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 Mystère Freeze [Pv Constantine]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Dans la soirée du Dimanche 6 Juin 2010, dans l'ascenseur conduisant dans les tréfonds du Niveau 9 du Ministère de la Magie...

Toute de léopard vêtue, Mildred Magpie s’apprêtait à pénétrer dans le caisson obscur qui allait la conduire dans les profondeurs des mystères du Monde Magique. Signe de l’arrivée de l'ascenseur, une petite cloche retentit dans le hall du ministère, avant que les portes ne s'ouvrent sur l'habitacle quelque peu exiguë. Fort heureusement pour la sorcière presque quinquagénaire, il n'y avait guère de monde en ce dimanche soir, et elle n'allait point devoir jouer les sardines recroquevillée dans sa boite. Un bon point de gagné dans son opération discrétion. Car oui, pour une fois et contrairement à ses habitudes, la romancière espérait surtout ne point attirer l'attention sur elle ; Une volonté sournoise qui cachait une bien secrète intention ou un complexe inavouable. Mais que pouvait bien faire une sorcière aussi excentrique et indiscrète dans un lieu aussi teinté de secret? Mystère! Alors que l'ascenseur glissait dans les profondeurs, la coquète Mildred Magpie extirpa un petit miroir de son sac à main en peau de crocodile du Nil, afin de contrôler la qualité de son grain de peau. Car s'il y avait bien quelque chose qui effrayait davantage la sorcière ménopausée que les insignifiants travers de la misère du monde, c'était de voir un jour sa peau se friper sous le poids des années...

Une phobie dont l'origine ne trouvait pas son fondement dans un besoin narcissique, mais qui résidait plutôt dans la crainte mégalomaniaque de voir son immense carrière s'effondrer, le regard des autres changé, et son aura de méga vedette du Monde Magique se désagréger comme une vieille peau morte. Car il fallait bien se l'avouer, dans un monde aussi cruel et impitoyable que le star-system, l'apparence comptait pour beaucoup, surtout lorsque vous étiez une femme. Cruelle injustice qui se retrouvait dans les contes de fée, où il ne faisait jamais bon vieillir quand vous étiez une princesse en détresse : En effet, qui a-t-il de glamour à sauver une vieille rombière prisonnière d'une tour? Aujourd'hui sous les feux des projecteurs, rien ne lui garantissait encore un avenir aussi prospère ou de percevoir la même adulation de ses hordes de fans. Rien ne l'effrayait davantage que de devenir une vieille sorcière anonyme, ruminant sur son passé glorieux, et sans l'ombre d'un admirateur si ce n'était la tendresse d'un vieux boursouf aussi défraichi qu'elle. Car oui, il n'y avait rien de plus tragique et pathétique que de disparaitre dans le cimetière des artistes sur le déclin : La chute de la célébrité n'étant rien d'autre qu'une longue et mortelle agonie...  

Plutôt que de se laisser abattre comme une vieille vache ne donnant plus de lait, Mildred Magpie choisit d'écouter son âme persévérante de poufsouffle besogneuse. Quoi de mieux que de crouler sous les projets, pour retarder un déclin inéluctable? Dans chaque  problème résidait une solution... ou un miracle! Plutôt que de boire lascivement un Mojitroll dans un jacuzzi bouillonnant de son Palace, elle allait transformer ses vacances estivales en un élan salutaire pour sa carrière. Dans sa quête d'une seconde jeunesse : Mildred n'avait point hésiter à s'inscrire à Koh Mantra, la première émission Pear-Streamée du Monde Magique. Une leçon de survie et de modernisme qu'elle comptait bien remportée après avoir soudoyé et charmé l'animateur vedette, Ernie Grogniard. Une victoire et une mise en scène qui allait lui offrir une notoriété indiscutable auprès des jeunes adeptes du réseau magique Pear. Car dans ce cas de figure, c'était bien la jeunesse qu'il fallait séduire. La mégalomaniaque sorcière comptait également publier une biographie sur sa vie fastueuse, qu'elle comptait bien adapter en pièce de théâtre sur les planches de son cabaret ; Mais pour cela, fallait-il encore trouver une actrice digne de jouer son propre rôle, ce qui était encore loin d'être gagné. Il se murmure dans les couloirs des Folies Sorcières que malgré son inexpérience sur les planches, l'éclatante et gracieuse danseuse Joséphine Chevalier aurait les faveurs de la romancière. Sa mégalomanie ne s'arrêtant point là, Mildred Magpie comptait s'offrir les services et le pinceau d'une jeune artiste encore inconnue. Pourquoi ne pas offrir au musée de Leopoldgrad, un chef-d’œuvre immortel et un des plus beaux portrait d'elle-même qui soit? Mildred Magpie se voyait déjà devenir la nouvelle Mona Lisa du Monde Sorcier.

Mais au-delà de ces projets carriéristes, Mildred Magpie comptait bien soigner ses apparences et s'offrir une nouvelle jeunesse. Que valait le fond si vous n'y mettiez pas les formes? Forcée de constater que ses innombrables cours de zumba et de fitness magique ne lui octroyait pas la silhouette de rêve de Kessy Brooks : La sorcière fut contrainte de trouver une manière plus détournée de tricher sur son âge et ralentir la course effrénée des aiguilles du temps. La presque quinquagénaire chercha des solutions auprès de certaines artistes des Folies Sorcières, comme la célébrissime Magyline Munroe, qui malgré ses soixante ans passé continuait d'enflammer le cœur de ses admirateurs. C'est du coté des moldus que résidait son secret de conservation. Mais Mildred craignant plus que tout les aiguilles, elle devait se résoudre à abandonner l'infiltration de cette toxine vintage et moldue que l'on appelait vulgairement "botox". Très vite, elle laissa tomber cette solution pour frapper à la porte de la très controversée chirurgienne esthético-magique Karen Nightingale, qui n'était autre que la sœur de la responsable de la Santé Magique Meredith Kane. Si Karen Nightingale était une célébrité dans son domaine, certaines rumeurs sur des potions frelatées ne manquèrent pas d'effrayer la romancière : En effet, l'ancienne reine de beauté déchue, Ana Sorden, n'était-elle pas une cliente régulière de l'établissement Nightingale, et l'une des premières victimes des effets secondaires des dites potion de rajeunissement? Soucieuse de son bien-être et de sa santé, Mildred chercha une autre cure de jouvence...

Et si la solution tant espérée se trouvait derrière les murs du département des Mystères? Après tout ce département regroupait les meilleurs chercheurs et expérimentaliste du monde magique. Contre une somme rondelette, certain d'entre eux étaient peut-être susceptible de lui concocter des potions utiles dans sa mission de régénérescence esthétique. Il y avait même un sacré business à se faire dans lequel Mildred Magpie pourrait devenir l'égérie! Car qui ne rêvait pas d'une potion pour maigrir? Ou d'une autre étirant votre peau ramollie en une seule goulée? Si ce département n'était pas susceptible d'aider une femme dans sa peur de vieillir et de perdre son prestige, alors il fallait douter sérieusement de ses compétences! Voila pourquoi, Mildred Magpie avait écrit une longue lettre au Directeur du Département des Mystères afin de convenir d'un rendez-vous. Avec un nom tout aussi étrange et exotique que son département, le dénommé Constantine Égalité ne tarda pas à lui fournir une réponse favorable et une date de disponible dans son agenda surchargé. Alors que les portes de l'ascenseur venaient de s'ouvrir sur le niveau 9 du département des Mystères, Mildred Magpie n'était pas prête à manquer l'opportunité d'expliciter sa requête narcissique et mégalomaniaque auprès du chef qui devait diriger l'éminent et prestigieux cercle de chercheurs magiques.

Pour faire plus forte impression, Mildred Magpie avait bataillé comme jamais pour glisser son large postérieur dans une sublime et sexy combinaison moulante couleur léopard. Les joues creusées par l'effort et le souffle coupé comme après un maléfice du saucisson, elle pouvait presque sentir les coutures craquelées à chacun de ses mouvements. Mais au diable les désagréments, il fallait bien souffrir pour être belle, et s'attirer surtout les faveurs d'un inconnu qui devait probablement passer ses journées dans l'obscurité ennuyeuse d'un laboratoire. Nul doute que l'apparition d'une femme aussi sublime et pulpeuse allait faire basculer dans l'émoi un milieu aussi austère que les mystères. Bien que sur le point d'imploser, la tenue excentrique de Mildred allait sans conteste produire son petit effet et lui offrir une réponse favorable à sa requête. S'extirpant de l'ascenseur, Mildred prit soin de mettre en avant son décolleté qui n'était autre que sa plus subtile technique d'ascension sociale. Malheureusement pour la romancière, le chemin qui conduisait à son élixir de beauté retrouvée était pavé de danger! En effet, Mildred sursauta alors qu'une créature au long poil ténébreux jaillit de l'obscurité, pour lui barrer l'accès à la porte sombre des Mystères.

"Oh mon dieu! Qu'est-ce donc que cela? " s'exclama la romancière, incapable de s'enfuir à toute enjambée dans sa camisole léopard bien trop moulante.

"MeoooOOOooow! " répondit la créature qui n'était autre que le chat tigré du Ministre de la Magie. La fourrure ébouriffée et crachant son mépris au sol, Machiavel ne semblait pas apprécier du tout l'humaine Mildred Magpie déguisée en Léopard bipède. Cette dernière qui n'était pas la dernière à aimé les peluches vivantes, chercha toutefois à se réconcilier avec l'animal agressif au pelage sensuel.

"Oh mais ce n'est toi mon joli! La peur que tu m'as faite mon chaton! Viens voir maman que je te caresse! " Sourire et visage transis par une béatitude retrouvée, Mildred se pencha en avant pour caresser la fourrure soyeuse du chat Machiavel. Lui écrasant littéralement la tête sous le poids de ses caresses, elle ne s'empêcha point d'accompagner son geste de paroles mielleuses et infantilisante pour une créature aussi digne et vaniteuse que Machiavel.

"Chaaaaton! Chaaaaaton! Il est ou ton papounet? Tu t'es perdu? T'aimes ça les caresses, hein mon chatounet! " dit-elle en lui chatouillant le menton de ses longs ongles vernis. Machiavel répondit à l'affront humiliant en sortant lui même les griffes. D'un coup de pattes, il balaya les ongles de Pietasse du Léopard bipède. Mildred effrayée se redressa d'un bond, alors que le chaton furibard voulait s'en prendre à elle.

"Mais que t'arrive-t'il, mon chaton? Je ne veux pas te faire de mal? Je suis gentille... "

Tel un dragon dépourvu de flamme, Machiavel cracha sa rancœur, tandis que que sa queue balançait de plus en plus dangereusement. Terrorisée à l'idée que le félin enragé puisse lui faire un accroc à sa combinaison moulante, Mildred détala de manière grotesque, à petite enjambée, en direction de la porte sombre des mystères. Ni une ne deux, elle en tambourina la surface pour s'offrir une échappatoire alors que le chaton malfaisant lui barrait l'accès à l'ascenseur.  

"A l'aide! Je vous en prie, ouvrez-moi, cette créature est devenue folle! " gémit la romancière acculée.

Fort heureusement, la porte conduisant à la salle aux douze portes finit par s'entrouvrir sur une silhouette familière. Un bel homme aux visage ténébreux qui ne semblait pas tout à fait inconnu pour Mildred Magpie. Où l'avait-elle déjà rencontré? Était-ce le patron des mystères? Mildred chercha à se ressaisir en désignant de son index apeuré le félin qui feulait derrière elle.

"Dieu soit loué, vous m'avez sauvé des griffes de ce tigre! "

Mais très vite, elle se rendit compte en jetant un regard derrière elle que Machiavel avait disparut dans l'obscurité. Jetant sa chevelure en arrière pour retrouver de sa superbe, elle tendit sa main ciselé en direction de cet homme pas si inconnu de ses souvenirs.

"Je vous prie de m'excuser... Mildred Magpie. Et vous devez être Constantine Égalité, si je ne m'abuse? "

Maintenant que les flammes bleu de la salle aux douze portes éclairait mieux son visage, Mildred Magpie reconnut plus aisément celui dont elle avait littéralement fondu sur le fessier rebondit lors de procès de l'infâme Lauren McGowan. Que voulez-vous, il fallait bien se distraire un peu au milieu des longues et ennuyeuses plaidoiries des avocats... Et avec son physique d'apollon mystérieux, ce Constantine avait toutes les facettes d'un piège de séduction dans lequel il fallait surtout éviter de replonger, alors que le fantôme d'Adonis peuplait encore la mémoire et le cœur fissuré de la sorcière en mal d'amour.



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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Certaines personnes sont impossibles à éviter. Même en vivant à demi enterré dans une grotte -comme c'est mon cas- il existe des personnalités à qui la popularité, l'excentricité, la vie, en fait, probablement, ont permis de trouver la recette pour se mettre en avant en permanence, pour attirer le regard, focaliser l'attention, monopoliser l'essence même des lieux où ils pénètrent, toujours, en toute circonstance. Ce type de caractères flamboyant qu'on ne peut ignorer même en y mettant toute la bonne volonté du monde, qui drainent votre énergie uniquement par le frôlement de leur regard ou l’écho de leur voix.

Bref, des gens bruyants et qui prennent beaucoup de place.

Mildred Magpie en fait partie. C'est à dire que tout le monde connaît Mildred. Même un homme aussi peu civilisé que moi a eu vent de ses dernières mises en scène, ou capté sa présence résolue dans tous les évènements importants qui se sont produits ces… Dix ? Vingt ? Dernières années (quelle âge a-t-elle, au fait ?) Impossible de manquer son entrée fracassante et sa présence pleine de diatribes acerbes au cours du procès de Lauren McGowan - un procès qui entre nous, me laisse plutôt un goût amer- Je me garde bien de porter un jugement hâtif sur les gens de son acabit, elle a probablement d'excellentes raisons de verbaliser aussi fort chacune de ses pensées, particulièrement dans des lieux qui s'y prêtent assez peu (j'ai admiré le sang froid de Kane, vraiment, cette femme mérite une médaille de patience.) Une enfance difficile. Des troubles de la personnalité, que sais-je. Je dois cependant convenir que Mildred, quelle que soit la vulgarité qu'on lui prête, possède réellement quelque chose de fascinant. Un tel degrés d'impunité et de cynisme mérite d'être salué avec autant de souplesse que sa capacité à conserver sa place dans la stratosphère absurde du pouvoir.

Mildred Magpie a beaucoup d'argent. Il est possible… Je dis bien possible, que cela lui rendre service. Mais je crois surtout cette femme douée de talents de négociations d'une valeur autrement plus intéressante que son engouement pour la véhiculassions de son image personnelle.

D'un regard atone, je considère la missive qui m'est parvenu quelques jours auparavant et dont très honnêtement, je ne sais pas bien quoi faire. Hasard amusant, encore plié négligemment sur le bord de mon bureau émerge, sous une pile de papiers et d'artefacts magiques éparses, un exemplaire de Multiplette - celui du procès, et j'ai une pensée fugace pour Dave et ses yeux remplis de douleur.- Il me faut prendre une décision. L'exposé de Mildred Magpie, pleins d'une véhémence toute littéraire qui me laisse fondamentalement d'une froideur égale, est extrêmement claire sur ce qu'elle attendrait, éventuellement, d'un entretient, même si je ne suis pas certains de bien capter le fond de sa pensée. Je ne suis pas certain non plus, pour le moment, de parvenir à satisfaire ses désirs compliqués - son rapport au temps qui passe et la trace qu'il laisse semblent prendre beaucoup de place dans sa vie et c'est un concept qui me dépasse quelque peu, je dois l'avouer.- Seulement il y a une chose ou deux dont je suis absolument convaincue : on ne rembarre pas impoliment un atout de l'envergure de Mildred. Cette femme possède dans le sein droit toutes l'information du monde, et dans le gauche plus d'argent qu'il n'en faudrait pour rebâtir trois fois le ministère. L'un dans l'autre, cela lui confère une puissance de frappe qui dicte clairement qu'avant de s'en faire une ennemie, il est très important de faire beaucoup d'efforts pour en faire une alliée.

Je suis circonspect cependant, parce qu'elle semble erratique, trouble, imprévisible, et un tout petit peu hors de ma portée, bien que son caractère m'interpelle : ma curiosité ne saurait résister à l'étude d'un spécimen original de son calibre. Elle possède cependant un autre genre de réputation, plutôt porté sur l'ardeur de relations que je ne suis pas certain de maîtriser.

J'expire lentement, prends ma plume et débute ma réponse.

***

D'un geste irrité je vérifie pour la sixième fois de la journée que nous sommes bien dimanche 6 juin, et dans mon carnet les tâches qu'il me reste à accomplir. Ma concentration est à peu près aussi égale que la constance de l'eau dans un verre qu'on agiterait très fort, et j'ai presque du mal à me rappeler ma soirée de la veille. Je ne supporte pas cette sensation de trouble qui envahit mon esprit par à coup et qui rend très difficile d'organiser une chronologie saine dans le déploiement de ma journée. Cela m'arrive régulièrement, pourtant, de plus en plus, même si j'essaie de ne pas trop y penser car me focaliser sur le problème ne semble que l'aggraver et que je crains par ailleurs l'anxiété et l'angoisse comme je crains les sautes d'humeurs de Danielle Coleman. Pour tenter de focaliser mon attention, je suis allé faire un tour dans les locaux presque vides du Département -quelques dévoués sont encore présents un dimanche soir, pour clore la semaine avec la certitude que leur vie de famille souffrira une fois de plus de leur dévouement.- Je suis excessivement satisfait de ma nouvelle position de directeur, mais je m'avoue à moi-même, en traversant les salles d'études silencieuses, que la paradoxale chaleur de ces salles me manque. Certes, le Département n'a pas toujours dégagé cette sensation de sécurité (la guerre avait veillée à en faire un lieu cruellement insatisfaisant), mais depuis que je suis en droit de choisir qui intègre notre famille, je m'y sens particulièrement à l'aise et aimerait, parfois, pouvoir retrouver mon poste de chercheur. Je ne regrette rien hormis la pratique. Remplir des paperasses six heures par jours n'octroie pas constamment un sentiment d'accomplissement total.

En passant près du poste d'Astrid, je remarque négligemment qu'elle rajouté trois cactus à sa collection déjà prolifiques de plantes en pots, et je me demande calmement combien de temps il lui faudra pour faire apparaître un potager entre deux étagères de prophéties, à l'insu de tout le monde. Doucement, je passe un doigt sur les épines, le regard perdu dans le vague, vaguement fatigué, vaguement ailleurs, et fais lentement tourner mon rappel tout entre mes doigts, machinalement. J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose. Quelque chose d'important…

Quelque chose… Comme… Une rencontre ? J'expire, exaspéré par mes trous de mémoires intempestifs et tâte mes poches pour constater que j'ai laissé mon carnet sur mon bureau. Je fais demi-tour, incertain. Je me connais, il faut que je le consulte, je suis probablement en train de passer à côté de quelque chose d'important.

J’émerge dans le hall où se dressent les douze portes du Département lorsqu'un bruit sourd frappé contre la porte qui mène à l'ascenseur attire mon attention. Je fronce les sourcils. Une clameur vague et paniquée me parvient de l'extérieur, le genre de clameur vague et paniquée qu'on entend assez peu dans ces recoins du ministère. D'un coup de baguette habilité, je déverrouille la porte et l'entrouvre. Un jet de chevelure rousse me heurte la vue tandis qu'une femme d'âge mûr se dresse devant moi, l'index pointé vers l'ombre. La pâleur de sa peau se découpe sur l'ombre aqueux des pierres et l'évidence me frappe brutalement.

Mildred Magpie !

Mon Dieu, c'est elle que j'ai oublié.

" Dieu soit loué, vous m'avez sauvé des griffes de ce tigre! " Je me déplace légèrement en ouvrant plus grand la porte, cherchant d'un regard concerné la terrible cause de sa terreur. Il n'y a strictement rien derrière elle, rien hormis les recoins sombres du hall et tout au bout, l'ascenseur éclairé et silencieux. Je pince les lèvres pour dissimuler un sourire, entre le soulagement d'avoir eu cette vaine indécente de n'avoir pas quitté le département plus tôt, et la gêne du comportement excentrique de Mildred. Très vite, elle reprend contenance avec une espèce d'habitude naturelle, comme s'il lui arrivait très souvent de passer d'un extrême de fantaisie au maintien de princesse qu'elle me sert à présent, la main tendu vers mon torse. Je baisse les yeux et y glisse précautionneusement la mienne pour la gratifier d'une poignée de main ferme et brève - les contacts physiques ne m'ont jamais mis très à l'aise- "Je vous prie de m'excuser, amorce-t-elle avec un ton à la fois professionnel et pressé. Elle a une espèce de façon d'occuper l'espace à la fois étouffant et subjuguant, à la manière de ces gens qui semblent partout chez eux. Mildred Magpie. Et vous devez être Constantine Égalité, si je ne m'abuse?

- Vous ne vous abusez pas du tout. Je suis Constantine Égalité. " Je me pousse poliment pour lui ouvrir le passage. " Je vous en prie, entrez. Vous serez probablement plus en sécurité de ce côté-ci de la porte, où qu'ai pu disparaître la… Heu… Chose qui vous a attaqué. " Je m'interdit de sourire, adoptant un air franchement concerné par son attitude passée : je suis absolument décidé à prendre très au sérieux tout ce que cette femme dira ou fera.

Et à me tenir sur mes gardes. Cet entretient promets beaucoup de rebondissements extatiques, mais Mildred Magpie me semble, de loin, être le genre de personne qu'on sous-estime facilement, mais qu'on ne devrait, justement, pas du tout sous-estimer. Je me compose un air dégagé et en parfaite maîtrise de moi alors que je pédale pour tenter de me remémorer les tenants de notre entretient, et guide mon pas jusqu'à l'une des portes. Je pose longuement une main sur la poignée de bronze qui en occupe le centre. La porte se déverrouille sous ma signature, et s'ouvre sur mon bureau dans lequel j'invite Mildred à pénétrer. " Je vous en prie, prenez un siège, mettez-vous à l'aise… " Je regrette instantanément d'avoir dit ça. Mildred semble naturellement déjà suffisamment à l'aise partout où elle va pour ne pas qu'elle se sente en droit de se mettre encore plus à l'aise. " Vous… Désirerez peut être un porto, ou un whiskey avant d'aborder… " Je jette prestement un coup d'œil à mon carnet, dont l'écriture codé de signes que je suis seul capable de déchiffrer me rappelle partiellement les raisons de sa venue. " Le sujet qui vous amène jusque chez moi. " Conclu-je sans risque. Il va à présent s'agir de s'adapter rapidement au caractère flamboyant de la plus scandaleuse rédactrice en chef du monde sorcier.
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Quel galant et plaisant gentilhomme que ce Constantine Égalité! Mildred Magpie était subjuguée par la politesse et la délicatesse que témoignait l'hôte des lieux alors qu'il l'invitait à rejoindre ses quartiers. Que ce soit son délicieux accent français aussi doux que le velours ou ses jolies fesses à croquer, le patron des Mystères lui faisait grande impression. Surtout lorsqu'il fit preuve d'une empathie remarquable à l'égard des craintes de la romancière, et du "tigre" tapît dans l'obscurité qui venait de l'attaquer. Bien que se sentant un brin ridicule de fuir devant un chat, Mildred ne tarda pas à lever l'identité de son agresseur.

"Oh ne vous inquiétez pas! Il ne s'agissait que du chat de notre vénérable et inestimable Ministre de la Magie. En me voyant, il est devenu comme fou et d'une bestialité sans nom! " Mildred ébroua sa longue chevelure de feu, avant de glisser avec malice : "Même si je suis habituée à enflammer les esprits, je dois avouer que j'étais quelque peu effrayée à l'idée que ses petites griffes puissent entailler l'étoffe de ma sublime combinaison... "

Mildred ne se fit pas prier pour franchir le seuil des Mystères, n'omettant point de balancer ses hanches et son postérieur rebondit sous le nez du galant français mystérieux. Bien entendu, cela n'était qu'un stratagème de séduction pour inciter le patron des lieux à accéder favorablement à sa future et importante requête narcissique. Car que l'on ne se trompe pas sur ses intentions, Mildred n'était pas venue se geler les miches dans les couloirs plein de courant d'air de ce département poussiéreux pour une simple visite de simple courtoisie. Il s'agissait bel et bien d'une rencontre d'affaire qui devait déboucher sur l'obtention d'un programme de recherche essentiel à ses yeux de sorcière vieillissante et soucieuse de son image publique.

En voyant, Constantine actionner la poignée magique à reconnaissance digitale de son bureau. Mildred s'extasia comme une sorcière adolescente devant un Boys Band magique.

"Ingénieux système! Il me faudrait la même chose pour protéger mon coffre à pâtisseries réfrigérées des éventuels gloutons susceptibles de les dérober ! Ou de moi-même le cas échéant... "

Depuis plusieurs mois maintenant, Mildred souffrait de violentes pulsions boulimiques qui l'incitait à se lever au beau milieu de la nuit pour ingurgiter toutes sortes de cupcakes ou autres choux à la crème du Paradis d'Eden jusqu'à s'en rendre malade. Souvent, après ses épisode de gloutonnerie nocturne, elle se sentait barbouillée et nauséeuse ; Ce qui n'était guère plaisant quand vous étiez une femme d'affaire aussi active et mobile que la rédactrice en chef de Multiplettes.  

Une fois à l'intérieur du bureau du chef de département, le regard acéré et curieux de la journaliste à scandale parcouru l'espace à la recherche d'informations susceptibles de l'éclairer sur la personnalité de son prestigieux résident. C'était plutôt austère, et cela manquait clairement de bibelots luxe et d’enluminure pour l’exubérante Magpie ; Mais l'espace demeurait plutôt agréable et pas aussi en désordre qu'elle aurait pu se l'imaginer. En gentilhomme soucieux du confort de sa prestigieuse invitée, Constantine l'invita à se mettre à l'aise : Chose dont elle ne serait point privée même sans l'accord de son gentil hôte. Ce dernier lui proposait aimablement une boisson. La diva finit par émettre une requête dont elle avait le secret :

"J'imagine que vous n'avez ni blanc d’œuf, ni jus de citron, ni sucre dans pareil taudis? Car dans le cas où vous disposiez de ces ingrédients, vous auriez pu me concocter l'un de mes cocktails préférés. Mais laissez tomber! Nous ne sommes pas aux folies sorcières! Et j'aurai grand plaisir à prendre la même chose que vous... " dit-elle en balayant les airs d'une main tranchante.
 
Quelque peu lasse de son trajet en talons aiguilles, Mildred Magpie se laissa tomber vulgairement dans un fauteuil en cuir de dragon, avant de dévisager sans une once de timidité le patron des mystères. Croisant ses jambes avec sensualité, pendant que ses longs ongles de panthère manucurée ricochaient sur la surface de l'accoudoir ; La romancière finit par dévoiler le fond de sa pensée.

"Je dois avouer que je suis assez surprise. En entrant ici, je m'attendais à quelque chose de plus fade et poussiéreux. J'imaginais même le responsable des Mystères comme un vieillard cabossé et vouté, et dont l'esprit de convivialité serait plus proche de celui d'un troll des cavernes que le merveilleux sens de l'hospitalité que vous me manifestez... " Ces longs ongles cessèrent de tapoter le cuir de son accoudoir, pour le griffer avec délice : "Vous dépassez mes attentes, et c'est un réel plaisir que d'avoir à m'entretenir avec un gentilhomme, aussi galant et disposé à me rendre un aussi précieux service... "

Constantine semblait farfouiller dans ses piles de carnet pour y trouver les raisons de la venue de l'exigeante businesswoman. Cette dernière leva un sourcil circonspect sur le remue ménage du directeur de département, avant de clore le suspense. Se tenant dans une attitude altière, et digne d'un sphinx gardant la sépulture de Cléopâtre ; Mildred exprima alors autant ses doutes que son intérêt pour le département des Mystères.

"J'ai entendu bon nombre de rumeurs au sujet de votre département et des recherches qui y sont menées... Info ou intox, il se murmure même que vous travailler en ce moment même sur un retourneur de temps d'un nouveau genre qui puisse nous aider à revenir durablement dans le passé. Remonter dans le temps, quoi de plus merveilleux! Surtout pour une femme de mon âge... " dit-elle avec une certaine mélancolie dans la voix. Des chercheurs qui avaient le pouvoir de remonter dans le temps, pourraient peut-être bien trouver un artifice lui permettant de remonter également sa poitrine alourdie par le poids des années. Une cure de jouvence qui puisse l'aider à étirer ses rides naissant, et gommer ses vergetures. Bref une solution pour paraitre toujours dans le coup et aussi rayonnante auprès de ses hordes de jeunes fans impitoyables.

"Monsieur Égalité... Laissez-donc tomber vos carnets une seconde, et regardez-moi! Je vous en prie, soyez sincère et dites-moi ce que vous voyez? Qu'est-ce que je vous inspire? " demanda-t-elle en prenant soin de bien bombée son opulente poitrine et étirer ses zygomatiques pour ne pas souffrir d'un constat trop cruel sur son âge.

Avant même qu'il puisse répondre, elle lui lança alors cette terrible conclusion personnelle.  

"Car pour ma part, je ne vois qu'une femme sur le point d'atteindre la cinquantaine, à la beauté déclinante, et qui ne rêverait que d'une chose pour sauver sa majestueuse carrière : Revenir dans le temps et retrouver l'éclat de sa jeunesse perdue, de manière à séduire encore et toujours les foules... "

Elle posa un regard implacable sur le chef du département des mystères, avant d'ajouter d'une voix empreinte d'espoir :

"Dites-moi que vous êtes en mesure d'accomplir ce prodige! "

Un silence pesant s’abattit, ne laissant entendre plus que le tic-tac mécanique de l'immense horloge niché dans un recoin du bureau.



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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D'une vitrine murale coincé entre deux bibliothèques, j’extraie une bouteille de porto grand luxe, lorsque la requête de Mildred interromps mon geste hésitant. Je la cherche par-dessus mon épaule, déterminé à lire sur son visage s'il s'agit d'une forme d'humour choisit pour me mettre à l'aise. Debout au centre de la pièce, elle embrasse calmement de son regard clair l'espace de mon bureau. " Et j'aurais grand plaisir à prendre la même chose que vous… " Conclu-t-elle négligemment. Je la considère un instant en silence, la main suspendu au-dessus du guéridon, refermé sur le goulot de la bouteille. Je l'y dépose machinalement. Le verre contre le verre chuinte. Elle n'a plus pour moi un regard. Elle scanne, analyse, détaille avec une promptitude nocive. Ce qu'elle fait, je le pratique régulièrement. Elle interprète l'espace et tire des suppositions, des théories. Quel genre de personnage est Constantine Égalité ? La paranoïa s'éveille dans mes tripes alors que je retiens un sourire déformé derrière mes lèvres. Je ressens un instant de colère, brume lourde qui s'estompe presque aussitôt, contre moi-même qui n'ai pas su préparer ce rendez-vous. Comme un ennemi intime, ma mémoire me plonge dans l'incertitude d'une situation où je ne maîtrise pas tous les éléments. Si je n'avais pas oublié Mildred Magpie, j'aurai dissimulé à ses yeux de couleuvre tous ce dont elle pourrait tirer des conclusions. Mais c'est trop tard. Ma négligence lui livre sur un plateau l'effet de mon quotidien, sans à peu près, sans mise en scène, sans faux semblant, Constantine Égalité dans toute l'ampleur de son désordre, presque épanoui au milieu du capharnaüm de papiers, de livres, d'artefacts rares et de runes étranges, des piles de dossiers, des tasses de cafés et des guéridons emplis de verres couplés aux alcools forts. La lumière tamisée de la pièce, ocre et sienne, ne suffit pas pour entraver sa lecture des gros titres, et si les rapports sont bien dissimulés, eux, classés, cachés aux regards, je ne peux empêcher les morceaux de ma vie privée de s'étaler pour le plaisir de Mildred, qui en lape chaque gorgée sans en avoir l'air. Elle se laisse tomber dans un fauteuil, avec l'attitude suave d'une femme sure de ses qualités, ce qui est étrange, car cela lui confère une vulgarité théâtrale aussi offensante qu'intrusive, sans délicatesse mais qui déclenche chez moi une curiosité bridée par la nouvelle étude qu'elle engage à mon intention.

Peu de choses me mettent fondamentalement mal à l'aise. L'eau profonde et opaque. Les types qui prennent des photos au service communication du ministère. Danielle Coleman. Et les regards insistants chargés d'une lourde couche de sensualité. Insultez ma famille, mes ancêtres, ma copine. Manquez moi de respect ouvertement, rien ne me déstabilisera. Par contre. L'air charmeur et profond des hommes et des femmes qui ont hissé la séduction au rang d'Art de vivre, et qui vous regardent par en-dessous, avec des effets de cils, avec des yeux scrutateurs qui ne déterminent pas vos forces morales ni votre détermination mais la valeur de votre cul ou la courbe de vos hanches, instantanément, me trouble, me pousse à bafouiller, parfois à rougir, et c'est au prix d'un violent effort de volonté que je garde le dessus pour ne rien laisser voir des perturbations qui court-circuitent l'élan de ma pensée. Lorsque Mildred Magpie croise les jambes avec un geste dégoulinant de sensualité, je fais demi-tour lestement et me concentre sur mes verres en cristal, que je rempli méticuleusement de porto en tâchant d'oublier qu'elle a toujours le regard vissé sur moi. Sa verve s'éveille et le crissement de ses ongles sur le cuir de lézard, comme ses mots terriblement directes, manquent de me faire renverser la bouteille. Mon geste brusque, dissimulé par le fait que je lui tourne le dos, m'arrache un soupir contraint, dents serrées. Je respire profondément pour retrouver un semblant de maîtrise, bien que peu surpris par une maladresse qui me suit depuis l'enfance. Mildred Magpie serait probablement très déçue d'apprendre qu'en terme de trolls des cavernes, on se défend plutôt pas mal, au Département. " Vous m'en voyez ravi. " Aussi étrange que cela puisse paraître, nous avons eu notre quota de vieux hommes cabossés au Département, parti pris du fait que nous accordons assez peu d'importance au physique et à l'âge des gens que nous employons. Concept qui semble assez différemment perçut par l'esprit de Mildred Magpie. Il n'y a pas besoins de la regarder longtemps pour conclure que chez elle, l'apparence à son importance. Ce que je ne contredit pas. Je pince les lèvres avec un demi sourire suspicieux en lui tendant son verre de porto. " Le précieux service, mais oui… " Qu'est-ce que je lui ai promis ? J'esquive le fauteuil pour tenter de trouver la page de journal qui correspond à cette entrevue. J'aimerai beaucoup parvenir à mettre la main sur ce que je lui ai promis malgré moi dans les lettres que nous nous sommes échangés. " J'ai entendu bon nombre de rumeurs au sujet de votre département et des recherches qui y sont menées...
- Ha oui ? Incroyable. " Où est cette fichue page ? La lettre est forcément quelque part, quelque part pas loin des informations concernant Mildred Magpie…
Info ou intox, il se murmure même que vous travaillez en ce moment même sur un retourneur de temps d'un nouveau genre qui puisse nous aider à revenir durablement dans le passé. " J'interromps ma fouille brutale pour relever la tête vers elle, les sourcils arqués. Je me demande toujours par quel processus incroyable les gens forment sur les mystères les bruits de couloirs qui filent entre les groupes de population et créent des mythes, parfois pas si éloignés de la réalité. " Remonter dans le temps, quoi de plus merveilleux! Surtout pour une femme de mon âge... "
- Retourner dans le temps et rajeunir sont deux choses sommes toutes relativement différentes, figurez-vous… " La lettre s'extrait enfin d'entre deux piles, j'y jette un coup d'œil en diagonal, avec la sensation de ne l'avoir jamais lu mais certains d'y avoir répondu. " Vous ne voudriez pas prendre le risque de remonter dans le temps, croyez-moi. " Dis-je, le regard rivé au parchemin. Si elle savait toutes les catastrophes que le Département a essuyé dans cette branche. Des catastrophes mortelles, la plupart du temps. Retourneur de temps et prophéties sont par ailleurs un sujet relativement sensible : une certaine bataille scandaleusement inconsidérée entre nos murs n'en a pas épargné la moitié et la collecte pour en reconstituer certains est passablement longue et coûteuse pour nos chercheurs.
- Monsieur Égalité..., M'invective Mildred, et je relève la tête pour de bon dans un sursaut. Sur son ordre, je dépose la missive et considère Mildred, alanguit dans son fauteuil, le verre en cristal négligemment agité entre ses doigts manucurés. Je vous en prie, soyez sincère et dites-moi ce que vous voyez? Qu'est-ce que je vous inspire? "

Hoooo non. Non, non non. Je la regarde, sans savoir quoi répondre, immobile. Pourquoi me pose-t-elle cette question à moi ? Qu'est-ce que je dois dire pour ne pas la froisser ? Est ce qu'elle me demande un avis favorable sur son physique ? Une réponse sincère ? Est-ce que je n'ai pas exactement l'air de la dernière personne capable de lui donner une réponse satisfaisante ? Est-ce que je n'ai pas l'allure d'un type qui passe la majorité de son temps le nez rivé sur des piles de papiers à discuter avec mon animal de compagnie plutôt qu'à de vraies personnes ? Est-ce qu'on ne se connaît pas depuis manifestement beaucoup trop peu de temps pour que je me sente à l'aise avec l'idée de juger sa prestation physique alors que son décolleté tendu vers moi donne déjà de bonnes indications sur l'estime qu'elle a de son corps ?

A mon grand soulagement, elle répond à ma place, avant que j'ai pu formuler un début d'hypothèse polie. J'aurai trop peur de lui dire la vérité : le tact n'est pas toujours exactement mon fort lorsque sorti d'un contexte politique. Je suis cependant assez étonné du jugement qu'elle se porte. Mildred Magpie ne supporte pas de vieillir : son attitude, ses gestes et plus particulièrement sa façon de s'habiller et de se maquiller en témoignent avec une force plutôt cruelle. " Dites-moi que vous êtes en mesure d'accomplir ce prodige! "

Silence.

Un silence un peu long, un peu pesant.

- Vous vous jugez durement, Miss Magpie, débutes-je prudemment. Vous n'avez probablement pas autant besoins de… "

Je réalise subitement que je suis en train d'essayer de faire changer d'avis une multimillionnaire prête, peut-être, à déplacer une bonne part de sa fortune dans ce projet délirant. Mes pensées filent à mille à l'heure, calculant les intérêts du département à conforter Mildred Magpie dans le fait que, moyennant un marché plutôt arrangeant, nous serions peut-être à même de lui fournir certaines potions, onguent, et autres formules capable de lui rendre un teint de pêche. J'estime posément comment tourner cette mission auprès de mes chercheurs, qui ont bien autre chose à faire que trafiquer des recettes à l'intention d'une journaliste qui porte mal le fardeau de son âge, tout en sachant pertinemment que placer Mildred dans ma poche pourrait fort bien, à terme, m'obtenir une rentrée d'argent parfaitement indépendant du Ministère. Et même si cela ne plaira peut être pas à mon précieux Leopold, une telle opportunité d'indépendance n'est pas négligeable. Lentement, je viens prendre place dans le fauteuil qui fait face à celui de Mildred et boit une gorgée de porto. L'alcool me brûle la gorge et propage une douce chaleur dans mon esprit.

- Mildred…" Une pause dramatique me permet de chercher son regard et de m'y encrer profondément. " Je veux être honnête avec vous. Nous n'avons pas de cure de jouvence éternelle. Ce que je peux vous proposer, ce sont des artefacts. Mettons, des soins crées spécialement pour vous et qui vous revitaliseront temporairement, tant que vous en prendrez. Pour le moment. " Je la scrute, à l'affut de la moindre contraction musculaire, chose peu aisée à déterminer sous ce masque qu'elle s'est construit. " Vous vous doutez que ce genre de recherches sont très longues à mener, et très coûteuses. Évidemment, avec un investisseur, il y a certaines choses qui pourraient prendre de l'essor… " J'aimerai beaucoup savoir jusqu'où Mildred Magpie se sent capable d'aller pour redorer son image, quelle qu'elle soit.


I'm waiting for the call, the hand on the chest, i'm ready for the fight and fate, the sound of iron shots is stuck in my head, the thunder of the drums dictates, the rhythm of the falls the number of death, the rising of the heights ahead, from the dawn of time to the end of days, i will have to run away, i want to feel the pain and the bitter taste of the blood on my lips again. © by Sun 

Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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Mystère Freeze [Pv Constantine]

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