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 Une concession se fait toujours à deux (Isobel)

Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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Dernière édition par Constantine Égalité le Lun 17 Sep 2018 - 0:30, édité 1 fois
6 Décembre 2010

Je n'avais jamais eu, de mémoire d'homme - et pour ce que ma mémoire mérite de citations - aucun attrait pour le communication en grand. Il me semblait avoir toujours œuvré dans l'ombre, avec une forme de retenue propice à mon confort, qui me semble avoir été interprété à tort comme une sorte de timidité.  

De timidité, je n'en ai pas, et n'en ai jamais eu. Mais attirer l'attention génère toujours un lot de déconvenues et de fatigue que j'estime encore aujourd'hui avoir tout intérêt d'éviter. S'il ne me semble pas avoir jamais ressenti de gêne à prendre la parole, à m'exprimer en public, ou à sentir sur moi les regards et l'attente, on m'a fait comprendre relativement tôt que mon caractère manquait par nature de tact, et d'une certaine forme de diplomatie qui m'aurait peut-être permis d'éviter certains désagrément.

Il paraît que je n'ai pas de filtre.

Ce n'est pas l'exacte vérité.

Sans filtre, on ne survit pas en politique. Si je n'en disposait pas à ma convenance, je n'aurais probablement pas tenu deux jours au sein du Département des Mystères, où chaque mots comptes, où chaque information dispose de son propre vocabulaire pour être toujours sûr d'en dire suffisamment, sans jamais en dire trop. Sans filtre on ne passe pas d'accords, on n'équilibre pas ses chances, on ne conserve aucun secret. Mon filtre à moi existe, il est là, bien présent.

Seulement, il est excessivement défectueux face à la presse.

Je reconnais, certes, être disposé à me comporter comme un goujat en public. Je n'y peux rien. C'est comme un réflexe d'enfance, lorsqu'on m'impose une situation que je déteste, je me sens comme un devoir moral de faire en sorte que la terre entière sache que je ne passe pas un bon moment. Or excusez, mais pourquoi ne pas partager ce sentiment ? Quelle injustice ferait que je sois obligée de supporter ces épreuves inutiles, en étant le seul à en pâtir ? Alors voilà, je me dis, tiens, et si au lieu de s'ennuyer à mourir au fond de ce formidable fauteuil en cuir de lézard ciré, je faisais en sorte d'animer un peu la discussion en balançant une belle saloperie, pour voir ?

Évidemment, ce nouveau jeu n'est pas du goût de tout le monde.

Il faut dire qu'avant… Je ne sais plus la date exacte. Pendant longtemps, j'ai été chercheur. Il est rare, lorsqu'on est chercheur au Département des Mystères, qu'on vous invite à venir faire des ronds de jambes pour entretenir le temps libre du peuple. En tant que sous-directeur, j'ai été plutôt dédaigné aussi, au point de prendre goût, réellement, au fait de regarder par-dessus l'épaule de mes supérieur tout en grignotant les miettes de pouvoirs qu'ils égrainaient malgré eux. Et puis bon, un jour, comme ça, il se trouve que je suis devenu Directeur. Il paraît que lorsqu'on est Directeur avec une majuscule d'un Département qui en compte encore deux, sous l'égide de Leopold qui, pourtant, se satisfait très bien tout seul de dispenser son joli sourire partout, il faut se montrer.

A présent, je dispose d'un service de com.

Et je crois très honnêtement qu'ils ne m'aiment pas trop.

Introduit dans l'open-space florissant où officie d'Isobel Lavespère, chez qui je me suis rendu avec une bonne demi-heure de retard, je regarde négligemment les allers-venus fourmillants de ce département énigmatique, pris dans le tourbillon du bruit et de l'excitation ambiante qui n'a rien n'à voir avec ce que je vis au quotidien. Les mains croisés dans le dos, j'admire avec un certain respect ceux qui, attablés à leur bureau, tentent de réaliser un rapport ou rédiger une note correcte au milieu du bruit et de l'agitation, sans bien comprendre quelle genre de magie est à l'œuvre pour leur permettre de se concentrer. Je tiens à garder un air parfaitement détaché de la situation, alors que je me sens en vérité comme un sale gosse mal élevé, plié sous le regard encombrant d'Isobel, alors que je m'approche de la porte de son bureau. Elle me fait un peu l'effet permanent d'une porte qu'on me claquerait à la figure, mais avec un effort pour ne pas la casser sur ses gonds. Elle est l'une des rares en vérité pour qui j'accepte de me plier aux exigences du mensonge de la communication, et qui parvient à m'extirper - certes jamais à l'heure - du Département où je me terre le reste du temps par habitude et par plaisir. D'un geste lent et pleins de mauvaise volonté, je pousse la porte et m'immobilise sur le seuil, en considérant l'habilité qu'elle a eu de se réserver un espace clos au milieux de tout ce bordel.

- Tu es sure qu'on doit en passer par là ? " Dis-je en m'immobilisant après une hésitation de circonstance, sans trop savoir pour quelle raison exacte je devais la voir, et en ayant parfaitement oublié de noter quoi que ce soit sur mon agenda. " Loin de moi l'idée de nuire à l'image du ministère, mais tu sais que ça risque de mal finir. " Je pourrais faire un effort, évidemment. Je pourrais faire une effort mais je préfèrerait nettement être en train de travailler, alors je cherche probablement à faire en sorte qu'on ne me rappelle plus jamais pour ce genre d'exercices. Je sais que ça fatigue Isobel, mais hé. Chacun son métier. " Quel que soit la raison pour laquelle vous avez besoins de moi, par ailleurs, je peux te garantir que ça ne va pas donner un super résultat. " Je me décale promptement pour laisser passer ce qui ressemble à une très jeune interne, les bras chargés de dossiers. Pressé par l'agitation dans mon dos, je pénètre enfin dans la pièce en refermant derrière moi. " On devait se voir pourquoi déjà ? Une interview ? Je ne leur ai pas déjà tous dis ?" Je pourrais faire un effort mais en ai-je vraiment envie ? "Je ne referai pas de séances photos."
Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Isobel gérait des politiciens depuis des années. Alors elle avait appris quelques petits trucs, selon les personnalités. Il y avait ceux qui avaient toujours besoin d'être flattés et rassurés, alors un joli sourire était nécessaire, ceux qui pensaient savoir mieux que tout le monde, alors il fallait aller dans leur sens et leur expliquer subtilement les choses. Et puis il y avait les électrons libres. Constantine Égalité était un électron libre. Un élément de chaos. Un lutin de Cornouailles. Un sacré troll. Il n'était jamais coopératif, on disait rouge, il disait blanc et le problème était qu'il disait blanc lors de l'émission matinale de la RITM alors que des millions de sorciers écoutaient et cela donnait juste des envies de suicide collectif au service communication. Son collègue Albert avait menacé de s'étouffer avec sa cravate s'il devait gérer de nouveau une interview réalisée par le Directeur du Département des Mystères. Alors Isobel s'y collait, parce qu'elle n'avait pas peur des défis et aussi parce qu'elle avait un prêt étudiant de 180 000 dollars sur le dos, qu'elle remboursait encore, qui attestait qu'elle avait été diplômée d'une prestigieuse université américaine. Si cela ne servait pas dans ce genre de situations, alors à quoi bon ?

Alors lorsqu'ils avaient reçu une demande d'interview par The Salem Post, un célèbre journal national américain, Isy avait pris les choses en main et avait donné rendez-vous à Monsieur Égalité, il y a une demi-heure. Dans la liste des choses que Isobel n'aimait pas - et Dieu savait qu'elle était longue - il y avait le retard. Elle détestait le retard. Elle ne le montrait pas évidemment, quand il s'agissait de ses supérieurs hiérarchiques mais les oreilles averties pouvaient entendre la pointe de son talon aiguille grincer sur le sol. Elle consulta une énième fois sa montre et eut un soupir agacé en songeant qu'elle allait devoir écourter leur entretien parce qu'elle avait ensuite une réunion pour préparer la réunion de service qui avait lieu la semaine prochaine. Elle était en train de relire un communiqué de presse dont elle avait rayé plusieurs mots lorsque la porte de son bureau s'ouvrit lentement. Le Directeur de Département était sur le pallier. Hum, frapper, c'était pour les hiboux ? Mais Isobel eut son sourire commercial et se leva pour l'accueillir, malgré sa réticence à entrer. Elle avait oublié qu'il la tutoyait. Volontairement, elle prit le pied inverse.

- Monsieur Égalité, entrez, allez-y, installez-vous.

Il avait l'air d'aller à l'abattoir, mais ce n'était pas grave. Le bureau d'Isobel était joliment propret, elle avait une fausse plante dans un coin, une fenêtre artificielle qui indiquait le ciel gris londonien et de la moquette qui s'enroulait autour de ses talons. Face au pauvre Directeur qui avait l'air terrifié, elle secoua la tête.

- Mais non, ça ne finira pas mal, Albert avait ses méthodes, j'ai les miennes, assura-t-elle.

Les choses se passerait très bien, parce qu'elle l'avait décidé et qu'il était bien connu que le diable s'habillait en Prada. Il entra dans la pièce en refermant la porte derrière lui et Isy s'assit légèrement sur le côté de son bureau.

- Une interview, oui, mais une interview américaine, c'est tout à fait différent.

Une interview rediffusée par PearOne, même, mais elle n'allait pas le préciser tout de suite, de peur qu'il fuit.

- Les photos sont très bien, assura-t-elle en secouant la main avec indulgence, un tantinet Norman Bates (elle comptait sur le fait qu'un sorcier ne possède pas cette référence, pour le bien de sa carrière) mais ça colle parfaitement à l'image du Département. Asseyez-vous donc. Un thé ?



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Isobel me gratifie d'un sourire que Gilderoy Lockheart lui-même n'aurait pas osé affirmer. Brillant, très large, et digne d'un emballage qui, s'il n'était fait exception du léger rictus que je surprends et qui disparaît avec la promptitude d'une étoile filante, pourrait me faire croire que tout va bien dans la vie d'Isobel Lavespère. Je lui rend affablement son sourire en y mettant à peu près autant d'énergie que si je devais saluer un ancien mangemort : un peu forcé, faussement contrit, et avec le désir pressent d'en finir vite.

A son invitation, je m'avance dans le bureau en jetant un coup d'œil autours de moi, impliquant dans mon étude la stature droite et fière d'Isobel, plantée sur des talons qui s'enfoncent dans la moquette moelleuse, le regard brillant et directe. Je la trouve instantanément sympathique, avec son air absolument commercial qui dessine autours d'elle une façade en contreplaquée relativement désagréable, et j'ai la certitude qu'elle s'est donné une tâche à accomplir, du genre dompter mon imprévisibilité avant la fin de la semaine. Ses défis personnels me laissent passablement indifférents, et j'ai bien l'intention de continuer à agir comme je l'ai fait jusqu'à maintenant. En jetant un coup d'œil à la fenêtre qui diffuse des auréoles de lumières grises dans le bureau, et en me faisant vaguement la remarque que je n'ai pas vu, peut-être, le ciel depuis un peu trop longtemps pour mon propre bien, je la mets en garde.

- Mais non, ça ne finira pas mal, me répond t-elle doucement avec une certitude touchante. Albert avait ses méthodes, j'ai les miennes.
- Ha… ! " Ce bon vieux Albert a rendu le tablier si vite que je suis presque sur le point de livrer des excuses, mais je ne peux qu'émettre un sourire franchement amusé à la place. " Je suis navré qu'il ait affaire ailleurs. Je commençais tout juste à sentir entre nous cette alchimie particulière qui, j'en suis certains, m'aurais enfin permis de comprendre ce que vos services attendent de moi. " Vraiment la raison de mon exposition aux divers médias du monde magique me dépasse totalement. J'ai soudain un éclair de consternation. " Il ne s'est pas fait virer par ma faute, j'espère ? " Je sais avec certitude qu'il me fuis depuis cette histoire de matinale, et il est vrai que le teint crayeux, l'exaspération terrorisée que j'avais trouvé dans son regard en sortant de cette épreuve m'avait fait craindre un début de crise de nerfs. Or, il faut savoir que si je n'ai aucun goût pour le fait de m'exposer publiquement, j'aimais bien Albert et ne lui souhaite pas de terminer en dépression.  

A priori.

Lentement, je hausse un sourcil à l'intention d'Isobel qui s'est assise sur le coin de son bureau, en m'épargnant un regard mal placé pour le fuseau de ses jambes. " Ah bon. Qu'est-ce que ça a de différent, exactement ? Deux fois plus de politiquement correcte ? " Bon sang si j'avais su qu'en plus on comptait sur moi pour transvaser une image stupide à l'international, je ne me serai pas contenté de trente minutes de retard : je ne serais jamais venu.

Vraiment, le travail d'une langue-de-plomb n'a jamais été de faire le singe devant des enregistreurs de tous types pour rassurer la population sur le fait que, vraiment, nous menons des recherches éthiques main dans la main avec le gouvernement dans l'espoir d'apporter au monde sorcier un meilleur mode de vie.

On se fou du monde sorcier à petite échelle. Et nos recherches n'ont basiquement pas grand-chose d'éthique, si on regarde bien. Mais ça évidemment, il n'est pas question d'en parler. "Les photos sont très bien, un tantinet Norman Bates, mais ça colle parfaitement à l'image du Département, conclu-t-elle. J'ai la vague certitude qu'elle ne vient absolument pas de me faire un compliment, et je lui jette un regard impassible avec un rictus qui pourrait laisser penser que j'ai compris la référence.  " Asseyez-vous donc. Un thé ? " " Café, " lâche-je en me laissant tomber dans un fauteuil pour répondre à son invitation. Je la scrute un moment en silence avant de laisser échapper un soupir résigné. " L'image du Département. Vous avez conscience que ça n'a aucun sens. Vous tentez de faire parler quelqu'un qui a appris à se taire toute sa vie. " Dans le fond, cette contradiction m'exaspère. " Je ne cherche pas particulièrement à rendre ton travail difficile, simplement le paradoxe entre l'éthique et ce que vos… Nouveaux principes de communications exigent est assez… Comment dire ça poliment. " Je ne cherche pas à le dire poliment, convaincu qu'elle a absolument compris le fond de ma pensée, et bien conscient à la fois qu'en vérité, elle n'y peut pas grand-chose. Isobel se contente probablement de faire son job. Doucement, je rejette la tête en arrière pour chercher de l'œil le coin de fenêtre que mon regard perçoit dans l'angle du fauteuil, derrière moi. " Bon. Explique moi ce que veulent tes Américains. "
Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Isobel ne savait pas exactement ce qui s'était passé entre Albert et Constantine Égalité mais il n'était pas ressorti ravi de cette collaboration. Pourtant, c'était un homme qui aimait les défis, qui avait travaillé avec elle sur des dossiers difficiles, comme Leopoldgrd. Quand elle avait été hospitalisée, il avait fait partie de ceux qui avaient repris ses dossiers et s'étaient occupés de toute la communication concernant l'attentat et Circée savait comme c'était difficile. Pour autant, quand la demande d'interview du Salem Post était arrivée en début de semaine, il avait clairement dit à leur petite réunion hebdomadaire du lundi qu'il passait son tour. Personne n'avait osé contester et Isobel, qui aimait les défis et manipuler des egos d'homme, avait sauté sur l'occasion. Elle secoua la tête quand Constantine demanda si Albert avait été renvoyé et chassa cette préoccupation d'un geste de la main.

- Bien sûr que non, il est juste très occupé...

... à ne plus jamais travailler avec vous. Sans ajouter cela, elle fit même semblant de ne pas voir la mauvaise volonté de Constantine au sujet du Salem Post. D'habitude, la plupart des hommes politiques aimaient briller dans les médias, surtout à l'international. Le Directeur des Mystères, lui, n'avait pas écopé de son poste pour rien et fuyait toute exposition publique. Pour la communication, qui avait à coeur de montrer une image chaleureuse du régime, une image normale, presque, ce n'était pas évident. Le Département des Mystères faisait peur à la population, on imaginait plein de choses étranges et sûrement vraies sur cet étage mais ce n'était pas à l'avantage du gouvernement. Les journaux américains étaient également curieux de cela, eux qui n'avaient pas le même fonctionnement au MACUSA. Isy secoua de nouveau la tête à la petite pique sur le politiquement correct des américains. Elle fit même semblant - une nouvelle fois, elle était très douée - de ne pas voir sa réticence.

- Plutôt sur les sujets. Les médias d'ici ont l'habitude des Mystères, là-bas, vous passez un peu pour des savants fous et puisqu'on a déjà Skye, ce n'est pas à notre avantage. Mais pas d'inquiétude, on va voir ça ensemble. En plus vous êtes français ! Vous savez comme les américains aiment les français, ça sera facile, on va placer "camembert", "champagne", "Montmartre" à la fin et ça ira.

Elle n'était certaine que les très sérieux correspondants du journal reconnu se contentent de cela mais le but n'était pas de faire fuir Constantine dès le début en lui expliquant que cela allait être un exercice un peu périlleux de communication politique. Elle attendait d'avoir barricadé sa porte pour cela. Surtout qu'elle n'était pas complètement à côte de la plaque en mentionnant Norman Bates... Elle eut un sourire poli quand il la regarda avec un rictus, comme si de rien n'était, puis elle se leva de son bureau pour attraper sa baguette magique pour mettre en marche la cafetière qui était dans un coin de la pièce, sur une commode aux rangements accordéon. Elle ne s'en servait jamais, elle préférait le café de l'Atrium mais c'était très bien pour les gens qui venaient ici. La machine émit un glouglou puis un grondement et se mit en marches alors que Isobel se retournait vers Constantine, sans s'assoir. Elle avait bien compris que le Directeur de Département n'avait pas envie d'être là parce que, comme il le disait, les Langues-de-Plomb n'étaient pas là pour s'exprimer. Sauf que sa nouvelle fonction appelait forcément de nouvelles responsabilités.

- Il y a parler et parler, répliqua-t-elle. Langue-de-plomb et langue de bois.

Elle ne lui demandait pas de devenir soudainement bavard et de présenter toutes leurs recherches. Même elle ne les connaissait pas d'ailleurs. Elle voulait juste qu'il se prête au grand jeu du théâtre Ministériel et investisse la scène comme les autres avant lui. Sourire, faire de jolies phrases, rassurer et montrer une belle imagine du gouvernement, c'était tout ce qu'on attendait de lui. Pour cela, pas besoin de la vérité, il suffisait d'en donner l'illusion. Et ça, c'était son travail. La cafetière termina de cracher son breuvage sombre et elle servit une tasse à Constantine, dans un joli mug aux couleurs du Ministère. Elle s'impliquait jusque là, oui.

- Tenez. Du sucre ?

Elle était sûre qu'il le prenait noir. Isobel contourna son bureau pour s'assoir sur sa propre chaise, faisant face au Directeur.

- C'est The Salem Post, commença-t-elle, l'un des quotidiens les plus vendus du pays. Ils veulent rencontrer le nouveau visage du Département, parler un peu des projets, des enjeux d'une telle fonction, des rumeurs qui peuvent courir sur votre travail. Ils seront assez incisifs, leurs interviews sont toujours bien préparées. Le but, c'est d'avoir l'air normal, type CNRS français.



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Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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Intérieurement, je soupire. J'ai comme une sensation de fatalité, alors que je passe avec moi-même une forme d'accord qui ressemble beaucoup à de la résignation. Entendons-nous. Je n'ai aucune crainte lorsqu'il s'agit de prendre la parole en public. Mon père, charmant professeur - puisses-t-il se faire arracher les yeux ou se contenter de décéder rapidement,- a tenu à ce que mes frères et moi soyons doté d'un sens de la rhétorique : selon lui, un des critères obligatoires pour palier à la réussite supposait de savoir communiquer et un peu au-delà de ça, savoir gagner à notre causes qui nous voulions. Il appelait ces artifices pompeux art oratoire et prise de parole consciente, moi j'appelais ça de la manipulation, et si je conviens que la science des mots est une force absolument nécessaire en politique, les interview me mettent mal à l'aise pour la raison extrêmement simple que ma mémoire est un obstacle continu qui m'oblige souvent à être pris en défaut malgré moi.

C'est bien dommage, car je dois convenir que les petits jeux d'esquives et de curiosité que mènent les journalistes pour tenter de me faire dire les choses qu'ils veulent entendre sont délicieusement distrayant.

Je hausse un sourcil à l'attention d'Isobel. Je suis toujours surpris par sa capacité à parler directement face à nous et passer le reste de son temps à organiser des détours bien construit et absolument aux antipodes de la réalité. Je me demande si le fait de mentir en permanence au grand publique la rend particulièrement incisive dans sa vie privée.

- Des savants fous ? Vraiment ? " Je souris à demi d'un air contrit. Cette remarque me rappelle l'époque où j'étais encore étudiant et où je me faisais une idée du Département vraiment très, très éloignée de la réalité. Je ne peux nier cependant l'inadéquation sociale de la plupart des chercheurs, au point où nous hésitons parfois à en faire un critère de sélection. Il semblerait que les handicapés sociaux aient tendance à s'adonner à leur travail avec une rigueur particulière.
- Vous savez comme les américains aiment les français, ça sera facile, on va placer "camembert", "champagne", "Montmartre" à la fin et ça ira. " Conclue Isobel, et je lui retourne mon coup d'œil le plus consterné.
- Sérieusement ? Si ton but est de me faire déplacer dans le seul but d'aligner des noms de fromages connus à l'international et des lieux touristiques de Paris, je vais être dans l'obligation de retourner au Département, et tu t'arrangera sans moi. " Dis-je sans animosité. Je sais parfaitement qu'avec la réputation que j'ai dû me tailler au sein de leurs bureaux, Isobel a plutôt intérêt à me distiller les informations au compte goûte. C'est amusant, on dirait qu'elle cherche une manière un peu étrange et très personnelle de me rassurer sur ce qui m'attend. " Camembert. Sans rire. " Je me sentirai insulté d'être interrompu dans mon travail pour entretenir la presse américaine sur je ne sais quel clichés français. Superbe image du Département. Quelque chose me dit qu'Isobel me ment un peu sur les attentes réelles de ses interlocuteurs, et une partie de moi l'espère franchement. Je lui fais posément remarquer le paradoxe entre ma profession et qu'on me demande, tout en sachant par avance la forme que prendra sa réponse.
- Il y a parler et parler, Langue-de-plomb et langue de bois. " Je laisse échapper ce qui, de loin, pourrait ressembler à un rire un peu tendu.
- Habile différenciation. Mais je pense saisir… Tu me demandes à peu près de faire ce que tu fais actuellement avec moi : éviter d'aborder le fond du sujet, l'embellir un petit peu, pour que je sorte d'ici en me disant " facile, il me suffit de m'en tenir au plan. " Je comprends, Isobel. " Je secoue la tête pour éviter qu'elle ne sucre mon café et le rende imbuvable. Je lui souris encore, pieusement cette fois, dans l'espoir qu'elle accepte de me confronter réellement au sujet et cesse, en quelque sorte, de me faire perdre mon temps.

Elle ignore probablement que je suis de bonne foi - je ne donne absolument pas l'air de l'être, j'en conviens. - En réalité, je suis prêt à me prêter au jeu, dans la mesure de mes capacités, parce que ça fait parti du contrat que j'ai passé avec Leopold et que j'honore. Si le FREE a besoins d'un bon petit Directeur de Département attentif, rassurant, éthique, pleins de bonne morale et prêt à sourire au peuple entier, très bien.

Évidemment je ne peux pas garantir chaque évènements. Ce n'est pas mon domaine, et il paraîtrait que faire de mon mieux n'est pas exactement ce qu'on attend de moi.

Enfin, Isobel s'assoit, avec l'attitude de quelqu'un qui s'apprête à cracher le morceau. Je jette un coup d'œil au mug qu'elle m'a tendu et que je fais doucement tourner entre mes doigts. La chaleur brûlante du café bouillant réanime légèrement mes mains engourdies par le froid. Le logo qui s'affiche pompeusement sur la porcelaine confirme la vision très corporate dont Isobel est nimbée. " Le but, c'est d'avoir l'air normal, type CNRS français, conclu-t-elle. Je l'ai écouté attentivement et lève les yeux vers elle pour croiser son regard.
- J'ai bien saisi l'idée. Paraître présentable, sérieux, avenant, rassurant, sembler donner beaucoup d'informations sans jamais rien n'utiliser d'autre que des mots creux. " Je ne sais pas si c'est une impression, mais la récurrence de ses " sous-entendus " sur la marginalité des gens qui peuplent nos services, et surtout la mienne, commence à être très légèrement heurtant. " N'hésite pas à me briefer sur ta conception de ce que doit être un chercheur " normal, cependant. " Je suis infini curieux d'apprendre comment me fondre dans la masse. " Je trempe avec précautions mes lèvres dans le café brûlant et déglutit lentement une gorgée réconfortante. Puis d'un air dégagé je remarque : " On s'entend que d'après ce que tu sembles dire, le champagne et autres considérations laitières risquent de ne pas être tout à fait suffisantes ? " J'aimerai bien qu'on se parle sans détours.  
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Isobel se doutait bien que Constantine verrait vite clair dans son petit jeu. Il devait bien se douter qu'elle n'avait pas pris rendez-vous avec lui pour lui apprendre à distiller des clichés bien de chez lui. En réalité, personne n'aurait pris la peine de le déranger si l'interview n'avait pas été importante. Pour les journaux frivoles, il y avait des ambassadeurs tout trouvés tels Marcus Peyne qui se faisaient un plaisir de déballer l'humour anglais et les petites anecdotes sympathiques qui faisaient toujours bien pour la communication. Constantine Égalité, c'était un autre type de profil. Et le Salem Post était un journal bien trop respecté aux États-Unis pour que les choses se passent mal. Le MACUSA et le MOM entretenaient de bonnes relations et il était dans l'intérêt de tout le monde que cela continue. Sans faire peser de pression diplomatique inutile sur les épaules du Directeur, une interview réussie était toujours une publicité intéressante, surtout dans le cas des Mystères. On ne lui ferait pas croire que son pays natal n'avait pas lui-même des chercheurs qui se penchaient sur de morbides inventions - leur salle de mise à mort n'était pas sortie de nul part - mais ils aimaient bien faire croire que si.

En tout cas, elle lui adressa un sourire en coin quand il mit exactement le doigt sur ce qu'elle était en train de faire : éviter le sujet, l'embellir et faire croire que tout allait bien se passer. Mais c'était une petite déformation professionnelle, après tout, elle faisait cela toute la sainte journée. Elle ne comptait pas tourner autour du pot trop longtemps de toute manière, cela ne serait pas constructif. Ils allaient en venir aux faits. Avec le temps, elle commençait à pas mal connaître Constantine Égalité ou du moins, sa réputation (et ce que Albert avait pu lui dire). Il était tout à fait loyal au Ministre de la Magie et ne ferait rien qui puisse le mettre en difficulté : il allait donc prendre sur lui pour cette petite interview, elle en était quasiment persuadée. Après tout, ce n'était que le Salem Post, elle aurait pu lui faire pire. Une interview canapé avec Mildred Magpie, c'était sûrement une expérience bien plus désagréable... Tout en s'asseyant sur sa chaise, elle saisit entre ses doigts fins un stylo - elle déteste les plumes - et tira machinalement son bloc-notes jusqu'à elle, comme pour noter des remarques sur leur entretien.

- Précisément, commenta-t-elle en haussant un sourcil quand Constantine commença à énumérer ce qui pourrait être le Guide du Parfait Directeur de Département Lors D'une Interview Avec Un Journal Étranger. Elle ne manqua pas non plus la légère pique qu'il lui adressa au sujet de sa normalité. Oh pardon, les hommes avaient de l'ego, c'est vrai. J'aimerais bien te répondre que oui, mais non. Le Salem Post n'allait pas se contenter de camembert. Tout en faisant tourner son stylo entre ses doigts, elle s'accouda sur le bureau. Je suppose que tu as déjà entendu parler des cas torture dans notre plus célèbre pénitencier ? Une prison assez récente, en pleine zone 66. Les moldus pensaient à des extraterrestres mais ce n'étaient qu'eux... Il se disait que les gardiens envoyaient de temps en temps des étincelles vertes dans le ciel, pour entretenir la fascination des moldus (et leur faire croire que, effectivement, les sorciers n'existaient pas mais les petits hommes verts, si). C'est le Salem Post qui a révélé toute cela. Leur spécialité, ce sont les enquêtes de fond, leurs journalistes sont réputés sur ça et leur crédibilité repose dessus. Ce n'est pas forcément une bonne chose qu'ils s'intéressent aux Mystères... Mais cela ne serait pas non plus une bonne chose de les envoyer promener, ils seraient capables d'envoyer des gens infiltrés. Non, l'idée c'est de trouver le juste équilibre entre "leur donner du grain à moudre" et "ne pas leur donner envie de fouiller plus". En fait, l'idéal, ça serait qu'ils pensent qu'ils ont découvert quelque chose de croustillant tout seuls comme des grands... Alors que la fuite vient de nous et est complètement contrôlée.



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Isobel, tout en se coulant entre sa chaise et son bureau, fait glisser un stylo entre ses doigts. Son geste pleins d'élégance traduit une assurance qui me fait sourire et je ne peux qu'apprécier l'aura terriblement Américaine qu'elle dégage à cet instant. Un mélange de professionnalisme un peu hautain et de mépris extrêmement bien dissimulé sous un vernis de tact qui fait honneur au poste qu'elle occupe. J'ignore encore d'où me vient cette sensation, mais malgré l'affection curieuse que je lui porte, je ne peux m'empêcher d'interpréter dans son attitude une forme de jugement, comme une insulte douce amer très bien camouflée. Je me fiche relativement de savoir ce qu'on pense de moi en général, mais il me semble que l'opinion d'Isobel Lavespère pourrait m'apprendre sur elle des choses intéressantes.

C'est sans compter sur l'enrobage étudié de sa politesse, évidemment. Isobel manipule avec savoir-faire l'art des apparences. Elle illustre à elle seul les grandes lignes de son Département.

- J'aimerais bien te répondre que oui, mais non. " Je hausse les épaules avec un sourire contrit, franchement peu surpris par sa répartie incisive.

Évidemment, nous aurions pu gagner un temps infini si Isobel avait jugé utile d'en venir au fait tout de suite, au lieu de me préserver de je ne sais quelle mauvaise nouvelle. Je sais, foncièrement, que je vais détester cette interview et elle sait, foncièrement, que je ferais mon possible pour ne pas donner au gouvernement une image décadente. Et nous savons foncièrement tous les deux que toute ma volonté n'y suffira pas, parce que mon attention divaguera dans les méandres de mon très français sarcasme à la minute où l'ennuie profond que me procurera cette situation me poussera à chercher un rebondissement scénaristique qui me maintienne capable de le subir.

Je suis des yeux le mouvement circulaire de son stylo et hoche la tête.
- Il me semble. " Dis-je en notant attentivement qu'elle emploi une inclusion globale en faisant référence à son pays d'origine. Je réalise que je fais ça peut être de moins en moins avec la France, sans avoir l'impression, pourtant, de me sentir anglais. Il me semble depuis quelque temps que j'applique ce " nous " au Département des Mystères, et à rien d'autre. J'adresse à Isobel une grimace étudiée tandis qu'elle énumère les raisons qui poussent le Salem Post à prendre en otage l'éminent directeur de Département que je suis. J'accueille sa conclusion avec un soupir. " Ha, bon sang. " Je prends l'air vaguement excédé. J'ai pour habitude d'ignorer la presse, superbement, depuis toujours, et je connais assez peu de Directeur dans le passé qui n'en ont pas fait de même, mais Isobel à raison. D'une part, le statut des Mystères évolue avec le gouvernement, et si je tiens à son indépendance il y a un front commun à tenir pour garantir à Leopold la paix qui garantit elle-même ma propre sérénité. Je sais aussi qu'elle ne ment pas lorsqu'elle parle d'infiltration journalistique. Ces gens-là sont capable d'absolument n'importe quoi pour obtenir un scoop. La sécurité, la discrétion, les raisons d'État ne les concernent que dans la limite des accords passés dans leur intérêts. J'ai un certain respect pour ce corps de métier. Un respect pleins d'irritation. " Très bien, une ruse vieille comme le monde. Je secoue la tête. C'est tout de même incroyable, cette prétention qu'ont les journaux étrangers. Excuse-moi, Isobel, mais il est de notoriété publique en Angleterre que les Mystères n'ont aucune obligation de transparence, et ça n'a jamais dérangé personne. Les Américains devraient respecter ça. " Je fais un geste vague de la main pour interrompre tout réponse. " Je sais ce que tu vas me dire. J'avais besoins de me plaindre un coup. " Ma patience se sent vaguement ébranlée par l'inintérêt profond que je ressens à devoir jouer les entourloupeur face à une horde de petits fouilles merde étrangers. " Bon. Comment ça se passe, cette fuite. Je prends sur mon temps libre, celui que je n'ai pas, pour monter ma petite histoire comme un grand, ou est-ce que ton fabuleux professionnalisme m'a déjà mâché le travail ? " Je lui en serais probablement éternellement reconnaissant si c'était le cas, et entre nous, il vaudrait mieux. Je risquerais probablement de décevoir tout le service de com, une fois de plus, s'ils ne me collent pas entre les mains une petite fiche détaillée à suivre attentivement.


Call me Mr.Raider, call me Mr.Wrong. Call me insane, call me Mr.Vain. Call me what ya like, as long as you call me time and again.© by Sun

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Une concession se fait toujours à deux (Isobel)

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