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 Jolene | James & Marlene

James CarterBriseur de Coeuravatar
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9 mai 2010

James avala une longue gorgée de café brûlant, posa sa tête entre ses mains et battit rapidement des paupières. Ses yeux le piquaient, mais il se força à terminer son article, l’annotant de temps en temps, reportant des éléments sur un cahier qu’il avait mis à sa gauche. Face à lui se trouvait un des dix numéros du LiberAvon qu’il avait pu se procurer à l’hôpital. Celui-ci datait de février – et faisait partie des plus anciens qu’il avait dégotté. Le plus récent était paru la veille et avait comme portrait à la Une celui d’une jeune femme dont le visage lui était bien trop familier. A cette vue, le cœur de James se serra encore plus si cela été possible, et il reprit sa lecture avec encore plus d’ardeur. Il avait passé les dernières heures à découper articles, notifications de décès, à comparer les informations du LiberAvon avec celles de la Gazette, ainsi qu’avec certains relevés d’interventions des ambulanciers qu’il avait discrètement pris en photo avec son Pear. Ce travail lui permettait de focaliser ses pensées ; toutefois, il avait l’impression de devenir fou au fur et à mesure qu’il prenait ampleur de toutes les choses qu’il avait refusé de regarder ces derniers mois.

La mort de Samantha avait tout changé. Il revenait à peine à l’hôpital lorsqu’on lui avait annoncé la terrible nouvelle. Il avait un vague souvenir de ce moment, comme si sa mémoire avait été entourée d’un brouillard protecteur. Il n’avait pas cru Lina, lorsqu’elle lui avait dit, avec sa douceur habituelle, que Samantha était décédée dans un accident de voiture. « Arrête. » avait contré James, même si son sourire avait faibli. « C’est vraiment nase de blaguer sur des choses comme ça. » Lina lui avait lancé un drôle de regard. « Arrête ! » avait-il répété, un peu plus fort cette fois. Il avait fait plusieurs pas en arrière et s’était cogné contre un mur. Plusieurs ambulanciers l’avaient dévisagé longuement. Ils abordaient tous la même mine triste. Ce déni avait alors laissé place au choc et à la douleur de la perte – cette douleur qui lui comprimait les cordes vocales, qui l’avait rendu muet et suffocant.

Il avait erré pendant des heures dans la caserne, hébété. Lina avait voulu le serrer contre elle, mais il s’était dégagé rapidement. Il ne voulait pas qu’on le réconforte, il voulait qu’on lui explique pourquoi. Comment Samantha avait-elle pu trouver la mort sur ces routes de campagne ? Comment son ambulance avait-elle pu sortir de la route ? Ces engins étaient les véhicules les plus sûrs du monde magique – James était bien placé pour le savoir.

Eliott étant introuvable, il avait été cherché Gavin – un de ses collègues d’une quarantaine d’années. La vérité qui semblait se dessiner sous ses yeux l’effrayait et il avait besoin de quelqu’un à qui confier ses doutes. Il savait que Gavin était membre d’un réseau d’opposition – du moins, c’était ce qu’il avait laissé sous-entendre, un soir, alors qu’ils discutaient ensemble de la politique du pays.

« Toi non plus, tu n’y crois ? » lui avait demandé Gavin lorsque James l’avait approché. Non, il n’y croyait pas non plus. La coïncidence était trop énorme pour espérer qu’elle soit vraie. « Ecoute, vaudrait mieux pas que tu te mêles de ça maintenant… » C’était justement le moment de s’en mêler, avait tempêté James. « C’est moche, James. C’est très moche. » l’avait prévenu Gavin, les yeux plus humides qu’à l’habitude. Parce que ce mensonge n’était pas plus moche ? Parce que tous ces blessés, tous ces morts, tous ces prisonniers, c’était mieux ? « Ok, ok. » Et, dans une pièce plus petite qu’un placard, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes, Gavin lui avait raconté ce qu’il savait, ce qu’il avait entendu, ce qu’il supposait, ce qu’il craignait. Un immense gouffre s’était ouvert en James lorsqu’il avait réalisé avec terreur que tout cela faisait sens. Alors il l’avait pressé : depuis combien de temps cela durait ? Que s’était-il passé d’autre ? Que disait-on ? Qu’est-ce que le gouvernement cachait ? « On peut pas rester là longtemps. Attends-moi là deux minutes. » Gavin était sorti, laissant James seul dans la pénombre. Son collègue était revenu quelques minutes plus tard. Il lui avait fourré plusieurs papiers dans les mains. « Cache-ça. » James avait acquiescé et les avait rétrécis avant de les cacher dans la poche interne de son blouson.

Une fois arrivé chez lui, il avait rendu la taille normale à ce qu’on lui avait donné et avait pu constater qu’il s’agissait de journaux – une dizaine de journaux. Il les avait étalé sur la table de sa cuisine et s’était assis face à eux. Puis – vers 23h, il s’était plongé dans la lecture. Il n’avait pas relevé la tête depuis. Les informations qu’il assimilait dansaient devant ses yeux à lui donner le tournis. Il s’était muni d’un stylo pour annoter les articles, pour reporter des données sur un cahier. Il avait retourné tout leur appartement pour retrouver des exemplaires de la Gazette du Sorcier qu’il avait parcouru avec attention.

Il releva la tête lorsqu’une clé fut enfoncée dans la serrure. Un coup d’œil vers l’horloge lui apprit qu’il était huit heures du matin. Grady n’était pas rentré hier soir – il semblait à James qu’il devait dormir chez l’un de ses collègues, ou peut-être chez ses parents. Il aperçut la chevelure noire de Marlene alors qu’elle refermait la porte d’entrée derrière elle. Il baissa les yeux vers les journaux étalés devant lui, la nuque ankylosée par sa nuit blanche.

« Oh, c’est toi. » lança-t-il d’une voix enrouée.
Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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Le réveil de Marlene avait sonné à six heures et demi, comme d'habitude. Elle avait sa journée de révision qui l'attendait, avec ses fameux programmes qui reposaient sur des créneaux d'une heure et demi, puis quinze minutes de repos, puis une nouvelle matière pendant une heure et demi. Et ce, six jours sur sept, le dimanche étant son repos. La pré-rentrée en Médicomagie arrivait à grands pas, début Juillet, et elle ne se sentait pas encore prête malgré sa pratique intensive, ses cours particuliers, sa préparation à distance avec Vit'Magic. Pourtant elle avait progressé, elle le sentait, elle réussissait du premier coup certaines choses qu'elle n'avait même jamais appris à Poudlard. Elle se sentait plus détendue dans son appartement pour réussir ses sorts que face au regard jugeant d'une classe ou d'un enseignant. Pourtant, elle allait devoir dominer cette peur des examens car la Médicomagie ne serait pas un cursus facile. Elle faisait de la sophromagie avec une spécialiste qui avait un cabinet dans le monde magique d'Oxford, les cours étant offerts par son père (même s'il trouvait cela un peu stupide). Quoiqu'il en soit, ces mois de travail ne l'avait toujours pas démotivée et elle avait fait des heures supplémentaires hier soir, sur une potion qu'elle avait à peu près réussi. Elle ne l'avait pas goûtée, puisque c'était du Poussos mais cela semblait plutôt bien.

Alors comme pour se récompenser, Marlene avait pris un peu plus son temps ce matin. Elle avait soigneusement lissé ses cheveux noirs, s'était maquillée pour être jolie (avec le nouveau rouge à lèvres qu'elle avait vu sur l'Instamagic de Kessy Brooks) et après un coup d’œil au ciel de Manchester, elle avait décidé d'enfiler sa jolie robe bleue. Elle l'aimait beaucoup mais avait un peu de mal à l'assumer parce qu'elle avait toujours l'impression qu'elle était trop courte et elle passait sa journée à tirer dessus. Et avec tout cela, il n'était pas huit heures. Elle aurait dû commencer à travailler mais elle n'était pas très motivée ce matin... Peut-être qu'elle pourrait passer voir James, prendre le petit-déjeuner avec lui et puis revenir ici avant dix heures pour réviser ? Après tout, elle avait fait des heures supplémentaires et ils avaient décidé de se consacrer plus du temps donc... Enthousiasmée par cette nouvelle perspective, elle avait attrapé sa veste en jean, son sac à main et elle avait refermé la porte de son petit studio pour aller à la boulangerie. Elle n'avait que quatre livres dans son porte-monnaie donc leur petit-déjeuner ne serait pas gargantuesque mais bon quand même. Elle avait choisi sa ruelle habituelle pour transplaner pas très loin de chez James, pressant le pas dans ce quartier qu'elle n'aimait pas trop (même s'il lui disait qu'il n'y avait vraiment aucun risques, qu'elle avait juste des préjugés). Ce n'était tout de même pas sa faute s'il y avait des tags sur les murs ! Elle connaissait par cœur le code de son immeuble et elle monta les escaliers d'un pas rapide, tout en cherchant ses clés dans son sac. Elle avait un double depuis quelques mois, tout comme lui, comme ça, ils allaient et venaient plus facilement.

Sans frapper - elle pensait se glisser dans son lit pour l'embrasser dans le cou et lui faire la surprise - elle poussa le battant qu'elle referma discrètement. La voix de James derrière elle la fit presque sursauter et elle se retourna vers son petit-ami à l'air fatigué.

- Oh je pensais que tu dormirais, je voulais te faire la surprise !

Elle sortit le sachet de viennoiseries de son sac à main et l'exhiba comme un trophée de chasse.

- Je suis passée prendre le petit-déjeuner !

Elle s'approcha pour déposer ce dernier sur la table et se pencha vers James pour lui donner un baiser.

- Ça va chéri ? T'as l'air chafouin.

Et levé bien tôt, pour un jour où il ne travaillait pas...





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James CarterBriseur de Coeuravatar
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Les yeux de James passèrent du sachet de viennoiseries que Marlene tenait dans sa main à son visage réjoui. Il l’observa, hébété, sans prononcer un mot. La situation lui paraissait trop incongrue pour être réelle – la joie de vivre qui émanait de Marlene tranchant trop avec sa propre humeur maussade.

« Le petit-déjeuner ? » répéta-t-il toutefois.

Il n’avait rien mangé depuis hier midi, mais n’avait pas faim pour autant – et surtout ne se sentait pas capable d’avaler quoique ce soit.

« Chafouin ? » répéta-t-il une nouvelle fois en fronçant les sourcils.

Il resta quelques instants silencieux, avant qu’un éclair de lucidité ne le frappe. Marlene n’était pas au courant – elle ne savait pas que Samantha était décédée ; elle n’était pas non plus au courant que le gouvernement mentait pour cacher les véritables causes de sa mort. Il fut brièvement soulagé de constater que c’était l’ignorance qui la faisait agir de cette manière, et non l’indifférence. Après l’annonce du décès de son amie, après toutes les révélations sur le gouvernement, le monde de James avait complètement disjoncté et il avait du mal à retourner à la réalité aussi brusquement.

Il attrapa la Gazette du jour et la poussa vers Marlene. Le sourire de Samantha lui déchiquetait le cœur et il secoua la tête comme pour chasser son chagrin. Il se sentait bête, si bête, de ne rien avoir vu plus tôt. Il avait volontairement ignoré tous les signes, toutes les alertes – les disparitions, les décès, Skye… Il avait préféré fermer les yeux. C’était plus simple, pour lui, de faire comme si tout cela n’existait pas. De continuer à mener sa vie de jeune adulte, avec ses amis, sa petite-amie. De continuer à avoir les mêmes problématiques que tous les jeunes de son âge. De ne pas se plonger dans l’horreur. A présent, tous ces signes lui revenaient en pleine figure. La fois où, avec Lina, ils avaient été appelés à Bristol et que, une fois sur place, la milice les avait renvoyé à la caserne, leur assurant d’avoir « tout pris en charge ». Celle où, en arrivant sur les lieux d’un « accident magique », James s’était retrouvé face à deux miliciens armés jusqu’aux dents, qui tenait un pauvre homme ensanglanté sous les aisselles. Le regard perdu dans le vide, ce dernier marmonnait qu’il était tombé sur un raton-laveur enragé – il était toujours à St Mangouste aujourd’hui. Il revoyait les blessures – larges, béantes, ensanglantées – qui se multipliaient depuis les dernières semaines. Le Poufsouffle serra les poings.

« C’est Sam… Elle a été tuée. » lança-t-il en luttant pour ne pas hurler.


Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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Marlene fronça les sourcils devant l'incrédulité de James. Certes, elle ne passait pas tous les jours prendre le petit-déjeuner mais ce n'était pas si rare que cela ? Depuis leur fameuse discussion / presque dispute, ils avaient essayé de se ménager plus de temps, quitte à ce qu'elle commence plus tard ses révisions ou finisse plus tôt. Elle haussa un peu les épaules.

- Bah oui, le petit-déjeuner... T'en veux pas ?

Il était pourtant rarement le dernier à se servir quand il s'agissait de nourriture, en concurrence avec Grady d'ailleurs. Leurs dîners étaient toujours gargantuesques lorsqu'elle essayait de manger léger avant de dormir, souvent une salade. James n'avait pas l'air très réactif en tout cas et il répéta son expression encore une fois, sourcils froncés. Elle avait vraiment l'air de le déranger mais en même temps, il n'avait pas l'air bien.

- Ça va ? s'inquiéta-t-elle en posant machinalement sa main sur son front, debout à côté de lui. T'as l'air bizarre...

Pour seule réponse, James poussa vers elle un journal, l'édition du jour de la Gazette du Sorcier. Marlene reconnut le visage de Samantha avant même de s'être penchée et son cœur accéléra devant le titre. Elle parcouru l'article rapidement, éprise d'un vertige. Évidemment, son ancienne camarade et elle n'étaient pas en bons termes mais c'était tout de même horrible et très triste. Samantha n'avait que dix-huit ans, c'était terrible de mourir dans un accident comme ça, au travail et Marlene se sentit malheureuse de cette nouvelle. Mais qu'est-ce que cela devait être pour James, qui la fréquentait au quotidien, qui travaillait avec elle, qui était son ami ? Reposant le journal, elle tourna un regard désolé vers son petit-ami et se pencha pour le serrer dans ses bras. Il devait se sentir si misérable ! Pourquoi ne l'avait-il pas appelée avant ? Elle serait venue le voir.

- Oooh mon cœur, je suis désolée, murmura-t-elle à son oreille en déposant un baiser sur sa joue, l'une de ses mains caressant ses cheveux.

Mais plus que de chagrin, la voix de James était pleine de colère. Ce qu'il lança de manière brusque la surprit un peu et elle recula, sa main toujours sur son épaule.

- Dans l'accident ? Je sais, j'ai lu... C'est vraiment triste.




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James CarterBriseur de Coeuravatar
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James se laissa entraîner contre Marlene, et plongea son visage dans son cou. Il resta près d’elle pendant plusieurs secondes, se laissant submerger par la douleur qui l’avait suivi depuis qu’il avait appris le décès de Samantha. Il se sentait tiraillé entre sa tristesse et sa colère, oscillant entre l’envie de fondre en larmes et celle d’hurler sa rage au monde qui l’entourait. Il restait donc muet, le regard vide et le visage fermé.

Il ne répondit pas à Marlene ; que pouvait-il bien lui répondre ? Que lui aussi était désolé ? Mais de quoi ? De la mort de Samantha ? De n’avoir pas ouvert les yeux plus tôt, plus vite ? D’avoir passé son temps à sortir avec ses amis lorsqu’il y avait des causes qui valaient la peine qu’on se batte pour elles ? Qu’il était désolé de se réveiller trop tard, une fois que son amie était décédée ? Qu’il avait fallu qu’elle meure pour qu’il prenne conscience des choses ?

« Non.. » souffla-t-il lorsque Marlene mentionna l’accident. « Non. » reprit-il plus fort en se redressant.

Il jeta un regard dédaigneux à l’exemplaire de la Gazette du Sorcier. Un « accident », bien sûr !

« Il n’y a pas eu d’accident, c’est un mensonge… Un mensonge. » répéta James, d’une voix pressée, presque insistante.

Il se leva brusquement, et fit les cent pas dans sa cuisine, la parcourant de long en large. Il joignit ses mains dans son dos, les sourcils froncés en signe de concentration.

« Il n’y a pas d’accident avec les ambulances magiques, c’est pratiquement impossible. » fit-il en secouant la tête. C’était les engins roulants les plus sûrs du monde magique, il en était persuadé. Le Magicobus avait bien plus de chance de sortir de la route qu’une ambulance – et cela n’arrivait déjà presque jamais. « Et puis Sam… » Sa voix vacilla, et il se racla la gorge avant de continuer. « Sam se rendait à Skye. Elle se rend à Skye il insista fortement sur le mot et elle a un accident de voiture ? C’est une grosse coïncidence. »

Le jeune homme reprit sa marche. Son esprit tournait à plein régime – effet secondaire du café qu’il avait bu pour se tenir éveillé. Il se sentait survolté et révolté, avec la sensation à la fois de vouloir agir mais l’impression d’être coincé dans son petit appartement.

« On raconte que… » il hésita un instant, puis décida de se lancer – Marlene était une personne fiable. Il préféra toutefois taire le nom de Gavin. « On raconte que Sam transportait un blessé, que la milice avait expressément demandé d’amener à Skye. Et Marlene, Skye… » sa voix se brisa à nouveau. « Tu ne peux même pas imaginer ce qu’il se passe là-bas. Sam savait. Plusieurs personnes pensent qu’elle a décidé de s’enfuir, de faire demi-tour, je ne sais pas… Bref, de ne pas obéir aux ordres des miliciens. Et qu’elle a été tuée pour ça. »

Le jeune homme se rassit, et se prit la tête entre les mains.

« Marlene, c’est la vérité. Sam a été tuée par la milice du gouvernement. Par ces putains de miliciens. » D’un mouvement ample, James désigna les divers journaux étalés devant lui. « Et ce n’est pas la première fois… Marlene, Marchebank est dangereux. Et son gouvernement… Merlin, son gouvernement est une putain de dictature. »

Il cracha le dernier mot avec mépris, avisant d’un regard noir la photo de celui qui était désigné comme « l’homme providentiel ».
Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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Marlene n'eut même pas l'impression que son étreinte apaisait James. Elle sentait la crispation de ses épaules sous ses doigts, son souffle erratique dans son cou. Il devait être si malheureux... Elle avait envie d'absorber toute sa tristesse par son étreinte pour qu'il se sente mieux, plus apaisé. Mais elle ne s'attendait pas à sa brusque réaction lorsqu'il se redressa, en soufflant un ferme "non". Non quoi ? Surprise, elle recula d'un pas, les bras un peu ballants. Ses yeux s'écarquillèrent lorsque son petit-ami affirma qu'il n'y avait pas eu d'accident, que c'était un mensonge. Machinalement, elle tourna le regard vers la une animée du journal, comme si cette dernière allait changer pour fournir une explication aux propos de James, mais il n'en fut rien.

- De quoi tu... ?

Avant même qu'elle ne puisse finir sa phrase, il s'était levé avec brusquerie, empressé, faisant les cent pas dans la pièce. Il avait l'air d'un fou, avec son regard perdu, ses cernes marquées et son attitude incompréhensible. Marlene croisa ses bras sur sa poitrine, tentant de suivre son raisonnement. Il y avait rarement d'accidents avec les ambulances mais il y avait déjà eu quelques occurrences... On parlait de verglas dans l'article, elle avait effleuré le mot du regard et Samantha était malheureusement une jeune conductrice, c'était possible. Un mauvais choix ou un mauvais mouvement... Elle était d'origine écossaise elle-même et même si elle n'était jamais allée du côté de Skye, elle avait vu les routes qui parcouraient le pays de sa famille maternelle : c'était profondément dangereux. James se mit à insister sur le fait qu'elle se rendait à Skye alors cet accident ne pouvait pas être une coïncidence. Marlene ne voyait pas pourquoi : la nouvelle institution du Ministère était une sorte d'hôpital psychiatrique, qui travaillait sur l'esprit. Forcément, cela pouvait faire un peu peur mais... C'était une vraie institution, ce n'était rien de... d'illégal. Même Emma s'y intéressait ! Sa meilleure amie avait fait plein de recherches sur le sujet pour apaiser ses angoisses par rapport à Ana Sorden. C'était simplement un centre de traitement de l'esprit magique. Mais James et elle avaient déjà eu ce débat l'année dernière et ils n'étaient pas d'accord. Peu désireuse de le relancer vu l'état de nerfs dans lequel se trouvait son petit-ami, Marly tenta de faire appel à sa raison.

- Les routes écossaises sont très dangereuses, tu sais, Samantha était une jeune conductrice...

Elle ne comprenait pas où il voulait en venir. Parce que Samantha perdait le contrôle de son ambulance devant Skye, ce n'était pas un accident ? Pourquoi donc ? James continuait d'arpenter la pièce et Marlene n'osait pas l'approcher ou se rapprocher du canapé pour s'y asseoir. Ses sourcils sombres se froncèrent lorsque son petit-ami débuta avec un "On raconte..." On racontait souvent beaucoup de choses et "On" n'était jamais une source très fiable. Samantha transportait donc un blessé à Skye. C'était logique jusque-là, puisque c'était une sorte d'hôpital mental... La voix de James s'était brisée à la mention de l'île, comme si c'était quelque chose d'absolument monstrueux. Ils avaient eu des brochures là-dessus à l'hôpital, des visites étaient même organisées. C'était juste un centre de traitement de la mémoire... Les Oubliators existaient déjà depuis des années et personne ne faisait tout ce cinéma. Qu'est-ce que Samantha pouvait bien savoir ? Qu'on allait travailler sur l'esprit de son patient ? Oui, c'était le principe... Et elle aurait décidé de faire demi-tour, pour d'obscures raisons. Parce qu'elle en était terrifiée comme James semblait l'être ? Et elle aurait été tuée ?

Marlene pensait qu'il n'y avait aucune logique à cela. Comment est-ce que les Miliciens auraient pu savoir qu'elle faisait demi-tour ? Ils ne s'étaient sûrement pas cachés derrière une boite de compresse et ils avaient autre chose à faire que de suivre une ambulance... La Milice traquait les terroristes, elle se fichait d'une simple ambulancière. Quand bien même : admettons que le patient qu'elle transportait eut été un terroriste - un de ces horribles tueurs de la March'Bank - et bien ils auraient juste rattrapé l'ambulance et auraient jugé Samantha pour collaboration avec les terroristes. Il y avait déjà eu des procès de ce genre, Multiplettes en parlait souvent. C'était complètement idiot de tuer Samantha, c'était très visible... L'hypothèse la plus probable était que Samantha, si elle avait vraiment fait demi-tour, l'ait fait en panique et ait eu un accident avec son ambulance, parce qu'elle allait trop vite ou quelque chose comme cela. De toute manière, comment les gens auraient-ils pu savoir qu'elle faisait demi-tour ? Elle était toute seule dans son véhicule.

Lentement, précautionneusement, comme avec un animal qui pouvait fuir à tout instant, Marlene s'approcha de James et se glissa sur le canapé, leurs genoux se touchant. Elle attrapa sa main et glissa ses doigts entre les siens, son pouce traçant des petits cercles sur sa paume. Il était vraiment persuadée que Samantha avait été tuée par la police... Parce que Marchebank était soi-disant dangereux. Parce qu'il était soi-disant à la tête d'une dictature. Ils avaient eu cette conversation il y an, quand son petit-ami avait qualifié le gouvernement de régime. Elle n'était déjà pas d'accord. Elle ne l'était toujours pas. Ils ne vivaient pas dans une dictature... Tout le monde l'aurait vu, sinon. Mais les gens continuaient de vivre normalement. La seule différence, c'était les terroristes, qui s'en prenaient à la population, qui tuaient des centaines de personnes dans l'attentat de la March'Bank. Elle était en stage aux urgences, ce jour-là, elle avait vu ce qu'ils avaient fait. Et après, fallait-il s'étonner que le gouvernement durcisse le ton pour les arrêter et protéger la population ? Dans quel mode de pensée James s'était-il embarqué ? Sans savoir par quel bout le prendre, Marlene garda le silence un instant.

- Chéri...

Elle ne savait même pas quoi lui dire tant tout cela lui semblait fou. À ses yeux, il était en véritable choc et avait besoin de se reposer. Il en devenait incohérent.

- James... C'était un accident. C'est horrible et tragique mais c'était juste... un accident. Je sais qu'on a envie de chercher des coupables dans ce cas-là mais...

C'était un banal accident.




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James CarterBriseur de Coeuravatar
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James refusait d’écouter Marlene. Les yeux fixant les journaux éparpillés, il tentait de maîtriser sa respiration et son cœur qui battait la chamade. Il ferma les yeux et plongea son visage dans ses mains alors que la jeune femme venait s’asseoir à côté de lui. Il tressaillit lorsqu’elle lui saisit la main mais ne la retira pas pour autant. Un immense gouffre s’était ouvert en lui et l’aspirait lentement. Il rejouait les derniers mois, observant les évènements à travers ce nouveau prisme.

Lorsque Marlene reprit la parole, il sursauta, releva la tête, pour plonger son regard fatigué dans le sien.

« Marlene… » Il se racla la gorge. « Marlene, je serai tellement heureux que tout cela ne soit qu’un accident. » lâcha-t-il en secouant la tête.

James était intimement convaincu que cet accident n’en n’était pas un ; qu’il s’agissait d’un des nombreux mensonges du gouvernement. Voilà comment Marchebank réglait ses problèmes, voilà à quoi servait sa précieuse milice : à supprimer ceux qui osaient le contredire, ceux qui se levaient pour dénoncer, ceux qui refusaient d’obéir aux ordres. Samantha avait été tuée parce qu’elle avait refusé de déposer un homme à Skye, parce qu’elle avait voulu lui éviter d’être torturé, de mourir dans d’atroces souffrances.

« Tu ne comprends pas… » souffla-t-il en s’écartant d’elle.

Il ne savait même pas où commencer pour lui expliquer l’ampleur des évènements qui se déroulaient actuellement en Angleterre. Il avait passé la nuit à examiner des articles, à comparer les informations qu’il trouvait, à décortiquer les chiffres, les données. Il frotta ses yeux fatigués et poussa un profond soupir.

« Marlene, rien de tout ça ne peut être une coïncidence. Je ne sais même pas comment j’ai fait pour ne pas m’en rendre compte… » Il serra les poings. « Tu as dû le remarquer à l’hôpital, non ? Les blessures ? Les gens qu’on transfère à Skye, du jour au lendemain, et qui ne réapparaissent pas ? Tu penses vraiment qu’on aurait besoin d’envoyer autant de monde dans un hôpital mental ? » insista-t-il en soutenant son regard qu’il sentait sceptique. « Tu sais, ça fait des mois que ça dure… Des gens... » il hésita une nouvelle fois. Mais il avait besoin de parler. « Des gens se sont rassemblés pour former un mouvement résistant. Ceux que Marchebank appellent « terroristes »… Ils cherchent juste à rétablir la paix, à abolir les horreurs que Marchebank a mises en place… »

Le jeune homme secoua doucement la tête.

« Skye n’est pas un hôpital mental. La milice envoie ses prisonniers là-bas et leur fait subir des manipulations mentales pour leur soutirer des informations, jusqu’à les rendre complètement fous, jusqu’à modifier l’essence même de ce qu’ils sont… » il fut pris d’un frisson violent. « Marlene… Aaron Finnigan a été envoyé à Skye. Il est devenu complètement fou, et s’est suicidé après… »

« Je sais que ça te parait fou, Marly. » il eut un petit rire sans joie. « Moi aussi, ça me paraissait inconcevable. Mais c’est parce qu’on n’est au courant de rien. Je sais pas si Marchebank a racheté la Gazette ou je ne sais pas quoi… Mais il n’y aucune information valable dans ce torchon. Et je ne te parle même pas de Multiplette. » grommela-t-il. « Marchebank est vraiment fou. Et la milice… » Un regard vers le journal qui annonçait le décès de son amie remplaça tout à fait les mots qu’il aurait pu avoir et il se contenta de tourner son regard vers sa petite-amie.
Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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Marlene manqua de protester une nouvelle fois « C'est un accident ! » mais décida à la dernière seconde de se taire, refermant la bouche. James ne semblait pas vraiment en état d'entendre des choses rationnelles. Comme si le fait que ce soit un meurtre pouvait être plus rassurant... À ses yeux, il avait besoin de chercher un coupable. Sa mère était morte d'un cancer du sein : lorsque c'était arrivé, pas lorsqu'elle était malade mais après, après son décès, son père avait cherché toutes les causes possibles de ce cancer. L'abus de produit hydroalcoolique parce qu'elle était infirmière, l'allaitement de son petit-frère Balthazar qui avait caché la tumeur pendant des mois... Tout y était passé parce que c'était juste trop dur de se dire que c'était "juste comme ça." Elle avait l'impression que James faisait la même chose. C'était trop bête de mourir comme ça à dix-neuf ans, dans une sortie de route, sans vraiment d'explications. S'il y avait un coupable, on pouvait au moins être en colère contre quelqu'un.

Mais elle n'eut pas le temps d'exposer doucement sa théorie à James, bien qu'elle soit d'avance persuadée que ce dernier ne l'apprécierait pas. Il retira sa main de la sienne pour s'éloigner, ce qui lui pinça le cœur. Elle n'avait pas envie qu'ils se disputent ou qu'ils s'éloignent, elle voulait juste le soutenir dans son deuil.

- Alors explique-moi... murmura-t-elle.

Et il le fit. Il se lança dans un grand discours qui la laissa un peu coite. Il utilisait un vocabulaire qu'on aurait pu croire tiré des blogs complotistes, elle avait lu un article dessus une fois dans The Telegraph... Oui, des gens étaient transférés à Skye pour être soignés sur plusieurs plans, la mémoire ou bien pour un suivi psychiatrique. Et ils ne les revoyaient pas à l'hôpital, pas toujours, mais comme ils ne revoyaient pas le reste des patients à moins qu'ils ne reviennent. Ils ne posaient pas de capteurs sur leurs patients. Elle avait assisté à de nombreux accouchements, fait de nombreuses consultations et elle n'avait pas revu plein de patientes. Parce qu'elles n'avaient pas rendez-vous tout de suite ou faisaient leur suivi dans le libéral ou allaient mieux, tout simplement. Cela ne voulait pas dire qu'elles étaient enfermées quelque part, soi-disant à être malmenées par le gouvernement. C'était de la paranoïa... Et le centre de Skye recevait pas mal de monde parce qu'il avait beaucoup d'attribution, comme pour Sainte-Mangouste. Les sorciers étaient des professionnels de la centralisation. Elle soutint le regard de James, sceptique, mais ne dit rien, sentant qu'il ne recevrait pas bien ses propos.

La chose qu'elle ne put supporter, en revanche, ce fut qu'il appelle les terroristes des "résistants". Son regard se fut plus noir et elle croisa ses bras sur sa poitrine, tendue.

- Ah oui ? s'exclama-t-elle. Rétablir la paix en tuant deux cent personnes dans l'attentat de la March'Bank ? Ce sont des assassins et des terroristes, James, pas des "résistants".

Elle avait vu ce qu'ils étaient capables de faire, elle avait été de celles qui essayaient de panser des plaies dignes d'une guerre, parmi les urgentistes qui tentaient d'arrêter les flots de sang qui s'écoulaient des blessures, qui cherchaient à quelle personne appartenait ce bout de jambe dans l'espoir de lui recoudre, à quelle mère appartenait cet enfant mort, à quel époux annoncer la mort de sa femme. Ils n'étaient pas des résistants, ils ne résistaient à rien, ils détruisaient. Ils avaient tué plus de deux cent personnes ce jour-là, des gens innocents, qui se baladaient, allaient à la banque ou étaient juste là au mauvais moment. Elle était indignée que James ose les qualifier ainsi et surtout, surtout, elle était inquiète qu'il utilise ce vocabulaire. Dans quoi s'était-il embarqué ? Un mauvais pressentiment la tenaillait. Qui lui avait retourné le cerveau pour qu'il puisse penser que ces meurtriers étaient des résistants ? Al-Qaïda se décrivait également comme des résistants anti-américains, lorsqu'ils faisaient exploser des bombes...

- C'est n'importe quoi, décréta-t-elle, échauffée, lorsque James affirma que les gens à Skye subissaient des "manipulations mentales pour leur soutirer des informations". Il ne se passe rien de plus que le travail des Oubliators, comme avant. Et il ne t'est pas venu à l'esprit que Aaron Finnigan a justement été hospitalisé parce qu'il était suicidaire... ?

Elle ne le connaissait pas personnellement mais il n'avait jamais semblé respirer la joie de vivre et les petits papillons. Cette fois-ci, ce fut elle qui fut désireuse de s'éloigner de James et elle se leva du canapé pour faire quelques pas dans la pièce. Elle avait le cœur qui battait un peu vite. C'était plus que fou comme propos, c'était digne d'un conspirationniste "Les américains ne sont pas allés sur la lune en 69". Il y avait tout "ce n'est pas une coïncidence ; les médias principaux n'en parlent pas mais moi je sais ; on dit que ; le gouvernement complote dans notre dos ; on ne nous dit pas tout !". Elle posa ses yeux bruns sur son petit-ami, secouant la tête.

- Tu es complètement irrationnel James... Qui t'as raconté des horreurs pareilles ? C'est n'importe quoi.




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James CarterBriseur de Coeuravatar
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« Tiens, comme c’est pratique, de rejeter sur le dos d’une majorité de personnes en désaccord avec le gouvernement les actes de deux personnes isolées qui n’avaient peut-être rien à voir avec eux ! » cingla James en fronçant les sourcils et en croisant les bras. « Marlene, j’étais à Leopoldgrad, ce jour-là. J’ai vu des choses… » il n’eut même pas besoin de continuer, elle savait très bien de quoi il parlait. Parfois, il en cauchemardait encore la nuit. « Tu sais bien que je ne prendrais jamais la défense de ces gens-là. Jamais. Mais crois-moi quand je te dis qu’il y a des personnes qui résistent, qui font tout ce qu’ils peuvent pour aider les victimes du régime, les faire sortir du pays… » Il adopta un peu plus doux.

James secoua la tête en observant Marlene faire les cent pas devant lui. Il devinait son trouble – mais n’avait-il pas ressenti le même, quelques heures auparavant ? Bien sûr que cela semblait impossible, bien sûr que cela semblait incongru. Le gouvernement ne pouvait pas mentir, ne pouvait pas cautionner de telles choses, n’est-ce pas ? Et puis Leopold Marchebank avait fait de grandes choses pour le monde magique – et il avait même été élu à la majorité, si ce n’était pas une preuve que sa place était légitime ! James les connaissait bien, ces excuses, puisqu’il s’était caché derrière pendant plusieurs mois. Mais à présent, les faits lui semblaient si probants, si évidents…

Mais Marlene, quoiqu’il dise, semblait avoir un argument à lui opposer. Il résista à l’envie d’hausser les yeux au ciel lorsqu’elle mentionna qu’Aaron était peut-être tout simplement suicidaire.

« Le travail des Oubliators n’a jamais été d’entrer dans l’esprit de quiconque pour savoir si oui ou non, on serait prêt à prêter allégeance à Marchebank ! » contra-t-il toutefois. « Marlene, on parle de la mémoire là, de la conscience même d’une personne ! C’est malsain de chercher à y pénétrer. Il y a une raison pour laquelle les Oubliators ont toujours été aussi contrôlés, aussi surveillés ! »

James se leva à son tour mais se dirigea vers le côté opposé de la pièce. Il arpenta le salon quelques instants, et croisa les bras sur sa poitrine. Son regard se fit plus noir avec les dernières paroles de la jeune femme.

« Personne ne m’a rien mis dans la tête. » lança-t-il. « Je suis suffisamment grand pour avoir mes propres opinions… Surtout quand j’ai toutes les informations en mains. » Il soupira, agacé. « Et que fais-tu des pleins pouvoirs de Marchebank ? Du bouclage de Bristol ? De la milice et de ses débordements ? » insista-t-il. « Dis-moi pourquoi, Marlene, je devrais plutôt croire la Gazette du Sorcier à ça ? » il saisit un exemplaire du LiberAvon. « Pourquoi tu penses que les informations y sont moins fiables ? D’ailleurs, tu savais qu’il était interdit de lire, ou de vendre ce journal ? Et celui-ci aussi ? » demanda-t-il en désignant cette fois un exemplaire du Cognard Déchainé. « C’est amusant, parce que, pourtant, la liberté de la presse, c’est quand même la base de la démocratie. » annonça-t-il en reposant le journal sur la table, encore jonchée de papiers.

James haussa les épaules en tournant la tête vers Marlene. Il eut envie de rire en songeant à leur conversation et à son apparence : il était débraillé, avait les cheveux en bataille, les yeux cernés et le visage pâle. Elle devait penser qu’il était complètement fou, qu’on lui avait retourné le cerveau à l’hôpital, ou qu’il avait usé d’une substance illicite et qu’il était en train de faire un bad trip. Elle devait croire qu’il était dans le brouillard, trop choqué par la mort de Samantha pour être conscient des propos qu’il tenait. Mais, en vérité, James n’avait pas été aussi lucide.
Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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- Non mais tu t'entends ?! s'exclama Marlene, véritablement choquée.

Il était en train de prendre la défense des terroristes qui avaient orchestré l'attentat de Leopoldgrad. Évidemment, un attentat de cette ampleur avait été réalisé par deux personnes isolées mais oui bien sûr... Et c'était elle qui croyait à n'importe quoi. Elle ne revenait pas de ce qu'elle entendait, James qui osait dire que bon, tous les terroristes n'étaient pas si méchants. Mais il s'entendait ? Elle aussi, elle avait travaillé avec les victimes, elle avait vu les dégâts causés par le "Kraken", par ces soi-disant résistants. C'était horrible d'essayer de minimiser cela. Et il avait beau dire qu'il ne prenait pas leur défense, cela sonnait tout de même comme tel. Un rire nerveux lui échappa à la mention de "victimes du régime." Ce n'était pas possible, c'était une caméra cachée. Comment pouvait-il tenir ce discours et y croire ? Il était là, il arpentait son salon avec les yeux tirés, visiblement agité, en lui tenant des discours complotistes sur "Les terroristes ne sont pas tous les mêmes." C'était comme si la mort de Samantha l'avait fait disjoncter. Elle s'inquiétait brusquement pour lui, elle s'inquiétait vraiment. Mais que lui arrivait-il ? Elle essaya de tempérer son ton, comme pour le ramener à la raison.

- Mais James, le travail de Skye n'a jamais été de fouiller l'esprit des gens pour savoir s'ils prêtaient allégeance à Marchebank... répliqua-t-elle avec la douceur que l'on réservait aux malades. Ils travaillent sur les traumatismes mémoriels... C'était peut-être malsain d'entrer dans l'esprit des gens mais cette considération avait été tranchée par les sorciers il y a des siècles et des siècles. L'occlumancie et la légilimancie ne dataient pas d'aujourd'hui. Emma envisage de faire appel à Skye pour son traumatisme avec Ana Sorden, et c'est juste une personne normale qui veut aller mieux...

Elle observa James se diriger à l'autre bout de la pièce, les bras croisés et le regard sombre. Sous la lumière du lustre, il apparaissait encore plus fatigué. Marlene tira nerveusement sur les manches transparente de sa robe bleue, qu'elle avait enfilé pour qu'il la trouve jolie ce matin. Et maintenant... Elle avait l'impression de rencontrer quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, un James paranoïaque et nerveux, qui voyait des complots partout et promouvait les terroristes comme des gens bien. Il avait beau dire que personne ne lui avait rien mis en tête, il n'était pas devenu comme ça tout seul... Parce qu'il n'y avait rien de nouveau dans tout cela et elle-même avait une réponse pour tout, qu'elle se retint de donner. C'était vain, elle le sentait. Il n'entendrait pas que les pleins pouvoirs de Marchebank - avec une clause prévue dans la loi d'ailleurs, il ne l'avait pas inventée - étaient justement le résultat des actions terroristes qui secouaient le pays. Ils utilisaient tous les moyens illégaux pour nuire aux gens, il fallait bien que le gouvernement essaye de maintenir la sécurité ! Le blocus de Bristol, c'était simplement pour mieux contrôler les entrées et sorties et essayer de faire baisser la criminalité. Les gens normaux et honnêtes n'avaient aucun souci, ils devaient juste faire la queue mais ils pouvaient passer... Quant aux débordements de la Milice... Quoi, des assassinats imaginaires ? D'abord tous les corps de police avaient des débordements. On appelait cela le monopole de la violence physique légitime. Est-ce que c'était juste ? Non, et peut-être qu'il y avait des choses à faire de ce côté-là mais James déraillait complètement à ce sujet. Mais Marlene se tut, comme pour ne pas raviver les braises.

C'était sans compter son petit-ami qui s'empressa de secouer ce qui semblait être des journaux qu'elle ne connaissait pas. Elle ne savait pas de quoi il parlait ou ce que c'était. Où est-ce qu'il avait bien pu trouver ça ? C'était là-dedans qu'on disait que Samantha Miller avait été assassinée ou que Marchebank était un dictateur ? C'était... les publications des terroristes ? Elle n'osa pas s'approcher ou les saisir pour les lire, comme s'ils allaient la brûler. Sa voix protesta, un peu tremblante.

- Tout comme on interdit les publications nazies ou racistes ! Je ne sais pas ce qu'il y a dedans. C'est quoi, le parfait petit manuel pour réaliser un nouvel attentat ? Mais dans quoi tu traînes, James ?!




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James CarterBriseur de Coeuravatar
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« Ne me parle pas comme si j’étais un patient, Marlene. » cingla-t-il, véritablement agacé par le ton qu’ils employaient tous à Saint-Mangouste pour rassurer leurs patients.

James se redressa pour la toiser de toute sa hauteur, avant de secouer doucement la tête. Cette situation lui donnait envie de s’arracher les cheveux. Marlene ne pouvait pas comprendre. Pire que ça, Marlene ne voulait pas comprendre. Mais est-ce que cela l’étonnait-il vraiment ? Elle ne voulait pas ouvrir les yeux sur ce qu’il lui disait. Il aurait pu lui démontrer par A+B que Marchebank menait une politique qui ne ressemblait en rien à une démocratie qu’elle lui aurait maintenu le contraire. Parce que Marlene était comme ça – elle aimait les choix qu’elle considérait logiques, sécuritaires. Elle avait ce besoin incompréhensible de se conformer aux règles énoncées, d’obéir à ce qu’on lui disait – et là, James reconnaissait bien l’éducation militaire qu’elle avait reçue. Si le gouvernement disait que tout était normal, alors tout était normal. Si le gouvernement lui disait que Skye était une institution légitime, alors elle n’objecterait pas contre ça. Parce qu’elle avait peur, supposa James en dévisageant sa petite-amie. Comme elle avait eu peur lorsque Samantha avait été transformée en loup-garou et qu’elle avait arrêté de la fréquenter ; ce n’était pas normal, alors elle le fuyait.

« Bien sûr, qu’on interdit les publications racistes ou nazies ! » s’exclama James en levant les yeux au ciel. « Mais ça n’a rien à voir ! » Il ne put retenir un rire ironique à la suite des paroles de la jeune fille. « Est-ce que tu pourrais écouter ce que je dis, Marlene ? » insista-t-il cependant. « Ces journaux… Ils remettent surtout en question les réformes de Marchebank, les agissements de la milice envers les citoyens… Et ça, c’est la liberté de presse, tout simplement. Est-ce que, depuis que Marchebank a pris les pleins pouvoirs, tu as trouvé un seul article qui le contredirait, dans la Gazette du Sorcier ? Ou dans Multiplettes ? Non. Et tu trouves ça normal ? Marchebank serait le premier ministre depuis la création du monde à unir la population magique d’Angleterre ? » Il haussa les sourcils pour appuyer son propos, l’air parfaitement sceptique.

Ce n’était pas normal, que la milice ait autant de libertés, qu’il y ait autant de blessés, autant de morts. Et on ne pouvait pas mettre ça sur le dos des contestataires au régime. Il y avait beaucoup plus d’excès de la part de la milice qu’il y avait de résistants extrêmes et engagés, James en était certain. On ne pouvait pas cautionner de la violence de la part des forces de police – c’était, à ses yeux, intolérable.

« Tu penses que si, là tout de suite, j’allais dans les rues de Bristol, pacifiquement, dire que je ne suis pas d’accord avec les réformes de Marchebank, il ne m’arriverait rien ? Que je pourrais simplement expliquer mon point de vue ? S’il-te-plait. » fit-il en secouant la tête. « La milice n’a pas à faire preuve d’autant de violence – sachant que la plupart du temps, elle n’est pas dirigée envers les résistants – ou terroristes, si tu préfères ? – mais envers les citoyens. » James pointa une fenêtre du doigt « Par Merlin, ça se passe sous nos yeux. Et on ne fait rien parce que Marchebank est très fort. Parce que la répression menée par la milice est exercée de manière très intelligente. Parce que ce n’est pas Voldemort qu’on a devant nous, et que, du coup, comme il a fait passer quelques réformes en faveurs des femmes et des créatures magiques, on n’a l’impression que ça rend tout acceptable. » asséna-t-il d’une voix ferme.

Il prit une profonde inspiration et avisa Marlene, à l’autre bout de la pièce.

« Mais t’as raison, visiblement, il n’y a personne qui puisse penser que le régime de Marchebank n’est pas légitime. Personne qui essaie d’œuvrer pour créer un monde plus juste. Seulement des terroristes hein ? Bien sûr. Je vais sûrement aller poser une bombe sous le ministère pour rejoindre leur clan. » lança-t-il avec un regard de défi.


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Marlene ne répliqua rien lorsque James releva le ton qu'elle employait avec lui. C'est vrai, c'était son ton professionnel mais en même temps, il ne réalisait pas le tableau qu'elle avait devant les yeux. Il avait l'air de complètement perdre la tête. Il lui faisait presque peur. Elle recula d'un pas lorsqu'il la toisa de toute sa hauteur - parce qu'il faisait deux têtes de plus qu'elle - et se crispa un peu plus sur place. Leur conversation - si on pouvait appeler cela une conversation - se passait très très mal. Elle avait presque envie de dire stop, pause, pouce et de se blottir dans ses bras et de tout oublier. Mais elle ne pouvait pas. Parce qu'elle était révoltée par ce que disait James, choquée, parce qu'elle ne le comprenait pas et avait l'impression de redécouvrir un énorme fossé entre eux. L'année dernière, ils avaient déjà commencé à discuter de cela puis ils avaient mis le sujet de côté parce que c'était trop difficile et ils n'avaient pas envie de parler de cela. Ils étaient déjà si différents, ils n'avaient pas envie de rajouter un facteur supplémentaire... Alors ils s'étaient tus. Et cette fois-ci, ils n'arrivaient plus à se taire.

- Et on interdit aussi les publications qui invitent à la haine ou la violence, comme celles-là je parie ! Elle avait les mains qui tremblaient un peu. Et je t'écoute ! protesta-t-elle. C'est juste complètement fou, ce que tu dis... C'était même dément et elle était complètement perdue. Si ces journaux étaient juste des journaux d'opinion, alors ils n'auraient pas été interdits, c'est qu'ils devaient faire plus que cela comme cautionner voire encourager les actes terroristes ou les attentats de la March'Bank. Je ne lis pas tous les journaux en détails, James ! s'exclama Marlene avec agacement, mais oui, il doit y avoir ces articles ! Et d'ailleurs oui, il a uni plein de gens parce qu'il a été élu à une large majorité ! Légalement ! D'ailleurs, tu as voté FREE toi-même !

Même pas elle, tiens, elle avait donné sa voix au FMI. Et maintenant, c'était James qui tenait ce discours complètement incohérent, de son air défait, avec ses yeux écarquillés, ses pupilles dilatées, marchant aléatoirement dans la pièce. On aurait presque dit qu'il avait consommé quelque chose. Il en était à croire que s'il sortait dans la rue, il allait se faire agresser.

- Bien sûr que non il ne t'arriverait rien, ne sois pas ridicule. Tu es complètement parano. Elle ne comprenait pas quelle mouche l'avait piquée. C'était véritablement la mort de Samantha qui le mettait dans cet état ? C'était choquant mais... James était dans une véritable crise. Peut-être que si les terroristes n'étaient pas si violents, la Milice le serait moins ! À elle, il ne lui était rien arrivé, à Emma, non plus, à James, non plus, à plein de gens, rien ! Mais il ne se passe rien, James, rien... C'est dans ta tête, avait-elle envie de dire. Tout le monde vit normalement, regarde !

Elle inspira profondément pour se calmer. C'était inutile de crier. Peut-être qu'elle ferait mieux de rentrer et ils reprendraient cette conversation plus tard, lorsqu'il irait mieux. Il était visiblement extrêmement perturbé et cette discussion ne faisait que majorer tout cela. C'était le choc de la mort accidentelle et brusque de Samantha, voilà tout. Mais toutes les bonnes résolutions de Marlene furent ébranlées par la dernière provocation de James, qui la laissa mutique. Elle en eut les larmes aux yeux.

- Comment est-ce que tu peux dire de telles horreurs ? murmura-t-elle.

Et surtout, est-ce qu'il le pensait vraiment ? Est-ce que ces gens lui avaient retourné la tête et l'avait convaincu de les rejoindre et maintenant, il voulait s'en prendre à la société pour renverser le pouvoir ?




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James CarterBriseur de Coeuravatar
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« Pas du tout ! » protesta James lorsque Marlene mentionna des propos qui incitaient à la haine et à la violence. « Eh bien moi, justement, j’ai lu les journaux en détail ! » s’exclama-t-il en désignant la pile qui tenait en équilibre instable sur la table de la cuisine. « Et je peux t’affirmer qu’il n’y a aucun article qui ne contredise ouvertement Leopold Marchebank. Aucun. » La phrase qui suivie eut dont de lui faire lever une nouvelle fois les yeux au ciel. « Et alors ? Oui j’ai voté pour le FREE, qui avait légèrement oublié de préciser dans son programme qu’il comptait conserver les pleins pouvoirs, créer une milice armée, envoyer des gens se faire modifier la mémoire sur une île ! Excuse-moi de ne pas avoir le troisième œil ! »

Il se remit à arpenter le salon, préférant quitter le regard accusateur de sa petite-amie. Il n’avait jamais réalisé à quel point ils étaient différents, à quel point Marlene pouvait être butée et bornée. Il ne pouvait pas supporter qu’elle sous-entende encore et encore qu’il était fou, qu’il était simplement parano, que la mort de Samantha l’avait plongé dans une sorte de crise existentielle. Bien sûr que la mort de Samantha y était pour quelque chose, mais ça n’avait été que le déclencheur de quelque chose de plus grand. C’était un torrent d’émotions qui déferlaient sur lui, sans qu’il ne puisse les retenir ou les analyser.

« Bien sûr, belle mentalité. C’est toujours de la faute des citoyens, hein ? La milice ne peut pas être en tort ? Ce n’est pas parce que le gouvernement la rend légitime qu’elle l’est ! » s’exclama James, à présent tout à fait hors de lui.

Comment ne pouvait-on pas comprendre cela ? Comment cautionner une organisation aussi autonome, aussi dangereuse pour la population magique ? Pourquoi avait-elle foncièrement besoin d’exister, alors qu’il y avait déjà les Aurors, la Police Magique, les Oubliators ? Quelle était son utilité, à part servir le régime et contenter les caprices de Leopold Marchebank ?

« Tu passeras me rendre visite à Skye ? » interrogea-t-il en secouant la tête.

De quoi avait-elle besoin pour ouvrir les yeux sur toutes ces horreurs ? Qu’il aille à Skye, se fasse complètement lobotomiser ?

« Pour te montrer que ton raisonnement ne tient pas la route, Marlene ! » rétorqua-t-il juste après son murmure. « Marlene, tu me connais. Tu sais que je ne ferai de mal à personne. Et pourtant que je persuadé que le régime de Marchebank n’est pas légitime et qu’il s’apparente bien plus à une dictature qu’à la pseudo-démocratie qu’il prône. Et il est hors de question que je laisse passer ça. Je ne peux pas vivre comme ça. » affirma-t-il avec force. Il était hors de question qu’il vive dans un monde où le gouvernement avait assassiné l’une de ses amies sans le moindre scrupule. « Est-ce que je vais aller poser des bombes pour autant ? Bien sûr que non. Est-ce que je suis un terroriste ? Bien sûr que non. »

Il laissa passer un moment de silence, avant de reprendre :

« Partant de ce principe-là, tu peux donc admettre que certaines personnes ont le même raisonnement que moi. Ca ne les rend pas dangereuses pour autant – cela ne justifie pas qu’elles soient envoyées à Skye pour autant. « Les terroristes », c’est un beau coup de communication du ministère pour arrêter chaque personne opposée au régime. » Il se déplaça jusqu’à la cuisine, fouilla parmi les papiers et sortit un exemplaire du LiberAvon. Une photo de Marchebank était à la Une, avec comme titre « La politique Marchebank : les 13 réformes qui ont réduit les libertés de la population. ». « Tu sais comment on appelle ça ? Apologie du terrorisme. Tu trouves ça normal ? »

James passe une main dans ses cheveux et laissa tomber le journal sur la table basse.

« Marlene… Crois-moi ou non, mais il est hors de question que je reste sans rien faire face à tout ça. »
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- Tu as lu tout ça cette nuit ? s'interloqua Marlene en avisant les nombreuses piles de journaux qui recouvraient la table basse et la table de la cuisine.

Cela pourrait aussi expliquer son état de nerfs, s'il était resté éveillé toute la nuit à s'abîmer les yeux sur les caractères sombres. Marlene secoua la tête lorsque James affirma qu'il n'avait trouvé aucun article qui contredisait Marchebank. Peut-être que c'était parce qu'il faisait du bon travail ! Ou bien que les journaux voulaient se faire bien voir ! Elle avait appris en histoire de la magie que sous la gouvernance du Ministre Fudge, la presse était un peu partiale. Est-ce qu'on avait crié à la dictature ? Non. Il y avait l'Ordre du Phénix mais ce n'était pas pareil, c'était pour combattre Voldemort et James l'avait dit lui-même, Leopold Marchebank n'était pas Voldemort. Elle ne comprenait pas ce qui lui passait par la tête, pourquoi il s'énervait autant.

- Le FREE n'avait pas prévu que des bandes de fous furieux allaient tenter de tuer tout le monde ! protesta-t-elle.

Mais c'est comme si elle parlait à un sourd. James recommençait à arpenter le salon comme un lion en cage et Marlene le regardait avec inquiétude. Elle s'apprêtait à faire un pas vers lui, pour faire diminuer la tension, pour le prendre dans ses bras ou attraper sa main et qu'ils se calment tous les deux, lorsqu'il s'en prit directement à elle. Elle fut figée dans son mouvement et prit un coup au cœur. Il était hors de lui. Incapable de répondre, elle se contenta de bafouiller :

- Arrête de me crier dessus !

Elle n'était pas responsable de tout cela, de sa colère, de ce qu'il reprochait au gouvernement, de la mort de Samantha ! Elle était juste passée apporter le petit-déjeuner, qu'ils commencent la journée ensemble... Mais il semblait se défouler sur elle, alternant cris et provocations. Lorsqu'il demanda si elle passerait le voir à Skye, elle secoua la tête. Elle ne rentrerait pas dans ce jeu-là... Mais il enchaînait, menaçant d'aller mettre une bombe sous le Ministère. Comment pouvait-il oser proférer ce genre d'horreurs, avec ce qu'ils avaient vus tous les deux le jour de l'attentat de la March'Bank ? Et il avait beau se justifier en disant que c'était parce que son raisonnement ne tenait pas la route, elle ne reconnaissait pas son James dans ce genre de propos affreux. Ce n'était pas une blague, pas en ces temps troublés... Oui, elle le connaissait. Elle pensait le connaître. C'est juste qu'elle avait l'impression que ce n'était pas la même personne, face à elle. Le James qu'elle connaissait ne plaisantait pas sur le fait d'aller tuer des gens qui avaient juste eu le malheur de travailler au Ministère ce jour-là.

- Je ne sais pas si je te connais ! explosa-t-elle. Tu es là, avec l'air complètement fou, à inventer je-ne-sais-quel-complot, à menacer d'aller poser des bombes sous le Ministère ! James, est-ce que tu t'entends ? Tu t'entends ? Et tu es là à inventer des dictatures et à dire que tu ne peux pas rester comme ça, tu délires ? Et tu lis ces... ces trucs, bégaya-t-elle en désignant de la main le journal que James avait laissé retomber sur la table, des trucs qui ont été écrits par les gens qui ont fait sauter la March'Bank et ensuite, tu es persuadé que c'est les journaux les plus objectifs du monde ? Et arrête de dire que tu ne vas pas rester sans rien faire ! Tu vas faire quoi, hein ? Aller essayer de tuer Marchebank, encore ?




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James CarterBriseur de Coeuravatar
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James croisa les bras sur son torse, fixant Marlene, imperturbable, alors qu'elle laissait exploser sa colère. Peut-être avait-il l'air complètement fou, mais lui, au moins, n'était pas complétement aveugle. Les complots qu'il inventait prétendument, ils existaient réellement. Skye, la milice, tout cela était vrai - et tout cela était terrifiant. Il avait une peur absolue de ce qui l'attendait à présent, mais se sentait résolu à agir, à œuvrer pour libérer leur société de ces injustices ; il était surtout résolu à venger la mort de son amie, coûte que coûte.

"Tu as raison, célébrons le grand et majestueux Leopold Marchebank, son gouvernement juste, sa milice et ses débordements légaux..." ironisa-t-il en baissant la voix. Il secoua la tête, plus furieux qu'il ne l'avait été depuis longtemps. "T'es incapable de m'écouter, t'es incapable de donner la moindre considération à ce que je te dis."

Pourquoi cela semblait si improbable que la milice ait pu tuer Samantha ? Que Skye n'était pas simplement une institution pour la santé mentale ? Pourquoi Marlene ne pouvait-elle pas essayer de comprendre ? Au moins lui laisser le bénéfice du doute ? Tout à sa colère, qui ne cessait de grandir de minute et minute, James poursuivit :

"Si c'était arrivé à n'importe qui d'autre... A moi, ou à Emma, tu ne réagirais pas de la même façon. La vérité, c'est que tu t'en fiches." Il cracha presque ce dernier mot. "Depuis que Samantha a été mordue par un loup-garou, tu lui as tourné le dos, tu l'as abandonné. C'était pas une citoyenne modèle hein ? Elle était quoi au juste pour toi ? Une paria ? Un monstre ? Alors même si c'est de la faute de la milice, tu dois penser que bon, tant pis, ce n'est pas une si grosse perte..."

Il détourna son regard d'elle, littéralement hors de lui. Il était peut-être allé trop loin, mais il était bien trop aveuglé par la tristesse pour s'en rendre compte. Il ne cessait de se repasser les derniers mots qu'il avait échangé avec Samantha, juste avant qu'elle ne parte. Elle le narguait parce qu'il avait perdu contre elle lors de leur soirée Beer Pong ; en toute réponse, il s'était plaint de son appel. La dernière soirée qu'ils avaient passé ensemble lui revint douloureusement en mémoire, alors qu'il revoyait son sourire et sa joie de vivre, sa détermination à gagner leur stupide tournoi. Tout était envolé, maintenant.

"Qu'est-ce que ça peut te faire, qu'elle soit morte ? Tu la détestais !" Il ravala ses larmes en agrippant le dossier du canapé. "Par contre, pour défendre ce putain de Marchebank, alors là, oui ! Qu'il est bienveillant, et sympathique, et en plus il unit la population magique, c'est merveilleux !" James éclata d'un rire sans joie, le cœur meutri.

Il s'éloigna résolument de Marlène, le visage fermé. D'un mouvement de baguette magique, il envoya toutes les coupures de journaux dans sa chambre, dont la porte claqua.

"Tu sais quoi Marlene ? Je pense qu'on ne peut plus continuer." déclara-t-il en vrillant son regard dans le sien. "Puis t'as pas envie de t'associer à un terroriste, hein ?" la provoqua-t-il en haussant les sourcils.


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- J'ai pas dis ça ! protesta encore une fois Marlene lorsque James l'accusa de vouloir célébrer le "grand et majestueux Leopold Marchebank." Il déformait tous ses propos, sans cesse, depuis le début. C'est toi qui ne m'écoute pas ! répliqua-t-elle. Tu tournes en ridicule tout ce que je dis !

Mais ce n'était pas le pire. Animé d'une vive colère, James se dressait face à elle et Marlene sentait peu à peu le courage l'abandonner. Lorsqu'il lança qu'elle s'en fichait, de la mort de Samantha, lorsqu'il lui cracha ça à la figure avec un tel mépris, elle recula d'un pas, les larmes aux yeux. Ce n'était pas vrai ! Samantha et elle ne s'entendaient pas, c'est vrai mais elle ne s'en fichait pas de sa mort, elle n'était pas contente qu'elle soit morte ! C'était un accident et c'était injuste et brusque mais elle n'avait jamais souhaité ça et elle ne célébrait pas ça. Elle n'avait jamais pensé que c'était mérité ou quoi que ce soit dont James l'accusait. Elle sentit les larmes basculer sur ses joues, sans pouvoir les arrêter, alors qu'elle reculait encore.

- C'est pas vrai ! hoqueta-t-elle.

James pensait ça d'elle ? Que tout ce qu'elle allait faire, c'était célébrer la mort de Samantha parce qu'elles ne s'entendaient pas ? Marlene pleurait à chaudes larmes alors qu'il se détournait d'elle. Après dix-huit mois de relation, c'était tout ce qu'il pensait d'elle ? Il avait dit qu'il était amoureux d'elle, qu'il voulait vivre avec elle. Ils s'étaient dit qu'ils achèteraient une maison et qu'un jour, ils la rénoveraient ensemble et c'était toute l'opinion qu'il pouvait avoir d'elle ? Il continuait de lui crier dessus, qu'elle la détestait de toute manière. Marlene enfouit son visage dans ses mains. Elle avait les jambes qui tremblaient, elle avait besoin de s'assoir. Elle ne répondit même pas à son énième provocation sur Marchebank. À quoi bon ? Il n'écoutait même pas ce qu'elle avait à dire, il avait déjà son avis tout fait sur elle et il était bien noir. Depuis quand ? Depuis toujours ? Même quand ils s'étaient mis ensemble, il n'avait jamais changé d'avis sur elle ? Alors quoi, il s'était moqué d'elle tout ce temps là dans son dos ? Il n'avait jamais été amoureux d'elle ?

La porte de sa chambre claqua et elle crut un instant qu'il s'y était enfermé. Mais quand elle enleva ses mains de son visage, il était encore là. Seuls les journaux avaient disparu. Il la regardait comme il ne l'avait jamais regardée. Elle eut l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Les mots qu'il prononça furent comme un coup de poignard en plein cœur. Je pense qu'on ne peut plus continuer. Qu'est-ce que ça voulait dire, ça ? Que c'était fini, ça y est ? Qu'ils ne pouvaient plus continuer à être un couple comme ça, du jour au lendemain ? Marlene sanglotait tellement qu'elle n'arrivait même plus à parler. La provocation de James fut comme un coup d'épée dans l'eau : elle ne l'entendit même pas.

- Tu romps avec moi ? sanglota-t-elle.




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Les larmes qui affluèrent sur les joues de Marlene eurent don de faire descendre instantanément la colère de James. Il la sentit refluer, le laissant comme vidé de toute émotion. Il eut un geste vers elle, mais son bras retomba mollement le long de son corps. Il regrettait peut-être ce qu'il avait dit - il avait sûrement était trop loin dans ses propos - mais il n'en pensait pas moins. Si la victime avait été Emma - ou même lui ! - alors Marlene ce serait intéressé de plus près aux faits, aux incohérences. Si seulement il pouvait lui prouver qu'il avait raison, lui montrer que le régime de Marchebank était louche...

James retint un soupir à la question de Marlene, alors qu'il sentait ses propres larmes lui monter aux yeux. Il cligna plusieurs fois des yeux pour les chasser. Appuyant avec ses paumes de mains sur ses paupières, il secoua doucement la tête. Puis, doucement, il osa un regard vers la jeune femme.

Leurs différences, qu'il avait si bien accepté, au fil du temps, qu'il avait même appris à aimer, lui semblaient maintenant parfaitement incompatibles. Il savait que Marlene ne pourrait pas accepter qu'il s'engage dans la résistance : il savait qu'il ne supporterait pas qu'elle continue à fermer les yeux sur les agissements de la milice. Il était en quête de vérité ; elle voulait simplement continuer de mener sa vie. Il voulait se battre ; elle voulait soigner. Il voulait hurler sa fureur contre Marchebank ; elle continuait à le défendre. Quelque chose s'était brisé entre eux, James pouvait le sentir, c'était presque palpable. Ils avaient trop longtemps repoussé le moment où ils discuteraient de choses réellement importantes, même si certains signes auraient pu le prévenir de l'issue de cette conversation.

James ne pouvait plus lui apporter ce qu'elle désirait - confort, stabilité, sécurité. Marlene ne pouvait plus lui donner ce qu'il souhaitait non plus. Ils étaient dans une impasse. Une impasse qui lui semblait insurmontable, un obstacle de trop qu'il ne pouvait pas franchir, pas juste après le meurtre de Samantha, pas juste après tout ce qu'il avait appris sur le régime, sur la milice. C'était trop, beaucoup trop, et il n'avait pas le courage de se battre avec Marlene à cela. Il ne pouvait pas, plus ; c'était au-dessus de ses forces, et au-dessus de sa volonté.

"Oui." souffla-t-il alors que ses yeux se remettaient à le piquer.

Il prenait compte, au fur et à mesure, de ce que sa décision impliquait. Un poids sembla lui tomber sur le coeur.

"Oui." reprit-il, un peu plus fort, mais d'une voix plus douce. "Marlene, tu ne cautionneras jamais que je m'engage auprès de la résistance. Jamais. Et moi... Moi je n'arriverai pas à vivre avec quelqu'un qui voit le régime de Marchebank comme une démocratie." expliqua-t-il douloureusement.

Et il avait besoin d'espace, ajouta-t-il intérieurement. Il avait besoin d'espace pour gérer la disparition de Samantha, pour faire son deuil, pour faire disparaitre la rage qui l'habitait. Il avait besoin d'être seul.


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James hocha la tête. Marlene sentit son cœur tomber comme une pierre.

Elle croisa son regard plein de pitié et elle eut envie de fuir très loin, de ne plus jamais revenir ici, de ne plus jamais revoir ce regard désolé. À la place, elle eut juste un sanglot bruyant et enfouit son visage dans ses mains pour étouffer ses larmes. Non, elle ne voulait pas rompre, elle ne voulait pas que ce soit fini. Elle voulait que rien ne se soit passé et que tout aille bien et se blottir dans ses bras et qu'il lui dise que cela ira. Elle ne voulait pas rompre, elle ne voulait pas qu'ils se séparent. Elle regrettait tout ce qu'elle avait dit, elle regrettait d'être venue ici ce matin parce que si elle n'était pas venue, alors ils n'auraient pas parlé, alors James ne voudrait pas rompre avec elle. Ses oreilles bourdonnaient et ses jambes étaient faites de coton. Elle aurait voulu crier. Elle sanglotait.

James confirma qu'il voulait rompre. Une fois. Deux fois. Elle avait entendu ! voulait-elle hurler. Elle avait compris. Il n'avait pas besoin d'enfoncer le couteau dans la plaie, encore et encore. Elle avait l'impression qu'elle ne s'arrêterait jamais de pleurer. C'était comme un trou béant dans sa poitrine. Elle secoua la tête lorsqu'il reprit la parole d'une voix douce parce qu'elle ne voulait pas l'écouter, elle ne voulait pas qu'il continue de lui parler. Tout ça parce qu'ils lui avaient lavé le cerveau et que maintenant, il pensait toutes ces choses et voulait rejoindre ces terroristes ! C'était leur faute tout ça. Ils avaient tout brisé. Elle les haïssait.

Brusquement, ce fut comme si tout était insupportable. Être dans cet appartement familier, être face à James, le voir, l'écouter. Elle voulait partir très loin et tout oublier et ne plus jamais penser à lui et ne plus jamais le voir et ne plus jamais jamais jamais entendre parler de lui parce que c'était beaucoup trop douloureux et parce que sa tête explosait et que son cœur souffrait et qu'elle ne pouvait plus respirer ou penser ou parler. Elle fit quelques pas pour récupérer sa veste qu'elle avait abandonnée sur le dossier du fauteuil en arrivant, sans même regarder James, les joues toujours humides, les larmes coulant toujours. Et ses yeux tombèrent sur le petit sachet de viennoiseries qu'elle avait acheté ce matin, ce bête petit sachet qu'elle avait acheté en étant de bonne humeur, parce qu'elle venait le voir. Parce qu'elle allait se glisser dans son lit, parce qu'ils allaient s'embrasser et commencer la journée ensemble. Il lui dirait qu'elle était jolie dans sa robe bleue et lui raconterait sa journée de travail d'hier. Ils auraient mangé des viennoiseries.

Sa main se referma sur le petit sachet. Et soudain, en un sanglot, elle le balança de toutes ses forces vers James. Il n'atteint même pas sa cible.

Aveuglée par les larmes, bouleversée, Marlene quitta l'appartement en courant, claquant la porte de l'appartement derrière elle. Elle manqua de se tordre la cheville sur la dernière marche de l'escalier, poussa la porte et se retrouva dehors. Pourtant, elle était toujours incapable de respirer.




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James était longtemps resté assis, les yeux rivés sur la porte que Marlene avait claqué un instant - ou une éternité ? - plus tôt. Après son départ précipité, il s'était laissé tomber sur le canapé et n'avait pas bouger depuis. Il ne savait même pas combien de temps s'était écoulé car rien, ni la faim, ni le sommeil, ne l'avait poussé à quitter la pièce.

Toujours aussi stupéfait, il baissa le regard vers le sol et sa nuque endolorie lui arracha une grimace douloureuse. Il ferma les yeux et plongea sa tête dans ses mains, las. Les yeux clos, il s'autorisa un bref soupir, tandis que le silence se faisait de moins en moins pesant. Dans cette position-là, se soustrayant à la contemplation de la pièce, James n'aurait même pas pu affirmer que la scène qu'il venait de vivre n'était pas une simple illusion. C'était improbable, que Samantha soit morte. C'était improbable, que Marchebank ne soit pas le ministre qu'on dépeignait dans les journaux. C'était improbable, Skye, la milice, la résistance. C'était improbable, sa rupture avec Marlene. Son coeur, lourd, se serra un peu plus.

Mais, dès qu'il ouvrit les yeux, la vérité lui sauta à la figure. Tout était réel. A sa gauche, la table où il avait passé la nuit à décortiquer des articles de journaux. A sa droite, le canapé dont il avait serré si fort le dossier pendant sa dispute avec Marlene. Par terre, le paquet de viennoiseries que Marlene - sa jolie Marlene en robe bleue - avait apporté. En face, la porte qu'elle avait définitivement claqué.

Tout était vrai ; la mort de Samantha, Marchebank, Skye, la milice, le Lexit, Marlene. Il avait l'impression d'avoir fait un saut dans le temps - comme si, en vingt-quatre heures, il avait pris dix ans. Tout ce qu'il avait lu sur le gouvernement ne cessait de lui revenir en mémoire par flash, si rapidement qu'il cru devenir fou. Il se sentait essoufflé et terrifié. Le pire, sûrement, c'était qu'il n'avait personne pour partager cette peur ; personne à qui se confier ; personne à qui parler.

Des bribes de sa dispute avec Marlene résonnèrent à ses oreilles, alors qu'il se levait, chancelant. Il avait été atroce, réalisa-t-il un peu trop tard. Mais elle... Elle n'avait pas été mieux. Marlene savait - ou du moins, elle aurait dû savoir ! - qu'il n'était pas fou - qu'au contraire, il était quelqu'un de plutôt rationnel. Il était loin d'être l'homme qui voyait le mal partout - la preuve, il lui avait fallu des mois pour se rendre compte des dysfonctionnements du régime Marchebank. Par Helga, il était un Poufsouffle - il faisait partie des personnes les plus gentilles de cette planète ! Elle aurait dû savoir - ou au moins concevoir - qu'il ne cherchait pas à inventer un complot, à détourner la vérité, à se laisser embrigader par il ne savait quel courant de pensée. Elle le connaissait mieux que tout le monde - peut-être même aussi bien que Grady - comment avait-elle pu penser une chose pareille de lui ? Qu'il comptait se venger de Marchebank en s'associant à des terroristes ? Sérieusement ?

Une nouvelle bouffée de colère l'envahit, alors qu'il cherchait son sweat "Proud to be an Hufflepuff". Ne parvenant pas à mettre la main dessus, il grogna, et enfila à la place une veste en cuir usé par dessus son tee-shirt blanc. Chaussant ses baskets, il attrapa ses clés et sortit sans un regard en arrière.

Marlene ne l'avait pas entendu, pas écouté ; l'avait-elle fait un jour ? Ou se contentait-elle de le voir toujours comme le Poufsouffle trop niais, trop simple d'esprit pour pouvoir avoir ses propres opinions et ses propres convictions ? Avait-elle un jour cessé de le considérer comme un "boulet", comme elle s'était plu à lui faire remarquer plusieurs fois, avant qu'ils ne sortent ensemble ? Il grommela, les mains dans les poches, en s'enfonçant dans Bristol ; du pied il envoya valser un caillou contre le rebord du trottoir. Parfait, songea-t-il en clignant des yeux, elle n'aurait plus à s'encombrer de qui que ce soit - ni boulet, ni opposant à Marchebank. Et lui n'aurait plus à supporter sa fermeture d'esprit et son petit air suffisant.

Bordel. Ça faisait un mal de chien.

[RP TERMINE]


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Jolene | James & Marlene

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