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 Une concession se fait toujours à deux (Isobel)

Constantine ÉgalitéMême moi je sais pas ce que je faisEn ligneavatar
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Dernière édition par Constantine Égalité le Lun 17 Sep 2018 - 0:30, édité 1 fois
6 Décembre 2010

Je n'avais jamais eu, de mémoire d'homme - et pour ce que ma mémoire mérite de citations - aucun attrait pour le communication en grand. Il me semblait avoir toujours œuvré dans l'ombre, avec une forme de retenue propice à mon confort, qui me semble avoir été interprété à tort comme une sorte de timidité.  

De timidité, je n'en ai pas, et n'en ai jamais eu. Mais attirer l'attention génère toujours un lot de déconvenues et de fatigue que j'estime encore aujourd'hui avoir tout intérêt d'éviter. S'il ne me semble pas avoir jamais ressenti de gêne à prendre la parole, à m'exprimer en public, ou à sentir sur moi les regards et l'attente, on m'a fait comprendre relativement tôt que mon caractère manquait par nature de tact, et d'une certaine forme de diplomatie qui m'aurait peut-être permis d'éviter certains désagrément.

Il paraît que je n'ai pas de filtre.

Ce n'est pas l'exacte vérité.

Sans filtre, on ne survit pas en politique. Si je n'en disposait pas à ma convenance, je n'aurais probablement pas tenu deux jours au sein du Département des Mystères, où chaque mots comptes, où chaque information dispose de son propre vocabulaire pour être toujours sûr d'en dire suffisamment, sans jamais en dire trop. Sans filtre on ne passe pas d'accords, on n'équilibre pas ses chances, on ne conserve aucun secret. Mon filtre à moi existe, il est là, bien présent.

Seulement, il est excessivement défectueux face à la presse.

Je reconnais, certes, être disposé à me comporter comme un goujat en public. Je n'y peux rien. C'est comme un réflexe d'enfance, lorsqu'on m'impose une situation que je déteste, je me sens comme un devoir moral de faire en sorte que la terre entière sache que je ne passe pas un bon moment. Or excusez, mais pourquoi ne pas partager ce sentiment ? Quelle injustice ferait que je sois obligée de supporter ces épreuves inutiles, en étant le seul à en pâtir ? Alors voilà, je me dis, tiens, et si au lieu de s'ennuyer à mourir au fond de ce formidable fauteuil en cuir de lézard ciré, je faisais en sorte d'animer un peu la discussion en balançant une belle saloperie, pour voir ?

Évidemment, ce nouveau jeu n'est pas du goût de tout le monde.

Il faut dire qu'avant… Je ne sais plus la date exacte. Pendant longtemps, j'ai été chercheur. Il est rare, lorsqu'on est chercheur au Département des Mystères, qu'on vous invite à venir faire des ronds de jambes pour entretenir le temps libre du peuple. En tant que sous-directeur, j'ai été plutôt dédaigné aussi, au point de prendre goût, réellement, au fait de regarder par-dessus l'épaule de mes supérieur tout en grignotant les miettes de pouvoirs qu'ils égrainaient malgré eux. Et puis bon, un jour, comme ça, il se trouve que je suis devenu Directeur. Il paraît que lorsqu'on est Directeur avec une majuscule d'un Département qui en compte encore deux, sous l'égide de Leopold qui, pourtant, se satisfait très bien tout seul de dispenser son joli sourire partout, il faut se montrer.

A présent, je dispose d'un service de com.

Et je crois très honnêtement qu'ils ne m'aiment pas trop.

Introduit dans l'open-space florissant où officie d'Isobel Lavespère, chez qui je me suis rendu avec une bonne demi-heure de retard, je regarde négligemment les allers-venus fourmillants de ce département énigmatique, pris dans le tourbillon du bruit et de l'excitation ambiante qui n'a rien n'à voir avec ce que je vis au quotidien. Les mains croisés dans le dos, j'admire avec un certain respect ceux qui, attablés à leur bureau, tentent de réaliser un rapport ou rédiger une note correcte au milieu du bruit et de l'agitation, sans bien comprendre quelle genre de magie est à l'œuvre pour leur permettre de se concentrer. Je tiens à garder un air parfaitement détaché de la situation, alors que je me sens en vérité comme un sale gosse mal élevé, plié sous le regard encombrant d'Isobel, alors que je m'approche de la porte de son bureau. Elle me fait un peu l'effet permanent d'une porte qu'on me claquerait à la figure, mais avec un effort pour ne pas la casser sur ses gonds. Elle est l'une des rares en vérité pour qui j'accepte de me plier aux exigences du mensonge de la communication, et qui parvient à m'extirper - certes jamais à l'heure - du Département où je me terre le reste du temps par habitude et par plaisir. D'un geste lent et pleins de mauvaise volonté, je pousse la porte et m'immobilise sur le seuil, en considérant l'habilité qu'elle a eu de se réserver un espace clos au milieux de tout ce bordel.

- Tu es sure qu'on doit en passer par là ? " Dis-je en m'immobilisant après une hésitation de circonstance, sans trop savoir pour quelle raison exacte je devais la voir, et en ayant parfaitement oublié de noter quoi que ce soit sur mon agenda. " Loin de moi l'idée de nuire à l'image du ministère, mais tu sais que ça risque de mal finir. " Je pourrais faire un effort, évidemment. Je pourrais faire une effort mais je préfèrerait nettement être en train de travailler, alors je cherche probablement à faire en sorte qu'on ne me rappelle plus jamais pour ce genre d'exercices. Je sais que ça fatigue Isobel, mais hé. Chacun son métier. " Quel que soit la raison pour laquelle vous avez besoins de moi, par ailleurs, je peux te garantir que ça ne va pas donner un super résultat. " Je me décale promptement pour laisser passer ce qui ressemble à une très jeune interne, les bras chargés de dossiers. Pressé par l'agitation dans mon dos, je pénètre enfin dans la pièce en refermant derrière moi. " On devait se voir pourquoi déjà ? Une interview ? Je ne leur ai pas déjà tous dis ?" Je pourrais faire un effort mais en ai-je vraiment envie ? "Je ne referai pas de séances photos."
Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Isobel gérait des politiciens depuis des années. Alors elle avait appris quelques petits trucs, selon les personnalités. Il y avait ceux qui avaient toujours besoin d'être flattés et rassurés, alors un joli sourire était nécessaire, ceux qui pensaient savoir mieux que tout le monde, alors il fallait aller dans leur sens et leur expliquer subtilement les choses. Et puis il y avait les électrons libres. Constantine Égalité était un électron libre. Un élément de chaos. Un lutin de Cornouailles. Un sacré troll. Il n'était jamais coopératif, on disait rouge, il disait blanc et le problème était qu'il disait blanc lors de l'émission matinale de la RITM alors que des millions de sorciers écoutaient et cela donnait juste des envies de suicide collectif au service communication. Son collègue Albert avait menacé de s'étouffer avec sa cravate s'il devait gérer de nouveau une interview réalisée par le Directeur du Département des Mystères. Alors Isobel s'y collait, parce qu'elle n'avait pas peur des défis et aussi parce qu'elle avait un prêt étudiant de 180 000 dollars sur le dos, qu'elle remboursait encore, qui attestait qu'elle avait été diplômée d'une prestigieuse université américaine. Si cela ne servait pas dans ce genre de situations, alors à quoi bon ?

Alors lorsqu'ils avaient reçu une demande d'interview par The Salem Post, un célèbre journal national américain, Isy avait pris les choses en main et avait donné rendez-vous à Monsieur Égalité, il y a une demi-heure. Dans la liste des choses que Isobel n'aimait pas - et Dieu savait qu'elle était longue - il y avait le retard. Elle détestait le retard. Elle ne le montrait pas évidemment, quand il s'agissait de ses supérieurs hiérarchiques mais les oreilles averties pouvaient entendre la pointe de son talon aiguille grincer sur le sol. Elle consulta une énième fois sa montre et eut un soupir agacé en songeant qu'elle allait devoir écourter leur entretien parce qu'elle avait ensuite une réunion pour préparer la réunion de service qui avait lieu la semaine prochaine. Elle était en train de relire un communiqué de presse dont elle avait rayé plusieurs mots lorsque la porte de son bureau s'ouvrit lentement. Le Directeur de Département était sur le pallier. Hum, frapper, c'était pour les hiboux ? Mais Isobel eut son sourire commercial et se leva pour l'accueillir, malgré sa réticence à entrer. Elle avait oublié qu'il la tutoyait. Volontairement, elle prit le pied inverse.

- Monsieur Égalité, entrez, allez-y, installez-vous.

Il avait l'air d'aller à l'abattoir, mais ce n'était pas grave. Le bureau d'Isobel était joliment propret, elle avait une fausse plante dans un coin, une fenêtre artificielle qui indiquait le ciel gris londonien et de la moquette qui s'enroulait autour de ses talons. Face au pauvre Directeur qui avait l'air terrifié, elle secoua la tête.

- Mais non, ça ne finira pas mal, Albert avait ses méthodes, j'ai les miennes, assura-t-elle.

Les choses se passerait très bien, parce qu'elle l'avait décidé et qu'il était bien connu que le diable s'habillait en Prada. Il entra dans la pièce en refermant la porte derrière lui et Isy s'assit légèrement sur le côté de son bureau.

- Une interview, oui, mais une interview américaine, c'est tout à fait différent.

Une interview rediffusée par PearOne, même, mais elle n'allait pas le préciser tout de suite, de peur qu'il fuit.

- Les photos sont très bien, assura-t-elle en secouant la main avec indulgence, un tantinet Norman Bates (elle comptait sur le fait qu'un sorcier ne possède pas cette référence, pour le bien de sa carrière) mais ça colle parfaitement à l'image du Département. Asseyez-vous donc. Un thé ?



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Constantine ÉgalitéMême moi je sais pas ce que je faisEn ligneavatar
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Isobel me gratifie d'un sourire que Gilderoy Lockheart lui-même n'aurait pas osé affirmer. Brillant, très large, et digne d'un emballage qui, s'il n'était fait exception du léger rictus que je surprends et qui disparaît avec la promptitude d'une étoile filante, pourrait me faire croire que tout va bien dans la vie d'Isobel Lavespère. Je lui rend affablement son sourire en y mettant à peu près autant d'énergie que si je devais saluer un ancien mangemort : un peu forcé, faussement contrit, et avec le désir pressent d'en finir vite.

A son invitation, je m'avance dans le bureau en jetant un coup d'œil autours de moi, impliquant dans mon étude la stature droite et fière d'Isobel, plantée sur des talons qui s'enfoncent dans la moquette moelleuse, le regard brillant et directe. Je la trouve instantanément sympathique, avec son air absolument commercial qui dessine autours d'elle une façade en contreplaquée relativement désagréable, et j'ai la certitude qu'elle s'est donné une tâche à accomplir, du genre dompter mon imprévisibilité avant la fin de la semaine. Ses défis personnels me laissent passablement indifférents, et j'ai bien l'intention de continuer à agir comme je l'ai fait jusqu'à maintenant. En jetant un coup d'œil à la fenêtre qui diffuse des auréoles de lumières grises dans le bureau, et en me faisant vaguement la remarque que je n'ai pas vu, peut-être, le ciel depuis un peu trop longtemps pour mon propre bien, je la mets en garde.

- Mais non, ça ne finira pas mal, me répond t-elle doucement avec une certitude touchante. Albert avait ses méthodes, j'ai les miennes.
- Ha… ! " Ce bon vieux Albert a rendu le tablier si vite que je suis presque sur le point de livrer des excuses, mais je ne peux qu'émettre un sourire franchement amusé à la place. " Je suis navré qu'il ait affaire ailleurs. Je commençais tout juste à sentir entre nous cette alchimie particulière qui, j'en suis certains, m'aurais enfin permis de comprendre ce que vos services attendent de moi. " Vraiment la raison de mon exposition aux divers médias du monde magique me dépasse totalement. J'ai soudain un éclair de consternation. " Il ne s'est pas fait virer par ma faute, j'espère ? " Je sais avec certitude qu'il me fuis depuis cette histoire de matinale, et il est vrai que le teint crayeux, l'exaspération terrorisée que j'avais trouvé dans son regard en sortant de cette épreuve m'avait fait craindre un début de crise de nerfs. Or, il faut savoir que si je n'ai aucun goût pour le fait de m'exposer publiquement, j'aimais bien Albert et ne lui souhaite pas de terminer en dépression.  

A priori.

Lentement, je hausse un sourcil à l'intention d'Isobel qui s'est assise sur le coin de son bureau, en m'épargnant un regard mal placé pour le fuseau de ses jambes. " Ah bon. Qu'est-ce que ça a de différent, exactement ? Deux fois plus de politiquement correcte ? " Bon sang si j'avais su qu'en plus on comptait sur moi pour transvaser une image stupide à l'international, je ne me serai pas contenté de trente minutes de retard : je ne serais jamais venu.

Vraiment, le travail d'une langue-de-plomb n'a jamais été de faire le singe devant des enregistreurs de tous types pour rassurer la population sur le fait que, vraiment, nous menons des recherches éthiques main dans la main avec le gouvernement dans l'espoir d'apporter au monde sorcier un meilleur mode de vie.

On se fou du monde sorcier à petite échelle. Et nos recherches n'ont basiquement pas grand-chose d'éthique, si on regarde bien. Mais ça évidemment, il n'est pas question d'en parler. "Les photos sont très bien, un tantinet Norman Bates, mais ça colle parfaitement à l'image du Département, conclu-t-elle. J'ai la vague certitude qu'elle ne vient absolument pas de me faire un compliment, et je lui jette un regard impassible avec un rictus qui pourrait laisser penser que j'ai compris la référence.  " Asseyez-vous donc. Un thé ? " " Café, " lâche-je en me laissant tomber dans un fauteuil pour répondre à son invitation. Je la scrute un moment en silence avant de laisser échapper un soupir résigné. " L'image du Département. Vous avez conscience que ça n'a aucun sens. Vous tentez de faire parler quelqu'un qui a appris à se taire toute sa vie. " Dans le fond, cette contradiction m'exaspère. " Je ne cherche pas particulièrement à rendre ton travail difficile, simplement le paradoxe entre l'éthique et ce que vos… Nouveaux principes de communications exigent est assez… Comment dire ça poliment. " Je ne cherche pas à le dire poliment, convaincu qu'elle a absolument compris le fond de ma pensée, et bien conscient à la fois qu'en vérité, elle n'y peut pas grand-chose. Isobel se contente probablement de faire son job. Doucement, je rejette la tête en arrière pour chercher de l'œil le coin de fenêtre que mon regard perçoit dans l'angle du fauteuil, derrière moi. " Bon. Explique moi ce que veulent tes Américains. "
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