont elle n’avait pas encore saisi l’ampleur. Une chose après l’autre. D’abord, trouver l’entrée des employés. Elle aperçut rapidement un jeune homme en tenue de serveur, qui venait de sortir par une petite porte sur le côté du restaurant. Il avait à peine sorti son Pear de sa poche pour consulter le dernier hologramme envoyé par sa petite-amie qu’un poing s’abattait violement sur le côté de sa tête. Sous le choc, il s’écrasa contre la porte qu’il n’avait pas eu le temps de refermer. Sa tête heurta violemment un écriteau qui indiquait « Nous informons notre aimable clientèle que le transplanage n’est pas possible au sein de l’établissement ». Lauren l’abandonna sur le perron, inconscient, et s’engagea prudemment dans un couloir étroit. Elle était étrangement calme. Loin de s’accélérer, son pouls semblait au contraire battre au ralenti, comme pour ne pas faire de bruit. Elle n’avait pas peur. Parce qu’elle n’avait plus rien à perdre, si ce n’était sa propre vie, qui n’avait plus aucun intérêt à ses yeux.

Les cuisines se trouvaient droit devant elle, et heureusement personne ne regardait dans sa direction. Sur sa gauche, un passage semblait desservir la salle principale -on entendait le bruit des conversations. Et sur sa droite, un escalier montait dans les étages. Elle décida de suivre son instinct et grimpa silencieusement les premières marches. Arrivée à mi-hauteur elle retint son souffle et tendit l’oreille. Elle identifia aussitôt les éclats de voix qui lui parvenaient. Elle ne l’avait que peu entendu et pourtant elle aurait reconnu cette voix entre mille.

Lauren franchit silencieusement les dernières marches, jusqu’à se retrouver face à une porte légèrement entrouverte qui donnait sur un salon privé, luxueusement meublé. Dissimulée dans l’angle de la porte, elle put jeter un rapide coup d’œil à l’intérieur. Il y avait quatre personnes dans la pièce. Deux étaient assises à table, le Ministre de la Magie et celui qu’elle devinait être le secrétaire d’état Slovaque. Un autre se tenait avachi sur une chaise et pianotait sur son Pear One, et le dernier se tenait près de la fenêtre et surveillait la rue. Des gardes du corps, évidement. Apercevoir Leopold Marchebank, même une seconde, réveilla en elle une haine démesurée, nourrie de toute la tristesse et de toute la rage qu’elle n’avait pas su exprimer. C’était de sa faute si Samantha était morte. Et elle allait lui faire payer.

Elle réfréna toutefois l’envie de s’en prendre directement à lui. Ils avaient des choses à se dire avant. Une fois sa stratégie établie, elle s’accorda une seconde et ferma brièvement les yeux. Elle savait qu’elle ne sortirait certainement pas d’ici vivante. Et étrangement celui lui convenait. Tout ce qui comptait, c’était qu’elle emporte Léopold Marchebank avec elle. Quand elle les rouvrit, ses yeux n’exprimaient pas la moindre émotion, son regard vide semblait presque dément.

Elle avait mémorisé très précisément les emplacements et les positions de chacune des personnes dans la pièce. Cette image en tête, elle resserra les doigts de sa mains droite sur sa baguette, un sachet de poudre d’obscurité instantanée dans la main gauche. Il n’y avait pas grand-chose, juste de quoi lui garantir quelques secondes de noir complet. Quelques secondes durant lesquelles elle saurait où chacun se trouvait, et où ils ne pourraient pas la voir. Lauren prit une dernière inspiration, poussa brusquement la porte d’un coup d’épaule et jeta simultanément le sachet de poudre devant elle. Ce fut aussitôt le noir complet. Une obscurité qu’aucune magie ne pouvait déchirer. Elle n’hésita pas une seconde et lança immédiatement trois Stupéfix aux endroits exacts où elle avait repéré les deux gardes du corps et le représentant Slovaque.

Tout s’était déroulé en moins de quelques secondes, et l’obscurité commençait déjà à se dissiper très légèrement. Il était temps de voir la réalité en face, et de regarder la mort dans les yeux.


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold aperçut son reflet dans le miroir encadré de dorures et poussa un profond soupir, avant de resserrer le noeud de sa cravate bleu marine. En apparence, tout allait bien, le ministre était aussi alerte et fringuant qu'à l'accoutumée. Pourtant, Leopold lisait autre chose derrière ces traits ridés, il percevait le trouble profond qui se cachait derrière ces prunelles sombres. Du bout des doigts, il suivit la cicatrice fine qui zébrait son visage de haut en bas, et qui lui démangeait la peau. Les crèmes puissantes et organiques que lui avait procuré sa fille avaient fait des miracles pour en dissimuler la rougeur, mais elles avaient arrangé l'esthétique, sans pouvoir apaiser la douleur. Car cette douleur était psychique plus qu'elle n'était physique.

Secouant la tête, Leopold se détourna de son image et traversa le petit salon pour venir s'installer dans son fauteuil habituel : dos à la fenêtre, à l'opposée de la pièce, il présidait les lieux dans le plus confortable et le plus luxueux des sièges. Il réservait néanmoins un accueil de marque à son invité du jour, malgré son retard de plus en plus prononcé. Il s'apprêtait à jeter un énième regard à sa montre lorsque la porte du salon s'ouvrit sur le visage familier d'Alan. La mine concentrée, comme à son habitude, le tireur d'élite traversa la pièce pour le rejoindre et lui tendre une feuille de parchemin roulée finement, et fermée par un sceau que Leopold s'empressa de briser.

"Un verre de Ragnarov", ordonna-t-il distraitement à l'intention d'Alan, qui s'exécuta aussitôt. Le ministre parcourut rapidement la missive, déchiffrant à grand peine les gribouillis de Johnny Kiss, puis la tendit à Alan. Ce dernier s'en empara et, d'un geste de baguette, la fit s'évaporer en une volute de fumée. Le garde du corps se posta ensuite dans un coin de la pièce, droit et silencieux, tandis que Leopold s'emparait de son verre à Whisky. Un épais fond de Ragnarov l'occupait, dans lequel il ajouta une petite pincée d'une poudre qu'il conservait dans la poche intérieure de son costume. A son contact, le liquide translucide adopta une teinte violette, émanant quelques volutes toxiques qui vinrent titiller les narines du ministre. Sans sourciller, il avala une grande gorgée de la boisson, ignorant la sensation de brûlure au fond de sa gorge. Aussitôt, Leopold sentit ses muscles raides se détendre, et son esprit se faire plus clair, une lucidité nouvelle l'envahir.

Lorsque le secrétaire d'Etat slovaque, Stanik Prochazka, pénétra dans la pièce accompagné par son propre garde du corps, Leopold avait eu le temps de finir et nettoyer sa boisson. Il se leva vivement de son fauteuil et traversa la pièce pour accueillir son invité, avec qui il échangea une poignée de main chaleureuse.

"Mon cher Stanik, je suis très heureux de vous revoir. Permettez-moi de vous présenter une nouvelle fois la bienvenue au Royaume-Uni."

"Leopold, tout le plaisir est pour moi", répondit le secrétaire d'Etat dans un anglais irréprochable, bien que marqué par un fort accent slave. "Je vous remercie pour cette invitation, il est grand temps que nous parlions du sujet qui nous préoccupe."

"Tout-à-fait, tout-à-fait, mon ami. Je vous en prie, installez-vous", dit-il en indiquant le fauteuil qui lui faisait face. "Vous prendrez bien un petit apéritif ? Cet établissement propose les meilleurs Vins des Elfes..."

Quelques amabilités échangées, et les deux hommes politiques se trouvèrent bientôt confortablement installés, un verre à la main, dans une configuration qui invitait aux échanges informels. Les relations entre la Slovaquie et l'Angleterre magique étaient au plus haut depuis qu'ils portaient ensemble la directive magique européenne pour le Renforcement de la Coopération et des Contrôles en matière de Sécurité Sorcière (directive R2C2S). Les négociations diplomatiques avaient été ardues, avec une forte opposition de l'Allemagne, mais Leopold avait su nouer de bonnes alliances avec les pays d'Europe de l'est et d'Europe occidentale. Le Royaume-Uni s'apprêtait à prendre la présidence tournante du Conseil de l'Union Sorcière des Etats Européens (USEE), ce qui lui conférerait une place de choix pour parachever l'adoption de la directive. Ne restait qu'à convaincre la France, mais les négociations allaient bon train.

"Je ne comprends pas ces oppositions sur l'article 43", indiqua le slovaque en passant distraitement la main dans sa moustache. "Bien sûr, le renforcement des contrôles du transplanage, des portoloins et des baguettes aux frontières entrave le principe de libre-circulation des sorciers, mais combien de nos démocraties sont-elles mises en danger aujourd'hui par la criminalité organisée, les terroristes et autres fauteurs de troubles !"

Leopold retint à grand peine un sourire en entendant Prochazka qualifier l'Etat magique slovaque de démocratie, et hocha doctement la tête.

"En effet, comme vous le savez, nous craignons ici qu'une des têtes de file de l'organisation terroriste Salamandre se soit échappée à l'étranger, au nez et à la barbe de nos services aux frontières. Et nous avons les plus grandes difficultés pour faire coordonner nos polices magiques pour recouper nos informations."

"Tout-à-fait, et je trouve cette idée de création de... comment appelez-vous cela, Wiccapol ?, très astucieuse. Nous avons besoin de mettre en commun nos fichiers, nos ressources et nos méthodes pour lutter contre les criminels."

Et les opposants politiques, songea Leopold en dardant sur Prochazka un regard perçant. Depuis son coup d'Etat de 2007, la Slovaquie menait d'une main de fer la lutte contre ses opposants politiques, réduisait la liberté de presse, interdisait le droit de réunion. Cela en faisait une alliée naturelle de Leopold, quand bien même il devait prétendre ne pas entendre les rumeurs, selon lesquelles un génocide de centaures était en train d'y avoir lieu.

"Je vais m'entretenir avec le polonais, pour qu'il porte l'amendement au Pentacle", annonça Prochazka en se penchant vers la table pour attraper son verre. Il ne finit jamais son geste. Touché par un sortilège, il s'effondra au sol, tandis qu'une fumée obscure envahissait brusquement la pièce.

Leopold bondit de son fauteuil et tourna la tête en tous sens, en une tentative inutile pour tenter de comprendre ce qui arrivait. En l'espace de trois secondes, la fumée s'était épaissie et avait gagné chaque recoin du petit salon, à peine perturbée par la lueur rouge caractéristique de Stupefix lancés à l'aveuglette. Leopold se jeta instinctivement derrière le dos de son fauteuil et tressaillit en entendant le son d'un corps tombé à terre. A tâtons, il farfouilla son costume pour retrouver son pistolet, et jura intérieurement en se rappelant où il l'avait laissée : dans son sac en cuir, à l'entrée du petit salon, en compagnie de sa baguette magique qu'il transportait plus par habitude que par utilité, de toute façon.

Il entreprit de ramper à travers la pièce, mais réalisa bientôt que l'obscurité se dissipait aussi vite qu'elle était arrivée. Leopold tourna la tête vers Alan, à temps pour le voir éviter un Stupefix, mais recevoir un second maléfice qui lui toucha la main droite. Cette dernière noircit à vue d'oeil et se mit à pendre le long de son corps, inerte. Leopold sentit son coeur rater un battement lorsqu'il aperçut leur assaillant du coin de l'oeil. Une jeune femme brune, au regard dur et dont les traits désespérés lui étaient terriblement familiers.

"Bouge de là, Leopold !", cria Alan tout en faisant passer sa baguette de sa main droite, inutilisable, à sa main gauche. D'un mouvement rapide et alerte, il tournoya sur lui-même pour éviter un nouveau sort et contre-attaqua par une salve de Stupéfix. Des éclairs rouges, verts et or fusaient de part et d'autre de la pièce, au-dessus de la tête du ministre qui entreprit d'obéir à son homme de main et reprit sa course laborieuse vers son sac de cuir. Une rage impuissante faisait battre ses tempes alors qu'il songeait à l'incongruité de la situation : attaqués par une gamine, amie de son frère, en plein entretien diplomatique privé. Son regard attrapa le corps inanimé du slovaque et il songea qu'il valait mieux pour Lauren McGowan que cet homme soit en vie, sans quoi il saurait lui faire passer le goût d'utiliser sa baguette.

Un sortilège atterrit droit devant son nez, brûlant la moquette luxueuse, et il lâcha une exclamation de rage. Alan semblait peiner à maîtriser l'assaillante, une expression de douleur lisible sur ses traits d'ordinaire peu expressifs. Tentant le tout pour le tout, Leopold se redressa pour progresser plus rapidement vers le fond de la pièce. McGowan ne pouvait pas prendre le risque de l'attaquer directement, sans se voir neutraliser par Alan. De plus, elle savait comme tout un chacun qu'il ne pouvait faire de magie, mais ignorait l'existence de son arme à feu, non connue du grand public qu'il n'aurait pas fallut choquer... Plus que quelques secondes, et elle serait prise entre deux feux, prête à subir les conséquences de cette interruption particulièrement malvenue.


Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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L'obscurité se dissipa après seulement une poignée de secondes, laissant à Lauren un bref instant pour évaluer la situation. Elle avait réussi à atteindre le Slovaque et un des agents de sécurité, mais le deuxième avait évité son Stupéfix et lançait déjà une slave de sortilèges dans sa direction. Plus qu'un bon dualiste, c'était un véritable tireur d'élite. Chacun de ses sorts était minutieusement choisi et lancé avec une précision redoutable. Un Diffindo passa si près du visage de Lauren qu'il sectionna une mèche de ses cheveux bruns. Elle parvint à contrer les autres attaques avec un puissant bouclier, mais son assaillant ne lui laissait aucun répit. Il fallait pourtant qu'elle le neutralise rapidement, elle ne tiendrait pas sur la distance face à un combattant si expérimenté.

Prenant exemple sur son adversaire, elle limita le nombre et la puissance de ses attaques pour se concentrer davantage sur chacune d'entre elle. Elle finit par atteindre Le Bras droit du garde du corps avec un sortilège de putréfaction qui contamina aussitôt touche sa main droite. L'homme laissa échapper un grognement de rage avant de faire sauter sa baguette dans sa main gauche et de reprendre le duel, avec beaucoup moins de précision. Le duel était beaucoup plus équilibré ainsi et Lauren redoubla d'acharnement.

Au bord de son champ de vision, elle aperçut le Ministre de la magie, qui semblait ramper en direction de la sortie. Cette vision la révolta. L'idée que Léopold Marchebank puisse être en train de fuir pour sauver sa peau, alors que Samantha était morte, était insupportable. Il méritait de mourir. Il cautionnait les actes de torture qui avaient lieu à Skye, menaçait les libertés les pus fondamentales, et manipulait la population magique. Samantha, elle, était la personne la plus digne de vivre que Lauren ait connu. Elle était honnête, elle était loyale, et juste. Elle avait des valeurs, des principes. C'était elle qui, choquée par l'attenta de Léopolgrad, avait voulu quitter la résistance. Et elle était morte pour cette même résistance dont elle avait voulu s'éloigner, en essayant de sauver un homme qu'elle ne connaissait même pas. C'était tellement injuste. Et si Lauren ne pouvait rien faire pour ramener sa petite-amie, elle pouvait au moins faire en sorte que Léopold Marchebank connaisse le sort qu'il méritait.

Pour cela elle devait toutefois neutraliser son garde du corps qui, même privé de sa main droite, restait un adversaire redoutable. Elle évita de justesse un éclair de lumière rouge et riposta avec un Stupéfix qui vint s'éclater contre la fenêtre juste derrière son opposant. La vitre vola en éclat, projetant des éclats de verre autour des deux duellistes, qui ne se laissèrent pas déconcentrer pour autant. Les sortilège s'enchainaient, fusant à toute vitesse. Le salon avait beau être isolé du reste du restaurant, le bruit finirait bien par alerter le personnel, elle devait faire au plus vite.

Son adversaire semblait vouloir la forcer à reculer, comme pour la coincer entre lui et Marchebank. Lauren savait n'avoir rien à craindre du Ministre, mais refusait de céder du terrain à son assaillant. Les deux duellistes se retrouvèrent à devoir combattre de plus en plus proches l'un de l'autre. Lauren aurait presque pu toucher Alan en tendant le bras. Viser devenait de plus en plus difficile et éviter les sortilèges était presque impossible. La jeune fille manqua de peu de se faire toucher par un Stupéfix qu'elle dut éviter d'un bond sur le côté. Elle parvint toutefois à toucher son assaillait à la cuisse avec un Diffindo qui lui arracha un grognement de douleur.

Elle profita de ce bref instant de répit pour jeter un coup d'oeil derrière elle, avisant Léopold Marchebank qui s'était redressé et se dirigeait vers le fond de la salle. Cette seconde d'inattention suffit à son adversaire pour la désarmer. Lauren sentit sa baguette lui sauter de la main pour s'envoler en direction de son opposant qui l'attrapa avec un rictus victorieux. Prise de cours et refusant de perdre si facilement, elle envoya aussitôt un violent coup de poing en plein dans le visage de son adversaire, à seulement un mètre d'elle. Sous la violence du coup, il recula d'un pas et laissa tomber les deux baguettes au sol. Lauren ne prit pas le risque de se baisser pour ramasser la sienne, et enchaina avec un deuxième coup. Son opposant se redressa, le nez en sang et lui renvoya un coup de poing dans l'estomac qui la plia en deux.

Le souffle coupé, elle vit alors le garde du corps se pencher pour récupérer sa propre baguette. Elle ne pouvait pas le laisser aller au bout de son geste. Elle le repoussa d'un coup de pied avec toute la force dont elle était capable. L'homme fut projeté en arrière, où il butta contre le rebord de la fenêtre ouverte. Alors que le combat s'était déroulé à une vitesse ahurissante, il y eu comme un moment de flottement alors que l'homme perdait l'équilibre. Ses pieds quittèrent le sol, il tendit instinctivement les bras en avant, et bascula dans le vide. Il s'écrasa dix mètres plus bas avec un craquement sinistre.  

Lauren ne se laissa pas le temps d'assimiler ce qui venait de se passer, incapable de traiter cette information pour le moment, et fit volte-face pour se retrouver face à Léopold Marchebank, la main plongé dans un sac de cuir. Le temps qu'elle se demande ce qu'il cherchait, il en avait sorti une arme qu'il pointa droit sur elle. Pas une baguette, mais un pistolet moldu, comme elle en avait tant vu dans les films d'actions ou dans les jeux vidéos. Elle s'immobilisa. Elle était désarmée alors que lui avait une arme à feu. L'issue de cette rencontre apparaissait plutôt claire. C'était fini. Et elle avait perdu. Une vague de rage la submergea face au constat de cette défaite. Elle n'avait pas réussi. Elle n'avait pas vengé Samantha.

Ignorant l'arme à feu braquée sur elle -qu'il tire, elle était prête- elle fit un pas en direction du Ministre, une expression de haine profonde sur le visage.

"Vous l'avez laissé mourir...commença-t-elle d'une voix rauque, chargée d'émotions. Elle est morte à cause de vous, cracha-t-elle en s'approchant encore davantage. Comment vous avez pu ? hurla-t-elle, au bord des larmes. C'était quelqu'un de bien...Elle a sauvé la vie de votre fils, elle a sauvé Dave, comment est-ce que vous avez pu laisser faire ça? "


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Concentré sur son objectif, Leopold entendit la vitre de la fenêtre voler en éclat, les sorts qui fusaient en faisant claquer l'air, les coups de poing et les grognements des deux opposants, mais il ne se retourna pas. Toute son attention restait concentrée sur cette mallette en cuir qui pouvait leur permettre d'obtenir l'avantage. Et puis il accordait une confiance aveugle à Alan, qui l'accompagnait et le protégeait depuis des années sans faillir. L'idée qu'il puisse échouer face à une adolescente ne lui traversa même pas l'esprit.

Et pourtant, alors qu'il s'apprêtait ce fut bien un cri masculin qu'il entendit finalement, suivit du bruit brusque d'un corps qui atterrit. Son sang se glaça dans ses veines, mais il ne se retourna pas, préférant plutôt finir son geste et plonger la main dans sa mallette. Ses doigts froids se refermèrent sur le métal, et il sentit sa tension s'apaiser à ce contact familier. Les sorciers n'avaient jamais pensé à inventer de sortilège pour arrêter les balles. Sans prendre le temps de réfléchir à ce qu'il était en train de faire, Leopold fit volte-face et pointa le canon de son arme droit sur la jeune femme qui le fixait, à bout de souffle et désarmée.

Il y eut un moment de flottement, trois secondes qui suffirent à Leopold pour constater que son garde du corps avait bel et bien disparu, et il lui suffit de voir les éclats de verre un peu partout au sol pour comprendre où il était passé. Un violent sentiment de rage et de douleur mêlées lui enserra le coeur. Alan l'avait accompagné si loyalement, pendant si longtemps, et avait vécu tant de moments importants avec lui - le Bloody Sunday, la mort de Kelsey, pour ne nommer qu'eux - qu'il avait fini par lui être complètement naturel de l'avoir dans sa vie. A ses yeux, il était devenu cet espèce de surhomme invincible et totalement dévoué, dont il n'avait jamais douté. Mais force lui était de constater que personne, pas même un tireur d'élite rompu à l'exercice, n'était invincible.

Leopold tourna son regard froid vers Lauren McGowan alors qu'elle se rapprochait de lui. Visiblement folle de rage et dans un état second, elle paraissait insensible au fait qu'il braque une arme mortelle droit sur elle - à moins qu'elle n'ignore ce que c'était, mais il ne pouvait l'imaginer. Tous les jeunes de cet âge là regardaient des séries moldues désormais. Ses traits ridés tordus par la douleur que lui causait la perte de son garde du corps, le ministre ne manifesta pas la moindre once de compassion envers les revendications de cette jeune femme. Tout-au-plus fronça-t-il les sourcils, rejetant les accusations de Lauren d'un geste de la tête qui marquait son mépris et son impatience. De ses paroles, il devinait que quelque chose de grave était arrivé, qu'une femme était décédée, et il n'y avait pas besoin d'être un génie pour comprendre de qui il pouvait s'agir. La vie de Dave n'avait pas été en danger plus d'une fois.

"Dave est votre ami, et vous essayez d'assassiner son père ?", rétorqua-t-il d'une voix cinglante, en redressant le canon de son arme à mesure que Lauren traversait la pièce : "Arrêtez d'avancer. Un geste de plus et je vous explose la cervelle, or il serait dommage que nous ne terminions pas cette charmante petite conversation."

Il lui fallait mettre de l'ordre dans ses pensées, au plus vite. Leopold sentait encore l'adrénaline dans ses veines et il sentait qu'il n'avait pas encore assimilé le choc de la disparition d'Alan. Pourtant, il n'avait guère de temps pour décider de la marche à suivre, une minute tout au plus, car un cadavre se trouvait désormais allongé sur la pelouse de l'Hyppogriffe Cendré. Ses pupilles noires se rétrécirent tandis qu'il observait cette jeune femme, tout juste sortie de l'adolescente, dont les moindres gestes trahissaient le désespoir. Il aurait pu se sentir attendri et magnanime, si la perte d'Alan ne résonnait pas si durement en lui. Lauren était échevelée, en sueur et, malgré son physique de force de la nature, semblait presque perdue dans ce sweat gris. Son visage était terne, son visage tiré et cerné, mais une lueur folle semblait danser dans son regard, une lueur qui trahissait son envie de lui faire connaître le même sort qu'à Alan. Leopold resserra sa prise sur son arme.

"Je n'ai rien laissé faire du tout", dit-il rapidement, "je rentre d'un voyage d'affaire d'une semaine aux Etats-Unis, mais je devine à vos propos que votre amie, miss Miller, est décédée. J'en suis désolé, pour mon fils, qui mérite bien mieux que de perdre ses deux amies d'un coup, mais j'imagine que vous n'y avez pas réfléchi lorsque vous avez décidé de venir m'agresser, n'est-ce pas, miss McGowan ?"

Le mépris et la colère étaient perceptibles dans son ton. Lauren McGowan était une égoïste, et une inconsciente, qui avait eu la stupidité de croire qu'elle pourrait tenter de le berner deux fois. Tant pis pour elle. Elle aurait eu l'opportunité de se défouler un bon coup, de tenter sa chance et d'assassiner son garde-du-corps, de lui cracher ses quatre vérités à la figure, comme elle était en train de le faire. Leopold pouvait au moins lui accorder cela, car il allait ensuite lui falloir assumer la conséquence de ses choix.

"J'aurais dû me méfier, ce jour-là, au Manoir. Je vous ai accordé ma confiance, à toutes les deux, à cause de Dave, mais vous avez visiblement d'autres choses plus importantes à défendre que cette amitié. Grand bien vous fasse."

Il ne tenait pas à accorder plus d'attention à cette affaire qu'elle n'en méritait, plutôt désireux de faire face au deuil inattendu qui l'attendait. Son oreille capta des bruits précipités en provenance de l'étage inférieur et il prit une profonde inspiration, suivant du regard le canon de son pistolet, considérant Lauren face à lui. Elle était jeune, fière, un peu rebelle, et à cet instant, elle lui évoqua une autre adolescente, aussi jeune, fière et rebelle, qu'il avait tenu à bout portant. Perturbé par ce souvenir, il tressaillit lorsque la porte du petit salon s'ouvrit à la volée, révélant la silhouette de trois sorciers à la cape pourpre.



Lauren McGowanPersonnage décédéavatar
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Il ne savait pas. Il n'était pas au courant. L'idée qu'il puisse ignorer le fait que Samantha soit morte ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Sa vie à elle s'était effondrée, tout son avenir lui avait été enlevé, tout ce qu'il y avait de positif dans son existence avait disparu. Mais pour lui c'était anecdotique. Moins important qu'un voyage d'affaire aux États-Unis. Une adolescente avait été assassinée par la Milice. Une adolescente qui avait été la meilleure amie de son fils. Et il n'était pas au courant. Il continuait de mener sa vie dans la plus grande indifférence. Lauren sentit une vague de rage la submerger. Elle serrait les poings si fort que ses ongles lui rentraient dans la peau. Ses bras tremblaient, parcourus de spasmes. Elle n'avait jamais haï personne comme elle détestait Léopold Marchebank à cet instant.

"Elle n'est pas seulement décédée, répondit-elle, le regard noir. Elle a été assassinée. Par votre Milice. Elle ne saurait jamais dans quelle circonstances Samanta était morte. Cette pensée l'obsédait. Ne pas savoir était insupportable. Vous l'avez tué !"

Sam n'était peut-être pas morte de la main de Léopold Marchebank, mais aux yeux de Lauren c'était tout comme. C'était lui qui avait créé le centre de Skye. Lui qui avait mis en place cette Milice, qui leur avait donné le droit de tuer quiconque s'opposait à eux. Il avait tout fait pour que ça arrive. Et il allait le payer.

"C'est de votre faute..."

Elle tressaillit alors qu'il l'accusait de ne pas avoir pensé à Dave. Elle ne supportait pas le mépris dans sa voix. Comment pouvait-il se permettre de lui faire la leçon ? Et pourtant il avait raison, elle n'avait pas pensé à Dave. Être forcée de l'admettre lui fit bien plus mal que tous les coups qu'elle avait reçus depuis le début de l'affrontement. Dave avait été la première personne à laquelle elle avait pensée en apprenant la mort de Samantha. Mais elle n'avait plus pensé à lui quand elle avait décidé de tuer Léopold Marchebank. Elle voyait tellement le Ministre de la Magie, le Dictateur, l'homme qui avait causé la mort de sa petite-amie, qu'elle en avait presque oublié qu'il était aussi le père de Dave. Elle avait volontairement mis cette information de côté, pour ne pas penser au mal qu'elle ferait à son meilleur ami si elle parvenait à ses fins. Maintenant qu'elle était mise en face de ses actes, elle se haïssait autant qu'elle détestait Léopold.

Jamais elle n'aurait pensé être capable de ça. Comment avait-elle pu seulement songer à assassiner le père de celui qui avait été son meilleur ami ? Elle avait été tellement proche de Dave qu'elle l'avait considéré comme un troisième frère. Ils se connaissaient par cœur, avaient su accepter leurs défauts respectifs, et avaient toujours été là l'un pour l'autre. A peine quelques mois plus tôt, ils sortaient de l'école en se promettant de se voir souvent, en espérant que rien ne changerait. Et aujourd'hui elle se tenait face au père de ce meilleur-ami, habitée toute entière par la volonté de le tuer, même au péril de sa propre vie. Comment on pouvait en arrivait là ?

Elle essuya rageusement du dos de la main une larme qui s'était échouée sur sa joue. Il n'avait pas le droit de lui dire ça. Ce n'était pas de sa faute. C'était lui qui avait condamné leur amitié, avec sa politique de la terreur, son oppression, sa dictature. C'était lui qui les avait séparés. Les choses n'auraient pas pu finir autrement, c'était foutu, elle n'avait fait qu'accepter l'inévitable. Il n'avait pas le droit de la blâmer, de la faire se sentir si mal.

"Non... protesta-t-elle faiblement alors qu'il affirmait qu'elle avait visiblement des choses plus importantes à défendre que son amitié avec Dave. Taisez-vous !"

Elle refusait de l'entendre. Pourtant elle avait pris une décision, elle le savait. Elle avait dû choisir entre Dave et la résistance, et elle l’avait fait, mais c'était lui qui lui avait imposé ce choix. C'était de sa faute si elle s’était retrouvée tiraillée entre son meilleur ami et ses convictions. Elle ne voulait pas supporter les conséquences de cette décision. Elle ne pouvait pas assumer ce choix. Parce que si elle avait décidé autrement, Samantha serait peut-être encore en vie. Et si, finalement, c'était elle qui avait condamné sa petite amie ?  Elle serra les dents pour réprimer un sanglot alors que cette idée insupportable creusait un chemin dans son esprit. Elle en voulait à Léopold de la faire se sentir ainsi, mais elle s’en voulait encore davantage. Elle ne valait pas mieux que lui.

Des bruits de pas lui parvinrent depuis l'escalier. Son sang se glaça dans ses veines. Dans une poignée de secondes la Milice aurait débarqué. Et ils ne l'emmèneraient pas vivante. Elle avait tout perdu, avait même échoué à venger Samantha, elle ne pouvait plus continuer. Elle n'avait même plus assez d'estime d'elle-même pour craindre pour sa vie. Aucune peur ne brillait dans ses yeux sombres, où se disputaient la colère et le chagrin.

"Tirez. Elle avait parlé dans un souffle, son regard sombre rivé sur le canon de l'arme à feu. Elle ne serait pas arrêtée vivante. Elle préférait mourir. Pour lui, reprit-elle plus fort avec un regard en direction de la fenêtre, espérant provoquer chez Marchebank une vague de colère vengeresse. Vengez-le ! Les bruits de pas s'arrêtèrent subitement, juste derrière la porte. TIREZ ESPECE DE LÂCHE !"

Elle franchit d'un pas la distance qui la séparait encore du Ministre, décidée à l'obliger à se défendre. Son poing s'abattit sur le visage de Léopold, juste au-dessus de son œil gauche. Au même moment la porte s'ouvrit à la volée, sautant de ses gonds pour tomber lourdement sur le sol.

Elle eut à peine le temps de distinguer un mouvement de capes pourpres qu'un Expelliarmus l’envoya à l’autre bout de la pièce. Lauren heurta violement le mur avant de retomber au sol, le souffle coupé. Elle se releva aussitôt, décidée à lutter jusqu’à ce qu’ils n’aient d’autres choix que la tuer. Mais elle était désarmée et ne put rien faire contre le Diffindo qui l’atteignit à la cuisse, la faisant tomber à genoux. Un troisième sortilège lui plaqua les deux bras dans le dos et des cordes magiques s'enroulèrent autour de ses poignets, la privant de tout mouvement. Des larmes d’impuissance se mirent à couler sur ses joues alors qu’elle abandonnait tout espoir d’en finir. Elle avait perdu, mais la partie ne faisait que commencer.


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le regard de Leopold se troubla lorsque Lauren lui intima l'ordre de tirer. Son doigt tressaillit sur la gachette, mais ne la pressa pas, malgré sa provocation, malgré ses cris, et il abaissa même la main lorsqu'il la vit se rapprocher rapidement de lui. Non, il ne tirerait pas, il ne lui ferait pas le plaisir de cet échappatoire trop facile, et ne se transformerait pas en tueur aux yeux du monde magique et, surtout, aux yeux de Dave. Ce n'était pas une question de lâcheté, mais de simple calcul politique et familial.

Peut-être étaient-ce les pas de la milice sur le point d'intervenir qu'il entendait sur craquer sur le plancher, mais il n'avait pas peur. Il se sentait juste envahi par un curieux mélange de colère et d'amertume, et il accueillit le poing de Lauren sans chercher à se défendre, avec un simple mouvement de recul. Une douleur vive explosa au-dessus de son œil gauche, et le monde devint rouge tandis qu'un filet de sang dégoulinait le long de son visage. Il n'eut même pas le temps de redresser son arme pour menacer Lauren que cette dernière virevoltait à l'autre bout de la pièce, cible des maléfices sans pitié de la milice. Leopold reprit son souffle et essuya son oeil du dos de la main, avant d'observer la scène, un peu sonné.

Il reconnut en un instant la silhouette alerte et le visage dur de cette milicienne, qui venait de ligoter l'adolescente d'un geste du poignet. Danielle Coleman n'aurait pas pu mieux tomber et il poussa un lourd soupir, sans chercher à dissimuler son soulagement. D'un geste las, il posa son arme sur sa malette et se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche, celui occupé précédemment par le secrétaire d'Etat slovaque, dont le corps raide gisait à ses pieds. Se penchant vers la table basse, Leopold attrapa le verre le plus proche et en vida le contenu d'un trait, poussant un nouveau soupir tandis que l'alcool se répandait en lui.

"Ça va, monsieur le ministre ?", s'enquit-t-elle en lui jetant un rapide regard. Comme il hochait la tête, la chef de la milice se dirigea vers Lauren et s'accroupit à côté d'elle, vérifiant la solidité de ses chaînes. Ses deux collègues s'occupèrent de ranimer le slovaque et son garde-du-corps, simplement stupéfixé, pour le grand soulagement de Leopold. Il n'aurait pas à gérer de trop grosse crise diplomatique à cause des agissements d'une adolescente perturbée. Comme les deux miliciens s'occupaient des victimes, vérifiant qu'ils n'étaient pas trop sonnés et leur expliquant ce qui s'était passé, Danielle se posta vers le ministre et l'interrogea du regard.

"Leopold... Nous avons trouvé le corps d'Alan Sheppard devant le restaurant. J'imagine qu'il a essayé de vous défendre ?", s'enquit-elle d'un ton plus doux qu'il ne lui connaissait d'ordinaire. Baissant le regard vers le fond de son verre, Leopold approuva d'un hochement de tête. Maintenant que l'adrénaline retombait, il sentait une boule se former au fond de sa gorge.

"Je suis désolée. Que voulez-vous que nous fassions d'elle ?"

Après un instant de réflexion, Leopold se leva péniblement de son fauteuil et vint se poster devant le corps prisonnier de Lauren. Si son regard avait pu tuer, alors il serait mort en un instant, pulvérisé par la haine qu'elle projetait à travers ces franges de cils noirs. Mais ce n'était pas tout ce qu'on pouvait lire en elle : le désespoir, la confusion, l'amertume et la rage se battaient probablement en duel chez elle. Quel gâchis, songea Leopold dont le coeur se serra dans sa poitrine. Ce n'était pas à Lauren qu'il pensait, ni à Samantha, mais bien à Dave qui perdait, en un coup, ses deux meilleures amies. Leopold savait que leur relation s'était étiolée depuis le fameux épisode du Manoir, lorsqu'elles avaient cru bon de fouiller le bureau du ministre, mais il n'imaginait pas un instant que son fils ne serait pas dévasté par la nouvelle. Des amis, Dave n'en avait pas des millions mais c'était pourtant un jeune homme sensible, doté de compassion. Cette nouvelle allait probablement le détruire aussi facilement que ne l'avait fait l'attaque terroriste de la March Bank.

Perdre son père l'aurait détruit aussi. Et pour cela, Lauren McGowan allait payer. Quelle autre option avait-il, de toute façon ? Tournant la tête, Leopold aperçut le regard pesant que le secrétaire d'Etat posait sur lui. Les trois miliciens semblaient suspendus à ses lèvres, dans l'attente de ses directives. D'en bas, montait un brouhaha continu, probablement des serveurs, des clients qui, tous, auraient vu le cadavre de son ancien fidèle associé. Cette jeune femme avait attaqué le ministre, dans un lieu semi-public, avait tué un homme, en avait blessé ou stupéfié trois. Il n'y avait pas cinquante façons de procéder. D'avance, cette affaire le plongeait dans un océan de fatigue et de lassitude.

Leopold passa une main sur sa nuque endolorie et, plantant son regard dans celui de Lauren, il annonça la sentence :

"Cette jeune fille sera envoyée à Azkaban pour la nuit, dans un quartier de haute sécurité. Demain, à l'aube, elle sera jugée au Magenmagot, devant la pleine assemblée. Puisque je fais partie des victimes, il va sans dire que je ne siégerai pas en tant que juge."

La milice prit acte de sa décision et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Lauren se retrouva debout sur ses pieds, encadrée par les deux miliciens. Alors qu'ils s'apprêtaient à franchir la porte du salon, entraînant Lauren avec eux, Leopold glissa à son intention :

"A demain, Lauren."

Une nuit pour réfléchir à ses actes. Une nuit pour se repentir et préparer sa meilleure défense, après quoi Leopold se rapprocha de Danielle pour lui murmurer ces quelques paroles à l'oreille :

"Quant à nous, nous avons intérêt d'être irréprochable car vous pouvez être sûr que la milice va être sous les feux des projecteurs, demain. Vous allez me faire un rapport complet sur l'affaire Samantha Miller, mais avant ça, j'ai besoin d'un verre - et de mon fils, Dave doit être prévenu... Envoyez lui un patronus, Danielle, s'il-vous-plait. Dites-lui de venir ici, et demandez à l'aubergiste de nous trouver un autre espace privé, je ne veux pas qu'il voit cet endroit."

"Et votre blessure, il faut que nous nous occupions de cela, votre oeil peut avoir été touché."

"Plus tard", dit-il d'un ton qui ne souffrait pas la contradiction.

La milicienne hocha la tête en guise d'assentiment puis agita sa baguette d'un mouvement agile, pour en faire sortir un aigle argenté. Le fier animal écouta le message avant de prendre son envol à travers la fenêtre, ouverte sur un ciel sans nuages. Leopold ressentit un curieux sentiment de solitude en réalisant qu'Alan se serait chargé de cette requête, d'habitude. Secouant la tête pour s'ôter ces pensées sentimentalistes de la tête, il traversa la pièce d'un pas rageur et sortit sur le pas de la porte, où il trouva le propriétaire confus du restaurant. Ce dernier l'orienta vers le second salon privé de l'établissement et se chargea personnellement de lui amener un rafraîchissement, s'excusant à plates coutures pour tout ce désordre - dont il n'était pourtant pas à l'origine.

Assis dans un fauteuil en velours, Leopold le chassa comme on chasse une mouche agaçante, peu disposé à être dérangé. Toutes ses pensées étaient orientées vers la scène qui venait de se dérouler, vers la jeune fille en route vers une prison sordide d'Azkaban et le tribunal qui se tiendrait le lendemain. Il était tellement absorbé par ses réflexions qu'il ne réagit que lorsque Dave se racla la gorge pour signaler sa présence, sur le pas de la porte.

Avec un soupir, Leopold considéra un seconde son fils, le coeur serré par avance de la conversation qui allait suivre. Puis il lui fit signe de se rapprocher, une rare expression de compassion sur le visage.

"Viens près de moi, mon fils. Nous avons à parler."



Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Dave chiffonna son cinquième parchemin avec colère, puis reprit sa plume, en s’efforçant de prendre une grande inspiration. Mais dès lors que sa plume trempée d’encre se posa de nouveau sur la surface de papier, il ratura de nouveau ce qu’il avait écrit, doutant encore plus que lors de ses précédents essais. Il ne savait même plus par quelle formule commencer. Chère Lauren ? Etait t-elle toujours sa « chère » Lauren ? Pouvait t-il encore l’appeler ainsi après des mois entiers sans s’adresser la parole et à se vouer une solide rancoeur ou n’était-ce là que la démonstration d’une grande hypocrisie ? Dave attrapa sa baguette d’un geste rageur pour brûler tous ses brouillons chiffonnés puis donna un coup de rein dans son fauteuil, afin de s’éloigner de son bureau où, de toute évidence, il n’allait pas réussir à écrire cette fichue lettre.

En quelques poussées des bras, il se retrouva près de la vue qu’offrait la large fenêtre de sa chambre. Le jardin du manoir était si calme, si joli sous ce soleil printanier, preuve indiscutable que le temps suivait son cours comme si rien n’avait changé. Cela faisait trois jours que Dave se levait en constatant que le monde ne s’était pas arrêté de tourner, alors qu’il aurait dû. Il aurait dû, car sentir et voir le temps passer ajoutait un poids terrible à l’angoisse indescriptible qui pesait sur les épaules de Dave, depuis qu’il avait lu cet article du neuf mai, dans la Gazette du Sorcier. Plus le temps s’écoulait et moins il y avait de chances pour que tout ceci ne soit qu’une vaste méprise. Pourtant, Dave guettait à chaque minute la nouvelle qui allait démentir ce qu’il avait appris, qui allait lui donner une bonne raison de ne pas faire son deuil. Il n’avait pas de deuil à faire, car Samantha n’avait pas pu mourir dans un accident de voiture, c’était impossible. Elle n’avait pas pu, pas comme cela. Pas si jeune, pas si brutalement. Pas maintenant. Pas dans l’état actuel de leur relation. Elle ne pouvait pas lui faire cela, elle n’avait pas le droit.

Au fond de lui, Dave savait qu’il s’accrochait à un espoir chimérique. Mais il s’acharnait à vouloir contacter Lauren même si elle ne lui répondait pas, parce que cela lui donnait quelque chose à faire, cela l’empêchait de se laisser engloutir par une vague d’émotions qu’il n’était pas prêt à gérer, cela nourrissait maigrement cet espoir qu’elle aurait une autre explication à la disparition de Samantha. Dave avait cette étrange et intime conviction qu’il ne devait croire personne d’autre qu’elle pour lui confirmer que Samantha n’était plus là. Il savait qu’elles se livraient à des activités dangereuses, illégales et si cela avait été jusqu’ici la raison de l’inévitable fin à leur amitié, Dave espérait maintenant que ce serait la raison d’un retournement de situation dont le grand public ne pouvait être au courant. Si tout ceci n’était qu’une couverture, une mascarade pour il ne savait quoi, alors Lauren était au courant, elle l’était forcément. En attendant qu’elle ne lui réponde, Dave ne parvenait pas à retenir de grosses montées d’angoisse, mais c’était toujours mieux que l’acceptation et le désespoir. Il refusait de faire de cette situation une réalité tant qu’il ne lui aurait pas parlé.

Et il se mettait en colère contre ceux qui le poussaient à accepter la réalité que décrivait la Gazette. Il s’était montré agressif avec Rosaleen qui avait voulu lui présenter ses condoléances. Il avait vite quitté son cousin Eliott la veille, en voyant l’expression profondément meurtrie et abattue qu’il arborait. C’était d’ailleurs lui qui lui avait expliqué que Lauren ne souhaitait pas parler à qui que ce soit pour le moment. Il avait pris un ton prudent en lui disant qu’il fallait la laisser encaisser le coup. Dave n’avait rien répondu, mais il avait eu l’estomac noué tout le reste de la journée. Il avait envoyé des Patronus qui étaient tous revenus bredouilles, passé des appels par Pear One qui étaient restés sans réponse. Son cousin avait sûrement raison, Lauren avait du installer des sortilèges autour d’elle pour qu’aucun moyen de communication ne lui parvienne. Lui envoyer un hibou n’aurait probablement eu aucun résultat non plus, alors ce n’était sûrement pas si grave qu’il ne sache pas comment lui écrire cette lettre. Elle ne voulait parler à personne, pas même lui. Surtout pas lui, peut-être, ne pouvait t-il s’empêcher de songer dans ses moments de réflexion les plus sombres. Elle n’avait sans doute pas envie de partager son chagrin avec lui, après tout, leur dernière rencontre à Sainte-Mangouste avait bien clarifié la situation : ils empruntaient des voies définitivement irréconciliables. Ils ne pouvaient plus rien avoir à faire ensemble, tous les trois, aujourd’hui plus que jamais. Dave n’avait plus aucune compassion, aucune espèce de compréhension envers ceux qui empruntaient des voies illicites pour ébranler la politique de son père, pas après l’horreur qu’il avait vécu à Leopoldgrad. Que ses plus chères amies puissent sympathiser d’une quelconque façon avec des groupuscules anarchistes le dépassait, le blessait au plus profond de lui et il préférait encore ne plus rien avoir à faire avec elles tant qu’elles tenaient cette position.

En tout cas, c’était ce qu’il se répétait fermement jusque là, lorsque la nostalgie de la présence de ses deux meilleures amies le prenait, et cela arrivait, malgré les airs durs et solides de Dave. Il traversait des choses difficiles depuis l’attentat, avant encore, même, et il mentirait en disant que ni Lauren ni Samantha ne lui manquaient. Elles avaient toujours été ses seules véritables amies, il n’avait plus beaucoup de personnes vers qui se tourner, à présent. Mais c’était ce qui rendait leur trahison d’autant plus terrible et inacceptable à ses yeux. Alors pour tâcher d’avancer, il se disait que ce n’était une blessure supplémentaire, un trou dans son existence, un changement radical avec lequel il devait composer.

Il aurait pu éventuellement tenir cette résolution, il aurait pu composer avec leur absence dans sa vie… du moins tant qu’elles existaient toujours, quelque part. La mort -du moins la supposée mort- de Samantha l’ébranlait profondément dans ses décisions, il essayait de ne pas y penser mais c’était plus fort que lui, parfois des réflexions vertigineuses le prenaient sans qu’il ne puisse les écarter de son esprit ni retenir l’angoisse qui saisissait son coeur. Ne nourrissait t-il pas quelque part au fond de lui l’espoir qu’un jour peut-être, ils pourraient se réconcilier tous les trois ? Mais si Samantha était vraiment morte, alors cela signait définitivement et cruellement la fin de cet espoir secret, enfoui… Ce qui était aussi difficile à accepter que la mort en elle-même.

Perdu dans ses pensées, le coeur secoué par ses tourments intérieurs, Dave ne vit pas immédiatement l’élégant aigle argenté qui s’était posé sur son lit et il eut un sursaut en apercevant son mouvement du coin de l’oeil. Il n’avait jamais vu ce Patronus mais il reconnut la voix féminine grave, inflexible qui en émana. Le message fut à l’image de son expéditrice, intelligible, sans fioritures. Danielle Coleman réclamait sa venue immédiate à l’Hypogriffe Cendré, où l’attendait son père.

Une nouvelle tension saisit Dave, qui s’empressa d’actionner son fauteuil roulant jusque la porte de sa chambre. Il savait que son père avait un calendrier chargé de voyages et de rendez-vous diplomatiques en ce moment, alors il ne l’avait pas vu depuis un moment. Ce n’était pas vraiment dans ses habitudes de le convoquer de la sorte, encore moins par la chef de la Milice elle-même. Etait t-il arrivé quelque chose ? L’anxiété devenait un sentiment beaucoup trop familier, presque réflexe, maintenant.

« Mercy ! » Un « pop » caractéristique matérialisa l’elfe de maison face à lui, qui s’inclina dans l’attente de ses requêtes. « Fais préparer ma voiture maintenant, je dois sortir.
-Tout de suite, monsieur. »

Dans son malheur, Dave avait la chance d’avoir suffisamment de richesse pour rendre son handicap vivable, il n’avait fallu que quelques semaines pour que son père règle la question : il avait Ernest, un chauffeur personnel disponible à tout moment pour ses déplacements, de nuit comme de jour et le manoir avait subi quelques travaux afin d’insérer un ascenseur dans l’illustre demeure, sans qu’aucune pièce de la maison ne soit sacrifiée, grâce à la magie. Dave fut donc sur le chemin en quelques minutes à peine. Son père l’attendait dans l’un de ses restaurants de prédilection, où ils avaient déjà eu l’occasion de dîner ensemble. Dès l’instant où Dave traversa la porte d’entrée, il sut que quelque chose n’était pas normal. La salle principale était vide de clients, à une heure où elle aurait dû être pleine. Pourtant, des plats entamés étaient encore posés sur les tables et des miliciens circulaient dans la pièce, un air particulièrement grave sur leur visage. La salle avait été évacuée, comprit Dave. Un des hommes vint rapidement à leur rencontre, s’adressant à Ernest :

« Nous allons escorter monsieur Marchebank à l’étage où il est attendu. 
-Je vous suivrai dans ce cas, selon les ordres de monsieur le Ministre » répondit aimablement le chauffeur, avec toutefois un regard qui n’admettait pas de contestation.

Il avait ses mains posées sur les manches du fauteuil, prêt à faire avancer Dave qui fit un signe de tête aux agents. Ernest était payé pour l’escorter où qu’il aille et cela incluait les déplacements à pied, afin d’assurer sa sécurité. Le milicien hocha la tête sans autre forme de protestation et leur désigna l’ascenseur. Dave entendit quelques chuchotements autour tandis qu’il s’avançait, sans parvenir à en saisir la teneur. Son angoisse monta d’un cran. Leur progression vers le salon où se trouvait son père parut trop lente à Dave, qui retenait presque sa respiration, tant l’atmosphère était chargée d’électricité. Il ne savait pas exactement ce qui s’était passé ici, mais c’était quelque chose de grave, il le sentait jusque dans ses entrailles.

La posture grave dans laquelle il trouva son père confirma son pressentiment. Dans le cadre de la porte, il le vit si plongé dans ses pensées qu’il ne remarqua pas sa présence, jusqu’à ce que Dave ne la signale. D’ici, il pouvait voir le regard étrange de son père, une expression inhabituelle sur le visage qu’il tourna vers lui. Aussitôt, Dave adressa un regard en arrière à Ernest, qui se recula pour le laisser entrer seul, comprenant le message silencieux. Il semblait que la conversation qui allait se tenir devait rester entre eux deux. Il n’y avait personne d’autre dans cette pièce que Leopold.

Dave ne sut pas pourquoi, il se sentit troublé par le regard que posa son père sur lui tandis qu’il avançait. La scène en bas et le Patronus de Coleman lui suggéraient qu’il s’était passé quelque chose de grave. Et pourtant, il y avait une espèce de douceur qu’il ne s’attendait pas vraiment à voir sur son visage de son père, qu’il n’avait pas vue depuis longtemps, par ailleurs.

« Je t’écoute, souffla t-il, presque timidement, une fois face à lui. De quoi veux-tu me parler ? »



Merci pour l'avatar Titine  I love you
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold baissa les yeux sur ses doigts croisés et avisa la fine trace de sang qui s'étalait sur le dos de sa main. Il avait dû s'essuyer le visage sans s'en apercevoir. Retenant à grand peine un soupir las, il redressa la tête pour considérer son fils qui l'observait, visiblement tendu dans son fauteuil roulant. Songeant qu'il n'y avait pas de bonne façon de lui dire ce qu'il avait à lui dire, Leopold hocha la tête et se jeta à l'eau. Inutile de le ménager, car ce serait faire injure à ses capacités de déduction, Leopold ne l'avait clairement pas appelé pour boire le thé...

"Bien. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tu as déjà appris ce qui est arrivé à ton amie, Samantha Miller ?"

Et il ne se trompait effectivement pas, à en juger par la réaction de Dave à cette question. Certainement son fils ne s'attendait-il pas à trouver un lien entre le prétendu "accident" qui avait tué une ancienne camarade, et la convocation expresse de son père sur un lieu de bataille.

S'avançant dans son fauteuil, il posa les coudes sur ses genoux et cala son menton sur ses mains croisées. Par Salazar, il aurait tout donné pour ne pas avoir à tenir cette conversation, être celui qui allait briser une fois de plus le coeur de son fils. A peine commençait-il à reprendre pied après la mort de Griselda et son terrible accident, que voilà une nouvelle tragédie pour le remettre à terre. Et Leopold savait, oh il savait, à quel point son fils avait un coeur empli de compassion. Cette nouvelle risquait de le briser, s'il ne s'était pas suffisamment endurci, et il était l'oiseau de mauvais augure qui allait la lui porter.

"Je suis désolé de ce qui lui est arrivé", souffla-t-il d'un ton sincère. "Je l'ignorais jusqu'à ce soir sinon je serais venu te voir... Malheureusement, tu t'en doutes, j'ai encore quelque chose à t'apprendre."

Leopold s'efforça de ne pas ciller face aux réactions de son fils, dont il pouvait percevoir les émotions, ses angoisses et cette tension qui l'habitait.

"Lauren McGowan..."

Cette fois, il ne l'a qualifia pas d'amie. Il laissa traîner un léger silence, comme pour mieux préparer Dave à ce qui allait suivre.

"J'étais en plein entretien avec le slovaque, dans la pièce d'à côté, quand elle a débarqué d'un coup", révéla-t-il en désignant de la tête le salon adjacent. "Elle nous a attaqués, et avec l'effet de surprise, elle a réussi à neutraliser deux personnes dans le but de s'en prendre à moi."

Par réflexe, alors que les événements confus de l'heure passée se bousculaient dans son esprit, il porta la main à son sourcil ensanglanté. Le ministre de la magie s'était fait de très nombreux ennemis dans sa vie et pourtant, c'était la première fois qu'on tentait de l'assassiner, ainsi, frontalement. Certes, ce n'était qu'une gamine - qui fut apprentie auror - certes, il s'en était sorti, mais dire qu'il ne se sentait pas ébranlé aurait été mentir. Sans entrer dans les détails, que Dave ne voudrait probablement pas connaître, il posa sur lui un regard douloureux :

"Elle a tué Alan."

Chez les Marchebank, tout le monde savait qui était Alan. Pas vraiment un membre de la famille, mais pas tout à fait un inconnu non plus, tant son visage discret y était habituel.

"Heureusement, la milice a fini par arriver avant que... les choses ne dégénèrent de trop."

*Avant que l'un de nous deux soit tué de la main de l'autre*.

"Elle est en route pour Azkaban, Dave. Elle sera jugée demain matin. Je suis vraiment désolé."


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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« C’est paru dans la journal. »

Ce fut sa seule réponse. Dave avait légèrement tressailli en l’entendant prononcer le nom de Samantha. Son père avait été en déplacement ces derniers jours, si bien qu’il n’avait eu aucune occasion de lui en parler. En vérité, il n’en avait parlé à personne, à part Eliott, pour la seule raison qu’il devait être au courant des circonstances de l’accident. Autrement, il n’y avait qu’une seule personne à qui Dave voulait parler de ce tragique accident mais elle ne répondait à aucun de ses appels.

En revanche, il ne comprenait pas bien le lien entre ce qui était arrivé à Sam et ce qui avait pu se passer dans ce restaurant. Au vu de l’expression grave qu’arborait son père, Dave n’était même pas certain de vouloir savoir. Une angoisse sourde saisit ses entrailles dès l’instant où Leopold prononça le nom de Lauren. Une hypothèse émergea aussitôt dans l’esprit de Dave, une qu’il n’avait même pas envisagée pour expliquer pourquoi elle n’avait pas répondu à ses tentatives de la joindre. Et si tout simplement il était arrivé quelque chose à Lauren également ? Et si c’était ce que son père s’apprêtait à lui annoncer, ici ? Est-ce que, moins de trois jours après avoir perdu Samantha, il allait perdre Lauren également ?

Dave gardait un silence tel qu’il n’osait presque plus respirer. Son coeur cognait furieusement dans sa poitrine. Quelque chose lui semblait déjà bizarre dans cette hypothèse. Quel était le lien avec ce qu’il avait vu en bas, la fermeture du restaurant et les patrouilles de milicien ? Cette incertitude et ce profond trouble ne durèrent que quelques secondes, car son père lui fit la grâce de ne pas se lancer dans de grands discours. En quelques mots, tout fut dit. Puis Leopold eut un mouvement de main et de tête. A ce moment-là, ce que la pénombre et la façon dont le visage de son père était tourné ne lui avaient pas permis de voir lui apparut très clairement. L’une de ses arcades sourcillères dégoulinait de sang. Le regard de Dave s’écarquilla, son coeur se mit à battre encore plus vite. Ce n’était pas possible. Cela n’avait pas pu arriver.

« Ce n’est pas vrai… »

Exactement comme avec cet article de journal qui relatait l’accident de Sam, la première réaction de Dave, purement instinctive, fut de rejeter en bloc l’information qu’on voulait lui faire admettre. Cela n’avait aucun sens. Lauren, s’en prendre frontalement à son père ? Pourquoi ? Comment ? Mais Leopold poursuivit, comme pour ne pas le laisser se bercer d’illusion plus longtemps. Apprendre qu’un meurtre avait été commis fut pire que tout. Dave regarda aussitôt autour de lui, par réflexe. Il avait l’habitude de toujours déceler l’ombre d’Alan dans le sillage de son père. Mais cette fois, il n’y avait personne, nulle part. Il ne s’en était pas rendu compte en entrant car Alan avait cette faculté d’être présent avec la discrétion d’un véritable chasseur. Son regard revint sur son père, effaré. Lauren, tuer un homme de sang-froid ? Les dernières informations ne passèrent même pas tout à fait dans l’esprit de Dave, tant il était abasourdi par le choc. Il n’y croyait pas, c’était impossible.

« Ce n’est pas possible »
répéta t-il.

Lauren n’avait pas pu faire ça, ce n’était pas elle. Elle était brutale, elle se battait, tout le monde le savait. Mais contrairement à la plupart des gens qui ne gardaient d’elle que l’image d’une brute épaisse, Dave la connaissait vraiment. Elle n’avait pas le coeur d’une meurtrière, elle n’était pas comme ça. Elle ne pouvait pas. Ce n’était pas la personne qu’il connaissait… ou croyait connaître. Les pensées de Dave allaient désormais dans tous les sens, comme pour tenter de reconstituer un schéma logique à toutes ces nouvelles données. Il devait y avoir quelque chose que personne n’avait saisi, ce n’était pas possible autrement…

« Tu es sûr que c’était elle et pas quelqu’un sous son apparence ? » Mais pourquoi quelqu’un aurait pris l'apparence de Lauren McGowan précisément, pour s’en prendre au ministre ? Les mains tremblantes, posées sur ses genoux, le regard de Dave se perdit devant lui et ses pensées surgirent à haute voix : « Pourquoi elle aurait fait ça… ? »

Leopold ne pouvait pas lui mentir. Il était blessé, il y avait des miliciens qui s’agitaient en bas, dès que Dave était entré dans le bâtiment il avait su qu’il s’était passé quelque chose de grave. Il n’avait pas pu inventer une scène de toutes pièces, Dave trouvait cette possibilité tout aussi farfelue. Mais à cet instant, il ne savait pas à quoi accorder du crédit. Pourquoi ? Pourquoi ? Sa tête et son coeur allaient exploser. Légèrement voûté sur son fauteuil, comme si on lui avait donné un douloureux coup de poing, Dave se répétait mentalement le discours de son père, comme pour y trouver une explication. Il avait écarté une information. Lauren allait être jugée. Demain.

« Il faut que je lui parle. »

Il ne savait pas si c’était possible, si des visites étaient autorisées à Azkaban, dans une telle situation. Mais le regard qu’il posa sur son père fut assez clair. Il avait de toute urgence besoin de ces réponses. Il avait besoin de comprendre.



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Dave était dans le déni, pouvait-il vraiment l'en blâmer ? Personne n'aurait pu s'attendre à une réaction aussi imprévisible et extrême que celle qu'avait eu son amie. Tenter d'assassiner le ministre de la magie en personne était un acte extrêmement téméraire, pour ne pas dire suicidaire, qui dénotait d'une réelle perte de lucidité. Surtout quand ce ministre s'avérait être le père de son ancien meilleur ami. Leopold sentit son coeur se serrer à la vue de son fils, les yeux écarquillés, une expression de surprise gravée sur le visage. Il s'attendait à une telle incrédulité, et pourtant, c'était malgré tout difficile de constater qu'une fois encore, son fils était frappé par le mauvais sort.

Une grimace étira les lèvres du ministre face à l'hypothèse avancée par Dave. Bien sûr, qu'il était sûr, parce qu'il n'y avait pas de doute quand il avait plongé son regard dans les pupilles haineuses et désespérée de la jeune femme. Cette haine, cette détresse déchirante, c'étaient les siennes et il n'avait aucun doute contre cela, mais quand bien même, la milice savait faire son travail. Danielle Coleman en particulier, et c'était la première chose qu'elle avait vérifié. Sous polynectar, Lauren aurait repris son apparence naturelle désormais, car une heure s'était largement écoulée.

"Oui, je suis sûr", souffla-t-il doucement sans chercher à argumenter. Dave était capable de mener ce raisonnement comme lui, c'était simplement son incrédulité qui parlait. Bien sûr, qu'il avait du mal à accepter qu'une telle chose se soit produite. Et pourtant, son fils n'en était plus à sa première déconvenue, au premier coup du sort insupportable et inacceptable. S'il avait survécu à l'attaque de la banque, alors il survivrait aussi à cela, Leopold avait toute confiance en lui pour cela. Simplement, cela ne se ferait pas sans douleur, ni sans séquelles, probablement.

Il n'hésita pas avant de répondre à son interrogation, d'une voix calme, les mains posées sur ses genoux.

"Elle me pense responsable de la perte de Samantha. Du moins, la milice, et donc moi par assimilation."

Inutile de dissimuler à Dave ce qu'il découvrirait forcément, songea-t-il en se gardant d'émettre le moindre argument, dans un sens ou dans l'autre. Dave se ferait son propre avis sur les événements, d'ailleurs, il ne tarda pas à émettre le voeu de rencontrer Lauren. Guère surpris, Leopold soupira puis donna son assentiment d'un hochement de tête. Chercher à retenir son fils ne pourrait que se tourner contre Dave, qui avait besoin de cette rencontre, et contre leur relation de confiance. Pour autant, le ministre n'était guère serein à l'idée de laisser cette jeune femme s'adresser à Dave en toute liberté, et tenter de lui noyer la cervelle de toutes ses vérités.

Il laissa donc son fils amorcer un mouvement vers la sortie, mais, prit par son inquiétude, finit par le retenir :

"Dave ? Tu sais ce qui risque d'arriver, n'est-ce pas ?"

Un air fataliste s'était emparé de ses traits.

"Je vais faire ce que je peux, mais..."

Mais il y avait des témoins, nombreux, civils. Il y avait un cadavre allongé dans la poussière, au vu de tous. Il y avait un potentiel conflit diplomatique avec un pays allié. Et il y avait ce sang sur son visage.

"...je ne sais pas si ça sera suffisant."


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Les révélations de Leopold étaient des coups de poings supplémentaires pour Dave. Le lien avec la disparition de Samantha lui parut intolérable, sur le coup. Comment son père aurait t-il pu être responsable de la mort d’une de ses amies les plus chères ? Dave avait coupé les ponts avec elle mais la césure ne se faisait pas si facilement, si définitivement. Il n’en parlait jamais mais au fond, ses sentiments à leur égard étaient toujours pleins d’ambiguïté. Samantha, tout comme Lauren, resteraient toujours des personnes qui avaient été très importantes dans sa vie et son père le savait. Il n’aurait jamais rien fait contre elles. Comment Lauren avait t-elle pu penser cela ? Et surtout, comment avait t-elle pu s’en prendre à lui ?

« C’est… »

Sa voix se brisa sur ce début de phrase. Il ne savait même pas comment qualifier cet acte, exactement. C’était impossible, irréel, intolérable. Il avait besoin de vérifier lui-même ce qui s’était passé. Il espérait profondément que Lauren aurait une autre version de l’histoire, car quelque chose le dérangeait profondément dans la succession de ces évènements. Il en avait le vertige et la question que posa son père ne fit qu’accentuer son malaise. Est-ce qu’il savait ce qui risquait d’arriver ?

Dave prit conscience avec cette question de la profonde gravité de la situation. Il était resté bloqué à comprendre les derniers évènements qui lui semblaient suffisamment inconcevables, sans penser à leur suite probable. Il ne s’était pas arrêté sur ce constat terrifiant que Lauren était emprisonnée à Azkaban. Une suite impliquant procès et sanction semblait inévitable. Le regard de Dave glissa légèrement autour de lui. Leopold avait mentionné la mort d’un homme, tout à l’heure… Par Merlin, si c’était vrai… Cette brutale prise de conscience l’arrêta dans sa progression vers la sortie. La seule réponse qui put sortir de ses lèvres fut de répéter ce qu’il avait déjà dit, dans un murmure étouffé :

« J’ai besoin de lui parler… »

Tant qu’il ne l’avait pas fait, Dave refusait d’imaginer les issues possiblement fatales de cet évènement. Il refusait de prendre position, il fallait qu’il comprenne d’abord par lui-même ce qui s’était réellement passé. Mais cette volonté de bloquer dans son esprit toutes les spéculations possibles sur la suite ne l’empêcha pas de quitter la pièce avec le pressentiment terrible d’avancer vers son prochain précipice, le plus long, le plus sombre et le plus douloureux de ceux dans lesquels il était déjà tombé.

FIN DU RP



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Way Down We Go [Lauren/Léopold]

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