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 Symphonie d'une nouvelle vie [Constantine & Emma]

Emma BlackbonnesApprentie au Département des Mystèresavatar
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26 juin 2010 :

Un peu de rouge sur mes lèvres, une pointe de blush sur les joues pour redonner des couleurs à mon visage beaucoup trop pâle et du mascara pour agrandir mon regard. Je fixais mon reflet un long moment avant de finir par me reculer et sortir de la salle de bain, j'avais tenté de dissimuler du mieux possible la dépression et la fatigue qui rongeaient mes traits mais j'avais la sensation que peu importait mes efforts, rien ne pourrait les effacer totalement. Cette situation durait depuis trop longtemps. D'abord j'avais perdu des amis, j'avais perdu du temps à me morfondre sur moi même et mes problèmes. Et je l'avais perdu lui aussi, pourtant Merlin savait que dans ma vie, il faisait la pluie et le beau temps. Je n'avais pas su être là pour lui, je n'avais pas vu ou n'avais pas voulu voir, trop bornée pour admettre que rien n'allait. Incapable d'agir au bon moment, la situation avait empiré jusqu'à devenir irréversible et la fin inéluctable.

Dans un regain de remord et de compréhension, j'avais tenté de le retrouver mais les événements avaient joué en ma défaveur et l'horreur m'avait frappé à nouveau, m'enfermant dans l'obscurité et éloignant de moi toute notion de bonheur ou de bien-être. Bien sûr que j'aurais voulu m'arracher des bras de la solitude qui m'enlaçait trop souvent, mais je ne savais plus comment les attraper, les mains que l’on me tendaient. La culpabilité m'en rongeait davantage, je ne savais plus comment me faire pardonner auprès des personnes que j'avais lâchées, j'étais trop écorchée pour réussir à retourner vers eux, je tentais de penser mes plaies une à une mais cela prenait du temps. Mais avais-je encore la force de me battre seule ? N'était-ce pas plus simple de tout oublier ?

Cette idée avait effleuré mon esprit et j'y avais songé sérieusement, c'était une façon comme une autre d'aller mieux. Effacer de ma mémoire tous les mauvais souvenirs pour ne garder que les bons et vivre à nouveau ma vie pleinement. C'était réellement tentant mais j'avais peur de retourner dans mes vieux travers. Je savais quelle genre de fille je pouvais être, mesquine, hautaine, moqueuse, envieuse, intolérante parfois. Et naïve. Beaucoup trop naïve. Je ne voulais plus être cette Emma et malgré l'horreur de mon passé, il m'avait malgré tout servi de leçon. Il m'avait appris à contrôler mes travers et ne pas laisser mes bas instincts prendre le dessus. Je savais à présent quelle genre de personne je ne voulais pas être et j'avais peur que la perte de mes souvenirs me fassent oublier pourquoi je ne voulais plus être cette personne.

Je ne savais pas comment j'allais faire pour continuer à avancer, j'avais l'impression d'assister à mon propre enterrement chaque jour. Toutefois, j'allais m'en sortir, je m'en faisais le serment. La douleur était devenue comme une amie constante, je préférais m'y accoutumer au risque de devenir folle. C'était presque inéluctable dans le contexte actuel. Des attentats, il y en aurait d'autres, le procès de Lauren en était le parfait exemple. Comment avait-elle pu penser une seconde que Leopold Marchebank était responsable de la mort de Samantha ? Et quand bien même ? Quel genre de fille en arrivait à de telles extrémités ? Tenter un meurtre contre le Ministre lui-même, il fallait être sacrément dérangé. Je ne doutais pas des épreuves qu'elle avait endurées, la perte d'un être cher devait être horrible, insurmontable. Mais tenter de tuer le père de son meilleur ami ? Avait-elle seulement pensé à Dave une seule seconde au cours de son plan insensé ?

Dans quel état d'esprit était-il ? Je n'osais même pas lui écrire. Que pouvais-je lui dire ? Lui présenter mes condoléances ? Je n'étais certainement pas la personne qu'il voulait voir. Il ne devait avoir que mépris et pitié pour moi, surtout alors que la dernière fois que j'avais été le voir, je n'avais su que pleurer sur mon sort, ignorante du sien. Je n'étais qu'une pauvre fillette pleurant et tremblant devant la première épreuve venue. Il était temps que je m'endurcisse et que je devienne aussi forte que le monde actuel l'exigeait de nous. Il était temps que je prenne mon avenir en main et que je prenne réellement part aux découvertes du monde de demain. Je voulais m'investir dans le développement et la recherche de la magie, découvrir les secrets du temps, de la mémoire, je voulais comprendre le sens même du mot magie et l'exploiter pour permettre à notre gouvernement d'en sortir plus fort et grandit. Je voulais mettre un terme à la terreur qui rongeait mon cœur et dire adieu à ma mélancolie.

Je ne voulais plus d'elle dans ma vie, j'avais longtemps eu le cœur en hivers et perdu le printemps. Je ne savais pas vraiment ce qui m'attendait mais il était temps de sortir de ma torpeur et de me prendre en main. Il ne fallait pas que nous jouions le jeu des terroristes et que l'on se laisse impressionner. Il était de notre devoir de continuer à vivre et faire notre travail pour aider le gouvernement à prospérer. Les lois sociales étaient de réelles révolutions et le danger était trop présent pour que le Ministre reste inactif. Toutes les décisions prises jusqu'à présent tombaient sous le sens et je ne comprenais pas la rage des gens qui parlaient de droits bafoués.  

C'était principalement pour cette raison que j'avais envoyé ma candidature au département des Mystères, je voulais participer à l'avenir de mon pays et prendre part à la découverte du monde magique. J'avais à peine cru la lettre qui annonçait que ma candidature était retenue, je n'osais à peine croire les mots qui me disaient de me rendre au Ministère pour compléter mon dossier et m'expliquer en quoi consisterait mon apprentissage. J'avais une boule de stress dans le bas du ventre depuis que j'avais quitté mon dortoir pour rejoindre Pré-au-Lard et transplaner jusqu'à l'Atrium du ministère. Tout me semblait plus concret alors que je passais au bureau des admissions et qu'on contrôlait ma baguette magique. C'était presque irréel de pénétrer dans l'un des ascenseurs magiques jusqu'au niveau neuf.

Ce n'était pas la première fois que j'entrais au ministère, j'avais déjà accompagné mon père lorsque j'étais plus jeune mais jamais je n'avais eu la chance d'entrer au département des Mystères. Alors que les portes dorées de l'ascenseur s'ouvraient et que je me retrouvais au milieu d'un nombre important de portes identiques, tout devint beaucoup plus concret. J'inspirais profondément alors qu'une des portes s'ouvrait et qu'une femme à l'air aimable m'invitait à la suivre jusqu'à un petit bureau. Elle m'expliqua en quoi allait consister mes premiers mois au sein du département, une mise à l'essai qui se conclurait soit par mon admission soit mon expulsion et l'effacement de ma mémoire. Je déglutis difficilement alors que la pression montait en moi à mesure qu'elle parlait. Et si j'étais nulle et inutile ? Et si je n'étais pas capable de réussir la plus petite des tâches qui m'était demandée ? Que ferais-je de ma vie si je n'étais pas capable de répondre à leurs attentes ?

Je ne laissais pourtant rien paraître de mon trouble et me contentais de hocher la tête à chaque question qu'elle me posait. La femme finit par me tendre un document de confidentialité qu'elle me demanda de signer avant de le ranger dans un épais dossier avec mon nom écrit dessus. Je me demandais un instant si c'était courant que le recrutement ne soit pas géré directement par les directeurs de département. Mais peut-être avait-il des choses plus importantes à faire que de rencontrer une future apprentie sans intérêt comme moi. Je me contentais donc d'un sourire et d'une formule de politesse lorsque la femme m'invita à sortir.

"J'ai été heureuse de faire ta connaissance Emma, j'ai hâte de te revoir très vite pour le début de ton apprentissage. Et ne t'inquiète pas, je suis certaine que tout se passera très bien."

Elle me conduisit jusqu'à la porte qu'elle m'ouvrit et me laissa ensuite seule au centre de toutes ces portes qui se ressemblaient toutes. Un léger malaise s'empara de moi alors que je tentais de me rappeler par où j'étais entrée... Je me retournais vivement en me disant que la sortie était peut-être dans mon dos et percutais de plein fouet un torse. Rouge d'embarras, je me reculais d'un pas et relevais le regard pour aviser la personne que je venais de percuter. Mon embarras augmenta d'un cran alors que je reconnaissais Constantine Egalité, le directeur du département.

"Je suis sincèrement désolée, Monsieur. Je ne vous avez pas vu."

Je baissais le regard au sol, mortifiée de cette entrée en matière. Qu'allait-il penser de moi après cette première rencontre catastrophique ? Et s'il décidait de me renvoyer chez moi sans me laisser la chance de prouver ce que je valais ? Tous les pires scénarios traversèrent mon esprit en un temps record alors que je n'avais toujours pas osé redresser le regard sur mon futur supérieur hiérarchique.


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Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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D'un geste lent et mesuré, j'ouvre les yeux sur la pénombre. Dans mon champ de vision apparaissent, encore troublé par le reste de sommeil qui couvre mon regard, des piles de papiers éparses, des dossiers ouverts à tous les vents, des étagères débordées d'objets magiques divers, dissimulés entre les tranches empilées de livres. Lentement, je me passe une main sur le visage.

Je me suis encore endormis en pleins travaille.

Je me redresse. Habitué à la situation, je commence par regarder mes pieds, pour y trouver gentiment éparpillés par terre, presque dans l'ordre original, les feuilles de parchemins sur lesquels ont été rédigés les derniers rapports du mois. Sur mes genoux, le dossier en cuir relié qui les héberge dégouline sur le plancher, mon carnet de notes coincé entre deux pages. Je me penche résolument pour attraper les feuilles, dans une attitude malheureuse qui ne permet pas grand-chose de plus que de laisser le dossier vomir ses dernières comptes rendus : fascinant tapis de feuilles mélangées pour toujours. " Et merde. " Je soupire profondément.

Comme il n'est pas rare que j'oublie, il l'est encore moins que j'oublie l'heure. Absorbé dans les phrases lancinantes et techniques des résultats éprouvés par mes chercheurs, régulièrement, je compulse jusqu'à somnoler dans le fauteuil délicieusement moelleux que je me suis octroyé pour ce genre de cas, ne pensant plus à l'heure, plus aux problèmes, plus aux regrets ou à tout ce qui pourrait m'occuper néfastement l'esprit. J'aime pouvoir penser au présent. Synthétiser, comprendre par reflexe mécanique les implications des formules qui s'alignent sous mes yeux, ne penser à rien d'autre qu'aux possibilités qu'elles ouvrent pour le futur. Cet exercice me déleste d'un poids profond et, outre la curiosité - un peu psychorigide, j'en convient - qui m'interdit de l'interrompre, il m'est relativement difficile de ne pas m'oublier totalement dans le processus.

J'ai une concentration synonyme de négation de moi-même et de mes propres besoins qui, certes, pourrait peut-être me pousser un jour à, éventuellement, mourir de faim, ou de soif. Ou quelque chose dans le genre.

De fatigue, aussi, peut-être. C'est ce que j'ose considérer lorsque je me redresse enfin pour poser le dossier à peu près remis en ordre sur mon bureau bordélique - jamais su tenir mes espaces personnels impeccablement bien rangés, l'ordre m'angoisse. - et que mon regard rencontre d'abord l'horloge posée sur mon bureau, puis le miroir accroché au mur, près d'une penderie en bois marqueté. Sale gueule, Constantine Égalité. Presque un peu pire que d'habitude. Cernes noires profondes, barbe qui s'épaissit, regard brillant d'insomniaque qu'on pourrait confondre avec celui d'un névrotique carburant à la coc. Chemise froissée.

J'ouvre la penderie pour en prendre une propre, repassée, nickel, histoire de faire croire qu'il me reste un semblant d'humanité, quelque part. Ho, je ne tente pas d'abuser les fidèles du Département qui sont là depuis bien trop longtemps pour ne pas commencer à me connaître. Ma chemise s'adresse au Ministère, qui me verra peut-être émerger à l'heure du déjeuner, pour une pause de vingt minutes.

Voler me manque terriblement, ces derniers temps.

Je gratifie ma robe de sorcier haut de gamme d'un sortilège rapide pour la rajeunir un peu, me coiffe prestement, et décide d'aller trouver un café quelque part - peut-être à l'extérieur, histoire de voir le soleil pour de bon - avant de me remettre au travail. Glissant ma baguette dans une poche, mon carnet dans l'autre, je pousse la porte de mon bureau de l'épaule, et me cogne presque aussitôt à une petite silhouette qui se retourne vivement.

- Je suis sincèrement désolée, Monsieur. Je ne vous avez pas vu."
- Oui ? " Mauvaise réponse. Elle pose sur moi un regard de biche pris dans les feux d'une voiture. Je fronce un sourcil, regarde autour de moi pour constater que le hall du Département est absolument vide de toute vie - ce qui est assez normal considérant que les chercheurs repassent rarement par cette salle, hormis pour rejoindre l'ascenseur.- Je me dégage doucement pour laisser la porte de mon bureau se refermer dans un claquement et concentre mon attention sur la demoiselle qui me fait face alors que les portes se mettent à tourbillonner autours de nous dans un balais propre à faire vomir n'importe qui qui n'en aurait pas l'habitude. Un vague souvenir me revient lorsqu'elles s'immobilisent toutes dans le même mouvement. " Ha. " Dis-je avec une capacité de communication vraiment impressionnante.

Je lève un doigt pour lui faire signe de patienter, extrait mon carnet que je feuillète rapidement. 26 juin. Emma Blackbonnes. Le charme qui annexe les mots clefs du journal me renvoi à une date bien antérieur, puis à une série de notes jointes, pliées en quatre. Ex petite amie de Dave - mais ça ne me regarde pas-. Venue faire un tour au Département après un dépôt de candidature qui aurait porté ses fruits mais auquel je n'ai pas eu le temps de prendre part.

- Emma Blackbonnes. " Dis-je en refermant mon carnet d'un coup sec. Amy t'a planté là ? " Amy s'occupe d'une partie du recrutement. C'est une âme éveillée, délétère, plutôt espiègle du genre à vous rendre fou. Censée accueillir sa recrue et la guider, elle a préféré disparaître - il faut dire qu'elle commence difficilement sa journée sans son sceau de porridge matinal.- " C'est une forme de bizutage. " J'attends en silence qu'elle réagisse, et réalise que ma remarque n'est peut-être pas d'une évidente limpidité. " Laisser les nouvelles recrues aux Douzes Portes. C'est une forme de bizutage. Comme tu n'es pas encore strictement assermentée, tu pourras pénétrer dans les salles, mais sans certitude de jamais trouver la bonne. C'est un jeu qui peut durer très longtemps. " Je tente un sourire, absolument inconscient du fait que l'attitude d'Amy, en plus d'être un peu cruelle, peut franchement mettre mal à l'aise. " Qu'est ce qui t'amènes chez nous, Emma Blackbonnes ? " Je suis poussé par un genre de curiosité flegmatique, sans réaliser qu'elle ne tient peut-être pas à passer un second entretien d'embauche.
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Mes yeux se posèrent pour la première fois sur mon futur directeur de département alors qu'il semblait prendre pleinement conscience de ma présence. Je sentis mes joues chauffer furieusement et me mordis l'intérieur de la joue. Je ne devais surtout pas me laisser impressionner, je pouvais sentir mon cœur dans ma poitrine battre à toute vitesse, prêt à s'envoler mais je devais prendre sur moi et faire comme si tout était normal. Je pâlis légèrement en voyant les portes tourner à nouveau dans un balai erratique avant de s'immobiliser, l'espoir de trouver un jour la sortie semblait compromis. Je retins un soupir de désespoir pour reporter mon attention sur Constantine Egalité qui semblait se souvenir de ma présence.

Il leva un doigt dans ma direction comme pour me demander de patienter mais en toute honnêteté, même si je l'avais voulu, je n'aurais pas pu partir de cette pièce. Intriguée, je le regardais sortir un carnet de l'une de ses poches et le feuilleter avant de sembler de trouver ce qu'il cherchait puisqu'il prononça mon nom avant de le fermer sèchement. Je sursautais légèrement et posait un regard timide sur lui, me retenant de baisser les yeux de gêne. Il fallait absolument que je me sorte de la tête que je parlais à mon supérieur mais tout chez lui me renvoyait cette image. Son port altier, son costume, son air indifférent et impliqué à la fois et ce charisme qu'il semblait dégager presque malgré lui. Si la situation n'avait pas été aussi stressante, j'aurais presque été jusqu'à penser qu'il avait beaucoup charme et que dans d'autres circonstances, il ne m'aurait pas laissé indifférente.

Toutefois, la situation était telle que je n'avais pas la tête à ce genre de frivolités. Je hochais timidement la tête lorsqu'il me demanda si Amy m'avait planté là. C'était à peu de choses prêts, ce qu'elle avait fait effectivement. Je ne savais pas qu'elle n'aurait pas dû cela dit. Pour moi, il n'y avait rien eu d'anormal à sa façon de faire. Mais après les explications de Monsieur Egalité, je comprenais maintenant que j'avais été la victime d'une simple blague. Je devais reconnaître que ça ne me faisait pas rire du tout pour le moment.

"Oh... Je vois..."

J'esquissais néanmoins un léger sourire faussement amusé, ce devait être amusant de perdre les apprentis après tout. Mais je me demandais bien combien de temps ce petit jeu allait durer... Je n'avais pas particulièrement envie de passer mes journées entières à trouver l'entrée ou la sortie par manque d'accréditation. J'allais devoir faire preuve de patience sans doute mais l'idée même de pouvoir entrer au département des Mystères était déjà une chance inouïe. Un sourire plus assuré se dessina sur mes lèvres alors qu'il me demandait pour quelle raison je me trouvais ici, vivre un second entretien ne me dérangeait pas. Cela me donnait d'ailleurs l'occasion de rencontrer mon futur supérieur, chose que je ne pensais pas faire jusqu'à présent.

"Je souhaites aider mon pays, Monsieur. Je souhaite mettre mes maigres connaissances au service de la recherche. J'aimerais découvrir les secrets de la magie et du monde qui nous entoure pour mieux les comprendre. Je crois que c'est dans le savoir et la compréhension que nous faisons les meilleures découvertes."

J'esquissais un léger sourire poli alors que mon regard se faisait plus confiant. J'avais foi en notre gouvernement et je voulais faire en sorte qu'il avance. Je pouvais à mon niveau faire en sorte d'avoir un emploi qui aiderait à le pousser vers l'avenir et le rendre encore plus fort qu'il ne l'était déjà.

"J'ai bien conscience que c'est un chemin semé d’embûches et que parfois certaines recherches semblent ne jamais aboutir. Toutefois, je suis certaine d'avoir la persévérance, la passion et la patience suffisantes pour réussir dans votre département, Monsieur."

Et si cela devait commencer par le prouver en cherchant mon chemin tous les matins dans ce dédale de portes et bien soit. J'avais l'intime conviction que mon avenir était derrière ces portes et j'étais prête à tout pour obtenir le passage et trouver ma place parmi mes futurs collègues. J'espérais simplement que Constantine Egalité approuverait mon choix et l'encouragerait. C'était le dernier espoir qu'il me restait pour espérer une vie meilleure. Après Ana Sorden, après l'attentat de Leopoldgrad, ce travail représentait un renouveau et une bouffée d'air pure.


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Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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Emma Blackbonnes semble moyennement amusé par l'humour délicat d'Amy, ce que je peux comprendre, je suppose, malgré mes capacités emphatiques relativement peu élevée. Rester coincé dans le hall des douze portes à rendu plus d'un chercheur en formation fou de rage, et nous sommes nombreux à être passés par là. C'est une espèce de tradition vieille comme le monde, qui avait subitement disparue pendant la guerre -l'occupation de Voldemort ne faisait rire personne- et qui était subitement réapparût lorsque la situation s'était améliorée. J'en avais moi-même fais les frais, au point de finir par m'asseoir au centre de la salle et d'attendre résolument que quelqu'un vienne m'ouvrir. Je n'en ai aucun souvenir, mais il paraît qu'Amy avait aussi tenté le coup avec Astrid. Elle a probablement dû arracher les portes une à une pour mettre fin à la blague.

Je dévisage négligemment Emma Baclbonnes en me demandant fugitivement quel genre de couple elle faisait avec Dave Marchebank. Une jolie fille, indéniablement, dotée d'une distinction éprouvée comme un trait noir de fatigue sous les yeux. On dirait bien qu'aucun des jeunes gens de leur promotion n'est épargné par les ravages de l'époque. Morts, accidents, blessures, pertes violentes. J'ai encore du mal à croire que le camp qui œuvre soit disant pour leur offrir une nouvelle liberté ai agit sans préoccupation des dommages collatéraux. Comme si les actes extrêmes de ces résistants servaient notre propre cause. Leopold en garde les marques sur le visage, et quand Blackbonnes lève un regard déterminé en énonçant les raisons qui la poussent à s'engager, il n'y aucune trace d'hésitation dans son regard. Elle me semble lisible et nette, sincère comme rarement le sont les jeunes adultes, pleine d'une volonté étrange qui semble prendre source dans un trop plein de quelque chose. Je passe lentement un doigt sur la reliure du carnet.

Je suis un peu surprit, pour tout dire. Backbonnes discourt avec une certitude ébranlée, comme si elle tentait de me prouver qu'elle ne baissera pas les bras, et je réalise qu'elle a pris ma question très au sérieux. Ses mots ressemblent à ceux qu'on écrit pour passer un entretient. Peut-être que ce sont ceux qu'elle a adressé à ceux qui l'ont fait passer en commission, commission à laquelle je n'ai pas pu participer pour une raison dont je ne me souviens pas -j'ai parfaitement oublié à quelle moment elle avait eu lieu, par ailleurs.- Je sens qu'elle fait son possible pour ne pas paraître impressionnée, me convaincre qu'elle a sa place ici. Face à sa verve, je ne doute pas un instant de sa volonté de réussir, mais le Département en a fait échouer de plus engagés.

Nous sommes une familles de sociopathes dégénérés, asociaux et extrêmement pris par notre travail. On dit que la première difficulté à faire parler une langue-de-plomb réside dans le fait d'en rencontre une. Nous sommes nombreux à posséder une très maigre vie sociale en dehors du Département.

- Toutefois, je suis certaine d'avoir la persévérance, la passion et la patience suffisantes pour réussir dans votre département, Monsieur." Conclu Emma. Elle me regarde dans les yeux en assénant ses mots de sa voix claire. Je hausse les sourcils.
- L'abnégation également ? Rejoindre le Département ce n'est pas prendre un job. C'est faire le sacrifice de sa vie." Je laisse traîner un instant de silence. Au moment où je la vois ciller, j'ajoute : " C'est ce que tu leur a dit, à l'entretient ? Ou ce sont tes convictions profondes ? " Je rouvre négligemment mon carnet. Emma Blackbonnes ne perd rien à se faire tester un peu. " Je ne dis pas que ça sonne comme un discours appris par cœur… " Je lis en diagonale et répète comme pour moi-même : " je ne dis pas ça, et en même temps… " D'un geste leste, j'extraie ma baguette de la poche de ma robe et murmure un sort de lévitation à l'intention du carnet qui se met à flotter devant moi. Occupé à chercher une information, j'oublie un instant la présence d'Emma. Un court instant. " C'est surprenant. "

Lorsque nos chercheurs de têtes mettent la main sur un nouveau fleuron, ou qu'une candidature prometteuse nous parvient et que nous décidons de la traiter, nous exécutons nos devoirs avec précision : c'est à dire que nous faisons nos recherches. En ce qui me concerne, il leur avait fallu assez peu de temps pour savoir que ma mémoire me faisait défaut, et que j'avais été atteint pendant de longues périodes (longues, il me semble), de blocages magiques désastreux. Dans le cas d'Emma, il n'a pas été difficile d'extraire de certaines sources son intérêt hésitant pour une certaine île. Un désir réellement opaque pour moi qui ne demande rien de plus que de combler le vide d'un esprit erratique. " Qu'est ce qui t'as fait changer d'avis ? " Un blanc. Ha, bon sang. Transitions, Constantine. Fais des transitions. " Skye. Qu'est ce qui t'a fait venir ici, plutôt qu'aller là-bas ? " Je doute qu'ils aient abordé un tel sujet, au cours de l'entretient.
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Le sacrifice de ma vie semblait peu cher payé pour entrer au département des Mystères. Ma vie était déjà sacrifiée, je n'avais pas de vie sociale, Poudlard ne m'avait pas offert une vie sociale très épanouie. J'avais bien Marlène et Lilybeth mais je doutais qu'elles me prennent beaucoup de mon temps libre. Marlène avait elle aussi une formation très prenante, elle comprendrait j'en étais certaine. Quant à Lily et bien... j'imagine qu'elle saurait se passer de mon amitié, elle avait toujours été très populaire, tout l'inverse de moi, elle saurait se refaire des amis très vite. Je profitais donc du silence que Monsieur Egalité avait laissé planer pour hocher doucement la tête.

"Je suis prête à passer mon temps libre ici. Personne ne m'attend dehors de toute façon..."

J'esquissais un faible sourire amusé avant de frissonner légèrement sous le regard intense du directeur de département. Je n'avais rien à cacher qu'il ne savait déjà. J'imaginais parfaitement qu'ils aient fait des recherches sur moi et mon passé, je me doutais que dans son carnet, il avait des informations sur moi. Toutefois, je ne pus cacher ma surprise lorsqu'il me demanda si je pensais mes paroles ou si c'était un texte que j'avais appris par cœur. Je rougis légèrement de colère alors que je fronçais les sourcils un peu outrée. Cependant, je me repris bien vite et secouais la tête pour démentir ses paroles alors qu'il se perdait une nouvelle fois dans son carnet. Comme s'il s'agissait d'un aide-mémoire et qu'il retrouvait le fil de ses pensées dedans.

"Ce n'est pas un texte appris par cœur. C'est ma conviction profonde."

Un sentiment d'impuissance commença à m'envahir alors que l'homme face à moi semblait douter de mes paroles. Venais-je de perdre toute chance d'intégrer ma nouvelle vie ? Oublier mon passé pour me perdre dans un travail plus grand et plus important que moi, c'était tout ce que je souhaitais désormais. Mais je voyais mes chances s'amoindrir à mesure que le temps passait. Je posais un regard d'incompréhension sur lui lorsqu'il me demanda ce qui m'avait fait changer d'avis. Je ne voyais pas vraiment de quoi il parlait mais en même temps, j'avais la sensation de savoir parfaitement de quoi il retournait.

Je baissais la tête lorsqu'il prit conscience que sa question précédente pouvait porter à confusion et il jugea bon de préciser qu'il parlait de Skye. Je hochais doucement la tête avant de redresser le regard sur lui avec un maigre sourire. Comment pouvais-je lui expliquer sans paraître faible et pathétique ? Il n'avait pas besoin d'un membre aussi peu fiable que moi dans son équipe. Quel genre d'image je renvoyais de moi ? J'aurais voulu donner l'image d'une fille forte et digne, comme ma mère qui paraissait inébranlable. Je n'étais qu'une pâle copie, arrivant à peine à montrer mon assurance et la force de mes convictions. Je donnais l'image d'une fille qui avait besoin d'apprendre par cœur un discours tout fait alors que ce n'était pas le cas. Je sentis un poids tomber dans ma poitrine alors que l'air commençait à me manquer. Il fallait que je me reprenne et que j'explique pourquoi j'avais changé d'avis et peu importait finalement ce qu'il pouvait penser de moi. J'inspirais profondément avant de vriller mon regard dans le sien.

"J'ai un passé difficile, beaucoup trop d'épreuves à assumer pour une seule personne. Du moins, je n'arrivais pas à l'assumer. Par honte et par peur. Le regard des autres sur moi est une chose terrible à affronter, je n'ai jamais vraiment su le faire. Je me suis dit que cette idée de rendre mon quotidien plus simple en effaçant une partie de ces souvenirs avec lesquels je n'arrivais pas à vivre m'aiderait à avancer plus facilement dans la vie. Mais je me suis finalement rendu compte que c'était ces souvenirs qui forgeaient la personne que j'étais devenue. Si je les perdais, je perdais une part de mon identité. C'est à moi d'assumer certains événements survenus il y a longtemps. J'ai plus ou moins accepté qui je suis et j'ai appris à ignorer le regard des autres. Ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent. Moi seule connais la vérité de mon histoire. Voilà pourquoi j'ai changé d'avis."

Je marquais une légère pause pour reprendre mon souffle et remettre un peu d'ordre dans mes idées. En réalité, je n'assumais pas totalement tout ce qui s'était passé avec Ana Sorden mais je commençais à accepter l'idée que j'avais été manipulée et que je n'étais pas réellement responsable de tout ce qui avait eu lieu. J'avais été naïve et depuis ce jour, je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour ne plus l'être. J'avais appris à ne plus me fier à n'importe qui, je m'étais refermée sur moi-même également.

"Je suis venue ici parce qu'après l'attentat de Leopoldgrad, j'ai vécu des moments difficiles. J'ai besoin d'agir, j'ai besoin de trouver un but dans ma vie. Je pense que la recherche magique et la compréhension de la magie est essentielle pour réussir à faire évoluer notre société. Je pense qu'il y a beaucoup de choses sur la mémoire, sur la mort et sur le concept même de magie que nous ne connaissons pas et qu'il est primordial de découvrir pour avoir toutes les clés en main et offrir à ce pays un avenir où le terrorisme n'existerait plus."

J'étais convaincue que notre avenir était caché quelque part dans le passé. Que les clés pour découvrir l'essence même de ce que nous étions remontaient à des temps immémoriaux et que l'étude des runes et des textes anciens pouvaient nous aider à trouver les réponses à toutes les questions que nous nous posions.

"Je suis désolée si je vous ai fait croire que c'était un texte appris par cœur. Mais ce n'en est pas un. Je crois profondément en ce que je dis, même si je peux donner l'impression inverse. Je ne suis pas très douée en relations humaines."

J'esquissais un sourire désolée avant de détourner le regard un peu gênée de m'être autant confiée. Je ne pensais pas qu'on exigerait de moi de devoir parler des raisons qui m'avaient poussé à envisager Skye et ce qui m'avait poussé à revenir en arrière. Je savais aussi qu'une partie de mon raisonnement avait été encouragé par l'aide et le soutien que le Professeur Forbes m'avait apporté. Je lui devais une prise de conscience que j'avais refusé de voir jusqu'à présent.



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Les mots d'Emma raisonnent en silence contre la pierre noire et glacée du Hall. Elle hoche la tête, lentement, et accueil sur ses lèvres pâle un timide sourire pleins de fatigue et que je trouve d'une insondable tristesse. Personne ne l'attend chez elle, personne ne l'attend nul part. Figé sous ses grands yeux, je la considère profondément, certain de comprendre ce qu'elle est en train de dire alors que la réalité de sa situation me rapporte à la mienne. Il n'y a pas de meilleure place que le Département des Mystères pour les acharnés qui n'ont plus de famille. Je l'ai appris le jour où j'ai réalisé qu'il m'était encore possible de choisir une autre famille que celle que l'on m'avait assigné à la naissance, et dans laquelle je ne me retrouvais que par la grâce de Camille. Camille parti, il ne me restait plus aucune attache, et à Londres, en dehors du Ministère, je ne connaissais personne.

Hormis une femme, à laquelle je ne veux plus jamais penser.

Je clou mon regard sur Emma Balckbonnes qui frisonne dans le courant d'air froid que nous transmets la porte qui mène à l'ascenseur. Elle a l'air frêle, comme une gamine dépassée par quelque chose, et irradie à la fois d'une volonté féroce qui m'arracherait presque un demi sourire. Il n'est pas difficile de voir qu'elle cherche désespérément une cause dans laquelle s'immoler. Une cause, pour se créer un but, pour ne plus supporter les choses qui s'agitent sous la couronne de cheveux clairs qui lui servent de fausse auréole. Elle m'évoque vaguement ces poupées de cire aux joues roses qui semblent capable de prendre vie à tout moment pour vous égorger dans votre sommeil. Heurtée, elle fronce les sourcils, rougit subrepticement, s'insurge mais avec calme et je hausse les sourcils à son intention, par-dessus les pages de mon carnet.

- Ha, bon, tant mieux, " dis-je à peu près sur le ton que j'emploie pour remercier ma boulangère. Je tourne une page de mon carnet sans la quitter des yeux, un peu curieux de la sentir déstabilisée et vaguement en colère. Elle ne s'est donc pas totalement faite déposséder de sa révolte par les expériences désagréables de son passé. Et cependant je m'interroge sur la réalité de sa situation, en estimant que la sacrifice qu'elle veut commettre, conjugué à son désir de visiter Skye, conduisent éventuellement à une volonté très différente de celle de vouloir rendre service à son pays. " Ça n'a rien de personnel, alors. Te donner à la recherche, œuvrer pour la grandeur de ta nation. C'est un sacrifice que tu fais pour une cause. " J'abaisse lentement le carnet qui se ferme sans un bruit et vient se glisser dans ma poche. " Ça n'a rien n'à voir avec le fait de t'immerger dans quelque chose qui te permettra simplement d'oublier que tu existes, toi, Emma Blackbonnes, avec ton passé et tes problèmes. " C'est une demi question, posée avec un demi sourire sans chaleur.

Emma Blackbonnes ne serait pas la première à se présenter aux Mystères dans l'espoir de pouvoir s'oublier dans quelque chose de plus grand qu'elle, Amy, qui l'a planté à la porte, en est un superbe exemple : investie pour oublier les dizaines de morts qu'elle avait dû affronter pendant la guerre, oublier que ses parents, ses nièces, sa femme, s'étaient fait décimer sur la présomption d'ancêtres moldus. Le Département des mystères est un lieu idéal pour se faire oublier, et s'oublier. J'aimerai savoir si Emma Blackbonnes souhaite réellement en faire partie pour le Département, ou pour elle en premier lieu. Car même si cela ne changera rien sur la base du jugement de ses compétences, c'est une forme d'honnêteté que j'apprécie. Et face à sa verve, alors qu'il est clair qu'elle s'inquiète de la façon dont elle sera perçu malgré tous les efforts qu'elle fait pour garder la tête droite et rester fière, je ne peux m'empêcher de trouver un certain plaisir à la bousculer un peu. Je veux la vérité, pour le plaisir de la vérité.

- Moi seule connais la vérité de mon histoire. Voilà pourquoi j'ai changé d'avis." Je hoche la tête. Son discourt me heurte plus que je ne veux bien l'admettre.
- Tu as fait le bon choix. " Lâches-je presque spontanément. Il n'est pas dans mes habitudes de porter de jugements sanguins sur les actes dictés par le vécu d'une personne que je connais à peine. Ça ne me regarde pas, et il n'y a aucune valeur morales à y appliquer, mais mon propre handicape me force à réagir. Blindé comme je le suis aux attaques extérieurs et aux ricochets de souvenirs douloureux, ses mots n'ont pas su trouver une faille convaincante mais résonnent malgré tout contre l'acier de mon armure. Ce sont ces souvenirs qui forgent la personne que je suis devenu. Si je les perds, je perds une part de mon identité. Ha. Quelle personne suis-je devenue, quelle personne aurais-je dû devenir s'il n'existait pas dans mon passé cet insondable abysse d'oubli et d'interrogations ? Quel élément primordial m'a-t-on arraché, dissimulé ? Je jette un coup d'œil acerbe à Emma sans conscience du froid de mon regard. " Les souvenirs sont une entité sacrés, ton raisonnement est juste, rien ne justifie la lâcheté de les détruire " Je sais pertinemment que mes paroles sont guidés par la terreur sourde, lancinante, de ce que je pourrais découvrir sur moi le jour où enfin, je retrouverais ce qu'il me manque. " On vit incomplet sans souvenirs, mais la plupart des gens ne le réalisent que trop tard. " Ou pas du tout. Je ne comprends pas comment l'on peut vivre sereinement, avec la conscience floue d'avoir quelque chose qui a disparu. Se faire arracher une part de soi, même la plus ignoble, n'a rien d'un privilège, et il faudrait être fou pour penser autrement.

Dans un souffle, Emma reprend la parole, avec une intonation qui me semble enfin sincère.
- J'ai besoin d'agir, j'ai besoin de trouver un but dans ma vie, avoue-t-elle entre deux inspiration. Inconscient de m'être tendu brutalement, je sens les muscles de mon dos se dénouer un à un et soupir pour moi-même.
- C'est bien ce que je pensais. " Je souris doucement à son attention, sans arrière-pensée, et sans malveillance. Sa perception naïve est charmante et rafraîchissante. " J'ai bien peur que ce que nous faisons ici n'empêche jamais le terrorisme d'exister, Emma, au contraire. Tu sais… Il n'y a de valeur morale que pour ceux qui savent leur donner un sens, et c'est une notion si trouble qu'il serait difficile, réellement, d'y appliquer un parti dans nos recherches. C'est pour cette raison précise que nous sommes tous sous serments. Et que nous choisissons avec beaucoup de soins ceux à qui nous révélons nos secrets. " Depuis que je suis Directeur, du moins. Je chasse d'un revers de main mental les souvenirs féroces de la guerre, de l'oppression, des trahisons incessantes et de la souillures sombre et suintante qui a laissé une traînée vive au sein du Département. Je lui adresse un regard entendu.
- Je suis désolée si je vous ai fait croire que c'était un texte appris par cœur. Mais ce n'en est pas un. Je crois profondément en ce que je dis, même si je peux donner l'impression inverse. " Dit-t-elle avant de détourner le regard. " Je ne suis pas très douée en relations humaines. "
- Personne ici ne l'est vraiment. " Elle ignore que ses confidences m'ont touchés à un endroit qu'elle ne peut imaginer, pris au piège de mon propre jeu. " Nous ne te jugerons pas sur tes discours, Emma Blackbonnes, mais sur tes compétences. Et je crois en ta volonté. " Doucement, je lui tends la main. " Constantine Égalité. Ravi de faire ta connaissance. " Je jette un bref regard autours de moi, conscient qu'Amy n'a probablement pas prévu de libérer de l'enfer sa jeune recrue. " Je suppose qu'Amy ne t'a pas encore réellement expliqué ce qui allait se passer pour toi ces prochaines semaines. "


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Cette sensation qu'il arrivait à lire en moi comme dans un livre ouvert me mettait mal à l'aise. Bien sûr que je souhaitais m'immerger dans quelque chose de nouveau pour me permettre d'oublier mon passé et mes problèmes. N'était-ce pas le but de chaque personne ? Trouver une cause dans laquelle se plonger pour oublier à quel point notre vie était insipide et sans intérêt ? Quelque chose de plus grand que soi. C'était ce que je recherchais, un moyen de m'oublier et de participer à plus grand que moi. Ce qui n'était pas vraiment compliqué à la réflexion. J'étais d'une banalité affligeante et sans aucun intérêt. Je comprendrais parfaitement si Constantine Egalité décidait de mettre fin à cet entrevue et décidait de ne pas me garder au sein de son département. Pourtant, il prenait le temps de m'écouter et de converser avec moi.

Je restais d'ailleurs un moment figée de stupeur lorsqu'il confirma mon choix. Comme si j'avais besoin d'entendre que je faisais le bon choix. Je m'étais tellement battue pour que quelqu'un accepte mon choix de me faire effacer la mémoire. J'avais simplement voulu un soutien mais personne n'avait répondu à mon appel en dehors du professeur Forbes. D'une façon un peu tordue, il avait voulu me guider vers ce qui lui semblait le plus juste pour moi. J'avais réussi à faire mon cheminement seule grâce à ses conseils avisés. Il était resté à l'écart tout en restant présent. Je comprenais maintenant que j'avais été dans le faux et qu'il m'avait ouvert les yeux mais d'une façon à me faire prendre conscience des choses par moi-même. Sans refus catégorique, sans chercher à me faire comprendre que je raterais ma vie ou que j'étais totalement inconsciente. Il m'avait écouté et avait tenté de me comprendre même si mon choix lui semblait totalement fou.

Il avait agi comme mon père aurait dû agir. Je prenais pleinement conscience du manque d'implication de mes parents et de leur manque de soutien. Je me sentis plus seule que jamais alors que mon futur directeur de département discourait sur les souvenirs et leur importance. Était-ce vrai ? Si j'avais choisi de tout effacer, aurais-je fait preuve de faiblesse ? Comment pouvait-il juger de cette façon ? Savait-il seulement ce que mon passé contenait ? Savait-il seulement la lourdeur qu'il représentait ? J'étais épuisée de me battre, épuisée de faire comme si tout allait bien. Je voulais simplement vivre. Était-ce trop demandé ? Était-ce réellement de la lâcheté ? Pourquoi les autres auraient le droit de vivre heureux et épanouis et pas moi ? Parce que j'avais simplement choisi de faire confiance à la mauvaise personne ? Une toute petite erreur de gamine écervelée. Et j'en payerais le prix toute ma vie.

C'était tellement injuste. J'aurais aimé hurler de douleur et de rage. J'aurais aimé qu'on arrête de me juger en permanence. Je voulais simplement avoir le droit au bonheur. Je ne trouvais pas cela totalement aberrant. C'était ce que la plupart des personnes recherchait après tout. Serais-je réellement incomplète sans cette part de moi ? Sans ces souvenirs qui me détruisaient de l'intérieur ? Sans doute. Peut-être même que je chercherais à me souvenir, à chercher cette part de moi qui me manquait si je venais à tout effacer. Mais j'avais déjà réalisé ce cheminement, j'avais déjà pris ma décision. Je me donnais une chance de trouver l'épanouissement ici. Dans ce département. Avec ce directeur. C'est pour cette raison que je finis par répondre à sa question indirectement. Je finis par avouer que j'avais besoin d'un but dans ma vie pour continuer à avancer. A quoi bon vivre sinon ? Pour quelle raison resterais-je dans ce monde qui ne semblait pas avoir de place pour moi ?

Tout s'emmêlait dans un maelstrom de sentiments, de pensées, de souvenirs et de sensations. Je cherchais une approbation sans en avoir conscience, je recherchais un réel soutien. Le professeur Forbes approuvait-il mon choix ? Peut-être faudrait-il que je lui en parle. Que je lui parle de mon évolution et de mes aspirations pour l'avenir. Je voulais lui dire, je voulais partager ça avec lui alors que je ne ressentais pas le besoin de le faire avec mes propres parents. J'avais conscience que ce n'était pas juste de ma part, que j'étais injuste avec eux. Ils avaient fait ce qu'ils avaient pu. Mais ce n'était pas assez. Étais-je cruelle et sans cœur ? Mais ce n'était pas le moment de me poser ce genre de question. Cette crise existentielle n'avait pas lieu d'être.

Je relevais les yeux sur l'homme face à moi alors qu'il semblait enfin entendre ce qu'il avait attendu avec impatience. Je hochais doucement la tête à ses explications, je comprenais ce qu'il voulait dire. Le terrorisme existerait toujours peu importait le régime en place, il y aurait toujours des personnes pour être contre et pour se battre pour les valeurs qu'ils estimaient juste. C'était ce qui faisait la grandeur de notre pays, la façon d'accepter tous les points de vues. Chacun pouvait penser ce qu'il voulait mais il y avait des limites à ne pas dépasser. Hélas, il existerait toujours quelqu'un de trop extrême pour ne pas comprendre ça et pour s'en prendre aux innocents pour imposer ses idées. C'était la nature humaine. Il y en avait toujours un pour se croire au dessus des autres. On cherchait tous le sommet de la pyramide après tout. Je poussais un léger soupir avec un petit sourire.

"Je comprends."

Et j'espérais de tout cœur pouvoir faire partie de ceux à qui on révélerait les secrets des Mystères. Je m'excusais donc une nouvelle fois d'avoir fait croire que je n'étais pas impliquée dans ce que je racontais. Je n'avais jamais été très douée pour faire passer mes idées. On me reprochait souvent d'être froide et condescendante mais ce n'était qu'une carapace, une protection pour ne plus souffrir. Une façon de me protéger des moqueries et des faux-amis. Je ne voulais plus être malheureuse alors je prenais soin de ne plus m'ouvrir autant qu'avant, une façon comme une autre de repousser les autres et leur méchanceté. Comme Virgil qui avait profité d'un moment de faiblesse pour me poignarder dans le dos. C'était terminé. Je ne me laisserais plus jamais avoir. Je n'avais pas besoin des autres pour m'épanouir après tout et encore moins de Virgil.

Je fus surprise du changement de ton de la conversation, comme si quelque chose venait de se détendre. J'esquisse un sourire ravie et plein d'espoir lorsqu'il laisse entendre que je ne serais pas jugée sur mes paroles mais sur mes compétences. Je m'étais toutefois promis de tout faire pour réussir à m'intégrer. Je voulais vraiment réussir là où j'avais échoué à Poudlard. Une nouvelle vie commençait pour moi et elle s'annonçait finalement assez prometteuse. Je serais timidement la main tendue dans ma direction.

"Tout le plaisir est pour moi, Monsieur."

Je sentis mes joues s'enflammer à nouveau tout en me maudissant intérieurement. Ce n'était vraiment pas professionnel. Mais après tout quelle importance ? Le grand chef en personne venait de valider mon admission au sein du département. Et rien que ça suffisait à mon bonheur. Je retins néanmoins le sourire d'euphorie qui menaçait de pointer le bout de son nez. Je secouais négativement la tête un peu embarrassée à sa question.

"Non, elle ne m'a pas vraiment expliqué. D'ailleurs... elle ne m'a pas montré comment sortir. Et j'avoue que... je suis un peu embêtée."

Mes roues s'embrasèrent à nouveau mais d'embarras cette fois-ci. Comment montrer en deux secondes que je n'étais en réalité pas très douée.


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Le regard d'Emma Blackbonnes se durcit sous ses cils transparents, ses traits s'agitent alors qu'elle semble rejeter mes mots malgré elle, le visage dur, les sourcils froncés. Douloureuse impacte d'un jugement qui ne regarde que moi et ne semble pas lui convenir. Elle se fait distante, un instant, comme si elle tentait de s'écarter d'un mur prêt à s'effondrer sur elle, et je sers les lèvres, imperceptiblement.

Évidemment.

Son attitude est celle de quelqu'un qui a souffert comme aucun enfant, probablement, ne devrait souffrir. Elle a l'aspect d'une œuvre incomplète déjà abîmée par les épreuves, et ce poids pèse sur ces épaules, presque palpable, presque visible. Je retrouve dans l'éclat terne de son regard quelque chose qui m'est extrêmement familier. Elle ne peut se douter de rien, ne doit probablement pas comprendre ma réaction.

J'ai eu des échos. Emma Blackbonnes n'est pas le genre de gamine égocentrique et capricieuse qu'on rencontre aux abords de Skye, prétendant que leur vie est un enfer et qu'elles ne supportent plus la place de leur souvenirs quand tout ce qui les dérange est la présence d'une cuiller en argent plantée entre leurs lèvres. Les plis de sa bouche qui ressemble à un désespoir récent traduisent une douleur profonde, une terreur impénétrable, et une solitude authentique. Elle me rappelle les sentiments de folie dépravés qui m'avaient atteint après la mort de Camille. Comment vivre avec les actes du passé, comment supporter l'absence des autres ?

Mais la qualité initiale de notre mémoire respective nous éloigne d'une compréhension mutuelle dans la douleur. Une douleur qui m'avait rendu fou, les souvenirs troubles qui me manquaient s'étaient percutés pour ne plus former qu'un long amas de sénilité continue. Je vivais dans le passé par intermittence avec la certitude d'accomplir le présent. Ce sont des choses qui m'arrivent encore, parfois, dans les moments de grandes fatigues, de stress, d'angoisse.

Il m'est arrivé, une fois ou deux, d'essayer d'ouvrir la porte de l'appartement que j'occupais à mon arrivée à Londres, persuadé d'y avoir emménagé récemment. L'humiliation d'un homme de presque quarante ans occupé à fouiller une serrure qui n'est pas la sienne, convaincue d'être chez lui, incapable de comprendre pourquoi la clef ne correspond pas. L'occupante du lieu m'avait fait asseoir dans le couloir pour m'expliquer calmement qu'elle y résidait depuis six ans. Un quart d'heures pour me souvenir dans un flash de honte que je ne vivais plus dans cette rue depuis une éternité.

Mais Emma ne peut pas imaginer. Elle ne peut pas savoir combien la perte de mes souvenirs, arrachés, dissimulés, m'a amputé de la maîtrise de ma propre temporalité. Elle n'a que les épreuves et la proximité de ces souvenirs, et je la comprend à un degrés où la mort de Camille, la guerre, les séparations, me semblent parfois si proches et si vives, que j'aimerai les atténuer.

Mais jamais les voir disparaître.

Emma s'adoucit malgré elle, accuse la pointe effilée de la flèche que je lui ai tranquillement plantée dans le ventre avec mon tact coutumier. Elle s'assagit rapidement, ce qui me rassure sur sa capacité à se maîtriser. " Je comprends ", dit-elle doucement, et je sens son désir d'être validée pour ce qu'elle est. Elle semble frêle, réellement, dans ce lieu qui ne lui appartient pas mais qu'elle désir, et forte à la fois parce qu'elle garde la tête droite et le regard directe. Elle sourit et m'accorde le contact de sa main, annulant par ce geste la tension qui s'était glissée entre nous, et qui l'avait ébranlé sans que je ne m'en préoccupe.

La douceur n'est pas mon meilleur atout.

Elle rougit sous mes yeux, ce qui me fait hausser un sourcil vaguement amusé. Elle est pleine d'un engouement enfantin pour une cause probablement aussi froide et aussi sombre qu'un baiser de détraqueur. Je ne peux m'empêcher de me demander jusqu'où la conduira son éthique. Emma Blackbonnes souhaite-t-elle réparer ses erreurs en faisant preuve d'une morale solide et juste ? Ou a-t-elle abandonnée à la cause du Ministère les derniers résidus de " justice " qu'on peut encore cultiver à son âge ?

- Non, elle ne m'a pas vraiment expliqué. Répond-elle lorsque je lui demande avec un fond d'espoir naïf si Amy a encore déserté son post. D'ailleurs... elle ne m'a pas montré comment sortir. Et j'avoue que... je suis un peu embêtée. " Je lâche un rire clair, franchement assez peu surpris.
- Je me demande bien à quoi on la paye. " Amy est un électron libre absolument indomptable qui va se faire passer un savon, pour ce que ça vaut. " Sortir est beaucoup plus simple qu'entrer, rassures toi. Le Département protège les salles des intrusions, mais si tu es convaincu de vouloir sortir, il sera plutôt enclin à te rendre service. Il te suffit d'y penser et d'ouvrir la première porte venue. Tu devrais te retrouver dans le couloir. " J'exécute tranquillement une petite démonstration en ouvrant la porte derrière moi, précédemment ouverte sur mon bureau, qui débouche cette fois sur le long couloir sombre seulement éclairé, tout au bout, par la présence de l'ascenseur. Je referme la porte et la rouvre, cette fois sur la salle de repos du Département. " Viens. " J'ai besoins d'un café, et elle aussi, probablement.

Je la laisse pénétrer à ma suite dans la pièce. Comparée aux salles de travail, l'espace est plutôt restreint, mais plus clair que la majorité des autres pièces. Des canapés, des tables basses couvertes de journaux, quelques bibliothèques et un bar en occupent l'espace. Les murs sont couverts de fenêtres, qui laissent l'illusion d'extérieur et une lumière entrer, contraste brutale avec le hall des douze portes. Abandonnés négligemment, des effets personnels appartenant à plusieurs membres du Département traînent sur les tables. Tout le monde se connaît au Département, on sait à qui appartiennent, le plus souvent, les effets des uns et des autres. " Assieds-toi si tu veux. Café ? Thé ? " D'un coup de baguette je laisse négligemment les ustensiles voleter jusqu'à la cafetière qui se met en route en ronronnant, et me laisse tomber dans l'un des fauteuils, accusant ma nuit difficile. " C'est la salle de repos. Tu peux y venir librement, pour déjeuner aussi. Même s'il paraît que voir le vrai ciel est relativement bon pour ta santé. Une fois de temps en temps." Je me rend compte, en regardant Emma évoluer, incertaine, dans ce nouvel espace, que je trouve plutôt agréable le rôle pédagogique qu'Amy me force à prendre. J'ai toujours eu à cœur l'importance que les chercheurs du département se sentent chez eux lorsqu'ils y entrent. Encore plus lorsqu'ils y restent. " Soyons clairs, Amy est censée t'accompagner partout pendant ta période probatoire. Elle est ce qu'on appelle ici une chasseuse de tête : elle ne travaille pas réellement en recherche -Merlin merci, ses capacités sont désastreuses -, mais elle a un flair excellent pour repérer les recrues. Tu as eu ton entretient, j'ai eu leurs notes sous les yeux, c'était assez concluant. Plutôt bonne élève, si j'ai bien compris. " Ce n'est pas forcément un critère en soi, mais il est indéniable que la très grande majorité des chercheurs du Département possèdent tous des talents d'exception dans leurs domaines de recherches. Certains révélés dans des cadres plus propices à leur potentiel, après l'école, par exemple. Ou des travailleurs forcenés, comme moi. " La période probatoire se déroule sur trois mois à peu près. En gros on va t'organiser un petit trajet dans chaque salles, où tu vas être amenée à faire tes preuves pendant une semaine… Environ. " Amy reprécisera. Amy fera son boulot. " Ton but est simple, tu dois nous prouver que tu as les compétences nécessaire dans deux ou trois domaines de recherches. Je suppose que tu devines la conclusion, si tu y arrives, tu sera affectés aux salles qui correspondent le mieux à tes forces. Sinon… Hé bien je suppose que tu aura le droit à un avant-goût de ce à quoi ressemble la suppression de certains de tes souvenirs. " Idée peu agréable, j'en conviens, mais nécessaire. " Amy sera ta référente, si je ne la vire pas pour défection entre temps. Elle te présentera aux chefs de salles, et aux chercheurs. Ils sont sauvages pour la plupart, mais pas méchants. " Je souris un peu à son intention. " Ca ira ? "


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La culpabilité s'empara de moi au moment même où mon supérieur souleva le manque de professionnalisme d'Amy et s'interrogea sur la justification de sa paye. Je ne voulais pas mettre la femme en difficulté bien au contraire. J'espérais qu'elle n'aurait pas trop d'ennuis à cause de moi et me promis d'aller la voir plus tard pour aller m'excuser auprès d'elle. Je ne voulais vraiment pas la mettre dans l'embarras et encore moins dénoncer un manquement quel qu'il soit. Je pensais qu'elle avait fait son travail jusqu'au bout et n'en attendais pas plus d'elle. D'ailleurs, elle m'avait bien demandé si j'avais des questions et j'avais répondu par la négative, c'était donc un peu ma faute aussi. Je me mordillais la lèvre inférieure d'embarras alors que je ne quittais pas Monsieur Egalité des yeux.

Il était incroyablement charismatique et j'avais vraiment hâte de travailler pour lui. Je notais dans un coin de mon esprit tous les conseils et toutes les explications qu'il me donnait pour pouvoir sortir sans encombre. J'imaginais qu'il en allait de même pour entrer, une fois que mon bizutage serait terminé bien entendu. Lorsqu'il décida de me faire une démonstration, je pensais réellement que la porte allait s'ouvrir sur l'extérieur comme pour mettre fin à cette petite entrevue surprise mais il n'en fut rien. J'observais donc le couloir et l'ascenseur, avançant d'un pas prête à sortir après un dernier au revoir mais la porte se referma avant que j'ai pu faire ou dire quoique ce soit et se rouvrit sur une pièce à l'air chaleureuse. Certainement la salle de pause.

Interdite, je le fixais sans oser bouger avant qu'il ne m'invite à sa suite. Je pénétrais, hésitante, dans la pièce sans savoir où poser mon regard et sans oser m'asseoir ou même toucher à quoique ce soit. Cet endroit respirait la convivialité, je m'imaginais déjà assise dans l'un des nombreux canapé avec une tasse de thé fumante et l'un des livres de la bibliothèque bien fournie. L'endroit était lumineux, tout le contraire de la salle commune des Serpentards. Je ne m'étais jamais attardée dans cette dernière, préférant de loin mon dortoir ou la bibliothèque. Je ne m'étais jamais vraiment sentie à l'aise sous terre. Mais peut-être n'avais-je pas non plus fait les efforts nécessaire pour m'intégrer. Toutefois, ma scolarité n'était pas la meilleure partie de ma vie, loin de là. J'espérais construire un avenir bien meilleur ici.

Je finis par m'asseoir délicatement sur le bord de l'un des canapés, le dos bien droit, prête à me lever si ma présence devenait trop encombrante. J'avais du mal à croire que j'étais dans la salle de repos, assise en présence de mon directeur de département. Je n'étais pas très à l'aise pour être honnête, mon regard s'attardant sur tous les objets abandonnés sur les tables devant moi. Je relevais néanmoins la tête lorsqu'il me demanda si je voulais du thé ou du café. Je me sentis rougir légèrement alors que je posais les yeux sur la cafetière déjà mise en route.

"Un thé s'il-vous-plaît."

J'aurais tout aussi pu lui demander un café mais je n'aimais pas son goût trop amer. J'étais donc embêtée de lui demander de préparer une théière en plus de son café. J'aurais tout aussi pu dire que je ne souhaitais rien mais j'avais vraiment besoin de me détendre et un thé m'y aiderait très certainement. Je le remerciais chaleureusement lorsqu'il me tendis une tasse de thé avant de sourire amusée à sa remarque sur les vertus de l'air frais. Je l'observais un moment et me fit la réflexion qu'il n'avait pas dû réaliser son propre conseil depuis un certain temps.

Je me détendis légèrement alors que j'essayais de décrypter les titres des livres d'où j'étais. Je reportais bien vite mon attention sur Monsieur Egalité lorsqu'il m'expliqua en détaille le rôle d'Amy, je hochais doucement la tête pour montrer que j'avais bien compris ce qu'il me racontait, mon regard clair ne le lâchant pas une seconde. C'était peut-être déstabilisant pour lui réalisais-je peut-être trop tard. Je rougis néanmoins alors qu'il me faisait le résumé de mon entretien et des notes qu'il avait eu à mon sujet. J'étais heureuse d'entendre que mon profil leur semblait prometteur, j'avais travaillé en ce sens toute ma scolarité malgré quelques lacunes dans certaines matières notamment l'astronomie et la botanique qui ne me passionnaient clairement pas. Je hochais donc timidement la tête lorsqu'il me demanda de confirmer que j'étais une bonne élève.

"J'ai fait de mon mieux."

Je rougis légèrement, je n'aimais vraiment pas me vanter mais c'était ce moment où il fallait se vendre pour convaincre son auditoire qu'on méritait la meilleure place. Toutefois, les résultats de mes ASPIC montraient clairement mes capacités. J'avais eu toutes les matières que j'avais passées, ma moins bonne note étant un A en Métamorphose. J'étais plutôt fière de moi mais je préférais rester humble, ce n'était que le résultat de mon travail après tout et cela n'avait rien d'exceptionnel. Mon plus gros challenge allait venir et c'était maintenant qu'il allait falloir prouver ce que je valais réellement.

Il allait falloir que j'utilise réellement mon cerveau et mon sens de la réflexion et du bon sens et pas seulement apprendre par cœur un tas de livre et les recracher sans même réfléchir à ce que j'écrivais. Ça n'importe qui pouvait le faire. J'écoutais donc attentivement les explications des mois à venir tout en hochant régulièrement la tête pour montrer que je comprenais ce qu'il me disait. Je frissonnais légèrement lorsqu'il évoqua un potentiel échec, c'était la pire chose qui pourrait m'arriver. Échouer, il allait vraiment falloir que je travaille et que je m'implique à cent-cinquante pour cent dans tous les secteurs que j'allais visiter. Il n'allait pas falloir que je perde de temps à comprendre le principe des secteurs, une semaine, c'était court et long à la fois. La pression commençait lentement à monter en moi et je commençais sérieusement à douter de mes capacités. Et si j'étais vraiment trop nulle ? Et si je n'arrivais pas à exploiter tout ce que j'avais appris à Poudlard ? Et si la conclusion de tout ça, c'était que j'étais incapable de raisonner et réfléchir par moi-même ?

Mon estomac se serra et je posais ma tasse de thé sur la table. Je me sentais incapable de la terminer tellement le stress commençait à m'envahir. Peut-être que ça irait mieux quand je serais en poste, à exécuter ce que je savais faire ou pas. Peut-être que tout me reviendrait quand j'en aurais besoin mais pour le moment, j'avais juste l'impression d'avoir tout oublié et d'être incapable de faire le moindre petit sortilège. Je déglutis difficile avant d'inspirer lentement pour calmer mon cœur qui battait la chamade. Ne pas montrer mes doutes et le peu de confiance en moi qu'il me restait. Ne pas montrer que j'étais très certainement la prochaine candidate pour me faire effacer la mémoire. Un échec ambulant. Je pâlis légèrement avant de me reprendre et de hocher la tête lorsqu'il me demanda si ça irait.

"Je pense que oui..."

J'esquissais un pâle sourire avant de rattraper ma tasse de thé et de me cacher derrière pour tenter de dissimuler mon trouble.

"Pour Amy... je m'en voudrais beaucoup si vous la renvoyez..."

Je baissais le regard sur ma tasse.

"Je pense qu'elle a simplement oublié certains détails et... je ne lui ai peut-être pas posé les questions que j'aurais dû quand elle m'a demandé si j'en avais."

Je rougis légèrement. Je ne voulais surtout pas me mettre mes futurs collègues à dos avant d'avoir commencé. J'arrivais déjà avec un handicape certain, les murmures et autres commérages devaient aller bon train. Après tout, mon nom n'était pas inconnu au Ministère et je ne doutais pas que chacun y allait de son commentaire. J'avais vraiment peur de savoir comment je serais reçue et en même temps, soulagée d'être dans un secteur aussi secret que celui des Mystères.



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- J'ai fait de mon mieux. " Je souris. Emma ne me quitte pas des yeux et acquiesce silencieusement avec la pudeur qui sied pour ne pas paraître méprisante. Cela m'amuse quelque peu car hormis quelques chercheurs chroniquement lacunaires en terme de confiance - un paradoxe incroyable - il est d'usage d'affirmer ses compétences. Une négation, ici, est jugée comme une preuve de fausse modestie, et généralement, lorsque l'un d'entre nous en fait preuve, il arrive qu'il se fasse proprement huer.
- N'ai pas peur d'assumer ta force, dis-je, amusé. J'ai vu ton dossier. Les notes d'examens ne définissent pas forcément les qualités d'un grand chercheur, mais elles sont indicatives au moins sur ton investissement. Cela-dit… " D'un coup de baguette, je fais flotter une tasse de thé fumante jusqu'à elle et accueille avec un soupir de satisfaction le café brûlant dont les volutes réchauffent le verre froid d'un Mug frappé du logo du ministère. Tiens ? J'ai déjà vu ça quelque part. " Cela-dit, reprends-je, tu ne seras probablement pas surprise d'apprendre que certaines de nos recrues, assez mal adaptées au système scolaire, n'ont fait leurs preuves que bien plus tard. " Je ne me fie jamais aux résultats universitaires. On ne trouve pas tous notre confort intellectuel aux mêmes endroits, et toutes les méthodes ne conviennent pas à tout le monde.

Au fur et à mesure de mon discours, le rouge qui s'était installé sur les joues d'Emma comme une alarme d'hésitation régresse puis disparaît pour faire place à une pâleur de mauvaise augure. Je hausse un sourcil, alors qu'une tension palpable déforme peu à peu ses traits. " Détends-toi. On ne travaille pas bien sous pression. " Dis-je tranquillement. Évidemment, j'ai absolument conscience qu'il va être très difficile pour elle d'oublier sa nervosité. J'ai omis quelques détails de mon intronisation mais je me souviens assez clairement de cette sensation de tension régulière qui m'avait tenue sur les nerfs pendant ma période d'essai. Une adrénaline pleine d'une combativité épuisante. Je n'avais pas beaucoup dormis, à cette époque. J'avais le désir de donner le meilleur de moi-même, en alerte, chaque secondes qu'il m'était donner de prouver ma valeur. Je ne jugeais pas comme une option le fait d'échouer.

C'est un concept avec lequel j'ai encore du mal aujourd'hui.

Emma repousse sa tasse de thé d'un geste dépité. Je connais bien l’étau qui doit être en train de lui serrer le ventre à l'heure actuelle. Volontaire, ambitieuse, mais peu sûre d'elle, dans le fond. Une jeune fille combative mais fragile. Je la couve un moment du regard, sans animosité, sans inquiétude. " On ne te demande pas d'être capable de tout exécuter tout de suite, Emma, dis-je doucement après un moment de silence. Si tu es acceptée au Département, tu auras encore de nombreuses choses à apprendre avant que nous décidions que tu n'as plus le droit à l'erreur. " Je réfléchis un instant. " … Certes. Il y a des sujets vis à vis desquels il sera assez interdit de se tromper. Je hausse les épaules. Pour le moment nous te demandons seulement d'être excellente. Je bois tranquillement. Pas encore exceptionnelle. " Je suis pleins de bienveillance, mais il serait tout de même dommage de lui faire croire qu'elle puisse se détendre tout à fait.

Le Département est exigent, c'est un fait. Et si nous estimons juste de prendre le temps de former nos jeunes recrues, avec patience et pédagogie lorsque c'est possible -tous les monde n'en n'est pas capable, moi le premier-, nous n'oublions jamais que les recherches sont souvent portées sur des sujets d'études d'une délicatesse extrême. Une prophétie mal manipulée, un pas de travers près de l'Arche de la salle de la mort, un enchantement loupé apposé sur un lien magique vulnérable, et ce sont des mois de labeur qui disparaissent en poussière. Si le retour de bâton ne rend pas au préalable le chercheur parfaitement fou. Ou mort.

Avoir droit à l'erreur prend donc entre nos murs une définition particulière et excessivement limitée. Mais Emma aura tout le temps de le découvrir au fur et à mesure des semaines. Lorsque les chefs de salles lui expliqueront, les uns après les autres, quels risques elle encourrait à faiblir ou échouer.

Une exigence profonde, et beaucoup de délicatesse sont les maîtres mots d'une grande part de notre fonction.

- Pour Amy... je m'en voudrais beaucoup si vous la renvoyez... Je redresse la tête, surpris. Je pense qu'elle a simplement oublié certains détails et... je ne lui ai peut-être pas posé les questions que j'aurais dû quand elle m'a demandé si j'en avais." Après un instant d'hésitation, j'éclate d'un rire sincère. Ce n'est pas désagréable, il me semble que ça ne m'est pas arrivé depuis quelques temps.
- C'était une plaisanterie, Emma. Amy ne risque rien. " J'expire les derniers fragment de mon rire, les yeux brillants. Sa naïveté a réellement quelque chose de touchant. " Ne t'en fais pas pour elle. Tu sais, une fois entré ici, il est rare d'en sortir. " Les chercheurs d'exceptions ne courent pas les rues. Je ne peux me permettre de les renvoyer à tours de bras. " Alors, Emma Blackbonnes... Je croise les jambes et m'enfonce dans le canapé outrageusement moelleux contre mon dos. Parles moi de tes domaines de prédilections. Parles moi de ceux que tu détestes. Racontes-moi ta plus grande aspiration : si demain, tu étais acceptée aux Mystères, quelles recherches aimerais-tu mener ? "


Call me Mr.Raider, call me Mr.Wrong. Call me insane, call me Mr.Vain. Call me what ya like, as long as you call me time and again.© by Sun

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Symphonie d'une nouvelle vie [Constantine & Emma]

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