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 La vengeance est un plat qui se mange à la crème [Mildred & Virgil]

Virgil ForbesSixième annéeavatar
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27 juin 2010

*Oser ou s’abstenir ? *


Assis sur le canapé de la salle sur demande, Virgil attendait impatiemment que l’horloge indique sept heures moins cinq. Il s’était levé aux aurores ce matin – de toute manière il n’avait pas beaucoup dormi cette nuit- et le temps semblait passer encore plus lentement que lors des cours de Roderick Wembley. C’était dire ! Virgil n’aimait pas attendre. Les coudes appuyés sur ses genoux, il rongeait ses ongles depuis vingt bonnes minutes, en proie à une réelle tergiversation.

*S’y risquer ou renoncer ? *

L’adolescent s’appuya sur le dossier et bascula la tête en arrière pour observer le plafond. Il tenait sa vengeance après tout, il pouvait très bien laisser filer : Ne terminait-il pas l’année avec un dernier trimestre sans fausse note ? Pas la moindre entorse au règlement ! Pas de points en moins pour Gryffondor par sa faute, pas de retard en cours ou dans les rendus à effectuer, pas d’insolence. Rien. A défaut de s’être mué en véritable  petit ange, Virgil avait simplement fait profil bas et il s’était mi au travail. Sérieusement.
L’année scolaire touchait à sa fin et cette vieille pie avait échoué dans son entreprise:  Mildred Magpie n’avait pas réussi à le faire virer de l’école et, cerise sur la gâteau, il avait même obtenu son stage à Skye ! Et ce, malgré sa foutue lettre de non-recommandation. L’affront ultime ! Virgil aurait du être satisfait de la tournure des événements –il l’était d’ailleurs, globalement- mais il ressentait toutefois un petit goût d’inachevé qui l’empêchait de tourner la page …

Il  ne pouvait pas laisser couler. Définitivement non.

Peut-être était-ce de l’orgueil mal placé mais il souhaitait que Magpie paye pour toutes les crasses qu’elle lui avait faites ces derniers mois : La Volubilis cachée dans ses affaires, l’article dans Multiplettes sur Corrigan et son père, son courrier incendiaire adressé à Tobias Stern pour le décrédibiliser lors de son entretien pour Skye… Mildred était allée trop loin et Virgil ne pouvait pas simplement se contenter de réussir ses Etudes pour se venger pleinement. Il devait l’atteindre personnellement pour y parvenir.

Pour cela, il avait sollicité l’aide de Nelly qui avait remplie sa mission de manière exemplaire. Sa camarade lui avait détaillé les habitudes de la romancière, et elle avait listé ses chouchous au sein du club. Nelly avait  même laissé sous-entendre que Kristen White est pu être corrompue. Elle ne l’avait pas dit clairement, mais au détour d’une conversation elle s’était étonnée  que Kristen se soit mise à porter des robes de créateurs, assurément bien trop chères pour elle, peu de temps après que Londubat ait trouvé la lettre de dénonciation rédigée par un élève l’incriminant, lui, de trafic de drogue au sein de l’établissement.

Virgil savait additionner 1+1 et si White ne perdait rien pour attendre, il était pour le moment focalisé sur Magpie. Elle ne devait pas s’en sortir. Elle devait payer, de sa personne, surtout depuis que Jonah avait tenté de s’en prendre à son porte monnaie, sans succès. Ce gros bêta avait fait l’erreur de la poursuivre en justice pour avoir révélé des éléments du dossier disciplinaire de Virgil dans Multiplettes. Comme si Magpie n’était pas en mesure de soudoyer grassement les juges du Magenmagot, les avocats, leurs femmes, leurs enfants et leurs chiens. Malgré les preuves irréfutables, l’avocat de la famille Forbes avait clairement fait comprendre à Jonah que la situation était mal embarquée et que l’issue s’avérait incertaine.
Et voilà. Son père, stupidement idéaliste,  allait une nouvelle fois se faire publiquement humilier pour cette vieille pie.
Génial.
Virgil en voulait à Jonah de sa naïveté. Pour combattre Mildred Magpie, il fallait se mettre à son niveau: Racler le fond du caniveau. S’abaisser aux pires bassesses. Taper sous la ceinture, que ce soit légal ou pas…

Il  avait donc passé ce dernier mois à fomenter un plan qu’il devait mettre à exécution aujourd’hui. Si tout fonctionnait selon ce qui était prévu, Mildred Magpie vivait actuellement ses dernières heures en tant qu’intervenante artistique…

L’adolescent releva une nouvelle fois les yeux  sur l’horloge. Encore cinq minutes. La romancière  allait bientôt finir son jogging  autour du lac. Ensuite, elle allait remonter dans la Salle des Arts, accueillir le livreur du Paradis d’Eden , enfin, le terme « accueillir » était légèrement galvauder, « humilier » s’avérait plus exact.  Il  lui livrait chaque samedi deux boites de ses pâtisseries préférées. La gérante des Folies apportait, ensuite,  son nécessaire de toilettes et une boite de choux à la crème dans la Salle de Bain des Préfets. Pour avoir récupérer des objets plutôt compromettants dans son sac à main, Virgil avait bien une vague idée de ce qu’elle faisait là-bas mais il préférait ne pas y penser.  Il savait simplement qu’il avait environ trente minutes devant lui avant qu’elle ne revienne dans la Salle des Arts pour préparer ses affaires en vue du module d’initiation artistique.

C’était plus de temps qu’il n’en avait besoin.


Virgil laissa passer encore quelques minutes et fuma sa troisième cigarette de la matinée pour se calmer un peu. Il écrasa finalement le mégot dans le cendrier qui était apparut miraculeusement –Merci la Salle sur Demande- puis il glissa sous son bras un grand carton à dessin que Nelly lui avait prêté. L’adolescent  prit une profonde inspiration et abandonna la pièce afin de rejoindre l’étage du dessous…

***


« C’est bien votre bon de commande pourtant Miss Magpie :  Deux boites de huit choux, saveurs Vanille, Coco, Chocolat, Myrtille, Pistache, Passion, Canelle, Citron. Il y a votre signature en bas du docum… »

Le livreur n’eut pas le temps de continuer puisque Magpie lui coupa littéralement la parole. Caché dans la cage d’escaliers, Virgil crut un instant qu’il allait devoir reporter sa petite vengeance… Il devait rester ici, hors de vue de la romancière mais il tendit l’oreille pour capter le reste de l’échange houleux entre les deux protagonistes. Une porte claqua, il y eut un bref moment de silence puis il entendit distinctement le livreur pousser un soupir et marcher dans sa direction. L’employé de DexFex, un grand gars barbu vêtu d’une cape aux couleurs criardes, passa devant lui sans même le voir et descendit les marches en pestant.

Les mains vides. Magpie avait récupéré ses colis.

Virgil retint un soupir de soulagement et se concentra de nouveau sur les bruits du couloir. Il entendit distinctement une porte s’ouvrir, le cliquetis d’une serrure et le crissement des baskets léopard de la romancière sur les dalles polies du corridor s’éloignant en direction de la Salle de Bain des Préfets…

Parfait. Le moment était venu.

Virgil expira brièvement et s’engouffra dans le couloir, le cœur battant. Il sortit la clef de la salle des arts de sa poche –Merci Nelly- et la glissa dans la fermeture tout en surveillant l’extrémité du corridor où Magpie venait de disparaitre. La direction avait fourni une clef à tous les élèves inscrits au club afin d’éviter les vols de matériel, avait-on appris quelques semaines plus tôt. Des vols ? Quels vols ? songea ironiquement le Gryffondor.
Le bruit du verrou retentit alors et Virgil s’engouffra prestement dans la pièce vide avant de refermer la porte derrière lui.

Il fit quelques pas et balaya la salle du regard. Quelques instruments de musique étaient entreposés dans un coin pour laisser place aux chevalets installés au centre de la pièce autour d’une table visiblement prête à accueillir un modèle. De l’autre côté vers les fenêtres, les décors des Hauts de Hurlelune prenaient la poussière. Tout avait commencé ici, dix mois plus tôt. Il était installé, là, sur ce fauteuil poussiéreux lorsque Mildred Magpie l’avait surpris en train de fumer de la Mandragore en compagnie de Kasya. Il en avait fait du chemin depuis, songea-t-il en se remémorant tout ce qui lui était arrivé durant cette sixième année, mais il espérait bien être celui qui aurait le dernier mot, aujourd’hui.

Pour cela, il ne devait pas perdre une minute.

L’adolescent détourna le regard et  posa son carton à dessin sur un chevalet. Il rejoignit en quelques enjambées le bureau de la romancière sur lequel était posé la seconde boite de pâtisseries du Paradis d’Eden. Virgil l’ouvrit et contempla quelques instants les magnifiques choux à la crème aux couleurs acidulées. Il n’y avait pas à dire : Eden Roseburry savait mettre en valeur ses produits. L’adolescent hésita une seconde, et sortit finalement le sachet de volubilis de sa poche.

*Retour à l’envoyeur, sale piétasse.*
songea-t-il en attrapant précautionneusement le chapeau du chou à la myrtille.

Avec son index, il creusa un petit trou dans la mousse violette et  goba l’excédent sans parvenir à retenir un soupir de contentement. Huuuum…Délicieux.
De son autre main, Virgil ouvrit le petit sachet de drogue et laissa tomber une quantité généreuse de poudre qui teinta la crème d’un violet légèrement plus soutenu. Il reposa le morceau de pâte à choux sur le dessus afin de masquer l’orifice où il avait caché la drogue et il se paya même le luxe de saupoudrer légèrement le gâteau d’un voile esthétique de Volubilis. Le jeune homme inclina la tête sur le côté pour apprécier son chef d’œuvre d’un air satisfait. Magnifique !

Qu’allaient donc dire les parents d’élèves en apprenant que Mildred Magpie était complètement défoncée lors de son initiation aux Arts Plastiques? Avec la quantité de drogue que Virgil venait de glisser dans son chou, c’était le dérapage assuré…

L’adolescent esquissa un vague sourire mauvais et s’apprêtait à fermer la boite lorsqu’une nouvelle idée lui vint à l’esprit. Il ôta cette fois le chapeau du chou à la pistache, creusa un peu dans la crème et se racla longuement l’œsophage pour faire remonter des glaires qu’il cracha au centre du chou.
Presque la même couleur, constata-t-il avec satisfaction en reposant joyeusement le chapeau pour camoufler son méfait.

Ça, c’était pour avoir fait pleurer Casey avec cet article à la con.

Voilà. Tout était prêt. Il pouvait encore reculer mais il n'en avait aucune envie, au fond.
Virgil effaça toute trace de son passage et rejoignit docilement le couloir. Après avoir refermé la porte à clef derrière lui, il attendit patiemment avec son carton à dessin sous le bras que la romancière revienne de la Salle de Bain. Il ne pouvait pas prendre le risque qu’un élève s’empoisonne avec chou à la Volubilis aussi devait-il s’assurer que ce soit bel et bien Magpie qui fourre ce fichu chou myrtille dans son gosier.

Pour cela, il avait élaboré une petite stratégie qu’il ne tarda pas à mettre en application  lorsque Mildred déboucha à l’extrémité du couloir. Il se composa une expression qui se voulait neutre et fit quelques pas vers elle avant de  s’arrêter à une distance respectable, pour ne pas la brusquer. C’était la première fois qu’ils se recroisaient véritablement depuis février dernier et les deux individus se toisèrent quelques secondes.

« Bonjour Mme Magpie, souffla-t-il en relevant légèrement le menton,  je me doute que vous n’avez pas envie de me voir ou de me parler après ce que je vous ais fait le soir de la Saint-Valentin, commença-t-il en guise de préambule. Et après ce que j’ai écrit dans la lettre d’excuses. Il devait tout de suite tuer dans l’œuf toutes velléités. Il la regardait fixement, l’air un peu figé. Magpie savait à quel point il était fier et elle savait aussi qu’il ne prendrait jamais une petite moue désolée ou un air contrit même s'il était en faute. Il ne devait pas trop en faire pour que sa démarche reste crédible,  que ses propos paraissent sincères et en total accord avec le véritable Virgil,… Si je viens vous trouver aujourd’hui c’est parce que j’ai beaucoup réfléchi depuis février. Á vous. Á l’influence que vous avez eue sur ma vie depuis le mois de septembre. Il marqua un petit temps de silence où il l’observa de ses yeux clairs, une expression insondable sur le visage. Il prit une profonde inspiration comme pour se donner du courage et souffla : Influence positive, j’entends, bien qu'on puisse penser le contraire de prime abord. »

A défaut de la convaincre d’emblée, il espérait au moins piquer sa curiosité…


Virgil Forbes

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Quel ignoble compagnie de transport magique que celui de DexFex! Même une limace ankylosée et stupéfixée irait plus vite que ce maudit service de livraison magique express! Et quand ce n'était pas le retard ou les difficultés de stationnement en balai magique à l'ombre des balcons à gargouilles de Poudlard, la société magique trouvait toujours un bon moyen de mal faire son boulot! Cette fois-ci, c'était la quantité qui n'était pas au rendez-vous. Mildred Magpie était tout bonnement hors d'elle, alors que le livreur ne cessait de lui répéter qu'il n'était en rien responsable de ce cruel manquement ! A qui la faute alors, si ce n'était pas lui?! Eden ne pouvait s'être trompée dans la commande! Il fallait être totalement ramolli du bulbe  ou malhonnête pour ne pas répondre à ses exigences pourtant claires et précises qu'elle avait soigneusement ordonnée sur son bordereau magique de commande. Mais malgré tout ses efforts, le compte n'y était pas et cela avait le don d'irriter la sportive matinale en mal de sucre.

"Vous vous fichez de moi? Je sais compter, et il me manque des choux! Quatre pour être précise! Et au vue de votre corpulence plutôt généreuse, je peux clairement envisager les raisons de leur disparition! On ne me la fait pas à moi! "    

Réfutant toute tentative de vol de choux, le livreur, un grand gars barbu à l'air penaud, persistait que l'erreur ne provenait ni de lui, ni de sa compagnie... Lamentable!

«C’est bien votre bon de commande pourtant Miss Magpie :  Deux boites de huit choux, saveurs Vanille, Coco, Chocolat, Myrtille, Pistache, Passion, Canelle, Citron. Il y a votre signature en bas du docum… »

Face à autant de mauvaise foi, les yeux outrés de la romancières faillir gicler de leurs orbites!

"Pardon!? Vous appelez cela une signature? Ma signature!? Moi je ne vois qu'une ignoble griffure indigne de la plume d'une écrivaine aussi émérite que moi! Ce n'est qu'une imitation grotesque cherchant à camoufler la vérité... "

Le livreur soupira, et répéta ce qu'il lisait sur le bon de commande.

"Renseignez-vous auprès de votre fournisseurs ou auprès de notre service client, mais il y a bien huit choux par boite sur le bon de commande, et... "

Le livreur n'eut pas le temps de placer un autre argument, que déjà la l'hystérique romancière lui sautait déjà à la gorge!

"Vous mentez! Et mes choux au caramel au beurre salé? Hein? Ils sont où??? Et la papaye??? Parlons-en! Le parfum Papaye??? Il est où mon chou à la papaye!? Sans la papaye, inutile de croire que je puisse vous papayer la livraison! Dîtes-le bien à vos supérieurs! Vous n'aurez pas une mornille de ma part, tant que cette sombre histoire de disparition de choux à la crème ne sera point élucidée! Compris? "

Sans attendre une réponse de ce gueux insignifiant, elle lui arracha les boites du Paradis d'Eden des mains, avant de lui claquer la porte au nez! Non mais, elle n'allait pas perdre inutilement son temps et se faire prendre pour une idiote par l'idiot du village! C'est elle la star VIP qui devrait recevoir des gallions pour fréquenter des gens d'aussi basse extraction. Réfugiée à l'intérieur de sa salle d'art, elle tenta de calmer ses nerfs, alors qu'elle posait délicatement sa première boite remplie de délicieuses friandises sur la surface de son bureau. Levant les yeux au plafond, la sorcière irritable chercha un second souffle. Poussant un long soupir, elle tira maladroitement sur son étroite brassière léopard qui avait toutes les difficultés du monde à couvrir la masse de chair volumineuse de sa poitrine. Moulée dans son pantalon d'Acroyoga rose ne laissant guère de place à l'imagination, elle fit quelques étirements avant de se résoudre enfin à quitter les lieux pour rejoindre la salle des bains des préfets. Si cette matinée avait bien mal débuté, inutile de gâcher pour autant le réconfort du bon bain chaud qui l'attendait. Avec pour merveilleuses compagnies celles de ses cupcakes et de son boursouf de compagnie, Mildred ne pouvait que s'attendre au meilleur!

"Tu viens mon bébé? Allez Puffy! Viens mon trésor, on y va! " Dit-elle en tapant ses mains sur ses cuisses pour attirer le petit animal rose. Le Boursouf ne se fit pas prier pour bondir dans les bras de sa maitresse, et coller son museau sur son lourd poitrail encore transpireux. Aux anges, à l'idée de retrouver un peu de douceur dans ce monde de brutes incompétentes, l’intervenante scolaire claqua une bise sonore sur la bouche ronde de son petit animal de compagnie.

"Il est gentil mon bébé! Et qui c'est qui va faire trempette avec sa maman? C'est mon Puffy! "

Soucieuse de ne point être surprise en vulgaire tenue de sport, Mildred choisit d'interrompre l'échange complice et baveux qu'elle entretenait avec Puffy, alors que celui-ci lui léchait affectueusement sa bouche avancée. Ses cupcakes sous un bras et sa boule de fourrure vivante dans l'autre, elle s'extirpa alors en toute hâte de sa salle d'art sans pour autant oublier de fermer à double tour la porte derrière elle. Inutile d'attiser la tentation des d'autres gourmands et voir d'autres choux à la crème disparaitre à un autre endroit que son gosier! Histoire de se donner bonne conscience et déguster en paix ses pâtisserie, elle se força à gravir les escaliers au pas de course... Une séance de fractionné qu'elle arrêta exténuée, devant la porte de la salle de bain des préfets. Enfin le moment tant attendu ou l'effort laissait sa place au réconfort était arrivé!

A peine sa pair de basket Gazazel léopard enlevée, Mildred s'offrit dans sa plus parfaite nudité à la chaleur du bain. Ses huit choux à la crème déposés à portée de sa main gourmande, Mildred s'accouda nonchalamment aux rebords de la baignoire en marbre. La sorcière sans gêne poussa un profond râle d'extase, alors que la chaleur enveloppait son corps. Les yeux mi-clos, Mildred sentit qu'elle pouvait s'assoupir d'une seconde à l'autre dans cet océan de torpeur, si elle laissait son esprit s'abandonner à la chaleur du bain. Et quoi de mieux que d'occuper celui-ci à commettre un génocide de choux à la crème? Aussi éphémères que délicieuses, les friandises sucrées du Paradis d'Eden glissèrent dans son gosier à un rythme effréné. Esclave de ses papilles, la sorcière se demandait encore comment elle avait pu gober aussi rapidement la totalité de ces petites merveilles? Puffy ne tarda pas à demander son reste, bondissant à nouveau sur les deux îles flottantes qui émergeaient impudiquement à la surface du bain.

"Petit voyou, toi aussi tu veux ton dessert! " s'amusa la romancière alors que son boursouf lui léchait déjà la commissure des lèvres à la recherche de quelques miettes à la crème. Surgie des profondeurs des toilettes, une voix aiguë et d'outre tombe finit par s'offusquer de ce spectacle affligeant. Au bord de la nausée, le spectre de Mimi Geignarde secoua la tête avec mépris.

"Quelle horreur! Qu'est donc devenue notre si respectable et pudibonde Poudlard? Avant je pouvais encore contempler le courageux Harry Potter faire sa toilette, ou même se beau et merveilleux poufsouffle bondissant à la surface de l'eau comme un dauphin... Alors que maintenant, je dois subir l'horrible vision d'une vieille morue impudique et de sa boule de poil miniature en train de s’empiffrer de choux à la crème! Et ce, dans l'eau, et sans même un scrupule pour les règles les plus élémentaires d'hygiène! "

Mildred se contenta de rouler les yeux dans ses orbites, en guise de réponse aux attaques acerbes du fantôme de la jeune fille.

"Pffff! Retournes récurer tes toilettes, en tête à tête avec ton Basilic! Cela nous fera des vacances à Puffy et moi! Laisses-nous entre vivants petite teigne morte et insignifiante! "

L'air revêche, Mimi Geignarde tournoya dans les airs en faisant des cercles de plus en plus resserrés autours des deux intrus.

"Vieille comme vous êtes, vous n'en avez surement plus pour très longtemps... Et j'espère qu'une fois morte, vous ne commettrez pas le sacrilège de venir polluer mes toilettes de votre ignoble présence. En vérité, je vous vois nettement mieux faire de la concurrence à la grosse dame... "

Folle de rage, Mildred voulut gifler la silhouette translucide, mais le résultat ne fut qu'une formidable gerbe d'éclaboussure alors que sa main vint heurter violemment la surface de l'eau. Laissant Puffy se débrouiller seul et patauger jusqu'au rebord, la sorcière presque quinquagénaire s'extirpa de son bain gâché par la maudite geignarde! Décidément, rien ne se passait comme prévu lors de cette maudite journée! S'habillant en toute hâte sous les rires moqueurs de la fantôme de salle de bain, Mildred ne tarda pas à la fusiller d'un regard mauvais.

"Tu es simplement jalouse parce que tu ne sauras jamais ce que cela fait d'être une femme! Je veux dire d'avoir la corps voluptueux d'une vraie femme d'âge mûr! Pour l'éternité, tu seras cette pauvre gamine insignifiante qui se lamente dans ses toilettes! Tandis que moi, vivante et fière de l'être, je profiterai encore longtemps de chaque bienfait que me procurera la vie, pendant que toi, tu pataugeras dans tes cuvettes nauséabondes! "

Boutonnant le dernier bouton de sa chemise en satin bleu, Mildred fut contrainte d'écourter ses loisirs aquatiques pour rejoindre l'ambiance faussement studieuse de sa salle d'art. Quelque peu courroucée par les propos méprisables de Mimi Geignarde, elle ne s'attendait pas encore de recevoir une dernière pique alors qu'elle était sur le point de quitter la salle de bain des prefets.

"Profites du temps qu'il te reste, vieille peau! Tu peux me croire, tu n'en a guère pour longtemps, et saches que ta mort sera à l'image de ta vie : Toute aussi ridicule que solitaire... Sur ce, bon appétit à ton Puffy! "

Puis sans même crier gare, comme un nuage de vapeur, elle s'évapora sur le carrelage de la salle de bain. Nullement effrayée par ses vaines menaces, Mildred haussa les épaules. Mimi Geignarde n'était rien d'autre qu'une bécasse morte dans des toilettes, sans l'ombre du moindre talent divinatoire. Plutôt que de s'en soucier, Mildred Magpie tira la chasse sur les propos malveillant de la fantôme. Se séchant les cheveux à l'aide d'un sortilège de sécheresse, elle réajusta les mèches de son brushing avant de glisser ses affaires de sport dans un compartiment de son sac en peau de crocodile. Puis claquant des bises sonores pour inciter son boursouf à la suivre, Mildred retourna d'un pas chaloupé jusqu'à sa salle d'art ou l'attendaient sagement d'autres petites friandises du paradis d'Eden. Autant de choux aux parfums divers qui allaient l'aider à reprendre le fil de cette journée ma foi contrariée.

Mais après le livreur incompétent, les remarques acerbes de Mimi geignarde, voici que se dressait sur sa route rien de moins que l'incarnation du diable en culotte courte : Virgil Forbes! Soit la dernière personne qu'elle souhaitait rencontrer, et son pire ennemi depuis l'odieuse et inoubliable déconvenue de la Saint-Valentin. L'infâme sixième année de la maison rouge et or, était peut-être la seule vermine à réussir l'exploit d'ébranler sa réputation et son image publique. Un exploit redoutable qui méritait autant sa méfiance qu'une vengeance implacable. Car quiconque s'attaquait à Mildred Magpie devait en payer le prix fort ; Même si pour l'heure, toutes ses tentatives s'étaient révélées infructueuses. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé, en dissimulant notamment de la volubilis dans ses affaires personnelles ou en cherchant à l'évincer auprès de la trop bienveillante directrice de Maison. Mais voila, tel un chat, Virgil avait le don de toujours retomber sur ses pattes et d'exaspérer au delà du raisonnable l'impatiente romancière. Malgré ses nombreux coups bas, le diabolique vermisseau allait passer à l'été au chaud, sans avoir été radié de Poudlard! Et cela sonnait comme un échec pour l'exigeante Magpie...

Serrant son sac sur sa poitrine de peur qu'il ne lui dérobe encore l'un de ses objets personnels, Mildred toisa un long instant son ennemi pour desceller ses secrètes intentions. Nul doute, sa présence n'était en rien anodine et ne laissait rien présager de bon : Pourquoi diable ce branleur de première se lèverait-il aussi tôt, si ce n'était pour fomenter quelque chose d'abominable contre elle? Le visage déformé par le mépris et la méfiance, Mildred darda sur lui un regard inquisiteur.

"Qu'est-ce que tu me veux cette fois-ci? Me filmer à mon insu, ou me dérober le contenu de mon sac? Va t'en, nous n'avons strictement plus rien à nous dire! "

Mais si le ton sec et cassant de l'intervenante artistique marquait sa profonde aversion et sa volonté de tuer dans l’œuf toute tentative de dialogue ; Virgil Forbes fit preuve de nettement plus de retenue... Comme s'il cherchait à enterrer la hache de guerre. Ne le perdant pas une seconde des yeux, Mildred leva un sourcil circonspect en écoutant les propos sans doute mensongers de l'ignoble roublard. A quoi jouait-il? Que manigançait-il cette fois-ci? Voila qu'il parlait maintenant du rôle et de  l'influence positive que la romancière avait eu sur lui. C'était presque une insulte à tous ses efforts de nuisance! Mildred Magpie sentit la rancœur lui nouer la gorge, alors que Puffy venait se câliner timidement contre ses talons.

"Influence positive? Mais de quelle influence positive oses-tu encore me parler? Tu es incapables de retenir quoi que ce soit d'utile! Tu n'es qu'un parasite qui se complait dans sa propre médiocrité! Je t'ai accordé de multiples occasions de te faire pardonner, mais tu as bêtement et sournoisement craché sur ma main tendue! Je n'attends plus rien de toi ; Si ce n'est de te voir partir de cette école! Maintenant laisses-moi travailler en paix! "

La réponse était des plus cinglantes et n'attendait aucune réponse, tandis que Mildred insérait déjà la clef dans la serrure de sa salle d'art. Puis elle comprit ce qui se tramait, et les raisons de la présence de Virgil. Le garçon ne venait pas vraiment pour lui. Un éclair traversa l'esprit de Mildred, alors qu'elle revoyait le visage dépité de son père Jonah, alors qu'il venait de perdre son procès en intention contre elle. Il n'avait suffit que de corrompre la moitié du jury et d'avoir le juge dans sa poche pour sortir blanche comme neige de ce simulacre de procès. Aussi naïf que idéaliste, Jonah pensait vraiment pouvoir la vaincre sur le terrain de la justice. Il avait perdu, beaucoup perdu, mais pas encore suffisamment pour soulager l'égo blessé de la rancunière journaliste à scandale... Car durant l'été, Mildred Magpie comptait bien le contrattaquer pour atteinte à la liberté de la Presse et tentative de pression sur une journaliste dans l'exercice de son métier. Bref, Jonah Forbes allait devoir gaspiller encore des sommes considérables en frais de justice. Peut-être comprendrait-il alors qu'il ne fallait pas s'attaquer à une personne aussi influente et rancunière que Mildred Magpie!

D'ailleurs, il l'avait peut-être déjà comprit, puisqu'il envoyait enfin son fils à la rescousse dans le but évident de la corrompre avec de basses excuses. Relâcher un peu de sa colère... C'était plutôt malin, mais inutile. Même si cela faisait depuis la Saint-Valentin qu'elle attendait cet instant magique où elle verrait ce garnement effronté ployé le genou devant elle! Malheureusement, c'était trop tard. Mildred n'attendait plus rien d'un menteur professionnel de la trempe de Virgil Forbes. Au contraire comme un chat jouant avec sa proie, elle voulait l'humilier... Voir Virgil se rabaisser et implorer un pardon qui ne viendrait jamais. Quoi de plus jouissif que de porter le coup de grâce à un ennemi au sol? S'arrêtant dans l'embrasure de sa porte, Mildred fit mine de réfléchir quelques secondes, avant de se tourner légèrement en direction de Virgil.

"Écoutes-moi bien Virgil... Tu ne le mérites sans doute pas. Mais je vais te laisser réfléchir une minute tout au plus. Si tu franchis le seuil de cette porte, cela ne sera que pour une seule et même raison : Celle de me présenter les plus plates et sincères excuses pour ta conduite déplorable et le mépris affiché à mon égard. Alors peut-être, je t'accorderai mon pardon, et nous pourrons repartir l'un et l'autre sur des bases plus saines... "

Mensonge! Tout cela n'était que des mensonges! Mais Mildred jubilait à l'idée de voir ce diable rusé de Virgil se faire prendre à son propre jeu! Sans une once de pitié, elle allait jouer avec lui, le pousser à la faute, avant de l'expédier dans ses quartiers la queue entre les jambes! Quoiqu'il lui demande, elle s'y opposerait farouchement! De quoi se réjouir et redorer cette journée pour l'heure bien terne. Puffy collé contre son sein droit, Midlred se dirigea vers sa chaise de bureau pour s'y asseoir. Puis sans l'ombre d'une hésitation, elle piocha dans la boite de choux à la crème, pour capturer celui au goût citron. Avec avidité, elle croqua dedans comme s'il s'agissait du crane de Virgil ; L'ennemi effronté et jusqu'alors insaisissable qu'elle souhaitait blessé aussi bien dans sa fierté que dans son amour propre!

La gout subtil et acidulé du citron lui fit lever les yeux d'extase au plafond, quand elle les rabaissa ce fut pour voir Virgil s'avancer vers son bureau. Elle allait gagner! S'offrir une revanche inespérée en cette fin d'année scolaire! Du bout de l'ongle elle s'enleva une miette indésirable au coin des lèvres. Aussi gourmand que sa maitresse, Puffy faisait du trampoline sur la poitrine rebondie de sa propriétaire pour obtenir quelques miettes du festin citronné. Mais Mildred Magpie avait d'autres boursouf à fouetter, alors qu'elle faisant semblant d'ignorer son pire ennemi sur lepoint de s'incliner.

"Doucement Puffy, ne soit pas impatient! Tu auras ta part, mais laisses maman travailler mon trésor... "

Comme par enchantement le petit animal se calma, avant de jeter un petit regard oblique sur Virgil.

"Ok, Virgil! Je suis toute ouïe : Que veux-tu me dire? Des excuses peut-être? "

Mildred gloussa comme une dinde alors qu'elle jubilait intérieurement du spectacle à venir. Bien que plaquée par la main de sa maitresse, Puffy quant à lui, lorgnait dangereusement sur les choux à la crème du Paradis d'Eden...


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Ne surtout pas lever les yeux au ciel. Ni esquisser un sourire narquois. Non. La réussite de son plan passait forcément par une attitude irréprochable. Il devait rester stoïque, imperméable aux remarques de Magpie qui jouait les dramaqueen devant lui. Merlin, il n’était vraiment pas sûr de pouvoir gérer. Sur le papier, rien de plus facile, mais face à la romancière qui possédait un don inné pour exaspérer ses contemporains,  la tache s’avérait nettement plus ardue. Cette femme ne lui inspirait qu’un profond mépris et il avait bien du mal à ne pas répondre effrontément à ses insultes. Il aurait tant voulu la faire sortir de ses gonds, la voir devenir rouge de colère ! Il savait qu’il était capable de la pousser à bout, et pourtant, il devait être en mesure de se maitriser et de refreiner ses penchants sadiques.

Oui, il était un odieux parasite se complaisant dans sa propre médiocrité. Oui, il brillait par sa bêtise et sa sournoiserie. Oui, oui, oui…. Tout ce que vous voudrez Madame Magpie ! Virgil devait être prêt à tout endurer pour arriver à ses fins. Il s’était préparé : Qu’elle l’humilie, qu’elle insulte sa famille, ses frères, ses parents, ses amis, il devait être en mesure d’offrir une image apaisée de lui-même. Docile.  (Et Merlin seul savait à quel point il détestait ce mot !)

L’adolescent  accueillit donc le flot de reproches de la romancière du mieux qu’il put. Il s’efforça  de conserver une expression neutre et ravala toutes les remarques acides qu’il rêvait pourtant  de prononcer. Si elle savait ! Il n’avait pas seulement craché sur sa pseudo-main tendue, comme le disait Mildred,  il se torchait avec.

Hum. Typiquement le genre de pensées qu’il devait garder pour lui, songea-t-il en pinçant les lèvres.

Virgil abandonna à regret sa remarque acerbe –snif-  et chercha plutôt un moyen pour retenir l’attention de Mildred. En effet, la gérante des Folies Sorcières était sur le point de s’enfermer à double tours dans sa salle des Arts avec son Boursouf ce que Virgil voulait à tout prie éviter. Même si Magpie finissait par s’empoisonner avec ses cupcakes, il voulait être là pour la voir sombrer…

« S’il vous plait, souffla-t-il alors,  laissez moi une chance de me racheter. » ajouta-t-il en bloquant la porte ouverte de sa main libre.

Il venait vraiment de dire cela ? Arf ! Il se filait la nausée lui-même avec ce ton suppliant. « Et s’il vous plaaaait , et laissez moi une chaaaance … » Par Goddric, heureusement qu’il n’y avait aucun témoin de cette scène, mise  à part cette horrible peluche rose qui servait d’animal de compagnie à la romancière, Virgil n’aurait pas supporté.

Ses suppliques eurent toutefois  un effet positif puisque Magpie sembla considérer sa demande durant quelques instants. L’adolescent resta suspendu à ses lèvres, priant intérieurement pour que son petit numéro de repenti fonctionne, et lorsque Mildred décida de laisser la porte ouverte, Virgil sut qu’il avait remporté une première victoire.

Il allait l’anéantir cette piétasse ! L’humilier et la faire virer de l’école pour faute grave… Elle ne perdait rien pour attendre, mais avant cela, il allait devoir se livrer à un exercice pour le moins périlleux : Formuler des excuses paraissant sincères. En effet, Virgil n’était autorisé à pénétrer dans la Salle des Arts que sous cette condition. Le Gryffondor baissa les yeux sur la ligne invisible, juste devant ses chaussures,  séparant la pièce du couloir. Il releva lentement la tête, son regard glissa  sur  la boite de choux à la crème du Paradis d’Eden et se posa sur le visage hideux de la romancière. Il l’observa quelques secondes et fit un pas en avant, puis deux, et referma le battant derrière lui.

Ok. S’excuser.
Virgil n’avait jamais été doué pour cet art. Demander pardon était un signe de faiblesse à ses yeux et ses éventuelles excuses – lorsqu’il s’abaissait à en faire, le plus souvent sous la contrainte donc- étaient toujours teintées  d’une once d’insolence. Il lui était arrivé d’être sincère, en de rares occasions, mais il s’évertuait toujours à rendre ces moments moins solennels qu’ils étaient censés l’être. Par fierté, assurément, mais aussi, parfois, par pudeur.


Pour le bien de son projet, il allait devoir mettre son imposant ego de côté. L’adolescent prit donc une profonde inspiration pour se donner du courage et s’approcha du bureau où Mildred avait prit place. Il déposa son carton à dessin au sol calé contre le siège, et s’installa en face d’elle en tentant d’ignorer la boite de pâtisseries posée entre eux dans laquelle la romancière s’apprêtait à se servir en cupcake.

Suspence….Citron. Dommage.

Virgil loucha légèrement vers les choux aux parfums  Pistache et Myrtille, malheureusement intacts,  avant de reporter son attention sur l’intervenante qui semblait se faire une joie de l’ignorer prodigieusement.  Docile. S’intima-t-il en bougeant légèrement sur son siège.
Il attendit patiemment qu’elle ait englouti son gâteau  dans sa seconde fosse innommable et que « son Puffy » soit descendu de ses obus fripés pour enfin prendre la parole.


« Je ne sais pas vraiment faire des excuses vous savez, commença-t-il,  soucieux de présenter une image conforme à ce qu’il était habituellement pour plus de crédibilité, mais, ce que je sais par contre, c’est que j’ai vraiment abusé avec vous. »

Il marqua une légère pause comme pour donner plus de solennité à cet instant. Pas mal, non ? Ça sonnait bien. Les silences étaient beaucoup trop sous-estimés dans les conversations en fait…

« J’étais en colère contre vous après que vous m’ayez surpris en train de fumer de la Mandragore et dénoncé à mon père, reprit-il toutefois. Il devait revenir aux origines du mal, histoire de grappiller un peu de temps,  Pour moi vous étiez la responsable de tout ce qui m’arrivait de merdique dans la vie : Obligation de suivre un programme anti-drogue, privation des sorties à Pré-Au-Lard, Travail supplémentaire à faire en colle… Je vous haïssais. »

Pour le coup, il ne pouvait pas être plus sincère…. Quoique si : Il lui suffisait pour cela de mettre le verbe au présent.

« Alors quand j’ai eu l’occasion de me venger le soir de la St-Valentin, je n’ai pas vraiment réfléchi et j’ai foncé. Je ne vais pas vous cacher la vérité, j’étais vraiment content de moi -et il l’était toujours d’ailleurs. Très content de lui, même !- alors quand mes parents ont exigés  que je vous rédige une lettre d’excuses je n’ai pas pu être sincère… Il haussa les épaules,  je voulais vous faire de la peine, en fait. Vous faire du mal, vous blesser. Il l’observa fixement de ses yeux clairs, Vous aviez gâché six mois de ma vie, Six mois durant lesquels il n’avait pas eut le droit de sortir du château, il s’était cruellement disputé avec son père, Kasya était finalement sorti avec Damon,… Bref six mois horribles. Je ne pouvais pas vous donner raison.» lâcha-t-il en lissant ses cernes machinalement.

« Mais quand j’ai vu mes parents revenir des Folies Sorcières, littéralement bouleversés, après l’entretien avec vous, j’ai eu une véritable révélation . Je me suis rendu compte que … – que vous étiez vraiment une putain de teigne avec un pouvoir de nuisance incommensurable. Une belle saloperie. Une odieuse vieille dinde mesquine-manipulatrice-menteuse-prête à tout , à tout, pour me nuire -  …que… Où en était-il déjà ? …Je me suis rendu compte que ... je suis allé beaucoup trop loin et que j’ai causé énormément de tord autour de moi : A mes parents et surtout…à vous. Je vous ai rendu responsable de mes propres travers. De mes dérives. Il ferma les yeux comme pour oublier qu’il allait prononcer ces mots devant Mildred Magpie, Vous ne méritiez pas tout ce que je vous ai fait subir. Vraiment pas.»

C’était juste un mauvais moment à passer. Il devait tenir . Aller, encore un ultime effort… L’adolescent ouvrit son sac et d’un coup de baguette, il fit léviter la gaine ventre plat de Mildred soigneusement repliée en carrée sur elle-même. Virgil, qui était pourtant loin d’être prude, fut à cet instant saisi d’un réel sentiment d’embarras. C’était une chose de savoir que cette gaine appartenait à Magpie, c’en était une autre de lui remettre, en main propre, cette pièce de lingerie intime, …je vous prie d’accepter mes excuses. Vraiment.»

Voilà, c’était fait. Il n’avait plus qu’à se désinfecter la bouche maintenant.


Virgil Forbes

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Mildred Magpie peinait à contenir sa jubilation intérieure alors que l'incorrigible garnement jetait enfin les armes à ses pieds. Tout penaud alors qu'il cherchait les mots qui puissent atténuer sa déroute, Virgil Forbes avançait laborieusement sur le sentier humiliant de la défaite. L'observant d'un air aussi narquois que sévère, la romancière ne voulait pas manquer une seconde de ce divin spectacle. Un sentiment de plénitude envahit son âme alors qu'elle se voyait déjà dans la peau d'une gladiatrice victorieuse de son pire adversaire ; Au centre de l'arène ensanglantée, elle s'imaginait en train d'écraser la tête de la vermine blessée sous son talon triomphal, tandis que la foule se divisait entre ceux exigeant sa mise à mort et d'autres réclamant une clémence aussi absurde que inutile. Car comment pourrait-elle oublier et pardonner les trop nombreuses exactions de ce fourbe Gryffondor? Pourquoi bouder son plaisir, alors que l'ignoble Virgil allait s’aplatir et la supplier de l'épargner? La vengeance comme la victoire, était une boîte de cupcakes qu'il fallait prendre le temps de déguster pour en apprécie pleinement la saveur. Aussi rancunière que sadique, Mildred Magpie voulait donc savourer sa revanche, jouir de la mine déconfite du garçon vaincu, et entendre sa voix perdre de sa superbe arrogance pour gémir comme un jeune veau à l'abattoir ; Bref, Mildred profitait de ce miraculeux cadeau, survenant au moment où elle ne l’attendait décidément plus. Voila de quoi passer de bien belles vacances apaisées, après avoir déguster le fruit de sa vengeance comme elle le ferait avec une onctueuse pâtisserie du Paradis d'Eden...

D'ailleurs la gourmande romancière engloutit le petit chou à la vanille, alors que Virgil s'élançait dans d'humiliantes et jouissive révélations. En effet, il avait abusé, mais ne faire que le reconnaitre n'allait pas sauver ses petites miches de rat! Loin de là! Pensait-il vraiment que cela être suffisant? Braquant son regard courroucé et bombant ses obus massifs en direction du Gryffondor suintant la défaite, Mildred profita de cet instant de grâce et de sa suprématie pour lui expédier multiples petites banderilles assassines.

"Abusé!? Tu veux dire plutôt que tu t'es montré ignoble! A mon insu,  tu as honteusement profité de l'un de mes rares instants de faiblesse pour me crucifier sur les réseaux magiques! Quel troll sans cœur faut-il être pour oser se comporter de la sorte? "

Regard de chouette courroucée, Mildred l'écouta se plaindre à présent de sa colère et de l'instant où elle l'avait tiré par l'oreille pour préserver sa santé et de son addiction à la Mandragore. En quoi un tirage de lobe d'oreille était-il un châtiment corporel plus affreux que l'émergence d'un trafic de drogue à Poudlard? Pourquoi devait-elle endossée le rôle du tortionnaire? Encore une fois la maudite bienveillance scolaire avait sévi, l'intervenante essuyant les reproches du trop laxiste et conciliant Jonah. Comme si des mesures préventives valait mieux qu'une bonne correction! Poudlard s'enlisait dans un grand n'importe quoi où tout effort disciplinaire était voué à l'échec. Les yeux de Mildred s'écarquillèrent quand le jeune osa exprimer sa haine au passé.

"Monstrueux... Comment peut-on en arriver à une telle extrémité? MOI qui suis aimée de tous et la STAR préférée du Monde Magique? Il faut avoir l'esprit sérieusement dérangé pour haïr une femme aussi admirable et charitable que MOI! "

Même si elle croyait chaque mot prononcé, la très rusée Mildred Magpie cherchait à pousser Virgil dans ses retranchements afin d'évaluer son degré de sincérité. Éprouvait-il encore de la haine? Regrettait-il ses ignominies? La journaliste à scandale l''écouta s'exprimer sur ses motivations lors de l'ignoble soirée de la Saint-Valentin. Jamais elle ne pourrait oublier cette humiliation publique... Ni la pardonner. Voila pourquoi elle balaya les justifications de Virgil Forbes d'un revers tranchant de la main.

"Voyez vous donc! En plus d'être un nuisible, tu n'es qu'un sombre crétin! Comment pouvais-tu sincèrement pensé m'atteindre, me blesser ou me faire mal? Comme si la bave d'un méprisable petit crapaud pouvait atteindre le vol d'une majestueuse colombe! Quelle méprisable idiotie! Mais je rêêêve! " dit-elle en laissant trainer sa voix de crécelle, tout en piochant un chou au chocolat.

Tel un marin tombé à la baille, et s'accrochant comme il pouvait sur un bout d'épave en pleine tempête ; l'incorrigible Virgil semblait résister pour l'heure aux provocations de la romancière. Celles-ci glissaient sur lui comme autant de gouttes d'eau sur le plumage d'un canard - Étrange - Cela ne ressemblait pas à l'image que Mildred s'était faite de l'incorrigible gryffondor.  Elle était presque déçue de ne sentir que résignation. Où était passé l'égo de ce petit monstre? Tout cela cachait quelque chose, et il valait mieux rester sur ses gardes ; Même si pour l'heure, Virgil était juste pitoyable alors qu'il reconnaissait le mal que sa conduite déplorable avait causé à son entourage. Les lèvres pincées de la romancière esquissèrent subitement un fin sourire malveillant, alors qu'elle venait d'entrevoir une faille importante chez son ennemi. Virgil semblait perdre clairement de sa superbe arrogance quand on s'attaquait à ses proches. Un point faible qui faisait presque regretter à l'ignoble Mildred Magpie de s'être attaquée à lui de manière si frontale, plutôt que d'atteindre en premier lieu son entourage. Une perte de temps qu'elle avait en partie réparé en s'attaquant à son père...  

Maintenant qu'il sentait la situation déraper sur une pente dangereuse pour les siens, Virgil faisait honteusement machine arrière. Abandonner la partie, au moment même où Mildred n'était plus qu'à un coup de le mettre en échec et mat! Mais Mildred ne l'entendait pas de cette oreille : Elle voulait le voir supplier à genou, avant d'exécuter froidement ses derniers espoirs...

"Soit! Tu regrettes tes dérives maintenant que ta famille en souffre. Mais penses-tu que cela soit suffisant? "

Mais Virgil n'était pas arrivé au bout de ses innommables surprises, quand sous le regard consternée de l'intervenante artistique, il extirpa de son sac la gaine ventre-plat qu'il lui honteusement dérobée! Fixant l'objet avec dégout, comme une mère lapin ne reconnaissant point l'odeur de son lapereau ; Mildred se sentait violée dans l'intimité même de ses bourrelets! Il était clair à présent que Virgil n'était pas là pour s'excuser, mais pour l'humilier une dernière fois tout en mettant ses proches à l'abri de son courroux. La romancière recula dans son siège, faisant mine de ne pas reconnaitre l'objet.

"Oui, et alors? Tu penses peut-être pouvoir m'acheter avec un cadeau aussi grossier et inutile? Que ferait ma gracieuse silhouette de cette chose répugnante? Est-ce encore l'une de tes blagues de mauvais goût? "

Nul doute qu'il cherchait encore à l'humilier! Aussi parfait soit-il aux yeux de la romancière, son physique voluptueux était l'une des cibles de choix de l'odieux gnome. Mildred n'accepterait jamais ce cadeau piégé! Virgil avait posé ses sales mains dessus! Souillée de la sorte, Mildred préférait la bruler que de la voir recouvrir à nouveau son ventre délicat. Pourtant en lui remettant ce trésor de guerre dérobé, le gryffondor pensait véritablement pouvoir se réconcilier. Sauf qu'il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu'au coude! La sorcière resta un long moment interdite alors que Virgil implorait un pardon qu'elle n'était nullement prête à lui accorder... Puis elle éclata d'un rire mauvais, jetant la maudite gaine ventre-plat à la figure du jeune Gryffondor!

"Tes excuses!? Tu veux rire? Tu penses vraiment que je vais croire et me laisser berner encore une fois par un petit être vicelard comme toi!? Non mais, je rêÊêve! " s'exclama-t-elle en roulant avec mépris ses yeux dans ses orbites.

S'emparant du choux à la pistache, elle pointa la friandise en direction du visage de l'ignoble petit hypocrite, avant de lui asséner une dernière vérité!

"Tu peux continuer à cracher tes mensonges ; Jamais plus, je ne me ferai prendre à avaler tes odieuses balivernes! "

Puis sans même attendre une réaction de la part de Virgil, la romancière goba le chou gluant à la pistache sans même remarquer une différence dans la consistance de celui-ci. La gourmande milliardaire poussa même un râle d'extase quand l'onctueuse et glaireuse pâtisserie vint combler son palet avant de glisser dans sa gorge. Puis de peur que Virgil ose le sacrilège de lui dérober l'un des derniers choux survivants de sa boîte ; Mildred tira le paquet dans sa direction dans un réflexe aussi égoïste que possessif. Oh non! Elle n'allait point lui en proposer, préférant largement mieux les déguster en voyant la confiance du garnement s’effondrer comme un mur de dominos.

"MwaaAah! Mon dieu! Quel délice! Si tu savais ce que tu manques! Mwaaah! " s'exclama-t-elle en levant les yeux au plafond dans une attitude plus proche de l'orgasme que d'une dégustation réussie.

Quelque peu déconcentrée par sa joie gustative, la romancière oublia quelque peu son Boursouf de compagnie qui juché sur les cuisses de sa maitresse, scrutait avec fascination la boîte de choux ouverte. Profitant d'un angle mort bien dissimulé sous les seins rebondis de sa propriétaire, il étira sa petite langue rose pour lécher la surface du chou piégé à la myrtille... Et jouer les innocentes petites créature alors que Mildred Magpie reprenait le fil de sa vengeance en phase terminale. Ne pouvant se départir d'une sourire triomphal, les faux ongles de la sorcière martelèrent avec délice le surface du bureau. Le temps n'était plus au fond semblant dans ce cruel dénouant.

"Expliques moi une chose, Virgil... Pourquoi diable devrai-je t'accorder mon pardon alors que j'éprouve un plaisir intense à déchiqueter ta misérable existence? " Mildred gloussa comme une dinde, avant de s'engouffrer dans la faille récente qu'elle venait de repérer chez le Gryffondor. "Désolée de te l'apprendre, mais j'ai adoré voir le visage de ton papa se liquéfier de stupeur au moment du rendu de notre procès. Quelle défaite! Merlin que c'était délicieux! Presque autant que lorsque je déchirerai le contrat de pianiste qui m'unit encore avec ton talentueux grand frère Dean... Ouste! Au chômage le frangin! " Le visage mauvais de Mildred s'allumait de mille feux. " Tu te rends compte? Par ta faute, les Forbes vont connaitre moult tourment quand moi je savourerai de délicieux cupcakes au bord de ma piscine. Voila mon garçon, ce que l'on récolte à s'attaquer à beaucoup plus fort que soi... "

Tandis que sa maitresse savourait sa revanche, Puffy n'avait pas l'air d'être au mieux. Incapable de gérer ses émotions alors que son regard tourbillonnait dans tous les sens. Même ingéré en infime quantité, la Volubilis pouvait avoir des effets dévastateurs sur une aussi frêle et fragile créature. Soudain, Puffy poussa un petit cri strident, avant de sauter sur place et rebondir sous l’opulente poitrine de sa maman. Mildred dont la main penchait dangereusement en direction du chou à la Myrtille, sursauta sous l'impact.

"Mais voyons mon Puffy, en voila des manières! Tu es bien excité! Va jouer ailleurs pendant que maman donne une bonne leçon à ce piteux garnement... "

Elle saisit l'animal pour le déposer au sol, afin de ne plus être distraite dans son processus vengeur. Se mordillant la lèvre avec regret, Mildred fit alors mine de croire en une éventuelle réconciliation. Elle lança une perche humiliante à Virgil.

"Écoutes-moi bien Virgil. Je veux bien faire preuve d'une incroyable clémence et t'accorder une dernière chance. Peut-être que si je te filme en train de supplier mon pardon, et que tu reconnais toutes tes fautes, pour que je les balance après sur mon compte Twitcher.... Alors peut-être, je daignerai te pardonner... N'est-ce point une offre admirable? "

Et le commencement d'un formidable retour de bâton en matière d'humiliation publique...


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Virgil pensait réellement marquer des points en rendant la gaine ventre plat à sa propriétaire mais l’expression dégoutée de Mildred lui fit immédiatement regretter son geste. Il venait d’avancer le mauvais pion, indéniablement. Virgil n’était pas doué pour tempérer les situations et calmer le courroux de ses interlocuteurs. Son domaine d’expertise s’avérait être exactement l’inverse : Gratter le vernis, trouver la faille et s’y engouffrer pour faire un maximum de dégâts. Voila une activité qu’il maitrisait parfaitement, et qu’il aimait aussi. Il n’avait pas pour habitude de faire machine arrière en tentant d’apaiser les situations qu’il avait lui-même envenimées.
Hors, il devait avouer qu’il se sentait un peu démuni devant Magpie qui refusait d’identifier cette gaine comme étant la sienne. Pourtant il n’y avait pas de doute possible :Cette culotte sculptante  taille 44 semblait moulée sur son séant cellulité et sur sa brioche ventrale. ( Et oui Mildred, les collants de running laissaient vraiment peu de place à l’imagination)

Virgil ne savait pas comment procéder pour désamorcer la colère de la romancière et son inconfort se transforma vite en réel embarras lorsque Magpie lui jeta littéralement sa culotte au visage. La gaine retomba sur la tête de l’adolescent et la recouvrit complètement, comme un chapiteau. La vision momentanément masqué par un voile de dentelle parfumé d’une odeur aigre douce, Virgil s’empressa d’ôter la lingerie de son visage, les oreilles rouge de honte et ses pupilles bleus lançant des éclairs.

Non mais pour qui le prenait-elle ? Hector Sniffer ?

L’adolescent  serra les poings et se mordit l’intérieur de la joue pour apaiser sa colère. Il n’avait qu’à tendre le bras pour la gifler rageusement avec sa dentelle, songea-t-il fugacement en resserrant sa poigne sur la gaine. Oui, il rêvait de lui rendre la pareille, de l’humilier à son tour, et de  lui fourrer de force ce foutu chou à la myrtille dans le gosier.

Privé de sa verve habituelle, il se retrouvait prit à son propre jeu. Cette quête artificielle de pardon le rendait bien trop faillible, constata-t-il alors dans un éclair de lucidité.

Dans son quotidien, Virgil faisait tout pour ne pas avoir à se retrouver dans ce type de situation et pourtant aujourd’hui, il devait plus que jamais prendre sur lui. Etre plus fourbe que Mildred Magpie elle-même, et Merlin seul savait à quel point cette tache était difficile ! Comment résister à ses provocations, à ses insultes quand on avait un tant soit peu d’amour-propre ? C’était impossible.

Au diable cette vengeance ! Virgil n’avait rien du Vengeur Masqué. Il ne savait pas œuvrer dans l’ombre, ni garder une totale maitrise de lui-même dans des circonstances aussi extrêmes. Il n’avait pas mit en œuvre la bonne stratégie pour contrer cette ignoble femme et avait grandement surestimé sa propre patience et sa capacité à encaisser. Après lui avoir jeter sa culotte à la figure voila qu’elle le traitait de tous les noms :Nuisible, sombre crétin, vicelard, troll… Sur le fond, elle n’avait pas tord mais Virgil aurait tant voulu répliquer ! Ce scénario était encore envisageable d’ailleurs. Il n’avait qu’à revoir son plan: Esquisser un vague sourire narquois et balancer ses quatre vérités à la romancière.  Ça, il savait faire. Et très bien même.

Virgil s’apprêtait à céder à cette pulsion lorsque Magpie saisit le chou Pistache entre ses doigts. Certes, il ne s’agissait pas de celui à la Myrtille –le plus piégeur-  mais ce simple geste suspendit la décision de l’adolescent. Sa patience allait-elle être récompensée ?
Il n’entendait plus les propos désobligeants de l’intervenante en arts, seule la pâtisserie parfum glaire dansant dans les airs non loin de la bouche de Mildred comptait :

*Bouffe la.  Bouffe la. Bouffe la.*

…Et ce qui devait arriver, arriva : Les lèvres de la romancière se refermèrent sur le chou piégé au crachat et elle laissa même échapper un grognement extatique en le mâchant lentement.
Le Gryffondor se sentit à la fois apaisé et galvanisé par cette vision. Quoi de meilleur qu’un chou du « Paradis de Virgil » songea-t-il ironiquement en se sentant subitement bien mieux , le cœur presque léger. Voila qui lui donnait la force de continuer sa supercherie. Il ne pouvait pas abandonner si près du but. Allez, encore un peu. Il suffisait de regarder Mildred se délecter de cette pâtisserie à la saveur incomparable -  et il pesait ses mots- pour se sentir pousser des ailes. Il était assez fort pour encaisser cette épreuve et devait juste ignorer tout ce qui sortait de sa bouche. Hocher la tête de temps en temps comme pour approuver ses propos alors qu’il n’en avait fichtrement rien à foutre de ce qu’elle pouvait bien lui dire…

Agir comme un adolescent face à ses parents lui demandant de ranger sa chambre, en somme.

Fort de cette résolution, Virgil resta impassible quand elle menaça de représailles la quasi- totalité de son arbre généalogique . Après s’être délecté de l’échec de son père au procès, elle affirma vouloir  nuire à la carrière de Dean. Le fait qu’elle connaisse si bien les détails de la vie privée de la famille Forbes aurait dû pousser Virgil à davantage de méfiance mais il était bien trop focaliser sur la réussite de son plan, aussi n’accorda-t-il guère d’attention aux intimidations de la romancière. En effet, toute son attention était captivée par Puffy qui, du bout de sa langue rose et pointu, tentait de lécher le chou à la Myrtille empoisonné. Cette odieuse créature allait tout faire foirer, se dit-il en voyant le bourssouflet atteindre sa cible et avaler des petits cristaux de Volubilis soigneusement déposés en nuage sur la pâtisserie violette.

Et Mildred qui ne voyait rien, bien trop obnubilée qu’elle était pas son monologue vengeur !
Bien décidé à ne pas laisser un vulgaire animal de compagnie ruiner sa vengeance, Virgil désigna Puffy du menton.

« Votre boursou… »

Toutefois Magpie le coupa bien vite pour lui proposer une opportunité de racheter ses fautes. Il devait accepter de présenter ses excuses en direct sur son compte Twitcher.
Jusqu’à preuve du contraire, il ne s’appelait pas Lauren McGowan et même s’il rêvait, lui aussi, de faire « payer Mildred pour ses crimes » il ne tenait pas particulièrement à apparaitre en direct sur le twitcher de la romancière, et surement pas pour lui présenter des excuses publiques. Et puis quoi encore !

Virgil devait trouver une pirouette pour se tirer de ce mauvais pas. Il ne pouvait plus se contenter de laisser Mildred parler toute seule, même si jusqu’ici, cette technique avait plutôt fonctionné. L’adolescent cherchait d’ailleurs une parade pour se tirer de ce mauvais pas lorsque son regard se posa de nouveau sur Puffy qui semblait… littéralement défoncé. Ses yeux roulaient dans ses orbites et il poussait des petits cris strident en rebondissant sur les obus fripés de Magpie qui ne tarda pas à se débarrasser de la peluche rose intoxiquée en la posant au sol.

Virgil suivit la créature du regard tandis qu’elle montait sur une étagère située dans le dos de la romancière, sautant d’étages en étages en poussant des brefs glapissements aigus.
« Kaï ! »
« Kaï ! »
« Kaï ! »

« Vous voulez …
« Kaï ! »
…me filmer ... »

Puffy s’arrêta pile au niveau de la tête de Mildred. Virgil pouvait le voir à la périphérie de son champs de vision.  L’animal roulait sur lui-même et se cognait à divers objets qui trainaient là, manquant de renverser les sculptures réalisées par les élèves du club des arts.

« …pendant que je m’excuse…c’est une idée mais… »

Sa langue avait considérablement gonflée. Elle pendouillait mollement sur le côté, maculant son pelage  duveteux de grosses bulles de salive violacées.

« Je ne sais pas trop si… »

Puffy s’arrêta alors au niveau de l’oreille de la romancière, devant une sculpture de licorne réalisée par Fayotsky, d’après le nom indiqué sur un bout de papier posé à côté du morceau de pierre taillé. Virgil fut alors le témoin privilégié d’un véritable coup de foudre que le Bourssouflet tenta rapidement de concrétiser par des actes.
« Kaaaaïïïïïï… »

L’adolescent haussa les sourcils, plus que jamais perturbé dans son discours.

« Bord..Euh…enfin,…je veux dire …je ne suis pas vraiment photogénique vous savez… »

Ses propos n’avaient ni queue ni tête -Contrairement à Puffy qui avait de toute évidence les deux- et le Gryffondor ne savait plus vraiment ce qu’il voulait dire initialement tant il était focalisé sur le Bourssouflet défoncé. Puffy finit d’ailleurs par abandonner son amante pour monter d’un étage à proximité d’un chandelier allumé. Pressentant la catastrophe, Virgil pointa son index en direction de la peluche toxicomane et lança :

« Vous devriez faire attention à votre… »
Trop tard.


Virgil Forbes

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Cachée derrière un fausse masque de sévérité solennelle, Mildred avait toute les peines du monde à étouffer un irrésistible sentiment de réjouissance. Que c'était jubilatoire que de voir l'infâme petite crapule se tortiller comme la laine d'un mouton sur le point d'être tondu! Où était passée sa fichue arrogance, alors qu'il s'excusait presque de n'être pas assez photogénique pour oser figurer sur le noble compte Twitcher de Mildred Magpie. Quelque part, il avait raison ; Son horrible faciès décomposé par la rédemption allait clairement faire tâche parmi les innombrables clichés narcissiques et impudique de la romancière prenant la pose pour ses innombrables fans. Le choc risquait d'être trop violent pour son public adoré et déjà convaincu par son innocence. Plus elle y réfléchissait, et plus il lui semblait judicieux que les éventuelles suppliques de l'adolescent soient balancées directement depuis son compte magique personnel? Tous ses contacts et ses proches mortifiés découvriraient alors la vérité sur l'affreuse petite lavette qui leur servait d'amis depuis trop longtemps. En somme, il ne s'agissait de rien d'autre qu'un suicide social publié en direct sur la toile magique. Quoi de mieux pour détruire une réputation, et se réjouir sadiquement d'une vengeance qui arrivait à son terme.

Malgré la joie immense d'en finir avec cet abject rejeton, Mildred éprouvait un sentiment étrange où s’entremêlait déjà un certain regret. Celui que sa victoire lui paraissait presque trop aisée et rapide, au vue de l'incroyable fil à retordre que lui avait infligé l'adolescent durant toute l'année scolaire. De plus, maintenant qu'elle en avait presque fini avec sa vengeance : Comment allait-elle s'occuper l'esprit? Oublier l'impression d'abandon que lui procurait son existence vide de sens? Puffy était bien gentil, son canard vibromagique et Toni l'aidaient bien à combler les trous de sa solitude... Mais la plupart du temps, Mildred Magpie cogitait cruellement alors qu'elle se retrouvait seule dans son palace. Certes, elle allait jouir de son luxe et calculer comment gagner encore plus de Gallions en ce bas monde, mais sa guéguerre personnelle lui manquait déjà. Virgil jetait les armes, et cela en était presque décevant. La douce saveur d'une vengeance réussie allait bientôt disparaitre ; Autant donc en savourer les dernières gouttes et boire le calice jusqu'à la lie. Dans cet était d'esprit, Mildred Magpie toisa avec dédain la grande tige adolescente sur le point de rompre, alors qu'il se tordait en quatre de malaise devant sa supplicière. Ce n'était peut-être qu'une impression, mais le gryffondor éprouvait les pires difficultés à croiser son regard ; Tantôt il regardait les choux, tantôt ses yeux vagabondaient derrière elle... Triste aveu de faiblesse!

"C'est vrai que tu n'es pas photogénique... Tu es même très vilain! J'ai bien peur que cela détonne de manière trop sévère et effraie mes fans au cœur si pur. Il vaudrait mieux que ta fasse ta rédemption depuis ton propre compte, en prenant grand soin de l'envoyer à touts tes contacts. Qu'en penses-tu? "

Mildred s’apprêtait à saisir un petit chou saveur passion, afin de déguster au sens propre comme figuré la réponse de Virgil, quand tout à coup ce dernier l'alerta sur la présence imminente d'un danger dans son dos. Habitée par la peur paranoïaque de tomber une nouvelle fois dans un piège du fourbe Gryffondor, Mildred hésita longuement à quitter des yeux son ennemi avant qu'un bruit sec ne finisse par la faire sursauter sur son séant. Sans doute en mal d'exercice, l'intenable Puffy venait de renverser un chandelier allumé sur un carnet à dessin ; Ceux-là même qui contenait les travaux du si charmant et brillant Marceau Fayotsky.

"OoOoh mon dieu, mon Puffy! NoOn! Mais que fais-tu? Tu vas te bruler mon chaAton! " gémit la romancière bien plus concernée par la santé et la sécurité de son boursouf pyromane que de faire bruler les élèves et l'intégralité du château de Poudlard.

Plutôt que d'user de sa baguette pour étouffer les flammes qui commençaient à danser dangereusement sur l'étagère, Mildred saisit la gaine ventre-plat qui gisait lamentablement au coté de Virgil pour la plaquer sur le départ de feu. Signe de son succès pour éteindre le chandelier, une fumée accompagnée d'une odeur de cendre déboucha depuis l'étagère. Sa ceinture ventrale calcinée venait de rendre définitivement l'âme, même si c'était du reste le sort qui l'attendait depuis qu'elle était entrée en contact avec les sales pattes de Virgil. Par contre la cire du chandelier et les flammes avaient ruiné l'intégralité des travaux du malheureux Marceau, contraignant Mildred à secouer la tête de désolation. Autant de sublimes portraits de la romancière qui partaient en fumée ; C'était littéralement un drame pour le monde artistique! Serrant sa peluche vivante contre sa poitrine, Mildred ne tarda pas à le consoler Puffy en l’inondant de baiser.

"Tout doux, mon Puffy! C'est fini mon bébé, ça va aller! Tu n'es pas brulé? C'est rien, Maman est là! Tout doux... " lui susurra-t-elle alors que les yeux exorbités du boursouf brillaient de mille feux, et que sa petite langue violacée pendaient lamentablement sur le coté. Le petit animal poussait d'ignobles petits grognements aussi sinistre que ceux d'un vulgaire porcelet corse. Mildred le fixa soudainement avec la plus grande inquiétude, lui qui d’ordinaire était si calme et docile. Que diable s'était-il passé pour qu'il se montre aussi... agité.

"Que t'arrive-t-il mon bébé? Tu m'as l'air si excité!? Tu es malade? Angoissé? " Mildred jeta alors un œil assassin en coin en direction de Virgil qui semblait la cause de tous ses maux. "C'est lui qui t'effraie? Il ne faut pas avoir peur, voyons! Je sais qu'il est vilain, mais maman s'occupe de lui... D'accord? " Comme s'il s'agissait d'un nourrisson, Mildred déposa le petit animal dans une panière en osier de Chine située dans l'angle opposé de la salle d'art ; Puis elle caressa délicatement de sa main inquiète le museau tout chaud de l'animal. Puffy était bouillant! "Mon cœur, maintenant il est l'heure de faire une petite sieste. Tu verras avec du repos tout ira mieux... "

Mortifiée à l'idée de voir son tendre Puffy dans un si mauvais état, Mildred n'était pas loin d'appeler un vétérinaire magique. Était-ce une allergie? Son boursouf adoré avait-il choppé un virus en léchant les carreaux de la salle de bains des préfets comme il avait la coutume de le faire? Se retournant vers Virgil, elle préféra se rassurer qu'une bonne sieste suffirait à régler cette poussée de fièvre soudaine. De plus, il était grand temps d'infliger le coup de grâce à ce satané mioche. Mildred loucha dangereusement en direction du chandelier renversé sur l'étagère, avant de s'installer à nouveau à son bureau pour défier Virgil du regard. Ce dernier allait vite comprendre qu'elle n'en avait pas encore terminé avec lui. Dernier coup de griffe d'une chatte jouant avec une souris blessée, Mildred lui offrit alors une odieuse porte de sortie.

"Maintenant, tu vas m'écouter : J'entends bien tes excuses, même si je doute fortement de ta sincérité. De mon point de vue, tu n'es qu'un stupide garnement qui s'est brulé les ailes en se croyant capable d'approcher le soleil, et qui maintenant redoute les répercussions que sa chute pourrait avoir sur son entourage. Je me trompe? "

Le sourcil gauche de la romancière se leva de manière impérieuse, alors que sa main glissait en direction de son petit choux préféré, celui à la myrtille.

"Saches que dans ma grande clémence, je suis capable de t'offrir mon pardon. Oublions la diffusion de ton hologramme magique pleurnichant sur les réseaux magiques, car je ne suis pas le genre de femme à m'abaisser à ton niveau de fourberie. Voila, mon marché... "

Mildred souleva le gâteau à la myrtille en direction de sa bouche ouverte, avant de suspendre son geste au vol. Le choux à la crème piégé s'éloigna quelque peu de ses lèvres alors que la romancière fit mine de longuement réfléchir. Elle marqua un temps d'arrêt interminable avant d'imposer les termes de la reddition de Virgil.

"Je retirerai ma plainte contre ton père pour lui éviter tout frais de justice supplémentaire, ainsi que tout grief à ton égard... Si et seulement si : Tu acceptes d'endosser la responsabilité de l'épisode incendiaire de mon étagère auprès de la Directrice Mason. Dans un dernier acte vengeur contre ma si belle personne, tu lui avoueras avoir voulu mettre le feu à ma salle d'art après m'avoir honteusement dérobé mes clefs. Fort heureusement, j'aurai surprit en flagrant délit l'affreux pyromane qui sommeille en toi, avant que les flammes ne fasse trop de ravage. N'est-ce point une porte de sortie admirable? " Un immense sentiment d'autosatisfaction scintillait dans le regard de la vile romancière, alors qu'elle refermait son piège sur Virgil. Cette fois-ci, il était fait comme un rat! De manière à mieux savourer sa vengeance, la vile sorcière goba avec délice le choux à la myrtille, comme s'il s'agissait du malheureux avorton qui se tenait pitoyablement devant elle. Mildred tiqua une fraction de seconde alors qu'une nouvelle saveur encore inconnue venait de glisser dans son gosier étroit. Eden avait-elle changé sa recette? Ce n'était pas moins agréable en bouche, mais la consistance paraissait différente et plus farineuse que d’ordinaire. Toutefois, elle oublia bien vite sa surprise, pour se réjouir sadiquement du sot réservé à sa petite crapule préférée.

"Bien entendu, tu seras enfin éjecté de Poudlard. Tu devras également oublier cette inimaginable farce de stage à Skye. Mais tu vois, c'est le prix à payer pour t'offrir mon pardon. " Mildred redressa la tête avec défit, comme le ferait une divinité grecque en face d'un simple mortel. "Mais entre nous, tout cela n'était vraiment pas sérieux. Tu n'es et ne seras jamais promis à un grand avenir, si ce n'est peut-être celui d'avoir le privilège un jour de déboucher les fosses septiques de personnes aussi riches et influentes que moi... "

Mildred émit un petit gloussement moqueur, avant de s'interrompre brusquement alors qu'il lui sembla voir l'un de ses derniers choux survivants monté sur pattes cavaler d'un coté de la boite à l'autre. Cela n'était sans doute que le fruit de son imagination, mais elle peina à retrouver sa verve habituelle au moment de poursuivre son long monologue de vile méchante victorieuse.

"J'en étais où déjà? Ou plutôt... Que me disais-tu? " Une bouffée de chaleur incroyable venait d'envahir l'intégralité du corps de la romancière, qui se ventila de la main dans un réflexe aussi dérisoire que inutile. "Par la barbe de Merlin, qu'il fait atrocement chaud ici! Tu ne trouves pas? " Mildred avait la désagréable sensation de bouillir de l'intérieur, alors que la sueur dévalait déjà de ses tempes. Ménopause oblige, elle était coutumière de ce genre de bouffée de chaleur, même si cette fois-ci cela dépassait les limites de l'acceptable. Yeux exorbités par cette désagréable et brusque sensation de feu intérieur, la bouche en cul de poule de la sorcière s'ouvrit à demi pour inspirer de l'air en guise de rafraichissement. Clairement, elle ne se sentait pas bien, et ne tarda pas à exprimer son mal-être à la seule personne susceptible de l'entendre dans cette pièce. En vérité, elle ne voulais ni de son aide, ni s'afficher en position de faiblesse : Elle voulait simplement que Virgil dégage au plus vite pour lui laisser le temps de reprendre plus dignement ses esprits.  

"J'étouffe! C'est affreeeux! " croassa-t-elle en dégrafant maladroitement et impudiquement plusieurs boutons du haut de son chemisier. "Il est préférable que nous remettions notre entrevue avec la Directrice Machon... Mason... à plus tard... Elle entendra tes aveux de grand pyromachin... Pyro... de basculeur de chandelier... enfin tu me comprends! " D'un geste impérieux de la main en direction d'un... placard, elle invita Virgil à quitter rapidement sa salle d'art. Quelque chose clochait méchamment en elle! En plus de se troubler, sa vision mélangeait les couleurs, au fur et à mesure qu'elle mouvait sa nuque ramollie comme du marshmallow fondu. La sorcière se devait de sauver les apparences, alors que la silhouette floue de l'ignoble gnome se dédoublait en face d'elle comme une grosse tâche colorée. Elle tâtonna sur la surface de son bureau à la recherche de sa tasse en porcelaine de Chine, afin d'humecter sa bouche devenue trop pâteuse. Tout devenait atrocement lourd! Même sa langue semblait peser une tonne dans sa bouche, alors qu'elle éprouvait les pires difficultés du monde à la maintenir dans sa bouche.

Et pourtant...

Le premier effet passé, la volubilis joua sont rôle de grand hallucinogène. Ainsi, pour une raison aussi surprenante que incongrue au vue de son mal-être intérieur ; Mildred Magpie se mit subitement à glousser comme une dinde de manière ininterrompue. Petit à petit, elle avait l'impression de retrouver toutes ses facultés physiques, ses sens étant même décuplés sous les effets violents des opiacés. Visage béat en direction de Virgil, elle désigna de l'index une petite créature trop mignonne qui venait de sautiller sur son bureau.

"Comme c'est mignoOon... C'est quoOoi...? Un papillon? Un chaton? Une licorne? "

En vérité dans l'esprit embrumé de la romancière, la créature ou du moins la chose indiquée à Virgil prenait la forme des trois en même temps...    


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
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Quand Mildred estima que Virgil était trop vilain pour apparaitre sur son twitcher, l’adolescent retint un soupir de soulagement. Merci Merlin. Heureusement qu’il n’avait pas hérité du même physique avantageux que son frère ainé, Dean. Pour une fois que sa laideur lui servait à quelque chose dans la vie ! En effet, il  n’avait qu’une crainte : Que Magpie se connecte à son compte immédiatement  et qu’elle balance un direct en lui demandant de s’excuser devant tous ces followitchers sans qu’il n’ait le temps d’assouvir sa vengeance.

Vengeance qui commençait lentement à prendre forme d’ailleurs, notamment grâce à Puffy, le boursouf défoncé. Virgil avait essayé de droguer un animal, une fois, avec Damon alors qu’ils étaient en quatrième années. Lors d’une soirée chez Philip, ils avaient versé du Ragnarov –trouvé dans le bar  des parents de leur ami- dans le lait du félin. Le chat avait titubé durant des heures, se heurtant aux murs, miaulant à la mort si bien que la mère de Phil avait été contrainte d’appeler le vétimage. Ce dernier, en expert qualifié, avait vite posé un diagnostic sans appel.
Depuis Damon et Virgil étaient interdits de visite chez les Artoff.

Puffy n’était pas sans rappeler à Virgil le petit « Fripouille » de la famille de son ami. En plus trash et imprévisible toutefois. En effet, lorsque la boule de poil enflamma par mégarde  les horribles portraits de la romancière, l’adolescent esquissa un vague sourire mauvais –comme c’était agréable de voir le visage de Magpie rongé par le feu- avant de s’inquiéter légèrement de la hauteur soudaine des flammes qui réchauffèrent instantanément son visage. La salle des arts était remplie de tentures en tissus servant de décor, de papiers et de toiles à peindre… Un incendie pouvait se propager très rapidement ici. Mourir brûlé en compagnie  de la rédactrice en chef de Multiplettes était surement le pire décès que Virgil puisse envisager. Lorsqu’il vit la sorcière attraper sa gaine en lycra pour étouffer le feu, l’adolescent fut donc contraint d’agir. Certes cette matière avait incontestablement des propriétés sculptantes -qui permettaient au fessier de Magpie d’atteindre des proportions acceptables-  mais elle n’en était pas moins furieusement inflammable !
Virgil se leva de son siège et pointa sa baguette en direction des flammes qui commençaient à grignoter des maquettes en carton sur un bas rayonnage.
« Aguamanti ! » s’exclama-t-il pour tuer dans l’œuf ce début d’incendie. Un puissant jet d’eau inonda littéralement les portraits de Fayotsky, la partie basse de l’étagère  ainsi que plusieurs toiles réalisées par les élèves du club des Arts.

Un dommage collatéral moindre lorsqu’on songeait au potentiel incendie de la seule école de sorcellerie de Grande Bretagne.
Toutefois Magpie ne semblait pas vraiment consciente du fait qu’ils venaient de frôler la catastrophe. Elle n’avait d’yeux que pour son  Puffy serré entre ses obus fripés. La peluche paraissait particulièrement mal en point mais Virgil ne savait pas si le malaise de l’animal était dû à la prise de Volubilis ou à la tentative d’étouffement pectorale de Mildred.
La romancière s’adressait à son animal de compagnie comme s’il s’agissait d’une personne à part entière. Elle était même plus polie et plus prévenante avec lui qu’avec n’importe quel être humain. Virgil baissa lentement sa baguette et observa cette scène durant quelques secondes, les bras ballants.
Okkkaaayyy, cette femme était complètement tarée. Dire que l’administration lui avait confié l’éducation  de certains élèves. Éducation artistique, certes, mais éducation tout de même. C’était effarant.


"C'est lui qui t'effraie?
Persifla-t-elle d’ailleurs en jetant un regard haineux en direction de l’adolescent. Oui, elle s’adressait bel et bien à Pouffy,Il ne faut pas avoir peur, voyons! Je sais qu'il est vilain, mais maman s'occupe de lui... D'accord? "

Maman ?… Brrrr, Virgil ne parvint pas à retenir une grimace et un frisson de dégoût.  Pouvait-on être plus ridicule et plus pathétique que Mildred Magpie à cet instant ? Assurément non.

Qu’elle gobe ce chou à la Volubilis et qu’on en finisse ! Virgil ne pouvait plus supporter ses simagrées et rêvait de lui balancer enfin ces quatre vérités au visage.  Malheureusement l’adolescent n’était pas au bout de ses peines…. Après avoir remisé Puffy dans la coin de la pièce, Mildred retourna s’asseoir au milieu de sa flaque, à son bureau, comme si leur conversation –ou plutôt sa séance d’humiliation- était loin d’être terminée. Le regard de l’adolescent se posa momentanément sur le visage pincée de Magpie puis sur le chou à la Myrtille, et il ploya docilement les genoux pour se  réinstaller sur sa chaise, le dos bien droit et les mains posées sur ses cuisses.

Il devait prendre sur lui. Encore un peu. Il touchait au but. Il le sentait, aussi quand Mildred lui demanda d’endosser l’entière responsabilité dans cette tentative d’incendie en échange de son sacro-saint pardon, il ne tergiversa pas.

« D’accord. » souffla-t-il en braquant ses yeux cernés sur elle, *D’accord, vieille salope.* pour être plus exact.

Il savait très bien que les paroles de Magpie n’étaient que des mots en l’air. Jamais elle ne lui offrirait son absolution -qu’il ne désirait pas, d’ailleurs. Ils étaient bien trop semblables sur ce point : Mildred Magpie était au moins aussi rancunière que lui. Elle mentait et souhaitait uniquement le rabaisser plus bas que terre, qu’il ploie devant elle, qu’il s’écrase, comme une carpette. Et malheureusement,  pour arriver à ses fins, Virgil devait s’y résoudre.
« Ok. » répéta-t-il donc en hochant la tête.

« N'est-ce point une porte de sortie admirable? "

La lueur malsaine dans le regard de Mildred manqua de le faire vaciller. Il avait envie de la gifler.

L’adolescent serra imperceptiblement la mâchoire mais il se figea en voyant  Magpie esquisser un geste en direction de la boite à pâtisserie du Paradis d’Eden. La respiration coupée, il s’efforça de garder son regard braquer sur le visage ridé de la romancière tout en priant Merlin mentalement : *Myrtille, myrtille, myrtille* . Il n’eut aucune réaction lorsqu’il vit les doigts manucurés de Mildred s’approcher de sa bouche et y déposer un chou violet qu’elle goba instantanément.

Celui à la Myrtille. Il venait de réussir. Oh, bordel.

Virgil expira lentement et s’adossa sur son siège. Il n’avait pas remarqué à quel point il était crispé depuis le début de l’entretien et il avait fallu que tous ses muscles se détendent d’un coup pour percevoir l’état de tension extrême dans lequel il était jusqu’alors.

Magpie venait de s’enfiler le chou empoisonné, Bordel de troll ! Il n’avait plus qu’à attendre quelques minutes avant que la drogue ne fasse son œuvre. Virgil imaginait déjà les élèves du club des Arts arrivant en cours et découvrant une Mildred Magpie complètement défoncée. Cette bande de fayots inquiets  ne tarderaient pas à prévenir Rachelle Silvester, qui  préviendrait elle-même Daisy Mason. La directrice se verrait alors dans l’obligation de congédier l’intervenante en Art qui venait assurer ses cours sous l’emprise de produits stupéfiants.  

Mais quel dommage, songea ironiquement Virgil en croisant ses bras sur son torse. Il avait glissé sur son siège pour retrouver sa traditionnelle posture avachie et l’expression de son visage avait clairement changée : Il arborait son air de parfait petit con arrogant qui lui seyait si bien et qui était une seconde nature chez lui. Magpie ne semblait même pas avoir remarqué ce brusque changement d’attitude tant elle s’ enorgueillissait  encore de l’avoir  maté mais elle ne tarda pas à ressentir les premiers effets de la Volubilis.

« Un coup de chaud Miss Magpie ?
s’enquit Virgil en arquant un sourcil, J’ai entendu dire que la ménopause provoquait des bouffées de chaleur… » ajouta-t-il innocemment. Il se remémora alors une conversation entre sa mère et une amie à elle, conversation à laquelle il avait assistée et qu’il n’aurait jamais voulu entendre d’ailleurs tant elle avait brisée son innocence, à ce qui parait, ça provoque également une prise de poids significative, il désigna la gaine partiellement cramée d’un regard entendu, ainsi que  de l’incontinence urinaire et… une sécheresse vaginale, précisa-t-il en parfaite petite enflure qu’il était. Son visage se fendit d’un faux sourire compatissant,  Bienvenue chez les seniors, Mildred ! »

Il ne pouvait pas se retenir. Plus maintenant. Il avait tellement pris sur lui durant ce rendez-vous qu’il voulait profiter un peu de sa vengeance. Jubiler et savourer sa victoire sur la romancière qui se sentait de tout évidence de plus en plus mal. Elle commençait à tenir des propos incohérents et semblait même avoir des visions. En effet, le pot rempli de pinceaux et de crayons posé sur son bureau n’avait rien d’un chaton ou d’une licorne.

Si seulement il avait pu la filmer à cet instant ! Il n’imaginait même pas le buzz magique qu’il aurait fait avec une telle vidéo ! Virgil se sentait tout puissant, si fier d’avoir réussi à la berner. Peut-être aurait-il du se méfier mais sa rancune et son esprit vengeur le poussait à prendre des risques. L’adolescent  s’accouda nonchalamment sur le dossier de son siège et croisa les jambes en réfléchissant. Plutôt que de lui balancer ses quatre vérités au visage -comme il pensait le faire initialement-, il décida d’une autre direction pour ce face à face. Pourquoi ne pas essayer de la faire parler ? Qu’elle lui livre quelques révélations croustillantes avec lesquelles il pourrait la faire chanter ? « In Vino Veritas », disait le dicton , était-il valable également pour la Volubilis ?

« Alors, dites moi, est-ce que vous avez finalement réussi à vous taper le Ministre le soir de la St-Valentin ? » s’enquit-il alors désireux d’en savoir davantage sur le lien véritable qui unissait Leopold Marchebank à Mildred Magpie.

Elle ne pouvait pas enseigner à Poudlard par hasard… Si ?


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Lâchant des yeux l'adorable créature ailée qui séjournait sur l'espace de son bureau, l'intervenante artistique éprouvait les pires difficultés du monde à se focaliser à nouveau sur Virgil, alors que le visage de ce dernier tourbillonnait de manière ahurissante sous ses yeux. Pourquoi bougeait-il autant? Cela lui en donnait presque des vertiges et la nausée. Si l'image et les couleurs fusaient à une vitesse impressionnante, à l'inverse, le texte lui arrivait au ralenti. Virgil parlait comme s'il avait à mastiquer une tonne de Gommes de Limace dans la bouche ; Si bien que les propos tenus par le jeune garçon atteignaient les tympans de la romancière sous Volubilis avec plusieurs train de retard. Pourquoi diable osait-il parler de ménopause, de surpoids et de sécheresse vaginale? C'était hors-sujet et irrespectueux. Certes Mildred avait l'impression de se dessécher, mais plus sous les effets du dernier chou qu'elle venait d'ingurgiter que sous les effets du temps. Elle fit alors l'erreur de vouloir répondre alors que Virgil lui assénait déjà une autre question encore plus indiscrète sur ses frasques sexuelles le soir de la funeste Saint-Valentin. Alors qu'elle se serait d’ordinaire braquer sur cet interrogatoire fallacieux, Mildred préféra se gausser comme une dinde.  

"Mais c'est que t'es un sacré coquinou, toi! Tu voudrais savoir? Hein mon vilain petit canard!? A ton avis, gros malin? Est-ce que le Ministre et moi, on a fait ou non la chose, ce soir là...? " Comme une gamine, elle joignit ses deux index dans une vulgaire tentative de reproduction d'accouplement. Avait-elle forniqué avec Leopold lors de cette humiliante nuit? Sous les effets de la volubilis, Mildred avait toutes les peines du monde à se remémorer de la personne qui avait étancher sa frustration. Manifestement il y avait bien quelqu'un... Mais qui? Son visage s'embrasa alors qu'elle revoyait la silhouette massive de celui qu'elle pensait être son sauveur du soir. Pourquoi ne pas se confier, alors que la Volubilis lui donnait des ailes. "N'en déplaise au Ministre, mais ce soir-là, j'avais mieux à faire avec Hagrid. Il est peut-être gras comme un phoque, mais lui au moins il est fort et vigoureux! Un gentleman qui ne fait pas languir cruellement les femmes en mal d'amour! Une femme desséchée comme moi a besoin d'être arrosée, tu comprends? Tu l'aurai vu glisser sur le ventre, ce soir là! Un esthète! " Sourire béat, Mildred soupira comme une adolescente transie avant des 'approcher malicieusement de Virgil, comme pour lui chuchoter un secret : "Mais tu ne le répètes à personne, mon coquinou. Cela reste entre nous. Si Sado-Mason venait à apprendre que nous avons détruit la cabane, je crains que je ne sois dans l'obligation de faire mes adieux à Poudlard et à ma mission scolaire. Que veux-tu les vieilles divorcées font toujours les pires jalouses. Dans sa bienveillance à sens unique, elle serait même capable de me demander de rembourser la casse! Quelle imposture! Elle est presque aussi détestable que Corrigan, la petite gueuse qui va te servir bientôt de belle-mère..."

La langue sous volubilis de Mildred Magpie ne semblait plus connaitre d'entraves, que ce soit dans les révélations ou dans les extrapolations. Tous ses fantasmes, ses mensonges, ses lubies se mélangeaient dans le tourbillon de sa pensée libérée.

"Même si je savais que ton père avait un faible pour les jolies rousses... Après notre "entrevue" - Les mains de Mildred ponctuèrent elles-même ses propos en exécutant le signe aérien des guillemets - dans les toilettes du gala littéraire, j'osais imaginer que ton père puisse choisir une femme disons tout aussi glamour que moi... Je revois encore sa déception quand j'ai refusé ses avances... C'est sans doute sous le coup de cette amère désillusion qu'il a décidé de se rabattre en direction de la si fade Thelma... " Le regard écarquillé à l’excès et papillonnant à mille à l'heure, Mildred paraissait survoltée à l'idée de pouvoir libérer sa mythomanie. "Tu te rends compte, mon Virgilou, j'aurai pu devenir ta belle maman! Et on se serait fait probablement tout plein de câlins..."

Les confidences, c'était sympa, mais la romancière en divagation totale commençait à ressentir un sérieux désagrément alors que son corps entier montait en degré sous l'influence de la puissante drogue magique. Mildred s'éventa avec vigueur son visage luisant de bouffées de chaleur. Par Merlin, qu'il faisait chaud! Elle ne pouvait plus rester en place, alors que ses fesses semblait fondre comme du chocolat sur son siège.

"MwaAaaah! Que m'arrive-t-il? Je brûle de l'intérieur... "

Aussi maladroite qu'une enfant s'extirpant d'un manège, elle se leva de son séant pour s'appuyer sur son bureau. Le sol de sa salle de classe semblait mouvoir sous elle, et tanguer comme une galère en pleine tempête. Virgil n’apparaissait que sous la forme d'une grosse tâche colorée, et sa voix ou son rire montait dans les aigus comme les cris d'un dauphin. De la bave violette s'écoulant de la commissure de ses lèvres, Mildred bloqua longuement sur cet hallucinant prodige.  

"Depuis quand? Tu... Tu parles le dauphin? " s'interrogea-t-elle.

Son attention débridée se focalisa à nouveau sur la petite créature mi chaton mi-licorne ailée qui séjournait tristement dans l'angle de son bureau. Saisissant celle-ci aussi délicatement qu'un papillon, la sorcière tituba alors en direction de la fenêtre. Ouvrant celle-ci en grand, aussi bien pour aérer l'espace de sa salle d'art que pour libérer la si mignonne petite créature de sa prison fermée.

"Vole! Petite bestiole, rejoins ta famille! " dit elle avec enthousiasme en jetant pathétiquement par la fenêtre son pot remplis de crayons et de pinceaux. Malheureusement, dans ce geste aussi vertueux que mal calculé, la quadragénaire droguée fut emportée par son élan et bascula elle-aussi dans le vide. Sa lourde poitrine dans le vide et son gros fessier étaient encore en équilibre sur le rebord de la fenêtre ; Il fallait un rien pour que cette farce sordide se transforme en un drame mortel, dans lequel la romancière exploserait son "gracieux" faciès sur le bitume du parc en contrebas. Mais plutôt que de paniquer à l'idée de faire la grande bascule, la sorcière sous acides s'esclaffait et se réjouissait de sa bancale situation. Écartant et remuant les bras comme un cygne battant des ailes, l'hystérique sorcière s'imagina en train de voler.

"Je vole, Virgiiil! Je vole! N'est-ce point merveilleux??? " s'exclama-t-elle.

La sorcière manqua de peu une chute fatale, quand miraculeusement une force inconnue tira violemment Mildred par le ceinturon pour la faire basculer non dans le vide mais vers l'intérieur de la salle de classe. Était-ce Virgil qui dans un élan d'humanité venait de sauver sa pire ennemie d'une mort certaine? Était-ce le boursouf Puffy qui s'extirpant de sa torpeur et dopé par la volubilis, s'était jeté museau en avant pour sauver sa maitresse? Ou plus vraisemblablement, s'agissait-il du gros fessier de Magpie qui avait fait son rôle de balancier pour lui sauver les miches? Dans tous les cas, la voila saine et sauve, étendue sur le plancher de sa salle d'art... ou plutôt sur le malheureux Virgil. Écrasant de toute sa masse l'ignoble garnement, un invraisemblable face-à-face s'en suivit. Un malaise qui ne dura sans doute que quelques secondes mais qui sembla durer des heures, alors que Mildred Magpie dévisageait troublée l'odieux adolescent, lui soufflant son haleine de myrtille dans les naseaux.

"Pourquoi, Virgil? Pour... Pourquoi? " finit-elle par bégayer d'une voix à la fois douce et mélancolique.

Difficile de traduire la signification réelle de ce "pourquoi", tant cette question était à double sens. Était-ce un questionnement à destination du sauveur ou de l'empoisonneur? Cette question traduisait-elle de la stupeur émerveillée ou au contraire une terrible prise de conscience? Dans tous les cas, Mildred Magpie réalisait lentement mais surement qu'elle était clairement en danger. Que quelque chose ne tournait pas rond. Mais cet éclair de lucidité dans la grisaille était beaucoup trop tardif, alors qu'elle éprouvait désormais les pires difficultés à respirer. Virgil Forbes se rendait-il compte que la quantité de Volubilis ingérée par la sorcière aurait-été suffisante pour assommer un cheval dans la force de l'âge?

Se raidissant comme une statue momifiée, Mildred s’agrippa soudainement sa gorge desséchée alors que l'air lui faisait cruellement défaut. Pupille révulsées, la romancière suffoqua longuement avant de rouler sur le coté et s'immobiliser sur le dos. Gesticulant de manière ridicule comme un scarabée renversé sur sa coquille, elle poussa alors d'innombrables et d'insupportables râles rauques et puissants. Si sa vie n'avait été qu'un affreux et tumultueux tapage ; Ne pouvait-elle pas avoir au moins la décence de mourir dignement dans le silence? Mais même à l'heure de sa propre mort, la diva de Bristol se révélait aussi braillarde que horripilante, au point qu'il aurait été difficile pour quiconque de ne point succomber à la tentation de l'achever en l'étouffant avec un oreiller. En grande tragédienne ne voulant manquer sa sortie, elle éprouva les pires difficultés du monde à se redresser une dernière fois sur ses coudes, de manière à pouvoir dévisager une dernière fois son meurtrier. Elle braqua alors un ongle accusateur en direction de Virgil, avant qu'un dernier râle ne vienne définitivement étouffer ses velléités dénonciatrices. Mildred loucha de manière presque comique, avant que son bras ne retombe à ses cotés, et que son corps entier ne finisse par s'effondrer au sol, s'ébrouant comme un vieux tas de gelé flasque.

Dès lors, un silence prodigieux s'installa ; Laissant Virgil en face de ses responsabilités et du corps inerte de celle qui était jadis sa pire ennemie... Mais qui pour l'heure n'était plus qu'un vieux tas de viande sur le point de refroidir, par sa seule faute.        



oooops!:
 


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La vengeance est un plat qui se mange à la crème [Mildred & Virgil]

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