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 [JR] Les nouveaux sauvages [Janet Barnet - Les Ñetas]

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15 mai 2010


Janet Barnet, Milicienne.



Ne jamais sous estimer l’équipe d’entretien du  NYPMD ! Jamais.

Janet estimait même que les techniciens de surface de la Police Magique de New York étaient nettement plus compétents que les enquêteurs eux-mêmes. Il suffisait de voir comment le dossier Ignacio Walker avait été traité pour en être persuadé…
Car, oui, Janet était en possession de ce fameux dossier, qu’elle relisait inlassablement le soir avant de s’endormir. Carol avait fait du super boulot ! Seulement quelques jours après sa requête, Janet avait reçu par Goeland postal une copie du fichier complet concernant un certain Ignacio Walker : La photo en entête ne laissait pas de place aux doutes : Bien qu’il fusse plus jeune, il s’agissait bien de son Walker -The unsuspecting stranger.

Le dossier en question faisait état d’un certain nombre de soupçons à son encontre et pourtant, il n’avait jamais été confondu par la justice américaine, faute de preuves. Son nom était notamment cité dans des affaires de trafic de drogue au sein d’un gang nommé Le Hazard, mais c’était une affaire en particulier qui avait retenue l’attention de la Milicienne :

Le meurtre de Joe Isco, leader d’un groupe de trafiquants Les Ñetas.

L’agent en charge de l’enquête avait laissé une note  manuscrite entre les différents feuillets du dossier. Pour lui, Ignacio était le suspect n°1de cet assassinat. Bien qu’il disposa d’un alibi au moment des faits- il était soit disant avec son père - tout le désignait comme le coupable idéal: Non seulement Les Ñetas et Le Hazard s’affrontaient régulièrement pour obtenir la main-mise sur le trafic de drogue New Yorkais, mais en plus, Joe Isco avait été soupçonné du meurtre de la filleule de Walker, une enfant prénommée Erin.

Janet se souvenait parfaitement du moment où elle avait découvert cette information cruciale. Elle était sous sa couette, en train de manger de la glace à la rhubarbe à même le pot, Voldemort tranquillement endormi sur les pages de la pochette, éparpillées autour d’elle sur le lit. Ses yeux s’étaient arrondis de stupeur et  elle avait immédiatement appelé Carol pour obtenir d ‘autres dossiers : Celui du meurtre de la petite fille, celui de Joe Isco et celui des Ñetas.

La Milicienne avait ainsi travaillé d’arrache-pied, tous  ses week-ends et tous ses jours de relâche pour élaborer sa petite vengeance personnelle. Non, elle ne laisserait pas un vulgaire américain  ridiculiser les forces de police anglaises ! Si Danielle Coleman était trop pervertie par la mafia pour sauver l’honneur de leur pays, elle, Janet Barnet, acceptait ce défi !!!



Bon ok, elle en faisait des caisses avec cette histoire de patriotisme. En vérité,  elle voulait juste rendre la monnaie de sa pièce à ce petit trafiquant qui avait osé lui tenir tête. Consciente qu’elle ne pouvait compter ni sur l’aide de la justice anglaise ni sur celle de la PM américaine -qui avait classé sans suite le meurtre de Joe- Janet avait décidé de s’en remettre à ceux qui nourrissaient la même aversion qu’elle pour Walker. Les coordonnées des hommes de mains du nouveau chef des Ñetas n’avaient pas été compliquées à obtenir par sa super team de femmes de ménage et Janet disposait donc du numéro de Pear One d’un certain Pablo Mañana qu’elle comptait bien joindre aujourd’hui même.

La milicienne avait posé deux jours de congé et réservé un portoloin international pour New York. Elle comptait amener avec elle un dossier complet faisant état de ses filatures officieuses des derniers jours. En effet, on trouvait à l’intérieur de cette pochette un compte-rendu détaillé des activités d’Ignacio Walker, barman aux Folies sorcières le jour et Veilleurs la nuit (à moins que ce soit l’inverse.) Le descriptif était accompagné de divers clichés le montrant sur son lieu de travail, sur la Voie des Miracles ou en compagnie de charmantes créatures. Janet avait galéré pour obtenir ces informations sans que Walker ne la soupçonne de quoique ce soit. Sous ses airs de fanfaron, il restait un homme très, très prudent qu’il était difficile de confondre mais Janet avait redoublé d’inventivité et d’ingéniosité pour le cerner. Elle n’avait pas obtenu un optimal à son test de filature à l’examen d’entrée dans la PM, pour rien ! Qu’on se le dise ! Elle avait même payé une magnifique prostituée de Londres pour lui faire du gringue et son plan avait marché merveilleusement (Que les hommes pouvaient être faillibles !). Cette dernière était revenue avec l’adresse personnelle du Veilleur –quelque part à Oxford- et différentes vues intérieures et extérieures de son appartement.

Forte de ces preuves, Janet comptait bien réveiller la vengeance des Ñetas en leur apportant sur un plateau d’argent le meurtrier en fuite de leur ancien chef. Tout était prêt pour son départ. Sa valise posée sur le coin de son lit de son petit studio à Leopoldgrad, le bol de croquettes de Voldemort rempli à ras bord, et son dossier soigneusement rangé au fond de son sac à dos. Elle avait sa fiole de polynectar pour pouvoir changer d’apparence une fois à New-York et il ne lui restait plus qu’à prendre rendez-vous avec le fameux  Pablo Mañana.

Assise sur le canapé de son minuscule appartement dont l’unique baie donnait sur le chantier de réhabilitation de la March'Bank, Janet passa le profil de son Pear One en appel masqué. Ainsi, Pablo ne verrait pas son visage et ne pourrait pas remonter jusqu’à elle. Pas folle la guêpe ! Elle ne voulait pas être accusée par Coleman de livrer les mafieux avec lesquels elle s’était acoquinée.

La milicienne pianota le numéro de Mañana et attendit qu’il décroche. Lorsque la tonalité cessa, elle  se composa un accent américain à couper au couteau et lâcha :

«M. Mañana je dispose d’informations qui pourraient vous intéresser concernant la disparition de l’un de vos …proches. Elle ne comptait pas tourner autour du pot pendant trois heures mais cela ne l’empêchait pas d’être prudente . Croyez moi, vous ne serez pas déçu... ajouta-t-elle en esquissant un vague sourire en coin, seriez vous disponible, aujourd’hui, pour une rencontre à New York ?»

Janet se tut pour écouter la réponse de son contact…
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Pablo Mañana, leader des Ñetas


« Tu sais, si tu avais fait ton boulot correctement, on n’en serait sûrement pas là… » susurra Pablo en s’agenouillant auprès de l’homme allongé par terre, le visage en sang. « Je t’ai laissé du temps, Agustino. Beaucoup trop de temps. »

Avec un sourire macabre, il pointa sa baguette sur la jambe de sa victime et un craquement sinistre se fit entendre.

« Tu feras mieux, à l’avenir ? » lui demanda-t-il, en sortant de sa poche arrière un couteau.

« Oui. Oui, bien sûr. » répondit Agustino, la voix tremblante.

Pablo hocha la tête, s’apprêta à sortir, puis se ravisa. « Je ne suis pas un adepte des secondes chances. » finit-il par souffler après l’avoir regardé longuement. Il agita sa baguette, et un nouveau craquement provenant de la nuque de l’homme retentit la pièce. Puis, plus rien.

L’homme eut un petit sourire satisfait, rangea sa baguette dans sa poche et quitta les lieux d’un pas lourd. Ses hommes se chargeraient de nettoyer derrière lui.

Pablo était un homme relativement comblé. Il avait pris la tête des Ñetas à la suite de Joe et depuis ce jour, son gang prospérait. Ils étaient les premiers importateurs de drogues dans la capitale et, partout où il allait, il était respecté. Craint, et respecté. Pablo adorait ce sentiment – la peur dans la yeux des autres le rendait véritablement heureux. Il veillait donc à conserver cette réputation, même si, il devait bien l’avouer, il ne faisait pas grand effort pour cela. La mort d’Agustino ne lui inspirait rien d’autre que la vague satisfaction d’être débarrassé d’un énergumène inutile – dans quelques heures, ces heures passées à torturer le jeune homme ne seraient qu’un lointain souvenir.

Oui, Pablo était heureux, véritablement. Quand il rentrait dans son immense appartement le soir, il était sûr d’y trouver ses frères – ces hommes qui avaient grandi avec lui et qui l’avaient accompagné dans chacune de ses aventures. Sortant son paquet de cigarette pour en allumer une, le mafieux songea avec délectation à la journée qui l’attendait – hier soir, il avait ramené chez lui une magnifique créature du nom d’Audrey, et comptait bien retrouver les bras de sa belle. Il tirait sur sa cigarette, lorsque son Pear vibra dans sa poche. Avisant l’inscription « Appel masqué », Pablo haussa un sourcil, suspicieux. Il décrocha à la troisième sonnerie.

« Oui ? » répondit-il d’une voix grave.

La femme qui l’appelait ne se donna même pas la peine de se présenter. Pablo s’apprêtait à lui demander son nom, lorsque ses paroles retinrent toute son attention. Il resta silencieux, espérant qu’elle développe le sujet qu’elle venait de lancer.

Des disparitions, à New-York, il y en avait presque tous les jours. Dans un gang, les chiffres étaient  bien au-dessus de la moyenne nationale – à cette pensée, il eut un petit sourire à l’égard d’Agustino. Lui avait été relativement préservé de cela – il était tellement protégé par ses hommes qu’il ne craignait guère pour sa vie. Mais il restait conscient que le pire pouvait arriver – il avait tenu Joe – son frère de toujours - mourant, et avait même assisté à son dernier soupir. Justice n’avait jamais été faite pour Joe, puisque ce lâche de Walker se terrait dans il-ne-savait-quel-pays. Heureusement pour lui, songea Pablo en expirant une longue bouffée de fumée, car le jour où il lui mettrait la main dessus, Walker passerait les douze prochaines – et dernières – heures de sa vie à regretter d’être né. A moins qu’il le garde en vie pendant une petite semaine, pour s’amuser un peu.

« A New-York ? » répéta-t-il en fronçant les sourcils. « Ecoutez, j’ai pas de temps à perdre pour des conneries. » annonça-t-il d’une voix ferme. « Dîtes-moi de quoi vous voulez me parler, et si ça m’intéresse, on pourra fixer une rencontre. » ajouta-t-il, intransigeant.

Hors de question d’abandonner ses plans sans une excellente raison…
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Janet roula ostensiblement des yeux quand Pablo Mañana lui répondit qu’il n’avait pas de temps à perdre avec ces conneries. Les américains étaient-ils tous des individus exagérément prétentieux ? Elle allait finir par changer de cible si le chef de gang continuait à lui parler sur ce ton : Exit Walker, bonjour Mañana ! *Je vais faire de ta vie un enfer !*
Ne jamais froisser Janet, jamais.

La milicienne poussa toutefois un bref soupir. Après les investigations qu’elle avait menées depuis plusieurs semaines elle ne voulait pas s’arrêter si près du but. Pablo Mañana était la composante indispensable pour que son plan réussisse : Elle lui livrait Walker, Mañana  faisait la trajet jusqu’à Bristol pour l’exécuter et personne n’irait soupçonner qu’une milicienne se cachait derrière ce règlement de compte entre mafieux.  Elle obtiendrait réparation de l’offense qu’Ignacio lui avait faite puisqu’il la paierait de sa vie.
Vengeance démesurée ?
Pas aux yeux de Janet.
Elle travaillait à la Milice, il était clair qu’elle en avait vu d’autre. Elle était confrontée à la violence quasiment tous les jours depuis près d’un an. La vie d’un homme ne pesait pas lourd aux yeux de ceux qui avaient choisi d’incarner le bras armé de Leopold Marchebank. Quelques jours plus tôt, ses collègues avaient tué une ambulancière, une gamine tout juste sortie de Poudlard, parce qu’elle avait trainé sur le chemin censé l’amener à Skye. Pas de quartier. On se pliait aux ordres de la Milice ou on en payait le prix, Veilleurs ou pas, estimait d’ailleurs Janet.

« Ce que j’ai à vous montrer concerne la disparation de Joe Isco, souffla-t-elle en caressant distraitement Voldemort qui venait de monter sur ses genoux, si vous voulez lui rendre justice, rendez vous devant la statue des Gobelins Siamois de Central Park à16h. Je porterai un foulard vert.» précisa-t-elle juste avant de raccrocher sans demander son reste.

Elle savait qu’il existait des traceurs d’appels magiques qui permettaient de  remonter jusqu’à la localisation et l’identité de l’appelant si la communication durait trop longtemps. Elle en avait saisi une caisse entière au marché noir de la Voie des Miracles et il y avait fort à parier que les amerlocks soient d’hors et déjà équipés de ce type de produits illégaux.

Si Mañana voulait en savoir plus, il n’avait plus qu’à se rendre au point de rencontre. Janet l’y attendrait sous les traits d’un homme élégant au carrée de soie vert noué autour du cou. Les vêtements étaient déjà prêts au fond de son sac à dos, avec du polynectar et le cheveu d’un actuel détenu à Skye. Il était temps de partir.

La jeune femme se pencha quelque peu et embrassa son chat entre ses oreilles. Elle tendit le cou pour qu’il se frotte sur l’angle de sa  mâchoire en ronronnant puis l’heure des adieux arriva :

« Sois sage mon petit Voldemort. Tu ne fais pas des misères à Harry Potter. » C’était le surnom qu’elle avait donné à son unique plante verte largement malmenée par le chat tyran. La milicienne attrapa son animal de compagnie et le posa délicatement au sol avant de se lever. Elle passa devant la cheminée pour vérifier que la fenêtre de la baie vitrée donnant sur le balcon était bien fermée puis elle enfila son blouson et son sac à dos, chaussa ses gros souliers en cuir et prit la direction de la porte d’entrée. D’un coup de baguette, elle fit léviter la poubelle qui attendait d’être descendu en bas de l’immeuble. Elle s’apprêtait à sortir sur le palier lorsqu’elle entendit Voldemort miauler derrière elle. La milicienne se retourna pour lui souffler un ultime au revoir et son cœur rata un battement…
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Traquer Janet Barnet n’avait pas été très difficile – à vrai dire, si Ignacio se laissait aller à un peu de vantardise, il dirait même que cela avait été un jeu d’enfant.

26 avril 2010 – Oxford.

Après une longue douche brûlante qui avait permis au barman de détendre son dos endolori par sa nuit en cellule, Ignacio s’écroula dans son lit, épuisé. Il ne lui fallut que quelques minutes pour sombrer dans les bras de Morphée et il plongea dans un sommeil sans rêve pendant plusieurs heures. Lorsqu’il ouvrit les yeux, la journée était déjà bien avancée – le soleil qui perçait à travers ses rideaux laissait présager une excellente journée de printemps. Il bailla à s’en décrocher la mâchoire et s’étira, puis gagna la cuisine. Il ouvrit son réfrigérateur, observa longtemps son contenu et finit par saisir un yaourt qu’il avala rapidement sans grand intérêt.

Les yeux posés sur un journal qu’il ne lisait pas vraiment, Ignacio réfléchissait à la soirée – nuit – qu’il venait de passer. Il reconnaissait n’avoir pas fait preuve d’une prudence folle face aux deux miliciens – mais cette Janet avait eu don de le faire sortir de ses gonds, avec son petit air suffisant, comme si elle régnait sur le monde magique. Tout de même, songea-t-il, une telle erreur pouvait lui coûter cher, il en était bien conscient, d’autant que la milicienne avait bel et bien parlé avec une collègue à la NYPDM – du moins, c’était ce qu’elle lui avait laissé supposer.

Il tapota distraitement la table en bois, tiraillé entre l’envie de laisser passer cette information, et la prudence qui lui était familière. Finalement, il saisit son Pear, vérifia s’il était décent d’appeler les Etats-Unis à cette heure-ci, et ouvrit son répertoire. Son doigt glissa jusqu’à s’arrêter à un nom qui lui était familier « Alec ». Il hésita une seconde, puis pressa le nom et colla l’appareil à son oreille.

Alec et lui s’étaient connus sur les bancs de l’école, très jeunes, et avaient vite sympathisé. Ils s’étaient retrouvé plus tard, à New York, lorsqu’Ignacio n’était qu’un revendeur de drogue, et que Alec, jeune apprenti à la NYPDM se prêtait à quelques soirées délurées sous l’influence de quelques substances illicites. Un soir, la police avait fait une descente dans l’une de leur soirée. Alec était paniqué – s’il était vu dans cet état, il pouvait dire adieu à son diplôme. Ignacio l’avait couvert pendant qu’il se faufilait hors du bâtiment désaffecté qu’ils avaient investi pour quelques heures. Le jeune homme s’en était tiré avec un blâme, mais Alec l’avait chaudement remercié, et lui avait promis qu’il lui revaudrait ça. Et, une faveur d’un membre de la NYPDM, cela ne s’oubliait pas.

« Allo ? » répondit une voix rauque.

« Alec ? C’est moi. »

Il y eut un long silence.

« Iggy ? » s’hasarda la voix.

Ignacio sourit en reconnaissant son vieux surnom, que son père lui donnait lorsqu’il était enfant.

« T’es dans un endroit sûr pour parler ? »

A nouveau, un long silence.

« Rappelle-moi dans quinze minutes à ce numéro. » lança Alec avant de lui dicter un numéro à toute vitesse.

Puis, il raccrocha. Les minutes s’écoulèrent lentement pour le barman, qui gardait un œil rivé sur sa pendule. Il composa finalement les chiffres.

« Alec ? » redemanda-t-il lorsqu’il décrocha, après quatre sonneries.

« Putain Ignace ! Mais t’es où ? »

« Je prends des congés prolongés. » ironisa-t-il, sans pour autant mentionner sa localisation. « On peut parler sans crainte ? »

« Oui, je suis sûr un téléphone privé et protégé – il ne peut pas être mis sur écoute. »

« Parfait. » Ignacio desserra sa prise sur son téléphone, l’air un peu rassuré.

« Mec, tu as laissé une sacré merde derrière toi… »

« Je sais. » Il garda le silence quelques instants. « Tout le monde va bien ? »

« Oui. On n’a pas eu de décès lié à tout ça depuis… » Alec ne prit pas la peine de poursuivre. « Mais Ignace, ces mecs que tu as énervé… Ils ne plaisantent vraiment pas. »

« Je sais. » répéta-t-il avant de se racler la gorge. « Justement Alec, j’ai une faveur à te demander. » Devant le silence que lui offrait son ami, il poursuivit : « Ecoute, c’est pas grand-chose. J’ai eu quelques… soucis avec un membre de la police là où je suis. Rien de grave, mais elle a appelé quelqu’un à la NYPDM pour lui demander mon dossier. Je sais pas si elle bluffait ou pas, mais je suis un peu inquiet de ce qu’elle pourrait faire avec toutes ces informations entre les mains. »

« On n’a aucune plainte contre toi, Nick a dû te le… »

« Je préfère être prudent, c’est tout. » le coupa Ignacio. « Tu peux juste m’envoyer un message si tu remarques que mon dossier est sorti ? Il y a bien un registre pour faire ces choses-là, non ? »

« Oui, oui… » la voix d’Alec était trainante. « Bon, très bien, je vais le faire, mais vraiment parce que c’est toi. » Ignacio esquissa un sourire contre son Pear.

« Merci, Alec, vraiment. » répondit le barman.

« Ouais, ouais, de rien. » Il allait s’apprêter à raccrocher lorsque son ami reprit la parole. « J’espère qu’on se reverra, Ignace. Mais pour être honnête… Si j’étais toi, je ne foutrais pas un pied aux Etats-Unis avant quelques années. »

Sans un mot, le barman hocha la tête, puis raccrocha.

30 avril 2010 – Les Folies Sorcières.
« Deux Folies Pures ! » annonça Ignacio en faisant glisser les cocktails à deux jeunes filles déjà bien éméchées.
Le barman leur décrocha un sourire, puis saisit sa baguette magique pour mettre un peu d’ordre sur le comptoir. Il était vingt-trois heures passées, et la soirée était plutôt calme. Envoyant de la vaisselle sale vers l’arrière-salle, Ignacio observa les clients avec attention. Heureusement, ce soir, aucun sorcier ne semblait vouloir ruiner l’ambiance du cabaret.

Ignacio fut tiré de ses pensées par la vibration de son Pear, rangé dans la poche arrière de son pantalon. Il l’attrapa, et le déverrouilla d’une pression de doigt.

Spoiler:
 

Ignacio fronça les sourcils, supprima la conversation, et rangea son Pear. A présent, la méfiance était de mise.

2 mai 2010 – Oxford

Ignacio était chez lui, occupé à cuisiner à ce qui ressemblait plus ou moins à un steak – il l’avait laissé griller dix minutes de trop, la viande ressemblait donc désormais plus à une semelle qu’autre chose. Lorsque son Pear – posé sur la table – vibra pour lui annoncer l’arrivée d’un nouveau message, le barman le saisit par habitude. Lorsqu’il avisa le numéro de l’expéditeur, il s’empressa de le déverrouiller.

Spoiler:
 

Ignacio reposa son téléphone, les yeux dans le vague. Le jeu de Janet lui apparaissait clairement, à présent. Pour une raison obscure, elle souhaitait le descendre. Comme cela n’avait fonctionné auprès de la milice – merci Danielle Coleman et sa liste magique – elle avait voulu récupérer son dossier américain. Sur ce dernier, il était noté noir sur blanc qu’il avait été le suspect numéro 1 dans l’enquête sur le meurtre de Joe. Toutefois, cette enquête avait été brève et sans grand résultat dû au manque de preuves pour l’inculper de quoique ce soit. La NYPDM ne rouvrirait probablement jamais ce dossier – personne ne pleurait la mort de Joe, à New-York. Janet ne pouvait lui causer du tort ni par le biais de la milice, ni via la NYPDM. Alors, elle avait choisi la dernière option – et quelle option !

Le cerveau de l’assassin tournait à plein régime, alors que son genou tressautait nerveusement. Il se bénissait d’avoir eu la présence d’esprit de contacter Alec – sans ça, il n’aurait jamais soupçonné que Barnet puisse envisager d’entrer en contact avec Pablo.

Un bref sourire éclaira le visage d’Ignacio, alors qu’une idée se dessinait au fur et à mesure dans son esprit. Il lui suffisait simplement d’entrer dans son jeu.

4 mai 2010 – Les Folies Sorcières.
Ignacio essuyait un verre de Gobière, observant du coin de l’œil une silhouette étrangement immobile depuis plusieurs minutes. Il se garda bien de regarder dans cette direction, et préféra vaquer à ses occupations.

Quelques heures plus tard, alors qu’il quittait son lieu de travail, il remarqua un mouvement dans son dos. Il jeta volontairement un coup d’œil en arrière et se débrouilla pour prendre de longs détours avant de rejoindre Solal, qui l’attendait non loin des docks de Bristol. Une moue satisfaite s’afficha sur son visage alors qu’il s’enfonçait dans la nuit – tout marchait comme prévu.

7 mai 2010 – Oxford
Allongé sur le ventre, les yeux mi-clos, Ignacio sentit un corps bouger contre lui. Feignant le sommeil, il se décala et enfonça sa tête dans son oreiller. Profitant de cela, la femme se redressa et se leva complètement du lit. Elle marcha sur la pointe dans la chambre, grimaçant lorsque le parquet grinçait sous ses pas. Du bout des doigts, elle ramassa sa petite robe noire qu’elle passa rapidement. Puis, elle se pencha pour sortir son Pear One de son sac. Elle jeta un coup d’œil à Ignacio, qui s’efforça de paraître le plus endormi possible. Cela sembla rassurer la jeune femme, qui commença à prendre des photos de la pièce dans laquelle elle se trouvait. Tout aussi discrètement, elle sortit de la pièce, probablement pour se rendre dans la cuisine ou dans le salon. Ignacio attendit quelques minutes puis se redressa à son tour. Il saisit un caleçon qu’il enfila en quelques secondes, puis gagna à son tour le salon. Il constata sans surprise que la jeune femme – il ne se souvenait plus de son prénom – avait déjà filé.

12 mai 2010 - Aire Internationale de Réception des Portoloins Universels Sorciers.
Ignacio avait suivi Janet jusqu’à l’AIRPUS quelques jours plus tôt. Elle était entrée dans le grand bâtiment – qui ressemblait plus ou moins à un aéroport moldu – et n’en était ressorti qu’une heure plus tard ; le temps, selon lui, de réserver un portoloin. Le barman pouvait mettre sa main à couper qu’elle comptait faire un petit tour aux Etats-Unis.

Dans une petite ruelle mal éclairée, Ignacio sortit de sa poche une fiole de Polynectar – il en avait ramené quelques-unes lorsqu’il avait quitté New York. Plongeant à l’intérieur un cheveu d’un homme qu’il avait croisé aux Folies quelques temps auparavant, il regarda le mélange couleur boue, avant de l’avaler d’une traite.

Sa taille diminua brusquement, tandis que sa peau s’éclaircissait. Ses cheveux poussèrent d’un coup et lui chatouillèrent le bas de la nuque. Par prudence, il changea de robe de sorcier et entra d’un bon pas dans la structure magique. Sans hésitation, il se dirigea vers le bureau des registres et attendit patiemment dans la file d’attente. Il visa une jeune femme d’une vingtaine d’année, et se dirigea vers elle lorsque son guichet fut libre.

« En quoi puis-je vous aider ? » demanda-t-elle avec un sourire poli.

« Bonjour, madame. » commença Ignacio d’une belle voix grave. « Je suis désolé de vous importuner… Mais j’ai désespérément besoin de votre aider ! »

« Je vous écoute. » fit-elle en haussant un sourcil, curieuse.

« Voyez-vous, ma fiancée s’apprête à déménager à New-York. Nous avons eu une dispute à ce sujet il y a une semaine, une terrible dispute… Je ne me voyais pas partir en Amérique – toute ma vie est ici ! Mais il s’avère qu’elle a reçu une proposition pour son travail… Et moi… Et moi je n’ai pensé qu’à moi, et j’ai refusé de partir ! » Il poussa un soupir désespéré. « J’ai été stupide… Ma Jane a décidé de me quitter… Elle m’a dit que j’étais égoïste… Et c’est vrai. » il releva les yeux vers la jeune femme. « Mais je ne peux pas la perdre ! » Il haussa légèrement le ton et redressa les épaules. « Je dois faire un… Un grand geste, vous voyez. »

La jeune femme hocha la tête, le sourire aux lèvres.

« Je vais la rejoindre à New-York. » annonça l’homme.

« C’est une merveilleuse idée ! » s’exclama-t-elle
.
« Je suis ravi que vous l’approuviez ! » Il afficha un sourire franc.

« Vous voulez réserver un portoloin, donc ? »

« Exactement. Mais pour cela, j’ai besoin de connaître le jour de son départ… » Il baissa la voix « Vous pouvez regarder ça pour moi ? »

La jeune femme – Stella, selon son badge – hésita. Elle jeta un coup d’œil à ses collègues, en proie à un visible combat intérieur. Puis, elle haussa les épaules et acquiesça.

« Son nom ? » murmura-t-elle en se penchant vers lui.

« Janet Barnet. » lui répondit-il sur le même ton.

Sans un mot, elle feuilleta un immense registre, où les noms s’inscrivaient magiquement.

« Elle part le 15 mai ! » annonça-t-elle. « Je vous réserve un portoloin pour le même jour ? »

« S’il-vous-plait, oui. » fit Ignacio en hochant la tête.

Une fois les frais réglés, il quitta l’AIRPUS rapidement et se cacha dans la ruelle où il était arrivé. Il patienta le temps que la jeune Stella sorte à son tour du bâtiment pour la pause déjeuner. Quelques minutes après, elle mangeait tranquillement son sandwich sur un banc, ayant tout à fait oublié leur rencontre.

15 mai 2010 – Leopoldgrad

En effet, songea Ignacio, il n’avait pas été bien difficile de berner Janet en lui faisant croire qu’il n’avait aucune idée de ce qu’elle préparait. Elle pensait avoir une longueur d’avance sur lui… Sauf qu’il était déjà dix mètres plus loin.

Lorsqu’il l’entendit communiquer avec Pablo, il ne parvint pas réprimer un tic agacé – il aurait espéré arriver avant qu’elle ne l’appelle. Discrètement, il referma la porte d’entrée derrière lui et longea le mur, guidé par la voix de la milicienne. D’un mouvement de baguette, il insonorisa la pièce et verrouilla la porte d’entrée. Tapis dans l’ombre, il observa Janet se diriger vers la sortie, baguette dans les mains. Il sortit la sienne et la pointa sur elle… Mais son attention fut détourné par un stupide chat qui se plaça juste devant lui et miaula. Instantanément, la milicienne se retourna.

Profitant de l’effet de surprise, Ignacio la désarma, et rattrapa sa baguette magique au vol.

« Si j’avais été vous, je n’aurais vraiment pas pris la peine d’appeler à la NYPDM... » fit-il d’une voix traînante.


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Janet Barnet

Janet resta un instant bouche bée, son cerveau refusant d’imprimer ce qui se passait. C’était impossible. Complètement impossible. Walker était de service aux Folies sorcières aujourd’hui. Elle en était sûre ! Elle s’était procurée son planning une semaine plus tôt. Il aurait du être en train de servir des Folies Pures à des jeunes nymphes tout juste sortie de l’adolescence et pourtant il était bien là, debout, dans son salon, Voldemort se frottant docilement au bas de son pantalon en ronronnant. Pourquoi Voldemort se montrait-il si affectueux d’ailleurs ? Il aurait du vouloir défigurer Ignacio en plantant profondément ses griffes dans ses horribles yeux bleus de mulâtre et au lieu de ça…il le câlinait !  Ce fut cette vision incongrue qui fit bugger Janet juste assez de temps pour que ce maudit dealer la désarme d’un sortilège. Quand sa baguette lui glissa des mains et que le sac qu’elle faisait léviter tomba mollement au bout de son pied, elle retrouva brusquement la pleine conscience :

Elle était dans une merde noire ! Si ce tueur de chef de gang s’était introduit chez elle ce n’était surement pas pour faire une partie de bavboules !

La jeune femme ne réfléchit pas plus longtemps, elle donna un puissant coup de pied dans la poubelle qui s’envola en direction d’Ignacio et elle plongea littéralement dans sa chambre pour prendre la fuite. Elle jeta un regard en direction de la baie vitrée à l'autre bout de la pièce, seule issue envisageable mais Ignacio était déjà sur ses talons aussi bifurqua-t-elle en direction de la salle de bain où elle s’enferma à double tour en poussant le battant de la porte à l’aide de son épaule. Elle savait qu’il suffirait d’un sortilège  pour briser cette porte mais elle avait besoin de seulement quelques secondes.

-Vas te faire voir Walker ! rugit-elle en attrapant de ses mains tremblantes son Pear One. Il lui suffisait de composer le numéro d’urgence de la Milice et ses collègues seraient là en moins de temps qu’il n’en  faut pour le dire… Anthony, Amely, Danielle, ... tous.
Elle pouvait le faire ! Elle allait le faire ! Plus qu’un chiffre…
Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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Ignacio évita la poubelle que Janet lui lançait et étouffa un juron lorsqu'il la vit prendre la fuite. D'un coup de pied, il envoya la poubelle valser vers la porte d'entrée, et se précipita à la suite de la milicienne. Elle gagna ce qu'il supposa être la salle de bain et s'y enferma à double tour. D'un mouvement de baguette, il fit sauter la porte et l'ouvrit avec un Expulso. La puissance du sort fit trembler les murs de la pièce, alors que la porte tombait dans un bruit sourd. Il avisa le Pear de Janet, tombé dans l'explosion, et l'écrasa avec le talon de sa chaussure.

"Ca semble cassé." constata-t-il simplement avant de faire apparaître des liens autour des poignets et des chevilles de Janet. Il s'amusa beaucoup de songer que les rôles avaient été inversés, quelques jours plus tôt. "Dommage que je ne vous embarque pas au QG de la milice, ça vous aurait bien arrangé." plaisanta-t-il en la bousculant pour qu'elle tombe à genoux devant lui - Merlin qu'il adorait ce revirement de situation !

Ignacio contempla la milicienne, ravi que son plan se soit mis en place si rapidement. Il pouvait sentir l'adrénaline courir dans ses veines et se répandre dans tous son corps, sensation qu'il adorait par dessus-tout. Aujourd'hui, cela été couplé à la satisfaction de pouvoir se venger de Janet, qui avait été une fouineuse insupportable - et qui avait été à ça de lui créer de sérieux ennuis.

"Ca aurait pu presque fonctionner, votre petit plan là." commenta-t-il en désignant du regard le Pear One de la milicienne. "Malheureusement, je crois que la NYPDM est aussi vendue que la milice !" il haussa les épaules, l'air fataliste. [/color][/color]


MétamorphomageMolduavatar
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Janet Barnet, Milicienne

La porte vola en éclat sous le coup d’un puissant sortilège. Janet fut littéralement expulsée contre le mur et l’impact lui fit lâcher son Pear. Elle retomba au sol non sans entrainer avec elle une étroite étagère d’angle où ses serviettes et son nécessaire de bain étaient rangés. Des petits savons aux formes circulaires roulèrent autour d’elle entre les échantillon de parfums et quelques rares bijoux . C’était Anthony, son collègue de la Milice qui lui avait offert ces bulles de gel douche  à Noël. Oui, les miliciens se faisaient des cadeaux à cette période et chaque membre du bureau tirait au sort un collègue et lui offrait un petit présent à moins de deux galions. Elle avait eut droit au sachet bien-être de Eve Roshey, la célèbre marque de cosmétiques naturels et elle avait offert en retour un étui à baguette à Danielle Coleman. Elle en avait eu pour plus de deux galions mais Janet  ne se voyait clairement pas faire un cadeau minable à la cheffe ! Quand on voyait ce que les autres miliciens s’étaient achetés – Un paquet de dragées surprise de Bertille Crochue, une boule à neige Under the Dome de Bristol, une collection de badge à l’effigie de Leopold Marchebank acheté à la boutique éphémère du Ministère- Janet ne s’en sortait pas si mal avec ses savons multicolores…

Enfin, pour l’heure, elle était plutôt en mauvaise posture et à mille lieux de penser au Noël de la Milice. La jeune agent releva la tête juste à temps pour voir cette enflure de Walker écraser son Pear One du talon. De rage, elle voulut se lever pour lui en coller une, le mordre, ou que sais-je encore, mais il la ceintura d’un incarcerem et la fit retomber à genoux au sol.

Elle était prise au piège. Faite comme un rat.

La Milicienne serra la mâchoire lorsque le mulâtre se permit de faire de l’humour en émettant l’hypothèse de l’embarquer au QG de la Milice. *Ah. Ah. Ah…. Très drôle.* Elle voulait  lui arracher les yeux, lui faire ravaler sa fierté à cet immonde cognard. Pourquoi avait-il fallut que Colleman le libère ? Ce genre de gars ne méritait pas de vivre libre.

« C’est vrai, la NYPDM n’en a rien à faire de toi, mais je ne peux pas en dire autant des Ñetas !" cracha Janet en le défiant du regard lorsqu’il affirma que son plan avait presque réussi.

Elle espérait que l’évocation du gang rival au sien à New York allait le faire réfléchir, et surtout, douter.
Sa seule issue était de faire croire à Walker qu’elle avait encore une longueur d’avance dans leur traque respective. Ce qui était parfaitement faux.

« S’il m’arrive quelque chose, une personne de confiance ira prévenir Pablo Mañana à New York. Il saura que tu travailles gentiment au bar des Folies Sorcières de Bristol et qu’accessoirement tu bosses pour le plus gros mafieux de cette ville. Il saura tout sur toi : Où tu vis, ce que tu fais, qui tu fréquentes… Tout. »

Elle laissa passer un court silence et tenta un ultime coup de poker:

« Je suis sûre qu’on peut trouver un arrangement qui nous satisfasse tous les deux, Walker. »
Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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Ignacio observait Janet, ligotée et agenouillée devant lui, l'air franchement songeur. Pour une fois, tout s'était déroulé exactement comme prévu et le barman n'avait eu besoin d'improviser au dernier moment - Janet était, semblait-il, un peu trop prévisible pour que cela soit nécessaire.

"C'est vrai que ce ne sont pas mes meilleurs amis." admit-t-il en faisant tourner distraitement sa baguette dans ses mains.

Et il serait particulièrement fâcheux, à vrai dire, que Pablo et et ses hommes soient au courant de l'endroit où il vivait - honnêtement, il avait beau être bon duelliste et plutôt débrouillard, il ne donnait pas cher de sa peau si une quinzaine de mercenaires assoiffés de vengeance lui tombaient dessus du jour au lendemain. A vrai dire, il était même à peu près certain de mourir dans d'atroces souffrances. C'était d'ailleurs bien pour ça que son plan, depuis qu'il avait tué Joe, était de fuir absolument les Ñetas. Ignacio n'était pas particulièrement un homme téméraire - il n'avait rien de Gryffondor, comme les anglais disaient si bien. Non, il était une personne de l'ombre, qui savait attendre son moment pour briller, ayant parfaitement conscience de ses capacités. Or, avait-il la capacité de mettre hors d'état de nuire les Ñetas, armé seulement de sa baguette, sans personne pour le soutenir ? De toute évidence, la réponse était non.

Toutefois, que Janet joue sur cette animosité entre lui et Pablo l'agaçait particulièrement - Ignacio n'aimait pas vraiment se sentir menacé, et encore moins parce quelqu'un d'aussi agaçant que Janet Barnet ; d'ailleurs le fait qu'une personne puisse être aussi petite et aussi ennuyante était, selon lui, quelque chose qui défiait les lois de l'univers. Il se redressa un peu plus pour la toiser.

"Tu aurais prévu un plan B ?" lui demanda-t-il en haussant un sourcil, franchement sceptique. "Tu n'imaginais même pas que je pouvais te suivre depuis le début de ta petite manœuvre. Ca m'étonnerait que tu aies poussé le jeu jusqu'à prévenir quelqu'un de tes recherches et lui réserver un Portoloin de secours pour New-York. D'autant plus que," il jeta un coup d'oeil à sa montre, fixée à son poignet "je suis censé me trouver aux Folies, à cette heure-ci."

Sauf que le planning qu'elle avait récupéré n'était pas le bon - il avait échangé ses heures avec plusieurs gars, ces derniers mois, pour lui permettre plus de flexibilité quant à son autre travail.

La situation était toutefois plutôt amusante et Ignacio, s'il avait été un autre genre d'homme - un homme comme ceux de Pablo, par exemple - se serait sûrement prêté au jeu de la torture, ou à celui de faire languir le plus possible sa victime. Mais le barman était, au contraire, un homme qui ne s'embarrassait pas de telles considérations - il faisait les choses parce qu'elles avaient besoin d'être faîtes, et c'était tout.

Lorsqu'il avait réfléchi à la manière d'éliminer définitivement Janet Barnet, plusieurs options étaient envisageables. Simuler un accident de transplanage ? C'était classique et efficace. Malheureusement, certains médicomages chevronnés étaient capables de distinguer une imitation des blessures si caractéristique - or Ignacio ne souhaitait pas que quiconque puisse douter de la mort de Janet. L'arrêt cardiaque, lui, n'était même pas envisageable, puisque la milicienne était une femme en relativement bonne santé. Finalement, il avait conclu que la meilleure façon de couvrir ses traces, c'était en effet de faire passer cette scène pour ce qu'elle était vraiment ; un assassinat. C'était d'ailleurs la manière la plus logique de procéder : Janet, plutôt bonne sorcière, n'aurait pas succombé aussi facilement à un piège. Par contre, elle avait été particulièrement active au sein de la milice, et beaucoup de ceux dont elle avait détruit la vie - directement ou non - voulaient sa peau. Peut-être, finalement, n'aurait-elle pas dû dire "Ok." lorsqu'on lui avait demandé de torturer la famille de Josh Vance - résistant identifié comme tel par le gouvernement - pour qu'ils lui révèlent l'endroit où il se cachait. Et Josh n'était que la partie visible de l'iceberg...

Ignacio observa une dernière fois le visage de Janet, hésita à ajouter quelques choses, mais se ravisa finalement. Il réfléchit un instant, pointa sa baguette sur la gorge de la milicienne, et lança : "Expulso." la violence du choc, encore une fois, ne laissa pas de doute sur l'issu de ce sortilège.

Le barman ne prit pas la peine de regarder la scène plus longtemps, peu intéressé par l'idée de se remplir les yeux d'un spectacle assurément morbide. Il leva, cette fois-ci, sa baguette vers le mur, et traça dans la faïence les mots suivants : "Justice pour ceux qui souffrent." Il contempla son œuvre, songeant que, ces terroristes-résistants-contestataires étaient tout de même bien pratique pour couvrir ses traces.

Il quitta la salle de bain après avoir retiré ton trace de son passage - et notamment nettoyé la baguette de Janet qu'il avait tenu entre les mains. Pour plus de sûreté, il la brisa en deux et la laissa tomber à côté de son ancienne propriétaire. Puis, gagnant cette-fois le salon, il entreprit de supprimer toute preuve qu'un jour, Janet Barnet put avoir une seule dent contre lui - son dossier notamment, ainsi que les clichés qu'elle avait pris de lui dans différents lieux : son appartement, les Folies, un bar quelconque dans Londres. Il contempla la scène un instant, vérifiant par trois fois qu'il n'avait rien oublié : Le Pear de Janet était écrasé, mais il avait toutefois pris la peine de retirer sa carte MAG pour la réduire en cendre, une fois toutes les données contenues dessus effacées. Alec, lui, s'était gentiment charger de subtiliser le téléphone de l'amie de Janet pour y effacer toutes les données concernant le dossier Walker-Mañana, voire même, lui avait-il dit, lui effacer la mémoire. Les traces de lutte présentes dans le salon et la salle de bain étaient cohérentes avec la thèse de l'assassinat. On pouvait même prétendre que Janet avait eu une prémonition, qu'elle se sentait en danger, et c'était pour cela qu'elle avait prévu de partir à New York quelques jours, le temps que les choses se calment un peu. Le sort qu'il avait utilisé était simple, à portée de tous - et pas de la magie noire, comme peu savaient la maîtriser. Il avait supprimé toutes les traces et empreintes de son passage. Pour semer le doute, il avait d'ailleurs laissé tomber quelques cheveux, qu'il avait récolté ci-et-là, à l'AIRPUS notamment.

Il n'y avait aucun moyen de confirmer qu'Ignacio Walker, barman aux Folies Sorcières, était là ce soir. Aucun. Rabattant sa capuche noir sur sa tête, il sortit de l'appartement et transplana une fois le palier atteint pour gagner K&K, quelques rues plus loin, où il avait déjà noté sa présence, une heure plus tôt. Après tout, était-il véritablement parti ?

Personne ne pouvait le dire.
[Fin pour Ignacio What a Face ]


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[JR] Les nouveaux sauvages [Janet Barnet - Les Ñetas]

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