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 Un dernier tango? [Adonichou]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Samedi 12 Juin 2010, Place Merlin de Leopoldgrad

Mildred Magpie se demandait encore comment elle en était arrivée à se retrouver les bras aussi surchargés d'emplettes. Était-elle tombée dans une faille spatio-temporelle lorsqu'elle avait traversé les boutiques luxueuse du centre commercial de Leopoldgrad? Ou l'acheteuse compulsive qui sommeillait en elle s'était-elle subitement réveillée? Dans tous les cas, alors qu'elle n'était sensée alimenter sa garde-robe que d'un vulgaire tailleur professionnel qui fasse plus conventionnel dans son attirail excentrique... Mildred se retrouvait les bras aussi chargée que les branches d'un sapin la veille de Noël! Mais comment faire autrement? Comment résister à l'appel du luxe lorsque votre regard se braquait sur les magnifiques et foisonnantes devantures de la Golden Alley? Chaque échoppe semblait vous lancer un "Impérium", vous contraignant à débourser des sommes pharaoniques! Et quand l'argent n'était pas un problème, comme c'était le cas pour la richissime Mildred Magpie, il n'y avait vraiment aucune raison de se priver de ce plaisir pulsionnel et matérialiste.

Telle la statue du Corcovado ayant trouvé son eldorado, Mildred avançait les bras écartés avec ses nombreux sacs en suspension. Tout en marchant, elle cherchait à se remémorer et reprendre le fil de ses achats : Alors oui, elle avait bien acheté son tailleur, mais en repartant elle était tombée sur cette sublime robe dorée d'un créateur magique slovaque... Une merveille qui se devait d'être accompagnée d'un corsage en or massif, histoire de donner encore plus de poids et de volume à l'ensemble. C'était donc par pure précaution, et dans le cas où les fins lacets de son soutien gorge doré viendraient à céder sous le poids de ses beau mais gros jumeaux, que Mildred avait décidé d'acheter également un bustier assorti qui semblait plus à même de soutenir le pesée. Comme une promotion sur les boucles d'oreilles était appliquée à partir de soixante-dix mille Gallions d'achat ; Il aurait été stupide de louper l'occasion de s'en acheter une paire. Et que dire de ses escarpins de luxe? Si ce n'était que leur achat était bien plus qu'une obligation mais une nécessité absolue pour que la sainte voute plantaire de la romancière n'entre pas en contact avec le sol grossier que martèle le commun des mortels! Une Rollex magique digne de son poignet, une pochette et un parfum senteur Coco Cannelle en guise de signature olfactive et la voila fin prête à faire des ravages dans les soirées démentielles de l’Été approchant. Au final, sa seule folie dépensière n'avait été que l'achat de cet Hibou Totem trop mignon sur lequel elle avait littéralement fondu d'admiration! Pour seulement vingt-cinq mille gallions, il offrait chance et amour à sa propriétaire, en plus de joliment occuper l'espace de bureau. Mais par Merlin que l'or était lourd à porter! Ou diable étaient ses fainéants de porteurs quand elle avait réellement besoin d'eux?

Sur le point de quitter la Place Merlin, Mildred s'accorda une dernière pause salutaire devant la vitrine d'une bijouterie de luxe, dont les diamants ne semblaient scintiller que pour attirer son regard de Pie en alerte. La romancière soupira d'espoir en voyant une sublime bague de fiançailles qui n'attendait que de se glisser à son annulaire si un beau Prince daignait enfin la lui offrir... Mais aucun homme n'avait encore eu l'élégance de se ruiner et de ployer le genou devant sa beauté, la laissant seule dans le désert sentimentale de sa vie. Mais les choses allaient changer et les raisons d'y croire revenaient lentement mais surement depuis peu. Était-ce les prémices de l’Été ou sa belle rencontre de la semaine dernière avec Constantine Égalité, le gardien des Mystères ; Mais Mildred retrouvait un certain élan à la vie et au plaisir de renouer au jeu de la séduction. Il faut dire qu'elle était tombée bien bas après sa cruelle désillusion avec Léopold et surtout après s'être abaissée à faire des galipettes avec ce vilain Bannerman, un individu aussi gras que indigne de figurer au coté de sa majestueuse personne! Mais comme le disait si bien sa psychomage, le docteur Kane : Pour séduire l'autre, il faut avant apprendre à se séduire soi-même! Voila pourquoi, elle avait décidé de faire table rase su passé, et d'oublier ses kilos superflus pour ne se concentrer que sur une chose : Le présent, et la future rencontre à venir!

Mais alors qu'elle lâchait péniblement des yeux la vitrine et la bague de panthère en diamant aux yeux émeraudes, Mildred fit une rencontre qui était loin d'être celle qu'elle espérait si ardemment pour rebondir. Bien au contraire, la silhouette familière qui manqua la percuter alors qu'elle reprenait subitement le chemin de sa riche demeure, n'était en rien le signe d'un heureux présage. Au contraire cela la ramenait dans les pires tréfonds de son passé amoureux, et d'une Saint-Valentin monstrueuse de déception. Adonis Greengrass, alias Adonichou l'amant de feu, se trouvait devant elle! Une à une, les emplettes de Mildred s'effondrèrent au sol alors que ses bras ballants en tombaient de surprise. La rumeur de son retour était donc vrai... Depuis leur odieuse rupture, Mildred Magpie niait et faisait la sourde oreille à toutes informations en lien de près ou de loin avec l'impitoyable briseur de rêve. Une affreuse sensation de vomir son cœur en lambeaux noua la gorge de la sorcière, alors que mâchoire tombait de stupeur. Mildred manqua défaillir alors qu'une vague de chaleur embrasa subitement ses sens, mais force de caractère oblige, elle n'allait point lui donner ce plaisir! Le regard certes éberlué, elle cracha tout de même son mépris à la face du prince trompeur.

"Que viens tu faire ici, maudit goujat!? Polluer mon existence de ton ignoble présence? J'avais la paix depuis ton départ en Argentine! Hors de ma vue, laisses-moi tranquille, ordure sans cœur! Tu ne m'auras plus! C'est fini! Retournes baiser tes alpagas au milieu de la pampa! "

Mildred n'éprouvait désormais plus qu'une immense colère pour celui qui fut jadis son meilleur coup et un amant volcanique. Combien de fois l'avait-il faite miauler de plaisir? Combien de fois grâce à lui s'était-elle effondrée les pupilles révulsées d'extase sur l'oreiller? Combien d'espoir avait-il trahit avant de la jeter lamentablement comme une vieille chaussette? Mildred ne s'était jamais totalement remise de sa désillusion de la Saint-Valentin, et de ce coup de poignard assassin qui avait réduit à jamais son cœur en lambeaux. Adonis Greengrass l'avait traité comme une vulgaire poupée sexuelle, niant ses sentiments et une humanité qui n'aspirait qu'au bonheur de trouver enfin l'âme sœur. Jamais plus, elle ne s'y laisserai prendre! Certes, il avait peut-être la beauté d'un demi-dieu grec, mais rien ne pourrait effacer le passé! La romancière blessée ne résista point à l'envie de se jouer une dernière fois de son maudit ex-amant. Le défiant du regard, elle souleva vulgairement son lourd poitrail pour lui faire bien comprendre ce qu'il avait perdu dans son ignoble trahison.

"Tu les aimais bien, n'est-ce pas? Et bien profites en une dernière fois parce que jamais plus tu ne les reverras! Je ne veux plus jamais te voir, ni te croiser! C'est bien clair? "
 
Après cette ultime provocation, la lourde poitrine de Mildred retomba et rebondit comme de la gelée anglaise jetée sur une table trop basse. Plutôt que de s'abaisser à daigner lui accorder un mot de plus, Mildred se pencha pour ramasser ses emplettes hors de prix déversées à même le sol. L'âme vengeresse, elle espérait secrètement qu'il souffrait cruellement et regrettait ses choix du passé. Car quelles que soient ses intentions, Adonis avait perdu à jamais ses faveurs et plus aucun de ses miaulements ne viendrait enflammer ses tympans...


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Le drap glissa, enroulé autour du corps de Lachésis qui le fixait avec un air mutin au coin des lèvres avant de fuir en direction de la salle de bain. Adonis se redressa pour l'observer, la courbe de ses hanches dissimulée sous le drap, sa peau, blanche et douce, qui semblait être une invitation aux baisers passionnés, sa taille gracile qui fuyait désormais loin de lui. Il entendit un gloussement amusé avant que l'eau de la douche ne tombe en cascade et ne couvre tout autre bruit. Il se leva à son tour et poussa la porte de la salle de bain, l'admirant une minute sous l'eau chaude avant de finir par la rejoindre, enlaçant son corps humide contre le sien, parsemant son cou de baisers pour la faire frisonner de plaisir.  

Il se surprenait à apprécier ce genre de moments et à les provoquer. Il n'avait jamais réellement su ce que le mot aimer signifiait mais il l'apprenait au fil des jours. Il avait sacrifié une part de sa carrière pour l'apprendre, il avait laissé parler des sentiments qu'il n'aurait jamais soupçonnés et il ne le regrettait pas vraiment. Au début, il s'en était voulu d'avoir laissé son épanchement pour Rosaleen passer au dessus du reste mais son exil en Argentine avait finalement été plus enrichissant qu'il ne l'aurait pensé. Sans cela, il n'aurait certainement jamais rencontré Lachésis et il ne se serait certainement jamais rendu compte qu'il ne pouvait pas vivre loin de ses enfants.

Même s'il n'aimait pas leur mère, l'éloignement lui avait coûté. Rentrer à la maison et se rendre compte du changement qui opérait chaque jour chez eux et ne pas être là pour le vivre avec eux l'avait affecté, il ne voulait pas être exclu de leurs vies aussi vite, il voulait être auprès d'eux. Il s'était attendu à ce que Lachésis le quitte lorsqu'il lui avait avoué vouloir rentrer en Angleterre pour être près de ses enfants mais l'effet inverse avait eu lieu, leurs liens en avaient été renforcés lorsque la jeune femme avait laissé entendre qu'ils trouveraient une solution à deux pour continuer à se voir.

Adonis avait donc pris la décision de demander le divorce à Caecilia, il avait trouvé la force de vivre pour lui pour une fois. C'était la première fois de sa vie qu'il tenait tête à son oncle, il n'avait pas dû batailler longtemps pour trouver une approbation cela dit. Lachésis était d'une famille importante en Allemagne, ce qui aidait à faire passer la pilule. Daphné avait été de son côté tout du long et le fait que sa future ex-femme ne semblait pas très impliquée dans sa vie de femme mariée et de mère de famille avait fait pencher la balance en sa faveur. Il avait vécu sa séparation comme une libération et la perspective d'une vie plus simple et plus heureuse.

Le fait de pouvoir s'afficher officiellement avec Lachésis faisait parti des avantages de sa désunion et si, au début, il n'avait pas vraiment osé s'afficher à ses côtés, aujourd'hui, il n'avait aucun embarra à affirmer qu'il vivait avec une femme merveilleuse. En dehors de ses qualités d'amante, elle était d'une gentillesse désarmante, l'acceptant avec ses faiblesses et ses défauts. Il ne lui avait pas raconté tous les détails de son passé mais elle connaissait les grandes lignes de son histoire avec Rosaleen, elle connaissait le poids que représentait l'ombre de son oncle au dessus de sa tête, elle savait que Leopold Marchebank avait eu une grande importance dans sa vie avant qu'il ne joue les imbéciles. Elle avait accepté tout cela et plus encore.

Elle avait connaissance du fait que son mariage avec Caecilia n'avait été qu'un simple mariage arrangé, un accord commun pour donner le change et remplir les exigences familiales de leur monde vorace. Toutefois, il n'avait pas su remplir les conditions jusqu'au bout, il savait que le scandale grondait et que le divorce déplaisait, toutefois Lachésis n'avait pas peur d'affronter les harpies et était prête à défendre sa place à ses côtés. Son rang était un avantage, c'était certain, l'aura de son oncle était un atout non négligeable mais ce n'était pas pour cela que le jeune diplomate restait avec elle. Elle avait su toucher son cœur comme aucune autre avant elle. Même Rosaleen à côté d'elle faisait pâle figure. Il était heureux à ses côtés et il était heureux de constater qu'elle souhaitait être proche de Narcisse et Proserpine.

Il avait pu l'observer avec les enfants, il avait vu la douceur dont elle faisait preuve avec eux, elle semblait les aimer comme ses propres ses enfants et cette constatation ne pouvait que le combler. Tout semblait parfait et rien ne pouvait assombrir le tableau pour le moment. Sa vie personnelle était bien plus comblée qu'il n'aurait pu un jour l'espéré. Il avait toujours cru que ce serait sa vie professionnelle qui le comblerait mais il ne pouvait que constater qu'il avait eu tord de miser là-dessus. Ses ambitions n'étaient pourtant pas toutes éteintes et il espérait bien pouvoir un jour retrouver les hautes sphères du pouvoir.  

L'eau cessa soudainement de couler au dessus d'eux et Adonis interrogea sa compagne du regard. Elle esquissa un sourire mystérieux avant de déposer un baiser à la commissure de ses lèvres et de s'esquiver hors de la douche. Elle s'enroula dans une serviette et le fixa d'un regard doux alors qu'il la rejoignait sans réellement savoir ce qu'elle cherchait à lui faire comprendre. Elle fredonna doucement alors qu'elle commençait à s'habiller sans lui prêter la moindre attention. Il haussa un sourcil surpris avant de laisser de côté ses interrogations et entreprit de s'habiller à son tour. Il déposa un léger baiser sur sa joue avant de sortir de la pièce humide pour rejoindre la chambre des jumeaux.

Son elfe de maison était déjà présent dans la pièce et tenait Narcisse dans les bras, il semblait agité et refusait de se calmer même sous les efforts désespérés de l'elfe. Adonis prit son fils dans les bras et congédia son serviteur d'un regard alors qu'il commençait à bercer doucement le nourrisson. Ses cris perdirent en force et il finit par se calmer, son regard furetant dans la pièce à la recherche d'une nouvelle découverte. Lorsque son regard s'arrêta sur le visage de son père un sourire fleurit sur ses lèvres et il poussa un petit cri de joie en battant des bras. Le visage d'Adonis se fendit d'un sourire attendrit alors qu'il embrassait tendrement le front de son fils.

Il était une de ses faiblesses désormais et il ferait tout pour le protéger et le rendre heureux. Il ne réalisa la présence de Lachésis que lorsqu'elle s'approcha de lui avec Proserpine dans les bras, un sourire enjoué aux lèvres. Elle posa sa tête sur son épaule et le fixa avec un air qu'il crut reconnaître comme de la joie et de l'amour. Il poussa un léger soupir d'aise alors qu'il avait la sensation que cette scène faisait partie d'une des plus heureuses de sa vie.

"Il sait que tu es son père et il est heureux de te voir."  

La voix de Lachésis le tira de ses songes et il hocha doucement la tête tout en tournant la tête vers elle.

"Ils t'aiment aussi j'en suis sûr. Regarde comme ils sont calmes lorsque tu es là."

Elle esquissa un sourire amusé avant de hausser doucement les épaules.

"Tu as le même effet sur eux, tu sais."

Il n'en était pas aussi certain mais il ne dit rien. Il ne voulait pas laisser ses doutes prendre le dessus. Il n'avait jamais réellement eu de visage paternel pour le guider. Son oncle et son grand-père avaient occupé le rôle mais il ne savait pas ce que ça faisait d'avoir un père et il savait encore moins ce que c'était que d'en être un. Lachésis avait pris l'habitude de dissiper ses doutes et de lui dire qu'il était un père fantastique ce qui le mettait mal à l'aise à chaque fois.

"Que dirais-tu d'aller faire une balade avec eux ? J'ai besoin d'une nouvelle robe et une boutique vient d'ouvrir à Leopoldgrad. Et l'autre jour, j'ai vu une petite robe pour Proserpine, je suis sûre qu'elle sera à croquer dedans. Ils ont besoin de prendre l'air et toi aussi, tu vas finir par devenir blafard à force de ne plus voir le soleil."

Elle lui adressa un sourire en coin alors qu'elle commençait déjà à enfiler un manteau à sa fille. Il poussa un soupir résigné et couvrit Narcisse d'un léger manteau pour qu'il ne prenne pas froid. Le landau double fut sorti et rétréci avant d'être glissé dans une poche, les jumeaux fermement tenus et un transplanage plus tard, ils étaient tous à Leopoldgrad. Il inspira profondément l'air tiède de ce début de mois de juin, le soleil était encore timide mais bien présent. Parfois, il regrettait le temps beaucoup plus clément d'Argentine et les chaleurs qui leurs permettaient d'aller se baigner à toutes heures du jour et de la nuit dans la mer chaude.

"Je regrette l'Argentine et sa chaleur parfois..."

Lachésis éclata de rire alors qu'elle glissait Proserpine dans le landau et lui prenait Narcisse pour le placer à côté de sa soeur.

"Moi aussi, je suis surtout nostalgique de nos baignades."

Elle lui adressa un petit clin d'oeil complice avant de prendre le contrôle du landau et de commencer à avancer. Il se plaça à ses côtés avec un léger sourire amusé, il n'aurait jamais pensé sortir de cette façon un jour, comme une vraie famille. Il se surprit à apprécier la balade alors que la jeune femme à ses côtés s'extasiait devant toutes les boutiques qu'elle croisait. Il tourna la tête à un moment et constata qu'il était seul dans la rue, elle venait très certainement d'entrer dans l'un des magasins, emportant avec les enfants. Il leva un sourcil surpris et continua son chemin sans vraiment faire attention où il allait, manquant percuter une passante... qu'il ne reconnut que trop tard.

Il grimaça en entendant la voix perçante et n'eut le réflexe de détourner le regard que lorsqu'il se retrouva à loucher sur sa poitrine proéminente qu'elle mit d'ailleurs volontairement en avant comme pour le provoquer. Il leva les yeux au ciel alors qu'elle l'envoyait au diable en piquant une crise d'hystérie en pleine rue. Il garda un air froid et fermé alors qu'elle partait dans son fantasme toute seule. Comme s'il lui avait promis quoique ce soit, comme si c'était de sa faute à lui, si elle avait eu l'audace de tomber amoureuse de lui. Il n'avait jamais évoqué le fait qu'il souhaitait l'épouser ou même qu'il l'aimait. Elle avait été une distraction, rien de plus. Et un moyen de rester près des Folies Sorcières et du pouvoir. Juste un outil encombrant mais nécessaire.

"Bonjour Mildred, je suis ravi de te revoir également. Et crois-moi, je n'éprouve aucunement l'envie de te revoir, toi ou ta... poitrine."

Il posa un regard légèrement dégoûté devant autant de vulgarité. Cette femme était tout le contraire de la bienséance. Elle était vulgaire, exubérante et incroyablement pathétique à tenter de rester jeune malgré son âge avancé. Elle ne trompait personne malgré toutes les couches de crèmes magiques et de potions qu'elle utilisait pour paraître moins âgée. Il s'apprêtait d'ailleurs à la laisser seule avec ses sacs et son pathétisme chronique quand Lachésis le rejoignit avec les jumeaux.

"Adonis ?"

Elle adressa un sourire poli à Mildred tout en l'interrogeant du regard comme si elle attendait qu'elle la présente et inversement. Il retint un soupir alors qu'un sourire crispé se dessinait sur ses traits.

"Laisse moi te présenter Mildred Magpie, une connaissance de longue date."

Instinctivement, il se rapprocha du landau comme pour protéger ses enfants de la harpie qui leur faisait face alors que sa compagne adressait un sourire lumineux à Mildred sans savoir dans quoi elle s'engageait.

"Bonjour Mildred, je suis enchantée de faire votre connaissance. Je suis Lachésis Von Schwartzberg. Vous connaissez donc Adonis depuis longtemps ?"

Adonis se crispa légèrement avec en tête la phrase de Mildred qui lui demandait de retourner baiser ses alpagas en Argentine, il se fit la réflexion que Lachésis était un bien bel Alpagas, un sourire amusé s'esquissa d'ailleurs sur ses lèvres alors qu'il enlaçait la taille de la jeune femme avec un regard moqueur pour Mildred.

"Lachésis est mon alpagas du milieu de la pampa si tu te poses la question Mildred."

Son sourire se fit clairement narquois alors que Lachésis le fixait avec un regard interrogatif.


Adonis Greengrass
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Devenu indifférent à ses charmes voluptueux au creux desquels il adorait jadis enfouir son visage, Adonis lui fit une réponse aussi cinglante que définitive. Toujours aussi embrouillé dans ses réponses et ses sentiments, il osait dire qu'il était content de la revoir, tout en prononçant un adieu définitifs pour leur chevauchée commune du passé. Adonis n'avait décidément pas changé, il restait cet homme profiteur et menteur, qui ne savait toujours pas ce après quoi il courrait! En se mariant avec elle, il aurait pu avoir le luxe, le pouvoir et la certitude d'être toujours comblé, et pourtant... Il avait préféré suivre les préceptes et les valeurs familiales en choisissant une garce de lignée pure, dont elle ne se souvenait même plus du nom. Adonis n'était qu'un faible, incapable d'assumer ses désirs et sa passion! Désormais, il pouvait chercher à sauver les apparences derrière une attitude aussi désinvolte que désintéressée ; Mildred restait persuadée qu'il regrettait amèrement de n'avoir pas saisi cette divine d'occasion d'avoir la sublime Mildred Greengrass à ses côtés! Tant pis, pour lui! Il pouvait bien souffrir ce maudit goujat, autant qu'elle avait elle-même souffert de sa trahison! Mildred le scuta avec dédain, avant de lâcher une dernière sentence aussi orgueilleuse que vengeresse.

"Tes mensonges ne trompent plus personne, Adonis! Surtout pas moi. Je sais bien que l'on ne remplace pas aussi aisément une femme de mon envergure. D'ailleurs, je me suis réjouie d'apprendre ton divorce avec l'autre catin de lignée sans pur... " Les petites paupières fardées de Mildred se mirent à battre comme les ailes d'un papillon, alors qu'elle savourait sa vengeance. "Tu sais quoi, je vais rentrer dans mon Palace, plutôt que de perdre inutilement mon temps avec toi. Je vais enfiler ma plus belle robe fendue, et combler les désirs d'un homme plus vertueux et moins bonimenteur que toi! Adieu Adonis! "

Soucieuse de claquer rapidement cette maudite porte de son passé, Mildred s'apprêtait à reprendre sa route quand tout à coup ; Jaillissant de nulle part, une sublime beauté blonde poussant un landau, fit irruption d'un magasin de vêtement pour les rejoindre. Mildred lança une œillade inquisitrice sur cette jeune créature qui osait pénétrer dans le périmètre de sa vengeance et de son ancienne conquête ; Avant de comprendre trop tardivement que la seule intrus n'était autre qu'elle. Signe que les deux se connaissaient, la blonde roucoula un "Adonis" alors que son ex-amant voulait déjà procéder aux présentations. Qu le diable fouette Merlin, mais la seule dont rêvait Mildred était de fuir au plus vite le théâtre de cette horrifiante humiliation à venir! Mais comment s'évader à toutes jambes quand vous étiez aussi lourdement chargée d'emplettes de luxe? Elle étai piégée comme un vulgaire rat de laboratoire! Et Adonis allait prendre un malin plaisir à lui disséquer le cœur! Les pupilles de la romancière en mal d'amour se dilatèrent d'horreur tandis qu'elle n'arrivait point à empêcher l'effondrement stupéfié de sa mâchoire inférieure.

D’ordinaire aussi bavarde qu'une pie, Mildred demeura aussi muette qu'une carpe. Son regard médusé ne pouvant point s'empêcher de circuler de la jeune et belle inconnue si parfaite, au landau dans lequel sommeillaient deux morpions. Comment était-ce possible? Adonis n'était pas devenu papa? Comment l'amant de feu aussi indépendant que insaisissable qu'elle semblait avoir connu pouvait se réduire à ce cliché de la famille modèle et parfaite? La regard atterré de la sorcière désormais ménopausée se posa sur celui qui prenait un plaisir sadique à la duper dans ses certitudes les plus profondes.

Une connaissance de longue date! Voila à quoi elle se résumait... Avait-il oublié leurs innombrable et délicieux moments partagés? L'instant magique où leurs deux corps brulants ne faisaient plus qu'un? Mildred pensait bêtement ne plus pouvoir souffrir et n'éprouver plus aucun sentiment de jalousie vis-à-vis de celui qui l'avait honteusement lâché au sommet de sa pyramide d'espoirs déchus. Et pourtant, la voila qui se tordait les mains avec anxiété, tandis que ses entrailles se nouaient en un ignoble gargouillis de frustration. Naufragée dans un océan de perplexité, elle regarda interdite la sublime et trop parfaite Lachésis la gratifier de son plus beau sourire et entamer les présentations ; Avant de comprendre pour sa fierté personnelle, qu'elle devait rapidement se ressaisir et feindre l'indifférence la plus froide devant cette situation qui lui crevait littéralement le cœur!  

Comme par enchantement une étincelle de nuisance raviva son regard meurtri, et enflamma son orgueil de femme meurtrie et rancunière. Tandis que sa langue de vipère reprenait ses droits, elle finit par rendre un sourire hypocrite à cette blonde au nom suffisamment célèbre pour avoir enflammé jadis les gros titres de la Presse magique.

"Von Schwartzerg! Ma foi quelle surprise! Si je ne m'abuse, vous êtes alors la petite fille du très controversé mage Hélios Von Schwartzerg! Et bien! Quelle belle coïncidence que de vous rencontrer, alors que suis en train d'écrire un savoureux article sur les grands criminels et les génocides de l'histoire dans lequel je mentionne votre grand-papa comme étant l'un des plus fervent fidèle du redoutable et redouté Gellert Grindelwald! Si j'avais su que j'allais avoir le privilège de vous rencontrer, je vous aurai consacré une interview. Quel dommage... "

Se tournant vers Adonis qui se tenait nerveusement vers l'immonde landau dans lequel croupissait je ne sais quelle ignoble créature en modèle réduit, Mildred adopta un ton volontairement familier et provocateur.

"Et bien mon Adonichou, tu en es un vilain petit cachotier! Dois-je deviner que vous êtes en couple? Je te savais capable de sacrifier le meilleur pour assouvir ta pulsion de sang pur, mais de là à sortir avec une Schwartzberg! J'en suis toute retournée! "

La petite bouche rancunière de Mildred Magpie se tordait d'aigreur alors qu'elle s'attendait à voir le couperet cruel des certitudes s'abattre sur ses derniers doutes. Adonis n'était pas du genre à se balader avec une femme, pour le simple plaisir de jouir d'une compagnie féminine. Aussi injuste soit cette nouvelle, ce salaud avait trouvé chaussure à son pied. Contrairement à Mildred...
Adonis ne boudait pas son bonheur et son avantage sur son insatiable et miauleuse Ex-amante. Voilà qu'il osait la défier et lui resservir de l'alpaga, tout en se lovant contre la blonde aryenne qui lui servait de conquête. La pauvre! Elle ignorait surement que cela n'allait point durer! Un jour ou l'autre, il finirait par trouver mieux ailleurs et la lâcherait comme une vieille chaussette nauséabonde...

Mildred fusilla longuement du regard Adonis! Il n'y avait aucun Avada Kedavra, ni aucun Endoloris qui puissent étancher sa soif de lui clouer à jamais le bec! Mais plutôt que de lui répondre frontalement, Mildred se tourna vers Lachésis qui paraissait quelque peu incrédule de se voir affublée du titre d'alpaga de la Pampa. Avec un sourire aussi mielleux que dangereux, Mildred prit un malin plaisir à éclairer la lanterne de femme encore trop naïve pour percevoir l'incommensurable potentiel de goujaterie de son compagnon.

"C'est un code pour dire que vous n'êtes rien d'autre que sa nouvelle conquête. J'étais moi-même il n'y a pas si longtemps de cela, l'alpaga de la pampa de ce très cher Adonis. Une époque torride dans laquelle ce dernier passait plus de temps entre mes cuisses que sur ses propres pieds. Mais que voulez-vous... Nulle n'est irremplaçable et jetable dans l'esprit de ce bonimenteur né! "

Croisant ses bras sur sa poitrine rebondie, le visage de Mildred se fendit d'une expression faussement concernée.

"Voyons mademoiselle. Ne soyez point choquée par l'odieuse vérité. Mais il est important pour vous de savoir que Adonis passe d'une femme à l'autre, comme il changerait vulgairement de chaise. Un jour ou l'autre, ma chère Lachésis, il finira par trouver égoïstement un fauteuil plus moelleux dans lequel il pourra blottir son si noble et cruel séant... "

Mildred Magpie était passée en mode contre-attaque, et son regard assoiffée de charogne se posa sur le landau au sein duquel émergeait les pleurs infâme d'un nourrisson sans doute en mal de lait à biberonner. Mildred détestait par dessus tout les bébés! C'était moche et tout fripé, en plus de sentir mauvais. Une bombe à retardement juste bonne à vous vomir ou vous déféquer dessus. Bref une abomination que Mildred fuyait comme la peste! Alors que les cris dans le landau redoublait d'intensité, Mildred peina à masquer sa surprise et son embarras. Elle se tourna horrifiée aussi bien vers Lachésis que Adonis.

"Mais qu'avons nous là? Par Merlin, que cela agresse les tympans! C'est insupportable! Il n'y a rien que vous puissiez faire pour calmer ses cris stridents? " Puis après avoir roulé ses yeux dans ses orbites de vieille chouette, elle les posa incrédule sur Adonis : " Tu ne vas pas m'achever en me disant que tu pousses le vice et le mensonge en jouant les papas modèles. Car s'il y a bien une personne dans ce bas monde que je ne vois pas changer une couche ; c'est bien toi! "

A la rigueur il maitrisait les fessées... Mais donner le biberon, chanter des berceuses et faire des mouchettes... Cela donnait la nausée à Mildred, rien que d'y penser! Juste inimaginable! Comment un homme aussi individualiste et libre qu'Adonis pouvait se cantonner au rôle grossier de papa? Tout cela ne lui ressemblait pas. Comme si l'air de la pampa à l'instar de Skye, l'avait réduit à l'état de bien sage alpaga. Mildred rêvait secrètement que tout ceci ne soit que mensonge et que les masques de cette farce grotesque finissent par tomber. La romancière voulait retrouver cet amant fougueux qu'elle avait rêvé d'épouser. Cet homme qu'elle n'arrivait pas à enlever de sa mémoire. Cet homme pour qui elle éprouvait encore des sentiments sincères...  


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Adonis GreengrassChargé de mission performance de l'administrationavatar
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Si seulement elle savait... Il n'avait jamais été plus honnête avec Mildred qu'aujourd'hui, il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle. Sa voix de crécelle l'exaspérait, ses conclusions hâtives et sa méchanceté gratuite lui donnaient envie de vomir. Lui aussi était heureux de son divorce, bien plus que ne pouvait le penser la journaliste à scandale. Elle qui croyait que sa poitrine était tout ce qui l'intéressait mais elle se fourvoyait largement. Il ne tenta pas de la démentir pour autant, plus vite il serait débarrassé d'elle mieux ce serait.

Il n'avait pas songé une seconde que ce serait à cet instant précis que Lachésis reviendrait vers lui le regard rempli d'interrogations. Il ne pouvait pas la laisser dans l'ignorance et décida de lancer les présentations. Entonnement, Mildred resta muette de stupeur, il put voir à ses expressions qu'elle ne s'attendait pas à ça et pendant une fraction de seconde, il se surpris à penser que la riche héritière avait peut-être un cœur finalement et qu'il lui avait malencontreusement brisé dans sa recherche de pouvoir. Mais sa culpabilité s'envola aussi vite qu'elle était venue lorsqu'elle attaqua frontalement Lachésis.

Un sourire amusé presque condescendant se dessina sur les lèvres de la jeune femme, elle semblait habituée à subir ce genre de remarque. Il savait bien sûr qu'elle avait un passé compliqué et que ça n'avait pas toujours été facile pour elle de se faire une place dans le monde. Le poids de son nom de famille indéniablement rattaché à Grindelwald avait été dur à porter. Mais moins que la perte de son frère et de ses parents. Tout cela avait participé à faire d'elle la femme libre et indépendante qu'elle était aujourd'hui. Non sans cette part de douceur qui avait fini par le faire craquer complètement. Il resta donc silencieux, laissant sa compagne se défendre seule contre l'attaque à peine subtile de Mildred.

Mais Mildred dans sa joie de déverser son fiel ne s'était pas arrêtée là et continua sur sa lancée en interpellant Adonis sur la relation qu'il entretenait avec la jeune femme. Il n'y avait pourtant aucun doute à avoir sur le lien qui les unissait mais le jeune homme s'empressa de mettre fin aux doutes de la plantureuse rousse avec un sourire narquois. Il s'attendait bien sûr à ce qu'elle saute sur l'occasion pour abaisser un peu plus sa compagne mais Lachésis savait qu'il avait eu passé plus ou moins glorieux avec les femmes et elle savait parfaitement quelle place elle occupait dans son cœur. Elle n'aurait jamais pu approcher les jumeaux si elle n'avait été qu'une conquête de passage.

Il put voir le sourire clairement amusé de Lachésis alors que Mildred tentait sûrement d'expliquer la cruelle vérité. Adonis Greengrass n'était qu'un goujat et il se servait d'elle rien de plus. Il poussa un léger soupir exaspéré tout en levant les yeux au ciel alors que Lachésis prenait un air faussement choquée sous toutes ces révélations avant d'esquisser un sourire chargé de reconnaissance feinte. Elle glissa ensuite un bras sous celui d'Adonis et se serra un peu plus contre lui comme pour montrer à la pie jacasseuse que cela ne changeait absolument rien à la situation.

"Merci de me prévenir Mildred, vraiment. Mais je crois que dans cette relation, Adonis se sert autant de moi que moi de lui. J'ai bien peur qu'il ne soit qu'une simple conquête pour moi. Comment avez vous dit déjà ?"

Elle fit mine de réfléchir une seconde comme si elle cherchait le terme exact avant qu'un sourire ne vienne illuminer son visage.

"Ah oui ! C'est ça... Je trouverais moi aussi un fauteuil plus moelleux dans lequel blottir mon si noble et cruel séant. Après tout, il y a dans le monde des fortunes bien plus intéressantes que celle d'Adonis. Et puis entre nous... je suis suffisamment belle pour prétendre à mieux vous ne croyez pas ?"

Une moue clairement amusé se dessina sur son visage, faisant de Mildred sa confidente privilégiée alors que Adonis tentait de ne pas éclater de rire. Mais la réalité se rappela bientôt à lui lorsque Narcisse se mit à hurler à pleins poumons. En bon père de famille, concerné par le bien être de ses enfants, il se pencha sur le berceau pour saisir son fils et le bercer tendrement contre lui pour le calmer. Proserpine réclama bientôt une certaine attention à son tour et il tendit Narcisse à Lachésis avant de prendre sa fille contre lui. La réaction de Mildred était bien plus cocasse encore maintenant qu'elle découvrait les jumeaux. Il esquissa un léger sourire moqueur avant de tourner le visage d'ange de sa fille vers la journaliste à scandale. Narcisse se tourna également instinctivement vers elle, lui affichant son visage poupin, si semblable à celui de son père. Les mêmes yeux, la même forme du visage en beaucoup plus juvénile. Ses enfants avaient beaucoup pris de lui et si peu de leur mère.

"Je te présente Narcisse et Proserpine, Mildred. Mes enfants. Je suis certain que tu as appris leur naissance dans les journaux, la famille de Caecilia et la mienne ont été si heureux de leur naissance. Bien moins de notre divorce mais que veux-tu... c'est la vie. "

Son sourire se fit légèrement condescendant alors qu'il se tournait vers Lachésis qui hochait la tête de façon affligée. Elle adressa ensuite un petit sourire avenant en direction de la journaliste avant de prendre une mine sérieuse comme si elle venait de réaliser quelque chose.

"J'y pense, c'est vraiment dommage pour votre article. J'aurais été enchantée de répondre à vos questions."

Lachésis esquissa un sourire poli tout en remettant l'une de ses mèches de cheveux derrière son épaule.

"D'ailleurs dans votre article, vous pourrez rajouter Egéon, Japet et Séléné Von Schwartberg à la liste des victimes de mon bien aimé grand-père. Je ne doute pas que vous ayez entendu parler d'Egéon n'est-ce pas ? Après tout, le dernier Obscurial d'Europe, ça marque les esprits."

Le sourire de Lachésis se crispa légèrement alors que son regard se faisait légèrement plus incisif.

"Les journaux ont tellement parlé de cette histoire mais on ne nous a jamais sollicité pour raconter notre version. La véritable histoire. Peut-être que ce serait l'occasion n'est-ce pas ? Après tout, mon père n'était rien qu'un Carcmol rejeté par son père qui a subi les pires des humiliations et a fini totalement dégoûté par la magie. Au point qu'il a interdit à ses propres enfants de parler ou de pratiquer la magie. Imaginez donc les répercutions sur un enfant, ce n'est pas étonnant que notre frère aîné ait tant et si bien refoulé sa magie qu'elle a fini par le parasiter totalement. Une victime de plus à accorder à mon très cher grand-papy comme vous dites. Vous pourrez noter ça dans votre article."

Elle lui adressa un sourire flamboyant avant de reposer Narcisse dans le berceau.

"Si vous voulez plus d'informations, n'hésitez pas à contacter mon frère, Zephyr Von Schwartzberg. Il sera ravi de vous en dire plus. J'ai peur de ne pas avoir le temps moi-même. Voyez-vous mon poste d'ambassadrice allemande en Angleterre me prend beaucoup de temps."

Une fois encore, Adonis dut retenir son sourire clairement amusé. Cette femme était formidable. Et envoyer Mildred chez Zephyr... quelle idée brillante. Il allait certainement lui parler de tout sauf de ce qui l'intéressait. Il reposa Proserpine dans son berceau aux côtés de son frère avant de poser son regard clair sur Mildred.

"Maintenant si tu veux bien nous excuser... Les petits commencent à avoir froid."

Une façon polie mais directe de la planter là une fois pour toute.


Adonis Greengrass
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En voyant Lachésis et Adonis s'échanger les bébés dans un atroce déluge de tendresse, la romancière éprouva un réel haut-le-cœur ; Comment pouvaient-ils ignorer à ce point les petites bouches dégoulinantes de bave qui ne cessaient de s'entrouvrir dans d'horribles rictus contrariés? Et ces petites mains collantes qui ne cherchaient qu'à vous agripper comme autant de ventouses malpropres? Mildred n'arrivait sincèrement pas à comprendre comment on pouvait s'attacher à ce genre de petites êtres répugnants. Cela la dépassait littéralement...

Mais le plus surprenant était de découvrir un Adonis passé en mode papa poule. Lui qui jadis bavait sur sa poitrine, essuyait désormais tendrement la bave de ses têtards! Comment en était-il arrivé à préférer ses jumeaux à ses deux pics jumeaux? Tout cela n'était-il qu'une odieuse mise en scène, ou éprouvait-il vraiment un bonheur sincère à l'idée d'avoir fondé une famille? Jusqu'alors, Mildred avait toujours pensé qu'il l'avait largué pour des raisons d'ordre purement sociétales ; Mais en voyant la complicité qu'il nourrissait avec sa fille, la romancière au cœur asséché se demandait si les choses se seraient passées différemment si elle avait enfanté d'un petit Adonildred ou d'une petite Mildadonia. La simple pensée de savoir que son précieux ventre puisse être déformé et habité suffisait à la révulser! Auprès de son amant de feu, la torride Mildred n'avait cessé d'exprimer son dégout pour la maternité. Pourquoi une femme devrait-elle forcément s'infliger un tel fardeau, alors qu'il était tellement plus confortable et libérateur de jouir d'une vie égoïste? Adonis ne semblait plus partager cette vision des choses. Était-ce l'une des raisons qui avait joué en sa défaveur?

Quand son ex-amant lui infligea sournoisement le visage poupin de sa fille, Mildred fut frappée par l'incroyable ressemblance. C'était un face à face aussi terrifiant que hypnotique. La romancière n'entendit presque pas la voix d'Adonis lui faire la présentation des deux petits êtres. Comment s’appelaient-ils? Réglisse et Porcupine? Que c'était étrange de donner des noms de chiens à des enfants. Mais la quadragénaire se fichait pas bien bien ou mal d'avoir mal entendu, tant elle ressentait un profond malaise alors que les petits yeux innocents de Réglisse la scrutait avec une infinie curiosité. Un duel de regard que Mildred voulait écourter au plus vite! Mais que faire? Le commun des mortels aurait sorti des formules toutes faites du style "Mais comme elle est mignonne!" - Ou - " Elle a les yeux de son père, et les oreilles de sa mère! " - Mais Mildred n'était définitivement pas de ce genre là ; Préférant voir un bébé plongé dans l'obscurité d'un congélateur que suintant de bave dans le creux de ses bras.

Face à la gueule d'ange qui la dévisageait froidement, la romancière ne savait plus du tout comment réagir. Elle se sentait toute bête - Désarmée - presque impotente! Heureusement pour elle, Lachésis lui tendit une perche salvatrice qui la remis quelque peu en selle, alors qu'elle pouvait presque humée les selles de la petite Réglisse. Il lui était tellement plus facile et naturel de "bitcher" avec une jeune pimbêche, que de sortir des "gouzi-gouzi-gouza" à un chiard! Mildred braqua donc un regard hypocrite et joyeux sur la nouvelle conquête d'Adonis.

"Vraiment? Quelle horrible occasion manquée! C'est tellement dommage que de passer à coté de votre merveilleuse et glorieuse saga familiale ! Croyez-moi, je suis blessée au plus profond de ma conscience journalistique! Et dire que le Monde Magique va devoir se priver d'un tel récital... "

En voyant Lachésis étaler sa superbe et rocambolesque épopée familiale, la journaliste à scandale avait surtout envie de se fourrer deux doigts dans la gorge pour se contraindre à vomir. Elle détestait les manières et la voix douce de cette jeune femme trop parfaite! En voyant son sourire se crisper quelque peu, Mildred comprit qu'elle avait réellement souffert de cette tragédie familiale. En voila une formidable aubaine pour semer la zizanie dans l'esprit de cette voleuse d'amant, et semer un peu la discorde dans cette famille trop parfaite! Après avoir réprimé un bâillement, Mildred fit mine d'être profondément attristée par la liste des victimes du grand-papy Hélios. Secouant la tête en grand tragédienne, elle énuméra à son tour les prénoms de la famille Schwartzberg.

"Egéon, Japet, Séléné... Autant de victimes innocentes... C'est vrai qu'il est cruel de recevoir des prénoms aussi abominables de génération en génération. "

Soucieuse de rétablir certaines vérités factuelles sur sa famille, Lachésis laissait enfin entrevoir une certaine émotion. Rétablir la vérité : Une chose que Mildred Magpie avait totalement édulcoré dans l'ébauche de son article, alors que son public lui réclamait des monstres et des histoires sordides. Pourquoi détruire les clichés à la peau dur et tellement plus vendeurs qui rejaillissaient de cette famille sang-pur? Mildred Magpie n'était pas prête à le faire, et ne voulait d'ailleurs plus le faire. Pourquoi diable ferait-elle de la bonne publicité à cette jeune pétasse qui lui avait ravit l'un des meilleurs coups de sa vie? Non, elle allait simplement et méchamment la remettre à sa place, et faire comprendre à Adonis à coté de quoi il était passé.

Quand la jeune femme lui proposa de prendre contact avec son frère Zéphyr, Mildred secoua encore une fois la tête avec hypocrisie.

"Malheureusement, je crains devoir vous dire que je ne publierai aucun article sur votre famille. Cela ne vient pas de moi, mais c'est juste que ce n'est plus dans l'air du temps. Désormais, plus personne ne s’intéresse vraiment aux frasques des familles sang-purs. Vous me voyez confuse, mais ce n'est plus assez tendance et pas un sujet suffisamment vendeur. "

Mildred se mordilla avec délice la lèvre inférieure, avant d'ajouter sa petite cerise personnelle sur le gâteau :

"Ni voyez aucune méprise, mais mes lecteurs s’attachent davantage à des gens qui se sont construits par eux-même, par leur propre moyen et leur créativité ; Plutôt que par le biais d'un héritage familial ou la pureté d'une lignée. Je crains que les parvenus n'appartiennent plus qu'à l'ancien monde... Et qu'un article sur votre famille ne fasse guère sensation. J'en suis désolée... " Après avoir haussé les épaules en signe de dépit pour les Schwartzerg, elle leva un menton impérial en direction de Lachésis. "Pour vous donnez un exemple, je pense être l'incarnation vivante de ce nouveau monde. Un récent sondage me place parmi les personnalités préférées du Monde Magique! Les commentaires élogieux ne cessant d'envahir ma page Instamag à une vitesse folle! N'est-ce point une formidable destinée que la mienne? Moi qui n'était à la base que la fille d'une effeuilleuse de charme, et d'un vulgaire Oubliator tombé dans l'oubli? Voyez ce que je suis devenue : Une milliardaire et une star adulée du Monde Magique! "

Au fur et à mesure de ses propos, Mildred se laissait envahir par une immense émotion : Celle de tout posséder et pourtant ne rien avoir au final. En rentrant dans son palace doré, elle n'avait pour seule compagnie que ses sacs d'affaires de luxe... Alors que Adonis se réfugierait auprès de sa si belle et trop parfaite famille. Une jalousie indicible lui cisaillait le cœur! Mildred avait l'impression de ne compter pour personne ; Elle pouvait crever la bouche ouverte, personne ne viendrait la pleurer. Certes sa vie suintait le luxe et la débauche, mais tout cela était atrocement artificiel et masquait de terribles manque, comme celui de ne pas être aimée. Une immense frustration qui la poussait dans ses retranchements, quitte à devoir sombrer dans le ridicule et la détresse.

Sans doute lassé par les fanfaronnade mégalomaniaque de la Diva de Bristol, Adonis prétexta le froid et sa marmaille pour tenter de s'éclipser. Une immense broyeuse vint serrer les entrailles de la romancière désespérée! La gorge nouée à l'idée de se retrouver seule, Mildred perdit totalement de sa superbe et de sa contenance ; Elle ne voulait pas être abandonnée à son destin de quinquagénaire solitaire et retrouver sa routine infernale de milliardaire. Elle ne voulait pas pleurer toute seule, le cœur en lambeaux, devant l'écran de son Pear One et un énième épisode de son feuilleton préféré... Mildred désirait ardemment retrouver son amant de feu, ou du moins lever les innombrables non-dits ayant succédé à cette obscure soirée de la Saint-Valentin.

Voila pourquoi elle se devait de saisir cette chance inespérée d'obtenir enfin des réponses. Le regard vibrant d'émotion, ignorant totalement Lachésis, elle s'agrippa instinctivement au manche de la poussette pour empêcher Adonis de détaler une fois de trop. Sa voix se fit presque suppliante, alors qu'elle quémandait une réponse qui fasse surtout écho à ses espoirs.

"Adonis... Je t'en supplie. Je dois comprendre. En souvenir du bon temps et des moments heureux que nous avons partagé ensemble... Et avant que tu ne partes, je me dois de savoir une chose... "

Une larme brisa sa barrière de mascara, avant qu'elle n'émette la question qui lui brulait les lèvres depuis si longtemps :

"M'as-tu un jour aimée? "

Suspendue aux lèvres d'Adonis, Mildred guettait une réponse magique qui puisse la réconforter dans son tourment intérieur. Un moment intense et romantique qui fut toutefois quelque peu gâché par un petit pet foireux expulsé par l'un des deux jumeaux...


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La discussion s'éternisait et les jumeaux commençaient à s'impatienter. Adonis retint un soupir las lorsque Mildred se sentit obligé de rebondir sur les paroles de Lachésis, ne pouvait-elle pas simplement déverser son fiel et les laisser partir ? La pique sur les prénoms des enfants Von Schwartzberg lui tira d'ailleurs un petit sourire alors que Lachésis éclatait franchement de rire.

"Ne m'en parlez pas, un véritable infanticide."

On aurait pu croire que cela finirait ainsi mais non, la plantureuse quinquagénaire décida d'en remettre une couche en ventant son propre parcours. Comme si son histoire avait quoique ce soit de reluisant. Elle était pathétique. Toutefois, Lachésis en femme polie et bien élevée écouta avec une fausse admiration le récit de la journaliste à scandale. Elle feinta d'ailleurs une émotion vive en posant une main bouleversée sur son cœur.

"Quel merveilleux parcours. Je comprends tout à fait vos lecteurs. Vous êtes une femme remarquable Mildred."

Elle lui adressa un sourire remplit de compassion avant qu'Adonis ne la sorte de sa pseudo transe en rappelant qu'il était temps d'y aller. Les jumeaux allaient prendre froid. Après les politesses d'usage, ils commencèrent à s'éloigner vers une liberté salvatrice, loin de Mildred Magpie. Malheureusement pour lui, cette dernière s'accrocha au landau comme une désespérée et commença à l'implorer. Le jeune homme la fixa un moment légèrement décontenancé. Elle... Non c'était forcément de la comédie. Elle savait si bien la jouer. Il s'apprêtait à la repousser légèrement pour reprendre son chemin avant que son regard ne s'attarde sur le visage baigné de larmes de son ancienne amante. Il poussa un léger soupir et attrapa la main de Mildred pour lui faire lâcher la poussette avant de se tourner vers Lachésis.

"Pars devant, je te rejoins."

Une fois la jeune femme et les bébés partis, il lâcha la main de Mildred et la fixa un moment en silence. Que pouvait-il bien répondre à sa question ? Il ne l'avait jamais aimé. Il avait profité d'elle pour obtenir ses entrées aux Folies mais il ne pouvait clairement pas lui donner cette réponse. Il avait eu de l'affection pour elle, une forme de pitié face à sa solitude. Comme un miroir face à la sienne. Il avait apprécié certains de leurs rendez-vous mais à aucun moment il n'avait été question d'amour. Il poussa un soupir las avant de se décider à prendre la parole.

"Mildred... Je ne sais pas ce que tu t'étais imaginé à l'époque. Je ne pense pas t'avoir fait croire à aucun moment que je pourrais te demander en mariage. Vois-tu... dans ma famille, il est de rigueur d'épouser une personne de son rang. D'où mon mariage avec Caecilia. Comme tu as pu le constater, ça ne s'est pas très bien terminé."

Il se permit un léger sourire amusé avant de reprendre son sérieux. Tout ceci ne rimait à rien. Depuis qu'il était rentré, il passait son temps à s'excuser et à se justifier, il commençait sérieusement à en avoir assez.

"J'ai passé de bons moments avec toi, Mildred mais..."

Il vrilla son regard dans celui de la journaliste, il était temps de mettre un terme à toute cette mascarade. Il était temps qu'elle retombe sur terre et qu'elle arrête de vivre dans ses illusions. Il ne lui avait même jamais dit "je t'aime". Contrairement à elle qui l'en couvrait mais cela n'avait jamais rien eu de sérieux à ses yeux.

"Ce n'était que ça. Des bons moments. Je pensais que c'était la même chose pour toi. J'ai cru, peut-être naïvement, que nous étions sur la même longueur d'onde. Je suis sincèrement désolé si je t'ai blessé d'une quelconque manière et j'espère sincèrement que tu réussiras à me pardonner si tel est le cas."

Pitié, faites qu'elle accepte ses excuses et qu'elle le laisse partir. Son regard clair exprimait tout le remord du monde alors qu'il priait intérieurement pour que tout ceci se termine rapidement et sans scandale. Mais c'était sans doute trop demandé à la reine du drama.



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Un dernier tango? [Adonichou]

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